LChaque été je le croisais. Cet instant de rien, entre tout de ses bruits. Plus personne ne court. Plus personne n’existe renaître. Mais avant laisser, le bleu se reposer ; adorer, carreaux encore chauds et se dire, qu’un jour on écrira cette salle de bain où l’on jouait hier ; laisser couler, les horizontale. Chaque été je m’ennivrais, de ces quelques qui s’emmiellent. De cet aurore à l’envers où tout semblait
tout et tout. Presque au bout du jour. Le temps qui glisse et lentement, se déshabille n’existe et pourtant. Pourtant je sais, qu’ils sont et qu’ils s’affairent à faire tout l’odeur du chlore qui s’entête ; regarder, quelques miettes s’attarder sur les écrira peut-être, sur ces détails qui n’en sont pas. Et parce que l’eau nous va, rejoindre, les degrés déraisonnables et s’énamourer, d’une fenêtre embuée, d’une lumière quelques minutes suspendues durant lesquelles j’avais, le coeur qui colle et les cheveux semblait immortel, car malgré l’agonie du soleil, quelque chose commençait.
l’essence . page 9
Ll’échappée . page 41
Ll’atmosphère . page 5
l’invitation . page 35
essence
17H miel
J’ai mis les doigts dans la prise
Lâché, l’idée du temps, les aiguilles
J’ai pas piqué de crise
Ecrit, l’angoisse au stylo bille
Voici mon or, mon ange, voici ma bile
L’on y voyait le ciel alors
J’ai marché sur l’eau
Gardé le marbre pour le beau
Avalé, le mors et l’heure mauve
J’ai noyé les mots
Dans le lit, des rivières
Que je pleurais naguère
En nage, j’ai redit la prière
Une autre que le Notre Père
Puis j’ai tué hier
Quelle heure est-il ?
17h miel
J’ai étreint la lumière
Allumé quatre cierges
Cinq peut-être
Et pour y voir plus clair
J’ai froncé le rideau
Il faisait beau Derrière ce carreau
De part et d’autre
Quelque part sur ma peau
J’ai presque aperçu l’île
Les minutes qu’on surligne
Le souvenir de son rire
L’odeur du pain qui grille
Et dans le jardin lent, cette fille
Que je reconnais
Quelle heure est-il ?
17h miel.
L’ image à
déchirer
17H miel
Linvitation
invitation
acide adélaïde
On ne se connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Ni d’après, ni d’avant.
J’ai découvert le travail de Sébastien « par hasard », s’il en est un, sur Instagram. Quelques jours plus tard, nous étions face à face.
Bellecour, à l’Ouest de la place. Là où les fleurs survivent dans un esprit, dans un regard, bien qu’attirées par l’asphalte.
Il y avait dans notre échange, déjà, quelque chose d’indélébile.
Ce garçon-là est un artiste. Un vrai.
Prêt à se mettre au service de deux couleurs, d’un souvenir, d’une atmosphère simplement décrite.
Vidéaste sensible & surdoué, Sébastien a donné vie au titre de ce numéro, 17h miel. Au coeur de cette ville qui nous unit — Lyon — il a dompté l’heure dorée pour l’emmener vers des contrées légères, acides, auxquelles j’ai offert un nom : Adélaïde. Merci infini à Sébastien pour son énergie.
acide adélaïde seule & belle déambule sous le vide intimide le ciel de ses vingt ans et demi ; adélaïde s’éveille en fin d’après-midi fait tomber le soleil enfant de l’insomnie fille du blond sommeil ; adélaïde s’emmêle cent garçons lui sourient et les glaçons fleurissent dans son verre que la vie fèle ; adélaïde ne tire pas les ficelles se laisse hisser, conduire elle vole au-dessus d’elle leurs rires sont ses ailes adélaïde
éconduit le pire se marie aux fidèles et sur les passerelles supplie que la mort se suicide.
voir la vidéo
échappée
le beau est partout, ici, là, qu’on lève la tête ou que
LJ’ai vu le miel dans sa voix Déchirée, comme une jupe en soie Nec plus (54) ultra.
upside down / 54 ultra
l’on baisse les yeux, le beau est, pour qui le veut.
LLivre jaune et libre Explorant un rêve Sans jamais le dire.
room 5 / emmanuelle firman
le surdoué
LDes mots comme des chevaux Déchaînés, lancés au galop Ce gars-là n’en fait jamais trop.
florent losson
Un génie comme on n’en fait plus Le mystère qui survit Aux eighties déchues.
Lmarc peverelli / polaroïds
LL’IMPRÉVU
à chaque numéro, vous me donnez un mot, je tente d’en faire des coquelicots
C’était aujourd’hui
Qu’il en aurait assez
Lui l’homme lassé
Des diamants impolis
Des nobles capillotractés
Vides de leur propre vie
Et de toute humanité.
D’un rouge ostensible
Il finirait de peindre
Le dessin d’un possible
Sur l’avant
De ce bateau patient
Qui l’attendait
Comme l’aurait fait un chien
S’accommodant de vivre
Dans un espoir sans fin.
Il observerait ses lettres
« Nigroninoïram »
Son navire désormais
Orné de treize flammes
Qui lui rappelleraient
L’ivresse, la femme
L’océan dans son regard
Et maintenant
La mer pour seul phare
Car
C’était aujourd’hui,
Le jour du grand départ.
EDITION
La Moindre des Choses
CONCEPTION / RÉDACTION / PHOTOGRAPHIE
Clemence M
ILLUSTRATION L’INVITATION
Sébastien Gaudeaux assisté de Margot Gaillard
ILLUSTRATION L’ÉCHAPPÉE
Single Upside Down / 54 Ultra (2025)
Room 5 / Emmanuelle Firman, chez Room Book Edition (2024)
Portrait Florent Losson / Alex Pip (2024) Série de polaroïds / Marc Peverelli, chez Blue Star (80’)