L’immeuble d’habitation situé sur le site Papieri à Cham: L’aspect extérieur de la façade verticale évoque l’organisation spatiale intérieur. Grâce à ses matériaux et sa texture, l’architecture fait référence au bâti existant.
1 Une surélévation comme immeuble en bois de grande hauteur: le projet Malley Phare à Lausanne compte 14 étages et impressionne par sa façade photovoltaïque qui en fait le tour et qui définit également l’aspect extérieur du bâtiment. Architecture CCHE Lausanne SA, Lausanne Maître d’ouvrage Suva, Lausanne Visualisation CCHE, Lausanne
2 Jusqu’à 90 % de bois: grâce à son système de construction modulaire en bois, l’immeuble résidentiel Sawa, situé dans le port de Rotterdam, est capable de s’adapter à long terme. Architecture Mei, Rotterdam (NL) Ingénieur en construction bois Pirmin Jung Deutschland GmbH, Remagen (D) Maître d’ouvrage Nice Developers; ERA Contour Photo Aiste Rakauskaite, Amsterdam (NL)
3 Le chantier de la plus haute tour hybride en bois est à Sydney: l’Atlassian Central Tower inaugure un nouveau type de gratte-ciel en bois, dotée d’une structure porteuse innovante en béton et en bois. Architecture BVN, Sydney, et SHoP Architects, New York Ingénieur en construction bois Wiehag Timber Construction GmbH, Altheim (A) Maître d’ouvrage et promoteur Atlassian; Dexus Visualisation de l’espace jardin à l’étage des bureaux Dexus/m. à d.
Bâtir en hauteur avec le bois
À Sydney, la construction de l’Atlassian Central Tower se poursuit. Cette tour hybride boisbéton-acier atteindra 183 mètres ce qui en fera le plus imposant bâtiment hybride bois du monde. Le projet se distingue par son concept structurel particulièrement remarquable. Une structure porteuse principale en acier et béton comprend des méga-plateaux qui servent de support à des structures poteaux-poutres en bois sur trois niveaux qui s’insèrent entre eux.
L’édifice compte au total sept de ces éléments insérés. Cette stratégie innovante offre la possibilité de reconfigurer ces modules au fil du temps. En outre, chacun de ces ‹Habitat› propose par ailleurs au dernier niveau un étage libre de tout poteau, renforçant ainsi la polyvalence spatiale des lieux. Au total, 21 des 40 niveaux sont entièrement réalisés en bois massif. Cette dissociation structurelle entre la structure principale et les composants bois permet de la même façon de déployer un concept de protection incendie cohérent avec les exigences de performance imposées aux éléments en bois.
Le matériau ne joue pas uniquement un rôle structurel: il influence aussi le programme. En effet à chaque plateau, l’accès à des terrasses ouvertes et végétalisées, associé à une ventilation naturelle traversante, génère un environnement de travail agréable, sain et ressourçant. Au rez-de-chaussée, l’entrée et le lobby de l’édifice profitent de la proximité avec la gare ferroviaire pour créer un espace dynamique et fluide. Les cinq premiers niveaux en béton accueillent un hôtel au-dessus duquel se développent les niveaux destinés aux bureaux surmontés de toitures-terrasses. À la croisée de l’innovation technique, de la durabilité, de l’ancrage au territoire et de l’ambition architecturale, l’Atlassian Central Tower inaugure une nouvelle typologie de gratte-ciel. Dans le port de Rotterdam, une approche différente tout autant innovante est portée par la tour de logements Sawa. Dès les premières phases de conception, quatre principes directeurs ont orienté le projet: circularité, réduction des émissions de CO2, promotion de la biodiversité et création de logements abordables et inclusifs. Les 16 niveaux de cet immeuble, pour environ 54 mètres de hauteur, sont construits en bois à 90 %. À l’instar de l’Atlassian Central Tower, la planification repose sur le principe de l’Open Building, un système constructif modulaire en bois autorisant des plans libres et des typologies de logements variées. Cette flexibilité spatiale, concept structurant du projet, permet une grande capacité d’adaptation sur le long terme. S’appuyant sur des profondes fondations qui s’enfoncent dans le sol meuble du port, la trame porteuse principale est constituée de poteaux et de sommiers en bois lamellé-collé et en
hêtre feuilleté-collé. Cette ossature est complétée par des planchers et des voiles de contreventement en CLT. Les façades non porteuses sont également réalisées en bois. Les vastes terrasses végétalisées résonnent avec l’histoire du lieu et deviennent un refuge favorisant la biodiversité à l’échelle du quartier. Ce projet démontre de manière convaincante que les tours en bois ne présentent pas seulement des avantages environnementaux, mais apportent aussi des réponses inédites aux enjeux du logement urbain contemporain. Plusieurs projets récents témoignent de l’essor de la construction des tours en Suisse. Aujourd’hui en chantier, le projet Malley Phare, situé entre Lausanne et Renens, consiste en une surélévation en bois, issu majoritairement de forêts locales, réalisée sur la partie ouest du centre commercial et de loisirs ‹Malley Lumières›. D’une hauteur de 60 mètres pour 14 niveaux, cette tour se distingue par une façade photovoltaïque active et constitue un repère fort au sein de l’un des plus grands secteurs de développement urbain de Suisse romande. Respectant de hautes exigences environnementales et énergétiques, Malley Phare se veut aussi un projet exemplaire sur le plan socioculturel. Les futurs résidents disposeront d’un toit-terrasse aménagé ainsi que de divers espaces communs et pourront bénéficier des équipements existants du centre commercial, cinéma et salle de fitness. À proximité immédiate s’élève la tour Tilia, que nous présentons en détail dans les pages suivantes, aux côtés d’autres projets emblématiques: H1 Zwhatt à Regensdorf, actuellement la plus haute tour hybride bois de Suisse, et la tour bois achevée il y a peu sur le site de la Papieri à Cham. Ce panorama est complété par deux exemples étrangers, la tour ‹Roots› à Hambourg et le projet ‹Wood Up›, implanté en bord de Seine à Paris. Ensemble, ces réalisations dressent un portrait diversifié d’un mode constructif où le bois offre une réponse adéquate aux enjeux écologiques et climatique de la construction.
Jutta Glanzmann
Communication technique Lignum
Sources: www.shoparc.com/projects/atlassian-hq www.pirminjung.ch/projekte/sawa-rotterdam www.mei-arch.eu/en/projects/sawa www.cche.com/fr/projets/malley-phare 29ème Forum international sur la construction en bois (IHF), tome II, 4 et 5 décembre 2025, ‹De la pratique – Pour la pratique›, p. 33 et suivantes
Le plus haut immeuble hybride en bois de Suisse illustre la capacité des matériaux à faible impact environnemental à s’inscrire dans une logique de densification urbaine. La trame structurelle retenue offre une grande liberté typologique dans l’organisation du plan. Au sein des logements, le bois dialogue avec la palette chromatique des autres matériaux pour s’affirmer comme élément constitutif de l’identité architecturale de l’ensemble.
À proximité immédiate de la gare de Regensdorf-Watt, le nouveau quartier Zwhatt s’inscrit dans une réflexion sur la transformation urbaine face aux enjeux climatiques. Le plan directeur, dessiné par le bureau d’architecture zurichois Studio Märkli, associe la forte densité du tissu bâti à de généreux espaces ouverts. Deux tours d’environ 75 mètres préservent ainsi l’emprise au sol au profit des espaces collectifs. La première est confiée au Studio Märkli; la seconde, H1, est l’œuvre de Bolts-hauser Architekten. Celle-ci s’impose aujourd’hui comme le plus haut immeuble hybride bois de Suisse. Les modules bifaciaux de son enveloppe photovoltaïque captent à la fois le rayonnement solaire direct et la lumière réfléchie par les panneaux inférieurs, couvrant près de la moitié des besoins électriques du bâtiment. Ces mêmes éléments assurent simultanément une fonction de brise-soleil pour les logements, illustrant une démarche où performance environnementale et expression architecturale se renforcent mutuellement. Prolongeant les principes écologiques du plan directeur, seuls les éléments strictement indispensables font appel à la construction minérale: le noyau de stabilisation, le socle au nombre de poteaux intermédiaires réduit et les fondations. La légèreté de la construction
bois a permis de dimensionner ces éléments avec une grande finesse. Les étages supérieurs de la tour reposent sur cette table minérale de trois niveaux abritant des commerces. Des éléments préfabriqués en terre crue habillent le socle et lui confèrent une présence matérielle singulière. L’inertie thermique de la terre crue permet de rafraîchir en été tandis que sa texture particulière invite au toucher engageant alors un dialogue entre architecture et dimension sensorielle.
Les 156 appartements de 1 à 5 pièces se déploient sur les 21 étages supérieurs. La trame structurelle, où les poteaux en bois définissent les espaces, autorise une grande liberté dans la disposition des cloisons, offrant une diversité typologique rare pour un immeuble de grande hauteur. En façade, l’emplacement varié des loggias fait écho à cette modularité. La sobriété des matériaux intérieurs, du bois brut des poteaux ainsi que du béton clair au plafond, contraste avec la teinte rouge de la façade et des loggias.
Le choix s’est porté sur du hêtre en tasseaux collés issu des forêts régionales pour le système poteaux-poutres des 21 étages. Les poteaux, disposés selon une trame de 3,4 × 7,8 mètres, supportent des planchers mixtes bois-béton à hautes performances: des nervures en bois liées de manière rigide à des dalles de béton de 12 centimètres absorbent respectivement les efforts de traction et de compression, autorisant de grandes portées tout en réduisant le volume de matière nécessaire. Une installation d’extinction permet de conserver les nervures bois apparentes, tandis que la sousface des dalles béton est laissée brute. En raison de leurs hautes qualités, les planchers ne nécessitent aucun revêtement supplémentaire, protection incendie et isolation acoustique
confondues. En plus des 1500 tonnes de carbone stockées par le bois, le bilan énergétique de la structure hybride bois massif-béton est positif puisqu’environ 575 tonnes de CO2 sur le cycle de vie du bâtiment sont économisées, soit un gain de 20 % par rapport à une structure conventionnelle en construction purement minérale.
Au cœur du bâtiment, un espace commun sur deux niveaux offrant des espaces ouverts sur l’extérieur et une laverie, équipe H1 d’un lieu de rencontre aux habitants. Un sol en terre battue ciré y a été mis en œuvre. Les propriétés hygrothermiques et acoustiques feront l’objet d’une évaluation in situ: il s’agit d’explorer le potentiel de la terre battue comme substitut écologique aux chapes à base de plâtre ou de ciment, particulièrement énergivores.
L’ensemble du site est alimenté par des pompes à chaleur sur nappe phréatique, qui assurent chauffage et refroidissement, ce dernier sous forme naturelle via les serpentins du complexe de sol. La stratégie énergétique du bâtiment se complète par l’extraction de l’air vicié avec récupération de chaleur dans les salles d’eau, une ventilation low-tech par insufflation en façade, et la récupération de chaleur des eaux usées. Un ensemble cohérent, où chaque dispositif technique s’intègre dans une vision globale de la sobriété.
Architecte et direction des travaux Boltshauser Architekten AG, Zurich
Architecte Paysagiste Lorenz Eugster Landschaftsarchitektur und Städtebau Gmbh, Zurich
Ingénieur civil et ingénieur bois INGE Zwhatt: B3 Kolb AG, Romanshorn & Schnetzer Puskas Ingenieure AG, Bâle
Protection incendie B3 Kolb AG, Romanshorn
Physique du bâtiment/Durabilité/Acoustique Amstein + Walthert, Zurich
Conception des installations techniques du bâtiment Waldhauser + Hermann AG, Münchenstein
Conception des installations sanitaires Balzer Ingenieure AG, Coire
Conception électrique/domotique IBG B. Graf AG Engineering, St. Gall
Conception de façades Feroplan Engineering AG, Zurich
Eclairagiste Reflexion AG, Zurich
Intervention artistique Atelier für Sonderaufgaben, St. Gall
Construction bois Erne AG Holzbau, Laufenburg; Fagus Suisse SA, Les Breuleux (Stabschichtholz)
Menuiserie MAB Möbel AG, Muotathal; Koster AG Holzwelten, Arnegg (portes intérieures en bois)
Matériaux Hêtre massif 1200 m3 (structure porteuse); épicéa/sapin 175 m3 (bois de construction murs extérieurs/loggias)
Coûts des travaux Non communiqué
Surface de terrain SIA 416 1950 m2
Surface de plancher SIA 416 432 m2
Surface de terrain SIA 416 18 380 m2
Volume bâti SIA 54 000 m3
Durée de construction novembre 2022 – juin 2025
Photographe Kuster Frey, Zurich
A Composition façade:
Tôle d’acier galvanisée à chaud, bords repliés 3 mm
Profilé de fixation/ Ventilation arrière 16 mm
Pare-vent
Plaque de plâtre fibrée 18 mm
Ossature bois/isolation minérale 260 mm
Plaque de plâtre fibrée 18 mm
B Composition dalle:
Parquet massif, collé 10 mm
Chape anhydrite 60 mm avec chauffage au sol
Isolation aux bruits d’impact 20 mm
Isolation thermique 50 mm
Dalle préfabriquée
Béton armé 120 mm
Solives tasseaux collé de hêtre 300 mm
C Composition dalle socle:
Chape anhydrite 70 mm avec chauffage au sol
Isolation aux bruits d’impact 20 mm
Granulats de nivellement 50 mm
Béton armé 250 mm
Isolation thermique résistant à la compression 600 mm
Dallettes préfabriquées et béton coulé sur place 160 mm
Tour Papieri, Cham
Cet immeuble résidentiel de grande hauteur situé à Cham comprend 61 appartements en copropriété et s’inscrit dans le plan de réaménagement du site industriel Papieri. Sa performante structure hybride bois-béton s’inspire du bâti existant et sa conception repose sur un bilan carbone maîtrisé. A l’intérieur, loggias-jardins à double hauteur confèrent à l’immeuble une qualité de vie élevée.
Développé au fil des siècles, le site de l’ancienne papeterie de Cham s’impose aujourd’hui comme une véritable extension de la ville. Fort de sa propre identité urbaine, le quartier constitue un trait d’union entre le centre-ville et la zone de loisirs toute proche. Achevées en 2022, une première tour d’habitation ainsi que la rénovation de constructions emblématiques du complexe d’alors ont marqué le coup d’envoi de l’assainissement de la zone. La tour de logements BBI, construction hybride durable, a été réalisée dans le cadre de la deuxième phase de métamorphose du site. Les traces du passé s’y lisent clairement à travers les bâtiments historiques, des structures industrielles robustes aux matérialités distinctives. Le nouveau projet s’inscrit dans ce contexte en réinterprétant ces éléments existants et en les intégrant dans une grammaire contemporaine au dessin franc et affirmé. En mêlant bois et béton, la tour s’intègre pleinement dans son environnement atypique tout en offrant 61 appartements lumineux et familiaux. Un noyau en béton armé, placé au centre du plan, distribue les logements à chaque étage et abrite les circulations verticales. Des planchers composites bois-béton sont soutenus par
des poteaux en béton ainsi que des poutres jumelées en lamibois de hêtre. Le rez-de-chaussée surélevé abrite une crèche pouvant accueillir trois classes ainsi qu’un local commercial. Le plan type des étages, compact, comprend cinq appartements où la structure en bois rythme les espaces de circulation. Quatre d’entre eux occupent chacun un angle, tandis que le cinquième est un duplex doté d’une loggia-jardin sur deux niveaux. Cet insert n’est pas sans évoquer les qualités spatiales d’une tiny house. Cette richesse intérieure se prolonge en façade: des revêtements ondulés en béton armé de fibres, ainsi que les fins poteaux métalliques des balcons, soulignent la verticalité du bâtiment. Les balcons, des dalles préfabriquées, jouent un jeu de pleins et de vides en alternance avec les loggias, créant une plasticité structurelle au vocabulaire formel néanmoins varié. D’une grande efficacité statique, l’ossature du bâtiment répond aux exigences d’optimisation constructive et à un déroulement rationnel des travaux. Les éléments verticaux porteurs en béton, les éléments horizontaux en bois et l’effet porteur biaxial des dalles mixtes boisbéton constituent les atouts de cette technique hybride. Les noyaux de service forment la colonne vertébrale qui structure et stabilise l’ensemble de l’ouvrage face aux sollicitations horizontales dues au vent et aux séismes. Entre le noyau de la cage d’escalier et celui de l’ascenseur, l’épaisseur des murs est réduite au minimum grâce à l’effet de couplage du surbéton des dalles. À l’image des exigences de résistance au feu de 90 minutes, les prescriptions en matière de protection incendie pour
les immeubles de grande hauteur sont particulièrement élevées. Le concept incendie fonctionne sans sprinklers, grâce à la fine couche de béton des dalles, au béton renforcé au niveau des axes porteurs et aux poteaux en béton. Si le bois participe aux contraintes statiques, à l’isolation acoustique et aux installations techniques, tout en constituant un élément de conception pleinement intégratif, en cas d’incendie, il ne fait pas partie de la structure porteuse, qui répond alors seule aux exigences de résistance au feu.
Orientées vers des modes de vie économes en énergie, neutres en carbone et durables, la conception comme la construction respectent les principes de la société à 2000 watts, ainsi que les exigences supplémentaires relatives aux besoins en énergie primaire et aux émissions de gaz à effet de serre. La part de béton est réduite au minimum et le recours lorsque c’est possible à un béton recyclé à faible teneur en ciment limite les contraintes de retrait et réduit l’empreinte écologique de l’ensemble. L’utilisation du bois contribue alors à minimiser le bilan carbone de la structure hybride.
Protection incendie Balzer Ingenieure AG (nouvellement Enerpeak AG), Coire
Physique du bâtiment Zeugin Bauberatung AG, Münsingen
Planning Electrique HKG Engineering AG, Rotkreuz
Conception CVC 3-Plan Haustechnik AG, Winterthour
Construction bois Schär Holzbau AG, Altbüron Menuiseries Alpnach Schränke AG, Alpnach Dorf; Ambauen Treppen AG, Beckenried (escaliers crèche); Zurag AG, Ebikon (aménagement intérieur du hall d’entrée)
Matériaux Bois de construction, 215 m³ (D); bois lamellé-collé, 850 m3 (A et UE); murs, 110 m3 (murs extérieurs CH)
Coûts des travaux Non communiqué
Surface de terrain SIA 416 847 m2
Surface de plancher SIA 416 769 m2
Surface de terrain SIA 416 12 050 m2
Volume bâti SIA 39 595 m3
Durée de construction janvier 2021
mars 2025
Photographe Beat Bühler, Zurich
Tour Wood Up, Paris (F)
En rupture avec les paradigmes traditionnels de la construction dans les métropoles, Wood UP se positionne comme un objet exemplaire, valorisant les nombreuses qualités du bois. Implantée dans un environnement résolument minéral, la tour a su convaincre les autorités parisiennes, encore peu familières avec les potentialités de ce matériau.
Lauréat d’un concours d’architecture organisé en 2017 par Semapa, aménageur du quartier Paris Rive Gauche, le projet s’implante sur une parcelle libérée à la suite de la démolition d’un échanger du périphérique dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Le chantier accuse plusieurs retards, liés à la sortie de la crise sanitaire, mais aussi à l’entrée en vigueur de nouvelles normes de sécurité incendie. Cellesci ont contraint les architectes à démontrer la
faible combustibilité de la structure porteuse, une démarche exigeante, mais indispensable pour convaincre les autorités initialement enclines à imposer l’enveloppement complet des éléments en bois apparent. Les recherches et essais menés ont été rendus accessibles en open source, affirmant la volonté des architectes de faire de Wood UP un témoin des performances du bois.
Implanté dans un territoire en pleine mutation, à l’est du XIIIème arrondissement, le projet s’inscrit dans une vaste opération d’aménagement visant à retisser des continuités entre Paris, Ivry-sur-Seine et les berges de la Seine en contrebas. Positionné à un point stratégique de cette nouvelle urbanité, Wood UP articule deux niveaux altimétriques et participe à la recomposition de la skyline, la silhouette urbaine, du nord-est parisien, aux côtés no-
tamment des tours Duo conçues par Jean Nouvel.
À l’intérieur du volume, le système constructif en bois a permis une exploration spatiale et typologique du bâtiment, renforçant les liens entre l’environnement urbain et les intérieurs qu’il déploie, qu’ils soient commerciaux ou résidentiels. L’objectif des architectes est de concilier l’intimité des logements avec les qualités de la vie en communauté. Le projet propose ainsi de nombreux espaces partagés, reliés par un parcours extérieur et des circulations généreusement dimensionnées. Un vaste hall traversant anime le rez-de-chaussée. L’accès a lieu depuis le Boulevard du Général d’Armée Jean Simon, un noyau de distribution avec deux ascenseurs et un escalier faisant face à l’entrée principale. Dans les étages, un long couloir longitudinal dessert les appartements.
Au 8ème étage, la trame régulière du plan s’interrompt pour révéler une terrasse commune de 300 m2. À mi-chemin entre espace couvert, loggia et belvédère, elle peut accueillir jusqu’à 300 personnes et adopte des dimensions comparables à celles d’un court de tennis. En toiture enfin, un jardin d’agrément offre aux locataires une zone de détente et un panorama étendu sur la ville. Les 132 logements proposent une grande diversité de typologies, du studio au 5 pièces. Une alternance est créée entre les étages qui reçoivent les appartements les plus spacieux et ceux plus modestes. Le dispositif reste évolutif, certains appartements pouvant être combinés verticalement, à l’instar des duplex situés dans les angles de l’immeuble.
La tour repose sur un socle en béton, du rezde-quai au R+1, qui accueille commerces et
locaux techniques. Au-dessus, la structure principale en bois lamellé-collé est complétée par un système secondaire formé de planchers mixtes bois-béton. Un niveau sur deux, des coursives périphériques préfabriquées en béton teinté dans la masse ceinturent le bâtiment. La stabilité est assurée par un noyau et des murs de refend en béton. Au 8e étage, une poutre Vierendeel en acier sur la hauteur du niveau supérieur permet d’interrompre la linéarité de la façade tout en redistribuant les charges afin de dégager la vaste terrasse. Le bois utilisé est d’origine française et acheminé par voie fluviale via la Seine. Le choix des essences répond à leurs propriétés mécaniques: le hêtre, employé pour les poteaux intérieurs, offre une forte résistance à la compression; l’épicéa, utilisé pour les poutres, se distingue par ses performances en flexion;
le douglas, enfin, est privilégié en façade pour sa durabilité face à l’humidité. Les chutes de production ont été valorisées dans l’aménagement des espaces communs, notamment pour la fabrication de mobilier. Wood UP inaugure par ailleurs le label ‹1 immeuble, 1 forêt›, un programme qui s’adresse aux acteurs de la construction et qui a pour objectif le renouvellement forestier. Dans une logique de compensation carbone, le projet s’accompagne d’actions concrètes, telles que des opérations de reboisement, ainsi que des initiatives de reconstitution et de diversification forestière, notamment après la destruction d’une peupleraie par une tempête.
Rez-de-Chaussée
Coupe transversale
4ème étage
8ème étage
Lieu Blvd du Général Jean Simon, Paris XIII (F)
Maître d’ouvrage REI Habitat, Montreuil (F)
Architecte projet, réalisation et D.T. LAN, Paris (F)
Architecte paysagiste Atelier Georges, Paris (F)
Bureau d’étude techniques Environnement, Structure et Façade Elioth, Montreuil (F)
Bureau d’étude techniques Fluides SINTEO, Paris (F)
Bureau d’étude techniques Sécurité incendie Casso & Associés, Paris (F)
Bureau de contrôle Apave, Paris (F)
Acousticien Jean-Paul Lamoureux, Paris (F)
Bois mis en œuvre Non communiqué
Provenance du bois France, Normandie
Coûts 25.1 M€ HT
Surface de plancher 8 949 m2
Durée de construction octobre 2021 – juin 2024
Photographe Charly Broyez, Paris (F)
1 Dalle préfabriquée en béton armé, teintée beige dans la masse
2 Composition revêtement terrasse/ loggia: lames bois sur lattes, montées sur supports réglables; attache en béton aux points de fixation gardecorps et étanchéité bicouche; dalle en béton
3 Garde-corps métallique: cadre et panneaux en acier thermolaqué
5 Protection en tête poteaux BLC: bardage (douglas), traité avec lasure retardante
6 Fenêtres en aluminium
7 Poutres en bois lamellé-collé (épicéa)
8 Plafond acoustique, suspendu
9 Tablier acier thermolaqué
10 Plancher mixte bois-béton
Tour Roots, Hambourg (D)
Avec ses 65 mètres et ses 19 étages, Roots s’impose aujourd’hui comme le plus haut bâtiment hybride en bois d’Allemagne. Le projet démontre que la construction bois en grande hauteur est non seulement techniquement réalisable, mais qu’elle constitue également une réponse pertinente aux enjeux de densification urbaine, d’autant plus que sa conception place l’exigence bas carbone au cœur du projet.
Implanté à HafenCity, l’un des plus grands projets de réaménagement urbain d’Europe, Roots occupe une place stratégique dans ce nouveau quartier. Sa volumétrie associe une tour à un volume en L de hauteur inférieure qui s’adapte à l’échelle du bâti environnant. La façade, en bois de mélèze, rythmée par des coursives sur tout le pourtour, confère au bâtiment son identité. Dès le troisième niveau, une seconde peau en verre assure une triple protection, contre le bruit, l’humidité et les rayonnements UV, tout en améliorant l’efficacité énergétique. Des éléments coulissants viennent compléter ce dispositif et protègent les espaces extérieurs des appartements du vent et des intempéries. Grâce à cette enveloppe supplémentaire, le bardage en panneaux de mélèze a pu être laissé à l’état brut, intégrant les propriétés naturelles du matériau dans une réflexion architecturale plus large. En tant qu’immeuble de grande hauteur, Roots réunit des fonctions diverses: logements, bureaux, ateliers pédagogiques, cinéma et espaces d’exposition. C’est la Fondation allemande pour la faune sauvage qui en occupe le socle, y créant un lieu de médiation et de rencontre accessible à tous. Ancré dans les premiers niveaux du bâtiment, cet espace enrichit l’offre culturelle du quartier autour d’une thématique pédagogique et d’actualité. Les
deux premiers étages accueillent les bureaux, tandis que les 181 appartements sont répartis dans les niveaux supérieurs, dont 53 logements sociaux, les autres étant accessibles en copropriété.
Le béton est employé en sous-sol, au rez-dechaussée et dans les noyaux de circulation. Dès les étages d’habitations, les éléments porteurs sont réalisés en bois massif. Cette structure hybride réduit l’empreinte carbone du bâtiment, limite les nuisances sonores en phase chantier et contribue à un climat intérieur sain. Les paramètres liés à la construction bois ont été intégrés dès les premières phases de planification, influençant profondément la logique constructive. Le haut degré de préfabrication ainsi que la coordination logistique indispensable ont exigé une anticipation rigoureuse et une concertation étroite entre tous les corps de métier.
Environ 5500 m3 de bois de résineux certifiés PEFC, issus de la sylviculture européenne, ont été mobilisés, soit quelque 1200 éléments préfabriqués au total. Les modules de façade, pouvant atteindre 14 mètres de long, ont été livrés sur site entièrement finis et mis en place directement à la grue. Chaque étage se composait de 53 éléments de parois et de planchers, montés en environ deux semaines et demie. Les planchers, réalisés en bois lamellécroisé de 240 mm d’épaisseur, sont surmontés d’une couche de granulats liés élastiquement de 10 cm. Pour maintenir une épaisseur de paroi constante malgré des charges croissantes, les poteaux des niveaux supérieurs font appel au lamellé-collé tandis que dans les niveaux intermédiaires il s’agit de lamibois de résineux et de hêtre dans les étages inférieurs. Comparé à une construction conventionnelle, Roots réduit ses émissions de CO2 d’environ 31 %; pour les étages d’habitation, cette réduc-
tion atteint même 56 %, représentant une économie totale de 3520 tonnes de carbone. La sécurité incendie a fait l’objet d’une attention particulière, menée en concertation avec les autorités et les pompiers. La réglementation allemande n’intégrant pas la considération d’une structure bois de grande hauteur dans une procédure standard, des mesures spécifiques ont été nécessaires. L’équipe de conception a développé un concept de sécurité incendie basé sur une résistance R 120. Outre la prise en compte de la combustion, la sécurité incendie est assurée par divers revêtements techniques, des systèmes de sprinklers redondants, des tabliers offerts par les dalles CLT en porte-à-faux et des obturations de la lame ventilée en façade.
Des études approfondies ont également été menées sur l’isolation acoustique et la gestion de l’humidité. Des simulations hygrothermiques ont permis de valider la résistance des parois extérieures à la diffusion de vapeur. Une maquette grandeur nature a été construite pour vérifier les performances en physique du bâtiment; ces résultats ont conduit à plusieurs optimisations constructives et démontré de manière exemplaire que les immeubles de grande hauteur en bois appellent une nouvelle forme de planification intégrée.
Situation
Lieu Liselotte-von-Rantzau-Platz / Lucy-Borchardt-Strasse 2 à 8, 20457 Hambourg HafenCity (D)
Maître d’ouvrage Garbe Immobilien-Projekte GmbH, Hambourg (D) et Deutsche Wildtier Stiftung, Hambourg (D)
Architecte Störmer Murphy and Partners, Hambourg (D)
Architecte paysagiste Atelier Loidl, Berlin (D)
Direction des travaux Garbe Immobilien-Projekte, Hambourg (D)
Ingénieur bois Assmann Beraten + Planen, Hambourg (D)
Protection incendie Hahn Consult, Hambourg (D)
Acoustique du bâtiment/Isolation acoustique Ifas, Achen (D)
Conception des installations techniques du bâtiment M & P Consult, Hambourg (D)
Matériaux Bois résineux pour la construction (certifié PEFC) 5500 m3; éléments de murs intérieurs et extérieurs en ossature bois (préfabriqués en usine, 16 200 m2); éléments de plancher en panneaux de bois lamellé-collé (dont 4430 m3 de panneaux en bois lamellé-collé et 820 m3 de bois spéciaux)
Investissement total EUR 140 Mio.
Surface de terrain 3200 m2
Surface bâtie selon DIN 277 3200 m2
Surface brute de plancher totale 36 000 m2
Surface brute de plancher totale résidentielle 24 800 m2
Volume bâti selon DIN 277 125 309 m3
Durée de construction novembre 2020 bis septembre 2024
Montage structure bois avril 2022 bis août 2023
Photos Daniel Sumesgutner, Hambourg (D) p. 4144 et 4145; Christian Schoppe, Hambourg (D) p. 4147
Documents de planification Copyright Störmer Murphy and Partners
Étage standard
Étage standard tour
Composition dalle coursives et loggia:
Lames mélèze 25 mm
Isolation aux bruits d’impact 21 mm
Résine d’étanchéité, ponctuel sous appuis
Élément préfabriqué béton
avec forme de pente ≥ 100 mm
Lé de protection
Étanchéité sur chantier
Protection contre les intempéries en atelier
Panneau lamellé-croisé 240 mm Coupe de détail du balcon
Tour Tilia Tower, Malley
Du nom latin Tilia pour tilleul, le projet évoque l’arbre majestueux autour duquel les habitants de Prilly avaient coutume de se retrouver au siècle dernier. Aujourd’hui, cette tour de 85 mètres devient à son tour un repère urbain. En cours d’achèvement, elle accueillera ses premiers locataires dès cet automne. Le projet s’implante dans l’une des plus vastes friches urbaines de Suisse romande, à la convergence des villes de Prilly, Lausanne et Renens. Les récents travaux de grande ampleur ont transformé ces anciennes zones industrielles de 16 hectares en un site stratégique à l’échelle régionale. Conçus en concertation avec les autorités locales ainsi que la population, les principes d’urbanisme privilégient la mixité fonctionnelle et la durabilité. À terme, le nouveau quartier accueillera entre 4000 et 5000 habitants et emplois. Cet essor démographique s’accompagne de la création d’équipements structurants: école, maisons de quartier et infrastructures sportives ainsi qu’un réseau de transport public performant reliant le site aux centres-villes de Morges et de Lausanne. Des aménagements extérieurs de qualité viendront compléter ce tissu urbain. Du haut de ses 85 mètres, la tour Tilia domine la zone de Prilly-Malley et sa tour voisine MalleyPhare. Le projet est né de la collaboration des bureaux IttenBrechbühl et 3XN qui se sont associé pour répondre ensemble au concours d’architecture. L’édifice comprend 27 étages ainsi que trois niveaux de sous-sol qui abritent principalement le parking et divers espaces de livraisons et de stockage. Le projet s’étend à la rénovation d’un bâtiment adjacent qui accueille des infrastructures sportives ouvertes à tous. Les premiers étages de la tour accueillent 1000 m2 de surface commerciale et 400 m2 dédiés au sport et au bien-être. Ce socle ouvert au public et traversant participe
activement à la vie du quartier. Les espaces privés, appartements et hôtel en co-living, prennent place dès le 2ème étage. La tour propose 222 logements, du studio au 4½ pièces, dont 19 appartements d’utilité publique. La majorité des typologies répond aux besoins des jeunes actifs avec une prédominance des 2½ et 3½ pièces. À elle seule, la tour Tilia accueillera près de 500 habitants, soit un peu plus de 10 % de la capacité totale du nouveau quartier.
La structure de l’édifice repose sur un noyau en béton armé s’élevant du radier jusqu’à la toiture. Les trois niveaux de sous-sol et les six premiers niveaux hors sol sont entièrement réalisés en béton armé coulé sur place. À partir du 7ème niveau, la structure évolue vers un système mixte bois-béton reposant sur une préfabrication pointue. Le système poteaux-poutre combine des porteurs en lamibois de hêtre, offrant d’excellentes performances en compression et en flexion, et des solives en épicéa pour les planchers mixtes bois-béton. Ce système a permis de tenir une cadence de construction d’environ dix jours par étage. Rapidement hors d’eau et hors d’air, les revêtements en plâtre et installations techniques se sont succédés rapidement. Grâce aux installations d’extinction, les éléments porteurs linéaires en bois restent apparents dans les logements. En outre, la structure porteuse en bois lamellé-collé bénéficie du Label Bois Suisse. En façade, le projet développe une écriture géométrique qui valorise les qualités des pièces à vivre: des parois obliques, rythmant les loggias, jouent le rôle de brise-vent. Ce dispositif permet également de préserver l’intimité des espaces extérieurs tout en favorisant un apport généreux en lumière naturelle. Il confère au bâtiment une impression de légèreté et de clarté surprenante, tout en articu-
lant l’échelle de la tour avec celle de ses habitants. Le recours au bois comme matériau structural principal, dont la présence reste apparente en intérieur, répond à un double enjeu. Sur le plan environnemental, il s’inscrit pleinement dans l’objectif de réduction de l’empreinte carbone fixé par le maître d’ouvrage, le bois constituant un matériau à bilan carbone favorable par rapport aux structures conventionnelles. Sur le plan architectural, l’expression de la structure porteuse en bois confère aux espaces intérieurs du Tilia une qualité matérielle et sensorielle propre à générer un cadre de vie de qualité.
Situation
Lieu Ch. du Viaduc 10–12, 1008 Prilly
Maître d’ouvrage Insula SA, Lausanne
Bureau d’assistance au maître d’ouvrage Pom+consulting SA, Lausanne
International Award for Wood Architecture 2025 Gare Varberg, Suède
À l’occasion du 15e Forum Bois Construction à Paris, le Prix international de la presse spécialisée en architecture en bois a été décerné pour la huitième fois fin février. Pour la première fois, construction neuve et rénovation sont désormais des catégories distinctes. C’est la gare de Varberg, conçue par le bureau d’archi-
tectes suédois Okidoki, qui a remporté le prix dans la catégorie Construction neuve. Dans la catégorie Rénovation, ce sont les architectes d’Innauer Matt Architekten avec le musée de Bezau, dans le Vorarlberg autrichien, qui ont séduit le jury (voir encadré). Varberg est une ville côtière du sud de la Suède qui a longtemps été une station balnéaire. Ce passé, associé à la proximité exceptionnelle de la gare avec la mer, a inspiré les architectes d’Okidoki pour créer un bâtiment dédié au patrimoine maritime de la ville. Le choix d’une structure lamellé-collé et lamellé-croisé s’est imposé d’une part en raison de l’ancrage économique régional de ce matériau et d’autre part en raison des normes de durabilité élevées auxquelles le projet s’est engagé.
1 La gare de Varberg: la toiture en porte-à-faux, avec ses angles légèrement relevés, évoque la mer et ses vagues. Photo Åke Eson Lindman
2 Très présent à l’intérieur de la gare, tant sur le plan formel que sur le plan structurel, le bois est une composante indissociable de l’atmosphère des lieux.
Photo
Åke Eson Lindman
Musée de Bezau, Autriche
Occupant une ferme du XVIIIe siècle classée monument historique, le musée constitue à la fois institution culturelle et un témoignage architectural de la tradition constructive locale. D’une part, la rénovation a permis la restauration complète de la partie arrière du bâtiment, alors dans un état de délabrement avancé. D’autre part, une extension en bois à structure apparente dessine de nouveaux espaces contemporains.
Lignum
Holzwirtschaft Schweiz Economie suisse du bois Economia svizzera del legno
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Le Bulletin bois paraît quatre fois par année, en allemand et en français. Abonnement annuel CHF 48.–Publications isolées CHF 20.–Classeur (10 numéros) CHF 140.–Classeur vide CHF 10.–Prix sous réserve de modifications.
Les membres de Lignum reçoivent le Bulletin bois et le Lignatec gratuitement. Les droits pour la publication des différents objets présentés restent réservés aux architectes respectifs. Les informations publiées ont été recueillies auprès des concepteurs.
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