N°220 / SEPTEMBRE 2026 / GRATUIT
ART & CULTURE
Hauts-de-France / Belgique
Théâtre de Douai 2026 - 2027 241e Saison
OLIVIER BROCHE FRANÇOIS MOREL OLIVIER SALADIN JULIE DEPARDIEU MAX BOUBLIL FRANÇOIS BERLÉAND CLOVIS CORNILLAC JEAN-PIERRE DARROUSSIN CLOTILDE DANIAULT JEANNE ARÈNES...
1 rue de la Comédie, Douai Découvrez la programmation complète et la billetterie en ligne sur
VILLE DE DOUAI 2026 ©PHOTO AGLAE BORY
Sommaire —— 4 Poppy © Carla Sutera Sardo
08 – News 10 – Société Museum of Youth Culture Forever Young La Maculée Conception Que la farce soit avec vous
20 – Portfolio Carla Sutera Sardo Le temps suspendu
Rencontre 42 – Sustain Demain commence aujourd’hui
60 – Festival 2 Cinéma de Valenciennes Le sens du partage
94 – Lou Trotignon
Monster Florence, Sustain, Le Gala des trois chefs, The Lemon Twigs, Il Est Vilaine, Holy Holy, Solann, Dizzee Rascal, Brigitte Calls Me Baby…
56 – Disques & livres 60 – Écrans Festival 2 Cinéma de Valenciennes, Hair, Paper, Water, Melpomène, Memory of Princess Mumbi, Trois Adieux
70 – Exposition Trop Mignon ! L’art du bonheur, Serge Najjar, Affiche Politique, 50 ans de Triennales, Agenda…
94 – Théâtre & danse
30 – Musique
Lou Trotignon, Strano, Le Problème lapin, Alex Lutz, C’est pas facile d’être heureux quand on va mal, En V(r)ille, Congolisation, Agenda…
Syd, KRS-One, La Lune des pirates Billy Corgan, Arrested Development,
114 – Le Mot de la fin
Humour en transition
MAGAZINE
LM magazine – France & Belgique 28 rue François de Badts 59110 La Madeleine - F tél : +33 (0)3 62 64 80 09
Direction de la publication Direction artistique Rédaction en chef Graphisme Nicolas Pattou nicolas.pattou@lastrolab.com
Cécile Fauré cecile.faure@lastrolab.com
Rédaction
Couverture
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Carla Sutera Sardo, Wild Rose c @carla_sutera_sardo carlasuterasardo.com
Réseaux sociaux Cécile Fauré
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Tanghe Printing (Comines)
Diffusion
C*RED (France / Belgique) Sophie (Lille) BHS.media (Bruxelles / Hainaut)
Administration
Laurent Desplat laurent.desplat@lastrolab.com
Ont collaboré à ce numéro : Selina Aït Karroum, Thibaut Allemand, Elisabeth Blanchet, Pascal Cebulski, Mathieu Dauchy, Camille Lombardo, Grégory Marouzé, Raphaël Nieuwjaer, Carla Sutera Sardo, Arnaud Stoerkler et plus si affinités.
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PLAYLIST LM
La bande son de la rédaction
LM magazine France & Belgique est édité par la Sarl L’astrolab* - info@lastrolab.com L’astrolab* Sarl au capital de 5 000 euros - RCS Lille 538 422 973 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. LM magazine est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement. Ne pas jeter sur la voie publique.
Papier issu de forêts gérées durablement
PR É SE NTE
PRÉSENTE
TERRILS JUMEAUX
TERRILS JUMEAUX
LOOS-EN-GOHELLE
LOOS-EN-GOHELLE PERFORMANCE
PERFORMANCE LIGNES OUVERTES
LIGNES OUVERTES
Découvrez l’intégralité du programme sur culturecommune.fr
Découvrez l’intégralité du programme sur culturecommune.fr Action menée dans le cadre du projet Interreg VI Destination Terrils II
Action menée dans le cadre du projet Interreg VI Destination Terrils II
News —— 8 © Culture Commune
HAUT LES CŒURS ! Suspendue à 186 mètres, sans attache, Tatiana Mosio-Bongonga s'apprête à relier les deux plus hauts terrils d'Europe sur un fil de 400 mètres. Sept ans après avoir traversé Lens à vue, la funambule tient enfin sa promesse : « un jour, j'irai là-bas » avait-elle annoncé. À Loos-en-Gohelle, Culture Commune transforme le patrimoine minier inscrit à l'UNESCO en scène à ciel ouvert, portée par choristes, musiciens et près de 200 volontaires. Une traversée vertigineuse et collective, entre vide et mémoire. Loos-en-Gohelle, 20.09, Base 11/19, ouverture site : 13h (animations, foodtrucks et musique) Traversée funambule Cie Basinga : 16h, gratuit, culturecommune.fr
BASSIN DE PIXELS
Les Nuits des Bassins – Arras, 18 & 19.09 Jardins et Bassins du Val de Scarpe, 20h30 > 00h, gratuit ateliersdelahalle.com
© DR
Depuis 2015, les Ateliers de la Halle transforment bassins et jardins du Val de Scarpe en déambulation immersive, gratuite et nocturne. Pour cette 11e édition, une quinzaine d'artistes venus d'Europe interrogent le numérique, entre prouesse et bricolage. Le Parisien Dylan Cote pédale pour animer "Cyclomorphe", mécanique DIY mêlant vélo et rétroprojecteur, quand l'Allemande Elke Juladi tisse en direct images artisanales et créations générées par IA. Balade poétique et lumineuse.
PANO RAMA 28
LE FRESNOY Studio national
Invisibles ?
exposition
11 SEP. –3 JAN.
2026 2027
VERNISSAGE 11 sep. - 18h>minuit JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE 20 sep. - 14h>18h30 Visites guidées toutes les 30 min, dernier départ 17h30 EXPO-BRUNCH JAZZ SESSION 11 oct. 10h>12h - petit déjeuner et visites guidées 12h>12h45 - concert en partenariat avec Tourcoing Jazz Festival EXPO-KIDS 8 nov. - 14h>18h Après-midi festif dédié aux enfants Tous les dimanches Exposition en accès libre et visite guidée gratuite de l’exposition à 16h (1h) Tous les derniers dimanches du mois Visite guidée gratuite à 17h des coulisses et des espaces de production
Eugène L'Homer, Saint Barth en balade, film, 2026, production Le Fresnoy - Studio national
© Rebecca Lewis _ Museum of Youth Culture
© Debbie Sears
Société —— 11
reportage
MUSEUM OF YOUTH CULTURE Forever Young
Et si nos années ados avaient enfin leur musée ? À Camden, épicentre historique des sous-cultures britanniques, le Museum of Youth Culture rembobine un siècle de jeunesse : looks, musiques, nuits, tribus et objets fétiches. Un lieu qui se vit autant qu'il se visite, entre bar, baby-foot et photomaton, où la collection permanente grossit sans cesse grâce aux dons du public. Ici, les Teenage Kicks des uns réveillent ceux des autres.
Société —— 12 © Elisabeth Blanchet
Tout commence en 1997, dans le jardin d'une maison londonienne, quand Jon Swinstead se met à collectionner des photos des nuits de la capitale. Trente ans et plus de 150 000 objets plus tard, cette pile de tickets, badges, flyers, fanzines et vêtements bricolés a enfin trouvé un toit : le Museum of Youth Culture, ouvert en juin 2026 au cœur de Camden. La visite démarre dans un joyeux capharnaüm – bar, salle de jeux, photomaton argentique, boutique de vinyles Rough Trade – avant de plonger dans cent ans d'adolescence britannique. « Un musée consacré aux années ados, ça n'existait pas. Pourtant c'est l'âge où il se passe un truc chimique dans la tête : le risque devient soudain plus tentant qu'effrayant », lance Jon Swinstead, la cinquantaine facétieuse... Avec Lisa der Weduwe,
responsable de la programmation, il a voulu raconter les souscultures par ceux qui les vivent plutôt que par leurs icônes : « ceux qui achètent les disques, vont aux concerts, portent les vêtements ». Une histoire plurielle, nourrie par les cultures caribéennes, africaines et sud-asiatiques, les scènes queer et nocturnes. « C'est le mélange qui fait la culture britannique. Sans immigration, elle serait beaucoup plus ennuyeuse », insiste Jon. Teenage dreams are made of this Au sous-sol, une fresque déroule un siècle de tribus, des flappers aux ravers, des punks aux emos, des mods aux fans de K-pop. Une histoire volontairement incomplète, sans cesse enrichie par les dons du public : une chemise d'uniforme couverte de messages, un sac Northern Soul peint à la main,
© Elisabeth Blanchet
© Tristan O Neill , Museum of Youth Culture
Le grand mix – Direction la grande salle, joyeuse fête foraine où un siècle de looks et de sons se télescopent sans chronologie, entre affiches, badges et cassettes. Sous l'écran géant trône un impressionnant sound system Monitor Audio conçu par Linett Kamala, artiste
Société —— 14
sonore et figure du Notting Hill Carnival, qui a imaginé cette installation hi-fi géante en hommage à la culture des sound systems caribéens, pour une écoute immersive au cœur de la pièce. Une cabine téléphonique permet, elle, d'enregistrer ses souvenirs. « Je voulais que l'ado de 17 ans et la dame de 65 ans ressentent la même joie, sans séparer les générations : être jeune, c'est se retrouver, s'enthousiasmer, être survolté », confie Lisa der Weduwe. Par définition en mouvement, le musée sillonne aussi le Royaume-Uni, de salles des fêtes en pubs, pour collecter objets et récits, avant d'ouvrir des antennes à Birmingham puis Glasgow. De quoi prolonger le frisson, comme à l’adolescence. Elisabeth Blanchet MUSEUM OF YOUTH CULTURE Londres, 51 St Pancras Way mer > sam : 12h-20h • dim : 12h-18h museumofyouthculture.com
© Elisabeth Blanchet
un Walkman vintage... « Ce qui m’intéresse, c’est ce que les gens ont touché, personnalisé, fait euxmêmes », confirme Jon. Dans le Youth Club, un collectif de 16-23 ans a imaginé l'exposition Things I Lied to My Parents About : un mur de confessions manuscrites sur les petits mensonges de l'adolescence. Plus loin, une chambre reconstituée version confinement raconte une jeunesse mise sur pause. « On ne parle pas à la place des jeunes : on leur laisse le micro. Deux jours par semaine, le musée leur est réservé, notamment aux écoles ».
© Elisabeth Blanchet
Photos © Perrine Lohé
Société —— 17
LA MACULÉE CONCEPTION Que la farce soit avec vous Depuis 2017, Perrine Lohé détourne les expressions toutes faites et les colle, à grand renfort de paillettes, sur des badges qui font mouche. Rencontre avec cette « obsédée textuelle » qui manie l'humour comme une arme de destruction massive contre les dominations en tout genre. Tout est parti d'une machine à badges croisée un peu par hasard, en 2014, à la Fanzinothèque de Poitiers où elle effectuait un service volontaire européen. « Je n'avais pas prévu d'en vivre, mais les choses se sont enchaînées naturellement », racontet-elle. Elle possède pourtant un master en langues et littératures
« J'ai des sortes de fulgurances » romanes obtenu en Belgique, sa terre natale. Cinq ans plus tard, la voilà lancée à temps plein dans ce qu'elle appelle elle-même « la blague à paillettes ». Depuis, son pseudonyme, La Maculée Conception, clin d'œil autant à la sérigraphie – la macule désignant la feuille test avant impression finale – qu'au vocabulaire religieux,
s'est imposé sur les marchés et les réseaux sociaux. À bon entendeur L'humour, chez elle, remonte à l'enfance. « Les jeux de mots ont toujours fait partie de notre manière de communiquer dans ma famille », confie-t-elle, évoquant un père féru de saillies absurdes
("Orage en août, pâté en croûte !"), disparu en 2017, à qui elle a dédié une micro-édition d'épitaphes imaginaires. De cette veine familiale, elle a gardé le réflexe de tordre le réel au quotidien : « la plupart du temps, j'ai des sortes de fulgurances, que je m'empresse de noter en m'envoyant des SMS à moi-même ». Le tri se fait ensuite en petit comité, sa sœur d'abord, son compagnon ensuite : « si tout le monde a ri, généralement ça part en prod' ». Des mots qui font bouger les lignes Mais derrière les paillettes, la formule reste un outil résolument politique. Féminisme, rapports de classe, écologie : « ma colère se porte sur la domination », expliquet-elle, avant d'ajouter que l'humour permet de dire sans écraser, de dénoncer sans clouer au pilori.
« Ma colère se porte sur la domination »
À visiter / lamaculeeconception.com c @lamaculeeconception
Un numéro d'équilibriste qu'elle teste sans relâche auprès de son public, observant sur les marchés les visiteurs relire ses phrases dans leur tête avant, espère-telle, d'esquisser un sourire. Avec près de 300 slogans détournés, du caustique "Ne partons pas facho" au mélancolique "Demain est un autre aujourd'hui", Perrine entend résister à la novlangue ambiante et recréer du lien, à l'heure où le collectif s'effrite. Nicolas Pattou
Société —— 19
New Shoes Aqva blue
Portfolio —— 21
CARLA SUTERA SARDO Le temps suspendu
Juriste un jour, photographe toujours ? Pour Carla Sutera Sardo, il a fallu choisir. Diplômée en droit, la Sicilienne a préféré suivre sa passion plutôt que ses dossiers. « La photographie représente bien plus qu'un simple travail. C'est le langage à travers lequel j'observe le monde », confiet-elle. Aqva Blue, image emblématique, marque le déclic : début d'une collaboration avec sa galerie et courage de tout quitter pour l'objectif. Autodidacte revendiquée, elle avance à l'instinct. Une couleur, un vêtement, un coin de nature suffisent à enclencher la mécanique créative. Elle « Des œuvres qui imagine ensuite la scène, l'atmosphère, invitent à ralentir » les émotions à faire naître. Les marchés aux puces font office de garde-manger visuel, où elle déniche tissus et associations chromatiques. Et puis il y a la Sicile, omniprésente, avec « sa lumière intense, son ciel limpide, la mer et ses falaises calcaires ». Dans ces paysages surgissent des scènes oniriques, à la croisée du cinéma et de la peinture. Wes Anderson pour la couleur et la composition, Tim Walker pour le merveilleux, deux influences assumées qui éclairent sans enfermer son univers. Les visages, eux, restent souvent dissimulés. Un choix qui n'a rien d'anodin : « En cachant les visages, j'essaie de dépasser l'individu pour atteindre quelque chose d'universel ». Le corps devient silhouette, langage ; à chacun d'y projeter son histoire. Enfin, dans un monde lancé à toute allure, Carla fabrique des images qui refusent de courir. « Je ressens le besoin de créer des œuvres qui invitent les gens à ralentir, à regarder autour d’eux plus attentivement ». Une incitation à lever le pied pour mieux ouvrir l'œil. Nicolas Pattou À suivre / c @carla_sutera_sardo ; carlasuterasardo.com
Rumore di mare
By the Sea
Sunset Dream
Balloon Tree
Aqva Pink
Pool Dancing
SOULFLY
mar. 01 sept. | CPLT The Black Lab - Wasquehal
Allegaeon + Gorod + Abysmal Dawn mar. 15 sept. |
The Black Lab - Wasquehal
Carla de Coignac mer. 23 sept. |
Le Bulle Café - Lille
Pact
Joachim Pastor, Joris Delacroix & Teo sam 26 sept. | La Condition Publique - Roubaix
Leman
jeu. 01 oct. | La Lune Des Pirates - Grd Salle - Amiens ven. 06 nov. | L'Escale-L'Embarcadère-Boulogne-/s-Mer jeu. 12 mars | Le Splendid - Lille
Lalou
ven. 02 oct. | DER. PLACES Thé. Sébastopol - Lille
Zed
ven. 02 oct. |
Le Flow - Lille
Médine
Enfants du Destin Tournée Acoustique sam. 03 oct. |
Linh
mar. 06 oct. |
Théâtre Sébastopol - Lille Théâtre Sébastopol - Lille
Youngblood Brassband mar. 06 oct. |
Cocoon mer. 07 oct. |
PLK
→du 8 au 10 oct. |
Apparat dim. 11 oct. |
Meryl
Le Flow - Lille
Théâtre Sébastopol - Lille Zénith - Lille Le Nouveau Siècle - Lille
jeu. 15 oct. | DER. PLACES La Cond. Publique - Rbx
Dinaa jeu. 15 oct. |
Le Splendid - Lille
Zinée ven. 16 oct. |
Le Flow - Lille
Ebony sam. 17 oct. |
Le Splendid - Lille
Julien Lieb sam. 17 oct. |
Le Splendid - St-Quentin
jeu. 12 nov. |
Salle Ravel - Le Touquet
lun. 23 nov. |
Théâtre Sébastopol - Lille
mar. 08 déc. |
Casino d'Arras - Arras
Fredz mar. 20 oct. |
L'Aéronef - Lille
So La Lune ven. 23 oct. |
La Condition Publique - Roubaix
Carpenter Brut dim. 25 oct. |
La Condition Publique - Roubaix
The Watch Plays Genesis mar. 27 oct. |
The Black Lab - Wasquehal
Drag Race France 4 → 28 au 30 oct. |
Théâtre Sébastopol - Lille
Bianca Costa jeu. 29 oct. |
Le Flow - Lille
Josman jeu. 29 oct. | agauchedelalune.tickandyou.com RÉ A: S et dans les points de vente officiels habituels graphisme : hypothese-studio.com
Le Zénith - Lille
Guilt Trip sam. 31 oct. |
The Black Lab - Wasquehal
La Discrète Odd Future a secoué la planète rap voici bientôt vingt ans et, si le collectif est désormais en sommeil, il fut le berceau de quelques grands noms d’aujourd’hui. On le compare souvent au Wu-Tang, ce clan composé d’une petite dizaine d’individualités plutôt douées, et totalement géniales une fois réunies. De cette aventure, l'histoire retient surtout Frank Ocean, Tyler, The Creator et Earl Sweatshirt. Alors rendons justice à Syd, qui en fit partie (ainsi que du chouette groupe The Internet), mais qui n’est pas toujours la plus citée. C’est pourtant dans la chambre de cette frêle jeune fille – mais plutôt costaude, niveau production – que furent couchés sur bande les premiers méfaits d’Odd Future : ces instrus claustros, énervées, désespérées. Le temps a passé, et Syd tha Kyd, comme on l’appelait autrefois, est redevenue Syd, tout simplement. De simplicité, de sobriété, voire de minimalisme, il est question dans son nouvel album, Beard : un R&B moderne et fragile, à l’os, surplombé du timbre pâle de celle qui aura passé son adolescence au milieu des machines, du boucan et d’un vrai boys club, pour mieux briller enfin seule. Thibaut Allemand Paris, 05.09, La Cigale, 20h, 40,50€ Bruxelles, 06.09, Ancienne Belgique, annulé ! Amsterdam, 07.09, Melkweg, 19h, 39,10€, melkweg.nl
Musique —— 30
SYD
© DR
Musique —— 32 © DR
KRS ONE
Le Poids des mots Impossible d’évoquer KRS-One, sous nos latitudes, sans penser à l'une des plus célèbres illusions auditives de la pop culture : ce « Sound of da Police » devenu « Assassin de la police », immortalisé par Cut Killer dans une scène culte de La Haine (1995). Ceci posé, KRS-One est avant tout un pionnier du hip-hop new-yorkais et, à l’instar de Public Enemy, incarne ce "Black CNN" pour reprendre la formule de Chuck D. Désormais sexagénaire, l'ancien leader de Boogie Down Productions affiche une remarquable constance, avec un disque tous les deux-trois ans depuis 1993. Son dernier, Temple of Hip Hop Global Awareness (2025), prouve que le "Teacha" n'a rien perdu de sa science du micro ni de la production. Passéiste ? Pas vraiment : son premier album solo s'intitulait déjà Return of the Boom Bap. On parlera plutôt d’un savoir-faire, d’une méthode ancestrale consistant en un groove lourd, un flow massif, des basses pachydermiques. Bref, une certaine idée d’un rap éternel. Thibaut Allemand
Bruxelles, 09.09, La Madeleine, 19h30, 55,64€, la-madeleine.be
2026
Sep. oct.
SCÈNE DE MUSIQUES ACTUELLES TOURCOING
12/09 MILO KORBENSKI + AFAR - GRATUIT ABO 17/09 GHINZU 18/09 MONSTER FLORENCE + JEANNETTE & MAJ 20/09 JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE + PROJECTION "WELCOME
TO PORTISHEAD"
22/09 STRAWBERRY GUY 23/09 AFTERWORK GRATUIT
MY FIRST TIME
26/09 IL EST VILAINE + RADICAL CUTE 01/10
BRIGITTE CALLS ME BABY
02/10 19H
"MALOU" DE KAWATARŌ 03/10 THE SPITFIRES 07/10 16H - LE GOÛTER CONCERT DE
MAXWELL FARRINGTON & LE SUPERHOMARD 07/10 MAXWELL FARRINGTON & LE SUPERHOMARD + СОЮЗ (SOYUZ) 08/10 AFTERWORK GRATUIT
BLACK MARKET KARMA
09/10 SYD MATTERS + SAMJO 11/10
TOURCOING JAZZ FESTIVAL
CHASSOL MAQUINA. + BOTHLANE 15/10 MARTA + CARMEN SEA 16/10 SWING 17/10 ULRIKA SPACEK 21/10 BIG SPECIAL 22/10 FESTIVAL LES FEMMES S'EN MÊLENT
DEATH VALLEY GIRLS + BELLA & THE BIZARRE 23/10 ZED YUN PAVAROTTI 25/10 TOURCOING JAZZ FESTIVAL
THE MESSTHETICS AND JAMES BRANDON LEWIS 28/10 SPORTS
design_les produits de l’épicerie L-R-22-4685 / L-R-22-4687 / L-R-22-4689
14/10
De nouveaux horizons
C'est l'une des plus anciennes salles de musiques actuelles (ou SMAC) de l'Hexagone. À quasiment quarante ans, La Lune des Pirates largue les amarres. Le lieu historique demeure, mais une seconde salle voit le jour à un jet de pierre. L'occasion d'afficher de nouvelles ambitions. Au printemps 1987, naissait La Lune des Pirates. À l'origine, un café-théâtre installé dans un ancien hangar à bananes du quai Bélu, dans le quartier Saint-Leu. Le petit cabaret est vite devenu un haut lieu des musiques actuelles (rock, rap, électro, jazz, metal…) et un passage obligé pour de nombreux artistes de France ou d'ailleurs. Ainsi, Amon Tobin, The Pastels, Daniel Darc, John Cale, Mogwai, Dominique A, Isobel Campbell, Asian Dub Foundation, Electrelane ou Thurston Moore ont foulé cette petite scène de 15 m² pour jouer devant 250 personnes. Parallèlement, ce véritable moteur amiénois a lancé une radio (Bruits de Lune) et un festival en plein air (Minuit avant la Nuit). Pour ses (presque) quarante ans, la Lune s'offre une seconde adresse, 400 mètres plus loin, rue Saint-Leu. Là, on trouve une scène de plus de 80 m², une capacité de 500 places debout, un bar dans le hall, des studios de répétition… La Lune, qui accueille une soixantaine de concerts annuels, compte monter à 90. Bref, elle voit grand, et ce dès sa soirée d'ouverture, avec la formidable Miki, avant une quarantaine de dates d'ici décembre : Camille Yembe, Youngblood Brass Band, Ebony, Sofie Royer, Girls in Hawaii… Oui, ça va souquer ferme ! T.A. Amiens, 12.09, La Lune des Pirates, 20h30, gratuit, lalune.net Sélection : 12.09 : MIKI + Weekend Affair + M.A.O. Cormontreuil • 16.09 : Albin de la Simone et L'Orchestre de Picardie (complet !) • 18.09 : Astéréotypie + Heavy Lungs + Bathing Suits…
M.A.O. Cormontreuil © DR
LA LUNE DES PIRATES
ARTWORK : Piers Faccini - Production : ACT / 3-PLATESV-R-2025-000601
TOURCOING JAZZ FESTIVAL
DU 10 AU 17 OCTOBRE 2026
40 E ÉDITION YAEL NAIM • ERIK TRUFFAZ & ANTONIO LIZANA • SELAH SUE AND THE GALLANDS THOMAS DUTRONC • LAKECIA BENJAMIN • KENNY GARRETT • LEA MARIA FRIES • CHASSOL SOPHIE ALOUR • VINCENT PEIRANI • EMILE PARISIEN QUARTET “FLOATING“ • AMARO FREITAS • BCUC ORCHESTRA BAOBAB • GALLOWSTREET • JESSIE LEE & THE ALCHEMISTS • ŒNOJAZZ • DUO BRADY HARMATTAN BROTHERS • AKUTUK ORIGINS • ROBINSON KHOURY & CLAIRE LAMOTHE... DDEEFEE INFOS & BILLETTERIE : +33 (0)3 20 76 98 76 - TOURCOING-JAZZ-FESTIVAL.COM
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JAZZ
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anolys.proprete@gmail.com
Musique —— 36
QUOI DE NEUF ?
© Joseph Cultice
Si vous pensez qu’un musicien a tout dit dans son premier album, passez votre chemin. Ici, on s’intéresse aux artisans qui, dix mille fois, remettent l’ouvrage sur le métier. Ces quatre noms font partie de notre décor – de celui de nos parents et grands-parents, parfois. Ce mois-ci, une ex-citrouille au melon gros comme ça, des rappeurs ruraux, un savant fou et une figure de la pop britannique. Thibaut Allemand
BILLY CORGAN En 1995, la jeunesse grunge, en deuil de Kurt Cobain, peut compter sur Pearl Jam, Alice in Chains et autres Soundgarden pour ambiancer son mal-être. The Smashing Pumpkins signent Mellon Collie and the Infinite Sadness. Carton plein pour ce troisième album pourtant double, très long et un peu pompeux. Qui l’écoute encore entièrement aujourd’hui ? On se demande. Qu’importe : l’irascible et mégalo leader Billy Corgan a décidé de le jouer en intégralité, avec un orchestre symphonique. Sans chichi, quoi. Bruxelles, 04.09, Bozar, 20h, 135 > 95€, bozar.be Paris, 08 & 09.09, Salle Pleyel, 20h, 133,50 > 78,50€, sallepleyel.com
© DR
ARRESTED DEVELOPMENT On a souvent souligné le cousinage entre Arrested Development et De La Soul : un rap pas gangsta, foncièrement positif. Pourtant la bande d'Atlanta joue sur scène avec de vrais instruments, se nourrit de soul, de funk, de spiritual jazz et multiplie les références au Deep South. L’album-manifeste 3 Years, 5 Months & 2 Days in the Life Of… (1992) n’a pas pris une ride et leur dernier disque, ironiquement baptisé Adult Contemporary Hip Hop, prouve que ce groupe a conservé humour et savoir-faire. Louvain, 09.09, Het Depot, 20h, 34/30€ // Lille, 14.09, L'Aéronef, 20h, 27/20€, aeronef.fr
© Lynn Goldsmith
TODD RUNDGREN Par où commencer ? Todd Rundgren a tout fait, ou presque. Après son passage chez Nazz (garage rock), l’Américain se lance en solo, joue de tous les instruments et enchaîne les disques pop ET étranges. Parallèlement, on le retrouve comme producteur pour, entre autres, les New York Dolls, Hall & Oates, Patti Smith, Meat Loaf, XTC… À la fois pop, glam, prog, soul ou expérimental, Todd Rundgren demeure inclassable. Une sorte de David Bowie reclus – et un secret encore trop bien gardé. Louvain, 16.09, Het Depot, annulé !, hetdepot.be
© Naomi Davison
ALISON MOYET À la fin des années 1970, Donna Summer et Giorgio Moroder ont marié machines et voix humaine. Comme un frein soul au devenir-machine promis par Kraftwerk. Dans les années 1980, ces noces furent à leur tour célébrées par Bronski Beat, Soft Cell ou Yazoo. Un drôle de duo fondé par l’ex-Depeche Mode Vince Clarke et une certaine Alison Moyet, dont la voix chaude et rauque habitait des tubes comme Don’t Go, Situation ou Only You. Depuis, la chanteuse a poursuivi sa route, varié arrangements et contrepoints, et gardé cette voix bouleversante. Bruxelles, 28.09, Ancienne Belgique, complet !, abconcerts.be
Musique —— 38 © Albert Williams
MONSTER FLORENCE Le Flow et les guitares
On associe volontiers le hip-hop à New York, Los Angeles, Atlanta ou Détroit. Mais l’Angleterre, hein ? La Perfide Albion en a elle aussi façonné une version singulière, nourrie de rock, de punk et de spoken word. Le dernier exemple en date provient de Colchester, pas exactement connue pour sa scène musicale – en cherchant bien, le papounet de Damon Albarn y fut directeur de l’école d’art locale. Monster Florence, donc, est un trio de MC soutenu par un trio guitare-basse-batterie. La rencontre rock-rap, on connaît, râlent les blasés : Body Count, Dälek, Why?… la liste est longue. Or, ces Anglais possèdent ce supplément d'âme so British qui fait toute la différence. Sur White Noise, le flow rugueux des uns se pose sur les instrus très, très Cure des autres, le tout rehaussé de Oi ! Oi ! Oi ! qui renvoient à la tradition skinhead britannique. Une identité renforcée par des invités tels Miles Kane (The Rascals, The Last Shadow Puppets) ou John Cooper Clarke, légende vivante de la street-poetry mancunienne. Bref, Sleaford Mods a de la concurrence… Thibaut Allemand
Tourcoing, 18.09, Le Grand Mix, 20h, 14 > 6€, legrandmix.com
03.10.26 Cachemire + Ravage Club 10.10.26 Les Innocents + Alex Toucourt 13.11.26 Linh 27.11.26 Ensemble !!! 12.12.26 Electro Deluxe + Dirty Jinx 15.01.27 Hooverphonic + 1ère partie 29.01.27 Triggerfinger + 1ère partie Du 03 au 07.02.2027 « Pestacles ! » 10ème Edition 20.02.27 Les Wriggles 12.03.27 Rose / rose movie 17.03.27 Steve’n’Seagulls + 1ère partie Du 01 au 17.04.27 Beautiful Swamp Blues Festival 22.05.27 Marie Sarah + Guilty Delight duo 12.06.27 Furax barbarossa + 10Vers + Joyeuse tristesse
08.10.26 CALOGÉRO 07.11.26 CAR/MEN 03.12.26 Piaf ! le spectacle 05.12.26 Amor à mort 10.12.26 Michel Leeb Ma vie en rire ! 09.01.27 Léon illuminé 19.01.27 L’invitation 03.02.27 HOMO DEUS « Pestacles ! » 07.02.27 Les aventures de Tom Sawyer « Pestacles ! » 13.02.27 Dans les yeux d’Audrey 09.03.27 L’électro de Quat’Sous 13.03.27 Potiche 16.03.27 Quichotte Du 24 au 28.03.27 Calais Comedy Lab 24.03.27 tremplin stand-up 26.03.27 Booder 27.03.27 Absolutely Hilarious guest Titoff 28.03.27 Mathieu Madénian 09.04.27 La comédie des erreurs 07.05.27 Fills Monkey 14.05.27 Réunion d’urgence
BILLETTERIE
SAMEDI 12/09 EN LIGNE : 9H00 AUX GUICHETS : 14H00
SUSTAIN Propos recueillis par Nicolas Pattou
Meryem Aboulouafa © Hind Aliliche
interview
Musique —— 43
■ Demain commence aujourd'hui Et si un festival ne servait pas seulement à programmer des artistes, mais aussi à expérimenter une autre manière d'envisager la culture ? Pour sa troisième édition, Sustain poursuit l'action engagée par l’Aéronef en faveur de l’écologie en élargissant le champ de réflexion : mobilité, égalité, inclusion et rapport au territoire. Rencontre avec Benoît Olla, Jean-Michel Bronsin et Marine Duquesnoy, une équipe inspirée et inspirante. Pouvez-vous nous rappeler ce qu'est Sustain ? Sustain c'est un peu le laboratoire de nos contradictions. Un espace où l’on questionne nos façons d'accueillir, de créer et de coopérer. Le projet ne cherche pas à construire un modèle parfait. Loin de toute leçon de morale, notre démarche allie actions concrètes et évolution progressive des pratiques de la salle.
Aloïse Sauvage, Holy Fuck, Flore Benguigui ou BC Camplight. Mais il est porté par des artistes qui s'engagent à respecter une charte portant sur la mobilité, la sobriété énergétique ou la lutte contre les discriminations.
Comment cela se traduit-il ? Nous avons construit des parcours plutôt que juxtaposer des événements. Pendant plusieurs jours, le public peut passer d’un concert à une création, un atelier, un forum ou une rencontre. Nous encourageons les créations et le rapprochement entre artistes, habitants, partenaires et publics.
Cela dit, l’engagement écologique ne signifie pas moins bien accueillir les artistes. Ni proposer uniquement au public des sets acoustiques éclairés à la bougie.
Sustain ne se limite donc pas à une programmation musicale ? Sustain est certes pensé comme un temps fort musical. On est ainsi ravis d'accueillir, entre autres,
« Sustain c'est le laboratoire de nos contradictions »
L’écologie est donc loin d’être le seul sujet ? En effet, Sustain interroge aussi notre rapport à l’autre, l’inclusion, les questions économiques ou encore l’égalité femmes-hommes. Cette année, nous atteignons quasiment la parité entre artistes femmes et hommes. On continue à soutenir dès le début des projets
Le public a également un rôle à jouer ? Bien sûr, les transports en commun et le covoiturage sont aussi conseillés, dans la mesure du possible. Grâce au dispositif Aéro Easy Go, nous remboursons de nombreux tickets. Par ailleurs, le respect est la règle de base. Sexisme, homophobie, racisme, transphobie ou toute autre forme de discrimination n’ont pas leur place. Sustain demeure un espace safe pour toutes et tous. Qu’est-ce qui vous enthousiasme particulièrement cette année ? Nous améliorons nos pratiques sans perdre en poésie ni créativité. Zéro Carbon Records, par exemple, associe musique et réflexion environnementale (ndlr : ou comment rapprocher la création et la diffusion musicale du zéro carbone). À
Musique —— 44
Faches-Thumesnil, une rencontre avec l'autrice Chloé Thibaud et Flore Benguigui explore la manière dont les musiciennes, repensent leurs pratiques pour mieux résister aux logiques patriarcales. Il y a aussi Détritus from Mars : une guinguette où le public est invité à danser vêtu de ses plus beaux déchets. Et puis DJ Marcelle, fan de The Fall qui débarque avec ses trois platines. Sans oublier DJ Startup, qui joue au milieu du public et marie musiques traditionnelles et électronique. C’est exactement l’esprit Sustain : expérimenter, partager et créer des liens. Lille & métropole lilloise, 23 > 27.09, L'Aéronef, Le Colysée, Les Arcades... divers horaires et tarifs (pass 3 concerts : 42/25€), aeronef.fr Sélection / 23.09 : Aloïse Sauvage & Madeleine Cazenave • 24.09 : Forum – Enjeux visibilité et d'égalité des femmes dans la musique... • 25.09 : Forum – Créer sous contrainte carbone, Holy Fuck, DJ Marcelle... 26.09 : BC Camplight, Détritus from Mars, Flore Benguigui and the Sensible Notes, Lynn, DJ Startup... 27.09 : BC Camplight, Zero Carbon, Meryem Aboulouafa, DJ Startup...
Flore Benguigui © Emma Birski
qui bousculent les pratiques dans des domaines où les femmes sont sous-représentées.
JEUDI 5 NOVEMBRE
20 H
Ana Popović MARDI 10 NOVEMBRE
20 H
Jeanne Cherhal JEUDI 12 NOVEMBRE
20 H
Grease is the Word VENDREDI 13 NOVEMBRE
20 H
Renan Luce MARDI 17 NOVEMBRE
20 H
Marion Mezadorian MERCREDI 18 NOVEMBRE
20 H
Elena Nagapetyan SAMEDI 21 NOVEMBRE
20 H
Marion Motin DU 9 AU 13 DÉCEMBRE
L’évènement !
15 H, 16H ou 20H
Slava’s Snowshow INFORMATIONS & RÉSERVATION SUR
coliseeroubaix.com
Musique —— 46
Noces d'or
L'intitulé du concert évoque la gastronomie. De fait, pour souffler ses cinquante bougies, l'ONL a mis les petits plats dans les grands, réunissant ses trois chefs successifs pour un rendez-vous forcément symbolique. Trois générations, trois sensibilités et un programme qui déroule, de Chostakovitch à Scriabine, un demi-siècle d’histoire musicale lilloise. En cinquante ans, l'ONL aura connu trois chefs d’orchestre, dont le plus célèbre reste son fondateur, Jean-Claude Casadesus (19762016). Désormais âgé de 90 printemps, il reprend la baguette, entouré de ses successeurs, Alexandre Bloch (2016-2024) et l’Américain Joshua Weilerstein, au pupitre depuis deux ans déjà. Chacun a apporté sa touche, posé son empreinte sur les choix artistiques de l'ensemble, et l’on imagine que la sélection de ce programme ne fut pas aisée. On ne s’étonne pas de l’Ouverture de fête (op. 96), signée Chostakovitch : idéale en entrée, tant elle est joyeuse et lumineuse. Elle renvoie aussi, par la bande, au violoncelliste Rostropovitch, proche du compositeur et parrain du premier grand concert de l’ONL, en 1976. La suite est à l’avenant, du Boléro de Ravel, dont l'apparente simplicité fascine toujours, au conclusif Poème de l'extase (op. 54) de Scriabine, folle montée extatique, en passant par Le Chevalier à la rose, suite de Richard Strauss, entre grandeur orchestrale et intimisme diffus. Bref, de quoi faire briller toutes les couleurs de l’ONL ! Thibaut Allemand Lille, 24 & 25.09, Nouveau Siècle, 20h, 59 > 10€, onlille.com
© Ugo Ponte / onl
LE GALA DES TROIS CHEFS
place du théâtre, 59000 lille
opéra de lille
Emmanuelle Haïm Ewelina Marciniak
opéra de Georg Friedrich Händel du 6 au 17 octobre 2026
alcina Licences 1-013256, 2-013242, 3-013241
opera-lille.fr
Musique —— 48 © Eva Chambers
Ayant grandi à Long Island au milieu des disques sunshine pop et pop baroque du paternel, les frères D’Addario vivent dans le déni de notre époque et se sont recréé un monde merveilleux où Jimmy Carter est encore président et les pattes d’eph', la dernière sensation vestimentaire. Depuis une grosse dizaine d’années, Brian et Michael ont uni leurs forces et leurs voix (ces harmonies vocales façon Bee Gees pré-disco) au fil de six albums remplis d’un songwriting réjouissant. En résulte un truc indatable et forcément postmoderne, qui n’invente… rien. Mais on ne fera pas la fine bouche face à des chansons que Brian Wilson n’a pas eu le temps d’écrire. T.A Bruxelles, 25.09, Botanique, 18h30 26,50/23,50€, botanique.be
IL EST VILAINE Apparu sous nos radars voici une dizaine d’années, ce duo parisien revendique l'héritage de francs-tireurs comme Unit Moebius ou Helena Hauff. D’antiques synthés et boîtes à rythmes analogiques donnent naissance à une techno rugueuse mâtinée d’italo-disco ou d’acid-house. Aussi à l'aise dans les envolées bubble-gum de Surf Rider qu'avec l'électropop délicieusement schlag de Ketchup Purée, le tandem cultive une irréductible liberté. Passionnant ! T.A. Tourcoing, 26.09, Le Grand Mix, 20h 19 > 11€, legrandmix.com
© Apollo Thomas
THE LEMON TWIGS
E Q TUMETONNESPRODUCTIONS
ANTEK 19.09.26 Lille Grand Palais Théâtres CALOGERO 19.09.26 Palais des Congrès / Le Touquet CHARLES DORÉ 10.10.26 Le Splendid / Lille NINO ARIAL 10.10.26 Zénith / Amiens LOU TROTIGNON 11.10.26 Théâtre Sébastopol / Lille LEGEND TOUR BY TRADE REPUBLIC 11.10.26 Stade / Liévin OLDELAF 13.10.26 Théâtre Charcot / Marcq-en-Barœul MENTISSA 14.10.26 Théâtre Sébastopol / Lille JEREMY HABABOU 15.10.26 Théâtre Sébastopol / Lille PAOLO. 15.10.26 La Bulle Café / Lille NONO LA GRINTA 16.10.26 Le Splendid / Lille VERINO 16.10.26 Théâtre Municipal / Béthune VERINO 17.10.26 Palais des Congrès / Le Touquet NOAM SINSEAU 17.10.26 Lille Grand Palais Théâtres BLANDINE LEHOUT 17.10.26 Cité des Congrès / Valenciennes MAMI WATTA 18.10.26 Lille Grand Palais Théâtres SNIPER 22.10.26 La Condition Publique / Roubaix ORELSAN 22 & 23.10.26 Zénith / Lille BERNARD WERBER 22.10.26 Théâtre Sébastopol / Lille PHILIPPE CAVERIVIÈRE 30.10.26 P. des Congrès / Le Touquet PHILIPPE CAVERIVIÈRE 31.10.26 Théâtre Municipal / Béthune SECRET(S) MÉDICAL 01.11.26 Théâtre Sébastopol / Lille SAM SAUVAGE 03.11.26 L’Aéronef / Lille LES GROS PATINENT BIEN 04.11.26 Théâtre Sébastopol / Lille FFF 05.11.26 Le Splendid / Lille ANDRÉ MANOUKIAN 05.11.26 Théâtre Sébastopol / Lille MARIA MORENO 07.11.26 Lille Grand Palais Théâtres AJNA 07.11.26 Le Flow / Lille SOLANN 08.11.26 Palais des Congrès / Le Touquet COMPLET
COMPLET
LICENCES : R-2021-012664 / R-2021-012665 - CRÉATION GRAPHIQUE : L'ASTROLAB* - INFO@LASTROLAB.COM
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Musique —— 50 © DR
HOLY HOLY FEAT. TONY VISCONTI Mémoire vive
Chaque mois, des dizaines de tribute bands reproduisent, sur scène, la geste de héros disparus du rock : de Letz Zep aux Bootleg Beatles, des Smyths à l’Australian Pink Floyd Show… On ressent toujours un mélange d’amusement et d’effroi face à ces musiciens singeant leurs idoles. Bonne nouvelle : cet hommage à David Bowie ne crée pas de malaise. D’abord, parce que Holy Holy (ainsi nommé d’après un single de 1971) réunit des intimes de l’homme au regard bicolore, à commencer par Woody Woodmansey, batteur des Spiders From Mars à l'époque de Ziggy Stardust. Ensuite, parce que le chanteur Glenn Gregory (ex-Heaven 17) ne joue pas la carte du mimétisme. Enfin, parce que la joyeuse troupe est adoubée par le légendaire producteur et bassiste Tony Visconti, qui a coproduit une douzaine d’albums du Thin White Duke, et ne se prêterait jamais à un concours de sosies. Voici donc des musiciens (très) concernés qui font revivre un répertoire pop, tout comme le ferait un orchestre symphonique avec Bach ou Mahler. Ni plus, ni moins. Thibaut Allemand Louvain, 24.09, Het Depot, 20h, 44/40€, hetdepot.be
Tout cramer. L’intitulé reprend la célèbre punchline du velu Léodagan, mais la chanson est entonnée par une songwriter aux faux airs de Christina Ricci, fée diaphane à l’humeur sombre et aux mélodies éclatantes. Le folk de Solann épouse les combats féministes contemporains : diktats esthétiques, patriarcat écrasant, émancipation possible… Elle rejoint la lignée d’Anne Sylvestre, Pomme ou Yelle – dont elle emprunte parfois le flow. On peut y voir, de la part des labels, un certain opportunisme : chacun signe « sa » chanteuse contestataire et féministe. Mais ces luttes sont toujours d’actualité, et des titres comme Rome ou Thelma et Louise sont partis pour durer. T.A. Douai, 30.09, L'Hippodrome, 20h30, 25/15€ Le Touquet, 08.11, Palais des congrès, 19h 39,90/34.90€, tumetonnesproductions.com
© Clémentine Ecobichon
SOLANN
DIZZEE RASCAL
Gand, 30.09, Music Club Wintercircus, 20h, 33€, clubwintercircus.be // Bruxelles, 03.10, Botanique, 20h30, 36/33€, botanique.be
© DR
Enfant prodige du grime en 2003, Dizzee Rascal délaissa un temps les beats minimalistes, l’influence club et le flow amphétaminé pour se recentrer sur une EDM impersonnelle. Heureusement, son dernier disque en date, Don’t Take it Personal (2024), renoue avec la fougue et la morgue de jadis. Le voir remonter sur les planches, la quarantaine rugissante venue, fait plaisir car mine de rien, Dizzee Rascal, c’est un petit morceau d’histoire du xxie siècle à lui tout seul. T.A.
LOOS
OUVERTURE DE SAISON LE SAMEDI 26 SEPTEMBRE
HIP HOP GAMES EXHIBITION OLDELAF MARION MEZADORIAN THAÏS FLAVIA COELHO FESTIVAL LES SONGES MUSICAUX Retrouvez la programmation 26/27 sur lafileuse.fr
Musique —— 54
Elvis chez les Smiths
Avant de créer Brigitte Calls Me Baby, le Texan Wes Leavins gagnait sa croûte en incarnant Elvis dans Million Dollar Quartet. Rien de très neuf, donc, dans le rétro-futurisme de ces Chicagoans. Mais qui n’a jamais rêvé d’un Morrissey avec l’accent du Sud ? Leavins a d’abord été Elvis. C'était dans la comédie musicale Million Dollar Quartet, largement jouée aux États-Unis. Il fut même pressenti pour prêter sa voix au King dans le biopic de Baz Luhrmann, avant qu'Austin Butler ne s'avère très capable de s'en charger seul. Après le Roi, place au Royaume-Uni : impossible d'échapper, sur les deux albums du groupe, à la ressemblance vocale avec Morrissey. Deux monarques décadents dont la légende a fini par dévorer l'homme – mais Leavins, en malin, en hérite la voix sans en payer le déclin. Morrissey a même validé la ressemblance en l'invitant en première partie. Même logique côté musical : les guitares sonnent comme The Smiths, les synthés rappellent Orchestral Manoeuvres in the Dark. Les yeux fermés, BCMB est un groupe anglais qui n'a jamais mis un pied à Manchester… Sorti en mars, Irreversible, produit par Yves Rothman et Lawrence Rothman, déroule bluettes emo-pop et refrains de bad boys éplorés sans révolutionner le genre, mais avec des morceaux parfaitement calibrés. Qui peut se targuer, dans ces pages, d'avoir révolutionné la pop ? BCMB n'est jamais aussi convaincant qu’en assumant ses emprunts. Une belle reprise de Careless Whisper en atteste. La tournée s'arrête à Tourcoing et à Manchester, histoire de vérifier si les intéressés reconnaissent leur reflet. Mathieu Dauchy Tourcoing, 01.10, Le Grand Mix, 20h, 19/11€, legrandmix.com
© Jen Rosenstein
BRIGITTE CALLS ME BABY
| Artwork © María Medem | Impression : Mairie de Béthune | Licences 1-001911 / 2-001912 / 3-001913
saison
26 27
MUSIQUE Calogero • Robert Finley + Guilty Delight • Les Fo’Plafonds Bertrand Belin • Les Fouteurs de Joie • Gauvain Sers • Fatoumata Diawara While My Guitar Gently Weeps THÉÂTRE & COMÉDIE L’Invitation • Du charbon dans les veines • The Loop • Le Chant des lions • En attendant Bojangles HUMOUR Amandine Lourdel • Moguiz • Bérengère Krief • Thomas VDB JEUNE PUBLIC Sauvage • C’est bien plus rigolant quand on peut faire autres mots À l’ombre des grands arbres • Roupillon • Rick le Cube, vers un nouveau monde THÉÂTRE MUNICIPAL DE BÉTHUNE Boulevard Victor Hugo F - 62400 Béthune
Renseignements et réservations 03 21 54 97 40 - theatre-bethune.fr Billetterie : application B-Tick
Decoding Birdsong
(Mushroom Music / Virgin)
Un an après l’excellent Service Station at the End of the Universe, Antony Szmierek confirme tout le bien que l’on pensait de lui et, surtout, évite l’écueil de la formule. D'ailleurs, « You're Not Supposed To Do This Forever », clame-t-il ici. Ainsi, diversifiant son propos comme ses prods, le Mancunien aligne pépites disco-house, rap électronique plein de morgue, tourneries aux accents new orderiens. On pense à Real Lies et The Rhythm Method, mais surtout à Faithless. Et on vise juste, puisque Szmierek apparaissait sur le dernier album des Anglais. Bref, une preuve supplémentaire que le hip-hop britannique, lorsqu’il puise dans les traditions club locales, demeure le plus inventif. Thibaut Allemand
JAMES ELLIS FORD Lost in Another World
(Domino)
En 1975, un Brian Eno en convalescence après un accident, signait Discreet Music. On y a souvent pensé à l’écoute de Lost in Another World. Pour sa relative discrétion, ces mélodies de poche bricolées avec trois fois rien. On l’avoue : on ne savait rien du malheur tombé sur la moitié de Simian Mobile Disco et producteur couru (Fontaines DC, Arctic Monkeys…). On apprit sur le tard que l’Anglais, atteint d’une leucémie, avait enregistré cet album à l’hôpital. Dès lors, la référence à Eno fait d’autant plus sens – on songe au Bowie de Low, aussi, et Eno est encore là. Ceci posé, Ford ne singe personne mais signe un deuxième essai intimiste et souvent enjoué. Une revanche en forme de réussite. Thibaut Allemand
DISQUES
DISQUES
PHOEBE BRIDGERS Lost Weekend
(Dead Oceans)
Voici quelques années, on écrivait que Phoebe Bridgers était « inclassable car plurielle ». On ne pensait pas avoir raison à ce point. Inclassable, la Californienne le demeure : jadis disciple docile d’Elliott Smith (folk fragile et austère), la voici qui aligne dans un même mouvement électronique et autotune (The Outside, Lost Weekend), des classiques folk instantanés (Lost Boys, Haunted), et des titres plus… génériques, tels Bobby. Les invités sont légion, d’Alex G aux vieux complices Conor Oberst, Lucy Dacus et Julien Baker. Notons aussi la présence de Justin K. Broadrick (membre fondateur de Goldflesh et de Jesu). En résulte un bel album de rupture et de deuil, vers lequel on reviendra souvent. T.A.
Disques —— 56
DISQUES DISQUES DISQUES DISQUES
ANTONY SZMIEREK
THÉÂTRE CHARCOT
VENDREDI SUR MER
+ WATERLILY
1 Oct. er
2026
CATASTROPHE
+ FOREVER PAVOT
14 Oct.
2026
LIVRES LIVRES LIVRES LIVRES
MAHI GRAND Les Dents de l’enfer
SÉBASTIEN BONIFAY
LIVRES
(Not) Born in the USA
LIVRES
(Dargaud)
Comment le Nouvel Hollywood, ce mouvement anti-establishment qui modernisa le cinéma américain, est-il mort ? On a coutume d’évoquer le succès massif d’un film pour enfants tel La Guerre des étoiles (George Lucas, 1977) ou, deux ans avant, le hold-up commis par Les Dents de la mer, initialement envisagé comme une honnête série B et confiée à un quasi-débutant de 27 ans nommé Steven Spielberg. Un cinéaste rempli de talent, de vision et de courage. D’un scénario remanié à plusieurs reprises, l’Américain fait feu de tout bois : épouvante, évidemment, mais aussi dénonciation d’institutions privilégiant le profit à la sécurité (très en vogue dans les thrillers paranos post-Watergate), réflexion plus profonde sur la masculinité, à travers trois hommes très différents affrontant leurs peurs. Assis sur les épaules des géants (le travelling compensé hitchcockien, les références à Moby Dick…), Spielberg voit loin. Cet album réussit, par de jolis tours de passepasse narratifs, à évoquer les conditions de tournage dantesques de ce blockbuster. Et le Nouvel Hollywood, dans tout ça ? D’autres situent sa fin avec le naufrage commercial que fut La Porte du paradis (1980), la fresque de Michael Cimino. Son tournage mériterait, lui aussi, une belle bande dessinée de ce type. 184 p., 23€. Thibaut Allemand
(Éditions Marchialy)
Dans sa librairie, Sébastien Bonifay avait un sérieux penchant pour les romans noirs américains. En 2016, Trump sur le point d'être élu, il décide de partir aux États-Unis pour s’entretenir avec ses écrivains fétiches : James Ellroy, Donald Ray Pollock, Stuart Dybek ou encore Chris Offutt. Spoiler : il va bien les rencontrer (ainsi que six autres auteurs) et dix ans plus tard, il nous livre un texte toujours d’actualité. Un road trip qui nous fait traverser le pays en long, en large et en voiture. Chaque échange amène son lot d’anecdotes sur la violence, les contradictions d’un pays profondément divisé, mais aussi sur la manière dont ces romanciers en révèlent la complexité. Du pain (noir) béni pour les fans de polars mais aussi, plus largement, pour ceux qui s’intéressent à la fabrique intime d’un livre. 352 p., 21,50 €. Pascal Cebulski
Livres —— 59
LEWIS TRONDHEIM
Art Total
(Dargaud)
Ah, Lapinot… Né en 1992, ce rongeur anthropomorphe permit à Lewis Trondheim de créer et revisiter les grands canons de la bande dessinée (fantasy, polar, SF…) ou d’aborder des problèmes plus réalistes et quotidiens (le travail, l’amour, le temps qui passe…). Mort en 2004, ressuscité en 2017, Lapinot a depuis vécu pas mal de nouvelles aventures. Et le voici qui meurt à nouveau ? On ne spoile rien, la couverture annonce la couleur, on n’en dit pas plus. Une fois de plus, les formes épurées et le décor simplifié offrent à Trondheim tout loisir de s’interroger – et nous avec – sur l’art, l’évolution de l’humanité, les progrès scientifiques et techniques. Le tout avec humour et légèreté – Trondheim, ou l’anti-Druillet. 48 p., 14€. Thibaut Allemand
MATHIEU SAPIN
En Liberté
(Dargaud)
Mathieu Sapin est un habitué des reportages en immersion aux côtés de personnages falots (François Hollande) ou un brin plus expansifs (Gérard Depardieu). Ici, le Dijonnais se place dans les pas d’une sacrée femme nommée Dominique Simonnot : ex-plume de Libé, du Canard et contrôleuse générale des lieux de privation de liberté. Sapin la suit dans diverses prisons (Marseille, Nantes…) en passant par Vendin-le-Vieil et son quartier de haute sécurité vanté à cor et à cri par Gérald Darmanin… Il consigne ses pensées, questions et surprises au fil du récit. Entre simplicité du trait et (fausse) naïveté de l'approche, l’ensemble nous permet de découvrir des lieux qui, rappelons-le aux étourdis, ressemblent à tout sauf au Club Med. 96 p., 21,5€. Thibaut Allemand
JÉRÔME SCHMIDT Une prière pour John Coltrane
(Éditions Noir sur blanc)
1966. John Coltrane est au Japon pour une série de concerts qui balaie tout sur son passage. À l’époque, le jazz est une obsession nationale, Coltrane est aussi populaire que les Beatles. Des centaines de cafés spécialisés, les jazz kissa, ouvrent à travers la péninsule. Soixante ans plus tard, Jérôme Schmidt nous invite à pousser les portes de ces sanctuaires du jazz, à la rencontre de fanatiques qui ont parfois tout lâché à l’écoute d’un disque (ou d’un concert de Coltrane) pour inaugurer leur propre lieu, où la musique s’écoute souvent en silence. Cette magistrale tournée des bars prend aussi la forme d’un tragique voyage d’adieu : ces jazz kissa, hors du temps autant qu’anachroniques, disparaissent les uns après les autres... 128 p., 17.50€. Pascal Cebulski
15-18 © Ad Vitam Films
interview
FESTIVAL 2 CINÉMA DE VALENCIENNES Le sens du partage
Avant-premières, procès de Bobigny, résistance belge... À la tête du Festival 2 Cinéma de Valenciennes, qui fête sa 16e édition, Jean-Marc Delcambre dévoile une programmation resserrée et rend hommage au compositeur Patrick Doyle. Rencontre complice avec un directeur passionné, coups de cœur à l'appui. Propos recueillis par Nicolas Pattou
Écrans —— 61
Comment présenteriez-vous votre festival en quelques mots ? Notre festival a vraiment trouvé sa place dans le paysage culturel en France. Il est aujourd’hui considéré comme un événement structurant du territoire. Les professionnels nous font confiance et nous confient beaucoup de films dont des premières françaises. Notre
« Un festival doit afficher de vrais choix » spécificité tient notamment à la compétition documentaire mais aussi à notre travail autour des métiers du cinéma. Chaque année, nous mettons à l’honneur des techniciens qui viennent partager leur expérience et, je l’espère, susciter des vocations.
énormément de films pour en retenir entre 20 et 25. Cela signifie que nous en avons visionné dix fois plus. On ne sélectionne que nos vrais coups de cœur, des histoires qu'on tient à partager. Il faut se mettre à la place du public et se demander, en sortant de la salle : « Est-ce que j'ai absolument envie de conseiller ce film ? ». C’est une responsabilité vis-à-vis des spectateurs qui vont payer leur place et nous faire confiance. Pouvez-vous citer quelques-unes de ces pépites au programme ? En ouverture, on présente Une femme aujourd'hui de Robert Guédiguian avec Ariane Ascaride, tous deux invités. Le propos est très actuel, interrogeant les abus
La transmission et le partage sont donc au cœur du projet ? Oui. Notre rendez-vous est très ouvert : les spectateurs peuvent rencontrer les artistes, échanger librement avec eux. Il y a une vraie cohabitation entre public et professionnels. Nous attendons cette année environ 6 000 scolaires. L’objectif est de leur faire découvrir les métiers du cinéma, mais aussi des films qu’ils n'ont pas forcément l’habitude de voir. Nous défendons une programmation resserrée, parce qu’un festival doit afficher de vrais choix. Justement, comment composezvous la sélection ? C’est un marathon. Nous voyons
L' affaire Marie-Claire © Marie-Camille Orlando, Gaumont
Une femme d’aujourd hui © Diaphana / Agat Films, Bibi Film, Arte
France Cinema
sexuels et la place des femmes dans la société. L’Affaire MarieClaire, avec Charlotte Gainsbourg et Cécile de France, revient quant à lui sur le célèbre procès de Bobigny et le combat de Gisèle Halimi. Et puis une première
tenions à honorer un autre compositeur. Patrick Doyle a une carrière passionnante et multiple : il a travaillé avec Kenneth Branagh et Régis Wargnier, mais aussi pour Disney, Brian De Palma ou Robert Altman.
« Montrer qu’il existe un autre cinéma »
Quel est aujourd’hui votre principal défi ? Réussir à attirer un public nombreux dans un territoire qui possède énormément de salles de cinéma est déjà une victoire. Mais nous voulons surtout réunir davantage de jeunes. Aujourd’hui, chacun reste devant son écran, guidé par ses algorithmes. Notre festival doit permettre de sortir de ces zones de confort, de montrer qu’il existe "un autre cinéma" capable de nous émerveiller. Aller voir un film ensemble, c’est aussi partager une émotion.
projection française du film belge Le Faux Soir, avec Bouli Lanners, Karim Leklou et Mélanie Thierry (ndlr : l’histoire vraie du célèbre faux journal belge publié en 1943 par la Résistance, pour ridiculiser l’occupant allemand). Nous avons aussi une belle section animation et des cartes blanches. Vous mettez effectivement à l'honneur le compositeur Patrick Doyle ? Après avoir récompensé Michel Legrand et Gabriel Yared nous
Valenciennes, 25 > 29.09, Cinéma Pathé 8/7€, séances Gala : ouverture, clôture, célébrations : 10€, festival2valenciennes.fr
Rébecca Chaillon Jean Bellorini David Bobée Sofiane Chalal Boris Charmatz Cloud Gate Dance Theatre of Taiwan Thibaud Croisy Demestri + Lefeuvre
Yann Frisch La Grive Jaha Koo l a c a v a l e Forbon N'Zakimuena Gurshad Shaheman Side-Show Betty Tchomanga Antoine Thiollier et bien plus encore…
Écrans —— 64
La Mémoire des mots
Tourné dans une région montagneuse du Vietnam, Hair, Paper, Water… s'attache avec beaucoup de douceur à quelques figures de la communauté Ruc. Isolée dans des grottes jusqu'en 1959, celle-ci voit aujourd'hui sa langue ancestrale de plus en plus menacée de disparition. Eau, feu, nuit, rêve, chauve-souris, pluie... les mots s'inscrivent à l'écran dans la langue que la vénérable Madame Cao Thi Hâu entend transmettre à ses petits-enfants. Des mots simples, essentiels, qui concentrent dans leur sonorité tout un imaginaire, un rapport au monde. Pour leur deuxième collaboration, Nicolas Graux et Truong Minh Quý renouent avec une forme primitive du cinéma. Tenue à la main, la caméra Bolex 16 mm limite les plans à une vingtaine de secondes, imposant patience et disponibilité. La pellicule saisit quant à elle l'éclat profond de la forêt, de l'eau, de la brume. Hair, Paper, Water prend des allures de légende : une naissance dans une grotte, un serpent pétrifié dans la roche, des tigres mangeurs d'enfants, une crue qui avale les routes et ramène au pays de l'enfance. Comme un livre d’images, le film se feuillette librement, page après page, mot après mot. L'eau, dont les fluctuations rythment la vie de la vieille dame et de ses proches, inspire aussi au montage une grande fluidité. Les tremblements et palpitations de l'image participent d'un sentiment puissant de présence, mais aussi de fragilité. La transmission semble bien incertaine, alors que le petit-fils répète sa leçon d'anglais avec ses camarades de classe et rêve de quitter le village de ses ancêtres. Raphaël Nieuwjaer De Nicolas Graux et Truong Minh Quý. Sortie le 09.09
© petit chaos, Dérives
HAIR, PAPER, WATER
MELPOMÈNE
© Hauserfilm GmbH
Marthe, professeure d'histoire de l’art, enquête sur la mort mystérieuse de sa mère et voit le réel se fissurer. Après L’Autre (2020), Charlotte Dauphin poursuit son (ego) trip psychanalytique, entre Paris et la Côte d’Azur. Toucheà-tout, la petite-fille de l’industriel Jacques Dauphin a les moyens de son indépendance. Productrice via Dauphin Films, Melpomène est toutefois coproduit par un autre héritier, son mari Charles-Henri de La Rochefoucauld… Voilà ce qui explique ce casting de choix. Pourtant, ni Andie MacDowell, ni Marisa Berenson ne trouvent leur place dans cet objet arty alambiqué. Malgré de belles fulgurances (Shock Corridor, Le Prisonnier), le film souffre d’un jeu maniéré (la faute au rohmérien Pascal Greggory ?), d’un montage inégal et d’un scénario sans dramaturgie. Dommage, car l'audace visuelle et le sound design promettaient mieux. Selina Aït Karroum
MEMORY OF PRINCESS MUMBI Memory of Princess Mumbi, du Suisse-Kényan Damien Hauser (After the Long Rains, 2023), plonge le spectateur en 2093. Kuve (Ibrahim Joseph) se rend à Umata pour tourner un documentaire sur la Grande Guerre des années 2070, conflit qui a banni les technologies modernes et fait renaître les anciens royaumes. Il y rencontre Mumbi (Shandra Apondi), qui le met au défi de réaliser son film sans IA. Un comble pour Hauser, qui recourt justement à l’intelligence artificielle pour façonner un univers aussi spectaculaire que poétique. Derrière cette mise en abyme, le cinéaste interroge l’avenir de la création. Entre SF, romance et faux documentaire, cette fable afrofuturiste, drôle et émouvante, est un véritable rêve de cinéma. © New Story
De Charlotte Dauphin, avec Charlotte Dauphin, Pascal Greggory, Andie MacDowell, Marisa Berenson, Finnegan Oldfield, Anouk Grinberg… Sortie 30.09
Grégory Marouzé
De Damien Hauser, avec Shandra Apondi, Ibrahim Joseph, Damien Hauser. Sortie 26.08
Écrans —— 66
Le goût de vivre
Après une rupture née d'un banal désaccord, Marta voit son monde vaciller. Le diagnostic qui tombe bientôt bouleverse son rapport au corps, au temps, aux autres. Adapté du roman Tre ciotole de Michela Murgia (disparue en 2023), le film d’Isabel Coixet dresse un portrait de femme d’une bouleversante délicatesse. La dispute de trop éclate sur un scooter, un soir de trafic très dense. De retour chez eux, les lignes épurées de l’appartement trahissent la rigidité du couple. Lui, chef en pleine ascension, est intransigeant. Elle, prof d’éducation physique, affiche une placidité derrière laquelle affleure le désarroi. Jusqu’à la rupture. L'ouverture évoque presque Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman), puis le récit choral se resserre sur Marta, suspendue au diagnostic médical. La maladie bouscule son rapport au corps et à la nourriture. Le film fait du goût un fil rouge, vital, philosophique, joyeux. Manger devient une façon de se relier aux autres et, surtout, à soi. Dans une Rome loin de la carte postale (les quartiers Pigneto, Trastevere ou Testaccio), la caméra alterne plans larges, plongées, flashbacks et inserts subjectifs. Entre pulsion de vie et fatum, le film est porté par la beauté triste et le visage antique d’Alba Rohrwacher, tout en pudeur. Les trois bols gagnés au supermarché avec des points de fidélité deviennent des réceptacles à remplir, à vider, à réinventer. Une petite vaisselle du quotidien pour une grande leçon : après le désamour, il reste à retrouver l’appétit de vivre. Selina Aït Karroum D’Isabel Coixet, avec Alba Rohrwacher, Elio Germano, Galatea Bellugi… Sortie 02.09
© Greta De Lazzaris, Nour films
TROIS ADIEUX
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LES
NUITS DES
BASSINS ARRAS_ BASSINS JARDINS DU VAL DE SCARPE ET
A R T D I G I TA L - M A P P I N G - V I D É O - S O N
18 et 19 SEPTEMBRE 2026
Un parcours nocturne immersif d’art numérique au bord de l’eau : projections - performances - mapping - installations interactives Parmis les artistes : DYLAN COTE / JULADI / SANDRA GIL / MR NUAGE et DOC PIXEL / NEOCORE / PABLO GRACIAS / SVITLANA REINISH et ANNA SLIZINOVA ... lesnuitsdesbassins.fr
LES
A
AT E L I E R S
DE L A H A L L E
#LesNuitsDesBassins
conception : la lettre k / emmanuel kowandy
© Jean-Louis Coulombel & Maurizio Galante / Jean-Michel Voge & Maurizio Galante
MAURIZIO GALANTE TAL LANCMAN HAUTE COUTURE / DESIGN / ART
13.06.26 — 03.01.27
VISITES DE L’EXPOSITION
ÉVÈNEMENTS
• Visites nocturnes Visite dans l’un des musées. Jeudi 3 septembre et 5 novembre à 18h > à la Cité de la dentelle et de la mode Jeudi 1er octobre et 3 décembre à 18h > au musée des Beaux-Arts
• Démonstration de savoir-faire d’exception Rencontre et démonstration avec Anne Corbière, artisan d’art textile. Samedi 3 octobre de 14h à 17h > À la Cité de la dentelle et de la mode. Gratuit, sans réservation dans la limite des places disponibles.
Gratuit, sur réservation.
• D’un musée à l’autre Parcours dans les deux musées. Dimanche 18 octobre à 15h30 > Départ à la Cité de la dentelle et de la mode Dimanche 22 novembre à 15h30 > Départ au musée des Beaux-Arts Gratuit, sur réservation.
• Rencontre Avec les créateurs Maurizio Galante, Tal Lancman et la commissaire Lydia Kamitsis. Jeudi 15 octobre à 14h30 Pour les étudiants et professionnels de la mode. Jeudi 15 octobre à 18h Tous publics. > À la Cité de la dentelle et de la mode. Gratuit, sur réservation.
• Rendez-vous au musée Imaginer un univers poétique autour de l’exposition en dessinant avec les ombres et la lumière. Dimanche 15 novembre de 10h à 12h et de 14h à 17h > À la Cité de la dentelle et de la mode. Gratuit, sur réservation.
• Carte blanche au Conservatoire du Calaisis
M. Galante & Tal Lancman, Ensemble veste courte et pantalon – 2019 ; Vases – 2023 © O. Leclercq
Tout le week-end, les élèves du Conservatoire du Calaisis et leurs enseignants investissent l’exposition temporaire pour une conversation musicale avec les œuvres. Samedi 12 et dimanche 13 décembre > Dans les deux musées. Gratuit, sur réservation.
Retrouvez toute la programmation sur www.mba.calais.fr et www.cite-dentelle.fr
▲ Tamara de Lempicka, Mère et enfant, 1932, peinture sur contreplaqué, collée et clouée sur une structure en tasseaux de résineux cloués, Beauvais, MUDO-Musée de l’Oise © Tamara Art Heritage / Adagp, Paris, 2026 © GrandPalaisRmn (musée départemental de l'Oise) / Stéphane Maréchalle ▲
Philipe Katerine, Mr Rose selfie, 2022, résine et peinture acrylique, Courtesy Edie Éditions et Renting Art © DR
Exposition —— 71
TROP MIGNON ! L'ART DU BONHEUR ■ La douceur contre-attaque Non, le mignon n'est pas né avec les Bisounours. Cette notion traverse l'art depuis l'Antiquité, aussi universelle qu'ambiguë. Le Louvre-Lens la prend enfin au sérieux : entre neurosciences, histoire de l'art et provocations contemporaines, près de 300 œuvres racontent pourquoi craquer devant un chaton n'a jamais été aussi politique. La dernière exposition du LouvreLens fait cohabiter un Renoir avec les créatures de Jeff Koons. Leur point commun ? Illustrer la grande histoire du mignon, de l’Antiquité à nos jours. Derrière la légèreté de cette sensation qui convoque irrémédiablement la joie, se cache un véritable objet d'étude, à la croisée de l'histoire des émotions et
des neurosciences. « La tendresse touche aux fondements de l'humanité », résume Annabelle Ténèze, directrice du Louvre-Lens. D'où l'idée de lui offrir un écrin à sa mesure, pour faire dialoguer les toiles de la Renaissance italienne, pleines de putti (ces petits angelots ailés, ronds et joufflus) avec le ''mignonisme'', courant inventé
▲ Jules Le Roy, Chats dans une commode, 1900, huile sur toile, Roubaix, La Piscine - Musée d'art et d'industrie André Diligent © Musée La Piscine (Roubaix), Dist. GrandPalaisRmn / Arnaud Loubry ▲
Charles Hascoet, Labubu #1, 2025, huile sur toile, Courtsey Danysz Gallery – Paris © DR / Adagp, Paris, 2026
par Philippe Katerine. Auréolée de couleurs pastel, cette aventure immersive « joue beaucoup sur les sens » : le goût avec du sucré qui fait saliver, le toucher avec des doudous moelleux, le regard avec une salle dédiée aux œuvres miniatures – dont les plus petites, frisant le centimètre, se scrutent à la loupe. Des tyrans aux licornes Roue des émotions pour légitimer le ressenti des visiteurs, vote pour l’œuvre la plus émouvante, salle de médiation où tout peut être touché... Fidèle à son
savoir-faire, le musée montre l'histoire de l'art sous un angle inédit, sans hiérarchiser les cultures, via une quinzaine de stations à la fois chronologiques et thématiques.
« Une aventure immersive qui joue beaucoup sur les sens » Entre l'invention de la teinte rose au xviiie siècle et les regards attendris posés sur des sculptures de chiens mexicains gardiens de tombe, on apprend que « les Frères Lumière ont tourné la première
« Le mignon peut être utilisé par les régimes totalitaires » cardinale de sa société, au sein d'un continent asiatique « particulièrement touché par le mignon ». Mais tout n'est pas kawaii dans la tendresse : « Le mignon peut être utilisé par les régimes
totalitaires pour étouffer les esprits critiques », note Annabelle Ténèze. Aux portraits d'Hitler posant avec un faon ou d'un Staline entouré d'enfants s'oppose aujourd'hui « la tendresse érigée en arme pacifique », avec des manifestants déguisés en licorne. De quoi mettre des paillettes dans les yeux, comme le fait l'artiste Pascal Lièvre en réenchantant treize chefs-d'œuvre du Louvre à coups de poudre scintillante en fin de parcours. Arnaud Stoerkler Lens, 23.09.26 > 18.01.27, Louvre-Lens mer > lun : 10h-18h, 12/6€ (gratuit -18 ans) louvrelens.fr
Liliana Porter, Untitled (The Weaver), 2018, tissu et bois, Courtesy of the Artist and mor charpentier, Paris © Adagp, Paris, 2026, Photo : François Doury
Exposition —— 74
vidéo de chat » en 1899, quatre ans après leur fameuse sortie d'usine... ou que la Corée du Sud a érigé la bienveillance en valeur
du 22.08 au
4.10.2026
interview
SERGE NAJJAR Propos recueillis par Arnaud Stoerkler Photos : Courtesy de l’artiste, Galerie Bessières et Galerie Tanit © Serge Najjar
Bliss, 2019
Exposition —— 77
■ La poésie des façades Il est avocat mais surtout connu pour ses images graphiques d'un Liban inédit, où l'architecture se mue en poésie géométrique. Serge Najjar a démarré sur Instagram avec un téléphone portable, avant d'être exposé dans le monde entier. Il propose un regard différent, presque abstrait, sur ce pays qui charrie son lot de clichés. Une bonne raison de découvrir l'exposition consacrée par l'Institut du monde arabe de Tourcoing à cet amoureux de Le Corbusier et de Ferrante Ferranti. Né à Beyrouth en 1973, vous avez commencé à photographier cette ville en 2011. Comment avez-vous vu évoluer votre pays ? J'ai commencé à photographier le Liban alors qu'il était déjà en pleine reconstruction. C'était un pays d'avant-crise, avant l'explosion du port de Beyrouth en 2020. Il y avait de nombreux chantiers, ce qui m'a beaucoup aidé, puisque l'essentiel de mes photographies ont pour cadre ce type d'endroits. Après la catastrophe, tout a été suspendu. La population était dans une grande précarité, les chantiers se sont raréfiés, ce qui a ralenti mon travail. Mais, par je ne sais quel miracle, le Libanais se réinvente continuellement. Une chance pour moi, j'ai pu poursuivre mon exploration. Vous avez embrassé la photo à 37 ans, avec votre téléphone portable. Qu'est-ce qui a tout déclenché ? Ma mère m'a inscrit à un atelier de photographie animé par une
amie. Je n'y ai pas vraiment appris la théorie ou la technique, j'ai surtout été attentif aux gestes de cette professeure : le fait de zoomer pour mieux regarder m'a impressionné. Si l'on observe attentivement une scène, qu'on la sort de son contexte, on peut lui donner une autre forme, presque la sacraliser. C'est devenu l'essence de ma photographie.
« La lumière est une matière à sculpter » Vos clichés proposent des visions assez irréelles, proches de la peinture abstraite. Vous souhaitez montrer une autre image de votre pays ? Je tiens à proposer des photos du Liban pas trop identifiables, sans identité locale. C'est pour cette raison qu'elles ne montrent jamais la guerre ou de vieilles pierres. Je ne photographie pas l'architecture, mais le moment où elle
Exposition —— 78 Serge Najjar, Diving into Escher, 2013
s'éloigne du bâtiment pour devenir une pensée. Au-delà du béton, je préfère l'ombre, la silhouette ou la lumière qui font basculer le réel.
« Capturer des gestes artistiques en construction » La lumière est un souffle, une matière à sculpter. Montrer ainsi mon pays est aussi une forme de résistance. Mes photos sont plutôt calmes, alors que nous sommes saturés d'images qui crient.
Elles répondent à un besoin de vide, non pas une absence mais une respiration. Vous êtes fasciné par les chantiers, les immeubles inachevés. Est-il facile d'y accéder ? C'est très délicat. D'abord, parce que ce sont des lieux dangereux. Ensuite, parce que ma présence n'y est pas toujours appréciée. Je m'assure systématiquement d'avoir toutes les autorisations, puis de me faire oublier. Pour mieux saisir la sincérité.
Serge Najjar, Galaxy, 2015
Que racontent ces décors que la nature ou les bâtiments achevés ne racontent plus ? J'adore la nature, elle me ressource. Mais curieusement, ce n'est pas ce que j'aime photographier. J'ai besoin de lignes pures, que je trouve dans ces façades. Je les considère comme des toiles vivantes. Il m'importe de capturer ces gestes artistiques en construction. Je rêverais d'aller photographier la ville indienne de Chandigarh, conçue par Le Corbusier. Mais ces grands architectes
n'ont plus besoin de mon objectif. Je préfère les chantiers banals. Est-il vrai que vous ne retouchez pas vos images ? Certains me demandent pourquoi je me donne autant de peine, alors qu'il est aujourd'hui possible de tout ajouter ou gommer sur une photo. Je crois que je suis un puriste sur ce plan, c'est même le moteur de ma passion. Une main indésirable peut créer de l'ombre, certes, mais sans cette présence spontanée, il n'y a pas de photo, selon moi. Coller des choses entre
Serge Najjar, Red Swipe, 2015
« Découvrir le Liban autrement »
Serge Najjar, Paper Clip, 2013
Des vernissages révèlent chaque semaine des artistes remarquables dans les domaines de la peinture, de l'architecture ou de la musique. Leurs travaux s'exposent localement et à l'étranger.
elles, créer du factice ne m'intéresse pas. Je souhaite qu'on croie ce que l'on voit. Parce que l'impossible existe, il suffit de poser le bon regard. À quoi le public peut-il s'attendre à l'Institut du monde arabe de Tourcoing ? Je ne souhaite pas forcément que le public admire mes photographies. Plutôt qu'il découvre le Liban autrement. Il était important pour moi d'offrir ce regard et modifier légèrement la manière dont on imagine mon pays.
Le conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban a-t-il un impact sur votre travail ? Cela freine parfois nos mouvements. Mais cette passion pour la photographie, que je pratique exclusivement le week-end, est un exutoire. Ces moments solitaires, à pied ou en voiture, sont précieux. J'ai traversé tant de situations difficiles, vécu la guerre et connu de malheurs dans ma vie qu'aujourd'hui, je ne peux plus être découragé ni baisser les bras. Cette irrésistible envie de créer me rapproche de mon Liban. Le Liban de Serge Najjar Tourcoing, 19.09.26 > 17.01.27, Institut du monde arabe, mar > dim : 13h-17h45, 5/4€ ima-tourcoing.fr
Exposition —— 80
Comment le milieu artistique se porte-t-il à Beyrouth ? On dit que l'on s'exprime d'autant mieux dans l'adversité. Ce fut le cas en Europe après la Seconde Guerre mondiale, et le Liban montre lui aussi une impressionnante vitalité malgré les difficultés et les conflits.
Migrations - XIV-Mingliang Li, Chine
Exposition —— 83
AFFICHE POLITIQUE L'art de l'engagement
On pousse la porte du Mons Memorial Museum et le silence se remplit d’images. Cinquante ans de graphisme engagé défilent ici à hauteur d’œil et de conscience : droits humains, migrations, guerres, climat… Autant de luttes imprimées sur papier qui, malgré les réseaux sociaux, continuent de secouer les consciences Ici, pas de vitrines poussiéreuses. Dès les premières salles, seize sections s'enchaînent comme autant de fenêtres ouvertes sur les fractures du monde, des droits humains à l'environnement en passant par les luttes sociales ou les discriminations. Le parti pris est clair : plutôt qu'un défilé chronologique ou la simple mise en avant des lauréats, une déambulation libre où les décennies se répondent, où une illustration de 1978 dialogue avec l'actualité la plus brûlante. La richesse du fonds impressionne : près de 200 affiches jalonnent le parcours. Elles ont été sélectionnées dans le vaste corpus constitué depuis la création de la Triennale en 1977. À l'origine tournée vers les seules luttes sociales locales, la manifestation s'est ouverte au monde entier. De quoi mesurer, d'un seul regard circulaire, la constance de certains combats, et la manière dont chaque génération de graphistes réinvente les mêmes urgences.
Les questions environnementales - IX - 1998 - Luba Lukova-Crime écologique -USA
Arrêt sur images Section migrations : le Chinois Mingliang Li détourne le drapeau européen, remplaçant le cercle d'étoiles par une ronde de mains
Exposition —— 84 Désarmement - XIII- 2016-Mingliang LI - La guerre et l'homme - China
Le conflit israelo-palestinien- 9e triennale - Yossi Lemel
tendues sur fond bleu, comme un appel au secours adressé à une Europe qui regarde ailleurs. Un peu plus loin, la partie consacrée au conflit israélo-palestinien s'arrête sur le travail du graphiste israélien Yossi Lemel : une colombe blanche enfermée dans un bocal de verre, ailes repliées contre la paix qu'elle est censée incarner. L'image, sobre et cruelle, résume à elle seule l'enlisement d'un conflit ravivé depuis les attentats du 7 octobre 2023. Ailleurs, la section droits de l'Homme convoque les visages d'Anna Politkovskaïa et de Ján Kuciak, journalistes assassinés pour avoir enquêté, tandis que le crayon brisé de Charlie Hebdo referme la boucle sur la liberté d'expression menacée, thème qui
ouvre justement le parcours. Ce qui frappe surtout, c'est la jeunesse du regard porté sur ces archives. Quatre écoles secondaires de la région montoise ont participé à des ateliers d'écriture, et les textes anonymes des élèves jalonnent aujourd'hui l'accrochage, mêlant colère intime et lucidité politique. « Le silence est un choix », prévient l'un des murs de l'exposition. Une phrase qui résonne longtemps après la sortie, quand les combats d'hier ressemblent décidément trop à ceux d'aujourd'hui. Camille Lombardo
Affiche politique. 50 ans de Triennales Mons, jusqu’au 02.05.2027, Mons Memorial Museum, mar > dim : 10h-18h • 10/7€ (gratuit -3 ans et chaque 1er dimanche du mois), monsmemorialmuseum.mons.be
GUSTAVE MARISSIAUX
LA MINE EN LUMIÈRE
EXPO PHOTO
05.06.26 - 03.01.27
MUSÉE DE LA VIE WALLONNE
AVEC LE SOUTIEN DE LA FONDATION D’UTILITÉ PUBLIQUE MUSÉE DE LA VIE WALLONNE
Info : 04 279 20 31 - www.viewallonne.be
Haute couture, design et art — ces créateurs n'ont jamais choisi entre les trois, et c'est tant mieux. Magiciens des matières, ils investissent Calais avec une œuvre aussi précieuse qu'espiègle, déployée dans deux musées complices. Un même projet, riche de 160 pièces : robes, meubles et objets d'art ou de design. Leur univers foisonnant croise les disciplines avec une liberté rare. Bienvenue dans un fascinant cabinet de curiosités contemporain. Calais, jusqu'au 03.01.2027, Cité de la dentelle et de la mode + Musée des Beaux-arts mer > lun : 10h-18h (Cité de la dentelle et de la mode) • mar > ven : 9h30-18h sam & dim : 12h30-18h (Musée des Beaux-arts), 7/4€, cite-dentelle.fr & mba.calais.fr
MARIE-JO LAFONTAINE
ÉCLATS DE FAMILLE
Elle a marqué la Documenta de Kassel, séduit le Guggenheim, bousculé la Tate. Marie-Jo Lafontaine, disparue le 28 mai à 75 ans aura passé 50 ans à scruter le corps (ses désirs, ses failles). Elle tenait à rendre visibles les forces invisibles qui le traversent. Des nageuses en apnée de Dark Pool jusqu’aux danses fiévreuses de Dance the World, son œuvre déploie une troublante intensité. Le Musée de Flandre lui consacre une monographie immersive.
Longtemps cantonnée aux albums bien rangés, la photographie familiale devient ici un terrain d’exploration intime. Le parcours réunit onze artistes belges ou installés en Belgique qui interrogent nos liens, la mémoire et l’absence. Philippe Herbet transforme ainsi le deuil de ses parents en méditation sensible sur la disparition, tandis que Nick Hannes saisit, durant le confinement, les éclats de joie du quotidien. Une exposition où chaque image raconte ce que les familles taisent autant que ce qu’elles transmettent.
Cassel, jusqu'au 27.09, Musée départemental de Flandre, mar > ven : 10h-12h30 & 14h-18h • sam & dim : 10h-18h 8/6€ (gratuit -18 ans), museedeflandre.fr
Charleroi, jusqu’au 27.09, Musée de la photographie, mar > ven : 9h-17h • sam & dim : 10h-18h, 8 > 4€ (grat. -12 ans), museephoto.be
DAMIEN GERNAY Verre ondulé comme une mer, cuir tendu sur du plâtre, métal brûlé aux motifs minéraux, à première vue on croit reconnaître. Puis le doute s'installe. C'est précisément là que commence le travail de Damien Gernay. Le designer belge, installé à Bruxelles, présente à Hornu un parcours couvrant deux décennies de création, entre nature, matière et perception troublée. Un univers où chaque pièce cherche moins à tromper le regard qu’à le déplacer. Hornu, jusqu'au 15.11, CID, mar > dim : 10h-18h, 10/6€ (gratuit -6ans), cid-grand-hornu.be
© Jean-Louis Coulombel
MAURIZIO GALANTE & TAL LANCMAN
Laurent Delecroix
sous les
re peints
Jacob Jordaens, Le triomphe de Bacchus, 1640. Musée des Beaux-Arts d’Arras.
Exposition gratuite du 18 au 27 septembre 2026 SAINT-VAAST, Rue Paul Doumer Co-résidence artistique avec
Journées européennes du patrimoine
L’être lieu ARTS CONTEMPORAINS ARRAS CITÉ SCOLAIRE GAMBETTA-CARNOT
À Keramis, la céramique ne se résume ni aux formes ni aux couleurs. Elle raconte le feu, les mouvements de la Terre et l’énergie nécessaire pour transformer la matière. Conçue par le Musée national Adrien Dubouché de Limoges et adaptée à La Louvière, l’exposition croise arts et sciences en trois temps : forces géologiques, histoire des techniques et énergies invisibles (ou spirituelles). Œuvres des cinq continents, dispositifs multimédias, regards croisés de scientifiques et d'artistes, la céramique se révèle ici une force en action. La Louvière, jusqu’au 01.11, Keramis, mar : 9h-17h • mer > dim : 10h-18h, 9 > 3€ (gratuit -18 ans)
LA MINE DANS L'OBJECTIF
LA MINE EN LUMIÈRE
Dans le Nord de la France, la mine a façonné les paysages autant que la mémoire ouvrière. Le Centre Historique Minier retrace cette histoire à travers 310 photographies de treize grands noms de l’image, de l’atelier Nadar à Michel Séméniako. On y découvre des chevalements dressés comme des cathédrales d’acier mais surtout des visages. Chez Willy Ronis, les mineurs sont photographiés au plus près de leur quotidien. Une plongée saisissante dans la mémoire du charbon.
Les photographies de Gustave Marissiaux réveillent un monde englouti sous la poussière du charbon. Pour ce pionnier du pictorialisme belge, la mine n’est jamais un simple décor industriel. Elle devient un territoire assez irréel, peuplé de silhouettes et de lumières diffuses. Le Musée de la Vie wallonne replonge dans La Houillère, série photographique réalisée entre 1904 et 1905 au cœur des charbonnages liégeois. Plus d’un siècle après leur création, ces images conservent une puissance intacte.
Lewarde, jusqu’au 23.05.2027 Centre historique minier, 9h-17h, 8,70€ chm-lewarde.com
Liège, jusqu’au 03.01.2027, Musée de la vie wallonne, mar > dim : 9h30-18h, 7/5€ (gratuit -3 ans), viewallonne.be
TRAVERSÉES lille3000 rebaptise la Gare Saint-Sauveur en Gare Méditerranée et en fait le port d'attache d'une programmation pluridisciplinaire qui célèbre les cultures du Maghreb et du bassin méditerranéen. Le cœur de cette saison repose sur l'exposition Traversées. Celle-ci regroupe 18 artistes marocains, tunisiens, algériens et français issus des diasporas, réunis en binômes partagés de part et d'autre de la Méditerranée. À quatre mains, ils font surgir oeuvres monumentales et installations immersives qui sondent les territoires et identités en mouvement. Lille, jusqu'au 27.09, Gare Saint Sauveur, mer > dim : 12h-19h, gratuit
© Denis Durand, galerie Capazza
LES ÉNERGIES DE LA TERRE
4.04__ Art contemporain & Patrimoine __6.12. 2026
ER IMANCHE CHAQUE 1 ctDacles / Visites
Ateliers / Spe
inscription Information et m sur 9-9bis.co
Exposition_Entrée libre
Faire dialoguer l’art contemporain avec un ancien vestiaire de mineurs : le pari semblait risqué, il s’impose pourtant avec évidence au 9-9bis. Dans la salle des douches du site minier, l’exposition explore la notion de risque, indissociable du travail au fond, entre accidents redoutés et vigilance quotidienne. Œuvres et archives se répondent avec pudeur pour évoquer le courage, la fatigue, mais aussi les traces laissées dans les vies et les familles. Oignies, jusqu'au 06.12, 9-9 Bis, mer > dim : 14h-18h, gratuit, 9-9bis.com
ENCHANTÉ
PANORAMA 28
Dans le bocage avesnois, le MusVerre souffle ses dix bougies en convoquant ce qui fait l’âme du lieu : le pouvoir d’émerveillement du verre. Ici, contes, mythes et légendes prennent forme à travers une vingtaine d’œuvres et une scénographie pensée comme un voyage. Dans la pénombre, sous un ciel étoilé, les repères s’effacent, les murs tombent avant de nous entraîner de l’autre côté du miroir. Une exposition immersive qui rappelle combien le merveilleux tient à un simple regard.
Cette 28e édition de Panorama met l'accent sur les Invisibles. Plus de 50 créations, films et installations traquent ce qui reste au seuil de la perception. Pauline Delfino enquête ainsi sur des oiseaux argentins ayant perdu leur chant, écho troublant d'une mémoire familiale enfouie sous la dictature. Mélia Roger, elle, invite à ausculter, comme avec un stéthoscope, une coquille géante peuplée des sons d'une forêt calcinée. Entre pulsations du monde et souvenirs enfouis, le parcours nous projette aux marges du visible.
Sars-Poteries, jusqu'au 03.01.2027 MusVerre, mar > ven : 10h-12h & 13h30-18h sam & dim : 10h-18h, 8/6€ (gratuit -18 ans) musverre.fr
Tourcoing, 11.09 > 03.01.2027, Le Fresnoy mer > dim : 14h-19h, 4/3€ (gratuit -18 ans) lefresnoy.net
OBSESSION Cette exposition renouvelle le regard sur les collections du LaM. Elle initie un dialogue entre art brut, art moderne et art contemporain, offrant une balade dans l’histoire de la création. Ici, chaque salle s’apprécie comme « un univers-monde ». Des célèbres "cabanes" de Daniel Buren aux portraits de Modigliani, des fusils déjantés d’André Robillard en passant par les œuvres de figures de la scène internationale (Annette Messager, William Kentridge...), l’heure est au décloisonnement – et à l’émerveillement. Villeneuve d'Ascq, jusqu’au 31.12.2027, LaM, mar > dim : 11h-19h, 11/9€ (grat -26 ans), musee-lam.fr
© Carl Ypreeuw
REMONTER AU JOUR
EXPO
AFfiche PPOLITI OLITIQQUE UE 50 ANS DE TRIENNALES
11.07.2026
02.05.2027
MONS MEMORIAL MUSEUM
W W W. M O N S M E M O R I A L M U S E U M . M O N S . B E
7 AU 9 OCT
20 AU 22 JAN
31 MARS AU 2 AVR
Tout est calme dans les hauteurs
La Maison de Bernarda Alba
Un été immense
FEDERICO GARCÍA LORCA THIBAUD CROISY
THOMAS PIASECKI
Maître
27 AU 29 JAN
THOMAS BERNHARD JEAN-FRANÇOIS SIVADIER
3 AU 5 NOV
La Mort de Jean-Marie de Balma VINCENT GUÉDON PASCAL KIRSCH
Le Pays innocent SAMUEL GALLET
2 AU 7 FÉV
Ma République et moi
15 ET 16 AVR
Fusées JEANNE CANDEL
20 AU 22 MAI
Le Monde et son contraire Portrait Kafka
5 AU 12 DÉC
ISSAM RACHYQ-AHRAD
LESLIE KAPLAN ÉLISE VIGIER
Théâtre mode d’emploi
10 AU 12 FÉV
3 AU 5 JUIN
HERVÉ BLUTSCH BENOÎT LAMBERT MAÏANNE BARTHÈS
16 ET 17 DÉC
La guerre n’a pas un visage de femme SVETLANA ALEXIEVITCH JULIE DELIQUET
À la renverse
En friche
NOËMIE KSICOVA
ALEXANDRE KOUTCHEVSKY
15 AU 20 MARS 5 AU 10 AVR
16 AU 18 JUIN
Marcelle Lumanité
Vivre tout FERNANDO PESSOA CÉDRIC GOURMELON
SARAH CARRÉ THÉO BORNE
24 AU 26 MARS
Cinq mains SOPHIE DIVRY LOUIS BERTHÉLÉMY
VENEZ NOUS RENCONTRER !
Découvrez en détails toutes les propositions d’ateliers, de rencontres et autres rendez-vous avec notre équipe des relations avec les publics : MER 16 SEPT 18H30
Méduse et Merveille TEXTE LISA GUEZ ALEXANDRE TRAN
10 14 AU
MISE EN SCÈNE LISA GUEZ (ARTISTE ASSOCIÉE)
NOVEMBRE 202 6
TOUT PUBLIC DÈS 8 ANS
Centre Dramatique National Hauts-de-France
Comédie de Béthune DIRECTION CÉDRIC G OURMELO N
comediedebethune.org
interview
LOU TROTIGNON Propos recueillis par Arnaud Stoerkler Photos © Hamza Djenat
Théâtre & danse —— 95
■ Humour en transition Faire rire sur la transidentité, c’est le pari réussi de Lou Trotignon. L'humoriste de 29 ans remplit les salles de France et d’ailleurs en parlant de testostérone, de coupe mulet et de poils inter-fessiers. Son spectacle intitulé Mérou est une ode à la liberté qui bat en brèche les normes et leurs absurdités. Face aux relents réactionnaires ambiants, il fallait bien cette arme de dérision massive. En quatre ans, vous êtes passé de la plus petite salle de Paris à une tournée dans toute la France, avec des dates en Belgique et au Québec. Ça fait quoi ? J’ai encore du mal à réaliser ! J’ai réellement commencé dans la plus petite salle d’humour de Paris, la Petite loge. On dit que ses loges se trouvent dans le local poubelle... C’est une bonne école : impossible de faire semblant devant 20 ou 25 personnes, on est obligé de travailler. Me retrouver aujourd’hui devant 2 000 personnes comme récemment à Lyon, c’est hyper gratifiant. Et c’est un pied de nez à ceux qui me disaient que la transidentité était un sujet de niche. En fait, ça intéresse beaucoup de monde. Il y a plus de gens avec nous que contre nous. Votre spectacle a évolué au fil de votre transition de genre. Comment l'avez-vous nourri de cette expérience personnelle ? Je parle de moi comme tous les humoristes de stand-up. Sauf que je n’ai jamais réussi à écrire
de sketchs sur le métro ou le pain. Les bons comédiens sont ceux qui montent sur scène parce qu’ils n’ont pas le choix. Il est vital d’être la personne la plus honnête sur scène, parce que le stand-up révèle l’humain sous toutes ses coutures. Lors de mes premières dates, avant mon coming-out, j’expliquais que je me "posais des questions". Comme je ne me trouvais pas sincère, j’ai dévoilé ma transidentité devant le public.
« La transidentité n'est pas un sujet de niche » Je me suis immédiatement senti beaucoup mieux, tout en me rendant compte qu’il y avait une demande sur ce sujet. Choisir qui l’on est vraiment, c'est une réflexion qui peut parler à n’importe qui. À quel moment avez-vous compris que le rire pouvait devenir un véritable outil pour parler de sujets intimes ou complexes ? Si j’avais eu des cours drôles à
Pour vous, l'humour est un outil de lutte. En même temps, votre spectacle n’est pas une tribune. Vous sentez-vous quand même en mission, face à la montée des actes transphobes ? Depuis que j’ai commencé mon spectacle, le monde a changé : il serait sans doute interdit aux États-Unis (où l’administration Trump mène une offensive contre les droits des personnes trans, ndlr). La transidentité est devenue un débat public, mais sans aucune voix trans. Parler en notre nom, sans nous inviter, ce n'est pas possible. Je garde espoir : peut-être que les attaques subies par notre communauté montrent aussi que nous prenons davantage de place, que nous sommes plus visibles et reconnus qu’avant. Qu'est-ce qui vous surprend le plus dans les réactions des spectateurs après une représentation ? Je parle beaucoup des réactions du public dans Mérou. Le stand-up se construit avec lui. Ce sont d'ailleurs les spectateurs qui ont choisi
le titre du spectacle : le mérou, un poisson qui change de genre au cours de sa vie.
« Mon spectacle constitue un témoignage » L’une des réactions qui m’a le plus touché, c’était à Avignon. Je vois dans le public un quinquagénaire qui fait un peu la gueule. À la sortie, c’est le dernier à m’attendre. Il m’explique que sa fille trans lui a demandé de voir mon spectacle. Au départ, il était réticent, mais il m'explique qu'il a finalement compris. Sentir que mon histoire peut aider des personnes, des familles, m’a beaucoup touché. Que pensez-vous de la santé de l'humour en France, à l'heure où la liberté d’humoristes politiques comme Blanche Gardin ou Guillaume Meurice est inquiétée ? Paradoxalement, certains humoristes soi-disant non politisés n’hésitent pas à taper sur la communauté LGBTQ+ en regrettant de ne plus pouvoir rien dire. Or, dans les faits, c’est Guillaume Meurice, humoriste jugé trop partisan, qui a été licencié par France Inter en 2024... Lille, 11.10, Théâtre Sébastopol, 18h, 35/32€ theatre-sebastopol.fr Bruxelles, 28.10, Cirque royal, 20h, 35 > 25€ cirque-royal-bruxelles.be À lire / La version longue de cette interview sur lm-magazine.com
Théâtre & danse —— 96
l’école, je pense que j’aurais mieux retenu mes leçons d’histoire... Je n’aime pas dire que mon spectacle est didactique, je le vois plutôt comme un témoignage. L’humour rend intelligible beaucoup de choses, il suscite l’empathie. C’est un soft power, même s’il ne suffit pas : il faut aussi des gens dehors, en colère, pour faire avancer les combats.
© Marina Viguier
Théâtre & danse —— 98
Rire sous la tempête Sous un chapiteau rouge et rond planté au cœur de la ville, Titoune et Bonaventure Gacon rouvrent leur théâtre du merveilleux. Strano, cinquième création du Cirque Trottola, mêle trapèze, clownerie et orgue tombé du ciel pour conjurer, avec malice, le fracas du monde. Voilà plus de vingt ans que ces deux-là trimballent leur roulotte de villes en villages, préférant la piste ronde aux salles à l'italienne. Trottola, la "toupie" en italien, est né en 2002 d'une rencontre entre Titoune, voltigeuse menue, et Bonaventure Gacon, colosse au nez rouge. Avec Strano ("étrange"), son cinquième spectacle, le duo s'offre un chapiteau rappelant les cirques d'hiver du Second Empire, où 297 spectateurs se serrent sur un gradin en fer à cheval. Trop petit, l'espace ? Justement : clowns, numéros acrobatiques et échelle tournoyante jaillissent de partout, jusqu'à faire craquer les coutures de la toile. Point d'orgue littéral du spectacle : un authentique orgue de tribune, tenu par le musicien Samuel Legal, qui navigue de Bach à ses propres compositions. « La musique tord la réalité, dilate le temps », confient les deux artistes, pour qui ce trio de fortune évoque « des Sancho Panza en selle sur une bourrique ». Dehors, la guerre gronde en écho lointain ; sous la toile, on rit, on trébuche, on s'envole – et l'on retrouve, le temps d'une soirée, la magie fragile du cirque de son enfance. Camille Lombardo Arras, 12 > 20.09, Grand'Place, 20h (sauf dim : 18h), 10/8€, tandem-arrasdouai.eu
© Fanchon Bilbille
STRANO
Théâtre & danse —— 100 © Vincent Beaume
LE PROBLÈME LAPIN Bête de scène
Le lapin poserait-il un problème ? C'est l'hypothèse aussi saugrenue que sérieuse de Frédéric Ferrer pour sa septième cartographie théâtrale. Depuis 2010, ce géographe devenu auteur et metteur en scène construit, avec sa compagnie Vertical Détour, un Atlas de l'Anthropocène : des conférences savantes et désopilantes sur les dérèglements du monde. Après les canards perdus, les Vikings ou la morue, il s'attaque à l'Oryctolagus cuniculus, avec la comédienne Hélène Schwartz. Deux pupitres, un PowerPoint suranné, 30 questions en une heure chrono : le duo mène l'enquête tambour battant. Pourquoi son goût pour la carotte est-il un fantasme hollywoodien ? Pourquoi diffère-t-il tant du lièvre, qui ne creuse jamais de terrier ? On croise un spécimen propulsé dans l'espace en 1959, un autre ayant mordu un président américain. « Le lapin n'est jamais là où on l'attend », résume l'artiste, qui en fait le miroir espiègle de nos contradictions. Il est chassé, protégé, exterminé, tour à tour nuisible et victime. Une pluie de peluches clôt le spectacle. Sous ses airs de conférence loufoque, Frédéric Ferrer interroge ainsi notre rapport au vivant et à l’écologie. Sans leçon magistrale : ici, on réfléchit en riant, et vice versa. Camille Lombardo Mons, 22 & 23.09, Théâtre le Manège, mar : 20h • mer : 18h , 18/10€, surmars.be
Saison
27
Théâtre · Danse · Magie · Musique · Cirque · Cinéma 03 20 61 96 96 · www.larose.fr
Licences : 1-020422 / 2-020424 / 3-020425 — Design graphique : les produits de l’épicerie
26
Une saison Hamlet - Christophe Sermet Le Problème lapin - Frédéric Ferrer Silence du chœur - Mohamed Mbougar Sarr et Marie-Aurore D’Awans Irresistible Revolution - Ayelen Parolin Nos matins intérieurs - Collectif Petit travers La Brèche - Une tribu collectif et Quatuor Debussy Camille Salvatore Adamo (Fêtes de Wallonie) Sam Sauvage Ensemble Musiques Nouvelles Giedré Et bien d’autres !
4 festivals Festival EKINOX Festival des musiques sacrées Festival Guerrières Festival au carré
Découvrez le programme complet
www.surmars.be
Saison
théâtre, cirque, musiques, danse, projets citoyens
Théâtre & danse —— 104
Au nom du père
Sur la piste du Cirque d'hiver, Alex Lutz convoque la mémoire de son père pour raconter, en creux, soixante-dix ans d'histoire de France. Un seul-en-scène tendre et facétieux, couronné par le Molière de l'humour, où le rire ne fait jamais taire l'émotion. Quatre ans après la mort de son père Gérard, Alex Lutz aurait pu ranger le chagrin sous le tapis. Il en a plutôt fait la matière de son troisième seul-en-scène. Entre un amas d'objets accumulés par cet homme au syndrome de Diogène et la présence énigmatique d'un cheval blanc, le comédien déroule le fil d'une vie ordinaire devenue, sous sa plume, un miroir tendu à plusieurs générations. Boomer élevé à la dure, jeune homme aux cheveux longs puis cadre licencié, Gérard traverse les décennies comme un symbole malgré lui. Alex Lutz ressuscite ses proches – l'ami porté sur la bouteille, le prêtre empoté, la belle-mère désinvolte – avec une précision d'imitateur digne de son ancien personnage de Catherine dans Catherine et Liliane. Mais l'exercice dépasse largement l'hommage filial. En creusant l'histoire de son père, l'artiste interroge sa propre génération, celle « des flippés », avant de tendre la main à celle qui vient. Ni misérabiliste ni hagiographique, le regard reste tendre et sans jugement. Critiques et spectateurs saluent un texte ciselé et une mise en scène inventive, qui transforme la piste du cirque en théâtre du souvenir, où l'on sait rire de la mort sans jamais s'en moquer. Nicolas Pattou Dunkerque, 01.10, Le Bateau Feu, 20h, 16€, lebateaufeu.com Hem, 27.11, Le Zéphyr, 20h, 49/44€, zephyrhem.fr La Louvière, 28.11, Théâtre, 20h, 39 > 15€, central-lalouviere.be
© Louis Josse / JMDproduction
SEXE, GROG ET ROCKING CHAIR
soirée d'ouverture de saison
VENDREDI 11 SEPT. | 20 H Invitation à retirer en billetterie à partir du 28 août
Place du Gal-de-Gaulle, Dunkerque 03 28 51 40 40 / lebateaufeu.com /
Théâtre & danse —— 106 Rudy Milstein © Théâtre des galeries
C'EST PAS FACILE D'ÊTRE HEUREUX QUAND ON VA MAL Petits malheurs entre amis Peut-on être heureux dans un monde où s'entrechoquent maladie, ruptures et angoisses existentielles ? C'est la question, aussi tautologique que redoutable, posée ici par Rudy Milstein. Sur scène, cinq quadras parisiens – un couple à bout de souffle, une écolo-yogi rattrapée par un cancer, un thésard cynique et un célibataire chronique – se débattent avec leurs petites lâchetés et leurs névroses, entre punchlines assassines et tendresse inattendue. Créée au Théâtre Lepic, la pièce a raflé deux Molières en 2024, meilleure comédie et meilleur auteur francophone vivant, et conquis un public toujours plus large au fil des reprises. Un humour noir, mordant, jamais gratuit, qui transforme le mal-être en un feu d'artifice de répliques. Pour cette version belge, Sandra Raco prend les commandes de la mise en scène avec maestria. De quoi vérifier, une fois encore, que rire de nos malheurs peut parfois faire beaucoup de bien. Camille Lombardo Bruxelles, 16.09 > 11.10, Théâtre Royal des Galeries, mar > sam : 20h15 (sauf 01.10 : 19h • dim : 15h • 20 & 26.09 : 15h & 20h15), 32/12€, trg.be
24 > 26 septembre La Louvière
CONGO LISATION FESTIVAL AFRO-DIASPO-ARTS MADE IN BELGIUM
Reddy Amisi - Lukah Katangila Zach Swagga - etc. expo
le lifesty
musique
re rencont
danse
En V(r)ille investit chaque année les espaces publics de La Louvière, gratuitement et en famille. Cette édition prend ses quartiers à la friche Boch et célèbre des communautés trop souvent en marge des scènes culturelles. Danse et musique s'entremêlent dans Désintégration culturelle de Nadine Baboy, tandis que Yé ! (L'eau) lance les artistes guinéen·nes du Circus Baobab dans une bataille acrobatique autour de l'eau. Bienvenue dans une fête populaire où la diversité ne reste pas un slogan : elle monte sur scène. C.L. La Louvière, 18 > 20.09, friche Boch, gratuit, central-lalouviere.be
Yé ! (l'eau), Circus Baobab © Metlili
Sélection / 18.09 : Banda Quetzal/MetX 18 & 19.09 : Nadine Baboy – Désintégration culturelle • 19.09 : GanGan The New Style/MetX 19 & 20.09 : Cie En Chantier –Truelle destin • Basta Cosi - Gina • Cie La Boîte à Clous - Train train sauvage • 20.09 : Circus Baobab – Yé ! (l'eau)...
Imprisoned Gods © Michiel-Devijver
EN V(R)ILLE
CONGOLISATION Depuis 2015, Congolisation donne voix aux cultures afrodescendantes, entre musique, danse, théâtre et expositions, sous l'impulsion de l'artiste Pitcho. Cette édition pose ses valises à La Louvière, en partenariat avec Central. Ancien pilier du mythique Viva La Musica de Papa Wemba, Reddy Amisi y célèbre la rumba congolaise dans un hommage vibrant au "roi de la sape". De son côté, le chorégraphe Lukah Katangila puise dans les traditions africaines avec Imprisoned Gods, pièce intense et habitée. Ici, les récits se vivent de l’intérieur, loin des regards convenus. C.L. La Louvière, 24 > 26.09, Central, Théâtre de La Louvière, Louvexpo, infos et tarifs : central-lalouviere.be Sélection / 24.09 : Congo Square (conférences et performance) • 25.09 : Lukah Katangila - Imprisoned Gods + Zach Swagga - La Lettre • 26.09 : Reddy Amisi – Hommage à Papa Wemba...
Théâtre Royal des Galeries Directeur : David Michels
C’est pas facile d’être heureux
quand on va mal Jean-François Breuer Séverine De Witte Laure Godisiabois Quentin Minon Stéphane Pirard
Rudy Milstein
Mise en scène : Sandra Raco Assistant : Robin Van Dyck Scénographie : Noémie Vanheste Costumes : Sophie Malacord Musique : Laurent Beumier Lumières : Sébastien Mercial
DU 16 SEPTEMBRE AU 11 OCTOBRE 2026
En coproduction avec La Coop asbl et Shelter Prod avec le soutien de taxshelter.be, ING et du tax-shelter du gouvernement fédéral belge
© Véronique Vercheval
HOFSTADE (Ilyas Mettioui) Et si, pour échapper à son destin, il suffisait de prendre le large… même sans quitter la terre ferme ? Dans Hofstade, sept jeunes de 14 à 20 ans transforment une plage artificielle belge en océan Atlantique et la fiction en terrain d’émancipation. Sous la houlette d’Ilyas Mettioui, ils s'inventent un voilier imaginaire, rejouent leurs rêves et interrogent au passage ce que l’on reçoit en héritage. Une échappée collective, drôle et farouchement libre. Mons, 12.09, Théâtre le Manège, 18h • 18/10€, surmars.be
CRAQUAGE
L'AMOUR EST DÉCLARÉ
(Marion Mezadorian)
(S. Hervé, Cie des ils et des elles)
Cette fan d'Élie Kakou donne chair à celles et ceux qui frôlent la crise de nerfs. Mère épuisée, employée révoltée, célibataire qui soupire : « Franchement, j’ai l’impression que tout le monde a une vie de ouf, sauf moi ! ». Portée par la mise en scène précise de Mikaël Chirinian, l’humoriste fait jaillir des colères minuscules, des pensées inavouables et un rire franc qui libère. Mezadorian transforme nos ras-lebol en énergie pure. Un seule-enscène vibrant, qui fait du bien là où ça picote.
À 52 ans, Simon vient de perdre son père et se retrouve, selon lui, « seul au monde ». Qu’à cela ne tienne : il lui faut un enfant, et vite ! De rencontres en désillusions, jusqu’à un étonnant cercle d’hommes, Stéphane Hervé embarque son personnage dans une quête aussi drôle qu’émouvante. Une comédie tendre sur la paternité, les héritages familiaux et cette éternelle question : comment devient-on adulte ?
Bruxelles, 17.09, Wolubilis, 20h30, 35/25€, wolubilis.be
Lille, 21.10, L'Antre-2, 20h gratuit sur réservation, culture.univ-lille.fr
Hallennes-les-Haubourdin, Illies, Lys-lezLannoy..., 25.09 > 03.10, Divers horaires et tarifs, levivat.net (dans le cadre des Belles sorties de la MEL)
J'ATTENDS PEU, J'ASPIRE À BEAUCOUP (Hugues Duchêne) Et si l’avenir politique français était encore plus mouvementé qu'à notre époque ? De 2027 à 2077, Hugues Duchêne suit Arthur Cagniot-Duchêne, de l’enfance à la soixantaine, dans une France où républiques, royauté et crises climatiques se succèdent. Entre récit, farce et politique-fiction, cette fresque futuriste ausculte nos peurs et nos espoirs avec une réjouissante irrévérence. La Rose des vents, 06 > 08.10, Villeneuve d'Ascq, mar & jeu : 19h • mer : 20h, 22 > 6€, larose.fr
Rendez-vous pris dès le mois de septembre... 1300 grammes
Compagnie Enjeu Majeur
Maison Folie Wazemmes
Tout petit pixel
Compagnie Sous les Étoiles
Maison Folie Wazemmes Salle des Fêtes de Fives & Le Grand Sud
Ma nuit à Beyrouth
Retrouvez le programme
théâtre, jeune public danse lecture
Diptyque Théâtre
Maison Folie Wazemmes
Le Syndrome du Spaghetti Compagnie Lolium
Maison Folie Moulins
Pourquoi mon père ne m’a pas appris l’arabe Compagnie Abri Anima
Le Grand Sud
Champ de Mars Compagnie Zone Poème
Gare Saint Sauveur N ISO
culture durable partagée
MA
IS O N
F O LIE W
A
LE ES MM ZE
GRAND SU D
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Salle
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Fêtesde
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SALLE DES FÊTE SD LINS EF OU IV IE M L ES FO
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© Louise Ajuste
L'ART D'AVOIR TOUJOURS RAISON (Sébastien Valignat) Une méthode simple et infaillible pour remporter n’importe quelle élection. Telle est la promesse de Sébastien Valignat. Avec la compagnie Cassandre, le metteur en scène orchestre une conférence aussi drôle que troublante, dans laquelle deux chercheurs nous apprennent comment accéder au pouvoir dans un État démocratique... exemples à l’appui. Devant un grand écran, le duo décortique en effet les techniques de manipulation du langage politique. Dunkerque, 06 > 08.10, Le Bateau Feu, mar : 20h • mer : 19h • jeu : 14h30, 10€, lebateaufeu.com
ALCINA (G. F. Händel / Ewelina Marciniak)
TOUT EST CALME DANS LES HAUTEURS – MAÎTRE
Sur une île où les amants finissent en rochers, mieux vaut se méfier des promesses… et des magiciennes. Dans Alcina, Händel fait du désir un sortilège aussi puissant que fragile. Pour cette nouvelle production de l’Opéra de Lille, Ewelina Marciniak bouscule les codes et explore les rapports entre liberté et pouvoir, tandis qu’Emmanuelle Haïm dirige Le Concert d’Astrée. Dans le rôle-titre, la mezzo-soprano Karine Deshayes promet un sacré numéro d’envoûtement.
(T. Bernhard / J.-F. Sivadier)
Lille, 06 > 17.10, Opéra, mar & jeu : 19h30 • dim : 16h • sam : 18h, 77 > 6€, opera-lille.fr
Béthune, 07 > 09.10, Le Palace, 20h sauf jeu : 18h30, 10 > 6€, comediedebethune.org
Dans leur villa cossue des Préalpes bavaroises, Moritz Meister, écrivain adulé, et son épouse Anne reçoivent quelques visiteurs. Sous les apparences policées, la suffisance et les idées nauséabondes ne tardent pas à affleurer. Jean-François Sivadier orchestre avec jubilation l’ironie féroce de Thomas Bernhard, porté par Nicolas Bouchaud, Norah Krief et une belle bande de clowns tragiques. Drôle, grinçant et terriblement actuel.
LA VIE EN VRAI (AVEC ANNE SYLVESTRE) (Marie Fortuit) Anne Sylvestre reprend vie sur scène grâce à ce spectacle ! Marie Fortuit et Lucie Sansen ont redécouvert ses textes et mélodies. Ses indignations et engagements, aussi. Que ce soit contre la guerre d’Algérie, pour la condition féminine et la dénonciation des violences sexuelles... De là est née la nécessité, de « reprendre le flambeau ». Plus qu'un simple hommage, ce concert théâtral dessine le portrait d'une artiste humaniste, dont les combats résonnent avec ceux des femmes d'aujourd'hui. Arras, 13.10, Théâtre d'Arras (Tandem), complet !, tandem-arrasdouai.eu
Le Cirque Trottola s’installe Grand’Place à Arras
12 → 20 sept.
Illustration ©Titoune et Zzapmann
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+ DE 50 FILMS : FICTIONS • DOCUMENTAIRES • ANIMATION AVANT-PREMIÈRES AVEC ÉQUIPES INÉDITS EN COMPÉTITION CARTES BLANCHES • CÉLÉBRATIONS DÉBATS • MASTERCLASSES
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