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LM magazine 218_juin 2026

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N°218 / JUIN 2026 / GRATUIT

08 – News

10 – Style

Millo

À hauteur d’émotion

20 – Portfolio

Camilo Huinca

Le trait juste

30 – Dossier festivals

Part 1 : juin 2026

Les Hortillonnages d’Amiens, Latitudes contemporaines, CineComedies, OLT Rivierenhof, 30e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, Minuit avant la nuit, Francofolies Esch/Alzette,

URBX, Tournai Jazz Festival, Label Guit’Art, Lille Piano(s) Festival, Les Métaphonies, Solid’Art, En Nord Beat, Graspop Metal Meeting, J’veux du soleil !, Retro C Trop, Couleur Café, Paradise City, Live is Live, Festival au carré, Les Ardentes, Rock Werchter, Gent Jazz Festival, Main Square, Dour Festival, Cabaret Vert, Touquet Music Beach

76 – Expostion

Maurizio Galante & Tal Lancman, Damien Gernay, Bellezza e Bruttezza, Roubaix Photo, Au-delà de toutes les mers, Tête-à-tête, Éclats de famille, Agenda…

98 – Le Mot de la fin

© Millo

04 JULY

THE WARNING � RADIO FREE ALICE � SCENE QUEEN � KEO � CARDINALS � OVERPASS

GORILLAZ � TWENTY ONE PILOTS

HALSEY � RENEÉ RAPP � KNEECAP � PALAYE ROYALE � LANDMVRKS PIXIES � MATT BERNINGER � BEIRUT � THE HAUNTED YOUTH � DOGSTAR � HARRY MACK CMAT � KOKOROKO � DON WEST � ADRIAN QUESADA’S TRIO ASESINO � LINKA MOJA THE REYTONS � VOILÀ � ECCA VANDAL � FLORENCE ROAD � MAN/WOMAN/CHAINSAW � THE NEW EVES

05 JULY THE CURE � MOBY A PERFECT CIRCLE � RISE AGAINST � SONS � BAD NERVES � KAAT VAN STRALEN

PAUL KALKBRENNER � DAVID BYRNE � MOGWAI � CORY WONG � SIERRA FERRELL � DARREN KIELY

HAEVN � ETHEL CAIN � JOY CROOKES � JESSIE MURPH �

DRESSED LIKE BOYS � TSAR B

PSYCHONAUT � HOUSE OF PROTECTION � LAST TRAIN � NEWDAD � WESTSIDE COWBOY � CHEZILE

MAGAZINE

Direction de la publication

Rédaction en chef

Nicolas Pattou nicolas.pattou@lastrolab.com

Rédaction info@lm-magazine.com

Publicité pub@lm-magazine.com

Administration

Laurent Desplat laurent.desplat@lastrolab.com

LM magazine – France & Belgique

28 rue François de Badts

59110 La Madeleine - Ftél : +33 (0)3 62 64 80 09

Direction artistique

Graphisme

Cécile Fauré cecile.faure@lastrolab.com

Couverture

Camilo Huinca, Love View, 2023 camilohuinca.work c @onlyjoke

Réseaux sociaux

Cécile Fauré

Sophie Desplat

Impression

Tanghe Printing (Comines)

Diffusion C*RED (France / Belgique) ; BHS.media (Bruxelles / Hainaut)

Ont collaboré à ce numéro : Thibaut Allemand, Régis Cotentin, Camilo Huinca, Camille Lombardo, Arnaud Stoerkler et plus si affinités.

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PLAYLIST LM

La bande son de la rédaction

LM magazine France & Belgique est édité par la Sarl L’astrolab* - info@lastrolab.com L’astrolab* Sarl au capital de 5 000 euros - RCS Lille 538 422 973 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours

L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales.

LM magazine est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement.

Ne pas jeter sur la voie publique.

Papier issu de forêts gérées durablement

REFUGEE FOOD FESTIVAL

D’un côté, des cuisiniers réfugiés. De l’autre, des restaurateurs locaux qui leur ouvrent leurs portes. Au centre ? La table comme lieu de partage. La recette de ce festival est désormais bien connue, mais toujours aussi indispensable à l’heure où le monde n’en finit plus de se fracturer. À Croix, Laila Mohammadi dispense des saveurs afghanes et perses aux Petites Cantines, tandis qu'à Lille, La Moulinette troque son brunch habituel contre une immersion soudanaise signée Nasser Muhanna. Sept autres établissements complètent ce tableau alléchant.

Métropole lilloise, 11 > 20.06, divers lieux, festival.refugee-food.org/lille

UNISOUND FESTIVAL

L'inclusion est la raison d'être de cet événement. Pour cause, il s'agit du plus grand festival francophone en Europe consacré aux personnes en situation de handicap. Voilà 12 ans qu’il ouvre ses portes à vraiment tous les publics. Ces trois jours se déroulent au sein d’un vaste hangar adapté aux personnes à mobilité réduite, malentendantes, non voyantes... Au programme ? Des concerts (audiodécrits ou interprétés en langue des signes), un bar accessible aux fauteuils roulants, des casques anti-bruit, ... et surtout de l’humanité à revendre.

Court-Saint-Étienne, 28 > 30.06, Pam Expo, 17h, dim : 16€ (gratuit -10 ans), lun & mar : complet !, 3 j. : 30€, unisound.be

© Natalia Godon-Jamiołkowska

UN CH'TI TRUC

EN PLUS

Arras a sa frite, Lille son welsh. Depuis l'an dernier, Wattrelos a sa carbonade flamande – et son championnat du monde. Né en 2025 dans les cuisines en plein air du Festi'F, le plus grand festival de food trucks au nord de Paris, le concours revient pour une deuxième édition. Au menu : paleron de bœuf, bière brune, pain d'épices, et deux catégories — amateurs puis professionnels. Autour, une quarantaine de stands et déjà 35 000 gourmands attendus. Ici, on n'est ni tout à fait belges, ni tout à fait français — on est des Flandres.

Wattrelos, 10 > 12.07, Parc du Lion, ven : dès 18h we : 11h > 22h, gratuit, wattrelos-tourisme.com championnatdumondecarbonade@gmail.com

LA DIGUE DES CHAMPIONS

Le championnat du monde de décorticage de crevettes grises réunit jusqu'à 120 concurrents sous le grand chapiteau de la digue, tablier réglementaire et gobelet transparent à portée de main. Dix minutes chrono, un seul impératif : le gramme. Car les juges, eux, ne plaisantent pas avec la pesée. Pendant deux décennies, la Leffrinckouckoise Nicole Vanzinghel a régné sur la compétition – dix titres, un record à 186 grammes. Depuis deux ans, la Brugeoise Ann Dalle a pris le relais. Cette 21e édition promet de nouveaux duels à décortiquer.

Leffrinckoucke, 04 & 05.07, Digue Europlage sam (juniors) : 14h30 • dim (adultes) : 11h gratuit, inscription : leffrinckoucke.fr

MONS STREET PARTY

Du rap, de la danse hip-hop, du graff… la "streetculture" sous toutes ses formes. À mons, on apprend à tourner sur la tête (sans les mains !), on customise les murs et on participe à des battles. Les meilleurs skaters de la région se sont déjà donné rendez-vous pour enchaîner ollies et kickflips avant d'assister à un concert de rap 100 % belge. Le parfait remède contre la morosité et le repli sur soi.

Mons, 04.07, Jardin du Mayeur, 14h-22h, gratuit, surmars.be

© L'oeil du zèbre

interview

MILLO

À hauteur d'émotion

De Turin à Shanghai, de Rabat à Los Angeles en passant par Bullyles-Mines, ses géants mélancoliques évoluent dans des villes labyrinthiques dessinées en noir et blanc, traversées de superbes éclats de couleur. Héritier du dessin d’enfance autant que de l’architecture, Millo compose des fresques monumentales où la douceur apparente révèle en creux les fragilités de nos sociétés contemporaines.

Propos recueillis par Nicolas Pattou • Photos © Millo / DR
© DR

Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Comment êtesvous devenu illustrateur ?

Je m’appelle Francesco Camillo Giorgino, plus connu sous le nom de Millo. Je suis né en 1979 à Mesagne, dans le sud de l’Italie, avant de m'installer à Pescara pour étudier l’architecture. Le dessin a toujours fait partie de ma vie. Depuis l’enfance, c’est ma manière la plus naturelle d’exprimer des émotions et d’observer le monde qui m’entoure.

Comment décririez-vous votre travail en quelques mots à quelqu’un qui ne vous connaît pas ? Qu’est-ce qui définit votre

style, et comment a-t-il évolué au fil du temps ?

Je peins généralement des figures humaines gigantesques évoluant dans des villes, en noir et blanc, au milieu des rues, des voitures, des câbles et des immeubles. La ville que je représente est une métaphore de notre vie moderne : chaotique, répétitive, écrasante. Au cœur de cette complexité, mes personnages tentent de retrouver une forme d’innocence et d’humanité. Ce qui caractérise peut-être mon style, c’est le contraste entre une architecture minimaliste en noir et blanc et quelques éclats de couleur utilisés comme des surligneurs pour

Intangible Stories, Aberdeen, Scotland, 2024

attirer l'attention sur une idée précise. Au fil du temps, mon travail a évolué tant sur le plan émotionnel qu’esthétique. Au début, j'exprimais davantage de colère.

« La ville comme métaphore de notre vie moderne »

Aujourd’hui, je préfère susciter de l’espoir, de l’empathie et des liens humains positifs. La beauté peut parfois être plus puissante qu’une accusation frontale.

Plus précisément, comment décririez-vous votre processus créatif ?

Comment vos œuvres prennentelles forme ?

Je puise surtout mon inspiration dans le quotidien : une conversation dans la rue, un enfant qui joue, les informations à la radio ou les rêves... Tout peut se fondre dans une fresque murale. En général, tout commence par une intuition plutôt que par un concept très précis. Je dessine, une ville apparaît, puis des personnages et des histoires émergent presque spontanément. Des symboles surgissent aussi au fil du processus : des avions en papier, des plantes, des animaux, des jouets… Des formes fragiles qui deviennent des symboles de

A Moment, Leeuwarden, Netherland, 2022

The Book of Life (collaboration avec Case Maclaim) Boulogne-sur-Mer, France, 2024

liberté ou d’évasion face à la machine urbaine.

Comment identifiez-vous et choisissez-vous les emplacements de vos installations ou de vos peintures murales ? Estce le lieu qui inspire l’œuvre, ou est-ce l’inverse ?

Pour moi, un mur n’est jamais une simple surface. Le lieu influence toujours l’œuvre. Je prends le temps d’observer le quartier, l’architecture, les habitants, l’atmosphère et le contexte social.

« Redonner de la visibilité aux plus fragiles »

Je m’intéresse particulièrement aux périphéries et aux espaces urbains anonymes, parce qu’ils recèlent souvent des histoires humaines très fortes. Parfois, j’arrive avec une image déjà en tête, que j’adapte ensuite au lieu. C’est donc un véritable dialogue entre le mur et l’idée.

Quel sentiment ou quelle réaction souhaitez-vous susciter dans le public ?

Les grandes villes nous poussent à aller toujours plus vite, à consommer frénétiquement, sans vraiment réfléchir. Mes fresques tentent de

briser ce rythme, ne serait-ce que quelques secondes, pour renouer avec des émotions simples : la vulnérabilité, l'affection ou l'imagination. Les villes que je peins sont bondées et chaotiques, mais mes personnages recherchent toujours une forme d'intimité et de contact.

« Renouer avec une forme d'innocence et d'humanité »

Cela dit, je ne veux jamais imposer une seule interprétation. Je préfère que chacun trouve son propre sens à l'œuvre.

Votre travail comporte également une dimension sociale, voire politique, n’est-ce pas ?

Bien sûr. Derrière leur apparente douceur, mes œuvres évoquent toujours des réalités très concrètes : l’isolement, les inégalités, les sans-abri, les migrations, le consumérisme ou encore l’exclusion sociale. Les personnes fragilisées par nos systèmes économiques impitoyables deviennent souvent invisibles dans les grandes villes. En intervenant dans l’espace public, j’essaie de leur redonner une forme de visibilité et de dignité.

À visiter / millo.biz ; c @_millo_

Monticello Amiata, Tuscany Italy, 2021

Spectacle de feu, balade au pied des terrils, visites guidées acrobatiques, chorégraphie pour un skatepark, concerts assis, concerts debout, théâtre, cirque et guinguette familiale et artistique.

Du 1er au 10 juillet, un vent de folie douce souffle sur Mons !

www.surmars.be

Festival au carre

théâtre musique danse cirque

1er → 10 juillet — Mons

CAMILO HUINCA Le trait juste

Pour Camilo Huinca, tout commence dans les rues de Maipú, en périphérie de Santiago. Le skate, le graffiti, la musique et les copains forment son premier terrain d’apprentissage artistique. « J’ai vite compris que le dessin était l’une des choses qui me donnaient confiance en moi », raconte celui qui crayonnait adolescent à la table familiale pendant que sa grand-mère repassait devant des feuilletons télé. Aujourd’hui encore, il crée avec la télévision en fond sonore. Diplômé en graphisme, il comprend très tôt que son langage se jouera dans la synthèse. Peu de couleurs, des formes géométriques, des personnages à quatre doigts sans bouche, dans des palettes monochromes : il forge progressivement l’univers OnlyJoke, une signature visuelle immédiatement identifiable, pensée pour accompagner une affiche autant qu'un objet du quotidien. La reconnaissance internationale suit rapidement. Nike le repère sur Tumblr, le New York Times lui commande une illustration en 2021, The New Yorker en 2022. Des marques comme Apple, Netflix ou Adidas rejoignent une liste de collaborations qui ne cesse de s'allonger. Aujourd'hui, le travail de Camilo devient plus contemplatif. Les fleurs et figures abstraites de ses toiles récentes dialoguent avec la poésie et la beauté des objets. L'artiste renoue aussi avec les gestes appris auprès de son grand-père menuisier en fabriquant des chaises sculpturales, pièces uniques à mi-chemin entre l'artisanat et l'art. Et malgré le succès, son conseil reste d’une simplicité désarmante : « Il ne faut pas se laisser piéger par la technique. Le plus important, c’est d’exprimer ses idées ». Une profession de foi à l’image de son œuvre : humble et profondément humaine. Nicolas Pattou

À suivre / camilohuinca.work ; c @onlyjoke

« Le plus important, c’est d’exprimer ses idées »
El Orden

David

jeu. 04 juin | The Black Lab - Wasquehal

Ky-Mani Marley

mar. 09 juin |

Editors

Le Métaphone - Oignies

jeu. 18 juin | La Condition Publique - Roubaix

The Gathering & Anneke

Van Giersbergen

sam. 20 juin |

Le Métaphone - Oignies

Catch Your Breath

+ We Came As Romans

dim. 21 juin |

Le Métaphone - Oignies

Josman + La Mano 1.9

jeu. 09 jui. | Fest. de la Côte d’Opale - Boulogne-/s-Mer

Animals As Leaders jeu. 04 août | The Black Lab - Wasquehal

Allegaeon + Gorod

mar. 15 sept. | The Black Lab - Wasquehal

The Bootleg Beatles

mar. 15 sept. | Théâtre Sébastopol - Lille

Le Podkatz Tour

sam. 19 sept. | Théâtre Sébastopol - Lille

Leman

jeu. 01 oct. | La Lune Des Pirates - - Amiens jeu. 05 nov. | Le Cargo - Caen ven. 06 nov. | L'Escale - L'Embarcadère - Boulogne-/s-Mer Lalou

ven. 02 oct. | Théâtre Sébastopol - Lille

Médine

Enfants du Destin

Tournée Acoustique

sam. 03 oct. | Théâtre Sébastopol - Lille

Youngblood

Brassband

mar. 06 oct. |

Cocoon mer. 07 oct. |

Apparat

dim. 11 oct. |

Dinaa

jeu. 15 oct. |

Meryl

jeu. 15 oct. |

Le Flow - Lille

Théâtre Sébastopol - Lille

Le Nouveau Siècle - Lille

Le Splendid - Lille

La Condition Publique - Roubaix

Still Fresh

ven. 16 oct. |

Zinée

ven. 16 oct. |

Fredz

La Condition Publique - Roubaix

Le Flow - Lille

mar. 20 oct. | L'Aéronef - Lille

So La Lune

dim. 25 oct. |

La Condition Publique - Roubaix

Carpenter Brut dim. 25 oct. |

La Condition Publique - Roubaix

RÉSA:

agauchedelalune.tickandyou.com et dans les points de vente officiels habituels graphisme : hypothese-studio.com

Josman

jeu. 29 oct. |

Bianca Costa jeu. 29 oct. |

Fakear mer. 04 nov. |

Superbus

jeu. 19 nov. |

Souad Massi

Le Zénith - Lille

Le Flow - Lille

Le Splendid - Lille

Le Zénith - Lille

dim. 29 nov. | Théâtre Sébastopol - Lille

16202NIUJ

DOSSIER FESTIVALS

Qu’est-ce que vous faites pour les vacances ? À LM, c’est tout vu : on vadrouille aux quatre coins des Hauts-de-France et de Belgique, au rythme de la saison des festivals. Pour vous joindre à la fête, voici une sélection de rendez-vous immanquables, d’Anvers à Amiens, en passant par Lille, Bruxelles, Calais, Mons, Arras, Gand ou Roubaix. Musique, spectacle vivant, cuisine, arts visuels… il y en a pour tous les goûts. Suivez le guide.

• Festival international de jardinsHortillonnages Amiens (exposition), 22.05 > 11.10, Amiens, p. 32

• CineComedies (cinéma), 04 > 07.06, Lens-Liévin, p.36

• Latitudes contemporaines (danse), 04 > 26.06, Métropole lilloise, p. 34

• 30e Rendez-vous de la Bande Dessinée (pluridisciplinaire), 06 > 21.06, Amiens, p. 38

• OLT Rivierenhof (musique), 10.06 > 13.09, Anvers, p. 36

• Minuit avant la nuit (musique), 11 > 14.06, Amiens, p. 40

• URBX (pluridisciplinaire), 11 > 21.06, Roubaix, p. 44

• Francofolies Esch/Alzette (musique), 12 > 14.06, Esch-sur-Alzette, p.42

• Tournai Jazz Festival (musique), 24 > 28.06, Tournai, p. 46

• J'veux du soleil ! (musique), 26.06, Houthem, p. 54

• Paradise City (musique), 26 > 28.06, Steenokkerzeel, p. 60

• Retro C Trop (musique), 26 > 28.06, Tilloloy, p. 56

• En Nord Beat (musique), 26 > 28.06, Bailleul, p. 52

• Couleur Café (musique), 26 > 28.06, Bruxelles, p. 58

• Live is Live (musique), 27 > 29.06, Anvers, p. 62

• Festival au carré (musique), 01 > 10.07, Mons, p. 64

• Les Ardentes (musique), 02 > 05.07, Liège/Rocourt, p. 66

• Lille Piano(s) Festival (musique), 12 > 14.06, Métropole lilloise, p. 48

• Solid'Art (expo), 12 > 14.06, Lille, p. 50

• Label Guit'Art (musique), 13.06, Esquelbecq, p. 46

• Les Métaphonies (musique), 13.06, Oignies, p. 50

• Graspop Metal Meeting (musique), 18 > 21.06, Dessel, p. 54

• Rock Werchter (musique), 02 > 05.07, Werchter, p. 68

• Main Square (musique), 03 > 05.07, Arras, p. 72

• Gent Jazz Festival (musique), 04 > 19.07, Gand, p. 70

• Dour (musique), 15 > 19.07, Dour, p. 74

• Cabaret Vert (musique), 20 > 23.08, Charleville-Mézières, p. 74

• Touquet Music Beach (musique), 28 & 29.08, Le Touquet, p. 74

FESTIVAL INTERNATIONAL DE JARDINS

HORTILLONNAGES AMIENS

L'Art au fil de l'eau

Aux Hortillonnages d’Amiens, l’art ne s’accroche pas aux murs : il flotte, pousse, s’enracine et parfois disparaît dans les reflets de l’eau. Depuis 2010, le Festival international de jardins transforme un labyrinthe de canaux et d’îlots façonné depuis le Moyen Âge en un vaste musée à ciel ouvert où paysagistes, architectes et plasticiens dialoguent avec le vivant. D’année en année, l’événement a gagné en ampleur sans perdre son esprit pionnier : faire du paysage un terrain d’expérimentation poétique autant qu’écologique. Pour cette 17e édition, près de cinquante installations ponctuent les parcours à pied ou en barque. Parmi les nouvelles créations, Sèves de Meaghan Matthews impressionne par sa délicatesse : des formes de verre soufflé affleurent à la surface des canaux comme des bulles organiques. Plus troublante, Eyes Wide Cut d’Émilie Breux fait surgir des regards au cœur de troncs tombés naturellement. Une œuvre discrète et presque fantastique, où le bois paraît observer les visiteurs autant qu’il raconte la mémoire du lieu. À Amiens, le festival continue surtout de rappeler une chose essentielle : la nature n’est jamais un décor figé. Ici, elle devient matière à création, espace de réflexion et invitation salutaire à ralentir. Nicolas Pattou

Amiens, jusqu'au 11.10, Hortillonnages, gratuit, artetjardins-hdf.com À pied / Île aux Fagots (43 chemin de halage), mer > dim : 13h-18h30 (+ mardi en juillet & août)

En barque / Port à fumier (35 rue Roger Allou – Camon), mer > ven : 13h-19h (+ mardi en juillet & août) • sam & dim : 10h-19h, 49>28€, résa : +33 (0)6 78 53 55 92

place du théâtre, 59000 lille

opéra de lille

Alcina · MARS · Ermonela — l’âme en feu · Otello

María de Buenos Aires · Un voyage en bateau

saison

2026-27

➮

The Disappearing Act - Yinka Esi Graves © LuisCastilla

LATITUDES CONTEMPORAINES

À fleur de scène

Depuis 2003, Latitudes Contemporaines s'est imposé comme l'un des rendez-vous les plus ouverts du spectacle vivant dans les Hauts-deFrance. Nomade et curieux, il est résolument ancré dans son territoire mais accueille le monde à bras ouverts durant trois semaines. Pour cette 24e édition, la programmation met un accent particulier sur les voix artistiques issues du bassin méditerranéen, avec une attention spéciale portée au Liban, à la Palestine et à l'Afrique du Nord – sans oublier l'Afghanistan, le Cap-Vert ou la Serbie. Le fil conducteur ? Intime / Extime : cette ligne de crête entre ce qu'on garde pour soi et ce qu'on rend public, entre la blessure privée et le geste politique. La cinéaste serbe Mila Turajlić donne le ton avec Faire parler les archives des non-alignés — un VJing de plateau dans lequel elle monte en direct des images tournées pour le président Tito lors de l'émergence du Tiers-monde. Marlene Monteiro Freitas, elle, n'explique rien : dans Canine Jaunâtre 3, des danseurs identiques (même dossard) s'agitent selon des règles contradictoires jusqu'à brouiller la frontière entre l'humain, l'animal et la machine. Et Nadia Ghadanfar, seule en scène dans Laissez-moi danser, dit à voix haute ce que des femmes du monde arabe lui ont confié à l'oreille. Un festival qui a décidément l'intime comme seule boussole, et le monde entier comme terrain. Camille Lombardo

Métropole lilloise, 04 > 26.06, divers lieux à Lille et dans l'Eurométropole, divers horaires 1 spectacle : 28€ > gratuit • pass : 60€, latitudescontemporaines.com

Sélection / 04.06 : Ali Chahrour – When I Saw the Sea • 05 & 06.06 : K. Khademi & M. Behboudi – Afghanes : une vitalité désespérée, Mila Turajlić – Faire parler les archives des non-alignés 11 & 12.06 : M. Monteiro Freitas – Canine Jaunâtre 3 • 13.06 : Boris Charmatz – Somnole 17.06 : Nadia Ghadanfar – Laissez-moi danser • 20.06 : Israel Galván – Solo 24 & 25.06 : Adèle Haenel et Caro Geryl – Voir clair avec Monique Wittig

CINECOMEDIES

Depuis 10 ans, ce festival défend le patrimoine comique avec passion. Cette édition anniversaire met à l’honneur un thème populaire : le football. Au programme : le délirant Shaolin Soccer au stade Bollaert, mais aussi des projections de Joue-la comme Beckham et Coup de tête. Le week-end démarre également avec un hommage à Harold Lloyd, sublimé par les improvisations au piano de Jean-François Zygel. Sans oublier une carte blanche à JulesÉdouard Moustic et la présence (forcément splendide) de Gérard Jugnot en invité d’honneur. De quoi rappeler qu’on ne plaisante pas avec la comédie. T.A

OLT RIVIERENHOF

OLT, c’est l'abréviation d'Openluchttheater – théâtre en plein air, si vous préférez. Un théâtre ? Oui : il y a ici des décors improbables (des sousbois dignes d'un conte, mais tout près d’Anvers), une scénographie idéale (cette scène séparée des spectateurs par un miroir d’eau) et, enfin, une distribution impeccable : citons le prêcheur country Father John Misty, le folk habité du guitariste virtuose Ben Howard ou le retour de Garbage et son postgrunge mâtiné d’électronique. Avec une telle affiche on se laisse prendre au jeu. Comme au théâtre, une fois de plus. T.A Anvers, 10.06 > 13.09, Domaine provincial de Rivierenhof, divers horaires et tarifs, oltrivierenhof.be

Sélection / 10.06 : Father John Misty • 12.06 : Ben Howard • 13.06 : Garbage • 17.06 : The Beaches • 28.06 : The Black Crowes • 30.06 : LP…

Coupe au bol de Tamara Vittoz © DR

On se prépare à fêter les 100 ans !

ABONNEZ-VOUS !

Dès le lundi 1er juin 2026

Calogero | Pink Martini

Le Cercle des Poètes disparus

Panayotis Pascot | Julien Clerc

Carmina Burana

Marine Leonardi

Clémentine Célarié Potiche

Ana Popović

Philippe Caverivière

Jeanne Cherhal

Grease is the Word

Elena Nagapetyan

7 séances en décembre !

Slava’s Snowshow

Renan Luce

Marion Mezadorian

Fabrice Éboué

Marion Motin

Murmuration Level 2

Match d’Impro de Marcq

Le Procès d’une vie

Amy Winehouse Band

Le Bourgeois gentilhomme avec Jean-Paul Rouve

Les Fables de La Fontaine

Fauve Hautot LET’S GO !

Yannick

Noah

(LA)HORDE | Natasha St-Pier

Brahim Bouchelaghem

Constance | Hofesh Shechter

The U2 Experience

Le Mariage de Figaro

Ilyes Djadel | Thomas Wiesel

RIOULT Dance New York

David Castello-Lopes

Marcel Pagnol Marius

Christophe Hondelatte

Vincent Dedienne | Moguiz

Laurent Gerra

Ballet Preljocaj

ART de Yasmina Reza

Paul de Saint Sernin

Pierre Arditi Le Père

La Prochaine Fois que tu mordras la poussière...

Flashez toute la saison !

RENDEZ-VOUS DE LA BANDE DESSINÉE D'AMIENS

Traits d'esprit

Les salons du livre, et de la BD en particulier, sont devenus un ressort comique de nombreux auteurs. Bouzard, Boulet ou Sattouf ont tous évoqué les-à-côtés de ces rendez-vous : dédicaces à n’en plus finir ou désintérêt total du public, remarques lunaires, autographes vendus sur eBay dès le lendemain… On en viendrait presque à plaindre ces forçats du pinceau. Ceci dit, nous autres, simples lecteurs, allons égoïstement oublier cette situation et nous ruer à Amiens, qui n’a rien à voir avec la machine (enrayée) qu’est devenue Angoulême. Certes, le festival accueille une centaine de bédéastes, parmi lesquels Guy Delisle, Fanny Michaëlis, Vanyda, Matthieu Bonhomme, Marion Montaigne ou Terreur Graphique. Mais ces trois week-ends proposent également conférences et expositions consacrées aux artistes présents (Emil Ferris, Pénélope Bagieu…). Par conséquent, avoir un p’tit Mickey dessiné par François Schuiten sera finalement le cadet de nos soucis. De toute façon, on lui aurait demandé un Tintin. Thibaut Allemand

Amiens, 06 > 21.06, Halle Freyssinet, 10h-18h, gratuit, rdvbdamiens.com

Sélection / 06 & 07.06 : Pénélope Bagieu, Guy Delisle, Hiro Mashima, Fabien Toulmé, Emil Ferris, Achdé, Fabien Vehlmann, Vanyda, Chloé Wary, Fanny Michaëlis, Cyrille Pomès, Lili Sohn, Tebo, Boni, Olivier Frasier, Gijé, Véro Cazot, Steve Baker, Renaud Roche, Cécile Becq, Sixtine Dano… • 13 & 14.06 : expositions, librairies, animations... • 20 & 21.06 : François Schuiten, Benoît Peeters, Matthieu Bonhomme, Marion Montaigne, Guillaume Singelin, François Ruffin, Crisse, Riff Reb’s, Jean Harambat, Nicolas Dumontheuil, Olivier Berlion, Jibé, Chien Fou

TOURS Cie La Meute …

DU 30 JUIN AU 12 JUILLET gratuit | dates sur www.leprato.fr

Sous l’chantier, la plage à Bousbecque et Erquinghem-le-Sec

League & Legend à Wavrin, Baisieux et Verlinghem

Gagarine is not dead à Bondues

Borderless à Bauvin et Chéreng

MINUIT AVANT LA NUIT

L'été avant l'heure

Franchement, on n’a jamais bien compris le nom de ce festival – mais on a toujours apprécié sa poésie. Et plus encore sa programmation, affranchie de toute contrainte, sans œillères. Cette dixième édition ne déroge pas à cette joyeuse règle.

Avec une soixantaine de concerts en tous genres programmés chaque année, La Lune des Pirates demeure une salle précieuse pour le paysage amiénois. En 2017, à l’occasion de ses 30 ans, elle fêtait dignement son anniversaire en investissant le parc Saint-Pierre. Face au succès, un festival fut imaginé, qui s’installerait dans ce parc urbain situé au pied de la cathédrale, tandis que les célèbres Hortillonnages seraient l’occasion de balades musicales en barque.

Quartier libre

Depuis, la formule (magique) n’a pas changé et Minuit avant la nuit ne ressemble à aucun autre festival. On y croise des artistes singuliers, à commencer par Sébastien Tellier, folle tête chercheuse de la pop française, ou Bertrand Belin, dont le folk de jadis se modernise peu à peu. On ne ratera pas non plus l’électronique voyageuse (Sibérie, Namibie…) de Thylacine ni la déflagration club de Vladimir Cauchemar, l’un des beatmakers les plus réjouissants du moment. La Lune est une éclaireuse, et ne pouvait ignorer la techno live modulaire de Jasmine Not Jafar ou le punk rock inclassable des New-Yorkais de TVOD. Reste évidemment une inconnue : la météo. Car on conserve un excellent souvenir de l’édition passée – en dépit d’un vendredi soir annulé pour cause de déluge. Espérons que cette année, le ciel nous donne la permission de… minuit ! Thibaut Allemand

Amiens, 11 > 14.06, Parc Saint-Pierre, Parc Urbain & Hortillonnages, 17h • dim : 12h 1 j. : 40 > 17€ (-12 ans) • 2 j., 66 > 30€ (-12 ans) • jeu & dim : gratuit, minuitavantlanuit.fr

Sélection / 11.06 : St Graal, Quantum Quantum, Chorale Rock Lune des Pirates

12.06 : Bon Entendeur, Bonnie, Gaël Faye, Isha & Limsa d’Aulney, Sébastien Tellier…

13.06 : Bertrand Belin, Francis of Delirium, Jasmine Not Jafar, Last Train, Louis Aguilar, Solann, Thylacine, TVOD, Vladimir Cauchemar • 14.06 : Manoah, Sorvina, AÂMA

FRANCOFOLIES ESCH/ALZETTE

Trois jours au sommet

Installées sur les hauteurs verdoyantes du parc du Gaalgebierg, les Francofolies ont trouvé en quelques années une identité singulière : celle d’un rendez-vous à taille humaine capable de mêler têtes d’affiche, émergence francophone et conscience écologique sans jamais perdre le sens de la fête. Lancée en 2020 en pleine tempête sanitaire, la manifestation est devenue un grand carrefour culturel, avec près de 40 000 festivaliers attendus cette année. L’édition 2026 pousse encore plus loin l’expérience avec sa devise, "Rise a New World". Comprendre : un festival transformé en cité imaginaire, jalonné de clairières féeriques et de scènes immersives. La programmation, elle, dessine une photographie très actuelle de la francophonie musicale. Feu! Chatterton apporte sa flamboyance littéraire et son rock de velours, pendant que Miki incarne cette nouvelle pop libre, hybride et ultra-connectée. Plus instinctif, Sam Sauvage rappelle combien la jeune scène française fait fi des frontières entre chanson, électro et énergie brute. Sans oublier la fièvre club de Cassius, convoquée jusque tard dans la nuit. Labellisées "Green Events", les Francofolies revendiquent aussi une organisation durable. Mobilité douce, énergie renouvelable, vaisselle réutilisable et circuits locaux font désormais partie du décor. Une belle ambition, portée haut, sur la colline. Nicolas Pattou

Esch / Alzette, 12 > 14.06, Parc du Gaalgebierg (+ Escher theater, Kulturfabrik) ven : 18h20 • sam & dim : 15h30, 1 jour : 59€ • 2 jours : 100€ • 3 jours : 140€, francofolies.lu

Sélection / 12.06 : Macklemore, Feu ! Chatterton, Mosimann, Cassius, Miki, Sam Sauvage...

13.06 : PLK, Niska, L2B ,Terrenoire... • 14.06 : Gims, Helena, Christophe Maé, Luiza...

➮ Feu! Chatterton © Fifou

DE 20 ÉVÉNEMENTS, 10 LIEUX, 10 JOURS

MUSIQUE • DANSE • STREET ART ; SPORT

MODE MUSIQUE • DANSE • STREET ART

SPORT • MODE MUSIQUE • DANSE • STREET ART ; SPORT • MODE MUSIQUE • DANSE • STREET ART ; SPORT • MODE MU-

SIQUE • DANSE • STREET ART ; SPORT •

MODE MUSIQUE • DANSE • STREET ART ;

SPORT • MODE MUSIQUE • DANSE • STREET

ART ; SPORT • MODE MUSIQUE • DANSE • STREET ART ; SPORT • MODE MUSIQUE •

DANSE • STREET ART ; SPORT • MODE MU-

SIQUE • DANSE • STREET ART ; SPORT •

MODE MUSIQUE • DANSE • STREET ART ;

SPORT • MODE MUSIQUE • DANSE • STREET

ART ; SPORT • MODE MUSIQUE • DANSE

➮ Jungeli © DR

DANSE • STREET ART ; SPORT • MODE TSEF

STREET ART ; SPORT • MODE MUSIQUE

URBX

Roubaix en mode capitale

À Roubaix, les cultures urbaines ne décorent pas les murs, elles racontent la ville. Pour sa 5e édition, URBX confirme son statut de rendez-vous majeur dans la métropole lilloise avec une affiche ambitieuse, populaire et largement gratuite, où se croisent rap, danse, mode, sport et arts visuels.

En 2026, le festival déploie un projet à la mesure de l'anniversaire : dix jours investissant plus de vingt lieux à travers six communes, des parcs aux rooftops en passant par le Musée La Piscine ou la Condition Publique. Plus de 90 % des événements sont gratuits, parce qu'URBX défend l'idée que l'excellence artistique ne dépend pas d'une billetterie. La marraine de cette édition, Eesah Yasuke, artiste roubaisienne à la voix singulière et engagée, donne le ton dès la soirée d'ouverture avec une carte blanche immersive mêlant musique, performance et scène locale émergente. Le festival place cette année les femmes au cœur de toutes les disciplines, à tous les postes, devant comme derrière les projecteurs, et offre à la jeunesse du territoire une scène à sa mesure, portée par le réseau dense des associations locales.

La rue en partage

Côté programmation, les grandes soirées gratuites s'annoncent mémorables avec Gradur, enfant de Roubaix devenu figure du rap français, et Jungeli, phénomène de la nouvelle génération. Les arts visuels brillent avec Isham One et Naime Merabet, l'Anti-Fashion Project questionne les codes de la mode urbaine. Et puis la danse, discipline-mère du festival, réunit deux monuments du hip-hop chorégraphique : Mourad Merzouki et Farid Berki, dont les trajectoires sont indissociables de l'histoire culturelle de cette ville. Cinq bougies, mais la flamme n'est pas près de s'éteindre. Camille Lombardo

Roubaix & métropole lilloise, 11 > 21.06, divers lieux & horaires, urbxfestival.com

Sélection / 11.06 : Ouverture : carte blanche à Eesah Yasuke • 12.06 : Afrolive Party XXL 11.06 > 13.08 : Isham One & Shorty'Man • 16 & 17.06 : M. Merzouki - Beauséjour 17.06 : Défilé Nasij • 20.06 : Concert sur la Grand'place avec Gradur, Jungeli et Eesah Yasuke • 20 & 21.06 : Parkour 59 - Women in motion

TOURNAI JAZZ FESTIVAL

Le cousin du Gent Jazz Festival convie des artistes incontournables ( Yael Naim, Luz Casal, China Moses…) et rend hommage à quelques légendes (Miles Davis, Thelonious Monk…). Notons une belle tonalité électronique : la collaboration entre Selah Sue et les Galland père et fils, un set de The Herbaliser Band, figure de Ninja Tune, et, surtout, la venue du trompettiste norvégien Nils Petter Molvær, pionnier de la rencontre entre jazz et electro. Preuve, pour qui en douterait, que le jazz est en réinvention perpétuelle ! T.A

Tournai, 24 > 28.06, Magic Mirrors & Maison de la Culture, divers horaires & tarifs tournaijazz.be

Sélection / 24.06 : Tukan, Buscemi feat. Marc De Maeseneer... • 25.06 : Yael Naim... 26.06 : Luz Casal, China Moses • 27.06 : Nils Petter Molvær, The Herbaliser Band... 28.06 : Charles Pasi, Selah Sue & The Gallands + Exposition, 12 > 28.06 : Philippe Lévy-Stab - Jazz, The Sound of New York

LABEL GUIT'ART

Un vieux dicton espagnol affirme qu’il faut dix ans pour apprivoiser une seule corde de guitare. En attendant, on arpentera les rues de la cité médiévale d’Esquelbecq en admirant de grands écarts esthétiques, entre folk ( Carlo Poddighe ), blues ( Laura Cox, Manu Lanvin ) et bonne humeur carnavalesque ( Marcel & son Orchestre ). Stephan Eicher devrait mettre tout le monde d’accord et le public à genoux. Quant à nous, ce festival fêtant sa neuvième édition, on devrait pouvoir gérer un accord de mi l’an prochain. T.A

Esquelbecq, 13.06, Site de la Chênaie 14h, 25/20€ (gratuit -12 ans) labelguitartfestival.fr

Sélection : Stephan Eicher, Marcel et son Orchestre, Manu Lanvin, Laura Cox, Carlo Poddighe

Selah Sue et les Galland © DR
Laura Cox © Li Roda-Gil

LILLE PIANO(S) FESTIVAL Accords nomades

Né en 2004 dans le sillage de Lille Capitale européenne de la culture, le Lille Piano(s) Festival n'a cessé de se réinventer. Porté par l'Orchestre National de Lille, ce rendez-vous des claviers est devenu un laboratoire sonore habité par le jazz, l'electro, le cinéma et les musiques méditerranéennes – avec une envie irrépressible de circuler librement entre les genres et les publics.

Le piano est toujours là. Mais il a changé de posture. Pour sa 23e édition, le festival ne célèbre plus l'instrument, il s'en sert comme d'un prisme pour embrasser le monde. « Notre ADN, c'est l'ouverture. Le piano est le point de départ, pas la frontière », résume Fabio Sinacori, artisan d'une programmation qui préfère les carrefours aux sanctuaires. L'édition 2026 bat au rythme des 50 ans de l'ONL, dirigé aujourd'hui par Joshua Weilerstein. Transmission et renouvellement traversent une édition déployée dans toute la métropole.

Mélodies sans frontières

L'ouverture méditerranéenne s'impose comme l'un des fils conducteurs. La chanteuse palestinienne Nai Barghouti tisse entre musique arabe traditionnelle et compositions personnelles un dialogue d'une grâce souveraine. Le retour en force des ciné-concerts prolonge cet esprit : improvisation sur Nosferatu avec Noiseferatu ou encore un Azur et Asmar accompagné par l'Orchestre de Picardie. Du côté du grand répertoire, Vadym Kholodenko s'attaque à la transcription lisztienne de la Symphonie fantastique de Berlioz pour piano seul. Un exploit rare, presque déraisonnable. La clôture appartient à Jean-Claude Casadesus (fondateur du festival) au pupitre pour le Troisième Concerto de Rachmaninov avec la pianiste franco-albanaise Marie-Ange Nguci. Une façon de célébrer cinquante ans d'histoire sans tourner le dos à demain. Camille Lombardo

Lille, 12 > 14.06, Conservatoire, Gare Saint-Sauveur, CCI, Théâtre du Casino Barrière, L'Aéronef, Notre-Dame-de-la-Treille, 36€ > gratuit • pass : 10€, lillepianosfestival.fr

Sélection / 12.06 : Noiseferatu • 13.06 : Vanessa Wagner - Les Études de Philip Glass, Büşra Kayıkçı - Pont entre tradition et électronique, Vadym Kholodenko - La Symphonie fantastique au piano (Liszt), Nai Barghouti Quartet - Musique arabe et compositions personnelles... 14.06 : Azur et Asmar, Concert de clôture : Jean-Claude Casadesus et Marie-Ange Nguci...

LES

MÉTAPHONIES

Entre machines géantes, concerts et déambulations surprises, le 9-9bis cultive l’art du joyeux déraillement. Papooz distille sa pop solaire pendant que Stayin’ Alive Parade répand sirènes disco et boules à facettes sur le site minier. Plus vertigineux, 78 Tours fait tournoyer une impressionnante roue de la mort dans un ballet acrobatique hypnotique. Comme toujours, avec Les Métaphonies, on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise ! C.L.

Oignies, 13.06, 9-9bis, 14h, gratuit 9-9bis.com

Sélection / Papooz, Ditter, La Meute – 78 Tours, Stayin' Alive Parade, L’Hippodrome de poche – Cie Lez’Arts Vers… + Exposition Remonter au jour

SOLID'ART

Acheter une œuvre pour offrir des vacances à un enfant : le principe de Solid'Art Lille reste aussi simple qu’efficace. Installé à l’Hôtel de ville de Lille, le salon réunit 120 artistes entre peinture, photo, sculpture et street art au profit du Secours populaire. Parrain de cette 12e édition, Vincent Lelièvre y déploie ses villes imaginaires et son trait foisonnant. On croise aussi de jeunes signatures, des œuvres accessibles dès quelques dizaines d’euros. Ici, le coup de cœur esthétique se transforme un geste de solidarité. C.L.

Lille, 12 > 14.06, Hôtel de ville ven : 14h-22h • sam : 10h-20h dim : 10h-19h, gratuit, solidart.fr/lille

La Meute © C. Parmentier
Wayne Danza

10/06 STELLA PLAGE + JOUR BLANC

20/06 BOOM DES KIDS

04/07 MACADAM VACARME

17/09 LA JUNGLE + 1ÈRE PARTIE

07/10 L’ÂME DE L’A

THÉÂTRECHARCOT-MARCQ-EN-BAROEUL

07/10 MELINA + 1ÈRE PARTIE

28/10 HORSKH + BRUTAL BEATNIK

08/11 BABE HAVEN + LATTER

10/11 HOWLIN’ JAWS + MOUNDRAG

18/11 BLOWSOM + ANAYSA

20/11 LE TALU + 1ÈRE PARTIE

10/12 DOPE SAINT JUDE + JEANETTE & MAJ

➮ Phoya © Adèle Boterf

EN NORD BEAT

Force d'attraction

À son rythme. Ainsi va le festival sis à Bailleul, né en 2015 sur un coup de tête et de dés jetés par Sébastien Terrier (patron du Barabao à Bailleul) et Louis Fagoo (ingénieur et organisateur de concerts en toute indépendance, dans… sa grange). Depuis, l’événement a grandi sans perdre l'essentiel : une taille humaine – on ne se marche pas dessus – et un goût de la découverte. Car le grand talent d’En Nord Beat réside certainement dans son flair. L’équipe déniche chaque année des pépites dans à peu près tous les styles. Le rendez-vous est ainsi devenu une adresse que l’on se refile entre mélomanes, heureux de festoyer loin des mastodontes estivaux. Bien sûr, l’affiche s’enorgueillit de quelques grands noms – on pense à Mariam, chantant les œuvres d’Amadou & Mariam, ou au rappeur conscient et combatif Médine (ce qui lui vaut pas mal de déboires avec des réacs de tous poils). Citons également Boston Bun, ancien de l'écurie Ed Banger et pas manchot pour faire bouger les foules, ou les Bordelais d'Odezenne, francs-tireurs d’un hip-hop libre et affranchi. Mais En Nord Beat reste avant tout un festival défricheur. On succombe rapidement au jazz-rap-soul de Sorvina . De leur côté, les quatre musiciens de Phoya rivalisent avec la nouvelle scène jazz londonienne quand le rap d’Aupinard mêle bossa nova et R&B avec une élégance désarmante. Ce ne sont là que quelques pistes. À vous, désormais, d'explorer cette affiche aux allures de galaxie. Thibaut Allemand

Bailleul, 26 > 28.06, Parc Legrand Grubbe, ven : 17h • sam & dim : 14h 1 j. : 40,59€ • 2 j. : 75,94€ • 3 j. : 96,14€, ennordbeat.fr

Sélection / 26.06 : Médine, Mariam, Getdown Services, Ondubground x Ashkabad x Mahom, Bardix le Gaulois, Tramhaus, Blu Samu... • 27.06 : Deluxe, Ben l’Oncle Soul, Boston Bun, Myra, Atili... • 28.06 : Odezenne, Mandragora, Aupinard, The Brooks, Youthie, Sorvina, Phoya...

Aupinard © Pierre Daschier

Alex Lutz

GRASPOP METAL MEETING

Depuis trente ans, Dessel est devenu l’épicentre de tout ce que la planète compte d’amateurs de musiques extrêmes : hard rock, death, black, thrash, doom, sludge, post-, avant-, nu metal, indus... Sur les cinq scènes, 135 groupes se succèdent : des légendes (Alice Cooper, Megadeth ou Def Leppard), du grand-guignol (Cradle of Filth), du punk en pantacourt (Pennywise, Offspring), ou des provoc’ qui divisent encore (Sex Pistols avec Frank Carter). Une affiche fidèle à elle-même, presque immuable, qui annonce déjà les retrouvailles de l’an prochain. Et c’est très bien comme ça. T.A.

Dessel, 18 > 21.06, Kastelsedijk, 10h-24h ven : 135€ • jeu, sam & dim : complet ! 3 j. : 319€, graspop.be

Sélection / 18.06 : Limp Bizkit + Megadeth + The Offspring + Within Temptation… • 19.06 : Alter Bridge + Volbeat + Trivium + Sex Pistols… • 20.06 : Bring Me The Horizon + Babymetal + Bad Omens + Three Days Grace… • 21.06 : Alice Cooper + Def Leppard + Sabaton…

J'VEUX DU SOLEIL !

Né il y a plus de vingt ans dans le village d'Houthem (CominesWarneton), ce festival est avant tout une aventure collective portée par une trentaine de bénévoles de la Maison des Jeunes Carpe Diem, qui ont transformé une envie commune en rendez-vous musical fédérateur. L’édition 2026 s’annonce plurielle et affûtée : Juste Shani, rappeuse à la plume acérée, partage l'affiche avec Koala Disco , quintette anversois au post-punk psychédélique, Adam la Nuit et ses inflexions congolaises, ou encore Atili , sculpteur de basses hypnotiques. C.L.

Houthem, 26.06, Salle des sports, 17h, 15/10€, cccw.be

Sélection / Juste Shani + Adam la Nuit + Atili + Koala Disco + YMNK + Double Vitrage + Superska + Melon de la Vega…

Juste Shani © Pierre Daschier

B-52’S, ROLAND GIFT (FINE YOUNG CANNIBALS), THE MOLOTOVS, SQUEEZE, EXTC, CHÉRI CHÉRI, JOAN JETT AND THE BLACKHEARTS, EUROPE, ULTRA VOMIT, NEW MODEL ARMY, FOOLS GARDEN MATMATAH, GHINZU, RAZORLIGHT , THE B-52’S, ROLAND GIFT (FINE YOUNG CANNIBALS), THE MOLOTOVS, SQUEEZE, EXTC, CHÉRI CHÉRI, JOAN JETT AND THE BLACKHEARTS, EUROPE, ULTRA VOMIT, NEW MODEL ARMY, FOOLS GARDEN MATMATAH, GHINZU, RAZORLIGHT , THE B-52’S, ROLAND GIFT (FINE YOUNG CANNIBALS), THE MOLOTOVS, SQUEEZE, EXTC, CHÉRI CHÉRI, JOAN JETT AND THE BLACKHEARTS, EUROPE, ULTRA VOMIT, NEW MODEL ARMY, FOOLS GARDEN ➮ JoanJett©DR

Plus que parfait

Rétrograde, rétrospectif et rétroviseur. Si l’on s’en tient au dico, rétro est l’apocope de tous ces mots. Rétrograde, ce festival ? Pas exactement, on va s’en expliquer. Rétrospectif ? Sans aucun doute, au vu de la variété de l’affiche. Rétroviseur ? Un œil dedans, c’est certain, mais l’autre fermement rivé sur la route.

Il y a plusieurs façons d’appréhender un tel festival. Grincheux, on se plaindrait que le rock est devenu un musée que l’on visite sans risque. Certes, mais quiconque a vu récemment Joan Jett & The Blackhearts en conviendra : elle demeure dangereuse. Quant au son de l’ex-Fine Young Cannibals Roland Gift, il s’est bonifié avec le temps… le fameux vintage. Dès lors plus enthousiaste, on soulignerait que le rock dialogue avec son propre passé depuis bien longtemps. Dès les années 1970, David Bowie enregistrait déjà un album de reprises avec Pin Ups. Donc, rock et rétro iraient naturellement de pair ?

Futur antérieur

Ça se complique un peu, pour le meilleur. Car Squeeze, ces songwriters de génie (Up The Junction, au hasard), viennent d’enregistrer, à 70 ans passés, un album écrit à l’âge de… 19 ans ? À peu près l’âge qu’ont justement les deux membres de The Molotovs, frère et sœur peroxydés qui ravivent ici l’énergie mod et nerveuse de The Jam ou The Who.. Enfin, rétro, The B-52’s ? Mais voyons, ces Américains l’ont toujours été. Dès les années 1980, ils mêlaient choucroutes capillaires et obsessions pour le rock primaire des années 1950. Le tout rehaussé de synthés furibards – un truc post-moderne et totalement hors normes. Alors, sommes-nous rétromaniaques ? Peut-être. Ce qui n’empêche pas d’aimer ces groupes au présent. Thibaut Allemand

Tilloloy, 26 > 28.06, Château de Tilloloy, ven : 18h • sam & dim : 14h 1 j. : 89/59€ • 2 j. : 159/99€ • 3 j. : 199/145€, retroctrop.fr

Sélection / 26.06 : Matmatah, Ghinzu, Razorlight • 27.06 : The B-52’s, Roland Gift (Fine Young Cannibals), The Molotovs, Squeeze, EXTC, Chéri Chéri • 28.06 : Joan Jett and the Blackhearts, Europe, Ultra Vomit, New Model Army, Fools Garden

Global grooves COULEUR CAFÉ

Depuis bientôt quarante ans, Couleur Café célèbre le cosmopolitisme et le vivre-ensemble, deux expressions souvent galvaudées. Mais pas à Bruxelles, cité-monde où cohabitent 180 nationalités différentes. Et moins encore dans le parc d'Osseghem où, chaque dernier week-end de juin, sont partagés amour de la bonne bouffe et de la grande sono mondiale. Entre afrobeats (le nigérian Rema et son fameux Calm Down), jazz moderne (les Londoniens d’Ezra Collective), hip-hop anglais (Skepta, valeur sûre du grime), ou rap US (le taulier Freddie Gibbs), on ne sait guère où donner de la tête. Fort heureusement, Couleur Café ne vise pas la démesure et, sur place, on navigue aisément entre les cinq scènes. L’occasion de se poser devant les volutes dub de Stand High Patrol, les échappées soul modernes de Greentea Peng ou le rhythm & blues millésimé de Thee Sacred Souls. Clou de cette édition : Anderson .Paak qui, sous l’alias Pee .Wee, imagine un DJ set tiré de sa (très, très) vaste discothèque… Vous voilà prévenus ! Thibaut Allemand

Bruxelles, 26 > 28.06, Atomium Square, ven : 16h • sam & dim : 15h, 1 j. : 64€ • 3 j. : complet !, couleurcafe.be

Sélection / 26.06 : Rema, Ezra Collective, KeBlack, Pongo, Juls, Lila Iké, Ruger, redveil, Iseo & Dodosound... • 27.06 : Danny Ocean, Greentea Peng, Obongjayar, Kalash, Protoje, Dino D’Santiago invites Mayra Andrade & Batukadeiras, Makala, DJ Pee .Wee (Anderson .Paak)... • 28.06 : Amaarae, Thee Sacred Souls, Stand High Patrol, Skepta, Freddie Gibbs, Blu Samu, Spice, Genezio, Gaz Mawete, Jamz Supernova...

Skepta
© Henry Good Fell0w
Dj Peewee © DR
Ezra Collective © Yout
Photo : BagartIllustration :
Rocio Alvarez

PARADISE CITY

Vertiges électroniques

Depuis 2015, Paradise City évoque moins le classique de Guns N’ Roses, auquel il emprunte son nom, qu’à une certaine idée de la rave idéale. Ici, pas de friche industrielle mais 90 hectares de verdure tout en bosquets, étangs et allées menant à un château dont le cœur date du xviie siècle. On a connu pire, pour danser. Trois nuits durant, cet écrin surréel convie la crème électronique, dans une optique aussi futuriste que patrimoniale. Les pères fondateurs répondent présents, qu’il s’agisse d’une légende de la house de Chicago (Robert Owens, voix de Fingers Inc.) ou de la techno minimale de Richie Hawtin, figure tutélaire de la scène de Détroit (oui, il est canadien mais bon). Plusieurs lives s’avèrent alléchants, à commencer par le joyeux drille Myd, le tandem Modeselektor ou la résurrection de Cassius – un moment forcément émouvant. On a toute confiance lorsque Jen Cardini entre dans la cabine DJ, et l’on se demande où va encore nous emmener l’inclassable Floating Points. On attend aussi de pied ferme Dresden, soit l’alliance entre Ivan Smagghe et Manfredas, dont les sets vertigineux naviguent entre techno contemporaine, acid house et new wave. Enfin, on suit de près Tatyana Jane, récente recrue d'Ed Banger et créatrice d’une fascinante symbiose entre bass music, héritages afro et électronique frontale. Il faut trouver le temps de se remettre de ses émotions – mais franchement, question chill-out, le cadre demeure parfait. Thibaut Allemand

Steenokkerzeel, 26 > 28.06, Kasteelhoekstraat, 12h, complet sauf dim. : 102€, paradisecity.be

Sélection / 26.06 : 1-800 GIRLS, Anthony Rother, Dresden, Marco Bailey, Richie Hawtin, Teki Latex, Eris Drew & Helena Hauff, Mall Grab... • 27.06 : Cassius, Myd, Chloé Caillet, Clark, LTJ Bukem, Robag Wruhme + Robert Owens, Tatyana Jane, Mochakk... • 28.06 : Floating Points, Jen Cardini, John Beltran, Modeselektor, Palms Trax, Weval, Marlon Hoffstadt, Zip...

Cassius © DR

FREEK, BART PEETERS & DE IDEALE

MANNEN, OZARK HENRY, DAVINA MICHELLE, CLEYMANS & VAN GEEL, NICK

CAVE & THE BAD SEEDS, LYKKE LI, JOHNNY

MARR, BENJAMIN CLEMENTINE, ANNA VON

➮ NickCave©MeganCullen ➮ IronMaiden©JohnMcMurtrie

HAUSSWOLFF, DAS POP, IRON MAIDEN, EPI-

CA, TESTAMENT, DORO, FLEDDY MELCULY

ROBBIE WILLIAMS, SUGABABES, SUZAN

FREEK, BART PEETERS & DE IDEALE

MANNEN, OZARK HENRY, DAVINA MI-

CHELLE, CLEYMANS & VAN GEEL, NICK

CAVE & THE BAD SEEDS, LYKKE LI, JOHNNY

MARR, BENJAMIN CLEMENTINE, ANNA VON

HAUSSWOLFF, DAS POP, IRON MAIDEN, EPI-

CA, TESTAMENT, DORO, FLEDDY MELCULY

ROBBIE WILLIAMS, SUGABABES, SUZAN & FREEK, BART PEETERS & DE ➮ Robbie Williams © DR

LIVE IS LIVE

Le temps retrouvé

De loin, on dirait un événement comme les autres réunissant des stars internationales durant trois jours. Or, quelques petits détails ont leur importance : Live Is Live se joue sur une scène unique et chaque tête d’affiche donne un "vrai" concert – loin des sets expédiés, comme c’est hélas souvent le cas en festival. Ça n’a l’air de rien ? Ça fait toute la différence.

Jadis, Live Is Live se plantait face à la mer du Nord, sur la plage de Zeebruges. Et puis, allez savoir, l’appel du centre-ville peut-être, le festival a posé ses enceintes au parc Middenvijver, sur les rives de l’Escaut. On s’y rend à vélo après avoir flâné dans la cité des diamantaires. Sur place, quelques pépites nous attendent : citons Johnny Marr, l'architecte sonore des Smiths, Lykke Li (mais oui, elle jouera I Follow Rivers, ne vous en faites pas) ou le trop rare Benjamin Clementine, digne rejeton de Nina Simone.

L’art du spectacle

Les trois locomotives ont une chose en commun. L’entertainment. Quoi, même Nick Cave ? Surtout lui : l’Australien charismatique joue avec la foule et se mue, sur scène, en un prédicateur évangéliste jailli d’un roman de Donald Ray Pollock. Divertissement, toujours, avec Iron Maiden. Depuis 1975, les figures de proue de la New Wave of British Heavy Metal bâtissent un hard rock virtuose, totalement déconnecté du réel, mais ô combien enchanteur. Enfin, notre chouchou Robbie Williams s’est battu pour gagner en crédibilité (quoique, Take That n’était pas le pire des boys bands – réécoutez donc Back for Good). Il a persévéré, et on l’a vu danseur, chanteur, crooner, mais surtout, showman. Ça mérite bien la durée d’un vrai concert. Thibaut Allemand

Anvers, 27.06 > 29.06, Parc Middenvijver, sam : 11h30, 170 > 120€ • dim : 12h, 220 > 115€ • lun : 14h, 220 > 125€, liveislive.be

Sélection / 27.06 : Robbie Williams, Sugababes, Suzan & Freek, Bart Peeters & de Ideale Mannen, Ozark Henry, Davina Michelle, Cleymans & Van Geel • 28.06 : Nick Cave & The Bad Seeds, Lykke Li, Johnny Marr, Benjamin Clementine, Anna von Hausswolff, Das Pop 29.06 : Iron Maiden, Epica, Testament, Doro, Fleddy Melculy

360 , M. Kerkouche © Pierre Gondart

Mons Street Party © Alex Leroy

FESTIVAL AU CARRÉ

Mons sort du cadre

Depuis sa mue récente, ce festival a quitté le confort de son ancien camp de base pour rayonner partout, de l'Hôtel de ville aux terrils en passant par le skatepark. Les spectacles surgissent là où on ne les attend pas, transforment une cour, un jardin ou une façade en décor vivant, et redonnent au centre-ville des airs de fête populaire et inventive. Cette édition 2026 pousse encore plus loin ce goût du débordement. Avec FUUU, la compagnie Titanos promet une montée en température spectaculaire. Un manège en flammes, des percussions furieuses, des riffs électriques et une transe collective qui devrait embraser le Grand Large (port de plaisance). Autre secousse attendue, 360 de Mehdi Kerkouche qui transforme le Carré des arts en immense ronde électro-chorégraphique. Un final pensé pour faire danser les corps autant que les regards. Le festival cultive aussi l’art des retrouvailles. Girls in Hawaii ouvre un nouveau chapitre avec les premiers échos d’Eldorado, tandis que Lorent Wanson mêle théâtre, musique et poésie dans Mancha Cha Cha Cha, création nourrie par l’ombre de Jacques Brel et le vacarme du monde contemporain. Camille Lombardo

Mons, 01 > 10.07, Le Jardin du Mayeur, Théâtre le Manège, Hotel de ville, Arsonic, Grand-Large, Cour du 106, Carré des arts..., divers horaires, 1 spectacle : 30€ > gratuit, surmars.be

Sélection / 01.07 : Girls in Hawaii... • 02.07 : COLT • 02 & 03.07 : Clinic Orgasm Society - Le GROS MYTHe #2 • 03.07 : An Pierlé Duo • 04.07 : Cie Titanos - FUUU, Mons Street Party • 05.07 : Cie La Meute - 78 Tours • 07.07 : Musiques Nouvelles Project, Lubiana... • 08 & 09.07 : D. Macmillan et J. Donahoe - Toutes les choses géniales, Julien Carlier - Béton... • 10.07 : Lorent Wanson - Mancha Cha Cha Cha, Mehdi Kerkouche - 360, La Jungle, Gustave Brass Band...

Girls In Hawaii © Ben Pi

LES ARDENTES

Le royaume des flows

Vingtième anniversaire pour Les Ardentes. Lancé comme un festival électro-rock avant d’opérer, en 2018, un virage radical, 100 % hip-hop. Est-ce un mal, un calcul opportuniste ? Une évolution, plutôt. Car si le rap est le genre le plus prisé des jeunes auditeurs, peu d’événements lui sont entièrement dédiés. Ceci posé, cette édition déroule une fois encore un vaste panorama à travers 180 artistes, dont quelques pointures venues d’Atlanta : citons Future et Playboi Carti, qui ne sont pas étrangers au renouveau d’un genre vieux de plus de cinquante ans. Notons également la part importante de femmes dans la programmation, à commencer par Aya Nakamura, dont la pop transversale (sans parler du racisme qu'elle subit) nous la rendent très sympathique. Même constat pour le bouyon 2.0 de Theodora ou l’hyperpop chromée de Miki. De quoi rompre joliment avec l’image machiste du hip-hop. À propos de virilité fragile, le spectacle sera sur scène, et peut-être en coulisses, puisque notre ami Booba – le millionnaire le plus vénère de l’univers – partage l’affiche avec Rohff, La Fouine, Kaaris, Damso ou Kalash Criminel, soit quelques-uns de ses meilleurs ennemis. Enfin, c’est Charlotte de Witte qui a l’honneur de clore cette édition avec un set techno maîtrisé. Tiens, et si Les Ardentes revenaient à l’électro ? Thibaut Allemand

Liège, 02 > 05.07, Rocourt, 1 j. : 110€ • 2 j. : 210€ • 4 j. : 299€, lesardentes.be

Sélection / 02.07 : Playboi Carti, Vald x Vladimir Cauchemar x Todiefor, Theodora, Rilès, Ascendant Vierge, Fianso, Lujipeka... • 03.07 : Black Eyed Peas, Aya Nakamura, Rohff, Lost Frequencies, Georgio, Sniper, Sinik... • 04.07 : Future, Booba, Kalash Criminel, Panteros666… 05.07 : Charlotte de Witte, Bigflo & Oli, Josman, PLK, La Fouine, Camille Yembe...

➮ Theodora © DR

YONG YELLO, BALU BRIGADA, MONZA, BEN

➮ FKATwigs©DR

➮ Thexx©DR

ELLIS, ZWANGERE GUY, ALL THEM WITCHES, THE VACCINES, BASHT., ELVIS COSTELLO THE IMPOSTERS WITH CHARLIE SEXTON, YARD ACT, LA LOM, LOYLE CARNER, KASABIAN, DYLAN GOSSETT, KAREN DIÓ, JADE, THE LUMINEERS, PUP, TOM SMITH, THE WAR ON DRUGS, THE PRODIGY, MIDNIGHT GENERATION, BLOOD INCANTATION, MUMFORD & SONS, KINGFISHR, GOOD NEIGHBOURS, ISE, OVERPASS, WOLF ALICE, THE LAST DINNER PARTY, CARDINALS, HIGH HI, SOCIAL DISTORTION, FRANZ FERDINAND, ROYEL OTIS, KEO, PARIS PALOMA, KAE TEMPEST, TEDDY SWIMS, RADIO FREE ALICE, SCENE QUEEN, FKA TWIGS, AGNES OBEL, CHARLOTTE DE WITTE, THE WARNING, LAUREN SPENCER

➮ Loyle Carner © DR

SMITH, LEWIS CAPALDI, THE XX, LAND TSEF I V A LS 2026 FESTIVALS202 6 SLAVITSEF 6202

ROCK WERCHTER

Le champ des possibles

"Meilleur festival du monde". Rien que ça. C’est en tout cas la récompense maintes fois reçue par l’institution belge, qui ne s’est pas pour autant reposée sur ses lauriers. Mariant immensité et tranquillité, invitant valeurs sûres de jadis et jeunes pousses, Rock Werchter a su trouver la formule gagnante.

Qui aurait pu prédire, en 1975, que le petit festival né dans la plaine brabançonne, à un jet de pierre de Louvain, deviendrait un événement kolossal plus de cinquante ans plus tard ? Certainement pas nous – on n’a pas toujours été très bons en prédictions. Il en va de même pour le clou de ces quatre jours : qui aurait pu imaginer que The xx, trois post-ados mal fagotés, du genre à rester sur le banc à la récré, seraient têtes d’affiche pour un retour triomphal un peu plus de quinze ans après un premier LP qu’on peut résolument qualifier d’intemporel ? Pas nous, mais quelle joie !

Un temps d'avance

Cette année, on peut s’avancer sans crainte et jetant un œil à la programmation, qui frappe fort dans tous les styles, des génies inclassables (Gorillaz, Elvis Costello) au hip-hop moderne (Loyle Carner, Kneecap), en passant par l’hybridation absolue (FKA twigs), la country revisitée (CMAT) ou la suspension du temps (Agnes Obel). Mais on sait qu’une fois encore, on naviguera à vue, entre les concerts prévus et les révélations. Des Irlandais de Cardinals aux Californiens de LA LOM, en passant par la noise lettrée de Man/Woman/Chainsaw, on va passer pas mal de temps au pied du spot des découvertes (The Slope)… et, qui sait, croiser les têtes d’affiche de l’été prochain. On pourrait, enfin, dire qu’on l’avait prédit. Thibaut Allemand

Werchter, 02 > 05.07, Werchter Festivalpark, 13h • 1 j. : 140€ • 4 j. : 315€, rockwerchter.be

Sélection / 02.07 : Loyle Carner, Elvis Costello, Mumford & Sons, Yard Act, The Prodigy, The War on Drugs, Kasabian, LA LOM, Zwangere Guy... • 03.07 : The xx, Charlotte de Witte, Lewis Capaldi, FKA twigs, Franz Ferdinand, Viagra Boys, The Last Dinner Party, Wolf Alice, Agnes Obel, Kae Tempest, Cardinals... • 04.07 : Gorillaz, Pixies, CMAT, Kneecap, Beirut, Kokoroko, Twenty One Pilots, The Haunted Youth, Don West, Man/Woman/Chainsaw... 05.07 : The Cure, David Byrne, Paul Kalkbrenner, Moby, Mogwai, Joy Crookes...

Diawara © Marcello Perego

Fatoumata

Ravi Coltrane © DR

Le futur en héritage GENT JAZZ

Quelques jours après la clôture du Tournai Jazz Festival, les amoureux de la note bleue (mais pas que) peuvent prolonger les (d)ébats avec cette institution flamande qui fête tranquillement son quart de siècle. Alors, il aurait été facile de la jouer rétro, pépère, mais ce n’est pas l’esprit de la maison. Conjuguer le passé au futur, voilà l’idée. Ainsi, le centenaire de John Coltrane et Miles Davis sont célébrés par le saxophoniste Ravi Coltrane (fils du premier) et le trompettiste Terence Blanchard. De son côté, le Sun Ra Arkestra a survécu à son fondateur (reparti dans les étoiles) et propage la bonne parole cosmic jazz depuis des décennies. Mais comme chacun sait, le Gent Jazz ne s’est jamais arrêté aux frontières du genre, furetant vers le folk moderne (Angus & Julia Stone, José González) ou l’afropop sans frontières de Fatoumata Diawara. On attend aussi la nouvelle incarnation des inclassables Tindersticks. Le patrimoine rock est également mis à l’honneur – la fameuse chanson Gloria – chantée par la pythie Patti Smith mais écrite par un certain Van Morrison. Certes, l’Irlandais a un peu dévissé ces derniers temps (complotisme antivax, ce genre) mais il demeure, sur scène, un chanteur hors pair. Un prêcheur, en quelque sorte. Ce qui, entre les murs de cette abbaye cistercienne qu’est De Bijloke, prend tout son sens. Thibaut Allemand

Gand, 02 > 18.07, Bijloke, 16h, 125 > 39€, gentjazz.com

Sélection / 02.07 : Terence Blanchard & Ravi Coltrane, Sun Ra Arkestra • 03.07 : Angus & Julia Stone, José González • 04.07 : John Hiatt, Suzanne Vega • 05.07 : Alabama Shakes, Fatoumata Diawara • 07.07 : Van Morrison, Axelle Red • 09.07 : Patti Smith Quartet, Tindersticks • 10.07 : Marcus Miller, Charles Lloyd Quartet • 11.07 : Celeste, Mari Froes • 12.07 : Tamino, Maro • 13.07 : John Legend, Selah Sue & The Gallands • 14 & 15.07 : Ludovico Einaudi, Ballaké Sissoko • 16.07 : Snarky Puppy, Darkside • 17.07 : Asaf Avidan, Warhaus…

Angus & Julia Stone
© Kathryn Vinella

LES BELLES

sorties

LES BELLES

sorties

sorties

sorties

LES BELLES
LES BELLES

KATY PERRY, SEEDY LIARS, ROMAIN PO-

DEUR, PAUL KALKBRENNER, NÛR, MIKI,

6 SLAVITSEF 6202

MIDNIGHT GENERATION, MERCURE NITRO, LUIZA, LINKA MOJA, JESSIE MURPH, CHARLOTTE CARDIN, CASSIUS, ORELSAN, YAMÊ, VENUS VNR, THE WARNING, STUCK IN YESTERDAY, RADIO FREE ALICE, NONO LA GRINTA, MARSHMELLO, L2B, KEO, JAY-

MEE, EVE LA MARKA, BERTOX, ASAF AVIDAN, TWENTY ONE PILOTS, ZAHO, VOILÀ,

MIDNIGHT GENERATION, MERCURE NITRO, LUIZA, LINKA MOJA, JESSIE MURPH ➮ KatyPerry©DR TSEF I

VALD X VLADIMIR CAUCHEMAR X TODIEFOR, SUPERMODEL*, RENEÉ RAPP, PERCEVAL, OURS SAMPLUS, MDNS, JEANNETTE MAJ, DON WEST, BALU BRIGADA, AHNA KATY PERRY, SEEDY LIARS, ROMAIN PODEUR, PAUL KALKBRENNER, NÛR, MIKI,

MAIN SQUARE

La Citadelle des sons

Poids lourd de la saison, certes, Main Square ne vise cependant pas l’immensité quasi-exhaustive de Dour. L’événement arrageois s’est toujours présenté comme une fête à taille humaine, dont la programmation déjoue les pronostics et multiplie les surprises. Il faut plutôt voir ici un instantané des musiques actuelles. Un endroit qui offre l’occasion (double) de rattraper des artistes manqués ailleurs et de faire de jolies découvertes. On se souvient par exemple des très confidentiels Gang Clouds, qui, en 2023, ont présenté leurs pop songs tombées du ciel à un public immense. Cette année, on mise sur l’introspection de la jeune rappeuse Bertox, et sur la synthpop de Nûr, parmi plusieurs de ces fameux "talents émergents" comme on dit dans les maisons de disques.

Du baume au cœur

Et puis il y a le cadre. La Citadelle d’Arras, ses remparts aménagés, son horizon dégagé quand le soleil est de la partie. Entre deux concerts, on flâne, on respire, on évite cette impression d’écrasement devenue la norme dans certains grands festivals. C’est loin d’être un détail. D’autant que le line-up a de quoi attirer les foules. Katy Perry débarque avec sa collection de tubes (Firework, Hot N Cold ou I'm His, He's Mine), Luiza réveille son Soleil Bleu, sans oublier le Feel Good de Charlotte Cardin. On compte aussi sur la puissance fédératrice de l’ex-slacker normand Orelsan, devenu en quelques années un incontournable du "hip pop", des magiciens electro (Cassius, Paul Kalkbrenner) ou encore d’une rencontre au sommet entre Vald, Vladimir Cauchemar et Todiefor. Last but not least, on est heureux de retrouver l'exceptionnelle Miki, dans ce grand… Graou de l’été. Nicolas Pattou

Arras, 03 > 05.07, La Citadelle, ven : 16h • sam & dim : 14h30

1 j. : 69€ • 2 j. : 120€ • 3 j. : 169€, mainsquarefestival.fr

Sélection / 03.07 : Katy Perry, Paul Kalkbrenner, Charlotte Cardin, Cassius, Miki, Luiza, Nûr... • 04.07 : Orelsan, Marshmello, L2B, Asaf Avidan, Yamê, Bertox... • 05.07 : Twenty

One Pilots, Vald x Vladimir Cauchemar x Todiefor, Reneé Rapp, Don West, Perceval...

DOUR FESTIVAL

Part 2 : juillet-août

À SUIVRE…

L'histoire est connue, mais pas moins belle. Au départ, une poignée d'étudiants souhaitant réveiller leur patelin endormi. Trente-sept ans plus tard, un festival monumental et une ville connue dans le monde entier, où se pressent quelque 200 artistes ! Über-électique, l'affiche concilie profusion et bon goût. On a déjà repéré la house solaire de Myd, le rap aux teintes caribéennes d'Ino Casablanca, l'hyperpop d'Oklou et le rap mutant de Disiz, dont le retour aux côtés de Theodora a trusté les charts depuis l'automne 2025. Du beau monde !

Dour, 15 > 19.07, Parc éolien, 12h, 1 j. : 80€ • pass we: 138€ • pass 5 j. : 220€, dourfestival.eu

CABARET VERT

Peu de carbone, mais plein d’énergie ! Le Cabaret vert annonce de grandes ambitions écologiques (circuits-courts, transports doux…) et aligne une palanquée de noms ahurissants. Dans la cité de Rimbaud, les légendes d’hier (Nick Cave, Sparks, Underworld) côtoient celles d’aujourd’hui (Theodora, Charlotte Cardin) et font de la place aux étoiles montantes (Théa). En vert et avec tous, donc.

Charleville-Mézières, 20 > 23.08, Square Bayard, jeu > sam : 16h • dim : 15h 1 j. : 75€ • 2 j. : 135€ • 3 j. : 186€ • 4 j. : 238€, (gratuit -12 ans), cabaretvert.com

TOUQUET MUSIC BEACH FESTIVAL

La baie de Canche, réputée pour ses dunes majestueuses et... une fois l'an un festival revigorant ! Pour sa 9e édition, le Touquet Music Beach illumine chaque fin de vacances avec une affiche alléchante. Jugez plutôt... la house festive de Bob Sinclar en B2B avec sa fille Paloma, la trance épique d'Armin van Buuren, la deep house de Lost Frequencies, la queen coréenne de la house Peggy Gou et le nu-disco funky de Purple Disco Machine. Difficile de rêver meilleure sortie d'été. Le Touquet-Paris-Plage, 28 & 29.08, Orangerie de la Baie, 17h, 1 j. : 75€ • 2 j. : 129€ touquetmusicbeach.com

K4999, Courtesy Archivio Museo Kartell, ITA © Be Culture
Maurizio Galante, Haute Couture. Boléro en plumes de cygne rouge, robe en fils de coton crocheté, 2009 © Jean-Louis Coulombel

MAURIZIO GALANTE TAL LANCMAN

Matières à rêver

Haute couture, design et art – Maurizio Galante et Tal Lancman n'ont jamais choisi entre les trois, et c'est tant mieux. Magiciens des matières, ils investissent Calais avec une œuvre aussi précieuse qu'espiègle, déployée dans deux musées complices. Leur univers foisonnant croise les disciplines avec une liberté rare. Bienvenue dans un fascinant cabinet de curiosités contemporain.

Il y a des expositions qui classent et d'autres qui décloisonnent. Celle que Calais consacre au duo Galante-Lancman appartient résolument à la seconde famille. Pour la première fois, le Musée des beaux-arts et la Cité de la dentelle et de la mode unissent leurs espaces autour d'un même projet, riche de 160 pièces : robes, meubles et objets d'art ou de design. Deux ambiances distinctes, une seule cohérence poétique. La commissaire Lydia Kamitsis, qui accompagne les deux artistes depuis trois décennies, résume l'esprit en une formule limpide :

«  C'est une incitation à aborder la création librement en dehors des cadres contraints ».

Beautés hybrides

Dès l'atrium de la Cité de la dentelle, la rencontre est saisissante. La Tiger Cloud Installation, 2 500 feuilles de tulle découpées à la main et assemblées par des perles, restitue en taille réelle la silhouette d'un tigre suspendu dans l'air, aérien et grave à la fois. Les lampes Altaïca tigris, en forme de crâne de tigre, lui font cortège. L'ensemble rappelle avec élégance la menace qui pèse sur certaines

espèces, mais sans pathos : ici le message passe par la beauté. Plus loin, le Boléro Drago de 1992, dont les triangles d'organza évoquent l'écaille d'un dragon, n'a rien perdu de son pouvoir de fascination. L'architecte Zaha Hadid, qui en possédait un exemplaire, y voyait une architecture souple, un vêtement habité par l'imaginaire, qui n'appartient plus tout à fait à la mode et pas encore à la sculpture. Le Vase en céramique dorée brodé de fil de laiton (2023) prolonge cette logique, croisant l'artisanat étrusque et la couture avec une évidence déconcertante.

Éloge du détail

Au Musée des beaux-arts, l'atmosphère se fait plus contemplative. Les 21 portraits de tulipes perroquet de Tal Lancman, photographies rehaussées à l'acrylique, sont l'aboutissement de quinze années d'observation patiente.

Ces images suivent la fleur de sa naissance jusqu'à sa momification, révélant dans chaque pétale séché une beauté austère, presque sacrée. Face à elles, des Oiseaux brodés répondent en silence. Avec ces figurines de porcelaine ancienne entièrement recouvertes de plumes d'organza et de perles de verre (chacune fruit de 300 à 350 heures de travail), le fragile se greffe sur l'immuable avec grâce. Anne-Claire Laronde, directrice-conservatrice du pôle muséal de Calais, y reconnaît des « objets amis » pensés pour créer du lien. Elle perçoit aussi l'écho lointain de l'Arte Povera, magnifié par une maîtrise technique qui élève chaque matière, si humble soit-elle, au rang de merveille.

Nicolas Pattou

Calais, 13.06 > 03.01.2027, Cité de la dentelle et de la mode + Musée des Beaux-arts mer > lun : 10h-18h (Cité de la dentelle et de la mode) • mar > ven : 9h30-18h • sam & dim : 12h30-18h (Musée des Beaux-arts), 7/4€ cite-dentelle.fr et mba.calais.fr

Maurizio Galante & Tal Lancman, « Tiger Cloud » Installation, tigre composé de 2500 feuilles de tulle, Baccarat, Paris 2009 © Tal Lancman

Maurizio Galante & Tal Lancman. Red Macaw (Ara rubrogenys), figurine italienne en céramique des années 1970, rebrodée de plumes en organza de soie et perles en pâte de verre, 2019 © Jean-Michel Voge & Maurizio Galante

DAMIEN GERNAY

Vertige des surfaces

Verre ondulé comme une mer, cuir tendu sur du plâtre, métal brûlé aux motifs minéraux : à première vue, on croit reconnaître. Puis le doute s'installe. C'est précisément là que commence le travail de Damien Gernay. Le designer belge expose Mimesis au CID Grand-Hornu, un parcours de deux décennies entre nature, matière et perception troublée.

Diplômé en design industriel à l'ESA Saint-Luc de Tournai, Damien Gernay cultive une pratique rare, quelque part entre la sculpture et l'objet fonctionnel, entre l'atelier artisanal et la simulation numérique. Dans son studio bruxellois, certaines pièces naissent de ses mains comme ces vases en grès façonnés avec la céramiste Julie Gernay. D'autres relèvent de collaborations avec des artisans spécialisés ou de processus algorithmiques qu'il orchestre sans jamais totalement contrôler. « Le designer devient une sorte de chorégraphe, qui fournit un cadre pour voir quelque chose se produire », dit-il. À Hornu, l'exposition Mimesis déploie vingt ans de cette recherche obstinée. La série Amalgame fascine d'emblée. Des feuilles de métal émaillées brûlées à très haute température laissent le verre fondu se répandre en coulées qui évoquent le marbre, le minéral ou l'eau. Gypsum Disorder, développée avec la maison Delvaux, pousse le trompe-l'œil plus loin encore. Du cuir soigneusement tendu sur des formes en plâtre produit des surfaces qui semblent froides et dures au regard, douces et souples au toucher. Ce que Gernay traque, c'est ce bref instant d'hésitation où la certitude vacille. Pas pour tromper mais pour ouvrir les yeux. C.L. Hornu, 14.06 > 15.11, CID, mar > dim : 10h-18h, 10/6€ (gratuit -6ans), cid-grand-hornu.be

Damien Gernay, Gypsum Disorder © Julien Renault

28 avril - 30 août 2026

(probablement Simonetta

© Collection privée

Sandro Botticelli (attribué à), Portrait allégorique d’une femme
Vespucci)

BELLEZZA E BRUTTEZZA L'envers du beau

À Bozar, la Renaissance retrouve toute sa puissance de fascination. Entre visages idéalisés, corps grotesques et figures marginales, Bellezza e Bruttezza explore notre obsession intemporelle pour l’apparence. Une exposition somptueuse qui fait dialoguer chefs-d’œuvre italiens et flamands bien avant l’ère des filtres et des réseaux sociaux.

C’est un festival ! De Vinci, Botticelli, Dürer, Titien, Tintoret, Véronèse, Cranach l'Ancien se répondent dans un parcours aussi érudit que spectaculaire consacré à la beauté et à son envers. Près d'une centaine d'œuvres y rappellent combien la grâce reste indissociable de la disgrâce. Elles nous fascinent autant l’une que l’autre. Dès l’entrée, la perfection des Vénus contraste avec des portraits de vieillards d’un réalisme saisissant. Ces derniers paraissent plus vivants que ces déesses dont les corps confinent à l’aberration anatomique pour satisfaire un idéal. Notons qu’à la Renaissance, perfection physique et morale vont de pair. Les canons de proportion formulés par Leon Battista Alberti (1435) et Albrecht Dürer (1528) cherchent à soumettre l’harmonie du corps à des règles mathématiques. Un héritage qui résonne

de

Quentin Matsys, Portrait d'une vieille femme, c 1514-1524 © The Phoebus Foundation, Antwerpen
Maître
1537 (Zuidelijke Nederlanden), Le bouffon regardant entre les doigts © The Phoebus Foundation, Antwerpen

singulièrement avec les standards imposés aujourd’hui par les réseaux sociaux, la publicité ou l’industrie cosmétique.

De la Bellezza dans un monde de Bruttezza – L’exposition devient plus captivante encore lorsque la quête du beau bascule vers l’étrange. Têtes caricaturales inspirées de Léonard de Vinci, satyres, nymphes, bouffons, figures hybrides ou couples grotesques composent une galerie aussi drôle qu’inquiétante. La laideur n’y apparaît jamais comme un simple contrepoint : elle devient un sujet artistique à part entière. Moralité et immoralité s’entrelacent ainsi dans trois chefs-d’œuvre de Lucas

Cranach l’Ancien où jeunes séducteurs et vieillards se livrent à d’ambigus jeux de pouvoir et de désir. La beauté des traits ne garantit plus celle de l’âme. Jusqu’au bout du parcours, le sublime côtoie l’inquiétant, comme dans les tableaux du maniériste Bartolomeo Passarotti. Ses scènes de genre montrent des corps déformés par le vice, preuve que la nature humaine résiste, toujours, aux canons et à la raison. À la Renaissance, l'humanité devient mesure de toute chose – pour le meilleur, pour le pire, et pour notre plus grand plaisir. Régis Cotentin Bruxelles, jusqu’au 14.06, Bozar, mar > dim : 10h-18h, 18/13€ (gratuit -18 ans), bozar.be

Frans Floris de Vriendt, Pomone, 1565, Stockholm © Hallwylska Museet/Statens Historiska Museet, Stockholm.
Photo Jens Mohr

ROUBAIX PHOTO La ville révélée

Voilà que La Piscine de Roubaix se met au roman-photo. Avec cette nouvelle exposition, le musée puise dans son impressionnant fonds photographique pour raconter la ville autant que l’histoire d’un médium devenu, au fil du temps, un art à part entière. Un voyage souvent en noir et blanc, mais haut en couleur.

La Piscine de Roubaix a récemment compté ses photos. Elle en possède 3 774 dans ses collections. Des clichés, bien sûr, mais aussi des négatifs sur plaque de verre, des tirages sur papier... et même quelques daguerréotypes, fruit d’un étonnant procédé qui, dès 1839, fixait une image unique sur une plaque de cuivre argentée. Un tel trésor méritait bien une exposition. Mais pas n’importe laquelle. Roubaix Photo ne se contente pas d’ouvrir les archives. L’accrochage raconte aussi une ville en mutation permanente, du xixe siècle à aujourd’hui. On y découvre des corridas organisées à Roubaix au début du xxe siècle, les courbes extravagantes du Palais Vaissier, ce Taj Mahal local aujourd’hui quasi-disparu, ou encore des ouvriers posant fièrement devant les machines textiles.

Boxe et machines

Des amateurs de l’Amicale photo de Roubaix aux regards humanistes de Jean-Philippe Charbonnier ou Robert Doisneau, sept séquences thématiques composent un portrait sensible de la ville. On s’attarde sur des séries de mode réalisées dans les espaces abandonnés de La Piscine, sur la célèbre Fillette au chat photographiée en 1958 dans une courée roubaisienne, ou sur la série coup de poing qu’Anouk Desury a consacrée l’an dernier aux jeunes boxeurs de la ville. Entre patrimoine textile, scènes du quotidien et création contemporaine, l’exposition rappelle surtout qu’une photographie ne documente jamais seulement le réel. Elle révèle aussi une manière de regarder le monde. Arnaud Stoerkler

Roubaix Photo : plus d’un siècle d’images, d’usages et de regards à travers les collections de La Piscine

Roubaix, 06.06 > 06.09, La Piscine, mar > jeu : 11h-18h • ven : 11h-20h • sam & dim : 13h-18h 11/9€ (gratuit -18 ans), roubaix-lapiscine.com

AU-DELA DE TOUTES LES MERS Traversées sensibles

Tirée d'un roman d'Amin Maalouf, la formule qui donne son titre à l'exposition résonne comme une invitation au voyage autant qu'à la réflexion. Avec Au-delà de toutes les mers, La Condition Publique et Le Cube de Rabat embarquent douze artistes liés au Maroc dans une exposition collective aussi politique que sensible. Construite autour de trois axes (circulations géographiques, circulations des langues, circulations immatérielles) elle n'envisage pas les migrations comme de simples trajets, mais comme des flux capables de transformer les êtres, récits, mémoires et savoir-faire. C'est la « créolisation » au sens où l'entendait Édouard Glissant, ce mouvement d'échanges, de frottements et d'influences dont la Méditerranée demeure l'un des grands théâtres. Les œuvres présentées en offrent des incarnations sensibles. Sarah Van Melick exhume les traces enfouies des mineurs marocains amazighs recrutés dans le Nord de la France entre les années 1960 et 1980. Plus loin, Mohammed Laouli et Katrin Ströbel naviguent littéralement le long des zones frontalières avec Frontières fluides. Ils recueillent ainsi récits et fragments de vie depuis des abris construits sur leurs embarcations. Au fil du parcours, une évidence s’impose : la mer ne sépare jamais totalement. Les identités les plus vivantes sont toujours en mouvement. Nicolas Pattou Roubaix, jusqu'au 01.11, La Condition publique, mer & sam : 14h-19h • 1er dim du mois : 12h-19h tarif libre, visite guidée "Méditerranée" chaque samedi : 16h30-17h30, laconditionpublique.com

Katrin
Ströbel & Mohammed Laouli, Frontières
(Marseille)

Roubaix Photo

Plus d’un siècle d’images, d’usages et de regards à travers les collections de La Piscine

TÊTE-À-TÊTE

Voici une exposition qui porte bien son nom. Ici, chaque œuvre semble vous regarder. Dans la galerie, Rembrandt croise

Jean-Baptiste-Camille Corot, tandis que les noirs profonds de Pierre Soulages résonnent avec les strates d'Eugène Leroy. À l'étage, le dessin mural de Sol LeWitt structure l’espace. D’un siècle à l’autre, peintures, estampes et sculptures dialoguent ainsi librement. On déambule sans mode d’emploi, happé par cette collection née vers 1860, foisonnante et vivante, qui préfère la conversation aux certitudes. C.L.

Tourcoing, jusqu'en 2028, MUba tous les jours (sauf mardi) : 13h-18h, 6/4€ (gratuit -18 ans), muba-tourcoing.fr

ÉCLATS DE FAMILLE

Longtemps cantonnée aux souvenirs heureux et aux albums bien rangés, la photographie familiale devient ici un terrain d’exploration intime. Onze artistes, belges ou installés en Belgique, interrogent les liens familiaux, la mémoire et l’absence. Philippe Herbet transforme le deuil de ses parents en méditation sensible sur la disparition. Nick Hannes, lui, saisit pendant le confinement, les éclats du quotidien, entre banalité et instants suspendus. Une exposition à hauteur d'humain, où chaque image raconte ce que les familles taisent autant que ce qu’elles transmettent. C.L.

Charleroi, jusqu’au 27.09, Musée de la photographie mar > ven : 9h-17h • sam & dim : 10h-18h 8 > 4€ (gratuit -12 ans), museephoto.be

© Boris Rogez
série Au sablier de l’air
© Philippe Herbet série
An Unexpected Lesson in Joy
© Nick Hannes

Labanque, Béthune

Cité des Électriciens, Bruay-La-Buissière

Chapelle Saint Pry, Béthune

Exposition à ciel ouvert à Auchel, Burbure et Ferfay

Et dans les communes de la Communauté d’agglomération de Béthune-Bruay, Artois Lys Romane Renseignements et

AUGUSTIN LESAGE

Explorer l’invisible sans quitter le territoire. La Biennale de Béthune-Bruay déploie un parcours en quatre volets consacré à Augustin Lesage. Initiée au spiritisme, cette figure majeure de l’art brut s'est mise à peindre sous « guidance », élaborant des toiles monumentales, rigoureusement symétriques, où motifs géométriques et figures miniatures composent de vertigineux systèmes visuels. Une invitation à regarder au-delà du visible.

Agglo Béthune-Bruay, jusqu'au 15.11, Labanque (Béthune), Cité des électriciens (Bruay-La-Buissière), Chapelle Saint-Pry (Béthune), Auchel, Burbure et Ferfay..., bethunebruay.fr

MARIE-JO LAFONTAINE

Elle a marqué la Documenta de Kassel, séduit le Guggenheim, bousculé la Tate. Depuis cinquante ans, Marie-Jo Lafontaine scrute le corps (ses désirs, ses failles, ses élans) et tient à rendre visibles les forces invisibles qui le traversent. Des nageuses en apnée de  Dark Pool jusqu’aux danses fiévreuses de  Dance the World , son œuvre déploie une troublante intensité. Le Musée départemental de Flandre lui consacre une monographie immersive.

Cassel, jusqu'au 27.09, Musée départemental de Flandre, mar > ven : 10h-12h30 & 14h-18h • sam & dim : 10h-18h 8/6€ (gratuit -18 ans) museedeflandre.fr

SLIDE/SHOW

PHOTOSENSIBLE

Voici un trésor longtemps resté dans l’ombre : près de 250 tirages, dont la plupart n’avaient jamais été montrés. Issue notamment des donations d'Henri Matisse et d’Alice Tériade, la collection mêle portraits, expérimentations et premiers élans du photojournalisme. Elle montre comment, au cœur des avant-gardes du xxe siècle, la photographie s'affirme peu à peu comme un art à part entière. On y entre comme dans une boîte d’archives enfin ouverte.

Le Cateau-Cambrésis, jusqu'au 14.06 Musée dép. Henri Matisse, lun, mer > ven : 10h-12h30 & 14-18h • sam & dim : 10h-18h 8/6€ (grat. -18 ans), museematisse.fr

Une soirée diapos, ça vous tente ? Cette exposition en projette des milliers pour raconter, hors de Chine pour la première fois, l’histoire méconnue des images projetées dans l’éveil artistique du pays. Du temps de la lanterne magique aux carrousels des années 1980, le parcours montre comment la diapositive a nourri l’essor de l’art chinois contemporain, ouvrant une fenêtre sur des références venues d’ailleurs. Un voyage lumineux où la technique devient aussi un outil d’émancipation artistique. Dunkerque, jusqu’au 30.08, Frac Grand Large – Hauts-de-France mer > dim : 14h-18h, 8/4€ (gratuit -18 ans), fracgrandlarge-hdf.fr

Augustin Lesage, Sans titre , 1949 © Ville de Béthune

PAR-DELÀ LES MILLE

ET UNE NUITS

Comment raconter la fascination des Européens pour l’Orient, du Moyen Âge à nos jours ? En convoquant l’imaginaire des Mille et Une Nuits, bien sûr, et quelques figures familières comme Schéhérazade, Aladin ou Sindbad. Avec près de 300 œuvres, la nouvelle exposition du Louvre-Lens explore ces rêves d’ailleurs, entre trésors anciens et regards contemporains. Une plongée érudite qui démonte les clichés sans jamais éteindre la puissance du mythe.

Lens, jusqu'au 20.07, Louvre-Lens, mer > lun : 10h-18h, 12/6€ (gratuit -18 ans), louvrelens.fr

TRAVERSÉES

lille3000 rebaptise la Gare SaintSauveur en Gare Méditerranée et en fait le port d'attache d'une programmation pluridisciplinaire qui célèbre les cultures du Maghreb et du bassin méditerranéen. Le cœur de cette saison repose sur l'exposition Traversées. Celle-ci regroupe 18 artistes marocains, tunisiens, algériens et français issus des diasporas, réunis en binômes partagés de part et d'autre de la Méditerranée. À quatre mains, ils font surgir œuvres monumentales et installations immersives qui sondent les territoires et identités en mouvement.

Lille, jusqu'au 27.09, Gare Saint Sauveur mer > dim : 12h-19h, gratuit

REGARDS PLURIELS

LUCIE PASTUREAU

Cette artiste lilloise photographie des corps à un moment de bascule. Ici, une silhouette semble prête à quitter son enveloppe. Plus loin, un ventre arrondi capte la clarté comme un astre intime. Pensé comme une partition, l'accrochage alterne formats et respirations tandis qu'une création sonore transforme le parcours en expérience sensible. On découvre un espace où les identités se réinventent, où l’image cesse d’assigner pour devenir un terrain d’émancipation.

Lille, jusqu'au 04.07, Théâtre du Nord mar > ven : 12h30-19h • sam : 14h-19h gratuit, institut-photo.com

Première du genre en Belgique, on explore ici les liens entre art et communisme de la Révolution russe à la chute du Mur de Berlin. Au CAP – Centre d'art de Mons, une soixantaine d’artistes belges dévoilent un siècle d’engagements, de tensions et de contradictions. De Frans Masereel au groupe MAKA, peintures, affiches et sculptures montrent surtout qu’il n’a jamais existé un art communiste unique, mais une mosaïque de positions, entre militantisme, liberté formelle et regard critique. Mons, jusqu'au 16.08, CAP, mar > dim : 10h-18h, 17 > 3€ (gratuit -3 ans), cap.mons.be

© Mus é e
du Louvre, Dist.
GrandPalaisRmn, Hughes Dubois

RENAULT 12

Chaque été, entre les années 1970 et 1990, des milliers de familles maghrébines prenaient la route. Coffres pleins, enfants à l’arrière, direction le sud puis le ferry, puis le pays. Avec Renault 12, Mohamed El Khatib transforme cette mémoire collective en une installation bouleversante. Dans l’espace d’exposition, plusieurs véhicules apparaissent entiers ou démontés. Autour, on trouve des cartes d’époque, des cassettes audio, des photos, des objets entassés comme pour un départ en vacances.

Roubaix, jusqu'au 11.07, La Condition publique, mer & sam : 14h-19h • 1er dim du mois : 12h-19h tarif libre, laconditionpublique.com

LA REDOUTE

Comment des agriculteurs de Roubaix ont-ils conçu l’une des plus impressionnantes machines de mode du siècle dernier ? C’est ce que raconte cette exposition en déroulant le catalogue de La Redoute, sur près de 190 ans d’histoire. Le parcours réunit plus de 300 pièces (vêtements, mobilier, archives) dans une traversée chronologique ponctuée de thèmes malicieux ("s’habiller comme maman", "podium yéyé"...). En faisant de l'image un moteur du désir, cette enseigne a inventé les codes du commerce moderne.

Roubaix, jusqu'au 05.07, La Piscine mar > jeu : 11h-18h • ven : 11h-20h sam & dim : 13h-18h, 11/9€ (gratuit -18 ans) roubaix-lapiscine.com

ENCHANTÉ

Dans le bocage avesnois, le MusVerre souffle ses dix bougies en convoquant ce qui fait l’âme du lieu : le pouvoir d’émerveillement du verre. Ici, contes, mythes et légendes prennent forme à travers une vingtaine d’œuvres et une scénographie pensée comme un voyage. Dans la pénombre, sous un ciel étoilé, les repères s’effacent, les murs tombent avant de nous entraîner de l’autre côté du miroir. Une exposition immersive qui rappelle combien le merveilleux tient à un simple regard.

Sars-Poteries, jusqu'au 03.01.2027, MusVerre mar > ven : 10h-12h & 13h30-18h sam & dim : 10h-18h, 8/6€ (gratuit -18 ans) musverre.fr

KANDINSKY FACE AUX IMAGES

Cet événement s’attache au geste quotidien plutôt qu’au mythe. Autour des peintures, documents et images d’atelier montrent comment l’abstraction s’est construite pas à pas, au contact du visible. On suit, presque au jour le jour, la manière dont Kandinsky observe, découpe et conserve des images pour nourrir sa peinture. Sans emphase, le parcours renouvelle notre regard et souligne la cohérence d’une œuvre en perpétuel mouvement.

Villeneuve d'Ascq, jusqu’au 14.06, LaM, mar > dim : 11h-19h, 11/9€ (gratuit -26 ans), musee-lam.fr

EVA PACHECO

À Alhaurín de la Torre, aux portes de Malaga, on combat la canicule avec du fil et de l'imagination. En 2019, la mairie décide de remplacer la grande bâche plastique qui ombrageait la rue principale par une solution plus esthétique et durable. La professeure de crochet Eva Pacheco relève le défi avec une douzaine d'élèves. Ensemble elles tissent une immense marquise de textiles recyclés débordant de couleurs. Chaque été, l'œuvre s'agrandit et revient après un nettoyage hivernal. Elle couvre désormais 500 mètres carrés sur 60 mètres de long. Franchement plus ingénieux – et plus beau – qu'un climatiseur. C.L.

À visiter / alhaurindelatorre.es

Eva Pacheco © Alhaurín de la Torre
Le mot de la fin

Directeur : David Michels

C’est pas facile d’être heureux quand on va mal

Rudy Milstein

Le jour du kiwi

Laetitia Colombani

Je

m’appelle

Georges

Gilles Dyrek

Le Journal

Antoine Beauquier

Les Marchands d’étoiles

Anthony Michineau

Mon jour de chance

Patrick Haudecoeur et Gérald Sibleyras

Hors abonnement :

Agatha Christie

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