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let'smotiv nord et belgique n° 66

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n째66 / septembre 2011 / GRATUIT

nord & belgique Cultures et tendances urbaines


Sommaire

Camouflage urbain © Liu Bolin // Forsythe, Vertiginous © DR // Design September, Accademia Brera © Kartell

Let’smotiv - septembre 2011 - #66

08 News Post-it© arme de décoration massive, La cuvée AC/DC, Charles

12 Reportage Irish Travellers : la roue de l'infortune

Dickens à Hardelot, Feeling Gloomy, Les Ch'tis à Ibiza...

20 Portfolio Mc Bess met la gomme

28 événement Le Name : Noces de platine(s)

32 Musique Festival Radar, Leffingeleuren, Clara Moto, Omar Souleyman, Black Joe Lewis, Beirut, The Specials…

44 Cinéma Werner Herzog, Putty Hill, Taylor et Newman, Elles Tournent…

50 Dossier Camouflage urbain : sortez couverts 58 Expositions Goûter-Bruxelles, Dessiner-Tracer, City Sonic, Apparitions,

74 Théâtre Les Toiles dans la Ville, La rentrée du Kaaitheater, Bert

Design September, Esprit Mine, Sculpture Undone… Agenda Kruismans, Medea, Oedipus… Agenda

86 Littérature Marché du livre de Mariemont

88 Livres Haruki Murakami, Jon McGregor, Douglas Coupland,

92 Agenda concerts

Alain Fleischer, Roberto Scarpinato

90 Disques Girls, Quantic, Maison Neuve, Shabazz Palaces, The Rapture

98 Le mot de la fin Mark Jenkins : un dernier scotch pour la route


Let’smotiv Nord & Belgique 114 rue Barthélémy Delespaul - F-59000 Lille Tél : +33 362 64 80 09 - Fax : +33 362 64 80 07

redaction.nord@letsmotiv.com Let’smotiv Nord & Belgique est édité par la Sarl Tacteel Membre du réseau Let’smotiv Magazines Tacteel, Sarl au capital de 5 000 euros RCS Lille 501 663 769 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours Directeurs de l’édition : Loïc Blanc & Nicolas Pattou Rédaction : Judith Oliver - Thibaut Allemand redaction.nord@letsmotiv.com GraphisME : Cécile Fauré - cecile.faure@urban-press.com Publicité: pub.nord@letsmotiv.com

Ont collaboré à ce n° :

Yvonne Bayer, François-Xavier Beague, Marc Bertin, Faustine Bigeast, Elisabeth Blanchet, Liu Bolin, Paul Carra, Pascal Cebulski, Mathieu Dauchy, Florent Delval, Gregory Escouflaire, Marwann Frikach-Ruellan, Mark Jenkins, Sabina Keric, Carole Lafontan, François Lecocq, Hakima Lounas, Alex Masson, Mc Bess, Raphaël Nieuwjaer, Desiree Palmen, Olivia Volpi

Couverture : Mc Bess, http://mcbess.com diffusion : C*RED (France/Belgique) ; Zoom On Art (Bruxelles)

www.letsmotiv.com Let'smotiv Bordeaux

Let’smotiv Méditerranée

Let’smotiv Bruxelles

Let’smotiv Toulouse

9 rue André Darbon - 33300 Bordeaux Tél : +33 524 07 80 43 redaction.bordeaux@letsmotiv.com Tél : +33 362 64 80 09 - Fax : +33 362 64 80 07 redaction.bruxelles@letsmotiv.com

Let'smotiv Lyon

BP 2172 - 34027 Montpellier Cedex 1 Tél : +33 953 02 46 96 redaction.med@letsmotiv.com 18 rue des Couteliers - 31000 Toulouse Tél : +33 561 14 03 28 - Fax : +33 561 14 25 22 redaction.tlse@letsmotiv.com

5 place Louis Chazette - 69001 Lyon Tél : +33 482 53 05 71 - Fax : +33 482 53 05 70 redaction.lyon@letsmotiv.com

Let’smotiv est une publication d’Urban Press, www.urban-press.com 18 rue des Couteliers - 31000 Toulouse Tél : +33 561 14 03 28 - Fax : +33 561 14 25 22 - info@urban-press.com Directeur de la Publication : Laurent Buoro Directeur du Développement : Loïc Blanc Rédacteur en chef : Nicolas Pattou Rédactrices en chef adjointes : Léa Daniel - Judith Oliver Secrétaire de rédaction : Carole Lafontan Direction Artistique : pao@letsmotiv.com Cécile Fauré, Christophe Gentillon

Publicité Nationale : Damien Larrieu, +33 561 14 78 37 pub@letsmotiv.com Régie publicitaire : Proxirégie : salvatore@proxiregie.fr Administration : adm@urban-press.com Impression : Imprimerie Ménard, 31682 Labège Papier issu de forêts gérées durablement

L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. ı Magazine gratuit - Membre de l’OJD, Bureau de la presse gratuite d’information. ı Let'smotiv est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement. Ne pas jeter sur la voie publique.


news |

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En bref… Arme de décoration massive Une grande fenêtre visible de l'immeuble d'en face. Un kilo de post-it de différentes couleurs, et hop : la pause café se transforme en atelier arts plastiques et la baie vitrée en portrait pixelisé de Mario, Pacman ou de la Schroumpfette. Entre les openspaces parisiens, une guerre de papier fait actuellement rage, qui s'étend désormais à tous les call centers de France. Peut-être même jusque dans vos bureaux. Enfin, gaffe : à force de jouer avec des post-it, vous pourriez finir par perdre votre poste... tout court. ❥ www.postitwar.com

Twist again Dans les librairies, on peut désormais se procurer une biographie fictive de Dickens (Drood de Dan Simmons). Mais pour démêler le vrai du faux, il faudra prendre d'assaut le château d'Hardelot. La vie et l'œuvre de l'écrivain anglais y sont déroulées dans une scénographie des plus théâtrales. De salons en objets familiers, de photos en costumes d'époque, d'épreuves en manuscrits inédits, l'exposition ausculte l'impressionnante galerie de personnages. Un avant-gout du bicentenaire de sa naissance (février 2012). ❥ Jusqu'au 23.10, www.chateau-hardelot.fr

Télex

704 : c'est le nombre de baffes distribuées par Astérix au cours de ses aventures, d'après un labo de neurochirurgiens allemands qui les a recensées. Voilà. Sinon, laboratoire vient du latin labor, qui signifie travail...


news |

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Bonne poire ! Ça ressemble à Apple, c’est tout blanc comme Apple… mais ce n’est pas Apple. Quitte à vendre des contrefaçons Macintosh, autant voir les choses en grand ! Alors pourquoi ne pas construire à l'identique un (faux) Applestore ? Du sol au plafond, tout est copié... ou presque : l'enseigne n'arbore (normalement) que la célèbre pomme, et n'affiche jamais Apple. C'est ce qui a confondu ces p'tits malins de Kumming (Chine). Ville habituée aux trompe-l'oeil, puisqu'on y trouve également un faux magasin Ikea...

Triste tropique

Bergues alors !

Deux Londoniens proposent des DJ-sets d'un genre nouveau, où la bonne humeur est laissée au vestiaire. Les soirées Feeling Gloomy (se sentir morose, en VF) bannissent toute musique guillerette, se repaissant d'indie pop élégiaque et de post punk bien noir. Ici, on danse la larme à l'œil sur « des chansons tristes mais qui rendent heureux », signées The Smiths, Joy Division ou Belle & Sebastian. Le succès des organisateurs réside dans le sens de la formule et le second degré de l'affaire. Exportées à Berlin ou New York, ces soirées réunissent tous ceux à qui l'injonction de fun et de légèreté donne la nausée ! ❥ feelinggloomy.com

L'habitant du Nord-Pas-de-Calais, communément nommé Ch'ti, est vulgaire, stupide, braillard et fêtard. C'est ce que démontre brillamment, s'il le fallait, la nouvelle émission scientifique de W9, Les Ch'tis à Ibiza. Produit par l'éminente Alexia Laroche-Joubert, auteure de nombreuses enquêtes sociologiques (de Loft Story à Dilemme), ce programme s'appuie sur un panel très représentatif de la région (barmen, mannequins, go-go dancers), envoyé dans la capitale du boum boum à paillettes. Ne voyez là aucun racisme de classe et autres balivernes bien-pensantes, heeiin ! ❥ à partir du 5.09,

Télex

lun>ven, 17h, W9

1980 : Bon Scott, premier hurleur d'AC/DC, s'étouffe dans son vomi après une soirée bien arrosée. 2011 : le groupe australien édite une série de bouteilles de vin baptisées d'après leurs plus grands hits (un Cabernet Sauvignon Highway To Hell, un blanc Hells Bells...). Hommage ?


La roue de l'infortune

texte & photos ÂŹ Elisabeth Blanchet

Irish travellers reportage |

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Quand on pense aux « gens du voyage », les premières images qui viennent à l’esprit sont celles des Roms venus d’Europe de l’Est. Mais en Grande-Bretagne, ce sont bien davantage les Irlandais que l’on associe aux caravanes et à l’itinérance. À l’heure où le Tigre Celtique agonise et où une nouvelle génération choisit volontairement d’émigrer en Grande-Bretagne, leurs cousins nomades luttent au jour le jour pour préserver leur mode de vie et leurs traditions.

L

a route menant à Dale Farm est truffée de nids de poules. Mais les mille habitants de ce site peuplé d’Irish Travellers - le plus grand du Royaume-Uni – s’en moquent. « Pourquoi faire des efforts quand on sait que l’on va être expulsé de chez soi ? », explique Mary Ann, 70 ans, tout en maniant nerveusement son chapelet. Selon la loi, même si ces 90 familles de Travellers sont propriétaires de leurs terrains, elles n’ont pas le droit d’y vivre tant qu’elles n'ont pas obtenu officiellement un permis de construire. Malgré leurs tentatives répétées, la mairie de Basildon (Essex) ne leur en a jamais octroyé un seul... Pire, les autorités locales viennent d’annoncer leur expulsion imminente. « J’ai tout le temps envie de pleurer, poursuit Mary Ann. Une expulsion, ça se terminera forcément dans la violence. Mes parents et moi sommes arrivés d’Irlande il y a plus de 60 ans. On habitait dans une roulotte, on vivait de la cueillette des fruits, on bougeait

en fonction des saisons », se souvient-elle. C’est aussi comme cela, « sur le bord de la route » qu’elle a élevé ses cinq enfants avec son mari, lui aussi Irish Traveller, avant d’acheter un petit terrain à Dale Farm il y a 9 ans.

De la crise de la patate au voyage forcé Mary Ann fait partie des 20 à 30 000 Irlandais du voyage « installés » en Grande-Bretagne. Chacun d’eux annoncera fièrement que son mode de vie date de la nuit des temps (l’existence de groupes nomades en Irlande remonterait en effet au Ve siècle). Mais en réalité, c’est la crise de la patate qui a jeté leurs ancêtres sur les routes : la grande famine de 1840 provoque le départ de dizaines de milliers d’ouvriers agricoles sans ressource. Depuis, beaucoup sont restés nomades et occupent des emplois saisonniers, ferrailleurs ou encore ouvriers dans le bâtiment. Quant aux filles, élevées dans le respect des traditions >


La grande foire aux chevaux d'Appleby (juin 2010).


« Nous sommes des hors-la-loi sur nos propres terrains » catholiques, elles se marient très jeunes au sein de la communauté.

Nouvelle vague Après une brève période de prospérité, l'Irlande, surnommée le Tigre Celtique, a perdu ses griffes. Le tout nouveau terminal de l'aéroport de Dublin est devenu le symbole de l'effondrement économique du pays. Un chauffeur de taxi de la capitale déclarait d'ailleurs ironiquement au Financial Times que « cela permettrait au moins à des milliers de jeunes d’émigrer ». De fait, un tiers de la population de moins de 25 ans est au chômage et, selon l’ESRI (Econo-

mic and Social Research Institute), 200 000 Irlandais émigreront d’ici 2015. « Cela rappelle les navires bondés de Gaéliques affamés qui finissent dans des pubs londoniens à boire jusqu’à en crever ! », raconte Jamie Smyth, journaliste au Irish Times. « Mais le visage de cette émigration a changé, poursuit-il. Aujourd’hui, près de la moitié des 25-35 ans est allée à l’université ».

Une société intolérante et discriminatoire Cela dit, la communauté des Irish Travellers reste, selon la CRE (Com-


Expulsion de sept familles de Travellers par les huissiers de la compagnie Constant & Co (Hovefields, Basildon, Essex), le 7.09 2010.

mission for Racial Equality), la minorité ethnique qui souffre le plus de ségrégation en Grande-Bretagne. Et si l'on ne voit plus, comme il y a quarante ans, d' écriteaux : « No Blacks, No Dogs, No Irish ! » affichés à l’extérieur de nombreux pubs et bed and breakfasts, on trouve encore, hélas, des établissements arborant l'affichette « No Travellers, thank you ! ». Depuis 1990 et les lois anti-raves de John Major, vivre en nomade est illégal. Chaque municipalité est tenue de mettre à la disposition des gens du voyage des parcelles aménagées, mais les emplacements manquent cruellement. Pour y pallier, le gouvernement a encouragé les Irish Travellers à acheter leurs propres lopins de terre, comme à

Dale Farm. Une politique volontairement hypocrite et humiliante puisque les gens du voyage se voient systématiquement refuser tout permis de construire. « Nous sommes des hors-la-loi sur nos propres terrains ! Et quand on nous propose une alternative, ce sont des logements sociaux dont personne ne veut, s’indigne Mary Ann. Mais nous, on veut rester entre nous, voir nos enfants, nos petits-enfants grandir et être libres de partir quand on veut », poursuit-elle. Pendant qu’une nouvelle génération d’Irlandais émigre dans des conditions bien meilleures que celles de ses parents, les « Irish Travellers » restent quant à eux les parias d’une société très hostile à leur mode de vie. /


Mc Bess

portfolio |

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Marche à Londres Illustration, réalisation, animation, musique... // Londres // http://mcbess.com

Y a pas à tortiller, London Calling, ce bon vieux titre des Clash lui va à merveille. Mc Bess, artiste cannois expatrié à Londres depuis 2006, est tombé tout petit dans la marmite rock'n'roll. Une silhouette de grand barbu dégingandé, de longs doigts tatoués, un groupe de rock (The Dead Pirates, très très bon) et un univers graphique incroyable, tout en noir et crème. Chez ce brillant illustrateur et réalisateur, tout n'est qu'esthétisme chiadé et... lots of beers ! Car sous son air désinvolte, armé d'un crayon à mine ou d'une palette graphique, Mc Bess est un vrai tueur. Retour en 2002 : le studio londonien The Mill engage notre homme, fraîchement diplômé de Supinfocom. L'occasion pour Matthieu Bessudo, vingtdeux ans à l'époque, de réaliser son premier film d'animation. Et quel film ! Wood révèle l'univers joyeusement foutraque de l'artiste, entre imagerie rock et créatu-


texte ¬ Carole Lafontan

res libidineuses. Ailleurs, sur des posters géants ou dans des clips, ses nymphes affriolantes croisent le fer avec des morceaux de barbaque. Mc Bess rejoint le Panthéon des grands noms de l'illustration contemporaine et évoque Mike Giant, Robert Crumb ou Otto Messmer (Félix Le Chat). Le soin qu'il accorde aux détails le place à la croisée du pixel art d'eBoy, d'un vieux cartoon US et d'un Jamie Hewlett (Tank Girl, Gorillaz). Visible chez nombre d'éditeurs innovants (Nobrow, Be Street, Rotopol...) et autres galeries branchées (Dudes Factory, The Issue Galerie…), ce touche-à-tout dessine plus vite que son ombre. Mais ne perd jamais de vue le rock'n'roll, divisant son temps entre l'illustration et la musique. « De façon équitable et équidistante », livre, non sans humour, sa bio. Après avoir vu ses planches, reste à le découvrir sur scène... /


événement |

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Sept ans, l’âge de raison ? On verra bien. Cette édition du NAME, portée par la compagnie roubaisienne Art Point M, déploie ses soirées éléctroniques, masterclasses informatiques et autres Nouvel An belge de Lille à Dunkerque. Et ouvre au(x) public(s) des portes qui n’ont jamais été aussi larges, comme nous le raconte Sabine Duthoit, porte-parole d’Art Point M.

Depuis 2010, les soirées électroniques du NAME se déroulent à la Tossée, ancien site de peignage. Briques rouges, poutres métalliques et magnificence industrielle, un décor digne des meilleures raves des années 90. Un des bâtiments fut retapé pour accueillir le public, mais cela n’a pas suffi : « L'an passé, nous avons refusé beaucoup de monde, regrette Sabine. C'est pourquoi nous avons augmenté la capacité d'accueil de la Tossée, afin d'atteindre 4 000 places par soir ». Cela se concrétise avec une incroyable scène extérieure, œuvre du studio de création graphique lyonnais Superscript², « véritable écrin de lumière au milieu des briques ». Cette structure lumineuse s'alimente avec le son, autorisant toutes les combinaisons. Prometteur.

« La techno minimale est une composante essentielle de l'identité du NAME, mais il faut évoluer, déclare Sabine. L'année dernière, nous avons réuni les différentes familles de l'électro, dont le crew du label Ed Banger. Il n'y aucune raison de les snober. » Bienvenue donc à Carte Blanche, alias Dj Medhi & Riton, chaperonnés par l’omniprésent patron du label, Busy P. Mais aussi aux très fédérateurs 2ManyDJ's « Une vraie boule d’énergie funky ! C’est bourré de références, avec une patate d’enfer ! ». Au-delà du DJ-set habituellement époustouflant des deux Gantois, le festival annonce également quelques joutes vraiment exceptionnelles : « à l'occasion de ses vingt ans, le label Planet E propose des «back-to-back» entre Carl Craig et des DJs : pour le NAME, ce sera avec Luciano », le Chilien Berlinois qui revient en force. « Radio Slave fera un «versus» avec APM 001. Deux mains pour la vidéo, six pour la musique : ça risque d’être puissant ». Finalement, c’est peut-être Superpitcher qui illustre ce vers quoi tend cette édition : aussi pop que la minimale le permet, et inversement. Olivia Volpi

Noces de platine(s)


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Ce producteur pas du tout allemand (Ach ! Grenoble…) incarne parfaitement l’ambition 2011 du NAME : fédérer les publics de la minimale et d’une certaine scène parisienne. Gesaffelstein délivre une techno sombre, froide, nette, précise et d’excellente facture, portée par un beat qui pulse. Mais intituler un morceau Viol, ce n’est pas sans rappeler la vacuité du clip Stress de Justice…

Né à Détroit, Seth Troxler découvre la house avec ses parents. à l’âge ingrat, il mixe déjà dans les clubs du coin. Et à peine majeur, signé sur le label Ghostly International, il emménage à Berlin. Troxler a heureusement su rester un branleur vulgaire et hédoniste, qui répand inlassablement un esprit de fête et beaucoup de sueur sur la piste.

infos pratiques

Ce duo composé de Pentile et Pilooski a fait sensation cette année avec un album éponyme, vibrant hommage à ce que la scène disco européenne a fait de mieux, sans être passéiste pour un sou. Plus « codéine » que « disco », leur œuvre alterne atmosphères lourdes et envolées ludiques, froideur angoissée et murmures sensuels.

03.09 > 08.10, Lille et Dunkerque, www.lenamefestival.com Mode, APM001, Lille, Gare St Sauveur, 21h

03.09 : 12 h de musique non stop ! électro Chaâbi avec Dj Weeza, etc. Lille, Gare St Sauveur, 16>04 heures, entrée libre 16.09 : Busy P., 2ManyDJ's, Superpitcher, Discodeine, Seth Troxler, Breakbot, Carte Blanche (Dj Medhi & Riton), Radio Slave, Simian Mobile Disco… Tourcoing, la Tossée, 18/25€ 17.09 : Mathus Ramen, Ellen Alien, Gesaffelstein, Radio Slave vs. APM 001, Carl Craig vs. Luciano, Digitalism, Rone, Brodinski… Tourcoing, la Tossée, 18/25€ 22.09 : Creator's Project avec Birdy Nam Nam, Lille, FNAC, 17.30, entrée libre 23. 09 : Aeroplane + Fantome, Lille, Magazine Club, 23h 23.09 : Fièvre fashionista avec Maisons de

08.10 : Djedjotronic, Munk, Popof, Dunkerque, Kursaal, 8/11€ Les chambres de l’Hotel Europa se mettent aux couleurs d’Art Point M, Lille, gare StSauveur, jusqu'au 30.10 Live pédagogique de James Taylor (08.10, Conservatoire de Dunkerque), Formation à Ableton Live, Max MSP... Du 29.09 au 01.10 Forum des Sciences de Villeneuve d’Ascq, 15€/1jour, 25€/2 jours , 30€/3 jours Architecture et sons, avec le philosophe Yves Michaud, 30.09, Villeneuve-d'Ascq, Ecole d’Architecture, entrée libre


musique |

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texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ Man Man © DR

La scène au rayon x Depuis sept ans, le RADAR s'est fait une place et nous, une raison : impossible de situer ce festival pop défricheur qui ouvre la saison du Grand Mix. On apprécie déjà l'endroit - prog' pointue, bon accueil et bar dans la salle. Le voici transformé, le temps d'un weekend. Pour ce coup d’envoi, le Grand Mix change de gueule. Et ce, grâce à une cour extérieure où se tiennent des animations et un second comptoir. L’an passé, on y avait fui la harpie Calvi, et on s'y planquera durant la vacuité d’Is Tropical. Pour mieux profiter du reste de l’affiche. Entre la pop solaire de The Leisure Society, l'électro noirâtre de Mondkopf, le folk électrique de Kurt Vile ou les fantasques Man Man. « Il n’y a pas vraiment de tête d’affiche » explique Vincent Nocrékul, chargé de com’ de l’endroit. N’empêche : la résurrection de Flotation Toy Warning, ce n’est pas rien. On regrette cependant que l’événement se voie amputé d'une soirée mais, concurrencé par de gros festivals (à Berlin et sur l'Île de Wight), le Radar parvient à proposer un line-up cohérent - pop folk le vendredi, électropop le lendemain. Et comme toujours, l’Hospice d’Havré, des apparts, des crèches mais aussi l’église Notre-Dame des Anges accueilleront du tatapoum. Un éclatement géographique qui permet d'envisager les concerts dans d'autres conditions. Puis de reprendre la merveilleuse routine métro-Marshall-dodo de la saison. / ❥

Radar 9.09, 19h, Eglise ND. des Anges : Isbells; 20h, Le Grand Mix : Man Man, The Leisure Society, Kurt Vile & the Violators... // 10.09, 19h, Hospice d’Havré : Flotation Toy Warning. 20h, Le Grand Mix : Les Marquises, Mondkopf... 14/11€ (sf Hospice d'Havré et ND. des Anges, 6€), Pass 2 j 25/20€, www.legrandmix.com.


musique |

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texte ¬ Grégory Escoufflaire photo ¬ Lindstrøm © Lin Stensrud

Démarrage en côte En plein mois de septembre, Leffingeleuren offre un ultime bol d’air (polders ?) aux fans de festivals. C’est déjà la rentrée mais qu’importe : y a encore la tente dans le couloir et du gazon dans le cartable. Allez hop ! Un dernier pour la route, et après au boulot. En plus, c’est à la mer : dans un hameau de Middelkerke – pas sur la plage mais pas loin des mouettes, à l’ombre d’une église. Pendant trois jours, Leffinge fait donc son petit marché (“leuren”) au rayon de l’actu musicale : rock, électro, reggae, pop, dubstep… Et ça vaut bien une bonne casserole de moules, vu l'exigence de cette 35e édition : du math-rock mutant de Battles à la space disco de Lindstrøm, du flamboyant Flamand Arno au hip-hop stellaire de Nosaj Thing, des farfelus Man Man à G.Love sans ses Special Sauce (une vieille gloire de l’indie-hop-soul des années 90), il y a un monde. On y plonge ses tympans comme on boirait la tasse, dans l’attente d’une ode, à l’iode et aux modes, qu’elles soient passées (G.Love, donc), présentes (Goose, EMA, Rainbow Arabia, …) ou à venir. Pour le coup, on prend les paris sur la révélation Steak Number Eight, quatre post-ados de Courtrai qui jouent du post- hardcore bien tubesque, genre Isis en fluo. Seul gros festival du littoral depuis l’arrêt du Beach Rock en 2003, le Leffingeleuren clôture la saison chaude avec panache : « Il y a le ciel, le soleil et la mer / Quelque part en septembre nous nous retrouverons ». / ❥

Leffingeleuren Prog : Battles, Lindstrøm, Goose, Das Pop, The Hickey Underworld… (16.09) // G.Love, Arno, Alex Gopher, Crystal Fighters, EMA, Nosaj Thing, Intergalactic Lovers… (17.09) // Alpha Blondy, Donavon Frankenreiter, Selah Sue, Balthazar, Newton Faulkner… (18.09) du 16 au 18.09 Leffinge (Middelkerke), 35€/jour, pass 78€, www.leffingeleurenfestival.be


musique |

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texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ Laurent Malet

texte ¬ Marwann Frikach-Ruellan photo ¬ Sublime Frequencies

Clara Moto

Omar Souleyman

Depuis 2006, le festival dunkerquois tâtonne, s'essaie à différentes formules, multiplie les rooms (deep house, jump, minimal...), les étiquettes changeant d'une année sur l'autre ! Bref, pas facile de s'y retrouver. Une seule constante, toutefois : les programmateurs ont toujours offert une vitrine aux Dj's locaux. Serait-ce pour cette raison (un brin chauvine) que l'on évoque les DK Nights aujourd'hui ? Même pas ! Parmi la grosse vingtaine de pousse-disques ici présents, se distinguent Pierre (résident du Fuse bruxellois) et surtout Clara Moto, habile faiseuse d'une microhouse élégante et emplie de spleen, pas très loin d’Isolée. Aux platines, l’Autrichienne convoque Dominik Eulberg, Chloé ou Agoria (patron de son label, In Finé). Bref, une touche de finesse dans un océan de jumpstyle un peu balourd. /

Plus de cinq cent cassettes enregistrées, des mariages à la pelle et déjà trois albums distribués au-delà des frontières d'une Syrie qui touche du bois. Moustache, verres teintés et monture dorée, Omar Souleyman bat la mesure, micro à la main. Un ambianceur né. Sublime Frequencies, label américain défricheur des ressources enfouies de ce monde, dévoile Souleyman aux oreilles d'un Occident guère initié aux thèmes musicaux traditionnels du Proche-Orient. Le dabke est cette danse effectuée en ligne, bras dessus bras dessous, sur les vagues épileptiques des synthétiseurs invitant à la transe et à la communion. Souleyman est à la fois le chanteur frénétique et le chef d'orchestre des nuits d'une Damas exaltée. Avec deux dates en Belgique à la rentrée, Omar a tout dans son sac pour donner du relief au plat pays. /

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10.09, 22h, Dunkerque, Le Kursaal, 16/14€, www.dknight.fr

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13.09, 20h, Anvers, Trix, 18/15€ 18.09, 15h, Bruxelles, Ancienne Belgique, Entrée libre


musique |

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texte ¬ Hakima Lounas photo ¬ Jay B Sauceda

Hit the Road, Black ! à trente ans à peine, Joe Lewis revient de loin. Les patrons de bars se souviennent encore de ses débuts hasardeux sur les scènes ouvertes d'Austin. Moins pour la qualité de son jeu que pour son ébriété chronique et le flot d'insultes qui inondait ses prestations. Aujourd'hui le Texan renaît de ces cendres. Et pourtant, c'était mal parti. Flingué par une vie de bâton de chaise et une réputation sulfureuse, Lewis abandonne la musique. Finies les reprises foutraques et alcoolisées de Lightnin’ Hopkins, Lewis s'enterre dans un restaurant de poissons. C'était sans compter sa rencontre providentielle avec Zach Ernst. Ce jeune étudiant qui cherchait une première partie pour le concert de Little Richard à l'université du Texas a convaincu Joe Lewis de reprendre le micro. Déterminé, Zach relance rapidement le crooner et forme les prodigieux Honeybears, son actuel groupe de scène. Guitares, basse, batterie, section de cuivres : Black Joe Lewis ressuscite. Il produit avec ses comparses un blues rock enfiévré, renvoyant aux grandes heures de la soul et à des artistes comme Wilson Pickett, Sam & Dave ou le label Stax. Pour autant, le groupe tient à se détacher du revival soul initié par feu Amy Winehouse ou Sharon Jones & the Dap-Kings, qu'il considère comme « un peu trop lisse ». Plus punk, plus rock, Black Joe Lewis joue plutôt dans la cour des Anglais de The Heavy. Avec déjà trois albums au compteur, le Texan prend sa revanche et électrise systématiquement le public, la fougue de James Brown en bandoulière. / ❥

Black Joe Lewis + J-Funk 30.09, 20h, 12/6€, Lille, Aéronef, +33 (0)3 20 13 50 00


musique |

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texte ¬ Thibaut Allemand - photo ¬ DR

texte ¬ Thibaut Allemand - photo ¬ DR

Beirut

The Specials

Lorsqu’on compose, à dix-sept printemps à peine, un coup d’essai-coup de maître tel Gulag Orkestar (2006), il ne faut pas s’étonner d’avoir le monde à ses pieds. Le monde, justement, le jeune Zach Condon ne l’a jamais pris de haut. Et enchaîné les voyages immobiles, laissant son imaginaire s’emparer de lieux pour mieux leur donner vie, puisant dans le folklore balkanique comme dans (une certaine idée de) la chanson française. Ces mélodies mélancoliques servies par des trompettes, accordéons, glockenspiels, mandolines et quelques fuites synthétiques, avaient fait de ce fils illégitime du Yann Tiersen débutant et de Goran Bregovic l’enfant chéri de l’indie pop. Alors, même si son dernier album, Rip Tide (2011), s’avère un chouïa moins renversant, on peut compter sur le jeune Américain pour combler les cœurs. Et les salles, aussi. /

Laissons un temps les damiers, chapeaux pork-pie et autres clichés au vestiaire. Coventry, 1979 : passionné de cultures skinhead, mods et jamaïcaines, le claviériste Jerry Dammers monte ce gang mixte et prolo. Initiateur d’un revival ska salvateur, le groupe (mené entre autres par l’immense Terry Hall) bifurque vers une musique caribéenne touchée par le fog anglais (le single Ghost Town). Deux ans et autant d’albums majeurs plus loin, The Specials se séparent, se retrouvent et s’égarent. Mais le legs est bien là : de la trilogie british de Blur aux chroniques sociales de The Streets, sans oublier le sens du fun de Lily Allen, The Specials a définitivement marqué la pop moderne. En revanche, ce retour - sans Jerry Dammers ! - sent un peu le tiroir-caisse. Mais comme dit la chanson « Enjoy yourself, it’s later than you think... ». /

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14.09, 20h, Bruxelles, Ancienne Belgique,

Complet !

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29.09, 20h, Bruxelles, Ancienne Belgique,

Complet !


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texte ¬ Alex Masson photo ¬ Metropolitan Film Esport

L'enfance de l'art Il y a vingt mille ans (environ), une grotte, située dans l’actuelle Ardèche, est bloquée par un éboulis. Jean-Marie Chauvet fera sa découverte en 1994. Le lieu - qui porte son nom - est aujourd’hui l'un des plus célèbres sites préhistoriques, pour ses peintures rupestres. Jusqu'ici, peu de gens les avaient vues. Un incroyable documentaire, signé Werner Herzog, les dévoile enfin. S'il s'est très souvent intéressé à la face sombre des comportements humains dans ses films (citons, au hasard, Aguirre Ou La Colère De Dieu, 1972), le cinéaste allemand s'est depuis consacré à des documentaires. Pas toujours gais, eux non plus. Or, cette Grotte des rêves perdus n’est qu’illumination et espièglerie. A la manière de Wim Wenders il y a peu, Herzog s'empare d'une nouveauté – la 3D – et en tire le meilleur. Car, né il y a cent vingt ans (environ), le cinéma est aujourd'hui entré (de gré ou de force) dans l'ère de la 3D. Herzog profite alors de cette innovation technologique pour mettre en relief (forcément) et rendre hommage à des œuvres aussi émouvantes que ru(pe)stres. Il interroge quelques experts et, surtout, la question de la réception – pourquoi et comment, des centaines de siècles plus tard, de tels dessins peuvent nous bouleverser ? La Grotte des rêves perdus réunit, avec une incroyable intelligence, le passé et, peut-être, le futur de notre culture. / ❥

La grotte des rêves perdus De Werner Herzog. Avec Werner Herzog, Jean Clottes, Dominique Baffier... Sortie le 31.08


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texte ¬ Marc Bertin photo ¬ Andrew Laumann, Ed Distribution

Chanson pour l’absent Deuxième long métrage de Matt Porterfield, Putty Hill constitue assurément l’un des plus grands moments cinématographiques de l’année. Une relecture vivifiante de l’esprit indépendant au service d’une écriture ambitieuse et d’une œuvre oscillant entre néo-réalisme, documentaire et cinéma-vérité. Face à une telle proposition, force est de reconnaître que le vivier indépendant reste le laboratoire où s’écrit le futur du cinéma. Et, une fois encore, c’est aux États-Unis que se dessinent ses contours. Putty Hill, banlieue col bleu de Baltimore, n’est pas franchement la plus exotique des suburbs nord-américaines, pourtant, ici, vibre une humanité comme rarement filmée ; une espèce de rencontre entre Larry Clark, Gus Van Sant et Raymond Carver. C’est dire la subtilité du regard tant sur la jeunesse que sur la communauté. La juste distance qui prend la dimension d’une « première fois », éblouissant par sa délicatesse. La veille des funérailles de Cory, jeune homme de 23 ans, retrouvé mort d’une overdose, famille, amis, proches sont réunis par une tragédie dont aucun ne semble mesurer l’inanité. On ne sait la nature des liens, on les devine plutôt. Le temps semble suspendu entre morts et vivants. Porterfield suit chacun avec la même attention, tentant de dresser au plus près le portrait du défunt. Le dialogue en mode pudique éclaire d’un jour mélancolique la vérité de ces filles et de ces garçons, leur pudeur, leur tristesse. Putty Hill n’est pas un film de plus, mais un miracle. / ❥

PUTTY HILL Un film de Matt Porterfield, avec Sky Ferreira, Zoé Vance, Cody et Dustin Ray Sortie le 7.09


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texte ¬ Raphaël Nieuwjaer - photo ¬ DR

texte ¬ Thibaut Allemand - photo ¬ Kubita © DR

Rétro Paul Newman & Liz Taylor

Elles Tournent

« Ci-gît Paul Newman. Sa carrière d'acteur prit fin lorsque ses yeux bleus devinrent bruns. » Cruelle épitaphe que l'acteur, mort en 2008, s'est infligée. Et qu'aurait pu reprendre Elizabeth Taylor, disparue en 2011. Hormis cela, quoi de commun entre l'exubérante Liz et le tranquille Paul ? Un film (La chatte sur un toit brûlant, 1958), une fidélité à Tennesse Williams (Doux oiseau de jeunesse, 1962), quelques Oscars, et une façon de bousculer Hollywood avec des personnages dont la sexualité affirmée ou ambiguë brise les tabous puritains des 50's. Si l'on regrette l'absence des réalisations de Newman (Rachel, Rachel, 1968...), on se rattrapera avec une comédie rare, La brune brûlante (1958), de Leo McCarey. Et l'on se consolera en retrouvant, dans la salle obscure, l'éclat de leurs yeux. /

Jouons un peu : citez trente réalisateurs. Facile. Trente actrices ? à l'aise. Mais trente réalisatrices ? Plus dur, hein ? C'est pourquoi Elles Tournent offre l'occasion, quatre jours durant, de découvrir près de cinquante documentaires, longs et courts métrages réalisés par des femmes pour... tout le monde. Si la création belge est à l'honneur (citons Maria Tarantino, aucun lien), le festival déroule aussi des pellicules tchèques, espagnoles ou anglaises. De notre côté, on rugit de plaisir pour Le Tigre On Tour (2010) de Kerthy Fix, consacré à la tournée du regretté trio electropunk. Ouvertement féministe (ce n'est pas sale), Elles Tournent propose débats et rencontres avec les auteures, n'évoque pas uniquement la condition féminine, mais changera peut-être le regard de certains – et de certaines – sur le sort réservé au deuxième sexe. /

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Prog : La chatte sur un toit brûlant, La brune brûlante, Doux oiseau de jeunesse… du 7 au 27.09 Lille, Le Majestic, 7,90/6,20/4,90€, +33 (0)3 28 52 40 40

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Prog : We Are Still Standing (E. Bernstein), Blague A Part (V. Rousselot), Orgasm Inc. (L. Caner), Break my Fall (K. Wichmann)... du 29.09 au 2.10, Bruxelles, Botanique, 6e, 3 séances 12e, +32 (0)2 229 38 09


Liu Bolin, série Hide in the City - 36, 2007 « Unify the Thought to Promote Education More »


Pas vu, pas pris

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texte ÂŹ Judith Oliver photos ÂŹ Liu Bolin, Desiree Palmen, Sabina Keric & Yvonne Bayer, Mark Jenkins

Camouflage urbain 51


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« Ceci n'est pas un jeu » pourrait-on lire, en guise de sous-titre, au bas des photos qui suivent. Car malgré les apparences (en trompe-l’œil, forcément), ces œuvres ne sont pas une simple invitation à trouver Charlie. Reprenant à leur compte les techniques de l'illusion d'optique, les adeptes du camouflage urbain enfilent la ville comme une seconde peau. Patients et indisciplinés, ces artistes se fondent dans le décor pour mieux en révéler l'envers. Sortons la loupe.

D

es homochromies animales aux leurres militaires, il n'existe pas de camouflage sans combat ni réflexe de survie. Contrairement à la longue tradition artistique et architecturale de l'illusion d'optique, ce mimétisme-là ne sert pas seulement des enjeux ornementaux. Il procède d'une critique sociale qui, sous couvert d'humour et de travestissement, renvoie à des symptômes autrement plus sérieux : problèmes de construction identitaire, uniformisation du monde, délitement des rapports sociaux... La preuve avec quelques activistes en planque.

Vivons heureux, vivons cachés Desiree Palmen, 48 ans, fait figure d'aînée dans cette mouvance protéiforme, en plein développement. Dès la fin des années 1990, cette sculptrice néerlandaise s'est intéressée à un travers des sociétés occidentales : la confiance exacerbée dans la vidéo-surveillance. « J'ai

réalisé mon premier costume en 1999 pour échapper à l’œil d'une caméra dans une petite poste de Maastricht. Je n'avais tout simplement pas envie de me voir à l'écran à chaque fois que j'achetais des timbres », confie l'artiste, qui a vite mesuré la pertinence de la manœuvre. « Finalement, il s'agit moins de se cacher que d'attirer l'attention. Le corps disparaît tout en étant mis en évidence. Et c'est justement ce paradoxe qui permet de rendre visible ce qui ne l'est pas : l'absence de vie privée face à la propagation des caméras, mais aussi l'ensemble des règles tacites qui régissent l'espace public »*. En témoigne cette série sur les bancs publics, entamée en 2006. Choquée par l'adoption d'une loi marginalisant encore les sans-abris à Rotterdam, l'artiste dénonce l'interdiction de dormir dans les parcs. Condamnés à la disparition, ses amoureux se fondent dans les zébrures du mobilier urbain, perdant toute humanité. >


Desiree Palmen, sĂŠrie Camouflage, Park Bench / Couple, 2001


Sabina Keric & Yvonne Bayer, Action #4, Karlsruhe, Allemagne, 2009


Liu Bolin, série Hide in the City - 69, Graffiti I, 2007

Desiree Palmen, série Street Wise, Zebra, 2002


Sabina Keric & Yvonne Bayer, Action #3, Stockholm, Suède, 2007

« La rue est un champ de bataille » Mark Jenkins « C'est une façon de s'intéresser au regard inquisiteur de l'autre comme à nos propres réflexes de bonne conduite ».

L'homme invisible à l'autre bout du monde, Liu Bolin a également fait de ses tours de passe-passe le levier d'une résistance silencieuse. à partir de 2005, en réaction à la destruction de son atelier par les autorités chinoises, il décide de dénoncer l'effacement de(s droits de) l'individu dans son pays. Usant de la force symbolique de l'image, ce peintre de 38 ans dresse le portrait

d'un régime omniprésent, envahissant. Élargissant son propos au gré de ses voyages, Liu Bolin estime que « l'environnement déteint sur le corps et l'esprit. Mon travail symbolise cette digestion, cette acceptation passive des bouleversements économiques, écologiques et sociaux »*. Moins virtuose, le Français Laurent La Gamba utilise aussi cette métaphore du citoyen transparent pour signifier l'uniformisation du monde et « la disparition des corps dans la société dite de l'image ». S'effaçant devant des produits de consommation cou-

* propos recueillis par P. de La Boulaye en 2010.


Mark Jenkins, City, Rio de Janeiro

rante, il sème le trouble, et, comme Desiree Palmen et Liu Bolin, force à une réflexion sur la place de l'individu à l'heure de la mondialisation.

En joue ! Car après tout, le « camouflage urbain » vise surtout à nous faire réagir. Miroir déformant, il pointe un ensemble de mécanismes aliénants, trop acceptés pour être remis en cause. Ainsi, les performances de certains artistes s'apparentent à de véritables expériences sociologiques. Déguisée en sac poubelle, Dina Elrayyes se fait oublier dans les rues de Londres afin d'ausculter l'indifférence ordinaire. Mark Jenkins sème ses personnages ❥

curieux au milieu de la foule (agenouillés ou dans des positions impossibles), pour filmer ensuite la distension des relations sociales. Sabina Keric et Yvonne Bayer, enfin, s'amusent à créer la surprise en intervenant dans des supermarchés – un lieu où toute réflexion est bannie. Telles des fantômes de cartons, de sacs Ikea ou de bouteilles, elles déambulent, observant les réactions (souvent comiques) des clients. « Il faut que les gens se souviennent que la rue est un champ de bataille » expliquait un jour Mark Jenkins. Elle est en tout cas un terrain de jeu idéal pour ces passe-murailles indignés, qui gonflent chaque jour les rangs du camouflage urbain. /

à visiter / www.desireepalmen.nl ; laurentlagamba.free.fr ; www.urbancamouflage.de (S. Keric & Y. Bayer) ; www.xmarkjenkinsx.com ; www.parisbeijingphotogallery.com (Liu Bolin)


Bruxelles à pleines dents texte ¬ Faustine Bigeast photo ¬ Xavier Renotte © A. Bibaut - Les 2b

Pour la 4e année consécutive, l’association Karikol nous invite, le temps d’une semaine, à goûter Bruxelles ! Une manifestation « éco-gastronomique » concoctée dans un esprit Slow Food, prônant le retour au naturel, au terroir et à la qualité. Mais qui a son revers de la médaille. Flâner à Bruxelles, c’est avoir en permanence (ou presque) le nez chatouillé par des odeurs alléchantes. Celles qu’exhalent les gaufres saupoudrées de sucre glace ou nappées de chocolat fondu, celles des frites et des snacks des populaires fritkots. Quoi de plus logique, alors, que de faire de la capitale belge le décor d’une semaine du goût axée sur son patrimoine culinaire, sur ses productions paysanne et artisanale ? En fervente militante d’une alimentation saine et respectueuse de la planète, en passionnée d’une « ville conviviale qui touche par sa simplicité », Malika Hamza, organisatrice de l’évènement, s’y est attelée avec le Convivium Slow Food Karikol. Dans un souci déclaré de partage. « Du propre, du bon et du juste » Tel est le mot d’ordre auquel doivent se rallier les restaurateurs pour participer. Cette année, une soixantaine d’entre eux a décidé de relever le défi en élaborant des plats composés de produits locaux, issus d'une agriculture raisonnée. Des plats tels que le pigeon à la zinnebier du chef Lionel Rigolet ou les financiers au miel de l’apiculteur Xavier Rennotte. Si l’initiative est louable, l’on peut regretter les tarifs élevés de nombre des activités. Même si certaines, comme les visites de la brasserie Cantillon ou de chocolateries, plus accessibles et plus éducatives, sont à mettre à son crédit. / ❥

GOÛTER BRUXELLES du 19 au 25.09, Bruxelles, divers lieux, gratuit>65€, résa selon les activités, www.gouterbruxelles.be - À lire / Bruxelles Slow Food de Malika Hamza et Sandrine Mossiat, éd. Renaissance du Livre, 176 p., 20€

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texte ¬ Judith Oliver photo ¬ B.Taslitzky deux fondeurs arabe et italien des hauts fourneaux © Musee de Denain, D. Coulier

Dessins très animés Quel médium aurait été plus pertinent pour relier en pointillé les collections de la région ? Pendant un an, le dessin devient le centre d’une rosace qui s'étend des petits fonds méconnus aux grandes institutions, des beaux-arts à l'industrie textile, en passant par l'architecture, l'art brut et la création contemporaine. Esquisse à main levée. Quarante expositions réparties dans vingt musées du Nord-Pas de Calais, de Picardie et de Belgique, pendant douze mois. Ces chiffres donnent le vertige ? Ce n'est que la pointe de l'iceberg. L’aboutissement d'un chantier monumental entamé en 2008 par l'Association des Conservateurs du NPDC. Son point de départ ? Un inventaire. Des années à recenser les collections graphiques des musées de la région, à en numériser une partie (2200 sur le site Musénor). Et à tracer de nouvelles perspectives pour révéler au public ce trésor enfoui dans les cales. Entre les expositions virtuelles et leurs rapprochements inédits (parmi dix musées), et les autres bien réelles, les amateurs de graphite vont devoir mettre la gomme. Tracés de porcelaine, dessins préparatoires, croquis techniques, fleurons patrimoniaux... De l'académisme à la création contemporaine, rien n'est oublié. Rendez-vous dès octobre pour une dizaine d'expositions thématiques (le paysage mental, la sidérurgie...) et monographiques (Rops, Matisse, de Pujol, Allouche...). Pas demain qu'on aura grise mine ! / ❥

Dessiner-Tracer - jusqu'à sept. 2012, région NPDC, Picardie et Belgique, www.musenor.com Dès octobre / La Plume et le Marteau (Denain, 17.09>31.12), Rops et Rodin (Namur, 1.10>8.12), Paysage mental (Tourcoing, 13.10>30.01), dessins d'architectes (Cambrai, 15.10>15.01), de Burne Jones à Cappiello (Beauvais, 19.10>29.02), le dessin utile (Roubaix, 21.10>15.01), Abel de Pujol (Valenciennes, 20.10>3.01), Dove Allouche (V. d'Ascq, 27.10>22.01)...


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texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ Emmanuel Lagarrigue

texte ¬ Marwann Frikach-Ruellan - photo ¬ Donut, ADAGP, Ann Veronica Janssens, CNAP © Florian Hozherr, courtesy Capp Street Project San Francisco

City Sonic

Apparitions

Plus la peine de présenter City Sonic, si ? Depuis bientôt dix ans, cette manifestation investit le centre-ville de Mons, ébaubissant les esgourdes grâce à des dizaines de créations et installations sonores. Transdisciplinaire et touche-àtout, City Sonic réunit une cinquantaine d'artistes venus des musiques actuelles, bien sûr, mais aussi de la littérature, de l'architecture... Si l'on reste toujours interloqué devant les performances du flippant Charles Pennequin, on est curieux de découvrir les dernières trouvailles du peintre et musicien iconoclaste Jim Shaw. Et n'oublions pas Cap Sonic, le petit frère : celui-ci fait fi de toute hiérarchie, mêle joyeusement tradition et modernité et convoque l'immense Arvo Pärt, An Pierlé ou un concert de carillons digitaux de Jacques Rémus ! Évidemment, le silence qui suit City Sonic, c'est encore du City Sonic... /

Changement de saison à Saint Sauveur. Adieu, l'ambiance brumeuse et schizophrénique de Paranoïa, place à Apparitions. Tout aussi troublante, cette exposition décrit une nouvelle réalité dominée par les illusions. Issues principalement de collections publiques, cette vingtaine d'œuvres (plastiques, visuelles ou sonores) invite le spectateur à reconsidérer son rapport au temps - qui accélère ou ralentit. On reste ainsi ébahi face à la projection de Bertrand Gadenne, un hibou géant scrutant les visiteurs de toute sa hauteur, hagard. Ou devant le mouvement de l'écume repris en boucle par Ange Leccia. Apparitions nous convie donc à un parcours contemplatif où l'on passe du réel au trompe-l'œil, de l'éphémère à l'infini. Ne demandez pas au miroir si vous êtes la plus belle, il ne vous le dira pas. /

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CITY sonic, jusqu'au 11.09, cap sonic, du 1.09 au 11.09, Mons, divers Lieux, +32 (0) 65 39 59 39

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jusqu'au 31.10, Lille, Gare St Sauveur, mer>dim, 12h>19h, gratuit, +33 (0)3 28 52 30 00


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texte ¬ Judith Oliver photo ¬ Mendini © Kartell

Poussez les meubles ! Bruxelles, cité du design ? Il suffit d'une heure de lèche-vitrines entre Marolles et les Sablons pour s'en convaincre. à défaut d'un musée ou d'un salon consacré à la discipline, la capitale regorge d’antiquaires, de créateurs et de collectionneurs. Autant d'acteurs que Design September réunit pour nous clouer à notre chaise. Le don d'ubiquité. Voici ce qu'il faudrait pour écumer les quelque cent un rendezvous du festival bruxellois. Pendant un mois, conférences, portes-ouvertes d'ateliers, expositions et rencontres professionnelles embrassent le large spectre du design. De la production industrielle aux créations limitées, du vintage à la high-tech, du meuble au bijou... en passant par quelques disciplines connexes (architecture, graphisme...). L'éventail des cartes est large, et compte de très beaux atouts. Comme les Sablons et leur mémorable parcours des antiquaires, une sélection de quinze experts, prêts à causer des heures du verre de Murano, de Horta ou du mobilier belge. En route, faites halte à la Nonciation, ancienne ambassade du Vatican convertie en showroom de luxe pour le Designers Week-End. Poursuivez votre exploration vers Ixelles avec la remarquable Loge Maçonnique puis la galerie Diito. Si vous parvenez à vous détacher de la terrasse verdoyante de cette maison de maître, direction rue Dansaert et la Fabrika, écrin génial pour une créatrice textile qui ne l'est pas moins : Donna Wilson. / ❥

Design September 8>30.09, Bruxelles, divers lieux (boutiques, Flagey, La Loge, Recyclart...), gratuit, prog. sur www.designseptember.be. // 10>11.09, Brussels Design Market //à partir du 15.09 : conf. à Flagey (A. Lévy, P. Urquiola...) // 16>17.09, portes-ouvertes ateliers // 23>25.09, Designers Week-End


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texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ Philippe Da Fonseca © Collection CEC La Hesse Vielsalm

texte ¬ Judith Oliver - photo ¬ The Estate of Alina Szapocznikow Piotr Stanislawski, photo Roland Schmid

Esprit Mine

Sculpture Undone

Gardien de la mémoire, mais pas conservateur pour autant, le Centre Historique Minier de Lewarde s'ouvre une fois de plus à la création contemporaine. Avec une centaine d'œuvres et une vingtaine d'artistes toutes disciplines confondues (photo, peinture, sculpture, performance, arts graphiques et vidéos, etc.), Esprit Mine invite à poser un autre regard sur les terrils. à travers trois parcours : les mineurs artistes, la mine, la matière et la mémoire. On y croise des gueules noires qui explorent la couleur (l'art brut du mineur Gaston Duf). Et le travail rugueux sur la matière de Bruno Gérard, dont les pièces abruptes renvoient aux sillons miniers. Ou encore l'étonnante installation sonore de Cléa Coudsi et Eric Herbin. De quoi explorer toutes les facettes de l'autre or noir, pour mieux épater la galerie ! /

« J'ai décidé d'avoir conscience des temps dans lesquels nous vivons, je ne crée que des objets disgracieux » confiait un jour Alina Szapocznikow, figure de proue de la sculpture polonaise d'aprèsguerre. Pionnière pop, proto-féministe, post-surréaliste, son œuvre complexe est inclassable. Très vite affranchie de l'académisme héroïque soviétique, elle plonge, dès 1955, la figuration dans le bain déformant de ses expérimentations : morcellement et hybridation du corps féminin dans une surenchère troublante de sensualité et d'absurde ; utilisation quasi inédite de résine de polyuréthane. Il faut prendre son temps pour apprécier ce travail pétri des traumatismes de son enfance (Holocauste) ou de sa vie d'adulte (tuberculose, infertilité, cancer du sein). Mais faites vite : en janvier, cette expo majeure (100 pièces) file au Hammermuseum de L.A. /

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jusqu'au 31.12, Lewarde, Centre Historique Minier, tlj 9h>19h30, 9/4,70e, +33 (0)3 27 95 82 82

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10.09>8.01, Bruxelles, Wiels, mer>dim, 11h>18h (21h les 1er et dernier mer. du mois), 7€/grat, +32 (0)2 340 00 50


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agenda Transforming Landscapes © Reiulf Ramstad Architects

Cinq siècle de chefs-d'œuvre à Anvers Le dernier étage du MAS, musée fraîchement inauguré dans le port d'Anvers, arbore jusqu'à fin 2012 un impressionnant chapelet d'icônes, de retables, de gravures et de natures mortes. La ville a placé là ses plus beaux fleurons pendant les travaux du KMSKA, du M KHA et du musée Plantin. De Rubens et Van Eyck à Fabre ou Lizène, l'accrochage ose des recoupements plutôt déconcertants. Qu'importe ! Les chefsd'œuvre et l'audace de la scénographie valent à eux seuls le détour. ❥ Anvers, jusqu'au 31.12, MAS, mar>ven,

Sport et mode enfantine, carte de visite Macquignon © collection particulière

Transforming landscapes Loin des délires qui ont parfois plombé le xxe siècle, le cabinet Reiulf Ramstad Architects propose une architecture sous contraintes, en prise directe avec la topographie et l'histoire des lieux. Visionnaire, elle brille par la légèreté et la souplesse de ses lignes droites. Paradoxal ? Que nenni ! Bien que drastique, ce cahier des charges stimule l'imagination. Ces Norvégiens méritaient bien une expo photo. Gageons qu'elle inspire quelques bâtisseurs dans les environs. ❥ Bruxelles, CIVA, mar>dim, 10h30>18h (sf mer 21h), +32 (0)2 642 24 50

10h>17h, we, 10h>18h, +32 (0)3 338 44 34

Cité des électriciens

Sport et mode enfantine : jeux de vestiaires

Haut-lieu du patrimoine régional et point de chute d'artistes de tous poils, la Cité des électriciens accueille depuis quelques mois le collectif marseillais Les Pas perdus et leurs « Souhaits Bricolés ». Petits bijoux de savoir-faire et d'inventivité, leurs installations visuelles et sonores occupent les maisons, ruelles, cheminées et façades protégées de la cité. L'une des étapes incontournables du circuit À ciel ouvert (Béthune 2011), à l'instar de La Goutte de lait à Auchel.

à un saut de puce de Londres, Calais s'échauffe déjà pour les Jeux Olympiques. Alors que le musée des beaux-arts se penche sur les rapports entre sport et art contemporain (jusqu'au 18.09), la Cité de la dentelle s'intéresse, elle au sportswear. De la IIIe République hygiéniste - l'éducation physique devient obligatoire - à l'accession du jogging sur les podiums, l'institution dresse le bilan d'une révolution vestimentaire à travers la mode enfantine.

❥ Bruay-La-Buissière, jusqu'au 25.09, tlj, 10h>18h, +33 (0)3 21 63 04 70

❥ Calais, jusqu'au 2.10, Cité int. de la Dentelle, tlj, 10h>18h, +33 (0)3 21 00 42 30


Tomorrow is the question © Wilhelm Sasnal

Le marin, Arthur Van Hecke © collection particulière

Objet préféré, Appartamento, Fabrica © GHI

Expo X3, Dessin de verité © Isabel Baraona

Tomorrow is the question

Objet préféré

Alarmiste, ce titre emprunté à Ornette Coleman ? Bien au contraire ! Ce pourrait être le slogan du SMAK, institution ô combien tournée vers le défrichage artistique et le développement de ses collections. Il suffit d'un tour en son rez-de-chaussée pour s'en convaincre. Y trônent fièrement ses dernières acquisitions - 40 pièces (P. M. Tayou, A. Timmermans, L. Weinberger...), dont nombre réalisées par de tout jeunes artistes (M. Manders, L. Kit, K. Van den Broek...). L'amour du risque.

Il y a un an, Let's Motiv vous faisait part de son enthousiasme pour la Fabrica, vivier artistique créé en 1994 par Benetton. Aujourd'hui, on récidive ! Un collectif de designers issu de cette pépinière a en effet relevé un défi amusant pour le Grand Hornu Images : imaginer des meubles à partir des objets préférés du personnel du musée. Le lustre chéri de la concierge devient un immense cône stylisé, les chaussures pour bébé de la directrice inspirent un trépied en forme de fenêtre ouverte sur le monde...

❥ Gand, jusqu'au 31.12, SMAK, mar>dim, 10h>18h, +32 (0)9 240 76 01

❥ Hornu, jusqu'au 23.10, GHI, mar>dim, 10h>18/h, +32(0)65 65 21 21

Arthur Van Hecke

Expo x3

Le Chenal de Gravelines sous un badigeon de gris. Une Barque Blanche, prise dans les mouvements contradictoires du sable, de la lumière et du pinceau. Très attaché à sa région, Arthur Van Hecke partage avec de nombreux peintres installés sur la côte une fascination pour le ciel changeant du Nord et les tumultes de la marée. Le musée de l'estampe rend hommage à cette figure attachante, fondateur du Groupe de Gravelines, et ami de Roulland et Gadenne.

Une carte blanche, trois invités : la formule mise en place par le Centre Culturel de la Région Centre commence à être bien rodée. Cette fois, le musée Ianchelevici en appelle à trois virtuoses de la mine de plomb pour une délectable surenchère de dessins fouillés et torturés, de formes organiques (Isabel Baraona), de griffures (Boris Thiébaut) et de motifs allégoriques (Marco De Sanctis). Des projets artistiques qui génèrent une savante friction d'esthétiques. A dessein.

❥ Gravelines, jusqu'au 16.10, musée du dessin et de l'estampe, tlj (sf mar), 14h>17h, we 15h>18h, +33 (0)3 28 51 81 00

❥ La Louvière, du 16.09 au 17.10, musée Ianchelevici, mar>dim, 14h>18h, +32 (0)64 28 25 30


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agenda Format à l'Italienne, Diluvia a Roma © Duytter

Le modèle a bougé, Eliot Elisofon, Marcel Duchamp descendant l'escalier, 1954, coll. privée

Format à l'Italienne 2

Le Geste de l’Ecrit

La Ville Eternelle n'a pas fini d'inspirer les jeunes générations.Pour preuve, cette exposition à l'Espace Le Carré. Belinda Annaloro, Carol Levy, Duytter, Carine Abraham et Sarah d'Haeyer témoignent de leurs résidences à l'atelier Wicar de Rome (3 mois). Leurs dessins, peintures hyper-réalistes et projets originaux sont placés sous l'aile protectrice de M. Odile Candas Salmon, une plasticienne avertie, qui a aussi séjourné dans cet appartement que la Ville de Lille réserve aux artistes près de la Piazza Del Popolo.

Quel dénominateur commun entre David Lynch, Henri Michaux, Pierre Alechinsky et les Perrin&Perrin ? Apparemment aucun. Pourtant, tous partagent une fascination pour l'écriture, la lettre et le signe qu'ils traduisent de diverses manières (transposition du geste calligraphique, élaboration d'une langue, utilisation du récit...). La création verrière, trop rarement présentée dans son interaction avec d'autres champs artistiques, est ici confrontée à des toiles et vidéos contemporaines.

❥ Lille, 16.09>30.10, Esp. le Carré, mer>sam, 14h>19h, dim, 10h>13h, 15h>18h, +33 (0)3 20 74 46 96

❥ Sars-Poteries, jusqu'au 3.10, mus. du Verre, tlj (sf mar), 10h>12h30, 13h30>18h, +33 (0)3 27 61 61 44

Le modèle a bougé

Amicalement Brut

Coulisses dévoilées, ratages magnifiques et erreurs mirifiques. Mais aussi différences entre la vision du réel et sa représentation artistique. Convoquant entre autres Duchamp, Eugène Carrière ou Hans Bellmer, Le modèle a bougé aligne modernes et contemporains, peintures et photographies dans des chassés-croisés entre le mouvement et sa capture, le peintre et son modèle. L'impossible immortalisation de l'instant, finalement.

Naïfs, on pensait qu'on finirait par faire le tour du LaM. Que les fonds permanents (arts brut, moderne et contemporain) comme les expositions temporaires n'auraient plus de secret pour nous. Raté, l'institution enrichit constamment son accrochage. Ainsi, Philippe Eternod et Jean-David Mermod, grands collectionneurs d'art brut, pimentent les collections de l'Aracine de quelque 120 pièces. Histoire de nous voir déambuler encore longtemps dans ces 4000 m².

❥ Mons, 10.09>5.02, BAM, mar>dim, 10h>18h, + 32 (0)65 40 53 30

❥ Villeneuve d'Ascq, LaM, jusqu'au 25.09, mar>dim, 10h>18h, +33 (0)3 20 19 68 88


texte ¬ Judith Oliver photo ¬ Emma la Clown © Wahib

Un air de famille Le Prato et le Pôle cirque Lille-Tournai ont convoqué leur famille comme les Fratellini autour d'un bon plat de spaghetti : toutes générations confondues. Le Circo Aereo, Trottola, les Colporteurs, la Cie XY, Ieto et Rasposo, la Cridacompagny, les Fées Railleuses, Emma la Clown... tous s'attablent en région pour un long banquet d'anniversaire. Voilà déjà des années que, depuis le vasistas d'une ancienne filature de Moulins, il souffle sur la ville sa douce folie burlesque. Aujourd'hui le Prato fête une décennie de collaboration avec Tournai, et sa loufoquerie gagne l'Eurométropole. Dès le 18 septembre, lui et son Plôt1 lâchent leurs clowns comme des chiens fous dans l'agglomération. Bardés de sciure et de chapiteaux, de jongleurs et de cabarets, de performances grisantes et de fildeféristes félés, ces doux-dingues lèvent des armées de zygomatiques contre la morosité ambiante. Les toiles dans la ville Deux mois, vingt spectacles, autant de partenaires et plus de soixante représentations, voilà pour mesurer l'ampleur de la manifestation. Sa qualité ? « Du cirque de ville ou des champs, de bars ou d'appartement : il n'y a pas à entrer dans la polémique stérile tradition versus nouveau cirque : c'est du cirque d'aujourd'hui ! » s'amuse le directeur du Prato, Gilles Defacque. Bref, de quoi satisfaire tous les publics avec des spectacles familiaux (Cie Rasposo), des seuls en scène tordants (Bonaventure Gacon, Emma la Clown...), ou des petites formes tous terrains (le Tournage imaginaire, Ekilibr(s), Kboum…). « Au regard de l'actualité, on n'a jamais eu autant besoin de poésie moderne et d'enchantement », nous confiait Rudy Elegeest2, lors de la conférence de presse. Oseriez-vous le contredire ? / 1 2

Avec le soutien de la municipalité, Lille3000 et Lille Métropole. Vice-président en charge des grands événements à Lille Métropole.

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Les Toiles dans la ville du 18.09 au 3.11, Armentières (Vivat), Hazebrouck (A. Malraux), Métropole lilloise (Prato, MFW, MFM, MF Beaulieu, Colysée, Zeppelin, Condition Publique, Muba, Gare St Sauveur, château de Robertsart...) et Tournai (Maison de la Culture), www.prato.fr.

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texte ¬ Pascal Cebulski photo ¬ The Art Of Entertainement © Anna Stocher, Burgtheater

Lever de rideau Alors que la plupart des théâtres prolongent leur sieste estivale, le Kaaitheater se réveille sur les chapeaux de roue. Avec un festival dédié au meilleur de la création flamande, suivi d’une salve d'exclusivités. Dès le mois de septembre, l’institution bruxelloise prend une sacrée longueur d’avance sur la concurrence. Pour inaugurer la nouvelle saison, le Kaaitheater propose une remarquable session de rattrapage : dix spectacles sélectionnés parmi quelque cinq cents créations 2010 (Lazarus, Meulemans, Keersmaeker, Paard...). Notamment, En atendant (sic) de A.T. De Keersmaeker qui vise l'épure radicale en jouant sur un registre musical rare : « l'ars subtilior » et des airs de flûte datant du Moyen-Âge. Pour la suite des réjouissances, le Kaai s'est offert les premières belges de quelques chefs de file de la scène flamande et bruxelloise. Citons L’art du divertissement de Jan Lauwers, allégorie attendue et corrosive de la déchéance de l’Occident ou le suicide d’un célèbre acteur pendant une émission de télé-réalité… Tout un programme. Et que dire de Violet, quintette hallucinatoire de la chorégraphe belge d’adoption Meg Stuart, qui puise l'intensité de sa transe dans le chamanisme et la musique électronique ? Ajoutez à cela la présentation de la passion musicale Utopia 47 des Bl!ndman Sax et n’en jetez plus. Voilà de quoi nous réconcilier avec la rentrée ! / ❥

La rentrée du Kaaitheater du 2.09 au 1.10, Bruxelles, Kaaitheater, 20h30, divers prix, +32 (0)2 201 59 59 En atendant, Rosas, 2&3.09, 20/25€ // Utopia 47, A very last passion, Bl!ndman & Transparant, 10&11.09, 16/20€ // The art of entertainment, Jan Lauwers & Need Company, 15>18.09, 16/20€ // Violet, Meg Stuart & Damaged Goods, 29.09>1.10, 12/16€


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texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ © Alain Trellu

Un flamand rosse Quoi de plus beau que le rire et la bonne humeur pour réconcilier les peuples, célébrer les différences et nous apprendre à vivre ensemble ? Bon, tout ça, c'est bien mignon, mais un peu gnangnan. Heureusement, l'humoriste Bert Kruismans ne mange pas de ce pain-là. Pendant près de deux heures, le comédien flamand Bert Kruismans écorne les Francophones. Ou plutôt les nombreux clichés qui leur collent à la peau : bêtes et fainéants, entre autres. Mais tourne évidemment en ridicule les idées reçues concernant les Néerlandophones. « Nous ne sommes pas prétentieux, corrige-t-il. Nous sommes riches ! ». Or, Kruismans (« l'homme du carrefour » en VF) se moque de tous, donc de lui-même, et désamorce les petites rancunes communautaires. Ni absurde ni surréaliste – autre lieu commun belge – Bert Kruismans appartient plutôt à la tradition du stand-up anglosaxon. Proférées d'un ton pince-sans-rire, ces énormités féroces renvoient souvent aux one-man shows acides de Ricky Gervais. Surtout, Kruismans possède une véritable connaissance de la Wallonie. Ces saillies n'en sont que plus réjouissantes. Et rafraîchissantes. Mais Lorsqu'Herman Vander Voorde, échevin de Wemmel (communauté néerlandophone à facilités), a tenté d'interdire son spectacle au motif qu'il est prononcé en français, on s'est dit qu'il y avait encore du boulot. Allez Herman, on t'invite ! / ❥

La Flandre Pour les Nuls 10.09, 18h, Bastogne, Salle Jean XXIII // 16.09, 20h30, Gent, Zebrastraat, 24.09, 20h, Soumagne, C. Culturel // 27.09, 20h30, Mouscron, Centre Marius Staquet, 15,5€, +32 (0)2 568 01 60 // 28.09, 20h30, Charleroi, Eden // 29.11, Lessines, Th. des Moulins // 1.10, 20h, Quaregnon, Maison Culturelle, www.kruismans.com


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texte ¬ Florent Delval - photo ¬ Danny Willems

texte ¬ Florent Delval - photo ¬ Stephane Verite

Oedipus

Medea

Hors des frontières belges, on mesure mal l’influence de Jan Decorte sur la scène flamande des années 80. Quand, en 2005, Jan Fabre l’invite à Avignon, personne en France ne comprend la portée de ce geste. à l’apogée de son art, le dramaturge belge ne répète jamais et se targue d’être un barbare et un inculte. à cette vision du théâtre, on ne peut trouver plus stricte antithèse que celle de Wim Vandekeybus. Le chorégraphe, qui adapte ici pour la troisième fois un texte de Decorte, est en effet connu pour son écriture au cordeau et ses corps extraordinaires et entraînés, jouant de manière quasi perverse sur la virtuosité. Ils ont toutefois en commun cette fascination pour la folie, vécue et apaisée chez Decorte, jouée et hystérique chez Vandekeybus. Nul doute que beaucoup attendent avec impatience cette rencontre inédite du grotesque et du sublime. /

Alors que le KVS accueille Oedipus, rencontre détonnante entre Decorte et Vandekeybus (voir ci-contre), Medea établit un dialogue non moins (inat)tendu entre des mots et des corps que tout oppose, du moins en apparence : Pascal Quignard et Carlotta Ikeda. On associe en effet davantage l'écrivain français (Tous les matins du monde, 1991...) au Baroque, voire à l’Antiquité, qu’à la cruauté du Japon post-nucléaire patrie du Butô et de la chorégraphe une des représentantes historiques du genre. Le tandem accouche de cette version du mythe de Médée, déchirée entre raison et magie, civilisation et nature. Le dispositif scénique, très simple, révèle la bipolarité du personnage. Les mots de l'écrivain introduisent les pas lents et contenus de Carlotta Ikeda avant de laisser son expressivité torturée s'emparer de la scène... portée par les notes d’Alain Mahé. /

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du 15.09 au 1.10, 20h (sf lun, relâche, et 25.09, 15h), Bruxelles, KVS, 12> 22€, + 32 (0)2 210 11 12, puis en tournée Gand, Brugge, Ostende, Anvers, Lille)

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23 & 24.09, 20h30, Bruxelles, Bozar, 18/15,50€, +32 (0)2 507 82 00, Rencontre litt. avec P. Quignard le 22.09


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agenda La Smob, Les Arpenteurs © Mano Labo

L'écume des jours © DR

La Smob

Nanine ou Le préjugé vaincu

jusqu'au 12.09

17.09

La SMOB, scène ambulante inaugurée dans le cadre de Béthune 2011, accueille une poignée de compagnies théâtrales. Et investit des territoires trop souvent oubliés : les communes rurales de l'Artois. Initié en mars dernier, ce joli périple s'achève en octobre prochain. D'ici là, cabaret, cirque, music-hall ou film-spectacles auront comblé chacun. à l'ancienne, avec chapiteau et tout le toutim, mais résolument moderne dans la diversité des disciplines abordées, la SMOB offre un bol d'air aux bleds. ❥ Cauchy-A-La-Tour, Camblain, Chatelain,

Inspiré par Le Préjugé Vaincu (Marivaux, 1746), Voltaire signe bien plus qu’un énième... marivaudage. à la fois comédie et critique sociale, Nanine évoque des destins amoureux contrariés par la naissance. Après Eugénie (1767) de Beaumarchais en juillet dernier, Laurent Hatat et la compagnie Anima Motrix offrent l’occasion de (re) découvrir ce répertoire trop méconnu. ❥ 19h45, Bruay-La-Buissière, Stade Parc,

entrée libre sur résa, www.culturecommune.fr

L'écume des jours 13.09>8.10

B. Vian / E. Dekoninck

On ne présente plus ce roman de Boris Vian, ni l'amour maudit de Colin et Chloé dans un monde absurde et onirique. L'occasion est trop belle de les (re) découvrir en chair et en danse. Emmanuel Deckoninck (Peter Pan, de Loisel) propose une scénographie mouvante et Gilles Masson, une musique sublimant les errements de personnages incarnés par de stupéfiants comédiens et danseurs. L'écume des vagues à l'âme n'a pas fini de nous inonder. ❥ 20h30, Bruxelles, Atelier 210, mar>sam, 18/15/10€, +32 (0)2 732 25 98

Voltaire / L. Hatat

Entrée libre, +33 (0)3 21 64 56 01

Nothing hurts 17>24.09

F. Richter / A. Roussel

Le dramaturge électronique Falk Richter (Dieu est un DJ, 1998 ou Electronic City, 2004) imagine la collision - dans tous les sens du terme - de quatre personnages en souffrance. Manque de mots, voire de membres (on songe souvent au Cronenberg de Crash, 1996), le trouble du langage et de l’identité forment le cœur de ce récit fragmenté. Le dispositif d'Armel Roussel, laissant les portes du théâtre ouvertes, soutient cette rêverie sombre tandis que le jour décline. Le réel percute la fantasmagorie. ❥ 19h (Tlj sf lun), Bruxelles, Les Tanneurs, 18/12€ (avec Deux Voix) ou 10/7,5 € +32 (0)2 512 17 84


théâtre & danse |

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agenda Poney Pour Toujours © Catherine Delory

Réouverture du Boulon

Poney pour toujours 28.09>8.10

Le Boulon, Le Plus Grand Defilé Des Petites Coutures © DR

J-M Frère

30.09>1.10

Monique Sonique, groupe électro élucubré par la Compagnie Victor B., publie son premier album, dédié au défunt poney de la chanteuse. Accrochezvous à cette trame comme le cowboy à son canasson, façon rodéo. Car Poney Pour Toujours aborde, en vrac, l'amour que l'on porte aux animaux, la violence de nos sociétés et la question végétarienne. Les auteurs déjantés de Trop de Guy Béart Tue Le Guy Béart ont encore lâché la bride. En selle ! ❥ 19h45, mar>sam, Namur, Grand Manège,

Signalons la réouverture, à moins d'un vice de forme, du Boulon, à VieuxCondé. Poli, briqué et vitrifié, le Pôle régional des arts de la rue s’est refait une beauté. Les compagnies Carabosse et Cirkatomik roulent des mécaniques avec leur (é)crew. Au programme, entre autres, un défilé haute-couture fait de bric et de broc (boîte de camembert et tourne-vis entre autres) créé par les habitants, avec les artistes. On enfoncera joyeusement le clou le mois prochain. ❥ Vieux Condé, le Boulon, entrée libre,

mar>sam, 18/15€ +32 (0)81 22 60 26

+33 (0)3 27 20 35 40

Mes singeries vocales

Soirée Forsythe

30.09

4.10

B. Coppens / E. De Staercke

CCN - Ballet de Lorraine

La cinquantaine à peine atteinte, Bruno Coppens tire un bilan à sa (dé)mesure : dérangé, désabusé mais toujours hilarant. Accoudé au comptoir ou chanteur de piano bar, le chroniqueur au Fou Du Roi (entre autres faits d'armes) s'astreint toujours à une gymnastique sémantique et multiplie les acrobaties lexicales. Piqués au jeu (de mots), les quinquas se retrouvent dans ces étatsd'âmes tordants et les plus jeunes sont rassurés : on n'est pas sérieux quand on a cinquante ans. ❥ 20h30, Tourcoing, Th. Municipal, entrée

Surdoué révolté, danseur constructiviste et chorégraphe à l’équerre, William Forsythe a joué du forceps pour dépoussiérer le ballet. Le CCN de Lorraine témoigne de cette radicalité libératrice avec trois œuvres du maître. Affublés d'intitulés ironiques, Steptext (1985), The Vertiginous Thrill Of Exactitude (1996) et The Vile Parody Of Address (1988) opposent au tempo tempéré de Bach et Schubert une chorégraphie enlevée, où la danse, méthodique et mécanique, confine à l'absurde. ❥ 20h, Armentières, Le Vivat, 12/7€,

libre, +33 (0)3 20 26 86 34

+33 (0)3 20 77 18 77


littérature |

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texte ¬ Paul Carra photo ¬ Zinc éditions © DR

Marché parallèle Tous les deux ans, ce marché de l'édition créative accueille cinq mille personnes au musée de Mariemont, soit l’un des plus beaux parcs de Belgique. Arbres majestueux et livres fabuleux, textes foudroyants et parterres chatoyants : l'alchimie est parfaite, et pas que sur le papier. L'événement porte mal son nom. Ce n'est pas vraiment un marché – on est loin des étals et des bonimenteurs. Ce n'est pas une exposition, malgré sa présence dans un musée. Et s'agit-il vraiment de livres ? D'ailleurs c'est quoi, un livre ? Des pages, une couverture, une reliure, des caractères d'imprimerie ? Un objet avec un titre, un auteur, un éditeur, un code barre, un prix ? à Mariemont, l'on trouve quelques bouquins comme ça, oui. Et d'autres qui s'ouvrent, se déploient, se vivent. Des textes tournoyant le long de fils à tisser, des livres en forme de boule ou sous cloche, à manipuler avec des gants. Cette huitième édition présente les œuvres de Philippe UG et celles du Laboratoire d'Expérimentation Graphique de l’École supérieure des arts et industries graphiques Estienne. Elle invite également une myriade de petits éditeurs de grand talent (Zinc Éditions, ses polars sous-bocks ou postaux, l'Edition des Cendres et ses formats minuscules...), des papetiers (Broleskine, Brock'n'Roll...), un Atelier du livre qui fête ses vingt ans en exposition, des animations... Et si vous êtes saturés, laissez-vous submerger par la quiétude du parc qui entoure le musée. Pour parcourir quelques pages. / ❥

Marché du livre de Mariemont, Salon de la petite édition et de la création littéraire Du 30.09 au 2.10, Morlanwelz, Musée Royal de Mariemont, ven 16h>20h, sam 10h>18h, dim 10h>18h, entrée libre, www.marchedulivre.org


livres |

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1Q84 Haruki Murakami | Éd. Belfond Deux événements ont nettement marqué l'œuvre d'Haruki Murakami. Le séisme de Kobe, en 1995, lui inspire Après le tremblement de terre. La même année, la secte Aum organise une attaque au gaz sarin dans le métro tokyoïte. Désignée dans le roman sous le nom de « l'Aube », cette organisation religieuse sert de terreau à 1Q84, son premier triptyque. L'auteur y développe une vision ambigüe - et donc réaliste - du culte en décrivant une communauté animée par des désirs louables et pacifistes mais prête à passer aux armes si nécessaire. Cela dit, l'intrigue complexe, ingénieuse et parfaitement rythmée repose sur deux personnages : Aomamé et Tengo. L'une est tueuse à gages, l'autre professeur de mathématiques et rêve de devenir écrivain. Chacun devra se mesurer à l'Aube et se retrouvera projeté dans 1Q84, un monde (parallèle?) placé sous le joug d'étranges créatures, les Little People. De bout en bout, Murakami joue adroitement sur le fil ténu qui sépare le bien du mal. Laissant volontiers le lecteur naviguer en eaux troubles, l'auteur déroule avec délicatesse un récit captivant, mêlant réalisme et dimension fantastique. Livres 1 et 2, 544 p., 23€. Hakima Lounas

Même les chiens Jon McGregor | Éd. Christian Bourgois Dans un appartement misérable, au cœur d’une ville grise d’Angleterre, un corps est retrouvé par la police. Ce corps, c’est celui de Robert, alcoolique au dernier degré. Sur les circonstances et les causes de la mort, le lecteur n’apprendra rien ou si peu. Là n’est pas le réel objet du livre. Jon McGregor s’intéresse bien plus à la vie de ses personnages, aux sales tours qu’elle leur a joués et qui les ont mis à terre. Son récit retrace par bribes, à travers la voix des amis de Robert, tous marginaux, toxicomanes et disparus, des parcours accidentés. Parce qu’il vise à rendre compte de leur confusion face au monde, son style est heurté, ses phrases se disloquent. Un peu trop parfois. 280 p., 18€. Faustine Bigeast


chroniques JOUEUR_1 Douglas Coupland Éd. Au diable vauvert L’absurdité du monde contemporain est l’un des thèmes favoris de Douglas Coupland. Joueur_1 n’en est que la preuve supplémentaire. Dans ce roman inabouti, parce que brouillon et abscons, l’écrivain canadien nous fait vivre, en même temps que ses cinq personnages, la fin de l’ère pétrolière. À l’heure de la remise en question forcée de parcours déviés, les réflexions existentielles s’enchaînent, sans laisser de répit au lecteur. Elles visent souvent juste. Mais elles tournent tout aussi souvent à la digression stérile, tant l’histoire va à vau-l’eau. Quant à l’humour percutant si caractéristique du style de Coupland, il n’affleure ici que très rarement. Dommage, il aurait allégé la rentrée. 312 p., 20€. Faustine Bigeast

Vers l’empreinte immaculée Simon Hantaï – Alain Fleischer | Éd. Invenit Depuis 2010, la collection Ekphrasis met en relation un auteur et une œuvre conservée dans les musées du Nord – Pas-deCalais. Cette onzième référence réunit Alain Fleischer, directeur du Fresnoy (Tourcoing), et une création sans titre et hybride (mêlant peinture, photo, technologie numérique et même couture) du plasticien Simon Hantaï, présentée dans l’exposition « Fables du lieu » en 2001. Le texte brillant de Fleischer retrace tous les jalons et enjeux artistiques de ce fameux quadriptyque, au point de quasiment le révéler aux yeux du lecteur. Dans un registre plus intime, cet essai dévoile les origines du travail sur le « plié – déplié », emblématique de l’œuvre picturale de Hantaï. Un bijou ! 40p., 9€. François Lecocq

LE DERNIER DES JUGES Roberto Scarpinato –Entretien avec A. Rizzello | Éd. La Contre-Allée On ne saurait dire que Roberto Scarpinato doit à la chance d’incarner la Mémoire de la justice anti-mafieuse : jadis collaborateur des juges Falcone et Borsellino, il se serait sans doute passé de cette charge s’il n’avait été le seul, désormais, à pouvoir s’en acquitter –sous escorte permanente. Notre chance à nous, du moins, c’est de pouvoir recueillir, au fil de cet entretien, une somme de réflexions qui, au-delà de l’ « anomalie italienne », engagent notre appréhension du pouvoir, et du nécessaire rempart contre ses dérives : la connaissance. Au bout du compte, ce mince vademecum délivre une exigeante leçon de responsabilité : «Celui qui accroît son savoir accroît sa douleur ». 48 p., 7€. François-Xavier Beague


disques |

90

GIRLS Father, Son, Holy Ghost (Record 3) | Fantasy Trashcan / PIAS Quand d'autres piochent dans leur Panthéon musical et alignent les références obscures pour s'inventer un pedigree, Girls joue la carte du classicisme échevelé. Une enfance passée au sein d'une secte coupée du monde aura sans doute donné à Christopher Owens, âme de ce quintette, l'envie de goûter à tout. Et tout y passe : jangle-pop, blue-eyed soul, ballades du fond du canyon et grosse cylindrée metal (Die). Father, Son, Holy Ghost multiplie les auto-citations d'un titre à l'autre, et parfois même dans les doubles-fonds d'un morceau télescopique (Honey Bunny). Vertigineux. Virtuosité contre invention ? Girls possède les deux. Ce deuxième album suit encore les traces d'Elvis Costello. Dans le style bien sûr (Magic, hoquets compris) mais aussi et surtout dans la posture adoptée : refondre en disques tout son bagage, et empoigner l’affaire avec assez d'orgueil pour que le voisinage des idoles ne tourne pas à la séance diapos. Le tout dans la continuité, déjà, d'une œuvre qui se construit avec la calme assurance d'un groupe tout simplement capable. Et qui se paie le luxe d'un sous-titre à vous défriser n'importe quel dircom’ : après un premier Album (2009), puis un EP, voici donc Record 3. Girls ne fait pas des "coups" mais des disques. François-Xavier Beague

QUANTIC The Best Of Quantic| Tru Thoughts Résumer une décennie de carrière riche de six projets différents en 32 morceaux relève d’un sacré casse-tête. Pourtant, chose est faite avec cette roborative compilation célébrant l’insatiable parcours de Will Holland, artiste emblématique de Tru Thoughts, cité en référence aussi bien par Gilles Peterson, Don Letts, Mark Ronson, Bonobo que Mr Scruff. S’ouvrant avec le mythique Time Is The Ennemy, cette rétrospective brille d’une incroyable cohérence : celle d’un musicien mu par une recherche perpétuelle du groove ; ce qui l’a conduit à poser ses valises en Colombie. Et le parcours, commencé à 20 ans, de forcer le respect, flirtant avec un égal bonheur entre rare groove, soul, funk, dub, effluves latinos, cumbia en compagnie notamment d’Alice Russell et de Spanky Wilson. Marc Bertin


chroniques MAISON NEUVE

Shabazz Palaces

Joan | Talitres/ Differ-Ant

Black Up | Sub Pop /PIAS

Repéré en 2004 via le concours CQFD, Maison Neuve a déjà publié deux albums plutôt confidentiels. Cependant, rejoindre la maison bordelaise Talitres devrait sensiblement accélérer le cours ordinaire des choses. Avec son titre digne de Leonard Cohen, Joan semble habité par les riches heures de l’indie pop britannique fin 1980, quelque part entre la grâce fragile de Sarah Records et les audaces soniques des jeunes Turcs de chez Creation. Si le chant en français se fait rare, il épouse toutefois avec aisance les contours de cet univers tout en nuances. On songe parfois à Galaxie 500 (Touched in The Heart) et l’hommage à Lizzy Mercier-Descloux (ces garçons ont décidément des lettres) va droit au cœur. La porte est grande ouverte, il y fait bon. Marc Bertin

Si vous êtes fouineurs, peut-être l'aurez-vous dégusté durant ce bel été pluvieux. Dans le cas contraire, l'automne, ses feuilles mortes et ses trottoirs boueux seront le décor idéal pour découvrir les joies tristes de Shabazz Palaces. Signe particulier ? Une signature chez Sub Pop – ce qui nous change de la chandelle grunge ou des barbus barbants façon Fleet Foxes. Ici, fulmine un hip hop abrasif et mélancolique, sorte de rencontre entre la finesse de cLOUDDEAD (fer de lance du label chic-hop Anticon), le sens du beat des premiers Wu Tang Clan et la noirceur terminale de Techno Animal. On chipotera en évoquant quelques pénibles vocalises féminines, mais ce n'est pas grand chose au vu de l'ensemble, violemment réjouissant. Thibaut Allemand

The Rapture In The Grace Of Your Love | DFA / Cooperative Music The Rapture s'est accordé cinq ans pour ce quatrième LP. Le temps d'arracher l'étiquette dance-punk qu'on lui colle depuis 98 et de se remettre du départ de son bassiste Mattie Safer. Résolument moins agité que son prédécesseur et moins punk que Mirror (1999), ce dernier-né retrouve l'équilibre de Echoes (2003) sans pour autant en atteindre le niveau. Ballade douceamère au lyrisme déchirant, In the Grace of Your Love cohabite avec le fiévreux How Deep is Your Love ? (point d'orgue hédoniste de l'album) qui rend presque au trio sa club credibility. Mais, pour marquer leur apaisement, les New Yorkais concluent avec un rhythm & blues velouté plus surprenant qu'abouti. On en ressort un brin déçu, mais pas fâché pour un sou. Hakima Lounas


agenda |

92

concerts Jeu 01.09 Picnic Festival : Sanseverino + Bluegrass 43 Namur, Citadelle de Namur, 19h, 25/19e ouverture ST-Sauveur : Art Point M Lille, Gare Saint-Sauveur, 19h, grat Megafaun Bruxelles, Le Botanique, 20h, 15/12/9e Cap Sonic : An Pierle and White Velvet Mons, Théâtre Royal, 21h, nc

Ven 02.09 Deep In The Woods : Jtothec & the Bad Mothas + Dj Black Belt Jones Hastière, Massembre, 14h, 25e Whatever + The Straws + Suarez + Puggy + Applause + Great Mountain Fire + Dr Lektroluv + Partyharders Wardin, Wardin, 18h, 32/22e Picnic Festival : Levan + Shillelagh Namur, Citadelle de Namur, 19h, 10e Ricky Norton + Guitar Express + Ibiza Mouscron, Wapdoowap, 20h, grat General Purpose + Die Die Darling Lille, Gare Saint-Sauveur, 20h, grat Bubbles + So Tasty Lille, Magazine Club, 23h, 5e

Sam 03.09 Aymeric Hainaux + Charles Michiels + Charles Pennequin Mons, Le Manège de Mons, 10h, nc

Deep In The Woods : The Bony King Of Nowhere + Cotton Club + Intergalactic Lovers Hastière, Massembre, 14h, 25e

Rose + Hot Spoons + Sophie & Fiachra Namur, Citadelle de Namur, 19h, 20/14e

NAME FESTIVAL : DJ WEEZA + APM001 Lille, Gare Saint-Sauveur, 16h, grat

Mar 06.09

Ward’In Rock : Stromae + Les Fatals Picards + Bikinians + Crank Up + The Waow + Kiss and Drive + Lemon Straw + Fastlane Candies + The Dirty Cover Cats + Camping Sauvach + The Moon Invaders Wardin, Wardin, 18h, 32/22e

Mer 07.09

Picnic Festival : Hayseed Dixie + Bluegrass Cwrkot + Rawhide + East West Namur, Citadelle de Namur, 19h, 20/14e Burt Blanca Mouscron, Wapdoowap, 20h, grat Brains Etterbeek, Atelier 210, 21h, grat Crazy Animals Tribute To Pink Floyd Béthune, Oxford Café, 22h, nc Fun Glasses Party : Boat People Dj’s + Markus Scholl + Clementine Lille, Magazine Club, 23h, 5e Technasia + Deg Bruxelles, Fuse, 23h, 11/7e

Dim 04.09 Industrial Afternoon : Anamorphosis + Llumen + Letzte Krankheit Liège, InsideOut, 14h, grat Hell On Earth Tour : Unearth + Evergreen Terrace + Bane + Nasty + Casey Jones Anvers, Trix, 16h, 21/18e Picnic Festival : Perry

Superlijm Gand, Cafe Video, 20h, grat

Rauw en Onbesproken Gand, Cafe Video, 20h, grat Besthöven + Kontatto + Noia Liège, La Zone, 20h, 5e Sébastien Rivière + Lili Road Lille, Le Biplan, 22h, 5e

Jeu 08.09 L’ARMEE DU LOVE Lille, Le Biplan, 22h, 5e

Ven 09.09 RADAR : Isbells Tourcoing, Eglise Notre-Dame des Anges , 19h, 6e Zizek Label Night : Tremor + El-G + Mati Zundel Bruxelles, Ateliers Claus, 20h, nc Luc H + 14 Weeks + The Kilt Liège, La Zone, 20h, grat RADAR : Man Man + The Leisure Society + Kurt Vile & the Violators + Botibol Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 14/11e 2011 DMC Belgium Dj Championships : M-Rode + Turnsteak + Fader Penetrators + Dj F-X + Dj Bruxelles, Magasin 4, 20h, nc Cap Sonic : The Chap + That Summer Mons, Place du Marché aux Herbes, 21h, nc


Retrouvez l’intégralité des concerts sur

Mini Vixen Lille, La Rumeur, 21h, 4e The Magician + Peo Watson Lille, Magazine Club, 23h, 5e Acid Kirk + Nocid Liège, InsideOut, 23h, 5e

Sam 10.09 Suarez + Crazy Lady Madrid + Applause + Los Petardos + Great Mountain Fire + Vismets + Joy Braine-le-Comte, PARC DU CHAMP DE LA LUNE, 11h, 25/18e RADAR : Flotation Toy Warning Tourcoing, Hospice d’Havré, 19h, 6e Sniper Denain, Place Wilson, 19h, grat Lean Left + [sic]electric Bruxelles, Ateliers Claus, 20h, 8e

Clara Moto + Tom Buster Dunkerque, Le Kursaal, 22h, 15e Fantome + So Glove Lille, Magazine Club, 23h, 5e Kabale Und Liebe + Dimitri Andréas + Seba Lecompte + Madriko Gand, Decadance, 23h, nc Ghent Bangers feat. Neon & Davidov + Shindu + Gentil + Black Frank Gand, Culture Club, 23h, 7/5e

Tweak Bird Courtrai, De Kreun, 20h, 13/10/7e Lightning Dust Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 14/10e

Dim 11.09

Cloud Control Bruxelles, Le Botanique, 20h, 13/10/7e

Cap Sonic : Arvo Pärt Mons, Le Manège de Mons, 20h, 11/8e Meursault Gand, Cafe Video, 20h, grat

Lun 12.09 Wormrot + Maruta Lille, La Rumeur, 19h, 7e Simple Plan Gand, Culturell Centrum Vooruit, 19h, 25/22.5e The Show is the Rainbow Gand, Cafe Video, 20h, grat

Mar 13.09

Transistor Night : Pale Grey + The Epicurians Namur, Belvédère, 20h, 6e

The Chemical Fever Beauvais, L’Ouvre-Boîte, 19h, grat

RADAR : Mondkopf + Is Tropical + Crystal fighters Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 14/11e

Johnny Dowd Gand, Cafe Video, 20h, grat

Wido + Vincent Vercaigne Lille, Le Biplan, 22h, 5e

Beirut Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, COMPLET

Avril Lavigne Bruxelles, Forest National, 20h, 37.5e

Brassens, la Révolte Tranquille : Goun + L’Ame des Poètes Bruxelles, Campus du Ceria, 20h, 15/12e

City Sonic : Jerome Deuson + Squeaky Lobster + Aktivist (the) + Bergen Mons, Frigo, 20h, nc

Johnny Dowd + Dan Baker Anvers, Trix, 20h, 12/9e

Tini + Dinky + Deg Bruxelles, Fuse, 23h, 11/7e

Tuxedomoon + Phil Maggi Bruxelles, Magasin 4, 20h, 12e

Joe Sent Me + Tentative 02 Suicide Lille, La Rumeur, 20h, 5e

Mer 14.09

Omar Souleyman + Razen + DJ Anatool Mongool Anvers, Trix, 20h, 18/15e Ford & Lopatin Gand, Le Charlatan, 20h, 14/11e Folk Session Lille, Le Biplan, 22h, grat

Library Tapes Gand, Cafe Video, 20h, grat

Jeu 15.09 Agnes Obel Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 33/27e The Drums Bruxelles, Le Botanique, 20h, COMPLET Rony Verbiest Quartet Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, grat Kitty, Daisy & Lewis Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 20/16e 1=0 + CHKL + Perce Neige Lille, La Rumeur, 20h, 5e Dajamen Lille, Le Biplan, 22h, 5e

Ven 16.09 Leffingeleuren : Battles + Lindstrøm + Goose + Das Pop + Screaming Females + School Is Cool + The Hickey Underworld + Tanlines


agenda |

94

concerts Leffinge-Middelkerke, De Zwerver, 16h, 42/35e Dirge + Celeste + Comity Bruxelles, Magasin 4, 20h, 8e Alexander Tucker Courtrai, De Kreun, 20h, 13/10/7e Owl City Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 20/16e Les Hurlements d’Léo Grande Synthe, Palais du Littoral, 20h, 12/9e VNV Nation + Straftanz Anvers, Trix, 20h, 25/22e Bonne Humeur Provisoire + Chantal Morte Liège, La Zone, 20h, 5e Piangerelli Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 12/10/8e Sugar Foot Stomp Béthune, Oxford Café, 20h, nc Alex Taff Beauvais, L’Ouvre-Boîte, 21h, 12e THE REAL NELLY OLSON Lille, Le Biplan, 22h, 5e NAME Festival : 2ManyDj’s + Simian Mobile Disco + Seth Troxler + Carte Blanche + Busy P + Ryan Crosson + Discodeine + Remain + Superpitcher + Breakbot Tourcoing, La Tossée à l’union, 22h, 25/20e

Sam 17.09 Annotations of an Autopsy + Milking the Goatmachine Bruxelles, Magasin 4, 15h, 15/13e Leffingeleuren : Nosaj Thing + Arno + Rainbow Arabia + Steak Number 8 + G.Love + Intergalactic Lovers + Man Man + The Dead Trees + Scrappy Tapes + Crystal fighters +

Austra + Gabriel Rios Leffinge-Middelkerke, De Zwerver, 16h, 42/35e Azu-K + Fabrizio Graceffa Quartet + Nicolas Kummert + Baba Sissoko Saint-Josse-ten-Noode, Place Saint-Josse, 16h, grat Flesh Factory Festival II : Cercueil + Chantal Morte Marchienne-au-Pont, Rockerill, 16h, 12e

Bruxelles, Libertine Supersport, 23h, nc Norman Nodge + Marcel Dettmann + Deg Bruxelles, Fuse, 23h, 11/7e

Dim 18.09 Omar Souleyman Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 15h, grat

The War On Drugs Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 12/9.6e

Leffingeleuren : Selah Sue + Alpha Blondy + Donavon Frankenreiter + Newton Faulkner + Martin Sexton + Balthazar Leffinge-Middelkerke, De Zwerver, 16h, 42/35e

Rorcha + Chickfight + Morning Dead Liège, La Zone, 20h, 5e

Between The Burried And Me + Animals As Leaders Anvers, Trix, 19h, 16/13e

Rome + Evi Vine + Mongolito Bruxelles, Le T.A.G., 20h, 10e

Herman Düne + Alamo Race Track Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 16/12.8e Mélanie De Biasio Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 12/10/8e Goat Cheese + Le Réparateur Hazebrouck, Shakalaka, 21h, 3e

Lun 19.09 Sax Ruins + Ruins Alone + Ono Solo + Dispo Bruxelles, Magasin 4, 17h, 8e General Bye Bye + Megafauna + Sam Nolin Lille, La Rumeur, 20h, 5e Gallops Gand, Cafe Video, 20h, grat

Stoned Pops + Yes S Club Lille, Le Biplan, 22h, 7.5/5.5e

Mar 20.09

NAME Festival : Carl Craig + Luciano + Ellen Allien + Digitalism + Brodinski + Gesaffelstein + APM001 + Rone + Mirko Loko + The National Fanfare of Kadebostany + Logo Tourcoing, La Tossée à l’union, 22h, 25/20e

Figurines Gand, Cafe Video, 20h, grat

Retro Acid : Miss Djax + Leo Anibaldi + Mr Gasmak + Black Francis + Spacid Gand, Culturell Centrum Vooruit, 23h, 17/14e Moodymann + Rick Shiver + Dance Machine + Guy Ohm + Sofie L-Fêtes

Love Inks Bruxelles, Le Botanique, 20h, 13/10e

Mer 21.09 Malibu Stacy Liège, La Caserne Fonck, 20h, 8.5e Fat Cat Tour : We Were Promised Jetpacks + The Twilight Sad + Mazes Bruxelles, Le Botanique, Rotonde, 20h, 17/14/11e I’m From Barcelona


Retrouvez l’intégralité des concerts sur

Bruxelles, Le Botanique, Orangerie, 20h, 17/14/11e

100 Crew + Al Tarba Liège, La Zone, 20h, 6/8e

Sarah Lee Guthrie & Johnny Irion Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 12/9.6e

The Tanks + Instant Party Lille, La Rumeur, 20h, nc

Rivulets Gand, Cafe Video, 20h, grat SX Bruxelles, Beursschouwburg, 21h, grat

Jeu 22.09 Mandolinman Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 12h, grat White Wizzard Anvers, Trix, 20h, 13/10e Nuits du Soir 2011 : Jacques Duvall + Daan + Recorders + Romano Nervoso + Bikinians + Kiss and Drive + Malibu Stacy Bruxelles, Le Botanique, 20h, 9e Margaret Catcher Lille, Maison Folie Moulins, 20h, nc figurines Lille, La Péniche, 20h, 8e Brian Wilson Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 43/34e Tuur Florizoone Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 14/12e

Applause Arlon, Entrepôt, 20h, grat Laura Veirs Bruxelles, Le Botanique, 20h, 15/12e Rhys Chatham + Leo Abrahams + Seb Rochford + Rodrigo Fuentealba Gent, Handelsbeurs, 20h, 23/20e Tribute To Madchester : Antilles + Stay+ (exChristian AIDS) + Water Signs Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 8/6/Gratuit abonnése Imany + B Rotations Around The J Calais, Centre Culturel Gérard Philipe, 20h, 5e

Mon Désert Lille, Le Biplan, 22h, 5e Hindu Nights : Jeff Wootton + Phil Smith Gand, Culturell Centrum Vooruit, 23h, 15/12e OFFICIAL KOMPAKT TOTAL 12 : Michael Mayer + Reinhard Voigt + Sascha Funke + Okinawa 69 + Sebastien Bouchet + Wirspielen Bruxelles, Libertine Supersport, 23h, nc Andreas Henneberg + Ishtar & La Maz + CaspaR Bruxelles, Fuse, 23h, 11/7e So Tasty Lille, Magazine Club, 23h, 5e

Dim 25.09

Julio Bashmore + Martyn Gand, Culturell Centrum Vooruit, 22h, 14/12.5e

Thomas Enhco Lille, Maison Folie Moulins, 17h, nc

Nouvel An Belge : Aeroplane + APM001 + Fantome Lille, Magazine Club, 23h, 5e

Rodrigue Lille, L’Aéronef, 18h, 12e

Sam 24.09

Lill Lille, Le Biplan, 22h, 5e

Ven 23.09

Montevideo + Royal Hotel Namur, Belvédère, 20h, nc

Les 24h de Mouscron : Great Mountain Fire + Skip The Use + I’m From Barcelona Mouscron, Plaine de Neckere, 19h, 20/16e

The Sharpee’s Béthune, Oxford Café, 22h, nc

Gway + Kiddy Bwen Lille, Le Biplan, 22h, 2e

Ozark Henry Leuven, Het Depot, 19h, 26/29e

Whyzdom + Azylya Bruxelles, Magasin 4, 17h, 8e

Hervé Niquet Arras, Théâtre d’Arras, 20h, 24/18e

X Makeena + Alchemik Babylon Beats Bruxelles, Magasin 4, 20h, grat

This Is a Standoff + Strugglin For Reason Bruxelles, Magasin 4, 18h, Diablo Blvd + Alex Agnew Gand, Culturell Centrum Vooruit, 19h, 14/12.5e Ganglians Courtrai, De Kreun, 20h, 13/10/7e

Lun 26.09

Auryn + Themis + Isola Arlon, Entrepôt, 20h, grat

Francis International Airport Gand, Cafe Video, 20h, grat

The Irradiates + The Taikonauts Liège, La Zone, 20h, 6e

Ozark Henry Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 30e


agenda |

96

concerts Mar 27.09 Les Scrèneux Soignies, Espace Culturel Victor Jara, 14h, nc The Business + Control Liège, InsideOut, 20h, nc Raketkanon Gand, Cafe Video, 20h, grat

Mer 28.09 Shabazz Palaces Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 12e

Retrouvez l’intégralité des concerts sur

Guillemots Bruxelles, Le Botanique, 20h, 16/13e Black Joe Lewis & J-Funk Lille, L’Aéronef, 20h, 12/6e Thomas Enhco Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 6e Final Flash Lille, Le Biplan, 22h, 7/5.5e Friction + Riva Starr Anvers, Petrol, 22h, 10/6e

Ven 30.09

Soledad La Louvière, Centre Culturel Régional du Centre, 20h, 16/12e

Soirée Acid : DJ Saiz + DJ Faab + Dj Co²h Lille, Etik Club, 00h, 5e

Thomas Enhco Roubaix, La Piscine, 20h, 6.8e

Anekdoten + Monkey3 Leuven, Het Depot, 18h, 17/14e

The Specials Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, COMPLET Boom Bip Bruxelles, Le Botanique, 20h, 15/12/9e Yael Naim Douai, L’Hippodrome, 20h, 23/28e Atlantis Gand, Cafe Video, 20h, grat The Travellin’Band Lille, La Péniche, 20h, 8e Hermitage Bruxelles, Beursschouwburg, 21h, grat Le vrai terrien + Goomh Lille, Le Biplan, 21h, 3e

Jeu 29.09 True Bypass Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 12h, grat MoHa! + The Forks + SHTGN Bruxelles, Magasin 4, 19h, 7e The Electric Ducks Lille, La Rumeur, 20h, 5/6e

Do or Die + Zuul FX Bruxelles, Magasin 4, 20h, 12/10e Sunday Bell Ringers Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 12e Kid North + Ôsuperman + Kontrawl + Subod Lille, La Péniche, 20h, 12e Camélia Jordana Ath, Le Palace (Maison Culturelle d’Ath), 20h, 30e Kai Fish and The Light Bruxelles, Le Botanique, 20h, 10e Icebreaker & BJ Cole Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 20/18e Mulatu Astatke + Imperial Tiger Orchestra Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 10/Gratuit abonnése Thomas Enhco Kortrijk, Muziekcentrum Track, 20h, nc Maion & Wenn Beauvais, L’Ouvre-Boîte, 21h, 10/8e

The Electric Ducks Lille, Le Biplan, 22h, 7/5e The Glimmers + Clementine Lille, Magazine Club, 23h, 5e

Sam 01.10 Anna Calvi Lille, Splendid, 19h, 25e El Fish Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 16e Chris & Cosey Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 25/23e Matt Elliott Lille, La Péniche, 20h, 8e Lonely Drifter Karen Lille, L’Aéronef, 20h, grat Salvatore Adamo Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 46e Dick Annegarn Bruxelles, Théâtre 140, 20h, 25e Aeroplane + Mustang + Daryl + Sofie L-Fêtes Bruxelles, Libertine Supersport, 23h, nc

Lun 03.10 Anna Calvi Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 19/16e

Mer 05.10 Saul Williams + Mc Luvin Lille, L’Aéronef, 20h, 15/10e Pink Martini Roubaix, Le Colisée, 20h, 45/41e

Jeu 06.10 The Subways Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 14/17e Deportivo Lille, Splendid, 20h, 20e


le mot de la fin |

98

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Marc Jenkins manie l'adhésif comme personne, et il est loin d'être au bout du rouleau. Depuis 2003, le Street Artist américain sème dans des lieux insolites ses « Tape Men » – bébés, chevaux et figures grandeur nature - pour observer nos réactions. Scotchant! à visiter / www.xmarkjenkinsx.com


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