n째46 / novembre 2009 / GRATUIT
nord & belgique Cultures et tendances urbaines
3
Cultures et tendances urbaines
Let’smotiv Nord & Bruxelles 114 rue Barthélemy Delespaul - 59000 Lille Tél : +33 362 64 80 09 - Fax : +33 362 64 80 07 redaction.nord@letsmotiv.com pub.nord@letsmotiv.com
Let’smotiv Toulouse Tél : +33 561 14 03 28 - Fax : +33 561 14 25 22 redaction.tlse@letsmotiv.com
Let’smotiv Méditerranée Tél : +33 499 61 51 12 - Fax : +33 467 92 26 43 redaction.med@letsmotiv.com
Let'smotiv Bordeaux Tél : +33 556 52 09 95 - Fax : +33 556 52 12 98 redaction.bordeaux@letsmotiv.com
Let'smotiv Portugal +351 968 604 752
www.letsmotiv.com Couverture par Silke Werzinger www.silkewerzinger.de, www.colagene.com (voir portfolio page 14) Directeur de la Publication : Laurent Buoro ı Directeur du Développement : Loïc Blanc ı Directeur de la Publication Délégué : Nicolas Pattou ı éditeur Délégué : Tacteel, Sarl au capital de 5 000 euros – RCS Lille 501 663 769 ı Rédaction : Judith Oliver, Hakima Lounas ı ont collaboré à ce n° : Thibaut Allemand, François Annycke, Guillemette Bardinet, Faustine Bigeast, Julie Cerise, Audrey Chauveau, Olivier Chauzy, Guy-Pierre Chomette, Benjamin Cordazzo, Élodie Couécou, Léa Daniel, Mathieu Dauchy, Fanny Delporte, Philémon Desmanades, Hugo Dewasmes, Françoise Gauder, Gabriel Hahn, Éléanore Henry de Frahan, Herakut, Audrey Jeamart, Fabien Kratz, Carole Lafontan, Sophie Malard, Laurent Moynat, Catherine Nerson, Clément Perrin, Carole Petrigno, Patrick Pulsinger, Aurélia Said, Marc Simon, Olivia Volpi, Silke Werzinger ı Publicité Régionale : au magazine, +33 362 64 80 09, pub.nord@letsmotiv.com ı Publicité Nationale : Plus2Media, +33 561 14 78 37, lm@plus2media.fr ı Direction Artistique : Cécile Fauré, Christophe Gentillon, Jean-Marc Beguin - pao@urban-press.com ı Administration : Laetitia Louvet, adm@urban-press.com ı Diffusion : C*Red ı Impression : Imprimerie Ménard, 31682 Labège - Papier issu de forêts gérées durablement ı Let'smotiv est une publication d'Urban Press, www.urban-press.com L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. ı Magazine gratuit - Membre de l’OJD, Bureau de la presse gratuite d’information. Ne pas jeter sur la voie publique.
Rions de la misère Bonne nouvelle ! La Belgique vient de trouver LA solution ultime pour éradiquer la misère. Une association bruxelloise a décerné, en octobre, le titre de Miss SDF. C’est Thérèse, 58 ans, qui a reçu cette glorieuse reconnaissance, couronnement de sa « beauté intérieure », d’après les organisateurs. Lors du défilé, la charmante édentée a brillamment évincé les 10 autres candidates en lice, raflant au passage la récompense : un an de logement. Pas bête, dans un contexte où les financements publics se réduisent comme peau de chagrin. Il serait bon d’envisager sérieusement une application massive de cette solution. Oui, organisons chaque année un concours national, pourquoi pas télévisé. Chaque soir, on pourrait suivre à l’écran les péripéties des SDF. Le sans-logis le plus méritant, après une série d’épreuves éliminatoires (rester propre, survivre au froid, éviter les agressions) gagnerait à la fois la célébrité et un toit. Pour sauver Jacqueline, tapez 1. Pour lancer un combat à mains nues, appuyez sur étoile. Sérieusement, pensez aux avantages : fini le cœur serré devant les mendiants agenouillés et leurs pancartes. Ils ne seraient plus que des candidats. À charge pour eux d’obtenir la faveur du public. Plutôt que de leur donner de la menue monnaie, envoyons-leur nos SMS de soutien. Avec ces initiatives novatrices, ce serait la fin de la misère. Ou plutôt du concept de misère tel que nous le connaissons. Désormais, c’est un jeu auquel chacun a librement choisi de participer : à quoi bon la solidarité ou la compassion ? Olivia Volpi
Sommaire Let’smotiv - nov. 2009 - n°46
06 10
News Rencontre
Golshifteh Farahani
14 Portfolio
Silke Werzinger
18
Reportage
26
Design
Les maisons flottantes aux Pays-Bas
Christian Desile
32 Shopping 36 Mode
46
Portfolio, Mam’zelle Margalette
évènement
Biennale Charleroi/Danses
52 Portrait
Diego Cortez Salas aka Mr Mönk
56 Musique
Festival des Inrocks, Kings of Convenience, Jack Peñate, Grizzly Bear…, chroniques disques
74 Portfolio Herakut
80 Littérature
L'âne qui butine, chroniques livres
© Julie Cerise, Laurent Moynat
84 Cinéma
Festival du Film d'Arras, Cinéma Nova
88 Théâtre & danse
L'orgie de la Tolérance, Hamlet, Les Cinq Roues…, agenda
108 Expositions
Ali Kazma, George Rousse, Sexties…, agenda
122 Agenda concerts
Mr Oizo © DR
En bref…
Ils sont fous ces Bretons Les nez commencent à peler - nous aussi d'ailleurs -, mais peu importe. Car les Trans Musicales s'apprêtent à faire monter la température à Rennes. À base de Popopopops (nom d’un groupe rennais qui joue cette année). Depuis 31 éditions, le festival assène ses recommandations musicales avec une réelle prise de risque. Dans le line-up, quelques groupes connus (the Whitest Boys Alive, Mr Oizo ou Major Lazer) et beaucoup de formations émergentes, comme Cercueil ou Roken is Dodelijk pour ne citer qu'eux. En parallèle, les Trans pénètrent dans tous les bistrots pour un échange optimal de riffs et de postillons avec les artistes. ❥
www.lestrans.com, www.barsentrans.com
Pop en Stock Les Belges Jan Lauwers et Maarten Seghers prennent très au sérieux leur rôle de bouffons. Accompagnés de nombreux artistes, ils prennent d'assaut la Condition Publique de Roubaix. Avec, à la bouche, une simple question : pourquoi la musique Pop ne s’est-elle jamais remise en question ? Pendant trois jours de happenings et d'installations créés pour l'occasion, ils nous invitent à un quizz aussi absurde que pertinent. Saura-t-on enfin pourquoi on ne se souvient jamais des couplets de nos hymnes fétiches ? ❥ Réponse du 26 au © J. Kraemer
Télex
28.11, + 33 328 33 48 33, www.laconditionpublique.com
Pour les 18 groupes lauréats qui assurent la première partie de Magic Malik, Absinthe Minded ou Usmar, ce n'est qu'un « tour de chauffe ». Du 12 au 28.11 à Comines (Nautilys), Faches-Thumesnil (Arcades) et Villeneuve d'Ascq (Ferme d'en Haut) // Les Flamings Lips préparent une complète refonte du légendaire album The Dark Side Of The Moon des Pink Floyd, avec de nombreux guests. à quand la mise en orbite ?
news |
7
Mille et un Miles L'ascenseur ne mène pas à l'échafaud. Il nous conduit au sous-sol de la cité de la Musique, à Paris, où se poursuit la plus grande rétrospective jamais réalisée sur Miles Davis. Après le rez-de-chaussée bleu-nuit (A kind of blue diront certains), consacré aux années be-bop et acoustiques, la deuxième partie du parcours s'annonce plus psychédélique. Entre 1967 et les 1990, le trompettiste découvre l'électrique, mâtine ses enregistrements d'influences rock, hip-hop. 500 objets insolites, affiches, partitions et instruments témoignent de la diversité de ses approches musicales. Et de douillets petits cocons réservent aux oreilles un confort d'écoute inégalé. Bref, dans le Miles ! ❥ Jusqu'au 17.01, www.citedelamusique.fr
Carosse © Florian Kleinefenn
Veilhan monte sur le trône
La mode en chair et en os
Un an après la polémique Jeff Koons, c'est à un jeune plasticien lyonnais de s'emparer plus discrètement du château de Versailles. Xavier Veilhan instaure jusqu'au 12 décembre un dialogue serein entre l'histoire classique, la modernité des matières et les formes futuristes. À l'image de ce carrosse stylisé, en métal violet, planté dans la cour d'honneur. Preuve qu'un brin d'humilité n'empêche ni l'esthétisme, ni la réflexion.
Comme l'indique implicitement le titre de cette exposition (Dysfashional, jusqu'au 29.11 au Passage du désir à Paris), ici on parle de mode certes, mais point de podiums, de mannequins neurasthéniques et de lignes de vêtements. Les créateurs ne présentent pas leurs collections mais des installations exprimant leurs univers. Exit le côté commercial donc, Dysfashional explore la frontière ténue qui sépare la mode de l'art.
❥
www.veilhan-versailles.com
❥
www.passagedudesir.com
Aucune thématique, aucun format. Seule contrainte : être né, ou résider en Belgique depuis plus d'un an. Vous avez jusqu'au 31.01 pour participer, et gagner l'une des 9 récompenses du 16e Prix National de la Photographie de Charleroi. // Après les Gobelins, les e-magiciens... les étudiants en infographie viennent d'un autre monde ! Alors profitez-en, car du 25 au 27.11 ils sont au Phénix de Valenciennes pour les rencontres européennes de la jeune création numérique.
news |
8
Cogito ergo sum Quel est le point commun entre Lille et Bruxelles ? En Novembre, ce n'est ni la brique, ni la bière mais plutôt la philosophie qui réunit ces deux villes. Et un thème, Berlin. Dans la capitale belge, les débats se jouent en partie sur les écrans. « Focus 89 », à Flagey, s'organise autour d'une rétrospective de films antérieurs à la chute du Mur. À Lille, on échange, entre autres, avec Claude Lanzmann et Michel Onfray. Car l'excellent Cité Philo remet le couvert du 12 au 29 novembre avec son lot de tables-rondes et de rencontres autour de sujets variés (de l'humanitaire à l'Iran). ❥ www.focus89.be, www.citephilo.org
L'IMA à Roubaix ?
Cheveux longs et Hotte de cuir
L’Institut du monde arabe, centre parisien consacré au rayonnement de la culture arabe, pourrait ouvrir une antenne à Roubaix d'ici fin 2010. Ce projet prolonge la fructueuse collaboration menée avec la région Nord-Pas-De-Calais autour de l’exposition Bonaparte et l’Egypte. Ce futur lieu d'exposition et centre pédagogique pourrait être associé au Centre culturel du monde arabe de Roubaix pour dispenser ces cours de langue et de civilisation. Quelques lieux de la capitale du textile sont pressentis pour accueillir le projet, dont la Condition Publique. Affaire à suivre...
Franchement nous, on ne s'est jamais posé la question. Évidemment que le père Noël est un rocker ! Sinon comment expliquer que Sharko, Barcella, La Ruda, Showstar ou Skarbone 14 travaillent gratos pour lui ? Voilà 15 ans à Lille et 8 ans à Dour que des dizaines de groupes enfilent leur tenue de lutin pour une série de concerts caritatifs au profit d'enfants démunis. Le prix d'entrée ? Un jouet neuf. Rendez-vous à Dour, Thullies et Silly du 12 au 19 décembre, et du 23 au 28 au Splendid et à L'Aéronef de Lille. ❥
www.rock-cœur.be, www.pernorock.com
Golshifteh Farahani
met les voiles
rencontre |
11
Propos recueillis par ¬ Marc Simon Photos ¬ © DR
Succès surprise du circuit art et essai, À propos d’Elly de l’Iranien Asghar Farhadi, a révélé une actrice, Golshifteh Farahani. Cette belle jeune femme de 26 ans est une star en Iran. Mais elle a choisi l’exil, et vit désormais en France : parce qu’elle a joué tête nue dans Mensonges d’Etat, de Ridley Scott, face à Leonardo Di Caprio, les autorités iraniennes l’ont prise en grippe. Alors qu’elle tourne actuellement sous la direction de Roland Joffé, Golshifteh Faharani s’insurge, et raconte une jeunesse iranienne. Pourquoi avoir quitté l’Iran ? En février 2008, peu après le tournage de Mensonges d’Etat, je devais me rendre à Londres pour des essais, et j’ai été bloquée à l’aéroport. Quand les agents du gouvernement m’ont reconnue, ils étaient presque gênés de m’empêcher de partir. Ils s’excusaient ! Six mois plus tard, la bande-annonce du film de a commencé à circuler sur le Net. La polémique a enflé lorsqu’on a vu que je ne portais pas le voile. Simultanément, la nouvelle que j’avais été retenue en Iran a été rendue publique. À l’automne 2008, j’ai enfin réussi à partir, en profitant d’une faille du système de contrôle !
Vous vous sentiez en danger ? J’aurais sans doute pu rester : on n’emprisonne pas et on ne menace pas physiquement quelqu’un d’aussi connu que moi. Mais je n’aurais plus été autorisée à travailler. Peu avant mes soucis, j’avais représenté mon pays dans une sorte de mini festival célébrant l’anniversaire de la Révolution islamique. D’ambassadrice, j’étais devenue persona non grata… On s’habitue à cet arbitraire ? On n’a pas le choix ! J’ai grandi dans une famille d’artistes et d’intellectuels : mon père est acteur et metteur en scène de théâtre, ma mère a été peintre, elle a étudié les arts plastiques à Strasbourg. >
rencontre |
12
« En Iran, tout est illégal, mais tout est faisable à condition de savoir se débrouiller.» Mes parents avaient quitté l’Iran du Shah, et ils sont rentrés lors de la révolution. Mais ils étaient opposants avant la révolution islamique, et ils le sont restés après… Dans ce contexte, on comprend très vite que les choses ne fonctionnent pas normalement. Je ne peux pas dire avoir vécu dans la peur, mais elle était là, comme une chose toujours présente qu’on ne remarque plus : la peur de la police, mais aussi des « bassidji », les milices islamiques. Comment s’en sort-on, alors ? Par l’hypocrisie. On apprend à mentir : afficher sa foi même si l’on n’est pas croyant, cacher les habitudes occidentales prises à la maison. On est obligé de devenir une bonne actrice ! C’est d’autant plus triste que j’aime mon pays : à 12 ans, j’ai voyagé, j’ai détesté les États-Unis, le pays de la surconsommation. J’avais hâte de rentrer. Ces dernières années, l’Iran a évolué… Un peu. En Iran, tout est illégal,
mais tout est faisable à condition de savoir se débrouiller. Vous voulez boire de l’alcool ? Il est facile de trouver le numéro d’un vendeur au noir qui arrivera chez vous, discrètement chargé de toutes les boissons de marque occidentales. Le rock est interdit ? Il existe un réseau de concerts clandestins, etc. Et le port du voile ? Pour ceux ou celles qui, comme moi, ne sont pas croyants, c’est un costume national, pas un emblème religieux. On n’y pense plus, on se débrouille. Cette contrainte-là est minime par rapport à l’impossibilité de s’opposer au régime. Où étiez-vous pendant les élections de juin dernier ? En tournage en Argentine. J’étais sûre que Moussavi allait gagner, mais je ne me faisais pas d’illusions sur l’avenir. Je pensais que son mandat ouvrirait une ère de réformisme léger, suivie d’une période plus dure, selon le mouvement de balancier habituel.
La tournure des événements, et la répression des manifestants m’ont rendue malade. Qu’est-ce que vous pouvez faire, à votre niveau ? Il est très compliqué de s’exprimer quand on est en exil. J’ai un projet musical : enregistrer un album avec l’un des plus célèbres musiciens iraniens, Mohsen Namjoo. Il a lui aussi quitté l’Iran après avoir été menacé de prison à cause du contenu trop réaliste de ses chansons. Je vais chanter pour lui. C’est un geste symbolique fort parce que le chant féminin est interdit en Iran, et parce que nous sommes deux stars : le disque circulera chez nous sous le manteau dès le jour de sa sortie en Occident.
❥
Quel avenir pour l’Iran? Là-bas, la vie continue. Elle a toujours continué : les Iraniens sont des survivants. Le pouvoir a longtemps profité du manque d’éducation du peuple, mais, aujourd’hui, grâce aux nouveaux modes de communication, internet en particulier, la jeunesse a gagné en maturité. Les Iraniens savent ce qu’ils veulent : la liberté de pensée et de parole… Et pour vous ? Mon pays me manque affreusement. Mais si j’y retourne dans les circonstances actuelles, je risque non seulement d’être privée de travail, mais de ne plus pouvoir en sortir. Ma prochaine ambition ? Apprendre le français ! /
There be dragons de Roland Joffé, avec Golshifteh Farahani (sortie en 2010), un biopic consacré à Jose Maria de Balaguer, fondateur de l'Opus Dei.
Silke Werzinger
Street art // Allemagne // www.silkewerzinger.de représentée par Colagene (www.colagene.com) texte ¬ Carole Lafontan
À
voir le dessin qui inaugure son site Internet (un vieux gars en peignoir-chaussettes-claquettes avec un masque de Lucha libre sur la tête et une trompe d’éléphant en guise de slip), pas de doute, l’illustratrice allemande Silke Werzinger, en a dans la culotte. Partie étudier le dessin et le design graphique à l’University of Applied Sciences de 2003 à 2008, elle pose
portfolio |
15
❖
Double page réalisée pour le magazine Wad (France, Girls Issue, août 2008) - Colagene
en 2005 et pour quelques mois ses valises à Berlin. C’est là qu’elle puise l’inspiration et commence vraiment à dessiner. Depuis, cette jeune femme pleine de charme enchaîne les publications (Wad Magazine, Electronics Arts, Reader’s Digest…) et travaille avec les mastodontes de la pub (Publicis, Bleu Blanc Rouge…). Représentée par Colagene, une « clinique » d’illus-
tration qui « soigne l’image », à Paris et Montréal, elle apparaît dans le tout nouveau livre Illustration Now ! 3 (Taschen), fameux recueil qui recense les talents actuels mondiaux. Surpris d'apprendre que Silke n’a pas encore la trentaine, on ne porte plus du tout le même regard sur nos bons vieux dessins au Bic®, souvenirs sacrés de nos années lycée… Pas vrai ? /
portfolio |
16
❖
1 - Dessin extrait d’un dossier sur les grandes métropoles de la mode pour Maxi Magazin # 02 (2008) 2 - Portrait du Professeur Michael ten Hompel, réalisé pour le Siemens Magazin (août 2008) - Agence Publicis 3 - Dessin réalisé pour le Dogs Magazin # 12 (sept. 2008) 4 - 64 things, a woman should have done in life, dessin réalisé pour le magazine Annabelle (Suisse, déc. 2008)
1
2
3
4
Les Pays-Bas déménagent sur l’eau
Particulièrement vulnérables à la montée des eaux, les Pays-Bas commencent à anticiper les changements climatiques. Plutôt que de la combattre, autant apprivoiser cette eau avec laquelle les Néerlandais entretiennent des liens séculaires. Une révolution des mentalités symbolisée par l’apparition des premières maisons flottantes. Rencontre avec la famille Boersma, qui vit sur les flots depuis peu.
texte ¬ Guy-Pierre Chomette photos ¬ Éléonore Henry de Frahan
reportage |
19
reportage |
20
D
u fond de la cuisine, Rudmer, 8 ans, prend son élan. Il passe en trombe devant le réfrigérateur, franchit la vaste baie vitrée, déboule sur la terrasse et plonge dans l’eau en éclatant de rire. Sa voisine Janna l’a rejoint en nageant depuis chez elle. Tous deux remontent sur la terrasse par l’échelle de bateau accrochée non loin des canapés du salon. Sous l’œil amusé de ses parents Pétra et Germ, Rudmer replonge aussitôt, jamais lassé par ce jardin d’eau sur lequel flotte leur nouvelle maison. Des résidences flottantes au design d’avant-garde Avec ses 170 m2 et ses trois étages, la maison flottante de la famille Boersma, à Leeuwarden dans le nord des Pays-Bas, n’a plus rien à voir avec les barges, péniches et autres houseboats aménagés en lieux de vie le long des canaux d’Amsterdam, et contraints à une certaine platitude pour des raisons de stabilité. Désormais, la hauteur des bâtiments flottants fait toute la différence. Les
Néerlandais voient fleurir ça et là de véritables villas sur l’eau, et, plus encore, des projets entiers d’urbanisme résidentiel flottant au design avantgardiste. Johan Sijtsma est l’architecte des sept demeures de standing qui composent le quartier flottant où vivent Pétra, Germ et Rudmer. « Avec les nouvelles techniques de flottaison mises au point par les entreprises de construction, la stabilité d’un bâtiment de trois étages est quasiment parfaite, raconte-t-il. Le vent peut souffler jusqu’à force 10 sans que l’on sente la maison bouger ! Seul inconvénient : vous devez vous passer de billard. Si vous ne sentez rien, il est vrai que les boules, quant à elles, vont réagir à la moindre inclinaison… » La technique utilisée est simple : de gros jerricans remplis d’air sertis dans une coque de béton s’enfoncent d’un peu moins d’un mètre sous la surface. Ils offrent à l’architecte un ponton parfaitement équilibré d’environ 100 m2 sur lequel sa créativité peut s’exprimer en s’affranchissant des contraintes des structures flottantes habituelles. Pour rendre l’ensemble encore plus stable, la maison des Boersma n’est pas amarrée à la terre ferme comme une péniche à son quai, mais elle coulisse le long de pilotis profondément enfoncés sous l’eau. En cas d’inondation, elle peut ainsi s’élever de plusieurs mètres sans danger, le ponton qui la relie à la terre restant mobile comme une échelle de coupée. >
Photo page précédente : Construite dans un chantier naval près d’Amsterdam, la maison des Boersma traverse le lac Ijsselmeer avant de rejoindre 25 heures plus tard Leeuwarden, sa destination finale.
Depuis 10 ans, pas moins d'une cinquantaine de projets résidentiels flottants sont à l'étude. Certains regroupent déjà plusieurs maisons, comme celui de la rue Skutesan, à Leeuwarden, où vit la famille Boersma.
reportage |
22
« J’ai toujours rêvé de pouvoir amarrer un bateau à ma maison… »
Le quart des Pays-Bas sont en dessous du niveau de la mer Un sacré argument de vente dans un pays particulièrement vulnérable à l’élévation du niveau de la mer. Les bouleversements climatiques ? « Nous en avons entendu parler, raconte Germ. Mais ce n’est pas cela qui nous a fait venir ici. J’ai besoin de vivre à proximité de l’eau. J’apprécie le calme, la lumière, l’espace. Et j’ai toujours rêvé de pouvoir amarrer un bateau à ma maison… » Pétra renchérit : « Et tant mieux si, en plus de nous offrir cette qua-
lité de vie, notre maison résiste aux inondations ! » Depuis toujours, les Néerlandais entretiennent avec l’eau des rapports complexes. « Dieu a créé la Terre, nous avons créé les Pays-Bas », affirme un vieux dicton de ce peuple du Nord qui a façonné son territoire d’une empreinte sans équivalent dans le monde. Entre terre et mer, le pays se confond avec le delta du Rhin, de la Meuse et de l’Escaut. L’eau est partout : un cinquième de ses 41 526 km2 est occupé par des lacs, des cours d’eau, des bras
de mer. Près du quart du territoire se situe en dessous du niveau de la mer, dont Amsterdam. Protégées par des digues gigantesques, ces régions vulnérables abritent 60 % de la population ! Les Néerlandais sont plus résolus à apprendre à vivre avec l’eau plutôt que la museler toujours plus. « Au lieu de se construire contre la mer, le temps est venu de se construire avec la mer », résume Dennis Meerburg, chargé de promouvoir les logements aquatiques dans une entreprise de travaux publics. >
reportage |
24
Face aux risques liés à l’eau, les mentalités évoluent Depuis qu’ils ont acheté leur maison, Pétra et Germ ont réalisé un album de photos et de coupures de presse qui parlent de leur aventure immobilière. Construite à pied sec sur un chantier naval près d’Amsterdam, leur maison a été mise à l’eau tel un navire, en leur présence. Son transfert à Leeuwarden a duré 25 heures. Quelques heures avant son arrivée à destination, les Boersma sont allés à sa rencontre avec leur bateau. « C’est étrange de voir sa maison traverser la campagne en flottant sur les canaux,
avait murmuré Germ, ému. Les architectes anticipent déjà le jour où il sera possible de déménager d’un bout à l’autre du pays sans changer de murs. Ils planchent aussi sur des projets de villas flottantes pivotantes, qui permettraient d’orienter terrasses et balcons en fonction de l’ensoleillement sans avoir à toucher aux parasols… En attendant ces maisons flottantes de seconde génération qui verront le jour avec d’ambitieux projets résidentiels sur l’eau, Rudmer continuera longtemps à prendre le ponton-terrasse pour un plongeoir olympique.. /
En matière de logements flottants, les Pays-Bas gardent une bonne longueur d'avance : une cinquantaine de projets d'urbanisme aquatique y sont en chantier.
design |
26
Christian Desile
Bel et bien assis texte ¬ Guillemette Bardinet
Christian Desile ne sait pas si son nom prend un accent. Ce qu’il sait, en revanche, c’est que ses trois années de recherche passées sur un prototype de chaise viennent d’être récompensées par deux prix au salon « Maison et objet » : le prix découverte pour la partie design « now » (comprenez « branché ») ainsi que le prix coup de cœur de la presse. Une première qui mérite qu’on se penche sur son dossier.
Chaise Bambou Š Christian desile - Photo : Marc Thill
design |
28
« Le travail de Desile est un savant mélange de tradition et de modernité, saupoudré d’un zeste d’humour. »
L
’aventure a démarré quelques mois plus tôt. Christian, graphiste, sort des beaux-arts (option art) et expérimente divers médiums sans totalement se fixer. Une incursion réussie dans la photo lui permet d’exposer (à Bordeaux dans la galerie Arrêt sur l’image) ses clichés travaillés d’arcs-en-ciel et de paysages souvent urbains. L’arrivée de deux jumeaux rend les virées photos nocturnes de Christian irréalisables, trop occupé qu'il est, à donner le biberon. Alors qu’il assure les nuits (bébés obligent), son ordi lui offre une fenêtre de sortie, un moyen d’assouvir ce besoin de création qu’il a vissé au corps. Avec le recul, il sait aujourd’hui qu’avec le design, il a trouvé sa voie, sa voix, son savoir-faire…
Reste à faire savoir Nathalie Lamire (de la galerie « Arrêt sur l’image », toujours) et Muriel Biau, promeuvent également de jeunes designers de la région Aquitaine. Elles décident de prendre un stand et de présenter la chaise Desile IN FINE à la biennale internationale du design de Saint-Étienne, la Mecque en la matière. Alain Bodard, directeur de la société d’édition belge Vange, qui ne passait pas du tout là par hasard, proposa à Christian d’éditer sa chaise. Puis arrive le salon « Maison et objet », qui crée un véritable buzz autour de cette chaise en bambou. Déclinable dans plein de matières, elle relève presque de l’évidence. Simplissime dans sa forme et son utilisation, elle s’ouvre dans les deux sens, et peut se ranger à la centaine dans 2m linéaires. Sans parler de sa faible emprise écologique et de son esthétisme impeccable. Les commandes commencent à affluer même si les marges sont faibles. En attendant d’être riche, notre homme a des projets et des prototypes plein ses tiroirs : une chaise longue légère et bien pensée qu’il autoéditerait, des étagères dans un esprit kit, de belles et drôles chaises de jardin. >
1
2
3
❖ 1 - Mobilier urbain,
Molécules en béton et marbre 2 - Étagère Ell 3 - Tabourets Liéger © Christian Desile
design |
30
Desile Mode d’emploi
❖ Chaise Longue Clap et son rangement © Christian Desile
❥
Le travail de Desile est un savant mélange de tradition et de modernité, saupoudré d’un zeste d’humour. Le tout bien digéré. Ses matériaux chouchous sont les bois résistants, le carton (qu’il aimerait mélanger au marbre), le médium, le feutre, le liège. Christian apprécie le travail d’Inga Sempé, Mathieu Lehanneur et Martin Szekely. Pour parler de ses meubles, il utilise un langage très charnel, ses chaises sont « trapues », il aime les rondeurs. La forme naît pourtant avant tout de la contrainte : du mécanisme de fonctionnement découlera une silhouette. Christian bannit l’asymétrie, qui fatigue, lasse, complique. Il privilégie l’ergonomie, la gestuelle qui accompagnent l’utilisation du meuble. Priorité est donnée aux objets qu’il pourrait utiliser, caressant, au fond, le rêve d’avoir un immense atelier pour se fabriquer des meubles à lui. /
à découvrir / Christian Desile : d2iles@free.fr et Vange : www.vange.be
Objets trouvés sélection ¬ Léa Daniel & Benjamin Cordazzo
Pomme d'amour Pour notre plus grand plaisir, Apple actualise ses iMac. Une mise à jour du matériel qui fait de cet ordinateur de maison une véritable machine de guerre écolo, avec son lot de nouveautés. Un écran 16:9 au standard Haute Définition jusqu'à 27", la première souris multi-touch au monde, comme l'iPhone, en fonction des configurations des processeurs dernier cri d'Intel i5 et i7, des cartes graphiques ATI plus performantes, un lecteur SD card, le tout dans une coque en matériaux recyclables sans couture, redessinée pour plus de finesse, livré avec le tout récent OS X Leopard. Le nouvel iMac met plus que jamais la barre très haut. ❥A
partir de 1100€ - store.apple.com/fr
Biohazard
Entre le transcoder Star Trek et le communicator alien, le dernier modèle de montre TokyoFlash tire son nom d'une référence à la saga Resident Evil. Elle est évidemment illisible pour un non initié. Mais pour ceux qui maîtrisent le calcul de l'ADN ou de la date interstellaire, on est preneur. ❥ 130€ - www.tokyoflash.com/fr/
shopping|
33
Terry...ble ! La tendance « Toy » ne s’essouffle jamais, même en pleine vitesse. La preuve, cette petite figurine à l’effigie de Terry Richardson made by Uncleyork. Malgré ses 18 centimètres de vinyle, elle est plus vraie que nature. Et pour une fois que c’est le photographe qui joue à la poupée, on s’incline ! ❥ Ex
exclusivité chez Colette, 213 rue Saint-Honoré, 75001 Paris et sur www.colette.fr
Fred Perry x Vespa S’il est désormais trop vieux pour jouer au tennis, Fred Perry est si renommé qu’à l’occasion de son 100e anniversaire, il peut s’offrir tous les cadeaux qu’il veut ! Comme ce Vespa, couleur crème et petites bandes vertes, édité à seulement... 100 exemplaires. Pour ceux qui l’ont loupé, il reste les polos cuvée spéciale, en série limitée. ❥w ww.fredperry.com/hundredyears, le polo : 100 €
La vie en technicolor « Changer de couleur d’encre sans changer de stylo », telle était la devise de ce stylo imaginé par la société Bic en 1969. Quarante après, le bic 4 couleurs, mâchouillé de préférence, est devenu un classique qui rappelle les années collège et son cortège de copies doubles. Alors, pour croquer à pleines dents cette madeleine de Proust, Bic réédite une série limitée de son stylo « qui fait clic » avec de nouvelles couleurs. Les traditionnels bleu-vert-rouge-noir cèdent, pour un temps, la place au vert anis, au rose patchouli, au violet deep purple et au bleu ciel d’été. Le design, quant à lui, reste le même, on retrouve la petite boule blanche sur le haut du stylo ! ❥ 2,05 €, www.bic.fr
shopping |
34
Ressources Humaines
Bloc party
La dynamo est miniaturisée et la batterie de stockage intégrée dans la structure du fauteuil. Ce dispositif simple permet au mouvement de balancier d’alimenter en électricité la lampe constituée d’un panneau OLED cintré en forme d’abat-jour et habillement placé. Cette idée brillante est arrivée en top list du dernier concours Designboom « Green Life ». Lumineux ! ❥ Murakami Chair par Rochus Jacob
C'est LE ghetto blaster que nous attendions pour notre baladeur mp3. Il balance 200W RMS avec un amplificateur de classe D. Un dock pour ipod qui gère les appels sans interférences, deux entrées AUX pour les potes, un equaliseur 7 bandes et une radio FM, une télécommande, il fonctionne sur secteur ou sur piles (30 heures d'écoutes). 300€ - www.alteclansing.com
Pump Up the Volume ! Reebok fête les 20 ans de la Pump et demande aux 20 plus grands shops de sneakers du monde de revisiter cette chaussure mythique. Le résultat : 20 séries limitées à 30 exemplaires. Sortie mondiale : le 20 novembre. Les amateurs ne pourront pas dire qu’ils ne le savaient pas ! ❥
Télex
www.Pump20.com
LaCie by S+arck est un disque dur de bureau en aluminium évitant les surchauffes. Sa façade réagit au toucher, ce qui permet de lancer une application préalablement choisie. Compatible Mac et PC. 160€ - www.lacie.com/fr // La quatrième et dernière montre de la série Fluro Player de Nixon va sortir le 15.11, sa couleur est encore un secret mais les bénéfices, on le sait, iront en faveur de la recherche contre le cancer du sein. 199 €, http://fr.nixonnow.com
mode |
36
LĂŠa "L": Pantalon Sessun (mod'in), Gilet American vintage (mod'in), Tshirt American vintage (Mod'in), Collier Adeline Affre (rice and beans) ThĂŠo "E" : Gilet Camo (rice and beans), Pantalon American Vintage (mod'in)
Manon ''T" : Manteau Peoples Market (brock n roll), Robe Taboo (hall bazaar) FĂŠlix "apostrophe" : Tshirt Merc (brock n roll), Gilet April Records (brock n roll), Pantalon Diesel (mod'in)
GrĂŠgoire "S" : Foulard Esprit (hall bazaar), DĂŠbardeur So Charlotte (hall bazaar), Gilet Eleven (mod'in), Pantalon Eleven (mod'in) Laurent "m" : Pull et jeans CarhartT, Veste et foulard Pepe Jeans
mode |
39
Mathieu "O" : Écharpe American Vintage (mod'in), Pull H&M, Jeans Wrangler (Mod'in), Lunettes Emmaßs Clara "T" : Noeud pap American Apparel, Haut Chipie (hall bazaar), Jupe Esprit, Collants American Apparel
Fiona "i" : Bonnet Le Temps Des Cerises (mod in), Pull Kulte (Core Zone), Pantalon Volcom (core zone) CĂŠcilia "v" : Robe Vivetta (rice and beans)
mode |
41
Photographie & stylisme ¬ Julie Cerise Assistant photo ¬ Laurent Moynat Maquillage & coiffure ¬ Olivier Chauzy avec les produits M.A.C COSMETICS Assistante maquillage et coiffure ¬ Carole Petrigno Des mercis à studio "A..."
mode |
42
Qui êtes-vous Mam’zelle Margalette ? texte ¬ Catherine Nerson - Photos ¬ DR
Nom : Audoin. Prénom : Stéphanie. Pseudo : Mam’zelle Margalette. Surnom : « La môme ». Q.G. : Paris, au pied de la Butte Montmartre. Mission : Spécialiste du placement produit à Los Angeles en plus de son métier de styliste. Signe particulier : fait profiter le public, les marques et les stars de son flair vintage. Portrait.
Passionnée, un bagou terrible lorsqu’il s’agit de parler de l’histoire d’un vêtement, atypique aussi… Ainsi se présente Mam’zelle Margalette, tête chercheuse dans l’univers du vintage. « Mon métier ? Disons trieuse ! » Mam’zelle Margalette est modeste. Pourtant, dans le milieu de la mode, sa renommée n’est plus à faire. Lorsqu’il s’agit de trouver LA pièce unique, rédactrices, stylistes, costumières et célébrités ne jurent que par elle. Originaire d’Avignon, elle doit son pseudo à un conte de Marie Colmont* qui l’a marquée enfant, « Marlaguette », et qu’elle n’arrivait pas à prononcer. À 16 ans, elle fait ses classes chez Charlie Boutique,
grand chineur, spécialiste du cuir, du jean et des vêtements de l’armée. « Grâce à lui, j’ai rencontré Jean Elbaz (Chipie) et Guy Azoulay (Chevignon) qui m’ont appris « l’école du tri ». La petite a du talent et apprend vite à reconnaître un millésime en denim ou un Teddy boy des 50’s. Arrivée à Paris et bientôt diplômée du Studio Berçot, Jean et Guy l’envoient à Los Angeles pour acheter des fripes qui serviront de modèles à leurs collections. « J’y suis restée durant trois ans et j’ai créé ma marque, Mam’zelle Margalette. Des blousons Lee, Wrangler et Levi’s chinés sur place et que j’avais customisés. Ça a cartonné. » >
« Le premier défilé vintage qu’elle organise la propulse reine de la fripe.» Des pièces uniques vendues chez Fred Segal, le Colette de L.A. Armée de cette expérience, elle revient à Paris et devient attachée de presse « par accident ». Trieuse éclectique C’est de cette période que date sa rencontre avec Habib Guerrida, directeur de Guerrisol**, friperie parisienne proche du quartier Barbès, fréquentée par les accros du prix imbattable et… les dingues de vintage. Elle lui propose d’y faire un petit vestiaire de pièces triées sur le volet à destination de particuliers et de la presse féminine. « J’ai dû le tanner pendant des mois pour qu’il cède ! ». Le premier défilé vintage qu’elle organise à la Cigale à Paris la propulse reine de la fripe. Les journalistes de Vogue, Elle ou Wad lui demandent de faire des recherches pour la prépa-
ration de leurs sujets. Jean-Paul Gaultier lui achète des t-shirts par dizaines, des costumières de cinéma (pour les films de Kassovitz ou Klapisch) font appel à ses services et très vite la friperie Guerrisol devient aussi connue que la Butte Montmartre. Mais avant d’être une enseigne, Guerrisol est le plus grand acheteur de fripes en Europe et possède deux énormes usines au Maroc. C’est là que Margalette fait son « shopping ». Elle y déniche des perles rares pour des célébrités internationales qui font appel à ses services pour des séances photo, des clips, des soirées privées. « Lorsque je vais à Los Angeles, je ramène des pièces et des marques de créateurs français (Robert Clergerie, Pull-In…) pour Heidi Klum, Rihanna, Scarlett Johansson, Snoop Dogg ou Sofia Coppola ». Audelà des sollicitations, Margalette a des projets plein les cartons : monter des « vintage markets » en Espagne et… devenir prof de yoga, discipline qu’elle pratique depuis l’enfance. Car « Pour avoir du flair, il faut être zen ! », conclut-elle. /
* Auteure, née en 1895 et décédée en 1948. Au Père Castor, elle signe de très nombreux albums, dont les plus célèbres sont sans aucun doute Michka, Perlette goutte d’eau et Marlaguette. ** Guerrisol 17, bd Rochechouart, 75009 Paris, +33 145 26 13 12
❥
à découvrir / www.margalette.com
Charleroi
mène la danse
texte ¬ Judith Oliver
Avec une densité presque égale au prestigieux festival d’Avignon, la biennale organisée par le Centre Chorégraphique de Wallonie prends le pouls de la création contemporaine dansée. Pendant trois semaines, les rues et les lieux emblématiques de Charleroi mais aussi les fleurons culturels de Mons, Liège et Bruxelles sont le théâtre d’une soixantaine de représentations, dont 16 créations mondiales. Analyse.
événement |
47
[1]
événement |
48
Quand Pierre Droulers, Michèle Anne et Thierry De Mey ont rejoint Vincent Thirion à la tête du centre chorégraphique de Charleroi, les critiques ont fusé. La programmation, jugée « fo-folle », faisait montre d’une certaine dispersion. Adossés à des réseaux et à des conceptions de la danse différents, les membres du quatuor de direction ont considérablement élargi la ligne artistique du lieu. Longtemps sujet à réserves, cet éclectisme nous apparaît plutôt comme le signe d’une incontestable ouverture d’esprit. La biennale en est le parfait prolongement. Pour sonder les tendances contemporaines de la création chorégraphique, le collectif ne s’est pas limité, comme on le constate [2] trop souvent, aux esthétiques et aux dé[1] Venus Remix © Jean-Luc Ducourt marches les plus pointues. Gestuelle aca[2] Split Sides / Merce Cunningham Dance Company © Tony Dougherty démique, hip-hop, indienne ou africaine, [3] Neige © Thierry De Mey ballet, recherche sur les états de corps, la [4] Double Points Hell / Emio Greco © Charleroi Danses théâtralité, les dispositifs interactifs… Michèle Anne, Thierry, Pierre et Vincent, démontrent leur attachement au pluriel de Charleroi/ Danses. Avec parfois cinq représentations par soir, ils laissent les spectateurs libres de composer leur menu, selon qu’ils cherchent un moment de pure jouissance scénique (Merce Cunningham, Hiroaki Umeda, Claudio Bernardo, Yasmeen Godder…), une émotion plus cérébrale (Maguy Marin, Virgilio Sieni, Stephan Dreher…) ou une forme plus performative (Vava Stefanescu, Barbara Mavro Thalassitis, Latifa Laâbasi…).
Sur quel pied danser Ne nous méprenons pas pour autant, l’offre de cette biennale est assez structurée. Au cœur de la manifestation, les créations très attendues des grandes compagnies wallonnes se font écho. Neige, une fable onirique signée Michèle Anne De Mey inaugure le festival. Cette audacieuse interprétation de la 7e symphonie de Beethoven précède de quelques jours la première de Demain, émouvant solo de Michèle Noiret sur cette même partition mythique. Difficile aussi de ne pas être frappés par le parallèle fait entre Equi Voci (Thierry De Mey) et Les Corps Magnétiques (Mossoux-Bonté) le 26 novembre, deux recherches très différentes sur l’interaction entre danseurs et musiciens. Dans le premier cas, le montage de séquences filmées dépend des mouvements >
[3] [4]
événement |
50
[5]
de l’orchestre philarmonique. Dans l’autre, les variations toutes graphiques des interprètes répondent aux improvisations d’un quintette posté sur la scène. De même, certaines soirées habilement composées, offrent deux appréciations d’un même texte (Maguy Marin et Virgilio Seni sur De la Nature des Choses) ou soulignent des filiations artistiques. Ainsi, le 13 novembre, les deux pièces historiques de Merce Cunningham (Squaregame, 1976 et Split Sides, 2003) sont précédées, entre autres, de The End, un hommage de Joanne Leighton au Texte sur Rien de John Cage, fidèle compagnon du chorégraphe américain.
Tendances urbaines La soirée de clôture résume à elle seule l’ambition de la biennale. Par une succession de formes courtes, La Nuit de la Danse fait dialoguer les esthétiques d’une dizaine de chorégraphes, de Pina Bausch à Thomas Hauert en passant par Anne Teresa de Keersmaeker ou Bruno Beltrão. Avant d’atteindre ce climax au Palais des beaux-arts de Charleroi, le festival s’offre des détours par les vitrines des rues piétonnes, les quais de métro ou la Vigie qui surplombe la ville. Même les plus réticents à l’expérimentation salueront ces étonnantes prestations urbaines, pour peu qu’ils ne boudent pas leur plaisir. Entre un burlesque défilé de majorettes (les Vedettes de Katerine), un bal populaire (Dansez-vous français ?) et un spectacle explosif de pyrotechnie (Gwendoline Robin), on ne sait plus sur quel pied danser. /
[6]
[5] Parallemande / Thomas Hauer © Bart Grietens [6] Eu e meu N°63 / Bruno Beltrão © Charleroi Danses
Infos pratiques BIENNALE CHARLEROI/DANSES
www.charleroi-danses.be Info & réservations: +32 70 66 04 13 Pass complet 150€
LE choix de LET'SMOTIV Neige Michèle Anne De Mey (création)
11.11, 21h et 12.11, 19h, Charleroi, les Ecuries, 15/10€ 17. 11, 19h, Maubeuge, La Luna, 11/8€, +33 3 27 65 65 40
AUTOUR DE LA BIENNALE Les corps magnétiques
Stations Urbaines
Mossoux-Bonté [CREATION]
Installation sonore Maya Bösch
24>27.11, 20h, Mons, Manège, 11/8€, +32 65 39 59 39
Equi Voci Thierry De Mey [CREATION]
Squaregame / Split Sides Merce Cunnigham 12 et 13.11, 21h, Charleroi, PBA
(Précédé de The End Joanne Leigthon, à 18h), 15/10€, +32 71 31 12 12
Demain Michèle Noiret [CREATION] 17.11, 19h, Charleroi, PBA, 15/10€, +32 71 31 12 12
Haptic & Adapting for distortion Hiroaki Umeda 17.11, 21h, Charleroi, Ecuries, 15/10€
Singular Sensation Yasmeen Godder 18 et 18.11, 20h15, Liège, Saint Luc/ B9, de 6 à 16€, +32 70 66 04 13
La Natura delle cose Virgilio Sieni 18.11, 21h, Charleroi, Ecuries, 15/10€
Turba Maguy Marin 20 et 21.11, 21h, Charleroi, Ecuries, 15/10€
26.11, 20h15, Bruxelles, Flagey, 25/12,5€, +32 2 641 10 20 27.11, 21h, Charleroi, Ecuries, 15/10€
NUIT DE LA DANSE : Amor Mas alla de la muerte (extrait) Anne Teresa De Keersmaeker & Thierry De Mey
Parallalemande Thomas Hauert
Erase-e(x) 5 Johanne Saunier
Inventions José Besprosvany
du 11 au 14.11, 15h>18h, Charleroi, La Vigie UT
Dancers ! Installation vidéo interactive Bud Blumenthal du 12 au 29.11, 9h >19h, Charleroi, métro Beaux-arts
Dansez-vous Français ? Bal mené par Röze et Pascualino 14.11, 23h, Charleroi, Ecuries (sous chapiteau)
Danse, danse, danse tant que tu peux Performance Lise Duclaux 14.11 puis du 17 au 21.11, 14h>18h, Charleroi, en vitrine, rue Neuve
Défilé des Vedettes
Solo
Majorettes burlesques
Pina Bausch / Shantala Shivalingappa
28.11 16h, Charleroi, Ecuries
Double points : Hell
IDILL
Emio Greco
Concours de films courts sur la danse
Voyage d'hiver Emanuel Gat
Eu e meu coreografio n°63 Bruno Beltrão
Lands (extrait) Eleonore Valère-Lachky 28.11, 19h, Charleroi, PBA, de 10 à 35€ , +32 71 31 12 12
Projections de la sélection 2009 : 22.11, 20h30, Charleroi, Ciné Le Parc, 3€, +32 71 31 71 47 et du 23 au 27.11, 19h, Bruxelles, La Raffinerie, entrée libre Soirée de remise de prix: 26.11, 18h, Bruxelles, Flagey, entrée libre, réservation souhaitée.
portrait |
53
texte ¬ Françoise Gauder photo ¬ Johanne Francotte
Diego Cortez Salas
La fureur de vivre Entre deux cours, Diego Cortez Salas aka Mr Mönk mixe, programme, produit. Quand il n'anime pas son émission radio*. En véritable stakhanoviste, il porte également la casquette de directeur artistique du club des Halles Saint-Géry, lieu-phare de Bruxelles. Rencontre avec ce drôle d'oiseau. Son nom nous évoquait quelqu'un… Corto Maltese ! En le rencontrant tout s'éclaire. Même capacité à entraîner la chance dans son sillage, même aisance nonchalante, même persévérance... Il ne manque que la casquette et l'air ténébreux. Car pour le reste tout y est, même les traits latins qu'il tient
de son père, Péruvien. « Guitariste, il m'a transmis sa passion pour la musique, essentielle chez les LatinosAméricains » raconte le jeune homme. « Ces influences se ressentent bien dans la rythmique de mes morceaux ». Comme sa façon de concevoir les sets jouissifs de ses soirées Dive !, >
portrait |
54
« On est des artisans de la nuit, une petite structure, une famille. » « des fêtes conviviales sans prise de tête, où les gens sourient, lèvent les bras, se laissent aller ».
Une plaque puis deux Devant les portes des Halles, Diego lance « on est des artisans de la nuit, une petite structure, une famille ». Difficile à croire face à la haute pyramide centrale, ex-fontaine des sixties (celles du xviie siècle), ou devant l'écran géant qui sert de joujou aux vj's du week-end. Le jeune étudiant en communication serait-il modeste ? Pourtant, à seulement 21 ans, il a déjà de quoi bomber le torse : « J'ai commencé à sortir vers 16 ans. À 18 ans, je passais derrière la table du son. » D'abord au Wax, bar du centre ville où il est DJ résident. Puis, de fil en aiguille (de platine), Diego pose ses flight-cases au Club des
Halles. « J'ai mis une plaque, puis deux, et je me suis retrouvé directeur artistique » s'amuse-t-il, avant de glisser, plus sérieusement : « Les portes s'ouvrent à Bruxelles si on y croit ». Et si l'on sait se faire conseiller.
Dr Vynil et Mr Mönk L'aiguillon musical de Mr Mönk est un disquaire. « Dr Vynil m'a guidé. Aujourd'hui, sous son label Stromwissel, je produis mon premier disque. De la house émotive. Vivement le live ! ». Diego peut se targuer d'avoir aussi hérité de son flair : il sélectionne pour ses soirées Dive ! du vendredi des invités « en avance sur les standards. Des découvertes, qui passeront ailleurs à Bruxelles dans quelques mois. » Soit des DJ's bruxellois, allemands, irlandais, mexicains… ou français, tels AFFKT (le 27/11), « déjà chauds dans le milieu » confie Diego. Encore un peu et il nous lancerait un clin d'œil... à la Corto. /
* sur Radio Vibration (107.2) le lundi de 20 à 22h.
❥ CLUB DES HALLES
Place Saint-Géry 23, 1000 Bruxelles, +32 2 502 44 24, www.cafedeshalles.be Soirées Dive! ven dès 23h, entrée libre sauf pour les invités internationaux. 5 x 2 entrées gratuites en envoyant un mail à dive.theparty@gmail.com
musique |
56
texte ¬ Fabien Kratz photo ¬ DR
Vision panoramique Du 6 au 14 novembre, le festival Paysages Électroniques vous invite à une exploration sonore et visuelle. Les organisateurs pour la plupart VJs, révèlent une approche exigeante et personnelle des arts numériques, mêlant les disciplines innovantes liées à l’électronique (vidéo, arts graphiques, installations, musique…). Sans oublier de faire la fête.
Cette année, malgré quatre éditions au compteur, les organisateurs, ont dû faire face à quelques imprévus : pas de lieux centraux comme le Tri Postal ou la Gare Saint Sauveur à Lille, et un budget restreint. « Nous avons donc décidé d’investir d’autres espaces et d’adapter notre démarche à leur identité respective » nous expliquent Yann Aubertot et Jérôme Hutain, têtes pensantes de l'association Abréaction, qui porte l'événement. Pas question pour autant de revoir le programme à la baisse : entre performances audio-visuelles et
concerts de musiques alternatives aux concepts innovants, le festival s’est bâti une réputation de défricheur. Au risque de paraître parfois élitiste. Nouveaux repères Ambassadeur d'une « microscopic music », sous-courant minimaliste qui enchaîne de très courtes séquences musicales (en résonance avec une vidéo aussi rythmée qu'hypnotique), Franck Bretschneider s'installe au Palais des beaux-arts. Moins expérimental mais tout aussi jouissif, la soirée Laptop
is Burning à la Cave aux Poètes, met à l'honneur la fusion électro-hip-hop avec Gero. Le concept berlinois « Birthday Parties » bouscule, quant à lui, les habitudes du Kiosk : confettis, ballons gonflés au gaz hilarant. Ce n'est l'anni-
versaire de personne, mais on fait la fête quand même ! D’ailleurs, qui mieux que l’excentrique DJ Donna Summer pour animer cette giga-boum ? Rendez-vous est pris, on viendra avec un gros gâteau à la crème. /
* Disco Mix Club
❥
FESTIVAL PAYSAGES éLECTRONIQUES du 6.11 au 14.11, Lille, Roubaix, Palais des Beaux-Arts, Aéronef, Hybride, Cave aux Poètes, Kiosk, 5/15€ Prog : Franck Bretschneider, Kaamos Trilogy, Gero, Lazy Flow, Digikid84, Riot Kid (6.11) // Yroyto, Be a Hero, Rafaël (7.11) // DJ Donna Summer, dDash, Mr Ouzo, Sly1, Lill jean, Obgmjp (13.11) // Alex Under, Piemont, Tiple R, Max Cooper (14.11) // Roland M. Dill, Monoblok, Pussyselektor (15.11)
musique |
58
texte ¬ Aurélia Said photo ¬ Ebony Bones © DR
Girl power Le festival des Inrocks squatte l’Aéronef, à Lille, les 5 et 6 novembre. Que nous réserve l’édition de cette année ? Apparemment, elle n’y va pas avec le dos de la cuillère. Au menu, trois nanas au caractère bien trempé : Ebony Bones, Amanda Blank et La Roux. Présentation. Une rentrée sans un festival des Inrocks serait un peu comme un Bloody mary sans Tabasco. Cette année, la plupart des artistes programmés ne manquent pas de personnalité. Une afro blonde, une brune piquante, une rousse androgyne, bref des filles qui en ont. L’anglo-jamaïcaine, Ebony Bones !, se présente comme un cocktail d’énergie et de couleurs. Et sa musique lui ressemble trait pour trait : elle mixe ragga, punk, hip-hop et funk sans complexe. L’ex-star de « soap » s’inscrit dignement dans la lignée de M.I.A ou Santigold. Tout comme la brune piquante Amanda Blank. Produite par XXXchange de Spank Rock, et par les incontournables Diplo et Switch, la fusion r’n’b-électro-pop déballée par la rappeuse de Philadelphie excite les tympans. Sans oublier La Roux — qui porte bien son nom —, à l’androgynie affichée, dont l’électro-pop flirte avec les codes 80’s. Enfin, accordez tout de même une oreille à quelques garçons. Notamment au gang de Michael Angelakos alias Passion Pit. Leurs ritournelles trempées dans un bain électro aux accents psychédéliques ne laisseront pas vos pieds tranquilles. / ❥
FESTIVAL DES INROCKS les 5 et 6.11, 19h, Lille, Aéronef, 22/18€, +33 320 13 50 00 Ebony Bones, Black Lips, Amanda Blank, Violens (5.11) // La Roux, Passion Pit, Florence and the Machine, Boy Crisis, Lissy Trullie (6.11)
musique |
60
texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ Tom Hines
Réserve protégée C’est officiel : Grizzly Bear est bien parti pour truster les top 10 de fin d’année. Et ce, grâce à Veckatimest, Lp aussi touffu qu’étonnant, paru en mai dernier. Ces New-Yorkais n’en sont pas à leur premier essai. Cinq ans déjà qu’on les suit. Le temps pour eux de peaufiner le répertoire d’un très attendu concert bruxellois. Il paraît que Brooklyn est un quartier de New York. On pencherait plutôt pour un parc naturel : Panda Bear et ses amis d’Animal Collective, Department Of Eagles, Grizzly Bear… Un véritable bestiaire pop. Bien inspiré, notre ours protéiforme (projet solo, duo, ou quatuor) a publié quelques Ep’s fort bien accueillis par la critique avant de publier, coup sur coup, deux grands albums, Yellow House (2006) et Veckatimest (2009). Là, on s’est dit qu’il se passait quelque chose – et pas uniquement parce que ces résidus folk aux voix filtrées et génétiquement modifiées étaient recueillis par la prestigieuse maison Warp. Petit à petit, nous avons cueilli leurs fruits, fait notre miel de leurs chansons über-arrangées qui donnent un bon coup de griffe aux conventions. Lâchés dans l’arène, les animaux hésitent, se raccrochent aux branches et paraissent trop appliqués – la pression, sans doute, et le refus de succomber au premier piège venu. Pas une raison pour bouder notre plaisir : même si elles ne diffèrent que peu de l’album, leurs mélopées tourneboulantes valent la peine d’être écoutées. Et réécoutées. Pour tenter, en vain, de les apprivoiser. / ❥
GRIZZLY BEAR le 8.11, 20h, Bruxelles, Botanique, 21/24€, +32 2 218 37 32
musique |
62
texte ¬ Olivia Volpi photo ¬ DR
Armée du rythme Le « s » final est trompeur, car General Elektriks, c’est avant tout un homme seul au milieu de centaines de claviers : RV Salters. Grâce au miracle de la technologie, RV peut parfaitement enregistrer ses albums jazz-funk sans aucun autre musicien. Mais en concert, il ne peut pas se passer de comparses. Et ça décoiffe. Sur scène, un homme attire l’œil plus que les autres. D’abord parce qu’il est grand, et que sa coupe afro impeccable augmente d’autant sa stature. Ensuite, parce qu’il porte ce que les années soixante-dix ont fait de plus moulant et flashy. Il est beau, et il est aussi sexy en diable quand il se déhanche au rythme de sa basse. Mais lui, ce n’est pas General Elektriks/RV Salters : c’est Jessie Chaton, chanteur de Fancy et compositeur à succès. RV Salters, c’est le type qui trépigne et bondit derrière les claviers, avec un enthousiasme qui fait craindre pour son cœur. Sur album, sa musique est feutrée, soul, parfois un peu énervée, mais somme toute nette et carrée. En concert, le ton change : RV Salters sous les ordres du General, monte au front avec un déferlement groovy et haletant, qui laisse pantois. D’autant plus, et c’est suffisamment rare pour mériter d’être souligné, que tous les talentueux musiciens s’amusent comme des bêtes et se donnent à corps perdus pour faire danser la foule. En deux mots : allez-y. / ❥
GENERAL ELEKTRIKS - Festival la sauce Jack, avec Woodish et Groupe Tremplin le 14.11, 20h, Tourcoing, Grand Mix, 10/13€, +33 320 70 10 00
musique |
64
texte ¬ Mathieu Dauchy photo ¬ Haseholte
Le Jeu de L’Øye À la fin de l’année, dans le bilan musical de 2009, on trouvera peut-être le nom d’Erlend Øye coincé quelque part entre le colon de Johnny et la tragique hécatombe dans les boys band (2B3, les Musclés). Après avoir enflammé notre corps au printemps avec The Whitest Boy Alive, le revoici déjà, immense charmeur, avec Kings Of Convenience. Ceux qui ont savouré le deuxième album prodigieux de The Whitest Boy Alive en début d’année et leurs concerts hédonistes se frottent les mains. Erlend Øye, le geek norvégien, revient accompagné de son « Garfunkel » à lui, Eirik Glambek Bøe. Le duo Kings Of Convenience est la formation grâce à laquelle le phénomène Øye a émergé, en 2001, avec Quiet Is The New Loud, un disque d’une infinie délicatesse. On découvre alors le folk venu du froid, qui regorge mélodies « douillettes », à l’image de Thomas Dybdahl. Deux albums plus tard, Kings Of Convenience n’a rien perdu de son savoir-faire, on a même l’impression que l’expérience The Whitest Boy Alive ajoute au projet une dose d’insouciance. Kings of Quintessence Les chansons de Kings of Convenience, qui trouvent le parfait accord entre les cordes et la voix d’Erlend Øye, visent désormais la quintessence du genre : une belle mélodie, avec juste ce qu’il faut d’arrangements. Mais comment, après des millions de chansons écrites à la guitare depuis que le mi-mineur existe, peut-on encore trouver des combinaisons de notes si parfaites ? Cet Øye-là a forcément pactisé avec le Diable, qui, en échange du registre infini des chansons divines, l’a condamné à bercer les hommes pendant l’automne, puis à les réveiller au printemps. C’est tout le mal qu’on nous souhaite. / ❥
KINGS OF CONVENIENCE le 9.11, 20h, Bruxelles, Botanique, 22/19e, +32 2 218 37 32
musique |
66
texte ¬ Audrey Jeamart photo ¬ Nosfell © DR
Avis de bon son Un festival de musiques actuelles ? À Valenciennes ? Un beau défi que tente de relever l’association La Prog. L’affiche de cette deuxième édition de La Prog d’Hiver confirme les intentions de ce nouveau festival qui a une belle carte à jouer. En novembre 2008, La Prog d’Hiver, festival éco-responsable, débarquait dans le Valenciennois et venait combler un énorme manque en matière de musiques actuelles. Cette année, on découvre un line-up original, concocté par quatre passionnés. « Pour cette édition, on a placé la barre plus haut, on en est vraiment contents », commente Audrey Ventura, membre de l’association La Prog. Plus haut, peut-être (l’affiche de l’an dernier était déjà attrayante : Sharko, Hushpuppies, Roken is Dodelijk…). en dehors des sentiers battus, certainement. D’ailleurs, l’objectif est d’inviter aux Nymphéas d’Aulnoy-lez-Valenciennes des groupes encore peu connus du grand public. C'est le cas d’Izia, jeune chanteuse de rock, fille de Jacques Higelin, qui possède déjà une sacrée présence scénique, mais aussi de Nosfell, dont l’univers atypique et onirique associe une langue inventée, des sonorités aux confins du rock et des musiques du monde. La première partie est assurée par le groupe régional lauréat du tremplin du festival. Le lendemain, place au rock décalé mâtiné de hip-hop de Naive New Beaters, au charme rétro de Caravane Palace et au détonnant cyberpunk de Punish Yourself. La Prog d’Hiver deviendra-t-il le festival de musiques actuelles que Valenciennes attendait ? C’est tout ce qu’on lui souhaite. / ❥
LA PROG D’HIVER 20 et 21.11, 19h30, Aulnoy-lez-Valenciennes, Les Nymphéas, de 12 à 22€, www.laprog.fr
musique |
68
texte ¬ Clément Perrin photo ¬ Sven Väth © t. dilge big
La grande communion Le 21 novembre, Groove City fête ses dix ans. Depuis sa création, ce festival bruxellois célèbre les musiques électroniques au sens large, au-delà des chapelles. Misant peu sur les découvertes, il prêche la bonne vibration techno par le biais de ses icônes les plus marquantes. Tout récemment, le plateau d’une grande chaîne de télévision recevait Laurent Garnier et David Guetta. Contre toute attente, ces deux incarnations de la dance music aux options radicalement différentes ont affiché une certaine complicité. Les organisateurs de Groove City cherchent à cultiver cet état d’esprit. Si la démarche est louable, dans la pratique ça se complique. Ainsi, ne le cachons pas, l’équipe de Let'smotiv évitera soigneusement Bob Sinclar et David Vendetta durant cette édition 2009. En revanche, on s’autorise un petit crochet par le set de Jesse Rose, talentueux producteur anglais qui s'affirme depuis quelques années, notamment au sein du label Dubsided. Sur cette nouvelle affiche, on privilégie les « papys » de la techno (comprendre la grosse quarantaine…) qui n'ont rien perdu de leur superbe. À l'écoute des récentes prestations de l'emblématique boss de Cocoon, Sven Väth, les ptits jeunes n'ont qu'à bien se tenir. Idem avec Jeff Mills qui bouleverse les lois du mix en jonglant avec trois platines. Notons aussi que le nonchalant James Holden revient en force après un petit break. Et puis, suffisamment rare pour le souligner, la drum’n’bass a encore droit de cité ici, complétant ce panorama électronique des plus larges. « United in love & fun » scande la devise de Groove City. Pas forcément tous dans la même salle, mais très proches les uns des autres, assurément. / ❥
GROOVE CITY le 21.11, 20h, Bruxelles, Kart Expo, 24/29€, www.euromillionsgroovecity.be
musique |
70
texte ¬ Audrey Chauveau photo ¬ DR
Hit the road Jack ! Prenez le bon vieux son pop-rock des 80’s, celui au déhanché déboîté, coiffé d’une mèche rebelle. Coincez-lui les doigts dans une prise d’électro au beau milieu des cariocas de Rio. Boum, vous obtenez une liqueur détonante et unique en son genre, distillée par Jack Peñate. Explications. Londonien pur sucre, Jack Peñate ne cherche pas à cacher ses origines. Son accent « typically british» sautait déjà aux oreilles à l’écoute de son premier album de facture pop-rock, Matinée (2006). Mais il vient de prendre tout le monde à contrepied en donnant un coup de fouet à sa musique. Résolument contemporain, son dernier fait d'armes, le bien nommé Everything is new est une mixture inédite : des ritournelles pop entêtantes régulièrement soutenues par des rythmiques brésiliennes, soulignées par une production électronique impeccable. Jack a donc posé sa guitare privilégiant la basse et la batterie. Pour ce deuxième album, il a aussi fait appel à Paul Epworth producteur, entre autres, de Bloc Party et de The Rapture. Personne ne s'étonnera donc du succès que rencontrent les titres Be The One (et ses irrésistibles trompettes baléariques), ou encore Tonight's Today (où groove suave, samba enjôleuse et électro fusionnent miraculeusement). Nos confrères du NME n'en reviennent toujours pas : « Jack Peñate sonnait comme le passé, à présent il sonne comme le futur ». Nous sommes bien d’accord. / ❥
JACK PEÑATE 23.11, 20h, Bruxelles, Ancienne Belgique, complet !
chroniques LADY AND BIRD La Ballade De Lady And Bird | Delabel/IMA Réunis sous le nom de Lady And Bird, Kerenn Ann et Bardi Johansson (tête pensante de Bang Gang) avaient surpris leur monde, en 2005, le temps d’un premier album. Un Lp qui suivait les traces de Lee Hazlewood et Nancy Sinatra, couché sur bande en mode lo-fi, à la maison, sans prétention. Ce deuxième album fut enregistré lors du prestigieux festival Reykjavík Arts Festival, avec le concours de l’Orchestre Symphonique d’Islande. Les chansons issues du répertoire de l’elfe hollandaise et de l’échalas islandais prennent alors une autre dimension : majestueuses, déployées en suspension. De belles reprises. Une magnifique surprise. Thibaut Allemand
SOMETHING À LA MODE Salm | Yeel House/Peermusic Something à la mode, sur papier, ça promet d’en jeter un max : un violoniste et un violoncelliste veulent faire de la musique électronique, après s’y être un peu frottés en arrangeant un concert symphonique autour des œuvres de Jeff Mills. D’autant plus que ce premier album porte la caution d’Arnaud Rebotini (Black Strobe), qui l’a mixé. À l’oreille, l'enthousiasme décroît un peu à mesure qu’augmente l’impression de déjà entendu. Si quelques morceaux sont accrocheurs, on aurait pu s’attendre à des compositions plus complexes et travaillées. Au final, un premier album qui donne envie d’attendre le deuxième pour voir ce que ces deuxlà ont dans l’archet. Olivia Volpi
WAVE MACHINES Wave If You’re Really There | Neapolitan Music Ltd Wave Machines veut enregistrer un disque. C’est légitime. Le quatuor de Liverpool s’imagine déjà sur les routes, adulé des foules, porté aux nues par ses idoles de jeunesse. Ça, c’est moins évident. Et l’on risque vite de trouver Wave If You’re Really There dans les bacs à soldes, lâché par des auditeurs sourds aux sirènes de la tendance. La bande ne possède que deux idées et demie, recyclées ad lib, lorgnant parfois vers le groove élastique de Hot Chip - le songwriting en moins. Le temps d’une chanson, cependant, Wave Machines ouvre les yeux : « Where’s my punk spirit when I need it ? ». Bonne question. On se penchera plutôt sur Magic Arm : avec les mêmes outils (mélodies pop et bricolages électro), le Mancunien réalise un album autrement plus ambitieux. Thibaut Allemand
musique |
73
FUCKPONY
Danton Eeprom
Let The Love Flow | B-Pitch Control
Yes Is More Infiné | Discograph
Natif de Pennsylvanie exilé à Berlin, compagnon de studio de Villallobos, engagé dans une cause humanitaire et ignorant les tendances, Jay Haze dénote sur la scène électronique. Avec Let The Love Flow, il livre le second album de son projet Fuckpony, en solo. L'aspect brouillon de certaines de ses productions est éclipsé au profit de tracks finement ciselés. Soul, funk (I Know it happened) fusionnent dans ce manifeste de musique hybride. Hybride, soit, mais toujours dansante, même quand la mélodie se fait plus poignante (I'm Burning, Always Sunday). Un foisonnement d'idées qui illustre la boulimie musicale de son auteur. On ne peut que suivre avec intérêt la trajectoire de cet artiste porteur d'une « dance-music » résolument atypique et moderne. Clément Perrin
Agoria et Ivan Smagghe ont eu raison de prendre sous leur aile le jeune Danton Eeprom, il y a quelques années. Au fil des maxis et des remixes, le Marseillais de naissance et Londonien d’adoption s’est forgé une solide réputation auprès des mordus de techno sombre et enivrante. Pourtant son album Yes Is More ne se limite pas à ce registre. Il s'en dégage une ambiance rock, à la fois moite et décadente. Danton revisite la new wave synthétique des 80’s non sans un certain humour. Synthèse d’un parcours peu commun, qui l'a successivement amené à être guitariste rock, phénomène electroclash puis dandy minimal. Yes Is More combine harmonieusement toutes ces influences grâce à une production raffinée, riche en détails sonores. Fabien Kratz
HUDSON MOHAWKE Butter | WARP/Discograph Son EP Polyfolk Dance avait affolé les compteurs en début d’année, anticipant les possibilités apparemment illimitées de Hudson, l’une des plus excitantes signatures Warp 2009 avec celle de Bibio. Nul doute qu’à l’écoute de son premier format long, le jeune producteur de Glasgow ne mette définitivement tout le monde à genoux tant Butter brille d’une production luxuriante, hybridant r’n’b et hip hop, nourrie de science funk et résolument pop. Un appétit démesuré évoquant aussi bien Prince que Scott Herren, Outkast que Flying Lotus. 18 morceaux comme autant de symphonies de poche, dignes d’un jeune émule contemporain de Todd Rundgren en pleine splendeur progressive Utopia. Un bel appétit que ce platiniste virtuose affiche néanmoins avec modestie. Ross Birchard est déjà grand. Patrick Pulsinger
portfolio |
74
Herakut Street art // Allemagne // http://herakut.de et sur www.maclaim.de
texte ¬ Carole Lafontan
Liaisons graffeuses
1
❖ 1. Mur à Turin, septembre 2009 2. Toile Streetdart n°2, 2008
❥
Herakut ou l’alchimie parfaite entre deux street artistes qui ne pouvaient, dans leur travail, être plus différents. La belle Jasmin (comprenez Hera) et le jeune Falk (entendez Akut) se rencontrent en 2004 lors d'un festival des arts de la rue à Séville. À cette époque (comme aujourd'hui d’ailleurs), Akut graffe au sein du fameux crew allemand Maclaim. La qualité technique de ses portraits est époustouflante, proposant une transcription hyper réaliste de visages ou d’animaux (avec une nette tendance à croquer nos amis les chiens). Le style très personnel de ce maître ès détail va se révéler sous les traits un peu cradingues d’étranges créatures, fruits de l’imagination de Hera. De ce mariage singulier, où seul l’outil est identique (des bombes de peinture) naissent d’étonnants contrastes. Alors, l’Allemagne, terre nourricière pour graffeurs surdoués (Daim, Seak…) ? Définitivement : oui !
Bibliographie / Herakut, The Perfect merge (Éd. Publikat, 2008)
2
3
â?– 3. Performance au Carhartt showroom, Francfort, 2005 - 4. Toile Out of the closet, 2008 5. Sur bois, Party dog, 2008 - 6 - Sur bois, What he said, citation de Jeffrey Mc Daniel : "Make each person's nose the size of their ignorance", 2007
texte ¬ Judith Oliver photo ¬ A. Letore & C. Bruneel
Ouvroir
de Livres Potentiels En boule, en fiole ou à suspendre, l’Âne qui butine, maison de microédition transfrontalière, s’est spécialisée dans le livre-objet de création. Son credo ? Une longue gestation, une fabrication artisanale et un assemblage toujours unique.
Ils n’ont pas attendu de se rencontrer – et, accessoirement de tomber amoureux – pour assouvir leur passion du livre et des bons mots. Alors qu’Anne Letoré aiguise sa plume aux côtés de Jacques Abeille, Christoph Bruneel, lui, met ses idées farfelues au service d’une petite association flamande. Pour elle, ce relieur polyvalent élabore des « poèmes sans fin », des coffrets de cartes postales poétiques, et autres « revues
de propagande métastatique ». Bref, d’inclassables publications faites main. Il faut attendre 2000, et un recueil de textes sur Venise – auquel participent Jean-Michel Aubevert, Jacques Abeille ou Lucien Suel – pour qu’ils décident d’unir leurs talents. Bel(le) ouvrage Et ça tombe bien, car ils sont tous deux déterminés à ne rien faire comme leurs
littérature |
81
semblables. Ainsi, pas question de publier un manuscrit qui leur aurait été envoyé. L’Âne qui butine, « éditeur à sens unique », préfère formuler des consignes précises à des écrivains triés sur le volet – une centaine de poètes, nouvellistes et romanciers environ. Partant du principe, très OuLiPien, que « la contrainte stimule la créativité », Anne et Christoph poussent leurs auteurs à sortir de leur registre habituel, quand ils ne leur imposent pas un thème ou un calibrage. Ces instructions s'ados❥
sent à un pré-projet, souvent inspiré par un matériau insolite que Christoph a déniché : des gravures animalières du xviie siècle, un vieux registre des années 30, un stock de tampons d’écoliers... Pour l'Âne qui butine, la qualité du texte compte autant que le plus infime détail de la fabrication. La forme et le fond doivent parfaitement coïncider. Rien d'étonnant, donc, à ce qu'un fils de boucher soit l'auteur de leur dernier bestiaire, « Haro » sur la viande, un livre tout en papiers roses et rouges, droits sortis de la boucherie. /
L'ANE QUI BUTINE Livres uniques de 7 à 450€, en vente à l'espace du dedans, rue de Gand à Lille, aux Lisères de Roubaix, à la librairie du Channel à Calais et sur simple demande à anequibutinefb@yahoo.fr
littérature |
82
chroniques Vincent Van Gogh à Auvers
Trois femmes puissantes
W. van der Veen et P. Knapp | Éd. Hachette, coll. Chêne
Marie NDiaye | Éd. Gallimard
« Difficile d'accepter que ces tableaux ne s'analysent pas avec autant de facilité qu'on peut les apprécier. C'est peut-être ce qui explique les nombreux raccourcis intellectuels […] au sujet de Van Gogh ». L'historien de l'art Wouter van der Veen et le cinéaste photographe Peter Knapp ont abattu un travail titanesque pour rétablir la vérité sur ce célèbre personnage. En résulte ce splendide livre, concentré sur les dernières productions du peintre. Grâce à une savante analyse de sa correspondance, les centaines de reproductions portent une lumière nouvelle sur Van Gogh. Loin de l'image du paria incompris, l'on découvre un homme érudit et entouré, mûrissant longuement ses toiles, les constellant de références. Passionnant ! 304p., 45€. Judith Oliver
Norah, Fanta, Khady Demba sont de celles qui restent debout à l'orée du désastre. Leur puissance ne tient pas tant à leur révolte ou à leur colère qu'à leur capacité à rester humaines malgré tout. Leurs vies de fille, de mère, d'épouse, s'apparentent à une plaie béante, qui ne cicatrise jamais. Dans le pli des mots, cette souffrance affleure. Les trois récits qui composent ce livre tissent entre eux des liens suffisamment lâches pour qu'ils puissent tout de même fonctionner de manière autonome. La narration, assez classique, laisse une place à des fulgurances d'irréels. Entre épopée et huis clos, Marie NDiaye dissèque les relations humaines et les livre à notre réflexion songeuse. 320p.,19€. François Annycke
Les morts à leur place, Journal d'un tournage. G. von Rezzori | Éd. du rocher, coll Le serpent à plumes 1965. Louis Malle entreprend Viva Maria, un « western à l'américaine » porté par un tandem de choc : Brigitte Bardot et Jeanne Moreau. Gregor von Rezzori, l'un des interprètes, a consigné les moindres faits et gestes de l'équipe pendant les cinq mois du tournage (Mexique). En bon satiriste, il dépeint sans ménagement le hors champs, les tensions internes, le fonctionnement des groupes, l'attente et l'ennui. Cette grande plume, reconnaissable à sa langue fleurie, n'épargne pas même son ami Louis Malle. Il pointe ainsi son désaccord avec certains de ses choix, allant jusqu'à s'attirer les foudres du groupe. Le prix à payer pour ce témoignage remarquable, à peine écorné par quelques longueurs. 295p., 19€. Judith Oliver
EXIT LE FANTÔME
BW
Philip Roth | Éd. Gallimard
Lydie Salvayre | Éd. Seuil
Nathan Zuckerman, personnage récurrent de Philip Roth, n’est jamais aussi passionnant que lorsqu’il devient le dépositaire des séismes individuels provoqués par l’Histoire américaine. Mais, dans Exit le fantôme, son principal sujet est luimême. Reclus dans les Berkshires, il se rend à New York afin de subir une intervention qui, l’espère-t-il, lui permettra de pallier l’un des effets de sa prostatectomie. S’il aborde les conséquences psychologiques des attentats de 2001 et de la réélection de Bush fils sur les consciences démocrates de la côte Est, sa condition d’homme sur le déclin le rend indifférent à ce qui l’animait auparavant. Après un début fastidieux, l'auteur ne parvient à retenir le lecteur qu’en interrogeant la fiction. 336 p., 21€. Faustine Bigeast
BW, fondateur des éditions Verticales et compagnon de Lydie Salvayre, perd la vue le 15 mai 2008. Ces trois thèmes se mêlent dans ce roman qui décortique le parcours de l'homme, la vie littéraire, les relations de couple, les engagements politiques et esthétiques. Au fil des pages se dessinent un portrait de l'éditeur autant que de l'édition, dont l'évolution récente est presque aussi dure à vivre pour BW que la cécité : « je lis de moins en moins de livres qui me brûlent ». Phrases courtes, dialogues intégrés directement dans les paragraphes, humour corrosif... on retrouve ici le style caractéristique de la lauréate du prix Novembre 1997, qui jongle sans cesse entre l'anecdotique et l'édifiant. 216 p., 17€. François Annycke
Terre-Neuvas Christophe Chabouté | éd. Vents d’Ouest Christophe Chabouté a un sacré de talent pour embarquer son lecteur vers de lointains rivages : nous voici à bord de la goélette La MarieJeanne, à partager le quotidien pénible de matelots au faciès buriné et au regard vide. Comme souvent chez l’auteur, l’environnement hostile cache une solitude pesante et une violence sourde. En pleine mer, un membre de l’équipage est retrouvé poignardé, ce qui accroît une tension déjà palpable dans des traits n&b saisissants. S’ensuit un thriller haletant. On n'avait pas pris autant de vent dans la gueule depuis Le Voyage (L’Association, 1996), subtile échappée belle du grand Edmond Baudouin. Waouh, ça réveille. 128 p., 17,99€. Carole Lafontan
cinéma |
85
texte ¬ Fanny Delporte photo ¬ DR
L'Europe
est dans la (Grand) place Le festival d'Arras a construit sa réputation en défendant le jeune cinéma européen. Depuis maintenant 10 ans, il convie sur les écrans de la capitale artésienne des réalisateurs venus de Croatie, de Pologne, de Finlande ou de Serbie. Arrêt sur image. « Le public est venu plus vite qu'on ne le pensait », Eric Miot, délégué général, mesure le chemin parcouru. « Les premières années, cela ressemblait davantage à une rétrospective régionale, tournée vers le passé ». Aujourd'hui, le festival, résolument tourné vers son époque, peut se targuer d'attirer des grands noms du monde entier. À l'image des invités d'honneur du festival, Patrice Chéreau et le cinéaste russe Pavel Lounguine, qui présentent leur dernier film en avant-première, Persécution et Le Tsar. Vous l'aurez compris, Arras joue désormais dans la cour des grands... Pour mieux se consacrer à la diffusion d'un « Autre cinéma », ces productions européennes qui arrivent rarement jusqu'à nos salles obscures. Cette année, le programme met à l’honneur la Roumanie, et cultive la découverte à travers la séquence «inédits du cinéma mondial», inaugurée par Tony Gatlif (Liberté). Cinéma sans frontières Pour la première fois, une « compétition européenne » récompense quatre longsmétrages, pour faciliter leur distribution en France. L'un des prix est d'ailleurs directement décerné par le public, invité à voter lors des différentes projections. Eric Miot confie : « Les spectateurs nous ressemblent. Ils font preuve d'une immense curiosité. Pour nous qui défendons un cinéma sans frontières, c'est très encourageant ». Nul besoin de ces flatteries. Arras, son festival, son équipe : ceux qui les aiment prendront le train... / ❥
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ARRAS Invités d'honneur : Patrice Chéreau, Pavel Lounguine du 6 au 15.11, Arras, divers lieux, pass complet 60€, abonnements de 25 à 40€, www.plan-sequence.asso.fr
cinéma |
86
texte ¬ Gabriel Hahn photo ¬ Le Trou, Jacques Becker © DR
Prisons en question Le cinéma Nova, référence du 7e art et de la culture alternative à Bruxelles propose « Trou de mémoire, regards sur une case noire de notre société : la prison ». Projection de films, rencontres et débats se succèderont pour mieux comprendre l'univers carcéral et définir d'autres voies possibles. « Une région cachée de notre système social, l'une des cases noires de notre vie ». Cette définition du Groupe d'Information sur les Prisons date des années 1970. Michel Foucault et Gilles Deleuze, ses créateurs, voulaient remettre l'univers carcéral au centre de la société pour mieux l'interroger. Dans cette perspective s'inscrit la programmation sur les prisons du Nova. Car si le sujet nourrit depuis toujours le cinéma de fiction et apparaît régulièrement dans l'actualité, la vision qu'on en cultive peut sembler biaisée. Pour lancer cette réflexion, l'équipe du Nova a concocté une subtile sélection de documentaires et longs-métrages comme les fameux Scum d'Alan Clarke et Le trou de Jacques Becker. Deux films majeurs qui restent cependant assez méconnus. On croisera aussi le verbe avec le Groupe d'Information sur les Prisons et les structures qui travaillent le lien entre les détenus et l'extérieur. Abolir un système carcéral, dont l'inefficacité a souvent été mise en lumière, à travers la récidive et l'absence de réinsertion, sera l'un des axes du débat. L'ensemble de ces événements permet de questionner avec lucidité cette zone d'ombre de notre société. / ❥
TROU DE MÉMOIRE, REGARDS SUR UNE CASE NOIRE DE NOTRE SOCIÉTÉ : LA PRISON du 19.11 au 13.12, Bruxelles, Cinéma Nova, 5/3,5€, 6 séances 21€, débat 3€, +32 2 511 24 77
texte ¬ Sophie Malard photo ¬ Frederik Heyman
Un pavé dans la mare ! Artiste emblématique de la scène belge contemporaine, Jan Fabre n’a de cesse de perturber les conventions et de susciter la polémique. Avec sa dernière création Orgie de la tolérance, il crée une satire féroce de notre société ultra-capitaliste et brosse un portrait désenchanté de l’humain-consommateur. Que peut-on encore accepter au nom du principe de tolérance, valeur refuge de nos sociétés occidentales, mais aussi génératrice de ses pires dérives ? Pourquoi tolérer le dialogue avec une extrême droite de plus en plus affirmée en Belgique ? Pourquoi tolérer un capitalisme outrancier qui transforme le citoyen en consommateur ? Pour s’attaquer à ces épineuses questions, neuf personnages, obsédés par la jouissance immédiate, vivent une absurde confrontation avec les produits dont ils ont « besoin », transformés en animaux acheteurs. À la frontière du théâtre, de la danse et de la performance, Orgie de la tolérance a été conçu comme une grande farce aux allures de pamphlet : « Le principal était que tout le monde en prenne pour son grade. Il fallait que personne n’y échappe », prévient l’auteur. Humour, sexe et rock’n roll. Ainsi, d’un concours de masturbation, aux trois femmes qui accouchent de biens de consommation sur des caddies, les tableaux s’enchaînent comme dans un grand zapping subversif, allant jusqu’au bout du non-sens, jusqu’à l’orgie. Rien ne vous sera épargné ! Cette caricature tragi-comique du 21e siècle revendique d’ailleurs l’esprit des Monty Python… Et, grâce à une tonitruante scène finale, Jan Fabre échappe au rôle de moralisateur qui stigmatiserait la bêtise humaine. Il valide donc son propos avec humour, en le libérant des lourdeurs qui pourraient l’encombrer. / ❥
ORGIE DE LA TOLéRANCE 26&27.11, 20h15, Courtrai (Next festival), De Kortrijkse Schouwburg, 20/18€, navette gratuite sur résa le 26.11 à 19h15, +33 320 61 96 96, www.nextfestival.eu 9&10.12, 20h30, Bruxelles, Kaaitheater, 20/25€, +32 2 201 59 59, www.kaaitheater.be
théâtre & danse |
89
théâtre & danse |
90
texte ¬ Philémon Desmanades photo ¬ Blanche-Neige © Catherine Baÿ
Le mezze de Rizzo Christian Rizzo multiplie les casquettes : chorégraphe, plasticien et fondateur d’un groupe de rock, il est aussi l’hôte permanent de l’Opéra de Lille depuis 2007. À partir des thèmes du double et du personnage qui nourrissent son œuvre, il invite de nombreux artistes pour une carte blanche inédite. Au menu de ces deux soirées : danse, théâtre, performances, musique et installations vidéos. Le spectateur ne sait plus où donner de la tête pour goûter aux audacieuses propositions qui sont servies dans tous les espaces de l’Opéra. Pour se mettre en appétit, il faut choisir entre trois spectacles : le solo d’I-Fang Lin chorégraphié par Christian Rizzo, la performance Blanche-Neige de Catherine Baÿ ou le monologue (H)arlequin de Didier Galas. Pour le plat principal, le public se réunit autour de And Then de Eszter Salamon. À la manière d’un documentaire, la chorégraphe hongroise utilise la vidéo pour faire dialoguer huit personnes d'origines diverses - mais portant le même nom qu’elle. En guise de dessert, Sylvain Chauveau répand de douces sonorités électroniques, avec un concert au piano unique. Le lendemain, c’est le guitariste Christian Fennesz, bien connu des amateurs de la scène techno-électronique qui enfile la toque. En parallèle, quatre installations vidéo de Oh Eun Lee, Maïder Fortuné, Gregg Smith et Takako Yabuki réalisées en partenariat avec Le Fresnoy de Tourcoing, sont proposées à discrétion. / ❥
QUI VA LA ? 6&7.11, 20h, Lille, Opéra, 21/16/12/8/5€, +33 820 48 90 00, www.opera-lille.fr
théâtre & danse |
92
texte ¬ Hugo Dewasmes photo ¬ Benedicte Alloing
Opéra sauce samouraï Grâce à une petite forme d'opéra multimédia, Thanh-Son Pierre Nguyen révèle la modernité d'un texte séculaire sur l'art du sabre japonais. Entre théâtre Nô, manga et cinéma japonais, Les cinq roues mêle habilement des esthétiques contrastées. Vidéo, chant lyrique et hip-hop se rencontrent dans cette création osée mais prometteuse. Samouraï de légende, figure emblématique du Japon médiéval, Miyamoto Musashi, rédige le Traité des Cinq roues à la fin de sa vie. Ce texte, destiné au départ à ses disciples, est devenu une référence pour les pratiquants d'arts martiaux. Méditation sur la « Voie de la tactique », le traité relève moins de la stratégie guerrière qu'il invite à une maîtrise de soi. Ces propos forment l'épine dorsale de la dernière création de Thanh-Son Pierre Nguyen, musicien et 5e dan de kendo. Les Cinq roues met en scène un homme qui étudie l'art du sabre jour et nuit, pour fuir son passé et atteindre la sagesse. La scénographie mêle subtilement tradition et modernité. À l’image du théâtre Nô, art complet s’il en est, ce spectacle place la danse au centre du dispositif scénique, où la voix de la chanteuse soprano épouse avec sobriété la musique et la poésie. Dans un décor parfois irréel (multi-projections), Thanh-Son Pierre Nguyen, qui fut notamment compositeur pour les spectacles de Farid Berki, nous embarque dans un monde entre deux mondes où les arts numériques et le hip-hop rencontrent la tradition millénaire du sabre japonais. Notre curiosité n’en est que plus aiguisée… / ❥
LES CINQ ROUES le 21.11, 20h30, Roubaix, Condition Publique, 12/8/5€, +33 328 33 48 33
théâtre & danse |
94
texte ¬ Judith Oliver photo ¬ D. Matvejev
Âmes lestes Depuis le succès, en 2000, de Maître et Marguerite (Boulgakov), à Avignon, les mises en scène du Lituanien Oskaras Korsunovas sont aussi rares qu'attendues. Ses adaptations, synonymes d'images fortes et de partis pris radicaux, s'affranchissent des traditions théâtrales attachées aux grands classiques. Hamlet le prouve une fois de plus. L'audace de la première scène augure de la suite. Le plateau, nu, est barré d'une rangée de miroirs éclairés. Des loges de maquillage. Le théâtre dans le théâtre, cher à Shakespeare, est déjà à l'œuvre. Bien avant la fameuse réplique que Hamlet prononce aux comédiens venus jouer devant Claudius, le meurtrier du Roi : « jouez comme si vous vous trouviez face à un miroir ». Mais si la troupe de Vilnius s'approprie cette injonction et interroge son reflet pendant de longues minutes au début de la pièce, ce n'est pas un simple effet de manche. Cette question de l'identité guide toute la mise en scène, brouillant la frontière entre le réel et le factice, l'acteur et le personnage, voire la vie et le théâtre. Car pour Korsunovas, il ne s'agit pas de « parler de Hamlet en tant que personnage, mais de nous ». Bref, de sonder la part de libre-arbitre qui guide nos choix. Mais le Lituanien a l'intelligence de ne pas forcer outrageusement le message. Le décor, modulable (tantôt cercueil, château, souricière...), en appelle à notre imagination. Quand l'intense jeu des acteurs respecte avec finesse la polysémie shakespearienne. Marquant ! / ❥
HAMLET – OKT Vilnius City Theatre 24 & 25.11, 20h, Douai, Hippodrome 22/16/9€, +33 327 99 66 60 27.11, 20h, 28.11, 19h, Villeneuve d'Ascq, Rose des Vents (Next festival), 20/18€, +33 320 61 96 96 1er & 2.12, 19h, Dunkerque, Bateau Feu, 18/12€, +33 328 51 40 31
théâtre & danse |
96
texte ¬ Sophie Malard photo ¬ Tristan Jeanne Vales
Seul face à la nature Pour cette nouvelle création, Carolyn Carlson, directrice du Centre Chorégraphique de Roubaix, s’est associée au metteur en scène Jean-Lambert Wild et au philosophe Michel Onfray. Ensemble, ils ont imaginé Le recours aux forêts, splendide odyssée célébrant une possible harmonie de l’homme et de la nature. Afin d’échapper à l'immoralité de ses semblables et aux conventions établies, le philosophe Démocrite, célèbre figure de la Grèce Antique, avait choisi de vivre en ermite, au contact de la nature. Le spectacle propose de revisiter ce mythe ancestral, à partir du texte de Michel Onfray, spécialement écrit pour l’occasion* : « Je nomme tentation de Démocrite et recours aux forêts, ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable. Ce repli consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit à se réconcilier avec l’essentiel… ». Le danseur Juha Marsalo incarne la figure de Démocrite, accompagné de quatre comédiens qui font entendre sa voix. La première partie du spectacle, très sombre, dénonce avec virulence le cynisme de notre société contemporaine. Puis, une étonnante scénographie mouvante, constituée d’eau et de litres de peinture mêlées, sert d’écrin à la renaissance du personnage. Une danse animale, explosive et engagée participe à cette sensation de liberté, génératrice de toutes les utopies. / * Le recours aux forêts, la tentation de Démocrite est paru aux éditions Galilée.
❥
LE RECOURS AUX FORêTS – C. Carlson, J.-L. Wild, M. Onfray 26&27.11, Roubaix, Le Colisée, 20h30, 25/22/8€, +33 320 24 66 66 Conférence de Michel Onfray, en présence de Carolyn Carlson, le 19.11 à 19h, Palais des Beaux Arts de Lille dans le cadre de Cité Philo
théâtre & danse |
98
agenda Traces © Stéphanie Boisvert
Clara 69 © Elleonore Lemattre
The Rake's progress
Traces
du 1 au 3.11 D'après I. Stravinsky/MeS R. Lepage
les 5, 6 et 7.11 Chor. S. Carroll & G. Snider
Tom Rackewell, gentilhomme honnête et fidèle se transforme a peu à peu en libertin corrompu sous l'égide du diabolique Nick Shadow. Robert Lepage transpose l'œuvre de Stravinsky dans l'Amérique des années 50, empruntant à l'esthétique des films noirs. Cette descente aux enfers s'autorise quelques clins d'œil critiques à l'égard du consumérisme de l'époque. ❥ 20h, Bruxelles, Théâtre de la Monnaie,
S'il devait vous arriver malheur dans les prochaines minutes, quelle « trace » voudriez-vous laisser ? Traversés par cet instinct de survie, cinq personnages multiplient les acrobaties à une allure frénétique : haute voltige, danse, comédie mais aussi skateboard et anneaux chinois. Les prouesses de cette troupe, formée par le Cirque du Soleil et le Cirque Eloize, remportent toujours un accueil unanime du public. ❥ le 5, 19h, les 6 et 7.11, 20h30, Dunkerque,
de 10 à 104€, +32 2 229 12 00
Clara 69 du 4 à 6.11, puis du 10 au 14.11 de G. Milin/ Cie ta zoa
Clara, 30 ans, dort à la prison de FleuryMérogis. Face à ses murs nus, elle n'a d'autre échappatoire qu'une « évasion mentale ». La comédienne Julia Ragain porte ce terrible monologue découpé en saynètes. L'écriture de Milin, sobre et percutante, décrit avec justesse l'univers carcéral. Les quelques passages dansés créent autant de respirations dans cette pièce oppressante. ❥ le 4.11, 19h, les 5 et 6.11, 20h30, Roubaix, le Garage, de 6 à 10€, +33 320 65 96 50 du 10 au 13.11, 20h30, le 14, 19h, Lille, Théâtre Massenet, de 3 à 8€, + 33 320 04 81 65
Le Bateau Feu, de 5 à 18€, + 33 328 51 40 40
Le Père Tralalère du 5 au 15.11 MeS S. Creuzevault/ Création collective d’ores et déjà
Une dizaine de convives sont attablés à l'occasion du mariage de Lise et Léo. Dans une mise en scène réaliste, où tous discutent en même temps, le spectateur assiste à ce qu’il pense être un banal repas familial. Jusqu’à ce que les langues se délient et que de vieilles blessures éclipsent la joie des jours de fête. Nourri des improvisations des acteurs, ce crescendo vers la violence et la folie n'est pas sans rappeler Festen. ❥ 20h30, (sf lun, 16h), Lille, Théâtre du Nord, de 3 à 23€, + 33 320 14 24 24.
théâtre & danse |
100
agenda Max © DR
La Jurassienne de Réparation
Gilles
les 6 et 7.11
les 13 et 14.11
Cie Théâtre Group'
Un 39 c'est un 39 ! Chez les Goydadin, un garage familial, on n'intervient que sur les voitures immatriculées dans le Jura. Sur scène, campent le père, son fils, et leurs deux employés. Pendant plus d'une heure et demie, la fine équipe se raconte des histoires en même temps qu'ils nous racontent la leur. Celle d'un petit garage ambulant qui fait de la résistance face à l'appel du dernier cri et du conformisme... Gratuit pour les garagistes ! ❥ 20h30, Calais, Le Channel, 6€, + 33 321 46 77 00
Max les 7 et 12.11 Chor. Ohad Naharin/ Batsheva Dance Company
« Acquérir une connaissance approfondie de soi-même via le mouvement », tel est l'objectif du chorégraphe israélien Ohad Naharin. L'implication totale de ses dix danseurs et la permanente mise en danger des corps transforme chacun de ses spectacles en une expérience particulièrement émouvante. Créé en 2007, Max offre une fresque troublante sur le thème de la solitude. ❥ le 7.11, 20h, Bruges, Concertgebouw , de 13 à 26€, +32 50 47 69 99 le 12.11, 20h30, Roubaix, Le Colisée, de 8 à 32€, + 33 320 24 07 07
Gilles © David Bobee
C. Orain/D.Bobée
Un vieil homme nommé Gilles, grimé en clown, erre dans un épais brouillard. Alors qu'il pense en avoir fini avec sa vie, il croise une galerie de personnages à l'étrangeté poétique, joués par les comédiens de la compagnie Rictus et du théâtre de l'Oiseau-Mouche. On sent l’influence du cinéma sur la mise en scène de David Bobée : la lumière, le son et la vidéo forment de brillantes constellations. ❥ le 13.11, 21h, le 14, 19h, Douai, Hippodrome, de 8,5 à 15€, + 33 327 99 66 66
Mort si J'veux du 14 au 28.11 F. Clarinval/MeS J-F. Noville
Dylan, Juliette, Jasmine et Erika incarnent quatre ados d'aujourd'hui, comprenez Facebook, portable, blogs, Twitter. À travers eux, François Clarinval s'empare d'une problématique intrinsèquement liée à cet âge ingrat : l'opposition par principe aux parents, et au monde entier tant qu'on y est. Lancés dans une quête de sensations (trop) fortes, ses personnages poussent sans cesse les limites pour braver l'autorité et les interdits. ❥ 20h30 (sf lun & dim), Bruxelles, Théâtre de Poche, de 7,5 à 15€, + 32 2 649 17 27
théâtre & danse |
102
agenda We Was Them © DR
Journey Home © Pablo Sanchez Del Valle
We Was Them
Dehors, Peste le Chiffre Noir
le 17.11 chor&MeS H. Van den Broeck/Cie SOIT
du 17 au 20.11 Kathrin Röggla/MeS Eva Vallejo
La danse peut-elle rendre toute la complexité des relations humaines ? À mi-chemin entre danse et théâtre, We was Them met en scène un groupe de six personnes qui se côtoient sans se parler. Leur quotidien, marqué par l'ennui (mouvements lents) et les confrontations (vives joutes physiques) s'inscrit dans une esthétique résolument urbaine. Une façon de dénoncer la déshumanisation de nos sociétés ? ❥ 20h30, Dunkerque, Bateau Feu, de 5 à 18€,
Les textes de Kathrin Röggla sont souvent considérés comme des « documentaires », dans la mesure où ils reposent sur un véritable travail d'investigation. Pour aborder des thèmes qui lui sont chers, l'argent et le surendettement, elle présente 70 témoignages, points de vue et anecdotes qu'aucun fil narratif ne vient structurer. Un travail sociologique de titan au même titre qu'une réflexion sur le théâtre. ❥ les 17 et 19.11, 19h30, les 18 et 20.11,
+33 328 51 40 40
Tous Des Gagnants du 17 au 20.11 MeS A. Sierens/Cie Cecilia et Het Paleis
Pierre sonne chez Dino pour le remercier de l'avoir sorti du caniveau quelques mois plus tôt. Commence alors le curieux ballet de ces hommes révoltés, reniant leur âge, rejetant les autres. Arne Sierens s'est inspiré du « Hikikomori », une pathologie touchant les adolescents nippons qui restent cloîtrés pour fuir le monde extérieur. Un enfermement qu'expérimentent les deux personnages… ❥ 20h30, Bruxelles, Théâtre 140, 15€, + 32 2 733 97 08
20h30, Béthune, La Comédie, de 7 à 17€, +33 321 63 29 19
Journey Home (Working title) les 20 et 21.11 Les SlovaKs Danse Collective
La compagnie Les SlovaKs propose ici une série de petites pièces narratives, inspirées de la gestuelle des plus grands comiques américains. À la manière des soirées dansantes slovaques, ces gais lurons formés par les plus grands chorégraphes flamands, chantent, dansent, s'amusent. Particulièrement expressifs, leurs mouvements se déploient sur la musique, jouée en direct ou enregistrée. Un spectacle énergique et éclectique. ❥ 20h30, Bruxelles, Kaaitheater, de 12 à 15€, + 32 2 201 59 59
théâtre & danse |
104
agenda Borges vs Goya © O.Roche
Guerre
Borges Vs Goya
les 21 et 28.11, 5, 9, 10, 11, 13.12 D'après R. Goetz/MeS P. Camus
les 24 et 25.11
« Une fresque historique du 20e siècle allemand » ou « une incision dans le corps malade de l’Allemagne » ? Guerre, trilogie de Rainald Goetz, écrite en 1985, semble répondre à ces deux définitions. L'auteur sonde un passé violent, hanté par le iiie Reich et le terrorisme d'extrême-gauche. En se réappropriant ces traumatismes historiques, il nous place face aux défis de la démocratie contemporaine. ❥ 20h30, sf dim 15h, Bruxelles, Théâtre Océan Nord, de 5 à 10€, + 32 2 216 75 55
Inepties volantes le 24.11 MeS D. Mangouna
En 1997, Dieudonné Mangouna survit à la guerre civile qui enflamme alors le Congo-Brazzaville. Il faudra une dizaine d'années pour que le conteur se décide à rendre, autant que faire se peut, toute l'horreur du conflit. Accompagné par l'accordéoniste Pascal Contet, il donne vie à ces Inepties Volantes sur la scène du festival d'Avignon. Le traumatisme intime de ce survivant nous invite à un travail de mémoire. ❥ 20h, Arras, Théâtre, 17/11€, +33 321 71 76 30
Famous Puppet Death Scene © Old Troup Puppet
MeS A.Troalic
Quel est le point commun entre Borges et Goya ? Ni l'époque, ni la nationalité. Pourtant, Arnaud Troalic, les réunit dans une mise en scène inédite. En les faisant dialoguer alternativement en espagnol et en français, il confronte deux cultures... pour mieux les réunir autour d'une dénonciation du consumérisme effréné. ❥ le 24.11, 19h30, le 25.11, 20h30, Armentières, Le Vivat, de 6 à 18€, +33 320 77 18 77
Famous Puppet Death Scene du 25 au 28.11 MeS T. Sutherland/Cie The Old Trout Puppet Workshop
On peut rire de tout, même de la mort. Si vous n'êtes pas convaincus, cette compagnie de marionnettes canadienne saura trouver pour vous les bons arguments. Une douzaine de pantins animés se croisent dans ce Famous Puppet Death Scene, autant de sketches stigmatisant notre peur de la grande faucheuse. Une heure et demie d'humour noir et de douce poésie macabre... le temps d'oublier ce qui nous attend ! ❥ les 25 et 26.11, 20h, le 27, 19h, le 28, 16h, Lille, Le Prato, de 5 à 17€, + 33 320 52 71 24
texte ¬ Élodie Couécou photo ¬ Pravda © Guy Peellaert
exposition |
109
Dancer(s) in the dark
L’Espace Croisé, au cœur de la Condition Publique à Roubaix, rend hommage au vidéaste turc Ali Kazma, le temps d’une exposition. L’artiste nous propose une vision des « temps modernes » stambouliotes avec neuf films de la série Obstructions présentés ensemble pour la première fois. Découverte. L’exposition organisée dans le cadre de la Saison de la Turquie en France offre plusieurs niveaux de lecture. Si les activités humaines, dans leurs rapports au travail, sont au centre des préoccupations d’Ali Kazma, ses vidéos révèlent bien d’autres problématiques. L’artiste, jeune espoir de la scène artistique turque, pose son regard acéré sur des scènes de vie quotidienne. Il en extrait certaines séquences parfois insoutenables dans leur crudité et leur évocation de la mort (Brain Surgeon ou Slaughterhouse). Même dans l’univers onirique du film Dancer, produit pour l’occasion par l’Espace Croisé, il laisse affleurer une violence sourde. La chorégraphe islandaise Erna Òmarsdòttir y exprime la difficulté d’être au monde et le rapport complexe de chacun à son corps. Echos à l’œuvre Chaque film possède indéniablement une force visuelle propre, mais c’est associés qu’ils deviennent saisissants. Dans la pénombre de la salle roubaisienne, des artisans réparent patiemment le temps qui passe (Clock Master), tandis que des ouvriers à la chaîne s’agitent dans un vacarme industriel. Jean Factory, qui présente justement le labeur de ces ouvriers turcs à l’heure de la délocalisation, entre particulièrement en résonance avec le lieu d’exposition, ancien fleuron de l'activité textile de Roubaix. L’art et l’industrie se confondent et produisent ici une mise en abyme des plus pertinentes. / ❥
ALI KAZMA Du 9.10 au 23.12, Roubaix, Espace Croisé, mar>sam, 14>18h, entrée libre, +33 320 73 90 71
exposition |
110
texte ¬ Fanny Delporte photo ¬ Philip Bernard
La chasse est ouverte ! Le schéma de la chaîne alimentaire recopié dans votre cahier d'écolier vous a laissé un souvenir ému ? Alors, l'exposition Prédateurs au Musée d'histoire naturelle de Lille devrait vous passionner. Pour vous, nous sommes allés flairer le gibier ! À voir le nombre de marmots circuler entre les bêtes empaillées, nul doute que l’exposition est effectivement « accessible aux âmes sensibles ». Un peu déçus, on ravale donc notre envie de frissons. Autour de nous, cris, bousculades, caprices : on en viendrait presque à regretter que l'homme ne mange pas ses petits… Ceci dit, il figure en bonne place parmi les grands prédateurs. C'est d'ailleurs l'une des principales questions de ce parcours thématique qui présente une centaine de spécimens, de la mygale au tigre. Animaux taxidermisés, photos et vidéos fascinent ou effraient les plus petits. Mais ils troublent sans doute davantage leurs aînés. Car loin de nous donner de l'aversion pour les grosses bestioles (ces « super-prédateurs », qui ne sont la proie d'aucune espèce, sinon la nôtre), ces installations nous alertent avant tout sur le rôle principal qu'a tenu l'affreux bipède que nous sommes dans l'extinction de certains spécimens. Pollution, chasse outrancière, destruction de l'environnement, tout corrobore ce malheureux adage : « l'homme n'a qu'un seul prédateur, lui-même ». / ❥
PRéDATEURS jusqu'au 31.12, Lille, Musée d'histoire naturelle, lun>ven (sf mar) 9h>12h, 14h>17h, dim, 10h>13h, 14h>18h, 1,5/3€, +33 328 55 30 80
exposition |
112
texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ Pravda © Guy Peellaert
Comic strip tease C’est un secret de polichinelle : il s’en passait de belles, au château de Moulinsart. Et à Champignac, Spirou multipliait les conquêtes. Mais dans nos albums, on n’en vit que pouic. C’est que la bande dessinée, format originellement enfantin, est longtemps restée prude. Jusque dans les années 60 où quelques briseurs de tabous ont déshabillé leurs personnages. Si le cinéma, précoce, donna son premier baiser à un an à peine (The Kiss, 1896), les planches bullèrent longtemps avant de s’intéresser à l’érotisme. Il fallut attendre l’intervention de quelques auteurs inspirés dans les sixties pour propulser la bande dessinée dans l’imaginaire adulte. Cuvelier, Crepax, Forest et Peellaert ont chacun à leur manière, couché sur papier leurs fantasmes. Très divers, les fantasmes : Barbarella, du Français Forest, était une femme épanouie et libérée, et Pravda, une furie psychédélique inspirée de Françoise Hardy née sous la plume du Belge Guy Peellaert. En revanche, la pauvre Valentina était une sorte de flapper flappie, dominée par les outrages fomentés par le transalpin Crepax. Initialement destinée à une lecture horizontale, ces planches retrouvent, en grand format et à la verticale, une superbe et un cachet impressionnants. D’autres grands noms, tels Manara ou l’Américain Robert Crumb (Fritz The Cat), n’ont pas été conviés. Trop évidents, sans doute. En attendant, cette exposition démontre encore une fois, que les années 1960 furent une décennie charnière dans la révolution des mœurs. À quand la prochaine ? / ❥
SEXTIES jusqu'au 3.01, Bruxelles, Bozar, mar>dim, 10h>18h (sf jeu 21h), de 2,5/4/5€, +32 2 507 82 00
exposition |
114
texte ¬ Audrey Jeamart photo ¬ Vitry, 2007 © G. Rousse, adagp, Paris, 2009
Sculpteur d’espace Le Musée des beaux-arts de Calais accueille une installation de George Rousse. Cette transformation de l'espace et les photos de ses réalisations antérieures révèlent comment ce spécialiste de l'anamorphose se joue de nos sens. Fasciné par la mémoire qui hante certains lieux, Georges Rousse a commencé par photographier des sites désaffectés. Puis, il s’est mis à peindre sur leurs murs, jusqu’à finalement investir les friches dans leur intégralité : « Le lieu abandonné est un territoire qui permet toutes les libertés. J’en ai fait mon atelier », confie l’artiste. Ainsi, un peu partout à travers le monde, ce Français perce les murs, introduit des volumes pour générer de nouvelles perspectives. Le spectateur, dupé par l'illusion d'optique, croit voir des formes suspendues dans les airs. Quand il ne pense pas avoir face à lui une photo retravaillée par ordinateur. Pourtant, il n’est jamais question de photomontages. « La photo est nécessaire pour garder une trace, mais c’est bien l’espace qui me préoccupe, et non un travail sur l’image ». Calais 2009, créée pour cette exposition, est une architecture monumentale en lattes de bois. Elle nous permet de saisir de l'intérieur les procédés de Georges Rousse. Le but du jeu étant de trouver le point de vue qui dévoilera le secret de l’anamorphose, celui qui fera apparaître le carré blanc sur fond noir. / ❥
GEORGES ROUSSE, LE VIDE ET LE PLEIN jusqu’au 24.01, Calais, Musée des beaux-arts, tlj (sauf lun) 10h>12h, 14h>17h, dim, 14h>17h, 4/2€, +33 321 46 48 40
agenda Giinaquq © Philippe Beurtheret
Controverses © Fournier
Lab-Labanque
Du new look à l'exposition 58
Installé dans les anciens locaux de la Banque de France à Béthune, le centre Lab-Labanque propose deux parcours : d'un côté, Lyon-Béthune, une série de paysages croqués par Jérémy Liron lors d'un voyage entre ces deux villes. De l’autre, la bourse ou la vie, une exposition-spectacle du collectif Amalgamix qui nous place dans les conditions d'un braquage au moyen d'installations vidéos et sonores. Allezy les mains en l’air ! ❥ BETHUNE, jusqu'au 31.01, Lab-Labanque,
Ah, les années 50 ! Règne du polyester, du polyamide et de l’acrylique, ère du glamour hollywoodien et des pin-up voluptueuses ! Le musée du costume et de la dentelle nous replonge dans cette belle époque où fleurissaient robes corolle, jupes crayon, cols Claudine et coupes trapèzes. Le tout agrémenté d’accessoires à faire rêver les adeptes de vintage : petits sacs et gants fins montant jusqu’aux coudes... On s’y croirait ! ❥ BRUXELLES, jusqu'au 31.12, Musée du
tlj 14h>19h, + 33 321 63 04 70
Giinaquq, comme un visage Les masques sugpiaq ont presque tous disparu. Ces attributs de chasse, typiques de l’archipel Kodiac (Alaska), étaient en effet rituellement brûlés, de sorte que les 80 spécimens récoltés au xixe siècle par le collectionneur Alphonse Pinart ont une valeur exceptionnelle. Autour de ces rares objets, témoins d’une culture éteinte, l’exposition distille de nombreuses informations mythologiques, ethnologiques, sociales et culturelles. ❥ BOULOGNE-SUR-MER, jusqu’au 7.12, Château-Musée, tlj sf mar, 10h>12h30, 14h30>18h, +33 321 10 02 20
costume et de la dentelle, lun>ven (sf mer), 10h>12h30, 13h30>17h, sam 14h>17h, +32 2 213 44 50
Controverses – une histoire juridique et éthique de la photographie La photographie n’adoucit pas les mœurs, elle les révèle : certaines images permettent de comprendre le regard que les sociétés portent sur leur temps. L’avocat Christian Priker en est convaincu. Il a réuni un florilège de clichés qui ont fait l’objet de vives controverses voire de procès. De 1837 à nos jours, de grands photographes (Cartier-Bresson, Man Ray, Nadar, Toscani) en anonymes, s’esquisse une passionnante étude des consciences collectives. ❥ BRUXELLES, jusqu'au 22.11, Museum du Botanique, mer>dim, 12h>20h, +32 2 218 37 32
exposition |
117
Art et Révolution © Ha Qiongwen
T-tris, Last day of production 2007 © Liam Gillick
Panamarenko, Archaeopterix bleu © G. Van Rafelghem, The Deweer Collection
Michel Francois, Golden Cage © Galerie Gebauer et Huskens
Art et revolution
Rétrospective Panamarenko
Les affiches de propagande produites par le régime communiste chinois sont intéressantes à bien des égards. Elles colportent une vision de la société qui renseigne sur l'esthétique de l'époque et sur le système de valeurs promu. Aujourd'hui encore, le réalisme socialiste irrigue toute la production artistique. Articulée aux autres expositions d'Europalia. China, Art et révolution montre de quels codes se jouent les plasticiens contemporains. ❥ BRUXELLES, du 7.11 au 14.02, Théâtre
Figure majeure de l'art contemporain, Panamarenko a consacré sa vie à l’élaboration de machines expérimentales. Semelles électromagnétiques, avions, sous-marins, quelques-uns de ses engins fous sont exposés dans la métropole dunkerquoise. Le Scotch Gambit, un monumental aéroglisseur, trône ainsi devant l’AP2, le musée portuaire se concentre sur les moyens de locomotion marins, tandis qu’à Gravelines sont présentés ses dessins et machines volantes. ❥ DUNKERQUE, GRANDE SYNTHE, GRAVELINES,
National, mar>sam, 11h>18h, +32 2 203 53 03
T-Tris
jusqu'au 13.12, AP2, musée portuaire, galerie Robespierre, musée du dessin et de l’estampe originale, info +33 328 65 84 20
Pour cette exposition, trois conservateurs de musées d’art contemporain (le BPS 22, le MuHKa et le MUDAM) se sont livrés à un petit jeu. Le but ? Introduire tour à tour une œuvre de sa collection. Tout placement doit être motivé par une filiation artistique, conceptuelle, stylistique ou une opposition avérée avec la précédente. La partie a commencé avec une pièce colorée de Liam Gillick. Le gagnant ? Incontestablement le public, qui profite d’une centaine d’œuvres rivalisant d’originalité. ❥ CHARLEROI, jusqu'au 29.11, BPS 22,
Rétrospective Michel François
mer>dim, 12h>18h, +32 71 27 29 71
mar>dim, 10h>18h, +32 9 240 76 01
L'œuvre de Michel François est proprement inclassable. Son travail, essentiellement sculptural, épouse des médiums, des supports et des échelles très différentes (installations, vidéos, photos, affiches...). Le Belge a pourtant développé un vocabulaire caractéristique, que révèle efficacement cette rétrospective. Comme le contraste entre la fragilité des structures et la matière employée, ou l'hybridation du minéral, du végétal et de l'organique... ❥ GAND, jusqu'au 10.01.2010, S.M.A.K,
exposition |
118
agenda Sur Le Fil, Dolly Parton © Jenny Hart
Peter Klasen, Secret Life © Peter Klasen
Edith Dekyndt
Sur Le Fil
Ne vous méprenez pas, «Les ondes de Love» ne s'attardent en rien sur le sentiment amoureux. L’œuvre fait référence à Love, un mathématicien anglais qui a travaillé sur les ondes invisibles. Quel rapport avec Edith Dekyndt ? Sensible au domaine de la physique, l’artiste se plaît aussi à révéler des phénomènes imperceptibles tels que «les réseaux de l'eau ou les poussières de l'air.» Un travail d'observation minutieux pour une œuvre poétique. ❥ HORNU, du 15.11 au 24.01, MAC's,
Patchwork, broderies, pelotes de laine, tapisseries, tissus... le textile comme matériau ou comme support inspire de nombreuses créations contemporaines. Son utilisation est ici analysée à travers les œuvres d'une quarantaine d'artistes. De Claude Viallat à Mark Newport en passant par Jacques Trovic, l'exposition mise sur l'éclectisme et revendique quelques détours par l'artisanat et l'art populaire. ❥ LILLE, jusqu’au 22.11, maison Folie
10h>18h (sf lun), +32 65 65 21.21
Miro & Tériade, l'aventure d'Ubu Fervent admirateur de l’humour subversif d’Alfred Jarry, Miro voyait dans le personnage d’Ubu l’incarnation de la barbarie du régime franquiste. Dès les années 1950, cette figure grotesque devient récurrente dans le travail du peintre. Encouragé par Tériade, Miro peuple ses gravures, sculptures et autres livres illustrés de cet Ubu aux couleurs ironiquement flamboyantes : tout le contraire de la réalité politique qu'il reflétait alors. ❥ LE CATEAU CAMBRESIS, jusqu’au 31.01, Musée Matisse, 10h>18h (sf mar), + 33 327 84 64 50
de Wazemmes, mer>sam, 14h>19h, dim 10h>19h, +33 320 78 20 23
Rétrospective peter klasen 1959-2009 Pour croquer une civilisation marquée par les « mass media », Peter Klasen emprunte à l’esthétique des films noirs, de la Nouvelle Vague et à la publicité. Ses compositions présentent de manière morcelée des signes extraits du chaos urbain, autant « d’ingrédients à partir desquels le spectateur crée une trame » expliquet-il. Toiles, photographies ou installations, les 150 œuvres du parcours constituent autant d’invitations au décryptage. ❥ LILLE, jusqu’au 29.11, Tri Postal, mar >sam, 14h>19h, dim 10h>19h, +33 320 14 47 60
exposition |
120
agenda Dentelles d'architecture, © EZCT, Architecture & Design Research
'Nographie, Les saintes © J.J. Tachdjian
Dentelles d'architecture
Never Dance Alone
Quel est le point commun entre le ministère de la Culture à Paris, le futur musée du Louvre à Abu Dhabi et le centre commercial de Leicester ? Une façade métallique ciselée comme de la dentelle. Ces résilles de bois, de béton ou d'acier, émaillées de motifs ajourés, se multiplient dans les projets architecturaux contemporains. À partir d'une vingtaine de réalisations, l'exposition étudie ce retour en grâce de l'ornement, permis par les progrès technologiques. ❥ LILLE, jusqu’au 19.12, MAV, mar>ven,
Dans le cadre de la manifestation passé/présent #2, le FRAC Nord Pas de Calais investit divers lieux de Tourcoing. Parmi eux, le Fresnoy. Il accueille sous sa nef un parcours d’installations, de vidéos et d’objets design. Leur point commun ? Evoquer plus ou moins ouvertement la sensualité et les formes féminines, qu’il s’agisse des rondeurs d’un fauteuil de Didier Fiuza Faustino ou des performances dansées de Thierry De Mey. ❥ TOURCOING, jusqu’au 31.12, Fresnoy,
10h>12h30, 14h>17h, sam 11h>18h, +33 320 14 61 15
mer>dim, 14h>18h (sf ven & sam 21h), +33 320 28 38 00
'Nographie
La source
Il s'est essayé à la bande dessinée, à la musique, au graphisme ou à la typographie. Mais son style, inspiré des comics américains des années 1960 et de l'esthétique punk, se reconnaît entre mille. Psychédélique et colorées, les œuvres du Lillois JeanJacques Tachdjian font cohabiter de manière absurde références sérieuses et potaches. On découvre ici une dizaine de séries de cette figure emblématique de l'édition underground. ❥ ROUBAIX, jusqu'au 21.11,
Il tisse de fines chaînes de verre pour emprisonner la lumière. Et déploie ses fragiles guirlandes en de poétiques installations, symboles de vie, de libération, d’affranchissement. « La source » ne révèle pas seulement l’impressionnante maîtrise technique de l’Australien Scott Chaseling pour manipuler le verre à chaud et le cristalliser en de minuscules maillons. Elle révèle une personnalité méditative, tournée vers l’introspection. ❥ SARS-POTERIES, jusqu’au 22.02,
Condition Publique, mar>dim, 14h>18h, +33 328 33 48 33
tlj (sf mar), 10h>12h30, 13h30>18h, +33 327 61 61 44
concerts dim 01 GABRIEL RIOS + JEF NEVE + KOBE PROESMANS Bruges, Cactus Club, 19h, 20/16e, +32 5 033 20 14 JAH CURE Gand, Vooruit, 19h30, 30/26,5e, +32 9 267 28 28
KRIS DANE + ONE TRICK PO Bruxelles, Riches Claires, 20h, 7,5e, +32 2 548 25 80 ABSYNTHE MINDED Leuven, Het Depot, 20h, Complet, +32 1 622 06 03
mer 04
CUSTOMS + WALDORF Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 12e, +32 2 548 24 24
ROBERTO FONSECA Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 19/16e, +32 2 548 24 24
MEW Bruxelles, Botanique, 20h, 18/15/12e, +32 2 218 37 32
La Langue d’après Babel : ARS NOVA ENSEMBLE INSTRUMENTAL + SYLVAIN KASSAP + PHILIPPE NAHON Douai, Hippodrome, 20h, nc, +33 327 99 66 60
SUSANNA & THE MAGICAL ORCHESTRA Courtrai, De Kreun, 20h, 12/7e, +32 5 637 06 44 Sundaylicious by Alio : ALEX PLAY + GAMMICK + MARKO LEKA + DJ SHO Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom
lun 02 Miles Davis : Kind of Blue at 50 : BUSTER WILLIAMS + JAVON JACKSON + JIMMY COBB + LARRY WILLIS Bruxelles, Ancienne Belgique, 19h, 38/35e, +32 2 548 24 24 AUTOKRATZ Bruxelles, Botanique, 20h, 16/13/10e, +32 2 218 37 32
mar 03 DANAKIL + ROOTZ UNDERGROUND Bruxelles, VK - De Vaartkapoen, 19h30, 18/15e, +32 2 414 29 07
MYRA MELFORD & TRIO M Gand, Vooruit, 20h, 14/10e, +32 9 267 28 28 GENERIC + MAIDENHAIR TREE Lille, Rumeur, 20h, 5e, +33 320 52 71 97 Filles A Retordre #10 : LADYLIKE DRAGONS Roubaix, Cave aux Poètes, 20h30, 8/6/4e, +33 320 27 70 10 Filles à retordre #10 : LADYLIKE DRAGONS + LE PRINCE MIIAOU Roubaix, Cave aux Poètes, 20h30, 8/6/4e, +33 320 27 70 10 FORRO IN THE DARK Bruxelles, Ancienne Belgique, 22h, 12e, +32 2 548 24 24 SOULSAVERS + MARK LANEGAN Gand, Vooruit, 22h, 24/21,5e, +32 9 267 28 28
ARCTIC MONKEYS Anvers, LOTTO ARENA, 20h, 34,5e
DAVIDOV Gand, Decadance, 23h, nc, +32 9 329 00 54
THE BIG PINK Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 12e, +32 2 548 24 24
jeu 05
TOY FIGHT Bruxelles, Botanique, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32
Les Inrocks : BLACK LIPS + EBONY BONES + THE BIG PINK Lille, Aéronef, 19h, 22/18e,
+33 320 13 50 00 Les Inrocks : EBONY BONES + BLACK LIPS + AMANDA BLANK + VIOLENS Lille, Aéronef, 19h, 22/18e, +33 320 13 50 00 CUSTOMS + TEAM WILLIAM + DE STAAT Gand, Vooruit, 19h30, 16/14,5e, +32 9 267 28 28 LUZ CASAL Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 33/30e, +32 2 548 24 24 Rat Records Event # 4 : MOHA! + CHAOS OF THE HAUNTED Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 12e, +32 2 548 24 24 THEMSELVES Bruxelles, Botanique, 20h, 15/12/9e, +32 2 218 37 32 LISSY TRULLIE Bruxelles, Botanique, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32 ABSYNTHE MINDED Leuven, Het Depot, 20h, Complet, +32 1 622 06 03 LITTLE BOY Lille, Rumeur, 20h, 2e, +33 320 52 71 97 ALPHA BLONDY Roubaix, Condition Publique, 20h30, 30/27e, +33 328 33 48 33 BIJOU SVP Wattrelos, Boîte à Musique, 20h30, 7/5e, +33 320 02 24 71 FREDDY LOCO + ROCKSTEADY FREDDIE NYSJE Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 RALF + SEROM & ASFALTE Anvers, Café d’Anvers, 23h, gratuit, +32 3 226 38 70
ven 06 Les Inrocks : LA ROUX + LISSY TRULLIE + PASSION
agenda |
123
PIT + FLORENCE AND THE MACHINE Lille, Aéronef, 19h, 22/18e, +33 320 13 50 00 OCEANSIZE Bruxelles, VK - De Vaartkapoen, 19h30, 16/13e, +32 2 414 29 07
Radio Modern : CHERRY CASINO + LADY LINN + KOMMIL FOO Gand, Vooruit, 21h, 17/16e, +32 9 267 28 28 JE VOUS DÉTESTE Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11
WILCO + CARLA BOZULICH + EVANGELISTA Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet, +32 2 548 24 24
GENE FARRIS + LUVS&RUTS + MASSIMO DA COSTA Anvers, Café d’Anvers, 23h, 12/8e, +32 3 226 38 70
THEMSELVES + FOREIGN BEGGARS + SHADOWANIMALS DJ Courtrai, De Kreun, 20h, 12/10/7e, +32 5 637 06 44
label Night : TONYBOY + BICYCLE CORPORATION + RED’OUT + TIMOFEY & BARTOSZ BRENES Bruxelles, Fuse Club, 23h, 12/10e, +32 2 511 97 89
MR AYA Dunkerque, Kilimandjaro, 20h, nc, +33 328 58 96 04 CAVE SINGERS (THE) + ESPERS Gand, Vooruit, 20h, 17/13e, +32 9 267 28 28 MAYER HAWTHORNE AND THE COUNTY Leuven, Het Depot, 20h, 13/10e, +32 1 622 06 03 LA ROUX + PASSION PIT + FLORENCE AND THE MACHINE + LISSY TRULLIE Lille, Aéronef, 20h, 22/18e, +33 320 13 50 00 Paysages Electroniques : MR CALAGAN + MR ONX + ROBI + FRANCK BRETSCHNEIDER Lille, Palais des Beaux-Arts, 20h, 5e, +33 320 06 78 18 OMAR PERRY + KIDDUS I Calais, Gérard Philipe, 20h30, 5e, +33 321 46 90 00 JEANCRISTOPHE + TONY MELVIL Lille, Rumeur, 20h30, 2e, +33 320 52 71 97 MATHILDE Tourcoing, Hospice d’Havré, 20h30, 10/7.50/5e, +33 359 63 43 53
Fight Klub Round #3 : CONGOROCK + TRASH YOURSELF + WAXDOLLS + MASHED PAPER KLUB Bruxelles, K-nal, 23h, 10e, +32 0 324 73 47 MANO SINISTRA + BEN SHEBANG Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom Ciel Sonore All Stars! : DJ CLÉMENTINE + SPACEINTRUDER + MENEER CASSONADE Lille, Supermarket, 23h, nc, +33 320 52 86 59 Laptot is Burning My Paysages Electroniques : DJ GERO + RIOT KID + LAZY FLOW + DIGIKID 84 Roubaix, Cave aux Poètes, 23h, nc, +33 320 27 70 10
sam 07 Tendances : IVAN PADUART Boulogne-sur-Mer, Théâtre Municipal, 12h30, gratuit, +33 328 63 51 00 Tendances : MATHILDE RENAULT Boulogne-sur-Mer, Théâtre Municipal, 18h, gratuit, +33 328 63 51 00
La Marmite à la maison : CERCUEIL + DELBI + OSNI + ROKEN IS DODELIJK + TV GLORY Lille, Aéronef, 19h30, gratuit, +33 320 13 50 00 VIVE LA FÊTE Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 25/22e, +32 2 548 24 24 MOTORPSYCHO Bruxelles, Botanique, 20h, 22/19/16e, +32 2 218 37 32 EDITORS Bruxelles, Forest National, 20h, 32e, +32 7 034 41 11 Paysages Electroniques : EILE + RAFAËL + MR CALAGAN + MR ONX Lille, Palais des Beaux-Arts, 20h, 5e, +33 320 06 78 18 THOMAS FERSEN Béthune, Théâtre de Béthune, 20h30, 24/20e, +33 321 64 37 37 Tendances : MELODY GARDOT Boulogne-sur-Mer, Théâtre Municipal, 20h30, 20/18e, +33 328 63 51 00 Tendances : JEAN-FRANÇOIS ZYGEL + ANTOINE HERVÉ Boulogne-sur-Mer, Théâtre Municipal, 20h30, 18/15e, +33 328 63 51 00 Musique Barbare : MONONC’ SERGE ET ANONYMUS + H.O.Z Dunkerque, 4 Ecluses, 21h, 9/6e, +33 328 63 82 40 MAYER HAWTHORNE AND THE COUNTY Gent, Make Up, 21h, 13/10e, +32 9 329 74 10 SOFTLY SPOKEN MAGIC SPELLS Lille, Rumeur, 21h, 3e, +33 320 52 71 97 HAIRGLOW Bruxelles, Ancienne Belgique, 22h, 12e, +32 2 548 24 24 AUTOMATIQ + CHEESY CLICHÉ + CAFENEON
concerts Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 Are you jazz tonight ? dancefloor jazz : Lille, Guapa Bar, 22h30, gratuit, +33 320 54 82 55 International Resident Night : SILICONE SOUL + BARTHOLOMEO + PATRICK SCHMIDT Anvers, Café d’Anvers, 23h, 10e/gratuit, +32 3 226 38 70 MB Elektronics 19 Years Tour : MARCO BAILEY + DANY RODRIGUEZ LIVE Bruxelles, Fuse Club, 23h, 10/5e, +32 2 511 97 89 BXL Warsaw Party : DJ GUIDDO + DJ 4H Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom JEAN NIPON + PEO WATSON Lille, Supermarket, 23h, nc, +33 320 52 86 59 SMILE : SEYMOUR BITS + ED & KIM + COMMONPHASE + MURDOCK Louvain, Silo, 23h, nc, +32 1 620 34 64
dim 08 Bedroom Community : BEN FROST + SAM AMIDON + VALGEIR SIGURDSSON + NICO MUHLY Bruxelles, Ancienne Belgique, 16h, nc, +32 2 548 24 24 GROUNDATION Lille, Zénith Arena, 17h30, 27.50e, +33 320 14 15 16 KYLESA Roubaix, Hôtel de la Musique, 19h, 12/10e, +33 320 73 74 68 GRIZZLY BEAR + ST VINCENT Bruxelles, Botanique, 20h, 24/21/28e, +32 2 218 37 32 DO MAKE SAY THINK + YEARS + HAPPINESS PROJECT (THE) Courtrai, De Kreun, 20h, 12/7e, +32 5 637 06 44
Sundaylicious by Alio : BORDERLINE + MARKO LEKA + DJ SHO Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom
MARIE-JOSÈPHE JUDE + QUATUOR DEBUSSY Dunkerque, Bateau Feu, 20h30, 18/12/7/5e, +33 328 51 40 30
lun 09
BONE THUGS-N-HARMONY + THA DOGG POUND + KEMPI Gand, Vooruit, 20h30, 35/31,5e, +32 9 267 28 28
THE FLAMING LIPS Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 31/28e, +32 2 548 24 24 KINGS OF CONVENIENCE Bruxelles, Botanique, 20h, 22/19e, +32 2 218 37 32 AKRON/FAMILY Lille, Aéronef, 20h, 12/6e, +33 320 13 50 00
mar 10 SLIIMY Bruxelles, Botanique, 20h, 20/17/14e, +32 2 218 37 32 MIIKE SNOW Bruxelles, Botanique, 20h, 15/12/9e, +32 2 218 37 32 ALEXANDRE THARAUD Douai, Hippodrome, 20h, 22/16/9e, +33 327 99 66 60 LUCKY FUNERAL + LUMBERJACK FEEDBACK (THE) Lille, Rumeur, 20h, nc, +33 320 52 71 97 ULTRA VOMIT + X-SYNDICATE Wattrelos, Boîte à Musique, 20h, 12e, +33 320 02 24 71 Picardie Mouv’ 10 ans Prolifik Records : DJ QBERT + DJ JOS + LEXICON Amiens, Lune des Pirates, 20h30, 10/5e, +33 322 97 88 01 LISA EKDAHL Béthune, Th. de Béthune, 20h30, 24/20e, +33 321 64 37 37 Tendances : ERIC PAQUE + GERARD BUTCHER + BRUNO MURSIC + OLIVIER LOVERGNE Boulogne-sur-Mer, LA FAÏENCERIE, 20h30, 5e, +33 321 80 64 42
MARQUIS TSAW Lille, Malterie, 20h30, 7/5e, +33 320 15 13 21 RED D + LADY LINN + JEANCEDRIC + BRUNO FROM IBIZA Anvers, Café d’Anvers, 23h, 10e, +32 3 226 38 70 PROHIBIDA (LA) + PATSY + LUDOCAINE Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom SHEER Louvain, Silo, 23h, nc, +32 1 620 34 64
mer 11 Paysages Electroniques : GOUTER CHELOU (LE) Lille, Hybride, 09h, nc, +33 320 53 24 84 SOAP&SKIN + MARGAUX H Tourcoing, Grand Mix, 18h, 13/10e, +33 320 70 10 00 THE HERBALISER Bruxelles, Botanique, 20h, 19/16/13e, +32 2 218 37 32 MOBY Bruxelles, Forest National, 20h, 42e, +32 7 034 41 11 MORRISSEY Lille, Aéronef, 20h, 33e, +33 320 13 50 00
jeu 12 MARIEE SIOUX + MATT BAUER Courtrai, De Kreun, 20h, 12/7e, +32 5 637 06 44
agenda |
125
GHINZU Leuven, Het Depot, 20h, Complet, +32 1 622 06 03
MARCEL ET SON ORCHESTRE Bruxelles, Botanique, 20h, 18/15/12e, +32 2 218 37 32
ARGOS Lille, Rumeur, 20h, nc, +33 320 52 71 97
LIO & PHANTOM Bruxelles, Botanique, 20h, 16/13/10e, +32 2 218 37 32
GRACE + LOLA MONTÈS Beauvais, Ouvre-Boîte, 20h30, 10/5e, +33 344 10 30 80
RODRIGO Y GABRIELA Lille, Aéronef, 20h, 27,70e, +33 320 13 50 00
PATRIOTIC SUNDAY (THE) + LA TERRE TREMBLE Lille, Malterie, 20h30, 7e, +33 320 15 13 21
MAYMUN + LOOPING PROJECT (THE) Lille, Maison Folie Moulins, 20h, gratuit, +33 320 95 08 82
PATRIOTIC SUNDAY (THE) + LA TERRE TREMBLE Lille, Malterie, 20h30, 7e, +33 320 15 13 21 ABDULLAH IBRAHIM Lille, Zénith Arena, 20h30, 30/25e, +33 320 14 15 16 KASSAV Lille, Zénith Arena, 20h30, 38e, +33 320 14 15 16 Tour de Chauffe : MINUSCULE HEY + SMILE + MARVIN HOOD Villeneuve d’Ascq, Ferme d’en Haut, 20h30, 5e, +33 320 61 01 46 LAURA GIBSON Gand, Vooruit, 21h30, 13/9e, +32 9 267 28 28 RALF + SEROM & ASFALTE Anvers, Café d’Anvers, 23h, gratuit, +32 3 226 38 70 LOULOU PLAYERS Gand, Decadance, 23h, nc, +32 9 329 00 54
ven 13 You Lucky Bitch : PETE HOWL + H.O.S.H + MAXIM LANY Gand, Decadance, 00h, nc, +32 9 329 00 54 WE SEEM TO HAVE MISPLACED OUR IGLOO + ANCIENT ONES (THE) + DEAD DISCO DRIVERS Courtrai, De Kreun, 19h59, 5e, +32 5 637 06 44
MÉDECIN MALGRÉ LUI (LE) Lille, Opéra de Lille, 20h, 31/5e, +33 328 38 40 50 WINDEARTH + ASHES TO DUST + FROM WISDOM TO HATRED Lille, Rumeur, 20h, 4e, +33 320 52 71 97 Festival la sauce Jack : ZENZILE + GRASSERING Tourcoing, Grand Mix, 20h, 13/10e, +33 320 70 10 00 Tendances : NDIDIO + AVISHAÏ COHEN Etaples, Corderie, 20h30, 12/10e Tour de Chauffe : OUSMAN DANEDJO + LA GOUTTE Faches-Thumesnil, Arcades, 20h30, 5e, +33 320 62 96 96 TAGADA JONES + SHANE COUGH Roubaix, Cave aux Poètes, 20h30, 12e, +33 320 27 70 10 INFRA + LENA CIRCUS Lille, Malterie, 20h45, 7/5e, +33 320 15 13 21 Gym Tronic : KRAZY BALDHEAD + GACHETTE OF THE MASTIFF + PARAL-LEL Dunkerque, 4 Ecluses, 22h, 9/6e, +33 328 63 82 40 LAME SOEUR Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 Paysages Electroniques : DDAMAGE + DJ DONNA SUMMER + MR OUZO + UNCLE T Lille, Kiosk, 22h, 7e, +33 320 49 75 99
Peoples Presents Rejected Label Night : JORIS VOORN + EDWIN OOSTERWAL + TOFKE GUAPERAS + MASSIMO GIRARDI Anvers, Café d’Anvers, 23h, 10e, +32 3 226 38 70 *IV WAX CLUB BIRTHDAY Party* : GEOFFROY + DAVID GARCET + JL LE GUILLOU + GILL Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom ROBI + DEEPRAKER + DJ FARAÏ Lille, Supermarket, 23h, nc, +33 320 52 86 59
sam 14 Paysages Electroniques : ROLAND M. DILL + MONOBLOK + PUSSY SELECTOR Lille, Kiosk, 05h, gratuit, +33 320 49 75 99 MORRISSEY Bruxelles, Forest National, 20h, 54/44e, +32 7 034 41 11 WHITEFIELD BORTHERS (THE) Courtrai, De Kreun, 20h, 12/7e, +32 5 637 06 44 AGGRONEUSK + SANS OUATE + B’RS Lille, Rumeur, 20h, 4e, +33 320 52 71 97 MASSIVE ATTACK Lille, Zénith Arena, 20h, 39,60e, +33 320 14 15 16 Festival la sauce Jack : GENERAL ELEKTRIKS + WOODISH Tourcoing, Grand Mix, 20h, 13/10e, +33 320 70 10 00 LES BLAIREAUX Aire-sur-la-Lys, Espace Culturel AREA, 20h15, 12e, +33 321 39 78 78 Picardie Mouv’ : AUTOKRATZ + PONY PONY RUN RUN + THE BEWITCHED HANDS ON THE TOP OF OUR HEADS Amiens, Lune des Pirates, 20h30, 10/5e, +33 322 97 88 01
concerts THE CHAP + ETIENNE JAUMET + DOUGLAS & THE BEAUTIES + THREE CHEERS FOR DIRTY Comines, Nautilys, 20h30, 5e, +33 320 74 37 40
Gand, Vooruit, 13h30, 5e, +32 9 267 28 28
CANARIES ON THE POLE Lille, Malterie, 20h45, 7/5e, +33 320 15 13 21
WILDSCAT Lille, Biplan, 17h30, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11
20 Years Café d’Anvers Part II : TIMO MAAS + SMOS & BABY BEE Anvers, Café d’Anvers, 23h, 10e, +32 3 226 38 70 Yes Is More Album Release Party : DANTON EEPROM + CLÉMENT MEYER Bruxelles, Fuse Club, 23h, 10/5e, +32 2 511 97 89 POLE FOLDER Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom beats of Love : D.I.M + DJEDJOTRONIC + SOUND OF STEREO + SPACID Gand, Vooruit, 23h, 17.50/14.50e, +32 9 267 28 28 FRESH! : SITIOMIO + DRAZZ + MANUEL TUR + JENSEN Gand, Decadance, 23h, nc, +32 9 329 00 54 Paysages Electroniques : ALEX UNDER + PIEMONT + TRIPLE R + MAX COOPER Lille, Aéronef, 23h, 15e, +33 320 13 50 00 SOLO + SO GLOVE Lille, Supermarket, 23h, nc, +33 320 52 86 59 Sunnyside Up : OSUNLADE + RAOUL + MASSIMO DA COSTA Louvain, Silo, 23h, nc, +32 1 620 34 64
dim 15 Sundaylicious by Alio : YURI KAINE + MARKO LEKA + DJ SHO Bruxelles, Wax Club, 00h, nc, info@thewaxclubcom HOMETOWN GAMBLERS (THE) + DJ GUY BROECKHOVE
MÉDECIN MALGRÉ LUI (LE) Lille, Opéra de Lille, 16h, 31/5e, +33 328 38 40 50
OORUTAICHI + DJ SHABUSHABU + LAKILAKI Lille, Malterie, 18h, 7/5e, +33 320 15 13 21
TERRIEN Lille, Biplan, 21h, gratuit, +33 320 12 91 11
mer 18 MÉDECIN MALGRÉ LUI (LE) Lille, Opéra de Lille, 18h, 31/5e, +33 328 38 40 50 DEEP PURPLE Anvers, LOTTO ARENA, 20h, 46,5e
PATRICK WATSON AND THE WOODEN ARMS Lille, Aéronef, 20h, 15/10e, +33 320 13 50 00
PASSION PIT + KISSAWAY TRAIL (THE) Bruxelles, Botanique, 20h, 16/13/10e, +32 2 218 37 32
lun 16
THE PRODIGY Bruxelles, Forest National, 20h, 37e, +32 7 034 41 11
HOCKEY Bruxelles, Botanique, 20h, 15/12/9e, +32 2 218 37 32
ROY HARGROVE Gand, Vooruit, 20h, 18/15e, +32 9 267 28 28
mar 17 Récital de Piano : THIERRY ROSBACH Arras, Théâtre d’Arras, 20h, 17/11e, +33 321 71 76 30 LEM Bruxelles, Botanique, 20h, nc, +32 2 218 37 32 ANDREW BIRD + JESCA HOOP Gand, Vooruit, 20h, 26/22e, +32 9 267 28 28
MARCELO MONCADA SPACE QUARTET Valenciennes, Phénix, 20h, 9e, +33 327 32 32 32 HOCUS POCUS + MANTRAS Amiens, Lune des Pirates, 20h30, 15/12e, +33 322 97 88 01 Tour de Chauffe : MAGIC MALIK ORCHESTRA + SORIF + ARGOS Comines, Nautilys, 20h30, 5e, +33 320 74 37 40
JASPER ERKENS Leuven, Het Depot, 20h, 15/12e, +32 1 622 06 03
Tendances : ESPERANZA SPALDING Wimereux, Baie Saint-Jean, 20h30, 10/8e
THE DODOS Lille, Aéronef, 20h, 12/9e, +33 320 13 50 00
jeu 19
WRIGGLES (LES) Valenciennes, Phénix, 20h, 23/17e, +33 327 32 32 32
LES COWBOYS FRINGANTS Lille, Zénith Arena, 17h30, 29.80e, +33 320 14 15 16
Des filles et des chansons : BERRY + ZOË AVRIL + CHLOÉ CLERC Roubaix, Colisée, 20h30, 25/8e, +33 320 24 07 07
RENAN LUCE Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet, +32 2 548 24 24
TOTO BICLO + LE VRAI
AKRON/FAMILY Bruxelles, Botanique, 20h, 17/14/11e, +32 2 218 37 32
agenda |
127
HOCUS POCUS Bruxelles, Botanique, 20h, 18/15/12e, +32 2 218 37 32 CROCO Lille, Rumeur, 20h, nc, +33 320 52 71 97 Tendances : GIANMARIA TESTA Berck-sur-Mer, Kursaal, 20h30, 10/8e PINK MARTINI Roubaix, Colisée, 20h30, 39/8e, +33 320 24 07 07 SAMY THIEBAULT QUINTET Tourcoing, Hospice d’Havré, 20h30, 14/9e, +33 359 63 43 53 CRUCIFIED BARBARA + BONAFIDE Wattrelos, Boîte à Musique, 20h30, 13e, +33 320 02 24 71 LITTLE DEATH Gand, Vooruit, 22h, gratuit, +32 9 267 28 28 FAMILYA (LA) Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 RALF + SEROM & ASFALTE Anvers, Café d’Anvers, 23h, nc, +32 3 226 38 70
ven 20 Push It Club 4 years Birthday : DJ MASON + PRINZ + DEE JAMES + PIRRES Anvers, Café d’Anvers, 00h, 12/8e, +32 3 226 38 70
OUI MAIS NON Villeneuve d’Ascq, Ferme d’en Haut, 20h30, 5e, +33 320 61 01 46 Zombie clubbing : PUNISH YOURSELF + DEE N DEE Dunkerque, 4 Ecluses, 21h, 10/7e, +33 328 63 82 40 MR AYA Hazebrouck, Shakalaka, 21h, nc JASPER ERKENS Gand, Vooruit, 22h, 17/15,5e, +32 9 267 28 28 MAI Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 *KOSTBAR LABEL NIGHT* : BINARY & DURDEN + DAVID GARCET + FADY ONE Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom MATIC + THOMAS VON PARTY + MAXIM LANY Gand, Decadance, 23h, nc, +32 9 329 00 54
GWAYAV + TOM FRAGER Lille, Maison Folie de Wazemmes, 20h30, 18e, +33 320 78 20 23 Tendances : BELLE DU BERRY + LARRY CARLTON Saint-Martin-Boulogne, Centre Georges Brassens, 20h30, 20/18e, +33 321 10 04 90 VITALIC + THE PENELOPES Lille, Aéronef, 22h, 22/18e, +33 320 13 50 00 CRAZY OKTOPUS Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11
sam 21 Boarding fly to Rio : Lille, Loca Loca, 00h, nc, +33 320 06 82 82
*ELECTROCHOC Party* : THE SUNSETTER(S) + MR MÖNK Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom
FRANZ FERDINAND Anvers, LOTTO ARENA, 20h, 36.5e LADY LINN Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 21/18e, +32 2 548 24 24
TOURNÉE GÉNÉRALE + LES BRINCHIEUX Lille, Rumeur, 20h, 5e, +33 320 52 71 97
TWILIGHT SAD (THE) Bruxelles, Botanique, 20h, 15/12/9e, +32 2 218 37 32
Tour de Chauffe : DLGZ + DRIVE WITH A DEAD GIRL +
Tour de Chauffe : KARIMOUCHE + JOAN DEVOS + GILLIANE Faches-Thumesnil, Arcades, 20h30, 5e, +33 320 62 96 96
Classics with Jan Van Biesen : JAN VAN BIESEN + BARTHOLOMEO + PATRICK SCHMIDT Anvers, Café d’Anvers, 23h, 10e/gratuit, +32 3 226 38 70
JUSTIN ROBERTSON Lille, Supermarket, 23h, nc, +33 320 52 86 59
GHINZU Lille, Aéronef, 20h, 23,70e, +33 320 13 50 00
Tendances : CARAVAN PALACE Calais, Channel, 20h30, 12/10e, +33 321 46 77 00
CRAIG ADAM & THE VOICES OF NEW-ORLEANS Béthune, Théâtre de Béthune, 20h30, 24/20e, +33 321 64 37 37
TORTOISE Courtrai, De Kreun, 20h, 22/18e, +32 5 637 06 44 OUR LAST MURDER + TRIBES + THE HERETIC PROCESS Lille, Rumeur, 20h, 4e, +33 320 52 71 97
We Play House : SAN SODA + JENSEN + RUSS GABRIEL + RED D Gand, Decadance, 23h, nc, +32 9 329 00 54 Tilt! : RUBIN STEINER Lille, Supermarket, 23h, nc, +33 320 52 86 59
dim 22 CORNERSHOP Bruxelles, Botanique, 20h, 16/13/10e, +32 2 218 37 32 Sundaylicious by Alio : BEN SHEBANG + MARKO LEKA
concerts + DJ SHO Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom
KORTE METTEN Gand, Vooruit, 20h, 5e, +32 9 267 28 28
JANE BIRKIN Arras, Théâtre d’Arras, 20h30, 24e, +33 321 71 76 30
lun 23
YELLOWMAN Leuven, Het Depot, 20h, 20/15e, +32 1 622 06 03
USMAR + BIEFAR + MICKAEL C ALASEV Faches-Thumesnil, Arcades, 20h30, 5e, +33 320 62 96 96
Père Noël est-il un Rockeur ? : NOMADES ORKESTRA + LA CARAVANE PASSE + LA RUDA Lille, Splendid, 00h, 1 jouet ou 8e, +33 320 33 17 34 EMILIE SIMON Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 28/25e, +32 2 548 24 24 JACK PENATE Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet, +32 2 548 24 24 FOOT VILLAGE Lille, Malterie, 20h30, 7/5e, +33 320 15 13 21
mar 24 Père Noël est-il un Rockeur ? : MISTAKEN ELEMENT + MISANTHROPE + TREPALIUM Lille, Splendid, 00h, 1 jouet ou 8e, +33 320 33 17 34 MASSIMO PUPILLO + STEPHEN O’MALLEY & OREN AMBARCHI Courtrai, De Kreun, 20h, 12/10/7e, +32 5 637 06 44 YES !!! Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11
mer 25 BARCELLA + OLDELAF & MONSIEUR D + AS DE TRÈFLE Lille, Aéronef, 00h, nc, +33 320 13 50 00 ARIANE MOFFATT Bruxelles, Botanique, 20h, 19/16/13e, +32 2 218 37 32 BEAST Bruxelles, Botanique, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32
Père Noël est-il un Rockeur ? : AS DE TRÈFLE + LE COLLECTIF DE UKULELE LILLOIS (C.U.L) Lille, Aéronef, 20h, 1 jouet ou 8e, +33 320 13 50 00 SOLILLAQUISTS OF SOUND Lille, Maison Folie de Wazemmes, 20h30, 18e, +33 320 78 20 23 SEXUAL EARTHQUAKE IN KOBE + YOLKS (THE) Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11
jeu 26 Père Noël est-il un Rockeur ? : KKC ORCHESTRA + LYRE LE TEMPS + DUB PISTOLS Lille, Splendid, 00h, 1jouetou8e, +33 320 33 17 34 LES BLÉROTS DE R.A.V.E.L Bruxelles, Botanique, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32 ALBERTA CROSS Bruxelles, Botanique, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32 TEAM WILLIAM + CUSTOMS + DE STAAT Courtrai, De Kreun, 20h, 12/5e, +32 5 637 06 44 FINN Gand, Vooruit, 20h, 16/12e, +32 9 267 28 28 COUP D’MARRON + DEULE DE BOIS Lille, Rumeur, 20h, 5e, +33 320 52 71 97 THE BEYONDERS + OREGONE Amiens, Lune des Pirates, 20h30, 5e, +33 322 97 88 01
CARAVAN PALACE Lille, Aéronef, 20h30, 23,10e, +33 320 13 50 00 MARVINS REVOLT + MARIA GORETTI QUARTET Lille, Malterie, 20h30, 7e, +33 320 15 13 21 Hip Hop Dayz #9 : THA TRICKAZ Roubaix, Cave aux Poètes, 20h30, 6e, +33 320 27 70 10 STEPHENK Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 RALF + SEROM & ASFALTE Anvers, Café d’Anvers, 23h, nc, +32 3 226 38 70
ven 27 Père Noël est-il un Rockeur ? : LE C.U.L + DOKHANDEME + THE DYNAMICS Lille, Splendid, 00h, 1 jouet ou 8e, +33 320 33 17 34 Beautiful Swamp Blues Festival : BLUES CONSPIRACY + EDDIE C. CAMPBELL + GREGG WRIGHT + DIUNNA GREENLEAF Calais, Gérard Philipe, 19h30, 5e, +33 321 46 90 00 CUSTOMS + SUPERLIJM + THE CURVY CUTIES FANCLUB Bruges, Cactus Club, 20h, 11/8e, +32 5 033 20 14 FUCKED UP Bruxelles, Botanique, 20h, 16/13/10e, +32 2 218 37 32 PATRICK WATSON Leuven, Het Depot, 20h, 19/15e, +32 1 622 06 03
agenda |
129
LE KLUB DES 7 Lille, Aéronef, 20h, 15/10e, +33 320 13 50 00 COPY OF A COPY + RATAXES + FAMOUS Lille, Rumeur, 20h, 4e, +33 320 52 71 97 DOMINIQUE A + MONTGOMERY Tourcoing, Grand Mix, 20h, 20/17e, +33 320 70 10 00 RACHID BOUALI Wattrelos, Boîte à Musique, 20h, 7/5e, +33 320 02 24 71 Tour de Chauffe : HACRIDE + LOPSIDED + KLAKOMANIAK Comines, Nautilys, 20h30, 5e, +33 320 74 37 40 Jazz Plays Europe Laboratory : TOBIAS KLEIN + ANDREW CLAES + SVEN DECKER + ANDREAS WAHL Lille, Malterie, 20h30, 7/5e, +33 320 15 13 21 RAGGAMUFFIN WHITEMAN + RIDDIM TWINZ + YOUTHMAN Gand, Vooruit, 22h, 25/23,5e, +32 9 267 28 28 Electronation with Michel de Hey : MICHEL DE HEY + BENNY RODRIGUEZ + TERRY TONER Anvers, Café d’Anvers, 23h, 12/8e, +32 3 226 38 70 Fight Klub Round #4 : HUORATRON + SAWGOOD + MASHED PAPER KLUB Bruxelles, K-nal, 23h, 10e, +32 0 324 73 47 *SOUND OF WAX Party* : DAVID GARCET + MANO SINISTRA Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom NATHAN FIX + MAXIM LANY + NEON + DJUICE & DOWP Gand, Decadance, 23h, nc, +32 9 329 00 54 AEROPLANE + PEO WATSON Lille, Supermarket, 23h, nc, +33 320 52 86 59
sam 28 Père Noël est-il un Rockeur ? : SKIP THE USE + UNCOMMONMENFROMMARS Lille, Splendid, 00h, 1 jouet ou 8e, +33 320 33 17 34 Beautiful Swamp Blues Festival : WES MACKEY + DAVE RILEY + TOMCAT COURTNEY + FINIS TASBY Calais, Gérard Philipe, 19h30, 5e, +33 321 46 90 00 GHINZU + SOLDOUT Bruges, Cactus Club, 20h, 16/13e, +32 5 033 20 14 Toutpartout 15 years : MICAH P. HINSON + CAVE SINGERS (THE) + SHIT AND SHINE Bruxelles, Botanique, 20h, 23/20/17e, +32 2 218 37 32 MEDEA Lille, Opéra de Lille, 20h, 31/5e, +33 328 38 40 50 VINCENT DELERM Béthune, Théâtre de Béthune, 20h30, 24/20e, +33 321 64 37 37 THE ELDERBERRIES + TITAN PARANO Hénin-Beaumont, Escapade, 20h30, 10/8/7e, +33 321 20 06 48 DOSH + LUMINOCOLOR Lille, Malterie, 20h30, 7e, +33 320 15 13 21 ABSYNTHE MINDED + LA TOUCHE DU SINGE + THE BILBOCKS Villeneuve d’Ascq, Ferme d’en Haut, 20h30, 5e, +33 320 61 01 46 BAL DES TRÉPASSÉS (LE) Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 DJ SNEAK + BARTHOLOMEO + PATRICK SCHMIDT + A-STARZ Anvers, Café d’Anvers, 23h, 8e, +32 3 226 38 70 BLUE COOKIE + STEL-R +
THEBSIDE Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom THRILLER : DEE JAMES + TOM DAZING + OLIVIER WEITER + GOLS Gand, Decadance, 23h, nc, +32 9 329 00 54 CLUB CHEVAL Lille, Supermarket, 23h, nc, +33 320 52 86 59
dim 29 MEDEA Lille, Opéra de Lille, 16h, 31/5e, +33 328 38 40 50 Toutpartout 15 years : PHOSPHORESCENT + THE BLACK HEART PROCESSION + DEER TICK Bruxelles, Botanique, 20h, 23/20/17e, +32 2 218 37 32 CARAVAN PALACE Lille, Aéronef, 20h, nc, +33 320 13 50 00 Sundaylicious by Alio : TITUS + EDEN + MARKO LEKA + DJ SHO Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom
lun 30 Beautiful Swamp Blues Festival : MALTED MILK + CARL WEATHERSBY + NORA JEAN BRUSO Calais, Gérard Philipe, 19h30, nc, +33 321 46 90 00 TEGAN AND SARA Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 23/20e, +32 2 548 24 24 JULIE DOIRON + DUKE AND THE KING (THE) Bruxelles, Botanique, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32 STAFF BENDA BILILI Lille, Aéronef, 20h, 15/10e, +33 320 13 50 00