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n째40 / avril 2009 / GRATUIT

nord & belgique Cultures et tendances urbaines


Sommaire Let’smotiv - avril 2009 - n°40

9 10 16

édito News Rencontre

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Reportage

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Design

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Objets

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Mode

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AES+F, Action Half Life © Courtesy of artists and Triumph Gallery, Moscow.

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Jules-Édouard Moustic Altaï, quand pleuvent les Protons Ronan & Erwan Bouroullec Photo : au-delà des clichés

Le Paradis des sneakers,

portfolio : Braquage de styles

événement

Paradis Artificiels

Musique

Alice Russell, Assassin, Simian Mobile Disco, Culture Club… Chroniques disques

Cinéma

Fête de l'animation, Sean Penn

80  Portfolio AES+F

88

Littérature

En petite forme ?… Chroniques livres

92 Théâtre & danse

Festival Cabarets, Base 11/19, Les Turbulentes…, agenda

104  E  xpositions

Agatha Ruiz de la Prada, Paper Fashion, Hypnos…, agenda

118  Agenda concerts

restaurants, bars & clubs

126 Guide

130  Le mot de la fin Dan Perjovschi


22.03 > 30.06.09

Jeux de massacre

musee des arts contemporains grand-hornu rue sainte-Louise, 82 - Be-7301 hornu t. 00 32 (0)65 65 21 21 www.mac-s.be


édito

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N°40 Nord & Belgique - avril 09

Let’smotiv Nord 114 rue Barthélemy Delespaul 59000 Lille Tél : +33 362 64 80 09 Fax : +33 362 64 80 07 redaction.nord@letsmotiv.com pub.nord@letsmotiv.com Let’smotiv Toulouse 18 rue des Couteliers 31000 Toulouse Tél : +33 561 14 03 28 Fax : +33 561 14 25 22 info@letsmotiv.com Let’smotiv Méditerranée BP 2172 34027 Montpellier Cedex 1 Tél : +33 467 06 95 83 Fax : +33 467 92 26 43 redaction.med@letsmotiv.com www.letsmotiv.com Let’smotiv est une publication de Tacteel / sarl 5 000 E / RCS Lille 501 663 769 Abonnement (1 an, 11 numéros) : 33e directeur de la publication : laurent buoro ı directeur de l’édition : loïc blanc ı directeur délégué de la publication : nicolas pattou ı rédaction : Judith Oliver, Hakima Lounas ı ont collabore à ce n° : AES+F, Lisa Alissova, thibaut allemand, faustine bigeast, Léa Daniel, solange darcy, mathieu dauchy, ludovic deleu, xavier dollin, audrey jeamart, fabien kratz, carole lafontan, francois lecocq, coralie martin, baptiste ostré, clément perrin, xavier plasson, roland torres, miss van, Olivia Volpi, florence witz ı Graphisme : cécile fauré, Lucie Philippe, Bruno Fourquet ı Administration & comptabilité : adm@urbanpress.com - Lætitia Louvet ı Impression : imprimerie Ménard - 31 682 Labège ı Diffusion : c*red ı Dépôt légal : à parution ı ISSN : en cours ı Ne pas jeter sur la voie publique Couverture : Miss Van www.missvan.com www. princesasmarket.com Photo by Landry A. deambulations.tk mydogispolite.net L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. ı Magazine gratuit Membre de l’OJD, Bureau de la presse gratuite d’information.

Salles de transit L’immigration et la France, c’est une longue histoire. Sans la première, la seconde n’aurait pas vu le jour. Pas de cours d’histoire ici, mais laissez-nous rire jaune lorsque l’on entend la triste expression « Français de souche  », jadis utilisée par l’extrêmedroite et malheureusement tombée depuis dans le langage trop courant. De même, l’immigration serait devenue un « problème », que l’on « subirait » à défaut de « choisir ». Tout ce vocable autrefois réservé aux caciques du FN est allègrement repris par une partie de notre gouvernement actuel. Heureusement, cet obscurantisme politique se trouve légèrement secoué, ces dernières années, dans les salles… obscures, justement. Ainsi, Welcome, de Philippe Lioret, a récemment relancé la polémique sur le traitement des immigrés dans notre bon vieux pays. Eric Besson, ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité Nationale (sic !) ne pardonne pas au réalisateur d’avoir comparé les traques et humiliations dont sont victimes les sans-papiers dans le Nord de la France aux pratiques de la France de Vichy. Ni d’avoir évoqué une loi scélérate, qui condamne la solidarité envers ces pauvres hères errant dans les rues et forêts de Calais. Tandis que le ministre versatile ferme les yeux, d’autres les ouvrent. En effet, Welcome n’est pas le premier long-métrage à s’attaquer à cette question brûlante. On se souvient de Maman est folle (2007) de Jean-Pierre Améris, qui décrivait la rencontre entre les bénévoles d’une association et des migrants en transit entre la France et l’Angleterre. Ou plus récemment dans The Visitor (Gand Prix de Deauville 2008), l'américain Thomas Mc Carthy croisait les destins d'un immigré clandestin et d'un professeur d'économie. Ou comment un citoyen blasé s’est retrouvé au cœur d’un implacable système de détention et d’expulsion. Ces pellicules, quelques autres ouvrages* et leur succès, souvent inespéré, donnent des raisons de croire que non, définitivement, les Français ne se fichent pas du sort de leurs voisins. > Lola Blou * à l’abri de rien, d’Olivier Adam (paru en 2007)


En bref…

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Extra-muros Le Mur de Cisjordanie, barrière censée protéger Israël des terroristes mais enfermant les Palestiniens dans un camp à ciel ouvert, ressemblera-t-il au Mur de Berlin ? Si sa chute n’est pas encore à l’ordre du jour, des artistes palestiniens et une fondation néerlandaise s’inspirent des graffitis recouvrant les pierres de Berlin Ouest. Pour 30 €, ils se proposent de taguer sur ce mur un message de votre composition (écartant, cela va de soi, tout message à caractère haineux). Une manière de soutenir la créativité de la jeunesse et des projets sociaux et culturels en Cisjordanie. ❥ www.sendamessage.nl

Les 15 bougies du fuse

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Télex

Tandis que la plupart des clubs mettent la clé sous la porte au bout de quelques années, le Fuse tient toujours le haut du pavé. Cet illustre temple bruxellois de la musique électronique fête ses 15 ans le 25 avril sur le site de Tour & Taxis ! Pour souffler les bougies, on attend une pléiade de Djs internationaux. À commencer par Ricardo Villalobos, le pape de la techno minimale. Sur la même scène, à proximité du gâteau, on trouve les groovy et non moins radicaux Magda et Marc Houle. La deuxième salle accueille autant d’invités prestigieux : Anthony Rother, Monika Kruse et Dave Clarke. ❥

30/25 €, +32 2 511 97 89, www.fuse.be

La Miroiterie, vieux squat d’artistes à Paris réputé pour scène musicale et ses nombreuses expositions, est menacée. La société immobilière qu’il l’a récemment rachetée souhaite expulser ses 30 résidents. Pétition en ligne sur mesopinions.com // La 1re étape de la compétition internationale Battle Of The Year (danse hip-hop) se déroule à la Halle de Glisse à Lille, le 4 avril. Entrez dans la ronde !


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Langage machine La bataille s’annonce redoutable, les arbitres intransigeants, mais sans risque d’effusion de sang. Et pour cause, les combattants sont des robots mis au point par des bambins ou de jeunes ingénieurs. Les finales de la 8e Coupe de Belgique de Robotique (18-19 et 24-25 avril) s’inscrivent dans le cadre du festival Robotix’s, au Parc d’aventures scientifiques de Frameries (PASS). En parallèle, une exposition réunissant 70 robots en tout genre montre comment la robotique peut révolutionner notre vie. ❥ du

4 au 29.04, +32 70 22 22 52, www.pass.be

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© Miss Van

Docteur ès Disk Jokey

Toulouse sous les bombes

La bureaucratie s’immiscerait-elle partout ? C’est ce qu’on aurait tendance à penser face à cette curieuse décision du Sénat brésilien : les DJ devront désormais être titulaires d’un diplôme d’État pour se produire dans ce pays. À entendre le lobby national des DJ, il s’agit d’officialiser leur statut et de pouvoir enfin vivre de ce travail (obtenir une sécu, exclure les amateurs qui leur ôtent le pain de la bouche...). N’empêche, au pays de la samba, la pratique de la musique a-t-elle besoin de ces nouvelles limites ?

Les voluptueuses formes de notre couverture ce mois-ci sont signées Miss Van, une street artiste toulousaine dont l’univers troublant se dévoile dans le monde entier. S’invitant sur tous les supports (mur, bois, toile…), son travail, précurseur et novateur, met en scène d’étranges femmes-enfants aux courbes généreuses. En compagnie d’artistes telles que la bédéiste Caroline Sury ou l’illustratrice Amandine Urruty, Miss Van crée l’événement dans la ville rose pour une exposition exceptionnelle à découvrir du 4.04 au 2.05 à la galerie GHP. ❥ www.espaceghp.com

Imaginez une séance de West Side Story transformée en karaoké géant. C’est le principe du ciné-chanté, au Studio 43 de Dunkerque. Après une petite révision d’anglais, à vous le doublage de Nathalie Wood ! // Il n’y a pas d’âge pour jouer à la Barbie : Karl Lagerfeld s’amuse toujours à les habiller et s’est même vu offrir un Ken à son effigie. Lunettes noires, crinière blonde et mitaines argentées, l’horrible poupée n’a même pas le mérite de lui ressembler. Quoique...


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Alerte incendie

© DR

Roubaix brûle pour la 11e fois en 3 ans ! Les derniers pyromanes identifiés, Teenage Bad Girl, Erol Alkan ou SebastiAn, ne seraient pas dans le coup. Cette fois, on aurait aperçu le récidiviste Orgasmic, flanqué des champions DMC Beat Torrent et des explosifs Radioclit rôder près de la Cave aux Poètes. Des complices comme Canblaster et Sylvie Cious sont également prêts à mettre le feu aux poudres ce 17 avril, salle Watremez ! Let’s Motiv cautionne ce line-up flamboyant de la Roubaix’s Burning #11 et offre sur letsmotiv.com des places aux lecteurs équipés de combinaisons anti-feu. ❥ infoline

: + 33 320 27 70 10

Expérience sonique

École Buissonnière

Sonic City propose un parcours musical hors des sentiers battus. La direction artistique de la deuxième édition de ce festival a été confiée à Dälek, emblématique formation de hip-hop expérimental. Le crew ouvre lui-même le bal le 4 avril, avant de céder la place à Charles Hayward et à son ambient music destructurée, ou à Subtitle dont les rimes hip-hop sont associées à de ténébreux instrumentaux électroniques. L’exploration sonique se poursuit le 5 avril avec l’abstract fissuré de Uniform. Une expérience musicale au-delà des effets de mode, en faveur du décloisonnement des genres. ❥ 4 & 5.04,

Heureuse nouvelle pour les étudiants allergiques au froid contact du banc en bois et les nostalgiques des années fac : désormais, on peut écouter un cours de médecine, d'esthétique ou d'histoire antique sur son iPod, classe ! Dans la foulée des 200 universités américaines, canadiennes, britanniques, australiennes ou néo-zélandaises déjà inscrites, deux facs françaises se sont mises à iTunes University. Sophia Antipolis et Paris Descartes ont ainsi rejoint cette e-bibliothèque aux 100 000 cours, créée voilà deux ans. À quand la Sorbonne et les grandes écoles ?

De Kreun, Courtrai, 30 €, +32 56 370 644, www.dekreun.be


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rencontre |

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Propos recueillis par ¬ Roland Torres photo ¬ Canal + © DR

Jules-Édouard Moustic Un drôle d’insecte Figure emblématique et présentateur vedette de Groland sur Canal +, Jules-édouard Moustic n’est pas un inconnu. Ultime représentant de l’humour corrosif et potache à la télévision, il fait figure d’ovni dans le paysage audiovisuel français. Né « d'une mère basque tombée amoureuse d'un moustachu », Christian Borde de son vrai nom, a récemment diversifié ses activités. Son one-man-show «  Moustic en gros » va bientôt tourner en province. Une bonne occasion de savoir qui se cache derrière ce clown subversif.


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« Jules et édouard, ça fait très fin de race, sale con du Chesnay » Comment Christian Borde est-il devenu Jules-édouard Moustic ? Avec des passions et un peu de hasard. Sans être révolté, je n’étais pas fait pour les études. Je prenais l’école comme une punition en pensant « je ne fais pas partie de votre bande ». J'ai fréquenté une école de commerce en traînant les pieds et puis je me suis barré. J'ai commencé à mener la vie que je voulais grâce à des petits boulots. À l'époque on pouvait se le permettre. Comment avez-vous fait pour atterrir à la radio ? À un moment, je vendais des amplis. J’étais de repos quand un client m’a appelé pour un dépannage. Il s'agissait de Jean-Pierre Umbach, qui animait alors les matinales de RTL. Quand il m'a demandé comment il pouvait me remercier de l'avoir aidé, je lui ai dit que je rêverais de faire de la radio. Il m'a donné le nom d'un technicien que j'ai harcelé pendant deux ans, sans réponse. J'aurais même accepté de passer le balai... Jusqu'à ce qu’il m’appelle en me

demandant si ça me plairait d'être l'assistant de Michel Drucker. Et votre passage de la radio à la télévision ? Mon entourage me disait toujours que j’avais raté ma vocation de clown. En semaine, j'animais une émission rock sur RMC et Alain Chabat avait la même tranche le week-end. On se tirait la bourre avec nos conneries et on s'apercevait qu'il y avait du monde derrière la vitre quand on venait. Un jour, j’ai reçu un coup de fil de Roland Magdane qui était une star à l'époque. Et il m’a dit  :  «  je t'écoute tous les midis, tu me fais marrer, écris-moi un truc, démerde-toi ». Je suis parti en week-end chez des potes dans l'arrière-pays niçois. Je suis tombé sur le bulletin municipal du village et me suis amusé à le détourner. Il a adoré. Plus tard, un an après avoir quitté RMC, Chabat m’a proposé de rejoindre l'équipe des Nuls. Par la suite, Alain De Greef nous a demandé de constituer une équipe pour les


Arènes de l’Info, la première version des Guignols. D’où vient votre surnom ? Je le dois à une fille de RMC. Lorsque j'étais plus maigre, avec mes cheveux en pétard, je lui rappelais le personnage Moustic dans Merlin l'Enchanteur. Jules et Édouard sont mes deux autres prénoms. Ça fait très fin de race, sale con du Chesnay. Pourquoi avoir écrit un one-manshow ? La proposition vient de Jean-Michel Ribes, le directeur du théâtre du Rond Point (Paris). Ce spectacle, c'est un peu ma vie, sans vraiment l'être. J'ai mis 7 mois à l'écrire. Puis,

j’ai tout changé pour finalement revenir à ce que j'avais écrit au début. Le titre m’est venu à l'époque du spectacle d'Arthur (Arthur en vrai). J'avais arrêté de fumer donc j'avais vachement grossi alors je l'ai appelé Moustic en gros. J’y aborde les gens que j'ai rencontrés, les situations que j'ai vécues. Ce n'est pas militant, c'est politique, dans le vrai sens du terme. En effet, à la télé ou à la radio, c'est de la pure consommation : tu écris un sketch, il est réalisé, diffusé et disparaît. Sur scène, tu dois apprendre un texte, répéter 40 fois la même vanne, attendre chaque soir un nouveau public sans même savoir s’il va venir : pendant deux ans, >


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Fou de rage, un pote me présente un type tombé du camion avec un émetteur, grâce auquel j’ai lancé une radio pirate en réalisant des mixes à la maison. Elle est coupée depuis un an, peut être parce qu’on trouve une radio sans pub suspicieuse ? Mais elle survit en streaming sur le site de Canal +. J’y passe la musique que j’aime, principalement noire : du hip-hop, de la soul, du funk, du jazz. Actuellement, j'accroche sur un triple CD d'Indiens et j'attends avec impatience celui d’Oxmo Puccino. J'aime plus que tout Randy Newman. Je redécouvre le jazz des années 60. Moustic en gros © Théâtre du Rond Point, DR

j'en n'ai pas dormi, je me réveillais la nuit en apnée. Parlez-nous de cette radio que vous avez monté au Pays Basque ? Elle existe depuis 2006. Je voulais depuis longtemps créer une radio dans ma région, au Pays Basque, dans la lignée de Nova ou FIP, qui n’émettent pas là-bas. Il y a 3 ans, le CSA qui recherchait soit-disant des radios locales différentes a lancé un appel d'offre pour deux fréquences. Quinze dossiers ont été montés, tous recalés. Et finalement, ils nous ont collé Skyrock et Chérie FM ! Génial, dans le genre différent et local !

Quels sont vos projets au-delà de la tournée de votre one-man-show ? Sans un être un féru de cinéma, je souhaite depuis longtemps réaliser un film pour la télévision. Je me sens bien à la télévision, je n’ai pas honte d’en faire, il faut juste la faire évoluer. On peut réaliser de très bons téléfilms, il existe là une légèreté que tu trouves très peu au cinéma. Mon film parlera des gens que j'ai rencontré à l'époque de Radio Monte Carlo, une ambiance très cinéma italien des années 60. Un mot de conclusion ? Jusqu'à maintenant, c'était Banzaï ! Mais depuis qu'on a envoyé notre Président en Guadeloupe, il est revenu avec le slogan du LKP : « Bataillez ». Alors, Bataillez !!! /


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conception graphique :


Altaï,

quand pleuvent les Protons texte et photos ¬ Lisa Alissova


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Depuis des décennies, ce beau pays de montagnes, situé au sud de la Sibérie, est parsemé d’épaves de fusées spatiales. Elles chutent au beau milieu des pâturages, mais aussi dans les potagers. Les Altaïens en ont peur ou s’en étonnent. Un voisinage incongru et dangereux. Des carcasses de télés, des microcircuits couverts de poussière, des tourne-disques restés muets depuis la chute de l'URSS… La petite maison en bois du retraité Alexeï Koudriavtsev ressemble au bric-à-brac d’un vieux passionné de mécanique. Si ce n’est qu’entre une boîte à outils et un récepteur de radio démodé trône un énorme morceau de fer cramé. Un fragment de la fusée Proton-M. Vous êtes à Labogan, un village situé à 4 000 km de Moscou, au cœur de l'Altaï, cette république isolée qu’aucune ligne aérienne ni ferroviaire ne relie au reste de la Russie. Ici, seul le dessin régulier des poteaux électriques quadrillant les plaines à perte de vue rappelle la civilisation. De temps à autre, un nuage de poussière monte dans l’air : un camion passe. Il ralentit pour contourner une vache au milieu de la route. Bien que la piste de lancement Baïkonour se trouve à 1700 km, dans la steppe kazakh, c'est ici que chutent les fragments des fusées. Dans les années soixante, les scientifiques soviétiques avaient dessiné « la zone de chute 310 », au milieu des montagnes enneigées. Mais depuis peu, les ordures spatiales s'effondrent tout à côté des maisons. « C'est pour récupérer les boulons que j'ai rapporté cette épave », explique Alexeï. L'automne dernier, ce mécanicien âgé de 60 ans a découvert ce cadeau du ciel à côté du village. « Aujourd'hui les gens ont beaucoup salopé le monde. J’aimerais bien savoir quelles en seront les conséquences », s'interroge Alexeï. >


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Les fusées chutent, les cancers s'envolent Les conséquences sont graves. Proton-M est propulsé avec du peroxyde d’azote et de la diméthylhydrazine asymétrique dite heptyl, une substance cancérigène et mutagène. L'Agence spatiale fédérale russe, Roskosmos, maintient que les ergols* résiduels sont rejetés dans les couches atmosphériques supérieures et ne descendent pas jusqu’à la Terre. Pourtant, selon les scientifiques travaillant dans la région, le 15 mars 2008, au lendemain du lancement d’un Proton-M, les habitants ont témoigné d'une brume bleuâtre. Cette fois-ci, huit fragments ont été retrouvés dans les villages. Plusieurs habitants se sont plaints de problèmes de santé. Le taux de cancer a augmenté depuis ces trois dernières années, selon Nelia Kara-Sal, le médecin en chef de l'hôpital du district d’Oust-Kan qui jouxte la zone de chute 310. Est-ce le résultat de l’activité spatiale ? Ou la conséquence de plus de 500 explosions de bombes atomiques entre 1949 et 1989 sur le polygone de Semipalatinsk au Kazakhstan, à seulement 400 km ? En l’absence de toute enquête scientifique indépendante, les Altaïens restent libres de toute interprétation.

« Bien que la piste de lancement Baïkonour se trouve à 1700 km, dans la steppe kazakh, c'est ici que chutent les fragments des fusées » Le chemin des épaves « Bientôt les débris vont tomber sur nos maisons ! Je ne cesse de dire à Roskosmos : Modifiez la trajectoire ! », s’exclame Leonid Maikov, le maire du district d'Oust-Kan. Il est révolté par l’attitude du géant spatial russe à qui un lancement de la fusée Proton-M, plaçant un satellite étranger en orbite, rapporte 90 millions de dollars. Les Altaïens eux, ne touchent aucune indemnité. >


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« Bientôt les débris vont tomber sur nos maisons ! Je ne cesse de dire à Roskosmos : Modifiez la trajectoire ! »

À quelques dizaines de kilomètres à l’ouest d’Oust-Kan, le chemin de terre caillouteux se termine en cul-de-sac. C'est le village de Korgon. Ici, chaque villageois a vu une épave au moins une fois dans sa vie. Dmitri Alatchev, 81 ans, portant une barbe comme celle de Lev Tolstoï, raconte son histoire à la manière d'un conte traditionnel russe : « C'était l'hiver. Une nuit, nous avons entendu du bruit comme si quelque chose était tombé sur le toit des voisins. Puis, le printemps est arrivé. La neige a fondu. Un jour, j'ai vu un couvercle dans le potager. J'ai voulu le prendre, mais il s’est trouvé que c'était un tonneau bien pris dans la terre. Je l'ai tiré par l’anse. Mais il ne sortait pas. Je l'ai remué avec une pince. Et j'ai tiré le tonneau ». Après avoir touché le métal, Dmitri a eu du mal à marcher pendant dix jours. Dans les montagnes, les « tonneaux » sont d’un autre calibre. En 2005, un étage entier d’une fusée est tombé près d'un refuge de bergers, un cylindre de douze mètres sur quatre. Le Ministère de situations d’urgence a chargé Vladimir Negodiaev, habitant de Korgon et propriétaire d'une quinzaine de chevaux, de descendre les débris jusqu’à son village. Tout en nage, les sept trotteurs Orlov suivaient un étroit sentier, serpentant les montagnes aux pentes abruptes. Des ponts suspendus, des broussailles infranchissables, un trajet d’une dizaine d'heures, 100 kg de fer dans la sacoche de chaque cheval. Depuis cette aventure, le vif trotteur gris, favori de Vladimir, porte le nom de « Kosmos »… /

* Un ergol, dans le domaine de l'astronautique, est une substance homogène employée seule ou en association avec d'autres pour fournir de l'énergie (notamment dans un système propulsif à réaction).


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texte ¬ Judith Oliver

Design à quatre mains Leur nom se cache derrière bien des objets devenus best-seller, comme les aériennes cloisons d’Algues ou le canapé Alcôve à l’immense dossier. Les jeunes frères Bouroullec, sont devenus de véritables stars internationales du design. Industriels, collectionneurs et journalistes leur font les yeux doux. Mais que saiton vraiment du fonctionnement de ce sympathique tandem ?


Algues­, 2004, R&E Bouroullec, Roubaix Museum © Paul Tahon


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« C’est impossible de démêler la part de chacun, car nous sommes réellement interdépendants » Dessiner des objets en duo, voilà qui n’est pas courant. Et a de quoi piquer notre curiosité. En 10 ans, personne n’a percé le mystère de la répartition des rôles entre les deux frères. Éviteraient-ils le sujet par mauvaise volonté ? Même pas. Pour preuve, ils lèvent le voile sur les rouages de leur collaboration dans une exposition présentée en Belgique, au Grand Hornu Images (1). Peut-être simplement que la question ne se pose pas pour nos deux virtuoses habitués aux croquis à quatre mains : « C’est impossible de démêler la part de chacun car nous sommes réellement interdépendants  », confie Ronan, l’aîné. «  Un projet commence toujours par une discussion, puis se construit souvent de manière assez fluide. Erwan a une idée, j’y réponds avec une proposition de projet qu’on réaménage ensuite à deux. Parfois c’est l’inverse, mais il y a toujours cette rapide réaction en chaîne d’idées qui naît d’une première discussion ».

Janus, dieu des seuils Ne croyez pas cependant que l’on va renoncer à s’attaquer à la boîte noire Bouroullec, car elle soulève bien des questions. Tel le dieu Janus, gardien

des passages et des croisements, le travail de ces designers a deux visages. Le premier prend les traits d’une démarche artistique rêveuse, qui se soucie peu des contraintes et du réalisable. Leur pratique du dessin est centrale et compulsive. « Nous passons les trois quarts de notre journée à faire des croquis, des maquettes, c’est notre passion, on vit pour ça », explique Erwan. Un objet comme la Chaise Végétale a impliqué à elle seule des milliers d’esquisses. Mais ces dessins préliminaires n’ont rien de fonctionnel. Ni étude d’ergonomie, ni concept mathématique, ils traduisent des influences, des intuitions. Un chat lové sur un coussin, par exemple. «  C’est une pratique presque romantique, qui ne s’inscrit pas dans une méthodologie rationnelle et rectiligne », poursuit-il. L’autre visage du tandem est celui, plus pragmatique, de la production industrielle. Repérés il y a 11 ans par la firme Cappellini, les Bouroullec ont d’emblée cru à cette logique et s’y sont très vite adaptés, domptant, dès leurs fameuses Algues, les techniques de modélisation 3D. « On a vite su dialoguer avec l’industrie, et compris tôt le besoin de s’y trouver des alliés. Sans des industriels (2) qui prendraient des risques, on resterait dans une sorte d’utopie. Au lieu de quoi, on produit des choses très réelles avec des engagements financiers faramineux, pour qu’une chaise aussi techniquement complexe (3) que la chaise végétale, >


Vegetal chair growing Š R&E Bouroullec

Facett, 2005, Facett Roset Š Paul Tahon, R&E Bouroullec


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Cloud modules, 2002, Mudam © R&E Bouroullec

Le travail du rêve

Cette recherche de transparence s’enracine principalement dans la volonté d’un contrat clair avec le consommateur. Comme l’explique Erwan, « j’aimerais que dans le futur, le terme design soit l’équivalent du label bio pour la bouffe. C'est-à-dire qu’en achetant un objet, les gens soient conscients du travail et des modes de production qu’il a supposés. En temps de crise, il y a là matière à réflexion ». /

Parce que leur démarche se situe entre deux pôles trop souvent opposés – le design artistique et la logique industrielle -, nos compères ressentent le besoin d’expliquer leur travail à leur public et partenaires. Chaque projet fait l’objet de nombreuses photographies qui se veulent « narratives et pédagogiques  », voire de vidéos explicatives.

(1) Étapes, jusqu’au 31.05, au Grand Hornu Images, Hornu, Belgique. (2) Les frères Bouroullec travaillent de grandes références dans l’édition de meubles design : Cappellini, Vitra, Ligne Roset, Kvadrat ou encore Habitat. (3) Le moule de cette chaise en forme de branches d'arbres asymétriques a été très difficile à réaliser. Le plastique injecté ne se répartissait pas uniformément, créant ainsi des zones de fragilité. C'est, à ce jour, le moule le plus cher de l'histoire de la marque suisse Vitra (1 M € ).

par exemple, puisse exister ». L’industrie joue également comme source d’inspiration. La découverte d’innovations technologiques est souvent à l’origine d’un objet, comme la machine à coudre numérique pour le canapé Facett. Aussi précise qu’une imprimante, elle a permis des surpiqûres tout en finesse.

à voir / étapes, jusqu'au 31.05, Hornu, Grand-Hornu Images, mar>dim, 10h>18h, +32 65 65 21 21 à lire / Objets, Dessins, Maquettes, Ronan & Erwan Bouroullec, Archibooks, 2008, 83 p. à découvrir / www.bouroullec.com


Au-delà des clichés sélection ¬ La rédaction

L'impitoyable course aux pixels serait-elle dépassée ? Élégants et pratiques, les appareils photos numériques (APN) misent plus que jamais sur l’extravagance technologique et le design. Certains modèles se targuent même d'être de petits bijoux... De leur côté, les rares résistants argentiques, toujours aussi fiables, cultivent une simplicité toute ludique. Tous à vos Bzzziiihiii ! Bip ! Clong ! Voire Chrrk-chrrk et Clic-clac.

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1. Craquant, le Black Bird Fly de la société Superheadz. Tel un Rolleiflex, ses photos sont au format carré (35mm). 89,95€, pixelflare.eu / 2. Voyez la vie en très grand angle (objectif 25 mm Leica) avec le Lumix DMCTZ6 de Panasonic. 329€ / 3. On aime le principe de l’appareil photo à construire soi-même de Superheadz Plamodel DIY 35mm Camera, disponible pour 28$, urbanoutfitters.com / 4. Quel que soit le terrain, le trépied flexible Gorillapod de Joby ne vous laissera pas en plan… 24€ / 5. Définition de 24,6 millions de pixels dans un capteur aux dimensions d'une pellicule 24x36 mm. Le reflex Sony Alpha 900 a de quoi en mettre plein la vue. 2500€ ! / 6. étanche et de petite taille, le traceur GPS GT-200 d'I-GotU vous aidera à localiser vos prises de vue. Autonomie de 40h, compatible Google Map ou Earth. 59€, i-gotu.com / 7. Parfait pour les baroudeurs, le Canon PowerShot D10 résiste aux chocs, au froid et reste étanche à 10 mètres de profondeur. 369€ / 8. Cette édition miniature et luxueuse (plaqué or 24 carats) du fameux Leica M3 a été conçue par Minox. Bonnes performances techniques : 5 mégapixels, 32 Mb de mémoire, écran LCD de 1.5 pouces. 329e / 9. Polaroid signe son retour avec son PoGo™ Instant Digital Camera. Un appareil numérique qui intègre une imprimante. Dispo. début mai, env. 150€ /


Chez Colette Š DR


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texte ¬ Léa Daniel photos ¬ Colette, Veja © DR

Basket :

notre paire qui êtes aux cieux Les baskets ont leurs temples, leurs gourous, leurs adeptes. Les sneakers ont leurs sneakerologues et leurs « sneakers addicts » qui chassent la série limitée. Artistes, designers, musiciens emboîtent le pas et placent leurs noms au service de collaborations rentables. De la rue au musée, les baskets ont la côte. Explications. Avènement de la société de loisirs, culte du corps, appartenance communautaire, si notre civilisation devait être une chaussure, elle serait une basket. Ou une sneaker, du verbe « to sneak », avancer sans se faire remarquer, en référence à leur semelle souple. Soulier de prédilection des gangsters pour leur discrétion, c'est aux B-Boys new-yorkais des seventies que l'on doit leur popularisation en dehors des terrains de basket et leur élévation au rang d'accessoire de

mode incontournable, objet d’un véritable culte. On connaissait les hommages musicaux comme celui de Run DMC avec My adidas où il était de bon ton de brandir depuis la fosse, sa vieille tennis en guise de briquet. On avait eu vent de ces « sneakers addicts  » et autres drogués de la tatane qui collectionnent les modèles traquant les raretés avec pugnacité déconcertante. On voguait déjà plus ou moins légèrement sur la déferlante de la customisation, s'appliquant à laisser >


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« Les marques qui tirent leur épingle du jeu sont celles qui ont su préserver leur ADN, tout en puisant dans l'imaginaire collectif » une grifouille sur des Stan Smith abyssalement blanches. Mais dès lors que les paires de Nike se deale aux enchères chez Christie's, que certains collectors atteignent les 10 000 $ sur Ebay et que les baskets habillent les murs des galeries d'art, le phénomène sneakers prend une dimension grozillesque.

Match amical Quelque part entre le symbole de la culture urbaine et le phénomène de mode, trône la sneaker. Les sociologues voient en elle un élément fort d'appartenance sociale ou de « street credibility  ». Quand les bling bling arborent la dernière création de Louis Vuitton issue d'une collaboration avec le rappeur Kanye West, les néo-écolos lui préfèrent la Veja ou l’éco-Vans. D’autres esthètes à la recherche du matériau le plus hi tech et le plus naturel possible vénèrent Hiroki Nakamura, l’orfèvre de la marque japonaise Visvim. Quoiqu’il en soit, deux mondes semblent régner au paradis des sneakers. L’un guidé par des règles marketing, l’autre inspiré par des démarches artistiques. Mais, rien ne nous dit que leurs objectifs différent fondamentalement. On relève bien souvent une coexistence pacifique, avec l’édification de passerelles très lucratives. Côté cour, c'est le règne du mainstream et des

coups marketing réussis. Fabricants et distributeurs récupèrent une mode qu'ils alimentent, voient dans le phénomène sneakers une aubaine lourde de 30 milliards de dollars. Leur recette ? La réédition jouant sur la fibre nostalgique des trentenaires au pouvoir d'achat frémissant. On pense ici à la Pump ou à la Freestlyle de Reebok mais aussi à l'Onistuka Tiger permettant la conquête de nouvelles cibles, plus près de la moquette des salons mondains que des terrains de sport. Côté jardin, le culte de la basket repose sur des principes beaucoup plus nobles : fabrication impeccable, design novateur, collaborations artistiques de haut vol. Ainsi, des artistes plus ou moins connus de la street culture sont invités à dessiner leur modèle de chaussures. Ce sont les fameux « x » : Vans x Parra, Asics x Patta, Puma x Alexander McQueen... disponibles le plus souvent en séries limitées, dans des boutiques triées sur le volet, comme Chez Colette à Paris ou Foot Patrol à Londres. Ce circuit secondaire et élitiste encourage un nombre croissant de collectionneurs (des sneakers addicts selon le label déposé par Thomas Giorgetti) à transformer leur appartement en caverne d'Ali Baba de la boîte à chaussures. En définitive, les marques qui tirent leur épingle du jeu sont celles qui ont su justement le mieux préserver leur « ADN », tout en puisant dans l'imaginaire collectif pour renforcer leur identité. Nike, fait partie de celles-là : la basket la plus vendue au monde reste encore aujourd'hui l'Air Force 1. Record à battre ! /


OUTLET DESTOCKAGE DE GrAnDES MArqUES

                   G-Star

                   M&F Girbaud                     Nudie Jeans Fred Perry

Chaussures > Vans                     Converse                     NDC                     M&F Girbaud Footwear             

       (Jusqu’à épuisement du stock)

Heritage Store - 16 rue de la Clef - 59000 Lille


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Mike_Débardeur maille pêcheur (Lee), Veste zippée (Bill Tornade), Jean (Lee), sac (Kipling), lunettes (Diesel). Alona_veste marin blanche (Bill Tornade), Jean (Little Big), Trench (Zara), Lunettes (Sky Eyes).


Mike_Blouson toile (Bill Tornade), jean slim (Bill Tornade). Alona_chemisier (KoB), ceinture vernie (Richard Campel), collant (Pamela Mann).


Ci-contre. Mike_tee-shirt (Lee), jean brut (Lee), Chaussures (Converse), sac (Jolay). Ci-dessus. Alona_veste jean (Ernest), mini jupe jean (Bill Tornade), collants (Pamela Mann). Mike_jean slim (Bill Tornade), tee-shirt capuche (Bill Tornade).


Alona_perfecto toile (French connection), jean mĂŠtal (Koboy), bottes (Jolay).


Mike_dĂŠbardeur (Lee), jean slim (Bill Tornade), tennis (Converse).


Brodinski Š DR


texte ¬ Thibaut Allemand

Les portes

du paradis « Les Paradis Artificiels, c’est pas un peu comme le Printemps de Bourges, mais à Lille ? » On l’a souvent entendue, cette question un brin naïve. Naviguant entre tous les genres, alignant grosses têtes d’affiches et jolies découvertes, le festival lillois paraît difficile à cerner. Une raison suffisante pour rencontrer les organisateurs de l’événement, la souriante équipe d’A gauche de la Lune. Et saluer le virage salutaire pris cette année. Enfilant les casquettes de producteurs et tourneurs, Florent Decroix et Anne-Sophie Gadrey sont les têtes pensantes d’À Gauche de la Lune. La petite entreprise lilloise ne chôme pas : outre des concerts dans toute la France, elle gère la programmation de la Fête de l’Humanité, à la Courneuve. La capitale, justement : tout se passerait là-bas. N’est-ce pas un peu risqué d’être basé à Lille ? « Au contraire, c’est génial ! tranche Anne-Sophie dans un sourire. Et nous ne sommes pas les seuls dans ce cas : il existe Bleu Citron à Toulouse, l’Olympic à Nantes… Le TGV et les moyens de communication modernes ont permis cette décentralisation. » Mais à l’heure où l’ogre Live Nation fait frémir les professionnels du spectacle, on s’inquiète tout de même un peu pour la structure… Anne-So relativise : « Live Nation ne nous inquiète pas. C’est un peu comme opposer Walt Disney à Woody Allen. Nous n’avons pas les mêmes aspirations.»

Paris tendus Parmi ses aspirations, AGDL souhaite avant tout proposer des concerts à taille humaine, à l’image de la programmation des Paradis Artificiels : « Laisser le lineup ouvert aux changements, explique Florent, nous permet de rester disponibles pour un coup de foudre de dernière minute, comme le Stéphanois Sliimy >

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« Un polaroïd de l'année 2009 » 

ou Miss Platnum » Révélation des Transmusicales 2008, la gourmande Miss Platnum est attendue de pied ferme (voir p.54). Mais au fait, que nous proposent Les Paradis Artificiels ? « un polaroïd de l’année 2009 » Une photo très grand angle, qui mêle le formidable au dispensable : pas sûr qu’on se rue aux concerts de Bénabar ou La Rue Kétanou, ni qu’on goûte aux bulles de savon du précité Sliimy… En revanche, on salue le choix d’inviter Pete Doherty au Théâtre Sébastopol, d’autant que l’ex-Libertines aurait aisément comblé l’Aéronef. Cette quête du lieu idéal pour chaque artiste s’accompagne également de quelques audaces, comme cette soirée éclectique réunissant Health, Belleruche et les fabuleux Pivot sur la scène du Grand Mix. «  Un pari risqué hors des Paradis Artificiels. Mais dans le cadre d’un festival, les gens sont plus curieux, et nous disposons de moyens plus importants pour promouvoir ce genre de découvertes. »

Itinéraire bis Malgré tout, le terme « festival » laisse songeur  : jusqu’ici, les Paradis relevaient surtout d’une réjouissante suite de concerts éparpillés dans la ville. Anne-So le reconnaît  : «  C’est aussi notre constat. Nous en avons tiré les leçons, et diversifié les festivités.  »

Perrine Chevalon, dynamique chargée de communication, développe : «  On a tracé des diagonales, des liens entre les concerts. Les Afterworks sont des sessions acoustiques et gratuites à la Péniche du Pianiste, en début de soirée. On pourra y découvrir la pop 60’s de Revolver ou le slam de Luciole.  » Des apéros-concerts dès la sortie du boulot ? Très bonne idée ! Et pour les malchanceux encombrés de lardons, les organisateurs ont pensé à tout : « Papa, Maman, ce soir on sort est un évènement pour les enfants, mais les parents ne s’ennuieront pas » lâche mystérieusement Florent. Et au-delà de la musique ? « Mad Max ! s’enthousiasme Perrine. Les Rennais Montgomery vont revisiter la bande originale du chef d’œuvre de George Miller. Immanquable. » Ce ciné-concert prend place à la gare Saint-Sauveur, lieu réhabilité à l’occasion de Europe  XXL. Autre partenariat, celui qui lie désormais AGDL au Platinium  : le club lillois s’offre une virginité grâce aux soirées Disorder, électroniques et pointues (voir Simian Mobile Disco p.68). Bref, on ne sait plus vraiment où donner de la tête, ni sur quel pied danser. Pas de doute, on a goûté aux Paradis Artificiels. >


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Yuksek © DR

Sin tã­tulo © DR


Interview texte ¬ Hakima Lounas photo ¬ Miss Platnum © DR

Miss Platnum Give me the soul Son nom de scène est Miss Platnum, son vrai nom est Ruth Maria Renner. Fruit d’un métissage harmonieux entre l'Est et l'Ouest, cette diva hors normes marie heureusement le r'n'b et la musique traditionnelle roumaine. Rencontre avec l’une des grandes révélations des dernières Transmusicales de Rennes et probablement des Paradis Artificiels dont le très attendu 2e album sort ce mois-ci*. Comment vous présenter ? Je suis née en Roumanie en 1980, mais la quitte en 1989 pour Berlin. En fait, mes parents, réfugiés politique pendant la révolution roumaine ont décidé de rejoindre l'Allemagne quand j'avais 9 ans. Puis, nous y sommes restés. C’est là que j'ai commencé ma carrière et je pense que le souffle créatif qui anime cette ville influence ma musique. Le fait que Berlin fut divisée entre Ouest et Est reflète bien mon style : l'Ouest pour le hip-hop & r'n'b et l'est pour la musique folk roumaine. Pouvez-vous nous parler de votre second album Chefa ? Comment s'est passé l'enregistrement, le choix des morceaux, etc. ? D'abord j'ai dû convaincre mes deux producteurs (ndlr The Krauts, ils ont travaillé avec Moabeat et Seeed, la sensation allemande « dancehall ») qui restaient sceptiques quant à l’idée de combiner deux

styles aussi différents. Au début, ce n’était pas gagné, puis l’alliance est devenue harmonieuse. La musique roumaine comporte beaucoup de soul finalement, d'émotions, de tristesse. Son énergie convient bien aussi au hip-hop et au r'n'b. Nous avons collaboré de manière très rapprochée sur tous les morceaux, la musique pour eux et moi les paroles. Votre travail n’est pas toujours pris au sérieux. Qu'en pensez-vous ? Je le comprends à moitié. En effet, mon ton est assez humoristique, pourtant si vous écoutez attentivement les textes, ils invitent aussi réfléchir. Une chanson comme Give me the food ne dit pas juste bêtement « Donnez-moi à mannnger ahahhh  !  », c'est aussi une critique du monde dans lequel nous vivons, des magazines que nous lisons, de l'image de la femme soumise et standardisée.


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J'essaye de montrer qu’on peut rester soimême avec un peu de succès ou être bien dans sa peau, sans céder au diktat des apparences. Votre discours est donc plus politique qu’il en a l’air ? Oui. Même si vous ne m’entendrez pas dire toutes les cinq minutes : « Hey vous tous ! Je vais vous raconter une histoire très importante donc écoutez-moi attentivement ! »… Je me sens juste un peu responsable, j’ai très naïvement l’impression de représenter quelques habitants des pays de l’ancien bloc communiste. L'Est suscite de la peur. Lorsque l'on a annoncé l'entrée de la Roumanie dans l'Union, les politiciens et les médias occidentaux n'ont fait que pointer des aspects négatifs, sur le mode «  Attention  ! Les nouveaux entrants piqueront notre argent, nos jobs et nos hommes »… Je m’efforce alors de

tourner en dérision tous ces clichés. J'espère que les gens comprennent. À quoi peut-on s’attendre en concert ? L'orchestration sera assez importante : trompettes, batterie, sousaphone, des chanteuses des Balkans et moi. Bref, il y aura du monde sur scène. Les arrangements vocaux sur l'album sont très importants, je tiens à produire le même effet sur scène. On a chorégraphié le show avec les deux chanteuses, qui seront vraiment mises en avant. J'ai été choriste, et je sais que la plupart du temps, les artistes cherchent à les cacher au maximum « OK, tu portes des vêtements noirs et tu restes dans le fond »… Ce sera donc la fête. J'adore mon groupe, on s'amuse bien et j'espère que l'on réussira à transmettre tout ce plaisir au public. > *Chefa (Because) - Sortie le 20.04 En concert le 25.04, 20h, Lille, maison Folie Moulins


Le Pass de la rédaction (si la rédaction était une seule et même personne, et qu’elle pouvait faire son pass, ce serait celui-là)

Pete Doherty : ou Peter, nous dit-on. Quête de respectabilité ? Qu’importe : seuls les sourds avaient réduit Doherty à une icône sous crack griffée Dior et pendue au bras de Miss Moss. Les autres savent qu’on tient là un orfèvre pop, dont le Sébasto sera le parfait écrin. Christophe : En seulement neuf albums, le bluesman noctambule a mis en mots (bleus) un imaginaire hermétique. Animal étrange fasciné par les grosses cylindrées et les chansons profilées, Christophe délivre ses beaux morceaux, bizarres et uniques, pour un concert forcément historique. Toots And The Maytals : En vrac : une carrière débutée en 1962, le label Studio One, des classiques tels Pressure Drop, Monkey Man, 54-46 That’s My Number, des hymnes repris par The Clash, The Specials ou Amy Winehouse. Vous avez dit légendaire ? Battant : Pas complètement convaincu par l’album No Head, on laisse le bénéfice du doute au rock digital de Battant. On se dit que Tim Holmes (Death In Vegas), Ivan Smagghe et Andrew Weatherall ne se sont pas uniquement penchés sur le trio londonien pour les beaux yeux de sa chanteuse. On en jugera sur pièces. Miss Kittin And The Hacker : Depuis le malentendu electroclash, le duo grenoblois avait disparu. Quelques Lp’s solo plus tard, Michel Amato et Caroline Hervé se retrouvent pour Two, œuvre ambitieuse, electropop et dark, loin des clichés éculés. Dj Donna Summer : la Disco Queen mordorée est de retour ? Pas du tout. Derrière ce nom, se cache le Newyorkais Jason Forrest, éminence grise du label breakcore Cock Rock Disco. Malgré un dernier album un peu facile, il reste un phénomène live. Il est ici accompagné de l’excellent Duran Duran Duran. Bruit, joie, fureur.


Infos pratiques Les Paradis Artificiels, du 20 au 27.04, Lille, Tourcoing, Roubaix Programme complet et pass donnant accès à deux ou trois soirées, de 20 à 60 € et à d’autres réductions, sont exclusivement disponibles sur www.lesparadisartificiels.fr

LUNDI 20 Peter Doherty, 20h, Lille, Théâtre Sébastopol, 30,80 €

MARDI 21 Christophe, 20h, Lille, Théâtre Sébastopol, 40/37 € Toots & The Maytals, 20h, Tourcoing, Grand Mix, 19,80 € Revolver, 18-21h, Lille, Péniche du Pianiste, entrée libre.

MERCREDI 22 Gojira, 20h, Lille, Aéronef, 23,10 € Delano Orchestra, 20h, Roubaix, Cave aux Poètes, 11 € Sliimy, Curry & Coco, 20h, maison Folie Moulins, 13,80 €

Justin Nozuka, Berry, 20h, Lille, Théâtre Sébastopol, 28,60 € Pivot, Belleruche, Health,

20h, Tourcoing, Le Grand Mix, 17,80 € Battant, Telepathe, Lena Deluxe, 20h, Lille, L’Aéronef, 11,70 €

VENDREDI 24 Peter Von Poehl, Marie Modiano, 20h, Tourcoing, Grand Mix, 17,80 € Puppetmastaz, 20h, Lille, maison Folie Wazemmes, 18,80 € Housse de Racket, 20h, Lille, Le Splendid, 20 € Tiga, Brodinski, Das Glow, Lille, Le Club Platinium, 23h/15 € - préventes pass Paradis uniquement

SAMEDI 25 Charlie Winston, Noisettes, 20h, Lille, Le Splendid, 23,80 € Keziah Jones, Patrice, Grace, 20h, Lille, Zénith, 29,70 € Kap Bambino, Dj Donna Summer, Duran Duran Duran, Lille, Kiosk, 23h/ 12 € - préventes pass Paradis uniquement / et locations sur place Miss Platnum, The Jessie Rose Trip, 20h, Lille, Maison Folie Moulins, 13,80 € Papa Maman Ce Soir On Sort, Lille, Gare St-Sauveur, 18h30 / 8 €

DIMANCHE 26

Miss Kittin & The Hacker, Yuksek, Souh Central, 20h, Lille, L’Aéronef, 23,10 €

La Rue Kétanou (carte blanche) 19h30, Lille, Le Splendid, Complet !

Bénabar, Felipecha, Delbi 20h, Lille, Zénith, 33/43 €

Ciné-Concert Mad Max/ Montgomery, 19h30, Lille Gare St-Sauveur 7,50 €

LUNDI 27

Krystle Warren, 20h, Lille, maison Folie Moulins, 13,80 €

Stereopleasure, 18-21h, Lille, Péniche du Pianiste, entrée libre.

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Babylon Circus, La Rue Kétanou, Les Cowboys Fringants, 19h30, Lille, Zénith, 27,50 €

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texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ Chateau Marmont © DR

Images de marque Une fois encore, l’Aéroclub détonne : une soirée, un trio de formations débutantes (ou presque) et trois labels dotés d’une image forte. Si certains groupes incarnent la figure de proue de leur maison de disques (comme New Order pour Factory), certains artistes sont écrasés par l’image de leur structure. Voyons ça de plus près. Pas désagréables, les ritournelles electro de We Have Band s’évaporent aussi vite qu’elles apparaissent. Label ? Kitsuné. À vouloir devancer les modes, on s’enflamme parfois trop vite. De Yelle à Crystal Castles, Kitsuné fait parfois pschitt, et le trio londonien relève de cette musique à consommer (très) rapidement. Errors est hébergé par Rock Action, label fondé par John Cummings, guitariste de Mogwai, formation emblématique du post rock à l’écossaise - football et mélancolie. Pas scolaire pour un sou, Errors délivre des instrumentaux math rock liquéfiés et grésillants, entre intelligent dance music et jazz électrifié. Le cas le plus étonnant est celui de Château Marmont, dont le premier Ep dévastateur a été publié chez Institubes. Oui, Institubes  ! Le label qu’on a adoré détester, échaudé par le gouffre entre les ambitions affichées (sortir le hip-hop de son marasme, entre autres) et le résultat à l’arrivée (fluorescence vide de sens). Or, le prodigieux trio accouple les synthés de Jean-Michel Jarre aux beats robotiques de Moroder pour des envolées spatiales façon Pink Floyd… ou Saint-Preux. À renaissance magnifique, soirée mirifique. / ❥

CHATEAU MARMONT + ERRORS + WE HAVE A BAND 3.04, Lille, L’Aéronef, 10€, +33 892 56 01 50, www.aeronef-spectacles.com


AVR MAI

2009

SCÈNE DE MUSIQUES ACTUELLES

01.04 // Metronomy + Jackson (Dj set) 08.04 // Assassin + Tacite 15.04 // Le goûter concert de Youngblood Brass Band à 16h 15.04 // Youngblood Brass Band + Imperial Leisure 17.04 // Micah P. Hinson + The Bony King of Nowhere + Louis Aguilar 19.04 // Les Femmes S’en Mêlent : Au Revoir Simone + Lily Frost 20.04 // Loney Dear + Tamara Williamson 21.04 // Toots & the Maytals + Jahcoustix 23.04 // Pivot + Belleruche + Health 24.04 // Peter Von Poehl + Marie Modiano 28.04 // Zone Libre vs Casey & Hamé + Psykick Lyrikah 29.04 // Alice Russell + Mai 06.05 // GaBLé + The Intelligence à la Cave Aux Poètes - Roubaix

08.05 11.05 14.05 16.05

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Wovenhand + Thee, Stranded Horse 65daysofstatic + Casse-Brique The Rakes + I Heart Hiroshima Anthony Joseph & The Spasm Band + Kazbah Band 17.05 // Piers Faccini + Revolver 20.05 // Le goûter concert de Carton-Park à 15h 24.05 // Le Grand Mix défriche : Great Lake Swimmers + The Drones + Phosphorescent 27.05 // Liars + Cercueil 29.05 // Tourcoing ‘s Burning : Goose (Dj set) + Sexy Sushi (Live) + Don Rimini (Dj set) + Low Club (Dj set) – 23h > 05h

+33(0)3 20 70 10 00 www.legrandmix.com

LES PRODUITS DE L'ÉPICERIE


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texte ¬ Mathieu Dauchy photo ¬ Jana de Mattos + Deck

Rapattitude

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Le son du plus hargneux des groupes de rap hexagonaux résonne à nouveau. Assassin reprend le chemin des salles de concert, 7 ans après sa séparation officielle, pour accompagner la sortie du nouvel album solo de son leader Rockin Squat. Enfant de la balle avant d’être Enfant du siècle (en référence au titre de son dernier album)(2), Rockin’ Squat, de son vrai nom Matthias Cassel, n’a pas grandi entre les tours d’immeubles. Pourtant, il a préféré le clan des B-boys à celui des bobos et fonde Assassin en 1985. Pendant plus de 15 ans, le crew parisien fera figure de Public Enemy français, dénonçant sur 3 albums et une dizaine d’EPs l’esclavage moderne, les bavures policières, le système judiciaire, le rap-business… Assassin diffuse des textes didactiques et sans concession. Il n’hésite pas à donner noms et chiffres pour appuyer son propos. À l’écart des grandes maisons de disques qu’ils perçoivent comme des agents du système, Squat et ses guerilleros créent même Assassin Productions et se placent en véritable relais d’informations alternatif.

Rappeurs de tous pays, unissez-vous Expatrié au Brésil, le mythe Assassin, en la personne de Squat, a élargi son champ d’action : l’altermondialisation et le néocolonialisme en Afrique. La tournée, baptisée « Assassin - Rockin’ Squat – Les Enfants du Siècle tour » se terminera d’ailleurs en Amérique latine. À la différence de certains autres groupes mythiques récemment revenus sur scène, Assassin reste fidèle à ses principes underground en organisant une tournée à taille humaine, ouverte à toutes les bourses. / (1) Rapattitude est la toute première compilation de rap français, parue en 1990, avec la participation d’Assassin. (2) Confession d’un enfant du siècle (EMI)

Assassin 8.04, 20h, Tourcoing, Le Grand Mix, 20/17e, +33 320 70 10 00


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texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ Alex Beaupain © DR

Chemins de traverse Artisans discrets d’une chanson française exigeante, Florent Marchet et Alex Beaupain sont d’une génération qui n’a pas voulu choisir entre The Smiths et Etienne Daho, entre Miossec et Bill Pritchard. Surtout, ces deux songwriters de province (Marchet vient du Berry, Beaupain de Besançon), n’ont jamais voulu se borner au simple rôle de chanteur. Après deux albums réussis, c’est au festival de Manosque, il y a quelques années, que Florent Marchet se voit offrir l’occasion de lire quelques textes d’auteurs qu’il affectionne (Nancy Huston, Régis Jauffret…). Depuis, ses concerts sont parfois entrecoupés d’une lecture – sans jamais être pédant ou ennuyeux. Cette passion littéraire prit une forme étrange en 2008 : Marchet et l’écrivain Arnaud Cathrine composent Frère Animal, livre-disque et drôle d’objet. De son côté, Alex Beaupain, fraîchement émoulu de Sciences-Po, est le compositeur presque attitré de Christophe Honoré. Un César plus loin (la bande originale des Chansons d’Amour, 2007), Beaupain livre un deuxième Lp solo admirable (33 Tours, 2008), qui mêle les influences de la pop anglaise aux mots d’ici. Pour ce concert, pas de première partie, mais un double-plateau, comme on dit dans le jargon. En tournée avec Frère Animal, Marchet fait une pause et délivre ses pop songs mélancoliques. Beaupain quant à lui égrène quelques-unes de ses petites peines mises en musique. Et les deux partageant de belles ambitions et un guitariste (François Poggio), on peut espérer quelques duos et autres surprises. / ❥

ALEX BEAUPAIN & FLORENT MARCHET 4.04, 20h30, Béthune, Théâtre, 12/10€, +33 321 64 37 37


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texte ¬ Solange Darcy photo ¬ dr

Plus si seules Mutines et divines, les deux copines de Mansfield Tya livraient en février un opus tout en nuances, Seules au bout de 23 secondes. Album concept pour un duo dont la musique n’a de cesse d’étonner et de détonner. « Il n’y a pas d’étoiles sur le plafond » chante Mansfield Tya. Mais assurément, on en a dans les yeux à l'écoute de leur folk-pop cabotine et espiègle, grave quand il le faut, souvent légère, mélancolique à souhait, jamais larmoyante, jamais évidente. Entre la voix virevoltante de Julia Lanoë, âpre ou joueuse, et le violon doucereux de Carla Pallone, ceux qui se sont aventurés sur leur parcours secret lors des Nuits Secrètes d’Aulnoye-Aymeries en 2006 n’ont pas craint de s’y perdre. Même combat pour les audacieux qui franchiront le seuil de la Cave aux poètes le 4 avril ; devenue pour le coup cave aux poétesses. Car en plus d’instrumentations à plusieurs niveaux qui jouent l’innovation et la surprise à chaque note, le groupe ose des textes forts, nourris d’un lyrisme bref, essentiel, sans fioritures mais riche d’ornementations… Paradoxal ? Vous ne comprenez pas ? C’est que vous n’avez pas encore ouvert la porte du monde merveilleux de Mansfield Tya. Que vous n’aurez très certainement plus envie de laisser seules une fois que vous aurez goûté à leurs sucreries un peu amères, un brin vénéneuses, mais tellement douces qu’on en oublie la violence. / ❥

MANSFIELD.TYA 4.04, Roubaix, Cave aux Poètes, 10/8/6€, +33 320 27 70 10


ème

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N

DU 19 AU 31 MAI 2009 19 MAI

GRANDE JAVA TRANSFRONTALIERE avec et au Grand Bleu (5€/3€)

20 MAI

KLEZMATICS maison Folie Wazemmes avec (7€/5€)

23 MAI

LO'JO maison Folie Wazemmes 23 MAI

(14€/11€)

GRATUIT

MOTION TRIO Place du théâtre avec 26 MAI

ZAZA FOURNIER maison Folie Wazemmes

(14€/11€)

28 MAI

JEAN-JACQUES MILTEAU maison Folie Wazemmes (14€/11€)

29 MAI

ORCHESTRE NATIONAL DE BARBES maison Folie Wazemmes (14€/11€)

Rens : 03 20 22 12 59 - www.flonflons.eu BILLETTERIE : Fnac – Réseau Ticketnet - Office de Tourisme de Lille

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texte ¬ Hakima Lounas photo ¬ A-Trak © Angela Boatwright

Sons et merveilles Il était une fois Polsslag, un festival dont la formule s'inspire de son homologue Pukkelpop. En sommeil pendant 18 longues années, ce rendez-vous printanier renaît en 2008. Zoom sur l'envoûtante sélection de hip-hop, rock et électro de la prochaine édition. L'an dernier, on s'émerveillait déjà devant les tours de passe-passe de Boys Noize, Cassius ou encore Erol Alkan au Grenslandhallen de Hasselt. L'affiche de cette année est tout aussi exaltante. À commencer par Dizzee Rascal, le gourou du grime, recette magique alliant garage music, rap et ragga. Depuis 2003 et la sortie de son premier album Boy In Da Corner, le flow rascalien sert de modèle vocal pour des artistes comme Lethal Bizzle ou Wiley. Tout aussi inventif, A-Trak est le fer de lance incontesté de la scène hip-hop montréalaise, un turntabilist reconnu dans le monde entier (et le frère de la moitié moustachue du duo Chromeo). Il promet un set éclectique (rap old school, funk 80’s, booty, Miami Bass, electro, Baltimore house) à l'image de ses productions pour Kanye West ou de ses remixes électro pour Sébastien Tellier. Coup de baguette musicale Polsslag semble être aussi le lieu des retours les plus attendus. Ainsi, les Yeah Yeah Yeahs, escortés de l'exhubérante Karen O, reviennent avec un nouvel opus nommé It's Blitz, dans la lignée mélancolique et sauvage de ses prédécesseurs. Après une longue absence scénique, le duo Fischerspooner retrouve lui aussi son public, séduit en 2000 par l'hypnotique Emerge. Parfait warm-up pour les sets de SebastiAn, Mr Oizo ou encore Fake Blood, dont l'efficacité dancefloor n'est plus à prouver. Alors la magie opère ? Plus une minute à perdre, les tickets sont en vente. La saison des festivals est déclarée ouverte ! / ❥

POLSSLAG 2.05, 20h, Hasselt, Grenslandhallen, 43€, www.polsslag.be Prog : Dizzee Rascal, Crookers, Tiga, Booka Shade, Fischerspooner, Mr Oizo, A-Trak vs DJ Mehdi, SebastiAn, Fake Blood, Yeah Yeah Yeahs, Pete Doherty, Birdy Nam Nam, The Rakes, SebastiAn, Moderat...


musique |

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texte ¬ Fabien Kratz photo ¬ DR

Excusez le désordre ! Disorder. Tel est l'intitulé des nouvelles soirées clubbing lancées par A Gauche De La Lune (voir p.50) au Platinium, une boîte à la programmation artistique jusqu’ici assez trouble. Cette heureuse initiative pourrait galvaniser les nuits lilloises. Inspection des troupes. Comment rester insensible aux charmes de la soirée inaugurale du 4 avril et de sa tête d'affiche, Simian Mobile Disco ? Duo de rockeurs indie reconvertis au culte du beat, ces Anglais déchaînent les foules dans les clubs comme dans les festivals à la manière d’Erol Alkan, d’Optimo ou de leurs ainés New Order. Quelques éléments les distinguent tout de même de leurs confrères : un savant mix de psychédélisme et d’impératifs dancefloor, des vocaux incompréhensibles et une bonne dose de risques. Pour preuve, leurs clips, dont Hustler, l'un des plus sulfureux de 2006 et le tout aussi éloquent I Believe, réalisé par Romain Gavras. Le joyeux désordre initié par le Platinium se poursuit avec deux soirées prévues à la fin du mois. Le 24 avril sont invités Tiga, DJ canadien évoluant habilement aux confins du commercial et de l’underground, Das Glow et le bouillonnant Brodinski. Le lendemain, la piste s'offre à Kap Bambino, couple d’extrémistes grunge-électro rappelant Ting Tings mais en bien plus trash. Entre l'esprit foutraque des Roubaix’s Burning et celui des rassemblements techno façon Art Point M, dans la foulée du Kiosk et du Supermarket, les Disorder devraient enrichir l'offre nocturne lilloise. Personne ne s’en plaindra… sauf peut-être le voisinage. / ❥

Disorder 4.04, Simian Mobile Disco + APM001, 24.04, Tiga + Brodinski + Das Glow, 25.04, Kap Bambino 22h30, Lille, Platinium, 10€, +33 320 32 04 12


musique |

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texte ¬ Baptiste Ostré photo ¬ DR

Alice au pays de la soul Mieux vaut accueillir tout revival avec circonspection. Très prisé dans le monde de la musique, il marque le grand retour d’un genre glorieux, en jouant sur la corde sensible et nostalgique. Il en résulte un engouement plus ou moins capital (entendez : plus ou moins suivi en fonction de sa valeur marchande). Où se situe Alice Russell dans cette vague de recyclage ? Le revival soul ne fait pas exception à la règle : la course à la prochaine Aretha Franklin est déjà entamée depuis deux bonnes années sur les ondes. Pendant que la meneuse (Amy Winehouse) se brûle les ailes, quelques prétendantes se détachent du peloton (Duffy, Adèle). Mais, dans le dernier virage, Alice Russell risque de toutes les coiffer au poteau. Pas de marketing écrasant, un bouche à oreille qui fonctionne après 4 albums – dont le dernier, Pot Of Gold, a été enregistré dans les conditions du live. Et lorsqu’elle quitte son label (Tru-Thoughts), ce n’est même pas pour rejoindre une major, malgré une promesse de sponsoring à l’enclume, mais pour créer sa propre compagnie, Little Poppets Records. Cette petite tête blonde d’Alice a de la suite dans les idées. Elle trouve sa place au pays de la soul en croisant les références du genre avec des sonorités plus modernes (témoins : ses reprises des White Stripes ou de Gnarls Barkley). Ses concerts installent quant à eux, une ambiance intimiste. Les sons chauds distillés par ses musiciens aguerris soutiennent une voix profonde et puissante. / ❥

Alice Russell 18.04, Leuven, Het Depot, 20 h, 15/18€, +32 016 22 06 03, www.hetdepot.be


03/04

Curated by Dälek

short movies by Cameron Jamie (bo:The Melvins) + Mauro Pawlowski

04/04

Dälek - Scorn - Amenra Charles Hayward - 2nd Gen Candie Hank - Uniform Zucchini Drive- Subtitle 05/04

Earth - Zu - Bong Ra Small Silence - Guapo Destructo Swarmbots Action Beat - Oddateee 15/04

CREATURE WITH THE ATOM BRAIN ABClubcircuit: De Kreun @ AB

SHUT UP ALREADY ...DAMN! weekend de fermeture 24/04

AIR GUITAR BELGIUM 25/04

DAAN

+ Party!

26/04

MADENSUYU + Tomàn + Louisa's Daughter 29/04

FLYING LOTUS

+ The Gaslamp Killer + Bartender's Psycho Trip www.dekreun.be / +32(0)56 370644 / j persynstraat 6 - 8500 Courtrai 3 min de la gare de Courtrai (ex Limelight) Interreg efface les frontières Interreg doet grenzen vervagen


musique |

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texte ¬ Hakima Lounas photo ¬ Sugar Hill Gang © DR

Nightlife is lifestyle Il y a 7 ans, Rudy Ackaert et Dirk De Ruyck inaugurent un club qui deviendra l’un des meilleurs d’Europe. Sans prétention ils le baptisent « Culture Club ». Ce nom loin d’être anodin, reflète parfaitement l'esprit de cette illustre maison gantoise. Rendez-vous sur la piste. Avec les 2manyDJs aux manettes, le Culture Club a d’emblée connu des débuts glorieux. « On a été les premiers à casser les règles de la nuit. On mélangeait les styles sans calculer, on suivait nos idées coûte que coûte », racontent les fondateurs. Cette formule innovante privilégie une subtile sélection de musiques électroniques et de hip-hop/R'n'B. Depuis le départ de Dirk, c'est Rudy qui tient seul les rennes de l'établissement. Ces dernières années, des contraintes économiques l'ont poussé à revoir la programmation à la baisse, notamment en réservant la salle à des soirées privées aux thèmes plus ou moins racoleurs, ce qui a immanquablement déçu les mélomanes. Mais heureusement, la flamme du Culture Club n'est pas éteinte. Depuis quelques mois, le programme est plus alléchant que jamais (Mr Oizo ou Surkin ont récemment marqué ce retour en grâce). L’affiche du 7e anniversaire célébré ce mois-ci force aussi le respect. Outre l'affiche électro enivrante (Mstrkrft, The Bloody Beetroots...), saluons la présence du mythique Sugarhill Gang. Ce groupe de légende, qui fête les 30 ans de son tube Rapper's Delight (considéré comme le tout premier de l’histoire du rap) partage le plateau hip-hop avec un autre maître du genre, DJ Premier ! À nouveau, bienvenue au club ! / ❥

7 ANS DU CULTURE CLUB 30.04, 20h, Gand, ICC Citadelpark, 35/25€, +32 9 233 09 46, www.cultureclub.be Prog : Tocadisco + MSTRKRFT + The Bloody Beetroots + LA Riots + The Sugarhill Gang + DJ Premier...


chroniques PETE DOHERTY

Thunderheist

Grace /Wastelands Parlophone / EMI

Thunderheist Big Dada / Pias

Depuis le premier Lp des Babyshambles, on savait que Pete Doherty, songwriter touchant, gâchait son talent en dilettante. On attendait un album de folk dépouillé de la teneur de ceux qu’il lâchait volontairement sur la toile (The Freewheelin’ Pete Doherty, par exemple). Grace/Wastelands ne l’est pas, bien au contraire. Accompagné du guitariste Graham Coxon (futur-ex-Blur) et aidé du producteur Stephen Street (connu pour son travail avec The Smiths), le Britannique livre une collection de chansons lumineuses et habitées, aussi insulaires qu’universelles. Des accords jaillis des Sun Sessions du jeune Elvis (Arcady), des clins d’œil modernes (Last Of The English Roses, non loin de Gorillaz), des cordes soyeuses, un chant enfin maîtrisé, une œuvre magistrale. Thibaut Allemand

Porte-étendard de la jeune vague électrorap, le label Big Dada livre en quelques mois 3 albums de grand cru. Après les prodigieux brûlots de Diplo (voir LM n°37) et Xrabit + DMG$, la maison londonienne présente un nouveau projet tout aussi survolté. Avec ce premier album, le duo Thunderheist rejoint la grandissante famille d'artistes (Naïve New Beaters, Cool Kids...) qui ont refusé de choisir entre l'énergie de l'électro et le groove du hip-hop. À cet heureux alliage musical, le tandem canadien ajoute des textes teintés d'ironie, soutenus par les beats crépitants de Grahm et la voix rauque et suave d'Isis. Gageons que les bombes dancefloor Sweet 16 et Jerk It figureront en bonne place dans vos playlists dès demain. Hakima Lounas

Krazy Baldhead The B-Suite Ed Banger/Because Après le Bolero repris par Carl Craig et Moritz Von Oswald, voici la B-Suite de Krazy Baldhead, album divisé en mouvements telle une pièce de musique classique. Un exercice cassegueule s’il n’était pas soutenu par une série de morceaux finement composés. Cette B-Suite est d’une grande cohérence, alors même qu’elle navigue entre les genres : hip-hop, jazz, soul, house à base de samples et électro. Les featurings (avec Outlines, Beat Assaillant…), toujours pertinents, servent de points de repère aux différents mouvements, sans éclipser pour autant les morceaux solo. Une indéniable réussite pour cet artiste fidèle au label Ed Banger, toujours à l’affût des nouvelles tendances. Fabien Kratz


musique |

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FREDO VIOLA The Turn Because / Warner Fredo Viola serait un visionnaire, un génie, un démiurge. Voyons ça de plus près : adroit de ses petites mains, Viola accompagne ses morceaux de vidéos ingénieuses. Ce soprano flingue la notion de groupe, superpose plusieurs couches de sa voix et crée des polyphonies solitaires. Rassurez-vous, on est loin de l’atelier d'orthophonie de Camille  ! Alliant constructions médiévales et format pop, le multi-instrumentiste a surtout planché sur les harmonies des Beach Boys (Red State, Robinson Crusoe) et pêché un sens de l’ésotérisme aquatique chez Sigur Rós. Reste un album formellement impressionnant, mais un peu ennuyeux. Une dernière question : suis-je le seul à entendre un extrait de Take On Me de A–Ha dans le refrain de The Sad Song ? Thibaut Allemand

The Mighty Underdogs Droppin’ Science Fiction Definitive Jux Soyons clairs : The Mighty Underdogs n’est pas un trio de malicieux clébards échappés d’une cave. Si le terme Underdog désigne une sorte de loser intégral, il ne s’applique pas aux (boule) dogs ici en question. Les amateurs de hip-hop reconnaîtront Gift of Gab de Blackalicious, Lateef de Latyrx et Headnodic des Crown City Rockers (pour les non-amateurs, vous inquiétez pas, c’est marqué sur la pochette). Et la meute ramène ses potes de chasse : Mf Doom sur le tube instantané Gun Fight, Dj Shadow, Damian Marley, notre frenchie 20syl (Hocus Pocus), j’en passe etc… Résultat, The Mighty Underdogs fait le pont entre la WestCoast et les Puppetmastaz. On a trouvé le chaînon manquant ! Baptiste Ostré

TIGA Ciao / Pias Les chroniqueurs musicaux sont des félons dont les maisons de disques se méfient. Pour contrer leur sale manie de diffuser des nouveautés sur le net, certains labels truffent leurs albums promos de stridents messages, répétés toutes les 30 secondes. Chez Pias, on est plus sympa  : pour le 2e album du Canadien Tiga, Ciao, les journalistes ont eu accès à une version commentée par l’artiste. Entre deux blagues, on y apprend tout le bien qu’il pense de chacun de ses morceaux (« This is a real disco anthem », « I could listen to that all day ») et des gens avec lesquels il a collaboré (Soulwax, Jasper Dahlback, Scissor Sisters…). Il fait des blagues, il chantonne, il exulte, et c’est très agaçant. On en perd le fil de ce Ciao hétérogène, mêlant balades romantiques et titres clubs vraisemblablement efficaces. Olivia Volpi


cinéma |

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texte ¬ Xavier Plasson photos ¬ Nausicaa, Totoro © Miyazaki

Miyazaki va là ? « Hayao Miyazaki, c’est l’alternative à Disney ». Antoine Manier est intarissable sur la tête d’affiche de la Fête de l’animation dont il est le directeur artistique. Porte d’entrée d’une programmation ambitieuse, un réjouissant voyage dans l’univers (dés)enchanté du dessinateur Japonais. Il est des maîtres que tout art se doit d’honorer régulièrement. La pop a Radiohead, l’animation, Hayao Miyazaki. « Il a fait connaître l’autre animation japonaise. Grâce à lui, on a découvert des réalisateurs moins évidents, comme Satoshi Kon », précise le directeur artistique de la Fête de l’Animation. Il accueille pour l’occasion la collaboratrice de vingt ans du dessinateur : Masako Sakano, dont le témoignage éclaire une œuvre complexe. Détaché du traumatisme historique d’Hiroshima sur ses pairs, le Japonais a conquis un large public avec son imaginaire environnemental. Outre une rétrospective de cinq films, sa philosophie est illustrée par l’exposition « Vivre en harmonie avec la Nature », Gare Saint-Sauveur à Lille.

Le château qui cache la forêt « En France, le succès de Miyazaki est à l’origine de la sortie en salle de Kirikou, les Triplettes de Belleville ou Persépolis, qui ont permis aux studios d’oser encore plus », ajoute Antoine Manier. Le festival compte également rebondir sur l’appel d’air Miyazaki pour montrer d’autres univers au public (18 000 personnes l’an dernier). En commençant par la création hexagonale, représentée, entre autres, par Bully Maloney, une série « manga à la française » du studio MoonScoop. Affiliée à Lille3000, la Fête de l’animation promeut également une Europe XXL, surprenante, à l’image d’Immigrants du Hongrois Gabor Csupo (Simpsons, Razmokets), projeté dès l’ouverture des ces quatre (trop riches) journées. / ❥

Fête de l’animation du 16 au 19.04, Lille (Gare Saint-Sauveur, L’Hybride, Palais des beaux-arts). Pass journée 8e, Pass global 20e, Projection 3e, +33 320 53 24 84, www.fete-anim.com


cinéma |

78

texte ¬ Coralie Martin photo ¬ Mystic river © dr

Les deux profils de Sean Penn Du Bad Boys de 1983 à la Présidence du Festival de Cannes, Sean Penn a pris quelques rides, mais il est resté fidèle à lui-même, intègre. La Cinematek de Bruxelles consacre un cycle à cet artiste de Santa Monica, tantôt devant, tantôt derrière la caméra. Côté face. Sean avait quelques prédispositions. Une mère actrice, un père metteur en scène. Cependant, il aurait pu mal tourner ou tourner mal. Depuis l’amoureux fougueux de She’s so lovely jusqu’à l’activiste homosexuel (Harvey Milk) en passant par le malade cardiaque de 21 grammes, Sean Penn a toujours affectionné les rôles de tête brûlée. Très vite son engagement politique a orienté ses choix cinématographiques. Dennis Hopper, Brian de Palma, Woody Allen, ou encore Inarritu l’ont dirigé et guidé sur la voie du cinéma indépendant. Côté pile. Le profil du réalisateur est aussi séduisant, pas pour autant consensuel. Son dernier film, Into the Wild, est un plaidoyer contre notre société matérialiste. C'est un thème récurrent dans son travail de cinéaste, comme celui de la culpabilité (The Indian Runner) et du pardon (The Crossing Guard). Il questionne notre place dans le monde et inverse les valeurs. Sa participation au film 11’09’’01-september est à ce titre remarquable et déroutante. Plutôt pile ou face ? La Cinematek choisit de lancer la pièce. Elle retombe sur la tranche et tournoie sur elle-même, tantôt pile, tantôt face. C’est le thaumatrope* qui est pertinent. Il nous révèle une image du cinéma américain que l’on aime. / * Jouet optique.

Cycle Sean Penn du 2 au 30.04, Bruxelles, Cinematek, +32 2 551 19 00, www.cinematek.be


AES+F

Action Half Life


portfolio |

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Le groupe AES est né en 1987 à l'initiative de trois architectes moscovites : Tatiana Arzamasova, Lev Evzovitch et Evgeny Svyatsky. Après un travail essentiellement pictural et de nombreuses installations dans le monde entier, le trio s'associe, en 1995, au photographe de mode Vladimir Fridkes (le fameux « +F »). Depuis lors, le collectif n'a de cesse d'explorer de nouveaux médias (vidéo, photo, sculpture...) avec une nette prédilection pour les outils numériques. Leurs différentes séries photographiques traduisent un regard acéré sur les paradoxes du monde contemporain. Dérangeants par l'ambiguïté de leurs messages, ces clichés jouent sur un ensemble d'oppositions : réalisme et fantaisie, primauté de l'esthétique et omniprésence de la violence... La série Action Half Life présentée ici n'est en rien un plaidoyer bien-pensant contre les enfants soldats. Elle se joue des iconographies liées à l'héroïsme, citant, notamment, les codes vestimentaires et postures de l’armée, les jeux vidéos, le cinéma de guerre (cadrage et armes) et les œuvres de propagande russes (couleurs pastel, tenues immaculées, visages de poupons). Une façon de rappeler que nous sommes accoutumés à cette violence... ❥

www.aes-group.org Exposition les Frontières Invisibles, Lille, Tri Postal, jusqu'au 12.07, +33 328 52 30 00


Courtesy of artists and Triumph Gallery, Moscow.


littérature |

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texte ¬ Faustine Bigeast photo ¬ DR

État rassurant En voyant le titre de la nouvelle manifestation montée par BVZK, « En petite forme ? », nous avons pris peur. Cette question s’adressait-elle à nous, spectateurs, ou reflétait-elle l’interrogation de la compagnie sur sa propre santé ? Inquiets, nous avons pris le pouls de celle-ci auprès de Bruno Buffoli. Lors de notre entretien, Bruno Buffoli, comédien et directeur artistique de l’événement, nous détrompe. L’appellation choisie ne fait nullement référence à un questionnement introspectif. Elle se veut au contraire consultative, un brin provocante. C’est que BVZK s’attèle une fois encore, comme elle l’avait déjà fait avec un certain succès dans le Bassin minier, à Henin et Carvin notamment, à ce qui est souvent perçu comme « un sous-genre, une forme théâtrale mineure » : la lecture-spectacle. Réfutant cet a priori réducteur, la compagnie milite pour sa réhabilitation. Elle propose pour cela une programmation exigeante mais accessible, activement défendue par une équipe motivée. Parmi les textes retenus pour cette édition organisée dans le réseau de médiathèques de la ville de Lille, le public pourra découvrir Comédie sur un quai de gare de Samuel Benchetrit ou La Camoufle de Rémi de Vos. Et, dans la volonté revendiquée de « casser la sacralité du théâtre, de créer des moments conviviaux », il aura la possibilité d’aborder acteurs et auteurs après chaque représentation. Avec Jean-Claude Dreyfus pour parrain et un passionné comme Bruno Buffoli, l’aventure a de beaux jours devant elle. / ❥

En petite forme ? du 24.03 au 18.04, Lille, médiathèques de la ville, entrée libre, réservations obligatoires, +33 320 15 97 20, pfoks@mairie-lille.fr, www.bm-lille.fr


chroniques LE CRÉPUSCULE DES SUPERHÉROS

L’AFFAIRE DES AFFAIRES T1 : L’Argent des Autres

Deborah Eisenberg, Éd. de l’Olivier Ne vous fiez pas au titre, Le Crépuscule des superhéros n’est pas un comic book peuplé de justiciers sur le retour. Vous ne croiserez ni Spiderman ni Batman au détour d’une page. À peine ferez-vous la connaissance de Passifman, tout droit sorti de l’imagination de l’un des personnages inventés par Deborah Eisenberg. Besoin est de préciser que l’ouvrage de cette dernière est un recueil de nouvelles. Il reprend donc simplement l’intitulé de l’une d’entre elles. Mais, on ne peut s’empêcher de voir, dans le choix de cette appellation générique, un clin d’œil, un écho ironique aux existences lambda que dépeint l’auteur. Le Crépuscule décline en effet, avec un art maîtrisé et consommé de l’ellipse, des quotidiens où pointe une douce nostalgie. 288 p., 21€. Faustine Bigeast

D. Robert, Y. Lindingre, L. Astier | Éd. Dargaud Denis Robert restera à jamais associé à l’affaire Clearstream. Sans cesse attaqué par la banque, incompris (le dossier est complexe) et traîné dans la boue (merci Philippe Val !), Robert compte heureusement des amis talentueux. À commencer par le dessinateur Lindingre, qui a conçu le story-board d’un scénario écrit par Robert et dessiné ensuite par Astier. Son trait caméléon (entre Eisner et la ligne japonaise) épouse parfaitement les ambitions de ce roman graphique. S’y bousculent souvenirs de journaliste débutant, vie familiale ébranlée par l’affaire et considérations politiques éclairées. Tout en saluant cette réussite, on souhaite à Robert de pouvoir recommencer, enfin, à créer et vivre loin de cette sangsue luxembourgeoise. Facile à dire. 206 p., 22e. Thibaut Allemand

Pour Zarma, changer à Babylone Collectif Odessa | éd. Filigranes Pour s’affranchir des règles du photoreportage, le collectif Odessa répond au projet artistique d’un photographe « de l’extérieur  ». Pour l’occasion, Patrick Lebescon, fondateur des éditions Filigranes, imposa l’idée d’un abécédaire déconstruit, confrontant les images aux textes de cinq écrivains. Les contraintes de départ - un mot à illustrer pour les photographes, 1500 signes de texte au maximum pour les auteurs – révèlent finalement une œuvre particulièrement libre. Avec son titre sonnant comme l’annonce d’un changement de ligne dans une rame de métro imaginaire, Pour Zarma… trace un chemin au fil des pages, par association d’idées sous forme de cadavres exquis. 60p., 25€. Baptiste Ostré


littérature |

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French connection

PRÉSENCES – ÉCRITS SUR LE CINÉMA

88 artistes, 88 critiques d’art | Éd. BlackJack La maison d’édition Black- Jack enrichit la polémique sur le prétendu manque de dynamisme et de rayonnement de la création artistique hexagonale. 88 plasticiens et autant de critiques d’arts reconnus ont été conviés à participer à cet ouvrage. Chaque binôme dispose de huit pages : six dédiées à l’iconographie et deux au texte. Sans viser à l’exhaustivité et sans chauvinisme, French Connection rappelle que la France reste une terre d’élection et de mélanges générationnels. Ainsi, la présence d’Abdessemed, Verna, Fortuné, Closky et de 82 autres plasticiens invite à ne pas s’inquiéter. Une édition de belle facture pour tous ceux qui se passionnent pour la création. 800 p., édition bilingue français-anglais, 59€. François Lecocq

Olivier Assayas Éd. Gallimard Florilège de textes inédits et préalablement parus dans diverses revues – dans les Cahiers du cinéma notamment –, Présences apporte un éclairage utile sur l’œuvre des grands réalisateurs qui ont marqué de leur empreinte talentueuse le 7e art. L’acuité particulière du regard d’initié posé par Olivier Assayas sur les films de ses pairs permet au spectateur néophyte d’en saisir pleinement la cohérence ou les manquements. Mais, au-delà de ce simple fait, Présences est un accès aux affinités qui conditionnent et expliquent le cheminement créatif de l’auteur car la deuxième partie du livre s’attarde sur les rencontres ayant influencé son cinéma en quête permanente de sa propre vérité. Tout cela dans un style coulé très agréable à lire. 420 p., 22€. Faustine Bigeast

Lille en quelques jours Bénédicte Houdré et Delphine Marquant (textes) | Éd. Lonely Planet Dans le domaine des guides de voyage, Lonely Planet fait figure de référence. Ce guide australien s’impose par sa fiabilité, sa qualité rédactionnelle et iconographique et l’absence de clichés dans ses jugements. À côté des guides pays, Lonely Planet France a sorti une nouvelle collection consacrée à la découverte des villes en quelques jours. Après NewYork, Londres, ou Berlin, Lille se retrouve sous les feux de la rampe. Ce format poche décrit les différents quartiers lillois et propose quelques incursions dans la région. Bonnes adresses touristiques et culturelles sont complétées par des portraits de figures du cru, choisies pour leur singularité. Bon marché, l’opus est bien fait, malgré quelques approximations et une photographie brouillon. 168 p., 8,95€. François Lecocq


texte ¬ Louis Dieu photo ¬ Cabaret Des Engagés © Philippe Bucamp

Montmartre revival Rares sont les rendez-vous culturels qui portent en eux la force de l'histoire. Le Festival Cabarets (ou presque) est de ceux-là : du 1er au 14 avril, le Prato prend des airs de Montmartre ; dans le sillon joyeusement contestataire des premiers cabarets parisiens, nés au lendemain de la Commune. « Un cabaret ne naît pas au hasard, il correspond toujours à un ras-le-bol des gens d'en bas ». Pour Gilles Defacque, comédien et directeur du Prato, le parallèle entre l’histoire sociale du cabaret et l’atmosphère politique actuelle est évident : « Je n'oublie jamais cet acte de naissance du cabaret, après la fusillade des communards, ni l’intimité poétique du Chat Noir ». Le Théâtre International de quartier (alias Le Prato) entend bien renouer avec cette tradition des arts populaires, de ce « théâtre de peu » qui favorise le partage en cassant le mur entre salle et scène, comédien et public. Comme à la Belle Époque ! Lorsque banquiers, ouvriers et artistes applaudissaient les mêmes spectacles en sirotant leur verre...

Le cabaret, cet objet protéiforme Qui a dit que ce « théâtre de presque rien » interdisait toute réflexion sur la forme ? Même si la filiation à l’héritage de 1880 est claire, chaque cabaret cultive son style. Côté Chiche Capon, on s’inscrit dans la tradition clownesque, tandis que le Cabaret Philosophique repose sur la tchatche et l’absurde pour mieux « déboulonner le starsystem, sans se prendre au sérieux ». Autre collectif, autre couleur : la compagnie de l’Hyperbole à 3 poils présente un cabaret des Engagés qui chante les événements politiques de notre histoire. Trois prestations pour un festival qui se joue des barrières de classes et doit nous permettre de « rester debout ». / ❥

LE FESTIVAL DE CABARETS (OU PRESQUE) les 3, 4 et 7.04, Lille, Prato, de 5 à 16€, +33 320 52 71 24, www.leprato.fr

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théâtre & danse |

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texte ¬ Judith Oliver photo ¬ Base 11-19 © Raynaud De Lage

Marque de Fabrique Il y a dix ans, l’association Culture Commune s’installait au pied des terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle. La Base 11/19, alors rebaptisée la Fabrique Théâtrale, devenait le port d’attache d’une large flotte d’actions culturelles dans le Bassin Minier. Cet anniversaire coïncide avec la 10e édition de son festival de théâtre de rue, Z’ArtsUp. Etat des lieux. Pour Chantal Lamarre, directrice de Culture Commune, hors de question de faire de cette double célébration l’occasion d’une commémoration larmoyante ou auto-suffisante. Le bilan est pourtant positif, pour cette équipe d’activistes qui a su rebondir malgré des difficultés financières. Et malgré une tâche ardue : se battre contre les déterminismes sociaux de cette région sinistrée. «  Notre grande satisfaction est de constater que la population s’est approprié la Fabrique. Grâce aux rencontres et au porte-à-porte, elle est aujourd’hui repérée comme le lieu où ils ont vu tel spectacle, où leurs enfants ont participé à tel atelier, où leur voisin est venu à tel bal », se réjouit Chantal Lamarre. Pour ce 10e anniversaire, l’association salue, entre autres, l’un de ses plus fidèles complices, Guy Alloucherie. Elle accueille les dernières représentations de son spectacle Base 11/19. Une création fondée sur les témoignages d’anciens mineurs, glanés lors de Veillées publiques. À peine le temps de souffler, Culture Commune se lance à la conquête des rues de Béthune, pour son festival Z’ArtsUp !, en mai. Parmi les 13 compagnies invitées, on attend de pied ferme Arsène Lupunk et le Théâtre de l’Unité. / ❥

ANNIVERSAIRE DE LA FABRIQUE : [dukone ?], Base 11/19, Le Jardin Peint du 10 au 17.04, Loos-en Gohelle, Fabrique Théâtrale et foyer Omer Caron, de 3 à 12€ Z’ARTS UP ! du 15 au 17.05, Béthune, +33 321 14 25 55, culturecommune.fr


théâtre & danse |

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texte ¬ Judith Oliver photo ¬ Ceci est mon corps © Isabelle Wery

Ce que veulent les femmes Rares sont les événements qui peuvent se targuer d'une telle cohérence. Pourtant le focus Femme(s), organisé par le Manège de Mons, est presque né par hasard. Une exposition et deux spectacles, initialement programmés séparément, abordaient de fait un thème unique : le corps et le plaisir féminin. Heureuse coïncidence. Entre Ceci est mon corps d'Isabelle Wéry et les Monologues voilés d'Adelheid Roosen (cf. Let'smotiv #33), les points communs sont troublants. Ces deux pièces ont, pour commencer, une origine identique, les Monologues du Vagin. C'est après avoir joué ce texte d'Ensler que les deux femmes ont eu l'envie de poser leurs mots sur un thème trop souvent tabou. « Parler de sexualité au théâtre, c'est presque un acte politique. Mais il répond à un vrai besoin des spectateurs et leur fait souvent un bien fou » confie Isabelle Wéry. Sur scène, elle se prête donc au jeu de la confidence intime à travers Yvette, son personnage. « Pour ce que j'appelle mon music-hall sexué, je me suis inspirée du livre de Catherine Millet. C’est une vraie chirurgienne du plaisir. Elle le dissèque dans ses moindres détails et produit un formidable manuel d'utilisation du corps féminin ». Partant d'une même volonté de s'attaquer aux non-dits et aux a priori, Adelheid Roosen dépeint quant à elle le rapport multiple des musulmanes à la sexualité. Entre ces deux formidables spectacles, le public est invité à flâner dans l'exposition de la maison Folie de Mons. Les projets sensuels de ces trois stylistes achèveront de galvaniser la gente féminine. / ❥

Femme(s) du 22 au 30.04, Mons, Manège et Maison Folie, 8/11€, exposition gratuite, + 32 65 39 59 39


avril

Avril-Mai au Prato CABARETS du 1 au 9 avril Le Cabaret des Engagés Le Cabaret des Chiche Capon Rococo Rijsel Trio Le Cabaret Philosophique les ateliers er

Cie [ta zoa] les 16 et 17 avril ELLES EN RIENT ENCORE du 4 au 9 mai Franca Rame et Dario Fo Ventoline Becker, Elizabeth Legillon Michèle Guigon0, Janie Follet Orty & Nancy Grandhôtel Adèll Nodé-Langlois, Edith et Régine Stéphanie Constantin, Rumba François Corneloup, Isabelle Loubère

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Théâtre

3/4/5

10

le Prato-Lille 03 20 52 71 24

MATHIEU BOOGAERTS Théâtre

14/15

LA PUCE À L’OREILLE Musique

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UN DIMANCHE À MOULINS le 10 mai CIRQUE le 19 mai à Tournai Cie Atelier André & Lefeuvre

FESTIVAL INTERNATIONAL ET UNIVERSITAIRE DES ARTS DE LA SCÈNE

4HERO

FESTIVAL MUSIKAMPUS SOIRÉE DE CLÔTURE Théâtre

30

GÊNES 01

Théâtre d’Arras 03 21 71 66 16 saison

INTERREG efface les frontières Union Européenne - Fonds Européen de Développement Régional

www.theatredarras.com

08 09


théâtre & danse |

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texte ¬ Florentine Witz photo ¬ D.Gaul

Sur les pavés, le théâtre Durant deux jours, Vieux-Condé offre 1001 scènes à ciel ouvert. Théâtre burlesque, objets célestes, cirque poétique… toutes les formes de spectacles hors les murs ont droit de cité aux Turbulentes. Ce festival des arts de la rue du Valenciennois au succès croissant fête son 10e anniversaire. Son credo : créer la surprise, susciter l’étonnement. Organisé par le Boulon, pôle régional des arts de la rue, ce festival privilégie les créations et propositions artistiques innovantes, « des petites graines à découvrir » promet Virginie Foucauld, directrice du Boulon. « Pour les dix ans, on s’offre deux clins d’œil en guise de cadeau d’anniversaire », ajoute-t-elle. En effet, la Cie Délices Dada, qui participait à la toute première édition des Turbulentes, revient avec RUSHs, une création qui pointe les atteintes à la liberté dans l’espace public à travers une accumulation de scènes loufoques et d’événements muets. De retour également, le Théâtre Attrape de Belgique avec un opéra pyrotechnique monumental ! Le soir, la compagnie Carabosse illuminera des parcours magiques en revisitant des espaces verts. Du végétal au minéral, de la rue à l’intimité d’une maison, la trentaine de compagnies invitées amuse, questionne et fait rêver toutes les générations. Le programme éclectique embrasse aussi des thèmes d’actualité, tels que le développement durable ou la place de l’artiste dans la cité. Retenez certains rendez-vous, puis déambulez d’un spectacle à l’autre, la découverte est au coin de la rue. / ❥

Les Turbulentes, Festival des arts de la rue du Valenciennois 1er et 2.05, Vieux-Condé, gratuit. +33 3 27 20 35 40, programme complet sur www.leboulon.fr Nouveauté : covoiturage possible pour se rendre au festival


agenda Bal de Kafka © DR

Le Bal de Kafka les 2 et 3.04

T. Day / MeS I. Starkier

Faux nez, maquillages outranciers, costumes déformants, on croirait assister à une pièce de théâtre des années 20. Dans cette mise en scène grotesque, le clin d'œil à l'expressionnisme et à la pantomime de l'époque est délibéré. Il éclaire l’univers grinçant, ludique et halluciné de Franz Kafka. À travers les saynètes décapantes qui s'organisent autour d'une immense table, se révèlent peu à peu les difficultés de l'auteur à trouver sa place dans son couple, sa famille, et dans la société. ❥ jeu 20h, ven 19h, Valenciennes, Phénix, de 9 à 23e, +33 327 32 32 32

Blanche Neige du 2 au 4.04 R. Walser / MeS S. Reteuna

Il était une pièce qui commençait à la fin d'un conte bien connu, celui de Blanche Neige. Robert Walser a imaginé ce qui se passait juste avant le traditionnel « ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». La belle, le chasseur, la reine et le prince se retrouvent après la mort du cerf. Ils rejouent le conte pour essayer d'en traquer le sens caché. Pour servir cette mise en abyme, Sylvie Reteuna a recréé un univers baroque, chargé

Bash © P. Bodson

d'images et d'accessoires. ❥ 2 0h30 (sf jeu 19h30), Armentières, Vivat, de 7 à 11e, +33 320 77 18 77

Bash, latterday plays 3.04 N. Labute / MeS R. Georges Bash donne à entendre trois monologues, autant d'histoires vraies qui pourraient être les nôtres. Il s'agit de destins brisés par une triste coïncidence, de personnes ordinaires que l'on voit basculer dans la folie. À travers eux, Neil Labute condamne la tendance observée aux États-Unis de présenter l'individu « déviant » comme un monstre inhumain. La folie n'est-elle pas davantage le symptôme d'une société qui va mal ? ❥ 2 0h, Tournai, Maison de la Culture, de 9 à 12e, +32 69 25 30 80

Abécédaires des temps modernes jusqu' au 4.04 P. Pourveur / MeS M. Delaunoy

Cette succession de sketches loufoques fatigue immanquablement nos zygomatiques. Sur le ring encerclé par les spectateurs, quatre comédiennes à l’humour et aux costumes décalés prétendent déchiffrer le monde moderne de A à Z. À chaque lettre correspond un monologue piquant et absurde, qui se joue de nos peurs quotidiennes. ❥ 1 9h15, de 10 à 18e, Bruxelles, le Rideau, +32 2 507 83 61


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Abécédaire des temps modernes © Alessia Contu

Itinéraire d'un danseur... © Charlotte Rousseau

Itinéraire d'un danseur grassouillet du 7 au 10.04 Chor T. Lebrun Thomas Lebrun assume aujourd'hui pleinement son statut de PDG. Comprenez Petit Danseur Grassouillet. Et il nous le fait savoir, dans cette « conférence dansée  », imaginée avec 5 complices. Celle-ci n'a rien d'un retour nombriliste sur son parcours. Avec énormément d'humour, elle croise les points de vue sur le corps «  non conforme  », l'image de soi et son acceptation. ❥ 2 0h30, Roubaix, Gymnase, 5 à 11e, +33 320 20 70 30

L'assassin sans scrupules... du 7 au 10.04 H. Mankell / MeS B. Savetier

...Hasse Karlson dévoile la terrible vérité : comment la femme est morte de froid sur le pont de fer (et oui, la mode est aux longs titres  !). Ce que le narrateur Hasse décrit, c'est avant tout cette relation terrible qu'il a eu, à 13 ans, avec « l'Hirondelle », un jeune garçon aisé qui l'a fasciné et poussé à commettre des actes graves. La pièce, adaptation d'un roman noir de Mankell, tient en haleine par une tension psychologique croissante. ❥ L es 7 et 9.04, 19h30, les 8 et 10.04, 20h30, Béthune, Palace, de 6 à 17e, +33 321 63 29 19

Narcisse © DR

Comedy © Aloïs Aurelle

Accumulated Layout + Narcisse & co le 10.04 H. Umeda / MeS J. de Boysson -Tamango

Le point commun entre les deux prodiges conviés à cette soirée composée danse : une gestuelle iconoclaste et totalement unique. Le jeune Japonais Hiroaki Umeda sert un splendide solo aux frontières du hip-hop et du Butô. Sa souplesse extrême et ses mouvements fluides se posent délicatement sur une musique industrielle lancinante. Tamango, quant à lui, pousse à la perfection une tap-dance mâtinée de transe africaine. Avec un sens affûté du rythme, il improvise dans un étonnant dispositif interactif mêlant vidéo et musique. ❥ 2 0h, Douai, Hippodrome, de 9 à 22e, +33 327 99 66 60

Comedy

les 8 et 9.04

Chor. N. Martin-Gousset

Dans le huis clos d’un appartement bourgeois commence une fête. À l’origine de cette réception : la vente d’un diamant. Très inspirée de l’esprit absurde des comédies américaines des années 60, la pièce fleure bon l’insouciance de l’époque. On flirte, on danse sur le jazz (D. Brubeck) de l’orchestre, et l’on oublie les élections


agenda Minetti © Mario del Curto

présidentielles qui ont lieu ce soir-là. Oui mais voilà : le diamant disparaît… ❥ 2 1h (sf 9.04 19h), Villeneuve d’Ascq, Rose des Vents, de 5 à 19e, +33 320 61 96 96

Minetti

du 8 au 18.04 T.Bernhard / MeS A. Engel

européennes. L'intrigue globale et les relations entre les protagonistes se dévoilent peu à peu... révélant, finalement, un véritable portrait de l'Europe par ses habitants. ❥ 2 0h30, Tourcoing, Théâtre municipal R. Devos, 8 à 16e, +33 320 27 13 63

Ostende, veille du nouvel an. Dans un hôtel miteux, un artiste allemand fait son entrée, et prétend être Minetti, l'acteur qui interpréta à 18 ans le roi Lear. Mais personne ne s'en soucie, pas même cette femme qui tue le temps à coup de champagne. Le ton est donné. Enfin presque, puisqu'avec T. Bernhard, le sinistre vire à la mascarade et les casse-pieds, comme ce sénile Minetti (M. Piccoli), s'avèrent particulièrement drôles. ❥ 2 0h (sf jeu 19h et dim 12.04 à 16h), Lille, théâtre du Nord, de 7 à 23e, +33 320 14 24 24

C(r)ash Europe les 17 et 18.04

C(r)ash © DR

T. Man

Jusqu'à présent le travail du dramaturge polonais Tomasz Man n'avait jamais été montré en France. Étonnant, quand on connaît les nombreuses récompenses qu'il a reçues dans le reste de l'Europe. Cette pièce nous fait suivre les péripéties de 11 personnages dans différentes capitales

Trouble #5 du 22 au 26.04

Le 5e festival européen de performance organisé par les Halles de Schaerbeek est placé sous le signe du burlesque. Tantôt sombres et transgressifs, tantôt complètement déjantés, les spectacles et films présentés déclinent l’humour noir, sous toutes ses formes. Et dans toutes les langues, puisque performeurs finlandais et mexicains se prêtent au jeu. Aux côtés de « vedettes  » comme M. Monnier et L. Ribot, S. Cohen, E. Duyckaerts ou C. Triozzi… les étudiants de la Cambre présentent leurs travaux de recherche. ❥ B ruxelles, Halles de Schaerbeek, +32 2 218 21 07, www.halle.be

Sans ailes et sans racines du 29.04 au 9.05 H. et S. El Boubsi D’abord un père, enfant de l’exil défendant les idées de démocratie, de liber-


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Trouble #5 © Zach Gross

Gênes 01 © DR

té et de laïcité qu’il a découvertes sur sa terre d’accueil. Puis, son fils, enfant de l’immigration, à la recherche de son identité sans ailes et sans racines. La force de leur dialogue se niche dans les éclats de voix, les répliques justes sur les questions de la migration, des femmes et de la religion, et plus encore dans les silences pesants. ❥ 2 0h30, Charleroi, Théâtre de l'Ancre, 6 à 12e, +32 71 31 40 79

Gênes 01

les 30.04 et 1.05 F. Paravidino / MeS V. Gauthier-Martin

Acteur, réalisateur, traducteur et auteur au talent précoce, Fausto Paravidino a écrit cette pièce à 24 ans. Il revient sur les affrontements qui ont eu lieu en marge du G8 de 2001 entre les manifestants altermondialistes et la police. Un jeune homme de 23 ans avait été abattu par les carabiniers. Le parti pris du dramaturge italien est de multiplier sur scène les prises de paroles et de confronter les points de vue. Aussi, Genes 01 n'est pas dogmatique et invite à la réflexion. ❥ 20h30, Arras, Théâtre, 9/13e, +33 321 71 66 16

Orgie de la Tolérance du 30.04 au 2.05 Chor. Jan Fabre Ne vous en déplaise, le polémique Jan

orgie…, Jan Fabre © frederik Heymans

Jacques two Jacques © Hrair Sarkissian

Fabre n'a pas renoncé à la masturbation collective sur scène. Elle est même ici érigée comme symbole du repli sur soi et de la peur de l'autre. Provocation facile ? Ce serait gommer l'humour dont le Flamand fait preuve avec cette nouvelle création, qui épingle notre consumérisme effréné. Dans ce tableau noir de la société contemporaine, les scènes sont aussi dures qu'hilarantes. Âmes sensibles, s'abstenir. ❥ 20h, Gand, Vooruit, 19 à 24e, +32 9 267 28 28

Jacques two Jacques les 15 et 16.04 J. Darras et J. Bonnaffé N’imaginez surtout pas un récital de poésie tiré à quatre épingles, sans quoi vous seriez déboussolé : Jacques Bonnaffé prend les alexandrins, les tord, les joue, les mime, les rappe, les chante. Préférant les chemins de traverse à la diction austère, il change de ton comme de chemise. Aidé de son complice Jacques Darras, auteur des textes, il varie les rythmes et s’autorise absolument tout. Qui pensait rire autant avec un poème ? ❥ 2 0h30 (sf jeu 19h30), Amiens, Maison de la culture, de 8 à 19e, +33 322 97 79 77


texte ¬ Audrey Jeamart photo ¬ Portrait © Col. Agatha Ruiz de la Prada

Un jardin extraordinaire En pénétrant dans le « Jardin de Corazones » d'Agatha Ruiz de la Prada qui fleurit à la Piscine de Roubaix, on ne peut s’empêcher d’écarquiller les yeux. Colorées, parfois amusantes, souvent extravagantes, plus de 80 robes toutes plus inventives les unes que les autres y sont rassemblées dans une remarquable scénographie. En guise de préambule, quelques modèles ainsi que des dessins originaux sont présentés dans une petite pièce aux murs rose indien. « Je voulais que le visiteur franchisse d’abord quelques portes avant de tomber sur un jardin magnifique », explique Cédric Guerlus, qui signe la scénographie. Derrière cette porte d'entrée, un véritable havre de verdure s'étend en effet dans l'ensemble de la salle d’exposition temporaire du musée. Dans cet écrin blanc et vert tendre, les robes de l’icône de la Movida espagnole se dévoilent au fil d’une promenade bucolique. « Avec le début du printemps, j’ai voulu présenter ces robes comme des fleurs », poursuit Cédric Guerlus.

Des vêtements-sculptures Cœur capitonné, Pyramide, Sphère de fleurs, autant de noms évocateurs pour ces robes aux formes souvent improbables mais qui manient avec brio les couleurs, les motifs et les matières comme la soie, le lurex ou la tarlatane. D’ailleurs, on ne parle pas ici de mode, mais bel et bien d’art, ce qui permet à La Piscine d’interroger une nouvelle fois les liens qui unissent les arts appliqués et les beaux-arts. « Via le tissu, elle a une expression sculpturale  », résume Cédric Guerlus. Sachez enfin que notre excentrique et anticonformiste Madrilène a ellemême porté toutes ces tenues réputées immettables. Espérons qu’elle sème encore longtemps ses graines à travers le monde. /

AGATHA RUIZ DE LA PRADA - Un jardin de corazones jusqu'au 21.06, Roubaix, La Piscine, mar>jeu, 11h>18h, ven 11h>20h, we 13h>18h, de 3,5 à 7€, +33 320 69 23 60

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texte ¬ Judith Oliver photo ¬ MoMu, Anvers © Boy Kortekaas

Cocottes et couturiers « Je préfère le papier à toute autre matière » confessait un jour Karl Lagerfeld. On devrait emmener notre austère ami à l’exposition Paperfashion du ModeMuseum d’Anvers. Face aux centaines de robes éphémères, il constaterait que sa fascination pour ce matériau pauvre est amplement partagée. Nul besoin de graviter dans l’univers de la mode pour savoir que l’emploi du papier comme alternative au textile est un phénomène récurrent. Mais pour beaucoup, une matière si fragile ne peut donner lieu qu’à un usage anecdotique. L’exposition Paper Fashion bouscule en cela nos idées reçues. En 2000 ans, les dérivés de cellulose ont considérablement changé de statut. D’abord option du pauvre pour se fabriquer des semelles ou des kimonos (Chine ou Japon médiéval), le papier est aujourd’hui un support très tendance pour la haute couture. Robes en Origami, jupes plissées, pantalons à usage unique, Galliano, Miyake, Largerfeld, comme bien d’autres s’y sont frottés. Mais si la scénographie « cite explicitement l’ambiance insouciante des années 1960 », confie Kaat Debo, directrice du MoMu, « c’est parce qu’il y a eu alors une vraie mode pour le vêtement en papier ». Objet publicitaire diffusé pour la première fois par une papeterie américaine en 1966, la robe jetable devient un outil de communication répandu, notamment pour les campagnes électorales. Ce succès s’apprécie en regard des mentalités de l’époque. En pleine émancipation féminine, seuls les esprits progressistes pouvaient assumer le port d’une robe aussi... légère. / ❥

PAPER FASHION jusqu’au 16.08, Anvers, ModeMuseum, mar>dim, 10h>18h, 6/4€, + 32 3 470 27 70


Frédéric Lefever

Nous Autres

exPoSition 4 Avril > 14 juiN 2009 mercredi > dimANche 12.00 > 18.00

B.P.S.22 eSPace de création contemPoraine de La Province de Hainaut site de l’université du travail - Boulevard solvay 22 - B-6000 charleroi info + 32 71 27 29 71 - http://bps22.hainaut.be


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texte ¬ Louise Truffaut photo ¬ Marquise Casati, Man Ray, Gal. M. Meyer © Marc Domage

Esprit, es-tu là ? Courant 2010, le Musée d’art moderne Lille Métropole réintégrera son écrin, rénové et agrandi. Dans l’attente de cet événement, il investit les murs de l’Hospice Comtesse pour une exposition d’envergure. Sont explorées, à cette occasion, les influences du spiritisme et des travaux de Freud sur l’art. Au tournant des xixe et xxe siècles, l’Europe a été le théâtre d’une véritable révolution culturelle. Les expérimentations de tous ordres sur l’inconscient et, en particulier, l’émergence des théories freudiennes ont ouvert la voie à d’insolites quêtes artistiques. Sonder la psyché humaine et ses méandres, telle était alors la motivation des recherches de nombreux peintres, sculpteurs, cinéastes et photographes. C’est cette effervescence créative liée à ce nouveau contexte que met à l’honneur le Musée d’art moderne de Lille avec l’exposition Hypnos. Il offre au regard du visiteur des dessins aussi bien que des textes ou des films. Se côtoient ainsi, dans un même espace, les marionnettes de la dadaïste suisse Taeuber-Arp et une diffusion du Cabinet du docteur Caligari de l’expressionniste allemand Robert Wiene. Les plus grands courants de l’art, le surréalisme et le cubisme notamment, sont largement représentés afin de mettre en évidence leur inscription active dans une modernité augurale. Le parcours élaboré doit sa cohérence à une répartition chronologique des œuvres. Si l’on se perd, ce n’est que de contemplation ! / ❥

HYPNOS – IMAGES ET INCONSCIENTS EN EUROPE (1900-1949) jusqu’au 12.07, Lille, Musée de l’Hospice Comtesse, mer> dim, 10h>12h30 et 14h>18h, 5/3,5€, +33 320 19 68 68


Bertille Bak Cléa Coudsi & Eric Herbin Stéphane Thidet 10 avril au 12 juillet 2009

Tous les jours de 14h à 19h - Entrée libre

Lab-Labanque

44, place Clémenceau 62400 Béthune T : 03 21 63 04 70 www.lab-labanque.fr


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texte ¬ Judith Oliver photo ¬ Boutiques sur le pont... © Agence R Viollet

La Complainte du progrès Comment et pourquoi l’architecture des boutiques a-t-elle évolué depuis 200 ans ? La Fondation pour l’architecture de Bruxelles propose de répondre à cette question. De plans en photographies, de croquis en restitutions grandeur nature, l’exposition nous mène des tout premiers étals aux sites de vente en ligne. Le parti pris séduit par son originalité : révéler les préoccupations esthétiques, économiques et sociales des différentes époques à travers l'agencement de leurs magasins. Et en effet, la question est pertinente. Depuis le xixe siècle, les lieux de vente sont devenus l’un des terrains de jeu favoris des architectes. Privés des commandes aristocratiques par la Révolution, ils s’en sont rapidement saisi pour afficher ostensiblement leur travail et leurs convictions. Depuis, la lumière, les proportions, la mise en scène des objets n’ont cessé de faire l’objet de théories et manifestes. Des vitrines Art Nouveau aux centres commerciaux actuels, chaque évolution traduit une conception de la modernité, témoigne des progrès de l’industrie et des transformations sociétales. Ainsi, dans l’après-guerre, les magasins tirent parti des avancées en termes d’éclairage et de vitrage pour ouvrir l’espace de vente vers l’extérieur et séduire les classes moyennes en quête d’équipement moderne. Richement documentée, l’exposition exige une lecture attentive des textes explicatifs. Sans cela, les centaines de vitrines peintes ou photographiées peuvent sembler répétitives. / ❥

LE TEMPS DES BOUTIQUES, DE L’ECHOPPE A EBAY jusqu’au 18.10, Bruxelles, Fondation pour l’architecture, mar>ven, 12h>18h, we 10h30>18h, 6/4/2€, +32 2 642 24 80


MUsée de L’Hospice coMtesse

Du mercredi au dimanche 10 h – 12 h 30 / 14 h – 18 h rens. : +33 (0)3 20 19 68 68

www.hypnos-mamlm.fr www.mamlm.fr

Man Ray, Marquise Casati, 1922. Galerie Marion Meyer, Paris. © Man Ray Trust / Adagp Paris, 2009. Photo : Marc Domage. Conception graphique : www.invenit.fr

32 rue de la Monnaie Lille

Une exposition hors les murs du MUsée d’art Moderne LiLLe MétropoLe

.07.09 14.03 >12

ts inconscien Images et 9) 4 (1900 -19 en Europe Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication / direction des musées de France.


agenda I figli di Carlo I d Inghilterra, Van Dyck © Galleria Sabauda

ANVERS

Erwin Olaf Erwin Olaf puise dans l'esthétique de la mode ou de la publicité pour servir une vision satirique de la société. L'ironie acerbe de ses portraits naît du contraste entre la sophistication de la mise en scène, l'aspect léché de l'image et le caractère souvent provocateur du sujet. À Anvers, deux séries récentes, Royal Blood et Laboral Escena nous démontrent une fois de plus la maîtrise technique de ce grand photographe. ❥ jusqu'au 7.06, Fotomuseum, mar>dim,

Clea Coudsi & Eric Herbin © DR

Noise Jeune photographe d’origine japonaise, Kumi Oguro a axé sa recherche photographique sur les codes du cinéma. Outre les jeux sur la lumière et les poses théâtrales des modèles, les emprunts au septième art se remarquent surtout dans la forte dimension narrative des clichés. À partir de quelques indices, le spectateur semble invité à reconstituer ce qu’il ne voit pas : l’avant, l’après, le hors-champ. ❥ jusqu’au 3.05, espace Contretype, mer>ven 11h>18h, we 13h>18h, +32 2 538 42 20

10h>18h, +32 3 242 93 00

BRUXELLES

BéTHUNE

De Van Dyck à Belotto

Stéphane Thidet, Bertille Bak, Cléa Coudsi & Eric Herbin

Le Palais des beaux-arts accueille une partie de la collection de la Galleria Sabauda (Turin). Cette exposition exceptionnelle réunit une centaine de toiles de maîtres flamands (Brueghel, Rubens, Van Dyck) et italiens (Mantegna, Gentileschi, Bellotto) acquis par la dynastie de Savoie entre le xve et le xviiie. Outre les chefs-d'œuvre rarement exposés en Belgique dont deux Rubens, le public peut profiter de tapisseries et de manuscrits anciens. ❥ jusqu'au 24.05, Bozar, mar>dim 10h>18h

Quatre artistes ont été invités à créer des installations dans les espaces publics et privés de l'ancienne Banque de France. Parfois ludiques, leurs œuvres portent un regard sceptique sur les évolutions de la société. En atteste le rez-de-chaussée transformé en métronome géant, l'évocation par Bertille Bak d'une cité minière disparue ou le mur d'enveloppe de Coudsi et Herbin en référence aux SMS qui inondent nos portables... ❥ d u 10.04 au 12.07, Lab-Labanque,

(sf jeu 21h), +32 2 507 82 00

tlj, 14h>19h, +33 321 63 04 70


exposition |

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Ils ont regardé Matisse Looking a…, Wendy Watriss & Orange î Tan © Rothko, Frederick Baldwin © DR ADAGP Paris

LE CATEAU CAMBRÉSIS

Ils ont regardé Matisse Quelle chance offerte aux septentrionaux de contempler des toiles de maîtres américains prêtés par le Metropolitan Museum de New York ou par la National Gallery de Washington ! Grâce à un dialogue systématique avec des œuvres de Matisse, le musée met en lumière l’influence du Français sur les expressionnistes abstraits aux USA (Rothko, Pollock, Newman…), puis sur les générations suivantes de peintres européens (Buren, Viallat, Rouan…). ❥ jusqu'au 14.06, Musée Matisse, tlj sf mar 10h>18h, +33 327 84 64 50

CHARLEROI

Looking at the US 1957-1986 Wendy Watriss & Frederick C. Baldwin ont sillonné séparément puis en tandem les USA pendant près de 30 ans. De la Géorgie au Texas, des défilés du Klux Klux Klan au quotidien des communautés afro-américaines et hispaniques, leurs clichés offrent une vision prismatique de l'Amérique des 1960-70’. Ces reportages photographiques, dans la tradition de l'enquête sociale développée par Hine ou Ewans, restituent sans complaisance la complexité de cette nation. ❥ jusqu'au 24.05, Musée de la Photographie, mar>dim, 10h>18h, +32 7 143 58 10

Nous autres, F. Lefever Hardelot © DR

Galapagos, veliki blatar kracina © DR

Nous autres Des façades de maisons banales, photographiées de front et sans artifices, rien d’original vous direz-vous. Alors comment expliquer la reconnaissance dont bénéficie Frédéric Lefever ? Ses clichés n’ont pas pour sujet l’architecture mais bien l’humain. Sous leur apparence froide et figée, ils dressent un portrait intime des propriétaires des lieux. Grâce à de menus détails, on décèle leur présence, devine leurs goûts, imagine leur façon d’être. ❥ d u 4.04 au 14.06, BPS 22, mer>dim, 12h>18h, +32 7 127 29 71

LAMBERSART

Galapagos et Krehky Les portes du Colysée s’ouvrent sur les étonnants animaux hybrides du collectif slovène Galapogos. Cet irrévérencieux duo de plasticiens s’amuse à revisiter la théorie de l’évolution des espèces à l’aune de leur imagination débordante. Loin de cet univers aux notes trash-rock, la vaisselle du designer tchèque Krehky inspire la fragilité. La rondeur des courbes s’intègre à une scénographie pastelle qui emprunte aux Chroniques de Narnia. ❥ jusqu’au 10.05, Colysée, mer>dim 13h>18h (sf dim 19h), + 33 320 00 60 06


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agenda Istanbul, Poster (EU Scarf) © Burak Delier

LILLE

Istanbul, la traversée Carrefour historique de l’Asie et de l’Europe, Istanbul revêt une multitude de facettes. 25 photographes et vidéastes turcs ou issus de la diaspora délivrent leur regard sur cette mégalopole en constante transformation. Dans chacun de leurs clichés affleurent les nombreux antagonismes (religion/laïcité, modernité/tradition…) et influences culturelles qui coexistent dans l’ancienne Byzance. ❥ jusqu'au  12.07, Palais des beaux-arts, lun 14h>18h, mer>dim 10h>18h, +33 320 57 38 87

Expositions Berlin Fondateur du Tacheles à Berlin, Tim Roeloffs dresse depuis des années le portrait de sa ville. Ses collages et photomontages couvrent les murs de la maison Folie de Moulins. Installé dans un atelier provisoire, il côtoie les autres artistes conviés en résidence : les Anglo-allemands de Gob Squad, dont l’installation vidéo propose un voyage nocturne dans Berlin. Et le Français Dimitri Wazemsky, qui sévit dans le quartier avec ses ateliers d’écriture provisoires. ❥ jusqu'au 3.05, Maison folie Moulins, mer>dim, 14h>19h, +33 320 95 08 82

Les frontières invisibles Épicentre de la saison « Europe XXL », le Tri Postal accueille sur ses trois niveaux près d’une centaine d’artistes contemporains issus de toute l’Europe. Exposition gigogne, les Frontières Invisibles proposent à chaque étage une clé d’entrée différente pour aborder les transformations du continent européen : mutations politiques, évolution des territoires et des villes, résurgences mystiques. ❥ jusqu'au 12.07, Tri Postal, mer>sam, 11h>14h, 15h>19h, dim 14h>19h, +33 328 52 30 00

Ici Berlin !, Stoll Wach Kuschelrock © Stoll et Wachall

ROUBAIX

Ici Berlin ! Après les affiches de 100 x Berlin, la Condition Publique poursuit son panorama de la création artistique dans la capitale allemande, 20 ans après la chute du Mur. Elle confie cette fois ses 3500m2 à 20 jeunes artistes qui présentent installations, vidéos, photos, performances, objets et planches originales de bandes dessinées. ❥ jusqu'au 12.07, Condition Publique, mar>ven 13h30>18h30, sam 14h>18h, +33 328 33 57 57


UI - 14 J

N 200

9

T N O I LS É D R A G E R E S S I T A M RS

Henri Matisse sur le toit de l’Empire State Building, New-York City, 1931. Archives Matisse (D.R.). JEG.

un musée du Département du Nord

15 M A

MUSÉE DÉPARTEMENTAL MATISSE PALAIS FÉNELON 59360 LE CATEAU-CAMBRÉSIS TEL. 33 (0)3 27 84 64 50 FAX. 33 (0)3 27 84 64 54 MUSEEMATISSE@CG59.FR


exposition |

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agenda Vidéos Europa, Sauts video © Veaceslav Druta

Mark Raidpere L’espace Croisé accueille l’Estonien Mark Raidpere. Souvent autobiographiques, volontiers politiques, ses vidéos et photographies interpellent, à l’instar de ces portraits de détenus (10 men) ou l’installation StockholmTallinn 26.04.2007. Celle-ci met en parallèle des affrontements entre Russes et Estoniens à Tallinn et une paisible performance de flûtistes à Stockholm. Ses œuvres récentes témoignent d’une préoccupation croissante pour la situation sociale de son pays. ❥ d u 10.04 au 12.07, Espace Croisé, mar>dim, 14h>18h, +33 320 66 46 93

Dada East ? Tristan Tzara © Muzeul Literaturii romane

ven>sam, 14h>21h, dim 14h>19h, +33 320 28 38 05

Dada East ? Le Musée de Tourcoing revient sur les artistes à l'origine du mouvement Dada : Tzara, Segal et les frères Janco. Une multitude d’originaux (revues, écrits, photos et toiles), étiquetés comme des pièces à conviction, retracent la naissance oubliée du dadaïsme en Roumanie. L’exposition poursuit l’enquête avec les travaux d’une dizaine d’artistes contemporains roumains, dont Dan Perjovschi. ❥ jusqu'au 12.07, Musée des beaux-arts, tlj sf mar, 13h30 >18h, +33 320 28 91 60

TOURCOING

SARS POTERIES

Vidéos Europa

Fenêtres fictives

La nef du Fresnoy abrite un parcours de vidéos signées d'une quarantaine d'artistes de l'Europe Centrale et des Balkans. On décèle quelques thématiques communes comme l'expérience intime de la guerre, la critique cinglante des mutations politiques et urbaines. Mais l'exposition révèle surtout une grande diversité de pratiques. Elle met l'accent sur le bouillonnement de la création vidéo dans les nouveaux pays européens. ❥ jusqu'au 3.05, Fresnoy, mer>jeu, 13h>19h,

Ici, de fines dentelles de verre suspendues en contre-jour, là, de fragiles tuiles translucides filtrant poétiquement la lumière, ailleurs, des constructions géométriques réceptacles de projections vidéo. Durant sa résidence à Sars-Poteries, la jeune Hongroise Melinda Sipos s’est attelée à transcrire sa fascination pour les rayons de soleil éphémères qui s’invitent sur les sols de nos intérieurs. ❥ jusqu’au 15.06, Musée atelier du Verre, tlj (sf mar) 10h>12h30, 13h30>18h, +33 327 61 61 44


concerts mer 01 Rencontre Iran-Irak : SAAD MAHMOUD JAW Lille, Opéra de Lille, 18h, 8/5e, +33 328 38 40 50 JOANNE ROBERTSON Lille, Café Diskaire, 18h30, gratuit, +33 361 50 77 54 JEF NEVE Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 12e, +32 2 254 82 42 STUCK IN THE SOUND Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32 ALELA DIANE Lille, Aéronef, 20h, 22e, +33 892 56 01 50 VINCENT DELERM Lille, Sébastopol, 20h, 29e, +33 320 54 44 50 METRONOMY + JACKSON Tourcoing, Grand Mix, 20h, 15/12e, +33 320 70 10 00 SEBASTIEN LLADO QUARTET Valenciennes, Phénix, 20h, 9e, +33 327 32 32 32

jeu 02 JAUNE TOUJOURS + FATIMA SPAR & THE FREEDOM FRIES Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Box, 19h30, 19/16e, +32 2 548 24 24 LES FATALS PICARDS Bruxelles, Botanique/ Orangerie, 20h, 19/16/13e, +32 2 218 37 32 C’est apparu près de chez vous : WILD KARNIVOR + IMAZIGHEN Dunkerque, 4 Ecluses, 20h, gratuit, +33 328 63 82 40

Mazingarbe, Watrelot, 20h30, 7/5e, +33 321 49 21 21 Jeudi de l’Alim : MARC ANDRÉ LÉGER + DJ MAO Roubaix, Condition Publique, 21h, gratuit, +33 328 33 48 33 Je danse, donc je suis : LES MECS ECLECTICS Gand, Culture Club, 22h, 5e, +32 9 233 09 46 ETH Lille, Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11 DJ Ralf’s Birthday : DISCOBAR LASSY + RALF + SEROM & ASFALTE Anvers, Café d’Anvers, 22h30, gratuit, +32 3 226 38 70

Beauvais, Ouvre-Boîte, 21h, 14/12,50/11e, +33 344 10 30 80 Rave Our Souls : ALTERN8 + SL2 + HUMAN RESOURCE + STEKKER Anvers, Petrol, 22h, 13/10e, +32 3 226 49 63 Mimazu : BAREM + CLAR & CAMEO + PEDRO MERCADO + TECNUM Anvers, Café d’Anvers, 22h30, 10/5e, +32 3 226 38 70 DAVID CARRETTA Lille, Kiosk, 23h, 7/5e, +33 320 49 75 99 MOWGLI Lille, Supermarket, 23h, 7e, +33 320 52 86 59

ven 03 YO! MAJESTY Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Annulé, +32 2 548 24 24 GRANDMASTER FLASH Leuven, Het Depot, 20h, 21/24e, +32 1 622 06 03 Club Folamour : ERRORS + CHATEAU MARMONT + WE HAVE A BAND Lille, Aéronef, 20h, 10e, +33 892 56 01 50 Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny Lille, Opéra de Lille, 20h, 62/11e, +33 328 38 40 50 LA RUDA + MISTER JINGLE Tourcoing, Grand Mix, 20h, 18,70e, +33 320 70 10 00 FELIPECHA + C++ Amiens, Lune des Pirates, 20h30, 10/7e, +33 322 97 88 01 LA GRANDE SOPHIE Lille, Sébastopol, 20h30, 26e, +33 320 54 44 50

US 3 Leuven, Het Depot, 20h, 20/17e, +32 1 622 06 03

PAINGELS + SUBWAY Béthune, Théâtre Le Poche, 20h45, 7/5e, +33 321 64 37 37

Enchanteurs : MARCEL ET SON ORCHESTRE

CEUX QUI MARCHENT DEBOUT + FANFARASCA

sam 04 JESSICA LEA MAYFIELD + ELVIS PERKINS + KRAKOW Bruxelles, Ancienne Belgique/AB Club, 00h, 12e, +32 2 254 82 42 Sonic City : DALEK + AMENRA + CANDIE HANK + CHARLES HAYWARD + 2ND GEN + SUBTITLE + UNIFORM + ZUCCHINI DRIVE Courtrai, De Kreun, 14h, 17e, +32 5 637 06 44 FLOH + YOM FROM MARS Lille, Café Diskaire, 18h, gratuit, +33 361 50 77 54 PAULINE Bruxelles, Botanique/ Orangerie, 20h, 30,50e, +32 2 218 37 32 CEUX QUI MARCHENT DEBOUT Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32 PHILIPPE RENAULT Dunkerque, Jazz Club, 20h, 14/9e, +33 328 63 51 00 THE CHRISTIANS Lille, Splendid, 20h, 23e, +33 320 33 17 34


agenda |

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QUIDAM + ADRUGAN Amiens, Lune des Pirates, 20h30, 8/5e, +33 322 97 88 01 Enchanteurs : ASTONVILLA + PONEY EXPRESS Auchel, Odéon, 20h30, 12/10e, +33 321 49 21 21 ACE OUT + TRONCKH Béthune, Théâtre Le Poche, 20h30, 6.70e, +33 321 64 37 37 ALEX BEAUPAIN + FLORENT MARCHET Béthune, Théâtre Municipal, 20h30, 12/10e, +33 321 64 37 37 Enchanteurs : MARCEL ET SON ORCHESTRE Billy-Montigny, Léon Delfosse, 20h30, 7/5e, +33 321 49 21 21 QUENTIN MOSIMANN Dunkerque, Kursaal, 20h30, 25e, +33 328 65 81 81 MANSFIELD TYA + MARGAUX H Roubaix, Cave aux Poètes, 20h30, 8/6/4e, +33 320 27 70 10 TOOTS & THE MAYTALS + CHERRY BOOP & THE SOUNDMAKERS Beauvais, Ouvre-Boîte, 21h, 20/18,50/17e, +33 344 10 30 80 Gent Select : black franck + gus Gand, Culture Club, 21h30, nc, +32 9 233 09 46 THE HICKEY UNDERWORLD + BLOC PARTY + BARBIE BANGKOK + THE CHART BIRDS Anvers, Petrol, 22h, 5/10e, +32 3 226 49 63

Smile : FEADZ + ED & KIM + ULTRADAVID Louvain, Silo, 22h30, 10/8e, +32 1 620 34 64 Pierre’s Birthday Party : STEVE BUG + CLICK BOX + DJ PIERRE + CHRISTIAN BURKARDT + SEUIL Bruxelles, Fuse Club, 23h, 10/5e, +32 2 511 97 89 KAZEY & BULLDOG Lille, Kiosk, 23h, 6e, +33 320 49 75 99 Disorder #1 : SIMIAN MOBILE DISCO Lille, Platinium, 23h, 10e, +33 320 32 04 12 PEO WATSON Lille, Supermarket, 23h, gratuit, +33 320 52 86 59

dim 05 Sonic City : ORIGINAL SILENCE + ACTION BEAT + DESTRUCTO SWARMBOTS + ZU + JOSHUA BOOTH + ODDATEEE + GUAPO + EARTH Courtrai, De Kreun, 14h, 17e, +32 5 637 06 44 Bal Taquin Roubaix, Condition Publique, 15h30, 5/3e, +33 328 33 48 33 Battle MC : DJ JOCKER + DJ FAB Lille, Aéronef, 16h, 10e, +33 892 56 01 50 Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny Lille, Opéra de Lille, 16h, 62/11e, +33 328 38 40 50

OSNI Lille, Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11

DYNAMIC BAND Bruxelles, Recyclart, 20h, 5e, +32 2 289 00 59

International Resident Night : SILICONE SOUL + BARTHOLOMEO + PATRICK SCHMIDT Anvers, Café d’Anvers, 22h30, 10/5e, +32 3 226 38 70

AL JARREAU Lille, Sébastopol, 20h, 48/45e, +33 320 54 44 50

lun 06

THE VIEW Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 15/12/9e, +32 2 218 37 32 UNIZIK Lille, Biplan, 20h, gratuit, +33 320 12 91 11

mar 07 ALELA DIANE + WILLIAM ELLIOTT WHITMORE Bruxelles, Ancienne Belgique/Flex, 20h, 21/18e, +32 2 548 24 24 THE RIFLES Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 15/12/9e, +32 2 218 37 32 Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny : Lille, Opéra de Lille, 20h, 62/11e, +33 328 38 40 50 Enchanteurs : MARCEL ET SON ORCHESTRE Cambrin, SDF, 20h30, 7/5e, +33 321 49 21 21

mer 08 Récital : Bizet, Dlibes, Massenet... Lille, Opéra de Lille, 18h, 8/5e, +33 328 38 40 50 Domino Festival : A PLACE TO BURY STRANGERS + DRUMS ARE FOR PARADES + AMENRA Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Club, 19h, 12e, +32 2 254 82 42 Domino Festival : JÓHANN JÓHANNSSON + FENNESZ + JON HOPKINS Bruxelles, Ancienne Belgique/ Flex, 19h, 19/16e, +32 2 548 24 24 MADEMOISELLE CHINA + RAUL MIDON Lille, Splendid, 20h, 23,10e, +33 320 33 17 34 ASSASSIN + TACITE Tourcoing, Grand Mix, 20h, 20/17e, +33 320 70 10 00


concerts ESPERANZA SPALDING Tourcoing, Hospice d’Havré, 20h30, 10/8e, +33 359 63 43 53 CORDILLERA Lille, Biplan, 21h30, 4e, +33 320 12 91 11

jeu 09 Domino Festival : SQUAREPUSHER + TIM EXILE + VENETIAN SNARES + VOODOO TRANCE SOUND SYSTEM Bruxelles, Ancienne Belgique, 19h, 23/20e, +32 2 548 24 24

THE BEASTMASTER + EDISON Amiens, Lune des Pirates, 20h30, 6/4e, +33 322 97 88 01

MR.MR + BENDER + KRONIC Lille, Kiosk, 23h, 5e, +33 320 49 75 99

MATHIEU BOOGAERTS Arras, Théâtre d’Arras, 20h30, Complet, +33 321 71 76 30

La Mouv’Party : KRAZY BALDHEAD + BOBMO + JERRY BOUTHIER Lille, Platinium, 23h, gratuit, +33 320 32 04 12

Enchanteurs : MARCEL ET SON ORCHESTRE + TOM POISSON Noyelles-Godault, Matisse, 20h30, 7/5e, +33 321 49 21 21 Ecklektik Booty Club : CHARLY GREANE + PZK Roubaix, Cave aux Poètes, 20h30, 8/6/4e, +33 320 27 70 10

THE SUBWAYS Leuven, Het Depot, 20h, 19/16e, +32 1 622 06 03

FRANÇOIS CORNELOUP Dunkerque, Jazz Club, 20h45, 14/9/7e, +33 328 63 51 00

LES OGRES DE BARBACK Lille, Aéronef, 20h, 26e, +33 892 56 01 50

MEDINE + ISSAM + DESTY NYOKA Beauvais, Ouvre-Boîte, 21h, 14/12,50/11e, +33 344 10 30 80

Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny Lille, Opéra de Lille, 20h, 62/11e, +33 328 38 40 50 RIEN + GOLDEN ULTRA Lille, Malterie, 20h30, 7/5e, +33 320 15 13 21 FRANÇOIS CORNELOUP Dunkerque, Jazz Club, 20h45, 14/9/7e, +33 328 63 51 00 ICE CUBE Gand, Vooruit, 21h, 35/31e, +32 9 267 28 28 CHERRY BOOP & THE SOUNDMAKERS Lille, Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11

ven 10 Domino Festival : A CERTAIN RATIO + BLK JKS + DISKO DRUNKARDS + HUSDON MOHAWKE + RUSTIE Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Box, 19h, 19/16e, +32 2 548 24 24 MOTIONLESS + BABEL FISHH +

Harcore Session : THE UNSEEN + NOFLAG Dunkerque, 4 Ecluses, 21h, 9/8/6e, +33 328 63 82 40 JUNO REACTOR + WICKEDHAYO + HILIGHT TRIBE + THE ORB Gand, ICC, 21h, 25/30e, JAAK SOOAAR + HAN BENNINK Lille, Maison Folie de Wazemmes, 21h, 10/8e, +33 320 78 20 23 ED RUSH & OPTICAL + TODDLA T + MARTELO + ONEMAN Anvers, Petrol, 22h, 10/12e, +32 3 226 49 63 STARBOARD SILENT SIDE Lille, Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11 «Diynamic Music» Label Night : STIMMING + SOLOMUN + MARCUS VECTOR Anvers, Café d’Anvers, 22h30, 10/5e, +32 3 226 38 70 Chocolate Party :

Partyharders Night Feat : MON COLONEL + THE SHORE Lille, Supermarket, 23h, 5e, +33 320 52 86 59

sam 11 GOTAM SEN + JF BUY Lille, Café Diskaire, 18h, gratuit, +33 361 50 77 54 Domino Festival : NICO MUHLY + SVARTE GREINER Bruxelles, Ancienne Belgique, 19h, 19/16e, +32 2 548 24 24 AYIN ALEPH Comines, Nautilys, 19h, 12e, +33 320 74 37 40 ANTHONY JOSEPH AND THE SPASM BAND Bruges, Cactus Club, 20h, 10/7e, +32 5 033 20 14 Domino Festival : BABILS + COMFORT + DE PORTABLES Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 12e, +32 2 254 82 42 AND YOU WILL KNOW US BY THE TRAIL OF DEAD Leuven, Het Depot, 20h, 19/16e, +32 1 622 06 03 Enchanteurs : IDIR Grenay, EC R. Coutteure, 20h30, 12/10e, +33 321 49 21 21 FRANÇOIS CORNELOUP Dunkerque, Jazz Club, 20h45, 14/9/7e, +33 328 63 51 00 LUZERNE + ERIC FERLA Lille, Malterie, 20h45, 7/5e, +33 320 15 13 21 SEXY SUSHI + COVOX + AUX RAUS + KANJI KINETIC +


agenda |

121

GENUINE GUY Bruxelles, Recyclart, 21h30, 10e, +32 2 289 00 59 PAT BOL Lille, Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11 SMOS & BABY BEE + THE CHEF FT MC RED1 Anvers, Café d’Anvers, 22h30, 10/5e, +32 3 226 38 70 KEN ISHII + TAKKYU + RYAN CROSSON + ANTHONY COLLINS Bruxelles, Fuse Club, 23h, 10/5e, +32 2 511 97 89 NID & SANCY + NEON + HERMANOS INGLESOS + MAXIM LANY Gand, Culture Club, 23h, 10/8e, +32 9 233 09 46 Are You Jazz : DJ CAROLL Lille, Guapa Bar, 23h, gratuit, +33 320 54 82 55 6 TH ANNIVERSARY OF SOUND OF SAND : SOUL DESIGNER + SOS BRO Lille, Kiosk, 23h, 7/5e, +33 320 49 75 99 RENAISSANCE MAN Lille, Supermarket, 23h, 5e, +33 320 52 86 59

dim 12 Easter Edge Festival : BRISKEY + TRIXIE WHITEY + THE GLIMMERS + BAND ON THE RUN Anvers, Petrol, 16h30, 12/10e, +32 3 226 49 63 Domino Festival : HEALTH + MI AMI + MONO + TINY MASTERS OF TODAY Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Box, 17h, 19/16e, +32 2 548 24 24 THE DECLINING WINTER + GARETH S. BROWN Lille, Malterie, 18h30, 7e, +33 320 15 13 21 Heartbreaking Songs :

TROY VON BALTHAZAR + MATT BAUER Dunkerque, 4 Ecluses, 19h30, 7/6/4e, +33 328 63 82 40 HIATUS + SEDITION + VISION OF WAR Wattrelos, Boîte à Musique, 20h, 7/5e, +33 320 02 24 71 Peoples Presents : SHINEDOE + TOFKE + HERMANEZ Anvers, Café d’Anvers, 22h30, 10/5e, +32 3 226 38 70 Sunnyside Up : DJ KARIZMA + RAOUL + MASSIMO DA COSTA Louvain, Silo, 23h, gratuit, +32 1 620 34 64

lun 13 Domino Festival : THE NOTWIST + WOODS + GRAMPALL JOOKABOX Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 21/18e, +32 2 548 24 24 MI AMI Lille, Aéronef, 20h, gratuit, +33 892 56 01 50 MOCKY Gand, Vooruit, 20h30, 16/14.5e, +32 9 267 28 28 AGENT ORANGE + FAST MOTION Lille, Malterie, 20h30, 7e, +33 320 15 13 21

mar 14 Domino Festival : THE WHITEST BOY ALIVE + MICACHU & THE SHAPES + THE INVISIBLE Bruxelles, Ancienne Belgique, 19h, 19/16e, +32 2 548 24 24

Jam Session : Dunkerque, Jazz Club, 20h30, gratuit, +33 328 63 51 00 TROY VON BALTHAZAR + MATT BAUER Lille, Malterie, 20h30, 9e, +33 320 15 13 21

mer 15 Concert d’Astrée : Haendel en Italie : Lille, Opéra de Lille, 18h, 8/5e, +33 328 38 40 50 CREATURE WITH THE ATOM BRAIN Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 12e, + 32 2 254 82 42 GHINZU Gand, Vooruit, 20h, 16/12e, +32 9 267 28 28 DAAN Leuven, Het Depot, 20h, Complet, +32 1 622 06 03 YOUNGBLOOD BRASS BAND + IMPERIAL LEISURE Tourcoing, Grand Mix, 20h, 15/12e, +33 320 70 10 00 ALEXIS HK + CHAMOT(S) Wattrelos, Boîte à Musique, 20h30, 7/5e, +33 320 02 24 71

jeu 16 THE MISSING + DIVERS GENS Beauvais, Ouvre-Boîte, 19h, gratuit, +33 344 10 30 80 RAZORLIGHT Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 25/22e, +32 2 548 24 24

SHERYFA LUNA Lille, Splendid, 20h, 30e, +33 320 33 17 34

YOUNGBLOOD BRASS BAND + IMPERIAL LEISURE Amiens, Lune des Pirates, 20h30, 12/9e, +33 322 97 88 01

LE KIOSQUE À MUSIQUE Valenciennes, Phénix, 20h, gratuit, +33 327 32 32 32

JANE BIRKIN Lille, Sébastopol, 20h30, Annulé, +33 320 54 44 50


concerts TÉTÉ + EMILY LOIZEAU + ERIC JOHN KAISER Roubaix, Cave aux Poètes, 20h30, 20/18/16e, +33 320 27 70 10 Jeudi de l’Alim : MAXXO + EDSIK & DAOOF Roubaix, Condition Publique, 21h, gratuit, +33 328 33 48 33 Monsters of Crockrockdisco : DJ DONNA SUMMER + DURANDURANDURAN + CAPTAIN AHAB + OTTO VON SCHIRACH Gand, Vooruit, 22h, 12/9e, +32 9 267 28 28 LES DOIGTS DE L’HOMME Lille, Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11

ven 17 GORKI Gand, Vooruit, 20h, 19.75e, +32 9 267 28 28 MICAH P. HINSON + THE BONY KING OF NOWHERE + LOUIS AGUILAR Tourcoing, Grand Mix, 20h, 10e, +33 320 70 10 00 SILENT BLOCK Calais, Gérard Philipe, 20h30, 2e, +33 321 46 90 00 Enchanteurs : MARCEL ET SON ORCHESTRE Leforest, SDF, 20h30, 7/5e, +33 321 49 21 21 Charlatan on Tour : THE GLIMMERS + DISKO DRUNKARDS + SOMETHING MARVELAS Leuven, Het Depot, 20h30, 14/12e, +32 1 622 06 03

25e, skinspartylille.com ROBERT Dunkerque, 4 Ecluses, 21h, 20e, +33 328 63 82 40 PAUL KALKBRENNER + WILL O’BRIEN + TOMAZ Anvers, Petrol, 22h, 10/5e, +32 3 226 49 63 TREMPLIN ROCK EN STOCK Lille, Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11 Push It Club invites Bomb O Matic : NEIL LANDSTRUMM + PRINZ + RAF DBXL Anvers, Café d’Anvers, 22h30, 10/5e, +32 3 226 38 70 STAINAGE Bruxelles, Recyclart, 22h30, 8e, +32 2 289 00 59 Fête de l’Animation : PRINCESSE ROTATIVE + SWINGING SKELETOR + GREGALDUR + SUPER SPLENDEUR + WOODISH + LUMINOCOLOR + KORBY Lille, Gare Saint-Sauveur, 23h, 5e, +33 320 53 24 84 Unity Party : DUBZA + SN9 + DJ ROM1 + DJ KEUTCH Lille, Kiosk, 23h, 6e, +33 320 49 75 99 JOHN LOOSE Lille, Supermarket, 23h, gratuit, +33 320 52 86 59 Roubaix’s Burning #11 : BEAT TORRENT + DJ ORGASMIC + RADIOCLIT + CANBLASTER + SYLVIE CIOUS Roubaix, Watremez, 23h, 12/8e, +33 320 27 70 10

sam 18

TERNOY + ORINS + CRUZ Lille, Malterie, 20h30, 5e, +33 320 15 13 21

ALASEV + NIL NOZMA Lille, Café Diskaire, 18h, gratuit, +33 361 50 77 54

Skins Party : KAVINSKY + MONSIEUR MONSIEUR + THE SHOES + STEREOHEROES Lille, Secret Château, 20h30,

ALICE RUSSELL + BRAZZAVILLE Leuven, Het Depot, 20h, 18/15e, +32 1 622 06 03

GREGOIRE Lille, Splendid, 20h, 27e, +33 320 33 17 34 KEBELU Amiens, Lune des Pirates, 20h30, 8/5e, +33 322 97 88 01 DETROIT GRAND PUBAHS + DEAD ASTROPILOTS Hénin-Beaumont, Escapade, 20h30, 10/8e, +33 321 20 06 48 BEWITCHED HANDS ON THE TOP OF OUR HEADS + TV GLORY Roubaix, Cave aux Poètes, 20h30, 8/6/4e, +33 320 27 70 10 THE QEMISTS + DJ MUJAVA + OPPOSITES + DIO Anvers, Petrol, 21h, 10/6e, +32 3 226 49 63 Europe XXL : DJ CLICK Villeneuve-d’Ascq, Ferme d’en Haut, 21h, nc, +33 320 61 01 46 LÉZARD MARTIEN Lille, Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11 CD’A Résident Night : BARTHOLOMEO + PATRICK SCHMIDT Anvers, Café d’Anvers, 22h30, 10/5e, +32 3 226 38 70 Boarding Fly to Rio : DJ CAROLL Lille, Loca Loca, 22h30, nc, +33 320 06 82 82 Resident Night : DEG + DJ PIERRE Bruxelles, Fuse Club, 23h, 10/5e, +32 2 511 97 89 DR LEKTROLUV + BASS WEAZAL + DJ MANAIA + SOUND OF STEREO + DAVIDOV Gand, Culture Club, 23h, 14/8e, +32 9 233 09 46 Fête de l’Animation : MOCHIPET + SCANONE + FAT CHANCE + SUBJEX + DJ HUGHES Lille, Gare Saint-Sauveur, 23h, 5e, +33 320 53 24 84


agenda |

123

ARNAUD REBOTINI + SPACEINTRUDER + CZESKI + SIJEY Lille, Kiosk, 23h, 7/5e, +33 320 49 75 99 HORSE MEAT DISCO Lille, Supermarket, 23h, 3e, +33 320 52 86 59 Sheer : IVAN SMAGGHE + TIM PARIS + DJ DARKO Louvain, Silo, 23h, gratuit, +32 1 620 34 64

dim 19 Femmes s’en Mêlent : AU REVOIR SIMONE + LILY FROST Tourcoing, Grand Mix, 18h, 14/11e, +33 320 70 10 00 MONNO + ZENI GEVA Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 12e, +32 2 254 82 42 DENT MAY Lille, Aéronef, 20h, 10e, +33 892 56 01 50

lun 20 Paradis Artificiels : PETE DOHERTY + ROSES KINGS CASTLES Lille, Sébastopol, 20h, 30,80e, +33 320 54 44 50 LONEY DEAR + TAMARA WILLIAMSON Tourcoing, Grand Mix, 20h, 12/9e, +33 320 70 10 00

mar 21 Paradis Artificiels : REVOLVER Lille, Péniche du Pianiste, 18h, gratuit, +33 320 57 14 40 SLIM CESSNA’S AUTO CLUB + SWAMP GAS BOOGER MEN Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 12e, +32 2 254 82 42 RINÔÇÉRÔSE

Bruxelles, Botanique/ Orangerie, 20h, Annulé, +32 2 218 37 32

DE PIRATE Roubaix, Cave aux Poètes, 20h, 11e, +33 320 27 70 10

LONEY DEAR Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 15/12/9e, +32 2 218 37 32

Femmes s’en Mêlent : LE CORPS MINCE DE FRANÇOISE + SOLDOUT Amiens, Lune des Pirates, 20h30, 11/8e, +33 322 97 88 01

Paradis Artificiels : CHRISTOPHE Lille, Sébastopol, 20h, 37e, +33 320 54 44 50 Paradis Artificiels : TOOTS & THE MAYTALS + JAHCOUSTIX Tourcoing, Grand Mix, 20h, 19,80e, +33 320 70 10 00 Le Biplan Débranché : RIVIÈRE + WAZEM + DEULE DE BOIS Lille, Biplan, 21h, gratuit, +33 320 12 91 11

mer 22 Paradis Artificiels : LUCIOLE Lille, Péniche du Pianiste, 18h, gratuit, +33 320 57 14 40 Paradis Artificiels : FREDERIKA STAHL Lille, Péniche du Pianiste, 18h, gratuit, +33 320 57 14 40 BONNIE «PRINCE» BILLY + SUSANNA WALLUMROD Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 22/25e, +32 2 548 24 24 SECOND SEX Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32 Paradis Artificiels : GOJIRA + ENTER SHIKARI + DAGOBA Lille, Aéronef, 20h, 23,10e, +33 892 56 01 50 Paradis Artificiels : SLIIMY + CURRY AND COCO Lille, Maison Folie Moulins, 20h, 13,80e, +33 320 95 08 82 SEFYU Lille, Splendid, 20h, 22e, +33 320 33 17 34 Paradis Artificiels : THE DELANO ORCHESTRA + COEUR

MARCEL ET SON ORCHESTRE Lille, Maison Folie de Wazemmes, 20h30, gratuit, +33 320 78 20 23

jeu 23 Femmes s’en Mêlent : AN EXPERIMENT ON A BIRD + LUCY AND THE POPSONICS + THE BABOON SHOW Amiens, Lune des Pirates, 00h, 11/8e, +33 322 97 88 01 Paradis Artificiels : BÉNABAR + FELIPECHA + DELBI Lille, Zénith Arena, 19h30, 33e, +33 320 14 15 16 THE QEMISTS + ENTER SHIKARI Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 18/21e, +32 2 548 24 24 JASPER ERKENS Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 12, +32 2 254 82 42 STARVING Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32 PRISCILLA AHN Bruxelles, Botanique/Witloof Bar, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32 Femmes s’en Mêlent : BATTANT + WILDBIRDS & PEACEDRUMS + TELEPATHE + LENA DELUXE Lille, Aéronef, 20h, 18, +33 892 56 01 50 Paradis Artificiels : KRYSTLE WARREN + HINDI ZAHRA


concerts Lille, Maison Folie Moulins, 20h, 13,80e, +33 320 95 08 82 Paradis Artificiels : JUSTIN NOZUKA + BERRY + SELAH SUE Lille, Sébastopol, 20h, 13,80e, +33 320 54 44 50 Paradis Artificiels : PIVOT + BELLERUCHE + HEALTH Tourcoing, Grand Mix, 20h, 17,80e, +33 320 70 10 00 CALI Tournai, Maison de la Culture, 20h, Complet, +32 6 925 30 80 Je danse, donc je suis : NADASTROM + DAVIDOV + JONASTY + ONE MAN PARTY + TLP AKA TROUBLEMAN Gand, Culture Club, 22h, 5e, +32 9 233 09 46 BZZ Lille, Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11 So 90’s : Gand, Culture Club, 23h, 8/6e, +32 9 233 09 46

ven 24 Paradis Artificiels : STEREO PLEASURE Lille, Péniche du Pianiste, 18h, gratuit, +33 320 57 14 40 Paradis Artificiels : MONTGOMERY Lille, Gare Saint-Sauveur, 19h30, 7,5e The Next Big Thing III : STEAKN8 + THE GALACTICOS + ROADBURG Bruges, Cactus Club, 20h, 10/7e, +32 5 033 20 14 RADIOCLIT + HOLY FUCK + IT HUGS BACK Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 12e, +32 2 254 82 42 MADELEINE PEYROUX Bruxelles, Ancienne Belgique/ Flex, 20h, 22/25e, +32 2 548 24 24

Paradis Artificiels : MISS KITTIN + THE HACKER + YUKSEK + SOUTH CENTRAL Lille, Aéronef, 20h, 23,10e, +33 892 56 01 50 Paradis Artificiels : PUPPETMASTAZ + ORELSAN Lille, Maison Folie de Wazemmes, 20h, 18,80e, +33 320 78 20 23 Paradis Artificiels : LA CHANSON DU DIMANCHE + HOUSSE DE RACKET + IN THE CLUB Lille, Splendid, 20h, 20e, +33 320 33 17 34 Paradis Artificiels : PETER VON POEHL + MARIE MODIANO Tourcoing, Grand Mix, 20h, 17,80e, +33 320 70 10 00 HENRY BLISS & THE SIDEWALKERS + NOMAD EXPERIMENT + P.U.S.S Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h30, 10e, +32 2 218 37 32 UNSWABBED + MONROE EST MORTE Wattrelos, Boîte à Musique, 20h30, 7/5e, +33 320 02 24 71 Working Class Night : MURGA + KUSKESSARMA + AMBRASAND + TURNTABLE DUBBERS Anvers, Petrol, 22h, 10/5e, +32 3 226 49 63 HEADFISH Lille, Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11 Electronation : AUDIOFLY + DIMITRI ANDRÉAS + TERRY TONER Anvers, Café d’Anvers, 22h30, 10/5e, +32 3 226 38 70 Rachdingue Party : MATHIU + ESTEBAN + PUSSYSELEKTOR Lille, Kiosk, 23h, 7e, +33 320 49 75 99 Paradis Artificiels : TIGA + BRODINSKI + DAS GLOW Lille, Platinium, 23h, 15e,

+33 320 32 04 12 MIKIX THE CAT Lille, Supermarket, 23h, 5e, +33 320 52 86 59 Digital Dirt : D.I.M + SHADOW DANCER + DJEDJOTRONIC + PARTYHARDERS Louvain, Silo, 23h, gratuit, +32 1 620 34 64

sam 25 ANTHONY FLETCHER + ANNA HÉBERLEY Lille, Café Diskaire, 18h, gratuit, +33 361 50 77 54 Paradis Artificiels : KEZIAH JONES + PATRICE + GRACE + BENSÉ Lille, Zénith Arena, 19h30, 29,70e, +33 320 14 15 16 TITI ROBIN Bruxelles, Ancienne Belgique/ Flex, 20h, 20/23e, + 32 2 548 24 24 DAAN Courtrai, De Kreun, 20h, 16/14e, +32 5 637 06 44 Paradis Artificiels : MISS PLATNUM + THE JESSIE ROSE TRIP Lille, Maison Folie Moulins, 20h, 13,80e, +33 320 95 08 82 Paradis Artificiels : CHARLIE WINSTON + NOISETTES Lille, Splendid, 20h, 23,80e, +33 320 33 17 34 RED + HOWARD HUGHES Dunkerque, 4 Ecluses, 21h, 8/7/5e, +33 328 63 82 40 Fuse 15th Birthday : DAVE CLARKE + ANTHONY ROTHER + MONIKA KRUSE + MARC HOULE + RICARDO VILLALOBOS + MAGDA + DJ PIERRE bruxelles, tour & taxis, 21h30, 30/25e, +32 2 511 97 89 NID & SANCY + FILTHY DUKES


agenda |

125

+ RADIOCLIT Anvers, Petrol, 22h, 10/5e, +32 3 226 49 63 BRODINSKI + MAXIM LANY Bruges, Cactus Club, 22h, 12/8e, +32 5 033 20 14 NEON + MAXIM LANY Gand, Culture Club, 22h, 8/5e, +32 9 233 09 46 GIRBIG Lille, Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11 Wicked Party #1 : DADDY SHUG + MC MISTA JIZ CASABLANCA + EDSIK & DAOOF + MC DURRTY GOODZ + DJ WALLOU Lille, Péniche Maud, 22h30, 6/4e CD’A Classics : TOFKE + BARTHOLOMEO + PATRICK SCHMIDT Anvers, Café d’Anvers, 22h30, 10/5e, +32 3 226 38 70 ANIMALS ON WHEELS + DANNY BREAKS + ANALOGIK Bruxelles, Recyclart, 23h, 8e, +32 2 289 00 59 Paradis Artificiels : KAP BAMBINO + DJ DONNA SUMMER + DURANDURANDURAN Lille, Kiosk, 23h, 12e, +33 320 49 75 99 Live Electro District : SPA + DETECT + MYD Lille, Supermarket, 23h, 6e, +33 320 52 86 59

dim 26 Paradis Artificiels : LA RUE KETANOU Lille, Splendid, 19h30, Complet, +33 320 33 17 34 THE BONY KING OF NOWHERE + WIXEL Bruges, Cactus Club, 20h, 11/8e, +32 5 033 20 14 ELI ‘PAPERBOY’ REED Bruxelles, Ancienne Belgique/

AB Club, 20h, 12e, +32 2 254 82 42

Lille, Sébastopol, 20h30, 39/36e, +33 320 54 44 50

MADENSUYU + TOMAN + LOUISA’S DAUGHTER Courtrai, De Kreun, 20h, 10/8e, +32 5 637 06 44

ONCLE STRONGLE Lille, Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11

lun 27 Paradis Artificiels : BABYLON CIRCUS + LA RUE KETANOU + LES COWBOYS FRINGANTS Lille, Zénith Arena, 19h30, 27,50e, +33 320 14 15 16 MIXER BLENDER PARTY Lille, Biplan, 22h, 4e, +33 320 12 91 11

jeu 30 LES COWBOYS FRINGANTS Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 28/25e, +32 2 548 24 24 LIBEN Bruxelles, Botanique/ Orangerie, 20h, 19/16/13e, +32 2 218 37 32 THE BIG PINK Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32

MISS KITTIN & THE HACKER + THE NEON JUDGEMENT Bruxelles, Ancienne Belgique, 19h, 18/21e, +32 2 548 24 24

7YCC Anniversary Party : MSTRKRFT + TOCADISCO + THE BLOODY BEETROOTS + THE SUGARHILL GANG + DJ PREMIER + LA RIOTS OFFICIAL Gand, ICC, 20h, 35/25e, +32 9 233 09 46

MADCON Leuven, Het Depot, 20h, 19/16e, +32 1 622 06 03

CAPILLARY ACTION Lille, Aéronef, 20h, gratuit, +33 892 56 01 50

ZONE LIBRE + CASEY + HAME + PSYKICK LYRIKAH Tourcoing, Grand Mix, 20h, 13/10e, +33 320 70 10 00

CIRCUM GRAND ORCHESTRA + USTL WORKSHOP Lille, Malterie, 20h30, 7/5e, +33 320 15 13 21

DIDIER SUPER Roubaix, Cave aux Poètes, 20h30, 15/10e, +33 320 27 70 10

JOSHUA Roubaix, Condition Publique, 21h, 12/8/5e, +33 328 33 48 33

mar 28

mer 29 LES COWBOYS FRINGANTS Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet, +32 2 548 24 24 FLYING LOTUS + THE GASLAMP KILLER Courtrai, De Kreun, 20h, 12/10e, +32 5 637 06 44 ALICE RUSSELL + MAI Tourcoing, Grand Mix, 20h, 16/13e, +33 320 70 10 00 DANIEL LÉVI

MADJID ZIOUANE Lille, Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11 FELIX DA HOUSECAT + FANKLUB DEEJAYS Anvers, Petrol, 23h, 12/8e, +32 3 226 49 63 Soulfood#4 : REDEYES DJ HUGHES + DJ NATTY Lille, Kiosk, 23h, 7e, +33 320 49 75 99 Circo Loco : TANIA VULCANO + TATO + PEDRO Louvain, Silo, 23h, gratuit, +32 1 620 34 64


restaurants

Baurepaire II

F-Lille, 25 pl. Béthune +33 320 39 63 34 Seul lien de parenté avec son grand frère situé rue St-Etienne : la carte. Sucrées ou salées, ici, les crêpes sont à l'honneur et il y en a pour tous les goûts. La déco, dans les tons rouges, est tendance et chaleureuse. Un endroit où il fait bon manger! lun au sam, 12h à 14h et 19h à 23h (23h30 ven et sam).

l’Oiseau-Mouche

138 Grande Rue, Roubaix, +33 320 65 96 56 Vous trouverez dans ce restaurant aux couleurs chaleureuses une cuisine à tendance asiatique sans oublier les fameuses carbonnades ou blanquettes régionales revisitées au goût du jour. L’accent est mis sur les poissons frais, plutôt exotiques, délicieusement associés à des épices de tous horizons. Plat du jour à 6,5€ et menu à 13,5€. lun au ven, 12h à 14h.

POUSSE POUSSE

F – Lille, 174, rue Solférino +33 3 20 42 00 71 www.pousse-pousse.fr Depuis six ans, Vyrath Somphophakdy fait honneur aux recettes héritées de sa famille Laotienne. Un fin mélange d'influences régionales qui ne sur-valorise pas un ingrédient au détriment d’un autre. On sent le galanga, la coriandre, la citronnelle, le piment vert pour leur vertu propre, sans trop de salé-sucré. Le menu est à 13€ le midi. Tlj sf dim, 12h/14h, 19h/22h30, 23h ven et sam.

BUZZ

F-Lille, 55 rue Basse +33 320 51 17 17 Dans une déco chaleureuse, ce bar à vins propose une sélection des meilleurs millésimes (français et étrangers). En accompagnement : plats du Nord et salades diverses (périgourdine, chèvre...). Menus à 19 et 27€ et formule midi à 13€. Ts les jours sf dim, 10h à 2h du matin.

LE PARVIS DE LA TREILLE F-Lille, 26 rue Masurel + 33 320 55 10 01

Ce café brasserie, idéalement situé face à la cathédrale NotreDame de la Treille, mêle avec succès une carte traditionnelle et des spécialités de couscous (tous les mardis, jeudis et samedis, sur réservation). Des planches de fromages et de charcuterie sont également servies à toute heure avec le vin qui convient. Plat du jour à partir de 8€. lun au sam, 9h à 3h du matin.

L’Entre...Mondes F-Lille, 66 Parc Lebas +33 320 523 995

Envie de bien manger et de façon responsable ? L’Entre... Mondes vous sert un grenadin de veau forestier ou une entrecôte aux échalotes confites, préparés avec des produits issus du commerce équitable. Goûtez aussi le délicieux crumble aux griottes au dessert. Formule à 13€ le midi. lun au vend 12h à 14h, jeu au sam 19h à 23h.


guide |

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La Koutoubia

LE WHY NOT

LOS TACOS

F-Lille, 9 rue Maracci + 33 320 74 14 14

F-Lille, 164 rue Solférino +33 320 77 59 86

Dans un cadre enchanteur, cette adresse mouscronnoise propose - en plus de ses savoureux couscous, méchoui, tagines et grillades - des spécialités égyptiennes comme le shaslik (dinde, champignons et poivrons, gratinés au fromage). Happy hour de 19-20h ts les soirs, dim 12-13h (-50% sur vos apéritifs). Gâteau d’anniversaire offert sur réservation. mar au dim 19h à 23h (00h ven et sam), dim 12h à 14h.

Au cœur du Vieux-Lille, dans une vaste cave lumineuse, dégustez une cuisine alliant tradition et nouvelles saveurs. Sur la carte proposée par Jean-Christophe Michel (La Tour d’Argent, Le Crillon…), arrêtez-vous notamment sur le foie gras poêlé et le millefeuille maison. Formule midi 14,10€ et le soir de 25 à 50€. lun au sam, 11h à 14h30, lun au ven, 19h à 23h.

Vous y apprécierez une cuisine mexicaine authentique dans une ambiance typique. Les chefs mexicains vous proposent de déguster des tacos faits maison et bien d’autres quesadillas, ceviches, fajitas, buritos, chilaquiles verde o rojo ou encore les fameuses crêpes cajeta. Avis aux connaisseurs... Enfin du vrai mexicain ! Salles climatisées. Menu découverte à 14€. mar au sam, 11h30 à 15h, 19h à 23h.

L’IVRE DE CUISINE

MONSIEUR CONSTANT

SAKURA

B-Mouscron, 55 rue de Tourcoing, +32 877 922 650

B-Charleroi, 18 passage de la Bourse 6 r. du collège +32 71 50 02 00 www.l-ivredecuisine.com Autrefois librairie, cet établissement est désormais un «espace gourmand». Prendre son petit déj (anglais ou continental), manger une salade au nom original ou bouquiner dans le salon de lecture, à vous de choisir. lun au ven, 8h30 à 18h, sam 9h30 à 18h.

B-Wavre, 14 rue Constant de Raedt, +32 10 22 22 45 www.monsieurconstant.com Ce resto-bar lounge offre une cuisine française fine et savoureuse, dans un cadre élégant et tendance. Côté bar, des cocktails variés sont à savourer. Menus à 25€. Ouvert tous les jours dès 17h. Happy hour : jeu et dim de 22h à 23h.

B-Tournai, 12 r. du Bourdon Saint-Jacques, +32 69 22 99 17 www.tournai.be/sakura Dans ce restaurant japonais, le repas est un vrai spectacle. Devant vos yeux, les grands chefs cuisinent avec dextérité et élégance votre plat sur de grandes plaques chauffantes. Menus : midi de 7,50 à 18€ et soir de 30 à 58€. Ts les jours, 12h à 3h et 18h à 00h.


© H. Leteneur

© H. Leteneur

bars & clubs DIRTY DANCING

SUPERMARKET

Sam de 22h30 à 6h. Haut-lieu de la nuit bruxelloise. Dans le cadre magique de l’ancien cinéma Mirano Continental. Programmation musicale irréprochable : electro, dark disco, rock énervé. Un vrai mélange de styles. Dj rés. : Cosy Mozzy, Stephen, Mandrak, Starski & Tonic, DJ Buzz, Kiki et F da Housecat.

De Justice à Pilooski, des figures internationales de la musique électronique y ont poussé leur caddie. Le Supermarket revendique une programmation audacieuse, mise sur l'exception musicale et cultive un caractère intime. Son résident, Peo Watson, privilégie des sets l'électro-funk bien calibrés.Ven et sam de 22h30 à 7h30 (de 23h à 1h : happy hour).

38 chaussée de Louvain, Bruxelles (B), +32 22 27 39 48 www.dirtydancing.be

PETROL

21 d’Herbouvillekaai, Anvers (B) +32 32 26 49 63 www.petrolclub.be Lieu à la programmation éclectique où rock et musiques électroniques, concerts et sets DJ font bon ménage. Les incursions hiphop, r n’b, acid, funk et punk sont également bienvenues. Horaires variables en fonction des soirées.

8 bis rue de Wazemmes, Lille +33 631 31 20 34, www.super-market.fr

CULTURE CLUB

Afrikalaan 174, Gand (B) + 32 9 233 09 46 www.cultureclub.be Lancé en 2001, le club le plus hype de Belgique (à l’architecture et au design minimaliste et innovant) brille avant tout par sa tonalité musicale. Depuis le début, il sert un cocktail raffiné et hédoniste unique, typiquement

gantois, servi notamment par les résidents Tlp, maxim lany, hermanos Inglesos.

TIJUANA

Schuurkensstraat 2, Gand (B) www.tijuana.be Situé dans un ancien immeuble art déco, ce Chili Bar offre la possibili té de déguster de savoureux cocktails et autant de tapas. Au sous-sol dans une ambiance plus débridée, les Djs proposent des mixes latino, house et électro. Du jeu au sam de 22h à 7h.

CAFE D’ANVERS

Verversrui 15, Anvers (B) +32 32 26 38 70 www.cafe-d-anvers.com Lieu mythique de la nuit anversoise, inauguré en 1989 dans le quartier rouge. Un son chaleureux torréfié avec goût, mêlant house, garage et techno minimale. Dj rés. : Tweety, Filliz, Bartolomeo, Smos & Baby B.


© H. Leteneur

© H. Leteneur

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Peek a Boo

92 rue de l’hôpital militaire, Lille, www.myspace.com/ peekaboocafe Du lun au mer de 9h à 23h, jeu de 9h à 00h, ven de 9h à 1h et sam de 15h à 2h. Rouge la nuit et turquoise le jour, voici un espace-temps où les flâneurs se détendent, les mangeurs se régalent et les mélomanes se délectent. Pour un verre ou un concert, voilà un lieu intergénérationnel où il se passe toujours quelque chose !

Decadance

Overpoortstraat 76, 9000 Gent (B), +32 9 329 00 54 www.decadance.be Lundi au samedi à partir de 22h . Après une importante rénovation, ce mythique lieu gantois rouvre enfin ses portes. Le concept ? Deux salles avec deux ambiances, électro-house dans la Main room, Dancehall et Ragga Muffin au Zanzibar, le tout servi par d’éminents Djs tels que Starski & Tonic, Compuphonic ou encore Babylon Rocker.

FUSE

208 rue Blaes, Bruxelles (B) +32 25 11 97 89, www.fuse.be Sam de 23h à 7h. Temple de la techno de renommée internationale qui accueille les maîtres du genre depuis plus d’une décennie (Derrick May, Laurent Garnier, DJ Hell). Techno, electro, hardtech au rez-de-chaussée et House au premier étage. Dj rés. : Pierre, Deg, T-Quest, Psychogene.

MAKE-UP

Ketelvest 518, Gand (B) www.make-up-club.be Ven et Sam, à partir de 23h. Le Make-Up est le lieu idéal pour tout clubber à l’esprit grand ouvert. De la musique sensuelle orientée dancefloor jusqu’à la déco minimale hyper stylisée, tout est conçu pour jerker jusqu’au bout de la nuit. La programmation brille par son éclectisme : des origines de la house-music de Chicago jusqu’aux dernières mutations des musiques électroniques.

LOCA LOCA

11 place Jacques Louchard (prox. église Sainte-Catherine), Lille, + 33 320 06 82 82 7/7j. de 16h à 3h. Ce bar aux couleurs flamboyantes rappelle immanquablement Barcelone. De larges ardoises accrochées sur le mur affichent la carte des cocktails. L’ambiance «caliente» gagne également la terrasse en été grâce aux mixes et concerts électro funk et latin groove servis bien frappés par Dj Caroll, Sweetback, Adam Koundé et Nick-L...

LE KIOSK

28 r de Wazemmes, Lille +33 320 49 75 99 www.kiosk-club.fr Du mer au sam (et veilles de jours fériés) de 22h à 8h. Premier lieu authentiquement consacré aux musiques électroniques à Lille. Programme éclectique avec une préférence pour l’électrohouse et la techno minimale. Dj résidents + guests.


le mot de la fin |

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CHEcK FREEDOM - Dan Perjovschi Il couvre frénétiquement les murs des musées - dont le MoMa à New York en 2007de ses dessins faussement naïfs et mordants, proches de la caricature de presse. Le Roumain Dan Perjovschi aime à commenter l'histoire en marche, les grandes questions du monde comme l'élargissement de l'Union européenne ou la crise économique. Il nous fait l'honneur de nous offrir l'un de ses originaux. Courtesy Galerie Michel Rein


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