n째06 / septembre 2010 / GRATUIT
Lyon Cultures et tendances urbaines
Sommaire
Tanztheater Wupperthal – Nelken © Ulli Weiss // Kate Nash © Clare Nash // Soldier © Susan Opton
Let’smotiv - septembre 2010 #06
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News
14 Reportage Les Kabul Dreams 22 Portfolio Achim Lippoth
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Interview Ninja Tune Musique Kate Nash, Ambronay, Sage Francis... Agenda
60 Événement Biennale de la Danse
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Théâtre Carver, Shakespeare
78 Littérature Philippe Fusaro
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Cinéma Benda Bilili, les films de septembre
84 Expositions Lyon Septembre de la photographie, les Roms... Agenda 92 Chroniques Livres, cd, jeux vidéo
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Playlist
Let'smotiv Lyon 5 place Louis Chazette - 69001 Lyon Tél : +33 482 53 05 71 - Fax : +33 482 53 05 70 redaction.lyon@letsmotiv.com Let’smotiv Lyon est édité par la S.a.r.l. Comme Ulysse Membre du réseau Let’smotiv Magazines Comme Ulysse, S.a.r.l. au capital de 5 000 euros RCS Lyon 518 308 879 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours Directeur de l’édition : Frédéric Blacher ASSISTANTE GÉNÉRALE : Adeline Marconnet Graphiste : Romain Noiry - www.ram-one.com Pub : Frédéric Blacher - frederic.blacher@letsmotiv.com
Ont collaboré à ce n° : Thibaut Allemand, Faustine Bigeast, Olivier Blaise, Nicolas Blondeau, Audrey Chauveau, Florent Delval, Grégory Escouflaire, Audrey Hadorn, Guillaume Jallut, Carole Lafontan, François Lecocq, Sandra Moisson, Raphaël Nieuwjaer, Judith Oliver, Clément Perrin, Aurel Rotival, Gallia Valette-Pilenko, Olivia Volpi Couverture : Achim Lippoth
Let’smotiv est une publication d’Urban Press, www.urban-press.com 18 rue des Couteliers - 31000 Toulouse Tél : +33 561 14 03 28 - Fax : +33 561 14 25 22 - info@urban-press.com Directeur de la Publication : Laurent Buoro Directeur du Développement : Loïc Blanc
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En bref…
© Stéphane Rambaud
Manifestation de joie Voir la vie en rose, c'est la thématique optimiste et pleine d'espoir du Défilé de la Biennale 2010. Pas guimauve pour autant, chacune des troupes encadrées par des professionnels depuis un an ont travaillé à la réalisation d'un spectacle basé sur l'échange et le partage. La parade des Terreaux à Bellecour sera rythmée par une ritournelle enivrante à laquelle les 300 000 spectateurs attendus pourront participer, en apprenant la chorégraphie mise en ligne pour le ballet géant prévu place Bellecour en clôture du défilé. ❥
12.07, à partir de 14h, www.biennaledeladanse.com
Hippie chic
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Petite sensation (you)tubesque de l'été, Brigitte est le duo hippie hop composé par Sylvie Hoarau et Aurélie Maggiori. Dans la lignée d'Anaïs dont elles ont assuré les premières parties, les deux donzelles balancent en douceur leurs paroles au vitriol sur des musiques folk, disco et fifties. Leur reprise de Ma Benz de NTM les a fait connaître des internautes. Il est désormais possible de les voir en live à Lyon. À condition d'y être convié : Brigitte clot les soirées d'été Alimentation Générale, réservées aux happy fews. ❥ 30.09, http://alimentationgenerale.tumblr.com
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Recherche la nuit Pour la deuxième année consécutive, l'Université de Lyon coordonne la Nuit des Chercheurs pour la région Rhône-Alpes. Cette manifestation pilotée par l'Europe se veut un moment ludique et festif, permettant d'approcher le monde scientifique d'une manière décalée, poétique et artistique. Double thématique cette année avec la biodiversité et la rencontre entre les cultures. Une expérience nocturne pour toute la famille. ❥
24.09, 17h>0h, Centre Culturel, Villeurbanne, www.universite-lyon.fr
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Hommage
Léger différé
Le décès de Philippe Faure à 58 ans le 18 juillet dernier a fait souffler un vent glacé pendant la trêve culturelle estivale. Auteur, metteur en scène, comédien et surtout directeur du Théâtre de la Croix-Rousse, l'homme se savait malade mais restait discret à ce sujet. Généreux et égotique, chaleureux et naïf, Philippe Faure suscitait la sympathie, l'exaspération, souvent la polémique. Sa disparition en tout cas laisse un trou béant dans le lieu qu'il créa en 1994, là-haut sur la colline.
Ceux qui se faisaient une joie d'assister au plateau hip hop de la soirée Clubbin'Street devront patienter un peu avant de voir – entre autres – Ol' Kainry, Kenza Farah et Kool Shen sur la scène du Double Mixte, ce dernier ayant en effet dû réaménager un peu ses dates de tournée pour « des questions générales de planning ». Mouais. Les organisateurs envisagent un report début novembre. Alors, comme disait Joey S. depuis sa retraite de Fleury-Mérogis, « tout vient à point à qui sait attendre ».
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o10c © Louxor Spectacle
Marche sur l'eau Cette rentrée, Louxor Spectacle s’établit sur le Lac de Miribel Jonage et prolonge d’une soirée les plaisirs de plein air estivaux. La compagnie d’arts de rue quitte le bitume pour une épopée fluviale, intitulée Human2O. Pour ce conte futuriste, trapézistes, voltigeurs et danseurs propulsent le spectateur en 2310. Cirque et pyrotechnie participent à cette projection alarmante d’une planète à l’agonie, soumise par la bêtise humaine. Un concept de création sur la nouvelle vague éco-responsable. ❥ 17.09, 21h, Lac des Eaux Bleues Plage du Fontanil, Miribel Jonage, www.louxorspectacle.com
iTNP Depuis juin, le TNP est (re)devenu un pionnier en étant le premier théâtre en France à lancer une application disponible sur l'App Store. Au programme les basiques informations pratiques, plans d’accès et coordonnées, mais aussi l’agenda complet de la saison, avec pour chaque pièce une présentation détaillée comprenant photos et vidéos. Dès le 7 septembre, les iSpectateurs pourront même acheter leurs places grâce à ce module. À Villeurbanne, le théâtre c'est comme l'iPhone : national et surtout populaire. ❥ http://itunes.apple.com/fr/app/id373944150?mt=8
Place aux grands hommes
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Le patrimoine se matérialise la plupart du temps par des lieux. On en oublie les hommes qui l'ont créé. Les Journées Européennes du Patrimoine 2010 réparent cette amnésie en mettant à l'honneur les personnages qui ont fait l'histoire, héros ordinaires ou figures célèbres. Ce propos, le Grand Lyon offre de l'appliquer en quatre parcours thématiques : circulation et transports, commerce et industrie, immigration et multiculturalisme, pensée et innovation. ❥ 18 et 19.09, www.grandlyon.com/jep/
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Le off, c'est in !
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A chaque festival son off. Pour la 3e fois consécutive, le Croiseur organise Danse off, le versant non institutionnel de la Biennale. Fidèle à sa mission de scène découverte, la structure de diffusion et de formation programme vingt compagnies régionales « en émergence » lors de quatre week-ends entre le 10 septembre et le 2 octobre. Au menu, du contemporain, de l'urbain avec notamment le Pockemon Crew et du latin pour un bal de clôture afro-cubain organisé par l'association Sonerhon. ❥
www.scene-7.fr/biennale-off-de-la-danse
Concept-shop éphémère Printemps / Été / Automne / Hiver = PEAH. A chaque saison, son festival de mode, organisé rue Leynaud, au cœur des pentes de la Croix-Rousse. Piloté par des stylistes issues du Village des créateurs, le PEAH propose à chaque édition de découvrir une trentaine de nouveaux designers de mode. Cet automne, la manifestation innove avec un espace dédié aux sapes pour messieurs et des performances sur le patrimoine textile et architectural, à l'occasion des Journées du Patrimoine le même week-end. ❥ 18 et 19.09, 11h>20h, www.le-peah.org
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100% VIP Plus arty qu'une visite privée d'expo avec Jeff Koons, plus branché qu'un tête à tête avec Lady Gaga, plus sexy qu'un carré VIP avec Paris Hilton, gagnez une soirée avec... Guy Darmet ! C'est l'idée insolite (on est gentil) du portail culture de Lyon qui organise un jeu concours du 7 au 14 septembre pour assister le 18 au spectacle de Bill T. Jones, participer au pot de première et dîner chez Ginger et Fred, le tout aux côtés du futur ex dirlo de la Biennale. Attention, seuls quatre élus auront cette chance. Ça le fait grave ! ❥ www.culture.lyon.fr
Accords et DĂŠsaccords
Un reportage d'Olivier Blaise/LightMediation
Les Kabul Dreams reportage |
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reportage |
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Le pari peut sembler insensé, dans un pays en proie à la guerre, aux attentats et à la menace islamiste. Il y a un peu plus d’un an, trois jeunes ont décidé de secouer la scène musicale afghane en créant les « Kabul Dreams ». Un groupe de rock, intrus parmi les formations traditionnelles et les chants religieux. Avec leurs mélodies guillerettes et leurs faux airs de pop anglo-saxone, les compositions de Sulyman Qardash (20 ans, chant - guitare), Mujtaba Habibi (24 ans, batterie) et Sid Ahmed (28 ans, basse) ont lancé un pavé dans la mare. En tout cas, vu de l’étranger. Car à Kaboul, les choses sont beaucoup plus compliquées…
C
entre-ville de Kaboul, quartier de Quala-Fatula. Dans cette rue défoncée où les voitures contournent avec soin les mille plaies de la chaussée, trois silhouettes rejoignent leur « studio » : une simple et minuscule pièce dans une maison, insonorisée par un expatrié australien. C’est dans ce havre inattendu que nos rockers de Kaboul peaufinent leurs dernières compositions. Ici, pas d’instrument traditionnel en vue, mais une jungle de câbles, des amplificateurs, une batterie… et une Fender blanche que Sulyman fait décoller dans une série de riffs. Les trois musiciens sont issus de régions aussi diverses que leurs ethnies (ouzbek, tadjik et pashtoun). Sulyman chante en anglais. Un parti pris, qu’ils revendiquent : chanter en anglais, c’est un moyen de gommer leurs différences. Car malgré leurs origines diverses, ils se considèrent
Afghans avant tout. Ils appartiennent à un peuple qui se bat pour survivre malgré la guerre.
Groupe sous influences Oasis, Coldplay, Radiohead, les Beatles… ces trois jeunes hommes reconnaissent bien volontiers être sous influence directe de la pop anglo-saxonne. Une musique occidentale qu’ils ont tous trois découverte à l’étranger, alors qu’ils fuyaient le régime des Talibans (1996-2001) qui avait interdit toute musique autre que religieuse. Réfugiés respectivement en Ouzbékistan, au Pakistan et en Iran, Sulyman, Sid et Mutjaba écoutent alors du rock, du reggae, du punk... Neuf ans après leur retour au pays (après la chute officielle des Talibans, suite aux attentats du 11 septembre 2001) l’avenir est plus que jamais incertain. Et jouer des mélodies entraînantes en Afghanistan, >
Sulyman Qardash (guitare), Mujtaba Habibi (batterie), Sid Ahmed (basse). The Kabul Dreams en studio Ă Kaboul, Afghanistan.
« En concert, les Kabul Dreams composent avec la peur constante des attentats et des enlèvements. »
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Kabul Dreams, le seul groupe de rock d'Afghanistan, au bar Martini Ă Kaboul, mars 2010.
revient à prendre des risques autrement plus sérieux que des mauvaises critiques ! Sulyman et ses amis sont conscients d’être une cible potentielle aux yeux des Talibans et des extrémistes. D’autant que les médias occidentaux s’intéressent à eux. Ainsi, le gouvernement de Karzai, en pleine négociation avec les Talibans, leur a fait comprendre qu’il fallait mieux se mettre à la musique traditionnelle !
Briser le silence Mais le groupe fait acte de résistance. Et surmonte au jour le jour des difficultés que ne laissent pas soupçonner leurs mélodies sucrées. Rien que pour se procurer des instruments, amplificateurs et divers accessoires électriques dignes de ce nom… On ne trouve rien à Kaboul, sauf des contrefaçons chinoises avec un son atroce. Dans la
capitale, pas de société de production musicale, pas de manager, même pas d’autres groupes de rock avec qui le trio pourrait échanger conseils, critiques ou matériel. Pour se produire en concert, les Kabul Dreams composent avec des règles de sécurité draconiennes, mais surtout avec la peur constante des attentats et des enlèvements. Sulyman, Sid et Mutjaba ont beau ne pas être des novices (ils ont déjà joué à plusieurs reprises à l’université de Kaboul, et en Inde lors du South Asian Band Festival de 2009), ils doivent se contenter des scènes de quelques bars et restaurants pour expatriés et riches afghans, ou de rares mariages. Ils comptent aujourd’hui sur la protection de l’ambassade américaine, qui leur a promis un concert - mais pour l’instant aucune date n’est fixée.
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Heureusement, le buzz qu’ils entretiennent sur Internet les encourage, tout comme les messages de soutien qu’ils reçoivent du monde entier. En particulier d’Iran, où il est aussi très difficile d’exister en tant que groupe de rock. Alors envers et contre tout, le trio continue d’assurer la promotion de son premier album. Un opus de cinq titres, sorti à Kaboul à la fin du mois de juin. Son titre ? I wanna runaway. Un propos qui résonne avec force aux oreilles de la jeunesse afghane. Ici, 68 % de la population a moins de 25 ans et c’est peu dire que la plupart rêve de s’enfuir sous d’autres cieux.
Sortie de scène Ce jour-là, les Kabul Dreams enregistrent leur dernière chanson. Des paroles qui rendent hommage aux victimes du crash aérien du 21 mai 2010 dans
les montagnes de l’Hindou Kouch. La répétition se termine, Suleyman rejoint les studios d’Ariana TV, une chaîne de télévision privée où il présente le JT en ouzbek. Sid rentre chez lui, il faut réviser, demain c’est une journée d’examens à l’université où il termine ses études d’économie. Mujtaba se rend dans les locaux d’une société de communication, il termine le mixage de la bande son d’une publicité pour l’armée afghane. Malgré le contexte hostile, le trio persiste et signe. Il prend un véritable plaisir à jouer et distille une sacrée dose d’optimisme. Fiers de ce premier opus, les trois complices préparent la sortie d’un nouvel album de 12 titres en 2011. / ❥ Pour retrouver les Kabul Dreams sur Internet / www.kabuldreams.com et www.myspace.com/kabuldreams
Achim Lippoth
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Enfantillages Photographie // Cologne, Allemagne // www.lippoth.com
Né à Ilshofen en 1968, Achim Lippoth - l’auteur de notre couverture du mois découvre la photographie pendant ses études à l’université de Cologne. 1992 sonne le début de sa carrière en freelance. 1995, la création de son propre magazine, Kid’s Wear, qui devient rapidement une référence incontournable dans le milieu de la mode enfantine. En 1998, Achim fait ses débuts en tant que réalisateur pour la société de production Markenfilm. Fort de nombreux prix pour ses travaux publicitaires et personnels, il collabore aujourd’hui avec les marques et journaux internationaux les plus prestigieux (The New York Times, Life, Wallpaper, Vogue, Stern...). Chez Achim Lippoth, les enfants ont toujours le dernier mot... et le premier
texte ¬ Carole Lafontan
plan ! Ne laissant rien au hasard dans ses compositions, le photographe cherche à « capturer ces instants où se dévoilent tous les traits de leur personnalité ». À travers des mises en scène ingénieuses, il pointe la complexité du passage de l’enfance à l’âge adulte. Toujours avec un sens de l’humour ineffable. Dans cette série Wrong Right Wrong, les rôles et responsabilités sont ainsi inversés : dans ces situations empruntées à la vie quotidienne, le fils d’une dizaine d’années semble tenir à boutde-bras son dépressif de père. Derrière l’absurdité des scènes ou leur grande beauté plastique affleure comme toujours chez Lippoth, cette sensible question : comment grandir et trouver sa place d’adulte sans perdre ses rêves d’enfant ? /
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Ninja Tune Tortue géniale
Propos recueillis par ¬ Thibaut Allemand Photos ¬ Peter Quicke, Matt Black, Jon More - By Colin Hawkins 2000 © Coldcut
Coldcut, Amon Tobin, Dj Food, Kid Koala, Roots Manuva… N’en jetez plus ! Ces noms ont tous marqué les vingt dernières années dans des genres très différents. Un dénominateur commun : leur label, Ninja Tune. Cette maison a régné sur la fin du siècle dernier et le début du millénaire, armée de lignes artistique et graphique inclassables, éclectiques et futuristes. Un peu comme Warp. Matt Black, accompagné de Peter Quick (l’autre dirigeant des Ninja) revient sur deux décennies de créations électroniques.
Pourquoi avoir fondé Ninja Tune ? Matt Black : Au milieu des années 80, Jonathan More et moi rencontrions un grand succès avec Coldcut. Nous étions signés chez Big Life, mais nous avions soif d’indépendance et d’expérimentation. Nous voulions également avoir un contrôle total sur notre label. Nous avons donc fondé Ninja Tune. C’était un choix aussi artistique que politique. Coldcut est d’ailleurs très engagé politiquement. Pas trop difficile de donner une portée politique à la dance music ? Non. On s’inscrit dans une longue tradition, dans l’art en général et la musique en particulier : le folk, les protest songs, le punk rock. J’aimerais bien que Ninja Tune soit plus engagé, mais on ne peut pas dire aux musiciens ce qu’ils doivent penser. Cette liberté est la raison d’être de notre label ! Cela dit, les artistes Ninja Tune ne vendraient pas leur musique à McDonald’s, par exemple. McDo, certes, mais certains titres de Coldcut ont tout de même servi
pour des publicités, non ? C’est vrai, mais c’était au cas par cas. Et, on a vite réalisé que c’était une erreur. Depuis, on refuse tout en bloc. Et ce n’est pas facile car l’argent, pour un label indépendant, c’est le nerf de la guerre. Parlons un peu des festivités de ce vingtième anniversaire : des soirées exceptionnelles, un coffret… À quoi s’attendre, Ninja Tune Pour Les Nuls ? Peter Quick : (Rires) Pas du tout ! Il ne s’agit pas d’un best of ou d’une rétrospective. On y trouvera en majorité des inédits. Le reste sera constitué de remixes ou de tracks d’artistes connectés à Ninja Tune sans y être signés, comme Flying Lotus… Ces six Cds dessinent les contours de l’avenir : en vingt ans, on aurait pu devenir gras et blasés. Mais on est restés passionnés. >
Richard Johnston © Martin Le Santo-Smith
« L’électro reste le terrain d’expérimentation le plus excitant ! »
Qu’est-ce qui a changé, alors, en vingt ans ? Matt Black : Les musiques électroniques ont explosé et investi toutes les disciplines. Le monde entier a été submergé par l’électro. Cela tient à plusieurs choses : la démocratisation des logiciels, tout d’abord. Ils sont quasiment gratuits. Ou très chers, mais tout le monde les cracke. Et malgré le revival actuel, le rock est ennuyeux. L’électro reste le terrain d’expérimentation le plus excitant. Pas faux. Mais beaucoup d’artistes électro se tournent vers des formes plus traditionnelles : Jamie Lidell et la soul, Fink et le folk… Oui, mais ils n’ont pas renoncé à l’électro pour autant. De toute façon, nous sommes dans l’ère de l’électronique : à partir du moment où tu enregistres, l’électronique entre en jeu, même sur du matériel analogique ! Alors, je conçois l’envie d’échapper aux boucles, qui finissent par lasser. Mais finalement, c’est ça la musique : une suite de schémas avec des variations. Comme disait Brian Eno : pour innover en restant populaire, il faut donner
Coldcut Live in France 2006 © Cerezal Callizo
aux gens 60 % qu’ils connaissent, et 40 % de neuf. Si tu arrives avec 100 % de neuf, ils ne peuvent même pas le comprendre. Avez-vous fondé des sous-labels pour ne pas dérouter votre public ? Peter Quick : Exactement. Nous sommes très ouverts, mais on ne peut être présent dans tous les domaines. Big Dada est un bon exemple. À travers ce label, nous souhaitions défendre les musiques noires et le hip-hop anglais… Matt Black : Mais, les gens seraient un peu perdus si ça paraissait chez Ninja Tune. Ça m’ennuie de le nommer ainsi, mais c’est du marketing. Ou de la lisibilité, tout simplement. Une autre caractéristique de Ninja Tune, c’est l’ouverture au jazz… Mais certainement ! Prends Kid Koala, qui a joué à Montreux : c’est un turntablist jazz. Les programma-
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Ninja Office 2010 © Martin LeSanto Smith
teurs ont craint que leurs festivals ne soient fréquentés que par des nostalgiques assez âgés, obsédés par un son datant d’un demi-siècle. Or l’électro, c’est du jazz : on utilise ce qu’on a, on expérimente… Pas besoin de saxo pour faire du jazz ! Ce cosmopolitisme est assez londonien, non ? Tout à fait. Ninja Tune n’aurait pu naître ailleurs. C’est la ville où l’on a appris à mixer, sortir, faire des disques, des fêtes… Notre énergie vient de Londres, car c’est un véritable creuset. Les gens viennent dans cette ville pour réussir, il y a eu plusieurs vagues d’immigration, on y parle trois cents langues. On le sent quand on se balade dans la rue. C’est probablement pour cela qu’on mélange autant les genres, et les gens : Amon Tobin est brésilien, Jaga Jazzist norvégien, et ils confrontent les styles ! /
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Sorties le 20.09 / • Coffret spécial tirage limité (6 Cds de titres inédits et de remixes originaux, 6 vinyles, livre de 200 p., posters etc...) • Double CD (inédits d'Amon Tobin, Bonobo, Kid Koala, Mr Scruff, Dj Vadim, The Heavy...) • Double CD (nouveaux remixes d'Autreche, Switch, Cut Chemist, Metronomy, Herbert...) Expo / Ninja Tune XX, du 9.09 au 2.10, Paris, Galerie Chappe, entrée libre, +31 142 62 42 12 Soirées / • à L'Ancienne Belgique, Bruxelles, le 30.09, 20 h : Amon Tobin, Andreya Triana, Bonobo, Coldcut, DJ Food, Eskmo, Kid Koala, Roots Manuva…complet ! • Au Centre Pompidou, Paris, les 15 et 17.09 : Andreya Triana feat Fink & Bonobo, The Cinematic Orchestra... • À l'Elysée Montmartre, Paris, 10.09 : Bonobo, Dj Vadim, Speech Debelle, Dj Food &DK... // 17.09 : Mr Scruff, Roots Manuva, The Herbalizer DJ's, 22 h, 25 € • À la machine du Moulin Rouge, Paris, 1.10 : Amon Tobin, Coldcut, Kid Koala... 21 h, 35 €
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Brit'
Pop Girl texte ¬ Sandra Moisson - photo ¬ Kate Nash © Clare Nash
Chanteuse de pop anglaise dans la lignée de Lilly Allen, Kate Nash tente de se démarquer de sa rivale en cultivant une image moins insouciante. En 2007, Kate Nash vient tout juste de fêter ses vingt ans quand sort l'album Made of Bricks publié avec deux mois d'avance sur le planning à la demande insistante du public. Dans la foulée, la Londonienne décroche un disque de platine et rafle le Brit Award de meilleure artiste de l'année. Ce succès fulgurant n'empêche pas les journaux The Guardian et The Independant de juger le disque « incroyablement creux » en raison des paroles légères de ses chansons qui racontent le quotidien banal d'une jeune Anglaise entre tartines de pain de mie et coucher de soleil. Et de le placer en pôle position pour le titre de pire album de ❥
l'année. Le public a ses raisons que la critique ne connaît point. Emportée dans ce tourbillon, Kate Nash retombe un an plus tard. « Tout était complètement dingue, trépidant et extrême. Arrivée en août 2008, j'étais épuisée, j'ai dû m'arrêter pendant un an » avoue-t-elle. En 2010, elle revient avec un très attendu deuxième album : My best friend is you. Si Kate Nash a conservé sa tignasse rousse, sa peau laiteuse, sa voix haut perchée et son accent cockney, elle a osé quelques morceaux plus nerveux. Mais l'ensemble reste fidèle au style pop de ses débuts, frais et euphorisant. /
Kate Nash 26.09, 18h30, 24€20, Ninkasi Kao, Lyon 7e, www.ninkasi.fr
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Du baroque
en pays de cocagne texte ¬ Audrey Hadorn - photo ¬ © CCR Ambronay
Lorsque la star des événements baroques, le Festival d’Ambronay met cap au Sud et s’aventure sur les terres de Méditerranée(s), le voyage musical mène aux confins des genres et navigue de langues en peuples et cultures. Sélection, dans cette 31e édition, de perles rares et formes hybrides qui dépaysent le baroque.
Avec le thème Méditerranée(s), le Festival d’Ambronay mise plus que jamais sur l’abondance et la diversité formelle. Véritable joyau de la programmation, le spectacle Les Indes Dansantes ose une création chorégraphique et musicale d’après l’opéra Les Indes Galantes de Rameau. L’Académie Baroque Européenne 2010, Hervé Niquet à la direction musicale et la chorégraphe Nathalie Pernette ravivent ce chef d’œuvre du siècle des Lumières en y entrelaçant musique et danse contemporaines pour moderniser ce tableau original oscillant de ballets exotiques turcs et péruviens à une partition venue de la cour du roi Louis XV. De l’audace encore et toujours dans deux soirées Cabarets de ❥
Méditerranée(s) qui mettent à l’honneur tour à tour Marseille - avec « l’inventeur du pianoriental » Maurice El Médioni et un concert de chants occitans dynamités par le chœur d’hommes Lo Còr de la plana - et le grand poète palestinien Mahmoud Darwich dans un hommage célébré par Moneim Adwan et le Trio Joubran. Puis bijou absolu, l’artiste en résidence, Leonardo Garcia Alarcón et l’ensemble La Capella Mediterranea reprennent Monteverdi-Piazzolla, une création de 2009 qui avait fait sensation tant la rencontre des univers des deux compositeurs avait donné naissance à un spectacle au rythme effréné unissant prouesses musicales et vertiges esthétiques. /
Festival d’Ambronay 10.09 au 03.10, Ambronay et sa région, www.ambronay.org
musique |
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texte ¬ Guillaume Jallut - photo ¬ DR
Rap n’roll Cowboy ou indie? Sous son air redneck d'ours brun de l'Arkansas, Sage Francis dissimule un sens de l'écriture peu commun, un goût prononcé pour la critique acerbe mais souvent intelligente et un mépris porté haut pour les sentiers battus. Fan de metal durant sa prime jeunesse, Paul Francis n'aura finalement jamais eu à briser le paisible ménage à trois qu'il mène depuis belle lurette avec le hip hop et le rock. Un œcuménisme musical bienveillant à mettre au crédit sans doute d’une large culture, l’artiste jouissant d'une aura quasi messianique auprès du public averti des choses musicales alternatives. Membre actif de la communauté spoken word et de l'équipe nationale de Poetry Slam, Sage à cette finesse d’écriture qui permet de livrer des textes vifs et réfléchis sur les travers contemporains, sans s’entraver dans les truismes des sentences à l’égard de l’Amérique de Bush, du capitalisme ou des religions. Une précieuse lucidité par ailleurs bien servie par un amour musical transgenre, et une habitude de bien s’entourer. De ces débuts sur le fameux Anticon, label phare du hip hop dit alternatif, à l’incorporation dans les rangs de la très punk rock maison Epitath, le MC de Providence a toujours eu le nez ou la chance de trouver des échos rock aux vibrations rap qu’il produit. L’album Li(f)e sorti en mai dernier semble ainsi être un des aboutissements de sa quête cross over : épaulé entre autre par feu Mark Linkous de Sparklehorse, Jason Lytle de Grandaddy, les Calexico ou Yann Tiersen, Sage produit enfin une œuvre intégralement hybride. Après le très excellent projet Blakroc, fruit du bluegrass cradingue des Black Keys et du rap bitumé de MC’s new yorkais, Sage Francis apporte sa généreuse contribution à l’édification d’une chapelle de la tangente musicale. / ❥
Sage Francis 21.09, 21h, Grrrnd Zero, Lyon 7e, www.grrrndzero.org
musique |
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texte ¬ Sandra Moisson - photo ¬ Joanna Newsom © Annabel Mehran
Hippie harpiste Considérée comme l'une des principales artistes du courant psyché folk, l'Américaine Joanna Newsom est parvenue à imposer la harpe ailleurs que dans les B.O de contes de fée. Joanna Newsom a appris à jouer de la harpe dès l'âge de huit ans. Deux décennies plus tard, cet instrument pas banal lui permet de se démarquer des autres artistes de sa génération, Cat Power, Devendra Banhart ou CocoRosie. Tout comme sa voix enfantine, autre particularité qui irrite ou envoûte selon les critères. Devenue grande prêtresse du freak folk en deux disques (The Milk Eyed Mender et Ys), la Californienne continue de définir les contours de son univers poétique avec Have One on Me, un triple album sorti en mars. Trois disques, 18 chansons, deux heures de musique, des titres d'une durée moyenne de six minutes : Joanna Newsom prouve qu'elle est une artiste en marge du système à l'heure où les maisons de disque cherchent à lutter contre la crise du disque en vendant du single mp3 sur les plateformes de vente à la découpe. L'auditeur retrouve ainsi le plaisir d'apprécier une œuvre dans son ensemble, de suivre le fil conducteur tissé par les notes cristallines de la harpe. L'accroche n'est pas toujours évidente à la première écoute de cet ovni musical. Il faut y revenir, s'en imprégner tranquillement et laisser le charme agir. / ❥
Joanna Newsom 25.09, 20h30, 19€60, L'Épicerie Moderne, Feyzin, 04 72 89 98 70, www.epiceriemoderne.com
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texte ¬ Guillaume Jallut - photo ¬ Piers Faccini © JB Mondino
Le soleil noir de la mélancolie Piers Faccini pourrait n'être que le fantasme discret des bobos - un kaléidoscope folk bon ton - s'il n'était aussi placidement paradoxal. Sa généalogie idéalement romanesque constituée d'anglais, de russe, d'italien et de gitan aurait pu d'emblée le perdre au jeu lourdaud des influences world multipolaires. Or l'homme a - entre autres élégances - le romantisme fou de se sentir sincèrement apatride et tout autant empli de curiosités pour une musique universelle. Ses compositions s'en ressentent merveilleusement, comme des œuvres pointillistes dont les nuances mélodiques empruntées à telle ou telle musique ne pourraient être distinguées les unes des autres tant elles s'épousent à l'écoute. Réminiscence platonicienne ou souvenance d'un lien secret nouant l'Amérique à l'Afrique et à l'Orient, le goût de Piers Faccini pour une sorte d'économie homéopathique d'effet parvient pourtant à infuser à travers ses retenues une charge émotionnelle renversante. Entre douceur et amertume, ce sensitif proche du héros d'Ibsen dont il porte presque le prénom semble avoir déjà trop parcouru notre vaste monde pour ne pas en retenir in fine que la cruelle vérité d'une solitude fondamentale. Comme si les plateaux désertiques écrasés par le soleil du sud où il vit, comme si son verbe, sa musique ou les portraits qu’il peint étaient marqués de ce sceau d’un spleen qui rend toujours le beau bizarrement triste. / ❥
Anniversaire du Ninkasi, concert Coup de Cœur : Piers Faccini + Prohom 18.09, 21h, Gratuit, Ninkasi Kao, www.ninkasi.fr
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texte ¬ Aurel Rotival - photo ¬ Nina Hagen © Jim Rakete
Hagen and again Icône punk, prêtresse bouddhiste, diva outrancière et provocante ? Difficile de décrire Nina Hagen. Au cours d’une carrière protéiforme, la prima donna a revêtu de nombreux costumes : tour à tour princesse avant-gardiste, excentrique illuminée par ses rencontres avec des extraterrestres puis, plus récemment, présentatrice de la version allemande de Popstars. Elle naît en 1955 et grandit dans Berlin Est. Lorsque son beau-père, le poète communiste Wolf Biermann, est déclaré indésirable et fuit de l’autre côté du mur, Nina le suit, pour ensuite s’installer à Londres en 1977. Elle fréquente la scène punk britannique et en emporte un peu dans ses bagages lors de son retour à Berlin. Dans ses trois premiers albums, la diva n’hésite pas à mélanger les genres, s’autorise quelques airs d’opéras au beau milieu de morceaux punk-funk, et déclenche du même coup le déferlement de la Neue Deutsche Welle (DAF, Alphaville, Palais Schaumburg…). Le punk du début laisse place dans les années 2000 à plusieurs albums de reprises, standards du jazz, chants indiens ou succès populaires allemands, mais c’est en live que le mythe Hagen prend tout son sens, entre extravagances physiques, vocaux gutturaux et charisme déjanté. Si Nina s’est beaucoup essoufflée musicalement, ses concerts entretiennent toujours la légende. / ❥
Nina Hagen 06.10, 20h, 21,80€, Le Fil, Saint-Étienne, 04 77 34 46 40
concerts Vendredi 3 septembre Parc de la Mairie du 5e ARR. Festival Emergence #3 (musiques actuelles) Les Becs Bien Zen + Macadam’s + Cause + Mok + Gadjo Locco + Monsieur Barthélémy 18h - grat La Marquise Hewitt (métal) 18h - 04 72 61 92 92 Opéra de Lyon Jazz au Péristyle Silver Mood Quintet 19h - grat - 0 826 305 325 Agend’Arts Erwan Pinard (chanson) 20h - 2€ - 06 83 51 60 87 Le Périscope Dead Man Orchestra (pop/rock) 21h30 – 8€ - 04 18 42 63 59 Samedi 4 septembre Parc Mun. de Fontanil (38) Happy Days Festival Abigaël’s Orchestra + Eric Bibb + Grenoble Gospel Singers + Malted Milk + Nina Attal 18h - grat - 04 76 56 56 56
Peter Doherty
Parc de la Mairie du 5e arrondissement Festival Emergence #3 (musiques actuelles) Stéréotypical Working Class + Cause + Jina + Scampi + Aurore + Romain Lateltin + Silane 18h - grat CCO Villeurbanne BENIGHTED SOUL + FLUXIOUS 18h - 18 à 21€ - 04 78 93 41 44 Opéra de Lyon Jazz au Péristyle L’Œuf (Jazz funk) 19h - grat - 0 826 305 325 La Bobine, Grenoble (38) Gadjenko (flamenco) 19h – 04 76 70 37 58 Parc de Miribel Jonage Festival Woodstower 19h : Olivia Ruiz + Jeanne Cherhal + Luke + Tokyo Ska Paradise Orchestra + Boogers + Lee Harvey Asphalte + Suissa + Peau + Paco chante la paix + Les Krapos de St Jacques 22/25/28€ - Pass : 40/45€ http://woodstower.com
Agend’Arts Erwan Pinard (chanson) 20h - 2€ 06 83 51 60 87 Le Sonic Purple Rhinestone Eagle + Raymond Howard + Sida + Les Blondettes (rock) 21h - 04 78 38 27 40 Le Périscope Nadara Gypsy Band (tsigane) 21h30 – 8/10€ 04 18 42 63 59 Dimanche 5 septembre Salle Pierre Jacques à Versonnex (01) Festival de Musique de Chambre en Pays de Gex «L’Histoire du soldat», Stravinski (classique) 17h - 12/16€ - Pass : 40/50€ 04 50 20 18 82 Agend’Arts Erwan Pinard (chanson) 18h - 2€ 06 83 51 60 87
Sale gosse assagi Au moment de reformer les Libertines pour quelques concerts britons, Doherty continue sa route en solo qui le montre sous son meilleur jour. Grace/Wastelands est une merveille de sobriété où l’ex trublion se dévoile comme un chanteur inspiré, dont les ballades acoustiques en appellent davantage à Rimbaud qu’à Kate Moss ou Miss Marie-Jeanne. Pourvu que ça dure ! ❥ 3.09, 19h, Parc Miribel Jonage, 25 à 31€
© Kevin Westenberg
Festival Woodstower (+ Archive, Arno, The Low Anthem, Fowatile, Addictive TV)
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Mardi 7 septembre Eglise de Saint-Genis-Pouilly (01) Festival de Musique de Chambre en Pays de Gex Schuloff, Damaré, Bruch (classique) 20h - 12/16€ - Pass : 40/50€ 04 50 20 18 82 Mercredi 8 septembre Trokson Young Michelin (pop punk) + Man in Box 20h - 04 78 28 52 43 Abbaye D’Ainay Chants et Musiques des Steppes (world) 20h30 – 22€ Le Périscope Eric Prost (jazz) 21h30 – 2€ 04 18 42 63 59 Jeudi 9 septembre Trokson Inch Bin Dead (rock garage) 20h - 04 78 28 52 43
Eglise de Crozet (01) Festival de Musique de Chambre en Pays de Gex Concert J.S. Bach (classique) 20h - 12/16€ - Pass : 40/50€ 04 50 20 18 82 Le Périscope Bebey Prince Bissongo (world) 21h30 – 8€ - 04 18 42 63 59 Vendredi 10 septembre Trokson Hell Tones + Rasoir Electriques + Mepenti (pop punk rock) 20h - 04 78 28 52 43 Abbatiale d’Ambronay (01) Festival d’Ambronay Vêpres à la Vierge, Monteverdi (classique) 20h30 - 10/62€ 04 74 38 74 00 Hippodrome de La Tour de Salvagny Salvagny Country Tour Charlie Mc Coy + Womenfolk 21h - 25€ - 04 78 48 02 37
Limp Bizkit
Samedi 11 septembre CCO Villeurbanne DESTINITY + HACRIDE (métal) 17h - 22h - 04 78 93 41 44 La Bobine, Grenoble (38) Astronautalis (rock) 19h - 04 76 70 37 58 Agend’Arts Le Baron Perché (pop/rock) 20h - 2€ 06 83 51 60 87 Trokson Home taping + Baguettes Moulées (punk rock) 20h - 04 78 28 52 43 Abbatiale d’Ambronay (01) Festival d’Ambronay Il Diluvio Universale, M.A. Falvetti (classique) 20h30 - 10 à 62€ 04 74 38 74 00
Metal rap
Dans la lignée de Rage Against The Machine et Korn, les Floridiens de Limp Bizkit trimballent sur les scènes leur punk metal furieusement entrelacé à du rap hardcore. En préambule de son très attendu 6e LP Gold Cobra, le combo emmené par Fred Durst et le guitariste revenant Wes Borland déversera sa pluie de décibels dans l’antre du Transbo plutôt que sous les arches métalliques de la Halle Tony Garnier. ❥ 9.09, 20h30, Transbordeur, 40/51€ - 04 78 93 08 33
Le Périscope Zozophonic Orchestra (jazz) 21h30 - 8/10€ 04 18 42 63 59
DR
concerts Hippodrome de La Tour de Salvagny Salvagny Country Tour La Planche à laver + Elizabeth Cook + Chris Watson 21h - 29€ - 04 78 48 02 37 Chapiteau, Ambronay (01) Festival d’Ambronay Officina Zoé 21h - 8/13€ - 04 74 38 74 00 Le Périscope Solitude Collective Orchestra (électro) 21h30 – 8/10€ 04 18 42 63 59 Dimanche 12 septembre Hippodrome de La Tour de Salvagny Salvagny Country Tour Rose Alleyson + David Waddel + Big Rock 14h15 - 20€ - 04 78 48 02 37 Chapiteau, Ambronay (01) Festival d’Ambronay La Zingara (opéra comique) 15h - 8/13€ - 04 74 38 74 00
Abbatiale d’Ambronay (01) Festival d’Ambronay La Voce Di Corelli (classique) 17h - 12 à 42€ 04 74 38 74 00
Chapelle de la Trinité Festival d’Ambronay Voyage en Méditerranée : Les Cris de Paris (classique) 20h30 - 12 à 20€ www.ambronay.org
Agend’Arts Le Baron Perché (pop/rock) 18h - 2€ - 06 83 51 60 87
Théâtre 145, Grenoble (38) Antiquarks (ciné/musique) 20h30 – grat - 04 76 49 53 38
Mardi 14 septembre La Bobine, Grenoble (38) Yessai Crew (reggae) 19h - 04 76 70 37 58 Mercredi 15 septembre Trokson Inside Project + Assassin of Youth (metal) 20h - 04 78 28 52 43 Jeudi 16 septembre Trokson Pascal Briggs (folk punk)+ Second District (punk rock) 20h - 04 78 28 52 43
Le Périscope Alata (électro) 21h30 – 10/12€ 04 18 42 63 59 Vendredi 17 septembre Ninkasi Gerland Anniversaire du Ninkasi 18h - 21h : Terrasses de Gerland : Poï Poï Percussions (Batucada) 21h - 3h : Scène du Kafé : Best of Scènes Ouvertes 22h - 5h : Salle du Kao : Soirée électro by Galacticut grat - 04 72 76 89 00 Toïtoï Le Zinc HPS : Serious Beat # 1 (électro) 20h - 6€ - 04 37 48 90 15
DJs Connasse/Tatie Charby...
Battle DJs
Pour son treizième anniversaire, le Ninkasi organise le 2e round du match de DJs garçons contre filles. Côté mec, place aux bootlegs de DJ Harry Cover (un hommage à Artie Shaw ?) et à DJ Stéphane. Côté nana, bataille de bon goût entre DJ Connasse (classe !) et Tatie Charby, dont les inspirations eighties font mouche à chaque fois. Un très joli moment de poésie dans le seul but de faire suer les corps ! ❥ 16.09, 22h, Ninkasi Kafé, DR
Lyon 7e, 04 72 76 89 00
concerts Trokson The Weightlifters (garage punk) 20h - 04 78 28 52 43 Palais des Sports de Grenoble (38) Léonard Cohen (pop/rock) 20h – 51 à 117€ www.palais-des-sports.com La Bobine, Grenoble (38) PVT (électro-rock) 20h30 - 6€ - 04 76 70 37 58 Abbatiale d’Ambronay (01) Festival d’Ambronay Cantates, Bach (classique) 20h30 - 10/62€ - 04 74 38 74 00 Chapelle de Jujurieux (01) Festival d’Ambronay Monteverdi - Piazzolla (classique) 20h30 - 12/20€ - 04 74 38 74 00 Samedi 18 septembre La Bobine, Grenoble (38) Kumkat (rock afro) 19h - 04 76 70 37 58 Toïtoï Le Zinc Altam (rock) 20h - 5€ - 04 37 48 90 15
Agend’Arts Otchoz (chanson) 20h - 2€ - 06 83 51 60 87 Trokson Norman Jean Baker (garage rock) + 1.2.3.4 20h - 04 78 28 52 43
Abbatiale d’Ambronay (01) Festival d’Ambronay Extases (classique) 17h - 12/42€ - 04 74 38 74 00 Agend’Arts Otchoz (chanson) 18h - 2€ - 06 83 51 60 87
Abbatiale d’Ambronay (01) Festival d’Ambronay Vivaldi virtuose (classique) 20h30 - 10/62€ 04 74 38 74 00
Auditorium de Lyon Bartók, Debussy, Britten, Tchaïkovski (symphonique) 18h30 - grat - 04 78 95 95 95
Chapiteau, Ambronay (01) Festival d’Ambronay Monteverdi - Piazzolla (classique) 20h30 - 8/13€ - 04 74 38 74 00
Crypte Basilique de Fourvière Festival Orchestra Berlin (classique) 20h30 - 27 à 32€
Le Sonic Switch Events (minimal électro) 21h - 04 78 38 27 40
Le Sonic Liturgy (black metal) 21h - 04 78 38 27 40
Dimanche 19 septembre Chapiteau, Ambronay (01) Festival d’Ambronay La Voix de la Sardaigne : Elena Ledda 15h - 8/13€ - 04 74 38 74 00
Scred Connexion
Lundi 20 septembre
Mercredi 22 septembre Monastère de Brou (01) Festival d’Ambronay Paz, Salam & Shalom (musique séfarade, arabe et espagnole) 20h30 - 12/20€ - 04 74 38 74 00
Légende du rap français Née avec l’illustre Fabe au début des années 90, la Scred fut l’un des bijoux de ce que certains nomment l’âge d’or du rap français. Les quatre rappeurs de Barbès marient depuis plus de quinze ans le vécu des poissards à un propos toujours intelligent et droit, servi par des plumes rigoureuses et fines. Finalement ce n’est ni du old school, ni du new school, c’est juste intemporel et bon. ❥ 01.10, 21h, Le Fil, Saint Etienne, 8€ / 10€
DR
Festival Les Potos Carrés (+ Scylla, Némir)
concerts Le Brise Glace, Annecy (71) Gameboy Physical Destruction + Proyas (électro punk) 20h30 - grat - 04 50 33 65 10 Théâtre des Clochards Célestes Festival des Scènes Ouvertes Slash Gordon (chanson) 21h - 7€ - 04 78 28 34 43 Jeudi 23 septembre Toïtoï Le Zinc DJ Groovy J (Afro/latino) 20h - grat 04 37 48 90 15 Trokson José and the Wastmemen (folk rock) + Bandits (country blues) 20h - 04 78 28 52 43 Grand Théâtre Massenet, Saint Etienne (42) De Feu et de glace, Brahms (symphonique) 20h - 10 à 35€ 04 77 47 83 40
Auditorium de Lyon R.Strauss, Orchestre National de Lyon 20h30 - 8/46€ - 04 78 95 95 95 A Thou Bout D’Chant Buridane (chanson) 20h30 - 12€ - 04 72 98 28 22 Le Sonic Déjà Vu + Ravenhill (rock) 21h - 04 78 38 27 40 Le Fil, Saint Etienne (42) Nuit du clip (projection plein air) 22h – grat - 04 77 34 46 40 Vendredi 24 septembre Toïtoï Le Zinc Maïsman (rock) 20h - 5€ - 04 37 48 90 15 Médiathèque du Rize, Villeurbanne Le Trio Zyriab (jazz oriental) 20h - 04 37 57 17 18 Grand’ Eglise de Saint Etienne (42) Paz, Salam & Shalom (musique séfarade, arabe et espagnole) 20h – 15€ - 04 77 47 83 40
Afrikan Simba
Nakamal Emynona (jazz pop) 20h30 - 5€ - 04 78 83 20 45 A Thou Bout D’Chant Buridane (chanson) 20h30 - 12€ - 04 72 98 28 22 Abbatiale d’Ambronay (01) Festival d’Ambronay Venise (classique) 20h30 - 12 à 42€ 04 74 38 74 00 Le Pax, Saint Etienne (42) La Mine de rien + Nawo (chanson) 20h30 – 8/10€ 04 77 49 31 00 Théâtre des Clochards Célestes Festival des Scènes Ouvertes Slash Gordon (chanson) 20h45 - 7€ - 04 78 28 34 43 Samedi 25 septembre Auditorium de Lyon R.Strauss, Orchestre National de Lyon 18h - 8 à 46€ 04 78 95 95 95
Reggae Britannique d’origine nigériane, Afrikan Simba s’est fait connaître comme DJ et MC dans de nombreux sounds systems auprès d’Aba Shanti, Jah Warrior ou Mickey Dread. Son mix dub reggae se révèle particulièrement efficace au point de lui valoir un UK reggae heritage award (Victoire de la musique rasta). Le garçon reste partageur et crée son propre label Ayamba à la Jamaïque. Il est aussi animateur sur Voice of Africa Radio à Londres.
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❥ 1.10, 21h, Marché Gare, Lyon 2e, 04 72 89 98 70
concerts La Bobine, Grenoble (38) Xavier Machault & Roberto Negro (chanson) 19h - 04 76 70 37 58 Chapiteau, Ambronay (01) Festival d’Ambronay Maurice El Medioni (pianoriental) 19h - 8/13€ - 04 74 38 74 00 Grand’ Eglise de Saint Etienne (42) Paz, Salam & Shalom (musique séfarade, arabe et espagnole) 20h – 15€ - 04 77 47 83 40 Palais des Sports de Grenoble (38) Roger Hodgson (pop/rock) 20h – 40/55/65€ www.palais-des-sports.com Agend’Arts Cédric Laronche (chanson) 20h - 2€ - 06 83 51 60 87 Eglise de Marols (42) Festival des Musiques d’Automne Bach Italien (classique) 20h - 25€ - Pass : 80/120€ www.musiques-automne.com
Abbatiale d’Ambronay (01) Festival d’Ambronay La Guerre des Géants (opéra baroque) 20h30 - 10 à 62€ - 04 74 38 74 00 A Thou Bout D’Chant Buridane (chanson) 20h30 - 12€ - 04 72 98 28 22 Nakamal La 48ème corde (funk) 20h30 - 5€ - 04 78 83 20 45 Chapiteau, Ambronay (01) Festival d’Ambronay Lo Cor De La Plana (chant occitan) 21h - 8/13€ - 04 74 38 74 00 Le Sonic Middlegender Party + Anat Ben David (électro) 21h - 04 78 38 27 40
Auditorium de Lyon R.Strauss, Orchestre National de Lyon 16h - 8 à 46€ 04 78 95 95 95 Abbatiale d’Ambronay (01) Festival d’Ambronay Lamentazione (voix) 17h - 12 à 42€ 04 74 38 74 00 Agend’Arts Cédric Laronche (chanson) 18h - 2€ - 06 83 51 60 87 Mardi 28 septembre A Thou Bout D’Chant Morice Benin (Québec) 20h30 - 12€ 04 72 98 28 22 Mercredi 29 septembre
Dimanche 26 septembre Chapiteau, Ambronay (01) Festival d’Ambronay Du Côq à l’âne, d’après les Freres Grimm 15h - 8/13€ - 04 74 38 74 00
Opéra de Lyon Joyce Didonato + Orchestre de l’Opéra de Lyon (classique) 20h30 - 5 à 53€ 0826 305 325
Massive Attack
Bristol sound Le dinosaure trip hop est de retour avec son dernier album Heligoland sous le bras. Rempli de featurings haut de gamme (Damon Albarn, Martina Topley-Bird, Hope Sandoval et l’inoxydable Horace Andy), ce cinquième opus marque le retour de Daddy G aux côtés de 3D. Sur scène, Massive Attack c’est un peu comme la météo de cet été : variable. ❥ 3.10, 19h, Summum, Grenoble (38), 34 à 45€
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concerts Salle Polyvalente Montluel (01) Festival d’Ambronay Bracanà 20h30 - 12 à 20€ 04 74 38 74 00
A Thou Bout D’Chant La Blanche (chanson) 20h30 - 12€ - 04 72 98 28 22
Le Brise Glace, Annecy (71) Justine Addict + Dirt Oak Ashbury (rock grunge) 20h30 - grat - 04 50 33 65 10
La Pépinière, Ambérieu (01) Festival d’Ambronay Le Tombeau des baigneuses (poème, théatre & musique) 20h30 - 12/20€ 04 74 38 74 00
Jeudi 30 septembre Trokson Rich Deluxe (garage pop) 20h - 04 78 28 52 43 Théâtre Copeau, Saint Etienne (42) Festival BWD12 A la belle époque (opéra classique) 20h - 15€ 04 77 47 83 40 Auditorium de Lyon Canat De Chizy, Nielsen Debussy, Sibelius (symphonique) 20h30 - 8 à 46€ 04 78 95 95 95
La Bobine, Grenoble (38) Slonovski Bal (balkan) 20h30 - 6€ - 04 76 70 37 58
Le Fil, Saint Etienne (42) Festival Les Potos Carrés Pow Pow Movement + Bost & Bim + Noble Society (reggae) 21h – 8/10€ - 04 77 34 46 40
A Thou Bout D’Chant La Blanche (chanson) 20h30 - 12€ 04 72 98 28 22 Maison du Peuple, Pierre-Bénite Caroline Personne (chanson) 20h30 - grat 04 78 86 62 90 La Pépinière, Ambérieu (01) Festival d’Ambronay Le Tombeau des baigneuses (poème, théatre ET musique) 20h30 - 12/20€ 04 74 38 74 00
CCO Villeurbanne Forever The Sickest Kids 19h - 18 à 21€ 04 78 93 41 44
Abbatiale d’Ambronay (01) Festival d’Ambronay Méditerranée (polyphonies anciennes) 20h30 - 12/42€ 04 74 38 74 00
Nakamal The Fuzz + Interestelar (rock) 20h30 - 5€ - 04 78 83 20 45
Hot Club Joachim Expert (jazz) 22h - 7/9€ 04 78 39 54 74
Vendredi 1er octobre
Shellac
Noise rock Producteur de quelques uns des groupes les plus excitants de ces vingt dernières années, parmi lesquels Nirvana, Breeders ou les Pixies, Steve Albini a été lui-même guitariste et chanteur au sein de diverses formations (Big Black et Rapeman). Mais c’est avec Shellac qu’il donne toute la mesure de son intransigeance pour déverser un rock minimaliste et tendu. Une incarnation parfaite de l’indépendance. ❥ 4.10, 20h30, Épicerie Moderne,
DR
Feyzin, 12/16€, 04 72 89 98 70
concerts Samedi 2 octobre La Tour Dauphine, Ambronay (01) Festival d’Ambronay L’Offrande Musicale (classique) 17h - 12/20€ - 04 74 38 74 00 Auditorium de Lyon Canat De Chizy, Nielsen Debussy, Sibelius (symphonique) 18h - 12/20€ - 04 78 95 95 95 Chapiteau, Ambronay (01) Festival d’Ambronay Aref (oud + chant) 19h - 8/13€ - 04 74 38 74 00 La Bobine, Grenoble (38) SZ (post-rock) 19h – 04 76 70 37 58 Café du Bout du Monde Lalabolduc (chanson) 20h - 6/8€ - 04 72 98 39 08 A Thou Bout D’Chant La Blanche (chanson) 20h30 - 12€ - 04 72 98 28 22 CCO Villeurbanne Ousanousava (world) 20h30 - 18 à 21€ 04 78 93 41 44
Abbatiale d’Ambronay (01) Festival d’Ambronay Vêpres de Vivaldi (classique) 20h30 - 10 à 62€ 04 74 38 74 00 Nakamal Franck Viallet + Nola Brume (chanson) 20h30 - 5€ 4 78 83 20 45 Chapiteau, Ambronay (01) Festival d’Ambronay A l’ombre des Mots, Trio Joubran (poésie/musique) 21h - 8/13€ - 04 74 38 74 00 Le Fil, Saint Etienne (42) Festival Les Potos Carrés Dj Vadim + Yarah Bravo + Freestyle + Dj Mongkut (rap US / UK) 22h - 8/10€ - 04 77 34 46 40
Chapiteau, Ambronay (01) Festival d’Ambronay Mor Karbasi (musique sépharade) 15h - 8/13€ - 04 74 38 74 00 Eglise St Bonaventure Gloria (Orchestre et Choeurs de l’Opéra de Lyon) 16h - 10 à 25€ 0826 305 325 Le Polaris, Corbas Patrice Kalla (conte/slam) 16h - 5€ - 04 72 51 45 55 A Thou Bout D’Chant La Blanche (chanson) 17h - 12€ - 04 72 98 28 22
Dimanche 3 octobre
Auditorium du Musée, Grenoble (38) Quatuor Ludwig (classique) 17h30 - 25€ 04 76 87 77 31
Auditorium de Lyon Beethoven, Canat De Chizy (musique de chambre) 11h - 11/19/22€ 04 78 95 95 95
Le Fil, Saint Etienne (42) Alex Terrier Quartet (jazz) 18h – 8/10/12€ 04 77 34 46 40
We have band Electro rock En 2007, Thomas Wegg-Prosser et sa femme Deborah, dite Dede, furent si contents d’avoir un groupe avec leur ami Darren comme batteur qu’ils s’exclamèrent « Oh ! », rapidement tube 2.0 où se révélèrent leurs influences early eighties à la terre entière et au label Kitsuné en particulier. D’où hype et risque de déflagration. WHB leur 1er LP met les pendules à l’heure : electro certes, mais avec de vrais morceaux de rock dedans. ❥ 5.10, 20h30, Épicerie Moderne, DR
Feyzin, 6/10 €, 04 72 89 98 70
g n i c n Da ueens q
Brown – photo ¬ Trisha
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ral © Gene Pit
Early work spi
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la Biennale t au rythme de ba on lo, Ly de tique de l'agg ans, le cœur ifestation artis an d Tous les deux m an te gr an du rt que que Plus impo veur de la criti i fa de la Danse. qu la ur nt ta po au et t souven Guy Darm de it éd cr n elle rencontre au so e . Avec geure à mettr eur artistique public. Une ga tant que direct en e bouquet bl on ta iti ri éd vé re ière est un rn de c'est la derniè ons tte ce , !) n de propositi d (Encore cette profusio titre gourman nts, ns le da ta r si ux oi de ch et nouvea final. Difficile se stres sacrés os on gr m ou e li tr so en ues, , spectacles es in ra chorégraphiq ur po to em au itation ines ou cont sans préméd ite fa musiques urba t es ? s' e n ns de la da re sélectio -elles l'avenir cavalerie. Not mes. Seraient m fe es ph ra de chorég
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Trisha Brow
âtre L'Amour au thé © Paul B. Goode
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: a n i P s v Trisha !
e u q s e n a tit texte ¬ Gallia Valette-Pilenko
Grosse programmation, pointures et créations sont au menu de la dernière Biennale de la danse dirigée par Guy Darmet. Pour sa 14e édition, la Biennale sort l’artillerie lourde en convoquant deux monstres sacrés de la danse contemporaine, deux incontournables, Trisha Brown et Pina Bausch (ou plutôt son fantôme). Pina Bausch avait promis à Guy Darmet comme cadeau d’adieu de venir avec son mythique Tanztheater Wuppertal en reprenant Nelken (pour mémoire ils n’étaient pas venus à Lyon depuis 1994). Las, elle a brusquement disparu au début de l’été 2009, le 30 juin exactement, mais la troupe a maintenu sa promesse et voilà que les œillets vont fleurir par milliers sur le plateau de l’Opéra. Vingt ans après son invitation à la Biennale américaine en 1990, Trisha Brown revient avec quatre pièces, respectivement de 1980, 1991, 1995 et
2009, une exposition au Musée d'art contemporain et des performances en extérieur qui ont marqué le début du mouvement post moderne. Autant dire de quoi régaler les fans de cette merveilleuse chorégraphe. Pourquoi rapprocher Pina Bausch, la figure majeure du théâtre dansé allemand et Trisha Brown, l’une des égéries du courant post moderne américain ? Si elles ont, en effet, des univers très différents et des façons de travailler presque opposées, elles ont au moins en commun leur quête inlassable du mouvement juste et leur goût de >
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ode, int sa méth o p u a is m a ans " Chacune tion, mais d a is v o r p im basée sur l' distinctes." s è tr s n o ti c des dire l’expérimentation. Et l’empreinte qu’elles laisseront dans l’histoire de l’art du 20e siècle. Si l’une vient de l’école allemande (celle de Kurt Joos, lui-même formé par Mary Wigman, l’inventrice de la danse d’expression), l’autre vient de l’école américaine (celle de Martha Graham puis de Merce Cunningham) et ce sont deux conceptions du monde qui s’entrechoquent. L’une s’attachait à extraire la quintessence de l’individu en allant chercher dans les tréfonds de l’être, l’autre cherche l’expression du mouvement pur. Chacune a mis au point sa méthode, basée sur l’improvisation, mais dans des directions très distinctes. Les deux ont marqué leur temps. C’est d’ailleurs une chouette idée de reprendre les Early works de Trisha Brown, permettant ainsi au spectateur avide d’histoire de découvrir les débuts ❥
du Judson Church Theater. L’esprit qui animait ce groupe dans les années 60/70 réunissant des plasticiens (Robert Rauschenberg, Robert Morris), des compositeurs (Terry Riley, La Monte Young), des chorégraphes (Meredith Monk, Simone Forti, Steve Paxton) n’était pas tant une communion de pensées qu’un goût immodéré pour les expérimentations. Il fut le vivier d’une certaine avant-garde américaine qui entendait tout bousculer sur son passage comme Fluxus et Duchamp l’avaient fait avant eux. Pina Bausch fut longtemps incomprise avant d’être la meilleure ambassadrice de la danse germanique, exorcisant à elle seule toutes les peurs et les angoisses de l’Allemagne : Nelken est à ce titre très révélateur, explorant les mécanismes de la domination, du plaisir et de la soumission. Indispensable. /
Trisha Brown Dance Company 14 et 15.09, 20h30, Transbordeur, Villeurbanne Performances Early Works : 10 au 12.09, MAC, Lyon 6e, www.mac-lyon.com Tanztheater Wuppertal 15 au 20.09 à 20h30 (le 19 à 20h), Opéra de Lyon, Lyon 1er 04 27 46 65 65, www.biennaledeladanse.com
Tanztheater Wupperthal
Nelken Š Ulli
Weiss
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Belles s e n n e i l a It texte ¬ Gallia Valette-Pilenko
L'Italie n'est pas seulement une terre de football, le dernier Mondial l'a montré, c'est aussi un vivier chorégraphique. La preuve avec deux créations de trois transalpines qui viennent, dans des registres très différents, brûler les planches du Théâtre du Point du Jour. Caterina et Carlotta Sagna, sœurs, danseuses et chorégraphes ont fait chacune leur chemin sans jamais se perdre de vue. Elles ont depuis l’année dernière fusionné leurs deux compagnies respectives pour travailler ensemble. La création Nuda Vita (sans valeur en français) se présente une fois de plus comme une satire du monde. Mêlant le texte (de Roberto Fratini) et la danse, dans une perpétuelle interaction, elles brouillent volontairement les cartes, « la danse apparaît là où la parole doit se taire, elle apparaît pour faire taire les mots ». Une danse-théâtre très singulière qui poursuit une voie engagée dans la dénonciation de l’exclusion, ❥
celle que l’on subit et qu’à son tour on provoque. Un cercle vicieux. Tout aussi déroutante est la danse de Maria Donata d’Urso, plus portée vers les arts plastiques et les nouvelles technologies. Comme son nom l’indique, Strata, cette nouvelle création prend forme sur le principe d’interaction entre les éléments du dispositif, son, lumière, scénographie, présence, comme des « strates de visibilité ». L’artiste installée à Paris travaille toujours les relations entre le corps, la peau et le regard, dans un constant aller-retour entre la perception du réel et l’illusion de la lumière. Assurément surprenant ! /
Nuda Vita - Strata 22 au 24.09, 19h30 (23.09 à 20h30), Théâtre du Point du Jour 04 27 46 65 65, www.biennaledeladanse.com
Cie Carlotta Sagna
RP Š Tristan - Agence Jeanne-Vales Enguerand
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de 14e biennale
la danse
©Tom Medwell
© Didier Grappe
Political Mother
Création 2010
Hofesh Shechter, prodige de la nouvelle génération ? En attestent l'enthousiasme et l'approbation que recueille le chorégraphe auprès des publics partout dans le monde. Il propose une gestuelle millimétrée où la tension du mouvement est poussée à l'extrême. Sa dernière création aborde le chaos urbain et la façon de réagir face aux violences actuelles. Une danse énergique rythmée par une musique qui pulse, jouée en live. ❥ 10 au 12.09, Auditorium, Lyon 3e,
Mettre en scène la complexité du psychique humain, voilà le lien qui réunit les créations de Maguy Marin. Pour cette nouvelle expérience, la chorégraphe explore les peurs, les doutes et les angoisses. Ne pas les subir, mais les dépasser, construire avec et par dessus. Elle évoque la capacité qu'a chaque être de surmonter la difficulté et l'adversité pour en faire un tremplin à son épanouissement. ❥ 13 au 19.09, Petit Théâtre du TNP,
17 à 27€, www.biennale-de-lyon.org
Cie Maguy Marin
Villeurbanne, 19/22€, www.biennaledeladanse.com
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© Audoin Desforges
DR
Pacifique
L'homme de l'Atlantique
Les 70's : bouleversement et démesure à tout niveau ! Le décor est ainsi planté : au bord, sur ou dans l'eau, rien de précis... L'élément naturel détient le premier rôle. La mise en scène est déclinée dans un large camaïeu de bleu, jusqu'à ce que celui-ci ne vire au rouge dans une ambiance polar. Méfiez-vous de l'eau qui dort, le titre d'apparence calme et anodin cache bien son jeu. ❥ 20 au 23.09, Studio 24, Villeurbanne,
A la manière du Johnny Fontane dans Le Parrain de Coppola, Olivier Dubois et Marion Lévy dressent le portrait de Frank Sinatra dans toute son ambiguïté. Du côté sombre : excès et échanges mafieux. Les deux chorégraphes se demandent jusqu'à quel point le talent peut effacer les traits les moins reluisants de cet artiste du Music-Hall. Une légende fascinante pleine de complexité. ❥ 21 au 23.09, Théâtre de la Renaissance,
Nasser Martin-Gousset / La Maison
22/25€, www.biennaledeladanse.com
Olivier Dubois
Oullins, 19/22€, www.biennaledeladanse.com
agenda
de 14e biennale
la danse
Lointain © Yvan Clédat
©Franck Jamin
Trois études de séparation...
Marche, Danses de Verdure
Déclinaisons des possibles duos se formant autour de l'homme et de la femme. La musique classique sublime les corps et orchestre cette quête de l'autre. Tantôt philosophique, mystique et enfin physique, la recherche de contact n'aboutit qu'au troisième volet. Un duo homme/homme charnel et viril clôt cette étude de corps proches et lointains à la fois. ❥ 22 au 24.09, ENSATT, Lyon 5e, 15/18€,
C'est le moment de faire une pause dans cette société où tout est visionné en avance rapide. Redécouvrir des gestes simples, quotidiens dans un échange avec le corps souvent négligé. S'abandonner et se libérer du diktat des automatismes. Une balade chorégraphiée en silence au parc de la Cerisaie où les danseurs invitent le public à prendre le temps de prendre le temps. ❥ 24 et 25.09, Parc Chazière, Lyon 4e, grat,
Ensemble l'Abrupt, Alban Richard
www.biennaledeladanse.com
Cie Daniel Larrieu
www.biennaledeladanse.com
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Le Cri © Agathe Poupeney
©Luk Monsaert
Le Temps scellé
Gardenia, Les ballets...
Nacera Belaza rompt avec ses habitudes et s'entoure d'artistes ayant un point de vue très différent sur l'exploration du mouvement et de la gestuelle. De prime abord, rien ne semble pouvoir les réunir... Dans l'urgence de la création se met en place la nécessite de se rencontrer et d'échanger pour transmettre cette expérience de découverte de l'autre. Mouvement minimal pour rapprochement maximal. ❥ 24 au 26.09, 18h30, Théâtre Les Ateliers,
Guidée par Vanessa Van Durme, comédienne transsexuelle, cette pièce n'a rien de caricaturale. Sept comédiens de 55 à 65 ans, dévoilent les coulisses d'une vie guidée par la recherche d'identité. Les paillettes font place aux doutes dans un corps choisi et affirmé, mais indéniablement soumis au temps. Entre espoir et désillusion des travestis à la retraite sans fards, sensibles et drôles à la fois. ❥ 29.09 au 02.10, 20h30,
Cie Nacera Belaza
Lyon 2e, www.biennaledeladanse.com
Alain Platel et Franck Van Laecke
Le Toboggan, Décines, 27/30€, www.biennaledeladanse.com
Vestiges
de l’amour texte ¬ Nicolas Blondeau - photo ¬ DR
Idée inattendue que de porter Raymond Carver sur la scène. Mais sans doute passionnante, surtout quand elle vient de Jacques Lassalle. Dans l’art de la nouvelle, peut-on dire que Raymond Carver est l’équivalent d’Anton Tchekhov (qu’il citait comme une de ses influences majeures) pour les Russes ou de Guy de Maupassant pour les Français ? C’est sans doute un brin exagéré. Mais en tout cas, il a su parfaitement décrire dans ses différents recueils comme Tais-toi, je t’en prie, Parlez-moi d’amour, Les vitamines du bonheur ou Les trois roses
théâtre & danse |
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jaunes les déchirures du couple mais aussi les zones de failles de la société américaine. Sur ce dernier aspect, se rappeler que Short Cuts, le film de Robert Altman, était inspiré de plusieurs textes de l’écrivain. Mais c’est au théâtre que nous pourrons retrouver Carver en cette rentrée. Son art de la brièveté, sa capacité à dire l’essentiel en quelques pages. Sa devise était d’ailleurs : « Entrer. Sortir. Ne pas s’attarder ». C’est Jacques Lassalle, metteur en scène d’expérience, qui a eu la volonté de porter au théâtre deux nouvelles de Carver. Cette phrase : « Ton cœur, je le connais comme ma poche, ne l'oublie pas. C'est une jungle, une forêt noire. Une vraie poubelle, en un mot » donne une idée assez précise du contenu de la première, Intimité. Elle décrit un écrivain rendant visite à son ex-femme qui ne lui a pas donné signe de vie depuis quatre ans. Une venue qui s’annonce donc inopportune. La deuxième, Le bout des doigts, n’incline pas davantage à l’optimisme. Elle nous confronte au désarroi d’un homme que sa femme quitte, en lui laissant une lettre pour le moins énigmatique. Autant de personnages qui ne sont pas des héros grandiloquents mais qui, sous la plume laconique et directe de Carver, nous touchent de plein fouet. / ❥
PARLEZ-MOI D’AMOUR 21.09 au 03.10, 20h, 13€/23€, TNP, Villeurbanne, 04 78 03 30 00, www.tnp-villeurbanne.com
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texte ¬ Nicolas Blondeau - photo ¬ Jos Gherrak
Pas d’Hamlet
sans casser les œufs... David Bobée n’est pas un inconnu aux Subs. En 2007, il y avait mis en scène, avec sa compagnie Rictus, Petit frère. Un spectacle basé sur une scénographie forte augmentant encore l’impact d’une création à la fois dansée et jouée. Il faut dire que le jeune homme a été formé entre autres par Éric Lacascade. Le mélange des genres, la puissance du jeu et des images, voilà des ingrédients que l’on devrait retrouver dans cet Hamlet, nouvellement traduit par Pascal Colin, dont il réalise l’adaptation, la scénographie et la mise en scène. On peut donc s’attendre à un choc. « Et pas de crâne dans la main d’Hamlet, surtout pas de crâne, juste quelques fragments d’os, un crâne explosé et exposé dont il ne reste rien. Pas de romantisme. Une vanité oui mais, du XXIe siècle, donc violente et fragmentaire », nous prévient d’ailleurs Bobée. Une façon résolument moderne et personnelle de revisiter l’histoire du Prince du Danemark, faite de violence, de cauchemar, de trahison et d’amour. Racontée avec les outils d’aujourd’hui, la vidéo, la musique (rock) et le cirque. Sans que le côté visuel ne fasse passer la partition shakespearienne par profits et pertes. Du moins l’espère-t-on. / ❥
HAMLET 23.09 au 02.10, 20h30, 10€/14€ Les Subsistances, Lyon 1er, 04 78 39 10 02, www.les-subs.com
théâtre & danse |
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texte ¬ Nicolas Blondeau - photo ¬ DR
Un Festen avec Macbeth
Jérémie Lopez et Damien Robert, jeunes metteurs en scène de la compagnie Xi, nous lancent une étrange invitation : celle de nous mettre à table avec Macbeth. La caractéristique de leur spectacle présenté à l’Elysée sera en effet de se dérouler autour d’une grande table. Cette scénographie originale ayant pour but de « faire entrer le spectateur en interaction avec la pièce, de l’intégrer à la machine théâtrale, y compris en lui donnant quelques injonctions comme lui demander de se lever, de s’asseoir », commente Damien Robert. La volonté est claire pour les membres de ce collectif formé avec des élèves de la 69e promotion de l’Ensatt, il faut que ce Macbeth soit le leur, et non une énième version, interchangeable, de la tragédie shakespearienne. Leur création revêt donc une dimension collective. Elle a été conçue à partir d’impros, de variations où chacun avait son mot à dire. Autre spécificité, le spectacle s’est construit en réunissant différents éléments de la figure de Macbeth, venus évidemment de Shakespeare mais aussi du Macbeth d’André de Bénédetto ou de celui d’Heiner Müller. Il s’agit de « bouffer du Macbeth et que cela devienne un festin de mots et de sensations ». Voilà qui met en appétit. / ❥
PRESQUE HAMLET 8 au 11.09 et 15 au 18.09, 19h30, 10€/12€ Théâtre de l’Elysée, Lyon 7e, 04 78 58 88 25, www.lelysee.com
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Une Italie fantasmée
Propos recueillis par Nicolas Blondeau - photo ¬ Philippe Fusaro © Sophie André
Entretien avec Philippe Fusaro, libraire à la librairie Passage(s) et écrivain, qui publie L’Italie si j’y suis. Un mot sur votre livre ? J’ai travaillé avec une carte d’Italie accrochée en face de moi pour construire différentes étapes dans des lieux pas forcément connus, et offrir une multitude d’images. C’était anarchique au début. J’ai ensuite reconstitué le voyage : je voulais que mon héros aille mieux au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans le sud. C’est une Italie fantasmée. Je ne peux pas écrire un livre sans le situer là-bas, c’est ma patrie imaginaire. Mais j’y suis allé réellement, avec mon fils de dix-huit mois, pour écrire la dernière partie. Comment appréhendez-vous la rentrée en tant qu’auteur ? Bien. Mes deux précédents livres (Colosse d’argile et Palermo solo) étaient sortis à cette époque et ça ne les a pas empêchés d’être bien accueillis, notamment par les libraires. Je ne fais pas non plus de plan sur la comète. Et en tant que libraire ? Les deuxième et troisième trimestres ont été durs pour les libraires. Ils vont sans doute « bétonner » sur les locomotives attendues cette rentrée. D’autant qu’il y aura la grosse cavalerie : Michel Houellebecq, Claudie Gallay, Amélie Nothomb, Philippe Claudel, Tristan Garcia, etc. Parmi ces auteurs attendus, je citerai le dernier Brett Easton Ellis, Imperial bedrooms, superbe et terrifiant, parano et défoncé comme Less than zero dont c’est la suite. Du côté des découvertes : Dernier train pour Buenos Aires d’Hernan Ronsino qui est superbement écrit et Mon vieux et moi de Pierre Gagnon, émouvant et drôle.
Andiamo !
Lancées par la femme qui partageait sa vie, le héros du dernier roman de Philippe Fusaro, L’Italie si j’y suis, voit ses affaires personnelles pleuvoir depuis une fenêtre d’un immeuble de la place Sathonay, juste au-dessus du Café de la Mairie, Lyon 1er. Mésaventure humiliante qui se complique par l’obligation qui lui est faite de s’occuper de son fils de onze ans qui porte des bottes à talons (proches de celles de Bowie période Ziggy Stardust) et un casque de cosmonaute, celui breveté par Gagarine. Il prend alors la décision de parcourir l’Italie du nord au sud, au volant de son Alfa Giulietta, sous le soleil exactement : c’est l’été. Des images, des émotions irrésistibles traversent ce voyage inattendu, renforçant la complicité du père et du fils. Jusqu’à l’arrivée d’un troisième personnage, pour terminer ce « road roman » en beauté. / ❥
L’ITALIE SI J’Y SUIS De Philippe Fusaro, éditions La Fosse aux Ours, 176 pages, 16 €
THE HOUSEMAID © DR
DES HOMMES ET DES DIEUX © DR
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Septembre
de la cinématographie texte ¬ Aurel Rotival
La vague de sortie des films sélectionnés à Cannes annonce une rentrée cinématographique chargée. Sélection non exhaustive. Septembre commence avec la sortie d’Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures. La Palme d’or surprise de la dernière quinzaine cannoise récompense une forme radicale et l’un des cinéastes les plus confidentiels de la décennie, à l’image de son patronyme imprononçable. Apichatpong Weerasethakul signe un voyage intérieur entre rêve et cauchemar, l’histoire d’un vieil homme guidé vers l’acceptation de sa fin imminente par les fantômes de sa famille disparue. Suivra le Grand prix, le film de Xavier Beauvois librement inspiré du massacre des moines cisterciens de Tibéhirine, Des hommes et des dieux. Le cinéaste livre une œuvre à l’image de son sujet, lent et dépouillé, sur une communauté de moines mise au défi de son idéal par la réalité et la violence des extrémismes religieux. ❥
Im Sang-Soo, porte-étendard du renouveau du cinéma sud-coréen, abandonne les études de mœurs avec The Housemaid, remake d’une pierre angulaire du cinéma national, citée comme influence majeure par un certain Park Chan-Wook (l'auteur de Old boy et du prochain The Axe). L'occasion d’apprécier la mise en scène violente et stylisée de la nouvelle vague coréenne. Hors Cannes mais entouré par le buzz issu de ses clips à polémiques (Justice, MIA...), voici Notre jour viendra, le premier long métrage de Romain Gavras. La bande-annonce hallucinée du film, qui montre deux roux à la recherche de leur terre promise, est à la fois fumeuse et captivante. Enfant prodige ou simple agitateur ? Réponse le 15 septembre. /
1.09, Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, de Apichatpong Weerasethakul 8.09, Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois 15.09, Notre jour viendra, de Romain Gavras / The Housemaid, de Im Sang-Soo
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texte ¬ Grégory Escouflaire photo ¬ Christophe Mac Pherson
Benda Bilili ! « Au-delà des apparences » : tel est le sens, en lingala, de « Staff Benda Bilili », ce groupe congolais qui enflamme aujourd’hui les scènes du monde entier. Un fabuleux message d’espoir, quand on sait la misère physique, sociale et politique qu’ont connue ces huit musiciens dans les rues de Kinshasa. Benda Bilili !, le film, retrace leur parcours, de la « jungle » au succès populaire et critique. Immersion dans Kinshasa, « Kin la poubelle » et ses milliers d’exclus. « C’est la loi du plus fort ici, sinon t’es juste foutu », marmonne un gamin esseulé, un « shégué » comme on dit, qui trouve pour seul réconfort la compagnie de ces handicapés regroupés en petits gangs solidaires, au zoo et dans le centre-ville. Il y a « Papa » Ricky le leader du groupe, Coco, Junana, et le petit Roger, recueilli par le Staff à 13 ans. Il joue d’un étrange instrument : le « satongé », une guitare de fortune, constituée d’une boîte de conserve, d’un arc de bois, et d'un fil de fer en
guise de corde… Dans cet environnement meurtri, leurs seules armes, dixit Ricky, sont donc « le talent et l’optimisme » : peu importe que la polio les ait freinés, un jour, dans leur élan vital, les voilà prêts à « frapper fort ». Ils veulent devenir « la nouvelle coqueluche » du pays voire « du monde », en suivant les traces de leurs illustres prédécesseurs, Papa Wemba, Werrason et, plus récemment, Konono n°1. Buena Vista, Bilili ! « Un jour, c’est sûr, on réussira », confie ainsi Ricky au début du documentaire,
vissé sur son tricycle, la guitare en bandoulière. Cinq ans plus tard (on est en 2004), la prophétie se réalise et le Staff déboule chez nous pour une tournée triomphale, devant des blancs éberlués. Durant toute cette période, Renaud Barret et Florent de la Tullaye ont suivi Ricky, Roger et toute la bande, du rond-point Sonas, leur QG délabré, aux hôtels cinq
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étoiles de Copenhague et des festivals d’été. « Depuis qu’on a créé le monde, on n’a pas encore vu ça ! », plaisante le Staff en parlant de sa musique, un mix tonifiant de rumba, de blues et de funk. Comme leur premier album, plein de joie et d’espoir, ce film, remarqué en ouverture de la quinzaine des réalisateurs de Cannes frappe... Très très fort ! /
Benda Bilili! Documentaire réalisé par Renaud Barret, Florent de La Tullaye, avec Cubain Kabeya, Paulin Kiara-Maigi, Roger Landu, sortie le 8. 09.
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American dreams
texte ¬ Gallia Valette-Pilenko photo ¬ Soldier © Susan Opton
L’Amérique passionne, aujourd'hui comme hier. Pas étonnant dès lors, qu’elle soit un sujet de prédilection pour les photographes... et choisie cette année comme territoire pour Lyon Septembre de la photographie. USA Today, after essaime partout dans la ville, investissant 25 lieux (sans compter le parcours associé) et tissant sa toile photographique dans quasiment toutes les galeries et lieux d’art que compte l’agglomération. Une trentaine de photographes, connus et moins connus, donnent à voir leur vision de l’Amérique, avec les fantasmes qu’elle véhicule, les secrets qu’elle recèle. Focus sur trois d’entre eux, pour une sélection éminemment subjective. CharlElie, plus connu sous nos cieux comme Charlélie Couture, n’est pas seulement musicien (il ne l’est d'ailleurs plus tellement), mais surtout plasticien reconnu. Sa série Photos ON lines témoigne d’une maîtrise graphique et plastique impeccable. Le jeu sur les lignes livre une étrange vision de la Grosse Pomme, où le mouvement est presque palpable. ❥
Lyon Septembre de la photographie 09.09 au 4.11, 04 72 07 84 31, www.9ph.fr
Tout autre est le travail de Susan Opton, Américaine installée à New York, qui présente deux séries : Soldier, des portraits en gros plan de jeunes soldats revenus d’Irak ou d’Afghanistan et Citizen, qui utilise le même procédé avec des Irakiens exilés en Jordanie pour fuir la guerre. Le rapprochement entre les deux mondes est saisissant et l’image que nous renvoient ces clichés est troublante. Sébastien Érome, photographe de presse (notamment pour Libération) effectue ici un travail à la chambre, très différent de ses reportages. Ses images ont une force immobile qui rappelle l’univers de Fargo des frères Coen ou les vieux calendriers des années 50. /
expositions |
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Item
pas pareil texte ¬ Gallia Valette-Pilenko photo ¬ Romain Étienne / Item
Item vient d’ouvrir un local, niché au fond de l’impasse Fernand Rey pour montrer le travail de ce collectif qui œuvre depuis dix ans plus ou moins dans l’ombre. Parce que « l’union fait la force » comme le dit Bertrand Gaudillière, l’un de ses membres, des photo journalistes ont décidé de se regrouper. Ce lieu d’exposition est une sorte de consécration qui leur permet d'offrir une vraie visibilité à leur travail, de poser la question de l’économie du photo journalisme - le collectif compte un graphiste scénographe et une réalisatrice vidéo, sortant ainsi du sérail du photo journalisme - et de donner une forme de cohérence dans l’accrochage des photographies, comme en ❥
U.S.A.D.I.Y. 9.09 au 4.11, Item, Lyon 3e, 04 78 72 18 40
juin dernier, lors de l’exposition autour de Guilherme Hauka Azanga. Une expo photo en papier, c’est d’une extrême justesse pour traiter de l’épopée de ce père sans papier qui fait couler pas mal d’encre, notamment par la mobilisation des parents d’élèves de l’école où sont scolarisés ses enfants. En résonance avec Lyon Septembre de la photographie et sa thématique USA, Today, after (voir pages précédentes), Item présente une série de clichés de Romain Étienne, un autre photographe du collectif, sur des lieux culturels alternatifs américains. En filigrane, le propos est toujours politique. Il permet de donner à voir pour mieux défendre. /
expositions |
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Les routes
des Roms texte ¬ Gallia Valette-Pilenko photo ¬ Bruno Amsellem
En 2007, le CHRD s’intéressait déjà au sort des Tziganes français pendant la deuxième guerre mondiale. C’est au tour des Roms de Roumanie de faire l’objet d’une exposition. Une très émouvante plongée dans l’univers de ces gens rejetés ici et là-bas, miséreux là-bas et ici. L’idée est venue d’un reportage que Le Monde avait commandé à Bruno Amsellem, photographe de presse pour différents journaux, lors de l’expulsion de Roms d’un bidonville de Vénissieux. À la fin de son reportage, on voyait des familles partir en bus, l’expulsion étant organisée en fonction d’un départ immédiat en Roumanie. Il a appelé Le Monde pour leur proposer ce sujet aux côtés de la journaliste Sophie Landrin (alors correspondante au Monde, ndlr) et tout de suite, on lui a dit « Oui, tu as raison, il faut aller voir ce qui se passe là-bas, aller à la source pour comprendre ce qui les amène en France. » ❥
Ainsi a-t-il suivi deux familles et fait le récit photographique de leur périple en Roumanie puis leur retour en France. Sans misérabilisme, sans afféterie non plus, il livre un magnifique témoignage, coloré et joyeux (oui, oui, joyeux !) de ces deux couples : Tarzan et sa femme, leurs enfants Traïan et Pamela, et de leurs pérégrinations entre le Bihor (région de Roumanie dont ils sont originaires) et la France. Une centaine de clichés de grands et moyens formats forme une mosaïque en couleurs, qui rend avec justesse l’effroyable quotidien des Roms, Européens sans patrie véritable. /
Voyages pendulaires, des Roms au cœur de l’Europe Jusqu’au 24.12, Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation, Lyon 7e, 04 78 72 23 11, www.chrd.lyon.fr
agenda
Pierre Buraglio © Didier Michallet
© Fonds privés des Arch. municipales de Lyon
L'émotion et la règle
Pour la passion d'une ville
La collection privée d'un amateur d'art lyonnais s'invite au Palais Saint Pierre. En plus de l'exposition dédiée à la peinture de paysages, une partie du fond moderne et contemporain de ce collectionneur est dévoilée. Des œuvres des années 50 à aujourd'hui sont présentées comme témoins d'une multitude de forme d'abstraction. Coup d'œil sur ces « choix d'un amateur » guidés par l'émotion. ❥ Jusqu'au 4.10, tlj sauf mardi : 10h>18h,
Depuis leur arrivée à Perrache, les Archives municipales de Lyon peuvent compter sur la générosité des Lyonnais. Les donations privées affluent et viennent étoffer la documentation administrative. Transmis par des particuliers, ces documents sont les passeurs d'une histoire commune et véhiculent la tradition. Hommage à ces citoyens qui font revivre le passé de cette ville. ❥ Jusqu'au 9.10, Archives Municipales
Musée des Beaux-Arts, Lyon 1er, 0€/4€/7€, www.mba-lyon.fr
de Lyon, Lyon 2e, grat, 04 78 92 32 85, www.archives-lyon.fr
expositions |
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Philadelphia Mus. of Art © Kelly & Massa Studio
Bruce Nauman © Adagp, Paris, 2010
Trisha Brown
Bruce Nauman
Depuis les 60's, Trisha Brown ne manque pas de génie pour intégrer la danse dans l'espace urbain. Défiant la verticalité avec humour, la chorégraphe américaine modifie le rapport entre spectateur et danseur. A l'occasion de la Biennale de la Danse, le MAC présente les dessins, lithographies, vidéos et installations de cette artiste pour qui le corps est vecteur de mouvements et de traits graphiques. ❥ 11.09 au 31.12, merc>dim : 12h>19h, MAC,
A l'occasion de la Biennale de la danse, le MAC met à l'honneur le mouvement dans la création contemporaine. Depuis les années 60, Bruce Nauman réalise des vidéos en atelier où son corps constitue le principal médium de création. Comme Trisha Brown, il donne une place importante au processus de création. La répétition du geste et du son rythme ses performances filmées et ouvre la porte de l'univers Fluxus. ❥ 11.09 au 31.12, merc>dim : 12h>19h,
Lyon 6e, www.mac-lyon.com, 04 72 69 17 17
MAC, Lyon 6e, 0€/4€/6€, www.mac-lyon.com, 04 72 69 17 17
chroniques Arzak T1/ L’Arpenteur Moebius | éd. Glénat Voilà des mois voire des années que les fans sont sur les starting-blocks, portés par une improbable rumeur : le grand Moebius ressusciterait son héros mythique, Arzach (alias Harzak, Harzack, Harzach...). Né avec les premiers numéros de Métal Hurlant (1975-76), ce personnage mystérieux monté sur une cyber-mouette est devenu culte. Et pour cause ! Les planches de l’époque, assemblage stupéfiant de tableaux muets et contemplatifs, sont un chef d’œuvre fondateur qui annonce l’immense le talent de son auteur, le schizophrène Jean Giraud, alias Gir, alias Moebius. Les fans ne s’y sont pas trompés, car à 77 ans, le dessinateur remet son héros en selle. Avec un génialissime album, à paraître le 15 septembre. L’Arpenteur nous replonge dans une histoire laissée sans suite. Ou plutôt, nous la raconte autrement. Cette fois, il y a des balises, des informations, du texte, des dialogues. Moins de mystère, certes. Mais cela n’empêche pas les magnifiques cases de se faire réceptacle de nos multiples projections. Cette révolution, amorcée l’année dernière avec une publication de dessins annotés, n’accouche pas d’un album révolutionnaire. Juste d’un meilleur Moebius. Des planches que vous ne vous lassez pas de regarder, parce qu’elles vous absorbent. Arzaaak ! 72p., 18€. (Voir aussi l’exposition «MOEBIUS TRANSE FORME» à la Fondation Cartier de Paris). Judith Oliver
L’autre versant du monde J. Borgetto (photo) et C. Rancé (texte) |Éd. Filigranes L'Argentine et le Chili, deux territoires de « l’extrême ouest et du sud ultime » comme les nomme Christiane Rancé, dans le texte introductif à cette escapade aux points de vue panoramiques. Dans la lignée des Frank, Evans, Depardon et Plossu, mais avec une touche perso, Borgetto trimballe son rolleiflex à portée d’œil pour saisir, tout en noir et blanc et en contrastes, des paysages grandioses rehaussés de lumières brutes et denses. Chemin faisant, il immortalise également des rencontres avec les autochtones, vivant en harmonie dans ces immensités étrangères aux Européens. Un road-movie, tout en images fixes, des contreforts andins aux limites maritimes australes... sans autre intention que celle de transmettre une expérience marquante. 84p., 25€. François Lecocq
Débutants & Parlez-moi d'amour
UNE ÉDUCATION AMÉRICAINE
Raymond Carver | Éd. De l'Olivier
Barry Gifford | Éd. 13e Note
Premiers tomes de l'intégrale du génial nouvelliste américain, Débutants et Parlez-moi d'amour composent un diptyque aussi brillants que perturbants. Le premier est la version, inédite, que Carver voulait publier, mais que son éditeur a taillée, produisant ce qu'on croyait être le propre de son style (concis, précis, elliptique). Cette lecture en miroir suscite alors bien des questions : qu'est-ce qu'un artiste ? Comment, avec qui et contre quoi, une œuvre se construit ? S'il manque un appareil critique plus fourni sur leurs genèses, ces œuvres, essentielles, reposent, en creux, la question de l'original et de l'authentique. Mais, plus, elles redonnent place à une (ou deux ?) voix toujours singulière. 333 p., 22€ et 186 p., 14€. Raphaël Nieuwjaer
Ensemble de courts textes qui mettent en scène un même personnage, Une éducation américaine est dépourvue de cohérence apparente. Le lecteur y suit sans logique temporelle les pérégrinations de Roy, un jeune garçon curieux, à travers le Chicago des années 50. Originale sur le plan de la forme, l’œuvre de Barry Gifford l’est également sur le plan du style. Car, son écriture est teintée d’une poésie et d’une élégance rares. Évocatrice et impressionniste, elle fait surgir un univers mythique, où se croisent et se côtoient, comme dans un mirage, des figures truculentes aux noms aussi folkloriques que la Vipère ou Face de Requin. Son charme suranné nous appelle alors irrésistiblement à lui. 336 p., 19€. Faustine Bigeast
La fille aux cheveux étranges & C’est de l’eau David Foster Wallace |Éd. Au Diable Vauvert Le suicide de Foster Wallace semble avoir précipité son entrée au panthéon des auteurs américains et par là même la traduction de son œuvre interrompue. Si ses publications sortent maintenant régulièrement au Diable Vauvert, il est évident que son Infinite Jest (« Infiniment dérisoire ») est le monolithe noir que traducteurs et éditeurs contournent inexorablement. Complexe, à la démesure d’un Pynchon, il est le centre d’une galaxie où gravitent nouvelles, articles et petites formes. Incapable de dépasser son opus magna, Foster Wallace a ensuite composé en mode mineur, mais son génie affleure en permanence. Publié cet été, La fille aux cheveux étranges en est une introduction idéale tandis que C’est de l’eau est à réserver aux amateurs avertis. 500 p., 25€. Florent Delval
littérature |
93
chroniques NEU! Neu!’86 | Grönland Ce disque, on n’aurait jamais dû l’entendre. Totems incontournables pour les scènes (post) punk, ambient ou electro, tous les albums de Neu! sont réédités. Tous ? Oui. Si les trois premiers avaient été dépoussiérés, il y a neuf ans, le petit dernier, un peu bâtard, était renié. Débutée en 1971, achevée en 75, l’épopée de Neu! tanguait sur le roulis de nappes synthétiques, de riffs de boucher teuton sous speed, de synthés plus romantiques que l’œuvre complète de Goethe, le tout posé sur la fameuse rythmique motorik, qui suçait la roue de Moe Tucker. En 1986, Klaus Dinger et Michael Rother tentaient un retour. Bidouillaient deci delà, ne parvenant à se mettre d’accord sur une direction commune. Le résultat, Neu!’86 parut enfin en 1995, sous la forme d’un bootleg. Seul survivant, Rother en a modifié ici la tracklist, transformant, par exemple, la longue plage d’ouverture Nazionale en une courte Intro. Restent quelques classiques immédiats (l’ambient Elanoizan, le loureedien Crazy, l’échappée Wave Mother…) et des concessions à l’époque aux allures de plaisanteries potaches (une reprise de La Bamba). En fait, cette redécouverte évoque souvent l’impression laissée par Clear (1983), de Cybotron – quelques passages douteux, mais un ensemble génial. Sauf que, si Cybotron débutait, Neu! avait déjà derrière lui trois coups de maître. Nur für Fans, quoi. Thibaut Allemand
MATTHEW DEAR Black City | Ghostly International Deuxième long format de Matthew Dear, Black City se révèle finalement moins sombre qu’annoncé. Ici pas de « tube » aussi évident que Don & Sherri (bien que Slowdance ou You put a smell on me puissent prétendre à ce titre), mais un florilège de morceaux ambitieux où l’Américain délaisse son côté techno (et son projet Audion) pour une pop moderne, bizarroïde et volontiers druggy. Plus qu’aux sonorités de Detroit et Chicago, c’est au groove bancal de l’école new yorkaise (Juan Mclean en tête) que l’on pense à l’écoute de Soil to Seed ou Monkey. Quelques moments d’introspection et un ovni discoïde plus tard (Little People), on se dit que Matthew Dear est décidément bien à l’aise dans son costume de gourou du dancefloor un brin décadent. Clément Perrin
musique |
95
ZOLA JESUS
Adam Kesher
Stridulum II | Souterrain Transmission / PIAS
Challenging Nature Disque Primeur Pour illustrer le single Hundred years later, le groupe Adam Kesher s’est offert un clip très poétique où des jeunes traversent de longues étendues sablonneuses en transportant une vitre (vont-ils la briser ? Non, car elle est probablement en plastique). On se demande bien pourquoi ce premier album, Challenging Nature, ne ressemble en rien à une traversée du désert. Certes, la synth-pop des cinq Bordelais libère parfois des volutes lyriques qui évoquent l’exaltation du voyage initiatique. Et leur nom fait référence à un personnage de Mulholand Drive du sinueux David Lynch. Mais en dehors de ça, leur musique est plutôt carrée et efficace, et invite nettement plus à la piste de danse qu’au road-movie. À vrai dire, tant mieux. Olivia Volpi
Repérée il y a quelques mois, cette jeune étudiante en philo du Wisconsin et ses chansons post-indus intriguaient. Mêlant chant lyrique abrasif et sonorités gentiment harsh noise, elle enchaînait les Ep’s tendus et signait un premier album aventurier, bruitiste et lo-fi. Pour ce deuxième Lp (mais réédition allongée d’un maxi printanier), Zola Jesus a nettoyé ce son, ne laissant que sa voix, des chorales ruinées et une rythmique ultralourde. Jouant avec l’écho et le silence, Nika Roza Danilova construit un monde étrange, en noir et gris, guère éloigné des abysses entrevues chez Fever Ray. Mais loin d’être une copie blafarde de la Suédoise, elle ressuscite les vocalises hantées de Siouxsie et le groove rentré de SPK. Indispensable. Thibaut Allemand
Seu Jorge and Almaz Stones Throw / Discograph Le plus touche-à-tout des cariocas a retrouvé le chemin des studios. Chico Buarque ? Non. Seu Jorge ! L’un des représentants du nouveau son made in Brazil. Il joue de sa voix rauque et soul aussi bien sur du rock que de la samba. Cette fois accompagné du groupe Almaz, il rend hommage à des musiques qui l’ont inspiré. Il revisite les standards brésiliens, européens et américains dans une atmosphère psychédéliquement jazz et soulement samba. Sur la piste 2 on trouve notamment une surprenante version du Das Model de Kraftwerk. La reprise de cet hymne eletro lorgne tellement vers le western qu’on l’imagine sans mal dans un prochain Tarantino. Plus loin, un Rock with you du King of Pop Michael semble avoir ingurgité du LSD tant il progresse au ralenti. Brillant et hallucinogène ! Audrey Chauveau
© Take-Two Interactive Software
jeux vidéo
texte ¬ Guillaume Jallut
Mafia II - PS3 | Xbox 360 | PC Mafia II est une fresque héritée des œuvres fleuves de Puzo, Scorsese ou Coppola. Immigré sicilien pauvret, Vito Scaletta est un petit voyou de rue sans malice ni envergure. Arrêté avec son ami Joe, il se voit proposer une curieuse alternative à la prison qui lui est promise : le front européen. Et c’est un soldat de vingt ans qui remet les pieds sur le sol américain quelques années plus tard. Toujours sans le sou, Vito recroise vite Joe, ex-taulard qui semble désormais prospérer grâce aux affaires d’une grande famille pour laquelle il travaille et à laquelle il compte bien présenter Vito... Pas vraiment le GTA like qu’il semble être de prime abord, Mafia II offre un monde semi ouvert pour une aventure très scriptée. Loin d’être un problème, le jeu jouit d’un scénario et d’une mise en scène parfaitement immersifs qui pallient largement l’absence de missions secondaires ou de free roaming un peu excitant. Véritable plongée dans l’Amérique de l’après-guerre à la fin des 50’s, la réalisation quasi cinématographique, l’ambiance sonore exemplaire entre dialogues joliment ficelés, synchronisation réussie de voix de qualité (celle française d’Al Pacino entre autres) et environnement musical parfait font de ce jeu une nouvelle saga incontournable.
© Nintendo
© Take-Two Interactive Software
chroniques |
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Metroid : Other M – Wii L’ADN de ce nouveau Metroid porte les marques de ses excellentes antériorités : d’abord jeu de plateforme mythique, il devint un FPS de bonne facture. Le prolongement naturel de cette évolution fait que Metroid capitalise et devient un titre intelligemment hybride, alternant vues à la première et à la troisième personne. Le joueur a ainsi la joie de retrouver la chasseuse de prime Samus Aran et de comprendre enfin pourquoi elle fut sauvée il y a bien longtemps par une des créatures qu’elle combattait.
Civilization 5 – PC S'il ne devait rester qu'une franchise exclusive au PC, ce serait Civilization. Depuis presque 20 ans, le plus célèbre des jeux de stratégie a influencé le genre et blanchi les nuits de légions de joueurs. Belle reconnaissance, c'est un fan absolu de la série qui s'est vu propulser level designer de cette édition. Riche en innovation et moins brouillon, Civ5 gagne en simplicité. Nouveau moteur dédié, graphismes plus vivants, système de combat revisité et refontes stratégiques font de cet opus un jeu qu'on aime déjà, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre.
© IO Interactive
Kane & Lynch 2 : Dog Days - PS3 | Xbox 360 | PC Avec un background truffé de référence ciné, le premier volet de Kane & Lynch avait dégainé sans sommation sa grosse artillerie : duo de psychopathes, vannes de bonhomme et gunfights monstrueux pour un jeu qui suintait la testostérone. Le second ne déroge pas à ces règles violentes et place le couple de sauvages entre les pattes de triades bien énervées, dans un Shanghai vertigineux traité façon caméra amateur embarquée.
playlist |
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Stare into the sun | NWFree Music Graffiti6 transcende les genres. Housy, funky, folky, ce titre est avant tout sacrément punchy ! Ce jeune duo vient d'accoucher d'un hit efficace et immédiat, taillé pour un bon spot pub. Excuses | Rough Trade Records Ne vous excusez pas d'avoir produit un morceau majestueux, empreint d'une douce mélancolie. Ce tourbillon de cordes et de chœurs harmonieux nous plonge dans un état de grâce absolue. We Can't Fly | Eskimo Recordings Nos remixeurs préférés passent à la production, chic ! Des synthés disco, un soupçon de reggae, une chorale sémillante... We Can't Fly ? Pas sûr, ce titre nous fait bel et bien décoller ! Guettez l'album, il sort en octobre. Columbia « Je te plumerai la tête », une menace française reprise ici en refrain ! Le producteur d'Amy Winehouse (Mark Ronson) chatouille des claviers vintage. Résultat, une pop hybride bien ficelée. Le clip rétro-futuriste est giga bath !