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let’smotiv lyon n°03 - mai 2010

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n째03

/ mai 2010 / gratuit

LYON Cultures et tendances urbaines


Sommaire Let’smotiv - mai 2010 #03

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Oxmo Puccino – DR // © Philippe Chancel // Jean-Marc Halitim / Les Folies de Bettie

News 18 Evènement Nuits Sonores, le grand huit

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Reportage Dharma Punks, le grand écart Rencontre Ludovic Houplain 48 Enquête Tribute Bands, machines à remonter le temps 42

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Musique Oxmo Puccino, Le Roi de Cœur, Under Wire, Milow... 68 Cinéma Soudain le vide

70

Mode Roomate, Lingerie rétro 80 Exposition Jean Raine, Séquence 5, Nicolas Delprat... 92 Portfolio Polo Garat

98

Théâtre & danse Les Européennes, Tartuffe + Bérénice... Agenda 110 Littérature Assises Internationales du Roman 112 Nouvelle Judas

118

Agenda concerts 130 Le mot de la fin


Let'smotiv Lyon 5 place Louis Chazette - 69001 Lyon Tél : +33 482 53 05 71 - Fax : +33 482 53 05 70 redaction.lyon@letsmotiv.com Let’smotiv Lyon est édité par la S.a.r.l. Comme Ulysse Membre du réseau Let’smotiv Magazines Comme Ulysse, S.a.r.l. au capital de 5 000 euros RCS Lyon 518 308 879 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours Directeur de l’édition : Frédéric Blacher ASSISTANTE GÉNÉRALE : Adeline Marconnet Graphiste : Romain Noiry - www.ram-one.com Pub : Frédéric Blacher - frederic.blacher@letsmotiv.com

Ont collaboré à ce n° : Antoine Allègre, Thibaut Allemand, Nicolas Blondeau, Audrey Hadorn, Carole Lafontan, Édouard Launet, Sandra Moisson, Aurel Rotival, Silvère Teutsch, Gallia Valette-Pilenko Couverture : Maleonn

Let’smotiv est une publication d’Urban Press, www.urban-press.com 18 rue des Couteliers - 31000 Toulouse Tél : +33 561 14 03 28 - Fax : +33 561 14 25 22 - info@urban-press.com Directeur de la Publication : Laurent Buoro Directeur du Développement : Loïc Blanc

Publicité Nationale : Stéphanie Ganet, +33 561 14 78 37 pub@letsmotiv.com

Rédaction : redaction@letsmotiv.com Rédacteur en chef : Nicolas Pattou Rédactrice en chef adjointe : Léa Daniel Secrétaires de rédaction : Carole Lafontan, Judith Oliver

Régie publicitaire : Proxirégie : salvatore@proxiregie.fr

Direction Artistique : pao@letsmotiv.com Cécile Fauré, Christophe Gentillon

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Let’smotiv Toulouse

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Let’smotiv Méditerranée

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Let'smotiv Portugal

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En bref…

DR

Boules à facettes On n'est pas sûr d'être ultra objectif vu que les organisateurs sont des copains et qu'on adore les boules, mais dans la forêt de propositions qu'offrent les Nuits Sonores en journée, il fallait bien choisir. Coiffez votre bob, chaussez vos tongs et courez à l'électro pétanque le vendredi 14 mai au Jardin des Chartreux. Le site est incroyable, le principe rigolo et on nous promet quelques jolies surprises. ❥ Vendredi 14 mai de 15h à 22h, Jardin des Chartreux, Lyon 1er

Ma nuit au musée Visiter un musée de nuit est un peu un rêve de gosse. Le mieux serait encore qu'il soit vide, pour en apprécier toute la magie. Peu de chance cette année encore, tant la foule risque d'être compacte pour cette manifestation créée en 2005, qui offre la possibilité de (re)découvrir les collections du musée des Beaux-Arts, de flâner dans l'édifice Renaissance de Gadagne ou plus exotique de visiter le musée des sapeurspompiers ou celui d'anatomie... ❥ Samedi 15 mai www.nuitdesmusees.culture.fr

© MURIEL CHAULET


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Espace dévitalisé Après des mois d'incertitude, la décision est donc tombée : l'Etat ne renouvelle pas sa convention avec l'Espace 44, contrairement aux autres scènes découvertes de la ville. Un retrait de quelques 22 000 € qui place le petit théâtre des Pentes dans une situation plus que périlleuse. Pas d'explication officielle pour le moment de la part de la DRAC. André Sanfratello, l'historique directeur de l'Espace 44, donnera une conférence de presse le 11 mai. Une affaire à suivre.

DR

© BRUNO AMSELLEM

Pentes sous perffusion

Le Transbo, c'est l'Eldorado !

Après une 1ère édition à Strasbourg, Perffusion investit les pentes. Ce parcours street-art, organisé par l'association alsacienne Démocratie Participative et relayé par 1nside, se veut autant artistique qu'éco-citoyen. Le principe : utiliser les façades de locaux vacants comme toile d'expression créative. L'objectif de la manifestation consiste à montrer l'étendue de l'expression plastique en milieu urbain avec pas moins de 24 artistes internationaux. ❥ Vendredi 21 et samedi 22 mai, Pentes de la Croix-Rousse, Lyon 1er www.perffusion.com

Ca y est c'est officiel (ou quasiment, le Conseil Municipal doit acter le 15 mai) : la délégation du Transbordeur est confiée à Eldorado par le Maire de Lyon. Exit donc Victor Bosch, son fondateur. Dans un communiqué de presse au bon goût de langue boisée, l'équipe gagnante ne manque d'ailleurs pas de lui rendre hommage tout en donnant quelques pistes de travail pour l'avenir : revoir les tarifs à la baisse, optimiser le club, redonner un rôle central au Transbo. Plus de détails dans les semaines à venir.


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© ZAÜ

Jeunes résistants Résister : c'est la thématique choisie par la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne cette année. Une manière de montrer que le livre n'est pas forcément remplacé par la multitude d'écrans... Au programme : des rencontres, des expositions, des ateliers, des spectacles pour tous les chérubins et leurs parents. L'invité d'honneur de cette édition est l'illustrateur Zaü, qui signe également le visuel de la Fête. ❥ Samedi 8 et dimanche 9 mai, Maison du livre de l'image et du son, Villeurbanne

www.fetedulivre.villeurbanne.fr

Court toujours Le court métrage au cinéma est de retour. Pour preuve, le nombre de festivals qui y sont consacrés, mais aussi la manifestation organisée par les Lutins du court métrage, pour la première fois autour d'une seule et même date dans plus de 30 villes de France. Cette nuit des lutins permettra de découvrir une sélection d'une vingtaine de films, révélateurs qui sait des prochains grands du 7e art ? ❥ Jeudi 3 juin dans les cinémas Pathé et Gaumont de France, www.leslutins.com

Idées d'été Pour cette édition printanière du salon des créateurs ID d'art à l'Embarcadère, les organisateurs proposent une thématique outdoor. L'occasion de flâneries à la découverte d'une paire de tongs ou d'une chaise longue signées par un créateur. Pour les fauchés, il est toujours possible d'aller en bord de Saône se laisser bercer dans un hamac de l'espace détente. ❥ Du vendredi 7 au dimanche 9 mai, L'Embarcadère, www.id-dart.com


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Un pied sur le podium Après avoir joué, avec succès, sur la popularité du Playmobil, le musée des arts décoratifs de Paris ravive d’autres fantasmes du passé. Une histoire de la mode contemporaine retrace 40 ans de création à travers les défilés qui ont marqué leur époque. L'institution décrypte, d’abord, en 150 photos et 40 vidéos la haute couture des années 70 et 80. Cette exposition à lectures multiples suscitera certainement un nouvel engouement. Non seulement pour les admirables tenues des grands couturiers, mais aussi pour l’étude de la transformation des défilés en véritables shows. Vivement le deuxième volet (902000), prévu cet automne ! ❥ Jusqu'au

1.10, +33 144 55 57 50

Sans alcool Après Nantes, Rennes et Brest, Lyon se met à la mode de l'apéro géant via Facebook. Sauf que les « autorités compétentes » sont désormais partie prenante de l'organisation pour éviter tout débordement éthylique. Du coup, les organisateurs ne délivrent aucune info concrète (quand et où, sachant que l'idée de Bellecour a été abandonnée) et passent leur temps à se couvrir en rappelant l'interdiction légale de l'alcool sur la voie publique. Un apéro sans alcool : la fausse bonne idée du printemps ?

Jurassic Farce !

© DR

À la bonne heure! Yvan Arpa continue dérégler le milieu de l'horlogerie de luxe. Après la montre n'indiquant pas l'heure, le cadran en pièces de fusée Appolo et poussière de lune, ce champion de Karaté a aussi cloué la concurrence au tatami en 2008 en utilisant la coque rouillée du Titanic (si, si). Mais, le provocateur Suisse vient de faire encore plus fort. Sa dernière création se dote d'un fond nacré réalisé en coprolite. Soit, pour remettre les pendules à l'heure, de la crotte de dinosaure, dont authenticité est certifiée par un notaire.


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Todd terje


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Nuits Sonores,

le grand huit texte ¬ Antoine Allègre - photo ¬ DR

Du 12 au 16 mai prochain, le festival des musiques indies et électroniques fait son retour. Quelques centaines d’artistes sont invités. Quarante lieux sont investis. Des dizaines de milliers de festivaliers sont attendus. Des kilowatts de son vont être diffusés aux quatre coins de la ville. Difficile parfois d’y retrouver ses petits. On vous aide. Les Nuits Sonores font fort cette année en signant une de leur plus aventureuse programmation, joyeux et assourdissant conglomérat de valeurs sûres et de nouvelles têtes rafraîchissantes. À programmation dantesque, choix parfois cornélien. Dans la masse, huit noms attirent l’œil.


UNKLE

Têtes (d'affiche) chercheuses Si le Dijonnais Vitalic a déjà posé ses valises par chez nous, il vient cette fois présenter un live flambant neuf intitulé V Mirror – et lorsqu’on connaît le pedigree scénique de l’artiste techno frenchy, on ne risque pas de s’ennuyer. De quoi en prendre plein les mirettes (avec une scénographie spectaculaire) et les oreilles (Vitalic a tricoté les tubes

techno les plus classieux de cette dernière décennie). Si la France peut se targuer d’avoir en ses rangs un des plus sémillants artistes techno au monde, l’Allemagne peut en dire autant avec le duo Booka Shade qui, depuis le milieu des années 1990, prouve que la techno est aussi une musique de scène.


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BOOKA SHADE La scène, il y a un autre duo – belge cette fois-ci – qui la connaît par cœur. Car outre leur (très fréquentable) avatar pop appelé Soulwax, le binôme composé par la fratrie Dewaele s’est fait connaître à l’orée des années 2000 avec un sens abrasif du dj set derrière le nom de 2 Many Dj’s. Ces pilonneurs de dancefloor certifiés platines sont les indiscutables fers de lance du mashup : art consistant à, par exemple, prendre la voix de Beyonce Knowles et à la mélanger avec une guitare de Gary Numan. Du grand art.

Moins festif, plus cérébral mais tout aussi étonnant, Unkle est la grosse surprise de ces Nuits Sonores. Ce collectif mené par le fondateur briton du label Mo’Wax James Lavelle a réuni, au travers de trois albums mythiques (le quatrième Where Did The Night Fall est en approche), des artistes de la trempe de Dj Shadow, Thom Yorke, Richard Ashcroft, Massive Attack et tant d’autres. Proposant ainsi un regard profondément transversal de la musique contemporaine.


Mayer Hawthorne

Les newcomers Hudson Mohawke a été la sensation électronique de l’année 2009. Cet Écossais de 24 ans qui se fait appeler Ross Birchard par son facteur, geek assumé et musicien habité, a signé avec son premier album Butter, sa définition du funk mutant. Guère étonnant quand on sait que l’animal est signé sur le label Warp. Fou de jeux vidéo et dj hip hop durant ses jeunes années, il passe ses influences au blender électronique. En résulte une musique envoûtante toute en syncope, expérimentations cinglées et justesse rap.

Cela fait peu de temps que l’Américain Mayer Hawthorne a prouvé qu’il était un pur produit du groove made in Michigan. Depuis l’année dernière, il s’est imposé comme un des plus sémillants musiciens soul. Abrité par le label californien Stonesthrow (maison mère de Madlib), le blanc-bec à la voix de fausset aime la musique au charme suranné et attise le souvenir brûlant de grands bonshommes de la trempe de Smokey Robinson et Curtis Mayfield. Sa venue en live band risque fort de marquer les esprits d’un large sourire groove. Et de façon indélébile.


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Jesse Rose Du neuf avec de l’ancien. Jesse Rose n’est pas forcément un newcomer sur la scène électronique – 15 ans qu’il pousse des disques et 10 qu’il recherche de beaux samples et les colle à de beaux beats. Mais sa découverte a été tardive. Et le Londonien s’est imposé comme le meilleur producteur house de ces cinq dernières années. Haut la main. Il tricote des tubes brûlants, des remixs au top et enchaînent les dj sets en rendant de vibrants hommages à ses pairs d’antan originaires de Chicago sans jamais sentir la naphtaline. Une vraie machine à groover dans un monde trusté par la saturation et ❥

les compresseurs parfois balourds et aveuglément violents. De la musique chaude venue du froid. En parlant house, Todd Terje est également un bon client. Le Norvégien originaire de Mjøndalen peut contester la maestria de Jesse Rose. À 28 ans, ce mouflet biberonné au deep funk et au latin jazz est un des producteurs les plus excitants du moment grâce à ses ritournelles entêtantes d’une grande finesse saupoudrées d’une touche kitsch chère au disco. Un ensemble mélodique dopé par des nappes synthétiques évanescentes. /

PROGRAMME DES NUITS SONORES 2010 - Voir Agenda Concerts


RESIDENTS / PRINCIPAL texte ¬ Gallia Valette-Pilenko - photo ¬ The Residents, Talking light

Les Nuits sonores gratifient toujours le public d’un concert de clôture avec un groupe mythique, qui a marqué son époque et ses fans. Après James Chance (2005) et Einstürzende Neubauten (2008), voici que les Residents envahissent le Théâtre des Célestins. L’un des groupes les plus secrets de l’histoire du rock’n roll va pointer sa silhouette reconnaissable entre mille sous les ors du célèbre théâtre à l’italienne

de la place des Célestins. C’est-à-dire coiffés de leur chapeau haut-de-forme, vêtus de leur indéboulonnable smoking et de leur inoubliable masque en forme


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de globe oculaire. Venus dans la capitale des Gaules, au Transbordeur, il y a 12 ans, ils répondent présents pour cette nouvelle tournée intitulée Talking light Tour qui s’est ouverte à Santa Cruz aux États-Unis le 23 janvier dernier. À propos du show les Residents ont précisé « Que sont les fantômes ? » Adeptes d’une musique totalement inclassable, ils ont produit plus de soixante albums en 40 ans de carrière, dont les plus célèbres sont The Commercial Album ❥

(1980), Freak Show (1991) et Animal Lover (2005), et réalisé sept tournées sans jamais trahir leur secret, une identité préservée qui a suscité les plus folles rumeurs dans le monde de la musique. Grands amateurs de spectacle total, ils risquent de réveiller les fantômes du théâtre par leur prestation scénique qui tient toujours de la performance. LE concert à ne manquer sous aucun prétexte. /

The Residents 16.05, 20h, Théâtre des Célestins, Lyon 2e, 28€, www.nuits-sonores.com


Maleonn portfolio |

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Nostalgia Photographie, design graphique, peinture // Shanghai, Chine // www.maleonn.com

texte ¬ Carole Lafontan

« Les autres voient toujours plus clair que nous-mêmes », lâche-t-il, dans un sourire. Ce proverbe chinois est une élégante façon d'éluder notre question. Car Maleonn n'est décidément pas à l'aise lorsqu’il s’agit de décrire son travail. En revanche, il est intarissable sur sa passion : l'image. Quand, en 1995, il sort diplômé des arts appliqués (université de Shanghai), Maleonn a une carrière de directeur d’agence de publicité toute tracée devant lui. À la tête d’un studio de films et d’une équipe de 12 personnes, il décide pourtant de tout quitter en 2004. La relation avec les clients, sur fond de rendement et d’efficacité, ne l'épanouissait pas. Sensible à la peinture et au design graphique, il se tourne


alors vers la création indépendante, surtout vers la photographie. Et s'offre son premier appareil à 32 ans ! Ce qu'il envisageait dans sa jeunesse « comme une activité purement technique, presque comme réparer une auto ou bricoler une montre » est devenu un terrain fertile pour sa créativité débordante. Depuis, Maleonn expose dans le monde entier, accumule les récompenses. Puisant son inspiration dans la littérature et le cinéma, il collectionne des petits objets inutiles, qui habillent ensuite chacune de ses œuvres. Un sens du détail extraordinaire associé à une poésie délicieusement surréaliste... La série Nostalgia, réalisée en 2006, semble ressusciter sa jeunesse perdue et ses utopies passées. Derrière l’incongruité des scènes émergent des thèmes forts : l’amour brisé, la fuite du temps… /


Dharma punks Le grand écart texte et photos ¬ Silvère Teutsch / LightMediation


reportage |

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Mohan se baigne dans un lac et accomplit ses rites purificatoires lors de la venue de Narayana Maharaja, un ĂŠminent sage indien (Verbania, Italie).


reportage |

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Crêtes, tatouages et riff grinçants mais chakras ouverts... quand les punks prient Bouddha, c'est le choc des cultures. Ou presque. Lassés des excès autodestructeurs et attirés par la spiritualité orientale, les « Dharma punks » ont trouvé dans le bouddhisme une façon radicale d'exprimer leur désaccord avec la société : le renoncement. Reportage sans confession.

A

près « no future », un nouveau slogan fait une apparition timide sur les badges et t-shirts portés dans les concerts punk : « Meditate and destroy ». Ces termes vous semblent contradictoires ? Noah Levine, lui, vous dira le contraire. Pour changer le monde, il faut commencer par une révolution intérieure : « Méditer et détruire ses mauvaises qualités, sa haine, son envie, sa cupidité. Détruire les masques que nous portons. » Noah Levine ? Ce nom ne vous dit peut-être rien. Pourtant, c'est l'une des icônes du mouvement Dharma punk. Drogué à l'héroïne avant même de fêter ses 12 ans, il a accumulé les peines lourdes en centre de détention juvénile pour vols aggravés et dégradations diverses. Mais grâce aux conseils avisés de son père, auteur de nombreux ouvrages sur la * Dharma Punx et Against the Stream.

spiritualité hindoue, ce grand gaillard se convertit en prison. En signant lui-même deux best-sellers* sur le bouddhisme alternatif, Noah Levine a acquis une petite notoriété dans les communautés spirituelles de New York et de Los Angeles. Aujourd'hui, il dirige de nombreux séminaires et anime des ateliers pour les jeunes délinquants. Dans son sillage, cet Américain apaisé a entraîné une cohorte de punks et de rockers revenus des discours vindicatifs et jusqu'auboutistes. Il n'est donc plus rare de croiser des adeptes tatoués lors de la venue d'un sâdhu ou d'un lama. Ou de tomber nez-à-nez avec des figures du mouvement punk lors de festivals européens de méditation.

Régime sec Loin des clichés, on retrouve des Dharma punks dans toutes les >


Phanybushan à l'occasion d'un rassemblement à proximité de la frontière suisse.


Mahesvara et Mohan en marge d'un festival de yoga en Hollande.

« Les piercings de ces convertis détonnent parmi des pratiquants plus orthodoxes. » catégories socio-professionnelles : étudiants, professeurs, artistes, travailleurs sociaux, chauffeurs... Leur pratique varie bien sûr en fonction de leurs obligations. Certains, retenus par le travail ou la famille, se contentent de l'étude des livres. Les autres partent méditer en Inde. Leur passé, souvent placé sous le signe de nombreux excès, s'efface alors au pied des temples où ils pratiquent désormais la religion avec une étonnante sincérité. « J'ai tout essayé, les filles, les joints, l'alcool... j'ai abusé de tout pour échapper à ce monde », confie le Finlandais Mohan, cordon sacré autour d’un torse tatoué. « C'est finalement dans la contemplation que je trouve chaque jour mon bonheur.

Au lever du soleil, je suis pleinement éveillé et conscient de l'équilibre universel... ». Bien sûr, les nombreux piercings de ces convertis détonnent parmi des pratiquants plus orthodoxes. Mais eux s'en moquent et se plient aux exigences de leur nouvelle philosophie. « Nous ne buvons pas, nous ne fumons pas » poursuit Mohan en souriant. « Si je suis végétarien, c'est par respect pour les animaux ». Converti il y a 10 ans, Mohan retrouve dans le bouddhisme des valeurs alternatives, mais à ses yeux tout aussi universelles. « Le punk-rock m'a donné une vision différente du monde et de la société. Mais on ne peut pas améliorer la société lorsqu’on est en permanence >


En haut : Pour ces punks brahmanes, l'hygiène corporelle est un des fondements de la religion. En bas : Les initiés reçoivent le cordon brahmanique et font leurs voeux : méditer chaque jour et respecter certains principes (végétarisme et abstinence de drogues, tabac, alcool).


Prema offre des fleurs durant une marche mĂŠditative. Bordeaux, France.


Une offrande au dieu Hanuman lors d'un rassemblement à proximité de la frontière suisse.

« Cette génération s’est tournée vers l'extrême orient sans renier ses racines punk. » « high ». Les stupéfiants, légaux ou non, créent des individus aux valeurs morales quasi-inexistantes.»

Communauté d’esprits Cette histoire, c'est celle d'une génération en colère qui n’a pas trouvé de réponse à ses questions dans la rage (against the machine ?). Elle s’est tournée vers l'extrême orient sans pour autant renier ses racines punk et son insoumission à toute forme d’autorité. Ce grand écart est possible grâce à la souplesse du dharma. Les religions orientales auraient le don d'accueillir sans problème des fidèles laïques ou hétérodoxes. De plus, au-delà des apparences, le

mouvement punk et le bouddhisme ont de nombreux points communs. Notamment sur les questions de liberté et de libre-arbitre, de souffrance et de frustration. Comme le pointe justement Don Letts, grande figure du punk anglais, auteur de plusieurs documentaires : « On a réduit cette scène à ses aspects superficiels : les épingles à nourrice, la crête et le nihilisme, alors qu'elle parlait de liberté, de responsabilisation et d'individualité. » Finalement, ce syncrétisme pas banal est une manière de dépasser le punk dans son acception la plus galvaudée et de redonner une crédibilité à un mouvement ô combien caricaturé. /


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Studio H5

Ludovic Houplain Now logo ! Propos recueillis par ¬ Thibaut Allemand Photos ¬ Studio H5

Le studio H5 n’a pas quinze ans, mais un legs déjà impressionnant. Tenez : une centaine de pochettes, flyers et autres typographies qui ont marqué la French Touch, des campagnes de pub pour des marques de luxe, l’habillage de Canal+, des clips pour Björk ou l’emblème de la marque Kulte. On parle beaucoup de H5 ces derniers temps, car les Frenchies ont remporté l’Oscar du meilleur film d’animation avec Logorama. Un court-métrage phénoménal durant lequel le Bibendum Michelin est lancé aux trousses du clown McDonald’s, qui a pris en otage le (sale) môme Haribo dans un décor uniquement constitué de logos. Un pitch indescriptible, pour un film halluciné. Rencontre logo…rrhéique avec le fondateur de ce studio pas comme les autres, Ludovic Houplain.


« On s’est inspiré des dialogues crus de Pulp Fiction, pour trancher avec l’aspect acidulé des logos. »

❖ Images extraites du court-métrage Logorama récompensé d'un oscar. Logorama - Réalisation : H5 (F. Alaux, H. de Crécy & L. Houplain) - Production : Autour de Minuit, Addict Films, H5, Canal+, Mikros - Images, CNC, Arcadi.


Images issues du storyboard ❖ de Logorama.

Vous précisez toujours que H5 n’est pas une agence. Pourquoi ? La plupart des agences visent d’abord la rentabilité. Nous, on privilégie l’équilibre artistique. Imposer les choses aux gens tue la création et l’envie. H5 travaille pour la publicité, le film, le luxe…. C’est une position qui a nécessité un relatif équilibre financier. Je me suis toujours dit qu’à un moment donné, on passerait le cap où l’on nous paierait suffisamment pour rester dans cette logique. Une campagne Dior, en 1999, nous a permis d’atteindre cet équilibre. Travailler pour le luxe, c’est une tout autre logique, non ? La moitié des agences de luxe ne travaille pas avec des agences de pub, mais directement avec des artistes. Si l’on est trop consensuel, sans parti pris, ça lasse les gens. Pour nous, le luxe c’est vraiment une parenthèse entre différents supports. Ceci dit, lorsqu’on répond à une commande on ne peut guère en sortir : planning, délai, budget… Quelle fut votre première réalisation vidéo ? C’était en 1999, avec le clip de The Child, pour Alex Gopher : reposant uniquement sur de la typographie, il contait l’histoire d’un accouchement à New York, bardé de clins d’œil à Aphex Twin, Taxi Driver…

Logorama contient aussi quelques petites références au cinéma populaire US, n’est-ce pas ? Oui, on s’est inspiré de films comme Pulp Fiction, aux dialogues crus, pour trancher avec l’aspect acidulé des logos. Antoine et moi n’avons pas fait d’école de cinéma, mais on pense qu’il n’y a pas mille manières de poser une caméra… Donc on a dérushé une trentaine de films. En essayant de comprendre comment ça marche, pourquoi il y a tel mouvement – on a appris sur le tas. L’idée de Logorama était-elle en germe depuis longtemps ? Le scénario, non. Mais le concept, oui. Des clips contenant cette idée ont failli être réalisés. Pour George >


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« La parade contre la censure : être hypermédiatisé dès le départ » Harrison, par exemple. Mais trop frileuse, la maison de disques nous a demandé de créer de nouveaux logos, des marques imaginaires. ça n’avait plus de sens. Plus tard, Beaubourg nous a commandé un film pour une exposition. On a donc proposé Logorama en disant : « Pas de problème, donnez-nous un mois ! ». À terme, on n’avait pas l’ébauche d’un début de seconde d’animation. Alors que le film devait durer quatre minutes… (rires). On a beaucoup parlé des risques juridiques pris par votre film. On a vite compris que si on voulait faire ce film, il nous fallait quitter les circuits traditionnels du clip, et l’imaginer en tant que court-métrage. M6, MTV ou les majors l’auraient censuré. On a donc sollicité trois avocats ! L’un d’eux a trouvé la parade : être hypermédiatisé dès le départ. Le lancement à Cannes faisait partie de ce plan. Nous n’avons jamais eu la moindre menace depuis. Logorama a-t-il une portée politique ? (sourire) Ce n’est pas un film altermondialiste ni contre la société de consommation. C’est un constat, que l’on retrouve chez Warhol ou Andreas Gursky. Les logos sont des

codes dans lesquels nous sommes immergés depuis des années. Comment avez-vous choisi les logos que vous souhaitiez détourner ? Les story-boards originaux ne comprenaient pas les logos – on les a cherchés ensuite, comme si on engageait des acteurs : un vrai casting, avec des recoupements de caractères, de formes. Alors, forcément, le tueur psychopathe, c’est le clown McDo. Mr Propre aurait pu avoir un côté à la Nicholson, mais il n’a même pas de jambes ! Quels autres logos auriez-vous souhaité utiliser ? Certaines séquences ont été réalisées en 2D, mais ne sont pas dans le film : Facebook, Volkswagen, Zodiac. Elles resteront à l’état de dessin. Pour finir : c’est quoi, un bon logo ? Un bon logo fonctionne en petit et en grand, en noir et blanc et en couleurs. En fait, je préfère dire ce qu’est un mauvais logo ; le logo SNCF ou TGV : ils flottent, il y a des dégradés, le TGV, on le retourne, c’est un escargot, c’est mou. C’est vraiment très mauvais. Dommage, car la SNCF en possédait un très bon, formé avec deux rails, dessiné par Roger Tallon. Désormais, on dirait


❖ Pochette d'album, étienne de Crécy, Superdiscount // Planches d'albums // Pochette d'album, Demon, Midnight Funk //Image extraite du clip d'Alex Gopher, The Child, Réalisation : H5 (A. Bardou-Jacquet & H. de Crécy), 1999.

un marchand de fleurs, on lit SKF… C’est représentatif de l’époque. On se fiche du passé, un nouveau logo est créé lorsqu’un nouveau dirigeant débarque dans une boîte et déclare « Bonjour ! je vais marquer de mon ❥

empreinte cette société avec un emblème magnifique ! » Tu parles… Il y a des sociétés familiales comme Michelin qui ont su faire évoluer leur logo, le renforcer, sans changer l’identité de la société. /

À découvrir / www.h5.fr, www.logorama-themovie.com à lire / This is the end. cover art by H5, texte : Adrian Shaughnessy et Alexis Bernier, designer : H5 & deValence, photo : Pascal Béjean, fév. 2009, 244 pages, 38€


The Rabeats : quatre garçons dans le vent venus d’Amiens. Ils ont réuni dans les salles françaises plus de spectateurs que les Beatles.


enquête |

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texte ¬ Edouard Launet photos ¬ The Rabeats © Fabrice Demessence, Cover Queen © Jeff Alcaras

Tribute Bands Machines à remonter le temps Des dizaines de groupes remplissent les salles européennes et américaines en ressuscitant Led Zeppelin ou Deep Purple, le Jimi Hendrix Experience ou Abba. Ces tribute bands ne constituent certes pas un phénomène nouveau. Mais leur longévité et leur succès croissant étonnent. Eston là dans une nostalgie pathétique? Qu’est-ce qui se joue dans cette tributemania, dans ce faux et usage de faux ? Tentatives de réponse avec The Rabeats, quatre petits gars d’Amiens qui, à raison d’une cinquantaine de concerts par an depuis dix ans, ont réuni dans les salles françaises plus d’auditeurs que les Beatles eux-mêmes*. * Les 4 de Liverpool se sont produits deux fois en France


The B-38's (au lieu de The B-52's) jouent avec les chiffres pour mieux se glisser dans la peau des maîtres déjantés de la New wave 80's.

« Mieux qu'un juke-box, plus amusant qu'une vidéo. »

C

e soir, il neige sur Aulnaysous-Bois (Seine-Saint-Denis), et il y a quelque chose dans l’air qui donne méchamment envie d’aller se pendre. Pourtant, aussitôt franchies les portes de l’Espace Jacques-Prévert, on se retrouve au milieu de 700 personnes qui ont le sourire aux lèvres. Le rideau se lève, on aperçoit sur la scène quatre types avec coupes au bol et costards sixties qui, du fond de la salle, peuvent passer pour les Beatles. C’est parti

pour deux heures de musique, soit une trentaine de tubes des Fab Four. Mieux qu’un juke-box, plus amusant qu’une vidéo : les Rabeats, tribute band (groupe-hommage) dédié aux compositions de Lennon et Mc Cartney, nous font passer un très bon moment. Nous jouons à être le public des Beatles, tandis que les musiciens s’évertuent à être les Beatles comme ils peuvent. On s'y croirait. « Le public et le groupe sont, d’une certaine manière, tous deux acteurs d’un


Pattes d'éph' satinées, cols pelle à tarte. La parfaite panoplie des babas d'ABBA. Mamma mia !

show : ils interprètent des rôles en se conformant à un ensemble de règles tacites », avance Ian Inglis, sociologue des musiques populaires à l’université de Northumbria. « Sly », chanteur et guitariste des Rabeats, confirme cette savante analyse : « Souvent, les gens nous interpellent en anglais. Ils nous lancent des ¨Hey John, how do you feel ?¨ » Ian Inglis parle d’« une suspension temporaire du scepticisme ». C’est donc à la fois un concert et une fiction.

Bande à part Les premiers groupes-hommages sont nés en Australie, puis l’idée s’est répandue à travers le monde. Dès les années 90, un tourneur de la région d’Amiens, Philippe Tassart, voulait faire venir en France les Bootleg Beatles, le meilleur des groupeshommages anglais. Le projet tombe à l’eau, mais Tassart entend parler d’un groupe de copains amiénois branchés Beatles. Va les voir jouer dans une pizzeria de Fort-Mahon- >


enquête |

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« Se prendre pour les vrais Beatles relèverait du pathologique. » Plage. Est immédiatement séduit. Avec Tassart, les Rabeats vont s’y mettre de manière plus pro, perruques, costards étroits et éléments de scénographie pour évoquer l’époque. En 2003-2004, ils font la première partie d’une tournée de Pascal Obispo. Aujourd’hui, c’est une affaire qui tourne. «Ils font plus d’entrées que beaucoup d’artistes bénéficiant d’une plus forte notoriété», souligne leur producteur. Tenir la distance Les Rabeats affirment ne ressentir aucune lassitude à faire du LennonMcCartney en boucle. « Ce sont les plus belles chansons du monde, dit Sly. Et puis on essaie toujours de progresser, de mieux jouer ». Ils réécoutent régulièrement leurs prestations en concert pour voir si, sous le coup de l’enthousiasme, leurs interprétations ne dérivent pas trop par rapport à l’original. S’effacer derrière ses modèles n’est sans doute pas simple tous les soirs. Mais se prendre pour les vrais Beatles relèverait du pathologique. « La principale difficulté, analysent les Rabeats, c’est de se mettre chaque soir dans la peau de garçons d’une vingtaine d’années, avec une maîtrise pas toujours parfaite de leur

instrument mais d’un enthousiasme débordant. » Eux n’ont pas le droit à la spontanéité, et ils n’ont plus 20 ans ! Combien de temps encore tiendront-ils le coup ? En Angleterre, les Bootleg Beatles, nés en 1980, fonctionnent toujours avec la formation de départ (à une exception près). Trente ans de Bootleg-beatlemania, alors que le groupe original, lui, a duré moins de dix ans… Let it be « Le phénomène est parti pour durer », pronostique Ian Inglis, qui voit là un marché solvable : « D’un côté, le public a l’occasion de vivre quelque chose qu’il avait manqué ; de l’autre, les musiciens et leurs producteurs montent des spectacles plutôt lucratifs. » Le vieux serait-il devenu meilleur que le neuf ? « C’est une erreur de penser la musique en termes de « vieux » et de « neuf », répond Inglis. « Après tout, on écoute toujours Beethoven, Bach et Mozart. Les tribute bands ne font que recréer la musique de gens désormais indisponibles pour diverses raisons. » Il y a désormais des classiques dans la pop culture. Mais de leurs interprètes, on attend avant tout qu’ils soient fidèles aux enregistrements, pas aux partitions. /


À coups d'effets laser, sur des écrans géants, The Australian Pink Floyd Show recherche l'ambiance des concerts mythiques de la bande à Gilmour.

Grand mélomane, Freddie Caramia de Cover Queen maîtrise la guitare, le piano et le chant lyrique. The show must go on !


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Le cas

Puccino texte ¬ Antoine Allègre - photo ¬ DR

Douze ans qu’Oxmo Puccino sillonne les routes de France et squatte les bacs des disquaires avec son rap haut de gamme et finement lettré. Son dernier album en date L’Arme de paix, lui a même valu une Victoire de la musique. Rencontre avec un rappeur que l'on découvre en geek invétéré. Entre votre premier album Opéra Puccino sorti en 1998 et cette Victoire de la musique, 12 années se sont écoulées. Un grand moment de votre carrière ? (Soupir de soulagement) Ça fait du bien. Qui l’aurait cru ? Beaucoup de choses se sont mélangées dans ma tête au moment où j’ai soulevé le trophée. J’ai pensé aux miens, aux freestyles en radio de l’époque, aux premières cassettes. Ça m’a fait réaliser que ce n’était pas que mon trophée, c’est aussi celui de mes proches, de mes musiciens et producteurs.

Est-ce selon vous la meilleure des façons pour un rappeur d’arriver au stade de l’âge adulte ? C’est vrai que c’est une transition un peu casse-gueule. En ce qui me concerne, je n’ai jamais vraiment réfléchi à ce passage. Lorsqu’on débute dans le rap, on a envie que cela reste ludique le plus longtemps possible, que l’on prolonge son adolescence. Ce n’est pas évident de faire partie des précurseurs, ça devait être pareil pour les John Coltrane, Miles Davis et consorts. Aucuns d’entre eux ne savaient qu’ils allaient >


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"Faire partie des précurseurs n'est pas évident. Ce devait être pareil pour les John Coltrane, Miles Davis et consorts." changer l’histoire de la musique. Il suffit de suivre ses rêves. Quel est le vôtre ? Mon rêve ? Ce n’est pas compliqué : faire de la musique. Quand j’étais enfant, je rêvais d’avoir un synthétiseur et un ordinateur. Aujourd’hui je suis un homme comblé, j’en ai plein (rires). Vous avez tant d'ordinateurs que ça ? Vous n’imaginez pas, je suis gravement atteint. Je suis un passionné de technologie. A l’époque de mon premier album, vers 1999, j’étais plus facilement joignable sur Msn que sur mon portable (rires). Votre côté geek est un pan de votre personnalité que l’on connaît peu. C’est vrai, et pourtant… J’ai quelque chose comme six ordinateurs chez moi, tous reliés en réseau et tous évoluant ❥

sous deux systèmes d’exploitation différents : Windows et Linux. Je suis très freeware, j’utilise Linux depuis Mandrake 6.1. J’ai connu l’ivresse des nouveaux médias. Twitter m’intéresse énormément. C’est rapide et simple. Tout le contraire de Facebook en somme. En tant que féru d’informatique, la loi Hadopi doit vous faire gentiment marrer ? C’est vrai, cette loi me fait bien rire. On joue sur la crédulité de gens et on remet en cause leur bonne foi. Alors que la plupart ne sait même pas ce qu’est, par exemple, un gigapixel sur un appareil photo numérique. C’est dire. Pour télécharger de la musique illégalement, il n’y a même plus besoin de passer sur les réseaux peer to peer, il suffit de télécharger directement sur des serveurs proxy basés, pour la plupart, en Hollande. /

Oxmo Puccino + Koumekiam et Xtatik 7.05, 20h, Le Transbordeur, Villeurbanne, 22 €, www.transbordeur.fr


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Le Roi de cœur texte ¬ Audrey Hadorn - photo ¬ La Dame de Pique © Stofleth

Affranchir la littérature russe et porter une œuvre démesurée au romantisme grandiose n’ont pas suffi à Pouchkine pour acquérir une renommée internationale égale aux auteurs qu’il a inspirés. Soit Dostoïevski, Tolstoï, Gogol… L’Opéra de Lyon met à l’honneur le poète, dramaturge et romancier avec des concerts et trois opéras de Tchaïkovski dont les livrets sont imprégnés des écrits du maître. Si Pouchkine a révolutionné la littérature russe au début du 19e siècle, ses ouvrages sont malheureusement peu connus en dehors de la Russie. Trop poétiques et pas assez bien traduits pour être populaires ? Peut-être… Mais l’âme de son œuvre a largement traversé les frontières, portée au sein même de la littérature russe moderne. Pouchkine, incarnation du romantisme russe, est tout simplement dans l’inconscient collectif. Génial créateur d’un réalisme poétique habité d’une majestueuse grandeur, il a su mêler à la poésie la quotidienneté de la vie et le langage parlé. Étonnamment modernes dans le style et dans les problématiques abordées, ses écrits sont saisissants. La trilogie du festival le démontre ; l’opéra Eugène Onéguine narre les aventures d’un célibataire qui passe à côté de l’amour au nom de sa liberté, La Dame de pique propose une plongée dans le monde du jeu et Mazeppa brosse le portrait d’un loser magnifique. « S’il avait écrit comme il vivait, Pouchkine eût été un poète romantique, inégal dans son inspiration. S’il avait vécu comme il écrivait, il eût été un homme pondéré, sensible et heureux. Il n’a été ni l’un ni l’autre. Il a été Pouchkine. », écrivait Henri Troyat en hommage à la complexité du personnage. L’écrivain a passé son temps à s’opposer au pouvoir et l’homme a perdu la vie en 1837, à 38 ans, dans un duel pour l’amour d’une femme. Résonnent alors étrangement ces vers de Souhait écrits en 1816, « Que de la vie il ne demeure / Rien… Je n’aime que mes tourments…/ Disparaissez, ô tristes heures,/ Je veux mourir mais en aimant ! ». / ❥

Festival Pouchkine Jusqu'au 21.05, Opéra de Lyon, Lyon 1er, 0826 305 325, www.opera-lyon.com


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Under Wire texte ¬ Aurel Rotival - photo ¬ Maya Newman

Punk is not dead ! Sid Vicious, Joe Strummer, Malcolm McLaren ne sont plus mais la flamme est entretenue par Wire, dont l'aura sur toute la scène rock actuelle est considérable. En 1977 sort l’album Pink Flag : un compromis brillant entre le punk idiot et fêtard des Sex Pistols londoniens et le punk intello et arty des New-yorkais de Television, des morceaux fulgurants (vingt huit secondes pour le plus court), des instrumentaux fascinants et atmosphériques, une noirceur captivante pleine de rage et un visuel froid et épuré. Les quatre étudiants de l’Art School de Watford plantent leur drapeau rose haut, très haut sur la montagne du génie, inventent le post-punk et ouvrent la voie à leurs compatriotes Joy Division, Section 25, Cabaret Voltaire et autres pépites du label Factory. Au fil du temps, le son brut et impatient de Pink Flag laisse la place à un son plus organisé, à grands renforts de synthétiseurs, puis à des expériences électroniques élaborées. Après plusieurs périodes de silence, le groupe se reforme en 1999. Le temps de deux albums, en 2003 et 2008, Wire se transforme en laboratoire musical, une corde à laquelle sont suspendues esthétique bruitiste, pulsations industrielles et mélodies imparables. Seul groupe de la mouvance eighties britannique que la new wave et l’ego n’ont pas tué, à l'inverse des papys fatigués de New Order, Wire façonne depuis plus de trente ans une œuvre avant-gardiste et expérimentale, dont l’influence sur le rock indépendant d’aujourd’hui, le mathrock et la britpop se situe au-delà des simples ventes de disques. / ❥

WIRE 25.05, 20h30, L’Épicerie Moderne, Feyzin, 8 à 13 €, 04 72 89 98 70


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Humm… c’est du Belge ! texte ¬ Sandra Moisson - photo ¬ Morten Rygaard

Auteur-compositeur belge, Milow - de son vrai nom Jonathan Vandenbroeck - ne chante ni en wallon ni en flamand mais en anglais. Ouf ! Depuis le tube pop folk You don’t know sorti en 2007, Milow squatte le top des meilleures ventes d’albums en Belgique et en Hollande. Mais le conte de fée commence réellement en 2008, le jour de son passage sur une radio belge où il improvise en direct une reprise de Ayo Technology du rappeur américain 50 Cent. La magie d’internet fait le reste. Kanye West poste cette version acoustique sur son blog perso et le clip totalise 10 millions de connexions sur YouTube. Le single se classe n°1 des ventes Itunes en Suède, en Autriche et en Allemagne. N°2 en France. Sa maison de disque en profite pour sortir Milow, une compilation de titres parus sur ses deux premiers albums consacrés disques d’or en Belgique mais dont le succès n’avait pas dépassé les frontières du plat pays. Aujourd’hui, à 29 ans, le petit gars de Louvain connaît la consécration. Pendant les concerts, ses ballades pop folk - du genre à faire craquer les filles - sont reprises en chœur par le public. Les groupies des premiers rangs, des étoiles dans les yeux et les bras levés, ne se crament plus les doigts à tenir un briquet allumé mais déchargent leurs batteries de téléphones mobiles à force de garder l’écran éclairé. Question d’époque. / ❥

Milow 22.05, 20h, Le Transbordeur, Villeurbanne, 25 €, www.transbordeur.fr


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Souris verte texte ¬ Sandra Moisson photo ¬ DR

L’ex top-model australienne installée à Paris revient avec un nouvel album Honky Tonk deux ans et demi après le succès de White T-shirt et son tube pop acidulé Oh !. Avec ses cheveux d’ange et son joli minois, Micky Green aurait pu gambader dans les prés pour une pub Belle des Champs. Arrivée à 18 ans de son Australie natale pour tenter l’aventure de mannequin à Paris, elle n’en est jamais repartie. Sauf qu’elle a rapidement délaissé la mode et les séances photos pour se consacrer à sa vraie passion : la musique. Contrairement aux actrices qui poussent (mal) la chansonnette ou aux mannequins reconverties en djettes branchouilles, Micky Green n’est pas une imposture. Joueuse de batterie depuis l’âge de onze ans, elle a bricolé elle-même son premier album White T-shirt sur son ordinateur portable – plus pratique à transporter que la batterie – dans les chambres d’hôtels, entre deux avions. Elle est devenue célèbre grâce au tube Oh !, une perle pop fraîche et pimpante piquée de quelques claquements de doigts et enrobée d’une voix sucrée. Cette Green touch se retrouve sur l’album Honky Tonk, à nouveau produit par Renaud Létang (Manu Chao, Feist, Gonzales…). Moins éthéré, plus dansant, le renfort de cuivres et de percussions sur certaines chansons donne un fini plus groovy. Quant à Micky, elle est toujours aussi sexy. / ❥

Micky Green 18.05, 20h30, Le Transbordeur, Villeurbanne, 23 €, www.transbordeur.fr


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texte ¬ Aurel Rotival - photo ¬ DR

Programme de rentrée Rareté. On n’avait plus entendu parler d’Arnaud Michniak, carte mère de feu Diabologum, et son compère Damien Bétous depuis le maxi Bogue, sorti en 2004, et l’album solo Poing perdu, délivré dans la plus grande discrétion courant 2007. Programme, élément détonnant et indispensable du paysage musical rock français, a donc été désactivé pendant six longues années. Le monde nihiliste et désespéré que le duo avait réussi à concevoir, disparaît de la circulation, s’enfouit dans les bas-fonds de nos mémoires vives, disparaît dans la corbeille. C’est alors que, le temps d’un album, Agent Réel, Programme est réactivé cette année. Loin des formatages et des copiés-collés, les deux complices retrouvent leur énergie désincarnée et leur verve bruitiste. Un mélange d’ambiant et de lyrisme, d’expérimentations morbides et de drone schizophrène, de paroles déclamées en spokenword façon musique urbaine déviante et d’orchestrations rock surpuissantes, un virus, un bug dans notre vision de la musique contemporaine. Programme, c’est également une nouvelle façon de penser un concert, un plug-in multifréquence pour l’expérience live. Le groupe défragmente sa musique, avec un plaisir coupable et un déséquilibre constant qui lorgnent vers l’improvisation et l’art plastique. Le bruit et la fureur d’une machine en surchauffe, mais aussi le silence et le calme d’un redémarrage, Programme est un groupe rare, mais réel. / ❥

PROGRAMME 27.05, 20h30, Le Clacson, Oullins, 8 à 12 €, 04 72 39 74 93


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L'essence

des sens texte ¬ Aurel Rotival photo ¬ DR

Présenté à Cannes en 2009, Soudain le vide (Enter the void) sort enfin sur les écrans. L'occasion de reparler de son réalisateur Gaspar Noé. Les détracteurs de Gaspar Noé ont souvent oublié un détail essentiel : l’adhésion à son cinéma, volontairement critiquable et allègrement critiqué, ne peut passer que par une soumission totale et consentie à sa violence graphique, sa provocation facile et son sens du slogan pamphlétaire. Le spectateur doit lui tendre la main, pour mieux se laisser entraîner dans les bas-fonds putrides du rectum d’Irréversible ou dans la chambre d’hôtel miteuse de Seul contre tous, où Dieu sait ce qu’il adviendra. C’est là que réside toute la qualité de l’œuvre de Noé. Derrière la philosophie bas de gamme et le néant discursif se cachent une véritable quête esthétique et un travail formel fascinant. Une entreprise parcourue ❥

de leitmotivs visuels, hallucinogènes et psychédéliques. La nouvelle expérience sensorielle du Docteur Noé, Soudain le vide, ne déroge pas à la règle. Le sens s’efface au profit des sens, dans une obsession formelle qui éblouit. Dépucelé à l’âge de six ans dans une petite salle de Buenos Aires par Kubrick et son 2001, Noé ne cache pas ses références - du Angst de Gerard Kargl (1983) au Colloque de chiens de Raoul Ruiz (1977) - et sa mission : produire un cinéma visuel et violent à l’excès, choquer le bourgeois, shooter ses spectateurs au soufre et à l’acide. Mais derrière toute la crasse, une lueur brille, et là, au fond de la fange, se terrent l’ivresse et la beauté. /

Soudain le vide De Gaspar Noé, avec Nathaniel Brown, Paz de la Huerta, Cyril Roy... Sortie le 5.05


Photographies : Nicolas Fleuré // Modèles : Anne Sophie et Naïka // Coiffure : Remy Fournier, Unik // Maquillage : Perrine Sorriano // Stylisme : Emmanuel Delpiroux

Roomate


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Anne-Sophie : Chemise Carhartt Jean Silk n'jeans et baskets PF (l’Atelier) Naïka : Marinière BEND SHE (l’Atelier)


Anne-Sophie : Sweat shirt KULTE (Corezone) ; Sarouel Nikita


Na誰ka : Veste Loft Design By ; Chaussures Mellow Yellow (l'Atelier)


Combinaisons Paul Frank (Corezone) ; Montre noire Nixon ; Montre bleue TIMEX ; Lunettes bleues Vans


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Lingerie rétro :

chaud show

texte ¬ Sandra Moisson - photo ¬ Jean-Marc Halitim / Les Folies de Bettie


La 9e édition du Marché de la mode vintage se tient à Lyon le week-end du 29 et 30 mai sur le site de l’ancien marché de gros à Perrache. Parmi plus de 300 exposants, ce rendez-vous incontournable accueille pour la première fois, une spécialiste de la lingerie rétro. La Lyonnaise Adeline Buffet, créatrice de la boutique en ligne Les Folies de Bettie, présente des modèles de soutien-gorge, culottes, serre-taille et portejarretelles des années 40-50. Une nouvelle tendance sexy et rock’n’roll qui réhabilite le look pin up, pour le plus grand plaisir des garçons…


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"Le string est totalement out. On cache plus pour mieux suggérer."

Adeline Buffet se passionne pour l’univers de l’Amérique des années 40-50. Elle collectionne les objets déco vintage (vieux poste de radio, téléphone, tourne-disque...), écoute des vinyles de rockabilly, roule en Vespa et cultive son look rétro sauce rock’n’roll jusqu’à ses dessous… « Sur des concerts de rock fifties j’ai rencontré des filles qui me demandaient où j’achetais ma lingerie vintage. D’où l’idée de créer Les Folies de Bettie ». Sur son site de vente en ligne, Adeline propose une sélection de créateurs anglais qui utilisent les patrons des pièces de lingerie des années 40 et 50 pour les re-fabriquer à l’identique. Soutien-gorge obus, culotte haute, serre-taille et déshabillé en dentelle… Des modèles immortalisés par la célèbre pin up des années 50 Bettie Page et remis au goût du jour par Dita von Teese et Bernie Dexter, les néo pin ❥

up qui ont relancé la mode des silhouettes carénées et du glamour. « Le string est totalement out » confirme Adeline. « On est revenu à une lingerie plus couvrante. On cache plus pour mieux suggérer… ». La nouveauté, c’est que cette tendance touche désormais le grand public. Parmi les incontournables de la lingerie rétro, Adeline cite le soutien-gorge obus rendu mythique par la poitrine conique de Marilyn Monroe. « Il se porte facilement sous une tunique ou une chemise cintrée, avec une jupe ou un jean », affirme la spécialiste. Les autres modèles qui marchent bien : l’ensemble vichy culotte à froufrou et soutien-gorge triangle, la culotte gainante, le serre-taille, les bas couture et le porte-jarretelle. Vendus entre 15 et 95 €. Et pour celles qui hésitent encore, Adeline propose des séances d’essayage à domicile. /

Marché de la mode vintage 29 et 30.05, ancien site du Marché de Gros, Confluence, Lyon 2e, 5 € valable les 2 jours www.marchemodevintage.com Les FolieS de Bettie 06 12 77 47 16 / 04 26 65 64 49, www.lesfoliesdebettie.com


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Raine de beauté texte ¬ Gallia Valette-Pilenko photo ¬ Tête de bois, 1975© Jean Raine

Poète, cinéaste, écrivain, Jean Raine fut surtout peintre, contemporain de l'aventure surréaliste comme du groupe Cobra. Son œuvre picturale est à (re)découvrir jusqu'à fin mai. Tandis que s’ouvre au Musée des Beaux-Arts une importante exposition consacrée aux frères Van Velde (dont on reparlera prochainement), la galerie Henri Chartier propose des lithographies de Bram Van Velde, comme en écho. Mais aussi et surtout des peintures de Jean Raine. Artiste impossible à cataloguer, mort en 1986 à Rochetaillée-sur-Saône, Jean Raine a laissé une œuvre prolifique (plus de 200 œuvres) et proliférante. Quelques beaux exemples sont exposés dans la minuscule galerie sise rue Burdeau, une vingtaine de pièces en tout qui rendent compte de l’univers délirant et poétique de ce peintre d’origine belge qui fréquenta beaucoup Henri Langlois et André Breton. De Tête de bois à Roue libre en passant par Élixir pour mon chat, les titres sont aussi évocateurs que les toiles ellesmêmes, bien que les liens ne soient ❥

pas toujours faciles à établir. Normal quand on sait qu’il les baptisait après les avoir réalisées. « Essayiste de la provocation jusqu’à liquidation physique du provocateur » comme il est écrit dans le catalogue de l’exposition au Centre d’art contemporain de SaintPriest (avril 1988), Jean Raine aspire le spectateur dans sa spirale délirante, du trait assuré et vif de ses dessins à celui plus tremblé et ténébreux de ses acryliques. C’est un monde peuplé de figures grinçantes et sombres, maelström de couleurs et de coups de pinceaux rageurs, qui rend compte de ses angoisses, hantises et démons. D’autant que s’il y a peu d’œuvres, elles embrassent toute la vie de l’artiste. Et les dessins sont des bijoux d’humour et de sarcasmes, qu’on pourrait presque s’offrir (à condition de se serrer un peu la ceinture). /

JEAN RAINE Jusqu’au 29.05, Galerie Henri Chartier, Lyon 1er, 04 72 44 02 58, www.henrichartier.com


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La séquence du spectateur

texte ¬ Gallia Valette-Pilenko photo ¬ TTrioreau, The Sarajevo Holiday Inn On Fire, 2006 ©Nicolas Durand

Sortir de la ville pour mieux découvrir l'art. C’est à un vrai jeu de piste que convie la dernière exposition du Fort du Bruissin à Francheville. Niché au cœur de la verdure, ce fort qui n’a jamais vraiment servi (sauf aux Allemands pendant la seconde guerre mondiale), mérite le déplacement pour Séquence 5, le nouvel accrochage conçu par le maître des lieux, Jérôme Cotinet-Alphaize. D’autant que non content de découvrir des œuvres résolument contemporaines, le visiteur peut ensuite aller randonner autour du fort pour une balade champêtre (bienvenue en cette saison). La curiosité est le principal moteur de cette déambulation exploratoire, où s’imbriquent plusieurs projets, Spacificity et une exposition permanente. Ici pas de gardien pour vous empêcher de toucher aux œuvres, seule l’envie de fureter, de toucher, d’éprouver, guide le visiteur. Ainsi du travail de TTrioreau, très intrigant qui investit tout l’espace ❥

du rez-de-chaussée et du 1er étage, avec des œuvres qui se répondent comme dans un jeu de miroir. De miroir il est question dans Prysm, installation transformable que le visiteur peut moduler à sa guise. De salle en salle, il s’immerge dans ce travail de perturbation des certitudes architecturales qui met en jeu le regard, les perspectives, les lignes. Ensuite, il faut se perdre dans les boyaux, tunnels et autres passages et tendre l’oreille pour percevoir l’installation sonore de Pierre-Laurent Cassière au fond de la caponnière nord ou celle de Camilo Yanez, artiste chilien qui filme le stade national de Santiago du Chili totalement vide exactement 36 ans après le coup d’état, dans la poudrière (no comment !). D’autres œuvres à découvrir parsèment le site, à arpenter sans fin. /

Séquence 5 Jusqu’au 3.07, vend>dim : 15h>19h, Fort du Bruissin, Francheville, 04 72 13 71 00


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Le crépuscule

de l'aube texte ¬ Gallia Valette-Pilenko photo ¬ Derrick 4 P, 2009 ©Nicolas Delprat

Influencé par l'univers cinématographique de Kubrick ou Lynch, Nicolas Delprat s'inscrit dans l'héritage plastique de Dan Flavin ou James Turrell. Un peintre de la lumière. Ce sont des paysages aux reflets lunaires. Des paysages où la trace de l’homme est visible mais dont il est absent. Comme une citation quasi littérale du titre de cette exposition, également le texte du néon qui accueille le visiteur. The dawn of man barre de rouge l’entrée de l’espace, une aurore qui aurait l’air d’un crépuscule.


Le travail de Nicolas Delprat se situe aux confins du réel et de l’imaginaire. À partir de plans de cinéma que le spectateur peut identifier sans que ces images soient pour autant issues des films qu’elles citent, Nicolas Delprat explore les possibilités de la lumière, qu’elles soient dans le champ de la perception (à l’instar d’un James Turrell qu’il cite d’ailleurs dans certaines de ses œuvres) ou celui de l’observation. Ses toiles presque à échelle humaine plongent le spectateur dans une autre réalité. D’autant que ses images peuvent refléter le corps du spectateur. Première expo de l’artiste dans l’agglomération lyonnaise, The dawn of man présente ses dernières pièces ainsi que d’autres plus anciennes, peu montrées. Placé au cœur du dispositif imaginé par Nicolas Delprat, le visiteur est confronté à une frontière qui l’oblige à rebrousser chemin, comme si les halos de lumière lui enjoignaient de « rester à distance d’un futur incertain » comme l’écrit Christian Alandete dans le catalogue. / ❥

Nicolas Delprat Du 7.05 au 3.07 , Espace Arts Plastiques, Vénissieux 04 72 50 89 10 / 04 72 21 44 44


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Dubaï au net texte ¬ Gallia Valette-Pilenko photo ¬ Philippe Chancel

Après avoir travaillé sur les dictatures les plus totalitaires, Philippe Chancel installe ses clichés sur Dubaï à la galerie Le Bleu du ciel, celle de la rue Burdeau. On l’avait déjà vu à la galerie, rue de Cuire, en 2007, avec une saisissante série sur la Corée du Nord qui avait d'abord fait forte impression aux Rencontres d’Arles 2006. Une publication chez Thames & Hudson, maison d’édition plutôt prisée des amateurs d’art d’aujourd’hui, s'en est suivi : DPRK. Déjà, on pouvait voir dans ce travail son goût pour les représentations du pouvoir absolu, lui qui doit être l’un des rares photographes à avoir obtenu un visa d’un mois dans un pays totalement fermé au monde extérieur. Ici, encore, dans cette expo malicieusement titrée White Spirit, il s’intéresse à la mise en scène d’une idéologie, celle du luxe et du divertissement (bien fac❥

tice du reste). Où les immeubles sont toujours plus hauts et beaux, où l’on skie en plein désert (et on vous parle même pas d’empreinte écologique...), où les affiches publicitaires frisent la démesure et les monuments le ridicule. Ce qui trouble dans les cadrages de Philippe Chancel, mis à part le grand format, c’est la mise à distance du sujet, cette façon frontale de traiter l’image, à mi-chemin entre le regard documentaire, celui du reporter, et celui de l’artiste qui compose son image comme un tableau de maître. Une mise en abyme permanente questionne le regardeur, qui interroge à son tour son propre regard. Glaçant ! /

Philippe Chancel / White Spirit Du 12.05 au 3.07, merc>sam : 15h>19h, Le Bleu du ciel, Lyon 1er 04 72 07 84 31, www.lebleuduciel.net


agenda

Maquette Hubble © DR

Fouad Bouchoucha, 1000 kilo, 2008

Basserode

Réalités Confondues

Basserode souligne la petitesse de l’Homme dans un Univers infiniment grand. Fragments de photos de la Nasa à l’appui, il confronte art et sciences pour présenter cette dimension cosmique. Le squelette de baleine échouée intitulé Hubble (télescope en orbite de la Terre) s'impose comme une sorte d'allégorie de notre fonctionnement social égaré dans une Galaxie infinie. ❥ Jusqu'au 22.05, mar>sam 14h>19h,

Fouad Bouchoucha, Fabrice Pichat et Thomas Léon jouent la même partition : perturber les repères du spectateur en poussant le son à son paroxysme. De cette surenchère acoustique naît un trouble du rapport à l’espace. Les installations sonores et plastiques perturbent la perception habituelle du corps dans un environnement que l’on croyait apprivoisé. ❥ Jusqu'au 29.05, merc>sam, 14h>19h,

Galerie Verney-Carron, Lyon 2e 04 72 69 08 20

La BF15, Lyon 1er, 04 78 28 66 63


expositions |

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Cité d'urgence, Diar el Kef, 2006 © Karim Kal

Justin Meekel, Familistères, 2010

Les Déclassés, Karim Kal

La Diagonale du vide

Quand les logements d'Alger s'appellent « Climat de France » et que les habitants des foyers d'Évry (immigrants algériens pour la plupart) sont surnommés « les invisibles », la question de la mise à distance des habitats sociaux est inévitable. Où se sentir chez soi quand on a 15m² de lieux de vie pour s'intégrer socialement ? ❥ Jusqu'au 29.05, mar>sam, Musée Urbain

L'expression désigne à la fois une zone peu peuplée traversant la France et une alternative entre horizontal et vertical. Sorte de no man's land, cet axe géographique soi disant déserté dérange. Ligne de fuite, cette oblique est décrite dans l'art comme ligne de force... Paradoxe d'une forme géométrique, qui par extrapolation a intégré la sémantique politique et sociale. ❥ Jusqu'au 5.06, lun>sam : 14h>19h

Tony Garnier, Lyon 8e, 04 78 75 16 75

La Salle de bains, Lyon 1er, 04 78 38 32 33


agenda

Alévies zaza, Tunceli, août 2004 © Attila Durak

Ebru : Reflets de la diversité culturelle en Turquie Attila Durak a foulé six ans durant les terres de Turquie à la rencontre d'un peuple métissé. Il a pris le contrepied de ce qui nourrit la discorde de ce pays : la multiplicité ethnique et religieuse. « Vivre ensemble » comme leitmotiv, il montre au contraire la richesse de cette diversité culturelle. Portrait de la Turquie contemporaine aux 44 ethnies, aux 44 facettes. ❥ Jusqu’au 12.06, mar>sam, Bibliothèque Part-Dieu, Lyon 3e, 04 78 62 18 00

Couverture Archiborescence © Louis Schuiten

Cités végétales, un autre possible Un siècle après Tony Garnier, Louis Schuiten présente sa propre Cité idéale. L'architecte s'inspire de la nature pour composer un urbanisme responsable. Il ne s'agit pas de délires saugrenus d'un savant fou, mais de projets basés sur des recherches scientifiques, biologiques et architecturales. Dessins, plans et maquettes présentent cette vison de la ville future. ❥ Jusqu'au 27.06, mar>dim, La Sucrière, Lyon 2e, www.citesvegetales.com 04 37 23 19 95


expositions |

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© Ros Ribas

Sous le signe d'Éros, 150 costumes de scène Mariaelena Roqué trouve l’inspiration de ses créations textiles dans les chorégraphies de Carles Santos. Des costumes de scène où se côtoient les codes vestimentaires des différentes époques pour créer des formes contemporaines audacieuses et décalées. La styliste sublime et dévoile le corps en mouvement en l’habillant. ❥ Jusqu’au 5.09, mar>dim : 10h>17h30, Musée des Tissus, Lyon 2e www.musee-des-tissus.com

Georges Adilon © Didier Michalet

Le Choix d’un collectionneur Nouvelle occasion de souligner la position centrale de Lyon et de la région Rhône-Alpes. L'identité artistique lyonnaise est riche à la fois du foyer de création basé dans notre région, mais également des apports et influences d'artistes de passage. Du 19e siècle à nos jours, un style composite qui s’étend bien au-delà des frontières de notre région. ❥ Jusqu’au 15.09, merc>sam Musée Paul Dini, Villefranche www.musee-paul-dini.com


portfolio |

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Le Bal des Vauriens Ce soir, assez perdu de temps Ça frappe, ça cogne dans mes tympans Allez en piste ils sont arrivés Et leur musique va exploser Chantez, chantez leur refrain Dansons ensemble au bal des vauriens Et Bordeaux 85… sera nôtre Le rythme tonne, ensorcelant Sous un déluge de hurlements La distorsion hurle à la mort Un son gerbant unicolore Ce soir, pas question de dormir Le bal n'est pas près de finir Attention ça recommence Il est temps d'entrer dans la danse

« Pim ! Pam ! Même pas mal... Punks et skinheads groupés, surins et coups de poings, blousons, ceinturons, c’est mon bal des vauriens à Toulouse en 84, des souris déglinguées volaient dans l’alcool et la fumée. À Gilles ». Polo Garat

Camera Silens Paroles de la chanson « Le Bal des Vauriens » extraite de l’album Réalité (autoproduit, 1985) du groupe bordelais Camera Silens. Fleuron du punk français des années 80, aux côtés des Bérus, d’OTH ou d’Oberkampf, Camera Silens demeure à ce jour mythique, notamment grâce à des textes forts et évocateurs. http://euthanasie.records.free.fr

Ces images sont extraites de la série « 1984 en 48 photographies » réalisée à Toulouse par Polo Garat. Le photographe toulousain avait tout juste 17 ans et réalisait là ses premiers clichés. Depuis, il a réalisé de nombreux travaux, a co-fondé le collectif Odessa et expose régulièrement en France et à l’étranger. www.odessaphotographies.com


Passeport

pour l’Europe texte ¬ Nicolas Blondeau - photo ¬ DR

Les Européennes, c’est une manifestation qui nous amène à la rencontre d’auteurs européens contemporains. Simon Delétang, co-directeur du théâtre Les Ateliers nous en dit un mot.


"Cette année, nous avons décidé d'accorder une place importante aux traducteurs." Si jeune et déjà co-directeur, vous ne craignez pas l’embourgeoisement ? Non, je crois que l’embourgeoisement vient lorsque l’on arrête de se poser des questions, ce n’est pas mon cas. Et puis aux Ateliers, on a une identité trouble, inclassable. Même si j’ai d’avantage de confort pour monter mes spectacles, je continue d’aller vers des textes qui ne sont pas faciles. Ainsi, je vais bientôt monter Manque de Sarah Kane, texte qui, pour le moins, remue. Et je suis là pour chercher le renouvellement. Qu’en est-il des Européennes ? Cet événement créé il y a dix ans par Nicole Lachaise (conseillère artistique du théâtre) permet des expériences. On souhaite qu’il y ait un regard de metteur en scène sur les textes mais on les présente dans des formes simples, au débotté. Ce n’est pas forcément dans la logique de faire un spectacle ensuite. Même si ça m’est arrivé avec ❥

Shopping and fucking de l’Anglais Mark Ravenhill. Ça permet de rencontrer des équipes dans un cadre de travail. Cette année, nous avons décidé d’accorder une place importante aux traducteurs. Ils pourront entendre des textes qu’ils ont traduits sur scène. On est allés à la découverte d’auteurs d’une Europe lointaine comme le Danois Lollike ou le Norvégien Lygre mais aussi des Allemands, des Italiens et une Croate, Ivana Sajko dont je mettrai en scène le texte Rose is a rose is a rose. Voit-on se détacher des tendances communes de ces œuvres ? On cherche d’abord à trouver des formes d’expressions singulières, décalées. Mais oui, on a vu surgir des textes qui traitent du monde traumatique post 11 septembre. Ou de thèmes d’actualité comme l’immigration clandestine, l’alter-mondialisme. Les textes offrent un reflet du monde dans sa violence. /

LES EUROPEENNES Du 27 au 30.05, Théâtre Les Ateliers, Lyon 2e, 6 € par lecture ou 10 € la soirée (deux lectures). www.theatrelesateliers-lyon.com

théâtre & danse |

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Nettoyage à sec texte ¬ Nicolas Blondeau - photo ¬ Julie Pagnier

Empêcheur de faire du théâtre en rond, Gwenaël Morin vient jongler entre Molière et Racine au Théâtre du Point du Jour. Ce qui ressort des différentes mises en scène de Gwenaël Morin, en tout cas depuis qu’il monte des pièces du répertoire, c’est bien qu’il place l’humain au centre de ses préoccupations. « Pas d’effets spéciaux, pas d’effet de lumière, pas d’effet de son, pas de costumes particuliers… », déclarait-il dans un texte de présentation écrit en 2008. Ce parti pris, qui n’est pas « la négation des autres façons de procéder », a déjà donné des résultats bluffants - pour mémoire, l’inoubliable Mademoiselle Julie avec Cécile de France. Et il vient de déclencher une salve de réactions enthousiastes à Paris avec une version sur plateau nu de Woyzeck dont Morin et son équipe ressortent « sur les rotules ». Mais ils auront eu le temps de récupérer avant de revenir au théâtre du Point du Jour. Un nouveau défi s’y profile, présenter un spectacle double enchaînant le Tartuffe de Molière à la Bérénice de Racine. Le metteur en scène ne cherche pas les rapprochements artificiels : « Le lien que l’on a fait, c’est surtout le travail des alexandrins. C’est intéressant aussi de noter que ce sont des textes fondateurs, écrits et joués à la même époque ». On se doute que sera captivant l’éclairage diffusé par Morin sur les pièces, avec ce travail du texte, jamais exempt d’humour, qui lui est si particulier, entre respect et insolence. Dans « Tartice et Bérénuffe », ainsi qu’il les nomme, sa volonté est de mettre en avant les personnages qui entourent les rôles-titres, Titus pour Bérénice et Orgon pour Tartuffe. Et, comme toujours, « de fabriquer du temps, de travailler dans la joie. Tout en montrant des choses sèches, dures et dénuées de ces artifices qui sont comme du sucre sur l’imaginaire ». / ❥

TARTUFFE + BERENICE Du 17 au 21.05, Théâtre du Point du Jour, Lyon 5e, 04 78 15 01 80, 7 à 20 € www.lepointdujour.fr


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texte ¬ Audrey Hadorn - photo ¬ DR

Sans muselière Déjanté et survolté, le Groupe Moi sévit cette année encore au Nouveau Théâtre du 8e avec Molossoïde. Rencontre avec Vincent Delpeux à l’origine de cette performance « canine » entre théâtre et art contemporain qui promet de secouer les esprits et remuer les tripes. Lorsque Vincent Delpeux, l’un des membres fondateurs du Groupe Moi, explique qu’a priori dans Molossoïde il n’y aura que des chiens sur scène et un texte en fond sonore, l’étonnement surgit. « Le collectif se situe dans une radicalité visuelle et conceptuelle », défend-t-il. Provocateur le garçon ? « Dans Cent, notre dernière performance, on voulait que le sang coule à flots. On a donc inondé la scène ! », se souvient l’artiste qui se réjouit qu’une œuvre suscite débats et discussions. Car communiquer, au sens noble du terme, semble être l’objectif de ce collectif à géométrie variable composé d’un noyau permanent de quatre artistes. Pour ce faire, danse, graphisme, théâtre, photographie, arts plastiques et musique envahissent la scène. Émerge alors une forme hybride, indéfinissable et intrigante. « On n’a pas envie de rentrer dans le système. On a préféré investir la sphère publique et ébranler les formes convenues de notre visuel quotidien. », confie-t-il. Molossoïde analyse les rapports dominants/dominés, l’isolement et la violence de la société à travers le comportement canin. Une radicalité totale, une pointe de folie, du trash et un brin d’humour façonnent les travaux du groupe. Impertinent un jour, impertinent toujours ? / ❥

Molossoïde Du 17 au 19.05, Nouveau Théâtre du 8e, Lyon 8e, 04 78 78 33 30, www.nth8.com


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texte ¬ Nicolas Blondeau - photo ¬ Jean-Louis Fernandez

Brunel met

Feydeau en pièces De sa manière caractéristique, celle d’un obsédé textuel, Richard Brunel est allé décortiquer l’œuvre de Feydeau, afin d’en tirer un spectacle sur sa vie. On se souvient qu’au début des années 2000, Richard Brunel, jeune metteur en scène formé à l’école de la Comédie de Saint-Etienne, avait fait Kafka sur scène. Soit une splendide trilogie théâtrale explorant divers espaces de la vie et de l’œuvre de l’auteur praguois. Depuis, Brunel a confirmé son talent, au cours de plusieurs spectacles présentés sur nos scènes les plus prestigieuses. Son retour à Lyon s’annonce réjouissant. Il s’est plongé dans l’œuvre mais aussi la vie de Feydeau pour en tirer un spectacle, J’ai la femme dans le sang, qui la retrace, depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Ceci à travers trois courtes pièces (Léonie est en avance, On purge bébé, Mais n’te promène donc pas toute nue) et quelques extraits de sa correspondance. «Je me suis aperçu que l’on pouvait articuler le biographique au théâtral, nous confie le metteur en scène. À travers les pièces que j’ai choisies, on voit surgir la silhouette de l’auteur, son rapport à la femme, sa misogynie, sa façon de voir le couple et son propre divorce qui l’inspire. Ça forme un ensemble qui est un théâtre de la cruauté. Une sorte de cauchemar où sont agités des thèmes triviaux, obscènes. C’est une catharsis par les humeurs. Chacun défèque des paroles absurdes et ne pense qu’à son nombril, à ses petites préoccupations intimes. C’est terrifiant et drôle ». Il nous tarde d’aller vérifier cette dernière assertion. / ❥

J’AI LA FEMME DANS LE SANG Du 26.05 au 2.06, Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon 4e, 04 72 07 49 49, de 13 à 20 € www.croix-rousse.com


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Magazine des cultures & des tendances urbaines


agenda

© Christian Ganet

© Fleur Arens

Bic et Plume

Dans ces corps

Yan Raballand / CNSMD de Lyon

Théâtre / danse / cirque

La danse comme dessin de mouvements dans l'espace. De ce postulat, Yan Raballand invente une chorégraphie toute en tracés, en lignes, en coloris. Créé cette saison au Théâtre de Vénissieux, Bic et Plume offre l'occasion de découvrir une quinzaine de jeunes danseurs du CNSMD. Une poésie sonore et visuelle à savourer en famille. ❥ 7.05 à 19h30, Le Toboggan, Décines

Quatre compagnies défient les limites du handicap. La différence n’est ni un problème, ni un obstacle au mouvement, mais un autre langage corporel à exploiter. Par la danse, le théâtre et le cirque, ces artistes explorent les possibilités d’un corps qui semble réduit et amoindri. Corps contraints et corps libres se répondent sur les difficultés à se mouvoir. ❥ 10 et 11.05, Les Subsistances, Lyon 1er

04 72 93 30 00

04 78 39 10 02, www.les-subs.com


théâtre

& danse |

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© Jean-Louis Fernandez

DR

Oncle Vania à la campagne

… A fait un long voyage

Tchekhov / Théâtre de l'Unité

Le grand jeté / Cie Frédéric Cellé

Tchekhov présente une société à la dérive où se croisent des destins de personnages aigris en quête d'une vie meilleure. Regard sur le travail, mises en garde sur les risques écologiques : une mise en abîme troublante de notre époque. Spectacle en plein air. ❥ 14 et 15.05, Gémens, Estrablin

Cinq danseurs, un comédien et deux musiciens entreprennent une odyssée à l'intérieur même d'un homme entre sol et ciel. En six lettres comme autant de fragments de son existence, l'errance révèle la rêverie, le doute, jusqu'à la détresse. L'équilibre de l'individu au sein d'un monde étouffant, dans une atmosphère rock. ❥ 18.05 à 20h30, Théâtre de l'Atrium, Tassin,

04 74 85 00 05 (Théâtre de Vienne) 21.05, 19h, St Thomas d'Aquin, St Genis Laval, 04 78 67 68 29 (Théâtre Jean Marais) 22.05, 19h30, Fort de Saint Priest 04 78 20 79 37 (CC Théo Argence)

04 78 34 70 07


agenda

DR

© Pascal Gély

Wittgenstein Incorporated Peter Verburgt / Jan Ritsema Seul en scène, le philosophe s'interroge sur la croyance et ses conséquences sur la relation des hommes. Wittgenstein était un philosophe de la parole, lui dont la seule œuvre publiée fut le Tractatus philosophico-logicus. Porté par le grand comédien belge Johan Leysen, ce monologue exigeant aborde des questions d'une intense actualité. ❥ 18 au 22.05 à 20h, Petite salle du TNP, Villeurbanne, 04 78 03 30 00

La Nuits juste avant les forêts Bernard-Marie Koltès / Cie La Thymé Ce texte, écrit à moins de 30 ans par Koltès, est un faux monologue sans ponctuation, phrase d'une traite adressée à une rencontre de hasard par un homme seul, à la dérive des corps et des sentiments. Un texte intense, joué par Jean-Erns Marie-Louise, co-metteur en scène avec Jean-Marc Avocat. ❥ 18 > 30.05 à 20h30, Espace 44, Lyon 1er, 04 78 39 79 71


théâtre

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DR

© Pascalito

L'Atelier

Stéphane Guillon

KompleXKapharnaüM

One man show

Le Théâtre de Vénissieux s'ouvre à l'extérieur en proposant l'aboutissement du travail en résidence mené par la compagnie villeurbannaise KompleXKapharnaüM avec des résidents de la Maison d'Accueil des Jeunes Ouvriers de Parilly. Vidéo, son, fresque graphique : un spectacle de rue interactif, impliqué et festif. ❥ 19 et 20.05 à 21h, Théâtre de Vénissieux,

Difficile désormais de présenter Guillon, humoriste médiatique de l'année, moins pour son talent souvent discutable que pour le symbole qu'il incarne dans notre société du spectacle. Sans être conquis par ses chroniques, on peut tenter le one man show de l'animal, où son regard au vitriol et ses dispositions à l'imitation sont moins à l'étroit. ❥ 28 et 29.05, 20h30, Théâtre de

04 72 90 86 68

Villefranche, 15 € à 30 €, 04 74 68 02 89 www.theatredevillefranche.asso.fr


Trop dur pour être vrai ? texte ¬ Nicolas Blondeau - photo ¬ DR

S’ils n’étaient invités tous deux aux Assises Internationales du Roman, jamais l’idée de rapprocher James Frey et Florence Aubenas ne nous serait venue. C’eût été dommage. L’Américain James Frey est-il un lecteur de Louis Aragon ou de Jean Cocteau ? Nous n’en savons rien, mais la notion du « mentir-vrai » mise en avant par le premier ou celle du « mensonge qui dit la vérité » du second pourrait s’appliquer à sa démarche. Dans son roman Mille morceaux, paru en 2003 chez Belfond, Frey se décrivait comme un toxico, accro au crack et alcoolique invétéré, traversant un enfer pavé des plus mauvaises intentions. Un long récit fait de souffrances, racontées avec une véracité et une émotion qui avaient convaincu de nombreux lecteurs et une critique impressionnée au point de comparer le livre au Voyage au bout de la nuit. Pas moins. Jusqu’au jour où la polémique éclata. Des invraisemblances furent relevées dans ce récit mené à la première personne et dont le personnage principal porte le même nom que l’auteur. L’Américain qui, pour des raisons marketing, avait jusqu’alors prétendu être le héros de son livre dut reconnaître qu’il avait inventé de nombreuses scènes parmi les plus fortes (notamment une extraction de molaires sans anesthésie). Ces mensonges d’arracheur de dents lui furent alors violemment reprochés, surtout par ceux qui avaient pris son livre comme un bréviaire pour sortir de la dépendance. À Florence Aubenas, on ne pourra pas faire le reproche de travestir la vérité. C’est bien elle qui a mené des mois durant la vie d’une femme de ménage pour écrire Le quai de Ouistreham (ed. L’Olivier). Au plus bas de l’échelle, elle a été exploitée alternant les contrats de misère et les visites, humiliantes autant qu’inutiles, à Paul Emploi. Une réalité qu’elle décrit sans fard, sans aucune mise en scène, de la manière la plus factuelle et la plus objective qu’il soit. Un dépouillement qui parvient à ses fins : on est empoigné par l’implacable force de cette vérité toute nue. / ❥

Assises internationales du Roman 24 au 30.05, Les Subsistances, Lyon 1er, 04 78 27 02 48 www.villagillet.net

littérature |

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nouvelle |

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Quais du Polar

Prix Agostino

2010

L'édition 2010 de Quais du polar s'est refermée sur un vrai succès public. 32 000 amateurs se sont enthousiasmés pour les rencontres avec les auteurs, les programmations théâtre et cinéma, les différents jeux proposés pendant ces trois jours. Autre signe d'engouement, le concours de nouvelles pour le prix Agostino a suscité la vocation de 182 apprentis écrivains de toute la France et même au-delà. Dernier appel avant embarquement : la thématique induite par le partenariat avec les aéroports de Lyon donnait il est vrai un cadre propice à l'imagination : voyage, rupture, enlèvement, fuite, attentat, les ingrédients étaient savoureux. Souvent intéressantes, parfois surprenantes, les 182 nouvelles lues par le jury ont révélé des styles variés, poétiques, engagés, cinématographiques, animaliers... Trois textes se sont dégagés du lot, chacun avec sa particularité de style, d'univers, d'influence. Deux d'entre eux ont été distingués comme nouvelles lauréates : Avant de partir de Dominique Chappey (originaire de l'Isère) et D'la bebon de Louise Langinieux (une jeune Aixoise). Le prix Agostino a été décerné à Judas de Philippe Chevarin (natif de Loire Atlantique), à la fois pour le choix d'un univers noir tirant vers la science-fiction et pour la maîtrise d'une écriture toute en rythme saccadée et en rupture de ton. En tant que partenaire du prix Agostino 2010, Let'sMotiv vous propose de découvrir Judas.


Judas Philippe Chevarin

S

ifflement assourdissant. La navette électrique s’arrête. Décompression. Vapeurs toxiques. Pile aux déchets d’uranium. Voix désincarnée dans les hautparleurs. Instructions. Les menottes pneumatiques qui nous maintenaient debout, les bras en l’air s’ouvrent automatiquement. Centaines de cliquetis métalliques simultanés. Nos mains desserrent la barre qui court tout le long du wagon. Retombent, ballantes contre nos flancs. La voix dans les hautparleurs continue de gueuler.

Tous les prisonniers du contingent K-2564-F se mettent en rang. Attendent que les portes s’ouvrent. Longue file jaune qui ondule. Uniforme des prisonniers politiques. Nervosité. Regards rapides à droite. À gauche. La peur. La putain de frousse. Les portes s’ouvrent. Odeur de merde et de pisse. La voix aboie. De sueur aigre. Un corps derrière moi qui pousse contre mon dos. L’odeur de la peur. Mon pied se pose sur le béton du quai. Ça y est. J’y suis.


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Roissy-Charles De Gaulle. Prison haute sécurité. Dernière prison d’état. Depuis que les puits de pétrole se sont taris et que les avions ont cessé de sillonner le ciel, le gouvernement y jette aux oubliettes ses ennemis politiques. Au privé les droits commun. Dealers. Immigrés. Violeurs. Meurtriers. Macs. Arnaqueurs. Putes.

s’y appuyant un court instant. Pas de recours ici. Pas d’appel. Dernier voyage. Dernière destination. Villégiature finale. J’ai la tentation moi aussi de m’y appuyer. Mais je ne le fais pas. Parce que contrairement à tous les autres qui sont passés avant moi pour venir crever ici, j’ai un espoir. Un espoir. Un. Espoir.

Je suis le mouvement. La file se déplace. Long couloir sous un plafond immense. Centaines de pas désynchronisés qui résonnent sous la voûte. Gardes armés tout autour. Fusils d’assaut pointés sur nous. Sur nos têtes. Sur nos cœurs. Sur nos poumons. Sur nos foies. Sur tous nos organes vitaux. Sur ma tête. Sur mon cœur. Sur mes poumons. Sur mon foie. Sur tous mes organes vitaux.

La file s’arrête dans un sas gigantesque. Portes qui se ferment derrière nous. Fracas de métal qui se propage dans des os humains. La voix qui braille à nouveau. Mouvement de foule. Appel des noms. Je m’avance. Le ventre qui se tord.

Portes en verre blindé. Eclairage néon. Sol usé par des milliers de pas. Creusé. Gondolé. Crasse sur les murs déposée par des milliers de mains moites de trouille qui ont cherché un réconfort illusoire en

Pièce carrelée. Fauteuil attaché au sol. Infirmier ganté. Maton armé. Le fusil d’assaut pointé sur ma tête. Sur ma tête. Seringue qui s’enfonce au plus profond de mon biceps. Aiguille qui tape contre l’os tandis que la puce RFID se glisse dans ma chair. Tout ce qu’ils auront à faire maintenant c’est de rentrer mon code dans leur putain de base de données et de regarder


un putain d’écran. Accès au dossier. Localisation par GPS. Activation caméra des drones qui survolent la zone. Et ils pourront savoir avec quelle main je me branle. La file se reconstitue. Repart. Couloir. RFID dans toutes les chairs. Portes monumentales qui s’ouvrent. La voix. Air froid sur la peau. Un corps derrière moi qui pousse contre mon dos. Dehors. Les portes qui se referment. Des baraquements à perte de vue alignés sur l’asphalte des pistes. Sur des kilomètres et des kilomètres. Pas de gardes. Pas de matons. Livrés à nous-mêmes. Les pieds dans la boue. Avançant vers le gigantesque bidonville. Drones volants au-dessus de nous. Mon espoir. Les anciens nous dévisagent. Les pieds dans la boue. Eux. Nous. Le froid sur la peau. Eux. Nous. La peur. Nous. La folie. Eux.

J’avance dans le bidonville. Odeur de merde. Pavillons délabrés. Détritus. Tas de merde aux carrefours. J’avance au cœur de l’enfer. Où es-tu, John ? Violence physique dans les ruelles. Drogue. Violence sexuelle derrière les murs. Je te cherche. Bandes organisées. Quartiers. Divisés par communauté. Race. Religion. Pays. Langue. Couleur de peau. Je fais passer le mot. Trois jours. Trois jours dans la merde. À survivre. À chercher. À attendre. Ils sont venus au petit matin. Les pieds dans la boue. Eux. Moi. Le froid sur la peau. Eux. Moi. Ils disent que John veut me voir. Ils me conduisent à lui. On marche dans la merde jusqu’à l’endroit où il se terre. John. John Delahyne. Leader charismatique de l’Armée Autonome Altermondialiste. Continue à diriger la lutte depuis Roissy. Echappe aux drones. Echappe au


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RFID. Incontrôlable. Cauchemar du gouvernement. John me regarde. Sourit. Accolade avec le bras qui lui reste. Dit mon nom. Judas. La magie opère toujours. Comme autrefois. Au début. Compagnons. Amis. Combattants. Six mois pour gagner la confiance de son entourage. Observer. Hésiter. Avoir peur. Planifier. Avoir peur. Organiser. Hésiter. Avoir peur. Attendre l’occasion. Avoir peur. Hésiter. Se retrouver seuls. Tous les deux. Hésiter. John et moi. Judas. Avoir peur. Une putain de trouille. Puis le remords. Quand il se vide de son sang. Ses yeux sur les miens. Jusqu’au bout. Jusqu’à la dernière seconde. Dit mon nom. Judas. En planque dans la merde. Dans le froid. Ils me cherchent. Les hommes de l’AAA. Compagnons. Amis. En rage. Pour me tuer. Me dépecer de leurs mains. M’ouvrir le ventre et le remplir de pierres.

J’attends. Caché dans la merde. J’attends que le drone vienne m’extraire. Ils ont promis. Le drone va capter le signal GPS de la puce RFID qui se balade dans ma chair. Il viendra m’extraire. Il viendra. Ils ont promis. C’est le marché. Il viendra. La merde pendant quatre jours. Dedans. La peur. La putain de trouille. Dedans. Le drone ne vient pas. Ils avaient promis, putain ! Je m’approche de la tour de contrôle. Au plus près du générateur de scan RFID. Au cas où il y aurait un problème technique avec ma puce. Pour savoir. Ce que je sais déjà. Je le vois. Il m’attend. Costume sombre derrière la vitre blindée. Il avait promis. Il me regarde. Sourit. Fait un signe avec la main. Rit. Tourne les talons. S’éloigne. Et m’oublie. Judas. /


concerts Samedi 1 Mai

Dimanche 2 Mai

Ninkasi Kao Le Naheulband 19h30 - 14€ - 04 72 76 89 00

Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) La Dame de Pique (opéra) 16h - 5 à 88€ - 0826 305 325

Opéra de Lyon A la vie, la mort (jazz contemporain) 20h30 - 10/16€ 0826 305 325 L’Escale, Saint Genis Les Ollières (Festival Changez d’Air) Azraël (électro rock) + L (chanson) + Revolver (pop rock) 20h30 - 15/18€ - 04 78 57 05 55 Salle des Rancy Michel Bühler (chanson) 21h - 9/12€ - 04 78 60 64 01 La Plateforme La Nueva Edicion (salsa) 21h - 04 37 40 13 93 6e Continent Bande à Balk (balkans) 21h - grat - www. sixiemecontinent.net Hot Club Valfroy World Project (jazz) 22h - 7/9€ - 04 78 39 54 74

L’Agend’Arts Reno Bistan (chanson) 18h - 2€ - 06 83 51 60 87 Ninkasi Kao Victor Démé + Doctor Lass 20h - 15/17€ - 04 72 76 89 00 Mardi 4 mai Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) La Dame de Pique (opéra) 19h30 - 5 à 88€ 0826 305 325 Théâtre de la Croix Rousse Je chante pour passer le temps (Claudine Charreyne, d’après les poèmes de L. Aragon) 20h - 12/24€ 04 72 07 49 49 Amphi’3 000 Le Lac des cygnes (classique) 20h - 28 à 65€ 04 72 76 00 00

Dead Meadow

Espace Tonkin (Festival Musiques et Images) Regards croisés ( ciné-musique) 20h30 - grat sur résa 04 78 68 98 27 Mercredi 5 mai Théâtre de la Croix Rousse Je chante pour passer le temps (Claudine Charreyre, d’après les poèmes de L. Aragon) 20h - 12/24€ 04 72 07 49 49 La Halle Tony Garnier M 20h - 38/45/55€ www.mistermystere.com Eglise Saint Bonaventure Ensemble philharmonique de Lyon 20h Ninkasi Kafé Bande à Jul + Le Dernier Bus (chanson) 20h - 04 72 76 89 00 Lyon’s Hall Putrid Pile + Defeated Sanity + Cerebral Bore + Scatorgy (death metal) 20h - 8€ - 06 75 52 17 71

Rock psychédélique Nostalgiques d’Hendrix ou Led Zep, voici une formation pour vous : Dead Meadow. Avec ce trio originaire de Washington, le rock psychédélique n’est pas mort. Le groupe assume une iconographie sixties sur ses pochettes et un son afférent dans lequel on reconnait même des airs de sitar. Three Kings sorti cette année confirme leur statut d’héritiers de Jefferson Airplane. On a le droit de préférer l’original. ❥ 3.05, 20h30, Epicerie Moderne, Feyzin, 6 à 10€

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04 72 89 98 70, www.epiceriemoderne.com


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Trokson Skull of Rock 20h - 04 78 28 52 43 A Thou Bout d’Chant Tomislav (pop folk acoustique) + Le Manège de Lola (chanson française) 20h30 - 8/12€ - 04 72 98 28 22 Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) Mélodies Russes (Marianna Tarasova & Olga Mykytenko) 20h30 - 5 à 43€ 0826 305 325 Docks 40 Mathieu Bore 20h30 - 04 78 40 40 40 Espace Tonkin (Festival Musiques et Images) Soirée «Temps des Créateurs» 20h30 - 5/7€ - 04 78 68 98 27 Ninkasi Opéra Nous Même (chanson) 21h - grat - 04 78 28 37 74 Amphi’3000 (Festival Printemps de Pérouges) Mauranne (O Nougaro) 21h - www.maurane.be

Le Sonic Raashan Ahmad + Dj Moar (hip hop) 21h - 04 78 38 27 40 Hot Club Patrick Maradan Session (hard-bop) 21h30 - 5/9€ - www. hotclubdelyon.org Jeudi 6 mai GrrndZero Gerland Compagnie Scolopendre + Tony di Napoli www.grrrndzero.org Ninkasi Kao Exist Trace (rock gothique) 19h - 23/26€ 04 72 76 89 00 Salle Debussy Concertos à la carte 19h - grat - 04 78 25 91 39 IAC (Festival Musiques et Images) Images sonores (musique électroacoustique) 19h - grat - 04 78 68 78 05

Admiral T

Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) Mazeppa (opéra) 19h30 - 5 à 88€ 0826 305 325 Rail Théâtre Jah Mason + Perfect (reggae) 20h - 04 78 83 05 68 Théâtre de la Renaissance Ensemble Pygmalion (baroque) 20h - 9 à 20€ - 04 72 39 74 91 La Halle Tony Garnier M 20h - 38/45/55€ www.mistermystere.com Le Clacson Lords of Altamont + The Rebels of Tijuana (rock) 20h30 - 6/8/10€ - 04 72 39 74 93 L’Epicerie Moderne Budam (chanson folk pop) 20h30 - 7€ - 04 72 89 98 70 A Thou Bout d’Chant Tomislav (pop folk acoustique) + Le Manège de Lola (chanson française) 20h30 - 8/12€ - 04 72 98 28 22

Reggae dancehall

Héraut de la cause antillaise pour les uns, chanteur homophobe pour les autres, Admiral T de son vrai nom Christy Campbell est avant tout la mégastar guadeloupéenne du reggae dancehall. Nourri de musique africaine, de salsa, de zouk, son inspiration prend toute sa puissance lors de prestations scéniques où son débit supersonique fait merveille. ❥ 7.05, 20h, Centre Culturel Œcuménique Villeurbanne, 26€, www.cco-villeurbanne.org DR


concerts Auditorium de Lyon Au rythme du Tango (symphonique) 20h30 - 8 à 46€ 04 78 95 95 95 L’Iris, Francheville Jerôme Varnier + Nicolas Jouve (classique) 20h30 - 22€ - 04 78 59 58 08 Métal Café Magicjack (rock/grunge) 20h30- 09 50 24 24 63 Hot Club Mystère Swing Big Band 21h30 - 5/9€ www.hotclubdelyon.org Vendredi 7 mai Musée des Beaux Arts de Lyon (Festival Musiques et Images) Interprétations musicales (exposition Bram et Geer Van Velde) 18h - 5€ - 04 78 68 98 27 Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) Eugène Onéguine (opéra) 19h30 - 5 à 88€ 0826 305 325

Ninkasi Gratte-Ciel Christophe Rigaud (chanson) 20h - grat - 04 78 03 97 23 Trokson The Needs + Todd Rickson Club (rock) 20h - 04 78 28 52 43 La Marquise Welling Walrus (rock) 20h – 6 à 9€ - 04 72 61 92 92 Bourse du travail The Cotton Club (jazz) 20h30 - 33/39€ 04 72 76 00 00 A Thou Bout d’Chant Tomislav (pop folk acoustique) + Le Manège de Lola (chanson française) 20h30 - 8/12€ 04 72 98 28 22 Le Briscope, Brignais Il Trio Improbabile (théâtre musical) 20h30 - 11/14/17€ 04 78 05 31 13 L’Agend’Arts Erwan Pinard + David Suissa (chanson) 20h30 - 2€ - 06 83 51 60 87

Espace Tonkin (Festival Musiques et Images) Quat’sous d’images 21h - grat - 04 78 68 98 27 Ninkasi Kafé Flashfalcon + Hellbats + Tango & Cash (rock/punk/métal) 21h - grat - 04 72 76 89 00 Périscope Polymorphie (acoustique) 21h - 5€ www.periscope-lyon.com Le Sonic Bass Headz (électro psyché) 21h - 04 78 38 27 40 Hot Club D. Di Piazza + N. Veras + M. Roche (jazz électrique) 22h - 7/9€ www.hotclubdelyon.org Samedi 8 mai Auditorium de Lyon Au rythme du Tango (symphonique) 18h - 8 à 46€ 04 78 95 95 95

Martin Solveig

Electro house En mai pour danser, il n’y a pas que les Nuits Sonores. The Sound Factory accueille l’une des stars de la house française : Martin Solveig. Le jeune trentenaire vient de sortir l’album C’est la vie remixes, susceptible de lui donner une nouvelle crédibilité artistique. Au son house viennent s’ajouter des influences funks et des ambiances pop. Pour les amateurs de dancefloor boom-boom. ❥ 7.05, 22h, The Sound Factory, Lyon 9e, 28€ www.thesoundfactory.fr

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Caluire & Cuire, École de musique Ghet-Hit (musique trad/ musique actuelle) 20h - 5€ - 04 78 08 14 04 Opéra de Lyon Festival Absolute Gospel 20h30 - 0826 305 325 L’Agend’Arts Lalabolduc (chanson) 20h30 - 2€ - 06 83 51 60 87 Métal Café Enemy Enemy + Smash Hit Combo + Anuit Coeptis (métal) 20h30- 09 50 24 24 63 Le Sonic Enablers + Bancal + For The Chosen Few (hip/hop) 21h - 04 78 38 27 40 Trokson Out To Lunch + Les Hommes de Boue + Empty Bottles 21h - 04 78 28 52 43 Hot Club Bastien Brison Trio (bop) 22h - 7/9€ - www. hotclubdelyon.org

Marché Gare Orphaned Land + Suidakra + Arkan (métal) 18h - 04 72 40 97 13

Saint Bruno des Chartreux Antonio Vivaldi : Beatus Vir (classique) 20h30 - grat - 04 78 25 91 39

L’Agend’Arts Lalabolduc (chanson) 18h - 2€ - 06 83 51 60 87

Les Valseuses Barcella (chanson) 20h30 - 04 78 29 66 50

Lundi 10 mai

Hot Club Gipsy Groove Gang (jazz manouche) 21h30 - 5/9€ www.hotclubdelyon.org

Auditorium de Lyon Verdi : Hymne des Nations / Beethoven : 9eme Symphonie 20h - 12 à 36€ 04 78 93 62 11 Warmaudio, Décines Real Mc Kenzies (punk) 20h - 04 78 49 90 73 Mardi 11 mai Salle Debussy Musique de chambre 18h - grat - 04 78 25 91 39

Dimanche 9 mai

Ninkasi Kao The Exploited + Al & The Black Cats (punk) 19h - 20/23€ 04 72 76 89 00

Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) La Dame de Pique (opéra) 16h - 5 à 88€ - 0826 305 325

Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) Eugène Onéguine (opéra) 19h30 - 5 à 88€ - 0826 305 325

Rufus Wainwright

Mercredi 12 Mai GrrndZero Gerland Moemlien + Laser Poodle + Eva Rodbro www.grrrndzero.org Warmaudio, Décines Eyes Set To Kill + I am ghost + Confide + Lower than Atlantis (métal) 18h30 - 04 78 49 90 73 Ninkasi Kao Sly & Robbie feat Bitty Mc Lean (reggae) 20h - 04 72 76 89 00 Ninkasi Opéra Sadoo (reggae) 21h -grat - 04 78 28 37 74

Pop orchestrale

Rufus Wainwright a une famille formidable. Descendant de Peter Stuyvesant, fils de Loudon et frère de Martha (cet été à Fourvière), le Canadien tisse des ballades au piano, à l’orchestration parfois pompière, improbable croisement entre Antony & the Johnsons, Verdi et Sinatra. Revenu des pires excès addictifs, Rufus propose un show digne du Broadway qu’il admire tant. ❥ 12.05, 20h, Transbordeur, Villeurbanne, 45,50€ www.eldorado.fr DR


concerts Trokson Même pas peur (ciné-concert) 21h - 04 78 28 52 43 Hot Club Gilzene & the Blue Light Mento Band (mento/jamaïque) 21h30 - 5/9€ www.hotclubdelyon.org Marché Gare (Nuits Sonores) Nuit 1: Scène 1 : 21h45>5h30 Pedro Bucarelli + Vitalic V Mirrors + Booka Shade + Paul Kalkbrenner + Joris Voorn Scène 2 : 22h>4h15 X-Ray Vision + Thee Oh Sees + The Jim Jones Revue + The Almighty Defenders + Glass Candy Scène 3 : 22h>5h30 Mensch + Mayer Hawthorne & the Country + Hot Chip + Jesse Rose + Oxia Scène 4 : 22h>4h Eedio + Alban + Prins Thomas + M.Jack vs Laurent Caligaris 26/29€ www.nuits-sonores.com

Jeudi 13 mai: GrrndZero Gerland John Makay + Grand Predateur www.grrrndzero.org Piscine du Rhône (Nuits Sonores) Ivan Smagghe + Jennifer Cardini + Optimo + Pilooski 14h30>23h - 19€ www.nuits-sonores.com Nuits Sonores Nuits 2 - Circuit Électronique 14 étapes gratuites 18h>7h - grat www.nuits-sonores.com Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) Mazeppa (opéra) 19h30 - 5 à 88€ - 0826 305 325 Ninkasi Sans Souci One more Solo? (rock) 20h30 - grat - 04 78 01 78 12 Le Sonic Julie Tippex 21h - 04 78 38 27 40 Périscope Migou Solo + RYR (acoustique) 21h30 - 5€ www.periscope-lyon.com

Elisa Vellia Trio / Oneïra

Hot Club Quartet K (new jazz) 21h30 - 5/9€ www.hotclubdelyon.org Vendredi 14 mai Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) Eugène Onéguine (opéra) 19h30 - 5 à 88€ 0826 305 325 Ninkasi Gratte-Ciel Seul (chanson) 20h - grat - 04 78 03 97 23 Trokson Sheriff Perkins (rock) 20h - 04 78 28 52 43 Métal Café Big Dist Allstars 20h30- 09 50 24 24 63 Marché Gare (Nuits Sonores) Nuit 3 : Scène 1 : 22h>5h15 Doctor Flake + Jamie Lidell + Unkle Live + The Juan Maclean + Matthew Herbert Scène 2 : 22h>5h The Good Damn + A Place To Bury Strangers + The Raveonettes + The Go!

Soirée Méditerranée

Oneïra est la rencontre de musiciens grecs, iraniens et français (de Marseille). Les sonorités s’entrecroisent entre mélopées d’Orient, rythmes traditionnels hélléniques et accents jazz. La particularité de l’ensemble est encore renforcé par une vielle à roue. Miracle : la fusion prend corps et offre une musique cohérente, nostalgique et entraînante. ❥ 18.05, 20h30, Espace Albert Camus, Bron 9€ à 18€, 04 72 14 63 40 © AGNÈS MELLON


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Team + Yuksek + The Chap Scène 3 : 22h>5h30 Todd Terje + Laurent Garnier L.B.S. Feat. Scan X & Benjamin Rippert + Ben Klock Vs Marcel Dettmann Scène 4 : 22h>4h Vo Phoniq + Weirdd + The Lowbrows + Busy P + Jean Paul Sarce 22h>5h30 - 26/29€ www.nuits-sonores.com Hot Club Electrik Sofa + Thirsty Selenits Band (groove) 22h - 7/9€ www.hotclubdelyon.org Salle Varèse Concentré viennois (Mozart et Beethoven) 20h30 - 12€ - 04 72 19 26 61 Samedi 15 mai Piscine du Rhône (Nuits Sonores) Body & Soul 14h30>23h - 19€ www.nuits-sonores.com Salle Varèse Concentré viennois (Mozart et Beethoven) 18h - 12€ - 04 72 19 26 61

Warmaudio, Décines Mongoloids + Something Inside + The Ditch (métal) 20h - 04 78 49 90 73 Transbordeur Transatlantic (rock progressif) 20h30 - www.transbordeur.fr 04 78 93 08 33 Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) Mozart et Salieri 20h30 - 5 à 52€ 0826 305 325 L’Agend’Arts Greg Gensse & Marie Daviet (performance) 20h30 - 2€ - 06 83 51 60 87 Trokson Slut Machine (rock/métal) + Desert Eagle 21h - 04 78 28 52 43 Marché Gare (Nuits Sonores) Nuit 4 : Scène 1 : 21h30>6h Enola + Chloe + Lindstrøm & Christabelle + Dixon + Seth Troxler + Agoria Scène 2 : 22h30>4h30 Fol Chen + Trans Am

CocoRosie

+ Gang Of Four + Liars + Zombie Zombie Scène 3 : 22h>6h Douster + Uffie + Hudson Mohawke + 2manydjs + Claude Vonstroke Scène 4 : 22h>4h Slush + Skndr + Nth Synthesis + Noone + Paral-Lel + Freddypogo 26/29€ www.nuits-sonores.com Hot Club Happy Stompers Big Band (swing) 22h - 7/9€ www.hotclubdelyon.org Métal Café Barbara Novak + Subsider (drum & bass électro) 22h- 09 50 24 24 63 Dimanche 16 mai: Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) La Dame de Pique (opéra) 16h - 5 à 88€ - 0826 305 325 L’Agend’Arts Greg Gensse & Marie Daviet (performance) 18h - 2€ - 06 83 51 60 87

Psyche folk

Les sœurs Casady sortent leur nouvel album Grey Oceans et enchaînent avec une tournée qui passe par Lyon. Voici l’occasion de s’embarquer sur leur frêle esquif, tout en onirisme à la fois doux et détraqué, habité par des voix célestes et éraillées, habillé de harpe et de bruits d’animaux. CocoRosie franchit les limites de la pop pour un voyage aux confins du rêve. ❥ 26.05, 20h30, Transbordeur, Villeurbanne, 25€ DR


concerts Théâtre des Célestins (Nuits Sonores) The Résidents 20h30 - 28€ www.nuits-sonores.com Mardi 18 mai Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) Mazeppa (opéra) 19h30 - 5 à 88€ - 0826 305 325 Warmaudio, Décines Dear Landlord + Flatliners + Uncommonmenfrommars + Nichiel’s (punk) 20h - 04 78 49 90 73

Mercredi 19 mai Salle Debussy Musique actuelle par les étudiants du conservatoire de Lyon 19h - grat - 04 78 25 91 39 Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) Eugène Onéguine (opéra) 19h30 - 5 à 88€ 0826 305 325 Centre Charlie Chaplin L’Odyssée (théâtre musical) 19h30 - 5 à 13€ 04 72 04 81 18

GrrndZero Gerland Zu + Zéa + Jean Louis + Kanipchen-Fit 20h - 7€ - www.grrrndzero.org

A Thou Bout d’Chant Rémo Gary (chanson) 20h30 - 8/12€ 04 72 98 28 22

A Thou Bout d’Chant King Kong Vahiné (pop) 20h30 - 8/12€ - 04 72 98 28 22

Le Radiant Novecento Pianiste (théâtre musical) 20h30 - 10 à 17€ 04 78 23 84 02

Le Radiant Novecento Pianiste (théâtre musical) 20h30 - 10 à 17€ - 04 78 23 84 02 Hot Club Romain Sarron Trio (bop) 21h30 - 5/9€ - www. hotclubdelyon.org

Le Sonic Messer Chups (surf) 21h - 04 78 38 27 40 Hot Club Les Doigts de l’Homme 21h30 - 12/18€ www.hotclubdelyon.org Jeudi 20 mai Centre Charlie Chaplin L’Odyssée (théâtre musical) 19h30 - 5 à 13€ 04 72 04 81 18 Ninkasi Kao Kaf Malbar & Shakals Bans (reggae) 20h - 04 72 76 89 00 Métal Café Nichiels + Brixton Robbers + Hoax 20h- 09 50 24 24 63

Docks 40 Bibi Tanga & The Selenites 20h30 - 04 78 40 40 40

Le Clacson Magyar Posse + My Own Private Alaska + Gunfire in a Juke Joint 20h30 - 8/10/12€ 04 72 39 74 93

Ninkasi Opéra Marine Futin (chanson) 21h - grat - 04 78 28 37 74

Ninkasi Sans-Souci Moka (rock folk) 20h30 - grat - 04 78 01 78 12

Le Voyage de Noz

Patrimoine local Le rock lyonnais bouge encore. La preuve : Le Voyage de Noz, moins mythique que Starshooter, moins pop que l’Affaire Louis Trio, prépare son nouvel album BonneEspérance. Faut-il y voir une déclaration d’intention ? Toujours est-il que le groupe formé dans les années 80 propose une série de concerts intimistes pour faire découvrir ses nouveaux titres, sombres et 70’s. ❥ 26 > 29.05, 20h30, A Thou Bout d’Chant, Lyon 1er

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8€ à 12€, 04 72 98 28 22 www.athouboutdchant.com


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A Thou Bout d’Chant Rémo Gary (chanson) 20h30 - 8/12€ 04 72 98 28 22 Le Radiant Novecento Pianiste (théâtre musical) 20h30 - 10 à 17€ 04 78 23 84 02 Auditorium de Lyon Brahms et Ravel, deux génies (symphonique) 20h30 - 8 à 46€ 04 78 95 95 95 Le Sonic My Disco (pop) 21h - 04 78 38 27 40 Hot Club Les Doigts de l’Homme 21h30 - 12/18€ www.hotclubdelyon.org Vendredi 21 mai Opéra de Lyon (Festival Pouchkine) La Dame de Pique (opéra) 19h30 - 5 à 88€ 0826 305 325 Marché Gare Kissy Wète (pop/soul/reggae) 20h - 04 72 40 97 13

Trokson The Revellions 20h - 04 78 28 52 43

Métal Café Easter 22 + Bigblast 20h30- 09 50 24 24 63

L’Epicerie Moderne Ben, L’Oncle Soul + The Buttshakers (soul, R&B) 20h30 - 11 à 16€ 04 72 89 98 70

Hot Club Les Doigts de l’Homme 22h - 12/18€ - www. hotclubdelyon.org

A Thou Bout d’Chant Rémo Gary (chanson) 20h30 - 8/12€ 04 72 98 28 22

Samedi 22 mai

Centre Charlie Chaplin L’Odyssée (théâtre musical) 20h30 - 5 à 13€ 04 72 04 81 18 Auditorium de Lyon Brahms et Ravel, deux génies (symphonique) 20h30 - 8 à 46€ 04 78 95 95 95 L’Agend’Arts Agualemon (rumba) 20h30 - 2€ - 06 83 51 60 87 Maison du peuple de Pierre-Bénite Ourika, de Gorée au pays des Lumières (théâtre musical) 20h30 - 7/11/13€ 04 78 86 62 90

6e Continent Tribu du verbe (slam) 18h - grat - www. sixiemecontinent.net Trokson Matches + Pretty Hate Machines (punk/rock) 20h - 04 78 28 52 43 L’Agend’Arts Zon! (jazz) 20h30 - 2€ - 06 83 51 60 87 Métal Café E Nora 20h30- 09 50 24 24 63 Les Capucins SOGF + Larsen Wenger + Charles Ingalls (rock) 21h – 04 78 30 10 64 Hot Club New Urban Jazz Quartet (jazz électrique) 22h - 7/9€ www.hotclubdelyon.org

Emmanuelle Seigner Variété cinématographique Trois ans après un LP en anglais avec Ultra Orange, Emmanuelle Seigner a confié à Keren Ann et Doriand le soin de lui confectionner un album en français : Dingue. Un écrin pop aux accents musicaux très sixties, dans lequel sa voix agréable et limitée vient se mêler en duo avec Iggy Pop et... Roman Polanski. Pas de quoi se relever la nuit, mais la dame a du charme que l’on peut aller vérifier en live. ❥ 27.05, 20h30, Transbordeur, Villeurbanne, 28€ DR


concerts Dimanche 23 mai L’Agend’Arts Zon! (jazz) 18h - 2€ - 06 83 51 60 87 Mardi 25 mai 6e Continent (Festival 6e Continent) Dj Rucangola (Brésil) 19h - grat www.sixiemecontinent.net Transbordeur Tété (folk/blues) + H-Burns 20h30 - www.transbordeur.fr 04 78 93 08 33 A Thou Bout d’Chant Pierre Tourniaire (chanson) 20h30 - 8/12€ 04 72 98 28 22 Hot Club Cédric Perrot Trio & JeanCharles Demichel (be-bop) 21h30 - 5/9€ - www. hotclubdelyon.org

Chapelle de la Trinité (Festival de Musique Baroque) Stabat Mater Salver Regina 20h30 - 16 à 40€ 04 78 38 09 09

Hot Club Cocagne Club (new orleans) 21h30 - 5/9€ www.hotclubdelyon.org

Ninkasi Opéra Lily Luca (chanson) 21h - grat - 04 78 28 37 74

Espace Paul Roucart, Pierre-Bénite Hommage à Chopin 18h30 + 20h30 - grat 04 78 50 05 22

Le Sonic Extra Life + Sic Alps (expérimental) 21h - 04 78 38 27 40 Hot Club Sébastien Joulie Trio (jazz moderne) 21h30 - 5/9€ www.hotclubdelyon.org Jeudi 27 mai

Mercredi 26 mai

Opéra de Lyon AmphiJazz Mina Agossi (jazz) 20h30 - 10/16€ 0826 305 325

Salle Debussy Enoch Arden (d’après un poème d’A. Tennyson) 20h30 - grat - 04 78 25 91 39

Basilique de Fourvière The Voices of Freedom (gospel) 21h

Karimouche

Vendredi 28 mai

Parc de Gerland (Festival 6e Continent) Alforria + Casar Allan + Orquestra Do Fuba (Brésil) 19h - grat www.sixiemecontinent.net Marché Gare John & Jehn + Milkymee (pop/folk) 20h - 04 72 40 97 13 Ninkasi Gratte-Ciel Titi la Margot (chanson) 20h - grat - 04 78 03 97 23 Opéra de Lyon AmphiJazz Mina Agossi (jazz) 20h30 - 10/16€ 0826 305 325

Nouvelle scène française Textes graves souvent issus de son vécu, musique festive en fusion, tel est le cocktail concocté par Karimouche. La jeune Lyonnaise mélange des rythmiques ragga, hiphop ou berbères à des paroles slammées ou chantées façon Piaf 2.0. Notamment épaulée par une human beat box et un piano bastringue, Karimouche donne toute sa mesure sur scène, où sa gouaille et son humour font merveille. ❥ 28.05, 20h30, Le Polaris, Corbas, 8 à 14€

© STÉPHANE ROUAUD

04 72 51 45 55, www.lepolaris.org


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Transbordeur Finale des Tremplins professionnels On Stage 20h30 - www.transbordeur.fr 04 78 93 08 33 Grand Temple Le Rois David, A. Honegger (musique française) 20h30 - 9/20/24€ 04 72 98 25 30 MJC du Vieux Lyon Natasha Bezriche chante Léo Ferré 20h30 - 6/9/12€ 04 78 42 48 71 Métal Café Calmcacil 20h30- 09 50 24 24 63 La Marquise Franck Viallet (chanson pop) 20h30 – 5€ - 04 72 61 92 92 Périscope Lunatic toys (jazz/pop) 21h - www.periscope-lyon.com Hot Club Olivier Truchot Trio (bop) 22h - 7/9€ - www. hotclubdelyon.org

Samedi 29 mai Parc de Gerland (Festival 6e Continent) Jiripoca + Casuarina + Tambores Nago + Dj Mam (Brésil) 19h - grat - www. sixiemecontinent.net La Halle Tony Garnier Jacques Dutronc 20h - 38/45€ 04 73 62 79 00 Marché Gare Disiz La Peste (rap) 20h - 04 72 40 97 13 Le Clacson Dj Gravedigger + Irradiates + X Ray Vision (rock/psyché) 20h30 - 6/8€ 04 72 39 74 93 Opéra de Lyon AmphiJazz Mina Agossi (jazz) 20h30 - 10/16€ 0826 305 325

L’Agend’Arts Monsieur Barthélémy (chanson) 20h30 - 2€ 06 83 51 60 87 Métal Café Hill Valley 20h30- 09 50 24 24 63 Hot Club What’s Up Docs (swing vocal) 22h - 7/9€ - www. hotclubdelyon.org Dimanche 30 mai GrrndZero Gerland Wolf Eyes + Mi Ami + Ganglians + Gael Le Grizzly www.grrrndzero.org L’Agend’Arts Monsieur Barthélémy (chanson) 18h - 2€ 06 83 51 60 87

MJC du Vieux Lyon Natasha Bezriche chante Léo Ferré 20h30 - 6/9/12€ 04 78 42 48 71

Le Sonic The Psychic Paramount (rock) 21h - 04 78 38 27 40

Jacques Dutronc Variété aquoiboniste Il lui suffit d’annoncer une série de concerts, sans aucune actu discographique, pour remplir les salles. Dutronc père avait déjà fait le plein de la Halle en février, le voici de retour au printemps. Alors soyons opportunistes à reprendre en chœur avec le plus grand des glandeurs ses meilleurs tubes, quelques milliers de Lyonnais et lui, et lui, et lui. ❥ 29.05, 20h, Halle Tony Garnier, Lyon 7e 38€ / 45€ 04 72 76 00 00, www.arachnee-concerts.com DR


le mot de la fin |

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Un truc cool…

Kettle

En 2009, Brock Davis s'est lancé un défi : "Make something cool every day". Cet illustrateur facétieux et photographe hypersensible a terminé l'année en beauté avec 365 créations (photo)graphiques ! Voici un extrait du calendrier très personnel d'un mec définitivement cool.


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let’smotiv lyon n°03 - mai 2010 by LM magazine - Issuu