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Tremplin Le Mag N°55 - Mars 2026

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UNE RÉALISATION LES TREMPLINS

Tremplin Le Mag est une revue d’actualité et de culture générale portant à la fois sur des enjeux militaires et des questions de société. A travers une approche synthétique, elle vise à permettre un suivi de l’actualité internationale et nationale, tout en ouvrant vers des articles parus dans la presse généraliste. Un troisième moment permet d’élargir la réflexion en abordant une actualité moins chaude.

Editorial

Même si l’attaque avait été annoncée et préparée par des frappes aériennes depuis plusieurs mois, l’intensité de celleci a surpris les observateurs internationaux. Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé conjointement deux opérations militaires d’envergure, « Furie épique » et « Lion rugissant » détruisant l’essentiel des installations militaires iraniennes et provoquant la mort de ses principaux responsables, parmi lesquels Ali Khamenei, Guide suprême de la révolution islamique depuis 1989.

Les conséquences de cette attaque sont multiples et pourraient avoir des répercussions mondiales, d’où le choix éditorial fort de centrer une grande partie de l’actualité internationale de ce mois de mars 2026 sur ces événements. Y sont analysés la riposte militaire iranienne, les conséquences sur le commerce mondial ou encore l’avenir du régime.

La violence n’épargne pas l’actualité nationale, comme en

témoignent notamment la mort de Quentin Deranque et ses répercussions politiques en France et par-delà les Alpes. Cette affaire témoigne notamment de la polarisation extrême du débat public. Cette même polarisation a accompagné les nominations d’Anne-Claire Legendre à la tête de l’Institut du monde arabe et surtout d’Amélie de Montchalin à la présidence de la Cour des comptes, de la même manière qu’elle a pu se manifester lors des élections municipales de mars.

Enfin, Horizon Sciences Po vous permet de découvrir deux nouvelles références citées dans la bibliographie du réseau ScPo, sur le thème du vivant. Il s’agit de Croire aux fauves de l’anthropologue Nastassja Martin, un récit autobiographique dans lequel elle raconte sa rencontre avec un ours ainsi que ses blessures et sa reconstruction autant faciale que psychologique. La deuxième contribution, Habiter en oiseau de la philosophe Vinciane Despret permet de découvrir les relations entre ornithologie et sciences sociales.

UNE RÉALISATION LES TREMPLINS

Tremplin Le Mag est une revue d’actualité et de culture générale portant à la fois sur des enjeux militaires et des questions de société. A travers une approche synthétique, elle vise à permettre un suivi de l’actualité internationale et nationale, tout en ouvrant vers des articles parus dans la presse généraliste. Un troisième moment permet d’élargir la réflexion en abordant une actualité moins chaude.

VN PARTICIPATIONS

42 RUE DEYRIES

33800 BORDEAUX

TÉL : 05.33.49.01.80 contact@trempliniep.fr

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION

Thierry CORDE

COMITÉ DE RÉDACTION

Florent VANDEPITTE

AUTEURS

Mme Céline CHARLES - M. Arnaud LE GARS - Mme Tatiana GOLTSBERG - M. Christophe GROSJEAN

PHOTOS

Vue satellite. (Nasa) - Arc de triomphe. (Unplash) - Iran (Getty) - Un drapeau iranien est placé parmi les ruines d’un poste de police frappé lundi lors de la campagne militaire américano-israélienne à Téhéran, 3 mars 2026. (Vahid Salemi) - Carte frappes israélo-américaines sur l'Iran et rispostes iraniennes (Visactu/La Croix) - Un portrait de l'ayatollah Ali Khamenei devant l'ambassade d'Iran en Russie, à Moscou, le 2 mars 2026. (Hector Retamal/AFP)Capture d’écran du site marine traffic le 5 mars 2026 montrant l’arrêt de la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz - Des Talibans dans le quartier de Spin Boldak, dans la province de Kandahar, le 27 février 2026 au lendemain des affrontements entre le Pakistan et l’Afghanistan. (Sanaullah Seiam) - La ville d'Odessa au sud de l'Ukraine, après 4 ans de guerre, en février 2026. (Sylvain Rostaing/Maxppp) - Podcast Iran, les clés pour comprendre - Podcast France Inter, Poutine le tsar spviétique - Couverture Après l'Occident? Hubert Védrine et Maurice Godellier - Drapeaux français (Pxhere) - PLa une de Charlie Hebdo du 19 février 2026 soulignant qu'à priori il y a peu de différences entre les deux groupes. Le journal a cependant rappelé la volonté pour l’extrême droite de chercher un “martyr”- Qui est Anne-Claire Legendre, nommée à la tête de l'IMA en remplacement de Jack Lang ? Le Dauphiné libéré, février 2026 - Nomination d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes : deux sénateurs veulent limiter son mandat, Le Parisien, 17 février 2026 - femmes et hommes, l’égalité en question, INSEE Références, mars 2022 - JO d'hiver 2030 : plusieurs mobilisations contre l'organisation de l'événement dans les Alpes françaises, Europe 1, 6 janvier 2024 - Buste (Unplash)

Tous droits de reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays.

TREMPLIN LE MAG

Revue d’actualité et de culture générale

SPÉCIAL GUERRE EN IRAN

ACTUALITÉ INTERNATIONALE

ACTUALITÉ NATIONALE

HORIZON SCIENCES-PO

- Nastassja Martin, Croire aux fauves, 2019

- Vinciane Despret, Habiter en oiseau, 2019

GUERRE EN IRAN

Au cœur du Moyen-Orient, l’Iran occupe depuis longtemps une place centrale dans les équilibres géopolitiques mondiaux. Puissance régionale, acteur majeur des dynamiques énergétiques et idéologiques, le pays se trouve aujourd’hui au centre d’un conflit qui dépasse largement ses frontières. Les rivalités avec Israël, les relations conflictuelles avec les ÉtatsUnis et les inquiétudes liées à son programme nucléaire ont transformé ces tensions en une guerre ouverte.

La guerre qui s’est déclenchée récemment autour de l’Iran marque ainsi une nouvelle étape dans l’instabilité régionale. Au-delà des affrontements militaires, ce conflit révèle des rivalités stratégiques profondes, des enjeux énergétiques mondiaux et la recomposition des alliances au Moyen-Orient. Dans un contexte international déjà fragilisé par d’autres crises, l’escalade autour de l’Iran pose une question centrale : s’agitil d’un conflit régional de plus, ou du début d’un basculement géopolitique aux conséquences mondiales ?

Ce dossier propose d’analyser les origines de cette guerre, les acteurs impliqués et les scénarios possibles pour l’avenir du Moyen-Orient et de l’ordre international.

Arnaud LE GARS

ALLER PLUS LOIN...

En société, FRANCE 5 : Iran, comprendre la crise au Moyen-Orient

DE LA GUERRE PAR PROCURATION À LA CONFRONTATION DIRECTE

Depuis plusieurs années, la rivalité stratégique entre l’Iran, Israël et les États-Unis s’inscrivait principalement dans une logique de guerre indirecte, reposant sur des réseaux d’alliés et de groupes armés partenaires. Téhéran s’appuyait notamment sur ce que de nombreux analystes appellent « l’axe de la résistance », un ensemble d’acteurs non étatiques ou paraétatiques comprenant le Hezbollah au Liban, plusieurs milices chiites en Irak, les rebelles houthis au Yémen ou encore certains groupes armés présents dans la bande de Gaza.

Cette stratégie permettait à l’Iran d’exercer une pression constante sur Israël et sur les intérêts américains dans la région tout en évitant un affrontement frontal qui aurait comporté des

risques militaires considérables. Cependant, depuis la guerre de Gaza déclenchée en 2023, ces tensions indirectes se sont progressivement transformées en une mosaïque de fronts actifs. Les échanges de tirs entre le Hezbollah et l’armée israélienne au nord d’Israël, les attaques de navires en mer Rouge par les Houthis et les frappes régulières contre des positions iraniennes ou pro-iraniennes en Syrie et en Irak ont contribué à installer une dynamique d’escalade durable.

Le basculement intervient le 28 février 2026 lorsque les ÉtatsUnis et Israël lancent deux opérations militaires d’envergure — baptisées « Furie épique » et « Lion rugissant » — visant directement des installations militaires iraniennes situées sur le

Un drapeau iranien est placé parmi les ruines d’un poste de police frappé lundi lors de la campagne militaire américano-israélienne à Téhéran, 3 mars 2026.

territoire de la République islamique. Ce passage à des frappes massives contre l’Iran marque une rupture stratégique majeure : la confrontation ne se déroule plus uniquement par acteurs interposés, mais touche directement les structures militaires iraniennes.

En l’espace d’environ vingt-quatre heures, près d’un millier de cibles sont frappées. Les opérations visent principalement les infrastructures liées au programme balistique iranien : dépôts de missiles, radars, centres de commandement et systèmes de défense antiaérienne. L’objectif affiché par Washington et TelAviv est de réduire la capacité de Téhéran à projeter des missiles et des drones contre Israël ou contre les forces américaines stationnées dans la région.

La riposte iranienne et l’extension aux bases du Golfe

La réaction iranienne intervient rapidement et révèle un système de commandement capable de fonctionner malgré les frappes ciblées. Les forces iraniennes semblent avoir anticipé ce type de scénario en mettant en place des structures de commandement décentralisées et redondantes, permettant la continuité des opérations même en cas de pertes dans la hiérarchie militaire.

Téhéran lance alors plusieurs vagues de missiles balistiques et de drones dirigées vers Israël, mais aussi vers des installations militaires américaines au Moyen-Orient. Une partie de ces frappes vise des bases situées dans plusieurs États du Golfe accueillant des forces américaines ou occidentales, notamment aux Émirats arabes unis, au Qatar, au Koweït et à Bahreïn. Ces installations jouent un rôle central dans le dispositif militaire américain au Moyen-Orient et constituent des points logistiques essentiels pour les opérations aériennes et navales dans la région.

Certaines attaques cherchent à saturer les systèmes de défense antimissile en combinant plusieurs types de projectiles, y compris des missiles à sous-munitions. Dans certains cas, les tirs sont coordonnés avec des actions menées par le Hezbollah au Liban afin d’augmenter la pression sur les défenses israéliennes. Dans le même temps, l’Iran maintient l’utilisation de ses partenaires régionaux pour créer une pression multithéâtre. Les milices alliées poursuivent des actions contre des positions américaines en Irak et en Syrie, tandis que les Houthis continuent de menacer le trafic maritime en mer Rouge. Cette stratégie vise à disperser les capacités militaires adverses et à compliquer toute réponse coordonnée.

Cependant, malgré ces frappes contre des bases situées dans les États du Golfe, Téhéran insiste sur le fait que ses attaques visent exclusivement les forces américaines et non les États hôtes eux-mêmes. Cette communication diplomatique cherche à éviter une rupture directe avec les monarchies du Golfe et à empêcher ces pays d’entrer pleinement dans le conflit.

Objectifs militaires et limites des frappes

Du côté américain et israélien, la campagne militaire poursuit plusieurs objectifs stratégiques. Le premier consiste à réduire significativement la capacité offensive iranienne, notamment dans les domaines des missiles balistiques et des drones armés, qui représentent aujourd’hui l’un des principaux outils de projection de puissance de Téhéran. Les frappes ciblent donc les infrastructures militaires critiques : centres de commandement, dépôts de munitions, installations radar, batteries antiaériennes et certains responsables militaires ou politiques considérés comme essentiels au fonctionnement de l’appareil sécuritaire iranien. Certains responsables politiques évoquent également l’objectif plus large d’affaiblir durablement le régime iranien. Cependant, l’efficacité de ces frappes se heurte à plusieurs limites. Depuis plusieurs années, l’Iran a entrepris de disperser et d’enfouir ses installations sensibles, construisant des infrastructures profondément enterrées ou réparties sur de nombreux sites. Cette stratégie vise précisément à réduire la vulnérabilité du système militaire face à des campagnes aériennes massives. Les frappes infligent donc des pertes importantes, mais la capacité de riposte iranienne démontre que l’appareil militaire conserve une certaine résilience. La destruction complète de l’infrastructure militaire iranienne apparaît dès lors hautement improbable à court terme, même dans le cadre d’une campagne militaire prolongée.

Réactions internationales et inquiétudes régionales

La montée des tensions suscite immédiatement une intense activité diplomatique. Plusieurs puissances appellent à une désescalade rapide afin d’éviter une extension du conflit. Les pays européens expriment leur inquiétude face au risque d’embrasement régional, tandis que la Russie condamne les frappes occidentales et appelle à une solution diplomatique au nom «  du droit international », belle ironie…

L’un des principaux motifs d’inquiétude concerne la sécurité des monarchies du Golfe, désormais directement exposées aux frappes visant les bases américaines sur leur territoire. Une extension du conflit à ces États pourrait entraîner une réaction militaire plus large et transformer la crise actuelle en véritable guerre régionale.

Un autre risque majeur concerne le détroit d’Hormuz, passage stratégique par lequel transite une part importante du commerce mondial de pétrole, 20% notamment à destination du marché asiatique. Une perturbation durable de ce corridor maritime a déjà des conséquences économiques globales, notamment sur les prix de l’énergie et la stabilité des marchés.

Pour l’instant, les partenaires étatiques de l’Iran (et non alliés), notamment la Chine et la Russie, n’ont pas manifesté d’intention d’intervenir militairement et ne le feront pas. Cette retenue limite le risque d’un affrontement direct entre grandes puissances,

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