ÉDITION SPÉCIALE
Mardi 21 juin 2005
Au bout du rêve
Photo : Philippe RIEDINGER
Le bateau de François Zanella mis à l’eau à Sarreguemines le jeudi 23 juin 2005 > POUR UN INTÉRIEUR
MAGASIN VAISSELLE DES FAYENCERIES DE SARREGUEMINES OUVERTURE EXCEPTIONNELLE Dimanche 26 juin 2005
-
CLIMATISATION
-
SANITAIRE
-
CARRELAGE
-
MEUBLES DE SALLE DE BAINS
de 14 h à 19 h
GRAND CHOIX ART DE LA TABLE
qui vous ressemble
•FAÏENCE TRADITIONNELLE ET CONTEMPORAINE •PORCELAINE “PYROBLAN” •CULINAIRE •BARBOTINES DE SAINT-CLÉMENT
Z.I. RUE DES FRÈRES REMY SARREGUEMINES DIRECTION BITCHE (À CÔTÉ DU GARAGE FORD) - TEL
•LUMINAIRES
03 87 95 16 42 OU 03 87 95 16 14
HORAIRES D’OUVERTURE DU LUNDI AU VENDREDI : 9 H 00 - 12 H 00 ET DE 14 H 00 - 18 H 30 SAMEDI : 9 H 00 - 12 H 00 ET DE 14 H 00 - 18 H 00
Rue du Colonel-Cazal - 57200 SARREGUEMINES - Tél. 03 87 98 68 51 - Fax : 03 87 02 94 70 (à côté du Casino et de la passerelle piétonne) Parking gratuit
ouvert du mardi au samedi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h
AC659750-P1
CHAUFFAGE
2
L'histoire Des premières chimères à la concrétisation du rêve Octobre 1994. François Zanella débute la construction du Majesty of the Seas. On le croit fou. 23 juin 2005, le bateau est mis à l’eau à Sarreguemines. Chapeau capitaine ! ’est renversant de penser que François « Zanella est parvenu à construire son navire ! », s’exclame Philippe Kasse. Cela résume l’état d’esprit qui régnait à Saint-Nazaire lorsque le Morsbachois a pointé le bout de son nez. « Cet homme, c’est de la volonté, de l’ingéniosité et du talent pour les relations publiques », ajoute le responsable de la communication aux Chantiers de l’Atlantique. Tout commence en 1993. Le mineur contacte le service communication pour obtenir les plans du Majesty of the Seas. « Cette démarche nous a semblé sympathique. Il nous parlait d’une maquette. Et lorsque nous avons su que c’était à l’échelle 1/8e, nous sommes devenus plutôt sceptiques », se souvient Philippe Kasse. En effet, le passionné veut construire un navire de croisière fluviale de 33 m de long, 4,75 m de large et 5,15 m de hauteur. Il commence donc à dessiner les plans. Et les échanges entre l’entreprise et le futur capitaine se multiplient, « pour avoir des renseignements ». Le mineur est invité plusieurs fois à visiter les Chantiers de l’Atlantique.
C
Nouvelle “AYGO” de TOYOTA LA RÉFÉRENCE du marché des petites citadines Un concept nouveau en 3 et 5 portes, étudié et industrialisé par Toyota et PSA Peugeot Citroën.
Une ligne et un prix fantastiques ! À partir de
8.500 €
Une planche de bord sous le signe de la simplicité et de l’efficacité avec du rangement partout.
Du rêve à la réalité
TODAY TOMORROW
Aujourd’hui, demain Toyota
FORBACH-OUEST SNEB 317, rue Nationale - ZI de l'Europe (face à Mc Donald’s)
03 87 84 72 72
AC660636
Votre distributeur exclusif à
En 1994, François Zanella entame la construction de son bateau - en trois parties - sur un terrain acheté peu de temps auparavant, rue de la Forêt. Juste en face de chez lui. Dans un hangar fermé, l’homme commence sa besogne, sous le regard dubitatif de ses voisins. La proue est achevée le 4 septembre 1995.
François Zanella aux côtés de sa marraine, la navigatrice Maud Fontenoy, et de Céleste Lett, le député-maire de Sarreguemines, où le Majesty of the Seas mouillera pour la première fois ce jeudi. « Il était passé du stade du fantasme à celui du concret », ajoute le responsable de la communication. Le même mois, il se lance dans la réalisation de la poupe. Progressivement, le Morsbachois fait parler. Les médias s’intéressent à lui. De
nombreuses entreprises décident de le soutenir en lui fournissant du matériel. Cela lui permet d’avancer à moindres frais. « Lorsqu’on voit son travail, on se dit qu’on ne peut pas le laisser seul », confirme Roland Douteau, responsable de la sous-
traitance du montage coque métallique. La volonté de François Zanella a entraîné l’enthousiasme des compagnons des Chantiers de l’Atlantique. « Les ouvriers se disaient que ce qu’il arrive à faire est incroyable. Car rien ne le prédestinait à cela »,
poursuit Philippe Kasse. En juin 1997, la poupe est terminée et mise en peinture.
Retraité actif Le 8 janvier 1998, le mineur, employé au service aérage des HBL, part en préretraite. Tout son temps libre sera désormais
consacré à la réalisation de son rêve. 7 mars 1998 : une quarantaine d’ouvriers des chantiers de l’Atlantique font le déplacement à Morsbach. « J’ai découvert François Zanella lors d’un reportage de Thalassa. J’ai donc décidé d’emmener mes collègues chez lui. Il était en train de réaliser la partie centrale », rappelle Roland Douteau. « Il nous a expliqué qu’il devait retourner son bateau pour faire les soudures au plafond. Alors quatre d’entre nous ont décidé de prendre sur nos congés et de revenir en Lorraine pour l’aider. Cela lui a permis de gagner trois mois de travail ! », poursuit le responsable de la communication. Les ouvriers reviennent en avril 1999 pour souder les trois parties du navire. En mai de la même année, une cheminée d’une tonne et de 4,5 mètres de diamètre est installée. En juin, le bateau est entièrement mis en peinture. Le double fond et le bloc sanitaire sont en place en septembre. En 2000, deux hélices, calculées et fondues spécialement pour le bateau, sont greffées ; ainsi que des pompes hydrauliques pour faire fonctionner ascenseurs et gouvernail. Les chambres du bateau sont également aménagées. L’intérieur prend progressivement forme : décoration de la salle à manger en 2002 ou fresque du hall d’entrée en marbre en 2004. « Nous attendons la mise à l’eau depuis longtemps. Et nous aimerions emmener le Majesty of the Seas à Saint-Nazaire, car toute la région connaît François Zanella », conclut Roland Douteau.
AC659822
3
L'homme François Zanella à contre-courant Il avait à peine 10 ans lorsqu’il a vu le France pour la première fois à la télévision. Depuis, François Zanella a toujours rêvé de posséder son propre bateau. Il raconte aujourd’hui ses premières maquettes, ses voyages successifs au Havre et les débuts du Majesty of the Seas. l est loin le temps où François Zanella récupérait des cagettes pour en tirer des maquettes. Le mousse d’autrefois a pris de la bouteille : il a 56 ans aujourd’hui. Mais il a gardé l’énergie de sa jeunesse et la passion qui l’anime depuis toujours : les bateaux. « Je devais avoir 10 ou 11 ans. J’étais devant la télévision, chez ma tante, quand j’ai vu le France pour la première fois, le jour de son lancement. Le général de Gaulle était là. Je revois la bouteille de champagne se fracasser contre la coque. Ce bateau était énorme, j’en suis tombé amoureux. Je le voulais pour moi ! » Cette idée ne le quittera plus. Le regard sur la ligne d’horizon, François se met au travail. « J’ai commencé avec des cageots d’oranges que je découpais avec une scie et que je peignais à la gouache. J’entends encore ma mère me dire : "Tu ne mettras jamais ça dans la baignoire !" Il a suffi qu’elle ait le dos tourné. Ça n’a pas duré longtemps, j’ai vu l’eau changer de couleur. Le bateau a coulé. Moi, j’ai beaucoup pleuré. La peinture s’était incrustée dans les joints du carrelage… Ça m’a valu une bonne raclée ! »
I
François Zanella devait avoir 10 ou 11 ans lorsqu’il a vu le France pour la première fois, le jour de son lancement : « Le général de Gaulle était là. Je revois la bouteille de champagne se fracasser contre la coque. Ce bateau était énorme, j’en suis tombé amoureux. Je le voulais pour moi ! »
A bord du France
François Zanella et madame : « Ma femme a plus de mérite que moi. Elle s’est occupée de la maison, des enfants, pendant que j’étais en train de travailler sur le bateau. Elle a souvent dîné seule, le soir. Je crois que peu de femmes auraient supporté tout ça. Je lui tire mon chapeau ! »
Obstiné, il ne baisse pas les bras. A Œting, il transforme la cave de la maison familiale en atelier. Et poursuit son œuvre. « J’ai fait une deuxième maquette, une copie du France, en allumettes. » François sourit. Quarante ans après, il n’a rien oublié, ni l’aide que son père, bricoleur de génie, lui a apportée, ni le soutien de son épouse. « En 1969, je cherchais un port d’at-
Contre vents et marées, François Zanella a porté son rêve à bout de bras pendant onze ans. tache, dit-il. J’ai fini par le trouver quand j’ai rencontré Jasmine ! » Le mariage est célébré en 1973. Leur fils, JeanMarie, naît en 1974. A l’époque, François est chauffeur-livreur chez Cahen Frères à Forbach. « En 1974, nous sommes allés au Havre pour les vacances. » Son rêve de gosse se réalise : « J’ai vu le France ! Il était encore plus grand qu’à la télé. » Mais François est déçu, il n’est pas autorisé à monter à bord. Autant de kilomètres pour rien. Le Lorrain fait preuve d’imagination : « J’ai vu un gradé descendre la passerelle. J’ai dit à ma femme : "C’est dommage, on n’a pas pu dire au revoir à
« Je vais vous faire une confidence… »
ton père !" L’homme m’a entendu et nous a laissés monter ! » François et Jasmine visitent le paquebot de fond en comble avant son dernier départ pour New York. « Un des plus beaux moments de ma vie. »
« Mon propre bateau » Même après la naissance de ses filles – Cathy en 1975, et Cindy en 1985 – et, plus tard, de ses petits-enfants – Daphné en 2001 et Maëva en 2004 –, l’homme est resté un « grand gosse ». A Morsbach, il poursuit son rêve. En 1976, il retourne au Havre. « Le France allait être vendu et rebaptisé. » Il y revient en 1979 : « Le Norway quittait la
France pour l’Allemagne. On était là à 6 h du matin pour le voir partir. » Puis en 1980, pour son baptême. Après cette ultime visite, François décide de transformer la réplique du France qu’il a lui-même réalisée, en Norway. C’était il y a vingt-cinq ans. A cette époque, il est encore mineur aux Houillères du Bassin de Lorraine. « Je travaillais en poste de matin. Je commençais à 4 h 45 et je rentrais à 14 h. Ça me laissait pas mal de temps ! » Pour voir ses enfants grandir. Pour construire ses maquettes aussi. « J’ai toujours voulu avoir mon propre bateau. Comme je n’avais pas de quoi m’offrir
une croisière, j’ai pensé qu’il serait peut-être plus facile d’en faire un ! »
L’aventure commence « Je voulais une réplique du France. Mais, techniquement, ce n’était pas possible. Alors le projet est tombé à l’eau. » Déterminé, François n’est pas homme à lâcher prise. « En 1987, les chantiers de Saint-Nazaire reconstruisent des bateaux de croisière. J’ai réussi à récupérer les plans du Sovereign of the Seas, puis, en 1992, du Majesty of the Seas. » François étudie longuement les documents
fournis par les Chantiers de l’Atlantique. En 1994, il plonge. « Quand ils ont appris que la réplique du Majesty allait faire 33,50 mètres de long, ils m’ont recontacté. Pour eux, ce n’était plus une maquette mais une vraie réplique. Je ne pouvais pas faire n’importe quoi. Ils m’ont quand même laissé faire. » François se lance dans la construction de son bateau. Un défi fou qui aura duré onze ans. Et qui s’achève ce jeudi, à Sarreguemines, où le Majesty of the Seas sera mis à l’eau. « Pour moi, l’aventure ne fait que commencer ! »
PUBLICITÉ
Félicitations! Bravo François Zanella, vous avez fait aboutir votre rêve : la construction en Lorraine de la copie au 1/8 d’un géant des mers : le Majesty of the Seas. Volontaire et ambitieux, vous êtes un homme déterminé et vous avez consacré des années de votre vie à concevoir ce fantastique bateau hors normes. Avec ténacité, vous êtes allé au bout de vos envies. Magasin familial né en 1929, les Meubles Filliung avaient un objectif : la satisfaction de la clientèle grâce à des créations fiables et durables. 76 ans après, le cap a été maintenu. À force d’esprit d’ouverture et de détermination, l’enseigne est devenue l’un des leaders en Moselle sur son secteur d’activité.
Bien inspirés e travail manuel est à la base de nos deux histoires. Elles sont celles d’un mineur et d’un menuisier qui ont déployé des efforts remarquables pour progresser et se réaliser. Nous avons œuvré au cœur de notre région et nous sommes parvenus à force de pugnacité à faire évoluer les richesses du patrimoine local. Hommes de terroir et de terrain, nous avons su croire en nos projets et nous avons investi nos forces sur nos lieux de vie. Vous avez choisi Morsbach pour faire naître votre fabuleux bateau ; notre famille a démarré à Hombourg-Haut avec la création de meubles de tradition. L’entreprise s’est ensuite transmise de père en fils et a progressé régulièrement au fil du temps en innovant et en diversifiant ses points de vente.
L
La qualité pour objectif éritiers d’une longue tradition de travail et de patience, Les Meubles Filliung offrent à leur clientèle la possibilité de côtoyer des produits beaux, aux finitions d’exception. Ils sont aujourd’hui fabriqués dans les règles de l’art par les plus grandes marques françaises comme Celio, Gautier, Garnier, Grange, Swissflex, Stressless, Schmidt... Les Meubles Filliung bénéficient des compétences d’une équipe composée de 50 salariés, tous recrutés dans notre région. Nos propres techniciens assurent l’installation, la pose et le SAV. Leur savoir-faire et leur expérience significatifs sont à noter. Soulignons que le respect du travail soigné et l’esprit d’innovation ont toujours été privilégiés jusqu’à devenir notre philosophie d’entreprise. Nous avons la satisfaction de notre clientèle pour ligne de mire, maintenir ce cap reste notre impératif !
H
• Le Républicain Lorrain : Vous avez consacré onze ans à la construction du Majesty of the Seas. Q u e ressentez-vous aujourd’hui, à la veille de sa mise à l’eau ? • François Zanella : « Je suis fier, c’est évident. Mais je suis surtout très stressé. J’ai peur de ce qui va se passer une fois qu’il sera sur l’eau. Je n’arrête pas de me poser des questions. En ce moment, j’ai beaucoup de mal à dormir. Je me demande comment cela va se finir. J’aimerai tellement que tout cela soit déjà passé ! » • R.L. : Par le passé, vous est-il arrivé d’avoir envie de renoncer ? • F.Z. : « En 1997, après le décès de mon fils, j’ai pensé
à tout arrêter. A ce momentlà, j’ai eu un gros coup de cafard. Je me demandais si tout cela servait vraiment à quelque chose… Heureusement, mes amis étaient là. Ils m’ont encouragé à continuer. Pendant deux mois, je n’ai pas mis les pieds sur le chantier. J’ai fini par m’y remettre. En fait, ça m’a permis de penser à autre chose… » • R.L. : Vous êtes croyant ? • F.Z. : « Oui, je crois que quelqu’un veille sur moi. Il y a trois ans, en 2002, j’ai eu de sérieux problèmes de santé. J’ai vraiment eu peur de mourir. Il fallait que je me raccroche à quelque chose, à quelqu’un… J’avais également peur de ce qui pourrait arriver à ma femme, à mes
filles, si jamais je venais à disparaître. Je craignais qu’elles perdent tout ce que j’avais pu investir dans ce bateau. J’avais besoin que quelqu’un me donne un petit coup de pouce. Aujourd’hui, je vais bien ! » • R.L. : En tout cas, vous n’avez rien perdu de votre caractère. On le dit mauvais d’ailleurs ! • F.Z. : « Tout le monde le dit, j’ai un très mauvais caractère. Je suis têtu comme une bourrique, ce que j’ai dans la tête, je l’ai pas ailleurs. Et j’ai horreur qu’on me prenne pour un con ! » • R.L. : Avec les médias, ça n’a pas dû être facile au début ? • F.Z. : « Aujourd’hui, je suis vacciné. Mais c’est vrai
qu’au début, ce n’était pas évident. Je suis avant tout un fils de paysans. Je n’ai pas le vocabulaire qu’il faut, je n’ai pas été dans de grandes écoles. Et j’ai tendance à dire les choses comme je les pense ! » • R.L. : Par contre, vous êtes très discret lorsqu’il s’agit de votre famille ! • F.Z. : « C’est vrai. Mais je vais vous faire une confidence. Ma femme a plus de mérite que moi. Elle s’est occupée de la maison, des enfants, pendant que j’étais en train de travailler sur le bateau. Elle a souvent dîné seule, le soir, parce que je n’étais pas là. Je crois que peu de femmes auraient supporté tout ça. Je lui tire mon chapeau ! »
Bon vent François...
AC659888
François Zanella, papa gâteau au caractère trempé, a traversé les épreuves avec sa famille pour arriver au terme de son aventure.
RN3 - ST-AVOLD MOULIN-NEUF Tél. 03 87 91 04 20
RN3 HOMBOURG-HAUT Tél. 03 87 04 41 06.
RN3 RN3 - ST-AVOLD ZONE COMMERCIALE HOMBOURG-HAUT MOULIN-NEUF GROSBLIEDERSTROFF Tél. 03 87 04 55 45 Tél. 03 87 91 82 96 TÉL. 03 87 09 24 89
4
La construction en images
François et le géant d’acier À partir de 1993, François Zanella va consacrer 3 500 heures de son temps à dessiner les croquis et les plans qui vont lui permettre de façonner ses premières plaques d’acier à compter du 10 août 1994. Avant de se jeter à l’eau, le Morsbachois s’est entraîné, dans son garage, à souder. Nous sommes en 1993, et François bouillonne de ce projet fabuleux qui le tenaille. « Il devait savoir s’il allait y parvenir. Il a commencé par un bulbe, une sorte de boule située sur la partie avant du bateau. Puis il a réitéré cet essai en réalisant
Avril 1995. François Zanella commence par la coque de la partie avant du futur Majesty of the Seas. La proue mesure à elle seule onze mètres de long.
avec succès un second bulbe », rapporte Bernard Joannes, un ami du mineur. La construction de ce bateau gigantesque relève tout autant de la prouesse technique que de l’exploit humain. François Zanella n’a pas seulement créé une œuvre unique, il a également imaginé les outils pour la sculpter et inventer ses propres méthodes de travail. De A à Z, en fin observateur et en génial bricoleur, il a donné corps à son rêve avec la seule force de son esprit et de ses bras. Juste pour tout cela, chapeau l’artiste !
1995, François Zanella doit faire pivoter la partie avant du bateau pour réaliser des soudures descendantes. Il s’inspire des rails circulaires utilisés au fond de la mine pour retourner les wagonnets et vider le charbon.
Juillet 1995. La proue de 17 tonnes est terminée.
11 juillet 1995. La partie avant est transportée par convoi exceptionnel vers une entreprise de sablage.
17 juillet 1995. La proue retrouve le hangar. Le sablage a permis d’enlever rouille et saletés. L’acier a été mis à nu. Une couche d’apprêt a également été posée pour préparer la mise en peinture.
La partie avant est peinte à l’extérieur et à l’intérieur (double fond). Quatre cents kilos de peinture ont été utilisés. En septembre, la proue est terminée après un mois et demi de travail, et quitte le hangar édifié à côté de la maison de François Zanella.
5
La construction en images & PLACEMENT
Vous cherchez ? Nous trouvons !
AC659722
15, Grand-Rue - SARRE-UNION Tél. 03 88 00 25 40 Z.I. Neuwald - SARREGUEMINES Tél. 03 87 98 15 00 34, rue Capito - HAGUENAU Tél. 03 88 06 17 00 Heinrich-Barth Str1 - SAARBRÜCKEN Tél. 00 49 681 41 62 07 40 web : www.setim-interim.com
2000. Le mineur travaille dans la salle des machines. Il installe des pompes hydrauliques.
François Zanella débute la construction de la poupe à la fin du mois de septembre 1995. La partie arrière (qui se trouve dans le hangar) est retournée en juillet 1996. Une rotation de 125 degrés nécessaire pour réaliser des soudures de finition sous la coque. Elle est achevée en juin 1997.
Le Majesty of the Seas c’est aussi 160 m2 habitables. Il possède également un pont supérieur en terrasse de 60 m2. Pour séparer la salle à manger (5,5 sur 4 m) et le salon bar (6 sur 4 m), un ascenseur panoramique est installé en mai 2000.
En avril 1999 l’extérieur du bateau est terminé. L’aménagement des intérieurs commence alors. Des tôles sont notamment installées pour dresser des cloisons entre le garage et la timonerie.
SARL SE GUNAY Rue Pasteur - MORSBACH
03 87 85 23 91
SABLAGE - METALLISATION PEINTURE INDUSTRIELLE Charpentes métalliques Citernes - Chassis Camions - Remorques - Wagons Portails - Persiennes Mobilier de jardin Jantes simples + alu Tous métaux ferreux Travaux de bâtiment Maçonnerie Ravalement façade Crépi grese Peinture plastifiée Isolation Décapage de pierre de taille
Juillet 1999. Le paquebot est stabilisé sur des blocs de béton grâce au relevage sur vérins. Les 70 tonnes du navire reposaient jusqu’alors sur des cales en bois.
L’entreprise GUNAY a participé au rêve de M. Zanella
Venez découvrir notre point de vente
Porte d’entrée, fenêtre, PVC revêtement de sol, sanitaire Place de la Libération
FREYMING-MERLEBACH 03 87 90 96 50
AC659621
Juillet 1998. Quatre ouvriers des Chantiers navals de Saint-Nazaire font le déplacement jusqu’à Morsbach pour souder les trois parties du Majesty of the Seas. 29 mai 1999 (notre photo) : couronnement du bateau. Une cheminée de près d’une tonne et de 4,5 mètres de diamètre est posée à l’aide d’une grue.
Mai 2005. François Zanella installe des conduites hydrauliques pour pouvoir abaisser les rambardes et le mât radar situé sur la terrasse. Ce dispositif ingénieux permettra au bateau de passer sous les ponts.
6
Les témoins La garde rapprochée de François Qu’ils aient vécu leurs propres rêves à travers lui, qu’ils l’aient accompagné dans les coups durs, qu’ils l’aient entouré de leur affection sans rien demander en retour, tous ont eu une bonne raison, un jour, d’emboîter le pas de François Zanella, de courir avec lui après ses chimères et de participer à sa folle aventure. Ils sont les gens de l’ombre, les soutiers du Majesty of the Seas. Ils s’appellent Cindy, Jasmine, René, Germain, Salvatore…
Jasmine : « C’était son rêve à lui »
Cindy : « On passait nos vacances à visiter des bateaux ! » Cindy, la plus jeune des filles Zanella avait 9 ans quand son père a débuté son bateau. Elle a grandi avec, et a toujours cru à ce projet. Aujourd’hui, Cindy ne cache pas sa fierté : « Il fallait oser supporter les critiques ».
J
Les Marchés Spéciaux de ROCKWOOL France S.A.S. ont contribué à l’isolation incendie, thermique et acoustique du
Majesty of the Seas PROTECTION CONTRE LE BRUIT
PROTECTION CONTRE LES DOMMAGES DE L'EAU
Grâce à sa structure enchevêtrée, la laine de roche ROCKWOOL favorise une isolation et une absorption acoustiques optimales.
La laine de roche ROCKWOOL ne retenant pas l'eau, elle conserve dans le temps ses caractéristiques thermique et mécanique.
Jasmine Zanella : « Maintenant, nous allons essayer de profiter le plus possible de notre bateau. »
PROTECTION INCENDIE
PROTECTION THERMIQUE
La laine de roche ROCKWOOL est non combustible (classe M0 - euroclasse A1) et ne dégage pas de fumées toxiques (classe F0).
ROCKWOOL FRANCE S.A.S. - 111, rue du Château-des-Rentiers - 75013 Paris - Tél. : 01 40 77 82 82 - Fax : 01 45 86 80 75 - www.rockwool.fr
AC659622
La structure de la laine de roche ROCKWOOL contient de l'air sec et stable faisant obstacle aux transferts de chaleur. De plus, l'utilisation de la laine de roche ROCKWOOL permet de réaliser des économies d'énergie et de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
’ai toujours vu mon père confectionner des petites « maquettes de bateau. Quand il a décidé d’en faire une très grande de 33,50 m, j’étais enfant et j’ai trouvé cela tout à fait normal ». Cindy avait 9 ans quand son père s’est lancé dans la construction du Majesty of the Seas. « A l’âge-là, on a du mal à réaliser », sourit la jeune femme aujourd’hui âgée de 20 ans. « Personne n’y croyait à ce bateau. Il a fallu supporter les nombreuses critiques. » La fille de François Zanella est fière de son papa : « Toux ceux qui disaient que mon père n’y arriverait jamais se sont trompés. Voilà la preuve », lance-t-elle, plantée au milieu de la clinquante salle à manger du Majesty. « Quand j’étais petite, j’avais mal quand j’entendais les gens dire que mon père était fou. » Le rêve de François Zanella est vite devenu celui de toute la famille, « pendant onze ans, toute notre vie a été rythmée par ce bateau. Tout le monde a mis son grain de sel », confie Cindy. « Même nos vacances tournaient autour de ça ! ». Elle se souvient des destinations choisies par son père. « On partait à Saint-Nazaire pour visiter les paquebots qui sortaient des chantiers. » Aucun regret. « J’étais contente car c’était tellement beau et luxueux, surtout l’intérieur des
« François adore les bateaux. » Lorsqu’elle a rencontré son mari, Jasmine Zanella a vite compris que son amour des paquebots était à prendre très au sérieux. « Nous nous sommes mariés en 1973. En 1974, il m’emmenait déjà au Havre pour voir le France, se remémore-t-elle. Toutes les vacances, c’était la mer, les bateaux. Ça le passionne depuis qu’il a 10 ans. » Même si son époux est quelqu’un de « déterminé », Jasmine ne croyait pas qu’il irait jusqu’au bout. « Il bricolait dans le garage, je me suis dit qu’il fal-
lait le laisser faire. Il a commencé par la proue et c’est devenu de plus en plus grand… » Au début, François notait toutes ses heures de travail, « jusqu’à 30 000… » Après, « il n’a plus rien compté du tout », soupire Jasmine. « A 5 h du matin, il était déjà sur son chantier. Il a passé ses journées à travailler sur son bateau. Il rentrait à la maison juste pour manger, et encore, j’étais souvent obligée d’aller le chercher. » Même la nuit, François pensait à son paquebot, « il se relevait pour
vérifier ses plans, dessiner ses croquis. » Jasmine a toujours soutenu son compagnon dans son aventure, « au début, c’était son rêve à lui. Ensuite, toute la famille a suivi. Je l’ai aidé du mieux que j’ai pu. » Jasmine Zanella est heureuse de voir le Majesty of the Seas, enfin terminé. « Maintenant, nous allons essayer d’en profiter le plus possible, espère-t-elle. François a passé son permis, mais il faut qu’il prenne son bateau en main, ce n’est pas évident. L’année prochaine, on voyagera… »
Cindy Zanella, la fille cadette : « Je suis très fière de mon père. » navires. Cela donnait envie de partir. » Les croisières, Cindy en fera six grâce à la passion de son père. « Jamais je n’aurais pensé accueillir des Japonais, des Américains, des Anglais ici chez nous. Je ne serais jamais partie à Miami ou dans les Caraïbes sans
ce bateau. Il m’a apporté beaucoup ». Chaque matin en ouvrant ses volets, Cindy voit le Majesty of the Seas. Cette image lui manquera. « Mon père n’aura aucun mal à vivre dessus, c’est comme une maison. Moi, j’irai pour les vacances. »
Germain : « C’est une merveille ! »
25, 26, 27 & 28 Août 2005
« Nous l’entendions taper et nous le voyions souder. Mais personne n’osait s’aventurer dans le hangar de François. » Germain Egloff est un voisin. En 1993, François Zanella est à la recherche d’un terrain pour construire un bateau de 33 mètres. « Nous avons tous pensé qu’il était fou. » Pourtant, le mineur trouve chaussure à son pied avec un emplacement situé en face de chez lui. « Il a construit un hangar fermé et s’est mis au travail, se rappelle Germain. Dans le village, nous parlions de lui. Et le 12 juillet 1995, François a sorti la partie avant de son navire. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à filmer le Majesty of the Seas. » Le futur capitaine est un bon voisin. Il a aidé Germain Egloff à réaliser des travaux dans sa maison. « C’est pour cela que je lui rends la pareille. » Cet homme de 55 ans a participé bénévolement aux portes ouvertes. « Dans le voisinage, nous nous sommes dit qu’il fallait
C A R R E A U W E N D E L PETITE-ROSSELLE - MOSELLE
S P E C TA C L E S O N & L U M I È R E
Les
Enfants Charbon du
La légende des hommes et des femmes de la mine
« Quand le bateau quittera Morsbach, il y aura un grand vide », confie, ému, Germain Egloff. lui donner un coup de main. Je voulais juste m’occuper de la buvette mais François a insisté pour que je guide le public. » Les deux amis se rendent plusieurs fois à Saint-Nazaire. « Ça a été le coup de foudre !, confie Germain. J’ai demandé aux ingénieurs des Chantiers de l’At-
lantique ce qu’ils pensaient de ce projet. Ils m’ont répondu qu’ils avaient donné les plans du bateau à mon voisin pour qu’il les laisse tranquilles ! Rapidement, ils ont compris que c’était du sérieux. » Pour le quinquagénaire, le Majesty of the Seas est une
merveille. « François touche à tout. Il n’a pas froid aux yeux. Il s’intéresse à tout et maîtrise tous les sujets. Le commun des mortels ne commence pas un tel projet, surtout que mon voisin n’est pas du métier, insiste Germain Egloff. Nous lui souhaitons bon vent ! »
Réservation - Billetterie Caisses participantes du Crédit Mutuel Une production Musée de la mine Carreau Wendel
AC661249
LA
banque
qui parler
www.creditmutuel.fr
©
Saint-Avold - 05/2005
René, magicien et organisateur des portes ouvertes « A la mine, tout le monde parlait du projet de bateau de François », se souvient René Krutten. Cet ancien chef du personnel soignant du Centre de médecine du travail de Freyming-Merlebach rigole quand il entend cette histoire à l’infirmerie du puits Simon. « Je n’arrivais pas à y croire ». Mais la curiosité l’emporte. « Un samedi après-midi, je suis allé voir François à Morsbach. Il était en train de taper sur des tôles au bord du trottoir. Je lui ai dit qu’il était complètement fou ». Mais petit à petit, René commence à prendre François Zanella au sérieux, « j’ai commencé à y croire après le passage de la proue au sablage ». Il devient alors un de ses plus fervents supporters, « avec tous ses bateaux, il a fini par me rendre aussi fou que lui », sourit-t-il, se souvenant avec plaisir et nostalgie de leurs croisières de rêve sur des paquebots de luxe. Des voyages
qu’il n’aurait jamais entrepris sans son copain François… « Quand, en 1996, François a voulu organiser ses premières portes ouvertes pour gagner un peu d’argent, j’ai décidé de m’en occuper. » Cheville ouvrière de ces manifestations, René Krutten est vite surnommé le magicien. « Comme je fais de la prestidigitation, je suis désormais chargé d’occuper les enfants lorsque les files d’attente sont trop longues. Je fais de la magie avec eux pendant que leurs parents attendent pour visiter le bateau. » Lors des portes ouvertes, René fait également office de guide. « Je suis vraiment très fier de montrer ce bateau aux gens », confie-t-il, rempli d’admiration pour son ami mineur. « C’est un homme d’une intelligence et d’un savoir-faire absolument incroyables. C’est un vrai technicien, un manuel à 200 % ! »
René Krutten, 66 ans : « Avec tous ses bateaux, François a fini par me rendre aussi fou que lui ! »
7
Les témoins Bernard : « Fier d’avoir participé »
Sylvain : « Je suis admiratif ! »
Cousin de François, Sylvain Frœhlinger a participé à la peinture extérieure et à la décoration intérieure du Majesty of the Seas. des inconvénients, auxquels tu ne penses pas. Et François a rencontré beaucoup de contretemps. Même financièrement, il partait à l’aventure. » Mais le futur capitaine ne s’est pas découragé. « On verra, me répondait-il. Il avait des idées derrière la tête, qu’il gardait pour lui », ajoute Sylvain Frœhlinger. Le septuagénaire a été peintre de profession. « Spontanément, je lui ai proposé mon aide. Car, pour moi, c’était un projet qu’il fallait soutenir, dit-il. C’est dans ma
nature. » Sylvain a donc participé à la mise en peinture du Majesty of the Seas et en a assuré la décoration intérieure. Le retraité consacre trois à quatre journées par semaine à son cousin. « Nous nous sommes toujours dit qu’il était fou. Jusqu’au jour où la partie avant a été terminée. À ce moment, nous avons changé d’avis, se souvient-il. Je suis admiratif du travail accompli par François. Car il n’y a pas que la coque, il y a toute la partie technique qui se cache derrière.»
Bernard : « L’histoire d’une belle passion » La passion du Morsbachois pour les bateaux passe par son aventure avec la compagnie Royal Caribbean, propriétaire du Majesty of the Seas au format original. C’est ce modèle qui a inspiré François Zanella. « Ça a commencé il y a longtemps », explique Bernard Echevarria, directeur de la branche française de la Compagnie. Lorsque je suis arrivé en 1999, j’ai beaucoup entendu parler de François Zanella. En plus d’être un fou de la société, il est un bon client, qui continue aujourd’hui encore à faire des voyages sur nos paquebots avec son groupe d’amis. » Ce double aspect de la personnalité de l’ancien
mineur a marqué le directeur. François Zanella a réalisé plusieurs voyages à Miami. « Le président de la compagnie, Richard Fain, lui a adressé plusieurs courriers dans lesquels il reconnaît ses mérites car il apprécie cette initiative », continue Bernard Echevarria. « Je trouve cela très beau. C’est l’histoire d’une belle passion et d’un amour pour les croisières qu’il a transmis à ses proches. » Le directeur programme dans les prochains mois une tournée dans l’Est, qui lui permettra de voir le Majesty of the Seas et de rencontrer son propriétaire : « J’aimerais bien qu’il y ait d’autres François Zanella en France ! »
pliqué et il m’a invité à visiter le bâtiment. C’était en 1996 ou 1997. » À partir de ce jour, les deux individus se lient d’amitié. François explique son projet à Bernard. Lorsqu’en 1999, le maître des lieux a besoin d’un poids lourd pour se rendre à Saint-Nazaire, le moniteur se propose. « Nous sommes allés deux fois sur les Chantiers de l’Atlantique pour récupérer les dalles pour le plafond, les murs, les cordes et les meubles. » En 1999, le Forbachois accompagne l’armateur en croisière sur le Majesty of the Seas. « Je n’avais jamais pensé pouvoir faire une croisière car, pour moi, c’était inabordable. Mais l’occasion s’est présentée grâce à lui », confie-
t-il, les yeux pétillants. Le bénévole est l’initiateur et le concepteur du site internet. « Je fais de l’informatique depuis des années. J’avais déjà créé mon site pour l’auto-école, alors je me suis dit que ce serait bien d’en faire un pour le bateau. Je suis fier de connaître François et d’avoir participé à son projet », conclut Bernard Joannes. ∆ Internet : http ://bateaufrancois.site.voila.fr
« Je suis un peu triste de voir partir le bateau. Mais je suis heureux pour François, car il arrive au bout de son rêve », indique Bernard Joannes, nostalgique.
Salvatore, le voisin : « Le bateau va nous manquer » « J’ai suivi l’évolution du chantier depuis le début », sourit Salvatore Piazza, 60 ans. « Chaque soir, je regardais ce que François avait fait pendant la journée. Cela me faisait autant plaisir qu’à lui de voir que la construction avançait ». La maison de Salvatore donne directement sur le jardin qui abrite le Majesty of the Seas. Spectacle quotidien garanti de la terrasse des Piazza. « Le bateau va me manquer », soupire le retraité, « c’était quelque chose de tellement beau à voir ». Le voisin de François Zanella va aussi regretter toute l’animation créée dans la rue de la Forêt grâce au paquebot. « Les gens venaient à Morsbach pour le voir. Le Majesty est devenu l’attraction du village. Des
Salvatore Piazza habite à côté des Zanella : « La rue de la Forêt est devenue le centre du village à cause du bateau ». voitures immatriculées de partout, il y en a eu beaucoup dans notre rue ! ».
Salvatore ne cache pas son admiration devant l’exploit de son voisin, « u n
a m i d e p l u s d e 2 5 a n s ». Au départ, M. Piazza a trouvé le projet de François
totalement insensé. « Je ne pouvais pas imaginer u n t r u c a u s s i g r a n d », confie-t-il. « C ’ e s t v r a i ment énorme ce qu’il est arrivé à faire ! » Salvatore tire son chapeau à son voisin. Et à sa famille. « E l l e l’a toujours soutenu. » Lui aussi a donné un petit coup de main à François quand il le pouvait, « p o u r m o n t e r son hangar. Mon épouse allait les aider pour les portes ouvertes car il y avait toujours beaucoup de monde ». Salvatore Piazza a suivi de près toutes les étapes de la construction du Majesty of the Seas. Pour rien au monde il ne manquerait l’épilogue. « Je veux le voir mis à l’eau ! », piaffe-t-il d’impatience.
Communauté d’agglomération de Forbach Porte de France : Pour une nouvelle terre d’énergie
Le Conseil Général de la Moselle présente
La page minière tournée, le territoire de la Communauté d’agglomération de Forbach Porte de France a entamé une profonde reconversion. Elle mise aujourd’hui sur son positionnement transfrontalier pour renforcer son attractivité.
EXPOSITION
L
a présentation, le 2 février dernier, de la carte officielle des dessertes du TGV-Est, attendu pour juin 2007, a provoqué un vif soulagement en Moselle-Est ainsi que dans l’agglomération forbachoise. La gare de Forbach, qui a obtenu deux allers-retours par jour vers Paris et Francfort, a gagné le droit d’adopter l’appellation de gare TGV. Celle-ci va, pour l’occasion, connaître une profonde réhabilitation grâce à cette position tant enviée sur ce fameux tracé de la ligne à grande vitesse européenne qui, outre le principe de relier les principales villes de l’est de la France à Paris, doit créer un nouveau réseau de relations continentales. La ville voisine allemande, Sarrebruck, a également décroché le gros lot, obtenant cinq arrêts allersretours quotidiens. Et Forbach ne sera plus qu’à 1 h 45 de la capitale française, au lieu de quatre aujourd’hui. " Avec deux allers-retours par jour en direction de Paris et de Francfort, le TGV contribuera à renforcer l'attractivité de l'ensemble de notre bassin de vie et d'emploi." Charles Stirnweiss, maire de Forbach et président de la Communauté d’agglomération de Forbach Porte de France, était le premier à se féliciter de l’événement et à en souligner tout le profit. Pour que le territoire de la
16 AVRIL - 31 OCTOBRE 2005 CHÂTEAU DE MALBROUCK MANDEREN - MOSELLE À PROXIMITÉ DU LUXEMBOURG ET DE L’ALLEMAGNE
Un site du Conseil Général de la Moselle
Billetterie exposition : Château de Malbrouck - Magasins Fnac - 0 892 68 36 22 (0,34 €/minute) - fnac.com Tél. : 03 82 82 42 92 - www.chateau-malbrouck.com - www.exp o-mo selle.com
AC658868
Le Château de Malbrouck, au Pays des Trois Frontières, à proximité du Luxembourg et de la Sarre, est un témoignage du passé particulièrement important puisqu'il est le seul château du XV ème siècle intégralement conservé existant encore aujourd'hui en Lorraine. Le Conseil Général de la Moselle vous y invite, en partenariat avec le Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, pour découvrir une exposition exceptionnelle consacrée aux Dragons. Réelle invitation à un beau voyage dans le temps et à travers le monde, elle sera présentée au Château de Malbrouck, à Manderen, du 16 avril au 31 octobre 2005. Communauté d’agglomération de Forbach Porte de France, forte de 21 communes et 83 000 habitants, aborde sa restructuration économique et sociale avec sérénité. Une ambition chère aux élus de la Communauté d’agglomération et de la population tout entière, un an après l’arrêt de l’exploitation minière et la disparition des Houillères du Bassin de Lorraine. A l’heure de l’après-mine, le territoire de la Communauté d’agglomération de Forbach a entamé sa mutation, guidée par le
projet d’agglomération 2004-2014 et un programme d’actions pour les deux années à venir, parcourant les objectifs à atteindre en terme de développement durable et de renforcement de l’attractivité de l’agglomération. " Faire de ce territoire une nouvelle terre d’énergie ", est le mot d’ordre servi par Charles Stirnweiss. Avec des dessertes routières, ferroviaires et aériennes de qualité, des zones industrielles solidement équipées et une main-d’œuvre qualifiée, la Communauté d’agglomération de Forbach Porte de France se veut attractive dans le domaine du développement économique. Elle a d’ailleurs hérité de la compétence " création et gestion des grandes zones d’activités " dont le Technopôle de Forbach-Sud, le Parc d’activités de Forbach Ouest et l’Eurozone de Forbach-Nord sont les plus éminents. Fruit d’une étroite collaboration entre les villes de Forbach et de Sarrebruck, entre le Conseil Général de la Moselle et le Land de Sarre, l'Eurozone, première zone d'activités franco-allemande, se développe au cœur d’une agglomération transfrontalière forte d’un million d'habitants. L'Eurozone Forbach-Sarrebruck est riche d'un espace de 90 hectares côté français et plus de 3 hectares côté allemand, profitant des anciennes friches industrielles pour se développer. Ce site est destiné au secteur tertiaire supérieur et aux activités de haute technologie et de services. L’expérience, pour l’instant unique, d’un urbanisme binational. L’Eurozone doit également accueillir une pépinière d’entreprises à vocation transfrontalière et technologique. L’agglomération de Forbach dispose également de pôles de compétence, lieux de savoirs-faire dans un domaine technique ou scientifique, dont Alphea, un centre de ressources technologiques spécialisé sur l’hydrogène. Pour une nouvelle terre d’énergie. Plus d’infos sur www.agglo-forbach.fr
AC659853
« Je connais François depuis qu’il est tout petit », confie Sylvain Frœhlinger. Cet habitant d’Œting est le cousin de l’armateur morsbachois. « Nous savions qu’il était passionné par les bateaux, car il faisait des maquettes. » Comme tout le monde, le peintre à la retraite a pris son cousin pour un fou. « Il y a une quinzaine d’années environ, il est venu me voir et m’a parlé de son projet, témoigne cet homme de 71 ans. Je lui ai dit, très bien, c’est une belle idée. Mais tu ne sais pas ce qui t’attend. Il y aura
Rien ne prédestinait Bernard Joannes à rencontrer François Zanella. Le premier était moniteur d’auto-école. Le second, mineur employé au service aérage des HBL. Pourtant, les deux hommes ont un point commun : la passion des bateaux. « En lisant Le Républicain Lorrain, j’ai découvert ce "fou" qui construisait un navire à Morsbach, témoigne ce Forbachois de 55 ans. Alors, pendant les heures de conduite, j’ai sillonné toutes les rues du village jusqu’à ce que je trouve la sienne. Ensuite, j’allais chercher mes élèves un quart d’heure plus tôt afin de faire l’échange entre eux devant le chantier. » Rapidement, François a repéré son manège : « Et un jour, il est venu m’interroger. Je me suis ex-
Photos : Philippe RIEDINGER
Le Ma de la Rjesty of the S oyal C e aribbeaas n.
Majesty of the Seas
bieber Pvc
HAUTES PERFORMANCES
:
L’ ESTHÉTIQUE ET DE LA TECHNOLOGIE
Salles d’exposition de Diemeringen et Mundolsheim ouvertes le lundi de 14h à 18h, du mardi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 18h, le samedi de 9h à 12h et de 13h30 à 17h.
O oui, je désire une documentation sur les produits Bieber PVC. O oui, je désire la visite d’un conseiller technique pour un devis gratuit.
des fermetures ouvertes à toutes les demandes
Nom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prénom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Adresse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ES
N
E
ST
SI
LI
’U
IA
Code postal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Ville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D
ÉC
EC
T
SP
IX
D
IR
PA R SE PO
PR
>/ >/ Fe >/ Fe n ê >/ Vo n ê t r e >/ Vo l e t t r e B i d >/ Po l e t s b B i é c >/ Po r t e s r a t t q u a o r M r te s ou an tr ou s d’ la ts o st de en nts P vc t iq ua ga rée et ire ra A lu s ge
L’ ALLIANCE DE
COUPON-RÉPONSE à renvoyer à notre usine (adresse ci-dessous)
la qualité est notre force
Tél : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
SIÈGE SOCIAL : Z.I. du Tiergarten - 67430 Diemeringen • Tél : 03 88 00 45 45 • Fax : 03 88 00 06 44 • e-mail : contact@bieber-pvc.com AGENCE de STRASBOURG : Parc d’activités Reichstett Mundolsheim - 1, rue Alexandre Volta - 67450 Mundolsheim • Tél : 03 90 22 71 10 • Fax : 03 90 22 71 11
www.bieber-pvc.com
AC660455
DESIGN ACTUEL , TECHNOLOGIQUES
✄
Sarreguemines
10
La marraine Maud Fontenoy, porte-bonheur de François Zanella La navigatrice Maud Fontenoy, marraine du Majesty of the Seas, baptisera jeudi l’œuvre colossale de François Zanella. Retour sur son dernier défi maritime, la traversée du Pacifique à la rame. Du rêve à l’exploit.
A bord d’Océor, Maud Fontenoy aura mis 72 jours, à raison de 95 km quotidiens, pour atteindre, seule et sans assistance, l’île d’Hiva Oa au sud des Marquises. C’était le 26 mars dernier. remier voyage en mer à six jours pour traverser l’Atlantique sur la goélette familiale, une enfance à voguer d’île en île tout en suivant sa scolarité par correspondance, une spécialisation maritime à l’école phare de la navigation Les Glénans en Bretagne… Maud Fontenoy est de ces gens de mer. Déterminée, courageuse, volontaire et engagée. A 25 ans, parrainée par Gérard d’Aboville, elle a été la première femme, en 2003, à réussir la traversée de l’Atlantique Nord à la force des bras, entre Saint-Pierre-et-Miquelon et La Corogne en Espagne. En mars dernier, elle récidivait avec un nouvel exploit, sans assistance et à mains nues. Toujours à la rame mais cette fois-ci sur le Pacifique, reliant les 6 900 km entre Lima au Pérou et les îles Marquises. Une victoire sur l’océan et sur elle-même. De la terre ferme, rencontre avec une femme au bagou des vieux loups de mer. Le Républicain Lorrain : Trois mois après la traversée du Pacifique, comment remet-on les pieds sur terre ? Maud Fontenoy : « Déjà, on se retrouve happée par les partenaires pour le suivi de la traversée. Du coup, on oublie vite le milieu maritime. Trois mois en mer ne signifie pas qu’on est complètement coupé de la réalité mais c’est une perte des habitudes. C’est bouleversant mais on s’adapte à l’environnement, un peu comme un animal. Du coup, revenir sur terre est plutôt agréable et douillet… »
P
AC657935
R.L. : Justement, qu’avez-vous fait depuis votre retour ? M.F. : « Je rencontre toujours les élèves des écoles qui m’ont suivie, aidée et soutenue, pendant la traversée. Je leur présente le film que j’ai réalisé et je transmets des valeurs telles que la persévérance, le dépassement de soi… Je travaille aussi sur l’écriture de mon deuxième ouvrage, Le Pacifique à mains nues, qui sortira en octobre prochain aux Editions Robert Laffont. » R.L. : Reste-t-il encore de la place pour la mer ? M.F. : « Je suis désormais clairement engagée dans la voie maritime pour être skipper. Ce qui signifie que, depuis le Pacifique, je laisse en suspens mon emploi dans l’agence immobilière familiale. Depuis, je prépare un nouveau défi, mais je ne peux pas en parler avant l’été. J’en suis encore à la recherche de partenaires. Je peux juste dire que ce sera à la voile et en solitaire… » R.L. : Un nouveau projet avec les mêmes objectifs pédagogiques ? M.F. : « Si les enfants qui m’ont suivie sur le Pacifique se sont bien amusés, ils s’intéresseront à la prochaine aventure. C’est aussi pour moi l’opportunité de parler de l’eau et de la mer, de dire aux enfants qu’on ne jette pas le papier de son esquimau sur une plage, que la pollution est partout même si les océans ne sont pas complète-
ment souillés. On peut tous faire des petits gestes au quotidien. En trois mois de mer, j’en ai ramassé des sacs-poubelle ou des bouteilles en plastique… » R.L. : En décembre dernier, lors de votre première visite à Sarreguemines, vous aviez visité le Majesty et rencontré François Zanella. Quel regard portez-vous sur ce pari fou ? M.F. : « J’en avais déjà entendu parler lors d’une émission de Thalassa. C’est une histoire (rires) aussi folle que mes traversées. Le personnage est intéressant et cette idée de mettre toutes ses économies dans ce projet est vraiment géniale. Ça me fait penser à cet homme, qui sur une île au large du Canada construit son voilier au milieu d’une forêt sans penser à sa mise à l’eau. Il n’a jamais songé à ce détail, et aujourd’hui encore, on ne sait pas encore si un jour il touchera l’eau. Ce n’est pas qu’un rêve, il y a un projet derrière. Si le rêve est important, sa réalisation est fabuleuse. J’ai eu beau ramer, j’ai quand même ramé moins longtemps que François Zanella. » R.L. : Alors, prête pour une croisière à bord du Majesty ? M.F. : « J’aimerais vraiment essayer ! D’ailleurs, il m’a déjà montré la chambre dans laquelle je dormirais si un jour je les accompagne. J’ai davantage l’habitude des bateaux à voile. Mais si j’ai l’occasion, c’est sûr, ça m’amusera ! »
Au milieu du Pacifique elle n’était pas seule Des CM2 de Sarreguemines ont participé à la traversée de Maud Fontenoy. Via une correspondance par internet et un programme scolaire ad hoc, les écoliers ont relevé le défi de la navigatrice mais… de leur banc d’école.
Depuis qu’ils savent que Maud concocte un nouveau projet, les écoliers de l’Allmend se sont lancé des défis. De parole de maîtresse, ils sont d’ailleurs sur la bonne voie… e cycle de l’eau et les courants, le climat et la faune marine, l’Amérique du Sud et ses Incas, les instructions de navigation et Océor, comment fabriquer de l’eau douce ou gérer son alimentation lyophilisée… puis aussi, l’histoiregéographie, les sciences et technologies, le français. Et bien sûr… Maud Fontenoy, l’enfant de l’océan. Pendant trois mois, les 24 élèves de la classe de CM2 de Françoise Nominé, à l’école élémentaire de l’Allmend, ont vécu la traversée du Pacifique. Comme d’autres écoliers de Meaux, la ville dont est originaire Maud, Le Plessis-Robinson ou Papeete…
AC657951
L
Prélude L’aventure commence en décembre 2004 avec la venue de la navigatrice à Sarreguemines. « Ils ont été subjugués par son naturel et sa disponibilité », confie l’enseignante. En classe, le sujet est récurrent et des piles de documentation, piochée à la maison, s’accumulent. Enfants et institutrice se piquent au jeu. Articles de presse, vacations radio, et depuis son retour en France, émission télé, interviews radio et articles de presse, la moindre info est collectée, décortiquée, classée. Le Pacifique
et Maud se sont fait, peu à peu, un nid à l’Allmend.
Prologue Avec les mois, l’enthousiasme des enfants n’a pas pris une ride. « On a appris ce qui se passe partout dans le monde, confie une écolière. Avant, j’allais déjà sur internet mais c’était pour écrire à mon voisin ou ma famille. Avec Maud, on s’est rapproché de gens qu’on ne connaît pas. » Vincent, lui, a bossé sur le bateau et ses accessoires. « La technique m’intéresse et j’avais déjà beaucoup de renseignements sur son bateau. C’est exceptionnel de connaître
tout ça… » Le 23 juin, lors de la mise à l’eau du Majesty of the Seas, les écoliers de l’Allmend seront sur le pont. Avec un petit souhait : revoir Maud bien sûr mais aussi visiter le mini paquebot de François Zanella. Ils l’ont vu, elle était là, elle va revenir. Un rendez-vous est d’ores et déjà calé avec Maud. L’an prochain, les anciens de l’Allmend suivront encore celle qui leur a fait découvrir un nouveau monde… mais de leur banc de 6e. ∆ La traversée de Maud et la correspondance des écoliers de l’Allmend sur le site : www.maudfontenoy.com
11
Le grand voyage
12 h 15. Chargement de la cheminée du Majesty sur un premier convoi et départ pour Sarreguemines. 13 h. Installation des plaques d'acier sur les parties meubles du jardin de Morsbach. 13 h 30. Début de l'assemblage des deux remorques en une seule de 14 lignes d'essieux comptant chacune 8 pneus. 15 h 30. Chargement de la cheminée sur l'ensemble routier à l'aide du camion-grue. 16 h. Positionnement de la remorque sous le bateau à l'aide de moyens hydrauliques. Fin du chargement prévu pour 19 h.
Mercredi 5 h. Départ du convoi de la rue de la Forêt à Morsbach. 6 h. Départ de Frauenberg des grues principale et de service ainsi que des véhicules périphériques. 7 h. Fermeture à la circulation, à Sarreguemines, du boulevard des Faïenceries qui longe la Sarre. 8 h. Arrivée et déploiement des plaques d'acier sous les appuis de la grue. A la même heure, arrivée de la grue à proximité des berges. Mise en place des plots béton à l'aide de la grue de service pour la mise à niveau du site de levage. Positionnement de la grue principale. Début du montage des contrepoids et des éléments treillis. Neuf à dix heures sont nécessaires pour l'installation de la grue.
De Morsbach à Sarreguemines, en passant par Hundling… Des mois à cogiter et à calculer le moindre virage ou ouvrage routier à franchir. Pour le Majesty of the Seas, un itinéraire spécial a été tracé pour arriver à bon port demain. n mini paquebot aux mensurations d’un mastodonte sur les routes de Moselle-Est ! Sur les essieux : une charge de 216,2 tonnes (sans la cheminée) pour une longueur de 49,7 mètres, une largeur de 5 mètres et une hauteur de 5,85 mètres… Le convoi au départ de Morsbach et à destination de Sarreguemines sera une première. « De l’exceptionnellement exceptionnel », signale-t-on d’ailleurs à la Direction Départementale de l’Equipement chargée de valider le parcours. Si le transport et le grutage reviennent à l’entreprise Mayer de Deux-Ponts, c’est une société d’organisation de convois exceptionnels, TEO de L’Hôpital, qui se charge de la maintenance. A elle de tracer l’itinéraire. A elle aussi de relever le moindre détail ou obstacle, d’envisager des alternatives pour favoriser la circulation de l’engin. Des préparatifs entrepris depuis octobre dernier. Percher ou baisser des câbles électriques, ôter des panneaux de signalisation ou du mobilier urbain, couper la branche gênante d’un arbre, respecter les horaires des trains pour les deux passages à niveau… calculer, prévoir et anticiper pour que le convoi arrive à bon port. Et dans les délais.
U
Quinze milles… Le convoi du Majesty partira de la rue de la Forêt mercredi aux alentours de 5 h. A la proue, un tracteur tireur ; à la poupe, un pousseur. Début du voyage sans réelles difficultés, si ce n’est les câbles électriques et téléphoniques qui « posent problèmes sur l’ensemble du parcours »,
AC659718
10 h. Les véhicules (deux tracteurs, quatre essieux accouplés à deux remorques, sept lignes d'essieux, deux poutres de liaison de 5 mètres, un ensemble routier et un camiongrue chargé de plaques d'acier) des Etablissements Mayer partent de Deux-Ponts, via la frontière francoallemande "la Brème d'Or". Arrivée à midi à Morsbach.
Toutes cornes de brume dehors pour le passage sous le pont de Metzing ! Si la cote la plus haute est de 5,79 m, la plus basse est de 5,73 m… Pour gagner les 12 cm, le chauffeur convoyé par Christophe Francisco barrera au plus près. éclaire Christophe Francisco, P-DG de TEO. Sur la RD 30, passage du pont sous l’autoroute et arrivée à Folkling avec un empannage critique en centre bourg et le franchissement d’un îlot central. Un nouveau virage à négocier à Théding nécessitera des manœuvres manuelles de l’ensemble directionnel. Arrivée au carrefour de la RD 30 et de la RD 910, passage du giratoire dans le sens normal de navigation pour gagner Diebling dans de bonnes conditions. Premier point sensible à Metzing avec le passage sous les 5,73 mètres du pont SNCF, où il manquera au moins douze précieux centimètres. « Il sera franchi au pas
avec une attention particulière. Nous sommes contraints de rabaisser la suspension hydraulique de la remorque. »
…à deux nœuds par heure Chemin faisant, le Majesty met le cap sur Hundling pour une vague d’obstacles. Dans le village, premier passage à niveau, à 11 h 15, entre deux trains. Puis le Majesty virera à tribord pour emprunter la RD 174M, vers Woustviller. « Pour tourner, une largeur de 35 mètres est indispensable, on l’a facilement », évalue Christophe Francisco, mètre-laser en main.
Dans les coulisses de la Sarre… Voies navigables de France Pour accueillir son nouvel hôte, la Sarre revêt ses plus beaux atours. Sur les berges, sur et sous l’eau, les agents de Voies navigables de France s’affairent dans les coulisses de la mise à l’eau.
13 h. Arrivée du Majesty à Sarreguemines, boulevard des Faïenceries, de même que l'attelage portant la cheminée.
Pour préparer l’arrivée du Majesty sur le canal de la Sarre, les agents de VNF ont nettoyé plus qu’à l’accoutumée. Notamment en draguant le port où de nombreux embâcles, essentiellement des troncs d’arbres, ont été sortis des eaux.
17 h. Montage du mât principal de la grue et repos pour tout le monde.
Jeudi 9 h 15. Réception de la grue et essai de la charge de 40 tonnes par le bureau de contrôle Véritas, puis montage de la traverse après positionnement de la remorque. 13 h à 13 h 30. Levage et mise à l'eau du bateau. 13 h 30 à 14 h. Amarrage du Majesty aux berges. 14 h 30. Pose de la cheminée. 14 h 30 à 15 h. Baptême. 16 h. Fin du grutage et début du démontage de la grue.
Textes : Josette Briot, Véronique Paquet, Cécile Perrot, Vanessa Perciballi, Fabien Siegwart. Photos : Philippe Riedinger et Gilles Wirtz. Mise en page : Stéphane Hacquard.
Sauf que le chargement change de sens de circulation : le tracteur pousseur devient tireur et vice versa. Deuxième passage à niveau à la sortie du village, chronomètre en main, pour ne pas perturber le trafic ferroviaire. Il est 12 h 15. Ensuite, c’est 4 km toutes voiles dehors sur de la « belle route. Celle où on roulera le plus rapidement. A cet endroit, le plus difficile sera fait… » Convoi et boscos tiennent la barre jusqu’à Woustviller sans problèmes particuliers. Si ce n’est d’enjamber un ouvrage un peu fragile surplombant un ruisseau ou de prêter attention aux panneaux, îlots centraux, virages pour rejoindre
es hommes de l’ombre s’affairent en bord de Sarre. Nettoient les rives du canal, draguent le lit de la rivière pour ôter le moindre obstacle potentiel, installent les dernières bites d’amarrage… Les employés de Voies navigables de France (VNF), subdivision de Sarreguemines, ont infiltré le projet Zanella en octobre dernier. Parce que le bateau naviguera sur leur domaine fluvial. Ensuite, parce qu’il faut immatriculer le paquebot en vue de sa certification de navigation (pas encore définie). Et pour la mise à l’eau devant le Casino. VNF sort de son champ de compétences et prend en charge une assistance qui revient d’ordinaire à des chantiers navals. Grosso modo, quatre agents VNF, pilotes confirmés, procéderont à l’amarrage bien avant que
L
le Majesty ne touche l’eau. Du jamais vu pour eux non plus… Dans un premier temps, le bateau sera attaché par des bouts à deux bites d’amarrage, côté boulevard des Faïenceries. Les cordes reliées à cette rive ont pour seul et unique but de stabiliser le Majesty. Soit éviter qu’il ne gîte par une prise au vent et/ou des courants. Mais l’objectif n’est pas de lui permettre d’être droit : il se peut donc que pour son baptême, le Majesty batte un peu de l’aile… à bâbord ou à tribord. Le capitaine Zanella, déjà à bord, enlèvera les élingues de la grue et on procédera à la pose de la cheminée rétractable, installée elle aussi par grutage. Pendant ce temps, en amont et en aval du Casino, la gendarmerie fluviale de Strasbourg réglementera
le trafic. Au passage des écluses, les effectifs seront renforcés pour fluidifier la circulation des plaisanciers.
Baptême expéditif Puis le Charles-Kehrer, une vedette de la navigation basée à Gambsheim sur le Rhin, poussera le bateau pour l’amarrer au milieu de la Sarre. A ce moment-là, le temps du baptême, le Majesty sera maintenu par quatre bouts de part et d’autre de la Sarre. Le Charles-Kehrer embarquera le député-maire, Céleste Lett, et la marraine, Maud Fontenoy, pour baptiser, au champagne, le mini paquebot. Avant que tout ce petit monde ne rejoigne la terre ferme. Le Majesty gagnera ensuite son premier mouillage. Le Charles-Kehrer le poussera et l’amarrera contre la péniche La Pauline. Où, vendredi, seront effectués les essais de stabilité par des agents VNF. Le lendemain,
jour d’inauguration du Festival de la Saint-Paul, le navire accueillera ses premiers visiteurs officiels, par petits groupes de 12. L’été passé, le Majesty of the Seas ira passer l’hiver dans le bassin technique de VNF, au bief de Steinbach. Nouveau cassetête avec le passage de l’écluse 27. Sans moteurs fonctionnels, le Majesty sera à nouveau remorqué. « Il faudra trouver un système pour faire passer les deux bateaux, explique Yannick Schmitt, responsable de la subdivision sarregueminoise. A un moment donné, le Majesty sera certainement tiré à la main… » Un halage, version 19e ! A Steinbach, François Zanella pourra s’attaquer à la motorisation de son navire. Là, le Majesty sera sécurisé face à d’éventuelles crues, histoire de ne pas échouer sur le parking de l’hôtel de ville…
SPÉCIALISTE DE L'INJECTION THERMOPLASTIQUE Tél. 03 87 27 69 00 Fax 03 87 27 69 01 e-mail : sarplast@sarplast.fr Site : www.sarplast.fr
Du ciment sur les berges…
la RN61… Deux ronds-points dans le sens de la marche, route de Nancy à Sarreguemines, rond-point de l’Abattoir en sens inverse, boulevard des Faïenceries fermé à la circulation… Le port est en vue ! L’appel du large n’est pas loin. Demain, sauf vents contraires, le Majesty jettera l’ancre dans son nouveau port d’attache. Un premier voyage de 15 milles (30 km) parcourus en huit heures… Avec une vitesse de croisière de près de deux nœuds (4 km/h), les curieux de la première grande boucle du Majesty ont tout intérêt à laisser voitures et vélos à quai… Et à maintenir le cap à pied !
Vous avez dit superstitions ? Tempêtes, naufrages, homme à la mer… Si certains phénomènes reviennent au destin, d’autres relèvent de croyances… On a provoqué le malheur, diraient même certains fétichistes ! Depuis des siècles, le monde de la mer est bercé par des superstitions encore ancrées dans l’esprit des marins. D’abord, la tradition veut qu’un baptême succède à une mise à l’eau. Pour rendre les cieux plus calmes, la légende impose qu’un jéroboam de champagne prestigieux soit brisé à la proue. Le premier coup raté et c’est le malheur assuré ! Pour le Majesty, comme pour la plupart des baptêmes maritimes, la bouteille sera préalablement entaillée pour éviter un remake du Petit Baigneur avec Louis de Funès… Gare au vendredi ! Ce n’est pas un jour pour une mise à l’eau, ni pour prendre le large. Cette superstition est née, autrefois, des femmes de marins qui, venant accueillir leurs maris au port, découvraient qu’ils étaient restés dans les fonds marins. C’était toujours un vendredi… Ensuite, s’il est un animal dont la présence est à bannir à bord, il s’agit bien du lapin. Le simple fait de prononcer son nom constitue un mauvais présage. Pire encore : servir du civet à table ! La farce vaudrait au cuisinier de passer par-dessus bord… La croyance est née d’un lapin qui, affamé, aurait rongé les cordages d’un voilier, entraînant son naufrage. À moins qu’un féroce rat ne le pousse à l’eau ! Ces rongeurs, on le sait, détestent la mer. S’ils quittent le vaisseau, ils annoncent une catastrophe. Pour s’en débarrasser, les marins affectionnent les chats… noirs ! Comme quoi… Ne vous méprenez pas ! En 2003, Maud Fontenoy partait pour une traversée de l’Atlantique à la rame. C’était un vendredi 13…
Sur les berges de la Sarre, des travaux de consolidation ont été effectués pour supporter les 800 tonnes de la grue qui mettra le Majesty à l’eau. Côté municipalité de Sarreguemines, les équipes techniques s’activent aussi pour l’accueil du Majesty. A proximité du point de mouillage, des travaux de sécurisation ont été effectués. Sur le chemin de halage qui longe la Sarre, à l’endroit même où prendront appui deux des quatre patins de la grue de 800 tonnes, un renforcement de la chaussée s’était avéré nécessaire après sondage du terrain vaseux. Du coup, deux puits de 4,20 mètres et d’un diamètre de 1,5 mètre ont été creusés jusqu’à la roche pour y couler du béton. Les deux pieux pourront alors sup-
porter les patins de la grue. Les deux autres pieds seront quant à eux installés sur le boulevard des Faïenceries à hauteur de l’îlot central devant le cinéma Forum. Pour soutenir la charge, des plaques d’acier seront glissées sous les patins. Puis en préambule de la mise à l’eau, le feu tricolore de l’îlot et les candélabres seront enlevés, les rambardes de sécurité longeant le chemin de halage ôtées… Et 72 mètres de pontons supplémentaires ont d’ores et déjà été installés pour les plaisanciers qui remonteront la Sarre à la rencontre du Majesty.
souhaite la bienvenue sur son réseau au “Majesty of the Seas” et à son capitaine M. ZANELLA www.vnf.fr
AC659620
Mardi
12
Une ville, Sarreguemines Sur le site du moulin de la Blies, le Musée des techniques faïencières permet de découvrir le processus de fabrication de la faïence au fil d’ateliers reconstitués à l’identique. Depuis la préparation des pâtes à la décoration en passant par le coulage, l’estampage et la cuisson.
Deux étoilés Michelin, un label "Terroir et patrimoine" avec une quinzaine de restaurateurs et une dizaine d’artisans, la gastronomie et la cuisine traditionnelle sont l’un des points forts en matière touristique.
Sous l’égide de la Communauté d’agglomération Sarreguemines confluences, un vaste réseau de pistes cyclables le long de la Sarre et de la Blies est en cours d’aménagement. Les itinéraires déjà réalisés drainent des centaines de cyclistes, rollers et randonneurs le week-end.
Céleste Lett : « A la confluence de toutes les formes de tourisme » Etre au cœur de l’événement. La mise à l’eau du Majesty sur la Sarre est un formidable vecteur pour l’image de marque de la ville, du port de plaisance. Sarreguemines a fait du développement touristique l’un de ses fers de lance. Le point avec Céleste Lett, député-maire.
« La visite de Léon Bertrand, ministre du Tourisme, est le symbole de l’image positive que Sarreguemines entend véhiculer en matière de tourisme » affirme Céleste Lett.
Le Républicain Lorrain : Pourquoi la ville de Sarreguemines a-t-elle accepté d’héberger le Majesty of the Seas ? Céleste Lett, député-maire : Parce qu’elle est traversée par une rivière et que nous avons un port de plaisance doté du Pavillon bleu. Cette mise à l’eau du Majesty qui battra pavillon sarregueminois est une opportunité en terme de notoriété et de retombées. L’opération, c’est du "gagnant-gagnant". Gagnant pour François Zanella, qui peut mettre son bateau à l’eau dans de très bonnes conditions, pas loin de son jardin. Et gagnant pour Sarreguemines, car c’est un excellent vecteur de communication dans le monde entier. R.L. : Pourquoi avoir favorisé le développement touristique ? C.L. : La présence de deux rivières et notre forte tradition faïencière sont des atouts inestimables. Cette volonté politique trouve ses racines dans notre patrimoine faïencier avec la création entre 1972-1974 du Musée de la faïence autour du Jardin d’hiver puis du réaménagement du Casino en 1976. Un second élan a été donné dans les années 1990
avec la passerelle sur la Blies, le Musée des techniques faïencières, l’aménagement du chemin de halage en piste cyclable. Cette démarche trouve aussi sa source dans la mise en valeur d’un patrimoine naturel : la rivière. Cela s’est traduit par des aménagements paysagers le long de la Sarre, l’acquisition de la péniche Pauline transformée en capitainerie et par l’extension des pontons du port de plaisance. Un signal politique fort a été donné en 1989 avec un poste d’adjointe dédié au tourisme.
Etre une ville de séjour R.L. : La ville a aussi voulu tirer profit d’une situation géographique idéale C.L. : Au confluent de la Sarre et de la Blies et de leurs deux vallées, Sarreguemines ne pouvait pas rester en marge. La ville est Porte de France sur le plan routier et fluvial avec les plaisanciers empruntant le canal de la Sarre et les cyclistes venant par le chemin de halage. Elle a la chance d’être encadrée par le tourisme vert et militaire du Pays de Bitche, le tourisme de nature du Pays des Lacs et le patrimoine archéologique du parc de Blies-
Devenir une ville-parc Ville verte et ville fleurie (3 fleurs), Sarreguemines investit énormément dans le fleurissement. Avec une double ambition : obtenir la 4 e fleur et aller vers une ville-parc. ous avons la chance d’avoir une ville « verte et fleurie mobilisant l’énergie des jardiniers municipaux » soutient Céleste Lett. Sur le plan paysager, Sarreguemines (3 fleurs) porte une attention particulière aux entrées de ville et aux giratoires, aux parcs (square Bennett, esplanade du Casino, parc municipal et de la Casc), aux liaisons vertes entre les quartiers, aux aires de loisirs et à l’entretien du poumon vert qu’est le Buchholz. En projet : le jardin sans limites sur le site du
N
Sarreguemines est candidate à l’obtention de la 4e fleur. Les multiples massifs, décorations, aménagements paysagers sont un régal pour les yeux.
moulin de la Blies. « Notre ambition est de faire de Sarreguemines une ville-parc cultivant au quotidien les notions de bien-être, de fleurissement et de qualité environnementale » annonce l’élu. Concrètement, le fleurissement d’une cité comme Sarreguemines n’est pas une mince affaire. Considérez plutôt. Sarreguemines, ce n’est pas moins de 15 000 m2 de massifs à planter, 267 jardinières, 147 suspensions et une centaine de bacs. Pour embellir cet espace considérable, il faut
115 000 plants sur l’année, dont 20 000 plants bisannuels (dont la culture s’étale sur deux années), comme les pensées ou les primevères, 23 000 bulbes, 3 000 chrysanthèmes, 69 000 plantes annuelles, sans oublier les quelques centaines de vivaces. Le service des espaces verts réalise 180 décorations florales dans l’année. Le fleurissement, c’est également 62 hectares de surfaces engazonnées (parcs, jardins, squares), 6 600 arbres d’ornement, 8 000 m2 de massifs arbustifs et vivaces, 6 800 m2 de massifs fleuris.
Le fleurissement, cela représente du temps mais aussi de l’argent. Côté investissement, en 2004, le budget était de 1 200 000 €, dont 172 000 € d’acquisitions (comprenant également les 60 aires de jeux de la ville) et 360 000 € pour les travaux d’aménagement. En fonctionnement, cela représente 310 000 €, hors frais de personnel, qui comprennent notamment l’acquisition de plantes, de micro-mottes qui sont les premières pousses développées ensuite en serres. Des chiffres qui donnent le vertige pour un fleurissement qui donne des émotions.
bruck-Reinheim. Nous sommes à la confluence de toutes les formes de tourisme. Cela appelle une augmentation notable de notre potentiel d’hébergement. Plus qu’une ville de passage, nous devons devenir une ville de séjour. R.L. : Justement, sous quelles formes se décline le tourisme ? C.L. : Culturel et patrimonial avec des circuits autour de la faïence et de notre architecture ; industriel avec un mélange d’ancien et de modernité autour de nos musées et du site de Smartville. Tourisme paysager et découverte avec des chemins de randonnées, des pistes cyclables et les loisirs de pêche ; fluvial avec le port de plaisance ; gastronomique avec deux restaurants étoilés, trois labellisés Moselle Gourmande, 14 restaurants Terroir et patrimoine. Mais aussi tout ce qui gravite autour du golf et des événements comme la Saint Paul, la saison culturelle, le carnaval…
Flot de distinctions R.L. : Le tourisme ne serait rien sans l’apport des acteurs locaux ? C.L. : La ville est la locomotive du développement touristique. Elle ne peut
rien faire seule et s’appuie sur plusie acteurs travaillant en synergie. L’Off du tourisme qui s’est professionna sous la conduite de Sabine Brousse club nautique l’Eau Reine à travers u convention de partenariat. Une trenta de restaurateurs, six hôtels, les artis de la route du savoir-faire, les assoc tions culturelles et sportives… Chaq citoyen de Sarreguemines doit être acteur du tourisme local. R.L. : Quels résultats positifs av vous enregistrés en matière de to risme ? C.L. : La 4e étoile de l’office du touris l’obtention de la certification AFNOR p la qualité de l’accueil et de l’information label Terroir et patrimoine, l’attribution Pavillon bleu d’Europe pour le port de p sance en 2003, 2004 et 2005 et de 3e fleur pour la qualité de notre fleuris ment. Nous sommes candidats à 4e fleur et attendons l’obtention du la "Tourisme et handicap" destiné aux mal tendants et mal-voyants. Ce flot de d tinctions vient récompenser nos efforts qualité de vie, le respect et la mise en leur de l’environnement.
Un office 4 étoiles L’office de tourisme de Sarreguemines a enregistré l’an passé exactement 24 286 passages soit l’équivalent du nombre d’habitants de la ville. Ce chiffre atteignait 19 664 visites en 2001 et 16 436 en 1998. En l’espace de quelques années, l’organisme a accumulé les performances. En septembre 2003, il s’est vu attribuer le label AFNOR pour la qualité de ses services d’accueil et d’information. Sarreguemines rejoint la cinquantaine d’offices de l’Hexagone détenteurs du label AFNOR sur les 3 600 structures quadrillant le territoire français. L’organisme a fait une entrée remarquée dans le cercle restreint des meilleurs établissements d’information. Le 17 mai 2004, l’OT a décroché sa 4e étoile qui le hisse dans le peloton de tête des établissements haut de gamme. Sarreguemines prend place dans le palmarès national des 4 étoiles qui en compte soixante. Ces deux distinctions lui ont été remises par Léon Bertrand, ministre du Tourisme, lors de sa visite à Sarreguemines. L’opération "Terroir et patrimoine" fédère 14 restaurateurs et neuf artisans locaux. Elle s’articule autour de la découverte de sites remarquables et de la gastronomie du cru, mais aussi du savoirfaire d’artisans locaux. Outre les restaurants labellisés, Sarreguemines peut s’enorgueillir de compter 37 autres restaurants, trois labellisés Moselle Gourmande et deux étoilés Michelin.
L’abécédaire de l’activité 2004 E… comme étrangers : la clientèle allemande est majoritaire (76,5 %), avec des visiteurs
L’an dernier, l’équipe de l’office de tourisme a accueilli près de 25 000 visiteurs. sarrois, ou qui viennent de Cologne, Stuttgart. Suivent les Britanniques (11 %), les habitants du Benelux (5 %)… F… comme fréquentation : le lissage sur l’année fait apparaître une fréquentation française de 80,5 % pour une fréquentation étrangère de 19,5 %. En période de vacances, la répartition est de 75-25 %. G… comme guidées : 5 725 visiteurs ont découvert la ville en compagnie d’un guide. 64,8 % de Français et 35,2 % d’Allemands. Le personnel est formé pour effectuer la visite "Sarreguemines historique et architecture, Sarreguemines médiéval et Art Nouveau". Un fléchage avec des plaques en céramique de Sarreguemines est à l’étude. Les groupes : 60 % sont français, 40 % allemands.
G… comme golf : au cours du week-end, les personnes peuvent fréquenter plusieurs golfs. 12 séjours ont été vendus à Sarreguemines. M… comme musées : ils ont accueilli 29 285 visiteurs. I… comme individuelles : la progression des visites individuelles est en forte progression. 5 800 visiteurs en 2004 (+ 59 %). 1 004 visites contre 635 en 2003.
R… comme Région : les v teurs sont majoritairement l rains (88,5 %). Suivent les Pa siens et habitants de la rég parisienne (4,2 %), les résida du Grand Est - quart de France, Alsaciens, Francs-Co tois, Haut Marnais…-2,5 Grand Ouest (1 %). La fréqu tation des Franciliens est augmentation.
Budget 2005 Au budget 2005, pour le tourisme, la ville a prévu 389 614 € en investissement dont 240 000 € pour la première tranche d’aménagement du port de plaisance et 529 578 € en fonctionnement. Une subvention de 330 000 € est versée à l’office du tourisme et 83 000 € pour la mise à l’eau du Majesty of the Seas.
13
Une rivière, la Sarre Mener la plaisance à bon port
Unité de production capillaire au sein de cette structure Wella/P&G, est le site stratégique des produits « Styling »
AC659717
Pavillon bleu d’Europe, le port de plaisance est appelé à s’agrandir. Comme il a le vent en poupe, Sarreguemines envisage la création de pontons supplémentaires, d’un débarcadère, d’une zone technique et d’un bassin fluvial.
Wella, Groupe allemand dont Procter & Gamble est le premier actionnaire, est un des leaders mondiaux dans le domaine de la cosmétique avec les marques Wella, Londa, Sebastian, Gucci, Rochas, Mexx...
Parc Industriel Sud - Z.I. Edison 2, rue Denis-Papin - BP 70305 57203 SARREGUEMINES CEDEX
Tél. 03 87 98 74 74 Fax 03 87 95 68 84 E-mail wella@ondal.fr
Bernard Brayer (capitaine du port) : « Je passe la moitié de ma vie ici »
Dans un cadre verdoyant et ombragé, proche du centre-ville, le port de plaisance de Sarreguemines offre l’image d’une carte postale avec le Casino en toile de fond.
Jean-Yves Haus (président de l’Eau Reine) : « La plaisance permet de voir la vie autrement »
déalement placé entre le centre ville et l’espace culturel du Casino, le port de plaisance est un lieu d’accueil privilégié et une carte de visite forte. Ouvert sur la ville et la Sarre, il accueille près de 1 500 plaisanciers par an et a décroché le Pavillon bleu d’Europe. Ce label à forte connotation touristique récompense les ports qui placent le développement durable et le respect de l’environnement au cœur de leur gestion quotidienne et de leur politique d’accueil. Le canal de la Sarre est une épine dorsale reliant la Lorraine à l’Alsace et à l’Allemagne. Il permet la navigation jusqu’au Nord de l’Europe et vers le canal de la Marne au Rhin. Aujourd’hui, on peut faire la boucle Sarreguemines, Trèves, Sierck, Metz, Nancy, Dombasle et retour par Mittersheim en moins de 15 jours.
I
Le port de plaisance est né avec l’installation d’un ponton fixe juste devant le Casino dans les années 80. Mais c’est dès 1995 qu’il a pris sa vitesse de croisière grâce à l’octroi de fonds européens permettant l’aménagement d’une péniche en capitainerie. Par convention avec la ville, sa gestion a été confiée au club nautique l’Eau Reine et dans la foulée a été engagée une extension des pontons.
Rive gauche, rive droite D’ici quelques années, la ville de Sarreguemines entend mener un ambitieux projet d’extension à bon port. Plusieurs éléments plaident en faveur d’une telle orientation : le développement de la navigation de plaisance, la réalisation de pistes cyclables sur le territoire de la communauté d’agglomération, l’obtention de crédits européens (jusqu’à 50 % de subvention)
est une opportunité à saisir tout comme le lancement des travaux de réaménagement du canal de la Sarre financés par l’Europe, l’Etat, la Région et le Département. Le député-maire de Sarreguemines considère qu’« on ne peut pas être en retard. Il s’agit d’avoir une vision à moyen et long terme. L’aménagement paysager et fluvial imaginé rive droite doit venir en complément de l’aménagement urbain de la rive gauche avec le nouveau complexe cinématographique, la future médiathèque intercommunale dans le futur centre multifonctionnel et le nouveau parvis de la chaussée de Louvain ». Céleste Lett résume sa pensée ainsi : « il s’agit de relier la ville et sa rivière. Mais ce schéma global ne se réalisera qu’en fonction des possibilités de financement que nous obtiendrons ». Le port est donc appelé à prendre une nouvelle dimension.
Bassin fluvial, zone technique débarcadère et pontons supplémentaires
Le président du club nautique l’Eau Reine affirme : « Sarreguemines n’est pas un port de passage mais une destination. Quand un plaisancier fait son plan de route, il s’arrête chez nous ».
Le Républicain Lorrain : Quel est le rôle du club nautique l’Eau Reine au sein du port de plaisance ? Jean-Yves Haus : Créé en 1994, notre club (22 membres) a signé une convention avec la ville en 1996 pour assurer la gestion et l’animation du port, l’accueil des plaisanciers et la vie associative. La capitainerie est installée sur une péniche acquise par la ville. C’est le club-house de notre association, c’est le cœur de notre activité. Sur ce site privilégié, toujours accessible, nous assurons l’accueil de tous les bateaux de mer et de rivière. Sarreguemines n’est pas un port de passage mais une destination. Quand un plaisancier fait son plan de route, il s’arrête chez nous. R.L. : Quelles sont les activités de votre club ? J.Y.H. : Nous organisons la formation aux permis mer et rivière et avons une vingtaine de candidats par an. Le temps fort est l’organisation de la fête de la Rivière au mois d’août. Mais pour la mise à l’eau du Majesty, nous l’organisons en même temps que la St-Paul les 25 et 26 juin. Promenades en bateau pour approcher le Majesty, démonstrations de chiens sauveteurs, initiation à la plongée dans une piscine figurent au programme. R.L. : Comment peut-on expliquer l’attrait exercé par la navigation de plaisance ? J.Y.H. : C’est dans l’air du temps. C’est en vogue. Les gens cherchent le calme au bord de l’eau. Sur un bateau, le paysage défile, on avance au gré de ses
envies. Les gens aiment allier détente et évasion et s’intègrent à l’environnement naturel. La plaisance permet d’aborder les villes différemment qu’en voiture. On voit la vie autrement. Et puis, c’est une activité très accessible avec un permis mer ou rivière dès l’âge de 16 ans et pour 200 € environ.
Reconnaissance R.L. : Que représente pour un club comme le vôtre la mise à l’eau du Majesty of the Seas ? J.Y.H. : La mise à l’eau et le baptême marquent le bateau pour toute son existence. C’est le moment où l’élément terrien va plonger dans son milieu naturel. Il va découvrir le milieu pour lequel il a été conçu. C’est comme la naissance d’un enfant. Si Zanella a choisi Sarreguemines, ce n’est pas par hasard. Le port et le club correspondent bien à l’image que veut dégager le Majesty. Il lui fallait un écrin et il n’y avait pas meilleur endroit que Sarreguemines qui, faut-il le rappeler, a le Pavillon bleu d’Europe depuis deux années successives. Pour le club et la ville, c’est aussi une reconnaissance du travail réalisé en amont. R.L. Le projet d’extension du port répond-t-il à un besoin ? J.Y.H. : Oui car nous sommes saturés au niveau place. J’y vois un double intérêt : pour l’association et pour le développement du tourisme. Il faut faire de l’extension du port au centre-ville la priorité. Il faut aussi améliorer la signalétique dans les écluses, en amont et en aval de Sarreguemines.
La priorité du plan consiste à aménager des pontons supplémentaires et une zone technique à Steinbach. Le projet idéal et le plus intéressant consiste à creuser un bassin fluvial juste à côté de l’aire de jeux de l’esplanade du Casino. Ce qui donnerait au port une toute autre allure et dimension. Mais il faut d’abord trouver les crédits. Une étude portant le nom de "Bouquot" a permis de définir les grands axes de développement du tourisme fluvial. L’extension du port de Sarreguemines pourrait se réaliser en deux tranches. La première estimée à 1,3 M€ et pour laquelle la ville a déjà lancé les demandes de subvention comprend plusieurs opérations.
D’abord, l’agrandissement du port avec la réalisation de pontons flottants pour 40 bateaux supplémentaires devant le square Bennett et le Casino, le renouvellement de la station d’avitaillement, l’aménagement d’un débarcadère (face au Casino) pour les bateaux à passagers venant de Sarrebruck et la réalisation d’une
Capitaine du port, Bernard Brayer prend les amarres de l’arrivant, l’accueille, l’inscrit, lui remet les clés et de la documentation. « On est entièrement à leur service. C’est une expérience humaine inestimable ». La casquette rivée sur une impeccable chevelure blanche, le visage rond et souriant, dans son costume, Bernard Brayer a le physique de l’emploi. Originaire de Seingbouse, technicien aux HBL, retraité depuis 1990, il est le capitaine du port de plaisance depuis 1998. « Pendant les vacances, avec mon épouse, on a fait le tour des ports fluviaux. On a toujours rêvé d’avoir un bateau pour naviguer sur les cours d’eau ». En 1997, le couple passe à la manœuvre et achète une pénichette baptisée Not’ labouriette 1. Trois ans après, une vedette hollandaise mixte porte le nom de Not’labouriette 2. « C’est une vraie passion. Le décor change en permanence, on voit le côté jardin et le côté naturel. La plaisance, c’est un véritable anti-stress procurant repos, calme et détente » affirme Bernard Brayer. Le jeune sexagénaire met depuis sept ans son enthousiasme au service du club nautique - dont il est le vice-président - et du port. « J’assure la gestion et l’accueil des plaisanciers. C’est très enrichissant sur le plan humain et convivial de rencontrer des gens venant de tous les horizons. C’est un plaisir fou et
du bénévolat à 100 %. Je passe la moitié de ma vie ici. »
Aller sur le Danube Sur leur beau bateau, Bernard et son épouse ont déjà sillonné plusieurs rivières : la Moselle, la Saône, le Rhône et une partie du Rhin. « Notre rêve, c’est d’aller sur le Danube mais c’est très long, il faut compter tout un été ». Depuis qu’il est capitaine, Bernard constate que le port de Sarreguemines a sacrément pris du galon. Ancres d’or et d’argent puis Pavillon bleu d’Europe depuis deux ans. De 50 bateaux en 1998, il est passé à près de 1 400. La mise à grand gabarit de la Sarre à Sarrebruck et la qualité des infrastructures de la ville expliquent un tel accroissement. « C’est le fruit d’un travail permanent, de longue haleine » estime Bernard avant de citer les avantages du port. « Il est à proximité immédiate de la ville, situé dans un cadre ombragé et verdoyant sur fond de carte postale magnifique, le Casino. Les restaurants, les équipements de loisirs tout proches et les commodités du port sont appréciés également ». Tout le monde l’aura deviné, sur la Pauline, sa seconde maison, Bernard Brayer vit comme un poisson dans l’eau.
zone technique au port de Steinbach. Il s’agit d’y créer une aire de stationnement pour l’hivernage des bateaux et d’y installer un loueur de bateaux. Une seconde tranche évaluée à 2,4 M€ prévoit la création d’un bassin fluvial creusé sur l’ancien terrain de tennis des Faïenceries à quelques mètres du Casino.
Près de 1 400 bateaux de plaisance ont navigué sur le canal de la Sarre l’an passé. Plus qu’un engouement, un enchantement.
AC659736
14
Le Festival des arts de rue Quand la Saint-Paul nous sera contée… Musiciens, échassiers, clowns, mimes et marionnettistes se croiseront pendant deux jours. En renouant avec le Festival de la Saint-Paul, Sarreguemines s’offre un week-end burlesque et poétique. Entre arts de rue, traditions et patrimoine, le Majesty prendra le large. e Festival de la Saint-Paul, 14e du nom, c’est bien sûr la fête de la faïence, mais aussi le festival des arts de rue. Pendant deux jours, le samedi 25 et le dimanche 26 juin, la ville se transformera en piste aux étoiles où les spectateurs croiseront comédiens, musiciens, artisans… Cette année, une quinzaine de compagnies et troupes, nationales et locales, feront de la ville un lieu de rendez-vous surprenants et magiques… Au détour des rues, les rencontres fortuites, musicales ou théâtrales, émerveilleront le public. D’ailleurs, si au détour d’une rue vous croisez les géants de la compagnie Les Grandes Personnes, ne vous effrayez pas, ils ne recherchent qu’une chose : nous faire retrouver nos yeux d’enfants ! En effet, la marionnette Rosor accompagnée de son compère africain vous redonnera un goût d’enfance. Vous serez certainement abordés avec humour par les pirates échoués de l’Escadrille et par les Marins et Vahinés sur échasses de la compagnie sarregueminoise Macadam Théâtre. Il y aura aussi les solos d’Ulik, musicien décalé et acrobate atypique, de Gorky, jongleur-conteur-voyageur, les acrobaties d’un marchand de rires de Crapaud Théâtre. Mais encore, le passage de la rue de l’Eglise sera baptisé en place de la Solidarité. Pour la deuxième
L
Quand le vent se lève, que le grain se prépare, craignez le pire ! Les pirates de l’Escadrille s’apprêtent à un accostage surprenant à Sarreguemines…
La marionnette géante Rosor, du collectif les Grandes Personnes, est née de la rencontre de deux associations. L’une française installée à Aubervilliers ; l’autre, burkinabée de Boromo.
Fanfare théâtrale et décalée, les Brankignoles récidivent cette année avec leur répertoire, mélange de jazz, de ska, de musique traditionnelle et de chansons.
année consécutive, la culture fait œuvre de charité avec le théâtre jonglé et poétique de Gorky lors d’une vente aux enchères burlesque au profit d’Emmaüs et animée par Macadam Théâtre. Le combat des fanfares programmé le samedi soir constituera un temps fort du rendezvous des arts de rue. Deux ensembles musicaux, d’un côté
Pour la petite histoire… Pendant près d’un siècle, la Saint-Paul a été la fête de la manufacture de faïence. Si c’est habituellement saint Antoine qui est honoré par les faïenciers, Sarreguemines a choisi saint Paul, en mémoire du fondateur de la dynastie des manufacturiers, Paul Utzschneider, et de Paul de Geiger, directeur de 1870 à 1913. D’après les archives locales, la fête prend une réelle importance dans les années 1870. A l’époque, le 29 juin était vécu avec solennité. Toute la ville participait aux festivités. Tôt le matin, les habitants se retrouvaient dans la cour de la faïencerie, sur l’actuel parking situé derrière le musée de la Faïence. Les pompiers formaient une haie d’honneur pendant que les faïenciers recevaient promotions, récompenses et médailles. Une messe célébrée à l’église Saint-Nicolas était suivie d’un bon repas pour le directeur, les chefs de services et les ouvriers distingués. Le soir, pour clore cette journée, un feu d’artifice illuminait les bords de la Sarre. La fête se terminait à la Réunion, nom que l’on donnait à l’époque au Casino des Faïenceries, par un grand bal où assistaient la plupart des ouvriers. Les salles devenues exiguës devant l’affluence des invités avaient d’ailleurs motivé l’agrandissement du Casino en 1850. Pendant des années, les fêtes de la Saint-Paul rythmèrent la vie de la cité. Après la Première Guerre mondiale, elles furent moins brillantes jusqu’à disparaître et ressortir des oubliettes en 1991 sous un nouveau nom de baptême, les rencontres de la Saint-Paul. Aujourd’hui, la Saint Paul, devenue festival, est une fête populaire, une invitation à rencontrer des artistes de rue, à flâner aux sons de la musique, à déguster des produits de la gastronomie et du terroir…
Circulation limitée
Jeudi, jour de la mise à l’eau du Majesty of the Seas, un périmètre de sécurité sera dessiné dans un rayon de 75 mètres autour de la grue de levage. Déjà la veille, dès 7 h, le boulevard des Faïenceries qui longe la Sarre sera fermé à la circulation. C’est sur cette portion de route que seront stationnés les convois. Jeudi, jour du baptême, il y aura très peu de place réservée au grand public, compte tenu du dispositif de sécurité et du nombre important de médias nationaux et internationaux attendus. Pas moins de 400 invitations ont été lancées en France et à l’étranger ! Mais, dès samedi, jour de l’inauguration officielle du Majesty et de la Saint-Paul, les visiteurs pourront investir les berges et le boulevard des Faïenceries. Quant aux visites du mini paquebot, elles devront atteindre la fin des festivités et l’arrivée des vacances d’été. Ce week-end, la priorité sera logiquement donnée aux sponsors du Majesty. A noter que les animations du Festival de la Saint-Paul sont programmées dans le périmètre de la zone piétonne, de la rue Poincaré, à la vieille ville, dont la place du Marché.
Pendant deux jours, les arts de rue ont quartier libre à Sarreguemines. A la SaintPaul, les saltimbanques ont le dernier mot… la fanfare Erectus, de l’autre les Costauds, s’affronteront avec leur meilleure arme : l’humour musical. Avec l’appui de leurs supporters, les musiciens arbitrés par les Goulus se livreront à un match à coup de rythmes endiablés et de refrains entraînants où les supporters (le public forcément) seront invités à mouiller la chemise et à chauffer ses cordes vocales… Tou-
jours dans le registre musical, le Samu ouvrira la marche avec ses octogénaires à bout de souffle alors que les musiciens des Repris de Justesse accompagneront les facéties du clown Brizi, que la fanfare de poche Le Mystère des Eléphants s’emparera de toutes les occasions pour s’infiltrer dans les commerces… Découverte musicale avec la bonne humeur du Slo-
novski Bal, une fanfare des Balkans, les improvisations décalées des Brankignoles… Mais encore : le Bliessarre Music Band, les Danseurs du Roy, Los Borinos, et les danses folkloriques de la Ronde des Liserons. Les trois coups sont sur le point d’être donnés : ouvrez grands yeux et oreilles et laissez-vous conter par votre imagination…
La Saint-Paul, c’est aussi…
Les ateliers de céramique sortent de leurs murs pour présenter en public un savoir-faire faïencier. Un marché et les délices de la Saint-Paul. Les saveurs des produits du terroir avec notamment la fameuse saucisse de la Saint-Paul, l’artisanat d’art, des potiers, des antiquaires régaleront tous les amateurs d’art, de patrimoine, de gastronomie locale et de tradition. Un éclairage sur la céramique. L’équipe des musées de Sarreguemines s’installe en centreville pour rappeler et perpétuer la tradition faïencière. Le temps d’un week-end, les ateliers sortent de leurs murs pour animer la rue Poincaré et s’harmoniser autour des deux expositions temporaires de la saison qu’il sera bien sûr
possible de visiter : Les assiettes imprimées de Sarreguemines. 1828-1838 au Jardin d’Hiver du musée de la Faïence et 3 assiettes pour 1 repas au Casino des faïenceries. Le Grand Prix de céramique. Autour de l’exposition, 3 assiettes pour 1 repas où 30 artistes exposeront leurs œuvres, le concours de céramique sera lancé le dimanche 26 juin et se déroulera jusqu’au 28 août. Pour la 5e édition, l’équipe des musées a sollicité le génie créatif de céramistes invités à réaliser des pièces des arts de la table, qui se retrouveront, qui sait, sur votre table…
A savoir Il est possible de retrouvez le programme détaillé, heure par heure, de la Saint-Paul sur internet à l’adresse www.sarreguemines.fr. Par ailleurs, outre l’office de tourisme qui sera ouvert exceptionnellement le samedi 25 juin de 9 h à 19 h et le dimanche 26 juin de 10 h à 19 h, un point d’information sera installé à l’intersection des rues Poincaré et Sainte-Croix. Concernant la circulation et le stationnement, un fléchage temporaire signalisera le périmètre de la Saint-Paul ainsi que les différents parkings accessibles. Et tout au long du week-end, les commerces seront bien sûr ouverts.
15
Demain
Venez faire une escale à
« A Saint-Nazaire on le suivra »
Menu Majesty en bord de Sarre
Tartare de truite mousseline au Nouilly Sandre au coulis d’écrevisse
AC659625
Craquelin à la mirabelle de Lorraine
François Zanella aura embarqué dans son aventure tout un équipage d’hommes et de femmes séduits par la démesure de son défi. Avec le départ du capitaine mineur, un peu de la vie de ces gens va prendre le large. C’est le cas à Saint-Nazaire, où l’association Zanella Majesty Folies s’interroge sur un avenir sans François.
F
L’Écluse GROSBLIEDERSTROFF
03 87 09 16 69
Spécialiste en matériel de soudage Vente - Réparation - Location
Les cinq membres vont faire le déplacement à Sarreguemines pour assister à la mise à l’eau du Majesty of the Seas.
Un jour à Saint-Nazaire ? La question se pose à présent du devenir de l’associa-
tion. « Nous avons décidé de continuer encore un an pour voir l’évolution des choses. Pour l’instant, il est difficile d’imaginer l’avenir du navire. Peut-être que l’année prochaine, l’association sera dissoute », confie Stéphane Lucas.
Les bénévoles réfléchissent actuellement à l’acheminement du bateau à Saint-Nazaire. « Les gens ici se tiennent au courant. François Zanella est connu dans la région. Nous recherchons les possibilités pour réaliser le transfert et les partenaires qui pourraient nous
aider. Mais ce n’est pas évident car le Majesty of the Seas est grand et ne possède pas les agréments nécessaires pour naviguer sur les voies maritimes. Pour l’instant, rien n’est décidé et aucun projet concret n’est envisagé », conclut Stéphane Lucas.
21, du Gros-Hêtre
SAINT-AVOLD 03 87 92 15 61
AC659623
remonté leurs manches pour donner un coup de main au futur capitaine. « Notre but était de lui faciliter l’acquisition de matériaux. Les rebuts des chantiers sont stockés, vendus ou éliminés. Nous les avons récupérés et donnés à François », ajoute le président.
Fournisseur officiel du Majesty of the Seas de François Zanella
AC659861
Une page se tourne pour François Zanella. La mise à l’eau de son bateau est comme un aboutissement pour lui comme pour tous ceux qui ont suivi pas à pas son aventure.
Et maintenant…
Une histoire découverte en 1998 par quatre ouvriers des chantiers de l’Atlantique. Ceux-ci s’étaient rendus alors à Morsbach pour souder le plafond du bateau de François Zanella. « En revenant, ils se sont demandés comment pouvoir l’aider », témoigne Stéphane Lucas, président de Zanella Majesty Folies. C’est ainsi que l’association voit le jour. Jean-François Legravet, Armel Tressel et André Levraud (les trois soudeurs), Roland Douteau et Stéphane Lucas ont
Restaurant jours Ouvert tous les idi m i ed sauf sam ir lundi midi et so
rançois Zanella aura réussi son pari, mener à bon port le rêve de toute une vie. Amarré à Sarreguemines, il va maintenant pouvoir profiter pleinement de son bateau. Celui-ci sera ouvert au public dans un premier temps. Puis, lorsque les beaux jours déclineront et que l’automne reviendra, il poussera jusqu’à un bief où les péniches hibernent jusqu’au printemps. Là, le navigateur au long cours pourra fignoler la machinerie de son paquebot miniature. Il procédera aux premiers essais de propulsion, contrôlera si tout est en ordre avant de lever l’ancre. Ces vérifications effectuées, François Zanella pourra alors envisager une nouvelle vie au fil de l’eau. Il prévoit de s’installer sur son Majesty of the Seas avec son épouse, mais ne compte pas se séparer de son pavillon de Morsbach. Il ne larguera jamais les amarres qu’à moitié. On ne tourne par aussi facilement le dos à son histoire.
l’Écluse
ÉDITION SPÉCIALE
Mardi 21 juin 2005
Au bout du rêve
Photo : Philippe RIEDINGER
Le bateau de François Zanella mis à l’eau à Sarreguemines le jeudi 23 juin 2005 > POUR UN INTÉRIEUR
MAGASIN VAISSELLE DES FAYENCERIES DE SARREGUEMINES OUVERTURE EXCEPTIONNELLE Dimanche 26 juin 2005
-
CLIMATISATION
-
SANITAIRE
-
CARRELAGE
-
MEUBLES DE SALLE DE BAINS
de 14 h à 19 h
GRAND CHOIX ART DE LA TABLE
qui vous ressemble
•FAÏENCE TRADITIONNELLE ET CONTEMPORAINE •PORCELAINE “PYROBLAN” •CULINAIRE •BARBOTINES DE SAINT-CLÉMENT
Z.I. RUE DES FRÈRES REMY SARREGUEMINES DIRECTION BITCHE (À CÔTÉ DU GARAGE FORD) - TEL
•LUMINAIRES
03 87 95 16 42 OU 03 87 95 16 14
HORAIRES D’OUVERTURE DU LUNDI AU VENDREDI : 9 H 00 - 12 H 00 ET DE 14 H 00 - 18 H 30 SAMEDI : 9 H 00 - 12 H 00 ET DE 14 H 00 - 18 H 00
Rue du Colonel-Cazal - 57200 SARREGUEMINES - Tél. 03 87 98 68 51 - Fax : 03 87 02 94 70 (à côté du Casino et de la passerelle piétonne) Parking gratuit
ouvert du mardi au samedi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h
AC659750-P1
CHAUFFAGE