Skip to main content

L'Oranger Juin 2020

Page 1

P201027 Dépôt Liège X

L’ORANGER BIMESTRIEL JUIN 2020 | NUMÉRO 2

DOSSIER IL FERA BEAU DEMAIN-MOUVEMENT POSITIF Confiné mais confiant, notre mouvement continue ses activités en ligne. Débats confinés, plateforme, venez rêver avec nous.

PAGE 8

ÉDITION SPÉCIALE COVID-19

Le dossier

PME et crise du covid-19 : quid ? Les petites et moyennes entreprises sont partie intégrante du paysage économique belge. Comment les soutenir lors d’une crise comme celle que nous vivons aujourd’hui ? Décryptage de la question.

PAGE 4

L’interview

Renforcer le lien social entre les Bruxellois Durant cette crise, le lien social entre Bruxellois doit être renforcé et les publics « oubliés » doivent être plus soutenus que jamais. Explications avec Céline Fremault.

PAGE 5

© Istock

© Photo Morgane Delfosse

© Istock

cdH - Rue du Commerce 123, 1000 Bruxelles

© Istock

" SOYONS PRÊTS POUR L’APRÈS ! "

Décodage 12-18

Numérique et enseignement : comment ça se passe dans ton école ? Tablette, smartphone, ordinateur portable… le numérique est partout, même dans ton école ! Élèves et professeurs doivent s’adapter à la mise en place de ces nouvelles technologies. Comment cela se passe dans ton école ? Quelles sont les prochaines échéances ? Retrouve toutes ces réponses dans le décodage.

PAGE 11


Édito HUMILITÉ. RESPONSABILITÉ. CRÉDIBILITÉ. Chères amies, chers amis, Les mois qui viennent de s’écouler nous ont tous ébranlés. Des milliers de familles ont eu à déplorer la perte précoce d’un être cher, que les conditions sanitaires n’ont pas permis, de surcroît, d’accompagner jusqu’à sa dernière demeure comme on l’aurait souhaité. Le personnel des soins, à l’hôpital, en maison de repos ou à domicile, aura témoigné d’un engagement admirable dans un contexte tendu, anxiogène et humainement épuisant. Dans de multiples secteurs et nos administrations, du personnel de première ligne se sera mobilisé pour la continuité de services et de prestations pour d’autres. Tous ceux qui auront permis de ‘ tenir le pot droit ’ doivent être profondément et sincèrement remerciés.

NOUS DÉMÉNAGEONS

Cette pandémie a été une grosse piqûre de rappel de l’importance des services publics pour ceux qui les dénigraient si souvent. Le rôle important d’un État est aussi à souligner, pour autant qu’il se comporte de manière efficace et stratège, ce qu’il n’est pas particulièrement parvenu à prouver. L’extrême précarité d’une série de travailleurs, singulièrement les indépendants, petits commerçants, artisans et artistes, aura aussi été mise en lumière. Leur apporter un soutien franc et massif, apportant de réelles perspectives de reprise, est notre devoir. Revaloriser le secteur non-marchand également. De longue date, le cdH plaide pour que les secteurs de la santé et de l’éducation soient sanctuarisés, et pas des variables d’ajustement budgétaire. Refinancer les soins de santé et les prestataires, définir un véritable statut d’artiste, réoxygéner nos PME et indépendants, refinancer la justice et

engager davantage à la police seront quelques-unes des exigences que nous formulerons si nous sommes invités à négocier une participation à un futur gouvernement fédéral de relance et de bonne gouvernance. Nous devons changer d’état d’esprit et retrouver un véritable esprit d’État. Les crises multiples (sanitaire, climatique, socio-économique, budgétaire, politique) nous imposent un sursaut et l’abandon de tout jeu de dupes. La classe politique n’a pas droit à l’échec : notre devoir est d’offrir une réelle perspective d’espoir et de rebond à nos sociétés, pas une perspective électorale nouvelle qui n’apporterait pas de solution. Retroussons-nous les manches, abordons les défis à venir avec humilité, sens des responsabilités et crédibilité dans nos réponses.

Comme annoncé par le Président lors de sa prise de fonction, une réflexion importante a eu lieu sur nos bureaux. En effet, ceux que nous occupons actuellement à la Rue des Deux Églises ne sont plus aux normes, ni compatibles avec la dynamique de travail actuelle. Nous avons donc trouvé des nouveaux locaux à quelques dizaines de mètres de là, et plus précisément au numéro 123 de la Rue du Commerce. Moins énergivores, plus confortables et plus adaptés, nos nouveaux bureaux améliorent considérablement les conditions de travail des collaborateurs. N’hésitez pas à nous rendre visite, nous serons ravis de vous y accueillir et vous les faire découvrir !

> FONCTIONNEMENT D' Découvrez plus de contenu, plus d’information et des vidéos grâce à Admented

1

2

TÉLÉCHARGEZ

ACTIVEZ

Téléchargez gratuitement l’application ADmented (disponible sur Google Play et l’App Store).

Créez un compte ADmented gratuitement avec votre prénom et une adresse e-mail valide.

3

4

VISEZ

DÉCOUVREZ

Parcourez votre journal et pour chaque article contenant la petite icône, scannez la page entière avec votre tablette ou votre smartphone (connecté à Internet).

Découvrez les contenus supplémentaires en réalité augmentée.

Sommaire PRÈS DE CHEZ VOUS LE DOSSIER L’INTERVIEW IL FERA BEAU DEMAIN - MOUVEMENT POSITIF NOS ASSOCIATIONS DÉCODAGE 12-18 L'EUROPE

3 4 5 6-9 10 11 12

L’ORANGER juin 2020 COORDINATION GÉNÉRALE Francine Vanuytrecht et Sarah Giacomazzi MISE EN PAGE Loris Klein RÉDACTEURS Pascal Arimont Sandra Boldrini Laurent de Briey Sébastien de Jonge Christophe De Beukelaer Damien De Vroey Anne-Sophie Gérard Isabelle Hambenne Folisabelle (Isabelle Bourlon) Céline Fremault RÉSEAUX SOCIAUX www.lecdh.be facebook.com/lecdh

Jeunes cdH Bruxelles-Périphérie Dorothée Klein Claude Lachapelle Benoît Lutgen Opaline Meunier Lucas Moutiaux Martin Nève Maxime Prévot Donatienne Portugaels Margaux Van Meerhaeghe Etienne Vanderroost Stephen Vincke ÉDITEUR RESPONSABLE Gauthier de Sauvage Rue du Commerce 123 1000 Bruxelles twitter.com/lecdh instagram.com/lecdh


L’ORANGER | Juin 2020

Bien-être animal : continuer à agir, quoi qu’il arrive

Près de chez vous Dour : des Abeilles et des Fourmis

J’ai dû également mettre en place des outils pour répondre au mieux aux problématiques de bien-être animal : création d’un service de traitement des plaintes urgentes, accueil des animaux sur rendez-vous, screening téléphonique pour les adoptants potentiels… Face à cette crise sans précédent, le secteur du bien-être animal, avec des moyens limités, a pu continuer son combat et plusieurs milliers d’animaux ont pu être pris en charge pendant le confinement. Il a su s’organiser pour assurer ses missions essentielles, pour continuer à agir, quoi qu’il arrive.

© Photo Stephen Vincke

Témoignage de Sébastien de Jonge, responsable d’un refuge pour animaux en Brabant Wallon. Le premier enjeu auquel j’ai été confronté fut le maintien de nos activités. Chaque semaine, 1.300 animaux sont secourus par les refuges belges. Il a donc fallu militer auprès du Gouvernement pour être reconnu comme une activité essentielle, pour que les bénévoles, indispensables, puissent continuer à aider et pour que les prises en charge d’animaux maltraîtés, abandonnés ou trouvés errants puissent se poursuivre.

« Quand on s’est aperçu que le confinement allait restreindre l’efficacité de nos services communaux traditionnels, une réponse adaptée devait être trouvée, également dans le but de relever de nouveaux défis liés à l’épidémie, explique Martine Coquelet, Échevine des Affaires Sociales et Présidente du CPAS dourois. On a alors lancé le projet de plateforme citoyenne « Dour Entraide » ». Dour Entraide est rapidement devenu l’intermédiaire entre, d’un côté, les citoyens (une soixantaine de bénévoles) de bonne volonté désireux de contribuer concrètement au soutien des citoyens plus faibles et de l’autre côté, les citoyens fragilisés par l’épidémie. « La majeure partie travaille au dispatch et à la livraison des masques aux citoyens qui en font la demande via notre site Internet » explique Martine. Ce site, créé lui aussi par un bénévole, regroupe toutes les missions de Dour Entraide et permet aux citoyens, en toute autonomie, de remplir un formulaire de demande. C’est l’échevine de la citoyenneté, Christine Greco-Druart, qui a rassemblé et organisé le travail des 50 couturières bénévoles. Ces véritables « Abeilles » en sont à 12.500 masques réalisés. Les bénévoles de Dour Entraide, surnommés les « Fourmis » mettent les masques sous pli, organisent les tournées en fonction des demandes, et distribuent dans les boîtes aux lettres ciblées. Retrouvez l’intégralité de l’interview de Martine Coquelet en scannant la page.

Récolte d'ordinateurs pour les élèves en difficulté ! Molengeek est une association bruxelloise qui sensibilise à l’entrepreneuriat et s’assure que tous les jeunes aient accès aux métiers du numérique. C’est en collaboration avec elle que le cdH bruxellois a appelé les communes, les organismes publics et les entreprises à faire don de leurs vieux ordinateurs. Ils sont ensuite reconditionnés avant d'être offerts aux étudiants qui en ont besoin pour suivre correctement leurs cours à distance. " Cette action permet d’abord d’aider des étudiants qui en ont besoin dans l’immédiat pour traverser cette crise, mais ce n’est pas tout ", explique Christophe De Beukelaer, Député bruxellois, qui coordonne cette action. " Je suis convaincu qu’à côté de l’urgence sanitaire qui est la priorité, cette crise doit être considérée comme une opportunité. L’école a quelque chose à apprendre de cette crise. Elle est, comme toutes les organisations de grande taille, difficile à faire évoluer. Cette crise peut être un accélérateur pour une digitalisation raisonnée. Les élèves et les professeurs sont forcés de tester des nouvelles méthodes d’apprentissage, d’examens, etc. Je veux attirer l’attention et encourager ce mouvement avec cet appel aux dons ".

Les femmes cdH de Namur : expo et témoignage Le 8 mars dernier, juste avant le confinement, les femmes cdH de Namur ont organisé une exposition regroupant une quinzaine d’artistes féminines. Beaucoup de monde au rendez-vous pour découvrir ces talents tous azimuts : sculptrices, peintres, photographes, céramistes… En cette journée symbolique, elles voulaient valoriser ces artistes et croiser les regards sur des œuvres très différentes. Une occasion de rêver à une société plus égalitaire où toute femme pourrait garder la tête haute. Isabelle qui exposait lors de cette journée a voulu nous passer un message en réaction à la situation actuelle : " Il est l'heure de réagir, de s'aider, de se passer la main et d'être enjoués. De donner et de valoriser, d'égaliser. Il est l'heure d'y croire plus que jamais, de l'écrire et de le clamer. Il est l'heure des grands artistes dans tous les domaines. Soyez le créateur de demain. Comment ? Il suffit d'écouter son cœur, ses émotions et son expérience. Un dessin comme dessein, un livre nouveau et une nouvelle bible. Celle du libre livre ! Osez vos talents et vos envies ! Il n'y a rien de plus grand à gagner. " Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ! Gandhi. Retrouvez l'entretien complet d'Isabelle en scannant la page.

3


Le dossier

L’ORANGER | Juin 2020

Nos PME à l’épreuve de la crise du Covid-19

L’économie belge dépend grandement de ses petites et moyennes entreprises. En plus de leur contribution comptable à notre prospérité, ces PME sont les garantes d’une société du « vivre mieux » et doivent être protégées des épreuves imposées par la crise actuelle.

O

Au-delà de cette vision purement comptable, les PME belges permettent de tisser un lien particulièrement bienvenu dans nos villes et villages. Le commerce de proximité et l’Horeca, notamment, y sont relativement bien représentés, sans oublier les nombreuses activités indépendantes qui représentent le véritable maillage de notre société. Les PME occupent, par ailleurs, une place de choix dans une vision du développement où le « mieux » est privilégié au « plus » et où l’économie est davantage ancrée dans son terroir. Crise économique et mesures de soutien Ce beau tableau a été fortement ébranlé par la crise sanitaire qui nous frappe actuellement : de nombreuses entreprises ont dû faire appel au chômage temporaire pour leurs employés (1,3 millions de travailleurs) et près de 400.000 indépendants ont fait appel au droit passerelle. Les finances publiques vont donc être soumises à rude épreuve pour cette année, sans compter qu’il faudra adopter un plan pour relancer la machine économique une fois la crise passée. Malgré les nombreuses aides mises en place par les différents gouvernements (assouplissement de l’accès au droit passerelle et au chômage temporaire évoqués plus haut, aides aux entreprises au niveau régional…), nos PME souffrent et de nombreux indépendants craignent un risque de faillite dans les prochains mois. Davantage doit être fait pour soutenir ce maillon essentiel de notre économie. Des mesures davantage adaptées à la réalité de terrain ? L’impact sociétal d’une crise économique emportant de nombreux indépendants vers la faillite serait énorme pour notre pays aussi bien dans le court

4

© Istock

n se félicite souvent, en Belgique, d’être une « terre des PME ». En effet, si l’on prend les chiffres de l’UCM (rapport PME 2019), la Belgique comptait, fin 2018, 1,17 millions de PME actives sur son territoire. Cela représente 54% de l’emploi belge et 46% de sa valeur ajoutée, bien au-delà de la moyenne européenne (respectivement à 50% et 38%). La santé financière de ces entreprises, à la veille de la crise sanitaire, était relativement bonne avec un endettement en baisse, une liquidité renforcée et une rentabilité à la hausse.

terme que dans le long terme, pour nos régions, pour nos villes ou encore pour le quartier dans lesquels elles s’inscrivent. Ce coût doit être pris en compte dans les montants que nous libérons dès maintenant pour sauver notre économie et nos entreprises. De nouvelles mesures de soutien doivent être prises au niveau fédéral pour garantir la liquidité de nos entreprises (annulation des cotisations sociales, soutien bancaire élargi…). Si notre action depuis les bancs de l’opposition aux Parlements régionaux a permis d’élargir les mesures de soutien aux entreprises, il est nécessaire d’aller encore plus loin. Sans oublier de nombreux acteurs clés de notre société, dans les secteurs associatif et culturel notamment, qui sont aussi des PME mais restent souvent des oubliés de la crise. Nous ne pouvons nous permettre de les laisser au bord du chemin en attendant le retour des jours meilleurs. Nous sommes et serons toujours à leur côté. Le Président Maxime Prévot a formulé diverses propositions concrètes de soutien, de même que plusieurs parlementaires. Retrouvez toutes nos propositions sur le site web (www.lecdh.be).

Crise du covid-19 : les indépendants prennent la parole Catherine van Naemen est kinésithérapeute, Vincent Maillen dirige sa boîte de construction, tous les deux sont indépendants et ont dû faire face à cette crise comme beaucoup d’autres. André Antoine, Député wallon, défend lui au quotidien l’avenir des indépendants et des petites et moyennes entreprises qui souffrent lors de cette période difficile. Pour rentrer en contact avec André Antoine, Catherine van Naemen et Vincent Maillen prenez votre smartphone et scannez le téléphone ci-dessous grâce à l’application Admented. Vous pourrez ainsi écouter leur témoignage.


L’interview

L’ORANGER | Juin 2020

Céline Fremault

« Redoubler d’attention à l’égard des publics oubliés et renforcer le lien social s’imposent encore plus après la crise sanitaire ! »

© Photo Morgane Delfosse

Il y a plus d’un an, le cdH bruxellois martelait durant la campagne électorale qu’une Région pouvait avoir tous les plus beaux aménagements du territoire qu’elle voulait, les infrastructures de mobilité les plus performantes et les politiques environnementales les plus ambitieuses, elle n’était rien sans une vigilance accrue à l’égard des publics oubliés tels les aînés, les personnes en situation de handicap ou encore les familles monoparentales précarisées et sans un renforcement indispensable du lien social entre ses habitants. Si à l’époque, cela pouvait s’apparenter à un discours de conviction, force est de constater qu’aujourd’hui ce leitmotiv de notre action humaniste est plus que jamais d’actualité.

Quels sont les premiers constats qui se dessinent à l’heure actuelle ? Nous vivons une crise sanitaire inédite qui a, au-delà de l’impact économique et financier terrible pour de nombreux foyers, de lourdes conséquences humaines à Bruxelles : des décès nombreux au sein de nos maisons de repos et des aînés qui se sont sentis abandonnés, des familles bousculées et inquiètes des lendemains de leurs enfants en situation de handicap, des femmes qui connaissent des précarités accentuées. L’adage populaire dit qu’on apprend de ses erreurs, il faut accepter que les gouvernements fassent mieux et les parlementaires doivent pouvoir avoir accès à un bilan complet pour prendre les meilleures décisions à venir en connaissance de cause surtout que la bataille contre le virus n’est pas terminée ! Collectivement, nous avons besoin certainement de réfléchir aux politiques qui seront mises en place au lendemain de cette crise pour en tirer toutes les bonnes et justes conséquences et privilégier plus que jamais l’humain. Quelles propositions pour demain à Bruxelles ? Nos aînés ont payé un lourd tribu dans cette crise. Certains sont décédés dans des conditions excessivement difficiles, d’autres resteront ébranlés pour le restant

de leur vie, sans parler des familles entières qui ont été privées d’adieux légitimes et qui nourrissent un chagrin immense. Le cdH bruxellois demande qu’une priorité soit accordée à l’avenir à ce public « oublié » comme d’autres – Handicap, Femmes –. La déclaration actuelle de politique générale ne suffit plus en la matière, à Bruxelles comme ailleurs. Nous avons déposé il y a quelques mois une proposition de décret sur l’assurance autonomie, discutons-en collectivement et positivement, elle amène des solutions concrètes qui permettent à nos aînés de pouvoir rester chez eux un maximum de temps avec l’aide nécessaire et adaptée le cas échéant. De même, le renforcement de l’aide à domicile est plus que jamais d’actualité : sous la législature passée, plusieurs demandes du secteur avaient été rencontrées – augmentation du nombre d’heures via un refinancement de 10 000 heures supplémentaires par an, valorisation des salaires via un rattrapage sectoriel… –, il faut redoubler les budgets de l’aide à domicile et valoriser les rétributions des aides-soignantes comme il faudra redoubler les budgets en termes de création de nouveaux centres de jour. Ce qui faisait sourire certains désignant ces initiatives précédentes comme du loisir est aujourd’hui essentiel : permettre

à celles et ceux qui l’ont choisi de rester à domicile avec un confort de vie que nous devons bien à nos Bruxellois plus âgés. Sous la législature précédente, nous sommes passés de 5 à 10 centres sur le territoire bruxellois. Un cadre législatif avait été créé pour la garde à domicile avec un financement supplémentaire structurel, il faut booster le secteur. Enfin, il faut mettre en place un Plan d’action pour les maisons de repos en termes d’expertise technique, de soutien matériel et de testings répétés dont les tests sérologiques. Comme il faudra revoir à bref délai l’ordonnance qui agrée les maisons de repos et les maisons de repos et de soins à Bruxelles et conditionner l’agrément de celles-ci à l’existence, à la validation et au suivi d’un « Plan Pandémie » par les Autorités bruxelloises. Il ne s’agit pas de surcharger les maisons de repos qui sont actuellement dans l’urgence mais bien de prévoir l’avenir et peut-être à court terme. Le secteur du Handicap a été aussi fortement touché, qu’en pensez-vous ? Il va de soi que les institutions liées au Handicap doivent aussi être protégées dans le même sens. D’autres suggestions sont sur la table : désignation d’un médecin coordinateur pour les centres d’hébergement, renforcement des services

d’accompagnement qui vont subir les conséquences en première ligne de la crise au retour des familles, ouverture d’une ligne téléphonique spécifique d’appui pour les parents qui vivent des difficultés au quotidien dans des moments de crise. Le cdH insiste régulièrement sur la précarisation des femmes durant cette crise, comment les aider ? Les familles monoparentales sont durement touchées depuis des semaines et il faut les accompagner dans leurs nouvelles demandes liées à une précarité qui explose : la Maison des Parents solos que j’ai ouverte début 2019 en collaboration avec la Ligue des Familles a connu une diminution de subsides en 2020 alors que tout démontre aujourd’hui sa capacité à apporter de l’aide aux mamans fragilisées et elle a joué son rôle dans la crise en renfort d’autres secteurs. Il est urgent non seulement de la pérenniser mais aussi de la dupliquer aux 4 coins de Bruxelles avec une relance de la campagne de prévention sur le Burn-out parental en collaboration avec les plannings familiaux. Redoubler d’attention à leur égard est indispensable, nos familles sont précieuses et la crise l’a encore démontré une fois de plus.

5


Il fera beau demain

IL FERA BEAU DEMAIN - MOUVEMENT POSITIF

Prendre soin de soi et des autres, c’est un projet de société

être fier de ce que l’on fait parce qu’on a la conviction que c’est utile. C’est à cela qu’aspirent les jeunes travailleurs.

Le « jour d’après » ressemblera-t-il au « jour d’avant » ? Beaucoup l’espèrent, mais peu y croient. Laurent de Briey, le pilote du mouvement positif Il fera beau demain, nous explique pourquoi un changement est indispensable.

PRENDRE SOIN DES AUTRES, C’EST VALORISER LES MÉTIERS QUI APPORTENT DIRECTEMENT DU BIEN-ÊTRE AUX GENS. Laurent de Briey quantité à la qualité. Cela ne veut pas dire que pour les plus précarisés d’entre eux, il n’est pas important qu’ils reçoivent davantage. Le gâteau doit pouvoir être mieux réparti, mais à l’échelle de la société, je pense que ce qui compte aujourd’hui c’est davantage la qualité du gâteau que sa taille.

Pensez-vous que le confinement va transformer en profondeur la société ? Le grand confinement est une expérience collective rare à l’heure de l’individualisme. Depuis le 11 septembre 2001, je ne crois pas qu’un même évènement ait à ce point bouleversé tout le monde au même moment. Le coronavirus va marquer notre vie jusqu’à la fin de nos jours. Nous serons tous marqués profondément par une épreuve à laquelle personne n’était préparé. Mais nous aurons vécu cela très différemment les uns des autres. Nous risquons d’être plus divisés que jamais entre ceux qui voudront recommencer comme avant et ceux qui aspireront à autre chose sans forcément très bien savoir à quoi cet autre chose pourrait ressembler et sans forcément s’entendre sur cet autre chose. Cette division est le meilleur atout du statu quo. Un statu quo qui n’en sera pas vraiment un, puisque nos sociétés en ressortiront affaiblies. Ne pas transformer ce « grand confinement » en opportunité, ne pas s’en saisir pour se donner un nouvel avenir, ce serait revivre quelque chose que l’on a déjà vécu, mais en moins bien. Les conséquences de

6

la crise économique renforceront les inégalités. Les conditions fort différentes dans lesquelles les uns et les autres auront vécu le confinement attiseront les tensions sociales. La fragilité de notre bien-être renforcera le repli sur soi et la fermeture des frontières. Comme en 2008, l’urgence climatique passera au second plan. Avant de se rappeler brutalement à notre souvenir tôt ou tard. Panser les plaies – médicales, sociales, économiques… – ne suffit pas. Nous devons aussi penser demain. En janvier, lors du Congrès de lancement du mouvement, vous affirmiez déjà qu’il était temps de changer de modèle. La crise actuelle renforce-t-elle votre conviction ? Le mouvement positif Il fera beau demain part effectivement de l’idée que le modèle actuel, basé sur la quantité, la volonté d’avoir « toujours plus » avait apporté beaucoup de progrès, un confort matériel sans précédent, un allongement de la vie aussi, mais qu’aujourd’hui il était davantage synonyme de stress, de tension, de pollution que de bien-être. Nous pensons qu’il faut aujourd’hui passer du « plus » au « mieux », de la

Privilégier la qualité à la quantité, cela signifie quoi concrètement ? Je pense que cela demande avant tout de remettre l’humain au centre. C’est quelque chose que l’on dit depuis longtemps, mais qui semblait parfois un peu abstrait. Une formule un peu creuse dont on ne voyait pas très bien ce que cela veut dire. Aujourd’hui, cela saute aux yeux. Remettre l’humain au centre, c’est privilégier les relations entre les personnes, pas les biens matériels. Ceux-ci sont nécessaires, mais ils ne sont pas une fin en soi. Aujourd’hui, le plus important pour les gens, c’est leur santé, pas de savoir quelle sera leur prochaine voiture ! Prendre soin de soi et des autres, ce n’est pas que la formule du moment. Cela peut être un projet de société, un bel équilibre entre l’attention à son bien-être, à son épanouissement, et la responsabilité envers les autres, l’appel à être attentif aux autres, et à ceux dont nous sommes proches en premier, à contribuer au bien-être commun. Prendre soin de soi, c’est cesser de courir sans cesse après on ne sait pas très bien quoi. C’est privilégier des activités qui ont du sens, pouvoir choisir un métier qui nous épanouit, pas juste un gagne-pain,

Prendre soin des autres, c’est valoriser les métiers qui apportent directement du bien-être aux gens. Entre le financier et le personnel soignant aujourd’hui, il n’y a pas photo. Mais c’est aussi les enseignants et tous les services aux personnes. Ils n’ont pas été assez reconnus ces dernières années. Soi-disant, ils ne produisaient pas de richesse, ce n’était pas des métiers à haute valeur ajoutée. Ce n’est pas vrai. Ce sont des métiers à haute valeur humaine ajoutée. Sans eux, on le voit aujourd’hui, tout s’écroule. Et l’économie en premier. Le confinement a-t-il remis en question l’organisation du processus participatif ? Clairement. De nombreux évènements partout à Bruxelles et en Wallonie étaient prévus durant le printemps. Nous comptions également lancer une campagne de porte-à-porte. Tout cela a dû être suspendu, mais le processus a continué en ligne avec la plateforme participative, les débats confinés et notre page Facebook qui est suivie par plus de 10 000 personnes. Les groupes de travail avec des experts ont également poursuivi leurs travaux en vidéoconférence. Pendant l’été, nous préparerons des synthèses de toutes ces contributions que nous soumettrons aux participants à la rentrée. Dès la fin du confinement, nous relancerons les évènements participatifs et nous irons frapper à la porte des gens pour leur demander comment ils ont vécu le confinement, ce qui leur a le plus manqué mais aussi les éléments positifs qu’ils veulent conserver durablement. Je crois notamment que les embouteillages n’ont pas manqué à grand-monde et que nous sommes nombreux à nous dire que le télétravail un ou deux jours par semaine, c’est intéressant. Nous prévoyons aussi d’organiser des panels réunissant des mandataires et des citoyens. Cela pourrait être par exemple sur l’allocation universelle ou sur la nécessité de prolonger le nucléaire pour limiter le réchauffement climatique. On a bien vu lors des débats confinés que ce sont des propositions qui suscitent beaucoup de discussions parmi les participants. L’objectif est de pouvoir conclure le processus au début 2021 lors d’un grand festival ouvert à tous les citoyens qui ont envie de s’engager en faveur d’une société où chacun peut espérer vivre mieux.


IL FERA BEAU DEMAIN - MOUVEMENT POSITIF

Pendant ce temps, sur la plateforme participative …

Vous n’avez pas encore participé ? !

Depuis mars, ça bouillonne en ligne ! Vous vous souvenez de ce temps où nous pouvions nous voir en physique ? De ces temps où nous faisions de grands rassemblements participatifs ; des concepts qui n’existent que dans Il fera beau demain. On les appelait les Rêves Parties, c’était tout simplement les nôtres. Nous sommes très loin de ces matins d’hiver. C’était il y a 4 mois, il y a une éternité.

Il vous reste une semaine, jusqu’à la fin juin ! Allez tout de suite sur : www.ilferabeaudemain.team « Où sont les femmes ? ! Seules 42% des visiteurs de la plateforme sont des femmes. Alors, mesdames, on compte sur vous pour compenser et vous faire entendre ! »

Si les Rêves Parties et autres évènements participatifs dans les bassins de vie ont dû être annulés à cause de la crise du Covid, les citoyens-internautes n’ont pas chômé. Depuis mars, ça bouillonne en ligne ! Seulement une semaine après le lancement de la plateforme venait le confinement. Le processus participatif du mouvement positif Il fera beau demain a pu continuer sa phase de dialogues citoyens en ligne, sur la plateforme. Les Débats Confinés animés par Laurent de Briey ou encore les nombreux vidéo-débats organisés par les coordinateurs de bassins de vie sont venus nourrir et enrichir les débats qui s’y déroulaient déjà. Il fera beau demain – Mouvement positif continue !

1 Aller sur la plateforme https://www.ilferabeaudemain.team

La plateforme en quelques chiffres Au moment de l’envoi à l’impression de ce dossier (le 28 mai), nous en sommes à 4413 contributions 12006 votes

Le climat, la démocratie, l'économie et le Vivre-Ensemble mobilisent le plus de contributions !

Les grandes tendances

Sur la plateforme, les propositions sont réparties en deux sections : les problèmes identifiés et les actions prioritaires. Pour vous donner un avant-goût des grandes tendances qui se dessinent, nous avons analysé le top 20 de chaque catégorie.

14%

l’enjeu climat est également prédominant. Néanmoins, des propositions comme « la circonscription fédérale » et « des moyens pour la justice » ont aussi un soutien important.

L’analyse du trio d’enjeux prioritaires L’analyse des problèmes soulevés sur la exprime un appel à une transition plateforme nous apporte deux ensei- réaliste. On retrouve la volonté de revegnements majeurs. L’enjeu climat est nir à la terre, à une alimentation saine prédominant. Il représente 50% des et à moins de mondialisation, tout en ne propositions. Les six propositions les plus fermant pas la porte à l’énergie nucléaire. plébiscitées sont exclusivement de cet De nombreux contributeurs manifestent enjeu. Le deuxième plus gros enjeu, celui une certaine volonté de retour au local et de la démocratie, souligne les problèmes un désir d’être moins dépendant du reste liés à la complexité de nos institutions et du monde. Cela se voit à travers le plébisà un besoin d’exemplarité des représen- cite de propositions comme « réduire la gestion de la mondialisation », « favotants politiques. riser les produits locaux plutôt que les Dans les actions prioritaires suggérées, produits importés », « rapatrier la produc-

Climat

Démocratie

Économie

Vous n’avez pas internet ? Envoyez-nous vos propositions d’actions prioritaires par courrier postal à l’adresse suivante et nous les mettrons pour vous sur la plateforme : Plateforme participative Le cdH Rue du Commerce 123 BE-1000 Bruxelles

12%

10% Vivre-ensemble

Autres enjeux

Temps

7% Vieillissement

6% Solidarités

5% Santé

Numérique

États de droit

5%

6%

Choisir le mode de contribution selon son temps et son intérêt

17%

9%

Créer votre compte en encodant les informations suivantes : pseudo, adresse mail et code postal

3

Chaque semaine, des citoyens de tous bords viennent partager 386 nouvelles idées et font 1097 votes.

9%

2

tion des équipements de protection » ou encore « réduire notre dépendance face aux géants du numérique américains et chinois ». Si on analyse à la fois les problèmes et les actions prioritaires suggérées par les participants à la plateforme, on peut poser une hypothèse : les citoyens demandent de la responsabilité et de la solidarité dans notre société mais aussi l’efficacité des institutions à leur service. En effet, ils pointent du doigt et souhaitent voir sanctionner les responsables de mauvais comportements (la surconsommation, interdire l’élevage intensif, taxer les pollueurs…). Ils veulent revenir à des attitudes plus responsables (l’alimentation saine, produc-

Vous avez déjà contribué ? Ce n’est pas tout ! Vous pouvez également partager vos contributions sur les réseaux sociaux afin d’inciter un maximum de vos contacts à également prendre part au débat. En plus de soumettre d’autres idées et votes, évidemment !

tion et consommation locale, préserver la biodiversité…) mais aussi organiser la solidarité (manque de soutien aux aidants-proche, garantir à tous l’accès au numérique, réformer le système des pensions, garantir plus de médecins en supprimant le numéro INAMI) et avoir des institutions efficaces (des moyens pour la justice, circonscription fédérale, simplifier les institutions…). Vous aimez ce que vous lisez ? Faites savoir que vous êtes d’accord sur la plateforme ! Vous ne vous y retrouvez pas ? Il n’est pas trop tard : allez sur la plateforme partager vos idées et vos priorités ! Retrouvez l’article complet, avec le top 20 des propositions, dans la section Actualités du site : www.ilferabeaudemain.team

7


IL FERA BEAU DEMAIN - MOUVEMENT POSITIF

Mouvement confiné, mais confiant : continuons le débat ! Depuis mi-mars, les Belges sont invités à rester chez eux sans pouvoir continuer de se rassembler pour échanger leurs idées. C’est pourquoi Il fera beau demain – Mouvement positif a donc lancé les « Débats confinés », des moments d’échange en ligne avec des experts tout en restant chez soi en sécurité. Retour sur des débats pas comme les autres mais conviviaux et inspirants.

Mercredi, 17h. Cette date est notée dans votre calendrier Facebook depuis quelques semaines. Installé dans votre canapé, vous avez pris l’habitude de débattre de sujets qui façonnent notre vie quotidienne. Comme

le mouvement positif Il fera beau demain, vous partagez l’idée que le jour d’après la crise du Coronavirus ne peut pas ressembler au jour d’avant. Et cette période de confinement était le moment opportun pour y réfléchir. Nous étions tous confinés certes, mais pas nos idées. Économie, démocratie, allocation universelle, Europe, télétravail… autant de sujets débattus entre experts et internautes derrière leur écran. C’est Laurent de Briey, pilote du mouvement, qui anime chaque débat pour discuter des orientations et des priorités à défendre pour (ré) inventer demain. L’essentiel lors de ces exercices, en appro-

fondissant des propositions déposées sur la plateforme participative, était d’ouvrir le débat. Les arguments recueillis sont également ajoutés afin de pouvoir prolonger le dialogue sur la plateforme participative ou, encore mieux, prochainement lors de rencontres. En attendant, les débats confinés continuent et permettent de poser des questions ou d'émettre des propositions concrètes pour changer notre société. Les coordinateurs de bassin de vie l’ont bien compris et lancent parallèlement leurs propres débats sur des sujets qui leur tiennent à cœur. Vous aussi vous avez envie d’approfondir un thème avec

un panel d’experts et les internautes ? Lancez-vous, car c’est aujourd’hui que l’on doit imaginer demain. Retrouvez tous les débats sur le compte Youtube de Il fera beau demain – Mouvement positif ou en scannant cette page avec votre application Admented. Rendez-vous sur notre page Facebook Il fera beau demain – Mouvement positif pour retrouver les prochains débats.

CréaVirus : Le jeu qui va contaminer beaucoup de familles et co-locataires ! Ne laissez plus une soirée filer en cacahuète à cause d’un débat politique ! CréaVirus est un jeu amusant et réflexif visant à stimuler et encadrer les débats en famille ou en colocation. Se basant sur les intelligences collectives, ce sont dix enjeux à votre disposition pour repenser nos habitudes et réfléchir à des thèmes de société. Pour réfléchir avant de parler ou, au contraire, laisser aller vos idées les plus folles, CréaVirus permet d’aborder sous un angle différent des thèmes divers que vous pouvez également choisir !

Rassemblez les personnes avec qui vous êtes confiné autour d’une table. L’expérience est plus fun à partir de 4 joueurs mais il est possible de jouer à 2. Les enfants peuvent aussi être de la partie ! Après votre partie, partagez les idées que vous en aurez ressorties sur notre plateforme www.ilferabeaudemain.team. N’hésitez pas à faire vos retours auprès de l’adresse email : bassinsdevie@ilferabeaudemain. team. Nous serons heureux de vous lire et d’entendre les idées générées dans ce cadre !

8

© Istock

Pour jouer, rien de plus simple. Rendez-vous sur notre site internet www.ilferabeaudemain.team et téléchargez les différentes fiches qui constituent le jeu. Un lancement d’imprimante et le tour est joué ! Vous êtes maintenant prêt à lancer une partie.


IL FERA BEAU DEMAIN - MOUVEMENT POSITIF

Comment ton quotidien a-t-il été impacté par le confinement ? Pour toutes mes activités, il a fallu tout réorganiser : au sein de la brasserie on a mis les activités sur le côté, les études prenant trop de temps. Pour les ateliers de catéchisme, j’envoie maintenant les exercices par mail aux parents pour qu’ils travaillent cela avec leurs enfants. Les pionniers c’est le plus dramatique, on a dû annuler notre camp en Italie. Tant sur le plan sanitaire que sur le plan financier, ce n’était pas possible. Au niveau des études c’est aussi galère : pour les professeurs, l’administration ou les élèves c’est difficile, tout le monde a dû s’improviser vidéo conférencier. Pareil au niveau politique, on est aussi passé en mode « vidéo-conférence » pour nos réunions. Tout est chamboulé par le confinement et cette crise, on ne sait pas quand on repartira à la normale. A ton avis, comment sera l’après crise du coronavirus ? D’après moi, on n'en est qu’au début des crises sanitaires. Avec la mondialisation et les contacts qui se multiplient, on aura encore des crises comme on connaît aujourd’hui. Les répercussions économiques s’étaleront selon moi sur plusieurs années et les relations humaines en prendront un sacré coup aussi. On est déjà dans une société individualiste et cela va s’accentuer, on aura encore une peur plus grande de l’autre. Peur que l’autre soit contaminé et nos relations humaines seront moins qualitatives qu’avant à mon sens. L’organisation du travail aussi sera chamboulée. Je pense que les alternatives comme le télétravail seront d’autant plus mises en place et sur de plus longue durée. Je dis tout cela mais personne ne sait encore vraiment comment va se développer la crise. J’espère qu’on puisse retrouver une vie plus tranquille. Mais il y aura clairement un avant et un après Coronavirus. En espérant que l’après réponde au mieux aux enjeux qui se poseront à ce moment-là. Tu penses que le mouvement « Il fera beau demain » peut être une réponse à ces enjeux de l’après crise ? S’il n’y avait pas eu de virus, pour moi c’était le mouvement qui manquait, c’est-à-dire quelque chose qui remet en question le système et qui rebat les cartes. On essaye de construire quelque chose de nouveau, qui « casse les codes » pour recréer quelque chose qui correspond plus à ce que les gens demandent. Ils demandent de la confiance en leurs femmes et hommes politiques, de l’accessibilité aussi parce que la politique c’est chiant

Continuer à dynamiser le projet, tout en le nourrissant A 23 ans, Lloyd Reygaerdts a un quotidien bien rempli. Étudiant en développement durable à Namur, il a pris cette année le rôle de coordinateur pour le bassin de vie de Jodoigne. En plus de cette casquette, Lloyd développe une micro-brasserie, porte le foulard de chef d’unité et de chef pionnier dans son village, coache des mini-entreprises, anime un atelier de catéchisme dans sa paroisse et occupe un mandat de conseiller communal. Mais le confinement a donné un coup de frein à cette vie à 100 à l’heure. c’est loin d’eux. Il faut redonner aux citoyens la capacité de comprendre la politique et je trouve que Il fera beau demain comble ce manquement. Et avec cette crise ? Maintenant avec la crise du Coronavirus, on reste globalement dans les mêmes lignes mais je pense que tous les autres partis vont aussi essayer de se réadapter. Je ne sais pas ce que les autres feront, mais Il fera beau demain est très pertinent dans sa volonté de challenger le connu, mais là où c’est encore plus pertinent c’est que ça va aller challenger l’inconnu. Et c’est aussi intéressant car ce sont des gens « ordinaires » qui auront l’occasion de cogiter et de partager là-dessus. Tandis que dans les autres partis cela va sûrement se faire en amont, les grandes instances réfléchiront et donneront ensuite les directives. La volonté de base de Il fera beau demain c’est de partir de la racine, d’impliquer tout le monde. Ce sont donc des gens de terrain qui apporteront leur réalité. Il fera beau demain est pour moi un

excellent exercice que je soutiens à 100%. Le mouvement en vaut la peine et c’est une belle opportunité de réfléchir sur les enjeux qu’on connaît, mais aussi sur les enjeux que l’avenir nous réserve après cette crise sanitaire.

mouvement a tablé pour continuer à faire participer les citoyens pendant cette période. On a aussi lancé un atelier « CréaVirus » entre coordinateurs pour maitriser l’outil et l’utiliser ensuite au sein de nos bassins.

Et toi, tu as le sentiment d’avoir pu apporter ta réalité ? Oui je pense. En contribuant à la plateforme avec mes idées, les gens ont l’occasion de voter pour cellesci et cela permet des interactions entre participants. Comme tout le monde, j’ai pu apporter ma vision. L’important pour moi c’est de dynamiser le projet tout en le nourrissant.

Personnellement, je développe aussi plusieurs pistes afin de rester en contact avec mon réseau. Tout se fait presque exclusivement par mail, mais pour mes proches j’utilise d’autres canaux afin de rester en contact avec ceux qui veulent contribuer et participer à un monde meilleur.

Et comment as-tu fait pour continuer à remplir ton rôle de coordinateur de bassin de vie et à faire vivre le mouvement pendant le confinement ? Il y avait trois grandes activités à faire pendant le confinement : participer à la plateforme, suivre les débats confinés tous les mercredis et participer aux activités des bassins de vie. Ce sont les trois activités sur lesquelles le

J’avais une grande volonté de dynamiser les pôles estudiantins de Namur et Louvain-la-Neuve, mais malheureusement cela ne sera pas possible dans l’immédiat vu la situation. Envie de vous investir, de participer à l’organisation d’un évènement ou de préparer la campagne de porteà-porte, faites-vous connaître en prenant contact avec Séverine (severine@ilferabeaudemain.team).

9


Nos associations

L’ORANGER | Juin 2020

Crise sanitaire, crise de genre ?

© Istock

© Photo by Tiago Muraro on Unsplash

Le bien-être et la qualité de vie, les priorités des Aînés

Dès le début de la crise, nous avons demandé à nos responsables politiques d’élaborer un Plan global santé : la santé doit occuper une place centrale dans toute politique et intégrer de nombreux aspects, notamment, la santé du corps et de l’esprit (le mental ayant un effet bénéfique sur de nombreuses pathologies), le rôle des acteurs (médecins, infirmiers, personnel soignant, etc.) et les facteurs d’une bonne santé (sécurité sociale, éducation, alimentation, climat, etc.).

La crise sanitaire a révélé une série d'inégalités. Y compris celles entre les femmes et les hommes ? La recrudescence des violences conjugales a été épinglée, avec une augmentation des appels à la Ligne Ecoute (0800 30 030), de 20 à 30 %. Mais seul cet aspect mérite-t-il d'être analysé sous l'angle du genre ?

En deuxième lieu, nous ne pouvons accepter que dans une crise telle que celle que nous connaissons, les aînés soient victimes de mesures discriminatoires. La discrimination en raison de l’âge va à l’encontre d’une société inclusive à laquelle quiconque doit pouvoir participer sur un pied d’égalité. Les aînés se sentent suffisamment responsables pour prendre les précautions d’usage.

L'image de « femmes au front » s'est aussi imposée. En Belgique, les femmes représentent 91,8 % du personnel infirmier et 91,1 % des aides-soignantes en institutions. Dans quelle mesure, ces professions dites désormais « essentielles » seront-elles, au lendemain de la crise, revalorisées et associées à la prise de décisions, à titre de compensation ?

Enfin notre société doit assurer aux aînés un encadrement répondant à leurs besoins et aspirations : les politiques de soutien à domicile et de prise en charge résidentielle doivent être renforcées en faveur des aînés. Dans ce cadre, les Aînés du cdH regrettent que les gouvernements wallon et bruxellois aient mis de côté le projet d’assurance autonomie dont on mesure aujourd’hui toute l’importance.

Par ailleurs, chez eux, comment les couples se sont-ils arrangés entre le télétravail et les enfants ? Qui a lavé les chaussettes ? Qu'en est-il du partage des tâches ? Enfin, quid du déconfinement ? Les activités redémarrent, mais pas toutes les écoles. Qui reste à la maison ? Parmi les personnes qui s’enliseront au chômage, quels métiers les plus représentés : hôtesses de l'air, vendeuses... ?

La crise que nous connaissons va nous amener à revoir notre modèle de société ; les aînés sont prêts à relever ces défis.

Projet Mialaret de soutien scolaire : Aidons nos élèves et nos parents !

Pour répondre à ces questions, les femmes cdH ont lancé le groupe de travail « Parité et Égalité F=H ». Depuis le 29 avril, elles se sont réunies à plusieurs reprises en visioconférence pour débattre sur cette thématique. Rejoignez-nous via le groupe Facebook Femmes cdH ou par mail à femmes@lecdh.be !

© Istock

Jeudi-Info des Jeunes cdH de Bruxelles et sa Périphérie

La situation scolaire de nos élèves est préoccupante. Certains sont rentrés à l’école, d’autres pas. Certains ont accès à une aide à la maison, d’autres pas. La charge de travail qui repose sur les épaules des parents et des professeurs est énorme et chacun fait face comme il peut. Face au fossé des inégalités que cette situation creuse entre les élèves, les Jeunes cdH ont décidé de venir en aide à tous les élèves qui en ont besoin en mettant en place une structure de soutien scolaire, par les jeunes et pour les jeunes.

Dans le cadre des activités des Jeunes cdH de Bruxelles et sa Périphérie, nous vous proposons deux jeudis par mois à partir de 18h des événements en direct via la plateforme Zoom. Ces événements sont des débats virtuels que nous avons initiés pendant le confinement. Ces débats sont axés sur les différents enjeux sociétaux de notre société. C’est pour cela que nous invitons à nos différents débats un panel d’intervenants provenant de la société civile et du monde politique.

Le projet Mialaret, du nom de Gaston Mialaret qui fit des sciences de l’éducation une discipline scientifique à part entière, est une plateforme de soutien scolaire composée de Jeunes cdH volontaires qui proposent une aide scolaire recouvrant une large variété de matières et ce aussi bien pour l’aide au travail quotidien que pour la remédiation plus approfondie. Ensuite, l’élève choisira une grille horaire libre et le soutien pourra se mettre en place à distance, jusqu’à la rentrée de septembre.

Nous avons déjà eu l’immense honneur d’accueillir le docteur Lawrence Cuvelier, médecin généraliste et vice-président du Groupement belge des omnipraticiens sur la question du coronavirus, Rocco Vitali le directeur d’infor-drogues sur la question de l’impact du Covid-19 sur les addictions. De plus, nous avons organisé un débat entre Opaline Meunier, Présidente des Jeunes cdH et Sammy Mahdi, Député fédéral du Cd&V et ancien président des Jong Cd&V sur la question de la réfédéralisation des compétences. Enfin, nous avons débattu avec Arianne Estenne, la présidente du MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien), sur l’impact de la crise sanitaire sur la précarité en Belgique.

Il est primordial d’apporter une solution efficace et concrète aux besoins des élèves, laissés trop souvent à eux-mêmes durant cette crise. Toutes les informations nécessaires se trouvent sur notre site internet www.jeunescdh.be et sur notre page Facebook.

C’est un moment d’échange pendant lequel nous convions les jeunes bruxellois à penser la société de demain. Confirmez votre participation en nous rejoignant sur la page Facebook des Jeunes cdH Bruxelles.

10


Décodage 12-18

L’ORANGER | Juin 2020

« Le numérique dans ton école »

Premièrement, des conseillers ont été engagés pour aider tes profs à intégrer le numérique dans leurs cours. Une plateforme « e-classe.be » a même été créée pour les aider à préparer leurs cours.

Le numérique et les nouvelles technologies sont de plus en plus présentes dans notre vie de tous les jours. Que ça soit pour communiquer entre nous, nous divertir ou nous informer, les nouveaux moyens technologiques sont partout.

Pour la petite histoire, ça fait maintenant 15 ans qu’on implante progressivement le numérique dans les écoles. Les élèves avant toi ont connu différentes situations : on a d’abord fait venir des équipements en masse, les mêmes pour tous. Ensuite, on a adapté le matériel aux demandes des enseignants. On a même testé la technique des élèves qui amènent le matériel eux-mêmes ! En 2018, Marie-Martine Schyns, alors Ministre cdH de l’Education de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a présenté une stratégie pour mieux implanter le

numérique dans les écoles. Cette stratégie fait partie de ce qu’on appelle le Pacte pour un Enseignement d’Excellence. Cette stratégie comporte plusieurs volets, aussi bien pour les élèves que pour les professeurs. Il faut définir des compétences et des contenus associés au numérique ; mettre en place des mesures pour accompagner au mieux tous ceux qui te forment au numérique ; prévoir du bon matériel ; valoriser au maximum l’entraide entre tous. Dès qu’une bonne pratique est trouvée, il faut la diffuser et la valoriser.

Avec la crise du Coronavirus et l’usage plus intensif des plateformes électroniques pour réaliser le suivi scolaire, nous voyons qu’il est urgent d’accélérer la transition numérique dans nos écoles. Nous avons du retard à rattraper et des compétences en techno-pédagogies à amplifier ! Nos écoles doivent être prêtes pour la rentrée prochaine.

Le cdH a toujours aidé à la transition numérique dans les écoles, toujours en

Concrètement, dans ton école et toutes celles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, que se passe-t-il depuis le mois de septembre ? Quelles sont les prochaines échéances ?

© Istock

T

on école non plus n’est pas épargnée. Il faut qu’elle fasse aussi sa révolution numérique, qu’elle plonge dans le 21ème siècle, pour t’apprendre au mieux le maximum de compétences.

Deuxièmement, dans les futurs programmes de cours du nouveau tronc commun, le numérique sera intégré dans chaque discipline, que ce soit pour les savoirs, les savoir-faire ou les compétences. En plus de ça, un cours spécial numérique a été créé pour que tout le monde puisse être bien formé.

concertation avec les acteurs scolaires, tant dans le primaire que dans le secondaire, pour que toi, l’adulte de demain, puisse maîtriser tout ce qui t’entoure !

Si tu n'as pas compris ? Regarde h���

Le corps humain est composé de ...

a����r�’���

... et si on touche ici, on rentre dans le coeur du corps humain...

d����n

Nous voici en plein coeur du corps humain, entourés de globules rouges ...

I����t����o� ��r B����mi� �����n

11


L'Europe

L’ORANGER | Juin 2020

Une Europe plus autonome et plus forte Au début de la crise sanitaire, l’Europe a déçu, parce que dans l’urgence, les États membres ont joué en solo. Aujourd’hui, elle détient les clés de la relance, si elle affirme sa souveraineté stratégique.

L

es citoyens européens s’attendaient à ce que l’Europe prenne en main la gestion de la crise sanitaire. Au début de la pandémie, elle n’a pas été à la hauteur, désemparée, comme d’ailleurs la plupart des autorités nationales et régionales, peu averties et mal préparées.

pour amortir le choc économique. En outre, elle a activé tous les leviers de la politique de cohésion, afin de rediriger le plus rapidement possible les fonds européens disponibles vers les citoyens, les régions et les États les plus touchés.

Il faut le rappeler, à part l’Agence européenne des médicaments ou le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies dont les compétences sont réduites, l’Europe n’a aujourd’hui pas la main en matière de Santé. De même, les Etats membres n’ont pas coordonné leurs actions concernant les mesures aux frontières intérieures, malgré les lignes directrices de la Commission européenne, au grand détriment de l’espace Schengen et de la libre circulation des personnes, Benoît Lutgen et Pascal Arimont sont créant une situation particulièrement intervenus chaque semaine pour interpeldouloureuse pour les régions frontalières. ler les différents commissaires européens et avec leurs collègues du PPE, soutenir Passé le choc et l’improvisation des une action renforcée de l’Union : premiers temps, les grandes institutions de l’UE ont mobilisé des leviers finan- -Restaurer l’autonomie stratégique de ciers sans précédent : 540 milliards d’eu- l’Union en matière de santé : la Commisros accompagnés de mesures de souplesse sion a modifié son agenda pour présenter budgétaire et en matière d’aide d’État, dès juillet prochain son plan pour garantir

les approvisionnements en médicaments, vaccins et dispositifs médicaux (masques, appareillages, etc.). Nous ne pouvons plus dépendre d’approvisionnements incertains et contrôlés par des puissances étrangères. -Revoir sensiblement à la hausse les ambitions de la politique européenne de cohésion. -Rétablir et renforcer la liberté de circuler au sein de l’espace Schengen, pour ne plus devoir la suspendre en cas de résurgence de l’épidémie. Plus généralement, le Plan de Relance de l’économie présenté par la Commission

européenne ce 27 mai, et actuellement en discussion, devra absolument s’attacher à renforcer la souveraineté de l’Europe dans les autres grands domaines stratégiques : L’alimentation Pour protéger les agriculteurs et producteurs contre les concurrences déloyales et renforcer avec eux la garantie de qualité donnée aux consommateurs.

L’énergie Le Green Deal doit transformer notre très grande dépendance en autonomie, pour le climat et le pouvoir d’achat des Européens. L’économie numérique Nous devons soutenir nos propres champions du numérique, c’est pour tous les secteurs un levier puissant de relance et de croissance. La Défense et la sécurité Pour peser dans un monde marqué par la recrudescence des risques et incertitudes. Un secteur en particulier retient notre attention au niveau européen : le tourisme et plus largement, la culture, l’événement, l’Horeca qui sont plus que beaucoup d’autres gravement touché par la crise. Un sommet européen spécial lui sera consacré. Il représente 10% du PIB de l’Union (6% en Wallonie) ; 13 millions d’emplois (notamment féminin, jeune, peu qualifiés) à l’échelle européenne, 100.000 en Wallonie et à Bruxelles. L’Europe propose un cadre pour le déconfinement (harmonisation des mesures aux frontières, certification des acteurs) et prépare la relance pour un tourisme plus local, plus durable et plus numérique. A cette fin, nous demandons notamment d’ouvrir une ligne budgétaire de 300 millions d’euros et de mobiliser le Fonds Social Européen (FSE) pour accompagner les travailleurs du secteur dans cette transition.

REJOIGNEZ-NOUS ! À NOUS RENVOYER À : Rue du Commerce 123, 1000 Bruxelles ou à membres@lecdh.be Le cdH est particulièrement soucieux du respect du RGPD. En nous donnant vos coordonnées : • Vous recevrez les newsletters du cdH et associations et l’Oranger.

NOM PRÉNOM SEXE DATE DE NAISSANCE ADRESSE CODE POSTAL TÉLÉPHONE E-MAIL

12

LOCALITÉ

• Vous serez invités à nos événements nationaux mais également locaux (vos coordonnées sont transmises - dans des conditions sécurisées – à nos responsables locaux et d’arrondissement de votre domicile). Vous pouvez à tout moment nous demander de modifier ou de supprimer vos données en écrivant à membres@lecdh.be ou en allant sur la page "mycdh" de notre site internet www.lecdh.be. Pour plus d’info, voir www.lecdh.be/politique-de-protection-des-donnees

Ce journal est imprimé sur du papier recyclé et respectueux de l'environnement et des normes FSC


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
L'Oranger Juin 2020 by lecdh1 - Issuu