BIMESTRIEL JANVIER - FÉVRIER 2022 | NUMÉRO 10
MOUVEMENT POSITIF
P201027 Dépôt Liège X
il fera beau demain
LES FINANCES PUBLIQUES AUX URGENCES
Les gouvernements font face à de nombreux défis en ces temps de crise. Mais en plus de cela se cache une autre menace : la santé des finances publiques. On fait le point sur la situation.
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ÉCLOSION D'UN NOUVEAU MOUVEMENT POLITIQUE
IFBD - Rue du Commerce 123, 1000 Bruxelles
© Istock
TOUR & TAXIS
En chiffres
Retour sur Parlons (en) vrai « Parlons (en) vrai » a battu son plein durant 3 mois. Qui sont les utilisateurs de l’application ? Quels sont les résultats ? On vous dit tout !
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L'interview
Analyse politique de la Suisse et la Belgique Interview de Sophie Weerts, professeure de droit public à l'Université de Lausanne, qui nous explique le système politique suisse et les différences avec notre système belge.
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Participation
Il fera beau demain, 2 ans de mouvement positif Janvier 2020 marque le coup d’envoi d’Il fera beau demain. Entre événements participatifs, confinements et débats, on revient sur ces deux années riches et intenses pour notre mouvement positif. Et on vous annonce la suite !
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Édito
IL FERA BEAU DEMAIN – MOUVEMENT POSITIF |
durant les prochains mois avant qu’il ne soit définitivement adopté en mai prochain. Ce nouveau projet entend porter un message positif et engagé. Nous voulons rendre confiance dans l’avenir, mais aussi prendre la mesure des mutations profondes nécessaires Le 12 mars prochain, notre nouveau mouvement politique pour donner un nouvel élan à la société. Comme vous le lirez en sera né. Si les conditions page 3, notre opération Parlons sanitaires le permettent, (en) vrai a confirmé un constat nous nous retrouverons sur inquiétant : une claire majorité le site de Tour & Taxis à des personnes rencontrées Bruxelles pour découvrir pensent que leurs enfants le projet de manifeste, les vivront moins bien qu’eux. Ils nouveaux statuts et le nom espèrent une transformation de de notre futur mouvement nos modes de consommation politique. Ce sera un moment et de déplacement. Ils aspirent marquant pour chacune à un autre rythme de vie. Ils et chacun d’entre nous. craignent aussi pour leur santé et leur vie de famille. D’ici là, l’heure est à la Ils ne veulent pas perdre leur synthèse. Nous mettons la travail et s’inquiètent pour dernière touche au manifeste leur pouvoir d’achat. Les défis qui fait la synthèse de sont nombreux, mais l’attente l’ensemble des débats des citoyens est grande. auxquels citoyens, militants Notre nouveau mouvement et experts ont pu participer devra mériter leur confiance. depuis deux ans dans le cadre de Il fera beau demain Les grands discours ne suffiront – Mouvement positif. Ce pas pour renouer le lien avec texte résumera l’ensemble les citoyens. Il faudra des du projet politique que nous actes concrets. Nous devrons allons défendre dans les multiplier les actions de terrain, prochaines années. Vous telles celles réalisées ces pourrez vous en emparer et dernières semaines comme la proposer des amendements
12 Mars
récolte de vivres réalisée dans le Brabant wallon en partenariat avec la Croix-Rouge ou celle de vêtements au profit des sanspapiers en page 8. Les jeunes ont montré l’exemple : nous devons vivre nos valeurs. Notre nouveau mouvement devra également faire la part belle aux femmes. En pages 10 et 11, plusieurs d’entre elles reviennent sur leur engagement politique, leur principale satisfaction, mais aussi leurs déceptions. Celles-ci sont souvent liées au machisme et au sexisme qui demeurent très présents dans le monde politique. Manifestement le vingt-etunième siècle n’a pas encore commencé pour tout le monde… Pour restaurer la confiance des citoyens dans la démocratie, nous devons également être prêts à changer nos pratiques habituelles et à nous inspirer des modèles étrangers. La Suisse est certainement un exemple particulièrement intéressant. Sophie Weerts, professeure à l’Université de Lausanne, nous explique en pages 4 et 5 les principaux mérites de la démocratie suisse.
préoccupations qui devront rester essentielles dans le nouveau mouvement : la maîtrise des finances publiques et les pensions. Enfin, vous découvrirez en pages 6 et 7 une infographie présentant les principales étapes de notre processus participatif depuis son lancement en janvier 2020 jusqu’à l’adoption finale du manifeste et l’élection du prochain président ou de la prochaine présidente. La présidence du nouveau mouvement doit en effet bénéficier de la confiance de l’ensemble des adhérents à la lumière du nouveau manifeste et pas seulement de celle des membres du cdH octroyée il y a 3 ans. Ce nouveau mouvement, nous ne pourrons le construire qu’avec vous. Nous comptons sur vous le 12 mars pour vivre ensemble ce moment historique. Vivement le printemps !
André Antoine et les Aînés reviennent, respectivement en pages 9 et 12, sur deux
Lancement du nouveau mouvement ! Venez nombreux !
Maxime Prévot Président du cdH
Laurent de Briey Pilote d'Il fera beau demain – Mouvement positif
SOMMAIRE L'INTERVIEW PARTICIPATION FOCUS LE DOSSIER NOS ASSOCIATIONS
IL FERA BEAU DEMAIN MOUVEMENT POSITIF Janvier - Février 2022 MISE EN PAGE Loris Klein
Avenue du Port 86C 1000 Bruxelles
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3 4-5 6-7 8 9 10-12
RETOUR EN CHIFFRES
COORDINATION GÉNÉRALE Francine Vanuytrecht
Tour & Taxis :
Janvier - Février 2022
RÉDACTEURS André Antoine Arlette Crapez-Nisot Laurent de Briey François Dubru
Thomas Fyon Jean-Yves Kitantou Lucas Moutiaux Stéphane Nicolas Maxime Prévot Etienne Vanderroost Margaux Van Meerhaeghe ÉDITEUR RESPONSABLE Gauthier de Sauvage Rue du Commerce 123 1000 Bruxelles
RÉSEAUX SOCIAUX www.ilferabeaudemain.team/ /IlferabeaudemainMouvementpositif
/FeraBeau /ilferabeaudemain
IL FERA BEAU DEMAIN – MOUVEMENT POSITIF |
Janvier - Février 2022
Retour en chiffres
Texte : Thomas FYON
Vous avez parlé (en) vrai ! Lancé lors du congrès de La Louvière (septembre 2021), « Parlons (en) vrai » a battu son plein durant 3 mois et ce malgré le contexte sanitaire. Près de 200 volontaires sont ainsi partis à la rencontre de 1500 personnes. Un immense merci à eux ! Voici donc les premiers éléments qui viendront compléter la masse d’informations et d’opinions rassemblées dans le cadre d’« Il fera beau demain ». Penchons-nous d’abord sur le profil des personnes ayant donné leur avis et que nous appellerons, les répondants. Les répondants étaient en majorité des répondantes (53%). Cette participation plus importante des femmes est une excellente nouvelle et démontre la pertinence d’aller écouter celles et ceux qui ne viennent pas forcément à nous. Second élément d’information, l’âge des 1,03% répondants. Point positif, la sur-représentation des 35-50 ans et des 51-65 ans. Pris dans la vie active et familiale, ces catégories constituent souvent des segments difficiles à contacter. 46,04%
52,93%
Autre
Femme
La représentation géographique était liée à la mobilisation des volontaires sur le terrain et nous avons pu constater de beaux noyaux de mobilisation, notamment liégeois. Cette mobilisation est le fruit du travail de certains des acteurs et nous tenons encore une fois à remercier toutes ces personnes qui ont fait de cette opération un succès.
Homme
celle de ses parents et la façon dont elle percevait « le futur de nos enfants ». Si les réponses concernant les parents 33,44% Ma vie de famille sont globalement équilibrées, l’inquiétude pour les enfants est bien réelle, 62,85% 18,53% Mes amis des répondants pensent que leurs enfants 17,34% Ma santé vivront moins bien qu’eux. Les préoccu12,59% L'endroit où je vis pations climatiques (22,85%) occupent 11,35% Mon travail la première place des craintes, suivies de peu par les inquiétudes liées au pouvoir d’achat (20,85%) et en troiPeur de perdre sième position « la place de l’humain » (16,01%). Nous sommes ensuite 38,85% Ma santé rentrés dans les aspects 17,90% Ma vie de famille plus politiques du ques14,54% Mon travail tionnaire en demandant en 8,58% L'endroit où je vis premier lieu aux citoyens 7,38% Mes amis leur degré de confiance dans la politique pour changer positivement les choses. Sans surprise, les réponses allant de 1 à 5/10 constituent 63,87% du total. Nous avons voulu savoir quels éléments suscitaient cette méfiance à l’égard du politique. Satisfaction
16,98%
Les promesses non tenues Le manque d’intégrité des élus
14,91%
Le manque de visi on à long terme
14,86%
Le manque d’écoute des citoyens
14,86% 11,80%
Le manque d’efficacité 9,42%
Le cumul des mandats
8,44%
Le manque de di alogue entre les partis poli tiques
8,75%
Une autre idée ?
moins de 18
"18-24"
"25-34" Répondants
"35-50"
"51-65"
"65+"
Wallonie-Bruxelles
P
lace aux résultats : le questionnaire que nous avions réalisé s’inscrivait dans le contexte inédit de la pandémie. 48% des répondants considèrent que cette crise amènera des changements positifs, 44% estiment que « malheureusement, les choses ne changeront pas ». Au-delà des changements qui s’imposent, nous souhaitions connaître vos espoirs afin de comprendre ce que « pas comme avant » signifie pour chacun. Le changement des modes de consommation (24,55%) est en tête de vos espoirs, une consommation plus locale, plus durable voire une sortie du modèle productiviste. Suivent ensuite l’aspiration à d’autres rythmes de vie (20,15%), une autre mobilité dans notre pays (18,21%), une autre organisation du travail (17,21%). Dans les autres réponses, le pouvoir d’achat arrive en tête, suivi par le climat, la mise en place d’un nouveau contrat social et une plus grande solidarité entre les personnes. Nous avons interrogé les répondants sur les éléments qui leur donnaient satisfaction et ceux qu’ils craignaient de perdre. La santé domine les craintes des répondants. Si le travail n’est pas l’élément apportant le plus de satisfaction, les craintes de le perdre sont réelles. Quant à la vie de famille, elle semble avoir été marquée par la pandémie. Si elle constitue le domaine de satisfaction par excellence, les confinements ont renforcé le caractère précieux de ces liens. Parmi les autres craintes évoquées par les répondants, on notera « le pouvoir d’achat », suivi de près par « la liberté ». Nous avons demandé à la population, la façon dont elle percevait sa vie en regard de
Parmi les autres idées avancées figure en première place le caractère peu en phase voire déconnecté de la population, l’ « entre-soi » politique, ainsi que l’impuissance et la lenteur à réagir face aux acteurs économiques notamment. Lorsque l’on demande aux citoyens ce que doit faire un parti qui veut regagner la confiance, il doit sans surprise « être à l’écoute » (25,22%), « tenir sa parole » (14,59%) et être davantage en phase avec la population (7,17%). Nous souhaitions également connaître la première chose que feraient les citoyens s’ils se retrouvaient aux commandes. La première place est occupée par le « pouvoir d’achat » (9,81%), en ce compris les pensions. Ensuite, vient la mise en place d’une autre gouvernance (9,70%), faite de plus de transparence, de moins de particratie. En troisième position, on retrouve l’envie d’agir contre les dérèglements climatiques (7,13%). 52,85% des répondants n’avaient jamais entendu parler d’« Il fera beau demain » ! L’opération a permis de toucher un public qui, jusqu’ici, n’avait pas été sensibilisé. Parmi les remarques reçues, nombreuses sont les personnes soulignant le caractère « positif » de l’initiative, son caractère novateur, à l’écoute des réalités et participative. Le souhait de voir émerger une alternative au système politique actuel est réel. Certains répondants ont reconnu être dans une position d’attente ouverte, mais parfois dubitative quant à l’initiative, jugée par certains « naïve ». À nous à présent d’apporter une réponse à ceux qui restent à convaincre en apportant comme ils le demandent, une écoute certes, mais surtout de l’action concrète. Agi r pour le pouvoir d'achat
9,81%
Mettre en place une autre gouvernance
9,70%
Agi r pour le cl imat
8,06%
Agi r pour l'education
7,13%
Agi r contre la pauvreté
5,84%
Agi r pour une fiscal ité plus juste et moins écrasante
5,84%
Agi r pour la santé Agi r pour l'emploi Ecouter les citoyens Agi r pour la qualité de vie
4,91% 3,74% 3,39% 3,04%
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L'interview
IL FERA BEAU DEMAIN – MOUVEMENT POSITIF |
La Suisse, une démocratie exemplaire ?
Janvier - Février 2022
Texte : Margaux VAN MEERHAEGHE
Sophie Weerts est professeure de droit public à l'Université de Lausanne. Elle est rattachée à l’IDHEAP, institut qui étudie la gouvernance publique. Elle a réalisé son doctorat à l’UCLouvain et rédigé une thèse en droit constitutionnel comparé entre la Belgique et la Suisse. Elle nous explique les spécificités de la démocratie suisse.
L
a confiance des citoyens suisses dans leur gouvernement est beaucoup plus forte qu’en Belgique. Comment expliquez-vous cela ? Effectivement, la Suisse est, avec les pays scandinaves, en tête de l’étude de l’OCDE avec plus de 80% de taux de confiance des citoyennes et des citoyens dans le gouvernement national, alors que la Belgique est à peine à 30%. Il est toujours délicat de formuler une explication, mais je pense qu’on peut expliquer ce haut taux de confiance de la population envers son gouvernement en suivant la distinction bien connue des politologues entre « Politics », « Policy » et « Polity ».
est dans un système de large coalition de manière quasi interrompue depuis 1957. On a un soutien politique au Parlement qui est bien supérieur au minimum nécessaire pour atteindre une majorité parlementaire. Enfin, on parle dans le langage courant d’un parlement de milice. Il se Le « Politics » concerne les jeux de pouvoir. réunit au cours de quatre sessions de trois En Suisse, cette dimension est relative- semaines chaque année. Cette organisament peu importante en comparaison tion permet aux députés de continuer à à d’autres systèmes politiques. Le bon avoir un autre métier. Plus de 65% des exemple c’est que les Suisses connaissent élu·e·s au parlement ont une vie profesrarement le nom du président ou de la sionnelle en dehors de la politique. présidente de la Confédération. Cette Deuxièmement, la dimension « Policy » fonction est exercée à tour de rôle par est très présente en Suisse. Ce terme les membres du gouvernement fédéral. désigne la façon de faire de la politique. Chaque année, un nouveau président ou Dans le cas suisse, elle est axée sur la une nouvelle présidente entre en fonction. résolution des problèmes publics. LorsLa présidence implique la représentation qu’on identifie un problème, on procède de la Suisse à l’étranger et la direction à une analyse fouillée avant de décides réunions du gouvernement. Ce n’est der d’agir. On cherche les causes et on pas un chef de gouvernement comme en identifie toutes les conséquences. Après Belgique. Un autre élément qui limite les cela, on recherche les moyens d’action jeux de pouvoir entre les partis, c’est qu’on publique les plus susceptibles de résoudre
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Sophie Weerts
le problème. Cette évaluation prospective permet de décider sur la base de données concrètes et non en fonction de l’humeur ou d’une opinion dominante mais parfois non fondée. Cette façon de faire de la politique atténue une tendance à la logique politicienne où on propose des solutions qui vont favoriser tel ou tel résultat électoral. Cela n’empêche pas bien entendu les calculs politiques, mais cela exige de renforcer sérieusement l’argumentation pour convaincre. Cette approche implique aussi un travail très sérieux de la part de l’administration qui doit préparer cette analyse prospective. Troisièmement, le « Polity » désigne tout ce qui est de l’ordre des procédures. En Suisse, en tout cas au niveau fédéral, cette dimension est très développée aussi. On pense aux instruments de démocratie directe qui permettent au peuple suisse de s’exprimer. On pense aussi à la procédure de consultation préalable. Il s’agit
ici de mécanismes qui permettent de prendre en compte l’opinion, l’expérience des personnes concernées par une loi ou une décision politique. Le dosage de chacun de ces éléments et leur équilibre permettent d’expliquer ce taux de confiance très élevé des citoyen·ne·s. Les Suisses sont régulièrement appelés à donner leur avis sur des propositions de lois. Les votations suisses sont-elles comparables à des référendums comme ceux pour le Traité constitutionnel européen en France ou le Brexit en Angleterre ? Non, on ne parle pas du tout de la même chose. Les exemples que vous mentionnez sont davantage ponctuels. En Suisse, il y a une vraie tradition et pratique de la démocratie directe. Le peuple est invité à voter quatre fois par an, une fois par trimestre. Les projets soumis à la vota-
IL FERA BEAU DEMAIN – MOUVEMENT POSITIF |
tion peuvent concerner des questions qui relèvent du pouvoir fédéral, du pouvoir cantonal ou du pouvoir communal. Chaque niveau de pouvoir a sa palette d’instruments de démocratie directe. Au niveau fédéral par exemple, on a d’une part l’initiative populaire, qui est un instrument qui permet de proposer une modification de la Constitution fédérale. Si le comité à l’origine de la proposition arrive à convaincre 100 000 citoyens de le soutenir, alors une votation est organisée. Un tel droit politique pourrait faire craindre que cela ne dégénère en forme de cacophonie. Les résultats montrent pourtant que c’est loin d’être le cas. Sur 300 initiatives qui ont été soumises à votation depuis 1894, seulement 24 d’entre elles ont été approuvées.
L'interview
Janvier - Février 2022
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Aller chercher une solution ailleurs, c’est accepter le risque que cette solution prenne un autre sens dans son nouvel environnement.
projet n’obtient pas le soutien nécessaire auprès des parties prenantes, il y a de fortes chances qu’il soit défié dans le cadre d’une campagne pour l’organisation d’un référendum législatif. Des critiques sont aussi formulées à l’encontre de cette procédure. Ce sont toujours un peu les mêmes lobbys qui sont consultés. Ces groupes ont un très bon accès au débat pré-politique et ont parfois trop d’importance dans celui-ci. La société civile s’organise toutefois de mieux en mieux. On voit que des mouvements associatifs arrivent et commencent à bien comprendre le processus de la consultation. Ils s’organisent pour être des acteurs plus actifs. Donc, je ne serais pas étonnée que, dans le futur, ces rapports de forces se rééquilibrent. Il y a encore de la marge pour la démocratisation de la délibération publique.
davantage l’accent sur le « Policy », le fait d’identifier le problème et de trouver ses causes et conséquences. Cela permet de réunir un grand nombre d’acteurs et de travailler à la réalisation d’un objectif commun plutôt que de mettre l’accent sur les différences. Cette façon de faire de la politique a davantage le potentiel d’assainir les tensions politiques ou en tout cas d’en diminuer l’intensité.
De plus, la procédure de consultation crée un espace de discussion politique dans lequel les citoyens peuvent entrer. A la Région wallonne, je pense qu’il y a un peu cette tendance-là, mais il faudrait aller plus loin. Il faut aussi travailler sur l’éducation à la démocratie et sur la communication politique. La Suisse a des solutions pratiques très intéressantes. On apprend dès l’école L’autre instrument à la disposition des Avant qu’un projet de loi soit transmaternelle par le biais de jeux ce qui se passe lors des votations. Ce travail de Suisses au niveau fédéral, c’est le réfé- mis aux chambres, le gouvernement rendum législatif. Quand le parlement doit demander à différents acteurs de sensibilisation et d’explication est repris adopte une loi, elle n’entre pas en vigueur se prononcer. Ces différents acteurs Pensez-vous que certaines caractéris- à chaque niveau de formation. Concerimmédiatement. Dans un délai de 100 sont les parties prenantes qui vont être tiques du système suisse pourraient nant la communication, le fait que le jours, si un comité de citoyennes et impliquées ou touchées par la nouvelle inspirer des réformes en Belgique ? peuple suisse soit reconnu comme le citoyens arrive à réunir 50 000 signatures, loi. Certains acteurs doivent d’office C ’est une question extrêmement pouvoir suprême exige que ceux et celles la loi votée par le Parlement doit être être consultés, comme les vingt-six délicate. Aller chercher une solution qui le représentent ou exécutent les soumise au référendum. Les citoyennes cantons, les partis politiques, les syndi- ailleurs, c’est accepter le risque que cette décisions publiques fassent un travail et les citoyens peuvent alors exercer un cats, les associations représentantes du solution prenne un autre sens dans son de communication particulièrement rôle de veto sur ce qui a été décidé par le monde professionnel. La procédure de nouvel environnement. Les compara- soigné. Ce travail permet donc de consultation prévoit aussi que toute tistes parlent d’ailleurs de greffe juri- convaincre le peuple. Au niveau fédéral, Parlement. personne peut également communi- dique. Parfois, la greffe prend, parfois un très grand souci est apporté pour L’élaboration des lois prévoit aussi quer son opinion sur le projet. Ensuite, le corps la rejette. Il faut donc être très que chaque texte ou chaque décision soit rédigé ou communiqué dans un une large procédure de consultation. l’administration doit faire la synthèse prudent. Comment celle-ci fonctionne-t-elle ? de tous les documents reçus et déterlangage clair et accessible à l’ensemble En effet, on cite souvent la Suisse pour miner la pertinence des critiques. De Cela étant, d’autres systèmes politiques de la population. C’est particulièrement ses instruments de démocratie directe, on là, le projet va être modifié par rapport sont confrontés à des niveaux aussi élevés frappant quand on lit une loi fédérale omet souvent de parler de tout le travail aux avis reçus. L’administration fait de complexité que la Belgique. Je pense ou quand on visite un site internet de mené en amont. Ce travail a comme alors une pesée des intérêts pour que à la Suisse, mais aussi à l’Union euro- la Confédération. Ce sont des éléments particularité de devoir respecter une son projet soit le plus robuste possible péenne. Ils arrivent pourtant à fonction- qui pourraient être source d’inspiration procédure de consultation. C’est une obli- sans perdre son sens et sa finalité. Elle ner. Dans ces deux systèmes politiques, pour reconstruire le lien entre politiques gation constitutionnelle. est particulièrement motivée car si le je constate une gestion politique qui met et citoyen·ne·s en Belgique.
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Participation
IL FERA BEAU DEMAIN – MOUVEMENT POSITIF |
Janvier - Février 2022
Il fera beau demain Texte : L'équipe d'IFBD
Il y a deux ans déjà démarrait un processus inédit da participatif. Il fera beau demain a pour vocation de ren au futur du cdH. Quel est le chemin parcouru jus
11 JANVIER 2020
FÉVRIER > JUIN 2020
1er CONFINEMENT ET ADAPTATION DU PROCESSUS
2è CONF ET ADA DU PRO
9 PREMIER
CONGRÈS DE LANCEMENT
DIALOGUES CITOYENS
DÉBATS CONFINÉS EN LIGNE
C’est parti à Namur Expo ! Cette date marque le lancement du processus participatif Il fera beau demain. L’espoir de construire ensemble une société où vivre mieux sera devenu la norme.
Grand brainstorming citoyen pour récolter les problèmes, aspirations et solutions politiques.
14 soirées, 42 experts, 1.200 minutes de débat constructif et 183.000 spectateurs
RÊVES PARTIES
BOITE À IDÉES CITOYENNES
7 soirées et 457 personnes.
Sur la plateforme participative : 5.715 contributions citoyennes, 21.796 votes et 679 participants.
CONSULTATION SUR LES VALEURS 593 contributions, 2.756 votes et 272 participants.
Novembre 20
Trancher les g clivantes.
ATELIERS EN L
Octobre 202
7 soirées e pants (IRL : 19 participants).
PLATE
Total pour tou 2.649 contri votes et 1.415
SONDAGES Sondages sur la confiance en l’avenir, le vécu du confinement, la confiance en politique : 755 questionnaires remplis.
CONSULT LA GOUV ET LE FU DU MOU
Mars >
S’organiser di faire de la pol 563 idées ci votes et 174 p plateforme.
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Participation
Janvier - Février 2022
n, à travers le temps Photo : ©iStock
ans notre paysage politique : un mouvement positif et ndre confiance en la politique et de passer le flambeau squ’à ce jour ? Focus sur l’histoire du mouvement.
FINEMENT APTATION OCESSUS
DERNIÈRE SÉQUENCE : LA CAMPAGNE PARTICIPATIVE
RS Y’A MATCH
CONGRÈS DE LA LOUVIÈRE
CONVENTION 12 MARS
grandes questions
Dévoilement des premières orientations et lancement de la campagne participative.
Lancement du nom, statuts, manifeste.
020 > Juin 2021
S CITOYENS LIGNE
20 > Février 2021
et 200 partici98 inscrits et 141
EFORME
us les Y’A Match : ibutions, 12.506 participants.
TATION SUR VERNANCE UTUR NOM UVEMENT
À VENIR
Septembre > Décembre 2021
SUITE Y’A MATCH 30 autres questions clivantes à trancher : 77 évènements locaux ; 1000 personnes ; co-décision.
PARLONS (EN) VRAI 41 sorties et 1000 contacts.
2 ASSEMBLÉES CITOYENNES
CONSULTATION SUR LE MANIFESTE ET LA GOUVERNANCE Procédure d'amendement jusqu'au 30 avril.
ASSEMBLÉE MIXTE EN PRÉ-CONGRÈS
CONVENTION FINALE 14 Mai 2022
Convention, validation des statuts et du manifeste.
OUVERTURE DE LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE Candidatures déposées pour le 27 mai et soirées de débat entre le 31 mai et le 20 juin. 22 juin résultats en soirée.
7 Mai 2022
Pour passer en revue les amendements.
CAR Commissions d’arbitrage et de recommandations.
> juin 2021
ifféremment pour litique autrement : itoyennes, 2.846 participants sur la
ASSEMBLÉE MIXTE 19 Janvier 2022
Assemblée mixte pour traiter des CAR ambiguës (conflit avec les votes sur la plateforme ou manque de consensus entre experts).
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Focus
IL FERA BEAU DEMAIN – MOUVEMENT POSITIF |
Janvier - Février 2022
Texte : Jean-Yves KITANTOU
Un acte de solidarité pour Noël Récolte de colis - Église du Béguinage
a question des sans-papiers occupe une place importante dans l’actualité politique. Elle a également été au cœur des débats de notre mouvement à travers le match « Faut-il permettre aux sans-papiers de pouvoir travailler ? ». Aussi bien en présentiel que sur la plateforme, les citoyens se sont exprimés sur cette question. Nous avons la conviction que pour redonner confiance aux citoyens, nous devons faire de la politique autrement et notre nouveau mouvement politique doit également ancrer son
discours politique dans des actions concrètes. Parler et débattre c’est bien mais agir c’est mieux ! Cela doit être notre crédo. Nous avons donc profité de la période de Noël, qui est un moment dans l’année qui nous invite à penser aux plus fragiles de notre société, à ceux qui sont en marge et dans le besoin, pour lancer un acte de solidarité. Nous avons décidé d’allier la parole aux actes et d’apporter un soutien concret aux sans-papiers de l’église du Béguinage.
Un appel aux dons a donc été lancé et en moins d’une semaine, la communauté Il fera beau demain – Mouvement positif a répondu présent et nous a permis de récolter plus d’une centaine de colis en quelques jours.
tiquement exploités, par les partis de droite qui font leur « beurre » électoral sur leur dos et trahis par le gouvernement, est général, aussi bien auprès des sans-papiers que des acteurs associatifs qui les soutiennent.
Nous avons pu apporter l’ensemble de ces colis aux sans-papiers qui remercient chaleureusement chacun des donateurs pour leur geste. Nous avons passé deux heures avec eux, partagé un repas et échangé. Nous avons pu entendre leurs parcours de vie car, derrière la question des sans-papiers, c’est avant tout l’histoire de vie d’hommes et de femmes. Ces échanges ont été très fructueux et ont permis de se rendre compte de la réalité de leur situation. Certains ont pu nous partager leur sentiment par rapport à la manière dont ce dossier est traité politiquement. Le sentiment d’être poli-
Aujourd’hui plus que jamais, il faut sortir de cette hypocrisie. Il faut des critères de régularisation clairs. Il faut également permettre la régularisation par le travail qui est un moyen d’intégration, car les sans-papiers aujourd’hui contribuent à faire tourner notre économie. Nous voulons une politique d’asile et de migration qui soit humaine et digne.
Récolte de vivres annuelle à Tubize : un succès grandissant pour les Jeunes cdH ! ette année encore se tenait la récolte de vivres annuelle des Jeunes cdH du Brabant wallon. Emmenés par Julien Omowadi, ces derniers ont marqué un grand coup puisque c’est presque 200 kg de vivres, 400 kg de nourriture pour animaux et une petite centaine de jouets qui ont été récoltés ! Cette action, en partenariat avec la Croix-Rouge du bassin de Tubize, a pour but de s’inscrire dans la continuité et même de se développer. A cause de la situation pandémique, la Croix-Rouge a vu ses dons, notamment en vivres, baisser de manière significative et est plus
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que demandeuse de ce genre d’initiatives. « Nous avons d’ailleurs prévu que cela s’étende à toute la province du Brabant wallon dans les prochains mois, que cela passe par l’augmentation du nombre de points de récolte dans Tubize ou par la diversification des communes ciblées, toujours en collaboration avec la CroixRouge » a déclaré Mathieu Wautier, un des co-organisateurs de l’initiative. Pour les prochaines éditions, c’est Lloyd Reygaerdts qui devrait emmener les troupes brabançonnes, en tant que président faisant fonction. Texte : Lucas MOUTIAUX
Nous remercions encore un fois tous les contributeurs de cette action. Des personnes ont pu se couvrir pendant l’hiver et ça, c’est grâce à vous !
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Le dossier
Janvier - Février 2022
Les finances publiques aux urgences
Texte : André ANTOINE
La pandémie de la Covid-19 constitue, et de très loin, la principale préoccupation de nos concitoyens. Plus de 27.000 décès dans notre pays, des secteurs essentiels de notre société très durement touchés et un quotidien bouleversé pour chacun d’entre nous. u sud du pays, nos gouvernements sont aussi confrontés à d’autres défis tout aussi déterminants pour notre avenir. La lutte contre les inondations et l’aide aux victimes, la nécessaire relance économique, sans oublier la promotion d’un enseignement d’excellence tel qu’imaginé intelligemment par Marie-Martine Schyns. Mais un autre fléau, s’il n’est pas traité en temps utile, nous attend : celui de l’état désastreux de nos finances publiques. Certes, le « mal » est pour le moment plus discret, mais à coup sûr plus pernicieux pour l’avenir de notre territoire wallon, son espace francophone et ses collectivités locales. Le diagnostic est à ce point sévère que l’on a vu le principal responsable budgétaire de la Wallonie quitter précipitamment le navire gouvernemental avant une tempête financière sans précédent depuis près d’un demi-siècle. Les chiffres officiels sont à ce point éloquents et critiques qu’ils ne laissent aucun doute sur la nature de la prochaine décennie, celle d’une cure d’assainissement historique, d’une sélectivité des dépenses qui devra être exemplaire et d’un authentique courage politique. Ne nous y trompons pas, l’arc-en-ciel, malgré ses belles couleurs, s’accompagne très souvent d’orages, de tempêtes et d’averses. En politique, c’est désormais une certitude ! Pour la Wallonie, la différence entre les recettes et les dépenses atteint pour les années 2020, 2021 et 2022 plus de 13,09 milliards, de quoi affirmer que notre région vit très largement au-dessus de ses moyens. Même sans Covid, ni inondations, ni plan de relance, nos dépenses ont augmenté de 4,22% contre 3% lorsque le cdH était aux responsabilités. La dette wallonne a littéralement explosé, passant, selon la Cour des comptes, de 27,8 milliards en 2020 à plus de 45,6 milliards à coup sûr en 2026, sans intégrer la dette contractée auprès des assureurs pour plus de 1 milliard et près de 2 milliards pour les hôpitaux. Au début de la prochaine législature, notre dette consolidée atteindra donc les 300% par rapport à nos recettes annuelles. De quoi justifier la double dégradation de la notation financière
de la Wallonie par l’agence internationale Moody’s, mais aussi la sévère mise en garde d’experts budgétaires sous la conduite de Jean Hilgers, directeur de la Banque Nationale, exigeant du Gouvernement wallon un plan drastique d’économies de 150 millions à 1,5 milliard par an d’ici 2031. Faute de respecter rigoureusement ce plan, la Wallonie pourrait connaître une évolution de son taux d’emprunt de 100 à 400 points de base et voir son crédit totalement ébranlé sur la scène internationale. À cela s’ajoute une méthodologie « budget base zéro » qui laisse définitivement perplexe de très nombreux observateurs dont la Cour des comptes en premier lieu. Si la Commission européenne confirme son intention de mettre fin à la période dérogatoire au Pacte de Stabilité ou si la Banque centrale européenne devait revoir à la baisse ses rachats de dettes souveraines, la Wallonie risque de se retrouver plus vite encore dans une situation particulièrement critique. D’autant que
son plan de relance économique a été condamné tant par le banc patronal que par les représentants syndicaux, le qualifiant de « plan zig-zag » pour son manque de cohérence et de sélectivité. Si la Wallonie se prépare à des heures difficiles, la Fédération Wallonie-Bruxelles s’y est totalement résignée, doutant même de son existence au-delà de cette législature selon les propres affirmations de son ministre du Budget. Sans territoire, ni capacité fiscale autonome, la Fédération Wallonie-Bruxelles ne peut compter que sur elle-même et sur la juste solidarité du fédéral d’abord et des régions ensuite… Là aussi, le diagnostic, partagé entre majorité et opposition au parlement, est particulièrement sévère. Sur la période 2019-2022, la différence recettes-dépenses atteint même 5,742 milliards, soit un dépassement moyen de 1,435 milliard par an par rapport à des ressources financières de 11,2 milliards en 2022, soit près de 13% de dépenses excédentaires.
Ce différentiel ne cesse d’augmenter pour culminer à 1,702 milliard cette année ! La dette directe communautaire s’affole, elle aussi, passant de 5,139 milliards en 2014 à 16,424 milliards en 2026 selon les estimations de la Cour des comptes, soit 138% des recettes annuelles. Regrettons au passage l’absence totale de la maîtrise des dépenses. À la lecture de ces chiffres et en cas d’absence de choix courageux dans le chef des deux gouvernements, la perspective des finances publiques wallonnes et francophones s’annonce particulièrement sombre, surtout lorsque l’on mesure, de surcroit, l’évidente détérioration des budgets communaux. Plus que jamais, nos finances publiques sont aux urgences. Faute de soins intensifs, le réveil du patient contribuable s’annonce particulièrement délicat en termes d’impôts nouveaux. Notre responsabilité, comme cdH aujourd’hui, doit être celle d’un lanceur d’alerte tout en présentant des solutions financières soutenables, justes et solidaires des plus fragiles. Cette démarche est celle d’un mouvement aussi rigoureux dans ses choix que vigoureux dans son expression.
André Antoine - Parlement de Wallonie
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Janvier - Février 2022
Les femmes au cœur de la politique Texte : Stéphane NICOLAS
A l’heure où nos réflexions portent sur la gouvernance du prochain mouvement, nous avons voulu sonder les parlementaires et présidentes qui se battent au quotidien dans l’arène politique.
En tant que femme politique, dans votre parcours, quelle est, ou a été, votre plus belle satisfaction et votre plus grande déception ? Nous avons rassemblé les réponses de nos représentantes qui ont joué le jeu sans détour, à cœur ouvert. La lecture de leurs expressions nous invite à nous poser quelques instants pour réfléchir ensemble sur la priorité concrète que la société accorde à l’égalité et comment notre nouveau mouvement peut y contribuer. Dans ce contexte, les travaux du FORUM FEMMES pour une société égalitaire organisé le 12 février et auquel vous êtes toutes et tous conviés, seront très utiles ! Retrouvez toutes les informations sur le FORUM FEMMES en page 12.
Céline FREMAULT Il y a des dossiers que l’on porte avec ses tripes parce qu’on a la conviction profonde qu’ils participeront à améliorer « demain ». L’accord climatique obtenu fin 2015 après sept années d’errance, la mise en place de la zone de basses émissions et la réforme des allocations familiales font partie des aboutissements phares de mon mandat ministériel. Le plus pénible et lourd en tant que femme politique ce sont les remarques sexistes accompagnées de rires gras. Cela m’a rarement blessée sur le plan personnel mais ça reste usant.
Alda GREOLI La réforme du secteur de la petite enfance (réforme MILAC). A la fois parce que cette réforme permet la juste reconnaissance des métiers largement féminins des accueillantes et des puéricultrices, mais aussi parce qu'un accueil de qualité de la petite enfance accompagne les enfants, les familles et en particulier les mamans. Ne pas avoir vu aboutir l'assurance autonomie en Région wallonne. Cette intervention viendrait non seulement en aide à toute personne en perte d'autonomie temporaire ou définitive, mais aussi à tous les aidants proches qui les accompagnent. Or, ce sont principalement les femmes qui sont les aidants proches.
Anne-Catherine GOFFINET
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Gladys KAZADI
Avoir pu montrer l’image d’une femme politique qui peut gérer et apporter un regard neuf et différent dans des matières qui sont habituellement gérées par des hommes. Budget, finances et travaux…
Constater que les femmes sont de plus en plus présentes dans la sphère politique et apportent des solutions concrètes.
Avoir dû me battre pour être reconnue dans mon travail et pour être respectée dans mes choix et mes opinions.
Bien qu'elles soient de plus en plus présentes dans la sphère politique, j'ai le sentiment que parfois, la voix des femmes n'est pas assez entendue.
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Janvier - Février 2022
Nos associations
Dorothée KLEIN Chaque fois que l’on peut faire avancer « la cause ». En 2014, j’étais conseillère au Fédéral : in extremis, juste avant les élections, en organisant la mobilisation des associations de Femmes, nous sommes parvenues à faire pression sur les parlementaires pour voter la loi « Anti-sexisme » de Joëlle Milquet, alors que le Parlement et, surtout, la présidente N-VA de la Commission Egalité jouaient la montre. Quand j’ai subi des tentatives de déstabilisation, via des attaques sexistes y compris au sein de ma propre famille. Ou sur Facebook. J’ai déposé plainte en application de la loi « Sexisme », je me suis sentie bien seule, étonnée du peu de soutien - hormis de quelques amies féministes-, voire même dissuadée de le faire, à la police, par une partie des citoyen.ne.s : « Oh, mais il a des problèmes psychologiques », etc. Cela n’empêche pas de respecter la loi…
Véronique LEFRANCQ La confiance reçue des citoyens, le soutien de mes proches et de ma famille, mais surtout le regard admiratif de ma fille. L’attitude condescendante de certains hommes au pouvoir, pour qui le nombre de voix prévaut sur l’engagement politique.
Mathilde VANDORPE Être jugée sur le travail que je fournis en tant qu'élue politique et pas en tant que femme ! Ne pas avoir bénéficié d'un congé de maternité (qui n'existe pas dans les statuts du Parlement) alors que le bien-être familial est le fondement de notre action.
Ghislaine VANHALEWYN La chance d’avoir été invitée chaleureusement par les femmes politiques, dont la ministre Céline Fremault, à participer à son équipe comme volontaire et à toujours progresser. Cette entraide et ce soutien que j’ai aussi constaté chez les Aînés du cdH avec Etienne Vanderroost et qui me confèrent le plaisir et l’intérêt de mon engagement. L’interpellation gratuitement dénigrante d’un homme lors d’une réunion dans ma commune à propos de mon engagement à l’Union européenne : « Et votre famille dans tout cela, elle accepte vos absences ? ». J’ai hésité une seconde avant de répondre avec un grand sourire : « J’ai un mari qui est très actif et charmant » !
Vanessa MATZ Avoir fait voter ma proposition de loi qui incrimine le « Revenge-porn » et qui permet le retrait rapide d’images qui portent atteinte à la victime. De voir comment la politique divise au lieu de rassembler particulièrement dans ces temps troublés où la cohésion sociale est le ciment de la démocratie.
Marie-Martine SCHYNS
Dounia MOHAMMADI Ma rencontre émouvante avec les grévistes sans-papiers de l'église du Béguinage, ça a été ma plus grande prise de conscience : mettre des noms, des visages, des vies humaines sur des faits d'actualité qui n'interpellent plus ou pas assez. Mes premiers commentaires haineux sur le net et accessoirement racistes/ misogynes/sexistes !
Avoir pu construire le Pacte pour un Enseignement d’excellence avec les acteurs de terrain du monde de l’école, pouvoirs organisateurs, syndicats, associations de parents. Aucune, j’ai pour habitude de voir le positif même dans les dossiers plus compliqués.
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Janvier - Février 2022
Réforme des pensions : la priorités des Aînés Photo : ©iStock
Les Aînés du cdH ont pour engagement de défendre les droits des personnes de plus de 60 ans. Aujourd’hui, c’est au sujet de la réforme des pensions que nous prenons parole.
Texte : Arlette CRAPEZ-NISOT Etienne VANDERROOST
L
a ministre Lalieux vient de déposer un projet de réforme des pensions qui concerne principalement le relèvement des pensions minimum à 1500 € pour une carrière complète de 45 ans ainsi que l’accès à une pension à temps partiel après 42 ans de carrière. On retrouve également dans ce projet une proposition pour la pension anticipée à partir de 60 ans et après 42 ans de carrière et un bonus de 2 € par jour presté au-delà de l’âge de la pension. On y parle aussi d’une revalorisation du travail à temps partiel et de la prolongation de la durée de l’allocation de transition (pension de survie). Ces mesures apporteront certainement un mieux à un certain nombre de personnes, particulièrement les femmes. Elles nous semblent cependant totalement insuffisantes et ne constituent qu’une réformette, alors que nous attendons depuis 10 ans une réforme en profondeur.
Relever progressivement la pension légale pour augmenter le taux de couverture par rapport aux revenus ; il est actuellement de 60 % pour les salariés au taux isolé et très faible par rapport aux autres pays de l’UE ;
la vivre de manière optimale, en raison de son état de santé, de la pénibilité de son travail, de charges de famille, etc.
Garantir le financement des pensions et de la sécurité sociale par des cotisations justes, un financement Mieux valoriser certaines périodes alternatif (compensation de la baisse des Chez les Aînés, nos priorités pour une réforme plus globale s’articulent comme d’assimilation : maternité et paternité cotisations patronales – accises – taxe - congé parental, crédit-temps, temps carbone – etc.) et instaurer des mesures suit : partiel, pause carrière, aidants proches, sociales et fiscales plus justes en ce qui Harmoniser les différents statuts : en accordant, par exemple, à ces périodes concerne les 2e et 3e piliers. salariés – indépendants – fonctionnaires, un coefficient multiplicateur ; Depuis 1945, le monde a profonainsi que celui des personnes ayant une carrière mixte ; tous ont droit à une même Offrir des possibilités souples de fin dément évolué, ainsi que le monde du protection sociale. de carrière pour permettre à chacun de travail : nous proposons donc de mener
Forum « Une Belgique women friendly ça serait comment ? » le 12 février en présence de Tristane Banon
Texte : Jean-Yves KITANTOU
Et si les femmes avaient « carte blanche » pour réinventer la société, ça serait comment ? Pour en discuter ensemble, les Femmes humanistes ont le plaisir de vous inviter à leur Forum des femmes pour une société égalitaire autour du thème « Une Belgique Women friendly ça donnerait quoi ? », le samedi 12 février 2022 à partir de 9h au Blue Point (Av. Auguste Reyer 80, 1030 Bruxelles). Nous aurons l’occasion d’échanger avec des femmes expertes de haut niveau pour coconstruire ensemble une société plus égalitaire. La romancière et chroniqueuse française Tristane Banon nous fera l’honneur de sa présence. Programme : « Regard sur la situation des femmes en Belgique » par Isabella Lenarduzzi (JUMP) 1er panel « Les femmes et les hommes en 2022 en Belgique : enjeux et constats » avec : Élisabeth Degryse (Mutualités Chrétiennes) Fatima Zibouh (Actiris)
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une réflexion en profondeur concernant notamment l’assurance autonomie, la pension de base, l’individualisation des droits, etc. et conclure un nouveau pacte social. Dès que les conditions sanitaires le permettront, nous ne manquerons pas d’organiser des réunions d’information et de discussion sur cette importante réforme. Dans l’entretemps, nous vous invitons à analyser ces priorités et nous faire part de vos propositions. (Les Aînés du cdH : rue du Commerce 123, 1000 Bruxelles – aines@lecdh.be).
et Manuela Varrosso (Actiris) Victoria De Buck (Touche pas à ma pote) Fatma Karali (Les mères veilleuses) Gaëlle Demez (CSC) Intermède artistique de Marie Darah (slameuse championne de Belgique et d’Europe)
2e panel « Les nouveaux visages du féminisme » avec : Valérie Lootvoet (Université des femmes) Mireille Robert (BAMKO Asbl) Julie Foulon (Molengeek) Béa Ercolini (Cercle BeaBee) Lidia Rodriguez (Le Monde selon les femmes) Carte blanche à Tristane Banon (romancière et chroniqueuse française, autrice de « La paix des sexes »)
Modératrice : Charlotte Baut (LN24) Infos et inscriptions : 02/238.01.11 severine@ilferabeaudemain.team ou sur www.ilferabeaudemain.team.
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