Vers une architecture perFORMative
Laura Commere Rapport d’étude 2016-2019 Tutrice : Mme Morel ENSAM
6
ÂŤ architecture is not just creating a space to protect people but to make them dream as well. Âť Mario Botta
7
Mouvement au Philharmonic - Hamburg
8
9
PRÉAMBULE
Me voilà en fin de licence et confrontée à des choix importants pour mon futur. La rédaction du rapport d’étude est une occasion idéale pour prendre du recul, mais aussi pour se rendre compte de ce qui nous passionne le plus dans ce vaste thème qu’est l’architecture. Il permet de regarder en arrière pour mieux oser le premier pas vers l’inconnu. Au cours de ces trois ans j’ai commencé à tracer mon propre chemin, influencée par différentes approches et cultures architecturales. Mes deux années passée à l’ENSAM m’ont permis d’ apprendre, d’être curieuse, d’expérimenter et d’acquérir un bagage solide. Avec mon départ en Erasmus en troisième année, mon regard s’est encore plus ouvert sur les possibilités des pratiques architecturales, j’ai été sensibilisée à d’autres méthodes de faire et d’autres approches conceptuelles. Maintenant que la licence se termine, il est temps d’ouvrir la voie vers le master, et d’engager la conversation.
10
11
ÂŤ One of the great beauties of architecture is that each time, it is like life starting all over again. Âť Renzo Piano
12
SOMMAIRE Introduction
p15
1. Premières approches p16 L’espace La matérialité 2. Lieu et Contexte p32 3. Une architecture durable p46 Enjeux écologiques Architecture engagée Conclusion Bibliographie Chronologie Curriculum Vitae
p62 p64 p66 p68
13
Réflexion dans une flaque - Stockholm
14
15
INTRODUCTION
Aujourd’hui, j’écris ce rapport d’étude déjà dans la voie de mes objectifs de master. C’est en mettant en parallèle les connaissances que j’ai acquises lors de la licence, mes expériences personnelles et les apports extérieurs que je réfléchis à l’implication que je voudrais avoir dans mon futur métier. Très vite il m’était évident que mes aspirations pour la poursuite de ma démarche architecturale se tournent vers la durabilité. Ce type d’architecture, souvent encore associé seulement à l’écologie, est en plein développement et représente un intérêt majeur dans l’évolution de la construction architecturale. Premièrement, je parlerai des premiers contacts avec l’architecture, comment appréhender, voir, comprendre, dessiner, représenter l’espace. Ensuite se pose la question de la matérialité et comment la mettre en valeur. Se questionner sur la matérialité, la matière, le matériau. Vient ensuite le rapport au contexte, le fil conducteur du projet. Le milieu fait le lien entre l’espace et la matérialité. Finalement j’évoquerai l’architecture performative. Cette notion me permettra d’aborder les enjeux plus larges de l’architecture et les questions à se poser pour y répondre dans une approche durable. La forme esthétique vient supporter la performance du bâtiment, son intérêt et ses enjeux afin de développer une architecture engagée.
16
PREMIÈRES APPROCHES
17
DĂŠtails suspendus - Biennale de Venise
18
L’ESPACE
Au cours de notre formation d’architecte, nous sommes constamment amenés à changer notre regard des choses. Nous devons développer un œil attentif aux détails pour sentir les qualités d’un lieu. La première attention est alors portée sur la qualité de l’espace, que l’on cherche à captiver à travers nos sensations et perceptions. Regarder c’est distinguer mais voir c’est comprendre.
Monter les marches - Kunstmuseum Basel
19
La perception de l’espace – comment voir et faire voir un espace ? C’est lors d’une rencontre avec le plasticien Pablo Valbuena que j’ai été sensibilisée par la complexité de la notion d’espace pour la première fois. C’est un artiste, architecte de formation, qui travaille la lumière et le son pour «transformer l’espace à partir d’une perception». L’ombre et la lumière, le vu et le non vu, l’apparent et le deviné, tout autant de subtilités qui font son œuvre. La simple projection de lumière sur une colonne, par exemple, changera complètement son apparence. J’avais écouté avec attention son discours, fascinée par son approche et la manière dont il arrive à transformer profondément les perceptions d’un espace. Il insiste également sur le vécu d’un lieu pour en faire ressurgir les traces d’usages à travers des installations lumineuses et audio. Avec ses installations Valbuena parvient à accentuer la complexité d’un espace et nous incite à regarder de plus près pour comprendre. Et c’est aussi ce que l’architecte doit savoir faire. « Je ne prétends pas savoir ce que signifie véritablement le concept d’espace. Plus je réfléchis à cette question, plus l’essence de l’espace me paraît être un mystère. » Penser l’architecture, Peter Zumthor.
L’espace. Voilà quelque chose d’assez mystérieux selon
Zumthor. Nous connaissons tous la notion d’espace, mais le définir est une chose assez complexe. Pourtant, pour l’architecte tout part de l’espace. C’est ce qui nous intéresse, nous créons des espaces pour vivre et être vécu.
20
Lors du premier semestre l’accent est mis sur l’appréhension et la compréhension de l’espace. La première question qui se pose alors est « qu’est-ce qui fait espace ? » A-t-on besoin de quatre murs pour le signifier, le faire apparaître ? Comment définir ses limites, ses contours ? Le cours de « composer » notamment cherche à nous ouvrir les yeux sur cette notion complexe et montre comment lire un espace. Regarder les pleins et les vides et comment ils sont équilibrés. Sur le moment, ces notions et définitions me semblaient pas aussi pertinantes, mais c’est en apprenant mon œil à regarder plus en détail et avec de l’entraîmenent que leurs valeurs indispensables me sont devenues claires.
Lors du studio du premier semestre plusieurs exercices nous ont permis d’appréhender l’espace. A travers eux il nous est demandé de former notre œil, de voir avec un regard nouveau. Les enseignants nous ont montré Le mépris, film dont le décor est La villa Malaparte d’Adalberto Libera. L’extrait que nous avons visionné se déroulait sur le large toit de la villa. Le toit est accessible par une longue série de marches d’escalier. Le film fait voir un lieu ouvert sur la mer avec très peu de séparations matérielles pour clairement délimiter ses bords. Pourtant ce toit devient un espace propre à lui, en écho avec son environnement.
21
«Les bâtiments qui nous impressionnent nous communiquent un sentiment fort pour leur espace. Ils délimitent ce vide mystérieux que nous nommons espace d’une façon particulière et lui impriment une pulsation. » Penser l’architecture, Peter Zumthor.
L’architecture est un jeu de nuances. Elle doit savoir doser
et mettre du suspense dans son œuvre. Tout ne devrait pas être visible au premier coup d’œil mais se laisser deviner petit à petit. L’espace est l’élément le plus évident et le plus visible parce que c’est ce qui saute aux yeux, enfin c’est ce que l’on croit. Mais souvent l’espace aussi nécessite plusieurs reprises d’attention pour être réellement compris. Ces subtilités rendent l’architecture intrigante et intéressante. Elles font appel à nos sens, et nous font immerger totalement dans le lieu. L’architecture suscitera beaucoup plus d’émotions quand elle ne dévoile pas toutes ses caractéristiques au premier regard.
Au premier abord la perception de l’espace passe par l’œil, mais c’est en faisant interagir le corps tout entier qu’un espace gagne de la force.
22 Le corps dans l’espace – comment le corps est influencé par l’espace ?
Lors de mon année de mise à niveau en arts appliqués j’ai rencontré le scénographe Aurélien
Bory. Nous avions assisté à l’opéra Barbe Bleue dont il avait fait la mise en scène. Il parvient à produire une relation très étroite entre le corps des comédiens et l’espace, basée sur la gravité. Cette relation est ensuite transmise aux spectateurs. C’est par le toucher que le corps est engagé à échanger avec l’espace.
Mouvement dans la gare - Graz
23
Pour l’architecte le corps et l’espace ne doivent faire qu’un. C’est pour le corps, immobile ou en mouvement, que l’espace est pensé. Le corps veut se sentir libre dans l’espace. Alors l’architecte élabore un plan adapté pour que l’appropriation revienne à l’individu. L’aisance du corps dans un lieu vient aussi du rapport aux proportions et aux échelles. Ainsi, Le Corbusier invente le Modulor, un système de mesures à l’échelle humaine. En partant des différentes postures d’un individu (assis, debout, le bras tendu vers le haut...) il réfléchit sur les dimensions les plus adéquates pour créer du confort.
Mon
studio de troisième semestre prêtait beaucoup d’attention aux dimensions des espaces. Intitulé «confort et mesure», M. Rouaud nous demandait de questionner chaque élément du projet pour créer des lieux agréables. Penser une fluide transition entre espace servis et espace servant et optimiser chaque cm de la parcelle. La hauteur sous plafond par exemple est un élément qui joue beaucoup sur le ressenti d’un espace. Le plafond mis trop bas paraît oppressant, alors que trop haut la pièce semble nous échapper. Seulement, cette sensation dépend de chacun car on réagit tous différemment confronté à un lieu. Alors il existe des dimensions standardisées, mais sont-elles vraiment nécessaires ? Je pense que la hauteur sous plafond fait partie intégrante du concept du projet.
24
Elle doit être réfléchie pour que son impact fasse l’effet voulu par l’architecte. Il peut être intéressant justement de jouer avec l’échelle et la taille des choses. Le pavillon suisse de la Biennale de Venise questionnait les dimensions standardisées du logement (comme les portes, les poignées, la hauteur des tables, la largeur des pièces. D’une manière ludique l’équipe parvenait à nous faire vivre l’espace de façon inhabituelle, tout en faisant passer un message à la société. « La perception et le ressenti sont au cœur de ce projet et permettent au visiteur de questionner l’espace habité sous une nouvelle perspective [...]. «Svizzera 240» interroge la thématique du rapport de l’homme à la société et à son époque, directement à travers l’espace construit.» Communiqué de presse Ce questionnement de l’échelle permet aussi de créer des paliers d’intimité, de mettre à distance ou de rapprocher. En changeant la hauteur entre deux espaces on peut créer des espaces intermédiaires, « In Between Spaces », à l’image de Sou Fujimoto. Ils acquèrent alors une ambiance et une atmosphère particulière et peuvent être source d’intimité avec le lieu.
25
Mouvement dans la gare - Graz
26
LA MATIÈRE
Sur le fil - Biennale de Venise
27
C’est également via la matérialité du bâtiment que l’architecture engage le dialogue avec notre corps. L’architecture cherche à rendre la matière expressive, à la limite de l’animation. Ainsi, comme le fait remarquer Peter Zumthor dans La pensée de l’architecte lorsqu’il évoque les éléments de sa maison de jeunesse, cette matérialité peut évoquer des souvenirs et ainsi devenir source de nostalgie. L’architecte tend à faire animer la matière pour qu’elle puisse nous concerner.
28 La matérialité expressive
«L’architecture est quelque chose qui tente de faire parler la matière» Antoine Picon. L’architecte cherche à dégager, susciter une relation entre l’homme et la matière pour qu’elle lui parle et lui évoque quelque chose. Ceci fait que l’on s’approprie plus facilement un espace. On se sent à l’aise dans un espace parce qu’on y trouve des éléments qui nous sont familiers, qui nous rappellent un souvenir. L’architecte tend à faire animer la matière pour qu’elle puisse nous concerner et qu’elle nous « parle ». La texture de la matière joue sur la vibrance du bâtiment. Elle est également un aspect important de la matérialité. Les surfaces ont tant de qualités différentes que de textures qui existent. Dans les œuvres de Tadao Ando, qui ne travaille que le béton brut, le dialogue entre la texture et la lumière rend les espaces, qui au premier abord semblent austère, sereins et intriguants. C’est la recherche de la simplicité et de la pureté du contact entre la matière et le rayon lumineux qui rend son « Eglise de la lumière » aussi impressionnante et puissante. La matière joue donc également sur l’ambiance du lieu, via la texture et les apports d’éléments extérieurs dont la lumière est le principal à prendre en considération.
29
Le Corbusier a également recours à la lumière pour faire entrer en vibrance la « Chapelle de Ronchamp ». Pendant le voyage d’étude avec M. Jourdan j’ai eu l’occasion de voir et surtout vivre l’intérieur de ce bâtiment. J’étais particulièrement fascinée par les deux tours d’où la lumière arrivait avec une force impressionnante et accablante. L’architecte utilise la lumière naturelle et les ombres pour faire parler les matériaux.
Force rayonnante - Ronchamp
30 La matérialité rationnelle
« L’architecte est censé mettre en ordre la matière, on lui paye pour donner des quantités de béton, de bois… et créer des volumes. » Antoine Picon La matérialité évoque également la rationalité du métier. En effet, l’architecte travaille avant tout sur la faisabilité et la construction de ses idées. Un échange constant avec les corps de métier du chantier demande une maîtrise pointue des techniques de construction et une large connaissance des matériaux pour les utiliser à bon escient. Si on veut maîtriser le projet jusqu’à son exécution, il est essentiel de connaître les aspects techniques des matériaux que l’on met en œuvre. J’ai trouvé le stage ouvrier de deuxième année très enrichissant. J’ai eu l’occasion de suivre une entreprise de charpente, allant du travail au bureau jusqu’au suivi de chantier. Cette expérience m’a permise d’élargir mes connaissances dans la construction bois et de développer un regard pertinant sur la mise en oeuvre de ce matériau. L’architecture veut d’un côté innover, exprimer la créativité mais paradoxalement il s’agit de la mise en œuvre d’éléments très concrets : des murs en béton, la plomberie, l’électricité, la descente des charges... Comme le dit Peter Zumthor, «Le grand défi de l’architecture, c’est de former un tout à partir d’innombrables éléments qui diffèrent par leur fonction et leur forme, par leur matériau et leur dimension». C’est ce qui rend ce métier si passionnant, chercher à être créatif avec des éléments très variés et techniques.
31
Rigueur et MaĂŽtrise - Kunstmuseum Basel
32
LIEU ET CONTEXTE
33
Contraste harmonieux - Biennale de Venise
34
35
La question du site dans lequel l’architecte construit apporte une vraie valeur au projet. En effet, la connaissance du lieu, c’est-à-dire son vécu, son savoir-faire, le voisinage bâti, sont des points d’appui très fort pour l’architecte. Ignorer ce que le site a à offrir ne rendra le travail de conception que plus difficile et surtout, jouera sur l’adaptabilité du projet. L’espace et la matérialité évoqués précedemment veulent entrer en résonnance avec le lieu.
36 L’intégration au site
Le Cap Creus, site du deuxième semestre. C’était dans ce lieu exceptionnel que les petits projets du studio devaient s’intégrer. Etant confrontée à un environnement naturel sauvage et robuste, il était indispensable de réfléchir à l’impact qu’allaient avoir mes installations. La prédominance d’éléments minéraux soulevait aussi des questionnements quant à la matérialité adaptée pour ce site. Au cours de ma formation, cette question de la matérialité s’est toujours suivie de la question du site. C’est en effet le site, et plus précisément le contexte, qui fait le lien entre l’espace et la matérialité. Comment alors intégrer le projet dans le lieu ? Doit-il être discret, ou au contraire prendre le dessus ? Comment penser l’interaction du bâtiment avec son environnement ? Comment envisager ce lien entre milieu et architecture ? « Chaque projet, afin d’interpréter la « forme du lieu », requiert une étude spécifique et une compréhension profonde de l’histoire, de la culture, de la géographie, de la géologie, du climat. » La désobéissance de l’architecte, Renzo Piano Renzo Piano est connu pour son architecture durable et fortement intégrée dans son contexte. Ainsi, il souligne l’importance de comprendre le lieu, de s’en imprégner et d’étudier toutes ses
37
spécificités. La première approche est culturelle, c’est celle qui paraît la plus évidente. Se renseigner sur le vécu du lieu, son état actuel et ses aspirations futures. Dans cette citation, Renzo Piano évoque son « Auditorium de Rome » et comment il a considéré la riche histoire romaine du site. Lors des débuts des travaux de construction des restes archéologiques de villa romaine ont été trouvées. L’architecte décide alors de les intégrer dans le concept du bâtiment et d’en faire un élément important. Il a ainsi remis en question son projet après les trouvailles sur le site, et assure une cohésion complète avec le lieu. De même, la topographie représente un élément important à considérer. Le sol est l’élément premier dans lequel le bâtiment s’intègre et avec qui il entretient une forte relation. L’architecte peut décider de s’appuyer sur le sol et d’ancrer le bâtiment tout comme il peut préférer se détacher du terrain et élever le bâtiment. Dans les deux cas la topographie nécessite d’être étudiée et comprise afin de faire un choix justifié et adéquat. Le sol a une histoire importante à raconter, il fait la transition entre le bâti et son environnement naturel. L’intégration au site s’effectue non seulement par la forme du bâtiment mais également par la relation qu’entretient l’intérieur avec l’extérieur. Les vues y jouent un rôle considérable, elles sont le
Passerelle - Stockholm
38
premier vecteur d’interaction avec l’environnement. A quel point veuton ouvrir le bâtiment vers l’extérieur ? Quelle relation recherche-t-on avec l’entourage ? Percer les murs c’est engager le dialogue avec l’autour, prolonger la vie intime du lieu vers l’autre. L’architecture ne peut pas s’isoler complètement de son contexte, se refermer du lieu en ignorant ce qui se passe au-delà d’elle. Le degré d’ouverture d’un espace s’appuie sur un équilibre entre les pleins et les vides, entre l’apparent et le caché. « Au fil de nos parcours, nous avons développé une démarche architecturale et architectonique basée sur l’observation des contextes. À l’image des architectures vernaculaires, nous cherchons à construire une architecture simple mais complexe ; une architecture porteuse de sens, située, environnementalement juste et culturellement représentative. » Agence Joly & Loiret Lors de la conférence de Serge Joly à l’ENSAM, les thèmes du milieu et du rôle de l’architecture étaient évoqués. Il dit alors que « le rapport de l’environnement et l’homme est interactif et que la définition de notre environnement de vie est en constante mutation. » Se pose alors la question de comment accompagner cette mutation ? L’architecture se présente comme le médium entre nous et l’environnement. Elle
39
accompagne notre perception, permet de révéler ou souligner les choses. Dans ce sens là, il est primordial qu’elle s’accorde au lieu qui l’accueille et qu’elle garantie le maintient de l’équilibre. Joly parle d’un « équilibre entre la construction de la pensée et la pensée de la construction. » Leur projet « Les ganivelles » à Soorts-Hossegor est implanté sur un site protégé. Les matières dominantes du site sont le sable et les ganivelles. La connexion au site se fait via le sol en entrant en contact avec le paysage. Leur projet se base sur l’articulation du bâtiment et du paysage où chaque espace entretient une relation plus ou moins forte avec l’extérieur. Ainsi, le cœur du bâtiment est protégé du sable par les espaces intermédiaires, qui eux mêmes sont protégés par la partie du paysage qui est intégré dans le bâtiment. Chaque lieu intérieur se transforme partiellement en lieu extérieur. Pour la matérialité du bâtiment, les architectes ont opté pour le béton sablé afin de mimer la texture et la teinture du sable du lieu. Ils ont également intégré des piquets de chataigner qui rappellent les ganivelles.
Dans le vent - Villeneuve lès Maguelone
40
« Un architecte ne doit jamais imposer sa propre marque au paysage, mais avant tout le lire. Il doit étudier le climat du lieu, les vents, la végétation, les lumières selon les saisons. » La désobéissance de l’architecte, Renzo Piano La résonnance avec le milieu passe également par l’adaptation au climat. Le bâtiment fait sens s’il parvient à investir la temporalité naturelle du lieu : la thermique, la lumière, l’acoustique. L’architecture devra répondre au mieux aux besoins thermiques du site, limiter les apports extérieurs pour réguler la température ou la ventilation. Une bonne compréhension du contexte climatique permet de concevoir un projet qui fait sens dans lequel les ouvertures sont en harmonie avec la course du soleil (tout en intégrant les vues essentielles du site) et protégées à bon escient. Dans cette architecture, la ventilation se fait de manière naturelle et même les matériaux participent à la régulation thermique. Je m’intéresse beaucoup à ce type d’architecture dite « passive » qui ne nécessite aucune installation technique pour fonctionner. Le but étant également de consommer le moins de ressources énergétiques possibles voir même aucune ressource du tout. La bonne utilisation de la lumière naturelle permettra de limiter le recours aux lampes et installations lumineuses. La lumière du jour est importante dans notre vie, elle régule notre cycle circadien et nous donne de l’énergie. Il est donc indispensable qu’elle anime l’espace architectural et est pensée intelligemment.
41
Croquis de Processus - Renzo Piano
42 Recours aux ressources disponibles
« Nous devons constamment nous demander ce que peut signifier un matériau donné dans un contexte architectural donné. » Penser l’architecture, Peter Zumthor
Palimpseste matériel- Tate Modern
43
Le site est riche en matériaux. Utiliser ces matériaux contribue à une architecture locale et fortement en lien avec le lieu. Il est de plus en plus courant d’utiliser les ressources disponibles sur le site, ou dans la région du site, d’une part pour renforcer le lien du bâtiment avec le milieu, mais également pour diminuer les coûts de construction. En effet, la localité permet d’éviter les surcoûts de transport et de livraison. « En architecture, l’expression vernaculaire désigne une construction façonnée par l’homme en harmonie avec son environnement, adaptée à sa situation géographique, son terroir, sa culture et ses habitants. » L’architecture vernaculaire aujourd’hui Il existe différentes échelles d’architecture vernaculaire. Ce type de construction peut faire écho aux matériaux présents dans le voisinage. Les « Thermes de Valls » de Zumthor, par exemple, sont construites avec des dalles de gneiss extraites d’une carrière locale. Ainsi, ce bloc monolithique rappelle la tonalité des constructions voisines et reprend la culture de construction du lieu. Le réemploi est un autre type de construction vernaculaire. Cette méthode réutilise des «déchets» de matériaux. Un exemple connu de cette technique est le Wapan de Wang Shu. Dans son « Ningbo Museum », il utilise les briques, pierres, tuiles des maisons
44
voisinantes ayant été démolies. Ainsi, les anciennes maisons et traditions de cette région sont mémorisées à travers l’architecture. De la même manière, Ted’A Arquitectes utilisent les matériaux disponible sur place dans leurs projets de maisons. Ce couple d’architectes Majorquins m’a beaucoup inspirée lors de leur conférence à Graz. Leur façon de parler de cette méthode de réemploi paraissait tellement logique que cela semble absurde de ne pas la pratiquer plus souvent. Leur travail met en valeur les savoirs-faire traditionels de l’île et fait appel à des artisans et constructeurs locaux. Le « fait à la main» apporte les imperfections désirées et permet de transmettre ce savoir-faire à travers le bâtiment. On retrouve une forte connectivité à l’identité du lieu et à la matérialité. Chaque projet réintègre donc des éléments présents sur le site, souvent des matériaux recyclés de la maison à reconstruire. Ces éléments sont alors pour la plupart intégrés avec une autre fonctionnalité, et apportent des accents dans l’édifice. Des tuiles d’argiles sont, par exemple, cassées et utilisées dans le joint de dallage. Ils créent alors un palimpseste de matériaux recyclés et nouveaux qui amènent une vibrance de l’espace et lui apporte de la chaleur. Chaque élément constructif est traité avec la même importance. «Even a brick wants to be something» Louis Kahn
45
Cette méthode de recyclage et de réemploi des matériaux est à mon avis indispensable dans le contexte dans lequel nous vivons actuellement. Les bâtiments démolis pourraient être réintégrés dans des futurs projets. Ceci donnera alors une nouvelle vie aux matériaux. Certains projets vont encore plus loin et créent les matériaux sur place. Un exemple est la construction en terre crue. Celle-ci utilise les ressources du sol du site pour fabriquer les matériaux nécessaires à la construction. J’ai appris cette technique lors de mon stage au musée archéologique de Lattes. J’ai participé au chantier de reconstruction d’une maison gauloise. Tout part de la terre, chaque élément est fabriqué à partir de la nature. Les briques d’adobes sont faites à partir de terre, paille, eau, petits cailloux et sable. Une fois les briques sèches, les murs sont construits et enduits d’une pâte également faite à la main sur place. C’est un type de construction écologique qui permet aussi de créer de l’arctivité sociale. L’architecte Christian Benimana à donné un discours très évocateur, il parle de la possibilité de créer du travail avec la construction en terre crue. Les locaux peuvent participer aux chantiers participatifs et construire les bâtiments de leurs mains propres. Les coûts de constructions sont réduits, ce qui bénéficie à l’économie du projet.
46
UNE ARCHITECTURE DURABLE
47
Maison sur l’eau - Copenhague
48
« Il est juste, en revanche, de parler d’architecture durable, ce qui est tout autre chose : cela signifie comprendre la nature, respecter la faune et la flore. Placer correctement les édifices et les équipements, mettre à profit la lumière et le vent. » La désobéissance de l’architecte, Renzo Piano Cette définition de l’architecture durable est celle que l’on s’imagine le plus facilement. La durabilité, c’est d’une part limiter notre impact dans le lieu, respecter le paysage et la nature présente. D’autre part, utiliser les ressources disponibles à proximité pour adapter le projet au milieu. L’approche de l’architecture durable que je veux développer ici va au-delà des aspects écologiques. La durabilité devient alors également un facteur social, économique, politique. Durabilité signifie alors engagement et responsabilité.
49
ENJEUX ECOLOGIQUES
Géométrie naturelle - Biennale de Venise
50
De nos jours, l’architecture fait face à des enjeux écologiques. L’architecte est demandé de limiter les impacts du bâtiment, de pratiquer une approche totale incluant le paysage et la nature dans le bâti. Le focus va au-delà du bâtiment à construire, le projet est pensé dans son environnement, en interaction avec son entourage. “My architecture thinking is to look for a combination between nature and architecture; and how they interact with people.” Sou Fujimoto Dans cette approche écologique de l’architecture, le paysage et la nature jouent un rôle important. À Graz, j’ai suivi un cours sur le paysagisme. Professeur Boden insistait sur l’importance de la végétation dans la conception architecturale. Bien intégrée au projet, la végétation devient un facteur fort qui contribue au bon fonctionnement du bâtiment. Trop souvent encore la végétation est vu comme simple décoration du projet, son rôle se limite alors à plaire aux yeux. Pourtant, l’utilisation des plantes et des arbres présente des avantages non négligeables. Premièrement, la végétation permet de prolonger le paysage, d’installer une continuité du lieu. Ensuite, la végétation pourrait être vu comme un élément technique du bâtiment, à l’image de certaines installations techniques (climatisation, isolation, chauffage). Elle devient alors une ressource low-tech dans la régulation thermique. La végétation est source d’oxygène permettant le renouvellement d’air,
Protection des rayons UV
Rafraîchissement
Absorption eau
51
elle permet l’absorption des excès d’eaux de pluie et le drainage du sol. Intégrer la végétation dans le projet permet de créer un microclimat, protégeant de la température extérieure. Elle est à l’origine de biodiversité. Ce sont des concepts simples et efficaces qui, malgré leur évidence, ne sont pas encore intégrés à leur juste valeur dans l’approche architecturale. Protection du vent
Isolation
Protection du bruit
Penser la végétation comme un concept à part entière a des avantages à toutes les échelles. Un micro-climat est créé à l’échelle du bâtiment. Intégré à l’échelle du voisinage ce micro-climat va bénéficier à tout son environnement. De cette manière, un réseau de régulation thermique se développe qui est source de confort pour l’habitant et réduit les besoins énergétiques. Cette approche devrait être considérée dans la création de nos villes, faisant baisser de façon cruciale la température au sol. L’urbanisme est confronté à une densité trop importante de bâtiments et la ville étouffe sous son propre poids. L’utilisation de matériaux à forte inertie (comme le béton, l’asphalte) contribue à une hausse des températures et à un manque d’air frais. De nouvelles méthodes de construction moins lourdes et pérennes sont à envisager. De nombreuses recherches sont menées sur l’apport des plantes dans l’environnement construit et des techniques innovantes voient de plus en plus le jour.
52
Bosco Verticale - Milan
53
La « Bosco Verticale » intègre 2 hectares de forêts dans une surface urbaine verticale de 2000 m². Les feuilles contribuent à la réduction de la pollution en captant et ingérant des particules fines. Chaque arbre a été sélectionné pour être adapté aux différences d’humidité à chaque niveau du bâtiment. Ils ont également pris en compte l’exposition au soleil et comment les feuilles pourraient filtrer la lumière du jour. Ces systèmes verts nécessitent une réflexion sur l’entretien et l’irrigation. Leur installation est certes plus coûteuse mais s’avère plus efficace au long terme, leurs dépenses en énergies apportées sont réduites. « One of the main issues regards irrigation, that is able to support such an amount of plants. The intergrated water cycle collects the rainwater, reuses the grey water from the apartments, [...] using the groundwater which is in the soil of Milan with the idea of storing the water after its use for irrigation. » Hortitecture,the power of architecture and plants, Boeri Studio Les possibilités des plantes sont infinies, les recherches se développent et l’apport de la végétation est étudiée dans toutes ses formes. Le pouvoir des plantes est non négligeable et permet de rendre les lieux vivants et agréable à vivre. « The project introduces as much nature to the urban environment as possible. The idea is that for every human, there should be place to sustain four birds and butterflies, two trees, eight shrubs and twenty-two plants. It is a contribution to biodiversity. » Hortitecture, the power of plants, Stefano Boeri
54 La baisse de consommation énergétique est un avantage majeur de l’architecture écologique. Les normes thermiques à respecter, variées selon les pays, cherchent à augmenter l’efficacité énergétique des bâtiments. Lors des cours de thermiques M. Celaire évoquait le terme « bioclimatique ». Il s’agit d’une conception mettant en jeu seulement des techniques thermiques naturelles et écologiques. Elle vise à optimiser les ressources du milieu pour en profiter de façon passive. Cela permet de limiter les équipements techniques «actifs», consommateurs d’énergie primaire : les systèmes de chauffage, de climatisation mécanique, de transformation de l’énergie solaire en électricité. De plus, cette stratégie favorise les matériaux locaux, la matérialité durable, limitant ainsi l’apport en énergie grise du bâtiment. Ce type de construction est également dite «passive», elle réduit considérablement les consommations d’énergie jusqu’à même les réduire à zéro. De la même manière on entend de plus en plus parler de « Zero Energy buildings ». Cette conception vise à être énergiquement nulle voire même négative, c’est-à-dire qu’elle n’utilise aucune énergie mais au contraire en produit pour son environnement. Mon séminaire d’Energy Design à Graz était complété par une conférence d’un architecte du projet de « Marina One » à Singapour. C’est un grand projet de logements et de bureaux ayant pour spécificité d’avoir un système énergétique interne, tout est auto-indépendant et ne nécessite aucun apport en énergie extérieure. Des installations high-tech sont intégrées au projet et fonctionnent sur l’énergie produite durablement sur le site.
55
Crétdit images : Ingenhovenarchitects.com
« We give back more green mass than there would be on site if there was a jungle there. » Hortitecture, the power of plants, Christoph Ingenhoven
56
ARCHITECTURE ENGAGÉE
Un tas de choses - Biennale de Venise
57
« Les architectes ont un rôle humaniste, politique à jouer. Nous ne sommes pas là pour livrer de beaux immeubles mais pour stimuler la transition écologique. En conservant l’existant quand c’est possible […] ou en réemployant des matériaux, un enjeu essentiel puisqu’ils se raréfient. » Collectif encore heureux, Interview pour la Biennale de Venise
58
Dans la perspective de la durabilité des villes, le concept d’Urban farming est en plein essor. Avec l’augmentation de la demande de nourriture des recherches sont menées pour investir les villes dans la production agricole. Des projets de fermes intégrées dans le tissu urbain voient le jour. On cherche à revisiter la verticalité de la ville à l’aide de fermes verticales qui feraient parties des logements et seraient entretenues par les usagers et les habitants. Ainsi, on développe à la fois la productivité du lieu et l’activité sociale. Pour mon projet d’urbanisme de S6 j’ai développé un concept d’urban farming qui s’appuie sur du mobilier urbain et est intégré à la structure du marché. Ainsi, je voulais redynamiser le site et ouvrir le dialogue entre les voisinages. De cette manière la végétation apporte du vert dans la ville et contribue également à une alimentation locale, source d’interactions sociales et de développement économique. GREEN IN THE CITY
GREEN HOUSE
Concept urban farming projet S6
URBAN GARDENING
59
Le concept d’architecture durable ne peut pas s’arrêter sur la stratégie écologique mais doit aller bien au-delà. La durabilité c’est la réflexion d’un programme pérenne qui est source d’interaction et noue des liens entre l’architecture et l’environnement (construit, naturel et vivant). Il s’agit d’un engagement auprès des usagers, leur permettant de développer les activités nécessaires sur le site. « Architecture is not just about building design, but also about the implementation of a dignifying process that creates long-term impact. » Christian Benimana, architecte Rwandais L’architecture doit avoir un impact social, vivifier un quartier et répondre aux besoins des usagers. Comme l’évoque Christian Benimana, la construction du bâtiment pourrait devenir participative et engager la voie vers l’emploi dans certains cas. Privilégier la main d’oeuvre locale et mettre à disposition des matériaux locaux permettent alors à la population de s’inverstir dans le chantier. Le rôle de l’architecture devient de plus en plus reponsable et engagé. L’architecte fait partie d’une équipe plus large, se trouvant confrontée à des questions délicates. Comment créer de l’intégration sociale à travers l’aménagement ? Quels peuvent-être les bénéfices économiques de l’implantation du bâtiment à cet endroit ? Comment renouer les liens sociaux et diminuer les inégalités ? L’architecture aimerait être vecteur d’intégration en adoptant le programme pour
60
faire vivre le lieu. La superposition de fonctions et d’activités au sein du bâtiment dynamisent l’architecture, densifient le quartier sans pour autant densifier la masse construite. Le programme se veut large et varié, répondant aux besoins multiples généré par le quartier. L’étape prochaine est alors d’engager la conversation avec les futurs usagers du projet, demander comment ils voient l’évolution du lieu et quelles qualités spatiales ils apprécieraient y voir. Dans ce cas là, l’architecture fait parler la voix des usagers et n’expose pas seulement les désirs de l’architecte. Sa conception se fait en forte association avec le lieu et le contexte. Ce projet, pensé pour aujourd’hui et pour le futur, est responsable. Responsable pour sa création d’espaces confortables et vivants. Responsable pour sa limitation des impacts sur l’environnement et sur le quartier. Responsable pour son recours à une matérialité durable et une réduction des consommations énergétiques. Responsable pour sa reintroduction de végétation, vecteur de biodiversité. Responsable pour son développement d’intéraction sociale pour diminuer la marginalisation de certains endroits. Responsable pour son développement d’activité économique locale, bénéficiant à l’écologie économique. Bref, responsable pour son engagement auprès de ses usagers, et pour son attachement à écouter leurs désirs et leurs besoins.
61
62 CONCLUSION
Le parcours que j’ai effectué jusqu’à présent m’a amenée à ce point-ci. Maintenant, j’ai envie pour mon master de puiser dans toutes les connaissances acquises au cours de la licence pour apprendre comment les utiliser dans un contexte durable et efficace en ressources et en énergie. A Montpellier nous avions une partie thermique et ambiance dans les rendus du projet ce qui m’a permis de voir les premiers éléments à considérer pour réaliser des projets efficaces en énergie. A Graz j’ai suivi des cours sur le paysagisme et mon studio traitait également la question de comment intégrer la végétation dans le concept architectural. Ainsi, je ressent le besoin de travailler sur l’importance de l’architecture dans un contexte durable et responsable. Pour moi, l’architecture devient forte quand elle cherche à répondre à un ensemble d’enjeux (écologiques, sociaux et économiques). Il ne doit pas juste s’agir d’une belle forme, qui plaît aux yeux. L’architecture se veut performative, en interaction avec son environnement, puisant des ressources et de l’énergie de son entourage pour ensuite reconstituer ces éléments en retour.
63
J’ai la chance de poursuivre mes études à Chalmers University en
Suède, un pays qui travaille beaucoup sur l’écologie et la durabilité dans tous les domaines possibles. J’y suivrai le master «Architecture and planning beyond sustainability» où je me questionnerais vraiment sur comment faire vivre cette architecture durable et comment la rendre plus attractive.
Au bord de l’eau - Stockholm
64
BIBLIOGRAPHIE Peter Zumthor, Penser l’architecture, Birkhauser Libri Peter Zumthor, Atmosphères, Birkhauser Libri Louis Kahn, Silence et lumière, Du Linteau eds Bruno Zévi, Apprendre à voir la ville, Editions Parenthèses David Wright, Manuel d’architecture naturelle, Editions Parenthèses Tadao Ando, Pensées sur l’architecture et le paysage, Arléa Junichirô Tanizaki, L’éloge de l’ombre, Verdier Renzo Piano, La désobéissance de l’architecte, Arléa El Croquis n° 177 /178, Lacaton & Vassal, El Croquis El Croquis n°196[II], Ted’A Arquitectes, El Croquis El Croquis n° 182, Christian Kerez - Junya Ishigami, El Croquis 2G n° 76, Bruther, Koenig Books ‘A’A’ Hors série, TAMassociati, architecture citoyenne, ‘A’A’ Michel Corajoud, La notion d’horizon, Interview pour la revue « Face » Almut Grüntuch-Ernst, Hortitecture, the power of architecture and plants, Jovis À LIRE Gilles Clément, Le jardin en mouvement Alvar Aalto, La table blanche Alvaro Siza, imaginer l’évidence Francis Kere, Practical aesthetics Francis Kere, Radically simple Samuel Alexander, Entropia
65 DOCUMENTAIRES Demain - Cyril Dion et Mélanie Laurent The human scale - Andreas Dalsgaard (avec Jan Gehl) A Simpler Way: Crisis as Opportunity - Jordan Osmond Dan Philips -TED talks Francis Kéré -TED talks Christian Benimana -TED talks LIENS INTERNET https://prohelvetia.ch/fr/press-release/svizzera240/ https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2018/05/26/a-la-biennale-devenise-on-reflechit-plus-a-des-sujets-de-societe-qu-a-l-architecturepure_5305193_4497186.html https://www.lexpress.fr/culture/art/pablo-valbuena-une-immersion-sonore-etlumineuse_2058468.html http://jolyloiret.com/wp-content/uploads/2018/09/JOLYLOIRET_BOOK_AGENCE_ FR.pdf https://vernaculaire.com/larchitecture-vernaculaire-aujourdhui/ https://www.archdaily.com/886215/green-heart-marina-one-singaporeingenhoven-architects
CRÉDITS PHOTO Photos de couverture - Lindman photography Illustrations végétation - A. Boden Les autres images ont été prises lors de mes voyages
66
Studio S1 : Initiation au projet architectural M. Rossel
Rencontres: AurĂŠlien Bory Pablo Valbuena
Studio S2 : Le Cap Creus M. Ladoux
Manaa
1e Licence
Stage terre crue Lattes Voyage scolaire Paris
Voyage Ă Londres
COMMENT EST FABRIQUÉE MA CABANE ?
67
Studio S4: Vers une architecture parasitaire M. Jourdan
COUPE MODULE COLLECTIF - 1/20
Hors les murs - IME Les Sapins M. Cérèse
COUPE MODULE ETOILE - 1/20
COUPE MODULE ADOS - 1/20
COUPE MODULE DES AMOUREUX - 1/20
Studio S5: Institut de paysagisme
DETAIL FIXATION - 1/5
FACADE MODULE COLLECTIF - 1/20
FACADE MODULE COLLECTIF
Studio S6: Institut d’urbanisme
SaloneSatellite
- 1/20
Studio S3 : La maison M. Rouaud
Erasmus TU Graz
2e Licence
Stage Bureau d’étude TALBOOM
Stage Fabre Sicom charpente 1 mois de voyage, Europe du sud - Europe du Nord
Voyage de studio en Suisse
Voyages en Europe de l’Est Biennale de Venise
68
Laura Commere
CURRICULUM VITAE
EDUCATION 2018 - 2019
Erasmus à la TU Graz, Autriche > Paysagisme > Energy Design (Etude de façades intélligentes Low-Tech) > Design de meuble (Chaise exposé au Salone Satellite à Milan) > Urbanisme (Place de marché dans un quartier à Ljubljana) > Design de Lumière (Concept de lumière dans musée d’aviation)
2016 - 2018
1ère et 2ème années de licence ENSAM, Montpellier France > Studios (Initiation au projet, paysagisme et méditation, Habiter) > Structure/Construction > Thermique/Acoustique/Lumière > Cours théoriques, sociologie, environnement, arts et culture
2015 - 2016 Mise à niveau en arts appliqués Lycée Saliège, Balma France 2014-2015 PCSI (Classe préparatoire au grandes écoles)
Lycée Bellevue, Toulouse
69
COMPÉTENCES InDesign Illustrator Photoshop Lightroom AutoCad Sketchup Artlantis Revit Rhinoceros
EXPERIENCE Février 2019 - 1 mois Stage de première pratique au bureau d’étude TALBOOM
Dessin de permis d’urbanisme et élaboration de modélisation 3D. Suivi des ingénieurs et techniciens du bâtiment au bureau et sur le chantier.
Avril 2018 - 2 semaines Stage chantier chez Fabre SICOB
Entreprise spécialisée dans la charpente et la construction ossature bois.
Août 2017 - 2 semaines Stage pratique au musée archeologique de Lattes Bilingue Néerlandais/Français CEFR C2 Anglais A2 Allemand/Espagnol
Reconstruction d’une maison Gauloise en terre crue. Fabrication de briques d’adobe, construction de murs en adobes et application d’enduit.
Avril 2016 - 3 jours Stage agence chez architecte d’intérieur Thierry Castagné
INTERÊTS
WORKSHOPS
Photographie Piano Voyage (Autriche, Danemark, Suède,
Mai 2018 Concours «Upcycling»
Republique Tchèque, Italie, Espagne, Allemagne, Hongrie, Slovénie, Croatie, Suisse, Royaume-Uni, Belgique, PaysBas, France)
Organisé par l’ENSAM et la ville de Montpellier. Invention d’un nouvel usage architectural d’un objet, ou d’un matériau choisi.
Janvier 2017 HLM «Architecture et sensorialité»
Collaboration avec l’IME «Les Sapins» de Lozère. Conception d’une aire de jeux pour des enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme.