4$ Le magazine de rue de Québec
S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant une carte d’identification. 2 $ sur le prix de vente va directement au camelot.
Changeons des vies pour la vie, comme celle de Nawel. Donnons. centraide-quebec.com Découvrez son histoire sur notre site Web.
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Numéro 201 Février 2018
• Faim irrassasiable • Une drogue trop douce • Dis-moi ce que tu manges... • Quand restauration rime avec réinsertion
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SOMMAIRE DOSSIER 06
Quand restauration rime avec réinsertion
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Le chaos dans le frigo
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Bob le Chef, l’homme derrière le cuisinier
POUR LE PLAISIR DE LIRE 21
La soupe
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Frais peint blanc
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Pardon
AgroCité, cultiver la salade à la cafétéria
23
Le chaland
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Malades ou héros
Parcours culinaire initiatique
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La normalité
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Rends à l'humanité
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Le lit trajectoire
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14
Sur la route... des rois de la patate!
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Faut-il acheter bio ?
CHRONIQUES 08
Une drogue trop douce
11
Dis-moi ce que tu manges
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Faim irrassasiable
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Puriste alimentaire
JEUX 19
Le jeu de La Quête
20
La langue dans sa poche
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LA QUÊTE
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PAGE COUVERTURE Photo : Ewais/Shutterstock.com Conception graphique : Stéphanie Nolin
RÉALISER L'ESPOIR Camelots recherchés
L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment
donné Hey toi! de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés Tu as 18compte ans ou plus. pour cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, Tu veux te faire quelques dollars? etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel
d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs Pour plus d’informations autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, Appelle-nous au certain pouvoir sur leur vie. reprendre un Travaille à ton compte. Pas d’horaire. à la vente - sur de la rue rueLa !- Quête par des Vends le magazine
418 649-9145 poste 33 Ou L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des Viens nous rencontrer au services d’accompagnement 190, rue St-Joseph Est (coin Caron)communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche logement par le biais de son service Accroche-Toit. Dans l’église d’un Jacques-Cartier
Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots. facebook.com/laquete.magazinederue et issuu.com/laquete/docs
UNE TRIBUNE POUR TOUS Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu. Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux. Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 1 du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique de mars : Urgence er
FAIRE DES SOUS EN DEVENANT CAMELOTS Les camelots récoltent 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31 Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.
COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE Camelots recherchés
Nom: Adresse: Travaille à ton compte. Pas d’horaire. Ville: Vends le magazine de rue La Quête postal: PourCode plus d’informations Appelle-nous au 418Date 649-9145 :poste 33 Ou
Abonnement régulier Abonnement de soutien Abonnement institutionnel
Viens nous rencontrer au 190, rue St-Joseph Est (coin Caron) Dans l’église Jacques-Cartier
Téléphone: La Quête est appuyée financièrement par : Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI)
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ÉDITEUR PARRAIN Claude Cossette RÉDACTRICE EN CHEF Francine Chatigny DIRECTRICE DE L'INFORMATION Valérie Gaudreau SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Isabelle Noël CHRONIQUEURS Philippe Bouchard, Martine Corrivault, Claude Cossette et Gilles Simard
SUIVEZ-NOUS SUR
Hey toi! Tu as 18 ans ou plus. Tu veux te faire quelques dollars?
ÉDITEUR Archipel d'Entraide
65$ 80$ 90$
JOURNALISTES Jasmine Desrochers, Antoine Grenier, Marylie Laberge-Sévigny, Pascal Lévesque et Louise Pillais AUTEURS Michel Bonnelly, Lavie Chabon, Gaétan Duval, Michel Émond, François Gagnon, Michaël Marcon Lessard, Roger Robidoux, Sylvain Rouillard, Benoit Turbide, Sabrina White AUTEURS DES JEUX Hélène Huot, Jacques Carl Morin et Ginette Pépin RÉVISEURS Benoit Arsenault, Francine Chatigny et Véronique Hardy ILLUSTRATEURS Bertrand Dugas, Line Simard PHOTOGRAPHE Antoine Godbout INFOGRAPHISTE Stéphanie Nolin IMPRIMEUR Les Impressions STAMPA inc. 418-681-0284 www.stampa.ca COPYLEFT La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d’auteur Creative Commons « Paternité - Pas d'Utilisation commerciale - Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n’est pas commercial, permet de l’utiliser et de le diffuser tout en protégeant l’intégralité de l’original et en mentionnant le nom des auteurs.
Journal La Quête
190, rue St-Joseph est Québec (Québec) G1K 3A7 Téléphone : 649-9145 Télécopieur : 649-7770 Courriel : laquetejournal@yahoo.ca
Financé par le gouvernement du Canada
LA QUÊTE
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MOT DE LA COORDO
LE POINT SUR LA QUÊTE... Au cours des derniers mois, La Quête a vécu la période la plus turbulente que j’aie connue depuis mon arrivée en poste il y a six ans. Ce sont principalement les retraits de permis aux camelots qui ont enfreint les règlements qui ont suscité la grogne. Le contexte est propice pour rappeler ce qu’est La Quête. SA MISSION Depuis près de 25 ans, La Quête poursuit l’objectif d’aider les personnes désaffiliées à améliorer leur quotidien en leur offrant une alternative à la mendicité, un accompagnement favorisant la réinsertion sociale et un accès privilégié à tous les services offerts par l’Archipel d’Entraide, organisme qui chapeaute le magazine. Ce sont principalement des personnes en situation d’itinérance ou à risque de l’être, notamment les personnes exclues du marché du travail pour diverses raisons (dépendance, problème de santé mentale et/ou physique, accident de parcours, deuil, etc.), qui tentent l’expérience de vendre le magazine de rue aux intersections les plus achalandées de la ville. La Quête offre un accueil inconditionnel, ainsi toute personne qui fait la demande peut devenir camelot à la seule condition d’accepter de respecter les règlements (voir encadré ci-contre). Ces règlements, qui sont d’ailleurs pour la plupart de simples marques de civisme, ont été établis pour encadrer le travail des camelots, soit une activité de sollicitation dans la rue. La sollicitation est, rappelons-le, interdite par la Ville, à moins de détenir un permis propre à l’activité (amuseur public, musicien de rue, artisan, etc.) et d’en payer les frais. Si la Ville tolère la présence des camelots de La Quête, c’est parce que leur travail est supervisé par les équipes de La Quête et de l’Archipel d’Entraide. Les camelots sont des travailleurs autonomes et jouissent d’une très grande liberté d’action. Toutefois, pour la raison évoquée ci-haut et parce qu’ils sont les ambassadeurs du magazine, il importe qu’ils préservent l’image que La Quête
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s’est construite au fil des années. C'est pourquoi nous ne tolérons aucun manquement aux règlements. En de tel cas, nous rencontrons d’abord le camelot pour lui exposer la situation et lui demander de corriger son comportement. S’il est repris à commettre la même faute, nous lui retirons alors son permis pour une période déterminée. SON CONTENU Une lectrice nous a récemment fait part de sa déception quant au contenu du magazine. Dans le courriel qu'elle nous a fait parvenir elle se désole que nous ne traitions pas que d'itinérance dans nos pages. Sa réflexion, pertinente, est probablement partagée par d'autres lecteurs. Quand je suis arrivée à La Quête, j'aspirais aussi à faire de ce magazine un vrai portevoix des sans-abri et j'imaginais que nous publierions des textes que sur l'itinérance et sujets connexes d'un couvert à l'autre. Je ne connaissais rien de cet univers et mes préjugés étaient nombreux : jamais je n’aurais imaginé qu'un itinérant puisse signer une poésie sur la beauté de la vie ou une fiction sur les plaisirs de jouer dans la neige. Avec eux, j'ai appris que ce n'est pas parce que l'on est en difficulté (et ce, selon nos perceptions de citoyens lambda) qu'on a envie d'étaler notre misère. La Quête pourrait, pour satisfaire nos besoins de voyeurs, faire signer les articles par des noms fictifs suivi de l'étiquette itinérant, toxicomane ou prostituée.... serait-ce vraiment pertinent? Non, ce que nous offrons à nos auteurs, c'est la possibilité d'être publié sans être stigmatisé. Par ailleurs, parmi ceux qui ont accepté de témoigner de leur situation d'itinérance, certains l'ont regretté. Québec est une toute petite ville et une fois que l'on y a divulgué nos secrets, il faut accepter d'être jugé... et parfois sévèrement. Tout le contenu du magazine est produit par de s b é n é vol e s qui don n en t généreusement de leur temps pour offrir des articles. Ils viennent de milieux très différents et cela se répercute sur la diversité d'angles et de sujets, qui, on le sait d'em-
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blée, ne peuvent pas plaire à tous. Nous publions tous les textes qui nous sont présentés, sauf s'ils sont diffamatoires. Peu de médias offrent à Monsieur et Madame Tout-le-monde la possibilité de s'exprimer. Non seulement w publie tous les citoyens, elle met par écrit les idées que lui dictent les analphabètes. Enfin, il ne faut pas oublier que le magazine est un « produit commercialisable » qui doit atteindre un large public pour que les camelots de tous les quartiers y trouvent leur compte. Bonne lecture FRANCINE CHATIGNY
Règlements à l'intention des camelots du magazine de rue La Quête Le camelot : Doit porter son permis*qui doit être bien visible. Doit demeurer dans l'espace public. Il est strictement interdit de vendre dans les stationnements, dans les commerces, aux terrasses et de faire du porte-à-porte. Doit rester sur le trottoir. Il est formellement interdit de se faufiler entre les automobiles. Ne doit pas bloquer l’accès aux commerces, ni aux autobus. Doit être sobre quand il/elle travaille et soigner son apparence. Doit adopter un langage et une attitude polis avec les clients, les autres camelots et les intervenants. Ne doit vendre que le magazine La Quête. Toutes les autres formes de sollicitation pendant les heures de travail sont strictement interdites. Doit rester à son secteur de vente. Il n'est plus permis d'utiliser le secteur d'un autre camelot. * Le premier permis est gratuit. Son renouvellement coûte 1$.
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QUAND RESTAURATION RIME AVEC RÉINSERTION
©Pascal Lévesque
En arrivant au Piolet, cet établissement de la rue Racine, on a véritablement l’impression d’entrer dans un restaurant gastronomique classé plusieurs étoiles. La salle à manger est impeccable et le personnel nous accueille avec professionnalisme. De plus, l’odeur de la nourriture a tôt fait d’exciter les papilles sensibles et les estomacs gourmands. Pourtant, peu savent que derrière ce restaurant aux allures bon chic bon genre se cache un organisme de réinsertion sociale qui vient en aide aux gens de 16 à 35 ans. Le passant pourrait difficilement le soupçonner au premier coup d’œil, mais le Piolet est un resto-école qui La salle à manger du Piolet offre aux jeunes l’occasion d’apprendre les rudiments des métiers de de 28 semaines, les jeunes reçoivent la restauration, que ce soit le service un certificat de métier semi-spécialiou la cuisine. « On travaille vraiment sé reconnu par le ministère de l’Éduavec une clientèle désaffiliée, des cation qui va les aider à aller sur le jeunes qui sont éloignés du marché marché du travail. « C’est sûr qu’en du travail et qui ont peu ou pas de ré- ce moment le marché du travail se seau social », indique Lorenzo Alber- porte bien, mais habituellement 80 ton, directeur adjoint de l’organisme. % [(92 % selon les dernières statistiques de l’organisme)] des jeunes L’établissement emploie deux chefs se trouvent un emploi », explique le cuisiniers et deux gérants qui super- directeur adjoint. La clientèle serait visent les apprentis restaurateurs. composée d’environ 60 % d’hommes Quand ils complètent leur parcours et de 40 % de femmes. Lorenzo Al-
©Pascal Lévesque
berton attribue cette réalité au décrochage scolaire, plus présent chez les garçons.
Les apprentis cuisiniers à l’oeuvre
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Enseigner le savoir-être Ce ne sont pourtant pas tous les jeunes qui complètent leur parcours. Certains réalisent parfois tout simplement que la restauration n’est pas faite pour eux, d’autres sont aux prises avec des problèmes variés, mais l’abandon est assez rare, selon Lorenzo Alberton. Il faut dire que l’entreprise accueille les étudiants qui répondent aux critères de sélection. « On exige que la personne soit prête à occuper un emploi 35 heures par semaine. On exige aussi qu’elle ait un logement fixe et un numéro de téléphone pour la rejoindre. On demande qu’il y ait un spécialiste dans le dossier si la personne est aux prises avec, par exemple, un problème de toxicomanie, car nous ne sommes pas un centre de thérapie », affirme Lorenzo Alberton. Les jeunes suivent tout de même un plan d’action établi avec des intervenants. « Le but de l’entreprise de réinsertion, c’est de retourner les jeunes sur le marché du travail, peu importe le métier. On travaille beaucoup plus sur le savoir-être que sur le savoir-faire. Rentrer à
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©Pascal Lévesque
La maison de jeune l’heure le matin, être fier et propre de sa personne, avoir confiance en soi, c’est là-dessus qu’on mise. Ce qu’on apprend aux jeunes, ce sont des compétences qui vont leur rester toute leur vie », dit-il. Un milieu de vie complet Le Piolet c’est aussi une maison de jeunes, un hébergement transitoire offrant 22 logements pour des séjours de 24 mois maximum, et un service d’aide composé d’intervenants, de psychologues et de conseillers en orientation. À la maison de jeunes, on trouve instruments de musique, console de jeux, table de billard, ordinateurs, bref de quoi attirer une bonne clientèle qui s’avère, selon la direction, très participative aux activités du centre. L’organisme reçoit environ 450 jeunes par année alors qu’à ses débuts, il prévoyait n’en attirer que quelques dizaines.
Atténuer le choc culturel
Situé à quelques pas de Wendake, le Piolet accueille de nombreux Innus qui ont quitté leurs communautés, souvent tissées serrées, dans l’espoir d’un avenir meilleur. Fay Picard, intervenante pour le projet jeunes autochtones au Piolet, rapporte les problèmes de ces jeunes qui, en arrivant en milieu urbain, se retrouvent souvent en situation de précarité, voire d’itinérance. « Souvent, quand ils arrivent ici, il faut leur faire venir leurs papiers comme la carte d’assurance sociale et la carte d’assurance maladie, car ils ne les ont pas. Les Autochtones n’ont pas non plus accès facilement aux subventions d’emploi Québec concernant la réinsertion sociale, car leur situation en la matière relève du fédéral. Il faut les envoyer au Centre service urbain pour l’employabilité des premières nations. », explique-telle. En arrivant à Québec, les autochtones sont régulièrement confrontés à un choc culturel. « Pour eux, un travailleur social, ça leur rappelle ces gens qui venaient leur enlever leurs enfants comme à l’époque des pensionnats, donc ils peuvent être méfiants. Ils ont aussi tendance à être plus spontanés et à régler leurs problèmes de façon plus collective, moins individualiste, via des cercles de parole », raconte l’intervenante qui admet qu’il faut savoir changer son approche lorsque l’on entre en contact avec eux. Les Autochtones qui fréquentent le Piolet peuvent, grâce au partenariat avec le Centre d’amitié autochtone, participer à des soupers communautaires ou autres activités pour maintenir le lien avec leur culture.
«
PASCAL LÉVESQUE
Ce qu’on apprend aux jeunes, ce sont des compétences qui vont leur rester toute leur vie.
»
~Lorenzo Alberton
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UNE DROGUE TROP DOUCE
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L’autre jour, je cassais la croûte dans une grilladerie de Québec. À la table d’à côté, un gros monsieur dévorait un énorme steak, un faux-filet coupe New York de 20 oz —1¼ lb! — accompagné d’une montagne de frites et servi sur une assiette grande comme un plateau. « Est-ce approprié? », me suis-je demandé. Il y a 200 ans, pour 80 % des terriens, manger à sa faim exigeait d’énormes efforts de grappillage, de travail. Aujourd’hui, 80 % mangent à leur faim et, dans nos régions, 20 % mangent « trop ». Alors que nos ancêtres mangeaient pour vivre, en sommes-nous rendus à vivre pour manger? LA BOUFFE COMME MODE PASSAGÈRE L’intérêt pour la nourriture est à la mode. Maints personnages « capotent » pour la cuisine : animateurs, chefs, célébrités, et même scientifiques. Se transformant en propagandistes, ils défilent sur la place publique, suivis comme des gourous par gourmands et gourmets. Ces endoctrineurs célèbrent pompeusement leurs recettes préférées, les cuisinent en direct, puis en goûtent le résultat en se léchant les doigts. De véritables marketeurs du « manger-gros »! Même le bouffeur ordinaire veut exhiber sa compétence culinaire. Il suit religieusement son chef préféré à la télévision, empile ses livres de cuisine et brille dans son entourage comme le virtuose d’une recette. De quelconques buveurs s’affichent comme connaisseurs de vins, commentant le dernier terroir déniché, énumérant les cépages utilisés, louangeant sa robe, son bouquet, son palais. Comme un sommelier. Malgré ce supposé intérêt pour la cuisine, l’industrie alimentaire ne cesse de se développer et de plus en plus de repas sont dégustés au restaurant ou sont achetés préparés : on estime que la moitié des Québécois consomment régulièrement des aliments apprêtés à l’extérieur de la maison. Aussi, les supermarchés agrandissent leur rayon de prêt-à-manger et les chaînes de resto rapide continuent de s’étendre.
LA BOUFFE COMME DÉFI PERSONNEL Mitonner des mets à la maison et les déguster en famille est une tradition qui se perd. Pourtant, un plat savouré dans l’enfance peut marquer pour toujours la mémoire et, dans les passages sombres de la vie, agir comme un baume pour le cœur. Si manger est un événement social, cela participe également d’une relation intime que chacun entretient avec la bouffe. De ceux qui la considèrent comme une simple nourriture, il n’y a pas grand chose à dire : la normalité ne fera jamais la une des médias. Mais il y a ceux qui la considèrent comme un médicament capable d’éloigner la maladie. Ils questionnent : faut-il bannir la viande? Éliminer le gluten? Un Canadien sur cinq serait intolérant au lactose… Ces aliments sont-ils des poisons ou est-ce là une inquiétude entretenue par les médias? Alors, vaut-il mieux manger cru? Se sustenter de protéines végétales? En tout cas, la science a démontré que ce sont les EXCÈS (de gras, de sucre ou de sel) qui sont à l’origine des problèmes de santé. Et, après ça, il y a ceux pour qui la nourriture est un véritable stupéfiant, qui sont incapables d’y toucher sans se goinfrer jusqu’au malaise, se méprisant eux-mêmes chaque fois qu’ils se tapent une « cuite alimentaire ». Difficile à comprendre pour les tempérants qui croient que c’est une question de volonté, mais les dramaturges Shakespeare ou Eschyle connaissent bien l’âme humaine et excusent ainsi leur faiblesse : « Même la personne qui peut tout n’écoute quand même que ses désirs. » C’est que ces « sarfes » ne ressentent pas la satiété et chaque fois qu’ils touchent un aliment, ils risquent d’être emportés par une débâcle : simplement goûter enclenche chez eux un dérapage. La bouffe est pour eux une drogue à la fois douce et tellement puissante! Et ils ne peuvent pas éviter la tentation car, contrairement au cocaïnomane ou à l’alcoolique, les outremangeurs font face à une difficulté incontournable : ils « doivent » manger chaque jour.
CLAUDE COSSETTE
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DATE DE PÉREMPTION
LE CHAOS DANS LE FRIGO
Le réflexe de jeter les aliments dont la date de péremption annoncée sur le produit est échue s’avère grandement répandu. Pourtant, cette dernière devrait plutôt agir à titre indicatif, dans la mesure où l’aliment ne sera pas périmé dans tous les cas. L’inscription « meilleur avant » communique aux consommateurs la durée de conservation du produit, « période durant laquelle toutes les qualités organoleptiques [qui peuvent être perçues par les organes sensoriels] de l’aliment sont conservées », avance Mme Fillion. Dans des conditions adéquates d’entreposage, la texture, la saveur et la valeur nutritive optimale d’un produit non ouvert sont alors assurées jusqu’à la date fixée. Cette mention sur l’étiquette est obligatoire sur tous aliments dont la durée de conservation est inférieure à 90 jours. Au-delà du délai prescrit, « certains aliments subissent une perte de valeur nutritive, mais ne sont pas encore considérés comme impropres à la consommation », suggère la nutritionniste. Par conséquent, le yogourt, déjà fermenté, les jus ou les fruits et légumes « ne permettent généralement pas la croissance de bactéries nuisibles à la santé », selon une publication du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. À l’opposé, les aliments issus de protéines animales comme les viandes et charcuteries ou les fruits de mer doivent être consommés avant la date de péremption. Ces produits sont propices à la prolifération bactérienne importante, les rendant vite périssables.
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©Jasmine Desrochers
La date de péremption affichée sur les aliments joue souvent un rôle particulier dans la gestion du réfrigérateur. Bien qu’elle représente une source précieuse d’information, elle alimente aussi la peur quant à la consommation de produits périmés. Lucie Fillion, nutritionniste et responsable de travaux pratiques et de recherche à l’École de nutrition de l’Université Laval, fait le point sur la mention « meilleur avant ». La boîte et le sac qui contiennent les céréales permettent de conserver les qualités nutritionnelles du produit très longtemps. Les yogourts sont quant à eux déjà fermentés, faisant en sorte qu’ils peuvent aussi être consommés quelque temps après la date de péremption indiquée sur l’emballage. CONSOMMATION RAPIDE
La date de péremption affichée sur un produit est valide seulement jusqu’à l’ouverture de l’emballage. Au contact de l’air, le produit se transforme et sa durée de conservation diminue. Lucie Fillion déclare que le jus d’orange suit cette tendance, en raison des propriétés de la vitamine C. En effet, au contact de l’oxygène, de la lumière et de la chaleur, elles se dégradent. Une fois son contenant ouvert, le jus d’orange perd alors rapidement de sa valeur nutritionnelle, tout en demeurant parfaitement comestible. De nouveaux indicateurs de péremption L’emballage peut parfois optimiser la conservation des aliments, même après avoir dépassé la date annoncée sur l’étiquette. Mme Fillion explique que certains cartons sont conçus pour protéger et isoler le produit de son environnement. Il en est de même pour les boîtes de certains jus. Dans le cas de la viande, elle croit toutefois que la simple pellicule plastique qui la recouvre ne peut remplir ce mandat de conservation. La nutritionniste avance également que l’avenir en matière d’emballage alimentaire réside dans l’hydroxyanisol butylé (BHA) et le butylhydroxytoluène (BHT). Ces deux nanoparticules sont intégrées aux parois du contenant afin de protéger les aliments gras de l’oxyda-
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tion. Selon Mme Fillion, certains sacs de céréales suivent actuellement ce processus. Éventuellement, l’emballage pourrait également changer de couleur pour annoncer la péremption de l’aliment. D’ici là, la date de péremption demeure un bon indicateur, malgré les quelques nuances propres au type d’aliment. ÉPICIERS PRÉVOYANTS
La date de péremption est également synonyme de perte pour les épiciers. Nathalie Mathieu, employée depuis 30 ans chez IGA, est consciente de cette réalité. Les produits périmés sont retirés des tablettes. « Certaines compagnies nous accordent des crédits, minimes soit dit en passant, et Sobeys aussi en donne un petit peu », explique-t-elle à propos de ces aliments qui sont par la suite jetés pour éviter l’intoxication. Certaines mesures sont toutefois entreprises chez Sobeys, qui est responsable au Québec des bannières IGA, IGA extra, Marché Bonichoix, Rachelle-Béry et Les Marchés Tradition. Un système informatisé permet d’évaluer les ventes à court terme et équilibrer l’envoi de marchandises chez chacun des épiciers. L’objectif est de minimiser le gaspillage. « Il y a encore beaucoup de pertes, mais moins qu’avant! », s’en réjouit Mme Mathieu. JASMINE DESROCHERS
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Courtoisie : bob le chef
BOB LE CHEF, L’HOMME DERRIÈRE LE CUISINIER Plaisir pour les uns, corvée pour les autres, personne n’échappe à la cuisine. Après tout, on doit tous manger pour survivre! Bob le Chef a tenté de créer une façon de cuisiner qui mélange simplicité et bon goût. Impliqué dans la communauté et conscient des difficultés qu’éprouvent plusieurs personnes à cuisiner à peu de frais, il nous propose aujourd’hui quelques conseils et recettes pour pouvoir préparer des repas rapidement, simplement et pour pas cher. Bob le Chef est familier avec le milieu communautaire : il a été porte-parole de la Grande Guignolée des médias durant trois ans et a agi à quelques reprises comme animateur des campagnes de financement pour l’organisation caritative Dans la Rue. Il s’est aussi beaucoup impliqué auprès des personnes en situation de précarité au centre de jour de la maison Benoît Labre. Cet organisme de Montréal offre aux personnes itinérantes et vulnérables des services de première ligne. Pour les aider, Bob le Chef a
LA CASSEROLE AU THON, VERSION BOB LE CHEF Présenté sur le site internet http:// boblechef.com comme un plat inventé par « le milieu ouvrier pauvre américain à la fin des années 50 », c’est un repas à base de pâtes, de champignons et de thon. Peu coûteux, très nourrissant et réconfortant durant les longs mois d’hiver, voici sa recette.
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formé des cuisiniers et des chefs pour préparer les repas offerts aux personnes dans le besoin. En somme, lorsque l’occasion se présente, il aime « donner un coup de main là où il peut ». C’est dans ces endroits qu’il a eu l’occasion de travailler avec des gens qui sortaient ou tentaient de se sortir de situations difficiles, comme l’alcoolisme ou la dépendance aux drogues. Cette expérience l’a non seulement rapproché de ces personnes, mais également des difficultés qu’ils rencontrent en cuisinant. Par exemple, Bob souligne qu’ « il n’est pas toujours facile de trouver des pièces de bonne qualité » qui permettent de créer des plats plus goûteux. DES CONSEILS POUR VOUS AIDER
Bob le Chef est diplômé de l’Institut de Tourisme et d’Hôtellerie du Québec et il a travaillé dans plusieurs établissements réputés de Montréal, comme Le Globe ou Le Misto. Ses nombreuses expériences lui ont permis de trouver des manières de cuisiner simples et économiques. Il en partage ici quelques-unes avec nous et il espère que ces trucs aideront des personnes à mieux manger et à économiser.
Ingrédients
- 1 boîte de 500 g de pâtes alimentaires de votre choix - 10 champignons blancs émincés - 1 boîte de thon de 250 ml - 250 ml de crème 35 % - 250 ml de fromage cheddar râpé - 100 ml d’huile végétale - Sel et poivre au goût
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D’abord, Bob le Chef suggère d’avoir toujours des pâtes à portée de main, car elles permettent de cuisiner facilement les « restants » qui traînent parfois dans le frigo. Une manière simple de faire le ménage avant la prochaine épicerie. Ensuite, il suggère d’acheter et de cuisiner les produits de saison. En effet, ils sont souvent moins chers à ce moment. On peut penser aux petits fruits en été, aux légumes à l’automne ou au fameux sirop d’érable au printemps. De plus, en planifiant ces menus de la semaine, on s’évite d’acheter des produits inutiles à l’épicerie. En plus, en regardant les circulaires pour trouver les meilleurs prix pour notre liste d’épicerie de la semaine, on peut faire des économies substantielles! Finalement, Bob le Chef insiste sur l’importance des légumineuses, trop souvent oubliées. Elles sont non seulement peu coûteuses, mais elles sont remplies de protéines et faciles à cuisiner. Avec la bonne recette, même ceux qui n’aiment généralement pas les légumineuses les trouveront savoureuses! ANTOINE GRENIER
Marche à suivre
- Dans un grand chaudron avec de l’eau bouillante salée, cuire les pâtes selon les indications sur l’emballage. - Dans un grand poêlon avec l’huile à feu maximum, saisir les champignons. - Ajouter le thon et la crème. - Quand la crème commence à bouillir, ajouter les pâtes et laisser mijoter environ 1 minute. - Balancer le tout dans un plat allant au four et ajouter le fromage. - Gratiner au four à broil.
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DIS-MOI CE QUE TU MANGES...
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Échanges en rangeant la vaisselle après un repas familial : – La bouffe à la télévision, j’chu pu capable! – Ouais, comme si regarder di Stasio ou Curieux Bégin faisait réussir une recette! – Moi, avec le Net, Ricardo est devenu mon assistant-chef! – Ben moi, je rate même les biscuits que mes neveux de huit ans réussissent. Personne n’a encore pu m’expliquer pourquoi. – J’avoue que même les plats faciles des filles de Cuisine futée ou de Parents pressés restent pour moi comme les médailles olympiques : des objectifs impossibles à atteindre. Soupes et potages restent ma spécialité, à condition de pouvoir les improviser sans gaspiller. Deux ou trois générations de petits Québécois ont grandi avec un respect pour la nourriture que des temps plus difficiles avaient inspiré à leurs parents. Aujourd’hui, plusieurs ont balayé les lois et les valeurs du passé pour mieux profiter du présent. Les temps changent et rien n’arrête le progrès, même s’il rend malade. Chez nous comme dans certaines familles, la règle de grand-maman disant « si tu finis pas ta soupe, t’auras pas de dessert » avait déjà remplacé celle de sa mère à elle qui exigeait que chacun vide l’assiette qui lui était servie. Le choix n’était pas au menu. Personne n’aurait osé dire « C’est pas bon » pas plus d’ailleurs que la version plus polie « J’aime pas ça », car les deux commentaires entraînaient la même conséquence : « C’est ça ou c’est rien ». C’était avant la télévision. Avant le Guide alimentaire canadien et son ancêtre paru en 1942 sous le titre Règles alimentaires officielles au Canada, une initiative du gouvernement fédéral pour « prévenir la carence alimentaire et améliorer la santé des Canadiens », disait-on. Comme par hasard, la parution du document coïncidait avec l’arrivée des « tickets de rationnement », dans le cadre de l’effort de guerre. Entre 1942 et 1946, les familles devaient limiter leur consommation de produits comme les fromages, le beurre, les viandes et certaines conserves que le Canada envoyait aux armées, en Europe. Les « coupons de rationnement » servaient à contrôler la consommation locale. En 1942 puis en 1944 (année où l’on a ajouté l’argument esthétique de la « silhouette acceptable » aux préceptes), les Règles alimentaires officielles spécifiaient qu’on devait s’en inspirer parce que d’autres pays du monde avaient un
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urgent besoin de vivres. La population devait contribuer « pour aider ceux qui ont faim, en ménageant les denrées alimentaires. Achetez moins. Consommez moins. Ne gaspillez rien ». Plus tard, les « petits Chinois » et les « petits Africains » affamés sont arrivés autour de la table familiale : on vidait son assiette en pensant à ceux qui n’avaient rien à manger dans ces pays-là. Puis, les enfants ont constaté que les gens d’ailleurs n’étaient pas les seuls à avoir faim, même en temps de paix. Bien sûr, des organisations caritatives travaillent pour combler les besoins les plus évidents, mais le message anti-gaspillage nous rejoint-il aujourd’hui, autour de la table familiale? La question ne semble pas vraiment préoccuper nos sociétés riches. Pendant que la télévision ronronne sur le thème des arts de la cuisine, sans se soucier du coût des denrées qu’elle recommande, on prépare, à Ottawa, une nouvelle édition du Guide alimentaire canadien selon « une nouvelle perspective » inspirée par ce qui se fait au Brésil, prétendent ses auteurs. Rien de moins! Pourtant, la nouveauté serait qu’on s’intéresse enfin à la relation entre la qualité proposée et le prix exigé des consommateurs. Les consultations menées sur le sujet au cours des derniers mois ont identifié des problèmes reliés à l’industrie agroalimentaire, à la publicité et marketing, mais surtout à la transformation des éléments frais et à l’étiquetage des produits. Et on a aussi parlé des sucres et des produits laitiers, des tendances végétalistes et des allergies. Qu’en est-il du gaspillage des éléments nutritifs tout au long des chaînes de production? Et des ressources disponibles pour les consommateurs des régions éloignées qui doivent payer plus cher pour tous les produits? Un peu de réalisme s’impose. Tant qu’une nourriture saine coûtera plus cher qu’une mixture quelconque largement disponible à moindre coût, les avis théoriques des guides préparés ou des règles édictées par les gouvernements resteront vains et inutiles. Et le tiers de la production alimentaire mondiale destinée aux humains sera gaspillée et perdue, selon une constatation de la FAO, organisme des Nations Unies, faite au début des années 2010, après une enquête internationale. MARTINE CORRIVAULT
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L’AGROCITÉ : VITRINE SUR L’AGRICULTURE URBAINE
AgroCité est un regroupement d’étudiants-entrepreneurs de l’Université Laval qui travaillent au développement d’un modèle d’affaires d’agriculture urbaine spécialisée en culture hydroponique et aquaponique, des techniques de culture hors-sol. De projet en projet Même si l’association étudiante, qui a vu le jour il y a près de 3 ans, construit sa mission d’entreprise autour de plusieurs valeurs écologiques et nourrit une foule de projets, la principale mission d’AgroCité est d’augmenter l’autonomie alimentaire de l’Université Laval tout en réduisant son empreinte écologique. Pour ce faire, le comité cultive des produits maraîchers afin d’approvisionner les services alimentaires qui s’y trouvent. AgroCité opère deux serres. Celle qui fonctionne le mieux en matière de productivité se situe sur le toit du pavillon Alexandre-Vachon. Il est aussi possible de trouver un système hydroponique à l'entrée du pavillon Paul-Comtois. Il y a également un système hydroponique au pub Universitaire, là où poussent de la laitue et des fines herbes telles que du basilic, de la coriandre et du thym. En outre, un système hydroponique vertical à utilisation libre sera implanté au pavillon Alphonse-Marie-Parent aux environs des mois de janvier ou février. De la laitue et des fines herbes sont cultivées grâce à des bassins d’eau auxquels sont ajoutés des nutriments
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pour assurer la croissance des plants. En échange, les plantes filtrent l’eau qui est ensuite renvoyée dans les bassins. Dans le cas de la culture aquaponique, ce sont les excréments des poissons vivants dans les bassins qui produisent les nutriments essentiels à la croissance des plantes. En échange, les végétaux filtrent l’eau qui est ensuite retournée à l’aquarium. Les poissons et les fines herbes vivent dans une relation de symbiose qui a pour effet de produire très peu de déchets.
Courtoisie : Charlyne Girouard
De plus en plus populaire, l’agriculture urbaine découle de la demande grandissante des citadins pour des aliments cultivés à proximité. Elle s’inscrit parmi les initiatives de réappropriation de l’espace urbain, à des fins alimentaires, qui se multiplient à Québec. La Quête s’est rendu à l’Université Laval, où sont fortement encouragées les initiatives en matière de développement durable, afin d’en apprendre un peu plus sur l’une de ces associations étudiantes, Agrocité.
Un bilan très positif Sarah-Claude Amyot, étudiante en études internationales et langues modernes, est membre du comité depuis quelques mois déjà et affirme que, même si les dispositifs nécessitent une certaine dose d’énergie, quant à l’éclairage par exemple, ces types de culture demeurent une pratique très écologique qui est de plus en plus appréciée. « De plus, l’association utilise et fait la promotion de produits locaux, ce qui est très intéressant et lui permet d’optimiser sa notoriété », ajoute-t-elle. Mme Amyot, qui s’occupe des ressources humaines, mentionne que l’association détient un bilan très positif de ses activités et que les pratiques d’aquaponie et d’hydroponie sont en pleine expansion. « Jusqu’à présent, tout fonctionne très bien et je trouve cela impressionnant de voir à quel point l’association prend de l’expansion rapidement, surtout dans la dernière année », confie Mme Amyot. Le regroupement d’étudiants-entrepreneurs nourrit l’ambition de partager son savoir-faire. Il travaille notamment en étroite collaboration avec la ferme aquaponique mobile (FAM) et Écosystèmes Alimentaires Urbains au développement d’un projet pilote destiné aux communautés nordiques. L’objectif est d’implanter un système de culture hors-sol et résistant au grand froid tout en
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consommant le moins de ressources possible. L’association est aussi à l’origine de plusieurs ébauches expérimentales telles que Fongicité, qui propose une production de champignons, et ce, grâce à la récupération de déchets. « Éventuellement, on aimerait aussi exploiter l’énergie solaire afin de mener la réduction de notre impact sur l’environnement à un niveau supérieur. C’est vraiment intéressant de voir la motivation et la détermination des membres lorsqu’il s’agit de faire des expérimentations. » MARYLIE LABERGE-SÉVIGNY
POUR EN SAVOIR PLUS
Le 26 mars 2018 aura lieu, au pavillon Gene-H.-Kruger de l’Université Laval, un colloque annuel sur l’agriculture urbaine auquel l’association prendra part. Lors de cette journée, où plusieurs représentants de différentes associations étudiantes de l’Université Laval tiendront des stands d’information, il y aura six conférences, une discussion animée ainsi qu’une séance de réseautage pour conclure la journée. En plus d’être gratuit, cet événement est ouvert à tous.
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L'ESPOIR AU CUBE L’INSULINOTHÉRAPIE ET LA FAIM IRRASSASIABLE Qui d’entre nous, parce qu’il a mangé trop vite ou avalé un repas trop faible en protéines, n’a pas déjà éprouvé une sensation de faim intense, même après s’être empiffré comme un ogre? Qui, sous le coup d’une trop forte émotion, n’a pas connu une furieuse sensation de fringale? Les « fausses » faims, ça s’appelle… Et la fausse faim est l’un des principaux effets secondaires du coma hypoglycémique, dit aussi la cure de Sakel, une « thérapie » pour « soigner » la dépression qui avait toujours cours au Québec et en Europe, à l’époque des sweet seventies… QUAND RIEN NE FONCTIONNE… En mai 1972, après deux mois d’hospitalisation à la clinique Roy-Rousseau, à Québec, pour une sévère dépression diagnostiquée « atypique », force me fut d’admettre que rien ne fonctionnait. J’avais beau y mettre tout mon cœur, ni les électrochocs, ni la pharmacopée, ni le docteur S., mon psychiatre, ne parvenaient à m’arracher à l’immense détresse intérieure qui m’habitait. J’étais habité, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, par la peur de devenir fou. Par la certitude d’être fou. Aussi, dans l’espoir d’aller mieux plus vite, j’ai eu l’idée (très mauvaise) de me porter volontaire pour l’insulinothérapie : une thérapie obsolète, dangereuse et brutale, dont certains vantaient à tort les mérites, et qui consiste à provoquer un semi-coma en injectant au patient une forte dose d’insuline. Ça se voulait être comme un électrochoc à long terme, sensé régénérer le « moi » profond. Or, l’une des principales caractéristiques de ce traitement était la faim dévorante et insatiable qui nous envahissait, sitôt sortis du coma insulinique. Une sensation que je n’oublierai jamais! SURVIVRE À L’INNOMMABLE Loin de moi l’idée de me poser ici en martyr, mais au bout de quelques jours de cette « médecine », je n’avais qu’une idée en tête : en finir au plus tôt, et survivre! Sortir indemne de ce processus inutilement violent pour le corps et l’esprit. Non mais, imaginez : tous les jours, pendant presque deux mois, il me fallait plonger dans les eaux glauques et noires d’un coma insulinique qui durait d’une à deux heures. Et vous dire, le réveil, au bout de ces deux heures! Chaque matin, quand l’infirmière L. me donnait une piqûre de glucose pour m’éveiller, j’avais l’impression d’enfiler une interminable suite de couloirs se superposant
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les uns aux autres. De sorte que quand j’émergeais pour de bon, confus, désorienté, en nage et « hurlant ma vie », j’avais toujours l’impression d’avoir survécu à quelque chose d’insondable et d’innommable. Quelque chose d’abyssal, où la mort rôdait en permanence. ÊTRE AFFAMÉ TOUT LE TEMPS Et c’est là, quelques instants après cet éveil des plus brutaux, que montait la faim, cette compagne qui allait devenir si familière pendant tout le temps que dura cette singulière intervention psychiatrique. La faim! Une faim immense, extrême, que deux, voire trois gros déjeuners complets, arrosés de quantités de jus et de fruits — pour compenser le sucre brûlé par l’insuline — n’arriveraient pas à combler. Pas plus que la crème glacée à volonté, un privilège très envié, auquelle nous avions exceptionnellement droit pendant toute la durée de la thérapie. Je me retrouvais donc doté d’un appétit féroce et colossal que n’arrivaient pas non plus à rassasier les montagnes de gâteaux, croustilles et autres pâtisseries extirpées des distributrices de la cantine. Bref, en un mot comme en mille, c’était le supplice de Tantale* à la sauce Roy-Rousseau-1972. Un thérapie très « particulière » que cette insulinothérapie qui, en l’espace de deux mois, m’aura fait passer de 140 à 200 livres. C’est vous dire! LA CURE : UN MAUVAIS SOUVENIR Aujourd’hui, plus de quarante ans après cette histoire d’insuline, et aussi après de nombreuses autres thérapies, je vis tout de même une vie heureuse, entière et utile. Mais si ça se trouve, je dois ce résultat bien plus à ma sobriété et à mes efforts personnels, qu’à la psychiatrie de l’époque, ses cures « miraculeuses » d’électroplexie ou d’insulinothérapie, voire ses fabuleuses pharmacopées. Incidemment, la cure d’insuline a été officiellement abolie quelques années après mon séjour à Roy-Rousseau, soit en 1975. Quel bon débarras! GILLES SIMARD
* Tantale, fils de Zeus, fut puni pour trahison et condamné
à être éternellement enchaîné dans le Tartare, à proximité d’un pommier, tout en étant incapable de boire l’eau du fleuve ou de manger les fruits de l’arbre.
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PARCOURS CULINAIRE INITIATIQUE D’UNE EXPATRIÉE UN BRIN ANOREXIQUE
Manger a toujours été pour moi un grand moment de solitude et d’angoisse. Alors, parler de nourriture n’a jamais été mon fort. En arrivant ici, par exemple, les gens me parlaient beaucoup de la fameuse poutine. Ce plat me terrifiait. Pour moi, il n’était source que de kilos supplémentaires vite attrapés et de mal de ventre à venir. Pourtant, mes premières découvertes alimentaires m’ont réservé bien des surprises. Bousculer ses habitudes alimentaires
Je retrouvais aussi des aliments de mon quotidien comme le lait et les œufs rangés au rayon des produits réfrigérés. En France, les bouteilles de lait sont rangées par pack de six et ne sont mises au réfrigérateur qu’une fois ouvertes. De même pour les boîtes d’œufs. Et lorsque je rentrais chez moi avec mes œufs sous le bras, le changement de température semblait en avoir fait exploser la moitié! Je les trouvais fragiles et leur coquille me paraissait si fine. J’ai dû faire preuve d’imagination pour les garder intacts dans mon sac de courses. Mais, me perdre dans le Métro entre chaque rayonnage m’a offert de nouvelles surprises, comme de trouver du beurre salé me rappelant la Bretagne. Mais, que de joie vite dispersée lorsque je me rends compte que le sel manque cruellement sur ma tartine, bien trop fade à mon goût! Jolie poutine Mais revenons à la fameuse poutine, celle qui me terrifiait tant. J’ai découvert la poutine avec une amie du Québec, nouvellement rencontrée. Travailler sur l’écriture d’un article donnant faim, elle m’entraîne dans un restaurant dont j’oublie le nom, perdu dans les rues de Saint-JeanBaptiste. Et la poutine s’impose doucement comme une évidence. Ma première poutine.
© Louise Pillais
La première fois que j’ai découvert l’épicerie Métro, chaque rayonnage m’a offert de nouvelles surprises. En effet, la taille des aliments, des paquets et des quantités me paraît astronomique, les choix parfois invraisemblables. Le nombre de céréales me laisse très souvent dubitative durant de longues minutes, abasourdie et hésitante entre chaque paquet.
Je la vois manger sa poutine avec enthousiasme. Alors, sans réfléchir, j’attrape mon premier morceau de fromage plein de sauce brune. Je croque. Oh! Diantre!
désormais envie de manger depuis mon arrivée ici : essayer de nouvelles recettes, croquer les pommes de l’île d’Orléans, préparer une tarte au sucre, mettre du sirop d’érable partout sur mes desserts et manger Mais quelle est donc cette texture? des croissants avec du jambon et des Ça me fait penser à du caoutchouc. omelettes le matin. Je goûte une seconde fois. J’adore la sauce, le mélange frites et fromage. Mais, pour l’instant, je me prendrais Et ce dernier ne me paraît plus aussi bien une nouvelle poutine.... étrange à croquer, ça devient même presque addictif, la troisième et quaLOUISE PILLAIS trième bouchée. Une amie m’avait dit une fois devant mes kilos perdus que manger Michel Yacoubc’est vivre. La nourriture, c’esten la sécurité vie. J’ai financière Conseiller Conseiller en régimes d’assurances collectives Représentant autonome
La petite voix anorexique se balade dans mon esprit, mais il y a cette bienveillance dans le regard de mon amie qui se passe de commentaires.
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PURISTE ALIMENTAIRE
Même harmonisée comme une symphonie, une recette composée d’une multitude d’ingrédients rend difficile l’identification de chacune des substances. L’idéal est d’être un puriste alimentaire. J’adhère fortement à cette philosophie qui n’accepte pas les recettes très compliquées, mais qui privilégie, au contraire, la consommation d’aliment à l’état le plus près de la nature pour en retirer toute la saveur. Ainsi, les fruits doivent être cueillis à maturité et dégustés à ce stade, il en est de même pour les légumes. Concernant les viandes et les fruits de mer, la fraîcheur est de mise et la cuisson doit être minime. Dans l’assiette, on peut présenter divers aliments pour créer une harmonie de couleurs, mais, en bouche, il est préférable de ne pas mélanger les saveurs.
Quand je pense à la relation avec la nourriture, je songe à une personne d’exception, une grande dame, Elsie Reford. Elle aimait les expéditions de chasse et de pêche, mais son médecin lui proposa de limiter ces activités, à la suite ppe B ou cha d’une opération. Elle s’adonne alors rd à l’horticulture, et pas à peu près. Sur son terrain de plus de 20 acres, elle commence son jardin en 1926, engageant un jardinier, puis deux, trois, quatre, et ce, jusqu’à 22. Un véritable commando pour réaliser ses ambitions. Remuant la terre, déplaçant des pierres, préparant des composts spéciaux, elle réussit à faire pousser des plantes que personne n’avait réussies auparavant, comme des azalées et des pavots bleus du Tibet. Elle transforme son domaine d’un simple camp de chasse et de pêche en un des plus magnifiques jardins à l’anglaise de la partie est de l’Amérique du Nord. ili Ph
À ma grande surprise, lorsque j’ai demandé à certaines personnes ce qu’elles préféraient manger, elles nommaient un mets très simple, qui souvent correspondait à ce que leur mère cuisinait quand elles étaient enfants. La mémoire gustative, enregistrée dans les neurones du cerveau se manifeste, de façon nostalgique, lorsque l’on sent ou goûte un plat qui nous a marqués.
Un modèle
: isie rto Cou
Depuis les temps les plus anciens, l’Homme, peu importe l’endroit où il habite, trouve les aliments adaptés à ses besoins, dans son environnement immédiat. Mais les temps ont changé. Aujourd’hui, sur la table à manger, le saumon de l’Atlantique Nord peut côtoyer des fruits exotiques. L’homme n’habite plus un territoire, mais la planète entière et, par conséquent, une variété infinie de produits sont à sa disposition. Cette conquête a des avantages et des inconvénients.
Chaque plant reçoit ce que j’appellerais un traitement royal. Par exemple, il est interdit aux jardiniers de toucher les fraises : lorsque ces dernières deviennent trop lourdes pour leurs tiges, elles sont soulevées au moyen d’une baguette et le sol est couvert de paille pour éviter le contact avec la terre. De plus, il est interdit de les laver. Inutile de mentionner que la cueillette se fait avec des gants pour ne pas les toucher. Madame pouvait alors déguster des fraises d’une pureté savoureuse à nulle autre pareille. Je m’absIdéalement, les liquides seront également consommés tiens ici de parler de son caveau à patates qui dépassait en à l’état pur, quoiqu’ils soient difficiles à trouver, la rai- élégance bien des caves à vin que j’ai visitées. son étant que le marché actuel nous inonde de produits contenant des substances artificielles. De plus, la pollu- Je veux conclure en mentionnant que la relation avec la tion de l’air et les pluies acides contaminent beaucoup nourriture peut être bonifiée par des accessoires tels une d’aliments. L’homme, avec toutes ses avancées scienti- nappe en damas, un peu d’argenterie, de la fine porcefiques, est en train de détruire la planète. Je n’ai quand laine, et du cristal pour les breuvages. Il n’est pas inconvemême pas 100 ans, mais je m’aperçois que certains pro- nant d’accompagner le tout par une trame musicale très duits que je dégustais quand j’étais jeune n’ont plus le douce, et de discuter de sujets intéressants. Cette mise en même goût ni la même saveur. place demande un peu plus de temps, mais elle nous fait apprécier davantage un bon repas. Bon appétit, et à votre santé! PHILIPPE BOUCHARD
Erratum Dans l'édition de décembre-janvier, une erreur s'est glissée à la page 11. La photo du bas représentait la patinoire de l'Esplanade de la rue d'Auteuil et non pas la patinoire Saint-Matthew qui était située tout contre la Côte Salaberry. Nos excuses au photographe Antoine Godbout.
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SUR LA ROUTE... DES ROIS DE LA PATATE!
© Antoine Godbout
UN PETIT VOYAGE DANS LE TEMPS. OFFERT PAR ANTOINE GODBOUT
© Antoine Godbout
Saint-Ferréol-les-Neiges, 1964
Quartier Limoilou, Québec, 1971
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© Antoine Godbout © Antoine Godbout
Berthierville, 1977
Ste-Anne-de-la-Pérade, 1988 FÉVRIER 2018
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core prouvé, mais on le soupçonne. Alors, déjà là, faut-il encourager les produits biologiques? Si on les envisage avec un peu d’altruisme : oui. Mais les risques ne s’arrêtent pas là. Il faut considérer également que des résidus de pesticides peuvent se retrouver et s’accumuler dans les cours d’eau avoisinant les champs. À la fin de la chaîne alimentaire, l’humain n’est donc pas complètement à l’abri. Et c’est sans compter les dommages pour les sols cultivables qui voient sans arrêt leur productivité décroître à force d’utiliser des engrais chimiques. Donc, faut-il acheter bio? Cela dépend des valeurs de chacun. Non, d’un point de vue individualiste et, il faut le dire, un brin égocentrique. Mais oui, si l’on tient compte de tous les facteurs, incluant la santé des agriculteurs et la protection de notre environnement, ce qui comprend les poissons, la faune, les oiseaux, etc. Personnellement, j’achète bio lorsque c’est indiqué bio sur l’emballage, quitte à payer un peu plus cher.
pesticides dépend uniquement de Santé Canada. Autrefois, elle relevait du Service canadien de la faune et tenait compte ainsi de la santé des animaux. À quel ministère devrait-elle appartenir maintenant? Voilà qui mérite réflexion pour tous ceux qui désirent construire un projet de société. PAUL PELLETIER
Quoi qu’il en soit, les gouvernements ne semblent pas trop pressés de rendre l’étiquetage OGM obligatoire dans les supermarchés (comme cela est pratiqué depuis quelques années, par exemple, en Europe). Et enfin, j’ajouterais un dernier point : la loi présentement en vigueur au Canada sur l’homologation des
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En 2018, nombreux sont les consommateurs qui se questionnent sur la pertinence, ou non, d’acheter des aliments biologiques au supermarché. Je vais essayer de répondre à cette interrogation avec objectivité, sans louanger ni diaboliser qui que ce soit, même si ce n’est pas l’envie qui me manque parfois. La question en est une de santé publique et d’environnement, mais aussi de conscience sociale. D’emblée, acheter non biologique ne semble pas poser de problèmes pour la santé humaine. Oui, les fruits et les légumes peuvent contenir des pesticides, que ce soient des herbicides (pour lutter contre la mauvaise herbe), des fongicides (contre les champignons) ou des insecticides (contre les insectes nuisibles), mais leur quantité est négligeable et le corps humain les élimine au fur et à mesure. Autrement dit, et pour utiliser un vieux dicton, *le poison est dans la dose*, et la dose est insuffisante pour représenter un quelconque danger. Là où l’on commence à avoir des réserves, cependant, c’est pour ceux qui sont les plus exposés à des doses fortes et répétées, c’est-à-dire les agriculteurs. Selon les entreprises phytopharmaceutiques elles-mêmes, soit celles qui vendent les pesticides, ils risquent des problèmes de peau, des déformations congénitales, des troubles neurologiques et même des cancers. Les cancers, ce n’est pas en-
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FAUT-IL ACHETER BIO?
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LE JEU DE LA QUÊTE PAR JACQUES CARL MORIN ET GINETTE PÉPIN
LE JEU DE LA QUÊTE
par Jacques Carl Morin et Ginette Pépin
CE JEU CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES COLONNES 1 ET 20 À L’AIDE DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OUles DÉJÀ INSCRITES. Ce jeuDES consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que colonnes 1 et 20CHAQUE à l’aide des CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUI EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE D’UN MOT ET définitions, indices ou lettres mélangées ou déjà inscrites. Chaque case grise représente une LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT.
lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant. 1
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Verticalement :
VERTICALEMENT :
1- CONTE DE CHARLES PERRAULT. 1-POPULAIRE Logement, lieu où l’on vit.
20- PAPIER PEINT OU TISSU TENDU SUR LES MURS.
20- Instituteur, enseignant. HORIZONTALEMENT : 1- PROFESSION DE CLAUDE GALLICHAN, PARTENAIRE Horizontalement : *AD VITAM AETERNAM* DE LA QUÊTE. ANTONYME DE DÉFICIT.
5- RÉPARATION DE LA COQUE D’UN NAVIRE (OBRAUD). PETIT D’UN PHOQUE. JAPONAISES.
1- Guenilles. Qui traite quelqu’un de
2- ORGANE DE LA DIGESTION. ÉTUI POUR RANGER charrue. DES FLÈCHES. CÉLÈBRE *CROONER* AMÉRICAIN.
3- ELLES2-HABITENT LES PAYS-BAS. PAR Qui concerne l’ouïe.ACTES Partie d’une LESQUELS ON VEILLE AU BIEN-ÊTRE DE QUELQU’UN. du cochon, de l’ours. ARRÊT.
6- INTRUS. CHACUNE DES REPRISES D’UN COMBAT DE BOXE. SON ÉPÉE NOUS RAPPELLE QU’UN DANGER haut.CONSTANT MoutonPEUT femelle. Action de semer. Pièce de NOUS FRAPPER.
la
7- DON PAR TESTAMENT. ÉTONNEMENT, CONSTERNATION. COMMERCE, AFFAIRE.
ville située en dehors des murs. Émettre un cri, en parlant 8- L’UN DES 9 QUARTIERS DE L’ARRONDISSEMENT LA CITÉ-LIMOILOU (TRALIE). PLANTES ORNEMENTALES FLEURISSANT AU PRINTEMPS. DON JUAN.
4- MAISON LA RUE D’AUTEUIL POUR LES JEUNES 3- DEUstensiles d’origine asiatique. Accessoire d’arbitrage en sport collectif. En troisième lieu. DE 12 À 24 ANS. OUVRIR GRAND LES YEUX. PIÈCE 9- ARÔME. BATAILLON. UNITÉ DIVISÉE EN 3. INQUIÉCLÉ DU JEU D’ÉCHECS. TUDE, PRÉOCCUPATION.
4- Le « I » dans le sigle INRS. Diviser, séparer en coupant. Radeau pneumatique. Thérapeute 10- PERSONNE ÂGÉE DE 90 ANS. BEAUTÉ(QHEETTUSIE). conjugal et familial.
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PAR HÉLÈNE HUOT
RIRE ET SOURIRE - « J’adore la nourriture chinoise. Mon plat préféré est le numéro 27. » Clément Attlee, homme politique britannique (1883-1967)
- Dieu a dit : « Je partage en deux, les riches auront de la nourriture, les pauvres de l'appétit. » Coluche, humoriste et comédien français (1944-1986)
- « Le café est un breuvage qui fait dormir quand on n'en prend pas. » Alphonse Allais, journaliste, écrivain et humoriste français (1854-1905)
- « Chez nous, on mangeait à la carte: celui qui tirait l'as de pique mangeait. » Woody Allen, réalisateur, scénariste, acteur et humoriste américain, né en 1935.
- « Un cannibale est un type qui va dans un restaurant et qui commande le serveur. » Jack Benny, acteur américain (1894-1974)
PARLONS CUISINE 1. L’écumoire est un ustensile de cuisine qui sert à enlever l’écume ou les impuretés d’un liquide. Dit-on un ou une écumoire? 2. Dans le domaine culinaire, les verbes « macérer » et « mariner » peuvent être employés indifféremment. Vrai ou faux? 3. Ma mère adore faire la cuisine; elle apprécie beaucoup la manique que je lui ai offerte en cadeau. Une manique est : a. une couverture de plastique pour le livre de recettes; b. un gant anti-brûlure; c. un grand plat allant au four. 4. On trouve au fond de l’évier de la cuisine une tôle perforée qui sert à arrêter les corps étrangers. Cet objet s’appelle : a. une crépine; b. un puisard; c. un sas. 5. Vous voulez préparer une sauce béarnaise pour accompagner un poisson grillé. Cette sauce comprend nécessairement, entre autres ingrédients : a. de la mayonnaise; b. du citron; c. des jaunes d’œuf. 6. Le Piolet est un organisme communautaire de bienfaisance fondé en 1985. Qu’est-ce donc qu’un piolet? a. un bâton d’alpiniste; b. une petite pioche; c. une toupie artisanale en bois. 7. Qu’ont en commun l’agneau de Charlevoix et le maïs sucré de Neuville? 8. Plusieurs expressions courantes nous viennent du domaine de la cuisine. Quelle expression signifie : A.
Ne pas être dans son état normal.
B.
Critiquer quelqu’un en son absence.
C.
Répartir équitablement quelque chose, faire un compromis.
D.
Arriver de façon incongrue, mal adaptée à la situation.
E.
S’évanouir, perdre connaissance.
« À trois ans, je suis déjà un homme de lettres. La première fois que ma mère me sert une soupe à l’alphabet, je suis émerveillé par les formes moulées dans la pâte. Les voyelles et les consonnes deviennent vite mon jeu préféré. Je répète le nom de chaque lettre que me chante ma mère. Dès que je l’ai chantée, je la mange. Occuper le territoire, c’est le nommer, le chanter. Petit à petit, j’occupe le territoire du langage humain. » (2017)
© Antoine Godbout
QUI SUIS-JE?
Pour dire son mot ou donner un autre son de cloche, rien de plus facile, écrivez à hhgodbout@gmail.com. J’attends de vos nouvelles… Merci à vous ! Les réponses page 29.
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J’aimerais vous relater une histoire que j’ai déjà racontée à ma copine. À ce moment-là, nous vivions en appartement près de l’Université Laval. C’était un grand appartement qui avait vu passer plusieurs étudiants. J’étais seul. J’attendais le sommeil dans le salon. J’aime me reposer dans des endroits calmes. Avant de commencer une chose, peu importe le projet, j’ai besoin de silence autour de moi. Et c’est grâce à ce silence, ce jour-là, que j’ai eu l’idée de faire une soupe.
Illustration : Line Simard
La soupe
Je me suis mis au travail. Avec application, j’ai coupé les oignons, les carottes, les céleris et le navet. J’ai fait revenir les légumes dans un peu d’huile d’olive, puis j’ai ajouté le bouillon de poulet. Le fait de me concentrer sur cette tâche me fit du bien. La soupe devint le centre de mon attention, le centre de mon univers. Je me suis penché au-dessus du chaudron. J’essayais de comprendre l’action des légumes dans le bouillon en ébullition. Ils semblaient monter au centre pour finalement redescendre sur les côtés. J’ai observé la soupe durant au moins une quinzaine de minutes, pour voir. Voir les légumes bouillir est devenu, pour moi, une méditation. Pendant un bref instant, la vie s’est arrêtée. Je me suis dit : « Je deviens fou ». Ensuite, je me suis demandé pourquoi je m’attardais à ce genre de pacotilles. Sans doute que la soupe m’a fait prendre conscience de mon isolement. J’étais seul dans ce vaste appartement et je n’avais qu’à penser à moi. Mais au fond, c’était inéluctable. Cette solitude allait devenir un symbole, une image ou quelque chose de plus simple : une histoire. Je crois avoir terminé, mais je n’en suis pas si sûr... Quand ma copine est arrivée, je lui ai montré la soupe et je lui ai expliqué comment les légumes circulaient à l’intérieur du chaudron. Elle a beaucoup ri. Elle avait raison. Ce n’était pas le genre d’événement qui avait marqué l’actualité cette journée-là. L’Histoire ne retiendra pas ça, c’était le 29 août 2010. Date anodine. Non. Un an après notre première fille venait au monde. FRANÇOIS GAGNON
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LAVIE CHABON
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Ce texte est écrit en vegisignes, police créée par l'auteur
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Chaland
Faut-il engranger Que que, pour se subvenir Il y a peut-être s’enrichir Un plat de dérangé Penses-tu le chaland De découvrir, se découvrir À avoir sa maison Avoir le goût du partir On t’induit au dépourvu Une fresque de la chaudière Une gourmande de l’imprévu Ce préambule qui peut poindre, c’est cher Que c’est cher L’as-tu entendu À quel point on perd Dans l’exercice de notre dû J’ose te suivre Au gré de l’affranchi Un amour qui enivre Le lot de l’enfant chéri Axiologie, théorie des valeurs morales Elle est bonne, elle est bonne dans le banc La femme et son châle Une course vers le chaland BENOIT TURBIDE
Pardon La rechute fait partie de notre cheminement, Il ne faut, en aucun cas, laisser le remords gruger notre présent. Il faut savoir, envers soi, être indulgent Sans tarder, immédiatement, Il faut investir ses énergies à se relever Au lieu de les placer Dans la culpabilité Sur l’erreur, la page il faut tourner Sur soi-même, il faut cesser de s’apitoyer S’améliorer il faut croire On évite ainsi le désespoir Nous ne sommes pas infaillibles, Mais tous, on est perfectible Croire en cette idée Et il y aura probabilité De nouveau cheminer Avec sérénité Vers une belle destinée Toute ensoleillée Notre humanité contient Tout le potentiel D’améliorer notre réel Si on demeure malgré tout ami Pour la vie. GAÉTAN DUVAL
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MALADES... OU HÉROS! La vie n’est pas facile, encore moins pour la personne atteinte d’une maladie mentale. Poser un geste banal peut parfois lui demander un effort incroyable et générer un grand stress. Pour elle, le problème, c’est d’avoir un pied dans le rêve, un rêve pas toujours agréable, et l’autre dans la réalité. Une frontière à franchir chaque fois que la personne atteinte d’une maladie mentale entre en relation avec autrui.
Parallèlement à l’ère du plastique vint celle des pilules. Les personnes atteintes mentalement pouvaient être « réparées » et vivre un semblant de vie normale. La grande promesse : prendre ses pilules devenait un gage de bonne santé mentale et de réinsertion sociale. Peu à peu, on vidait les hôpitaux et on remplissait les centres d’achat, notamment les Galeries de la Canardière. Tous avaient alors le droit de rêver.
Mais comment vivre et mettre de côté son passé psychiatrique? Comment se réinsérer et vivre une vie selon les normes? Comment avoir une vie enrichissante et combattre l’envahissement de ses bibittes mentales, les résidus de la maladie? Guérir de la maladie mentale est un combat de tous les jours. La personne qui tente de réintégrer la société pose des gestes qu’on peut penser anodins, mais qui l’amènent quotidiennement vers le statut de héros. J’ose dire que les personnes qui ont vécu un ou plusieurs épisodes psychiatriques, qui se sont prises en main et qui ont fait le choix du rétablissement sont des héros. ROGER ROBIDOUX
Archives WEB
Autrefois, c’était, pour ces personnes, l’internement et sa suite de traitements plus ou moins efficaces : insuline, électrochocs, lobotomie, etc. La façon d’aborder la maladie mentale entraînait une perte d’autonomie et ne laissait
pas à la personne un choix réel de rétablissement. La maladie mentale constituait une tache sur le tissu social, une souillure. La personne devenait peu à peu une victime *ad vitam aeternam*.
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Éveiller les cœurs
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Je suis le voleur des cœurs Mal-aimés Des cœurs oubliés Des cœurs perdus Des cœurs dévolus Je redonne aux cœurs Leur fleur de bonheur Leur beauté tant aimée Leur joie veloutée
Apothéose
J’adoucis les cœurs Rugueux J’opalise les cœurs Ternis Je renforce les cœurs Tendres Je soigne les cœurs Malades
Aujourd’hui tu n’es plus toi-même; tu es à ton apothéose. Un immense soleil rouge brille et irradie tout ton être. Sa chaleur réconfortante et bienfaisante se propage sur ta peau. Maintenant, tu es vivant et tu ne tiens plus en place. Survolté comme une pile gonflée à bloc, prêt à décharger toute l’énergie cosmique qui est en toi. Voilà l’être que tu veux être, fort et conscient de toutes les fibres de ton corps. Une intense pulsion habite chaque cellule de ton humanoïde charnel.
Je suis le voleur des cœurs Blessés Des cœurs endurcis Des cœurs chavirés Des cœurs en transit
Explore ton génie et ta créativité. Montre qui tu es. Prouve ta supériorité naissante, gagnée dans le temps incommensurable de ta création, maintenant vaincs et vis.
J’illumine les cœurs Sans clarté J’ensoleille les cœurs Désolés Je réchauffe les cœurs Déchirés
MICHEL ÉMOND
Je rallume les cœurs Étouffés J’écoute les cœurs Silencieux J’entrouvre les cœurs Fermés Je guéris les cœurs Ulcérés Je change les cœurs Insoucieux Je change les cœurs Au besoin des autres MICHEL BONNELLY
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Crédit photo : Bertrand Dugas
La normalité
La normalité, c’est l’indifférence. Hier, une dame en crise m’a interpellé directement. Elle m’a regardé dans les yeux et ses mains semblaient me supplier de l’aider. J’ai haussé les épaules pour signifier que je ne pouvais pas l’aider, j’ai affiché un léger sourire puis je suis entré sans ralentir dans l’Intermarché Saint-Roch. Je crois qu’elle disait : « Il est parti. Il avait raison; c’est ma faute ». On présume qu’elle est folle... Elle est là, dans ma communauté, devant moi, me supplie, yeux dans les yeux et sa situation est peut-être bien réelle. L’indifférence, c’est la petite mort, une noirceur qui s’immisce hypocritement au fond de nous, préservant le fait que nous sommes encore vivants, l’image de la normalité, quand nous ne sommes qu’en train de survivre en lâches. Avant, je n’aurais jamais ignoré cette personne et j’avais la confiance et l’intuition souvent pour aider un tant soit peu. Quand j’étais jeune et anormal, les gens pouvaient bien me juger, mais j’étais une bien meilleure personne. Il demeure possible de briser son indifférence. MICHAËL MARCON LESSARD
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Rends à l’humanité Et nous verrons dans un futur rapproché L’éloignement du présent De cette tristesse qui m’assaille au quotidien De cette conscience de ma mort qui mettra fin à ma vie De cette amertume qui s’ouvre à chaque temps De cette joie qui me culbute devant le regard d’un enfant De cette insouciance dans laquelle me transporte une douce mélodie De cette exaltation qui m’envahit lorsqu’un ancien me consacre son temps Naîtra la vie En ce temps de futur qui ne va qu’en se rapprochant Laissant ainsi place à l’éloignement de cet instant furtif Alors jeunesse, alors vieillesse, ce que tu prends à l’humanité Essaie de le remettre à l’humanité SYLVAIN ROUILLARD
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RÉPONSE Qui suis-je?
RÉPONSES LA LANGUE DANS SA POCHE RÉPONSES PARLONS CUISINE 1. On dit une écumoire. 2. Faux. Macérer signifie : faire tremper des fruits crus, séchés ou confits dans un liquide (alcool, liqueur, vin, sirop); la macération concerne donc les fruits. Dans le cas des viandes et des poissons on emploie le terme « mariner ». 3. B. Une manique est un gant ou un carré de tissu épais et isolant, qui sert à saisir des plats chauds. 4. A. La crépine est une tôle perforée qui sert à arrêter les corps étrangers à l’ouverture d’un tuyau. 5. C. La recette de la sauce béarnaise peut présenter de légères variantes (beurre, vin, vinaigre, échalote, estragon), mais elle comprend toujours des jaunes d’œuf. La recette ne comprend jamais du citron ni de la mayonnaise. 6. A. Un piolet est un bâton d’alpiniste dont un bout est ferré et l'autre muni d'un petit fer de pioche. 7. L’agneau de Charlevoix et le maïs sucré de Neuville sont tous deux reconnus en vertu de la Loi sur les appellations réservées et les termes valorisants en vigueur au Québec. Ils ont droit à l’appellation IGP (Indication géographique protégée), relative au lien du produit avec un terroir. 8. A. Ne pas être dans son état normal : « Ne pas être dans son assiette ». B. Critiquer quelqu’un en son absence : « Casser du sucre sur le dos de quelqu’un ». C. Répartir équitablement quelque chose, faire un compromis : « Couper la poire en deux ». D. Arriver de façon incongrue, mal adaptée à la situation : « Arriver comme un cheveu sur la soupe ». E. S’évanouir, perdre connaissance : « Tomber dans les pommes ».
© Antoine Godbout
Raôul Duguay, artiste multidisciplinaire québécois, né à Val d’or le 13 février 1939. Il est le seul Raôul au monde à avoir un accent circonflexe sur le « ô », et il y tient! Duguay a touché à la littérature, à la musique et aux arts visuels tout en s’intéressant à la philosophie (il a enseigné cette discipline au collégial) et à la politique (il fut candidat du Parti Rhinocéros du Canada en 1972 et du Parti québécois en 1980). Il est reconnu pour ses performances poétiques et musicales qui ont marqué de nombreux événements artistiques. Sa chanson La Bittt à Tibi fait partie du patrimoine national. Il mène une carrière en solo ou en association avec l’Infonie, groupe musical dont il est le co-fondateur et le point de mire; ce groupe, qui réunira jusqu’à une trentaine d’artistes, présente des spectacles alliant la musique, l'improvisation, la danse et l'art visuel. Duguay a reçu le prix Félix-Antoine-Savard de poésie en 2006. Il est par ailleurs un artiste engagé pour la paix et l’environnement.
Citation : Raôul Duguay, L’arbre qui cache la forêt, écrit en collaboration avec Louise Thériault, Les Éditions du CRAM, 2017, pp. 411-412.
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Ressources Références communautaires Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches et de la MRC de la Haute-Yamaska. Tél. : 2-1-1 Aide sociale ADDS Association pour la défense des droits sociaux 301, rue Carillon, Québec Tél. : 418 525-4983 Maison de Lauberivière Centre de jour 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 centredejour@lauberiviere.org Relais d’Espérance Aider toute personne isolée et en mal de vivre 1001, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 522-3301 Rendez-vous Centre-ville Centre de jour 525, rue St-François Est, Québec Tél. : 418 529-2222 Rose du Nord Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org Aide aux femmes Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler! 418-648-2190 ou le 1-888-881-7192 Centre femmes aux trois A Pour la réorganisations sociale 270, 5e rue, Québec Tél. : 418 529-2066 www.cf3a.ca Centre femmes d'aujourd'hui Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec Tél. : 418 651-4280 c.f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org Support familial Flocons d'espoir Écoute et aide matérielle pour les femmes enceintes 340, rue de Montmartre, sous-sol, porte 4, Québec Tél. : 418 683-8799 ou 418 558-2939 flocons.espoir@videotron.ca Violence Info Sensibilisation, information et intervention pour contrer la violence conjugale et la maltraitance envers les aînées. www.violenceinfo.com Alphabétisation Alphabeille Vanier 235, rue Beaucage, Québec Tél. : 418 527-8267 info@alphabeille.com www.alphabeille.com Atout-lire 266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca Le Cœur à lire 177, 71e rue Est, Québec Tél. : 418 841-1042 info@lecoeuralire.com www.lecoeuralire.com Lis-moi tout Limoilou 798, 12e Rue, 1e étage, Québec Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com
Centre de prévention du suicide 1310,1re avenue, Québec Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca Tel-Aide Québec Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca Tel-Jeunes Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com Entraide Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org Fraternité de l'Épi Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec Tél. : 418 523-1731 Hébergement Maison de Lauberivière Pour hommes et femmes démunis ou itinérants 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org L'Armée du Salut et La maison Charlotte Hébergement hommes 14, côte du Palais, Québec Tél. : 418 692-3956 poste 1 Hébergement femmes 5, rue Mc Mahon, Québec Tél. : 418 692-3956 poste 2 armeedusalut.ca/quebec
Maison de Lauberivière (Souper) 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 stephane.deslauniers@lauberiviere.org Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 745, Honoré-Mercier, Québec Tél. : 418 692-1762 Santé mentale Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677 centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org La Boussole Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca Centre Communautaire l'Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com Centre d’Entraide Émotions 3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org La Maison l'Éclaircie Troubles alimentaires 2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca
SQUAT Basse-Ville Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com
Le Pavois 2380, avenue du Mont-Thabor, Québec Tél. : 418 627-9779 Téléc. : 418 627-2157
Gîte Jeunesse Hébergement temporaire pour garçons de 12 à 17 ans Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec Tél. : 418 666-3225 Résidence de Ste-Foy 3364, rue Rochambau, Québec Tél. : 418 652-9990 YWCA Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes (La Grande Marelle) Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca Réinsertion sociale Maison Dauphine Pour les jeunes de 12 à 24 ans 31, rue D’Auteuil, Québec Tél. : 418 694-9616 courrier@maisondauphine.org www.maisondauphine.org Réinsertion professionnelle À l'aube de l'emploi (Lauberivière) Formation en entretien ménager commercial /buanderie 401, rue St-Paul, Québec 418-694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org Prostitution La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com
Détresse psychologique
P.I.P.Q. Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168 pipq@qc.aira.com www.pipq.org
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Café rencontre Centre-Ville 796, rue St-Joseph Est, Québec(Déjeuner et dîner) Tél. : 418 640-0915 info@caferencontre.org www.caferencontre.org
Maison Revivre Hébergement pour hommes 261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 523-4343 maison.revivre@gmail.com maisonrevivre.weebly.com
La Marée des mots 3365, chemin Royal, 3e étage, Québec Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca membre.oricom.ca/lamareedesmots
Centre de crise de Québec Tél. : 418-688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com
Soupe populaire
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Ocean Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352 Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283 Parents-Espoir Soutien et accompagnement des parents 363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167 Service d'Entraide l'Espoir 125, rue Racine, Québec Tél. : 418 842-9344 seei@videotron.ca www.service-dentraide-espoir.org Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org Toxicomanie Al-Anon et Alateen Alcoolisme Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca Amicale AlfA de Québec 75, rue des Épinettes, Québec Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca Point de Repères 225, rue Dorchester, Québec Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com VIH-Sida MIELS-Québec Information et entraide dans la lutte contre le VIH-sida 625, avenue Chouinard, Québec Tél. : 418 649-1720 Ligne Sida aide : 418 649-0788 miels@miels.org www.miels.org
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LE LIT TRAJECTOIRE :
Courtoisie : Armée du Salut
UN RETOUR VERS LA SANTÉ
De gauche à droite : Sabrina White, infirmière de liaison, un client et Steve Robert, intervenant de l’Armée du salut.
La Quête a demandé à Sabrina White, infirmière de liaison au CLSC Basse-Ville, de nous expliquer son travail. En collaboration avec le milieu communautaire, Mme White offre des conditions de convalescence décentes, notamment un lit trajectoire, aux personnes sans abri qui sortent d’un établissement hospitalier. UNE BELLE TRANSITION!
Le lit trajectoire a pour objectif d’accueillir des personnes en situation d’itinérance vivant un problème de santé mentale. Ce lit permet au client d’avoir accès à des soins de santé, de prendre le temps de stabiliser son état de santé mentale, d’avoir un toit ainsi qu’une bonne hygiène de vie. L’infirmière de liaison en santé mentale, dépendance et itinérance recommande les personnes qui ont besoin de soins médicaux aux CLSC ou à une autre ressource communautaire. L’in-
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firmière de liaison constitue un lien important entre l’hôpital et la communauté. Elle s’assure que toute personne répondant aux critères préétablis et qui a obtenu son congé d’hôpital puisse obtenir des soins et des services adéquats. Suite aux demandes des professionnels de la santé dans les hôpitaux, l’infirmière évalue ces critères afin d’accepter ou refuser le client dans le lit trajectoire. Client sans domicile fixe, qui n’a pas d’argent ou qui attend sa prestation d’aide sociale, qui présente un diagnostic de santé mentale ou des symptômes associés à un problème de santé mentale tels que la consommation de drogue ou d’alcool ou un problème de jeu, et qui présente des besoins importants de suivis médicaux. Si la demande est refusée, elle s’assure que le client soit recommandé aux ressources communautaires qui répondent le mieux à leurs besoins. Le séjour dans un lit trajectoire est de 30 jours, sans frais pour le client. LA QUÊTE
L’infirmière, pour les lits trajectoires, collabore directement avec les intervenants de l’Armée du salut et de PECH à la maison Saint-Luc. L’Armée du salut offre des services d’hébergement de transition et de soutien. Leur rôle premier est d’offrir un refuge et de l’aide, 24 heures sur 24. PECH accompagne des hommes et des femmes vivant avec des problématiques multiples (santé mentale, judiciarisation, toxicomanie, itinérance cyclique) afin que ces personnes trouvent une réponse personnelle et sociale à l’ensemble de leurs besoins ou qu’elles redécouvrent un pouvoir d’action dans toutes les sphères de leur vie. Pendant le séjour dans un lit trajectoire, il est possible d’entreprendre des démarches de recherche de logement. SABRINA WHITE
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