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La quete numero 197 septembre 2017c

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S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant un­e carte d’identification. 2 $ sur le prix de vente va directement au camelot.

4$

Le magazine de rue de Québec No 197 Septembre 2017

Derrière le petit écran


Venez courir au profit des sans-abris Choix de trajet de 1km, 5km, 10km ou 15km Dimanche, 22 octobre 2017, de 7h30 Ă 12h30 Rassemblement pour le dĂŠpart devant la Nef (190, rue Saint-Joseph Est, coin Caron)

En savoir plus : http://monsaintroch.com/activites-evenements/archipel-entraide/ courirauxabris/

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SOMMAIRE DOSSIER

POUR LE PLAISIR DE LIRE

DERRIÈRE LE PETIT ÉCRAN

28

Florianne s’ennuyant

29

Les blocs notes

09 Production régionale

30

Par la fenêtre

10

De Shehaweh à Bill Wabo

Richard Therrien pro- fession téléspecateur

30

Automne

12

30

Je suis un soir d'été

Syntoniser la société

31

En toute espérance

14 Nouvelle autonomie et abus

16

Toujours les mêmes ?

18

Du cathodique au QLED

21

Une histoire de télé

24

Vaut-il mieux voir ?

À la recherche de l'imaginaire

34

La bohème

CHRONIQUES

photo: Brad Gros-Louis

SEPTEMBRE 2017

31 photo : Archive WEB

JEUX 26

Le jeu de La Quête

27

La langue dans sa poche

LA QUÊTE

08

La boîte à grimaces

20

Vivre entre la fiction et la réalité

25

Accueillir la générosité

Illustration: Stéphane Delapré

06

03


PAGE COUVERTURE

Oeuvre : Danièle Rouleau

RÉALISER L’ESPOIR Camelots recherchés

L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment donné Hey toi! de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés Tu as 18compte ans ou plus. pour cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, Tu veux te faire quelques dollars? etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné Travaille à ton compte. Pas d’horaire. à la vente sur la rue !par Vends le magazine de rue La Quêtedes personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs Pour plus d’informations autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, Appelle-nous au certain pouvoir sur leur vie. reprendre un

418 649-9145 poste 33 Ou L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des Viens nous rencontrer au services d’accompagnement 190, rue St-Joseph Est (coin Caron)communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche logement par le biais de son service Accroche-Toit. Dans l’église d’un Jacques-Cartier

Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.

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UNE TRIBUNE POUR TOUS Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu. Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux. Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 1er du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique de décembre-janvier : Jour dehors

FAIRE DES SOUS EN DEVENANT CAMELOTS Les camelots récoltent 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31 Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.

ÉDITEUR Archipel d'Entraide ÉDITEUR PARRAIN Claude Cossette RÉDACTRICE EN CHEF Francine Chatigny DIRECTRICE DE L'INFORMATION Valérie Gaudreau SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Isabelle Noël CONSEILLER Jean-Claude Picard CHRONIQUEURS Martine Corrivault, Claude Cossette et Richard Langlois JOURNALISTES Francis Beaudry, Carol-Ann Gendron-Tremblay, Marie-Michèle Genest, Marylie Laberge Sévigny, Pascal Lévesque, Malika Schneider, Valérie Marcoux et Audrey-Maude Vézina AUTEURS Julie Bellemare, Philippe Bouchard, Gaétan Duval, Floriane, François Gagnon, Louis Gagnon, Pierre Lamarre Boucher, Sylvain Rouillard, Nicole Thibault et Christiane Voyer AUTEURS DES JEUX Hélène Huot, Jacques Carl Morin et Ginette Pépin RÉVISEURS Benoit Arsenault et Véronique Hardy ILLUSTRATEURS Louis Gagnon, Yves Girard, Camille-Amélie Koziej-Lévesque, Line Simard* et Vigno * Veuillez noter que dans l'édition précédente nous avons écrit Isabelle Simard au lieu de Line Simard. Nos excuses à Mme Simard.

NFOGRAPHISTE Josiane Vézina IMPRIMEUR Les Impressions STAMPA inc. 418-681-0284 www.stampa.ca COPYLEFT La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d’auteur Creative Commons « Paternité - Pas d'Utilisation commerciale - Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n’est pas commercial, permet de l’utiliser et de le diffuser tout en protégeant l’intégralité de l’original et en mentionnant le nom des auteurs.

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Financé par le gouvernement du Canada

LA QUÊTE

SEPTEMBRE 2017


MOT DE LA COORDO

DERRIÈRE LE PETIT ÉCRAN Notre thème de septembre a été suggéré par Valérie Gaudreau, notre directrice de l’information, qui comme vous le lirez dans l’encadré la télé et moi de la page 15, est folle de la télévision. Tout comme son collègue Richard Therrien, d’ailleurs. Sauf que lui, critique de télévision au quotidien Le Soleil, est payé pour l’écouter! Notre journaliste Francis Beaudry a rencontré ce téléspectateur professionnel pour en savoir plus sur ce fascinant métier. La représentativité de différents pans de la société à la télé a retenu l’attention de trois de nos journalistes. Marie-Michèle Genest s’est entretenue avec Charles Bender et Marco Collin qui déplorent — avec raison — la quasi-absence des membres des Premières Nations sur nos écrans. Les deux acteurs amérindiens, qui démontrent qu’une vision stéréotypée des producteurs leur bloque l’accès à plusieurs rôles, travaillent fort pour faire en sorte que les autochtones de la relève trouvent la place qui leur revient dans le 8e art. Si les femmes ont toujours occupé l’espace télévisuel, la nature de leur rôle — de la ménagère à la femme d’affaires — a évolué au fil des décennies. À ce chapitre, les téléromans québécois sont-ils avant-gardistes ou le fidèle reflet de la société? Véronique Nguyen-Duy, directrice de la faculté de communication de l’Université Laval a répondu aux questions de Pascal Lévesque. Tannés de voir toujours les mêmes binettes à la télé? Vous serez peut-être surpris d’apprendre que même certaines têtes d’affiche n’en peuvent plus de se voir en boucle à la télé, mais que les conditions de produc-

tion dans la belle province ne leur donnent pas vraiment la possibilité de décliner les offres quand la manne passe. Parlant production, comment va-t-elle hors de la métropole? Eh bien, plutôt bien en ce qui concerne la région de Québec. La production y a presque doublé et, selon Nancy Florence Savard, présidente de la Table de concertation de l’industrie du cinéma et de la télévision de la Capitale-Nationale, la capacité d’adaptation des producteurs aux nouvelles plateformes de diffusion est prometteuse. Si ces nouvelles plateformes — Netflix, Atl télé ou Illico sur demande — ont modifié le travail des producteurs, elles ont métamorphosé le comportement des téléspectateurs. Comme l’explique notre journaliste Valérie Marcoux, ces chaînes offrent plus d’autonomie, mais elles peuvent littéralement enchaîner leurs auditeurs! Pour les amateurs de science Audrey-Maude Vézina présente, dans Du cathodique au QLED, un abrégé de l’évolution du téléviseur. Bonne lecture! FRANCINE CHATIGNY

Salut Guillaume Guillaume, Guillaume, tu souhaitais tant quitter la ville tu y sentais trop de proximité, et n'y trouvais aucune beauté... est-ce pour ne plus la voir que de tes lunettes, tu t'es débarrassé?

Crédit photo de Guillaume : Isabelle Houde

Guillaume, Guillaume beau navigateur solitaire même dans tes mers démontées, de l’équipage, tu n’avais rien à faire isolé dans ta liberté

Guillaume était camelot de La Quête depuis plus de quatre ans. Les équipes de La Quête et de l’Archipel d’Entraide offrent leurs plus sincères sympathies à la famille ainsi qu’à tous ceux qui ont côtoyé Guillaume.

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LA QUÊTE

Guillaume, Guillaume de tes yeux rieurs, de ton sourire charmant, de ta personnalité attachante on se souviendra... et on se console en se disant que ton nouveau havre baigne dans une mer de diamant Guillaume, repose en paix

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PLACE AUX AUTOCHTONES SUR NOS ÉCRANS

DE SHEHAWEH À BILL WABO

Malgré un nom de famille anglophone, Charles Bender parle comme un Québécois pure laine. Les traits de son visage pourraient être ceux d’un Italien, d’un Libanais ou d’un Argentin. En réalité, l’acteur porte en lui un héritage huron-wendat qu’il chérit et intègre fièrement à son métier. Celui qui tient aussi le rôle de président du comité pour la diversité culturelle pour le Congrès québécois du théâtre fait partie de la poignée d’acteurs et d’actrices issus des Premières Nations qui figurent dans le bottin de l’Union des artistes. Et même si on lui offre des rôles moins nichés que ses homologues en raison de son apparence physique, il est bien placé pour reconnaître que la scène québécoise manque encore cruellement de diversité. « Il y a encore beaucoup de travail à faire », affirme-t-il. Un constat partagé par son ami et acteur innu, Marco Collin, avec qui il partage la scène au sein de la compagnie de théâtre Menuentakuan : « Il y a une quasi-absence des Amérindiens à la télé. C’est quand même assez blanc! », dit-il en rigolant. Déjà que le métier d’acteur ne garantit pas de mettre du beurre sur son pain, obtenir un rôle lorsqu’on est un Autochtone représente un défi supplémentaire. « Le plus important obstacle c’est que tu ne seras pas considéré pour des rôles pour lesquels il n’est pas écrit spécifiquement qu’il faut que ce soit un Autochtone », déplore Charles Bender. L’acteur donne l’exemple de deuxièmes rôles qui sont attribués presque automatiquement à des Blancs. « Il n’y a rien qui précise que '' Maître Jolin '' ne peut pas être Autochtone, Noir ou Asiatique! », s’exclame-t-il. Mais la télévision étant un média d’images, l’apparence tend à prendre autant de place que la qualité du jeu d’acteur. Parlez-en à Marco Collin,

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photo: Brad Gros-Louis

En pleines célébrations du 150e de la Confédération canadienne, des voix provenant des Premières Nations de partout au pays se font entendre. Se sentant lésés, oubliés, les Autochtones souhaitent nous rappeler leur rôle primordial dans l’histoire du pays. Et des rôles, si on leur en donnait aussi à la télévision?

Charles Bender

qui se fait surtout proposer des rôles d’Autochtones. « Je ne peux pas renier mon casting! », s’esclaffe-t-il, lucide. Toutefois, ce dernier nuance qu’il préfère jouer un « policier indien plutôt qu’un Indien policier ». Pour sa part, Charles Bender avoue qu’il a déjà refusé d’interpréter des rôles qu’il considérait comme irrespectueux envers sa nation. C’est pourquoi il soutient que le dialogue avec les communautés culturelles est nécessaire afin d’éviter les clichés et les maladresses. Même des agences de casting hésiteraient à engager des gens issus de la diversité par peur de faire un faux pas. Disons que le scandale du blackface — lorsqu’un acteur blanc est maquillé pour personnifier un Noir — lors du Bye Bye 2013 est encore frais dans notre mémoire. Heureusement, il serait quasi impensable, aujourd’hui, de voir un Blanc jouer un rôle d’Amérindien, comme LA QUÊTE

Marina Orsini l’a fait pour le personnage de Shehaweh! AU-DELÀ DE BILL WABO

« Quand je vais dans les communautés, on m’appelle Bill », avoue en riant Marco Collin, qui endosse les habits de l’Algonquin dans la série Les pays d’en haut. « Les gens sont contents de voir quelqu’un qui leur ressemble, ils sont fiers », constatet-il, humble malgré le succès. Plus qu’un simple personnage, Bill Wabo représente l’espoir, la possibilité pour les jeunes Autochtones de s’identifier et de se rendre compte qu’eux aussi, ils peuvent pratiquer le métier d’acteur. « Il y a tellement d’artistes, de musiciens chez les Autochtones, car il y a eu plusieurs exemples en musique d’artistes qui ont eu du succès, mais pas beaucoup qui veulent devenir acteurs, car on ne les voit pas beaucoup à l’écran », déplore Charles Bender. SEPTEMBRE 2017


photo: Brad Gros-Louis

Charles Bender. Un dommage collatéral résultant du combat du Québec pour sa survie à l’intérieur d’un univers anglo-saxon. Ce qui ne correspondait pas à un Québec blanc, francophone et catholique a été mis de côté, selon Charles Bender. « Quand on mène un combat, des fois il y a des choses qui tombent dans notre angle mort ». Aussi, le fait qu’il y ait moins d’Autochtones en milieu urbain au Québec pourrait aussi justifier ce retard. Alors que Montréal se veut l’incubatrice de la majorité des productions télévisuelles, la conception de la diversité culturelle dans la métropole renvoie davantage à la communauté haïtienne ou vietnamienne. En ce sens, par leur statut de peuple fondateur, les Premières Nations se retrouvent un peu dans une catégorie à part. « On fait quand même face à l’ironie très gênante d’ouvrir la porte de notre belle maison à tous les nouveaux arrivés, mais dans cette gang de nouveaux arrivés, il y a le réel propriétaire de la maison », image Charles Bender.

Marco Collin

Et il ne faut surtout pas sous-estimer l’importance du public autochtone dans les cotes d’écoute. Car même si le réseau de télévision autochtone APTN demeure un incontournable dans les communautés, il reste que ces derniers sont très branchés sur les séries québécoises. « La télé québécoise est écoutée en masse dans les communautés autochtones du Québec parce que c’est une télévision francophone et la plupart des Autochtones ont le français comme langue d’échange coloniale », mentionne Charles Bender. Heureusement, un vent de changement souffle sur le milieu télévisuel, selon Charles Bender. « Il y a une génération montante en ce moment qui est plus consciente, plus alerte, plus intéressée par les aspects de la diversité et qui a vraiment envie de voir un plus grand mélange sur leurs écrans et dans leurs créations ». Marco Collin parle même d’une conjoncture favorable . « Les gens sont intéressés à nous connaître », assure-t-il. Étrange paradoxe, car à l’heure où les SEPTEMBRE 2017

Alors que diverses solutions sont recherchées actuellement entre différôles d’Autochtones sont recherchés rents organismes et institutions du plus que jamais, le manque de relève monde télévisuel, il ne faut pas ouissue des Premières blier que le puNations est un réel Je préfère jouer un policier blic est lui aussi enjeu. Certes, il y a indien plutôt qu’un Indien un vecteur de bien la compagnie policier ». changements. de théâtre franco~ MARCO COLLIN Charles Bender phone Ondinnok, croit fermement qui forme des acque la populateurs autochtones depuis 1985, mais, tion québécoise aime voir des visages depuis trop longtemps, la diversité pluriels dans son écran. Elle devra dans les écoles de théâtre se résume ainsi convaincre les diffuseurs, souà la couleur des cheveux. Étant très vent très frileux, d’aller vers ce qui sollicités, Charles Bender et ses comest hors-norme. « On a peur d’un parses estiment qu’ils ont un rôle manque de discernement possible de plus à jouer. « Les quelques rares chez le public qui ferait en sorte que acteurs autochtones qui sont là esl’émission va être moins populaire, ce saient de remplir toute la demande qui engrangerait moins de profit à la et d’ouvrir le plus de portes possible vente de publicité », se désole-t-il, en pour qu’il y ait une relève qui puisse précisant que le public n’est pas unise créer par après », souligne-t-il. formément blanc. UN QUÉBEC FRILEUX… ET EN RETARD

« Le Québec, jusqu’à récemment, accusait un gros retard sur le restant du Canada et de l’Amérique du Nord par ceux qui ne font pas partie de la classe dominante blanche », estime LA QUÊTE

Alors, si les Québécois ont été nombreux à regarder Les Parent, pourquoi ne seraient-ils pas prêts à suivre les tribulations de la famille Sioui-Bacon? MAIRE-MICHÈLE GENEST

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LA BOÎTE À GRIMACES

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Mon frère Michel est un conteur talentueux. Dans une des anecdotes qu’il raconte, il met en scène un téléviseur qu’il appelle, avec une moue de dédain, la « boîte à grimaces ». Elle ne l’est pas toujours, c’est vrai, car la télévision présente des spectacles remarquables et variés, mais, après un moment, je suis quand même porté à lui tirer la langue. Au téléviseur, pas à mon frère!

Les neurosciences et les scanneurs ont montré que l’humain éprouve davantage de plaisir quand il s’exprime, quand il agit. Le taux des hormones du plaisir augmente en flèche quand il crée, que ce soit en inventant une stratégie de hockey, en réparant un tuyau qui a lâché ou en solutionnant une énigme mathématique. C’est tout le contraire de ce temps passé devant la télé qui l’empêche de vivre pleinement.

UNE FENÊTRE SUR LE MONDE

La télévision est une immense fenêtre ouverte sur le monde, dans tous ses lieux et tous ses aspects. Le téléspectateur friand de bulletins de nouvelles peut, par exemple, assister en direct à la victoire du Canada au Championnat mondial de hockey, aux manifestations des ouvriers de la construction ou aux confidences de Céline.

LA RÉALITÉ SAUCISSONNÉE

Quant aux curieux, ils peuvent prendre part à maints événements de la grande histoire : voir les soldats « Canadiens français » se faire étriper à Vimy en 1914, entendre turluter la sympathique Bolduc ou assister au dévoilement du premier iPhone. Ils peuvent étudier l’allure du premier ministre indépendantiste, René Lévesque, ou encore vivre en direct les bourdes de l’actuel président américain, Donald Trump.

C’est également une réalité saucissonnée, découpée en petites tranches de manière à forcer l’attention du regardeur. D’une séquence à l’autre, le téléspectateur passe rapidement du dégoût à l’émerveillement, mais sans engagement de sa part. Il est ainsi conditionné à vivre superficiellement ses ressentis et, finalement, à les éprouver sans que cela l’amène à penser et, surtout, à agir.

Aux explorateurs de salon, la télévision ouvre des pistes innombrables. Ils peuvent survoler la canopée amazonienne, parcourir les bidonvilles de Calcutta, ratisser des kilomètres de toundra boréale ou se déplacer à « mille lieues sous les mers ». LA MANGEUSE DE TEMPS

Cela dit, les Québécois gobent tellement d’images qu’ils risquent de souffrir d’une indigestion iconique : ils regardent, en moyenne, quatre heures de télévision par jour.

Le premier citoyen venu a désormais accès à mille mondes grâce à son téléviseur et à ce puissant ordinateur qui tient dans une main, mais, bien qu’elles soient captivantes, les images qui en sortent ne sont qu’une reconstitution qui évoque artificiellement une réalité qui est… virtuelle.

Les téléspectateurs assidus ont, par images interposées, tout vu, tout vécu, mais, dans la vie réelle, ils sont difficiles à remuer; ils sont blindés, blasés. Apathiques. Ils ne sont pas acteurs, mais témoins de la Vie, voire de leur propre vie. Comment amener ces spectateurs hypnotisés à réfléchir et à passer aux actes? On ne le sait pas. Mollusques qu’ils sont, il est ardu d’éveiller chez eux une conscience sociale, laborieux de les amener à partager leur temps et leur talent à des activités de solidarité.

Si une personne dort, travaille et accomplit ses tâches domestiques, elle dispose de peu de temps libre. Si elle l’utilise à regarder la télé, il ne lui en reste pas pour développer ses facultés intellectuelles, ses habiletés physiques ou sa vie affective.

La poète innue Natasha Kanapé Fontaine écrit dans la revue Relations: En ces instants troubles […] où les écrans de télévision rencontrent les rêves de la nuit des villes, il me faut remuer mon intérieur

Rester planté devant la télé à écouter « les autres » parler de ce qu’ils sont ou de ce qu’ils font, à évoquer leurs projets ou leurs réalisations, est le signe que sa propre vie est bien platte. Il vaudrait mieux se réserver du temps pour essayer de comprendre le monde. Et, plus revigorant, de s’activer ensuite.

Ce fourmillement des images télévisuelles isole l’humain, le coupe de la vie sociale, de la Vie tout court. Pour demeurer pleinement vivante, une personne doit « remuer son intérieur ». Et son derrière! Sinon les bouffeurs de télé que nous sommes risquent d’être transformés en couch potato, comme le disent les anglophones. En télé-légumes! CLAUDE COSSETTE

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LA PRODUCTION AUDIOVISUELLE RÉGIONALE moins fragile que l'on pourrait croire ?

Le communiqué de presse de la rencontre du 8 juin dernier mentionne qu’entre les années 2004-2005 et 2014-2015, « le volume de production a pratiquement doublé dans la région, passant d’un volume moyen de 17 millions de dollars, pour les cinq premières années, à 34 millions, pour les cinq années suivantes ». Mme Savard explique que « l’un des principaux facteurs [de la hausse de la production] est l’acquisition d’expérience des producteurs et des créateurs dans la région ». La fondatrice de Productions 10e Ave ajoute qu’auparavant, la majorité des maisons de production se concentrait surtout sur les œuvres dites uniques. En effet, les courts métrages et les documentaires uniques étaient largement exploités. Mais le vent a tourné. À partir de 2014, les producteurs ont changé de stratégie pour mettre l’accent sur la production de série documentaire et les longs métrages. Les producteurs ont aussi réussi à développer leurs relations d’affaires avec les télédiffuseurs au fil des ans, ce qui représente également un facteur ayant contribué à l’augmentation de la production télévisuelle.

formes de diffusion telles que Netflix, Atl télé ou Illico sur demande. Elle admet que ce virage numérique doit être considéré par les producteurs. « Nous ne pouvons pas livrer nos émissions comme avant, c’est-à-dire à coup d’un épisode par semaine. Il faut maintenant être capable de produire plusieurs émissions et de les livrer en lot afin qu’un télédiffuseur tel qu’Illico sur demande puisse faire la même offre que Netflix au public québécois ». D’un point de vue plus personnel, Mme Savard est emballée par la multiplication des endroits où le public peut regarder la télévision. La productrice et réalisatrice affirme néanmoins que l’écoute sur demande peut être un véritable défi concernant le financement. UNE FORMATION ADÉQUATE, UN RÊVE RÉALISABLE

Mme Savard pense qu’il est toujours possible pour les jeunes qui le souhaitent de se tailler une place dans le domaine de la télévision. En ce sens, la productrice et réalisatrice explique que plusieurs programmes de formation de l’Institut national de l'image et du son (INIS) aident considérablement les jeunes à percer dans le monde de la production télévisée. De DES DÉFIS STIMULANTS Mme Savard admet que la compé- plus, elle souligne aussi la chance que tition dans le domaine télévisuel est la génération d’aujourd’hui a d’avoir plutôt féroce. « C’est évident que la plusieurs outils à moindre coût à leur compétition natiodisposition afin nale est forte. Les pro- « L’un des principaux fac- de produire des ducteurs et les créa- teurs [de la hausse de la contenus diffuteurs doivent être très production] est l’acquisition sables. Incontestaaguerris », dit-elle. « d’expérience des produc- blement, la présiIls doivent suivre les teurs et des créateurs dans dente de la Table tendances et dévementionne aussi la région ». lopper une habileté à les efforts que les percevoir les opporgens qui veulent tunités de création de ~ Nancy Florence Savard percer dans ce docontenus ». maine doivent déployer. « Il faut s’investir et travailler La réalisatrice et productrice aborde fort pour réussir ». La professionnelle aussi l’arrivée de certaines plate-

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LA QUÊTE

Courtoisie : Centre des Congrès du Québec

Le 8 juin dernier, les membres de la Table de concertation de l’industrie du cinéma et de la télévision de la Capitale-Nationale se sont rencontrés afin de faire le bilan de l’état de l’industrie cinématographique et télévisuelle à Québec. La présidente de la Table, Nancy Florence Savard, admet que cette industrie doit affronter certains défis, mais elle semble plutôt optimiste quant à l’avenir de ce secteur d’activité.

Nancy Florence Savard, fondatrice de Productions 10e Ave

du milieu télévisé soutient également que la génération plus âgée est maintenant prête à transmettre ses connaissances aux plus jeunes. CAROL-ANN TREMBLAY GENDRON

LA TÉLÉ ET MOI

Pour moi, la télévision est un moyen efficace afin de me détendre. J'ai l'impression de « décrocher » lorsque j'écoute une bonne série télévisée. J'aime bien les séries québécoises, mais je les écoute rarement en direct. En effet, comme la plupart des jeunes de mon âge, je suis une habituée des plateformes en ligne telles que Netflix. CAROL-ANN TREMBLAY GENDRON

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RICHARD THERRIEN

PROFESSION TÉLÉSPECTATEUR

« Quand je regarde la télévision, c’est toujours dans l’optique de faire une chronique, j’écoute rarement la télé par pur divertissement, j’ai toujours mon cahier de notes pas loin » explique le chroniqueur télé, en mentionnant toujours garder sa tablette et son cellulaire près de lui pour pouvoir interagir sur les médias sociaux. Avant de devenir critique, Richard Therrien est tout d’abord passé par le journalisme. « Quand j’avais 8 ans, ma mère m’a acheté une dactylo. Ma mère me disait d’aller jouer dehors, je préférais écrire sur ma dactylo. J’écrivais des textes sur la télévision » se remémore-t-il.

j’ai des entrevues avec des acteurs du milieu à faire. Dans un milieu où les compétiteurs poussent très fort, j’ai beaucoup de travail chaque jour » énumère-t-il. Selon notre téléspectateur professionnel, plusieurs facteurs rendent le métier encore plus intéressant de nos jours. « À cause de Netflix et HBO, les Québécois s’intéressent beaucoup aux séries de l’extérieur, ce qui rend la job plus intéressante. On doit prendre en compte le contenu d’ici tout en restant sensible à ce que les gens aiment d’ailleurs », explique-t-il. L’ÉCOUTE EN RAFALE

Comme beaucoup de gens, Richard Pendant sa vie de pensionnaire, il li- Therrien avoue lui aussi visionner sait beaucoup les textes de la chroni- en continu des séries télé. Pendant la queuse Louise Cousineau, elle aussi saison morte, il affirme rattraper le critique télévision. « Quand je la li- retard pris dans les séries qui peuvent sais, je me disais, c’est ça que je veux intéresser son lectorat. faire. J’ai toujours eu une fascination de la « Quand je regarde la té- Au-delà du plaisir télévision, je regardais lévision, c’est toujours coupable d’appuyer beaucoup les grilles dans l’optique de faire sur le bouton play à horaires de la télévi- une chronique, j’écoute répétition, le chroniqueur voit une sion ». rarement la télé par pur évolution dans la divertissement... » manière de faire de Après plusieurs anla télévision dans la nées de travail chez ~ RICHARD THERRIEN belle province. « On Télé-Hebdo et comme commence à faire pigiste à La Presse, Richard Therrien réalise que les cri- des émissions qui sont beaucoup plus tiques qu’il publie sur son blogue faciles à regarder en continu au Quétouchent le public. « Beaucoup de bec. Avec l’arrivée de Club illico et de gens m’écrivaient pour me poser tou.tv extra, c’est un nouveau format des questions, c’est certain qu’il y a de télé qui naît, petit à petit », se rétoujours des commentaires haineux, jouit-il. mais beaucoup de gens apprécient ce Si le binge watching (écoute en rafale) que je fais », explique-t-il. semble avoir remplacé les grands moments de télévision au premier abord, ÊTRE PAYÉ POUR ÉCOUTER le critique croit que ce n’est pas la fin LA TÉLÉVISION Au-delà de la soirée de visionnement des grands rendez-vous de la télé. « qui peut tout de même être divertis- Les gens enregistrent beaucoup plus sante, M. Therrien explique que re- qu’avant, bien que tout le monde a garder des séries n’est qu’une infime toujours enregistré ses émissions », partie de son travail. « J’ai de la rédac- dit-il. tion à faire, j’ai des scoops à trouver,

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LA QUÊTE

PHOTO : HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE.

Pour la majorité des gens, la télévision est perçue comme un outil de divertissement. Mais, pour quelques rares élus, regarder la télé est un vrai métier. Richard Therrien, critique de télévision au quotidien Le Soleil en fait partie. Et il a partagé avec La Quête sa passion devenue gagne-pain.

Richard Therrien

Avec l’évolution actuelle des médias, Richard Therrien croit que les diffuseurs doivent se tenir à l’affût des tendances des plus gros studios pour éviter de perdre de l’influence. « C’est certain que les Québécois sont plus attachés à leur télévision, on l’écoute plus que les gens des autres provinces canadiennes écoutent la leur, on va toujours vouloir garder ce pan de notre culture », réfléchit-il. FRANCIS BEAUDRY

LA TÉLÉ ET MOI Décrocheur assumé du câble, mais pas de la télévision J’ai décroché du câble quand je suis arrivé à l’université. Je trouvais que le service était très cher pour le peu de temps que j’allais y consacrer. Je m’informe sur le net et à la radio, j’écoute mes émissions et mes films sur Netflix et ailleurs sur internet où je suis environ une ou deux séries à la fois, pas plus. Quand je regarde la télévision, je me rends compte qu’elle ne me manque pas. Je trouve les publicités tonitruantes, trop fréquentes et un peu ridicules…

FRANCIS BEAUDRY

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LES 5 SÉRIES TÉLÉ QUÉBÉCOISES QUI ONT MARQUÉ RICHARD THERRIEN

La petite patrie (1970)

Lance et compte (1980)

Chambre en ville (1990)

Téléroman racontant la jeunesse de son auteur, Claude Jasmin, tout en décrivant la vie du quartier montréalais La Petite-Patrie, en 1940. Une série qui, selon le critique, vieillit bien.

Signée Réjean Tremblay, première série québécoise à ressembler aux productions américaines. « On a outrepassé les séries de discussions de cuisine et celles où, lorsqu’un personnage fermait une porte, le décor s’agitait », commente M. Therrien.

Richard Therrien avait l’âge des personnages et il en parlait beaucoup au cégep, notamment du couple mythique de la télé, Pete et Lola. Selon le chroniqueur, aucun téléroman avant celui-ci ne jouait de jeunes personnages.

Les invincibles (2000)

Plan B (2010)

Sa série préférée de tous les temps. Le critique considère que le pouvoir d’attraction des quatre personnages multipliant les frasques a captivé les Québécois. La finale de la série constitue à ses yeux l’un des meilleurs moments de la télévision québécoise.

Courte série de science-fiction, Plan B inaugure un nouveau genre, signe de maturité de la télévision québécoise selon le critique. « On est collés sur le réalisme, Plan B démontre qu’on est rendu à faire ce type de format là ».

LA TÉLÉ ET MOI Enfants de la télé Au Québec, nous vouons un attachement presque viscéralement à notre télé, tellement elle est ancrée dans notre culture. C’est peut-être ce qui explique l’incrédulité des gens lorsqu’il m’arrive de mentionner (timidement) que je n’ai pas le câble. Génération Internet oblige, je regarde parfois Netflix, le temps de visionner une série captivante, et je m’informe sur le Web aussi : encore un tic générationnel. Ma relation avec le petit écran est plutôt nostalgique. Enfant de la télé, j’ai grandi « ploguée » sur le Canal Famille durant la journée, puis captivée par Chambres en ville, Virginie et Scoop, en soirée. Serait-ce un trop-plein télévisuel qui a provoqué ce désir de prendre mes distances? Peut-être. La télé est un peu mon ours en peluche cathodique usé à la corde pendant ma jeunesse, mais qui n’a pas survécu au passage du temps.

ISABELLE NOËL

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SYNTONISER LA SOCIÉTÉ Depuis quelques décennies, la représentation des femmes dans les fictions télévisuelles a grandement progressé. Leurs rôles ont-ils changé au fil des décennies? Oui, et pour le mieux; que l’on pense à District 31, Unité 9, Ruptures ou Au secours de Béatrice où les femmes brisent le carcan du rôle de ménagère pour s’afficher comme professionnelles dans des milieux aussi variés que celui du droit, des affaires et même carcéral. « Aujourd’hui, la majorité des téléséries québécoises vont représenter les femmes principalement dans leurs fonctions professionnelles », explique Véronique Nguyen-Duy, directrice de la faculté de communication de l’Université Laval où elle y enseigne aussi. Mme Nguyen-Duy a étudié il y a quelques années les téléromans québécois et s’intéresse toujours au milieu de la production télévisuelle.

quelqu’un d’un peu bête », expliquet-elle. « Jusqu’à récemment, on adressait davantage les séries aux femmes, mais on a vu, ces dernières années, la psychologie des hommes s’étoffer dans des séries se déroulant dans un univers masculin comme Minuit le soir [racontant les péripéties de trois videurs dans un club] ou 19/2 [abordant le travail de deux policiers]. Dans Lance et compte, série se déroulant dans l’univers du hockey profes« Une série de téléromans qui a chan- sionnel, c’était plutôt les femmes qui étaient nouilles et obgé les choses fut probablement la « Ce n’est pas tellement jectivées », affirme Vétrilogie Les dames les représentations qui ronique Nguyen-Duy. de cœur, La bonne font que les séries évoaventure et Un signe luent, mais aussi l’évolu- Tout dépend donc du public visé. Selon la de feu écrite par Lise tion du public ciblé... » directrice du déparPayette. On y voit tement de communides femmes passer ~ VÉRONIQUE NGUYEN-DUY cation de l’Université du statut de femme Laval, on a beaucoup au foyer à celui de femme indépendante. Il y a eu aussi équilibré le propos des séries. Si cerde grosses téléséries comme Scoop, taines téléséries s’adressent essendans lesquelles on voyait des femmes tiellement aux femmes et d’autres actives sur le plan professionnel. Ça aux hommes, la psychologie des pers’est fait dans les années 1980-1990 », sonnages selon leur genre est deveexplique la professeure. Pourtant, on nue plus équilibrée. Elle prend pour continue à s’intéresser souvent aux exemple District 31 qui se déroule intrigues amoureuses de ces femmes qui évoluent désormais davantage dans un milieu professionnel.

dans le milieu policier, ou Au secours de Béatrice qui raconte les tribulations d’une urgentologue tourmentée. Ces séries présentent des personnages féminins et masculins nuancés. « Ce n’est pas tellement les représentations qui font que les séries évoluent, mais aussi l’évolution du public ciblé. En fait, c’est un peu des deux. Plusieurs séries ont fini par plaire autant aux hommes qu’aux femmes, et les diffuseurs se sont mis à investir dans des productions beaucoup plus équilibrées ». LA REPRÉSENTATION DES MINORITÉS : DU PROGRÈS À FAIRE

Si la représentation des hommes et des femmes dans les fictions québécoises se porte plutôt bien, il en est autrement pour celle des minorités visibles. Véronique Nguyen-Duy croit ainsi que le « danger des stéréotypes est bien plus dans la représentation des minorités et que cela est problématique ». Les représentants des minorités culturelles seraient souvent présentés comme des « tokens », des personnes racisées* de service. « J’ai l’impression qu’on a moins de misère à mettre un homosexuel ou un trans-

LA QUESTION DU PUBLIC VISÉ

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photo : Pixabay

Véronique Nguyen-Duy constate que les personnages masculins ont une moins grande profondeur psychologique dans les téléromans qui s’adressent principalement aux femmes. « Dans certains genres, on essaie de penser une série dans une perspective essentiellement féminine. Les hommes sont moins mis à l’avant-plan et leur psychologie est amoindrie. Dans certains styles, notamment en publicité, on présente aussi souvent la femme comme une “superwoman” et l’homme comme LA QUÊTE

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Normalement, il devrait y avoir la présence d’une diversité culturelle. Pour le public, cela ne semble pas lui déranger qu’une série se déroule à Montréal. Soit on est conséquent et on présente des séries qui se déroulent dans des plus petites villes, soit on présente une série à Montréal ou à Québec et on y expose davantage la diversité », affirme la professeure. Elle attribue pourtant cette mauvaise représentation par une peur de faire des erreurs afin de bien représenter la réalité des minorités : « Il y a une certaine peur chez les acteurs de l’industrie de mal représenter des réalités qu’ils connaissent mal. Par contre certains l’ont bien fait comme Fabienne Larouche avec Virginie et 30 vies. » D’autres séries comme Le gentleman qui raconte les aventures d’un agent double en milieu criminel ont fait des efforts pour inclure parmi leurs protagonistes des personnages issus des minorités, sans épargner certains stéréotypes. Il y a donc encore des progrès à faire en la matière, afin de valoriser davantage la diversité culturelle dans la télévision québécoise. PASCAL LÉVESQUE

Caricature - Yves Girard

genre dans nos fictions qu’un représentant d’une minorité culturelle. », indique la professeure. Est-il possible que les producteurs prennent en compte le fait que la majorité du public visé, québécois et francophone, soit étranger au pluralisme culturel présent dans les centres urbains? « La majorité des séries se déroulent à Montréal ou dans un centre urbain.

*Pour les défenseurs du mot « être racisé-e, ce n’est pas appartenir à une race, mais vivre dans des structures sociales discriminantes, qu’il faut identifier comme telles pour pouvoir les renverser. » (Source : http://www.liberation.fr/debats/2016/12/30/racise-e-s_1538250)

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VISIONNEMENT EN RAFALE

NOUVELLE AUTONOMIE ET ABUS L’Office québécois de la langue française (OQLF) a proposé en 2015 trois termes pour franciser l’expression anglaise « binge-watching » : visionnage en rafale, visionnement en rafale et écoute en rafale. Ce phénomène est défini par l’OQLF comme une: « Pratique qui consiste à regarder plusieurs épisodes d’une émission, généralement une série télévisée, les uns à la suite des autres et sans interruption ». Sur son site Internet, l’OQLF ajoute cette note : « Le visionnage en rafale a augmenté en popularité depuis l’apparition, notamment, des services de vidéo à la demande, qui permettent l’écoute de films, de séries télévisées, etc., en continu ». Internet a joué un rôle majeur dans la modification des habitudes d’écoute de séries. D’abord, plusieurs émissions pouvaient se regarder (plus ou moins légalement) en ligne sans téléchargement avant leur horaire de sortie officielle sur le petit écran. Puis, l’arrivée de services sur demande, tel Netflix, a officialisé ce changement d’habitudes en offrant une manière légale, abordable et facile de satisfaire l’envie de fiction télévisuelle du grand public. Plus besoin de subir les publicités toutes les 10 minutes; plus besoin d’attendre la semaine prochaine pour connaître la suite; plus besoin de se limiter aux séries locales et quelques sélections américaines; les téléspectateurs ont gagné en liberté! OR QUI DIT LIBERTÉ, DIT RESPONSABILITÉ!

Cette grande autonomie a laissé place aux abus de visionnement qui ont

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créé le terme « binge-watching » en anglais, inspiré de « binge-drinking » (boire sans interruption à l’excès), pour finalement amener le terme visionnage en rafale au Québec. Selon les statistiques de Netflix, une série se consommerait en moyenne en moins d’une semaine! Cette étude montre aussi que certaines séries se prêtent plus facilement que d’autres au visionnage en rafale. En 2013, les répondants d’un sondage Netflix ont déclaré à 73 % que le visionnement en rafale représentait l’écoute de 2 à 6 émissions consécutives et 61 % des répondants disaient avoir cette habitude. UNE HABITUDE QUI INQUIÈTE

Sur plusieurs tribunes, des gens s’inquiètent de l’effet pervers de cette nouvelle liberté de visionnement. Certaines études voient un lien entre

LA QUÊTE

cette habitude et la dépression, l’anxiété et d’autres problèmes psychosociaux. Cette semaine, je recevais un message texte d’un ami : « J’ai fini la série, je suis trop triste ». Exagération dramatique certes, mais ce n’est pas la première fois que j’entendais ce genre de commentaire. Quand on visionne en rafale toutes les saisons d’une série, on s’immerge dans un monde fictif et quand on en ressort… y aurait-il un vide? Je ne me rappelle plus qui a dit : « les hommes sont tous confrontés aux mêmes problèmes, c’est les réponses qu’ils apportent à ces problèmes qui les différencient ». Cela m’a fait penser à un autre ami, très critique de l’écoute en rafale. Il préfère pour sa part meubler son temps mort avec des jeux vidéo. « Au moins c’est interactif », soutenait-il récemment.

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SONDAGE MAISON

Pour cet article, j’ai créé un petit sondage Google que j’ai partagé sur des réseaux sociaux. Le sondage a rejoint plus de 50 personnes. Bien qu’il n’y ait rien de scientifique dans ma méthodologie, l’exercice a permis de tirer quelques pistes de réflexion sur ce sujet. Voici les questions et les réponses les plus populaires : Je regarde des séries en rafale Vrai (48,2 %) Faux (8,9 %) et Par phase (42,9 %). QUAND est-ce que j’écoute des séries en rafale? Plus de la moitié des répondants associent cette activité avec la fin de leur journée. Le visionnement en rafale d’épisodes est aussi associé aux moments de fatigue. J’AIME regarder des séries en rafale, car… L’immersion dans l’intrigue et la poursuite des « punchs » sont ce que

les répondants apprécient le plus de cette pratique (52 %). Le contrôle sur leur expérience (pas de publicité, choix d’en écouter un ou six, etc.) est aussi mentionné par plusieurs. Finalement, 20 % des répondants écoutent des séries en rafale pour se détendre, physiquement et/ou intellectuellement. Ce qui M’INQUIÈTE de cette habitude c’est… Près de la moitié des personnes interrogées se sentent coupables de ne pas investir le temps de visionnement dans quelque chose de plus productif. De leur côté, 22 % ne voient aucun problème avec cette activité. Ajoutons que, si dans la question précédente, certains vantaient le meilleur contrôle qu’ils avaient sur leur expérience, environ 10 % s’inquiètent au contraire du caractère compulsif de l’habitude.

Si je ne pouvais pas écouter des séries en rafale, je remplacerais cette habitude par… Lecture, jeux vidéo, films, télévision régulière… plus de 60 % des répondants remplaceraient cette activité par une autre immersion dans un univers fictif; tandis que 11 % aimeraient utiliser ce temps pour être plus actif. Parfois, j’écoute de mauvaises séries juste pour écouter quelque chose Vrai (23,2 %) Faux (76,8 %) VALÉRIE MARCOUX

LA TÉLÉ ET MOI

Fenêtre sur le monde La télé, je n’aurais en principe pas le temps de la regarder. Pas autant que je ne le fais, en tous cas. Mais ce temps, je le trouve. Temps perdu? Oh que non, car de la bonne télévision, c’est plus que du divertissement passif. Merci à mon enregistreur numérique, exit le zapping! On garde juste le meilleur! Et il y en a beaucoup : Anne-Marie Dussault pour l’actualité, les documentaires, les séries québécoises exceptionnelles comme mon plus récent coup de cœur, District 31. Netflix pour ses productions incroyables qui ont amené dans leur sillon des artisans autrefois dédiés au cinéma. Ce fameux écran, fenêtre sur le réel, inépuisable source

LA TÉLÉ ET MOI

Autonomie & diversité Chez mes parents, la télévision avait un effet rassembleur, même s’il était entendu qu’il ne fallait pas en abuser. Depuis que j’ai quitté le nid, je n’ai pas de télévision : seulement mon ordinateur portable et un compte Netflix. L’actualité, je la suis en lisant; côté divertissement, Netflix me semble beaucoup plus pratique et diversifié que ce que je trouve sur les chaînes québécoises (sans oublier que j’échappe aux publicités!).

VALÉRIE MARCOUX

d’évasion et d’émotions. Télé, je t’aime!

Valérie Gaudreau

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TOUJOURS LES MÊMES ? Voyons-nous trop souvent les mêmes visages à la télévision et au cinéma québécois? Peut-être. Chose certaine, ce débat ne date pas d’hier, il est encore bien actuel au moment où cette industrie fait face à des impératifs commerciaux qui l’incitent à miser sur des valeurs sûres.

Dans cette dynamique, le comédien souligne que l’argent est le nerf de la guerre. « On n’a pas le choix de travailler avec ça », dit-il. Selon lui, faire appel à des têtes d’affiche assure une visibilité majeure à une production et peut aider à faire connaître le travail du réalisateur et du producteur. Cela ne garantit en rien un succès quelconque, mais peut avoir un effet rassurant lors de la mise en scène et de la promotion de la production. UN MILIEU PARTICULIER

Le milieu du cinéma et de la télévision au Québec est difficile. Se faire connaître, se faire remarquer et surtout se faire apprécier de l’auditoire québécois prend un certain temps. Le processus de distribution des rôles a considérablement changé au fil des années : auparavant, il s’étendait sur plusieurs jours, voire des semaines avant de déterminer quels acteurs allaient participer à la production. Aujourd’hui, la réalité est tout autre. L’obligation de toujours produire plus rapidement ne permet plus aux producteurs et aux réalisateurs de prendre autant de temps pour faire le casting, sans compter l’important investissement financier qu’il engendre. Le contexte actuel ne permet tout simplement plus de faire des castings

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à « l’ancienne », plus favorable à la découverte de nouveaux talents.

souvent à l’écran. Il explique que cela peut même briser des carrières du jour au lendemain. DE BELLES RÉUSSITES

Crédit photo : Allociné

Selon Garry Gagnon, comédien et professeur en comédie et réalisation à l’École de cinéma et télévision de Québec (ECTQ), plusieurs raisons expliquent notamment cette surreprésentation d’acteurs dans le milieu de la télévision et du cinéma québécois. Les changements dans le processus de sélection des interprètes, dans les rôles respectifs du réalisateur, du producteur et des diffuseurs, ainsi que les enjeux financiers ont des impacts importants sur le choix des visages qui apparaissent dans les foyers québécois, soir après soir.

Le film de science-fiction, Mars & Avril de Martin Villeneuve, créé avec un modeste budget de 2,3 millions de dollars

Selon Gary Gagnon, même être comédien est plus compliqué aujourd’hui. « C’est un sujet à multiples lignes minces. Pour un comédien, si on travaillait dans un gros bassin, on pourrait faire un rôle par année et on pourrait être correct financièrement », précise M. Gagnon. En effet, une seule production aux États-Unis rapporte à certains acteurs un salaire substantiel de plusieurs milliers de dollars pour un seul rôle. Par exemple, Leonardo DiCaprio a obtenu 25 millions de dollars pour son rôle dans Le Loup de Wall Street.

Il est évident que l’industrie cinématographique québécoise ne bénéficie pas de budgets hollywoodiens. Gary Gagnon convient que ce n’est pas du tout la même game. Toutefois, les producteurs et réalisateurs étrangers sont habituellement séduits et impressionnés par les productions québécoises, considérant le peu de moyens utilisés pour réussir à fournir un tel résultat. « Depuis longtemps et encore aujourd’hui, avec très peu de moyens, le Québec a réussi à produire de très belles productions », précise le professeur. En choisissant des têtes d’affiche comme Sophie Nélisse, les producteurs font peut-être un choix « financier », mais n’empêche que du coup, ils font plaisir à un grand nombre d’auditeurs. MALIKA SCHNEIDER

La réalité est tout autre pour les comédiens québécois qui doivent travailler simultanément à plusieurs projets afin de gagner leur croûte. Le professeur de l’ECTQ convient que cette dynamique augmente le danger pour les comédiens de se « brûler » auprès de l’auditoire qui les voit trop LA QUÊTE

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Michel Yacoub

Conseiller en sécurité financière Conseiller en régimes d’assurances collectives Représentant autonome

LA QUÊTE EST DIFFUSÉE PAR TÉLÉPHONE VIA

Québec 418 627-8882 • Montréal 514 393-0103 • Ailleurs au Québec 1-877 393-0103

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TÉLÉVISEUR

DU CATHODIQUE AU QLED Les téléviseurs ont grandement évolué au cours des 100 dernières années et les nombreuses avancées technologiques ont facilité cette progression. À l’origine, il y avait les téléviseurs à tubes cathodiques. Des inconvénients majeurs ont ensuite favorisé le développement des téléviseurs à écrans plasma, puis à écrans LCD. Encore aujourd’hui, des techniques pour améliorer la qualité des écrans des téléviseurs sont en développement L’ÉPOQUE DES TUBES CATHODIQUES

Afin que le faisceau d’électrons balaie l’entièreté de l’écran, des plaques déflectrices font dévier le jet de particules à l’aide d’une tension électrique. « Il fallait que le téléviseur soit assez long pour que les plaques déflectrices dévient le faisceau », explique Dominic Grenier, professeur au Département de génie électrique et de génie informatique de l’Université Laval. Avec la télévision couleur, un électron devait entrer en collision avec l’une des trois compositions de phosphore nécessaires pour qu’il ait émission de rouge, de bleu ou de vert. « Le faisceau d’électrons devait être finement dévié pour aller chercher la bonne combinaison des trois phosphores pour obtenir la couleur demandée », ajoute M. Grenier. La grande tension nécessaire pour dévier le faisceau d’électrons sur une courte distance et celle nécessaire pour projeter l’électron sur l’écran font des téléviseurs à tubes cathodiques de grands consommateurs d’énergie. Un autre désavantage est l’émission de photons très énergétiques à travers l’écran. « On ne pouvait pas trop s’approcher parce que ça émettait des rayons X; ce n’était pas dangereux si on se tenait à une certaine distance, mais ce n’était pas l’idéal », affirme Dominic Grenier.

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Courtoisie Dominique Grenier

Le mode de fonctionnement des téléviseurs à tubes cathodiques les rend maintenant désuets. Les tubes cathodiques projettent des électrons (particules élémentaires qui composent l’atome) lorsqu’une tension électrique leur est appliquée. Ces particules entrent ensuite en contact avec le phosphore recouvrant la face intérieure de l’écran; il y a alors émission d’un photon (paquet de lumière) possédant une très grande énergie.

Dominic Grenier, professeur au Département de génie électrique et de génie informatique de l’Université Laval

LES ÉCRANS PLATS

Pour remplacer les téléviseurs à tubes cathodiques et tous leurs problèmes, on voit apparaître les téléviseurs à écran plasma. À l’intérieur de ces téléviseurs haut de gamme, un gaz est excité par un courant électrique et se transforme en plasma, un gaz dont les atomes ne sont plus électriquement neutres. La lumière produite par le plasma est invisible pour l’humain, mais la lumière colorée produite par des substances réparties sur les cellules contenant le plasma, qui émettent de la lumière rouge, verte et bleue lorsqu’elles sont excitées est visible. Par la suite, les écrans LCD ont été inventés. Moins coûteux que les écrans plasma, ils sont faits à partir de cristaux liquides, un matériel pouvant avoir la fluidité d’un liquide, mais dont les molécules peuvent être orientées à la manière d’un cristal par un champ électrique. Le fonctionnement de ces écrans est basé sur l’utilisation de deux filtres, placés de part et d’autre des cristaux liquides. LA QUÊTE

Le rétroéclairage utilisé possède toutes les orientations possibles, alors le premier filtre agit comme des barreaux verticaux qui ne laissent traverser que la composante du même sens. La composante verticale de la lumière modifie son orientation pour suivre celles des molécules de cristaux liquides. Le second filtre peut être représenté par des barreaux horizontaux qui, encore une fois, ne laissent passer que la composante de même orientation. « Il y a seulement une petite partie de la lumière initiale qui va passer à travers les deux filtres. L’intensité va dépendre de la tension qu’on applique », explique-t-il. La tension maximale appliquée aux cristaux liquides fera en sorte que la quantité de lumière ayant traversé le premier filtre traversera aussi le second filtre; son orientation passera de verticale à horizontale en traversant la solution de cristaux liquides. Lorsqu’aucune tension n’est appliquée, l’orientation reste verticale; la lumière ne peut alors pas passer à travers le filtre horizontal. « Un des inconvénients est que c’est très directif. Aussitôt qu’on se déplace un peu de côté, on perd énormément en matière de qualité », affirme M. Grenier. De plus, les filtres utilisés ne sont pas parfaits, alors ce n’est pas toute la lumière qui est bloquée lorsqu’il n’y a aucune tension. « Les écrans à cristaux liquides ne sont pas en mesure de produire du vrai noir, mais on voit une amélioration », ajoute-t-il. ET L’AVENIR?

Depuis 2010, plusieurs téléviseurs utilisent des diodes électroluminescentes (DEL) comme rétroéclairage pour remplacer les lampes fluorescentes à cathode froide utilisées par SEPTEMBRE 2017


Afin d’atteindre une qualité d’image comparable aux écrans à plasma, les cristaux liquides ont été mis de côté pour un écran composé uniquement de DEL organique. Le rétroéclairage n’est plus nécessaire dans ces téléviseurs OLED puisque chaque pixel s’allume individuellement. Ces nouveaux écrans sont plus minces, mais aussi plus dispendieux. Une autre technologie utilise des points quantiques, c’est-à-dire des semiconducteurs de la taille d’une molécule, qui produisent de la lumière lorsqu’ils sont excités. Ces écrans portent le nom de QLED.

Illustration : Louis Gagnon

les téléviseurs LCD. Ces écrans à DEL utilisent aussi des cristaux liquides, ce qui fait que l’impossibilité d’avoir du « vrai noir » est encore un inconvénient.

UN OEIL SUR LE MONDE

Un œil sur le monde

Un regard sur le monde Une mappemonde À cent milles à la ronde En quelques secondes

AUDREY-MAUDE VÉZINA

Répandant la nouvelle Sur la passerelle Comme dans les ruelles Pas de secret pour elle Bons ou mauvais événements Elle diffuse tout, tout le temps Comme un aimant Elle attire le passant

LA TÉLÉ ET MOI

Je n’ai plus le même rapport avec la télévision depuis l’arrivée de Netflix. Je n’écoute pratiquement plus le câble et j’écoute encore moins des émissions québécoises… J’ai malheureusement l’impression que ce n’est rendu que du drame. Je voudrais plus de comédie à l’écran, mais je ne veux pas d’une émission qui n’est drôle que par sa stupidité et son absurdité. Plusieurs films québécois comme De père en flic ont le genre de comédie que je veux retrouver à la télévision.

Source d’information Émettrice d’animation Et d’émotion Élément de passion Louis Gagnon

AUDREY-MAUDE VÉZINA

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VIVRE ENTRE LA FICTION ET LA RÉALITÉ

Et si la fiction permettait de mieux affronter la réalité? Les coïncidences entre l’actualité et les œuvres de fiction sont parfois troublantes, même si elles résultent souvent de l’observation pointue d’événements quotidiens. Les livres, le cinéma et la télévision véhiculent des valeurs, portées par des intrigues et des personnages auxquels le public aime parfois se comparer, sinon s’identifier. Il suffit d’entendre les conversations de bureau le lendemain d’une diffusion, ou les propos d’un groupe de dames âgées discutant du dernier rebondissement de leur soap de l’après-midi pour se demander si la vie fictive ne remplace pas, pour certains, la vie réelle. Mais rien n’est simple dans nos vécus contemporains et le phénomène de l’existence par procuration pourrait expliquer la place prise par la télévision dès l’arrivée des premières productions dramatiques écrites par des auteurs québécois. Demandez ce qu’ils en pensent aux auteurs de la défunte série Yamaska qui pendant une huitaine de saisons a suivi l’évolution d’une série de personnages bien contemporains. Anne Boyer et Michel D’Astous sont devenus, en 30 ans de collaboration, le plus prolifique des duos d’auteurs pour le petit écran justement en misant sur la vie des individus et de leurs familles. Relevons parmi les titres qu’ils ont produits : Les poupées russes, Le retour, 2 frères, Le gentleman, Sous un ciel variable, Nos Étés et désormais, L’heure bleue. La grande histoire des gens ordinaires d’ici, chez ces deux auteurs, lève le voile sur des réalités familières aux téléspectateurs. D’autres écrivains le font aussi, mais le duo, à travers ses téléromans et téléséries, colle étrangement aux changements de l’univers québécois. L’été dernier, on pouvait revoir sur la chaîne UNI, Pour Sarah, l’histoire d’une adolescente blessée dans un accident d’auto après un party de graduation bien arrosé. Sur la même chaîne, aussi, les reprises de la saga Nos étés qui couvre l’histoire de deux familles de classes sociales différentes, pendant tout le XXe siècle et où se pointe, au milieu des années 1930, la question de l’antisémitisme. HIER, AUJOURD’HUI?

1900, les Desrochers, famille montréalaise aisée vient se construire une maison d’été sur un bout de terre adjacent à la ferme de la famille Belzile. Comme pour répondre à ceux qui regrettent le silence de leurs grands-parents sur leur vie quotidienne passée, les auteurs rassemblent les éléments nécessaires pour séduire les âmes nostalgiques d’une vie autre que celle d’aujourd’hui. Des jupes longues, on arrive aux shorts, de la voiture à cheval aux automobiles, du piano au synthétiseur, du vous au toi, du romantisme à la violence, du rire aux larmes, dans cette magnifique nature du bord du fleuve. Mais l’actualité de l’entre-deux-guerres rejoint celle d’aujourd’hui quand se posent les problèmes sociaux. La grande crise économique, le chômage et la montée du fanatisme d’extrême-droite puis l’antisémitisme propagé par les disciples du bien réel Adrien Arcand , déjà évoqué par Gauvreau dans Cormoran. Au-delà des discours enflammés, les problèmes qu’on a longtemps laissé couver vont provoquer des drames. L’attitude souvent ambiguë des autorités politiques et religieuses de l’époque permettait les dérives. Boyer et D’Astous, dans leur fiction, vont jusqu’au meurtre, celui de l’épouse, jeune réfugiée juive d’origine italienne, une « étrangère » qui avait suivi son mari québécois pour échapper au fascisme de son pays natal. Fiction qui donne le frisson dans la réalité sociale d’aujourd’hui. La tentation extrémiste n’est pas née avec les groupes qui s’en réclament sur les réseaux sociaux. La peur de l’Autre qui a longtemps marqué la vie des gens d’ici peut, conjuguée avec l’ignorance, conduire aux pires excès quand des enragés comme les partisans de celui qu’on surnommait le Furher canadien se déchaînent. Mais combien de Québécois savent aujourd’hui qui était Adrien Arcand? La télévision, grâce à des auteurs de génie, comble un peu ces vides laissés par les insuffisances de notre culture historique. Mais faut-il miser sur la fiction pour affronter la réalité et mesurer les éventuelles conséquences des gestes, des mots et des silences? Ici, si l’on n’aime pas l’histoire, on ne peut pas l’éviter en changeant de poste. MARTINE CORRIVAULT

Claude Gauvreau, avec Le temps d’une paix et Cormoran, avec l’inoubliable Nicole Leblanc, dépeint la période de l’entre-deux-guerres et effleure ce sujet parmi d’autres. Avec Nos Étés, on se retrouve dans Kamouraska où, en

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UNE HISTOIRE DE TÉLÉ LES PREMIERS PAS

Le 6 juin 1954, l’Eurovision est créée. AU CANADA ET AU QUÉBEC

Le 6 septembre 1952 marque la création de Radio-Canada. Cette dernière diffuse ses premières émissions télévisées au Canada, à Montréal, avec l’entrée en ondes de CBFT. Suivront les différentes étapes du développement en province par l’ouverture des stations satellites, soit Québec et Rimouski en 1954, Jonquière en 1955, Sherbrooke en 1956, Rouyn-Noranda en 1957, Trois-Rivières et Matane en 1958. L'INVENTION QUI A CHANGÉ MA VIE

Je ne vous cacherai pas que je suis très heureux d’être né au bon moment pour avoir pu profiter de cet appareil. Le moment que j’ai trouvé le plus spectaculaire est celui où l’on voit Neil Armstrong poser le pied sur la lune, le 21 juillet 1969. À mon SEPTEMBRE 2017

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Le 17 février 1938, John Baird, inventeur de la télévision mécanique, organise la démonstration expérimentale de la télévision couleur. Le public assiste à la retransmission des images à partir du Crystal Palace au Dominion Theater de Londres.

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Le 14 avril 1931, l’ingénieur René Barthélemy réussit pour la première fois à retransmettre une image de 30 lignes entre Montrouge et la banlieue parisienne. Il perfectionne son procédé et quatre ans plus tard, il diffuse la première émission régulière à la télévision française.

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On ne peut disserter sur ce sujet sans en aborder son histoire. La télévision est, sans contredit, la plus grande invention du 20e siècle. Son invention n’est pas l’œuvre d’un seul homme. Parmi ceux-ci, le plus important est l’ingénieur écossais John Baird. Il présente devant la Royal Institution de Londres son procédé de réception d’image sur tube cathodique le 27 janvier 1926. Il nomme alors son invention « téléviseur ». En 1930, Baird commercialise le premier récepteur grand public.

sens, ce moment historique n’a d’égal que celui où Christophe Colomb découvre l’Amérique en 1492. Comme nous vivions en région éloignée, plus précisément à Mont-Louis en Gaspésie, nous étions les derniers à pouvoir profiter des bienfaits de cet appareil. Nous étions desservis par la station de Matane. C’est ainsi que mon père acheta un appareil télé fin des années 1950. Les premiers téléviseurs de la région ont été installés à Sainte-Anne-desMonts. Je me souviens d’en avoir vu un « installé » dans une vitrine, la technologie de l’époque nous donnait une image noir et blanc agrémentée d’une tempête de neige, et à travers cette tempête de neige on distinguait la silhouette de certains personnages. Enfin, c’était un peu mieux que rien du tout. Mais nous n’étions pas au bout de nos peines : dans notre village, la montagne à son tour nous préservait des nouvelles technologies. Un débrouillard, comme il y en a beaucoup dans cette région, vit l’opportunité de régler rapidement la situation, il installa une antenne sur la montagne, la relia à un câble qu’il descendit dans le village. Ceux qui voulaient améliorer leur image pouvaient prendre un abonnement au câble pour 25,00 $ par mois (une fortune pour l’époque!). Enfin le problème résolu! L’image était belle. Il y eut à cette époque un grand changement social : la télévision était passée au salon, elle avait la place d’honneur, c’est elle qui parlait. Peu LA QUÊTE

importe qu’on soit chez mon oncle, ma tante, mon parrain ou un cousin, la télé était toujours invitée à parler; les autres écoutaient. Le piano qui avait déjà eu la place d’honneur s’était tu, presque gêné par la situation. Puis les gadgets ont fait leur apparition. Par exemple, tante Louise ne se levait plus pour ouvrir ou fermer sa télé : sur la petite table à côté de son fauteuil, un petit bidule relié à un fil plat qui passait sous le tapis lui permettait d’ouvrir, de fermer ou de changer de poste à distance. De nos jours, la zappette est électronique; plus besoin de fil. L’appareil peut si on le veut, syntoniser une quantité astronomique de canaux. Comme je l’ai déjà mentionné, j’ai connu l’enfance de la télé. Maintenant que je suis devenu adulte, la télévision est devenue supposément intelligente, comme bien des choses de nos jours. L'ÉNIGME DE LA MANETTE

La question à se poser : l’humain, à force de côtoyer des appareils intelligents, le devient-il moins? Surtout ceux qui ont des postes décisionnels. En voici un exemple : je fréquente assidûment des gens dans une résidence pour personnes semi-autonomes. Le problème de bien de ces personnes est que leur « cassette personnelle » commence à s’effacer. La direction pensant pour leur plus grand bien a misé sur des télés à écrans plats avec de nombreux canaux pour les distraire. J’ai regardé la manette. Soixante boutons de contrôle de différentes formes et couleurs. Après avoir suivi mon cours 101 pour les fonctions primaires de la manette, j’ai pu dépanner certaines personnes qui me le demandaient, soit pour baisser le son, soit pour fermer l’appareil. Plusieurs qui ne me demandaient rien avaient devant eux un écran brouillé. Cette image me rappela mon enfance... AU SECOURS! Docteur Barrette, il y a encore une tempête de neige dans la télé. Je me souviens. PHILIPPE BOUCHARD

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Hébergement

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FESTIVAL DU CINÉMA VILLE DE QUÉBEC

REGARD SUR LA SOCIÉTÉ De retour dans la Capitale-Nationale, c’est du 13 au 23 septembre prochain que se déroulera le tapis rouge du Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ).

À voir également, Québec, my country, mon pays, documentaire retraçant les suites et contrecoups de la Révolution tranquille des années 1960.

L’organisation est fière d’accueillir encore une fois une sélection de films porteurs de messages forts résultant d’une volonté de prise de conscience et de progrès dans l’évolution des mentalités. Suivant le fil conducteur manifestement politique cette année, la programmation du festival portera en elle-même le reflet d’une société baignée dans l’urgence d’un besoin de changement.

Sur la lune de Nickel traite quant à lui des habitants de la ville minière de Norilsk voulant éclairer le passé sombre de la ville à l'ère soviétique, enterré sous la glace et la censure.

C’est à travers une galerie de récits et de portraits que la sélection 2017 du FCVQ amènera le spectateur à se questionner en s’identifiant aux personnages pour le sensibiliser à d’autres réalités. Parmi les œuvres nationales à ne pas manquer, notons Ailleurs, film de Québec, sur le rite de passage de l’adolescence au monde adulte où deux perceptions du monde seront confrontées.

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Ou encore l’inspirant Americans Utopias qui nous plonge au cœur de cinq communautés alternatives et expérimentales et nous invite à réfléchir aux multiples défis et enjeux que vivent leurs membres au quotidien. Hors Québec, Swagger nous transporte dans la tête de onze enfants et adolescents aux personnalités surprenantes grandissant au cœur des cités les plus défavorisées de France.

armes de résistance face aux différentes autorités. Plastic China, documentaire sur le scandale du gaspillage et de la surconsommation, dresse quant à lui un portrait de la pauvreté, de l'ambition et de l'espoir dans un monde de déchets à travers la lutte de la jeune Yi Jie. Pour finir cette brève incursion dans la programmation, The Divine Order traite du combat mené par les femmes en Suisse pour l’obtention du droit de vote après le grand bouleversement social de 1968. Ce ne sont là que quelques exemples de films de tous horizons de l’offre 2017 de la grande fête du cinéma à Québec. Pour la découvrir en entier, ou pour vous procurer votre CinéPasse, rendez-vous au www.fcvq.ca dès le 22 août.

Mentionnons aussi le long colombien Los Nadie nous montrant un autre visage de Medellín à travers une bande d’amis trouvant dans la musique, l’art urbain et l’amitié des

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VAUT-IL MIEUX VOIR ?

Selon la professeure, l’information écrite et l’image sont deux formes de transmission complémentaires. Utilisées conjointement et de façon pertinente, elles contribuent à une meilleure compréhension de l’information. Ceux qui suivent l’actualité, par exemple, trouvent généralement dans la presse écrite les détails leur permettant d’améliorer leur compréhension des événements. Par contre, tous les citoyens n’accordent pas la même importance à l’actualité et le temps qu’ils y consacrent varie énormément d’un individu à l’autre. L’image est un excellent moyen de fournir l’essentiel de la nouvelle en peu de temps, idéal pour ceux qui ont peu de temps pour s’informer, sans compter qu’elle capte plus facilement l’attention. La présentation d’images peut toutefois détourner l’attention du téléspectateur de contenu réel de l’information. « C’est en grande partie la responsabilité des médias de faire un choix judicieux des images qui soutiennent la description des événements de manière à compléter l’information », affirme la professeure qui s’intéresse à la construction de l’image médiatique. « Si les faits restent des faits, le sens qu’on donne aux événements de l’actualité n’est jamais indépendant de la société dans laquelle ils prennent place. L’interprétation que nous faisons de la nouvelle varie en fonction de nos valeurs et de nos préjugés! », croit Mme Martel. La perception humaine est toujours teintée de subjectivité, et l’analyse d’une image varie d’une personne à l’autre. LES EFFETS DE L’IMAGE

La télévision et particulièrement les chaînes spécialisées gagnent en po-

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Courtoisie Guylaine Martel

Il semblerait qu’il y ait trois styles d’apprenants : les « auditifs » qui retiennent plus facilement l’information lorsqu’ils l’entendent; les « kinesthésiques » qui doivent toucher, imiter et agir pour favoriser leur apprentissage; et les « visuels », qui doivent voir pour comprendre. Dans cette optique, la télévision ne servirait-elle qu’à informer les visuels? La Quête s’est entretenu avec Guylaine Martel, professeure titulaire du Département d’information et de communication de l’Université Laval.

d’intégrer l’espace médiatique traditionnel. D’où l’intérêt des réseaux sociaux qui sont plus ouverts à des images alternatives. » Vu cette influence qu’exercent les médias, l’interdiction de diffuser des images de violence soulève plusieurs questions. Madame Martel se demande : « Qui va interdire? À qui? Et interdire quoi, au juste? » Selon elle, l’éducation et la responsabilisation sont plus efficaces que l’interdiction, et ce, particulièrement à l’heure des réseaux sociaux où tout est à peu près disponible sans contrôle.

Par contre, comment expliquer que la radio, où on ne voit aucune image, continue tout de même d’avoir beaucoup d’adeptes? « L’intérêt de la rapularité, selon le Centre d’études sur dio, à l’heure actuelle, vient de sa les médias de l’Université Laval. De grande proximité par rapport aux événements », estime fait, il est donc pertinent de se question- « Les médias tendent à Mme Martel. « En réner sur les effets de la réserver l’espace res- gion, particulièrement, télévision. treint dont ils disposent ce mode de communiaux modèles socialement cation est plus rapide à saisir et à diffuser Selon Guylaine Mar- valorisés... » l’information. Il est tel, les médias qui aussi plus facilement transmettent l’in- ~ GUYLAINE MARTEL accessible, en voiture formation surtout notamment », pourpar l’image créent des stéréotypes quant à l’apparence suit-elle. « Il faut noter, toutefois, que et au comportement des individus. « la radio recourt de plus en plus sysLa presse écrite aussi bien que la té- tématiquement à Internet pour diffulévision d’ailleurs contribuent à faire ser des compléments d’images. » circuler les stéréotypes sociaux liés à l’apparence physique. Les médias Finalement, il est très intéressant de tendent à réserver l’espace restreint voir à quel point le fait d’accompadont ils disposent aux modèles so- gner l’information d’images peut cialement valorisés : les politiciens, tout changer. Pour plusieurs, il est les chroniqueurs spécialisés, les pré- beaucoup plus intéressant de voir sidents d’association, les chefs de que de savoir. D’ailleurs, il suffit de se grandes entreprises, etc. parmi les- souvenir du célèbre gag d’Yvon Desquels on compte très peu de femmes, champs, un humoriste québécois : « de jeunes, de groupes culturels et Je veux pas le savoir, je veux le voir ». sociaux plus marginaux. Il est très MARYLIE LABERGE SÉVIGNY difficile pour un citoyen “ordinaire” Guylaine Martel, professeure titulaire du Département d’information et de communication de l’Université Laval.

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L'ESPOIR

AU CUBE

ACCUEILLIR LA GÉNÉROSITÉ Pour moi, la vie est beaucoup trop courte pour se priver d’accueillir l’autre avec générosité. Quand nous y regardons de près, avec une conscience éveillée, nous pouvons tous repérer ces moments où nous avons été accueillis. Évidemment, la naissance d’un enfant constitue certainement une très belle image de ce qu’est l’accueil dans une famille et une communauté. Jeune enfant, je me souviens de tous ces déménagements où je devais quitter avec amertume un groupe d’amis et être accueilli quelques heures plus tard, dans une autre localité, par un autre groupe de jeunes dont certains allaient devenir de nouveaux amis. J’ai été accueilli comme pas un par la famille Petersson en Suède à un moment où j’avais grandement besoin de me sentir aimé. Katarina et ses parents ont été tellement précieux... ACCUEILLIR AVEC SON CŒUR

Je me souviens de ce passage en psychiatrie où un préposé aux bénéficiaires avait pris le temps de poser la main sur moi et de me dire : « Richard, prends le temps, tu n’es pas ici pour rien. » J’étais en dépression majeure... J’ai ensuite participé à un groupe d’entraide pendant quelques années... nous étions tous sur un pied d’égalité. J’ai eu le plaisir de faire une thérapie avec une personne formidable qui m’a accompagné avec empathie. Il était convaincu que j’aillais obtenir un rétablissement concluant. Que dire de mes parents et amis qui m’ont accompagné dans les moments les plus sombres?

Aussi, je m’en voudrais de passer sous silence cet accueil extraordinaire dont bénéficie mon père vieillissant au CHSLD où il réside. Chaque fois que je le visite, je me rends compte combien la majorité des membres du personnel travaillent avec cœur pour que nos aînés puissent vivre leurs derniers moments avec dignité. Je sens qu’il est bien accompagné et, par surcroît, nous, les membres de sa famille, vivons de beaux moments en toute simplicité. Finalement, j’aimerais souligner cette courtoisie bien sentie dont font preuve un bon nombre de résidents du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse. J’adore y passer quelques semaines et l’une des principales raisons est cette sensation de faire partie de la famille et d’être respecté partout où je vais.... Si vous saviez comment je me sens heureux chaque jour. On m’accueille et j’accueille. Je vis un partage d’énergie positive qui donne sens à ma vie. Que suis-je sans l’accueil? RICHARD LANGLOIS

auteur et conférencier

Un autre visage de l’accueil, c’est ma conjointe Fabienne qui rencontre un grand nombre d’élèves à sa cafétéria de l’école Saint-Patrick. Elle est un modèle pour ces derniers. Si vous saviez tous les besoins que peuvent avoir ces jeunes afin qu’ils grandissent en confiance et qu’ils développent leur estime de soi. Non seulement ils fréquentent l’école pour la réussite scolaire, mais c’est souvent là qu’ils y rencontrent des modèles de vie qui participent à leur éducation.

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Illustration : Vigno

Non seulement j’ai vécu et je vis l’accueil quotidiennement, mais je l’observe tout autour de moi. Récemment, j’ai assisté aux funérailles d’un bon ami qui vivait depuis de trop nombreuses années avec cette foudroyante maladie qu’est la sclérose latérale amyotrophique. Sa conjointe Micheline l’a accompagné pendant toutes ces années. Accueillir de tels moments de vie avec mon ami Jacques n’avait rien de bien réjouissant pourtant. Mais que vivait-elle au juste? Il est difficile parfois de comprendre...

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LE JEU DE LA QUÊTE PAR JACQUES CARL DE MORIN GINETTE PÉPIN LE JEU LAETQUÊTE par Jacques Carl Morin et Ginette Pépin

CE JEU CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES COLONNES 1 ET 20 Ce jeu consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que les colonnes 1 et 20 à l’aide des À L’AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. CHAQUE définitions, indices ou lettres mélangées déjà inscrites. case grise représente une CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUIou EST À LA FOIS LA Chaque DERNIÈRE LETTRE D’UN MOT ET lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant. LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT.

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10 Verticalement : VERTICALEMENT :

duQuébec. Québec. 1- Région 1-Régionadministrative administrative du

20-Établissement d’enseignement supérieur. 20- Établissement d’enseignement supérieur.

HORIZONTALEMENT :

1-Habitants de Saint-Hyacinthe. Affirmation

Horizontalement : solennelle. Nid-de-poule. 1234-

6-Missionnaires arrivés en Nouvelle-France en 1615 (STROLELEC). Partie du théâtre où jouent les acteurs. Badelard, Casse-cou, Joffre ou Lépine.

7-Parc situé au nord du boulevard Lebourgneuf. Premier intendant de la Nouvelle-France. Pré- fecture des Pays de la Loire (ASETNN).

8-Zoo fondé en 1953 dans les Cantons de l’Est. 2-Île de Félix Leclerc. Louis Hébert a reçu la Affluent du fleuve Saint-Laurent. François-Ma Habitants de Saint-Hyacinthe. Affirmation solennelle. Nid-de-poule. sienne en 1623 (IREGENUSIE). Lord anglais rie ____, dit Voltaire (TAEOUR). Cuisine asia possédant sa statue sur la façade de l’Hôtel du tique de plus en plus populaire. Parlement (GLIEN). Île de Félix Leclerc. Louis Hébert a reçu la sienne en 1623 (IREGENUSIE). Lord anglais 9-Salle de spectacle sise au 252, rue Saint-Joseph possédant sa statue surdelaQuébec façadedans de la l’Hôtel du Parlement (GLIEN). 3-Ancien club de hockey Est. Pont sur la Saint-Charles, appelé auparavant LNH. Militaires. Jour de la semaine. pont Bickell (IGRUAUVEL). Fait partie de la Ancien club de hockey Québec dans Militaires. Jour de la semaine. robe de l’avocat. 4-Billet d’admission. Gare de urbaine servant de la LNH. point de départ et d’arrivée des passagers 10-Prénom du député de La Peltrie. Hiverna sur (LAMETRIN). Roi Soleil.Gare urbaine servant de point Billet d’admission. denord départ et d’arrivée des en passagers la rive de la rivière Saint-Charles 1535-

(LAMETRIN). Roi Soleil. 36. Réseau de transport de la Capitale. Voyage 5-École nationale d’administration. Maire de touristique à bord d’un paquebot. Québec de 1977 à 1989. Ensemble des travaux 5- École scientifiques visant à la découverte (CCEEER nationale d’administration. Maire de Québec de 1977 à 1989. Ensemble des travaux RHH). scientifiques visant à la découverte (CCEEERRHH).

6- Missionnaires arrivés en Nouvelle-France en 1615 (STROLELEC). Partie du théâtre où jouent les acteurs. Badelard, Casse-cou, Joffre ou Lépine. SEPTEMBRE 2017 LA QUÊTE

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7- Parc situé au nord du boulevard Lebourgneuf. Premier intendant de la Nouvelle-France. Préfecture des Pays de la Loire (ASETNN).


PAR HÉLÈNE HUOT RIRE ET SOURIRE… AVEC DES SAGES CHINOIS • On tombe toujours du côté où l’on penche. • Un imbécile qui marche ira toujours plus loin que deux intellectuels assis. • Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. • Ne craignez pas d’être lent, craignez seulement d’être à l’arrêt. •

Il est difficile d’attraper un chat noir dans une pièce sombre, surtout lorsqu’il n’y est pas.

PARLER POUR PARLER 1 Formé à partir de l’élément télé-, qui signifie : « au loin, à distance », quel mot désigne : a. l’opération qui consiste à transférer des données b. le dispositif de transport par cabine suspendue c. l’appareil de mesure des distances d. l’instrument d’optique destiné à l’observation des astres e. l’activité professionnelle exercée à domicile 2. Cinoche est le mot familier pour désigner le cinéma; quel est le mot équivalent pour désigner la télévision? 3. Le mot « téléthon » est un mot-valise formé à partir de deux mots préexistants. Quels sont ces deux mots? 4. Créée en 1984, TV5 est une chaîne de télévision de langue française qui diffuse des émissions dans près de 200 pays et territoires. Cinq gouvernements en sont les partenaires; quels sont-ils? 5. La téléréalité est un genre télévisuel dont le principe est de suivre la vie quotidienne de personnes célèbres ou inconnues, placées dans diverses situations. Ce genre est né en 1971 : a. en Grande-Bretagne b. aux États-Unis; c. aux Pays-Bas. 6. Une partie de scrabble? Déplacez les lettres et découvrez le mot de sept lettres (un nom commun, au singulier, relié au domaine de la télévision) qui se cache dans chacun des ensembles suivants : ACENNNO. AEEILRT. AEEIRTV. AJLNORU.CFIINOT. CEELRTU. DEEETTV.

7. Au Canada, la première chaîne de télévision est apparue en : a. 1952; b. 1953; 1955. 8. « À la télévision, on ne peut pas dire la vérité, il y a trop de monde qui regarde. » L’auteur de cette phrase est : a. Raymond Devos; b. Yvon Deschamps; c. Coluche. 9. Ils récompensent l’excellence en télévision au Canada français. Comment s’appellent-ils?

photo: ANTOINE GODBOUT

10. Quel est l’organisme public qui réglemente les activités de la télévision au Canada?

J’attends de vos nouvelles… Vous aimez les mots. Vous avez des commentaires à formuler ou des suggestions à faire concernant cette chronique. Rien de plus simple. Écrivez-moi à hhgodbout@gmail.com. Cela nous permettra d’échanger sur des questions qui vous intéressent et d’enrichir par le fait même les futures chroniques. Merci à vous ! Les réponses page 33.

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FLORIANE S'ENNUYANT DEVANT LA TÉLÉ

Il y avait de la musique classique à la radio. Moment de détente et de solitude malgré la torture. Je m’étais retrouvé à la campagne à visionner des films, à écrire des courriels et à faire de la popote et de la raquette. J’avais pris un moment en famille pour jouir un peu de la campagne. Ma sœur très attentive et bienveillante m’avait apporté un peu de réconfort malgré le fait qu’elle ne me reconnaissait pas comme victime abusée et trafiquée. Malgré cela, la vie était devenue un long fleuve tranquille. Depuis ma médication, je m’ennuie gravement. L’impression de perdre mon temps à fumer et à changer les canaux d’un téléviseur qu’un propriétaire décida de me laisser. Scandale, rien de pâmant ou presque à la télévision. Quelques bons reportages en provenance de l’étranger. Ma joie était telle lorsque je me trouvai en images et en son avec les élèves du ballet royal cambodgien. J’avais eu l’occasion de rencontrer à Phnom Penh, capitale du Cambodge, une professeure de danse et sa famille. Elle se nommait Somalie. Je m’étais fait faire quelques hauts de danse ajustés au corps en soie lilas et en coton noir. Les vêtements de danse au Cambodge pour les représentations sont cousus à même le corps mis à part le sampot qui est une longue pièce de soie que l’on enroule pour attacher autour de la taille avec un ceinturon artisanal d’argent. Cela ressemble aux pantalons arabes. La magie de la danse s’opère par la flamboyance des couleurs de la soie, des ornements, des maquillages blanc rouge et noir et des fleurs. Ce doit être inspirant de danser avec des parfums de fleurs. Je pense tous les jours au Cambodge. À mon fils, mon amoureux et à la végétation tropicale. J’adore la chaleur de ces pays et ces fruits et légumes frais. Maintenant que c’était l’hiver, je devais m’emmitoufler et paresser davantage au lit les journées froides. Je n’avais pas de sofa chez moi. Une Coréenne faisant de la fourrure était venue à ma grande surprise me visiter. Elle avait qualifié mon studio de mignon et m’avait offert un panier de paille pour faire mes courses. Je la trouvais adorable et voulais me lier d’amitié avec elle dans le quartier. Je m’étais retrouvé à l’église pour distribution de nourriture et j’y avais fait la rencontre d’une autre asiatique. Une Vietnamienne. Orpheline, elle était partie visiter son pays pour la première fois en espérant lors d’un prochain retour sur l’Asie, aller au Tibet. Elle était jolie et naturelle avec quelques tresses faites de cheveux artificiels aux couleurs fluorescentes. J’admirais la beauté des Orientales et leur naturel. J’avais quelques robes asiatiques, des *qipao* dans ma garde-robe. Vous savez ces jolies robes fourreaux faites de tissus extraordinaires. J’ai toujours été impressionné par les ingénieurs textiles et les artisans de l’Orient et du Moyen-Orient. Leur richesse. Parfois, j’invente des tissus pour m’amuser. Je fais quelques dessins sommaires de vêtements et je note en rêvant dans quel type de tissus il serait. J’ai beaucoup de mal à accepter le fait d’être moins

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Aspara illustré par Stéphane Delapré

talentueuse, maintenant sous médication. Cela m’a fait régresser en tout point. Et je lisais de moins en moins. Ce pays aime faire des cruches!!!!! Peut-être un jour allait-on cesser de me faire une guerre physique et mentale et allais-je pouvoir vivre l’âme en paix sans ces satanées substances? FLORIANE ÉCRIT DANS LE QUARTIER SAINT-JEAN-BAPTISTE AVANT 2010

P.-S. Je vis seule, m’ennuyant à souffrir, car la société ne veut pas que je sois une jolie geisha... On préfère peut-être que je devienne une obèse devant la télévision. Vous souhaitez que je devienne une inculte sans beauté ou esprit, car vous avez choisi de méchantes geishas m’ayant trafiquée physiquement et psychiatrisée... Je connais une artiste qui devant moi, à Paris, a dessiné un petit monstre de télévision. Je ne me souviens pas bien de ma vie de lycéenne à Paris, mais je crois que je n’écoutais pas la télévision. Je suis allée au café de l’École d’art de l’Université Laval et on m’a traité de lazy-boy. J’étais psychiatrisée pour avoir eu une silhouette de top model.

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LES BLOCS NOTES Dès mon école primaire, j’ai commencé à utiliser de petits blocsnotes. Ils me servent à écrire des brouillons, des premiers jets de textes, à noter mes listes d’épicerie, à lister les choses à faire et les projets à réaliser, à retranscrire les citations sur lesquelles je veux réfléchir et qui m’incitent à me mettre en action, à dessiner des croquis, à écrire des messages amicaux, etc. Lors de mes courts et longs voyages, mes blocs-notes me servent aussi de carnets de voyage. Comme les blocs-notes sont omniprésents dans ma vie, quand j’ai besoin d’en acheter un nouveau, j’aime prendre le temps de bien choisir le modèle, le motif de la couverture, et la couleur de couverture. Archive WEB

Écrits intimes Lorsque j’ai appris à bien écrire, mes premiers blocs-notes ressemblaient plutôt à des calepins de confidences, à des journaux intimes. Je trouvais alors les meilleures cachettes pour que personne ne puisse les lire. Un jour, ma mère a découvert à quel point j’aimais écrire et m’a offert, pour mon anniversaire, un beau journal sous forme de calepin que l’on pouvait verrouiller. Cela a été l’un des plus beaux cadeaux que ma mère m’a offerts. Maman m’encourageait à nourrir mon intérêt pour la rédaction, tout en respectant la confidentialité de mes écrits. De temps en temps, je lui lisais des textes et des poèmes que contenait mon journal intime. Amour à partager L’amour des blocs-notes m’a donné le goût de le partager. J’en offre en cadeau à des amis et à des membres de ma famille. Même si j’utilise maintenant l’ordinateur et Facebook pour communiquer avec les miens, parfois, au lieu de pitonner sur un clavier, j’aime ressortir mon papier parce que c’est un bon *feeling* que d’écrire à la main. L’autre jour, dans un magasin, j’ai vu de petits carnets avec différents mandalas qui y sont imprimés : fleurs, animaux ou paysages, autant d’invitations à sortir les crayons de couleur. Je trouve cette idée excellente, très zen, relaxante et pas du tout puérile. C’est en fait, un beau moyen pour se concentrer, se détendre, pour retrouver son côté enfant qui s’émerveille des formes et des couleurs. Et le résultat est une belle expression de soi que l’on peut partager avec d’autres. CHRISTIANE VOYER

OBSERVÉ Le journaliste à la télévision n’arrête pas de me regarder et de me scruter à travers l’écran pendant que je mange mon spaghetti. Il prend un vilain plaisir à m’observer en train de me brosser les dents ou de me curer les oreilles. Parfois, je souhaiterais me rendre à Montréal avec ma Lada pour lui parler dans le blanc des yeux. Mais les journalistes sont partout et nulle part à la fois. Ils souffrent d’ubiquité comme le Seigneur Jésus. Je vais donc attendre devant mon téléviseur. Lorsqu’il fera son apparition tel un mirage, je lui présenterai poliment mes doléances. Qui sait, il deviendra peut-être mon ami. FRANÇOIS GAGNON

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Automne

Par la fenêtre

Forêt colorée c’est l’automne saison des fruits, des pommes juste après l’été saison des céréales, des légumes, de la vigne et des agrumes.

En regardant par la fenêtre J’ai visité un pays Fait de piliers et de poutres Dont les feuillages sont de couleur miel

Droite, gauche, droite, gauche Ma maladresse était aveuglement Puisque j’ai retrouvé la vue À travers la loupe de l’écoute de mes propres mots

JULIE BELLEMARE

En tout espérance

Line Simard

J’ai traversé la frontière de l’éternité J’ai tout mon temps Pour me faire entendre Jusqu’à des pays inatteignables.

Bientôt, la nature s’endormira quand le soleil s’atténuera, le froid s’installera et le vent du nord nous pincera la peau, mais l’été, dans un dernier soubresaut avant le mortel coma les yeux de l’été indien ouvrira et dans un crescendo de chaudes lumières nous réchauffera avant le nordique hiver long de plusieurs mois. GAÉTAN DUVAL

Je suis un soir d’été Le temps est doux et les heures s’écoulent. Ce n’est pas encore la nuit, ce n’est déjà plus le jour. Les dernières chaleurs de l’été se reposent sur les arbres.

Pendant que le lilas... mollement... disperse les heures, Un arbre berce son nid. Une clôture se penche sur ses fleurs. Et patiemment ... la terre nourrit son jardin. Je suis rejoint dans mes rêveries Par cette heure tardive qui me dit : Tu fais partie de la vie, Vis, avant que de n’être plus.

Camille-Amélie KLoziej-Lévesque

Au loin, le soleil sculpte les nuages. De rouge, de noir, d’or et de rubis. L’air se fait caressant Et les feuilles chantent sous la musique du vent.

PIERRE LAMARRE BOUCHER

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Shutterstock TristanB M

Sur étiquette Apple, j’écoute les Beatles et ma mère, toujours, avec sa famille, en amour, cuisine de délicieuses pommes au four qu’avec joie, on savoure.

J’ai maintenant trouvé la liberté Et la dignité Puisque l’émerveillement Se dessine par le mouvement de l’épaule d’une vague


En toute espérance

Il y a plusieurs chemins pour revenir à la vie. Prend celui qui te convient, mais je t’en supplie, revient à la vie. Cette course au confort provoque notre mort. Sommes-nous né pour être mort? De cette humanité déchirée, De cet océan de souffrance, De cette espérance de l’innocence, De cette abnégation devant l’enfance, Naîtra la vie!

Camille-Amélie KLoziej-Lévesque

Vous faire croire qu’il n’y pas d’espoir, C’est l’espoir de ne pas y croire, Suis-je entendu? Suis-je compris? Perçoit-on ma plainte dans ce miroir où ces mots sont dits? Où sont les acteurs? Où sont les spectateurs? J’ai peur! Tu as peur! Nous avons peur! Comment te dire? Comment me dire? L’espace d’un sourire, C’est l’art de l’enfance. Qui que tu sois, ne sois pas là où tu es. Arrive! Arrive! Vient prendre part à cet espoir, Retrouvons notre enfance, Ainsi renaîtra la vie! SYLVAIN ROUILLARD

À la recherche de l’imaginaire « Madame désire? », questionne la serveuse. « Je vais prendre un café avec un croissant aux amandes. », murmure timidement la peintre rêveuse. « Et vous, monsieur? », sourit la jeune femme. « Une crêpe fruits et sirop d’érable », dévoile l’inventeur d’images. C’est dans une petite salle de sept à huit tables emmêlées de sourires joyeux et parfois de rires coquins que s’entasse un amas de femmes et d’hommes passionnés d’imaginaire : peintre coloriste, sculpteur d’harmonie, poète de grand chemin, graveur buriné, croqueuse d’arabesque entrelacée de lignes et de lettres, photographe et chercheur de lumière.

d’art une chorégraphie théâtrale de mots, de murmures et de fantaisie lyrique. Café Krieghoff! Un rendez-vous hebdomadaire animé de rencontres et de découvertes créatives et enjouées. C’est dans ce petit coin baptisé « Bibliothèque poétique » que tout en dégustant un breuvage velouté, vous pouvez admirer les œuvres « dos de livres » de trente-deux artistes à la recherche intemporelle de la beauté. NICOLE THIBAULT

Artiste multidisciplinaire

Ah! Voilà deux nouveaux personnages. « S’il vous plaît! Une petite minute d’attention! J’ai le plaisir de vous présenter deux artistes aux regards aguerris et à la main créative », lance l’artiste rassembleur.

Au bout de la grande table, quelques créateurs se laissent raconter l’origine des mots qui nous rassemblent. Une muse dépeint à petites touches ses œuvres d’art pointilliste. Quelques tables plus loin, des mains en creux et relief inventent une gravure imaginaire. Et que dire de cet œil amoureux qui dévoile l’intimité d’une corolle. C’est ainsi que voguent à tout vent des discussions animées autour d’un copieux déjeuner. Le jeudi matin, s’amarre entre femmes et hommes passionnés

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Courtoisie : Nicole Thibault

Lui, le geste vif modèle passionnément des entrailles ciselées de dentelle. Le bronze est son ami. Elle, l’iris moiré nous raconte ses coups de pinceau, filet de soie maillée d’un arc-en-ciel d’enluminures.

Petit aperçu des œuvres Au Café Krieghoff, un groupe d’artistes expose en permanence dans une petite salle nommée Bibliothèque poétique.

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Ressources Références communautaires Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches et de la MRC de la Haute-Yamaska. Tél. : 2-1-1 Aide sociale ADDS Association pour la défense des droits sociaux 301, rue Carillon, Québec Tél. : 418 525-4983 Maison de Lauberivière Centre de jour 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 centredejour@lauberiviere.org Relais d’Espérance Aider toute personne isolée et en mal de vivre 1001, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 522-3301 Rendez-vous Centre-ville Centre de jour 525, rue St-François Est, Québec Tél. : 418 529-2222 Rose du Nord Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org Aide aux femmes Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler! 418-648-2190 ou le 1-888-881-7192 Centre femmes aux trois A Pour la réorganisations sociale 270, 5e rue, Québec Tél. : 418 529-2066 www.cf3a.ca Centre femmes d'aujourd'hui Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec Tél. : 418 651-4280 c.f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org Support familial Flocons d'espoir Écoute et aide matérielle pour les femmes enceintes 340, rue de Montmartre, sous-sol, porte 4, Québec Tél. : 418 683-8799 ou 418 558-2939 flocons.espoir@videotron.ca Violence Info Sensibilisation, information et intervention pour contrer la violence conjugale et la maltraitance envers les aînées. www.violenceinfo.com Alphabétisation Alphabeille Vanier 235, rue Beaucage, Québec Tél. : 418 527-8267 info@alphabeille.com www.alphabeille.com Atout-lire 266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca Le Cœur à lire 177, 71e rue Est, Québec Tél. : 418 841-1042 info@lecoeuralire.com www.lecoeuralire.com Lis-moi tout Limoilou 798, 12e Rue, 1e étage, Québec Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com

Centre de prévention du suicide 1310,1re avenue, Québec Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca Tel-Aide Québec Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca Tel-Jeunes Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com Entraide Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org Fraternité de l'Épi Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec Tél. : 418 523-1731 Hébergement Maison de Lauberivière Pour hommes et femmes démunis ou itinérants 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org L'Armée du Salut et La maison Charlotte Hébergement hommes 14, côte du Palais, Québec Tél. : 418 692-3956 poste 1 Hébergement femmes 5, rue Mc Mahon, Québec Tél. : 418 692-3956 poste 2 armeedusalut.ca/quebec Maison Revivre Hébergement pour hommes 261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 523-4343 maison.revivre@gmail.com maisonrevivre.weebly.com SQUAT Basse-Ville Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com Gîte Jeunesse Hébergement temporaire pour garçons de 12 à 17 ans Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec Tél. : 418 666-3225 Résidence de Ste-Foy 3364, rue Rochambau, Québec Tél. : 418 652-9990 YWCA Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes (La Grande Marelle) Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca Réinsertion sociale Maison Dauphine Pour les jeunes de 12 à 24 ans 31, rue D’Auteuil, Québec Tél. : 418 694-9616 courrier@maisondauphine.org www.maisondauphine.org Prostitution La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com

La Marée des mots 3365, chemin Royal, 3e étage, Québec Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca membre.oricom.ca/lamareedesmots

P.I.P.Q. Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168 pipq@qc.aira.com www.pipq.org

Détresse psychologique

Soupe populaire

Centre de crise de Québec Tél. : 418-688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com

Café rencontre Centre-Ville 796, rue St-Joseph Est, Québec(Déjeuner et dîner) Tél. : 418 640-0915 info@caferencontre.org www.caferencontre.org

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Maison de Lauberivière (Souper) 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 stephane.deslauniers@lauberiviere.org Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 745, Honoré-Mercier, Québec Tél. : 418 692-1762 Santé mentale Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677 centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org La Boussole Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca Centre Communautaire l'Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com Centre d’Entraide Émotions 3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org La Maison l'Éclaircie Troubles alimentaires 2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca Le Pavois 2380, avenue du Mont-Thabor, Québec Tél. : 418 627-9779 Téléc. : 418 627-2157 Ocean Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352 Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283 Parents-Espoir Soutien et accompagnement des parents 363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167 Service d'Entraide l'Espoir 125, rue Racine, Québec Tél. : 418 842-9344 seei@videotron.ca www.service-dentraide-espoir.org Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org TOXICOMANIE Al-Anon et Alateen Alcoolisme Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca Amicale AlfA de Québec 75, rue des Épinettes, Québec Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca Point de Repères 225, rue Dorchester, Québec Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com VIH-SIDA MIELS-Québec Information et entraide dans la lutte contre le VIH-sida 625, avenue Chouinard, Québec Tél. : 418 649-1720 Ligne Sida aide : 418 649-0788 miels@miels.org www.miels.org

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Merci À TOUS NOS PRÉCIEUX PARTENAIRES ! PARTENAIRES OR

RÉPONSES LA LANGUE DANS SA POCHE RÉPONSES PARLER POUR PARLER 1. a. téléchargement; b. téléphérique; c. télémètre; d. télescope; e. télétravail. 2. Téloche, mot très familier selon Le Robert. 3. Un téléthon est une longue émission de télévision destinée à recueillir des fonds. Les deux mots qui ont servi à former « téléthon » sont télévision et marathon. 4. Les gouvernements partenaires de TV5 sont : le Canada, le Québec, la France, la Suisse et la Fédération Wallonie-Bruxelles. 5. B. La première émission du genre, An American Family, a été diffusée aux États-Unis, sur le réseau PBS. Elle porte sur la vie privée d’une famille californienne totalement inconnue; elle comprend douze épisodes qui montrent les conséquences du divorce sur cette famille. 6. ACENNNO : annonce. AEEILRT : réalité. AEEIRTV : variété. AJLNORU : journal. CFIINOT : fiction. CEELRTU : lecteur. DEEETTV : vedette.

• Centraide

7. A. Après une phase de diffusion d’émissions expérimentales quotidiennes du 3 août au 5 septembre 1952, l’inauguration de Radio-Canada, la première télévision au pays, a été célébrée le 6 septembre 1952.

PARTENAIRES ARGENT

8. L’auteur est Coluche, humoriste et comédien français (1944-1986).

• CKRL FM 89,1 • Impressions Stampa

9. Ce sont les prix Gémeaux, décernés annuellement depuis 1987 par l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision. Le prochain gala des prix Gémeaux aura lieu le 17 septembre 2017.

• Services 211

10. L’organisme est le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), créé le 1er avril 1976 pour remplacer le Conseil de la radiotélévision canadienne. Le CRTC a son siège social à Gatineau.

PARTENAIRES BRONZE

RÉPONSE Qui suis-je?

• Audiothèque

Gilles Vigneault, poète, conteur et auteur-compositeur-interprète québécois, né à Natashquan le 27 octobre 1928. Citation tirée d’une causerie tenue le 28 mars 2009 à la Maison du citoyen de Gatineau. Photo : Antoine Godbout.

•Festival de cinéma de la ville de Québec

• Danièle Rouleau • Intermarché St-Jean PARTENAIRES INCONDITIONNELS (depuis plus de 5 ans !)

SOLUTION LE JEU DE LA QUÊTE

• Le Bal du Lézard • Maison Revivre • Michel Yacoub

PARTENAIRES AD VITAM AETERNAM • Yves Boissinot • Claude Gallichan

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La bohème Entrevue avec Sylvain Edgard Lefèvre R. M. : Bonjour Monsieur. Vous vous décrivez comme un nomade. S.E.L. : Oui ça fait 45 ans que je suis nomade. Pour pouvoir garder un certain équilibre et pour pouvoir éviter les pièges, éviter l’écueil, je dois me soumettre à quelque chose que j’appelle la probité. La probité, c’est un choix. On a le choix d’être honnête ou de ne pas l’être. Il y a des pièges qu’il faut éviter. Le gain rapide peut être un piège en soi. C’est comme un gain au jeu. R. M. : Vous faites un rapport avec le jeu. Expliquez svp. S.E.L. : Ben, quelqu’un qui a acquis quelque chose malhonnêtement a pris le risque. S’il ne s’est pas fait pogner et il va le refaire. Si tu joues et que tu gagnes, tu vas réinvestir ton argent dans le jeu. Le jeu n’est pas malhonnête, mais il y a une corrélation entre le jeu et le vol. Les deux semblent des gains faciles, donc on va recommencer. Voilà le piège! R. M. : C’est clair, mais la corrélation que j’aimerais que vous fassiez, c’est qu’on a, d’un côté, la vie du sédentaire et de l’autre, la vie de nomade que vous avez choisie. Le sédentaire est-il dans le mauvais rôle? S.E.L. : Non! Il y a des nomades qui sont voleurs. Ça existe des nomades voleurs. Ça existe des sédentaires voleurs. Ça existe des sédentaires qui sont honnêtes aussi. Et des nomades honnêtes aussi. Le nomadisme et le sédentarisme peuvent finalement se ressembler. Ce sont deux pôles. R. M. : Vous êtes un nomade. Vous avez du talent, vous chantez, vous faites un grand plaisir aux gens. S.E.L. : Et j’espère être aussi d’agréable commerce! R. M. : Quels sont vos auteurs préférés? S.E.L. : Il y a Georges Brassens, Boris Vian, Félix Leclerc, Ricet Barrier. Si je me trouve en station balnéaire, c’est-à-dire un peu plus proche de la mer, je vais chanter mes valeurs marines qui comportent en des chansons un peu plus de Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Jacques Brel, et de vieilles chansons folkloriques. En milieu urbain, j’aime bien envoyer des chansons de Georges Brassens que je trouve bien appropriées pour amener une ambiance bon enfant. Dans les histoires de Brassens, il y a beaucoup de dérision et d’ironie envers tout le monde. La droite y passe, la gauche y passe, le clergé y passe, l’armée y passe et même les athées y passent. R. M. : Vous venez de citer différentes idéologies. Est-ce que vous rejetez tout en bloc? Adhérez-vous à une idéologie particulière? Comment peut-on vous cerner?

S.E.L. : Ce n’est pas difficile. Je veux qu’il soit clair que je suis un marginal. Je vis dans la marge. Mais je vis avec les gens, je fais partie de la société. Je ne suis pas un anarchiste quoi que ce soit. Mais attention, il y a la douce anarchie, bon enfant, et ça, je trouve ça cool. R. M. : Cela veut dire que la douce anarchie est en vous. Seriez-vous un mésadapté ou une personne plus idéale? Êtes-vous une voie à suivre? S.E.L. : Si quelqu’un a envie de suivre ses pieds, je suis peut-être un exemple. Qu’il vienne me voir, je vais donner des conseils, mais ça s’arrête là. R. M. : Vous semblez avoir à l’intérieur de vous un certain bonheur, mêlé d’une certaine solitude. Ce bonheur-là vaut-il la peine? Êtes-vous une personne plus authentique? Plus honnête? S.E.L. : Parfois oui, parfois non. Des fois, je vis à fond ce que je suis, des fois, je suis à fleur de peau, et des fois, je suis un peu plus tiède. Ça dépend des humeurs. Il y a une chose et c’est là la beauté du spectacle, que ce soit sur la rue ou sur une scène, c’est un théâtre pour moi. Quand je ne me sens pas vraiment authentique, quand je me sens presque faux jeton, dès qu’il y a quelqu’un devant moi qui s’intéresse à ce que je fais, je décuple d’énergie et cette personne vient me donner une authenticité que je n’avais pas avant. R. M. : Étant moi-même un philosophe. Je me pose une question. Votre culture semble vaste, vous n’êtes pas un voleur de grand chemin. Vous êtes habillé proprement. Que dire, un homme qui a une formation littéraire et musicale. Êtes-vous une sorte de philosophe? S.E.L. : J’aime certains philosophes et je le suis parfois aussi, mais je ne le suis pas toujours. Puisque j’aime les philosophes, puisque j’aime la philosophie, je suis quand même un philophile*. Vous comprenez? R.M. : Oui, merci beaucoup, Monsieur

Réal Malouin * Amoureux de la philosophie

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Venez courir au profit des sans-abris Choix de trajet de 1km, 5km, 10km ou 15km Dimanche, 22 octobre 2017, de 7h30 à 12h30 Rassemblement pour le départ devant la Nef (190, rue Saint-Joseph Est, coin Caron)

En savoir plus : http://monsaintroch.com/activites-evenements/archipel-entraide/ courirauxabris/

Inscription : https://www.e ventbrite.com/e/inscription-courir-aux-a bris-22otobre-2017-35644113503

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RADIO 89,1 WEB WWW.CKRL.QC.CA JUILLET - AOÛT 2017

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4$ Le magazine de rue de Québec

No 197 Septembre 2017

Ensemble, derrière ce décor, nous multiplions les possibilités. Nous tous, ici

noustousici.ca

Merci à nos organismes et aux utilisateurs de leurs services d’avoir généreusement participé à cette publicité.

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S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant un­e carte d’identification. 2 $ sur le prix de vente va directement au camelot.

Derrière le petit écran


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