4$ Le magazine de rue de Québec
CIRCULER … • en autobus ? • en vélo, l’hiver ? • à pied ? • Pourquoi circuler ?
Résultat de la campagne 2015
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S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant une carte d’identification. 2 $ sur le prix de vente va directement au camelot.
Merci de changer des vies pour la vie !
No 181 Février 2016
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LA QUÊTE EST DIFFUSÉE PAR TÉLÉPHONE VIA Québec 418 627-8882 • Montréal 514 627-8882 • Ailleurs au Québec 1-877 393-0103
DÈS LE 7 SEPTEMBRE
RADIO 89,1 BALADO DISPONIBLE SUR ITUNES ÉCOUTE EN DIRECT WWW.CKRL.QC.CA
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SOMMAIRE DOSSIER
Photo: Michaël Gosselin
CIRCULER 06-07 …en tramway ? 08-09 …en autobus ?
JEUX 18
Le jeu de La Quête
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La langue dans sa poche
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…en vélo, l'hiver ?
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…en covoiturage ?
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…à pied ?
CHRONIQUES
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…en UberX ?
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…en traversier ?
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Pourquoi circuler ?
L'univers au fond de sa cour
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1,2,3, go climat !
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Le temps de la modération
Photo: Michaël Gosselin
POUR LE PLAISIR DE LIRE
FÉVRIER 2016
LA QUÊTE
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Une catastrophe
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L'étalon
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Les petis bonheurs des rencontres
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Polaire
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Candeur
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Ode céleste
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Junkie
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De la beauté
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La marche à l'amour !
03
PAGE COUVERTURE Photo : Michaël Gosselin
RÉALISER L’ESPOIR
Conception graphique : Karyne Ouellet
Camelots recherchés
L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment
donné Hey toi! de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés Tu as 18compte ans ou plus. pour cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, Tu veux te faire quelques dollars? etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs Pour plus d’informations autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, Appelle-nous au certain pouvoir sur leur vie. reprendre un Travaille à ton compte. Pas d’horaire. à la vente - sur de la rue rue !par des Vends le magazine La Quête
418 649-9145 poste 33 Ou L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des Viens nous rencontrer au services d’accompagnement 190, rue St-Joseph Est (coin Caron)communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche logement par le biais de son service Accroche-Toit. Dans l’église d’un Jacques-Cartier
Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots. SUIVEZ-NOUS SUR facebook.com/laquete.magazinederue et issuu.com/laquete/docs
UNE TRIBUNE POUR TOUS Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu. Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux. Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 1 du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique de avril : St-Sauveur. er
FAIRE DES SOUS EN DEVENANT CAMELOTS Les camelots récoltent 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31 Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.
ÉDITEUR Archipel d'Entraide ÉDITEUR PARRAIN Claude Cossette COORDONNATRICE Francine Chatigny MENTORS Martine Corrivault et Jean-Claude Picard RÉDACTRICE EN CHEF Valérie Gaudreau RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Isabelle Noël CHRONIQUEURS Martine Corrivault, Claude Cossette et Diane Morin JOURNALISTES Vanessa Breton-Beaulieu, Marine Caleb, Anouk Jaccarini, Cécilia Foissard, Marie-Michèle Genest, Laura Meuret et Camille Tremblay-Antoine AUTEURS Kevin Besnard, Philippe Bouchard, Christian Bourget, Jean-Pierre Drolet, Gaétan Duval, Floriane, François Gagnon, Sylvain Rouillard, Bernard St-Onge et Christiane Voyer AUTEURS DES JEUX Hélène Huot, Jacques Carl Morin et Ginette Pépin RÉVISEUR Benoit Arsenault PHOTOGRAPHE Michaël Gosselin GRAPHISTE Karyne Ouellet IMPRIMEUR Les Impressions STAMPA inc. 418-681-0284
COPYLEFT La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d’auteur Creative Commons « Paternité - Pas d'Utilisation commerciale - Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n’est pas commercial, permet de l’utiliser et de le diffuser tout en protégeant l’intégralité de l’original et en mentionnant le nom des auteurs.
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LA QUÊTE
FÉVRIER 2016
MOT DE LA COORDO
CIRCULER…
Il y a 150 ans, on recourrait aux chevaux, les vrais!, pour tirer les premiers tramways sur la seule ligne disponible dans la ville de Québec. Vanessa Breton-Beaulieu s’est entretenue avec Jean Provencher, historien, pour retracer l’histoire du transport en commun, dont l’évolution a eu un impact considérable sur l’organisation du territoire, nous explique ce dernier. Peut-être est-ce ce passé qui incite la Ville à parier sur les nouveaux services rapides par bus (SRB) pour développer des zones inoccupées du territoire. Ce projet de densification peut s’avérer louable, toutefois les interlocuteurs d’Anouk Jaccarini restent sceptiques quant à l’atteinte de l’objectif premier des SRB. À PLUSIEURS Transport en commun à échelle réduite, le covoiturage organisé a ses adeptes. Parmi les services offerts, AmigoExpress s’est taillé une place de choix grâce, notamment, à l’étendue du territoire couvert et à sa facilité d’utilisation via les nouvelles technologies, rapporte son fondateur qu’a rencontré Laura Meuret. Camille Tremblay-Antoine fait le point sur l’arrivée chaotique d’UberX à Québec. Ses applications mobiles ont rapidement séduit une clientèle branchée, mais sa légalité contestée avivent la grogne de l’industrie du taxi et ses tarifs en dent de scie font couler beaucoup d’encre dans les médias..., et pas seulement au Québec. EN SOLO Les déplacements utilitaires en vélo pour se rendre au travail ou faire ses courses gagnent en popularité, et ce, malgré un réseau de pistes cyclables mal arrimé.
FÉVRIER 2016
Pour pallier ce problème, la Ville a dévoilé en décembre dernier sa Vision des déplacements à vélo. Les irréductibles cyclistes, ceux qui pédalent même en hiver, déplorent que ce plan ne contienne rien pour faciliter les déplacements en vélo durant l’hiver. Au Québec, c’est bien connu, le parent pauvre de la route, c’est le piéton. Il suffit d’avoir franchi la frontière du Québec pour réaliser à quel point les automobilistes d’ici manquent de courtoisie envers les piétons... et que les piétons se foutent du Code de la sécurité routière. Cette délinquance piétonne serait engendrée par un système trop maternant, avance Bruno Falardeau, un des premiers activistes pour le droit des piétons à Québec. Marie-Michèle Genest a fait une marche avec lui et rapporte des bribes de leur discussion. FAIRE DES VAGUES Le traversier, utilisé chaque jour par des centaines de travailleurs, constitue le moyen de transport le plus zen pour faire le lien interrives. Or, les passagers ont dû prendre leur mal en patience l’automne dernier alors qu’ils se voyaient pris en otage par une grève déclenchée dans le cadre d’une ronde de négociations entre les officiers et le gouvernement. Cette grève aura également des conséquences fâcheuses pour la Société des traversiers du Québec, comme le souligne Marine Caleb. CÔTÉ PLAISIR Les auteurs de La Quête vous convient au pays des émotions – Candeur, Catastrophe, De la beauté... – ils maîtrisent l’art de nommer, ils ont la générosité de partager. Sensibles aux instants de la vie qui échappent aux étourdis, ils relèvent les subtilités du voyage dans Les petits bonheurs des rencontres, évoquent le pouvoir de métamorphose de la mémoire affective dans Étalon, implorent la chaleur dans... Polaire. Ils expriment aussi la réalité brute : les marginaux, les différents et les colorés ne sont pas les bienvenus dans notre société léchée. Junkie et La marche de l’amour en témoignent...
Photo: Michaël Gosselin
En rédigeant cette présentation de l’édition de février, je réalise avec stupéfaction que, pour la première fois de ma vie, je fais face à un acte manqué collectif ! Comment interpréter autrement la préparation d’un dossier sur les déplacements en ville sans avoir accordé la moindre attention aux véhicules dits de promenade. Il faut le faire, dans une région où on compte une auto pour 1,5 personne... Ce fort « désir inconscient » de l’équipe de La Quête d’assister à la réduction du parc automobile – incluant les plus en plus populaires véhicules utilitaires sport – se manifeste par la proposition d’alternatives à l’utilisation individuelle des 100 chevaux et plus !
MILLE MERCIS NATHALIE! Notre fidèle réviseure bénévole, Nathalie Thériault, qui a offert tout près de 10 ans de loyaux services, nous annonçait en décembre dernier qu’elle devait cesser son implication. Nous tenons à la remercier chaleureusement pour sa générosité et son professionnalisme. Sa belle humanité va nous manquer... Belle continuité Nathalie ! LA RELÈVE Benoit Arsenault, réviseur d’expérience et membre de l’Association canadienne des réviseurs, a accepté de prendre le relais. Benoit a choisi de s’impliquer à La Quête parce qu’il croit que c’est un outil de communication important pour les gens du milieu et que tout le monde doit pouvoir s’exprimer dans ses mots. Malgré de nombreuses années d’expérience en révision, il en sera à une première expérience de révision de textes d’opinion à thématique sociale. Bienvenue dans l’équipe Benoit !
Bonne lecture, FRANCINE CHATIGNY
LA QUÊTE
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LA PETITE HISTOIRE DU TRANSPORT EN COMMUN
Courtoisie: Jean Provencher
Tramway, autobus, char observatoire et wagon électrique : l’histoire du transport en commun est aussi complexe que les moyens de transport qui la constituent. Jean Provencher, historien et animateur de radio et de télévision reconnu, nous la raconte comme s’il l’avait vécue.
Tramway rue Saint-Jean
2015 est l’année du 150e anniversaire du transport en commun au Québec. Pour l’occasion, Jean Provencher, historien renommé de Québec, a donné une conférence intitulée : « Partager la route : le transport en commun à Québec, du tramway à l’avènement de l’autobus ». La Quête a voulu en savoir plus, le temps d’une entrevue au ton enjoué et amical de M. Provencher. UN HEUREUX COMMENCEMENT
Courtoisie: Jean Provencher
L’avènement du transport en commun est le résultat de l’arrivée des premières usines qui fait augmenter la population des villes. Le besoin de mettre en place un transport tel que le tramway se fait alors sentir. Le tout débute en 1865, alors que la première ligne de tramway, tiré par des chevaux, voit le jour. « Dès le début, c’est l’engouement », explique Jean Provencher. « La population de Québec est de 60 000 personnes et,
Tramway Grande Allée
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LA QUÊTE
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UNE VILLE EN TRANSFORMATION
Courtoisie: Jean Provencher
Monsieur Provencher explique comment l’évolution du territoire de la ville de Québec a un lien étroit avec l’évolution du transport en commun. « Dès 1912, une gare est construite, reliant la rue des Érables et [la rue] Saint-Cyrille. [La] ligne de tramway se prolonge [alors] en plein bois, dans une partie non développée. C’est grâce à ce prolongement que se développe le quartier Saint-Sacrement. Le même procédé mène au développement du quartier Limoilou ». « L’arrivée du transport en commun est un événement important pour les gens vivant au centre-ville et, avec le début du siècle, les villes [situées] en périphérie le réclament à leur tour. Il fallut cependant attendre la fondation des compagnies d’autobus au début des années 1920. C’est alors que L’Ancienne-Lorette, Sainte-Foy et Charlesbourg obtiennent leur transport en commun », relate l’historien.
Char observatoire, côte de la Fabrique
LA FIN D’UNE ÈRE ET L’ARRIVÉE DE L’AUTOMOBILE
Courtoisie: Jean Provencher
En 1932, le règne du tramway est à son apogée. Cette emprise ne dure cependant pas avec l’arrivée de l’automobile. Les rails disparaissent peu à peu de la surface des rues de la ville, les autobus se multiplient et les premiers feux de circulation font leur apparition. La Commission de transport de la Communauté urbaine de Québec est ainsi créée et le transport en commun devient un service d’ordre public.
Autobus, côte de la Fabrique vers 1940
la première semaine seulement, 7 000 tramways électriques met fin à la traction personnes prennent déjà le tramway. animale à l’automne 1897. C’était très attendu. La preJean Provencher raconte mière ligne part du marché « L’évolution du dans le quartier Champlain et territoire de la ville que « l’hiver a toujours été un problème pour le s’étend jusqu’au bout de la rue de Québec a un transport en commun. Saint-Joseph, en Basse-Ville. » Avec les tramways, quand lien étroit avec En été, les voitures sont sur l’hiver arrive, les chevaux l’évolution du des roues et l’hiver, on remsont encore capables de transport en place celles-ci par des patins. circuler dans les rues. commun ». Près de 30 ans plus tard, en Cependant, [avec] les 1894, l’entreprise Quebec Dis~ Jean Provencher tramways électriques, s’il trict Railway est fondée et met y a du verglas, on [a] raen place les tramways électriques. La cen- pidement des problèmes. » trale hydroélectrique de la chute Montmorency est alors utilisée pour alimenter Une autre forme de transport en comle tramway. Ce tramway électrique débute mun, le char-observatoire, apparaît en sur la Grande Allée et arrive à se déplacer juin 1910, avec comme but ultime d’arrigrâce aux fils électriques situés au-dessus ver à desservir les touristes et de les attirer des lignes de tramways. L’apparition des dans la ville.
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LA QUÊTE
Selon Statistiques Canada, c’est 12 % de la population qui utilise le transport en commun pour aller au travail, pendant que quatre personnes sur cinq s’y rendent en automobile… VANESSA BRETON-BEAULIEU
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SRB OU MÉTROBUS ?
Courtoisie: Ville de Québec
Pas facile de se déplacer en autobus à Québec ! Même lorsqu’on est plein de bonne volonté, l’attente, l’inconfort et les intempéries sont parfois des éléments décourageants. Notre réseau de transport en commun n’a pas connu de refonte en profondeur depuis l’arrivée des Métrobus en 1992 ; le service rapide par bus — le SRB — pourrait-il être la solution ?
Saint-Sacrement — Actuel
MONSIEUR G PREND L’AUTOBUS Monsieur G a pris une bonne résolution ; dorénavant, il prendra le bus pour aller au bureau. Plein d’enthousiasme, il arrive à l’arrêt cinq minutes à l’avance. Il frissonne un peu sous la pluie froide, mais l’autobus ne devrait pas tarder. Cinq minutes passent, puis dix, puis quinze… Enfin, il aperçoit au loin la silhouette verte du Métrobus. Ouf ! Il ne veut pas que ses collègues le voient arriver en retard, eux qui se sont gentiment moqués de lui lorsqu’il leur a annoncé qu’il ne renouvellerait pas sa vignette de stationnement. Une fois à l’intérieur du bus, il constate que tous les sièges sont pris, mais il réussit tout de même à lire un peu avant de descendre pour prendre sa correspondance. Là, l’arrêt est plus confortable et l’abribus est tempéré. Le deuxième bus qui arrive est archiplein, et M. G se résigne à fermer son livre et à regarder par la fenêtre, pour se rendre compte que le Métrobus partage sa voie avec les autres véhicules…
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Il croyait pourtant circuler sur des voies réservées ! À son arrivée au bureau, il se renseigne auprès d’un collègue, qui lui explique que le nouveau SRB, annoncé au printemps, sera vraiment rapide, fiable et confortable. LE SRB, UNE PANACÉE ? Selon l’étude de faisabilité publiée au printemps dernier, le SRB, ou service rapide par bus, constituera le « réseau structurant » du transport en commun à Québec, c’est-à-dire le corridor central autour duquel s’articuleront les autres services. Fiable, confortable et accessible, il circulera sur des voies réservées partout, sauf à un endroit, pourtant névralgique, le pont de Québec. En effet, d’après la même étude, il serait difficile de réserver au SRB une des trois voies du pont de Québec, car le pont perdrait alors 40 % de sa capacité routière actuelle. Pourtant, pour Réjean Lemoine, historien bien connu à Québec, la solution aux
LA QUÊTE
problèmes de congestion passe évidemment par une voie réservée sur le pont, principal goulot d’étranglement depuis les années 1980. M. Lemoine va plus loin, « le RTC n’arrive pas à assurer la régularité des Métrobus actuels, qui constituent pourtant l’ossature du réseau, parce que les trajets sont trop longs. Il est ridicule de penser qu’on y arrivera avec un trajet de 30 km » comme celui qui est prévu, pour le SRB, surtout, sans voies réservées pour le lien interrives. L’historien est catégorique : les sommes prévues pour modifier en profondeur les infrastructures afin d’accueillir un SRB seraient beaucoup mieux investies dans l’aménagement de voies réservées sur l’ensemble du parcours des Métrobus, qui ont d’ailleurs déjà les principales caractéristiques d’un SRB : fréquence élevée, service le jour, le soir et la fin de semaine, priorité à certains carrefours et système d’information dans les véhicules.
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Courtoisie: Ville de Québec
Saint-Sacrement — Projection
UN TRAJET CRITIQUÉ Le tracé proposé pour le SRB fait aussi l’objet de nombreuses critiques. En effet, selon l’étude, il empruntera en effet le boulevard Charest entre l’autoroute Robert-Bourassa et le quartier SaintRoch, traversant ainsi sur plusieurs kilomètres des zones industrielles où il ne se trouve pratiquement pas d’usagers. En choisissant ce tracé, la Ville fait le pari de susciter, dans ce secteur, de nouveaux développements résidentiels et commerciaux.
velopper de manière organique, autour tuels du transport en commun. Quant d’un centre. De plus, l’expérience d’autres aux Métrobus, ils doivent devenir des villes le confirme ; un tel réseau structu- « alimenteurs » de cette épine dorsale rant doit se limiter à des tronçons de sept en y amenant les autres usagers. « Pour ou huit kilomètres à partir du centre- que ça fonctionne », souligne cependant ville, que Marc Boutin situe Marc Boutin, « il faudra aux alentours de la place En choisissant ce que les habitants de Quéd’Youville. Le SRB irait tracé, la Ville fait bec acceptent la notion de donc, par exemple, jusqu’au le pari de susciter, “ transfert modal ”, c’est-àVieux-Beauport vers l’est, dans ce secteur, dire, la nécessité de changer jusqu’au Trait-Carré de de mode de transport à un de nouveaux Charlesbourg vers le nord point de leur parcours », et jusqu’au CHUL vers développements pour passer du Métrobus résidentiels et l’ouest. au SRB, par exemple.
Marc Boutin, géographe et militant de Québec, n’est pas d’accord, car, en traversant les zones industrielles qui bordent le boulevard Charest, le SRB risque de ne constituer qu’une « doublure » du réseau autoroutier. Pour lui, on ne peut pas créer un quartier de toutes pièces ; il doit se dé-
« Pour être efficace », ajoute Marc Boutin, « l’épine dorsale du réseau doit emprunter les axes urbains déjà densément peuplés ». À Québec, ça veut dire l’axe qui relie les ponts et la colline Parlementaire, là où se trouvent la plupart des usagers ac-
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commerciaux.
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ANOUK JACCARINI
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L’UNIVERS AU FOND DE SA COUR ?
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Les moyens de transport sont utiles, et même nécessaires. Mais, cela oblige-t-il chacun d’entre nous à posséder une voiture pour se déplacer en ville ? Ben oui, c’est vrai ! Les transports urbains sont déficients. Déficients ? Alors, pourquoi ne pas travailler à un kilomètre de chez soi ou déménager à un kilomètre de son lieu de travail ? Ouais ! Les grandes villes imposent à leurs banlieusards des déplacements de plusieurs heures chaque jour, du temps perdu en somnolence, en niaiseries entendues à la radio et en rêves de plages ensoleillées, quand ce n’est pas en frustrations ou en colère. Ça, c’est pour le transport urbain, mais qu’en est-il du transport sur de longues distances, des voyages et, disons, du tourisme ? Selon Statistiques Canada, plus de 6,2 millions de Canadiens ont voyagé outre-mer cette année, sans compter les 21,1 millions qui se sont rendus aux États-Unis, en Floride ou dans un autre État américain. Tous ces voyages sont-ils utiles ? Nécessaires ? Répondent-ils à un réel besoin ou à une simple tendance mercantile ? UN BESOIN CONGÉNITAL La revue Psychologie nous rappelle que les voyages sont « une pulsion qui anime l’Homme depuis la nuit des temps ». C’est vrai. Il y a toujours eu des humains qui ont voulu aller voir « ailleurs », depuis les Inuits, qui ont franchi le détroit de Béring, à Guy Laliberté qui est devenu le premier touriste spatial. Il y a quelques décennies à peine, l’idée de faire du tourisme ne concernait qu’une minorité de personnes. Ce n’est que récemment que le tourisme, soutenu par un intense marketing, s’est transformé en maladie contagieuse. Tout le monde veut voyager ! On peut penser que le fait d’agglutiner des milliers ou des millions de personnes dans les grandes villes a déclenché un besoin de quiétude et de silence et, chez plusieurs, une envie d’aller voir ailleurs. Ajoutons que la diffusion d’images exotiques attise la curiosité et l’attrait de l’insolite chez les spectateurs. Au fond, qu’est-ce qui se cache derrière ce « besoin » de voyager ? L’écrivain Charles Juliet avoue : « Je ne songeais pas à gagner tel pays particulier. En réalité, je n’avais d’autre désir que de fuir la vie que je menais, fuir celui que j’étais. » Combien de nos retraités voyagent ainsi dans le seul but de tromper leur ennui ? DES EFFETS NÉFASTES Le tourisme de masse génère des profits pour les marchands et quelques retombées chez la population locale, mais il produit indéniablement des effets néfastes. Ainsi, on ne compte plus le nombre de coins de nature qui ont été saccagés par des vagues successives de touristes.
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Tous ces vols nolisés, ces autocars d’excursion et ces navires de croisière produisent également des millions de tonnes de gaz à effet de serre…, et ce, seulement pour que les plus riches d’entre nous puissent s’évader temporairement ou simplement éblouir leurs amis avec leurs anecdotes de voyages. Or, avec l’Internet, l’évasion promise naguère par les voyagistes n’est plus ce qu’elle était. Les vacanciers s’empilent dans les avions comme des sardines dans leur boîte et, sur place, ils échangent quotidiennement courriels ou photos avec leurs parents et leurs amis. Même les « voyages d’aventure » sont sérieusement encadrés par les plans d’excursions et par les consultations du système mondial de géolocalisation (GPS). DES BIENFAITS INDÉNIABLES La liberté de circulation est le droit de se déplacer librement dans son pays, de le quitter et d’y revenir. Elle est garantie par l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Oui, c’est vrai, il est indéniable que les voyages produisent leur chapelet de bienfaits. L’adage est bien connu : « Les voyages forment la jeunesse. » Naguère encore, les adolescents des familles bourgeoises étaient poussés au voyage par leurs parents. Bien sûr que les voyages permettent aux jeunes personnes d’apprécier des mondes différents, de se comparer, de s’évaluer, de mesurer leur capacité à penser par soi-même, à expérimenter leur débrouillardise, leur ascendant et leur courage. Bref, les voyages nous permettent de découvrir les limites de notre liberté. Voyager, étudier et travailler ailleurs, c’est aussi découvrir d’autres humanités semblables à la sienne, d’autres cultures, d’autres langues, d’autres façons de comprendre le monde et d’autres jeunes qui, de loin, semblaient si différents de soi. C’est pourquoi des jeunes de 20 ans partent ainsi à l’aventure, munis uniquement de leur cellulaire et de leur carte de crédit, pour voyager au gré de leurs envies et de leurs rencontres. Les voyages font ainsi fonction de rite de passage entre l’enfance et l’âge adulte. Mais, ne pourrait-on pas obtenir le même résultat en investissant un espace très proche, comme la forêt nordique ou ce village situé à l’extrémité du pays ? L’acidulée dessinatrice Claire Bretécher fait dire à un de ses personnages : « Quelle idée d’aller dans le tiers-monde alors que le quart-monde est à sept stations de métro ! » Eh oui, l’univers tout entier se trouve également au fond de sa cour !
LA QUÊTE
CLAUDE COSSETTE
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PÉDALER TOUTE L’ANNÉE Durant l’hiver à Québec, de plus en plus de cyclistes que l’on peut considérer parmi les plus chevronnés et les plus courageux enfourchent leur deux-roues malgré les températures glaciales et certains obstacles.
Photo: Cécilia Foissard
tions ubuesques », rapporte le fondateur de Vélurbaniste. C’est le cas de l’accès au parc Technologique en partant de SainteFoy. En hiver, la manière de s’y rendre est uniquement par le biais de l’autoroute, a expliqué le jeune homme.
Malgré sa marginalité, cette pratique est en pleine émergence, selon Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables. Il constate que le phénomène gagne du terrain et compte de en plus d’adeptes dans la Vieille-Capitale, et ce, malgré l’absence de chiffres officiels. Cette émergence est due à l’apparition d’une communauté de cyclistes, à l’arrivée d’équipements adaptés à la saison froide et au refus de certaines personnes de prendre l’automobile. « Dès que l’infrastructure est disponible, les gens vont utiliser leur vélo. Parce que, pour des gens, c’est absurde de prendre la voiture », explique Yan Turgeon, fondateur du blogue Le Vélurbaniste. Plus récemment, le film L’hiver à vélo, portraits de cyclistes nordiques présenté au Bicycle Film Festival de Québec, en septembre dernier, a permis de présenter le cyclisme hivernal sous un nouveau jour. Tourné à Québec, il retrace le parcours de Nathalie Hébert, Geneviève Delisle-Thibeault et Martial Van Neste, trois cyclistes « hivernaux » qui se sont rencontrés sur le traversier. Ce documentaire d’une douzaine de minutes montre que le cyclisme d’hiver n’est pas seulement un mode de transport. Il permet de porter une attention différente à la saison la plus rigoureuse de l’année et de présenter les bienfaits physiques et spirituels de la discipline. Les cyclistes y voient une sorte de « méditation », une façon de s’évader l’instant de leur trajet.
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Selon lui, la capitale de la Belle Province devrait encourager la pratique du vélo d’hiver à longueur d’année. « Il faut vraiment arrêter de penser au niveau municipal que l’on peut faire la promotion du transport actif six mois par année, puis après cela, abandonner les infrastructures sous les bancs de neige », a-t-il soutenu. UNE POLITIQUE DES PETITS PAS
Des initiatives gagnent du terrain à Québec, comme l’idée d’avoir une communauté de cyclistes. « On essaie de susciter de manière générale un sentiment d’apÀ Québec, les cyclistes d’hiver vantent les partenance et une cohésion au niveau de bons côtés de ce sport. M. Turgeon es- la communauté cycliste », a révélé Étienne time que le vélo hiverGrandmont. Pour lui, la nal offre des « moments « On encourage la Ville présence d’un tel collectif féériques ». « C’est une à s’assurer que les est nécessaire pour faire expérience proche du nouvelles infrastrucavancer les enjeux liés à la ski de fond », a-t-il indipratique du deux-roues à tures soient accesqué à La Quête. Québec. DES PROGRÈS RESTENT À RÉALISER
sibles douze mois par année ».
Cette sensibilisation passe par des demandes d’exten~ Étienne Grandmont sion de la durée d’ouverd’Accès transports viables. ture annuelle du réseau En dépit de cette émercyclable. « On encourage gence, il reste du chemin à parcourir la Ville à s’assurer que les nouvelles inavant que cette discipline ne soit totalefrastructures sont accessibles douze mois ment accessible. De nombreuses pistes par année », a indiqué M. Grandmont. sont impraticables en hiver. « On a un « Déneiger le réseau cyclable permettrait réseau de pistes cyclables de très grande d’augmenter la sécurité et la pratique du qualité. Malheureusement, en hiver, on vélo hivernal », a-t-il conclu. ne déneige pas ce réseau-là », décrit le créateur de Vélurbaniste. Le 8 décembre dernier, la mairie de Québec dévoilait un plan destiné à investir « À titre d’exemple, l’axe de la rivière 9 millions de dollars sur trois années afin Saint-Charles n’a pas été déneigé l’ande prolonger certains axes cyclables d’une née précédente », déplore Yan Turgeon. centaine de kilomètres. Néanmoins, le « On est coincé et on doit prendre des vélo d’hiver n’est pas une priorité de ce axes de circulations très achalandés alors projet, mais ces récentes avancées ouvrique l’été je ne les prends pas, car c’est ront peut-être la porte à de futures distrop dangereux », a expliqué le cycliste. cussions pour faire valoir la nécessité de « C’est le grand paradoxe du vélo d’hipouvoir circuler à vélo douze mois de ver », ajoute-t-il. Selon lui, ce problème l’année. est lié à la transformation des bandes cyclables en stationnements à compter du CÉCILIA FOISSARD 31 octobre. Une autre difficulté relevée par Yan Turgeon concerne l’impossibilité de se rendre à vélo à certains endroits. « Il y a des situa-
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RÉSERVEZ, PARTEZ, PARTAGEZ En à peine une décennie, Amigoexpress est devenu un incontournable pour les adeptes du covoiturage dans la région de Québec. L’aventure, commencée en 2004, doit une fière chandelle aux nouvelles technologies. « J’y ai vu une opportunité d’avoir une plate-forme Web et un centre d’appel. Pendant deux ans, j’étais seul à répondre au téléphone, donc il a fallu faire preuve de persistance », explique le fondateur et directeur général de l’entreprise et plateforme internet, Marc-Olivier Vachon. En effet, Amigoexpress, qui a été créé en 2006, n’a pas été rentable au départ, et il a fallu être patient. Le directeur général confie qu’il n’a pas fait d’effort pour sa mise sur le marché et que son développement s’est construit sur une base très dynamique.
mais principalement au Québec », déclare M. Vachon. Le nombre de membres est en constante augmentation et, selon le fondateur, ils seraient actuellement environ 330 000 membres et le plus gros de l’activité se réalise sur le Web. De plus en plus utilisé, ce service est considéré comme un incontournable pour
Vingt-cinq employés travaillent présentement au sein de l’entreprise, principalement au centre d’appel pour répondre aux questions. « C’est une belle équipe, proche de la communauté des utilisateurs », dit M. Vachon, dont la conjointe est d’ailleurs directrice des ressources humaines et financières de l’entreprise. « Les nouvelles technologies ont également aidé, car le covoiturage existait avant », souligne-t-il. « On peut faire un parallèle entre les babillards de l’époque et les groupes sur Facebook. »
Photo: Michaël Gosselin
« Il est vrai que l’entreprise a poussé vite et lentement à la fois. Il y a eu une évolution graduelle, mais après dix ans, on ne peut nier que c’est un service très bien implanté dans la région », estime le fondateur. D’abord présent au Québec, dans quelques villes principales, le service s’est étendu progressivement un peu partout en Ontario et aux États-Unis. « Amigoexpress s’est développé en toile d’araignée,
sont les étudiants et les jeunes qui l’utilisent le plus, les 25-29 représentent environ 25 % de nos utilisateurs. »
Certains groupes sur Facebook, tels que celui qui offre des covoiturages entre Québec et Montréal, regroupent presque 24 000 membres. Selon son fondateur, « les gros avantages d’Amigoexpress restent l’encadrement et le service de communication. L’important est d’offrir un service de qualité. » LAURA MEURET
les personnes adeptes du covoiturage se déplaçant dans la région de Québec. M. Vachon souligne qu’il est « surprenant quand les personnes qui ont affaire à l’extérieur ne connaissent pas le service. Ce
QUELQUES HISTOIRES ISSUES D’ENTREVUES : Clémence Trajet Montréal-Toronto. « Pour ce covoiturage, j’ai emmené un gentil petit couple qui se rendait à Toronto pour aller à un festival de musique électronique. Lors de notre pause sur la route, ils m’ont offert ma collation : des chips et un café (histoire que je ne m’endorme pas). On a parlé des différences culturelles entre Français et Québécois, mais aussi entre Québécois et anglophones (le chum de cette fille était du Manitoba). En les déposant à leur hôtel (et non au point de rendez-vous, il était 23 h, j’avais peur qu’ils leur arrivent quelque chose), elle m’a demandée pour m’ajouter sur Facebook. Trajet Québec-Montréal. « Une tempête s’abattait sur le Québec. Le conducteur décide de partir, même si clairement les conditions météorologiques n’étaient pas bonnes. J’étais passagère devant et deux personnes étaient à l’arrière. Tout le trajet, alors que la visibilité était quasi nulle, il a collé les voitures devant lui pour les doubler au dernier moment. J’ai passé le trajet à me tenir à mon siège pensant que mes derniers instants seraient dans cette auto pourrie. J’étais bien contente d’être arrivée en vie à Montréal. Pour couronner le tout : la musique en fonds était du Céline Dion, en boucle... Une chanson, c’est bien, le même album pendant 3 h 30, c’est pénible. » Patrick et son meilleur ami Jérémy Trajet Québec-Montréal. « On était quatre dans la voiture et, dès le départ, une véritable alchimie s’est créée. On a ri tout le long du trajet, on ne pouvait plus s’arrêter. Mon ami Jérémy et le chauffeur cruisaient la passagère européenne et, moi, je les écœurais. Depuis, on s’est ajoutés sur Facebook et nous nous sommes recroisés à Montréal lors d’un karaoké. »
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LA RÉALITÉ DES PIÉTONS À QUÉBEC
CHAUFFEUR À PIED
J’envoie la main à Bruno Falardeau qui m’attend de l’autre côté du boulevard Charest. Je regarde à gauche et puis à droite. Aucune voiture à l’horizon. Je traverse, sans attendre le feu pour les piétons. Je suis consciente d’être dans l’illégalité, mais je n’ai aucune envie d’attendre pour rien sur le coin de la rue. « Les feux engendrent une délinquance piétonne », me dit mon interlocuteur tout en me rassurant quant à mon comportement fautif. Selon lui, le système qui régit la sécurité des piétons fait fausse route, parce qu’il est trop maternant et qu’il a été pensé par des gens qui ne l’utilisent même pas. « On a isolé le piéton du paysage urbain, on l’encage ; il faut réhabituer les automobilistes à retrouver les piétons dans leur champ de vision », soutient-il. En sécurisant ainsi les piétons à outrance, les automobilistes en viennent à oublier certaines règles de conduite de base, comme vérifier leur angle mort lorsqu’ils tournent à droite pour détecter la présence de piétons. Et les piétons, quant à eux, sont tentés de flirter avec l’illégalité. Traducteur de métier, mais aussi activiste pour le droit des piétons à temps plein, Bruno Falardeau n’a pas la langue dans sa poche lorsqu’il aborde la question du transport actif et collectif. Il a accepté de m’accompagner pour une petite visite guidée pédestre de Saint-Sauveur, quartier où les infrastructures pour les piétons semblent désuètes et où ces derniers, eux, sont pourtant nombreux. Trottoirs étroits, craquelés, mal entretenus l’hiver et entrecoupés de marches d’entrée d’appartement ou de poteaux électriques. Des obstacles bien réels pour les piétons qui les empruntent quotidiennement, un véritable calvaire pour les parents qui promènent leur bébé en poussette ou pour les gens qui sont à mobilité réduite. Tout au long du parcours, nous sommes confrontés à des temps d’attente élevés aux feux pour piétons, à des traverses piétonnes non respectées par les automobilistes et à des intersections extrêmement périlleuses à traverser. Tous ces obstacles se trouvent à proximité de parcs, d’écoles et de centres communautaires. « Les piétons ont développé un sentiment d’in-
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Photo: Marie-Michèle Genest
Que ce soit pour acheter une simple pinte de lait au dépanneur ou pour se rendre au travail, les gens sont nombreux à utiliser la plus vieille méthode de déplacement qui soit : la marche. Pourtant, ces usagers les plus vulnérables de la route doivent évoluer dans un monde dominé par la culture de l’automobile. Dur, dur d’être piéton à Québec !
Des trottoirs remplis d'obstacles…
fériorité face aux automobilistes », croit Bruno Falardeau. Et les automobilistes, ce n’est pas ce qui manque à Québec ! En 2014, près de 570 000 voitures circulaient sur les routes de la Capitale-Nationale. « Je n’ai rien contre les automobilistes, je le suis à l’occasion moi aussi », stipule Étienne Grandmont, directeur général chez Accès transports viables, un organisme qui promeut le transport actif et collectif à Québec. « Mais, il y a beaucoup trop d’automobiles au centre-ville, notamment parce que c’est là où est la majorité des piétons ». D’ailleurs, selon la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), on recense dans la province en moyenne huit accidents par jour impliquant un piéton et un véhicule, accidents qui ont provoqué 52 décès en 2014. DES MODÈLES QUI MARCHENT AILLEURS ! En France, les Toulousains ont la possibilité de déambuler à travers une cinquantaine de rues piétonnes. À Reykjavik, le feu pour piéton vire au vert aussitôt qu’il est actionné. En Suisse et en Belgique, les piétons ont la priorité dans les zones de rencontre où les voitures ne peuvent rouler à plus de 20 km/h. Dans les écoquartiers allemands, les trottoirs brillent par leur absence, forçant ainsi les usagers de la route à cohabiter dans un respect mutuel. Il est difficile parfois, pour celui qui voyage, de revenir au Québec, où les automobilistes sont les rois incontestés de la route depuis les années 1960. Pour
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Bruno Falardeau, notre retard en matière de transport actif résulte d’un réel manque de courage politique de nos élus, qui veulent à tout prix satisfaire un électorat composé majoritairement d’automobilistes. « Les pouvoirs publics ne font pas respecter la loi », affirme également Étienne Grandmont. Au contraire, les campagnes de sensibilisation pour la sécurité des piétons se soldent la plupart du temps par des contraventions données… aux piétons ! « Un non-sens », juge Bruno Falardeau. « On punit les gens parce qu’ils marchent, c’est grave ! » s’insurge-t-il. PAS À PAS Alors que Vélo Québec défend les cyclistes depuis presque 50 ans, les piétons n’avaient toujours pas de porte-étendard pour faire valoir leurs droits à l’échelle nationale. Cela est désormais chose du passé, car Piétons Québec vient de faire son entrée dans le paysage du transport actif québécois. L’organisme aura donc son mot à dire lors de la prochaine commission parlementaire portant sur la révision du Code de la route. Souhaitons qu’un jour, pas à pas, la Ville de Québec se hisse parmi les villes du monde les plus agréables pour les piétons, et que ses zones « marchables » s’étendront au-delà du Quartier Petit Champlain et de la rue Saint-Jean pendant la belle saison. Mais pour l’instant, beaucoup de chemin reste encore à parcourir… à pied ! MARIE-MICHÈLE GENEST
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UBER À QUÉBEC La société américaine Uber, fondée en 2011, tente de s’implanter un peu partout dans le monde, dans le marché du transport de passagers. Depuis octobre 2014, l’application créée en Californie et dont la valeur est évaluée à 50 milliards de dollars offre des courses à moindre coût au Québécois, au grand malheur des chauffeurs de taxi. Interdit au Canada, le service pourrait maintenant être en voie de légalisation. province et créer 1 800 emplois à temps complet.
Manifestation des chauffeurs de taxi, le 25 novembre 2015
En août dernier, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s’est cependant dit ouvert à une éventuelle légalisation de l’application associée à « l’économie du partage ». Les lois entourant le covoiturage urbain pourraient être revues afin de créer un cadre réglementaire pour cette industrie.
Rencontrée par La Quête, une utilisatrice confie que ce n’est pas seulement le prix bas qui l’incite à utiliser UberX : « Le côté plus technologique est vraiment pratique. On peut payer directement sur UberX, avoir une estimation du prix, voir où
sont les chauffeurs sur une carte et avoir accès au profil des chauffeurs. Moi, ce sont des choses qui me rassurent aussi quand j’embarque dans une voiture. » Le directeur général d’Uber au Québec, Jean-Nicolas Guillemette, affirme à la Presse canadienne que le nombre d’utilisateurs est en forte augmentation à Québec et à Montréal. Selon lui, la légalisation d’UberX au Québec serait positive pour l’économie, car les activités de la société devraient amener des investissements de 21 millions de dollars en un an dans la
Photo: Camille Tremblay-Antoine
Robert Poëti, ministre des Transports, a déclaré que ce service était illégal dès son arrivée au Québec. La saisie de véhicules et l’imposition d’amendes de 350 $ à 1 050 $ menacent les chauffeurs d’UberX au Québec. En 2015, plus de 500 véhicules ont été saisis dans la province. Le fait que les chauffeurs d’Uber ne paient aucun permis et que les courses ne soient pas imposées ni taxées est problématique.
Au cours de l’année 2015, le Regroupement des propriétaires de taxi de la Capitale a organisé de nombreuses manifestations pour mettre fin aux services d’UberX. Les compagnies de taxis observent présentement une diminution du nombre de leurs clients qu’ils attribuent à UberX.
Joseph, chauffeur de taxi depuis plus de 6 ans à Québec, a exprimé à La Quête l’injustice actuellement ressentie par les chauffeurs de l’industrie : « Ce n’est pas juste, car nous on doit payer des permis, des assurances, des plaques commerciales et des inspections, mais, eux, ils arrivent comme ça, sans rien payer, avec leurs prix bas, pis ils ramassent pleins de nos clients. » CAMILLE TREMBLAY-ANTOINE
AILLEURS DANS LE MONDE Pays-Bas
Australie
Kenya
UberX a un accueil difficile en Europe et particulièrement aux Pays-Bas. Depuis septembre dernier, des enquêtes sont ouvertes concernant Uber Europe, les bureaux de l’entreprise dans le pays ont été perquisitionnés et une partie des documents administratifs a été saisie.
Depuis le 30 octobre 2015, les services de véhicules de transport avec chauffeurs, comme UberX, peuvent opérer légalement en Australie. Des tests de conduite, des vérifications de casiers judiciaires et un enregistrement auprès du gouvernement du Territoire sont maintenant les seules conditions au transport de passager dans ce pays.
Uber a fait son apparition depuis un an sur le marché des transports au Kenya. La société américaine fait face à la concurrence de plusieurs applications similaires installées sur le territoire depuis des années. En fait, Uber X peine à prendre sa place au sein d’autres applications qui misent sur la confiance entre les chauffeurs de taxi et les utilisateurs.
Trois ans après son lancement dans le pays, l’application UberX compte maintenant plus d’un million d’utilisateurs et 15 000 chauffeurs.
Le fait que l’application vise seulement des individus appartenant à une classe moyenne, vivant dans des centres urbains et ayant des comptes bancaires représente une des critiques d’UberX au Kenya. L’application aurait également tendance à sous-estimer le temps de course et faire attendre les passagers, car elle ne tient pas en compte le trafic qui est particulièrement difficile dans les villes du pays et le fait que le réseau 3G est parfois défaillant.
Le service UberX étant illégal aux PaysBas, des enquêtes criminelles ont été ouvertes et des accusations de fraudes organisées ont été portées contre l’entreprise. Au cours de l’année 2015, des milliers d’amendes ont été distribuées, totalisant une somme de plus de 450 000 euros. Des amendes, des poursuites judiciaires et des perquisitions guettent actuellement les chauffeurs d’UberX aux Pays-Bas.
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Les actions des compagnies de taxi en Australie ont chuté, mais les prix des licences de taxi ont été diminués par l’État pour aider cette industrie.
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UN FLEUVE À TRAVERSER
Photo: Michaël Gosselin
Les services de la Société des traversiers ont été interrompus pendant plus de 20 jours cet automne. Cela a eu pour effet de compliquer la vie de milliers de personnes, et notamment des travailleurs qui, chaque jour, profitent de ce service rapide et agréable pour se rendre au travail.
En 2014, 1,7 million de personnes et permet de se libérer de sa journée de tra350 000 véhicules ont traversé le fleuve vail », témoigne une travailleuse résidente Saint-Laurent entre Québec et Lévis, de Lévis. « L’été, c’est agréable, il fait beau, avec les traversiers. Les navires relient les on arrive de bonne humeur au travail », deux centres historiques des deux villes et se réjouit une usagère fidèle. Le service de permettent à quiconque de traverser le traversiers constitue pour ces passagers fleuve 365 jours par an, en dix minutes une véritable coupure entre la vie proseulement. Les 25 000 traversées sont as- fessionnelle et la vie privée. Une coupure surées par deux navires plus agréable que celle pouvant contenir 590 qu’ils ont vécue pendant En 2014, 1,7 million de les 20 jours de grève, au personnes et 54 véhicules personnes et 350 000 en tout temps. volant de leur voiture, véhicules ont traversé dans les embouteillages. Si ces chiffres prouvent le fleuve Saint-Laurent l’importance d’un tel serLa grève a eu un grand entre Québec et Lévis, vice pour les populations impact sur les services de Québec et de Lévis, le avec les traversiers. de transports de Létribunal indépendant de vis et, notamment, sur la Commission des relations du travail es- les autobus Express, raconte un passatime toutefois que cela n’est pas suffisant ger de la traverse Québec-Lévis. « Aux pour faire appliquer la Loi sur les services heures de pointe, le nombre de passagers essentiels qui aurait permis de maintenir a augmenté de 25 % », avait indiqué à le service de traversiers, malgré la grève Radio-Canada le président du conseil des officiers mécaniciens et de navigation d’administration de la Société de transqui s’est déroulée dans l’ensemble de la port de Lévis, Michel Patry. Cela repréprovince cet automne. Entre Québec et sente un ajout d’environ 300 personnes Lévis, c’est tout le service qui a été inter- dans les bus, matin et soir. rompu dès le 13 octobre 2015, handicaTRAVERSER SANS BATEAU pant ainsi les usagers pendant 20 jours. « Certains ont décidé d’abandonner les MOMENT AGRÉABLE traversiers après la grève. Ils se sont rendu Plus qu’un gain de temps, traverser le compte que ce n’était pas si avantageux », Saint-Laurent avec les traversiers permet explique un passager qui utilise le service aux passagers de relaxer. « [On jase], ça de traversiers tous les jours pour aller
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travailler. En effet, utiliser le service de traversiers peut être coûteux, surtout avec un véhicule. « La carte mensuelle coûte 35 dollars par mois. Un prix auquel il faut ajouter celui du transport de l’automobile : environ 10 dollars par jour », estime un passager régulier. Si, pour se rendre au travail, des passagers ont préféré la voiture pendant la grève, d’autres se sont dirigés par choix ou par défaut vers les transports en commun. « On a la chance d’avoir des autos, pour les autres, cela les oblige à prendre les transports en commun, ou le covoiturage avec des gens comme nous », font remarquer deux passagers réguliers, employés de Desjardins à Lévis. MARINE CALEB
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DÉPLACEMENT ET DENSITÉ URBAINE
POURQUOI CIRCULER ? Le transport. Je n’ai pas eu à réfléchir très longtemps pour développer ce sujet auquel on pourrait consacrer une encyclopédie. Comme dans une pièce de théâtre, je devrai me concentrer sur le temps, le lieu et l’action.
Photo: Archives Web
Dans les quartiers Montcalm et Saint-Roch, le trafic peut se permettre d’être plus lourd, mais il n’en est pas moins encombrant. Certains pensaient ramener le tramway à Québec, mais il appartient à l’histoire et l’idée de le ressusciter serait un peu farfelue. Un métro, quant à lui, devrait affronter les secteurs de la haute ville et de la basse ville, ce qui occasionnerait des coûts exorbitants. Cependant, dans les secteurs des nouveaux développements où les terrains sont plus plats, un métro suspendu serait peut-être une solution.
Le temps sera la période actuelle, le lieu, la ville de Québec, et l’action se concentrera sur le transport ou, si on veut, les déplacements en ville. La ville de Québec est une cité demandant un certain respect avec ses 400 ans d’existence. Elle est aussi une cité très particulière avec des quartiers qui diffèrent beaucoup l’un de l’autre. Regardons d’abord le plus ancien quartier, soit le Vieux-Québec, qui est situé à l’intérieur des murs. Ce quartier a été développé selon un plan influencé par les villes fortifiées de France. Les rues sont étroites, ce qui lui donne une proportion humaine, si bien qu’on peut facilement s’y déplacer à pied. La nostalgie fait qu’on se déplace aussi en voiture à cheval. En ce qui concerne les grosses voitures, elles peuvent y circuler, mais ce n’est pas le meilleur choix.
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y vivre toute l’année et faire tout ce que la vie lui demande sans jamais mettre le nez dehors. La majorité des déplacements peuvent se faire à pied, vu les courtes distances à parcourir. Pas besoin de s’embarrasser de gros véhicules, car pour ces édifices en hauteur, le plus souvent, on prend l’ascenseur. La solution ! Peut-être ? PHILIPPE BOUCHARD
Certains maires prêchent pour une densification urbaine, mais on aura beau construire des édifices, avoir plus de monde ou les compresser, si les rues ne sont pas plus larges, on ne gagne rien. Au contraire, on y perdra plus de temps dans le trafic. Si on modifie un plan urbain, il faut aussi modifier le transport. Sur ce point, bien des erreurs ont été commises. Il suffit de citer en exemple l’ex Mail Saint-Roch, qui aurait dû être construit en sous-sol et non au niveau de la rue. Cela aurait empêché de dissimuler, durant des années, l’architecture intéressante de bien des édifices de ce secteur. En parlant de densification, il existe un complexe à Québec, où la densité urbaine a été respectée de façon merveilleuse. Dans cet immeuble, on retrouve une multitude de logements, incluant de nombreux commerces et services tels que restaurants, banques, salle à manger, chapelle, salles de conférence ou de réception à louer, dépanneurs, marché d’alimentations, stationnements, piscines, salles d’exercices, terrasses, dentiste, couturières, nettoyeur, etc. À l’extérieur, il y a des parcs, avec plein d’arbres et de verdure. Une personne qui le veut pourrait
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1, 2, 3 GO POUR LE CLIMAT !
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Le gouvernement fédéral doit réunir les gouvernements des provinces et des territoires dans quelques semaines pour parler du changement climatique. En effet, le premier ministre Trudeau a promis de réunir les provinces dans les 90 jours suivant la Conférence de Paris sur le climat qui a réuni 195 pays du 30 novembre au 12 décembre 2015. Je ne sais pas ce que la population a retenu de ces débats et de ces négociations historiques, des constats de scientifiques de plusieurs disciplines et des enjeux climatiques différenciés par régions. Il fallait être bien attentif pour ne pas perdre le fil avec un flux d’actualités extraordinaires de nature à nous déconcentrer constamment de ce dossier : les attentats de Paris, la venue des réfugiés syriens, la découverte du corps de Cédrika, etc. J’ai perdu le fil concernant les fameux degrés de réchauffement et leurs conséquences, et j’ai trouvé très agaçant d’être obligée de m’attarder à cette question alors que tant d’autres sujets soulevaient mon intérêt. LE SCÉNARIO DU 4 °C Au départ, on a entendu parler des scénarios du 2 °C et du 4 °C qui sont les scénarios, porteurs de certaines conséquences, élaborés par les scientifiques. Le scénario du 4 °C étant le scénario vers lequel la planète s’achemine si on ne fait rien et le scénario du 2 °C étant une cible qui faisait consensus dès le début de la conférence. Mais ces chiffres sont terriblement abstraits. Que veulent-ils dire ? Nicholas Stern, l’un des spécialistes les plus respectés dans le domaine du changement climatique, déclare qu’« À moins que des mesures draconiennes ne soient prises, il est fort probable que, d’ici un siècle, le monde soit en moyenne plus chaud de quatre degrés qu’à la fin du XIXe siècle [avant le début de l’industrialisation]. Cette augmentation de la température ainsi que d’autres changements climatiques liés à ce phénomène altéreront la relation des humains avec la planète, en particulier leurs styles de vie et les régions où ils habitent ». Stern explique que, « depuis dix millions d’années, la planète n’a jamais connu une telle hausse de sa température. Et les êtres humains, apparus sur Terre il y a seulement 250 000 ans, n’ont jamais vécu dans un monde avec quatre degrés de plus. En fait, au cours des 8 000 dernières années, la température moyenne de la planète est restée quasi constante, n’oscillant en moyenne qu’entre 1 °C et 1,5 °C. Cette stabilité du climat a rendu possibles la culture de céréales, l’agriculture sédentaire et l’installation des populations dans des villages et des villes ». LE SCÉNARIO DU 3 °C L’entente-cadre conclue à Paris ne sera pas appliquée avant 2020 et les pays devront la signer d’ici 2017. Lorsque les pays se sont
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présentés à Paris, on pouvait noter des signes de bonne foi et des engagements volontaires à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. L’effet combiné de ces engagements (qui ne sont pas encore réalisés) mettrait la planète sur la trajectoire d’un réchauffement de 3 °C. On était encore bien loin du compte. LE SCÉNARIO DU 2 °C Il y avait un consensus autour du scénario du 2 °C, mais, pour l’atteindre, on comprend qu’il va falloir faire des efforts colossaux. Voici ce que rapportait sur cette question Charles Tisseyre dans une de ses capsules Web : « Limiter la hausse des températures à 2 °C demanderait une réduction de ces gaz d’au moins 40 % avant 2050 par rapport aux émissions de 2010 et il faudra les faire disparaître ou presque d’ici 2100 ». C’est bien un consensus autour du scénario du 2 °C, mais, même à cela, nous n’échappons pas aux catastrophes climatiques. Sur le site Web d’Ici Radio-Canada se retrouve un article avec cartes à l’appui qui expose le problème. On peut y lire que la montée des océans, l’un des effets les plus inquiétants du réchauffement du climat, n’épargnera pas le Canada. On découvre que la Ville de Québec sera immergée de façon plus ou moins importante avec les scénarios du 2 °C et du 4 °C de réchauffement. Par exemple, Limoilou se retrouverait sous l’eau jusqu’à la 10e rue avec le scénario du 4 °C et jusqu’à la 4e rue et en partie jusqu’à la 7e rue avec le scénario du 2 °C, idem pour le parc Victoria, le Domaine Maizeret, le boulevard Sainte-Anne, etc. LE SCÉNARIO DU 1,5 °C La communauté internationale s’est engagée à limiter la hausse de la température « bien en deçà de 2 °C » et de « poursuivre les efforts pour limiter la hausse de la température à 1,5 °C », notamment pour rallier les pays insulaires à l’entente. LA RÉALITÉ DU 0,85 °C C’est bien cette entente, mais rien n’est encore réalisé. Les scientifiques évaluent le réchauffement actuel du climat à 0,85 °C, et ce, depuis le début de l’ère industrielle, et les désastres sont déjà nombreux. Les réfugiés climatiques sont là aussi. Le chantier pour faire la transition des énergies fossiles vers des énergies renouvelables est gigantesque. C’est tout le mode vie de notre civilisation qu’il faudra changer. Pendant cette période de transition, il faudra aussi résister aux aléas du climat, subir des tensions géopolitiques sans pareil, absorber des mouvements migratoires, consentir des sacrifices budgétaires pour financer la transition et faire des choix éclairés. Et le pire, c’est qu’il va falloir amorcer cette transition sans perspective de croissance, et peut-être même en période de récession économique.
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DIANE MORIN
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LE JEU DE LA QUÊTE LE JEU DE LA QUÊTE PAR JACQUES CARL MORIN ET GINETTE PÉPIN par Jacques Carl Morin et Ginette Pépin
CE JEU CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES COLONNES 1 ET 20 Ce jeu consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que les colonnes 1 et 20 à l’aide des À L’AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. CHAQUE définitions, indices ou lettres mélangées ou déjà inscrites. Chaque case grisé représente une CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUI EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE D’UN MOT ET lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant. LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT.
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Verticalement : VERTICALEMENT : 1- Café faisant
5- italienne. Ne parlent qu’une seule langue. partie de la culture traditionnelle
Explore les cavités souter-
raines.
1- Café faisant partie de la culture traditionnelle italienne.
20- Acrobate aérien de cirque.
6- Groupement apparent d’étoiles ayant une configuration propre. Recouvrir un mets d’une sauce. Pilaf ou basmati.
20- Acrobate aérien de cirque. HORIZONTALEMENT :
1- Accord de la majorité. Fit:souffrir les compagnons de Jacques Horizontalement Cartier. A chanté « La mer ».
7- Pierre, Marie ou romaine. Pain français (à l’envers). Baccalauréat. Oiseau-mouche.
8- Adorer quelqu’un jusqu’à l’excès. Mis sur la paille. Ont dit Non à l’indépendance en 2014. Cartier. A chanté « La 2- Sévère. Agent chargé mission (ISESEMARI). Personne 1- Accord de d’une la majorité. Fit souffrir les compagnons de Jacques qui monte à cheval. 9- Abri d’oiseau. Profession d’Hercule Poirot. Arme blanche. mer ». 3- Coussin. Se promener sans but. Extrémité de Porto Rico. Action remarquable. Chose et perceptible. Commun à Noël, maïs et naïf. 10- But. Oka,Personne cheddar ou camembert. à l’altruiste. 2- concrète Sévère. Agent chargé d’une mission (ISESEMARI). qui monteOpposé à cheval. 4- Pièces de Cuba. Charpente osseuse. Lueur vive. Au début de 3tropical. Coussin. Se promener sans but. Extrémité
Commun à Noël, maïs et naïf.
de Porto Rico. Chose concrète et perceptible.
4- Pièces de Cuba. Charpente osseuse. Lueur vive. Au début de tropical. 5- Ne parlent qu’une seule langue. Explore les cavités souterraines.
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Infographie Mis en form
PAR HÉLÈNE HUOT RIRE ET SOURIRE « Nous irons à Toronto en auto Nous irons à Montréal à cheval Nous traverserons Québec à pied sec Nous irons à Ottawa en ouaoua Nous irons à Valleyfield sur un fil Nous irons à Trois-Rivières en litière Passant par Chicoutimi endormis Photo: Archives Web
Nous irons au Lac-Saint-Jean en nageant
Voilà, voilà un beau voyage, un beau voyage Voilà, voilà un beau voyage au Canada »
Charles Trenet, « *Voyage au Canada* » (1951)
PARLER POUR PARLER 1. En 2024, selon l’annonce faite par le ministère des Transports, un nouveau pont haubané remplacera l’actuel pont de l’Île d’Orléans, construit en 1935. Qu’est-ce donc qu’un pont haubané ? 2. Que signifient les sigles suivants, tous reliés au domaine des transports : BST, MTQ, OACI, RTC, SNCF, STQ et TGV ? 3. Trouvez l’intrus parmi les noms suivants : catamaran, dériveur, goélette, ketch et yole. 4. Quelle expression signifie : « Inventer une histoire pour tromper quelqu’un » ? 5. Quelle est la principale différence entre un cargo et un paquebot ? 6. Que signifie l’expression : « Modérer ses transports » ? 7. Le pigeon voyageur est un oiseau sélectionné pour effectuer des voyages et pour transmettre des messages. Comment appelle-t-on les éleveurs de cette race d’oiseau ? 8. Une petite partie de scrabble ? En déplaçant les lettres, vous découvrirez les mots de sept lettres (tous des noms reliés aux transports) qui se cachent dans les ensembles suivants : AACEHMU, ABOTUUS, AEEFGRT, AEEFNOR, AEEGMSS, AEGOPRT, ECDLOOU, EEIRSSV, EIILORV, EIORRTU et EIORTUV. 9. Quel est le genre des noms suivants : ancre, aérogare, hélicoptère, odyssée, orbite, rail ? 10. « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage » est un vers de Joachim du Bellay (1524-1585). En parlant d’Ulysse, le poète fait allusion : a) au marin inconnu qui représente tous ceux qui meurent en mer ; b) au navigateur Vasco de Gama, mort en 1524 ; c) à un personnage de la mythologie grecque.
SAVEZ-VOUS COMMENT JE M’APPELLE ? Je suis un siège d’appoint à abattant qu’on trouve dans les autobus et qu’on utilise en dehors des heures d’affluence.
J’attends de vos nouvelles… Vous aimez les mots. Vous avez des commentaires à formuler ou des suggestions à faire concernant cette chronique. Rien de plus simple. Écrivez-moi à hu-go@sympatico.ca. Cela nous permettra d’échanger sur des questions qui vous intéressent et d’enrichir par le fait même les futures chroniques. Merci à vous ! Les réponses page 29.
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LA QUÊTE
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Photo: Francine Chatigny
Une catastrophe une catastrophe évolue dans le temps
à toute vitesse une voiture percute un lampadaire lent supplice
plus j’y pense plus je me sens comme ce passager plus je me reconnais moins j’y reviens
m’oblige à faire le vide
regarde à l’horizon c’est paisible il n’y a rien à craindre
et je contemple le fleuve pendant des heures FRANÇOIS GAGNON
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LA QUÊTE
FÉVRIER 2016
L’étalon
La neige au sol crisse. Après trois pas, déjà, l’étalon accélère, ne sentant presque plus la charge qui se trouve derrière lui. Sa fougue le pousse entre les chaînes de montagnes que forment les amas de neige ramassés puis accumulés en bancs sur le côté de la rue.
Photo: Archives Web
L’étalon court, galvanisé par les cris du petit qui rigole derrière lui. « Les cris ! », une pensée se fraie un chemin à travers les chants glorieux de la musique wagnérienne qui l’encouragent à courir toujours plus vite, dévorant l’espace vide devant lui. La pensée que, d’habitude, l’enfant crie de joie dans son dos, à la moindre ruade, au moindre soubresaut, l’amène à réaliser qu’actuellement, personne ne crie derrière lui. Il s’arrête. Derrière lui, à vingt pas, l’enfant geint, cul par-dessus tête.
Il neige. Toute la journée, il a neigé. Parfois, la chute des flocons diminue au point où on se demande si la neige tombe des arbres lourdement chargés et sur lesquels le vent s’empresse de souffler pour leur faire une nouvelle toilette, ou si elle tombe directement du ciel, dont on s’interroge pour savoir s’il est possible qu’il contienne encore d’autres flocons après les milliards qu’il a déjà déversés sur la ville. Il neige sur la tête du grand frère qui se redresse, superbe étalon ; il finit de remonter sa fermeture éclair, d’insérer la sangle, d’ajuster l’œillet, bref d’attacher sa botte et de se remettre sur pied. Dans l’air glacé, il renâcle d’impatience. Il jette un dernier coup d’œil derrière lui. Sa charge est prête, elle semble bien arrimée. Son petit frère est assis, immobilisé par les tonnes de vêtements dans lesquels sa mère l’a généreusement emmitouflé. À peine deux yeux rieurs, un peu effrayés, dénotent la présence de quelque chose de vivant dans la luge ; deux petits yeux rieurs comme deux soleils qui se couchent à l’horizon de l’océan Arctique ; deux petits yeux entre un foulard proprement disposé au-dessus du nez, et un bonnet rabattu jusqu’au sourcil, appesanti par le capuchon qui entoure le front caché ; deux petits yeux et un peu de fumée blanche, un peu de vapeur qui s’échappe au travers de l’écharpe de laine, trahissent la présence du petit frère. Le petit frère émet aussi de faibles gargouillis partagés entre le rire et la peur, entre le désir de s’amuser et la crainte de se blesser, et même de mourir, affreusement mutilé après avoir été éjecté de la luge, dans un tournant en « bobépine », dans une chute digne des « Crazy Canucks » se terminant sous les roues énormes d’un autobus, ou broyé au milieu d’un embrayage de camion.
L’étalon est parti très brusquement. Trop brusquement. Il est parti si vite, d’une poussée si forte que la corde attachée seulement à l’avant de la luge a élevé le nez de celle-ci dans une brusque secousse semblable à celles qu’exécutent les bolides de course américains lorsqu’ils démarrent sur deux roues dans un vacarme infernal. Il est parti l’étalon, avec fougue. Le petit, lui, n’est jamais parti. Le devant de la luge s’élevant, le petit était resté au même endroit, occupé à tournoyer sur luimême dans une pirouette improvisée qui faisait penser à celles que les singes font au zoo. Le grand frère revient. Il attrape, soulève et console son petit frère avant de le réinstaller dans le traîneau. L’étalon piaffe sur place. Le grand frère scrute le faciès de son petit frère. Cette fois, ses gargouillis traduisent plus de peur que de joie. L’étalon incline la tête rapidement à deux reprises, cherchant à rassurer le gamin. Il s’ébranle tranquillement, optant pour un trot léger, à vitesse constante. L’enfant, dont les larmes recueillies par le foulard ont fini de geler, observe en riant doucement, les murs de glace qui défilent de part et d’autre de son univers en mouvement. BERNARD ST-ONGE
Le petit bonhomme attend, prostré. Le grand frère observe, écoute. Une seconde lui suffit pour constater que son équipage est bien attelé. Il lance alors un appel rauque pour rassurer le petit, pour lui montrer qu’il sait ce qu’il transporte. Le petit cligne des yeux deux fois en guise de réponse. L’étalon tape du pied, redresse son corps, tous muscles tendus, tenant la corde qui l’entoure à la hauteur de la poitrine serrée dans ses deux poings. Il s’élance. Ses pieds mordent dans la neige du trottoir durcie par le passage de tant de piétons anodins affairés à rentrer au chaud, à se réfugier à l’abri du froid après une courte marche qui semble très longue lorsque les éléments se déchaînent.
FÉVRIER 2016
400, 3e avenue (coin 4e rue) Limoilou · 648-8614 1501, ch. de la Canardière · 914-7923
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LA QUÊTE
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Les petits bonheurs des rencontres
Photo: Archives Web
Du 3 au 30 novembre 2015, j’ai fait, seule, un long et merveilleux voyage en Australie. Au départ, cela m’apparaissait comme une montagne à franchir : des peurs à affronter, à regarder bien en face et à apprivoiser. Finalement, je me suis fait confiance, ainsi qu’aux autres, car je savais, au fond de moi, que je rencontrerais des gens prêts à m’aider, si jamais je rencontrais des difficultés avec toutes les procédures à suivre dans les aéroports comme récupérer ma valise, franchir les douanes, faire les enregistrements, trouver les numéros des portes d’embarquement, etc.
Mon itinéraire, Québec —Toronto – Vancouver — Sydney (Australie), représente au total 22 heures de vol, au cours desquelles j’ai eu le bonheur de faire de belles rencontres et de ressentir que je n’étais pas seule. Par exemple, j’étais vraiment anxieuse lors de mon vol de retour de Sydney à Vancouver, dans un grand Boeing 777 d’Air-Canada, parce que je savais qu’à mon arrivée, j’aurais seulement 90 minutes pour faire le transfert vers mon second vol, de Vancouver à Toronto. L’aéroport de Vancouver est complexe et il faut beaucoup marcher, et je pensais à cela sans cesse pendant le vol. J’étais assise à côté d’un couple de Torontois d’environ 70 ans. Ce couple ne parlait pas un mot de français et, malgré ma difficulté à parler anglais et mon accent, j’ai trouvé formidable que nous ayons réussi à communiquer. La dame voyait que j’étais nerveuse et elle me disait souvent pour me rassurer « Don’t worry ! » (ne vous inquiétez pas). Pour me calmer, elle m’a confié qu’ils prenaient la même correspondance que moi et que je n’aurais qu’à les suivre. Quand nous sommes arrivés à Toronto, ils ont eu l’immense gentillesse de m’accompagner jusqu’à la porte d’embarquement du vol vers Québec. Je leur ai dit toute ma reconnaissance en répétant « Nice meeting you ! ». Je les ai perçus comme des anges terrestres !
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Cela a renforcé ma certitude que nous ne sommes jamais seuls lorsque nous nous ouvrons aux personnes près de nous quand nous voyageons. Ça m’a également fait réfléchir au fait que nous sommes semblables dans nos besoins, nos démarches d’écoute et d’être écouté, d’être compris quelle que soit notre langue, notre race et notre religion. Voilà, entre autres, pourquoi j’aime tant les voyages ! Voici une autre anecdote de mon séjour en Australie. Ma sœur vit tout près de Sydney, la métropole, dans une banlieue qui a pour nom Manly Vale (qui équivaut à la distance entre Québec et Beauport). La première fois que j’ai pris l’autobus pour aller faire des achats et me promener sur la belle plage qui donne sur l’océan Pacifique, j’ai cherché l’arrêt où passe l’autobus pour le retour. Tout à coup, je vois une dame âgée, seule et assise bien tranquille sur un banc, près d’un arrêt d’autobus. C’était un terminus ressemblant à celui de Charlesbourg. Je m’approche tout doucement d’elle en souriant et lui demande, en anglais, quel est le numéro de mon autobus. Elle me répond que je suis au bon endroit. Elle était toute contente de me renseigner et de me parler. Nous avons fait la conversation pendant 45 minutes, en réussissant tant bien que mal à nous comprendre. Elle avait 82 ans et vivait en Australie depuis vingt ans. Elle est née en Écosse, mais, comme elle souffre de rhumatisme et que le climat froid, humide et pluvieux de son pays d’origine ne lui convenait plus, elle a choisi de vivre dans le pays d’Oz, nom poétique donné à l’Australie par ses habitants. La dame m’a confirmé qu’elle ne souffrait plus de rhumatisme ! J’ai fait beaucoup d’autres rencontres, que je ne raconterai pas ici, mais chacune d’elle m’a procuré des petits bonheurs imprévus et spontanés, des bonheurs que la Vie donne généreusement au cours de nos déplacements et de nos voyages. Mais à bien y penser, c’est aussi le cas quotidiennement dans nos milieux de vie : à la maison, au travail, dans notre voisinage, lors nos sorties et de nos actions de bénévolat, etc. Il s’agit de vivre dans le moment présent, d’ouvrir notre cœur et notre esprit, et de cultiver l’assurance que nous avons beaucoup à apprendre à nous connaître et à nous entraider les uns les autres !
LA QUÊTE
CHRISTIANE VOYER
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Comme un polaire ourson qui s'est bâti une chaude maison pour son hibernation, je voudrais me préserver du froid glaçon, par ta chaleureuse affection, et ton amitié. La neige et la poudrerie ne nous feraient pas peur, comme frère et sœur nous affronterions ce défi et nous triompherions du verglas clair néon.
POLAIRE
Dans la tempête, nous resterions au chaud, chez moi tantôt, chez toi tantôt, et nous ferions les rigolos, pour la braver, cette neige par le vent soulevée. Et puis un jour, disparaîtra l'hiver comme par magie de chaud désert la neige fondra, et, du gros morceau d'igloo très froid, d'avoir le cœur ensemble malgré dehors qui tremble, passé à travers de pair nous serons agréablement surpris ma belle et « tough amie », ce sera enfin bon de prendre ici, maintenant, l'air. Pour nous les Nordiques et brefs Berbères.
Photo: Archives Web
GAÉTAN DUVAL
FÉVRIER 2016
LA QUÊTE
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Candeur
Pour Denis Bureau
Je voudrais tant que tu prennes ce temps Pour redéfinir, pour reconstruire, pour aplanir cette vie! Cet instant si furtif de moment d’émotion Émotion qui exprime ma vie, qui exprime ta vie Caché derrière un voile, cette vie endormie Prisonnière de tant de misère Dans ce temps dévoilé rempli de vie Révèle tant de richesse sur ce temps éphémère Cette richesse telle une mélodie Parfois brusque parfois tendre Éveille les autres vies, endormies Espérant une renaissance à pourfendre Cette émotion, cette richesse Tel un ruisseau, tel un torrent Jaillie de ces larmes de tendresse Frappe sur ce voile à chaque temps
Photo: Archives Web
Larmes de blessures, larmes d’usure, Prennent place derrière ce voile Larmes de brisures, larmes de cassures Attendent ce temps fissurant cette toile! Trop plein derrière! Trop vide devant! Cette vie renaîtra! SYLVAIN ROUILLARD
Ode céleste
Photo: Archives Web
Excuse-moi donc chère Bobépine De tout cela et du reste Qui nous reste parfois docile Comme avenir froid et funeste Dis-moi donc vous bien si, Si tu es comme je le crois chaude À l'idée d'être épanouie Comme l'harmonie d'une suave ode Et pourtant, entremêler par mes prétentions Comme un de tes mauvais enfants Te séduire malgré l'insolent Comme et que je suis, frondeur et de front Et ni tout ce mélodrame Qui nous désunit Si nous union qui désarme Les moribonds et les malappris Et si les marquis de Sade Romantique comme Romanichelles De votre sourire, il me tarde Désir que désir enfin me revienne!
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LA QUÊTE
CHRISTIAN BOURGET
FÉVRIER 2016
Junkie « Sous l’effet de la raillerie, il se sentait un paria, et se sentant un paria, il se conduisait comme tel, ce qui fortifiait le préjugé contre lui et intensifiait le mépris et l’hostilité qu’éveillaient ses défauts ». Aldous Huxley, Le meilleur des mondes Je me ramasse au Carré.
J’ai toujours calculé mes fix au poids, pas en Instagram ou hypnotisé par Netflix. Devant ces épisodes dont vous ne pouvez vous en passer. Essayant de vous persuader vous-même du contraire. En vous disant que vous pouvez vous arrêter quand vous voulez. Que ce n’est qu’un petit dernier avant d’aller vous coucher.
On m’a encore refusé un emploi. Le troisième cette semaine. Même si je suis qualifié, même si je suis capable de bien m’exprimer, mes dreads ne correspondent pas au profil de l’emploi, pas plus que mon statut d’ex-toxicomane. Mais personne n’ose l’admettre ou me le dire en face. Ça finit toujours par un on-vous-rappellera-si-votre-candidature-est-retenue. Vous pensez sûrement que je ne suis qu’une pauvre merde. Le portrait d’une jeunesse gâchée. Un sans-avenir squattant les ressources payées par vos impôts. Un torche-cul qui ne sert qu’à nettoyer votre pare-brise contre une poignée de pièces de cuivre sans valeur. Vous croyez sans doute que je mène une vie facile à quitter. Que j’ai choisi ce qui m’arrive ! Que je me complais dans cette médiocrité ! Que je le mérite ! Photo: Archives Web
Vous m’imaginez en train de m’enrouler le bras avec un cordon de caoutchouc que je porte à ma bouche pour maintenir la pression ; de serrer le poing pour faire apparaître mes veines et de masser ces dernières dans le bon sens ; toujours vers le cœur, d’insérer la pointe de l’aiguille, biseau vers le haut, pour faciliter l’écoulement de la drogue bas de gamme préalablement diluée avec du citron ou du vinaigre. À vos yeux, je ne suis qu’un drogué, un addict.
Vous me comprenez bien plus que vous ne le croyez.
Sans doute avez-vous raison.
Vous qui m’avez engendré.
Qui ne l’est pas ?
Vous qui me regardez l’air de dire : « Trouve-toi un emploi comme tout le monde ». Vous qui ne m’en laissez pas la chance.
Vous qui avez besoin en permanence de votre cloud pour oublier les merdo-nimbus au-dessus de vos existences misérables. Vous qui ne pouvez vous passer de votre téléphone au Q.I. supérieur et qui ne pouvez vivre sans vos quatre barres de réseau.
Vous qui m’avez abandonné dans la rue. Dans ce monde que j’ai apprivoisé. Ce monde qui m’a adopté.
Vous qui avez troqué le cordon de caoutchouc pour le fil USB, l’antidépresseur apaisant le syndrome de la batterie faible.
Aujourd’hui, je reste au Carré. J’ai rendez-vous avec mon passé.
Alors que mes points d’injections varient entre le creux de mes coudes, mes avant-bras et parfois mes cuisses, vous, vous vous shootez dans votre salon, dans l’autobus, à votre travail, dans votre chambre à coucher et sur le trône de votre salle de bain.
Pour ne pas finir comme vous. KÉVIN BESNARD
Prisonniers de vos ondes, votre sang est infecté de Bluetooth, de Wi-Fi et de 3G. Laissez-moi mon Brown sugar, mon shit, ma coke, ma Shénan. Je vous laisse votre Facebook, votre Pinterest et votre Twitter.
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LA QUÊTE
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Photo: Archives Web
De la Beauté
Invariablement, la Beauté prend naissance dans les profondeurs intimes et sensibles de notre être ─ telle une prédisposition ne demandant qu'à s'actualiser et à s'épanouir (comme un Lotus aux mille pétales) ─, puis, en délicate quoique vigoureuse promeneuse qu'elle est par nature, elle part déjà d'où elle vient tout juste de commencer à prendre forme et va au dehors pour y regarder, écouter, humer, toucher, admirer et savourer, ─ bref, pour y lire, comme en un livre grand ouvert, ce que, chemin faisant, elle aura rassemblé en une gerbe lumineuse, en un faisceau ardent aux propriétés magiques, que dès lors, en nous, elle transformera le plus secrètement en faculté d'émerveillement, pour enfin nous revenir au dedans, au plus profond, non sans avoir, en cours de route, fait de nous de purs réceptacles et nous avoir métamorphosés ─ que dis-je : transfigurés en des contemplatifs extasiés, désormais totalement disposés à recevoir la fine
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fleur de notre observation intériorisée, spiritualisée en quelque sorte, mais sans toutefois qu'ait été altérée de quelque manière la nature originelle de nos organes de perception; autrement dit, nous serons entièrement exposés au grand jour à ce que les univers de l'animé et de l'inanimé auront eu ─et pour le demeurer à jamais ─, aux confluents de la Sagesse et de l'Amour, dont la Beauté est la forme la plus hautement sensible, à nous offrir gratis, c'est-à-dire après avoir eu soin de nous établir ne serait-ce que momentanément ─ quoique de préférence d'une façon durable ─ dans un authentique et très réellement essentiel État de Grâce.
LA QUÊTE
JEAN-PIERRE
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La marche à l’amour !
Dans une classe de cinéma, la professeure a eu quelques mots sur la Ballade de Nayarama, une histoire très triste, disait-elle. Moi, qui marchais souvent du quartier SaintJean-Baptiste à l’université et qui pleurais déjà mes premiers amours avec quelques turlutes aux oreilles, je me demandais si ce film pouvait être une histoire d’amour où marchant seul, quelqu’un larmoyait dans ses songes la vie, les désirs et le désastre d’un amour. Je découvris, il y a quelque temps, qu’il s’agissait d’un petit rituel de villageois asiatiques qui, atteignant un certain âge, font une excursion solitaire au sommet d’une montagne. J’aimerais avoir cette chance, vieillir sainement, marcher dans les montagnes, voire même dans un joli petit corps de yogi pratiquant encore le Kamasutra à 60 ans !
forêt, les nombreuses activités de plein air et ces jolis quartiers ou villages de nos charmants coins de pays. Quant à moi, je ne nomade plus dans la vie. J’emprunte quelques sentiers au fil des saisons, mais avec si peu de vrais bonheurs dans mon cœur. Ça ne m’amène même plus à rêver dans les quartiers, à voler des affiches, à rire et à sourire.
Mais bon, je pleurerai toute ma vie ce pays de m’avoir chimifiée, trafiquée, dénaturée et masculinisée pour m’empêcher de faire mes marches de chatonne heureuse avec un joli petit péteux et de petits pieds de chatons !
Je maudis, tous les jours, l’injustice. Moi qui déambulais si joliment, on m’a handicapée à force d’opérations illégales, de chimie et de torture mentale. Il est difficile d’être aimé naturellement ainsi. Je ne suis plus une vraie source de rayonnement ! Le plus souvent, je trouve dérisoire d’être positive et je maudis souvent les criminels et ma famille...
Je connais ce pays pour vanter les grands espaces, le bon air, l’écologie, les jolis parcs, les jardins ou les sentiers dans la
Cependant, je souhaite à tous de traverser la vie sagement et avec beaucoup de sensualité, sans brimer celle des autres. Surtout, ne pas voler, dénaturer ou exploiter physionomiquement ou matériellement les gens pour passer pour de jolies sauterelles voyageuses...
Photo: Archives Web
FLORIANE
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LA QUÊTE
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Ressources Aide sociale ADDS Association pour la défense des droits sociaux 301, rue Carillon, Québec Tél. : 418 525-4983 Maison de Lauberivière Centre de jour 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 centredejour@lauberiviere.org Relais d’Espérance Aider toute personne isolée et en mal de vivre 1001, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 522-3301 Rendez-vous Centre-ville Centre de jour 525, rue St-François Est Tél. : 418 529-2222 Rose du Nord Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org Aide aux femmes Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler! 418-648-2190 ou 1-866 LE CAVAC Centre femmes d'aujourd'hui Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec Tél. : 418 651-4280 c.f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org Support familial Flocons d'espoir Écoute et aide matérielle pour les femmes enceintes 340, rue de Montmartre, sous-sol, porte 4, Québec Tél. : 418 683-8799 ou 418 539-2939 flocons.espoir@videotron.ca Violence Info Sensibilisation, information et intervention pour contrer la violence conjugale et la maltraitance envers les aînées. accueil@violenceinfo.com www.violenceinfo.com Alphabétisation Alphabeille Vanier 235, rue Beaucage, Québec Tél. : 418 527-8267 alphabeille@qc.aira.com Alpha Stoneham 926, rue Jacques-Bédard, bureau 202 Tél. : 418 841-1042 alphastoneham@ccapcable.com www.alphastoneham.com Atout-lire 266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca Lis-moi tout Limoilou 798, 12e Rue, 1e étage, Québec Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com La Marée des mots 3365, chemin Royal, 3e étage, Québec Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca www.membre.oricom.ca/lamareedesmots Détresse psychologique Centre de crise de Québec Tél. : 418-688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com Centre de prévention du suicide 1310,1re avenue, Québec Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca Communautés solidaires 5, rue du Temple, Québec Tél. : 418 666-2200 info@communautessolidaires.com www.communautessolidaires.com Tel-Aide Québec Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca
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Tel-Jeunes Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com Entraide Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org Fraternité de l'Épi Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est Tél. : 418 523-1731 Hébergement Maison de Lauberivière Pour hommes et femmes démunis ou itinérants 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org L'Armée du Salut et La maison Charlotte Hébergement hommes 14, côte du Palais, Québec Tél. : 418 692-3956 poste 1 Hébergement femmes 5, rue Mc Mahon, Québec Tél. : 418 692-3956 poste 2 www.armeedusalut-quebec.ca Maison Revivre Hébergement pour hommes 261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 523-4343 info@maisonrevivre.org www.maisonrevivre.net SQUAT Basse-Ville Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com Gîte Jeunesse Hébergement temporaire pour garçons de 12 à 17 ans Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec Tél. : 418 666-3225 Résidence de Ste-Foy 3364, rue Rochambau, Québec Tél. : 418 652-9990 YWCA Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes (La Grande Marelle) 855, av. Holland, Québec Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca Réinsertion sociale Maison Dauphine Pour les jeunes de 12 à 24 ans 31, rue D’Auteuil, Québec Tél. : 418 694-9616 courrier@maisondauphine.org www.maisondauphine.org Prostitution La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Québec (Québec) G1K 9A4 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com P.I.P.Q. Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168 pipq@qc.aira.com www.pipq.org Soupe populaire
Maison de Lauberivière (Souper) 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 stephane.deslauniers@lauberiviere.org Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 745, Honoré-Mercier, Québec Tél. : 418 692-1762 mallet1849@gmail.com Santé mentale La Boussole Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca Centre Communautaire l'Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com Centre d’Entraide Émotions 3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org La Maison l'Éclaircie Troubles alimentaires 2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca Le Pavois 2380, avenue du Mont-Thabor, Québec Tél. : 418 627-9779 Téléc. : 418 627-2157 Ocean Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352 Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283 Parents-Espoir Soutien et accompagnement des parents 363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167 Service d'Entraide l'Espoir 125, rue Racine, Québec Tél. : 418 842-9344 seei@videotron.ca www.service-dentraide-espoir.org Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca www.relaislachaumine.org TOXICOMANIE Al-Anon et Alateen Alcoolisme Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca Amicale AlfA de Québec 75, rue des Épinettes, Québec Tél. : 418 647-1673 info@amicale-alfa.org www.amicale-alfa.org Point de Repères 225, rue Dorchester, Québec Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com VIH-SIDA MIELS-Québec Information et entraide dans la lutte contre le VIH-sida 625, avenue Chouinard, Québec Tél. : 418 649-1720 Ligne Sida aide : 418 649-0788 miels@miels.org www.miels.org
Café rencontre Centre-Ville Déjeuner et dîner 796, rue St-Joseph Est, Québec Tél. : 418 640-0915 info@caferencontre.org www.caferencontre.org
LA QUÊTE
FÉVRIER 2016
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• Centraide
1. Un « pont haubané » est un pont assujetti au moyen de câbles métalliques (appelés haubans).
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2. BST : Bureau de la sécurité dans les transports ; MTQ : Ministère des Transports du Québec ; OACI : Organisation de l’aviation civile internationale ; RTC : Réseau de transport de la Capitale ; SNCF : Société nationale des chemins de fer français ; STQ : Société des traversiers du Québec ; TGV : Train à grande vitesse.
• CKRL FM 89,1 • CSQ • Impressions Stampa
3. Le catamaran, le dériveur, la goélette et le ketch sont des voiliers ; la yole est une embarcation propulsée à l’aviron. 4. « Mener quelqu’un en bateau » ou encore « Monter un bateau à quelqu’un ».
PARTENAIRES BRONZE • Audiothèque • Les Colocs
5. Le cargo est un navire destiné surtout au transport des marchandises ; le paquebot, lui, est principalement affecté au transport des passagers. 6. « Modérer ses transports », c’est : modérer son enthousiasme. Le mot « transport » désigne ici une émotion vive, un sentiment passionné, l’exaltation ou l’ivresse. 7. Ce sont les colombophiles qui élèvent et dressent les pigeons voyageurs.
PARTENAIRES INCONDITIONNELS (depuis plus de 5 ans !)
8. AACEHMU : chameau, ABOTUUS : autobus, AEEFGRT : frégate, AEEFNOR : aéronef, AEEGMSS : message, AEGOPRT : portage, ECDLOOU : oléoduc, EEIRSSV : ivresse, EIILORV : voilier, EIORRTU : routier et EIORTUV : voiture.
• Le Bal du Lézard
9. Ancre, aérogare, odyssée, orbite sont ayant des noms féminins ;propre. asphalte, hélicoptère rail sont 6- Groupement apparent d’étoiles une configuration Recouvrir un metsetd’une masculins. sauce. Pilaf ou basmati.
• Inter-Marché St-Jean
7- est Pierre, ou romaine. Painde français (à l’envers). Baccalauréat. Oiseau-mouche. 10. C) Ulysse un Marie célèbre héros grec la guerre de Troie ; il a mis dix ans à retourner chez lui8-à Ithaque après la fin de la guerre. Adorer quelqu’un jusqu’à l’excès. Mis sur la paille. Ont dit Non à l’indépendance en 2014.
PARTENAIRES AD VITAM AETERNAM
RÉPONSE10-QUI But. SUIS-JE ? Oka, cheddar ou camembert.
• Claude Gallichan, chiropraticien
Ce siège s’appelle un strapontin.
• Yves Boissinot
SOLUTION LES MOTS CROISÉS
FÉVRIER 2016
9- Abri d’oiseau. Profession d’Hercule Poirot. Arme blanche. Action remarquable. Opposé à l’altruiste. SOLUTION
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LE TEMPS DE LA MODÉRATION
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Modère tes transports ou tu en subiras les conséquences ! En ce début du mois des amoureux, l’avertissement tient toujours, et pas seulement pour les amateurs de chocolat !
pas au Canada pour Noël ou pour le Nouvel An. Il fallait que tout le monde « modère ses transports », on n’importait pas des terroristes et il n’y aurait pas une invasion de musulmans arabes !
Il y a deux mois à peine, bien des Canadiens avaient le goût de le servir à Justin Trudeau, leur nouveau premier ministre qui, en campagne électorale, avait multiplié les promesses, parfois énoncées sur le coup de l’émotion. Entre autres, celle de recevoir, avant la fin de décembre 2015, jusqu’à 25 000 réfugiés syriens. Une intention bonne et généreuse, à l’image de ce que nous souhaitons paraître devant les peuples de la Terre.
Ceux qui s’énervaient se sont un peu calmés et certains ont commencé à réfléchir. Surtout, à vouloir comprendre et savoir pourquoi et comment, un jour, des familles entières n’ont plus d’autres options que de partir en laissant tout derrière elles, pour essayer de survivre ailleurs. Le mélange de la violence politique et de la terreur religieuse menant à la haine et à l’intolérance reste incompréhensible pour nous. Pourtant, ceux qui fuient en sont des témoins et des survivants. Et ils sont des centaines de milliers aujourd’hui parqués dans des camps où ils ne peuvent qu’attendre et, parfois, espérer.
Ici comme ailleurs, l’image du corps d’un petit garçon gisant mort sur une plage de Turquie avait beaucoup ému, car elle jetait un cruel éclairage sur le drame des milliers de migrants fuyant leur pays aux prises avec la violence et la misère. Cherchant un monde meilleur pour leurs enfants, des victimes de la guerre civile en Syrie tentaient, par tous les moyens, d’entrer dans une Europe débordée devant ces groupes de réfugiés déferlants aux frontières des pays limitrophes. Puis, il y a eu les sauvages attentats du 13 novembre à Paris et toute la couverture médiatique qui s’en est suivie. Déjà évidente à plusieurs, la témérité de l’engagement du nouveau leader canadien appelait à la prudence : méfiance et peur gagnaient du terrain au sein de la population. Les autorités canadiennes alors en période de transition et nettement dépassées par les événements n’arrivaient pas à rassurer les gens. Il leur fallait donner l’heure juste sur un plan d’action qui n’existait tout simplement pas. Pendant que les services officiels responsables s’activaient à dénicher des spécialistes capables de démêler le réalisable de l’utopique dans cette grande manœuvre, au sein de la société « civile », communautés, organismes et familles déjà au fait des procédures habituelles mettaient tout en place pour organiser un accueil et activer les dossiers des parrainages privés déjà ouverts. En même temps, tout ce processus compliqué devait être expliqué aux Canadiens qui voulaient savoir à qui on allait offrir l’hospitalité, selon quels critères et comment entendait-on procéder ? Et parfois aussi, les conséquences : qui ramasserait la facture.
Les grands médias ont découvert, en cherchant des cas pour illustrer la situation, que la plupart des réfugiés qui sont dans les camps ne savent même pas où se trouve le Canada, encore moins qui y vit et comment. Pour ces réfugiés, accepter de venir ici signifie abandonner tout espoir de retrouver un jour leur pays natal et leur famille restée là-bas. C’est également un autre plongeon dans l’inconnu dans l’espoir d’une vie normale, où les enfants pourraient étudier et grandir en toute sécurité. L’écrivaine Kim Thuy, elle-même réfugiée, arrivée avec ses parents sur la vague des boat people il y a 35 ans, raconte que : « en situation de survie, on ne pense pas au passé ; la peur nous pousse à prendre des risques pour vivre l’instant présent. L’espoir vient après, avec, » dit-elle, « l’occasion de saisir cette deuxième chance que représente le nom du pays prêt à vous accueillir. Et le chemin sera long et semé d’embûches : langue, mœurs, climat et travail. » Sachant que les réfugiés qui débarquent ici auront besoin de temps pour s’adapter à nos mœurs et à notre mode de vie, il faudra conserver notre enthousiasme pour les épauler. Cela restera, pour nous tous, le plus grand des défis à relever. MARTINE CORRIVAULT
Trois semaines après son élection, le nouveau gouvernement convenait qu’il lui faudrait un peu plus de temps pour « faire les choses correctement ». D’abord, les réfugiés invités ne seraient pas choisis parmi ceux qui sillonnaient les routes, mais plutôt dans certains des camps où des milliers de réfugiés attendent depuis des mois. La prudence était au programme et, oui, on opterait pour les plus vulnérables en commençant par les familles avec enfants. Eh non, tous les réfugiés n’arriveraient
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LA QUÊTE
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AUDIOTHÈQUE POUR PERSONNES HANDICAPÉES DE L’IMPRIMÉ DU QUÉBEC INC
LA QUÊTE EST DIFFUSÉE PAR TÉLÉPHONE VIA Québec 418 627-8882 • Montréal 514 627-8882 • Ailleurs au Québec 1-877 393-0103
DÈS LE 7 SEPTEMBRE
RADIO 89,1 BALADO DISPONIBLE SUR ITUNES ÉCOUTE EN DIRECT WWW.CKRL.QC.CA
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4$ Le magazine de rue de Québec
CIRCULER … • en autobus ? • en vélo, l’hiver ? • à pied ? • Pourquoi circuler ?
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S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant une carte d’identification. 2 $ sur le prix de vente va directement au camelot.
Merci de changer des vies pour la vie !
No 181 Février 2016