4$ Le magazine de rue de Québec
• Au-delà de ses peurs • Nature déchaînée • Vie en montagnes russes • L’art cru Et beaucoup
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No 173 Avril 2015
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OUI, JE CONTRIBUE À MAINTENIR LA QUÊTE LE MAGAZINE DE RUE DE QUÉBEC Je donne 5 $ pour payer la cocarde d'identification du camelot. Je donne 50 $ pour payer une cartouche d'encre. Je donne 500 $ pour payer les frais d'infographie. Je donne 750 $ pour payer cette page de demande de don. Je donne 2 500 $ pour payer l'impression d'un mois d'édition. Je fais une don ouvert de ___ $.
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Michel Yacoub
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SOMMAIRE POUR LE PLAISIR DE LIRE
DOSSIER
EXTRÊME 06-07 Faire face aux changements climatiques
09
Une vie en montagnes russes
10
Aller au-delà de ses peurs
12
L'art cru
13
De gauche et de droite
14
« Remèdes » extrêmes
15
Individualisme, extrémisme et religion
16
Ni dieu, ni maître
22
Extrême c'est...
23
Le jugement du soleil
24
Temps des cathédrales
25
Terrorisme
26-27 Regards sur l'itinérance
18-19
UN SECRET AU
JEUX 20
Le jeu de La Quête
21
La langue dans sa poche
Photo: Archives Web
Courtoisie: François-Guy Thivierge
CONFESSIONNAL
CHRONIQUES 08
Extrêmement... triste !
11
Une fouille humiliante Photo: Archives Web
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LA QUÊTE
Ça change quoi, un califat ?
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PAGE COUVERTURE Oeuvre numérique :
RÉALISER L’ESPOIR
Camille Amélie Koziej-Lévesque Conception graphique : Karyne Ouellet
Camelots recherchés
L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment donné Hey toi! de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés Tu as 18compte ans ou plus. pour cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, Tu veux te faire quelques dollars? etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné Travaille à ton compte. Pas d’horaire. à la vente sur la rue !par Vends le magazine de rue La Quêtedes personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs Pour plus d’informations autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, Appelle-nous au certain pouvoir sur leur vie. reprendre un
418 649-9145 poste 33 Ou L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des Viens nous rencontrer au services d’accompagnement 190, rue St-Joseph Est (coin Caron)communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche logement par le biais de son service Accroche-Toit. Dans l’église d’un Jacques-Cartier
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FAIRE DES SOUS EN DEVENANT CAMELOTS Les camelots récoltent 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31 Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.
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Téléphone: La Quête est appuyée financièrement par : Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI)
ÉDITEUR PARRAIN Claude Cossette COORDONNATRICE Francine Chatigny CONSEILLÈRE À L’ÉDITION Martine Corrivault RÉDACTRICE EN CHEF Valérie Gaudreau RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Isabelle Noël CHRONIQUEURS Martine Corrivault, Claude Cossette, Diane Morin
Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots. SUIVEZ-NOUS SUR
ÉDITEUR Archipel d'Entraide
JOURNALISTES Jean Louis Bordeleau, Lara Émond, Philippa Jabouin, Andrée-Anne Lévesque Aubé, Laura Meuret, Nadia Morin, Patricia Parent AUTEURS Kevin Besnard, Philippe Bouchard, Julie Cartier, Jacques Pruneau, Christiane Voyer AUTEURS DES JEUX Hélène Huot, Jacques Carl Morin, Ginette Pépin RÉVISEURS Geneviève Loiselle, Nathalie Thériault, et les étudiants Miro Audet-Lagueux, Renée Champagne, Marie-Ève Doyon, Marie-Line Harvey, Laurence Laguadec-Gaulin, Danny Lavoie, Catherine Mathis, Maximilien Nolet, Sarah-Ève Pouliot-Fortin, Raphaële Rinfret et Lydia Robichaud du cours Réécriture et Révision II des programmes de rédaction et révision professionnelles de l'Université Laval sous la supervision de leur enseignante, Marie-Ève Lang PHOTOGRAPHE Camille Amélie Koziej-Lévesque INFOGRAPHISTE Karyne Ouellet IMPRIMEUR Les Impressions STAMPA inc. 418-681-0284 COPYLEFT La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d’auteur Creative Commons « Paternité - Pas d'Utilisation commerciale - Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n’est pas commercial, permet de l’utiliser et de le diffuser tout en protégeant l’intégralité de l’original et en mentionnant le nom des auteurs.
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LA QUÊTE
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MOT DE LA COORDO
EXTRÊME
Notre confort, toutefois, est de plus en plus régulièrement bousculé par des conditions climatiques hors du commun – vents violents, pluies torrentielles, verglas, chaleurs accablantes, etc. – qui provoquent à leur tour des perturbations dans les infrastructures urbaines : arbres bloquant la circulation, débordements de rivières, pannes de courant majeures, etc. La Ville, responsable de la protection des citoyens, doit pouvoir agir rapidement et efficacement lorsque ces menaces à la sécurité se présentent, ce qui n'est pas le cas actuellement, semble-t-il. Cependant, elle travaille très activement à corriger la situation. Andrée-Anne Lévesque Aubé a rencontré Jean-Pierre Verville, responsable du projet K, qui vise à répondre adéquatement à ces situations d'exception. De haut en bas, de bas en haut, ainsi fluctue l'humeur des personnes touchées par la bipolarité. Cette vie en montagnes russes est épuisante, même menaçante, si on se fie au témoignage d'Héloise. Heureusement, une fois que le diagnostic est posé, des solutions sont proposées pour régulariser ces troubles de l'humeur, comme le rapporte Nadia Morin. Atteindre le pôle Sud d'inaccessibilité, traverser l'Atlantique à la rame : rien n'arrête les aventuriers modernes qui relèvent des défis de plus en plus audacieux, rien ne parvient à freiner leurs ambitions. Mais qu'est-ce qui peut bien les motiver à plonger volontairement dans un tel bain d'embûches. Lara Émond a posé la question à François-Guy Thivierge qui a entre autres escaladé les sept plus hauts sommets du monde.
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Dans sa performance datant de 1962, Théâtre des orgies et des mystères, Hermann Nitsch éviscère des animaux devant son public et fait nager des cygnes dans des piscines de sang. Les performeurs n'utilisent pas tous des moyens aussi drastiques, mais ils poursuivent le même objectif : faire prendre conscience de leur existence aux spectateurs d’une façon différente. Patricia Parent a rencontré trois performeurs de la Vieille Capitale pour comprendre un peu mieux cette forme d'art. Inutile de traverser l'océan pour traquer les partis politiques extrêmes. De telles formations – de gauche et de droite – ont pignon sur rue au Québec. Jean Louis Bordeleau s'est entretenu avec les piliers respectifs du Parti marxiste-léniniste du Québec et du Parti unité nationale. Des bribes de leur programme surprennent. Face aux écueils de la vie, chacun réagit comme il peut. Isabelle a sombré quant à elle dans l'univers de la drogue. Sur le bord du gouffre, elle a réalisé qu'elle ne voulait plus de ce « remède » extrême. Malgré sa vie houleuse, Isabelle se considère chanceuse, confie-t-elle à Laura Meuret. Extrémisme religieux : l'expression sature, avec raison, les médias depuis des mois. Les attentats récents à St-Jean-sur-Richelieu, à Ottawa et à Paris, pour ne nommer que ceux-là, provoquent la hargne de la population. Mais les vraies explications à ces explosions de violence ne se trouvent pas dans la religion, selon les interlocuteurs de Philippa Jabouin. Il faut regarder ailleurs pour en comprendre les origines.
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Le mot est utilisé à toutes les sauces : politique, religieux, sport, même l'hiver est victime du froid « extrême ». L'emploi récurrent de ce terme semble minimiser son impact, le banaliser. Pourtant, amplifier nos activités à l'« extrême », les éloigner du centre, répond à un instinct primitif de stimulation, voire de violence. Le sociologue français David Le Breton qui a étudié les comportements à risque, les interprète comme une réponse bien occidentale, « à nos vies surprotégées par les règlements sociaux et le confort technique de nos sociétés ».
MATHIEU NOUS A QUITTÉS C'est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris le décès de Mathieu Pelchat-Talbot. Mathieu s'était timidement joint à l'équipe des camelots de La Quête en mai 2014. À notre première rencontre, je sentais que cela lui demandait tout son petit change pour franchir la porte de l'Archipel et demander son permis de camelot. À l'automne déjà, il démontrait plus de confiance. Un changement d'attitude positif. Comme l'hiver a été très rigoureux, nous n'étions pas inquiets de ne plus le voir depuis un certain temps. Mais voilà que nous apprenons, près de trois mois après son décès, la triste nouvelle. Nos condoléances à tous ses proches.
FRANCINE CHATIGNY
CONSCIENTISER LES ENFANTS Au début de l'année, Fabienne Landry, éducatrice à l'École internationale de St-Sacrement et lectrice de La Quête, m'a soumis l'idée de faire écrire ses petits protégés sur le thème des sans-abri. Nous publions ce mois-ci leurs poèmes empreints de candeur, de réalisme et de générosité. Ces initiatives de conscientisation, dès le plus jeune âge, ne peuvent qu'être applaudies. Merci madame Fabienne !
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FAIRE FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES Bien que le froid mordant des derniers mois puisse vous en faire douter, la planète se réchauffe bel et bien. Quelques degrés de plus à l’échelle mondiale paraissent minimes, mais les conséquences seront toutefois importantes. Un phénomène global, soit, les changements climatiques auront toutefois des répercussions bien locales. La Quête s’est donc intéressée aux enjeux municipaux de l’adaptation aux changements climatiques.
Photo: Archives Web
« L’échelle municipale, c’est une échelle FAIRE FACE, S’ADAPTER, d’actions, alors que les gouvernements SURMONTER nationaux et internationaux se situent plutôt au niveau des intentions et des Pour pallier ces lacunes, Québec a mis en grandes réglementations », explique Ca- place le « projet K », dirigé par le capitaine therine Dubois du Centre de recherche Jean-Pierre Verville de la police de Quéen aménagement et développement de bec. D’une envergure unique au Québec, ce projet rassemble une l’Université Laval. Les mumyriade d’intervenants nicipalités sont non seu- « J’ai bien plus locaux afin « d’accroître la lement responsables de la d’intérêt à travailrésilience de la Ville face prestation des services aux ler sur les conséà des situations d’excepcitoyens, certains aussi es- quences de ma tion ». Il s’agit donc de sentiels que la distribution panne électrique mieux connaître les risques d’eau potable, mais elles que sur sa cause ». potentiels, d’améliorer ses assurent également les seraptitudes d’anticipation, vices de première ligne lors ~ Jean-Pierre de développer ses capacide désastres. Verville tés de réponse opérationSelon les statistiques du nelle et de développer des Centre 911 de la Ville de Québec, entre stratégies de communication avec les ci2010 et 2012, celle-ci a fait face à neuf toyens. Le directeur du projet précise qu’il épisodes d’évènements climatiques ex- s’agit d’un programme axé sur la gestion trêmes : vents violents, pluies torren- des conséquences et qui prend en compte
tielles, verglas, etc. Pour gérer de telles situations, la Ville se doit d’être bien préparée. Or une étude menée en 2011 par la directrice générale adjointe à la sécurité publique, Mme Chantale Giguère, a révélé que ce n’était pas tout à fait le cas. Malgré qu’elle dispose d’un plan de sécurité civile récent, la Ville souffrait d’importantes faiblesses notamment une structure de veille des menaces inexistante, une capacité d’hébergement de masse limitée et un processus d’alerte ne fonctionnant que sur les heures d’ouverture.
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non seulement les changements climatiques, mais aussi d’éventuels incidents industriels ou technologiques. « Il peut y avoir un bris technologique majeur ou une tempête de vent, les deux risquent de provoquer une panne électrique. J’ai bien plus d’intérêt à travailler sur les conséquences de ma panne électrique que sur sa cause. » Après avoir fait ses propres devoirs ainsi que fait de la résilience un élément de planification permanent, la Ville entame
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maintenant la dernière phase du « projet K » qui consiste à sensibiliser les citoyens à l’importance d’être bien préparé pour les situations d’urgence. Ce n’est pas là une mince tâche. « Il faut que les gens aient été touchés pour en tirer une leçon. Tant que ça ne leur est jamais arrivé, ils ne sentent pas le besoin d’agir », se désole M. Verville. Or si les 530 000 citoyens de la
POUR UNE APPROCHE PARTICIPATIVE DE L’ADAPTATION Dans son rapport intitulé Changements climatiques et transformation urbaine, une équipe l’Université Laval s’est intéressé aux mécanismes de participation citoyenne dans l’élaboration des plans d’adaptation aux changements climatiques. Selon ce rapport, le fait d’accroître la participation du public permet de sensibiliser la population aux enjeux des changements climatiques, mais aussi d’entendre leurs préoccupations et de valider l’acceptabilité sociale de certaines stratégies d’adaptation. À titre d’exemple, Catherine Dubois cite la question des stationnements, un sujet sensible pour les citoyens fréquentant le centre-ville. Serait-il acceptable d’enlever certains espaces de stationnements pour permettre l’installation d’un revêtement perméable à la pluie et de fontaines d’eau ? L’approche participative est aussi au cœur des travaux du « projet K ». Des représentants de l’Archipel d’Entraide, organisme qui chapeaute La Quête, ont d’ailleurs été invités à parler de leur expérience avec les clientèles plus vulnérables de la ville. En effet, les personnes défavorisées, âgées, sans parenté ou souffrant d’un handicap sont généralement plus affectées lors de grands sinistres. Ce projet a d’ailleurs été cité en exemple par le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques qui souligne que l’engagement de la communauté est un élément central de la résilience en cas de catastrophe.
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Ville de Québec attendent d’être confron- d’une augmentation des températures tés à une situation de pénurie pour faire estivales et des périodes de canicule ainsi des réserves en eau, plusieurs risquent que d’écarts de précipitations plus marde se retrouver face à des tablettes vides. qués. Les risques associés à ces nouvelles Avoir des piles de reconditions ne relèvent pas change, un ouvre-boîte seulement de la sécurité et des chandelles rangés « Il faut que les gens publique, mais également dans un endroit sûr pour- aient été touchés de l’aménagement du rait vous épargner bien pour en tirer une territoire et de la gestion des soucis en situation de leçon. Tant que ça environnementale. Les détresse. Une trousse d’ur- ne leur est jamais infrastructures de la Ville gence devrait permettre à arrivé, ils ne sentent sauront-elles résister à ces une famille de survivre de nouvelles conditions ? Les pas le besoin façon autonome pendant réseaux d’égout risquentd’agir » cinq jours. ils de refouler en cas de précipitations intenses ? Des ~ Jean-Pierre PRÉVOIR L’IMPRÉtempératures hivernales Verville VISIBLE plus chaudes risquent-elles de compromettre l’organiLes évènements météorologiques extrêmes ne sont toutefois pas les seuls sation d’évènements tels que le Carnaval ? susceptibles de compromettre les activi- Comment s’assurer que les citoyens à la tés de la Ville. Dans la région du sud du santé fragile ne souffrent pas en période Québec, les changements climatiques de chaleur accablante? risquent également de s’accompagner
Afin d’inciter les villes à se prémunir contre ces futurs aléas climatiques, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec a lancé en 2009 le programme Climat Municipalité. Grâce à lui, Québec a reçu une aide financière de 250 000 $ afin de soutenir la mise à jour de son inventaire en matière de gaz à effet de serre, mais surtout pour l’élaboration d’un plan d’adaptation aux changements climatiques. Prévu pour 2013, celui-ci est toutefois toujours sur la table à dessin. ANDRÉE-ANNE LÉVESQUE-AUBÉ
Hébergement
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A-t-on besoin d’épiloguer sur Luka Rocco Magnotta, qui a découpé son ami? N’aurions-nous pas avantage à nous abreuver de sources solides, d’avis d’experts, de documentaires montés par des enquêteurs intègres ?
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L’adjectif extrême revêt deux principaux sens : 1. Qui est à son plus haut degré d’intensité ; 2. Qui n’est pas mesuré, pas modéré. Le premier sens est plutôt positif : c’est une qualité d’être extrêmement travailleur. Le second l’est moins : une personne qui n’est pas modérée sera plutôt considérée comme dépassant la mesure. Je vais m’attarder au second sens, parce que les comportements extrêmes sont « extrêmement » valorisés de nos jours.
LA CÉLÉBRITÉ EXTRÊME C’est le cas de la célébrité, par exemple, qui est le résultat de la médiatisation, de la diffusion de l’image d’une personne. Les personnages célèbres se retrouvent aujourd’hui partout : en musique, en sport, en art, en politique ou en littérature. Les prétendants recherchent la célébrité par tous les moyens. En art, l’artiste pékinois He Yunchang organise des happenings : il se taillade le corps jusqu’à en frôler la mort. Dans des musées, l’artiste mexicaine Teresa Margolles souffle des bulles de savon produites avec l’eau qui a servi à laver les cadavres de la morgue … En sport, les jeunes sont fascinés par de nouveaux sports extrêmes : le base jump (saut en parachute d’une falaise ou d’un pont), le parkour (exercices d’équilibre, sauts artistiques et originaux sur des parcours insolites), le skylining (funambulisme entre gratte-ciel), le wingsuiting (vol plané dans une combinaison ailée). À la chaîne de télévision Télétoon, des jeunes sont prêts à affronter les défis extrêmes proposés par l’émission du même nom, qui draine des millions de téléspectateurs : défis périlleux, dangereux ou dégoûtants. Pourquoi ce gaspillage d’énergie et parfois de talent ? Pour quelques instants de gloire et quelques milliers de dollars.
LE RADOTAGE EXTRÊME L’ascenseur vers la célébrité est lui-même alimenté par les médias. Ce sont eux qui organisent téléréalités, galas et talkshows, dans lesquels les concurrents se bousculent pour acquérir un peu de notoriété. Les personnes qui sont déjà célèbres, qu’elles soient politiciennes, vedettes du sport ou vedettes de cinéma, sont sollicitées par les mêmes médias pour donner leur avis sur tout et sur rien, sur la compétence des chefs de partis politiques, sur la manière de résoudre le problème de la pauvreté ou sur le talent des candidats aux Oscars. Les Facebook et Twitter de ce monde débordent des opinions peu documentées et peu argumentées de tout un chacun. Tout ce petit monde, pour nourrir ainsi sa célébrité, finit par radoter sur les mêmes événements : le match de la veille, le dernier drame, les frasques des riches et célèbres, ou sur les budgets de l’État dont ils n’ont qu’une vague idée. Les médias sont nourris par les opinions des auditeurs ou des lecteurs — et des chroniqueurs pas toujours spécialisés (lis bien ça, Cossette !).
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LA RICHESSE EXTRÊME L’attrait de la richesse exerce une forte pression sur les humains. Plusieurs magnats de l’industrie ou de la finance comme Bill Gates, riche de 79,3 milliards de dollars (2015) ou Warren Buffett, riche de 73 milliards de dollars (2015),sont considérés comme des héros. Mais une question se pose : peut-on consacrer une vie entière à l’argent et jouir d’un bon équilibre humain? Poursuivre la richesse et être également motivé par la justice, la solidarité, l’empathie ? Peut-être… Je ne sais pas, mais cela me préoccupe. Je ne peux m’empêcher de repenser à cette sentence que Jésus a rappelée à ses auditeurs : « On ne peut servir à la fois Dieu et l’argent. » Et il semble que l’on ne soit jamais trop riche. Le petit 1 % le plus riche de la planète possèdera bientôt autant que les 99 % restant de la population. Est-ce juste ? Est-ce là le fait d’une société équilibrée ? Au Québec, un médecin de famille gagne dix fois le salaire d’un citoyen moyen. Est-ce assez ? Trop ? Insuffisant ? Il semble, en tout cas, que les gens cupides n’en aient jamais assez. Je ne peux oublier ces présidents de grandes sociétés, payés parfois des millions par année, qui abandonnent leur entreprise en difficulté en empochant une grasse indemnité de départ cautionnée par leurs amis qu’ils ont eux-mêmes invités au conseil d’administration. Or, la contrebalance de cette richesse extrême, c’est la pauvreté extrême.
LA VERTU… EXTRÊME ? Par ailleurs, c’est la vertu extrême que recherchent certains, se coupant du troupeau des gens ordinaires pour faire partie des élus, et ce, pour avoir droit à l’auréole de sainteté. Pour y arriver, certains jeûnent dangereusement, se flagellent cruellement ou donnent tous leurs biens à leur gourou. Le philosophe Blaise Pascal mettait en garde contre la tentation de l’angélisme : « Qui veut faire l’ange, écrivait-il, fait la bête. » Quand on n’est plus humain, on risque d’être bête. C’est ainsi que, par vertu, certains Jésuites qui s’entêtèrent à présenter le message de Jésus aux « sauvages » sont devenus les Saints Martyrs canadiens, que des dévots sont prêts à se faire sauter avec une veste explosive pour affirmer leur croyance, ou que les chrétiens fondamentalistes attaquent les cliniques d’avortement. Il faut peut-être revisiter le philosophe Aristote. « In médio stat virtus », pensait-il : être vertueux, c’est se tenir loin des extrêmes. Il est plus sage et plus sûr d’avancer au milieu… des idées comme du sentier.
LA QUÊTE
CLAUDE COSSETTE PUBLICITAIRE ET PROFESSEUR
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BIPOLARITÉ
UNE VIE EN MONTAGNES RUSSES Des élans de créativité à réinventer le monde à l'état dépressif flirtant avec des idées suicidaires : vivre avec la bipolarité s'avère un défi quotidien. Incursion dans une vie en montagnes russes.
Photo: Archives Web
par désir de protection ou de poser des limites aux excès, explique Dr Pouliot, ce qui peut rendre les personnes qui sont en high irritables et blessées ». À l’approche des épisodes de manie ou de dépression, des tensions sont susceptibles de se créer. Les personnes en phase dépressive sont portées à s’isoler. La bipolarité n’empêche pas d’avoir une vie riche et stimulante, mais elle amène une vulnérabilité dont il faut apprendre à prendre soin.
« Le cas de chaque personne est unique, pelle les moments difficiles de son adoexplique la psychiatre Dr Claudie Pouliot, lescence, l’enfer qu’elle a vécu et fait vivre et la maladie bipolaire présente différents à son entourage. Elle a parfois pensé être niveaux d’intensité, ce qui implique qu’il « irrécupérable », raison pour laquelle elle est un peu réducteur de généraliser ». Il a déjà voulu mettre fin à sa vie, mais le n’est pas rare que ces personnes, pendant diagnostic lui a permis de commencer la la phase appelée manie, se brouillent avec phase d’acceptation. les autres, connaissent des déboires financiers, entreprennent des projets démesu- Modifier certains comportements peut rés ou en trop grand nombre, au point aider à mieux vivre avec la bipolarité. de s’épuiser après un certain temps et « Prendre soin de ses cycles, de son somd'entrer dans une phase de dépression, meil et de ses repas, de la créativité, de souvent deux fois plus longue que la phase l'activité physique et surtout de ne pas oumanie. Dans un excès d’inventivité, elles blier l'importance du repos », suggère la peuvent être emballées par un projet et y psychiatre. La gestion du stress et la prise de la médication stabilisapasser des heures, oubliant trice des humeurs, avant le de dormir et de manger, « Beaucoup de point de non-retour, sont trop excitées par cet état gens ne comégalement très utiles pour d’euphorie soudain. Il peut prennent pas que maintenir l'équilibre émoexceptionnellement en rétionnel. Quand les prenous ne pouvons sulter de grandes choses miers signaux d’élévation pas régler les ou, au contraire, mener à d’humeur se manifestent, ce qui pourrait être perçu choses avec comme la réduction du comme un échec. L’estime seulement des sommeil, il est primordial de soi en prend alors un pensées positives. de ralentir. « J’ai dû laiscoup. Le trouble est ser tomber les soirées qui En épisode de manie, la biologique… » finissent tard. Je ne peux capacité intérieure à s’évapas me coucher aux pe~ Héloïse tites heures du matin en luer et à corriger le tir avec les feedback de l’entourage pensant me lever le lendeest altérée. Les proches se voient dépassés main fraîche comme une rose. C’est sûr par ces comportements extrêmes. Le re- que je vais avoir besoin d’un minimum tour à l’état de base après cet état d’eu- de deux à trois jours pour m’en remettre phorie peut être pénible. « Le diagnostic pendant lesquels je vais être agressive, de la maladie m'a rassuré, puisque je pou- déprimée et pleurer pour rien » soutient vais enfin mettre le doigt sur la raison des Héloïse. changements extrêmes de comportement et comprendre énormément de faits an- La bipolarité influence les relations técédents » mentionne Héloise qui se rap- avec l'entourage. « Les proches essaient souvent de freiner les élans de manie
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LA QUÊTE
« Les gens confondent souvent bipolarité et personnalité limite, qui renvoie à une fluctuation au quotidien des humeurs. Or, avec la bipolarité, les variations sont étalées sur des semaines, voire des mois » avance Dr Pouliot. Elle peut se présenter en durée de quelques semaines passées à être high, suivie d’une période dépressive souvent plus longue à récupérer. La bienveillance envers eux-mêmes aide ces gens à mieux gérer les inconvénients. Héloïse souligne que « beaucoup de gens ne comprennent pas que nous ne pouvons pas régler les choses avec seulement des pensées positives. Le trouble est biologique… Concrètement, il y a des fils qui ne se rejoignent pas dans le cerveau et la médication n’est pas une excuse. C’est la seule chose qui peut nous stabiliser. Ensuite, nous devons faire les efforts nécessaires pour garder notre équilibre en évitant les éléments qui pourraient saboter l’effet des pilules. Donc, la fatigue, l’alcool, les drogues, le stress et le changement en général ! » Cette maladie nécessite un apprentissage, puisque pour aider à la contrôler il faut savoir détecter les signaux qui annoncent les moments d’hypomanie et de dépression. Les personnes bipolaires doivent être attentives lorsqu’elles se sentent bien, car l’euphorie ressentie peut rapidement sortir de l’ordinaire. Voilà pourquoi il leur est important d’apprendre à bien se connaître et de se servir de l’entourage comme d’un allié pour attirer leur attention, si des signaux précurseurs de rechute sont à l’œuvre. « Je crois que l'acceptation jouera un rôle important dans le futur pour me permettre de vivre heureuse. C'est un long processus ! » conclut Héloïse. NADIA MORIN
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ALLER AU-DELÀ DE SES PEURS Escalader les sept plus hauts sommets du monde, faire l'ascension d’un iceberg et atteindre les deux pôles : c’est ce qu’a accompli François-Guy Thivierge au courant de sa carrière. Pour les mordus d’aventures extrêmes comme lui, aucun défi n’est trop loin, ni trop haut, ni trop dangereux. L’adrénaline et le dépassement de soi sont leurs principales motivations.
L’accomplissement de soi et le fait de réaliser que toute la préparation a porté fruit vaut tout l’or du monde pour lui. Au-delà de tout ça, vaincre ses peurs est une autre motivation qui le pousse à se surpasser sans cesse. Ce n’est pas parce qu’un aventurier décide d’escalader la
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à la suite de la réalisation d’une activité extrême, qui entraînerait la sensation de récompense tant recherchée. La valorisation du danger dans la société serait également un facteur de cet amour de l'extrême. « Le mot extrême n’est plus seulement un terme associé aux sports considérés comme dangereux, mais une étiquette annonçant une saveur, une qualité. L’industrie du cinéma et des jeux vidéos rentabilise à coups de milliards de dollars des scénarios basés sur le danger », peut-on lire dans la thèse de doctorat de madame Paquette.
Courtoisie: François-Guy Thivierge
montagne la plus haute du monde qu’il n’a pas peur, au contraire! « Tu arrives Lorsqu’un individu décide de planifier au bas de l’Everest et tu as hâte, mais ça un voyage pour escalader un iceberg, demeure beaucoup de peur à surmonter. par exemple, il y a un élément déclen- Ne pas écouter cette crainte qui s’empare cheur, une étincelle qui motive ce be- de toi au pied de la montagne et aller soin d’aventure. « À la base, comme dans de l’avant, ça a quelque n’importe quel projet, que chose de très motivant », « C’est sûr que ce soit un projet d’entreexplique-t-il. prise, un projet de vie ou lorsque tu arrives Ce désir de dépassement un projet de montagne, il au sommet de faut avoir la passion », ex- l’Everest, tu ressens de soi et d’accomplissement, c’est une véritable plique François-Guy Thi- des papillons que vierge, alpiniste de renom. tu ne retrouves pas drogue. C’est une soif impossible à étancher. C’est Selon lui, pour réaliser un souvent dans ta ce qui fait en sorte qu’après défi de telle envergure, il avoir escaladé l’Everest, faut nourrir un amour du vie » sport, de l’escalade et de la ~ François-Guy François-Guy a décidé de monter les sept plus hauts nature. Thivierge sommets du monde et Très tôt, l’aventurier a réaqu’il a ensuite décidé d’atteindre les deux lisé qu’il avait des objectifs différents de pôles. C’est principalement pour ces raiceux des autres jeunes dans son entou- sons qu’aujourd’hui l’aventurier continue rage. « Tandis que d’autres s’entraînaient de faire un minimum de trois voyages par pour gagner contre des adversaires, je année. « Il n’y a pas vraiment de limite m’entraînais pour le plaisir de me défou- qu’on atteint et où on se dit : “ OK, là je ler dans la nature. Le dépassement, voilà me sens complet en tant qu’athlète. ” Ça ce qui m’inspirait », raconte-t-il. n’arrive pas. » LE SENTIMENT L'EFFET D’ENTRAÎNEMENT D’ACCOMPLISSEMENT Linda Paquette, professeure en psychoCertains diront que les mordus d’adré- logie à l’Université d’Ottawa, a étudié les naline effectuent des expéditions risquées comportements d’athlètes passionnés de par amour du danger. Pourtant, ce n’est l’extrême pour tenter d’expliquer le phépas ce qui pousse François-Guy à enchaî- nomène. Selon la psychologue, la prise ner sans relâche les expéditions. « C’est de risques permet la régulation émotionsûr que lorsque tu arrives au sommet de l’Everest, tu ressens des papillons que tu ne retrouves pas souvent dans ta vie. Tu as travaillé fort pendant 52 jours, tu as perdu 30 livres, tu as vécu entre la vie et la mort. C’est une sérénité inégalée », précise l’alpiniste avec des étoiles dans les yeux.
Courtoisie: François-Guy Thivierge
LE POINT DE DÉPART
Faisant de plus en plus d’adeptes, les aventures extrêmes deviennent aussi plus accessibles. Se dépasser, vaincre ses peurs, goûter au danger de près : voilà un cocktail bien stimulant ! LARA ÉMOND
nelle de deux façons, soit par l’augmentation du sentiment d’accomplissement ou par la fuite des émotions négatives. C’est la décharge de dopamine dans le cerveau,
LA QUÊTE
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UNE FOUILLE HUMILIANTE
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Ma grand-mère, comme celle de Boucar Diouf, a souvent dit : « La vie est une aventure extrême. À chaque bobo, l'enfant apprend quelque chose. » Mais elle aurait été choquée par cette histoire d'une adolescente soumise à une fouille humiliante par les autorités de son école qui la soupçonnaient de vendre de la drogue à ses camarades. Grand-mère aurait dit : « Le respect appelle le respect » avant de clore la discussion par une dernière observation : « Il y a des enfants qui sont prêts à tout pour attirer l'attention quand ils manquent d'amour. Les gens ne savent plus aimer. Comment peuvent-ils l'apprendre à leurs enfants ? Malgré tous vos gadgets, vos enfants s'ennuient. Comme leurs parents... » Quand même pas tout le monde, grand-mère, mais admettons que les malheurs des autres racontés par la presse à sensation ajoutent parfois du piquant à une journée ennuyeuse. Comme le dit la chanson, si c'est « marqué dans l'journal » puis repris à la radio et à la télévision, tout le monde y croit. Surtout quand les réseaux sociaux prennent la tête de la chorale. Mais qui se soucie de ce qui arrive aux individus, aux « vedettes » de ces tristes actualités, après coup ? Après la tornade médiatique, que deviendra la fille de 15 ans qui a provoqué l'autorité avec un texto disant : « J'ai du pot ! » ? C'est arrivé autour de la dernière Saint-Valentin, dans une école de la région de Québec. On connaît la suite largement racontée par les médias. L'adolescente a vécu les conséquences humiliantes d'un geste irréfléchi. L'affaire ébruitée a choqué tout le monde. Au Québec, une direction d'école pouvait donc exiger la fouille à nu d'un élève? Alors, la vague d'indignation populaire est montée jusqu'au Parlement où les propos du ministre de l'Éducation ont choqué encore plus de monde. Il a finalement fallu le premier ministre pour imposer un holà à toute l'affaire. Il a, évidemment, commandé une enquête sur les incidents et, clairement décrété qu'on ne trouverait plus ce genre de fouilles dégradantes dans les écoles du Québec. Et il en a profité pour interdire à ses ministres de confier spontanément leurs états d'âme aux journalistes. Enfin, il a remplacé le gaffeur. Dans toute cette affaire, jamais le nom de l'adolescente n'a été officiellement mentionné, puisqu'elle est toujours mineure, mais sa mère a pris un avocat pour la suite des choses. À l'école, tout le monde savait qui était en cause, mais les médias n'ont pas interrogé les camarades pour connaître leur opinion. L'avocat a voulu que l'élève réintègre sa classe comme si son retour pouvait se faire sans déranger, comme si rien n'était arrivé. Un juge a même dû trancher. Le temps nous dira comment « la jeune fille qui refusait de penser plus loin que le bout de son nez » survivra à tous ces lendemains de veille traumatisants.
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Bien des gens ont manqué de jugement dans toute cette affaire, mais au moins, l'incident a éclairé tout le monde sur une procédure extrême, autorisée par un document officiel et acceptée par des représentants d'une population qui en ignorait tout. On ne se passionne que pour ce qui nous touche directement. On ne le réalise pas toujours mais l'exercice de la démocratie est un sport extrême qui comporte ses excès et ses contradictions. TÉLÉRÉALITÉ Ici l'opinion publique a dérivé comme si elle assistait à un épisode du téléroman Unité 9, dans une prison où la fouille à nu est courante et quasi normale. On n'était pourtant que dans 30 Vies où pareille scène serait difficilement imaginable, même si l'action se passe dans un établissement scolaire où les élèves traversent des drames aussi réels que le sont leurs professeurs. L'auteur, la prolifique Fabienne Larouche, raconte à sa manière un univers que l'ancienne enseignante qu'elle est, a brièvement fréquenté. Et où souvent ses personnages souffrent, comme dirait ma grand-mère (si elle regardait cette télésérie), de la maladie d'amour causée par l'ignorance et le désespoir de pouvoir en guérir un jour. Le problème reste que dans la vraie vie, il ne suffit pas d'appuyer sur une touche de la télécommande pour effacer la réalité ou la changer pour une autre moins dérangeante. Vivre, c'est l'aventure extrême, à la portée de tous. MARTINE CORRIVAULT
Le CAVAC de la Capitale-‐Nationale et Chaudière-‐Appalaches tient à souligner la Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d’actes criminels Du 19 au 25 avril 2015-‐03-‐24
LA QUÊTE
418-‐649-‐2190 1-‐888-‐LE CAVAC
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L'ART CRU L’art performance, plutôt méconnue à Québec, est une forme d’art qui touche souvent aux extrêmes, aux limites du corps comme objet d’art et comme véritable matériau. Cet art suscite souvent des émotions intenses et inusitées. Trois artistes d’ici, Richard Martel, Janine Fortin et Steven Girard, répondent aux questions de La Quête. Pour elle, le fait de devoir présenter son œuvre devant un public dans un endroit précis change la donne. « Il y a cette idée L’espace de création Le Lieu, un espace d’écoute, d’improvisation, de fragilité qui multidisciplinaire alternatif d’art actuel, n’est pas possible en atelier. est parsemé d’une pléthore Les choses sont plus crues, d’objets incongrus issus « Il y a cette idée plus vraies, plus près du de performances passées. d’écoute, d’improrituel », mentionne Janine. Son propriétaire, Richard visation, de fragilité L’art performance, c’est Martel, véritable référence qui n’est pas posaussi laisser sa trace. « L’acen matière d’art perfor- sible en atelier. Les tion (la performance), à mance, donne une des un moment donné, ça fait choses sont plus meilleures définitions de partie d’un concept d’insce type d’art : « La perfor- crues, plus vraies, tal-action; elle est concermance est l’actualisation plus près du rituel » née par cette idée de laisser devant un public poten~ Janine Fortin une trace. L’action, c’est un tiel d’un contenu variable moment d’ébranlement. » d’expressivité. » L’art perL’art performance, c’est partager un formance, ou l’art-action, se distingue moment, une part de soi avec le public. par son caractère résolument intime : « Comme avec le Nouveau roman, l’ac- LES ARTISTES ET LEURS cent est sur l’auteur. » Le rapport au pu- ŒUVRES blic constitue aussi une part intégrante de L'artiste Steven Girard s’est aussi familiacet art. risé avec l’art performance à l’école. Dans son cas, ce sont des rencontres avec difD’OÙ VIENT CETTE FORME férentes personnalités du monde de l’art D’ART ? qui l’ont incité à poursuivre dans cette On pourrait remonter jusqu’au début voie. des années 1900, à l’époque des pratiques artistiques d’avant-garde, comme le sur- Dans notre société, s’imposer comme arréalisme et le dadaïsme. Tout comme l’art tiste performeur est une position extrême performance, ces mouvements avaient en soi : l’extrême, on le retrouve dans pour but de proposer de nouvelles chaque geste qui fait partie de la perfororientations artistiques. Dans les années mance, mais il concerne aussi, par définisoixante, les sciences humaines ont cher- tion, tout ce qui touche l’art performance. ché à comprendre ces nouvelles formes d’art. L’anthropologie et la sémiologie, Parce qu'il peut être très éclaté, voire parentre autres disciplines, ont tenté d’ana- fois incompréhensible, l’art performance lyser les nouveaux mouvements artis- est durement jugé. « Au final, on peut tiques selon des approches qui leur sont avoir de la difficulté à interpréter ce qu’on propres. Dès lors, l’art n’était plus consi- nous propose parce qu’on est habitués à avoir un sens donné, mais c’est un exerdéré comme purement esthétique. cice qui fait en sorte qu’on réfléchit sur des choses plutôt que de se faire gaver par UNE PART DE SOI un endoctrinement qui te dit quoi penJanine Fortin, une jeune artiste multidis- ser », précise monsieur Girard. ciplinaire dans la vingtaine, a commencé ses études en arts plastiques au cégep. Pour donner naissance à sa performance Elle a ensuite poursuivi des études uni- récente intitulée Aimer et jouir, présenversitaires, pendant lesquelles elle s’est tée à Montréal, l’artiste s’est inspiré de sa intéressée à une multitude de médiums lecture de Surveiller et punir de Foucault. artistiques. L’esthétique éclatée de cer- Pour Aimer et jouir, il a utilisé, entre tains vidéoclips ont contribué à alimen- autres, du latex noir, des fleurs et un œil ter son imaginaire, notamment ceux de de vitre. « Pour moi, ça fait sens, puisque Marilyn Manson et de Nine Inch Nails. ça signifie quelque chose par rapport à Ces nouveaux joueurs dans l’industrie une morale sur l’amour, mais somme du visuel ont remis en question plusieurs toute, c’est ouvert, on est loin d’avoir un discours universel sur l’amour ! Ça vient conventions.
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LA QUÊTE
d’un individu qui n’a pas la prétention d’avoir la vérité infuse, c’est ouvert. » Janine Fortin, pour le projet final de sa maîtrise, a créé une performance intitulée L’allégorie du membre fantôme. L’idée lui est venue d’un questionnement sur l’héritage familial, la personnalité, le deuil et les mémoires qu’on ne veut pas se rappeler. Physiquement, l’installation (ou instal-action) proposait du son et une chorégraphie élaborée dans le but de montrer le résonnement du corps, comme le saut à la corde. Bref, des éléments qui font émerger des émotions liées à l’enfance de l’artiste, pour les transcender. PATRICIA PARENT
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QU’EST-CE QUE L’ART PERFORMANCE ?
Marina Abramovic Cette artiste serbe est souvent considérée comme la pionnière de l’art de performance. Son travail explore la relation qui unit l’artiste et le public, les limites du corps ainsi que les possibilités infinies du pouvoir de l’esprit. Lors de sa performance L’artiste est présent réalisée pour la rétrospective sur l’ensemble de son œuvre au Museum of Modern Art en 2010, Abramovic est restée immobile pendant 736 heures et 30 minutes. Pendant plus de trois mois, elle est restée assise, huit heures par jour, en maintenant un contact visuel avec des centaines de visiteurs, un à la fois. Pour en savoir plus hwww.facebook.com/janinefortin.artistemulti https://vimeo.com/janinefortin http://girardart.com http://inter-lelieu.org
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PARTIS POLITIQUES
DE GAUCHE ET DE DROITE Alors qu’une majorité des partis politiques au Québec ont tendance à viser le centre pour conquérir l’électorat, d’autres se confinent plutôt à la marge. La Quête explore les extrêmes du spectre politique : le Parti marxiste-léniniste du Québec de Pierre Chénier et le Parti unité nationale de Paul Biron. CONSTRUIRE LE POUVOIR
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Pierre Chénier dirige le Parti marxisteléniniste du Québec, né au début des DONNER AUX GENS CE QU’ILS années 1970. Le parti n’a jamais dépassé MÉRITENT les 4245 voix, soit 0,12 %, Le logo du Parti unité naet a obtenu 0,05 % des voix « Le premier geste tionale est identique à celui lors du dernier suffrage. de l’Union nationale de à poser doit être Maurice Duplessis, la croix Marxiste-léniniste, n'est-ce l’abolition de la chrétienne en plus. De pas un terme qui rappelle mixité des classes 2002 à 2012, l’organisation le communisme extrémiste pour contrer le dés’appelait « Parti démocrarusse ? « Ce qui est extrétie chrétienne du Québec ». miste, c’est ce qui est ac- crochage scolaire tuellement fait à la popu- des garçons au « L’apport chrétien c’est lation. La représentation secondaire... » que, nous autres, on parle [qui est faite de nous] n’a ~ Gilles Noël beaucoup d’intégrisme. rien à voir avec ce que nous L’intégrisme rime avec être sommes », répond M. Chéintègre avec une doctrine. L’intégrisme nier du tac au tac. musulman, ça veut dire couper la tête si Il explique que le problème actuel, ce sont tu ne crois pas en Allah. L’intégrisme cales décideurs. Il reproche aux gouverne- tholique, c’est l’amour du prochain qui ments d’être obligés de se prêter au jeu prévaut sur tout. On n’a pas honte de des puissants. « Il faut arrêter de payer le dire, c’est nos valeurs », affirme Gilles les riches et augmenter l’investissement Noël, qui a répondu aux questions de La dans les programmes sociaux ». Plus en- Quête en remplacement du chef Paul Bicore, c’est « le pouvoir de le faire qu’il faut ron, hospitalisé au moment de l'entrevue. construire », raconte-t-il. Malgré sa « forte tendance nationaliste », le Parti unité nationale ne prône pas l’indépendance du Québec. D’autres dossiers sont prioritaires.
« Il faut une idéologie pour avancer, c’est ça l’analyse qu’on fait. On travaille sur le terrain de la classe ouvrière. Lors de la prise de décision, c’est pas à Couillard de décider les choses ». Il attaque vertement le Parti conservateur du Canada, convaincu de l’importance « d’avoir un parti antiguerre ». Pour l’heure, « débarquer le gouvernement Harper [qui] attaque les pauvres, les travailleurs, les autochtones » semble être le principal cheval de bataille du parti. Sur son site Internet, l’appui aux
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manifestations anti-austérité est aussi très apparent.
candidats et électeurs. Mais à l’aide d’une campagne publicitaire, il compte bien faire mieux que les 1227 voix obtenues lors du dernier suffrage. JEAN LOUIS BORDELEAU
La création d’une monnaie régionale est l’une des mesures phares du parti. « Le principe est simple : les citoyens achètent cette monnaie-là, font des échanges avec dans les villes. Quand les magasins [ou les individus] ne veulent pas acheter des produits locaux, ils sont obligés de transformer leur monnaie en monnaie canadienne. C’est là qu’une taxe s’applique. Cette taxe-là est réinsérée dans l’économie locale. Ça peut être 4 %, ça peut être 5 %, ça peut être 8 % », explique M. Noël. Leur programme en éducation soutient que « le premier geste à poser doit être l’abolition de la mixité des classes pour contrer le décrochage scolaire des garçons au secondaire. Il est crucial de laisser les étudiants se concentrer sur leurs études […]. Il s’agit de plus d’une mesure gratuite ! » Un nouveau chef devrait être élu d’ici un an. En vue des prochaines élections, le parti craint avoir de la difficulté à recruter
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« REMÈDES » EXTRÊMES En janvier dernier, un groupe d’experts a déclaré qu’un service d’injection supervisée (SIS) serait approprié dans la capitale. Cette annonce confirme ce que l’on savait déjà : la drogue est une réalité à Québec. La souffrance, la mort, la galère : avec la drogue vient un mode de vie extrême. « C’est pour ça que j’ai longtemps voulu mourir », révèle Isabelle, ancienne toxicomane en quête de stabilité, quand elle aborde la question des impératifs de la société. UNE HISTOIRE DE VIE
« AVANCER OU MOURIR » Pour Isabelle, le GHB est la drogue qui l’a le plus détruite, plutôt que de lui donner du courage et de l’aider à passer à travers sa vie, comme elle le souhaitait. « Si je n’en avais pas pendant deux ou trois heures, j’avais des tremblements, le cœur qui palpitait et je me sentais vraiment mal. » Son quotidien tournait autour de la recherche et de la consommation de drogue. Elle perdait tous ses emplois. Photo: Archives Web
Isabelle explique que sa souffrance était présente avant sa consommation de drogues. En consultation, un psychiatre a diagnostiqué chez elle une dépression majeure qui aurait débuté vers l’âge de 10 ans, soit un an après le décès de sa mère dans un accident. La drogue lui aurait servi plus tard « d’automédication » pour faire face à cette tragédie personnelle.
coup mieux que ce soit supervisé, que les gens aient accès à du matériel propre et qu’il y ait une équipe. »
Au bout d’un moment, comme l’argent manquait, elle a sérieusement pensé à se prostituer ou à se suicider. « Je devais de l’argent et je Après avoir commencé à consommer de voulais toujours de la drogue, mais je me l’alcool et du pot à l’âge de 13 ans, elle suis regardée dans un miroir et je me suis se met à prendre de la méthamphétamine (speed) et de l’ecstasy à 14 ans, et dit : “ ce n’est pas ça que je veux ”. C’était ce, tous les jours. « Si je n’en avais pas, je avancer ou mourir. » Déterminée à se donner une chance, elle ne pouvais pas fonctiona entamé des démarches ner. Je souffrais d’un grand « C’est beaucoup et multiplié les appels et manque de confiance en mieux que ce soit les lettres afin de profiter moi et [la drogue] me faisupervisé, que les d’une thérapie. sait croire en mes capacités. C’était gérable jusqu’à ce que ça ne me fasse plus effet. Alors je suis passée au GHB, à la drogue dite du viol », confie Isabelle.
Point de Repères est un organisme communautaire qui, depuis bientôt 25 ans, s’efforce de venir en aide aux toxicomanes en offrant divers services. Pour pallier la difficulté à entrer en contact avec ces personnes hors système, Point de Repères a mis en place un certain nombre de projets. Sarah-Emmanuelle Gauthier, directrice adjointe par intérim, explique que cette difficulté à joindre les toxicomanes vient du fait qu’il n’y a plus de grosses piqueries tenues par le milieu criminel ou par les motards : « Maintenant, ce sont de simples consommateurs qui vont inviter deux ou trois amis chez eux et échanger leur toit contre de la drogue. Les gens essaient de le faire le plus discrètement possible. » Elle ajoute qu’on trouve de telles piqueries un peu partout à Québec. C’est pourquoi Point de Repères a créé une unité mobile chargée d’aller chercher les seringues usagées ou d’apporter des seringues neuves au domicile des toxicomanes. LAURA MEURET
gens aient accès à du matériel propre et qu’il y ait une équipe. »
GHB, INTRAVEINEUSE ET PIQUERIES Le GHB, cette substance qui provoque une chaleur interne agréable, un état d’ivresse (désinhibition), une relaxation musculaire et un état d’euphorie, peut être consommé de différentes manières, notamment par intraveineuse. Isabelle n’a jamais utilisé ce moyen-là, mais elle connaît des personnes qui ont tenté l’expérience, dont deux de ses copines, mortes d’une overdose. L’une d’elles était maman d’une petite fille. Isabelle se dit favorable aux services d’injection supervisée (SIS) : « C’est beau-
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POINT DE REPÈRES
Malgré tout, maintenant à 26 ans, Isabelle a trouvé la force de vivre et de se battre contre sa dépendance. Elle a réussi à dénicher un logement et souhaite reprendre les cours pour se remettre sur les rails. « C’est vrai que j’ai vécu de la misère, beaucoup de mal, mais en même temps, ça va pas si mal que ça. Je me considère chanceuse, comparativement à d’autres. » D’autres, en effet, le sont moins : plusieurs sont victimes d’overdose, ou encore sont aux prises avec des problèmes de prostitution, de crime ou d’idées suicidaires. Leur consommation les pousse à adopter un comportement extrême, à aller au-delà des limites, au point où ils deviennent un danger pour les autres et pour eux-mêmes.
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INDIVIDUALISME, EXTRÉMISME ET RELIGION Difficile de faire référence à l’extrémisme de nos jours sans penser à la religion. Difficile aussi de cerner le vrai du faux, le sacré du profane. En matière de religion, que ce soit au Québec ou ailleurs, qui a tort et qui a raison ?
Selon elle, présenter tous Cependant, selon ces deux les musulmans comme universitaires, l’équation « La seule arme entre extrémisme, violence [contre la crédulité], des intégristes ou des fanatiques est une énormiet terrorisme est une image c’est l’information té comparable à celle de amplifiée par la presse et analytique et considérer tous les chréles médias. Mme Fortin critique » tiens comme des membres fait référence à la « capitalisation de la mauvaise nou~ Dominique du Ku Klux Klan. Le contexte social, historique velle » et aux « construcLarochelle et politique prend alors tions médiatiques » qui exploitent la formule religion-sexuali- toute son importance. Pour la profesté-violence. Le professeur Couture par- seure Fortin, l’individualisme excessif tage cette opinion. « C’est l’infime mi- des sociétés modernes constitue la vraie norité qui fait la manchette. Si les hin- menace, puisqu’il prospère au détriment douistes ne s’attaquent pas aux chrétiens de la solidarité sociale. « On ne veut pas ou à l’Occident, alors on n’en parle pas ! » voir que les terroristes à cravates sont Ce qu’ils reprochent aux images véhi- dangereux. (…) Nous avons des gouverculées par les médias, c’est de mettre en nements qui défont un contrat social et relief quelques personnes qui agissent de démantèlent tous les acquis de la Révolufaçon extrême et violente sans expliquer tion tranquille », avance-t-elle. le contexte. Pour eux, cela mène à une INTOLÉRANCE À LA DIFFÉRENCE déformation de la réalité et aux préjugés en plus de diriger la population vers des Comment s’y retrouver alors ? Du point de vue de l’intolérance, le discours reconclusions précipitées. ligieux est présenté comme une lutte
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entre « eux » et « nous ». La même tension existe lorsque le débat associe l’appartenance religieuse aux référents identitaires. Dominique Larochelle, chargé de cours à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval et responsable du Centre de ressources et d’observation de l’innovation religieuse (CROIR) de l’Université Laval, maintient que « la seule arme [contre la crédulité], c’est l’information analytique et critique ». Il souligne aussi l’importance de la responsabilité individuelle. Selon ses recherches, s’il n’y a pas d’endoctrinement en tant que tel ni de lavage de cerveaux, il ne s’agit pas d’un groupe d’extrémistes. Il nuance à propos des idées
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Par définition, les extrémistes religieux Ils ne nient pas, toutefois, que les extréfont partie de ceux qui sont tenus à l’écart mistes religieux puissent être dangereux de la majorité. « En tant qu’elles sont des et violents. Les vraies explications ne se quêtes de l’ultime, de ce retrouvent pas dans la requi est au fondement de « En tant qu’elles ligion, mais plutôt en anl’existence, toutes les re- sont des quêtes de thropologie, en sociologie, ligions peuvent conduire l’ultime, de ce qui en psychologie ou en poà des actions extrêmes » est au fondement litique. « Chaque culture a explique André Couture, de l’existence, sa façon de faire, de ne pas professeur titulaire de la faire, de réagir ou d’encaistoutes les religions Faculté de théologie et ser les chocs », explique le de sciences religieuses de peuvent conduire à professeur Couture. « On des actions l’Université Laval. voit alors que les conflits extrêmes » ne viennent pas de l’intéIl décrit les personnes à tengrisme, mais du fait que dance extrémiste comme ~ André Couture des personnes ne peuvent des individus cherchant à plus vivre dans leur grouse recroqueviller sur des traditions parfois pe. » Ainsi, dans une cominventées. Il l’illustre avec l’hindouisme, munauté musulmane qui son domaine de spécialisation. « Il existe se sentirait lésée, un groudes purs et durs qui veulent retrouver puscule pourrait réagir le véritable hindouisme contre un occi- de façon radicale. Mme dentalisme qui détruit l’âme des fidèles » Fortin insiste sur ce point : dit-il. « Mais il s’agit d’une infime mino- « Un extrémiste est coupé rité. » La professeure Anne Fortin, titu- de sa culture générale et relaire à la même faculté, est du même avis. cherche une identité. Cette « Au Québec, chez les chrétiens baptisés, dysfonction sociale mène à seulement 5 % sont pratiquants » précise- une religion qui condamne t-elle. « De ce pourcentage, 0,01 % sont la société ». Là encore, elle des extrémistes et c’est l’équivalent dans met en garde: « L’humain toutes les religions ». est tellement complexe et tout, dans les médias, est réducteur ! » LE JEU DES MÉDIAS
reçues : « Certains dirigeants religieux ont des discours provocateurs mais ne sont pas menaçants en soi. » Faut-il s’inquiéter en tant que société ? « J’ai peur du darwinisme social, du rejet des pauvres et de la haine des gens les uns pour les autres » admet Mme professeure Fortin. « La société devient de plus en plus homogène et intolérante à la différence. C’est ça, de l’extrémisme. » PHILIPPA JABOUIN
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NI DIEU, NI MAÎTRE
Photo: Archives Web
J’ai eu l’envie folle de mettre « extrême » au pluriel. Pourquoi? Parce que, pour un extrémiste comme celui qu’on prétend que je suis, on ne peut qu’être pluriel. On se promène d’un extrême à l’autre. Suisje réellement extrémiste? On peut dire ça. On peut dire le contraire.
J’ai toujours détesté les tièdes, les beiges, les « je ne me prononce pas », celles et ceux qui n’ont d’avis sur rien, qui suivent la vague. Les bleus avec les bleus, les rouges avec les rouges et assis pour pipi. Les extrêmes centristes. Les larbins du paraître. Les champions de la petite vie polie et du sourire bêtement accroché aux lèvres, toujours disposés à ne pas être, à ne pas faire, à ne pas exister. Penser avoir un éclat de rire, se faire remarquer, ils en perdent connaissance ! Ces hypocrites si doux qui ne savent jamais dire « non » mais auxquels on ne peut jamais se fier lorsqu’enfin ils disent oui. Comme plantes vertes, ils sont parfaits ! Je suis le « Non, merci ! » de Cyrano. À mon âge, je ne changerai plus. Ai-je jamais eu la moindre envie de changer ? Certainement pas ! Je n’ai nulle obligation à respecter, nulle règle qui pourrait me faire être autrement. Je connais mes droits et mes devoirs, et ça me va bien.
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Intolérant envers les racistes, les curés et autres sbires de la main tendue. Sauf si elle est tendue par un itinérant ou un plus démuni. Pas par une compagnie malpropre. Je n’ai ni dieu ni maître, je crois à la solidarité, à la dignité d’être comme on est, je revendique tous les droits de même que la responsabilité de mes actes. Je ne braille pas sur moi ni sur mon sort. Je pleure de savoir que des enfants ne mangent pas à leur faim ou sont abusés, et que cette société de tiédasses fait semblant de ne rien voir. « Ils veulent avoir l’air généreux sans jamais, jamais rien donner ! » chantait Richard Desjardins*. Il avait bien raison : on les reconnaît chaque jour. Bob Dylan** le chantait avant lui. Suis-je un extrémiste parce que je dis les choses sans détour ? Parce que je tiens tête à la machine ? Parce que je fais ce qui ne se fait pas ? Ou est-ce un joyeux mélange de tout
LA QUÊTE
ça ? La société n’aime pas que je mette les doigts dans ses plaies… Extrémiste, vraiment ? Ou simplement homme de principe? Savoir ce qu’on veut et ce qu’on refuse ne me semble pas si radical. En tous cas, ça me sauve un temps précieux! Et si tout ça n’était finalement qu’un immense problème de compréhension ? Ou un manque flagrant de vocabulaire? Écoutez simplement les ministres de notre grotesque gouvernement et vous verrez à quel point leur vocabulaire est pitoyable. Je préfère donc être extrêmement clair que poliment vaseux !
JACQUES PRUNEAU L'ANARCHISTE * Richard Desjardins : Au pays des calottes. ** Bob Dylan : Ballad of a Thin Man.
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Tu utilises des drogues par injection et tu a besoin d’aide pour te procurer du materiel de prévention (seringues et condoms) ? Appelle nous !
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LA QUÊTE
Tu utilises des drogues par injection et tu a besoin d aide pour te procurer du materiel de prévention
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UN SECRET AU CONFESSIONNAL
En quelques mots, les genres sont surpris à se comprendre, à vibrer à l’unisson.
Photo: Lisa Nolet
Pour un instant, la joie de coudoyer des inconnus que l’on goûte de même pâte.
Photo: Lisa Nolet
Quel beau moment nous ont offert les poètes de La Quête le 15 mars dernier à La Nef.
Quelques mots chuchotés à une oreille attentive, une réponse à une confidence…
Dans le hall de la Nef
En un instant, pour atteindre les cœurs, les cordes s’accordent aux corps tendus.
Photo: Lisa Nolet
De la page blanche au cahier noir, les cordes vocalisent comme une musique.
Bernard St-Onge
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Photo: Lisa Nolet
Marie-Chantale et un faux-pénitent
Photo: Lisa Nolet
Marie-Chantale Larose
Simon Guérin
LA QUÊTE
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Michel Bonnelly
Photo: Lisa Nolet
Un micro, une porte ouverte, quelques mots bien choisis et c’est la vie.
Photo: Lisa Nolet
Dans la lumière, les oreilles se dressent à ces voix venues d’un ailleurs surprenant.
Jean-Pierre Drolet
François Gagnon
Photo: Lisa Nolet
« Je vous le dis, la poésie est un baume pour l’âme »
Photo: Lisa Nolet
Un sourire et quelques mots font vibrer les tympans et les cœurs.
Lavie Chabon
DESCRIPTION POÉTIQUE : CLAUDE COSSETTE
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LA QUÊTE
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LE JEU DE LA QUÊTE Les mots de la gastronomie PAR JACQUES MORIN GINETTE PÉPIN LE CARL JEU DE LAET QUÊTE
par Ginette Pépin et Jacques Carl Morin CE JEU CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES COLONNES 1 ET 20 À L’AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. CHAQUE Ce jeu consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que les colonnes 1 et 20 à l’aide des CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUIou EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE D’UN MOT définitions, indices ou lettres mélangées déjà inscrites. Chaque case grisé représente uneET LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT. lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant. Tous les mots appartiennent au vocabulaire du son (musique, ouïe, parole, etc.). 1
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VERTICALEMENT :
6- Prononciation des mots selon l’origine géographique du locuteur. Tambour africain. Privé de la parole. Tremblement de la voix.
1- produit Bruitparproduit par une explosion. 1- Bruit une explosion. 20- Annoncer de manièredebruyante. 20- Annoncer manière
bruyante.
7- Voix d’homme la plus aigüe. Bruit anormal que le médecin entend lors de l’auscultation (au pluriel). Malentendant. Étendue de sons que parcourt une voix, du plus grave au plus élevé (APONSIDA).
HORIZONTALEMENT :
1- Unité de mesure acoustique Horizontalement : qui permet d’évaluer des intensités sonores. Balade de caractère spécifiquement germanique. 8- Action d’exécuter une œuvre musicale. Racontar. Sonnerie Qui parle facilité éléganceacoustique (TRESID). Onomatopée 1- avec Unité de etmesure qui permetemd’évaluer des intensités sonores. Balade de caractère de cloche répétée et prolongée, pour donner l’alarme. ployée pourspécifiquement représenter le bruitgermanique. d’un mécanisme d’horlogerie. Qui parle avec facilité et élégance (TRESID). Onomatopée 9- Grouped’horlogerie. de musiciens exécutant une œuvre. Se mettre à chanemployée pour le bruit trop d’un mécanisme 2- Trompe auditive. Se faire malreprésenter à la gorge en chantant fort. ter. Figure de note dont la durée est égale à huit croches. Compositeur du Boléro.
2- Trompe auditive. Se faire mal à la gorge en chantant trop fort. Compositeur du Boléro. 3- Chanter à la manière de la Bolduc. Respiration bruyante du 10- Qui parle du nez. Cantatrice chargée des premiers rôles nez qui se fait entendre parfois pendant le sommeil. Instrument d’opéra. Battre des mains en signe d’enthousiasme. 3- Chanter à la manière de la Bolduc. Respiration bruyante du nez qui se fait entendre parfois à vent. pendant le sommeil. Instrument à vent.
4- Drame lyrique. Sans accompagnement d’instruments de musique. récitée auSans coursaccompagnement de la messe juste avantd’instruments de musique. 4- Acclamation Drame lyrique. la communion (deux en latin). cours demots la messe juste avant la communion (deux mots en latin).
Acclamation récitée au
5- Signes qui servent à caractériser un son par sa forme et par sa place sur la portée. Absence de bruit. Réflexion du son par un obstacle qui le répercute. Personne qui prononce souvent des discours.
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LA QUÊTE
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PAR HÉLÈNE HUOT
RIRE ET SOURIRE… « Après avoir tourné sept fois sa langue dans sa bouche, il mourut étouffé. » Raymond Devos (1922-2006)
PARLER POUR PARLER… DU MOIS D’AVRIL 1. Le poisson d’avril est une plaisanterie ou un canular que l’on fait le 1er avril. Cette tradition est née : a. en Nouvelle-France,
sous l’influence des Amérindiens qui commençaient à pêcher au début d’avril ; b. en France, au milieu du 16e siècle pour se
moquer des gens qui croyaient encore que l’année débutait le 1er avril; c. nul ne sait où ni quand.
2. « Avril » est un nom invariable, comme d’ailleurs tous les noms qui désignent les mois de l’année ainsi que ceux qui désignent
les points cardinaux. Vrai ou faux ?
3. Dans le calendrier républicain, utilisé en France de 1793 à 1806, le mois d’avril se situait en partie en germinal
(21 mars / 19 avril), en partie en floréal (20 avril / 19 mai). Pouvez-vous nommer d’autres mois de ce calendrier ?
4. Sylvette Herry est une actrice française très connue ; elle a joué dans de nombreux films, dont Avril du réalisateur
Hustache-Mathieu. Quel est son nom de scène ?
5. Deux signes du zodiaque se partagent le mois d’avril ; quels sont-ils ? 6. « Il est paraît-il des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur avril ». Ces paroles sont tirées d’une chanson de :
a. Jacques Brel ; b. Pierre Lapointe ; c. Gilles Vigneault.
7. Que signifie le dicton : « En avril ne te découvre pas d’un fil » ? 8. Avril est le 4e mois du calendrier grégorien ; ce dernier doit son nom : b. à Grégoire de Naziance, dit Grégoire le théologien (4e siècle) ; b. au pape Grégoire VIII (12e siècle) ; c. au pape Grégoire XIII (16e siècle). 9. L’année financière dans les cégeps débute : le1er janvier, le 1er avril ou le 1er juillet ? 10. Le 23 avril a été déclaré « Journée internationale du livre et du droit d’auteur » par l’UNESCO en 1995. Que veut dire le sigle :
UNESCO ?
ENCORE UN MOT… « CALENDES » Chez les Romains, on appelait « calendes » le premier jour de chaque mois. C’est ce jour-là que les gens devaient payer leurs dettes, inscrites dans le calendarium (registre des échéances). Le mot français « calendrier » est un dérivé de ce mot latin. Il n’y avait pas de calendes chez les Grecs, ce qui explique pourquoi l’expression « Renvoyer aux calendes grecques » signifie : remettre à une date inexistante, repousser à jamais une action ou une réalisation. Autrement dit, les calendes grecques, c’est la semaine des quatre jeudis, la saint- glinglin, quand les poules auront des dents… « Calendes » est un nom féminin pluriel, comme affres, fiançailles et funérailles, mœurs, ténèbres et quelques autres. J’attends de vos nouvelles… Vous aimez les mots. Vous avez des commentaires à formuler ou des suggestions à faire concernant cette chronique. Rien de plus simple. Écrivez-moi à hu-go@sympatico.ca. Cela nous permettra d’échanger sur des questions qui vous intéressent et d’enrichir par le fait même les futures chroniques. Merci à vous ! Les réponses page 31.
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Extrême c’est … 1875, elle décède à Arles le 4 août 1997. Elle fut également l’actrice la plus âgée. C’est le skieur olympique qui cumule quantité de médailles d’or, qui s’élance de nouveau sur la piste d’une autre médaille, les gens l’applaudissent, mais manquant son dernier saut, il se blesse gravement, devient paraplégique, et passe le reste de sa vie en chaise roulante. C’est comme Luka Rocco Magnotta, qui après un meurtre prémédité s’adonne à un outrage sur le cadavre, fabrique du matériel obscène, utilise l’Internet pour distribuer ses scènes de crimes, incluant du cannibalisme, utilise la poste pour expédier des morceaux du cadavre et harceler le Premier ministre et des membres du parlement. Après de longues délibérations juridiques, il est reconnu coupable et écope d’une peine de prison à vie. Photo: Archives Web
Surtout s’éloigner du juste milieu, atteindre le Zénith ou le Nadir, parfois les deux quasi en même temps, faire ce que personne n’a encore fait, ou ce que personne ne voudrait faire. C’est se démarquer des autres par l’inégalé ou l’inégalable. C’est de passer à l’histoire et finir glorieux ou misérable. (Pour le texte qui va suivre, la supervision des parents est conseillée, car l’extrême n’est pas toujours un exemple à suivre.)
C’est d’être le premier homme à avoir posé le pied sur la lune comme Neil Armstrong (U.S.A.) le 21 juillet 1969. C’est d’aller au fond des océans pour aller récupérer les vestiges du Titanic. C’est être l’homme le plus grand de tous les temps (272 cm) comme Robert Pershing (U.S.A.). C’est être l’homme le plus grand du monde (251 cm) comme Sultan Kosen (Turquie). C’est être la femme la plus petite de tous les temps (61 cm à 19 ans) comme Pauline Musters (Pays-Bas). C’est être le plus petit homme du monde (54.6 cm) comme Chandra Bahadur Dangi (Népal). C’est être l’homme le plus lourd de tous les temps (635 kg.) comme Jon Brower (Minnoch, U.S.A.). C’est être l’homme le plus âgé du monde (14 avril 2011 = 113 ans et 253 jours / 15 mai 2013 = 116 ans) Jiroeman Kimura (Japon). C’est être la personne la plus âgée, battant le record de tous les temps, soit Jeanne Louise Calment (France) qui a vécu 122 ans et 164 jours. Née le 21 février
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C’est placer le point final à sa vie, en se faisant « Hara-Kiri ». C’est de s’embarquer pour la planète Mars, sans espoir de retour.
nourrir très peu, surtout de noix et autres produits qui peuvent sécher lentement et aider le corps à se décesser, en arriver au stade où l’âme peut quitter le corps, continuer à méditer jusqu’au moment où toutes les cellules de l’être se seront immobilisées pour l’éternité. Surtout ne pas être pressé car la recette peut prendre environ 200 ans. Extrême c’est… un peu tout ça, et plus encore. Mais un fait est certain, c’est de se tenir loin du juste milieu et de mener une vie simple et tranquille. PHILIPPE BOUCHARD.
EXTRÊMEMENT COURT Le plus court Pour toujours Ce poème Extrême PHILIPPE BOUCHARD Défi pour le lecteur : écrivez un poème plus court et faites-le nous parvenir.
C’est celui qui toute sa vie a pris des billets de loterie, pensant devenir millionnaire, qui enfin gagne le million, et décède d’une crise cardiaque dans la même semaine. C’est comme Walt Disney, Steve Jobs et Louis Garneau pour ne nommer que ceux-là, qui commencent à travailler dans leur garage et que leur entreprise devient connue internationalement. C’est celui qui, fier de la Lamborghini qu’il vient d’acheter, la conduit plein gaz pour essayer son pouvoir, perd le contrôle, fait un accident, et perd la vie en même temps. C’est comme Bill Gates, devenir l’homme le plus riche de la planète grâce à l’informatique. C’est de s’auto-momifier car cet exercice est vraiment extrême et hors des sentiers battus. Pour en arriver à ce point, il faut être vraiment exceptionnel. La recette est de s’adonner à la méditation intense, se
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Le jugement du soleil Puis, je le vis. La recrue. À quelques mètres de moi. Il avait quelque chose. De la crainte. Non. Je dirais plutôt de la peur. Puis, bientôt, de la panique. Nourri par les cris. Les mouvements brusques. Je le vois. J'ai l'impression de savoir ce qui va se produire. Mais je ne fais rien. Paralysé. Le projectile sort du canon. Déflagration. La bombe lacrymogène est libérée. Photo: Archives Web
L'émeute est déclarée.
C'est maintenant que tout bascule. L'embrasement est commencé. Dans les yeux. Dans les cœurs. On s'y attendait. Peut-être. Ça finit toujours comme ça. Mais ça ne finit jamais de la même façon. Hier encore, nous étions, mon fils et moi, dans le salon. La nuit tombait. Nous parlions de politique, d’économie, de la vie. Nous différions sur certains points mineurs, divergeant de façon progressive entre quelques joutes argumentatives, mais sans plus. Nous étions calmes. Posés. Tranquilles. Café à la main, nous savions que la nuit serait courte. Rien ne servait de se coucher tôt, rongés par une insomnie. Une fébrilité. Nous parlions de politique, d'économie, de tout, de rien. Je parlai du nouveau à mon travail. Surnommé sympathiquement, du moins de mon point de vue, La recrue. Peut-être me faisait-il penser à mon fils. Tous deux, début vingtaine. Énergiques. Mais La recrue avait quelque chose en plus. De la crainte. Peut-être. Je ne saurais quoi dire. Nous sommes passés ainsi du coq à l'âne pendant des heures. À en oublier les aiguilles qui tournaient. À en oublier la manifestation du lendemain. Celle qui, nous l'espérions, changerait le monde. Après quelques heures de sommeil, la nuit s'estompa. Elle nous faussa compagnie. Elle qui nous aide tant à réfléchir. Contrairement au jour. Lui qui est si actif. Lui qui nous fait agir. Parfois même sans y penser.
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Nous nous sommes préparés. Chacun de notre côté. Chacun à notre façon. Prêts à descendre dans la rue. Entourés de nos confrères, de nos consœurs. Au milieu de l'action. Au milieu de ces rues immobiles. Paisibles. Mon fils partit plus tôt avec des amis. Moi, je ne voulais pas me presser. Je voulais profiter de l'accalmie, du silence, avant de partir, une heure plus tard. Le soleil était présent. Perché. Regardant la scène. Sans jugement. Sans parti pris. Neutre. Lui qui apportait le jour. La lumière. L'action. Il était raisonnable. Sous lui déferlait une masse. Des milliers. Hommes. Femmes. Jeunes. Vieux. De toutes races. De toutes religions. Ensemble. Pour une même cause. Il y avait une certaine beauté dans tout ça. Une force. Inexplicable. Dans ce rassemblement, causé par une colère, une injustice, il y avait également du bonheur. Une certaine frénésie. Une solidarité. Une unicité. Tout se déroulait si bien. Jusqu'à. Il y en a toujours un. Un « jusqu’à ». Un changement. Une mutation. Une évolution. Pas un élément déclencheur. Non. Ce qui vient juste avant. Consciemment. Ou non. Tranquillement, les voix se sont faites plus fortes. Les mouvements, plus brusques. Impossible de savoir qui a commencé. Dans ces cas-là, il n'y a pas de coupable. Il n'y a pas d'innocent.
C'est maintenant que tout bascule. L'embrasement est commencé. Dans les yeux. Dans les cœurs. Je me raidis. Je lève un peu mon bouclier. J'avance de quelques centimètres supplémentaires. Tout se passe vite de l'autre côté de ma visière. Mais trop lentement. Je sens la peur. La nôtre. La leur. Malgré la témérité. La nôtre. La leur. Il faut rester calme. Tant ne comprennent pas. Parmi eux. Parmi nous. Le soleil est toujours présent. Perché. Regardant la scène. Sans parti pris. Neutre. Raisonnable. Lui qui apporte le jour. La lumière. L'action. Il s'en va tranquillement. Peut-être juget-il finalement. On s'y attendait. Peut-être. Ça finit toujours comme ça. Ça se calme. Ça s'apaise. Ça s'arrête. Temporairement. Ça recommence toujours. Demain. La semaine prochaine. Dans 20 ans. Plus tard dans la journée, je vais apprendre que mon fils a reçu un projectile. Une bombe lacrymogène. À la tempe gauche. On me dira des mots. Je ne les comprendrai pas tous. Choc. Lésions. Irréversibilité. Permanence. Je ne voudrai pas les comprendre. C'est à ce moment que tout va basculer. L'embrasement va commencer. Dans mes yeux. Dans mon cœur. Ça finit toujours comme ça il faut croire. Mais ça ne finit jamais de la même façon. KEVIN BESNARD
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Temps des cathédrales
Photo: Archives Web
plicité volontaire. Nous sommes tous touchés, concernés. Nous constatons avec lucidité que l'économie mondiale est fragile et que cela a des répercussions dans chaque pays. Il me vient cette réflexion que le temps des cathédrales est révolu, non pas dans le sens défaitiste, mais réaliste. Nous sommes en 2015. Nous avons le devoir, tant sur le plan personnel que collectif, de faire un grand ménage dans nos valeurs matérielles et spirituelles. Nous avons un besoin profond et inné d'un lieu d'appartenance, que ce soit un temple, une synagogue, une mosquée, une pagode bouddhiste pour fraterniser, s'entraider. Mais les temps ont changé de façon si rapide. De plus, nous vivons de façon plus individualiste. Au début du christianisme, les premiers chrétiens se réunissaient dans les catacombes à Rome et les premiers apôtres, dans des lieux familiaux modestes : ils n'avaient pas besoin d'édifice particulier pour méditer et vivre dans la joie le message de paix et de fraternité de Jésus. Ils vivaient dans un véritable partage ! Puis vint l'âge d'or des cathédrales, période pendant laquelle des rois, des reines et des princes engageaient des architectes et des artistes pour construire des temples grandioses, fabuleux. Ces joyaux d'architecture reflétaient leur grande foi, synonyme de la beauté des œuvres de la Création.
Les médias ont annoncé récemment la fermeture de l'église Saint-Jean-Baptiste prévue pour le 23 mai 2015. Datant de 1883, ce monument classé historique et patrimonial est de toute beauté avec ses vitraux, ses colonnades en bois, son orgue et son architecture intérieure. La réparation, l'entretien et le chauffage de l’édifice, pendant nos longs hivers, entraînent des coûts exorbitants. Ainsi, la fermeture ne surprend guère car nos églises sont une charge trop lourde pour nos gouvernements et pour nos portefeuilles.
Durant mon adolescence, j'ai lu la vie de François d'Assise. Son père, un riche marchand, voulait que son fils suive ses traces. François, dans sa recherche de la Vérité, a refusé et a été touché par la présence divine au fond de son âme. Il a fait un geste très significatif, métaphorique. Il a réuni son père et son évêque, qui vivaient dans la richesse et l'opulence, et il se présenta nu devant eux en disant que les richesses de la terre sont passagères et qu'il choisissait « dame pauvreté », non pas pour vivre une « vie de misère », mais pour vivre comme nous aspirons à vivre aujourd'hui : de la simplicité volontaire. François d'Assise avait compris et expérimenté ce passage de la Samaritaine dans l'Évangile où le Christ dit : « Il viendra un temps où ce n'est plus dans tel ou tel temple que vous adorerez Dieu, mais en Esprit et Vérité, au fond de votre cœur ! »
Nous entendons beaucoup ces temps-ci le mot austérité. Pour moi, ce mot résonne comme dépouillement, grand ménage, sim-
CHRISTIANE VOYER
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Photo: Camille-Amélie Koziej-Lévesque
Terrorisme
En guerre contre des inconnus Des fous avec ou sans mobile De faux copieurs
Menaces fantassines croulent Aucun lien avec religion Hymne aléatoire
Ça ne s’écrit pas Ça ne se dit pas On ne peut même pas y mettre un nom
Une curiosité mauvaise De l’aide qui nuit À force de ne pas préjuger
Prétexte à tuer Intimidaction Fini l’invisibilité
Panoplie de raisons nées et mortes Savoir prévoir s’en vouloir Frontispice haineux
Se réveiller, se lever Publicité X millions Émoi Émoi
Debout les hommes Armée affaiblie Vengeance secrète
Lire le délire sur les visages Placarder canarder Pancarter
Voisinage suspect Sorties colériques Rassemblement milicien
Valeurs cadavériques Unité rendue inutile Prison ici et ailleurs
Peu importe la nationalité Au cœur du monde gommé De solitude
Chasse aux procès L’habitude du mal Joujou d’arme
Revendiquer la planète Paix mythique archaïque Accros aux pleurnicheries infanticides
Discussions flambées À la n’importe quoi Vitraux aux entrailles cassées
Entité qui se rapproche Ampleur triste La garde pas calme
L’avenir s’égare Explosion d’idées germées dans le crime Sang d’encrier
Vétérans dans la rue Fantasme d’horreur Détester la démocratie
Sacrifices remerciés Avance perdue L’envers en norme
Le froid s’ancre aux corps Cibler le fort Lance-pierres aux aguets
Ministres précautionneux Un pays se fait ou non Une place à travers cette lourde noirceur
Connexion dangereuse Représenter le désordre Alarme Alerte Au secours
Sans remords sans consolation Pacifistes deviennent violents Preuves néantes
Peur à l’humanité.
Tous coupables Tous victimes Tas de questions Condoléances à la sécurité
À la poubelle nos droits Anti-loi veille Marques tombales à jamais
Mille inquiétudes de taille Le tout relativisé Les poursuites s’affaiblissent
Berner le drapeau Individualité acharnée Il pleut des vies
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LA QUÊTE
JULIE CARTIER
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Photo: Élie Boileau et Arthur Florent
Regards sur l'itinérance
Fabienne Landry achète régulièrement La Quête. Comme elle est éducatrice à l'école internationale St-Sacrement, elle a eu l'idée de faire écrire ses petits protégés sur le thème de l'itinérance. Voici le fruit de leur labeur !
Pauvres sans-abri, ils n'ont aucun abri, ils sont des gens comme nous au fond. C'est juste qu'ils n'ont pas d'argent : comme ça, ils ne peuvent pas payer leur maison. Moi, je dirais que nous devons les aider ! Faisons des hôtels pour les pauvres : comme ça, ils seront heureux, et nous serons fiers de nous, vous voyez ? LENNERT CÔTÉ, 8 ANS
Sans-abri disent : « Un sou... » Je serais fou à leur place. Ils n'ont pas de bonne place. Ceux qui ne sont pas assez doux pour leur donner un sou, un bain pour leurs poux, un toutou pour dormir. Ça ne me fait pas rire. Les hipsters (les snobs) pensent qu'à leur style, et ça file que pour eux ! OLIVIER LAROCHELLE, 8 ANS ET ½
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Chers sans-abri, le printemps arrive bientôt, et il va y avoir des fleurs et le soleil va vous réchauffer.
Les pauvres sans-abri habitent dans les rues. Je suis sûre qu'ils s'ennuient. On doit les aider à se trouver un habitat. Mettez-vous à leur place ! Et aidez-les. ALEX DESMARAIS, 9 ANS EVIE GUIMOND, 8 ANS
L'hiver pour les sans-abri. L'hiver, c'est triste, car les sans-abri ont très très froid. Il ne faut pas les laisser là, dans les rues et dans le froid. Les sans-abri doivent beaucoup s'ennuyer, il faut les aider. Merci d'aider les sans-abri.
Chers sans-abri, La nuit, vous avez de gros ennuis ! Et je vous aime et je veux vous aider avec des conseils : demandez deux dollars aux gens ! Et moi, si je vous vois, je vous donnerai deux dollars et je vous saluerai.
ZOÉ GACHET, 8 ANS
ÉVELYNE MONAGHAN, 8 ANS
Pauvres sans-abri... Vous devriez avoir une maison, c'est vraiment triste ! Moi, je me compare avec vous : moi, j'ai une télé, vous pas. Moi, j'ai une maison, vous non. Moi, je suis au chaud, vous pas tout le temps. Demandez deux dollars aux gens pour gagner de l'argent. Pauvres vous, que le printemps vous réchauffe !
Cher sans-abri Le soleil vous éclaire et vous réchauffe avec ses rayons Dehors, je vous souhaite de bonnes collations ! J'espère que quelqu'un vous attend dans sa maison. Vive les belles saisons! Levez-vous et marchez, le printemps est arrivé ! MAYA DARDINIER, 8 ANS
JASMINE CÔTÉ, 9 ANS
Vous, les sans-abri, votre vie sans rien avec du chagrin. Dehors sans foulard. Vous vous endormez avec le nez gelé. Vous marchez avec vos pieds gelés. Je ne te souhaite plus de froid, je te souhaite un chez-toi !
Sans-abri dans la nuit Parfois, tu dois avoir peur... Parfois, tu as sans doute mal au cœur... Lorsque vient le froid, il tombe sur toi... Lorsque vient la faim, cela augmente ton chagrin... Sans-abri dans la nuit, je me sens si petit... Je voudrais tant t'aider pour qu'espoir tu puisses garder... Quand la nuit, moi, je dors, je vais rêver très fort, Que tu retrouves un toit, Que tu retrouves un chez-toi...
RAPHAËLLE DUSSEAULT, 9 ANS
MARINE ANTOINE, 8 ANS
Note pour Karyne : Mettre cette pub le plus petit possible. Tu peux jouer avec les éléments si tu veux.
LA QUÊTE EST DIFFUSÉE PAR TÉLÉPHONE VIA
La Quête est diffusée par téléphone via
inc AUDIOTHÈQUE POUR PERSONNES DE L’IMPRIMÉ DU QUÉBEC INC Audiothèque pour PersonnesHANDICAPÉES Handicapées de l'Imprimé du Québec
Québec 418 627-8882 Montréal 514 627-8882 Ailleurs au Québec 1-877 393-0103 Québec 418 627-8882 • Montréal 514 627-8882 • Ailleurs au Québec 1 877 393-0103
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Ressources Aide sociale ADDS Association pour la défense des droits sociaux 301, rue Carillon, Québec Tél. : 418 525-4983 Maison de Lauberivière Centre de jour 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 centredejour@lauberiviere.org Relais d’Espérance Aider toute personne isolée et en mal de vivre 1001, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 522-3301 Rendez-vous Centre-ville Centre de jour 525, rue St-François Est Tél. : 418 529-2222 Rose du Nord Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org Aide aux femmes Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler! 418-648-2190 ou 1-866 LE CAVAC Centre femmes d'aujourd'hui Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec Tél. : 418 651-4280 c.f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org Support familial Flocons d'espoir Écoute et aide matérielle pour les femmes enceintes 340, rue de Montmartre, sous-sol, porte 4, Québec Tél. : 418 683-8799 ou 418 539-2939 flocons.espoir@videotron.ca Violence Info Sensibilisation, information et intervention pour contrer la violence conjugale et la maltraitance envers les aînées. accueil@violenceinfo.com www.violenceinfo.com Alphabétisation Alphabeille Vanier 235, rue Beaucage, Québec Tél. : 418 527-8267 alphabeille@qc.aira.com Alpha Stoneham 926, rue Jacques-Bédard, bureau 202 Tél. : 418 841-1042 alphastoneham@ccapcable.com www.alphastoneham.com Atout-lire 266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca Lis-moi tout Limoilou 798, 12e Rue, 1e étage, Québec Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com La Marée des mots 3365, chemin Royal, 3e étage, Québec Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca www.membre.oricom.ca/lamareedesmots Détresse psychologique Centre de crise de Québec Tél. : 418-688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com Centre de prévention du suicide 1310,1re avenue, Québec Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca Communautés solidaires 5, rue du Temple, Québec Tél. : 418 666-2200 info@communautessolidaires.com www.communautessolidaires.com Tel-Aide Québec Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca
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Tel-Jeunes Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com Entraide Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org Fraternité de l'Épi Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est Tél. : 418 523-1731 Hébergement Maison de Lauberivière Pour hommes et femmes démunis ou itinérants 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org L'Armée du Salut et La maison Charlotte Hébergement hommes 14, côte du Palais, Québec Tél. : 418 692-3956 poste 1 Hébergement femmes 5, rue Mc Mahon, Québec Tél. : 418 692-3956 poste 2 www.armeedusalut-quebec.ca Maison Revivre Hébergement pour hommes 261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 523-4343 info@maisonrevivre.org www.maisonrevivre.net SQUAT Basse-Ville Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com Gîte Jeunesse Hébergement temporaire pour garçons de 12 à 17 ans Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec Tél. : 418 666-3225 Résidence de Ste-Foy 3364, rue Rochambau, Québec Tél. : 418 652-9990 YWCA Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes (La Grande Marelle) 855, av. Holland, Québec Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca Réinsertion sociale Maison Dauphine Pour les jeunes de 12 à 24 ans 31, rue D’Auteuil, Québec Tél. : 418 694-9616 courrier@maisondauphine.org www.maisondauphine.org Prostitution La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Québec (Québec) G1K 9A4 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com P.I.P.Q. Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168 pipq@qc.aira.com www.pipq.org Soupe populaire
Maison de Lauberivière (Souper) 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 stephane.deslauniers@lauberiviere.org Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 745, Honoré-Mercier, Québec Tél. : 418 692-1762 mallet1849@gmail.com Santé mentale La Boussole Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca Centre Communautaire l'Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com Centre d’Entraide Émotions 3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org La Maison l'Éclaircie Troubles alimentaires 2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca Le Pavois 2380, avenue du Mont-Thabor, Québec Tél. : 418 627-9779 Téléc. : 418 627-2157 Ocean Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352 Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283 Parents-Espoir Soutien et accompagnement des parents 363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167 Service d'Entraide l'Espoir 125, rue Racine, Québec Tél. : 418 842-9344 seei@videotron.ca www.service-dentraide-espoir.org Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca www.relaislachaumine.org TOXICOMANIE Al-Anon et Alateen Alcoolisme Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca Amicale AlfA de Québec 75, rue des Épinettes, Québec Tél. : 418 647-1673 info@amicale-alfa.org www.amicale-alfa.org Point de Repères 225, rue Dorchester, Québec Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com VIH-SIDA MIELS-Québec Information et entraide dans la lutte contre le VIH-sida 625, avenue Chouinard, Québec Tél. : 418 649-1720 Ligne Sida aide : 418 649-0788 miels@miels.org www.miels.org
Café rencontre Centre-Ville Déjeuner et dîner 796, rue St-Joseph Est, Québec Tél. : 418 640-0915 info@caferencontre.org www.caferencontre.org
LA QUÊTE
AVRIL 2015
MERCI À TOUS NOS PRÉCIEUX PARTENAIRES ! PARTENAIRES OR • Centraide PARTENAIRES ARGENT • CKRL FM 89,1 • CSQ
SOLUTION DE PARLER POUR PARLER 1. B. Le poisson d’avril permettait de se moquer des gens qui continuaient de croire que la nouvelle année débutait le 1er avril alors qu’un édit du roi Charles IX, adopté en 1564, avait fixé le début de l’année au 1er janvier. 2. FAUX. « Avril » est un nom masculin qui fait, au pluriel, des « avrils ». Par contre, les noms qui désignent les points cardinaux, eux, sont invariables.
• Impressions Stampa
3. Le calendrier républicain comportait trois mois d’automne, en « aire » : vendémiaire, brumaire, frimaire; trois mois d’hiver, en « ose » : nivôse, pluviôse et ventôse ; trois mois de printemps en « al » : germinal, floréal et prairial ; trois mois d’été en « or » : messidor, thermidor et fructidor.
PARTENAIRES BRONZE
4. Il s’agit de Miou-Miou, nom de scène que lui a donné Coluche.
• Audiothèque
5. Le Bélier (21 mars/19 avril) et le Taureau (20 avril/20 mai).
• Centre femmes au
6. Ces paroles sont tirées de la chanson Ne me quitte pas de Jacques Brel.
• Maison Jean-Alfred Moisan
7. Ce dicton signifie que le temps est très variable en avril et qu’il vaut mieux ne pas se débarrasser trop rapidement de ses vêtements d’hiver.
• Point de Repères
5- Signes qui servent à caractériser un son par sa forme et par sa place sur la portée. Absence 8. C. calendrier son nom pape Grégoire (1502- souvent de Le bruit. Réflexiongrégorien du son par doit un obstacle qui leau répercute. PersonneXIII qui prononce des discours. 1585), qui l’a conçu dans le but de corriger la dérive séculaire du calendrier
julien (calendrier implanté par Jules César en 46 avant J.-C.). Le calendrier
PARTENAIRES INCONDITIONNELS (depuis plus de 5 ans !)
6Prononciation des mots selon l’origine géographique du partie locuteur. grégorien est aujourd’hui adopté dans la majeure duTambour monde africain. pour Privé de la parole. Tremblement de la voix.
les usages civils ; d’autres calendriers sont utilisés pour des usages religieux
ou Voix traditionnels. 7d’homme la plus aigüe. Bruit anormal que le médecin entend lors de l’auscultation (au pluriel). Malentendant. Étendue de sons que parcourt une voix, du plus grave au plus élevé (APONSIDA). 9. L’année financière des cégeps coïncide avec l’année scolaire ; elle va du 1er juillet au 30 juin.
• Le Bal du Lézard
8- Action d’exécuter une œuvre musicale. Racontar. Sonnerie de cloche répétée et prolongée, pour donner l’alarme.
• Inter-Marché St-Jean
science et de la culture, en 1945 par l’Organisation des Nations 9Groupe musicienscréée exécutant une œuvre. Se mettre à chanter. Figure Unies. de note dont la durée vient est égale huit croches. Le sigle deàl’anglais : United Nations Educational, Scientific and
• Maison Revivre
10- Qui parle du nez. Cantatrice chargée des premiers rôles d’opéra. Battre des mains en signe d’enthousiasme.
• Michel Yacoub
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• Yves Boissinot
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10. L’UNESCO est l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la Cultural Organization.
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ÇA CHANGE QUOI, UN CALIFAT ?
Il n’y avait plus de califat depuis la chute de l’Empire ottoman en 1924, mais voilà qu’en 2014, il en surgit deux plutôt qu’un. Ces califats ont-ils joué un rôle, exercé une influence dans les récents massacres perpétrés au nom du prophète Mahomet ? J’ai senti le besoin de m’attarder sur eux pour en comprendre la portée.
QU’EST-CE QU’UN CALIFAT ? Un califat est un territoire sur lequel est appliqué pleinement la loi islamique, ou la charia, qui exige lapidations, esclavage et amputations. Ce territoire est appelé à s’étendre et à attirer les musulmans de partout dans le monde pour finalement réaliser la prophétie et ainsi provoquer l’Apocalypse.
LES FAITS Le 29 juin 2014, une organisation armée salafiste djihadiste , connue sous le nom d’État islamique, instaure un califat sur les territoires irakiens et syriens qu'elle contrôle. Puis, le 24 août 2014, le chef des insurgés de Boko Haram (du mouvement salafiste djihadiste africain) en crée un deuxième dans le nord-est du Nigeria et, depuis, mène des attaques au Niger, au Bénin, au Cameroun et au Tchad. En février 2015, des djihadistes décapitent vingt et un chrétiens égyptiens coptes, en Libye. Ils annoncent, à leur tour, la création d’une cellule de l’État islamique sur le territoire libyen, en Afrique du Nord.
UNE CHARIA PLEINE ET ENTIÈRE L’application pleine et entière de la charia est au cœur des exigences d’un califat. La charia codifie à la fois les aspects publics et privés de la vie d’un musulman ainsi que ses interactions sociétales. Les musulmans considèrent cet ensemble de normes comme l’émanation de la volonté de Dieu. Pour l’État islamique, il faut suivre les règles du début de l’islam, celles du 6e siècle, contenues dans le Coran et la Sunna (les hadiths), les faits et gestes de Mahomet. D’ailleurs, le chef de l’État islamique, Abou Bakr Al-Baghdadi, a repris le nom du premier calife après la mort du Prophète.
UN GÉNOCIDE L’État islamique s’est également engagé à purifier le monde en tuant un grand nombre de personnes. Les exécutions individuelles et de masse se pratiquent sur une base régulière. Elles visent les apostats, c'est-à-dire les musulmans qui ont rejeté l’islam, les « mauvais musulmans » qui ne suivent pas les règles, les mécréants juifs et chrétiens et les infidèles, autrement dit les non-musulmans en général. Ces infidèles peuvent aussi être mis en esclavage, surtout les femmes. L’État islamique est sans conteste génocidaire, comme l’est, en Afrique, Boko Haram.
fidèlement ses normes de guerre. Cela comprend un certain nombre de pratiques comme l’esclavage, la crucifixion et la décapitation. Les combattants de l’État islamique et de Boko Haram replongent ainsi le monde en plein milieu de la tradition médiévale.
UN DJIHAD PERMANENT En l’absence de califat, une très grande partie de la charia était absente de la vie des musulmans. Ces lois étaient alors en suspens. Maintenant qu’il y en a un, tous les musulmans sont, en théorie, obligés d’immigrer vers le territoire où le calife applique ces lois. Ce dernier est nécessaire à une mise en œuvre pleine et entière de la charia. L’obligation est faite, à tous ceux qui ont prêté allégeance, d’informer le calife de tout écart de conduite. Par ailleurs, la loi islamique est au-dessus des États, en ce sens que le califat ne peut pas participer au concert des nations. Le calife est aussi tenu de mener le djihad, pour étendre l’islam et la loi islamique. Il entre donc en conflit avec les États l’entourant et est en contradiction avec les valeurs occidentales de laïcité, liberté, démocratie. Il les combat.
UN AFFLUX DE DJIHADISTES Depuis la création du califat, l’État islamique exerce une emprise sur certains musulmans et attire des djihadistes de partout dans le monde à un rythme sans précédent. Des dizaines de milliers de Musulmans étrangers auraient immigrés vers l’État islamique. Les recrues sont originaires, entre autres, de France, du Royaume-Uni, de Belgique, d’Allemagne, des Pays-Bas, d'Australie, d'Indonésie, des États-Unis et du Canada. Beaucoup sont venus pour se battre et plusieurs ont l’intention de mourir pour la cause.
LES CONSÉQUENCES C’est dans ce contexte que l’on peut situer le phénomène des loups solitaires. Les partisans amateurs incapables de partir en raison de problèmes de passeports confisqués ou autres, ont, en désespoir de cause, attaqué des cibles occidentales. La présence de loups solitaires et le départ de jeunes adultes vers le califat sont des conséquences de l’implantation de celui-ci. La barbarie qui y est pratiquée provoque des mouvements migratoires et oblige l’Occident et les pays touchés à s’impliquer militairement. Le califat oblige le monde musulman à prendre position, car il discrédite l’islam. Les partisans de l’État islamique s’attendent à une guerre avec l'Occident, voire à l’Apocalypse. Ils cherchent à provoquer l’Occident en s’opposant à ses valeurs. Cela oblige alors les citoyens occidentaux à prendre position. Faire pression sur l’Arabie Saoudite pour soustraire Raïf Badawi, le blogueur qui militait pour plus de liberté dans son pays, de sa sentence de mille coups de fouets et son emprisonnement pour s’être exprimé en est un bel exemple.
UN RETOUR AUX TEMPS MÉDIÉVAUX
DIANE MORIN
Selon certains experts, les combattants de l'État islamique amorcent un authentique retour en arrière au début de l'islam, et reproduisent
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LA QUÊTE
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« MERCI DE NOUS AIDER »
OUI, JE CONTRIBUE À MAINTENIR LA QUÊTE LE MAGAZINE DE RUE DE QUÉBEC Je donne 5 $ pour payer la cocarde d'identification du camelot. Je donne 50 $ pour payer une cartouche d'encre. Je donne 500 $ pour payer les frais d'infographie. Je donne 750 $ pour payer cette page de demande de don. Je donne 2 500 $ pour payer l'impression d'un mois d'édition. Je fais une don ouvert de ___ $.
JE CONTRIBUE PAR LE MOYEN DE : Je poste un chèque à l’ordre de L’Archipel d’Entraide. Je vais rencontrer l'équipe de l'Archipel et de La Quête et j'apporte mon chéquier !
Michel Yacoub
Conseiller en sécurité financière Conseiller en régimes d’assurances collectives Représentant autonome 501, 14e Rue Québec, Québec G1J 2K8
L'Archipel d'Entraide et La Quête sont situés au 190, rue Saint-Joseph Est, Québec (Québec) G1K 3A7 (Église Jacques-Cartier) Téléphone : 418 649-9145
Téléphone : 418 529-4226 Télécopieur : 418 529-4223 Ligne sans frais : 1-877-823-2067 Courriel : michel.yacoub@sympatico.ca
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No 173 Avril 2015