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3$ Le magazine de rue de Québec
No 147 Septembre 2012
SOLIDARITÉ TOUS AZIMUTS • Poursuivre le même but • Individualistes solidaires • Ensemble, au-delà des frontières • Sur les planches pour la cause
Photos : Francis Fontaine
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Sommaire Mot de la coordonnatrice
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Solidarité tous azimuts
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Rémy Paulin-Twahirwa
Terra Nostra
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Le mythe du self-made-man François Pagé
Francine Chatigny
Ensemble, au-delà des frontières
Éditorial
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Mélyssa Turgeon
Poursuivre le même but
Sur les planches pour la cause
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Jonathan Lemieux
Stéphanie Villeneuve
Les individualistes solidaires
Télé-solidarité
12
Océane Périé
Joël Rousseau
Opinions 19
L’alambic et l’alouette
Solidarité démocratique
Crise étudiante ou malaise social
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Éric Lemieux
22
Réal Malouin
Yvon Léveillé
Écr i v a n t s e t p o è t e s Un trésor à la portée de tous
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Judith Anderson
Impression préélectorale
La conscience d’une maison
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Laurence Ducos
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Marcel Guy Mailloux
Chroniques L’esprit véritable de la solidarité
15 Septembre 2012
Lendemain de veille
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Robert Maltais réalise l’espoir
Martine R. Corrivault 3
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PAGE COUVERTURE Illustration : Danièle Rouleau Conception graphique : Karyne Ouellet
r é a l i s e r l’ e s p o i r
Éditeur Pierre Maltais
Camelots recherchés
L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un mo-
Hey toi!donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la ment Tu as 18 ans ou plus. société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinéTu veux te faire quelques dollars?
rance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort - des + # + / plus % % 35 51défavorisés, 0' 5 0 & 13$ 5 + * l’Archipel 5 0 + / 3$ 5 d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal deQuête rue est destiné à la vente - sur la rue !- par des personnes en difficulté, Vends le magazine de rue La notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs 0, 5& % , * 5 / ' de !0 réaliser + 1/ 0' * 5 qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabicapacités, Appelle-nous au leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie. lités, améliorer 418 649-9145 poste 33 Ou L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également Viens nous rencontrer au des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien 1 5 , 35 1 0* 3& 5 * 15 0/ ' 5 + 0' 5 dans par le biais de son service Accroche-Toit. + ' * 5% la% /recherche * 35 + , 3* d’un + 1/ 3 logement 5
S u i v e z - n o u s s u r / A r c h i p e l d ’ e n t r a i d e
Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu. Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux. Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 11 du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique d’octobre: Parole libre.
Coordonnatrice Francine Chatigny CONSEILLERS À L’ÉDITION Martine Corrivault, Jacques Dumais, Robert Maltais RÉDACTRICE EN CHEF Valérie Gaudreau RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Isabelle Noël ÉDITORIALISTE François Pagé CHRONIQUEURS Martine Corrivault, Robert Maltais
Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.
Une tribUne poUr toUs
Éditeur parrain Claude Cossette
JOURNALISTES Judy Drolet-Bolduc, Jonathan Lemieux, Rémy Paulin-Twahirwa, Océane Périé, Joël Rousseau, Nathalie Thériault, Mélyssa Turgeon, Stéphanie Villeneuve
Faire des soUs en devenant camelots
ÉCRIVANTS Judith Anderson, Marine Detraz, Laurence Ducos Éric Lemieux, Yvon Léveillé, Réal Malouin, Christiane Voyer
Les camelots récoltent 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31
POÈTES Julie Cartier, Jasmin Darveau, Gaétan Duval, Marcel Guy Mailloux AUTEURS DES JEUX Hélène Huot, Jacques Carl Morin RÉVISEURE Nathalie Thériault DIRECTRICE PHOTO Josée Normandeau PHOTOGRAPHES Judith Anderson, Francine Chatigny, Réal Malouin, Josée Normandeau, Joël Rousseau ILLUSTRATRICE Danièle Rouleau INFOGRAPHISTE Karyne Ouellet
Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.
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M o t de la coordonnatrice
Solidarité tous azimuts « Relation entre personnes unies par un sentiment de communauté d’intérêts qui les pousse à se porter aide mutuelle ». Telle est la définition qu’Antidote, version 6.1, donne du mot solidarité. C’est cette même définition que j’ai lue à l’équipe de journalistes bénévoles réunis à la rencontre de production pour lancer la discussion.
Elle fait partie de cette génération Y qu’on ne cesse de décortiquer sous tous les angles et souhaite rétablir les faits. « Ma génération n’est pas plus égoïste que les précédentes : non seulement nous sommes capables de donner de notre temps pour dans des activités bénévoles, mais nous le faisons plus que nos prédécesseurs ». Pied de nez d’Océane Périé.
Mais voilà Solidarité ne peut se restreindre à sa définition. « La solidarité fait partie de ces notions aux contours suffisamment flous pour qu’on les investisse librement des nombreux contenus que chaque époque veut bien leur attribuer », ai-je lu dans Internet. J’ajouterais « que chaque personne veut bien lui accorder ». On la confond avec altruisme, générosité, fraternité, entraide, partage, sympathie, complicité, empathie... Le terme est tellement chargé de subjectivité, je dirais même d’émotivité, qu’il est teinté par chaque personne qui souhaite l’aborder… ce qui nous mène dans toutes les directions.
Échange privilégié
D’ailleurs, c’est au-delà des frontières que nous transporte Rémy Paulin-Twahirwa dans le premier article de cette édition. Pas surprenant pour ce finissant en Études internationales et langues modernes, que la solidarité se définisse d’abord en termes d’échange entre peuples. La solidarité internationale revêt plusieurs visages et se fait de diverses manières nous rapporte Rémy. Peut-être l’avez-vous déjà remarqué, l’un des fidèles collaborateurs de La Quête a un penchant naturel pour le sport. Vous devinez ce qui est spontanément venu à l’esprit de notre aspirant journaliste sportif, Jonathan Lachance, lorsque nous avons évoqué le thème de septembre ? La solidarité qui unit les membres d’une équipe sportive et les amateurs à leurs équipes. Notre dernière recrue, Stéphanie Villeneuve, l’a dit tout de go en joignant l’équipe : « Moi, c’est les vedettes qui m’intéressent ! » Ça adonne bien, car des vedettes qui utilisent leur notoriété pour défendre des intérêts communs, il y en a plusieurs au Québec. Qu’est-ce qui les motive à monter sur les planches pour une cause ?, leurs a donc demandé Stéphanie.
La Quête entretient depuis plusieurs années, une relation privilégiée — voire solidaire ! — avec le Département d’information et de communication de l’Université Laval. Nous sollicitons régulièrement la collaboration des professeurs de l’école de journalisme afin qu’ils nous accueillent dans leur classe pour recruter des apprentis journalistes bénévoles. À la dernière session, les professeurs Henri Assogba et Éric Demers, nous ont non seulement reçus, mais aussi proposé de nous faire parvenir les reportages les mieux réussis dans le cadre de leur cours. Vous aurez l’occasion d’en lire tout au long de la prochaine saison. Nous vous offrons ce mois-ci les textes respectifs de Joël Rousseau et Judy Drolet-Bolduc, lesquels s’arriment plutôt bien à notre thématique.
Opinions à partager Le thème de ce mois-ci, vous vous en doutez bien, a été inspiré par les événements du printemps, événements qui n’ont laissé personne indifférents. Ils ont fait réagir. Ils ont fait réfléchir. Trois de nos lecteurs partagent leur opinion sur le sujet. À cet égard je ne peux m’empêcher de vous dire : « Quel plaisir que d’ouvrir la boîte de réception de courriel de La Quête et d’y trouver des textes provenant de lecteurs ». Trois ce mois-ci, imaginez, c’est presque la pêche miraculeuse. J’aimerais tellement que ce nombre augmente de mois en mois, que vous profitiez, chers lecteurs, de la tribune qui vous est offerte. De la part des camelots, je vous dis : « Merci d’être solidaire en achetant La Quête ».
Francine Chatigny
Parler de ce dont on ne parle pas pourrait être le leitmotiv de Mélyssa Turgeon, douée pour dénicher des sujets dont on traite peu. Elle l’a démontré à maintes reprises depuis le début de sa collaboration et elle récidive ce mois-ci. Son article traite ainsi de la façon dont se manifeste la solidarité entre immigrants, mais également entre les Québécois et leurs nouveaux compatriotes.
Note pour Karyne : Mettre cette pub le plus petit possible. Tu peux jouer avec les éléments si tu veux.
LA QUÊTE EST DIFFUSÉE PAR TÉLÉPHONE VIA
AUDIOTHÈQUE POUR PERSONNES HANDICAPÉES DE L’IMPRIMÉ DU QUÉBEC INC La Quête est diffusée par téléphone via inc Audiothèque Personnes duQuébec Québec 1-877 Québec 418 627-8882 • pour Montréal 514 Handicapées 627-8882 de • l'Imprimé Ailleurs au 393-0103 Québec 418 627-8882 Montréal 514 627-8882 Ailleurs au Québec 1-877 393-0103
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Éditorial
L e my the du self-made-man Le président américain, Barack Obama, a provoqué la colère de plusieurs citoyens lorsqu’il a rappelé aux entrepreneurs qu’ils n’étaient pas les seuls architectes de leur succès, lors d’un discours devant une foule d’électeurs en Virginie. Il s’agissait pourtant d’un constat d’une honnêteté et d’une lucidité rares. Surtout dans le contexte des élections présidentielles plus propice à lapartisanerie, aux slogans accrocheurs et aux promesses électoralistes qu’à l’analyse fine. Le « You didn’t build that » d’Obama n’a fait que souligner une réalité indéniable : les hommes d’affaires de tous acabits font certes preuve d’une bonne dose de persévérance et doivent parfois faire d’importants sacrifices, mais leur réussite dépend néanmoins d’un tas d’autres facteurs. « Si vous avez eu du succès, quelqu’un vous a aidé en chemin. Vous avez eu un excellent professeur. Quelqu’un a aidé à créer cet incroyable système américain qui vous a permis de prospérer. Quelqu’un a investi dans les routes et les ponts », a lancé le président. Certaines conditions sociales peuvent influer sur le succès individuel, et le reconnaître n’a rien d’offensant. Mais au pays du rêve américain, s’en prendre au mythe du self-made-man est intolérable. Comme si la réussite d’une personne ne se résumait qu’à sa seule volonté.
versé au Québec 4,6 milliards en impôt direct et en taxes sur le capital, soit 1,1 milliard de moins que ce qu’elles avaient reçu. Est-ce trop demander de faire preuve d’un brin de solidarité, lorsque vient le temps d’aider autrui ? L’apport de la collectivité au succès individuel ne se limite toutefois pas à payer des impôts. L’aspect aléatoire de l’existence entre en jeu. Tout être naît avec un bagage génétique et dans des conditions sociales particulières. Chacun a un parcours unique et doit gérer les aléas de sa vie. Même en laissant une part de choix au libre arbitre, nombre de facteurs sur lesquels nous n’avons aucun contrôle ont un effet significatif sur notre quotidien : notre famille et l’éducation qui nous est transmise, le contexte socio-économique ou encore le fait de naître avec un handicap. Personne ne peut prétendre mériter davantage qu’un autre à gagner cette loterie. Les filets de sécurité sociale constituent une assurance collective contre ces hasards afin que les plus malchanceux puissent au moins aspirer à une existence décente. Même attribués par l’État, ils représentent un minimum de solidarité entre les citoyens qui ont réussi et les autres. Et cette solidarité constitue à la fois un fondement de la vie en société et une exigence de la condition humaine. Elle est une obligation qui dépasse les clivages idéologiques entre la droite et la gauche.
Il est un peu simpliste de croire que ce qui sépare les plus démunis des mieux nantis se résume à la volonté de s’en sortir et de se prendre en main. L’itinérant sur un banc de parc au mois de janvier est-il fainéant au point de préférer risquer la mort par hypothermie à tout effort ?
François Pagé
Cette foi en un homme n’étant redevable qu’à lui-même ne se limite pas aux États-Unis. De notre côté de la frontière, on a pu voir cette idéologie à l’œuvre à quelques reprises au cours des 18 derniers mois. Plus souvent qu’autrement, les chantres d’un libéralisme sans nuances ont répondu aux malaises sociaux exprimés par le mouvement Occupons, puis par les casseroles du printemps par des principes relevant de l’utilisateur-payeur et du « aide-toi toi-même, moi j’ai bûché pour en arriver où j’en suis ». Plusieurs ont perdu de vue la mission sociale des États et considèrent que chaque dollar payé en impôt devrait leur revenir personnellement sous forme de biens ou de services. Pourtant, la réussite, notamment au sens économique, repose sur un effort collectif soutenu. Selon les données les plus récentes compilées par l’Institut de recherche en économie contemporaine, les entreprises québécoises ont reçu 5,7 milliards de dollars du gouvernement provincial en 2008 sous forme de subventions. Et on ne tient pas compte ici des allègements fiscaux. Pour la même année, les entreprises ont
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Ensemble, au-delà des frontières Comment s’exprime la solidarité entre les nations ? Pour les uns, cela consiste à partir à l’étranger pour agir directement sur place. Pour les autres, c’est plutôt au niveau local que le changement doit survenir. Deux visions, une même cause. La passion, avant tout
Pourquoi être partie, Ariane ? « Au retour d’un voyage de six mois au Burkina Faso, j’ai eu la piqûre. J’ai signé mon contrat de coopération deux mois après être revenue de ce premier voyage », explique-t-elle. « Je voulais découvrir la société burkinabaise de l’intérieur et, sur le plan professionnel, je pensais que je pouvais amener une contribution à l’organisme là-bas ». C’était donc avec ces objectifs en tête que la jeune Québécoise, piercing au sourcil, bagages en main, a posé pied dans la capitale du « Pays des hommes intègres », Ouagadougou. Deux ans plus tard, elle repartait, déçue et désenchantée. En effet, l’ex-coopérante critique le manque d’organisation de l’organisme canadien. « Ils envoient des coopérants à l’étranger, mais il n’y a pas beaucoup de suivis. Tu définis toi-même ton mandat en bout de ligne », déclare-t-elle amèrement. Il y a cependant des points positifs. « L’échange culturel est extrêmement positif de part et d’autre. Nous, on est amené à revoir nos perceptions autant de notre rôle que de la communauté qui nous accueille. Et eux, d’être en contact avec nous pendant deux ans les amène à confirmer ou à infirmer les préjugés qu’ils ont de nous ». Dans les points négatifs, Ariane dénonce d’un côté la corruption dans le pays d’accueil et, de l’autre, la nature intéressée de certains gouvernements occidentaux dans le financement des projets de coopération internationale. « Il faut toujours se poser la question : pourquoi ont-ils choisi ces
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Photo: Archives Web
À 26 ans, fraîchement diplômée comme éducatrice spécialisée, Ariane Rousseau partait pour Ouagadougou. Embauchée par CUSO International, son mandat de deux ans (2006-2008) consistait à travailler avec des enfants de la rue ayant des problèmes de consommation. La moto est un mode de transport très populaire à Ouagadougou
pays-là ? Est-ce que le pays qui envoie des coopérants et qui donne des milliards a d’autres intérêts ? Est-ce que ce n’est pas juste des relations publiques ? » Dès lors, Ariane, faut-il avoir foi en la solidarité internationale ? « Affirmatif », répond-elle sans hésiter. « Le sens même de la coopération internationale, ce sont les coopérants, passionnés pour la plupart, qui trouvent important de faire vivre la coopération internationale. C’est eux qui la font vivre. Ce n’est pas l’ACDI. Si le coopérant est honnête, alors oui, la solidarité internationale existe ».
« Penser globalement, agir localement » Pour Mme Malorie Flon, chargée de projet à l’Institut du Nouveau Monde (INM), la solidarité internationale est un état de fait. « C’est une façon d’aborder les relations humaines de nos jours. C’est être de son temps. On ne vit plus à des échelles strictement locales. La solidarité internationale est une façon d’envisager le tissu social ». L’INM travaille depuis quatre ans avec CIVICUS afin d’accueillir dans la métropole québécoise l’Assemblée mondiale* où seront regroupés plusieurs acteurs de la société civile, des représentants du secteur privé et des gouvernements ainsi que des citoyens. Le but ? Promouvoir, organiser et faciliter la participation citoyenne au niveau international.
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Selon Mme Flon, l’importance de ce genre de réunions annuelles devient évidente si l’on prend en considération l’apparition de diverses mobilisations spontanées qui débordent de la société civile organisée, et qui s’exportent d’un pays à l’autre. Ainsi, à l’instar des mouvements Occupy, du printemps arabe et des Indignés, la présente crise étudiante et les tintamarres des casseroles sont, d’après Mme Flon, une démonstration qu’il existe une « brèche » dans la communication entre les citoyens et leur gouvernement. « Un des défis majeurs que CIVICUS et l’INM veulent relever, c’est comment la société civile peut prendre acte de l’émergence de ces mouvements sociaux et travailler avec eux pour faire entendre leur voix ». Suite aux coupes budgétaires d’Ottawa, Mme Flon admet toutefois que le gouvernement fédéral ne semble plus reconnaître l’importance des organisations de la société civile. « C’est pour cela que la société civile doit rester vigilante. Elle doit continuer à faire valoir son rôle ».
Rémy Paulin-Twahirwa
*L’Assemblée mondiale qui se tiendra à Montréal du 3 au 7 septembre prochain abordera aussi les thèmes de l’innovation sociale et la gouvernance mondiale. En 2011, l’Assemblée accueillait 850 personnes en provenance de 80 pays différents.
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Poursuivre le même but « De façon générale, on peut dire qu’il y a de la solidarité dans une équipe sportive lorsque chaque membre de l’équipe comprend d’abord que les chances de réussite du club dépendent aussi de l’efficacité des autres ». Telle est la vision de M. Simon Grondin, professeur à l'École de psychologie de l'Université Laval, lorsqu’il a expliqué au journal La Quête toute cette solidarité que l’on retrouve au sein d’une équipe sportive.
« Cette solidarité est d’autant plus probable si chaque membre de l’équipe comprend quelle est sa contribution et combien elle est importante », ajoute M. Grondin. Michel Laplante, ancien lanceur et entraîneur des Capitales de Québec, est d’avis que la solidarité « est une force et un gros avantage sous-estimé au sein d’une organisation ». « Dans une étape plus mature d’une organisation, la solidarité représente le facteur le plus important pour la réussite d’un club », mentionne Louis Simard, coordonnateur Hockey au Collège de Lévis dans le programme Sport-Études.
équipe à l’aide d’un noyau de joueurs qui vont considérer la solidarité comme étant la valeur principale de leur club. Ces
Sur le plan national, « l’utilisation du drapeau ou simplement des couleurs du pays est souvent une forte manifestation de l’appui autour de l’équipe », mentionne M. Grondin. « Parfois, un club peut représenter beaucoup pour un peuple. On peut entre autres le voir lors de la Coupe du Monde de soccer, mais cela est particulièrement vrai pour l’Afrique du Sud qui, à peine sortie de l’apartheid, était l’hôte de la Coupe du Monde de rugby en 1995 », nous rappelle-t-il. D’ailleurs, M. Grondin croit que si des amateurs prennent un sport autant à cœur, comme on peut le voir avec les Canadiens de Montréal, c’est à cause du « besoin d’affiliation de chaque personne ». « Sentir que nous faisons partie d’un groupe et que nous sommes liés à d’autres personnes est un besoin humain très important », explique-t-il.
Prêter main-forte « La solidarité au sein d’une équipe sportive peut se révéler sous différentes formes. Parfois, il peut s’agir de simples encouragements, que ce soit durant l’entraînement ou au cours d’une partie. À certains moments, il peut s’agir d’un soutien psychologique à un coéquipier qui est dans une mauvaise séquence ou qui éprouve des difficultés », explique M. Grondin. Selon lui, c'est particulièrement au hockey sur glace que se révèle au grand jour le souci de solidarité, lorsque l’on voit des attroupements autour du filet qui sont notamment motivés par le désir de prêter mainforte à un coéquipier. Pour ce qui est de la révélation de cette solidarité autour du club, M. Simard donne notamment l’exemple de l’entraide dans les études. « Les meilleurs à l’école vont avoir tendance à parrainer ceux qui éprouvent plus de difficultés », souligne-t-il. « Il faut mettre l’accent sur la performance de l’équipe et non sur celle d’un joueur », ajoute M. Laplante. Pour en arriver là, on doit donc bâtir une 8
Photo: Josée Normandeau
joueurs en question se retrouveront donc à jouer les rôles de leaders et de rassembleurs du club. Ils utiliseront alors leur leadership afin de rendre contagieuse cette façon de voir les choses auprès de leurs coéquipiers afin que tous, au final, ressentent un sentiment d’appartenance envers leur équipe. « C’est avec un noyau de joueurs comme ça qu’on obtient une équipe gagnante », conclut-il.
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Tout compte fait, la solidarité au sein d’une organisation sportive se veut un facteur déterminant afin qu’un club puisse avoir du succès, tant sur le plan des performances que sur le plan de l’esprit d’équipe. Sans cette solidarité, « l’équipe en question ne serait pas aussi efficace que ce qu’elle pourrait être et elle se priverait de carburant supplémentaire », conclut M. Grondin.
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Courtoisie : Jeunes musiciens du monde
Sur les planches pour la cause
Démontrer sa solidarité prend un tout autre visage quand on est une vedette. Utiliser sa notoriété pour défendre une cause ou soutenir des initiatives peut être un couteau à deux tranchants. La loi 78 votée ce printemps aura été l’élément déclencheur du spectaclebénéfice de la Coalition des Humoristes Indignés (CHI) qui avait lieu le 18 juin dernier au Théâtre Saint-Denis. Mais pourquoi Daniel Thibault, auteur de la série Mirador et investigateur du spectacle, a-t-il décidé de s’impliquer dans le débat ? « J’étais interpellé par tout ce qui se passait et je trouvais ça intéressant de faire intervenir les humoristes parce qu’ils sont un groupe social influent. C’était important qu’ils prennent la parole ». Et ces derniers ne se sont pas fait prier. Les treize humoristes ont embarqué dans le projet très rapidement.
Avoir une bonne image ? Oubliez la question de tirer profit de la visibilité et de se donner bonne image. Selon Daniel Thibault, il fallait bien être solidaire à la cause puisque les humoristes avaient gros à perdre en participant au spectacle : « Ce débat est tellement polarisé qu’ils ont pris des risques. Certains ont perdu un public, mais il y en a sûrement qui ont gagné d’autres gens ».
Faire une différence Outre les 25 000 $ que le spectacle-bénéfice a permis d’amasser pour la clinique
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juridique Juripop, dans le but de contester la loi 78, Daniel Thibault considère davantage l’impact qu’ont eu les humoristes : « Ce sont des gens très influents qui montrent qu’ils sont derrière le Printemps érable. C’est d’abord et avant tout ça qui a fait une différence ».
Histoire de cœur La tournée du concert The Wall de Roger Waters s’est arrêtée sur les Plaines le 21 juillet dernier. À chacun de ses spectacles, un groupe de jeunes issus du milieu populaire est invité à monter sur scène avec la légende. Waters veut ainsi leur offrir la chance de vivre une expérience qui ne leur serait pas offerte autrement. À Québec, ce sont les adolescents fréquentant l’école de Jeunes musiciens du monde (JMM) qui ont eu cette chance. Ils ont été retenus grâce à leur vidéoclip de la chanson Reste debout ! dont le thème est l’intimidation. Cet organisme à but non lucratif offre des cours de musique gratuits aux jeunes vivant dans les quartiers populaires. JMM a ouvert sa première école en Inde et puis le projet a pris de l’expansion : Québec, Montréal, Sherbrooke et la communauté algonquine de Kitcisakik sont maintenant pourvues d’une école de
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JMM. « C’est un beau projet. Pour garder des enfants motivés, la musique c’est un bon moyen », estime Yann Perreau qui a agi en tant que porte-parole des éditions 2010 et 2011 des soiréesbénéfices de JMM à Montréal et à Québec. Il a également fait un enregistrement avec les élèves indiens en 2008. Toujours engagé dans des causes liées à la musique, aux jeunes et à l’environnement, puisque c’est ce qui lui tient à cœur, Yann Perreau perçoit la solidarité comme « l’amour de son prochain, de se sentir concerné pour le bien du présent, du futur, de faire de son mieux pour que la société aille du mieux qu’elle le peut ». Ce qui le pousse à continuer? Les efforts portent des fruits : « Année après année, il y a toujours de nouveaux projets. Je vois ce que je fais ! » En 2010, Yann Perreau a sorti un EP intitulé Au soleil, dont tous les fonds amassés étaient destinés à Jeunes musiciens du monde, à la Fondation Rivières et aux Dîners St-Louis. Chacun des organismes a reçu une somme de 2000 $.
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Terra Nostra Imaginez-vous partir vous installer dans un pays étranger. Comment feriez-vous pour briser les remparts de la solitude qui s’élèvent plus facilement, lorsqu’on s’éloigne de ses repères culturels ? Les différents interlocuteurs rejoints par La Quête indiquent que la solidarité chez les immigrants en sol québécois se manifeste tout d’abord par ces différentes associations qui adressent leurs services, mais non exclusivement aux membres de sa communauté d’origine, avec pour fil conducteur le désir de mieux s’intégrer à la société d’accueil.
ses ressortissants, comme les fameux 5 à 7 de réseautage ou ses séances d’informations. « On essaie le plus possible de les informer sur la société pour qu’ils y trouvent leur place », explique-t-elle.
Une solidarité relative ? Règle générale, les trois interlocuteurs considèrent que le Québec demeure solidaire envers ses immigrants. Les nombreux organismes destinés à l’intégration de ceux-ci témoignent de la bonne foi de la Belle Province et en font une véritable « terre d’accueil ».
Courtoisie: Congrès Maghrébin au Québec
Toutefois, M. Derraji croit que la province devrait revoir son plan d’action général en matière d’intégration des immigrants, puisque les infrastructures mises en place datent des années 1990. « S’ils s’intègrent facilement, c’est bien pour nous et pour la société d’accueil puisqu’elle pourra garder ses immigrants à long terme », soulève-t-il.
L’équipe du Congrès Maghrébin au Québec lors du lancement de leur réseau québécois de TI
Dans la capitale, l’Association haïtienne de Québec vient en aide aux Haïtiens qui s’installent dans la région. Elle encadre surtout les nouveaux arrivants haïtiens dans leurs démarches d’intégration ou les renseigne quant aux ressources disponibles dans la société d’accueil pour résoudre d’autres problèmes. « Ça ne veut pas dire que lorsqu’on arrive seul, on ne peut pas s’intégrer, car il y a des organisations québécoises qui aident à l’intégration. Mais lorsqu’on peut trouver quelqu’un avec qui on peut parler créole ou échanger des recettes, ça rassure », maintient le président de l’association, Adrien Chavannes. En plus du réseautage, du partage d’informations et des services de soutien offerts aux ressortissants algériens,
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Pour sa part, M. Chavannes juge que certaines communautés immigrantes bénéficient d’une sympathie plus naturelle que d’autres pour des raisons historiques, culturelles ou de proximité. Sa propre communauté, qui demeure l’une des plus anciennes au Québec, entretient des « liens privilégiés » avec la province. « Lors des inondations de l’année passée en Montérégie, beaucoup de Haïtiens de Montréal se souvenaient de ce que le Québec avait fait lors du séisme d’Haïti de 2010 et se sont mobilisés pour aider les gens en Montérégie », déclare-t-il.
marocains et tunisiens, Congrès Maghrébin au Québec participe aux différents débats de la société québécoise de façon à « l’enrichir », notamment en matière d’intégration des immigrants, indique le président cofondateur, Monsef Derraji. « C’est de travailler à l’intérieur de la communauté pour pouvoir en ressortir le meilleur, que ce soit social, politique ou économique ».
Même son de cloche de la part de Mme Prince. À son avis, certaines communautés immigrantes sont stigmatisées malgré elles, par des préjugés qui se répercutent parfois dans les médias. « On voit à la fois une réaction d’accueil et une réaction de défense. Certaines communautés le vivent plus mal que nous, actuellement ».
Quant à Français du Monde-ADFE, une association rassemblant les Français de gauche présents à l’étranger et dont plusieurs divisions existent dans près de 150 pays, la cofondatrice de la division à Québec, Michèle Prince, estime que les liens qu’a tissés la division avec plusieurs autres associations québécoises étoffent les activités organisées par celle-ci pour
Mélyssa Turgeon
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Les individualistes solidaires Ils sont nés entre 1978 et 1994, ils sont peu engagés, irrespectueux, impatients, paresseux et individualistes. Ainsi est décrite la génération Y. Jugements hâtifs? Opinions tranchées ? Peutêtre. Mais des préjugés enracinés, cela va de soi. Qui a raison ? Qui a tort ?
Parmi eux, Philippe, étudiant en histoire à l’Université du Québec à Montréal et grandement impliqué dans de nombreuses causes sociales. Le mouvement étudiant, le RQGE (le réseau québécois des groupes écologistes), le GRIPUQAM, une organisation écologiste de l’UQAM via des jardins et une cuisine collective, sont entre autres les causes pour lesquelles Philippe occupe la plupart de son temps. De plus, ce dernier a participé à l'organisation de nombreuses manifestations, notamment celle du salon du Plan Nord ou en solidarité avec les Algonquin.e.s de Barrier Lake ou les Innus de Maliotenam. Pourtant, Philippe a 23 ans et il fait donc partie de la génération Y. Or, si l’on se fie aux perceptions des uns et l’implication des autres, Philippe est par conséquent « un individualiste solidaire ». Et n’allez pas croire que Philippe est une exception à la règle. Bien au contraire. Du moins, c’est ce qu’affirme la dernière Enquête canadienne sur le don, le bénévolat et la participation. Ainsi, selon Statistique Canada, les jeunes Canadiens sont plus enclins à faire du bénévolat que les
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Canadiens âgés : plus de la moitié des 15 à 24 ans ont déclaré avoir fait du bénévolat en 2010, comparativement à 41 % des 55 à 64 ans. D’un point de vue toujours objectif, le Centre d’action bénévole de Québec (CABQ) a dédié une section de son guide L’action bénévole 101 au profil des bénévoles selon le groupe d’âge. Dans cette fiche, le CABQ d’une part, précise que le bénévolat n’est pas une question d’âge. D’autre part, il décrit la génération Y comme étant confiante, optimiste, tolérante aux différences, au désir de contribution et en constante recherche de défis.
Photo : Archives Web
Pour savoir si cette génération est ce qu’on lui prétend, il faudrait se pencher sur l’ensemble des changements sociaux qui ont façonné cette génération. En effet, outre la classique distinction de l’âge, une analyse historique permet de mieux comprendre ce fossé entre les générations. Un petit retour dans le passé suffit à ce titre pour constater que les Y ont, de la même manière que leurs ascendants, vécu des crises et des événements tragiques : les attentats du 11 septembre, la hausse du coût de la vie, la guerre en Irak et en Afghanistan, l’hypersexualisation, l’explosion du Web et de sa progéniture 2.0, des crises économiques mondiales à répétition, etc. Et, face à ces adversités, ils ont été nombreux à venir en aide à ceux qui en avaient le plus besoin, et ce, toutes générations confondues.
Philippe quant à lui va dans le même sens que le CABQ : il ne croit pas que sa génération soit autant désengagée et individualiste qu’on le laisse entendre. En fait, « nous adressons des réponses différentes à des questions semblables au fil du temps et nous ne reprenons pas les mêmes luttes que nos parents, simplement parce que ces luttes ont évolué à travers les gains ou les pertes de mouvements sociaux passés », finit-il par conclure.
Tout compte fait, plusieurs sociologues avancent que si, durant des décennies, le bénévolat a été un espace de charité, puis de solidarité, maintenant ce serait plutôt une question d'altruisme et de recherche d’épanouissement qui caractériserait les motivations de cette génération Y. Autrement dit, cette génération est en constante quête d’idéaux et tente de bâtir à son tour un monde meilleur pour les générations futures. Après tout, cette insatiable ambition ne vous rappelle-t-elle pas quelque chose ?
Océane Bruwier-Périé
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Photo: Joël Rousseau
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Télé-solidarité ! Francis Desrochers au moment de couper le ruban à la fin des travaux
Munis de marteaux et de pinceaux, ils étaient plus de 50 bénévoles à s’affairer à la transformation d’une maison en un foyer d’accueil pour jeunes. Plusieurs Trifluviens se sont ainsi mobilisés dans ce projet d’envergure. Candidat de la téléréalité La Franchise, diffusée sur les ondes de V à l’hiver 2012, Francis Desrochers devait, entre autres défis, démontrer son leadership en coordonnant les travaux de transformation d’une maison de transition en milieu de vie pour les jeunes trifluviens de 6 à 12 ans. La Fondation du Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec souhaitait depuis longtemps cette transformation, laquelle permettrait alors aux jeunes de ne pas se retrouver en famille d’accueil pour une période temporaire. Les travaux pour rénover six chambres à coucher, la cuisine et la salle à manger devaient se réaliser en l’espace de sept heures. Mis au courant de son défi le mercredi en soirée, Francis avait deux jours pour trouver le plus de matériaux et de main-d’œuvre possible. « Tout m’a été fourni gratuitement. C’est génial. Les gens m’appuient vraiment bien ».
Mobilisation et solidarité Samedi matin, journée du défi. La pression est à son comble. Le temps semble être complice pour la réalisation d’un tel pari. Plus de 50 personnes sont sur les lieux, la plupart étant dans l’entourage de Francis, afin de mettre la main à la pâte. « Je suis ici parce que je connais Francis, mais aussi pour la bonne cause qui est reliée à tout ça », explique Bryan Dubois Bourque. L’équipe se met rapidement au travail. L’esprit d’entraide est palpable pendant les rénovations. Tous sont présents pour la cause. « On est comme les anges de la rénovation ! » s’exclame avec enthousiasme Rita, une bénévole. Ce projet de maison de transition avait été mis sur la glace pendant quelques années par le Centre jeunesse, faute de moyens. Le président de la Fondation, avocat et ancien député provincial, André Gabias, a fortement recommandé à Francis de choisir ce projet. Ce der12
nier était convaincu de la faisabilité du projet en une période de temps si restreinte. « Avec de la volonté, on peut déplacer des rochers », déclare en riant le président de la Fondation, fier de son jeu de mots, avec le nom de famille du candidat. Beaucoup de gens d’affaires de la Mauricie se sont mobilisés afin de fournir toutes les ressources nécessaires à la rénovation de la maison. Le mobilier des pièces, la peinture, le plancher et les autres outils ont tous été offerts gracieusement. Le maire de Trois-Rivières, M. Yves Lévesque, est venu donner son appui au projet et à Francis durant la journée. Il s’est dit impressionné de la rapidité de cette mobilisation. C’est vraiment ce qui est d’ailleurs ressorti de cette journée. À peine quelques heures plus tard, le dévoilement final avait lieu. À l’évidence, un travail de maître a été accompli. À la fois fébrile et satisfait, Francis Desrochers a procédé à la coupe officielle du ruban. La foule de bénévoles émus a félicité le principal intéressé, tout en lui démontrant le sentiment du devoir accompli. Cette journée sera marquante pour tous ces gens. « C’était tellement une ambiance le fun. Personne n’a l’impression d’avoir perdu son samedi de congé. Vraiment la plus belle journée de ma vie, je pense ! » de déclarer Geneviève Caron, une des organisatrices de la journée. La réalisation de ce projet a permis à Francis de se rendre à la grande finale de l’émission. Mais les grands gagnants de ce beau projet de solidarité, ce sont les jeunes qui profitent maintenant d’un beau milieu de vie !
Joël Rousseau
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Gauche, gauche, gauche droite gauche !
Vendredi soir, 18 h 30. Plusieurs jeunes vont au cinéma ou s’occupent à diverses activités. Mais il y a des adolescents, comme Marie-Pier, qui passeront trois heures en uniforme militaire, à apprendre comment enseigner la topographie, à coudre des badges, et à jouer de la musique. Les cheveux lissés sur la tête, vêtue d’un uniforme bleu ciel, Marie-Pier n’était pas intéressée par les cadets de l’air. « Au départ, je ne comprenais pas le trip de faire une parade avec des ordres et marcher comme des militaires. C’est le côté du sport qui m’a intéressée ! » Marina, vêtue de son uniforme kaki, a tout de suite été attirée par l’enthousiasme des autres jeunes : « J’étais avec ma mère aux Promenades Beauport et j’ai vu qu’il y avait des kiosques à propos des cadets. […] Ils m’ont dit que dans les cadets, on pouvait faire de la musique et beaucoup d’autres activités. Ça m’a vraiment intéressé ! » Pour la capitaine Isabelle Carreau, engagée depuis 20 ans dans les cadets, son choix s’est fait par défi. Lorsqu’elle y repense, un sourire en coin apparaît : « J’étais musicienne et mon professeur de musique était aussi responsable de la musique au Corps de cadets. Pendant un cours, il a pointé des gens. Toi et toi, vous venez vendredi prochain essayer les cadets. Moi, il ne m’a pas pointé. J’ai pris ça comme un défi et décidé de me rendre tout de même aux cadets. J’ai vu ce que c’était, et j’ai vraiment aimé ça. Ils n’ont pas eu le choix de me prendre ! »
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Courtoisie: Cadets de Québec
Que ce soit pour les activités aux thématiques sociales ou pour celles en lien avec le militarisme, le mouvement des cadets propose des activités que plusieurs jeunes apprécient. Dès septembre, les enfants âgés de 12 ans et plus peuvent s’inscrire pour vivre l’expérience que plus de 55 000 jeunes Canadiens partagent.
« Le trip de gang, c’est vraiment positif ! » Lorsque l’on questionne la sergente Marina sur ce qui la passionne chez les cadets, ses yeux s’illuminent. Elle adore la musique, assister aux cours en classe et les activités de financement pour le Corps de cadets, comme ramasser des cannettes vides. Mais ce qu’elle aime par-dessus tout, ce sont les camps de cadets : « Tous les âges sont mélangés, des cadets de 12 à 18 ans. Moi j’ai fait deux camps de trois semaines l’été dernier, et il y en avait un qui était un camp de musique où j’ai pu en apprendre plus sur mon instrument ». La sergente Marie-Pier vient tout juste de terminer un cours sur les composantes d’un planeur, cours spécifique aux cadets de l’air. Elle confirme que le Corps des cadets est réellement un endroit où l’amitié se crée. Un camp d’été de trois semaines de sport lui a d’ailleurs permis de nouer des liens.
d’ailleurs cela. Celle-ci explique néanmoins que depuis trois ans, les priorités des cadets ont changé : « Avant, les principes de bases étaient la drill et les cours en classe. Aujourd’hui, le mouvement des cadets est synonyme “d’expéditions et d’activités”, telles que la plongée sousmarine ou l’escalade de rochers. »
« Les cadets, ça a changé ma vie sociale » La soirée tire à sa fin et les cadets se regroupent au gymnase pour leur parade de fin de soirée. Ils se tiennent tous droits et marchent au pas avec fière allure. Lorsqu’on leur demande ce que les cadets leur ont apporté jusqu’à présent, tous s’entendent sur une chose : la confiance en soi. La soirée n’est pas encore terminée, que déjà les cadets ont hâte à vendredi prochain.
Judy Drolet-Bolduc
De futurs militaires ? Lorsque l’on évoque la possibilité de faire carrière dans les Forces canadiennes, Marie-Pier et Marina refusent cette possibilité. Pourtant, lorsque l’on regarde certains textes écrits dans les journaux, il semblerait que les cadets soient un outil pour créer des enfants soldats. La capitaine Carreau déplore
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La solida r i t é a u x m i l l e et un visages
Et vous ? Faites-vous régulièrement preuve de solidarité ? Que ce soit envers votre famille, vos proches ou vos amis, voire en faveur de votre voisin ou d’un parfait inconnu ? Vous préférez peut-être verser un ou plusieurs dons à différents organismes au cours de l’année ? Bref, quelle que soit la façon choisie, l’important est de poser un geste. À ce titre, la solidarité en a initié plus d’un, tant au plan local qu’à l’international.
Ce qui se fait ici... Saviez-vous que selon l’Enquête nationale auprès des organismes à but non lucratif et bénévoles (ENOB) menée en 2003, il existait 161 000 organismes de bienfaisance et sans but lucratif au Canada, dont la moitié étaient légalement enregistrés. Au Québec, on a recensé 46 326 organismes, lesquels comprennent tant des organismes de bienfaisance publics que des fondations publiques et privées. Pour toute personne désireuse d’effectuer un don, ce n’est assurément pas le choix qui manque. Parmi ceux d’origine québécoise on peut entre autres penser à Opération Enfant Soleil et à l’Accueil Bonneau, sans bien-sûr oublier toutes les associations, les écoles, les camps jeunesse, etc. Toutefois, il ne faudrait pas penser que la solidarité n’est uniquement qu’une question de dons... En parallèle, nous retrouvons ce qu’on appelle la « solidarité nationale », soit l’intervention de l’État dans la vie économique et sociale afin de lutter contre la pauvreté et les inégalités sociales, en plus d’assurer la cohésion nationale. Parmi les mesures existantes, nous retrouvons celles de l’assuranceemploi et de l’aide financière de dernier recours (anciennement appelé le bienêtre social). 14
Photo: Réal Malouin
« So, so, so... Solidarité ! » Qui ne se souvient pas de ce célèbre slogan, lequel a largement été popularisé au cours des dernières années. Entre autres, c’est celui qu’ont à plusieurs reprises scandé certains syndicats lors de revendications antérieures, en guise de soutien pour leurs membres.
... et ce qui se fait ailleurs Quand on pense à l’international, ce sont entre autres les multiples projets mis sur pied afin de venir en aide aux pays défavorisés, en voie de développement ou considérés comme fragilisés (suite à une catastrophe naturelle ou en période de guerre, par exemple), qui y sont associés. C’est ce qu’on appelle en réalité la « solidarité humaine ». À ce titre, le Canada, la France et les États-Unis arrivent bons premiers en ce qui a trait aux questions humanitaires.
La solidarité, oui mais... Lorsque je pense au mot « solidarité », c’est la crise étudiante des derniers mois qui me vient aussitôt à l’esprit. Peut-être en raison de la proximité des événements, je me pose sans cesse la question suivante : les élèves ayant choisi de retourner en classe auraient-ils par hasard manqué de solidarité envers leurs comparses ? N’y avait-il pas là une occasion en or justement de se montrer « solidaires » les uns envers les autres ? Probablement diront certains, tandis que d’autres s’y opposeront fermement. En somme, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, mais uniquement des points de vue différents. Selon le dictionnaire Larousse, la solidarité désigne d’abord un « fait » : les maillons d’une même chaîne sont solidaires. Ils sont dépendants les uns des autres. De ce point de vue, la solidarité ne se choisit pas. Les problèmes écologiques le montrent éloquemment : dans l’écosystème, tout est lié à tout. Par
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extension, le mot « solidarité » s’applique à l’attitude responsable consistant à aider les personnes qui en ont le plus besoin. De même, un homme ne peut être absolument étranger à un autre homme en raison de l’humanité qui leur est commune. On peut donc déduire que le citoyen est solidaire des autres citoyens. Dès notre plus jeune âge, on nous apprend à bien se comporter les uns envers les autres, à aider son prochain, bref, être une bonne personne. Mais aujourd’hui, qu’en est-il réellement? Dans une société où tout va trop vite, où l’individualisme prend trop souvent le dessus, la solidarité a-t-elle encore sa place ? Je veux croire que oui. À ce titre, voici quelques citations pour le moins inspirantes : « Désormais, la solidarité la plus nécessaire est celle de l’ensemble des habitants de la Terre ». (Albert Jacquard) « Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences ». (Françoise Dolto) « Chacun est seul responsable de tous ». (Antoine de Saint-Exupéry) « La fraternité n’est qu’une idée humaine ; la solidarité est une idée universelle ». (Victor Hugo)
Nathalie Thériault
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L’esprit véritable de la solidarité Robert Maltais
J’ai parfois le sentiment que le mot solidarité est un terme galvaudé, servi à une multitude de sauces. On doit avouer que la solidarité à l’échelle humaine n’en mène pas toujours large.
Si nous nous amusons à décomposer ce que contient ce mot, nous découvrons alors une vraie boîte à surprises. La solidarité prend différentes teintes : syndicale, patronale, marchande, professionnelle, ministérielle et gouvernementale. Il s’agit là d’une solidarité de premier niveau, subjective, lucrative ou corporatiste. Le niveau supérieur de la solidarité fait appel à des sentiments hautement plus nobles, comme l’altruisme. On n’en est plus ici à des considérations basées sur les bénéfices que peuvent en retirer ceux et celles qui épousent une cause soi-disant solidaire. Nous sommes à cent lieux de ce type de considérations, mais en présence de l’essence même du visage de la solidarité dans ce qu’il a de plus humain, tout comme l’acte gratuit d’une personne qui, au péril de sa propre vie, sauvera un enfant ou un inconnu de la noyade, d’un incendie ou d’un accident de la route. Ceux et celles qui restent au chevet de malades en phase terminale, jour et nuit, font aussi partie de la grande chaîne de la solidarité humaine, au même titre que tous ceux militant au sein d’organismes de bienfaisance qui viennent en aide, gratuitement, à leurs semblables. Ne soyons pas aveugles. D’un côté, il y a un nombre restreint de personnes qui œuvrent pour le bien commun, et de l’autre, une majorité silencieuse préoccupée essentiellement par son seul confort, en quête d’une vie facile dans l’opulence, sorte d’individualisme égocentrique. Une triste évidence : personne ne devient riche en choisissant d’œuvrer dans l’industrie du bien. De la solidarité, beaucoup n’en ont rien à cirer. Un monde d’indifférence. Vive la solidarité régionale VLB, ce nom vous dit quelque chose ? VLB, c’est Victor-Lévy Beaulieu, considéré comme le plus grand écrivain du Québec. Si vous ne connaissez pas ses livres, vous avez sans doute vu l’un de ses téléromans à la télévision de Radio-Canada, comme Montréal PQ, Race de monde, l’Héritage ou Bouscotte.
Il y a plus de 20 ans, VLB a quitté Montréal pour retourner vivre dans sa région natale à Trois-Pistoles, dans le Bas-StLaurent. Il y a entre autres fondé une nouvelle maison d’édition et diverses organisations culturelles au cours des 20 dernières années. La région de Trois-Pistoles n’a évidemment pas été sans profiter à bien des égards de la renommée de Victor-Lévy Beaulieu. Mais l’inverse n’a pas toujours été vrai. L’écrivain a vécu une réalité amère au plan de la solidarité régionale. Dans l’un de ses nombreux billets publiés dans des journaux, VLB s’est demandé pourquoi ses livres se vendaient partout à travers la planète, sauf dans sa propre région, à quelques exemplaires près. Pourquoi une telle absence de solidarité régionale, écrivait-il avec dépit ? Comme VLB, j’ai vécu une expérience quasi identique, en 1996, en fondant avec quelques collègues journalistes un quotidien à Rimouski ; Le Fleuve. Nous étions tous alors si fiers de fonder un journal s’adressant à l’ensemble de la population du Bas-du-Fleuve, estimant que notre quotidien agirait comme un moteur de développement économique, social et culturel. Ce n’était pas que nos têtes, mais nos cœurs et nos âmes tout entiers que nous avions investis dans cette publication quotidienne. Mais peut-être chérissions-nous trop notre région et avionsnous trop foi dans sa capacité de développement et la solidarité de ses concitoyens ? Toujours est-il que la vente de notre journal s’est heurtée à un mur : une guerre de clochers dans certaines municipalités et sous-régions du Bas-St-Laurent. Après moins d’un an de publication, nous avons dû nous résigner, la mort dans l’âme, à en cesser la parution. Bilan : 50 emplois perdus, une faillite commerciale et des rêves régionaux brisés…faute entre autres d’un minimum de solidarité citoyenne.
Homme d’écriture, pamphlétaire au verbe haut, nationaliste engagé, Victor-Lévy Beaulieu ne laisse personne indifférent.
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L EJ E ULE DJEUE DE LLA A QUÊTE Q U ÊT E par Jacques Carl Morin par Jacques Carl Morin
Ce jeu consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que les colonnes 1 et 20 Ce jeu consiste à remplir les rangé es horizontales ainsi que les colonnes 1 et 20 à l’aide des à l’aide des définitions, indices ou lettres mélangées ou déjà inscrites. Chaque définitions, indices ou lettres mélangées ou déjà inscrites. Chaque case grisée représente case grisée représente une lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la une lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant. première lettre du suivant.
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1- Chacune des deux moitiés du cerveau. 1- Chacune des deux moitiés du cerveau. 20- Nonne.
20- Nonne.
Horizontalement : 1- Personnage des aventures de Tintin. Eau-de-vie de cerises. Horizontalement : Spécialité de la malbouffe.
5- Situé entre les deux os iliaques. Titre de noblesse qui prend rang après le duc et avant le comte. Cinéaste américain réputé. 6- Voyage effectué par un croyant vers un lieu de dévotion. Canalisation destinée à évacuer les eaux usées. Toute compétition, sportive ou autre (ROOTINU). 7- Centre historique des studios de cinéma en Californie. Sensation pénible en un point du corps. Course de voiliers. 8- Strip-teaseuse. Fragment détaché d’un corps dur. Costaud.
2- Plan d’eau plus petit qu’un lac. Jeune cochon. Empailleur.
9- Tapage, vacarme (MAMADR). île au sud-est de 1- Personnage des aventures de Tintin. Eau-de-vie de cerises. Spécialité de laGrande malbouffe.
3- Livre scolaire. Décollage d’une fusée. Fêté le premier lundi de septembre au Canada et aux États-Unis.
l’Afrique. Tourbillon qui se forme dans l’eau.
10- Erreur de l’esprit (GAMETRENE). Qui concerne les 2- Plan d’eau plus petit qu’un lac. Jeune cochon. Empailleur. 4- Conifère. Bruit violent. Graisse de certains ruminants. courses de chevaux. Petit fruit estival. Grand réseau social sur Internet. Couleur verte tirant sur le 3-le brun. Livre scolaire. Décollage d’une fusée. Fêté le premier lundi de septembre au Canada et aux jaune ou
États-Unis. 4- Conifère. Bruit violent. Graisse de certains ruminants. Grand réseau social sur Internet. Couleur verte tirant sur le jaune ou le brun.
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alang anguue e LLal dan s dans sa sappoch och ee
parHélène H u o t
AVOIR LES COUDÉES FRANCHES Cette expression signifie : avoir la liberté d’agir. La coudée est une ancienne mesure de longueur, qui correspondait approximativement à un pied et demi, ou 45 centimètres (parfois plus, parfois moins, selon les époques et les circonstances). Elle était basée sur la longueur entre le coude et l’extrémité de la main. Cette mesure était connue dans l’Antiquité. Dans l’Égypte ancienne, la coudée royale ou grande coudée (environ 52 centimètres) était la mesure utilisée par les architectes. Pline le Jeune, écrivain et homme politique romain (61-114), emploie le mot au sens figuré : « Qui d’entre vous peut, par ses inquiétudes, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ? »
Aujourd’hui, le mot « coudée » est associé aux expressions suivantes :
« Celui qui, à l'enterrem ent d'un ami, ne peut que pleurer et sacrer : calice ! tabernacle ! hostie ! On comprend ce qu'il a voulu dire, mais il ne l'a pas dit. »
1. Avoir les coudées franches : ne pas être contraint ni gêné dans ce Gilles Vigneault qu’on veut faire. La même expression, au sens propre (quand on est assis avec plusieurs personnes, avoir de l’espace autour de soi, ne pas être gêné par ses voisins), est vieillie. 2. Dépasser quelqu’un de cent coudées : lui être bien supérieur.
Le français au jour le jour 1. On dit d’une substance qui peut provoquer le cancer qu’elle est cancérogène ou cancérigène ? 2. Dans son édition du 9 juin 2012, Le Soleil propose un petit guide pour le chineur du dimanche. Qu’est-ce donc qu’un chineur ? 3. Les enzymes jouent un rôle important dans les processus physiologiques de tous les organismes vivants; le mot enzyme est-il masculin ou féminin ? 4. En mai 2012, François Hollande a été élu président de la République française. Mais qu’est-ce qu’une hollande ? a. une plante médicinale; b. une toile de lin très fine; c. une variété de tulipes. 5. Nous avons pris le traversier NM Alphonse-Desjardins pour aller de Lévis à Québec. Que signifie le préfixe NMdans le nom de ce navire ? 6. Sur le boulevard Charest, à Québec, on peut remarquer l’enseigne de l’entreprise Lam-É : Chaînes et élingues. Les chaînes, cela peut toujours aller, mais les élingues ! De quoi s’agit-il ? 7. Comment s’appelle le vêtement que portent les personnes qui pratiquent le judo ? 8. Tartarin de Tarascon (1872) est le titre d’une œuvre d’Alphonse Daudet. Qu’est-ce qu’un tartarin ? 9. Un cul-de-jatte est un infirme qui n’a pas de jambe; mais qu’est-ce qu’une jatte ? a. un récipient très évasé; b. l’instrument qui sert à mesurer la capacité d’un contenant; c. un petit animal qui se déplace en rampant. 10. Quel est le nom de l’affection qu’on appelle familièrement « faire pipi au lit » ? J’attends de vos nouvelles… Vous aimez les mots. Vous avez des commentaires à formuler ou des suggestions à faire concernant cette chronique La langue dans sa poche. Rien de plus simple. Écrivez-moi à hu-go@sympatico.ca. Cela nous permettra d’échanger sur des questions qui vous intéressent et d’enrichir par le fait même les futures chroniques. Merci à vous! Les réponses page 33.
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L’alambic et l’alouette
Ce jour-là, je me suis levé. Alors que depuis le mois de février, le courage des étudiants(es) du Québec et l’éloquence de leurs représentants(es), tout juste dans la vingtaine, m’inspiraient une immense fierté. Aux prises avec les dogmes du néolibéralisme, je voyais des étudiants prendre position : « nous sommes davantage libres dans vos cages, que vous dans vos clés » [en paraphrasant le poète Vigneault dans son monologue de la Mi-Carême, 1979]. En même temps que leur détermination à remettre en question un modèle marchand de l’éducation me rendait fier de la jeunesse québécoise, elle m’a fait prendre conscience, presque douloureusement, de mon silence et de mon anonymat. Le 18 mai dernier, le poison est devenu actif : l’alambic qui le secrète est légalisé en bonne et due forme. Je confesse ici, à cinquante et un ans, son efficacité réelle : ce jour-là, devant le Parlement et dans les rues de Québec, je suis allé manifester pour la première fois avec les étudiants(es), et j’ai eu peur. Je n’ai pas eu peur des casseurs dont la hargne serait
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Photo: Réal Malouin
Ce jour-là, je me suis levé. Le jour même où le gouvernement du Québec a légalisé un alambic empoisonné. Ce 18 mai 2012 fut votée la Loi 78, qui distille la peur dans les veines de notre démocratie. Et qui, de plus, active un poison létal, entre autres pour la liberté d’expression et de réunions pacifiques. Un poison qui, du même coup, relie les jeunes et leur association à la violence.
« … il fait craindre les policiers, et il vous garde silencieusement assis chez vous. »
aveugle et le nombre légion, si l’on se fie à une certaine rumeur médiatique. Non, pas du tout. La peur que distille l’alambic de la Loi 78 a un large spectre, mais son poison sait aussi être précis : il fait craindre les policiers, et il vous garde silencieusement assis chez vous.
toute autre époque, des enjeux bien différents… Bien sûr. Mais je répondrai quand même ceci : l’identité québécoise ne doit pas s’accommoder d’une démocratie que l’on empoisonne goutte à goutte, en toute légalité.
Mais ce jour-là, une alouette s’est levée en moi. Elle m’a aidé à me tenir debout, à marcher malgré la peur, à quitter l’anonymat de la « majorité silencieuse ». Il y a quarante ans, le grand Félix Leclerc écrivait que l’on a voulu « abattre mon fils, une bonne fois pour toutes. Et lui casser les reins. Et le dos et la tête. Et le bec, et les ailes. Alouette… »
Éric Lemieux Lévis 24 juin 2012
Bien sûr, on me dira que c’était un tout autre contexte que celui dont il est question aujourd’hui, que c’était une
réalise l’espoir
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! S Crise étudiante ou malaise social ?
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grement auxquels semblent se confiner les médias de masse dans leur compterendu de ces événements (sauf une minorité de journalistes bien avisés), il
Photo: Réal Malouin
Ces derniers mois, le Québec a été le théâtre de nombreuses manifestations. Armées d’un carré rouge, d’un drapeau ou d’une simple casserole, des milliers de personnes sont sorties dans les rues de nos villes scandant des appels à la solidarité. En réaction à ce soulèvement historique, la machine à propagande s’est mise à marcher à plein régime. Les carrés rouges sont un signe de violence et d’intimidation, méfiez-vous; ce sont des communistes, des anarchistes, des BS (assistés sociaux). Une recherche sur YouTube nous permet de voir soir après soir des milliers de manifestants chargés par la police et l’antiémeute dans différentes villes et même dans les universités ! Les policiers se font traiter de fascistes et de collabos en référence au régime de Vichy. Ils répondent à grands coups de matraques, de bombes assourdissantes, de poivre de Cayenne et d’arrestations massives. Ouf, et j’en passe… Ce qui semblait n’être au début qu’une crise d’adolescence d`enfants rois qui refusent de payer leur juste part, s’est révélée être le signe d’un malaise beaucoup plus profond, et ce, avec l’appui de plus en plus massif des autres groupes de la société (dont plusieurs étaient... leurs professeurs !). Le 22 mars, ils ainsi étaient plus de 200 000 dans les rues de Montréal, parmi eux des gens de tout âge, à crier leur mécontentement derrière leurs bannières écarlates. Mais par-delà la propagande, les sophismes et le déni-
Carré rouge sur le trottoir de la rue Cartier où on a ajouté BS en signe de mépris à la cause étudiante.
serait temps de se poser la question des véritables enjeux dans ce conflit d’une importance incontestable. En fait, il faut remonter au fameux Rapport Parent (1964) pour voir s’instaurer une volonté ferme en faveur de la création d’un système universel et gratuit d’accès aux études. Selon ce rapport de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec, l’accès gratuit aux écoles offre à tous, sans discrimination entre riches et pauvres, la possibilité d’obtenir une instruction de qualité. L’éducation est un droit et l’État est responsable devant les citoyens de son financement, de sa démocratisation et de la permanence de ses
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structures. Sur ces bases légales et humanistes promulguées par l’État luimême, le réseau des cégeps et des universités a été fondé et fut progressivement développé jusqu’à nos jours. Il apparaît donc clairement ici que le concept de gratuité scolaire n’est ni un mythe ni une utopie ridicule, n’en déplaise à certains… Le Rapport Parent a marqué le passage du Québec dans la modernité. Nous marchions vers une société plus juste, plus égalitaire. Voilà pourquoi au Québec, nous avons eu les frais de scolarité les moins chers au pays, jusqu’ici ! Force est de constater que la grève étudiante est devenue un vaste mouvement de contestation populaire dénonçant ce que l’on appelle le « néolibéralisme ». Il s’agit au fond d’une lutte contre la disparition de l’État providence. Le peuple québécois croit encore à la solidarité et à des notions telles que le partage équitable des richesses et l’égalité sociale. Le projet néolibéral vise la transformation des institutions en favorisant l’accumulation privée de la richesse au détriment du bien commun. De tels projets, s’ils sont menés à terme, aboutissent nécessairement à l’appauvrissement et à l’asservissement d’une couche importante de la société ainsi qu’à la fin de la paix sociale.
Réal Malouin Philosophe et troubadour r.malouin@hotmail.com 21
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! S Solidarité pour une vraie démocratie !
Lors du dernier budget du Québec, d’environ 90 milliards, près de 40 milliards sont allés uniquement pour les soins aux malades. De ces 40 milliards, moins de 10 % sont affectés à la santé préventive. Il est évident qu’avec le peu d’argent consacré à la prévention, le nombre de malades va augmenter en flèche. Le personnel soignant et de soutien devra lui aussi augmenter en conséquence, faisant ainsi grimper davantage le budget. Déjà sur 42 cégeps, 41 d’entre eux offrent un programme des sciences infirmières, dû à la forte demande. Par ailleurs, il manque encore du personnel dans tous les hôpitaux et maisons d’hébergement. Les politiciens et les fonctionnaires deviendraient des HÉROS s’ils réussissaient à mettre sur pied des programmes éducatifs publics pour que les jeunes, les adultes et les personnes âgées aient accès aux bons nutriments, se donnent de
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2. Des programmes publics axés sur la connaissance et l’accès à des activités physiques appropriées à tous les âges favorisant la bonne circulation et allouant une âme à toute personne.
saines habitudes alimentaires, et s’adonnent à des exercices adaptés selon l’âge. La démocratie ne va pas à l’encontre des données scientifiques. Ce que l’on nous apprend de ce côté, c’est qu’un bon nombre de maladies et de cas de pauvreté pourraient par ces mesures être évitées. D’ailleurs les coûts ne peuvent déjà plus suffire, tellement l’augmentation de nouvelles maladies et de nouveaux cancers apparaissent chaque jour.
Photo: Archives Web
Il n’y a jamais eu au cours de l’histoire de richesse autant désirée, que celle d’un peuple bien éduqué et en bonne santé. Le Québec d’aujourd’hui, à risque avec ses 184 milliards de dettes publiques, se prépare à devenir le peuple le plus pauvre et malade de demain. Nous avons près de 1,5 million de personnes vivant sous le seuil de la pauvreté. Le nombre de celles utilisant les banques alimentaires s’élève à 350 000, soit une augmentation de 22 % par rapport à 2008. Cette aide représente 78 % des familles monoparentales.
L’urgence d’enrichir le peuple en créant chez nous la vraie santé, devient la priorité des devoirs de nos élus. Il faut faire passer l’intérêt général avant l’intérêt privé. Les deux plus grandes obligations du CONTRAT SOCIAL dont la responsabilité et la charge reviennent au gouvernement sont : 1. Des programmes publics axés sur la connaissance et l’accès à une alimentation saine, vivante, pleine d’enzymes, de légumes et légumineuses et de crudités donnant de la vigueur au corps. Nous pouvons d’ailleurs produire ces aliments biologiques chez nous.
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Le respect des lois, tribunaux et institutions dépend de la responsabilité de l’État à remplir sa part du CONTRAT SOCIAL. « Le sourire que l’on envoie nous revient ». Gandhi. Les chercheurs de nos universités sont en mesure de calibrer le trésor public; bien commun universel, pour que le peuple québécois devienne riche et en santé au lieu d’être pauvre et malade. Cessons de créer la maladie. Rêvons et bâtissons ensemble une vraie démocratie en y mettant au cœur la souveraineté citoyenne des droits démocratiques. Vivons L’État de droits avant de le créer, en choisissant la santé réelle et la véritable éducation, permettant au peuple québécois de s’épanouir démocratiquement et de vivre heureux ensemble.
Yvon Léveillé Québec
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Le plaisir, comme nous le martèlent les divers médias à grand renfort de publicité, s’achète et se consomme. Toutefois, les choses les plus simples, comme profiter de la nature qui nous entoure, peuvent procurer tout autant de plaisir. À cet égard, les gens de Québec sont réellement choyés : la nature est facilement accessible !
Roches plates, par exemple, il suffit de prendre le circuit 800 qui mène tout près du Parc des chutes. À partir de la Basse-Ville, cela ne prend pas plus d’une vingtaine de minutes… pour être tout à fait dépaysé !
Durant une chaude et radieuse journée du mois de juillet, un, fidèle camelot du journal La Quête, décide de laisser le bitume derrière lui pour quelques heures. Il demande à ses amis de l’Archipel d’Entraide, Mounir et Judith, de le guider dans une escapade nature. Ces derniers lui font découvrir une richesse unique à Québec, communément appelée les « Roches plates ». Ce petit coin de paradis en plein cœur de la nature se trouve à deux pas de Québec, sur le bord de la rivière Montmorency. La facilité d’accès de ce lieu de dépaysement est un détail important à mentionner, car les urbains ignorent souvent que la nature se trouve plus près de chez eux qu’ils ne pourraient le penser. Pour se rendre aux
Les avantages que procure ce type d’activités sont nombreux. Que ce soit dans le but de sortir de son quotidien (pour un moment) afin de se détendre et se ressourcer, de passer un agréable moment en famille ou entre amis ou bien pour simplement sortir de chez soi question de bouger et prendre un peu de soleil… Une activité en plein air ne peut qu’être bénéfique, autant pour la santé physique que pour le moral !
Photo: Judith Anderson
Marcher pieds nus sur les roches plates, déguster un sous-marin en pleine forêt sur sa toile de camping, écouter le grondement de la rivière le visage au soleil… Toutes ces sensations font énormément de bien au moral, si on se fie au sourire qu’affichait le camelot, amoureux du plein air. La possibilité d’accéder facilement à un espace vert et frais est un vrai cadeau pour ce résident de St-Sauveur qui, comme nous tous, a subi les grandes vagues de chaleur cet été.
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Comme le camelot l’a fait, il suffit de demander à des amis ou de s’informer quelque peu pour réaliser qu’il y a une foule d’autres activités accessibles à tous à Québec, qui ne nécessitent peu ou pas du tout de déboursés... S’offrir une croisière à bord de la traverse QuébecLévis ne coûte qu’une minime somme, pour profiter de l’époustouflant paysage donnant sur le fleuve Saint-Laurent. Pour les passionnés de marche, de lecture ou même encore de bicyclette, le parc des Maizerets situé à Beauport est un espace à découvrir ! Il y a également le parc des Braves, situé en Haute-ville, qui dispose d’un terrain assez vaste pouvant convenir à une kyrielle d’activités. Il faut donc
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Photo: Judith Anderson
Un trésor à la portée de tous
oser s’informer pour découvrir l’éventail de possibilités se trouvant à notre disposition ! En ce mois de septembre, où les feuilles des arbres commencent à prendre des couleurs, où l’ensoleillement de nos journées raccourcit peu à peu… Que penseriez-vous de profiter du beau temps qu’il nous reste et vous offrir, tout comme le camelot de la Quête, un petit après-midi de plein air ? Sans oublier votre coupe-vent, bien sûr !
Judith Anderson
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La connexion au féminin « Je suis là, t’en fais pas ! » Combien d’entre vous avez déjà entendu cette phrase ? La réponse reste toujours la même : « Oui, oui, je sais ». En fait, la relation entre deux personnes les pousse naturellement à s’entraider. Cet acte de solidarité les réunit grâce à un sentiment de communauté d’intérêts. Il les rend responsables l’un envers l’autre. Entre filles, une forte entraide se développe, un lien quasi inébranlable qui rassemble émotions et convictions; puisque chacune d’entre elles se reconnaît dans la douleur et les épreuves émotionnelles de la vie. Est-ce que les femmes sont plus solidaires que les hommes ? Existe-t-il réellement une solidarité féminine ? Il n’existe pas de différence physiologique-biologique et cognitive par rapport à l’émotionnel- entre les deux sexes, bien que l’on pourrait penser le contraire. Si nos manières d’agir sont aux antipodes, cela est dû aux comportements que l’on nous inculque dès la poussée du premier cri. Ce sont les stéréotypes sexuels transmis par nos pairs qui forment la personne que nous sommes. Les filles auront tendance à vouloir s’exprimer et discuter de leurs émotions, comparativement aux garçons qui préfèrent garder pour eux ce qu’ils ressentent. De fait, la gent fémi-
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nine ressent le besoin de partager ces sentiments, positifs ou négatifs. À cet égard, les amitiés jouent un rôle capital : qui nous connaît vraiment et qui a notre bien-être à cœur ? Fanny, 20 ans et à l’Université, estime qu’une amie est « celle qui t’aide à trouver des solutions, qui t’apporte un soutien moral et qui agit. Il s’agira peutêtre d’une bonne amie ou d’une mère ». Bref, celle-ci devra être capable de démystifier les souffrances de son alter ego. L’anthropologue américain Melford Spiro démontre que les femmes ont une stratégie qualitative, tandis que celle des hommes est plutôt quantitative. Par exemple, une femme porte plus d’attention aux gestes, actions, paroles et petits détails relatifs à l’autre, tandis que l’homme pense en termes de « service » à rendre à son égal. Aux yeux de bien des dames, il semblerait que les hommes aient un plan cartésien cérébral, qui ferait bien des envieuses. En effet, malgré qu’elles soient de grandes consommatrices de mots, les émotions des femmes sont souvent chamboulées en fonction du stade de leur vie. D’où l’envie de se libérer l’esprit par la discussion. Elles pensent, font des parallèles entre les évènements, et se créent un
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véritable labyrinthe qu’elles seules peuvent démêler. Et pour se remettre les idées en place, quoi de mieux qu’une bonne amie ? L’entraide entre filles : c’est ça ! D’ailleurs « Qui se ressemble s’assemble ». Car toutes les filles partagent le cycle des variations hormonales tous les mois, et se comprennent au premier coup d’œil. Rien à voir avec ces messieurs, qui préfèrent se refermer dans leur coquillage à l’abri de tout « regard ». Nonobstant cet écart dans les humeurs, les deux comportements sont normaux. Imaginons un nouveau-né garçon éduqué avec les stéréotypes sexuels d’une fille, il serait alors fort possible que celui-ci adopte le comportement de son opposé. Le code génétique et la société actuelle forment notre tempérament, point. La solidarité féminine existe, en effet, puisque les femmes s’apportent beaucoup mutuellement par leurs échanges, leur soutien moral et les intérêts qu’elles partagent. Les femmes d’aujourd’hui n’hésitent pas à se tourner rapidement vers leurs consœurs. Cette entraide existe aussi chez les hommes, mais est beaucoup moins visible, étant donné que leurs moyens d’expression sont différents. Les femmes sont solidaires, certes. Mais, il faut toutefois savoir différencier les discours d’amitié et de rivalité, car une femme restera toujours un loup pour une femme.
Marine Detraz
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L a c o n s c i e n c e d ’u n e m a i s o n
Je lui demandai alors comment elle s’appelait. Non seulement elle ne me donna pas son nom, mais elle se mit de plus à pleurer. Moi qui voulais rire à m’en décrocher la mâche-patates comme avec mes amies, c’était raté !!! Je voulus la réconforter en lui frottant l’épaule, mais elle recula sur les bords de l’escalier. Elle se mit à parler. Sa voix résonnait étrangement. - Cela a été injuste pour moi, ce qui s’est passé. Une fille d’ici m’a fait du mal à l’école. Dora, oui, c’est son nom. Du coup, l’idée me traversa que j’étais
face à une folle. - Non, Elsie, je ne vais pas te tuer. Elle se volatilisa en traversant la porte d’entrée. Je me précipitai auprès de mes grands-parents en pleurant. Ils rirent de mon histoire. Mon grand-père, curieux de nature, fit tout de même faire des recherches à propos de cette maison. On apprit qu’une famille, les Bissonnette, y avait vécu quelques années avant que mes grands-parents la louent. Un couple avec justement deux fillettes; Jessica et Dora. Un drame à l’école de Dora s’était un jour produit, ce qui les amena à déménager. Dora et trois de ses amies accusèrent une autre gamine, Véronique, de leur avoir déchiré leurs pantalons. Véronique fut exclue de l’école pendant quelques jours. Sa mère seule à l’élever, décéda d’un cancer cette année-là. Véronique dut alors être placée à la DPJ. Quelque temps après, un incendie éclata dans le grenier de la maison de Dora. Celle-ci prétendit que l’auteure en était Véronique. On n’en sut pas plus. Mes grands-parents finirent par donner cette maison à l’Armée du Salut de
Photo: Archives Web
Alors que je m’apprêtais à rejoindre mes cousins dans le jardin, elle apparut, à ce moment-là. J’étais au bas des escaliers, dans la maison de mes grands-parents. Je me trouvais dans le hall d’entrée. Je me toisais du haut de mes dix ans devant le miroir, quand la petite fille s’approcha de moi. Aussi blonde que j’étais brune. Je pensai que c’était la fille d’un des voisins que mes grands-parents avaient invitée.
Québec, peut-être en souvenir de Véronique, mais je l’ignore. Récemment, je suis allée à l’Armée du Salut pour faire un don…Voyant soudain une jeune femme à un stand portant le nom de « Dora Bissonnette » sur son badge, je lui demandai si elle avait déjà habité à cette adresse. Elle se troubla. - Oui, et j’y ai été très malheureuse. Personne ne me comprenait. En grande souffrance, j’ai fait souffrir beaucoup de monde. C’est pour cela que je suis bénévole ici. - C’est amusant…car moi aussi j’ai habité cette maison étant enfant. Une fillette brune s’approcha d’elle. - Véronique, ma chérie, je te présente une amie qui s’appelle… - Elsie. Véronique me regarda étonnée. C’est alors que Dora éclata de rire. - Elsie est le prénom de sa poupée !!! La nuit qui suivit, j’ai revu Véronique. Ma Véronique à moi. Dans mon rêve, je retournais dans la maison de mes grandsparents. Véronique dans le miroir, me sourit : « Merci Elsie d’être passée ».
Laurence Ducos
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Photo: Archives Web
Éloge au ménage
Carole (prénom fictif) est préposée au service d'entretien ménager à domicile chez des personnes âgées et handicapées. Elle aime son travail, mais me confie que souvent elle rencontre des personnes qui ont beaucoup de préjugés et qui la regardent de haut parce qu'elle exerce ce métier. Je lui dis alors : « Tu connais l'adage populaire “il n'y a pas de sots métiers, mais que de sottes gens” ». Par exemple, les préposés aux ordures ménagères sont aussi importants que le maire Labeaume et ses conseillers. Imagine s'ils étaient en grève, comment la ville serait malpropre et malodorante. Les personnes qui exercent ces métiers sont nobles et ont droit au respect et à l'appréciation. Je dirais même qu’on devrait admirer leur courage. Malheureusement, mon amie rencontre des gens gâtés, qui croient que tout leur est dû et qui ne considèrent pas les services qu’elle leur rend. « Il faut que ce soit “ service pour service ” et ces gens-là sont chanceux de t'avoir comme aide de maison et tu es chanceuse de les avoir, car cela crée ton emploi ». Pour que tout fonctionne, il faut de la réciprocité et une bonne communication ! Je comprends maintenant que de telles personnes peuvent souvent faire des " burn-out ", si entre autres elles ne ressentent aucune reconnaissance ou un manque de respect ! J'ai partagé avec Carole le texte À la défense du ménage, paru sous la plume de Maxime Johnson dans l’édition de mai du magazine Jobboom. En voici un extrait : « En règle générale, l'entretien ménager n'a pas la cote auprès de la race humaine. 26
Il brise les couples, sape le moral des uns et fait rager les autres. Pourtant, une bonne session de nettoyage peut être une chose merveilleuse, il suffit de changer de perception ! Par exemple, faire le ménage est une excellente façon de faire de l'activité physique. Frotter un bain crasseux, c'est exercer ses triceps et biceps tout en faisant monter son rythme cardiaque. C'est comme pédaler sur un vélo stationnaire, mais en mieux, on avance dans quelque chose ». Et j’ajouterais que nous en ressentons de la satisfaction, de la gratification. Carole rappelle parfois à ses clients que les deux heures de travaux ménagers qu’elle leurs offre lui permettent de maintenir son poids et d’augmenter son énergie, tout en gagnant un salaire, au lieu d’avoir à payer le prix exorbitant que demandent la plupart des gyms. Je sais que c'est fastidieux, voire emmerdant parfois de nettoyer, mais après coup, nous apprécions le résultat de nos efforts : qu’il est agréable d’être dans un environnement propre, ordonné et si l’envie vous en dit, bien décoré. Pour avoir un chez soi confortable, ça vaut la peine de changer notre perception du ménage et de voir de façon plus positive les efforts que nous devons faire chaque jour pour maintenir notre lieu de vie sain !
Christiane Voyer
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Photo: Francine Chatigny
Impression préélectorale
Tu sais je suis de passion Moi quand j`aime ce je fais De mon temps m`y absorbe à fond Je vise à faire du parfait
On n`est plus de ces jeunes à front À peu tout on le saurait De face ou en télévision Je désire qu’être moi le vrai
Je ne fais prémonition De politique d`après De votes d`élection Tend à me garder stable concret
Tu sais de moi ma condition De mes instants y a un après De mes travaux amours ont nom J`aime le réel et le concret
Avec mes défauts de façons Si l`apparat suffisait À se créer des amis des bons Pour député on m`élirait
On est deux a prise décision Réfléchis en êtres discrets À peu de l`indiscrétion De chacun de nous on a respect
Tu sais de moi je ne suis con À m`abaisser avec ces niais Qui détruisent tout en jurons Je ne fonctionne avec si et mais
Ami est sans contrefaçon Un député sa jase promet Un amour ça a d`horizons Je ne suis qu’être imparfait
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Marcel Guy Mailloux
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Société à la course C’est racisme et sexisme C’est travailler à la retraite C’est gouverner tout croche C’est se laisser faire ou mourir C’est chanter bas et censuré C’est écrire des nouvelles redondantes C’est se plaindre en silence C’est se coucher tard Et se lever tôt C’est se trouver des raisons Pour ne pas retourner ses appels C’est se nourrir à la va-vite Boire de l’alcool léger C’est le sport, la mode, l’automobile C’est le maquillage, la pop, la télé… C’est le plastique, les bidous, la vente C’est la mise en cage… C’est la star mania, le sexe, le gaz C’est l’ordre des psychologues du Québec… C’est la dentition refaite, le faux soleil C’est l’extrême droite, l’HD… C’est la myopie, le Club Med, la roche C’est l’impulsivité… C’est l’implantologie, le cancer, le café C’est le casino, le chocolat… C’est la susceptibilité, l’opportunisme.
Photo : Archives Web
Julie Cartier
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Photo : Archives Web
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Pied de nez en six temps
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De tout ce qu’il y a Dans ce qui m’enchanta Dans ce que l’on nomme L’Art, le Beau en somme!
Illustration : Danièle Rouleau Photo : Francine Chatigny
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Jasmin Darveau
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Participer activement au développement de notre milieu. LA BOÎTE À PAIN
CAFÉ NAPOLI
289 Saint-Joseph Est, Québec (St-Roch) Lundi au samedi 6 h 30 à 20 h Dimanche 6 h 30 à 17 h 30 Tél. : 418 647-3666
396, 3e Avenue, Québec (Limoilou) Lundi au mercredi 6 h 30 à 18 h 30 Jeudi et vendredi 6 h 30 à 19 h Samedi et dimanche 7 h à 18 h 30 Tél. : 418 977-7571
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Chloé Très cher cœur Chloé, Je voudrais tant t’aimer Mais je suis trop impur Pour ton cœur bleu azur De mes vingt ans, je n’ai plus l’innocence Et il te faudrait me pardonner Mes cinquante ans et toutes ses frivolités Il te faudrait tant de clémence.
Va ailleurs pour ton bonheur Ma chérie Chloé Mais viens parfois d’amitié Sur les deux joues m’embrasser C’est plus beau à mon âge la noble amitié.
Gaétan Duval
Photo : Francine Chatigny
Je me suis assagi dernièrement, Tu m’as rencontré, il y a peu de temps Mais, mon tranquille automne Est-il suffisant pour que tout, tu me pardonnes. Mon doré silence Attire des autres, maintenant l’indulgence
Mais si tout, je racontai On saura que je n’ai pas toujours été conte de fées Et saura-t-on cela tout oublier En ne regardant que champs de blé De mes belles dernières années,
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Inventaire
Marcel Guy Mailloux
Tout doucement...
En calme le musculaire Ce petit massage Il n`a d`heure d`horaire Fin du petit massage Songe de suite sa fête Ce petit massage. Raconte ta soie légère.
Photo : Archives Web
Ton petit massage À perte graisse peut-être Détente de messagère Qui ira au souffle du rêve Ton petit massage S`il ne rajeunit les pairs Il rapporte de bien-être Ce petit massage.
Photo : Francine Chatigny
Ton petit massage De l`amour égard naître D`habitudes à parfaire Ton petit massage, Intime à paume légère Dans sa manière de faire Sensuel pour les deux chairs Il est d`effleure peu cher Ton petit massage A comme prix deux êtres Qui eux savent se complaire Il est désir sauve paraître Ton petit massage Il espère satisfaire.
Photo : Archives Web
Ton petit massage, Du choix de partenaire Ton petit massage Se veut tendre à plaire Ton petit massage Une vision de deux êtres.
Un jour, le temps s'arrêta Et les musiques aussi Rien du tout ne bougea Plus aucune symphonie Les Dieux voulaient faire le point Et contempler de Leurs yeux Ce que devenaient les humains S'ils ne jouaient trop avec le Feu Ils y découvrirent, entre autres choses Des poètes qui de guerre lasse De chercher le jour, rendu morose Tombaient, contraints, en disgrâce Des enfants qui par la guerre, avaient tout abandonné Des hommes qui croyaient tout conquérir Des larmes qui pour toutes causes devaient couler Des femmes en pleurs, ne sachant que gémir Mais ils virent aussi, regardant à la loupe De bien près, il Leur fallut avouer Telles d'éphémères lanternes allumées Des âmes qui partageant la même route Souhaitant ainsi tout braver Avaient, tout doucement, décidé de s'aimer
Photo : Francine Chatigny
Photo : Francine Chatigny
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Jasmin Darveau
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&HQWUH 1DvWUH RX QH SDV 1DvWUH 5 5 5 5 5 eFRXWH HW DLGH PDWpULHOOH SRXU OHV IHPPHV HQFHLQWHV 5 5 5 FKHPLQ 6DLQWH )R\ 4XpEHF 7pO 5 FHQWUH QDLWUH#YLGHRWURQ FD 5 55 ZZZ FHQWUHQDLWUH RUJ 55 9LROHQFH ,QIR 6HQVLELOLVDWLRQ LQIRUPDWLRQ HW LQWHUYHQWLRQ SRXU FRQWUHU OD
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/LV PRL WRXW /LPRLORX 5 5 5 H 5XH 4XpEHF 5 5 7pO OLVPRLWRXW#TF DLUD FRP 5 5 /D 0DUpH GHV PRWV FKHPLQ 5R\DO 4XpEHF 55 5 7pO
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LA LANGUE DANS SA POCHE 1. Les deux mots sont employés, mais la recommandation officielle est « cancérogène ». 2. Le chineur est une personne qui aime chiner, c’est-à-dire qui aime fouiller dans les marchés d’occasion. 3. Le mot enzyme est masculin ou féminin, comme avant-midi, pamplemousse, réglisse. 4. b. Une hollande est une toile de lin très fine. Une hollande est aussi une porcelaine fabriquée en Hollande. 5. NM signifie : navire à moteur. C’est l’appellation officielle choisie par le gouvernement du Québec pour remplacer le sigle international MV (Motor Vessel).
6. Une élingue se définit ainsi (Le Robert) : cordage dont on entoure les fardeaux pour les soulever; filin garni de crocs utilisé pour mettre à la mer un canot léger. 7. Les personnes qui pratiquent le judo, les judokas, portent le judogi; ce dernier est souvent appelé, improprement, kimono. 8. Un tartarin est un vantard, un fanfaron, un menteur; tartarinade signifie : vantardise. 9. a. Une jatte est effectivement un récipient de forme arrondie, très évasé, sans rebord ni anse ni manche. 10.L’affection qui se caractérise par une émission involontaire et inconsciente d’urine s’appelle « énurésie ».
SOLUTION
LE JEU DE LA QUÊTE 1
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Lendemain de veille… Martine R. Corrivault
Ouf... quel été nous avons eu ! Au moment où cette chronique est rédigée, nul ne sait à quoi ressemblera le 5 septembre 2012, sauf peut-être à un lendemain de veille. Lendemain d’élections, de Jeux olympiques, de Madonna, de la fête du Travail, de la rentrée scolaire … veille de l’automne. Une journée ordinaire, un peu de calme entre deux coups de vent : aujourd’hui reste la veille de demain. La campagne électorale, chaotique au gré de l’égo des candidats vedettes, des promesses de changement et des réactions des médias — sociaux et traditionnels – laissera des traces, comme ces graffitis que l’on voit, sans les regarder. Pour les changements, il faut du temps : d’abord savoir à quoi l’on tient pour laisser pousser les racines du désir des transformations dans la tête, le cœur et les comportements de chacun. Surtout, cultiver la volonté d’évoluer. À ce titre, la crise étudiante des derniers mois en témoigne, et ses conséquences restent à venir parce que le plus difficile reste à faire, tant pour les activistes que pour les résistants et les suiveux. Aujourd’hui, à mi-campagne électorale, des adolescents radicaux votent encore pour continuer la grève des cours menée contre la hausse des frais de scolarité, alors qu’une majorité plus réaliste aspire rentrer en classe pour préparer demain, car il y aura d’autres terrains pour lutter. Cette bataille n’est pas locale : la jeunesse chilienne la mène aussi depuis des mois, sur des bases beaucoup plus urgentes qu’ici. Là-bas, la réalité pose au 34
monde civilisé la vraie question : quelle valeur la société donne-t-elle au libre accès de tous à l’éducation ? Chaque sou consacré à l’éducation devrait être perçu comme un investissement pour l’humanité et non une dépense politique. Mais l’argent appelle l’argent. Ainsi à Londres, les milliards consacrés aux Jeux olympiques rapportent plus de fierté que d’or aux simples citoyens : les retombées économiques vont aux grands investisseurs immobiliers et à ceux qui croient qu’il suffit de servir du pain et des jeux pour neutraliser les revendications. Le Canada a surtout récolté du bronze; l’important étant de participer, dira-t-on. Reste à savoir pourquoi on investit autant dans ce gros party international. L’élitisme sportif cultive des illusions d’un autre âge, mais motive l’activité physique pour plusieurs. Le monde moderne a toujours besoin d’idoles pour se mobiliser. Les médias qui en vivent ne finissent plus d’en générer en vue de les encenser... pour vite les oublier au profit de nouvelles. Ce culte, omniprésent dans le monde du spectacle, éclipse les valeurs à l’origine des manifestations. L’important n’est pas la culture, le dépassement de soi, le développement des talents, mais l’éventuelle rentabilité des performances. En termes publicitaires surtout, même si l’omniprésence des commanditaires finit par exaspérer. Comment les 300 $ du billet pour voir Madonna sur les Plaines, serviront-ils l’évolution de nos libertés d’expression individuelle et culturelle? Courir ainsi les vedettes, ça ressemble à un symptôme d’aliénation.
L’invasion de l’Internet et des nouveaux médias multiplie les occasions de s’agiter, à toute heure du jour et de la nuit, et où que l’on soit. Des politiciens l’ont compris lors de l’élection d’Obama, ce qui ne les empêche pas, à quelques semaines du scrutin 2012 chez nos voisins du Sud, de gaspiller encore des millions en publicité pour proclamer que leur clan réunit les bons, et l’autre les méchants. Les dommages collatéraux ne frappent que les autres! Et tant pis si un psychopathe trouve, en deux clics de souris, des armes pour massacrer ses voisins ! Pas question de changer l’American way of life ! Les grands événements confrontent droits individuels et solidarité sociale : toute solidarité passe par le respect de la dignité humaine. Saint-Exupéry, dans son roman Pilote de guerre, écrivait avant la guerre de 1939 : « Chacun est seul responsable de tous ». L’humanité n’apprend rien de ses erreurs, et à chaque lendemain de veille elle se révèle prête à les reproduire. Que fait-on après le 5 septembre ? Et le 11 septembre ? Et le 4 novembre ? Aujourd’hui, lendemain d’hier, reste la veille de demain. Cessons de pavoiser avec des promesses et agissons !
D’accord, le sentiment d’appartenance et de solidarité ressenti au cœur d’un rassemblement d’humains qui observent et réagissent collectivement devant un spectacle, une performance ou un appel à la mobilisation reste grisant. Le temps d’une prestation, on oublie sa réalité ordinaire, son quotidien, ses factures et les lendemains qui déchantent. On ne réfléchit pas dans l’agitation et le bruit !
réalise l’espoir
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No 147 Septembre 2012
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