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Nouveau prix

3$

No 145 Juin 2012

Le magazine de rue de Québec

e l r i r

r u o N

c e éb

Qu

Photos : Francis Fontaine

www.centraide-quebec.com w ww.centr e aide-quebec.com | 4 418 18 660-2100 S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant une carte d’identification 3$ contribution volontaire. 2$ sur le prix de vente va directement au camelot.

• Bons baisers de Kamouraska • Dénaturer la terre • Des valeurs hors de prix ? • Du terroir au tapis rouge • Ça mijote au labo

+

Cahier Spécial 25e anniversaire Centre de crise de Québec


m

Posez un geste concret...

Faites le don! Magazine La Quête L’Archipel d’Entraide

Assemblée générale annuelle 2012 La population de Québec est conviée À la séance publique d’information et à l’assemblée générale annuelle de l’Archipel d’Entraide

p Le mardi 12 juin 2012 à 19h00 d À la Salle Hypérion 190, rue Saint-Joseph Est (coin Caron) Québec (Québec) G1K 3A7 Les portes ouvriront dès 18 h 30 Un buffet sera servi

10$ 20$

50$ autre:_______

Voici où vous pouvez faire parvenir votre contribution: Journal La Quête L’Archipel d’Entraide 190, rue Saint-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7 Tél : (418) 649-9145

Merci!

Pour toutes les contributions supérieures à 20 $, nous donnons des reçus admissibles pour votre déclaration de revenus. Pour des montants inférieurs, en faire la demande.


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Sommaire 5

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Mot de la coordonnatrice

Une hausse justifiée

Nouveau prix

3$

!

Taxer la malbouffe

Francine Chatigny

François Pagé

Bons baisers de Kamouraska

7

Éditorial

Rémy-Paulin Twahirwa

Des valeurs hors de prix ?

8

Océane Périé

Dénaturer la terre

9

François Pagé

Image :

10

Du terroir au tapis rouge Marine Detraz

Céder son patrimoine

Ça mijote au labo

11

12

Gabrielle Thibault Delorme

Julie Cartier

« Ça madame, c’est tout fait ici. Tout ce comptoir-là. Des bons produits pour la santé », dit une cliente à l’épicerie du coin. Marine Detraz Rédaction professionnelle et langue française, spécialisée en communication publique, 2e année.

C A H I ER  S P ÉC I A L 25 anniv e rsaire   d u   C e n t re   de   cris e   de   Q u é be c e

!

Éc rivan t s   e t   p o è t e s 17

Une surprise de taille Laurence Ducos

L’expansion de son moi

L’individualisme comme contention

19

Monique Dufour

France Lévesque, Rachel et Benoît Élie

20

C hro n iqu e s Les carottes sont cuites

Du pain, du beurre et de l’équité

13 Juin 2012

30

Robert Maltais réalise l’espoir

Martine R. Corrivault 3


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PAGE COUVERTURE Photos : Josée Normandeau et Archives Web Conception graphique : Karyne Ouellet

r é a l i s e r l’ e s p o i r

Éditeur Pierre Maltais

Camelots recherchés

L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un mo-

Hey toi!donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la ment Tu as 18 ans ou plus. société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinéTu veux te faire quelques dollars?

rance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort - des + # + / plus % % 35 51défavorisés, 0' 5 0 & 13$ 5 + * l’Archipel 5 0 + / 3$ 5 d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal deQuête rue est destiné à la vente - sur la rue !- par des personnes en difficulté, Vends le magazine de rue La notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs 0, 5& % , * 5 / ' de !0 réaliser + 1/ 0' * 5 qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabicapacités, Appelle-nous au leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie. lités, améliorer 418 649-9145 poste 33 Ou L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également Viens nous rencontrer au des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien 1 5 , 35 1 0* 3& 5 * 15 0/ ' 5 + 0' 5 dans par le biais de son service Accroche-Toit. + ' * 5% la% /recherche * 35 + , 3* d’un + 1/ 3 logement 5

/ Archipel d’entraide

Une tribUne poUr toUs Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu. Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux. Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 11 du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique de juillet: Le bal des festivals.

Coordonnatrice Francine Chatigny CONSEILLERS À L’ÉDITION Martine Corrivault, Jacques Dumais, Robert Maltais RÉDACTRICE EN CHEF Valérie Gaudreau RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Isabelle Noël ÉDITORIALISTE François Pagé CHRONIQUEURS Martine Corrivault, Robert Maltais

Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.

Suivez-nous sur

Éditeur parrain Claude Cossette

JOURNALISTES Julie Cartier, Marine Detraz, François Pagé, Océane Périé, Gabrielle Thibault-Delorme, Rémy-Paulin Twahirwa, Mélyssa Turgeon

Faire des soUs en devenant camelots

ÉCRIVANTS Monique Dufour, Laurence Ducos, Benoît Élie

Les camelots récoltent 3 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31

POÈTES Julie Cartier, Jasmin Darveau, Marcel Guy Mailloux, Stéphane Okemvelé, Pierre-Marc Paré AUTEURS DES JEUX Hélène Huot, Jacques Carl Morin RÉVISEURE Nathalie Thériault DIRECTRICE PHOTO Josée Normandeau PHOTOGRAPHES Julie Cartier, Marine Detraz, Josée Normandeau, Mathieu Perron, Mélyssa Turgeon ILLUSTRATEURS Stéphane Bellefeuille, Danièle Rouleau INFOGRAPHISTE Karyne Ouellet et Julie Duplanty AGENTE DE PUBLICITÉ SOCIALE Geneviève Thompson

Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.

IMPRIMEUR Imprimerie STAMPA inc. (418) 681-0284

COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE Camelots recherchés Hey toi! Tu as 18 ans ou plus. Tu veux te faire quelques dollars?

Nom: Adresse: Ville: 0, 5& % , * 5 / ' !0 + 1/ 0' * 5 Appelle-nous au postal: 418Code 649-9145 poste 33 Ou Viens nous rencontrer au Courriel: ) 5 , 35 1 0* 3& 5 * 15 0/ ' 5 +

- + # + / % % 35 510' 5 0 & 13$ 5 + * 5 0 + / 3$ 5 Vends le magazine de rue La Quête

+ ' * 5%

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, 3*

Abonnement régulier Abonnement de soutien Abonnement institutionnel

60$ 75$ 85$

Journal La Quête 190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7 Téléphone: 649-9145 Télécopieur: 649-7770 Courriel: laquetejournal@yahoo.ca

0' 5

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La Quête est appuyée financièrement par :

Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI)

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Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien

réalise l’espoir

Juin 2012


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M o t   de la coordonnatrice

Une hausse justifiée ! Je vous rassure toute de suite, je n’aborderai pas ici l’épineux sujet faisant la manchette depuis plus de 100 jours. En contrepartie, celui dont je vous parlerai vous concerne directement en tant qu’acheteur-lecteur de La Quête, soit la hausse du prix de vente du magazine de rue que vous avez entre les mains. Vous l’avez sans doute remarqué, — peut-être avez-vous même rechigné un peu — ce numéro de juin 2012 coûte 3 $ alors que les éditions antérieures se vendaient 2 $ depuis près de… 17 ans. Avouons que cela n’est pas vraiment exagéré : on s’empresserait de voter pour le premier gouvernement qui nous promettrait une seule augmentation d’impôt en 17 ans, pas vrai ? Mais la vraie bonne nouvelle n’est pas que l’on vous a fait épargner pendant toutes ces années, c’est que cette hausse profitera exclusivement aux camelots. Contrairement aux journaux de rue de Montréal et de Sherbrooke, où les profits tirés de l’augmentation du prix de vente ont été répartis également entre les camelots et les organismes qui produisent la publication, les camelots de La Quête empocheront la totalité des profits engendrés. À titre de travailleurs autonomes, les camelots se procurent des exemplaires à 1 $. À partir de maintenant, ils les revendent 3 $ faisant ainsi le double de profit comparativement à avant. Une augmentation beaucoup plus significative que la récente hausse du salaire minimum.

santé mentale, de toxicomanie, de violence familiale ou de désorganisation sociale et dépourvue de groupe d’appartenance stable 1 ». Non seulement ceux-ci vivent-ils simultanément de multiples problèmes, mais les itinérants sont de surcroît marginalisés, exclus ou discriminés. En achetant La Quête, vous venez en aide à cette frange méprisée de la société. On ne saurait assez vous en remercier.

Le numéro de juin Nourrir le Québec : thème aussi vaste que le territoire que l’on habite. De l’utilisation de nos terres agricoles aux expériences en laboratoire, de retour à la terre au glamour des produits des terroirs, du bien manger au combien payer, voilà un aperçu des thèmes qui ont alimenté les journalistes bénévoles pour cette édition. La Quête est fière de présenter un cahier spécial sur Le centre de crise de Québec (CCQ), lequel célèbre son 25e anniversaire cette année. Le CCQ qui offre des services inestimables à la population de Québec est certes un organisme à découvrir. Bonne lecture !

Francine Chatigny

À propos de La Quête Publiée depuis 1995, La Quête offre une alternative à la mendicité aux personnes itinérantes ou à risque d’itinérance. Des centaines de camelots, hommes et femmes, ont recouru à la vente de La Quête pour traverser des périodes particulièrement difficiles. Certains camelots en font leur mode de vie et s’adonnent à cette activité pendant des mois, voire des années. Si la principale motivation à vendre La Quête est l’apport financier, l’aspect social – rencontrer des gens, briser l’isolement est, quant à lui, non négligeable. La Quête se veut en outre un porte-voix pour ceux qui n’ont pas la possibilité de se faire entendre auprès des grands médias. Textes d’opinion, témoignages, créations littéraires, peu importe la nature de l’écrit, La Quête se fait un devoir de publier les textes provenant des gens du peuple. Enfin, La Quête donne la chance à des étudiants en journalisme de l’Université Laval de faire leurs premières armes à l’extérieur du campus. S’il est vrai que leur collaboration est essentielle à l’élaboration de la partie thématique du magazine, nous veillons à leur offrir une expérience enrichissante en leur offrant l’occasion de côtoyer des journalistes professionnels – les rédacteurs en chef bénévoles qui se sont succédé au cours des années provenaient pour la plupart du quotidien Le Soleil.

À propos de l’itinérance Souvent réduite à sa plus simple expression — dormir dans la rue —, l’itinérance revêt de multiples visages. La personne en situation d’itinérance est celle : « […] qui n’a pas d’adresse fixe, de logement stable, sécuritaire et salubre, à très faible revenu, avec une accessibilité discriminatoire à son égard de la part des services, avec des problèmes de santé physique, de

Juin 2012

Camelots recherchés Hey toi! Tu as 18 ans ou plus. Tu veux te faire quelques dollars? - + # + / % % 35 510' 5 0 & 13$ 5 + * 5 0 + / 3$ 5 Vends le magazine de rue La Quête 0, 5& % , * 5 / ' !0 + 1/ 0' * 5 Appelle-nous au 418 649-9145 poste 33 Ou Viens nous rencontrer au 1 ) Définition 5 , 35 1du0*Comité 3& 5 des * 15 sans-abri 0/ ' 5 + 0'de 5la Ville de Montréal, 1987, reprise par le Comité interministériel sur l'itinérance, 1993 + ' * 5% % / * 35 + , 3* + 1/ 3 5

réalise l’espoir

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Éditorial

La pauvreté a une connotation exotique pour plusieurs Québécois. Comme s’il s’agissait d’un phénomène réservé à d’autres pays, voir d’autres continents. Entre deux guignolées, une sorte d’amnésie collective prévaut, comme si on avait faim que pendant le temps des Fêtes. Un peu plus de quatre pourcent des Québécois vivent de l’insécurité alimentaire. Près de 350 000 personnes ont dû recourir à des banques alimentaires au cours de la dernière année.

Taxer la 

malbouffe

Avec cette mesure, le Québec ferait d’une pierre deux coups. Selon Statistique Canada, le taux d’obésité a pratiquement doublé entre 1978 et 2005 et avoisine aujourd’hui les 25 %. Si on ajoute à ce nombre les Canadiens qui souffrent d’embonpoint, le surpoids frappe près de 60 % de la population.

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Photo : Archives Web

De même, les politiciens qui se félicitent d’avoir évité au Québec le sort de la Grèce et qui clament sur toutes les tribunes que, grâce à leur saine gestion, le pays a été épargné par la récession, devraient se garder une petite gêne. Depuis la crise économique de 2008, l’association Banques alimentaires Québec a enregistré une hausse de fréquentation de 22 % de ses services.

Or, la grande majorité des utilisateurs des banques alimentaires vivent d’abord de rentes de l’État. Dans le Bilan Faim 2011, on trouve au premier rang l’aide sociale comme principale source de revenu pour plus de 60 % d’entre eux. Suivent les pen-

Mais il y a longtemps que les gouvernements de tous horizons ont laissé tomber la partie « sociale » de la fameuse socialedémocratie québécoise. La mode est plutôt aux cures minceurs quant il est question du budget de l’État. Ainsi, une taxe substantielle sur la vente au détail de la malbouffe pourrait approvisionner un fond consacré à l’accessibilité des aliments de base. À défaut d’augmenter les revenus des plus démunis, cela permettrait de réduire significativement la facture d’un panier d’épicerie considéré comme sain.

Malgré la multiplication des émissions de cuisine qui vantent la saveur du litchi de Madagascar et l’avènement des foodies qui discutent d’huile d’olive comme on discuterait d’un Van Gogh, on parle beaucoup de nourriture mais peu d’alimentation. Avant de disserter sur la démocratisation de la cuisine, il faudrait d’abord s’assurer que tout le monde mange à sa faim.

De façon plus générale, la Coalition pour la souveraineté alimentaire souligne que le coût du panier d’épicerie a augmenté trois fois plus rapidement que les revenus des consommateurs au cours des dix dernières années.

qui en toute logique n’est pourtant pas un luxe.

sions de vieillesse, l’assurance-emploi et les prestations de la CSST. La solution simple serait de bonifier l’aide versée. Alors qu’en 2009 les ménages québécois ont dépensé en moyenne 7215 $ pour leur alimentation, le montant moyen des prestations annuelles d’aide sociale par ménage était de 8315 $, selon l’Institut de la statistique du Québec. Même en considérant qu’il est possible de se nourrir pour moins de 7000 $ par an, cela laisse peu de marge pour se loger et se vêtir, ce

réalise l’espoir

Or, ce phénomène pèse lourd sur la société. D’après la Coalition québécoise sur la problématique de poids, l’embonpoint et l’obésité coûtent 30 milliards par année au Canada en soins médicaux et en perte de productivité. Le nombre de personnes souffrant du diabète a fait un bond de 50 % depuis le début des années 2000 et cette maladie touche aujourd’hui environ 500 000 Québécois. Une taxe sur la malbouffe ferait payer aux consommateurs le coût réel des aliments malsains qu’ils achètent. L’objectif premier devrait toutefois demeurer d’en faire une accise visant à offrir à chacun la possibilité de se nourrir à sa faim, et surtout pas un moyen de remplir les coffres de l’État et d’alléger les dépenses en santé.

François Pagé Juin 2012


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Bons baisers de Kamouraska

Mathieu Perron est un exemple de cette relève provenant du milieu urbain. Ethnologue de formation, le Montréalais de 35 ans a quitté sa ville natale pour vivre une passion qui ne cessait de l’habiter depuis longtemps. En effet, encore étudiant au cégep, Mathieu découvrit le Bas-Saint-Laurent. « Mon travail d'été avait été d'organiser divers voyages avec des groupes d'adultes handicapés intellectuellement, notamment au Bas-SaintLaurent. Le coup de cœur provient justement de ce voyage ». Une fois ses études terminées, son nouvel emploi l’a amené à retourner à la campagne. « Comme ethnologue, j’avais déjà travaillé sur les fermes. Au début, j’y ai vécu un peu pour mon travail. Finalement, la tentation est devenue trop grande. Je voulais faire plus qu’étudier la campagne », je voulais la vivre. C’est ainsi qu’au tournant de la trentaine, Mathieu a entamé des études collégiales en agriculture au Cégep de La Pocatière, tout en continuant à travailler sur des fermes. En 2006, Mathieu et sa conjointe Marie-Christine, professeur de français, ont acquis leur première ferme ovine familiale au Kamouraska. Ce sont les débuts timides de « L’ami berger ». La même année, « il n’y avait plus que 8 000 producteurs de moins de 40 ans établis au Québec », nous informe au bout du fil Magali Delomier, directrice générale de la Fédération de la relève agricole ( FRAQ ). Cette organisation, qui regroupe 14 syndicats régionaux et est affiliée à l’Union des producteurs agricoles depuis 1982, s’intéresse justement au sort de l’avenir de la relève en

Juin 2012

Photo : Mathieu Perron

Pour « nourrir le Québec », il faut évidemment des mains et des cœurs passionnés. Alors que la demande de produits frais et « bio » ne cesse d’augmenter, le nombre de producteurs locaux, lui, diminue. Dès lors, comment continuer à « nourrir le Québec » alors que la population continue de s’entasser dans les villes et leurs banlieues ? La solution pourrait-elle venir des villes elles-mêmes ?

Mathieu, sa femme Marie-Christine, et leurs deux enfants, Laure et Noé.

agriculture au Québec. Que ce soit par des programmes d’aide financière, comme les Fonds d’investissement relève agricole, par la formation ou encore par la valorisation de la campagne, la FRAQ travaille essentiellement à assurer une relève dans le milieu agricole. Cependant, pour Mathieu, la FRAQ comble principalement un besoin social, une base de contacts. « C'est surtout la Financière agricole du Québec qui a une subvention à la relève de 30 000 $ et qui fournit une aide lorsqu'on négocie notre financement en garantissant certains prêts ». Il confirme par la suite avoir bénéficié de cette subvention. C'est que le premier défi pour toute personne désirant s’établir à la campagne est l’argent. « Le prix, explique Mme Delomier, varie selon le type de produits. Une ferme bovine coûte plus cher qu’une ferme maraîchère, par exemple ». Heureusement pour Mathieu, il avait également son travail d’ethnologue pour arrondir les fins de mois : « On peut aussi faire de la location d’équipements et de bâtiments ».

tendait à avoir plus de temps avec les enfants. Mais quand on a une brebis qui n’arrive pas à accoucher et qu’on doit aller chercher les enfants à la garderie, eh bien, c’est plus difficile ». Il leur a donc fallu concilier le travail et la famille : quand ils ne sont pas à la garderie, Laure et Noé les accompagnent dans leur travail. « Ils ont chacun leur âne », dit Mathieu d’un ton badin. Autres adaptations; les loisirs et le transport. En effet, adieu le vélo ou la marche pour aller à la boulangerie ou à l’épicerie du quartier. « On rentabilise toutefois les déplacements ». Adieu aussi le cinéma à chaque semaine. Amateur de cinéma de répertoire, Mathieu avoue que ce fut un deuil à faire. Des regrets ? « Non, aucun regret. Oui, il y a eu quelques désillusions, mais aucun regret », assure-t-il avec conviction. « L’agriculture, c’est un mode de vie. On l’adopte, c’est tout ».

Rémy-Paulin Twahirwa Études internationales et langues modernes,3e année

Entre le rêve et la réalité, il y a bien sûr beaucoup de différences. « Ce fut assez surprenant de faire 60 heures par semaine. Je ne m’attendais pas vraiment à ça », nous confie Mathieu en toute honnêteté. Père de deux enfants de 5 et 7 ans, il avoue que la vie de famille a été touchée par la nouvelle routine. « On s’at-

réalise l’espoir

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Des valeurs hors de prix? Cette laitue ne contient aucun pesticide ni engrais chimique. Ce poulet a été élevé au grand air, nourri de grains biologiques et n’a reçu aucun traitement hormonal et encore moins d’antibiotique. Par ailleurs, sachez que les agriculteurs qui vous offrent ces produits sont aussi pris en compte. En effet, selon les normes internationales de l’agriculture biologique, « quiconque est impliqué dans la production biologique a droit à une qualité de vie qui satisfasse les besoins fondamentaux, ainsi qu’à des conditions de travail saines et sécuritaires ».

Photo : Archives Web

« Certes, acheter des produits biologiques coûte relativement plus cher qu’une épicerie conventionnelle, mais cela dépend de la manière dont on voit l’alimentation », répond Nicolas Pageau, conseiller expert en agriculture biologique du Ministère de l’Agriculture, de la Pêcherie, de l’Alimentation du Québec ( MAPAQ. ) En effet, manger ne se réduit pas uniquement en un acte de survie selon M. Pageau. Manger peut aussi s’avérer un acte à dimension écologique et sociale. À cet effet, lorsque l’on consomme des aliments biologiques, indirectement on soutient la production locale en plus d’être responsable écologiquement. « L’argent est une valeur absolue. L’aspect biologique, lui, fait appel à des valeurs intangibles. Lorsque l’on sait tout ce que cela implique, ça en vaut vraiment la peine ».

Meilleurs au goût, plus nutritifs, plus écologiques, les aliments biologiques ont pour ainsi dire tout pour plaire aux consommateurs ayant à cœur leur santé, mais aussi l’environnement. En effet, depuis les dix dernières années, les consommateurs canadiens, et plus particulièrement ceux d’origine québécoise, cherchent une consommation responsable. Gras trans, cruautés animales, scandales de contaminations, organismes génétiquement modifiés ont certes augmenté l’engouement pour les produits biologiques. Résultats ? Une récente analyse du marché des produits biologiques au Québec mandatée par la Filière biologique du Québec révèle que 55 % des 718 répondants ont affirmé consommer des produits biologiques et 80 % d’entre eux sont prêts à payer 20 % de plus pour ce type d’aliment. Ce sondage révélait également que 70 % des répondants détenant un diplôme universitaire et que 66 % des répondants ayant un revenu familial de 90 000 $ et plus déclaraient consommer des produits biologiques... » 8

En revanche, et malgré leurs nombreux bienfaits ainsi qu’une demande de plus en plus importante, une tendance demeure : la présence d’aliments biologiques dans l’alimentation des Québécois demeure encore faible. La principale raison ? Leur prix. En effet, toujours selon un sondage réalisé par la Filière biologique, un non-consommateur sur deux justifie ne pas acheter de produits biologiques en raison de leur prix élevé. De plus, l’équipe de l’émission l’Épicerie, diffusée sur les ondes de RadioCanada, avait réalisé un petit test maison il y a quelques années dans le but de connaître la différence de prix entre les produits conventionnels et les produits bios. Leur résultat : pour un nombre égal de produits similaires, l’épicerie biologique leur a coûté près de 70 % plus cher. Ainsi, les consommateurs québécois désirent se procurer des produits sains et salubres, mais sans toutefois se ruiner. Dans ce contexte, une question se pose : le prix joue-t-il vraiment en défaveur des aliments bios ?

Le prix des aliments biologiques, qui pourrait en rebuter certains, tend à diminuer selon M. Pageau. En effet, l’augmentation du prix du carburant influe sur la demande des produits conventionnels. Les épandages d’engrais et de pesticides ainsi que le transport nécessitent du carburant essentiel à la distribution de produits conventionnels. Toutefois, comme nous l’avons vu précédemment, les aliments biologiques sont exempts de ces produits. Par conséquent, la différence de prix entre les aliments conventionnels et certifiés biologiques continue à se resserrer. En résumé, manger bio ne revient pas forcément plus cher. Tout dépend de votre motivation à l’achat. Quoi qu’il en soit, les valeurs environnementales, sociales et de mieux-être pour plusieurs Québécois n’ont pas forcément de prix. Ainsi, le bio défie les lois de la physique et, à l’évidence, n’est pas monneyable.

Océane Périé Communication publique, 1re année

réalise l’espoir Juin 2012


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Dénaturer la terre

« En faisant des producteurs des locataires, ce nouveau phénomène vient bouleverser le modèle québécois de l’agriculteur propriétaire à la base de la santé de nos campagnes », a affirmé François L’Italien, auteur du rapport de l’Institut de recherche en économie contemporaine ( IRÉC ), qui a sonné l’alarme en avril dernier quant à l’« accaparement des terres » par des investisseurs. L’étude, commandée par l’Union des producteurs agricoles, révélait qu’en raison de l’instabilité économique, de plus en plus de fonds d’investissement utilisent les terres agricoles comme des valeurs refuges. Ces achats, basés davantage sur la valeur foncière spéculative des terrains que sur leur rentabilité en termes de production, causent une inflation des prix, laquelle est difficile à absorber pour les petites entreprises fermières. Ainsi, selon la Financière agricole, le coût des terres a augmenté d’un peu plus de 11 %, et ce, uniquement en 2010. Pour une superficie correspondant à la moyenne québécoise de 113 hectares, c’est une majoration de plus de 30 000 $. « Faire des agriculteurs de simples locataires et accroître les coûts pour la relève, c’est une recette pour vider les villages. Et la dévitalisation des campagnes a des coûts énormes », s’est inquiété M. L’Italien. Il rappelle que le maintien des services dans des régions faiblement peuplées est très dispendieux pour l’État. Au Québec, les moins de 40 ans ne représentent que 15 % des agriculteurs. « On oublie parfois l’importance de l’agriculture pour notre économie. Ce ne sont pas que les fermiers qui sont concernés. Des entreprises québécoises de transformation comme Oasis ou Leclerc se sont faites des niches importantes dans les épiceries », a souligné le chercheur. Environ 70 % des recettes des producteurs québécois proviennent des transformateurs québécois. Au total, l’industrie agroalimentaire correspond à 6 %

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Photo : Archives Web

L’acquisition de terres agricoles par des fonds d’investissement pourrait coûter cher aux Québécois, selon certains experts.

du produit intérieur brut, soit environ 20 milliards. Selon M. L’Italien, c’est aussi la souveraineté alimentaire du Québec qui pourrait être menacée. « Un peuple incapable de se nourrir est économiquement fragilisé et peut être dominé financièrement ». Il note cependant que malgré l’émoi qu’avait suscité la tentative d’acquisition de 40 000 hectares de terres par des Chinois il y a deux ans, on n’a pas à redouter le détournement des ressources par des capitaux étrangers. « On a beaucoup plus à craindre de nos investisseurs à nous. Ceux qui parlent français et qui vivent à Montréal », a-t-il lancé, en donnant l’exemple des récents achats de la Banque nationale au Saguenay. Selon Maurice Doyon du Centre de Recherche en Économie Agroalimentaire ( CRÉA ), le faible attrait des terres agricoles québécoises auprès des investisseurs étrangers s’explique par leur petite taille et leur caractère morcelé. « Les économies d’échelle désirées par ce type d’investisseurs sont difficiles à réaliser ici ». Toutefois, il est d’avis que même locaux, les fonds d’investissements sont incompatibles avec le modèle agricole québécois. « À titre d’exemple, on a développé une agriculture nordique au Saguenay. Ce genre d’exploitation a besoin d’être soutenue. Les programmes sont conçus pour aider les propriétaires des terres à les aménager pour l’agriculture. Mais si l’argent va à des banques ou des fonds qui s’en servent pour augmenter le loyer des producteurs, on passe complètement à côté de la cible ».

réalise l’espoir

Du côté de l’Union des producteurs agricoles ( UPA ), on prévient qu’au bout du compte ce seront les consommateurs qui paieront la note. « Ça induit une inflation contreproductive. C’est simple, si les coûts de production augmentent, les prix vont suivre. Ce n’est bon ni pour l’agriculteur ni pour le consommateur », a dénoncé Marcel Groleau, président de l’UPA. Il juge d’ailleurs insuffisante la réaction du ministre de l’Agriculture, Pierre Corbeil, qui a donné au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations ( CIRANO ) le mandat d’évaluer la situation. M. Groleau souhaiterait que la vente de terres à des fonds soit suspendue, en attendant le développement de solutions à long terme. « Le CIRANO va répéter avec fatalisme ce que j’ai déjà constaté et en faire la caution politique indirecte », s’est indigné François L’Italien, de l’IRÉC. « La situation est loin d’être inévitable. J’offre des pistes de solution à la fin de mon rapport  », conclut-il.

François Pagé Journalisme, 1re année

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Du terroir au tapis rouge ! Le consommateur est davantage motivé par la beauté des emballages que par la connaissance réelle des produits. Les multiples usages des fromages sont appréciés par bon nombre d’usager canadiens de plus en plus tentés par le goût et les produits de haute qualité et qui contribuent à la croissance du marché des fromages de spécialité. C’est ce que révèle le groupe AGÉCO dans son étude sur la demande québécoise en fromages fins, en 2006.

Photo : Marine Detraz

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« Ça madame, c’est tout fait ici. Tout ce comptoir-là. Des bons produits pour la santé », dit une cliente à

«l’épicerie Ça madame, du c’est coin.tout fait ici. Tout ce comptoir-là. Des bons produits pour la santé », dit une cliente à l’épicerie du coin. Marine Detraz fromage de chèvre cendré de la maison Rédaction professionnelle et langue française, e Alexis-de-Portneuf, a été2élu « meilleur année. spécialisée en communication publique,

du monde 2009 » lors de la compétition World Cheese Award organisée aux Îles Canaries en Espagne. Les années ont fait mûrir les plus récentes expertises et les envies de variétés, pour parvenir à de nouvelles saveurs.

Mise en bouche

L’évolution des goûts au Québec

Les métiers de bouche fleurissent au Québec. Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation ( MAPAQ ) confirme que la belle province compte maintenant 29 969 fermes. L’industrie laitière, catégorisée comme l’activité la plus importante avec ses 9 630 fermes, fournit le Québec en lait — pour tous les types d’usages — et de plus en plus de produits laitiers des chèvres et des brebis pour répondre aux nouvelles demandes dues à l’évolution naturelle du goût des Québécois.

Le Québec a inconsciemment imposé une révolution du goût depuis les années 80. À ce titre, les générations des décennies suivantes ont depuis montré un grand intérêt envers de nouvelles sensations, de nouvelles odeurs, et se laissent tenter par l’arrivée de produits inusités. Justement, les fromages québécois gagnent en notoriété : l’industrie laitière occupe une place importante dans l’éco! nomie québécoise puisqu’elle crée des emplois et que ses chiffres croissent, selon une étude du Conseil des industriels laitiers du Québec inc. Face à l’évolution des goûts, on constate que les Québécois tendent vers des produits dits raffinés, et ce, de façon concrète. Voilà une explication quant à l’ouverture de quelques microbrasseries dans nos régions, ou au fait que 150 des 300 variétés de fromages d’ici sont des fromages fins. L’investissement en qualité devient alors l’élément clé pour se distinguer. Ce qui n’est pas mal en soi, puisque nos papilles ne se lasseront jamais de saliver à la vue ou au goûter de ces fromages québécois.

Tout a commencé dès la fin du XIXe siècle dans le Kamouraska lorsque la première fromagerie-école nord-américaine a permis un apprentissage des productions laitières de la région, qui deviendra alors la première coopérative en opération. En 1962, l’Institut de technologie agroalimentaire situé à Saint-Hyacinthe a défini ses recherches en matière de centrifugation, de pasteurisation, de caillage et de découpage du caillé; dans l’objectif de découvertes chimiques, bactériologiques et nutritionnelles. Le Canada, premier pays à appliquer ces recherches et techniques, suit depuis des critères érigés par le MAPAQ. Sur la scène internationale, les fromages canadiens ont aussi une réputation en or, semblable à celle des fromages de nos amis français. Par exemple, Le Cendrillon,

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MAPAQ et pasteurisation Le MAPAQ exige que le fromage soit traité selon des procédés qui reflètent la société. Ainsi, le Québec adopte la Loi sur la pasteurisation du lait dès 1926, suivie par la pasteurisation du fromage.

réalise l’espoir

Les Règlements sur les aliments et les drogues de Santé Canada stipulent que la quasi-totalité des produits laitiers doivent être pasteurisés. Cela signifie quoi ? Que notre fromage est soumis à des températures qui l’exemptent des micro-organismes et du qualificatif « frais », le goût du produit étant généralement variable suivant ces deux fonctions. Faut-il alors pasteuriser nos produits laitiers ou non ? Les Français, eux, ne les pasteurisent pas, et ils n’ont pas plus de problèmes de santé que les Canadiens. Le gouvernement a toutefois imposé des Lois et Règlements afin d’éviter toute sorte de contamination. Pourtant, des cas de listériose ont souvent été discutés. Certains sont alors frileux de poursuivre leur aventure dans la dégustation de produits laitiers. Le fameux Le Chevalier Mailloux, fromage de lait cru fort en bouche et bien connu des 30-40 ans, a causé tout un émoi lorsque le MAPAQ a interdit au maître Luc Mailloux d’en poursuivre la production. Le fromager semble-t-il ne se pliait pas entièrement aux critères stricts érigés par le ministère. Malgré que ce produit ait conquis bien des pays… et des estomacs, des tonnes de Le Chevalier Mailloux ont été supprimées. Une histoire de passion et de rigueur à débattre. Quoiqu’il en soit, cela ne freine pas les fromages du Québec qui, malgré tout, gagnent du terrain jusqu’en Europe.

Marine Detraz Rédaction professionnelle et langue française, spécialisée en communication publique, 2e année Juin 2012


Photo : Marine Detraz

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Photo : Archives Web

Ça mijote au labo  Fini le temps où les aliments ne servaient qu'à nourrir. Aujourd'hui, ils peuvent prévenir et même guérir les maladies. C'est du moins la promesse que nous fait la science de l'alimentation. Un domaine en pleine évolution. À l'Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels ( INAF ) de l’Université Laval, les recherches sont menées par le plus important regroupement de chercheurs au Canada à se consacrer entièrement aux interactions complexes entre les aliments, leurs composantes, la nutrition et la santé. « Dans un nutraceutique, on prend une molécule identifiée, on la purifie, on l’encapsule. Un aliment ne sera jamais autant concentré qu’un nutraceutique », explique Louise Corneau, professionnelle de recherche à l’INAF. Par exemple, les capsules d’oméga-3 extraites du poisson sont des nutraceutiques. Les oméga-3 sont des acides gras essentiels dont l’humain a absolument besoin, mais qu’il ne peut produire lui-même. Il doit donc les retrouver tels quels dans son alimentation. « L’aliment fonctionnel est un aliment qui, au-delà de ses fonctions de base, va avoir une valeur ajoutée. D’un côté, il y a les aliments qui sont naturellement fonctionnels, dont la tomate qui contient du lycopène; un antioxydant. De l’autre côté, il y a ceux auxquels on a ajouté quelque chose, des jus de fruits enrichis de calcium », précise Louise Corneau. L’ajout peut se faire à l’origine, par exemple en changeant l’alimentation des animaux d’élevage ou durant la transformation de l’aliment. En ce sens, l’Institut poursuit plusieurs recherches, dont nous en avons sélectionné quelques-unes :

Les omégas-3 et l’huile de lin Les omégas-3 contenus dans les huiles de poisson ont déjà démontré leurs effets positifs sur les maladies cardiovasculaires en diminuant les facteurs de risque.

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L’étude, sous la responsabilité du chercheur Benoit Lamarche, tente de vérifier si les effets des omégas-3 d’origine végétale sont aussi bénéfiques que ceux d’origine animale. L’huile de lin est alors consommée sous la forme de repas, fournis à 140 hommes et femmes âgés de 20 à 65 ans, et ce, durant 5 périodes de quatre semaines. L’hypothèse, construite à partir des études en laboratoire, serait que l’huile de lin aurait le même effet bénéfique que l’huile de poisson. Cependant, alors que la graine de lin est très à la mode dans les épiceries, ses effets ne sont pas perceptibles si celle-ci est consommée entière. On doit donc la consommer moulue ou sous forme d’huile.

Chocolat noir pour peaux claires Le chocolat noir ( à plus de 70 % ) contient des antioxydants, tout comme le vin rouge. Les antioxydants servent à ralentir le vieillissement des cellules. Le polyphénol est une forme d’antioxydant que l’on retrouve dans le chocolat et qui aurait un effet bénéfique sur la peau, notamment sur sa sensibilité aux ultraviolets ( responsables du vieillissement de la peau et de certaines formes de cancers de la peau ). L’étude Chocopro tente de vérifier cette association chez les gens qui brûlent facilement au soleil. Le chocolat consommé est fourni par l’Institut. Il faut également noter que le taux de polyphénol contenu dans les chocolats industriels que l’on retrouve à l’épicerie n’est pas stable d’une marque à l’autre, et peut même être très négligeable. L’étude s’effectue par ailleurs sous la direction de la Docteure Sylvie Dodin, obstétricienne et gynécologue.

réalise l’espoir

Encore les polyphénols… Cette fois contenu dans les petits fruits, le polyphénol pourrait également prévenir le diabète de type 2 en augmentant la sensibilité à l’insuline. La résistance à l’insuline se présente par un taux anormal de sucre dans le sang et un taux élevé d’insuline à jeun. D’un côté, l’insuline sert à contrôler le taux de sucre en le neutralisant. D’un autre côté, les gens résistant à l’insuline en produisent une grande quantité, mais celle-ci n’a pas l’effet escompté sur le taux de sucre. Réalisée sur des hommes et des femmes, l’étude tente de prouver l’efficacité des polyphénols ( sous forme de jus enrichis ) sur cette résistance, le tout sous la direction de la chercheuse Hélène Jacques.

Un petit verre pour baisser la tension Des études ont démontré que la consommation de produits laitiers et de fruits et légumes aidait à abaisser la tension artérielle, mais très peu se sont néanmoins concentrés sur l’effet de la consommation unique des produits laitiers. L’hypothèse de laboratoire serait que les produits laitiers ont un effet bénéfique sur la tension artérielle. L’hypertension peut entre autre mener à des complications d’ordre neurologiques ( ACV, démence ), cardiovasculaires et rénales. L’étude porte sur la consommation quotidienne des 3 portions recommandées par le Guide alimentaire canadien.

Gabrielle Thibault-Delorme Journalisme, finissante

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Céder son patrimoine En 2012, que fait l’agriculteur qui, au seuil de la retraite ou atteint d’une maladie grave, souhaite léguer l’entreprise à laquelle il a consacré toute sa vie à coup de sueur et de dur labeur à quelqu’un qui saura « aimer sa terre » tout autant que lui ? On n’en est plus au temps où l’aîné de la famille en héritait automatiquement! De nos jours, le milieu agricole se doit d’être séduisant pour attirer les jeunes de la relève.

Que fera-t-on de la ferme le temps venu ? Un de nos enfants s’y investira-t-il ou devra-t-on vendre ? Tant de questions à se poser et de choses à régler. Heureusement, les Centres régionaux d’établissement en agriculture ( CRÉA ) sont là pour aider ces gens à effectuer leur transfert tout en douceur. Huguette Veillette, bachelière en administration des affaires, a une vingtaine d’années d’expérience comme conseillère en transfert de ferme.

Avant de s’engager, il est parfois préférable d’effectuer quelques études, en production animale et/ou en gestion par exemple. Pour ce qui est du côté économique, à ne pas négliger, la Financière agricole du Québec ( FADQ ) offre différents programmes pour soutenir le développement du secteur agricole. Mme Veillette du CRÉA en Mauricie a deux mots d’ordre dans son travail : équité et harmonie. Certes, l’aspect organisationnel occupe une grande place quand il est temps de transférer un bien actif, mais il ne faut jamais perdre de vue l’aspect humain lors de la réalisation du projet. Le CRÉA est en quelque sorte un médiateur qui voit à ce que personne ne souffre de la situation, actuelle et future. Les conseillers du CRÉA sont autant à l’écoute du cédant que de l’acheteur. Lorsque des personnes sont prêtes ou contraintes à transférer leur ferme, elles veulent porter leur choix de relève sur quelqu’un de confiance. Après tout, elles sont attachées à leur terre et leurs ani12

Photo : Julie Cartier

Mme Veillette confirme que de nos jours on voit plus de ventes que de transferts familiaux dans le domaine agricole. Elle admet par contre que de plus en plus de filles sont intéressées à reprendre l’entreprise de leurs parents. C’est quand même tout un défi d’accepter cette responsabilité. Plus qu’un boulot, la profession d’agriculteur est presque une vocation. D’ailleurs, il faut être très motivé pour faire face au possible isolement social et à l’endettement.

maux, puis une entreprise agricole vaut en moyenne quelques centaines de milliers de dollars, voire un million ou plus.

Madame Huguette Veillette suggère des réunions de clan. Tout doit être dit. Ne rien laisser au hasard.

Cela relève du cas par cas, puisqu’il ne s’agit pas uniquement de business. L’agriculteur qui part à la retraite doit penser à ses besoins en termes de revenu. Des frères et sœurs peuvent aussi décider de s’associer, ils doivent alors s’assurer d’avoir la même vision pour l’avenir de l’entreprise familiale. Vaut mieux prévenir que guérir, comme on dit !|

Cette planification d’après-carrière pour l’agriculteur demande du temps. La clé est la communication. Demander une aide extérieure peut être une bonne idée. Le pire serait d’opter pour une solution précipitée.

Julie Cartier

S’il advient qu’aucun des enfants ne veuille prendre en charge la ferme, le gestionnaire sortant peut choisir un de ses employés fiables, qui a fait preuve de professionnalisme et de qualités interpersonnelles dans son travail au cours des ans. Il peut arriver qu’un des enfants élevés sur la ferme ne veuille pas y travailler, mais trouve injuste que ce soit son frère ou sa sœur qui profite de l’« héritage ». C’est dans cette optique que

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Robert Maltais

Du pain, du beurre et de la justice sociale

Le Québec a déjà été considéré comme le grenier du monde, rien de moins ! Un grenier capable d’alimenter à lui seul une bonne partie de la planète. Et non, je n’exagère nullement ! Mais que prenait-on en compte pour affirmer pareille chose ? Sans doute la fertilité de notre sol, la diversité de notre agriculture, l’abondance de nos terres, de nos lacs et rivières, tout comme nos forêts de feuillus et de conifères. En somme, les richesses naturelles et minérales dont regorge le Québec. Il faut reconnaître que l’étendue de notre territoire de même que le potentiel de notre production laitière et agricole et de nos réservoirs naturels d’eau de source peuvent à eux seuls provoquer la convoitise de plusieurs pays dans le monde, car nous sommes en mesure de nourrir plus d’habitants que notre pays en compte. Et il en compte si peu de citoyens notre grand pays, comparativement aux milliards d’habitants qui vivent sur la planète. Nous sommes donc des privilégiés sur ce plan. En alignant toute la gamme d’aliments que nous produisons au Québec, on réalise vite que la table québécoise est belle et bien garnie : céréales, viandes, poissons, fruits et légumes. Notre intérêt individuel et collectif pour la bonne table s’est décuplé en l’espace des 20 à 30 dernières années, comme le démontre la multiplication et la popularité des livres et des émissions consacrées à la bonne chère. Comme nous n’avons d’autre choix que de nous alimenter pour assurer notre survie, aussi bien apprendre à célébrer la vie autour d’une bonne table et de bons vins. Ça fait désormais partie du plaisir de vivre à la québécoise. Nous sommes collectivement riches au Québec ou, à tout le moins, nous

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devrions l’être. Sans vouloir casser le party, est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi un certain nombre de Québécois et de Québécoises vivent sous le seuil de la pauvreté et peinent à subvenir à leurs besoins ? Pourrait-on m’expliquer, par la même occasion, pourquoi plusieurs de nos agriculteurs s’arrachent la vie sur leurs terres, en principe si fertiles ?

L’épreuve des faits Je pense que personne ne contestera le fait que le Québec ne manque pas de ressources, naturelles ou humaines. C’est justement sur ce point que survient un grand paradoxe.

une horde de soi-disant spécialistes qui me qualifieront volontiers de pauvre utopiste qui ne comprend rien aux subtilités de l’économie du marché. D’accord, parlons-en de la réalité économique, en principe si complexe. Je ne voudrais pas faire de peine à nos savants économistes, mais j’estime que les lois du marché n’ont rien de bien subtil. Elles sont au contraires déshumanisées et brutales. Cela s’appelle, amis lecteurs et lectrices, du capitalisme sauvage dont l’unique intelligence et finalité se résume aux bénéfices des seuls actionnaires investisseurs. Ce sont les veaux d’or du système. Si le capital est

Qu’est-ce qui peut bien justifier alors qu’il nous faut créer des clubs de petits-déjeuners pour répondre aux besoins de jeunes écoliers qui, autrement, se rendraient à l’école le matin le ventre vide ? Ou encore, qu’est-ce qui explique qu’un grand nombre de nos compatriotes doivent avoir régulièrement recours à des banques alimentaires pour subsister ? Et enfin, qu’est-ce qui peut bien justifier le nombre croissant d’itinérants dans la rue ?

Illustration: Stéphane Bellefeuille

Photo : Julie Cartier

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Beau paradoxe social, en effet, dans un pays pourtant si plein de ressources ! Je rêve du jour où tous les habitants du Québec auront droit à la même portion de pain, de beurre et de confitures sur leurs tables. La santé d’un peuple ne peut se résumer à la consommation à outrance de pâtés chinois, constitués d’un ramassis de blé d’inde, de patates et de steak haché. Un bien maigre repas auquel sont confinées de trop nombreuses familles québécoises.

le véritable dieu du marché, il n’en reste pas moins une plaie au plan social. Une plaie qui génère bien des inégalités, comme la différence sur nos tables entre du pâté chinois et de la fine cuisine.

Du pain et de l’équité sociale pour tous, serait-ce trop demander? J’entends déjà

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­L E­J E U ­ D E ­ L A ­ Q U Ê T E LE JEU DE LA QUÊTE (juin 2011) p a r J a c q ue s Ca rl Mo rin

par Jacques Carl Morin Ce je u c o n s is t e à re m p lir le s ra n g é e s h o riz o n t a le s a in s i q u e le s c o lo n n e s 1 e t 2 0 à l’a id e d e s d é f in it io n s , in d ic e s o u le t t re s Ce jeu consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que les colonnes 1 et 20 à l’aide des m é la n g é e s o u d é jà in s c rit e s . Ch a q u e c a s e g ris é e re p ré s e n t e u n e définitions, ouièdéjà inscrites. Chaque le t t re indices q u i e sou t àlettres la f mélangées o is la d e rn re le t t re d ’u n m o tcase e t grisée la p rereprésente m iè re une lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant. le t t re d u s u iv a n t .

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1- Quartier de Paris.

1 - Qua rt ie r d e Paris .

20- Gai.

6- Poisson, viande ou légume recouvert de gelée. Nuage élevé présentant un aspect duveteux et effilé. Région du nord de l’Europe.

Horizontalement :

7- Titre d’honneur donné aux religieux. Générateur de courant continu. D’une consistance moelleuse et douce, et d’une saveur veloutée.

1- Le « grand vaincu » de la bataille du 13 septembre 1759. Personne censée douée du pouvoir de communiquer avec les riz o npréhistorique. t a le m e n t : Éléphant esprits.Ho

8- Symbole écossais reconnu mondialement. Ville dont l’équipe a gagné le Super Bowl 2012. Surnom donné à Elvis Presley. Pâtisserie à base de farine, de beurre et d’œufs.

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Ga i.

2- Félin sauvage au pelage tacheté. Amoncellement. Femme 9- Au Québec, personne qui, sans être médecin et d’une mad’un amérindien. collectif aquatique. 1 - Le «Sport g rand va inc u » d e la b a t a ille d u nière 1 3 empirique, s e p t e m bremet re 1les7 luxations, 5 9 . Peentorses rs o nneet fractures. c e ns é e Qui refuse toute soumission ( AAEEICFRRRT ). d o ué e d u lap deuxième o uvo ir dville e clao m m peuplée uniq ueder a ve c le s e s p rit s . Élé p ha nt p ré his t o riq ue . 3- Substantif. Habitent plus 10- Se dit des neiges qui ne fondent jamais. Deuxième. Chose France. Construction vitrée aménagée pour profiter du soleil. sans importance. 2 - Fé lin s a uva e a u du p ecou. la g eBanlieue t a c hecossue t é . Am o nc e lle m e nt . Fe m m e d ’un a m é rind ie n. 4- Douleur provenant d’unegtorsion de Québec avant la fusion. Moteur de recherche sur Internet. Sp o rt c o lle c t if a q ua t iq ue . 5- Évangéliste. Petit couteau de poche. Beignet libanais de fèves et3 -de pois Subchiches. s t a nt if.Ville hôtesse Ha b it des e ntJeuxlaolympiques d e uxiè m e 2012.

ville la p lus Co ns t ruc t io n vit ré e a m é na g é e p o ur p ro fit e r d u s o le il.

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a­lang anguue­ e­ ­LLa­l dan s­­ dans ­­­­sa­ sa­ppoch och ee

par­Hélène H u o t

TOURNER EN ROND

Pour éviter de tourner en rond, a-t-on besoin d’un « empêcheur de tourner en rond » ? Curieusement, il n’y a aucun rapport entre les deux. L’empêcheur de tourner en rond est un gêneur, un emmerdeur, un casseux de veillée comme on dit parfois, un trouble-fête, un rabat-joie… Autrement dit, il empêche les autres de s’amuser et d’exprimer leur gaieté. L’origine de cette métaphore remonterait à la danse en rond, en vogue dans les villages au  19e siècle ( on disait alors : danser ou tourner en rond ). Parfois, un importun survenait de l’extérieur, troublant l’intimité joyeuse du groupe et interrompant la danse. Cet importun était l’empê-

cheur de tourner en rond. Il se pourrait que cette expression trouve ses racines dans  Pétition pour les villageois que l’on empêche de danser du pamphlétaire Paul-Louis Courier ( 1772-1825 ), qui dénonce le fait que le curé, par l’intermédiaire du préfet, réussit à empêcher  les  gens  de  danser  et  qu’il  les empêchera bientôt de rire et de chanter.

Photo : Archives We b

« Tourner en rond » signifie : perdre son temps, perdre son  chemin, grouiller autour, tourner sur place. C’est cette idée que Jean-Luc Mongrain illustre dans Le Journal de Québec du 3 mai 2012, à propos de la mobilisation étudiante : « 80 jours de tournage en rond — Il n’est même pas sûr que l’on soit plus proche d’un règlement aujourd’hui qu’il y a deux mois ».

Et que dire de l’expression « tourner rond » ? Elle n’a pas non plus de rapport avec la précédente. Tourner rond signifie : marcher, fonctionner normalement; elle est le plus souvent employée d’une manière négative, comme dans ces exemples tirés du Petit Robert : Ça ne tourne pas rond ( ça va mal, il y a quelque chose d’anormal ) ; il ne tourne pas rond, ce type ( il se conduit bizarrement ). 

Le français au jour le jour 1. À quel domaine se rattachent les trois mots suivants : chaconne, ronde et scat ? a. la boucherie; b. la menuiserie; c. la musique.    2. Un plan est décennal s’il dure dix ans, septennal s’il dure sept ans. Comment appelle-t-on un plan qui dure quatre ans ?    3. Le doge était le premier magistrat élu dans plusieurs anciennes républiques italiennes. Quelle ville d’Italie est surnommée la   « cité des doges »?   4. Il arrive fréquemment que le nom d’un écrivain serve à désigner une langue; par exemple, la langue de Molière pour le français,   la langue de Goethe pour l’allemand, la langue de Dante pour l’italien. Quel écrivain est associé à l’espagnol ?  5. Elles se sont suivies de mère en fille à la tête de l’entreprise familiale. Doit-on dire : elles se sont « succédé » ou se sont  « succédées »? 6. Les mots magnolia, acacia et mimosa sont du genre masculin. Vrai ou faux ? 7. Un carioca est : a. un oiseau d’Amérique centrale; b. un habitant de Rio de Janeiro; c. un dessert crémeux.  8. Quelques familles québécoises portent le nom de « Cormier ». Mais qu’est-ce que le cormier ?  9. Un homme cauteleux est : a. rusé; b. miséreux; c.généreux. 10. Supplier, prier instamment quelqu’un : adjurer ou abjurer ?

J’attends de vos nouvelles… Vous aimez les mots. Vous avez des commentaires à formuler ou des suggestions à faire concernant cette chronique La langue dans sa poche. Rien de plus simple. Écrivez-moi à hu-go@sympatico.ca. Cela nous permettra d’échanger sur des questions qui vous intéressent et d’enrichir par le fait même les futures chroniques. Merci à vous! Les réponses page 29.

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AU SERVICE DES PERSONNES HANDICAPÉES L’Office offre son aide aux personnes handicapées, à leur famille et à leurs proches. L’Office ...

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CAHIER SPÉCIAL

Oeuvre : Marie-Josée Lebel

25e anniversaire Centre de crise de Québec

Aider les personnes en situation de crise à retrouver l’équilibre et à développer des stratégies pour maintenir cet état. Voilà à quoi s’active l’équipe de professionnels du Centre de crise de Québec depuis un quart de siècle.


Mot du premier ministre L’année 2012 signe le 25e anniversaire de fondation du Centre de crise de Québec et je souhaite ajouter ici, dans ce cahier spécial que La Quête a préparé, mes quelques mots en hommage à ce quart de siècle d’existence au cœur de la Capitale. Je tiens donc à féliciter tous celles et ceux qui, au cours des 25 dernières années, ont mis leur professionnalisme, leur écoute et leur cœur au service d’un organisme tourné vers le mieux-être d’une foule de gens. Des gens, de tous les âges et de tous les milieux, pour qui le Centre a été comme un repère dans la tempête. Je salue ce travail de première ligne ainsi que ces différentes initiatives mises en place au cours des ans, lesquelles ont permis au Centre d’offrir des services en santé mentale adaptés à des situations particulières, et de réaliser des interventions qui ont fait grandir et évoluer sa mission. Ainsi, dans ces quelques pages qui racontent les gens et les moments qui ont marqué le développement du Centre de crise de Québec, c’est aussi l’histoire d’une œuvre collective, humaine, compatissante et solidaire qui se raconte. Puisse cette grande histoire être une inspiration pour la suite. Félicitations pour ce 25e anniversaire!

Jean Charest


Photo : Josée Normandeau

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Gaston Mercure et son collègue, Thomas Tremblay, dans l’une des résidences du Centre de crise de Québec

Une philosophie qui traverse l’histoire

Ses premières phrases donnent le ton. « J’imagine que le lecteur ne veut pas savoir que l’organisme était à telle ou telle adresse et de quelles couleurs étaient les murs. Des choses qui ne sont pas du vécu, complètement déshumanisées ! »

Pour Gaston Mercure, agent d’intervention au Centre de crise de Québec(CCQ) depuis son ouverture il y a 25 ans, l’histoire de cet organisme à but non lucratif qui œuvre en santé mentale se trame d’abord et avant tout de relations d’aide profondément inspirées par la philosophie de l’alternative et l’approche communautaire.

Quelques jalons Une équipe d’intervenants communautaires de Québec projetait de créer une ressource pour venir en aide aux personnes en situation de crise avant même que la ministre de la Santé et des Services sociaux, Thérèse Lavoie-Roux, ne rende publique en mars 1986 la création de centres de crise à l’échelle provinciale dans le cadre des mesures de désengorgement des urgences hospitalières. Même si les deux parties ne visent pas exactement le même objectif, la clientèle ciblée est la même. Les pionniers du projet travaillent alors en collaboration avec les représentants du milieu de la santé à la création du Centre de crise de Québec, qui ouvre ses portes en 1987. À ses débuts, le CCQ comporte une douzaine d’employés à l’intervention téléphonique et deux lits de crise. Deux autres lits s’ajouteront au cours de la même année. En 1990, l’offre se bonifie par l’hébergement temporaire : jusqu’à neuf personnes peuvent séjourner de trois semaines à un mois. Cahier spécial Avril 2012

Deux résidences thérapeutiques, une à l’Est et l’autre à l’Ouest de la ville sont en 1997 et 1998 mises sur pied, pour héberger les personnes qui reçoivent des traitements dans les hôpitaux de jour. La création de ces 18 places d’hébergement supplémentaires fait doubler les effectifs. En 1999, le CCQ reçoit un second mandat du gouvernement : évaluer l’application de la Loi P-38 qui vise la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elle-même ou pour autrui. Pour répondre à ce mandat, une équipe mobile est formée. « L’équipe est disponible 24 h sur 24 et couvre tout le territoire métropolitain », précise M. Mercure. Le dernier né de la gamme de services proposée, le soutien postcrise, est pour l’instant un projet pilote que le CCQ souhaite ardemment maintenir. Les quelque 70 professionnels, soutenus par une équipe administrative de 7 personnes, poursuivent leur mission d’aider les individus à retrouver leur équilibre. Si elles savent adapter leur service, elles sont aussi très disponibles. M. Mercure se targue de faire partie d’une équipe plus que fidèle au poste : « Depuis l’ouverture on n’a jamais fermé, même les journées de tempête et les jours fériés ! »

Un statut flou À Montréal, certains des centres de crise sont rattachés à un ou deux CLSC et à un centre hospitalier. Le CCQ lui, collabore réalise l’espoir

avec tous les CLSC et les centres hospitaliers de Québec. L’ampleur de son territoire, la collaboration étroite avec le secteur public, des mandats qui proviennent du gouvernement et l’importance de son budget – 2,6 millions par année —, tous ces facteurs font en sorte que « depuis le départ, le CCQ est assis entre deux chaises par rapport au communautaire et au réseau public », constate M. Mercure. Mais la philosophie du CCQ est bel et bien communautaire. « On fait le plan de service dans le respect de la personne et avec elle. C’est une version plus humaniste de la santé », précise l’intervenant, qui ajoute que la structure organisationnelle adhère également à la philosophie. « On ne travaille pas par corporation d’emploi. Que l’on soit travailleur social, psychologue ou bien infirmier, on est tous engagés comme agent d’intervention en situation de crise ». Ce sont ces valeurs communautaires qui retiennent Gaston Mercure au CCQ. Sans compter la reconnaissance directe qu’il reçoit. « Je pense qu’on est privilégiés. Nos gens sont plutôt reconnaissants ». Mais tout de même, comment fait-on M. Mercure pour passer 25 ans dans un centre de crise ? Il sourit : « Le nom fait peur, mais ici c’est comme une maison de répit à la crise… dans les milieux de vie commune, on entend plus souvent rire que pleurer ! »

Francine Chatigny 3


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Photo : Josée Normandeau

Un accueil inconditionnel

Louise Larouche, directrice générale, entourée de quelques-unes des « petites perles » du CCQ : Paul Hébert, Christiane Allard, Huguette Savard et Laurie Hébert

Chaque échange téléphonique laisse une sensation de douceur, de calme, une impression de massage pour l’âme. Comme si la voix de Louise Larouche, directrice générale du Centre de crise de Québec (CCQ), incarnait à elle seule toute la mission de l’organisation.

Puis, les lieux confirment bel et bien que l’on enrobe de douceur ceux qui traversent des moments difficiles. Les verts tendres du salon inondé de lumière donnent le goût de s’arrêter un peu, de se déposer. À l’étage, outre les chambres, la mignonne salle de création invite à saisir les pastels ou la gouache et à faire sortir le méchant. Bienvenue au Centre de crise de Québec.

Désengorger les urgences Déjà, il y a 25 ans, libérer les urgences était une préoccupation importante. C’est dans cette optique qu’ont été mis sur pied les neuf premiers centres d’intervention de crise de la province, dont le Centre de crise de Québec. « On a vraiment été créés pour venir en support aux gens qui, normalement, vont consulter dans les urgences psychiatriques », précise Louise Larouche. Aider les personnes en état de crise à retrouver un certain équilibre, tel est le mandat de cet organisme communautaire.

ABC des crises Tout individu, qui qu’il soit, traverse des crises : séparation, divorce, deuil, perte d’emploi, pertes multiples, dépendances, etc. « La crise psychosociale, ça va aussi loin que l’imagination » affirme Mme Larouche, qui cite en exemple les appels de plus en plus fréquents de parents en 4

détresse, parce qu’incapables de mettre des limites, ils se font menacer par leurs jeunes. Dans ces moments difficiles, l’individu se retourne naturellement vers son propre réseau, parents, amis, famille pour trouver le soutien psychologique dont il a besoin. Certains cas nécessitent cependant une aide spécialisée ou parfois le réseau personnel est usé, notamment dans le cas des dépendances. Accident de voiture, suicide d’un proche, décès d’un enfant, toute situation où l’individu est confronté à la mort de façon subite et inattendue crée un état de choc qui demande une intervention particulière. « Les crises traumatiques représentent le plus petit nombre de cas traités au CCQ, mais quand ça arrive, ça mobilise plusieurs intervenants parce que ça touche des groupes de personnes : c’est toute la famille qui est ébranlée quand on trouve le père décédé par suicide », illustre la directrice. Les professionnels du CCQ accompagneront le groupe ou certains de ses membres, tant et aussi longtemps qu’ils auront besoin de consulter, afin d’éviter qu’ils ne développent un symptôme de stress post-traumatique à moyen ou à long terme.

santé mentale : psychose, dépression, problèmes de comportement, des gens dont le diagnostic a changé plusieurs fois. Cette clientèle va et vient. « La personne vit une belle période puis soudain, elle se désorganise, elle se fragilise suite à une mauvaise nouvelle, par exemple. Plusieurs prennent l’habitude de nous appeler avant que ça aille vraiment très mal ». Ces personnes, aux prises avec un problème de santé mentale, ont acquis une certaine maturité face à leur maladie et sont capables de prévenir les crises majeures en demandant de l’aide avant que leur état ne se détériore trop. « Ça, c’est vraiment idéal. Des fois, il suffit de leur dire qu’on leur réserve une place en hébergement et ça les apaise assez pour qu’ils n’aient finalement pas besoin de venir. Pour eux, c’est comme un filet de sécurité ».

Des pros à l’oeuvre 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, le Centre de crise de Québec répond aux appels des gens dont l’état normal est altéré. Non seulement le personnel leur offre-t-il le support nécessaire pour retrouver l’équilibre, mais il le fait avec un accueil inconditionnel. C’est d’ailleurs l’une des grandes fiertés de la directrice : « Les gens qui appellent ici peuvent compter sur des ressources professionnelles, polyvalentes, qui traitent toutes sortes de crises. Vraiment je trouve que nos ressources humaines sont extraordinaires. Ce sont des “petites perles” ».

Francine Chatigny

Enfin, de 40 à 50 % de la clientèle du CCQ est composée de personnes qui vivent des crises en lien avec les problématiques de réalise l’espoir

Cahier Spécial Avril 2012


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Photo : Josée Normandeau

Un refuge p o u r s e r e t r o u v e r

Christiane Allard, coordonnatrice clinique des résidences thérapeutiques

Lorsqu’une crise survient, il est parfois nécessaire de quitter son milieu pendant un moment, pour se donner le recul nécessaire en vue de retomber sur ses pieds. Le Centre de crise de Québec offre alors un hébergement de durée variable à ceux qui le désirent. « Nous offrons l’hébergement en lieu de crise, sur demande, pour de courts séjours, de un à sept jours, pour une moyenne de quatre jours », explique Christiane Allard, coordonnatrice des résidences thérapeutiques, en faisant la visite de l’une de ces deux résidences. Chaque résidence permet d'accueillir neuf personnes en chambre particulière ou partagée. La salle de séjour, la cuisine et la grande salle à manger ont été décorées l’an dernier « par une intervenante très douée ; Guylaine Wong », indique Mme Allard, « cela ajoute un cachet, une chaleur à la résidence ». L’hébergement en période de crise s’avère une alternative à l’hospitalisation et contribue au retour à l'équilibre. Il peut servir pour tous types de crises; de celles liées à un bouleversement de vie, à des difficultés relationnelles, ou encore liées à une pathologie. Les gens sont accueillis dans le respect et selon leur rythme et leur choix. L’hébergement est libre, chaque résident peut partir dès qu’il le désire. De plus, ils bénéficient d'un suivi par des professionnels : ces derniers, sur place 24 heures sur 24, peuvent intervenir auprès de la personne… même si c’est au milieu de

Cahier spécial Avril 2012

la nuit que cette dernière ressent un besoin pressent d’évacuer ses émotions ! Les résidences du Centre de crise de Québec offrent également des séjours de transition, dont la durée peut aller jusqu’à un mois. Ces séjours sont offerts à ceux dont la crise nécessite plus de temps de retrait ou encore une période de transition entre l’hôpital et le domicile. « Nous avons onze lits pour les séjours à court terme et neuf pour les séjours de transition », expose Christiane Allard, « on manque de place dans les deux cas ». Sept autres places sont réservées aux patients qui reçoivent des traitements dans les hôpitaux de jour. Comme leur état ne nécessite pas qu’ils soient hospitalisés, mais qu’il est préférable qu’ils soient accompagnés, ils passent les soirées, les nuits et les fins de semaine à la résidence. Ces lits ne sont pas toujours complets, « on veut s’assurer qu’il y ait toujours des lits disponibles pour les hôpitaux ». D’autres lits, également réservés par les hôpitaux, sont des lits de crise. Qu’ils soient accueillis dans la résidence thérapeutique de l’Est (RTE) ou la résidence thérapeutique de l’Ouest (RTO), les réalise l’espoir

règles sont les mêmes pour tous les résidents qui doivent participer aux tâches ménagères. « On essaie d’encourager l’autonomie », dit Christiane Allard. Au cours de leur séjour, ils rencontreront les intervenants afin d’évaluer leur situation et la durée de l’hébergement. « On fixe un objectif de temps afin de travailler sur la crise en fonction de la date fixée », explique Christiane Allard. Le travail sur la crise ne s’apparente pas à une thérapie. L’accent est mis sur la crise présente, « la personne était fonctionnelle avant d’arriver ici, on essaie de voir ce qui s’est passé afin de retrouver cet état ». Contrairement à la thérapie, l’intervention de crise ne tient pas compte du passé. Les besoins d’hébergement sont criants. « Si on avait une autre résidence, elle serait complète », affirme Christiane Allard. En 2011, 1 100 patients ont été en attente d’une place en lit de crise, un des types d’hébergement du CCQ, un nombre équivalent pour les places en hébergement temporaire, pour une durée d’attente moyenne d’un mois.

Gabrielle Thibault-Delorme

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Des formations humaines et sur mesure Photo : Mélyssa Turgeon

« Depuis plus d’une dizaine d’années, le Centre de crise de Québec (CCQ) offre une formation en matière de santé mentale, adaptée aux besoins des différents organismes et entreprises qui en font la demande auprès de l’organisme communautaire actif en santé mentale », explique Marie-Josée Bégin, agente d’intervention de crise et responsable du volet formation pour le CCQ. Marie-Josée Bégin, responsable de la formation au Centre de crise de Québec

« Notre créneau, c’est vraiment de la formation sur mesure pour des gens qui sont au travail, peu importe le type », indique Mme Bégin. Cette formation en intervention de crise permet d’outiller les employés d’une organisation devant un client en état de crise, une situation alarmante, de même que de repérer les manifestations d’un dérèglement d’ordre mental chez un collègue de travail. L’équipe de la formation regroupe 3 à 4 agents d’intervention de crise, dont Mme Bégin. Cette dernière s’occupe, entre autres, de superviser cette équipe et de faire la promotion de ce service auprès des organismes socioéconomiques.

Loi P-38 Au commencement de cette formation, les établissements de santé se sont montrés naturellement plus intéressés en raison de leur sensibilité aux questions relevant de la santé mentale. De plus, avec l’arrivée de la Loi P-38, visant la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui, aux abords des années 2000, le CCQ a formé un bon nombre de médecins généralistes et du personnel médical à cet effet. La formation offerte par le Centre de crise a vécu une percée du côté des institutions publiques, notamment les établissements scolaires. Marie-Josée Bégin indique que les cégeps ont contacté le CCQ afin

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d’avoir une formation « de terrain » en ce qui concerne les accommodements destinés aux élèves ayant une déficience physique ou intellectuelle. Le milieu de la sécurité publique, comme les agents correctionnels, a également profité du professionnalisme de l’équipe de formation. Petit à petit, les entreprises ainsi que le milieu communautaire ont démontré de l’intérêt, de sorte que les demandes fusent désormais autant du secteur public, du secteur privé que du communautaire. Le CCQ réalise environ une formation par mois. Dernièrement, le CCQ a obtenu une entente avec la Faculté de médecine de l’Université Laval. « Le CCQ enseigne officiellement un cours en intervention de crise crédité à l’Université Laval ». « Au fil des années, on s’est développé une expertise en santé mentale, donc on est capable de vulgariser et de dire concrètement au niveau relationnel ce que fait telle problématique mentale », déclare-t-elle.

Formation interactive En règle générale, deux intervenants enseignent à une classe formée de 5 à 15 personnes. Il s’agit d’une immersion en intervention de crise qui dure d’une à trois journées complètes. Cette formation peut prendre différents aspects afin de susciter la réflexion. « Ce peut être des jeux de rôle et des mises en situation qui sont en lien avec la clientèle, mais aussi

réalise l’espoir

avec les collègues de travail, ce qui surprend les gens. La réalité est que ça risque d’arriver plus souvent chez les collègues que chez les clients », signale la responsable. Par ailleurs, le CCQ offre parfois des conférences dans le cadre de colloque ou sur invitation. Le prix de ces formations est fixé à un taux horaire de 150 $. Toutefois, les organismes communautaires jouissent d’un tarif spécial. « On transporte notre expertise en intervention de crise à travers des exemples et des illustrations le plus concrets possible, soit des formations pratiques ».

Humanisme Peu importe le type d’établissement pour lequel l’équipe du volet formation effectuera une séance, elle tentera avant tout de sensibiliser les gens quant à la fragilité de chacun et de leur donner l’envie d’intervenir en amont. « Nous, ce qui nous intéresse, c’est d’essayer de ramener l’humain au centre des préoccupations ». Le CCQ entretient donc une « approche humaniste » de l’intervention avec cet accueil inconditionnel destiné pour tous. « Qu’il existe encore un refuge comme le CCQ, où on peut y vivre la crise sans être stigmatisé, médicalisé, psychiatrisé, pillulisé, c’est important », de conclure Mme Bégin.

Mélyssa Turgeon

Cahier Spécial Avril 2012


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Photo : Josée Normandeau

Toujours a u b o u t d u f i l

Huguette Savard, coordonnatrice clinique de l’hébergement temporaire, de l’intervention de crise et de l’équipe mobile.

La ligne téléphonique 24/7 et l’équipe mobile permettent au Centre de crise de Québec (CCQ) de venir en aide aux gens à leur domicile. Ce volet en intervention de crise offre une variété de services d’évaluation des besoins des personnes en situation de crise. Il vise à maintenir à domicile ou à favoriser le retour dans le milieu naturel de ces personnes, et ce, le plus rapidement possible. L’équipe mobile a été constituée en 2001 pour prévenir l’application de la Loi P-38. Nommée aussi la loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour soi ou pour autrui, cette loi d’exception permet d’hospitaliser une personne sans son consentement. « L’organisme PECH et le Centre de crise de Québec ont été mandatés pour appliquer la Loi P-38 dans la région de Québec », explique Huguette Savard, coordonnatrice clinique en hébergement temporaire, intervention de crise et équipe mobile. « Cependant, on n’applique pas la loi, on fait l’estimation et on peut référer à la police pour l’application ». L’équipe mobile répond aux appels des organismes communautaires, des établissements de la santé, mais aussi de toute la population. « Dans 65 % des cas, ce sont les proches, généralement la mère, qui appellent. » Les intervenants travaillent très fort et utilisent de nombreuses stratégies pour convaincre la personne en situation de crise à consulter et ainsi lui éviter le traumatisme provoqué par l’hospitalisation forcée. L’estimation permet alors de voir quels services pourraient aider la personne, que ce soit des entrevues avec des intervenants ou un Cahier spécial Avril 2012

hébergement temporaire. L’équipe peut également référer à d’autres organismes ou à l’hôpital. L’équipe mobile se charge de « proposer des alternatives à l’application de la loi, afin d’éviter l’hospitalisation », indique Huguette Savard. Néanmoins de 3 à 4 % des cas nécessitent l’application de la loi. L’équipe a alors 24 heures pour demander aux policiers de faire appliquer la loi P-38, et 48 heures pour faire une requête qui est une loi moins incisive que la P-38. La requête est une demande présentée à un juge qui mandate des policiers pour accompagner la personne en situation chaotique à l’hôpital pour être examinée, et donc pas nécessairement hospitalisée. L’équipe mobile peut aussi être appelée à intervenir dans des situations post-traumatiques ou auprès des victimes de violence conjugale. L’estimation peut également se faire par téléphone. La ligne téléphonique du Centre de crise de Québec est disponible à toute heure du jour. Deux intervenants sont disponibles le jour et le soir et un la nuit. En 2011, 16 855 appels ont été enregistrés par le CCQ. « Dans l’ensemble, la grande réalise l’espoir

majorité des crises se règle par téléphone », précise Huguette Savard. Il est important de préciser que ce sont des psychologues, travailleurs sociaux et autres professionnels qui reçoivent les appels. Ces agents en intervention de crise ont les habiletés nécessaires pour évaluer l’urgence et la dangerosité de l’état de crise, de même que la désamorcer lorsque cela est possible. « La ligne téléphonique constitue également la porte d’entrée du service, ils sont aussi répartiteurs », indique Mme Savard. Les intervenants au bout du fil peuvent renvoyer à d’autres services mieux adaptés aux besoins manifestés. Mais il arrive que l’estimation faite par téléphone permette de référer aux résidences temporaires, que ce soit pour une entrevue ou pour un hébergement. De 400 à 450 personnes vont en entrevue après un appel téléphonique au Centre de crise. La ligne permet également de gérer les lits d’hébergement afin d’envoyer la personne au bon endroit, que ce soit en transition ou en lit de crise.

Gabrielle Thibault-Delorme 7


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Retrouver le goût de vivre Courtoisie : Pauline Labbé

En discutant avec Pauline Labbé, il est difficile de croire que cette dynamique et pétillante femme de 52 ans a souffert de dépression majeure. Pourtant, ne pas vouloir se lever le matin, détester la vie et avoir une humeur en dents de scie faisait partie de son quotidien. Pauline Labbé

« Quand tu as un problème de chimie au cerveau… ta tête n’est plus rationnelle. Je le savais quand j’étais en train de perdre le contrôle... Mais je ne pouvais pas m’en empêcher », se rappelle la dame. Diagnostiquée bipolaire, Mme Labbé visite les urgences du Centre Hospitalier de l’Université Laval (CHUL) à répétition.

Le Centre signifie aussi compréhension et service personnalisé. Si les séjours habituels y sont d’environ trois semaines, pour Mme Labbé, les semaines sont devenues des mois. « J’étais très avancée dans ma maladie, et ils l’ont compris. J’ai été transférée au centre d’hébergement où j’ai pu y rester pendant trois mois ».

Puis, il y a deux ans, un jour où elle était particulièrement mal en point, son frère décide de l’amener au Centre de crise de Québec. « Ça faisait neuf jours que je ne dormais plus, j’avais perdu 10 livres, mon métabolisme était complètement à l’envers », confie Mme Labbé. En arrivant au Centre, elle se sent tout de suite prise en charge et accueillie. « J’étais rassurée, je voyais qu’il y en avait d’autres comme moi, et, avec l’aide de médicaments, j’ai pu m’abandonner, recommencer à dormir et à manger ».

Réapprendre le quotidien

Selon Pauline Labbé, le Centre de crise a été véritablement bénéfique, ne serait-ce qu’en lui permettant d’éviter l’hospitalisation en psychiatrie, qu’elle estime peu valorisante. Pour elle, l’hospitalisation et le Centre ne se comparent pas. « Le mot jugement [au Centre de crise], ça n’existe tout simplement pas ! On vient chercher tes forces, on t’apprécie… les autres résidents deviennent une famille », souligne-t-elle avec émotion.

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Une fois installé au service d’hébergement, tout le monde doit mettre la main à la pâte. Selon Mme Labbé, cela permet aux résidents de retrouver le sens du quotidien. « Quand on est malade, on n’a plus de routine et on a l’impression que 24 heures, c’est interminable ». Avec des tâches déterminées, comme l’épicerie, la cuisine, la vaisselle ou le ménage, elle se sentait utile. Même si les règles sont strictes, les heures de lever et de coucher étant déterminées par les intervenants du Centre, l’ancienne résidente affirme qu’elles étaient essentielles. « C’est pour nous réhabituer à vivre en société. Moi ça m’a ramenée à la vie, incitée à y trouver un intérêt. Puis, on a ri comme c’est pas possible ! » s’exclame-t-elle.

Après une tentative de retour à la maison qui n’a pas fonctionné, elle retourne au Centre, démoralisée. Le soir même, elle fait la rencontre d’un « beau nouveau » qui venait se reposer au service d’hébergement à la suite d’un traumatisme crânien. « Je n’étais pas assez malade pour ne pas voir que ce petit jeune de 40 ans était beau ! » lance Mme Labbé en riant. Traversant un moment difficile, son nouvel ami devait complètement réapprendre à parler et à marcher. Mais son courage a su réveiller Mme Labbé. « Je me suis dit : lui fait tout pour vivre, et moi j’ai tout et je veux mourir ». Aujourd’hui, deux ans après sa sortie du Centre, Mme Labbé déménage avec « son petit jeune » et est de retour au travail. « Tout cela grâce au Centre de crise de Québec », dit-elle, en ajoutant que les gens ne devraient pas avoir peur de s’y rendre quand ça va mal. Pauline Labbé, en tout cas, n’hésitera pas si elle ressent le besoin d’y retourner un jour. « On y mange bien, on s’y sent en famille… en fait, on a l’impression d’aller se reposer chez maman ! »

Nouvelle vie La vie fait parfois bien les choses : c’est aussi pendant cette période difficile que Mme Labbé a rencontré son conjoint actuel.

réalise l’espoir

Isabelle Noël

Cahier Spécial Avril 2012


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e!

air n e t e r r i a ux p versa i e i n éc n r a p e Bon 25 e vie à notre u et long

L’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ) est heureux de souligner l’apport du Centre de crise de Québec dans le rétablissement des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale de même que l’excellence des services offerts. Le personnel, les médecins et la direction de l’Institut

Depuis que le Centre de prévention du suicide de Québec (CPSQ) a ouvert





  

 





 





 



ses portes en 1978, beaucoup de changements ont eu lieu, tant sur le plan des ressources humaines que sur le plan des services offerts à la population. Cette évolution, nous la retrouvons dans la professionnalisation des interventions, dans l’amélioration et le développement continu de nouveaux programmes de prévention et dans les services offerts à la population. En effet, le CPSQ est soucieux d’apporter une aide adéquate répondant aux besoins des résidants de  la région de Québec. Cela fait maintenant 34 ans que des efforts sont déployés      pour faire de la promotion-prévention du suicide, donner de la formation et        offrir de la supervision au sein de professionnels ainsi que de groupes de la       communauté.    De plus, il donne des services d’intervention auprès des per    sonnes suicidaires, des     personnes endeuillées par suicide et des gens proches potentiellement suicidaire.  d’une  personne   

 

                                             1-866-APPELLE (277-3553)                du suicide, le CPSQ travaille de concert avec administrative)    418  683-0933   (ligne    Pour   contrer  la problématique            plusieurs instances tant gouvernementales, publiques que communautaires        



24/7

  





  

dont particulièrement le Centre de crise de Québec (CCQ).

www.cpsquebec.ca



 





  

  













 

















 



   Vous n’êtes pas seul. Appelez-nous.



 



  À Québec, plus de 20 000 personnes nous ont contactés dans la dernière année.

 



 

Cahier spécial Avril 2012

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La reconnaisance en cadeau Au fil des ans, le Centre de crise de Québec a recueilli de nombreux témoignages d’appréciation. En voici quelques-uns « La seule chose que je regrette, c’est de ne pas avoir connu le Centre de crise avant. Ça m’aurait épargné des hospitalisations dont certaines que je juge inutiles, ou du moins en aurait écourté le séjour. Mieux vaut tard que jamais. » « Merci au grand respect que l’équipe me porte. Et l’écoute, grâce à plusieurs conditions gagnantes (et aussi mes efforts), j’ai pu atteindre mes objectifs. Bonne continuité à tous. Merci d’exister. »

« Je sors très heureux et avec un gros coffre d’outils spécialisés. »

« Merci à tous les gens venus sur mon chemin pendant mon séjour ici. Je garde un petit quelque chose de chacun de vous. Merci d’avoir cru en moi et de m’y avoir fait prendre conscience. 

qu’à lui était douil« L’environnement tant pre. Puis cette belle let, chaleureux et très pro par une merveiltée ambiance était agrémen nible lorsque j’en po leuse équipe toujours dis pour me rassurer, t soi n, soi be le s ressentai m’encourager, etc. er, tiv mo me , rer gé sug me tion, je savais qu’il Bref, peu importe la situa onfortante à tout réc y avait une personne mbre de l’équipe moment, car chaque me e bonne dose de un dégageait à sa façon, ension, d’écoute, réh mp co de , sse lle genti . De plus, il y avait d’empathie et d’entrain es qui m’encouraun suivi de mes démarch en temps et lieu ter geait à foncer et à affron les autres circonst an nd pe se et à lâcher pri , je suis très recontances. Merci beaucoup naissante. »

« J’ai beaucoup apprécié mon séjour au centre. Il m’a soutenu tout au long de mon suivi intensif en thérapie. Je me suis sentie en sécurité, bien encadrée, en confiance et protégée contre mes pulsions négatives tout en étant autonome. »

CCQ 2011 en chiffres Appels téléphoniques : 16 855 Interventions téléphoniques : 432 Interventions au Centre : 1224 Total : 18 511 interventions Nombre de personnes desservies : 4074 Proportion de nouveaux clients : 61 % (2471 personnes) Répartition Hommes : 44, 8 % Femmes 55, 2 % Centre de crise de Québec, Administration 1380-A, boul. René-Lévesque Ouest, Québec (Québec) G1S 1W6 Tél. : 418 688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com 10

réalise l’espoir

Cahier Spécial Juin 2012


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Partenaires de longue date avec le Centre de crise de Québec, nous saluons son travail remarquable et son professionnalisme sans cesse renouvelé !

ns o i t a t i c i l é f Sincères ec b é u Q e d e s i e cr au Centre d pour son ire a s r e e v i n n a 25 c 













 



 



 













 







 

 







LE TRAVAIL QUE VOUS FAITES ESSENTIEL,   EST     CONTINUEZ,  SOMMES   NOUS SOLIDAIRES!







FÉLICITATIONS POUR   E  25 ANNIVERSAIRE    VOTRE  

Services publics spécialisés pour les personnes qui présentent un problème d’abus ou de dépendance à l’alcool, aux drogues ou

Tél: 418 614-2495

de jeux de hasard et d’argent



frohqc@frohqc.com

dans la région de la CapitaleNationale.

2010, Sir-Mathias-Tellier Québec (Québec) G1J 1G5

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Toutes nos félicitations au Centre de crise de Québec pour son 25 e anniversaire. De fiers partenaires

Hébergement transitoire Travail de milieu Soutien communautaire

Les heures d'ouver ture: Du lundi au vendredi de 8h30 à 12h00 et de 13h00 à 16h30 Soutien téléphonique

Formation

(418) 523-2820 www.infopech.org pech@qc.aira.com

24 heures / 7 jours

302, 3e avenue, Québec (Québec) G1L 2V8 | Tél. : 418-523-1502 Télec. : 418-523-8343 laboussole@bellnet.ca | laboussole.ca


Illustration : Danièle Rouleau

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UNE SURPRISE DE TAILLE Comme d’habitude, on se retrouvait entre amies pour notre souper du mois, au Commensal de la rue Saint-Jean de Québec. On avait commencé nos rencontres à l’Université. Ce n’était pas le club du mardi d’Agatha Christie, ma foi non, pas plus que celui des Veufs noirs d’Isaac Asimov. Nous étions là pour rire, faire des farces et non pour se raconter des énigmes invraisemblables!!! Aucun serveur zélé ne nous apportait nos plats, et aucune parmi nous n’avait encore obtenu un doctorat. Tout le monde sait qu’au Commensal chacun se sert, et c’est très bien comme cela. Lors de ce printemps 2012, j’avais quand même quelque chose d’inédit à raconter à mes amies ; Katrine, Claudia, Andrée-Anne et Sophie. Enfin arrivées au dessert, je leur révélai d’un air mystérieux : - Je vais être maman !!! - Ouah ! Et bien, mes félicitations Sylvie ! déclara Katrine. Mais ton ventre est… disons muet. - Je suis une maman adoptive. - Oh ! Très bien… - Au mois de juin, nous nous rendrons à la station de recherche des Îles Mingan; il faudra que vous vous équipiez en conséquence. Nous passerons une journée inoubliable et à cette occasion, je vous présenterai Shema. - Oh ! C’est donc une petite fille que tu as adoptée !!! C’est un prénom tellement cute ! - Je n’y suis pour rien, elle s’appelait comme cela à sa naissance. Il faut que je vous dise que Shema est dans son univers et qu’elle ne comprend pas notre langue. Ceux qui s’occupent d’elle connaissent tout ce qui lui est nécessaire. - J’imagine qu’elle arrive d’un pays en guerre, pas vrai ? Elle doit être comme une réfugiée politique. Ses éducateurs vont prendre soin d’elle et l’aider à faire cette transition culturelle. Lorsqu’elle aura repris ses esprits, elle viendra vivre avec toi dans ton appartement de Québec. J’éclatai de rire. - Je ne sais pas si j’aurai assez de place pour elle. - Mais enfin, Sylvie, comment peux-tu tenir de tels propos ! s’exclama Sophie. Ne nous dis pas que tu comptes la laisser dans cette pension éducative proche de ces Îles Mingan, où j’imagine on favorise le développement des enfants par un lien très fort avec la nature… - Je vous rassure les filles que je ne suis pas une mauvaise mère, loin de là. Je fais tout pour que Shema soit heureuse, qu’on lui donne ce qu’elle aime manger, qu’on la laisse vivre. Je paye pour cela. - Tu as beaucoup de livres dans ton appartement, et ce n’est pas mal en soi, mais une petite fille, c’est sacré, rétorqua Andrée-Anne. Quel âge a-t-elle au juste ? - Trois ans. - Bon… Et aurais-tu une photo d’elle par hasard ? Est-elle blonde, brune ? - Attends… oui, j’ai effectivement une photo de Shema. Regardez. Sidérées, mes amies découvrirent que je leur présentai comme photo une mer calme, sur laquelle on pouvait admirer le plongeon majestueux… d’une baleine bleue !!!

Laurence Ducos Juin 2012

réalise l’espoir

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Centre de crise de Québec

Administration: 1380-A, René Lévesque Ouest Québec, (Québec) G1S 1W6

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Juin 2012


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Photo : Archives Web

L’individualisme comme contention

Faire un brin de causette avec une relation au coin d’une rue ou partager un café avec un voisin sont souvent perçus comme trop engageants. On tend à éviter ces situations. On a peur de l’autre, du fait qu’il soit peut-être différent de nous, ou pire, semblable à nous. On craint sa solitude comme le sable d’un désert envahissant. Durer, performer, s’organiser, pense-t-on… avoir la paix. Est-ce la faute à l’hiver qui nous isole trop longtemps ou à l’Occident qui vieillit mal ? Dans certains milieux, certains quartiers, certains immeubles, toute rencontre anodine représente une menace. La paranoïa n’est jamais loin et l’autre est sans discernement perçu comme potentiellement accaparant ou potineur mal intentionné. On a peur de l’autre comme d’un intrus potentiel et quand une porte se referme sur vous, c’est le mouvement foisonnant de la vie et de ses possibilités qui restent à l’extérieur. On veut surtout avoir la paix… Ce monde de performance ayant imposé ses lois, par contamination, on doit se montrer, dans le privé, sous son meilleur jour en tout temps, c’est-à-dire positif et en contrôle. Mission impossible bien

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sûr… Cachez cette humanité vulnérable que je ne saurais voir. Là aussi, il faut performer, offrir une façade sans failles car l’indulgence, la compassion sont des denrées rares aujourd’hui et qu’on offre avec parcimonie.

blant que tout baigne... On se satisfait comme on peut : un nouveau barbecue, l’excès de nourriture, un deuxième IPad, un enième partenaire de vie. L’alcool ou les drogues achèvent le travail de compensation.

Dans les banlieues tout comme en ville, nombreux sont ceux qui lèchent les plaies de leur ego malmené car la compétition est omniprésente. On n’est pas estimé à sa juste valeur ; les frustrations, nombreuses, minent le moral. De deux choses l’une : on s’enferme dans la solitude du quotidien, « dans un désespoir tranquille », ou bien on s’attache à cette quête fortement encouragée qui consiste à démontrer sa propre valeur. S’accomplir est désormais souhaitable, voire tacitement exigé. L’individu ordinaire devient ainsi un marathonien, bien malgré lui. Qu’importe si l’exercice réclame un détournement de temps et d’énergie et qu’un égotisme de bon aloi soit requis à cette fin. Pour d’autres, le peu d’alternatives offre le chacun pour soi, refuge de l’impuissance en guise de consolation, face à cette défection obligée de l’ego souffrant, incapable de rivaliser avec ses pairs. C’est le repli, entouré des « bébelles » du monde moderne. On fait sem-

Se préoccupe-t-on des grands enjeux de ce monde ? Nenni. Pas le temps, pas le goût. Et que peut-on y faire d’ailleurs ? Pendant ce temps, les multinationales, appuyées par nos gouvernements étendent leur toile sur le monde. Leur emprise de plus en plus sophistiquée tend à réduire notre vie à de multiples et inutiles transactions. C’est que l’obsolescence planifiée est rampante. Afin de maintenir notre style de vie, on travaille davantage et de plus en plus « stressés ». On endosse, consciemment ou non, l’esclavagisme des enfants et des adultes du tiers-monde, pour le plus grand bonheur des consommateurs aliénés que nous sommes devenus.

réalise l’espoir

Apparemment, contention.

chacun

possède

sa

Monique Dufour

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L’expansion de soi

Dans notre vie personnelle, qui dit « expansion » dit aussi « occasions à saisir ». Chacun de nous doit en effet être attentif à tout ce qui se présente sur sa route, sur son chemin, dans sa vie. Refuser de tenir compte, de bénéficier de ces opportunités, refuser de progresser, d’augmenter son potentiel ou ses acquis, c’est aller à contre-courant des lois cosmiques qui régissent nos conditions de vie sur Terre. Ces opportunités nous permettent d’évoluer et d’atteindre le bonheur. Pour saisir ce qui se présente à nous, il ne faut pas hésiter à foncer dans la vie, à vaincre certains obstacles même si, à première vue, ceux-ci apparaissent insurmontables. Le succès d’une vie bien remplie, le succès du bonheur est à ce prix! L’on se doit de prendre des risques calculés et ne pas hésiter à agir comme des pionniers, et ce, dans tous les domaines de notre vie. Vous devez donc développer votre optimisme, votre caractère courageux et

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Illustration : Danièle Rouleau

L’expansion est un concept important. Du point de vue du Cosmos, les astronomes s’accordent à dire que notre univers est présentement en expansion, c'est-à-dire qu’il s’agrandit continuellement. Plus près de nous, lorsqu’on sème un grain de fruit, celui-ci s’agrandit et peut devenir un arbre qui mesure trois mètres en hauteur. Sur Terre, la nature prend aussi de l’expansion tandis que nos connaissances se sont considérablement développées en ce qui a trait aux sciences depuis les deux derniers millénaires tout comme le niveau de vie de certains pays dits évolués.

positif afin de relever les défis qui vous attendent ! En fait, pour les gens « branchés », pour les gens qui gardent les yeux ouverts, pour les gens « éveillés », la vie sur Terre est pleine de défis stimulants à surmonter, de victoires et de réussites dans toutes les sphères. Pour cela il faut s’engager, prendre position ainsi qu’agir pour obtenir les résultats escomptés, sinon la vie est simplement banale et n’apporte rien. À cet égard, comme le soulignait notre cher ami Réjean Déziel, « il faut développer son moi à outrance dans tous les domaines ». Que ce soit par des contacts humains ou par des études, on doit donc viser à mieux se connaître, à développer sa personnalité au maximum. En aug-

réalise l’espoir

mentant sans cesse ses connaissances, ses compétences et sa richesse intérieure, on parvient plus aisément à atteindre le bonheur. En adoptant une telle attitude à l’égard de sa vie, on parvient à s’inspirer soi-même mais également les membres de son entourage. On devient alors un leader, on devient maître de sa vie, tout en ayant le plaisir de guider les autres vers le bonheur en prêchant l’exemple à suivre.

France Lévesque, Rachel et Benoît Élie

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Photo: Archives Web

Illustration : Danièle Rouleau

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Le Couple ! Qui de nous n`est preneur

Ne dépendre de son humeur

Sans baiser pour son humeur

D`une saveur douce donnée

C`est garder attrait du parler

Le mien certes je ne l`aurai

Ti besoin d`être monnayeur

Avec présence ou non d`heure

Revenant en retard d’heure

De coups de lèvres livrées ?

D`obligés de se regarder

Refermant porte du loyer.

Mon baiser pour son humeur

Ne dépendre de mon humeur

Le sien pour un quoi l`échanger ?

C`est de l`attrait au lever

Qui favorise échange faveur ?

Quitter pressé d`retard heure

Politicien sait manipuler

Quelqu`un à rencontrer

Juin 2012

réalise l’espoir

Marcel Guy Mailloux

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Les affres tant de masques, vernis glacé

combien de nouveau-nés encore

une valse méthodique

de macchabées embryonnaires ?

contes lunaires pour la multitude

quel règne ? quelles lois ?

faits d’outre-mélancolie

un seul affre

glauques et fastidieux

le puits tragique

Photo : Archives Web

le puits tragique petits larmoiements de l’œil

Pierre-Marc Paré

invalides, la question liquéfiée une palissade immense, rupestre diaphane et millénaire le puits tragique

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réalise l’espoir

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Quete_JUIN:Mise en page 1 12-05-31 08:30 Page23

Illustration : Danièle Rouleau

RAS-LE-BOL

RLB des chinoiseries en olympiades Des groins impairs Des rigolos à requinquer à coup de whisky RLB des succédanés de vie Des racontars épiscopaux Des nichoirs pleins de larrons RLB des ex aequo truqués Des concessionnaires xénophobes Des sans-logis pris dans le blizzard

Juin 2012

RLB des lendemains de veille bien arrosés Des esquifs emplis de nourrissons débiles Du pessimisme du Figaro RLB des cigarettes à la cocaïne Des esquives des déportés Des Indiens mangés à la pelle

RLB des photographes à domicile Des flagorneries en joue Des écritoires non fondamentales RLB des chiffres faussés par les animaux d’Orwell Des nœuds alternatifs et musicaux Des gueules de chef en œuvre RLB RLB RLB!!!

RLB du zénith, du zéphyr et de la zoothérapie De l’anglophilie boulimique De l’intrusion maladive généralisée

réalise l’espoir

Julie Cartier

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Quete_JUIN:Mise en page 1 12-05-31 08:30 Page24

Photo : Josée Normandeau

À la fin du pr intemps Tu es venue à la fin du printemps

D’en ramener un peu à leur regard

Qui m’avait les couleurs de novembre

Pitié, compassion, qui le saurait dire ?

Tu m’abordas joyeusement

Peut-être est-ce que l’on ne doit point côtoyer les morts

Ranima un cœur en cendre

Ayant la Vie au cœur, l’amour pour l’étourdir

Si seulement tu avais su

Jouant des mots, dissipant les ombres

Que cette eau, dont tu frôlais la surface

Je me réchauffai au brasier de tes yeux

Trouble et opaque, froide et déchue

Tu me ranimas peu à peu d’un autre monde

Était reflet de mon cœur, défait de sa carapace

Déjouant ces démons, qui me retenaient fiévreux

On dit que les Dieux eux-mêmes connaissent

Espiègle, mais éphémère, bientôt le Nord

La peine d’un être aimé, parti avant son temps

Te rappela et le temps s’enfuit au rythme de lettres

Les Valkyries ont elles-mêmes pitié et reconnaissent

Et les ouvrants, j’y retrouvai joyaux et pièces d’or

Le vide que laissent les larmes les pleurant

Comme des surprises dans le soir, de petites fêtes

Mais parfois la Vie est faite ainsi

La solitude et le Nord étaient bientôt illuminés

Quand nous perdons l’âme à la trop pleurer

De pigeons voyageurs, transportant une Lumière

Comme un arbre d’automne, désolé et transi

Comme des lucioles, souvenirs d’Orphée

Sans espoir, mais point mort; un rêve éveillé

Des perles de Vie, récoltées dans l’Univers…

Jasmin Darveau

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Illustration : Danièle Rouleau

Photo : Josée Normandeau

Et je prends ta main

les chouettes Une poésie fantasque éclate Ribambelle de mots écarlates

Regarde, ma belle Regarde le ciel Regarde au loin Regarde bien… Parfum subtil Voûtes étoilées Colonne de perles S’ouvrent tes cils Comme un champ de blé Et les chutes déferlent

Juin 2012

Je suis un rêve d’enfant Un songe égaré, distrait Un conte réinventé Une larme dans le néant Une plume sous le vent frais S’en allant rêvasser Et comme un papillon Dans les plaines, une chanson Caresse ton corps, ta silhouette Au matin, quand somnolent

réalise l’espoir

Un paysage s’étend, surpasse les mots Un bal de perséides, du ciel à l’eau Une horloge égrène des chapelets infinis Larmes et rires, confondus dans la pluie Les terres s’ouvrent pour nous, enfin Les océans ferment la marche, et je prends ta main…

Jasmin Darveau

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La Romaine Marcel tenté aller au Grand Nord

Son chum Yvon prêt au départ

Se dit que se voyant son âge

Lui désire un bâtiment fort

Il ne pourra remettre plus tard

Qui résiste au froid et le blizzard

Ce projet de voyage d`avion

Il entrera doublure d`caleçon

Marcel tenté aller au Grand Nord

Son chum d`ossature homme fort

Marcel qui a belle vie en gâte

Emplira camions sous blizzard

Lui en devoir se montrer fort

Lui sera son Forman le croit-on

Piocher de la roche n`est con Ce voyage remis à plus tard Marcel sera laissé à son sort

Des immigrés de l`autre bord

Si le barrage prend du retard

De notre continent de bas âge

De sa construction de béton

Les remplaceraient pour de bon.

Marcel tenté aller au Grand Nord

Marcel Guy Mailloux Photo : Archives Web

Marcel qui a belle vie en gâte Lui en devoir se montrer fort Piocher de la roche que non !

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Photo : Archives Web

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Tour Or ion – Vega Du haut de ma tour, on voit Le dessin, les courbes fines Celles qui laissent en mon âme des signes

Photo : Archives Web

Du haut de ma tour, jamais on ne se lasse de voir le vent souffler sur la cime des arbres Pour cet instant qui tranche mes cicatrices tel un coup de sabre Du haut de ma tour Orion-Vega On voit l’homme si haut Bien qu’il soit quelques fois tombé si bas

Du haut de ma tour On peut voir s’envoler des montgolfières Tout en observant les déplacements d’une armée de fourmis sur terre Du haut de ma tour C’est Orion Du haut de ma tour C’est l’Occident, l’Orient, le septentrion Ma tour comme on en voit des millions Mais il y a une seule tour Orion-Vega

Du haut de ma tour, on voit l’amour On devine l’arrivée du printemps et l’hiver signer la dernière page de son interminable passe-temps Celui qui consiste à rafraîchir ces gens.

Juin 2012

Stéphane Okemvelé

réalise l’espoir

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Le Bal du Lézard L’Inter-Marché Saint-Jean Maison Revivre Michel Yacoub Partenaires Ad Vitam Aeternam Claude Gallichan, chiropraticien Yves Boissinot et Andrée Thiffault, pharmaciens

c hic he s . Ville hô t e s s e d e s J e ux o lym p iq ue s 2 0 1 2 . 6 - Po is s o n, via nd e o u lé g um e re c o uve rt d e g e lé e . Nua g e é le vé p ré s e nt a nt un a s p e c t d uve t e ux e t e ffilé . Ré g io n d u no rd d e l’Euro p e .

LA POCHE 7 - LANGUE Tit re d ’hoDANS nne ur dSA o nné a ux re lig ie ux. Gé né ra t e ur d e c o ura nt c o nt inu. D’une o ns is t a nc e m lle us e e t est d o uc e , edanse t d ’uneà trois s a ve ur ve lo ut e. 1. C. cLa musique. Lao echaconne une temps ouéla 5. Elles se sont « succédé ». Dans cette phrase, le participe passé ne pièce instrumentale dérivée de cette danse. La ronde est une note s’accorde pas parce que le verbe (succéder) ne peut pas avoir de 8 Sym b o le é c o s s a is re c o nnu m o nd ia le m e nt . Ville d o nt l’é q uip e a g a g né led’objet direct. Comme dans les cas suivants: ils se sont qui vaut deux blanches et quatre noires. Le scat est un style vocal complément Super Bowl 2 0 1 2 . Surno m d o nné à Elvis Pre s le y. Pâ t is s e rie à b as e dles e fa rineaux , autres, elles se sont menti plusieurs fois. propre au jazz.. nui uns d e b ed’un urre plan e t d ’œ ufs . 2. Il s’agit quadriennal. 6. Vrai. 3. Venise, où se trouve notamment le Palais des doges, qui jouit 7. B. Un habitant de Rio de Janeiro. d’une grande 9 - Au Qué brenommée. e c , p e rs o nne q ui, s a ns ê t re m é d e c in e t d ’une m a niè re m pcormier, iriq ue , aussi appelé sorbier domestique, est un arbre de la 8. eLe re m e t le est s luxa t io nslangue , e nt o rs e t fra c t ure . Qui fus e t o ut efamille s o umdes is s iorosacées; n 4. L’espagnol appelé dee sCervantès, dus nom de re Miguel son bois dur est très apprécié en ébénisterie. de Cervantès (1547-1616), l’auteur du fameux roman L’ingénieux ( AAEEICFRRRT) . 9. A. Cauteleux signifie : qui agit d’une manière hypocrite et habile. hidalgo Don Quichotte de la Manche. 10.Adjurer. Abjurer signifie abandonner solennellement, renier. 1 0 - Se d it d e s ne ig e s q ui ne fo nd e nt jam a is . De uxiè m e . Cho s e s ans im p o rt a nc e . S OLUTION

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Les carottes sont… cuites Martine R. Corrivault

Ces temps-ci, il semble quelque peu facile de constater que l’heure de l’échéance a sonné dans de multiples situations qui perturbent la société mais, un jour ou l’autre, il faut passer à table et affronter la réalité. L’an dernier, le mouvement des indignés a lancé un appel mais les meneurs du monde en ont sous-estimé la portée. L’histoire raconte qu’il ne suffit pas de contester le pouvoir de l’argent et de ceux qui en ont, pour améliorer les conditions de vie des peuples. On peut bien sûr changer le maître, mais les puissants savent pertinemment qu’ils n’y perdront rien car argent et pouvoir alimentent le moteur de l’activité humaine, même chez les plus humbles citoyens. Comment alors briser le cercle infernal ? En refusant de s’y laisser enfermer. À l’origine de toute action se trouvent ceux qui décident et ceux qui suivent. Pendant la crise étudiante, les votes de grève devenaient majoritaires quand les tièdes et les défavorables n’allaient pas voter ! Les absents ont toujours tort. Le message démocratique reste souvent une abstraction quand les « cultivateurs d’illusions » l’invoquent pour justifier leurs initiatives. Il faut le courage du réalisme et de la franchise pour amorcer un changement. Et cela commence par de légers détails, comme l’envie de ne plus dépendre des autres. Il y a quelques semaines, alors que la crise étudiante occupait tous les médias, Guy-A. Lepage invitait à Tout le monde en parle l’ancien ministre Jean Garon,

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suivant la parution d’une lettre dans la presse. Ce personnage qui faisait la joie des humoristes à la fin du siècle dernier (!) a été un militant engagé en politique par fierté patriote, depuis ses études en Sciences sociales et en Droit à l’université Laval au début des années 1960. Direct et coloré, son discours populiste plaisait. En 1976, René Lévesque lui avait confié l’Agriculture et Jacques Parizeau en fit son ministre de l’Éducation en 1994. Chargé par Lucien Bouchard de la Commission de la culture, M. Garon quittait Québec pour finalement revenir à Lévis à titre de maire jusqu’en 2005. Le personnage rappelle à une génération de Québécois le temps où le mot « autosuffisance » alimentait le désir de fierté d’un peuple. À l’Agriculture, il prônait « l’auto-suffisance alimentaire » : son objectif visait à d’abord nourrir les Québécois avant de faire du commerce international avec le produit de nos terres. L’ancien professeur d’Économie y croyait, conscient que l’argent ne se mange pas, même s’il en faut pour payer l’épicerie. Pour lui, fierté rimait avec autonomie et l’autonomie passait par l’auto-suffisance en commençant par l’essentiel : la nourriture. Où en est-on aujourd’hui ? Le discours de M. Garon portait une sagesse à la base de notre survie depuis des générations. Le Québec produit des carottes, des tonnes de carottes ! Pourtant, chaque printemps, les grandes épiceries ne proposent plus que des carottes venues d’ailleurs, comme des États-Unis par exemple, mais j’ai aussi vu des emballages mentionnant « Produit d’Israël » ! Et dans combien d’autres états du monde la balance du commerce international passe-t-elle avant les besoins de la population locale !

réalise l’espoir

Les grands de l’alimentation diront qu’il faut répondre à la demande. Mais quand le produit importé ne résiste pas au temps de transport et d’entreposage, demandons-nous si, au Québec, il ne faudrait pas retenir un peu plus de nos carottes « imparfaites » pour nourrir nos gens, plutôt que de laisser les légumes pourrir dans les champs ou les stocker comme leurres à chevreuils. Ce gaspillage alimentaire comporte clairement des risques. La télévision nous cuisine des produits exotiques que la moitié des consommateurs ne peuvent s’offrir, et donc n’influence qu’une minorité de gens. L’industrie des cotes d’écoute ne nourrit que ses comptes de banque et le Fermier urbain de Ricardo ne changera pas nos habitudes ! À l’heure où l’on discute OGM et produits bios, il faut revoir un film des années 70, Soylent Green – Soleil vert en français – tiré d’un roman de Harry Harrisson et dont l’action se passe en 2022, à New York. L’Amérique affamée se bat alors pour accéder à ces galettes vertes dont elle s’alimente, mais sans toutefois savoir de quoi elles sont faites. L’œuvre a pris des rides mais son message reste d’une terrifiante actualité. L’humain ne change pas : en toutes choses, il reste prêt à tout pour obtenir ce dont on l’a convaincu qu’il a besoin. Les vendeurs d’illusions règnent depuis que le monde existe. Il y a cinq siècles, un certain Shakespeare écrivait : « Nous sommes faits de l’étoffe de nos rêves ». Il ne parlait ni de pain, ni de beurre et encore moins de carottes. En 2012, de quoi sont faits nos rêves raisonnables ? De pain, de jeux et d’un peu plus de respect, peut-être ?

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Assemblée générale annuelle 2012 La population de Québec est conviée À la séance publique d’information et à l’assemblée générale annuelle de l’Archipel d’Entraide

p Le mardi 12 juin 2012 à 19h00 d À la Salle Hypérion 190, rue Saint-Joseph Est (coin Caron) Québec (Québec) G1K 3A7 Les portes ouvriront dès 18 h 30 Un buffet sera servi

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La quete numero 145 juin 2012  
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