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Photos : Francis Fontaine
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S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant une carte d’identification 2$ contribution volontaire. 1$ sur le prix de vente va directement au camelot.
Le magazine de rue de Québec
No 144 Mai 2012
• Conciliation travail-STRESS-famille • Souffrir en silence • Derrière les barreaux • Guérir son image • Vous dites : Santé Mentale ?
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Quand l’inaptitude survient, protégez ceux que vous aimez
WWW.CURATEUR.GOUV.QC.CA Une source d’information pratique pour en savoir plus sur : Qu’est-ce que l’inaptitude? Une personne est inapte lorsqu’elle est incapable de prendre soin d’elle-même ou d’administrer ses biens.
le mandat en prévision de l’inaptitude;
Qu’est-ce que le besoin de protection? Sur le plan juridique, il y a un besoin de protection lorsqu’une personne inapte doit être assistée ou représentée dans l’exercice de ses droits civils.
les responsabilités des mandataires, tuteurs, curateurs et conseils de tutelle;
514 873-4074 OU 1 800 363-9020
les droits des citoyens inaptes;
le rôle du Curateur public dans la prévention et l’intervention en cas d’abus.
Les heures d'ouver ture: Du lundi au vendredi de 8h30 à 12h00 et de 13h00 à 16h30 Soutien téléphonique
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Sommaire 5
Mot de la coordonnatrice
Éditorial
La santé mentale dans le trouble
Quand la machine déraille
6
Francine Chatigny
8
Faire grimper les cotes d’écoute à coup de TOC
7 10
Conciliation travail-stressfamille
Océane Périé
François Pagé
Rire salutaire
Derrière les barreaux
Souffrir en silence
9 12
Mélyssa Turgeon
Guérir son image Gabrielle Thibault Delorme
Andrée-Anne Lévesque Aubé
11
Marine Detraz
François Pagé
Écr i v a n t s e t p o è t e s Vous dites « santé mentale »
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Philippe Bouchard
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Heureux comme Roch !
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Le rôdeur et le vent
Roch Falardeau
Michel E.
Laval Chabon
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Pauvreté
Folie
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L’évasion de Jacques Mesrine Laurence Ducos
Gaétan Duval
Chroniques L’essentielle différence
Le monde est fou
16 Mai 2012
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Robert Maltais réalise l’espoir
Martine R. Corrivault 3
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PAGE COUVERTURE Illustration : Danièle Rouleau Conception graphique : Karyne Ouellet
r é a l i s e r l’ e s p o i r
Éditeur Pierre Maltais
Camelots recherchés
L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un mo-
Hey toi!donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la ment Tu as 18 ans ou plus. société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinéTu veux te faire quelques dollars?
rance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort - des + # + / plus % % 35 51défavorisés, 0' 5 0 & 13$ 5 + * l’Archipel 5 0 + / 3$ 5 d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal deQuête rue est destiné à la vente - sur la rue !- par des personnes en difficulté, Vends le magazine de rue La notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs 0, 5& % , * 5 / ' de !0 réaliser + 1/ 0' * 5 qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabicapacités, Appelle-nous au leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie. lités, améliorer 418 649-9145 poste 33 Ou L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également Viens nous rencontrer au des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien 1 5 , 35 1 0* 3& 5 * 15 0/ ' 5 + 0' 5 dans par le biais de son service Accroche-Toit. + ' * 5% la% /recherche * 35 + , 3* d’un + 1/ 3 logement 5
/ Archipel d’entraide
Une tribUne poUr toUs Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu. Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux. Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 11 du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique de juin: Nourrir le Québec.
Coordonnatrice Francine Chatigny CONSEILLERS À L’ÉDITION Martine Corrivault, Robert Maltais RÉDACTRICE EN CHEF Valérie Gaudreau RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Isabelle Noël ÉDITORIALISTE François Pagé CHRONIQUEURS Martine Corrivault, Robert Maltais
Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.
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Éditeur parrain Claude Cossette
JOURNALISTES Andrée-Anne L.-Aubé, Julie Cartier, Marine Detraz, Jonathan L.-Lachance, François Pagé, Océane Périé, Nathalie Thériault, Gabrielle Thibault-Delorme, Mélyssa Turgeon
Faire des soUs en devenant camelots
ÉCRIVANTS Philippe Bouchard, Julie Cartier, Laurence Ducos, Michel E., Roch Falardeau, Christiane Voyer
Les camelots récoltent 1$ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31
POÈTES Julie Cartier, Laval Chabon, Jasmin Darveau, Gaétan Duval, Marcel Guy Mailloux, AUTEURS DES JEUX Hélène Huot, Jacques Carl Morin RÉVISEURE Nathalie Thériault DIRECTRICE PHOTO Josée Normandeau PHOTOGRAPHES Francine Chatigny, Josée Normandeau, Gabrielle Thibeault-Delorme ILLUSTRATEURS Stéphane Bellefeuille, Anouk Lacasse, Danièle Rouleau CONCEPTRICE DE LA PAGE COUVERTURE Karyne Ouellet
Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.
Camelots recherchés
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INFOGRAPHISTE Karyne Ouellet
Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien
réalise l’espoir
Mai 2012
M o t de la coordonnatrice
La santé mentale dans le trouble Absence de trouble mental ou absence de maladie mentale : c’est ainsi qu’on définissait la santé mentale jusqu’au tournant du millénaire. Puis, inspirée par les travaux de l’équipe dirigée par Martin Seligman, professeur de psychologie à la University of Pennsylvania, l’approche positive où la maladie cède peu à peu la place à la santé, s’impose auprès de tous les intervenants en santé mentale. Ainsi, sur le site de l’Organisation mondiale de la Santé ( OMS ) on lit maintenant que la santé mentale est plus que l’absence de troubles mentaux : « La santé mentale est un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté. Dans ce sens positif, la santé mentale est le fondement du bien-être d’un individu et du bon fonctionnement d’une communauté ». Si la théorie se veut positive, la réalité est tout autre : environ 20 % de la population souffrira d’une maladie mentale au cours de sa vie, et le 80 % qui reste sera affectée par une maladie mentale chez un membre de la famille, un ami ou un collègue, selon le Rapport sur les maladies mentales au Canada publié par Santé Canada en mai 2006. Comme quoi, la santé mentale n’est pas sortie du trouble.
D’ailleurs, faut-il faire dans l’information spectacle pour intéresser la population aux problèmes de santé mentale. C’est la question que s’est posée Océane Périé. Il faut prendre soin de sa santé mentale tout autant que de sa santé physique. Parmi les moyens simples d’évacuer le stress quotidien, il y a le rire ! Marine Detraz nous en décrit les nombreux effets bénéfiques. Peu de pays ont un cadre juridique protégeant suffisamment les droits des personnes souffrant de troubles mentaux, prévient l’OMS. Il semble que le Québec n’y fasse pas exception. Selon l'Institut universitaire en santé mentale Douglas, 20 à 35 % des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ont des démêlés avec la justice alors que ceux-ci ne sont responsables que de 5 % de tous les actes violents perpétrés dans notre société. Est d’ailleurs pointé du doigt le manque de services offerts aux personnes souffrantes, souvent démunies. L’indulgence a toutefois des limites selon ce qu’affirme l’une des interlocutrices d’Andrée-Anne Lévesque Aubé.
ans sur trois a déjà essayé de perdre du poids. Dans bien des cas, il peut s’agir du simple désir de plaire ( ! ), sauf que ce comportement camoufle parfois un trouble alimentaire, qui est par nature difficile à détecter. Sur le site de l’Association canadienne pour la santé mentale on peut lire : le taux de mortalité associé aux troubles de l'alimentation est plus élevé que celui de toute autre maladie mentale. Effarant non! Gabrielle Thibault-Delorme a cherché les voies pour en guérir. La thématique du mois de mai n’a pas laissé indifférents nos lecteurs. Ils sont nombreux à nous avoir fait parvenir des textes, qui nous donnent tous à réfléchir. Sachant qu’on a plus de chance au cours de sa vie d’être affecté par une maladie mentale que de gagner à la loterie, cela mérite effectivement réflexion. Bonne lecture !
Francine Chatigny
On embrasse le culte du corps parfait de plus en plus jeune : une fillette de neuf
Si on associe spontanément la schizophrénie, la bipolarité ou les troubles anxieux à des problèmes de santé mentale, on hésite parfois à qualifier ainsi la dépression et la dépendance. Or, c’est le cas. Par ailleurs, c’est exactement ces deux derniers déséquilibres qui font augmenter les statistiques. Même le quotidien, en apparence anodin, menace notre précaire équilibre. François Pagé démontre comment le stress généré par le travail — de plus en plus exigeant en termes de performance — que l’on doit concilier avec une vie familiale et personnelle que l’on veut de plus en plus épanouie, entraîne justement dans son sillage dépression et dépendance… Quitter le monde de l’emploi n’est pas nécessairement garant d’équilibre : les aînés aussi souffrent de problèmes de santé mentale. Non seulement souffrentils, mais ils le font en silence. Un silence meurtrier comme nous le rapporte Mélyssa Turgeon puisque la maladie mentale est la principale cause du suicide chez les aînés. Un sujet qui ne fait pas souvent la manchette.
Mai 2012
Illustration: Stéphane Bellefeuille
z, érié,
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réalise l’espoir
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Éditorial
Le premier réflexe est bien sûr d’expliquer ce gouffre financier par le vieillissement de la population. Et c’est bien difficile d’empêcher les gens de vieillir! Outre la privatisation du système, la seule solution envisagée est donc la prévention. L’adage « mieux vaut prévenir que guérir » comporte aussi une signification économique apparemment. Toutefois, trop souvent, la santé est uniquement synonyme de bienêtre physique. Or, ce ne sont pas les études qui manquent pour nous rappeler que la frontière entre les conditions psychologique et physique d’un individu est loin d’être étanche. Mais si la société de l’image est un terreau fertile pour le culte du corps, celui de l’esprit se fait quant à lui toujours attendre. On oublie parfois que la tête aussi a besoin d’être entretenue et soignée à l’occasion. Si l’on considère qu’au moins une personne sur cinq souffrira d’un trouble psychologique significatif au cours de sa vie, il faut bien admettre que maintenir sa santé mentale en jonglant avec les pressions du quotidien est un véritable travail d’équilibriste. Il est vrai que les livres de self-help sont plus populaires que jamais. Il semblerait que le marché pour le soutien psychologique, lui, soit en bonne forme. Si ces ouvrages ne nuisent pas, s’y limiter reviendrait à espérer s’immuniser contre toutes formes de maladies en suivant les conseils de Montignac. La réalité est plus complexe et l’environnement joue à cet égard un rôle de premier plan. Pour la majorité, cet environnement, c’est 6
le travail. Selon Ressources humaines Canada, la proportion des gens consacrant 50 heures ou plus par semaine à leur emploi est passée de 10 % à 25 % au cours des dix dernières années. Mais avec la prolifération des discours sur la productivité, l’efficacité et la performance, mais surtout la sempiternelle croissance, le travail est rarement un milieu salutaire. La tendance est à la progression exponentielle des objectifs imposés. Les cadres veulent satisfaire des actionnaires toujours plus gourmands. Chaque année, on exige des employés des résultats meilleurs que les précédents. Aujourd’hui, il ne suffit plus de répondre aux attentes, il faut constamment les dépasser, les repousser. Même en faisant abstraction de l’absurdité de la recherche d’une croissance infinie des profits, ce mode de gestion comporte des failles sérieuses. À force d’exercer une pression psychologique constante, on finit par causer des dommages. L’humain n’est pas constitué pour encaisser un stress perpétuel. Lorsque l’esprit vole en éclats, les morceaux sont difficiles à recoller et l’entourage s’en trouve éclaboussé. Au cours des vingt dernières années, les réclamations aux assurances touchant à la santé mentale ont plus que doublé, pour atteindre au final les 40 %. On ne tolère plus qu’une compagnie pollue au risque d’engendrer maladies et contaminations. Pourquoi en serait-il autrement, lorsque vient le temps de protéger l’esprit des employés des émanations toxiques de la pression excessive ? Malheureusement, la multiplication des troubles psychologiques et les drames personnels et familiaux qu’ils entraînent trouvent peu d’écho dans la sensibilité des entreprises, ironiquement qualifiées de « personnes morales ». La légendaire main invisible du marché ne semble pas reliée à un cœur tout autant invisible, mais plutôt à une calculatrice.
réalise l’espoir
Photo : Archives Web
L’enveloppe du ministère de la Santé a crû de près de 5 % en 2012 pour atteindre la somme d’environ 30 milliards. Chaque année, la Santé accapare invariablement la plus grande part du budget du Québec. Si on exclut le service de la dette, ce ministère représente à lui seul près de 50 % des dépenses gouvernementales.
Quand la machine humaine déraille Cela dit, la préservation de l’équilibre psychologique de leurs employés présente des avantages économiques certains pour les compagnies. Selon une étude du Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto, les entreprises canadiennes souffriraient de pertes de l’ordre de 51 milliards annuellement, en raison de troubles mentaux ayant pu être constatés au sein de leur personnel. Lorsque la pression se cristallise en pathologie, cela entraîne des baisses de motivation et de productivité, voire des arrêts de travail. Le Conference Board du Canada a observé que les gens subissant un fort stress professionnel s’absentent deux fois plus souvent que la moyenne. L'Organisation mondiale de la santé prévoit d’ailleurs que la dépression majeure sera la deuxième cause d'invalidité chez l'humain d’ici 2020. En plus de nuire au fonctionnement interne des compagnies, l’absentéisme implique des investissements massifs dans les régimes d’assurance. Environ 40 % de toutes les réclamations sont liées à la santé mentale aujourd’hui. Il serait temps de mettre à jour les manuels d’administration. Les gestionnaires avertis doivent reconnaître qu’il vaut mieux encourager un travailleur à maintenir une efficacité constante que d’imposer un rythme de production insoutenable. Les chambres de commerce et les organisations patronales doivent faire œuvre de pédagogie auprès de leurs membres, autant pour leur profit personnel que pour le bien-être de tous.
François Pagé Mai 2012
Manger du verre, du papier de toilette, des feuilles d’assouplisseur, des cendres de cigarette, de la poudre à récurer. Croyez-le ou non, ces étranges dépendances, ou plus précisément ces « troubles obsessionnels compulsifs » (TOC) existent bel et bien. Et il n’est pas question uniquement d’habitudes alimentaires. D’autres dorment avec un séchoir, ingèrent jusqu’à 150 laxatifs par jour, refusent de se couper les ongles pendant plus de vingt ans ou encore ne peuvent s’empêcher de sortir en public costumés. Toujours sceptiques ? Curieux ? Asseyezvous tranquillement dans votre fauteuil, ouvrez votre téléviseur et zappez sur quelques chaînes spécialisées. Canal D, Addik TV ou encore Canal vie, toutes ces stations ont un point en commun : elles font de la maladie mentale un sujet de prédilection. Et ce n’est pas par hasard, lorsque l’on sait qu’un trouble anxieux touche une personne sur dix au cours de sa vie. Toutefois, alors que les campagnes de sensibilisation à la maladie mentale battent leur plein, on vient à se demander si ces émissions ne nuisent pas au sérieux de la cause. Certes, elles nous présentent des cas d’obsession compulsive, leurs causes et leurs effets. Et c’est déjà un premier effort de sensibilisation. Par contre, leur caractère inusité semble davantage tenir du divertissement. Aussi une question se pose : jusqu’où va l’information ? Mais s’agit-il d’information ou de sensationnalisme ? Pour répondre à cette question, La Quête est allée demander l’avis de Gilles Savard, professeur en psychologie au Cégep Garneau et chargé de cours à l’Université Laval. Avant tout, nous lui avons présenté un épisode de l’émission Mon étrange dépendance, diffusée sur les ondes de Canal Vie. Dans cet épisode on nous présente Josh, « l’homme qui
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Faire grimper les cotes d’écoute à coup de TOC
Photo : Francine Chatigny
Photo : Archives Web
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mange du verre ». Par contre, cette obsession semble particulièrement révulser le professeur. « C’est un cas marginal qui ne représente aucunement des cas typiques. Je crois que cette émission vise uniquement à susciter la curiosité pour augmenter les cotes d’écoute ». D’autant plus que selon lui, l’émission ne nous donne aucune précision sur l’origine du phénomène, les facteurs, les causes ni la formation des thérapeutes. « Bref, c’est un reportage un peu vide finalement ». La Quête, a joint la compagnie Astral où personne, a-t-on indiqué, n'était pas disponible pour commenter. Mais alors, comment s’assurer de la crédibilité d’une émission ? Comment les distinguer ? « Tout d’abord, il faut aller plus loin. Pour qu’une émission soit complète, il faut faire un portrait détaillé du patient. Cela veut dire qu’il faudrait consacrer plus d’une émission ». Ainsi, si l’on se fie à M. Savard, on doit retrouver une description des symptômes, des facteurs, des pistes de solutions et de prévention avec des spécialistes compétents — mentionnons que dans l’épisode en question, aucun thérapeute n’a été rencontré —. De plus, quelques données statistiques devraient peaufiner le tout. En somme, si tous ces éléments sont présents, on devrait à la fois retrouver un reportage intéressant, mais aussi crédible. Ultimement, l’application de cette grille d’analyse témoigne d’un effort de compréhension de ce trouble anxieux.
Un peu plus sur le TOC Selon l’Association canadienne de la santé mentale, le trouble obsessionnel compulsif est un trouble anxieux « qui se traduit en une fascination pour un objet ou une personne ». Incapables de chasser leurs craintes de leur esprit, l’anxiété de ces personnes se meut en une obsession. Ainsi, pour soulager ses peurs, une personne souffrant d’un TOC effectue des gestes ritualisés compulsifs sans cesse répétés. À titre d’exemple, la peur des germes est le TOC le plus répandu. La personne en proie à cette obsession peut avoir pour compulsion de se laver les mains jusqu’à 50 fois par jour.
Océane Périé Communication publique, 2e année réalise l’espoir
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C o n ciliation travail-stress-fam i l l e Le stress généré par les défis de la conciliation travail-famille peut causer plusieurs troubles de santé mentale, selon un expert du Centre d’études sur le stress humain (CESH).
Le chercheur note qu’il est facile d’observer l’impact de la conciliation travailfamille sur la santé en s’attardant à la place croissante des femmes sur le marché de l’emploi. « Alors que le taux de mortalité causée par les maladies cardiovasculaires, généralement associées au stress, a longtemps été beaucoup plus élevé chez les hommes, les femmes ont non seulement rattrapé leurs collègues masculins, mais elles les ont dépassés dans ce domaine ». Au cours des 35 dernières années, le taux d’emploi des mères d’enfants de moins de six ans a explosé, en passant de 30 % à un peu plus de 75 % selon les données de l’Institut national de santé publique du Québec. De nos jours, le taux d’activité des femmes sans enfants et des mères d’enfants de moins de seize ans ne diffère que par deux points. « Les femmes sont les plus touchées par la conciliation. Encore aujourd’hui, elles ont souvent plus de responsabilités familiales que les hommes », a analysé M. Juster. Le chercheur précise cependant que l’impact du stress sur une personne dépend moins de son sexe que de sa personnalité. Ainsi, une femme avec un caractère dit « masculin », selon une vision assez stéréotypée des traits d'une femme et d'un homme, réagira de façon similaire aux hommes. L'inverse serait aussi vrai pour un homme dit « efféminé ». Et en plus des problèmes physiques, il y a aussi les maladies mentales. Le stress chronique peut entraîner plusieurs com8
Illustration: Stéphane Bellefeuille
« Notre capacité à gérer le stress sur une base quotidienne au travail repose en grande partie sur un environnement familial stable où il est possible de relaxer. Or, de plus en plus, on assiste à un cercle vicieux. Les gens traînent leurs angoisses entre la maison et le boulot, et ne font que les cumuler », a expliqué d’emblée Robert-Paul Juster, spécialiste en neurosciences au CESH. Garder l’équilibre : plus facile à dire qu’à faire !
plications psychologiques comme la dépression, l’épuisement professionnel ou les troubles d’angoisse. Selon le scientifique, cela peut également servir d’élément déclencheur pour des pathologies sévères comme la schizophrénie ou la bipolarité. Là aussi, le sexe de la personne a son effet. « Les femmes sont deux fois plus à risque pour les dépressions. Chez les hommes, ce sont souvent des problèmes de dépendance qui apparaissent », a constaté M. Juster. « Les gens vont voir le dentiste deux fois par année, mais craignent de se rendre chez le psychologue. La vérité, c’est que tout le monde peut avoir des troubles de ce genre », a-t-il ajouté. « On dit qu’une personne sur cinq se fera diagnostiquer une maladie mentale au cours de sa vie. Et les experts estiment plus globalement qu’une sur trois en sera victime ». Toutefois, si plusieurs pensent spontanément à des cas lourds et à des symptômes évidents lorsque des problèmes de ce type sont évoqués, la réalité peut être plus subtile. Monique Boniewski, directrice générale de l’Association canadienne pour la santé mentale dans la région de Québec, donne l’exemple des phobies. « Quelqu’un qui a une peur irrationnelle des ascenseurs à Québec peut vivre au quotidien sans grands soucis et personne ne l’inquiétera avec ça.
réalise l’espoir
Mais la même phobie au centre-ville de New York est un tout autre cas ! » Elle rappelle cependant que les pathologies sont évitables. Tout le monde est appelé à subir du stress au quotidien. C’est la façon dont il est vécu et géré qui fait la différence. À son avis, l’impression d’une absence de contrôle est un facteur important dans les cas susceptibles de dégénérer. « Il faut commencer par identifier les éléments précis qui nous stressent. Puis, on travaille sur ceux sur lesquels on a une influence. Par exemple, pour plusieurs personnes, le trafic est un irritant quotidien important. Mais je ne suis pas certaine que tous ceux qui ragent dans leur voiture à 7 h 30 sur l’autoroute Laurentienne soient obligés de se trouver là », a illustré Mme Boniewski.
François Pagé Journalisme, 1re année
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Souffri r e n s i l e n c e
« Si on rassemble l’ensemble des troubles mentaux que nous avons mesurés, on constate que dans la population des aînés de 65 ans et plus, environ 12 % de ces personnes ont présenté au moins un de ces troubles mentaux au cours des 12 derniers mois », signale M. Boyer. Il fait ainsi référence à une Étude sur la santé mentale des aînés ( ESA ), réalisée par le regroupement Santé mentale du RQRV entre 2005 à 2007, auprès d’un échantillon représentatif de 1800 personnes âgées de 65 ans et plus au Québec. La proportion des femmes atteintes est de 15 % contre 9 % chez les hommes, ajoute le directeur de la recherche au département de psychiatrie de la Faculté de médecine à l’Université de Montréal.
Troubles mentaux En règle générale, on peut rassembler les troubles mentaux selon deux grandes catégories : les troubles affectifs, comme la dépression majeure ou mineure, et les troubles anxieux, comme l’anxiété généralisée et la phobie simple ou sociale, explique le professeur. L’ESA a démontré qu’au cours des 12 derniers mois, près de 7 % des hommes et des femmes âgées du Québec ont vécu un épisode d’un de ces troubles affectifs. Du côté des troubles anxieux, le taux s’élève à 6 %. On peut donc estimer que près de 100 000 personnes âgées de 65 ans et plus au Québec vivent l’un ou l’autre de ces troubles mentaux au cours d’une année, conclut le professeur. Sur ce
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Les personnes âgées de 65 ans et plus qui vivent de la souffrance psychologique ne seront pas en mesure de nommer cette détresse et, conséquemment, la vivront en silence. De plus, elles entretiennent certains préjugés envers les troubles mentaux qui les limiteront à demander de l’aide, selon le Docteur Richard Boyer, professeur agrégé à l’Université de Montréal et responsable du regroupement Santé mentale du Réseau québécois de recherche sur le vieillissement ( RQRV ).
nombre, 40 % ont consulté un professionnel de la santé en lien avec leur trouble mental. Par contre, pour les troubles un peu moins « handicapants », seuls 8 % ont rencontré un professionnel.
Suicide Par ailleurs, ces troubles mentaux restent la principale cause de suicide chez les personnes âgées, notamment la dépression majeure. Ce ne sera pas la perte d’autonomie, la solitude ou encore la maladie, précise Richard Boyer. Selon lui, il y a autant de suicides chez les personnes âgées que chez les adolescents. Or, « lorsqu’on regarde les taux de suicide chez les adolescents, on tombe en bas de notre chaise. Quand il s’agit d’un suicide d’une personne âgée, on trouve ça normal, car ils sont vieux et fatigués… », mentionne-t-il. Autrement dit, les personnes âgées sont victimes « d’âgisme » lorsqu’on aborde la question du suicide. Cette fausse perception du suicide chez les aînés marginalise en quelque sorte le problème. « Comme pour les jeunes, comme pour les adultes, les personnes âgées se suicident parce qu’elles souffrent d’un trouble mental ».
Agir à tout âge
sation Agir à tout âge destiné à la fois aux aînés, aux intervenants et proches aidants. D’une part, on souhaite combattre la « stigmatisation des maladies mentales » auprès des personnes âgées. De l’autre, on veut mieux outiller les intervenants du milieu, notamment quant aux symptômes reliés aux maladies mentales. « Ils manquent de formation vis-à-vis des aînés, et ce qui se produit du point de vue clinique c’est qu’ils confondent les signes de vieillissement avec les signes de dépression », juge Jean-Luc Taschereau, président de la FMM. Par le biais d’ateliers dans les établissements de santé et les résidences de personnes âgées qui en feront la demande auprès de la Fondation, le programme compte rejoindre environ 15 000 aînés à travers le Québec en 3 ans, et 18 000 via le site Web. « Selon moi, nous devrions dépasser largement nos objectifs, car le nombre de personnes qui assistent à nos réunions est déjà plus élevé que ce que nous avions prévu ».
Mélyssa Turgeon Bachelière en journalisme
En janvier dernier, la Fondation des maladies mentales ( FMM ) lançait officiellement son programme de sensibili-
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On rit « de », on rit « avec », on rit « parce qu'on nous chatouille », on rit « aux larmes » on rit « de joie ». En fait, on rit pour toutes sortes de raisons. Le rire fait partie de nos vies, qu’on le veuille ou non. Lors d’une situation comique qui provoque ce qu’on appelle un « fou rire », ou suite à un évènement gênant, le rire est le reflet de notre personnalité, de nos pensées cérébrales. En même temps, il est générateur de beauté, mais surtout… libérateur de tensions. Pas de mensonge ou de thèse absurde : le rire est à la fois un produit scientifique et… irrationnel. Oui, oui, c’est prouvé ! En fait, au début du XVIe siècle, au temps des humanistes, le rire commence à intéresser certains professionnels de la santé. En 1964, le journaliste américain, Norman Cousins reçoit un diagnostic de spondylarthrite ankylosante, une maladie incurable. Décidé à ne pas se laisser mourir et ayant entendu parler des propriétés thérapeutiques du rire, il se crée une cure sur mesure : il passe ces journées à écouter des films drôles ou à lire des bandes dessinées. Au bout de six mois, il est semble-t-il guéri. Mais qu’est-ce que le rire ? Et quels en sont les effets bénéfiques ? D’abord, le rire est un mouvement musculaire provoqué par le système nerveux. Tout se passe en un seul point : le cerveau; le rire lui lance des codes qui en l’espace de quelques fractions de seconde seront transmis et exploités par le corps en entier. Le rire produit des endorphines, soit une hormone euphorisante qui atténue la douleur, le stress et les angoisses. Le rire possède en fait plus d’un tour dans son sac, puisqu’il procure un relâchement musculaire, soulage des maux de tête, renforce le système immunitaire,
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Rire salutaire
assure un bon sommeil — du moins meilleur — de même qu’améliore l’humeur et les fonctions cognitives. Celuici contribue donc à un maintien de l’énergie dans le corps. Quand la santé semble se déstabiliser, le rire devient alors un remède à la dépression, chassant temporairement les émotions négatives. En réalité, comme le décrit Bruno Dubuc, spécialiste en neurobiologie et rédacteur du site montréalais Le cerveau à tous les niveaux, ce sont les niveaux de sérotonine, le messager chimique du système nerveux, impliqués dans plusieurs fonctions physiologiques comme le sommeil et […] associés à différentes formes de dépression qui augmentent au cerveau, permettant aux « pensées négatives » de s’évacuer en riant. Donc, se mettre à rire pour « faire sortir » la jalousie, la peur, la colère et la culpabilité. Puisque les vaisseaux sanguins se dilatent, la pression sanguine tombe habituellement après quelques minutes de rire — ce qui est très efficace pour les personnes atteintes d’hypertension —. Mais ce n’est pas tout. L’action de rire provoque des spasmes et des contractions, qui parcourent toutes les fonctions vitales du corps, dont celle de la digestion. Le rire a l’effet d’un massage pour notre abdomen grâce aux expires saccadés. C’est la production des catécholamines, hormones d’éveil, qui fait perdurer ce sentiment de relaxation et de bien-être. Et une dose de yoga pour la machine humaine !
Apprendre à nos cœurs à retrouver le sourire Au Québec, tous les moyens sont bons pour retrouver ne serait-ce que l’ombre d’un sourire: aperçu du Club de rire Québec et de celui de Rigolothérapie. L’objectif est aussi simple que ça : rire !
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Basées sur le modèle du médecin indien Mandan Kataria, lequel a créé le premier Club de Rire en Inde en1995, les rencontres peuvent durer entre 45 et 60 minutes et constituent en des séances de rire en groupe, en milieu de travail, dans les organismes communautaires ou dans les écoles. Ces ateliers spécialisés mettent l’accent sur l’humour et le rire en tant qu’outils de croissance personnelle. Ils comportent des exercices d’étirements et de respiration profonde en vocalisant au même rythme des « ah ah ah » afin de stimuler le rire, de détendre le corps et l’esprit et d’oxygéner l’organisme. Bien que cette technique ne semble pas être aussi validée empiriquement que la thérapie cognitive — comportementale —, et qu’aucune relation de cause à effet n’ait été émise entre le rire et la santé mentale, nous savons tous par expérience personnelle que rire, ça fait du bien ! Et sinon… à quand remonte votre dernier moment de fou rire ?
Pour rire à Québec Rigolothérapie : Paule Desgagnés conférencière et auteure Tél. : 418 871-0344 info@rigolotherapie.com www.rigolotherapie.com Club de rire Québec YWCA 855 av. Holland, Québec Information et inscription : 418 653-3344 info@marcellehardy.com www.clubderirequebec.com/ clubvilledequebec.html
Marine Detraz Rédaction professionnelle et langue française, 2e année Mai 2012
Derrière les barreaux Photo : Archives Web
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Le taux d'incarcération des personnes souffrant de problèmes de santé mentale a crû de façon importante au cours des dernières décennies.
Le décès de Farshad Mohammadi, l'itinérant abattu en janvier dernier par un policier du Service de police de la Ville de Montréal qu'il venait de blesser de plusieurs coups de lame, a relancé le débat sur l'aide apportée aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale. L'enquête sur l'intervention policière n'était pas terminée, qu'en conférence de presse la Ville de Montréal se faisait catégorique : c'est Québec et son refus d'augmenter les ressources allouées à l'aide aux personnes, notamment les sans-abris, souffrant de maladies mentales qu'il faut blâmer. « Il y a urgence d'agir », répétait la responsable du développement social et communautaire au comité exécutif; Jocelyn Ann Campbell, dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir. La voix de Mme Campbell se joignait ainsi à celles d'une foule de spécialistes de la santé, chercheurs et intervenants communautaires qui dénoncent le sous-financement de l'aide en santé mentale. Corollaire de ce manque de ressources, le taux d'incarcération des personnes souffrant de problèmes de santé mentale a crû de façon importante au cours des dernières décennies. Ainsi, selon l'Institut universitaire en santé mentale Douglas, 20 à 35 % des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ont des démêlés avec la justice alors que ceux-ci ne sont responsables que de 5 % de tous les actes violents perpétrés dans notre société. Parce qu'elles sont l'objet de plaintes citoyennes, qu'elles sont plus souvent suspectes lorsqu'un délit est commis et qu'elles sont parfois victimes de discrimination, les personnes avec des troubles mentaux sont plus susceptibles d'entrer en contact avec les policiers. La majorité de celles qui connaissent des démêlés avec la justice est arrêtée pour des délits mineurs, notamment des délits dits de survie liés à la pauvreté comme le vol de denrées alimentaires ou de produits d'hygiène. Soins, logement, nourriture, vêtements, activités, organisation sociale, voilà tous
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des besoins qui étaient comblés par les institutions psychiatriques. Or depuis la désinstitutionnalisation, plusieurs se retrouvent aujourd’hui démunis. Dre Anne Crocker, professeure agrégée au département de psychiatrie de l'Université McGill, ne condamne pas pour autant la désinstitutionnalisation. Initiée dans les années 1960, cette politique visait à redonner leurs droits et libertés aux gens jusque là internés, en les intégrant dans la communauté. Parallèlement devaient suivre des ressources appuyant leur réinsertion, ressources qui aujourd'hui font défaut. Dans ce contexte, l'adéquation entre le manque de services en santé mentale et la judiciarisation des personnes avec des troubles mentaux inquiète Dre Crocker. « Une personne qui est déjà vulnérable, qui a une problématique de santé mentale ou une déficience intellectuelle qui en plus se retrouve avec une étiquette " justice " va être plus limitée dans ses accès à l'hébergement, aux services vocationnels, d'enseignement et de santé générique, » explique-t-elle en conférence1 à l'Institut Douglas. Réformes législatives et programmes de déjudiciarisation ont été mis sur pied afin de tenter de prévenir l'entrée dans le système de justice des personnes souffrant de troubles mentaux. À Québec, l'organisme communautaire PECH ( Programme d'encadrement clinique et d'hébergement ) dont la mission est de venir en aide aux personnes vivant avec des problèmes multiples collabore depuis de nombreuses années avec le service de police de la Ville. Lorsqu'ils procèdent à une intervention pour un délit impliquant une personne atteinte de maladie mentale, les policiers peuvent décider de ne pas la judiciariser, si celle-ci accepte de rencontrer un intervenant de PECH.
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Appréciée des utilisateurs, cette pratique suscite certaines critiques au sein de la population. En effet, à ceux qui plaident que les personnes souffrant de problèmes de santé mentale sont malades et non pas délinquantes et que par conséquent la judiciarisation est inadaptée, s'opposent ceux qui croient qu'elles doivent malgré tout être responsabilisées. À ce sujet, Guylaine Cayouette intervenante à PECH s'avoue partagée. « Le fait d'avoir une maladie mentale ne fait pas que tu as le droit de distribuer des voies de fait, ce n'est pas un critère diagnostique, marquet-elle. Quand ça fait 10 ans qu'on te traite et que tu connais tous les tenants et aboutissants de ta maladie et que tu choisis de ne pas prendre ta médication ou que tu choisis de t'intoxiquer et que tu commets une voie de fait et bien là, l'individu doit être responsabilisé. » Pour les autres, PECH se déplace 24 h par jour, sept jours sur sept offrant tant des services d'aide ponctuelle ( hébergement, accès à des services médicaux ) que d'accompagnement communautaire. Mme Cayouette se félicite d'ailleurs de l'excellente collaboration entre l'organisme et les services policiers, qui ont témoigné lors d'un récent sondage d'un haut niveau de satisfaction à l'égard des services offerts par PECH.
Andrée-Anne Lévesque Aubé Études internationales et langues modernes, 3e année
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Cette conférence donnée dans le cadre des cours de l'École Mini Psy de l'Institut Douglas est disponible en ligne www.douglas.qc.ca/pages/view?section_id=123
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Guéri r s o n i m a g e
Les risques reliés aux troubles alimentaires sont bien réels et, au-delà de cette quête de l’image parfaite se cachent des conséquences dévastatrices : carences, arythmie, œdème, atrophie musculaire, déchirure de l’œsophage ( causé par les vomissements répétés ), ou encore un arrêt cardiaque. Psychologiquement, le trouble alimentaire agit comme une obsession. « La ligne est mince entre la préoccupation qui peut survenir le matin, par exemple, et l’obsession qui va préoccuper tout au long de la journée », a expliqué Jessie Boily-Tremblay, intervenante sociale à la Maison Éclaircie, spécialisée en troubles alimentaires. L’obsession porte sur l’apparence corporelle, la quantité d’aliments ingérés et la qualité de ceux-ci. Les troubles alimentaires sont nombreux, ils ne se limitent pas à la seule boulimie et anorexie, bien que ces deux troubles demeurent les plus connus. L’anorexie mentale restreint l’alimentation à des quantités minimes de nourriture. La boulimie est une ingestion importante, et dans une courte durée, d’une quantité très importante de nourriture, souvent accompagnée d’une purge, sous forme d’exercice intense, de prise de laxatifs ou de vomissements provoqués. L’anorexie et la boulimie peuvent coexister grâce à une longue période de disette entrecoupée de prises alimentaires incontrôlées. La bigorexie se retrouve plutôt chez les hommes, s’agissant en fait de l’obsession d’un corps musclé, par un entraînement musculaire intense et un régime hyperprotéiné qui devient une obsession. La préoccupation excessive de la qualité de l’alimentation a donné le nom au trouble 12
Photo : Gabrielle Thibault-Delorme
Dans une société où la préoccupation par rapport au poids et à l’alimentation prend une place importante, certaines personnes la vivent quotidiennement, parfois jusqu’à l’obsession. Une fois sur la voie des troubles alimentaires, deux avenues s’offrent alors ; s’y enfoncer ou trouver le chemin pour s’en sortir.
orthorexique. Ce trouble est très difficile à diagnostiquer, car les conséquences physiques sont presque inexistantes. Il est toutefois possible de s’en sortir. « On croit qu’il est possible de ne plus avoir de comportements obsessionnels, mais il faut toujours garder une certaine vigilance, surtout dans les cas de bouleversements, comme un deuil », a précisé Mme Boily-Tremblay. La guérison demande une restructuration cognitive, en brisant les mythes et les croyances liées à l’alimentation. À l’Éclaircie, les intervenantes travaillent de concert avec des nutritionnistes qui se chargent de la rééducation alimentaire. Le compte des calories cède la place aux simples signaux de satiété. Les intervenantes se chargent du problème de fond, en abordant surtout l’estime de soi et la gestion des émotions. Les intervenants rencontrent également les proches. « L’entourage doit éviter le plus possible tous commentaires par rapport à l’apparence, car dans tous les cas, il risque de faire une gaffe. S’il dit : « Tu as l’air bien, tu as pris du poids », cela renforcera la crainte de la prise de poids qui est un obstacle à la guérison. Si à l’inverse il dit : « Tu as l’air maigre », il renforce le comportement initial », a indiqué Mme Boily-Tremblay. Il est alors préférable de se concentrer sur une valorisation externe, ce qui ne touche pas à
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l’apparence ( résultats scolaires, réussites sociales ou professionnelles, etc. ). Anorexie et boulimie Québec tente de sortir les personnes atteintes de troubles alimentaires de leur isolement, auquel la maladie mène souvent, par l’instauration de leur site Internet, de leur blogue et de leur compte Twitter. En plus de permettre aux personnes atteintes de troubles alimentaires de discuter entre elles et avec des intervenantes, le site donne de l’information sur les troubles ( ex : la bigorexie, par le compte Twitter ), tout en se présentant comme observateur des médias et de la société. Le blogue et le compte Twitter se portent souvent en critique de la quête idéalisée de la minceur et de l’obsession alimentaire. ANEB offre également une ligne d’écoute et de référence. Dans les cas les plus rares, l’hospitalisation est alors nécessaire, avec un suivi très serré de l’alimentation afin de faire reprendre du poids, accompagné de thérapies. L’Éclaircie travaille d’ailleurs de concert avec le CHUL de Québec pour les adultes et l’Hôtel-Dieu pour les enfants et les adolescents.
Gabrielle Thibault-Delorme Journalisme, finissante Mai 2012
À vos marques, prêts, par tez! « Les Olympiques spéciaux peuvent apporter énormément de bienfaits aux athlètes », juge MarieJosée Carroll, Chef des communications et événements spéciaux pour l’organisme Olympiques spéciaux Québec. Celui-ci a comme mission « d'enrichir, par le sport, la vie des personnes présentant une déficience intellectuelle ». Olympiques spéciaux Québec dénombre à ce jour plus de 5 000 athlètes présentant une déficience intellectuelle. « Toute personne physiquement apte peut venir faire de la compétition chez nous », mentionne Mme Carroll. Cet organisme accueille quiconque présente une déficience intellectuelle. « On ne demande pas de diagnostic médical », spécifie Ariane Chrétien-Boucher, Chef de mission pour Équipe Québec aux Jeux nationaux d’hiver en Alberta. Olympiques spéciaux Québec compte sur 367 clubs sportifs permettant de pratiquer sept sports d’hiver et autant d’été. Il offre également des programmes d’entraînements récréatifs et compétitifs disponibles toute l’année, partout au Québec. Les bienfaits des Olympiques spéciaux sur les athlètes sont multiples. « Ils gagnent en estime d’eux », mentionne Mme Carroll. « Cela favorise leur inclusion sociale parce qu’ils font partie d’un club », ajoute-t-elle. Les Olympiques spéciaux apportent « d’énormes bienfaits sur la famille, car celles-ci peuvent rencontrer des membres d’autres familles qui vivent la même situation qu’eux », conclut Marie-Josée Carroll. Cela fait donc en sorte que les familles ne vivent pas seules le problème de leurs enfants. Les jeunes qui vivent avec une déficience intellectuelle et qui pratiquent un sport améliorent non seulement leur condition physique, mais également leur condition de vie. Leur vie sociale s’améliore, ils peuvent se faire des amis, un copain ou une copine. « C’est un sentiment de fierté pour eux », mentionne Mme ChrétienBoucher. Les performances sportives des jeunes athlètes à l’intérieur de l’orga-
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Courtoisie : Olympiques spéciaux Québec
Photo : Gabrielle Thibault-Delorme
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Médaillés en athlétisme des Jeux provinciaux d’été, édition 2009, à Saint-Jean-sur Richelieu.
nisme Olympiques spéciaux Québec rendent leurs parents très fiers. « Enfin, il se passe quelque chose pour mon enfant », s’exclamait un parent à la suite d’une compétition dans laquelle son enfant a participé.
L’entraînement Au risque de vous surprendre, certains athlètes dotés d'une bonne compréhension technique peuvent atteindre des résultats surprenants. « Nos athlètes peuvent courir le 100 mètres en 12 secondes », nous apprend Mme Chrétien-Boucher. D’ailleurs, celle-ci nous souligne que l’entraînement de ces athlètes est relativement similaire à celui qu’exécutent ceux qui ne présentent pas une déficience intellectuelle. Les athlètes à l'intérieur de l'organisme Olympiques spéciaux Québec se font enseigner la technique des différents sports offerts, ils apprennent tout ce qui touche la motricité et les mouvements à effectuer. « Leur corps fonctionne aussi bien que les autres », mentionne Mme Chrétien-Boucher. Le temps d’apprentissage est toutefois plus long. « Un athlète peut prendre plus de deux ans à apprendre à lancer un poids en athlétisme », explique-t-elle. Pour cette raison, contrairement à des équipes sportives régulières, Olympiques spéciaux Québec demande un entraîneur par quatre athlètes.
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Les bénévoles L’organisme Olympiques spéciaux Québec peut compter sur plus de 1 300 généreux bénévoles qui investissent beaucoup de temps pour ces athlètes qui vivent une déficience intellectuelle. « On a besoin de personnes qui ont un grand cœur », souligne Mme Chrétien-Boucher. Celle-ci juge d’ailleurs que c’est ce critère qui est le plus important. « Ils doivent être présents, à l’écoute et motivés, ajoute-t-elle. La Chef de mission pour Équipe Québec nous a également appris que les différents entraîneurs et bénévoles peuvent « transmettre leur savoir et leurs connaissances sans être des professionnels de leur sport nécessairement ». « Quand tu commences à travailler avec ces athlètes, tu t’attaches à ces gens-là et tu veux continuer », conclut Mme Ariane Chrétien-Boucher.
Jonathan Lachance-Lemieux Baccalauréat multidisciplinaire 3e année
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La mala d i e m e n t a l e : d’hier à a u j o u r d ’ h u i « La principale caractéristique de l’homme de masse n’est pas la brutalité ou le retard mental, mais l’isolement et le manque de rapports sociaux normaux ». ( Hannah Arendt ) Au Moyen Âge, on attachait les malades mentaux vivant avec leurs proches pour éviter qu’ils ne se blessent ou s’automutilent. Les autres plus dangereux sont emprisonnés ou mis en institutions. L’exorcisme est considéré comme une alternative, tout comme l’extraction de la pierre de la folie, voire le bûcher pour sorcellerie en cas d’échec. Les affections mentales ont d’ailleurs longtemps été considérées comme la possession d’un être par une entité diabolique. À la Renaissance, plusieurs médecins condamnent la pratique du bûcher, estimant que les fous doivent être traités avec bienveillance et voyant en eux l’espoir d’une guérison. La folie passe donc du surnaturel au rang de la maladie. À la fin du 18e siècle, les fous sortent des prisons pour entrer dans les asiles d’aliénés, enchaînés. Quelques années plus tard, le Dr. Philippe Pinel et son surveillant Jean-Baptiste Pussin classent les maladies mentales par catégories, en plus d’ôter les chaînes aux patients. La psychiatrie est née. Le 19e siècle initiera une règlementation pour les hôpitaux psychiatriques par la mise en place de deux mesures d’internement : le placement d’office et le placement volontaire ( volonté du peuple ), qui visaient avant tout à « protéger » la société. La vie dans les asiles était alors rythmée de façon immuable; les transgressions étaient sévèrement punies et peu de traitements curatifs étaient offerts, dont certains passablement barbares comme celui de faire frôler la mort au patient pour provoquer un état de choc. Les sorties sont plutôt rares et un internement à vie était d’ailleurs chose courante car le pourcentage de guérison n’atteignait que 5 %.
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Le 20e siècle a également connu sa période de noirceur : ➢ Parmi certains ouvrages de médecine, l’on retrouve encore le bromure de potassium, l’opium et la morphine comme traitements, en plus de la compression des ovaires et la flagellation. ➢ L’Allemagne nazie extermine les malades mentaux dans le cadre de l’Aktion T4. ➢ Entre 1940 et 1944, un nombre effarant de malades mentaux ( 40,000 ) succomberont à la famine dans plusieurs hôpitaux de l’Europe, par oubli ou par indifférence, et parmi eux se retrouvait Camille Claudel. ➢ La lobotomie ( altération de la substance blanche d’un lobe cérébral ) est officialisée en 1935 par deux neurologues, lesquels se mériteront un prix Nobel en 1949. On estime à 100,000 le nombre de personnes lobotomisées entre 1945 et 1954, la moitié provenant des États-Unis. De ce nombre, 2500 ont été « traitées » par le Dr. Walter Freeman qui combinait la lobotomie et les électrochocs, avec ou sans anesthésie locale et au pic à glace. ➢ En 1960, les médecins délaissent peu à peu cette pratique, lui préférant les neuroleptiques ; plus efficaces et moins dangereux. La psychothérapie fait également son apparition. Des psychologues et du personnel spécialisé ( ergothérapeute et assistants sociaux, entre autre ) seront embauchés dans la plupart des asiles et des hôpitaux. ➢ En juin 1990, on misera sur le soin et le renforcement des droits du patient. Également, le placement volontaire ( volonté du peuple ) cédera sa place à l’hospitalisation à la demande d’un tiers. Du côté de Montréal, l’un des hôpitaux considéré comme le plus progressiste de sa catégorie en 1881 fut certes celui de Douglas, alors appelé Protestant Hospital for the Insane. Il endossera le nom d’Hôpital Douglas en 1965. Dans les années 50, des percées révolutionnaires dans le traitement et la recherche des maladies mentales y ont lieu, grâce au psychiatre Heinz Lehmann qui introduira les antipsychotiques. Plusieurs patients considérés jusque là comme incurables pourront ainsi reprendre une vie active en prenant ces médicaments. Vers le milieu des années 60, la désinstitutionalisation sera mise en opération.
Et aujourd’hui ? Selon le directeur scientifique du laboratoire de l’hôpital Douglas, Rémi Quirion : « Il y a beaucoup de nouveautés, de développements dans le domaine de la recherche sur les maladies mentales. On commence de plus en plus à savoir quelles sont les familles des gènes impliqués dans certaines maladies mentales et leur interaction dans leur environnement, le mot environnement pris dans un sens social ». Celui-ci ajoute « qu’en traitant les jeunes patients tôt et de façon adéquate, soit avec des médicaments et avec un support social, on améliore énormément leur qualité de vie par la suite ». Que ce soit par une thérapie à laquelle on joint ou non la prise de médicaments, les personnes aux prises avec la maladie mentale ne pourront connaître un bien-être significatif que lorsque la société aura changé ou amélioré sa perception vis-à-vis cet état d’être. Et comme pour la recherche, il faut garder espoir en l’être humain…
Nathalie Thériault
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Fou
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dangeureux
Illustration : Anouk Lacasse
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Mais qu’est-ce que la folie ? Un dérèglement quelconque ? Une différence fondamentale ? Est-ce une chose autoproclamée ou plutôt voté unanimement ? Arrive-t-elle d’un coup ou progressivement ? Définition générale : « La folie est un spectre de comportements caractérisés par des degrés mentaux et comportementaux anormaux ». Les psychiatres utilisent quant à eux des termes plus appropriés tels que psychose, schizophrénie, catatonie, paranoïa, trouble bipolaire, etc. La folie fait peur, c’est un fait. Pourtant, ce n’est pas contagieux. Ou peut-être que si, et pour le mieux! Une chose est certaine, le pire est de la renier et ne pas en parler. L’on ne peut à l’évidence se baser sur l’aspect extérieur d’une personne pour juger de sa santé mentale. Si l’un trouve fou de sauter en parachute, l’autre trouve probablement fou de travailler toute la journée dans un bureau sans fenêtres! Ce qui est plus révélateur, c’est l’intérieur de chacun. Une personne malade peut ressentir un sentiment d’échec à répétition, de la déprime, de la haine ou de la peur. On se doit donc d’être alerte. Pour soi et pour les autres autour de nous. Ce qu’il faut comprendre c’est qu’une personne vivant avec un trouble de santé mentale risque d’être en phase de détresse pour une ou plusieurs périodes, et ce, au cours d’une durée donnée. Parfois, on se sent assez à l’aise pour soutenir la personne en difficulté, d’autres fois il est préférable d’aller chercher une aide spécialisée. Le plus risqué, c’est de prendre cela à la légère! Dans des circonstances extrêmes, tout le monde peut soudainement devenir un fou dangereux! Sans remonter à la chasse aux sorcières ou à la tradition du fou du village, on peut noter des cas modernes. Comment passer outre celui de Guy Turcotte? Ça a donné un grand coup général quand le Docteur a pété les plombs en 2009. On se demande encore si sa place est en prison, en institut ou à la maison. C’est parfois difficile de tracer la ligne entre criminalité et instabilité mentale. Quand le crime commis est tellement horrible qu’on ne peut presque pas y croire, on a tendance à classer le malfaiteur dans la catégorie des malades mentaux. On pourrait délibérer longtemps sur le cas de Roch Thériault, parmi d’autres exemples! À elle seule, la folie représente tout un monde! Il nous reste à l’explorer, à l’exploiter et à l’exprimer, ou du moins vivre avec s’il nous est impossible de la surpasser. En ce sens, il vaut mieux agir maintenant, que d’avoir à regretter des événements où le cœur et le cerveau humains ont dépassé leurs limites et fait le mal. Ne vaut-il pas mieux s’avouer son problème de santé mentale, en effet, plutôt que de risquer un jour ou l’autre de commettre l’irréparable?
Julie Cartier Mai 2012
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Le monde est fou
Supposons, amis lecteurs et lectrices, que vous êtes invités en cette année 2012 à vous prononcer sur le degré de santé mentale de l’humanité.
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Robert Maltais
La question qui vous est alors posée est la suivante : disons sur une échelle de 10, quelle note donneriez-vous sincèrement à l’ensemble de vos semblables sur la Terre pour qualifier leur degré d’évolution ? J’ai le sentiment que nous peinerions à nous donner, en vérité, plus qu’une simple note de passage. La question est plus difficile à répondre qu’elle ne paraît de prime abord, quand on sait que beaucoup d’entre nous considèrent que le monde est fou. Que l’humanité court à sa perte. Qu’ont finalement donné quatre à cinq mille ans d’évolution à notre chère humanité ? Mais ne soyons pas trop durs envers nous-mêmes. Étant de géniaux créateurs, nous sommes parvenus à créer la civilisation humaine ainsi qu’à inventer des langues et des cultures diverses. Nous avons rédigé des bibles, des traités de lois et mis sur pied des institutions politiques et un système économique pour encadrer nos vies et nos âmes. Nous avons érigé des écoles, des bibliothèques, des universités, des hôpitaux pour élever nos esprits et assurer notre longévité. De nos propres mains, nous avons bâti des pays entiers et construit des villes, des églises, de hautes tours qui percent le ciel, des barrages, des ponts, des routes, des millions d’édifices et d’habitations. 16
Mais qu’avez-vous fait de si merveilleux depuis des millénaires chers humains, nous demanderait sans doute Dieu ? Eh bien oui, chers lecteurs et lectrices, c’est ici que Dieu intervient de façon hypothétique, tel le miroir de nousmêmes. N’est-ce pas votre espèce, nous rappellerait-il, qui a érigé des asiles, des prisons, des camps de concentration et des mouroirs pour y parquer vos frères et vos sœurs dont vous ne tolériez plus ni la dissidence ni la différence ? Ne seraitce pas encore vous et vos ancêtres qui ne finissez plus de vous entretuer sur des champs de bataille, un siècle après l’autre ? Redites-moi ce que l’on peut voir de si extraordinaire en vous ? Quelle est la qualité et la profondeur de vos sentiments, de votre esprit et de votre âme au juste, demanderait encore Dieu ? Ditesmoi combien de siècles vous faudra-t-il encore pour atteindre la sagesse ? Vous vous demandez si le monde est fou ? Moi je me demande ce que sont devenus les êtres si chers que j’ai créés ? Peut-être serions-nous un peu embêtés face aux dernières questions de notre Créateur. En revanche, nous pourrions toujours lui rappeler que nous sommes les dignes auteurs de milliers d’œuvres d’art sur la planète, tout comme les inventeurs de hautes technologies qui nous permettent de communiquer entre
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nous quasi instantanément d’un bout à l’autre de la terre, et même de se rendre sur la lune. Lui dire aussi que nous ne sommes pas peu fiers d’être à l’origine d’une société de consommation mondialisée où l’on peut tout se procurer, à condition d’avoir de l’argent. On allait oublier de vous dire Dieu que c’est précisément là que commence notre enfer sur Terre et le début de notre folie collective. Car l’argent est devenu à la fois le veau d’or et la plaie de l’humanité, le miroir de nos petitesses. L’injustice et l’iniquité comme pain quotidien pour un grand nombre d’entre nous. Mais dites-nous à votre tour, Dieu, pourquoi avoir donné vie aux sept milliards d’êtres humains que compte maintenant la planète, si ce n’est que pour la reprendre progressivement ? Bien difficile pour nous de comprendre le pourquoi de vos hauts desseins ! Dernière question, Dieu, si vous permettez. Comme nous sommes des êtres mortels et que la condition humaine est bien éphémère, ne serions-nous pas pour vous, tout compte fait, qu’une simple ressource renouvelable ? J’attends toujours vos réponses soit par courriel ou via mon cellulaire, très cher Dieu. Votre heure sera la mienne.
Robert Maltais Mai 2012
Avant Tout , les Enfants En cette période d’incertitude économique, plusieurs familles vivent dans la pauvreté et ont recours au programme de la Sécurité du revenu. En effet, près de 1,7 million de Canadiens, soit 5 % de la population a eu recours à ce type d’aide financière en 2005, d’après Statistique Canada. Ces ménages ne sont pas composés que d’adultes, on y retrouve également des enfants vivant les mêmes détresses que leurs parents.
Courtoisie : Avant Tout, les Enfants
Courtoisie : Avant Tout, les Enfants
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En 2005, près d’un demi-million d’enfants se retrouvaient dans une situation précaire au sein d’un ménage en difficulté financière. Ces chiffres ne semblent pas s’estomper et cette jeunesse fragilisée est sujette aux conséquences de cette pauvreté : différentes formes de violence ( taxage, intimidation, gangs de rue ) décrochage scolaire, éclatements du noyau familial, drogues, alcool et autres dépendances. Le présent et l’avenir de ces enfants démunis n’ont malheureusement pas préséance sur d’autres problèmes sociaux, ces derniers étant souvent oubliés. Avant Tout, les Enfants ( A.T.E. ) est un organisme de bienfaisance enregistré qui travaille sur plusieurs fronts pour contrer cette pauvreté infantile. Afin de procurer aux enfants un moment de bonheur, faisant contraste à leur dur quotidien, A.T.E. organise plusieurs événements spéciaux. C’est ainsi que pour souligner Pâques, Avant Tout, les Enfants a organisé le 2 avril à Québec ainsi que le 5 avril à Montréal une merveilleuse fête rassemblant plus de 700 enfants démunis. Divers ateliers, un spectacle grandiose, une course aux œufs de Pâques, un buffet chaud et plein de surprises leur étaient réservés lors de cette journée inoubliable, laquelle fut des plus réussies.
Benoit Lévesque Avant Tout, les Enfants Mai 2012
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L EJ E LE U JEU D EDELA L AQUÊTE Q U ÊT E par Jacques Carl Morin p a r J a c q ue s Ca rl Mo rin
Ce jeu consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que les colonnes 1 et 20 à l’aide des Ce jeu consiste remplir rangées horizontales ainsi que Chaque les colonnes 1 et 20 à l’aide des définitions, indicesàou lettreslesmélangées ou déjà inscrites. case grisée représente définitions, indices ou lettres mélangées ou déjà inscrites. Chaque case grisée représente une lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant. une lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant.
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5- Peuplement forestier propice à la production de sirop d’érable. État de violente irritation.
1- occupation To ut e odont c c up io n d o nt p e rs ode nne t ire s e s m o ye ns d e s ub s is t a nc e . 1- Toute unea tpersonne tire une ses moyens 6- Métal mou et argenté, très présent dans la nature sous forme subsistance. de chlorure. Province canadienne. L’une des langues officielles 20- On20dit que ne fait printemps. Onsa dvenue it q ue s apas velenue ne fa it p a s le p rint em ps. de la Suisse. Horizontalement :
Horizontalement : du Québec. Sport olympique 1- Mammifère rongeur des forêts d’hiver d’origine écossaise. Géant biblique.
7- S’il vous plaît. Signe du zodiaque. Femme militante qui réclamait le droit de voter.
8- Qui est contraire à la loi. L’est, l’orient (TALNEV). Sandale de plage. Précipitation de petites granules formées de neige glace. 2- Ville 1 -où l’Université Mam m ifèdu reQuébec ro ng ye possède ur d e sune foconstituante. rê t s d u Qué b e cet. deSp o rt o lym p iq ue d ’hive r d ’o rig ine Analphabète.é cUsage d’une chose. 9- Pays d’Afrique de l’Est. Chèvre à poils longs et soyeux. o s s a is e . Gé a nt b ib liq ue . 3- Doigt de pied. Réalisateur de Star Wars. Nuage bas en Appellation d’origine contrôlée. Décisif, très important. couche2grise assez uniforme. Punirrsavec monnaies - Ville o ù l’Unive it é rigueur. d u Qué b e c y p o10s s Empereur è d e uneromain. c o nsCollectionneur t it ua nt e . de Ana lp ha b èett de e . médailles ( TAMUMESIN ). Époque de l’année où la durée du jour 4- Se dit d’un l’on mange Us arepas g e doù’une c ho s eune . nourriture simple et est égale à celle de la nuit. peu abondante. Voisin de la Belgique. Homme jeune entretenu par une femme plus âgée que lui.
3 - Do ig t d e p ie d . Ré a lis a t e ur d e Star Wars. Nua g e b a s e n c o uc he g ris e a s s e z unifo rm e . Punir ave c rig ue ur.
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la nguue e LLa a l ang da ns s sa poch c hee dan sapo
p a rHélène H uot
FAIRE CHOU BLANC Cette expression signifie : ne pas réussir, échouer. C’est ce qui
« coup » se prononçait « choup ».
est arrivé aux manifestants de tous horizons qui voulaient profi-
L’expression est restée, un chou blanc
ter de la visite à Sept-Îles du premier ministre Charest pour lui
est un coup nul, sans résultat.
exposer leurs revendications. Ils n’ont pas réussi à obtenir la rencontre souhaitée à cause de l’emploi du temps très chargé du premier ministre. L’affaire est rapportée ainsi dans le journal Le Soleil du 27 mars 2012 : « Les manifestants ont fait chou blanc à Sept-Îles ».
L’adjectif « blanc » signifiant « qui n’est suivi d’aucun effet » se retrouve dans d’autres expressions. Par exemple: opération blanche ( sans profit ni perte ), mariage blanc ( non consommé ), jeu blanc ( gagné sans que l’adversaire ait marqué
D’où vient donc cette expression ? Elle trouverait son origine
un point ), nuit blanche ( sans sommeil ), examen blanc ( qui ne
dans le jeu de quilles, très populaire au 16e siècle; on disait alors
compte pas ce que l’on fait pour se préparer à une épreuve ).
d’un joueur qui n’avait pas marqué un seul point qu’il avait fait « coup blanc ». Or, en berrichon ( vieux patois français ), le mot
Le français au jour le jour 1. Un homme peut exercer bien des métiers, mais pas celui de sage-femme. Vrai ou faux ? 2. Que signifie « Jouer l’Arlésienne » ? a. faire du théâtre ; b. jouer à l’invisible ; c. se prendre pour une autre. 3. Le pluriel du mot « ail » est : a. ails ; b. aulx ; c. l’un ou l’autre. 4. Trouvez la réponse donnée par Œdipe à cette énigme du Sphinx : « Quel est l’animal qui marche sur quatre pattes le matin, sur deux pattes à midi et sur trois pattes le soir? » 5. La Place du tertre à Paris est très fréquentée par les touristes. Mais qu’est-ce qu’un tertre ? a. un atelier de peinture en plein air; b. un monticule à sommet aplati ; c. un petit mât qui sert à hisser un drapeau non officiel. 6. Ivoire est du genre masculin ou féminin ? 7. Incongru est le contraire de congru. Vrai ou faux ? 8. L’institut de la statistique du Québec a publié la liste des noms de famille les plus répandus au Québec. Quels noms occupent les cinq premières places ? 9. Être près de sa fin, décliner, s’effondrer : agoniser ou agonir ? 10. Trouvez l’intrus parmi les mots suivants : reine-claude, mirabelle, reine-marguerite.
J’attends de vos nouvelles… Vous aimez les mots. Vous avez des commentaires à formuler ou des suggestions à faire concernant cette chronique La langue dans sa poche. Rien de plus simple. Écrivez-moi à hu-go@sympatico.ca. Cela nous permettra d’échanger sur des questions qui vous intéressent et d’enrichir par le fait même les futures chroniques. Merci à vous ! Les réponses page 37.
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Illustration : Danièle Rouleau
Vous dites « Santé Mentale »
Ai-je bien entendu ? Pourquoi devrait-on ajouter le mot mental après santé, puisque logiquement, on présume d’une bonne santé que le mental l’est également ? Donc, un mot superflu dans la présente expression. Et si on parle de mental à soigner au niveau de la santé, on ne soigne pas la santé, mais bien la maladie. Dans ce cas-ci, l’expression « Maladie Mentale » serait-elle en l’occurrence plus juste, point d’interrogation ? Au risque de choquer quelques lecteurs plus jeunes, mon expérience de vie m’a fait traverser diverses étapes en lien avec cette situation. Car avant d’utiliser l’expression « Maladie Mentale », un mot zen de trois lettres résumait la situation, on parlait de « fou ». Un mot court, certes, mais tout aussi tranchant au plan du diagnostic. Côté religieux, on les disait auparavant « possédés du démon », en les bénissant pour chasser les mauvais esprits qui semblaient les habiter. Côté justice, on avait plutôt choisi de les enfermer, les enchaîner, voire les brûler pour les retourner aux feux de l’enfer d’où ils s’étaient apparemment échappés. Évidemment, les temps ont bien changé. Les expressions aussi. Aujourd’hui, on ne dit plus un « sourd » mais un « malentendant ». Ce n’est plus un « aveugle » mais un « non-voyant ». Mais tout ça ne parvient pas à changer pas la situation physique ou mentale de celle ou celui qui en est affecté. Ces expressions ou ces mots se veulent sans doute être un baume pour les personnes concernées. La santé, puisqu’il faut l’appeler ainsi, est un état de la personne, aussi bien physique que mental. Si un être se sent bien, c’est que sa santé est bonne. S’il réclame des soins, c’est qu’il n’est pas en « santé » et donc logiquement « malade » et la médecine doit s’en occuper. Changer les mots ou les expressions au cours des époques ne modifie en rien la souffrance, si souffrance il y a. C’est tout simplement « maquiller » une situation. Notre système est-il en bonne santé ? Il y a matière à réflexion.
Philippe Bouchard Mai 2012
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www.epicerie-europeenne.com
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Le rôdeur et le vent Le vent se mord la lèvre Et le banc s’en fout Le banc se flatte la latte Juste au bout C’est le banc de bois mou Qui a le banc de bambou C’est le vent qui se mord de tout La blatte rôde à la patte du bout Il y a un reste de croissant mou Le rôdeur du parc des fous Saute sur le banc à cent fous Il est jeune il a les sangs fous Il pense que la police à s’en fout Qui a le banc de bois mou C’est le fou qui bave son moût
Dans son sac humide et mou C’est fou comme il en a le goût Mais le vent se remord la lèvre Et le sac mou du fou lève Il le vide, mais le fou est sans le sou Et le sac vide est sens dessus dessous Le jardin le soir est noir Et le gardien c’est un dogue errant Qui le soir crie à boire Comme un dogue aboie en courant Une flaque fait un miroir Une feuille sèche tombe dedans La flaque surmonte le trottoir Mais la feuille bloque son écoulement Le sac est resté coincé dans la broche Au pied de la clôture raide et moche Le vent dévalise le banc Le rôdeur a foutu le camp
Illustration : Danièle Rouleau
Laval Chabon
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Folie Photo: Archives Web
Aujourd’hui, je vous présente une description de la folie. Je cherche à savoir comment les citoyens voient leur propre folie. Comment elle se présente ? Dans quelles circonstances ? Quel est le mécanisme ou l’étincelle qui la fait éclater de façon définitive ? Cette folie peut-elle devenir irréversible, incontrôlable à une certaine époque de vie ou lors d’un moment irréversible ? C’est d’être là et de ne pas être là. L’espace sidéral est élastique. L’agir est éphémère, il ne se mesure pas; il peut être présent ou futur, mais jamais dans le passé. Il est là tout simplement dans une fraction de seconde.
sais qu’elle est là; présente. Mais j’ignore toujours à quel moment elle va apparaître. Je la vois en moi, la pressens. Elle agit en moi; je la combats. Est-ce que je pourrai la retenir un jour, avant qu’elle ne se manifeste réellement et concrètement ?
Là est mon interrogation
C’est le bruit insoutenable et le silence total dans un tunnel sans fin.
C’est ma propre destruction qui vient, que je sais venir en moi. Je ne pourrai peut-être pas l’arrêter. Elle submerge mon inconscient et ma volonté d’être raisonnable, dans ce que je pourrais entreprendre. Je ne me sentirais pas responsable de ma déchéance, même si je le suis vraiment, parce que mon mental le rejetterait catégoriquement.
C’est le commencement d’une fin de non-retour, la continuité où on ne peut plus revenir en arrière. Il y a seulement la fuite en avant de ce qu’il a été choisi de poursuivre et d’entreprendre.
C’est l’apothéose du renouveau qui bouille et jaillit en moi, comme un volcan incandescent. La folie pure; prête à surgir et à éclater dans un espace-temps imprévisible. Mais quand ? ? ?
Ce sont les cris infernaux dans le pur silence du temps présent.
Inconnu! Dangerosité!
Je partage avec vous ma vision de la folie, dans l’espoir que d’autres personnes auront possiblement le goût de décrire leur propre folie… Où est le chemin, la route, le sentier qui sépare le bon du mauvais ? C’est la sensation et la présence indescriptible et incommensurable de la pensée de notre être. C’est la lumière éblouissante et en même temps la noirceur absolue.
C’est un kaléidoscope d’images symétriques dans un tout indissociable qui se mélange à profusion.
C’est la crainte de mon état mental qui est projetée sur autrui, qui est commencée, qui peut se concrétiser et où il n’y aura plus de recul, une fois enclenchée.
C’est la résurrection de l’inconnu enfoui au tréfonds de soi-même sans imaginer qu’il puisse être vrai, avant qu’il ressurgisse dans le temps et où il est trop tard pour intervenir.
Tout cela est ma démence qui à tout loisir a la particularité d’apparaître et de venir, dont je discute à la blague ; mais qui peut devenir une réalité… Est-ce que je pourrai l’arrêter ? Je ne le sais pas, je
Cela fait des années que je l’ai enfouie en moi, mais aujourd’hui, elle revient en force. Il ne manque plus qu’un déclencheur et la pensée pourra s’amorcer, être alimentée. Il ne reste qu’à être dégoupillé par autrui, par provocation intentionnelle ; ou est-ce plutôt moi qui pense cela ? Quand je sais que je n’ai pas encore de justification pour agir, pour créer le scénario de l’éclatement de ma démence sur autrui. Est-ce que je me contrôlerai ? Est-ce que mes actes seront de faible importance ? Le passage à l’acte de ma folie ou rien. Le statu quo. Agir ou ne pas agir ; tout dépendra du temps, du lieu, de l’instant. La visibilité, tout est là !
Michel E.
Engagés au sein de sa communauté, le Centre d'entraide Émotions met l'entraide au service de la santé mentale.
Soyons solidaires, changeons le monde ! Mai 2012
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20 ans!
MARA TREMBLAY POUR SOULIGNER LE 20E ANNIVERSAIRE DE OCÉAN
Le mardi 15 mai à 19 h 30 à l’amphithéâtre du Montmartre, situé au 1669 chemin St-Louis à Québec, Mara Tremblay présentera un témoignage, intercalé de quelques-uns de ses succès. Auteure-compositrice-interprète québécoise prolifique, Mara Tremblay doit interrompre une tournée en deux occasions ( 2009 et 2010 ) pour un problème de santé mentale. « Depuis que j’ai eu le diagnostic officiel de bipolarité, je contrôle le dosage de ma médication et, quoiqu’on en pense, je ne suis pas une capotée », disait-elle dans une entrevue. C’est avec beaucoup de générosité que Mara Tremblay a accepté notre invitation de venir livrer un témoignage teinté d’une bonne dose d’espoir. Souvenirs du 20e anniversaire d’OCÉAN et surprises de Mara Tremblay seront au rendez-vous. Entrée libre. Informations : (418) 522-3352
Comment vous sentez-vous à l'intérieur ? L’Association canadienne pour la santé mentale ( ACSM ) – Filiale de Québec est un organisme à but non lucratif qui a pour mandat de promouvoir la santé mentale et de prévenir la maladie mentale. Chaque année, elle organise la Semaine nationale de la santé mentale qui marque le début d’une campagne annuelle se voulant un temps fort pour sensibiliser la population à l’importance de prendre soin de sa santé mentale. En 2012, la semaine porte sur le sentiment de sécurité intérieure. Chacun d’entre nous a besoin d’être épaulé, écouté et respecté. Il est possible de se sentir bien lorsqu'on agit en tenant compte de ses forces et de ses limites, lorsqu'on réduit le stress, ou encore lorsqu'on cherche ce qui pourrait nous aider. Le slogan À l’intérieur comme à l’extérieur, se sentir bien et en sécurité c’est important ! souligne que le bien-être psychologique est, comme le bien-être physique, une responsabilité à la fois individuelle et collective. Prendre soin de soi et des autres favorise le sentiment de sécurité intérieure, quel que soit notre âge ou notre mode de vie. Venez découvrir les animations, les expositions, les portes ouvertes d’organismes communautaires, les conférences de nos partenaires à Québec. Du 7 au 12 mai 2012. Divers lieux ( voir dépliant disponible dans les CLSC et les organismes participants ). Informations : 418 529 1979 et site internet : http://www.acsmquebec.org/snsm.php 26
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Heureux comme Roch!
Je suis allé rencontrer les gens de Lauberivière qui m’ont tout de suite mis en confiance. J'ai commencé à faire ma formation de 16 semaines. J’aimais l’ambiance et la chaleur des lieux. Cela m’a redonné confiance en moi. Ça passe vite 16 semaines, surtout quand on est heureux. J’aimais les rencontres avec le personnel et les gens. La maison de Lauberivière accueille des gens qui sont démunis, qui vivent dans la rue et qui ont besoin d’aide. Comme je n’ai pas de préjugés, c’est plus facile pour moi de comprendre ces gens qui traversent des périodes difficiles. Après cette formation de 16 semaines, il me restait une étape à franchir : trouver un lieu de stage. C’est à l'Hôpital SainteMonique que j’ai fait ce dernier. Avant même de l’avoir terminé, la direction de Lauberivière m’a offert de postuler pour un poste régulier. J’étais intéressé et je suis allé à l’entrevue. J’étais en visite chez mes parents quand ils m’ont rappelé pour me dire que j’avais le poste. Mes parents étaient vraiment contents pour moi. J’ai annoncé à ma patronne à l’hôpital que je ne pouvais pas finir mon stage, car j’avais décroché un emploi. Pour ne pas la laisser dans le trouble, j’ai quand même fait deux semaines de plus, le temps qu’elle trouve quelqu’un pour me remplacer.
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Le 22 décembre 2008, je commençais à travailler à Lauberivière. Cet emploi me permettait aussi de cumuler du temps pour terminer mon stage. J’ai donc fini mon programme d’études et réussi à obtenir mon diplôme. On m’a remis mon diplôme devant tout le monde pendant la célébration de fin de programme. J’étais très fier. J’ai même reçu un deuxième diplôme provenant du sous-ministre quelques mois plus tard. Ce deuxième diplôme m’a fait réaliser que j’avais travaillé fort pour atteindre mon objectif, mais que c’était vraiment agréable que mes efforts soient reconnus. Il ne faut pas abandonner nos rêves.
vole qui a eu un malaise, un début de crise cardiaque. En décembre 2011, on m’a remis un certificat pour me remercier d’avoir secouru cette bénévole. Je continue à travailler à Lauberivière et j’y suis heureux. J’encourage tout le monde à poursuivre leurs rêves !
Roch Falardeau
L’année suivante, j’ai été invité à participer au concours Mérite à la formation des travailleuses et travailleurs.Ce concours rend hommage aux personnes qui ont trouvé un emploi suite à des sessions de formation, de perfectionnement ou de mesures d’insertion. Je devais écrire ma vie en quelques mots et raconter ce que Lauberivière et mon entourage m’ont apporté. C’était un gros défi pour moi ! Un professeur de Lauberivière, qui a relu mon texte, m’a encouragé à l’envoyer. Peu de temps après, j'ai été convoqué à l’Impérial. Je suis même monté sur la scène pour recevoir un prix. Quand le maître de cérémonie m’a demandé ce que je ressentais, je lui ai répondu : « Je suis fier d’avoir quitté le travail subventionné et de m’être prouvé que l’on peut sortir de l’aide sociale. À ce moment-là, j’étais tellement ému, que j’ai oublié de remercier les gens de Lauberivière pour toute l’aide qu’ils m’ont apportée. Quand la directrice de Lauberivière a appris que j’avais gagné un méritas, elle a écrit un mémo pour l’annoncer à tous. Ça m’a fait un velours de savoir que je suis respecté et que je deviens un modèle pour les autres. Quand on veut, qu’on est prêt à travailler fort… on peut s’en sortir. Depuis que j’ai terminé mon programme et que je travaille à Lauberivière, j’ai beaucoup plus confiance en moi. Au point où j’ai “sauvé la vie” d’une béné-
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Photo : Francine Chatigny
Je travaillais pour une organisation subventionnée, mais je n’étais pas satisfait. J’ai décidé de prendre un peu de recul pour penser à ce que je voulais faire. Après quatre jours, j’ai eu une idée de génie : retourner à l'école. Je suis allé rencontrer des professeurs du Centre Louis-Jolliet. Quand ils ont su que j’avais déjà fait de l’entretien ménager, ils m’ont conseillé d’aller suivre le programme À l’Aube de l’emploi. Offert par Lauberivière, ce programme en entretien ménager me permettrait d’améliorer mes connaissances et aussi d’apprendre à me présenter aux employeurs.
À l'oeuvre ou derrière son bureau, Roch affiche toujours la même bonne humeur!
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Pauvreté La bonne étoile ne s’est point illuminée Quand nous sommes nés Et nous voilà affligés Même si nous avons fait preuve de bonne volonté.
Ce n’est pas le malheureux épuisé Qu’il faut accuser Pour de la misère se débarrasser, Il faut, de ces gens, le courage admirer Et, sans en avoir pitié De notre aide à eux-mêmes s’aider Il faut les assurer Pour qu’en semblable dualité Advienne plus d’équité Et pourquoi pas, quelques sous gratuitement donner
Photo : Francine Chatigny
La maladie a frappé, Le feu a incendié, L’eau s’est infiltrée, La foudre a tonné, Ou, simplement, l’injuste adversité, Aveugle et sans pitié À nous s’est accrochée.
Pour le pain à partager, Le temps que tous puissent honorablement le gagner ?
Gaétan Duval
Hébergement transitoire Travail de milieu Soutien communautaire Formation
(418) 523-2820 www.infopech.org pech@qc.aira.com 28
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LesGermaines À la télévision, nous voyons souvent cette publicité des Caisses Desjardins où une femme avec son chum répète souvent : « Hein Nico ! Hein Nico ! », et lui de répondre chaque fois : « Oui ! » jusqu’à la toute fin, où il ose enfin dire : « Non ! » Nous pouvons prendre cela avec humour. Mais il y a aussi lieu de constater que cette attitude agaçante n'a pas lieu d’être dans une relation. Ce qui dérange ici, c’est de suggérer que ce sont souvent les femmes qui agissent ainsi, ce qui ne les avantage pas du tout. De montrer que les hommes sont mous ou sans colonne vertébrale et que ce comportement est typique au Québec. Vivons-nous dans une société trop Matriarcale ? Il faudrait interroger notre Histoire. Mais franchement, je pense qu'il en est ainsi dans bon nombre de pays du monde. En fait, je constate autour de moi que ce n’est pas une question de sexe. Tant dans les familles que dans les milieux de travail ou groupes sociaux, l'attitude Germaine est aussi l'apanage de plusieurs hommes ! On pourrait décrire les Germaines comme des personnes très inquiètes, manipulatrices, qui par peur de perdre le contrôle se sentent obligées de montrer leur supériorité en donnant des conseils sans que ceux-ci aient été demandés. Ce genre de personnes pompe notre air, gruge nos énergies et envahit notre espace vital, au point même de vouloir entrer dans nos pensées. Nous avons carrément la sensation « d'étouffer » en leur présence. Elles sont tellement insupportables à fréquenter qu’il finit par se créer un vide autour d'elles. Voilà pourquoi je crois qu’il faut leur dire à quel point leur attitude est « négative » : c'est leur rendre service ainsi qu’à nous-mêmes. C’est aussi une occasion propice pour s’observer — l'effet miroir —, et se questionner sur ce que nous pouvons améliorer sur nous-mêmes. Néanmoins, il restera toujours un certain pourcentage de gens qui trouvent un « malin plaisir » à nous faire sentir inférieurs. Ils font partie des êtres narcissiques, tyranniques, malheureux quoi ! Pour éviter d’être blessé par eux, la solution est d'augmenter notre respect, notre estime de nous-mêmes et apprendre à leur dire « non » ! De prendre les distances nécessaires et ne pas embarquer dans leur « jeu pervers ». J'ai appris avec le temps et à travers certaines expériences à envoyer des « bénédictions » à ce type d’individus. Pour ce faire, je me centre sur la « Force vitale » au fond de moi. Et ça fonctionne. Quelle que soit la religion, la spiritualité qui nous habite, le sens de la « bénédiction » est une puissance, un bienfait extraordinaire pour soi comme pour les autres. Il faut en faire l'Expérience chaque jour !
Christiane Voyer
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Photo : Francine Chatigny
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Le suicide
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L’évasion de Jacque s Me sr ine
Photo : Archives Web
André Normandeau, c’est le nom d’un criminologue reconnu, et c’est surtout le mien. L’un des moments-clés de ma vie a été de rencontrer Jacques Mesrine. Il avait été maquettiste pour le Pavillon de la France de l’Expo 67 de Montréal, mais ce n’est pas pour cette raison que je l’ai visité en prison. C’était un gangster français. Alors directeur du projet de recherche en milieu carcéral pour la prison lavalloise en 1972, je me suis entretenu à trois reprises avec lui. Il était très bavard, très démonstratif, contrairement aux autres criminels. Quand je sortais de la prison, les gardiens me regardaient toujours à deux fois, car j’étais le portrait craché de Mesrine. Ils se demandaient si Mesrine n’avait pas interchangé les rôles. Normandeau en prison, et Mesrine à l’Université ? On dit que la frontière est particulièrement ténue entre les criminels et les policiers. C’est vrai. C’est tellement vrai que l’on voit d’anciens repris de justice devenir de grands policiers. Eugène-François Vidocq ( 1775-1857 ) m’a particulièrement intéressé. Forçat français évadé du bagne, il s’amende plus tard dans sa vie, et propose ses services à la police. Vidocq connaissait toutes les ficelles ! ! ! Dans une foule, voire n’importe où, il détectait à coup sûr l’odeur du bagnard. Même s’il avait vu une personne que quelques secondes, il était capable de la reconnaître. Devenu chef de la police de la Sûreté sous Napoléon, il a également su le rester sous la Restauration. Il possédait l’art du déguisement. Tout comme Mesrine. Ces derniers temps, il m’est arrivé des choses étranges. Passant devant la Banque Royale du Canada, j’eus cette envie étrange d’entrer à l’intérieur et de la dévaliser. Arrivé à la maison, j’ai engueulé toute la famille... Ensuite, dans toutes sortes d’endroits que je suis pourtant le seul à connaître, je trouvais des revolvers chargés.
Et si j’étais Jacques Mesrine ? Il semble que certaines personnes soient capables de faire de la « transmutation psychique ». Elles s’immiscent à l’intérieur de nous, et nous propulsent en contrepartie à l’intérieur d’elles. J’ai mis longtemps à accepter ce fait. Maintenant, j’en suis sûr. Je me connais. Je ne suis pas doué pour l’art du camouflage. C’est pour cela qu’après son départ du Québec, Mesrine s’est fait abattre en France en 1979. C’est cette même année que j’ai quitté la direction de l’École de criminologie de l’Université de Montréal.
Coïncidence… Ces derniers temps, je ne parviens pas à m’échapper de moi-même… Pour éviter d’autres tueries, je me suis finalement livré à la GRC. Peine perdue ! ! ! Ils m’ont ri au nez, ne prenant pas au sérieux mes allégations, selon lesquelles j’étais Jacques Mesrine. Comme je persistais dans mes déclarations, ce n’est pas en prison qu’ils m’ont mis, mais dans un hôpital psychiatrique. J’ai été surpris, mais en bout de piste soulagé. Ainsi, je ne ferai de mal à personne. En ces lieux, je retrouve le calme. Enfin… Toutes mes mauvaises actions reviennent à ma mémoire. Personne ne veut croire que je suis Jacques Mesrine. Mais dans le fond, savons-nous qui nous sommes vraiment ?
Laurence Ducos
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Photo : Archives Web
Ébauche de testament
Te laisser une mèche de cheveux
Que malgré perte de cheveux
Te laisser de cérumen d`oreille
D`oblige déloger de ce cérumen
Te laisser d`odeur de narine
M` essuyer moucher narines
Te laisser une mèche de mes cils
Égaliser de mes sourcils et cils
Ou de mes sourcils un fil
Ma vie je le sais ne tient qu`a un fil
Te laisser de doigt un ongle
Chère, non ne fronce des sourcils
Te souvenir d`une grafigne
Ce n`est de fin de prière un amen
Mousse de nombril à bedaine
N`étant de cette humeur si labile
De moi laisser de si bons signes
M`endurer ne fait songer au crime Le bonheur lui peut rendre docile
Te laisser de pied un ongle Pas un n`a de la grafigne
De ma poche aux dernières cents
Éraflé, rasé de ta peau saine
Mes dettes on est de famille
De moi laisser de si bons signes
Mes assurances, toi, préviens peine Ne t`être montrée toujours gentille
De sus poil de gonades l`once
De ton homme parfois mal habile
D`une pisse qui se termine Qu’une épitaphe à mon enseigne Vivant encore est meilleur signe 32
Marcel Guy Mailloux réalise l’espoir
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TEMPÊTE DE NON Courriels sans réponse
Injustice
Offres inconsidérées
Requêtes rejetées
Discours déformé
Demandes non entendues
Entrée refusée Nom biffé Trahison Société égoïste Je me fais dire Non Non Non
Je me fais dire Non Non Non
Naïveté encombrante Mauvaise foi Intention détournée Méfiance
Paquet perdu
Tricherie
Factures impayées
Rendez-vous repoussés
Orgueil déplacé
Mensonges
Papiers déchirés
Contrats annulés Bail brisé Je me fais dire Non Non Non Non Non Non
Je me fais dire Non Non Non
Julie Cartier
Données trafiquées
Photo : Archives Web
La Monnaie
Madame Beau Site
Madame Beau site
Ta visite du beau Site
Son nombril un dix cents
Son rond petit beigne
Souvenir d`el` saine
Un cinq ou que une cent
Vaut plus que des cents
De dégage son haleine
Un vingt cinq ne gage
Quand tu la vois à plage
Le bonheur de la plage
Que la dame du Beau site
Que la dame Beau Site
De visite Beau Site
Cache de dandine aines
En bikini soit saine
De fin d`imprime cent
Ce joyau ronge en cent
De bronze et haleine
Tu ne seras en peine
C`est femme à la page
En toi ce qu`elle grave
Reste trois ronds en gage
Marcel Guy Mailloux
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66 Co
Êtr pou tra pro
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Lor d’u bie
Les bes
Un poème J’écris un poème
Certains y consacrent leur vie
Je ne cherche pas à m’exprimer
De la poésie
D’autres y laissent leur raison
Il n’y a point de sagesse cachée
Pas pour qu’on m’aime
Moi, une partie de ma nuit me suffit
Ces lignes, je les ai composées
Ni qu’on en rit
Ainsi que le toit de ma maison
Pour le bien qu’elles pourront m'apporter
J’écris ici
J’écris des rimes
Oui, j’écris de la poésie
Peut-être par ennui
Je récite des vers
Je récite un poème
Et puis aussi
Je lance un hymne
Et dans ma folie
Qu’on se rappelle ce que j’ai dit
Aux quatre vents dans les airs
J’immortalise mes peines…
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Sur ass cau Par
Si
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Jasmin Darveau
Si
C’e les La
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Comment aider une personne quirelativement devient inapte? Être atteint d'une maladie mentale est encore tabou dans notre société, autant 660 mots Comment aider une personne qui devient inapte?
pour la personne atteinte que pour son entourage. Bien que la maladie mentale puisse être traitée et parfois même guérie, il peut arriver que l’on doive avoir recours à une mesure de Être atteint d'une maladie mentalecette est encore relativement tabou La personne inapte a-t-elle protection juridique pour protéger personne. Comment s’y prendre?
toujours besoin d’un
dans notre société, autant pour la personne atteinte que pour son régime de protection? entourage. Bienproches que la maladie puisse êtredetraitée et ou de ses affaires en raison Lorsqu’un de vos ne peutmentale plus s’occuper lui-même Non, si elle est entourée par sa famille ou par des proches qui parfois même guérie, il peut arriver que l’on doive avoir recours d’une maladie mentale, que pouvez-vous faire pour l’aider? Vous devez avant tout penser au à une et mesure de protection juridique pour protéger cette per- s’occupent d’elle, ou encore, si ses biens sont faciles à gérer. bien-être à la sécurité de la personne devenue vulnérable. La loi prévoit des moyens de représentation courants : le mansonne. Comment s’y prendre? dat domestique ainsi que la procuration et l’administration par Les premiers gestes à poser, quand l’un de vos proches est en perte d’autonomie et qu’il a Lorsqu’un de vos proches ne peut plus s’occuper de lui-même un tiers, lesquels évitent d’avoir recours à un régime de probesoin d’être protégé, sont : ou de ses affaires en raison d’une maladie mentale, que pouvez- tection légal. vous faire pourles l’aider? Vous devez avant tout penser au bienØ d’informer autres membres de la famille; Quand opter pour un régime de protection? être et à la sécurité de la personne devenue vulnérable. Ø d’obtenir un consensus sur les démarches à privilégier; Ø mettregestes la personne et, si ded’une la faire participer à ces quand l’inaptitude de la persituation complexe, Lesde premiers à poser,concernée quand l’unau de courant vos proches estpossible, en Lors démarches; sonne est plus importante ou que ses affaires sont difficiles à perte d’autonomie et qu’il a besoin d’être protégé, sont : Ø de vérifier si elle a rédigé un mandat en prévision de l’inaptitude. gérer, on pourra alors avoir recours à des mesures de protec➢ d’informer les autres membres de la famille; tion juridique qui diffèrent, suivant la gravité de l’inaptitude et selon qu’elle soit permanente ou temporaire. De façon plus pré➢ d’obtenir un consensus sur les démarches à privilégier; Constater l’inaptitude et déterminer le besoin de protection cise, ce sont le régime avec conseiller, la tutelle ou la curatelle ➢ de mettre la personne concernée au courant et, si possible, privée. Par ailleurs, ce sera au tribunal de décider quel type de Sur le plan juridique, il y a un besoin de protection lorsqu’une personne inapte doit dans être l’intérêt de la personne. mesure sera mis en place, de la faire participer à ces démarches; assistée ou représentée dans l’exercice de ses droits civils. Ce besoin peut entre autres être causé la nature l’étatLe desmandat affaires en de la personne.de ➢ par de l’isolement, vérifier si ellelaadurée rédigéde un l’inaptitude, mandat en prévision de ou l’inapprévision Par exemple titude.:
l’inaptitude
Comme personne n’est à l’abri de la maladie, il s’avère avan-
l’inaptitude déterminer len’est besoin tageuxde pour tous de prévoir qui assurerait sa protection, dans •Constater elle est propriétaire d’unet commerce qu’elle plusde en mesure gérer; •protection elle possède un patrimoine important; l’éventualité où l’inaptitude surviendrait. Le mandat permet à • elle vit loin de sa famille. chaque personne d’exprimer clairement ses volontés et ses atSur le plan juridique, il y a un besoin de protection lorsqu’une
inapte doit être représentée dans l’exercice Si lapersonne personne inapte vitassistée chez ou elle
tentes envers son mandataire.
de ses droits civils. Ce besoin peut entre autres être causé par On peut communiquer avec son notaire ou un avocat ou se procul’isolement, la durée de l’inaptitude, la nature le formulaire Il faut d’abord savoir de quoi elle est atteinte et si ou ellel’état peut des encorerervivre seule : Mon mandat en cas d’inaptitude aux Publications la personne. Par exempleau: CLSC de son quartier; du Québec ou, gratuitement, sur le site Web du Curateur public. •affaires en luidefaisant voir un médecin Pour nécessaires en savoir plus,à visitez le site www.curateur.gouv.qc.ca. • s’il y a lieu, obtenir les évaluations médicale et psychosociale l’ouverture • elle est propriétaire d’un commerce qu’elle n’est plus en d’un régime de protection ou à l’homologation d’un mandat, et ce, en prévision de mesure de gérer; Le régime de protection public l’inaptitude.
•
elle possède un patrimoine important;
En dernier lieu, lorsqu’une personne majeure inapte a besoin d’être protégée, qu’elle n’a pas de famille ou que ses proches ne • elle vit loin de sa famille. peuvent s’occuper d’elle et de ses biens, le Curateur public asC’est alors le médecin traitant et un autre professionnel de la santé qui se chargeront de faire sume sa représentation légale. C’est le tribunal qui le désignera Si la personne inapte vit chez elle les évaluations médicale et psychosociale. pour veiller au bien-être de cette personne et pour préserver son Il faut d’abord savoir de quoi elle est atteinte et si elle peut en- autonomie. La personne inapte a-t-elle toujours besoin d’un régime de protection? core vivre seule : Si elle vit dans un centre d’hébergement ou est hospitalisée
en lui faisant voir un au CLSC sonproches quartier;qui s’occupent d’elle, ou encore, si Non,• si elle est entourée parmédecin sa famille ou pardedes personne estcourants inapte lorsqu’elle est incapable de prendre ses biens sont faciles à gérer. La loi prévoit des moyens de Une représentation : le • s’il y a lieu, obtenir médicale psychosociale par soinun d’elle-même ou d’administrer ses biens. mandat domestique ainsi les queévaluations la procuration et et l’administration tiers, lesquels évitent nécessaires l’ouverture d’un régime de protection ou à d’avoir recours à unà régime de protection légal. l’homologation d’un mandat, et ce, en prévision de l’inapti-
Quand tude. opter pour un régime de protection?
Si elle vit dans un centre d’hébergement ou est
Aline Charest
* Conseillère en communication au Curateur public du Québec
Lors d’une situation complexe, quand l’inaptitude de la personne est plus importante ou que hospitalisée ses affaires sont difficiles à gérer, on pourra alors avoir recours à des mesures de protection juridique suivant l’inaptitudedeetla selon qu’elle soit permanente ou C’est qui alorsdiffèrent, le médecin traitantlaetgravité un autrede professionnel temporaire. façon plusde précise, sont le régime avec santé quiDe se chargeront faire lesceévaluations médicale et conseiller, la tutelle ou la curatelle
psychosociale.
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rÊalise l’espoir
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Merci à tous nos précieux partenaires! Partenaires Bronze A.P.U.R. Desjardins Caisse populaire de Association canadienne pour Québec la santé mentale Centraide Atelierde la mezzanine Curateur public La Boussole Centre de crise de Québec Partenaires Argent Centre Ozanam Cercle polaire Action-Habitation Les Colocs Café-Resto Auto-Psy Danièle Rouleau CaféRencontre Épicerie Européenne Centre d’entraide Émotions Érico Choco-Musée Croissance Travail Folie Culture ÉquiTravail Océan CKRL FM 89,1 Odyssée Bleu Les impressions Stampa Parents Espoir PECH Point de repères Relais la Chaumine 4 - Se d it d ’un re p as o ù l’o n m a ng e une no urrit ure s im p le e t p e u a b o nd a nt e . 211 Vo is in d e la Be lg iq ue . Ho m m e je une e nt re t e nu p a r uneServices fe m m e p lus â g é e q ue lui. SOS Suicide 5 - Pe up le m e nt fo re s t ie r p ro p ic e à la p ro d uc t io n d e s iro pTel-Aide d’é rab le . Ét a t d e
Partenaires Inconditionnels (depuis plus de 5 ans!) Archives Internet
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Le Bal du Lézard L’Inter-Marché Saint-Jean Maison Revivre Michel Yacoub Partenaires Ad Vitam Aeternam Claude Gallichan, chiropraticien Yves Boissinot et Andrée Thiffault, pharmaciens
vio le nt e irrit a t io n.
6 - Mé t a l m o u e t a rg e nt é , t rè s p ré s e nt d a ns la na t ure s o us fo rm e d e c hlo rure . Pro vinc e c ana d ie nne . L’une d e s la ng ue s o ffic ie lle s d e la Suis s e .
LA SA 7 - LANGUE S’il vo us pDANS la ît . Sig ne POCHE d u z o d ia q ue . Fe m m e m ilit a nt e q ui ré c la m a it le d roit d e vo t Un e r. homme peut exercer le métier de sage-femme; il s’ap1. Faux. 6. Ivoire est un nom masculin. pelle un « maïeuticien ». (La maïeutique est l’art de faire accoucher. 7. Vrai. Congru signifie : qui convient exactement à une situation don8 Qui e s t c o nt ra ire à la lo i. L’e s t , l’o rie nt ( TALNEV) . Sa nd a le d eadéquat; p lag e . et incongru : qui est contraire à ce qui est convenable, Sous l’influence de Socrate, qui voulait faire accoucher les esprits, née, Pré c ip it a test io ndevenue d e p e t it eune s g ra nule s fod’échange rm é e s d e ne ig e e t d e g la c e . déplacé. la maïeutique méthode philosophique. La mère de Socrate, notons-le, était une sage-femme…). 8. Les noms les plus répandus sont, dans l’ordre : Tremblay, Gagnon, 2.9 B. personnage est - Le Pa ys d ’Afriq ue de d el’Arlésienne l’Es t . Chè vreau àcentre p o ils d’une lo ng spièce e t s o ye ux. Roy, Ap pCôté e lla t io etnBouchard. d’Alphonse Daudet; elle lest rè autres mais elle d ’o rig ine c o nt rô lé e obsède . Dé c is if, s im ppersonnages, o rt a nt . 9. Agoniser. Agonir signifie : injurier, insulter. n’apparaît jamais sur scène. 10.L’intrus est la « reine-marguerite » (plante cultivée pour sa fleur). 3.1 C. 0 - Em p e re ur ro m a in. Co lle c t io nne ur d e m o nna ie s e t d e m é d a ille s ( TAMUMESIN) . et la mirabelle sont des variétés de prunes. La reine-claude 4. Œdipe leeseul Ép o qfut ue en d e effet l’a nné o ù laà résoudre d uré e d u cette jo ur eénigme. s t é g a le La à créponse e lle d e la nuit . était : l’homme, successivement enfant, adulte et vieillard courbé sur sa canne. 5. B. SOLUTION
LE JEU DE LA QUÊTE 1
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L’essentielle différence Martine R. Corrivault
S’ils avaient vécu, Justine et William auraient été des êtres « différents ». Des enfants frappés par la nature de sérieux handicaps physiques et mentaux. Mais ils n’ont pas franchi les frontières de la vie. Depuis que le monde est monde, d’autres traversent cette délicate barrière et doivent se battre à chaque instant pour occuper leur place, dans une civilisation assise sur l’obligation de performer. Ceux qui échappent au moule collectif, même en étant physiquement conformes aux modèles acceptés, sont souvent impitoyablement écartés du jeu, négligés, jugés, rejetés. On comprend alors le trouble provoqué par la lecture d’un essai qui commence par : « À 47 ans, en ce beau jour du 6 novembre 2007, je viens d’apprendre que je suis fou » ! L’auteur de la phrase n’est pas fou, ni malade, ni handicapé. Antoine Ouellette vit avec un « syndrome d’Asperger ». Il est seulement différent, plutôt apparenté à la famille des savants, comme le professeur Tournesol de Tintin! Ou bien au groupe bien réel des Einstein, Newton, Mozart, Paganini, Dostoïevski, Edgar Poe, Flaubert et tant d’autres aujourd’hui, reconnus génies de l’humanité. Le cousin Michel, dont la lenteur discrète provoquait les quolibets de tous est quand même devenu ingénieur! Et ce beau François que personne n’arrive à détrôner quand il s’agit de mettre en forme un concept informatique : il ne 38
traverse jamais le filtre de l’entrevue pour obtenir un emploi ; pire, avec ses réponses en monosyllabes quasi indifférentes, il éveille la méfiance des douaniers quand il rentre de vacances avec des amis. Un génie dans sa bulle, disent-ils. Quand le 6 novembre 2007, Antoine Ouellette a enfin appris pourquoi il ne fonctionnait pas comme les autres, il a respiré mieux. Puis, il a voulu l’expliquer afin d’aider le monde à comprendre et accepter ceux qui, comme lui, sont différents sans être nécessairement malades. Ce désir a donné un essai, Musique autiste – Vivre et composer avec le syndrome d’Asperger, l’un des trois ouvrages finalistes pour le Prix HubertReeves 2012 décerné au Salon du Livre de Québec par l’Association des communicateurs scientifiques. Antoine Ouellette est aussi l’auteur d’un ouvrage consacré à sa passion pour les oiseaux, et tiré, en 2008, de sa thèse de doctorat en études et pratique des arts à l’UQAM : Le chant des Oyseaulx — Comment la musique des oyseaulx devient musique humaine. Il compose de la musique depuis l’âge de 12 ans — plus d’une quarantaine de partitions achevées —, s’avoue « un peu biologiste » et est chargé de cours à l’UQUAM. Radio-Canada lui avait commandé sa Messe pour le vent qui souffle et le Festival de Lanaudière a présenté en 2008 sa « contemplation symphonique » titrée Joie des grives, sous la direction du maestro Zeitouni. Œuvre inspirée, dit-il, du jeu des oiseaux de son voisinage. Le syndrome d’Asperger est caractérisé par l’altération de l’interaction du sujet avec l’entourage. L’essai d’Antoine
réalise l’espoir
Ouellette sur le problème permet de mieux comprendre l’originalité et l’incroyable potentiel social de ceux qui en sont touchés. Mais parce qu’ils ne participent pas à la vie du troupeau, adolescents anonymes, ils deviennent souvent la cible de ceux qui suivent toutes les modes. Ce qui conduit parfois à des drames absurdes. Aujourd’hui, personne n’ose prétendre que tous les humains sont également pourvus face à la vie. Le problème naît quand il s’agit d’accepter les différences des autres ou de s’adapter à leurs modes de fonctionnement. On insiste sur les réactions stupides de certains adolescents, mais qu’en est-il des adultes? Que fait-on de l’ignorance crasse qui persiste malgré les plus sophistiqués moyens de communication ? On oublie que la nature n’équipe pas tous les êtres uniformément et de la même manière. Les handicaps physiques sont visibles, du moins perceptibles; on peut aujourd’hui diagnostiquer déficiences ou maladies mentales. Mais est-on en santé parce qu’on ne se sent pas malade, et malade parce qu’on est différent ? Personne ne choisit l’enveloppe dont il dispose pour évoluer dans le monde. Pourtant, la survie et l’évolution des espèces dépendent étroitement de ces différences, mais surtout de leurs attitudes devant l’insolite, envers ce qui sort de l’ordinaire. La nature a ses lacunes : Justine et William n’étaient pas viables; ils n’auraient même pas pu être différents
Martine R. Corrivault
Mai 2012
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Quand l’inaptitude survient, protégez ceux que vous aimez
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Qu’est-ce que le besoin de protection? Sur le plan juridique, il y a un besoin de protection lorsqu’une personne inapte doit être assistée ou représentée dans l’exercice de ses droits civils.
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les droits des citoyens inaptes;
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Le magazine de rue de Québec
No 144 Mai 2012
• Conciliation travail-STRESS-famille • Souffrir en silence • Derrière les barreaux • Guérir son image • Vous dites : Santé Mentale ?