QUETE_cover_mars-impo:Mise en page 1 12-02-29 08:30 Page1
2$ Le magazine de rue de Québec
No 142 Mars 2012
Adultes sur les bancs d’école • S’accrocher à son rêve • S’instruire pour séduire • Insatiable soif d’apprendre • Analphabètes recherchés
www.centraide-quebec.com
j
l l
t
2012 i dd 1
S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant une carte d’identification 2$ contribution volontaire. 1$ sur le prix de vente va directement au camelot. 12 02-10 14:57
QUETE_cover_mars-impo:Mise en page 1 12-02-29 08:30 Page2
*'# # # # . # ! . %# $ & * % % ' %+ $ ! (*$ % $ * *' $ $ &' $! (! # !*# % ' $ # %* %# "& $ #% # % &$ #* &%&# * # ! * * # %*! ( % #* *# #( % $$& * * *' % . % $ "& !# $% % &$ ,% # & $ #* % ' # # $ -&#$ % $ # $ ' $ . $$ $% . *% % &# &$ % * # % &# &$ # # $ % &% $ $ ! #$ $ "& % #* ) #*&$$ % .*'* %
313, rue Saint-Jean QuĂŠbec G1R 1N9 5175, avenue Papineau MontrĂŠal H2H 1W1
Photos : Francine Chatigny
quebec@lespacecontemporain.com
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:39 Page3
Sommaire @j’apprends.com
S’accrocher à son rêve
6
Andrée-Anne L. Aubé
7
Tout recommencer à zéro
11
Rémy-Paulin Twahirwa
Marine Detraz
S’instruire pour séduire
9
Analphabètes recherchés
12
Mélyssa Turgeon
François Pagé
Deux heures pour mon avenir
15
Océane Périé
Écr i v a n t s e t p o è t e s 24
L’intrus dans la vidéo Laurence Ducos
28
17
17
25
Cosmos et créativité Julie Cartier
V pour... victoire
Mentalement stable
Stéphane Marcotte
27
Le Chieur
Se dépouiller
30
Rachel et Benoît Élie
Christiane Voyer
31
Marcel Guy Mailloux
Chroniques Animal humain à éduquer
Quand l’instruction mène loin
10 Mars 2012
Robert Maltais
18
Martine R. Corrivault
réalise l’espoir
Quelques arpents de pièges!
34
Diane Morin
3
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:39 Page4
PAGE COUVERTURE Photographie: Josée Normandeau Conception graphique: Karyne Ouellet
r é a l i s e r l’ e s p o i r
Camelots recherchés
Hey L’Archipel toi! d’Entraide, organisme à but non Tu aslucratif, 18 ans ouvient plus. en aide à des personnes qui, Tu veux te faire quelques dollars?
Faire des soUs en devenant camelots Les camelots récoltent 1$ de profit
à un moment donné de leur existence, sont sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon - + # exclues + / % % 35 510' du 5 0 marché & 13$ 5 + * 5du 0travail + / 3$ 5 ou vivent en marge de lade société. Ces laissés pour leur propre horaire et dans leur Vends le magazine rue La Quête compte cumulent différentes problémaquartier. 0, tiques 5& % , * 5 / :' !0 + 1/ mentale, 0' * 5 santé itinérance, toxicoAppelle-nous au manie, pauvreté, etc. Dans la foulée des Pour plus d’informations, commu418 moyens 649-9145 mis posteen 33place pour améliorer le sort niquez avec Francine Chatigny au Ou des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide Viens nous rencontrer au 418 649-9145 poste 31 de rue La 1 lance, 5 , 35 1 0*en3& 1995, 5 * 15 0/le' 5magazine + 0' 5 Par + ' * Quête. 5% % / * 35 + définition, , 3* + 1/ 3 5 un journal de rue est destiné à la vente - sur la rue !- par des personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent asU ne trib Une poUr toUs sumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, Envie de faire connaître votre opinion, de reprendre un certain pouvoir sur partager vos poésies, de témoigner de votre leur vie. L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche d’un logement par le biais de son service Accroche-Toit. Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.
vécu. Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux. Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 11 du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique d’avril: du communautaire dans toutes les sphères.
Éditeur Pierre Maltais Éditeur parrain Claude Cossette Coordonnatrice Francine Chatigny CONSEILLERS À L’ÉDITION Martine Corrivault, Jacques Dumais Robert Maltais RÉDACTRICE EN CHEF Valérie Gaudreau RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE Isabelle Noël CHRONIQUEURS Martine Corrivault, Robert Maltais, Diane Morin JOURNALISTES Andrée-Anne L.-Aubé, Julie Cartier, Marine Detraz, Jonathan Lachance-Lemieux, Raphaël Létourneau, Isabelle Noël, François Pagé, Océane Périé, Nathalie Thériault, Rémy-Paulin Twahirwa, Gabrielle Thibault-Delorme, Mélyssa Turgeon ÉCRIVANTS Laurence Ducos, Rachel et Benoît Élie, Stéphane Marcotte, Christiane Voyer POÈTES Julie Cartier, Jasmin Darveau, Marcel-Guy Mailloux, AUTEURS DES JEUX Hélène Huot, Jacques-Carl Morin RÉVISEURE-CORRECTRICE Nathalie Thériault DIRECTRICE PHOTO Josée Normandeau PHOTOGRAPHES Bertrand Chassé, François Pagé, Josée Normandeau, ILLUSTRATEURS Stéphane Bellefeuille, Danièle Rouleau CONCEPTRICE DE LA PAGE COUVERTURE Karyne Ouellet INFOGRAPHISTE Karyne Ouellet
Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.
AGENTE DE PUBLICITÉ SOCIALE Geneviève Thompson IMPRIMEUR Imprimerie STAMPA inc. (418) 681-0284
COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE Camelots recherchés Hey toi! Tu as 18 ans ou plus. Tu veux te faire quelques dollars?
Nom: Adresse: Ville: 0, 5& % , * 5 / ' !0 + 1/ 0' * 5 Appelle-nous au postal: 418Code 649-9145 poste 33 Ou Viens nous rencontrer au Courriel: ) 5 , 35 1 0* 3& 5 * 15 0/ ' 5 +
- + # + / % % 35 510' 5 0 & 13$ 5 + * 5 0 + / 3$ 5 Vends le magazine de rue La Quête
+ ' * 5%
% / * 35 +
, 3*
Abonnement régulier Abonnement de soutien Abonnement Institutionnel
60$ 75$ 85$
Journal La Quête 0' 5
+ 1/ 3 5
La réalisation de ce magazine est rendue possible grâce à :
4
réalise l’espoir
190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7 Téléphone: 649-9145 Télécopieur: 649-7770 Courriel: laquetejournal@yahoo.ca
Mars 2012
z, u,
x,
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:39 Page5
Mot de la coordonnatrice
Apprendre e n c o r e e t e n c o r e Ce mois-ci, La Quête se penche sur la formation des adultes. Obtenir un diplôme pour décrocher un meilleur emploi, réorienter sa carrière, se perfectionner, acquérir de nouvelles compétences… En fait les raisons pour retourner sur les bancs d’école sont multiples. Que ce soit par obligation ou par ambition, entreprendre des études lorsqu’on est adulte demande à tout le moins une bonne dose de détermination. Pour preuve, dans S’accrocher à son rêve, Andrée-Anne L. Aubé trace le portrait d’un jeune décrocheur qui est retourné en classe, à plusieurs reprises, avant d’atteindre son objectif. Son parcours semé d’embûches lui a toutefois révélé que chacune des petites victoires est importante et que cela aussi, il faut l’enseigner. Si certains peinent à obtenir leur diplôme d’autres ont, quant à eux, du mal à les faire reconnaître, notamment les immigrants. Rémy Twahirwa fait la lumière sur la reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) telle qu’appliquée par le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport et suggère des avenues à explorer afin de faciliter l’intégration sur le marché du travail des nouveaux arrivants… qui en attendant doivent « parfaire » leurs études.
Si on comprend plus facilement que l’on poursuive sa formation pour obtenir un boulot décent, on peut se demander quelles sont les raisons qui incitent des adultes, déjà bien installés sur le marché du travail, à continuer à étudier. François Pagé a recueilli deux points de vue sur le sujet. « Pourquoi encore aller à l’école à 65 ans? » questionne Gabrielle ThibaultDelorme. Un peu beaucoup par plaisir et parce qu’on en retire des effets inattendus semble-t-il. Raphaël Létourneau, s’est quant à lui, positionné face à la classe. « Enseigne-ton aux adultes comme on enseigne aux plus jeunes? » Apparemment pas. L’étudiant adulte se présente au cours avec tout un bagage de connaissances et d’expériences. Les professeurs qui offrent de la formation aux adultes doivent
donc ajuster leur pédagogie en conséquence. Par ailleurs, vous constaterez que le programme d’études et l’année de scolarité ont été ajoutés à la signature des journalistes qui étudient à l’Université Laval tout en écrivant bénévolement pour La Quête.
Apprendre entre nous La Quête, fidèle à son habitude, vous offre aussi les textes des « écrivants ». En acceptant de partager leur vision du monde avec nous, les écrivants nous donnent l’occasion d’élargir nos champs de connaissances. Bonne lecture!
Francine Chatigny
Les nouvelles technologies, omniprésentes dans toutes les sphères de nos vies, obligent les gens de tout âge à se familiariser avec leur fonctionnement. C’est encore plus vrai dans le domaine d’éducation, puisque l’ordinateur est incontournable. Heureusement, nous dit Marine Detraz, les analphabètes du Web peuvent trouver des établissements de formation qui ont l’avantage de respecter leur rythme d’apprentissage. Toute immersion dans l’univers scolaire exige la maîtrise de deux connaissances de base : écrire et lire. Or au Québec, un nombre étonnamment élevé de gens arrivent difficilement à lire. Comment fait-on pour inviter des analphabètes à pallier leur faiblesse? C’est la question qu’a posée Mélyssa Turgeon à des organismes d’alphabétisation de la région.
Mars 2012
réalise l’espoir
5
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:39 Page6
Comme la plupart des garçons de son âge, Charles n'aimait pas l'école. Rien ne le prédestinait pour autant à décrocher, jusqu'à ce que son père se suicide alors qu'il avait 13 ans. « Mes notes ont pris une drop parce que je n'écoutais plus en classe, je n'étais plus concentré, j'avais la tête ailleurs. C'est sûr que je me trouvais moins bon, se souvient-il. Je n'étais pas intéressé. Tout ce que je désirais c'était du matériel, parce que je me disais que c'était ce qui allait me rendre heureux. » L'école secondaire que fréquentait Charles, comme de nombreuses écoles en région, connaît un taux de décrochage scolaire qui frôle les 30 % selon les données du Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Dans un tel contexte, l'influence des pairs est indéniable. « Si tu as un ami qui lâche l'école, tu as plus envie d'être avec ton ami. C'est une perte aussi. C'est quelqu'un qui n'est plus à l'école avec toi », explique-t-il. À l'été 2000, il part rejoindre des amis à Montréal, la grande ville. Alors qu'il se voyait emménager dans un appartement, Charles se retrouve à errer dans le secteur Berri-UQAM. « Aller dans la rue c'était mon choix, admet-il. Quand tu te sens incompris, t'as envie d'être avec des gens qui sont comme toi, qui comprennent tes problèmes. Je ne voulais pas être seul, mon père venait de mourir. » Côtoyer la violence et la drogue l'a toutefois vite convaincu que sa place était ailleurs. « Je m'imaginais toujours qu'un 6
jour, j'allais devenir policier. Je me disais si tu reste là, ta chance est finie. » De retour dans son patelin, Charles est placé en famille d'accueil et forcé à retourner en classe. Mais pas pour longtemps. Dès que l'occasion se présente, il fait une demande d'émancipation à la DPJ. À 16 ans, il quitte sa région natale pour retrouver à nouveau la métropole. Cette fois-ci, il est toutefois déterminé à se trouver un emploi et un logement. « Ça ne m'a pas rendu plus heureux, convient-il. T'as l'impression que ça va te rendre heureux, mais moi, le problème n'était pas là. » Le retour sur les bancs d'école n'a donc pas tardé pour Charles, qui s'est présenté pour la première fois à l'école aux adultes à l'âge de 18 ans. L'abandon s'est toutefois fait tout aussi vite. « J'ai lâché parce que je trouvais ça décourageant. C'était l'Everest! Quand tu as lâché l'école parce que ça n'allait pas bien, poursuit-il, c'est un défi immense d'y retourner. T'es conditionné dans ta tête à ce que l'école, c'est difficile. » Il est en effet fréquent que la réinsertion des décrocheurs nécessite plus d'une tentative. Dans son cas, la quatrième a été la bonne. « J'étais écœuré d'avoir des jobs où je n'étais pas heureux. Je faisais des jobs payantes. J'ai travaillé comme représentant à 70 000$ par année, mais ce n’était pas ça que je voulais. Donc, je me suis dit, je retourne à l'école et je le fais au complet. »
« Une chose qui est motivante aussi, mais que tu n'as pas tout de suite au début, c'est la réussite. C'est de te rendre compte que t'es capable de ne pas avoir d'échecs, de bien réussir. » Neuf mois plus tard, soit 7 mois plus tôt que ce que le soutien pédagogique avait estimé, Charles a obtenu son diplôme d'études secondaires. Il a ensuite entamé des études en sciences de la nature, pour finalement en revenir à son rêve d'enfance, celui de devenir policier. Aujourd'hui, il porte fièrement l'uniforme et caresse le projet de faire une tournée d'écoles aux adultes pour parler de son expérience. « Je leur dirais d'essayer et d'aller chercher chaque petite victoire comme outil pour gagner la guerre. On a tous des rêves et il y a certains de ces rêves-là qui passent par l'obtention d'un diplôme secondaire, poursuit-il. Je pense que l'important c'est de se faire confiance, et de le faire parce que c'est bien moins gros que ce qu'on pense. »
Andrée-Anne L. Aubé Étudiante de 3e année en Études internationales et langues modernes
Pour son retour à l'école, il a eu droit à des prestations d'assurance chômage, ce qu'il considère comme une grande chance. « J'avais une sécurité financière. Je savais aussi quand était la fin de mon chômage et qu'au-delà de ça, il faudrait que je me débrouille d'une autre façon. Ça m'a motivé. Je me disais; il faut que je clanche. »
Photo : Josée Normandeau
Impliqué dans son milieu scolaire, finaliste au gala méritas, Charles (nom fictif) est reconnu par ses enseignants pour être un modèle. Son parcours est pourtant atypique. Décrocheur à 15 ans, il a fréquenté la rue, multiplié les boulots et les appartements. Aujourd'hui, à 28 ans et en voie d'obtenir son diplôme en techniques policières, il nous raconte son histoire.
Photo : Josée Normandeau
S ’ a c c r o c h e r à son rêve
« L'école aux adultes, c'est l’une des plus belles expériences de milieu scolaire que j'ai eue. J'ai eu beaucoup de soutien. Ils te donnent tellement de possibilités, tu peux y aller de jour ou de soir. »
réalise l’espoir
Mars 2012
Photo : Josée Normandeau
@j’apprends.com Bienvenue dans l’univers 2.0, là où l’être humain cohabite avec la technologie. De gré ou de force, vous devez payer l’essence par carte bancaire directement à la borne ou remplir un formulaire via Internet. Incapable? Être ou ne pas être techno!
1969 : grâce à la création de la British Open University, les étudiants peuvent poursuivre leur apprentissage grâce au Web. Cette nouvelle accessibilité a marqué le début de l’enseignement à distance, lequel a débuté au Canada en 1972. Dans Technologies et formation à distance, Richard Hotte et Pascal Leroux affirment que la fin des années 90 a été le véritable tremplin des cours à distance, puisqu’ils ont été revisités par les universités canadiennes. Voici l’ère de l’interactivité. À l’orée du 21e siècle, les moyens de communication actuels répondent fortement aux besoins des sociétés occidentales, soit l’efficacité, la rapidité et la clarté. Les Québécois n’y font pas exception, puisqu’ils sont friands de technologies en tous genres. Sur les bancs de l’école, le Web est désormais accessible à tous. Seulement, faut-il encore savoir comment utiliser les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication). À bon entendeur, sachez que certains établissements se différencient de l’éducation traditionnelle : là, on vous enseignera l’utilisation des technologies tout en respectant votre rythme d’apprentissage. Une équipe de professionnels, capable de répondre aux besoins de chacun, et de prendre en considération le
Mars 2012
matériel pédagogique assigné au cours. Par exemple, l’ordinateur est un véritable condensé d’options, qui contient tous les traitements de texte et les tableurs et autres logiciels pour « faciliter l’accès » aux études. Mais, dans bien des cas, le maître de la souris ne sait pas comment manier son crayon de mille dollars et utiliser les logiciels pédagogiques. Quand la persévérance et l’autonomie sont au rendezvous, mais que l’expérience vient à manquer, l’adulte se retrouve devant une impasse. À ce moment, la présence de l’enseignant s’avère essentielle puisqu’il permet d’établir une relation de soutien, et un moyen de briser la barrière existante entre la machine et l’Homme. À l’École nationale d’administration publique (ENAP), des cours de formation sont donnés en ligne à des gens qui connaissent déjà le milieu de travail. Technopédagogue à l’ENAP, Nadine Cambefort reconnaît que « des débutants peuvent rencontrer des problèmes, dans la mesure où le service de soutien intervient [avant tout] pour faciliter l’accès lors de la connexion, mais ne peut pas accompagner l’élève en permanence ». Des connaissances minimales sont donc prérequises pour envoyer des courriels, faire des recherches sur Internet, ou s’identifier sur l’une des plateformes de l’établissement. Pour satisfaire ses propres compétences et avoir un minimum de
réalise l’espoir
« culture numérique », des formations de base à l’Université, des capsules vidéo, des livres, ou encore l’aide des jeunes de la « Génération Y » peuvent être des ressources utiles. André Santini, homme politique français, suggère que l’apprentissage des TIC peut développer l’intellect. « S’il ne fallait retenir qu’une vertu des Technologies de l’Information et de la Communication, ce serait celle-ci : la possibilité d’offrir à chacun une tribune, un espace de liberté, d’expression ». Une bonne source de motivation pour nos adultes québécois, puisque… il y a un début à tout.
Marine Detraz Étudiante de 2e année au baccalauréat en rédaction professionnelle et langue française Envie de rire un peu. Voir la vidéo « L’âge d’or et la technologie » sur You Tube
7
Photo : Josée Normandeau
Photo : Josée Normandeau
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:39 Page7
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:39 Page8
L'ar t de fai r e v i v r e l e s a v o i r Les méthodes et les pratiques d'enseignement utilisées en formation des adultes se différencient de la pédagogie commune. La formation des adultes, qu’on appelle aussi andragogie, est une pédagogie basée sur l'apprentissage par les expériences et les connaissances déjà acquises.
Depuis la Révolution tranquille, l'écart entre la pédagogie et l'andragogie tend à diminuer. Précédemment, on supposait que le savoir était transmissible du professeur-maître à l'étudiant. « On faisait l'hypothèse que pour apprendre il fallait transmettre des contenus, la plupart du temps, de façon magistrale. Quelqu'un a la connaissance, il la transmet et l'autre tente de l'assimiler par la mémorisation. », illustre Bruno Bourassa, docteur en psychopédagogie et en andragogie, ainsi que professeur de la Faculté des sciences de l'éducation à l'Université Laval. « Depuis quelques années, la pédagogie et l'andragogie partagent davantage l'approche intégratrice. Cette approche estime que l'étudiant intègre la théorie par ses propres expérimentations et apprentissages », précise Louise Charette, chargée de cours de la Faculté des sciences de l'éducation à l'Université Laval.
reçoivent une pédagogie active qui met à l'épreuve des connaissances nouvelles, par l'action et la réflexion ». Une pédagogie active permet aux apprenants de participer à leurs apprentissages, d'acquérir davantage et d’accéder plus facilement aux nouvelles connaissances. Selon M. Bourassa, ces méthodes se traduisent par : la réalisation de projets, des jeux de rôles, des simulations ou des études de cas. Le pilier de l'andragogie provient des sélections et des constructions de l'adulte basées sur ses expériences du passé et sa réalité. « Les conceptions de la vie, de la mort, du bonheur et du plaisir sont différentes d'un à l'autre, alors chaque personne apprend à sa manière et développe sa façon viable de faire les choses », précise Bruno Bourassa
Apprendre par l'expérience
La formation des adultes demande à l'enseignant d'être un expert de l'accompagnement et des processus d'apprentissage et non seulement de transmettre de l'information. « Le travail du formateur est d'accueillir le besoin et faire une formation en lien avec les besoins de la personne, mais aussi de déstabiliser la personne. Il l'amène à déconstruire certaines conceptions pour les reconstruire autrement et ajouter aux connaissances déjà existantes » explique Bruno Bourassa. Pour ce faire, « le formateur
L'andragogie, c'est de reconnaître que l'adulte n'apprend pas comme l'enfant et que l'éducation doit y être adaptée. Les adultes vont en formation continue pour ajouter à leurs compétences et ont des visées claires. Pour ce faire, selon M. Bourassa, une reconnaissance des savoirs déjà acquis par l'expérience est la porte vers l'enrichissement des connaissances. « Les adultes veulent vivre la formation. Les résultats sont plus significatifs s'ils
8
Le formateur-négociateur
réalise l’espoir
varie ses techniques en faisant appel, entre autres, à la réflexion, aux émotions, aux sentiments et aux expériences de ses étudiants », ajoute Louise Charette. Le formateur doit percevoir ce que la personne est, ce qu'elle désire et en quoi son bagage peut profiter à la formation. Il maîtrise l'art de mettre en place les conditions nécessaires à l'apprentissage. Le côté relationnel est essentiel pour que l'apprenant soit à l'aise de se risquer et de s'ouvrir à l'inconnu. « Les moments d'incertitudes, d'insatisfaction, de dilemme, où une personne se demande si elle désire vraiment rester dans ce contexte ou changer quelque chose, c'est à ce moment que l'apprentissage est possible », illustre Bruno Bourassa pour signifier l'importance de la relation formateurétudiant. Enfin, le formateur tente de mettre de l'avant les forces de l'individu et de capitaliser celles-ci dans une perspective d'apprentissage.
Raphaël Létourneau Étudiant de 1re année au baccalauréat en communication publique
Mars 2012
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:39 Page9
S’instruir e p o u r s é d u i r e Selon une étude de Statistique Canada, en 2008, près de 30 % des Québécois âgés de 25 et 64 ans ont fait des études ou suivi des formations liées à leur emploi. Si les plus de 45 ans sont écartés de l’équation, ce taux bondit à plus de 40 %. L’enquête révèle également une croissance constante du phénomène depuis 2002. Malgré tout, la province se situe huit points derrière la moyenne canadienne. doivent toujours demeurer en mode séduction », a-t-il déploré. Au Québec, seuls 40 % de ceux ayant eu à faire des études dans le cadre de leur travail ont reçu un soutien de leur employeur. Non seulement l’appui se fait-il plus rare que dans le reste du Canada, mais un recul d’environ 10 % a été observé au cours des dernières années. « La nuance est importante. Lorsqu’une compagnie investit de ses fonds pour donner de la formation, c’est de la gestion de ressources. Mais lorsque c’est aux frais du personnel, il faut que l’individu y trouve son compte au-delà de la désirabilité », a souligné le sociologue.
Photo : François Pagé
À ce sujet, M. Gagné critique les nouvelles orientations des universités : « On ne transmet plus des connaissances afin de créer des personnes autonomes. On enseigne des compétences pour faire des engrenages utiles et fonctionnels prêts à être insérés dans la machine corporative. »
Gilles Gagné, sociologue et professeur à l’Université Laval
Néanmoins, M. Gagné ne croit pas que ce soit le facteur principal. Il blâme plutôt la doctrine néolibérale pour la pression que subissent les travailleurs pour se tenir à jour. « Les institutions qu’étaient l’emploi et la carrière n’existent plus, finis les liens tissés avec les entreprises. C’est le drame de l’employabilité : les gens doivent prendre à leur charge de se rendre désirables aux yeux des employeurs. Même une fois engagés, ils
Mars 2012
Vincent Goulet, directeur général adjoint à la formation continue à l’Université Laval, confirme que la demande est en forte croissance pour les formations d’appoint et les programmes sur mesure. « Les mises à jour sont très populaires, notamment auprès des ordres professionnels. Pour l’université, c’est un peu du service après-vente », a-t-il précisé. Il spécifie toutefois que c’est le domaine de l’administration qui constitue la plus grande part de marché. « On a beaucoup de cadres qui veulent connaître les plus récentes techniques de gestion ou de gens ayant déjà un métier promus chefs d’équipe sans avoir les outils nécessaires. » Bien qu’il offre de nombreux programmes créés spécialement à la demande d’une entreprise, M. Goulet se défend de faire le commerce de connaissances trop spécifiques bénéficiant uniquement aux compagnies. « On ajuste la formation aux priorités de l’entreprise et
réalise l’espoir
Photo : Courtoisie Université Laval
Une première explication de cette exigence d’apprentissage continu est « l’obsolescence planifiée de la nouvelle technologie », selon le sociologue Gilles Gagné. « On nous demande constamment d’apprivoiser la dernière version des outils à notre disposition. Ça vient avec l’obsession de la productivité », a déploré le professeur de l’Université Laval. « Lorsque les connaissances ont des dates de péremption, il est permis de douter de leur valeur », a-t-il ajouté.
Vincent Goulet, directeur général adjoint à la formation continue à l’Université Laval
on adapte la pédagogie, mais l’individu acquiert un savoir-être et un savoir-faire qui peuvent changer sa vie personnelle », a-t-il objecté. Il affirme par ailleurs planifier les programmes de façon à accommoder les personnes. « Comme on a une clientèle dans le milieu professionnel, on offre surtout des formules intensives. Plutôt que trois heures par semaines, on donne deux journées pleines une fois par mois. Les vendredis et samedis sont fréquents, pour laisser au moins un jour de congé en famille. » La formation continue a en effet ajouté la dimension étude à la conciliation travailfamille. Selon Statistique Canada, le temps déjà occupé par l’emploi et les responsabilités familiales sont les deux principales raisons données par ceux ayant choisi de ne pas entreprendre d’études complémentaires.
François Pagé Étudiant de 1re année au certificat en journalisme
9
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:39 Page10
Robert Maltais
Quand l’instruction mène loin Photo : Archives Web
Croyez-le ou non, celui qui écrit ce texte a failli rester autodidacte toute sa vie, n’eût été d’un retour aux études comme adulte à l’âge de 23 ans. À cette époque, jamais je n’aurais cru que j’enseignerais un jour dans une université. quer l’indigestion de ses lecteurs et de ses lectrices. Ce n’est pas une histoire à dormir debout que je vous raconte, mais tout simplement la mienne. Le décès accidentel de mon père alors que je n’avais que 14 ans avait sonné le glas pour moi à tout rêve de grandes études ou d’une prestigieuse carrière – c’est du moins ce que je croyais. Dès l’âge de 17 ans, la vie m’avait alors confiné à travailler comme commis dans une banque soi-disant royale de Québec. Mais telle n’était pas la vie que je voulais. À mon retour aux études six années plus tard, provoqué par une profonde remise en question existentielle, j’ai dû apprendre à gravir, avec humilité, un à un les échelons du système scolaire: laborieuses études collégiales, années d’université en journalisme, puis autres années d’études de maîtrise en éthique, ou si vous préférez dans le champ de la philosophie morale. Toutes ces années n’ont pas été vaines. Elles m’ont mené à une forme d’accomplissement personnel et professionnel. À vrai dire, les connaissances acquises à travers cette quasi-montagne d’études m’auront permis de gagner ma vie honorablement comme journaliste pendant 30 ans par le biais des journaux, de la radio, de la télévision, ainsi que de l’enseignement universitaire. Tout comme je le souhaitais, je n’ai pas été à court de défis. Loin de moi l’idée de vous débiter tout le contenu de mon curriculum vitae, ni toutes les péripéties de ma vie. Il faut savoir où s’arrêter, pour ne pas provo-
10
L’éducation permanente Les chemins de la vie ont parfois quelque chose d’étonnant, d’ironique même. Figurez-vous que je travaille aujourd’hui au sein d’une faculté dédiée à l’éducation permanente, comme si tout concordait dans mon existence à confirmer l’importance de l’éducation aux adultes et la pertinence d’être retourné aux études. La principale raison d’être d’une faculté de cette nature est de favoriser l’accès des Québécois et des Québécoises aux études universitaires. Pour que nous puissions collectivement nous accomplir comme citoyens et comme peuple. L’éducation permanente ouvre toutes grandes les portes de la connaissance, du savoir, du savoir-être, du savoir-faire et du savoir-dire.
Les étudiants inscrits à l’éducation permanente sont de tous les âges. Bien que la moyenne se situe entre 28 et 30 ans, un grand nombre d’entre eux sont dans la trentaine, la quarantaine et la cinquantaine. Et ce n’est pas rare d’en voir dans la soixantaine avancée. Comme quoi étudier et rêver, n’a pas vraiment d’âge.
Robert Maltais
Ne nous comptons pas d’histoires. Il faut s’armer de courage et de détermination pour entamer et mener à terme des études comme adulte. Mais ce qu’on en récoltera vaudra tous les efforts, voire quelques désagréables dettes d’études. C’est sans aucun doute le pari qu’ont pris les dix mille adultes qui suivent actuellement des cours au sein de ma faculté, dans des programmes aussi diversifiés que la traduction, la publicité, le droit, les relations industrielles, la criminologie et la petite enfance, pour ne nommer que ceux-là.
réalise l’espoir
Mars 2012
Photo : Archives Web
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:39 Page11
Tout recommencer à zéro À 30 ans, monoparentale et sans le sous, Marie (nom fictif) a décidé de tout recommencer à zéro et de retourner sur les bancs de l’école. Décembre 1995. Marie arrive au Canada en tant que réfugiée. Elle n’a avec elle que deux valises, un passeport, quelques vêtements chauds (heureusement!) ainsi que ses deux enfants de huit et six ans. Sans le sous, Marie décide de chercher un emploi. Dans son pays, elle occupait un poste de chargé de cours dans une université. Son salaire lui permettait d’avoir une maison, une gardienne et même une voiture. Forte de son expérience dans le domaine, et surtout parce qu’elle parle un français impeccable, elle croit pouvoir trouver un poste semblable. Bien vite, Marie constate que ses études ne valent rien ici, « ou presque » précise-t-elle avec sarcasme. « J’avais 30 ans, deux enfants, monoparentale, sans le sous, et voilà qu’on vient me dire que je dois refaire mes études. » Son premier sentiment : la colère. « Puis, je me suis sentie désespérée. Je n’avais aucune famille ici. Pas un seul ami. Seulement mes deux enfants. C’est pour eux que je l’ai fait. »
un programme. Pourtant, selon un rapport publié en 2004 par le comité d’experts sur le financement de la formation continue, la nonreconnaissance des acquis et des compétences coûte cher au gouvernement québécois. Ainsi, selon ce rapport, si ce dernier favorisait la reconnaissance, plus de 540 000 personnes pourraient gagner entre 8 000 $ et 12 000 $ de plus par année. Est-ce dire que la RAC est à privilégier? Le rapport reconnaît qu’il y aurait un avantage certain à tirer des acquis et des compétences des immigrants : « [La RAC] peut être perçue comme un investissement ; elle amène des avantages pour l’individu, l’entreprise et l’État. » En 2009, les professeurs Jean-Michel Cousineau et Brahim Boudarbat pu-
bliaient un article dans la revue Relations industrielles/Industrial Relations confirmant la détérioration de la qualité de l’insertion des immigrants au Québec, plus particulièrement chez les personnes ayant immigré à l’âge adulte. Joint au téléphone, Jean-Michel Cousineau, professeur titulaire à l’École des relations industrielles de l’Université de Montréal, reste sceptique quant aux rôles donnés aux organisations responsables de la reconnaissance des acquis et des compétences. « Toute corporation a tendance à minimiser l’entrée de nouveaux employés. Si d’un côté cela rajoute une main-d’œuvre supplémentaire, de l’autre cela veut dire aussi plus d’argent pour payer cette main-d’œuvre. Si, par exemple, on reconnaît plus de médecins à entrer sur le marché, cela veut dire qu’on va devoir payer plus pour un plus 1
Mars 2012
Cela ne veut pas dire pour autant que ce dernier appuie une reconnaissance à tous et pour tout. « Ce n’est pas « reconnaître » qui est le problème. Il faut faire en sorte que les gens qui pratiquent aient les mêmes qualifications que les autres. Il faut qu’il y ait une reconnaissance oui, mais pas n’importe comment. D’ailleurs, en passant, je suis contre toute reconnaissance de diplômes car c’est très difficile à évaluer. Prenez un ingénieur étranger qui a fait ses études dans son pays. Il n’a pas été confronté aux mêmes épreuves, aux mêmes expériences et encore moins aux mêmes réalités culturelles qu’un étudiant d’une université québécoise. » En terminant, il maintient qu’il y a du travail à faire de la part du gouvernement qui doit s’occuper de ses immigrants et ne pas les abandonner. Il donne aussi comme solution de suivre le modèle australien qui permet une reconnaissance des acquis et des compétences avant l’entrée de l’immigrant au pays.
Photo : Archives Web
Marie n’est pas la seule dans cette situation. En 2007, une étude de Statistique Canada révélait ainsi qu’une forte majorité d’immigrants1, dont une grande proportion de travailleurs ayant déjà au moins un diplôme, ont décidé de retourner aux études. Une des raisons est effectivement les difficultés rencontrées par ces derniers, à faire reconnaître les expériences acquises à l’étranger. Mais concrètement, qu’est-ce que c’est que la reconnaissance des acquis et des compétences (RAC)? Il s’agit d’un document officiel attestant des compétences et des acquis maîtrisés (tant scolaires que professionnels). En d’autres mots, un immigrant ayant reçu cette attestation voit reconnaître par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport l’ensemble ou une partie des compétences spécifiques à
grand nombre de médecins. Selon cette logique d’économiste, il faut qu’il y ait un contrôle quelque part. Il y a donc un biais corporatif », explique M. Cousineau.
Pour Marie, la RAC aurait fait une grande différence dans sa vie. Malgré tout, elle ne regrette pas son choix de retourner aux études. « À la fin de ma maîtrise, j’ai pu trouver assez rapidement un emploi dans mon domaine. Un an plus tard, j’ai quitté mon minuscule appartement de Côte-desNeiges pour une belle maison en banlieue de Montréal », dit-elle avec fierté.
Rémy-Paulin Twahirwa Étudiant de 3e année en Études internationales et langues modernes
70% d’un groupe composé de 109 300 nouveaux arrivants.
réalise l’espoir
11
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:39 Page12
On estime que près de 1,3 million de personnes de 16 ans et plus au Québec ont de la difficulté à lire et à écrire, selon l'Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes de Statistique Canada, parue en 2003. Comment fait alors un groupe populaire en alphabétisation pour se faire connaître auprès de cette clientèle? La clé pour ces organismes est d’utiliser le réseautage et les actions à petite échelle dans leur communauté.
« Il n’y a pas une façon, mais bien de multiples façons de rejoindre ces personnes », affirme Ginette Richard, responsable du développement des pratiques pour le regroupement des groupes en alphabétisation populaire du Québec (RGAPQ). Elle indique par exemple que les groupes populaires en alphabétisation travaillent souvent en « étroite » collaboration avec les Centres locaux d’emploi (CLE). Ces groupes vont également entretenir un lien avec d’autres ressources communautaires afin d’être référées au besoin. Elle ajoute que les moyens de se faire connaître dépendent de la « dynamique » de chaque région, principalement de la « structure communautaire et économique de ce milieu ». De plus, Mme Richard indique que certaines ressources vont parfois « participer au comité de reclassement » lors de la fermeture d’une usine, par exemple. La clé demeure évidemment le bouche à oreille. Pour sa part, Sylvie Bernier animatrice et responsable des bénévoles pour le groupe populaire en alphabétisation La Marée des Mots, donne l’exemple de l'envoi de dépliants dans les quartiers « plus défavorisés » et à proximité de leur installation. En plus, l'organisme situé à Beauport fait « la tournée des différentes tabagies, des restaurants », est en contact 12
Photo : La Marée des mots
Analphabè t e s r e c h e r c h é s
À la Marée des mots, on améliore ses compétences de lecture dans une ambiance décontractée.
avec les travailleuses sociales des CLSC environnants et participe aux fêtes populaires des quartiers. La question du recrutement est « toujours à recommencer », d'autant plus que ces organismes ne possèdent pas beaucoup de ressources financières, prévient-elle.
Désir d'autonomie et réorientation professionnelle Les raisons pour fréquenter les groupes d'alphabétisation sont diverses. « Les gens viennent pour être plus autonomes et pour être fiers d'eux-mêmes d'être capables de lire et d'écrire », mentionne Mme Bernier. L'animatrice ajoute que pour certains, c'est « le rêve d'être une personne comme une autre ». Or, elle donne aussi l'exemple d'accidentés du travail qui profitent de leur convalescence pour venir au groupe en vue de progresser et « d'améliorer leurs conditions d'emploi ». Mme Richard mentionne que de plus en plus d'emplois requièrent des spécialisations et un certain niveau de scolarité. D'après elle, la majorité des personnes peu alphabétisée occupe un emploi, mais avec des tâches « moins spécialisées ». Pour ce qui est de la clientèle de ces organismes, Ginette Richard et Sylvie Bernier précisent que ce sont généralement des personnes qui sont passées par le système scolaire et qui sont aussi sur le marché du travail. Pour différentes raisons, leur habileté s'est amenuisée.
Pauvreté et analphabétisme Par ailleurs, M. Christian Pelletier, coordonnateur pour le Regroupement des groupes en alphabétisation populaire du Québec (RGAPQ), insiste sur le « lien inévitable » qui existe entre pauvreté, analphabétisme et difficulté de recrutement. Selon le coordonnateur, les « gros obstacles » sont généralement les préjugés, les conditions économiques et la difficulté d'accès, en termes de mobilité
réalise l’espoir
et de coûts, pour ces ressources. « En campagne, tu n'as carrément pas de transport en commun et de garderies. Comment fais-tu pour faire garder ton enfant lorsque tu n'as pas de moyens? » questionne-t-il. Et les groupes populaires en alphabétisation n'ont pas plus de ressources pour engager une animatrice qui s'occupera de garder les enfants. Conséquemment, le RGPAQ a lancé dernièrement une campagne de sensibilisation : « Ensemble contre l'analphabétisme ». Parmi leurs trois principales revendications, l'une concerne une aide financière accordée par l'État aux personnes qui veulent entreprendre une démarche d'alphabétisation populaire.
Mélyssa Turgeon Bachelière en communication publique (journalisme)
Au-delà des mots! « Au début, c’était plus pour me trouver une activité. Je savais lire et écrire, mais j’avais beaucoup de misère avec la composition et les verbes. Ma surprise a été beaucoup plus loin : j’ai travaillé ma confiance », avoue Francine, 66 ans, une habituée du groupe populaire en alphabétisation La Marée des mots depuis cinq ans. Cette femme indique avoir arrêté l’école en 6e année sans avoir « la confiance » d’aller plus loin. Outre l’amélioration de ses habiletés en lecture et en écriture, elle affirme avoir acquis l’apprentissage de l’ordinateur grâce à cette ressource. De plus, elle souligne avoir combattu sa « gêne » par sa participation à la vie démocratique du groupe populaire.
Mars 2012
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page13
Photo : Courtoisie Université Laval
Insatiable s o i f d’apprend r e Cours théorique sur l’Afghanistan avec le professeur Mohamed Ourya
À l’Université du troisième âge de l’Université de Sherbrooke, près de 9 000 étudiants, âgés de plus de 55 ans, sont inscrits à un ou plusieurs cours. Les plus populaires : les cours de politique et d’histoire internationales ainsi que les cours de religions. « Les gens s’inscrivent pour enrichir leur culture personnelle et pour le plaisir d’apprendre », a indiqué Mme Monique Harvey, directrice de l’Université du 3E âge de Sherbrooke. Même son de cloche à l’Université Laval, où quelque 2 500 étudiants du 3e âge y sont inscrits. « Les gens désirent élargir leurs connaissances ou approfondir leur formation intellectuelle », a expliqué Johanne l’Heureux, responsable du programme de Formation continue. Le choix de cours s’inscrit rarement dans une continuité par rapport au cheminement professionnel. « On apprend toujours quelque chose, je m’inscris toujours au cours du jeudi après-midi, peu importe le cours », a affirmé Monique Trudel, enseignante à la retraite, inscrite à un cours d’informatique. Le choix de M. Ben Seghaier Rabeh, avocat, est moins aléatoire. « Ne pas connaître l’informatique est un handicap certain dans ma profession », a-t-il indiqué. L’âge moyen des étudiants est de 65 ans, et la majorité est de sexe féminin. « Ils sont généralement très scolarisés, a spécifié Mme Harvey, et il est possible que le souvenir de l’école soit plus agréable pour ces personnes et leur donnerait davantage envie d’y retourner. » La méthode d’enseignement est d’ailleurs peu propice à susciter la crainte de
Mars 2012
Photo : Courtoisie Université Laval
L’âge de la retraite sonne et le son qu’il émet ressemble étrangement à celui de la cloche d’école. Les Universités du troisième âge du Québec attirent les retraités qui sont demeurés jeunes d’esprit.
Visite d’une exposition avec la professeure d’histoire de l’art, Suzanne Pressé
l’école. « Il n’y a pas d’évaluation ou de notes », a expliqué Mme Harvey. Même chose à l’Université Laval. « Les étudiants reçoivent une attestation s’ils ont un taux de présence d’au moins 80 % », a précisé Mme L’Heureux. Les cours ne demandent pas de prérequis et la matière est vulgarisée le plus possible pour rejoindre tous les étudiants. La difficulté principale rencontrée par les étudiants est de franchir le premier pas et de s’inscrire une première fois. « Au début, je me suis inscrite par utilité », a raconté Mme Pouliot, secrétaire à la retraite, en parlant de son cours d’informatique. « Je voulais apprendre à être autonome avec un ordinateur, mais maintenant j’y ai pris plaisir. » Sans évaluation, l’enseignement informatique se fait au rythme des étudiants.
réseau social. « Arrivé à la retraite, il est beaucoup plus difficile d’entretenir des relations sociales. L’université permet de tisser des liens et de recréer une routine », a ajouté Mme L’Heureux, « parfois, les gens commencent à perdre leur conjoint, leurs amis. Suivre des cours leur permet d’éviter la solitude. » Chez les étudiants interrogés, les cours répondent bien aux attentes. Que ce soit pour favoriser l’autonomie ou pour conserver un cercle d’amis, l’Université du troisième âge serait-elle la fontaine de jouvence de l’esprit ?
Gabrielle Thibault-Delorme
Outre l’envie d’apprendre, les étudiants s’inscrivent également pour conserver un
Étudiante de 2e année au baccalauréat en communication publique (journalisme)
réalise l’espoir
13
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page14
La période d'inscription pour la rentrée scolaire 2012-13 se poursuit, et le gouvernement en profite pour lancer sa campagne annuelle Tout pour réussir, dont le but est de mieux faire connaître les métiers prometteurs demandant une formation professionnelle au secondaire ou technique au collégial. Délivrant plus de 40 000 diplômes par année, soit presque autant que le collégial technique et pré-universitaire, la formation professionnelle gagne encore à être connue. « Il y a encore du chemin à faire pour valoriser la formation professionnelle », convient Dominic Lemieux, conseiller en orientation au Centre de formation professionnelle (CFP) Marie-Rollet. « Il y a 5 ou 7 ans, quelqu'un qui allait à la formation professionnelle, c'était encore vu comme quelqu'un qui n'était pas capable d'aller au collégial, mais de plus en plus il y a un changement de mentalité dans l'opinion publique. » Les 100 000 personnes qui s'y inscrivent chaque année sont en effet loin de former une classe homogène. « Il n'y a pas de profil type. Nos élèves sont très différents, chacun a une histoire de vie différente, explique M. Lemieux. Il y en a qui arrive du secondaire, il y a des mères monoparentales qui font un retour aux études. On a des étudiants qui ont des études universitaires et qui décident de faire un diplôme d'études professionnelles (DEP) parce qu'ils n'étaient pas à l'aise dans leur métier ou parce qu'ils n'ont pas trouvé d'emploi. » Caroline, Stéphanie et Audrey-Anne, étudiantes en infographie au CFP MarieRollet, admettent qu'elles aussi avaient un préjugé envers la formation professionnelle. C'est seulement après avoir en vain fait l'essai de différents programmes collégiaux, qu'elles se sont dirigées vers la formation professionnelle. « C'était un plan B, ça me décourageait. Dans ma tête, avec un DEP, il n'y avait pas de débouchés », confie Stéphanie. Les statistiques prouvent pourtant le contraire. Selon l'enquête Relance réalisée en 2010 par le Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), 9 mois après leur promotion, 73,8 % des diplômés de la formation professionnelle 14
détenaient un emploi. En plus d'afficher de courts temps de recherche d'emploi, certaines formations telles que le DEP en mécanique de protection contre les incendies, de même que celui en confection de vêtements et d'articles de cuir enregistrent même un taux de chômage de 0 %. Démentie aussi la croyance populaire selon laquelle les DEP ne s'adressent qu'aux personnes qui ont des difficultés scolaires. À ce sujet, Alexandre, lui aussi étudiant en infographie, fait remarquer que les exigences y sont très élevées. Alors qu'au collégial la note de passage est de 60 %, les étudiants à la formation professionnelle doivent avoir une note minimale de 80 % dans chacun des modules de formation pour obtenir leur diplôme. Côté rémunération, si les programmes d'études professionnels permettent à leurs finissants de toucher un salaire moyen de 647 $ brut par semaine, certains d'entre eux vont jusqu'à concurrencer les formations universitaires. C'est notamment le cas des cours de conduite de grues et de montage de lignes électriques, qui offrent respectivement un salaire hebdomadaire de 1601 $ et 1171 $. Les manuels y trouveront évidemment leur compte. Les passionnés d'arts et de sciences ne sont toutefois pas en reste, grâce à des programmes tels que photographie et conduite de procédés de traitement de l'eau. Pour Dominic Lemieux ce n'est toutefois pas tant les perspectives d'emploi, que la durée de la formation qui attire les étudiants. « La formation professionnelle c'est l'opportunité de se retrouver, après
réalise l’espoir
Photo : BenoÎt Chassé, Centre de formation Marie-Rollet
Des formati o n s à découvrir 12 mois en moyenne, sur le marché du travail avec un emploi et des conditions de travail intéressantes. » Non seulement la formation se concentre-t-elle sur les compétences spécifiques au métier, mais de plus en plus de cours sont offerts en enseignement individualisé. Chaque élève est ainsi libre d'avancer à son rythme et sans pression. Ce mode d'enseignement leur offre donc la possibilité de faire leur propre horaire, facilitant ainsi la conciliation travail, famille, études, tout en permettant aux établissements d'enseignement d'admettre des nouveaux élèves à tout moment de l'année. Flexibilité, accès rapide au marché du travail, bon taux de placement dans des secteurs variés, pourquoi les jeunes boudent-ils tant la formation professionnelle? D'après la dernière édition des Indicateurs de l'éducation du MELS, 73 % des étudiants qui y sont inscrits sont âgés de 20 ans et plus. Visiblement, c'est la question de l'orientation professionnelle qui pose problème. « Un DEP, c'est axé sur une spécialité, on ne fait que ça, témoigne Alexandre. Ça ne nous permet pas de faire voir d'autres sphères. Ceux qui ne savent pas trop ce qu'ils veulent faire de leur vie, c'est sûr que c'est mieux qu'ils aillent au Cégep. Un DEP, c'est pour quand tu sais quel métier tu veux faire. » « Le message que j'aurais à dire là-dessus, lance M. Lemieux, c'est que les jeunes n’aient pas peur de s'informer auprès de leur conseiller en orientation. Ça en vaut la peine. »
Andrée-Anne L. Aubé Étudiante de 3e année en Études internationales et langues modernes Mars 2012
D e u x h e u r e s pour mon avenir 7 h 40. Le soleil se lève. Mes yeux, eux, peinent à s’ouvrir. Pourtant, ce matin je n’ai pas le choix. Je me suis promis de me lever à l'aurore. Oui, je me lève, là, à l’instant, car aujourd’hui c’est le grand jour. Le jour où tout commence. Enfin, tout reprend si on veut… Tout a commencé lorsque ma cousine Judith m’a parlé du nouveau Plan d’action en matière d’éducation des adultes et de formation continue. Selon elle, il paraîtrait que le gouvernement a mis en place en 2003 une Politique gouvernementale d’éducation des adultes et de formation continue. Cette politique, me dit-elle, comporte deux volets : l’apprentissage tout au long de la vie, plus communément appelé formation continue, et laformation des adultes. Ce virage institutionnel permet d’assurer une formation de base au plus grand nombre de personnes possible, de maintenir et de rehausser le niveau de compétence des adultes, de valoriser et de reconnaître leurs acquis et leurs compétences, et finalement, de lever des obstacles à l’accessibilité et à la persévérance des adultes. Encore du jargon politique? Peut-être. Mais il faut dire que le Québec en avait grand besoin. 8 h 15. Il faut que j’accélère, je n’ai que très peu de temps. En fait, n’ayant pas accès à Internet, mes recherches d’informations ont été difficiles. Heureusement
Saviez-vous que ... ● Toute personne qui n’a pas son diplôme d’études secondaires a accès gratuitement à la formation générale des adultes (FGA).
Photo : Josée Normandeau
Photo : BenoÎt Chassé, Centre de formation Marie-Rollet
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page15
qu’il existe toujours des conseillers en orientation, en chair et en os! D’ailleurs, j’en ai contacté un hier. Il paraît que c’est toujours la meilleure chose à faire avant d’entreprendre un retour aux études. Ce type de projet entraîne une multitude de changements dans son mode de vie. Devant une telle perspective, il est normal de ressentir une certaine inquiétude, ainsi, je n’ai pas hésité à faire un exercice qu’il m'a recommandé de faire avant notre rencontre. Un exercice en cinq étapes : je dois fixer mes objectifs, faire l’inventaire de mes expériences de vie, décrire ma personnalité, cibler mes intérêts et faire l’analyse des moyens dont je dispose pour réaliser mon projet. Exercice fait, je vérifie juste avant d’aller prendre l’autobus, si j’ai bien mis dans mon sac mes bulletins scolaires et mes relevés de notes. Ces deux documents, essentiels à mon inscription, attestent mon cheminement complété. Dans le pire des cas, je sais que je peux toujours communiquer avec l’établissement que j’ai fréquenté pour me procurer les documents manquants.
(CLE), à Emploi-Québec, sur le site Internet du Ministère de l’Éducation (MELS) ou encore via l’Inforoute FTP. Toutefois, cette rencontre est nécessaire si je désire intégrer les cours en septembre. Premièrement, l’inscription se fait généralement au début des trimestres d’automne et d’hiver, et deuxièmement, je dois absolument passer un test de classement. À première vue, c’est décourageant. Néanmoins, je peux suivre mes cours à temps partiel ou à temps plein, de jour comme de soir. 10 h 06. Je sors de ma rencontre. L’examen n’était pas si difficile. En fait, l’orienteur désire uniquement connaître mes compétences et mes lacunes. De plus, il m’a informée qu’il est possible d’avoir un apprentissage individualisé ou à distance. Cela me rassure. Quoi que, une fois les portes de l’école franchies, j’ai ressenti une certaine excitation. La même que lorsqu’enfants, on retrouve un lieu qui nous est familier. Ça me rappelle des souvenirs…
9 h 20. Mon arrêt est là. Je descends et me dirige vers la commission scolaire. J’avais le choix de faire ou non appel à un conseiller en orientation. J’aurais tout aussi bien pu obtenir ces informations dans un des centres locaux d’emploi
Océane Périé Étudiante de 2e Baccalauréat en communication publique (relations publiques)
Liste des commissions scolaires de la région de Québec Commission scolaire
Téléphone
Adresse Web
Cs Central Québec
(418) 688-8730 poste 235
http://www.cqsb.qc.ca
● L’on peut faire reconnaître ses acquis scolaires et extrascolaires dans les commissions scolaires et ainsi accélérer sa démarche de formation.
CS de Charlevoix
(418) 665-3905
http://www.cscharlvoix.qc.ca
Cs de la Capitale
(418) 682-666 poste 2304
http://www.cscapitale.qc.ca
Cs de Portneuf
(418) 285-2600
http://www.csportneuf.qc.ca
● Il existe des services de formation à distance à l’éducation des adultes.
Cs des Découvreurs
(418) 652-2121
http://www.csdecou.qc.ca
Mars 2012
réalise l’espoir
15
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page16
Persévé r e r : l e m o t - c l é Comment c’est la formation pour adultes? Pour le savoir, rien de mieux que de récolter des témoignages, ce qu’a fait La Quête pour vous. Deux étudiants racontent leur parcours.
Photo : Archives Web
Anne-Marie fait remarquer qu’il y a des étudiants de tout âge dans ces classes pour adultes. Le fait de se présenter dans un établissement où il y a d’autres personnes de son âge est moins embarrassant, que de se présenter dans une classe où tous les étudiants sont de l’âge de fréquenter le secondaire.
Le ruban de la persévérance scolaire est de couleur vert et blanc. Le vert symbolise la jeunesse et l’espérance.
La future infirmière a également trouvé avantageuse, notamment pour ceux qui travaillent ou qui ont de jeunes enfants, la possibilité de faire les cours à distance. « Pour ceux qui ont des horaires chargés, c’est l’idéal », indique-t-elle. En fin de compte, la formation aux adultes a permis à Anne-Marie de poursuivre ces études dans le domaine qu’elle aime et dans lequel elle désire faire carrière.
l’heure de dîner. Anne-Marie et Pierre-Alexandre admettent que la formation aux adultes leur a donné une deuxième chance de décrocher le diplôme essentiel à la poursuite de leurs études, mais consentent à dire que sans leur persévérance ils n’auraient pu réussir.
Jonathan Lachance-Lemieux Étudiant de 3e année au baccalauréat multidisciplinaire
Pierre-Alexandre,
Anne-Marie Grégoire-Grenier a étudié au Centre du Phénix à Sainte-Foy, un établissement de formation pour adultes. Elle devait faire deux cours de niveau secondaire, préalables à ses études collégiales. « Si je ne passais pas ces cours-là, je ne pouvais pas continuer ma technique », signale la jeune femme de 20 ans, qui terminera cette année sa technique de soins infirmiers au Cégep de Sainte-Foy. Elle avait un délai maximum de deux ans pour compléter ses cours du secondaire, une fois admise dans son programme collégial.
Pierre-Alexandre Cossette est également un ancien étudiant au Centre du Phénix. Tout comme Anne-Marie, il devait compléter deux cours du secondaire pour être admis dans le programme de son choix : soins pré-hospitaliers d’urgence au Cégep de Sainte-Foy. Toutefois, pendant qu’il faisait les cours essentiels pour obtenir son diplôme d’études secondaires, le jeune homme de 19 ans a pris conscience qu’un autre programme l’intéressait davantage. Même s'il a changé ses plans en cours de route, Pierre-Alexandre a bénéficié de la formation aux adultes comme tremplin vers son nouveau domaine de prédilection : la vente.
Selon elle, la formation aux adultes requiert plus d'autonomie et de discipline. « Pour les gens qui n’aiment pas l’école, tu peux aller à ton rythme, mentionne-t-elle. C’est toi qui dois gérer ton emploi du temps ». Tous les étudiants de ces classes n’étudient pas nécessairement la même matière scolaire. Le professeur qui se trouve sur place n’enseigne pas une matière précise, mais sert plus de « guide » si l'on veut.
Le futur représentant parle en ces termes de la formation aux adultes. « Tu dois être responsable, car la balle est dans ton camp. Les professeurs ne vont pas te voir si tu es gêné d’aller poser des questions ». Cependant, les étudiants ne sont pas laissés à eux-mêmes. De son passage au Centre du Phénix, Pierre-Alexandre a particulièrement apprécié la disponibilité des conseillers en orientation et la possibilité de faire de la récupération pendant
Anne-Marie, infirmière en devenir
16
réalise l’espoir
Anne-Marie et Pierre-Alexandre comptent parmi les nombreux étudiants qui ont profité de la formation aux adultes pour obtenir leur diplôme d’études secondaires, essentiel à la poursuite de leurs études. Dans son rapport Diplômation au secondaire, édition 2012, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport révèle qu’une ou deux années d’études additionnelles au parcours régulier permet d’augmenter le nombre de diplômés. Par exemple, la cohorte de 2001 a vu son taux de diplômation, qui était de 61,0 % après cinq ans, augmenter de 8,2 points avec une sixième année d’études, et de 3,1 points par une septième année. Au final, cette cohorte obtient un taux de diplômation de 72,3 %. Les chiffres sont sensiblement les mêmes pour les quatre cohortes observées, soit de 2001 à 2004.
Mars 2012
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page17
Appre n d r e p a r s o i - m ê m e Il y a de ces gens qui ont cette faculté, cette facilité d’apprendre par eux-mêmes, et donc généralement en dehors des institutions plus formelles. Ces personnes ayant choisi de prendre le chemin de l’autoformation sont-elles plus ou moins « brillantes » ? Seul ou en groupe? La plupart des autodidactes ont sensiblement le même parcours, soit qu’ils ont choisi d’apprendre selon leur propre méthode, et ce, de façon solitaire. Depuis quelques années, toutefois, une tendance gagne en popularité, soit d’opter pour la formule de groupe. Ainsi, l’autodidacte peut maintenant joindre des groupes d’échanges de savoirs ou des réseaux sociaux d’apprentissage, lesquels se retrouvent notamment sur l’Internet, et qui font incidemment partie du paysage de la formation collective, du moins celle dite « théorique ».
Mais l’autodidaxie, ça mange quoi en hiver? Si l’on reprend la définition de Philippe Carré, professeur en sciences de l’éducation à l’université Paris 10-Nanterre, et dont les travaux portent entre autres sur l’ingénierie pédagogique, l’autoformation et la motivation à l’engagement en
formation d’adultes, l’autodidaxie est un processus de formation en dehors des institutions, et à l’initiative d’un individu. L’autodidaxie comporte par ailleurs deux catégories, soit l’autodidaxie « indépendante »; soit l’autoformation par un individu dont la démarche se fait exclusivement seule, sans jamais avoir recours à de quelconques institutions. La « néoautodidaxie » propose quant à elle un mode de travail pédagogique qui confie à l’apprenant tous les contrôles sur sa formation, et ce, sans égard à sa formation initiale, son âge et sa classe sociale. L’on se réfère donc ici à des personnes appelées à vouloir sans cesse s’améliorer sur les plans existentiel et socioprofessionnel par des apprentissages en continu. On peut entre autre penser aux personnes qui acquièrent leur savoir par la formation « à distance ».
Autodidacte un jour, autodidacte… aux mille parcours L’on qualifiera l’autodidacte comme étant une personne plutôt solitaire et dont le degré d’autonomie est plus élevé que la moyenne. On le décrit même parfois comme étant l’élite, le pro en matière de maîtrise d’un parfait savoir. Il semblerait de plus que le choix de cette forme d’apprentissage non conventionnel peut notamment être perçu comme un acte de rébellion, envers un système éducatif que l’autodidacte considère comme étant nettement trop dominant. De même, l’autodidacte privilégiera généralement la « pratique » pour l’apprentissage de son savoir à l’instar des formations plus techniques, autrement dit puisées dans les livres, appréciant plus souvent qu’autrement mettre « la main à la pâte ». Par ailleurs, certains avanceront que les autodidactes sont souvent représentés par des « génies ». Parmi les plus célèbres, on retrouve Steven Spielberg (réalisateur, scénariste, producteur et monteur), Jimi Hendrix (guitariste, auteur-compositeur et chanteur), Léonard de Vinci (peintre italien, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste et sculpteur), Charles Darwin (théorie de l’évolution) ou Steve Jobs (leader d’Apple), pour ne nommer que ceux-là. Néanmoins, il semblerait que plusieurs de ces génies aient parfois eu recours à un « maître » au sein de leur parcours, et ce, que ce soit sous une
Mars 2012
réalise l’espoir
forme ou une autre. Ainsi, il est faux de prétendre que l’apprentissage dit non conventionnel n’inclut jamais l’aide de personne. Quoiqu’il en soit, l’autodidaxie ne convient certes pas à tout le monde. Pour apprendre, certains auront besoin d’un solide encadrement, tandis que d’autres se débrouilleront très bien sans. En somme, l’une des principales qualités de l’autodidacte est sans contredit d’être le seul responsable de sa formation, même si à l’occasion il peut avoir recours à certains conseils d’experts lorsqu’il le juge nécessaire. Autodidacte ou non, génie ou simple apprenti, l’apprentissage demeure avant toute l’un des meilleurs moyens d’éviter toute forme d’exclusion, que celle-ci soit sociale, culturelle ou autre. Et même si l’on ne s’appelle pas Spielberg ou Jobs, l’on peut toujours rêver à un meilleur avenir en autant que la soif d’apprendre soit sans cesse présente. En autant que le désir de grandir ne s’éteigne jamais.
Nathalie Thériault 17
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page18
En guise de formation d’adulte, chacun devrait tester sa patience et son sens des responsabilités envers un animal de compagnie, et ce, avant de penser à avoir des enfants. L’idée paraît aussi saugrenue que celle d’un Justin Trudeau évoquant l’idée d’un pays du Québec, pour se consoler d’un Canada qu’il ne reconnaît plus, devant les transformations que lui infligent les conservateurs du gouvernement Harper. Pourtant, le fils de PET a confessé cette faiblesse au journaliste Franco Nuovo, qui le rencontrait au sujet du combat de boxe de charité auquel il participera le 31 mars, contre le sénateur conservateur Patrick Brazeau. Le député Trudeau voulait provoquer la réflexion de ses compatriotes, face au virage « Big Brother » qui transforme « son » Canada en république de bananes. À l’évidence, la provocation a été réussie, mais la réaction de la presse anglophone efface tout espoir de réflexion autour du problème. Revenons à nos moutons : la réflexion autour du droit d’avoir des enfants, elle, se poursuit depuis des années, sans réussir à concilier le partage des responsabilités qui vont avec. La présence des femmes au travail hors foyer a généré des solutions pratiques à certains problèmes, mais l’actualité récente confirme qu’aucun remède n’a été trouvé aux vieilles difficultés de gérance des crises individuelles. Couples et individus invoquent 18
parmi leurs droits celui aux enfants, mais n’offrent aucune garantie de leur responsabilité pour les rendre à l’âge adulte de façon heureuse. Or, si l’on peut se défaire d’un animal de compagnie qui dérange, les enfants qu’on met au monde représentent une responsabilité irrévocable. Pour la majorité des familles, c’est mission accomplie, même si désormais la moitié des mariages débouchent sur un divorce. Les tragédies résultent de crises et de drames personnels mal résolus : on les retrouve en manchette des journaux, avec photos d’innocentes victimes. Comment éviter cela ? Quand on constate à quelles démarches sont contraints les couples en mal d’enfants qui recourent à l’adoption, on se demande pourquoi autant de précautions n’entoureraient pas la naissance des bébés pure laine, dans des conditions dites « normales », chez nous, en 2012. Tous les enfants ont le même droit à l’amour et à la sécurité. Et cela même si nos gouvernements qui ont signé des ententes internationales pour le reconnaître, négligent les conséquences de certains de leurs choix économico-politiques. Et les animaux de compagnie dans tout cela ? L’apprentissage de la responsabilité de chaque individu devant ses choix et ses gestes reste trop souvent à faire. Comment peux-t-on prétendre s’occuper d’un enfant toute une vie, si l’on n’a pas su prendre soin d’un animal durant seulement quelque temps? Dans une école anglophone de ma région, le comité d’adultes qui initie les élèves au bénévolat inclut des contacts avec le monde animal dans sa démarche de sensibilisation aux autres. Les enfants
réalise l’espoir
Photo : Archives Web
Martine R. Corrivault
Animal humain à éduquer
passent quelques heures à la SPA et y découvrent qu’au-delà du « beau ti minou » ou du « gentil toutou » à flatter, se trouve une panoplie de soins et de responsabilités à assumer. Le lapin, le cochon d’Inde ou le furet dans leur cage ont notamment besoin d’être nourris, nettoyés, stimulés; même les poissons de l’aquarium exigent que quelqu’un prenne la responsabilité de les nourrir et de nettoyer leur environnement. Ce premier contact peut entre autres aider les écoliers sujets aux phobies animales : ils apprennent comment réagir devant l’inconnu. Nos écoles ont d’autres… chats à fouetter (?) et ces apprentissages relèvent des parents, quoique eux aussi auraient parfois besoin d’une initiation à comprendre les besoins élémentaires de leur entourage. La bataille livrée depuis des mois par un handicapé auditif, afin de garder dans son condo le chien-guide qui lui assure un minimum de sécurité, illustre bien les limites de la condition d’adulte. Assis sur la lettre de ses règlements, le conseil des copropriétaires livre bataille devant le tribunal pour chasser l’animal, qui répond pourtant à certains des besoins sécuritaires de son maître. C’est une belle illustration de la bêtise… humaine qui donne envie de relire la terrible fable Animal Farm de George Orwell.
Martine R. Corrivault
Mars 2012
Photo : Archives Web
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page19
Adult ie
Comment reconnaît-on une grande personne? Est-ce à ses relations amoureuses et amicales, à sa demeure, à ses diplômes, à son emploi ou à son compte en banque? Peut-être… L'état civil, la condition physique et le niveau de culture fournissent-ils des réponses plus satisfaisantes? Les événements de la vie font-ils mûrir plus rapidement la mère adolescente, l’enfant atteint d’une maladie grave, le jeune élevé dans une profonde pauvreté ou la personne handicapée? Peut-être faut-il que chaque individu fasse son chemin, jusqu’à ce qu’il ait « tué » l’enfant en lui! L’adulte n’est-il pas celui qui parle de ses besoins au lieu de ses désirs, de ses responsabilités plutôt que de ses rêves? Si le mineur est
Mars 2012
Photo : Archives Web
Qu’est-ce qu’un adulte? « Un enfant gonflé d’âge », répondait Simone de Beauvoir. Est-ce à dire que nous restons toujours des enfants? Au-delà de l’âge légal qui diffère d’un pays à l’autre — 15 ans en Iran, 16 ans en Grèce, 18 ans au Québec et 21 ans au Tchad — quand devient-on adulte? Voilà une grande question. le plus souvent innocent et inconscient, l’adulte ne se doit-il pas d’être autonome et courageux, dans la mesure du possible? Les grandes personnes doivent se résigner à ne plus croire au père Noël et sont encouragées à abandonner les projets insensés de leur jeunesse. On entend dire que l’adulte doit être doté d’un minimum de sagesse… Cela ne signifie d’aucune manière qu’il est à l’abri de la peur et des erreurs. Beaucoup souhaitent rester jeunes de cœur toute leur vie! La foi enfantine prend alors la forme de la foi en l’humanité. L’adulte apprend à faire confiance à l’avenir en connaissance de cause. Il vit pour les autres, mais aussi pour luimême.
réalise l’espoir
Au final, l’adulte est celui qui s’adapte au monde et trouve sa place dans la société. Il essaie de croire qu’il a son destin en main. Pour ce faire, il cherche à savoir ce qu’il veut faire de sa vie, qu’il sait précieuse. Ainsi, chaque personne vit le passage à la maturité de sa propre façon. Il faut croire qu’on finit par se sentir adulte à un moment donné, bien que certains s’y refusent!
Julie Cartier
19
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page20
Photo : Courtoisie Tournoi Internationnal de Hockey Pee-Wee de Québec
Une fier té b i e n d e c h e z n o u s
Au fil du temps, la ville de Québec a su se tailler une réputation enviable à l’international avec son tournoi annuel de hockey, lequel présente les meilleurs hockeyeurs pee-wee de la planète. En prime, ce championnat mondial réussit constamment à attirer de nouveaux spectateurs tout en fidélisant sa clientèle. Ainsi, la 53e édition du tournoi qui se tenait du 9 au 19 février 2012, a accueilli son 9 000 000e visiteur! Le succès de ce tournoi est rendu possible grâce à l’appui constant de partenaires financiers, de joueurs et de familles éprouvant une réelle passion pour le hockey, ainsi qu’à une organisation hors pair. Cet événement majeur ne pourrait toutefois connaître un tel succès, sans l’apport des bénévoles : ils sont 1200 à travailler sans relâche et avec dévouement au bon fonctionnement du tournoi. Les bénévoles, qui ont manifesté leur intérêt et rempli le court formulaire réglementaire, se voient confier une grande diversité de fonctions, notamment à l’accueil, au transport des équipes et de leur équipement, à des tâches au sein du colisée, à la galerie de presse, etc. Il faut également mentionner les familles
d’accueil qui hébergent les membres de 48 équipes - sur un total de 112. Ces visiteurs, provenant d’un peu partout sur la planète, apprécient pouvoir côtoyer les gens du pays hôte, plutôt que de loger dans un hôtel anonyme. Pour assurer la sécurité des participants, les familles d’accueil sont soumises à une vérification de leurs antécédents auprès de la police. Les organisateurs mesurent et valident aussi leur réelle volonté à accueillir les jeunes joueurs. Parmi les bénévoles, plusieurs répètent l’expérience, année après année. Ils retirent un grand sentiment de fierté et d’accomplissement des échanges que leur procurent le tournoi et des liens solides qui se créent au sein de l’organisation.
qui relève presque de l’exploit, est un autre facteur assurant la réussite du tournoi international Pee-Wee. Ainsi, pour faire en sorte que chaque équipe ait une chance de remporter les grands honneurs, 4 catégories ont ainsi été créées, soit le 2a élite, le 2a, le 2b et le 2c. Par ailleurs, étant donné que certains pays étrangers; comme les États-Unis et la Russie, arrivent avec des équipes « étoiles » en raison d’un budget plus élevé que celui du Québec, la direction a eu la bonne idée d’insérer ces 4 catégories pour équilibrer les chances des équipes du Québec, lesquelles se présentent d’ailleurs avec leur formation normale. De même, grâce à ses recruteurs judicieusement postés aux États-Unis, en Europe et dans l’ouest Canadien, le tournoi est en mesure d’offrir aux spectateurs une belle variété de formations. On donne l’occasion à des pays comme la Pologne ainsi qu’à une province comme la Saskatchewan, qui n’a pas participé depuis 1967, de se frotter à des puissances comme le Québec, les États-Unis et la Russie. Conséquemment, les jeunes hockeyeurs présents à cette compétition ont l’occasion de vivre une expérience unique, d’autant plus que cela se produit généralement devant une foule importante. Pour les Pee-Wee, ce tournoi équivaut à « leur » Coupe Stanley. Enfin, le tournoi offre une belle vitrine à des joueurs qui, selon toute vraisemblance, pourraient accéder à la grande ligue. À cet égard, des joueurs comme Jeff Skinner, Evander Kane, Louis Leblanc, David Perron, Anze Kopitar et David Desharnais, tous de la LNH aujourd’hui, ont tous déjà participé à ce tournoi. Comme quoi, petit Pee-Wee deviendra grand !
Louka Dubé
La sélection des équipes, un processus
Note de l’auteur: Je tiens à remercier, très chaleureusement, M. Jean-Marc Ménard, responsable de la galerie de la presse, du 53e tournoi Pee-Wee. Il m’a accueilli pendant toute une journée, au cours de laquelle il m’a fourni tous les renseignements qui m’ont permis d’écrire cet article.
20
réalise l’espoir
Mars 2012
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page21
Mars 2012
rÊalise l’espoir
21
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page22
L EJ ELEUJEU DDE E LAL QUÊTE A Q U ÊT E par Jacques Carl Morin par Jacques Carl Morin
Ce jeu consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que les colonnes 1 et 20 à l’aide des définitions, indices ou lettres mélangées ou déjà inscrites. Chaque case grisée représente Ce jeu consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que les colonnes 1 et 20 à l’aide des unedéfinitions, lettre qui est à la ou foislettres la dernière lettre mot et laChaque première dureprésente suivant. indices mélangées ou d’un déjà inscrites. caselettre grisée une lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant. 1
2
1 2
3
4
5
6
7
8
9
10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
B
K
O
M
L
3
G
4
Z
5 6
E
Q
7 8
V D
9 10
R C
N D
Q
G
A P
Verticalement : Verticalement :
1- Année de 366 jours. 1- Année de 366 jours.
5- Qui a rapport à l’évêque (SAPPOLECI). «L’occasion fait le ___ ». Cage pour faire couver les oiseaux (HONIRIC).
20- Enfant de moins de deux ans.
6- Hostile aux étrangers. À égalité. Comédienne en vedette dans le téléroman « 30 vies ».
Horizontalement :
7- Ville fondée par le sieur de Laviolette en 1634. Le « S » dans TPS.
1- Discipline olympique d’hiver comportant deux ou quatre Horizontalement participants. Île rétrocédée :à la Chine en 1997. Museau du sanglier.
8- État voisin de l’Illinois. Fruit tropical. Personne sans domicile fixe (GISLOSSAN).
20- Enfant de moins de deux ans.
9- Le suivant. Image photographique dans laquelle 1- Discipline olympique(QUERQUERIN). d’hiver comportant oujour quatre participants. Île rétrocédée à la la 2- Bévue, maladresse. Ragaillardir Qui est deux valeur des tons est inversée. Beaumarchais et Mozart ont amusant. Chine en 1997. Museau du sanglier. célébré ses noces. 3- Substance qui peut en remplacer une autre (NAUCCE- 10- Petite embarcation légère. Température basse. Peine infliDESE). courte des ballerines. 2- Limaçon. Bévue,Jupe maladresse. Ragaillardir (QUERQUERIN). Qui est en amusant. gée aux Acadiens 1755.
4- Constructeur automobile suédois. Tempête de neige . extrême. fabuleux signe duquel estune placée la (NAUCCEDESE). 3- Animal Substance quisous peutle en remplacer autre présente année chinoise. Point de la sphère céleste opposé au ballerines. zénith (ADINR).
Limaçon. Jupe courte des
4- Constructeur automobile suédois. Tempête de neige extrême. Animal fabuleux sous le signe duquel est placée la présente année chinoise. Point de la sphère céleste opposé au zénith (ADINR).
22
réalise l’espoir
Mars 2012
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page23
e LLa allang ang uue dans s sa pochee dan sa poch
parHélène H u o t : s oi du m RRHUS e t t août ede PY le 22 r i La v E À LA o v e arois IR me M l Le D O a T s M n r « C u : jo ci VI légué
é t ce s le des d riven e dan c rce % é é i l 3 c b 9 pu ais, fo de ubu e e r D M t c . t e n e e r t une l onfia t Pier rainis u la c Dans ouve lette e n s o e i t e v c b a o cL us.» ernan lle a her, , Mar gouv Pyrrh rès. E ûte c a a l g o l 2011 r c n à u i o s te. au c ions ire qu ctoire défai posit mphé ne vi victo o e u r e n t p n u u s u f a trio ’ de se e ce git d ble à Épire ui qu Il s’a ption re (l’ ssem i o 'h e ? p d r d s r É u 'a u l ’ e h l rr et Le id el aujo la Py ains. us, ro t qu’ à liser e h m r a e r o r é r i y i r R ven en victo par P e les est de et l’a ’une rrhus ortée contr m u y , p o q ) P r e m c i . p e don lban com e ère oire r rs : st-ce et l’A t notr ’elle e vict it alo n e u n a d c q u è v Qu’e t ’ r i a r d a G he n 279 Il aur rigine tre la ent c pes. me, e ée en son o u o u e o t tellem r r i R i t s t n st de euse e ses ressio sud-e ntagn rtie d o a u a p dus.» L’exp m , e s per lum and gion e u r é c r g m s e e u m it un us so est un u àA et no ut lie l perd i i e c t s i a e a l comb e cel ur m omm inque c a e v r t i i to sort e vic re un o c n «E
Le français au jour le jour 1. «Mon assurance automobile comporte un déduc
tible de 500$.» Cette phrase contient un mot à corrig
er; lequel?
2. Comment appelle-t-on la tendance à tout remet tre au lendemain? 3. La flagornerie est une sorte d’escroquerie. Vrai ou
faux?
4. Quelques personnes portent le nom de Porter; mais
qu’est-ce que le porter?
5. Quel est l’intrus dans la liste suivante : apogée, idée,
mausolée, trophée?
6. Benêt, jocrisse et nigaud sont des synonymes. Vrai
ou faux?
7. L’Académie française appelle «français fonda mental» la langue usuelle, celle que nous utiliso ns tous les jours pour communiquer. Cette langue comporte environ : a. 700 mots; b. 1000 mots; c.1200 mots. 8. Auditoire, échappatoire, écritoire et promontoire
sont tous des mots masculins Vrai ou faux?
9. L’expression «Trancher le nœud gordien» signifi e : a. mettre fin aux tergiversations, se décider; b. résou la force plutôt que par la réflexion; c. devant une altern dre un problème par ative, choisir le moindre mal. 10. Quel est le pluriel des mots : amuse-gueule et hors-d ’œuvre?
réponses page 33. Pour des questions ou des commentaires : hu-go@sympatico.ca
Mars 2012
réalise l’espoir
23
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page24
Illustration : Danièle Rouleau
L’intrus dans la vidéo - Voyons donc, Alain !!! J’ai terminé le montage de la vidéo promotionnelle pour la Faculté de Théâtre. Tu sais qu’on doit la mettre sur le Web dans dix jours. - Où veux-tu en venir? - Et bien regarde les épreuves par toi-même. Je crois qu’on a un très gros problème. - C’est bizarre Rodrigue, on dirait qu’il manque quelqu’un. - Si nous avions tourné une épisode de l’Homme Invisible, soit, mais là, ce n’est pas le cas… - Où se trouve Pierre Labbé, notre acteur-fétiche? - Pierre a disparu du film !!! Qui nous fait cette farce ?
Le téléphone sonne à cet instant. L’afficheur signale que c’est la Police qui appelle. Je décroche tout en activant le haut-parleur. - Les Rodrigue Tremblay Productions, bonjour. - Bonjour, ici le Commissaire Poirier de la Police de Québec. Je désirerais parler à Monsieur Rodrigue Tremblay, s’il vous plaît. - C’est moi Commissaire. Vous allez bien ? - Moi oui. J’ai cru comprendre que vous allez avoir besoin incessamment sous peu de Pierre Labbé ? - On a justement terminé un tournage avec lui. - Avec lui ! Cela me surprendrait ! Le véritable Pierre Labbé, a été kidnappé par un vampire. Ce sont des choses qui arrivent plus souvent qu’on ne le croit. L’histoire est classique. Pierre Labbé avait quelques vidéos promotionnelles à réaliser pour plusieurs universités, dont l’Université Laval pour qui vous travaillez. Un vampire un peu désaxé, Monsieur Will Dubrovsky, et voulant se changer les idées suite à la disparition de sa femme, a pris l’apparence de Pierre Labbé, après l’avoir séquestré. Vous savez qu’on parle beaucoup dans les médias de l’art-thérapie, des bienfaits du théâtre. Je vous préviens que vous n’aurez rien sur votre pellicule; l’image des vampires ne peut apparaître devant un miroir, ni à l’écran cinématographique. Pierre Labbé n’a rien à craindre de la concurrence de Dracula pour décrocher un Jutra !!! - Nous le constatons à nos dépens, Commissaire. À l’instant où vous nous appelez, Pierre Labbé n’apparaît pas dans le film. - Ne vous inquiétez pas. Pierre sera sur pied dans quelques jours pour votre vidéo. Par ailleurs, il est de mon devoir de vous mettre en garde, Monsieur Tremblay. La GRC a pincé cet été un fantôme à la Bibliothèque, et encore, il s’est volatilisé devant eux !!! Là, un vampire s’introduit à la Casault. Les autres pavillons devront être sur leurs gardes; on ne sait qui peut encore se manifester. Monsieur Tremblay, je suis ému de vous parler; ma femme adore vos films. - Et bien merci à vous, je suis très touché. - Et bien, j’ai été ravi de vous parler Monsieur Tremblay. Je vous souhaite bonne chance pour le deuxième tournage de votre vidéo pour la Faculté de Théâtre. Vous savez comme moi que quoique l’on fasse dans la vie, il y a toujours des coups de théâtre !!! Bonjour.
Laurence Ducos
24
réalise l’espoir
Mars 2012
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page25
Mentalement stable Dans cet article, je vais tenter de vous décrire en quoi consiste la stabilité mentale, ou en d’autres termes la stabilité émotionnelle. Je commencerai donc par vous parler de l’endroit où vous habitez. Cet endroit est-il à votre goût? Est-il assez grand ou avez-vous assez de place pour bien y vivre? Est-il en ordre?
Photo : Archives Web
Il est également question de votre emploi. Y êtes-vous heureux? Sentez-vous que cet emploi vous permet de vous accomplir. Bénéficiez-vous d’un salaire qui respecte les efforts que vous mettez dans votre travail? Enfin, j’aborde ici l’aspect de vos amis, ou autrement dit les personnes que vous fréquentez. La relation que vous avez avec eux est-elle harmonieuse? De même, celle-ci va-t-elle dans les deux sens, à savoir l’amitié que vous donnez, le temps que vous accordez, l’écoute que vous offrez à vos amis, toutes ces actions sont-elles réciproques? Si vous répondez « non » à l’une de ces questions, il est fort probable que cela puisse vous amener de l’instabilité émotionnelle, voire que celle-ci s’installe progressivement, car elle provient toujours d’une vie qui n’est pas harmonieuse dans ses différents aspects. C’est pour cela que l’on doit régulièrement faire un « stop » dans sa vie. Il faut s’interroger à savoir si tout va bien, si cela va dans le sens que l’on souhaite. Si la réponse est négative, il faut alors se demander qu’est-ce qu'on peut faire pour ramener notre vie vers la stabilité mentale. Alors je vous souhaite bon « stop »!
Et surtout, n’oubliez pas, vous êtes la personne la plus importante au monde pour vous.
Stéphane Marcotte Happy Man / Camelot de La Quête
La vie d’un fiché Je m’appelle fiché. C’est arrivé quand j’avais 18 ans. Je ne dormais presque plus, je ne mangeais pas beaucoup. Mon père, inquiet pour moi, m’envoie à l’hôpital. C’est là que tous mes problèmes ont commencé. J’ai rencontré un psychiatre. C’est lui qui m’a donné mon nouveau nom : fiché. Fiché schizophrène paranoïde. Quelques séances d’électrochocs n’ont rien changé. Le diagnostic est tombé pis en même temps, ma liberté s’est envolée. C’est là que j’ai tenté de me suicider. Depuis que je suis fiché J’ai reçu plus de coups que j’en ai mérité Je n’ai pas pu éviter Toutes les violences qui m’ont été portées. Mars 2012
Aujourd’ hui, j’ai plus de 50 ans. Je suis adulte. Malgré cela, je ne peux pas décider moi-même où je vais vivre. On m’oblige à rester dans une pension. À respecter un couvre-feu. Je me sens comme un prisonnier. À qui on enlève la liberté. Pourquoi les psychiatres m’ont pris ma liberté? Tout ce que je veux C’est qu’on détruise cette fiche Celle où il y a longtemps on m’a classé. Pourqoi les psychiatres ne sont pas coopérants? Pourquoi ils sont contre la liberté? Pourquoi est-ce qu’ils m’obligent à vivre sous l’emprise des médicaments ?
Tout ce que je veux C’est vivre dans un appart, MON appart. C’est de choisir ce que je fais de ma vie! Tout ce que je veux C’est une vie normale. C’est de faire des petits boulots, Peut-être de voyager Tout ce que je veux C’est ne plus être un numéro dans un dossier. C’est ne plus être fiché.
Fiché
Tout ce que je veux C’est qu’on efface mon dossier. Y a-t-il des avocats assez qualifiés?
réalise l’espoir
25
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page26
IIN N O T N E V R E T N N ON TIIIO NT EN VE RV ER TE NT
Travail de Rue/Travail de milieu
Accompagnement - Aide - Références
P N O T N E V E R N ON TIIIO NT EN VE EV RE PR
Animation/Atelier/Conférence/Formation
M E V E D U E VIIIE EV DE UD MIIILLLIIIEEEU
Accueil - Activités
Tél. Sans Frais : 1.866.641.0168 Tél. : 418.641.0168 Télécopieur : 418.641.0045
pipq@qc.aira.com
www.pipq.org
www.epicerie-europeenne.com
Tu utilises des drogues par injection et tu a besoin d’aide pour te procurer du materiel de prévention (seringues et condoms) ? Appelle nous !
Telephone (418) 648 8042
Repères Point de Courriel : m.gagnon@pointdereperes.com 225 rue dorchester, ville de Québec, G1K 5Z4 dorchester, ville de Québec, G1K 5Z4 225 rue
Telephone (418) 648 8042 26 Courriel : m.gagnon@pointdereperes.com
réalise l’espoir
Tu utilises des drogues par injection et tu a besoin d aide pour te procurer du materiel de prévention
Mars 2012
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page27
V pour… victoire Cette semaine, j'ai découvert un être exceptionnel, un homme plein de sagesse : Dominique Rankin. Dans son livre On nous appelait les sauvages, il écrit : « Je ne suis pas une victime car, si j'utilise ce mot, je retourne à ma misère et à ma souffrance. » Cela m’a fait beaucoup réfléchir.
Nous pouvons comprendre que lorsque Dominique Rankin, alors adolescent, sort du pensionnat, il est révolté et ilsombre dans la dépression et l'alcool. Étant fils d'un chef héréditaire Algonquin, les Anciens ont veillé sur lui. Ils lui ont appris à ne pas se laisser ENFERMER par son passé parce que les « pourquoi » tuent l'homme souffrant; et les humains qui s'entêtent à essayer de comprendre pourquoi le destin les frappe, sont condamnés à tourner en rond (comme la petite souris dans une cage) et à se perdre dans leurs explications. Les anciens lui ont appris que ceux qui lui ont fait du mal, ce sont des êtres MALADES. Après bien des échecs et des excès, il voit aujourd'hui la vie avec sérénité et se dit chanceux que les anciens ne l'aient jamais abandonné. Ils lui ont donné de bons outils et ils lui ont appris que pour guérir, la personne doit prendre conscience d'elle-même et « aller » dans son miroir. C’est pourquoi Dominique Rankin dit : « Oui, j’ai été victime, mais maintenant je n'emploie plus ce mot car si je l'utilise, je vais retourner à misère, ma souffrance. Se dire victime crée un problème d'identité. » Au lieu du mot victime, il utilise celui de « victoire » car
Mars 2012
Photo : Courtoisie Groupe Homme
L’histoire de sa vie est similaire à celle de milliers d'autochtones du Canada. Arraché à ses parents quand il était enfant, il a grandi dans un pensionnat indien à Saint-Marc-de-Figuery, non loin d'Amos en Abitibi. Ce sont les pères Oblats qui s'occupaient des garçons tandis que les filles étaient sous les bons soins des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception. Leur intention était de faire de ces enfants de bons petits blancs car, à l'époque, encouragés par les autorités gouvernementales, les religieux s'étaient donnés le droit de tuer l'indien en eux : ils n'appelaient pas les enfants qui leur avaient été confiés par leur nom, mais par un numéro. S'ils parlaient leur langue entre eux, les missionnaires leur lavaient la bouche avec de l'eau de Javel. Ils ont été aussi victimes de fréquents sévices physiques et sexuels.
On nous appelait les sauvages de Dominique Rankin et Marie-Josée Tardif est paru en septembre 2011 aux éditions Le Jour
il a retrouvé sa fierté, sa dignité d'être un guerrier pacifique. Par mes lectures, j'aime découvrir, rencontrer de ces êtres authentiques, vrais, qui n'ont pas peur de démontrer leur fragilité sachant que ce qui les rend faibles les rend forts. Car paradoxalement, être victime et l'ACCEPTER, c'est ne plus être écrasé par cet état. C'est être debout, bien droit, le regard fier, humble et solidaire de chacun, parce qu'au fond, nous sommes tous des êtres blessés par notre passé.
Christiane Voyer
réalise l’espoir
27
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page28
Promesse
Cosmos et créativité
Et alors que pleuraient les astres,
Regain d’énergie, d’optimisme.
Que l’Âme du monde achevait de souffrir
Confiance en Reeves.
Un univers était né, jeune et fantasque Tel un enfant, ses yeux venaient d’ouvrir
Je sais maintenant mon oxygène vient de l’étoile.
Évidemment, telle une chanson, son futur
Le déterminisme se complaît dans le hasard.
Était inscrit dans le Grand Livre de toutes choses Tissé de larmes, d’injustices et parjures
La croyance en Dieu est personnelle.
L’humanité était née, lumière grandiose La théorie du Big Bang est plus crédible que vraie.
Du moins, le croyaient-ils eux-mêmes Mais cette clarté n’était garantie réelle
L’univers se forme de rencontres inattendues, bienfaitrices.
Que de par l’obscurité, de sombres gemmes Un clair-obscur, une poésie nouvelle
L’artiste tente d’embellir le monde.
Les océans rêvaient des larmes sombrées
Je suis si petite quelque part dans la galaxie.
D’étranges mensonges et d’oubli Sous le ciel, tous sont égaux, attristés Le miroir cassé, en quête sous la pluie
Nous sommes sept milliards d’êtres différents, importants.
Retrouverai-je un jour le sens de tout cela? Mon âme divisée, en parcelles d’éclats
Julie Cartier
Sa lumière à tout jamais déchue Chant serein, rayons de lune, éclipse Onde lumineuse, vérité révélatrice Un espoir précieux que l’on croyait perdu…
Photo : Archives Web
Une promesse lunaire, un espoir échu!
Jasmin Darveau
28
réalise l’espoir
Mars 2012
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page29
Photo : Pascal Huot
Dansedespostérieurs C`est la danse des péteux
C`est la danse des péteux
Fiou! Qui est le plus chanceux
Bonne pour gens de colle à deux
Des danseurs à deux de ces péteux
Toi sois de leur colle genreux
Qui n`a senti de pet empesteur
Ils se baiseront tout à l`heure
C`est la danse des péteux
Pète! Fiou! Répétons à deux
Qui accompagne un péteux
,DC G6?DJI: H6CH ?6EE:G Fait8=>:C un partenaire chanceux :7DJI HJG E6II:H R A5DG:>AA: De sentir chaleur : HDC CDJK:A 6B>non-odeur 9: 8DCI68I %J> C: H:CI>G6 E6KU 7DJI:>AA:
: 8=>:C C: ?6EE6CI 6J E6KU N6CI G:TJ 9: &6G8:A 8DCH:>A "G6 E>HH:G AD>C 9: A56HE=6AI: DG9 95JC 6G7G: =DGH 9: &6G8:A
Ne sois ->GU: 9: d`effroi ;:CWIG: si 6Jfrileux E6KU 6G EDA>8: 6 86GC:I :C K:>AA: Fiou! Qui est le plus chanceux )DJG <6GH H6DJA R ;68: ;69: DesE>HH: danseurs deux :C de 7DJI:>AA: ces péteux *J> =DGH àE6KU
Illustration : Danièle Rouleau
.C 8=>:C ?6EE6>I 6J E6KU &6G8:A AJ> E6GA: R A5DG:>AA: &5H>:JG 8=>:C :C AVK: A6 E6II: )J>H :C AV8=: A: C:O 9: &6G8:A
%: &6G8:A H5:C :HHJ>: A: C:O DCI:CI 9: HDC 8DCH:>A 95DG:>AA: %J> 9:7DJI FJ: HJG 9:JM E6II:H ': E>HH:G6 :C 7DJI:>AA:
Cette danse du chaleureux
)DJG &6G8:Ad`danse HJG>I A: àA6>I 9J A6>I>:G D`invitation deux 5:HI T6 A5D9:JG 9: 8: K>C6><G: D`un fondK:GH à unE6KU postérieur Q8=6EEU: A6 K:>AA: )DA>8: :C HIDE %6>I>:G CDC &6G8:A AA:O 8=:O &6G8:A KDJH A: H6JG:O b FJ> A: 8=>:C DJI:>AA: : E6KU FJ> DC A: H6>I H:CI Marcel GuyK>C6><G: Mailloux
#
&*
&)
De ne ternir fond ni sweateur
&6G8:A KDJA6CI A: 9>HEJI:G %J> E>C8: JC 7DJI 95AD7: 95DG:>AA: ,>:JG 8=>:C G:K>:CI HJG E6II:H ,C>;: 9: H6 E>HH: (J 9J K>C6><G:
)/, /(
4- !%," . /1 -",0% "- '/(% %* /1
/," / !5 ,,)(!%--"'"(. ,/" %(. )-"*$ -. /3 " /3 " / &/(!% / 0"(!,"!% !" $
2
$
)'*.)%, !" -",0% " ," 0"(/" /3 " /3 " / &/(!% / 0"(!,"!% !"
2
$ !"
$
$
2
$
"(-"%#("'"(.3&3*$)(" )/,,%"& & %."&%')%&)/ 0%&&" +/" " +
Mai 2011 Mars 2012
réalise réalisel’espoir l’espoir
29
Illustration : Danièle Rouleau
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page30
Se dépouiller Février 2010. Il fait froid. La nature se dépouille… Faut-il en faire autant? Le dépouillement dont il est question ici signifie en quelque sorte de dégager de soi-même tout ce qui est encombrant ou non nécessaire. En fait, cette opération est essentielle si on veut atteindre les objectifs fixés. Il est primordial en effet de bien établir ses priorités, de mettre de l’ordre dans sa vie, ses pensées. Si on poursuit trop d’objectifs à la fois, on risque de ne pas les réaliser… Le dépouillement comme tel fait partie intégrante de notre vie, qu’on le veuille ou non. En fait, nos ressources en temps, en énergie et aussi nos disponibilités financières sont limitées : des choix s’imposent, on ne peut pas mener à bonne fin tous les projets qui nous passent par la tête. Il faut par conséquent abandonner ou remettre à plus tard ceux moins intéressants, moins urgents, moins prioritaires. Il faut se concentrer sur nos vraies priorités, et cela exige certes une bonne analyse, une bonne réflexion préalable. Cette opération peut en outre amener certaines petites souffrances : il est en fait plus difficile de dire « non », que de dire « oui » à toutes les demandes qu’on nous fait ou encore à tous les projets qui s’offrent sur notre chemin.
Tout au long de notre vie, on tisse des liens avec des personnes, mais régulièrement aussi avec des choses, des objets qui deviennent encombrants avec le temps. Il faut se rappeler que notre logement n’est pas un musée! Il faut certes se libérer de ces objets, s’en départir, ne conserver que les plus importants, les plus significatifs. Là comme ailleurs, il faut « faire le ménage », jeter ce qui est vraisemblablement superflu, en somme procéder à un dépouillement de tout ce qui n’est pas absolument nécessaire. Cet attachement aux choses inutiles a un peu l’effet des amarres sur un navire. Les amarres retiennent le navire au quai et l’empêchent de prendre le large. Ainsi, lorsqu’on ne pratique pas de dépouillement, on s’attache à notre passé et notre vie devient tellement encombrée, qu’on n’avance que très difficilement dans nos nouveaux projets. Il vient un temps où on atteint une limite : on a alors tellement d’amarres qu’on reste figé, sans être capable d’entreprendre quoi que ce soit d’autre. Voilà pourquoi il est essentiel de se dépouiller.
Rachel Élie et Benoît Élie
Il arrive parfois que l’on doive également renoncer à ses vieilles habitudes avant d’entreprendre un nouveau projet. Autrement dit, il faut « faire de la place » pour les nouveaux. Chacun de ces projets exige des ressources financières, une dépense d’énergie et prend du temps. Le temps qu’on accorde à un projet spécifique n’est plus disponible pour d’autres. En somme, il faut faire des choix, se dépouiller de tout ce qui n’est pas strictement nécessaire; le succès de nos entreprises est à ce prix!
30
(benedict600@hotmail.com)
réalise l’espoir
Mars 2012
L`instant tendresse!
Le chieur!
Tu me viendras Ça me sourira
Je m`espère sans intrusion
Évitons défiance
D`autrui en choix discute de rue
On se fait confiance
Ni connaissant de tout paru Je suis que moi Je n`en sais plus long
Ne sois que toi
Je n`en sais plus non plus
Nous irons ensemble
De désirs plaisirs foutus Où pas rendent tendres Je n`en sais plus long Je suis que moi
De ce passé pour moi connu
Tu n`es que toi Illustration : Danièle Rouleau
Quoi bon vouloir en dire plus
Je n`en sais plus long Vous si ça vous rends fourbus Moi je ne file d`un rien dru Je n`en sais plus long De cette affirme gueule fendue
À nous d`entreprendre Le suspens d`attente Je suis que moi Tu n`es que toi En récompense Passé brunante
De moi vous ne savez pas plus
Je suis que moi Que moi de vous en refus
Et toi avec moi
D`un autre, si vous êtes cocus
Nous irons ensemble
En discute on en saura plus
Là où bon nous semble
Ce temps est que du perdu
Les deux y ont droit
On sait il ne reviendra plus
À l`endroit sans voix
En parler décharge sans plus
En suspens d`attente J`en fais l`offrande
Je n`en sais plus long De vous, vous de moi en su
Tu me viendras
Si j`ai dit vrai ou que me suis tu
Je suis là pour toi De confidence
M`en faire d`obstination
N`en sois indolente
Par chieur langue mal fourchue Descendue arisée de connue
Marcel Guy Mailloux
Mars 2012
Toi qui es coté de moi Entends de ma voix
Illustration : Danièle Rouleau
Illustration : Danièle Rouleau
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page31
Qui parle en silence De logis je suis membre
Marcel Guy Mailloux réalise l’espoir
31
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page32
'
'
878;H
&H5 ;>. *;25587 #>H+., &.5 .7=;. -. 38>; <2=>H *> ;>. %*27= 8<.91 #>H+., <8>< <85 -. 5 H052<. %*27= $8,1 98;=. ?.;=. &H5 ( ' 2-.; =8>=. 9.;<877. 2<85H. .= .7 6*5 -. ?2?;. E ;.=;8>?.; 5* ,87/2*7,. 5M.< 982; .= 5* 382. -. ?2?;. . ?. 7>. #>H+.,
%" -> &.695. .*>98;= !;0*72<6. -. <.7<2+252<*=287 .= -. 9;H?.7=287 -. 5* ?285.7,. ,873>0*5. /*2=. *>A /.66.< .= 5.< *+>< 5* 7H0520.7,. .7?.;< 5.< 9.;<877.< F0H.< &H5 * * D,8>=. .= *2-. 6*=H;2.55. *>A /.66.< .7,.27=.< -*7< 5. +.<827 &H5 8>;;2.; H5., ,.7=;. 7*2=;. ?2-.8=;87 ,* 7=.;7.= @@@ ,.7=;.7*2=;. 8;0 *270>B #>H+.,
' %
&H5 *A 8>;;2.5 , / * 8;2,86 ,*
%.;?2,.< .7 *591*+H=2<*=287 .= .7 /;*7,2<*=287 #>H+., &H5
.;,2.; #>H+.,
*/H ;.7,87=;. .7=;. '255. 87<.207.>; *>?;.*> ;>. %= 8<.91 #>H+., &H5
' !# !&$!% !# " ! ' .<827 -M>7 ,8>9 -M1>6*27 866.< .= /.66.< E
*25
.7=;. ?255. ,827
'
*7<
8=;. *6. -.< 70.< #>H+., &H5
' ' -. * %*55. #>H+., *;;./8>; -. 9*<=8;*5. .7 687-. 8>?;2.; ;>. -> $82 #>H+., &H5
" !
) "8>; 9.;<877.< H,87862:>.6.7= -H/*?8;2<H.< .= 2=27H;*7=.< !>?.;= 38>;< -. 1 E 1 ;>. %*27= "*>5 #>H+., &H5
2-. *>A 9;8,1.< -M>7. 9.;<877. *==.27=. -. 6*5*-2. 6.7=*5. . ?.7>. #>H+., &H5 7=.;7.= 5*+8><<85. +.557.= ,* ' ;8>=. -. 5 D052<. %*27=. 8B &H5 207. -M27=.;?.7=287 ;>. $*,27.
' ,K=. -> "*5*2< #>H+.,
8;.==.?255.
&H5
&H5
.
H+.;0.6.7= 98>; 1866.< ;>. %*27= '*552.; !>.<= #>H+., &H5 * H+.;0.6.7= =.698;*2;. 98>; 3.>7.< -. %= ;*7G82< <= #>H+., &H5 * H+.;0.6.7= =.698;*2;. 98>; 0*;G87< -. $H<2-.7,. -. .*>98;= "2.;;. $8B $H<2-.7,. -. %=. 8B $8,1*6+*>
?.7>. #>H+.,
(
&H5 ( -. 5* "H;*-. <>2=. %*27=. 8B #>H+., &H5 E
*7<
E
*7<
8//;. -.< <.;?2,.< -. <>2?2 ,866>7*>=*2;. 5 .<= *><<2 ,877> 98>; <87 <.;?2,. ,,;8,1. &82= 5 9>+52. .7 8>=;. 5. 38>;7*5 * #>J=. -;.<<. ;>. %= 8<.91 <= #>H+., 4 &H5
' %.;?2,.< .7 *591*+H=2<*=287 268258> &H5 ' %.;?2,.< .7 *591*+H=2<*=287 .*>98;= &H5
&.;627><
' ?.7>. 8//;. #>H+., &H5 "827= -. $.9I;. ;>. %*27= 8<.91 <= &H5
&H5
%.;?2,,.< .7 *591*+H=2<*=287 .= .7 /;*7,2<*=287 ;>. *,:>.< H-*;%>2=.
1*;5.<+8>;0
#>H+., %.;?2,.< .7 *591*+H=2<*=287 .= .7 /;*7,2<*=287 #>H+., &H5 *591*+.255. :, *2;* ,86
. $>. <= 1*;5.<+8>;0 &.5
32
;>. %= "*>5 #>H+.,
7 95>< -. 5M1H+.;0.6.7= 5* )(
-.< /.66.< ?8>< 9;8
98<. >7 9;80;*66. -. 9;H?.7=287 -. 5M2=27H;*7,. .= -. ;H27 <.;=287 <8,2*5. 98>; /.66.< *99.5H * ;*7-. *;.55. ?. 855*7- #>H+., &H5
' '
'8>< *?.C +.<827 -. +*772I;.< *=.52.; -. ,87,.9 =287 .= -. 9;8->,=287 -. 6*=H;2.5 .70*0H -> " ! " $& " $& ?8>< 8//;. <.< <.;?2,.< 866> 72:>.C *?., 78>< *> $.<9 *;2. B7. 8>,1*;-
L ?.7-;. 'J=.6.7=< 6.>+5.< 52?;.< ?*2<<.55. .=, ><*0H< .= .7 +877. ,87-2=287 ;>. -> $82 #>H+., &H5
*?.7>. -> 87= &1*+8; #>H+., #>H+., ( =H5 /*A
";83.= 27=.;?.7=287 9;8<=2=>=287 #>H+., " "#
% #>H+., 8>?.6.7= -M27/8;6*=287 .= -M.7=;*2-. -*7< 5* 5>==. ,87=;. 5. ' <2-* E #>H+.,
' . H=*0. &H5
!;0*72<6. -M.7=;*2-. -M1H+.;0.6.7= .= -. 9;H?.7=287 &H5 %2=. 7=.;7.= @@@ 62.5< 8;0
rÊalise l’espoir
Mars 2012
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page33
Partenaires Or Desjardins Caisse populaire de Québec Centraide Partenaires Argent Arrondissement de la Cité Limoilou CKRL 89,1 CSQ Les Impressions Stampa
Partenaires Inconditionnels (depuis plus de 5 ans!) Le Bal du Lézard L’Inter-Marché Saint-Jean Maison Revivre Michel Yacoub Quincaillerie St-Jean-Baptiste
Archives Internet
Merci à tous nos précieux partenaires!
Partenaires Ad Vitam Aeternam Claude Gallichan chiropraticien Yves Boissinot et Andrée Thiffault pharmaciens
Partenaires Bronze Café Krieghoff Centre Ozanam Épicerie Européenne Érico Choco-Musée Espace contemporain Les Colocs Café-Resto P.I.P.Q Point de repères Services 211
4- Suite interminable de paroles ou de mots (LELIREKY). Ratites élevés pour leur viande, leur huile et leurs plumes. Mouvement de jeunesse mondial créé par Robert Baden-Powell.. 5- Portion du littoral entre les plus hautes et les plus basses mers (NETRAS). Massachusetts (CANNETTUK). Capitale de la Libye.
Île du
6- Troisième personne. Partie liquide qui se sépare du sang coagulé. Célèbre tragédie de (THAMCEB). Espèce de poisson vivant en grands bancs. 5-Shakespeare Qui a rapport à l’évêque (SAPPOLECI). «L’occasion fait le ___ ». Cage pour faire couver les oiseaux (HONIRIC). 7- Non familier de l’âne (ETDAUB). Situation des voyageurs à une escale lorsqu’ils ne contrôlesÀdeégalité. douaneComédienne (SATTINR). Épreuvedans d’athlétisme comportant 6-franchissent Hostile auxlesétrangers. en vedette le téléroman « 30 vies trois ». parties. 7- Ville fondée par le sieur de Laviolette en 1634. Le « S » dans TPS. 8- Assurance d’une personne que rien ne déconcerte (BOLAMP). Adage juridique l’abeille. ornementale dont les doivent être 8-(RRABCOD). État voisin deAiguillon l’Illinois. de Fruit tropical.Plante Personne sans domicile fixetubercules (GISLOSSAN). déterrés l’hiver et mis à l’abri. 9- Le jour suivant. Image photographique dans laquelle la valeur des tons est inversée. 9- Femelle du sanglier. Ouvrage où l’on ses traite de toutes les connaissances humaines. Agent Beaumarchais et Mozart ont célébré noces. secret. 10- Petite embarcation légère. Température basse. Peine infligée aux Acadiens en 1755. 10- Séparé de l’île de Terre-Neuve par le détroit de Belle-Isle. Regret d’une faute. Celui qui gouverne une monarchie pendant la minorité du souverain. SOLUTION SOLUTION
LA LANGUE DANS SA POCHE
LE JEU DE LA QUÊTE 1 1 2 2 3 3 4 4 5 5 6 6 7 7 8 8 9 910 1011 1112 1213 1314 1415 1516 1617 1718 1819 1920 20 1 1 B BE OA BU S B 2 2 A I N ME PT AH 3 3 S SO UU CP C I 4 4 K SY AR A I BE 5 5 E E S PT I R 6 6 T X I EE NR 7 7 B TA RU OD 8 8 A I P NL DO
LO EU I R GG HR I O RN EO QR UA ER DE AN NE EG LL I L ZE ZM RE
SA CN OA OS PE HR I E S T RR IM AB NR
O I NS GO I I NR QE EA S T CA AU DS RC
PN AT LU AC OU BM EA XC I A VN I S E I AO NC AA NR
KU OK NU US EO RU AB RL GE AO GL OA
RK RE OT NR AB EE QT UH RT ER S I EA AD SA AR ND
GL RE OL I E I D GA O I LN OT TT UE T S NR A I DT I E
I I CP HO OA RR S E RT VH I L SA LH OL
N O U
R OL I I R I N NG I CO EN S GI I A S
9 9 L LA E I NE DN EC MY AC I L NO EP GE AD T I I E F S I P G I AO RN O 10 10L EA S B QR UA I D FO RR OE I P DE EN PT O I RR TE AG TE I N OT N
Mars 2012
1. On doit dire : une franchise (et non un déductible). Déductible est un adjectif qui signifie : qu’on peut déduire (d’un revenu, d’un bénéfice). 2. Cette tendance s’appelle la procrastination. 3. Faux. L’escroquerie consiste à s’approprier le bien d’autrui par des moyens frauduleux; la flagornerie est une flatterie basse. 4. Le porter est une bière brune, assez amère, d’origine anglaise. 5. Seul le mot «idée» est du genre féminin. 6. Vrai. 7. B. Environ 1000 mots. 8. Faux. Échappatoire et écritoire sont du genre féminin. 9. B. Un nœud gordien est un problème inextricable. Selon la légende, celui qui réussirait à défaire le nœud qui attachait le char de Midas deviendrait le maître de l’Asie; en 333 avant notre ère, Alexandre le Grand tenta de défaire ce nœud; n’y arrivant pas, il le trancha d’un coup d’épée. 10. Des amuse-gueule et des hors-d’œuvre. Ces mots sont invariables.
réalise l’espoir
33
Quete_mars:Mise en page 1 12-02-29 12:40 Page34
Le temps froid a envahi l’Europe au cours du mois février, faisant chuter le mercure de façon exceptionnelle. Cette vague de froid s’est même étirée jusqu’en Afrique du Nord et au nord de l’Asie. La météo a surpris les populations et leurs gouvernements qui n’étaient pas préparés à affronter les rigueurs d’un froid sibérien. Des sans-abris et des personnes âgées ont été retrouvés morts gelés dans les rues à l’Est comme à l’Ouest. Des ministres européens ont dû monter au front pour s’expliquer sur le manque de places en refuge et de services pour les sans-abris, notamment en France et en Belgique. Des villages ont été coupés du monde dans les Balkans comme au Maghreb. La ville de Rome a été paralysée et sa population a connu une pénurie de denrées alimentaires. Les canaux de Venise ont gelé. L’aéroport d’Heathrow, l’un des aéroports internationaux les plus fréquentés au monde et en principe pourvu des mesures de sécurité nécessaires, a annulé des centaines de vols par jour.
Quelques arpents de neige? Voltaire, le grand philosophe des Lumières réduisait le Canada à une terre glacée et improductive. C’est à lui que l’on doit la célèbre formule qui a été maintes fois reprise par la suite. Plus de deux siècles après sa mort, serions-nous en train d’assister à un renversement de situation? En effet, l’Europe serait-elle à son tour réduite à « quelques arpents de neige ? » Quoi qu’il en soit, je retiens quelques leçons de cet épisode glacial sur l’Europe. La première est que des changements climatiques importants sont en cours et que les populations mal préparées sont plus exposées qu’avant. « Cela peut paraître un paradoxe : les températures très froides que l'on enregistre ces jours-ci dans toute l'Europe sont une conséquence du réchauffement climatique d'origine humaine. Les
34
Européens doivent se préparer à vivre d'autres hivers rigoureux à l'avenir. /… /Les glaces de l’Arctique, notamment en mer de Barents et en mer de Kara (au nord de la
Photo : Archives Web
Diane Morin
Quelques arpents de pièges!
Russie) ont fondu, permettant aux vents polaires d’atteindre l’Europe. » http://www.rtbf.be/info/societe/detail_lavague-de-froid-en-europe-est-due-aurechauffement-climatique?id=7522573
Les pauvres piégés par le froid, l’austérité et la crise énergétique Au cours de la vague de froid, il est apparu clairement que les sans-abris constituent un groupe particulièrement vulnérable. La plupart des victimes d’hypothermie étaient des sans-abris. Par ailleurs, l’austérité mise en place en réponse à la crise de la dette a encore exacerbé les problèmes. Non seulement la crise a fait augmenter le nombre de personnes démunies, mais le programme d’aide aux démunis financé par des fonds européens a été remis en question, fragilisant encore plus les services d’aide. Depuis des mois nous parviennent des échos inquiétants sur les luttes épiques que mènent des organisations comme le SAMU social, la Fondation de l’Abbé Pierre, Les restos du Cœur, etc., pour poursuivre leur mission. Au final, l’Europe n’était pas prête à faire face à cet épisode de météo extrême, notamment en ce qui a trait aux sans domicile fixe. D’ailleurs, selon le président du SAMU social, « Une gestion saisonnière des SDF n’est pas tenable à long terme. /… /, mais nous réfléchissons à une manière d'améliorer la mobilisation : je souhaite mettre en place dès l'année prochaine une
réalise l’espoir
“force d'action rapide” composée de jeunes retraités qui pourrait être déployée rapidement dans des situations comparables à celle-là. » http://www.lexpress.fr/actualite/societe/une -gestion-saisonniere-des-sdf-n-est-pas-tenable-a-long-terme_1078551.html Et pour la énième fois, la Russie a fait sentir son pouvoir énergétique en limitant ses exportations de gaz dans les pays européens s’approvisionnant auprès de Gazprom. Poussées à utiliser les moyens du bord pour se chauffer, plusieurs personnes sont mortes intoxiquées au monoxyde de carbone.
Quelques changements climatiques au Canada Les changements climatiques auront des impacts au Canada également, et nous devons nous y préparer. Dans un rapport publié en 2008 intitulé Santé humaine et changements climatiques : Évaluation des vulnérabilités et de la capacité d'adaptation au Canada, les auteurs indiquent que : « Les personnes âgées, les jeunes enfants et les pauvres sont le plus à risque ». « Les chercheurs estiment aussi que, dans les décennies à venir, le nombre de jours de grande chaleur pourrait doubler ou même tripler, entraînant ainsi une hausse de la mortalité. Le nombre de décès liés à ce phénomène devrait augmenter brusquement, surtout au Québec. /… /Les changements climatiques risquent aussi de créer un climat plus favorable à l'apparition de maladies infectieuses qui sont, pour l'instant, considérées comme rares ou exotiques au Canada. » http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2008/07/25/003climat_rapport.shtml
Le communautaire appelé à répondre aux questions Les organismes communautaires de Québec sont conviés au cours du printemps à contribuer à la réflexion sur les meilleures façons de soutenir les populations vulnérables face à différents risques. Leur collaboration aux groupes de recherche, tant canadiens que québécois, est requise pour que les pauvres ne soient pas laissés pour compte face aux catastrophes sanitaires et aux aléas climatiques. Je souhaite de tout cœur qu’ils saisissent l’occasion de livrer leurs précieuses connaissances, car ils constituent un maillon souvent vital du quotidien de populations, déjà vulnérables en temps normal. Le climat n’est pas un jeu, mais une question de société!
Mars 2012
QUETE_cover_mars-impo:Mise en page 1 12-02-29 08:30 Page2
*'# # # # . # ! . %# $ & * % % ' %+ $ ! (*$ % $ * *' $ $ &' $! (! # !*# % ' $ # %* %# "& $ #% # % &$ #* &%&# * # ! * * # %*! ( % #* *# #( % $$& * * *' % . % $ "& !# $% % &$ ,% # & $ #* % ' # # $ -&#$ % $ # $ ' $ . $$ $% . *% % &# &$ % * # % &# &$ # # $ % &% $ $ ! #$ $ "& % #* ) #*&$$ % .*'* %
313, rue Saint-Jean QuĂŠbec G1R 1N9 5175, avenue Papineau MontrĂŠal H2H 1W1
Photos : Francine Chatigny
quebec@lespacecontemporain.com
QUETE_cover_mars-impo:Mise en page 1 12-02-29 08:30 Page1
2$ Le magazine de rue de Québec
No 142 Mars 2012
Adultes sur les bancs d’école • S’accrocher à son rêve • S’instruire pour séduire • Insatiable soif d’apprendre • Analphabètes recherchés
www.centraide-quebec.com
j
l l
t
2012 i dd 1
S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant une carte d’identification 2$ contribution volontaire. 1$ sur le prix de vente va directement au camelot. 12 02-10 14:57