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Le magazine de rue de Québec Numéro 214 Mai 2019
Conception : Sandra Potvin Œuvre de Philippe-Arnaud Roulin
CKRL_Automne_2018_Quete.pdf
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CKRL 89,1 QUÉBEC
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PROGRAMMATION AUTOMNE-HIVER 2018-2019 CKRL891
WWW.CKRL.QC.CA
SOMMAIRE OSSIER
ANXIÉTÉ 07 08
Médicaments : un baume sur la plaie?
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« J’ai peur de voir la fin du monde »
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Une thérapie au poil
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Atteindre ses objectifs avec sérénité
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6 trucs pour combattre l’anxiété
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@ Photo de Mathieu Meunier
Stress, anxiété, an- goisse : comment les distinguer?
JEUX 18
Risques psychosociaux 19 en milieu de travail
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Feu
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Des nouvelles de l’humanité
Au-delà des mots Comme un ange Respect Flexion(s)... L’intégrité des mots Nature en couleur
Violence et santé mentale
Le jeu de La Quête La langue dans sa poche
© Alexandra Pineault
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AVRIL 2019
Ça va mieux en orbite
© Illustration de Michel Boudreault
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POUR LE PLAISIR DE LIRE
LA QUÊTE
HRONIQUES
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La peur du temps qui passe
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Tous capotés?
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Il y a des jours
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PAGE COUVERTURE Œuvre de Philippe-Arnaud Roulin Conception graphique : Sandra Potvin
RÉALISER L’ESPOIR Camelots recherchés
L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment
donné Hey toi! de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés Tu as 18compte ans ou plus. pour cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, Tu veux te faire quelques dollars? etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs Pour plus d’informations autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, Appelle-nous au certain pouvoir sur leur vie. reprendre un Travaille à ton compte. Pas d’horaire. à la vente - surdelarue rue par des Vends le magazine La!-Quête
418 649-9145 poste 33 Ou L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des Viens nous rencontrer au services d’accompagnement 190, rue St-Joseph Est (coin Caron)communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche logement par le biais de son service Accroche-Toit. Dans l’église d’un Jacques-Cartier
Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.
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Les camelots récoltent 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31
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65$ 80$ 90$
ÉDITEUR Archipel d’Entraide ÉDITEUR PARRAIN Claude Cossette RÉDACTRICE EN CHEF Francine Chatigny DIRECTRICE DE L’INFORMATION Valérie Gaudreau SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Isabelle Noël COLLABORATEUR À LA PRODUCTION Jean-Claude Picard CHRONIQUEURS Martine Corrivault, Claude Cossette et Marc-Émile Vigneault JOURNALISTES Adrien Cloutier, Katy Desjardins, Chloé Lemon, Isaure Patat, Marylie Laberge-Sévigny et Camille Tremblay-Antoine AUTEURS Michel Boudreault, Jasmin Darveau, Laurence Ducos, Gaétan Duval, Vincent Grandbois, Jean Pierre, Sylvain Rouillard, Bernard St-Onge et Christiane Voyer AUTEURS DES JEUX Hélène Huot et Jacques Carl Morin RÉVISEURS Benoit Arsenault, Véronique Hardy ainsi que les étudiantes et les étudiants du cours de Réécriture et révision de l'Université Laval ainsi que leur enseignante, Caroline Tremblay BÉDÉISTE Madeleine Aubin INFOGRAPHISTE Sandra Potvin IMPRIMEUR Imprimerie STAMPA inc. 418 681-0284 COPYLEFT La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d’auteur Creative Commons « Paternité Pas d'Utilisation commerciale - Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n’est pas commercial, permet de l’utiliser et de le diffuser tout en protégeant l’intégralité de l’original et en mentionnant le nom des auteurs.
Journal La Quête
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Financé par le gouvernement du Canada
LA QUÊTE
MAI 2019
M OT DE LA COORDO
ANXIÉTÉ Dans cette édition, La Quête propose un dossier sur l’anxiété. Ce malaise touche près du quart de la population québécoise selon l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. « Il semble que l’anxiété anormale représente le problème psychologique le plus courant. En effet, selon des statistiques récentes, de 10 à 15 % des personnes consultant un médecin généraliste souffrent de symptômes anxieux importants. Par ailleurs, dans la population générale, 25 % des gens semblent avoir vécu de l’anxiété intense à un moment ou à un autre de leur vie et environ 7,5 % de ceux-ci sont aux prises avec un trouble anxieux particulier », peut-on lire sur leur site Web. Pour distinguer les trois problèmes psychologiques voisins que sont le stress, l’angoisse et l’anxiété, notre journaliste Gabrielle Beaupré s’est adressé au psychologue Francis Lemay. Spécialisé dans le traitement des troubles anxieux et de l’humeur, M. Lemay démontre les aspects négatifs,
mais aussi positifs de ces perturbations pathologiques. Pour apaiser les symptômes ressentis par les personnes anxieuses, les médecins proposent généralement des médicaments. Or, plusieurs considèrent que la médication est utilisée à outrance et revendiquent des solutions en amont et des suivis psychologiques. Camille Tremblay-Antoine s’est penchée sur la question. Les changements climatiques sont à l’origine des profonds malaises que ressentent les éco-anxieux, ces personnes que les préoccupations écologiques empêchent de dormir. Et c’est du sérieux, au point que l’éco-psychologie, une nouvelle branche de la psychologie, s’est développée outre-Atlantique au tournant des années 1990. Dans « J’ai peur de voir la fin du monde », Adrien Cloutier s’est entretenu avec des éco-anxieux qui expliquent comment ils arrivent à surmonter leurs difficultés.
Parmi les ressources offertes aux personnes souffrant d’anxiété, il y en a une qui est au poil : la zoothérapie! Katy Desjardins a rencontré la zoothérapeute Alexandra Pineault qui témoigne des effets bénéfiques de la relation avec les animaux et de son espoir de voir cette forme de thérapie apparaître comme une mesure préventive en milieu scolaire. En terminant, Isaure Patat propose un article sur un phénomène non quantifié, mais bien présent dans différents milieux, notamment en milieu scolaire : l’anxiété de performance. Ce trouble psychologique apporte son lot d’effets indésirables et peut mener, dans des cas extrêmes, à avoir des pensées suicidaires. Bonne lecture, FRANCINE CHATIGNY
Les artisans de La Quête honorés Au cours de la dernière fin de semaine d’avril se tenait le 38e congrès de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) dont La Quête est membre. Cette fin de semaine riche en rencontres et en discussions sur les différents défis que devront relever les médias communautaires, notamment en ce qui concerne leur financement et le virage numérique, culmine avec la remise des prix de l’association. La Quête est extrêmement fière d’y avoir remporté trois prix et une mention d’honneur!
Au nom de tous les camelots pour qui ce magazine fait LA différence dans leur vie, nous tenons à offrir nos plus chaleureuses félicitations à ces inestimables bénévoles et un remerciement sincère à l’AMECQ qui nous permet d’offrir une reconnaissance publique à ces généreux artisans sans qui La Quête ne pourrait exister. Vous faites notre fierté! La Quête
– Pour son article Quitter les faux paradis (édition juin 2018), Sébastien Agostini-Cayer s’est vu décerné le 2e prix entrevue. – Le 3e prix reportage a été remis à Pascal Lévesque pour Quand restauration rime avec réinsertion (édition de février 2018). – Sandra Potvin a mérité le 3e prix pour la conception graphique, catégorie magazine (édition octobre 2018). – Valérie Gaudreau, notre directrice de l’information, a reçu une mention d’honneur pour son implication bénévole au sein de la presse écrite communautaire. Mme Gaudreau, par ailleurs rédactrice en chef du quotidien Le Soleil, accompagne depuis 8 ans maintenant les étudiants en journalisme qui collaborent à La Quête. D’un dynamisme à toute épreuve, Mme Gaudreau transmet avec fougue sa passion du métier de journaliste et révèle de nombreux trucs du métier à une relève avide d’apprendre.
MAI 2019
Ana Jankovic de l'AMECQ, Valérie Gaudreau et Francine Chatigny
Pour ceux qui les auraient manquées, les éditions précédentes sont accessibles en ligne sur ISSU https://issuu.com/laquete/docs
LA QUÊTE
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HRONIQUE
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LA PEUR DU TEMPS QUI PASSE
Fièrement, Valentine dépose sur le jeu de Scrabble les lettres g-é-r-a-s-c-o-p-h-o-b-i-e-... tout en avouant que le mot n’est pas dans le dictionnaire. Mais il existe, tout comme le malaise qu’il désigne : la peur de vieillir. Tapez les lettres sur votre clavier d’ordinateur et vous verrez. Espiègle, ma vieille amie avance une explication. « Ceux qui font les dictionnaires sont comme la plupart des gens : ils ont peur de vieillir. Comme si c’était plus une question d’âge et de chiffres qu’une attitude, une manière de penser, de voir les choses, et les gens... pourtant, on sait qu’il y a des jeunes vieux et des vieux jeunes »! En cela, notre époque ressemble aux autres, mais notre culture médiatique dominée par des images de jeunesse en fait une mièvrerie ou une maladie. La vieillesse n’est évoquée que par ses inconvénients et la proximité de l’autre perspective redoutée de tous, la mort. Pourtant, on meurt à tout âge et « la vieillesse reste le seul moyen connu pour vivre longtemps ». Selon une recherche menée en France par l’IFOP, les « cousins » croient qu’on entre dans la catégorie des « vieilles personnes » autour de 68 ans. Ce qui n’est pas lié à l’âge légal de la retraite. Beaucoup de gens actifs comptent bien le rester. Au Québec, la proportion des 65 ans et plus au travail est passée de 5 à 10 % en dix ans; les statistiques prévoient qu’en 2031, ils atteindront plus de 25 %. Tant qu’on a la santé et des projets plein la tête et le cœur, on se sent capable de tout, sauf... passer du côté des vieux oisifs. Surtout avec une espérance de vie qui joue entre 80 et 90 ans. Aux États-Unis, Karl Pillemer, sociologue spécialisé en gériatrie, a demandé à 2 000 personnes de différents âges si leur avenir les inquiétait. Les plus âgés ont répondu que la peur du futur est une affaire de personnes jeunes, les aînés reconnaissaient avoir leurs problèmes, mais se disaient malgré tout heureux, plus souvent que les participants plus jeunes. La grande hantise des « vieux » serait plutôt de gaspiller une minute du précieux temps qui leur reste à vivre. Et de voir leurs enfants perdre leur propre temps en conflits inutiles. La notion de temps perdu ne viendrait pas de la nostalgie d’une vie passée, mais des moments passés à ne pas vivre le présent. Pour le reste, comme disait ma grand-mère, trop penser au malheur finit par l’attirer. Quand elle a eu 80 ans,
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ma mère nous a déclaré qu’elle avait toujours 20 ans, mais quatre fois 20 ans. Ce qui l’agaçait le plus, c’était d’avoir à demander, de dépendre des autres. En cela, elle rejoignait le sentiment d’une majorité de gens de cet âge. De son côté, Valentine qui résiste effrontément aux peurs nées de la mémoire qui flanche, de la résistance physique qui diminue, des dialogues dont on perd parfois le fil mon ouïe, dit-elle en rajustant... ses lunettes. « Aujourd’hui, prétend Valentine, je n’ai pas peur de la mort, mais de tout ce qui pourrait arriver avant. Même quand on réussit à l’oublier, il se trouve toujours quelqu’un avec une histoire d’horreur pour le rappeler. » Évidemment, voir des bulletins de nouvelles qui parlent des pénibles conditions de vie dans certaines résidences pour personnes âgées ou CHSLD, ça n’a rien de rassurant quand on se voit diminuer. « Les superbes hôtelleries vantées par la publicité restent hors de prix pour la majorité des gens qui n’ont pas tous des retraites de professionnels », conclut l’ancienne secrétaire qui vit sur ses petites économies. Elle caresse le bord de sa tasse de thé en murmurant : « Marguerite Blais peut bien annoncer des millions pour la santé de la bouche des vieux pensionnaires, c’est pas ce qui va leur permettre d’aller manger ou se coucher à l’heure qu’ils veulent. Le manque de personnel a le dos large quand les ordres du gestionnaire ou les profits du propriétaire dictent les pratiques ». Autonome dans le logis qu’elle habite depuis des années, Valentine refuse d’imaginer ce que sera le jour où elle devra quitter son chez-soi pour se retrouver elle ne sait pas trop où ni comment. « Quand ton Américain parle des problèmes des gens âgés, dépendre de tout le monde pour le moindre besoin, c’en est tout un. J’aime mieux ne pas y penser, mais ça n’empêchera pas les choses d’arriver comme elles doivent arriver. C’est pour ça que je profite de ce que j’ai aujourd’hui, maintenant et complètement. C’était vrai quand j’avais 20 ans et ça l’est encore aujourd’hui. Demain? Bof. » « Dis donc, c’est à toi de jouer! Tu l’acceptes mon gérascophobie? Ça me rapporte combien de points? »
LA QUÊTE
MARTINE CORRIVAULT
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STRESS, ANXIÉTÉ, ANGOISSE :
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COMMENT LES DISTINGUER? Stress, anxiété, angoisse. Il n’est pas toujours facile de différencier ces réactions psychologiques qui se chevauchent et se mélangent bien souvent. La Quête a demandé à Francis Lemay, psychologue spécialisé dans le traitement des troubles anxieux et de l’humeur, de jeter quelque lumière sur ces concepts. LE STRESS
À l’origine, le stress résulte du contact entre un objet en mouvement et un objet immobile. M. Lemay mentionne que « lorsqu’on place un être vivant en présence d’un défi d’adaptation, ça génère une série d’adaptations dans l’organisme. Ces réactions-là sont considérées comme étant le stress ». M. Lemay donne l’exemple d’une personne ayant peu mangé qui se lève rapidement de sa chaise. Elle vivra un défi d’adaptation, ce qui amènera son organisme a produire du stress. « Le stress est la sensation désagréable que la personne aura en se levant rapidement », indique-t-il. « Le stress n’est pas une mauvaise chose en tant que telle, il nous permet de nous adapter aux situations difficiles », nuance toutefois le spécialiste. En psychologie, quatre formes de stress sont fréquemment évoquées par
les praticiens : l’eustress, le distress, le stress aigu et le stress chronique. L’eustress est le stress dit positif. Celui-ci génère des émotions positives dans une situation d’adaptation. C’est le cas notamment de l’appréhension d’un premier voyage en solitaire. Le distress est le stress dit négatif. Il résulte d’une situation déplaisante comme la perte soudaine d’un emploi ou une séparation amoureuse. Quant aux stress aigu et chronique, ils sont définis par leur durée respective : le stress aigu est limité dans le temps (il peut durer de quelques minutes à quelques jours), alors que le stress chronique se maintient pendant une période plus longue. La situation peut devenir problématique lorsqu’un individu est « fréquemment, longuement, longtemps soumis à des stress chroniques. Il y aura un coût élevé pour son corps et le stress chronique peut engendrer des conséquences à moyen et long terme au niveau de son système immunitaire, de sa mémoire, de ses capacités intentionnelles, etc. », explique M. Lemay. L’ANXIÉTÉ
« L’anxiété est une émotion qui est généralement accompagnée de pensées et de réactions physiques qui sont provoquées lorsque le cerveau perçoit une
OSSIER
menace », dit M. Lemay. Celle-ci peut prendre différentes formes. Le cerveau engendre alors différentes émotions et pensées anxieuses afin de « mobiliser le corps à émettre une réaction comportementale », précise-t-il. Ces réponses comportementales se manifestent de trois façons distinctes : la fuite, la lutte et le figement. Lorsque la réaction n’est pas adaptée à la menace, c’est-à-dire que la situation est moins menaçante qu’elle n’y paraît ou que le comportement de la personne est inadéquat (elle fige alors qu’elle devrait combattre), l’anxiété peut se chroniciser. Autrement dit, elle peut devenir de plus en plus fréquente et entraîner des phobies, des troubles paniques, de l’anxiété généralisée, etc. « L’anxiété génère généralement du stress, le stress rend susceptible à l’anxiété et d’être sous un stress chronique peut rendre l’individu plus susceptible à l’anxiété », ajoute M. Lemay. Ce dernier précise cependant que « l’anxiété n’est pas une mauvaise chose. Elle est une émotion adaptative, bénéfique et qui augmente le taux de survie des organismes. Révolutionnairement parlant, il est bon d’avoir de l’anxiété, mais ce qui est problématique c’est lorsque notre réponse à l’anxiété n’est pas adaptée au contexte et à la réalité ». L’ANGOISSE
L’angoisse, pour sa part, est une perturbation pathologique qui n’a pas encore de définition médicale claire. Dans le cadre de sa pratique, M. Lemay n’emploie pas souvent la notion d’angoisse, qu’il décrit comme« une forme d’anxiété un peu floue, un peu abstraite, qui n’est pas très définie et qui est diffuse ». © Gabrielle Beaupré
GABRIELLE BEAUPRÉ
Francis Lemay, psychologue.
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LES MÉDICAMENTS CONTRE L’ANXIÉTÉ :
UN BAUME SUR LA PLAIE? Au Québec, une déclaration commune soulevant des inquiétudes face à la médicalisation de l’anxiété circule depuis 2016. Au début de l’année 2019, 312 organisations et plus de 1700 personnes avaient signé ce manifeste, hautement médiatisé, pour réclamer un débat public sur la « médicalisation à outrance » des problèmes sociaux vécus par les jeunes. Pourquoi la médication pour traiter l’anxiété soulève tant d’inquiétudes? Quelles sont les problématiques qui y sont liées? Plusieurs acteurs du milieu de la santé s’expriment sur ces questions.
© Camille Tremblay-Antoine
Le Mouvement jeunes et santé mentale (MJSM) a mené, en 2016, une large consultation auprès des jeunes Québécois. Il en est ressorti que les diagnostics de problèmes d’anxiété sont effectués trop rapidement et que la médication est souvent proposée comme seule solution. Ainsi, lorsqu’ils
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tuit s’il n’a pas été diagnostiqué. Pour soutenir un jeune en difficulté, il faudrait agir en amont en lui offrant du soutien avant qu’il soit à l’étape d’être médicamenté. Il faut essayer d’identifier les problèmes dans notre société Selon Annie Pavois, responsable faisant en sorte qu’il y a beaucoup du développement des pratiques de personnes anxieuses. Puis, le médicament peut au MJSM et an« Il faut essayer d’identifier les venir en soucienne infirmière problèmes dans notre société tien au besoin. » en psychiatrie, on faisant en sorte qu’il y a beaucoup donne souvent de personnes anxieuses. » Selon les dondes médicaments contre l’anxié- ~ Annie Pavois du Mouvement nées de l’Institut jeunes et santé mentale canadien d’inforté, alors que les mation en santé réelles sources des problèmes ne sont pas trai- (ICIS), la prévalence des troubles tées. À son avis, pour augmenter mentaux n’augmente pas, mais les le bien-être de la population de individus consultent de plus en manière durable, il faudrait agir plus. Entre 2007 et 2017, les serplus largement sur des détermi- vices ou visites d’urgence ont nants sociaux, comme la pauvreté, augmenté de 66 % alors que les le manque d’accès à un logement hospitalisations o n t a u g m e n sécuritaire et abordable ainsi que té de 55 %. Les études réalisées par l’ICIS démontrent qu’aule décrochage scolaire. jourd’hui, un jeune sur douze Le MJSM milite pour que tous les s’est vu prescrire un antipsychojeunes aient accès tique ou un médicament pour un gratuitement à trouble anxieux ou de l’humeur. des services d’aide p s y c h o l o g i q u e Le MJSM n’est pas contre la même si aucun médication, mais se questionne diagnostic n’est sur la rapidité d’obtention des posé, explique prescriptions et sur leur durée. M m e P a v o i s . Annie Pavois rapporte que les « Dans le système médicaments pour le traiteactuel, il n’y a pas ment de l’anxiété sont souvent de suivi qui est fait prescrits pour plusieurs années. nécessairement au Les benzodiazépines, comme le niveau psycholo- Xanax ou l’Ativan, sont des psygique. Un jeune chotropes qui provoquent une ne peut pas avoir dépendance importante. de soutien psychologique graconsultent un médecin pour des troubles anxieux, les patients se voient prescrire des médicaments sans toutefois être orientés vers des services d’accompagnement psychologique.
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D SUIVI PSYCHOLOGIQUE ET TRAITEMENTS ALTERNATIFS
Bruno Collard, directeur clinique de Revivre, explique que l’objectif est de fournir des outils et des resBien qu’un suivi en psycholo- sources aux individus pour qu’ils gie puisse être prescrit, l’attente puissent retrouver une bonne pour l’obtention qualité de vie. d’un rendez-vous « On donne souvent des médica- Selon lui, l’orgas’étire souvent sur ments contre l’anxiété, alors que nisme ne s’oppose plusieurs mois. les réelles sources des problèmes ne pas à la médicasont pas traitées. » L’organisme Retion, mais vise à vivre vient en aide ~ Annie Pavois du Mouvement agir de manière aux personnes complémentaire. jeunes et santé mentale vivant avec un Les patients sont trouble anxieux, dépressif ou bi- dirigés vers des médecins traitants polaire. Il offre des services d’in- s’ils ont besoin de médicaments. tervention de groupe, de soutien et de suivi, souvent dans l’optique Pour sa part, la responsable du d’accompagner une médication. MJSM ajoute que d’autres so-
OSSIER
lutions sont également envisageables. Notamment, il peut être recommandé de faire de la méditation d’adopter des techniques de respiration ou de contrôle de soi, et de participer à des groupes de discussion. Mme Pavois soutient également que les applications de méditation accompagnée sur les cellulaires sont de plus en plus utilisées et très bien faites. CAMILLE TREMBLAY-ANTOINE
L’anxiété et le cannabis Bien que certaines variétés comme l'Indica aient parfois des effets apaisants temporaires, l’Association des médecins psychiatres du Québec rappelle que la consommation de cannabis nuit généralement au traitement de l'anxiété et peut même engendrer de nouveaux troubles mentaux. Que change la récente légalisation de cette substance? La chercheure Carrie Cuttler observe, dans une étude sur la légalisation au Canada, que les consommateurs peuvent se procurer des produits présentant une teneur très précise en tétrahydrocannabinol et en cannabidiol, les deux principaux ingrédients actifs cannabis utilisés en médecine. L’étude indique cependant que la consommation de cannabis peut réduire à court terme les symptômes de dépression, d’anxiété et de stress, mais aussi contribuer à aggraver les effets dépressifs au fil du temps. La Quête a rencontré un étudiant ayant un diagnostic de troubles anxieux. Pour ce jeune, la légalisation permet de savoir exactement quelle sorte de cannabis il consomme. « Avant, je pouvais tomber sur un produit ultra-anxiogène. Maintenant, je peux sélectionner l’Indica, qui enlève mon sentiment de stress constant », affirme-t-il. Il précise cependant qu’il ne s’est pas mis pour autant à consommer du cannabis régulièrement pour contrôler son anxiété, craignant de développer une dépendance. Camille Tremblay-Antoine
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ÉCOANXIÉTÉ
« J’AI PEUR DE VOIR LA FIN DU MONDE » D
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L’écoanxiété n’est pas un phénomène nouveau. Toutefois, ce sentiment d’angoisse face aux changements climatiques alimenté presque quotidiennement par d’inquiétantes nouvelles environnementales prend de l’ampleur, et touche particulièrement la jeune génération.
« J’ai tellement peur de l’avenir de la planète, commente Fannie Royer, 24 ans. Assez que ça remet parfois mon choix d’avoir des enfants en question, parce que je me mets à penser que je n’aurai peut-être pas l’occasion moi-même de vivre jusqu’à 75 ans. J’ai peur de voir la fin du monde. » À l’arrivée de ses enfants, Pascale Giroux-Denis a aussi vécu de l’écoanxiété, caractérisée par une « culpabilité », « une angoisse » et une « impuissance à leur offrir un avenir décent », explique-t-elle sur Facebook. Tout cela a contribué à sa décision de retourner aux études pour décrocher une maîtrise en changements climatiques à l’Université de Waterloo. « J’ai ensuite participé à la formation du Climate Reality Project de l’ancien vice-président des États-Unis, Al Gore, pour devenir ambassadrice du climat et offrir des présentations pour sensibiliser sur l’urgence d’agir, explique-t-elle. Il y a des stratégies pour ne pas sombrer... Ça ne sert à rien, il faut se parler, se raisonner et surtout A G I R! » FAIRE LA GRÈVE Mais est-il déjà trop tard pour agir? Le 13 mars dernier, l'ONU publiait un rapport alarmant sur l'état de la planète estimant à 9 millions le nombre de morts liées aux changements climatiques en 2015. Toujours selon l'organisation, la pollution de l’air cause de 6 à 7 millions de morts prématurées par année. « Des actions urgentes et d’une ampleur sans précédent sont nécessaires pour arrêter et inverser la situation », souligne le rapport dans un message destiné aux décideurs politiques.
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© Gracieuseté de Pascale Giroux-Denis
« Êtes-vous écoanxieuses ou écoanxieux? » En publiant cette question sur le groupe Facebook écolo Zéro déchet Ville de Québec, La Quête a soulevé les passions : 27 membres ont immédiatement réagi, générant une cinquantaine de commentaires.
Pascale Giroux-Denis combat l’écoanxiété en présentant bénévolement des conférences sur les changements climatiques à titre d’ambassadrice du climat pour l’OSBL Réalité climatique Canada, et plus largement pour le Climate Reality Project fondé par l’ancien vice-président des États-Unis, Al Gore.
« Ça me frustre énormément de voir que la plupart des gens n’en a rien à faire, commente une autre internaute sur Facebook, Geneviève Le Houx. Mon écoanxiété se manifeste aussi par une perte de motivation à l’école : ça me sert à quoi un diplôme si je n’ai pas d’avenir? » C’est d’ailleurs autour de cette réflexion que se sont organisées les grèves étudiantes pour le climat du 15 mars. Le mouvement est appuyé par plus de 350 scientifiques et par de nombreux partis politiques, notamment le Parti vert du Québec et Québec solidaire. Ces deux partis ont aussi offert leur soutien aux étudiants québécois qui s’absentent de l’école le vendredi pour participer à des manifestations sur les changements climatiques, une initiative lancée par la jeune Suédoise de 16 ans, Greta Thunberg. Maintenant connue mondialement, l’étudiante fait la grève de l’école tous les vendredis depuis le mois d’août pour manifester en face du parlement suédois et réclamer des mesures plus ambitieuses de lutte contre les changements climatiques. Sa candidature est actuellement proposée pour l’obtention du prix Nobel de la paix.
LA QUÊTE
COMBATTRE SA PEUR AUTREMENT Professeur titulaire au Département de management de l’Université Laval, Charles Baron soutient que l’écoanxiété peut se vaincre par l’action, mais aussi par la compassion et l’ouverture aux autres. « La peur est une réaction normale, explique-t-il dans un balado enregistré pour les Urbainculteurs. C’est un signal d’alerte important. […] Mais agir sous l’emprise de la peur, ce n’est pas optimal. Il y a un travail de déprogrammation personnel. » Aujourd’hui conférencière et spécialiste en changements climatiques, Pascale Giroux-Denis combat également l’écoanxiété grâce à la déprogrammation. « J’ai fait un gros ménage dans les nouvelles que je suivais : j’ai éliminé les fils de nouvelles et blogues qui véhiculaient du négatif – il y en a trop... Je me concentre sur les plus rares, mais existantes! bonnes nouvelles, les innovations, la diffusion de messages positifs, motivateurs. Je cherche les occasions pour sensibiliser, éduquer, discuter. » ADRIEN CLOUTIER
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UNE THÉRAPIE AU POIL De multiples traitements contre l’anxiété sont désormais disponibles : que ce soit la médication, le sport ou la thérapie, les choix ne manquent pas. Mais, est-ce possible que nos amis à quatre pattes puissent contribuer à calmer les gens atteints de ce trouble? La zoothérapeute Alexandra Pineault en est convaincue, et elle croit même que ce service devrait être offert dans les établissements scolaires. Zoothérapeute à son compte depuis 2018, Alexandra Pineault a vu de nombreuses personnes souffrant d’anxiété lui demander de l’aide. « C’est un problème qui est de plus en plus présent. Avec la pression de performance qu’on voit maintenant dans les écoles, c’est des jeunes de 1314 ans qui commencent à présenter des symptômes d’anxiété. » Sa clientèle est donc très diversifiée. Selon Mme Pineault, les animaux ont vraiment la capacité d’apaiser les gens aux prises avec ce problème. « Naturellement, la plupart des gens sont attirés vers les animaux et ceux-ci les amènent ailleurs. Très peu de gens continueront de penser à leur problème en présence d’un animal. » La zoothérapeute est aussi d’avis que cette approche serait très bénéfique si elle était offerte dans les écoles. « Pour les gens qui n’aiment pas aller au gym ou pratiquer un sport, il y a très peu de solutions présentement dans les institutions scolaires pour permettre de diminuer l’anxiété de ces élèves. » Elle propose, notamment, d’aménager un local où les élèves pourraient être en contact avec un animal, ce qui leur permettrait de se changer les idées. Quelques établissements scolaires de Chaudière-Appalaches songeraient d’ailleurs à instaurer un service de zoothérapie.
différentes situations. Par exemple, la zoothérapie avec un chat demande un local fermé ainsi qu’une clientèle calme, des contraintes qui ne se posent pas avec un chien. Dans les derniers mois, Mme Pineault a eu un coup de cœur pour le cheval. Cet animal, croit-elle, fait ressortir plus de choses que ceux généralement utilisés : il est en effet beaucoup plus déstabilisant pour la personne traitée d’être en contact avec un troupeau de chevaux que d’être en compagnie d’un chien. Les possibilités sont toutefois limitées, malgré le grand potentiel du cheval. D'une part, il est très difficile à déplacer et, d'autre part, la clientèle pouvant bénéficier de ce genre de traitement est plus restreinte puisque Mme Pineault n’est en mesure d’offrir ce traitement qu’aux adolescents ou aux jeunes adultes. La zoothérapeute rappelle que la personnalité de l’animal est d’une importance capitale. Malgré l’entraînement, ce ne sont pas tous les animaux qui seront capables d’aider les gens aux prises avec un trouble d’anxiété. Le choix dépend aussi de la personne à traiter. « Si je vais intervenir dans un centre pour personnes âgées, je n’amènerai certainement pas mon énorme chien qui a une allure un peu plus menaçante. Ce n’est pas la clientèle pour ça. »
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LA FORMATION ADÉQUATE Bien que la profession ne soit pas officiellement reconnue au Québec, de nombreuses formations permettent d'agir à titre de zoothérapeute. Celles-ci peuvent durer d’une fin de semaine à deux ans. Selon la Corporation des Zoothérapeutes du Québec, la formation la plus complète est une Attestation d’études collégiales de perfectionnement. Plusieurs programmes donnent accès à cette formation complémentaire au diplôme d’études collégiales. Cependant, selon Mme Pineault, il est important que le thérapeute ait une formation en intervention, car si le contact avec l’animal fait diminuer l’anxiété, seul un intervenant dûment formé sera réellement en mesure d’en identifier la cause. Le contact avec les animaux pourrait aussi réveiller énormément d’émotions chez une personne et il est nécessaire de pouvoir bien intervenir en cas de crise. Elle recommande donc aux gens désirant commencer des traitements de zoothérapie de s’informer sur la formation du thérapeute, afin que les séances soient le plus bénéfiques possible. KATY DESJARDINS
Aux yeux d’Alexandra Pineault, l’animal idéal pour le traitement de l’anxiété est le chien, en raison de sa relation privilégiée avec les humains et de sa nature « caméléon ». Il a une meilleure capacité d’adaptation que d’autres animaux aux
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© Alexandra Pineault
L’ANIMAL IDÉAL
La zoothérapeute Alexandra Pineault peut compter sur son chat, MissTeigne, ainsi que sur sa chienne, Julia, afin de répondre aux besoins de sa clientèle.
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À 8 ans, j’habitais Vanier. Le dimanche, mon père me donnait 10 ¢ pour que je puisse me joindre à la vingtaine de personnes entassées dans un camion à ridelles qui nous trimballait jusqu’à une plage minuscule à l’ouest du pont de Québec. Là, avec d’autres jeunes venus des quartiers populaires, je passais la journée à barboter, à sauter d’un rocher à l’autre et à jouer à la guerre. Dans ce temps-là, les mots anxiété, peur, prudence et sécurité n’avaient pas le même sens qu’aujourd’hui. TOUS CAPOTÉS?
Quelqu’un a dit que l’anxiété, c’est comme une éponge qui s’imbibe du moindre risque — réel ou imaginaire. Selon les chiffres de l’Institut national de santé publique, 12 % de la population québécoise reçoit un diagnostic de trouble mental chaque année. Est-ce vraiment vrai? Sommes-nous tous angoissés, rongés par la peur, au point de réclamer une permanente camisole chimique? Près de 10 % des ados du Québec prennent des médicaments pour traiter les symptômes du TDAH — trois fois plus qu’en Ontario! En 10 ans, le nombre d’ados sous antipsychotiques a presque doublé. Les jeunes sont-ils tous capotés? Comme les autres animaux, les humains sont parfois sereins et parfois angoissés. Or, dans nos cités où les cloisonnements sont multiples et solides, chacun se retrouve isolé. L’âme souffre et l’inquiétude grandit. Pourtant, la ville de Québec n’est pas considérée comme un environnement menaçant : peu y meurent de faim, de froid ou de violence, alors que près des 2/3 des bambins du Venezuela souffrent de dénutrition et que ceux de Tijuana au Mexique doivent survivre dans un milieu où l’on compte cinq homicides par jour — en comparaison, il y en a un ou deux par année à Québec! Ici comme là-bas, personne ne peut se prémunir contre les coups du sort, bien sûr. Nous sommes tous sujets à devoir affronter les incidents et les accidents de la vie, les pertes, les échecs, les maladies, les désordres politiques, les catastrophes naturelles, la mort. C’est le lot de tout être humain.
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TOUS CAPOTÉS?
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Peu solidaires, nous, les urbains, nous retrouvons solitaires devant l’avenir. Pour nous rassurer, nous essayons au moins de le prévoir, que ce soit la température, l’argent ou la santé, sans quoi, nous sommes envahis par une angoisse diffuse. Un psychologue québécois a dit que nous sommes « allergiques à l’incertitude ». LARGUER SA LIBERTÉ
Nous cherchons alors une échappatoire. C’est bien connu, les Québécois sont de fervents souscripteurs de contrats d’assurance. Pourquoi? Le psychosociologue Erich Fromm expliquait : « Dégagé des liens de la société primitive qui le limitaient, mais le rassuraient, l’homme moderne n’a pas encore pleinement conquis son indépendance. La liberté provoque en lui un sentiment d’isolement qui engendre à son tour l’insécurité et l’angoisse ». Chaque fois que nous optons pour davantage de sécurité, nous lâchons un peu de notre liberté. Nous acceptons alors plus de contrôles policiers, plus de caméras de surveillance, plus de règlements. Le lanceur d’alerte Edward Snowden, informaticien de la CIA, a révélé au journal The Guardian que de gigantesques programmes espionnent tous les citoyens. La plupart d’entre nous s’en fichent. « Nous n’avons rien à cacher », répètent certains. Vraiment? Qui n’a pas son petit jardin secret! Admettons un instant que plus de sécurité donne parfois plus de liberté. On n’a guère de liberté en effet quand, comme dans certains pays, on est tyrannisé par une police corrompue, rançonnée par les plus forts. On est porté à réclamer alors plus de sécurité. Dans tous les cas, la peur de l’avenir, du changement, du flâneur, de l’Autre vient du fond des âges. Il faut lutter contre ce penchant handicapant, car la sérénité est une condition de la liberté. Thucydide, célèbre historien de la Grèce antique, a écrit : « Le secret du bonheur, c’est la liberté et le secret de la liberté, c’est le courage ». Pour être libre, il faut donc combattre. Combattre d’abord ses peurs, et ensuite les politiques qui visent à nous enfermer entre quatre murs.
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CLAUDE COSSETTE
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ANXIÉTÉ DE PERFORMANCE
ATTEINDRE SES OBJECTIFS AVEC SÉRÉNITÉ Entre leur travail, leurs études, leurs activités sportives et leurs loisirs, les jeunes d’aujourd’hui font face à beaucoup de responsabilités, ce qui a pour conséquence de générer chez eux de l’anxiété de performance. Dominique Dubé, psychologue au Centre d’aide aux étudiants de l’Université Laval, pense que l’anxiété de performance a toujours été présente et que les étudiants viennent fréquemment demander de l’aide pour gérer ce type d’anxiété.
EFFETS INDÉSIRABLES L’anxiété de performance peut tout de même nuire. En effet, selon Dominique Dubé, à un degré élevé, elle peut affecter la performance et amener la personne anxieuse à éviter certaines choses. Celle-ci serait aussi moins concentrée dans la réalisation de certaines tâches, son attention étant davantage portée sur ses peurs que sur la tâche elle-même. Dans certains cas, une personne qui a beaucoup d’activités à son agenda (sport, études, travail) peut développer une crainte de ne pas respecter les délais en raison d’un horaire trop chargé, ce qui entraîne finalement de l’anxiété de performance. Elle manque alors d’énergie et de temps, donc de préparation. Les personnes perfectionnistes, fatiguées ou enclines à l’anxiété sont aussi plus sensibles que les autres à cette forme d’anxiété.
© Tel-jeunes
L’anxiété de performance est associée à la crainte de l’échec, ou à la crainte de ne pas atteindre ses objectifs, qui sont généralement élevés, voire très élevés. L’anxiété de performance peut être renforcée par des événements, mais aussi par des facteurs psychosociaux, comme les traits de personnalités ou les attitudes. Ces facteurs font en sorte qu’on a plus ou moins de craintes et qu’on se fixe des objectifs plus ou moins rigides. Le facteur du « tout ou rien », qui est un facteur externe et psychosocial, renforce aussi l’anxiété de performance des jeunes. Selon M. Dubé, l’anxiété de perfor-
mance n’est pas diagnostiquée comme une maladie mentale en soi, mais elle fait partie des troubles de l’anxiété, qui sont des troubles de santé mentale. La sévérité des différents symptômes permet de dire s’il s’agit d’un trouble ou non. L’anxiété comme telle est une émotion normale : tout le monde en vit ou en vivra au cours de sa vie, à différents degrés et à différents moments.
L’anxiété de performance peut être liée à la peur d’échouer ou de ne pas obtenir un A ou une note de 100 % à un examen.
Il est à noter que l’anxiété de performance, à un degré élevé, peut aussi provoquer de l’épuisement. À long terme,
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cette grande fatigue peut mener à des humeurs dépressives, voire à des pensées suicidaires. UN PHÉNOMÈNE DIFFICILE À MESURER On peut aussi penser que la société dans laquelle nous vivons exerce une certaine pression sur les jeunes d’aujourd’hui, lesquels, selon M. Dubé, gèrent plus ou moins bien cette pression selon leur personnalité, leurs valeurs et leurs habitudes. En bref, tout le monde vit dans le même contexte, mais personne ne ressent l’anxiété de la même façon. Difficile toutefois pour le Centre d’aide aux étudiants de l’Université Laval de déterminer si plus de jeunes aujourd’hui consultent pour de l’anxiété de performance puisqu’aucune donnée n’est compilée. Cependant, une proportion importante de consultations chez les jeunes est motivée par l’anxiété en général. De plus, l’ampleur du phénomène est difficile à mesurer, puisque le Centre est plus connu qu’il ne l’était auparavant et qu’on parle davantage de l’anxiété de performance, ce qui incite un nombre croissant de jeunes à venir consulter.
M. Dubé donne plusieurs conseils à ses patients afin de réduire leur niveau d’anxiété de performance. Une partie de ses recommandations, ainsi que d’autres informations pertinentes, se trouvent sur le site web du Centre d’aide aux étudiants de l’Université Laval. Isaure Patat
Le saviez-vous? Au Canada, 10 personnes s'enlèvent la vie jour : le suicide est d'ailleurs la deuxième cause de décès en importance chez les jeunes de 15 à 24 ans. Au Québec, le taux de suicide chez les jeunes était jusqu'à récemment parmi plus élevés au monde. Si les causes du suicide sont variées, la maladie mentale, en particulier la dépression, constitue l'un des facteurs de risque les plus courants.
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6 TRUCS POUR COMBATTRE L’ANXIÉTÉ
© Chloé Lemon
Partir une heure d’avance pour être certain de ne pas arriver en retard. Regarder son agenda et paniquer à l’idée de devoir remettre tous ses travaux la semaine suivante. Passer une nuit blanche à trop réfléchir. Ne plus avoir d’ongles à force de les ronger. Voilà des manifestations d’anxiété que l’on peut contrôler. La Quête a recueilli auprès de personnes souffrant d'anxiété légère quelques trucs* faciles à appliquer pour retrouver son calme et son sommeil, et voir ses ongles pousser à nouveau!
pied, la marche et le yoga. « J’ai l’impression que [courir] me ramène à ce qui est vraiment important pour moi! Ça filtre mes pensées, ça aide à éliminer celles qui sont juste le résultat de mon stress », mentionne Élodie. La course à pied, tout comme la marche, sont de bons moyens de faire le vide, de calmer ses pensées et de se concentrer que sur une chose en particulier, comme le paysage. Le yoga est une bonne méthode de se vider l'esprit. L’application « 5 minutes de yoga » propose cinq positions faciles à réaliser sans risque de se blesser. Elle satisfait le besoin de bouger de tous ceux qui n’ont pas le temps ou les moyens de suivre un cours complet.
cis et on arrête de se stresser pour des choses passées ou présentes. Pour y arriver, on peut se demander : « pourquoi est-ce que je fais ce que je suis en train de faire, c’est quoi la raison de mon anxiété? ». Antoine soutient la visualisation lui est très utile , « car les buts à long terme sont plus puissants [que le stress présent] ».
La motivation extérieure
La motivation extérieure désigne le fait de se motiver ou de réduire son stress en pensant à une personne préLe sport cise. Une question classique que l’on peut se poser est : « est-ce que ma mère serait fière de moi? ». C’est une façon de réfléchir en profonLa visualisation deur avant de prendre une décision, mais c’est égaleLa visualisation, ou l'action ment de s’interroger sur la de se projeter dans une si- cause du stress. tuation hypothétique, est un autre truc pour combattre La liste Quelques activités gratuites l'anxiété. En se projetant là permettent de réduire l’an- où on veut être dans la vie, on Faire une liste aide à prendre xiété, comme la course à se concentre sur un but pré- les choses une à la fois, et
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constitue une bonne manière de gérer son temps. Par exemple, lorsqu’il y a plusieurs travaux à remettre dans la même semaine à l’université, cela permet de se concentrer sur ce qui est prioritaire et d’ainsi gagner du temps. On ressent d’ailleurs du soulagement au fur et à mesure qu’on raye des éléments sur notre liste.
Les techniques de respiration Les techniques de respiration, plutôt simples à appliquer, ne prennent pas trop de temps. Il suffit de prendre de grandes respirations pour se remplir les poumons à fond. En faisant cela, on canalise son énergie sur sa respiration et on oublie donc son stress. MAI 2019
© Chloé Lemon
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La musique
Plusieurs personnes soutiennent que la musique est un bon remède contre l’anxiété. « Lorsque j’écoute de la musique, c’est comme si mes sources de stress disparaissent, je me sens plus apaisée par la suite », souligne Noémie. De fait, la musicothérapie est un traitement qui consiste à écouter ou à jouer de la musique. Cette thérapie contribuerait, entre autres, à réduire les symptômes de la dépression, en plus d’être bénéfique pour les personnes souffrant d’anxiété. Il existe notamment des listes de musiques appelées « anti-stress » qui peuvent aider.
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* Ces trucs ne sont pas infaillibles. Il se peut qu’ils fonctionnent bien pour une personne et moins bien pour une autre. Chaque personne est unique. Si vous vous sentez anxieux et ne savez pas quoi faire, parlez-en à un ami ou à un parent, ou faites appel à un organisme spécialisé. En voici quelques-uns : Revivre : https://www.revivre.org/ jai-besoin-daide/ En cas d’urgence : http:// centredecrise.com/
Michel Yacoub
Conseiller en sécurité financière Conseiller en régimes d’assurances collectives Représentant autonome
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LA GESTION DES RISQUES PSYCHO- D SOCIAUX EN MILIEU DE TRAVAIL Le monde du travail n’échappe pas aux problèmes de santé mentale. Au contraire, troubles anxieux et dépressions y trouvent trop souvent un terreau fertile. Un travailleur sur quatre en souffrirait au cours de sa carrière selon la Commission de la santé mentale du Canada. Comment peut-on s’attaquer à ce problème croissant? En général, le travail a un effet bénéfique sur la santé mentale. Il permet de développer différentes habiletés personnelles ainsi que l’estime de soi et favorise les contacts sociaux. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, un milieu de travail est considéré comme étant sain lorsqu’il existe un équilibre entre les demandes faites aux travailleurs et leurs connaissances et aptitudes personnelles, ainsi que le degré de contrôle qu’ils exercent sur leur travail et les ressources et le soutien dont ils disposent pour y répondre. Le développement technologique des dernières années et le contexte de forte concurrence actuel ont entraîné d’importants changements dans les milieux professionnels. Ces changements se sont traduits, entre autres, par un bouleversement de cette perception d’équilibre et une augmentation des risques psychosociaux. Les risques psychosociaux en milieu de travail font référence à différents éléments qui peuvent affecter la santé des travailleurs exposés. Plus concrètement, ces éléments comprennent la surcharge de travail, le manque d’autonomie, de communication, d’information, de soutien social, de reconnaissance ou d’ouverture de l’employeur envers les mesures de conciliation travail-vie personnelle, l’imprécision des consignes ou des mandats, la précarité d’emploi, ainsi que les relations tendues ou conflictuelles. QUAND LA CAPACITÉ DE GÉRER LE STRESS SE DÉTÉRIORE… Ces risques engendrent du stress, lequel se définit par l’ensemble des réactions que les travailleurs adoptent lorsqu’ils sont
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confrontés à des exigences ou pressions professionnelles qui ne correspondent pas à leurs connaissances et aptitudes, et qui leur donnent l’impression de ne pas avoir les outils pour y faire face. Les impacts de ces situations ont été étudiés par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui confirme que les travailleurs stressés risquent davantage d’avoir recours à l’abus d’alcool ou d’autres substances et de développer différents problèmes de santé physique et mentale comme la dépression et les troubles anxieux. L’INSPQ explique également qu’au sein d’une entreprise, les travailleurs exposés à des contraintes psychosociales sont particulièrement susceptibles de contribuer à l’augmentation des cas de présentéisme et d’absentéisme, au renouvellement accru du personnel, aux problèmes de discipline et de sécurité, à la naissance de tensions et de conflits au sein du personnel, à la baisse du niveau de motivation et à la diminution des performances. Ces problèmes peuvent donc également impliquer des coûts supplémentaires pour le milieu de travail, entre autres, en faisant augmenter le nombre de demandes d’indemnités.
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favorise pas toujours la conciliation travail-famille et le mieux-être personnel. « Les gens sont stressés et ce n’est pas juste au travail! On n’a plus de coupure entre le travail et la maison, alors si tu as un problème au travail, c’est difficile de ne pas traîner le stress qui y est associé à la maison. C’est vraiment important de penser à ça parce que moi je n’ai pas envie que les enfants de mes employés me perçoivent comme un monstre qui les envahit », affirme l’entrepreneur. AGIR EN AMONT Plusieurs chercheurs ont prouvé que les mesures prises pour favoriser la santé mentale et soutenir les personnes vulnérables en milieu professionnel favorisent non seulement la bonne santé des travailleurs, mais aussi la productivité des entreprises. Agir en amont afin d’identifier et d’éliminer les différents facteurs de risques psychosociaux présents au travail afin de préserver la bonne santé des travailleurs, c’est l’affaire de tous! MARYLIE LABERGE-SÉVIGNY
… C’EST TOUT LE MONDE QUI ÉCOPE Une réduction des risques psychosociaux au travail est donc à la fois bénéfique à la santé des travailleurs et au bon fonctionnement de l’entreprise. M. Masse, propriétaire de compagnie, se confie. « Les changements technologiques, ça m’a demandé beaucoup d’adaptation! Par exemple, j’envoyais mes courriels le soir et ça n’avait jamais posé de problème! Le monde me répondait le lendemain matin. J’en avais un [employé] qui répondait toujours dans les minutes qui suivaient. Ben il a fait un burn-out parce qu’il travaillait trop. J’ai fait un méchant saut quand j’ai réalisé que j’y avais contribué! » L’évolution de la technologie fait que la vie familiale s’impose au travail et que le travail fait intrusion dans les activités domestiques. Or, la technologie ne
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L'ESPOIR AU CUBE
IL Y A DES JOURS Il y a des jours où s’agitent des vagues dans ma tête. De petites ondulations frémissent sur ma nuque et craquent dans mon cou. De plus grosses me tordent les omoplates et pénètrent dans mon dos comme une lame de couteau. Il y a de ces vagues énormes qui me rompent les reins, mais il y a aussi, dans mon corps, mon cœur et mon âme, la vie. Celle qui me nourrit, qui me dit de persévérer, celle qui laisse présager un temps meilleur qui ne sera pas inondé par l’anxiété. Les pensées défilent au cœur de mon imaginaire, ne me laissant aucun repos. Je suis fatigué, mais ne peux m’endormir. Je laisse couler ce flot, mais le débit est trop rapide et constant comme la chute et son éternel ressac. « L’espérance; un rêve qui veille. » (Carlo Dossi) Je rêve que le calme s’installe bien à sa place au cœur du courant qui déferle. J’aimerais me retirer du torrent, relaxer, m’objectiver. Puis-je trouver ma place à l’intérieur de ce tumulte sans être constamment bouleversé, renversé, déstabilisé par ce flot incessant de pensées angoissantes
qui circule comme une veine dans mon corps, qui me perce le cœur et s’infiltre jusque dans mon âme? Je suis las d’épuiser mes ressources et impatient d’un résultat qui tarde à se manifester. Je cherche une route intérieure qui sera sûre tout en me permettant d’y poser le pied à mon rythme de jour en jour parfois aussi rapidement que le débit du courant parfois aussi lentement que l’escargot qui le longe sur la rive. Je sais que je suis sur la bonne voie. La vie se charge de me ramener à une juste mesure. Je me suis engagé envers moi-même. J’ai trop longtemps négligé le calme intérieur pour atteindre des objectifs faussés par une vision extérieure, égocentrique et égoïste. Je me suis souvent cassé le nez sur un projet plus grand que moi. Parfois l’anxiété m’a rattrapé et m’a fait passer à côté de belles opportunités. Je ne suis qu’un humain englobant toute sa splendeur et toutes ses défaillances. Je reconnais ma vulnérabilité et je m’en fais une partenaire qui sert ma vraie nature d’homme. Je ne deviens plus esclave de mes faiblesses, mais je les utilise comme une composante dynamique de ma démarche évolutive. L’anxiété m’habite toujours, mais je construis le pont qui rétablira la circulation entre l’intérieur et l’extérieur. Je travaille avec patience, constance et confiance. Je sais que le calme reviendra, je ne vise plus la perfection, mais l’équilibre. Je n’abandonnerai surtout pas. Je ne panique plus face à l’imprévu. Je garde confiance que l’anxiété est un processus qui, une fois maîtrisé, me permettra d’entrevoir la vie avec plus souplesse. Je retrouve mes yeux d’enfant, mais je n’oublie surtout pas que maintenant je suis grand…
© Illustration de Marc-Émile Vigneault
« Si on perd l’espoir, on est sans défense devant la vie » (Paul Boudreau) « L’anxiété c’est une fine mouche qu’on essaie d’écraser sur une page blanche de notre vie avant de l’écrire. » (Ça c’est de moi) Simplement,
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MARC ÉMILE VIGNEAULT
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LE JEULE DE LA QUÊTE JEU DE LA QUÊTE PAR JACQUES CARL MORIN par Jacques Carl Morin
CE JEU CONSISTE REMPLIR RANGÉES HORIZONTALES AINSI LES COLONNES ET 20 des Ce jeu consiste à Àremplir lesLES rangées horizontales ainsi que lesQUE colonnes 1 et 20 à 1l’aide À L’AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. CHAQUE définitions, indices ou lettres mélangées ou déjà inscrites. Chaque case grise représente une CASE GRISE UNE LETTRE EST À LA LA DERNIÈRE D’UN MOT ET lettre qui estREPRÉSENTE à la fois la dernière lettreQUI d’un mot etFOIS la première lettreLETTRE du suivant. LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT.
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6- Qui ne parle qu’une seule langue. Être immatériel. Arbre dont le bois est apprécié en sculpture (ITELLLU).
1Ancien dedeville de Saguenay. 1- Ancien nomnom de ville Saguenay. 20- Parc situé au nord de la porte Saint-Jean.
20- Parc situé au nord de la porte Saint-Jean. HORIZONTALEMENT :
1- Le « C » dans le sigle CSN. État américain (SABKE-
Horizontalement : NAR).
7- « Un ____ vaux mieux que deux tu l’auras. » Marquer d’un signe. Bavardage malveillant. Couleur entre le vert et le bleu. 8- Civilisation de l’Amérique précolombienne. Suffisamment. Sinuosité d’une ligne brisée. Bandit, malfaiteur.
2- Autoroute Québec en hommage 1Le « C de » dans lenommé sigle CSN. État àaméricain (SABKENAR).
un roi de France. Ni animal ni minéral. Opposé à largeur.
9- Ouvrage spécialisé dans un art, une science. Parti de
officielle à l’Assemblée nationale. 2- Autoroute de Québec nommé en hommage àl’opposition un roi de France. Ni animal niUnité minéral. de mesure de volume égale à un décimètre cube. Opposé à largeur. Mousseux, gazeux, pétillant. 3- Absence de connaissance. Tristesse profonde, grand chagrin.
4- Instrument à vent (ICANLOR). 3Absencededemusique connaissance. Mousseux, gazeux, 10- pétillant. Élément qui entre dans la composition d’une recette
Club de hockey de Québec aujourd’hui disparu. Saucisson sec originaire d’Italie.
à poil long et à oreilles tombantes.
(ENNETRIGID). Support à trois pieds.
Nombre de signesde du Québec zodiaque. aujourd’hui disparu. 4- Instrument de musique à vent (ICANLOR). Club de hockey Saucisson sec originaire d’Italie. 5- Trou. Bizarre, curieux, singulier. Chien de chasse
5- Trou. Bizarre, curieux, singulier. Chien de chasse à poil long et à oreilles tombantes.
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la langue dans sa poche • L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur. Antoine de Saint-Exupéry, écrivain et aviateur français (1900-1944) • Que d’hommes se pressent vers la lumière non pas pour mieux voir, mais pour mieux briller. Frédéric Nietzsche, écrivain, philosophe et musicien allemand (1844-1900) • Nous ne voyons jamais les choses telles qu’elles sont, nous les voyons telles que nous sommes. Anaïs Nin, écrivaine américaine (1903-1977) CLIN D’ŒIL 1. Le mot « clin » n’est employé que dans l’expression « clin d’œil ». Vrai ou faux? 2. Quelle expression, qui contient le mot « œil », signifie : a. juger des proportions avec une grande justesse b. montrer une sensibilité excessive c. regarder avec plaisir d. regarder rapidement e. avoir une allure vive et alerte 3. L’œil-de-bœuf est une lucarne ronde ou ovale. On écrit, au pluriel : a. des œil-de-bœuf; b. des œils-de-bœufs; c. des œils-de-bœuf. 4. Le défaut de l’œil qui distingue mal les objets rapprochés s’appelle : a. amblyopie; b. presbytie; c. strabisme. 5. Le poème « La conscience » se termine ainsi : « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. » L’auteur en est : a. Paul Claudel; b. Victor Hugo; c. Charles Péguy. 6. Le verbe « zieuter » est souvent employé dans la langue familière, mais il ne figure pas dans les dictionnaires. Vrai ou faux? 7. La science qui étudie l’œil est : a. l’ophtalmologie; b. l’optique. ; c. l’optométrie. 8. L’animal doté de la meilleure acuité visuelle est : l’aigle; b. le caméléon; c. le lynx.
©Antoine Godbout.
LA RUE DU MOIS La rue Marie-de-l’Incarnation est située dans le quartier Saint-Sauveur à Québec. Elle a été aménagée sur un terrain qui appartenait aux Ursulines, autrefois propriétaires de plusieurs terrains dans ce quartier. D’abord appelée rue Saint-André, elle reçut son nom actuel en 1890, en l’honneur de la fondatrice des Ursulines de la Nouvelle-France. Marie Guyart, en religion Marie de l’Incarnation, est née à Tours en France, en 1599. En 1631, veuve et mère d’un fils de onze ans qu’elle confie à sa sœur, elle entre chez les Ursulines de sa ville. Elle rêve de devenir missionnaire. En 1639, en compagnie de MarieMadeleine de la Peltrie, une femme riche et pieuse qui sera sa bienfaitrice, elle quitte la France pour fonder un monastère à Québec. Jusqu’à sa mort en 1672, mère Marie de l’Incarnation consacrera sa vie à l’éducation des jeunes filles françaises et amérindiennes, tout en jouant un rôle actif dans l’organisation sociale de la colonie fondée à Québec en 1608. Elle se fera remarquer comme une femme d’envergure, capable de concilier contemplation et action. Marie de l’Incarnation a été béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1980 et canonisée par le pape François en 2014, sa fête liturgique est célébrée le 30 avril. Le plus haut gratte-ciel de la ville de Québec, communément appelé Complexe G, porte depuis 1989 le nom de Édifice MarieGuyart. On y retrouve notamment les bureaux du ministère de l’Éducation et l’Observatoire de la Capitale. J’attends de vos nouvelles…
Pour dire son mot ou donner un autre son de cloche, rien de plus facile, écrivez à hhgodbout@gmail.com. Merci à vous ! Les réponses des jeux page 27.
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Parfois, je vais prendre un café au Starbucks, coin Cartier et René-Lévesque. Je m’assois sur un des bancs face à une vitrine panoramique d’où je peux observer les piétons qui passent, les voitures et les autobus qui circulent. J’aime particulièrement admirer la sympathique place éphémère que La Ville a installée pour le plus grand bonheur des citoyens. De grosses bottes de foin y trônent ainsi qu’un feu au gaz propane et six chaises Adirondack placées tout autour. Pour moi, la présence du feu est propice à la méditation. Des réflexions et des souvenirs défilent dans ma mémoire. J’aime me rappeler les beaux moments conviviaux et chaleureux passés en compagnie d’amis dans ma région natale, la Mauricie, autour de bons feux de bois les soirs d’été. Des lieux magnifiques sur les rives de la rivière Saint-Maurice ou de l'un des nombreux lacs de se prêtaient bien à ce petit rituel. Bien sûr, après ces doux moments, nous éteignions nos feux avec grande précaution afin d’éviter les désastres d’un feu de forêt.
Lorsque j’allume un feu de camp depuis que je suis revenue au Québec, je médite et je me sens à la fois ici et dans le sud de la France. Je trouve fabuleux que l’élément feu nous fasse autant voyager en pensées et dans notre cœur. De savoir que tant de gens partout dans le monde aiment, comme moi, méditer et rêver devant lui, cela m’émeut au plus haut point! Christiane Voyer
© Photo by Ryan Bruce from Burst
Je conserve aussi de beaux souvenirs de mes deux voyages dans le sud de la France avec un ami natif de Toulouse. Nous avons randonné dans les sentiers des Pyrénées. Mu-
nis de nos sacs de couchage et d’une tente légère bien pliés dans nos grands sacs à dos, nous avons campé dans des endroits pittoresques près des sources d’eau, tout près de jolis villages médiévaux. Je prenais de grosses pierres et des galets sur le bord d’une petite rivière pour ensuite les placer en cercle et allumer un feu au centre. Nous mettions tout d’abord des brindilles et petit à petit quand le feu était bien allumé, nous ajoutions des bûches. C’était si reposant, comme une récompense après nos longues promenades que j’appréciais également parce que nous arrêtions boire aux fontaines centrales de jolis villages. Je découvrais aussi des sentiers balisés où des coquilles, symboles de l’accomplissement du pèlerinage, indiquaient le chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
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ÇA VA MIEUX EN ORBITE Ça va... Ça va mieux qu’hier moins que demain. Je commence à croire que je terrasse la bête. Mon sommeil s’améliore... la vitesse de pointe a diminué et en est maintenant une de croisière. Après les 48 premières heures de décollage puis de vol pour quitter la terre et vaincre l’attraction gravitationnelle, me voici en orbite dans la capsule spatiale que j’ai rejointe.
@ Photo by Jason caruso from Burst
La vue de la terre à partir de l’espace est magnifique. Une fois de plus, une fois encore, le printemps dévisage les lueurs assourdissantes dans les yeux mouillés des Québécois ressuscités. Bernard Songe
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Nos services s’adressent aux personnes qui rencontrent des difficultés d’intégration en emploi en raison d’un problème de santé mentale, de limitations intellectuelles ou d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA).
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LA QUÊTE
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Au-delà des mots, au-delà des sons : l’affect Lorsque le cognitif laisse place à l’émotionnel, il y a tout un monde à découvrir, à redécouvrir. Tu es quelqu’un quand le cognitif répond et tu n’es personne quand il ne répond plus? Je m’insurge contre ça! Quand ton émotionnel devient capitaine du vaisseau, quand ton cognitif s’éteint, une naissance, une renaissance s’instaure. Tu prends naissance, tu deviens toi, et ta relation avec l’autre, les autres, s’en trouve transformée, « transloquée ». L’être est émotif avant d’être cognitif. Ouvre ton cœur, mets ton système limbique en ébullition, et là, à ce moment précis, un contact avec l’autre, dont le cognitif ne répond plus, jaillira, faisant vivre et revivre, d’une émotion à l’autre, ces temps si précieux, gravant des souvenirs inoubliables, inaltérables en chacun. Comment te dire? Les mots ne passent plus, la résonance des sons attendue ne se fait plus. Pourtant, oui, pourtant, quelque chose se passe. Il y a une reconfiguration de la communication faisant appel à la communion des émotions, faisant appel au cerveau émotionnel de tout un chacun. Ce n’est donc plus : « me connais-tu » mais : « me reconnais-tu? ». Le cerveau cognitif ne répond plus ou plutôt ne peut plus répondre à la place du cerveau émotionnel. Qu’est-ce à dire? Plus besoin de mots; simplement de gestes, de regards, établissant une complicité émotionnelle entre toi, moi, et toimême, et moi-même. Entre dans ma maison, regarde par ma fenêtre, et vois, entrevois, mon être, l’essence véritable de mon être, qui, lorsque tu seras entré à petits pas calfeutrés de tendresse, de délicatesse, fera jaillir, tel un volcan, ce qui t’anime, ce qui te réanime, soit, l’émotivité partagée.
lors, mon besoin de présence de l’autre, des autres, afin d’être, se comble, s’estompe. J’ai besoin de l’autre, de sentir, de ressentir sa présence que son absence vient accentuer. J’ai besoin de l’autre pour être. Personne, en présence, alors, pour qui être? Comment te dire, comment se dire, que, sans dire, sans mots, car point n’est besoin de mots pour dire ma présence, que cette communication s’instaure, lorsque l’émotionnel se pointe à l’horizon, déchirant cette toile de rationalité tissée au fil des temps passés. Neuronalement constitué pour être relationnel, une communication en résulte exigeant l’interdépendance se vivant inexorablement au fil du temps. Être émotionnel ou être rationnel? Qui est la capitaine du vaisseau? Point n’est besoin de sons, point n’est besoin de mots pour être relationnel, pour être émotionnel, pour « être ». Merci d’« être ». Sylvain Rouillard
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@ Photo by Zohre Nemati on Unsplash
De cette émotivité partagée naîtra une dignité respective, un lien inaliénable, inaltérable, que, peu importe le temps qu’il fera, le temps qu’il faudra, ce temps passant n’aura aucune emprise. Ces moments de tendresse retrouvés, revécus d’un temps à l’autre, resteront gravés en ma chair, en ta chair, que même une désintégration cognitive ne pourra estomper. La dignité se donne, se transmet, d’un à l’autre, elle est « être », et prend naissance lorsqu’un contact, qu’une synchronie, des affects s’établissent, s’instaurent. Dès MAI 2019
C’était au-delà du ciel Que se déploya En battant des ailes Une blanche oie
Comme un ange...
@ Photo by Miles Storey on Unsplash
Elle qui, jamais N’avait pu contempler Ce que lui réservait La vie, l’infinité Toujours la nuit Dans son triste cocon Elle voyait la pluie Mais pas les bourgeons Toujours, elle s’était battue Mais ce triste oisillon Était quand même mue Par un rêve, une chanson Profondément, en elle Elle savait, elle rêvait Que tout cela n’était, Qu’une étape, cruelle Qu’un jour arriverait Et que tout serait Que souvenirs, lointains Dans son royaume hautain Battant des ailes Elle pousse son cri Et les cieux chancellent Car ils se couvrent de magie... Jasmin Darveau
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RESPE CT Nous ne serons jamais adultères Sinon, nous nous serions aimés En soirée, tard, tard, en soirée Hier, ou avant-hier Nous ne serons jamais © Photo from Pixabay
des amoureux maudits Nous respecterons notre amour interdit Tu le veux ainsi, tu me l’as déclaré Ce sera ma triste réalité. J’avais l’immoralité inouïe
Je m’empêcherai
Entre nous, plaisir
Même dans ma pensée,
que je voulais assouvi
D’être ton tendre amant.
Ce sera notre amour impossible, Son armure physique sera invisible
Dans le plus grand respect, mon cœur
Mais en esprit,
Tu feras quand même
Tu seras toujours ma plus grande amie,
mon plus grand bonheur.
Ainsi, je respecterai ton sentiment, Gaétan Duval
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Miroirs numéro 9
Flexion(s), inflexion(s), réflexion(s) On peut s’intéresser de près, vivement, au plus haut point, passionnément, aux grandes traditions philosophiques, métaphysiques et spirituelles qui ont marqué l’Histoire de l’humanité, et cependant n’en n’embrasser aucune, pour cette simple raison que, en dépit de ce qu’elles présentent de bon, de beau et de captivant aux yeux de qui est curieusement curieux et avide de connaissances, l’on ne s’y reconnait vraiment et totalement nulle part tout à fait chez soi. En outre et en l’occurrence, il ne s’agit pas du tout de se fermer à ces mondes et à la vie de l’esprit, bien au contraire, mais de rester toujours, en cette matière, lucide et honnête afin de ne jamais se laisser fasciner ou envoûter par ce que l’on sera à même d’y découvrir et qui peut, pour soi, constituer un réel enrichissement, — afin d’être sûr et certain, quelle que soit l’expérience, dont l’on retirera sans doute un bénéfice réel et non négligeable celui-ci en effet sera toujours bienvenu, — l’on demeurera tout de même essentiellement, c’est-à-dire dans son être et dans sa pensée, soi-même.
Car l’esprit désireux de faire provision de connaissances, de savoirs et de beauté doit comprendre — et voilà qui est primordial — qu’il lui sera demandé d’être alerte en permanence, de ne jamais s’endormir et, par conséquent, de toujours refuser les somnifères et toutes drogues hallucinogènes qu’il sera peut-être tenté parfois de confondre, erronément, avec les gains cognitifs que, assurément, fera celui qui, au lieu de compter sur l’ivresse de l’extase, toujours passagère, saura s’en remettre à une conscience humble, toujours en quête de ravissements éphémères eux aussi, certes, mais orientés cependant vers la clarté et un irrépressible et inaliénable désir de renouvellement qui à aucun moment ne connaîtra de cesse. Il est bon en effet d’être animé par son feu intérieur — non pas dévoré et consumé par lui (il importe, n’est-ce pas, qu’il n’y ait pas confusion à ce sujet). Jean Pierre
© Brodie Vissers from Burst.jpg
Bref, ne tourner le dos à aucun apprentissage, à la condition toutefois que celui-ci jamais ne s’arrête d’une part, et d’autre part que toute acquisition intellectuelle, morale, philoso-
phique, spirituelle ou artistique soit considérée comme prenant sa juste place — permanente ou provisoire, peu importe ici — ─au sein d’un vaste programme d’exploration faisant appel à une créativité constamment à l’affût, toujours en éveil.
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Ressources Références communautaires Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches et de la MRC de la Haute-Yamaska Tél. : 2-1-1 Aide sociale ADDS Association pour la défense des droits sociaux 301, rue Carillon, Québec Tél. : 418 525-4983 Aide aux femmes Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler! 418 648-2190 ou le 1 888-881-7192 Centre femmes aux trois A Pour la réorganisations sociale 270, 5e rue, Québec Tél. : 418 529-2066 www.cf3a.ca Centre femmes d'aujourd'hui Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec Tél. : 418 651-4280 c.f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org Rose du Nord Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org Support familial Flocons d'espoir Écoute et aide matérielle pour les femmes enceintes 340, rue de Montmartre, sous-sol, porte 4, Québec Tél. : 418 683-8799 ou 418 558-2939 flocons.espoir@videotron.ca Violence Info Sensibilisation, information et intervention pour contrer la violence conjugale. www.violenceinfo.com Alphabétisation Alphabeille Vanier 235, rue Beaucage, Québec Tél. : 418 527-8267 info@alphabeille.com www.alphabeille.com Atout-lire 266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca Le Cœur à lire 177, 71e rue Est, Québec Tél. : 418 841-1042 info@lecoeuralire.com www.lecoeuralire.com Lis-moi tout Limoilou 798, 12e Rue, 1e étage, Québec Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com La Marée des mots 3365, chemin Royal, 3e étage, Québec Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca membre.oricom.ca/lamareedesmots Centre de jour Relais d’Espérance Aider toute personne isolée et en mal de vivre 1001, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 522-3301 Rendez-vous Centre-ville Centre de jour 525, rue St-François Est, Québec Tél. : 418 529-2222 Détresse psychologique Centre de crise de Québec Tél. : 418 688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com Centre de prévention du suicide 1310,1re Avenue, Québec Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca Tel-Aide Québec Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca
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Tel-Jeunes Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com Hébergement Maison de Lauberivière Pour hommes et femmes démunis ou itinérants 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org L'Armée du Salut et La maison Charlotte Hébergement hommes 14, côte du Palais, Québec Tél. : 418 692-3956 poste 1 Hébergement femmes 5, rue Mc Mahon, Québec Tél. : 418 692-3956 poste 2 armeedusalut.ca/quebec Maison Revivre Hébergement pour hommes 261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 523-4343 maison.revivre@gmail.com maisonrevivre.weebly.com SQUAT Basse-Ville Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com Gîte Jeunesse Hébergement temporaire pour garçons de 12 à 17 ans Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec Tél. : 418 666-3225 Résidence de Ste-Foy 3364, rue Rochambau, Québec Tél. : 418 652-9990 YWCA Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes (La Grande Marelle) Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca Réinsertion sociale Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org Fraternité de l'Épi Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec Tél. : 418 523-1731 Maison Dauphine Pour les jeunes de 12 à 24 ans 31, rue D’Auteuil, Québec Tél. : 418 694-9616 courrier@maisondauphine.org www.maisondauphine.org Réinsertion professionnelle À l'aube de l'emploi (Lauberivière) Formation en entretien ménager commercial /buanderie 401, rue St-Paul, Québec 418 694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org Recyclage Vanier Emploi et formation (manutentionnaire, aide-camionneur, préposé à l'entretien) 1095, rue Vincent-Massey, Québec tél.. : 418 527-8050 poste 234 www.recyclagevanier.com Prostitution
Tél. : 418 640-0915 www.caferencontre.org Maison de Lauberivière (Souper) 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 745, Honoré-Mercier, Québec Tél. : 418 692-1762 Santé mentale Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677 centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org La Boussole Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca Centre Communautaire l'Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com Centre d’Entraide Émotions 3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org La Maison l'Éclaircie Troubles alimentaires 2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca Le Pavois 2380, avenue du Mont-Thabor, Québec Tél. : 418 627-9779 Téléc. : 418 627-2157 Le Verger 943, av. Chanoine-Scott, Québec Tél. : 418-657-2227 www.leverger.ca Ocean Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352 Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283 Parents-Espoir Soutien et accompagnement des parents 363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167 Service d'Entraide l'Espoir 125, rue Racine, Québec Tél. : 418 842-9344 seei@videotron.ca www.service-dentraide-espoir.org Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org Toxicomanie Al-Anon et Alateen Alcoolisme Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca Amicale Alfa de Québec 75, rue des Épinettes, Québec Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca
La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com
Point de Repères 225, rue Dorchester, Québec Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com
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LA QUÊTE
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RÉPONSES CLIN D’ŒIL
1. FAUX. Le mot clin existe dans le domaine de la construction; on dira par exemple : un assemblage à clins. 2. Les expressions sont : a. juger des proportions avec une grande justesse : avoir le compas dans l’œil b. montrer une sensibilité excessive : avoir la larme à l’œil c. regarder avec plaisir : se rincer l’œil d. regarder rapidement : jeter un coup d’œil e. avoir une allure vive et alerte : avoir bon pied bon œil 3. C. Des œils-de-bœuf. 4. B. Le défaut de l’œil qui distingue mal les objets rapprochés s’appelle presbytie. Le strabisme est un défaut de parallélisme des axes visuels (loucherie); l’amblyopie est un affaiblissement de la vue. 5. B. Le poème « La conscience’ est extrait de La légende des siècles de Victor Hugo. 6- Qui ne parle qu’une seule langue. Être immatériel. Arbre dont le bois est apprécié en 6. FAUX. Le Robert définit ainsi le verbe « zieuter », ou « zyeuter » : sculpture (ITELLLU). jeter un coup d’œil pour observer quelqu’un ou quelque chose. 7- « Un ____ vaux mieux que deux tu l’auras. » Marquer d’un signe. Bavardage malveillant. Couleur entre le vert et le bleu.
7. A. L’ophtalmologie étudie l’œil. L’optométrie étudie la vision et l’op8- Civilisation de l’Amérique précolombienne. Suffisamment. Sinuosité d’une ligne brisée. Bandit, malfaiteur. tique, la lumière. 9- Ouvrage spécialisé dans un art, une science. Parti de l’opposition officielle à l’Assemblée
Unité de mesure de volume à un proportionnellement décimètre cube. Tristesse profonde,àgrand 8. B. Les nationale. yeux de l’aigle sont trèségale gros sa tête. chagrin. L’aigle jouit d’une vision si incroyable qu’elle lui permet de distinguer Élément qui entre dans la composition d’une recette (ENNETRIGID). Support à trois pieds. le plus10faible mouvement d’une proie à plus de deux kilomètres; il peut Nombre de signes du zodiaque. voir nettement une petite sourisSOLUTION à 1 500 mètres d’altitude.
• Maison Revivre
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• Michel Yacoub
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• Claude Gallichan, chiropraticien
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L’intégrité des mots Certains écrivains pensent que le mot est une
Au détour d’une phrase, à la croisée d’un para-
belle femme, dont les lettres sont le corps : le mot
graphe, le malheur peut surgir sur lui. Ses res-
doit s’affubler de toutes sortes d’habits, — ac-
sources personnelles le protégeront : ses adjec-
cents, ponctuation… — , se parfumer avec divers
tifs, en bons gardes du sens, l’entourent, attributs
alphabets — celte, roman, gothique… —
pour
de l’auteur. Effectivement, Ulysse est bien dans sa
avancer dans le texte, par son chemin. Selon moi,
Poe, dans son mot et dans son texte; il ne craint
toucher à la longueur de ses habits modifie son
rien de personne, même si le Correcteur-Cyclope
apparence, mais pas la profondeur de son sens.
est le Grand Méchant Loup!
Un texte à talons plats est un texte qui a perdu ses accents, point barre. Les mots comptent sur la
Par ailleurs, un plagiat provoque un dédouble-
charité de l’écrivain, car offrir au lecteur un para-
ment de roman; le roman initial peut souffrir de
graphe sans talons, suivi d’un autre paragraphe
problèmes de persona-alité. L’éthique des au-
avec talons, donne un récit qui boite. Si Cendrillon
teurs nécessite peut-être de semer la même his-
épouse le prince charmant à la fin du conte, le lec-
toire dans différents livres, afin d’aider le Petit
teur, véritable Prince Charmant, aime Cendrillon,
Poucet à retourner chez lui, non? Les professeurs
de la première à la dernière ligne.
de lettres ne sont pas psychiatres, mais savent soigner les mots et lutter contre les cancers
Tous les mots sont beaux. Nous lecteurs, devrions
textuels. Les premières métastases attaquent
lancer une pétition dédiée à l’écologie textuelle
d’abord l’orthographe des mots. Toutefois, une
afin de défendre leur intégrité.
faute d’orthographe peut juste être le symptôme d’un mot qui tousse, angoissé de ne pas avoir
La santé mentale du mot est importante, et l’écri-
reçu toutes ses correspondances; en lui remet-
vain tout comme le correcteur, doivent s’en pré-
tant sa lettre volée, on peut à nouveau le lire au
occuper : changer de place un mot dans un para-
pied de la lettre. La lettre manquante, partie en
graphe, ou encore lui permettre de flâner dans un
balade, devient écarlate; le mot retrouve sa voix
texte n’est pas anodin. À l’instar du Petit Chaperon
nette, et le texte sa bonne mine.
Rouge, le mot peut faire une mauvaise rencontre. Si le lecteur peut pleurer devant la mort d’un texte, il est aussi capable de tomber malade. À l’école, certains élèves font de l’anorexie scolaire (avec cette affection, ils ne veulent rien apprendre), tandis que d’autres souffrent d’anorexie littéraire, de manière chronique, et ont la phobie des livres. Toutes les pages sanglotent alors, car elles savent à quel point perdre le
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sens des mots est dramatique.
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Dans une bibliothèque, au cas où vous entendriez un cri, c’est qu’un livre vous appelle. Vous ne le connaissez pas, mais lui, il sait tout de vous, de A à Z. Lisez-le, et ce, jusqu’au point final. Laurence Ducos
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Nature en couleur Amant de la nature je partais aux bois souvent j’admirais la verdure au matin sans aucun vent charmé de ces merveilles qui s’éclairent du soleil. J’admirais de leurs couleurs les beaux oiseaux chanteurs, un splendide nid de moineaux, on dirait un beau chapeau, là-bas sur une branche garnie de fleurs blanches.
© Illustration de Michel Boudreault
Que dire de ce ruisseau qui ruisselait de son eau, voici la libellule dansant comme une bulle. Mes souvenirs ressassés m’enchantent de ses étés. Jamais je ne peux oublier. Ces doux moments coloriés, pourtant loin dans le passé Mon voyage va rester Des images dans mes mots Colorant mes jours nouveaux Enlevant ma coiffure Oh! arrive l’aventure Vivre l’art en nature Michel Boudreault
Un organisme communautaire en santé mentale, porteur d’espoir depuis plus de 25 ans. Notre mission : Offrir des services d’intégration sociale et professionnelle visant le rétablissement de la personne ayant des problèmes de santé mentale au moyen d’activités de travail bénévole. Vous voulez participer aux activités de Croissance Travail ? Pour vous inscrire, contactez-nous au 418 522-1244 poste 221.
Visitez notre page Facebook et notre site Web : croissancetravail.com MAI 2019
LA QUÊTE
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Violence, estime de soi et santé mentale Avez-vous remarqué, lorsque vous regardez les nouvelles, à quel point le monde est violent et souffrant, même parfois notre propre vie et celle des gens qui nous entourent? Nous ne vivons peut-être pas dans une ère aussi sanguinaire que celle des chevaliers à la conquête ou à la défense d’un territoire, mais la violence existe toujours aujourd’hui, souvent subtilement, parfois encore de façon extrême. Elle est grave, car elle peut tuer à petit feu ou drastiquement. Nous sommes coincés sur Terre et qui sait s’il existe une vie après la mort. C’est paniquant! Une chose est sûre, c’est qu’il faut confronter la réalité pour avancer et faire sa place, de façon pacifique idéalement. Ma présente thérapie m’aide à travailler sur mon caractère et mon comportement par la réflexion et la mise en pratique de nouvelles façons d’aborder la vie. Nous sommes tous responsables de notre comportement, car chaque action a un impact et des conséquences sur les autres et notre environnement. L’essence de la vie est violente par défaut. Un accouchement est violent et pénible pour la femme comme pour son bébé, et même pour le père qui appréhende parfois avec angoisse son nouveau rôle. Un rejet, un abandon, le décès d’une personne proche et significative ou des paroles méchantes sont très violents en soi, souvent plus dommageables qu’un coup de poing sur la gueule venant d’un étranger.
Le plus fort gagne et la compétition est partout. La force physique a sa place mais comme disait un acteur dans Les Boys, c’est « la dureté du mental » qui fait toute la différence. Il suffit de trouver un espace mental agréable où se réfugier pour se sentir en paix et en sécurité. La vraie liberté est intérieure. Il faut se donner un temps de répit chaque fois que nécessaire, car la vie n’est pas facile mais vaut la peine d’être vécue. Il ne faut pas attendre de toucher le fond pour commencer à prendre soin de soi. Vaut mieux prévenir que guérir et la négligence ne devrait pas avoir sa place. Je suis issu d’une famille dysfonctionnelle, violente et négligente. Je suis aujourd’hui principalement atteint du trouble de la personnalité limite et affecté par quelques autres problèmes rendant ma vie difficile. Mais je ne désespère pas et demeure positif et combatif. La violence a un impact sur l’estime de soi et la santé mentale. Mon frère est mort pour ces raisons. Vous en saurez plus dans mon livre qui paraîtra au mois de novembre prochain. Je travaille d’abord sur moimême afin de reprendre ma vie en main. J’aimerais un jour faire des conférences dans les écoles et ailleurs sur la violence et ses conséquences. La seule violence acceptable est celle que l’on se fait avec douceur et amour, pas autrement. Les vrais changements doivent venir de nous. Et comme disait mon grand-père : « On attire plus de mouches avec une cuillère de miel qu’un tonneau de vinaigre. » Dormez sur ça et faites attention à vous et aux autres pour vivre dans l’harmonie…
© Photo by Lindsay Moe on Unsplash
Vincent Grandmont
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LA QUÊTE
MAI 2019
New York et des nouvelles de l’humanité En mars, je me suis retrouvé à New York. Un peu par hasard. Mon intention initiale était d’aller à Paris, puis à Rome, puis à Genève et peut-être à Mexico. Seulement pour quelques jours. Cependant, des problèmes de billets d’avion de dernière minute, en places disponibles, ont mis fin à mes rêves d’escapade exotique. La contrainte des jours ouvrables à ma disposition pour ces « petites vacances » m’a convaincu de mettre en œuvre un plan B. J’ai dormi à Montréal, dans cet hôtel que je fréquente trop souvent. Un peu après minuit, j’ai décidé que j’allais filer vers New York dès le lendemain. Malgré l’annonce d’une violente tempête, comme un gros cave insouciant, j’ai pris la route. J’ai traversé l’État de New York, ralenti par cette tempête rugissante, au volant de ma vieille « eep » qui sent l’humidité, le vieux café et le restant de muffin au chocolat. J’utilise ici le présent de l’indicatif pour qualifier l’odeur, car elle semble vouloir s’inscrire dans un continuum temporel qui menace de durer jusqu’à l’infini. Je l’appelle ma « eep » parce que le « J » est tombé du capot, comme une vieille dent pourrie. Pour cette lettre en plastique argentée, l’hiver a été dur. Pour moi aussi.
Je suis arrivé à New York très tard, le vendredi soir. Me suis perdu et re-perdu entre ses gratte-ciel. Le lendemain, j’ai flâné dans ses rues et je me suis accroché le genou contre un vélo libre-service. Et c’est là que j’ai compris, pour la deuxième fois, que l’humanité n’était pas si mal en point. Pendant deux jours, j’ai roulé avec ces vélos libre-service dispersés à chaque coin de rue. À petites doses, je me suis senti revivre. J’oublie parfois que le vélo, ça fait revivre. Pendant deux jours, j’ai dépoussiéré mes sens afin d’éviter les portières qui s’ouvrent à l’improviste, les camions cubes qui changent de voie sans délicatesse aucune et les milliers de piétons. Cette marée humaine qui me semblait, du haut de ce vélo bleu, belle, fine et compatissante. Pendant deux jours, j’ai constaté que rouler à New York était un vrai plaisir. J’ai épluché des secondes veloutées entre les rayons de la New York Public Library. J’ai bouquiné au Strand, une immense librairie de livres usagés. Et au Housing Works, un organisme/café/librairie qui vient en aide aux personnes séropositives en situation d’itinérance. Sur la route du retour, je me suis dit, pour la troisième fois, que l’humanité n’était pas si mal en point. Les tempêtes finissent toujours par passer. Mathieu Meunier
© Photo de Mathieu Meunier
C’est lors de cette tempête que mon pneu arrière a crevé. Aussi nul que la visibilité, j’ai continué à rouler jusqu’à la prochaine sortie. J’ai abouti dans un garage d’une autre époque où des piles de magazines s’empilaient sur le comptoir, où l’ordinateur et le WiFi brillaient par leur absence, où la dame au comptoir m’a accueilli avec un sourire d’une largeur excessive. Où, pour la première fois depuis longtemps, j’ai vu une feuille sortir d’un télécopieur. Ça sentait l’huile à moteur et les croustilles au ketchup. Dans le coin, deux vieilles distributrices à bonbons s’éri-
geaient fièrement. Comme des gardes du corps à la retraite, en marchette. Dans leur bazar, les garçons de la dame ont déniché deux pneus usagés qu’ils ont posés/balancés sur ma vieille « eep ». La dame m’a remis une facture écrite à la main. C’est là que j’ai compris que l’humanité n’était pas si mal en point.
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LA QUÊTE
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ensemble
POUR UN MONDE PLUS JUSTE
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Ensemble, nous avons le pouvoir d’agir.
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LA QUÊTE
lacsq.org/sst
La Quête - 7 po x 2,25 po, noir et blanc
MAI 2019
Vivre en maison de chambres L’une des prémisses sur lesquelles s’appuie le Comité Maison de chambres de Québec est que l’amélioration significative de la qualité de vie des chambreurs passe par l’action intersectorielle. En effet, les préoccupations concernant les conditions de logement des chambreurs et chambreuses sont partagées par plusieurs acteurs issus de divers milieux. Chacun est appelé à participer sous une base égalitaire et à collaborer dans l’identification et la réalisation d’actions visant l’amélioration des conditions de vie des chambreurs. Parmi eux, les propriétaires de maisons de chambres et de chambres et pension qui sont des acteurs incontournables pour la réalisation de cette mission. Un propriétaire partageant les valeurs du CMCQ y participe et d’autres propriétaires collaborent également activement. Leur rôle est important. Toutefois, ce ne sont pas tous les propriétaires qui ont cette volonté. Vous arrivez à votre chambre et constatez que tous vos effets personnels ont été sortis sur le trottoir, ou encore que la serrure de votre porte a été changée et vous n’avez plus accès à votre chambre? Il s’agit de pratiques illégales, mais malheureusement fréquentes dans plusieurs maisons de chambres.
La fiche du mois : Expulsion illégale
Ton propriétaire n’a pas le droit de t’expulser de ta chambre en mettant tes biens personnels à la rue ou en changeant la serrure de la porte de ta chambre. À moins d’un accord entre toi et ton propriétaire pour mettre fin à ton bail, c’est seulement la Régie du logement qui peut exiger que tu quittes ta chambre… … même si tu as un bail VERBAL !!! Si tu ne te sens pas en sécurité pour aller récupérer tes biens à la suite d’une expulsion illégale, tu peux demander l’aider des policiers. Ce n’est pas un déménagement, mais tu pourras au moins récupérer tes biens essentiels (p. ex., médicaments, lunettes, vêtements). Tu dois remplir le formulaire Récupération des effets personnels * du Service de police de la Ville de Québec avant de faire le 911. N’hésite pas à appeler au CMCQ, si tu as des questions!
Le Comité Maison de chambres de Québec (CMCQ) est une table de concertation intersectorielle qui œuvre à l’amélioration des conditions de vie pour les personnes vivant en maison de chambres. Il est riche de la présence et de l’expertise de l’ensemble des partenaires avec qui il collabore, dont des chambreurs et anciens chambreurs, qui sont au cœur des prises de décisions et orientations du CMCQ depuis ses débuts.
* Ce formulaire est disponible à la Centrale de police, sur le Web en googlant ou au bureau du Comité Maison de chambres de Québec.
190, rue St-Joseph Est, Québec, QC G1K 3A7 • Tél. : 418 522-4040
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© Courtoisie : Madeleine Aubin
POUR MON AMI SIMON
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Hébergement
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Stresse pas. Centraide est lĂ .
Centraide. Aide. centraide-quebec.com