S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant une carte d’identification. 2 $ sur le prix de vente va directement au camelot.
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Le magazine de rue de Québec Numéro 213 Avril 2019
Conception : Sandra Potvin Photo : Michaël Gosselin
CKRL_Automne_2018_Quete.pdf
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PROGRAMMATION AUTOMNE-HIVER 2018-2019 CKRL891
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SOMMAIRE OSSIER
© Courtoisie : wikipédia
AVEC PLEIN DE GENRES! 07
Politicien et politi cienne : pareil pas pareil?
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T’as un beau genre mon fils!
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La stigmatisation silencieuse
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Homme, femme ou… autre?
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Un service de garde pas comme les autres
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Parlons d’une culture (plus) féminine
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Rotterdam Le coût de la différence
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Éloge de la polarité
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Le jeu de La Quête
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La langue dans sa poche
AVRIL 2019
L’hiver au Québec
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Un ami pour la vie
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D’Amour et de Sainte Gaffe!
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© Courtoisie Quebec Solidaire
JEUX
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LA QUÊTE
Région Esprit Lui Un poussin dans mon œil Trésors d’humanité Réflexions de la femme lotus
© Photo by Matthew Henry from Burst
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POUR LE PLAISIR DE LIRE
HRONIQUES
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Es-tu genré ou genderqueer ?
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Des mots pour le dire...
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Parler de style
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Pour le plaisir de lire
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PAGE COUVERTURE Photo : Michaël Gosselin Modèle : Nicolas Brie, Megan Kelso Conception graphique : Sandra Potvin
RÉALISER L’ESPOIR Camelots recherchés
L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment
donné Hey toi! de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés Tu as 18compte ans ou plus. pour cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, Tu veux te faire quelques dollars? etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs Pour plus d’informations autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, Appelle-nous au certain pouvoir sur leur vie. reprendre un Travaille à ton compte. Pas d’horaire. à la vente - surdelarue rue par des Vends le magazine La!-Quête
418 649-9145 poste 33 Ou L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des Viens nous rencontrer au services d’accompagnement 190, rue St-Joseph Est (coin Caron)communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche logement par le biais de son service Accroche-Toit. Dans l’église d’un Jacques-Cartier
Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.
ÉDITEUR Archipel d’Entraide ÉDITEUR PARRAIN Claude Cossette RÉDACTRICE EN CHEF Francine Chatigny DIRECTRICE DE L’INFORMATION Valérie Gaudreau SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Isabelle Noël COLLABORATEUR À LA PRODUCTION Jean-Claude Picard CHRONIQUEURS Philippe Bouchard, Martine Corrivault, Claude Cossette et Richard Langlois
SUIVEZ-NOUS SUR
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UNE TRIBUNE POUR TOUS
JOURNALISTES Sébastien Agostini-Cayer, Gabrielle Beaupré, Adrien Cloutier, Pierre-Olivier Francoeur, Chloé Lemon et Camille Tremblay-Antoine
Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu. Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux.
AUTEURS Julie Bellemare, Michel Bonnelly, Sonia Boutet, Mam’zelle Deneige, Gaétan Duval, Floriane, François Gagnon, Renée Perron, Mathieu Rioux, Benoit Turbide et Christiane Voyerr
Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 1er du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique de juin : Végétal.
AUTEURS DES JEUX Hélène Huot et Jacques Carl Morin
FAIRE DES SOUS EN DEVENANT CAMELOT
Les camelots récoltent 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31
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COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE Camelots recherchés
Nom: Adresse: Travaille à ton compte. Pas d’horaire. Ville: Vends le magazine de rue La Quête Code postal: Pour plus d’informations Appelle-nous au 418Date : 649-9145 poste 33
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Hey toi! Tu as 18 ans ou plus. Tu veux te faire quelques dollars?
Ou Viens nous rencontrer au 190, rue St-Joseph Est (coin Caron) Dans l’église Jacques-Cartier
Téléphone: La Quête est appuyée financièrement par : Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI)
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65$ 80$ 90$
RÉVISEURS Benoit Arsenault, Véronique Hardy ainsi que les étudiantes et les étudiants du cours de Réécriture et révision de l'Université Laval ainsi que leur enseignante, Caroline Tremblay. BÉDÉISTE Madeleine Aubin ILLUSTRATEUR Benoit Gingras INFOGRAPHISTE Sandra Potvin IMPRIMEUR Imprimerie STAMPA inc. 418 681-0284 COPYLEFT La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d’auteur Creative Commons « Paternité Pas d'Utilisation commerciale - Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n’est pas commercial, permet de l’utiliser et de le diffuser tout en protégeant l’intégralité de l’original et en mentionnant le nom des auteurs.
Journal La Quête
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LA QUÊTE
AVRIL 2019
AVEC PLEIN DE GENRES L’époque de l’identification binaire homme-femme est révolue. Aujourd’hui, on s’affiche librement dans une pluralité des genres : non binaires, queers, intersexes, non conformes de genre, etc. L’équipe de La Quête s’attarde, ce mois-ci, à cette « nouvelle » réalité qui touche toutes les sphères de la vie. Un dossier qui saura vous plaire, on l’espère!
M OT DE LA COORDO
Ce maillage renforce la conviction, tant du producteur que des artistes impliqués, qu’ils défendent quelque chose d’important. « Il y a plusieurs gars qui ont souffert de ça [masculinité toxique] et qui en souffrent encore », insiste M. Fournier. Choc des cultures
Pour en savoir plus sur la pluralité de genres. L’organisme Divergenres propose des ateliers et des conférences pour démystifier la pluralité des genres. L’organisme offre aussi de l’accompagnement aux personnes en questionnement. (https://divergenres.wordpress.com)
Si au cours des rencontres, des mentors « ont parfois pogné leurs deux minutes », avoue le producteur en rigolant, certains mentorés ont pensé abandonner. « Certains ont connu des périodes de peur et d’incertitude; ce qui est normal ». C’est pourquoi est rattachée au projet, Gabrielle Bélanger, intervenante sociale et artiste visuelle, dont le rôle est d’accompagner les participants qui rencontrent des difficultés.
Un projet, une visée Masculinité toxique En octobre dernier, Léa Fischer-Albert, idéatrice du projet de médiation culturelle associée à la pièce Foreman, communique avec La Quête. Elle cherche des hommes pour participer à un projet d’écriture dramatique. Seulement des hommes? Oui, car cette œuvre, écrite et produite par l’acteur Charles Fournier traite essentiellement de la masculinité toxique et de ce qui en découle : difficulté à exprimer ses émotions, comportements violents, solitude, etc. Avec Catherine Côté, M. Fournier dirige Mon père est mort, une compagnie de théâtre qui favorise l’expression des sansvoix. « Foreman donne la parole à un type d’homme qui la prend moins. Alors, la médiation culturelle ça allait de soi pour moi avec ce spectacle », admet le producteur qui poursuit « je me suis donné le droit de m’aimer assez pour penser que les gens ont peut-être envie d’entendre ce que j’ai à dire. J’ai voulu donner cette possibilité à d’autres hommes, qui ont des parcours différents. »
En plus du privilège de voir leurs créations présentées au Périscope, les participants recevront un droit de suite ($!) et une paire de billets pour Foreman, visiteront le théâtre, et assisteront à une répétition suivie d’un dîner avec toute l’équipe. Enfin, on leur remettra un cahier souvenir qui immortalisera leur expérience. Tout autant que le projet d’écriture, ces « cadeaux » sont des manifestations de la médiation culturelle. « En ce qui nous concerne, c’est la rencontre entre le théâtre et des hommes qui bénéficient de l’aide d’organismes communautaires et qui ont plus ou moins de contact avec le milieu des arts, encore moins avec le milieu du théâtre. » L’objectif poursuivi par le trio Côté, Fischer-Albert et Fournier est d’amener ces hommes à s’approprier le théâtre,rien de moins! « Les gars, vous avez le droit d’écrire, vous avez le droit d’être entendu et les pièces qui sont jouées au théâtre, ça peut s’adresser à vous ».
Et le résultat ? Valoriser la parole de l’homme « ordinaire » Les initiateurs de cette médiation culturelle frappent alors à la porte du Centre résidentiel et communautaire Jacques-Cartier, de la Maison Painchaud de l’Archipel d’Entraide (La Quête) et pour constituer un bassin de participants. Douze hommes répondent à l’appel. Dans ce processus créatif, ils sont accompagnés par des artistes de la scène reconnus : Michel Nadeau, Patric Saucier, Erika Soucy, Anne-Marie Olivier et Isabelle Hubert. À l’issue d’une grande rencontre, riche en échanges sur les intérêts et les bagages de chacun, des tandems mentoré-mentor se forment. Chaque tandem se rencontre ensuite sur une base régulière. « Ça été des rencontres hyper enrichissantes », soutient le producteur qui mentore lui-même deux participants.
AVRIL 2019
Les douze textes seront mis en lecture par la metteuse en scène Catherine Côté et interprétés par des comédiens professionnels lors d’un 5 à 7 qui précédera la représentation du 25 avril. Il y sera entre autres question de relation homme-femme, d’amour, de solitude et de vécu. Il y aura des mots d’hommes ordinaires qui « se livrent avec beaucoup d’humilité et de vulnérabilité. Comme on en trouve à peu d’endroits dans la vie. Les participants ne sont pas en représentation d’euxmêmes, ils sont juste eux », conclut M. Fournier.
LA QUÊTE
FRANCINE CHATIGNY
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HRONIQUE
ES-TU GENRÉ OU GENDERQUEER ?
La langue française marque les mots d’un indice de genre, masculin ou féminin, même pour les objets ou les abstractions, et il est convenu qu’à l’écrit « le masculin l’emporte sur le féminin ». J’ai essayé d’écrire un chapitre de mon dernier livre en utilisant un « féminin inclusif » (!). Comme ceci : « Dans le monde de l’humour québécois, les gars comme les filles sont vraiment éblouissantes ». Ça n’a pas fonctionné. LE GENRE DES OBJETS Pourquoi disons-nous une maison, mais un manteau? Comme les humains, les objets auraient un genre? Étrange! Cette caractéristique de répartir les mots selon le genre n’est pas commune à toutes les langues. On connaît la difficulté pour une personne de langue anglaise de coupler le bon genre à un nouveau mot français qu’elle essaie d’utiliser : « Je vais vous remettre LE clé… », dit-elle, hésitante. On la corrige puis elle risque : « Sur LA crochet? ». Pourquoi pas une crochet? Le gendre accordé à un objet est culturel. D’ailleurs, en allemand on dit UN clé : der Schlüssel. Ce qui paraît « naturel » à la majorité, ne l’est pas pour tous, même quand il s’agit du genre des personnes. En finlandais ou en basque, la discrimination des personnes selon le genre n’existe pas toujours. « Si [en finlandais] vous parlez de votre grand-mère, vous direz : “Ça (et non pas elle) racontait des histoires” » explique la traductrice Marion Maurin. Pourquoi le mot individu est-il masculin s’il comprend également femmes et hommes? Et pourquoi le mot personne est-il féminin s’il englobe les deux sexes? En 1927, cette question fut soumise aux tribunaux : le mot « personne » inscrit dans la Constitution du Canada incluait-il les femmes? La Cour suprême stipula que le mot ne s’appliquait qu’aux hommes. Deux ans plus tard, en appel, c’est la cour du Conseil privé de Londres qui infirma le jugement : les femmes étaient des personnes, ce qui permit de nommer une première femme au Sénat.
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LES PIÈGES DU GENRE La psyché humaine entraîne, de manière naturelle, à tout répartir sur un pôle binaire : un feu/une eau, un soleil/une lune, un pied/une main. Comme dans le genre humain : un homme/une femme. Chez les animaux, mâle et femelle se retrouvent souvent inclus dans une même appellation. On dit un aigle que ce soit un mâle ou une femelle; et on dit une fourmi, femelle ou mâle. Toutefois, on attribue une étiquette sexuée aux animaux qui sont plus familiers aux humains. Par exemple, un singe/une guenon, une vache/un bœuf, ainsi de suite. Revenons au genre humain. Bien que la polarisation soit la norme, la culture contemporaine la questionne; il y a des personnes qui répugnent à être catégorisées selon le genre. Elles ne veulent être ni un IL, ni une ELLE. C’est ainsi que l’on entend de plus en plus souvent parler des « LGBT+ », un sigle qui englobe les communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres et assimilées. La majorité des humains sont sexués — on dit de plus en plus « genrés ». Contrairement à l’orientation sexuelle qui est la résultante d’une attirance psychosociale, le genre, c’est une perception liée au corps même. On estime que 1 % des gens ressentent une certaine ambiguïté quant à leur genre. Ils se situent quelque part entre la « mâlité » et la « femellité ». On dit que, contrairement à la majorité, ces personnes affichent une identité non binaire. Ils sont genderqueer disent les anglophones. La sexologue Stéphanie Houle travaille avec les jeunes transgenres. Elle raconte cette scène à Jessica Nadeau qui l’interviewe pour Le Devoir : « Comment ça se passe à l’école? demande la professionnelle à un adolescent qui, récemment encore, habitait un corps de fille. “Tellement bien! répond celui-ci. […] C’est la seule place où on m’appelle par mon nom de gars” ».
LA QUÊTE
CLAUDE COSSETTE
AVRIL 2019
POLITICIEN ET POLITICIENNE :
EST-CE PAREIL EN 2019? « Les idées, les propositions mises de l’avant par les politiciens doivent primer sur tout le reste », assure Manon Massé. Bien que la parité au sein des partis politiques soit presque atteinte au Canada, la cheffe de Québec solidaire observe que la question de l’égalité des genres en politique est toujours d’actualité en 2019. En pratique, Manon Massé constate qu’on s’attend à ce que les politiciennes « fassent les choses comme les hommes ». « Depuis des millénaires, gouverner appartient aux hommes », explique Manon Massé. Selon la cheffe du troisième groupe d’opposition, la place n’est donc pas facile à prendre pour les femmes parce que les attentes ont été construites à partir de la manière qu’ont les hommes de faire de la politique. La professeure de science politique Joanna Everitt est la référence canadienne en analyse de l’influence du genre en politique. Dans ses recherches, elle observe de forts stéréotypes chez les citoyens par rapport au genre et à l’orientation sexuelle des politiciens. Les électeurs s’attendent majoritairement à ce que les femmes soient calmes, près de leurs valeurs et maternelles, alors que les hommes doivent projeter une image de force, de leadership et de confiance. La professeure explique que c’est toutefois l’inverse pour les politiciens qui s’affichent comme étant homosexuels. Cependant, ce sont des caractéristiques typiquement masculines que les citoyens disent rechercher chez un « bon » politicien.
L’IMAGE EN POLITIQUE Les politiciens sont très conscients de leur image, selon Mme Everitt, et ils l’utilisent souvent de façon bien calculée, en s’appuyant sur les stéréotypes ou non, pour créer un personnage qui répond à certains critères. Cette façade est souvent construite en fonction des perceptions de l’électorat ciblé : les partis positionnés à droite ont des candidats dont l’image respecte habituellement les stéréotypes dominants, alors que les partis de gauche recrutent davantage des politiciens en marge de ces stéréotypes. Au Canada, les principaux partis aux extrémités du spectre politique illustrent les propos de Mme Everitt. À droite, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, mise sur son image de père de famille « traditionnel ». À gauche, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh se démarque en étant le premier chef à porter le turban. SUR LA SCÈNE PROVINCIALE Manon Massé s’affiche comme une parlementaire lesbienne. Elle affirme ne pas tenter de se conformer aux stéréotypes. « Je suis fière de qui je suis et je suis convaincue que la diversité est une force à Québec solidaire. Je pense sincèrement que plus on s’assume comme on est, plus on contribue
OSSIER
à la déconstruction des préjugés. Ce que je mets de l’avant n’est pas le fait que je sois lesbienne, c’est que je suis une femme entière. » cheffe de Québec solidaire se questionne toutefois sur l’image que les journalistes projettent de sa personnalité politique. Elle explique que les citoyens qu’elle rencontre sont souvent surpris de sa gentillesse, alors qu’elle semble plus sévère dans les médias. L’ORIENTATION SEXUELLE : UNE INFORMATION IMPORTANTE? Manon Massé parle ouvertement de son homosexualité, mais ce n’est pas le cas de tous les politiciens, qui voient souvent cette information dévoilée sans leur accord par les médias. Joanna Everitt se questionne sur la pertinence pour ces derniers de divulguer l’orientation sexuelle des politiciens, observant qu’ils le font souvent dans l’optique d’attirer une plus grande audience. Bien que, pour la plupart, les électeurs ne changent pas leur vote en apprenant cette nouvelle « sensationnaliste », ils s’intéressent tout de même à ce genre de « potins ». Au Canada, 5 % des électeurs affirment ne pas vouloir voter pour une personne non hétérosexuelle, comparativement à 25 % aux États-Unis. CAMILLE TREMBLAY-ANTOINE
© Courtoisie Quebec Solidaire
Quelles sont les implications d’une telle situation pour les politiciens? Mme Everitt est d’avis que les femmes sont pénalisées dans cette équation, car il leur est difficile de satisfaire les électeurs. « On veut des politiciens forts, mais quand une femme l’est, on la trouve trop agressive. On veut des politiciens impliqués, mais quand une femme s’implique corps et âme dans sa carrière, on se demande où sont ses valeurs familiales », précise-t-elle.
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Manon Massé, cheffe de Québec Solidaire.
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Dès son plus jeune âge, je sentais que mon fils était différent. Peut-être l’intuition d’une mère… Nicolas aimait se déguiser, et mettre les talons hauts de sa marraine. Dans les magasins, il regardait toujours les « trucs de filles » : Barbies, films, livres, matériel de bricolages, etc. Est-ce que j’aurais dû lui dire non et lui acheter des camions et des fusils ? Certainement pas !!! Je ne sais pas exactement pourquoi il aimait ces choses, mais je pense que son côté artiste ressortait déjà, car il faut le dire, les objets pour les filles sont beaucoup plus brillants et colorés ! Sa journée préférée était l’Halloween; il s’y préparait plusieurs mois à l’avance, prenant le temps de bien choisir son costume. Son choix s’arrêtait souvent à Lady Gaga, son idole depuis longtemps. Pour lui, cette journée lui permettait d’exprimer ses préférences et ses goûts, sans trop attirer l’attention sur lui. Après tout, c’est la journée parfaite pour se fondre dans la masse. À partir de la 3e année, ça a commencé à être difficile pour nous. Sa différence dérangeait de plus en plus. Même dans notre entourage, nous nous sentions jugés… Il dessinait des princesses et des sirènes, et choisissait des cartons roses et mauves. Pour ces raisons, j’ai dû rencontrer la direction de l’école, le professeur, la tra-
vailleuse sociale et la psychologue. Seule la psychologue m’a démontré que j’étais une bonne mère et que j’agissais de la bonne façon avec mon fils. « L’important est de l’accepter tel qu’il est, de lui démontrer que peu importe ses choix, vous l’aimez, et qu’il doit apprendre à avoir confiance en lui, à s’aimer et se respecter. »
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© Courtoisie Sonia Boutet
T'AS UN BEAU GENRE, MON FILS!
Nicolas à 8 ans.
Au secondaire, Nicolas avait déjà une confiance en lui plus affirmée. Son côté extraverti est apparu en même temps que son goût prononcé pour les cosmétiques et les perruques. Il est particulièrement talentueux dans l’art du maquillage, qui est devenu une véritable passion. Avec la famille, il était plus gêné, mais un certain Noël, nous avons reçu beaucoup de monde à la maison. Quand Nicolas m’a demandé s’il pouvait se maquiller, je lui ai dit qu’il pouvait faire ce qu’il voulait, car il est chez lui, et le jugement n’a pas sa place dans notre maison. Depuis, mon fils se maquille pour travailler et aller à l’école. Il se sent bien, et les regards curieux et dégoûtés qu’ils remarquent parfois ne semblent pas trop le déranger. C’est surtout moi qui trouve cela
difficile… Ça me fâche de voir la réaction des gens; tsé le cœur d’une mère, ça saigne parfois ! Son look et son orientation sexuelle ne m’ont jamais dérangé. J’ai surtout eu peur qu’il soit né dans le « mauvais corps ». Peur de tout ce que mon fils aurait à traverser dans les prochaines années s’il décidait de changer de sexe, car c’est un long cheminement, autant psychologique que physique. Après en avoir longuement et souvent discuté avec lui, c’est clair qu’il aime qui il est. En tant que mère monoparentale avec mes deux enfants, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour les rendre heureux. J’ai eu énormément d’angoisse face à Nicolas, peur qu’il ne se sente pas accepté, qu’il soit intimidé, même qu’il subisse des agressions… J’ai eu peur de faire les choses de la mauvaise manière, mais en écoutant mon cœur, je crois que j’ai réussi l’éducation de mes enfants, et bien sûr, à ce que Nicolas s’accepte et s’assume.
© Courtoisie Sonia Boutet
Et maintenant, à l’aube de ses 18 ans, je peux dire mission accomplie ! Bien sûr, il devra affronter seul plusieurs épreuves au cours de sa vie, mais il sait que je serai toujours là, pas très loin derrière, à m’assurer que tout va bien. SONIA BOUTET Nicolas et sa mère Sonia.
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LA STIGMATISATION SILENCIEUSE D On ne considère plus une personne en fonction de son genre, mais en fonction de ce qu’elle est, en tant qu’être humain. Est-ce la nouvelle façon de penser dans notre société? Ou est-ce qu’on assiste seulement à une stigmatisation, disons, plus silencieuse? Nicolas se considère comme androgyne. Jason, lui, est transsexuel. Les deux affirment ne pas avoir vécu de stigmatisation, mais, est-ce vraiment à cause d’un changement de mentalité ou est-ce seulement moins flagrant qu’auparavant?
membres des communautés LGBT et le manque de ressources mises à leur disposition. L’identification des toilettes constitue un bel exemple de ce phénomène. « Ç’a été une bête noire au cégep, ça m’a vraiment marqué », souligne Jason. Lors du processus de changement de sexe, il y a toujours un entre-deux. Étant donné que les toilettes sont identifiées, soit pour femmes, soit pour hommes ça pose un problème.
DES RESSOURCES INSUFFISANTES Le dictionnaire Larousse définit la stigmatisation comme l'acte de « dénoncer, critiquer publiquement quelqu’un ou un acte que l’on juge moralement condamnable ou répréhensible ». Si l’on se fie à cette définition, ni Jason ni Nicolas n'ont vécu de stigmatisation. « Quand j’ai commencé à me maquiller, les gens m’ont regardé différemment », avoue toutefois Nicolas. S'agirait-il de stigmatisation silencieuse, à savoir une forme de stigmatisation qui ne réside pas dans la critique ou la dénonciation publique de ce que l’on juge inapproprié, mais dans les regards lancés aux AVRIL 2019
sondés dans les groupes LGBT ont l'impression que les ressources disponibles pour avoir du soutien et de l'aide sont insuffisantes ». UN PARCOURS SINUEUX Jason ne s’était pas baigné depuis quelques années, soit parce qu’il avait des seins, soit parce qu’il était en période postopératoire. Cependant, l’été dernier, il a décidé d’aller à une plage publique. Malgré le fait qu’il ait subi une mastectomie, l’opération qui consiste à enlever complètement les seins, ça l’inquiétait un peu. « L’avis des autres m’importe quand même, je m’en fous un peu, mais en même temps, le monde qui te regarde, te regarde », exprime-t-il. Et puis, même s’il n’a plus de seins, il a des cicatrices. Finalement, tout s’est bien déroulé, en dépit de quelques regards scrutateurs. « Le monde regardait vite fait, mais c’est correct », se souvient-il. © archive
Selon le Sondage réalités LGBT réalisé en 2017 par la Fondation Jasmin-Roy, les membres des communautés LGBT représentent 13 % de la population canadienne. Toujours selon ce sondage, la génération des 15 à 24 ans commencerait à se questionner plus tôt sur leur identité sexuelle, en plus de se dévoiler et de s’accepter plus rapidement que les générations précédentes.
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« Je ne veux pas aller du côté des gars, car si je rencontre quelqu’un que je connais, il va me poser des questions, car je suis une fille », explique Jason. « Je ne peux pas aller du côté des filles puisque j’ai les cheveux courts et que je m’habille en gars, donc les filles vont encore plus me regarder croche », ajoute-t-il. Où va-t-il, dans ce cas? Dans une toilette mixte? Il y en a seulement une, au 6e étage, alors que ses locaux de classe sont au soussol. Le manque d’installations pour répondre aux besoins des personnes transgenres est flagrant dans ce cas. Le sondage de la Fondation Jasmin Roy révèle d’ailleurs que « 58 % des LA QUÊTE
Cette histoire montre bien à quel point il est régulièrement soumis à des regards interrogateurs. Cette situation en est une parmi tant d’autres, dans un monde où rien n’est jamais parfait. Il faut apprendre à vivre avec les comparaisons, puisque « tu n’auras jamais ce que l’autre a à 100 % », conclut-il. UN MESSAGE D'ESPOIR Malgré tout, Jason lance un beau message. « Si [quelque chose] n’a pas fonctionné, il y a toujours une façon de passer par-dessus ». Quant à Nicolas, il donne à qui veut l’entendre le conseil « d’être soi-même ». CHLOÉ LEMON
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Doit-on inclure une case « autre » dans tous les sondages et questionnaires visant à recueillir des informations personnelles? La tendance s’inscrit en ce sens, puisque de plus en plus d’individus, et particulièrement des jeunes, s’identifient comme non binaires.
« Cette fameuse question, homme/ femme, ce n’est que la pointe d’un iceberg où il y a plein de façons de faire sentir à des personnes qu’elles sont exclues de notre société », soutient le directeur général de l’organisme le GRIS-Québec, André Tardif.
Homme, femme… autre. Cette dernière catégorie ratisse large. De plus en plus utilisée par les firmes de sondages et les chercheurs, la case « autre » englobe les personnes non binaires (dont le genre n’est ni exclusivement masculin ni exclusivement féminin), agenres (s’identifiant comme sans genre) et trans, ainsi que les personnes qui, d’une manière ou d’une autre, rejettent ou critiquent la bicatégorisation des sexes, explique la chercheuse associée à la Chaire de recherche sur l’homophobie de l’Université du Québec à Montréal, Gabrielle Richard.
Bien qu’il dénote une volonté d’inclusion et de représentation, le terme « autre » pose encore problème. « Autre, ça fait presque rejet! », plaide André Tardif, qui propose un choix de réponse plus humain, tel que « Je m’identifie autrement », s’il est vraiment nécessaire de départager les genres.
© Société canadienne du sida
HOMME, FEMME OU… AUTRE?
La Société canadienne du sida propose trois
À son avis, le genre constitue bien souvent un « angle mort » qui échappe aux interrogations des sondeurs. En science, cette question est souvent posée par défaut, sans réel questionnement sur la pertinence de la donnée. Est-il toujours nécessaire d’élargir les catégories de genre? Si oui, quelle est la question idéale à poser? Sinon, quels impacts ce choix peut-il avoir sur les individus non binaires?
À l’Université du Québec à Monoptions de base sur le genre ou le genre sexuel dans tréal, Gabrielle Richard suggère une les formulaires simples. approche éthique qui offre la possibilité aux répondants d’inscrire leur beaucoup, beaucoup [de non-binaires]. identité de genre dans un champ libre, ou On donne même un coup de main à la encore de ne pas répondre. « Trop souvent, Commission scolaire de la Capitale, qui les questionnaires d’enquête rendent les est en train de mettre en place une straquestions sur le genre obligatoires, si bien tégie d’accompagnement, de soutien aux que les personnes qui ne se retrouvent pas jeunes trans et non binaires, au primaire dans les catégories disponibles se voient et au secondaire. » contraintes d’en sélectionner une qui ne leur correspond pas entièrement ou Pour André Tardif, il s’agit d’un « grand d’abandonner la complétion du question- changement », notamment attribuable à naire. » l’arrivée d’internet et à la visibilité accrue
FAVORISER L'EXCLUSION
DÉVOILER SON IDENTITÉ
De récentes études ont démontré que l’invisibilité ou la non-reconnaissance des minorités sexuelles et de genre peut avoir de lourdes conséquences sur la santé mentale des membres de ces communautés.
Les statistiques concernant l’identification non binaire sont difficiles à obtenir. La diversité des identités de genre et leur simple absence de certains questionnaires compliquent le dénombrement.
© André Tardif
« Il est difficile d’établir à quel pourcentage de la population cela peut correspondre, mais des enquêtes récentes laissent entendre que les jeunes posent un regard critique sur les normes de genre, plus critique que celui de leurs aînées », explique Gabrielle Richard.
Le GRIS-Québec est un organisme communautaire sans but lucratif qui sensibilise le public à la diversité des orientations sexuelles et des identités de genres, notamment par des témoignages en milieu scolaire.
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Sur le terrain, le DG du GRIS-Québec fait le même constat. « Dans les milieux jeunesse, les milieux scolaires, on voit beaucoup,
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des individus non binaires dans les médias, les séries télé, les films et les livres. « Sans cette information, selon laquelle il est possible d’exister en tant que personne trans ou non binaire ces personnes se seraient peutêtre simplement conformées au genre assigné à la naissance. » « Ce ne sont pas les jeunes qui sont différents. On entend, de temps à autre, "Oh, mon Dieu, les jeunes, aujourd’hui, ça a donc ben changé!" Non. Ça n’a pas changé. Les jeunes d’aujourd’hui, par le niveau assez élevé d’informations qu’ils peuvent avoir, ne font qu’opérer un dévoilement », précise André Tardif. ADRIEN CLOUTIER Pour plus d’informations, il est possible de consulter le site de l’organisme le GRIS-Québec, au grisquebec.ca.
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UN SERVICE DE GARDE PAS COMME LES AUTRES Considérée comme étant non conventionnelle, l’éducation non genrée est une « nouvelle » manière d’éduquer les enfants. Caroline, intervenante dans le milieu de la petite enfance, offre avec son service de garde alternatif, une éducation non genrée à sa jeune clientèle. Elle privilégie une approche « centrée sur l’enfant, où l’apprentissage est basé sur les sens et l’expérience ». Avec la nature à proximité, les activités en plein air avec les enfants sont très fréquentes. « Je veux faire vivre aux enfants une expérience d’immersion et de proximité́ avec la nature, bénéficiant ainsi de ses nombreux bienfaits tant sur les habitudes de vie que sur le développement global », indique-t-elle. Elle souhaite les accompagner dans leurs découvertes et éveiller leur curiosité tout en encourageant leur autonomie et leur permettre un apprentissage par le biais de l’expérimentation.
différence, développera sa tolérance et son empathie envers autrui, et comprendra les diversités de tous et de chacun et les respectera. En ne distinguant pas les activités réservées aux filles et aux garçons, l’enfant développera plus facilement ses compétences, comme son imagination, sa motricité, sa minutie, etc., sa personnalité et ses intérêts personnels. Par exemple, un jouet sécuritaire et adapté pour les enfants restera un jouet, quel qu’il soit. Poupée ou camion de pompiers, l’enfant, lorsqu’il l’aura dans les mains, développera son imagination et sa création. Le développement de la motricité de l’enfant se fera notamment lorsque celui-ci grimpera dans les arbres. Ne pas tenir compte des préjugés liés au genre donne à l’enfant l’opportunité, en n’évoquant pas le genre de l’enfant et
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en n’ayant aucun préjugé à cet égard, d’être libre de choisir ses activités en fonction de ses centres d’intérêt. Caroline a une vision similaire en ce qui concerne les couleurs. En effet, celles-ci se retrouvent dans la nature et chacune d’entre elles est utilisée pour exprimer des émotions. « Qu’un ami préfère le vert, le rose ou le gris, il s’agit simplement d’un goût personnel. Ce ne sont que des couleurs après tout ! Les goûts se développent, changent et s’expriment de différentes façons », souligne Caroline. « Pourquoi seraient-elles réservées à un genre en particulier ? Pourquoi y aurait-il des couleurs taboues [d’un genre à l’autre] ? Il faut simplement y aller avec celles que l’on aime », spécifie-t-elle. GABRIELLE BEAUPRÉ
© Gabrielle Beaupré
Pour Caroline, l’éducation non genrée ne consiste pas à refuser de catégoriser un enfant dans un genre ou dans un autre, c’est-à-dire comme un garçon ou une fille, mais bien de mettre les principales valeurs de l’éducation bienveillante en avant-plan. « L’éducation non genrée propose simplement de respecter l’individu dans ses besoins et ses goûts personnels, sans imposer à ce dernier des catégories que l’on pense plus féminines pour les filles ou masculines pour les garçons », mentionne-t-elle. L’éducatrice croit alors qu’en ne valorisant pas le genre de l’enfant, ce dernier apprendra la
LE REGARD D’UN SOCIOLOGUE Michel Dorais, sociologue de la sexualité et professeur titulaire à l’Université Laval, explique que le sexe de l’enfant, et non pas son genre, est une « construction » qui lui appartient. « Ce ne sera pas déterminant dans la façon de l’élever et dans les opportunités qui lui sont offertes en termes de jeux, intérêts, sports, éducation, etc. », dit-il. « Une éducation ouverte, ajoute M. Dorais, et inclusive, non genrée, laisse justement à l’enfant une liberté d’expérimentation, sans présumer que le masculin serait supérieur au féminin, et vice versa, ni même que ces catégories sont importantes. En fait, les catégories “masculin” et “féminin” deviennent désuètes lorsque l’on se détache des stéréotypes et des rôles traditionnels de genre, et que l’on pense et agit par-delà la présumée binarité des sexes et des genres ». Pour plus d’informations sur l’éducation non genrée, l’ouvrage « Nouvel éloge de la diversité sexuelle » de Michel Dorais sortira en mai prochain.
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PARLONS D'UNE CULTURE (PLUS) FÉMININE D Le rôle des femmes dans les recherches scientifiques, contrairement à celui des hommes, a été minimisé au cours des derniers siècles. Si cette inégalité existe dans différentes communautés intellectuelles, notons également qu'elle peut s'insinuer dans les rapports et ainsi constituer une forme de culture. À la fin du XIXe siècle, Margaret W. Rossiter, historienne des sciences, évoque ce déni de l'apport des femmes dans les différents champs scientifiques. Il existe, à ses yeux, une dissimulation de leur contribution dans de nombreux travaux scientifiques. Ce phénomène sera d'ailleurs théorisé et nommé « l'effet Matilda ». L'un des cas les plus flagrants est celui de Nettie Maria Stevens (1861-1912). La biologiste, qui se spécialise en cytologie, joue un rôle essentiel dans la découverte de la fonction des chromosomes dans l'hérédité et la détermination du sexe au début XXe siècle. D'abord refusées par ses pairs à la suite à sa mort, notamment par son ex-enseignant Thomas Hunt Morgan (1856-1945), les conclusions de ses recherches sont reprises par
le généticien américain Edmund Beecher Wilson (1856-1939) avant d'être finalement acceptées par la communauté scientifique. On peut imaginer d'autres récits similaires lorsqu'on observe la liste des lauréats des Prix Nobel (en sciences) depuis leur création, en 1901. Force est de constater que la présence des femmes dans les palmarès est assez faible. Au centième anniversaire des prix, en 2001, on recensait, en médecine, en physique et en chimie, 12 gagnantes et 454 gagnants. Dix-huit ans plus tard, en 2019, les résultats ne sont guère plus reluisants. En effet, on ne dénombre que 54 lauréates, dans toutes les catégories confondues (sciences, paix, littérature, économie), soit un peu plus de 5 % de tous les vainqueurs.
La culture des hommes Le genre masculin, qui exerce une influence considérable dans certaines communautés intellectuelles, semble s'immiscer, aussi, dans différentes sphères publiques et privées, ainsi que dans la noosphère, à savoir la sphère de « la pensée humaine » selon Pierre Teilhard de Chardin (1881-19550).
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Or, la « sphère de la pensée humaine » n'est pas autre chose que cette dimension qui construit (et circonscrit) la culture partagée et adoptée par les membres d'une société. Le professeur de philosophie à l'Université de Strasbourg, Philippe Capelle-Dumont, présente la culture comme « un acte intellectuel par lequel ont été accumulés des éléments […] des critères d'appréhension du monde ». À ce compte-là, est-il possible d'envisager que l'organisation du monde repose sur des critères d'appréhension masculins? Simone de Beauvoir pense, à ce sujet, que l'inégalité entre les sexes est culturellement construite et non naturelle. Autrement dit, l'homme, , par sa domination, induit une idéologie où la femme est un être biologiquement inférieur. Diane Lamoureux, professeure à la faculté de sociologie de l'Université Laval, souligne que « la division du travail genrée » met en lumière cette inégalité culturelle entre les sexes. On peut juger, dit-elle, que l'égalité homme-femme est une « valeur fondamentale de la société québécoise », mais l'émancipation féminine n'est pas chose terminée. Une iniquité salariale existe toujours dans l'ensemble des sociétés industrialisées, et la « conciliation travail-famille » est beaucoup plus laborieuse pour les femmes.
© Courtoisie : wikipédia
Et c'est sans compter la domination sexuelle à laquelle elles sont parfois soumises, ainsi que les différentes pressions sociales qu'elles subissent. Par exemple, on peut penser aux stéréotypes quant au nombre de partenaires et à la fréquence des rapports sexuels, au choix de carrière ou même à l'expression de leur moi qui, dans diverses circonstances, sont sujets à des critiques hostiles de la part de certains hommes. Rita Levi-Montalcini, prix Nobel de physiologie ou médecine 1986 pour la découverte des facteurs de croissance de cellules nerveuses. Elle est l’une des 18 femmes qui reçu l’un 583 Prix Nobel a avoir été décernés depuis 1901.
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DES MOTS POUR LE DIRE...
Oui, il faut des mots pour le dire puis apprendre à vivre et laisser vivre. Dire quoi? Qui l’on est. À qui? D’abord, à soimême. Se reconnaître à travers ses actes, ses pensées, ses sentiments, ses besoins. Et accepter les mots qui portent tout ça en sachant, comme dit le rappeur Manu Militari, que chacun est responsable de ce qu’il dit, « pas de c’que les autres pensent autour. » Et que « la vie est trop courte pour être petite. » À chacun de décider s’il a du temps à perdre. Les sciences es-psy, celles qui s’intéressent à l’esprit et au comportement des gens perturbés, ont réussi à convaincre les sociétés que chaque être doit entrer dans une case, prévue et définie avant même sa naissance. Parce que, dit-on, l’hérédité, la génétique, les influences et même « le temps qu’il faisait le jour où tes parents t’ont fait », tout ça influe sur qui tu es et joue sur ton destin. « Et si tu ne fittes pas, attends-toi à c’qu’on t’découpe c’qui dépasse ». Quelqu’un a dû écrire ça quelque part, je ne sais pas où. On ne peut pas tout lire, tout écouter et se souvenir de tout, surtout quand on sait que la vie est courte. Et que, « attendre après son destin, c’est pour les faibles. » (Les mots en italique sont de Manu). Devant la panoplie de catégories et de genres, chacun de vous peut encore refuser d’être défini par la case où l’on prétend vous ranger, dans une catégorie qui déterminera quels seront vos choix, vos sentiments les plus intimes, les actes que vous pourriez poser, vos pensées, vos goûts et vos envies. Vraiment, est-ce ainsi qu’un être libre veut vivre? Pour répondre à la question, il faut trouver les mots, mais on a aussi le droit de ne pas répondre et d’ÊTRE, tout simplement. Comme dans cette chanson que le duo français Monsieur-Madame a écrite pour le concours de l’Eurovision, « Je suis. Ne demandez pas qui je suis. Je suis. » Celui qui défendait cette œuvre, un jeune Français d’origine marocaine, portant perruque blonde à frange et sobre costume de garçon, s’est retrouvé dans la ligne de tir des réseaux sociaux dont certains utilisateurs ne sont pas plus brillants en Europe qu’en Amérique. Demandons-nous pourquoi il est si important d’être entendu par ces gens qui croient se grandir en écrasant qui ne ressemble pas à leur reflet.
jour où quelqu’un ou quelque chose trouble notre béatitude arrogante, nous dérange, nous réveille, nous choque. Faut-il donc se déguiser en « marginal » pour être entendu? Ce n’est pas toujours ce que cherche celui qui reçoit l’étiquette. Chaque être a son histoire. Le beau mensonge qui prétendait que tous naissent égaux continue de causer des drames parce que, dans la réalité, nous sommes tous différents mais avec les mêmes besoins de reconnaissance, d’affection et d’amour. Les sociétés modernes « organisées » admettent difficilement ce qui échappe à leur contrôle. D’où leurs petites cases pour identifier chaque citoyen selon sa couleur, son genre, son langage et ses habits. La nature n’est pas seule à commettre des erreurs. Demandez ce qu’il en pense à celui que vous percevez comme le résultat d’un « accident de la nature » ou d’un « coup du destin » : vous serez surpris de ce qu’il vous apprendra sur l’égalité des êtres. L’univers des sciences et des arts reconnaît désormais l’apport exceptionnel de certaines personnes frappées d’autisme, par exemple. Et on ne compte plus les carrières internationales de musiciens aveugles. Ici nous avons le rockeur Martin Deschamps dont l’énergie balaie tout malaises que pourraient susciter ses malformations. Des personnes touchées par un handicap réalisent des performances exceptionnelles dont nombre de gens de condition « normale » seraient absolument incapables d’accomplir. Dans le monde des sportifs, combien d’athlètes canadiens ont rapporté des médailles aux Jeux paralympiques : Chantal Petitclerc, Brian McKeever, Alex Dupont, Alex Guimond... et bien d’autres, encore inconnus, avancent dans l’anonymat le plus complet! Tous ceux-là ont un jour décidé qu’ils avaient une vie à vivre et pas de temps à perdre à essayer d’être « conformes à la norme ». Mais il leur a fallu du courage, de l’audace, le soutien, la compréhension et l’admiration de leurs proches pour simplement « vivre et laisser vivre » en traversant les tempêtes avec la passion d’être rivée au cœur. Alors, nos petits bobos...
Nous sommes tous, dans une certaine mesure, des aveugles, des malentendants d’une réalité pourtant criante. Jusqu’au
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MARTINE CORRIVAULT
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LE COÛT DE LA DIFFÉRENCE Pour sa troisième production de la saison, La Bordée présentait jusqu’au 9 février 2019 la pièce Rotterdam. D’une durée d’un peu plus de deux heures, l’œuvre porte un regard touchant et sans tabou sur l’identité sexuelle et la différence, un sujet bien d’actualité. Résumé critique de notre journaliste et entrevue avec Michel Nadeau, directeur artistique du théâtre. La comédie dramatique mise en scène par Édith Patenaude nous situe à Rotterdam, ville portuaire où tout semble en mouvement constant. Tout, mis à part les deux protagonistes : Fiona et Alice, interprétées respectivement par Pascale Renaud-Hébert et Marie-Hélène Gendreau. L’immo-
bilisme des deux jeunes anglaises, qui s’y trouvent depuis maintenant sept ans, tire son origine d’une réalité qui les unit, mais les exclut de leur patrie : leur homosexualité. Chacune devra affronter une situation qui la tourmentera tout au long de la pièce et conduira le couple à sa perte. Alors qu’Alice semble incapable d’envoyer un courriel à ses parents pour leur annoncer son homosexualité, Fiona fait une déclaration pour le moins inattendue : elle souhaite vivre en tant qu’homme. À travers les différents tableaux d’une pièce humaine et poignante jouée avec beaucoup de justesse, le public est sensibilisé à des sujets sociétaux
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comme la perception des autres en fonction du genre, les préjugés, l’acceptation de soi, la fidélité dans l’adversité et bien d’autres. Les interprètes sont crédibles et attachants dans leur rôle respectif, et l’œuvre nous expose une réalité trop souvent oubliée : le coût de la différence. Elle pose également une série de questions... Peut-on rêver de devenir ce que nous n’avons jamais été? L’amour est-il conditionnel au genre de notre partenaire? Dans quelle mesure l’approbation de nos parents dicte-t-elle nos choix? Jusqu’à quel point nos actions et notre identité sont-elles définies par notre genre?
Entrevue avec Michel Nadeau La Quête (LQ) : Quel est votre rôle en tant que directeur artistique de La Bordée? Michel Nadeau (MN) : Je m’occupe de faire la programmation, de choisir les pièces et les metteurs en scène. Je discute avec ces derniers pour le choix des comédiens et je suis toujours le processus de conception et les répétitions pour pouvoir donner mon point de vue au metteur en scène. LQ : Comment une pièce qui traite d’autant de sujets tabous a-t-elle été reçue par le public? MN : Vraiment bien! À la sortie des représentations chaque membre du public est invité à donner son appréciation sur une échelle graduée de « Pas du tout » jusqu’à « À la folie ». Le taux d’appréciation des gens qui ont aimé est de 94 %! LQ : Y a-t-il eu une manière particulière, au niveau artistique et scénographique, de vous préparer pour cette pièce? MN : Nous avons travaillé avec le regroupement GRIS-Québec, qui est un organisme qui donne de l’information sur l’homosexualité, mais aussi sur la transidentité. La metteuse en scène a travaillé en amont pour s’assurer que les sujets sont abordés respectueusement, et des membres de la communauté LGBT ont été consultés à différents niveaux. Il y a eu un travail de sensibilisation pour qu’on présente la pièce de la bonne façon. L’art, moteur de réflexion et de transformation Le but de l’art est certes de nous émouvoir et de nous émerveiller, mais aussi de nous confronter à des réalités et à des idées, afin que germent en nous questionnement et introspection. Notre société a une longue route à parcourir pour que chaque individu y trouve sa place et y soit accepté tel qu’il est, ou tel qu’il souhaite être. La pièce Rotterdam constitue sans équivoque un pas dans la bonne direction. En espérant que les réflexions qu’elle apporte puissent faire bon chemin… SÉBASTIEN AGOSTINI-CAYER
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ÉLOGE DE LA POLARITÉ Le passé est l’instance critique par excellence. ~Michelet J’entends souvent des Québécoises dire que les Français sont machos, que la France est « en retard ». La France ?! Patrie du libertinage et de la galanterie ! En retard sur quoi d’abord ? Alors que le Québec était encore une colonie, la mixité heureuse était déjà une tradition française admirée dans toute l’Europe. À sa mort en 1592, c’est à Marie de Gournay que Montaigne lègue sa bibliothèque. Descartes écrit son Discours de la méthode en français pour pouvoir être lu par le beau sexe. Ce qui deviendra les Maximes de La Rochefoucauld fut d’abord un jeu avec Mesdames de Sablé et de La Fayette. La Fontaine n’échappe au courroux de Louis XIV qu’avec le soutien des femmes, qui à l’époque, d’un bon mot, faisaient et défaisaient les réputations. Et ma chère Ninon de Lenclos ─ dont je porte les mots « la joie d’un esprit en marque la force » comme un viatique ─, virtuose du luth, collectionneuse d’amants, classés en « payeurs », « martyrs » et « caprices », à qui Molière demande de corriger son Tartuffe, et de qui le Roi-Soleil lui-même se fait rapporter les opinions… Aller dire à cette femme qu’elle était dominée par le patriarcat ! Au XVIIe siècle, la noblesse d’épée se met à l’école des clercs et des lettrées dans les salons tenus par des artistes du loisir comme Ninon et Madame de Rambouillet. La belle tradition française de la conversation dont nous sommes les lointains héritiers a pour origine et pour maîtres des femmes. La rencontre des deux sexes dans un même lieu, leur adaptation réciproque, tempère les défauts et les divers égoïsmes. À l’épreuve du loisir galant, l’honnête homme se dépouille de ses avantages vulgaires, « sa masculinité devient une œuvre d’art dont la féminité est l’auteur »,
écrit Marc Fumaroli1. Avec leur autorité propre, les femmes imposent les règles, éduquent, modèrent les plaisanteries salaces des hommes, leur vanité, leur brutalité, en les entraînant à coopérer à ce que Madame de Scudéry appelle « l’esprit de joie ». Comme cet esprit joyeux nous semble lointain à nous qui vivons sous la doxa féministe. L’état de guerre civile qui règne entre les sexes donne parfois l’impression que nous avons régressé et que le XVIIe siècle était en avance sur le nôtre. Nous ne savons plus nous parler, nous séduire, nous toucher. « Nous n’aimons plus suffisamment la partition que l’Occident et tout particulièrement la France ont orchestrée sur ce thème du commerce des sexes pour la défendre contre une théorie qui en désaccorde toutes les harmoniques », écrit Bérénice Levet2. Tout est interprété à travers le prisme de la domination, masculine évidemment. Comme si les femmes n’exerçaient aucun pouvoir sur les hommes. Le patriarcat dont on nous rebat les oreilles est moribond. Ce n’est pas d’excès de virilité que les hommes souffrent, mais d’identité contestée, de confusion et d’une rupture de la transmission. « Le combat de l’égalité est gagné » (Élisabeth Lévy). Ne soyez pas mauvaises gagnantes. « Le féminisme, c’est fini » (Annie Le Brun, en 1977). Plus personne, ou presque, dans nos contrées progressistes ne souhaite revenir en arrière. Certainement pas ici au Québec, un « matriarcat psychologique » comme dit Denise Bombardier.
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devant qui il ne faudrait pas prononcer certaines paroles grivoises ne ressemble guère aux femmes que je fréquente. Aucune d’entre elles ne se dit féministe d’ailleurs. Notre obsession de l’égalité nous pousse à ne concevoir dans toute différence qu’une manifestation de la discrimination ou de l’injustice. Mais croire que nous pourrions neutraliser la division sexuelle relève de l’utopie. L’unisexe est une contradiction dans les termes, l’oxymore par excellence. La différence sexuelle poursuit un conflit primordial inscrit dans la mémoire génétique que nous partageons avec l’ensemble des espèces animales ─ conflit obscur et irrésolu qui se joue dans nos chairs. L’altérité est au fondement anthropologique de notre humanité et la sexualité en est le lieu privilégié. Exaltons la précieuse différence dont nous sommes les dépositaires, l’« asymétrie faite chair » (Pascal Quignard), l’« évidence géométrique » de l’accouplement (Houellebecq), la polarité érotique, l’imbrication jouissive... MATHIEU RIOUX
En mai 1968, les femmes dégrafaient leurs soutiens-gorges et voulaient jouir sans entraves dans la même innocence que les hommes. Aujourd’hui, la fête est finie, la chair est triste et nos féministes voudraient libérer les pauvres victimes que sont redevenues les femmes de ses brutes à rééduquer que seraient les hommes. Cette créature chétive aux chastes oreilles
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Marc Fumaroli, La Diplomatie de l’esprit : de Montaigne à La Fontaine, Hermann, 1995.
2
Bérénice Levet, La Théorie du genre ou Le Monde rêvé des anges : l’identité sexuée comme malédiction, Paris, Grasset, 2014.
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de la classe dominante en rejetant la société de consommation. Ce courant de pensée fait aujourd’hui un retour… obligé. Et avec raison, car la planète n’aura bientôt plus assez de ressources pour subpp e Bo venir aux besoins de tous ses uch ard habitants.
Début des genres
Les « flower power » prônaient également une ouverture sur le monde et favorisaient les échanges interculturels. À ce chapitre aussi, le changement se fait à pas de tortue. Heureusement, chaque jour nous donne l’occasion de faire un pas de plus vers cet accueil de la différence. Il y a quelques jours, j’étais assis sur la banquette arrière dans un taxi. Mon ami assis à l’avant avec le conducteur interrogeait ce dernier et cherchait à savoir de quelle nationalité il est. « Mais je suis tout simplement un être humain! » répondit le chauffeur.
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De tout temps, l’homme a exploré le monde. Ses expéditions l’amènent à faire l’apprentissage de nouvelles connaissances et à découvrir de nouveaux objets. C’est ainsi qu’à la Renaissance se sont répandus en Europe des laques de Coromandel, certaines épices, enfin de nombreux objets qui amélioreront notre civilisation. La découverte de l’Amérique apportera également son lot de changements à la surface du monde.
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Les échanges commerciaux font éclater les genres, ou si on veut bien l’exprimer, les styles. Les arts sont les premiers touchés : architecture, musique, peinture et sculpture. L’ouverture qui caractérise le monde artistique favorise sa perméabilité aux différentes influences outre-frontière. L’arrivée de nouveaux styles se répercute dans tous les pans du quotidien, qu’ils s’agisse d’habillement, de mobilier, de gastronomie, voire de manière de vivre et de façon de se comporter. Les marchands savent tirer profit de ces influences et poussent l’audace en Socialement vôtre, imposant des modes. PHILIPPE BOUCHARD Une durée limitée? Coup de vent ou incrustation, la mode du jour a ses caprices. Il faut cependant garder à l’esprit que la « mode » est inévitablement quelque chose qui un jour se démode. Par exemple, l’art pictural s’est exprimé de plusieurs façons : naïf, académique, impressionniste, cubiste, non figuratif, abstrait, etc. Qu’importe, chacun a eu son heure de gloire. Il en est de même pour le comportement humain. En ce qui me concerne, j’ai été à même de connaître la période existentialiste, la période beatnik, celle hippie ou « flower power ».
Michel Yacoub
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Un retour dans le temps Outre leurs tenues vestimentaires et leur liberté, notamment sexuelle, les hippies se distinguaient AVRIL 2019
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LE JEULE DE LA QUÊTE JEU DE LA QUÊTE PAR JACQUES CARL MORIN par Jacques Carl Morin
CE JEU CONSISTE REMPLIR RANGÉES HORIZONTALES AINSI LES COLONNES ET 20 des Ce jeu consiste à Àremplir lesLES rangées horizontales ainsi que lesQUE colonnes 1 et 20 à 1l’aide À L’AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. CHAQUE définitions, indices ou lettres mélangées ou déjà inscrites. Chaque case grise représente une CASE GRISE UNE LETTRE EST À LA LA DERNIÈRE D’UN MOT ET lettre qui estREPRÉSENTE à la fois la dernière lettreQUI d’un mot etFOIS la première lettreLETTRE du suivant. LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT.
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5- Le « S » dans le sigle CSN. Mise en terre des semences. Livre anglaise.
1- Village natalnatal de Gilles 1Village de Vigneault. Gilles Vigneault. 20- Personne qui fait de longs voyages sur mer.
20- Personne qui fait de longs voyages sur mer. HORIZONTALEMENT :
6- Habitation à loyer modéré. Titre donné aux hommes de toute condition. Action de recourir à quelqu’un ou à quelque chose. Danse à deux temps, d’origine brésilienne.
1- Aplanir, égaliser. Est égal au demi-diamètre d’un cercle. Habitant de Naples.
7- Nombre de présences minimal parmi les membres d’une assemblée. Adepte de l’islam. Temps d’épreuve imposé aux novices.
2- Prononcer distinctement. Os de l’avant-bras. Boisson
8- Personne qui utilise un service public. Fait de déte-
Horizontalement :
1- Aplanir, égaliser. Est égal au demi-diamètre d’un cercle. Habitant de Naples.
sciemmentà des choses par un autre. Petit de à base de vin rouge, de fruits, de sucre d’épices. 2Prononcer distinctement. Oset de l’avant-bras. nirBoisson base de volées vin rouge, de fruits, crustacé, voisin du homard. sucre et d’épices.
3- Cependant, néanmoins, pourtant. Siègent à la 9- Meurtre commis avec préméditation. Les soeurs de Chambre haute à Ottawa. Spectacle« controversé » 3Cependant, néanmoins, la père. Chambre à Ottawa. Blouse dehaute travail courte et ample. Spectacle mis en scène par Robert Lepage. pourtant. Siègent àmon
« controversé » mis en scène par Robert Lepage.
4- Eau-de-vie de raisin fabriquée en Armagnac (CAMA- 10- Favoritisme (STENOPEMI). Adoucir par addition de sucre (CORRELUDE). Pouràunbase cheval, Alimentde à base de cacao et de sucre. Tapis 4- RANG). Eau-de-vie raisin fabriquée en Armagnac (CAMARANG). Aliment delancer cacaoleset pattes en arrière. servant à la pratique des arts martiaux.
sucre. Tapis servant à la pratique des arts martiaux.
5- Le « S » dans le sigle CSN. Mise en terre des semences. Livre anglaise.
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la langue dans sa poche « Le sport est une évasion complète de la vie. » François Hertel, prêtre, philosophe et essayiste québécois (1905-1985) « Évitez soigneusement de faire du sport : il y a des gens qui sont payés pour ça. » Stephen Leacock, économiste, écrivain et humoriste canadien (1869-1944) « Pourquoi mépriserait-on la passion pour le sport alors même qu’on encense celle pour l’art, la philosophie ou la science ? » Jean Dion, chroniqueur et journaliste sportif québécois, né en 1962 C’EST DU SPORT ! 1. Les Jeux olympiques tirent leur nom : a. de la déesse Olympie, protectrice des athlètes; b. du mont Olympe qui était le domaine des dieux de la mythologie grecque; c. du centre religieux d’Olympie où se trouvait le temple de Zeus Olympien. 2. Quelle expression familière, qui contient le mot « sport », sert à annoncer une rude confrontation ? 3. Une partie de scrabble ? Déplacez les lettres et découvrez le mot de sept lettres (un nom commun, au singulier, relié au domaine du sport) qui se cache dans chacun des ensembles suivants : AAEMURT; ABEIRRT; EEEPRUV; EEHOPTR : INOORTU. 4. Tous les noms suivants, sauf un, appartiennent à la même famille étymologique (porter) que le mot « sport » : transport, portail, rapporteur, portrait, importance, comportement. Quel est l’intrus ? 5. On appelle « handisport » : a, sport pratiqué à main nue; b. sport pratiqué par les handicapés physiques; c. épreuve sportive où on impose un désavantage à un concurrent en vue d’égaliser les chances. 6. Le kayak est un sport nautique qui se pratique à l’aide d’une pagaie. Le mot kayak est : a. algonquin; b. inuit; c. russe. 7. Le baron Pierre de Coubertin (1863-1937) est reconnu comme le rénovateur des Jeux olympiques de l’ère moderne. En France, « baron » est le titre le moins élevé dans la hiérarchie nobiliaire. Vrai ou faux ? 8. Le kitesurf est un sport de glisse nautique qui consiste à se tenir debout sur une planche et à se faire tirer par un cerf-volant. La recommandation officielle est : a. remplacer kitesurf par cerf-volant nautique; b. remplacer kitsurf par planche volante ou planche aérotractée; c conserver l’appellation kitesurf, répandue depuis la naissance de ce sport.
©Antoine Godbout.
LA RUE DU MOIS Située dans le quartier Saint-Roch, cette rue a été tracée en 1744; ce n’est toutefois qu’en 1829 que la dénomination « rue Dorchester » apparaît officiellement sur une carte. Elle a été nommée en l’honneur de Guy Carleton, baron Dorchester (1724-1808), connu sous le nom de lord Dorchester. Né en Irlande, Guy Carleton n’avait pas encore dix-huit ans lorsqu’il s’est engagé dans l’armée britannique. Il y mena une brillante carrière, appelé aux plus hautes fonctions dans l’administration politique et militaire des colonies britanniques d’Amérique du Nord. Carleton était populaire auprès de la population de langue française, parce qu’il considérait qu’il était irréaliste de lui imposer avec rigueur les lois anglaises. Ses recommandations amènent les autorités britanniques à adopter l’Acte de Québec (1774) favorable aux réclamations des francophones. En 1776, Carleton a reçu le titre de baron pour avoir sauvé Québec lors de l’invasion américaine l’année précédente. HÉLÈNE HUOT
J’attends de vos nouvelles…
Pour dire son mot ou donner un autre son de cloche, rien de plus facile, écrivez à hhgodbout@gmail.com. Merci à vous ! Les réponses des jeux page 27.
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Le 1er mars, j’ai écouté l’émission de Myriam Ségal à la radio FM 93,3. Elle s’exprimait au sujet de ce long hiver que nous vivons cette année avec ses nombreuses tempêtes de neige. Elle disait : « C’est certain que malgré toute cette neige qui nous est tombée dessus, c’est quand même mieux que de vivre dans des pays où pullulent les crocodiles, les serpents, les araignées, les insectes venimeux, etc. ! » J’étais bien d’accord avec elle. Je pris conscience aussi que c’est effectivement mieux que de vivre dans un pays en guerre, aux prises avec de grandes sécheresses, des volcans et de fréquents tremblements de terre. De nombreuses personnes qui immigrent au Québec sont prêtes à accepter notre climat nordique, malgré leur déracinement, au lieu de vivre dans un pays où il y a graves conflits sociaux et des conditions d’appauvrissement extrême. Pour revenir à notre hiver 2018-2019, nous sommes près de battre le record d’accumulation de neige, comme le disent les météorologues. Nous sommes impressionnés en voyant tous ces bancs de neige qui cachent les maisons, tellement ils sont hauts. Des propriétaires ont même été obligés d’écrire leur adresse civique sur le banc de neige avec de la peinture. C’est impressionnant et loufoque à la fois de regarder les photos dans nos journaux. On demande aux gens d’envoyer des photos pour savoir qui possède le plus haut banc de neige dans la région.
Je me souviens des hivers de mon enfance dans les années 1960-1970. Mes frères et sœurs, nos amis et amies et moi étions très contents des hauts bancs de neige parce que nous construisions des forts avec des tunnels dans les cours de nos maisons. Plus les bancs de neige étaient hauts, plus nous étions contents parce que nous pouvions aussi en faire des glissades avec des cartons et des crazy carpet. Ces glissades de neige se transformaient en une couche glacée toutes les fois que nous glissions dessus. Nous apprenions à apprivoiser l’hiver; habillés chaudement, nous pouvions jouer longtemps dehors. C’est vrai que nous n’avions pas tous ces écrans technos que les enfants et les adolescents possèdent aujourd’hui. Après avoir joué dehors, nous rentrions dans nos chaudes maisons pour jouer à des jeux de société comme les cartes, le Monopoly, le Scrabble, les dames, la lecture d’une bande dessinée ou d’un bon livre. Au fond, nos hivers au Québec se suivent et se ressemblent, d’une année à l’autre. Nous avons de grandes capacités à nous y adapter, avec une bonne attitude et philosophie. CHRISTIANE VOYER
© Photo by Matthew Henry from Burst
Avec autant de neige, tout le monde est affecté que ce soit les piétons, les automobilistes, les personnes âgées et celles à mobilité réduite. Je prends souvent l’autobus et je dois régulièrement aider des personnes qui ont de la difficulté à mar-
cher sur des trottoirs glissants et qui doivent passer par-dessus les bancs de neige qui bordent les trottoirs. Sans oublier toutes les personnes qui doivent faire de longues heures de pelletage pour enlever toute cette neige qui se trouve sur les toits des maisons, des garages et des commerces. En tout cas, notre hiver est très difficile à vivre ! Comme disait souvent mon père : « Nous, les Québécois, nous avons la couenne dure ! » C’est-à-dire que malgré tout, nous sommes solides et braves, prêts à affronter nos hivers année après année.
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En terme de région, notre région du monde n’est pas si simple Si de par, j’aurai été altruiste le dépourvu et la déconvenue Selon ces moyens, je l’entends j’aurais enivré les architectes d’ être à bon port dans les environs et puis avoir de l’adevant
Région Suivant ce chant je cite et j’acquiesce, je suis prenant d’avoir l’esprit présent et de déambuler du puissant Pour faire savoir que tout ce qui se meut n’est pas si chevronné c’est inévitable ça nous émeut oui la vie comme un papillon l’été Pour faire savoir que tout ce qui se meut n’est pas si chevronné c’est inévitable ça nous émeut oui la vie comme un papillon l’été
Je te le dis ce monde est grand, mais tout aussi qu’un échafaud il m’appartient de peser le temps un bosquet au-devant du chapiteau L’aboutissement de notre espérance Une salve victoire La chance il boude et fait révérence à ravir l’histoire.
@ Photo by Jp Valery from Burst
Benoit Turbide
Une nouvelle monnaie dans le quartier Saint-Roch : Entrai-dons C'est quoi?
Une initiative d'étudiants de l'Université Laval. Cette monnaie locale et sociale se veut une manière différente d'aider les personnes en situation de pauvreté ou momentanément désaffiliées.
Comment ça marche?
Vous achetez d'abord de la monnaie Entrai-dons chez nos partenaires : Inter-marché, pharmacie Brunet et Lauberivière. Ensuite, vous la donnez à qui vous le souhaitez ou vous la laissez tout simplement dans les « pots communs » de nos partenaires, qui l'offriront à qui en fait la demande.
Pourquoi une monnaie différente?
Principalement parce que certaines personnes désirent que leur don ne serve pas à l'achat de produits nocifs pour la santé (drogues, cigarettes et alcool, notamment). Entrai-dons peut-être échangée contre de la nourriture, des produits d'hygiène et des nuits d’hébergement à Lauberivière.
Quel est le taux de change?
Faisons tous un geste, ensemble, Entrai-dons notre société. Victoria, Alexia, Amine, Jessy, Camille.
Un dollar canadien vaut un entrai-don$!
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Esprit Certaines filles m’ont beaucoup aimé,
Je vous laisserai de l’art moderne, l’électrochoc.
Je ne pensais qu’à les frencher.
J’espère qu’avec mon melting pot culturel
Jeune, j’étais plutôt animal.
On pourra dans le monde abstrait me préparer
Âgé, je suis plutôt sentimental.
Un au-delà du réel
Que celles que je n’ai pas comprises
Dans lequel, avec harmonie,
me pardonnent, je suis repenti.
Je pourrai me faufiler.
Quand je partirai, bientôt, là-haut,
Ne m’oubliez pas,
Je vous laisserai les plus beaux cha-cha-cha
Peut-être irai-je choir
du chanteur Adamo
Dans votre mémoire
Je vous laisserai de mon époque
Pourquoi pas?
La musique rock
En tout ou en partie,
Et la musique de Woodstock
Ça dépendra de notre esprit.
@ Photo by Matthew Henry from Burst
Gaétan Duval
L’injustice n’est pas dans ta tête. Le problème, c’est l’organisation du travail et ça peut te rendre malade.
Ensemble, nous avons le pouvoir d’agir.
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lacsq.org/sst
La Quête - 7 po x 2,25 po, noir et blanc
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Lui maigre comme un chicot dans la vaste étendue de sa veste de bûcheron le vent ronge son corps toujours affamé niché dans son ventre un gros diesel ronronne bruyamment l’odeur de la gazoline brûle ses yeux comme des clignotants rouges je l’ai vu dans un bus plein d’ouvriers
@ Benoit Gingras
chanter l’hymne au printemps
François Gagnon
LA QUÊTE EST DIFFUSÉE PAR TÉLÉPHONE VIA
Québec 418 627-8882 • Montréal 514 393-0103 • Ailleurs au Québec 1-877 393-0103
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Un poussin dans mon œil Un grain se forme en œuf Par superposition de très minces Couches de filet de clignements d'œil La paupière descendante trace la ligne fine de la cogitation de l'âge trahi Par la saveur de la source de l'hospitalité à la vie Une main, avec son doigt souple Dresse l'alignement d'étoiles Qu'une fée déplore Sur le plancher de l'attente bienveillante Le petit bec du poussin a crié dans mon œil et silencieusement, la trajectoire © Photo by Raechel Romero on Unsplash
de mon regard s'est tournée vers le lointain sommet du souvenir de mon père Julie Bellemare
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Un ami pour la vie Aussi loin que je me souvienne Je n’ai jamais connu la haine Mais l’amitié à profusion En exigeant des conditions Simples, nobles et sincères Et cela a fait mon affaire Mais ce grand jeu de l’amitié Peut devenir tant compliqué Par la jalousie, le désir Des autres, ça m’a fait souffrir Quand j’étais jeune adolescent Que c’en était dev’nu vexant Comme l’amitié est plus forte En vieillissant, du moins, je crois On cherche la bonne porte Tout comme on cherche notre foi Maintenant, aussi vieux que je suis © Benoit Gingras
Je n’ai vraiment qu’un seul ami Un vrai sur qui je peux compter Jamais je n’m’en séparerai Aujourd’hui, la médisance Les critiques et la morale Tous les deux on s’fait confiance Notre amitié est libérale Probablement que seule la mort Pourrait bien briser notre lien Car tous les deux on se soutient Et nous demeurons très forts Je souhaite à tout un chacun D’avoir un ami dans la vie Un ami n’est pas importun C’est un grand livre dans not' vie Un recueil et un long récit. Michel Bonnelly
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ensemble
POUR UN MONDE PLUS JUSTE scfp.qc.ca @SCFPQuebec
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SCFP-Québec SCFP-Québec
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Ressources Références communautaires Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches et de la MRC de la Haute-Yamaska Tél. : 2-1-1 Aide sociale ADDS Association pour la défense des droits sociaux 301, rue Carillon, Québec Tél. : 418 525-4983 Aide aux femmes Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler! 418 648-2190 ou le 1 888-881-7192 Centre femmes aux trois A Pour la réorganisations sociale 270, 5e rue, Québec Tél. : 418 529-2066 www.cf3a.ca Centre femmes d'aujourd'hui Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec Tél. : 418 651-4280 c.f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org Rose du Nord Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org Support familial Flocons d'espoir Écoute et aide matérielle pour les femmes enceintes 340, rue de Montmartre, sous-sol, porte 4, Québec Tél. : 418 683-8799 ou 418 558-2939 flocons.espoir@videotron.ca Violence Info Sensibilisation, information et intervention pour contrer la violence conjugale. www.violenceinfo.com Alphabétisation Alphabeille Vanier 235, rue Beaucage, Québec Tél. : 418 527-8267 info@alphabeille.com www.alphabeille.com Atout-lire 266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca Le Cœur à lire 177, 71e rue Est, Québec Tél. : 418 841-1042 info@lecoeuralire.com www.lecoeuralire.com Lis-moi tout Limoilou 798, 12e Rue, 1e étage, Québec Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com La Marée des mots 3365, chemin Royal, 3e étage, Québec Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca membre.oricom.ca/lamareedesmots Centre de jour Relais d’Espérance Aider toute personne isolée et en mal de vivre 1001, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 522-3301 Rendez-vous Centre-ville Centre de jour 525, rue St-François Est, Québec Tél. : 418 529-2222 Détresse psychologique Centre de crise de Québec Tél. : 418 688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com Centre de prévention du suicide 1310,1re Avenue, Québec Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca Tel-Aide Québec Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca
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Tel-Jeunes Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com Hébergement Maison de Lauberivière Pour hommes et femmes démunis ou itinérants 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org L'Armée du Salut et La maison Charlotte Hébergement hommes 14, côte du Palais, Québec Tél. : 418 692-3956 poste 1 Hébergement femmes 5, rue Mc Mahon, Québec Tél. : 418 692-3956 poste 2 armeedusalut.ca/quebec Maison Revivre Hébergement pour hommes 261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 523-4343 maison.revivre@gmail.com maisonrevivre.weebly.com SQUAT Basse-Ville Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com Gîte Jeunesse Hébergement temporaire pour garçons de 12 à 17 ans Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec Tél. : 418 666-3225 Résidence de Ste-Foy 3364, rue Rochambau, Québec Tél. : 418 652-9990 YWCA Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes (La Grande Marelle) Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca Réinsertion sociale Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org Fraternité de l'Épi Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec Tél. : 418 523-1731 Maison Dauphine Pour les jeunes de 12 à 24 ans 31, rue D’Auteuil, Québec Tél. : 418 694-9616 courrier@maisondauphine.org www.maisondauphine.org Réinsertion professionnelle À l'aube de l'emploi (Lauberivière) Formation en entretien ménager commercial /buanderie 401, rue St-Paul, Québec 418 694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org Recyclage Vanier Emploi et formation (manutentionnaire, aide-camionneur, préposé à l'entretien) 1095, rue Vincent-Massey, Québec tél.. : 418 527-8050 poste 234 www.recyclagevanier.com Prostitution
Tél. : 418 640-0915 www.caferencontre.org Maison de Lauberivière (Souper) 401, rue Saint-Paul, Québec Tél. : 418 694-9316 Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 745, Honoré-Mercier, Québec Tél. : 418 692-1762 Santé mentale Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677 centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org La Boussole Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca Centre Communautaire l'Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com Centre d’Entraide Émotions 3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org La Maison l'Éclaircie Troubles alimentaires 2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca Le Pavois 2380, avenue du Mont-Thabor, Québec Tél. : 418 627-9779 Téléc. : 418 627-2157 Le Verger 943, av. Chanoine-Scott, Québec Tél. : 418-657-2227 www.leverger.ca Ocean Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352 Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283 Parents-Espoir Soutien et accompagnement des parents 363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167 Service d'Entraide l'Espoir 125, rue Racine, Québec Tél. : 418 842-9344 seei@videotron.ca www.service-dentraide-espoir.org Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org Toxicomanie Al-Anon et Alateen Alcoolisme Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca Amicale Alfa de Québec 75, rue des Épinettes, Québec Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca
La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com
Point de Repères 225, rue Dorchester, Québec Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com
P.I.P.Q. Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168 pipq@qc.aira.com www.pipq.org
VIH-Sida
Soupe populaire Café rencontre Centre-Ville 796, rue St-Joseph Est, Québec (Déjeuner et dîner)
LA QUÊTE
MIELS-Québec Information et entraide dans la lutte contre le VIH-sida 625, avenue Chouinard, Québec Tél. : 418 649-1720 Ligne Sida aide : 418 649-0788 miels@miels.org www.miels.org
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Merci À TOUS NOS PRÉCIEUX PARTENAIRES ! PARTENAIRES OR • Centraide PARTENAIRES ARGENT • CKRL FM 89,1 • CSQ • Catherine Dorion • Impressions Stampa PARTENAIRES BRONZE • Audiothèque • Intermarché St-Jean • Services Harmonia • Syndicat canadien de la fonction publique PARTENAIRES INCONDITIONNELS (depuis plus de 5 ans !) • Maison Revivre
RÉPONSES C’EST DU SPORT !
1. C. Olympie était un sanctuaire, et non une ville, uniquement habité par le personnel des temples et les prêtres du culte. Ce sanctuaire était dédié à Zeus, sous l’égide duquel se tenaient des Jeux, tous les quatre ans, à partir de 776 av. J.-C. 2. « Il va y avoir du sport ! », autrement dit : il y aura de l’agitation, de la bagarre. Synonyme de l’expression : « Ça va faire mal ! ». 3. AAEMURT : amateur. ABEIRRT : arbitre. EEEPRUV : épreuve. EEHOPTR : trophée. INOORTU : tournoi. 4. L’intrus est « portrait », qui appartient à la famille étymologique de traire. 5. B. « Handisport » est un mot-valise formé à partir de handicapé et sport. 6. B. « Kayak » est un mot inuit qui désigne à la fois l’embarcation en toile qui se manœuvre à la pagaie et le sport lui-même. 6- Habitation à loyer modéré. Titre donné aux hommes de toute condition. Action de recourir à quelqu’un ou à quelque chose. Danse à deux temps, d’origine brésilienne.
7. FAUX. L’ordre du plus élevé au moins élevé est le suivant : prince, 7- Nombre de présences minimal parmi les membres d’une assemblée. Adepte de l’islam. duc, marquis, comte, vicomte, Temps d’épreuve imposé aux novices.baron, chevalier. 8- Personne qui utilise un service public. Fait de détenir sciemment des choses volées par un
autre. Petitaérotractée crustacé, voisin du»homard. 8. B « Planche ou « planche volante » sont les appellations recommandées, QuébecLespar deBlouse la langue 9- Meurtre commis avec au préméditation. sœursl’Office de mon père. de travail française, courte et en Franceample. par la Commission d’enrichissement de la langue française. 10- Favoritisme (STENOPEMI). Adoucir par addition de sucre (CORRELUDE). Pour un cheval, lancer les pattes en arrière. SOLUTION
• Bal du Lézard • Michel Yacoub PARTENAIRES AD VITAM AETERNAM • Yves Boissinot • Claude Gallichan, chiropraticien
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Vivre en maison de chambres Le printemps est à nos portes et l’arrivée du beau temps vient parfois avec la recherche d’un nouveau chez-soi. Cette démarche peut comporter son lot de surprises et de questionnements. Pour bien choisir la chambre qui répond à nos besoins, il est important de se poser quelques questions : quel prix suis-je prêt à payer? Dans quel secteur je souhaite habiter? Près de quels services? Voici quelques conseils à retenir lors de la visite d’une chambre : faire la visite de jour pour mieux observer, regarder partout, être accompagné d’une personne de confiance, tenter de parler à des chambreurs qui habitent les lieux pour leur poser des questions. L’utilisation de l’aide-mémoire des fiches « Ma chambre, mes droits » peut aider à ne rien oublier! Les fiches Ma chambre, mes droits ont été créées afin de faire connaître les droits, recours et responsabilités des personnes vivant en maison de chambres. L’ensemble du document est disponible en nous contactant, sur le site web du 211 et sur notre page Facebook!
La fiche du mois En avril, nous vous présentons des éléments de la fiche « Renseignements personnels à protéger! ». Un propriétaire est en droit de demander certains renseignements avant de louer une chambre à quelqu’un, mais pas n’importe lesquels!
Renseignements personnels à protéger ! Ton futur propriétaire peut vérifier deux choses: 1- Ton identité et ta capacité à payer Tu peux lui donner: ton nom, ton adresse et ta date de naissance. C’est tout! Il peut aussi regarder une carte d’identité, mais il ne peut pas la copier ou noter les numéros. 2- Ton comportement de locataire Tu peux lui donner le nom, l’adresse et le numéro de ton propriétaire actuel, ainsi que le nom des anciens propriétaires. Tu n’as PAS à répondre à des questions personnelles ou à donner les informations suivantes : Numéro d’assurance sociale, de carte de crédit, de permis de conduire, de passeport ou d’assurance maladie.
Le Comité Maison de chambres de Québec (CMCQ) est une table de concertation intersectorielle qui œuvre à l’amélioration des conditions de vie pour les personnes vivant en maison de chambres. Il est riche de la présence et de l’expertise de l’ensemble des partenaires avec qui il collabore, dont des chambreurs et anciens chambreurs, qui sont au cœur des prises de décisions et orientations du CMCQ depuis ses débuts.
190, rue St-Joseph Est, Québec, QC G1K 3A7 • Tél. : 418 522-4040
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Trésors d’humanité
Une voix toute prise dans le cœur La main tendue Cherchant qu’une petite paix Dans son jardin du matin Ses yeux criant de souffrance mais aussi l’instant d’un instant L’espoir d’un doux jour
Dans mon sac croissants et café Nos yeux se sont croisés J’ai tendu ma main Un sourire mon sac était plein de joies Pour lui et pour moi
Sous sa couverture un sac de trésors
Renée Perron
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Réflexions de la femme lotus J’ai réussi à faire le vide une fois dans ma vie! Je ne sais pas si je dormais ou si je flottais dans les nuages!
ments contre le trafic humain et la torture!
J’aurais intérêt à faire zen ou à pratiquer le mouvement québécois de simplicité volontaire!
J’échappais aux docteurs et me transformais en femme fleur, mais des voyous, la nuit, me piquaient avec des saloperies de médicaments pour ne pas que je fasse joliment l’amour!
Les médecins et ce peuple veulent me transformer en femme éléphant! Ça va me coûter cher en vêtements!
Les Québécoises avec leur *Dr Martens* sont des guerrières ou des militantes poétiques de la vie moderne? Je devrais les interviewer!
Je suis une femme lotus aimant la sagesse et le plaisir, mais des guerriers m’épiant me volent l’esprit, le corps, et je ne peux plus m’asseoir en indien.
Amnistie internationale a invité les citoyennes de Québec à écrire à des femmes prisonnières. À moi, on ne pourrait pas écrire! Je suis trafiquée durement, torturée mentalement, tout ça sans témoin!
Ils font de la magie noire, me coupent, me trafiquent et me composent des corps pour ne pas que je sois douce et fine comme les Orientales! Est-ce que ce sont des négresses de village ou des stars françaises qui me volent le corps? Je sentais le jasmin et les pommes à la cannelle et je brillais comme un diamant au soleil!
À force d’être abusée, on devient méchante. On ne peut plus pratiquer la voie du juste et vivre comme une femme lotus! On me prend pour un rat de dissection! Je pensais au groupe Radio Head et à la chanson Criminal Mind! Peut-être que l’on m’a im-
Ce peuple de bûcherons veut me faire sacrer pour ne pas que je sois pacifique et amoureuse! Mes mouvements sont devenus barbares comme si je n’avais jamais mangé graines de lotus, riz et pomelo! J’étais la plus belle ombre chinoise du quartier; maintenant, je vis comme un vieux pépé fumant comme une cheminée! Je me souviens de m’être photographiée à la pagode avec des lotus. Je n’étais qu’une vanité rêvant de retrouver sa beauté et son naturel pour bouger et vivre comme une poupée artiste... J’étais une pauvre maman qui souffrait d’entendre des voix et qui se faisait séparer de son enfant et du papa.
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@ Floriane
L’injustice me faisait crier et performer comme une enfant dans la ville et dans mes apparteAVRIL 2019
planté de la technologie dans le corps pour me parler et me rendre folle! C’est du cinéma américain ou quoi! Le pauvre Van Gogh qui s’est coupé une oreille! Je chantais même de l’opéra, rêvant à l’amour. L’on m’a volé ma jolie bouche et ma gorge et l’on me fait parler comme un vaurien!!! Est-ce que je vais finir comme Camille Claudel, internée à vie? Je vais passer pour une schizophrène faisant de l’automutilation. Cette histoire frôle la folie! Il y a de quoi devenir suicidaire!
Mon amoureux m’avaient dit que l’on serait Roméo et Juliette! Je vis avec ses mots d’amour et c’est parmi mes plus belles thérapies de femme lotus! Ces voyous qui me trafiquent, c’est comme des invasions barbares. On me chasse comme une bête! De femme lotus, l’on veut que je ressemble à une affreuse patiente! C’est un peu comme être sur des black mush. Ma conclusion : on me veut comme une affreuse blanche, ennuyeuse, sans épanouissement, ni jolie trame de vie et joli train de vie! Floriane vivilaboulinette@gmail.com
@ Floriane
J’étais peut-être, aux yeux de certaines blanches, une *black magic woman*. Peut-être certaines femmes sont-elles des bimbos à vouloir porter
des formes qui ne sont pas les leurs!
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D’Amour et de Sainte Gaffe! Tout le monde aime les histoires d’amour. J’en espère une, un jour, pour moi-même. Peut-être comme une pomme d’amour qui me tombera dessus, un de ces jours? Je n’ai qu’un désir : être aimée et aimer en retour, dans une simplicité désarmante. C’est l’équilibre recherché, le temps d’une vie, le temps d’une paix. Le temps que je vous raconte un peu... En fait, je suis une vraie gaffeuse côté cœur, et donc célibataire dans la trentaine. Mais je ne m’arrêterai pas à un style « vieille fille dépressive » dans cette présentation de ma personne. Surtout pas en tant que nouvelle auteur dans La Quête. Même si mes pensées et mon témoignage deviennent un divertissement à lire, je suis persuadée qu’elles parlent du cœur de la vie et que d’autres peuvent s’y reconnaître...
*** Je suis à la recherche, disais-je, d’une histoire d’amour. Je fantasme à l’idée qu’un homme puisse me faire chavirer dans ses tendres yeux. Je serai alors obnubilée, comme ébahie à écouter ce bel homme et je contemplerai son visage à en perdre le fil du sujet! Je me connais... J’aime admirer et contempler. J’aime tomber en amour avec l’amour. C’est le principe Disney Land qui fait chavirer. Chavirer? La désillusion donne un méchant coup de vent sur la chaloupe de ma vie. Je me retrouve ainsi tout à l’envers, loin du pays de Disney, le bec à l’eau. Seule! Là, dans une eau marécageuse, y fait ben frette. La réalité me rattrape et je reprends connaissance. Je n’ai jamais aimé pour vrai sans me créer une scène où je m’entourloupe moi-même. Trop souvent, je me convaincs toute seule que j’aime
@ Photo by Ryan Bruce from Burst
Je suis donc mon p’tit bonhomme de chemin, toujours avec la même quête en tête : « Qui suisje? Pourquoi suis-je là? Et enfin, quel est le petit bout de moi que je peux donner à ce monde? » En tous les cas, cela m’enchante de parler
d’amour partout. Et ça m’aide à revenir à l’essentiel.
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vraiment le Jack en partenaire ou le Jack potentiellement intéressé. Foutaise! Je nage dans des marais de faux amours en mirage. J’ai essayé. J’ai forcé. Je me suis noyée dans ses beaux yeux. J’ai fusionné et ramé pour me défusionner ensuite. Et alors? Ben, je me retrouve comme paralysée sur le bord d’histoires boiteuses, mais surtout douteuses. Dans ces cas de naufrage, j’appelle toujours à l’aide. Mes anges répondent, c’est-à-dire mes amies. Elles me tendent la perche dans la bouette. Je me relève, trempée d’une eau stagnante. Ça pue la honte, mais ça ne me tue pas encore… Une main d’amie tendue sur le bord du détour prise au passage, ça fait toute la différence.
due au bord des ronces d’un « cul-de-sac ». Je dois recommencer à zéro, et passer par un autre chemin. Une fois debout, alourdie par mes vêtements vaseux, je me balade ainsi. J’avance un pas à la fois, comme une étourdie. Je ressemble peut-être à une zombie aux cicatrices pansées par le baume de la bonté des Filles de ma Vie. À moitié morte et à moitié vivante, je reprends mon souffle en contemplant la nature sauvage. Le temps que le vent sèche mes pleurs, la paix reparfume l’air ambiant et la Vie reprend son cours... À suivre... Mam’zelle Deneige
Mes proches me retrouvent parfois ben blessée dans un coin de ma vie où je me suis per-
Assemblée nationale du Québec, circonscription de Taschereau
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HRONIQUE
L'ESPOIR AU CUBE
PLAISIR DE LIRE Aimez-vous lire? Dans mon cas, la question ne se pose même plus. Pendant longtemps, je n’étais qu’un lecteur occasionnel jusqu’à ce que la vie m’amène à vivre des moments difficiles qui m’ont stimulé à reprendre contact avec la lecture, et même à écrire quelques manuscrits. Je suis maintenant auteur de quatre volumes. Ce n’était certainement pas prévu dans ce que je percevais comme mon scénario de vie. Oui, j’aime m’ouvrir par l’écriture et je sais combien le tout peut être aidant pour bien des gens.
Vive le livre « papier » Internet est venu bouleverser le monde du livre et plusieurs artisans ont eu une frousse quant à son avenir. Mais, heureusement, le bon livre « papier », celui qui sent bon, n’a pas disparu. Nous voyons moins de personnes se promener avec ce type de livre dans les endroits publics, dans les autobus, le métro ou autres, mais il a toujours sa place. Personnellement, j’ai toujours un nouveau titre en ma possession. Mes derniers coups
de cœur : Le Why Café et Le retour au Why Café, deux bouquins totalement captivants que j’ai parcourus en un rien de temps. On me les avait fortement recommandés et j’attends maintenant le troisième tome qui verra le jour en avril.
Toute ma vie avec de bons livres Jeune, j’étais un adepte de la série Tintin. À l’adolescence, je ne lisais que très peu à l’exception de lectures obligatoires à l’école secondaire. En vieillissant, j’ai appris à aimer certains livres historiques, des biographies et des œuvres touchant le savoir expérientiel de personnes vivant ou ayant vécu l’expérience d’un problème de santé mentale et qui l’ont transcendé de façon positive dans leurs vies. Ces livres souvent méconnus sont d’une richesse inouïe et peuvent accompagner tellement de gens sur la voie de l’espoir, du rétablissement et de la résilience. Bravo à ceux et celles qui osent écrire sur le sujet!
Pour commencer ma journée Le plaisir de lire ne se limite pas aux volumes. Vers 5 h 30-6 h le matin, je me lève, fait une bonne marche et vais prendre un petit déjeuner dans un sympathique restaurant à Beauport. C’est Manon qui m’y accueille chaque fois. Et là, c’est le journal quotidien qui m’attend. Il y a des sections que je préfère comme Le Monde et Les Sports. J’aime aussi lire certains chroniqueurs et chroniqueuses. Je suis assidu, mais j’évite les sections qui pourraient miner mon moral. J’aime cet exercice matinal qui aiguise mes neurones pour la journée. Je ne vous cacherai pas que je me prête au jeu de faire un Sudoku tous les jours.Mil et un bienfaits La lecture me permet de me détendre et de m’informer. Elle m’amène à sortir de tout ce qui touche à mon travail ou, au contraire, à l’enrichir. Il demeure important que je réserve des temps où je m’isole afin de bien me concentrer et d’être totalement absorbé dans mes lectures. Je continue de fouiner dans les librairies et d’aller faire un tour au Salon international du livre. J’ai des amis qui aiment bien aussi le réseau de la Bibliothèque de Québec. Pourquoi me priver de tout cela? On ne sait jamais où un bon livre peut nous mener...je vous souhaite d’agréables lectures! RICHARD LANGLOIS
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Nous faisons la diffĂŠrence
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