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La-Quete_281_Juin 2026

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S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant un­e carte d’identification. 2 $ sur le prix de vente va directement au camelot.

4$

Le magazine de rue de Québec Numéro 281 Juin 2026

Abandon


PA R O L E S LIBRES

Abandon

17 Le jeu de La Quête

08 Une école pas comme les autres

18 Patriarche

09 Est-ce que les citoyens abandonnent la politique ?

19 Cher enfant 20 Un féminicide c’est trop

10 Carrière, passion et pouvoir : la difficulté de tourner la page

21 Le silence de notre amie

12 Un enjeu de santé publique

24 Imagerie mentale

22 Le parfum 25 Dire autrement

15 Abandon, adoption et retrouvailles

Photo : Sarah Gauthier Kirouac

26 Mon monde intérieur

27 Comme à la maison

07 Un défi et non une fatalité 13 Abandonné ou abandonner ? 14 « J’ai mal à ma mère » Photo : Carolyn Nemor

16 Une bouée miraculeuse 30 Être intervenante et alliée ! JUIN 2026

LA QUÊTE

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PAGE COUVERTURE

RÉALISER L'ESPOIR

Illustration : James Quon

L'Archipel d'Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l'Archipel d'Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné à la vente – sur la rue ! – par des personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu'à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie. L'Archipel d'Entraide, composée d'une équipe d'intervenants expérimentés, offre également des services d'accompagnement communautaire et d'hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche d'un logement par le biais de son service Accroche-Toit.

ÉDITEUR Archipel d'Entraide ÉDITEUR PARRAIN Claude Cossette RÉDACTRICE EN CHEF Francine Chatigny DIRECTRICE DE L'INFORMATION Valérie Gaudreau SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Isabelle Noël CHRONIQUEUR.SE.S Claude Cossette, Denys Lortie, Michel Potvin, Gabrielle Vaudry du Projet L.U.N.E et Marc Émile Vigneault

Depuis sa création, La Quête a redonné l'espoir à quelques centaines de camelots. SUIVEZ-NOUS SUR

JOURNALISTES Jonas Detondji, Élisa Marterello, Geneviève Turcotte et Olivier Verreault

facebook.com/laquete.magazinederue

UNE TRIBUNE POUR TOUS Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu ? Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux. Faites-nous parvenir votre texte (700 mots maximum) avant le 1er du mois pour parution dans l'édition suivante. La thématique de septembre : GOUVERNEMENT

FAIRE DES SOUS EN DEVENANT CAMELOT Les camelots font 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d'informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 109 Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d'eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l'unique magazine de rue de Québec.

COUPON D'ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE Nom : Adresse : Ville : Code postal : Date :

Conception graphique : Helen Samson

Abonnement régulier Abonnement de soutien Abonnement institutionnel

AUTEUR.E.S Michel Brisson, Caroline Dion, François Gagnon, Armand Labbé, Grosse Marde, Sylvain Rouillard, Mélanie Tremblay et Jade Valronne AUTEUR.E DU JEU Lise Gravel et Jacques Carl Morin RÉVISEUR.E Benoit Arsenault et Marie-Hélène Gélinas (plumeplume.net) BÉDÉISTE Martine Lacroix INFOGRAPHISTE Helen Samson RESPONSABLE DES VENTES DE PUBLICITÉ ET DES ABONNEMENTS Francine Chatigny 418 649-9145 poste 109 laquete@larchipel-dentraide.org IMPRIMEUR Imprimerie STAMPA inc. (418) 681-0284 COPYLEFT La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d'auteur Creative Commons « Paternité – Pas d'Utilisation commerciale – Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n'est pas commercial, permet de l'utiliser et de le diffuser tout en protégeant l'intégralité de l'original et en mentionnant le nom des auteurs.

75 $ 90 $ 105 $

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La Quête est appuyée financièrement par :

Magazine de rue La Quête

190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7 Téléphone : 649-9145 poste 109 Télécopieur : 649-7770 Courriel : laquete@larchipel-dentraide.org

Financé par le gouvernement du Canada

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MOT DE CAMELOT UNE PAGE MAGIQUE Dans La Quête, il y a une page magique, la page Ressources où il y a toutes les ressources et pour se sortir de la rue, se nourrir, s’habiller, se loger, se divertir et avoir accès à toutes les ressources. Ouf, j’en oublie ! Quand je vous dis que c’est le magazine numéro un à Québec. Il a le pouvoir concret de tout ce que j’ai mentionné. À plusieurs reprises, j’ai dirigé, à l’aide de la page ressource, des hommes et des femmes dans le besoin immédiat. Tous sont revenus avec un sourire fendu jusqu’aux oreilles en me disant que je faisais des miracles. Suis vraiment privilégié de sortir des humains de la rue. OK, pas moi, juste diriger vers les ressources, mais wow ! L’effet, les bienfaits et tout ce qui suit. C’est très gratifiant quand ceux que j’ai aidés me recroisent et me disent que j’ai été un point de tournant dans leur vie et qu’ils ne me remercieront jamais assez. Loll. Certaines personnes arrivent avec un cadeau généreux, qui vaut 100 fois plus que mon geste, et je refuse en leur disant « Ben non, tu vas fucker mon geste, si tu veux me remercier vraiment, fais pareil comme j’ai fait pour toi ! » Photo :La Quête

Encore un gros merci à tous nos lecteurs et lectrices ! STÉPHANE MAHEU, CAMELOT UN GROS MERCI ! À tous nos lectrices et lecteurs qui achètent le magazine, qui nous soutiennent, nous encouragent, jour après jour, semaine après semaine et à tous les mois… comment vous remercier, car c’est grâce à vous que le magazine de rue La Quête existe, continue d’exister. Grâce à vous, votre intérêt, vos dons, que beaucoup d’entre nous, les camelots, réussissent à avoir des fins de mois plus heureuses, le ventre plein . Et pendant que j’ai une tribune, j’en profite pour remercier spécialement ma clientèle pour leur immense générosité, leur encouragement, et leur respect à mon égard et de faire de moi un travailleur citoyen. Vous faites une immense différence dans ma vie. Je tenais à ce que vous sachiez qu’il n’y a pas une fois que je ne suis pas touché, ému de vous retrouver à mon spot.

😉

Merci aussi aux collaborateurs ! Aussi dire que je suis heureux que La Quête existe depuis 31 ans, et ça, c’est grâce à tous les bénévoles qui participent mois après mois, qui travaillent fort et en donnent toujours plus pour livrer un magazine qui vous satisfait ! La Quête c’est aussi la voix du peuple, car elle donne la possibilité à tous les citoyens de s’y exprimer.

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À LA UNE

MOT DE LA COORDO

ABANDON

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Le thème a été proposé par Claude qui a un amour absolu pour les p’tites bêtes. On le sait, le nombre d’abandons de chats explose début juillet, à cause des déménagements. Elisa Martarello a répondu aux désirs de la camelot et s’est penchée sur la question. Son article surprendra peut-être Claude… Geneviève Turcotte est allée faire un tour à l’école de La Dauphine où débarquent de jeunes adultes au parcours souvent difficile. Pour les raccrocher, l’établissement de la rue d’Auteuil met tout en place pour favoriser leur motivation et leur persévérance aux dires de Caroline Betty, coordonnatrice de l’école.

principal outil pour la maintenir. Survol du phénomène avec Olivier Verreault. Des politiciens qui s’accrochent, des artistes qui ne veulent plus quitter la scène, des animateurs qui ne cèdent pas leur siège… Pour certains, il est difficile de lâcher prise. Comment y arriver ? Jonas Detondji a discuté de la question avec la psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier. Le thème a également suscité l’intérêt de nombreuses personnes. Nous publions les témoignages de quelques-unes d’entre elles. Bonne lecture,

Alors que les démocraties s’effritent un peu partout sur la planète, les Québécois délaissent le

FRANCINE CHATIGNY

DESCRIPTION DE L’ARTISTE James Quon Formé à l’École des Beaux-Arts de Montréal, cet artiste multidisciplinaire s’exprime au travers de la sculpture, la musique et le dessin. Ses œuvres s’inspirent de gens qu’il croise et de ses expériences de vie.

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HRONIQUE

UN DÉFI ET NON UNE FATALITÉ Le mot abandon ne réfère pas uniquement à une silhouette qui s’éloigne dans les larmes ou à une porte que l’on rabat avec fracas. Comme le soulignait le lexicographe Alain Rey, on peut reconnaître l’idée d’abandon sous de nombreux mots, comme abdication ou capitulation, en passant par désertion ou résignation. Le terme abandon, univoque en apparence, recouvre une constellation d’expériences humaines.

L’abandon provient ici d’un ensemble de décisions (ou d’inactions) sociales et politiques. À force de devoir se battre pour obtenir de l’aide, une personne finit par lâcher. Cet abandon n’est pas déclaré, mais il est vécu.

L’exemple le plus dramatique reste celui de l’abandon parental. Lorsqu’un enfant est laissé à lui-même, les conséquences sont connues. Le psychiatre John Bowlby, pionnier de la « théorie de l’attachement », a bien démontré que la sécurité affective se construit dans les premières années de la vie et influence profondément la capacité ultérieure à établir des relations. Et l’imagerie cérébrale a confirmé ses observations, l’abandon modifie la manière dont le cerveau traite les émotions et les relations humaines.

abandonnés montrent que certains développent des capacités d’adaptation remarquables. Ce basculement repose sur l’intervention d’une « personne de résilience », un enseignant, un proche ou un intervenant significatif qui en vient à restaurer un minimum de sécurité affective. C’est ainsi qu’une parole, un geste, un simple comportement a pu souvent suffire à amorcer une reconstruction. Les recherches montrent qu’un tel accompagnement redresse des trajectoires de décrochage scolaire, d’isolement social ou de certaines formes de délinquance. Et une personne qui a bénéficié d’un tel support est plus susceptible à son tour de devenir soutien pour d’autres.

Un type d’abandon, plus silencieux encore, est celui que l’on s’inflige à soi-même. Il s’agit de ces moments où, capitulant devant les obstacles et pour se prémunir contre la douleur de l’échec, on renonce à ses aspirations et se résigne à une L’ABANDON INSCRIT DANS LE CERVEAU vie plate. Les recherches en psychologie cognitive montrent Au Québec, l’abandon est ordinairement vécu dans la que ce type de renoncement se construit sur des expésphère privée comme s’il s’agissait d’une faiblesse psycho- riences passées. Une personne qui a vécu des abandons logique. Pourtant, psychologues et neuroscientifiques ont répétés est susceptible d’intégrer l’idée qu’elle ne mérite pas montré qu’il s’agit d’un phénomène qui s’enracine non seu- mieux. Ou qu’elle n’a pas le pouvoir de changer sa situation. lement dans le socioaffectif, mais aussi dans le biologique. C’est une « impuissance apprise », mais fausse. Réfléchir sur l’abandon, c’est donc s’intéresser au vécu des individus, mais aussi aux structures corporelles dans les- RÉSILIENCE ET RESPONSABILITÉ COLLECTIVE quelles il se développe. Les travaux de Boris Cyrulnik sur la résilience des enfants

Or, l’abandon ne se limite pas à la prime enfance, il prend d’autres formes à l’âge adulte. La rupture amoureuse en est l’exemple dramatique : la personne quittée ne perd pas seulement un partenaire, car cela hypothèque son projet de vie et même son identité. Certaines recherches ont comparé les effets d’une rupture à ceux d’un sevrage : perte d’appétit, insomnie, anxiété. L’abandon n’est donc pas uniquement émotionnel. DE MULTIPLES ABANDONNÉS À une autre échelle, l’abandon est sociétal, il remet en question la responsabilité collective et présente donc des dimensions politiques. Ainsi, quand l’État renie ses engagements climatiques, les générations montantes peuvent voir ça comme une forme d’abandon. En éducation, les jeunes qui n’atteignent pas la note de passage, et qui ne sont plus vus, plus soutenus, peuvent intérioriser une forme d’abandon. De même, dans les systèmes de justice ou de santé, les personnes qui sont soumises à de longues attentes, qui se trouvent perdues dans un système compliqué, se sentent abandonnées. De même encore ces immigrés laissés dans des situations précaires, ni pleinement accueillis, ni totalement rejetés. Et je n’ai pas encore parlé des personnes âgées. JUIN 2026

L’enjeu n’est pas seulement de réparer après coup, mais de créer des conditions où ces tuteurs de résilience peuvent exister et agir. Les environnements qui favorisent ces rencontres (écoles à taille humaine, services sociaux accessibles, réseaux communautaires) deviennent essentiels, je dis bien ESSENTIELS, car l’abandon ne se résume pas à une prise de conscience individuelle, il s’inscrit dans des dynamiques complexes, où se mêlent des choix personnels, un cadre social et des structures politiques. Les experts s’accordent pour dire que l’abandon met en lumière la vulnérabilité humaine, mais aussi la possibilité de transformer une blessure en une histoire personnelle positive. À l’issue de la Seconde Guerre mondiale qu’Albert Camus venait de vivre, il écrivait : « Au milieu de l’hiver, j’apprenais qu’il y avait en moi un été invincible », révélant une capacité intérieure de persévérer et de s’en réjouir.

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CLAUDE COSSETTE

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ÉCOLE LA DAUPHINE

UNE ÉCOLE PAS COMME LES AUTRES d’environ 24 ans. Il n’y a pas de frais de scolarité et l’ensemble du matériel est fourni gratuitement. Avec seulement 13 personnes par groupe, les deux enseignants peuvent consacrer plus de temps à chacune d’elles. « On a la chance d’être dans une école où, quand on vit certaines difficultés, puis qu’on a un trop plein, on peut trouver des mesures adaptatives », souligne Tommy.

Les étudiants ont accès à tous les services de La Dauphine et sont en« On raccroche ces jeunes-là dans un cadrés par des professionnels, dont milieu un peu plus personnalisé, plus des intervenants, deux psychologues, petit, avec un peu plus de services pour une infirmière et des agents de liairépondre à plusieurs besoins », ex- son. Ils peuvent consulter Caroline, plique Caroline Betty, coordonnatrice conseillère d’orientation, qui les aide à de l’établissement de la rue D’Auteuil. trouver « un projet de vie un peu plus Tommy Morinville est la preuve que le concret », mentionne le jeune adulte. modèle fonctionne. Le jeune homme Ils sont accompagnés dans plusieurs de 23 ans, originaire de la Mauricie, aspects de leur vie, que ce soit pour des vivait des problèmes familiaux et de enjeux de toxicomanie, de logement, consommation. Quand il a cherché de de santé ou autres, à même les locaux l’aide, on lui a conseillé d’aller à Mon- de l’organisme qui compte près de 50 tréal ou à Québec pour s’en sortir. Il a employés. Les déjeuners et les dîners eu un « déclic » après avoir découvert sont fournis, car, comme le note CaLa Dauphine dans un documentaire. roline, il est plus difficile d’apprendre « Même si je savais que je devais lâcher et de se concentrer lorsqu’on a faim. La tout du jour au lendemain, que j’allais grande majorité des étudiants a accès à être dans la rue un bout, j’ai quand une aide financière de Services Québec. même cru en La Dauphine, même si Certains, comme Tommy, bénéficient j’avais jamais mis les pieds à Québec, aussi d’un logement subventionné. parce que je trouvais que les témoignages étaient forts. » Il a bénéficié pendant quelque temps du service d’hébergement de l’organisme, puis a obtenu un appartement et a repris ses études. Celui qui fréquente les lieux depuis deux ans y a trouvé « une famille », des gens qui croient en lui et qui soulignent ses réussites. RÉDUIRE LES OBSTACLES

DIVERSITÉ BIENVENUE Tommy constate qu’il y a beaucoup de diversité parmi les élèves. « Ici, on est vraiment accepté comme on est, puis on n’a pas besoin de changer. » Il ajoute que le fait de côtoyer d’autres personnes qui vivent des réalités similaires fait en sorte qu’il y a moins de jugement et de la solidarité. Il considère le groupe comme une « communauté ».

L’école accueille 26 étudiants à la fois, du lundi au jeudi de la fin août à la mi-juin. Les cours de français et de mathématiques sont offerts ainsi que quelques cours optionnels. Les autres matières, au besoin, sont suivies au Centre Louis-Jolliet.

Le profil des jeunes qui intègrent l’école a évolué depuis son ouverture en 1998. À l’origine, les punks qui traînaient à la place D’Youville utilisaient les services de la Dauphine et cheminaient ensuite vers l’école, observe celle qui est à l’emploi de l’organisme depuis 20 ans. Aujourd’hui, les Tout est mis en place pour favoriétudiants proviennent de partout à ser la motivation et la persévérance Québec et même de la Rive-Sud. Les des élèves, dont la moyenne d’âge est

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Photo :Geneviève Turcotte

Ils ont fréquenté d’autres écoles et ont décroché pour différentes raisons. Certains ont connu des problèmes de toxicomanie, de santé mentale, de comportement ou des troubles d’apprentissage. Pour ceux qui ne trouvent pas leur place dans les milieux conventionnels, il existe heureusement une solution. L’École La Dauphine accueille des personnes de 16 à 35 ans en situation de difficulté ou d’exclusion sociale.

Caroline Betty, coordonnatrice de l’École La Dauphine, en compagnie de Fluffy, un des deux rats qui vivent dans son bureau. Ceux-ci procurent des « petites doses d’affection et d’apaisement » aux étudiants.

personnes qui s’inscrivent ont déjà fait « beaucoup de démarches pour stabiliser leur vie ». Au fil du temps, La Dauphine a amélioré les services offerts pour mieux soutenir les élèves, ce qui fait qu’ils poursuivent leur projet d’études plus longtemps. Le roulement est donc moins grand et, depuis deux ans, l’établissement a une liste d’attente. Malgré la demande, l’intention est de rester petit pour préserver « l’esprit familial », soutient la coordonnatrice. Tommy veut terminer son secondaire pour devenir intervenant. Il affirme qu’il « n’aurait rien » si ce n’était de l’accompagnement qu’il a reçu de la part de l’équipe de La Dauphine. Caroline, émue, répond qu’il a travaillé fort et que « les pas, c’est lui qui les faits ». GENEVIÈVE TURCOTTE

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PARTICIPATION AUX ÉLECTIONS

EST-CE QUE LES CITOYENS ABANDONNENT LA POLITIQUE ?

Photo :Olivier Verreault

Depuis maintenant une trentaine d’années, le taux de vote aux élections est en baisse au Québec. Cette diminution est également visible lors d’élections dans de nombreux pays démocratiques. Cela ne signifie toutefois pas que les citoyens se détournent complètement de la politique, mais plutôt qu’une partie de la population ne ressentirait tout simplement plus l’obligation d’aller voter, selon un expert interrogé par La Quête.

Lors des dernières élections générales provinciales, Élections Québec a recensé un taux de participation de 66,15 %. Ce chiffre a confirmé la tendance à la baisse de la participation électorale au de vote], c’est cautionner des politiciens VOTE OBLIGATOIRE Québec, alors qu’il tournait autour de et un système auquel je ne crois pas », Selon André Blais, la « solution la plus a-t-il avoué à La Quête. Cela n’empêche simple de toutes » afin de régler le pro80 %, il y a une trentaine d’années. toutefois pas Jacques de suivre assidû- blème de la baisse de la participation Pour André Blais, professeur titulaire ment la politique. Selon André Blais, le au Département de science politique nombre de personnes comme Jacques électorale serait de rendre le vote oblide l’Université de Montréal, le principal qui ne vont plus voter par manque de gatoire. Plusieurs pays ont déjà mis en facteur pour expliquer cette tendance confiance envers le système a augmen- place cette obligation. C’est le cas noest le déclin du sentiment du devoir. té dans les dernières années, bien que tamment de l’Australie, de la Belgique « Avant, il y avait une grande quantité cela ne soit pas le phénomène le plus et de la plupart des pays d’Amérique du de personnes qui avaient la conviction important pour expliquer la baisse de Sud. Lorsque cette loi est renforcée, par exemple, avec une amende lorsqu’une que c’était un devoir civique d’aller participation. personne ne va pas voter, c’est « la mévoter », a-t-il dit en entrevue avec La thode la plus efficace » pour augmenter Quête. « Aujourd’hui, avec la séculari- CONSÉQUENCES DE LA le taux de participation, indique-t-il. sation, ce sentiment est moins fort. [La NON-PARTICIPATION population] pense plus en termes de En plus de ne pas avoir de poids dans L’idée du vote obligatoire n’est pas bien droit que de devoir ». La sécularisation la décision des prochains élus, André reçue par tous, considérant que cerfait référence au processus par lequel la Blais établit que le fait de ne pas aller tains y voient une atteinte aux libertés religion perd de son influence et de son voter peut apporter d’autres consé- personnelles, dans leur droit de ne pas autorité, notamment dans le domaine quences sur la représentation. « Les aller voter. Toutefois, André Blais menpolitique. politiciens vont s’intéresser davantage tionne que les « politiciens en général Cependant, André Blais note que ce aux gens dont ils pensent qu’ils vont al- s’intéressent à ce que le taux de partin’est pas parce qu’un citoyen ne va pas ler voter. [Ils] savent que les personnes cipation soit plus élevé, car cela leur voter qu’il ne s’intéresse pas à la po- plus âgées vont plus voter que les jeunes, donne une légitimité plus élevée », bien litique. « Oui, il délaisse les élections, et ça les incite à porter davantage d’at- que « certains partis aient plus intérêt à ce que cela monte ». Pour instiguer un mais il ne délaisse pas nécessairement tention à leurs revendications », dit-il. tout le système démocratique », men- En effet, les jeunes adultes sont parmi changement dans la participation, le tionne-t-il. Le professeur établit que les personnes ayant le taux de parti- professeur de science politique conclut ces personnes vont parfois participer cipation électorale le plus bas et ce- que le problème est de l’ordre philod’autres façons, par exemple en prenant lui-ci a grandement diminué dans les sophique : à quel point les législateurs pensent que le faible taux de participapart à une manifestation. dernières années. Toutefois, André tion est un enjeu pour le Québec qui C’est notamment le cas de Jacques*, tra- Blais avance que « les politiciens ont mérite qu’on s’y attarde ? vailleur dans le communautaire, qui ne conscience que si les jeunes sont vraiOLIVIER VERREAULT va pas voter aux élections depuis main- ment mécontents, ils vont participer tenant une trentaine d’années. « Pour d’une autre façon », renforçant l’idée moi, mettre mon « x » [sur le bulletin que les jeunes ne sont pas déconnectés * non fictif pour protéger l'anonymat de la politique même s’ils votent moins. JUIN 2026

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CARRIÈRE, PASSION ET POUVOIR

LA DIFFICULTÉ DE TOURNER LA PAGE Courtoisie :Geneviève Beaulieu-Pelletier

Des athlètes qui reviennent sur la piste après la retraite. Des vedettes qui étirent leurs tournées d’adieu pendant que des politiciens s’accrochent à leurs fonctions. Raccrocher devient un défi insurmontable. Pourquoi est-il si difficile de tourner la page ? Et comment abandonner en douceur ? Dans une entrevue sans détour, Dre Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue et conférencière, décrypte le phénomène. L’autrice du guide à succès Trucs de Psy propose des clés pour abandonner en douceur.

QUELLES SONT, SELON VOUS, PIÈGES QUI GUETTENT LES GENS QUI S’ACCROCHENT ? LES CAUSES DE CE PHÉNOMÈNE DE PLUS EN PLUS « Le piège encouru par les personnes qui RÉCURRENT DANS NOTRE s’accrochent est qu’elles ne sont plus tant SOCIÉTÉ ? pertinentes qu’avant dans leur rôle. Par« Il y a plusieurs facteurs qui expliquent pourquoi c’est difficile de se retirer d’un rôle ou d’une fonction. D’abord, il y a la question de l’identité. Lorsqu’on fait quelque chose sur le long terme, cela devient une partie de notre être. Donc, arrêter, cela amène une grosse question : qui suis-je sans ce rôle-là ? Ensuite, il y a le regard des autres. Pour les personnes publiques, la reconnaissance, l’attention et les honneurs rendus par le public comptent beaucoup pour elles. Perdre cela, peut être très confrontant en tant qu’humain, parce qu’on a tous besoin du regard de l’autre, même si on apprend avec le temps à moins en dépendre. Il y a aussi la notion du temps qui passe. On veut se retirer, mais on a peur du temps d’après. On se demande : à quoi je sers maintenant ? Un autre facteur peut être lié à tout ce que l’on a investi pendant qu’on était dans ce rôle. Le temps, les efforts et les sacrifices consentis. En raccrochant, on peut avoir l’impression que tous ces investissements sont nuls. Dans une relation amoureuse, par exemple, on se demande ce qu’on deviendra sans son conjoint. Il y a aussi l’entourage qui peut aussi jouer un rôle. Parfois, il y a une pression, explicite ou non, à continuer, que ce soit de la part d’une équipe, de collègues ou même du public. »

QUELS SONT LES ÉVENTUELS

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fois, elles ne jouissent plus de la même estime de la part de leur entourage. C’est un piège parce que finalement, elles ne reçoivent plus le regard positif qui leur faisait du bien. Le sentiment d’estime peut être remplacé dans certains cas par la pitié, la peine ou même des critiques négatives. Le piège aussi, c’est de s’accrocher sans être en train de préparer cette prochaine et incontournable étape de sa vie. Dans une telle posture, on va être amené à s’accrocher encore plus longtemps parce qu’on n’aura pas préparé la suite.

En s’accrochant aussi, on peut tanner les gens. Par exemple, un artiste qui offre le même spectacle sur le long terme. Ce qu’on souhaite, c’est que chacun soit capable de s’arrêter quand c’est le bon moment pour se développer une nouvelle ligne. Mais s’accrocher à tout prix peut éloigner les gens au point de conduire à la solitude. »

MAIS QUAND RECONNAÎT-ON LE BON MOMENT POUR ABANDONNER OU LÂCHER PRISE ?

Ensuite, il y a le corps et le mental. Quand on commence à être fatigué, irritable, anxieux ou même épuisé, c’est souvent un signe qu’on ne s’écoute plus. Si s’accrocher fait plus de mal que de bien, il faut vraiment s’arrêter et y prêter attention. Il y a aussi une question à se poser : est-ce que je reste parce que j’ai encore quelque chose à apporter, ou est-ce que je reste pour la reconnaissance, la visibilité, ou le statut ? Répondre honnêtement à cette question peut beaucoup éclairer. Un autre indice, c’est la place qu’on laisse aux autres. Est-ce que le fait de rester empêche la relève d’émerger ? Parfois, reconnaître cela permet de redéfinir son rôle autrement, sans disparaître complètement. Parce que lâcher prise, cela ne veut pas dire arrêter d’exister ou de contribuer. Cela peut vouloir dire se repositionner, transmettre, accompagner ou guider. Et ça peut être tout aussi riche, sinon plus. C’est un équilibre entre s’écouter, être honnête avec soi-même, et accepter que notre rôle peut évoluer. »

PUISQUE SE PRÉPARER À LA FIN D’UN RÔLE OU D’UNE CARRIÈRE EST UN PROCESSUS, QU’EST-CE QUE VOUS RECOMMANDEZ CONCRÈTEMENT POUR TRAVERSER CETTE ÉTAPE DE FAÇON SAINE ?

« Il existe certains signes même s’ils ne sont pas évidents. D’abord, quand on « C’est un processus qui commence par perd le plaisir de faire ce qu’on a l’habitu- un retour à soi. Se demander honnêtede de faire. On peut continuer par habitu- ment : où j’en suis dans ma vie en ce mode, par attachement ou pour le regard des ment ? Qui suis-je aujourd’hui ? Qu’estautres, mais au fond, ce n’est plus nourris- ce que j’ai envie de développer, de vivre, sant. C’est déjà un signal important. de nourrir ? Les réponses changent avec le temps, et c’est normal.

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CARRIÈRE, PASSION ET POUVOIR

LA DIFFICULTÉ DE TOURNER LA PAGE (SUITE)

Si l’idée de se retirer commence à émerger, l’important est de réfléchir à ce qu’on veut construire après. Pas nécessairement quelque chose de grand ou d’immédiat, mais peut-être une passion, un projet personnel, des relations, du bénévolat. L’idée, c’est de commencer doucement, de créer des repères avant même de prendre la décision finale, pour que la transition soit moins brutale. Parler de ce questionnement avec ses proches est aussi essentiel. Il y a aussi ce travail de recul à faire : regarder le parcours accompli, reconnaître ce qui a été vécu, accepter que la fin ne soit pas toujours exactement comme on l’avait imaginée. Et se demander honnêtement : est-ce que ça me nourrit encore, ou est-ce que je poursuis surtout pour la visibilité ou la reconnaissance ?

EN TANT QUE PRATICIENNE, EST-CE QUE VOUS RECEVEZ DES PERSONNES QUI AIMERAIENT PRÉPARER CETTE ÉTAPE DE LEUR VIE ?

Courtoisie :Geneviève Beaulieu-Pelletier

Il est donc important de changer notre regard sur l’idée d’“abandonner”. Ce n’est pas forcément abandonner, c’est décider. Décider que c’est assez, que l’énergie ira désormais ailleurs. Faire le deuil de certaines attentes, et reconnaître qu’on est en train de faire un choix conscient pour la suite de sa vie. »

Dre Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue et conférencière, autrice du guide à succès Trucs de Psy.

« Oui, je reçois des patients confrontés à ce problème. Certains en fin de carrière « Oui, peut-être juste la notion du vide. pensent qu’ils doivent refaire un dernier On peut effectivement se sentir vide. Je projet, par exemple. D’autres personnes, parlais tantôt de l’identité, de qui je suis par contre, ont préparé leur sortie pen- et de ce que je vais faire. Souvent, on va dant les belles années. Il y en a qui ne utiliser le terme du vide. Et confronter ce veulent pas y penser du tout. Ces per- vide-là, ce n’est vraiment pas évident. sonnes sont davantage dans le déni. Et Bien souvent, on préfère rester dans l’acc’est là que ça devient plus difficile et que tion, s’occuper, continuer, garder l’esprit le travail à faire est vraiment important. Il occupé pour ne pas avoir à faire face à y a vraiment tous les cas de figure. » ce vide. D’ailleurs, c’est souvent pour cela qu’on s’accroche à un rôle ou à un poste : IL Y A UN ÉLÉMENT IMPORpour éviter de tomber dans ce vide-là.

TANT QUE VOUS SOUHAITEZ AJOUTER ?

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Le moment où les gens arrêtent, prennent leur retraite ou se retirent de la vie

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publique comporte quand même des risques. C’est sûr qu’on peut être confronté à ce vide intérieur. Mais être conscient de cela, c’est déjà important. Plus, je suis capable de me connecter à ce vide et de me demander qu’est-ce qui ferait du sens pour moi maintenant, plus je m’aide réellement pour la suite de mon parcours. »

ENTREVUE RÉALISÉE PAR JONAS DETONDJI TRANSCRIPTION : INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

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ABANDON DES CHATS

UN ENJEU DE SANTÉ PUBLIQUE

Le cœur du problème, selon Sarah Gauthier Kirouac, cofondatrice et présidente de l’Organisation pour la Protection des Chats (OPC), se trouve dans l’accessibilité démesurée des chats non stérilisés sur des plateformes comme Kijiji ou Facebook. Cette facilité d’acquisition crée un détachement. « Facilement eus, facilement abandonnés », résume-t-elle. Sarah Gauthier Kirouac compare l’adoption à l’achat d’une voiture : on n’acquiert pas un bien sans avoir les moyens d’en assumer l’entretien. Un chat « gratuit » peut vite coûter des milliers de dollars en soins vétérinaires, comme en témoigne le cas d’un chat errant à Sainte-Foy dont les propriétaires ont refusé de payer les soins : l’organisme a dû débourser 7 000 $ pour opérer ses genoux et ses dents. Cette somme illustre le fossé entre le désir d’avoir un animal et la capacité à payer pour les besoins de base et les soins du compagnon trouvé. Un manque de préparation peut transformer l’animal de compagnie en un véritable enjeu de santé publique. « S’assurer qu’il a reçu ses antiparasitaires et vermifuges, s’assurer qu’il a vu un vétérinaire au moins une fois […] c’est être responsable, insiste Sarah Gauthier Kirouac. Sans ces soins de base, des maladies comme la teigne, transmissible du chat à l’humain, peuvent s’introduire dans un foyer. L’ignorance des besoins félins mène à des abandons injustifiés : « Un chat, ça ne fait pas pipi n’importe où comme ça », rappelle-t-elle. Un problème urinaire ou une litière mal entretenue suffisent souvent à expliquer ce comportement.

Photo : Sarah Gauthier Kirouac

Le tribunal a tranché en faveur de la SPCA de Montréal le 12 mars dernier concernant l’interdiction d’animaux dans les logements. Si les clauses de « non-animal » constituent l’une des causes majeures d’abandon au Québec, elles ne représentent que la pointe émergée de l’iceberg.

Victime d’un abandon de voisinage, ce félin a été secouru in extremis par la présidente de l’OPC. Une intervention vitale qui rappelle que, derrière chaque statistique de l’errance se cache une souffrance individuelle évitable.

publics, comme la SPA. « Ils accueillent le trop-plein, mais ne sortent pas sur le terrain pour quantifier, pour stériliser, pour tarir les naissances », résume-telle. Sans vigie terrain et sans encadrement strict des transactions en ligne, les refuges resteront condamnés à pratiquer l’euthanasie faute de place. CONDITIONS POUR ADOPTER Pour l’OPC, l’adoption doit être une décision réfléchie reposant sur trois questions fondamentales : « Suis-je allergique ? » « Est-ce que j’ai le droit d’avoir un animal dans mon logement ? » et « Est-ce que j’ai le budget pour m’en occuper ? ». La deuxième question, bien que plus facile à trancher depuis que le tribunal a limité le droit des propriétaires d’interdire les animaux dans les logements, reste un réflexe essentiel à avoir avant toute démarche. Au-delà de l’aspect financier, adopter est un engagement moral. « Un chat est avant tout un être comme nous et il a des droits », c’est une philosophie au sein de l’OPC. L'objectif est de passer d'un coup de cœur émotif à une logique de responsabilité durable pour garantir que chaque chat trouve un foyer capable de répondre à ses besoins jusqu'à la fin de sa vie.

Un chat abandonné peut directement impacter le voisinage. Non stérilisé, il contribue à la formation de colonies qui se multiplient dans les rues. Sarah Gauthier Kirouac, qui gère elle-même « ÇA PART DE NOUS » une colonie de 50 chats, déplore l’absence d’intervention à la source des L'enjeu de l'abandon touche également autorités municipales et des refuges les personnes en situation de précarité

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ou d'itinérance, pour qui l'animal est parfois le seul rempart contre l'anxiété et l'isolement. « Est-ce qu'on est mieux d'avoir un animal avec un humain qui va s'en occuper un certain temps ou de le voir traîner dans la rue ? Ma réponse est simple : avec un humain, le temps qu'il pourra », tranche Sarah Gauthier Kirouac. L'OPC souligne un manque de ressources pour les situations qui échappent au contrôle du propriétaire. « On a des itinérants qui s'occupent très bien de leurs animaux […] mais si, demain matin ils se retrouvent en milieu carcéral, qu'est-ce qu'on fait de leurs animaux ? » interpelle-t-elle. La présidente prône la mise en place d'un « Plan B » collectif : un programme de relocalisation pour les chats dont les propriétaires ne peuvent plus assumer la garde, incluant des services de soutien en résidences pour aînés. Elle suggère notamment de jumeler de vieux chats avec des personnes en perte d'autonomie, tout en assurant une veille pour leurs soins. « C'est la gestion, la prévention et l'éducation qui feront de ces initiatives un succès », conclut-elle. ELISA MARTARELLO

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ABANDONNÉ OU ABANDONNER Nous entendons souvent parler des personnes en situation d’itinérance à la télévision, principalement pendant l’hiver. Les grands froids de janvier et février font peur à plusieurs d’entre eux. Que se passe-t-il lorsqu’il n’y a plus de place pour eux dans les refuges? Que pouvons-nous faire pour les sortir de la rue et leur donner un toit pour qu’ils puissent vivre avec décence dans la société? Dans notre société, il existe des mécanismes qui font en sorte que les gens vont travailler à l’âge adulte. Tous les enfants vont à la maternelle puis au secondaire et pour ceux et celles qui le désirent, on leur permet de suivre une formation qui débouche à un métier et à un emploi. Pour ceux et celles qui veulent poursuivre leurs études, on leur permet d’aller au Cégep. La plupart ne vont pas plus loin et se trouvent un emploi bien rémunéré. Ceux qui restent font des études universitaires et ont des emplois qui les distinguent dans la société. Mais que se passe-t-il avec les autres, ceux et celles qui ne se trouvent pas d’emplois? Ces personnes sont inaptes au travail. Les personnes qui sont inaptes au travail, le sont parce qu’elles ont une déficience physique ou mentale ou une maladie mentale. Le gouvernement a mis en place un système qui fait en sorte que la plupart d’entre eux n’est pas complètement démunie et prévoit de les récupérer avec ses programmes. Mais pourquoi en reste-t-il toujours qui passent à travers les mailles de ce filet.

plus démunis, mais il y en a qui refusent d’être aidé parce qu’ils refusent d’aller en institution par fierté peut-être. Les autres font des vols ou de la prostitution pour subvenir à leurs besoins. Pourquoi le gouvernement ne met-il pas en place des moyens plus efficaces pour ne pas que des jeunes gens soient pris pour cible par le milieu criminel pour les entrainer dans l’illégalité? Existe-t-il suffisamment de travailleurs de rue et de refuges pour les personnes qui n’ont plus de place où aller? Le gouvernement devrait mettre en place des programmes sociaux pour permettre aux gens de se valoriser en suivant des cours qui leur permettraient de trouver un travail qui leur convient. On a l’impression souvent que le gouvernement abandonne en quelque sorte plusieurs personnes et ne veut que des travailleurs bon marché pour effectuer un travail dont personne ne veut. Je termine en disant qu’il ne faut pas se décourager et ne pas abandonner. Peut-être que certains et certaines devront faire un travail qui ne leur convient pas nécessairement, mais sans doute que plus tard, ils et elles pourront retourner faire des études qui leur permettront d’effectuer un travail dont ils pourront être fiers.

Pour ma part, je me rends compte que la vie me permet de faire un travail qui me convient, même si j’ai dû attendre longtemps et faire bien des efforts pour en arriver là. Je fais Comme on peut le constater, ce système n’est pas parfait. du bénévolat, mais ça me donne tout de même l’impression Ceux et celles qui ont un travail gagnent leur vie et ont le de faire quelque chose de valable pour la société. J’ai eu becourage de faire la grève lorsque leur salaire devient in- soin d’une bénévole à un certain moment de ma vie, et sans suffisant pour vivre décemment. Mais ceux et celles qui elle, je n’aurais pas été en mesure d’aller plus loin dans la vie. ne travaillent pas et qui n’ont que l’assistance sociale pour Le bénévolat est un service important et il ne faudrait pas vivre, ou devrais-je dire pour survivre, ne réclame jamais sous-estimer ce travail. une augmentation sur leur chèque. Tout ce qu’elles peuvent faire, c’est d’aller dans les banques alimentaires. Pour ceux et celles qui ne peuvent pas se payer un loyer à un prix qui leur soit accessible, il ne reste que la rue. Je sais qu’il existe des travailleurs de rue pour venir en aide aux

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MICHEL POTVIN

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« J’AI MAL À MA MÈRE1» Dans un premier temps, il est nécessaire de préciser que la notion d’abandon n’arrive jamais seule : elle est toujours accompagnée de la notion d’attachement. Ce texte est divisé en deux parties : éclaircissement des notions d’attachement et d’abandon.

ses proches. Ce profil se caractérise par une profonde insécurité affective, un besoin de réassurance constant, et parfois des comportements ambivalents (alternance d’agressivité et de demande d’amour) visant à tester l’attachement de l’autre. (Dico. en ligne Le Robert).

Selon le Dr Michel Lemay, les conséquences de l’abandon sur le développement psychosocial de l’enfant et dans ses L’attachement renvoie au lien que le bébé et le jeune en- relations personnelles et sociales engendrent des troubles fant (0-3 ans) développe avec la mère ou la personne qui en profonds de l’attachement qui se caractérisent par une esprend soin (père, grands-parents ou autre personne). time de soi fragile, de l’anxiété, et des comportements inaLa thèse est développée par John Bowlby2, le médecin qui daptés (agressivité, retrait). Sur le plan social, il crée de la est l’auteur, à la fin des années 1950, des premières théories dépendance affective, des difficultés à faire confiance, et de l’attachement. Cette théorie propose que l’attachement des risques de répétition du schéma d’abandon dans ses du bébé envers l’adulte qui en prend soin a pour effet de relations personnelles futures ou avec ses propres enfants. construire sa sécurité intérieure déterminant ainsi, pour le Selon des chercheurs de l’Université de Sherbrooke les reste de sa vie, une solide structure émotive et comporte- dommages causés par un abandon se révèlent désastreuses mentale. Le long développement de l’attachement de l’en- pour l’avenir de l’enfant causant un mal de vivre et de très fant envers sa figure parentale est une adaptation évolutive grandes difficultés relationnelles, telles que : essentielle de la race humaine. Les humains naissent vulnérables et le restent plus ou moins jusqu’à la fin de l’ado- - Troubles de l’attachement et de l’affectivité : L’enfant peut développer un attachement désorganisé ou insécure, crailescence. gnant constamment le rejet et la trahison, ce qui entrave la Selon Bowlby, le système d’attachement favorise le déve- capacité à nouer des relations saines et durables. loppement de l’enfant en offrant une garantie de protection grâce à la présence rassurante et réconfortante du fournis- - Problèmes émotionnels et psychologiques : On observe seur de soins. En effet, les enfants ne sont pas encore ca- fréquemment une grande détresse émotionnelle (anxiété, pables de vivre de manière autonome et peuvent facilement dépression), une faible estime de soi, et un sentiment d’être se mettre en danger sans la présence d’une figure de sécurité. indigne d’amour. Des comportements de fuite, d’isolement Cette figure sert de refuge en cas de danger physiologique ou de repli sur soi sont courants. ou d’instabilité environnementale, tout en servant de base - Troubles du comportement et difficultés sociales : L’enfant pour les explorations essentielles à leur développement. peut manifester de l’agressivité, une hypervigilance, ou des Ce qui nous conduit à prendre connaissance des consé- conduites de transgression, en particulier s’il est placé en institution. Ces comportements sont des défenses face au quences nocives d’un abandon. vide intérieur et au besoin de sécurisation. LA NOTION ABANDON - Impact à long terme : Ces carences peuvent persister à l’âge Définition d’abandon : quitter, laisser définitivement (qqn adulte, affectant la vie personnelle et professionnelle. Un dont on doit s’occuper, envers qui on est lié). risque de « répétition » est observé, où l’adulte ayant été Dans la littérature, les enfants abandonnés par un parent abandonné peut rencontrer des difficultés dans ses propres compétences parentales. (Université de Sherbrooke). sont nommés « abandonniques ». LA NOTION D’ATTACHEMENT

Un.e abandonnique désigne, en psychologie, une personne (souvent un enfant, mais aussi un adulte) qui souffre d’une crainte intense, réelle ou imaginaire, d’être abandonnée par

DENYS LORTIE MA EN PSYCHOPÉDAGOGIE

1 Ce titre est emprunté au Dr Michel Lemay (1931-2022) qui est pédopsychiatre, docteur ès lettres, psychothérapeute et éducateur spécialisé.

2 Edward John Mostyn Bowlby qui est un médecin psychiatre et psychanalyste britannique.

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ABANDON, ADOPTION ET RETROUVAILLES En 2026, ça va faire 43 ans que mes parents célèbrent, année après année, mon arrivée dans leur vie. Dans les années 1980, chaque adoption était une victoire après un processus long et complexe. Ils célèbrent aussi, sans en être réellement conscients, que du haut de mes quelques mois, j’ai eu à vivre tant d’adaptation. Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes : être adopté à la naissance ou plus vieux demande tout autant de capacité d’adaptation pour l’enfant qui doit s’intégrer à différents lieux de vie et se familiariser avec différentes personnes. Même si l’enfant ne s’en souvient pas, ça ne veut pas dire qu’il ne l’a pas vécu. EN QUÊTE DE MON IDENTITÉ D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours su que j’avais été adopté. J’ai grandi et j’ai vécu mon adolescence comme tout le monde. Comme tous mes amis, j’ai cherché les repères autour de moi. Je ne ressemble à aucun membre de ma famille adoptive et j’en ai toujours eu conscience. Mais ça me rendait confuse quand on me disait d’un air assuré : « Oh que tu ressembles à ton père ! » Ça venait tourner le fer dans la plaie. Je me souviens que je voulais crier de colère et hurler ma vérité devant ses déclarations plus que fausses. Je trouvais ça injuste que tout le monde autour de moi ressemble à leur famille, sauf mon frère et moi. Moi, à qui je ressemblais ? Je n’en avais aucune idée. Je vivais la crise d’identification de l’adolescence comme un désert cuisant et je me posais d’innombrables questions : d’où je viens, je ressemble à qui ? J’ai-tu des frères ? Des sœurs ? Et surtout : Je suis qui moi ?

j’allais léguer à mon enfant à naître. J’ai commencé par faire la demande d’antécédents sociobiologiques au département des adoptions de la DPJ. Une fois que j’ai reçu mes papiers et que je les ai lus, j’ai vite compris que je devais aller plus loin pour répondre à mes questions. J’ai donc, avec l’aide de la DPJ, commencé par parler avec ma mère biologique, puis je l’ai rencontré.

dans ses ressemblances, la différence et non plus la ressemblance dans mes différences comme j’étais habituée de faire. C’était très troublant et ça m’a fait beaucoup pleuré au début, mais, avec le temps, les émotions se sont fluidifiées.

gique, j’ai eu l’impression d’être devant un miroir tellement les ressemblances étaient frappantes. C’était extraordinaire de rencontrer ces personnes ! Enfin, je savais d’où je venais ! Enfin, je ressemblais à quelqu’un et même à plusieurs ! Je trouvais ça joyeusement étrange toutes ces formes de ressemblance ! Je pouvais enfin dire : voilà qui je suis et voici ceux à qui je ressemble. C’était pour moi très libérateur de revenir aux sources.

Être adoptée, je le vis maintenant comme un long processus où, à chaque tournant de vie, on se familiarise, on s’adopte, on s’adapte à différentes normalités. On a beau être profondément attaché les uns aux autres et avoir appris à s’aimer, il y a encore des moments où on doit s’apprivoiser. Et ce n’est pas toujours facile. Mais au fond, famille de sang ou pas, on continue de s’apprivoiser.

UN LONG APPRIVOISEMENT

Après plusieurs années à les fréquenJ’ai rapidement fait connaissance avec ter, j’ai mieux compris et j’ai trouvé la la famille proche qui m’a amené à ren- paix dans mon intérieur. Je n’ai plus de contrer la famille élargie. L’aînée des questions sans réponse. Je ne connais sœurs de ma grand-mère a été celle pas ma famille paternelle, mais la qui a le plus répondu aux questions connaissance de ma famille materque je pouvais me poser sans avoir à nelle me suffit. Cette année marque demander. C’était gênant de deman- la 21e année de retrouvailles avec ma der… Après une première fin de se- mère biologique et la paix a commenmaine de discussion avec elle et ma cé à s’installer dans mon cœur. famille, en Gaspésie, les morceaux se Mon frère et mes parents adoptifs ont sont placés, petit à petit. Avec le temps, su composer avec toutes ces nouvelles j’ai obtenu d’autres réponses sans avoir personnes dans ma vie et les ont acceptées comme une partie de moi, à poser de questions. même si ce n’était pas facile. Quand j’ai rencontré ma famille biolo-

Rencontrer ma famille biologique a apporté une chose que je n’étais pas prête à affronter : apprendre à voir

La famille, c’est la famille ! MÉLANIE TREMBLAY

MA GENÈSE Pendant que j’étais enceinte de mon aînée, qui est aujourd’hui âgée de 21 ans, j’ai décidé d’entreprendre des démarches. J’étais vraiment inconfortable d’ignorer totalement tout mon bagage génétique alors que mon corps formait un être humain à part entière. J’étais en colère après moi-même de ne pas connaître l’héritage génétique que JUIN 2026

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UNE BOUÉE MIRACULEUSE Lorsque j’ai été interné en psychiatrie, j’ai trouvé sur le bord de la fenêtre de la salle d’isolement, un texte qui ne me quitte plus depuis. Je ne pouvais mieux tomber à ce moment précis où je me suis senti si seul et abandonné. Aujourd’hui, j’ai envie de partager ce texte avec vous. Simplement,

MARC ÉMILE

N’ABANDONNE SURTOUT PAS

« Lorsque, dans ta vie, rien ne va plus, que les problèmes tourmentent ton esprit et que l’argent te cause tant de souci… Repose-toi s’il le faut, mais n’abandonne surtout pas.

échec en réussite ? Et pourtant, un pas à la fois n’est jamais trop difficile. Tu dois donc avoir le courage et la ténacité nécessaires pour faire ce petit pas de plus, en affirmant que la vie est une Lorsque trop d’erreurs ont été commises, que tout grande et puissante amie qui se tient toujours à ton univers menace de s’écrouler et que, fatigué, tes côtés, prête à te porter secours. tu sens la confiance t’abandonner… Repose-toi Tu verras alors que cette attitude appellera, du s’il le faut, mais n’abandonne surtout pas. plus profond de toi-même, des forces de vie que tu ne soupçonnais même pas et qui t’aideront à Tu sais, la vie est parfois étrange, avec son lot de réaliser ce que tu entreprendras. surprises et d’imprévus. Il ne nous est pas donné de savoir à l’avance combien d’étapes nous devrons franchir ni combien d’obstacles nous devrons surmonter avant d’atteindre le bonheur et la réussite. Combien de gens ont malheureusement cessé de lutter alors qu’il n’aurait peut-être fallu qu’un petit pas de plus pour transformer un

Mais, surtout et avant tout, rappelle-toi bien.

Quand dans ta vie, des moments difficiles viendront… Repose-toi s’il le faut, mais n’abandonne surtout pas. »

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(AUTEUR INCONNU)

TENDEZ L’OREILLE, ON PARLE DE VOUS !

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LA QUÊTEDES DES MOTS LA QUÊTE MOTS par Lise CARL GravelMORIN et Jacques PAR JACQUES ETCarl LISEMorin GRAVEL

CE CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES Ce JEU jeu consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que les colonnes 1 etCOLONNES 20 à l’aide des 1 ET 20 À L'AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. définitions, indices ou lettres mélangées ou déjà inscrites. Chaque case grise représente une CHAQUE CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUI EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant. D'UN MOT ET LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT.

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11- Prescription Prescriptiondu dumédecin. médecin. 20- Spécialité médicale très payante. 20- Spécialité médicale très payante. Horizontalement : 1Avis. Raconter: (RRRNEA). Équipe de 6- Dangereux, nuisible. Vêtements Horizontalement l’Université Laval. (NUFRISEG). Mise en terre des semences. PousseLaval. au Mexique. 2sa capitale. Personnage numé1- Kigali Avis. est Raconter (RRRNEA). Équipe de l’Université rique (AAARTV). Refus. Constructeur 7- Résumé, condensé (GRABEE). Blé rustique. Riche contrée imaginaire. japonais. 2- japonais. Kigali est sa capitale. Personnage numérique (AAARTV). Refus. Constructeur 3- Donne la note la. Internet. Prix à payer. 8- Ombilic. Boiseries (BASILMR). Livre anglaise. 3- Langue Donneparlée la noteenla.Belgique. Internet. Prix à payer. Langue parlée en Belgique. 4- Frère du père. Décret. Larve de batracien. 9- Danse américaine des années 20. Reli4- Habile Frère et duactif père.(UREDDIOG). Décret. Larve de batracien. Habile et actif (UREDDIOG). gieuses. Gros saucisson sec. 5- De la même famille que la pêche. Mystère, 10- Pente raide (TRAPESECEMN). Aptitude 5- problème. De la même famille que la pêche. Mystère, problème. Blocus. naturelle.Blocus. Répit. 6- Dangereux, nuisible. Vêtements (NUFRISEG). Mise en terre des semences. Pousse au Mexique. Réponses au jeu p.29

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PATRIARCHE On grandit en voulant vous plaire Vous rendre heureux, vous rendre fiers Et tous les compliments des tiers Ne compensent pas le manque d’un père Où étais-tu quand j’ai sombré Tu as fui sans te retourner Attendant que l’orage soit passé Sans voir ta part de culpabilité Parti si loin et si longtemps On s’imagine insignifiant Juste un maillon un descendant Qui n’a pas mérité ton temps Dans le déni on s’habitue doucement La douleur va et vient, un enfant Photo : Sarah Pflug from Burst

Ne se contente pas d’être né Et meurt s’il est abandonné Encore maintenant cette impression Du ridicule de mes ambitions Qu’une femme n’a vraiment d’intérêt Qu’en tant que mère et au foyer Un paradoxe, une injustice Que notre pouvoir de matrice Puisse nous réduire aux coulisses Faire de notre cerveau un artifice Au mieux de votre gloire les complices JADE VALRONE

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Cher enfant Ton âme me blesse Et me caresse Comme une larme En suspens Je prends mon temps Pour t'apprivoiser Dois-je comprendre Comprendre quoi Je t'accepte Comme une loi Sans foi de toi La douleur m'éponge Sous le poids

Photo : Stéphane Dupuis

De ton regard invisible Petit chagrin Ton œil veille Et m'éveille La nuit comme le jour Au plus profond de mon cœur

Louis-Gabriel Dupuis, décédé le 11 mars 1993, à l'âge de 1 mois Je te souhaite d’être libre, de te réaliser, de t’accomplir à ta façon. ~ Maman

Au paradis de mes pleurs PAUL ROUSSEL

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UN FÉMINICIDE C’EST TROP Le 27 septembre 1993, j’étais certaine que c’était mon tour. Ce jour-là, il y avait sept ans, jour pour jour, qu’un féminicide était survenu au sein de notre famille… marquant nos vies à jamais. La jeune sœur de ma mère, ma belle Lily, a été assassinée par son conjoint. Cet homme atteint d’une jalousie maladive a posé ce geste fatal. Auparavant, il avait fait d’autres tentatives, comme celle de trafiquer les freins de la voiture de ma tante. Le 27 septembre 1986, Lily était retournée chercher ses affaires. Elle a reçu une balle dans la tête sous les yeux de ma mamie. Ma mamie, sa mère, celle qui vit les dernières années de sa vie — oh! quelle surprise — dans un Alzheimer complet. J’ai 19 ans. Je viens de subir de la violence verbale et sexuelle et je reçois mon premier (et dernier) coup de poing sur la gueule. Nous sommes le 27 septembre 1993. Tous les sept ans, paraît-il, l’histoire se répète. Alors, oui, un sentiment d’effroi m’envahit et je pense que c’est mon dernier jour. Il m’a laissée partir, mais le mal était fait : cela a laissé de sérieuses séquelles. C’est ma sœur jumelle qui m’a accueillie. Ça a probablement été notre période la plus complice avant qu’elle ne décède dans un accident de voiture quelques mois plus tard.

Depuis, quand des tragédies ou des féminicides arrivent, je ne ressens aucune émotion. Les traumatismes qui dorment me rongent de l’intérieur. Ces blessures profondes me font saboter toutes mes relations : « l’Amour », semble-t-il, n’est pas fait pour moi. Je témoigne aujourd’hui pour offrir un semblant de justice à Lily que j’avais choisi d’Amour comme marraine. Mes parents ayant fait le choix de ne pas nous baptiser, je pouvais bien choisir ma tante préférée. J’avais 12 ans quand ma mère s’est effondrée au téléphone en recevant la nouvelle de ce geste incompréhensible, puisqu’inhumain ! « Lily n’est plus ».

CAROLYN NÉMOR* P.-S. Je me suis sentie obligée de publier cette histoire quand j’ai réalisé qu’il y avait des synchronicités temporelles. Pour moi, le 27e jour de septembre est indéniablement lié aux tragédies vécues par les femmes. J’ai donc fait mon devoir de citoyenne en essayant de sensibiliser chacun à cette réalité inadmissible. Que bien vous fasse. * Pseudonyme

« Que puisse fleurir le cœur des femmes sans épines, libres, épanouies dans leur beauté entière ». -Carolyn

Le 31 décembre 2020, En direct du jour de l’An, France Beaudoin demande à ses invités : « qu’est-ce que la Covid ne réussira pas à nous enlever ? Louise Latraverse de répondre bien spontanément : « L’Amour Crisse ».

Photo : Carolyn Némor

Ce qui a été un cri du cœur devenu viral, Louise en a fait son tout premier One-Woman Show. Profitant de l’impact majeur de cette affirmation auprès de la population, elle a créé le chandail « L’Amour Crisse » au profit de la Maison Simone-Monet-Chartrand qui accompagne des femmes victimes de violence conjugale. En guise de gratitude, la directrice générale a voulu rendre hommage à Louise pour sa grande générosité. C’est donc le 27 septembre 2024 que fut inaugurée la Maison Louise Latraverse. Cette maison offre un lieu confidentiel et sécuritaire pour les femmes à risque de féminicide. Pour toutes ces femmes, merci, Simone et Louise.

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Le silence de notre amie… Son silence Il nous parle Avec le regard De ses yeux Lumineux Il nous parle De son mystère

Illustration : Axelle Labbé Labbé, 16 ans

Son silence Il nous parle Un murmure De son âme De son cœur Qu’il ne se taise Pas Mais qu’il nous plaise Là Son silence Il est intense Quand on y pense Son silence Il nous enseigne Qu’il y a des mots futiles Fermons nos oreilles Ouvrons notre for intérieur Faisons la veille Écoutons ce qu’il ne nous dit pas Son silence Un doux écho des mots Qui se sont éteints Mais qui flottent Et enveloppent Son dictionnaire À mots couverts Son silence Ce n’est pas un mutisme Ni un refuge Solitude ? Son silence Loin de l’absence Est la présence De ses non-dits Qui nous sourient Écoutons ce qu’il tait Pas muet Mais discret

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Son silence Confidence Il plane Il émane De tous les mots Qu’elle a appris De celles et ceux qui parlent Un peu, assez, beaucoup ou trop Son silence Il chuchote Comme un souffle Un repos des mots Son silence C’est la chance De savoir Et de croire Que les paroles S’envolent… Le silence de notre amie… Notre amie, si précieuse Il ne nous cache rien ARMAND LABBÉ

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CETTE ŒUVRE DE FICTION PEUT CHOQUER. SOYEZ-EN AVERTI.E.S

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LA PAGE TRASH LE PARFUM Il traînait dans les ruelles comme une relique vivante de la misère. Un chien errant, maigre, le poil collé de crasse, les yeux jaunes comme deux ampoules fatiguées. Sa carcasse semblait tenir debout par miracle, comme si la gravité elle-même hésitait à le faire tomber. On l’appelait le chien des poubelles, car il n’avait rien d’autre : pas de maître, pas de collier, pas de nom. Seulement des sacs éventrés, des restes moisis et des conteneurs qui suintaient de graisse. Chaque nuit, il déchirait les sacs, avalait des croûtes de pizza imbibées de bière éventée, des os de poulet collés de plastique, parfois même des serviettes hygiéniques qu’il prenait pour de la viande. Heureusement ! Il lui arrivait de socialiser et de trouver un peu de réconfort auprès de ses amis… Mais ces amitiés étaient bien éphémères, puisqu’il s’agissait de rats morts. Son ventre gargouillait comme une usine chimique. Mais ce n’était pas son régime alimentaire qui allait changer le monde. Non. C’était ce qu’il produisait après digestion. Ses pets n’étaient pas de simples gaz. C’étaient des armes chimiques, des drogues hallucinogènes, des symphonies pestilentielles. Chaque flatulence était une bombe invisible, un parfum d’apocalypse. Un soir, un étudiant ivre s’écroula près du chien. Le chien lâcha un souffle. L’étudiant, au lieu de vomir, éclata de rire. Ses yeux se révulsèrent, il se mit à danser nu dans la rue, persuadé d’être devenu le prophète d’une nouvelle religion. Le lendemain, il raconta à ses amis qu’il avait respiré « l’essence divine ». Ils vinrent à leur tour, reniflant les effluves du chien, et bientôt, une secte se forma. On l’appelait la Fraternité des Gaz Sacrés. Les fidèles s’agenouillaient devant des tas de merde fumants. Ils en ramassaient des morceaux, les séchaient, les réduisaient en poudre et les sniffaient comme de la cocaïne. Certains les mélangeaient à du vin bon marché pour créer une boisson appelée l’Elixir des Poubelles. Les effets étaient délirants : euphorie, visions mystiques, orgasmes collectifs, et surtout une idiotie béate qui faisait croire aux fidèles qu’ils avaient atteints l’illumination. DE RUELLE À AUTEL La rumeur se répandit. Les médias en parlèrent. Les influenceurs firent des vidéos TikTok où ils respiraient les pets du chien en direct. Les hashtags explosèrent : #Dieuapetersouslaformedunchien, #Petemoialagueuleetc, etc. Les foules affluaient dans la ruelle. Les poubelles devinrent des autels. Les gens campaient autour du chien, attendant qu’il lâche un nouveau souffle divin. Les

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ruelles se transformèrent en cathédrales improvisées. On suspendit des guirlandes de sacs plastiques au-dessus des fidèles, comme des vitraux translucides. Les murs furent recouverts de graffitis représentant le chien en position de squat, auréolé d’un halo fluorescent. Les fidèles inventèrent des chants liturgiques, des psaumes improvisés où l’on répétait en boucle : « Respire, respire, respire… » jusqu’à l’évanouissement collectif. Les cérémonies devinrent grotesques. On organisait des processions où des prêtres portaient des sacs de crottes séchées dans des reliquaires en plastique transparent. Les fidèles s’agenouillaient, ouvraient grand la bouche, et recevaient une pincée de poudre sacrée sur la langue. Certains vomissaient immédiatement, mais le vomi luimême était considéré comme une bénédiction secondaire, une « purge divine ». Les effets étaient délirants. Les gens voyaient des visions : des anges en forme de sacs-poubelles, des prophètes qui parlaient à travers des mégots de cigarette, des révélations inscrites dans les traînées de sauce barbecue sur le trottoir. Les orgasmes collectifs se produisaient sans contact, juste par inhalation. Les foules hurlaient, riaient, pleuraient, se frappaient la tête contre les murs, persuadées d’avoir atteint l’extase ultime. La contagion sociale fut fulgurante. Les médias relayèrent l’affaire. Les journalistes, d’abord sceptiques, finirent eux aussi contaminés. On vit des présentateurs télé renifler des sacs poubelles en direct, éclater de rire et se rouler sur le plateau, incapables de continuer leur émission. Les influenceurs firent des vidéos TikTok où ils respiraient les pets du chien en direct, leurs yeux révulsés, leurs corps secoués de spasmes extatiques. Les foules affluaient dans la ruelle. Les poubelles devinrent des autels. Les gens campaient autour du chien, attendant qu’il lâche un nouveau souffle divin. On installa des tentes, des stands de nourriture (ironique, car personne ne voulait manger autre chose que des restes de poubelles pour « s’unir au chien »), et des marchés parallèles où l’on vendait des fioles de gaz capturés dans des sacs plastiques. Les écoles devinrent des chenils. Les professeurs enseignaient l’histoire des flatulences sacrées. Les enfants apprenaient à distinguer les nuances olfactives : « Ah, celui-ci sent le kebab moisi, c’est un signe de prospérité. » La politique devint une farce totale. Les parlements étaient transformés en chenils, les députés aboyaient et reniflaient les sièges pour marquer leur territoire. Les

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HOMO-PETITUS : UNE NOUVELLE RACE Les scientifiques, eux, sombrèrent dans la folie et inventèrent des machines à amplifier les pets, des « orgues à flatulences » capables de transformer un souffle en symphonie. Ils créèrent des parfums dérivés des gaz du chien, vendus à prix d’or. Puis ils clonèrent le chien. Mais ils ne s’arrêtèrent pas là. Ils greffèrent ses gènes dans les humains. Une nouvelle race naquit : les Homo-Petitus, capables de produire en continu cette odeur euphorisante. Les rues se transformèrent en spas pestilentiels. Les gens se roulaient dans leurs propres excréments, persuadés d’avoir atteint l’extase ultime. Les rituels devinrent de plus en plus grotesques. On inventa des mariages où les mariés échangeaient des pets au lieu d’anneaux. Des enterrements où l’on déposait des crottes fumantes sur le cercueil. Des fêtes nationales où on lâchait des pets collectifs pour « renforcer l’unité du peuple ». Les musées exposaient des tas de merde comme des œuvres d’art. Les Homo-Petitus dominaient, produisant en permanence des effluves qui maintenaient la population dans un état de béatitude crasse. Les villes s’étaient transformées en gigantesques latrines collectives. Les gratte-ciel étaient recouverts de fresques représentant des anus sacrés, les places publiques servaient de lieux de rassemblement pour des inhalations massives, et les parcs avaient été convertis en « zones de fermentation », où l’on cultivait des tas de déchets pour imiter l’alimentation du chien. Les Homo-Petitus, cette nouvelle race d’humains génétiquement modifiés dominait la scène. Leur corps exhalait en permanence des gaz euphorisants, et ils se promenaient fièrement, laissant derrière eux des traînées odorantes que les foules suivaient comme des pèlerins en quête de miracles. Les anciens humains, incapables de rivaliser, se mirent à les vénérer comme des demi-dieux. On organisait des concours de flatulences, retransmis en direct à la télévision, où les participants étaient jugés sur la puissance, la durée et la « qualité spirituelle » de leurs émissions. Le monde entier baignait dans ces effluves. Les Homo Petitus régnaient, les foules s’agenouillaient, les muJUIN 2026

Photo : Jay Mor on Reshot

députés sniffaient des sacs de crottes pendant les débats. Les présidents rivalisaient pour savoir qui pouvait imiter le chien le mieux. Une loi fut votée : « Tout citoyen doit inhaler au moins trois pets par jour. » Les campagnes électorales se résumaient à des concours de pets publics, où les candidats devaient prouver leur capacité à produire l’extase collective. Les slogans politiques étaient réduits à des onomatopées : « Pfff », « Brrr », « Fffrrrt ». Les débats télévisés consistaient à comparer la puissance des flatulences de chaque candidat, et les électeurs votaient en fonction de l’intensité de leur euphorie. sées exposaient des crottes séchées comme des chefs d’œuvre. Tout semblait figé dans une idiocratie pestilentielle éternelle. LA FIN D’UNE CIVILISATION Mais un matin, le chien des poubelles mourut. Pas dans une explosion divine, pas dans un rituel grandiose. Simplement, il s’écroula au pied d’une benne, le ventre vide, le souffle court. Personne ne s’en rendit compte immédiatement. Les fidèles attendaient un nouveau miracle, mais rien ne venait. Pas un souffle, pas une odeur. Le silence. Alors, la panique s’installa. Les foules, privées de leur extase quotidienne, commencèrent à trembler. Les Homo Petitus, pourtant capables de produire des gaz en continu, se révélèrent impuissants : leurs effluves n’avaient plus aucun effet. Comme si la mort du chien avait brisé le sort. Les inhalations collectives devinrent des séances de suffocation. Les rituels se transformèrent en orgies de vomissements. Les temples s’effondrèrent, les autels furent renversés. La civilisation, construite sur une illusion pestilentielle, s’écroula en quelques jours. Les villes devinrent des champs de ruines, les foules se déchirèrent pour retrouver une trace du parfum perdu. Les Suprêmes Flatulents furent lynchés, accusés d’avoir trahi la promesse divine. Les musées brûlèrent, les statues de sacs plastiques explosèrent dans des incendies absurdes. Et dans ce chaos, une vérité éclata : l’humanité n’avait jamais été transformée par les gaz du chien. Tout n’avait été qu’une hallucination collective, une folie contagieuse née d’un hasard grotesque. Les effluves n’avaient aucun pouvoir. Les gens s’étaient détruits eux mêmes, persuadés de respirer le divin, alors qu’ils ne faisaient que s’asphyxier dans leur propre délire. Le coup de poing fut brutal : la révélation que tout cela n’avait été qu’un mensonge puant. Pas de miracle, pas de transcendance. Juste un chien affamé, des poubelles éventrées, et une humanité prête à s’écrouler… Pour un pet.

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GROSSE MARDE

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IMAGERIE MENTALE Les pensées intrusives

Pour atténuer l’anxiété

Ne sont pas des fleurs

Et chasser les pensées

Bien qu’elles ressemblent à des

Je dois me concentrer sur une image

Immortelles

Je vois la rivière qui ondule

Non

Dans les méandres

Les pensées intrusives sont

Sous les grands saules

Comme les morts de la journée

Je laisse passer les cadavres

Du moins

Qui flottent…

Ce qui en reste FRANÇOIS GAGNON

Elles sont dans la télévision À l’heure du téléjournal Derrière un meuble Prêtes à me faire une frayeur À l’intérieur d’un livre Cachées dans un personnage Elles sont partout

Photo : Burst

Même dans notre sommeil

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Dire autrement Quelle valeur sera attribuée à cet écrit, à ce dire, à ce dessein de ma pensée ? Est-ce que ces mots choisis, arrivant l’un après l’autre, sauront éveiller une émotion suffisamment intense, resplendissante d’harmonie entre cet écrit et sa lecture, dénotant, ainsi, une valeur certaine pour que l’abandon de ce regard veillant sur ces mots ne se pointe à l’horizon ? Je ne le sais. L’envie de lire, de voir, ces images de sonorité représentante de ma pensée, rencontre la crainte que ce don de ma pensée soit délaissé, abandonné. Cette envie de regarder, d’absorber ce dessein d’image, ce regard attribuant une valeur différente à cette lecture, à cette écriture, va-t-il s’atténuer, s’estomper, s’éteindre, se fondant dans un abandon dérisoire ? Lorsque l’envie d’écrire rencontre l’envie de lire, la présence d’un don mutuel d’un temps, d’un don de soi, se vit, s’engendre, sans contredit. Cette différence de mots choisis, placés, déplacés, remplacés, cherchant l’engendrement d’un émotionnel retentissant de valeur féconde, laisse une marque en l’imaginaire de ce temps. Alors, abandonner, serait considérer cette différence, cette façon de dire, d’écrire différemment, comme étant de moindre valeur, sans valeur, laissant place à l’inutilité, au désespoir, au désenchantement, de cet écrit, de ce mutuel temporel, de ce don de soi ? Abandonner, serait le refus de voir l’autre comme un soi-même, un être humain, différent des autres? Abandonner, serait attribuer une valeur différente à l’écrit, à la personne, abandonnée? Abandonner, serait abandonner ce don de soi, ce présent de soi, ce temps de vie, s’imaginant un futur préférable au passé ? Mais ? Le présent est un don constant, il est présent constamment et, de ce fait, ne peut être abandonné, ne peut être exclu, dissocié, mis à l’écart, ignoré, parce qu’il est, simplement, présent en ce temps. Certes, cette façon d’écrire est différente, elle vit différemment, mais aucune façon d’écrire n’est ce qu’elle était et ne sera ce qu’elle est présentement. Alors, abandonner, c’est refuser l’idée que cette différence, cette façon d’écrire, cette personne, cette chose, était, sera, autrement de ce qu’elle est présentement. Oui, la personne, l’écriture, son écrit, est un être humain qui peut être vu en tant que chose à utiliser qui, lorsqu’elle perd son utilité, est abandonnée. Voilà, abandonner un être humain, abandonner l’écrit, ces images de sonorité, abandonner une chose, n’ont pas la même signification, la même valeur. Et pourtant, oui, pour-

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tant, tristement, des personnes accordent plus de valeurs à la chose, l’objet, qu’à l’être humain, image de sonorité, sujet en devenir. Lorsqu’avoir l’autre, avoir l’être humain, avoir une chose, importe plus qu’être en une relation sincère, confiante, avec une personne, un être humain, l’existence de craintes, de méfiances, se posent, s’insinuent, s’incruste. Oui, lorsqu’avoir s’impose à l’être, l’être s’éteint, la vie se perd, se mécanise, l’émotivité se meurt, l’indifférence s’installe, la confiance en un futur préférable n’est plus que l’ombre d’elle-même. Le don de soi, l’abandon de l’autre, l’abandon d’une chose, l’abandon de soi, est-ce la même chose, la même émotion, la même valeur ? Sûrement, l’émotion y est et, d’intensité différente, sûrement. D’ailleurs, une journée, un temps, présente différentes situations où confiance et méfiance, génératrice d’émotion, s’emboîtent. Une émotion, l’émotionnel, centre de tout, une émotion passible de morts, de vies, engendrant les changements d’humanité, de son histoire, une émotion, cause de don, d’abandon, toujours vivante, mordante, en nous, une émotion qui, sans elle, la vie n’est plus vivante, une émotion qui dicte, redicte, un verdict sur tout, une émotion responsable de l’attribution d’une valeur de tout à tout sur tout, une émotion qui, si elle n’est pas, la vie n’est plus, une émotion qui, elle, vaut-elle plus qu’une émotion ? Elle est plus intense. Elle est d’intensité différente, sûrement. Alors, l’attribution d’une valeur réside dans l’intensité de l’émotion faisant naître le don ou l’abandon en ce présent du maintenant. Mais alors, c’est l’intensité des émotions, de l’émotionnel, que ces quelques mots, cet écrit, ces signes, ce dessein de ma pensée, éveilleront, qui fera sa valeur. Cette valeur fera son partage ou son abandon dans un coin quelconque, simplement jeté, rejeté. C’est vous, maintenant, en chaque maintenant, qui maintenez, détenez, vivez, cette valeur, cette intensité émotive, présentement. Suis-je « abandonnable » parce qu’abandonné ? Abandonner le signe, la différence, ce que cela représente, ou abandonner l’être humain ? Merci d’être !

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SYLVAIN ROUILLARD

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MON MONDE INTÉRIEUR

Photo : rina-Varanovich-sur Pexels

Alors que mon univers intérieur est sous une dramatique tension… tout se bouscule, bascule, s’entremêle et devient comme le tourbillon qui prend de plus en plus de vélocité, de hauteur à m’en donner le vertige. Haute voltige comme le cœur du volcan en fusion qui, néanmoins, contenu en laisse, menottes aux mains, par un reste d’une volonté encore présente, mais agonisante, risque à chaque instant d’exploser et de projeter ses particules incandescentes, tels des obus incendiaires ayant comme objectif, en plus de ma perte et de ma destruction, d’anéantir mon cercle extérieur. Ce cercle composé de quelques amis et membres de ma famille rapprochée, encore fidèle malgré moi, qui ne savent plus quoi faire, comment se comporter face à un moi-même intransigeant, menteur et même souvent de fois projetant des pointes d’arrogances virulentes, inexpliquées… Cette frayeur, cette peur qui nourrit mon intérieur me harasse le sang, devenu toxique, telle une anémie enflammée qui, au contraire d’une peur provenant de l’extérieur, d’un face à face avec la gueule du lion ou d’un loup blessé, me paralyse, me gèle l’épine jusqu’à la moelle… Découvrir les sombres murmures, omniprésents, de mon âme, parfois même enfouis au plus profond, enfermés à double tour, cadenassés même et non accessibles à ma propre conscience, me semble nécessaire et essentiel à ma survie… Le mal intérieur, né du dedans de moi, fomente davantage ma destruction que le mal naissant et visible du monde extérieur…

Rechercher la puissance d’un silence profond, contemplatif, un silence de paix, bienfaiteur, réparateur peut nécessiter une vie entière… le combat d’une vie comme celle de l’étranger de passage, pour un temps, sur cette Terre…

Espérer qu’un jour la rivière renouvelée, de mon paysage intérieur, inondera les flancs enneigés d’un trop long hiver… appelant à un printemps de Amoindrir, annihiler les bruits erratiques de ma consolation, de vérité, de douceur, et de joie… et pensée intérieure pouvant être atrocement déranque cette soif inassouvie d’amour puisse être colgeants, perturbateurs et même suffocants afin de matée par les eaux vives des veines profondes indécouvrir, un jour, cette conscience de la mission à soupçonnées d’un intarissable puits de beauté… laquelle je suis appelée… MICHEL BRISSON

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COMME À LA MAISON

La Maison Revivre a pignon sur rue dans le quartier Saint-Sauveur depuis 1986. L’organisme offre hébergement pour hommes, ainsi que soupe populaire et aide alimentaire pour tous. Sylvie Blouin y est l’intervenante psychosociale depuis trois ans. Lors d’un rassemblement de la Table Itinérance Saint-Sauveur, elle rencontre Gabrielle Doucet-Simard, responsable du chantier gentrification et mixité sociale à La Concerte. S’allume alors la première étincelle d’un projet créatif et porteur tant pour les personnes qui fréquentent Revivre que pour les citoyens du quartier. « On avait l’impression qu’en entrant à Revivre, tu ne sentais pas l’accueil, [qui est pourtant] une valeur forte de l’organisme », lance Sylvie. « L’aménagement ne refléSylvie Blouin, intervenante psychosociale à la Maison Revivre et Gabrielle Doucet-Simard, tait pas les besoins des personnes qui fréresponsable du chantier gentrification et mixité sociale à La Concerte quentent l’organisme », poursuit Gabrielle qui, dans ce projet, portait la mission de La « Ils ont pu mettre à profit des forces qui n’avaient pas été vécues Concerte, soit d’améliorer les conditions de vie dans le quartier ou exprimées depuis longtemps », souligne Gabrielle. L’utiliavec un souci particulier d’inclure les personnes vulnérables. sation de leurs compétences ou l’acquisition de nouvelles et le En apparence, le projet est tout simple : réaménager l’accueil afin de partage de leurs connaissances ont été très bénéfiques sur leur le rendre plus fonctionnel et surtout, plus chaleureux. Cependant, estime, selon l’intervenante. le processus qu’entreprennent les deux « nouvelles amies » sera Les personnes accueillies à Revivre ont un droit de séjour de beaucoup plus ambitieux que de donner deux coups de pinceau. trois mois. Tout un défi de réaliser un projet qui s’échelonne sur Il importait au duo de sonder les besoins des résidents, mais aus- plus d’un an avec ce roulement de résidents. Certains choix fait à si de leur permettre de s’approprier le lieu. « Si tu prends soin du l'étape de l'élaboration ont été réalisés par les résidents suivants" milieu où tu es accueilli, tu vas mieux prendre soin de ton chez- « C’est là qu’il faut faire confiance au processus collectif », confie toi », suggère l’intervenante. Pour plusieurs résidents, il y a de la Gabrielle. Il a fallu que Sylvie et Gabrielle s’ajustent continuelle« réparation » à faire dans cet aspect de leur vie. ment. « Par exemple, au départ on avait planifié quatre corvées et finalement, il y en a eu douze » dit Sylvie en riant.

SE RECONSTRUIRE PAR EN DEDANS

Différents ateliers ont été menés avec les résidents de Revivre, qui leur permettait d’exprimer leurs émotions par rapport au quartier et à l’organisme. « C’est une façon de donner la parole aux personnes en situation d’itinérance », précise Gabrielle, qui ajoute que leur opinion est rarement sollicitée. Les participants ont aussi été invités à raconter leurs expériences en logement. « On apprend que plusieurs se sont retrouvés en itinérance après des évictions », rapporte Gabrielle. Sylvie d’ajouter : « ça nous a permis de leur donner des ressources et ça leur a permis de se projeter pour la suite ».

UNE COLLECTIVITÉ DANS LA MAISON La communauté de Saint-Sauveur a également été conviée à participer au projet de réaménagement. Des artistes locaux ont animé les ateliers artistiques, L’Arche a collaboré à la confection des tables, des citoyens et des commerces ont fait don de plantes, de luminaires et de mobilier. Tous ces échanges étaient un prétexte pour connecter Revivre avec la communauté. Et cela a fonctionné : lors de l’inauguration, des voisins sont entrés pour la première fois à Revivre. Le réaménagement de l’accueil a un effet bénéfique sur toutes les personnes qui fréquentent l’organisme. « Ça a fait une différence énorme sur la réduction de l’irritabilité, ça a joué sur le climat, c’est incroyable », se réjouit Sylvie.

Deux ateliers artistiques ont été offerts. Une démarche avec une artiste sur l’influence des couleurs et des textures a donné l’occasion aux résidents d’explorer leurs besoins et « d’expérimenter » leur chambre de rêve. Un atelier photo les amenait à se questionner sur Et les participants sont vraiment fiers, aux dires de Sylvie! leur sentiment de sécurité tant dans le quartier qu’à Revivre. « Ceux qui viennent dîner de temps en temps ne manquent pas l’occasion de le mentionner ».

LE DÉFI : UNE ÉQUIPE TOURNANTE

Les résidents ont été mis à contribution à toutes les étapes du projet, de l’idéation aux petits travaux de réaménagement, peinture, etc., mais aussi dans l’animation et la préparation de la soirée d’inauguration. « C’est un projet axé sur le pouvoir d’agir », insiste Sylvie.

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Un documentaire sortira à l’automne sur ce beau projet. On vous en informera.

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FRANCINE CHATIGNY

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Photo : Francine Chatigny

UN PROJET QUI RAYONNE


RESSOURCES Références communautaires Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches Tél. : 2-1-1 Aide sociale ADDS Association pour la défense des droits sociaux 301, rue Carillon, Québec Tél. : 418 525-4983 Aide aux femmes Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler ! 418 648-2190 ou le 1 888-881-7192 Centre femmes aux 3 A Accueil - Aide - Autonomie 270, 5e Rue, Québec Tél. : 418 529-2066 www.cf3a.ca Centre femmes d’aujourd’hui Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec Tél. : 418 651-4280 c. f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org Rose du Nord Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org Alphabétisation Alphabeille Vanier 235, rue Beaucage, Québec Tél. : 418 527-8267 info@alphabeille.com www.alphabeille.com Atout-lire 266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca Le Cœur à lire 177, 71e Rue Est, Québec Tél. : 418 841-1042 info@lecoeuralire.com www.lecoeuralire.com Lis-moi tout Limoilou 3005, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com La Marée des mots 3365, chemin Royal, 3e étage, Québec Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca membre.oricom.ca/lamareedesmots Centre de jour Relais d’Espérance Aider toute personne isolée et en mal de vivre 1001, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 522-3301 Rendez-vous Centre-ville Centre de jour 525, rue Saint-François Est, Québec Tél. : 418 529-2222 Détresse psychologique Centre de crise de Québec Tél. : 418 688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com Centre de prévention du suicide 1310,1 re Avenue, Québec Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca Tel-Aide Québec Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca Tel-Jeunes Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com

Hébergement Maison de Lauberivière Pour hommes et femmes démunis ou itinérants 485, rue du Pont, Québec Tél. : 418 694-9316 accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org Maison Revivre Hébergement pour hommes 261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 523-4343 maison.revivre@gmail.com maisonrevivre.weebly.com SQUAT Basse-Ville Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com Gîte Jeunesse Hébergement temporaire garçons 12 à 17 ans Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec Tél. : 418 666-3225 Résidence de Sainte-Foy 3364, rue Rochambau, Québec Tél. : 418 652-9990 YWCA Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca Réinsertion sociale Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org Fraternité de l’Épi Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec Tél. : 418 523-1731 La Dauphine Pour les jeunes de 12 à 35 ans 31, rue D’Auteuil, Québec Tél. : 418 694-9616 courrier@ladauphine.org www.ladauphine.org Insertion professionnelle À l’aube de l’emploi (Lauberivière) Formation en entretien ménager commercial/buanderie 485, rue du Pont, Québec 418 694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org Recyclage Vanier Emploi et formation (manutentionnaire, aidecamionneur, préposé à l’entretien) 1095, rue Vincent-Massey, Québec tél.. : 418 527-8050 poste 234 www.recyclagevanier.com Prostitution La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com P.I.P.Q. Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168 pipq@qc.aira.com www.pipq.org Soupe populaire Café rencontre Centre-Ville 796, rue Saint-Joseph Est, Québec (Déjeuner et dîner) Tél. : 418 640-0915 Maison de Lauberivière (Souper) 485, rue du Pont, Québec Tél. : 418 694-9316

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Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 945, rue des Sœurs-de-la-Charité Tél. : 418 692-1762 Santé mentale Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677 centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org La Boussole Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca Centre Communautaire l’Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com Centre d’Entraide Émotions 3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org Le Cercle Polaire Aide aux proches d'une personne atteinte de maladie mentale 1900 av. Mailloux, bureau 240, Québec Tél. : 418 623-4636 info@cerclepolaire.com www.cerclepolaire.com La Maison l’Éclaircie Troubles alimentaires 2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca Le Pavois 2380, avenue du Mont-Thabor, Québec Tél. : 418 627-9779 Téléc. : 418 627-2157 Le Verger 943, av. Chanoine-Scott, Québec Tél. : 418-657-2227 www.leverger.ca Ocean Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352 Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283 Parents-Espoir 363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167 Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org Toxicomanie Al-Anon et Alateen Alcoolisme Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca Amicale Alfa de Québec 75, rue des Épinettes, Québec Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca Point de Repères 545, rue du Parvis, Québec Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com VIH-Sida MIELS-Québec Information et entraide dans la lutte contre le VIH-sida 625, avenue Chouinard, Québec Tél. : 418 649-1720 Ligne Sida aide : 418 649-0788 miels@miels.org www.miels.org

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Merci

7- Résumé, condensé (GRABEE). Blé rustique. Riche contrée imaginaire. 8- Ombilic. Boiseries (BASILMR). Livre anglaise.

À TOUS NOS des années 20. Religieuses. Gros saucisson sec. 9- Danse américaine PRÉCIEUX 10- Pente raide (TRAPESECEMN). Aptitude naturelle. Répit. PARTENAIRES ! SOLUTION RÉPONSES LA QUÊTE DES MOTS 1

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Les voix de la ruELLES ÊTRE INTERVENANTE ET ALLIÉE C’est lors de précieuses rencontres avec différentes femmes du Projet LUNE que j’ai réalisé que le travail du sexe est un travail comme n’importe quel autre emploi. J’ai rencontré des femmes plus qu’extraordinaires qui m’ont accueilli les bras grands ouverts, prêtes à m’expliquer tous les aspects de ce métier qui, je m’en rends compte aujourd’hui, sont si mal connus. À LUNE, on accepte les expériences de chacune, on s’enrichit mutuellement, on se soutient et surtout, on s’aime comme on est. J’écris ce texte pour elles, parce qu’elles peuvent être fières de la mission qu’elles portent jour après jour, celle de femmes pleines de force et de pouvoir d’agir. J’écris aussi parce que je suis fâchée, déçue de constater que plusieurs personnes affirment encore que les femmes exerçant le travail du sexe sont forcément des victimes. Le travail du sexe est un travail. L’exploitation sexuelle et les agressions sexuelles ne sont pas du travail du sexe. S’il n’y a pas de consentement, ce n’est pas un travail. Point. Trop souvent, ces réalités complètement différentes sont mélangées, volontairement ou non, ce qui contribue à effacer les travailleuses du sexe, à nier leur autonomie et à renforcer la stigmatisation qu’elles vivent déjà. Une femme qui choisit d’exercer le travail du sexe mérite des droits, du respect et de la sécurité. Une femme qui vit de l’exploitation ou de la violence mérite protection, soutien et justice. Confondre ces réalités nuit à tout le monde.

En effet, on parle d’un des plus vieux métiers du monde ; par conséquent, il est loin de disparaître. Il n’est pas exercé comme il y a 2000 ans, effectivement, comme la plupart des métiers d’ailleurs (surprise surprise !), mais peut-on arrêter de juger, de vouloir tout abolir et simplement essayer de comprendre et de s’adapter à cette réalité ? Vous savez, pour pratiquer ce métier, il faut posséder un sens du « business » assez développé. Elles doivent gérer leur budget, leur horaire et leurs clients. Ce sont des travailleuses autonomes qui ne seront jamais reconnues comme telles sur un curriculum vitae et, pourtant, elles ont toutes ces qualifications. Bref, je vous conseille fortement de discuter avec ces femmes, de vous intéresser à elles et à leurs histoires. Finalement, peut-on arrêter de dire que ces femmes sont uniquement des victimes ? Qu’elles vendent leur corps ? (Psst : un corps, ça ne se vend pas.) Elles vendent un service, elles vendent du temps, tout simplement. Comme n’importe quel autre métier. Pourrait-on aussi les considérer en tant que femmes fortes et indépendantes exerçant un métier qu’elles aiment ? Arrêtons de généraliser notre conception personnelle d’une situation, soyons ouverts d’esprit, la différence nous enrichit tellement, je vous le garantis. Le travail du sexe est un métier que les femmes ont le droit d’exercer sans jugement et en sécurité. Hé, tout se discute, mais n’oubliez pas que leurs expériences de vie sont beaucoup plus importantes que votre idéologie.

Aujourd’hui, ce serait intéressant qu’on parle de ces femmes, celles qui le font parce qu’elles aiment ce métier, parce qu’elles ont envie de le pratiquer sans être jugées constamment pour leurs choix, pour qu’elles ne se sentent pas seules au monde. J’ai eu la chance de côtoyer et de discuter longuement avec des femmes qui font ce travail. « Je suis une courtisane, avec moi, les hommes se sentent bien et importants. On peut passer des heures à discuter ou à seulement être couchés en cuillère avant d’avoir une relation sexuelle », m’a dit l’une d’entre elles. Cette femme exerce son métier comme une thérapeute et avec professionnalisme. Elle se sent utile pour eux : « Avoir des relations sexuelles est un besoin et ce ne sont pas tous les hommes qui réussissent à combler ce besoin. C’est très intime et ils me font confiance pour les aider à ce sujet. » Ou encore, celle d’une femme qui dit qu’elle serait folle de ne pas se faire payer pour pratiquer ce qu’elle préfère dans la vie, le sexe. Ou une autre qui affirme que cela lui permet de faire des rencontres incroyables et enrichissantes, autant des hommes que des femmes. Nous sommes en 2020, les femmes devraient pouvoir faire le travail qu’elles désirent sans être jugées. Ce qui me surprend le plus, c’est qu’on n’ose pas aborder ce sujet, que ce soit un tabou de dire qu’une femme exerçant le travail du sexe le fait parce qu’elle aime ça, comme pour n’importe quel autre métier. En traitant le travail du sexe comme un « problème » qu’on doit abolir, comment pensez-vous que ces femmes se sentent ?

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POUR NOUS JOINDRE Le Projet L.U.N.E. est là pour vous. Pour toute information ou du soutien, n'hésitez pas à nous contacter : Bureaux : 418 704-5863 (lundi au jeudi, de 9 h à 17 h) Hébergement : 418 914-1298 (7/7, de 18 h à midi) Casiers : 418-948-0547 (lundi, mardi, jeudi, vendredi, samedi, de 9 h à 17 h) Halo : 418-521-5293 (24/7) Courriel : Int.comite@projet-lune.org

Nous sommes disponibles pour répondre à vos questions et vous offrir l'aide dont vous avez besoin.

LA QUÊTE

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« Ensemble pour notre communauté »

Jean-Yves

DUCLOS

Député fédéral de Québec-Centre

jean-yves.duclos@parl.gc.ca www.jeanyvesduclos.ca


L’an dernier, nous avons réussi à offrir 500 ensembles de marche à des personnes en situation d’itinérance. Nous avons décidé de poursuivre ce mouvement de solidarité en lançant une nouvelle campagne de sociofinancement. Celle-ci nous permettra d’offrir jusqu’à 250 sacs à dos, ainsi que des produits essentiels de santé et d’hygiène quotidienne, à des personnes en situation d’itinérance.

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