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La-Quete_280_Mai 2026

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S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant un­e carte d’identification. 2 $ sur le prix de vente va directement au camelot.

4$

Le magazine de rue de Québec Numéro 280 Mai 2026

Légèreté


Légèreté

PA R O L E S LIBRES

07 Porter un lourd bagage

15 Le jeu de La Quête

08 Semaine de 4 jours : bonne idée ou pas ?

16 Moka 17 Les oiseaux

09 Le temps d’être libre

18 Guerre et paix

10 Comment rendre le quotidien plus léger

19 Oncle Claude

11 Le parfait régulateur émotionnel

Illustration : Domaine publique

12 Pourquoi l’actualité estelle aussi lourde ?

20 L’itinérance expliquée aux enfants

22 Valoriste : un travail qui mérite d’être reconnu

21 Les Piliers d’un monde à créer

23 Voir Juger Agir : histoire de la JOC

06 La vie : pas de version bêta 13 L’insoutenable légèreté de lire

26 La voix de mon amie Cynthia

MAI 2026

LA QUÊTE

Photo : Gabrielle Harrisson

14 Léger comme un oiseau

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PAGE COUVERTURE

RÉALISER L'ESPOIR

Illustration : Rina Sazonova

L'Archipel d'Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l'Archipel d'Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné à la vente – sur la rue ! – par des personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu'à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie. L'Archipel d'Entraide, composée d'une équipe d'intervenants expérimentés, offre également des services d'accompagnement communautaire et d'hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche d'un logement par le biais de son service Accroche-Toit.

Conception graphique : Helen Samson ÉDITEUR Archipel d'Entraide ÉDITEUR PARRAIN Claude Cossette RÉDACTRICE EN CHEF Francine Chatigny DIRECTRICE DE L'INFORMATION Valérie Gaudreau SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Isabelle Noël CHRONIQUEUR.SE.S Claude Cossette, Isabelle Noël, Michel Potvin, et Gabrielle Vaudry du Projet L.U.N.E.

Depuis sa création, La Quête a redonné l'espoir à quelques centaines de camelots. SUIVEZ-NOUS SUR

JOURNALISTES Jonas Detondji, Mélodie Langevin, Élisa Martarello Geneviève Turcotte et Olivier Verreault

facebook.com/laquete.magazinederue

UNE TRIBUNE POUR TOUS

AUTEUR.E.S Christina Foisy, Armand Labbé, Francine Larose, Judy Miller, Véronica Rioux, Véronique Rivard et Bernard St-Onge

Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu ? Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux.

AUTEUR.E DU JEU Lise Gravel et Jacques Carl Morin

Faites-nous parvenir votre texte (700 mots maximum) avant le 1er du mois pour parution dans l'édition suivante. La thématique de juillet-août : RÉALITÉ DES MIGRANTS

FAIRE DES SOUS EN DEVENANT CAMELOT Les camelots font 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d'informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 109 Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d'eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l'unique magazine de rue de Québec.

COUPON D'ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE Nom : Adresse : Ville : Code postal : Date :

Abonnement régulier Abonnement de soutien Abonnement institutionnel

75 $ 90 $ 105 $

(toutes taxes comprises)

Téléphone :

La Quête est appuyée financièrement par :

RÉVISEUR.E Benoit Arsenault et Marie-Hélène Gélinas (plumeplume.net) BÉDÉISTE Martine Lacroix PHOTO Louise Arseneault et Micheline Roy INFOGRAPHISTE Helen Samson RESPONSABLE DES VENTES DE PUBLICITÉ ET DES ABONNEMENTS Francine Chatigny 418 649-9145 poste 109 laquete@larchipel-dentraide.org IMPRIMEUR Imprimerie STAMPA inc. (418) 681-0284 COPYLEFT La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d'auteur Creative Commons « Paternité – Pas d'Utilisation commerciale – Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n'est pas commercial, permet de l'utiliser et de le diffuser tout en protégeant l'intégralité de l'original et en mentionnant le nom des auteurs.

Magazine de rue La Quête

190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7 Téléphone : 649-9145 poste 109 Télécopieur : 649-7770 Courriel : laquete@larchipel-dentraide.org

Financé par le gouvernement du Canada

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LA QUÊTE

MAI 2026


MOT DE LA COORDO

LÉGÈRETÉ Habituellement, en mai, on aborde un thème en lien avec la santé mentale : parce qu'on trouve essentiel d'en parler, mais aussi parce qu'il y a la Semaine de la santé mentale qui se tient chaque année en plein mois des muguets. Pour 2026, les camelots ont choisi d'embrasser le sujet à contre-courant. « Si on parlait des solutions, plutôt que des problèmes », ont-ils suggéré. D'où ce vent de légèreté printanière .

😉

Vivre dans la rue impose un grand dénuement. Cette légèreté forcée est cependant lourde à porter comme le rapporte Geneviève Turcotte qui est allée à la rencontre de personnes témoins de cette réalité.

pas plus de place aux bonnes nouvelles ? Olivier Verreault a posé la question à Olivier Gadeau, docteur en communication publique spécialisé en journalisme à l'Université Laval. Isabelle Noël nous revient avec des suggestions de lecture qui sauront assurément vous permettre de vous offrir un moment de légèreté. Il y a même une sélection pour les tout-petits. DES INITIATIVES COMMUNAUTAIRES

Un petit bijou est apparu dans les rayons de librairie au cours du mois d'avril : Dans la rue. Ce livre publié par les éditions Midi Trente est une idée originale de Alléger la semaine de travail : bonne idée ou pas ? On l'Engrenage Saint-Roch. Destiné aux enfants qui se pourrait croire qu'avoir plus de temps pour soi est questionnent au sujet de l'itinérance et aux parents assurément une bonne idée. Toutefois, selon les inqui cherchent la meilleure façon de l'expliquer, le livre formations recueillies par Olivier Verreault plusieurs aborde le sujet avec bienveillance et humanité. Notre paramètres sont à considérer avant de se lancer dans stagiaire, Jonas Detondj, était au lancement. cette voie. Mélodie Langevin s'est entretenue avec Martin qui s'est volontairement dépouillé de ses biens pour adopter un mode de vie minimaliste. Qu'est-ce qu'on gagne à vivre ainsi ? L'élément qui fait cruellement défaut à la plupart d'entre nous ! Pratico-pratique, Jonas Detondji est parti à la recherche de trucs et conseils que vous pourrez (peutêtre !) intégrer à votre quotidien pour souffler un peu. Il a d'abord demandé à des gens de la communauté quelles sont les activités qui leur permettent de délester leur quotidien. Puis, il a interrogé Kossigan Kokou-Kpolou, professeur en psychologie clinique de la santé à l'École de psychologie de l'Université Laval, afin de comprendre comment la légèreté peut être utile dans la régulation de nos émotions. Faites-vous partie des citoyens qui n'écoutent plus les nouvelles car cela les déprime ? Si oui, sachez que vous n'êtes pas seul. Pourquoi les médias ne font-ils

Au cours du mois de mai, on vous invite à aller voir l'exposition Projet Piliers à l'espace Sherpa. Véronica Rioux nous donne un avant-goût du projet auquel elle a participé comme animatrice en nous offrant le slam Les Piliers d'un monde à créer. Pour souligner le déménagement du local des Valoristes, Geneviève Turcotte nous propose une petite incursion dans le quotidien de deux « cueilleurs de cannettes ». Enfin, Elisa Martarello a rencontré la réalisatrice Annie Deniel et la jociste Marie-Claire Nadeau qui parcourent actuellement le Québec pour présenter Voir Juger Agir. Ce documentaire retrace l'histoire de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), ce mouvement ouvrier qui a joué rôle déterminant dans les luttes féministes et syndicales et autres bouleversements de la Révolution tranquille. FRANCINE CHATIGNY

PRENDRE SOIN DE NOTRE SANTÉ MENTALE : PLUS IMPORTANT QUE JAMAIS !

Rassemblons-nous Québec, des liens plus forts pour une meilleure santé mentale : c'est sous ce slogan que l'Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) organise la semaine de sensibilisation qui se déroule du 4 au 10 mai. L'ACSM vous invite à créer des liens avec votre communauté et à connecter avec vous-même ! Ensemble, lit-on sur leur site, nous pouvons consolider le sentiment d'appartenance, réduire l'isolement et soutenir le bien-être, car le lien social renforce la santé mentale. Si vous êtes à la recherche d'idées pour poser de petits gestes du quotidien pour renforcer ce sentiment d'appartenance, consultez les trousses à outils pour le milieu scolaire ou pour le milieu de travail sur leur site (https://cmha.ca/fr/semaine-de-la-sante-mentale/trousse-a-outils/).

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LA QUÊTE

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HRONIQUE

LA VIE : PAS DE VERSION BÊTA Dans L'Insoutenable légèreté de l'être, le romancier Milan Kundera écrit : « L'humain ne peut jamais savoir ce qu'il faut vouloir, car il n'a qu'une vie et il ne peut ni la comparer à des vies antérieures ni la rectifier dans des vies ultérieures. » Judicieuse remarque ! Dans la vie, il n'existe en effet aucun moyen de vérifier si la décision que l'on prend est la bonne, car l'on vit tout pour la première fois. Et sans préparation. Il n'existe alors qu'un mode d'emploi : improviser. LE MYTHE DU BON CHOIX Ainsi, aimer, rompre, avoir un enfant, changer de travail, dénoncer ou se taire, rester ou partir, aucun de ces choix ne peut se légitimer en toute connaissance de cause, car aucun n'a jamais bénéficié d'un essai et n'aura pas davantage droit à une reprise. Il n'y a pas de version bêta de notre vie que l'on pourrait corriger avant de lancer la version finale. La vie se déroule implacablement et, même sans avoir toutes les cartes en main, il faut choisir. La religion a longtemps répondu aux doutes humains par la croyance à des règles simples et nettes, mais ces repères sont désormais floutés. Une autre voie s'impose alors : choisir à l'aveugle. Mais, sachant que ma propre existence est unique, il me faut déterminer moi-même les chemins à emprunter, qui contournent les sentiers fangeux, évitent les chemins ombreux. Et ne pas attendre de croiser l'autoroute fleurie, car elle n'existe pas. Or, chaque choix exclut d'autres expériences, d'autres vies. Et comme je n'aurai vécu aucune de ces autres éventualités, il me sera impossible de savoir à la fin si j'aurai effectué le meilleur choix. La culture contemporaine entretient l'idée qu'il existe de bons choix objectifs : la bonne carrière, le bon moment pour fonder une famille, la bonne façon de vieillir, la bonne opinion dans un débat. Mais la valeur d'un choix ne se mesure qu'après coup. Une même décision peut s'avérer désastreuse dans un contexte et lumineuse dans un autre. Les normes elles‑mêmes sont relatives : ce que valorise une époque, la stabilité ou la conformité, par exemple, en horrifie une autre qui louera la flexibilité ou l'audace. Il n'existe pas de tribunal qui détermine les bons choix. Chacun décide dans son propre brouillard, avec les valeurs reçues, ses peurs et ses désirs, et qui ne coïncident jamais parfaitement les uns avec les autres. Or, ne pas savoir quel est le meilleur choix ne dispense pas d'agir ; la vie se déroule et il faut choisir. On choisit alors le mieux que l'on peut au moment où l'on choisit.

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APPRENDRE À ASSUMER L'idée de n'avoir qu'une vie peut nourrir une angoisse si chaque décision est ressentie comme aveugle ou obligée. Mais la même idée peut aussi ouvrir un espace de liberté, car trouver sa voie ressemble moins à découvrir un tracé secret qu'à construire rétroactivement une cohérence avec l'ensemble des choix que l'on a faits, des expériences que l'on a vécues. Cela donne un prix aux gestes ordinaires. Si la vie ne repasse pas, alors une conversation intime, un défi relevé ou un échec assumé peuvent produire un effet décisif. Un geste, un mot, un regard peut éclairer un chemin alambiqué. C'est ainsi que dans le flux du quotidien se jouent parfois des tournants majeurs. Même la fragilité peut devenir source de résilience et se transformer en intensité. De toute manière, chacun doit trouver, au fur et à mesure, la manière d'habiter son unique existence parce que, les vieux vous le diront : elle est très brève. Faut‑il alors considérer que tout se vaut ? Non. Ce serait manquer le cœur de la vie : identifier ce qui a du sens pour soi, les liens qui comptent plus que prévu, les gestes dans lesquels on se reconnaît davantage, les situations qui sont en accord avec ce qu'on se sent capable d'assumer. La vie ressemble donc moins à une œuvre à réussir qu'à un jardin à cultiver dont on ne contrôle ni la nature du sol, ni la pluie, ni le soleil. Le jardinier choisit pourtant d'arracher, de planter, de tailler et, de patienter. Il accepte de ne pas maîtriser l'ensemble, sachant que la mauvaise herbe gagnera une bonne partie du terrain et il prend soin des pousses les plus vaillantes. Au lieu de rêver d'une vie garantie par des options évidentes, on apprend éventuellement à repérer les signes de vie là où ils se trouvent : une amitié qui reprend, un défaut qui s'estompe, un rêve qui se concrétise. Rien de cela ne permet de garantir que l'on a fait le bon choix, mais ce sont les indices qu'un fruit sortira de la fumure. C'est que le printemps ne demande pas le soleil permanent : seulement un peu de chaleur pour que la terre se fissure, que les bourgeons débourrent. C'est ainsi que, dans une existence sans répétition et sans reprise, il est toujours possible que des recommencements se manifestent : modestes, mais bel et bien réels.

LA QUÊTE

CLAUDE COSSETTE

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PERSONNES EN SITUATION D'ITINÉRANCE

PORTER UN LOURD BAGAGE mais, selon Kevin Defoy, un plus grand nombre de casiers serait nécessaire pour répondre à la demande. BLESSURES ET VOLS

Le poids des sacs peut causer des problèmes de santé chez les personnes en situation d'itinérance. Kevin pense notamment à un homme, fin cinquantaine, qui traînait deux sacs en plus de Des vêtements, de la nourriture, des sa guitare. « C'était tellement pesant produits d'hygiène, des cigarettes, du qu'il a été obligé de faire de la physio ; matériel de consommation, de la vais- il a été obligé d'aller à l'hôpital parce selle, des instruments de musique, des que son dos a barré », se souvient-il. tentes et même des chaufferettes. Voi- Les vols constituent un autre risque ci des exemples de biens portés par les auquel sont confrontées les perpersonnes en situation d'itinérance, sonnes en situation d'itinérance. Cerobserve Kevin Defoy, pair aidant au tains se font voler presque chaque soir, soutient le pair aidant. Parmi les Répit de l'Archipel d'Entraide. biens qui disparaissent se trouvent « Les personnes en situation d'itinésouvent des cartes d'identité. Kevin rance n'ont souvent pas d'endroit aide les personnes qui fréquentent le pour entreposer leurs effets perRépit à en obtenir de nouvelles de fasonnels, constituant une barrière çon régulière. Les cartes temporaires importante pour la prise en charge ne sont pas acceptées partout, ce qui de démarches et contribuant aussi à cause des difficultés, entre autres leur stigmatisation aux yeux des cipour encaisser un chèque dans certoyennes et citoyens logés », indique taines institutions financières. un rapport d'analyse d'Architecture

Photo :La Quête

Ne pas avoir de chez-soi signifie souvent devoir se déplacer avec tout ce que l'on possède. Si certaines personnes en situation d'itinérance conservent seulement quelques effets personnels dans leurs poches, d'autres transportent plusieurs sacs et accumulent parfois des objets en prévision de leur installation dans un logement.

Kevin Defoy, pair aidant au Répit de l'Archipel d'Entraide, devant les 24 casiers mis à la disposition des personnes en situation d'itinérance.

Le Répit, accessible en journée du lundi au vendredi toute l'année, accueille 15 personnes à la fois, ce qui permet à chacun d'avoir sa bulle, explique Kevin, contrairement à d'autres lieux bondés et bruyants. « Elles ont de la place pour respirer, mettre leur sac, s'étendre ». La simplicité caractérise sans frontières Québec réalisée à la Suzie, une femme en situation d'iti- aussi l'endroit, ajoute le pair aidant. demande de la Ville de Québec, en nérance depuis environ trois ans ren- Les intervenants ouvrent la porte, ne 2024. L'accès à des lieux d'entrepo- contrée par La Quête, s'est elle-même posent pas de questions, donnent une sage facilite l'accès à certains services fait voler sa carte d'assurance maladie, collation au besoin et laissent la peret les actions des personnes en vue de son certificat de naissance et sa carte sonne se reposer. bancaire. « Ce n'est pas parce que tu Malgré les dangers, Suzie souligne retrouver plus de stabilité. es dans la rue que tu n'as plus besoin l'esprit de communauté qui se déveLes auteurs du rapport jugent qu'une d'avoir une identité », souligne-t-elle. loppe entre les personnes en situation offre de casiers est un « service esd'itinérance. « On devient comme une sentiel » pour répondre aux besoins SOURCES D'APAISEMENT famille. J'aime ça voir mon monde aldes personnes en situation d'itinéEn plus du poids de leurs possessions ler bien. Ça fait deux-trois ans qu'on rance. Parmi ses recommandations, qu'ils doivent transporter, le stress et grandit ensemble là-dedans ». il propose également d'aménager des l'état d'alerte constant pèsent aussi sur espaces d'entreposage sécuritaire et les personnes en situation d'itinérance. Son « monde » lui manquera une fois de triage, comme une grande table « Quand tu es dans la rue, tu es en mode hors de la rue, une étape qu'elle prépermettant de réorganiser le contenu survie tout le temps, explique Suzie. pare en commençant par chercher un d'un sac à dos, et de mettre à la disemploi. Malgré les vols qu'elle a subis, Tous les jours ma vie est risquée. » position de ces personnes des chariots elle mentionne qu'une chose ne peut pour transporter plus facilement leurs « Il faut être fort pour être dans la lui être enlevée : ses projets d'avenir. rue », s'exclame celle qui fréquente les Garder en tête ses objectifs, ça aide à effets personnels. ressources d'hébergement. Quand elle combattre le stress et, éventuellement, L'Archipel d'Entraide prête des casiers pousse les portes du Répit de l'Archi- à sortir de l'itinérance, confie-t-elle. qui peuvent contenir un sac. Le serpel d'Entraide, le soulagement est imvice est recherché, si bien que les 24 médiat. « Tu rentres ici et c'est instanGENEVIÈVE TURCOTTE places disponibles sont toujours utitané le calme. C'est un coin de repos », lisées. D'autres organismes en offrent, mentionne Suzie. MAI 2026

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SEMAINE DE 4 JOURS :

BONNE IDÉE OU PAS?

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peut soulever plusieurs enjeux au sein d'une entreprise. RÉTICENCES DANS LES RECOMMANDATIONS

Certaines organisations, comme le Réseau Annie RH, se spécialisent dans l'offre de services de ressources humaines et de développement organisationnel et peuvent aider les entreprises qui le souhaitent à implanter la semaine de travail de quatre jours dans leur pratique. Cependant, pour Annie Boilard, présidente du Réseau, bien que la semaine de travail de quatre jours comporte ses avantages, elle s'affiche réticente à recommander cette mesure à toutes les entreprises. « Je la recommande avec beaucoup de parcimonie et ça dépend du type d'entreprise », a-telle confié en entrevue à La Quête. « Si c'est une entreprise qui est très dinosaure et qu'il y a beaucoup d'économies d'efficacité à faire, là, on peut garder la même productivité sur quatre jours par semaine. Si on a une entreprise qui est déjà optimisée, c'est là que ça devient difficile », établit-elle. De plus, Mme Boilard des questions sur la durabilité de la semaine de quatre jours. « On n'a pas beaucoup d'études sur la pérennité dans le temps de cette mesure. […] Je ne sais pas si c'est un rythme qui peut être soutenu », conclut-elle. UN MARCHÉ DE L'EMPLOI EN ÉVOLUTION

Pénurie de main-d'œuvre, travailleurs étrangers, télétravail ; le marché de l'emploi a souvent fait la manchette ces derniers temps. Et le visage du monde du travail change. Cela est encore plus vrai avec la présence croissante de la nou-

LA QUÊTE

Photo : Olivier Verreault

Depuis une dizaine d'années, l'idée de passer d'une semaine de travail régulière de cinq à quatre jours est analysée de près par les experts en relations industrielles. Alors que la recherche sur le sujet illustre plusieurs avantages de ce mode de fonctionnement, certaines agences spécialisées en ressources humaines ne recommandent cette pratique qu'avec parcimonie. L'idée de la semaine de travail de quatre jours est simple : alléger l'horaire des travailleurs afin qu'ils puissent être plus productifs tout en leur permettant d'obtenir une meilleure hygiène de vie. Les professionnels de la question ont déterminé que le fait d'avoir moins d'heures disponibles pour accomplir le travail favorise une bonne gestion des priorités et l'élimination des éléments superflus. De plus, cela apporterait une réduction du taux d'absentéisme. C'est en tout cas l'idée derrière le choix d'une entreprise de passer d'une semaine de travail de 40 heures à 32 heures. Pour certaines compagnies, la semaine de 4 jours se matérialise plutôt en concentrant les 40 heures hebdomadaires dans une plus petite plage horaire. Pour l'organisme Juritravail, cette mesure peut entraîner des conséquences sur l'état de fatigue des travailleurs, leur état de concentration et leur conciliation travail-famille lors des jours de travail. Il y a également la question du salaire qui est essentielle à prendre en compte lorsque les entreprises décident de passer à ce mode de fonctionnement. Est-ce que la rémunération pour les employés reste la même, étant donné que leur charge de travail est similaire, ou diminue-t-elle si les employés effectuent moins d'heures ? Ainsi, une mesure en apparence simple

velle génération sur le marché du travail, soit la génération Z. Née entre 1997 et 2010, cette génération redéfinit sa relation avec le monde professionnel, comme établi en conférence à HEC Montréal par Alain Gosselin, professeur émérite à cette même institution. Il constate également que cette génération semble plus réfractaire au compromis en termes de conciliation travail-vie personnelle. Pour Sarah Legendre Bilodeau, présidente de Videns Analytics, également présente à la conférence, ces jeunes salariés seraient toutefois plus exigeants envers eux-mêmes et ce qu'ils recherchent au travail. Bien que les discussions sur la semaine de travail de quatre jours semblent s'essouffler depuis quelques années, il sera intéressant de voir si cette pratique regagne en popularité au fur et à mesure que cette nouvelle génération commence à prendre sa place dans le milieu de l'emploi. OLIVIER VERREAULT

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LE TEMPS D'ÊTRE LIBRE

Photo : Courtoisie Martin

À 50 ans, alors que plusieurs planifient une retraite confortable, Martin a choisi de prendre une direction opposée, vers le nord, là où la civilisation s'efface pour laisser place aux grands bois des Laurentides. Son projet ? L'autonomie totale. Ses outils ? Une hache, une scie mécanique et une volonté de fer. Pour Martin, qui préfère l'ombre des arbres aux lumières de la ville, la légèreté n'est pas une question de poids, mais de temps. SE DÉLESTER POUR S'ÉLEVER

Ancien travailleur de la construction, Martin a passé sa vie à bâtir Projet en cours! Avec l'arrivée du printemps, Martin poursuit la construction de son havre de paix. pour les autres avant de réaliser que le confort matériel est un piège doré. Étonnamment, cette vie exigeante veau monde, bien qu'il ne l'utilise « Aimer le confort signifie toujours physiquement a réglé son insomnie. pas encore personnellement. Il obvouloir plus et donc travailler plus », « Qu'est-ce que je fais pour m'occu- serve avec curiosité ses pairs qui s'en confie-t-il. En réduisant ses besoins, per ? Il y a toujours quelque chose servent pour poser des questions il a brisé ses chaînes financières. à faire », dit-il. La fatigue est saine, sur ce mode de vie alternatif. Pour Pour lui, chaque objet possédé re- le silence est plein. Bien que certains lui, la technologie doit rester au serprésente des heures de vie vendues le décrivent comme un excentrique, vice de l'humain et non l'inverse. Il pour le payer. ce solitaire de nature trouve dans a d'ailleurs l'habitude de ne pas traîEn adoptant une simplicité radicale, l'isolement une clarté que la ville lui ner son téléphone partout, préférant cuisiner ses propres repas, conduire refusait. Le piège, prévient-il, c'est préserver son sens de l'orientation un bazou pour éviter la « prison de croire que la simplicité est facile. naturel plutôt que de se fier aveuglédu paiement de char » et récupé- Vivre en forêt demande une disci- ment à un GPS. rer des matériaux de pline constante que construction dans la Pour lui, chaque objet le confort moderne LE SAUT DANS LE VIDE rue, il a réussi l'im- possédé représente des nous a fait oublier. La Le message que Martin souhaite possible : s'acheter heures de vie vendues plus grande difficulté transmettre est empreint de courage. du temps. « Si je veux pour le payer. de ce mode de vie est Le minimalisme n'est pas une senmoins de possessions tence, mais une expérience. « Rien matérielles, j'ai besoin de moins l'effet miroir. « Le combat est mental n'est définitif, ce n'est jamais trop surtout, parce que les inconforts, on d'argent et donc, je peux avoir plus tard pour retourner dans un appart de temps libre que je gère comme peut s'arranger avec ça ! » ou vendre son terrain. » bon me semble. Pour moi, le temps LA TECHNOLOGIE COMME c'est important. » Pour ceux qui ressentent cet appel, OUTIL, NON COMME MAÎTRE sa sagesse est directe : n'attendez pas BÂTIR SA PROPRE PAIX Martin n'est pas un opposant fa- que tout soit prêt. Depuis quatre ans, Martin rouche au progrès, mais il choisit ses construit sa maison sur une terre batailles. S'il s'inquiète de voir la tech- « Commencez avec ce que vous à bois isolée entre Sainte-Agathe- nologie transformer les gens en êtres avez. Soyez fous, ayez le courage des-Monts et Saint-Donat. Ici, « bossus », penchés sur leurs écrans, il de le faire. » Ignorez l'avis de ceux pas d'adresse civique ni de voisin reconnaît la valeur du savoir partagé. qui doutent, car, pour lui, l'opinion immédiat. Il faut marcher quinze YouTube peut être un outil fort perti- des autres « n'a jamais d'allure » minutes entre le stationnement et nent pour apprendre des techniques face à la conviction profonde de son propre bonheur. sa cabane, un sas de décompres- de construction et de survie. sion nécessaire entre le tumulte du Quant à l'intelligence artificielle, il MÉLODIE LANGEVIN monde et son sanctuaire. se dit intrigué et fasciné par ce nouMAI 2026

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MICRO-TROTTOIR COMMENT RENDRE LE QUOTIDIEN PLUS LÉGER Pour alléger le poids quotidien de la vie, chacun y va selon son goût, ses préférences et ses passe-temps. Témoignages et confidences…

« Pour ce qui me concerne, j'aime faire du bénévolat, voir un bon film, écouter de la musique comme la Rumba congolaise. J'écoute aussi de la musique classique pour apaiser mes nerfs. J'aime beaucoup la cuisine, une passion que je tiens de ma mère. Le plaisir de cuisiner et le plaisir de manger me procurent beaucoup de bien. Il y a aussi quelque chose de beaucoup plus précieux et très personnel que je fais : je prie mon chapelet. » Giresse Mpey Ilimi, étudiant

Photo : de Y S - Unsplash

« Je prends des cours de Pilates d'une heure, une fois par semaine. Il m'arrive aussi de le pratiquer d'autres jours de la semaine. Je ne suis pas mal occupée, donc je me contente du Pilates et je me sens assez bien avec ça. » Josiane, étudiante

« Je pratique le sport, peu importe, toute activité physique et tous les jours le matin avant 8 heures. L'idée, c'est de débloquer le cerveau. Et quand je le fais, c'est bon pour mon être. Pendant que je pratique mon sport, je ne pense à rien d'autre, je ne fais que m'entraîner. Je me laisse la fin de semaine pour dormir. Sinon, je suis très régulier. » Alexandre, étudiant

« Je pratique la course et l'entraînement, j'écoute de la musique et je lis. Le plus souvent possible, trois fois par semaine à raison de quarante-cinq minutes par semaine. Cela me procure beaucoup de bien sur le stress, le moral et l'anxiété. » Alexa Desgroseilliers, chargée de cours à l'Université Laval Propos recueillis par JONAS DETONDJI

« En termes de stratégie, je réduis les attentes envers moi-même. Comme activité pour décompresser, je vais jogger. Je cours ou je vais marche d'une heure pratiquement tous les soirs avec mon chien dans le bois, puisque la forêt du Bas-Saint-Laurent est derrière chez moi. » Ariane Morneau, psychoéducatrice

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LE PARFAIT RÉGULATEUR ÉMOTIONNEL

Photo : Jonas Detondji

Adopter la légèreté dans son quotidien est parfois perçu comme de l'insouciance. Cependant, elle est indispensable. Quelles sont alors les clés pour en faire une bouffée d'oxygène dans ce monde de plus en plus exigeant et sous pression ? Dans une entrevue accordée à La Quête, Kossigan Kokou-Kpolou, professeur en psychologie clinique de la santé à l'École de psychologie de l'Université Laval et expert des questions de dépression parle sans filtre de la légèreté et propose les bonnes pratiques en la matière. QU'EST-CE QUE LA LÉGÈRETÉ?

« La notion de légèreté est souvent mal comprise parce que dans l'imaginaire colKossigan Kokou-Kpolou, professeur en psychologie clinique de la santé lectif, elle est souvent associée à la superà l'École de psychologie de l'Université Laval ficialité, à la fuite ou à l'irresponsabilité. Pourtant, en psychologie, la légèreté peut QUELLE EST ALORS LA BONNE ner un peu notre regard de ce qui nous être considérée comme une ressource PRATIQUE À ADOPTER POUR préoccupe. Il existe toute une gamme de importante à l'équilibre psychologique ALLÉGER SA VIE ? distractions, mais la clé, c'est la flexibiliet mental. Dans ce cas, bien évidemment, té. Nous constatons que les techniques elle devient une ressource et peut être « La bonne règle consisterait à se deman- psychocorporelles sont de plus en plus définie comme une capacité de l'indivi- der : est-ce que cette activité permet à mon valorisées aujourd'hui sur le plan théradu à prendre du recul dans des situations cerveau, à mon corps d'être dans une dé- peutique. Pas seulement sur le plan psytente qui pourrait permettre une récupérastressantes ou difficiles. » chologique, mais de manière générale, tion ? Ou bien est-ce que l'activité continue tous les exercices nous permettant de de me mettre dans un état de stress et de nous connecter à notre corps. Construire DE FAÇON CONCRÈTE, tension psychologique. L'important, c'est un réseau d'amis, ne pas vivre isolé tout COMMENT ÇA MARCHE ? que nous devons pouvoir diversifier nos le temps, lire beaucoup pour développer « Le cerveau humain a besoin de répit, stratégies de récupération et de divertisseles aptitudes cognitives et intellectuelles. de pause ou de récupération. Après une ment. Il faut le noter, nous faisons face à Tout ceci renforce nos ressources. » journée stressante, regarder un film, par plusieurs sources de stress et choisir une exemple, ou discuter avec des amis, ou seule corde à son arc n'est pas vraiment encore naviguer un peu sur Internet peut « sage ». Simplifier son quotidien, faire l'ef- EST-ON OBLIGÉ DE RENDRE PLUS constituer une forme normale de décom- fort de mieux planifier les obligations non LÉGÈRE NOTRE FAÇON DE VIVRE ? pression. Mais le problème apparaît au prioritaires pour éviter la surcharge men- « Nous disons en psychologie clinique moment où ces distractions deviennent tale. La légèreté n'est pas l'absence de pro- que vivre sans stress, c'est être dans un la seule stratégie pour gérer le stress. On blèmes, ce n'est pas l'absence de stress ou état de mort. Les études nous montrent peut utiliser plusieurs stratégies pour évi- de « stresseur ». C'est plutôt la capacité de que, quand le stress est présent et modéré, ter de s'enfermer dans une forme de rigi- ne pas laisser les difficultés que nous ren- la performance est souvent élevée. Pour dité. Lorsque les échappatoires deviennent controns au quotidien occuper tout notre préserver sa santé mentale, il est imporla seule stratégie, elles deviennent une espace psychique. Il faut que cela devienne tant d'apprendre à réintroduire des esfuite permanente de la réalité. Les ré- une forme de philosophie, une forme de paces de ralentissement et de connexion seaux sociaux et les objets connectés, par pratique pour nous. » humaine dans notre vie au quotidien. exemple, donnent l'impression de décomNous vivons dans une société qui priopresser, mais, en réalité, ils maintiennent QUELLES SONT LES ACTIVITÉS rise la performance au travail à tel point la stimulation du cerveau. Nous avons RECOMMANDÉES ? que nous n'observons pas de petits mol'illusion que nous nous reposons alors ments de pause. Surtout dans la société que le cerveau est en stimulation durant « On a naturellement plusieurs techniques nord-américaine où on a tendance à assicette période. Et cela ne donne pas l'occa- et stratégies : naviguer sur Internet, scrol- miler ces moments à la paresse. Notre orsion au cerveau de se décharger, de faire ler sur les réseaux sociaux, se balader en ganisme n'est pas fait pour être soumis à l'expérience du repos ou de récupération. forêt, s'exercer à la respiration consciente, une pression constante. Il faut apprendre C'est comme si on sortait d'une ativité et pratiquer le massage, faire un exercice à observer une pause après quelque on entre dans une autre qui nous draine de physique de détente, passer des moments temps de travail. » agréables avec des personnes qui nous l'énergie mentale. » sont chères, échanger, discuter et détourJONAS DETONDJI

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POURQUOI L'ACTUALITÉ EST-ELLE AUSSI LOURDE ?

Additionnée à la présence de nouvelles en continu, cette négativité représente une lourdeur pour plusieurs consommateurs d'actualités. Pour Olivier Gadeau, docteur en communication publique spécialisé en journalisme à l'Université Laval, il existe bien un biais vers la négativité dans l'actualité, da », indique-t-il. Les interactions obbien qu'il constate que celui-ci n'est tenues par ce genre de contenu jouent pas nécessairement réalisé de façon alors un rôle important dans la visibiconsciente par les organes de presse. lité qu'un média peut obtenir. Pour le chercheur, ce biais peut être FREIN À L'INFORMATION expliqué par plusieurs facteurs, dont, en premier lieu, le désir des journa- Cette lourdeur perçue peut ainsi enlistes de bien refléter la société dans traîner plusieurs personnes à se délaquelle ils sont. « Pour les démocra- tourner des médias traditionnels. Un ties libérales, elles s'orientent toutes rapport récent de l'Institut Reuters vers des questions clivantes. De ce fait, pour l'étude du journalisme basé à l'actualité reflète elle aussi des enjeux l'Université d'Oxford établit qu'en clivants », établit-il. Par exemple, les moyenne 38 % des gens évitaient parnombreux débats dans l'espace mé- fois, ou bien complètement, l'actualité diatique entourant l'immigration et la entre 2017 et 2022. Parmi ces perlaïcité au Québec reflètent la présence sonnes, 36 % d'entre elles ont signalé l'éviter, car les nouvelles ont un effet d'une certaine polarisation. négatif sur leur humeur. En voulant jouer leur rôle de surveillance et offrir au public les informa- Or, cet évitement entre en contrations nécessaires afin de faire des choix diction avec le travail premier des éclairés en société, les journalistes journalistes, comme établi par Bill vont alors souvent s'intéresser aux Kovach et Tom Rosenstiel dans leur questions qui divisent les opinions et livre Principes du journalisme. En effet, pour eux, le rôle des journalistes est impliquent de lourdes conséquences. d'apporter aux citoyens l'information Olivier Gadeau va également attribuer dont ils ont besoin pour être libres et cette négativité au système dans lequel autonomes, ce qui est difficile à réaliles médias, notamment ceux présents ser lorsque les nouvelles ne se rendent en ligne, évoluent. « Depuis le dévepas à ces derniers. loppement d'Internet, on constate aujourd'hui que ce sont des contenus cli- JOURNALISME DE SOLUTIONS vants qui font ce qu'on appelle le buzz. Faisant écho à ces préoccupations, la Plus les contenus sont clivants, plus ils tendance du journalisme de solutions tendent à solliciter l'utilisateur lamba fait son apparition dans l'environ-

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Guerre en Iran, en Ukraine, en Syrie, augmentation du coût de l'essence et du panier d'épicerie, croissance du nombre de féminicides, corruption à grande échelle : chaque jour, les mauvaises nouvelles font la une. Le caractère déprimant et anxiogène de l'actualité pousse de plus en plus de citoyens à arrêter de s'informer. Les médias peuvent-ils faire autrement ? La Quête s'est penchée sur la question.

nement médiatique aux États-Unis dans les années 90. Cette pratique se veut centrée sur les solutions aux problèmes sociaux et les raisons de leur succès. Tentant d'attirer un public qui s'est lassé de la lourdeur des nouvelles, cette pratique reste encore marginale au Québec et au Canada, bien qu'elle ait été testée par quelques médias. Comme le soulignent les chercheuses Amélie Daoust-Boisvert et Diane Bérard de l'Université Concordia dans leur note de recherche Journalisme de solutions : une pratique marginale en émergence au Canada, quelques organes de presse québécois se sont notamment tentés à la pratique. C'est le cas de La Presse avec sa chronique Planète bleue, idées vertes, ou encore des textes écrits par la coauteure de la note, Diane Bérard, dans le journal Les Affaires. Cette perception négative, en plus des enjeux de financement, d'information en ligne et de la désinformation, caractérise la période tumultueuse que traversent les médias. Plusieurs se questionnent ainsi sur les meilleures pratiques à implanter afin d'assurer leur pérennité, une question qui est et restera probablement omniprésente. OLIVIER VERREAULT

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HRONIQUE

L'INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DE LIRE Lorsqu'on associe légèreté et lecture, on pense inévitablement aux vacances, aux romans à l'eau de rose ou à suspense lu sur le bord d'une piscine, un verre à la main. Un moment juste à soi pour mettre son cerveau à off, l'espace de quelques heures. Puis, le travail reprend, amenant avec lui les tâches, les listes et les obligations du quotidien. Mais soyons fous un instant : et si on s'imposait la légèreté ? Obligatoire. Assidue. Radical, n'est-ce pas ? Parce que lire léger, c'est aussi s'accorder une pause pour se tourner vers la beauté, la joie et le plaisir du temps volontairement passé sans pression. Voici donc une déclinaison de romans, d'albums, de bandes dessinées, et de bouquins de toutes sortes pour s'alléger la tête et l'esprit.

Je ne serai jamais Roy Dupuis de Samuel Larochelle, Québec Amérique La seule chose que Samuel Larochelle a en commun avec Roy Dupuis, c'est d'être né à Amos, en Abitibi. En parallèle avec l'acteur à succès, l'auteur de cet essai intimiste raconte avec légèreté et humour son parcours pavé d'échecs, d'indécisions et de moments plus difficiles. Un récit attachant, qui démontre que l'acceptation de soi est l'ultime luxe qu'on peut se payer.

Document 1, de François Blais, L'Instant Même Ce roman, j'en ai parlé ad nauseam à tout mon entourage. Tess travaille au Subway, Jude est sur l'aide sociale. Mais ensemble, ils passent leur temps libre sur Google Earth à explorer les quatre coins du monde virtuellement. Un jour germe l'idée de partir pour vrai cette fois. En voiture, à Bird-in-Hand en Pennsylvanie (destination choisie assez impulsivement). S'ensuit une série de péripéties visant à réaliser ce rêve de plus en plus fou, avec l'aide de quelques acolytes bien particuliers. Le style décalé de François Blais, allant du joual au français ampoulé du siècle dernier, me fait rire à chaque fois !

Hyperbole : situations fâcheuses, insatisfactions chroniques, et toutes les autres choses qui me sont arrivées !, de Allie Brosh, Éditions des Arènes Ce roman graphique se lit pratiquement d'une seule traite. L'autrice a un style artistique bien à elle, qui ajoute à l'absurdité des situations qu'elle nous raconte. Avec candeur et humour bien campé, elle relate ses angoisses, sa dépression et ses introspections. Un remède à la grisaille : je vous mets au défi de ne pas rire en lisant l'histoire de l'effrayante oie blanche !

Fadwa Lapierre nous présente des expatriés installés aux quatre coins du monde. J'ai adoré m'imaginer vivre par procuration toutes ces aventures, bien confortable dans mon salon ! La saveur québécoise du livre est parfaite, avec une préface de Bruno Blanchet en prime… un livre fantastique pour s'évader.

Corps rebelle : réflexions sur la grossophobie, de Gabrielle Lisa Collard, Québec Amérique Comment aborder la légèreté sans parler de la lourdeur de vivre dans un corps gros ? Ce recueil de textes est une courtepointe de réflexions sur le rapport au corps, surtout lorsque ce dernier est très (trop) visible aux yeux d'une société qui ne se gêne pas pour le décortiquer, le démoniser. C'est beau, parfois drôle, parfois vulnérable, par des auteurs en quête de bonheur dans un monde fait pour Instagram.

Activité Libre de Sarah-Jeanne Labrosse, Éditions Cardinal Oui, c'est un livre de recettes, mais on voit tout de suite que la comédienne et maman, Sarah-Jeanne Labrosse, s'est amusée à créer cette « activité libre ». Les recettes sont variées, mais s'adaptent parfaitement au quotidien chaotique des maisons bien remplies. Bien que simples, les plats sont savoureux et l'on s'imagine bien les réaliser en compagnie de famille et amis, dans la joie et la légèreté du moment ! Vraiment, ce livre est la réponse simple à l'éternelle question « Qu'est-ce qu'on mange ? ».

EN RAFALE, POUR ALLÉGER LES ENFANTS • L'affaire Petit Prince, Clémentine Beauvais (dès 11 ans), éditions Sarbacane ; • À l'En Verre, texte et illustrations d'Orbie (dès 5 ans), éditions les 400 coups ; • Frisson l'Écureuil, Mélanie Watt (dès 4 ans), éditions Scholastic ; • La plus grosse poutine du monde, Andrée Poulin (dès 10 ans), éditions Bayard ; • Le gros monstre qui aimait trop lire, Lili Chartrand (dès 3 ans), éditions Dominique et Compagnie ; • Guide pratique pour boulangère magique, T. Kingsfisher (dès 10 ans), éditions du Seuil.

Expat : choisir de vivre à l'étranger, pour le meilleur et pour le pire, de Fadwa Lapierre, Éditions Trécarré Quitter sa vie tranquille au Québec pour refaire sa vie ailleurs… le feriez-vous ? À travers des histoires vécues émouvantes, captivantes (extra) ordinaires et pas toujours faciles,

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ISABELLE NOËL

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L'ESPOIR AU CUBE

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LÉGER COMME UN OISEAU La légèreté a plusieurs sens. On dit dans le domaine médical qu'un patient est un cas léger. Dans le domaine financier qu'on a subi de légères pertes. On dit aussi qu'on se sent léger pour dire qu'on se sent joyeux. Examinons ensemble plus en détail ce que tout cela signifie.

vont apporter des profits à moyen et à long terme. Il y a par conséquent moins de travailleurs et moins de dépenses pour fabriquer ces machines. Il n'est donc pas rare que des entreprises mettent à pied des travailleurs. Parfois, il en va de la survie de l'entreprise. Si une entreprise ne peut plus compétitionner avec Par exemple, en psychiatrie, on dit d'un patient que d'autres entreprises qui se sont dotées de l'IA, elle c'est un cas léger. Dans de telles circonstances, cet devra fermer ses portes. Ainsi, moins de travailleurs individu pourra être réintégré à la société et pourra équivaut à un meilleur salaire pour ceux qui restent et parfois même contribuer à la société par son travail. des prix plus bas pour les consommateurs. Il faudra cependant l'encadrer davantage pour lui On dit aussi qu'on se sent léger quand on apprend donner un soutien qui lui permettra de répondre aux une bonne nouvelle. On se sent lourd quand ça ne exigences de l'employeur. Il existe quelques endroits à va pas, quand on a des soucis. Quand on est amouQuébec où l'on offre des cours qui débouchent sur des reux, on dit qu'on se sent léger aussi. On dit souvent plateaux de travail, notamment avec le Pavois. de certaines personnes qu'elles sont légères pour dire On peut voir aussi dans les résidences pour les per- qu'elles ne se soucient de rien. Peut-être aussi peutsonnes âgées des petits robots pour leur tenir com- on dire que ces personnes fuient leurs responsabilités, pagnie. Il y a aussi parfois un téléphone qui est bran- mais pas nécessairement. Seulement, ces personnes ché avec une intelligence artificielle (IA). Quand une s'en remettent parfois à la providence pour régler personne prend l'appareil, l'IA lui parle et la personne leurs problèmes. C'est une bonne philosophie quand peut entretenir une conversation. Cela agrémente on y pense. leurs journées et elles ont moins besoin de médicaments. C'est une excellente façon d'alléger les tâches du personnel et de contribuer à la santé mentale des personnes âgées.

Nous sommes tous confrontés à divers problèmes dans la vie, mais je crois qu'il vaut mieux prendre la vie plus légèrement quelquefois. Souvent, on s'imagine le pire et on se tracasse pour des choses qui n'arriveront jamais, alors pourquoi s'en faire pour rien ? Dans le domaine financier, les chefs d'entreprises Et même quand on apprend une mauvaise nouvelle, utilisent maintenant l'IA pour maximiser leurs profits et minimiser leurs pertes. Ainsi, les employeurs une maladie, par exemple, il vaut mieux voir le bon utilisent des robots pour fabriquer des voitures ou côté des choses. Une blessure nous empêche de trades avions, par exemple, plutôt que d'employer seu- vailler, alors prenons une journée de congé. Si la malement des humains pour ces tâches. Autrefois, tout ladie nous invalide pour un temps plus long, alors était fait à la main et cela prenait beaucoup de temps profitons-en pour faire quelque chose qui nous paset coûtait beaucoup plus cher, étant donné le salaire sionne. Il y a toujours moyen de moyenner, comme le qu'il fallait payer à l'employé. Mais avec la robotique, disait Dominique Michel. les dirigeants investissent pour acheter des robots qui MICHEL POTVIN

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LA QUÊTEDES DES MOTS LA QUÊTE MOTS par Lise CARL GravelMORIN et Jacques PAR JACQUES ETCarl LISEMorin GRAVEL

CE CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES Ce JEU jeu consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que les colonnes 1 et COLONNES 20 à l’aide des 1 ET 20 À L'AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. définitions, indices ou lettres mélangées ou déjà inscrites. Chaque case grise représente une CHAQUE CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUI EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant. D'UN MOT ET LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT.

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11- On Onlui luidoit doitLes LesMisérables. Misérables. 20- Première femme à recevoir le prix Nobel. 20- Première femme à recevoir le prix Nobel. Horizontalement : 1Défauts. Peut être Horizontalement : remplacé par un pro- 6- Lieu d'arrivée de la Traversée internationom personnel. Fibre de polyester. Minénale du lac Saint-Jean. Petits enfants (PLUral critique (MILIHTU). TOSIO). Fibre Professionnel de l'insolvabilité. 1- Défauts. Peut être remplacé par un pronom personnel. de polyester. Minéral critique 2- Faire fi de. Semoncée (PARREMIDEEN). 7- Fustiger (PROUESIHLL). Enlèvement. (MILIHTU). Prénom de Madame Bovary. Véhicule du Père Noël. 2- Entreprise Faire fi de.associative. Semoncée (PARREMIDEEN). de Madame 3Organe femelle 8-Prénom Citadin. TabellionBovary. (OTIRANE). Enterrer d'une fleur. Grand fleuve de France. Ren(VILENREES). (RAICELER). 3- seigner Entreprise associative. Organe femelle d’une fleur. (TGASVRA). Grand fleuve Brutalités. de France. Itinérant. Renseigner 9- Débris (RAICELER). 4- Faussement appelé cèdre. Médecine tradi- 10- Relatif à l'odorat. Plaisanteries (SCIEtionnelle chinoise. Enterré. TAFE). Voisine de Gomorrhe 4Faussement appelé cèdre. Médecine traditionnelle chinoise. Enterré. 5- Faire un repli. Chant pour les morts. Nourriture malsaine (FOFLAMEUB). 5- Faire un repli. Chant pour les morts. Nourriture malsaine (FOFLAMEUB). Réponses au jeu p.25

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MOKA EST LÀ POUR LES VICTIMES Moka, un caniche royal femelle de presque 2 ans, est de couleur crème et a les oreilles brunes. Elle a suivi le programme de formation Soutien pour agences offert par l'école de la Fondation des Lions. Graduée depuis le 31 mars 2026, elle peut maintenant travailler avec un policier à North Bay, dans le nord de l'Ontario. Elle a sa propre plaque de « policière ». Son rôle est d'être aux côtés des victimes, adultes et enfants, afin de les réconforter lorsqu'ils doivent témoigner en cour ou lors de leur séance avec un thérapeute. Les victimes vivent toujours un stress post-traumatique et il est nécessaire de consulter un psychologue pour qu'elles puissent retrouver une forme d'équilibre. Moka vit avec le policier qu'elle accompagne : une fois la journée de travail terminée, elle est reçue par la conjointe du policier qui l'accueille avec amour en lui faisant de beaux câlins. Moka, peut alors décompresser. Moka est aussi une peluche symbolique : les autopatrouilles de la région où elle travaille sont dotées d'une peluche à son effigie qui servent de substitut réconfortant quand des enfants sont impliqués dans des situations nécessitant le recours aux forces de l'ordre. La présence de chien d'accompagnement comme Moka, en vrai ou en peluche, a un effet indéniable sur le processus de réhabilitation. Les peluches sont souvent utilisées par les psychologues comme outil thérapeutique. Il est beaucoup plus facile d'accorder sa confiance à un animal qu'à un humain, quand on a été agressé et cette présence réconfortante aide à faire face à ses traumatismes.

avec l'enquêteur de la SQ, un étranger… Je fais alors une crise d'hyper ventilation et d'hypoglycémie on m'amène à l'hôpital. Quand on signe mon congé, vers 22 h, c'est une autre équipe de la SQ qui me conduit dans une maison d'hébergement. Dans ma chambre, il y avait une peluche : je l'ai blottie contre moi et j'ai réussi à dormir. À cette époque, il n'y avait pas de chien d'accompagnement. L'enquêteur a tout fait pour gagner ma confiance et il m'a accompagné avec bienveillance lors de mon témoignage et m'aider a raconté ce que j'ai vécu. Il a accepté de jouer un rôle paternel avec moi, mais pour moi cela aurait été plus facile avec un chien. Les chiens sont un aide essentiel pour les victimes, mais aussi pour le policier enquêteur : il peut rester un policier tel qu'il est. À la suite de cette période de violence, j'ai vécu une régression importante dans mes comportements. Il a fallu trois ans et demi de thérapie pour « maturer » ma personnalité. La psychologue travaillait de concert avec Belle, mon chien-guide (transfert affectif), et on peut dire que Belle m'a sauvé la vie. Cela fait 34 ans que cette histoire s'est passée. Depuis, j'ai décidé de parrainer un chien guide pour d'autres victimes. Le 26 mars la fondation des Lions m'appelait pour m'annoncer la graduation de Moka. J'étais tellement heureuse. La somme que j'ai donnée en parrainage n'a pas d'importance à mes yeux. Je ne suis pas riche, mais je connais la valeur de l'accompagnement d'un chien. Je souhaite à Moka d'être heureuse de travailler avec la police de North Bay. Bravo Moka !

POURQUOI J'ÉCRIS TOUJOURS AU SUJET DES CHIENS D'ACCOMPAGNEMENT

CHRISTINA FOISY

Au début des années 1992, je vivais de la violence conjugale. Un voisin qui s'inquiétait pour moi a appelé la police. De la fenêtre, je vois mon conjoint se faire menotter. Je n'ai pas le temps d'absorber ce choc que je dois partir

Photo : Les Chiens-Guides de la Fondation des Lions du Canada

Mme Foisy parraine Les Chiens-Guides de la Fondation des Lions du Canada depuis des années. Elle est fermement convaincue que les chiens ont joué un rôle indéniable dans sa réadaptation. Ici, le cas de Marielle.

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« Depuis qu'elle a obtenu son diplôme des Chiens-Guides de la Fondation des Lions du Canada, Marielle a participé à plus de 75 essais. Elle est le premier et le seul chien de soutien accrédité à être utilisé dans une salle d'audience du Nouveau-Brunswick. Son impact a été incommensurable. » Les Chiens-Guides de la Fondation des Lions du Canada

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Les oiseaux Les oiseaux s'envolent avec beauté attendrie de joie qui nous émerveille de bonheur incroyable. Les oiseaux adorent faire des envolées glorieuses de passion enchantée de beauté unique d'amour étonnante. Les oiseaux aiment chanter des mélodies d'amour en chantonnant des chansons merveilleuses adorables de beauté immense.

Les oiseaux adorent s'envoler dans l'atmosphère féérique d'une beauté adorable de magie éblouissante de toute beauté. Les oiseaux aiment regarder des bulles enchanteresses de magie passionnante de bonheur émerveillé de bonté. Les oiseaux adorent se faire admirer comme dans un rêve incroyable. VÉRONIQUE RIVARD

Photo : Micheline Roy

Les oiseaux adorent chantonner des refrains en chœur de bonheur passionné de rêve joyeux.

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GuERRE ET pAIX !

L'argent des armes est sale Il a l'esprit tribal Il a l'odeur du sang Il est tout puissant On se bat aussi avec du pétrole Un puits noir et sans fond. C'est le pactole ! Comment vaincre la guerre Et conquérir la paix ? Qui en a le secret ? Nous serons morts, mon frère ? Crachant le feu, le nucléaire Pourrait ensevelir la Terre Et l'on a inventé le drone Qui va parfois jusqu'au suicide On le mène à partir d'un trône C'est la mort que l'on téléguide S'agit de se montrer le plus fort De son grand palais, jouer au jars Le vainqueur, ce futur vaincu Il l'aura longtemps sur le cœur Ça, parlons-en donc à Hitler Qui s'est vengé, mais a perdu Autant d'argent pour la paix Que pour la guerre ?

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Illustration : Domaine publique

Ça pue les armes Ça sent la guerre On ne voit guère De paix… Alarme ?

Un traité ou un décret1 Que pour se taire ? Un potentat, tout seul, peut déclencher la guerre Il faut au moins deux chefs, pour déclarer la paix La guerre, elle est rarement bonne Mais la paix n'est jamais mauvaise Des bombes et des canons qui tonnent Et la revanche est sous les braises La guerre, elle est facile La paix est difficile Nous sommes assez souvent au milieu de deux guerres Celle à finir, interminable, et celle à faire Si l'on n'a pas appris D'hier et de naguère Nous voilà bien mal pris Pour vivre en paix… Misère… ARMAND LABBÉ

1 Adolf Hitler a utilisé le traité de Versailles (28 juin 1919), perçu en Allemagne comme un « diktat » humiliant, comme un levier politique majeur pour accéder au pouvoir en dénonçant les lourdes réparations, les pertes territoriales (13 % du territoire) et la clause de culpabilité de guerre. Une fois au pouvoir, il a méthodiquement démantelé les clauses militaires du traité avant d'en voler l'original en 1940.

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Oncle Claude Ce cher oncle Claude était gentil, doux, sage, remarquablement intelligent et un des orthodontistes les plus accomplis de son temps. Je le voyais de temps en temps, dans les réunions de famille. Mes premiers souvenirs remontent au temps béni de l'enfance où tout n'était qu'harmonie lorsque nous allions visiter sa famille dans sa splendide résidence d'Outremont. Pour moi, cette maison était spéciale sous différents angles. Elle était bâtie dans le roc, par palier. Mon père garait la voiture dans l'entrée, et nous montions par le garage. Une première volée de marche nous menait dans la salle de musique. Une batterie y était installée. Mon cousin Jean, l'aîné, y tapait à tort et à travers par moments. Une autre volée de marche nous amenait au salon. Il y avait un foyer qui y trônait et des meubles pour le moins design. La cuisine attenante était resplendissante de propreté et de verre nickelé. De grandes portes-fenêtres donnaient sur un bout de falaise habitée par une demi-forêt sauvage. Mais ce sont surtout les habitants de la maison qui me charmaient. Ma tante Laure, belle de nature, et mes cousins et cousines, Jean, Anne, Alex et Louise. Surtout, mon oncle Claude qui veillait sur sa progéniture comme seul un sage patriarche sait le faire.

Carrefour Saint-Laurent, pour venir nous dire un petit bonjour et bien sûr, manger un des célèbres desserts dont ma mère avait le secret ; tarte au sucre, pudding chômeur, gâteau renversé à l'ananas et j'en passe et des meilleurs. Ma mère, reine du foyer, avait toujours un petit encas de sucré pour un survenant éventuel. Et lorsque le froid revenait pour chasser les joueurs des terrains extérieurs, elle savait que chaque mercredi soir ou presque, son cher frère qu'elle appréciait beaucoup viendrait probablement deviser un brin avec elle et mon père. C'était de grandes personnes qui avaient des conversations de grandes personnes. Je me rappelle… un été où j'avais passé une longue fin de semaine au chalet du lac Memphrémagog. Mon oncle, généreux comme à son habitude, prenait le temps de me harnacher à son hors-bord et de me promener sur le lac sur une planche aquatique. Ça me vengeait de ma plus tendre enfance ou mes deux frères et ma sœur s'exécutaient en ski nautique à qui mieux mieux, alors que moi, trop faible parce que trop jeune, je n'arrivais pas à lever sur mes skis. Ces quelques jours, je les avais partagés avec ma cousine Louise, d'une année ma cadette, alors que les autres enfants des deux familles étaient ailleurs, je ne sais plus où. Ah… les beaux souvenirs! BERNARD ST-ONGE

Photo : Lise Arseneault

Je me rappelle… lorsqu'il venait nous visiter le mercredi soir, après son match de tennis hebdomadaire au

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DANS LA RUE L'ITINÉRANCE EXPLIQUÉE AUX PLUS JEUNES Un nouveau livre de jeunesse intitulé *Dans la rue* est désormais disponible en librairie. Le lancement officiel de cet ouvrage psychoéducatif pour mieux comprendre l'itinérance a eu lieu mardi 7 avril à la bibliothèque GabrielleRoy devant un auditoire constitué notamment des élèves de l'école des Berges. Fruit d'un projet collectif conduit par L'Engrenage Saint-Roch le livre Dans la rue est destiné aux jeunes de 6 à 12 ans et aux adultes qui ont à répondre à leurs questions. Il est divisé en deux sections. La première est le récit d'histoires surprenantes vécues dans les rues du quartier Saint-Roch. La seconde est incarnée par Oli, une personne en situation d'itinérance, qui fournit des informations pertinentes pour répondre aux questions des jeunes.

Photo : Jonas Detondji

« Notre objectif est d'outiller les jeunes, les parents et le personnel des écoles pour parler de l'itinérance avec un peu plus d'humanité et d'empathie », affirme Annie Mathieu, responsable des communications de l'Engrenage Saint-Roch. Pour elle, l'ouvrage permettra aux enfants de comprendre les liens sociaux et l'importance d'humaniser les personnes qui sont dans la rue. « Un livre comme celui-ci ouvre une autre perspective. On a besoin de parler collectivement des causes et de la réalité des personnes en situation d'itinérance », soutient pour sa part, Roxanne Cadorette, coordonnatrice terrain du répit Basse-ville qui a collaboré sur le projet. Dans la rue est un produit des Éditions Midi Trente. Illustré par Florien Lavoisier Bizima dans le style manga, le livre aborde avec sensibilité, à travers sa cinquantaine de pages, la réalité des personnes qui vivent dans la rue. À l'occasion du lancement, les enfants de l'école des Berges ont interprété des chansons avant de faire une lecture publique du livre dans une ambiance conviviale et pleine d'émotions.

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LES PILIERS D'UN MONDE À CRÉER J'ai le cœur gros gros comme les clochers de Saint-Roch et son parvis — épicentre d'un quartier où trop de monde se cherche un nulle part où aller On sort d'un hiver à s'les geler ben comm'faut et pourtant, j'ai le cœur un peu plus au chaud Créer ensemble, faut croire c'est comme craquer une allumette… tu sais jamais tout ce qui pourrait brûler Des fois un p'tit feu plutôt tranquille d'autres fois un méchant beau brasier qui brille solide dans tes pupilles ! C'est assez fou ce qu'un simple atelier, un contact, peut déclencher Photo et illustration : Gabrielle Harrisson

Bon, écrire, ça peut faire peur… Je l'ai bien vu, j'ai dû m'ajuster En quelques lieux, sortir pas juste papier — crayons mais aussi images et mots découpés, colle et ruban gommé torse humain avec deux-trois bras, un skate une tête de chat, girafe ou iguane Tu crées un drôle de monstre nommé Cœur solidaire ou Stéphane On rassemble tout un zoo de créatures étranges qui, en un sens, te ressemblent qui ont ce côté surprenant ou même magique On voit qu'au-delà des mots le jeu de l'imaginaire est profondément poétique Tu sors ce que t'as dans les tripes tu vides ta tête, tu trippes… Je te vois assembler ton personnage ou écrire sa mission, sa quête Images ou mots, c'est égal l'histoire s'invente, se raconte au coin des lèvres un sourire germe Et comme sur l'affiche de Gabrielle c'est une fenêtre qui s'ouvre sur un grand champ des possibles où, comme sur un dragon bien dressé tu t'élèves et prends de la perspective Malgré tes enjeux ben terre à terre tu redécouvres tes ailes humain fait pour le ciel Je te demande ce qui te fait voir rouge te met en beau joual vert Tu me parles du ciel blanc de janvier de silence qui crie de monstres, de pauvreté de tout ce que la rue a accouché… Alors que tout te condamne, que tu capotes t'exprimes tes envies de virer su'l'top de dire : STOP !!! tes tactiques pour contrer les pirates du capital te catapultent dans un tonnerre apocalyptique… Ça détonne comme un slam aux consonnes qui percutent et toc ! Dans tes tympans, un autre uppercut

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Véronica Rioux lors d'un atelier d'écriture qu'elle a animé pour le Projet Piliers.

On pactise : sur quoi on a de l'impact ? Avec tes mots qui claquent, tu déclames pour contrer les murs de persécution le manque de cash, les cochons cassés les carences catastrophiques la faim qui gargouille, la pagaille À l'opposé, on honore la non capitulation les graines qui poussent le communautaire qui raboute les restants de filets de sécurité les trésors de nos pairs nos besoins d'être rassasié-es de paix, de foi, de sécurité Au-delà du produit fini d'avoir un texte ou non d'écrit ce qu'on cherche ? La connexion… On vient pour créer ensemble, c'est un pré-texte J'ai le cœur gros tandis que je pense à vous – presque assez gros pour faire rentrer St-Roch et un peu plus Je pense à vous, à ce qu'on a pu générer : des œuvres, de la joie surtout, confiance et complicités comme autant de piliers d'un monde qu'on arrêtera jamais de créer

VÉRONICA RIOUX Slam inspiré des ateliers d'écriture lors du Projet Piliers (projet de médiation culturelle en milieu d'aide à l'itinérance)

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VALORISTE : UN TRAVAIL QUI MÉRITE D'ÊTRE RECONNU

Le duo peut ainsi ramasser de 1500 à 1800 contenants au cours de la nuit. Le reste de la semaine, Alain fait ses tournées seul, car elles sont généralement moins profitables. Son trajet varie d'un jour à l'autre en fonction de l'horaire de collecte des matières résiduelles de la Ville. Lors des meilleures journées d'été, il peut atteindre plus d'un millier de contenants, mais doit parfois s'arrêter, limité par le poids des sacs qu'il transporte sur de longues distances.

Photo : Geneviève Turcotte

Chaque dimanche, vers 21 heures, Alain Bouffard se met au travail dans le secteur du Cap-Blanc. Avec un collègue, il sillonne à pied le boulevard Champlain et les rues du Vieux-Port pour terminer son parcours vers 7 h 30 le lendemain, au local de Valoristes Québec dans Saint-Roch. Sa mission : recueillir au sol et dans les bacs bleus et verts des contenants de boisson consignés pour assurer leur recyclage optimal.

Alain Bouffard, bénévole chez Valoristes Québec, parcourt les rues toutes les nuits pour récupérer des contenants consignés laissés au sol ou dans des bacs bleus ou verts.

Il est au poste sept jours sur sept depuis environ deux ans. « C'est une job de tous les jours, de tous les moments », témoigne Alain, pour qui cette activité constitue la seule source de revenus. « Si on manque une journée, on manque de tout le lendemain », ajoute celui qui est aussi bénévole pour Valoristes Québec, depuis quelques mois. « C'est pas toujours évident, il y a les regards, les commentaires du monde », soutient Alain, qui souligne toutefois la générosité de certaines personnes qui font des dons de contenants ou en argent.

CONTRIBUTION IMPORTANTE DES VALORISTES Près de 1,5 million de contenants consignés ont été traités par l'organisme à but non lucratif Valoristes Québec en 2025. Un employé à temps plein, deux à temps partiel et une dizaine de bénévoles accueillent en alternance les valoristes, comptent les contenants amassés et remettent en argent le montant de la consigne. Chaque jour, une quarantaine de valoristes fréquentent l'organisme, en été, la période la plus achalandée. Au total, ils sont environ une centaine, des réguliers comme d'autres qui passent une fois par semaine ou par mois. Les dons de contenants consignés ainsi que des partenariats, notamment avec la Ville de Québec, financent les opérations de l'organisme et permettent d'offrir une compensation financière aux bénévoles. Initié par les conseils de quartier de Saint-Roch et de Saint-JeanBaptiste, Valoristes Québec a été cofondé par cinq personnes, dont Étienne Ferron-Forget, membre du conseil d'administration, et Robin Tremblay, coordonnateur de l'OBNL. « Un des objectifs, c'est vraiment de reconnaître le travail que font les valoristes et leur contribution à la société », explique Étienne, qui fait valoir les volets social, environnemental et économique du projet. Ils font ce que « personne ne va faire », comme récupérer les contenants dans des fossés ou dans des poubelles de station-service, indique Robin.

Robin Tremblay, un des cofondateurs de Valoristes Québec, est le coordonnateur de l'organisme.

Les avantages de remettre les contenants amassés chez Valoristes Québec plutôt que dans un lieu de retour Consignaction ou chez un détaillant sont variés. Étienne mentionne « l'accueil inconditionnel » réservé aux valoristes. La vitesse est aussi un facteur, selon Alain. « Ça va plus vite compter à la main », affirme-t-il, plutôt qu'utiliser les machines.

GRANDES AMBITIONS POUR LE FUTUR Valoristes Québec connaît une croissance de ses activités d'année en année. À ses débuts en 2020, l'équipe s'établissait dehors à l'îlot fleuri seulement quelques fois pendant l'été. L'installation dans un local a permis d'opérer toute l'année, d'abord dans Limoilou à partir de la fin décembre 2023, puis en 2025 dans Saint-Roch. L'organisme a continuellement étendu ses heures d'ouverture depuis sa création et maintient son horaire même pendant la période des Fêtes. Les jours fériés, « ça n'existe pas dans l'itinérance », note Robin. « On est tout le temps là, parce qu'il y en a beaucoup qui vivent au jour le jour. Ils ont besoin du 10, 20, 30 piastres qu'ils ramassent, quand c'est pas plus, pour subvenir à leurs besoins. » C'est pourquoi l'objectif est d'augmenter encore davantage les heures d'opération dans le futur. Le coordonnateur aimerait aussi se procurer un vélo électrique avec remorque pour aller chercher des dons ou pour alléger la tâche des valoristes à la fin de leur ronde et leur remettre des sacs réutilisables, légers, résistants pour faciliter le transport des contenants. L'équipe souhaite également développer de nouvelles sources de revenus, par des ententes avec des commerçants du centreville et des immeubles d'habitation. Elle veut aussi s'associer à des événements pour gérer les matières résiduelles sur les sites, comme ce fut le cas en 2024 et 2025 lors de la coupe du monde de vélo de montagne au Mont-Sainte-Anne. « Plus on grossit, plus on va pouvoir aider des personnes », soutient Robin.

GENEVIÈVE TURCOTTE

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L'ACTION COLLECTIVE CONTRE LE SILENCE ET L'ABANDON

Photo : Elisa Martarello

Le documentaire Voir Juger Agir*1, réalisé par Annie Deniel retrace l'histoire de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) au travers des témoignages de ses anciens membres, dont Marie-Claire Nadeau. Le film expose un héritage social où la solidarité sert de rempart contre l'indifférence. À travers la méthode du Cardinal Cardijn, ce récit rappelle que « la vie d'un jeune travailleur vaut plus que tout l'or du monde », tout en questionnant les formes actuelles de l'isolement social.

D'origine française, la réalisatrice Annie Deniel a connu l'existence du mouvement ouvrier par ses proches. « Je savais que c'était juste un mouvement d'implication citoyenne, mais je ne savais pas trop comment ça marchait », explique-t-elle. Son enquête la mène à rencontrer Marie-Claire Marie-Claire Nadeau et Annie Deniel parcourent actuellement les cinémas du Nadeau, qui relate son entrée dans le monde du Québec pour échanger avec le public et transmettre cet héritage de plus de 90 ans. travail à 14 ans. Son témoignage nous plonge dans les années 1930 à 1950, une époque où les née au pavillon Saint-Dominique. Ces actions visaient à obtejeunes ouvriers étaient perçus comme « un numéro sur une nir la reconnaissance syndicale d'améliorer leurs droits et leurs carte de poche ». conditions de travail. Mme Nadeau décrit une réalité marquée par l'isolement et l'absence de structures pour les jeunes. « Rencontrer la JOC c'était rencontrer un dynamisme, rencontrer un groupe qui te dit "Hey, on va faire quelque chose, il y a un problème dans vos quartiers" », raconte l'ancienne militante. Pour les deux femmes, le mouvement agit comme une éducation populaire brisant les murs de l'isolement social.

UNE BOUSSOLE CONTRE L'EXCLUSION La méthode employée, résumée par les mots d'ordre « Voir, Juger, Agir » constitue le pilier de l'organisation. Pour soutenir cette démarche, la JOC distribuait le « Confident », un carnet personnel où chaque membre consignait ses observations quotidiennes sur son milieu de travail et son quartier. Salaire, heures de travail, état du logement ou injustices : tout y était noté. Marie-Claire Nadeau qualifie cette expérience d'« université », précisant que les sous-sols d'églises servaient de lieux de rassemblement et de formation. Annie Deniel rappelle que sous le régime de Maurice Duplessis, ces espaces confessionnels étaient parmi les rares lieux où l'organisation sociale et la discussion politique étaient tolérées. L'objectif était de permettre aux travailleurs de comprendre les causes de leur précarité plutôt que de la subir.

La persistance du message social Le mouvement repose historiquement sur deux branches autonomes. La JOCF pour les femmes a fonctionné comme une entité indépendante avant une fusion avec la JOC. Marie-Claire Nadeau explique que ce fonctionnement séparé garantissait aux femmes une action « entre elles, par elles et pour elles ». Cette indépendance permet à de nombreuses ouvrières de prendre la parole en public et de diriger des enquêtes de terrain sans tutelle masculine. « Tu commences à apprendre que la femme n'est pas obligée d'être soumise à l'homme », témoigne-t-elle. Cette mobilisation dépasse les frontières du Québec. Marie-Claire Nadeau, témoin de cette époque, souligne que la JOC participe à l'époque à des réunions internationales regroupant des délégués de nombreux pays. Cette ouverture mondiale permet aux militants de réaliser que les problématiques de l'abandon et de la pauvreté sont partagées à l'échelle planétaire. Les avancées d'un pays servent ainsi de guide et de repère pour les autres. Annie Deniel et Marie-Claire Nadeau notent une évolution de la vie sociale depuis la crise sanitaire. La cinéaste observe une transformation des rapports de travail liée au numérique, qu'elle qualifie de « vie en pyjama ». L'ancienne jociste souligne de son côté que l'individualisme croissant complique la création de réseaux d'entraide similaires à ceux de sa jeunesse.

Cette organisation s'est traduite par des actions concrètes. Annie Deniel cite la Maison Migration, située au 495 de la rue de la À la suite de la projection, les échanges avec le public ont permis de Couronne avant sa démolition, comme un exemple de réponse recueillir d'autres témoignages. Un spectateur affirme que le film aux besoins de l'époque. Ce lieu accueillait les jeunes arrivant est « porteur d'espoir », tandis qu'un autre souhaite qu'il laisse des des régions rurales pour les loger le temps de leur insertion sur « traces d'indignation » auprès des nouvelles générations. le marché du travail urbain. Le film mentionne également des épisodes de revendication marquants, tels que la grève de la faim de vingt-cinq jours me-

ELISA MARTARELLO

1 Le documentaire sera présenté au Musée de la civilisation le 4 mai.

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RESSOURCES Références communautaires Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches Tél. : 2-1-1 Aide sociale ADDS Association pour la défense des droits sociaux 301, rue Carillon, Québec Tél. : 418 525-4983 Aide aux femmes Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler ! 418 648-2190 ou le 1 888-881-7192 Centre femmes aux 3 A Accueil - Aide - Autonomie 270, 5e Rue, Québec Tél. : 418 529-2066 www.cf3a.ca Centre femmes d’aujourd’hui Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec Tél. : 418 651-4280 c. f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org Rose du Nord Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org Alphabétisation Alphabeille Vanier 235, rue Beaucage, Québec Tél. : 418 527-8267 info@alphabeille.com www.alphabeille.com Atout-lire 266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca Le Cœur à lire 177, 71e Rue Est, Québec Tél. : 418 841-1042 info@lecoeuralire.com www.lecoeuralire.com Lis-moi tout Limoilou 3005, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com La Marée des mots 3365, chemin Royal, 3e étage, Québec Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca membre.oricom.ca/lamareedesmots Centre de jour Relais d’Espérance Aider toute personne isolée et en mal de vivre 1001, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 522-3301 Rendez-vous Centre-ville Centre de jour 525, rue Saint-François Est, Québec Tél. : 418 529-2222 Détresse psychologique Centre de crise de Québec Tél. : 418 688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com Centre de prévention du suicide 1310,1 re Avenue, Québec Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca Tel-Aide Québec Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca Tel-Jeunes Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com

Hébergement Maison de Lauberivière Pour hommes et femmes démunis ou itinérants 485, rue du Pont, Québec Tél. : 418 694-9316 accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org Maison Revivre Hébergement pour hommes 261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 523-4343 maison.revivre@gmail.com maisonrevivre.weebly.com SQUAT Basse-Ville Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com Gîte Jeunesse Hébergement temporaire garçons 12 à 17 ans Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec Tél. : 418 666-3225 Résidence de Sainte-Foy 3364, rue Rochambau, Québec Tél. : 418 652-9990 YWCA Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca Réinsertion sociale Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org Fraternité de l’Épi Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec Tél. : 418 523-1731 La Dauphine Pour les jeunes de 12 à 35 ans 31, rue D’Auteuil, Québec Tél. : 418 694-9616 courrier@ladauphine.org www.ladauphine.org Insertion professionnelle À l’aube de l’emploi (Lauberivière) Formation en entretien ménager commercial/buanderie 485, rue du Pont, Québec 418 694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org Recyclage Vanier Emploi et formation (manutentionnaire, aidecamionneur, préposé à l’entretien) 1095, rue Vincent-Massey, Québec tél.. : 418 527-8050 poste 234 www.recyclagevanier.com Prostitution La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com P.I.P.Q. Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168 pipq@qc.aira.com www.pipq.org Soupe populaire Café rencontre Centre-Ville 796, rue Saint-Joseph Est, Québec (Déjeuner et dîner) Tél. : 418 640-0915 Maison de Lauberivière (Souper) 485, rue du Pont, Québec Tél. : 418 694-9316

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Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 945, rue des Sœurs-de-la-Charité Tél. : 418 692-1762 Santé mentale Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677 centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org La Boussole Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca Centre Communautaire l’Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com Centre d’Entraide Émotions 3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org Le Cercle Polaire Aide aux proches d'une personne atteinte de maladie mentale 1900 av. Mailloux, bureau 240, Québec Tél. : 418 623-4636 info@cerclepolaire.com www.cerclepolaire.com La Maison l’Éclaircie Troubles alimentaires 2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca Le Pavois 2380, avenue du Mont-Thabor, Québec Tél. : 418 627-9779 Téléc. : 418 627-2157 Le Verger 943, av. Chanoine-Scott, Québec Tél. : 418-657-2227 www.leverger.ca Ocean Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352 Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283 Parents-Espoir 363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167 Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org Toxicomanie Al-Anon et Alateen Alcoolisme Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca Amicale Alfa de Québec 75, rue des Épinettes, Québec Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca Point de Repères 545, rue du Parvis, Québec Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com VIH-Sida MIELS-Québec Information et entraide dans la lutte contre le VIH-sida 625, avenue Chouinard, Québec Tél. : 418 649-1720 Ligne Sida aide : 418 649-0788 miels@miels.org www.miels.org

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Lieu d’arrivée de la Traversée internationale du lac Saint-Jean. (PLUTOSIO). Professionnel de l’insolvabilité.

Petits enfants

7- Fustiger (PROUESIHLL). Enlèvement. Véhicule du Père Noël.

Merci

8- Citadin. Tabellion (OTIRANE). Enterrer (VILENREES). 9- Débris (TGASVRA). Brutalités. Itinérant.

À TOUS NOS 10- Relatif à l’odorat. Plaisanteries (SCIETAFE). Voisine de Gomorrhe. PRÉCIEUX SOLUTION PARTENAIRES ! RÉPONSES LA QUÊTE DES MOTS 1

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Les voix de la ruELLES Ce poème a été écrit par mon amie et collègue Cynthia. Même s'il date de quelques années, il résonne encore avec une justesse troublante. Il nous rappelle une chose simple, mais trop souvent oubliée : derrière chaque personne en situation d'itinérance, il y a une histoire, une humanité, une enfance, des rêves.

T'étais assise sur un banc Je l'ai toujours su, Je l'ai toujours pensé, Mais c'est vrai que ces dernières années Je l'ai peut-être oublié Que notre société L'a peut-être oublié Oublié qu'un jour Toi aussi T'as été un Ti-cul qui court dans la tempête en avalant de la neige Je l'ai toujours su, Je l'ai toujours pensé, Que toi aussi tu voulais être écouté Aimé Respecté Je voudrais que tu saches que Même si ta différence est à 1000 lieux de la mienne C'est pas vrai qu'on peut pas s'entraider

Des fois, je te vois assise près de moi Tes cheveux mêlés Les sacs à tes pieds Tu t'mets à jaser Avec qui, avec quoi Aucune idée Des fois, tu t'mets à chanter Ou à crier Et c'est là que j'me rappelle que Je l'ai toujours su, Je l'ai toujours pensé, Que les embûches de notre grande traversée Y'avait juste l'amour qui pouvait les surmonter Alors viens, Donne-moi la main Qu'on soit plus fort face au destin.

CYNTHIA

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Le Projet L.U.N.E. est là pour vous. Pour toute information ou du soutien, n'hésitez pas à nous contacter :

On nomme ce qui dérange, on éclaire ce qui est laissé dans l'ombre. On parle de travail du sexe, de réduction des méfaits, de féminisme — avec humanité, avec colère parfois, avec humour aussi.

Bureaux : 418 704-5863 (lundi au jeudi, de 9 h à 17 h)

Parce que rendre ces réalités accessibles, c'est déjà refuser qu'elles disparaissent. Parce que rejoindre les gens là où ils sont, c'est une façon de ne pas les perdre. Si ça te parle, viens nous trouver. Pour écouter. Pour lire. Pour faire partie de quelque chose.

Hébergement : 418 914-1298 (7/7, de 18 h à midi) Casiers : 418-948-0547 (lundi, mardi, jeudi, vendredi, samedi, de 9 h à 17 h) Courriel : Int.comite@projet-lune.org

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