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La-Quete_277_Février 2026

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S.V.P. n’achetez qu’au camelot portant un­e carte d’identification. 2 $ sur le prix de vente va directement au camelot.

4$

Le magazine de rue de Québec Numéro 277 Février 2026

Amour


SOMMAIRE

PA R O L E S LIBRES

Amour 09 Dans l’œil des aînés 10 Le b.a.-ba du Fun Dating 11 Plus nombreuses à chercher de l’aide 12 Un combo surprenant

13 Itinérance, médias et mythes

18 Le jeu de La Quête

14 Les artisans de l'amour

19 Le concierge

15 La montée de l’intolérance 16 Amour sans frontières

19 Gémeaux 20 Quête de sang, avide de sens 22 Hommage amoureux 23 Un cœur tamisé 23 Choisis ton camp 24 Critique d'un livre sans titre 25 Échevelé par le vent

Photo : Courtoisie Thao

26 Amour impossible

27 Quand vous avez de l'argent…

08 Les mots maux de l’amour

Photo: Caroline Ouellet

17 L’amour à tout âge 30 Pourquoi décriminaliser le travail du sexe ?

FÉVRIER 2026

LA QUÊTE

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PAGE COUVERTURE Visuel : Denyse Toussaint Œuvre inspirée par Picasso réalisée dans les Ateliers de La Mezzanine

RÉALISER L'ESPOIR L'Archipel d'Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l'Archipel d'Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné à la vente – sur la rue ! – par des personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu'à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie. L'Archipel d'Entraide, composée d'une équipe d'intervenants expérimentés, offre également des services d'accompagnement communautaire et d'hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche d'un logement par le biais de son service Accroche-Toit. Depuis sa création, La Quête a redonné l'espoir à quelques centaines de camelots.

ÉDITEUR Archipel d'Entraide ÉDITEUR PARRAIN Claude Cossette RÉDACTRICE EN CHEF Francine Chatigny DIRECTRICE DE L'INFORMATION Valérie Gaudreau SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Isabelle Noël CHRONIQUEUR.SE.S Claude Cossette, Michel Potvin et Gabrielle Vaudry du Projet L.U.N.E. JOURNALISTES Solange Bernard, Mélodie Langevin, Elisa Martarello Gabrielle Pichette, Elsa Ribouleau, Alex Tremblay et Geneviève Turcotte

SUIVEZ-NOUS SUR facebook.com/laquete.magazinederue

AUTEUR.E.S Michel Brisson, Dorsi, François Gagnon, Nancy Goulet, Samson Lagaffe, Francine Larose, Renée Perron, Yves Potvin, Mélanie Tremblay et Jade Valronne

UNE TRIBUNE POUR TOUS Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu ? Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux. Faites-nous parvenir votre texte (700 mots maximum) avant le 1er du mois pour parution dans l'édition suivante. La thématique de mars : POLLUTION

FAIRE DES SOUS EN DEVENANT CAMELOT Les camelots font 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier. Pour plus d'informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 109 Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d'eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l'unique magazine de rue de Québec.

COUPON D'ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE Nom : Adresse : Ville : Code postal : Date :

Conception graphique : Helen Samson

Abonnement régulier Abonnement de soutien Abonnement institutionnel

AUTEUR.E DU JEU Lise Gravel et Jacques Carl Morin RÉVISEUR.E Benoit Arsenault et Marie-Hélène Gélinas (plumeplume.net) BÉDÉISTE Martine Lacroix INFOGRAPHISTE Helen Samson RESPONSABLE DES VENTES DE PUBLICITÉ ET DES ABONNEMENTS Carolane Charpentier 418 649-9145 poste 114 laquete.ventes@larchipel-dentraide.org IMPRIMEUR Imprimerie STAMPA inc. (418) 681-0284 COPYLEFT La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d'auteur Creative Commons « Paternité – Pas d'Utilisation commerciale – Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n'est pas commercial, permet de l'utiliser et de le diffuser tout en protégeant l'intégralité de l'original et en mentionnant le nom des auteurs.

75 $ 90 $ 105 $

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La Quête est appuyée financièrement par :

Magazine de rue La Quête 190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7 Téléphone : 649-9145 poste 109 Télécopieur : 649-7770 Courriel : laquete@larchipel-dentraide.org

Financé par le gouvernement du Canada

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LA QUÊTE

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LA PAGE DES CAMELOTS ORIENTATION TOURMENTÉE Quand elle parle de son orientation sexuelle, Martine oscille entre « eux » et « nous ». Cette femme de 66 ans a été soumise aux diktats de l’Église présents jusqu’aux années 1960. Et bien que les relations homosexuelles entre adultes consentants aient été décriminalisées par le fédéral en 1969 et que Québec a interdit la discrimination des personnes homosexuelles en matière d’emploi et de logement en 1977, la population n’était pas nécessairement ouverte à l’homosexualité quand Martine est arrivée à l’âge adulte. Ceci explique peut-être cela. « L’homme est fait pour la femme, et la femme pour l’homme. C’est ça qu’on a appris à l’Église ». – Est-ce que la pression de l’Église t’a empêché de vivre ton homosexualité ?

DE MAUVAISES EXPÉRIENCES -Il y a eu beaucoup d’obstacles sur la route de ton émancipation, n’est-ce pas ? « Quand j’étais jeune, j’aurais pu continuer dans l’homosexualité. Je réfléchissais tout le temps à ça. Pendant mon adolescence j’aimais une fille, mais elle ne m’aimait pas. Puis la première fois, j’ai été déçue. La fille m’avait attirée, en m’invitant à un party, mais finalement on était que nous deux. On a écouté de la musique, on a pris de l’alcool. À 15 ans, l’alcool, ça sonne. Elle a profité de moi et le lendemain matin j’ai dit, tu ne me reverras plus. » - Comment as-tu réagi à cet abus ? « J’ai jamais trouvé l’âme sœur, la fille qui me plairait. Avec qui je pourrais faire quelque chose ».

« Au début c’était choquant de voir des hommes s’embrasser. Ça ne me rentrait pas dans la tête… mais en même temps je - Tu aurais aimé avoir une relation amoureuse de longue me disais : moi aussi j’aime ça, avec les femmes. Les médias durée ? n’en parlaient pas, non plus. On entendait surtout parler du « Oui ! J’aurais aimé ça avoir un enfant aussi. C’est elle qui Village gai à Montréal : des mauvais côtés, des meurtres, ils l’aurait portée . La légalisation du mariage, ça a été une n’étaient pas aimés les gais. » victoire pour les gens gais. J’ai vu un reportage sur le sujet, - Cette aversion de la population envers les homosexuels c’était très beau. Tu voyais que les gens s’aimaient là, mais c’est juste que (rire) ça fait drôle… » a-t-elle mis un frein à tes élans ?

😉

« Non, c’est surtout qu’il n’y avait pas d’homosexuelles au- ENCORE DE L’ESPOIR tour de moi. Quand je suis arrivée à Québec en 1979, la pre- « J’aurais aimé ça avoir un clan, une gang d’homosexuelles mière chose que j’ai fait, est d’aller au Vénus, un bar homo. avec qui me tenir. » C’était l’fun d’aller là ! La musique était bonne, je fermais - Qu’est-ce qui t’a empêché d’avoir un clan ? le bar chaque fois J’ai fait des tentatives d’avance, sans succès… Je me suis fait “cruiser” quelques fois, mais j’aime « Ma maladie mentale d’après moi. Ça se peut-tu ? Pis aussi, pas ça. C’est moi qui faut qui fasse les premiers pas. C’est parce que je me suis fait refuser tout le temps, ça blesse ça… Après je me suis recroquevillée sur moi-même. Il y a un peut-être pour ça que j’ai pas trouvé personne. » vide que j’aimerais remplir ». - Est-ce que ta famille connaissait ton orientation ? - Penses-tu qu’il est trop tard ? « J’avais peur de le dire à mes parents et à ma famille. J’avais « Non, je ne pense pas, mais s’ils peuvent faire une autre très peur de leur réaction. » discothèque gaie là, il n’y en a pas à Québec. » - Est-ce qu’elle le sait aujourd’hui ? - Il y a sûrement des places pour rencontrer des femmes de « Maman le sait, mais elle n’y croit pas. Elle fait comme moi : ton âge. On va demander l’aide des lecteurs ! je suis homosexuelle, mais on dirait que je suis comme tout le monde… » MARTINE CAMELOT

😉

Oeuvre de Martine

POUVEZ-VOUS AIDER MARTINE ?

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Où sortir, quelles activités faire, quand on est une femme dans la soixantaine et qu’on a envie de partager avec d’autres femmes, voire de trouver la femme de sa vie. Si vous avez des suggestions, écrivez en message privé dans le Facebook de La Quête. Merci à l’avance ! LA QUÊTE

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LA PAGE DES CAMELOTS ENTRE L’ABSENCE ET L’AMOUR

LE DEUIL D’UN LIEN ROMPU Le deuil d’un enfant, qu’il soit vivant ou non, est une épreuve déchirante. Il s’agit d’un chagrin que peu de gens comprennent, un chagrin qui s’intensifie en raison de l’absence de la relation tant désirée. C’est un paradoxe insupportable : d’un côté, l’enfant est physiquement là, mais d’un autre, il n’est plus accessible, portée disparue dans le cœur de son parent.

un moyen de réagir à la douleur. Je me suis accrochée à lui, à sa joie et à sa légèreté, alors même que je sombrais.

La seconde année a été tumultueuse. Les médicaments ont pris un tournant incontrôlable sur mes jours et mes nuits, et j’ai frôlé la mort à plusieurs reprises, toujours dans cet état d’esprit de vouloir m’en aller, terrassé par la douleur de l’absence de mon fils. En mars 2023, mon fils, âgé de 27 ans, a décidé de J’étais à un point où chaque souffle semblait une lutte couper les ponts, une décision qui a plongé mon contre moi-même. Mes hospitalisations étaient un monde dans le chaos. Ce clash, qui a commencé cri désespéré pour obtenir de l’aide, mais j’hésitais avec une simple dispute, a provoqué un éloignement à accepter une thérapie complète. Je vivais dans un inimaginable. À partir du moment où il m’a blo- monde où je n’étais pas seule dans cette souffrance, quée sur les réseaux sociaux et sur mon téléphone, découvrant d’autres femmes, d’autres mères, qui j’ai ressenti une douleur profonde, semblable à une comprenaient cette peine écrasante d’un lien rompu. perte. Les messages que je laissais, vides d’écho, ac- Finalement, j’ai pris la décision de me lancer dans une centuaient la solitude et la désespérance. Chaque thérapie. Ce cheminement m’a permis de comprendre jour, je souhaitais entendre sa voix, connaître ses que, même si mon fils n’était plus dans ma vie, cela pensées, mais tout cela m’était devenu inaccessible. ne voulait pas dire que l’amour que je lui portais était

Mon parcours n’a pas été facilité par vain. J’ai appris à travailler sur moiSon amour incondimes propres démons. J’ai toujours tionnel m’a rappelé que, même, à me réapproprier ma vie et à lutté contre des blessures profondes même dans les ténèbres, accueillir la douleur plutôt que de la d’abandon et d’indifférence. Des senti- la vie pouvait offrir des fuir. Chaque jour, je m’efforce de renments de rejet, qui avaient longtemps forcer les liens avec ceux qui se soucient éclats de bonheur. façonné mon existence, sont revenus à vraiment de moi et de cultiver l’espoir. la surface avec une intensité dévastatrice. Alors que Aujourd’hui, je célèbre cette lutte. Bien que chaque je faisais face à un cancer des cordes vocales, je com- anniversaire de mon fils soit teinté de mélancolie, de battais pour ma survie, mais une part de moi souhai- tristesse et de questions non résolues, je me rappelle tait une fin. La douleur d’une séparation irréversible aussi l’amour que nous avons partagé. En écrivant cet d’avec mon enfant bien-aimé était, et est encore, une article et en discutant avec mon intervenante, je maombre qui danse dans chaque coin de ma pensée. térialise ce chagrin, je lui donne une voix. Je choisis de

Malgré la souffrance immense, un petit rayon de lumière est apparu dans ma vie : Shadow, un petit chihuahua, que j’ai recueilli. Ce petit être m’a porté dans des moments où je ne pouvais plus avancer. Son amour inconditionnel m’a rappelé que, même dans les ténèbres, la vie pouvait offrir des éclats de bonheur. La présence de Shadow dans ma vie m’a permis de trouver

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croire que l’amour que je ressens pour lui reste intact, même dans le silence. Je n’oublierai jamais cet enfant qui fait partie de moi, même s’il a choisi d’être distant.

Le cœur d’une maman mis à nu,

LA QUÊTE

LISE SAVARD

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AMOUR

OT DE LA COORDO

Ce thème a été choisi il y a plus d’un an maintenant. Mais on va se le dire, ça tombe vraiment bien d’avoir une édition un peu plus « légère » alors que M. le monde flirte avec le chaos.

Alors, oui, il sera question de belles histoires d’Amour sans frontières, de l’art de s’amuser avec le dating, de jeter un petit coup d’œil au travail des artisans qui magnifient des instants éphémères et de lire les réflexions attendrissantes des gens de grand âge sur ce sujet.

Notre vocation sociale n’étant jamais très loin, on reste quand même bien coller à la réalité. Le premier mois de l’année n’est pas encore terminé et on compte déjà quatre féminicides au Québec. Si ce chiffre donne des frissons, on peut se réjouir de lire que de plus en plus de victimes de violence conjugale demande de l’aide rapporte Geneviève Turcotte dans son article.

« Ça fait rêver les gens l’amour Ça donne la vie, le tournis des petits gars qui courent Ça fait lever les gens l’amour Ça fait rougir, ça fait mentir, ça fait du bien tout court Ça fait pleurer les gens l’amour… » Extrait de la chanson L’amour de Christophe Maé quelques statistiques compilées lors d’ateliers de sensibilisation offerts par leur pendant montréalais.

Alex Tremblay, pour sa part, s’est entretenu avec la chercheuse Ariane Sousa-Caron qui a soutenu son mémoire de maîtrise sur le traitement médiatique de l’itinérance. Ses résultats tendent à démontrer que les médias contribuent à la stigmatisation des personnes en situation de précarité.

Samson Lagaffe signe sa première publication Quête de sang, avide de sens dans la section PaOn s’attarde aussi à une tendance désolante : roles libres. On est toujours heureux d’accueillir de l’intolérance envers la diversité sexuelle qui aug- nouvelles plumes dans les pages de La Quête. N’hémente dans le milieu scolaire. Gris-Québec partage sitez pas à profiter de cette tribune. FRANCINE CHATIGNY

DANS L’OREILLE D’UNE PASSAGÈRE

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LA QUÊTE

HRONIQUE

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HRONIQUE Cour

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LES MOTS MAUX DE L’AMOUR

« Amour » est un bien gris gros gras grand mot. Il fascine les filles et fait peur aux garçons, paraît-il. Mais de quel amour parle-t-on ? Sait-on ce que le mot amour veut dire ? Quand on l’utilise, parle-t-on d’un amour physique comme l’attirance, le désir, l’engouement, la libido ? De l’amour de cœur comme l’affection, l’amitié, la sympathie ? De l’amour altruiste comme la bonté, la compassion, la charité ?

rable » ou« significative ». On dit que cette génération valorise des formes d’amour plus fluides, post-romantiques comme l’amour sans sexualité, l’amitié amoureuse ou les relations polyamoureuses.

LE DÉSAMOUR CHEZ LES JEUNES

« POURQUOI LE MONDE EST SANS AMOUR ? »

UNE INVENTION OCCIDENTALE ?

Le vrai amour, l’amour altruiste, cet amour qui agit sans espoir de bénéfice ni même de réciprocité, serait-il une invention de l’Occident ? Pas vraiment, d’autres civiliLE NOUVEAU MONDE AMOUREUX sations ont fait l’éloge de l’amour désintéressé. Les phiDans le monde actuel, l’amour est à la fois valorisé et losophes grecs ont prôné la bienveillance raisonnée, le méprisé. Il est souvent présenté comme un état paradi- bouddhisme valorise la compassion, les sages chinois siaque tout en étant miné par une logique de consom- prêchent l’attention à l’autre et, en Islam, le nom d’Almation. « De toutes les sociétés, écrit le sociologue lah Al-Wadud signifie Le Très Aimant, un nom qui exFrancesco Alberoni, c’est l’Amérique qui accorde le prime l’amour inconditionnel. Mais si l’amour altruiste moins d’importance à l’amitié et à l’amour ; les sciences n’est pas une invention chrétienne, Jésus le Nazaréen lui humaines et sociales ont été empoisonnées par la lo- a donné, par son comportement, une signification ragique de l’économie, on cherche toujours derrière les dicale exprimée dans le mot agapè, un amour qui ne se actes, le profit et les avantages ». Triste. mérite pas, qui se donne sans distinction, sans retour, et jusqu’à donner sa vie pour les autres. Pour seulement un C’est que l’amour romantique, tel que promu depuis le autre ? ou une 19e siècle, a été transformé par les révolutions sociales du 20e siècle : le féminisme, la liberté sexuelle, le dé- Dans sa première lettre à ses adeptes de Corinthe, Paul clin du mariage, l’égalité entre les genres. Dans Pour- de Tarse donne une description détaillée de l’amour, préquoi l’amour fait mal, la sociologue Eva Illouz explique cisant que c’est une vertu supérieure à toutes les autres. que la marchandisation des relations et la valorisation Il écrit que l’amour est capable d’endurer tout, précisant de l’autonomie ont rendu les rapports amoureux plus qu’il s’exprime par des comportements amoureux plutôt que par un sentiment. Et qu’il est capable de surmonincertains et plus douloureux. ter toutes les difficultés. Il présente l’amour comme une L’amour devient affaire de négociation, semble-t-il. On obforce essentielle au fonctionnement de toute société, de serve alors un paradoxe : jamais l’amour n’a été aussi idéala société constituée de deux personnes comme celle lisé dans les médias populaires (films, séries, chansons), d’une mégalopole. tout en étant plus difficile à concrétiser dans la réalité. Chez les jeunes générations, l’amour se conjugue largement sur le mode de l’expérimentation, donc de la fragilité. Sur les applications comme Tinder, l’amour imaginé commence par un simple glissement de photo, choisie, peaufinée. Un geste chargé de rêves. Or, cette facilité engendre comme une fatigue émotionnelle. Selon la communicante Émilie Guay, « les jeunes sont soumis à une double injonction : jouir sans entrave et ne pas trop s’attacher ». Délicat équilibre ! En d’autres termes, ils doivent savoir aimer, mais sans tomber amoureux. Cela entraîne certainement une instabilité, une peur de l’engagement. Et grandit, semble-t-il, le phénomène de la rupture fantôme : l’autre qui disparaît sans avertir. Selon une enquête menée par Statistique Canada en 2022, près de 60 % des jeunes adultes de 18 à 29 ans avouent leur difficulté à trouver une relation « du-

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Ce sont ces paroles de Mireille Mathieu qu’ont chanté-hurlé le groupe trash métal Voivod lors de la revue de fin d’année 2024 de l’émission Infoman. Le monde n’est pas sans amour ; l’amour est toujours là, mais, d’un rêve de fusion (ou de contrat) qu’il était, il s’est transformé en entente de bienveillance mutuelle. C’est heureux. Or, cette autonomie s’accompagne d’un risque de fragilité : la grisaille du quotidien risque de le dissoudre, car il repose désormais entre les mains d’individus qui évoluent dans un monde à la fois dur et fluide. Le psychiatre et psychanalyste, Serge Tisseron, lui aussi affirme que l’amour n’a pas disparu, mais qu’il a changé, qu’il est devenu un dialogue plutôt qu’une chaîne ; et qu’il exige aujourd’hui l’écoute de l’autre, et une certaine capacité d’aimer au temps présent. Toute une aventure !

LA QUÊTE

CLAUDE COSSETTE FÉVRIER 2026


DANS L’ŒIL DES AÎNÉS En une seule phrase, M. Therrien ner le même sentiment que tu voua su décrire un amour qui mise sur drais recevoir. » la complicité, la vision partagée et l’harmonie entre deux chemins qui se rejoignent. S’il avait un conseil à donner en amour, ce serait celui-ci : « Partager vos souffrances, vos désirs, développer une équipe. »

Photos : Gabrielle Pichette

Que représente l’amour pour vous ? La Quête vous propose de le voir à travers les yeux de trois personnes du troisième âge qui ont gentiment accepté de répondre à nos questions. Cette grande question qui a replongé, MM. Therrien, Steward et Vallée, au cœur de leurs jeunes années. À travers leurs récits, vous découvrirai ce que l’amour représente lorsqu’il est vu avec l’expérience et la sagesse de l’âge.

JULES VALLÉE, 81 ANS

DOUGLAS STEWARD, 86 ANS ANDRÉ THERRIEN, 99 ANS

« Deux personnes qui regardent avec les mêmes yeux, dans la même direction, en même temps ». Voici les premiers mots qui sont venus en tête de M. Therrien lorsque je lui ai posé la question. Sa réponse suggère que l’amour véritable naît lorsqu’il y a une profonde connexion : deux êtres qui partagent les mêmes valeurs, les mêmes aspirations, la même sensibilité. « Regarder avec les mêmes yeux » ne veut pas nécessairement dire penser pareil, mais ressentir le monde de façon compatible. « Dans la même direction », renvoie au fait que l’amour implique un futur partagé : projets, rêves, sens de la vie. Ce n’est pas seulement être ensemble, mais avancer ensemble, vers une même fin. « En même temps », souligne l’importance du timing. Il faut que les deux soient disponibles et prêts au même moment. FÉVRIER 2026

« Essaye de rendre ta conjointe la plus heureuse possible ». Cette phrase pourrait résumer la philosophie de vie de M. Steward. Marié deux fois, il a toujours cherché à aimer profondément et à soutenir ses proches. Pour lui, il ne s’agit pas seulement d’affection, mais d’action. Par amour pour sa fille, il a même ouvert une patinoire pour qu’elle puisse pratiquer le patinage artistique : « Elle voulait patiner, alors on a fait pour que ça arrive. » Prendre soin de ses proches, les aider et les soutenir, c’est l’essence même de ce que signifie aimer pour M. Steward. Il démontre qu’aimer, ce n’est pas seulement ressentir, mais construire activement le bonheur des autres autour de soi. En rencontrant M. Steward, on sent tout de suite son amour pour ses enfants et petits-enfants. S’il avait un conseil à donner en amour, ce serait celui-ci : « Être gentil avec ton conjoint et lui don-

LA QUÊTE

« Être en amour, c’est de trouver la partenaire idéale et de construire à deux ». L’amour, ce n’est pas seulement un sentiment ou un coup de cœur. C’est d’abord une rencontre, celle de la partenaire idéale, quelqu’un avec qui on se sent aligné, en confiance, et prêt à partager la vie. Mais l’amour ne se limite pas à cette rencontre : il se construit au quotidien. C’est bâtir ensemble, soutenir l’autre, réaliser des projets communs, partager des joies et surmonter les difficultés côte à côte. En ce sens, aimer, c’est créer un lien solide qui grandit avec le temps et qui transforme la vie à deux en un projet commun. Ayant passé près de 14 ans à l’extérieur du Canada pour différentes missions dans l’armée, M. Vallée estime avoir vécu un nombre « restreint » d’amours dans sa vie, mais s’il avait un conseil, ou plutôt un constat à faire en amour, ce serait celui-ci : « C’est un coup de dés. » GABRIELLE PICHETTE

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LE B.A.-BA DU FUN DATING

Il est 18 h 30 dans un bar chaleureux. Une soixantaine de cœurs à prendre de 50 à 65 ans sont attendus. Dès l’arrivée, des bénévoles accueillent les participants, tantôt nouveaux, tantôt habitués, mais toujours essentiels, avec un verre. « C’est toujours un D’autres activités ludiques sont aussi organisées, comme des sports de plein air, billard, toujours en peu mystérieux la première fois qu’on créant l’atmosphère propice aux rencontres. vient, mais pas de panique, tout est fait pour vous mettre à l’aise ! », tération a ses propres préoccupations. « L’enjeu est d’équilibrer les genres, moigne une bénévole. La formule reste la même, adaptée se- pour que la soirée soit satisfaisante Le principe est simple : trois hommes lon les âges : le plus souvent, les plus pour tous ». Les animateurs peuvent et trois femmes sont attablés autour jeunes cherchent un partenaire de vie, proposer des formules pour inviter de différents jeux pour jaser et briser avec qui bâtir une famille, alors que un ami gratuitement, ou bien ajouter la glace. On apprend à connaître la les plus âgés sont à la recherche de des invités à la liste d’attente. En réapersonnalité de chacun de manière compagnonnage. Ce qui plaît aux par- lité, le concept a du succès dans tout détendue, sans pression. ticipants est surtout l’aspect authen- le Québec, de Sherbrooke à Lévis en Les groupes tournent toutes les 20 tique de la rencontre. Une des parti- passant par Laval, les évènements acminutes, permettant à chacun d’en- cipantes, célibataire depuis quelques cueillant en moyenne 50 personnes, trer en contact à son rythme de ma- mois, expérimente le concept pour la selon Omayya. Des soirées queers nière fluide. Cela délie les langues, si première fois. « Je n’aimais pas les ap- sont également organisées de temps bien qu’il est difficile de faire tourner plications de rencontre, c’est toujours en temps à Montréal, et cet été en essai à Québec. La prochaine étape les groupes ! C’est le côté humain et la même rengaine ». accueillant qui a séduit Omayya lors À la fin de la soirée, chaque partici- serait d’en proposer sur tout le terride son premier évènement. Elle est pant note sur une plateforme dédiée toire, tout en assurant un nombre de désormais animatrice des rencontres les personnes qu’il aimerait revoir. participants suffisant pour une ampour la région Chaudière-Appalaches. S’il y a match, ils pourront se contac- biance festive. « Il faut normaliser la nervosité, on est ter pour poursuivre la relation. D’autres activités ludiques sont auslà pour accueillir et accompagner ». Mais la question que tout le monde se si organisées, comme des sports de Lorsqu’un participant renverse son pose : est-ce que ça marche vraiment ? plein air, billard, toujours en créant verre sur la table, l’équipe est là pour La réponse est oui ! Les organisateurs l’atmosphère propice aux rencontres. lui en servir un autre ! Les hommes et ont de nombreux retours de couples Alors, si vous cherchez l’amour, ou les femmes restent ensemble toute la formés grâce à ces évènements. Ce- juste à passer une bonne soirée, ressoirée, renforçant l’ambiance amicale pendant, pas d’inquiétude, cela fait tez à l’affût des prochains évènements du fun dating. partie de la démarche de revenir plu- sur go.fundating.ca ! Cette nouvelle alternative à la ren- sieurs fois, trouver chaussure à son contre amoureuse séduit toutes les pied peut prendre du temps. tranches d’âge, même si chaque généSOLANGE BERNARD

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Photo : PXhere

Vous connaissez peut-être déjà le speed dating, un concept de rencontres entre célibataires qui consiste en une série de courtes dates avec des partenaires potentiels. Si cela vous paraît intimidant, peut-être serez-vous intéressés par le fun dating, des événements conviviaux de rencontre en groupe qui font fureur à Québec. La Quête est allée tester pour vous !


LES VICTIMES DE VIOLENCE CONJUGALE La violence conjugale est loin d’être un phénomène marginal. Près de 40 % des femmes ont subi une ou plusieurs formes de violence au cours de leur vie, qu’elle soit physique, psychologique ou sexuelle, dévoile l’Enquête québécoise sur la violence commise par des partenaires intimes publiée en décembre 2023 par l’Institut de la statistique du Québec. Chez SOS violence conjugale, le nombre de demandes a bondi dans les dernières années pour atteindre 60 000 l’an dernier. « Ça ne veut pas dire qu’il y a plus de violence nécessairement, souligne Claudine Thibaudeau, travailleuse sociale et responsable de la formation et du soutien clinique de l’organisme. Ça veut probablement dire que les gens sont plus conscients de ce qu’est la violence conjugale, savent de plus en plus qu’il y a des ressources et des recours, dont le droit de porter plainte ».

Mme Thibaudeau. « Quand une personne sent que c’est le bon moment de quitter une relation où il y a de la violence conjugale, on devrait être en mesure d’ouvrir tous les services tout de suite. Il faut saisir l’opportunité. Et en ce moment, on n’arrive pas à saisir l’opportunité dans beaucoup trop de situations », déplore-t-elle. Le fait de quitter son conjoint ne règle pas toujours le problème. Dans la majorité des cas, la violence ne cesse pas avec la rupture. Elle peut se transformer et même s’aggraver, indique la travailleuse sociale. Et la violence conjugale s’avère trop souvent fatale. En date du 30 octobre 2025, neuf femmes avaient été tuées en contexte conjugal depuis le début de l’année au Québec, selon une compilation du média Le Devoir. Le nombre de cas confirmés s’élevait alors à 70 depuis le mois de janvier 2020.

Photo: SOS Violence Conjugale

MIEUX PROTÉGER LES VICTIMES En décembre, le gouvernement du Canada a déposé un projet de loi destiné à mieux protéger les victimes, notamment en criminalisant le contrôle coercitif et en qualifiant tous les féminicides de meurtre au premier degré. « Le contrôle coercitif désigne une série de stratégies utilisées par un partenaire ou un ex-partenaire pour isoler, contrôler, terroriser sa victime et la priver de liberté, petit SOS violence conjugale a reçu 60 000 demandes à petit », mentionne le Regroupement des d’aide l’année dernière, comparativement maisons pour femmes victimes de vioà 25 000 il y a environ sept ans. lence conjugale sur sa plateforme dédiée à « La demande d’aide en soi est une bonne ce sujet. Il se manifeste par divers compornouvelle », estime aussi Geneviève Lessard, tements, comme le fait de surveiller ou resprofesseure titulaire à l’École de travail treindre ses déplacements ou ses dépenses, social et de criminologie de l’Université de l’humilier en public ou de limiter ses Laval et directrice du RAIV (Recherches contacts avec sa famille et ses amis. « Ça appliquées et interdisciplinaires sur les a des conséquences assez graves sur la vicviolences intimes, familiales et structu- time. Certains disent même plus que les relles). « Les femmes, explique-t-elle, sont coups », note Geneviève Lessard. plus en danger si elles ne vont pas chercher Si le dépôt du projet de loi constitue « un de l’aide ». pas dans la bonne direction », Claudine Les ressources ne sont toutefois pas suf- Thibaudeau insiste sur le fait que les fisantes pour répondre aux besoins. Un moyens nécessaires devront être déployés peu moins d’une personne sur deux qui pour traiter ces nouveaux dossiers, dont la en fait la demande peut obtenir une place mise en place d’équipes d’enquête et la fordans une maison d’hébergement, affirme mation des policiers.

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LA QUÊTE

Claudine Thibaudeau est travailleuse sociale et responsable de la formation et du soutien clinique chez SOS violence conjugale.

Photo: Geneviève Turcotte

PLUS NOMBREUSES À CHERCHER DE L’AIDE

BESOINS NOMBREUX MALGRÉ LES PROGRÈS Certaines des 190 recommandations émises au gouvernement du Québec par un comité d’experts il y a cinq ans se concrétisent, comme le tribunal spécialisé en matière de violences sexuelle et conjugale, les centres de services intégrés pour les victimes et les cellules de crise visant à prévenir les homicides ou les blessures graves en contexte de violence conjugale. Mais beaucoup reste à faire. « En attendant de régler le problème, il faut pouvoir mettre les victimes en sécurité quand elles en ont besoin en offrant, entre autres, plus de places dans les maisons d’hébergement », plaide Claudine Thibaudeau. De son côté, Geneviève Lessard souligne qu’il faudrait adapter davantage les services aux populations plus vulnérables et marginalisées, comme les femmes en situation de handicap, la communauté LGBTQ2+ et les personnes immigrantes. Aux victimes, Mme Thibaudeau et Mme Lessard recommandent de communiquer avec SOS violence conjugale, qui constitue la porte d’entrée vers les différents services. La ligne téléphonique est disponible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. « Même en parler à un proche en qui on a confiance, ça peut être un bon premier pas pour être encouragé à aller chercher de l’aide professionnelle », conclut la professeure titulaire.

GENEVIÈVE TURCOTTE

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DATING ET DÉVELOPPEMENT PERSONNEL

UN COMBO SURPRENANT Fondatrice d’un cabinet en sexologie et accompagnant des couples, Kanica s’est lancée dans une aventure à la fois intime et libératrice : raconter ses propres expériences de dating. Entre anecdotes savoureuses et réflexions profondes, son livre Manuel de survie dans la jungle du dating partage une vision à la fois drôle et lucide des relations modernes. Entretien avec une thérapeute qui ne se prend pas trop au sérieux, mais qui, mine de rien, nous fait réfléchir.

À force d’introspection, elle a compris que chaque rencontre avait un sens : « Ces personnes ont été mises sur ma route pour m’apprendre certaines leçons. Une fois que tu les comprends, tu n’as plus besoin de les revivre. »

UN LIVRE COMME UNE DÉLIVRANCE

LE DATING COMME TERRAIN DE JEU INTÉRIEUR

« C’est comme si j’avais enfin remis un travail à l’université », plaisante-t-elle en entrevue téléphonique à La Quête. Après deux ans d’écriture, Kanica accueille la sortie de son livre avec soulagement. Elle ne réalise pas encore tout à fait, mais les retours qu’elle reçoit la confortent. « Les gens me disent qu’ils rient, qu’ils se reconnaissent, que ça les aide à mieux se comprendre. Et ça, ça me fait du bien. »

gard sur la diversité humaine. « J’ai compris qu’on est tous différents, Pour Kanica, le dating moderne est une jungle sans code, ou plutôt, mais qu’on recherche les mêmes une immense patinoire de hoc- choses : l’amour, gagner de l’argent key : « On est des milliers dessus, et un peu de paix intérieure. » à des niveaux différents, mais sans Elle estime que son livre foncdossards. On se fonce dedans, on tionne bien, car « peu importe cherche notre équipe, forcément il notre âge ou notre culture, on s’est y a des accrochages ! » tous déjà sentis bêtes, trahis, ridiPour elle, les applications ne sont cules en ressortant d’une date. Ces ni ennemies ni remèdes miracles. émotions-là, elles traversent tout le « Elles compliquent certaines choses, monde. » comme l’effet catalogue, et ça nous APPRENDRE À AIMER POUR place dans une posture de consom- DE VRAI mation. » Elles facilitent cependant Au fond, Kanica ne parle pas de les premières rencontres « ce sont dating, mais bien de courage émodes applis d’introduction, pas de da- tionnel. Son livre n’est pas un mating. L’amour existe dessus, mais il nuel de séduction, c’est une invitafaut vite passer au réel. » tion à se regarder en face. « Le but

Son objectif n’a jamais été d’écrire un livre de potins sentimentaux, mais un outil accessible pour celles et ceux qui n’ont pas les moyens, le réflexe ou le courage d’aller consulter un thérapeute. « Je veux que ce livre serve d’outil de guérison. C’est Sa règle d’or : ne pas aller en date sérieux, mais enveloppé dans des pour « évaluer », mais pour détranches de jambon pour que ça couvrir. « On n’y va pas avec une passe mieux ! », rit-elle. check-list, on y va pour rencontrer UNE THÉRAPIE PAR un humain. Peut-être qu’on va tiL’ÉCRITURE quer, peut-être pas, et c’est corÉcrire sur soi n’a rien d’anodin. rect. » Pendant deux ans, Kanica s’est imUNE HUMANITÉ UNIVERSELLE posé une « thérapie narrative ». Il s’agit de se raconter pour mieux Avant de devenir thérapeute, Kanicomprendre où on se situe dans sa ca a été militaire, a travaillé dans le propre histoire. « C’était libérateur, communautaire et a voyagé seule mais difficile. C’est comme aller dans une trentaine de pays. Des expériences qui ont affiné son rechez le psy, mais tous les jours ! »

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Photo : Courtoisie de l'auteur

Ce processus, à la fois drôle et exigeant, lui a permis d’incarner ce qu’elle prône en consultation : le courage émotionnel. « Si j’ai eu mal, c’est que j’ai essayé pour vrai. Et c’est ce que je souhaite que mes lecteurs retiennent, aimer de façon authentique, même si ça fait peur. »

LA QUÊTE

du dating, ce n’est pas de trouver l’amour, c’est d’aller à la rencontre de soi. C’est la partie pratique du développement personnel. »

Et si l’amour ne vient pas tout de suite ? Tant mieux : il reste l’humour, la lucidité et le goût d’apprendre. « Mon livre, c’est une façon de dire : on peut rire de nos crashs amoureux et en sortir plus forts. L’important, c’est d’avoir osé. » ELSA RIBOULEAU

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ITINÉRANCE, MÉDIAS ET MYTHES Encore aujourd’hui notre conception de l’amour est influencée par de grands classiques de la mythologie grecque. L’histoire de Psyché et Éros, par exemple, traverse à sa façon notre relation à l’amour romantique. Bien qu’il ne soit plus raconté en tant que tel, le mythe de Psyché et Éros construit encore notre imaginaire amoureux à travers le langage. De ce fait, on peut se poser la question : par le choix des mots qu’ils utilisent aujourd’hui, les médias sont-ils en train de créer des mythes concernant l’itinérance ? La chercheuse Ariane Sousa-Caron a choisi cet angle pour son mémoire de maîtrise en travail social Les représentations médiatiques de l’itinérance dans la presse écrite francophone au Québec. La Quête a eu le privilège de s’entretenir avec elle.

té mentale. Elle fait de l’itinérance quelque chose qui arrive plutôt que quelque chose qui est activement produit ou maintenu par les dynaLe mythe de la prise d’otage : Le lan- miques capitalistes. gage utilisé parle de « prendre un es- Quelles sont les conséquences de la pace qui ne leur appartient pas », de création de ses mythes ainsi que leur perturber une zone, et de créer des large diffusion à travers les médias ? tensions avec la communauté ou les La diffusion de mythes médiatiques commerçants. Dans ce cadre discursif, sur l’itinérance produit une violence ce n’est plus l’itinérance qui est un pro- symbolique qui légitime la gestion péblème social, mais la présence même nale de la pauvreté. En transformant des personnes concernées. Cela fonc- des réalités sociales en spectacles, metionne comme un mécanisme de délé- naces ou catastrophes naturelles, le gitimation : on ne parle pas de condi- langage dépolitise les causes structutions sociales, mais d’une violation de relles et désigne des boucs émissaires, frontières symboliques et spatiales. surtout en contexte de crise plutôt que comme un être humain avec un parcours, des besoins, des droits et l’inaccessibilité à l’intimité d’un domicile.

sociale comme la pandémie ou les crises financières. Ce qui paraît naturel ou évident devient ainsi un outil de pouvoir en normalisant la haine envers les personnes plus démunies. Rarement soumis au questionnement critique du langage, les médias contribuent à la stigmatisation des personnes en situation de précarité.

Au moment où l’idée a germée en moi, j’étais intervenante dans le milieu de l’itinérance à Montréal. Lorsque je participais au conseil de quartier ou aux différentes Ariane Sousa-Caron à gauche et Léa Desmartie à droite réunions citoyennes, j’avais (le chien Prunelle en bas) peine à reconnaître le porLes personnes en situation d’itinétrait que les personnes domiciliées rance se retrouvent dans un rôle amdressaient des personnes en situation bigu de bourreau et de victime. d’itinérance avec qui j’étais en relation quotidiennement. Je me suis donc in- Le mythe de la catastrophe : Celui-ci téressé aux fondements de ce discours dépolitise l’itinérance en la présentant comme une sorte de « catastrophe naet comment celui-ci prenait vie. turelle » : un événement accidentel, Quels mythes modernes concernant inévitable et sans causes structurelles. l’itinérance ont été créés par le lanOn parle de « crise » comme si l’origage utilisé dans les médias ? gine était météorologique plutôt que Le mythe du spectacle : Dans les mé- sociopolitique. Cette rhétorique neudias, un des mythes récurrents autour tralise les enjeux structurels comme de l’itinérance est celui du spectacle. le manque de logements abordables, La personne sans logement est présen- la précarité économique, la désinstitée comme un individu qui « se donne tutionnalisation des services de sanen spectacle », qui fait « son show »

Photo : David Boileau.

Tout d’abord, pouvez-vous nous résumer la genèse de votre réflexion par rapport à la représentation médiatique de l’itinérance ?

Parlez-nous de l’œuvre audio immersive qui a été inspirée de votre mémoire ?

Ce projet artistique visait à rendre visibles, par l’absurde et l’immersion, les mécanismes de chosification et de déshumanisation à l’œuvre dans le langage médiatique sur l’itinérance. En transposant ces discours vers une fable dystopique, l’invasion des loups, l’œuvre révèle la dimension mythologique, morale et violente de ces récits. La démarche est à la fois esthétique et politique : elle force le public à reconnaître la brutalité symbolique de ce qui est habituellement perçu comme un simple discours de bon sens. Le projet a été réalisé en collaboration à l’artiste multidisciplinaire Léa Desmartie par l’entremise du collectif Méchant Méchant. ALEX TREMBLAY

Lien vers le mémoire : https://corpus.ulaval.ca/entities/publication/eaf12e20-052e-431e-8773-655959d83c09 Lien vers l’œuvre audio immersive : https://open.spotify.com/show/383ye8HZMz0RiK9mzRxtGO

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LES ARTISANS DE L’AMOUR

Myriam Thibeault, photographe de mariage depuis neuf ans, est l’une de ces soldates. Son travail ne se limite ni à une présence ni à une prestation. Ses clichés capturent l’essence même d’un couple. Après plus d’une centaine de mariages et toujours autant portée par les émotions qui la traversent depuis ses débuts, elle affirme que chaque histoire demeure unique. L’un des instants qu’elle aime tout particulièrement est celui où la mariée enfile sa robe et se découvre dans le miroir. « Un moment spécial où le temps s’arrête », confie-t-elle. Andréanne Girard et Thalie Charron -Charbonneau exercent le métier de fleuriste depuis près de dix ans. Leur boutique Jardins Vitrum Hortis a pour mission d’offrir des fleurs accompagnées de petits mots qu’elles rédigent avec soin pour les amoureux. À leurs yeux, la place et le goût des fleurs sont propres à chacun, mais offrir quelque chose d’éphémère, dont la beauté ne va pas durer, est quelque chose de magique.

Photo : Myriam Thibeault

L’amour ne se limite pas à la relation entre deux personnes. Tout au long d’une histoire, qu’elle soit naissante, légère ou profondément installée, d’autres contribuent à entretenir la flamme. L’amour est au cœur même de leur métier. Qu’ils soient fleuristes, photographes ou chefs cuisiniers, ils forment un véritable bataillon d’agents de Cupidon, toujours prêt à accompagner et à sublimer les couples. La Quête est allée à la rencontre de quelques-uns de ces soldats du romantisme pour en apprendre davantage.

LA RELATION ENTRE LES AMOUREUX ET LES ARTISANS Pour Myriam Thibeault, l’accompagnement ne se limite jamais au jour du mariage. Sa présence se veut chaleureuse, toujours en mouvement, une silhouette discrète qui sait se fondre dans le décor pour capturer les moments les plus intimes. Sa sensibilité révèle, dans chacun de ses clichés, la complicité des couples. Si bien que certains restent en contact avec elle et reviennent la voir pour immortaliser de nouveaux chapitres de leur vie, comme celui d’une grossesse.

cette proximité qui leur permet d’offrir un accompagnement véritablement personnalisé, où chaque composition reflète les goûts et les intentions de ceux qui la sollicitent. « C’est un lien précieux que les gens ont pour offrir ces fleurs », explique Andréanne Girard. « Il y a tellement de belles fleurs à offrir quand tu es amoureux », ajoute Thalie Charron-Charbonneau. Grâce à cette attention minutieuse, lorsqu’un client revient, elles savent déjà ce qui peut le toucher et peuvent lui proposer des fleurs qui lui correspondent.

Beaucoup d’histoires ont traversé la Accompagner les couples dans la boutique. Parmi elles, celle d’un amoucréation de leur bouquet est un pri- reux qui franchit la porte de leur magavilège pour les fleuristes Andréanne sin chaque année pour préparer un bouGirard et Thalie Charron-Charbon- quet d’anniversaire pour sa bien-aimée. neau. Elles accordent une impor- Tous les ans, il ajoute une fleur, un rituel tance particulière à la relation avec simple et chargé de sens. chaque client, convaincues que c’est ELISA MARTARELLO

Ajouter sa touche personnelle L’artisanat de l’amour n’est pas réservé qu’aux professionnels. Au contraire, chaque personne peut, à son niveau et à sa manière, agrémenter ses relations. Surprendre son partenaire peut prendre de multiples formes. La cuisine est « la meilleure façon de séduire », affirme Lesley Chesterman, ancienne chroniqueuse gastronomique au quotidien The Gazette. Mettre la main à la pâte apporte un aspect gourmand à son couple, où le plat mijoté devient une expérience unique à vivre. La nourriture donne l’occasion, selon Lesley Chesterman, d’apprendre à mieux se connaître. Moment de transmission, la cuisine permet

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de « partager quelque chose de très personnel et de très sensuel ». Ajoutée au vin et de sa douce ivresse, elle affirme qu’il s’agit de « la meilleure façon d’avoir une soirée amoureuse ». La recette d’une soirée parfaite, selon Lesley Chesterman, commence par des huîtres et une salade légère, généreusement arrosée de citron et d’une bonne huile d’olive. Elle propose ensuite un bœuf braisé, suivi d’un dessert au chocolat. « On ne peut pas faire l’impasse sur le dessert », affirme-t-elle, tout en recommandant de choisir de bons vins pour accompagner chaque plat.

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LA MONTÉE DE L’INTOLÉRANCE ENVERS LES PERSONNES 2SLGBTQ+

BAISSE DE L’AISANCE FACE À LA DIVERSITÉ SEXUELLE CHEZ LES ADOLESCENT·ES Au début de l’année, le GRIS-Montréal relevait une augmentation du malaise des élèves du secondaire envers la diversité sexuelle, dans un rapport réalisé à partir de questionnaires distribués en classe par les différents GRIS, avant les ateliers de sensibilisation. Le rapport révélait que les taux de jeunes mal à l’aise à l’idée que leur ami·e fasse un dévoilement lesbien ou bisexuel avaient plus que doublé en cinq ans. Ainsi, 24,5 % des jeunes ayant répondu au questionnaire seraient mal à l’aise que leur amie leur annonce être lesbienne, et 29,3 % seraient mal à l’aise face à un dévoilement bisexuel. Cette baisse inquiétante de l’inclusion est également observée par le GRIS-Québec. Notre équipe et nos bénévoles remarquent une montée de la haine décomplexée envers les personnes de la DSPG pendant les ateliers de sensibilisation en classe. Nous constatons de plus en plus de fermeture de la part des élèves, et même des manques de respect envers les personnes qui animent les ateliers. Récemment, un·e bénévole a rapporté une situation où un groupe d’élèves a quitté la classe en refusant de participer à l’atelier. L’enseignant·e a expliqué aux bénévoles que ces jeunes étaient des admirateurs d’Andrew Tate, un influenceur masculiniste connu pour ses propos haineux envers les femmes ainsi que les personnes de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres. Cette montée inquiétante de l’intolérance peut avoir de graves conséquences pour les jeunes. Par exemple, elle peut mener à une hausse de l’intimidation dans les

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Photo : GRIS-Québec

Le GRIS-Québec est un organisme communautaire œuvrant dans la Capitale-Nationale dont la mission est de promouvoir une vision positive des personnes de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres (DSPG), ainsi que de soutenir les personnes de la communauté 2SLGBTQ+. Notre volet de sensibilisation se réalise entre autres par des ateliers offerts dans différents milieux, notamment dans les écoles primaires et secondaires. Ces ateliers sont animés par des bénévoles et des employé·es. Grâce à notre présence importante dans les écoles, nous constatons concrètement la montée de l’intolérance envers la diversité, un phénomène rapporté dans les médias depuis plusieurs mois.

Photo prise lors de l’une de nos formations de bénévoles

écoles envers les jeunes de la DSPG, ce qui peut entraîner de l’anxiété, de la dépression, une baisse des résultats scolaires, et pour certain·es, du décrochage scolaire. Cette baisse de l’inclusion chez les jeunes, pendant leurs années formatrices, peut également mener à une société généralement moins tolérante envers la diversité. Cette année, le Bureau de lutte contre l’homophobie et la transphobie relevait les mêmes hausses d’intolérance dans la population générale. Dans les dix dernières années, le pourcentage de personnes à l’aise de travailler avec une personne gaie ou lesbienne a diminué de presque 15 %, et celui des personnes à l’aise de travailler avec une personne trans a diminué de 10 %. UNE HAUSSE DE L’INTOLÉRANCE PARTOUT DANS LE MONDE Malheureusement, la hausse de l’intolérance envers la diversité ne se limite pas au Québec. Cette année, Statistique Canada rapportait que les crimes haineux envers les personnes de la DSPG avaient plus que doublé entre 2019 et 2024. On peut relier cette augmentation à la montée des discours haineux un peu partout dans le monde, ainsi qu’au recul des droits des personnes de la DSPG en Occident. Au cours de la dernière année, les enjeux touchant les personnes de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres ont été très présents dans le discours social. Pensons, par exemple, les débats sur la présence des femmes trans dans le sport ou encore à

LA QUÊTE

la récente tentative d’interdiction du mariage homosexuel dans le Kentucky. COMMENT FREINER LA MONTÉE DE L’INTOLÉRANCE ? Au GRIS-Québec, nous croyons que le témoignage est un outil essentiel pour freiner cette montée de l’intolérance dans les milieux de formation et dans les écoles. La sensibilisation par le témoignage permet de mettre des visages humains et bienveillants sur des réalités souvent méconnues du public et parfois dépeintes négativement dans le discours social. Les bénévoles sont également présent·es pour répondre aux questions des participant·es, afin de démystifier la diversité sexuelle et la pluralité des genres. Le GRIS-Québec offre ses ateliers de sensibilisation gratuitement afin de garantir l’accessibilité de ses services à tous les milieux. Pour plus d’informations sur les services de sensibilisation du GRIS-Québec ou pour réserver un atelier pour la saison 2026-2027, rendez-vous sur notre site Web au grisquebec.org ou écrivez-nous à info@ grisquebec.ca. Vous pouvez aussi faire un don au GRIS-Québec pour soutenir notre mission de sensibilisation. Finalement, si vous souhaitez vous impliquer autrement, nous sommes toujours à la recherche de nouveaux bénévoles pour nos services de sensibilisation et de soutien.

PAR LE GRIS-QUÉBEC

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L’AMOUR SANS FRONTIÈRES RICHESSE ET DÉFIS DES COUPLES MULTICULTURELS Le cœur a ses raisons que la raison ignore, et parfois, ces raisons transcendent les frontières, les langues et les traditions. Le thème de l’Amour nous pousse à explorer ces unions qui s’épanouissent au-delà des frontières culturelles, où les avantages de la diversité côtoient les inévitables compromis. La Quête a rencontré Thao, d’origine vietnamienne, qui a récemment uni sa vie à celle de David, un Australien, pour en savoir plus sur les dynamiques d’une union entre deux cultures. QUAND DEUX MONDES SE RENCONTRENT Thao et David se sont rencontrés sur les bancs de l’Université d’Australie-Occidentale, où ils étudiaient l’architecture. Ce qui a d’abord attiré Thao chez David, c’était sa gentillesse envers tous, ainsi que son ambition et son éthique de travail. Cependant, l’union n’a pas été sans ses premiers ajustements. Pour Thao, le défi notable a été la barrière de la langue lors des événements sociaux avec la famille et les amis de David. « Ils parlaient très vite et plaisantaient souvent sur des souvenirs d’enfance. C’était difficile de suivre les conversations », se souvient-elle. Heureusement, la bienveillance de l’entourage de David a facilité l’intégration, ses proches prenant le temps de répéter ou de ralentir pour elle. De plus, si la communication dans le couple est aujourd’hui fluide, la famille de Thao, qui ne parle pas anglais, doit s’appuyer sur Google Traduction lorsqu’ils sont seuls avec David. Les différences culturelles peuvent aussi être source d’anecdotes amusantes. Thao a raconté, non sans humour, qu’elle avait suggéré (en plaisantant) à David d’adopter la coutume vietnamienne où l’épouse gère toutes les finances du mari. David, bon joueur, a décliné en riant, affirmant qu’elle utiliserait tout son argent pour du thé aux bulles et du poulet frit. Malgré tout, il couvre encore volontiers ses repas et ses envies de thé aux bulles.

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L’ENRICHISSEMENT DE LA DIVERSITÉ Être en couple avec une personne d’une autre culture est, selon Thao, une expérience profondément enrichissante, principalement pour la possibilité d’apprendre de nouvelles coutumes et d’agrandir sa famille.

ment à certaines cultures asiatiques où l’événement est plus centré sur les familles. Sur le plan de la communication, l’approche « plus détendue et calme » de David permet d’apaiser rapidement les malentendus.

LES DÉFIS : LE GRAND COMPROMIS La relation a également permis aux L’inconvénient majeur, pour Thao, est deux partenaires d’élargir leurs pers- l’impossibilité de vivre en permanence pectives de vie. Thao explique que à la fois au Vietnam et en Australie, la culture australienne de David est ce qui fait que sa famille lui manque « plus détendue et axée sur l’équilibre énormément. travail-vie personnelle », ce qui a rendu sa propre vie « bien meilleure et Cependant, face aux inévitables diverplus équilibrée ». En retour, la perspec- gences, la clé réside dans la patience et l’engagement. Pour célébrer leur union, Thao et David ont choisi de ne pas organiser un seul mariage fusionnant les deux cultures, mais plutôt d’organiser deux célébrations distinctes, l’une au Vietnam, l’autre en Australie, afin d’honorer pleinement leurs héritages respectifs. Quant à l’avenir, s’ils devaient avoir des enfants, le choix est clair : leur enseigner l’anglais et le vietnamien, afin qu’ils puissent apprécier « le meilleur des deux cultures ». L’AMOUR, C’EST L’ACCEPTATION Thao n’a rencontré aucun obstacle ou préjugé de la part des familles et des amis. Elle se sent « bénie » par le soutien de l’entourage de David, ce qui témoigne que l’acceptation est un pilier fondamental de leur succès. En conclusion, lorsqu’il est demandé à Thao de définir tive vietnamienne de Thao, axée sur la l’amour dans le contexte d’une relation persévérance et la stabilité pour assu- transculturelle, elle répond avec une rer l’avenir, a influencé David dans ses sagesse simple et puissante : « L’amour dans une relation transculturelle, c’est propres objectifs. la gentillesse, l’acceptation et le respect Les traditions sont aussi un point d’an- mutuel de la culture et de la famille de crage. Thao, qui n’avait jamais vrai- l’autre, sans aucun préjugé. » ment célébré Noël avant de rencontrer David, a découvert la joie des célébra- Son conseil ultime aux autres couples tions familiales australiennes. Elle ap- qui s’aventurent sur cette voie ? précie également que les mariages oc- « C’est une expérience merveilleuse, cidentaux mettent davantage l’accent lancez-vous ! » sur le bonheur des mariés, contraireMÉLODIE LANGEVIN Photo : Courtoisie Thao

LA QUÊTE

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L’ESPOIR AU CUBE

HRONIQUE

L’AMOUR À TOUT ÂGE L’amour peut être décrit de plus d’une façon. Pour ma part, je vous entretiendrai de l’amour dans mon enfance, de ce qu’il a été à mon adolescence et enfin à l’âge adulte.

Puis, je suis allé au Cégep et je me suis inscrit en sciences pures. Une des filles que j’avais connue dans mon enfance était venue me voir et m’avait invité à m’inscrire en théâtre avec elle. Mais mon horaire était très chargé et je n’avais que peu de temps pour ces baQuand j’étais encore tout jeune, à cinq ou six ans, je livernes. J’étais, disons un peu con. J’ai raté de belles jouais avec des amis de mon âge. On était une bande de jeunes gars et de jeunes filles où nous nous amu- occasions de faire des rencontres intéressantes avec sions à nous embrasser. Nous jouions à la cachette. des filles. C’est vrai que j’aimais beaucoup les sciences Quand un gars trouvait la cachette d’une fille, cette et que j’étais bon là-dedans, mais j’étudiais trop. dernière devait embrasser le gars. Je peux dire que ce Puis est venu le temps d’aller à l’université. Je me suis fut une période de ma vie que j’ai beaucoup appréciée. rendu compte que mes copains avaient des blondes et Puis, nous avons grandi. À l’adolescence, j’ai connu que moi, j’étais resté seul. Avec le temps mon amour une période mystique, je voulais devenir prêtre. Les pour les études s’était refroidi et j’ai tenté de combler filles ne m’intéressaient plus, je n’avais d’amour que ce vide en allant plus souvent qu’à mon tour dans les pour Dieu. Il y avait des filles qui s’intéressaient à moi, salles de danse. J’ai connu une rencontre intéressante mais moi, mon idée était faite, j’allais devenir prêtre. que j’ai délaissée au bout d’une année, malheureuseJ’étais tellement épris de Dieu que c’en était devenu ment. Je suis resté longtemps seul et j’ai connu peu de une maladie. J’ai même été hospitalisé pour une pé- femmes par la suite. Étant rendu dans la soixantaine, riode d’un mois à la clinique Roy-Rousseau à l’âge de je me suis habitué à la solitude et j’arrive quand même seize ans. Là, j’ai pu rencontrer un gars qui aspirait à l’apprécier. Je ne ferme pas la porte à de nouvelles à la prêtrise et qui me disait qu’il y avait des prêtres rencontres, mais je ne suis plus pris de cette urgence et des évêques qui connaissaient des femmes et avec que j’avais quand j’étais plus jeune.

qui ils faisaient l’amour. Ça m’a fait réfléchir. Dans mes rencontres avec mon psychiatre, j’ai pu comprendre que j’étais beaucoup trop extrémiste. Il m’a fait comprendre que ce n’était pas normal d’appliquer la bible au pied de la lettre comme je le faisais et qu’il fallait être en mesure de l’interpréter. Il me donnait l’exemple d’une guitare. Pour donner une note juste, il faut que les cordes ne soient ni trop relâchées ni trop tendues. Puis, avant mon départ de la clinique, il m’a dit qu’il ne voyait pas de raison pour que j’y revienne. Je suis donc revenu chez moi et, pour occuper mon temps, je suis allé chercher un livre à la bibliothèque. J’avais choisi : Le roman d’Évariste Galois. C’était l’histoire d’un jeune mathématicien qui s’était épris d’une jeune femme pour qui il s’était fait tuer dans un duel à l’âge de vingt ans. Cet homme a réellement existé. Je me suis dit que cet homme aurait pu faire avancer les mathématiques encore beaucoup plus s’il était resté en vie. L’auteur avait su transmettre l’amour des mathématiques à tel point que je me suis intéressé aux maths et aux maths appliquées pour lesquels j’excellais au secondaire.

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Pour finir, je dirai que maintenant, j’essaie de mener une vie plus équilibrée. Je me remémore les conseils de mon premier psychiatre qui me disait qu’il fallait savoir garder un juste milieu. Je crois qu’avec ce conseil, ma vie sera meilleure si je le mets en pratique.

LA QUÊTE

MICHEL POTVIN

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LA QUÊTEDES DES MOTS LA QUÊTE MOTS par Lise CARL GravelMORIN et Jacques PAR JACQUES ETCarl LISEMorin GRAVEL

CE CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES Ce JEU jeu consiste à remplir les rangées horizontales ainsi que les colonnes 1 et COLONNES 20 à l’aide des 1 ET 20 À L'AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. définitions, indices ou lettres mélangées ou déjà inscrites. Chaque case grise représente une CHAQUE CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUI EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE lettre qui est à la fois la dernière lettre d’un mot et la première lettre du suivant. D'UN MOT ET LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT.

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11- Serge SergeououCharlotte. Charlotte. 20- La gueule d’ange du cinéma français (prénom et nom). 20- La gueule d’ange du cinéma français (prénom et nom). Horizontalement : 1Décorations (GUISEDARNL). Tolkien et 6- Sport de balle très répandu aux États-Unis. Horizontalement : « Le ___________des anneaux ». Capitale Font le commerce des livres. Malentende la Lettonie. dant. 1- Décorations (GUISEDARNL). Tolkien et « *Le ___________des anneaux* ». Capitale de 2- Spiritueux appelé « fée verte » (ATHES- 7- Région administrative du Québec. Jula Lettonie. BIN). Ont jadis fait l’objet d’une traite. meaux fusionnés. Élément chimique de Bois odorant. S. fait l’objet d’une traite. Bois 2- Spiritueux appelé « fée verte » (ATHESBIN).symbole Ont jadis 3- Bière blonde d’Inde. Dépôt d’armes et de 8- Lieu de développement. Friandises (URodorant. munitions. Uranus en compte 28. MadeRIEESSC). Lame du chirurgien. moiselle, au Mexique. 3- Bière blonde d’Inde. Dépôt d’armes et de munitions. Uranus compte 9- Qui produit des en effets sur le28. passéMademoiselle, (AFROT4- Relatif aux noces. Appât artificiel. Aplati, TERIC). Tonneaux où l’on met le vin. État au Mexique. écrasé (OPARCITUE). d’immobilisme (OSAQUUTT). 4- Édulcorant Relatif auxnaturel noces. (AVISET). Appât artificiel. Aplati, 10écrasé (OPARCITUE). 5Langue Plante par excellence pour fenêtres et parlée en Autriche. Mouchardage. balcons (MARIEGNU). Sert à moudre le des céréales. Bonaparte. 5- Édulcorant naturel (AVISET). Langue parléegrain en Autriche. Mouchardage. Réponses au jeu p.29

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LE CONCIERGE

gémeaux Les yeux fermés, tu te blottis De ton petit corps chaud, tu pèses Une vague de douceur m’envahit Le monde autour de nous s’apaise

Photo: Roland Steinmann from Pixabay

Mon étoile tant attendue Après un voyage difficile À l’envers tu l’avais voulu Pour une arrivée à l’heure pile Sourire aussi doux que les paumes Qui enrichit notre famille Tu nous invites en ton royaume En sortant de la coquille Tu sais séduire ton public À coups de mimiques et de chants De ton regard océanique Tu dissipes bien des tourments

Bonjour,

Les poings en l’air qui s’agitent Découvrant un nouvel espace Les cris du ventre qui demandent, vite Qu’on me délivre de cette angoisse.

Puis-je me permettre d’avouer que je souffre ??? Puis-je le crier ??? Je suis bien lasse, vous le saviez ??? Et combien triste… et fanée... Vous l’aviez deviné ??? Un jeu d’enfant me dis-je… car à tout hasard, je glisse des indices… Ici et là… Mais mon concierge est très rapide, il ne laisse rien traîner. Le salop..! Il me remet tout, dans le tiroir ...! Illico presto !!

JADE VALRONNE

Photo: Pixabay

Il faut le congédier ??? Je sais… vous savez… C’est que le malin… est syndiqué...!!!!! NANCY GOULET FÉVRIER 2026

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QUÊTE DE SANG, AVIDE DE SENS Je sais pas par où commencer, fec j’vas juste me ment injustifiée, était bizarrement pas problémalancer, puisque c’est comme ça que ça l’a com- tique autrement. mencé anyway. « Si t’existes, c’est d’ta faute, pis sinon, tous les J’ai longtemps pensé que la « foi » était exclusive- coups sont permis, peu importe qui en paye le ment du domaine de la « religion », mais aujourd’hui, prix ». c’est clair pour moi que sans la « foi », rien de ce Ce qu’on croit vraiment va déterminer ce qu’on qu’on considère comme étant un fait « établi » le choisit de croire. Ce sur quoi j' choisis d’focuser alserait vraiment. tère mon expérience d’la réalité, sans pour autant Chaque pas qu’on fait, toutes les décisions qu’on prend pis les plans qu’on s’fait, même ce qu’on a devant les yeux à l’instant présent, tout ça est incertain si j’ai pas la capacité de croire pour relativiser ç’que mes sens perçoivent. J’ai besoin de croire avant de voir.

en changer la nature.

C’est quoi les lunettes brisées que j’ai peur de faire réparer, au cas où j’verrais pas l’prochain coup d’poing arriver…

Le maillon faible, le chaînon manquant. L’illusion qui m’plaît, la vérité qui m’choque. Le « dernier repos », le réveil brutal.

Peu importe le nombre de fois qu’une chose se produit, on choisit de croire que la chose va se reproduire. Que ce soit une bonne ou une mauvaise L’abus qui m’a foudroyé comme un obus n’a pas eu chose, agréable ou désagréable, on croit instincti- l’dernier mot. L’écho des maux qui m’ont fait défaillir s’estompe. Mes orteils peuvent enfin sortir de vement que les choses vont aller pour le mieux. leurs sabots, j’ai fait le deuil de mon cercueil. Après Quand nos expériences personnelles pis collec- les bougons, la bugonia. Les bourgeons, les oisiltives nous victimisent, c’est là qu’on cherche à lons, la vie pis ses défis. s’évader en relativisant tout ce qui est pourtant La « loi du plus fort » pis « chacun pour soi » m’a réévident. duit à l’état d’survie. J’étais froid, distant pis charQuand les aléas d’la vie semblent dépasser les mant par moment. Dans un monde où on a « jeté le capacités d’gestion qu’mon système de pensée à bébé avec l’eau sale du bain », j’étais juste un autre d’enregistrer, j’peux pas nier même une seule des dommage collatéral. « Ni vu ni connu », à moins que multiples facettes d’la vérité en pensant ne pas j’commette une bévue. avoir à assumer le fait que j’ai ne serait-ce qu’une part de responsabilité face aux conséquences irré- J’savais pas quoi faire ou quoi croire pour changer, versibles qui vont déferler à la queue leu leu jusque mais la première fois que j’ai vu quelqu’un marier dans les annales du temps. « L’effet papillon », c’est son existence à la vie pis aux enseignements de « l’enfant Jésus » devenu grand, j’ai reconnu sans pas d’la fiction. l’savoir que moi aussi j’voulais avoir le courage de Si l’aboutissement c’est la mort, à quoi bon pré- vivre, pis qu’plusieurs de mes convictions avaient server la vie. Pourquoi s’accrocher à quec’chose besoin d’une « patch d’expansion » alors que d’aussi futile pis d’passager. Si tout est relatif, le d’autres étaient complètement irrécupérables. concept d’la vérité est inconsistant, pis l’mensonge est tout simplement inexistant. Pourquoi J’ai observé la manifestation tangible d’un état essayer d’comprendre ou d’expliquer quoi que ce d’être suffisant pis pleinement satisfait qui m’était complètement abstrait. J’ai découvert la raison soit, puisque « tout n’est que vanité ». derrière l’être, pis l’assurance que la bêtise qui Nos parents ont dû croire que l’accouchement en nous divise est pas définitive. valait la peine, tout comme nos enfants croient naturellement qu’on sait ce qu’on fait en tant que J’ai souffert longtemps en pensant « poursuivre le bonheur » … j’voulais « l’beurre pis l’argent du parents. beurre ». Les enfants sont moins fous qu’on pense, pis c’est pour ça qu’à « l’âge de la raison », quand l’enfant La foi ça s’impose pas, ça s’inspire. J’ai cru que réalise à quel point sa confiance a été brimée, que j’devais être dur pis inébranlable pour être en sécuson identité est loin d’être le reflet stéréotypé de rité… jusqu’à temps que j’réalise que j’pouvais pas la société, la « crise » prend place pis tout s’efface. tout contrôler, pis encore moins remplir le gouffre immense qui m’consumait, pis qui s’voulait aussi J’ai longtemps été en colère contre un Dieu dont je mettre « dans l’rouge » toute tentative de m’aider. niais l’existence. La souffrance, que j’attribuais à sa présence tyrannique ou à son absence apparem-

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QUÊTE DE SANG, AVIDE DE SENS (SUITE) J’voulais juste avoir du fun pis étouffer l’insécurité que l’miroir arrivait à cacher. La justice était mon slogan, mais en réalité j’voulais juste me venger pis éliminer la peur qui m’rongeait… Le mors aux dents, j’la nourrissais à mes dépens.

mais la diversité en dehors d’la vérité n’est que chaos. La vérité reconnaît la vérité, même à travers les débris des ruines causées par le mensonge. Une vie brisée a beau être biaisée, sa lucidité en reste amplifiée.

J’étais intransigeant pis bruyant, rapide à pointer Si le mensonge est pas relatif au précepte d’la védu doigt… Sans réaliser que c’était mon état cri- rité, on fait juste tourner en rond en attendant que tique que j’redoutais plus que l’pus qui en sortait. l’ciel nous tombe s’a tête. La vérité c’est un mets recherché… C’est pas une destination touristique. « Pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font » C’est un endroit mal fréquenté où les préconçus Ç’que j’percevais comme une béquille est devenu passent pas inaperçus. C’est un champ de bataille ma fondation. L’esprit critique qui est pas là pour où les survivants savent si l’effort en valait la chancritiquer. delle. L’homme qui comprend que sa force est pas un La vérité c’est pas toujours crue, mais c’est tououtil pour se satisfaire aux dépens d’autrui, qu’la jours rafraîchissant. C’est « comme un poisson vérité est censée libérer, que l’autorité c’est pas dans l’eau », là où tout prend son sens. La vérité une excuse pour dominer pis que la vulnérabilité peut s’exprimer sur papier, mais y est pas limitée… mérite d’être protégée. Ç’qui est vrai est jamais faux, sinon c’est faux deJ’ai changé mon fusil d’épaule, mais j’ai pu besoin puis l’début. d’être armé pour me sentir protégé. Mon arme On dénigre souvent la « foi aveugle », pourtant c’est la capacité d’reconnaître mes besoins au-de- c’est ç’qui nous émerveille quand un enfant vient là de mes désirs… D’avoir un libre accès au Dieu au monde. La force de caractère pis le refus de d’mes aïeux avec qui j’suis réconcilié. rendre le mal pour le mal ont toujours prévalu. Le J’ai pu peur d’être humilié, parce je sais que l’hu- jour où on prend les armes pour gagner un argumilité c’est ma plus grande force, tant que c’est ment est celui qu’on redoutait. pas forcé. Le mensonge a donné une mauvaise ré- Si d’autres avaient pas eu foi en moi alors que putation à la vérité, mais la vérité a jamais changé j’étais résolu à dénigrer ma propre existence en red’identité. J’suis rassuré, parce que maintenant j’ai fusant de croire à un meilleur lendemain où l’espoir la certitude que tout n’est pas que vanité… est un tremplin, jamais j’aurais pu voir au-delà d’la La vérité est pas imbue d’elle-même. Elle est à l’ori- nuit la plus sombre. gine de tout. La vérité est pas contre la diversité, SAMSON LAGAFFE

« Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. »

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Photo: Unsplash Kevin Turcios

Textes anciens d'inspiration nouvelle « Or la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. »

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HOMMAGE AMOUREUX Je dédie ces mots À tous ces amours impossibles ou improbables. Amour de jeunesse ou de vieillesse, Amour inavoué, inavouable. Mais surtout à tous ceux qui, comme moi, sont des éternels amoureux de l’amour. À tous ceux et celles qui poussent un cœur vers le précipice amoureux alors qu’on s’y attend le moins À tous ceux et celles qui mettent le cœur dans un printemps éternel À tous ceux et celle qui réveillent un cœur de bohème À tous ceux qu’on pense sourire béat en fixant le vide Et surtout à ce qu’on n’oserait pas dire même en murmure… À tous ses amours qui sont comme des boussoles À tous ceux qui nous font perdre le nord À tous ses amours pour lesquels on aimerait inventer des mots À ces amours qui nous habitent et à ceux qu’on habite À ses amours illimités et à cette éternelle flamme promise devant Dieu À ses amours qu’on a habités et qui continuent de fleurir dans nos cœurs malgré nous et parfois malgré tout À ses amours qui apparaissent comme une éclaircie en pleine tempête L’amour, cet éternel bohème se pointe souvent sans crier gare en emmenant avec lui une multitude de questions.

Photo : Caroline Ouellet

MÉLANIE TREMBLAY

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CHOISIS TON CAMP

UN CŒUR TAMISÉ Tamiser mon cœur Filtrer les impuretés de cet organe vital Passer au crible ces impatiences qui m’empêchent d’aimer Soutirer les gravats de cette chair qui tarde à grandir Cette chair si faible qui ne tolère aucun dérangement

Photo : Francine Larose

Purifier mon cœur Jusqu’à atteindre les frontières de l’âme L’aérer, le ventiler L’exposer aux grands vents, au grand air Le dépoussiérer de ses replis d’origine Le rafraîchir d’un esprit nouveau, libérateur D’un esprit transformateur, régénérateur Qui ouvre le cœur, le dilate Qui le rend sensible au besoin de l’autre Un cœur attendri, à l’écoute Un cœur renouvelé, séduit Un cœur réjoui

Ne sois pas surpris, dans la vie, Y’a le oui et le non, et y’a peut-être Y’a le mal et aussi le bien-être Dans tes rêves, y’a aimer et être aimé « e » Ou, tout simplement, Solitude et Liberté Plusieurs l’ont affirmé Y’en aura pas de facile Bien nantis ou itinérant Tu es déjà perdant Quand la tête est embourbée Et le cœur, fragilisé Quand ça devient trop difficile De gérer un vide existentiel L’isolement n’est pas la solution Sors de ta prison Va à l’essentiel

Un cœur qui se jumelle à l’âme Qui bat au même rythme Qui s’attache à l’essentiel Qui simplifie la vie Qui produit du fruit ! MICHEL BRISSON

Quand tu auras mangé à ta faim Et dormi en toute quiétude Lève-toi comme si c’était ton premier matin Lève-toi et vis ta vie d’être humain Photo : Caroline Ouellet

Pendant que c’est dans l’air du temps Choisis ton camp FRANCINE LAROSE

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CRITIQUE LITTÉRAIRE D’UN LIVRE SANS TITRE Ce livre, dont personne

Il disparaissait mystérieusement

Ne connaît la fin

Certains lecteurs ont décrit

Demeure très mystérieux

Un effet de profonde somnolence En le lisant

Il paraît qu’il se volatilise

Et soudain

Avant le dernier chapitre

C’était le black-out total

Roland Barthes disait

Comme si le livre avait la capacité

Qu’il constituait

De nous hypnotiser

Pour un roman fantastique

Et de disparaître par la suite

L’apothéose de la mise en abîme Ah ! Oui ! c’est vrai. Plusieurs lecteurs ont voulu

Je vais vous mentionner

Le racheter dans une librairie

Le nom de l’auteur

Mais une fois rendu à la maison

Si vous souhaitez l’acheter

Il n’était plus dans l’auto

Et être le premier à le terminer

Il avait disparu Son nom, c’est… D’autres lecteurs ont tenté

Il s’appelle… il s’appelle…

De le lire d’un bout à l’autre

Comment déjà ?

À la bibliothèque Mais encore une fois

Photo : Pixabay

FRANÇOIS GAGNON

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Échevelé par le vent Flânant sur un sentier Habillé de cailloux Cherchant le coulis D’une rivière en douce symphonie D’un arbre dénudé se détacha Une feuille aux rouge et jaune d’automne Camouflant ainsi De petites tempêtes de cœur De doigts flétris Retira sa bague de tourments en saignement d’amour L’offrant à la danse de l’eau qui la déposa sur le rivage Comme petits bonheurs Si mauvais temps

Photo : Dominic-Sansotta - Unsplash

RENÉE PERRON

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UN AMOUR IMPOSSIBLE Elle, toute petite, crache sa haine à travers ses dents pointues. Ses yeux oblongs jettent des regards enflammés vers ce rouvieux qui l’énerve.

Lui, opulent, nerveux lui fait la cour. Ses canines blanches glapissent la curiosité qu’elle lui inspire.

Elle, observant ses oreilles tombantes qui frémissent sous l’excitation, rêve secrètement d’en faire un courtaud vagabond.

Lui, le ventre à terre, dans un hurlement de douleur, jappe à sa belle que la vengeance sera douce, que la morsure sera atroce.

Elle, couchée paresseusement, ronronne à son dingo la force de son être agilité.

DORSI

Creation Canva et Laurence Belanger

Lui, agité, aboie sa force, sa belle allure, ses cuisses musclées, sa supériorité évidente.

Elle, impatiente, courbe l’échine. D’un bond léger elle s’élance et s’agrippe à son poil rude sortant griffes afin de bien déchirer la chair… puis une goutte de sang avertit que le mal est fait.

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QUAND VOUS AVEZ DE L'ARGENT Le grand écrivain russe Dostoïevski disait que quand vous avez de l’argent, vous êtes toujours quelqu’un. Selon mon expérience, il a raison et peut-être même trop raison. Laissons l’imagination travailler et prenons l’exemple hypothétique d’un restaurant dont les prix ne sont pas à la portée de tous. Sans être habillé de façon extravagante, vous êtes quand même assez chic pour vous fondre dans le décor. Il faut voir les sourires de politesse, les marques de considération et de respect que multiplie le propriétaire des lieux. Vous avez de l’argent et vous êtes prêt à le dépenser dans son établissement, voilà ce qui l’intéresse. Comment vous avez eu cet argent n’entre pas en ligne du compte. Il ne voudra pas savoir si vous êtes une personne de grande moralité, quelqu’un d’altruiste ou au contraire une personne égoïste qui ne pense pas aux autres. Il ne vous posera pas de questions sur l’origine de votre argent et, mieux encore, il ne veut pas le savoir. L’entente tacite joue dans les deux sens. Clients et maître des lieux

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pratiquent donc une politique qu’on pourrait résumer par : ne nous posez pas de questions et on ne vous répondra pas de mensonges. Le tout se fait dans la bonne humeur, les sourires et le respect. Arrive alors deux pauvres qui, le nez collé à la fenêtre, observent les allées et venues des serveurs. Ces pauvres auront beau être les meilleures personnes du monde, le propriétaire du restaurant ne veut pas les voir aux alentours. Alors il sort et leur demande de partir. Le ton monte et il menace maintenant d’appeler la police. Les pauvres partent. Sans argent, ils n’ont pas de valeur. Je me souviens d’un voyage dans le Bas-du-Fleuve à la fin de l’automne. Nous étions alors hors saison et l’hôtel disposait donc de beaucoup de chambres vides. On m’a accueilli comme si j’étais un personnage important digne de tous les égards. La nuit allait être froide et je m’imaginais la tête de l’hôtelier si un sans-abri venait lui demander de passer la nuit dans une de ses chambres vides. J’aime

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laisser mon esprit vagabonder et je me dis que, tout comme au restaurant hypothétique que j’avais évoqué, le pauvre devra partir ou s’expliquer avec la police. Sans argent, il n’a pas de valeur. Ni valeur financière ni valeur humaine. Quant à moi, je pourrais être une personne immorale, mais j’avais les précieux dollars qui ouvrent les portes et attirent le respect. J’étais quelqu’un parce que, comme le disait Dostoïevski, quand vous avez de l’argent, vous êtes toujours quelqu’un. Je pourrais m’arrêter ici, mais je rappelle aux personnes qui ont déjà constaté ce pouvoir de l’argent qu’il entraîne un certain risque de contamination. On finit par croire qu’on mérite ce respect, qu’on fait partie d’un genre d’élite et qu’il suffit de trouver plus pauvre que soi pour se sentir supérieur. Nul besoin d’être très riche pour subir cette étrange contamination. Quelques billets de banque, quelques marques de respect et on repart la tête haute en s’imaginant être quelqu’un. YVES POTVIN

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RESSOURCES Références communautaires Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches Tél. : 2-1-1 Aide sociale ADDS Association pour la défense des droits sociaux 301, rue Carillon, Québec Tél. : 418 525-4983 Aide aux femmes Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler ! 418 648-2190 ou le 1 888-881-7192 Centre femmes aux 3 A Accueil - Aide - Autonomie 270, 5e Rue, Québec Tél. : 418 529-2066 www.cf3a.ca Centre femmes d’aujourd’hui Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec Tél. : 418 651-4280 c. f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org Rose du Nord Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org Alphabétisation Alphabeille Vanier 235, rue Beaucage, Québec Tél. : 418 527-8267 info@alphabeille.com www.alphabeille.com Atout-lire 266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca Le Cœur à lire 177, 71e Rue Est, Québec Tél. : 418 841-1042 info@lecoeuralire.com www.lecoeuralire.com Lis-moi tout Limoilou 3005, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com La Marée des mots 3365, chemin Royal, 3e étage, Québec Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca membre.oricom.ca/lamareedesmots Centre de jour Relais d’Espérance Aider toute personne isolée et en mal de vivre 1001, 4e Avenue, Québec Tél. : 418 522-3301 Rendez-vous Centre-ville Centre de jour 525, rue Saint-François Est, Québec Tél. : 418 529-2222 Détresse psychologique Centre de crise de Québec Tél. : 418 688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com Centre de prévention du suicide 1310,1 re Avenue, Québec Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca Tel-Aide Québec Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca Tel-Jeunes Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com

Hébergement Maison de Lauberivière Pour hommes et femmes démunis ou itinérants 485, rue du Pont, Québec Tél. : 418 694-9316 accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org Maison Revivre Hébergement pour hommes 261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 523-4343 maison.revivre@gmail.com maisonrevivre.weebly.com SQUAT Basse-Ville Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com Gîte Jeunesse Hébergement temporaire garçons 12 à 17 ans Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec Tél. : 418 666-3225 Résidence de Sainte-Foy 3364, rue Rochambau, Québec Tél. : 418 652-9990 YWCA Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca Réinsertion sociale Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org Fraternité de l’Épi Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec Tél. : 418 523-1731 La Dauphine Pour les jeunes de 12 à 35 ans 31, rue D’Auteuil, Québec Tél. : 418 694-9616 courrier@ladauphine.org www.ladauphine.org Insertion professionnelle À l’aube de l’emploi (Lauberivière) Formation en entretien ménager commercial/buanderie 485, rue du Pont, Québec 418 694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org Recyclage Vanier Emploi et formation (manutentionnaire, aidecamionneur, préposé à l’entretien) 1095, rue Vincent-Massey, Québec tél.. : 418 527-8050 poste 234 www.recyclagevanier.com Prostitution La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com P.I.P.Q. Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168 pipq@qc.aira.com www.pipq.org Soupe populaire Café rencontre Centre-Ville 796, rue Saint-Joseph Est, Québec (Déjeuner et dîner) Tél. : 418 640-0915 Maison de Lauberivière (Souper) 485, rue du Pont, Québec Tél. : 418 694-9316

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Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 945, rue des Sœurs-de-la-Charité Tél. : 418 692-1762 Santé mentale Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677 centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org La Boussole Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca Centre Communautaire l’Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com Centre d’Entraide Émotions 3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org Le Cercle Polaire Aide aux proches d'une personne atteinte de maladie mentale 1900 av. Mailloux, bureau 240, Québec Tél. : 418 623-4636 info@cerclepolaire.com www.cerclepolaire.com La Maison l’Éclaircie Troubles alimentaires 2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca Le Pavois 2380, avenue du Mont-Thabor, Québec Tél. : 418 627-9779 Téléc. : 418 627-2157 Le Verger 943, av. Chanoine-Scott, Québec Tél. : 418-657-2227 www.leverger.ca Ocean Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352 Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283 Parents-Espoir 363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167 Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org Toxicomanie Al-Anon et Alateen Alcoolisme Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca Amicale Alfa de Québec 75, rue des Épinettes, Québec Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca Point de Repères 545, rue du Parvis, Québec Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com VIH-Sida MIELS-Québec Information et entraide dans la lutte contre le VIH-sida 625, avenue Chouinard, Québec Tél. : 418 649-1720 Ligne Sida aide : 418 649-0788 miels@miels.org www.miels.org

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6- Sport de balle très répandu aux États-Unis. Font le commerce des livres. Malentendant. 7- Région administrative du Québec. Jumeaux fusionnés. Élément chimique de symbole S.

Merci

8- Lieu de développement. Friandises (URRIEESSC). Lame du chirurgien. 9- Qui produit des effets sur le passé (AFROTTERIC). Tonneaux où l’on met le vin. État d’immobilisme (OSAQUUTT).

À TOUS NOS 10- Plante par excellence pour fenêtres et balcons (MARIEGNU). Sert à moudre le grain des PRÉCIEUX céréales. Bonaparte. PARTENAIRES ! RÉPONSES LA QUÊTE DES MOTS SOLUTION 1

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FÉVRIER 2026

LA QUÊTE

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Les voix de la ruELLES C’EST QUOI LA LOI C-36 ET POURQUOI ON VEUT LA DÉCRIMINALISATION DU TRAVAIL DU SEXE ?

craindre la prison. La décriminalisation existe déjà en Nouvelle-Zélande et elle a fait ses preuves !

Vous avez sûrement remarqué qu’on parle souvent de la loi C-36…

Il est important de ne pas confondre décriminalisation et légalisation, deux termes souvent mélangés. La légalisation n’enlève pas les lois existantes : elle en ajoute de nouvelles, souvent très strictes !! Dans un système légal, le travail du sexe serait encadré par des règles comme des horaires précis, l’obligation de permis, ou encore l’obligation de se rapporter à la police. Ces règles excluent une grande partie des travailleuses et travailleurs du sexe et reproduisent le contrôle et la stigmatisation. La décriminalisation, elle, enlève simplement les obstacles légaux et permet aux personnes de travailler en sécurité et en autonomie.

Ou peut-être que vous ne l’avez pas remarquée, mais que vous vous posez des questions sur le statut légal du travail du sexe au Canada ? Eh bien, voici un article qui pourrait vous intéresser. Depuis 2014, le Canada applique la loi C-36, officiellement appelée Loi sur sur la protection des communautés et des personnes victimes d’exploitation. Malgré son nom, cette loi ne protège pas les personnes travailleuses du sexe. Au contraire, elle rend illégal d’acheter des services sexuels, de communiquer pour en vendre, ou de tirer profit du travail du sexe d’une autre personne (toutes les tierces personnes sont criminalisable : réceptionniste, employé de sécurité, chauffeur, etc.). Cette approche, dite de « modèle nordique », prétend réduire l’exploitation sexuelle. Mais dans les faits, elle place les travailleuses et travailleurs du sexe en danger, en les forçant à travailler dans la clandestinité et à cacher leur activité. Résultat : moins de sécurité, moins d’accès à des ressources ou à la justice, et plus de risques de violence et d’exploitation. En plus de stigmatiser ce métier déjà mal connu. C’est là qu’intervient la notion de décriminalisation, que nous défendons. Décriminaliser le travail du sexe signifie retirer du Code criminel toutes les lois qui régissent le métier. (Puisqu’il existe déjà des lois dans le Code criminel pour protéger les travailleuses : agressions sexuelles, séquestration, vol, voie de fait, etc.) Les personnes pourraient travailler normalement, comme dans tout autre métier, avec des droits du travail et la possibilité de demander de l’aide si elles sont victimes de violence, sans

De nombreuses organisations, dont nous au Projet L.U.N.E., militent pour cette approche basée sur la sécurité et les droits de la personne. En retirant les sanctions pénales, on reconnaît que le travail du sexe est un travail, que les personnes qui le pratiquent méritent protection, respect et accès à des services, plutôt que criminalisation et stigmatisation. Nous faisons aussi partie de l’Alliance canadienne pour la réforme des lois sur le travail du sexe. L’objectif commun : mettre fin aux politiques punitives et créer un environnement où le travail du sexe peut se pratiquer de manière sûre, libre et respectueuse. En résumé : la loi C-36 prétend protéger, mais elle expose les travailleuses et travailleurs du sexe à davantage de dangers. La légalisation impose des règles strictes et souvent excluantes tandis que la décriminalisation, elle, reconnaît leur travail et leur droit à la sécurité. C’est cette approche que nous soutenons et que nous continuerons à défendre partout au Canada.

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POUR NOUS JOINDRE

Nous avons maintenant un nouveau service, au 321 rue du Prince-Édouard, dans notre bâtiment, situé en haut de l’hébergement :

Le Projet L.U.N.E. est là pour vous. Pour toute information ou du soutien, n’hésitez pas à nous contacter :

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Casier locatif Douche 2 laveuses-sécheuses Collation et café

Bureaux : 418 704-5863 (lundi au jeudi, de 9 h à 17 h) Hébergement : 418 914-1298 (7/7, de 18 h à midi)

Le service est ouvert de 9 h à 17 h le lundi, mardi, jeudi, vendredi et samedi. Il est accessible à toutes les personnes qui s’identifient comme femmes, et vous pouvez venir avec votre animal si vous le souhaitez. Intervenantes, un local est également disponible pour des rencontres individuelles.

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Casiers : 418-948-0547 (lundi, mardi, jeudi, vendredi, samedi, de 9 h à 17 h) Courriel : Int.comite@projet-lune.org Nous sommes également sur Facebook, Instagram et TikTok (Eh oui!)

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