La Quête Numéro 254 Octobre 2023

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Hébergement

e retrouver entre

mots

onfidences d'une boîte à livres

L a poésie sauve des vies

POUR LE PLAISIR DE LIRE

Porteurs de paroles

Un bon compagnon

Fin de vie et sérénité

Lettre de Gaïa

Les loups

Réussir

L a bouchée généreuse

c'est boire et manger

livres pour mieux comprendre l'itinérance

Quoi de neuf la nature ?

mille et deuxième nuit

Crédit

RÉALISER L’ESPOIR

L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné à la vente - sur la rue ! - par des personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie.

L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche d’un logement par le biais de son service Accroche-Toit.

Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.

SUIVEZ-NOUS SUR facebook.com/laquete.magazinederue

Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu ? Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux.

Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 1er du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique de décembre-janvier : Bonheur et rayon de soleil!

FAIRE DES SOUS EN DEVENANT CAMELOT

Les camelots font 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier.

Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31

Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.

COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS

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Photo : Valérie Gaudreau

Conception graphique : Megan Martel

ÉDITEUR

Archipel d’Entraide

ÉDITEUR PARRAIN

Claude Cossette

RÉDACTRICE EN CHEF

Francine Chatigny

DIRECTRICE DE L’INFORMATION

Valérie Gaudreau

SECRÉTAIRE DE RÉDACTION

Isabelle Noël

CHRONIQUEUR.SE.S

Philippe Bouchard, Maurane Bourgouing, CMCQ, Martine Corrivault, Claude Cossette, Isabelle Noël, Christine Trottier et Marc Émile Vigneault

JOURNALISTES

Francine Chatigny et Mélodie Langevin

AUTEUR.E.S

Simon-Pierre Blais, Michel Brisson, Bertrand Cyr, Léane Dupuis, François Gagnon, Martine Lacroix, Denys Lortie, Nicole Moreau, Jonathan Ouellet, Christiane Voyer, Ève et Mélanie

AUTEUR DU JEU

Jacques Carl Morin

RÉVISEUR

Benoit Arsenault

PHOTOGRAPHE

Alexis Roberge

INFOGRAPHISTE

Megan Martel

IMPRIMEUR

Imprimerie STAMPA inc. (418) 681-0284

COPYLEFT

La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d’auteur Creative Commons « PaternitéPas d’Utilisation commerciale - Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n’est pas commercial, permet de l’utiliser et de le diffuser tout en protégeant l’intégralité de l’original et en mentionnant le nom des auteurs.

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La Quête est appuyée financièrement par :

Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI)

Financé par le gouvernement du Canada

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80 $

90 $

Journal La Quête

190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7

Téléphone : 649-9145

Télécopieur : 649-7770

Courriel : laquetejournal@yahoo.ca

Vous avez entre les mains une édition où nos chroniqueurs et nos chroniqueuses volent la vedette. Soulignons l’arrivée dans l’équipe de Maurane Bourgoing, doctorante en systémique — elle vous explique ce que c’est dans sa première chronique! — qui nous offrira chaque mois, un article en lien avec l’écologie et l’environnement. On aime ça!

Claude, Martine et Philippe enrichissent le contenu de leurs réflexions sur le rôle des livres dans nos vies et nos démocraties, mais nous offrent aussi de belles suggestions de lecture! Il ne faut pas non plus passer à côté des suggestions faites par Isabelle Noël. En plus des cinq titres qu’elle propose pour nous aider à mieux comprendre l’itinérance, elle suggère deux livres pour familiariser les tout-petits à ce sujet.

Rituel annuel, chaque troisième vendredi du mois d’octobre se déroule la Nuit des Sans-Abri. Les bibliothèques

«

vivantes sont l’une des activités de sensibilisation très appréciées lors de ces soirées. Le Comité maison de chambres a discuté avec deux experts de vécu au sujet de leur expérience de livre vivant. Dans Livrer son TPL, Mélanie témoigne également de ses raisons de se confier de cette manière.

Pour apprécier les livres, il faut savoir lire. Malheureusement, cela n’est pas possible pour tous. Mélodie Langevin rapporte les conséquences de l’analphabétisme dans le quotidien!

Pour ceux qui ont la chance de savoir lire… délectez-vous des perles contenues dans nos pages. Martine Lacroix incarne avec humour une boîte à livre, Michel Brisson se fait Porteur de paroles, Jonathan Ouellet offre sa Lettre à Gaïa, etc. Vous trouverez assurément plaisir à lire!

Bonne lecture!

LIBÉRONS LES SPOTS, PASSONS AU VOTE ! »

Le 27 septembre dernier, les camelots étaient réunis pour la rencontre « Libérons les spots, passons au vote! ». Jusqu’à maintenant, un camelot devait vendre à l’unique secteur de vente qu’il avait choisi. Certains camelots réclamaient, depuis un bon moment, le droit de vendre dans différents secteurs de la ville. On peut comprendre le besoin de « visiter » plus d’un environnement quand on passe plusieurs heures dans la rue. D’autres camelots étaient d’avis contraire : ça prend du temps « monter une clientèle », disent-ils « et je préfère ne pas partager mon “spot” ».

Lors de cette rencontre, on a fait l’exercice le plus démocratique possible. Chacun a pu, à tour de rôle, exprimer ses désirs et ses craintes. Ensuite, ils ont passé au vote.

Le résultat : 73 % POUR la libération des spots, 27 % contre.

Donc, ne soyez pas surpris, précieux acheteurs et précieuses acheteuses, de voir de nouveaux camelots dans votre quartier!

Nous avons également convenu lors de cette soirée de faire une période d’essai d’un mois. On se réunira à nouveau le 27 octobre pour écouter les camelots sur le déroulement de ce mois test et évaluer si on poursuit ou non de cette manière.

Enfin, cette décision ne permet pas aux camelots de vendre n’importe où dans la ville, ils doivent se poster à l’une des intersections désignées ci-dessous :

Saint-Roch

• Caron et Saint-Joseph

• Devant la bibliothèque Gabrielle-Roy

• Du Pont et Saint-Joseph

• Langelier et Saint-Joseph

• St-Dominique et Saint-Joseph

• B oul. Charest et rue Saint-Anselme

• B oul. Charest et rue de la Couronne

• B oul. Jean-Lesage et rue Saint-Roch

Limoilou

• 4e Rue et 3e Avenue

• 9e Rue et 3e Avenue

• 12e Rue et 3e Avenue

• 18e Rue et 1re Avenue Vieux-Québec et Saint-Jean-Baptiste

• Côte-du-Palais et rue Saint-Jean

• Honoré-Mercier et rue Saint-Jean

• Place d’Youville

• Devant la caisse populaire rue Saint-Jean

• B oul. René-Lévesque devant Centre des Congrès Montcalm

• Rue Fraser et Av. Cartier

• B oul. René-Lévesque et Av. Cartier Saint-Sacrement

• Secteur caisse du plateau Montcalm sur chemin Sainte-Foy

• Av. Belvédère et Boul. René-Lévesque Ouest Sainte-Foy

• B oul. Laurier devant CHUL/place Laurier

• Rue Myrand et rue Louis-Jolliet Sillery

• Rue Maguire, secteur SAQ

On souhaite aux camelots que cet allègement des règlements réponde à leurs attentes.

Une autre demande récurrente de la part des camelots est d’avoir un secteur de vente à l’abri des intempéries… Pour l’instant, seul le YWCA de la Basse-Ville autorise les camelots à vendre à l’intérieur. On aimerait réellement pouvoir offrir d’autres espaces intérieurs à nos camelots chevronnés : si vous pouvez nous aider, n’hésitez pas à communiquer avec nous!

laquetejournal@yahoo.ca 418 649-9145 poste 109

Courtoisie:Claude

Cossette

LIRE, C'EST BOIRE ET MANGER

Les livres sont le support de l’écriture qui, elle, exprime la pensée humaine. Les livres sont des véhicules de faits et d’émotions qui voyagent ainsi à travers le temps et l’espace. Les livres esquissent aussi des trajectoires qui s’ancrent dans le passé et éclairent l’avenir : « Les livres sont la lumière qui guide la civilisation », a écrit le président social-démocrate Franklin Roosevelt.

LE LIVRE OBJET DE PRESTIGE

En tant qu’objet, le livre est considéré par les uns comme un objet précieux qui doit être traité avec respect ; ils les accumulent, les couvent, les exposent comme d’inestimables objets de collection. Les autres les envisagent comme un outil dont les pages peuvent être pliées, crayonnées, arrachées même et, une fois lu, jeté au recyclage.

Parfois, le livre est un objet hautement symbolique. Pour certains milieux, il représente la connaissance. Ou la sagesse. Ou la vérité. Récemment encore, il permettait aux bourgeois d’afficher leur statut social : les diplômés du fameux « cours classique » étaient fiers de leur bibliothèque installée dans le salon et dont les ouvrages étaient recouverts d’une jaquette personnalisée. Dans certaines cultures, le livre est un objet sacré, intouchable, tabou. C’est le cas de la Bible pour les juifs et les chrétiens ou du Coran pour les musulmans.

Enfin, comme objet, le livre suscite maintes émotions. L’odeur tenace de l’encre, la texture veloutée du papier, et les marques laissées par les précédents lecteurs peuvent déclencher la nostalgie, susciter la curiosité. Les couvertures, le libellé des titres constituent des éléments qui, le cas échéant, attirent ou repoussent le lecteur. Et certains livres conserveront toujours une valeur sentimentale, tels les premiers livres qu’on nous a lus ou qu’on a lus, les livres reçus en cadeau ou les livres dédicacés par une auteure connue.

LE LIVRE MOYEN DE COMMUNICATION

Pendant des millénaires, la parole a été le seul véhicule des idées que l’on voulait communiquer. Il était alors impossible de faire franchir les distances à ses idées, jusqu’à ce que, aux alentours de 3000 avant notre ère, sur le territoire de l’Iraq actuel, on invente l’écriture.

Les supports de l’écriture ont d’abord été des plaques de terre cuite (lourdes et embarrassantes !), puis des peaux ou des feuilles de papyrus que l’on roulait (ce n’était pas des livres de poche !), et ensuite vers 1200, le papier de Chine (des feuilles de pâte végétale).

Finalement, la mise au point de l’imprimerie, vers 1450, a permis de démultiplier la diffusion des idées et des connaissances.

De nos jours, les livres de papier sont considérés comme des biens de consommation et, pour certains, des objets obsolètes depuis qu’ils sont numériques (même les livres des grandes bibliothèques mondiales ont été numérisés). Le livre est ainsi devenu universellement accessible… et écologique, les électrons étant parfaitement recyclables.

Papier ou numérique, le livre permet d’entrer en contact avec de grands esprits — scientifiques, poètes, philosophes et autres. Le livre ouvre une fenêtre sur le monde, sur les nouvelles idées et parfois sur son propre univers intérieur, car un livre peut, selon le moment, susciter la réflexion, inspirer, informer, éduquer ou divertir.

Je me rappelle l’effet qu’a eu sur moi, dans mon adolescence, la lecture du roman Le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier et, plus tard, les essais de Françoise Giroud ou de Benoite Groult. Avec ces lectures, les concepts de liberté et de responsabilité ont pris un sens puissant dans mon esprit. Et ce sont sans doute elles qui ont fait de moi un genre de critique, voire de protestataire.

Ce qui est sûr, c’est que la lecture permet à tous d’apprendre, d’évoluer à partir des expériences et des points de vue des autres… présents ou passés, vivants ou morts ! La lecture peut aider à mieux comprendre le monde sans parler des avantages pratiques : enrichir son vocabulaire, améliorer sa capacité à écrire et surtout, étendre ses connaissances et développer sa pensée critique.

La lecture de livres, romans ou essais est une activité enrichissante et divertissante. Et il y a des livres pour tous les goûts, qu’il s’agisse de fiction, d’essais, de poésie, de biographies ou de tout autre genre.

Comme l’a écrit le grand Victor Hugo : « Lire, c’est boire et manger. L’esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas ».

EN QUÊTE DE LECTURE

CINQ LIVRES POUR MIEUX COMPRENDRE L'ITINÉRANCE HRONIQUE

Si vous tenez ce magazine entre vos mains, il y a fort à parier que vous l’avez acheté d’un camelot au coin d’une rue passante de Québec. Ces mêmes rues sont présentement le lieu de vie d’une quantité importante de personnes. Le 14 septembre 2023, le gouvernement du Québec, à l’aide de données recueillies en 2022 par l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), publiait un rapport* révélant que plus de 10 000 personnes vivent en situation d’itinérance au Québec. Ce chiffre représente un bond de 44% depuis 2018.

Au-delà des clichés et des suppositions que l’on peut en faire, la crise du logement, la situation économique actuelle et la santé mentale ne sont que quelques raisons pour perdre pied… et son domicile.

Chacun a son histoire, et grâce à la plume de ces auteurs et autrices québécois, le voile se lève sur quelques-unes d’entre elles pour entrevoir la lueur, le temps d’une lecture, d’un changement de perspective.

Chercher Sam de Sophie Bienvenu

Soyez prévenus, il est quasi impossible de terminer ce livre sans verser une larme. Mathieu, le personnage principal, vit dans la rue. Un peu par choix, un peu par auto-sabotage. Sa chienne, Sam, le motive toutefois à garder le cap. Alors le jour où Sam disparaît, tout bascule, tout se bouscule, et Mathieu doit mettre fin à sa routine (précaire, mais rassurante) pour retrouver sa précieuse amie. En chemin, il (re)croisera plusieurs fantômes et devra affronter ses démons. Ce livre est une ode à la survie – pas seulement physique – mais mentale, morale, lorsque vivent en nous des souvenirs aussi douloureux qu’indélébiles.

Regards croisés sur l’itinérance un collectif dirigé par Saïd Bergheul

Bien qu’il soit principalement destiné aux intervenants, étudiants et professionnels du milieu, cet ouvrage publié par les Presses de l’Université du Québec en 2015 reste une référence pour qui voudrait faire le tour de ce phénomène de société qu’est l’itinérance. On y aborde entre autres les différentes facettes qui dessinent la réalité actuelle, en plus de proposer des solutions pour remédier à la situation. Les explications claires nous montrent que même si chaque cas est différent, l’itinérance est principalement un problème d’exclusion sociale, et que tout le monde peut mettre la main à la pâte pour renverser la vapeur.

Elles se relèvent encore et encore de Julie Cunningham

Dans le cadre de sa recherche doctorale, l’autrice s’est penchée sur la situation bien particulière des femmes autochtones en situation d’itinérance. Bien qu’il s’agisse d’un projet scolaire, ce livre est surtout un beau recueil d’histoires et de témoignages de femmes âgées de 27 à 60 ans qui partagent généreusement des situations parfois difficiles à raconter. En se promenant à travers le Québec, Julie Cunningham a su donner la voix à celles qui n’ont pas souvent l’occasion de s’en servir – et on ne peut que la remercier. À mettre entre toutes les mains.

Anna et l’enfant vieillard de Francine Ruel

Bien connue dans le milieu culturel québécois, Francine Ruel en a surpris plus d’un à la sortie de ce roman autobiographique. De sa plume assurée et assumée, elle nous propose de plonger dans la tête et le quotidien d’une mère qui est totalement impuissante devant la descente aux enfers de son fils, qui vit dans la rue. Anna, le personnage principal, doit carrément faire le deuil de son enfant vivant. Rempli d’émotions, mais jamais pleurnicheur, ce livre est teinté par la peur qu’a Anna de revoir son fils, quêtant dans la rue, et de ne pas le reconnaître.

Le Refuge des jeunes de Montréal : trente ans en pays d’itinérance ou La douleur de la soie de France Labelle. Écrit par la cofondatrice du Refuge, on retrouve dans ce livre Christian, François, Garry et Alex, qui témoignent de passages difficiles de leur vie et de l’impact qu’a eu le Refuge sur eux.

DESTINÉS AUX ENFANTS

Pour terminer, deux excellents albums pour enfants qui expliquent avec brio l’itinérance et la santé mentale à nos tout-petits qui posent beaucoup de questions. L’homme sans chaussette de Jennifer Couëlle et Ninon Pelletier et Le grand Antonio d’Elise Gravel.

À la fin de son album, Elise Gravel tient à remercier « tous ceux qui travaillent à aider les gens qui, comme Antonio, sont presque toujours dehors ». Je ne pouvais imaginer meilleure conclusion pour cette chronique. Merci, dix mille fois.

ISABELLE NOËL

*Pour l’étude du gouvernement du Québec et de l’INSPQ parue en septembre 2023, c’est par ici : https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2023/23-846-05W.pdf

LE QUOTIDIEN D'UNE PERSONNE ANALPHABÈTE

Dans l'ombre de notre société moderne, une problématique trop souvent négligée persiste : l'analphabétisme. Alors que la plupart d'entre nous tiennent l'éducation pour acquise, il existe encore des individus qui vivent leur quotidien en luttant contre cette réalité méconnue. L'histoire de Jean (nom fictif), qui a généreusement partagé son expérience avec La Quête, offre un aperçu poignant de la vie en tant qu'analphabète.

Pourquoi n’a-t-il pas pu apprendre?

L’origine de son analphabétisme remonte à une époque où le système d’éducation était loin d'être aussi inclusif qu'aujourd'hui. L’homme dans la cinquantaine a grandi dans une période où les élèves en difficulté étaient souvent laissés pour compte, plutôt que d'être soutenus de manière adéquate, tel que dans les écoles d’aujourd’hui. Cette exclusion précoce du système scolaire a jeté les bases de son analphabétisme. Son parcours l'a ensuite conduit à la rue, où il a été confronté à des défis encore plus ardus.

Comment compose-t-il avec le marché du travail?

Jean, homme débrouillard et habile de ses mains, a persévéré et a su trouver refuge dans les métiers manuels. Il était facile auparavant de trouver un emploi, car l’entrée en poste était souvent rapide à la suite d'une simple conversation. Aujourd'hui, les procédures d'embauche sont plus complexes et impliquent toujours un minimum de paperasse, des formulaires et un CV doit être présenté. Ces démarches, en apparence simples, représentent pourtant un défi colossal pour Jean. Cette réalité l'a poussé à se tourner vers des emplois non déclarés et dangereux, au risque de sa sécurité.

La navigation dans un monde de paperasse et de formalités bureaucratiques devient un défi monumental pour ceux qui ne maîtrisent pas les compétences de base en lecture et

en écriture. Jean a évité de demander une couverture médicale (RAMQ) pendant des années, redoutant la complexité du processus et se sentant gêné de demander de l'aide. Les impôts, les démarches administratives et les interactions avec les institutions sont autant d'épreuves écrasantes pour quelqu'un dans sa situation.

Comment se sent-il?

Demander de l'aide devient un dilemme émotionnel. La dépendance envers les autres s'installe, et cette aide extérieure doit provenir de personnes en qui l’on peut avoir confiance. Tous n'ayant pas de bonnes intentions, il est arrivé à Jean d'accorder sa confiance à autrui et qu'en retour, il soit victime d'escroquerie.

Cependant, les défis posés par l'analphabétisme vont au-delà de la sphère administrative. Les préjugés et l'incompréhension représentent un obstacle tout aussi redoutable. Jean, qui partage ouvertement son expérience, confie qu'il se sent fréquemment jugé. Certains individus semblent réticents à admettre que cette réalité perdure encore de nos jours, tandis que d'autres répondent à son récit avec un mélange de mépris et de railleries. Néanmoins, il existe aussi des personnes bienveillantes et compatissantes qui savent offrir un soutien précieux. Chaque interaction est une incertitude pour Jean, une balance entre l'acceptation et le rejet.

Comment s’en sortir?

L'analphabétisme devient un obstacle majeur pour sortir de la rue. Trouver un logement, gérer les relations sociales et accéder à un emploi deviennent des défis insurmontables. Jean se sent piégé dans une impasse, privé de son indépendance et de son autonomie. La société semble avancer, laissant derrière elle ceux qui ne peuvent suivre le rythme.

Pourtant, il existe des solutions. Les cours d'alphabétisation offrent un moyen de briser ce cycle, mais leur adhésion exige une force intérieure considérable. Revenir à l'éducation après des années d'absence est une étape terrifiante et difficile. Si la société peut offrir des espaces sûrs et compréhensifs pour permettre à ceux qui ont été laissés pour compte de se réintégrer dans le système éducatif, un avenir plus prometteur pourrait se profiler.

Pour véritablement changer la donne, il est essentiel de briser le tabou entourant l'analphabétisme. En faisant preuve d'empathie et de compréhension, nous pouvons changer la trajectoire de vie de personnes comme Jean. Leur analphabétisme n'est pas synonyme de honte, mais le résultat de circonstances qui leur ont échappé. En mettant fin à l'isolement, en reconnaissant cette réalité et en offrant des opportunités d'apprentissage adaptées, nous pouvons transformer ces vies et construire une société plus inclusive pour tous.

MÉLODIE LANGEVIN

Organisme ressource

Atout-Lire, groupe populaire en alphabétisation

266, rue Saint-Vallier Ouest Téléphone: 418 524-9353

Photo de David sur Pixabay

L'ABC DE LA LECTURE

Pour lire, il faut apprendre à lire. Apprendre à lire est une action volontaire qui mobilise notre cerveau et nos cinq sens. Pour certains, c’est facile. Pour d’autres, la reconnaissance des signes qui composent nos écritures est beaucoup plus ardue parce qu’ils sont moins, pour une raison ou une autre, disponibles à l’apprentissage.

Pour apprendre à lire, il faut avoir un guide qui nous aide à comprendre que chaque lettre correspond à un son de notre langue, on va dire maternelle, et considérer la participation des autres humains qui nous entourent comme essentielle. Il faut apprendre progressivement chaque lettre et savoir que, quand on les réunit, cela produit une gamme de sons traduisible en mots reconnaissables, mots qui décrivent des choses, des concepts et des notions de notre environnement. L’assemblage de mots participe à créer une phrase. Bref, apprendre à lire oblige une participation complexe de toutes nos facultés. Dans l’acte de lire, il y a une notion de compréhension. Non seulement il faut décoder les mots et les phrases, on doit aussi saisir leur sens. Ce n’est qu’à ce stade que l’on peut affirmer que l’on sait lire. Pour apprendre à lire, une personne doit acquérir des connaissances et des stratégies se rapportant aux textes. Pour donner du sens à ce qu’elle lit, une personne a besoin de

connaissances sur la langue (vocabulaire, phrases, structure de texte, etc.) et sur le monde qui l’entoure (nom des rues, des commerces, etc.). Elle doit également être en contact avec des textes de plus en plus complexes et apprendre à recourir à des stratégies efficaces. Tout comme les connaissances, les stratégies doivent être acquises progressivement et souvent répétées avant d’être utilisées spontanément et à bon escient. Donc il faut savoir lire pour apprécier un livre.

L’IMPORTANCE DE SAVOIR LIRE

La lecture permet de s’ouvrir au monde et de comprendre ce qui nous entoure. Elle est utile pour se déplacer, se nourrir, se soigner, apprendre des choses… Elle permet aussi de se divertir et de rêver…

La lecture développe l’esprit d’analyse et l’esprit critique. Chaque page tournée renforce les connaissances et aide, au final, à mieux comprendre le monde qui nous entoure. Les chercheurs ont avancé que lire des livres améliore le vocabulaire, le raisonnement, la concentration et la pensée critique, et que la littérature stimule les processus cognitifs comme la perception sociale et l’intelligence émotionnelle. Lire permet de développer la personnalité. C’est en outre une bonne façon d’acquérir de nombreuses valeurs sur la société.

ANALPHABÉTISME EN CHIFFRES

AIMER LIRE

Lire donne la possibilité de vivre à une autre époque ou d’explorer un lieu réel ou imaginaire. En lisant, on découvre des mondes que l’on n’aurait jamais pu imaginer soi-même. La lecture permet de sortir du quotidien tout en y restant.

Lire nous ouvre l’esprit et développe notre sensibilité et notre empathie, soit le pouvoir de se mettre à la place de l’autre. La rencontre avec un livre peut changer nos vies, et nous accompagner pendant des semaines, des mois, des années.

La lecture libère la personne dans la construction de soi. La lecture lui ouvre des portes qu’elle n’aurait jamais imaginées. Quel bonheur, n’estce pas, de découvrir par soi-même des mondes, des univers insoupçonnés ?

De plus, la lecture peut augmenter les connexions à l’intérieur du cerveau et créer des changements neurologiques persistants qui correspondent un peu à la mémoire musculaire qui permet de s’adapter aux efforts demandés. Lorsqu’on lit, on crée de nouvelles synapses dans notre cerveau, c’est-àdire de nouvelles connexions. Cela solidifie la mémoire et la rend plus intense.

Enfin, la lecture réconforte : elle est une jouissance solitaire !

Au Québec, 1 personne sur 5 (19 %) éprouve des difficultés majeures à comprendre et utiliser un texte écrit.

Le Québec est au 10e rang des provinces et territoires canadiens au chapitre de la compréhension de textes écrits.

Près de 1 jeune sur 2 issu d’un milieu défavorisé ne termine pas ses études secondaires.

Qu’est-ce que l’analphabétisme ?

Il s’agit de l’incapacité de lire et de comprendre un simple texte et d’utiliser ou de transmettre des informations écrites dans la vie de tous les jours, et la présence de ses difficultés nuit à son intégration à la société. Les causes sont multiples, mais peuvent être, entre autres, la sous-scolarisation des enfants.

Source : Fondation pour l’alphabétisation (https://fondationalphabetisation.org)

LES LIVRES VIVANTS

DE MARTIN ET NOËL

Dernièrement, Jean-Sébastien et moi avons eu la chance de discuter avec Martin et Noël, deux experts de vécu du Comité Maison de chambres de Québec (CMCQ), à propos de leur expérience de livre vivant. Un livre est un assemblage de feuilles imprimées, reliées ou brochées en un volume. Alors, on s’est demandé si on pourrait dire qu’un livre vivant est un assemblage d’expériences diverses réunies en une seule personne. Le partage de notre entretien vous fournira la réponse.

Pourquoi ont-ils accepté de livrer leurs expériences personnelles à des inconnus ? C’est d’abord la curiosité qui les a poussés à participer à cette nouvelle activité de bibliothèques vivantes.

La curiosité les a poussés, mais que voulaient-ils partager ? Noël voulait démontrer que « c’est faisable d’améliorer notre sort ». Il veut aussi faire connaître des réalités, telle la vie en maison de chambres, que peu de gens connaissent. Martin, lui, souhaitait livrer un message d’espoir « qu’on peut toujours tirer du positif des mauvaises expériences qu’on a vécues […] comment je m’en suis tiré, comment j’ai pu rebondir après avoir vécu ça, les leçons que j’ai pu en tirer ».

Comment s’est déroulée leur première expérience de livre vivant ? Les deux ont eu une expérience positive. Ils diront d’ailleurs plus tard dans l’entretien qu’ils n’ont jamais eu de mauvaise expérience. Noël a apprécié l’organisation et en a retiré quelque chose d’enrichissant. Martin ajoute même avoir rencontré des personnes ou avoir eu de belle collaboration avec des organisations.

Qu’est-ce que ça prend pour être un bon livre vivant ? « C’est la volonté de vouloir transmettre ce qu’on a vécu », affirme Martin. Noël mentionne que ça dépend du cadre dans lequel c’est présenté : veuton faire connaître les réalités liées à la santé mentale, à la toxicomanie ou aux maisons de chambres ? Ça doit sortir de l’ordinaire selon lui. Il ajoute que le livre vivant doit être capable de témoigner, de se présenter, de livrer le message. « Ça prend quand même une certaine habileté dans ce sens-là, de captiver la personne qui t’écoute, sinon elle va s’endormir devant toi, elle va fermer le livre ! », insiste Noël qui nous a bien fait rire avec ça et qui oriente la discussion vers les réactions des auditeurs. Martin et Noël mentionnent que toutes leurs expériences ont été positives. Les gens ont une bonne écoute et sont très réceptifs.

DES CONSEILS À DONNER?

L’expertise qu’ils ont développée comme livre vivant leur permet de donner des conseils à une personne souhaitant devenir un livre vivant. Il faut « rester soimême. Ne pas chercher à être autre chose que toimême parce que ça ne marche pas, insiste Martin qui poursuit […] tu n’es pas là pour faire un show, tu es là pour raconter ton histoire d’une manière intime. […] Il ne faut pas avoir l’appréhension que l’autre va nous juger. Il faut rester relax en tenant compte que l’autre n’est pas là pour juger ». Un travail doit être fait avant de se rendre à une bibliothèque vivante, selon Noël. « Bien se préparer, savoir ce que tu veux ou non livrer comme message. De l’écrire si nécessaire. Prendre le temps d’aller à l’essentiel, de concrétiser un message. Simple, mais qui dit ce qu’il y a à dire. […] Ensuite, être le plus possible à l’aise avec les gens à travers le message que tu livres. Être confiant. Être souple : ça m’est arrivé aussi que l’autre partageait des affaires, faut savoir l’écouter rendu là », avise-t-il.

DU CÔTÉ DU LECTEUR

Les personnes qui « empruntent » un livre vivant doivent être disposées à vivre l’expérience. Écoute, accueil et ouverture d’esprit sont essentiels selon Martin qui explique « c’est un moment où la personne est mise à nue, donc il y a des moments où la personne est vulnérable ». Noël lui, mentionne que « il faut être respectueux, ouvert et curieux, et ajoute que ce n’est pas une activité qui est encore très connue, mais que ça gagnerait à l’être plus ».

Pour conclure, Martin souhaite que l’on retienne que les livres vivants offrent un modèle de relation dont on devrait s’inspirer dans l’enseignement. Apprendre par l’exemple peut-être ?

« S’il y a une qualité à un livre vivant, c’est que ça se peut qu’il ne soit jamais usé. Qu’il soit toujours neuf », sera le dernier commentaire de Noël.

Alors, n’hésitez plus à participer à une bibliothèque vivante : les pages du livre vivant ne vont pas se détacher parce qu’on l’emprunte souvent !

MARTIN GOULET NOËL GRENIER

JEAN-SÉBASTIEN WRIGHT

MARIE-HÉLÈNE VALLÉE

Comité Maison de chambres de Québec

LIVRER SON TPL

Salut à toi, cher lecteur, je viens te partager un peu de mon expérience de livre vivant et te dire que… quand je suis livre, je me livre.

Être livre vivant pour moi a été et est toujours une démarche importante. Pourquoi ?

Parce que je parle d’un des diagnostics les plus démonisés et invalidants, le trouble de personnalité limite (TPL).

Tu sais, j’aurais pu choisir de parler du TDA ou des dépressions saisonnières, mais non. Je suis une fille de défi et mon défi à moi est de faire voir le plus possible que je pourrais être ton amie, la caissière à l’épicerie que tu trouves chouette ou n’importe qui d’autre, parce que ce trouble-là, il prend la forme de multiples visages.

En t’expliquant, comme je peux, que je ne laisse pas ce trouble me définir, mais que c’est moi qui le défini, je me livre à ta capacité d’ouverture d’esprit ou de jugement. Chaque fois, j’en sors un peu plus grandie, encore plus fière du chemin de rétablissement que j’ai parcouru et motivée pour le chemin qui me reste à faire, car un travail sur soi, c’est le travail de toute une vie selon moi.

Oh, oui… je réalise que je suis en train d’oublier de t’expliquer ce qu’est un livre vivant. Tu sais, quand tu vas emprunter un livre à la bibliothèque, bien c’est un peu le même principe sauf que là tu empruntes un humain qui pendant 15 minutes se livre à toi. Il est évident que nous les livres ne pouvons pas tout dire en si peu de temps. Mais nous sommes tous

des humains qui ont à cœur d’être vecteurs d’espoir en santé mentale dans la bibliothèque vivante de Pech/sherpa. Et puis après tout… chaque être humain est comme un livre. On a un début, une fin, une couverture, etc.

Toi, qui es-tu comme lecteur ?

Te contentes-tu de seulement voir la couverture, de lire le synopsis, de lire quelques pages ici et là pour avoir une idée, tu te fies aux critiques ou tu es comme moi et tu aimes entrer dans le vif du sujet quitte à relire pour bien comprendre tous les niveaux de lecture ?

En espérant un jour te voir lors d’une de nos bibliothèques.

Amicalement,

MÉLANIE

QUOI

DE NEUF LA NATURE ?

Écologie, biologie, environnement ; de quoi parlet-on vraiment ?

Par cet article, débute ma contribution au magazine de rue La Quête en tant que chroniqueuse sur l’écologie, la biologie, l’environnement, la recherche dans ces disciplines, et les enjeux qui y sont liés. Mon parcours académique m’a mené à travers des formations en biologie, en écologie, en bryologie et maintenant en systématique. Beaucoup de chapeaux pour une seule tête !

Mais qu’est-ce qui peut bien distinguer ces différents domaines d’études et d’emploi ? La biologie ratisse très large puisqu’il s’agit de l’étude de tout ce qui est vivant. Quant à l’écologie, il s’agit de l’étude de l’environnement où habitent les êtres vivants et de l’interaction entre eux. Par exemple, il est possible d’étudier les mécanismes responsables du réveil des animaux à la fin de leur hibernation (biologie), mais aussi la compétition entre ces animaux et les autres pour les ressources disponibles dans l’environnement (écologie). Biologie et écologie sont bien sûr interreliées puisque ce qui explique les interactions entre un organisme et son environnement est régi par la biologie de cet organisme, c’est-à-dire par son fonctionnement.

Une formation dans l’un ou l’autre de ces deux domaines mène bien souvent au même type de travail étant donné qu’ils sont complémentaires. Il y a toute sorte d’organisme sans but lucratif et d’association privée ou publique qui participent à la conservation, la gestion et la protection des milieux naturels en contrôlant, par exemple, les plantes envahissantes (berce du Caucase, renouée du Japon, phragmite, etc.), en gérant des zones naturelles (Parc du Marais-Léon-Provencher, réseaux SÉPAQ, etc.), en faisant le suivi d’espèce à statut (espèce ayant été désignée menacée, vulnérable ou vulnérable à la récolte), en faisant des relevés fauniques (les animaux) ou floristiques (relatif à la flore, aux plantes) et j’en passe ! Finalement, les personnes ayant une formation en environnement s’occupent davantage des aspects légaux et de la gestion des ressources naturelles. Elles peuvent notamment être les maîtres d’œuvre de divers projets servant à la transition socioéconomique telle la mise en œuvre de programmes visant la réduction de la production de déchets.

HRONIQUE

C’est en complétant une maîtrise en écologie avec une spécialisation en bryologie et en poursuivant mon parcours au doctorat en systématique que je joins ma passion pour la recherche et la conservation de la nature. La bryologie englobe tout ce qui se rapporte aux plantes non vasculaires, c’est-à-dire qui n’ont pas de système racinaire et de système de circulation, plus communément appelées mousses. Elles passent souvent inaperçues, mais elles sont littéralement partout, poussant sur les troncs d’arbre, les roches, dans les craques de trottoirs, dans l’eau, le bois mort, bref partout où elles peuvent se développer! Durant ma maîtrise, j’ai pu explorer les raisons expliquant la distribution et la diversité en mousse dans un contexte d’exploitation forestière intensive afin de permettre une meilleure gestion de la biodiversité.

Maintenant au doctorat, j’étudie un autre domaine, la systématique, c’est-à-dire l’étude des relations de parenté entre les organismes et la délimitation des espèces. Un peu de la même manière que l’on retracerait les liens de parenté dans une famille, je cherche l’histoire qui relie un groupe d’espèces, les Bidens. Un aspect de mes recherches est la délimitation des espèces, qui consiste à trouver les critères morphologiques, génétiques et écologiques qui permettent de déterminer ce qui sépare une espèce d’une autre. Cela est très important puisque certaines plantes que j’étudie sont rares et ne sont actuellement pas reconnues comme une espèce. Difficile alors de pouvoir émettre des recommandations sur leur protection et encore plus de faire le suivi de leur population. Pour protéger quelque chose, dans le cas présent des plantes, il faut d’abord que celle-ci soit définie et délimitée, cela permet d’être reconnue. Mes travaux de recherche actuelle participent donc concrètement à la conservation.

Finalement, un autre de mes intérêts, qui sous-tend ma participation au magazine La Quête, est le partage de mes connaissances. Le plaisir d’apprendre devient un plaisir partagé lorsqu’on peut le communiquer !

LA MILLE ET DEUXIÈME NUIT

Qui se vanterait, en 2023, d’avoir lu sans sauter de pages, le livre Les mille et une nuits ? On connaît vaguement cette histoire d’une femme qui réussit à distraire son mari jaloux, en lui inventant chaque soir un nouvel épisode d’un récit qu’elle étire comme le font les auteurs de téléséries modernes pour retenir leurs spectateurs.

Schéhérazade, l’héroïne, est en mode survie : si elle rate son effet, son partenaire lui tranchera la gorge comme il l’a fait à celles qui l’ont précédée, pour se venger de l’infidélité de sa première épouse. L’histoire relève de légendes orientales anciennes nées entre les Xe et XVIe siècles et exportées par les voyageurs du monde occidental qui en expurge parfois le contenu, nos cultures rejetant les excès décrits. Officiellement.

Il y a quelques mois, lors du déménagement de mon amie Valentine, j’ai découvert dans sa bibliothèque un coffret de la version en deux volumes (2000 pages !) de cet ouvrage relancé aux Éditions Robert Laffont à la fin des années 1980. Elle ne l’avait jamais ouvert et, connaissant mon goût pour « les vieilles affaires », elle me l’a offert avec un sourire narquois.

Au début d’août, par un matin pluvieux, j’ai retrouvé, en déplaçant des livres, le cadeau de Valentine. Par curiosité, j’ai tiré le premier tome du coffret et j’ai compris l’ironie du sourire de Valentine. En feuilletant les pages minces littéralement couvertes de petits caractères serrés, j’ai reconnu que j’aurais besoin de lunettes, de patience et surtout de tolérance !

Mais les notes de présentation de l’ouvrage et de son auteur, un certain Dr Mardrus, m’ont encouragée à tourner les pages suivantes. Et j’y ai redécouvert les caprices du mot suspense, comme dans les romans contemporains de Louise Penny, Chrystine Brouillet ou Marie Laberge, quand l’action appelle une conclusion qui tarde à venir. Mais ici, tout se boucle en une soirée, dans une épaisse couche d’exotisme luxuriant, d’allusions sensuelles et de descriptions gourmandes à n’en plus finir !

J’écris ces lignes à la 149e nuit : Schéhérazade est toujours vivante et sa petite sœur Doniazade l’accompagne encore pour réclamer la suite de l’histoire de la veille, afin de distraire le méchant jaloux de ses intentions meurtrières. Plutôt répétitif comme pro-

cédé, mais l’exotisme oriental des aventures imaginées crée un climat comparable à celui des contes fantastiques contemporains. Mais à la longue, la place impartie aux femmes dans la plupart des récits devient agaçante et incite à tricher pour arriver aux dernières pages.

De nos jours, le lecteur désireux de tout savoir sur une œuvre dispose d’une baguette magique comparable à celle des contes anciens : l’Internet. Quelques clics et il satisfait sa curiosité et enrichit le contenu de sa mallette culturelle. À l’origine, Les mille et une nuits, est un recueil de contes persans anciens auxquels ont été ajoutées, au fil des siècles, des légendes empruntées aux traditions orales et aux récits de conteurs des pays du monde arabe.

Le coffret actuel est une compilation de plus d’une centaine d’histoires traduites de l’arabe par J.-Charles Mardrus, médecin orientaliste des Messageries maritimes françaises, à la fin des années 1890. Formé aux humanités classiques et à l’arabe littéraire chez les Jésuites de Beyrouth, il profitera de ses voyages pour traduire de l’arabe les contes déjà connus en les enrichissant. Le romancier Stéphane Mallarmé l’encouragera à les publier.

Imaginer une suite à l’histoire de Schéhérazade avait déjà intéressé des écrivains de l’époque. En partant du thème de La mille et deuxième nuit, le romancier Théophile Gautier s’amusera à écrire une nouvelle. Jules Verne avait déjà pensé à un « opéra-féérie » mis en musique par le violoniste Lucien Poujade. Jamais jouée dans le temps, l’œuvre a été présentée l’été dernier en France, à Reims, par la Compagnie lyrique de monts du Reuil.

Admettons que les dérives de la curiosité peuvent mener loin d’un point de départ. La génération de ceux qui ont marché sur la Lune et explorent l’univers a inventé des machines qui voyagent dans l’espace, et prétend vivre dans un monde virtuel. Mais en y pensant bien, n’est-ce pas ce que font les livres en proposant de voyager dans le temps avec des histoires, fantastiques ou banales, selon les désirs du moment ?

MARTINE CORRIVAULT

Corrivault

SE RETROUVER ENTRE LES MOTS

Les livres sont les gardiens de la mémoire, de notre mémoire. Ils forment un réseau de témoignages qui tissent la toile sur laquelle nous peignons notre vie. Nous nous articulons par eux et pour eux, sans réellement nous en rendre compte. Les livres sont des passeurs de tradition, sans lesquels nous n’aurions ni rêve commun, ni identité collective, ni relation profonde avec ce qui nous entoure. Ce legs de différents récits est un immense arbre généalogique qui nous unit les uns aux autres et qui nous permet de nous sentir chez nous dans les traditions qui portent nos couleurs. Cette mémoire conservée entre des feuilles de papier ne nous apporte pourtant pas toujours de la sérénité : elle nous montre nos erreurs passées que nous aimerions bien souvent laisser cacher sous le tapis.

Les livres sont des miroirs à travers lesquels nous devons avoir le courage de nous regarder droit dans les yeux, malgré notre peur devant ce que nous risquons de découvrir. Comment décrire le dégoût que j’ai ressenti pour mon propre récit en lisant le cri d’An Antane Kapesh ou encore le poids qui s’est écrasé sur mes épaules alors que je ressentais

au plus profond de mon cœur la souffrance de Nelly Arcan ? Alors qu’ils peuvent être un refuge qui nous sauve la vie, les mots se ressentent aussi parfois comme un étau qui nous agrippe les doigts enfoncés dans notre gorge. Les livres nous remettent dans le visage cette partie laide de nousmêmes que nous essayons de fuir — inconsciemment ou pas —, ils nous empêchent d’oublier que nous sommes imparfaits, faillibles, et que c’est notre devoir de reconnaître que nous sommes des êtres mouvants qui doivent faire preuve d’assez de courage et d’intégrité pour remettre en question ce que nous croyons si bien savoir. Les livres sont un espace qui nous donne la liberté de nous critiquer, de contester ces taches aveugles qui créent tant de souffrances, d’aller à la rencontre des autres avec humilité et d’apprendre de leur contact. Les livres donnent une voix à ceux et à celles qui ont perdu la leur et nous poussent à les écouter. Les livres nous rapprochent et nous lient.

Les livres sont des lieux de rencontre, de découverte de perspectives nouvelles. De partage des petites joies que nous recueillons sur notre passage. De luttes, qu’elles soient grandes ou petites.

De création libre et aérienne. De compost à bonheurs et à bonnes nouvelles. Ce sont des maisons à habiter, à explorer seul.e ou à plusieurs. Ce sont des arbres à escalader avec une intrépidité d’enfant. Ce sont des jardins de fleurs à aimer et à soigner. Ce sont des cordons ombilicaux que nous n’aurons jamais à couper. Ce sont tant de personnes, tant de rêves, tant de mains — petites, douces, osseuses, recouvertes de corne, minces comme du parchemin, tachées par l’encre ou collantes de confiture — qui ont tenté de donner du sens à une histoire, la leur ou celle des autres, au sein d’un livre. Une tentative de trouver les bons mots qui feront perler la larme au coin de l’œil, qui redonneront un élan à la vie qui se fatigue, qui porteront compagnie aux êtres autrefois prisonniers de la solitude et qui traverseront la page pour se graver à jamais dans le cœur de la personne qui les lit. Ces confettis de rencontres, ces mots justes, ils seront comme des graines de pissenlits si légères qu’elles flotteront doucement, portées par les bourrasques et le souffle des enfants, jusqu’à une nouvelle terre fertile où, une fois de plus, elles prendront racine.

LÉANA DUPUIS

CONFIDENCES D'UNE BOÎTE À LIVRES

Quel merveilleux boulot que d’être une boîte à bouquins ! Je suis toujours en évolution, un peu comme une création de Robert Lepage ! Mais pour être dehors toute la journée, il me faut être solide ! Aussi solide que le troisième lien ! Euh, pas drôle !

Sérieusement, je reçois autant d’attention que… le Château Frontenac ! Qui ne rêve point de lecture 110 % gratuite ? De plus, tout le monde peut s’improviser bibliothécaire ou libraire ! À toi de choisir les volumes que tu veux faire connaître aux autres !

C’est t’y pas merveilleux ça ?

Je prends tout ! B oulimique de mots, je suis ! Si tu savais ce que j’ai reçu au fil des ans.

Des guides de voyage ! Tintin au Tibet ! Tintin en Amérique ! Tintin Objectif Lune ! Tintin au pays des cônes orange… Des manuels de référence comme le Guide de l’Auto 1978 ou encore La crise du logement pour les nuls. À l’intérieur, il y avait même une dédicace à l’intention de FranceÉlaine Duranceau, la ministre de l’Habitation.

Sans compter les livres de recettes de Ricardo.

Aussi des classiques de la littérature québécoise comme Le Survenant ou encore Les Plouffe. Y’a toujours de la place chez moi pour les livres d’Ovide Plouffe ! Cosmopolite je suis, car des bouquins

rédigés en diverses langues atterrissent au cœur de mes entrailles !

Et il ne faut pas oublier les albums tout mignons destinés aux menottes qui les tripotent avec enthousiasme ! Et qui bavent dessus !

Conseil, si tu m’offres un polar, peux-tu vérifier l’état de l’ouvrage ?

C’est qu’un roman policier auquel il manque la page où est mentionné le nom du meurtrier… c’est frustrant en maudit ! Cela peut même provoquer des idées suicidaires !

Si je te confiais que j’ai déjà reçu des livres cochons… Ohhh Faismoi mal ! Mais pas trop quand même ! Ouais, 50 nuances de Grey, c’était pas de la petite bière…

En songeant à toutes ces œuvres qui ont meublé mon bedon, j’en ai un peu la nausée !

As-tu du Pepto-Bismol ? Mais c’est quand mieux que d’avoir le ventre vide ? Moi, lorsque je n’ai rien dans l’estomac, je me sens si triste. Je sais toutefois que cette situation est temporaire. J’imagine le drame lorsqu’on souffre de famine à longueur d’année… Snif !

Pis toi ? Qu’est-ce que tu vas me donner aujourd’hui ? Pas pour le moment ! Tu passes ton tour. OK, je le prends pas personnel, comme on dit.

Tiens, il y a justement quelqu’un qui se pointe avec un volume sous le bras !

Ah non ! Un oiseau vient de déféquer sur sa tête ! Oups ! C’est notre premier ministre qui m’apporte son récent coup de cœur littéraire. Pauvre M. Legault !

Illustration de Martine Lacroix

L'ÂME DU COLLECTIONNEUR

Les livres ont occupé une très grande place dans ma vie et celle de ma famille. Dans un coin du salon, il y avait une bibliothèque : ses quelques rayons vitrés étaient garnis de gauche à droite. Il y avait, sur un étage, les six gros volumes encyclopédiques Larousse du XXe siècle. Je me souviens de leur couverture et de la reliure d’un vert foncé de motifs embossés en bas-relief. Je crois que mon père, dans sa jeunesse, avait lu presque toutes ces volumineuses briques.

Vers la fin de mon enfance, mon paternel a ajouté, dans ce même rayon, deux autres volumes concernant la vie des animaux : un sur les animaux domestiques, et l’autre sur ceux qu’on dit sauvages. Encore une fois, les reliures étaient très belles, beiges et vertes avec lettrage doré. Les autres rayons comprenaient des œuvres de la littérature québécoise du 18e et 19e siècle. Tels le premier tirage d’Un homme et son péché de Claude-Henri Grignon ou encore les œuvres de Blanche Lamontagne-Beauregard, apparentée à notre famille.

Je me souviens aussi d’un très grand catéchisme, où l’enfer de Dante accompagné de tous les démons était illustré en noir et blanc. C’était assez impressionnant pour faire peur à bien des enfants.

Un peu plus tard, deux volumes d’une importance capitale sont apparus dans la bibliothèque familiale. Il s’agissait d’études généalogiques que mon père avait commandées à la Compagnie Drouin. La sienne et celle de ma mère. C’est dans ces volumes uniques que j’ai appris que le premier ancêtre de ma lignée à s’être établi au Québec était un apothicaire provenant de la paroisse de Saint-Séverin de Paris.

Notre passion pour les livres ne s’est pas arrêtée là. J’avais près de 10 ans quand au retour d’un voyage à l’étranger, ma mère m’a offert un cadeau : L’étoile mystérieuse de Tintin par Hergé. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une passion chez mon frère et moi. Au bout de quelques années, nous avions la collection complète de Tintin. Pour ranger nos acquisitions, mon père nous avait fait construire une bibliothèque. Et afin de ne pas perdre de temps en discussions inutiles, il avait fait faire deux tampons à nos noms respectifs. Lorsque nous recevions un nouveau livre, nous imprimions notre estampe à la première page du volume.

Pendant mon cours primaire, les meilleurs élèves avaient la chance de se voir attribuer des livres. L’inspecteur d’école, qui distribuait ces récompenses lors de sa visite des classes sur son territoire, était l’époux de ma cousine. Il recevait souvent des boîtes du ministère de l’instruction publique qu’il devait préparer pour ses prochaines visites. Lorsque nous allions le visiter, notre rôle était de l’aider dans ses préparatifs, et notre rémunération, pour notre plus grande satisfaction, était des livres évidemment.

À la période du fameux cours classique (qui n’existe plus aujourd’hui), nous conservions précieusement tous les

livres des différents cours que nous avions suivis. Je me suis régalé en achetant régulièrement les volumes qui traitaient d’un sujet qui pouvait s’amalgamer avec ce que j’étudiais. De plus, mon père m’avait abonné à des revues traitant des sujets de mes études.

HRONIQUE

J’ai souvent eu la chance de faire des acquisitions de livres rares et intéressants, et j’apprécie grandement les éditions des siècles passés et les auteurs classiques. Les livres d’époque sont bien reliés comparativement aux éditions récentes qui doivent être abordables pour conquérir un plus grand nombre de lecteurs.

Les éditions anciennes étaient souvent des œuvres d’art de la reliure avec leur jaquette de cuir, leurs encoignures métalliques, leur lettrage doré en couverture et tissus moirés à l’intérieur de la couverture ainsi que leur ruban marqueur de pages. Les écrits anciens, que les moines s’appliquaient à faire sur des parchemins en écriture gothique, agrémentés d’enluminures, sont des trésors précieux. Malheureusement, ils sont souvent démantibulés pour être vendus en morceau ou page par page. Ainsi cette page d’un antiphonaire du XIIIe siècle (chant grégorien) que j’avais visionné chez un antiquaire attendant patiemment un acquéreur… évidemment ceci n’est pas un livre, mais un simple morceau très rare.

Avec le plus grand respect pour les livres, Ceux qui les écrivent et ceux qui les lisent.

Je me souviens,

PHILIPPE BOUCHARD

Courtoisie:Philippe Bouchard

DES LIVRES DANS LES OREILLES ÉPILOGUE

Valérie Gaudreau est de ces passionnés de lecture qui ne peuvent garder leur plaisir pour eux : ils doivent le partager à tout prix. Entre autres, rédactrice en chef du Soleil et directrice de l’information bénévole à La Quête, Valérie anime aussi, depuis près de 20 ans, un magazine littéraire sur les ondes de CKIA. Elle nous parle de sa passion des livres et de son émission Épilogue qui lui procure le même plaisir que lorsqu'elle avait 8 ans, et que dans la cour d’école, un ami lui disait : « Tiens, lis cette BD-là ! ».

QUELLE EST TA RELATION AVEC LES LIVRES ?

J’ai grandi dans une maison où il y avait des livres et où on allait à la bibliothèque. Passionnée de livres dès mon plus jeune âge, je lisais de la BD, des Agatha Christie, et rapidement je suis arrivée aux classiques français et à la littérature québécoise. Et, j’ai toujours aimé entendre parler de livres. J’ai souvenir d’avoir écouté, dès l’âge de 12 ans, des émissions culturelles où on parlait de livres comme La bande des six avec Marie-France Bazzo.

COMMENT EST NÉ ÉPILOGUE ?

En 1999, j’ai commencé à participer à diverses émissions à la radio communautaire CKIA. En avril 2005, je fais partie de l’équipe temporaire qui présente une émission spéciale en direct du Salon du livre. C’est à cette occasion que j’ai rencontré Bryan St-Louis. Après le salon, je lui ai proposé de faire une émission dédiée aux livres. Un mois plus tard, Bryan, Claudine Dufour et moi étions en ondes, et depuis, nous n’avons jamais arrêté.

COMMENT SE FAIT LA SÉLECTION DES LIVRES ?

On a un grand préjugé favorable pour la littérature québécoise avec une attention particulière pour les écrivains et écrivaines de Québec. On se donne comme mission de parler des Marie-Ève Sévigny, Alain Beaulieu, Jacques Côté, Vanessa Bell en poésie, Thomas Laberge en essai. Parfois, on présente des ouvrages américains ou européens parce qu’il s’agit d’une grande sortie. Et pour ce qui est des entrevues que je fais, 90 % des invités sont des écrivains québécois.

À l’automne, quand des centaines de livres sortent, on ne peut pas éviter les auteurs très célèbres ou un écrivain en promotion, mais à Épilogue on se donne comme mission d’aller au-delà des nouveautés.

Enfin, on a chacun nos sensibilités : moi, j’aime les essais sur l’actualité, Brian, les romans étrangers, Anny Bussières, la littérature autochtone, etc.

LISEZ-VOUS VRAIMENT TOUS LES LIVRES

DONT VOUS PARLEZ ?

Quand je reçois un auteur en entrevue, c’est sûr que j’ai lu chaque ligne de son livre : j’ai une peur bleue de me retrouver devant lui et de ne pas savoir ce qui est arrivé avec un de ses personnages. Ça se serait la honte !

Ça peut paraître impressionnant de présenter de 4 à 5 livres chaque semaine, mais en plus de notre trio, cinq collaborateurs viennent régulièrement à l’émission. On a un bon rythme de lecture, Bryan lit deux livres par semaine.

VOUS ACHETEZ TOUS CES LIVRES ?

Notre émission est connue et on reçoit beaucoup d’exemplaires de presse [livre que les éditeurs offrent gratuitement aux médias dans l’espoir qu’ils en parlent]. On en reçoit beaucoup plus que ce dont on a le temps de parler. Alors on fait profiter les gens de la station, on en laisse dans les boîtes à livres. On veut que le livre vive.

LES EXEMPLAIRES DE PRESSE FAVORISENT CERTAINS AUTEURS, NON ?

Absolument. Lors d’une rentrée littéraire, une vingtaine d’auteurs font le buzz. Tant mieux pour eux, parce que souvent le livre en vaut la peine ! Et on est heureux de recevoir Patrick Sénécal ou Michel Jean en entrevue, mais on s’exclut parfois du cercle médiatique pour offrir ce précieux temps d’antenne à un auteur ayant moins de visibilité.

UN CHRONIQUEUR LITTÉRAIRE, C’EST UN INFLUENCEUR ?

Absolument ! Et un curateur, puisqu’on fait des genres de prescriptions littéraires : dans tout ce qui sort, on propose ce qu’on pense que vous pourriez aimer, parce qu’à la base on parle des livres qu’on aime.

FRANCINE CHATIGNY
Courtoisie : Valérie Gaudreau
Bryan St-Louis, Claudine Dufour et Valérie Gaudreau de Épilogue qui est diffusé sur les ondes de CKIA-FM, 88,3 le dimanche à 12h de septembre à mai.

La poésie sauve des vies !

J’ai commencé par lire des livres qui m’aidaient à me connaître. Puis j’ai développé un intérêt pour les biographies d’hommes politiques.

Un jour que je marchais sous le chaud soleil de juillet, je suis entré dans un sous-sol d’église pour me sauver de la chaleur. Il y avait un marché aux puces ; alors j’ai fait le tour des tables. Des jeunes tenaient deux tables de livres. Je m’approche et vois plein de feuilles. J’en prends une, c’est de la poésie. J’en lis une, puis deux, puis plusieurs. Après je discute avec les jeunes, que j’avais trouvé vraiment talentueux. J’apprends qu’ils sont âgés de 10 à 13 ans. Quand elle me dit son nom, je réalise que j’ai lu presque tous les poèmes rédigés par une jeune fille. Je lui achète son recueil pour 2 $ et ainsi que deux poèmes d’un garçon. À mon sens, ils ont de l’avenir dans l’écriture ! Je suis aussi touché par le fait qu’ils vivent dans un quartier difficile.

Cette rencontre a eu une grande influence sur moi : elle m’a donné le goût de recommencer à lire et principalement de la poésie. Elle m’offrait une belle évasion alors que je traversais une période difficile parce que je devais me départir de presque tous mes biens pour déménager dans une chambre. En fait, la poésie m’a permis de rester en vie, de garder espoir.

SE DONNER LE DROIT D’ÉCRIRE

Mes espoirs ont été satisfaits quand j’ai eu droit à un nouveau départ. J’ai eu accès à une chambre dans une maison de chambres nouvellement construite. Tout était neuf ! En plus, je me suis fait un bon ami parmi les autres chambreurs. Puis le président du conseil d’administration d’Action Chambreur m’a invité à devenir secrétaire du C. A. Je doutais de mes compétences, surtout en ce qui concerne mon français vu que je suis peu instruit. Il m’a dit qu’il

me montrerait comment faire, et il me donna les bases de rédaction d’un procès-verbal. De mois en mois, j’apprenais et prenais confiance en mes moyens.

Cette confiance m’a permis de participer à 65 ans à un atelier de poésie et à un recueil collectif. J’ai aussi fait un récital qui m’a permis de vaincre ma peur de parler en public et d’avoir une plus grande estime de moi, et le sentiment d’avoir réalisé une bonne chose pour moi et de vivre un moment de plaisir collectif avec des gens de différentes générations. Deux ans plus tard, suite à un autre atelier, un second recueil a été publié à ma plus grande joie.

Maintenant, j’ai la chance de donner mon Point de vue dans La Quête. Le magazine vous offre chaque mois l’occasion de faire de belles évasions et de mieux connaître la vie humaine.

BERTRAND CYR

Partager sa passion !

La lecture : quel thème inspirant pour moi ! Il y a tant de livres et de magazines chez moi qu’un des premiers cadeaux de mon amoureux a été de m’acheter des tablettes pour les soutenir. Depuis le temps, elles se sont remplies juste trop vite… Chez mes parents et ma sœur, qui est mère de deux enfants, qui adorent tout autant la lecture, c’est pareil ! Nous avons des livres à ne plus savoir où les mettre. Bref, la pomme n’est pas tombée loin de l’arbre, comme le dit si bien l’expression ! Enfants, ma sœur et moi avions connu le bonheur de la lecture avant le dodo, qui nous venait par l’un ou l’autre de nos parents. Dès que j’ai été en première année du primaire et que j’ai enfin eu le bonheur d’apprendre à lire : un monde s’est ouvert pour moi. Lire cela représente une sécurité, une source incroyable de connaissances et une façon économique de voyager.

UNE PASSION QUI DURE

Enfant, j’avais toujours le nez dans un livre, tellement que j’ai fait le tour de la bibliothèque de mon école. Je m’en souviens. Une de mes professeures m’avait dit que je ne choisissais pas des livres pour mon âge. Aujourd’hui, les livres s’accumulent et ne sont pas tous lus. Même que parfois, je les envoie à ma mère pour qu’elle les lise et me donne son compte rendu, pour voir si ça vaut la peine d’être lu… hihi, stratégique la fille !

Je lis de tout : romans, essais, livres de décoration, albums pour enfant, « name it ». Si vous me croisez, vous allez vous rendre compte que vous pouvez jaser de tous les sujets avec moi, car j’ai une curiosité intellectuelle. Quand je plonge dans un sujet, j’y vais en profondeur. Aussi, mon côté social fait en sorte que j’aime beaucoup discuter avec les gens et être à l’écoute.

Depuis bientôt 10 ans, je m’implique au Centre des femmes de la Basse-Ville dans la production de leur journal et de leur blogue avec le comité Vigilance-Médias. Nous venons de créer un tout nouveau comité, celui de la bibliothèque. Oui, oui, vous avez bien lu : une bibliothèque féministe ouvre bientôt dans la Basse-Ville. Il suffira d’être membre du Centre pour pouvoir en profiter !

ÈVE

Militante du Comité VigilanceMédias, Centre des femmes de la Basse-Ville

Une bibliothèque féministe dans St-Sauveur !

Vous êtes bienvenue à notre 5 à 7 de lancement de la bibliothèque le jeudi 26 octobre.

L’inauguration aura lieu au Centre des femmes au 380, rue Saint-Vallier Ouest (près du pub chez Girard, en face du parc Durocher!). À noter qu’il s’agit d’un lieu non-mixte pour femmes seulement. Au plaisir de vous croiser et de partager cette passion des livres.

Une future autrice?

Être addicte

Pour moi, être addicte, c’est que tu ne peux pas t’empêcher de faire une action. Ça dépend d’une personne à l’autre. Il y a des personnes qui sont addictes à la drogue, d’autres, c’est d’avoir des relations, mais moi, mon addiction, c’est écrire, toujours écrire !

MAËLLE GIROUX, 11 ANS

L’ESPOIR AU CUBE

UN RÊVE QUI SE RÉALISE

« On peut être écrivain sans écrire, poète sans poèmes. C’est un état, pas une fonction ni une activité, encore moins un métier. » Isabelle Jarry

Depuis plus de quarante ans, je ne compte plus les fois où je me suis dit, dans ma tête, « un jour je vais écrire un livre ». Même si je tiens un journal de bord depuis mon adolescence et que je caressais le rêve de publier un livre, je n’y ai jamais vraiment cru parce que je me trouvais trop insignifiant pour le réaliser. Et puis, en mars 2020 est arrivée la pandémie. Retraité depuis quelques années et forcé de m’isoler chezmoi pour une longue période, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai entrepris de faire quelque chose de mes 53 cahiers d’écriture accumulés dans un carton au fond de ma garde-robe. Je me suis dit :

« Et si c’était l’occasion de sortir de ce sentiment d’insignifiance qui m’habite depuis toujours ? Et si j’avais quelque chose à dire, si mon histoire, mon expérience de vie pouvait résonner pour quelqu’un ? »

Je me suis mis à mon clavier et j’ai commencé à dresser un résumé de mes cahiers. J’ai fini par trouver le fil conducteur qui guiderait mon écriture : j’ai dû m’y prendre à plusieurs reprises avant de trouver le bon angle pour raconter mon histoire.

Me replonger dans mes souvenirs a fait remonter en moi toutes sortes d’émotions, certaines très plaisantes, d’autres profondément déchirantes. J’ai réalisé que le processus d’écriture peut être libérateur, mais aussi très souffrant. J’ai beaucoup ri à la relecture de certains passages oubliés de ma vie. J’ai aussi beaucoup pleuré en revisitant d’autres passages dont je me serais bien passé.

Du premier mot jusqu’à ce que j’ose envoyer mon manuscrit à une maison d’édition, j’ai douté.

J’ai douté de la pertinence de mon propos, de la qualité de mon écriture, mais rien ne pouvait plus m’empêcher d’aller au bout de ce projet une bonne fois pour toutes. J’ai écrit avec mes tripes, de façon honnête et intègre, avec mon cœur et mon âme.

J’ai été bien entouré. La première personne à me lire et à me corriger m’a donné confiance. Sa généreuse contribution a permis que l’orthographe de mon texte soit impeccable et que mes idées soient exprimées clairement.

Mes premiers lecteurs m’ont fait une critique constructive qui m’a permis de couper certains passages moins pertinents et de préciser certains autres, mais surtout ils m’ont encouragé à persévérer en m’assurant que je tenais là quelque chose qui pourrait vraiment devenir un livre intéressant. Ils m’ont aidé à croire là où je doutais.

Puis, le jour est arrivé où j’ai décidé d’envoyer mon manuscrit à une maison d’édition. N’ayant aucune expérience en la matière, j’ai fait quelques recherches. Je voulais trouver une maison d’édition de Québec. C’était important pour moi, j’allais donc commencer par là. J’avais deux possibilités. La première était une référence d’un ami qui venait de publier un petit roman ; la deuxième était une maison d’édition qui avait pour mission de soutenir les auteurs vivant ou ayant vécu une problématique de santé mentale. Mon choix s’est naturellement porté sur la deuxième. Je devais répondre à plusieurs critères pour soumettre un manuscrit. Je me suis assuré de répondre à tous les critères demandés et j’ai soumis mon manuscrit. Je devais attendre six mois avant d’obtenir une réponse qu’elle soit positive ou négative. Plusieurs me conseillaient d’envoyer mon manuscrit à plusieurs maisons d’édition en même temps. J’avais choisi d’être patient et d’attendre une réponse avant d’essayer ailleurs. Je souhaitais sincèrement collaborer avec cette maison d’édition. Je n’ai pas regretté puisque six mois plus tard j’ai obtenu une réponse positive et la signature d’un contrat d’édition.

Au moment où j’écris ces quelques lignes, nous sommes en processus d’édition et dans quelques mois, mon rêve sera devenu réalité. J’aurai en main ce magnifique objet qu’on appelle un livre, mon livre.

J’espère que vous aurez envie de me lire, mais je souhaite surtout que l’histoire que vous lirez devienne un signe de résilience, qu’elle résonne en vous, qu’elle sème une graine d’espoir pour que je devienne enfin ce cultivateur de bonheur que j’ai toujours voulu être.

Simplement,

LA QUÊTE DES MOTS

PAR JACQUES CARL MORIN CE JEU CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES COLONNES 1 ET 20 À L’AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. CHAQUE CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUI EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE D’UN MOT ET LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT…

Verticalement :

1- Autorisation

20- Métier qui s'occupe notamment de la fabrique de clés.

Horizontalement :

1- Diatribe, satire (HEMPPLAT). Décédés. Cavité de certains os.

2- Côté opposé d'une chose qui n'est pas destiné à être vu. Livre britannique. Langue celtique.

3- Correspond à trois chapelets. Séduire (JEERLON). Journaliste.

4- Résidence. Nourriture (NNTTEIUMR). Falsifier.

5- Natifs (DEGNINIES). Poésie orale. État américain. Partie de boulon.

6- Sécrétion de la peau. Chose qui cause une intense admiration. Oiseau rapace.

7- Rescapé. Grand poisson de mer. Région du nord de la France.

8- Doigt. Quatre-vingt-quinze en chiffres romains. Art de tresser des matières végétales.

9- Élan. Héritier (GRILETAAE). Adversaire, opposant.

10- Empereur français. Dadais. Dixième mois dans le calendrier romain. Réponses au jeu p.29

LE MARCHÉ DE PROXIMITÉ HRONIQUE

Vous voulez manger des aliments frais, de qualité, cultivés écologiquement et localement, et ce, à juste prix. C’est ce que vous offre le Marché de proximité de Québec. Je vous en ai déjà parlé il y a quelques mois, mais je pense que ça vaut la peine de le refaire, d’autant que les produits offerts changent au gré des saisons.

Les articles disponibles actuellement peuvent être un peu différents de ce qui est listé ci-dessous, puisque l’article a été écrit à la mi-août. Pour avoir la liste exacte, voir le site Web www.marchequebec.org.

Histoire de vous mettre l’eau à la bouche, voici un aperçu.

PRODUITS LAITIERS

Fromage type crottin, mozzarella, quark, suisse, chèvre frais, cheddar, gouda, beurre, crème, lait, lait au chocolat et yogourts.

PROTÉINES (AUTRES QUE LAITIÈRES)

Œufs, bacon, agneau, porc, bœuf, cretons, dinde, os à soupe, pleins de parties du poulet, saucisses, sauce spaghetti, merguez et légumineuses.

LÉGUMES

Céleri rave, chou, échalote, concombre, fenouil, courge, bette à carde, bok choy, kale, haricot, maïs, zucchinis, piment, tomate, laitue, patate, oignon, ail, betterave, carotte, etc.

LE MARCHÉ DE PROXIMITÉ, COMMENT ÇA FONCTIONNE ?

Après avoir payé une cotisation de 35 $, il est possible de faire ses achats sur leur site Web et d’aller chercher ses items à une journée prédéterminée dans la semaine même de la commande. www.marchequebec.org.

Le point de cueillette est situé dans l’édifice Frédérick-Bach, au 870 de la rue de Salaberry, local 111. Le local se trouve à proximité des circuits des autobus 807, 801 et 800, donc vous avez le choix pour vous y rendre.

PRODUITS CÉRÉALIERS

Bagels (différentes sortes), croissants, baguettes, pain aux fruits et noix, pain intégral, pain de graines, farine à pain, farine d’épeautre, farine de blé intégrale, farine de sarrasin, farine tout usage, pâte à pizza, pennes, fusillis, macaronis (blanc, blé entier ou légumes ou épeautre ou épinards), chanvre, lin doré, granola, flocons d’avoine.

FRUITS

Amélanches, aronia, argouses, cassis, bleuets, fraises, framboises, pommes.

AUTRES

Une catégorie vaste pour tout autant, sinon davantage de découvertes délicieuses, santé et d’ici ; Miel, sirop d’érable, fleurs comestibles, germination et pousses, huiles, vinaigres, herbes et plantes médicinales en abondance et pouvant soigner pleins de petits et gros mots (il suffit de s’informer).

Le Marché de proximité, ce sont des produits de chez nous, de grande qualité et qui valent leur coût !

CHRISTINE TROTTIER

Photo de Barnimage

Porteurs de paroles

Quête constante du mot du parolier

Qui à temps plein ne cesse de s’acharner à produire

L’expression juste qui rendra la note mélodieuse

Il désire, par ses paroles, s’unir à la voix de cette chanteuse

Lui construire une symbiose qui peut séduire

Un succès qui de tout temps saura nous enchanter

Discours prolongé du candidat en élection

Langue de bois, parfois hésitante1, de l’élu

Texte à rimes ou texte saccadé du poète

Traduction tardive et approximative de l’interprète

Contrastant avec les paroles à bâtons rompus

Du slameur qui tient constant le rythme de sa prestation

Paroles marquantes ! dans notre société et ailleurs :

Le Non du référendum qui a repoussé l’éclosion d’un pays

Le Oui pour le Brexit par le règne de Boris

Aimez-vous les uns les autres a dit le Christ

La haine tue toujours, l’amour de Gandhi ne meurt jamais

Des paroles encourageantes d’un Jean Paul II : N’ayez pas peur

L’écoute active du psy… ou du médecin

Entraîne l’insertion d’une parole juste et réconfortante

Entre deux silences permettant à l’un d’exprimer, à l’autre une réflexion

De même le prêtre prêt à donner la sainte absolution

Garant, campé au confessionnal, en attente

Pour tous ceux qui se risquent à démasquer leur squelette… enfin

L’Éditorialiste donne une opinion tant soit peu personnelle

Le commentaire, soutenu par la direction, est parfois teinté

Nul doute qu’il suscite des réactions dans l’après

Pour sa part le journaliste tenu à la validation des faits

Ne néglige en rien le souci du détail tel le limier

Qui plus est, se doit de bien rendre la nouvelle

L’Éditeur n’est certainement pas en reste

En permettant au narrateur d’imprimer, sur papier, sa pensée

Il défend l’espoir contre toute annihilation

Parler de tout temps aux multiples nations

Au fil des siècles, instruire le peuple au cœur égaré

Afin que ne s’imprègnent pas, en nous, la carie et la peste

Sur scène, après les acclamations, envers l’être animé

L’auditoire bruyant se tait, devient tout ouïe

Que seront les premiers mots de ce nouvel animateur

L’habileté fine, obligatoire, de l’interviewer

Lui est utile afin d’étaler, parfois, une vérité enfouie

Entrevue victorieuse, car secrète, alors, sera dévoilée

Dévoilons aussi le silence parlant d’une majorité sans voix

Qui au jour le jour trime dur, chacun, à son labeur

Pour survivre dans ce monde plein d’injustice, bafouée

Espérant au quotidien vivre malgré tout avec dignité

Ne pas perdre confiance en l’homme Seigneur

Invitée à se soutenir mutuellement, à porter sa croix

Et que dire du pouvoir d’un peuple étouffé

Les paroles d’une foule scandant dans les rues

Essayant tant bien que mal d’humaniser cette démocratie

Réaction spontanée des humains s’opposant à l’inertie

Sentiment constant, de devoir se défendre, pour ne pas être abattu

Libère-moi du genou qui m’empêche de respirer

1 21 secondes de délai de Justin Trudeau le 2 juin 2020
Photo de Tony Jamesandersson sur Pexels

Un bon compagnon

Du 31 août au 4 septembre, j’ai été hospitalisée à l’hôpital Saint-Sacrement pour faire plusieurs tests sanguins, rayons X et autres examens médicaux parce que j’avais des douleurs intenses et continuelles dans mon ventre. Avec le taco (machine en résonance magnétique), ils ont découvert que je souffre de diverticulite qui est une inflammation des intestins avec une très sérieuse infection. J’ai été sur antibiotique intraveineuse et solution avec du potassium qui était très bas dans mon organisme. Les médecins, les infirmières, les préposées aux bénéficiaires ont été formidables dans leurs bons soins. Je leur en suis très reconnaissante.

UN ANTIDOTE À L’ENNUI

Pendant les différents soins, j’avais un bon livre qui me tenait compagnie et qui m’a aidée à être une bonne patiente parce que j’étais en état de grande faiblesse et souvent allongée. J’étais ravie de le tenir entre mes mains pour pouvoir lire quelques paragraphes ou chapitres quand j’avais les moments d’attente des suivis des tests, prises de sang et autres. Le titre du livre est : Les larmes de l’Hudson, le troisième tome, de l’auteure Marie-Bernadette Dupuy. J’avais lu ses deux premiers tomes ; elle écrit tellement bien et l’histoire est captivante. Cette auteure est formidable et prolifique, car elle a écrit plusieurs livres spécialement des sagas comme Val-Jalbert, Le Moulin du loup, Angélina, Bories, Saint-Prime, Mines de Faymoreau, Abigaël, L’orpheline de Manhattan, etc.. Une auteure que je viens de découvrir et j’ai l’intention de lire, petit à petit, tous ses livres.

En tout cas, les livres sont de bons compagnons dans tous les moments de notre vie. C’est une relation d’amitié entre l’écrivain(e) et le lecteur(rice) et bien sûr, il y en a qui nous touche plus que d’autres comme nous choisissons nos amis(es).

Lire est tellement un beau passe-temps et aussi de bon partage avec d’autres personnes qui aiment parler de leurs auteurs(res) préférés(es).

CHRISTIANE VOYER
Photo de
l'autrice
Marie-Bernadette Dupuy prise par Sabine Meury
Marie-Bernadette Dupuy

Fin de vie et sérénité

On se souhaite tous une fin de vie dans la sérénité. Mais, qu’est-ce que ça veut dire au juste ? Selon le Larousse, « la sérénité est une émotion qui se traduit par un sentiment de calme et d’apaisement. Cultiver sa sérénité participe au bien-être et à l’harmonie. »

À mes yeux, être serein suppose un bilan de vie qui en fasse ressortir les aspects positifs de même que les limites.

Il est certain que le bilan d’une personne jeune présente des dimensions différentes de celui d’une personne plus âgée. Ce bilan est constitué non seulement des actions posées par la personne et ses impacts sur soi et les autres, mais aussi des qualités et des défauts de la personne qui peuvent influer sur les autres, dans leur esprit et leur agir.

Une telle opération suppose, c’est certain, de la lucidité et de la modestie sur la nature de ses caractéristiques personnelles. C’est également être cohérent dans ses choix.

Si on peut se sentir satisfait de ce qui est arrivé dans sa vie, de ses réalisations dans sa vie personnelle, sa vie professionnelle, on a davantage de chance d’être serein.

Ce n’est pas nécessairement le seul cas de gens qui ont pu bénéficier de ressources financières importantes, certaines personnes aux revenus moyens ou limités peuvent voir leur vie d’un côté très positif alors que des gens plus fortunés peuvent ne pas l’être, tout dépend de ce à quoi on accorde de l’importance, de ses priorités dans la vie.

Tout dépend aussi de la faculté de reconnaître ses propres responsabilités dans ce qui est arrivé dans sa vie. On ne porte pas nécessairement la responsabilité de tout ce qui arrive dans une vie, mais les décisions prises dans chaque vie ont, sans conteste, une influence sur ce qui arrive à une personne.

En dernière analyse, une citation connue de Marc-Aurèle pourrait mieux faire comprendre ce qu’est la sérénité, élément important pour mieux comprendre sa vie et accepter sa fin de vie : « Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être, mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. » Atteindre la sérénité représente un défi très sérieux qui ne peut être atteint rapidement, ça me semble plutôt une philosophie de vie, une philosophie teintée d’une sérieuse modestie, ce qui n’empêche pas les ambitions.

Crédit

Lettre de Gaïa

Je suis la mère de votre nature, Maîtresse de vos aventures.

Vous mes parasites,

Aux croyances hétéroclites.

À vos débuts vous me respectiez,

Vous m’avez même déjà vénérée.

Vous viviez dans la candeur,

En admirant ma splendeur.

Je fournis l’air pour respirer,

Et l’eau pour boire et vous laver.

Pourquoi vous les empoisonnez ?

N’oubliez pas de quoi vous vivez.

C’est moi qui vous nourris,

C’est pourquoi vous me devez la vie.

Pourquoi vous ai-je enfanté ?

Vous, enfants de la Terre.

Je vous aurai toujours aimé,

Malgré tous vos travers.

JONATHAN OUELLET

Les

loups

1

Le loup qui est pris

Dans un piège

Mange sa patte

Pour s’évader

Erreur de jugement

Direz-vous

Dans le monde des loups

Il n’y a pas de médecin

2

Le loup hurle à la lune

Attaque les moutons

Mange les grands-mères

Le loup a mauvaise réputation

Mais il y a pire que lui

L’homme est un loup pour l’homme

3

À quoi rêvent les loups ?

De belettes

De marmottes

De dindons sauvages

D’une tanière remplie de louveteaux

Et d’un vieil orignal boiteux

Crédit
photo : Alexis Roberge

Réussir

Réussir, ce n’est pas rouler en luxueuse auto,

Ce n’est pas habiter un beau château

Ce n’est pas séjourner à Acapulco.

C’est être bien dans sa peau.

Réussir, c’est avec ses moyens

C’est avec ses talents humains

Atteindre la cible

Que nous permet notre « possible ».

Ta copine

Fait médecine

Toi, tu es artiste libre

Tu décides d’écrire

Toi, tu es sur l’aide sociale

Mais tu as décidé

De beaux dessins colorier

De très belles toiles.

La ténacité combinée à la volonté

De la réussite, sont deux clefs.

L’imagination donne des ailes aussi

Pour accomplir d’inattendus défis.

La réussite ce n’est pas d’être millionnaire

C’est de son propre accomplissement, être fier !

GAÉTAN DUVAL

PRÉVENTE

PRÉVENTE

PRÉVENTE

Gaétan Duval, poète et inestimable collaborateur à La Quête est à mettre la touche finale à son recueil de poésie Les mots de mon sac à dos.

Pour son projet autoédité, M. Duval hésite sur la quantité à imprimer... Aidez-le à résoudre ce problème, en achetant MAINTENANT votre exemplaire au coût dérisoire de 20$.

Passez votre commande avant le 1er novembre 2023 en communiquant avec Francine Chatigny laquetejournal@yahoo.ca

418 649-9145 poste 109

La bouchée généreuse (St-Roch)

Sur le trottoir, la tête remplie de souvenirs

J’ai pris l’assiette pour emporter

Avec appétit et mes cicatrices

Je mange comme si c’était ma première fois

Délivrance ou malchance.

Chaque bouchée me ramène en arrière.

Chaque bouchée me rappelle la misère.

Coton ouaté sale et troué, jeans déchirés, jamais lavés.

Tu peux me dévisager, je m’en fous

Je mange mon sous-marin pour oublier.

« Venez participer à la première édition de la nuit des sans-abri à Beauport!

Depuis octobre 2020, plusieurs acteurs et organismes de Beauport se sont réunis et ont créé la Table Concertation Itinérance et Errance Beauport (TCIEB). Cette table, coordonnée par la Corporation de développement communautaire de Beauport, a décidé d’agir collectivement notamment pour conscientiser la population à la situation d’itinérance et d’errance, un phénomène de plus en plus présent dans l’arrondissement. Puisqu’aucun organisme de Beauport n’est spécifiquement dédié à cet enjeu, des membres de la table ont décidé de s’unir pour faire une différence. Avec ce désir d’union et de collaboration, la TCIEB organisera sa première Nuit des sansabri, événement de sensibilisation à l’itinérance, à la pauvreté et à la désaffiliation sociale qui concerne de plus en plus de gens. L’objectif est de passer un moment dans la rue en signe de solidarité avec ceux et celles qui y vivent dans des conditions précaires. Pour cette toute première édition à Beauport, vous êtes invité au Pavillon Royal entre 14h et 21h pour des activités de sensibilisation ainsi qu'une distribution alimentaire! »

Photo de Geraud
Pfeiffer sur Pexels

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RÉPONSES LA QUÊTE DES MOTS

Journée

internationale pour l’élimination de la pauvreté

Pauvreté et exclusion: comment renverser la vapeur?

MARDI 17 OCTOBRE 2023

Patro Laval, 145 rue Bigaouette

9h30 : 10h :

Accueil et café

Discussion citoyenne

12h : en compagnie de :

Johanne Gagnon et Chantale Simoneau, Projet L.U.N.E.

Marie-Hélène Vallée, Comité Maison de chambres

Monique Toutant et Danielle Lambert, Association pour la défense des droits sociaux - Québec métropolitain

Marie-Hélène Deshais, professeure adjointe, École de travail social et de criminologie, Université Laval

*Animation par Marie-Noëlle Béland de la Table de quartier Engrenage Saint-Roch

Dîner végétarien gratuit

13h30 : Marche coorganisée avec le RÉPAC 03-12

Une invitation du Collectif de lutte et d’action contre la pauvreté de la région de Québec CLAP-03

16H à 22H

PLACE DE L’UNVIVERSITÉ DU QUÉBEC

21H

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