La Quête Numéro 251 Juin 2023

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L a Quête : Médiaécri t ed l ' eénna

Conquête

L’Archipel d’Entraide

Avis de convoca,on à notre

Assemblé Générale Annuelle 2023

Les citoyens de la ville de Québec sont cordialement invités à une séance publique d’informa:on ainsi qu’à l’ AGA.

Quand? Mardi 27 juin 2023 à 17h30

Où? La Nef 190 rue St Joseph Est (coin Caron)

Québec, QC G1K3A7

P.S : Si des changements sont apportés, ils seront publiés sur nos pages Facebook.

@Le magazine de rue La Quête et @Archipel d’Entraide

POUR LE PLAISIR DE LIRE

21 Juliette 22 L'amour des livres

23 Pluie

24 Guerre, paix et amour

25 B erdaches et coureurs de bois

26 B éluga sauvé de la noyade

27 Conquête 28 Émotions fortes

29 K.O.

30 Je récidive

31 L a conscience tranquille par la main du juste ! 31 In Memoriam 34 Quand l'art tisse des humains

Crédit photo : Shutterstock
Crédit photo : P exels de Sevenstorm Juhaszimrus

RÉALISER

L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné à la vente - sur la rue ! - par des personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie.

L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche d’un logement par le biais de son service Accroche-Toit.

Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.

Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu ? Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux.

Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 1er du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique de juillet-août : S'épanouir comme proche aidant

Les camelots font 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier.

Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31

Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.

COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE

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Illustration : Mathilde Bois

www.mathildebois.com / @mathilde.bois.images

Conception graphique : Megan Martel

ÉDITEUR

Archipel d’Entraide

ÉDITEUR PARRAIN

Claude Cossette

RÉDACTRICE EN CHEF

Francine Chatigny

DIRECTRICE DE L’INFORMATION

Valérie Gaudreau

SECRÉTAIRE DE RÉDACTION

Isabelle Noël

CHRONIQUEUR.SE.S

Philippe Bouchard, Martine Corrivault, Claude Cossette et Marc Émile Vigneault

JOURNALISTES

Catherine d'Amours, Philippe Fortin, Martine Lacroix, Marjolaine Martin, Sarah Rodrigue, Alphonsine Sefu et Gilles Simard

AUTEUR.E.S

Sonia Boutet, Simon-Pierre Blais, Bertrand Cyr, Gaétan Duval, Stéphanie Lamonde-Prévost, Denys Lortie, Mariette Mailhot, Mathieu, Judy Miller, Bernard St-Onge et Christiane Voyer

AUTEUR DU JEU

Jacques Carl Morin

RÉVISEUR

Benoit Arsenault

INFOGRAPHISTE

Megan Martel

IMPRIMEUR

Imprimerie STAMPA inc. (418) 681-0284

COPYLEFT

La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d’auteur Creative Commons « PaternitéPas d’Utilisation commerciale - Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n’est pas commercial, permet de l’utiliser et de le diffuser tout en protégeant l’intégralité de l’original et en mentionnant le nom des auteurs.

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La Quête est appuyée financièrement par :

Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI)

Financé par le gouvernement du Canada

Journal La Quête

190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7

Téléphone : 649-9145

Télécopieur : 649-7770

Courriel : laquetejournal@yahoo.ca

CONQUÊTE

Cette thématique a été proposée par Marc Émile Vigneault, chroniqueur d’Espoir au Cube et chargé du projet Point de vue qui a, soulignons-le au passage, enrichi La Quête de plusieurs collaboratrices et collaborateurs au cours des derniers mois. D’ailleurs, vous pouvez lire les textes de six d’entre eux dans la section pour le Plaisir de lire de cette édition-ci

Pour ouvrir le dossier thématique, La Quête laisse la parole à Martine Lacroix, une militante féministe qui « lutte » avec différents regroupements de femmes contre la précarité menstruelle. Si comme moi vous n’avez jamais entendu cette expression, vous apprendrez beaucoup dans cet article.

La lecture de Conquérir la peur risque de vous remuer. Son auteur, Philipe Fortin a passé 23 ans dans

l’armée. Au cours de sa carrière, il a dû apprendre à maîtriser la peur pour sauver sa peau et celle de ses compagnons d’armes. Un combat insoupçonné qu’il décrit magnifiquement !

Conquête d’un toit, amoureuse, de l’espace, d’un territoire : autant de facettes que nos journalistes ont développé sous des angles aussi originaux les uns que les autres.

Et comme toujours, nos fidèles chroniqueurs vous offrent de la belle matière à réflexion !

B onne lecture !

La Quête se démarque au prix de l’AMECQ

Lors du dernier congrès de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) qui a réuni une centaine de participants provenant de 37 journaux, La Quête et ses artisans et artisanes se sont vu décerner quatre prix.

• Meilleur reportage à François R. Pouliot pour La Mission d’une vie.

• Entrevue (2e position) à Pier-Olivier Nadeau pour Heureux qui comme Ulysse.

• Texte d’humeur (3e position) à Anne pour son témoignage De la consommation à la rémission

• LE PRIX DU MÉDIA ÉCRIT DE L’ANNÉE 2023 revient à La Quête

Félicitations aux gagnants et gagnant et gros gros gros merci à tous les collaborateurs et collaboratrices. On vous aime ! Un énorme merci aussi à Journaux Amecq qui soutient et reconnaît le travail de près de 80 médias écrits communautaires au Québec.

Un trio tricoté serré

Francine Chatigny, coordonnatrice, Isabelle Noël, secrétaire de rédaction et Valérie Gaudreau directrice de l’information travaillent de concert — depuis 11 ans — pour accompagner les apprentis journalistes dans la production des articles contenus dans les dossiers thématiques. On est extrêmement fières de notre travail… et de notre prix ! Bravo, les filles, et merci d’être là !

FRANCINE CHATIGNY

Courtoisie:Claude

DÉCOUVRIR ET CONQUÉRIR

J’ai appris à la petite école que Christophe Colomb avait découvert l’Amérique en 1492. Il l’a découverte, mais il l’a surtout conquise, c’est-à-dire qu’il l’a prise aux divers peuples qui l’habitaient déjà.

LES CONQUÊTES GÉOGRAPHIQUES

On sait aussi maintenant que l’actuel Canada fut exploré par des Vikings vers l’an 1000 et que les Inuits y vivaient déjà vers 3000 avant notre ère. L’éminent anthropoarchéologue Claude Chapdelaine a même trouvé au lac Mégantic les indices d’une occupation de nos Autochtones vieille de 12 000 ans. D’autres humains avaient donc découvert nos terres bien avant que les Européens conquièrent les Amériques.

Les guerres de conquête ont depuis toujours constitué un moyen pour les humains d’étendre leur territoire afin de disposer de plus d’espace vital ou pour s’accaparer de ressources, pour s’enrichir.

Ainsi, la Guerre de la conquête de 1754-1760 voit s’affronter, en vue de dominer l’Amérique du Nord, les Canadiens et leurs alliés innus et wendat d’un côté, et les Britanniques et leurs alliés iroquois de l’autre. En 1759 se produit le siège de la capitale, Québec. Le général Montcalm y perd la bataille et la vie. On raconte qu’il expire en disant : « Je meurs content, car je ne verrai pas les Anglais entrer dans Québec ». Après la prise de Montréal l’année suivante, le Traité de Paris consacre la victoire définitive de l’Angleterre sur son puissant concurrent, la France.

Au cours de l’histoire, les dominants ont toujours essayé d’obtenir plus de puissance, plus de richesses, plus d’esclaves. Ils y arrivaient naguère par la guerre. Depuis ce temps, les conquêtes ont pris de nouvelles formes. On recourt à moins de canons, mais à plus d’armes informatiques et plus de contraintes économiques comme les sanctions imposées par l’OTAN à la Russie pour avoir envahi l’Ukraine.

On peut également soumettre des pays par la simple pression politique. Ainsi, superpuissants qu’ils sont, les États-Unis influent sur le monde entier. Ils sont considérés comme le gendarme du monde et jouent un rôle clé dans de nombreuses organisations tels l’ONU ou le FMI. La pesante Chine obtient une influence similaire en Asie, en Afrique et en Amérique latine.

LES CONQUÊTES MORALES

Les pays puissants engendrent des impacts profonds sur les cultures et l’histoire des sociétés plus faibles. Ils réalisent ainsi des conquêtes morales, c’est-à-dire qu’ils imposent ailleurs les comportements, les attitudes et les valeurs qui courent dans leur société.

Ainsi, le Mouvement des droits civiques origine dans les grandes villes états-uniennes et finit par faire respecter les droits des Afro-américains. Puis, la même vague égalitariste fait sentir son effet en Afrique du Sud et finalement partout dans le monde.

Le Mouvement féministe connaît sa première vague au 19e siècle en Angleterre en vue d’obtenir le même droit de vote que les hommes, ensuite les mêmes conditions de travail, puis le même accès à l’éducation supérieure et finalement tous les droits que détiennent les hommes. Ce mouvement se manifeste maintenant dans de nombreux pays.

Dans les années 1980 se dissémine le mouvement (!) du capitalisme débridé, « cette bête qui, d’apparence douce et bien dressée, reste sourde au grondement des ventres et au bruit des chaînes » comme l’écrit la sociologue Dahlia Namian. Ainsi, depuis quarante ans, les dominants accaparent chaque année une part de plus en plus grande du profit généré par les travailleurs.

Puis, il y a le mouvement des conquêtes sur soimême, les plus difficiles. Dominer sa colère ou sa goinfrerie, développer l’écoute ou la tendresse, cela nécessite parfois toute une vie. L’écrivain Jules de Goncourt estimait que « les plus belles conquêtes que l’homme ait faites sur lui-même, c’est le saut périlleux… et la philosophie ». Autrement dit, réussir à développer ses qualités personnelles, physiques et intellectuelles.

Et reste toujours à compléter l’œuvre de paix. Dans les groupes humains, de deux personnes ou de millions, la paix est un état fragile. Réussir la paix avec son propre entourage demeure donc un défi. La grande philosophe et romancière Simone de Beauvoir le rappelle en ces mots : « Entre deux individus, l’harmonie n’est jamais donnée, elle doit indéfiniment se conquérir ».

Paix à vous !

MILITANTE MÉNOPAUSÉE JASE MENTRUES !

Les menstruations ne discriminent personne. Extraterrestres, PDG, travailleuses du sexe, profs, caissières, chômeuses, artistes, détenues, etc., toutes passent à la casserole ! À un moment donné, le sang coule entre nos cuisses avec quelques désagréments, légers pour certaines, sévères pour les moins chanceuses d’entre nous. Eh non, il n’y a pas que le syndrome prémenstruel (SPM) qui peut rendre notre quotidien infernal pendant cette période du mois. Des pays, comme l’Espagne, accordent même des congés payés aux femmes qui vivent avec des menstruations douloureuses. Allumée, la chanteuse Cœur de pirate, cheffe d’entreprise, donne désormais des congés menstruels aux employées de Bravo musique. Combien de compagnies québécoises vont l’imiter ?

UNE NAPKIN EN GUISE DE SERVIETTE SANITAIRE !

Là où les menstrues constituent une source d’injustice, c’est au niveau de l’accessibilité aux produits menstruels. Depuis mai 2015, le gouvernement fédéral a aboli la taxe sur les produits menstruels. N’empêche que ces produits font un gros trou dans le budget de plusieurs. D’où l’apparition, depuis un bon moment déjà, de l’expression « précarité menstruelle »! J’ai été sensibilisée à cette problématique en lisant un article relatant l’expérience d’une jeune sans domicile fixe. Lorsque son sac à dos avait le ventre vide et qu’elle ne disposait d’aucun budget pour s’acheter des serviettes sanitaires, McDo venait à sa rescousse ! Elle se présentait au royaume du clown Donald et s’emparait d’une pile de serviettes de table afin de les déposer dans le fond de sa p’tite culotte. Je n’en revenais pas : dans une partie du globe aussi riche que le nôtre,

certaines de mes consœurs ne sont pas en mesure de mettre la main sur des produits d’hygiène féminine, et encore moins de les changer régulièrement : il n’est pas recommandé de porter le même produit menstruel, surtout interne, plus de 6 heures en file. Infections et autres possibles ennuis de santé peuvent se pointer à l’horizon ! Mais que faire quand tu n’as pas d’argent pour t’en procurer d’autres ?

VIVE LES PRODUITS MENSTRUELS DURABLES !

J’ai longtemps milité en faveur des produits menstruels durables. Jusqu’à ma ménopause, j’ai utilisé des serviettes sanitaires en tissu. Je tentais de sensibiliser mes concitoyennes aux avantages économiques et environnementaux des produits réutilisables. Saviez-vous qu’une femme qui utilise des produits jetables en laisse entre 10 000 et 15 000 dans l’environnement au cours de son existence ? Par contre, lorsque je me suis mise à militer contre la précarité menstruelle, je me suis calmé le pompon. Je suis consciente que l’emploi des produits menstruels durables nécessite un certain entretien qui peut s’avérer complexe pour celles qui survivent dans des conditions matérielles difficiles.

À QUAND LA GRATUITÉ DES PRODUITS MENSTRUELS AU QUÉBEC

?

Depuis août 2022, les produits menstruels sont gratuits pour tout le monde en Écosse. Au Canada, des projets pilote fusent un peu partout pour favoriser l’accès gratuit. Plusieurs municipalités offrent maintenant des subventions aux personnes dé-

sireuses d’acquérir des produits menstruels durables. On se souvient aussi qu’en décembre 2020, Catherine Fournier, alors qu’elle était députée indépendante, avait fait adopter par l’Assemblée nationale une motion sur la gratuité des produits menstruels dans les établissements publics. Qu’en est-il en 2023 ? Selon Élise Brunot, chargée de projet pour Le Fil Rouge du Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF), le dossier progresse lentement mais sûrement. Lors du dernier scrutin, QS, le PQ ainsi que le PLQ ont mentionné l’accessibilité des produits menstruels sur leur plateforme électorale. Mais pas la CAQ, le parti au pouvoir ! Faut-il rappeler que cet enjeu concerne tout de même la moitié de l’humanité!

Depuis 2014, le 28 mai est désigné comme la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle. Habituellement, cet événement passe quasiment inaperçu au Québec. Cette année, un coup d’éclat a été organisé par plusieurs groupes de femmes. Tout ça… pas trop loin de votre beau gros château ! B on sang il était temps ! Oups !

MARTINE LACROIX
Illustration : Martine Lacroix

CONQUÉRIR LA PEUR

La peur, réponse naturelle à une situation potentiellement dangereuse, est à la fois une émotion universelle et personnelle. Même ceux qui sont entraînés pour la confronter quotidiennement, comme les soldats, ne la vivent pas de la même manière. L’imprévisibilité des différentes menaces qui guettent les militaires dans les opérations de combats donne à la peur cet aspect incontournable de leur réalité. J’ai participé à ce type d’opération et j’y ai connu la peur, sans toujours savoir comment la surmonter. Les recettes infaillibles pour tenter de la contrôler n’existent pas. J’essaierais ici, bien humblement, de vous partager mon expérience personnelle et parfois maladroite face à la peur. Je base ce court essai sur une carrière de 23 années de service militaire, dont 18 au sein de l’artillerie.

LE DANGER D’AVOIR PEUR

D’une façon plus générale, la peur peut avoir des conséquences graves pour les soldats et l’unité dans son ensemble. Elle peut entraîner une diminution de la concentration, de la coordination et de la prise de décision, ce qui peut rendre les soldats vulnérables face aux menaces que représente un environnement hostile.

C’est pour ces raisons que l’entraînement des soldats est rigoureux et conduit dans toutes sortes de conditions. Il est impératif d’être capable d’opérer de la façon la plus optimale possible lorsque la peur et le stress se mêlent de la partie. Si, à titre d’exemple, les techniques de maniement d’armes, les procédures vocales sur la radio, les déplacements tactiques sur le terrain sont

répétés et assimilés correctement dans la pratique, les soldats seront en mesure de les exécuter dans des conditions extrêmes. Une sorte de seconde nature, combinée à une mémoire musculaire, prendra le dessus lorsque nécessaire. Mais il ne s’agit pas, encore une fois, d’une solution infaillible. Ce ne sont que des facteurs atténuants qui servent à minimiser les impacts de la peur.

« J’ai participé à ce type d’opération [de combat] et j’y ai connu la peur, sans toujours savoir comment la surmonter. »

J’ai vécu quatre déploiements opérationnels. Sans l’ombre d’un doute, le plus difficile aura été mon dernier, d’une durée de sept mois, en Afghanistan, dans la province de Kandahar. Durant cette mission, j’ai, entre autres, participé à des tirs d’artillerie sur des positions ennemies et coordonné par radio des évacuations médicales aériennes pour des blessés graves et des morts. J’ai aussi patrouillé durant des semaines les routes des districts de Zhari et Panjwai (parmi les zones les plus dangereuses et meurtrières du pays) au sein d’une compagnie d’infanterie de l’armée britannique. J’ai reçu des tirs de roquettes et j’ai dû faire face aux dangers que représentent les dispositifs d’explosifs de circonstances, les fameux IED en anglais ; ces bombes improvisées enterrées en bordure de la route étant l’une des principales menaces dans ce pays. Après y avoir longuement réfléchi, j’en suis arrivé à la conclusion que mon expérience au combat m’avait fait vivre la peur de trois façons différentes.

« … j’ai connu la peur de mourir, ou de revenir gravement blessé. C’est la forme la plus brutale, celle qui donne la nausée et qui rend les jambes molles. »

tale, celle qui donne la nausée et qui rend les jambes molles. Son contrôle est difficile, voire impossible. Il est fréquent de parler des réactions de fight or flight lorsque l’on y est confronté. Se battre ou s’enfuir, c’est le corps plus que l’esprit qui décide. Sans être en mesure de la contenir, on réussit toutefois à la surmonter et à l’apprivoiser, tant bien que mal. Les sens du corps s’éveillent dans une ampleur souvent inconnue. On fait confiance aux autres frères d’armes qui nous entourent. Ils ont peur eux aussi, mais demeurent à nos côtés. Une confiance et un support mutuels s’imposent d’eux-mêmes. Nous sommes tous dans le même bateau et la seule façon de s’en sortir est collectivement, grâce aux efforts de chacun. C’est ce qui crée ces liens si forts qui unissent ceux qui ont combattu côte à côte.

LES DÉCLINAISONS DE LA

PEUR

D’abord, j’ai connu la peur de mourir, ou de revenir gravement blessé. C’est la forme la plus bru-

Ensuite, j’ai eu peur de ne pas être à la hauteur si une situation grave devait arriver. Est-ce que je vais être en mesure de me souvenir des procédures radio si je dois appeler un hélicoptère ? Si mon arme s’enraye, est-ce que je vais réagir correctement selon les procédures apprises ? Si je me fais tirer dessus, est-ce que je serai en mesure de continuer à répondre correctement aux directives ou je deviendrai un danger pour mes pairs ? Et surtout, est-ce que je suis assez courageux pour risquer ma vie afin d’aller aider un ami en danger ? Ce sont toutes des questions auxquelles j’ai été confronté. Les réponses ne viennent que partiellement, au compte-gouttes. Les doutes sur nos capacités s’estompent à mesure que des situations difficiles surviennent. Ceux qui nous entourent nous font confiance et il existe une pres-

sion intrinsèque de leur fournir le support auquel ils s’attendent. Opérer dans une zone de combat est un travail d’équipe complexe et chacun y est important. De mon expérience, tout le monde y joue un rôle crucial. Les films de guerre nous font aimer les héros. L’expérience de la guerre, elle, nous fait côtoyer l’héroïsme de tous ceux et celles qui se trouvent à nos côtés au quotidien lors de ces missions.

Finalement, j’ai craint de ne pas être capable de surmonter les séquelles permanentes que la peur m’a infligées durant ma carrière. Les retours de missions sont toujours difficiles. La vie normale n’a pas la même vitesse. Le manque flagrant d’intensité dans le quotidien apparaît comme un deuil durant les premières semaines du retour à la maison.

La présence de nos camarades nous manque, on se sent seul. Il faut beaucoup d’humilité pour admettre que ces expositions longues et intenses au danger ont laissé une marque permanente. La peur vécue laisse en nous des blessures invisibles qui doivent être apprivoisées de nouveau.

C’est un long processus que d’accepter de vivre avec la personne que l’on est devenu. Il n’y a pas de retour à la case départ. Il n’existe

qu’une seule sortie, c’est vers l’avant. Comme il fallait vivre avec sa peur au combat, il faut apprendre de nouveau la vie avec ce que cette même peur nous a laissé. C’est une responsabilité personnelle difficile à assumer. Le service militaire au Canada est un choix.

La dure réalité est maintenant d’accepter d’avoir choisi cette vie alors que les conséquences qu’elle amène avec elle sont venues de notre plein gré.

Crédit
Photo prise en opération avec le Royal Welsh 1st Regiment, dans la province de Kandahar, en 2007

ÉCOHABITER : JOINDRE L'UTILE À L'AGRÉABLE

La conquête d’un terrain pour construire sa maison est le rêve de vie de plusieurs. Mais d’autres préfèrent penser à se loger différemment. La Quête s’est entretenue avec des personnes pour qui l’accès à la propriété rime avec la vie en communauté.

LE VILLAGE URBAIN DE QUÉBEC

À Sainte-Foy, près du Cégep Garneau, un espace de cohabitation de 42 logements existe depuis maintenant 10 ans. Cohabitat Québec ne représente pas seulement un ensemble de maisons sur le même terrain, mais aussi un groupe de personnes respectant des valeurs communes. Dans ce village urbain, il y a « une emphase forte sur le développement durable puis le communautaire », dit Sylvain Gingras-Demers, l’un des porte-parole pour ce village urbain. « On est [plusieurs] à ne pas avoir de voiture, on a une Communauto dans notre stationnement et des bornes élec-

triques », dit Gabrielle Bélanger, qui habite aussi à Cohabitat Québec. À cela s’ajoutent l’achat en vrac d’aliments biologiques et les activités de jardinage communautaire, afin de vivre à plusieurs tout en respectant l’environnement. Au-delà de l’aspect écologique, certains décident de vivre dans cette communauté pour leur famille. « Il y a beaucoup d’enfants ici, donc ça facilite le développement d’amitié pour les [plus] jeunes », dit M. Gingras-Demers. Le concept de village urbain attire aussi les aînés. Pour eux, il s’agit d’une alternative à la résidence de personnes âgées ou au condo locatif.

Les membres de la communauté sont généralement des personnes engagées, mais la mission de Cohabitat Québec n’est pas de faire du militantisme. « Être des porte-étendard et dire que nous [avons] le meilleur mode de vie, ce n’est pas notre rôle », assure M. Gingras-Demers.

Il explique que statistiquement, neuf projets de cohabitation sur dix n’aboutissent pas à la réalisation, car le cohousing est un projet participatif qui est conçu, pensé et créé par ses membres. Ce n’est donc pas un projet « clé en main ». D’ailleurs, les réflexions pour le Cohabitat de Québec ont commencé en 2004, pour finalement se concrétiser en 2013.

En ce qui a trait à l’administration du logement, « toutes les décisions qui se prennent à Cohabitat se prennent de manière sociocratique », affirme le représentant, « chaque membre propriétaire à Cohabitat fait partie d’un cercle de concertation ». Ces cercles auront différentes thématiques : gestion, terrain, vie communautaire, par exemple. Dans ce système, tous les membres sont au même niveau. La communication non violente (approche du psychologue Marshall Rosenberg) et l’écoute guident leurs échanges.

Le Cohabitat a été conçu avec des espaces communautaires au centre. « Tous les chemins mènent et facilitent les rencontres entre les gens », dit Sylvain Gingras-Demers, propriétaire d’une unité de logement à Cohabitat Québec. « Au lieu de quadriller chacune des maisons, ici, on va favoriser l’ouverture », dit-il.
Photo de Sylvain Gingras-Demers par Alphonsine Sefu

LA COHABITATION EN PLEINE

NATURE

Valérie Munger est prête à réaliser son projet de vie : vivre dans un écovillage. Elle a toujours voulu avoir une maison, mais sa vision a changé au fil des années. « Avoir sa maison c’est bien, mais souvent ça va isoler les gens », dit-elle, « je suis une fille qui a besoin de sa bulle, mais j’aime avoir des gens intéressants à proximité. »

Elle a trouvé une acre de terrain en Chaudière-Appalaches, où elle et d’autres prévoient construire un écovillage de 13 terrains. « La personne qui a commencé le

projet, Pierre-Yves, était vendeur avant », dit-elle, « il a donc le côté entrepreneurial. » Pour l’instant, Valérie entreprend ce projet avec Pierre-Yves et une jeune famille qui a déjà une minimaison. « On est vraiment à nos balbutiements », avoue Mme Munger. La barista se donne cinq ans pour y bâtir sa maison de rêve : un Tipi des Vents, soit, une petite habitation en bois fait de matériaux écologiques, qui résistent au gré des saisons. Elle prévoit débourser 55 000 $ pour ce Tipi des Vents.

« On veut prouver qu’on est capable de s’installer en bas de

100 000 $ sur un de ces terrains », dit-elle. Dans cette communauté de propriétaires, certains seront connectés à Hydro-Québec, mais d’autres ne le seront pas, comme Valérie. Celle-ci désire vivre « offgrid », donc déconnectée des services d’électricité, d’eau et de gaz, pour les produire de manière autonome. Elle veut notamment installer des panneaux solaires dans son futur chez soi. « En me rapprochant de plus en plus de l’autosuffisance, j’ai compris le bienfait de prendre soin de ce qu’il y a alentour », dit Mme Munger.

ALPHONSINE SEFU

Elle a finalement trouvé une place où s’installer, près du village de Notre-Dame-du-Rosaire.

Valérie Munger a longtemps cherché un terrain qui convenait à sa vision en matière de logement. « Il y a beaucoup d’écovillages dans le coin des Laurentides, de l’Estrie, moi, avec ma réalité, avec mes enfants, ce n’était pas envisageable », dit-elle.
Photo de Valérie Munger par Alphonsine Sefu

À LA CONQUÊTE D'UN TOIT !

Fin avril, une voix chevrotante se fait entendre au bout du fil. Une dame de 96 ans appelle notre service de relocalisation, car la résidence pour personne âgée qu’elle habite fermera sous peu. « J’ai jusqu’à juillet pour me trouver une place, dit-elle, avant d’ajouter, j’étais certaine que j’allais mourir ici. »

Des appels crève-cœur comme celuici, on en reçoit de plus en plus à Accroche-Toit (voir encadré). Qu’ils s’agissent d’une famille de six enfants qui a été mise à la porte ou d’une famille monoparentale : le nombre de personnes qui peinent à se trouver un toit se multiplie et les demandes explosent.

Ces demandes aboutissent à notre service, car les gens sont désespérés. Ils ont tenté, en vain, de trouver une place où se loger, mais le taux d’inoccupation, le montant excessif des loyers, et les propriétaires sélectifs laissent de plus en plus de monde sur le carreau. Et malheureusement, il n’y a pas d’organismes spécialisés qui existent pour aider ces personnes âgées et ces familles dans leur conquête d’un toit.

DIRE NON

Nous faisons beaucoup de petits miracles à Accroche-Toit. Chaque année, nous donnons l’occasion à quelques

centaines de personnes en situation d’itinérance d’avoir un « chez-soi » pour quelques mois. Et à des dizaines d’autres de sortir de la rue. Mais il n’est pas dans notre mission — et surtout nous n’avons pas les ressources humaines et financières — d’aider les personnes âgées et les familles.

Toutefois, notre rôle nous permet de constater une hausse flagrante du nombre de « désespérés » qui vivent l’angoisse terrible de ne pas savoir s’ils trouveront un nid pour élever leur famille… ou pour mourir.

Non seulement nous ne pouvons pas les aider, mais nous ne pouvons pas plus les référer à un autre organisme… Notre constat en est un d’impuissance. Il devient urgent que les instances décisionnelles, lire le gouvernement, légifère sur l’immobilier et débloque les fonds nécessaires à la création d’organismes pour accompagner les personnes vulnérables.

UNE SPIRALE INFERNALE

Trouver un loyer en 2023 est assurément une expérience anxiogène. Il faut réagir vite aux annonces, être capable et prêt à se déplacer, avoir un bon crédit et une capacité à payer… plus qu’il le faudrait.

Cette réalité exclut d’emblée un nombre effarant de personnes. La majorité des propriétaires annonce leur loyer dans Internet. Si vous n’avez pas d’ordinateur ou de portable, vous êtes foutu. Marcher dans les quartiers à la recherche de la petite pancarte À Louer ? Pas à la portée des personnes qui ont de la difficulté, voire sont dans l’impossibilité de marcher ou de se déplacer. Et la quantité de situations particulières qu’on entend à Accroche-Toit, confirme que se loger n’est plus un droit.

Et si par chance vous réussissez à visiter un logement, avant même que votre éventuel propriétaire vous demande une enquête de crédit, il se sera fait une idée à votre allure. Discrimination garantie. Et la gamme de préjugés est étendue. Pour les gens à faible revenu et les personnes marginalisées, se loger est un véritable défi. Pas étonnant que l’on voit de plus en plus de gens dormir dans la rue. Triste, triste, triste réalité.

SONIA BOUTET

Accroche-Toit

Accroche-Toit est l’un des six services offerts par l’Archipel d’Entraide. C’est un service qui a comme mission de relocaliser les personnes vivant une situation d’instabilité résidentielle ou d’itinérance. Trois types de services sont offerts : relocalisation, dépannage et dépannage en lits d’hôpitaux.

Les intervenantes qui y travaillent sont outillées pour aider dans la recherche d’un logis, selon des critères précis et réalistes, selon les besoins de chacun.

Le premier contact avec une intervenante d’Accroche-Toit se fait en personne. On prend alors le temps de discuter des besoins et des critères qui sont importants dans la sélection des logements potentiels. On jase un peu des antécédents résidentiels, des bonnes et mauvaises expériences, des contraintes physiques ou mentales, du revenu, du crédit, des dettes… En gros, on fait un topo de la situation de la personne.

Par la suite, les recherches commencent. D’abord parmi les quelques propriétaires qui collaborent avec nous chaque mois. Par la suite, on cherche dans les petites annonces, sur le Web, sur les réseaux sociaux et dans les gestions immobilières. Les intervenantes sont disponibles si la personne a besoin d’un soutien pour les démarches ; appels aux propriétaires, visites de logements et même l’intégration au logement, si besoin.

Bien sûr, le Service Accroche-Toit a plusieurs autres volets, suivez nos prochaines publications.

AMOUR, APPLI ET POSTPANDÉMIE

La pandémie a-t-elle modifié les aptitudes amoureuses ? L es attentes sont-elles les mêmes ?

Noé Klein, étudiant au doctorat en sociologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), constate que les applications de rencontres ont joué un rôle central dans les relations intimes. Mais les modèles amoureux d’avant la pandémie restent.

M. Klein analyse l’utilisation des sites de rencontres et les conceptions de l’intimité dans le cadre de son doctorat. « La COVID-19 a compliqué la tâche de faire de nouvelles rencontres, explique-til. Il y a eu un essor des technologies de rencontres où il y a eu des pics d’activité ». Tinder et autres étaient donc une alternative à la vie intime.

Selon des chiffres du Pew Research Center (2020), 30 % des personnes hétérosexuelles et 55 % des membres de la communauté LGBTQ+ ont déjà utilisé une technologie de rencontres en ligne.

Avant, les applications favorisaient les relations sexuelles, moins sérieuses. « Elles ont profité de la pandémie pour investir dans les récits de l’amour romantique », raconte M. Klein. Les utilisateurs des technologies de rencontres s’engageaient donc plus dans leurs recherches amoureuses. « Pendant la pandémie, c’est devenu une activité qui prenait de plus en plus de place, parce qu’il n’y avait pas grand-chose à faire », croit Noé Klein.

naient cependant, par ennui. Ce phénomène n’est en revanche pas nouveau. « Ces applications font de grandes promesses, mais les difficultés de la vie intime restent les mêmes qu’on soit sur un site ou dans la vraie vie », constate M. Klein.

La pandémie a aussi entraîné un nouveau risque sanitaire. La vaccination pouvait être un sujet de discorde, croit Noé Klein. Des applications ont proposé des badges pour identifier le statut vaccinal. Les célibataires pouvaient ainsi rencontrer des personnes qui satisfaisaient leurs standards pandémiques.

ET MAINTENANT

Après la pandémie, il y a eu une reprise normale de l’utilisation des applications. « Il n’y a pas eu un changement absolu », explique M. Klein.

Klein, étudiant en sociologie à l’Université du Québec à Montréal analyse l’utilisation des sites de rencontres et les conceptions de l’intimité dans le cadre de son doctorat.

« On se met de l’avant, on ne considère plus les personnes et on est dans une ultrarationalisation de l’amour »

~ Noé Klein

Certaines personnes ont cependant pu réfléchir à ce qu’elles cherchaient dans une relation, étant plus isolées. « Le fait de ne plus pouvoir sortir a précipité des décisions pour plusieurs dans les couples », raconte M. Klein. Certains ont dû s’établir ensemble, en raison des confinements. Tous n’étaient pas à la recherche de relations à long terme.

l’amour. « On se met de l’avant, on ne considère plus les personnes et on est dans une ultrarationalisation de l’amour », explique Noé Klein. Il ne partage cependant pas ce point de vue. « Les applications sont juste des outils que les gens utilisent pour prolonger leur propre conception de l’intimité ». Donc, elles ne changent pas les modèles de l’amour. Mais de quels modèles est-il question ?

1. L’histoire romantique : il s’agit de couples monogames, hétérosexuels. Les relations intimes sont fondées sur le principe de la famille nucléaire et les rôles, dans le couple, sont traditionnels. C’est l’amour Disney !

L’utilisation des applications suivait les courbes de montagnes russes. L’investissement créait des déceptions, alors les usagers abandonnaient les technologies de rencontres. Plusieurs y retour-

Noé Klein croit que les modèles d’intimité sont restés les mêmes. « La présence du risque de la proximité a dû être rapprivoisée », admet-il. Mais les codes amoureux sont cependant assez intégrés dans la société pour persister, même avec une pandémie.

LES MODÈLES AMOUREUX

Des théoriciens croient que les applications de rencontres créent une logique commerciale de

2. Relation partenariale : les couples ne sont pas nécessairement monogames. Les deux individus peuvent ne pas vivre ensemble et être ouverts dans leurs relations. Les relations sont négociées.

3. Nouvelle conception : une approche qui mélange les deux premières. Il est question de couples qui veulent négocier leur relation, mais qui aspirent à une relation plutôt romantique, tout de même.

Noé
Courtoisie de Noé Klein

Corrivault

PANDORE ET ROBIN DES BOIS HRONIQUE

Ce matin-là, la nouvelle était : conquête de l’identité humaine par une machine ! La réalité était plutôt que l’appareil avait imité une conversation humaine, grâce à un processus électronique. La relation homme-machine devenait dès lors un enjeu pour les habitants de la planète. En approfondissant l’information, on apprendra que pour savoir si l’on parle à un humain ou à une machine, il suffit d’orienter ses questions sur un plan émotif imprévu. Parce que la machine ne peut pas ressentir : elle ne fait que cueillir et compiler des informations pour éventuellement répondre à un interlocuteur sur un sujet précis. Ouf !

Ça vous rassure ? Moi, pas. Doit-on pour autant devenir paranoïaque ? Au moins, soyons plutôt plus prudents avec les machines, qu’elles parlent ou écrivent ou jouent avec des images. Ce que savait le mathématicien et cryptologue britannique Allan Turing quand il a proposé, il y a plus d’un demi-siècle, que l’on s’inspire de l’être humain pour mesurer la faculté d’une machine à imiter les conversations humaines. On peut donc continuer à vivre, à condition de rester ouvert aux émotions, de s’informer, de réfléchir et de ne pas croire tout ce qu’on raconte !

Les changements font partie de l’évolution : les gens plus âgés en témoignent chaque jour. Ils ont vu disparaître les célébrations collectives où les gens défilaient lors des fêtes religieuses du printemps. Mais tous les prétextes restent bons quand il s’agit de manifester publiquement sa joie, son enthousiasme ou sa colère. Aux nostalgiques des anciens rituels de la Fête-Dieu ou de la Saint-Jean, il reste de vieux films d’époque et des séries des débuts de la télévision qui évoquent pour les générations montantes des traditions dont ils ignorent tout.

La pause pendant la pandémie de COVID a modifié le rythme vital de bien des gens qui ont du mal à retrouver les routines d’avant. Même quand on fait la fête, l’atmosphère reste à s’inquiéter de l’avenir en voulant l’oublier. Les artisans de l’évolution brûlent les barrières et négligent trop souvent les conséquences sociales du plongeon dans l’inconnu. Surtout qu’au cœur des organisations (et ministères), la préparation s’avère déficiente ; le flop de la SAAQ a refroidi l’enthousiasme des plus fervents partisans du « je clique et je l’ai ».

Et voilà que fin mars, les gros bonnets de l’univers informatique ajoutent un clou au cercueil de l’optimisme en souhaitant une pause dans les recherches autour de

l’Intelligence artificielle. Fruit du hasard ? Des farceurs venaient d’utiliser leur nouveau système de dialogueurs préprogrammés (ChatGPT-4) pour cibler chefs d’État et célébrités du club sélect des intouchables richissimes ! Publicité gratuite par des vedettes non consentantes !

La boîte de Pandore a été ouverte malgré les dangers prévus, mais personne ne croit à l’erreur ; sa légende suit l’humanité depuis des millénaires. Celui qui libère le contenu de la boîte doit assumer la portée de son geste et les risques qu’il fait courir à ses voisins. Mais tout le monde préfère ne retenir que les apports positifs des inventions comme le cellulaire, il y a 50 ans, le développement du Web, il y a 30 ans et même l’idée de l’actuel internet, il y aura 90 ans l’an prochain. L’être humain succombe vite à la tentation de tester de nouveaux jouets.

C’est une réalité connue de tous ceux qui résistent mal aux nouvelles applications proposées pour leur téléphone ou leur tablette. Le problème vient du fait qu’on minimise les conséquences de ses choix. Lorsque tout le monde livre innocemment ses précieuses informations personnelles dès qu’un dispensateur de services le demande, les grands exploiteurs informatisés peuvent ignorer les indignations citoyennes.

Nous avions pourtant la réputation d’être chatouilleux en matière de renseignements personnels. Souvenez-vous du tollé soulevé quand le gouvernement a parlé d’émettre une carte d’identité nationale. Aujourd’hui, un ministre du cabinet provincial plaide pour l’identification numérique de tous les citoyens, car la compilation de ces données pourrait rapporter des millions au gouvernement : « il existe un marché pour ça ! »

Même en complet-cravate, Robin des Bois veille, prêt à intervenir pour des prétextes vertueux.... ou pas. Qui point n’est patient ne peut être prudent : si l’on vous invite à partager, prenez votre temps et n’oubliez ni la boîte de Pandore ni Robin des Bois…

TI : À LA DÉCOUVERTE DE L'ESPACE 2.0

1969. Année mythique où un homme a marché sur la Lune pour la première fois. Par la suite, 11 autres astronautes de la NASA ont pu vivre la même expérience. Le dernier, Harrison H. Schmitt, a touché son sol lunaire en 1972. L’espace, continuant d’intriguer autant les scientifiques que la population, un nouveau type de voyage spatial se développe depuis plusieurs années : le tourisme spatial.

Plusieurs compagnies comme SpaceX ou Virgin Galactic sont encore en train de développer leurs technologies afin d’offrir à leurs clients une expérience hors du commun. Pourtant, le tourisme spatial ne date pas d’hier : plusieurs personnes ont pu en faire l’expérience au début des années 2000 en accompagnant des astronautes de la NASA parfois même jusqu’à la Station spatiale internationale (SSI) pour plusieurs millions de dollars. Un exemple bien connu est le québécois Guy Laliberté qui, en 2009, a réalisé un voyage de 11 jours dans l’espace comme il le raconte au magazine Forbes.

LE NOUVEAU TOURISME

Le tourisme spatial semble encore très loin. Pourtant, le développement se fait depuis déjà une vingtaine d’années. Trois entrepreneurs bien connus du public sont parmi les chefs d’entreprise qui développent le tourisme spatial et semblent être à l’aube de réussir leur mission.

Virgin Galactic, dirigé par l’entrepreneur Richard Branson, a réussi en 2004 à envoyer la première navette privée qui est revenue en sécurité sur la Terre. Leur recherche ne s’est pas terminée là puisqu’ils ne cessent de développer l’expérience la plus complète et la plus impressionnante possible. Le voyage, au coût de 450 000  $, est d’une durée de 90 minutes et permet d’expérimenter le décollage, l’apesanteur ainsi que l’atterrissage. La compagnie semble prête à faire vivre l’expérience à ses clients qui, se-

lon le réseau Space.com, seraient déjà au nombre de 750 à avoir acheté leur billet. Leur technologie a été approuvée par la Federal Aviation Administration (FAA), mais le premier décollage tarde à venir. Normalement, le premier voyage avec des clients payeurs devrait se faire en 2023.

Elon Musk, propriétaire de Tesla, entre autres, a développé SpaceX, compagnie a vu le jour en 2002. Son objectif est de créer des lanceurs qui permettent de transporter du matériel et des personnes dans l’espace tout en réduisant le coût afin de permettre le développement de la découverte spatiale pour les civils. SpaceX a aussi un côté recherche et développement puisqu’elle obtient des contrats de la NASA afin de développer du matériel pour celle-ci. Le projet de SpaceX qui vise à développer le tourisme spatial est leur fusée Starship. Elle vise la colonisation sur la planète Mars, et à offrir du tourisme spatial pour les non-astronautes. Starship est aussi impliquée dans le développement de la prochaine mission de la NASA sur la lune en 2025 : la mission Artémis. Les billets pour le tourisme spatial sont déjà en vente au coût de 275 000 $ américain. Selon le site Dearmoon, Starship est censé être le vaisseau qui devrait mener une première équipe de civils autour de la lune en 2023, mais il reste à voir si la mission aura bel et bien lieu cette année, suite à son explosion lors du test réalisé le 19 avril 2023.

La troisième compagnie, Blue Origin, est celle de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon. Cette dernière est la plus avancée à ce jour dans son développement du tourisme puisqu’elle a déjà envoyé des citoyens à bord de sa navette vivre son expérience. Le coût de ce que les clients ont payé reste toutefois un mystère. L’expérience actuellement proposée par

Blue Origin est celle de New Shepard ; un vol de 11 minutes qui inclut un décollage et une montée jusqu’à 100 km : une hauteur qui permet ensuite d’expérimenter pendant quelques minutes l’apesanteur. Le voyage se conclut par un atterrissage contrôlé par un système de parachutes. L’entreprise continue de développer une nouvelle expérience plus complète, New Glenn, mais aucune information sur le début des lancements n’est encore disponible sur le site de Blue Origin.

Bien que d’autres compagnies soient présentes dans le domaine du tourisme spatial, ces trois principales démontrent l’étendue de l’information accessible au public jusqu’à maintenant.

JUSQU’OÙ IRA CETTE CONQUÊTE DE L’ESPACE ?

Alors que ces milliardaires continuent de développer le tourisme spatial, une question se pose : est-il encore pertinent de le faire ? Les effets environnementaux néfastes du lancement de fusées dans l’espace sont à considérer pour la planète. De plus, l’espace accessible au citoyen l’est seulement pour une petite tranche de la population : celle des plus riches. Estce vraiment le temps de continuer le développement de ce type de technologie et à quel point bénéficient-elles au développement de la science sont des questions qui doivent se poser dans le climat actuel.

CATHERINE D’AMOURS

LES PLAINES, AU-DELÀ DE LA CONQUÊTE

13 septembre 1759. Sur les plaines d’Abraham, les Français et les Anglais s’affrontent. Cette bataille historique marque le début de la Conquête qui se termine par la victoire des Anglais qui prennent possession, en 1763, de tout le territoire de la Nouvelle-France, excepté les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon. Les Plaines d’Abraham sont cependant beaucoup plus qu’un lieu de bataille et aujourd’hui, elles sont davantage associées à un lieu de rassemblements festifs.

RETOUR SUR LE PASSÉ

Les Plaines d’Abraham tirent leur nom d’Abraham Martin, surnommé l’Écossais, dû à ces racines écossaises. Il serait le premier Écossais à être venu en Nouvelle-France, vers 1620, soit à l’époque de Champlain. Il était pilote de bateau et il s’est installé à Québec. On lui a donné la responsabilité de ce terrain à l’époque où les plaines étaient un pâturage pour les animaux.

Après la mort de M. Abraham, les Plaines sont concédées en partie aux sœurs ursulines qui ont construit leur couvent, à Québec, en 1639.

TOURNANT DE L’HISTOIRE

La bataille des Plaines d’Abraham a lieu le 13 septembre 1759. Suite

au siège de Québec par Wolfe, pendant plusieurs mois, les Anglais bombardent la ville de Québec avec des milliers de boulets de canon. La ville est détruite ! Les bateaux, commandés par l’amiral Sanders, bombardent Québec, avant de retourner en Angleterre.

Les Anglais sont désespérés de ne pas avoir encore pris Québec, et l’automne s’en vient. Wolfe apprend l’existence d’un sentier dans la falaise et il y fait monter ses hommes, Montcalm les voit apparaître sur les Plaines et rapidement attaque et n’attend pas les renforts dirigés par Bourdainville, qui se trouve à ce moment-là, à la hauteur de Cap-Rouge. Dans une seule charge, les Anglais vont l’emporter sur les Français.

Fait anecdotique relaté par l'historien : lors de la bataille, on comptait 4000 soldats anglais sur les Plaines d’Abraham. Pas assez pour occuper l’entièreté du plateau de Québec aux yeux du général Wolfe. Ainsi, au lieu de les placer en trois rangées comme d’habitude : un à genoux, un debout, un qui recharge, il les positionne en deux rangées. Wolfe va leur dire de charger leur mousquet avec deux balles au lieu d’une et attendre de voir le blanc des yeux des Français avant de tirer. Les Français attaquent, chargent. La bataille va durer environ 15 mi-

nutes. Les Français vont se replier en désordre. C’est un peu la fin du régime français puisque les Anglais vont par la suite occuper Québec. Les Français vont capituler dans les trois, quatre jours suivants.

M. Angers relève l’ironie de la capitulation de Québec. Il explique que c’est le fils du gouverneur de Montréal qui capitule pour les Français. Ces derniers ont capitulé au profit d’un Écossais, James Murray, celui qui va remplacer Wolfe, mort au cours de la bataille des Plaines. L’historien raconte que « Québec est capitulé d’un Écossais à un autre alors que finalement, c’est un conflit entre les Anglais et les Français. »

APRÈS LA CONQUÊTE

Un événement qui a attiré beaucoup de monde aux Plaines est la visite, en 1929, du pilote américain, Charles Lindbergh, le premier à avoir traversé l’Atlantique en avion, en 1927. Des milliers de personnes sont venus l’accueillir sur les Plaines.

Les Plaines sont un grand parc, qui a été créé à l’occasion du tricentenaire de la fondation de Québec en 1908. Le rêve du gouverneur général du Canada, lord Gray. Il voulait faire quelque chose de beau pour rallier les Français, les Anglais donc il a

Les Plaines d'Abraham.
Photo : Ville de Québec

Photo : MaTv : Des Chemins, des histoires

animateur et producteur.

lancé une grande campagne de souscription publique pour inviter les gens à donner des sous pour créer un grand parc « grâce

à lui qu’on a créé la Commission des champs de bataille nationaux et le parc des Champs-de-Bataille des Plaines d’Abraham », explique M. Angers

Il y a eu plusieurs bâtiments sur ce terrain, au travers des âges : une manufacture de carabine, la prison des Plaines, des casernes où pendant la Deuxième Guerre mondiale, on enfermait les prisonniers de guerre allemands, notamment des pilotes. « Après la guerre, ces cabanes-là sont devenues un “faubourg de la misère”, des bâtiments en mauvais état », raconte Denis Angers. Car, après la guerre, il y a eu une crise du lo-

gement. Les gens qui n’avaient pas beaucoup de sous et qui vivaient là se trouvait dans des conditions « très élémentaires ».

Depuis une quarantaine d’années, les Plaines d’Abraham sont devenues un lieu de grands rassemblements : le spectacle de la SaintJean, le Festival d’été de Québec, le Carnaval a aussi déjà été là. Les Plaines d’Abraham sont un lieu de rencontre et de découverte, qui sont aujourd’hui pacifiques et non pas, comme à l’époque de Wolfe et de Montcalm, un champ de bataille à coup de mousquet.

Les Buttes-à-Neveu

Les Buttes-à-Neveu se trouvaient à peu près, derrière l’hôtel Concorde, où est situé l’actuel jardin Jeanned’Arc. C’est un lieu connu pour les exécutions. M. Angers raconte que l’exécution la plus spectaculaire est celle de la Corriveau qui, pour avoir tué ses maris, a été pendue aux Buttes-à-Neveu. L’historien narre aussi qu’un jeune Américain, David McLane, est condamné à mort en 1797 pour propagande d’une révolte des Canadiens contre les Britanniques. Sa sanction pour trahison contre l’Angleterre est d’être pendu, puis découpé en morceaux.

Hébergement

Denis Angers, Historien, rédacteur, réviseur,

CONQUÆSITA

Ce mot féminin est très ancien, il se rattache au latin « conquæsita » relativement à l’action de conquérir. En ce monde ici-bas presque tout n’est que conquête. L’homme, et ceci inclus également la femme, agit en conquérant : sur notre planète, pour un être vivant tout est à conquérir. Buffon [comte de Buffon 17071788] dans toute son éloquence avait mentionné à propos du cheval qu’il était la plus noble conquête que l’homme n’ait jamais faite

Cette époque est révolue, comme on a pu le constater dans les dernières cérémonies royales. La race chevaline brillait par son absence, remplacée par des porteurs. L’objet de la conquête peut aussi bien être des choses que des êtres humains. Le mot s’apparente aux notions de possession, de contrôle, de soumission.

COLOMB, CARTIER ET ARMSTRONG

Considéré parmi les grands conquérants qui ont jalonné l’histoire, Christophe Colomb (1451-1506), un marin génois au service de l’Espagne fait bonne figure. Il aborde l’Amérique du Sud en 1492. Pour ce qui est de l’Amérique du Nord, la palme revient à Jacques Cartier (1491 à 1557). Ce dernier navigue dans l’estuaire du Saint-Laurent, et élèvera une croix à Gaspé. Il s’approprie alors indûment le territoire du « Canada » au nom du roi de France, François 1er. En suivant le golfe, puis le fleuve, cette incursion le mènera jusqu’à Québec. Entre 1535 et 1536, le mot Canada est connu dans toutes les langues européennes.

La conquête d’un territoire dépasse les limites de notre humble terre. Il en est ainsi lorsqu’on veut avoir un peu plus d’espace… Dans le début des années 60, les Américains ont pris « possession » du sol « lunaire ». Notre charmant satellite fut perforé du drapeau des États-Unis. Cet évènement date de plus de 50 ans, malheureusement, l’expérience malgré les avancées scientifiques, n’a pas été répétée. Conquête ? Ou prudence !

Les conquérants provoquent souvent des guerres. Ces personnages assez audacieux marquent parfois l’histoire par leurs conquêtes, ou leur but de conquérir. Ainsi en est-il du chef de la Russie qui semble vouloir reprendre tous les territoires ayant appartenu à l’ancienne Russie, en faire sa gloire personnelle, et ainsi passer à l’histoire.

HUMAIN, TROP HUMAIN

Conquérir est un but humain et on peut se lancer à la conquête de bien des choses. D’abord, chercher à atteindre une situation respectable et enviable auprès de ses pairs, des gens de son milieu professionnel, de sa ville, voire de son pays. Il en est ainsi

de ceux qui se lancent en politique : être le chef d’un pays est quand même une situation exceptionnelle pour un être humain.

HRONIQUE

Dans tout homme et toute femme, il y a un conquérant qui sommeille. Même l’enfant qui s’amuse à collectionner des cartes de hockey est au comble de son plaisir lorsqu’il atteint la pièce rare qui lui manquait pour compléter sa collection. Dans les grandes ventes à l’enchère, il y a parfois de véritables combats sur les mises pour décrocher des pièces de résistance. Ces situations déterminent le pouvoir de celui qui remporte. Conquérir dans ce cas équivaut à acquérir la pièce rare.

Les trois principaux objectifs de la conquête sont l’Amour, la Richesse, et la Gloire.

C’est ce que je souhaite à tous les lecteurs et les lectrices de mes articles.

Sincèrement,

PHILIPPE BOUCHARD

Courtoisie:Philippe Bouchard

L’ESPOIR AU CUBE

CULTIVATEUR DE

BONHEUR

Toute ma vie j’ai été à la conquête de moi-même. Depuis aussi loin que je me souvienne, je voulais devenir quelqu’un qui aurait une importance aux yeux des autres. C’est là que j’imaginais mon bonheur possible. J’ai essayé d’être bon en dessin, en danse, en chant. J’ai voulu devenir le meilleur frère, le meilleur mari, le meilleur père, le meilleur éducateur, le meilleur chef d’équipe. Il m’a fallu longtemps pour comprendre que je devais d’abord m’accorder une certaine valeur personnelle avant d’envisager de recevoir la moindre marque de reconnaissance de la part des autres.

On ne sort pas de son insignifiance en restant les bras croisés devant son petit écran. Non, j’ai dû apprendre à me mettre en action positivement avant d’expérimenter le plaisir de la réussite. Il m’a fallu prendre des risques. Bien sûr, il y a eu des erreurs, des échecs, mais, dans ma tête, rien n’a jamais été insurmontable. Je croyais fermement que j’allais arriver à m’actualiser pour un jour devenir « quelqu’un ».

MOURIR

Je me suis rendu jusqu’à la psychose à force de renier la personne que j’étais, à essayer d’être celui que les autres voulaient que je sois. Je n’étais qu’une pâle imitation de moi-même. Je devais mourir à cette image négative de moi-même pour permettre à celui qui se cachait tout au fond de mon être de naître au grand jour. Lâcher prise pour apprendre à aimer la personne émergente de cette tornade qui s’était emparée de moi. Ce fût long et douloureux, mais, oh combien instructif !

J’ai appris à identifier mes limites, mes fragilités, mais aussi mes forces et mes capacités. J’ai appris à reconnaître les symptômes précurseurs de la maladie qui avait tenté de me mettre chaos. J’ai choisi de me faire une alliée de cette folie incluse dans ma vie. J’ai changé ma manière d’appréhender ma vie et j’en suis fier. J’ai appris à connaître la personne que je suis, à l’accepter et à lui accorder une valeur personnelle. Bref, j’ai appris à prendre soin de moi. Ma conquête ne s’arrête pas là.

RENAÎTRE

Après avoir connu la maladie mentale, le désordre, le chaos, après avoir voulu mourir, j’ai vécu comme une renaissance. J’ai eu la chance de choisir ma vie alors, j’ai placé toutes mes énergies à la reconstruire à l’image de qui je suis. J’ai enchâssé brique par brique pour créer la personne que je souhaitais devenir,

HRONIQUE

avec patience et empathie pour enfin apprendre à vivre en accord avec moi-même.

Heureux en famille, heureux en amour, heureux au travail, privilégié de pouvoir bénéficier d’une retraite assez jeune et être demeuré relativement en assez bonne santé pour partager mon expérience et m’impliquer dans le milieu communautaire. Je participe maintenant à plusieurs magnifiques projets qui émergent parce que j’ai appris à me faire confiance. Je peux voyager, je peux profiter de la mer, de la montagne, je développe mes talents artistiques à mon rythme et selon mes capacités, sans stress. Il m’arrive de constater que l’énergie que je dégage rayonne autour de moi et je suis maintenant capable de me sentir fier de moi-même. La reconnaissance que j’ai tant cherchée m’arrive à profusion depuis que j’ai cessé de courir après. Je reste près des valeurs que j’ai faites miennes après avoir fait le ménage dans celles qui m’avaient été imposées depuis mon enfance. Ma croyance demeure, le bonheur, ça se construit. Ma conquête, elle est là. Dans l’apprentissage du bonheur au quotidien. Dans le souffle du matin qui m’entraîne vers une nouvelle journée que j’ai choisie. Une journée qui me ressemble et qui me remplit de gratitude. Je suis privilégié d’avoir pu m’affranchir de mes vieux fantômes, de sortir de mon sentiment de honte, de culpabilité, d’insignifiance et d’arriver à m’épanouir en affirmant la belle personne que je suis devenu aujourd’hui. Fragilisé, mais survivant, cultivateur de bonheur.

Simplement,

Illustration: Vigno

LA QUÊTE DES MOTS

PAR JACQUES CARL MORIN CE JEU CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES COLONNES 1 ET 20 À L’AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. CHAQUE CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUI EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE D’UN MOT ET LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT…

Verticalement :

1- Droit accordé à un créancier sur un immeuble.

20- Liste des oeuvres jouées ou chantées habituellement par un artiste.

Horizontalement :

1- Capitale du cinéma américain. Débris. Tronçonner, couper.

2- Ruminant de l'Himalaya. Art martial. En retrait (à l'...). Instrument à vent.

3- Élément chimique de symbole Po. « ______ et bouche cousue ». Pansement.

4- Repli cousu (TRULOE). Décédés. Triangle dont les 3 côtés sont de longueurs différentes (LAESCEN).

5- Assassin. Champêtre. Mélodie allemande. Renoncer à ses voeux pour un prêtre.

6- Bravo. Se dit d'un pain sans levain (YAEZM). Déontologie. Narine des cétacés.

7- Étreint. Action de monter à cheval. Personne originale (OUNRME).

8- R aillerie malveillante. Petit débit de boissons. Communément appelé truite grise (DIAUOLT).

9- Don d'être partout à la fois. Ornement liturgique que le prêtre porte autour du cou. Abîmer (TIEQENUSR).

10- Grimper. Langue de Tchekhov. Durée indéfinie.

Réponses au jeu p.33

Juliette

Dans les bras de sa mère

Petite étoile est née.

Une histoire d’un soir une petite vite

Et le père s’est planté.

C’était un soir d’été, il faisait beau. Le soleil plombait et il était chaud.

Quelques coups par en avant. Quelques coups qui t’rentre dedans.

Enceinte sans l’savoir

Juliette est arrivée comme un cheveu sur la soupe, prématurée, échauffée.

Comme des cheveux qu’on perd après une coupe qu’on n’a jamais demandée.

Tu sais comme moi que, le coup le plus bas a été de ne jamais les aimer.

Il était violent, dépendant et méchant.

Chaque journée cents consommations était une journée sans soleil.

Des cris et oui ça fait peur.

Juliette ne voulait jamais laisser sa mère seule. Elle avait peur de jouer au sous-sol, car son père parlait toujours fort.

Maudite maladie.

À 5 ans elle était déjà étiquetée par la société. Enfant battu, enfance secouée.

Juliette grandit tellement vite. Elle compte les heures.

Son temps c’est de l’argent. Aucune amitié, pas d’amour, ça doit rester un client.

Sa mère est partie au ciel beaucoup trop tôt. Son père toujours absent, loin avec d’autres enfants.

Son beau-père dort dans une taverne de la Basse-Ville.

Juliette rêve de nager avec les dauphins, de rire, d’avoir des amies, de sortir de la ville.

La petite Juliette voulait seulement être aimée.

La petite Juliette avait seulement besoin d’être aimée.

SIMON-PIERRE BLAIS
Photo by Matthew Henry from Burst

L'AMOUR DES LIVRES

C’est vers l’âge de neuf ans que j’ai commencé à aimer la lecture, qui continue aujourd’hui d’être un de mes passe-temps préférés. J’aime toucher les livres, les choisir et découvrir de nouveaux auteurs. Lire des biographies, des témoignages de vie me permet d’observer la résilience des gens et de m’inspirer, sachant qu’au fond nous sommes tous semblables et différents dans nos cheminements de vie.

Les récits de voyage me donnent l’occasion de « voyager » : le journal d’un homme ou d’une femme qui, par exemple, fait le chemin de Compostelle et détaille les lieux, les rencontres, les sentiments et les émotions me donne l’impression de faire le chemin avec cette personne.

Je fréquente beaucoup la bibliothèque Claire-Martin, sur la rue Saint-Jean et celle de Saint-Charles-Garnier à l’intersection de la rue Joffre et du boulevard René-Lévesque.

Comme beaucoup de gens, j’ai hâte à l’ouverture de la nouvelle bibliothèque Gabrielle-Roy, prévue pour l’automne. J’aime l’ambiance des bibliothèques empreintes de silence et de tranquillité, et j’y étire le temps afin de bien choisir mes livres.

Chez-moi, j’ai beaucoup de livres que j’ai achetés dans les différentes librairies de volumes usagers. J’en fréquente beaucoup, comme celles qui se trouvent sur les rues Saint-Jean, rue Saint-Joseph, au Comptoir Emmaüs, au Village des Valeurs et autres endroits.

Au fur et à mesure, je fais un tri pour ne pas me laisser envahir et voir mon appartement encombré. Les livres sont comme des amis : avec le temps, certaines distances se créent, car nous évoluons. Nous gardons de bons souvenirs de nos anciens livres et nous créons des liens avec d’autres auteurs(es).

J’aime offrir un livre en cadeau, en déposer dans les différentes boîtes à livres qui se trouvent dans la ville de Québec. Parfois, j’en laisse un sur un banc d’un parc ou dans un abribus.

Mon père, qui a vécu jusqu’à cent ans, aimait beaucoup lire. Il disait souvent qu’une personne qui aime la lecture ne se sent jamais seule. Je sais que c’est vrai parce que de mon enfance à aujourd’hui, lire me procure détente et évasion, occasion d’apprentissage et « de voyage » et aussi la chance la possibilité de mieux me connaître et de découvrir les autres.

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Brodie from Burst

Pluie

La pluie ne sera pas tombée pour rien.

Il y aura encore amoureux de l’autre matin

Qui se surprendront à s’aimer encore plus fort Alors qu’ils croyaient que tout leur jardin était mort.

Pluie diluvienne, Futur surprenant d’Eden.

Et les gens après haine, À nouveau, bien, se comprennent.

Vive ! Et vivre les blancs drapeaux

D’un monde insoupçonné, mais beau, Beau comme le joyau

De tes « yeux-lumière » mi-clos, Stéphanie, Ma jolie !

by

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Matthew Henry from Burst

Guerre, paix et amour

La conquête s’applique à bien des domaines. Bien sûr, à celui des guerres, les anciennes comme les modernes. On peut penser à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, soit un très grand pays contre un petit. Heureusement, les pays de l’OTAN aident, avec prudence, l’Ukraine pour éviter que le conflit dégénère en guerre nucléaire. Ce soutien, toutefois, n’ébranle pas vraiment la volonté du dictateur qui désire revenir à des temps anciens, à un grand pouvoir mondial. Il y a la Corée du Nord et la Chine et d’autres pays qui partagent ces visions de puissance, des pays dont les dirigeants contrôlent leurs peuples en les soumettant à une dictature. Ces populations, prises en otage, préféreraient mieux vivre au quotidien : être libre, faire leur choix et non pas vivre constamment dans l’obligation de se plier aux désirs des dictateurs qui ne souhaitent que tout contrôler ! Pour satisfaire leur ego, ces dictateurs n’hésitent pas à éliminer des vies humaines, et ce, en toute conscience.

Il y a aussi des individus, dévorés par le désir de gloire et de réussite qui sont prêts à tout pour conquérir l’objet de leur convoitise.

En même temps, d’autres individus poursuivent le rêve d’une vie meilleure pour eux et les autres. Ils orientent toutes leurs actions à développer un monde meilleur, où tous et toutes pourraient vivre en paix pour l’éternité sur une terre où il fait bon vivre.

MES CONQUÊTES PERSONNELLES

J’aimerais vous parler de ma conquête, qui me semblait bien réalisable. Je suis maintenant rendu à près de 70 ans, je n’ai eu que quelques conquêtes féminines, avec des bouts heureux comme biens des gens… je suis très bien avec moi-même, malgré ma maladie. Je pense que la conquête de ma mort se passera comme je le veux, en paix avec moi et les autres. J’aurai connu une conquête d’apprentissage de vie sur terre et la fin de la conquête de la seule vérité : on naît puis on meurt et on n’a rien à dire. C’est la réalité humaine de tous… vivre sans pouvoir conquérir la vie.

BERTRAND CYR

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photo: Shutterstock

Berdaches et coureurs de bois1

Entre 1952 et 1987, l’Association américaine de psychiatrie a catégorisé de trouble mental différentes formes d’homosexualité au sein du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM).

Bien que l’homosexualité ait été retirée du DSM-II en 1973, elle a été remplacée, jusqu’en 1987, par une série de diagnostics qui contribuaient à voir l’homosexualité comme pathologique.

À la fin des années 1960, le Parlement du Canada adopte le projet de loi C-150 qui décriminalise l’homosexualité. Entré en vigueur le 26 août 1969, le bill omnibus de Trudeau père allait changer la vie de nombreux Canadiens en décriminalisant, entre autres, l’homosexualité. Selon l’encyclopédie canadienne2 :

« Des premiers jours de la colonisation jusqu’en 1969, les lois sur la sodomie ont rendu les relations sexuelles entre hommes illégales au Canada. En outre, une loi promulguée en 1892 a rendu illégale la “grossière indécence” entre hommes, qui comprenait tout geste indiquant une attirance envers le même sexe, y compris les simples contacts, la danse et les baisers. En 1953, on a étendu ces lois aux femmes. En 1969, cependant, les lois sur la sodomie et la grossière indécence sont modifiées, rendant de tels actes légaux dans certaines circonstances : les parties prenantes doivent ainsi être âgées de 21 ans ou plus et mener leurs affaires en privé. »

Il n’en demeure pas moins que les préjugés sont tenaces et que l’homosexualité est encore souvent l’objet de discrimination. Sur les réseaux sociaux, on n’en finit plus de harceler et de traiter les gais de quolibets et autres insultes. Je tiens pour exemple qu’en mars 2023 un adolescent de 13 ans s’est suicidé parce qu’il ne pouvait plus supporter d’être invectivé tous les jours à l’école et sur son téléphone parce qu’il avait avoué son homosexualité à ses camarades de classe.

L’homosexualité est considérée actuellement par certains pays comme une sorte de perversion occidentale, il suffit de rappeler entre autres les lois répressives de la Russie qui sont aujourd’hui bien connues et qui semblent faire consensus dans la population. Il est de notoriété que dans certains pays africains on brûle les homosexuels comme les sorcières au moyen-âge ; dans d’autres, on les torture ou on les condamne à de lourdes peines de prison.

1 Coureurs de bois comme on l’orthographiait au VIIIe siècle

LES MŒURS DES BERDACHES

Durant trois siècles, l’Amérique du Nord a été sillonnée par de courageux aventuriers de langue française en quête de fourrures, de territoires à conquérir et de liberté. Ces coureurs de bois se sont constamment mêlés aux Amérindiens. Il y avait chez ces derniers une tradition d’hospitalité dont ces explorateurs pouvaient jouir tout en profitant de ces moments de cohabitation pour apprendre la langue, faire l’apprentissage des coutumes, échanger sur le territoire, connaître les bons endroits de pêche et de chasse. Ils y faisaient aussi la rencontre des berdaches, ces personnes mi-homme mi-femme, bispirituelles, ces individus dont « l’existence institutionnelle [outrepassait] la division des sexes et les règles qui s’y rapportent ordinairement, et reconnus cependant ne transgresser aucune loi du point de vue de leur communauté. »3 Ceux-ci sont souvent chamans, guérisseurs, exorcistes et visionnaires. Toutes les grandes décisions dans leur communauté ne peuvent être prises sans leurs conseils. Ils avaient aussi le rôle de combler tous les désirs du visiteur.

Au début de la colonie et jusqu’au milieu du XIXe siècle, le mot homosexuel n’existait pas, pas plus que la notion de maladie mentale que l’on y a rattachée au siècle suivant. Les rencontres entre Blancs et Amérindiens se vivaient en toute liberté. Bien qu’il y ait eu chez les Occidentaux de la Nouvelle-France des interdits et des résistances comme en témoignent les récits de nombreux explorateurs, y compris ceux des fondateurs de la colonie, au contraire chez quelques peuples autochtones, l’échange sexuel entre homme et berdache faisait partie des coutumes et de la culture sans connotation péjorative.4

2 Repéré à https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/l-amendement-de-1969-et-la-de-criminalisation-de-l-homosexualite

3 Pierrette Désy “L’homme-femme. (Les berdaches en Amérique du Nord)”. Un article publié dans la revue Libre — politique, anthropologie, philosophie, 1978, no 78-3, pp. 57-102. Paris : Payot. Page 8 http://classiques.uqac.ca/contemporains/desy_pierrette/homme_femme_berdache/homme_femme_berdache.pdf

4 N.B. vous pouvez consulter ce site pour plus d’informations au sujet des berdaches. https://www.lalanguefrancaise.com/dictionnaire/definition/berdache

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Un béluga sauvé de la noyade

Oyé, oyé,

Je suis Mathieu, tout le monde m’appelle « béluga » à cause de mes bourrelets. J’ai la chance d’avoir Diana Krall comme voisine de palier. Vous n’avez pas idée de tout ce qui se passe à Nanaimo sur l’île de Vancouver. Bébé, on nous enseigne le Jazz, c’est là que tout a commencé.

La conquête est un chemin qui m’obsède. Certaines personnes me tournent la tête et me donnent le vertige. Rendu là, j’ai une impression proche de la certitude. Pourquoi ne pas monter une montagne tant qu’à y être, carrément. Le tournis d’escalader l’Everest ? Si vous avez peur des hauteurs, arrangez-vous pour qu’on ne vous prenne pas de haut.

Or, perdu dans mes ambitions, en boule sur mon plancher, j’arrive à peine à ne pas noyer la totalité de ma peine, gardant à l’esprit qu’il y a de l’espoir en cette belle journée de juillet. La génétique est un facteur qui ne travaille pas dans un bureau de poste. Trouver le bon filon afin de donner du sens à ma vie, analyser comme Freud jouant aux cartes, avoir l’ambition de laisser une trace quelque part de façon ironique, oui, mais authentique. Qui suis-je ? Suis-je celui qui est ?

Par ailleurs, vivant aujourd’hui dans la magnifique ville de Québec, le Jazzman en moi se tient ben tranquille, voire pénard. Je me sens un peu comme le joueur de saxophone, étant roux et habitant Laval-Ouest. Donc, dorénavant, je me satisfais de taper du pied et apprendre à giguer me procurerait un certain « top minou » comme fantasme. Mon but étant de devenir une meilleure personne, chaque jour mieux que la veille et c’est dans les bras de Morphée que tout s’est décidé.

mets à leur place sur les conseils d’Anick. Mais bon, avant de devenir PDG ou un Robin des Bois, je vais commencer par m’habiller, mettre mes bas de laine avec la barre rouge, mais pas à l’envers, étant un début.

La génétique est un facteur qui ne travaille pas dans un bureau de poste…

Le bonheur c’est dans la tête, une conquête dont nous devons être fiers, je suis tellement chanceux d’avoir gagné à la loterie d’être venu au monde chez nous. J’ai un sentiment d’appartenance de qui je suis et qui nous sommes. Soyons porteurs d’espoir et accueillants.

Un béluga qu’on a sauvé de la noyade,

Bip ! Bip ! Le dormeur doit se réveiller, encore la conquête, la musique à tue-tête, mes voix que je re-

Photo de Reynier
Carl sur Unsplash
MATHIEU

Conquête

Conquête de l’avenir

Reçu des impôts de la vie

Perte du temps des fèves rouges

Je me balade dans le désert, sans peur, crainte ou brûlure.

Conquête de l’Amour

Le jour se lève tard

Mais l’espoir jamais ne se montre partout

Car l’infini est puissance

Joie et liberté pressée

Le cœur efface les SOS

Conquête de la vie

Qui vole dans la plume

Du parchemin brûlé

Du soleil qui joue à cache-cache

Conquête du jour

Manque de sécurité en lumière

Mauve de l’espérance

Méfie-toi du cœur de pomme

Qui manque d’humilité joyeuse

Conquête de l’acceptation

Fureur du parc noir

De la fenêtre ouverte

Seule je vague vers la victoire

Et nage vers la tortue fermée

Conquête de la joie

Source de la peur arrogante

La couleur anxieuse

Vole jusqu’au paradis

Des insomniaques fatigués

Conquête de l’ennui

Maîtrise la colère des aiguilles

Le film de l’angoisse

Le marteau de la tête frappée

Par l’intermédiaire de la lampe

Roule les cloches de l’Église

STÉPHANIE LAMONDE PRÉVOST

ÉMOTIONS FORTES

Tu vis dangereusement

Tu joues avec le feu

Tu y vas à fond, intensément

Tu n’as pas froid aux yeux

Les sports extrêmes

Plus tu en as, plus tu en veux

Tu excelles

Dans les sauts périlleux

Parvenir au paroxysme

C’est fort plus qu’un exercice

Au bout de tes limites, en alpinisme

Tu te défonces le physique

Toujours plus loin

Toujours plus vite

Tu ne demandes pas moins

Qu’être le premier aux sports d’élite

Tu veux le top

Le point de vue tu t’en moques

Tu aimes ce que ça te provoque

De ne pas faire dans ton froc

Tu ne te plains pas, t’es pas peureux

Un dur à cuire, un pas frileux

Tout pour jeter la poudre aux yeux

T’en donnes plus qu’on en veut

Qu’est-ce qui se passe dans ta tête

Pour nourrir ce genre de quête

Tu n’as plus l’humeur à la fête

Tu prends trop à cœur, la conquête

Un jour tu passeras

À deux doigts de la mort

Et toi, tu trépigneras

Tu en voudras encore

Les émotions fortes

Auxquelles tu carbures

Tu n’y vas pas de main morte

Tu vises l’azur

Tu ne laisses pas tomber

L’adrénaline n’est jamais assez forte

Pour toi c’est échouer

Jamais tu n’abandonnes, ta drogue

Tu fonctionnes à l’énergie brute

Tu raffoles des pentes abruptes

Tandis que ça me rebute

J’ai trop peur de la chute

Ce qui t’allume

Me donne la chair de poule

Chose certaine et tu l’assumes

Tu as une sacrée paire de couilles

JUDY MILLER
Photo by Devon Dennis from Burst

El Cordobès pénètre solennellement dans l’arène. Son habit de lumière étincelle de mille feux. La foule galvanisée, fébrile, hurle à tout vent.

Le matador, grande « star espagnole » de corrida, salue bas son public, au Nord, à l’Est, à l’Ouest et au Sud. Dedans les gradins, un seul cri, à l’unisson :

Olé ! Olé ! Olé !

La cape frémissante du torero balaie la poudre dorée, attisant le taureau : narines fumantes, il racle férocement le sol de ses lourds sabots. Le monstre, attiré par le rouge de la muleta, frôle dangereusement la cuisse d’El Cordobés.

Olé ! Olé ! Olé !

Freinage abrupt, poussière envolée : le monstre mugit, se retourne… Recommence son manège, changement chorégraphique du matador.

Le public délire. Il veut du sang, il aura celui de l’humain ou de l’animal, sans préférence… Une foule peut être brutale, et à quel point des toreros peuvent être terrorisés. Le matador est blessé à la cuisse. L’une des cornes a déchiqueté sa peau. Le sang dégouline… le long des bas blancs, jusqu’au petit soulier noir.

Pause de la corrida.

On fatigue le taureau. Des « banderilles » sont piquées sur le dos du taureau. Les fléchettes s’incrustant. Le sang ruisselle en fines rigoles. Le monstre, très irrité, par ces présences agaçantes et douloureuses. Aveuglément, il se rue à la vitesse grand V… vers le pansement rougissant El Cordobès.

C’est la mise à mort.

Trop occupé à vaincre, il ignore combien il était rompu. Lequel jouira de cette conquête, qui baignera dans le sang. Je parle comme si le taureau avait des « sentiments ». Je ne suis pas loin de le croire…

Bavant, écumant, l’animal attaque, rencontre le vide. Tenant son glaive de la mort, prêt à tout, le torero a latéralement écarté sa cuisse, enfoncé son épée dans le cou du taureau, jusqu’à la garde. L’animal s’aplatit ses quatre pattes écartelées, ventre à terre.

Olé ! Olé ! Olé !

Des cris hystériques, triomphants.

Soudain, je suis à Québec dans une partie de hockey. Mêmes cris, même foule, même combat pour la… gagner la partie, compter le but. S’il faut blesser un autre joueur au passage, c’est le travail du défenseur, ou d’un autre joueur. La course à la victoire.

Les courses de chevaux, la course automobile, la boxe, etc. appréciées de plusieurs, je le comprends.

Le pouvoir, la réputation, l’orgueil, l’argent font l’apologie de la conquête. Le prix à payer, selon moi, est disproportionnellement élevé.

L’Ukraine se détruit peu à peu. Les Ukrainiens souffrent, perdent tous leurs biens, et meurent par millier. Les familles, décimées, doivent émigrer dans des conditions atroces. Les souvenirs d’une guerre vécue ne s’oublient jamais.

Nobles raisons ?

Conséquences inhumaines !

Les guerres de religion

Noble raison ?

Conséquences sanglantes !

À tout à chacun sa réponse…

Pensez-y bien !

Je vous souhaite un été chaleureux et lumineux. Comme nous les aimons.

Merci de me lire !

P.S. La corrida est maintenant défendue… Bonne idée…

1 Extrait du livre de Jean-Marie Magna Corrida Spectacle

JE RÉCIDIVE

Dimanche 2023 — avril 23 21 h

J’ai recommencé à fumer vendredi après avoir assisté à un excellent concert intime de Jérôme 50 à la librairie Saint-Jean-Baptiste. J’avais arrêté le 16 septembre 2022 et je dormais 12 heures sur 24 depuis ce temps, sans désir de vivre, dépressif, ne m’activant que pour le minimum, un peu de sport, 15 h de bénévolat par semaine, mon ménage, une marche de 40 minutes chaque soir et quelques ami(e)s…

Je récidive.

Je recommence un high.

J’ADORE LES HIGHS

J’adore et déteste les highs, tout à la fois. Ils me donnent des mots, tous les postes de télévision sont subitement intéressants, la musique m’ensorcelle, je retrouve le goût du pain, j’ose déjeuner au Bonnet D’Âne où je discute avec ma charmante voisine de comptoir, qui lit du Raymond Bachelard et me rappelle le temps béni de l’Université Laval (vers 1988 au temps où il y avait encore un certificat en créations littéraires déplorablement abandonné par la faculté depuis !) et me rappelle mon excellent ami Yves qui corrigeait mes textes et avec lequel j’ai un rendez-vous Messenger demain comme tous les quatre mois pour une longue discussion remplie de rire, de rigolade, ponctuée des nouvelles quotidiennes et d’un peu de psychanalyse (il me connaît comme s’il m’avait fait), tout en songeant que je suis un incorrigible séducteur (c’est de famille)…

JE DÉTESTE LES HIGHS

Et je déteste les highs, parce que mon cerveau est surstimulé d’idées et de liens qui me font bondir du coq-à-l’âne, que j’ai peur de perdre le contrôle, que les affres de l’insomnie viennent rompre mon frêle équilibre psychologique et surtout, que ma pensée n’atteigne plus la vitesse de la lumière.

Malgré que comme dans « Les marins », publié dans mon dernier opus http://www.editionslhybride. com/attendre-apres-psy-autres-courts-recits; – de 2018, (un peu d’auto publicité lol) « Les marins » ne se sentent vivants que lorsqu’ils affrontent une solide tempête.

Les solutions ? Écrire. (Chanter, danser envoûté par la musique, respirer, étirer le corps, faire du yoga, pleurer quand les sanglots montent, les vivre, puis les laisser aller, méditer, et si le calme ne revient pas, téléphoner à un ami(e) ou une ligne d’écoute, et en dans un ultime recours, faire un appel à Facebook !).

Écrire un poème, écrire son journal de façon automatique sans censure, sans savoir où le prochain mot, la prochaine phrase, la prochaine idée t’emmèneront.

Écrire ce qui précède et ce qui suivra.

Écrire jusqu’à ce que les épaules et le cou plient sous la fatigue accumulée. Une bonne fatigue qui te garantira un sommeil réparateur apaisé par le sentiment du devoir accompli.

PUIS, ME FAIRE CONFIANCE

J’ai souvent récidivé, et je m’en suis toujours sorti, moi, le champion de la résilience. C’est pas mêlant, avec mon corps, mon esprit, ma volonté et mon cerveau, on pourrait fabriquer une navette spatiale qui résisterait aux départs et à la friction de la rentrée dans l’atmosphère.

On voulait que je m’exprime. Voilà !

BERNARD

Dessin de Caroline Dion

La conscience tranquille par la main du juste !

Je peux vous dire comme réalisateur et metteur en scène de différentes pièces montées par la troupe des Feux-Follets que mon expérience des comédiens et des comédiennes débutant.e.s me permet de voir de nombreux talents émerger, et ce, même au sein des plus démunis et des personnes en situation d’itinérance. En plus d’acquérir une confiance en eux-mêmes, ils développent, en foulant les planches, un charisme qui fait toujours plaisir au public.

Bienvenue à tous et à toutes !

MICHEL DESLAURIERS, directeur de la troupe Les Feux-Follets et camelot occasionnel du magazine de rue La Quête

En la mémoire de Mario Grenier (1965-2023)

Mario Grenier était le conjoint d’une camelot de La Quête. Il est décédé en avril dernier. Pour lui rendre hommage, son amoureuse a sélectionné des phrases porteuses d’espoir que Mario s’est répétées au cours de sa vie et de sa maladie.

« Dieu est au fond de nous. »

~ Les Mystiques

« Ne saviez-vous pas que vous êtes des Dieux »

~ Jésus

« Le royaume de Dieu est à l’intérieur de vous ! »

~ Jésus

« Ce que j’accomplis, vous pouvez le faire…, et mieux encore. »

~ Jésus

« Abandonner la recherche de Dieu… prenez-vous plutôt vous-même comme point de départ »

~ Hippolyte de Rome

« Un homme éclairé m’a dit un jour : “la seule différence entre toi et Dieu, c’est que tu as oublié que tu es divin”. »

~ Dan Brown

« Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?

~ Corinthiens (3-16)

« Cessez de regarder ailleurs. L’esprit du monde est de ressembler à Dieu. »

~ Platon

Élohim : Dieu est pluriel parce que l’esprit humain l’est

~ Genèse

Là où demeure l’esprit demeure le trésor

E Pluribus unum : De plusieurs, un ~Saint-Augustin

ESPOIR

Références communautaires

Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches

Tél. : 2-1-1

Aide sociale ADDS

Association pour la défense des droits sociaux

301, rue Carillon, Québec

Tél. : 418 525-4983

Aide aux femmes

Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler ! 418 648-2190 ou le 1 888-881-7192

Centre femmes aux trois A Pour la réorganisation sociale 270, 5e Rue, Québec

Tél. : 418 529-2066 www.cf3a.ca

Centre femmes d’aujourd’hui

Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec

Tél. : 418 651-4280 c.f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org

Rose du Nord

Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org

Support familial Flocons d’espoir Écoute et aide pour les femmes enceintes 340, rue de Montmartre, sous-sol, porte 4 Tél. : 418 683-8799 ou 418 558-2939 flocons.espoir@videotron.ca

Alphabétisation

Alphabeille Vanier

235, rue Beaucage, Québec

Tél. : 418 527-8267 info@alphabeille.com www.alphabeille.com

Atout-lire

266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec

Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca

Le Cœur à lire

177, 71e Rue Est, Québec

Tél. : 418 841-1042 info@lecoeuralire.com www.lecoeuralire.com

Lis-moi tout Limoilou 3005, 4e Avenue, Québec

Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com

La Marée des mots

3365, chemin Royal, 3e étage, Québec

Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca membre.oricom.ca/lamareedesmots

Centre de jour

Relais d’Espérance

Aider toute personne isolée et en mal de vivre

1001, 4e Avenue, Québec

Tél. : 418 522-3301

Rendez-vous Centre-ville Centre de jour

525, rue Saint-François Est, Québec

Tél. : 418 529-2222

Détresse psychologique

Centre de crise de Québec

Tél. : 418 688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com

Centre de prévention du suicide 1310,1 re Avenue, Québec

Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca

Tel-Aide Québec

Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca

Tel-Jeunes

Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com

Hébergement

Maison de Lauberivière

Pour hommes et femmes démunis ou itinérants

485, rue du Pont, Québec

Tél. : 418 694-9316

accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org

Maison Revivre

Hébergement pour hommes

261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec

Tél. : 418 523-4343 maison.revivre@gmail.com maisonrevivre.weebly.com

SQUAT Basse-Ville

Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com

Gîte Jeunesse

Hébergement temporaire garçons 12 à 17 ans

Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec

Tél. : 418 666-3225

Résidence de Sainte-Foy 3364, rue Rochambau, Québec

Tél. : 418 652-9990

YWCA

Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca

Réinsertion sociale

Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec

Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org

Fraternité de l’Épi

Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec

Tél. : 418 523-1731

La Dauphine

Pour les jeunes de 12 à 35 ans 31, rue D’Auteuil, Québec

Tél. : 418 694-9616

courrier@ladauphine.org www.ladauphine.org

Insertion professionnelle

À l’aube de l’emploi (Lauberivière)

Formation en entretien ménager commercial/buanderie

485, rue du Pont, Québec 418 694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org

Recyclage Vanier

Emploi et formation (manutentionnaire, aidecamionneur, préposé à l’entretien) 1095, rue Vincent-Massey, Québec tél.. : 418 527-8050 poste 234 www.recyclagevanier.com

Prostitution

La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com

P.I.P.Q.

Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168

pipq@qc.aira.com www.pipq.org

Soupe populaire

Café rencontre Centre-Ville 796, rue Saint-Joseph Est, Québec (Déjeuner et dîner)

Tél. : 418 640-0915

Maison de Lauberivière (Souper) 485, rue du Pont, Québec Tél. : 418 694-9316

Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 945, rue des Sœurs-de-la-Charité

Tél. : 418 692-1762

Santé mentale

Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677

centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org

La Boussole

Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502

laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca

Centre Communautaire l’Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719

info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com

Centre d’Entraide Émotions

3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org

La Maison l’Éclaircie

Troubles alimentaires

2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca

Le Pavois

2380, avenue du Mont-Thabor, Québec

Tél. : 418 627-9779

Téléc. : 418 627-2157

Le Verger 943, av. Chanoine-Scott, Québec

Tél. : 418-657-2227 www.leverger.ca

Ocean

Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352

Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283

Parents-Espoir

363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167

Service d’Entraide l’Espoir 125, rue Racine, Québec Tél. : 418 842-9344 seei@videotron.ca www.service-dentraide-espoir.org

Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org

Toxicomanie

Al-Anon et Alateen

Alcoolisme

Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca

Amicale Alfa de Québec 75, rue des Épinettes, Québec

Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca

Point de Repères

225, rue Dorchester, Québec

Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com

VIH-Sida

MIELS-Québec

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Erratum

Une erreur s’est glissée dans l’historique du Curateur public présenté en page 9 de la dernière édition. Le Curateur public du Québec ne relève pas du ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration tel qu’il était écrit, mais bien du ministère de la Famille.

QUAND L'ART TISSE DES HUMAINS

En paraphrasant Jean de La Fontaine à l’envers, on pourrait dire « qu’ayant travaillé très fort pendant tout l’hiver, l’équipe du projet Illumina (la cigale) se trouva fort pourvue, l’été venu, et ce n’en déplaise à la fourmi. »

Ainsi donc, après avoir tenu depuis février nombre d’ateliers (Mémoria mix, Passeurs de rêves, etc.) avec des groupes communautaires partenaires (Pech, l’Engrenage, etc.), Illumina arrive maintenant à son apogée avec un Forum citoyen élargi, le 8 juin au Centre Alyne-Lebel, qui traitera des initiatives des milieux communautaires, de recherche et d’art en matière de cohésion sociale. Beau programme, n’estce pas ?

De fait, cet événement public, où seront présents les artistes et les groupes participants, se veut le coup d’envoi d’un parcours d’art et de solidarité sociale qui s’émaillera sur sept stations, en basse-ville de Québec, cet été jusqu’en septembre.

LE PARCOURS DE LANGELIER À

SAINT-JOSEPH…

Ce trajet bien particulier commence avec le Centre Alyne-Lebel et la promenade Langelier (station Langelier) où, sous le thème des « Gens d’ici », sont exposés les photographies et les portraits lumineux des résidents et résidentes du quartier St-Roch, un travail du photographe autodidacte Yves Lavoie. À côté, un peu en retrait, le clocher du monastère des Augustines sera illuminé la nuit pour marquer le 350e anniversaire de l’œuvre sociale des sœurs (Hôpital général) qui, faut-il le rappeler, ont été les premières, à Québec, à offrir de l’hébergement aux personnes atteintes de maladies mentales (1717-1845). Les « étranges », disait-on à l’époque !

Un peu plus loin, sur Charest, la deuxième station (Sherpa) se veut un hommage à la cohabitation sociale avec une « Mosaïque et une Sculpture » à cet effet, des œuvres très inspirées d’Yves Lavoie et de Sarah Bourdages-Duclot.

Ensuite, la troisième station, le Parvis de l’église StRoch (et son chien !), présente les œuvres photographiques d’Hélène Matte et Julie Picard commémorant les riches épopées de l’Îlot Fleurie 2, tandis que plus à l’est, sur Saint-Joseph, la façade commerciale du 769 (4e station) devient un dialogue interactif avec les citoyens et les citoyennes, une « vitrine évolutive et dessinée » des artistes Claude Majeau et Camille Courier.

… ET DE SAINT-JOSEPH À L’ALLIER

Après avoir enfilé sur du Pont Sud, le public pourra voir la 5e station dans les immenses vitrines du YMCA : les « Vitraux réinventés », une œuvre collective sous l’égide du sculpteur portneuvois Mathieu Fecteau. Longeant la falaise, le Centre Méduse (6e station) offre une collection d’autoportraits — « Passeurs de rêves 2 » — faits par des participants des ateliers d’art de La Mezzanine, Sherpa et Vincent et moi.

Autrement, un balado plutôt original a été réalisé pour aller avec le parcours d’Illumina, lequel se termine au Parc Jean-Paul L’Allier où les gens pourront admirer, entre deux chants d’oiseaux et une pluie de pétales de pommetier, les magnifiques « Nids de bien » confectionnés en groupe cet hiver, sous la gouverne de l’artiste Angela Marsh, en collaboration avec Andrée Lévesque-Sioui.

Rajoutons en terminant que du 8 au 18 juin La Bande Vidéo propose l’expérience virtuelle « Méandres » de l’artiste Stéphanie Morissette, tandis que la galerie inclusive André Bécot, sur Sainte-Hélène, en plus de présenter le film « Apparaître » le 10 juin, abritera jusqu’au 9 juillet l’exposition collective « Rock Solid’art » à laquelle ont contribué une trentaine d’artistes.

Que voilà un parcours d’art engagé digne de SaintRoch et son chien ! Serez-vous des nôtres pour cet été qui s’annonce des plus lumineux ?

SIMARD collaborateur à Illumina

GILLES
Cet été, le Parc Jean-Paul L’Allier accueillera l'une des sept stations du parcours Illumina, avec les « Nids de bien » de l'artiste Angela Marsh en collaboration avec Andrée Lévesque-Sioui.

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