Vamos à la Plaza 30 Relations policières et citoyens
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RÉALISER L’ESPOIR
L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné à la vente - sur la rue ! - par des personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie.
L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche d’un logement par le biais de son service Accroche-Toit.
Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots. SUIVEZ-NOUS
Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu ? Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux.
Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 1er du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique d'octobre : Livres
FAIRE DES SOUS EN DEVENANT CAMELOT
Les camelots font 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier.
Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31
Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.
COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE
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Illustration : Bherg
Conception graphique : Megan Martel
ÉDITEUR
Archipel d’Entraide
ÉDITEUR PARRAIN
Claude Cossette
RÉDACTRICE EN CHEF
Francine Chatigny
DIRECTRICE DE L’INFORMATION
Valérie Gaudreau
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION
Isabelle Noël
CHRONIQUEUR.SE.S
Philippe Bouchard, Martine Corrivault, Claude Cossette et Marc Émile Vigneault
JOURNALISTES
Catherine d'Amours, Josianne Gagnon, Mélodie Langevin, Marjolaine Martin, Sarah Rodrigue et Alphonsine Sefu
AUTEUR.E.S
Bernard Bégin, Simon-Pierre Blais, Gaétan Duval, Sylvain Goupil, Stéphanie Lamonde-Prévost, Denys Lortie, MAD ÂME M, Judy Miller, Bernard St-Onge, Mélanie Tremblay et Christiane Voyer
AUTEUR DU JEU
Jacques Carl Morin
ILLUSTRATEUR.ICE
Benoît Gingras et Rosalie Proulx
RÉVISEUR
Benoit Arsenault et Véronique Hardy
INFOGRAPHISTE
Megan Martel
IMPRIMEUR
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La Quête, Québec, Canada, 2014 Ce document est mis à votre disposition sous un droit d’auteur Creative Commons « PaternitéPas d’Utilisation commerciale - Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n’est pas commercial, permet de l’utiliser et de le diffuser tout en protégeant l’intégralité de l’original et en mentionnant le nom des auteurs.
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EXOTISME
Un thème tout à fait approprié pour l’été que nous a proposé Sylvie. Collaboratrice à La Quête et camelot à la recherche d’un endroit de vente à l’abri des intempéries, Sylvie cherche toujours à agrémenter le quotidien de son entourage. Elle qui a vécu en Asie pendant une période de sa vie souhaitait que l’on aborde les charmes de l’exotisme sans négliger la réalité. Vivre sous les tropiques n’a pas que du bon et vu de là-bas, le Québec a aussi de quoi à faire rêver d’évasion.
Bonne lecture et bel été ! FRANCINE CHATIGNY
UNE AGA PAS MAL TRIPPANTE
Le 28 juin dernier, L’Archipel d’Entraide tenait son Assemblée Générale Annuelle (AGA) précédée d’une assemblée générale extraordinaire pour ratifier les nouveaux règlements généraux et adopter la résolution de demande de lettres patentes supplémentaires. L’AGA a suscité l’intérêt d’un grand nombre de personnes : usagers, employés des divers organismes communautaires, commerçants, et citoyens. Une ben belle soirée aux dires des participants !
L’assemblée a également élu le conseil d’administration pour la prochaine année !
LE CONSEIL D’ADMINISTRATION, CUVÉE 2023 !
De gauche à droite. Maxime Robert, Thomas Fréchette, Mélisa Boilard, Judith Gagnon, François Lebel, Judith Philippe et Camille Lambert-Deubelbeiss. Absent sur la photo : Daniel Tremblay et Stéphane Moisan
Courtoisie:Claude
Cossette
UN EXOTISME SI LOINTAIN SI PROCHE
L’exotisme se qualifie par la nouveauté
Qui étonne et interloque le regard
Loin de chez soi, sous vent de liberté
Tout ressemble alors à une œuvre d’art
L’EXOTISME QUI CULBUTE
Ce n’est point exception de la nature
Qui caractérise cet état d’âme étrange
Mais bien l’effet d’un ressenti si pur
Que le corps revit, exulte sans mélange
L’exotisme, c’est le rêve d’une vie flyée
L’attrait pour le pittoresque, le différent
Un élan qui pousse les naïfs érabliers
À considérer le jamais-vu comme grand
Le touriste éveillé cherche la singularité
La scène insolite qui surprend le regard
Loin de chez lui, il s’attend à être étonné
Il marche des terres qu’il juge bizarres
Québec livre un tourisme de bonne classe
Tous les clichés qu’un pays peut offrir
Aux Mexicains, le froid des hôtels de glace
Aux Français, la cabane du sucre à bouillir
Le bon tuyau doit répondre aux attentes
Aux images éculées que l’on entretient
Revigorées par des publicités excitantes
Et les récits de ceux qui ont voyagé loin
Mais l’exotisme sans fantasme malicieux
Se trouve parfois dans un regard jeté
Et d’une rencontre, du hasard capricieux
Découlera la belle richesse de la mixité
L’EXOTISME QUI REBUTE
Derrière ces façades repeintes en bleu
Au-delà des plages des chics tout-inclus
Une autre réalité se cache en ces lieux
Qui troublerait des touristes moins reclus
Ainsi la place du village en belle pagaille
Encombrée de carcasses et de détritus
Montre une autre face de la médaille
De ces nuits, de ces jours d’excès repus
La femme souriante de la veille a fui
Elle lessive son linge à même une roche
Son mari fourbu a pêché toute la nuit
Ce n’est pas le tableau qu’un guide torche
L’EXOTISME QUI TURLUTE
L’exotisme génère un monde de sensations
Ouïe, goût, odeur, vue vibrent plus que raison
Les sens titillent les badauds aux abois
Et font se rapprocher les âmes en émoi
Contre un tourisme qui perturbe les mœurs
On peut se fondre dans les pays en douceur
Voiler sa richesse, baisser son arrogance
Touriste peaufiné, marqué de bienveillance
Un tourisme humanitaire à tous est offert
Mais il restera peu de ce travail d’enfer
Alors qu’un séjour dans une région typique
Gaspé, Amos, Kuujjuaq, c’est déjà exotique
Un tourisme ayant l’écologie pour guide
Avec internet et cellulaire comme caïds
Un tel périple sans un risque climatique
Offre un monde à la fois réel et féerique
APOSTROPHE
Bon voyage pour toutes destinations
Découvre le monde explore ses horizons
Et garde en tête cette simple règle d’or
C’est rencontre l’Autre qui ravive l’aurore
CLAUDE COSSETTE
UN ALLER SANS RETOUR
Vu de la Côte d’Ivoire, le Québec est une destination très exotique. Ce n’est pas pour y faire un voyage, mais bel et bien pour s’y installer que Léa a traversé l’Atlantique en 2012. La décision a été difficile à prendre et le parcours parsemé d’embûches, mais grâce à sa détermination à toute épreuve, l’infirmière sourit à nouveau à la vie.
Les corridors sont tranquilles. L’infirmière termine sa tournée de fin de soirée. Personne ne pourrait se douter de l’activité qui animait l’étage quelques heures plus tôt. La majorité des patients qui s’y trouvent souffre de troubles cognitifs. Plusieurs ne se rappellent plus qui ils sont ou le nom de leurs enfants. Mais même quand tout, ou presque, est oublié, certains « acquis », comme le racisme, restent malheureusement. Il n’est pas rare que Léa soit victime des préjugés portés sur la couleur de sa peau. Parfois, certains patients vont jusqu’à lui cracher au visage. Mais elle est toujours présente avec le sourire. Si seulement ils savaient tout ce qu’elle a traversé pour être ici.
POUR L’AVENIR DES ENFANTS
En Côte d’Ivoire, la place des femmes est à la maison pour s’occuper des enfants. Certaines n’ont pas le choix de travailler, mais Léa explique que « les agressions sexuelles sur le lieu de travail sont fréquentes, et les victimes sont jugées, humiliées et préfèrent donc se taire ». Léa n’a pas eu à vivre ces violences. Elle a rencontré son mari alors qu’elle était dans la vingtaine. Il avait un bon emploi de comptable dans une entreprise ce qui leur assurait de bonnes conditions de vie. Lorsqu’elle est tombée enceinte, le couple a décidé qu’il était préférable pour leur futur enfant de quitter la Côte D’Ivoire. Ils voulaient un envi-
ronnement sécuritaire et qu’il ait la possibilité de faire des études et d’accomplir ses rêves. Le Québec s’est alors imposé pour sa réputation d’ouverture et les subventions disponibles pour les familles. En 2009, son conjoint fait la traversée. Léa, accompagnée de leur fille de deux ans, devait le rejoindre dès qu’il serait établi. Malheureusement, une guerre civile éclate en Côte d’Ivoire et chamboule leur projet. Léa habite alors la plus grande ville du pays. « Des bombardements et des fusillades avaient lieu dans les rues autour de ma maison. Chaque nuit, j’entendais des cris et des pleurs ». Personne ne pouvait sortir du pays sans risquer d’être victime de violence. Il lui aura fallu trois ans, trois ans de peur, d’insomnie, d’inquiétude et de communication coupée, avant de finalement pouvoir rejoindre son mari au Québec.
UN CONSTAT CHOC
À son arrivée, elle était déterminée à trouver un emploi et à contribuer à la nouvelle vie qu’ils désirent se construire sur leur terre d’accueil. Emploi Québec lui suggère alors le métier d’infirmière auxiliaire. Lorsqu’elle est entrée pour la première fois en CHSLD, Léa a eu un véritable choc des cultures. « Dans mon pays, les CHSLD n’existent pas. Lorsque nos parents vieillissent, l’enfant qui a le meilleur revenu les amène vivre à la maison ». Elle percevait nos établissements comme des « stationnements en attendant qu’ils meurent ». Les premiers mois, elle pleurait chaque soir. Puis, elle a changé sa perception. « J’ai décidé que je leur donnerais le bonheur qu’ils méritent chaque jour ». Alors elle s’est mise à sourire toute la journée, à rire et à faire des blagues avec eux.
Un jour, une patiente revêche lui a demandé « Je passe mon temps à t’insulter, te cracher dessus, et tu continues de sourire et d’être de bonne humeur. Pourquoi ? ». Léa lui a souri et a simplement répondu « parce que quand je vais sortir d’ici, il y a du beau dans ma vie. J’ai mes enfants, mon mari, ma maison, ma vie. J’ai toutes les raisons de sourire. Mais vous, vous êtes coincée entre quatre murs toute la journée. Je vous comprends. ». La patiente s’est mise à pleurer.
Par la suite, elle a entrepris des études d’infirmière. Ils ont eu une deuxième petite fille et sont présentement propriétaires d’une magnifique maison dans une ville de la région du Centre-du-Québec. Elle travaille à temps plein dans un hôpital et continue de sourire chaque jour à chacun de ses patients, peu importe comment ils agissent avec elle. Elle est heureuse et fière de sa vie. Son rire contagieux et sa personnalité rayonnante font le bonheur de ses collègues. Elle remercie le Québec de lui avoir offert l’opportunité de s’accomplir dans la vie et d’offrir ces mêmes opportunités à ses filles.
JOSIANNE GOSSELIN
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photo : Laura James sur Pexels
UNE
BHOUTAN LE BONHEUR NATIONAL BRUT
Le Bhoutan est reconnu pour sa petite taille et ses paysages verdoyants à couper le souffle : environ 70 % du territoire est couvert de forêts1. Ce pays d’Asie du Sud, situé dans les vallées de l’Himalaya, est aussi notoire pour son indice qui mesure le bien-être : le bonheur national brut. Instauré dans les années 1970 afin de pallier les lacunes du produit intérieur brut (ou PIB), le bonheur national brut sert à évaluer le progrès du pays sous une lentille plus holistique. Le PIB a ses angles morts en tant qu’indicateur de bien-être, car il mesure la production totale d’un
pays et met l’accent sur les biens matériels. Dans cette logique, « il est sous-entendu que le pays qui a plus est un pays où en moyenne les gens sont plus heureux », dit Sylvain Eloi Dessy, professeur titulaire au département d’économique de l’Université Laval. Cet indicateur « n’est pas une mesure complète : le PIB nous donne une moyenne », indique Catherine Michaud-Leclerc, professeure adjointe au département d’économique à l’Université Laval. La professeure affirme néanmoins qu’il y a généralement une corrélation entre le PIB par habitant et le niveau de satisfaction des indi-
vidus, lorsque le niveau de satisfaction équivaut à « des bons services de santé, des logements, un niveau d’éducation, des connaissances [et] un niveau d’épanouissement professionnel ».
Le bonheur national brut, quant à lui, se fonde sur quatre principes : la croissance et le développement économique, la préservation de la culture, le développement et l’utilisation durable des ressources, puis la bonne gouvernance2. Dans ce contexte, la relation entre l’humain et la nature est primordiale, et l’économie peut avoir sa place dans la mesure où elle ne brise pas ce lien. La philosophie
2 Clément LESAFFRE. Le Bonheur national brut : ce qu'il faut savoir sur une idée pas si "bisounours". Europe 1. https://www.europe1.fr/economie/cest-quoile-bonheur-national-brut-3624008.amp
L’indice de bonheur national brut calcule, essentiellement, la croissance économique en considérant la durabilité et la collectivité. Cet indice a été instauré au Bhoutan en 1972 par le roi Jigme Singye Wangchuck.
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économique du bonheur national brut est influencée par le bouddhisme, religion officielle du Bhoutan, où les individus et l’environnement sont interdépendants3. L’être humain et l’environnement ne forment qu’un lorsqu’il est temps d’analyser les décisions du gouvernement. Il n’y a pas d’ouverture aux compromis, car, dans cette optique, tout projet nuisible à la nature nuira aussi à l’humain et vice-versa. Ainsi, une politique qui a des impacts environnementaux et sociaux négatifs peut difficilement être mise en œuvre au Bhoutan.
Aller « là où il fait bon vivre » « Je pense que le Bhoutan a eu une certaine influence avec leur initiative », dit Catherine Michaud-Leclerc. « Surtout quand on parle d’environnement, de changements climatiques, de plus en plus, il y a clairement une exigence de faire plus attention aux projets qu’on met en place », dit la professeure d’économie. Par contre, les chiffres démontrent que « le
Bhoutan n’est pas nécessairement premier dans les enquêtes » sur le niveau de satisfaction des individus, précise-t-elle. En effet, c’est davantage des pays du nord de l’Europe qui ont les plus hauts indices de bonheur dans le monde, tels que la Finlande, le Danemark et la Suède.
Comme ces pays scandinaves, le Bhoutan a une population assez homogène. Tel que l’explique Sylvain Eloi Dessy, « le Bhoutan n’est pas ouvert à l’immigration ou à l’émigration, donc il n’y a pas de problème de diversité culturelle qui se pose ». Dans un indicateur comme le bonheur national brut, le principe de « préservation culturelle pose un problème fondamental : quelle culture préserver ? », remarque M. Dessy. Cette volonté de préserver la culture à tout prix s’est longtemps faite aux dépens des minorités religieuses dans le pays, qui ont été marginalisées parce qu’elles représentaient une certaine menace à la survie de la culture dominante4
Par ailleurs, les efforts pour protéger la nature et les ressources au Bhoutan se traduisent en des règles très strictes pour le tourisme, comme un paiement obligatoire de 200 dollars américains pour chaque jour de voyage. Ce montant peut même s’élever à 250 US $ dans la saison haute, mais il comprend, entre autres, l’hébergement dans un hôtel trois étoiles, des repas et un frais de développement durable de 65 $5. À cela s’ajoute le visa obligatoire (peu importe la durée du séjour) et l’interdiction de se rendre seul(e) dans le pays (les visiteurs peuvent seulement y aller en groupe)6. Ces contraintes peuvent en décourager plusieurs de visiter cette partie du monde. « Le Bhoutan prend un grand risque [économique] en limitant le tourisme, mais il met une plus grande valeur sur l’impact environnemental du tourisme sur le pays », souligne Mme Michaud-Leclerc.
ALPHONSINE SEFU
3 US DEPARTEMENT OF STATE. 2022 Report on International Religious Freedom: Bhutan. https://www.state.gov/reports/2022-report-on-international-religious-freedom/bhutan
4 ACN International. Liberté religieuse dans le monde (Rapport 2021) - Bhoutan https://acninternational.org/religiousfreedomreport/wp-content/ uploads/2021/05/Bhoutan.pdf
5 MINISTÈRE DE L'EUROPE ET DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES. Bhoutan. https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays-destination/bhoutan/#entree
6 DEPATEMENT OF TOURISM (BHUTAN). Visitor Questions and Answers. https://www.tourism.gov.bt/announcements/visitor-questions-and-answers#:~:text=Yes%2C%20all%20visitors%20will%20need,who%20will%20require%20a%20permit.
LES FRONTIÈRES DE L'EXOTISME
L’exotisme est un thème fort intéressant, mais sa signification peut porter à confusion, comme en témoigne une rapide recherche.
Selon les définitions du Larousse et du Robert, l’exotisme renvoie au caractère évoquant les coutumes, les habitants ou les paysages des pays lointains. La notion de pays lointains varie en fonction de sa position géographique. Par exemple, en tant qu’Occidentaux, la culture d’Amérique latine ou d’Afrique peut nous sembler exotique, mais qu’en est-il de leur point de vue ?
La définition du terme suggère que la culture américaine serait exotique pour les habitants de ces pays. Cependant, l’Occident a pris le dessus et a imposé sa vision, définissant souvent comme exotique uniquement ce qui est étranger à la culture blanche. Les coutumes ancestrales des peuples latino-américains ou les rituels africains seraient ainsi qualifiés d’exotiques. Pourtant, si l’on y réfléchit, nos coutumes capitalistes occidentales pourraient elles aussi être considérées comme exotiques par des peuples prônant d’autres valeurs.
UN BIAIS HISTORIQUE ?
Il est surprenant de constater, lors de recherches sur l’exotisme, que seules des réponses du point de vue occidental sont trouvées. Ce biais pourrait s’expliquer par l’Histoire. L’impérialisme, qui est la domination d’un État sur un autre, a permis à l’Empire britannique d’exercer une grande influence culturelle et économique
par le passé. Aujourd’hui, bien que cette emprise soit moins flagrante, la culture américaine semble avoir pris le relais et impacte la culture mondiale.
Le mode de vie et la culture américaine sont considérés comme objectifs à atteindre. Lors d’un voyage d’un an au Mexique, j’ai été surprise de constater que les publicités ne présentent que des « whitexican », terme utilisé pour désigner les Mexicains adhérant à la culture blanche. Plutôt que de montrer un exemple concret de l’habitant typique, on expose un modèle atypique comme étant la norme et le rêve à atteindre. Les coutumes ancestrales des peuples natifs du pays pouvant être considérées comme exotiques par les membres de leur propre communauté.
Il peut être ardu d’imaginer que des coutumes fondées sur le capitalisme puissent sembler exotiques à d’autres nations valorisant d’autres aspects. Les peuples exotiques avec d’autres coutumes peuvent sembler intéressants et divertissants, mais ils sont également perçus comme ayant quelque peu de retard. Éventuellement, ils prendraient conscience que suivre le modèle des Occidentaux est la bonne chose à faire et ils se conformeraient. Pourrait-on inconsciemment être les vecteurs d’un impérialisme culturel américain ?
UNE CLASSIFICATION SUPERFLUE ?
Malgré tout, ce qui est vu comme exotique selon la définition existante reste attrayant. La différence
est parfois admirée, parfois rejetée, tout cela dépend du jugement. Par exemple, un paysage exotique de plages entourées de palmiers serait jugé positivement exotique et visité pendant les vacances, tandis que des tribus pratiquant le chamanisme et ayant des coutumes spirituelles évoluées pourraient être jugées négativement exotiques et même inadéquates.
L’exotisme, c’est la différence. Peut-être pourrions-nous ne point classifier les choses exotiques, mais seulement les respecter et tenter de les comprendre, de s’en enrichir culturellement.
L’exotisme est beau. Admirons-le.
MÉLODIE LANGEVIN
Crédit photo : Pexel
EN QUÊTE DE LECTURE
L'ART EXOTIQUE DE LA LECTURE
Dans son essai Sur la lecture, publié en 1905, l’auteur français Marcel Proust écrit « on aime toujours à sortir un peu de soi, à voyager, quand on lit ». Que vous soyez un lecteur invétéré ou une bouquineuse occasionnelle, force est d’avouer que l’acte de lire est une forme de voyage, un changement d’air. Le temps d’un chapitre, vous êtes en quelque sorte forcés de sortir du quotidien pour plonger dans une autre réalité, parfois bien étrangère à la vôtre. N’est-ce pas un peu ça, l’exotisme ?
Question de pousser le thème encore plus loin, je vous propose donc de voyager à travers ces quatre titres, qui, espérons-le, vous permettront de vous évader du traintrain pour pas trop cher cet été.
ROMERRANCE1 QUÉBÉCOIS
Chercher le vent de Guillaume Vigneault
J’aurais pu aussi suggérer Volkswagen Blues de Jacques Poulin, qui reste le cousin des Jack Kerouac et autres beatniks de l’époque (de jeunes baby-boomers pour qui il était plus important de voyager, lire, créer, et d’accumuler les expériences plutôt que des biens matériels). Mais je pense que le magnifique roman de Guillaume Vigneault en est le parfait successeur. À l’aube de la quarantaine, Jack vit une douloureuse rupture, et naturellement, il se cherche un peu. Il décide donc de quasi forcer son exbeau-frère à le suivre dans un périple sur les routes américaines. Entre les casse-croûtes et les paysages à perte de vue, l’art de la photographie et les problèmes mécaniques, on découvre des personnages complexes, fragiles et très humains qui resteront dans votre esprit longtemps après avoir fermé le livre.
(RE) DÉCOUVERTE DE NOTRE HISTOIRE
Kukum de Michel Jean
Parfois, l’exotisme signifie aussi de poser un regard différent sur le monde qui nous entoure. En tant que journaliste, chef d’antenne, écrivain et membre de la communauté de Mashteuiatsh au Saguenay/Lac-Saint-Jean, Michel Jean maîtrise l’art de raconter. Et c’est exactement ce qu’il fait avec Kukum, qui veut dire « grand-mère » en langue innue. Bien avant d’être une Kukum, Almanda, une jeune orpheline, doit aller vivre dans la communauté innue de Pekuakami, où elle devra apprendre la langue et les mœurs d’une nouvelle culture. Avec le temps, elle finit par s’intégrer, et tombe amoureuse d’un jeune innu, avec lequel elle partagera sa vie. Son histoire se déploie durant une longue période difficile pour les Premières Nations :
la perte de leurs terres, de leurs langues, ainsi que l’instauration des réserves et des pensionnats. Un récit poignant de pertinence, encore (surtout) en 2023.
INCURSION RÉALISTE DANS LE JAPON
MODERNE
Stupeurs et tremblements de Amélie Nothomb
Dans ce roman autobiographique, on suit la narratrice, Amélie-san, durant son année à travailler pour une puissante entreprise japonaise dans le Tokyo du début des années 1990. Le choc des cultures occidentale et nipponne sera immense : engagée pour sa maîtrise du japonais et du français, Amélie enchaîne pourtant les gaffes. Ne comprenant pas les règles tacites qui régissent le microcosme de son entreprise, la narratrice subira maintes humiliations et le mépris de sa supérieure, Mlle Mori. Le temps passe et sa chute sociale dans la hiérarchie cruelle du monde du travail sera fulgurante. Drôle et parfois inconfortable, ce roman est une incursion parfaite dans le monde décalé d’Amélie Nothomb.
UN CLASSIQUE
Mange, prie, aime de Elizabeth Gilbert
Avant de me lancer des tomates, laissez-moi faire valoir mon point : ce récit est parfait pour ceux qui vivent un moment difficile, et qui souhaiteraient changer le mal de place. Parfois, un livre mérite son succès planétaire, et bien humblement, celui-ci vaut son pesant d’or. L’autrice, Liz (j’aime bien penser que je peux l’appeler amicalement Liz), est en plein divorce et n’arrive pas à guérir la dépression qui la taraude. Elle décide donc de partir une année complète, qui sera divisée en trois : quatre mois en Italie, puis en Inde, et finalement, en Indonésie. Dans un savant mélange de péripéties, de retours au passé, et de faits intéressants sur chaque pays visité, Elizabeth Gilbert réussit à nous faire voir que malgré les vastes différences entre les cultures, certains thèmes resteront toujours universels.
Mentions honorables HRONIQUE
ISABELLE NOËL
• Elles ont conquis le monde en solo collectif dirigé par Ariane Arpin-Delorme
• Into the wild de Jon Krakauer
• L’île des oubliés de Victoria Hislop
• Mon Afrique de Lucie Pagé
• Tierra del Fuego de Francisco Coloane
• Wild de Cheryl Strayed
VOYAGER CHEZ SOI
Québec possède de nombreux attraits qui la rendent unique. Gastronomie, culture, nature : de quoi permettre à tous d’y trouver son compte. Qu’est-ce qui distingue la capitale ? Quel est son exotisme local ? Petit guide pour voyager dans sa propre ville cet été !
PLEIN AIR
Quand on pense à la nature, on pense souvent à quitter la ville alors qu’il n’est pas nécessaire de le faire pour profiter d’une belle journée à l’extérieur. Trois endroits se démarquent par leurs activités diverses.
Le Domaine Maizerets, situé à Limoilou, est un bon exemple. Vous pouvez vous y promener, y pique-niquer et même vous y baigner. De plus, le domaine possède un arboretum qui vous mettra en plein cœur de la nature et de sa beauté. Pour les plus petits et les plus grands, l’arboretum est aussi muni d’un labyrinthe en cèdre et d’une tour d’observation.
Le parc de la plage Jacques-Cartier qui se situe dans l’arrondissement de Sainte-Foy–Sillery–CapRouge longe le bord du fleuve. On peut autant profiter de la plage sur le bord du fleuve Saint-Laurent que des aires boisées aménagées. Plusieurs escaliers peuvent être intéressants pour ceux et celles qui souhaiteraient s’y aventurer pour un entraînement.
Le dernier, mais non le moindre, le parc Chauveau, situé dans l’arrondissement des Rivières, a un centre d’hébertisme Arbraska qui offre un parcours d’hébertisme dans les hauteurs des arbres et un parcours de sept tyroliennes dont quelques-unes traversent la rivière Saint-Charles sont ouverts au public.
PLAISIRS GASTRONOMIQUES
Québec regorge de cafés, de bars, de restaurants et plus encore où il est possible de déguster la nourriture locale, mais les trois établissements suivants méritent d’être mentionnés par leur caractère qui imprègne Québec.
La microbrasserie La Souche que l’on retrouve à Limoilou et à Stoneham est bien implantée dans ces deux communautés ; chaque mois, en 2023, une partie de ses profits sont remis à un organisme du quartier. Que ce soit pour prendre une bière locale ou bien pour manger, laissez-vous charmer par l’ambiance amicale de la place.
Pour une cuisine québécoise plus traditionnelle, mais au goût du jour, le restaurant La Bûche offre brunch et souper. Une ambiance de cabane à sucre s’y retrouve avec leur bar à tire d’érable sur neige à longueur d’année. La décoration offre un mélange de styles traditionnel, cabane à sucre et moderne.
L’épicerie J.A Moisan de la rue Saint-Jean est une véritable institution à Québec. Depuis 1871, l’épicerie n’a jamais cessé d’œuvrer pour fournir tous les produits nécessaires aux habitants du quartier. On y retrouve autant des produits fins que des antiquités.
ÉVÈNEMENTS ET CULTURE
Il serait impossible de parler de l’exotisme de Québec sans parler de tous les évènements qui se déroulent dans la ville surtout pendant l’été. Que ce soit des évènements musicaux comme le Festival d’été de Québec, le Festival d’opéra ou un gala humoristique comme le ComediHa Fest, festival d’humour, la ville ne s’ennuie jamais.
On retrouve aussi une grande variété d’évènements culturels et festifs comme les Fêtes de la Nouvelle-France, le Festibière, les Grands Feux Loto-Québec ou le Pow-Wow de Wendake. La liste n’est pas exhaustive. Il est toujours possible de trouver quelque chose à fêter ou à faire et c’est ça l’exotisme local de la ville de Québec.
CATHERINE D’AMOURS
Labyrinthe de l'Arboretum du Domaine Maizerets
Festival d'été de Québec
Chez J.A. Moisan
Crédit photo
: Catherine D'Amours
Crédit
photo
: Catherine D'Amours
Crédit
photo
: Catherine D'Amours
APPROPRIATION
TROIS LIVRES POUR SE FAMILIARISER
Vous avez peut-être entendu parler d’appropriation culturelle dans les dernières années. Le concept a fait l’objet de plusieurs reportages et controverses. Mais qu’est-ce que l’appropriation culturelle ? L’équipe du magazine vous propose des livres pour saisir le concept.
D’abord, prenons le temps de définir la notion. Dans l’Encyclopédie canadienne, il est écrit que « l’appropriation culturelle consiste à utiliser les vêtements, la musique, la cuisine ou les savoirs traditionnels d’un peuple, ainsi que d’autres aspects de sa culture, sans son approbation ».
Par exemple, les dreadlocks, ces mèches de cheveux entremêlés, peuvent être perçues comme de l’appropriation culturelle si elles sont portées par une personne qui n’est pas noire.
L’appropriation culturelle peut également se transformer en offense. Des équipes sportives ont dû changer leur nom pour cette raison. En effet, les Redskins de Washington se nomment Les Commandeurs depuis 2020. Leur ancien nom se traduit « Peaux rouges ». Il s’agit d’une manière péjorative de désigner les Autochtones. D’autres équipes, telles que les Blackhawks de Chicago, ont cependant gardé leur nom. L’équipe a expliqué sa décision. Blackhawks rend hommage à une personne autochtone importante du même nom.
Définitivement, l’appropriation culturelle est complexe ! Voici donc trois livres qui pourront vous aider.
Le livre de Mélikah Abdelmoumen présente l’amitié de deux auteurs américains du 20e siècle, William Styron et James Baldwin. Les deux ont abordé l’appropriation culturelle et la liberté d’expression. Styron est un Blanc, descendant de propriétaires d’esclaves et Baldwin, un Noir descendant d’esclaves. Styron a luimême été accusé d’appropriation culturelle pour avoir écrit une histoire au « je » sur la révolte d’esclaves menée par Nat Turner en 1831 dans le sud des États-Unis.
Dire l’autre : appropriation culturelle, voix autochtones et liberté d’expression de Ethel Groffier.(2020)
Ethel Groffier s’est inspirée du cas du dramaturge Robert Lepage pour son essai. M. Lepage a été accusé d’appropriation culturelle
pour sa pièce SLÂV portant sur l’esclavage. Sur le site internet de Renaud Bray, on peut lire qu’Ethel Groffier « explore les limites de la liberté artistique lorsqu’il est question de parler de l’autre. Elle démontre que toute relation interculturelle saine avec les peuples autochtones ne sera possible que lorsque nous aurons reconnu nos torts et offert une pleine réparation. C’est une démarche qui va au-delà de la place réservée aux peuples autochtones dans nos productions artistiques, une démarche qui interpelle chaque citoyen ».
White Negroes : When Cornrows Were in Vogue … and Other Thoughts on Cultural Appropriation de Lauren Michele Jackson (2019)
Lauren Michele Jackson, l’autrice du livre, est une professeure de littérature de l’Université Northwestern à Chicago. Elle aborde comment le capitalisme utilise la culture noire afin de faire des profits, par exemple, avec les modes vestimentaires, la musique… Pour Mme Jackson, l’appropriation culturelle est inévitable, mais il faut tout de même comprendre les conséquences qu’elle implique. L’appropriation culturelle prolongerait les inégalités que vivent les personnes noires.
SARAH RODRIGUE
Suggestion de la rédactrice en chef Qui a peur de l’appropriation culturelle de Mercier Samuel
Baldwin, Styron et moi de Mélikah Abdelmoumen. (2022)
ROUGAIL AU MENU
Le rougail saucisses
Ingrédients :
• 2 saucisses fraîches
• 2 saucisses fumées
• 4 petits piments
• 4 tomates
• 2 oignons
• Gingembre
• Sel
• Poivre
• Huile
Préparation :
1. Couper les tomates en petits morceaux
2. Couper les oignons
3. Couper le gingembre
4. Faire bouillir les saucisses pendant 10 min.
5. Couper les saucisses
6. Mettre les piments dans un pilon
7. Ajouter du sel
8. Piler
9. Ajouter le gingembre
10. Piler
11. Faire chauffer de l’huile
12. Faire revenir les morceaux de saucisses
13. Ajouter les oignons
14. Ajouter les épices
15. Faire roussir
16. Ajouter les tomates, bien mélanger
17. Couvrir et laisser mijoter pendant 20 min.
En panne d’inspiration, fatiguée de toujours cuisiner la même chose, à la recherche d’une nouvelle recette simple à cuisiner ? Internet semble être notre allié, mais il peut aussi être notre ennemi. Pas facile de s’y retrouver dans une telle abondance de recettes !
Dans le but de découvrir une nouvelle recette exotique à cuisiner, j’ai invité Adel Benmim chez moi pour m’appendre à cuisiner une spécialité de chez lui : le rougail saucisses de la Réunion.
La Réunion est un département et une région d’outre-mer français (DROM). Elle se situe au sud-est de Madagascar et au sud-ouest de l’île Maurice, dans l’océan Indien.
La Réunion est une île volcanique créée par un point chaud. Adel Benmim a choisi de nous partager une recette qu’il aime bien, le rougail saucisses parce que c’est une recette simple, facile à cuisiner et parce qu’elle est abordable. Cette recette vient de sa mère qui la préparait beaucoup lorsque Adel était petit. Il mentionne qu’elle l’a appris par ses amies quand elle est arrivée à la Réunion. Adel et sa mère sont partis de la France quand il était très jeune et donc il a grandi à la Réunion, avant de venir au Québec pour étudier, puis pour y travailler. Adel mentionne que c’est un repas qu’on retrouve dans des restaurants Marmites sur l’île de La Réunion, qui sont des buffets à volonté.
Le Saviez-Vous ?
Le nom rougail viendrait du créole réunionnais « rougay », luimême issu du tamoul « ūrkkāy » signifiant fruit vert confit
Vous pouvez trouver cette recette-ci du rougail saucisses sur le site de reunion.fr. D’autres recettes ajoutent du thym, du curcuma ou de l’ail, mais la recette originale est celle qui est ci-dessus. Le rougail saucisses se sert avec du riz afin d’ajouter des féculents et d’ainsi compléter l’assiette composée de viande et de légumes. Le rougail saucisses est un repas typiquement réunionnais et comme la plupart de la cuisine réunionnaise, il est naturellement épicé. Cependant, vous pouvez le cuisiner sans piment si vous ne mangez pas épicé, comme moi. Même sans les piments, la recette est délicieuse. M. Benmim suggère
de choisir les saucisses italiennes ou de Toulouse pour la recette. Il ajoute que les saucisses fumées indiquées dans la recette ne sont pas obligatoires.
Bon appétit !
MARJOLAINE MARTIN
Corrivault
REPOUSSER LES LIMITES A UN PRIX !
Et si l’évolution de l’humanité dépendait de la faculté qu’ont les êtres de rêver, d’imaginer, d’inventer des solutions pour répondre à des besoins, de créer des conditions permettant d’accéder à un monde exotique afin d’échapper aux dures réalités du quotidien ?
Même dans les systèmes démocratiques actuels, on se fabrique encore des rois, des reines et des vedettes éphémères pour se distraire, s’évader de la grisaille de son univers en réveillant des images féériques de l’enfance. L’écrivain Dany Laferrière se souvient d’un petit garçon qui s’ennuyait « … resté derrière la vitre à regarder la pluie tomber sans rien faire » et avoue que c’est pour ça « qu’il a commencé à rêver ». Premier acte libre qui mène à l’envie d’agir.
La réalité appelle l’action née d’un désir qui ouvre des portes sur l’avenir. La conquête de l’espace permet d’imaginer demain, disons vers 2150 : les enfants de nos petits-enfants, devenus grands, partent pour une virée touristique d’amoureux à bord d’un véhicule spatial, avec escale et séjour dans un hôtel étoilé sur la Lune. L’exotisme n’a plus de frontières !
Ou regardons hier, autour des années 1840. Charles Baudelaire invite Marie, sa blonde du moment, à songer « à la douceur d’aller là-bas, vivre ensemble et aimer à loisir dans un monde où tout n’est qu’ordre, beauté, luxe, calme et volupté, dans une chambre aux riches plafonds et aux miroirs profonds décorée de meubles luisants polis par les ans… ». L’invitation au voyage évoque « la splendeur orientale », la mode de l’époque. Aucune nostalgie !
Le monde change. Des frontières tombent, d’autres se dressent : l’humanité repousse les limites de l’imaginable ! Mais les sociétés actuelles se révèlent toujours aussi divisées qu’au siècle de Baudelaire. La misère persiste pour les mêmes causes et quoi qu’en prétendent les experts en modernisation, la pauvreté fleurit encore dans les pays qui se disent développés.
Les guerres du XXe siècle, pas plus que les révolutions qui les accompagnaient, n’ont pu corriger les injustices. Les exploiteurs continuent de s’échanger les chapeaux du pouvoir et les courtisans, d’adapter leurs pratiques. L’argent reste maître des jeux.
Oui, les temps changent ; les modes vont et viennent, les mœurs évoluent et parfois, régressent avant de progresser encore. La course au matérialisme et à la consommation bouscule les aventures intellectuelles et spirituelles. Les amoureux d’aujourd’hui rêvent encore d’évasion, mais en conjuguant rap, rock et slam avec expériences, découvertes et excitations. Le romantisme subtil et teinté de rose des anciens glisse vers l’oubli, comme la génération qui a vu l’homme marcher sur la Lune.
Entre 2002 et 2021, une quinzaine de super-millionnaires ont vécu, moyennant une contribution variant entre 20 et 35 millions $ US chacun, une virée dans l’espace. Pour voir comment c’est la Terre vue d’en haut et s’en vanter. Et après ? B en… rien !
Rien, sinon des promoteurs qui acceptent les réservations vers d’éventuelles expéditions de tourisme spatial destinées à ceux qui s’ennuient et cherchent l’exotisme pour oublier la triste réalité de ceux qui manquent de tout, devant les grilles des palaces terrestres.
On a marché sur la Lune avec Tintin : il a bien fallu, dans la réalité, y aller vraiment et même, pousser plus loin encore. Cette aventure a-t-elle amélioré la vie des peuples de la Terre ? La prouesse force l’admiration sans satisfaire l’insatiable désir humain de voir plus, d’apprendre plus, de comprendre plus sur tout. Repousser les limites de l’espace a un prix ! Sous la poursuite des ambitions spatiales couve le serpent d’un pouvoir qui siphonne des ressources vitales dont notre planète aurait bien besoin pour assurer la survie de tous ses habitants.
C’est sur Terre qu’il faut mieux rêver sa vie. Réapprendre à vivre autrement. Pour visiter la Lune, nul besoin d’une fusée. Pas plus que d’une invitation au voyage pour voir un ciel étoilé et parcourir les galaxies. Même si dans la réalité, l’évidence reste, comme le dit Gabin dans la chanson « … encore à ma fenêtre, je regarde et m’interroge… maintenant, je sais qu’on ne sait jamais ».
MARTINE CORRIVAULT
(Maintenant je sais, Adaptation par J. L. Dabadie en 1974 de But Now I Know de H.P. Green confiée en 1973 à Noël Purcell).
UN LÉOPARD EN GASPÉSIE
Exotisme est extrait de l’adjectif exotique qui date de 1548, mais il est rarement employé avant le XVIIIe siècle et c’est normal. Après les découvertes par les grands explorateurs, le monde se divise en deux : l’Orient et l’Occident.
L’exotisme n’appartient pas aux civilisations de l’Occident. Il provient des pays lointains et chauds. Les plantes de ces pays tropicaux nous fournissent les fruits exotiques comme la mangue, le kiwi, la papaye, le litchi, etc. Pour ce qui est des bois exotiques, notons l’acajou, l’amarante, l’ébène, le fromager, le macassar, le palissandre, le santal, le sipo, le teck, etc. Le goût des choses exotiques, les formes asiatiques, les mœurs, les us et coutumes des pays lointains sont souvent traités de façons superficielles.
INFLUENCE DANS NOS DEMEURES
Dans certaines résidences privées, l’assaisonnement oriental est parfois présent dans quelques pièces. On peut parfois apercevoir un assaisonnement exotique par un meuble, un tissu, un tableau, ou de fines porcelaines de Chine pour prendre le thé. Certains collectionneurs québécois ne se sont pas privés de faire l’acquisition de certains mobiliers vraiment hors du commun. Ainsi ce mobilier laqué comprenant des incrustations de laiton, de nacre et d’écailles rouges (période Napoléon III). J’ai déjà vu des pièces exceptionnelles se vendre à l’enchère à des prix très raisonnables. (Autre temps autre mœurs.) Rien n’échappe aux collectionneurs.
UNE MAISON MÉMORABLE
Si je fais un retour sur mon très lointain passé, c’està-dire mon enfance, je me souviens que mon père, par beau temps le dimanche, nous amenait visiter la parenté située à une quarantaine de milles de notre demeure. On se rendait à la résidence du frère de mon grand-père. Il avait eu une grande famille et les cousines, plus âgées que mon frère et moi, ne manquaient pas : nous étions bien reçus dans cette vaste maison. Il y avait là des choses et des objets inusités, qui donnaient un assaisonnement exotique à l’environnement.
Passé le vestibule apparaissait l’entrée avec son plafond de onze pieds de haut agrémenté de larges moulures. Une partie du grand escalier prenait son envol dans cette pièce ; de plus sur le mur qui longeait cette montée, une série d’ancêtres dans leurs encadrements dorés pouvaient nous observer de façon statique.
Ce qui attirait le plus notre attention d’enfant était à la hauteur de notre vue, sur la table console située à droite de l’escalier. Y figurait une tête de léopard
HRONIQUE
empaillé et très bien montée. L’œil vitrifié, la gueule ouverte laissait apparaître deux crocs bien lustrés munis d’une langue prête à déguster une victime. La tête de l’animal était prolongée par la peau entière incluant les pattes et la queue. Le tout s’étendait à la verticale sur le mur liseré d’une dentelle de feutre rouge vin. L’animal tranquille gardait la porte du salon, lieu où les visiteurs étaient reçus.
Ce salon, qui ne manquait pas de charme par ses dimensions, était toujours prêt pour les réceptions. À mes souvenirs, quelques tapis orientaux garnissaient la pièce. Le mobilier comprenait différents styles, et le mur du fond donnait sur la salle à manger. C’est d’ailleurs ce passage vers la salle à manger qui était mémorable : on traversait un petit corridor dont le plafond était en arcade soutenu par quatre colonnes, et entre les deux colonnes de droite et de gauche figuraient des tableaux exotiques dans lesquels on apercevait des plantes et des oiseaux d’un environnement des pays chauds. Au fond de ce petit corridor, un rideau de velours rouge s’ouvrait lorsque le temps était venu pour les visiteurs de passer à la salle à manger. Cette mise en scène théâtrale complétait l’assaisonnement « exotique » des lieux.
Souvenir d’une époque, En tout respect pour mes ancêtres.
« Je me souviens »
Courtoisie:Philippe Bouchard
PHILIPPE BOUCHARD
LÉPI, BAOULÉ, KENTÉ ET DOIGTÉ
L’exotisme c’est de sortir de soi pour aller à la rencontre de ce qui est habituel pour l’autre.
Alors moi qui suis couturière, j’ai voyagé et vécu bien des décalages horaires et bien des moments exotiques tout en étant assise derrière mon moulin à coudre.
J’ai pu sentir l’odeur des marchés de Conakry tout en voyant mes doigts changés de couleur sous l’indigo d’un tissu qui se nomme lépi. J’ai touché à la finesse des cuirs italiens et senti la soie chinoise coulée comme de l’eau entre mes doigts. J’ai cheminé au travers de l’Afrique de l’Ouest avec des boubous aux couleurs les plus éclatantes les unes que les autres. J’ai aussi eu la chance de me familiariser avec certains tissus tissés à la main, chacun portant un nom qui définit d’où il vient. Je ne saurais dire la différence de tissage entre les tissus Baoulé et les Faso Dan fani, mais je peux dire que le motif est différent. Chaque tissu tissé parle, raconte une histoire. Je crois que celui qui parle le plus fort parmi tous ceux de l’Afrique de l’Ouest est le kenté qui est une fibre royale. Une légende sur ce tissage raconte qu’il symbolise le travail de l’araignée.
Selon moi, l’impression la plus mondialement connue de l’Afrique reste ce motif javanais nommé
Addis Abeba qui a commencé à voyager et à se faire connaître à l’époque de Jimmy Hendrix.
J’ai cousu tellement de tout que j’ai même confectionné des vêtements qui ont servi pour un deuil au Togo et d’autres pour la fête clôturant un deuil. Mes mains ont participé au mariage de plusieurs couples,
mais je crois que de mes voyages exotiques dans la vie des gens celui qui m’a marqué le plus est ce projet complexe de transformer un manteau de fourrure datant de la Deuxième Guerre mondiale en quatre coussins pour la famille qui ont désiré garder ainsi la mémoire de leur aïeul.
Pour moi, la réalité du chemin textile en Afrique de l’Ouest est habituelle. Je souhaite que par ma mosaïque de mots, vous ayez vécu une belle excursion. Je vous laisse sur une parole qui, j’espère, vous fera sourire.
« L’exotisme pour les Asiatiques c’est de pouvoir se rouler dans les pissenlits ! »
MÉLANIE TREMBLAY
Le Kenté est une fibre royale.
L’ESPOIR AU CUBE
IL Y AVAIT UN JARDIN...
Lorsque je demande à certains de décrire un endroit exotique, je reçois la description d’une île paradisiaque où le soleil brille à longueur d’année, où les palmiers procurent une ombre parfaite, où il y a une brise constante, et où la mer turquoise est agréable à la baignade.
Pour d’autres, l’exotisme est d’arriver au sommet d’une montagne après une longue ascension et de pouvoir embrasser un magnifique panorama sur 360 degrés et de goûter ce sentiment d’extase incomparable.
SE DÉPAYSER
Pour moi, l’exotisme est de pouvoir voyager en toute sécurité, visiter un pays européen comme l’Espagne et découvrir toutes ses merveilles en me sauvant de notre hiver trop froid et trop humide pour ma santé. Sortir en plein mois de février et pouvoir aller me baigner dans la Méditerranée. Pouvoir marcher dans des sentiers pendant plusieurs semaines sans une journée de pluie, voir les neiges éternelles de la Costa del Sol en prenant une collation, assise à une table, sur une terrasse ou sur le toit d’une petite auberge, d’un village blanc, « ÇA » c’est exotique.
J’essaie d’imaginer ce que peut être l’exotisme pour une personne qui vit sans le sou, dont la survie dépend de sa capacité à s’adapter aux impondérables qu’elle doit surmonter au quotidien. Peut-être que mon petit appartement de 4 1/2 pièces, propre, bien meublé, avec une petite cour remplie de fleurs, dans un quartier où je peux répondre à tous mes besoins de base dans un rayon de 2 km à pied lui semblerait bien exotique.
À DEUX PAS DE CHEZ MOI
Si l’exotisme c’est l’étranger, je peux vous dire que je vis dans un quartier pas mal exotique. Ça fait treize ans que j’y habite et je ne connais ni mon voisin de gauche ni mon voisin de droite. Devant chez moi, il y a une construction de huit logements et je ne connais aucun de ses occupants. Nous, citadins, imaginons l’étranger dans le lointain alors que de ne pas connaître mon voisinage je trouve ça pas mal étrange. Qui a le goût de partir à la rencontre de son voisinage ? Ne serait-ce pas là le voyage le plus exotique à faire ? Imaginer le croisement de cultures, de groupes d’âge différents avec chacun leur richesse à partager. Vous aurez compris que je parle de richesse du cœur et de l’esprit. M’est-il permis de rêver ?
Sérieusement, il y a toujours quelque chose d’exotique pour quelqu’un quelque part. Cela est souvent décrit comme un endroit qui nous est inaccessible. Cependant, si nous arrivons à garder notre capacité d’émerveillement de l’enfant rendu adulte, l’exotisme reste accessible par notre façon d’appréhender la vie. S’émerveiller devant l’éclosion des bourgeons des arbres au printemps, sentir l’odeur de l’herbe fraîche après la pluie, voir le premier papillon de l’année à la fin d’avril, suivre la descente d’un canard sur la rivière près de laquelle on marche, ne sont-elles pas là des choses auxquelles nous ne pensons pas et qui sont exotiques à qui les admirent pour la première fois. Regardons autour de nous, soyons attentifs à ce que la nature peut nous apprendre. Voyons le lien entre la température et le changement de saisons. Assistons au réveil de la nature endormie par l’hiver lorsque la neige fond sous les rayons de soleil qui devient plus chaud à cause de l’axe de la terre.
N’est-il pas merveilleux de savoir que nous ne sommes qu’un petit caillou dans un univers si grand qu’on n’en connaît pas encore les frontières ? Ne trouvez-vous pas exotique d’imaginer qu’un jour, très bientôt, l’être humain pourra séjourner sur la lune ? Je sais, c’est pas mal moins exotique d’imaginer notre planète en déroute à cause de l’insouciance de l’être humain qui se croit maître de tout. Mais j’ai confiance en la jeunesse, je garde espoir qu’ils seront plus sages que leurs prédécesseurs et qu’ils poseront, en communion avec ceux qui sont sensibilisés, des gestes concrets qui feront de notre planète un lieu où il fait bon vivre ou du moins un endroit où nous pourrons continuer d’espérer une vie meilleure. Un endroit où l’exotisme n’existe que dans notre tête, mais aussi dans notre vie.
Simplement,
MARC ÉMILE VIGNEAULT
Illustration:
LA QUÊTE DES MOTS
PAR JACQUES CARL MORIN CE JEU CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES COLONNES 1 ET 20 À L’AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. CHAQUE CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUI EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE D’UN MOT ET LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT…
Verticalement :
1- Prise d'aliments entre les repas.
20- Couper, séparer.
Horizontalement :
1- Quartier où une communauté vit à l'écart. Lunetier. Lignes saillantes (VREUSENR).
2- Hésitation. Faute, maladresse. Vêtement d'un livre.
3- Plus loin dans un texte. Café (BRAIAAC). Monastère. Défaite, insuccès.
4- Oiseau de mer. Roule sur une voie ferrée (ERAISIND). Lieu.
5- Élément chimique de symbole nb (UMONIBI). Membres du gouvernement. Imitation, substitut.
6- Crapaud. Collectionneur de monnaies. Répétition d'un son.
7- Action de lever son verre. Mettre à l'écart (AEEBLRTTT). Roulement de tambour (NPATRALA).
10- Accompagner. Petit somme. Pays d'Afrique. Réponses au jeu p.29
TÉMOIGNAGE
SUR DU TEMPS EMPRUNTÉ
Comme la plupart des gens qui ont dû affronter le cancer et la chimiothérapie, j’ai dû me réinventer. Ma vision du monde a profondément changé.
Pendant ces trois ans et quelques mois, ma vie a été suspendue dans les semaines précédant les tests visant à mesurer l’évolution éventuelle du cancer qui pourrait m’affecter. Il s’avérait impossible d’oublier que les résultats de ces tests sont susceptibles d’indiquer une récidive du cancer. Il en résultait un très grand stress pour moi. Il était impossible d’oublier que comme les médecins le disaient : vous avez eu un gros cancer.
On m’avait annoncé au début d’une chimiothérapie en 2020 que considérant la gravité du cancer qui m’avait affecté, il y avait 65 % de probabilités de développer un autre cancer d’ici une période de 5 ans, un cancer qui serait incurable celui-là. Cette période de 5 ans ressemble beaucoup à du temps emprunté. D’autant plus que le diagnostic était clair, le cancer qui m’affectait alors était sévère.
Après plus de trois ans de cette vie ponctuée par bien des tests et à la suite d’un test, une récidive développée très rapidement en moins de six mois a été diagnostiquée.
Comme je suis maintenant septuagénaire, que j’ai atteint mes principaux objectifs de vie, avoir des amies et amis, malgré la timidité maladive de ma jeunesse, avoir aimé passionnément un homme, avoir eu une carrière professionnelle avec certains dossiers très innovateurs et avoir accompli, d’une certaine façon, un rêve de jeunesse, soit faire une forme de journalisme — j’ai écrit de très nombreux textes publiés dans les médias de ma région, je peux me dire que
j’ai eu une belle vie. Comme un ami qui a beaucoup compté pour moi, parti trop tôt à 52 ans en 2009, je peux dire la même chose que lui, je me suis battue pour mes valeurs et je suis fière de ça.
Le cancer a marqué pour moi une rupture dans ma vie : il y a la vie avant le cancer et la vie avec le cancer. Je suis porteuse des mêmes valeurs, mais mes possibilités de les exprimer sont radicalement différentes.
Les limitations fonctionnelles découlant de la chimiothérapie de 2020 m’ont beaucoup impactée et m’ont amenée à comprendre que je vivais sur du temps emprunté. Cette sensation (ou cette émotion) peut aider à accepter l’inévitable, à être plus sereine — même si le défi qui m’attend est loin d’être facile. Je ne connais toutefois personne qui a eu une vie facile, on a tous nos problèmes, des catastrophes peuvent nous affecter telles que des deuils, des maladies, des accidents sérieux, etc.
Je reste persuadée de ne pas être la seule à avoir eu ce sentiment de vivre du temps emprunté. J’ai le sentiment que beaucoup de gens affectés par de graves maladies, comme le cancer, peuvent éprouver cela. Toutes les étapes associées au processus de traitement peuvent amener vers une dose plus élevée d’acceptation de l’inévitable. Ça ne rend pas la chose plus facile cependant ; l’instinct de survie étant quelque chose de fondamental pour chacun de nous.
C’est ici que se pose la dernière question et, à mes yeux, la plus importante, celle de la qualité de vie. Il apparaît légitime de vouloir privilégier la qualité de vie, surtout quand, comme moi, on a un âge certain.
NICOLE MOREAU
VERS LE BIEN
En écoutant toujours notre conscience de bien
Nous forgerons
Pour moi et mes amis
Je vous le certifie
Un solide pont
Qui rejoindra un splendide destin
Ce seront nos chemins
Réunis enfin.
Notre commun « quotidien »
Sera bordé de tables remplies de suaves nourritures
Il y aura beurre, fromages et chauds petits pains,
Il y aura crème, sucre, gâteaux et confitures
Il y aura aussi
Nourriture du cœur et de l’esprit
Livres, concerts sur ordi
Chansons d’hier et d’aujourd’hui
Peintures et photographies
Enfin tout ce qui est beau, bon, joli.
En s’imprégnant toujours de bien
Nos cœurs humains
Peu à peu s’élèveront vers le divin
Et deviendront de plus en plus sereins
GAÉTAN DUVAL
Illustration de Rosalie Proulx
La terrasse des ventres vides
Assis au pied de l’église,
Je rêve d’un bon souper.
Derrière moi, mon ami défoncé.
Devant moi le touriste assis à la terrasse en train de fêter.
À mon oreille, j’entends mon ventre murmurer.
Je n’ai pas mangé depuis lundi.
Je sens seulement l’odeur du poulet de la rue
Parvis.
Sur la terrasse des ventres vides
Avec mon sac réutilisable rempli de canettes, je ne pourrai jamais payer leur souper.
Arrête de dire que j’en suis arrivé là,
Un divorce, un abandon, une rupture.
Cela peut sembler insignifiant pour toi, mais pour moi.
Maman
Ton sourire et tes repas me manquent tellement.
J’ai le ventre vide.
Aujourd’hui, journée ensoleillée.
J’ai ramassé de l’argent pour dormir au coin
DuPont et boulevard Charest.
Mais…
Que Dieu me pardonne.
Je suis sale, je pue, mais je suis assis à la terrasse.
On me regarde de haut, de partout, et pourtant…
J’appelle la serveuse, et avec mes quelques sous.
Moi aussi j’ai droit à mon potage du moment.
SIMON-PIERRE BLAIS
Crédit photo
Barnimages
« L'Étranger »
De quoi parle-t-on quand on parle d’exotisme ?
Le Robert nous donne : Caractère de ce qui est exotique. L’exotisme d’un paysage. Goût des choses exotiques, du pittoresque attaché à certaines civilisations1.
Définition un peu succincte.
Regardons plutôt ce que nous donne Le Larousse pour le mot exotique qui fait partie de la définition d’exotisme. Exotique : caractère de ce qui évoque les mœurs, les habitants ou les paysages des pays lointains : roman plein d’exotisme. Goût des choses exotiques : L’exotisme est aussi un mode littéraire, artistique.
Mœurs, habitants de pays lointains, on se rapproche de ce que je ressens quand j’entends le mot exotisme. Mais je ne suis pas tout à fait satisfait ; allons donc en consulter l’étymologie, l’origine.
L’exotisme (du grec tardif exô –« au-dehors », exôtikos « étranger, extérieur ») est un phénomène culturel de goût pour l’étranger. Le phénomène se constate à plusieurs reprises dans l’histoire, surtout à des époques de grands changements sociaux.
Nous y sommes « les étrangers » Quand j’entends le mot exotisme ce qui me vient à l’esprit c’est cette espèce d’attirance pour ce qui n’est pas comme moi : l’autre à découvrir et à connaître à rencontrer.
L’étranger ce n’est pas seulement la minorité visible, c’est aussi l’itinérant, l’autochtone, celui ou celle qui habite en région ou qui vit avec un handicap.
Pour certains l’étranger a le visage de l’acceptation, pour d’autres le visage de la peur.
La rencontre de l’autre fait appel à l’acceptation, à l’ouverture d’esprit, à l’empathie, à l’écoute et à l’amour.
« Reconnaître l’autre dans ses différences, ce n’est pas abandonner ses convictions ou croyances, ce n’est pas ignorer ses intérêts et son identité, c’est plus simplement rester attentif à l’autre, à ce qu’il porte de vérité et d’intérêts légitimes »2.
L’ouverture à l’autre le rend accessible et permet de reconnaître et comprendre non seulement ses mœurs et ses coutumes, mais aussi les motivations dans ses agirs au quotidien dans nos sociétés en mutuelle transformation.
Par contre, la peur et le refus de l’autre mettent en branle un mécanisme de défense qui engendre des jugements désobligeants, de la haine, du racisme voire de la violence. Cette méconnaissance, cette ignorance, ce manque de culture générale doivent être combattus par l’éducation et le savoir.
L’exotisme, bien compris, accueille l’étranger qui peut ainsi devenir un ami, un frère pour qui sait y découvrir toutes ses qualités humaines.
Rappelons-nous « qu’on ne voit bien qu’avec les yeux du cœur ».
Et je termine avec un extrait de L’étranger composé et interprété par Pauline Julien3.
Quand j’étais petite fille
Dans une petite ville
Il y avait la famille, les amis, les voisins
Ceux qui étaient comme nous
Puis il y avait les autres
Les étrangers, l’étranger
C’était l’Italien, le Polonais
L’homme de la ville d’à côté
Les pauvres, les quêteux, les moins bien habillés
[…]
Croyez-vous qu’il soit possible d’inventer un monde
Où il n’y aurait plus d’étranger ?
~Pauline Julien
DENYS LORTIE
1 Repéré à https://www.google.com/search?q=exotisme+d%C3%A9finition&oq=&aqs=chrome.4.35i39i362l8.2209021296j0j15&sourceid=chrome&ie=UTF-8
2 Repéré à https://www.lorientlejour.com/article/1088608/lacceptation-de-lautre-dans-ses-differences.html
3 Repéré à https://www.flashlyrics.com/lyrics/pauline-julien/letranger-02
Crédit
photo: La Quête
L’exotisme, bien compris, accueille l’étranger qui peut ainsi devenir un ami, un frère pour qui sait y découvrir toutes ses qualités humaines.
Les oiseaux rares
Au cœur des frondaisons idylliques
Des créatures aux plumages exotiques
Déguisées sous les apparences d’une plante verte
Ne pas les effaroucher, en mode découverte
Un potentiel danger, celui d’aventurière
Elles sont ici chez elles, je suis l’étrangère
Bruit de branche sèche, elles prendront le mors au bec
Elles se soulèveront en poudre d’escampette
J’ai une propension pour leurs têtes étranges
Je craque pour leurs robes rouges, turquoises et oranges
Ne nous quittent pas pour les contrées verdoyantes du Sud
Chez elles, l’ardent soleil réchauffe leurs plumes
Les migratrices de chez-nous, craignent grisaille de novembre
Les saisons changent, se succèdent et jamais ne se ressemblent
Un temps exceptionnel, les retiennent à l’automne des Indiens
Dans la forêt bigarrée, je me fais ange gardien
Les rayons qui miroitent sur les duvets chatoyants
Dans d’harmonieux mélanges aux feuillages luxuriants
Ma valise est ma penderie, je sors casquette, lunettes, baskets
Je tirai des esquisses de ces curieuses bêtes
Les attentes
Durant mes journées, je vis des périodes d’attente comme attendre l’autobus, attendre une personne à un endroit de rendez-vous, attendre une solution à un problème et tant d’autres temps d’attente. Durant ces moments, j’aime répéter et épeler des mots comme patience, calme, paix, harmonie, équilibre, etc. Et aussi réciter cette phrase comme un mantra : « Je suis, nous sommes amour et lumière ». Il m’arrive d’écrire ces mots et phrases sous forme calligraphique ou bien de les dessiner. Cette bonne attitude me détend, me fait du bien à l’âme, à l’esprit, au cœur, au corps, et me ramène dans l’instant présent. Chacun, chacune, vivons des attentes qui font partie de notre vie. Ma mère faisait des mots mystères ou des mots croisés. Quand il attendait que moi, mes frères et sœurs, ou d’autres membres de la famille viennent le visiter, mon père inscrivait dans le petit journal qu’il tenait la date de notre visite et des commentaires. Ce cahier était précieux pour lui et ma mère qui aimaient nous recevoir et avoir de nos nouvelles. Une de mes sœurs, lorsqu’elle attend chez son médecin ou chez son dentiste, récite des prières dans sa tête
En lieux sûrs, loin des touristes, de tout risque
Je mettrai un vinyle dans mon tournedisque
Me trémoussant sur ça fait rire les oiseaux
Entre bonne compagnie créole, je peindrai le tableau
JUDY MILLER
avec son dizainier qui est un anneau, plus petit et discret qu’un chapelet, qu’elle porte au doigt. Une de mes amies, pour se détendre, tient et presse dans sa main gauche une petite balle molle antistress. Elle fait de bonnes inspirations et expirations. J’ai appris à utiliser cette balle pour me calmer quand mon mental s’énerve ou s’affole et quand le petit hamster qui tourne dans sa cage, prend toute la place dans ma tête. Il y a tellement d’activités qui peuvent exercer notre patience, il suffit d’en trouver une ou plusieurs qui nous convient et qui soit + mmmmmm pour notre santé globale. Cela doit nous procurer du plaisir et la joie de partager avec les autres.
Je comprends aussi que je n’ai pas le contrôle sur les personnes et les événements. Je prends exemple sur la nature qui fait son œuvre en laissant les plantes, les fleurs et les légumes pousser à leur propre rythme. Cette belle analogie me rejoint beaucoup et est inspirante pour plusieurs d’entre nous dans notre vie quotidienne.
CHRISTIANE VOYER
Illustration de Benoit Gingras
Si je parle de moi
C’est pour revenir à moi
Au début
On ne remarque pas la différence
Les obstacles ne sont pas
Insurmontables
Mais peu à peu
Le sac à dos s’alourdit
Pèse lourd
Marque les épaules
À la fin
On ne peut plus s’enfuir
On ne bouge pas
On reste en boule
Et on meurt
Au seuil de soi
FRANÇOIS GAGNON
Le cerveau de l'âme
Négocier un virage viscéral
Dans l’antre de la peur en mémoire
Pour guérir l’âme torturée
Par les mauvais souvenirs
Celle qui acceptait sa mort
Appréciait encore plus la vie
Comme paralysée par ses stresseurs
Qui généraient les petits malaises à son corps
Qui recevait le poids du mental
Incapable de réfléchir
Un tant soit peu
À cette lourdeur indélébile
Qui dépeint la déraison
Le cœur filait
Un mauvais coton
À fleur de peau
D’être l’unique papillon de nuit
Incomprise parmi des soumis
De raviver leurs ego
Par-dessus tout
Un peu trop conforme
Car leurs cases étaient pour moi
Trop serrées, trop petites
Je voulais trouver
Le chemin de l’équilibre
Entre cerveau et cœur
Je visitais les étapes
À conquérir le cerveau de mon âme
MAD ÂME M
Illustration de Benoit
Gingras
Je récidive 21
Eh non ! Pas de sommeil réparateur dans la nuit du 24 avril. Parce que je suis high ; j’ai full d’adrénaline dans mon système. À 23 h 30, après avoir publié sur Facebook mon blues Je récidive, je regarde Chinatown au 800 à Ciné-pop, un vieux thriller glauque culte de 1974 de Roman Polansky, avec Faye Dunaway et Jack Nicholson, un de mes acteurs favoris (surtout pour son rôle dans Vol au-dessus d’un nid de coucou) auquel certains de mes amis disent que je ressemble un tantinet de physionomie. Lol.
Comme je suis high, le film m’ensorcelle rapidement. Mais comme aussi ma psychiatre me le répète souvent, je dois dormir la nuit. J’enregistre donc la suite du film et entreprends ma routine de sommeil qui culmine avec la prise d’une lourde médication pour me geler les idées, et peut-être, redescendre du high. Peine perdue. Lorsque je me couche, mon cerveau est en ébullition. D’habitude, je pense à mes anciennes blondes, même celles du secondaire, pour occuper ma pensée. Je pense au passé et je m’endors après 30 ou 60 minutes à virailler. Mais là, je pense au lendemain, aux jours qui viennent. J’échafaude des plans, des projets, des idées de texte à écrire. C’est la dictature du hamster qui s’empare de mon esprit. Beaucoup de gens connaissent bien ce phénomène dont le docteur Serge Marquis a même fait l’objet d’un livre : Pensouillard le hamster.
L’ENFANT EN MOI
Je tourne dans mon lit comme un bébé dans son petit lit à barreau. Parfois je me dis que s’il est vrai que je n’ai pas eu d’enfants (j’ai commencé à en vouloir à 48 ans, ce qui est un peu tard me direz-vous, mais je n’ai pas rencontré la femme, pas formé le couple stable et solide, de toute façon je n’avais pas la santé selon ma psy). Elle capotait quand je lui ai dit que j’y songeais. « Mais, monsieur (partout dans le système de santé on vous donne du “monsieur”) StOnge, vous n’êtes même pas capable de vous occuper de vous-même !! » Et pourtant, j’ai 59 ans et je suis
toujours vivant malgré 22 hospitalisations. J’en suis seulement à mon 4e appartement depuis 1989, et je stage/travaille pour le Pavois de Québec depuis 2004 dont 15 ans au SABV, Service Amical Basse-Ville. Je suis donc stable dans certains domaines ! Donc, parfois je me dis que, s’il est vrai que je n’ai pas eu d’enfants, j’ai encore l’enfant en dedans de moi qui s’excite très fort… et ne veut pas dormir. Je tourne et tourne dans mon lit et lève même mes jambes contre le mur. Mais rien n’y fait. Après avoir pris un médicament prescrit au besoin pour m’amortir un peu, être allé dans le salon dessiner et écrire un tantinet, j’ai beau me recoucher, l’adrénaline est encore trop forte et je ne dors pas. J’appelle au Centre de crise et raconte mon désarroi à l’intervenante qui m’écoute et essaie de m’aider. Vers 3 h, je réalise que je ne dormirai pas de la nuit. Je m’habille et vais marcher. J’arrête au Snack Bar gras pour manger un peu, écouter la bonne musique rock et surtout, voir des humains qui me permettent de briser mon isolement. Par la suite, je marche jusqu’à l’hôtel Palace dans le stationnement duquel j’appelle la ressource Centre de Nuit Demi-Lune. Je jase avec l’intervenante encore des péripéties de ma petite vie si fragile par moment. Puis à 5 heures, je dis fuck, je me connais, je prends un taxi pour l’urgence de l’hôpital de l’Enfant-Jésus, porte d’entrée du système en santé mentale. À suivre…
BERNARD ST-ONGE 1
Crédit photo
Vamos à la Plaza
Sur les pages de mon skate, je surfe sur les ruelles de la cité. Faim et soif de liberté et de légèreté, je croise les lignes d’une popote roulante. Sans chercher à refaire la recette de ma vie, je reset le sens de mon mental et prends goût au plaisir d’un envol au vent.
Comme un poil s’u’a soupe, je surprends la vie de me laisser pâtisser ou plutôt tapisser les allés sans déli. Dans un dessin écrit de pain j’y graffite ma douleur sur les roues de ma planche. Eau de coco à la main, je remplis mon panier de tout le bagage de ce voyage.
Sous un âge nu de sens, j’y trouve ma forme et ma couleur, car c’est dans ce blues que j’y trouve la mélodie de mon harmonie et dans ce vert dur l’effet qui sert.
Sous la Une des toiles d’une quête d’aventure, je glisse les maux de mon Être dans les paraboles d’une demi-courbe, pipe à la main laissant la fumée éclairer les passes de mon chemin. Ah ! Que la nuit est tranquille, les lampes adhèrent aussi. Projeté dans les hauteurs de mon âme, je plane dans les vagues trop Epic de ma signature, regarder par terre vous y trouverez ma trace et dans le sablier du temps ma place.
À la ferveur du jour, j’y joins les débits d’hier, sous l’eau des tourniquets, les bulles d’idéaux remontent à la surface, rappelant les bonnes vieilles années où la muse ne ment pas. Dans cette lumière tamisée, voyez-vous le voile du bât-haut ? Perdu dans le triangle de mon bermuda, ne pensant pas aux conséquences d’une lettre, je mélange l’érotisme à l’exotisme et pige au long le voyageur qui sans comprendre se laisse bercer par les mauvaises impressions d’un jour n’allant noir et blanc.
Crème lacée à la main, les pieds sous-liés au destin, je liche les bordures des coûts humm du pavé de ma vie, mais si vous voulez mon avis.
Vamos Vamos !!!
Où ça ?
À la Plaza.
PAON D'OR
Illustration Paon
Références communautaires
Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches Tél. : 2-1-1
Aide sociale
ADDS
Association pour la défense des droits sociaux
301, rue Carillon, Québec
Tél. : 418 525-4983
Aide aux femmes
Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler ! 418 648-2190 ou le 1 888-881-7192
Centre femmes aux trois A Pour la réorganisation sociale 270, 5e Rue, Québec
Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org
Support familial Flocons d’espoir Écoute et aide pour les femmes enceintes 340, rue de Montmartre, sous-sol, porte 4 Tél. : 418 683-8799 ou 418 558-2939 flocons.espoir@videotron.ca
Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO)
435, rue du Roi, Québec
Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org
Fraternité de l’Épi
Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec
Tél. : 418 523-1731
La Dauphine
Pour les jeunes de 12 à 35 ans 31, rue D’Auteuil, Québec
Tél. : 418 694-9616
courrier@ladauphine.org www.ladauphine.org
Insertion professionnelle
À l’aube de l’emploi (Lauberivière)
Formation en entretien ménager commercial/buanderie
485, rue du Pont, Québec 418 694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org
Recyclage Vanier
Emploi et formation (manutentionnaire, aidecamionneur, préposé à l’entretien) 1095, rue Vincent-Massey, Québec tél.. : 418 527-8050 poste 234 www.recyclagevanier.com
Prostitution
La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com
P.I.P.Q.
Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168 pipq@qc.aira.com www.pipq.org
Soupe populaire
Café rencontre Centre-Ville 796, rue Saint-Joseph Est, Québec (Déjeuner et dîner)
Tél. : 418 640-0915
Maison de Lauberivière (Souper) 485, rue du Pont, Québec Tél. : 418 694-9316
Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 945, rue des Sœurs-de-la-Charité Tél. : 418 692-1762
Santé mentale
Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677 centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org
La Boussole
Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca
Centre Communautaire l’Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com
Centre d’Entraide Émotions
3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org
La Maison l’Éclaircie
Troubles alimentaires
2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca
Le Pavois 2380, avenue du Mont-Thabor, Québec Tél. : 418 627-9779
Téléc. : 418 627-2157
Le Verger 943, av. Chanoine-Scott, Québec Tél. : 418-657-2227 www.leverger.ca
Ocean
Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352
Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283
Parents-Espoir
363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167
Service d’Entraide l’Espoir 125, rue Racine, Québec Tél. : 418 842-9344 seei@videotron.ca www.service-dentraide-espoir.org
Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org
Amicale Alfa de Québec 75, rue des Épinettes, Québec
Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca
Point de Repères
225, rue Dorchester, Québec
Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com
VIH-Sida
MIELS-Québec
Information et entraide dans la lutte contre le VIH-sida
625, avenue Chouinard, Québec
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RÉPONSES LA QUÊTE DES MOTS Solution
Les relations entre policiers et citoyens
Un soir tard, je fais un u-turn avec mon char ; les policiers me donnent une chance et me laissent partir sans amende. Ce soir-là, les policiers ont pris le temps de m’écouter et de comprendre ma situation : je devais aller me coucher pour être en forme le lendemain au travail
Ils m’ont donné une autre chance alors que je sortais de l’hôtel des Plaines à Pintendre. À la place de mettre les lumières, j’ai mis les whipers, ce qui a presque causé un face à face. Par la suite, les policiers sont arrivés pour voir ce qui se passait. Ils ont fouillé mon chum pis ils l’ont mis par terre. Je me suis mis à me battre avec un policier pour qu’il le lâche. Le policier a fini par m’assommer sur mon capot, mes lunettes ont brisé. En regardant mon permis de conduire, il a vu que j’habitais dans le même secteur que Jean-Yves, un millionnaire de Lévis. « Oui, je le connais ! » En voyant que j’étais son ami, cela calma les choses. Malgré tout, le policier décida de ne pas me mettre de charge pour assaut et m’encouragea à changer. Il a souligné que c’était bien que j’aie aidé mon ami. Mais je n’ai pas eu le choix d’aller en cour pour mon alcool au volant.
Une autre fois, les policiers m’ont sauvé la vie et par la même occasion celle de mon amie. Cela se passait un soir de semaine vers 22 h. On était dans la jeune vingtaine, en plein moins de février. Le froid était confortable et le ciel était étoilé. Après avoir reculé dans un banc de neige, on admirait le paysage tout en commentant nos journées respectives. On a discuté un bout de temps puis on s’est endormis. Heureusement, la fenêtre était entrouverte, ce qui nous a sauvé la vie. Le monoxyde est insidieux, car il agit sournoisement en t’endormant pour l’éternité. Au matin, les policiers nous ont réveillés en cognant dans la vitre très fort : ils croyaient qu’on était morts. Quand les policiers m’ont réveillé, ils m’ont demandé si j’allais bien, et en leur parlant j’ai ouvert ma porte tout en prenant de l’air frais, car j’étais vraiment sonné. Ceci prouve la compétence de la majorité des policiers qui font des patrouilles nécessaires au bienêtre de la population. Ils ont les yeux aux aguets pour prévenir les méfaits et sauver les vies.
UNE NOUVELLE PERSPECTIVE
Les policiers m’ont déjà arrêté pour des p’tites affaires, mais ils ne m’ont jamais insulté pis y’ont toujours été corrects avec moi. Ils font un travail de professionnel qui est difficile. Je pense qu’il y a plus de bons que de mauvais policiers. J’aimerais offrir une nouvelle perspective sur le travail des policiers pour qu’ils se fassent mieux comprendre. Le rôle de la police est un rôle de surveillant, d’aidant. Les polices dans Saint-Roch se doivent d’être un peu plus compréhensives et patientes par rapport aux gens qui vivent des situations liées à la pauvreté. Des fois, les gens ont tendance à s’isoler pour fuir leur souffrance. Les policiers se doivent donc d’être plus empathiques à l’égard des clientèles fréquentant Saint-Roch. Je sens le besoin d’aider les policiers parce qu’ils m’ont aidé à rester sur le droit chemin en me sauvant la vie.
J’ai écrit ce texte dans le but de faire comprendre aux gens que dans certaines circonstances, les policiers n’ont pas le choix d’être autoritaires. Ce sont des êtres humains qui font leur possible pour aider la population. Ceci étant dit, les policiers possèdent beaucoup de pouvoir et d’autorité, ils ne doivent pas en abuser, ils doivent l’utiliser judicieusement. Je souhaite un Saint-Roch plus calme, en sécurité et qui dort bien sur ses deux oreilles.
Même si cela est un peu difficile à atteindre, c’est un idéal vers lequel j’aimerais qu’on tende. Les organismes et les citoyens devraient proposer de petits travaux pour prévenir un manque de ressource pécuniaire et la criminalisation. Il serait aussi bénéfique de pousser les gens à s’impliquer davantage dans la politique municipale. Si chacun aidait un pauvre, il y aurait moins de pauvres.