

POUVOIR




Hébergement
POUVOIR
Salaire minimum : une lutte sans fin
Changement de pouvoir : 4 questions à 2 nouveaux députés de Québec
Les dessous de la propagande
Quelle place pour les émotions

Coup de main





21 L'amour est plus fort que tout !
22 Qui suis-je ? 23 Naître puissant 24 L'enfance
25 Jack, l'ours qui pleure
26 Pigeon
27 Mot de camelot

Crédit photo: Pixabay
Crédit
photo : Storyset sur Freepik

RÉALISER L’ESPOIR
L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné à la vente - sur la rue ! - par des personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie.
L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche d’un logement par le biais de son service Accroche-Toit.
Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.
SUIVEZ-NOUS SUR facebook.com/laquete.magazinederue
Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu ? Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux.
Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 1er du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique de juin : Conquête


DES SOUS EN DEVENANT CAMELOT
Les camelots font 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier.
Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31
Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.
COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR
Nom :
Adresse :
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Code postal :
Date :
PAGE COUVERTURE
Oeuvre de Marie Langlois
Conception graphique : Megan Martel
ÉDITEUR
Archipel d’Entraide
ÉDITEUR PARRAIN
Claude Cossette
RÉDACTRICE EN CHEF
Francine Chatigny
DIRECTRICE DE L’INFORMATION
Valérie Gaudreau
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION
Isabelle Noël
CHRONIQUEUR.SE.S
Philippe Bouchard, CMCQ, Martine Corrivault, Claude Cossette et Marc Émile Vigneault
JOURNALISTES
Philippe Fortin, Nicolas Fournier-Boisvert, Marjolaine Martin, Sarah Rodrigue, Alphonsine Sefu et Simon Vermette
AUTEUR.E.S
Simon-Pierre Blais, Bertrand Cyr, Gaétan Duval, François Gagnon, Gen Lee, Judy Miller, Camille Renaud, Sylvain Rouillard et Christiane Voyer
AUTEUR DU JEU
Jacques Carl Morin
RÉVISEUR
Benoit Arsenault
ILLUSTRATEUR.TRICE
Benoit Gingras et Bherg
INFOGRAPHISTE
Megan Martel
IMPRIMEUR
Imprimerie STAMPA inc. (418) 681-0284
COPYLEFT
La Quête, Québec, Canada, 2014
Ce document est mis à votre disposition sous un droit d’auteur Creative Commons « PaternitéPas d’Utilisation commerciale - Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n’est pas commercial, permet de l’utiliser et de le diffuser tout en protégeant l’intégralité de l’original et en mentionnant le nom des auteurs.
ANNÉE
Abonnement régulier 65 $
Abonnement de soutien 80 $
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La Quête est appuyée financièrement par :
Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI)
Financé par le gouvernement du Canada

Journal La Quête
190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7
Téléphone : 649-9145
Télécopieur : 649-7770
Courriel : laquetejournal@yahoo.ca

UNE NOUVELLE DIRECTRICE
Je suis honorée de me présenter comme la nouvelle directrice générale de l’Archipel d’Entraide, cet organisme qui me tient à cœur depuis si longtemps. Je succède ainsi à Diane Morin, en poste pendant presque 30 ans et dont l’apport a été exceptionnel.
J’aborde donc ce mandat avec humilité et ouverture.
J’ai hâte de travailler avec tous les acteurs de l’action communautaire autonome, dans un esprit de coopération et de complémentarité.
Notre mission n’a rien perdu de sa pertinence et les défis sont toujours aussi grands. Forts d’une équipe fantastique, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous abordons ce nouveau départ !
Notre porte est ouverte à tous, sur le coin des rues Saint-Joseph et Caron, discrète, mais accueillante.
Vous y trouverez des intervenants, des pairs-aidants, une éditrice, des camelots et des usagers dans un méli-mélo ordonné où chacun a sa place.
En ce beau mois d’avril, nous fêtons ce nouveau printemps ! Et que la vie nous en donne encore des dizaines !
ODRÉE COUTURE-BÉDARD

MERCI DIANE MORIN !
Le conseil d’administration de l’Archipel d’Entraide de Québec tient à souligner le départ à la retraite de Mme Diane Morin, après 28 ans de loyaux services. Mme Morin a assumé pendant plusieurs années la direction générale de l’Archipel. À ce titre, elle a grandement contribué à développer les différents volets de service de l’Archipel, et à construire les partenariats avec les autres organismes impliqués dans notre communauté.
Merci Diane, pour ta contribution.
LE C.A. DE L'ARCHIPEL D'ENTRAIDE
LA QUÊTE, JE L'AIME UN PEU, BEAUCOUP, PASSIONNÉMENT...
On aimerait savoir ce qui vous plaît — ou pas — dans votre magazine de rue La Quête. Ce sondage est une belle occasion de nous faire connaître votre opinion sur ce qui est publié dans La Quête, mais aussi de nous faire part de ce que vous aimeriez y retrouver dans le futur.
Les personnes dotées d'un téléphone intelligent peuvent accéder au sondage en scannant le code QR ci-dessous.
Le sondage est publié aux pages 7 et 8 de cette édition. Une fois rempli, vous pouvez :
• le déposer dans notre boîte aux lettre (190, rue Saint-Joseph-Est, Québec, G1K 3A7) ;
• le retourner par télécopieur 418 649-7770 ;
• le numériser et l'envoyer à laquetejournal@ yahoo.ca ;
• Vous pouvez aussi le remplir sur un ordinateur à partir de ce lien : https://rb.gy/8ddh
Merci de votre intérêt pour le magazine de rue de Québec !

Courtoisie
Odrée Couture-Bédard
Odrée Couture-Bédard, directrice générale
Scannez ce code pour accéder au sondage La Quête
POUVOIR
ON VEUT SAVOIR !
Ci-contre, le sondage de La Quête (voir aussi page 3).
Un petit dix minutes pour vous, qui fera une énorme différence pour nous!
On veut que les camelots puissent offrir un magazine qui vous plaît et que vous avez hâte d’acheter. Faites-nous savoir ce que vous aimez !
L’équipe de bénévoles de La Quête vous a concocté un numéro extrêmement intéressant sur le thème du pouvoir !
« Si on veut, on peut ! » Cette phrase a le don de faire porter la réussite — ou l’échec — sur les épaules de la personne. Mais est-ce qu’il s’agit toujours de pouvoir personnel ? Y a-t-il des freins structurels à la réalisation de ses rêves ? Alphonsine Sefu a visité trois organismes communautaires de Québec qui travaillent avec des gens dont les ambitions sont limitées par leur réalité.
Le premier mai prochain, le salaire minimum connaîtra sa plus grande hausse depuis 1995. On devrait se réjouir ! Et pourtant, ce minimum n’est encore pas suffisant pour satisfaire les besoins de base des bas salariés qui voient leur pouvoir d’achat s’effriter. Et la situation des personnes assistées sociales est encore moins réjouissante. Comment peut-on vivre avec 770 $ par mois en 2023 ? Sarah Rodrigue a discuté de la question avec Virginie Larivière du Collectif pour un Québec sans pauvreté.
Pourquoi devenir politicien ? Marjolaine Martin a interrogé Kariane Bourassa de la CAQ et Étienne Grandmont de Québec Solidaire pour connaître leurs motivations. Deux députés, deux visions du pouvoir à lire dans 5 questions à 2 nouveaux élus
Simon Vermette s’intéresse à la puissance de la propagande, cet outil insidieux de construction de la conscience collective. Contrairement à l’idée véhiculée, la propagande n’est pas synonyme de mensonge, écrit-il. Elle n’est pas pour autant inoffensive, loin s’en faut.
La formation n’est pas garante de tout. On vous enseigne, par exemple, comment réagir avec une personne qui menace de se suicider. Puis, quand vous vous retrouvez devant cette réalité pour la première fois, il n’y a pas que les notions théoriques qui remontent à la surface. Notre sociologue en résidence, Nicolas Fournier-Boisvert, se penche sur le pouvoir des émotions dans la relation d’accompagnement.
Dans Le pouvoir du narcissisme Philippe Fortin s’attarde aux réseaux sociaux qui, d’une part, exacerbent
le narcissisme des producteurs de contenus et de l’autre, génèrent de l’anxiété et des dépressions chez une partie de leur « auditoire ». Analyse des dérives d’un nouveau pouvoir : la prise de paroles sur les réseaux sociaux.
Reprendre du pouvoir sur sa vie après des années de violence conjugale nécessite courage, force et soutien. Julie témoigne de sa relation toxique et des outils qu’elle a utilisés pour redevenir un être humain à part entière.
MATIÈRE À RÉFLEXION
Pouvoir, vouloir, savoir. Un trio de compétences qui a suscité la réflexion de Martine Corrivault et de Claude Cossette. La première amorce sa démonstration avec l’adage de Balzac « Vouloir brûle. Pouvoir détruit. Savoir apaise. » Le second se questionne sur l’ordre idéal de leur enchaînement : lequel des trois devrait venir en premier ?
Marc-Émile Vigneault, le chroniqueur d’Espoir au Cube (qui a toujours espérance d’avoir du renfort pour rédiger cette chronique, soit dit en passant ) est touché par le pouvoir des mots. Vrai qu’ils peuvent nous blesser, nous élever… et laisser des traces à jamais.
POUR LE PLAISIR…
Dans sa très belle réflexion sur la poésie, Sylvain Rouillard cite Cyrulnik. « La poésie est désuète pour ceux qui sont gavés, mais quand le réel est insupportable, elle prend la valeur d’une arme de survie. » Il ne saurait dire mieux ! La portion Pour le plaisir de lire de cette édition est particulièrement savoureuse. Délectez-vous !
Une première et pas une dernière, souhaitons-le, le camelot de Place Laurier participe à cette édition en livrant le récit des dernières années qui ont été particulièrement éprouvantes pour lui. Mais l’histoire a une belle fin !
Belle lecture !
FRANCINE CHATIGNY
Sondage La Quête
COMPORTEMENT D'ACHAT
Cochez toutes les raisons pour lesquelles vous achetez le magazine de rue La Quête.
☐ Pour encourager « mon ou ma » camelot
☐ Pour encourager la personne qui vend le magazine
☐ Pour le contenu du magazine
☐ Pour la mission du magazine
☐ Par solidarité pour les personnes désaffiliées
Au cours de la dernière année, combien d'exemplaires de La Quête avez-vous achetés?
Parmi ces éditions, laquelle ou lesquelles vous êtes-vous procurées?
☐ Publicité
☐ Paix (Peace & Love)
☐ Environnement
☐ Schizophrénie
☐ Transports
☐ Sexe, drogue et rock'n'roll
☐ Engagement
☐ Cohabitation
☐ Rémunération
☐ Philosophie
Habituellement, à quelles intersections ou quel endroit achetez-vous La Quête ?
☐ Rue Cartier et rue Fraser
☐ Rue Cartier et boul. René-Lévesque
☐ Chemin Sainte-Foy et Saint-Sacrement
☐ Rue Saint-Jean secteur Caisse populaire Desjardins
☐ Rue Saint-Jean secteur Place d'Youville
☐ Rue Saint-Jean et Côte-du-Palais
☐ Rue Saint-Joseph et rue du Pont
☐ Rue Saint-Joseph secteur Bibliothèque Gabrielle-Roy
☐ Rue Saint-Joseph et rue Caron
☐ 3e Avenue et 4e Rue
☐ 3e Avenue et 12e Rue
☐ Autre. Précisez : __________________________________
Avez-vous des difficultés à vous procurer votre exemplaire ?
☐ Non, je sais où trouver un camelot
☐ Oui, j'ai du mal à trouver un camelot
Pour vous, La Quête c'est ? (plus d'une réponse possible)
☐ Un outil de réinsertion sociale
☐ Une source d'information
☐ Un divertissement
☐ Un geste de solidarité
☐ Autre : _________________________________________
CONTENU
DU MAGAZINE
Si un camelot vous dit qu'il a écrit dans le magazine, est-ce que cela vous incite à acheter un exemplaire ?
☐ Oui
☐ Non
Quand vous êtes dans la rue, la couverture du magazine attire votre attention ?
☐ Tout le temps
☐ Rarement
☐ Jamais
☐ C'est le camelot que je regarde !
☐ Précisez : _______________________________________
En vous référant aux dernières éditions que vous avez lues, comment qualifieriez-vous chacun de ces élémtents ?
Section Pas intéressant Peu intéressant Intéressant Très intéressant
Choix des thématiques
Contenu des articles du dossier
Chroniques
Jeu
Section Pour le plaisir de lire
(poésie, création littéraire, opinion, témoignage, etc.)
Si vous étiez l'éditeur de La Quête, vous publieriez (pas du tout [0] à uniquement [5]) :
Section 0 1 2 3 4 5
Reportage
Opinion
Poésie
Texte littéraire
Chronique
Nouvelle d'organisme communautaire
Publicité ☺
Qu'aimeriez-vous lire dans La Quête et qui ne s'y trouve pas ?
Sondage La Quête
Le top 3 de vos sujets favoris (sélectionner trois sujets) ?
☐ L'itinérance
☐ La santé (mentale et physique)
☐ L'environnement et le climat
☐ Science et technologie
☐ Art et culture
☐ Sport
☐ Vie en société
☐ Politique
☐ Organismes communautaires
☐ Autre, précisez : __________________________
Pour les articles du dossier, quel niveau de langage préférez-vous lire ?
☐ Familier
☐ Courant
☐ Soutenu
Qualifiez ces éléments selon vos préférences personnelles.
Forme Trop Assez Pas assez
Longueur des textes
Accessibilité de contenu
Complexité de l'information
Complexité du style d'écriture
Éléments visuels (proportion image versus contenu )
Présentation graphique (mise en page)
Commentaire :
Vous avez lu le dernier numéro de La Quête :
☐ Au complet ?
☐ En grande partie ?
☐ Un peu ?
☐ Pas du tout ?
☐ Je ne me rappelle pas ?
POUR LE PLAISIR DE LIRE (poésie, témoignage, et autres textes littéraires)
Est-ce que vous lisez cette section ?
☐ Oui
☐ Non
Est-ce que vous aimez ce que vous lisez dans cette section ?
☐ Oui
☐ Non
En voudriez-vous plus ?
☐ Oui
☐ Non
Vos commentaires : ___________________________________
RÉSEAUX SOCIAUX
Connaissez-vous la page Facebook « Le magazine de rue La Quête » ?
☐ Oui
☐ Non
Remarquez-vous les publications partagées sur notre page Facebook dans votre fil d'actualité ?
☐ Toujours
☐ Parfois
☐ Jamais
Quel(s) type(s) de publication aimeriez-vous y trouver?
Connaissez-vous la plateforme ISSUU où sont archivées nos éditions précédentes ?
☐ Oui
☐ Non
Si oui, la consultez-vous ?
☐ Oui
☐ Non
NOUS SOUHAITONS VOUS CONNAÎTRE
Votre identité de genre
☐ Femme
☐ Homme
☐ Autre (préciser) : _________________________________
Quel est votre quartier de résidence ?
(Inscrivez les 3 premiers caractères de votre code postal) _____
Votre groupe d'âge
☐ 17 ans et moins
☐ 18-29 ans
☐ 30-39 ans
☐ 40-49 ans
☐ 50-59 ans
☐ 60 ans et plus
Quel est le plus haut niveau d'études complété ?
☐ Primaire
☐ Secondaire
☐ Professionnel
☐ Collégial
☐ Universitaire
Quelle est votre principale occupation ?
☐ Travailleur à temps plein (plus de 30h par semaine)
☐ Travailleur à temps partiel (moins de 29h par semaine)
☐ Étudiant
☐ Retraité
☐ À la maison
☐ Bénévole
☐ Autre
Quels sont vos supports de lecture favoris ?
☐ Numérique
☐ Papier
☐ Quotidien
☐ Livre
☐ Magazine
☐ Graffiti ☺
Merci !
De la part des camelots et de toute l'équipe de La Quête
C

ourtoisie:Claude
Cossette
LE VOULOIR OU LE SAVOIR ?
Le monde fonctionne grâce à une multitude de forces qui se combattent ou se soutiennent. Parmi ces forces, certaines jouent un rôle plus important que d’autres. C’est « pouvoir, vouloir, savoir, trois mots qui mènent le monde », a conclu le vieux Victor Hugo. Quant à la difficulté de réussir à balancer ces trois vecteurs, Hugo n’en a pas parlé.
LE VOULOIR
« Vouloir, c’est pouvoir » synthétise un dicton populaire qui est répété aussi bien par les gérants d’estrade que par les mères sermonneuses. Suffit-il de vouloir pour réussir à mettre le ballon dans le but ? Chacun sait bien que non. Il y faut d’abord un cerveau vif, un physique solide. Un goût pour la chose. Des années d’apprentissage et de nombreuses autres à pratiquer, à se mesurer à d’autres joueurs avant de pouvoir affronter les meilleurs. Quand une personne, jeune ou vieille, se découvre une nouvelle passion, elle rêve d’en posséder la maîtrise, elle l’imagine déjà, l’espère. Si elle commence à toucher le piano par exemple, ou à frapper sur un ballon ou à jouer au chimiste, elle espère jouer bientôt du Tchaïkovski, un jour parvenir à la Coupe du monde ou peut-être obtenir le prix Nobel. Or, espérer n’est pas vouloir.
« J’espère obtenir une augmentation », me dit joyeusement le jeune. Il espère, misant sur la générosité de son patron ? Bonne chance ! « J’espère que ça va bien aller », me confie la vieille dame. Elle mise sur quoi ? Sur l’alignement des astres ?
Espérer, c’est rejeter la responsabilité sur les autres alors que vouloir, c’est un état d’esprit qui mène à l’action. Si le jeune veut — s’il veut vraiment ! — une augmentation, il réfléchira à une stratégie pour l’obtenir, puis agira : il rencontrera son patron, présentera sa demande, exposera ses raisons, argumentera, et, au besoin, menacera.
le manque de temps, la distance ou l’intervention de gêneurs. Alors, si on veut vraiment, on en a le pouvoir — s’il s’agit d’exercer ce pouvoir sur le plan personnel !
Si on veut l’exercer sur un groupe, il faut passer par des chemins bien identifiés que sont la coutume, la violence ou la séduction. Chez beaucoup de peuples traditionnels, le pouvoir est concédé selon la coutume. Ainsi, chez certaines de nos Premières nations, les femmes « Mères de clan » étaient choisies par consensus.
Dans une situation d’insoumission, là où aucun chef n’a pu obtenir le pouvoir selon les conventions, ce sera avec la violence qu’il le ravira. Ainsi dans le Port-au-Prince des années 2020, c’est par les fusils que les chefs de quartier se l’approprient.
En démocratie, les candidats au pouvoir misent essentiellement sur la séduction : sourire, serrage de mains, catinage d’enfants et belles promesses. Des prétendants les plus modérés aux plus démagogiques, ça fonctionne presque à chaque fois.
Autrement, dans un pays stable où règne la paix sociale, on constate que dans la plupart des organisations, entreprises, partis, syndicats, coopératives et autres, c’est la compétence qui assure le pouvoir. Ainsi, les gens du milieu estimaient que Sophie Brochu était compétente, aussi étaient-ils unanimes pour la nommer à la tête d’Hydro-Québec.
LE SAVOIR
Or la compétence vient du savoir. Un savoir qui s’appuie sur les évidences objectives, les preuves, la science, la réflexion. L’histoire personnelle.
En démocratie, les candidats au pouvoir misent essentiellement sur la séduction : sourire, serrage de mains, catinage d’enfants et belles promesses.
Quant à la vieille dame, peut-être ne lui reste-t-il plus de forces et qu’elle devra se contenter d’espérer. Ou bien, si elle est volontaire, elle tranchera, se berçant alors dans une certaine sérénité.
LE POUVOIR
Maintenant, vouloir ne suffit pas encore. Il faut pouvoir. Pouvoir, c’est disposer de la capacité intellectuelle, physique et même sociale d’accomplir une tâche, d’atteindre un but. Et n’avoir aucun empêchement de l’exercer comme
La juriste et éthicienne Mireille Delmas-Marty confirme que c’est le savoir qui peut jeter la lumière sur l’embrouillamini évoqué au début de mon texte : « Pour sortir des crises à répétition, il faudrait réussir à inverser l’ordre : dans un monde idéal, les savoirs inspireraient les vouloirs, qui inspireraient à leur tour les pouvoirs, au lieu des phénomènes d’autolégitimation trop souvent observables ».
Mais comme nous en prévient cette chercheuse, le savoir est central… « dans un monde idéal ».
CLAUDE COSSETTE
SI ON VEUT, ON PEUT ? VRAIMENT !
L’expression « si on veut, on peut » a ses lacunes. En effet, différentes causes et conditions sociales peuvent empêcher une personne de réaliser ses rêves. La Quête est allée à la rencontre de représentantes d’organismes qui desservent des groupes confrontés à divers obstacles structurels.
Geneviève Rock, intervenante au centre multiservice MAMUK, explique que chez plusieurs Autochtones, des troubles psychologiques peuvent survenir dès l’enfance. Ils seraient provoqués par le bagage familial de maltraitance et d’abus lié aux pensionnats autochtones, et transmis au fil des générations.
Au début de l’âge adulte, lorsqu’ils veulent obtenir un diplôme d’études supérieures, les membres des Premières Nations sont confrontés à d’autres difficultés. Au Centre d’amitié autochtone de Québec, la clientèle vient majoritairement de l’extérieur de la ville, par exemple, les Innus de la CôteNord. « Souvent, les jeunes qui veulent aller au postsecondaire doivent quitter [leur] communauté. Mais quitter son chez-soi pour aller aux études quand t’as 16 ou 17 ans, ce n’est pas simple », partage Jacinthe Picard, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Québec. Geneviève Rock explique qu’il y a une adaptation constante à faire en milieu urbain : « aller dans une ville et arriver d’une communauté de pas plus de 3000 habitants » constitue une perte considérable de repères pour les Innus.
« On voit beaucoup de “je viens, je ne suis pas préparé, je vis un échec, je retourne chez moi, dit Mme Picard, mais quand je vais venir la seconde fois, je vais être mieux préparée et je vais plus identifier les ressources qui vont pouvoir m’aider”. » Ce désenchan-
tement ne vient pas d’un manque de volonté, mais de la différence inconvenante entre la réserve et la ville. L’obtention d’un diplôme et d’un emploi peut aussi être difficile en raison de préjugés qu’ont d’autres communautés, ou des allochtones, à l’égard des Autochtones. La directrice du Centre d’amitié autochtone se concentre justement sur des programmes qui promeuvent la fierté des Premières Nations et réduisent la méfiance des uns envers les autres. « On a toujours travaillé à créer des ponts entre les cultures, ditelle, on veut le vivre ensemble réellement ».
QUAND LE PASSÉ EST UN OBSTACLE POUR L’AVENIR
Les personnes en situation d’itinérance, quant à elles, sont soumises à certains règlements municipaux incompatibles à leur mode de vie. L’interdiction de flânage résulte, entre autres, en un nombre élevé de contraventions distribuées aux sans-abri. Mégane Bourgeois, intervenante sociale à la clinique Droit de cité, explique qu’il y a « des participants qui demandent nos services et qui ont des dettes de 10 000 $ à payer à la Ville. Donc t’es déjà dans “le moins dix”, t’as pas de logement, pas de travail, pas de sécurité de vie, t’avances de reculons un peu ».
La Cour municipale offre un programme de justice adapté, où les personnes judiciarisées sont tenues de respecter des démarches de réinsertion sociale (réduction de la consommation, prise de médication régulière, respect des suivis psychosociaux, par exemple), qui leur permettent de régler leurs dettes. « Mais il faut s’investir dans ce programme-là, explique Mme Bourgeois.
Par exemple, si tu as trouvé un logement avec un organisme, tu ne peux pas nécessairement te trouver un emploi cinq jours par semaine [pour le payer], parce qu’il faut que tu ailles à tes démarches ». Ainsi, même les institutions présentes pour aider ces groupes marginalisés peuvent les freiner dans leurs ambitions.
Le casier judiciaire est aussi un obstacle majeur à l’emploi et au logement pour les personnes marginalisées. Pour plusieurs femmes, le passé criminel fait en sorte qu’il est « difficile de se réinsérer dans la communauté et d’avoir une vision positive de soi-même ». C’est ce qu’affirme Geneviève Hamel, directrice générale du Centre Femmes aux 3A de Québec. Elle observe que plusieurs femmes en situation de délinquance ne sont pas capables de se projeter dans l’avenir, affligées par une accumulation de souffrances liée à leur marginalisation, comme la violence familiale et conjugale. Mme Hamel souligne que « toute personne a besoin de vivre une expérience de vie positive et stimulante. ». De quoi nous rappeler de faire preuve d’indulgence envers notre prochain.
ALPHONSINE SEFU

Crédit
photo : Alphonsine Sefu
« C’est pas juste ce que l’on entend dans les médias ou qu’on voit sur les réseaux sociaux : il y a une belle culture, une belle richesse, à [découvrir chez] les Premières Nations », exprime Jacinthe Picard, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Québec.
SALAIRE MINIMUM : UNE LUTTE SANS FIN
Le Collectif pour un Québec sans pauvreté est né en 1998 d’une réponse à une réforme de l’aide sociale. Il regroupe 36 organisations nationales québécoises. « On agit comme chien de garde des enjeux de pauvreté », explique Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté.
Si vous deviez choisir entre manger ou dormir au chaud, que décideriez-vous ? Des personnes en situation de pauvreté doivent faire ce choix. Le 1er mai, le salaire minimum augmentera de 1 $, passant ainsi à 15,25 $. Le montant n’est pourtant pas suffisant selon le Collectif pour un Québec sans pauvreté.
Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, croit que le salaire minimum devrait même dépasser 18 $. « Nous sommes capables de reconnaître que c’est la plus grande hausse depuis 1995, concède-telle, mais on demandait 15 $ en 2016 ». Le Collectif réclamait 18 $ il y a déjà deux ans et envisage donc d’établir une nouvelle cible.
La crise inflationniste touche grandement les personnes en situation de pauvreté et les chiffres le démontrent. Entre 2019 et 2022, on note une augmentation de 37 % des personnes occupant un
emploi et qui utilisent les banques alimentaires. « Quand les coûts de l’épicerie montent de 11 %, comment on fait pour payer la facture d’épicerie quand on n’y arrivait pas avant la crise inflationniste ? » lancet-elle. Les banques alimentaires sont essoufflées, déplore Mme Larivière.
dienne (PCU) a contribué à une baisse des taux en 2020. Cependant, depuis la fin de la PCU, les taux remontent.
« On a complètement exclu les personnes sans emploi et assistées sociales, qui, elles, se sont appauvries. »
~ Virginie Larivière
Le logement représente aussi un problème. « Les gens vont s’entasser dans des logements vétustes, dont personne ne voudrait », se désole la porte-parole du Collectif. « Plutôt d’être considéré comme un droit, un besoin de base, c’est devenu un objet de profit ».
Les ententes de paiement avec Hydro-Québec représentent aussi une énorme somme pour certaines personnes, elles se font alors couper l’électricité.
POUVOIR VIVRE
« On a complètement exclu les personnes sans emploi et assistées sociales, qui, elles, se sont appauvries », constate Mme Larivière. Les prestations d’aide sociale sont indexées une fois par année, plutôt qu’au mois ou aux trimestres. Elles ne suivent donc pas l’inflation. Les personnes recourant à l’assistance sociale reçoivent 49 % de ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins de base, explique la porte-parole de Collectif pour un Québec sans pauvreté. « Il est question de ce que ça prend pour ne pas compromettre sa dignité, son espérance de vie et sa santé ». On ne peut pas espérer bien vivre avec 770 $ par mois de prestation d’assurance sociale.

DIGNEMENT
Crédit photo : Storyset sur Freepik
« Ça ne va pas si bien, mais ça demande des nuances », explique Virginie Larivière. On note des diminutions des taux de pauvreté grâce aux augmentations des allocations familiales et d’un meilleur soutien pour certaines catégories de personnes aînées dans les dernières années. La Prestation d’urgence cana-
Les individus demandent de l’aide sociale pour toutes sortes de raisons compliquées, mais les stigmas persistent selon Mme Larivière. « Il n’y a personne qui se lève le matin en disant : moi je m’en vais à l’aide sociale », dit-elle, avec l’espoir de faire comprendre cette réalité.
SARAH RODRIGUE
4 QUESTIONS À 2 NOUVEAUX DÉPUTÉS DE QUÉBEC
Chaque député a ses raisons pour s’impliquer en politique. La Quête a rencontré Kariane Bourassa, députée dans Charlevoix–Côte-deBeaupré pour la CAQ et Étienne Grandmont, député de Taschereau pour Québec Solidaire pour savoir quelles motivations ont amené la journaliste à passer du quatrième pouvoir au pouvoir et le militant écologiste à passer d’un contre-pouvoir au pouvoir.
Pourquoi aller en politique ? Pourquoi changer d’un « pouvoir » à un autre ?
K : Il y a beaucoup de ressemblances entre le journalisme et le politicien. Les deux doivent être au courant de l’actualité, suivent les projets de loi ou les propositions législatives. J’ai été journaliste pendant 15 ans, à la télévision, dans des journaux et à la radio. Ça faisait un petit bout que je me disais… Quand tu es journaliste, tu peux rapporter des injustices, tu peux essayer de dénoncer, d’expliquer une situation, mais si tu veux réellement changer quelque chose, ça se passe en politique. L’élément déclencheur a été la vague de haine, pendant la pandémie. Il est survenu plein d’incidents ; des menaces de mort, une voiture a essayé de nous faire prendre le clos dans notre voiture lettrée TVA… Ça m’a donné le goût de réconcilier les gens avec la politique. Je voulais prouver aux gens que c’est possible d’être élue à l’Assemblée nationale, pour les bonnes raisons et de vouloir changer concrètement les choses.

É : Même en travaillant chez Accès transports viables, mon objectif a toujours été de participer à améliorer la société, de travailler pour le bien commun, sur les enjeux économiques, environnementaux et sociaux. Le saut en politique, c’est fait progressivement parce que les enjeux de transport sont beaucoup discutés dans les médias ; le troisième lien, le tramway, la sécurité routière. À cause ou grâce à ces enjeux, j’ai acquis une notoriété à Québec. Il y a eu une opportunité avec le départ de Catherine Dorion, que je ne pouvais pas laisser passer, si je veux changer les choses de l’intérieur.
Pensez-vous que la politique est un pouvoir plus concret ?
K : Les gens qui sont autour de la table en commission parlementaire pour étudier les projets de loi, article par article, ce sont des députés. Donc, foncièrement, quand on est député, on a un certain pouvoir sur les lois. C’est très concret.
É : Non, je ne trouve pas que c’est plus concret que les contre-pouvoirs. De mon expérience, je trouve qu’on a une influence dans les contre-pouvoirs qui peut être aussi grande. Ça peut amener à autant de résultats positifs. Les deux sont importants, ils se complètent.
Pensez-vous que vous pourrez changer les choses en politique ?
K : C’est ce que je crois, oui. J’ai l’impression qu’en tant que politicienne, je vais pouvoir effectivement, avoir des incidences plus concrètes.
É : Oui. On peut changer les choses à différents niveaux quand on est député. Il y a trois rôles : premier rôle, législateur, on co-écrit les lois. Deuxième rôle, surveiller, contrôler l’action gouvernementale, pendant la période de questions ou avec des actions médiatiques. Troisième rôle du député, c’est sa circonscription.
Que comptez-vous changer

K : Je me suis lancée en politique pour deux raisons : je suis la plus jeune femme à l’Assemblée nationale, donc j’aimerais essayer d’intéresser les jeunes à la politique. Je veux leur montrer que les décisions qu’on prend aujourd’hui, c’est important. L’environnement, c’est très important pour moi. Je suis très contente, depuis le début de mon mandat, on a annoncé des traversiers électriques pour la première fois dans ma circonscription, le premier train à l’hydrogène va [y] être aussi. Je travaille sur plein de projets de pistes cyclables et de mobilité durable. Je veux apporter ma vision jeunesse, ma vision écoresponsable. Les priorités, dans ma région, se situent surtout en habitations et en logements.
É : On veut être un bon bureau de circonscription, on veut aider les gens, les organismes. On veut être accessible. On veut être vigilant pour les enjeux de patrimoine, de culture, d’itinérance, de logement, de sécurité routière. Moi, j’ai toujours voulu faire comprendre la pédagogie sur le transport et l’aménagement du territoire. Je veux m’attaquer aux questions d’Airbnb. Revoir le mode de scrutin est un enjeu qui m’interpelle beaucoup. La question de l’indépendance, c’est aussi une chose que j’aimerais voir cheminer un jour.
MARJOLAINE MARTIN
Étienne Grandmont
Kariane Bourassa
LES DESSOUS DE LA PROPAGANDE
« Propagande (…) du néologisme propaganda, base (…) latine (…) propagare, c’est-à-dire “propager, répandre, comme un liquide”. 1»
Qu’ont en commun un article du Washington Post donnant la parole à un soldat russe qui a fait défection, un reportage de Fox News évoquant la fuite des hommes russes depuis l’imposition de la conscription et un documentaire de la BBC sur l’histoire ukrainienne ? On serait spontanément porté à penser que l’objectif est d’informer la population.
Pourtant, ces trois types de traitement de l’information possèdent des fonctions beaucoup plus complexes et subtiles. Tout d’abord, oui, on ne peut pas écarter l’objectif primaire qui est de donner au lecteur un portrait de l’événement. Mais les médias de cette notoriété ont une portée et une influence qui surpassent le fait d’être une simple source d’information. On le sait, l’histoire est toujours contée avec le biais de celui qui l’écrit. Ainsi, outre le fait de nous apprendre que certains Russes sont en désaccord avec leur gouvernement, le choix des mots et les détails donnés portent un tout autre message. Le média inscrit sournoisement dans l’esprit du lecteur une perception qui a pour vocation de devenir une réalité sans nuances. En période de guerre, ce type d’article prend fonction : celle d’agent motivateur par l’utilisation2 d’un langage à forte connotation émotionnelle. Il contribue à faire baisser le niveau d’anxiété de la population. Quand le conflit s’envenime, il est important de garder la population confiante que tout est sous contrôle, à notre avantage. Les Russes, les Ukrainiens et l’Occident, tous le font.
« Lorsque tout le monde pense la même chose, c’est que personne ne pense beaucoup. »
~ Walter Lippman
La troisième fonction : déstabiliser la population adverse et les soldats de l’armée ennemie3. Leur gestionnaire et les États ou groupes d’intérêt qui bénéficient de leurs réseaux le savent pertinemment, ces informations voyagent et sont diffusées chez l’ennemi. Atteindre l’opinion publique adverse, l’influencer et miner son moral sont des objectifs primordiaux. Au début du conflit, l’interdiction des chaînes respectives de télévision nationale (par exemple, RT au Canada et Radio-Canada en Russie) n’était pas un hasard. Derrière l’argumentaire de chacun pour censurer l’autre se cache l’objectif unique d’empêcher l’un et l’autre d’orienter à sa faveur la perception des événements et la diffusion de certaines informations. Contrairement à ce qui est véhiculé, la propagande n’est pas synonyme de mensonge. Le mensonge, lui, peut être contré assez aisément. C’est pourquoi la propagande russe est réputée mauvaise et inefficace. L’idée est d’ancrer des certitudes et des doutes dans la tête des lecteurs. Selon celui qui est considéré comme le père de la propagande moderne, Edward Bernays, la propagande est l’affaire des pays démocratiques. Ne pouvant user ni de répression ni de violence, les démocraties ont effectivement avantage à maîtriser un maximum d’outils permettant le contrôle et la cristallisation de l’opinion publique.
organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. (…)
« La propagande est à la démocratie ce que la violence est à un État totalitaire »
~Noam Chomsky
Si nous comprenons les mécanismes et les mobiles propres au fonctionnement de l’esprit de groupe, il devient possible de contrôler et d’embrigader les masses selon notre volonté et sans qu’elles n’en prennent conscience. (…) ». (Propaganda(1928), Edward Bernays)
Les journalistes sont-ils malhonnêtes ? Non, comme le souligne le linguiste Noam Chomsky, professeur au MIT et spécialiste de la manipulation par le discours. Ils sont simplement sélectionnés parce que leurs idées vont dans le sens désiré. « Nous pensons qu’entre autres fonctions, ces médias se livrent à une propagande qui sert les intérêts des puissantes firmes qui les contrôlent en les finançant et dont les représentants sont bien placés pour orienter l’information. Une telle intervention est généralement assez subtile : elle passe par la sélection de tout un personnel bien-pensant et par l’intériorisation, chez les journalistes et les rédacteurs, de certaines définitions (…), conformément à la ligne politique de l’institution. » (La fabrication du consentement (1988), Noam Chomsky et Edward Herman.
Le pouvoir de la propagande est énorme. Si on vous regarde drôlement lorsque vous apportez une nuance au discours populaire, c’est que la propagande fait son travail.
« La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes
1 D’ALMEIDA, Fabrice. « Propagande, histoire d’un mot disgracié » revue Révolution, 2002, p.137
SIMON VERMETTE
2 DE VISSCHER, Pierre. « Citoyenneté et propagande. Confrontation groupale », Les Cahiers Internationaux de Psychologie Sociale, pages 341 à 350.
3 WILLIAMS, Maude WILLIAMS. « De la propagande au front au front de propagande », Encyclopédie d'histoire numérique de l'Europe [en ligne].
QUELLE PLACE POUR LES ÉMOTIONS ?
La relation d’accompagnement est un espace relationnel qui nécessite savoir-faire et savoir-être. Je publie ici une lettre (non transmise) que j’ai écrite pour une personne que j’accompagne depuis cinq ans. Mon objectif est de révéler les coulisses de l’intervention, ce qui peut se passer dans la tête des intervenants et des intervenantes. Je partage ma réflexion sur le pouvoir des émotions dans la relation d’accompagnement.
T’as fait un AVC la semaine passée, mais t’as fait à ta tête de cochon et t’as décidé de retourner vivre dans ta chambre… À moins que t’aies peur de retourner en institution ? Pour toi, toutes les institutions sont des prisons. Qu’elles soient hospitalières ou d’hébergement, ça ne fait pas de différences. Tes libertés sont limitées, pis ça, ça te fait violence. Au final, tu le sais ce qui t’attend. J’ai toujours cru que c’était ce que tu voulais. Où estce que je me suis trompé ? Ça fait six ans que t’es sorti, t’as pas eu le temps de te reconstruire ? Pis là tu t’en vas finir ça dans un CHSLD…
Avant de partir, t’es allé faire un dernier coucou à ta cellule communautaire, aussi appelée « ta chambre ». T’as profité une dernière fois de ta liberté de fumer toutes les cigarettes que tu voulais. J’étais là. D’un côté, je me sentais soulagé de savoir que c’était la fin, et d’un autre… Moi aussi je cultive mon ambivalence.
LA RENCONTRE
Au début, je ne le cacherai pas, certains de tes propos m’ont confronté et j’ai vécu à plus d’une reprise de la colère. Puis, j’ai fini par m’habituer à ta présence, à tes expressions et à tes idées. Une distance polie a toujours été maintenue, et j’ai du mal à m’expliquer pourquoi. Ensemble, nous avons magasiné une voiture et planifié
un voyage. Tu rêvais d’une caravane pour traîner ton quadriporteur en Gaspésie. Peut-être en souvenir de ton terrain de camping ? Nous sommes aussi allés plus d’une fois dans les centres médicaux. Ensemble, nous ne formons pas vraiment une équipe patiente. Quand ce n’est pas toi qui se décourage de l’attente, c’est moi. Au moins, on a ça en commun, la maudite bureaucratie nous pue au nez. Lorsque nous ne nous plaignions pas de la lenteur administrative, nous parlions de tes souvenirs et de tes pertes. Parfois, j’étais émerveillé d’y découvrir une vie fleurie et habitée par des passions. Les voitures, les animaux, les fleurs, tes enfants… Aujourd’hui, tout me semble si noir quand tu te racontes… Pis au futur…
L’école m’avait proposé des phrases clés par rapport à la prévention du suicide, mais quand j’ai vécu ça pour la première fois…
~ Nicolas F.-Boisvert
Le sentiment d’impuissance se présentait parfois à moi, surtout lorsque tu me parles de tes idées suicidaires. L’école m’avait proposé des phrases clés par rapport à la prévention du suicide, mais quand j’ai vécu ça pour la première fois… Mon cœur s’est mis à battre plus rapidement, mes joues se sont rougies pis j’espérais que ça ne te paraisse pas trop dans ma face soit que je ne sais pas du tout quoi faire avec ça. Ce devait être passable, parce que t’as continué à te confier à moi.
LA CONFIDENCE
C’est dans ta chambre emboucanée, assis à une table, que tu m’exposes ton plan : « j’vais désarmer un policier pis ça va être fini ».
Tes lourdes paupières cachent l’iris de tes yeux. Une cigarette ponctue tes phrases, laissant place à un silence pesant. La pièce est décorée de photos de famille empoussiérées accrochées aux murs par ton propriétaire. Des meubles en mélamine jaunis par la nicotine supportent ta radio faisant jouer une musique pop. En périphérie, une télévision géante me laisse voir un segment de l’émission Le Tricheur. Nous sommes mardi matin, 10 h 15… À moins que ce ne soit un jeudi, à 13 h 25 ? Peu importe, la position du soleil n’a rien à voir avec la « culture de l’espoir ».
UNE CHORÉGRAPHIE
Aujourd’hui, ça fait près de cinq ans que nous composons avec tes envies de mourir. Bien que tu n’as jamais été une ode à la joie, il m’est arrivé de te voir rire à gorge déployée. Certainement un souffle de ton bonheur du passé. C’est un vendredi matin que tu quitteras définitivement ta chambre. Pour être franc, elle me manquera. Moi aussi je m’y sentais bien. J’y ai vécu de nombreux moments cocasses et j’ai appris à me laisser porter par le jeu de la rencontre.
NICOLAS FOURNIERBOISVERT


Corrivault
LA LEÇON DE BALZAC
« Vouloir brûle. Pouvoir détruit. Savoir apaise. » Six mots écrits à la main, à l’encre verte, sur un feuillet broché à un texte sous-titré La leçon de Balzac.
C’est la copie d’une vieille dissertation scolaire que m’a un jour envoyée ma nièce Mireille, toute fière de la note obtenue. Un quart de siècle est passé, j’avais l’âge qu’a maintenant l’institutrice qu’elle est devenue.
J’ignorais tout de ses lectures et le Balzac de son devoir me laissait indifférente. Mais l’esprit de famille a fait que j’ai glissé le texte dans une enveloppe que je retrouve en faisant du ménage dans une boîte de vieux souvenirs de papiers.
Le temps a passé et par chez nous, Balzac n’est pas l’auteur à la mode. Quand ils lisent, étudiants ou adultes ont d’autres champs d’intérêt. Ou bien, comme Mireille dans le temps, ils doivent répondre à une commande scolaire. À moins d’une reprise de l’un de ses romans au cinéma, le prolifique écrivain français nous reste inconnu. Et la comédie humaine continue.
Ma génération a grandi avec des adultes qui répétaient : « Qui veut, peut ». La mentalité de l’époque faisait qu’en matière de « pourquoi vouloir » et de « comment pouvoir », nos protestations restaient discrètes. Mais les enfants d’aujourd’hui sont impatients. Ils savent très tôt où trouver réponse à toute question : ils consultent l’ordinateur, machine inconnue du temps de Balzac et de mes années d’école.
Après avoir relu l’essai de ma nièce, je fais comme eux pour satisfaire une curiosité éveillée et compenser les faiblesses d’une mémoire devenue sélective. Sur le site de Balzac, je trouve le titre qu’elle mentionnait : La peau de chagrin. Ça ne réveille aucun souvenir pour moi, mais j’apprends pourtant que c’est un des sujets au programme des écoliers français candidats au Bac de 2023 !
Comme quiconque se risque sur le Net, je m’amuse à en apprendre plus et comprends pourquoi les cours des religieuses de mon temps évitaient cet auteur. Balzac est un redoutable touche-à-tout encore célibataire qui vient de retrouver le succès avec une Physiologie du mariage quand, à 32 ans, il publie La peau de chagrin, un conte qu’on retrouvera parmi les 90 titres de sa Comédie humaine.
C’est l’histoire d’un gars de son âge, malchanceux au jeu, qui pense à se suicider, mais est distrait de son projet par une mystérieuse trouvaille. Un antiquaire à qui il compte offrir quelque chose pour couvrir ses dettes, lui montre un parchemin tout plissé — c’est la peau de chagrin — porteur d’un texte écrit en caractères étranges. Le commerçant lui apprend que c’est du sanskrit, une ancienne langue indo-européenne et traduit le message : « Tu as trois chances de réaliser un désir, mais, chaque fois que tu en brûleras une, le pouvoir magique diminuera. »
Comme Aladin et sa lampe merveilleuse ou Faust qui vend son âme au diable pour arriver à ses fins, Balzac résume : « Si tu me possèdes, tu posséderas tout, mais ta vie m’appartiendra ». La légende venue de la Perse ancienne traverse l’histoire universelle qui ne compte plus les ambitieux prêts à tout pour accéder au pouvoir. Et qui, jamais satisfaits, arrivent comme tout le monde à la fin de la vie, seuls face à la mort. Le diable, nommé ou pas et dans toutes les croyances, n’y changera rien.
Dans sa dissertation, Mireille emprunte sa conclusion à Balzac : « L’homme s’épuise par deux actes instinctivement accomplis qui tarissent les sources de son existence : vouloir qui brûle et pouvoir qui détruit. Avec entre les deux, un mot : savoir qui laisse notre faible organisme dans un perpétuel état de calme. » Et elle ajoute sans répondre : « Et l’action ? ».
Depuis une vingtaine d’années, elle enseigne, par choix, à des élèves de 5e. Pour elle, les explosions de violence aujourd’hui dans les médias n’ont rien de nouveau, mais l’attitude des adultes qui rejettent toute responsabilité aggrave tout. Elle aussi avait oublié la dissertation sur Balzac, mais préférait que ses jeunes trouvent des réponses à leurs questions « vouloir quoi et pourquoi ? » et « pouvoir quoi et comment ? » à la résignation de l’adage « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ». Parce que nos choix, nos décisions et nos comportements en dépendent et qu’il faut du courage à tous les âges pour simplement vivre sa vie.
MARTINE CORRIVAULT
LE POUVOIR DU NARCISSISME
La montée en popularité des médias sociaux au début des années 2000 a été perçue comme un vent de fraîcheur pour plusieurs. Elle représentait la promesse de l’accessibilité à une liberté d’expression et de diffusion de contenu jamais vue auparavant. Une vingtaine d’années plus tard, le constat est plus mitigé.
Lorsqu’ils se sont popularisés, les médias sociaux étaient, en quelque sorte, porteurs d’espoir. Une sorte de libéralisation des moyens d’expression qui donnait une voix aux gens ordinaires. Enfin, ils avaient les outils pour s’exprimer, échanger, commenter l’information et partager du contenu créatif. Beaucoup de belles histoires ont émergé de citoyens, jusqu’ici inconnus, qui ont su attirer l’attention avec une vidéo virale, un blogue populaire, ou encore une chanson publiée sur YouTube. C’est la beauté de ces outils, permettre à tout un chacun de créer, de tenter sa chance dans ce vaste monde où les distances sont grandement réduites grâce au web.
Avec les bons côtés viennent toutefois les moins bons. Il est ainsi intéressant de s’attarder aux types de personnalités qui se démarquent sur les plateformes. Dans le monde virtuel des médias sociaux, il y a ceux qui publient du contenu et ceux qui les suivent. D’un côté, les personnalités narcissiques y trouvent leur compte en s’activant à promouvoir la valeur de leur quotidien et de leurs opinions. De l’autre, une majorité de personnes, principalement des jeunes, vivent de l’anxiété parce qu’ils ne sont pas en mesure de suivre la vague et considèrent qu’ils n’ont pas grand-chose d’intéressant à partager. Dans un ouvrage publié en 2013 ; The Narcissism Epidemic, la Dre Jean M. Twenge soulignait déjà la tendance qui caractérisait le désir de se promouvoir en ligne. « De nos jours, plusieurs personnes expriment en ligne les détails de leur vie quotidienne. Il est clair qu’ils se disent ; c’est à propos de moi, bien sûr que c’est in-
téressant. » (Traduction libre) Elle explique qu’il est facile de se créer une vie parallèle dans laquelle une personne peut s’identifier de la façon dont elle le souhaite, exercer un rôle différent et s’exprimer d’une manière qui ne fonctionnerait pas dans sa vie hors ligne : « Ces communautés virtuelles permettent aux gens d’avoir la liberté de se créer une nouvelle identité. Ils peuvent choisir leur nom, leur genre et leur apparence physique. (…) Et si votre vie en ligne tourne au désastre, vous pouvez simplement vous en créer une nouvelle. »
C’est ainsi que la présence en ligne permet d’expérimenter différentes personnalités anonymes et jetables, un jeu de fantaisie : plus c’est unique, plus cela permet d’attirer l’attention. Mais le malaise vient du fait qu’avoir une présence sur les réseaux est presque devenu une obligation sociale. Or, tous n’ont pas la capacité, ni même l’intérêt, d’obtenir de l’attention ou du succès avec ses publications. Selon une étude de Santé Canada, il est devenu fréquent, chez les jeunes, de vivre de la dépression parce qu’ils ne se trouvent pas assez intéressants en ligne, ou encore pas assez attrayants, sur leur compte Instagram à titre d’exemple. Ils vivent ainsi un manque de liens émotionnels valorisants. Ils sont plus fréquemment soumis à des commentaires hostiles, qui sont beaucoup plus faciles à émettre en ligne qu’en personne. En effet, la distance physique, et souvent l’anonymat, qui caractérise les interventions en ligne, permet des commentaires plus agressifs.
FAUSSE CÉLÉBRITÉ
Toujours selon la Dre Wenge, les recherches ont démontré que les personnes avec un haut niveau de narcissisme interagissent plus en ligne et ont davantage d’amis sur Facebook. Cela signifie que les chances d’interagir avec une personnalité narcissique en ligne sont grandement supérieures
que dans un contexte social normal. Le monde en ligne en est un de fausse célébrité. Ils sont nombreux à essayer de se faire connaître, de promouvoir leur image et leur contenu afin d’attirer plus d’abonnés sur leurs pages. Ceci sans nécessairement avoir quelque chose de réellement intéressant à proposer, à part leur propre personne.
Bien que le livre de la Dre Wenge date de 10 ans, son contenu n’en est pas moins pertinent, au contraire. Il est raisonnable de croire que la situation est encore pire aujourd’hui. Il serait donc difficile de conclure d’une manière plus efficace que la Dre Wenge elle-même.
« Le narcissisme s’insère dans notre paysage de bien des façons. D’abord, l’internet permet à la fantaisie de prendre le dessus sur la réalité. L’internet permet de plus facilement devenir quelqu’un que vous n’êtes pas, habituellement meilleure, plus sympathique et attrayante que votre vraie personne. Deuxièmement, la plupart des communications sur internet se font par des images et de brèves autodescriptions bien sélectionnées d’aspects superficiels de la personne ; les (soigneusement choisies) photos, blagues ou commentaires. Troisièmement, les gens qui ont un besoin désespéré d’attention ont accès à un auditoire potentiellement énorme par l’entremise de sites web tels que YouTube, les blogues, les sections de commentaires des médias et les sites de partage de photos. Tout ceci encourage le narcissisme, et, bien que nous aimions tous des vidéos un peu loufoques de YouTube, l’Internet sans l’omniprésence des narcissiques serait un endroit beaucoup plus agréable à fréquenter. » (Traduction libre de : Twenge, Jean M. PhD, [2013]. The Narcissism Epidemic, Atria, New York, p. 122.)
PHILIPPE FORTIN
LA BALANCE DU POUVOIR
NOM MASCULIN. IXe siècle, podir ; XIIe siècle, poeir ; XIVe siècle, pouvoir. (Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition)
Fait intéressant : la transcription phonétique du mot pouvoir est « puvwar »… et war, c’est la guerre !
Dans toutes les civilisations, le pouvoir a existé, et ce depuis le début de l’humanité. Deux sens lui sont reconnus : avoir la capacité de faire quelque chose et produire une action qui amènera à un résultat.
Dans les temps anciens, tout le pouvoir était attribué à l’être le plus fort ou le plus débrouillard du clan. Aujourd’hui, avec l’augmentation de la population, on ne peut plus donner tous les pouvoirs à une seule personne. On a donc divisé les pouvoirs entre plusieurs personnages.
Cette manière de faire n’est pas nécessairement la plus efficace. Ceux qui ont le pouvoir entre leurs mains ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde. Parfois, certains d’entre eux n’osent pas contrarier leurs confrères qui détiennent d’autres ficelles du pouvoir. Cette « harmonie » entre les détenteurs de pouvoir est rassurante, mais il en résulte souvent une inaction, ou une perte de temps en paperasse.
Ces relations entre ceux et celles qui détiennent le pouvoir sont donc très complexes. Le législatif passe des lois que le judiciaire est parfois gêné de sanctionner ou d’appliquer. Pour ce qui est de l’exécutif, qui lui aussi fait partie du club, tout ça devient très compliqué. Personne ne voulant déplaire à l’autre, tous sont réduits à une inaction et votent des lois qui ménagent la chèvre et le chou. La solution serait-elle la robotique qui trancherait dans le juste milieu ?
Les pouvoirs distribués seront difficiles à récupérer. Par exemple, si dans une cause deux lois vous protègent et qu’une loi vous accuse, de quel côté devrait pencher normalement la balance de la justice ? Je me pose la question.

Quel est le véritable pouvoir dans les circonstances ?
La Justice, bien souvent, est représentée avec un bandeau devant les yeux. S’empêcherait-elle de voir quoi que ce soit ?
LE POUVOIR CHIFFRÉ

Il existe aussi un autre pouvoir qui n’a rien à voir avec ce que je viens d’énumérer, c’est le pouvoir matériel de l’argent : il ne parle pas, il est silencieux, discret, mais très puissant. Bien des humains s’y perdent, car ils ne savent pas s’en servir de la bonne façon. Voici mon petit conseil : il ne faut jamais le traiter comme un maître, mais plutôt comme un bon serviteur. Avec tout le respect que je dois au pouvoir, Surtout quand il respecte l’être humain.
PHILIPPE BOUCHARD

Courtoisie:
Philippe Bouchard
VIOLENCE CONJUGALE
UN COUP DE MAIN
Je suis une petite fille de 12 ans, très sociable et qui aime bouger. J’aime être avec des gens plus vieux, surtout des garçons, parce que je les trouve moins compliqués. Un après – midi de mars, à la patinoire de mon petit village, me remarque enfin le seul gars que je ne connais pas. Coup de foudre instantané. Il a 15 ans, ne va plus à l’école, fume et commet de petites infractions à la loi… mais je l’aime. Je crois l’aimer. Au début de notre relation, il est gentil et attentionné. La vie en rose est de courte durée. Après quelques mois, il commence à me rabaisser : tout est de ma faute, je dois maigrir et porter des vêtements amples pour ne pas montrer mes formes aux autres garçons. Il est très possessif et jaloux. Les insultes et la violence psychologique vont rapidement se transposer en violence physique. Bienvenue dans ma relation toxique !
Insidieusement, cette fréquentation entraîne des conséquences néfastes sur moi. Il me dit qu’il m’aime et que je ne dois pas douter de ses paroles. Je n’ai plus aucune confiance en moi. Je me trouve moche et laide. Et même si je suis toute petite, je me trouve grosse… puisqu’il me le dit. Il me dicte quoi porter, quoi penser, et comment agir. Ses paroles méchantes et gratuites me blessent. Je suis conne, j’ai un gros cul et je ne m’inquiète pas assez de lui : ses coups de poignard répétés laissent de profondes cicatrices invisibles. Il excelle dans l’art de la manipulation et simule des crises cardiaques pour mesurer mon attachement. Il répète ces mises en scène régulièrement, et souvent avant des événements importants pour moi. Pendant ses crises, si je ne m’occupe pas de lui ou ne pleure pas, il considère que je ne l’aime pas assez… et me frappe. Je
ne parle à personne de ces nuits d’horreur. J’ai peur des conséquences si je me plains. Plus tard, quand je raconterai à mon frère ce que j’ai vécu, il se fâchera et me dira que c’était son rôle de me protéger. Je lui répondrai que j’avais honte, et surtout très peur de ce conjoint violent et imprévisible.
DÉBUT
DE LA FIN
« T’es belle, malgré que tu te caches constamment ». Je suis habillé en garçon, je ne suis pas maquillée (j’ai pas le droit !) et voilà que cet homme, qui m’observe depuis deux mois, rallume une petite flamme. Je réalise que ça fait six ans que je n’ai pas reçu de compliments. Après un été de tergiversation, je décide que ça suffit. La peur au ventre, je me dis que le pire qui peut arriver soit qu’il me tue. D’une manière ou d’une autre, je veux me libérer. Sa réaction me surprend : il se met à pleurer et me promet de changer. Déterminée, je lui dis de partir et il s’en va.
mal. Mais je ne suis pas en amour. Je me demande alors si cette vie que je me suis construite avec lui n’est pas une échappatoire : je n’ai toujours pas mon identité à moi. Je le quitte, malgré ma crainte de devoir assumer seule l’éducation de mes filles.
Mon sentiment d’autonomie et de liberté s’accroît quand j’obtiens de mon permis de conduire. Et cette voie qui s’ouvre, je veux la poursuivre : je veux être une personne entière. Je retourne alors à l’école !
La peur au ventre, je me dis que le pire qui peut arriver soit qu’il me tue.
~ Julie
Reconquérir une confiance en soi maltraitée est un travail de longue haleine. Aujourd’hui, je suis fière d’être une femme solide, capable d’affronter les défis de la vie et de réaliser ses rêves. Forte et déterminée, voilà le legs que j’offre à mes filles, afin qu’elle n’ait pas à passer par le même [long] chemin que moi et qu’elles puissent vivre libres et épanouies.
JULIE
J’ai rapidement consulté mon médecin pour obtenir le soutien nécessaire pour me « reconstruire ». Elle me dirige vers le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS). J’y rencontre une intervenante qui, pendant quelques années, m’accompagnera dans la reprise de pouvoir sur ma vie. Ateliers, conversations, écoute, tout pour m’aider à reprendre confiance. Je me trouve un emploi et je suis fière de réaliser que je suis capable de travailler. Je recommence à sortir du lieu rassurant où je m’étais réfugié depuis ma séparation. Et je rencontre l’homme qui sera le père de mes deux belles filles. Dix ans de vie commune s’ensuivront. Avec cet homme, je me sens en sécurité. Je sais qu’il ne me fera pas



L’ESPOIR AU CUBE
LE POIDS DES MOTS

« Les voix ont un pouvoir étrange sur les mots. Une seule intonation sur une syllabe et tout change. »
Claire France
Je suis particulièrement touché par le pouvoir des mots. C’est une richesse avec laquelle on ne devrait pas jouer. Ce pouvoir mérite toute notre attention. Grâce à lui nous pouvons nous exprimer clairement, nous faire comprendre, atteindre le savoir. Mais, comment utilisons-nous notre savoir ?
Savoir, selon le dictionnaire c’est connaître, avoir la connaissance de quelque chose. C’est être instruit, avoir l’esprit rempli de choses utiles. C’est avoir la force, le moyen, l’adresse, l’habileté de faire quelque chose. Le savoir, c’est l’ensemble des connaissances acquises par l’étude, par l’expérience.
LORSQU’ON SAIT, ON PEUT AGIR… OU PAS ?
Nous savons que les mots peuvent blesser ou faire grandir. Sommes-nous suffisamment conscients de ce que nos paroles génèrent chez les personnes qui les reçoivent ? « T’es donc ben nul », « t’es cave », « tu ne réussiras jamais », « t’es pas capable », n’ont pas la même résonance que « t’as fait de ton mieux », « on apprend toujours de ses erreurs », « n’abandonne pas t’es sur la bonne voie », « je n’ai aucun doute que t’es capable de réussir ». Le pouvoir des mots est immense : ils peuvent écraser ou soutenir. Il appartient à chacun de nous d’apprendre à en user au mieux.
Nous avons le pouvoir de les utiliser pour nous permettre de grandir, de s’épanouir.
Curieusement, pendant que je réfléchissais à ce thème du pouvoir, j’ai commencé à lire Les 4 accords
Toltèques de Don Miguel Ruiz. Le premier accord qu’on y mentionne est le suivant : « Que votre parole soit impeccable ». Imaginez le résultat si tous les êtres humains appliquaient cet accord en même temps. Si nous apprenions à parler avec intégrité, si on évitait de médire contre nous-mêmes ou contre les autres, si on utilisait la parole dans le sens de la vérité. Wow ! Ça changerait la donne.
Je crois sincèrement que nous pouvons tous faire une différence et redonner à la parole sa puissance de tremplin vers notre épanouissement personnel et celui de chaque individu qui forment notre cellule familiale, notre communauté, le monde dans lequel nous vivons. L’estime de soi se construit un mot à la fois. Comme le dit aussi Marshall B. Rosenberg, « Les mots sont des fenêtres ou des murs ». Notre voix
intérieure prend naissance dans tous les mots entendus depuis notre naissance. Ces mots ont le pouvoir de nous construire avec un moi affirmé, sûr de lui, ouvert, empathique ou d’alimenter chez nous l’insécurité, la honte, la souffrance, la colère, l’agressivité.
L’APPEL DU POUVOIR
Pourquoi certaines personnes ont-elles besoin de dominer ? Cette nécessité de contrôler l’autre en imposant sa volonté, son autorité ? La capacité de commander devrait être accompagnée de l’intelligence de l’expérience. Qu’est-ce que j’ai appris du pouvoir depuis mon enfance ? Est-ce que je perçois le pouvoir comme un moyen de me propulser vers l’avant sans nuire aux autres ? Est-ce que pour moi le pouvoir fait référence à la peur de l’autorité, l’obligation d’obéir sans dire un mot, sans questionner ? Quelle est mon expérience du pouvoir ? Aujourd’hui, est-ce que j’ai besoin du pouvoir dans ma vie ? Comment ai-je envie d’exercer mon pouvoir ?
Vous seul avez le pouvoir d’agir. Profitez de ce que vous savez, et faites-en profiter les autres. Parlez avec empathie. Soyez vrai, dites ce que vous avez à dire sans médire et voyez le résultat. Seule votre expérience vous permettra de juger de la qualité du changement dans votre environnement proche.
J’aurais tellement de questions, de discussions à partager, de choses à apprendre sur le pouvoir, je ne pourrai pas en quelques lignes faire le tour du sujet, mais je souhaite sincèrement avoir soulevé un questionnement sur votre relation au pouvoir et sur votre propre pouvoir à changer les choses que vous pouvez changer si elles ne correspondent pas à la notion positive que j’essaie de relier au mot POUVOIR. À vous de jouer !
Simplement,
MARC ÉMILE VIGNEAULT
LA QUÊTE DES MOTS
PAR JACQUES CARL MORIN
CE JEU CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES COLONNES 1 ET 20 À L’AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. CHAQUE CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUI EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE D’UN MOT ET LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT…
Verticalement :
1- Petite friandise qu'on sert à la fin d'un repas.
20- Nettoyer en ôtant la poussière avec un chiffon.
Horizontalement :
1- Substance graisseuse de l'intérieur des os. Étouffer. Séparation, désunion.
2- Mot ou locution qui exprime un sentiment avec vivacité (IIJOENNCTRTE). Métal blanc argenté résistant à la corrosion. Il grogne ou hurle.
3- Petites gouttes de liquide. Le « S » dans C.H.S.L.D. Saut périlleux acrobatique.
4- Ensemble des soins infirmiers dispensés à des malades. Concentration en sous-sol de minéraux ou d'énergie fossile (TIGEESNM). Le petit du tigre.
5- Attaque violente contre une personne. Rutabaga. Nattées.
6- Faire revivre. Transport par voie ferrée. Serviteur, valet.
7- Bruit de sonnette. Rustre. Gouverner, diriger. Se forme le matin.
8- Faux. Recouvre l'oreiller. Liste de fautes. Après l'or.
9- Partie du sang. Létal. Bombe à faire pleurer.
10- Orignaux. Punitions, peines. Assister (DOCRNESE). Réponses au jeu p.29
L'amour est plus fort que tout
Le pouvoir évoque pour moi la profonde volonté que j’ai de bien choisir le mieux pour moi, ce qui correspond à mes valeurs personnelles et à ma liberté. Dans mes méditations, je prends conscience que je suis cent pour cent responsable de mes pensées, de mes sentiments, de mes paroles, de mes silences, de mes actions, de mes erreurs, de la gestion de mes émotions, de mes attitudes et de mes comportements. Chacun et chacune de nous possédons le pouvoir et la liberté d’agir selon nos choix personnels et la responsabilité d’en assumer les conséquences. Un peu partout, dans les différents milieux que nous fréquentons, institutions, milieux scolaires, familles, associations, travail, etc., nous rencontrons des gens qui font des jeux de pouvoir (power trip), qui ont l’ego démesuré, qui sont des germaines : « a gère, a mène, comme on dit avec humour. C’est difficile de parler, de côtoyer et de travailler avec ces personnes. Nous savons que c’est une faiblesse et non une force que d’avoir cette mauvaise attitude. Et nous savons aussi que dans son expression extrême, cette attitude est celle des dictateurs et que cela entraîne des conséquences néfastes pour les peuples qu’ils asservissent.
Pour moi, il est évident que le Pouvoir de l’Amour est le plus puissant et le plus essentiel. Dès notre enfance nous le savons, mais nous en prenons de plus en plus conscience au cours de notre vie. C’est pourquoi il est important de soigner et de guérir nos blessures affectives. J’ai cheminé en ce sens, et je continue à développer l’estime et le respect de soi.
Aussi, je prends conscience que, quelles que soient mes décisions, maintenant, mon oui est un vrai oui et mon non est un vrai non. Je n’ai pas à me sentir coupable parce que je suis LIBRE de mes choix et que je veux être authentique et sincère avec les autres et par conséquent, avec moi-même.
Je préfère de beaucoup rencontrer, écouter et parler avec une personne ou un groupe qui veulent vraiment être avec moi. Que ces rencontres ne soient pas forcées ou obligées, parce que je respecte aussi leur liberté de l’autre, et que ce désir commun de rencontre fait en sorte que le moment partagé sera agréable et enrichissant.
CHRISTIANE VOYER

Crédit
Qui suis-je?

Résistant, rebelle1 , anticonformiste, difficulté à suivre les consignes, innovateur, aventurier, sont ces mots que l’on dit à mon propos. Tous ces mots, tous ces sons se percutent, se répercutent en mon être et, un jour parce que l’on m’a demandé d’écrire un texte, en l’honneur de l’anniversaire de ma mère, j’ai été accusé d’être poète. Le temps passant, d’autres personnes ne se connaissant pas entre elles m’ont porté la même accusation. Oui, poète, je le suis, je l’étais sans le savoir, et le serai.

Avant tout, qu’est-ce qu’être poète ? Après m’être informé sur le sujet, le poète, de ce que j’ai appris, est celui qui dérange, qui questionne, qui remet en question, qui quitte les sentiers battus et rebattus, pour faire son propre chemin, laissant son émotion être maître à bord, tenant le gouvernail malgré les intempéries de la vie, affrontant les contradictions, d’une crainte à l’autre, parce qu’il est, il insécurise, il remet en questionnement l’autre, conforté dans ses habitudes, ses connaissances et ses savoirs.
Le poète sait qu’il dérange, qu’il se fera des ennemis, mais se refuse à la prostitution de la pensée, au conformiste, parce que, dit-il, la pensée est riche d’entraves, et pauvre de libertés. Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, nous enseigne :
« La poésie est désuète pour ceux qui sont gavés, mais quand le réel est insupportable, elle prend la valeur d’une arme de survie. »2
Les poètes de l’histoire, les vrais, pas les personnes qui jonglent avec les mots, mais bien les personnes que les mots, les sons ont permis la survie de l’être qu’ils ont été, qu’ils sont, qu’ils seront, ont tous largué les amarres, d’un temps à l’autre, de leur vie. Oui, Hugo, Nelligan, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Miron, Vigneault sont, à mon sens, des poètes parce que résistant, rebelle, anticonformiste, innovateur, aventurier.
SYLVAIN ROUILLARD
2 https://citations.ouest-france.fr/citation-boris-cyrulnik/poesie-desuete-sont-gaves-quand-125326.html
Illustration de Benoit Gingras
Naître puissant
Le pouvoir se manifeste dès la naissance : le premier regard du bébé à sa maman est puissant, bien qu’il en soit inconscient. Tout au long de ses apprentissages, l’enfant découvre les différents pouvoirs qu’il peut exercer sur ses parents et les influences que ses parents ont sur lui.
Quand il commence à socialiser que ce soit à la garderie ou à l’école, il s’établit une hiérarchie avec les autres enfants. Puis, il prend connaissance des directives des éducateurs et doit suivre des procédures qui sont mises en place pour sa sécurité ou pour l’encadrement du groupe. Il est alors soumis aux règles sociales.
À l’adolescence, les « games » de pouvoir se multiplient, car il teste son environnement : parents, professeurs, amis, etc. Pendant qu’il travaille à imposer sa personnalité, il est soumis aux modes. Il doit faire des choix.
Puis, rendu à l’âge adulte, ce sera à lui d’assumer au quotidien, ses besoins, intérêts et plaisirs ainsi que ce qu’il est et ses influences. Découverte de lui-même, un être humain qui devra choisir entre le bien ou le mal afin de réaliser ses rêves. Bien sûr le monde moderne a beaucoup de pouvoir et d’influence : la pensée du JE, entre autres, entraîne beaucoup de problèmes sociaux et économiques.
Faire des choix est déchirant. La panoplie de choix qui s’offre aux jeunes d’aujourd’hui est incroyable. Garder son équilibre devient de plus en plus difficile. Être une bonne personne et réaliser ses rêves, en évitant les pièges sur la route, est un défi.
L’important est de se donner une limite personnelle, familiale, sociale et de croire en soi. Tout se déroule beaucoup mieux, quand nos choix se font dans le respect des autres. Le travail sur soi et la communication sont de bons éléments pour une bonne vie et pour réaliser une bonne partie de ses rêves tout en étant une bonne personne.
La bonté devrait se traduire dans des gestes concrets et des choix politiques qui favoriseraient le partage des richesses. Certains choix personnels, parfois abusifs, ont un impact incroyable sur le climat social, notamment dans le monde de la finance. Le fossé qui se creuse toujours de plus en plus entre riche et pauvres. L’inflation actuelle n’aide en rien.
Le pouvoir appartient aux riches. On le voit avec les revenus qui ont doublé pour ces millionnaires et nos dirigeants qui ne sont que des marionnettes. On le voit avec nos médecins spécialistes et de médecine familiale et avec leurs corporations qui exagèrent. Tous ces travailleurs trop bien payés qui en demandent encore plus, de vrais petits enfants qui demandent encore des cadeaux. Il faut que ça finisse de toujours vouloir plus de pouvoir pour les riches. Ils devraient apprendre à perdre avec élégance pour un réel monde meilleur.
Pour que le bon de l’homme l’emporte sur le POUVOIR.
Pour que la paix soit avec nous.

BERTRAND CYR
Crédit photo: Nicole De Khors from Burst
L'enfance
Avec mon crayon, je bifferai vos dissertations, je crayonnerai
Gribouillant vos sentences à faire
poper mes cellules cervicales
Vos discours assourdissants, vos dogmes fous alliés
À réduire l’enfance à l’état d’esclavage
Vos idées préconçues m’assomment à plate couture
À en rompre le fil des idées
Ne sommes-nous pas cousus du même fil, né de la même bouture
Vous avez le crâne si dur de la feuille, il faudrait le colorier
Je me barbouille de chlorophylle
Je veux abattre le noir et le blanc des rêves des grands
Dès que je me saisis de la pointe fine
Je ne veux pas mettre mes gants blancs
Pas question de noircir
Mes idées noires
Je les exorciserai aux crayons de cire
Plein feu aux couleurs exutoires
Si je vous rejoignais dans l’imaginaire collectif
Assis dans son coin sans trémousser
Je bouderai l’imposture imposante de vos impossibles
À mes arabesques carnavalesques, daignerez-vous vous rabaisser
Ô grands, vos quêtes de pouvoir et conquêtes de l’Everest
Dans l’ivresse de vos cupides jeux de coude et guéguerres
J’ai haut-le-cœur, presque
Votre domination, burlesque ; croyezvous être exemplaires
Je vous perds dans mes récréations banales, trop originales
Régis au quart de tour par vos habitudes
Je dégobille des bariolages, mon langage est coloriage
Je n’ai que faire de vos moqueries et sollicitudes d’adultes
Divertissant mes idées derrière la tête
J’userai ma mine déconfite, pas que sur un terrain de papier
Me reconnaissez-vous derrière mon
stylo bic, qui tempête
Sous ma gouache j’ai besoin de m’exprimer
Égarée dans les mille lieux de mes pensées bigarrées
Venez-là que je vous-y retrouve
Que votre main offerte cesse de trembler
Est-ce mon élan créateur qui vous trouble
Vos mains aux coutumes répétitives
D’où jaillit une grisaille sans égale
Se dissolvent face mes couleurs vives
À vous faire rougir le visage pâle
J’ai douze ans et j’ai des choses à dire
J’ai douze ans et je transgresse vos lois
J’ai douze ans, je n’ai pas à vous obéir
Vos avilissantes courbettes n’ont aucun effet sur moi
Je n’obéis qu’à ma désinvolture
Dans mon monde sans armures, je resterai moi
Je mettrai à plat vos idéologies, vos fioritures
J’ai douze ans, je suis reine, je suis roi
Ma nation est l’enfance
Ne perturbez pas mon île
Ne vous désespérez pas de ma protubérance
Je suis né pour être libre
Parce que les petits ne rient pas d’autrui
Pour leur seul plaisir de partager leur joie
Les petits rient avec autrui
Vos faussetés prétentieuses ne font pas le poids
Vos faussetés fielleuses adultiennes
Blessent notre sauvage candeur
Vos dilemmes, vos problèmes, vos peaux blêmes
Ne nous empêcherons pas de nous amuser de la peur
Quand vous délecterez-vous de l’excitation des imprévus
Le cyclone n’est-il pas un manège gargantuesque
Les hauts et les bas de la vie, de mystérieux rébus
Le rugissement de l’orage, une promesse
Festoyons le volcan qui sort de son sommeil
Quand courtiserez-vous l’adversité
La célébrant comme rayon de soleil
Comme occasion dorée
À quand la sagesse d’accueillir ce qu’il advient
Abattez vos certitudes ternes comme vos frontières
Embrassez le périlleux destin
Pour avec moi, vous réjouir du jeu de l’univers

JUDY MILLER Crédit
Jack, l'ours qui pleure

J’marche la tête haute, j’ai ma fourrure sur le dos.
La main sur mon verre.
J’suis prêt à partir, prêt à m’endormir. On m’appelle Jack l’ours polaire
Si tu m’écœures, j’pleure pas.
Je pars, je ne reviens plus.
Si tu m’chasses, j’encaisse les coups.
Une fois adulte j’oublierai une fois saoul.
Une balle dans tête ou dans le cœur. On s’en fout, tout le monde sera content si j’meurs.
Victime d’intimidation, à l’école, à l’hôpital et même chez nous.
J’avais pas de place pour me cacher. Avec des tapes derrière la tête,
Je n’avais pas le choix d’encaisser pour ne pas virer fou.
Un bon verre de jack pour oublier Sans coke, bien frappé.
Pas d’glace juste bien geler.
J’entends encore aujourd’hui papa donner des coups sur maman.
La roue tourne et choisit quand viendra mon temps.
Dans le froid d’la basse-ville.
La cible est parfaite, peu importe le moment.
Je m’excuse
SIMON-PIERRE BLAIS
Illustration de Bherg
Pigeon
Les jours seraient plates et monotones
Comme atmosphère de feuille d’arbres qui tombent à l’automne
Si tu devais m’abandonner, ma très chère copine
Il n’y aurait plus dans ma vie
De belles et fleuries collines.
Ne faisons pas preuve de pessimisme
Entre nous, il n’y aura pas de jours tristes
Qui ou quoi pourrait briser
Notre belle et sincère amitié
C’est notre chemin parsemé de beaux horizons.
Notre nid d’amour nous retrouverons
Tels de valeureux pigeons
Qui volent et retrouvent toujours leur maison.
Se glissera parfois
Dans notre beau cinéma
Quelques instants à frémir
Mais, ensemble, nous saurons les aplanir.

Notre vie sera cintrée de beaux sentiments
Ainsi, notre beau duo franchira les ans.
De chicanes, il n’y aura jamais
Il n’y aura que diplomatie
Il n’y aura que sérénité et paix
Entre nous, ma bien-aimée, entre nous ma mie.
GAÉTAN DUVAL

Illustration de Mélanie Imbeault
Mot de camelot Camille Renaud
Mon nom est Camille Renaud. J’ai 59 ans, bien vite 60. Au cours des dernières années, j’ai eu plusieurs problèmes de santé importants. Mais je suis toujours vivant… Faut dire que j’ai la couenne dure. Ma vie a été tough ! Je suis né à la crèche, et j’ai été adopté à la naissance. Ma mère et mon père adoptif voulaient « offrir » un petit frère à leur fils. Je suis resté avec eux jusqu’à l’âge de 12 ans. Mais à 12 ans, je suis tanné. Ma mère ne s’occupe pas de moi et me réclame de l’argent. Je pars.
Je prends ma vie en main. On est dans les années 1975. Je m’en vais travailler dans la restauration, et je me trouve une chambre. J’avais l’air plus vieux que mon âge… Au McDo où je travaille, le proprio a essayé d’abuser de moi sexuellement. Beaucoup de péripéties au cours de ma vie.
LES PREMIERS SIGNES
En 2015, je commence à ressentir des pincements dans le thorax. Pour endormir le mal, je prends une petite consommation. Une bière ou deux… mais parfois, il en faut plus pour que ce soit efficace. J’augmente le nombre de consommations : ça peut aller jusqu’à une 24 par jour. Plus ça va, plus j’ai des problèmes respiratoires. C’est vrai que je fume. Et que je me fais la vie dure. Les problèmes de santé se multiplient : mal d’estomac, mal de cœur, diarrhée, stress, et, à l’occasion, insomnie. Je ressens de grosses fatigues.
Ces symptômes persistent pendant un an, puis deux… Je suis toujours fatigué. En 2017, je constate que plus je prends d’alcool, plus j’ai mal. Alors je slaque la boisson et je consomme modérément. Je ne fume presque plus. Malgré ces changements dans mes habitudes, j’ai encore mal. L’année suivante, je modère encore plus ma consommation. Et l’année suivante encore plus…
Mais plus ça va, plus j’ai mal. En janvier 2022, j’entre d’urgence à l’hôpital Hôtel-Dieu de Québec. On me dit que je fais une embolie pulmonaire. J’ai reçu des traitements intensifs pendant les quatre mois que je suis hospitalisé. Je pesais 190 lb à l’arrivée, mais quand tout ça a été terminé, j’en pesais 130 lb. J’étais pas mal magané, merci. Et j’ai eu toutes sortes de soins : piqûres, piqûres, piqûres, TACO à répétition, un cathéter, un PICC Line (valve au cœur), des pilules antibiotiques, etc.
Pendant tous ces mois, j’ai perdu le fil de ma vie. Je voulais mourir… J’ai callé le code bleu. J’ai trouvé très difficile de perdre ma liberté. Moi je n’ai pas de famille, personne ne vient me voir, sauf un « chum » qui vient me porter un sac de chips, une fois. J’écris « chum » parce que j’ai réalisé, à mon retour, qu’il a volé chez nous. Je lui avais laissé les clés, pour qu’il s’occupe de mon appart.
En août suivant, je n’ai plus d’énergie et je ressens une grosse fatigue. À l’hôpital Saint-Sacrement,
on me diagnostique une pneumonie sévère. Pour me faire soigner, je dois aller au CLSC tous les jours. J’ai eu plein de problèmes pendant cette période-là. J’ai jusque pleurer. Le 24 novembre 2022, il m’enlève le fameux PICC Line. Je dois continuer les antibiotiques. Cette même journée, j’ai reçu le fameux vaccin pour la grippe et le pneumocoque. Je commence l’année 2023 en meilleure forme, mais quand même au ralenti. L’année précédente m’a fait subir beaucoup d’épreuves, mais m’a aussi donné le goût de vivre avec le Jésus tout puissant : je prie jour, soir et nuit. Je suis heureux d’avoir vécu une tempête et surtout d’être sorti de la tempête grâce aux bons soins des gens des hôpitaux et du CLSC. Je dois aussi un gros merci à une bonne amie, Odette Tremblay.
Aujourd’hui, je suis un homme neuf ! Moi, Camille Renaud, je ne touche plus à l’alcool depuis le 24 novembre 2022. Je suis sur un nuage. La clarté au bout du tunnel. Quand on veut, on peut faire une belle vie rangée, droite.
LA CERISE SUR LE SUNDAE, MERCI LA PROVIDENCE !
Pendant que j’étais à l’hôpital, il s’en est passé des choses dans ma tête… pis j’ai réalisé que ça faisait un dix ans franc que je n’avais pas donné même pas un ti-bec à une femme. Là, j’ai dit à Jésus, trouve-moi z’en une ! Ben, créez-le ou non, il m’en a trouvé une ! Le hasard fait ben les affaires. Tu ne rencontres pas ça dans un bar, une femme, c’est pas vrai…. Je l’ai rencontré au dépanneur pas loin de chez nous.
La vie est fragile, mais belle.
CAMILLE RENAUD
Camelot, Place Laurier

Références communautaires
Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches
Tél. : 2-1-1
Aide sociale ADDS
Association pour la défense des droits sociaux 301, rue Carillon, Québec
Tél. : 418 525-4983
Aide aux femmes
Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler ! 418 648-2190 ou le 1 888-881-7192
Centre femmes aux trois A Pour la réorganisation sociale 270, 5e Rue, Québec
Tél. : 418 529-2066 www.cf3a.ca
Centre femmes d’aujourd’hui
Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec
Tél. : 418 651-4280 c. f.a@oricom.ca www.centrefemmedaujourdhui.org
Rose du Nord
Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org
Support familial Flocons d’espoir Écoute et aide pour les femmes enceintes 340, rue de Montmartre, sous-sol, porte 4 Tél. : 418 683-8799 ou 418 558-2939 flocons.espoir@videotron.ca
Alphabétisation
Alphabeille Vanier
235, rue Beaucage, Québec
Tél. : 418 527-8267 info@alphabeille.com www.alphabeille.com
Atout-lire
266, rue Saint-Vallier Ouest, Québec
Tél. : 418 524-9353 alpha@atoutlire.ca www.atoutlire.ca
Le Cœur à lire
177, 71e Rue Est, Québec
Tél. : 418 841-1042 info@lecoeuralire.com www.lecoeuralire.com
Lis-moi tout Limoilou 3005, 4e Avenue, Québec
Tél. : 418 647-0159 lismoitout@qc.aira.com
La Marée des mots
3365, chemin Royal, 3e étage, Québec
Tél. : 418 667-1985 lamareedesmots@oricom.ca membre.oricom.ca/lamareedesmots
Centre de jour
Relais d’Espérance
Aider toute personne isolée et en mal de vivre
1001, 4e Avenue, Québec
Tél. : 418 522-3301
Rendez-vous Centre-ville Centre de jour 525, rue Saint-François Est, Québec
Tél. : 418 529-2222
Détresse psychologique
Centre de crise de Québec
Tél. : 418 688-4240 ecrivez-nous@centredecrise.com www.centredecrise.com
Centre de prévention du suicide 1310,1 re Avenue, Québec
Tél. : 418 683-4588 (ligne de crise) www.cpsquebec.ca
Tel-Aide Québec
Tél. : 418 686-2433 www.telaide.qc.ca
Tel-Jeunes
Tél. : 1 800 263-2266 www.teljeunes.com
Hébergement
Maison de Lauberivière
Pour hommes et femmes démunis ou itinérants
485, rue du Pont, Québec
Tél : 418 694-9316
accueil.hommes@lauberiviere.org www.lauberiviere.org
Maison Revivre
Hébergement pour hommes
261, rue Saint-Vallier Ouest, Québec Tél. : 418 523-4343 maison.revivre@gmail.com maisonrevivre.weebly.com
SQUAT Basse-Ville
Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com
Gîte Jeunesse
Hébergement temporaire garçons 12 à 17 ans
Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec Tél. : 418 666-3225
Résidence de Sainte-Foy 3364, rue Rochambau, Québec Tél. : 418 652-9990
YWCA
Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca
Réinsertion sociale
Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec
Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org
Fraternité de l’Épi
Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec
Tél. : 418 523-1731
Maison Dauphine
Pour les jeunes de 12 à 24 ans 31, rue D’Auteuil, Québec
Tél. : 418 694-9616
courrier@maisondauphine.org www.maisondauphine.org
Insertion professionnelle
À l’aube de l’emploi (Lauberivière)
Formation en entretien ménager commercial/buanderie 485, rue du Pont, Québec 418 694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org
Recyclage Vanier
Emploi et formation (manutentionnaire, aidecamionneur, préposé à l’entretien) 1095, rue Vincent-Massey, Québec tél.. : 418 527-8050 poste 234 www.recyclagevanier.com
Prostitution
La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com
P.I.P.Q.
Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168 pipq@qc.aira.com www.pipq.org
Soupe populaire
Café rencontre Centre-Ville 796, rue Saint-Joseph Est, Québec (Déjeuner et dîner)
Tél. : 418 640-0915
Maison de Lauberivière (Souper) 485, rue du Pont, Québec
Tél. : 418 694-9316
Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 945, rue des Sœurs-de-la-Charité Tél. : 418 692-1762
Santé mentale
Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677
centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org
La Boussole
Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca
Centre Communautaire l’Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com
Centre d’Entraide Émotions
3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org
La Maison l’Éclaircie
Troubles alimentaires
2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca
Le Pavois
2380, avenue du Mont-Thabor, Québec
Tél. : 418 627-9779
Téléc. : 418 627-2157
Le Verger 943, av. Chanoine-Scott, Québec
Tél. : 418-657-2227 www.leverger.ca
Ocean
Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352
Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283
Parents-Espoir
363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167
Service d’Entraide l’Espoir 125, rue Racine, Québec Tél. : 418 842-9344 seei@videotron.ca www.service-dentraide-espoir.org
Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org
Toxicomanie
Al-Anon et Alateen
Alcoolisme
Tél. : 418 990-2666 www.al-anon-alateen-quebec-est.ca
Amicale Alfa de Québec 75, rue des Épinettes, Québec
Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca
Point de Repères
225, rue Dorchester, Québec
Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com
VIH-Sida
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Information et entraide dans la lutte contre le VIH-sida
625, avenue Chouinard, Québec
Tél. : 418 649-1720
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RÉPONSES LA QUÊTE DES MOTS

Un pouvoir qui s'apprend

« Se servir de son pouvoir, ça s’apprend. […] Quand on commence à comprendre qu’on a du pouvoir, notre vie change. […] Le pouvoir est une forme de contrôle, quand on comprend ce sur quoi on a du contrôle, on se réapproprie le pouvoir et on peut l’exercer pour changer notre vie. »
- Johanne G.
Le terme « pouvoir » a souvent une connotation péjorative puisqu’on l’associe fréquemment à des situations de violence. Ce qui n’est pas faux, puisque lorsqu’on parle de violence physique, psychologique ou même économique, il s’agit de l’exercice d’un contrôle ou d’une forme de pouvoir contre une personne. Toutefois, le pouvoir a bien d’autres sources que la violence. On n’a qu’à penser au pouvoir décisionnel, au pouvoir d’agir, au pouvoir d’influence, au pouvoir collectif et bien d’autres. La plupart de ces pouvoirs sont accessibles par tous, mais il faut savoir comment s’en servir. Dans le texte qui suit, nous vous présenterons diverses situations de dynamiques de pouvoir lorsqu’on habite en chambre. Nous le mentionnons souvent, habiter en chambre, c’est comme habiter en situation de colocation, mais sans pouvoir choisir ses colocataires. Il s’agit donc de partager des espaces avec des personnes que nous ne connaissons probablement pas. Il faut d’abord mentionner que les chambreurs et les chambreuses ont le droit de jouir de leur chambre et des espaces communs. Mais, certains locataires peuvent entraver ce droit, par exemple, en laissant traîner leurs effets personnels dans les espaces communs, en s’accaparant la salle de bain sur une longue période ou même en exerçant une forme d’intimidation sur d’autres locataires. Les chambreurs et les chambreuses qui subissent ces abus ont le pouvoir de faire changer les choses. Si le dialogue et les compromis n’ont pas fonctionné, les locataires ont le pouvoir de forcer le propriétaire à agir à propos de la situation, en exigeant une diminution de loyer ou, si la situation est extrême, en demandant l’éviction du chambreur ou de la chambreuse concerné.
Le propriétaire, dans cette situation, a également des pouvoirs si les tentatives de dialogues n’ont pas fonctionné. Le propriétaire, qui a dû accorder une diminution de loyer à cause d’un locataire, peut aller récupérer cette perte auprès de ce locataire. Et si ce dernier ne respecte pas ses responsabilités, le propriétaire peut tenter de l’évincer. Par contre, ce n’est pas parce qu’il a ce pouvoir qu’il peut l’exercer comme il le souhaite. Pour évincer un chambreur ou une chambreuse, un propriétaire doit avoir une décision du Tribunal administratif du logement (TAL), nous ne le répéterons jamais assez. Un locataire, même celui qui n’a pas respecté ses responsabilités, qui se fait mettre à la porte par un propriétaire sans décision du TAL, est victime d’un abus de pouvoir et peut faire valoir ses droits.
Une des croyances populaires souvent répandues parmi les chambreurs, les chambreuses et même certains propriétaires est que les locataires n’ont pas de droit, ou de pouvoirs. C’est une tendance que l’on tente de renverser au Comité Maison de chambres de Québec (CMCQ). Un cartable de fiches expliquant les responsabilités, les droits et les recours des chambreurs a été créé par des personnes qui ont vécu les situations. Le CMCQ est aussi un lieu où les personnes qui habitent en chambre peuvent reprendre un pouvoir d’agir et où elles ont également un pouvoir décisionnel et un pouvoir d’influence. Lorsque plusieurs chambreurs et chambreuses se réunissent autour d’un même enjeu, il est aussi possible d’exercer un pouvoir collectif afin de faire évoluer leurs conditions de vie et celles des autres qui vivent dans des situations similaires.
COMITÉ MAISON DE CHAMBRES DE QUÉBEC
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Centre femmes aux 3 A de Québec
Pour la réorganisation sociale des femmes
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Etienne Grandmont
Député de Taschereau

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