Parution trimestrielle N°183 I Décembre 2021
Solidarité avec les enfants du monde
Plus que jamais, ils ont besoin de nous. Crise sécuritaire, crise alimentaire… Les enfants sont les premières victimes. 4Journal Appel n°183.indd 1
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Sommaire J Éditorial, appel aux dons pour Karma.....................................Page 2 J Partir en mission.............................Page 3 J Bilan des trois ans d’expérimentation des Nutricartes dans six pays.........Page 4 J Nutricartes à Koumogo au Tchad...Page 5 J L’antenne d’Occitanie.....................Page 6 J Haïti.................................................Page 7 J Rwanda ..........................................Page 8 J Enfants sourds du Togo. Jeunes au Tchad..............................Page 9 J Pérou.............................................Page 10 J Aider L’Appel.................................Page 11 J Bon de soutien..............................Page 12
Éditorial En cette fin d’année, au-delà de nos programmes habituels dans les domaines de la Santé, de l’Education et de l’Amélioration des conditions de vie, nous lançons un appel pour sauver des vies, celles des enfants des régions du globe les plus pauvres où les conséquences du Covid-19, des conflits et des catastrophes naturelles sont dramatiques. Les enfants en sont les premières victimes, ils succombent à des maladies provoquées par la malnutrition. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti le 8 novembre : « Au total, 45 millions de personnes sont au bord de la famine dans 43 pays, et le moindre choc les rapprochera encore plus du gouffre. Ils étaient 42 millions au début de l’année et 27 millions en 2019 » Depuis plusieurs années nous menons dans plusieurs pays des programmes de lutte contre la malnutrition par l’utilisation de l’outil d’éducation Nutricartes®. Aujourd’hui à Madagascar, à Haïti, au Burkina, il nous faut ajouter un outil supplémentaire celui de l’aide alimentaire d’urgence pour atténuer les effets de l’insécurité alimentaire et la famine à court terme. Au Burkina et au Niger les attaques contre les civils, les conflits entre l’Etat et des groupes armés ont entraîné des déplacements massifs de population. En Haïti, l’un des pays les plus pauvres au monde, les conséquences du dernier séisme s’ajoutent aux nombreux problèmes de ce pays vulnérable aux catastrophes naturelles, à l’instabilité politique et au développement de la violence criminelle. A Madagascar la sécheresse qui perdure depuis quatre ans menace de famine les populations du sud. L’APPEL dépend très majoritairement de vos contributions volontaires : chaque don compte. Nous savons votre générosité et votre fidélité. Parlez aussi des actions de L’Appel autour de vous. Arlette Le Nôtre Présidente de L’APPEL
Un appel à l’aide de Karma, au Burkina Faso
« À Koumogo au Tchad » photo ©Béatrice Moriot
89, avenue de Flandre 75019 Paris Tél. : 01 42 02 77 78 Site : www.lappel.org E-mail : association@lappel.org Directrice de publication Madeleine Le Moullec-Schabanel avec la collaboration de Marie-Hélène Touzalin Réalisation COPITEXTE Zone artisanale des Portes de la Forêt 14 Allée du Clos des charmes 77090 COLLÉGIEN Commission paritaire N° 0912 H 84899 ISSN 0398 6039
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L’Appel soutient depuis des années le développement durable de ce village de 1.500 habitants dans la région Nord du Burkina Faso. A bien des égards, c’est un village modèle qui innove et prépare son avenir MAIS… sa survie est menacée par une crise sécuritaire qui entraîne des migrations, une crise climatique qui a desséché les champs, à quoi s’ajoute l’épidémie de Covid. Karma : un village agricole modèle qui a créé avec l’aide de L’Appel un grand potager, irrigué par des puits et récemment un verger qui fournira dans quelques Une colonne de réfugiés photographiée années des fruits, du miel, des remèdes, du bois, du début novembre 2021 par Adama, pâturage… MAIS… la saison des pluies 2021 a été la notre partenaire à Karma. plus mauvaise depuis longtemps ; maïs, sorgho, mil ont séché sur pied, or ils constituent la base alimentaire d’une saison sèche qui dure d’octobre à mai. Au mieux l’alimentation est assurée jusqu’à fin janvier 2022…. Et après ? Karma : un village fraternel qui a accueilli des réfugiés et scolarisé leurs enfants… MAIS… faute de vivres en quantité suffisante, il ne peut en accueillir d’autres, dans une zone Nord où 128.000 personnes ont fui leur villages pour sauver leurs vies, leur maigre bétail. Ces personnes se regroupent en ville à Ouahigouya. Que pouvons-nous faire pour Karma ? Le chef du village et le responsable des cultures ont fait les comptes : pour empêcher la famine il faut acheter 180 sacs de 100 kg de mil et maïs, soit 6860 euros. Plus on attend, plus les prix seront élevés du fait de la rareté de la ressource. Il faut que nous les aidions à rassembler cette somme. D’avance merci ! Jean Loireau, L’Appel-Drôme
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PARTIR EN MISSION, THAT IS THE QUESTION ! L’action de L’Appel repose sur des missions qui permettent aux bénévoles d’ici et aux partenaires de là-bas de se rencontrer pour faire le point et construire ensemble de nouvelles réponses aux besoins de nos bénéficiaires. Nous n’avons pas de salariés expatriés, ce qui réduit considérablement les frais. Ainsi vos dons vont-ils aux populations qui, en ce moment, en ont particulièrement besoin car les conséquences du COVID -voire l’épidémie elle-même- ont aggravé leur situation. Elles sont parties en septembre. • Caroline et Odile de L’Appel Ile-de-France : Quel bonheur de retrouver Ouagadougou, la chaleur, la poussière et surtout nos partenaires, de voir le travail effectué avec une implication, un engagement remarquables. Les rencontres et le travail sur place sont irremplaçables même si les contacts avaient été maintenus. Des incompréhensions sur la poursuite du projet ont été rectifiées, notre présence est aussi ressentie comme un booster pour les équipes sur le terrain. Le Covid les inquiète moins que l’insécurité et la situation générale du pays. Se rendre en ville, et surtout aux environs, demande des précautions. Nous comptons repartir début 2022. » Ils vont partir. • L’équipe Enfants Sourds du Togo : Nous sommes heureux de pouvoir enfin repartir en mission du 28/11 au 11/12. Beaucoup de travail nous attend sur place avec tous nos partenaires locaux. Nous avons fait le maximum pour rester en contact et faire avancer nos projets. Nous allons entrer dans la phase décisive d’un Centre de diagnostic et de prise en charge précoce de l’enfant sourd. »
Elles ne peuvent pas se rendre au Vietnam où le COVID a repris. • Pascale et Patricia de L’Appel Ile-de-France : Nous sommes toujours en relation avec nos correspondants et nous gardons espoir d’y retourner rapidement. Mais le pays connaît une deuxième vague d’infection. La population est peu vaccinée. Les autorités mettent en place des mesures très restrictives (confinements stricts, limitations ou interdictions des déplacements, fermeture de commerces, annulation d’activités, sanctions en cas de non-port du masque). Les dispositions sont particulièrement strictes à Ho chi Minh et dans les provinces adjacentes. A Dalat, la population a le droit de sortir dans les rues mais seulement le matin. Aucune sortie de la ville n’est autorisée, et il n’y a plus de liaison entre villes. La rentrée scolaire dans les écoles s’est faite mi-septembre mais par Internet seulement. Certains programmes scolaires sont proposés à la télévision. Les universités ont fait leur rentrée par Internet mais certains examens ont pu quand même avoir lieu. Les jardins d’enfants sont fermés. Notre correspondant verse les allocations de parrainage sur les comptes bancaires des filleuls et des étudiants ; il ne peut pas les rencontrer pour l’instant.»
• L’équipe de L’Appel Durance : Cela fera deux ans que nous n’avons pas pu nous rendre chez nos partenaires tchadiens. Ils ont continué à travailler. Mais il est temps de se revoir pour une évaluation plus approfondie et la construction de la suite. Nous partons en janvier. » • Paul et son équipe Nutricartes : Nous voulions partir en décembre à Antanarivo, mais la quarantaine imposée en hôtel ne nous le permet pas : les bénévoles qui prennent des congés pour effectuer leur mission ne peuvent pas se permettre de perdre une grande partie de leur temps en quarantaine ! Alors ce sera pour janvier… Espérons-le »
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LUTTER CONTRE LA MALNUTRITION INFANTILE AVEC LES NUTRICARTES® : L’HEURE DU BILAN L’Appel a mis en œuvre, de 2018 à 2020, un programme de lutte contre la malnutrition infantile au Burkina Faso, à Madagascar, au Niger, en République du Congo, au Tchad et en Haïti. Notre intention était de tester l’efficacité de la méthode dans des contextes variés. Cependant l’insécurité et l’épidémie de COVID ne nous ont pas facilité la tâche. Nos objectifs Toucher 10 000 familles pour renforcer leurs connaissances et la compréhension de l’intérêt d’une alimentation diversifiée, équilibrée et adaptée aux besoins des individus, leur capacité à utiliser à bon escient et à coût maîtrisé les denrées alimentaires présentes localement, leurs habitudes d’hygiène, en particulier pour l’eau et les latrines.
Des obstacles à franchir Nous avons formé des formateurs locaux, chargés ensuite d’organiser les réunions d’éducation nutritionnelle pour des groupes de dix ou douze mères ou pères. La suite du programme a été rendu difficile dans certains pays du fait de l’insécurité. À partir de février 2020, l’épidémie du Covid-19 a de surcroît aggravé les conditions de vie pour tous et empêché les réunions. L’évaluation, qui prévoyait des questionnaires lors de la première séance et à la fin des 5 séances, puis un recueil des données à domicile après 6 ou 12 mois, n’a pas pu être complète.
En ce qui concerne l’alimentation, en fin de stage, plus de 90 % des familles avaient pu consommer la veille un repas équilibré avec un aliment de « construction » (viande, poisson ou légumineuse), un aliment de « protection » (légume vert ou fruit) et un aliment d’« énergie » (céréales ou tubercules), alors que lors de la première séance seulement 40 à 50 % des familles avaient pris un repas équilibré. Désormais, plus de 90 % des familles savent citer deux aliments de « construction » et savent remplacer la viande par des légumineuses, alors que 60 % seulement le pouvaient lors de la première séance. Grâce à ces nouveaux savoirs les index de poids des enfants examinés ont tous augmenté.
Nos conclusions
Mettre en jeu les capacités d’échanges entre pairs - les mères le plus souvent - par la méthode Nutricartes® est donc un moyen très efficace pour faire passer des messages clairs, simples, aisés à mettre en pratique, sur une nutri tion équilibrée et sur des règles De nouveaux savoirs, d’hygiène de base. Dans les six pays des objectifs atteints du programme - qui sont parmi les 35 derniers du classement du Malgré les difficultés, 195 animateurs Développement Humain développé ont été formées à la méthode Une formatrice pendant une séance organisée par L’Appel. par le Programme des Nations Unies Au premier plan à droite : le jeu pédagogique, dans un sac Nutricartes® et 9.058 familles ont pour le Développement (PNUD) - la à dos, facile à mettre œuvre sur tous les terrains. reçu cette éducation nutritionnelle, lutte contre la malnutrition infantile nombre finalement proche de est un enjeu majeur dont L’Appel se l’objectif visé… veut un acteur résolu Surtout, les réponses des familles, interrogées après quatre Cette action a pu être réalisée grâce à l’appui de nos bailleurs : ou cinq séances d’éducation nutritionnelle, montrent que les Fondation Bel, Fondation Revivre, Groupe Rousselet. connaissances visées ont bien été acquises. Pour les questions d’hygiène, tous les participants traitent l’eau après les séances d’éducation, contre 70 % au commencement du stage.
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Paul Sanyas, L’Appel Ile-de-France
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TCHAD Nutricartes® : Comment cette pédagogie a permis de sauver des enfants sévèrement dénutris.
Les formations Nutricartes® ont eu un très fort impact sur les populations de Koumogo et des villages alentour (100 000 personnes environ). Ce jeu s’adresse à tous les parents : plus de 1500 femmes et hommes ont été formés depuis 2017. Leurs familles sont maintenant conscientes de l’importance de préparer des repas équilibrés pour que leurs enfants grandissent en bonne santé. Les formations vont reprendre en janvier 2022. Beaucoup de parents (femmes et hommes) ont déjà demandé à être inscrits.
Certains enfants sont en grave danger Grâce à la méthode nutritionnelle mise en place, le superviseur et les formatrices sont devenus très attentifs à l’état de santé des enfants et ils ont pris l’habitude d’identifier les enfants sévèrement malnutris dans les villages où les formations ont lieu.
Ils bénéficient d’un suivi décisif pour leur rétablissement Avec le soutien de L’Appel, les équipes Nutricartes® ont mis en place un budget spécial « réservé » pour la prise en charge globale des enfants identifiés comme sévèrement malnutris. En concertation avec les parents, l’enfant est conduit au dispensaire pour un diagnostic. Dans certains cas, la maman est aussi malnutrie et accompagnée au même titre que son enfant. Une nourriture adaptée est fournie jusqu’à ce que l’enfant et / ou la maman soi(en)t rétabli(s). L’accompagnement est global, tant pour la préparation de repas équilibrés (avec les aliments locaux, sans l’usage d’une préparation importée qui aurait un effet seulement ponctuel) que pour s’assurer que l’enfant est à jour de ses vaccins, que l’eau de boisson est traitée et que les messages d’hygiène sont assimilés.
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Selon les formatrices, une dizaine d’enfants ont été ainsi secourus et sont maintenant en bonne santé. Un bémol à ce bilan positif : dans certaines situations, on n’a pas réussi à faire revenir les parents au dispensaire pour le suivi préconisé. Cela n’empêche pas la sensibilisation de continuer et le bouche à oreille de fonctionner.
Marcelle Brown-Scheidig, L’Appel Ile-de-France
Noubarassem Djimikla est né en 2019 à Koumogo. Sévèrement malnutri, il souffrait terriblement. Grâce à l’accompagnement, il est maintenant en très bonne santé et entre à l’école.
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L’ANTENNE OCCITANIE AU CŒUR DE L’ACTUALITÉ d’une tenue de travail, d’une trousse d’outils ou d’une machine à coudre ? La plupart d’entre eux dispose encore d’une partie de l’argent du parrainage, placé sur un carnet d’épargne ; au besoin, nous compléterons. L’essentiel est de montrer à ces jeunes, déjà trop éprouvés par la maladie, que nous ne les abandonnons pas en cours de route.
D’autres nouvelles de L’Appel Occitanie, en bref
Le sommet Afrique France s’est tenu à Montpellier le 8 octobre 2021. La vitalité culturelle de l’Afrique et de sa jeunesse y a été mise en valeur. A cette occasion, l’antenne Occitanie a pu rencontrer Christine Kafando -présidente de l’Association Espoir pour Demain, notre partenaire à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso- et participer à l’effervescence générale : dans le cadre la Maison des Tiers Mondes le jeu Balai Santé a été présenté dans sa version numérisée.
À Antanarivo à Madagascar, à la demande des religieuses de Mamré, nous avons aidé à la scolarité d’un collégien et de trois étudiants. Et bien sûr, notre participation à la cantine se poursuit : une centaine d’enfants bénéficient ainsi chaque jour d’un repas chaud. À Notsé au Togo, les robinets des lave-mains que nous avions fait installer dans sept écoles ont été volés. La sécurisation, nécessaire, de ce matériel risque d’amputer le budget des autres installations prévues. Deux bonnes nouvelles cependant pour les écoles : un ramassage régulier des ordures a été organisé. Les animations avec Balai Santé et Nutricartes ont repris.
C. Kafando a transmis des nouvelles récentes du parrainage thérapeutique. Aucun des jeunes d’AED n’a été gravement malade à cause de la Covid dont l’impact a été surtout psychologique et alimentaire : les écoles étaient fermées et les activités informelles à l’arrêt. Les écoles ont rouvert le 1er octobre ; on peut constater que bien des enfants, et surtout des filles, ne se sont pas réinscrits. Plusieurs de nos filleuls ont préféré devenir apprentis.
AED déménage sur un terrain qui vient d’être raccordé au réseau d’eau. Il abrite déjà le bâtiment du centre de renutrition (CREN), un jardin, un bâtiment de deux étages et un centre de santé qui ouvrira lorsque l’installation photovoltaïque – initialement destinée au CREN –, aura été complétée. C’est en partie avec l’argent de nos donateurs que ce terrain et ces équipements ont été acquis.
Un contact par visioconférence avec nos filleuls Six d’entre eux arrivent au terme de leur parrainage. Nous avons pu les interroger en direct : vers quels domaines d’activité souhaitent-ils aller ? Comment pouvons-nous les aider en participant aux frais d’une formation professionnelle, à l’achat
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En Haïti, à Jacmel, Anne Sarah Jean Baptiste, étudiante haïtienne en communication et langage à Montpellier, a mis en place un réseau de formateurs et d’animateurs pour le jeu Balai Santé, traduit en créole. Ils sont munis d’un protocole pour évaluer la pertinence des images et du langage, auprès de publics divers : élèves, enseignants, parents, responsables associatifs. Anne Sarah prépare une thèse de troisième cycle qui permettra une évaluation de nos actions d’éducation pour la santé. Elle retournera à Jacmel dans six mois puis au bout d’un an pour recueillir les données et finaliser son travail.
Michel Collomb et Joëlle Nicolas, L’Appel Occitanie
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HAÏTI
Des enfants heureux en club de vacances ? Pas du tout. Ils apprennent les gestes qui peuvent leur sauver la vie lors d’un naufrage. La côte de la Grande Ile ne parait pas très éloignée (8 à 10 km) mais les bateaux sont rudimentaires, personne à bord ne porte de gilet de sauvetage… En route vers la plage
Jours sombres Début août, au sud de l’île, un tremblement de terre a durement meurtri la population : L’Appel a pu envoyer des kits alimentaires à une clinique des Cayes, près de l’épicentre du séisme, pour les familles sinistrées. La confusion politique qui règne dans le pays après l’assassinat du président Jovenel laisse le champ libre à l’impunité. Différents gangs surarmés essentiellement ancrés à Port-auPrince multiplient les enlèvements crapuleux, les pillages. Ils contrôlent des axes routiers et des terminaux pétroliers ; la pénurie de carburant est la règle, empêchant les déplacements, les échanges et le ravitaillement des groupes électrogènes dont les hôpitaux ont un besoin vital. L’insécurité généralisée rend impossible l’organisation de nos missions.
Dans l’île de la Tortue, • Des actions poursuivies Relativement protégée par son isolement, l’ile de La Tortue, au nord d’Haïti, essaie de survivre malgré les difficultés d’approvisionnement. Grâce à ses parrains fidèles, L’Appel poursuit ses programmes éducatifs… La bibliothèque de l’école de Tendron, ouverte au mois de mars, est fréquentée par le primaire, le collège et l’école normale tandis que 500 bourses scolaires ont été attribuées dans six écoles. Enfin, des livres scolaires ont été achetés en nombre. Il a fallu faire un choix : l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et l’éveil aux maths ont été jugés prioritaires par les professeurs.
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• Des actions en panne La construction de citernes pluviales pour les familles est de nouveau arrêtée faute de financement. Et pourtant, pour seulement 1.000 €, une citerne procure 20 ans de bonheur à une famille ! • Un nouveau programme : apprendre à nager La communication avec la Grande Terre s’effectue sur de grands voiliers en bois construits sur les plages. C’est une tradition qui date des flibustiers ! Lorsqu’il y a naufrage par surcharge de l’embarcation, c’est dramatique car les Tortugais ne savent pas nager. La population tourne le dos à la mer ; la mer fait peur, c’est culturel. Il est urgent et important de sensibiliser les jeunes aux bienfaits de la mer ! Nous avons obtenu une subvention de la Fondation Princesse Charlène de Monaco pour l’apprentissage de la nage. Le matériel de base, frites et planchettes, a été acheminé depuis Santo Domingo et les écoles ont recrutés 45 maitres-nageurs sous le contrôle d’une maitrenageuse diplômée de Port-au-Prince. Dès cet été, malgré les difficultés, des cours de natation ont pu être dispensés à 380 élèves. L’épreuve de natation devrait devenir obligatoire pour le brevet. Pour que ce programme prenne de l’ampleur, le soutien des enseignants et l’adhésion des parents sont nécessaires. Grâce à votre générosité, L’Appel veut et peut rester aux côtés de ses partenaires à un moment difficile de l’histoire du pays.
Anne Feltz et Hubert Chegaray, L’Appel Ile-de-France
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RWANDA L’Appel accompagne une population qui va de l’avant Depuis plus de quinze ans L’Appel est au côté des habitants du district de Gicumbi, au nord de la capitale. Le pays reste très pauvre, marqué par le terrible génocide de 1994 qui a fait 800.000 victimes, Tutsies essentiellement. On ne peut cependant qu’être admiratifs devant les efforts de la population et des autorités pour infléchir le destin. Contrairement à ce que nous déplorons dans beaucoup de nos pays d’intervention, le système scolaire est organisé, les infrastructures sont en assez bon état, les conditions de vie de la population s’améliorent. L’Appel accompagne ce mouvement positif.
Des avenirs qui s’envisagent avec le sourire Parmi les 80 filleuls de L’Appel Rwanda qui, en octobre, ont repris le chemin de l’école*, il y avait 19 « nouveaux » : neuf garçons et dix filles. Orphelins ou issus de familles très pauvres, tous peuvent, grâce à vous, poursuivre une scolarité qu’ils avaient abandonnée par manque de moyens et de soutien. Sylvie, orpheline élevée par son oncle, avait arrêté l’école en 1ère année de secondaire. L’aide de L’Appel depuis quatre ans lui a permis de s’orienter vers une formation professionnelle en arts culinaires où elle excelle :
Jean-Pierre était également dans une situation difficile. Sa mère vivait seule avec ses trois enfants dans une hutte en herbe. La famille a pu bénéficier d’une maison construite par L’Appel et le parrainage a permis à Jean-Pierre de s’orienter vers une formation professionnelle de maçonnerie. Cet été, pendant les vacances, il est revenu à la maison avec ses outils et son bleu de travail. Il a été embauché comme aide-maçon sans difficulté sur les chantiers où il s’est présenté ! Il est fier d’aider sa famille à se nourrir et termine cette année sa scolarité.
Construire, équiper La bibliothèque a pu rouvrir après 18 mois de fermeture grâce à la construction de trois lavabos par L’Appel et à l’aide de quatre anciennes filleules qui guident bénévolement les lecteurs et veillent aux gestes sanitaires, très scrupuleusement suivis dans le pays. Par ailleurs L’Appel Rwanda poursuit ses actions de relogement avec l’aide de la Fondation Abbé Pierre : six nouvelles maisons ont été construites cet été et trois ont été rénovées. La construction du nouveau réseau d’eau de Rwagihura, financé par le SEDIF et le district de Gicumbi, vient de débuter avec le creusement des tranchées. Le Covid est certes toujours présent et les conditions sanitaires très strictes mais toutes les activités de L’Appel-Rwanda se poursuivent. Nous espérons pouvoir bientôt partir en mission.
Je crois que je rêve, je ne comprends pas moi-même comment j’ai maintenant d’aussi bonnes notes ! » dit-elle en souriant.
Nadine Lalande, L’Appel-Isère
On entre masqué, les mains propres, dans la bibliothèque, après la prise de température… puis livres et ordinateurs sont à disposition avec l’aide de Gérardine, Cynthia, Gisèle et Alphonsine. *dont 16 parrainés par le Secours Populaire
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TCHAD © Photo Hervé Vincent
Jeunes d’Afrique à la rencontre du public français Initialement, avec notre partenaire Akwada, à Bongor au Tchad, Hervé Vincent a réalisé une exposition et huit clips vidéo sur la vie quotidienne de jeunes Tchadiens. Depuis 2019 ces documents circulent au Tchad et ont été l’occasion de nombreux échanges entre jeunes, réunis dans le cadre d’écoles, maisons des jeunes, paroisses… mais aussi entre jeunes et adultes : parents, enseignants, élus, qui découvrent les points de vue de la jeunesse. Une nouvelle exposition sur les jeunes au Tchad va circuler en France et s’adresser, cette fois, au public des collèges, MJC etc. Nous avons déjà pu vérifier que les préoccupations des jeunes Tchadiens et des jeunes Français concernant leur vie et leur avenir sont souvent proches et l’occasion d’échanges intenses, ici comme là-bas. C’est notre manière de contribuer à une meilleure compréhension entre les peuples, au-delà des préjugés, des clichés et même des peurs, parfois. L’exposition est disponible auprès de L’APPEL-DURANCE : appel.durance@gmail.com
Anne VINCENT, L’Appel Durance
Un panneau de l’exposition (qui en comprend 20)
TOGO Avant de partir en mission, l’antenne Enfants Sourds du Togo fait le point Quand vous lirez ces lignes, nous serons à Lomé. Depuis notre dernière mission de Mars 2020, notre antenne est restée très en contact avec tous nos partenaires locaux mais « en virtuel ». Nous avons régulièrement eu des nouvelles pendant la pandémie et avons pu les aider financièrement pour l’achat de masques et produits de protection. Après le déconfinement, nous avons facilité le retour à l’école d’une dizaine de filles sourdes scolarisées à l’école Ephphata. Nous avons également poursuivi régulièrement, à peu près tous les 15 jours, le travail de tutorat avec Brigitte, l’orthophoniste de l’école, dont nous finançons le salaire depuis deux ans.
Parallèlement nous avons échangé avec les quatre enseignants sourds qui assurent la pédagogie spécialisée des collégiens sourds scolarisés en inclusion. Avec eux nous sommes en train d’élaborer le projet d’une classe de 6° plus adaptée, spécialisée, qui permettrait aux jeunes les plus en difficulté avec le français écrit d’améliorer leurs perspectives de réussite au brevet. Nous avons continué d’élaborer « à distance » le projet de construction d’un Centre de diagnostic et de prise en charge précoce de l’enfant sourd. Ce Centre devrait permettre le diagnostic de la surdité et l’accompagnement de l’enfant et sa famille pour améliorer la communication (soutien orthophonique, appareillage si possible, apprentissage de la langue des signes…) et soutenir la scolarisation, dès que possible, en inclusion.
Thérèse Guichard, antenne EST à Saint-Etienne Regardez bien ces écoliers d’Ephphata : apparemment c’est une scène de cantine ordinaire… Mais c’est surtout le bonheur de communiquer qui se ressent. Le garçon de gauche s’exprime et les autres sont suspendus à ses gestes, ils « l’écoutent ». L’apprentissage de la langue des signes a rompu l’isolement de ces jeunes sourds.
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PÉROU Au milieu du bidonville : une bibliothèque où l’on apprend
Au Pérou, les enfants sont privés d’école et risquent de « décrocher » Les écoles du Pérou ré-ouvriront peut-être en mars 2022… au bout de deux ans de fermeture ! Dans un des pays d’Amérique latine qui investit le moins dans l’éducation, la situation de pandémie semble avoir accéléré la réflexion pédagogique. L’enseignement à distance mis en place se révèle toutefois problématique pour les enfants en situation de vulnérabilité. Dans six communautés de l’Ensenada, à Lima, où Mano a Mano, association locale partenaire de L’Appel, a enquêté, les enfants ont exprimé leurs difficultés. 29% des réponses soulignent les frais nouveaux induits pour toute une fratrie par l’usage de téléphone mobile, d’imprimante, de photocopies. 23% ont des problèmes de connexion avec Internet Les enseignants comme le public scolaire doivent s’adapter ; 28% des réponses évoquent aussi des difficultés de compréhension du fait d’un « mauvais » enseignement Les relations de voisinage et l’implication des parents, plus forte qu’en temps ordinaire les mères aident souvent - n’empêchent pas non plus le sentiment d’isolement (17%).
Mano a mano assure un lieu d’apprentissage • un cadre et du matériel La bibliothèque Micaela Bastidas de los Jazmines a été remise en état et aménagée afin de la rendre accessible à tous en respectant les mesures de biosécurité.
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Les enfants ont accès à son réseau wifi et à des ordinateurs. Six filles et un garçon suivent ainsi chaque matin la totalité de leurs cours à la bibliothèque. Celle-ci fournit en outre des services d’impression et de photocopie à des prix raisonnables. • une présence et une aide personnalisée Deux animatrices, qui avaient travaillé jusque-là pour aider les familles sous l’angle médico-social, ont été financées par L’Appel pour exercer du soutien scolaire jusqu’à la fin de l’année scolaire : l’après-midi on fait les devoirs donnés le matin, avec un soutien en écriture et lecture. Parallèlement, tous les samedis matins d’octobre, deux jeunes dentistes ont donné bénévolement un cours de renforcement en mathématiques. • un soutien financier L’appel a donné une bourse de 100 euros à vingt filles en situation d’abandon scolaire pour permettre, selon les cas, la connexion aux classes virtuelles, l’impression de documents, l’achat de livres ou de fournitures, d’un mobile, de cartes de téléphone etc.
Avec votre aide des « vacances apprenantes » Nous avons besoin de 2.500 euros pour permettre l’ouverture en janvier - février prochains du centre aéré pendant les deux mois de vacances scolaires qui devraient précéder la reprise d’une école en présentiel… enfin ! Même si la peur de la COVID-19 est encore bien là, Mano a mano arrivera à maintenir les apprentissages chez un public scolaire fragile.
Anne Feltz, L’Appel Ile-de-France
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COMMENT SOUTENIR L’APPEL ? D’abord par vos dons,
toujours généreux en cette époque de l’année… mais aussi … E En devenant bénévoles de L’Appel
Vos compétences peuvent rendre de grands services. De jeunes retraités, par exemple, peuvent intégrer une antenne, gérer les photos ou les comptes, nous faire bénéficier de leurs connaissances en informatique… Les possibilités sont grandes, à Paris comme ailleurs et, pourquoi pas, en mission. N’hésitez pas, prenez contact !
E En organisant une collecte
Par exemple lors d’un évènement familial ou, comme Laurence et Isabelle, dans une école primaire à Lorient : Les élèves ont assisté à une séance de visionnage de photos : ils ont découvert la réalité vécue par les petits écoliers du quartier de N’Goyo à Pointe Noire, tellement différente de leur propre vie. Ils ont ensuite pu poser toutes leurs questions à Laurence et Isabelle, qui se rendent régulièrement au nom de L’Appel au Congo à Pointe Noire pour soutenir des écoles. Suite à ces interven-tions, une action caritative a permis à l’école de récolter 1.000 euros. Cet argent servira à la réfection des tableaux noirs dans les classes des quatre écoles primaires du quartier de N’Goyo et à l’achat de fournitures scolaires. »
E En participant à une journée de solidarité
Par exemple lors du Festival des Solidarités*, comme à La Rochelle ou à Orsay. Si vous souhaitez organiser une conférence, une exposition, des membres actifs de L’Appel pourront vous y aider. Ainsi Anne et Hervé Vincent ont-ils été présents au Festisol d’Orsay (Essonne) pour présenter Jeunes dans la Ville, leur projet à Bongor (Tchad). Certains magasins accueillent aussi des opérations d’arrondi aux caisses, comme MicroDon.
E En nous faisant connaître sur les réseaux sociaux
L’Appel est présent sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram…). Environ deux fois par semaine, nous « postons » des images, des vidéos, des interviews. De jeunes artistes (graphistes, musiciens, chanteurs…) nous apportent bénévolement leur concours. Si vous transmettez ces posts à votre famille, vos amis, qui eux-mêmes les retransmettront ensuite, cela donnera à notre association encore plus de visibilité, en nous permettant de recueillir davantage de dons. Quelques petits clics, des « likes »… c’est beaucoup ! Ainsi un appel aux dons pour des paniers de nourriture à Madagascar a recueilli 1.500 euros en quelques jours.
E Le plus tard possible…
Vous pouvez aussi faire bénéficier notre association d’un legs ou d’une assurance vie. Ce don est défiscalisé.
* Ce festival se tient tous les ans en novembre partout en France.
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