Parution trimestrielle N°182 I Septembre 2021
Solidarité avec les enfants du monde
L’APPEL en 2020 : • 11 pays d’intervention • 40 projets de développement • Plus de 30.000 enfants aidés Rapport d’activité 2020 3Journal Appel n°182.indd 1
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Sommaire J Éditorial
Hommage à Paul Loupiac...............Page 2 J 2020 en chiffres..............................Page 3
Les actions de L’Appel en 2020 : J Burkina Faso...................................Page 4 J Haïti.................................................Page 5 J Madagascar.....................................Page 6 J Niger................................................Page 7 J Pérou ..............................................Page 8 J République du Congo.....................Page 9 J Rwanda.........................................Page 10 J Salvador........................................Page 11 J Tchad.............................................Page 12 J Togo...............................................Page 13 J Vietnam........................................Page 14 J Appel pour le séisme en Haïti, réflexions sur les droits de l’enfant au Congo.......................................Page 15 J Bon de soutien..............................Page 16
Éditorial Comme chaque année, nous rendons compte de l’action de l’Appel en publiant notre rapport d’activité et nos comptes, adoptés par l’Assemblée Générale du 11 juin 2021. Durant l’année 2020, marquée par la pandémie du Covid, la poursuite de nos activités fut bien réelle. Nous avons inventé d’autres modes d’actions et de relations pour travailler à distance avec nos partenaires locaux. Nous nous sommes organisés pour le maintien de la vie associative et le bon fonctionnement des instances. Face aux conséquences économiques et sociales de la crise mondiale, en collaboration avec nos partenaires locaux, nous avons apporté des réponses aux besoins urgents rencontrés par les populations : achat de produits d’hygiène, maintien de la scolarisation des filles. Vous avez été nombreux à répondre à nos campagnes de dons. Nous vous en remercions chaleureusement. Aujourd’hui, certes, la vie associative reprend un cours « normal » mais il devient de plus en plus difficile d’aller en mission sur le terrain, soit à cause de la pandémie encore bien présente ici comme là-bas, soit à cause de l’instabilité et des violences comme dans la région sahélienne ou en Haïti. Les instances de L’Appel mènent un travail de réflexion pour redéfinir notre métier et développer nos ressources, afin de pouvoir continuer à agir auprès des populations les plus vulnérables. La communauté internationale est consciente des dégâts économiques, éducatifs et sociaux causés par l’épidémie ; des aides se mettront en place, mais iront-elles jusqu’aux populations qui en ont le plus besoin ? Notre manière d’agir, modeste et efficace, en relation directe avec les bénéficiaires, a fait ses preuves. Vos soutiens financiers sont utilisés au mieux et ont ainsi un impact très fort sur la vie quotidienne des plus démunis. Merci à vous et continuons ensemble ! Arlette Le Nôtre Présidente de L’APPEL
« Au Vietnam » photo ©Hervé Vincent
89, avenue de Flandre 75019 Paris Tél. : 01 42 02 77 78 Site : www.lappel.org E-mail : association@lappel.org Directrice de publication Madeleine Le Moullec-Schabanel avec la collaboration de Françoise Mekki et Marie-Hélène Touzalin Réalisation COPITEXTE Zone artisanale des Portes de la Forêt 14 Allée du Clos des charmes 77090 COLLÉGIEN Commission paritaire N° 0912 H 84899 ISSN 0398 6039
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Hommage à Paul Loupiac. Secrétaire général de L’Appel de 1978 à 1989, il a joué un rôle déterminant dans l’évolution de notre association. Paul Loupiac est décédé le 8 juillet 2021. Pasteur de l’Eglise réformée d’Asnières Bois-Colombes, il s’est très tôt intéressé aux activités de L’Appel en faveur des enfants vietnamiens. En 1978 la situation de l’association est difficile : sur les cent enfants vietnamiens venus pour des soins en France, 23 ne peuvent retourner au Vietnam, qui se referme sur luimême ; les finances de L’Appel sont au plus bas… Le Conseil d’Administration décide alors de diversifier nos pays d’intervention. Paul Loupiac prend cette tâche à bras le corps et part à la rencontre des enfants sahraouis, dans des camps du sud algérien, puis des enfants cambodgiens, marqués par le génocide perpétré par les Khmers rouges. Ensuite ce furent le Tchad, le Salvador et Madagascar. En même temps, au Vietnam lui-même, les actions pour les enfants reprenaient. Et Paul s’occupait aussi, au nom de L’Appel, d’écoles créées pour les enfants des « boat people ». L’Appel a alors compté jusqu’à quinze pays d’intervention sur quatre continents ! Outre son écoute chaleureuse, il avait un précieux talent de conteur et s’occupa très efficacement du journal de notre association jusqu’en 1989. Nous lui redisons toute notre reconnaissance pour son engagement si fructueux à L’Appel. Jacques Lalande. L’Appel Ile-de-France
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Ils soutiennent les actions de L’APPEL
En toute transparence, 2020 en chiffres
Les comptes de L’APPEL en 2020 ont été approuvés par le commissaire aux comptes et adoptés par l’Assemblée Générale, le 11 juin 2021.
Domaines d’activité de L’Appel Amélioration des conditions de vie 14%
Éducation 44%
Santé 42%
D’où proviennent nos recettes ? Autres recettes 1%
Particuliers 70%
Mécénat, entreprises, fondations 30%
La répartition des dépenses entre les 11 pays d’intervention 80K€ 70K€ 60K€ 50K€ 40K€
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Viet Nam
Togo
Tchad
Salvador
Rwanda
Pérou
Niger
Madagascar
Haïti
10K€
Congo
20K€
Burkina Faso
30K€
L’APPEL, une association qui repose sur le bénévolat. L’APPEL n’emploie que deux salariées à temps partiel. L’ensemble des actions sont prises en charge par des bénévoles experts depuis la conception avec les partenaires locaux jusqu’aux missions sur place pour le suivi et l’évolution des réalisations. Les fonctions support (secrétariat, comptabilité et communication) sont très largement assurées par des bénévoles. En 2020, du fait de l’épidémie, le nombre de jours de mission s’est élevé à 242 et l’équivalent temps plein du travail des bénévoles à 7,4 ETP.
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BURKINA FASO Où intervenons-nous ? A Ouagadougou et dans sa banlieue, à Bobo Dioulasso, et dans des villages comme Yako et Karma. Le Burkina Faso fait face à une grave crise sécuritaire, surtout au nord dont de nombreux habitants se réfugient dans les zones épargnées.
Notre action face à l’épidémie de la COVID 19. L’Appel a collecté en urgence des fonds pour que nos partenaires s’équipent en lave-mains et en produits d’hygiène. Les familles les plus démunies ont reçu une aide alimentaire. Nos méthodes de travail ont changé : échanges réguliers avec nos partenaires sur WhatsApp, envoi de photos des groupes d’animation, enregistrements vidéo… Tout ceci a permis de maintenir une collaboration fructueuse, au Burkina comme dans nos autres pays d’intervention. L’antenne d’Occitanie, qui a développé le jeu pédagogique Balai Santé®, au Burkina dans un premier temps, l’a numérisé. Une application téléchargeable sur smartphone ou tablette, est ainsi utilisable gratuitement par toute ONG, école ou association qui veut promouvoir les bonnes pratiques d’hygiène. Pour une diffusion plus large, les textes ont été traduits en Créole et en Malgache. Le programme « Nutricartes®-1000 jours » pour vivre la grossesse en sécurité et prévenir la malnutrition des nourrissons. L’année 2020 a vu démarrer ce nouveau programme et déjà 1420 femmes qui ont été sensibilisées au travers de 136 groupes. En janvier trois membres de L’Appel ont formé
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sur place les animateurs et superviseurs de deux associations burkinabés : ADAPMI, active dans la banlieue de Ouagadougou, et AIDAS, implantée dans département rural de Yako, à 100 km au nord. A Ouagadougou, les femmes enceintes se voient proposer par la sage-femme le programme «Nutricartes® - 1000 jours» consistant en quatre séances de sensibilisation avant la naissance et une séance après. A Yako, les communautés, déjà organisées en groupes de sensibilisation, utilisent également l’outil «Nutricartes®-1000 jours». Le parrainage thérapeutique permet la prise en charge d’enfants et d’adolescents concernés par le VIH. Même si la scolarité a été perturbée par le confinement, L’Appel a poursuivi l’envoi des aides pour les parrainages de Bobo-Dioulasso et Ouagadougou, en collaboration avec A.E.D (Association Espoir pour Demain), association locale pour le soutien aux personnes atteintes du VIH. Nous parrainons 18 jeunes ; cinq autres bénéficient d’une allocation scolaire. Nous participons également au financement de formations professionnelles pour les grands adolescents. Grâce à l’appel que nous avons lancé en faveur de la reprise de la scolarité des filles après le Covid, cinq élèves ont bénéficié d’une bourse d’un an.
Karma prépare l’avenir. L’école continue sa progression : à la rentrée 2020, 45 élèves et 3 enseignants supplémentaires. - Au total 52% de filles-. Nous soutenons cette école par divers moyens (cantine, bibliothèque, bourses et fournitures scolaires, éclairage solaire, élevage de poules par les élèves etc.) Les enfants de l’école sont associés à un nouveau projet dont ils seront les bénéficiaires à l’avenir : planter plus de 1 000 arbres de différentes variétés. Le Sahel est menacé par la désertification et le réchauffement climatique ; ces arbres apportent une protection contre ces fléaux ; ils vont fournir fleurs et fruits, faciliter les récoltes de miel, de plantes fourragères…La première tranche de ce projet triennal est réalisée (clôture, irrigation, plantations…) Le potager villageois, rempart contre l’insécurité alimentaire, voit son rendement augmenter grâce à l’achat de semences et d’outils. Prochain projet : sécher une partie de la récolte de légumes pour la commercialiser en période de soudure. Nous recherchons des financements. A suivre…
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HAÏTI Où intervenons-nous ? Dans l’île de La Tortue, sur la côte nord de la grande île et à Fort Jacques, au-dessus de Port au Prince. Haïti est en proie à une violence de gangs et à une instabilité politique qui s’est traduite par l’assassinat du président en 2021. La sécurité des habitants est aussi menacée par des cyclones et des séismes. C’est le pays le plus pauvre de la zone Caraïbes/Amériques. Face à la Covid 19. L’Appel a soutenu la production locale de masques en tissu, distribué des produits d’hygiène et des paniers-repas. Depuis deux ans il est impossible de se rendre sur place. Cependant les échanges avec les partenaires se font facilement par Internet. L’apport de L’Appel à la scolarisation des enfants de La Tortue : parrainages, formation des maîtres, bibliothèque et aide alimentaire. Les parrainages collectifs bénéficient à 515 enfants dans 6 écoles. Cette action est rendue possible grâce à la générosité de 30 parrains de L’Appel. Scolariser davantage d’enfants doit aller de pair avec un enseignement de qualité ; c’est pourquoi L’Appel soutient la formation continue de 115 professeurs par une bourse qui couvre la moitié de leurs frais de scolarité. Ce programme concerne près d’un enseignant sur deux à l’île de La Tortue. L’Appel a acheminé 1800 livres et ouvert une bibliothèque, ce qui est une petite révolution pour la culture et l’enseignement dans une zone aussi reculée !
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Pour bien étudier il faut manger à sa faim : pour la seconde année consécutive, L’Appel a obtenu de l’ambassade de France 20 tonnes de vivres (riz, pois, maïs) qui ont été répartis dans 25 écoles, pour servir des repas chauds à 3.743 enfants. L’Appel a assuré le transport et acheté des bidons d’huile. Depuis, le Bureau Nutrition et de Développement appuyé par le PAM (Programme Alimentaire Mondial) a pris le relai. Les Nutricartes® plébiscitées par les femmes. Après la formation à la pédagogie Nutricartes® en 2019, notre volonté était d’en évaluer l’impact comme dans plusieurs autres pays - mais aussi de présenter cet outil au ministère de la Santé haïtien. Malheureusement, des problèmes techniques ont retardé la collecte des résultats. Néanmoins, nous savons que les Nutricartes® sont toujours utilisées par les clubs de femmes, formées par le personnel de santé en mars 2019.
Protection Maternelle et Infantile à Fort Jacques Initialement, la PMI avait ouvert ses portes à l’école « Les Abeilles » pour des séances de lecture, jeux et sensibilisation à la santé. Mais l’épidémie nous a contraints à arrêter les séances collectives. Nous avons cependant continué à assurer le suivi individuel des enfants et de leurs mères. La directrice de l’école nous a demandé d’aider à la reprise de la scolarité, celle des filles en particulier : l’épidémie a aggravé la situation des familles et les enfants doivent travailler. Grâce à l’appel que nous avons lancé , nous avons pu financer la scolarité de six écolières. Nous continuons à développer un projet de scolarisation des filles en 2021.
De nouvelles citernes d’eau salubre dans une île frappée par la sécheresse. Nous avons repris la construction des citernes familiales pluviales à l’ile de La Tortue, 13 nouvelles citernes ont été construites et 35 réparées. Il y a maintenant plus de 1.100 citernes construites par L’Appel sur l’ile, il en faudrait encore autant !
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MADAGASCAR Où intervenons-nous ? Dans la banlieue d’Antanarivo, à Ampetsapetsa, au nord de la capitale et à Tsiarimpioky, au sudouest de l’île. Cette année 2020 a été marquée par l’épidémie de Covid 19 et le confinement qui ont entrainé une augmentation de la pauvreté, une hausse catastrophique des prix alimentaires et davantage d’insécurité.
Notre action face à la pandémie : deux partenaires, le dispensaire Miray et la communauté de Mamré, ont été les relais de L’Appel pour assurer hygiène et distributions alimentaires. Ainsi, grâce à un financement de L’Appel, 1 024 familles de cinq personnes en moyenne, suivies au dispensaire de Miray, ont reçu des produits d’hygiène et, pendant quatre semaines, un panier-repas complet par jour, dans un contexte sécuritaire souvent tendu. Les religieuses protestantes de Mamré distribuent un repas journalier à 100 enfants d’un quartier très pauvre de Tananarive. Un don alimentaire de riz et de légumineuses a été réalisé mais, du fait de l’insécurité, une partie a été volée. Les Nutricartes® sont toujours aussi efficaces pour lutter contre la malnutrition des enfants et des femmes allaitantes. L’Appel coopère avec l’association Miray qui prend en charge des enfants malnutris, grâce à ses Centres de Récupération Nutritionnelle Ambulatoire (CRENAM). • Le programme le plus ancien prend en charge chaque année, 2 400 enfants de moins de 5 ans dénutris et 250 femmes allaitantes, elles aussi dénutries, en associant à l’éducation nutritionnelle à la distribution d’une farine enrichie dont les
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doses sont diminuées chaque année. Puisque les résultats en termes de guérison restent excellents, seule l’éducation nutritionnelle sera maintenue, à part ponctuellement pour certains enfants en état critique. • Un autre programme s’adresse chaque année à 960 enfants qui ne présentent pas de dénutrition majeure ; il ne comprend que l’éducation nutritionnelle. Le suivi est réalisé grâce à l’application Nutricartes® sur smartphone. Ce programme a pris fin en décembre 2020, les résultats de son évaluation seront connus en 2021. • Enfin, le programme « 1000 jours » s’adresse à 700 femmes enceintes. Là aussi une éducation nutritionnelle est réalisée par le jeu ainsi qu’une information préventive sur les problèmes pouvant survenir pendant la grossesse. Après l’accouchement, un suivi des enfants sur deux ans est en cours. Faciliter l’accès aux soins et promouvoir l’insertion de jeunes en situation de handicap. L’Appel poursuit son soutien à l’association Fanarenana qui propose un accueil de jour pour 200 enfants handicapés moteurs ou intellectuels, avec prises en charge médicales et paramédicales
(orthophoniste, éducatrices, kinésithérapeute …). Ce type de structure est très rare à Madagascar. Cette année un financement plus important permet la création d’un dispositif d’insertion des adolescents handicapés dans le monde du travail. Trois mille habitants en attente de notre réseau d’adduction d’eau à Ampetsapetsa. Alors que le dossier du projet est terminé, l’année 2020 n’a pas vu de progrès significatifs : nous n’attendons plus que la lettre d’engagement du ministère malgache de l’eau. Ce réseau d’eau gravitaire, situé à 50 km d’Antsirabé en zone rurale, est destiné à alimenter environ 3 000 habitants et une école de 300 enfants. Il comprendra la construction et la maintenance de deux captages de sources, de deux barrages de retenue, d’un réservoir principal de 30m3 et de 25 bornes-fontaines L’école Ketsa accueille 86 élèves dans une région très enclavée où l’éducation était un bien rare. Les élèves sont souvent âgés faute d’avoir pu être scolarisés avant. L’Appel finance les salaires des deux enseignants et la cantine.
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NIGER Où intervenons-nous ? Dans la région de Tillabéry, dans la zone dite des trois frontières. Cette région agricole est la cible d’attaques sanglantes de djihadistes qui entraînent des déplacements de population et une pression sur les ressources en vivres, déjà limitées. Nos formations ont eu lieu dans la capitale Niamey ; les interventions sur zone sont faites par des animateurs nigériens.
La troisième année du programme Nutricartes®. Le programme triennal de sensibilisation des mères grâce à l’outil Nutricartes® se termine en 2020. Au printemps, 696 femmes de la ville de Séga ont ainsi été sensibilisées par les animateurs formés en 2017 par L’Appel. L’assiduité des femmes est toujours aussi remarquable, alors même que ces séances ne sont pas associées à une distribution de nourriture. Mais la pandémie a obligé à interrompre les sensibilisations sur la nutrition. Les animateurs, toujours soutenus par l’Appel, ont alors été mobilisés pour diffuser les mesures de protection contre l’épidémie. Un nouveau partenariat. L’ONG GRET développe au Niger un projet de prévention de la malnutrition via la production, la diffusion et la promotion d’aliments fortifiés. Cette association souhaitait y associer une sensibilisation avec un outil de pédagogie active facilitant un changement de comportement des mères dans la façon de nourrir leurs enfants. Un partenariat fructueux s’est ainsi engagé avec L’Appel. En février 2020, deux membres de L’Appel ont formé les superviseurs du GRET. Ceux-ci connaissaient déjà les messages essentiels sur la nutrition mais ont découvert avec beaucoup d’enthousiasme la pédagogie active sous-tendue par les Nutricartes®. Lors de leur première expérience sur le terrain, ils nous ont dit : On ne pensait pas que cela serait aussi facile pour les femmes de retenir les messages sur les besoins des enfants, la confection de repas équilibrés adaptés à leur âge et l’importance de l’attention portée à l’enfant ».
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Le Niger a le plus faible IDH et se classe 189ème sur 189 pays. Qu’est-ce que cela veut dire exactement ? L’Indice de Développement Humain ou IDH est établi par l’ONU. Il tient compte de la santé, du niveau d’alphabétisation, des revenus de la population. Il s’établit à 0,9 en France (sur un total maximal de 1), tandis qu’il est extrêmement bas dans les pays d’Afrique subsaharienne comme le Tchad et le Niger (classés respectivement 187ème et 189ème sur 189 pays, avec un IDH inférieur à 0,4). La santé de la population n’est pas bonne. Le taux de mortalité infantile (combien d’enfants décèdent avant un an, sur mille naissances) est élevé. Alors qu’en France, il n’est que de 3,8/1.000, il s’élève à 114/1.000 au Tchad, soit 30 fois plus… La mortalité infantile s’établit autour de 80 pour mille au Burkina Faso, à Haïti, au Niger. Les conditions de la naissance, la faiblesse des centres de santé, l’absence de système d’assurance pour les soins ainsi que la malnutrition expliquent ces chiffres très élevés. Le niveau d’instruction des familles est aussi à rapprocher de ces chiffres de mortalité. Le pourcentage d’adultes alphabétisés n’est que de 22% au Tchad et 35%. Au Niger, alors que le Vietnam a un taux de 95% d’adultes alphabétisés. Il s’agit là de chiffres moyens. La population rurale ou suburbaine est partout défavorisée. Certains IDH sont relativement élevés mais masquent des inégalités sociales importantes, comme au Pérou (IDH=0,77 ; 79ème sur 189 pays). Les filles et femmes sont la plupart du temps désavantagées. Les situations de conflit et les conséquences de la pandémie ont encore aggravé les difficultés des populations. Qu’est ce que cela signifie pour l’action de l’Appel ? Notre cible, ce sont les enfants. La moyenne d’âge est de moins de 20 ans au Burkina Faso, à Madagascar, au Niger, en République du Congo, au Rwanda, au Tchad, au Togo. En France, dans une Europe vieillissante, elle s’établit à 42 ans. Il s’agit, sans pouvoir changer le contexte dans lequel vivent ces enfants, de leur assurer un meilleur avenir, en enclenchant un processus qui s’étendra progressivement à leurs propres enfants. Le travail ne nous manquera pas ! Madeleine Le Moullec
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PÉROU Où intervenons-nous ? A Cusco, à Lima et dans la zone amazonienne. Le Pérou a été un des pays au monde les plus touchés par la pandémie de COVID 19. Les écoles sont y fermées depuis un an et demi.
Les enfants des rues de Cusco ont pu compter sur Qosqo Maki. L’Appel, au travers de son partenaire Qosqo Maki, leur propose différents services : dortoir, activités, aides médicale, juridique, psychologique et scolaire, formations professionnelles. Mais les mesures de confinement ont frappé durement : le dortoir a été fermé de mars à septembre 2020 ; ce n’est qu’en décembre qu’une activité normale a pu reprendre dans des locaux remis aux normes sanitaires avec notre aide. Les éducateurs ont assuré un travail continu de suivi des jeunes sur leur site de travail. Les deux ateliers (une boulangerie et une menuiserie) ont rouvert dès mai 2020 mais à petit régime, sans touristes et avec une population très appauvrie. Les deux jeunes engagées de Service Civique envoyées par L’Appel ont dû être rapatriées début avril. Cependant la Volontaire de Solidarité Internationale est restée sur place, maintenant le contact avec les jeunes du quartier, confinés strictement. L’association a ainsi organisé des échanges par Internet, des visites à domicile avec apport de livres et un « centre aéré » virtuel.
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A Lima, un bidonville décimé par la COVID. Notre association partenaire Mano a Mano nous alertés très tôt sur les nombreux cas mortels de Covid. L’urgence nous a fait demander l’aide de Médecins du Monde qui, de juillet à décembre 2020, a assuré un suivi de santé et évité ainsi des dommages encore plus graves. Par ailleurs, L’Appel a apporté une aide d’urgence, en distribuant des produits d’hygiène et des aides alimentaires. Les habitants du bidonville, confinés, étaient privés des ressources de leur travail habituel, informel le plus souvent. Mano a Mano a aussi perdu ses activités sources de revenus et a dû vendre une partie de ses locaux. Les activités de soutien scolaire, capitales pour les enfants du bidonville totalement coupés de l’école, ont évolué. L’Appel a aidé à recruter deux jeunes étudiantes, originaires du bidonville. Elles suivent les jeunes dans leur famille et les soutiennent dans leur scolarité en télé-enseignement. La rentrée scolaire n’est toujours pas faite , depuis 18 mois. Nous avons réservé à cet effet une partie des sommes récoltées lors de notre appel pour la rescolarisation des filles après le Covid.
Des jeunes filles victimes d’exploitation sexuelle en Amazonie. Un foyer, avec des éducateurs payés par l’état, les accueille. L’Appel l’avait équipé d’ordinateurs. Nous avions aussi financé une campagne de mise en garde dans les villages dont sont originaires ces jeunes filles, à qui l’on faisait miroiter des offres d’emploi fallacieuses. D’après une évaluation faite en 2019 auprès des directeurs des écoles concernées, on a constaté moins d’interruptions de scolarité des adolescent(e)s. Nous avions suspendu notre activité pendant deux ans à la suite du déménagement du foyer à Puerto Maldonado et à l’annonce de la fermeture des mines d’or illégales. Mais celles-ci continuent à prospérer et à attirer ces travailleurs-esclaves. Nous sommes donc à la recherche d’un financement pour reprendre une campagne de dissuasion dès l’automne 2021.
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RÉPUBLIQUE DU CONGO Où intervenons-nous ? A Pointe Noire, grand port et ville pétrolière. Les zones pauvres de la ville sont frappées d’une crise économique majeure : le confinement a rendu impossible le petit commerce informel dont vivent leurs habitants.
Notre action face à la pandémie. L’Appel a participé financièrement à la diffusion des gestes barrières : achat de savon, de matériel de lavage des mains et fabrication de masques. Les activités collectives se sont interrompues pendant plusieurs mois. L’Appel soutient l’Ecole Primaire Associative Nelson Mandela. Les effectifs sont passés de 104 à 112 élèves en un an. En 2020, quinze bourses ont été versées par L’Appel grâce aux dons des parrains. S’y ajoutent cinq parrainages locaux. Avant l’attribution des bourses, la situation des familles est évaluée par notre partenaire ASAD, spécialisé dans le travail social. L’Appel apporte également un soutien pédagogique à l’équipe enseignante (pédagogie, mise en situation avec les élèves). Ainsi, en février 2020, un stage autour du conte a rassemblé neuf enseignants et deux membres de la direction. Ensuite, vu l’impossibilité d’effectuer la dernière mission de formation auprès des enseignants, L’Appel a reversé la somme prévue à l’école pour mettre en place de l’enseignement à distance, durant les longues semaines de confinement.
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La formation des enseignants des écoles publiques du quartier Ngoyo : un projet suspendu. Les deux missions prévues en 2020 n’ont pu avoir lieu du fait de la COVID. L’équipe d’enseignantes de L’Appel a cependant poursuivi son travail d’élaboration du contenu. Nous réfléchissons aussi à implanter des bibliothèques au sein des écoles. L’année 2020 a vu naître un partenariat avec l’entreprise Théorème afin qu’ils nous aident à lever des fonds. Une mission prévue en août 2021 a également dû être annulée. La création d’une activité vise à augmenter les revenus et à favoriser la scolarisation. Un projet de coopérative agricole est à l’étude : des arachides seront produites dans un village, puis la coopérative créée dans le quartier N’Goyo les transformera en pâte qui sera vendue à PointeNoire. L’objectif, en produisant des produits de qualité dans de bonnes conditions d’hygiène, est, par l’amélioration du niveau de vie des familles, de favoriser la scolarisation des enfants, de façon plus pérenne. Nous poursuivons nos recherches de financement et travaillons à un projet de forage d’eau pour le village producteur.
Le programme Nutricartes® se développe malgré le COVID. Depuis 2018, L’Appel a mis en place le jeu pédagogique Nutricartes® dans six pays, de façon à établir son efficacité dans des contextes différents. La mission prévue en mai 2020 auprès de notre partenaire Avenir + devait tirer un bilan mais elle a été annulée du fait de la situation sanitaire. Nous avons donc travaillé à distance pour poursuivre le programme. Quinze groupes de sensibilisation ont pu avoir lieu pour environ 225 bénéficiaires. Un groupe de 85 bénéficiaires a été évalué pour mesurer les acquis après six ou douze mois. Ces évaluations ont été menées localement par des animateurs extérieurs aux structures concernées et vont être jointes aux évaluations réalisées dans les cinq autres pays. Notre partenaire tente actuellement d’étendre le programme Nutricartes® à une plus large échelle, avec des contacts au niveau ministériel.
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RWANDA Où intervenons-nous ? A Byumba et dans ses environs. Une zone rurale située au nord de la capitale Kigali.
L’action de L’Appel face à la pandémie. Les écoles et les collèges ont été fermés de mimars à mi-novembre 2020 et l’année scolaire a été rallongée de six mois. Le confinement a généré une crise économique et même une véritable famine chez les plus démunis privés de leurs revenus, alors que les prix des denrées alimentaires augmentaient considérablement. Les enfants que L’Appel parraine (46 filles et 34 garçons) sont issus de ces familles. Nos partenaires, L’Appel de l’avenir des enfants du Rwanda, nous ont alertés et nous avons sollicité les parrains qui ont répondu en nombre à notre appel à l’aide du mois de mai 2020. Nous avons ainsi pu ajuster notre action à cette nouvelle situation. L’aide à la scolarité a été transformée en aide alimentaire pour les familles des filleuls. En novembre 2020 les 80 filleul(e)s ont ainsi tous pu reprendre le chemin de leur établissement, en bonne santé et sans avoir dû renoncer à leurs études pour travailler. Nos partenaires rwandais les ont soutenus pendant cette période éprouvante : leur rôle social et éducatif est particulièrement important.
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L’Appel a promu une campagne pour la rescolarisation des filles après le Covid qui a permis de payer la pension complète de trois jeunes filles. L’association Wikwiheba qui sert chaque jour un repas complet à 60 enfants (dont une vingtaine de nos filleuls) a bénéficié du doublement de l’aide que L’Appel lui fournit pour faire face à cette crise alimentaire. La bibliothèque, lieu très prisé par les jeunes de Byumba, a fermé en mars 2020, comme tous les lieux rassemblant du public. Pour permettre sa réouverture dans de bonnes conditions d’hygiène, L’Appel a entrepris en fin d’année des travaux d’aménagement en construisant trois lavabos alimentés par une citerne. De graves inondations ont frappé la région et détruit des maisons. Inondations et glissements de terrain ont provoqué des dégâts importants, amplifiés par le relief accidenté du pays. Certaines maisons construites par L’Appel ont été endommagées. Nos bailleurs français se sont rapidement mobilisés pour répondre à cette
catastrophe. Ce sont ainsi quinze maisons qui ont été construites ou réhabilitées, au bénéfice de familles très pauvres : femmes seules avec enfants, personnes âgées, fratries d’orphelins… Depuis 2006, 170 maisons ont ainsi été réalisées par une entreprise locale choisie par appel d’offres, avec un accompagnement efficace de notre partenaire L’Appel Rwanda. Les villageois participent aussi aux travaux. Depuis trois ans, nous avons agrandi la taille des maisons (4 pièces pour 42 m²) et amélioré leur finition et leur solidité (margelle, gouttières pour récupération de l’eau, crépis interne et externe, huisseries en bois, sol pavé, branchement électrique). Nous n’avons pas pu réaliser de réseau d’eau en 2020 par manque de financement, mais les travaux ont repris en 2021… A suivre !
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EL SALVADOR Où intervenons-nous ? A Zaragoza, Zacatecoluca, Sopyapango, des banlieues de la capitale, particulièrement menacées par la pauvreté et les bandes criminelles ou Maras.
Comment avons-nous agi face au COVID 19 ? Nos partenaires nous ont alertés : il fallait continuer, malgré les confinements, à protéger les enfants. L’Appel a rapidement réagi, envoyé des financements et développé de nouvelles activités : A Zaragoza et Zacatecoluca, une aide alimentaire d’urgence a été nécessaire car beaucoup de familles se sont trouvées sans ressources avec la disparition des métiers non formels. L’Appel a pu faire parvenir très vite des sacs d’aliments de base. Une aide de l’Etat est arrivée plus tardivement. Du matériel préventif a été distribué : masques et gel hydroalcoolique. Des réunions de formation ont expliqué les gestes barrière et la fabrication artisanale de gel hydroalcoolique. Le transport de patients à l’hôpital a pu être effectué, des médicaments ont été achetés. Heureusement le nombre de cas semble diminuer progressivement et, malgré la densité de la population, le nombre de morts a été moins important que dans les pays proches (Mexique et surtout Pérou).
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Les parrainages individuels ont permis de préserver la situation des enfants. Nous avons 18 filleuls. Bien que les écoles soient fermées depuis mars 2020, ils ont continué à être visités par nos correspondants et aidés pour leurs études. Les programmes scolaires sont diffusés soit sur Internet, soit sur smartphones. Les familles ont rarement un ordinateur, alors que le smartphone est beaucoup plus répandu. Mais celui-ci appartient souvent à l’un des parents qui, s’il a la chance de travailler, l’emporte avec lui. Ces programmes remplacent difficilement le contact avec un enseignant et la relation sociale avec les camarades. Heureusement tous nos filleuls ont pu continuer à se rendre dans les centres de soutien scolaire où ils ont été suivis personnellement par nos partenaires (Patronato et IDES). Nous souhaitons mieux équiper ces centres en ordinateurs. Les parrainages collectifs se poursuivent malgré l’épidémie. Le soutien scolaire (30 enfants) de notre partenaire IDES, à Zacatecoluca, a pu continuer grâce à l’animatrice, mais l’école de Sopyapango, Juan Calvino
(50 écoliers), a dû rester fermée, plusieurs enseignants ayant eu des formes sévères de Covid ; les élèves ont alors suivi les programmes diffusés par la télévision ou Internet. La campagne que L’Appel a lancée en faveur de la rescolarisation des filles après le Covid a permis de soutenir la scolarité de 12 filles. Le Groupe de jeunes « Tu decides » informe, éduque, pour la prévention des grossesses non désirées d’adolescentes et bien d’autres sujets Le groupe de jeunes « tu decides » que nous soutenons à L’Appel depuis son origine, est resté très actif. Les réunions ont pu reprendre (dans le respect des règles sanitaires) et tous les sujets de prévention, des grossesses d’adolescentes, des violences faites aux femmes, de justice sociale ont été évoqués très vigoureusement entre les jeunes qui participent aussi à toutes les marches en faveur des droits humains ou de l’écologie.
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©Hervé Vincent
TCHAD Où intervenons-nous ? A Koumogo, un ensemble de villages de brousse, au sud du pays et à Bongor, une ville importante sur le fleuve Logone, à l’ouest.
Réagir sur le terrain face à la pandémie de la covid-19. Dès le début de la crise Covid, L’Appel a envoyé des fonds d’urgence pour l’achat de savons et de tissus pour confectionner des masques. Pour soutenir la reprise de la scolarité des filles après le confinement, L’Appel a pris en charge la moitié des frais scolaires des filles de l’école de Koumogo pour un an. A Koumogo, le programme Nutricartes® se pérennise. L’Appel déploie cette approche pédagogique de l’alimentation et de l’hygiène pour lutter contre la malnutrition des enfants ; depuis 2017 cette éducation a concerné 1 200 femmes à Koumogo, lors de séances qu’animent 22 formateurs. En 2020 débutaient un deuxième cycle de formations dans six villages autour de Koumogo ainsi qu’un premier cycle dans un village plus éloigné, Maïninga. L’ensemble représentait environ 400 apprenants. Les formations se sont déroulées jusqu’à la mi-mars ; mais, du fait du confinement, seuls quatre cycles ont pu réunir 240 bénéficiaires. Une modeste contribution des apprenants - 500 FCFA pour une semaine (soit 0.90€) - constitue une nouveauté : elle finance une partie des frais et surtout
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amène une réflexion sur la future autonomisation de l’action. Des évaluations de connaissances ont pu être menées auprès d’une centaine de femmes, les formatrices ayant bénéficié d’un renforcement de leurs compétences pour bien utiliser l’application dédiée sur smartphone. Autre signe d’efficacité à plus long terme des Nutricartes® : la population a constaté le manque de légumes frais sur le marché et entreprend un potager. L’Appel a financé les semences et la formation des nouveaux maraichers par un membre de la communauté plus expérimenté. Les activités communautaires sont renforcées. L’Appel a remplacé le panneau et la batterie solaires du centre culturel et changé toutes les prises. Les activités ont pu reprendre avec un comité de gestion élargi qui anime activités culturelles et jeux. A Bongor, le programme Nutricartes® est évalué. Après trois ans, le moment était venu de vérifier les résultats obtenus. Au total 133 personnes ont été interrogées, bénéficiaires, partenaires et animateurs. Beaucoup de points positifs ont été soulignés, notamment l’accroissement important des connaissances nutritionnelles des bénéficiaires.
Il faudra cependant améliorer l’organisation et la communication auprès des autorités. Le programme a continué en 2020 pour 166 personnes et, à l’avenir, un nouveau projet assorti d’un volet d’activités génératrices de revenus, a été corédigé avec notre partenaire AKWADA ; des démarches de recherche de financement ont été entreprises (à ce jour encore insuffisantes). Par ailleurs une première formation aux Nutricartes® d’une équipe sanitaire à Ndjaména a été réalisée par AKWADA, soutenue par L’Appel. Le projet « Jeunes dans la ville, devenir citoyen » rencontre son public. AKWADA a expérimenté à Bongor un modèle de chantier-école. Les jeunes accèdent ainsi à une formation en alternance d’une durée d’un an. Nous avons soutenu en 2019 une promotion de 14 maçons qui se sont globalement bien insérés dans le marché du travail et nous avons donc renouvelé notre soutien en 2020. Cependant cette nouvelle promotion n’a pu débuter sa formation qu’au dernier trimestre en raison de l’état sanitaire.
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TOGO Où intervenons-nous ? A Lomé, la capitale, située sur la côte et à Notsé, dans la région des plateaux, à 90 km. au nord.
Faire face à l’épidémie, avec nos partenaires. • Le développement du programme de lutte contre les maladies, Balai Santé®, démontre toute son utilité : dès mars-avril 2020, à Notsé, nous nous sommes mobilisés pour permettre à nos partenaires de s’équiper. Plus de 4 000 enfants de sept écoles primaires ont bénéficié des dispositifs de lavage des mains que nous leur avons procurés. Les messages de prévention contenus dans le jeu pédagogique qu’ils utilisent régulièrement ont été très utiles. L’association partenaire Apesmir a reçu des aides pour fournir aux familles masques et produits d’hygiène ainsi que des paniers alimentaires pour les plus démunies. • A Lomé, au sein de l’école pour enfants sourds, nous avons répondu aux besoins liés au coronavirus, fourniture de savons, gel, masques ainsi que des visières transparentes indispensables pour la communication des sourds. L’Appel a également apporté une aide financière pour rescolariser les filles dont les parents ne pouvaient payer l’écolage, soit 15 filles, externes ou internes.
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Les enfants sourds togolais ont vu leur prise en charge s’améliorer. A l’école Ephphata, de Lomé, nous avons déjà effectué de grands progrès : après avoir rénové les bâtiments, puis l’internat, nous avons initié un diagnostic systématique des enfants atteints de surdité et mis en place un service d’orthophonie, toutes mesures très rares au Togo. Aujourd’hui L’Appel permet la prise en charge d’une trentaine d’enfants en orthophonie et assure le tutorat de l’orthophoniste, tout en préparant une embauche supplémentaire.
Nos projets ne sont pas interrompus par la pandémie. Certes nous n’avons pas pu nous rendre sur place mais, grâce à l’équipement informatique que nous avons financé, nous entretenons des échanges hebdomadaires. En lien avec nos partenaires à Lomé, nous projetons la création d’un centre de diagnostic et d’éducation précoce de la surdité, ce qui n’existe pas au Togo. Les plans et devis sont en cours d’élaboration. Quelques financeurs sont déjà prêts à contribuer. A suivre…
La prolongation de la scolarité après l’école primaire : un grand progrès pour 25 jeunes sourds. Comment s’intégrer dans un collège parmi des enfants sans handicap ? Cette difficulté, qui existe aussi en France, se posait de manière aigüe pour les 25 jeunes sourds issus de l’école Ephphata. L’Appel finance quatre moniteurs sourds qui interviennent pour faciliter leurs apprentissages. Le collège qui les accueille travaille à la mise en place d’une classe de 6ème spécialisée pour renforcer leur niveau de français écrit et faciliter ainsi leur intégration dans les classes ordinaires.
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VIETNAM Où intervenons-nous ? A Ho Chi Minh Ville, ex-Saïgon, la plus grande ville du Vietnam et son poumon économique et dans la province de Lam Dong, dans les montagnes centrales, habitées par des minorités souvent laissées de côté par l’état.
Les parrainages individuels assurent à 37 jeunes la réussite de leur scolarité. Certes l’école est gratuite au Vietnam mais des frais annexes, incontournables, viennent grever le budget de familles très pauvres. Les enseignants, peu payés, complètent leurs revenus par des cours obligatoires et facultatifs, sans lesquels les enfants ne peuvent suivre. S’y ajoutent l’uniforme, la cantine, les travaux pour l’école, l’assurance etc. En 2020, deux parrainages ont été arrêtés à la fin des études et un parrainage, mis en attente de reprise d’études, a été transféré au petit frère d’un filleul. Une filleule est devenue étudiante. Nous continuons à aider régulièrement cinq « anciens », devenus adultes et lourdement handicapés. De plus, afin de soutenir la scolarisation des filles en période de Covid, L’Appel a versé une aide exceptionnelle à cinq écolières à partir de septembre 2020 ; elle se terminera en juin 2021. En France le nombre de parrains réguliers est en baisse et ceci nous alarme. Mieux manger pour apprendre, grâce à un parrainage collectif. Trop d’enfants arrivent au jardin d’enfants avec une gamelle vide. Le parrainage de l’Appel concerne 320 enfants dans sept jardins d’enfants de la province de Lam Dong. Il est ainsi possible de compléter l’ordinaire avec du lait, des yaourts, de la viande, du poisson. Compte tenu de la situation encore plus difficile des familles pauvres à cause de la Covid, nous avons prolongé notre aide à l’un des jardins qui devait sortir du dispositif. Accéder à l’université, grâce à un parrainage collectif. A la fin de 2020, sept étudiants « montagnards » et treize étudiants « vietnamiens » reçoivent une bourse de L’Appel. Le montant de ces bourses varie en fonction du lieu des études (NhaTrang, Dalat, Dong Nai, Hô Chi Minh-Ville…). Seize étudiants ont terminé leurs études et trouvé du travail. La pandémie, qui a interdit tout voyage, nous a empêchés de recruter de nouveaux étudiants, ce qui est fait habituellement en mission.
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Hommage à Lucie, Mme Pham thi Thanh Tâm, notre partenaire à Ho Chi Minh Ville. Elle est décédée le 29 août dernier. Que de chemin parcouru côte à côte pour les parrainages d’enfants ! D’abord elle a œuvré avec son mari Tuyên, depuis leur rencontre avec Jacques Lalande en 1977. Ensuite, à sa mort, en 2009, Lucie a eu à cœur de poursuivre ce travail social d’aide aux enfants de familles très pauvres. Elle y a employé toutes ses compétences : d’abord une maîtrise parfaite de la langue française (car Lucie, femme de grande culture, parlait également l’anglais et le chinois), ensuite son attention aux situations économiques et sociales très difficiles des filleuls, qu’elle savait encourager, aussi généreuse et pleine d’empathie que ferme et exigeante. Dans ses relations avec nous, membres de L’Appel, au-delà de nos liens très amicaux, Lucie faisait preuve de rigueur, d’énergie et de droiture. Enfin, lorsque des parrains et marraines venus au Vietnam souhaitaient rencontrer leurs filleuls, Lucie les accueillait chaleureusement. Elle était alors le lien entre deux familles, deux cultures, deux pays. Il était difficile de résister au charme de Lucie. Elle était si souriante, si vive. Comment pourrions-nous l’oublier ? Jeanine MAEDER Les nouvelles du Vietnam, particulièrement à Hanoï et Hô Chi Minh, sont très mauvaises. Ils vivent actuellement un confinement très strict. Certains quartiers sont complètement clos pour éviter davantage de contaminations. L’épidémie entraîne du chômage et même le décès d’un parent de filleul.
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CONGO
Une réflexion complémentaire à notre dossier de mai 2021 : Les droits de l’enfant. Pour Saint Exupéry « On est de son enfance comme on est de son pays ». Dans nos représentations l’enfance se doit d’être douce, source d’épanouissement. Mais pour de nombreux enfants dans le monde, elle peut être synonyme de violence, de souffrance et d’injustice. L’enfance, c’est le temps de comprendre le monde, de se construire. Pour cela les enfants ont besoin d’être protégés, accompagnés. Il ne suffit pas de ratifier des conventions, inscrire des préceptes dans les constitutions (préalable néanmoins incontournable à tout changement). Les Etats doivent aussi se donner les moyens d’appliquer leurs résolutions. La République du Congo, pays des paradoxes, n’échappe pas à cette règle, même s’il faut noter des avancées au cours de ces dernières décennies (articles constitutionnels, Loi sur la protection de l’enfance du 14 juin 2010) Si 95% des enfants y ont accès à l’éducation, les conditions de scolarisation ne permettent pas un enseignement de qualité. Le taux d’extrême pauvreté, comme le travail des enfants, ne cesse d’augmenter. Le taux de mortalité infantile est très élevé malgré les programmes de vaccination. La malnutrition affecte 21% des enfants. Si la disparité liée au sexe n’apparait pas au Congo, celle des droits entre les zones rurales et urbaines est réelle. Les conflits passés, les crises économiques, la crise sanitaire, l’urgence climatique ne font que complexifier l’accès aux droits des enfants. Isabelle JEGOU, L’Appel Morbihan responsable de l’action à Pointe Noire (voir page 9)
HAÏTI L’APPEL veut venir en aide aux populations du sud d’Haïti. La situation Le 14 août 2021 un séisme de magnitude 7,2 a ébranlé la région des Cayes, déjà sinistrée par le cyclone Matthew il y a cinq ans. On compte 2.200 morts et 13.000 blessés ; d’autres sont « disparus ». Le nombre des victimes a été moindre que lors du séisme de Port au Prince en 2010 car c’est une région rurale. La situation de l’état haïtien, l’insécurité chronique compliquent la réponse à la catastrophe. La seule route vers le sud est infestée de bandes qui bloquent ou rançonnent l’aide acheminée. Les leçons du séisme de 2010 à Port au Prince ont été tirées De nombreuses ONG étaient intervenues, sans coordination et les résultats de l’aide internationale ont été peu satisfaisants. Il faut à présent écouter le « terrain » : les populations, les associations locales savent ce qui est nécessaire ; il ne faut pas laisser s’installer des camps qui vont se pérenniser avec la misère et l’insécurité qui les accompagnent mais « L’essentiel, dans ces crises, c’est de remettre les gens sur pied le plus rapidement possible, les aider à reprendre leurs activités, souligne Bruno Lemarquis, le coordonnateur des Nations Unies. De cette manière-là, on quitte rapidement l’humanitaire et les gens se reprennent en charge. » Quelle est la démarche de L’Appel ? Celle que nous pratiquons toujours : Répondre à un appel émanant du terrain pour une réponse la plus efficace possible. Nos deux objectifs : 1. Venir en appui d’interlocuteurs bien informés et dignes de confiance sur place : un jeune médecin de La Tortue exerce à
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présent aux Cayes, dans l’épicentre. Par l’intermédiaire de la PMI de Fort Jacques, nous sommes en relation avec d’autres PMI du sud de l’île. Ils nous informent de la situation et pourront relayer notre aide sur place. 2. Permettre aux familles affectées par la catastrophe de retrouver des forces : les familles de ceux qui sont hospitalisés à l’hôpital des Cayes se retrouvent sans possibilité de gagner leur vie. Nous allons collecter des fonds pour leur fournir des paniers alimentaires.
Nous vous sollicitons donc pour cette aide
d’urgence. Un don de 50 euros (soit pour vous 16 euros) permet de fournir deux paniers de nourriture équilibrée pour deux familles et pour une semaine. MERCI pour eux.
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