Parution trimestrielle N°179 I Décembre 2020
Association de solidarité internationale
Malgré la pandémie, L’APPEL poursuit son engagement 2Journal Appel n°179.indd 1
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Sommaire J Éditorial................................... Page 2 J Le retour des filles à l’école.... Page 2 J Mille Jours à Madagascar, au Burkina Faso et au Niger... Page 3 J Madagascar : Antanarivo Balai Santé.............................. Page 4 J Tchad : Bongor Koumogo................................. Page 5 J Rwanda................................... Page 6 J Vietnam.................................. Page 6 J El Salvador.............................. Page 7 J Haïti La Tortue ........................ Page 7 J République du Congo............. Page 8 J Togo ........................................ Page 8 J Burkina Faso........................... Page 9 J Madagascar : Ketsi ................. Page 9 JP érou : Cusco........................ Page 10 J Bon de soutien...................... Page 11 J Présentation de L’APPEL....... Page 12
Au Tchad Photo de Béatrice Moriot
89, avenue de Flandre Boîte n° 9001 - 75019 Paris Tél. : 01 42 02 77 78 Site : www.lappel.org E-mail : association@lappel.org Directrice de publication Madeleine Le Moullec-Schabanel avec la collaboration de Françoise Mekki et Marie-Hélène Touzalin Réalisation COPITEXTE Zone artisanale des Portes de la Forêt 14 Allée du Clos des charmes 77090 COLLÉGIEN Commission paritaire N° 0912 H 84899 ISSN 0398 6039
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Décembre 2020
Éditorial En mars, la pandémie nous a surpris et les bénévoles en mission ont dû rentrer en France juste avant le confinement. Une période d’incertitude s’est ouverte pour le monde entier. Tout s’est-il arrêté à L’APPEL pour autant ? Non, nous avons répondu aux demandes de nos partenaires par un plan d’urgence. Dans un premier temps, nous avons envoyé des fonds pour la distribution de produits Le bureau réuni à distance. d’hygiène, l’acquisition de postes de lavage des mains, la sensibilisation aux gestes barrières et les distributions alimentaires. Puis, en juin, nous avons lancé une campagne pour prévenir la déscolarisation des filles, premières victimes de la paupérisation des familles, accentuée par les conséquences sociales et économiques de la pandémie. A ce jour, vos dons se montent à 9.500 euros. Ils nous permettent d’offrir un avenir à des filles que la pauvreté condamnait à travailler, à se marier trop tôt. Aucune mission n’a pu se dérouler depuis mars 2020 et nous ignorons toujours à quel moment nous pourrons à nouveau nous rendre sur le terrain. Il a fallu inventer de nouvelles manières de travailler et de poursuivre nos objectifs, au-delà de l’urgence, dans la perspective de durabilité qui est la nôtre. Nous savons que cette épidémie a fait régresser les progrès réalisés et qu’il faudra redoubler d’efforts. Heureusement notre méthode de travail nous permet de nous appuyer sur des partenaires locaux qui connaissent parfaitement les réalités du terrain. Nous saluons leur travail et leur constante mobilisation auprès des populations. Les fêtes de fin d’année approchent, nous ne savons pas à quoi elles ressembleront en 2020. Recevez cependant nos vœux pour vous et vos familles. Protégez votre santé. Merci pour votre générosité et votre fidélité. Arlette Le Nôtre Présidente de L’APPEL
ÉLÈVES AUJOURD’HUI, FEMMES DEMAIN L’APPEL a lancé en juin une campagne pour favoriser le retour à l’école des filles après l’épidémie de COVID. Nous avons à la mi-novembre reçu 9.500 euros de votre part. Soyez-en vivement remerciés. Nous arrêtons cette campagne mais nous continuerons à développer des projets en faveur de la scolarisation des filles. Comment procédons-nous ? Les dates de la rentrée scolaire varient selon les différents pays où L’Appel soutient une école. Nous avons déjà pu envoyer des bourses -comme au Viet Nam- ou bien nous sommes en attente des indications des directeurs d’école. Certains pays, comme le Pérou et le Salvador, ne feront leur rentrée qu’en mars 2021, soit une année entière où les élèves auront perdu le contact avec leur école. Les bourses sont attribuées pour une année scolaire, versées en deux fois, et sont liées à l’assiduité de l’élève. Nous vous donnerons des nouvelles plus précises au premier trimestre 2021. Au Tchad. Quel sera son avenir ? A l’école ? À la maison, pour aider aux tâches ménagères ? Cela dépend aussi de nous.
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BURKINA FASO • MADAGASCAR • NIGER Pas facile de mener un projet en temps de pandémie ! Tout avait bien commencé : un beau projet d’une durée de trois ans, un financement décroché auprès de la fondation Sanofi-Espoir… jusqu’à ce que la COVID s’en mêle… Mais, avec nos partenaires, nous n’allons pas renoncer.
Le jeu des 1.000 jours
La rangée du haut présente des cartes problèmes (vomissements, douleurs, soucis financiers, perte des eaux) et celle du bas des cartes réponses. Dans certains cas plusieurs réponses sont possibles et suscitent des discussions très fructueuses. Destinés à des publics analphabètes, ces pictogrammes sont très facilement assimilés.
Le projet Mille Jours pour 7.000 mamans
La COVID complique la situation
Le point de départ est la méthode Nutricartes , à laquelle sont adjointes des cartes spécifiques concernant la période de la grossesse, de la naissance et des deux premières années, soit mille jours. Le principe est le même : les mamans sont réunies avec un animateur et cherchent ensemble comment mener une grossesse sans problème et éviter la dénutrition, pour elles-mêmes et leur bébé. Aux cartes problèmes répondent des cartes remèdes qu’elles manipulent et disposent sur le tapis, non sans des discussions animées entre elles.
En mars 2020, comme en Europe, le confinement s’accompagne d’une aggravation des difficultés économiques et ne permet plus les regroupements. Ainsi, au Burkina, à Ouagadougou, les activités ontelles été interrompues du 11 mars au 3 juillet 2020 et nous n’avons pas pu effectuer la mission de formation-recyclage prévue lors de l’été. Certaines femmes enceintes n’ont pu bénéficier que de deux séances sur les cinq prévues, ce qui complique l’évaluation.
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L’APPEL a monté un projet avec des partenaires à Madagascar, au Burkina Faso et au Niger. Dans ces trois pays, la santé maternelle, la mortalité des femmes enceintes et en couches, la dénutrition des mères et des nourrissons, la mortalité infantile sont des questions brûlantes et lourdes de conséquences sur l’avenir des familles. L’objectif est de montrer, par une évaluation solide, combien la santé s’améliore grâce à la prévention et aux changements de comportement.
Tout commence bien Nous répondons à la demande de partenaires ; en 2019 et début 2020, les formations d’animateurs se déroulent dans les trois pays. Les activités débutent aussitôt. À Madagascar, par exemple, les animations prénatales ont été faites par les sages-femmes de l’association Miray et les séances postnatales ont commencé pour 137 enfants déjà nés dont 124 ont été vus en consultation postnatale. En même temps se déroule l’évaluation grâce à l’application dédiée sur smartphone.
Au Niger, des difficultés locales nous ont obligés à suspendre le programme. Comment le reprendre dans ces circonstances ?
Les solutions que nous avons trouvées S’il nous est impossible de nous rendre sur place, nous restons en lien très étroit avec les équipes locales, grâce à des échanges par WhatsApp, des réunions distanciées régulières. Nous recevons des photos et des films des animations. Nous voyons ainsi la compréhension des messages. Si tout va bien à Madagascar et au Burkina, où 1960 femmes ont déjà été touchées, les photos nous montrent qu’il n’en est pas de même au Niger. Il va falloir reprendre la formation, au printemps 2021… si la situation sanitaire le permet. Dans ce dernier pays, le programme a pris plus d’un an de retard, or le financement de Sanofi-Espoir est prévu pour trois ans. Pour pouvoir dérouler l’action au Niger pendant les trois années prévues et évaluer la totalité du projet, nous sommes à la recherche d’un financement complémentaire. Caroline Mignot, Odile Oberlin, Paul Sanyas, L’APPEL Ile-de-France
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MADAGASCAR Antanarivo : comment L’APPEL et son partenaire répondent à la crise Les besoins d’assistance des populations atteignent un niveau critique. L’APPEL, avec son partenaire Miray, s’efforce d’apporter des réponses aussi rapides que possible. La réponse hygiénique
Par la suite, grâce à des dons exceptionnels, l’association Miray a pu remettre aux familles les plus pauvres parmi celles qui suivaient les séances d’éducation nutritionnelle 1 000 « paniers repas » avec du riz, du poisson séché ou des légumineuses et un savon. Conçus pour une famille de cinq personnes, ils ont été distribués chaque semaine pendant un mois. Malheureusement, faute de financement, cette aide n’a pu se prolonger.
Dés le début d’avril 2020, le docteur Voahangy Rajaobelina, responsable du dispensaire, a mis en place les gestes barrières (gel, masques qu’elle a cousus), et aménagé les séances d’éducation nutritionnelle. Les mères, assises tout autour de la pièce, se déplacent à tour de rôle vers le tapis de jeu accroché au mur, cousu et agrandi pour la circonstance. Cette judicieuse adaptation a été élaborée par l’équipe ellemême. Nous échangeons aussi par mail ou WhatsApp régulièrement.
Les activités se sont poursuivies
La réponse alimentaire A Madagascar, comme dans d’autres pays du Sud, nos partenaires nous ont dit qu’ils préféraient avoir la Covid que mourir de faim ! Pendant le confinement imposé à Antanarivo, les petits métiers informels se sont arrêtés et les marchés des rues ont été difficilement ravitaillés. En avril l’association Miray a distribué 500 repas : riz et légumineuses complétaient le peu d’aliments que la population pouvait acheter. Mais l’insécurité lors de ces distributions ne nous a pas permis de les poursuivre.
Grâce à l’investissement important de notre partenaire et à l’aide financière de nos donateurs, nous avons pu éviter à certaines familles de « tomber dans la dénutrition majeure ». Pendant le confinement nous avons pu aussi mener à bien les actions de prévention avec des groupes inférieurs à dix participants : les réunions Nutricartes© – avec leurs volets nutrition et hygiène- et les réunions 1.000 jours pour les femmes enceintes. De cette façon le contact avec les bénéficiaires s’est maintenu, même après la fin des distributions de nourriture. Plus que jamais en période de pandémie et de disette, les compétences acquises lors de ces réunions sont utiles et préservent la santé des familles. Paul Sanyas, L’APPEL Ile-de-France
BALAI SANTÉ © Le jeu pédagogique Balai Santé © Lavage des mains, masque et distanciation physique, des écoliers bien protégés, à Notsé au Togo. L’antenne Occitanie a élaboré cet outil avec des médiatrices de santé du Burkina Faso puis l’a étendu dans plusieurs pays dont le Togo et Haïti mais aussi, par l’intermédiaire d’autres associations, au Bénin, au Sénégal, à Madagascar, à Mayotte... Une application numérique gratuite est opérationnelle depuis septembre, en français, malgache et créole. Elle permettra d’atteindre un grand nombre de familles et de faire ainsi diminuer la mortalité infantile. Pour la télécharger, consultez la page du Club Balai Santé sur Facebook. Chaque action où Balai Santé® est utilisé comprend aussi des aménagements permettant de mettre en pratique les recommandations de prévention des maladies. Par exemple, au Togo sept écoles ont bénéficié du programme de sensibilisation et les écoliers peuvent aujourd’hui, grâce aux lave-mains offerts par L’Appel, respecter tous les gestes barrières. L’hebdomadaire ELLE consacrera une double page à Balai Santé et à notre association dans son numéro du 4 décembre.
À paraître dans ELLE le 4 décembre 2020.
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Joëlle Nicolas, L’APPEL-Occitanie
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TCHAD Malgré tout, des projets grandissent à Bongor
©Hervé Vincent
Confinement, crise alimentaire, Internet souvent coupé… les galères ne manquent pas. Et pourtant, notre partenaire, l’association AKWADA, a repris de plus belle ses activités en intégrant les gestes barrières. Nous soutenons trois d’entre elles.
Un public de jeunes suit la diffusion d’un clip vidéo.
Les Nutricartes©
La formation professionnelle des jeunes
Une évaluation qualitative des trois années du programme Nutricartes© à Bongor a eu lieu début 2020. Elle a montré la réussite globale du projet et souligné quelques points à améliorer.
AKWADA est reconnu localement pour ses compétences dans ce domaine. Des partenaires tels que L’Office National pour la Promotion de l’Emploi (ONAPE) et l’ONG française ESSOR lui délèguent l‘organisation de leurs formations mais ce sont des formations théoriques courtes qui permettent certes de mettre le pied à l’étrier mais ne sont pas qualifiantes.
Des séances se déroulent aussi dans des villages autour de Bongor. Les Nutricartes© y seront complétées par des démonstrations pratiques de transformation des produits locaux, pour varier l’alimentation et permettre de développer des Activités Génératrices de Revenus. Nous recherchons actuellement des soutiens financiers pour ce projet. Par ailleurs, une première formation aux Nutricartes© animée par des formateurs tchadiens, est en cours à N’Djamena.
« Jeunes dans la ville, devenir citoyen » Des clips vidéo de témoignages de jeunes et une exposition photos ont été réalisés à Bongor en 2018. Depuis, avec ces outils, les séances d’éducation des adolescents et aussi de leurs parents se poursuivent dans plusieurs villes et villages du sud du Tchad. C’est à chaque fois une réelle ouverture sur la vie pour ces jeunes. Actuellement le projet est financé par la fondation Aujourd’hui pour Demain, puis il bénéficiera certainement d’un animateur fonctionnaire détaché du Ministère de la Jeunesse et des Sports, qui s’est avéré très intéressé par nos outils.
Aussi AKWADA souhaite-t-il poursuivre en parallèle ses formations longues dans le domaine du bâtiment, sous forme de chantier-école où les apprenants alternent théorie et pratique. Cette méthode a attiré l’attention du Ministère de la Formation Professionnelle. AKWADA pourra donc délivrer des attestations de formation reconnues par l’Etat. Nous avons soutenu les promotions 2019 et 2020 (en cours) et souhaitons poursuivre en 2021. Nous avons la grande chance d’avoir des partenaires sérieux, innovants et respectant leurs engagements. Bien insérés localement, ils sont de plus en plus reconnus par les instances officielles. Anne et Hervé Vincent, L’APPEL-Durance
KOUMOGO : DES NOUVELLES DE L’ÉCOLE A la rentrée, 239 filles étaient inscrites pour 212 garçons. Pourquoi ? Parce que les parents ont compris l’importance d’encourager leurs filles à rester à l’école et poursuivre leurs études…les abandons sont moins nombreux, les mariages et grossesses précoces en baisse. Les parents très sensibilisés s’endettent même pour que leurs filles continuent leurs études. Bien que le Covid n’ait pas atteint le village, la fermeture de toutes les activités pendant plusieurs mois au début de l’épidémie a aggravé les difficultés financières des ménages déjà pauvres. Nous saluons leur courage et réfléchissons à une aide complémentaire en 2021. Marcelle Brown-Scheidig et Béatrice Moriot, L’APPEL Ile-de-France
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RWANDA En situation de crise, nos réponses sont efficaces mais aussi utiles sur le long terme En 2020 aucune délégation n’a pu se rendre au Rwanda, mais nous avons gardé un lien étroit avec nos partenaires, L’Appel de l’Avenir des Enfants du Rwanda, grâce à WhatsApp. Deux crises, sanitaire et climatique, ont affecté les bénéficiaires de notre action. Notre mobilisation a apporté une réponse rapide, réponse d’urgence certes, mais aussi réponse durable.
Les sourires espiègles de nos filleuls sont pour l’instant cachés derrière les masques.
Pour nos filleuls, l’aide alimentaire signifie une santé préservée Les écoles étant fermées pendant le confinement, le financement de la scolarité de nos 80 filleuls a été transformé en aide alimentaire pour leurs familles qui ont subi de plein fouet la crise économique liée au Covid et à l’augmentation des prix. Depuis, les écoles ont rouvert progressivement en novembre et nos partenaires rwandais nous ont indiqué que le soutien fourni a permis aux enfants de rester en bonne santé. Ils retournent tous aujourd’hui à l’école avec un immense plaisir et l’envie de construire leur avenir professionnel. Masques et distanciation sociale sont une obligation strictement respectée, ce qui engendre de nouveaux frais pour les élèves.
L’APPEL Rwanda attend également l’autorisation du district pour rouvrir la bibliothèque de Byumba.
Maisons détruites et reconstruites pour durer A la difficulté du confinement s’est ajoutée au printemps une saison des pluies très violente, entrainant des glissements de terrain et la destruction de nombreuses maisons. Des familles sont toujours logées dans des gymnases ou des locaux municipaux. L’APPEL a donc fourni un effort supplémentaire et grâce à l’aide des fondations Abbé Pierre et Aujourd’hui pour Demain, elle a pu financer la construction de trois nouvelles maisons et la réhabilitation de douze maisons, dont deux sont celles de nos filleuls. Nadine Lalande, L’APPEL- Isère
VIETNAM Malgré la crise, L’APPEL garde le contact avec ses filleuls Dans tout le pays le masque est obligatoire, la vente de nourriture dans la rue a repris, sans plus d’hygiène et dans le grand marché de Ben Thanh d’Hô Chi Minh Ville, beaucoup d’échoppes sont fermées, seuls les commerces de denrées périssables restent encore ouverts.
Le lien avec les filleuls reste aussi fort Nous échangeons principalement par courriels avec nos correspondants au Vietnam ainsi que par WhatsApp afin qu’ils soient assurés que les parrains et marraines de France ne les oublient pas malgré́ la crise actuelle. Quand nous avons compris que nous ne pourrions pas aller au Vietnam cette année, nous avons scanné tous les courriers, cartes, photos et les traductions que certains parrains avaient envoyés pour la mission annulée en mars et les avons transmis par mail. Les correspondants les ont fait parvenir aux filleuls. Tous ou presque ont internet. Bien sûr, les petits cadeaux financiers ont aussi été́ envoyés.
était en règle (masques, distanciation, hygiène etc.) mais on ressent déjà̀ un certain laisser-aller.
La scolarisation des filles En juin, L’Appel a lancé́ un appel à̀ dons exceptionnel pour aider au maintien des filles à l’école. En effet, la scolarisation des filles, en constante progression depuis quelques années, pourrait stagner, voire régresser, à cause de la baisse manifeste du pouvoir d’achat des familles.
La situation des filleuls Cette situation est très difficile. Le travail informel redémarre lentement et pour certaines familles, c’est la seule source de revenu. Nous n’avons jamais cessé́ d’envoyer les dons mensuels, aux filleul(e)s, aux étudiants et aux jardins d’enfants. L’école a repris depuis octobre. Au début, tout y
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Au Vietnam, on ne fait pas de différences entre filles et garçons dans leur scolarisation et celle-ci est, en théorie, gratuite. Mais les cours supplémentaires, indispensables et payants, pèsent lourd dans le budget des familles. Ainsi, nous avons envoyé́ à cinq filles scolarisées en élémentaire un soutien financier pour ces cours supplémentaires. Cette aide d’urgence sera effective de septembre 2020 à juin 2021 et ne sera, a priori, pas reconductible
Des conditions d’étude souvent spartiates.
Pascale Guimard, L’APPEL Ile-de-France
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HAÏTI A La Tortue, L’APPEL championne des actions durables !
L’isolement de l’ile de La Tortue, facteur négatif en temps normal, semble actuellement relativement protéger ses habitants de la violence qui règne dans la capitale et sur les routes du pays. Quant au Covid-19, il semble y être moins actif qu’ailleurs. Nous ne savons pas quand nous pourrons à nouveau nous rendre à Haïti mais, sur place, nos partenaires soutiennent les actions programmées en lien avec L’APPEL. Fermées pendant le confinement, les écoles de l’île ont rouvert le 5 octobre.
Ecoliers et écoles sont bien soutenus Grâce à la générosité de parrains fidèles, les parrainages de l’année scolaire 2020/2021 sont d’ores et déjà renouvelés pour les écoles isolées de Créas, Bois Chandelle et Pointe Ouest et pour trois écoles pilotes : Nationale de Tendron, Mathusalem à Marouge et Arche de Noé à Vieux Fer. L’Ambassade de France a bien voulu reconduire son aide alimentaire pour les cantines des écoles de l’île de La Tortue. Enfin, nous étudions avec Électriciens Sans Frontières la possibilité d’électrifier quelques écoles de l’ile.
La lecture devient accessible Des romans, des dictionnaires, des livres documentaires, des bandes dessinées, des supports pédagogiques… Il s’agissait de doter les écoles d’une ressource jusqu’à présent absente de l’île de La Tortue. En faisant don de 1500 livres que nous avons choisis dans son catalogue à l’attention des élèves, des plus petits aux adolescents, comme des enseignants en formation, l’association Bibliothèque Sans Frontières a répondu à notre projet. Faire parvenir ces livres à La Tortue au cours de l’été n’a pas été simple mais, début 2021, une bibliothèque
ouvrira au centre de l’ile, à l’école pilote Nationale de Tendron, électrifiée. Elle fonctionnera chaque aprèsmidi et pendant les vacances scolaires. Le salaire du bibliothécaire (1.600 euros) reste cependant à financer.
L’eau potable arrive à la maison Les quelques sources existantes dans l’île sont insuffisantes pour approvisionner en eau potable une population de 40.000 personnes. Forte de son expérience, L’APPEL a relancé la construction de citernes pluviales familiales : plus de mille ont été construites, il en faudrait encore deux à trois mille tant la demande est importante… Le prix d’une construction (1.200 €.) peut sembler élevé mais il doit être mis en relation avec la durée de vie de l’équipement (20 ans) et l’amélioration spectaculaire de la santé des familles bénéficiaires. Donateurs, pour répondre présents aux côtés de nos partenaires et mener à bien les programmes mis en œuvre dans l’île de la Tortue, nous avons besoin de votre aide.
L’eau est si rare à La Tortue qu’il faut parfois aller la chercher dans des mares boueuses. Une citerne change la vie, surtout pour les femmes et les enfants, chargés de la corvée d’eau.
Hubert Chegaray, Anne Feltz, Sylvie Andral, L’APPEL Ile-de-France
EL SALVADOR Les filles sur tous les fronts La manifestation du Jour de la petite fille.
« Tu Decides » est un groupe d’adolescents, né de notre projet de prévention des grossesses précoces, et qui se bat sur plusieurs fronts. Elles, et aussi quelques « ils », veulent lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants, plus particulièrement les filles. Le confinement, au Salvador comme chez nous et dans bien d’autres pays, a vu augmenter les violences domestiques faites aux femmes et aux enfants. A la radio ! Elles sont très actives et plus créatives les unes que les autres pour multiplier les messages et les faire passer. La radio communautaire de la Cordillère du Baume du Pérou, très ouverte à leur cause, est très écoutée. Les jeunes se réunissent pour créer les messages et les enregistrer avec
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l’aide des professionnels. Ils en passent aussi sur les réseaux sociaux. Le Covid19 et la prévention de la violence prennent bien sûr une grande place comme sur leur affiche : « Tu Decides…..de l’éviter » A la manif ! Le « jour de la petite fille », quelques-unes de nos filleules sont allées dans le centre de San Salvador manifester avec leur T. shirt de « Tu Decides », leurs pancartes et toute leur volonté. Dans cette période, qui a un aspect un peu déprimant, c’est tonifiant de voir ces petites et jeunes filles résister joyeusement, on peut penser qu’une génération de femmes différentes se prépare. Violaine Duflo, L’APPEL Ile-de-France
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RÉPUBLIQUE DU CONGO Face à la pandémie, réagir, vite… L’année 2020 avait bien commencé La formation des enseignants à l’école Nelson Mandela à Pointe Noire pratiquement bouclée, l’équipe du Morbihan poursuivait l’écriture du programme de formation auprès des instituteurs du quartier Ngoyo. Grâce au financement des bourses, 18 enfants pouvaient être scolarisés, notre partenaire l’ASAD assurant l’accompagnement social. Le projet de coopérative agricole enfin prenait forme.
La crise sanitaire ne doit pas empêcher l’accès à l’éducation Fermeture des frontières, couvre-feu et confinement, la République du Congo, dès le 24 mars, a pris la mesure de la pandémie. À Pointe Noire, capitale économique du pays, les écoles sont fermées. Rapidement, nous avons alloué des fonds à l’école Nelson Mandela. Vos contributions ont ainsi permis la continuité pédagogique : chaque semaine, cours et exercices étaient distribués tandis que les enseignants soutenaient les parents dans le suivi des enfants. L’école a su s’adapter rapidement et assurer l’accompagnement de ses élèves, ce que, malheureusement, le système public n’a pas eu les moyens de faire. Depuis la réouverture de l’école, le 12 octobre, de nouvelles inscriptions ont eu lieu, traduisant la reconnaissance de la qualité d’enseignement apporté dans cet établissement associatif. Afin de préserver la distanciation physique, des classes devraient pouvoir être dédoublées en investissant les espaces extérieurs
Nous poursuivons nos missions avec nos partenaires Si la situation sanitaire le permet, nous programmons en août 2021 la dernière mission de formation des enseignants de Mandela, ainsi que celle des enseignants des écoles publiques. Pour ce dernier programme,
Au travail, un exercice de lecture.
nous avons la chance d’être accompagnés par la Fondation Luciole qui nous a accordé une subvention. En coopération avec l’entreprise THÉORÈME, qui soutient déjà L’Appel, nous réfléchissons aussi à un projet de bibliothèque. La scolarisation des enfants est compromise par l’appauvrissement causé par le confinement. L’association partenaire ASAD a fait preuve, dans ce contexte de crise, d’une grande réactivité en soutenant matériellement et techniquement les activités de transformation d’arachide et de manioc des femmes du quartier, à partir de leur domicile. Nous poursuivons le projet de création d’une coopérative agricole en faveur des femmes avec enfants. Nous sommes actuellement à la recherche de partenaires financiers. Isabelle Jégou, L’APPEL-Morbihan
TOGO Françoise et Brigitte sont orthophonistes, l’une en France et l’autre au Togo Brigitte a été recrutée par l’école Ephphata qui accueille des élèves sourds à Lomé. L’APPEL-Enfants Sourds du Togo (EST) a aidé à son recrutement et au versement de son salaire. Mais surtout Françoise et Brigitte ont noué une véritable relation de complicité, d’échange d’expériences. expressions, les mouvements des lèvres. L’école s’est arrêtée pendant sept mois et il a sûrement été difficile pour les parents d’expliquer clairement la situation à leurs enfants qui ne peuvent comprendre les messages diffusés par les media. A l’école ils vont recevoir ces messages en langue des signes, plus riche et plus fluide.
L’école vient de rouvrir et Brigitte écrit à Françoise : « Aujourd’hui particulièrement, j’ai pensé élaborer des outils de sensibilisation sur le COVID-19 car j’ai observé que pratiquement tous les élèves respectent difficilement les mesures barrières. Je désire les multiplier puis les plastifier afin que chaque classe puisse en avoir. » En effet, pour des enfants sourds, il est particulièrement difficile de bien assimiler les consignes, porter un masque, se tenir à l’écart des autres, alors qu’ils ont besoin, encore plus que d’autres, de bien voir le visage, les
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Deux orthophonistes au sourire complice !
Ainsi voit-on bien qu’un handicap entraîne une privation des droits de l’enfant dans de multiples domaines, ce que leur scolarisation va leur permettre de surmonter. Françoise Raisson, L’APPEL-EST
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BURKINA FASO Des arbres pour Karma Avec l’aide de L’Appel, à Karma, gros village sahélien au nord du Burkina Faso, les habitants se sont lancés dans un formidable projet : replanter des arbres pour régénérer un sol appauvri par la sécheresse et la déforestation.
Jeunes élèves et jeunes plants, ils grandiront ensemble.
Une première année décisive Près de 14.000 euros ont été investis et toutes les forces ont été mobilisées. Une clôture métallique de plus de 600 mètres a d’abord été construite, pour empêcher les divagations d’animaux. Puis on a édifié des cordons pierreux autour du site pour retenir davantage l’eau de pluie ; un travail pénible car il faut aller chercher les pierres très loin. L’eau est indispensable : c’est un vieux sourcier du coin, Sawadogo Issoufoua, ainsi qu’un hydrologue, qui ont déterminé l’emplacement du puits, creusé jusqu’à 16 mètres. Un réseau de bassins raccordés au puits facilite le remplissage des arrosoirs ; le compost est fabriqué au village.
Un projet d’avenir par et pour les enfants Fin août, avant la fin des pluies, plus de 300 arbres (sur les 1000 à 1200 prévus) étaient plantés. Jujubiers, acacias mellifères, anacardiers – qui produisent les noix de cajou-, goyaviers, moringas -l’arbre miracle-, tamariniers : ce sont des arbres locaux, nourriciers, qui produisent fleurs et fruits. Auprès des adultes, les enfants de l’école ont participé avec enthousiasme. Leur santé bénéficiera de nouveaux apports vitaminés et ils viendront avec les maitres apprendre la vie des arbres qui protègent les terres fragiles du Sahel.
Le puits en cours de creusement, en mai 2020. Terminé à présent, il a un grand diamètre, une margelle cimentée. Il est entouré d’une large dalle, cimentée également. Son usage est commode et sécurisé. Et si les abeilles pouvaient se multiplier et produire un jour, pourquoi pas, un miel du Sahel, le « Toutes Fleurs de Karma » ? Au milieu des incertitudes liées tant au changement climatique qu’à l’insécurité grandissante, ce beau projet solidaire soutient le moral de tout le monde là-bas. Jean Loireau, L’APPEL-Drôme
MADAGASCAR : UNE PETITE ÉCOLE SE DÉVELOPPE DANS LA CAMPAGNE MALGACHE
Une rentrée sous le signe de la distanciation physique.
Depuis fin 2016, nous soutenons l’école Ketsa, dans un village isolé du sud-ouest de l’île, près de Toliara (Tulear). Nous avons financé et équipé des bâtiments, aidé à payer les instituteurs. Depuis, l’école comprend une nouvelle classe qui reste à équiper en tables et bancs. Après les latrines, le prochain projet est la cantine ; « Un rêve pour le moment » dit notre correspondant. La communication avec l’école est actuellement difficile : notre seul lien est WhatsApp, possible seulement par intermittences. La mission prévue au printemps 2020 a dû être reportée. La rentrée s’est déroulée début octobre 2020, en légère baisse d’effectifs, pour 86 élèves (56 filles et 30 garçons) et deux enseignants. En préscolaire 21 enfants sont inscrits, en primaire 37 et 28 au niveau collège. Bernard Mabille, L’APPEL Ile-de-France
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PÉROU Grâce au long travail de plaidoyer de Qosqo Maki, notre partenaire à Cusco, les éducateurs spécialisés obtiennent enfin un statut.
Une image extraite d’un film réalisé par Qosqo Maki : « Si je ne travaille pas, je ne mange pas »
La bibliothèque professionnelle des éducateurs
Qu’est-ce que le « plaidoyer » ?
Sept ans plus tard, une action de dimension nationale
En montant des dossiers, en organisant des rencontres et des actions ciblées, il s’agit de faire évoluer la position des instances nationales ou internationales sur une question négligée et/ou dommageable pour nos bénéficiaires. À L’APPEL, le plaidoyer n’est pas notre spécialité. Mais notre soutien constant, comme celui d’autres associations françaises (La Guilde, Les Apprentis Orphelins d’Auteuil), a encouragé Qosqo Maki à se lancer dans une démarche nouvelle, qui leur demandait un énorme investissement d’énergie.
Engagé dans le processus de l’Examen Périodique Universel (EPU), organisé par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, Qosqo Maki devient en 2016 le noyau d’un réseau péruvien : un plaidoyer s’organise auprès du parlement et des ministères pour le droit des enfants et adolescents vulnérables et/ou en situation de rue à la formation technique ainsi que pour la reconnaissance de l’éducation communautaire. Le gouvernement péruvien retient ce second point.
Quel était le problème ? Les éducateurs qui assurent l’accueil des jeunes en situation de rue sont la clé de voûte de Qosqo Maki. Mais comment recruter et garder des personnels qualifiés quand la profession d’éducateur n’est pas reconnue ? Qosqo Maki est arrivé très tôt à la conclusion que la défense des jeunes en difficulté passait par une reconnaissance officielle de la profession d’éducateur spécialisé, d’ « éducateur communautaire ».
En 2009, un travail de plaidoyer débute Un projet est déposé auprès de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) du gouvernement français. Il s’agit d’améliorer concrètement les stratégies d’intervention et de protection des droits des jeunes des rues à Cusco. L’obtention du prix des Droits de l’Homme « Javier Pérez de Cuellar », de l’ambassade de France au Pérou vient, en 2013, reconnaître l’action de Qosko Maki. Sous cette impulsion, les associations de Cusco travaillant pour l’enfance en difficulté se constituent en réseau.
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Une qualification enfin reconnue En 2019, pour valider la qualification des éducateurs actuellement en exercice, 24 premiers évaluateurs sont nommés, dont Dany Olave de Qosqo Maki. L’association ouvre aussi à tous les éducateurs de Cusco une bibliothèque spécialisée (psychologie, éducation, travail social...), avec l’aide financière du ministère de la Culture.
Le travail continue Qosqo Maki, qui a obtenu, en décembre 2019, le prix de la CNCDH de la République française, recueille, en ce moment, auprès de six foyers situés dans diverses régions du Pérou, les demandes prioritaires pour la défense des droits des jeunes des rues. Elles seront rendues publiques dans le cadre du prochain EPU du Pérou en 2022 à Genève. Anne Feltz, L’APPEL Ile-de-France
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