Parution trimestrielle N°181 I Mai 2021
Solidarité avec les enfants du monde
L’Appel s’engage pour les droits des enfants
Sommaire J É ditorial................................... Page 2 J Qu’est-ce que la CIDE ?........... Page 3 J Madagascar............................. Page 4 J Togo......................................... Page 5 J El Salvador.............................. Page 5 J Rwanda................................... Page 6 J Haïti......................................... Page 7 J Pérou ...................................... Page 8 J Tchad (Bongor)........................ Page 9 J Tchad (Koumogo).................. Page 10 J Balai Santé®.......................... Page 10 J Bon de soutien...................... Page 11 J Présentation de L’APPEL....... Page 12
Éditorial Depuis plus d’un an, nous vivons au gré de l’évolution de l’épidémie entre confinement, couvre-feu, tests, télétravail, et campagne de vaccination. Nos bénévoles ne se rendent plus dans nos pays d’intervention, respectant ainsi les consignes officielles de fermetures des frontières. Malgré tout, la poursuite des activités est bien réelle. Nous nous organisons et inventons d’autres modes d’actions et de relations pour travailler là-bas, avec nos partenaires dans les pays, et ici, pour nous réunir « à distance » en utilisant les outils numériques. Nous allons également tenir notre assemblée générale de cette façon. Tous les projets dans nos onze pays d’intervention continuent ainsi de se développer grâce au dynamisme et l’implication de nos bénévoles, partenaires et donateurs. Nous conjuguons nos efforts au bénéfice des populations les plus vulnérables, et spécifiquement des enfants. « Parce que les enfants sont plus vulnérables que les adultes, parce qu’ils n’ont ni droit de vote ni influence politique ou économique, parce que le développement sain des enfants est crucial pour l’avenir de toute société, le monde s’est doté en 1989 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ». UNICEF Ce numéro de notre journal est consacré à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant et à la façon dont L’Appel s’en inspire pour agir. Notre connaissance des conditions de vie des enfants que nous aidons nous permet de mesurer les efforts qu’il faudra fournir pour que ces droits deviennent effectifs. Arlette Le Nôtre Présidente de L’APPEL
L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’APPEL : VENDREDI 11 JUIN 2021 À 18H
En fond, écoliers de La Tortue. Dans le cercle, adolescente de Bongor dans le cadre de « Jeunes dans la ville » photo ©Hervé Vincent
89, avenue de Flandre Boîte n° 9001 - 75019 Paris Tél. : 01 42 02 77 78 Site : www.lappel.org E-mail : association@lappel.org Directrice de publication Madeleine Le Moullec-Schabanel avec la collaboration de Françoise Mekki et Marie-Hélène Touzalin Réalisation COPITEXTE Zone artisanale des Portes de la Forêt 14 Allée du Clos des charmes 77090 COLLÉGIEN Commission paritaire N° 0912 H 84899 ISSN 0398 6039
2
Mai 2021
En raison de la crise sanitaire, notre assemblée se tiendra en visioconférence par Zoom. Le lien de connexion Zoom sera envoyé à ceux qui nous le demanderont par courriel à association@lappel.org Tous les documents-rapport moral et rapport d’activité, comptes 2020 et budget prévisionnel 2021- seront envoyés par courriel sur demande à l’adresse : association@lappel.org. Ils seront également disponibles à partir du 25/05/2021 sur notre site internet à l’adresse suivante : https://www.lappel.org/qui-sommes-nous/article/transparence Nous donnons la parole à la plus jeune bénévole de L’Appel, Margot Cousseau, 18 ans et, en page 6, à un bénévole… légèrement plus âgé et qui fut longtemps président de notre association, Jacques Lalande. J’ai découvert L’Appel grâce à ma maman (Pascale COUSSEAU) qui a rejoint l’association depuis trois ans. J’ai réfléchi à un projet qui pourrait compléter ceux déjà en cours, comme le projet de formation d’enseignants à Pointe-Noire, au Congo, sur lequel travaille ma mère. J’ai donc proposé à l’antenne du Morbihan la création de bibliothèques au sein des écoles. Elles permettraient aux enfants de développer leur apprentissage de la lecture et proposeraient aussi aux enseignants des manuels pédagogiques. La première mission sur place visera à évaluer la faisabilité du projet ; elle est prévue en août 2021, si les conditions sanitaires le permettent. Ce projet est vraiment important et enrichissant pour moi qui ai toujours eu cette envie d’aider autrui. Etant en classe de terminale, je n’ai évidemment pas encore de qualification professionnelle, mais je souhaite quand même m’engager, à mon échelle et avec mon dynamisme. » Margot Cousseau
www.lappel.org
QU’EST-CE QUE LA CIDE ?
Comment les projets de L’Appel concourent à l’effectivité des droits des enfants
• Pour un accès à une éducation formelle ou informelle,
La Convention relative aux droits de l’enfant* (CIDE) fut signée à l’ONU le 20 novembre 1989. 193 États l’ont ratifiée à ce jour**.
• Pour une meilleure connaissance des règles de nutrition et d’hygiène,
Elle repose sur quatre principes (Voir le schéma ci-contre)
• Pour que mères et pères puissent apporter à leur enfant tout le soutien et la compréhension dont il a besoin…
La Convention fait du « sans voix » (infans en latin) un individu, sujet de droit. Premier instrument juridique international ayant force de loi, la Convention guide et oblige les États dans leurs stratégies et leurs actions. La concrétisation des droits étant étroitement liée au niveau de développement économique d’un pays, il est toutefois difficile, pour les pays dans lesquels nous intervenons, d’établir des services de protection des droits des enfants. Le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies, composé de 18 experts indépendants, contrôle la mise en œuvre de la convention, en examinant les rapports que les États se sont engagés à publier. Pour en savoir plus : https://ohchr.org Dans ce cadre et à son échelle, en œuvrant dans onze pays avec ses partenaires locaux au bénéfice des enfants, L’Appel contribue à la mobilisation des sociétés civiles afin que les droits de l’enfant deviennent réalité : Droit d’être soigné et en bonne santé (art.24), droit à un niveau de vie décent (art.27), droit d’aller à l’école (art. 28), droit de s’exprimer et d’être entendu (art.12) … En soutien aux initiatives prises sur place, c’est un véritable engagement que celui des porteurs de projet (professionnels de santé, travailleurs sociaux, enseignants, ingénieurs, agronomes, techniciens etc.), celui des parrains et marraines et des donateurs
• Pour l’accès à l’eau propre, à l’électricité, à un logement décent,
Promouvoir les droits des enfants, c’est avant tout aider à créer les conditions sociales, économiques et culturelles pour en renforcer l’accès effectif. Mayli Musset Engagée de Service Civique à L’Appel
Droits de l’enfant, entre principe et réalité. La CIDE décrit les grandes orientations à l’échelle mondiale en matière de protection de l’enfance. Si ces droits sont essentiels pour préserver l’intégrité physique et psychique de l’enfant, leur mise en œuvre varie fortement selon les sociétés, les cultures et les conditions sociales des populations. Pour autant, ces principes généraux sont utiles car ils posent un cadre de référence qui impose aux sociétés un regard différent sur l’enfant et une protection indéniable. Myrvine Marcelin L’APPEL Ile-de-France
* Tout être humain âgé de moins de 18 ans. * * Les Etats-Unis et le Soudan du Sud n’ont pas ratifié la CIDE.
www.lappel.org
Mai 2021
3
MADAGASCAR
La formation professionnelle pour les jeunes en grande difficulté d’apprentissage et la « classe transitoire » pour les enfants avec une paralysie cérébrale, sont importantes » Fidèle Randrianirina
Le droit à l’éducation pour eux aussi : les jeunes en situation de handicap Malgré la situation sanitaire de 2020, l’association Fanarenana, soutenue par L’Appel, a débuté une nouvelle action, permettant à des enfants en situation de handicap d’avoir accès à leurs droits les plus fondamentaux (la santé et l’éducation). Fidèle Randrianirina, coordinateur des actions d’éducation, témoigne : La formation professionnelle pour les jeunes en grande difficulté d’apprentissage et la « classe transitoire » pour les enfants avec une paralysie cérébrale, sont importantes, car nous accompagnons les familles à trouver des solutions pour l’avenir de leurs enfants. » Les métiers de la restauration Depuis cinq mois 22 jeunes se forment et malgré le handicap et les difficultés, chacun a su trouver sa place et son rythme. Nirina, jeune homme de 17 ans, a choisi d’être serveur : J’espère grandir et avoir plus d’expériences dans le domaine du service en salle, avoir un diplôme et trouver un travail ». La classe « transitoire » pour les petits Dans la classe des petits, huit enfants, avec des séquelles de paralysie cérébrale et des troubles divers, sont accueillis quatre jours par semaine. Pour Faneva, 7 ans, les objectifs de la classe sont d’allier les soins en réadaptation et les apprentissages de
4
Mai 2021
base, afin qu’elle puisse, plus tard, suivre plus facilement une scolarisation dans une école ordinaire. Sa maman témoigne Faneva sait maintenant faire plein de choses, reconnait les couleurs, elle commence à dire des mots et s’exprime davantage, elle a gagné en autonomie et a vaincu la peur de l’autre et sa timidité. Avant, elle était un peu isolée, parce que les enfants ne comprenaient pas ce qu’elle disait. Aujourd’hui, comme son élocution s’est améliorée, ses camarades de jeux la comprennent mieux et tout se passe bien… ». Un bilan positif Après six mois d’existence, les bénéficiaires font un bilan positif de ce projet pilote de Fanarenana. Pour la maman de Faneva C’est important qu’il y ait des espaces comme ici pour les enfants. Cela leur permet de s’ouvrir au monde ». Pour Nirina « Je ne savais pas trop où j’allais, je pense que demain je pourrai trouver du travail » et Fidèle conclut « Ces enfants et jeunes sont partis de loin, les parents pensaient qu’ils n’arriveraient à rien, aujourd’hui on voit un grand changement. Le choix de notre action est la bonne, il faut continuer et donner la chance à d’autres en pensant dès maintenant à une nouvelle promotion » Edith Ramamonjisoa Association Fanarenana Partenaire de L’APPEL à Antanarivo
www.lappel.org
TOGO Filles et handicapées, elles ont le droit d’apprendre. Brigitte AMEKOUDJI, orthophoniste à temps plein** auprès des enfants sourds de l’école Ephphata à Lomé, au Togo, nous écrit : Les filles qui sont porteuses d’un handicap comme la surdité et qui ne peuvent apprendre pour communiquer que la Langue des Signes sont doublement pénalisées. Je vous en donne trois exemples. Ester*, inscrite l’an dernier à l’école Ephphata au jardin d’enfants, a dû abandonner à l’arrivée des difficultés familiales engendrées par le Covid. Il en a été de même pour Fatima*. Elles n’ont pu réintégrer l’école que grâce à l’aide financière de L’Appel. Par ailleurs les attentes des parents sont parfois démesurées : Dédé*, sourde profonde, présente des difficultés comportementales et scolaires, son père qui exige une amélioration « immédiate » menace de la déscolariser évoquant que l’argent dépensé pour sa fille ne sert à rien ! Toutes les filles, même handicapées, ont le droit de bénéficier d’un enseignement adapté. Grâce au soutien de l’Appel-EST et particulièrement grâce aux réunions d’information organisées à chaque mission pour les parents, nous arrivons à tenir le cap pour la plupart. Notre soutien doit être constant. » * Les prénoms ont été changés. ** Son salaire est pris en charge par L’Appel-Enfants Sourds du Togo.
EL SALVADOR Droit à l’éducation et crise du COVID ne font pas bon ménage ! Quand les écoles sont fermées, les enfants peuvent-ils suivre une scolarité à distance ? Peu de familles ont un ordinateur et le smartphone sert souvent à l’un des parents. Beaucoup d’élèves n’ont rien, ou sont dans des zones sans connexion ; leurs parents sont rarement aptes à les aider. Dans les familles sans ressources, les enfants ont cherché de petits boulots. Après un an de fermeture, un retour à l’école difficile Le 6 avril, enseignants et élèves devaient se retrouver en classe mais seulement 25% d’entre eux étaient présents. Certains parents ont refusé : ils ont eu peur de la contamination pour leurs enfants. Certains écoliers étaient démotivés, n’avaient rien révisé pendant cette longue absence et n’ont pas voulu retourner à l’école. D’autres ne voulaient pas quitter leur petit travail tant les temps sont durs. Les instituteurs et institutrices ont beaucoup travaillé pour la mise en place des cours à distance et craignent malgré tout qu’il soit difficile de rattraper le niveau scolaire de beaucoup d’élèves. Certains programmes de L’Appel se sont montrés d’une grande utilité : le Centre de soutien scolaire IDES, à Zacatecoluca, a accueilli ceux qui vivaient assez près pour y venir, le Patronato
www.lappel.org
Lidia Cogiola de Zaragoza a pris en charge presque tous les filleuls et aidé autant que possible avec les trois ordinateurs* qu’il possède. Ces deux structures auront encore une grande place pour faire du retour à l’école un succès. Violaine Duflo L’APPEL Ile-de-France * Nous souhaitons compléter leur installation par cinq ordinateurs et une imprimante et nous recherchons actuellement un financement.
Mai 2021
5
RWANDA Le parrainage garantit les droits des filleuls. Quand tout manque, que tout se dérobe et que l’enfant vit dans une trop grande pauvreté, il n’est plus question de droits mais de survie* ! »
Ces enfants, ici dans leurs habits de tous les jours, sont méconnaissables quand ils vont à l’école, par dizaines, le long des routes, tôt le matin. Impeccables, en uniforme, chaussures aux pieds, cartable sur le dos, ils discutent avec entrain.
L’action de l’Appel permet aux 80 filleuls de bénéficier de leurs droits : Droit à l’éducation tout d’abord puisque les enfants qui avaient dû abandonner l’école peuvent reprendre leur scolarité. Droit à une alimentation équilibrée et à la santé puisque les repas des élèves et leur assurance santé sont financés ; des problèmes de santé liés à la malnutrition sont ainsi réglés. Droit d’être protégé de la violence et de la maltraitance alors que nombreux sont les enfants pauvres au Rwanda qui finissent à la rue, sont exploités, se prostituent, volent pour survivre et se retrouvent battus par la justice villageoise jusqu’à en être handicapés. Droit de jouer puisque quand ils sont pensionnaires, l’école leur offre également la possibilité de jouer, de faire du sport après les cours au lieu d’aider à la maison, aux travaux des champs et d’aller chercher de l’eau. Droit à l’expression et la participation puisqu’ils s’informent, apprennent à s’exprimer et à donner leur avis de futur citoyen. Droit d’avoir une famille, d’être entourés et aimés, puisque l’équipe de L’Appel Rwanda prend régulièrement de leurs nouvelles, les rassemble pendant les vacances et leur permet ainsi de se sentir importants et pris en considération. De même la construction des maisons et de réseaux d’eau propre vise à améliorer la santé, la sécurité et les conditions de vie des enfants. Nadine Lalande L’APPEL Isère * L’article 6 de la CIDE dit « Tout enfant a un droit inhérent à la vie (…). Les états assurent dans toute la mesure possible la survie et le développement de l’enfant.
Partage et solidarité Comme le Monsieur Jourdain de Molière « fait de la prose sans le savoir », à L’Appel nous pratiquons depuis plus de cinquante ans les Droits de l’Enfant sans le savoir. Prenez la liste des actions, toutes sont en accord avec les dix articles principaux de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Tous nos pays d’intervention l’ont ratifiée. Dès la fondation de notre association cette idée de base s’est imposée : à travers le monde tout est affreusement mal réparti. Dans les pays riches, l’enfant est protégé dès la naissance. En cas de maladie grave, par exemple, tout l’édifice social et sanitaire se met en branle, recherche médicale, mise au point de techniques nouvelles, soins et chirurgie de pointe… Des prouesses sont faites. Le plus souvent, des systèmes de protection sociale en garantissent l’accès à tous. A l’inverse, dans de multiples pays pauvres ou en guerre, combien de tragédies accablent l’enfance, cette période essentielle. Ce que nous recherchons sans cesse pour nos propres enfants, ne devonsnous pas tout faire pour que les enfants du monde en reçoivent un jour leur part ? Notre but à L’Appel est le partage et la solidarité entre familles françaises et familles vivant à des milliers de kilomètres, dans des conditions difficiles, souvent même dramatiques. Ce qui nous guide, c’est l’entente, l’analyse de la situation de chacun et chacune dans son propre environnement. Espérant ainsi, de tout cœur, que tout enfant inclus dans nos projets, établis en commun, pourra s’épanouir au mieux parmi les siens. Jacques Lalande L’APPEL Ile-de-France
6
Mai 2021
www.lappel.org
HAÏTI Comment les enfants de La Tortue vivent-ils leurs droits ?
Le témoignage de Jacquelin Louis, inspecteur principal pour l’Education à l’île de La Tortue. Disposer d’une identité
La plupart des enfants tortugais naissent à la maison avec ou sans l’assistance d’une matrone. Avant l’arrivée de l’officier d’état civil, qui se déplace maintenant même dans les zones reculées, beaucoup d’enfants n’avaient pas d’acte de naissance. Depuis trois ans c’est devenu l’exception.
Avoir le droit à la santé
Les agents de santé effectuent des cliniques mobiles pour vacciner les enfants. Mais ceux qui habitent dans les zones les plus reculées ne se présentent pas. Des postes de rassemblement sont alors organisés pour réunir ces enfants. Il n’y a pas en Haïti de couverture pour la santé, les frais de santé sont une lourde charge pour les parents.
Avoir le droit à l’éducation
Dans les zones d’accès facile les enfants vont à l’école à l’âge de 3 ans. Mais s’il n’y a pas d’école à proximité, ils commencent beaucoup plus tard. C’est le grave problème des enfants surâgés dans presque toutes les écoles de l’ile. Aucune école n’est gratuite à 100%. La scolarité est trop souvent interrompue faute de moyens. Même dans les écoles nationales (trois seulement sur 55 écoles), l’État n’assume pas ses responsabilités pour nommer ou payer tous les professeurs. Les parrainages collectifs de L’Appel assurent le droit à la scolarité de 515 enfants. Aller à l’école le ventre vide… c’est le sort de trop d’enfants. Il a fallu attendre l’intervention de L’Appel avec le concours de l’Ambassade de France pour que soit distribué un plat chaud dans quelques écoles. Depuis cette année seulement, avec l’intervention du Bureau National de Distribution financé par la Banque Interaméricaine de Développement, seules cinq écoles n’ont pas reçu de nourriture.
Que signifie le droit à l’éducation pour une famille pauvre, près de Port au Prince ? En Haïti, où l’Etat est totalement délité, c’est aux familles que revient la charge de l’éducation, celle de la santé et la protection de leurs enfants, des familles confrontées aux caprices du temps, aux catastrophes naturelles, à la famine et à l’insécurité croissante. Une situation que Jeanine, mère de trois enfants, connait très bien. Quand elle nous a sollicités pour l’aider à payer les frais de scolarité de ses plus jeunes enfants, elle savait que ses maigres ressources étaient insuffisantes, mais qu’elle leur donnait ainsi la possibilité de rester un à deux ans de plus à l’école. En Haïti, l’école donne la chance de prolonger « le temps de l’enfance », car sans elle, comme leurs parents, les enfants sont obligés de gagner leur vie, à travers de petits commerces ou, pour les petites filles surtout, comme domestiques. Et le cycle de la misère se perpétue ainsi. L’Appel soutient une PMI et une école à Fort Jacques, au-dessus de Port au Prince, en réponse aux besoins de ces familles. L’approche est globale -santé, protection, scolarisation- et vise à réduire l’inégalité sociale. Certes la réalité, la crise du covid, la terrible insécurité viennent percuter la notion de droit des enfants, mais c’est un horizon auquel il ne faut pas renoncer. Merci de nous aider à poursuivre nos projets malgré la crise. Myrvine Marcelin L’APPEL Ile-de-France
Avoir le droit d’être protégé contre l’exploitation dans le travail
Même à l’ile de La Tortue, plusieurs enfants sont en domesticité*, leurs droits ne sont pas respectés.» *En Haïti, il n’est pas rare que des enfants soient placés par leurs parents, trop pauvres, dans d’autres familles plus aisées. Dans ce cas le travail domestique de l’enfant « paie » sa nourriture et son habillement, souvent au détriment de sa scolarité et de sa santé.
www.lappel.org
Mai 2021
7
PÉROU
De l’autonomie subie à l’autonomie choisie
Un dortoir nettoyé ensemble, un bon repas préparé par leurs soins, des éducateurs à l’écoute… Ce dimanche, à Qosqo Maki, ces moins de dix-huit ans, travailleurs en situation de rue, profitent de ce moment pour n’être que des jeunes insouciants. Résilience et renforcement des capacités Qosqo Maki offre à ces mineurs des conditions de repos dignes et sûres. Le système de cogestion du dortoir, instauré entre éducateurs et jeunes, facilite le développement personnel et social de ces derniers. Ces enfants, ces adolescents, auparavant livrés à eux-mêmes dans les rues de Cusco, apprennent à vivre en groupe, à gérer leurs revenus et à exprimer leurs opinions. Les éducateurs les accompagnent également dans leurs démarches administratives et dans leur projet de formation ou professionnel. Les jeunes s’affirment ainsi comme des individus et des citoyens à part entière. La rue m’a appris à subvenir à mes besoins, à me débrouiller seul et à valoriser les choses que je ne pouvais pas valoriser avant. » Elvis, 18 ans. La défense des droits des mineurs en situation de rue Nous tous, enfants, souhaitons être écoutés » Jafet, 15 ans.
8
Mai 2021
Grâce au Prix des droits de l’Homme de la République française 2019, Qosqo Maki a créé un collectif de défense des droits des droits des mineurs en situation de rue. Son objectif ? Former bientôt un réseau national portant leurs demandes prioritaires. Celles-ci seront transmises en 2022 au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Marie Bonvin en Service Civique pour L’Appel et Qosqo Maki
À Cusco, L’Appel soutient la mission de l’Association Qosqo Maki. Son action se fonde sur l’Observation Générale n°21 du Comité des droits de l’enfant qui a reconnu en 2017 les besoins et les droits spécifiques des enfants et adolescents travailleurs et/ou en situation de rue.
L’Examen Périodique Universel est un processus de coopération internationale : tous les États membres de l’ONU sont examinés par leurs pairs. Ainsi est dressé un état des lieux des moyens mis en œuvre par chaque État pour maintenir et améliorer la situation et traiter des violations de ces droits des jeunes en situation de rue.
www.lappel.org
©Hervé Vincent
TCHAD BONGOR
Les jeunes exercent leur droit à la parole
Mon ambition, si Dieu me prête vie, c’est d’être avocate. Cette année j’ai eu mon bac, je réussis bien dans les études. Mais comme je suis d’une famille vraiment modeste -on est au nombre de huit enfants, et je suis la benjamine- on n’a pas les moyens que je poursuive. Les femmes n’ont pas vraiment le droit de s’exprimer devant les hommes. S’il n’y a pas de dialogue, c’est toujours l’incompréhension et les conflits. Il y a aussi de petits enfants qui parfois n’ont rien à manger alors que tant de riches ne veulent pas partager. On voit aussi des filles qui font la prostitution pour avoir un peu d’argent. Je suis encore jeune et j’ai du mal à comprendre les affaires du monde. Plus tard je m’engagerai pour le droit des femmes et l’égalité. »
Elisabeth, 18 ans
Apprendre à articuler poids des traditions et jurisprudence nouvelle, allier expression personnelle et information aux droits, réalités socio-économiques et rêves d’avenir… Depuis 2019, notre partenaire AKWADA, avec l’aide de l’Appel, a décidé d’aider les jeunes Tchadiens à prendre la parole, à se projeter vers l’avenir, à devenir acteurs de leur vie. Une pédagogie du débat Sous le nom de « Jeunes dans la ville, devenir citoyen », un dispositif a été mis en place qui permet à des groupes d’adolescents et de jeunes adultes de se réunir, avec un ou deux animateurs, dans différents lieux : écoles, centres socio-culturels… Autant de réunions, autant de débats qui donnent aux jeunes Tchadiens une occasion, rare dans leur quotidien, de s’exprimer et de confronter leurs idées et leurs expériences, d’identifier leurs propres valeurs, d’élaborer des pistes d’avenir. Les échanges sont soutenus par le visionnage de clips vidéo qui présentent les témoignages de 8 jeunes tchadiens, 4 filles et 4 garçons entre 17 et 22 ans choisis notamment pour la diversité de leurs situations. Chacun des clips relate les points importants de la vie présente et passée du jeune et ses perspectives d’avenir. Toutes les questions, sans tabou • Les relations familiales, sociales, garçons/filles. • L’école, faire des études. • Le travail et ses différentes formes, les crises économiques. • La liberté, le voyage, l’obligation de fuir, l’émigration. • L’apparence. • Les institutions, la culture, les religions, la laïcité.
www.lappel.org
Les animateurs ont bénéficié d’une formation à l’animation participative. Leur rôle est de faire émerger le questionnement, de faire circuler la parole entre tous les participants, sans imposer leur propre point de vue, tout en complétant l’information des jeunes sur les thèmes abordés, notamment au niveau des droits et de la législation en cours. Une diffusion nationale Les premières séances d’animation ont eu lieu à Ndjaména et à Bongor en septembre 2019 et janvier 2020. Le programme de diffusion prévu notamment dans une dizaine de villes du sud du Tchad, a démarré en février 2020 mais a été interrompu en raison de la covid19. Seuls quatre lieux ont pu en bénéficier jusqu’à présent mais chaque fois avec plusieurs groupes de jeunes. Le rythme devrait s’accélérer en 2021. D’après AKWADA, les jeunes sont toujours au rendez-vous et parfois le dialogue intergénérationnel est ouvert quand les parents sont invités et acceptent de venir. Anne et Hervé Vincent L’APPEL Durance CIDE : les articles 12 et 13 garantissent à l’enfant le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question le concernant (…) Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées par tout moyen du choix de l’enfant.
Mai 2021
9
TCHAD KOUMOGO Je suis élève en classe de 4e au collège Saint Jean Baptiste de Koumogo. En 2011, j’ai fait mon premier pas au jardin d’enfants de cette école. Je suis très fière de cette école. Parce qu’ici, nous sommes moins nombreux dans une classe et nos maîtres nous enseignent bien. Mais dans les écoles de l’État, nos camarades sont quelquefois 100 élèves et plus dans une seule classe. Il y a aussi beaucoup de perturbations (grèves*). Cette année, nous ne sommes que 43 élèves dans notre classe. Donc on apprend mieux. Je remercie mes parents de m’avoir inscrite dans cette école et également mes enseignants et nos partenaires de L’Appel qui viennent souvent soutenir notre éducation. Nous aimerions qu’ils continuent à venir nous encourager. Surtout nous, les filles, puisque l’éducation pour nous « n’est qu’une faveur » selon certains de nos parents. Krā ngay. Merci !» Kemsol, 14 ans, collégienne à Koumogo L’accès à l’éducation est un droit universel de l’enfant. En quatorze ans L’Appel a aidé la population de Koumogo, village de brousse, au sud du Tchad, à rendre ce droit effectif. Tout a commencé en 2006 : le Groupement Féminin de Koumogo nous a sollicités pour créer une école communautaire qui se compose maintenant de quatre bâtiments construits en dur. En 2010, l’Etat a reconnu cette école. Profitant des bâtiments du primaire disponibles les après-midis, le collège communautaire, créé il y a 5 ans, offre à présent tous les niveaux. Les résultats scolaires sont excellents.
Mais que faire quand les filles abandonnent en chemin ? Le nombre de filles chute drastiquement en 3ème, parce que les familles manquent de moyens pour régler les frais de scolarité. Certaines filles se marient… Que faire ? La direction réfléchit à un système de bourse pour les plus pauvres. Marcelle Brown-Scheidig L’APPEL Ile-de-France
* Les enseignants tchadiens des écoles publiques sont fréquemment en grève, car leurs salaires sont faibles et versés irrégulièrement
Jouer pour être responsable de sa santé, avec l’application numérique de Balai Santé®! L’application numérique du jeu Balai Santé® explique comment adopter de bonnes pratiques ; elle apprend surtout le POURQUOI de ces gestes sauveurs. Pourquoi se laver les mains au savon et faire ses besoins dans des latrines plutôt que dans la nature ? Pourquoi dormir sous moustiquaire et boucher les trous d’eau de la cour ? Pourquoi balayer les sols et tenir les animaux dans un enclos ? Pourquoi manger des aliments frais, les protéger des mouches, laver et ranger sa vaisselle, pourquoi rendre l’eau potable avant de la consommer ? etc. En classe comme à la maison, ces gestes ne sont plus des savoirs que l’on oublie trop vite mais deviennent de bonnes habitudes qui protègent des diarrhées, du paludisme, des parasites, des maladies respiratoires… sans compter la réduction des dépenses de soins. Ainsi Balai Santé® préserve-t-il non seulement le droit de l’écolier à être soigné, protégé des maladies et avoir une alimentation saine, mais il l’incite aussi à jouer tout en apprenant. En prime, on lui permet de s’informer par lui-même, d’avoir des idées, de s’exprimer sur tout ce qui est censé le protéger. On l’aide à être responsable de sa santé et de celle d’autrui. Décidément Balai Santé® coche beaucoup de cases dans la Convention Internationale des Droits de l’Enfant !
Téléchargez vite votre application et jouez avec vos enfants ! https://play.google.com/store/apps/details?id=org.terrenourriciere.balaisante
10
Mai 2021
Joëlle Nicolas L’APPEL Occitanie
www.lappel.org
www.lappel.org
Mai 2021
11