Association de solidarité internationale
L’ÉDUCATION, AXE CENTRAL DU DÉVELOPPEMENT
Au Vietnam, à Madagascar, au Rwanda, au Tchad, au Burkina Faso, au Togo, au Congo, en Haïti, au Salvador, au Pérou. PUBLICATION TRIMESTRIELLE • N° 172 • MAI 2019
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Sommaire J Éditorial........................................................ 3 J L’APPEL, acteur de l’éducation.................4-5
D’ici et d’ailleurs... L’APPEL ET LES ENFANTS DU MONDE
J Les parrainages au Rwanda, au Vietnam et au Burkina Faso.................6-7
PÉROU : QOSQO MAKI PERD ISABEL Isabel Baufumé s’est éteinte le 1er Mai 2019.
J Scolariser les enfants handicapés au Togo et à Madagascar..........................8-9 J D’une école à un quartier en République du Congo à Pointe Noire....10-11 J Les adolescents au Pérou, au Salvador et au Tchad.......................12-13 J De la construction au développement, à Haïti, à Madagascar, au Burkina Faso et au Tchad ...............14-17 J La santé à l’école....................................... 18 J Prélèvement à la source. Bon de soutien............................................ 19 J Éthique et domaines d’intervention de L’APPEL.................................................. 20
Vingt-deux bénévoles de L’APPEL ont pris la plume pour témoigner du parcours accompli ces cinquante dernières années, de l’humanitaire au développement. Publié à L’Harmattan en 2018, l’ouvrage est disponible en format papier et numérique. Vous pouvez le commander au siège, en joignant un chèque de 26 euros. TÉMOIGNAGE Soutenir la scolarisation d’un enfant au Salvador, un engagement de toute la famille Témoignage de Madame S., à propos du parrainage au Salvador : « On a décidé de le faire ensemble avec mes enfants. […] mon fils demande des nouvelles de notre filleule de temps en temps. En plus, ne parlant pas espagnol, je passe par ma fille pour la traduction. Je voulais impliquer mes enfants au maximum pour qu’ils prennent le pli de l’aide. C’est pour ça que je leur avais bien précisé que cet argent qui partait au Salvador n’irait pas dans leurs poches, mais ils ont été d’accord !
Photo de couverture : © Arlette Le Nôtre « Marie, en CE1, à l’école Nelson Mandela, à Pointe Noire, République du Congo »
[…] Le parrainage (partagé avec mes enfants) est très simple, ne demande pas beaucoup de temps (ni d’argent). C’est un grand bonheur de voir grandir sa ou son fllleul(e) avec les photos, et de suivre sa scolarité. »
En 1991, avec l’appui de Daniel Estrada, alors maire de Cusco, Isabel fonde un dortoir pour accueillir les jeunes de la rue, le DIM « el dormitorio infantil municipal » Qosqo Maki qui est la « Chocita », leur maison. Depuis, l’association Qosqo Maki a grandi avec son ouverture de jour aux jeunes du quartier et ses deux ateliers de formationproduction. Ce sont 4 000 jeunes de la rue qui ont partagé la vie que tous ceux de Qosqo Maki ont su créer avec Isabel. Isabel a en outre conceptualisé le principe d’éducation en liberté mis en pratique à Qosqo Maki. Par ses écrits, elle laisse aussi une marque profonde parmi les éducateurs et tous ceux qui travaillent pour le respect des droits de l’enfant, non seulement au Pérou mais aussi à l’échelle internationale. Le vendredi 3 mai, le parlement péruvien lui a marqué sa reconnaissance par une minute de silence.
L’assemblée générale aura lieu le vendredi 14 juin 2019 à 14h. Maison des Associations et du Combattant, 20 rue Édouard Pailleron, 75019 Paris, Métro Bolivar / Stalingrad. L’ordre du jour sera : • Approbation de l’ordre du jour • Rapport moral & Rapport d’activité* • Comptes 2018 & Budget 2019* • Quitus sur la gestion de l’association • Renouvellement partiel des membres du Conseil d’Administration • Questions diverses. Cette rencontre se terminera par un pot de l’amitié. Le droit de vote est individuel et est réservé aux membres à jour de leur cotisation. (*Les documents seront à disposition du public.)
89, avenue de Flandre Boîte n° 9001 - 75019 Paris Tél. : 01 42 02 77 78
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Site : www.lappel.org E-mail : association@lappel.org
Directeur de la publication Madeleine Le Moullec-Schabanel avec la collaboration de Françoise Mekki et Marie-Hélène Touzalin
Réalisation INTERCOM Zone artisanale des Portes de la Forêt 14 Allée du Clos des charmes 77090 COLLÉGIEN
Commission paritaire N° 0912 H 84899 ISSN 0398 6039
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ÉDITORIAL Deux cent soixante millions d’enfants d’âge primaire dont plus de la moitié en Afrique subsaharienne - ne sont toujours pas scolarisés. Dans les pays en développement, une fille sur quatre ne va pas à l’école. À L’APPEL, nous montons nos projets avec nos partenaires et les représentants des autorités pour définir ensemble les programmes d’intervention. Nos objectifs sont : que tous les enfants puissent aller à l’école, avec un accent mis sur la scolarisation des filles, et qu’ils suivent un enseignement de qualité. Nos actions s’inscrivent dans la durée, en faisant évoluer les projets : on commence par construire, acheter des livres, verser des bourses … et on continue le chemin ensemble, parfois jusqu’à « révolutionner » la vie des jeunes, de leurs « L’éducation est l’arme familles ou de leurs villages, tant le levier de l’éducation est puissant. la plus puissante que Les parrainages collectifs soutiennent des jardins d’enfants, des écoles nous pouvons utiliser primaires, des organismes accueillant de jeunes adolescents (es), afin pour changer le monde. » que les plus pauvres puissent accéder à l’école ou à une formation par NELSON MANDELA l’attribution de bourses pour le paiement des frais d’écolage. Certains (2003) iront ainsi jusqu’à l’université. La présence en classe d’enseignants qualifiés est une des conditions d’un enseignement de qualité. Aussi mettons-nous en place des programmes de renforcement des connaissances à destination des équipes éducatives. Les apports financiers qui permettent nos actions proviennent principalement de dons de particuliers, de vos dons à vous lecteurs et lectrices de ce journal, entièrement consacré à l’éducation. Votre soutien est essentiel pour ces enfants qui seront les citoyens, les travailleurs, les dirigeants et les parents de demain, et qui deviendront un véritable capital humain pour contribuer au développement de leur pays. Arlette Le Nôtre Présidente de L’APPEL
Madi, le directeur de l’école de Karma, au Burkina Faso, réagit à la publication de l’article paru en mars 2019. S’ouvrir à la diversité du monde, grâce à un voyage scolaire.
Le grand départ est imminent pour ce groupe d’élève de Karma.
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Immense fut notre joie d’apprendre que le voyage d’études des enfants a séduit plus d’un. Nous sommes heureux que L’APPEL Paris a consacré une page pour cette activité combien noble. Cela témoigne de votre engagement en faveur du village de Karma y compris l’école et participe à la visibilité de nos actions (…) Nous partagerons l’article aux maîtres, à Kassoum, Adama, les leaders de Karma, nos supérieurs hiérarchiques.
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L’APPEL, ACTEUR DE L’ÉDUCATION
« Une crise de l’apprentissage » L’Éducation est un des trois domaines d’intervention de L’APPEL. Comme notre nom l’indique, nous répondons à des demandes venues des pays du Sud pour soutenir leur développement. Dans ces pays à faible revenu, la population est très jeune et s’accroit très vite, l’Éducation est donc un défi de taille. Certes, la scolarisation a beaucoup progressé dans les quinze dernières années, mais des centaines de millions d’enfants ne savent pas réellement lire et compter, même s’ils ont été scolarisés, sans oublier ceux qui n’ont pas été scolarisés du tout. Notre action s’inscrit également dans une réflexion globale, mondiale : le quatrième Objectif de Développement Durable (ODD4), adopté en 2015 par les Nations Unies, vise à « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et à promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie » d’ici 2030. À notre échelle, nous œuvrons dans cette perspective : développer le capital humain que représentent les enfants pour mettre fin à l’extrême pauvreté.
Il faut commencer par veiller à ce que les enfants prennent un bon départ Alors que les premières années sont cruciales, la fréquentation d’un jardin d’enfants, d’une classe maternelle reste chose rare (un enfant sur 5 dans les pays à faible revenus). Au Vietnam, L’APPEL soutient plusieurs jardins d’enfants ; au Tchad à Koumogo, au Congo à Pointe Noire, à Haïti, dans l’île de La Tortue, nous rendons possible l’accès des petits à l’école.
Une classe maternelle à La Tortue
« L’éducation est un droit fondamental, un puissant vecteur de développement et l’un des meilleurs moyens de réduire la pauvreté, d’élever les niveaux de santé, de promouvoir l’égalité entre les sexes et de faire progresser la paix et la stabilité » Banque Mondiale rapport sur l’éducation, 2018
Des enseignants en formation au Tchad.
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DOSSIER AVANT APRÈS
L’ancienne école s’effondrait... ...la nouvelle, on l’aime et on l’entretient. Les élèves de Ketsa à Madagascar.
Il faut aider à créer un cadre digne et accueillant Dans la plupart des pays où nous intervenons, l’État peine à former, payer, affecter des enseignants. Synonyme de frais pour les familles mais pas forcément de qualité, le recours à des écoles privées, souvent appelées communautaires, est nécessaire. L’APPEL attribue des bourses, organise un parrainage collectif de l’école qui permet de verser régulièrement le salaire des enseignants, à La Tortue, par ex. ou pour l’école Ketsa à Madagascar. Enfants et enseignants méritent des locaux reconstruits et adaptés, qui ne s’effondrent pas à la moindre pluie, comme à Koumogo au Tchad ou à Karma au Burkina Faso. Ces locaux peuvent disposer d’eau et permettre l’apprentissage d’une hygiène collective et individuelle. Ainsi au Rwanda, les systèmes d’adduction d’eau de la région de Byumba alimentent toujours les écoles. Les matériels scolaires, les livres et parfois les ordinateurs font partie de nos apports.
Il faut aider les enseignants à se former dans leur discipline et leurs méthodes pédagogiques Le niveau du recrutement des enseignants s’élève mais la formation pédagogique initiale ou continue est rarement assurée. L’APPEL, à La Tortue, a proposé aux maîtres, très motivés, d’atteindre le niveau baccalauréat, puis de continuer au niveau supérieur, en leur versant des bourses. Des formateurs de L’APPEL viennent, lors de missions longues, former les maîtres à une pédagogie active avec les petits ( à La Tortue et dans la région nord d’Haïti), aux interactions pédagogiques, au Congo, à Pointe Noire, dans l’école Nelson Mandela mais aussi dans les autres écoles du quartier, avec l’appui des directeurs et des cadres pédagogiques.
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Il faut élargir l’accès des enfants à l’éducation, offrir l’égalité des chances Nos projets concernent souvent des enfants marginalisés comme ceux des populations montagnardes du Vietnam, par exemple. Nous veillons toujours à ce que les filles ne soient pas désavantagées, et même à ce qu’elles « osent » accéder à des études supérieures (Geneviève Saux, au Tchad, a apporté son concours à des jeunes filles de brousse). Pour les petits ruraux, nous finançons des écoles dans les endroits isolés pour leur éviter de longues marches. Les enfants handicapés ou malades, comme au Togo, à Madagascar, au Burkina Faso, doivent pouvoir exercer leur droit fondamental à l’éducation, tout comme les enfants des rues, ceux qui travaillent, qui peuvent être accueillis et protégés, comme à Cusco au Pérou. Enfin, les adolescents, sortis de l’école sans grand bagage, peuvent entrer dans un projet citoyen de formation professionnelle comme à Bongor, au Tchad. Madeleine Le Moullec
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« Moi aussi j’ai droit à une école de qualité ! » Qui sait ? Cette jeune malgache est peut-être la future ministre de l’éducation…
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LES PARRAINAGES
Être un enfant parrainé par L’APPEL à Byumba, au Rwanda
Au nord de la capitale, dans une zone rurale, L’APPEL parraine un groupe d’enfants et leur prépare un avenir meilleur. Nos « grands » … en route vers l’avenir, pleins d’espoir et d’envie d’entreprendre.
La vie dans un collège, en internat Fin 2018, la mission de L’APPEL a rendu visite aux jeunes parrainés. Comme souvent, après l’école primaire, ils quittent leurs familles pour une scolarité en internat et ne rentrent chez eux que trois fois dans l’année. Ainsi, Emilienne, 20 ans, poursuit sa scolarité au collège privé de Cyuru, comme six autres filleules. Elle se prépare au concours national, l’équivalent de notre baccalauréat. Elle est en 6ème comptabilité et aimerait aller à l’université pour trouver ensuite un emploi dans la banque ou le commerce. Le collège, dont les bâtiments sont situés autour d’une cour, dispose d’eau, d’électricité, de dortoirs – un peu étroits, d’enseignants qualifiés et de surveillants d’internat. L’emploi du temps est chargé : levée à 4h30, Emilienne fait sa toilette, révise ses cours et prend son petit déjeuner ; elle a cours de 7h40 à 12h. et de 13h30 à 16h. avec une pause pour le déjeuner, puis sport et étude jusqu’à 19h, heure du repas. Un peu de temps libre puis extinction des feux à 21h. Le samedi et le dimanche sont consacrés aux diverses tâches ménagères, au jardinage … et au temps libre. Les élèves de 4ème et 5ème années secondaires suivent un stage d’un mois en fin d’année. Et après le collège ? L’aide de L’APPEL s’arrête après le collège. Tous nos filleuls veulent obtenir une bourse de l’Etat, pour continuer à l’université. En effet le coût des études est de 1.500€ à 2.000 € par an alors que le salaire s’élève à environ 200€ par mois pour un fonctionnaire
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et à beaucoup moins sans qualification spéciale. Nos filleuls, issus de familles très pauvres, peuvent accéder à une bourse de catégorie 1 dès qu’ils ont réussi l’examen en fin de collège. Sur les 35 lauréats de ces dernières années, seuls deux sont au chômage, les autres ont décroché un emploi dans les domaines les plus divers ; l’un d’eux est même pasteur. L’évolution du système scolaire au Rwanda Le gouvernement rwandais a mis en place le programme « Education for all » (l’éducation pour tous). Il a créé des écoles dans tout le pays pour que tout enfant ait accès à l’éducation. Ces écoles publiques sans internat sont entièrement financées par le gouvernement (salaire des enseignants, équipements, matériaux scolaires…), les frais sont réduits pour les familles. Les enfants issus de milieux modestes fréquentent en priorité ces écoles et abandonnent les écoles payantes privées comme celle de Cyuru, où le niveau d’études est probablement meilleur toutefois.
L’APPEL soutient la scolarité des enfants de Byumba depuis quinze ans Nos filleuls sont au nombre de 64, soutenus par 72 parrains et marraines. Le Secours Populaire de l’Isère, sollicité par notre antenne locale, a pris en charge 16 jeunes supplémentaires. Au total, ils sont 48 filles et 32 garçons. Le Rwanda est un pays très favorable à l’émancipation des femmes. Des enfants isolés, soixante-dix en ce moment, dont un tiers sont des filleuls, reçoivent un repas de midi, chaque jour d’école, grâce au programme Wikwiheba, cofinancé par L’APPEL et une ONG allemande. Les filleuls qui ont terminé leur scolarité sont remplacés par des enfants plus jeunes. Leur choix et leur suivi incombent à l’association partenaire, L’Appel de l’avenir des enfants du Rwanda, en accord avec le district. Jacques Lalande et Magali Combes
Ile-de-France
COMBIEN COÛTE LE PARRAINAGE D’UN ENFANT AU RWANDA ? Le parrainage d’un enfant représente en moyenne 325 € pour une année. Un don de 30 € par mois couvre sa scolarité et, après déduction fiscale, le coût réel est 110 € par an. Si vous souhaitez devenir parrain/marraine, reportez-vous au formulaire en page 19.
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DOSSIER
Vietnam. Des études mais à quel prix ? Notre récente mission au Vietnam, où nous avons rencontré filleuls et étudiants que nous soutenons, nous a permis d’entrevoir les écueils du système éducatif dans un pays où le taux de scolarisation est très élevé : plus de 99 % en primaire. des lycéen(ne)s obtenant d’excellents résultats ne peuvent pas poursuivre leurs études faute de moyens financiers. Une coopération entre ce lycée et L’APPEL pourrait permettre à ces jeunes d’accéder à l’enseignement supérieur. Nous manquons actuellement d’argent pour répondre à cette demande et sommes à la recherche de nouveaux parrains et marraines. Jardin d’enfants.
Le groupe des étudiants boursiers de Dalat.
Une pression tout au long de la scolarité La pression scolaire sur les enfants est très forte. Leurs horaires sont alourdis par tous les cours supplémentaires qu’ils sont quasiment contraints de suivre, entre 10 à 18 heures par semaine. Ces cours permettent aux enseignants d’augmenter leur salaire «officiel», peu élevé.
« Bien » ou « Assez Bien » aux examens d’un semestre, il (elle) reçoit une petite bourse du gouvernement le semestre suivant (1,5 M VND pour Bien, et 900.000 VND pour Assez Bien). C’est une aide appréciée, mais insuffisante pour les faire vivre. Un étudiant boursier de L’APPEL reçoit quant à lui entre 20€ et 40€ par mois.
Précarité chez les étudiants Les étudiants boursiers de L’APPEL, de la province de Lam Dong, qui étudient soit à Dalat, Nha Trang, Da Nang ou Hô Chi Minh-Ville, ont dans l’ensemble une vie très difficile. Ils cumulent heures de cours, études à la maison et petit job, le plus souvent dans un café ou un restaurant pour gagner un peu d’argent. Certains travaillent, de 17 à 23 heures, 5 jours par semaine et sont payés 17.000 VND/heure, soit 0,65€/heure, ce qui est très peu. Un maçon, par exemple, gagne 400.000 VND/jour, une soupe coûte au moins 25.000 VND. Si un(e) étudiant(e) obtient des résultats de niveau
Des difficultés, mais des résultats encourageants Parmi les étudiants boursiers de L’APPEL, nous déplorons quelques abandons, surtout chez les Montagnards, issus de familles plus démunies que celles d’autres étudiants vietnamiens, mais beaucoup réussissent. Le poste obtenu ensuite n’est pas toujours à la hauteur des espérances, mais le jeune aura échappé à la condition de journalier agricole dans les caféiers. A Dalat, nous avons rencontré la Directrice du Lycée pour les Montagnards, établissement gouvernemental qui accueille gratuitement les jeunes de familles démunies. D’après Mme Hong,
Education : l’envers du décor Selon Nolwen Henaff, économiste à l’IRD*, « si la qualité du système éducatif est reconnue, la question du coût fait débat. La dépense éducative qui ne cesse de s’accroître et incombe en grande partie aux parents, la pauvreté de certaines populations, la faiblesse des salaires des personnels enseignants et les maigres dotations des écoles se conjuguent, entraînant le pays dans la spirale de la maladie de la performance. » Autre phénomène, relativement récent, qui semble prendre de l’ampleur : les familles évoquent très fréquemment des cas de harcèlement à l’école, parce que l’enfant est gros ou pauvre ou parce qu’il n’a pas de père etc. Au vu de tous ces obstacles, le soutien des parrains de L’APPEL joue un rôle essentiel. Jeanine Maeder et Patricia Rochelemagne
Ile-de-France * Revue Internationale d’Education de Sèvres – avril 2014
Burkina Faso. L’école face au défi du virus L’APPEL parraine à Bobo-Dioulasso des enfants atteint par le VIH ou issus de familles atteintes. La plupart sont maintenant de jeunes adultes, dont la vie et la scolarité sont profondément affectées. Les parcours scolaires : une lutte permanente A. est l’un des 34 jeunes concernés par le VIH que nous parrainons. En terminale dans un lycée de Bobo-Dioulasso, il a traversé la ville pour nous rencontrer. Il nous regarde du haut de son mètre quatre-vingt avec une tristesse mêlée d’inquiétude. L’an dernier, une grave dépression lui a fait manquer le lycée pendant deux trimestres, mais dans les dernières semaines il a trouvé l’énergie pour sauver son année. Nous l’encourageons : le bac en poche, à 21 ans, tous les espoirs lui seront permis. Il se verrait bien gérant d’une entreprise dans l’agroalimentaire. R. elle aussi, a 21 ans, mais elle stagne en troisième, après avoir redoublé deux fois… Comme la plupart des enfants porteurs du VIH, elle a accumulé du retard scolaire à cause des crises de paludisme et des indispositions causées par le traitement. Elle parle très bas. À voir son trouble quand je lui demande de parler plus fort, je me doute qu’il y a d’autres problèmes, peut-être d’ordre familial, dont elle ne souhaite pas me parler.
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Parrainer L’association « Espoir pour Demain », partenaire de L’APPEL, assure le traitement de tous les enfants concernés par le virus. Parmi eux, nos filleuls viennent de familles en grande difficulté pécuniaire ou en butte à des discriminations. Dans des écoles submergées par l’afflux d’enfants, il n’est pas envisageable d’organiser une prise en charge particulière pour ces jeunes, dont la séropositivité doit rester invisible. Les discriminations, dramatiques dans des familles recomposées et sans ressources, sont heureusement assez rares dans le cadre scolaire. Grâce aux dons réguliers des parrains, nous prenons en charge les frais d’inscription à l’école. Un bon tiers de nos filleuls arrive à se maintenir à flot ; malheureusement beaucoup, victimes de diverses autres affections, doivent redoubler, et parfois tripler leur année, jusqu’à ce que leur âge, leur taille, leur vécu leur fassent arrêter l’école. Dans ce cas le parrainage de L’APPEL leur permet d’accéder à une formation professionnelle en apprentissage.
Un nécessaire accompagnement psychologique et social Le Burkina Faso a accompli de remarquables progrès dans la lutte contre l’infection : la prévalence du VIH-Sida est tombée de 7,17% en 1997 à 0,8% en 2016. Avec l’amélioration des traitements - même si cette partie de l’Afrique ne bénéficie pas encore des formes les plus récentes de trithérapies -, les handicaps qui frappent les victimes du VIH tiennent plus au mal-être psychique, aux angoisses concernant l’avenir, aux peurs des familles, à la pauvreté insurmontable qu’au virus lui-même. À côté de l’accompagnement médical, l’accompa gnement psychologique, social et en particulier scolaire des jeunes Burkinabés touchés par le virus est un défi majeur. Michel Collomb
Montpellier
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SCOLARISER LES ENFANTS HANDICAPÉS
Togo. Une pédagogie plus efficace pour les enfants sourds Si la surdité est de mieux en mieux reconnue en Afrique comme un problème de santé publique*, les compétences et infrastructures restent largement insuffisantes. Et pourtant les enfants sourds se compteraient par milliers au Togo.
Lire à haute voix, un exercice difficile.
Pourquoi tant d’enfants sourds ? Chez les enfants de moins de 15 ans, 60% des cas de déficience auditive sont dus à des causes évitables (infections, accidents à l’accouchement etc.). Ce chiffre monte à 75% dans les pays à faible revenu, avec, comme principales causes de la maladie : le paludisme, avec ses formes neurologiques, la méningite, les otites, la rougeole et les traumatismes.
Une école pour enfants sourds : Ephphata, à Lomé Fondée en 1976 par un pasteur américain et soutenue depuis plus de dix ans par L’APPEL-EST, qui regroupe des spécialistes dans le domaine de la surdité, cette école primaire avec internat est la seule du Togo pour sourds et malentendants. Les obstacles s’accumulent. D’un côté, les besoins pédagogiques spécifiques d’enfants dont la surdité a perturbé la construction du langage, de la pensée, de la capacité d’apprendre et de l’autre, des enseignants dont la bonne volonté et l’engagement ne compensent pas l’absence de formation. Ils ne peuvent donner que ce qu’ils ont reçu, au cours de leur propre scolarité. Pour les élèves, en fin de scolarité primaire, le taux d’échecs est impressionnant : moins de 10% des enfants accédaient au collège il y a 10 ans mais, depuis le début de notre action à Ephphata, le pourcentage augmente chaque année grâce à une amélioration des conditions de scolarité primaire. Pour ceux qui entrent au collège, l’école Ephphata met en place une aide pédagogique qui facilite l’assimilation des cours.
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L’APPEL-EST s’implique dans la formation des enseignants Avec l’accord des enseignants de l’École Ephphata, des professeurs spécialisés de l’Institut Plein Vent de Saint-Etienne** ont accepté de donner de leur temps et d’analyser les pratiques de leurs collègues togolais. À partir d’observations in situ rapportées de la dernière mission de L’APPEL-EST (descriptions du fonctionnement d’une classe, vidéos...), ils élaborent des modalités pédagogiques – techniques et pratiques - ajustées au contexte local, jetant ainsi les bases d’une formation à mettre en œuvre sur place. Une tâche longue mais pleine d’espérance afin de permettre aux jeunes sourds togolais pris en charge à Lomé de poursuivre dans de meilleures conditions un cursus scolaire et professionnel. Thérèse Guichard et Jean-Marie Gaudin
Enfants Sourds du TOGO/EST
* Le premier forum international des sourds de l’Afrique a réuni treize pays à Conakry (Guinée) en février 2019 ** Site : www.institutpleinvent.fr
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DOSSIER
Madagascar. Ouvrir l’école aux enfants handicapés Pendant longtemps, les enfants handicapés ont été laissés de côté. Des plans récents de l’Éducation Nationale malgache préconisent leur inclusion dans l’école. Tout est à inventer pour y parvenir.
Dans tous les milieux, des préjugés
L’inclusion dans l’école
Dans les familles, parmi les enseignants et les autres parents d’élèves, en ville comme en milieu rural, les représentations du handicap sont marquées par l’incompréhension, voire le rejet. La société est démunie.
Quand l’enfant handicapé est scolarisé, des rencontres régulières entre l’équipe pluridisciplinaire et l’école permettent une continuité entre les deux structures. Chaque cas y est discuté et des orientations sont proposées pour le mieux-être de l’enfant.
L’association Fanarenana, soutenue par L’APPEL, est l’unique ONG malgache spécialisée dans la réadaptation des personnes en situation de handicap. Parmi les actions menées, l’une consiste à accompagner les enfants handicapés dans leur insertion à l’École.
La famille, première étape de l’accompagnement vers la scolarité Lorsqu’un nouveau bénéficiaire est orienté vers l’Espace Réadaptation de Fanarenana, il est reçu par les professionnels bénévoles de l’association. Deux entretiens permettent de préciser diagnostic et approche thérapeutique puis de choisir les diverses prises en Séances de réadaptation à Fanarenana charge nécessaires et le mode d’intervention. Il s’agit ensuite de cheminer, avec les familles, vers l’idée d’envoyer l’enfant à l’école et de poursuivre cet accompagnement tout au long de son intégration scolaire. Certains, enfants des rues ou issus de familles très défavorisées, sont accompagnés par des ONG, en contact avec Fanarenana.
Les enseignants ne connaissent pas les troubles qui peuvent atteindre leurs élèves. Faute de repérer les signes d’un trouble de la vision ou de l’audition chez l’un d’eux, il sera facilement taxé d’inertie ou de mauvaise volonté. De même, les enfants atteints de déficit moteurs sont laissés de côté en classe. Ceux qui sont sujets à des crises d’épilepsie font peur et sont exclus de l’école, personne n’imaginant qu’un traitement soit possible. Quant aux troubles de l’autisme, ils sont méconnus. Afin d’aider les enseignants à repérer les élèves en difficulté et à s’approprier les méthodes pédagogiques utiles pour mieux les accueillir, Fanarenana organise des séances de sensibilisation dans les écoles. Dans le cadre du programme d’éducation inclusive mené par le gouvernement, l’expertise et la qualité des prises en charge de l’association font de Fanarenana un partenaire privilégié des ministères malgaches de la Santé et de l’Éducation. L’association a ainsi été sollicitée, en tant qu’organisme ressource, pour former les enseignants d’écoles primaires publiques et privées. Edith Ramamonjisoa (Fanarenana) et Michel Audras
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D’UNE ÉCOLE À UN QUARTIER
Congo. Pointe Noire en direct ! Une interview. Gérard NKAYA et Dominique MALARD ont fondé en 2012 l’école associative Nelson Mandela, dans le cadre de l’association La Graine. Ils ont répondu aux questions de Michelle Desmars, formatrice et bénévole de L’APPEL.
Dominique Malard et Gérard Nkaya : l’équipe de direction de Nelson Mandela. Regardez bien la photo derrière eux !
Michelle DESMARS : Quel bilan pouvezvous tirer aujourd’hui quant à la situation de l’Éducation Nationale au Congo ? Gérard NKAYA : Le système est décrié depuis longtemps. On peut déjà le voir en 1983 à travers ce constat du ministre de l’Education d’alors, A. Ndinga-Oba : « Chaque Congolais observe que l’Education pose d’énormes problèmes, vécus par chaque parent, chaque membre de la société […]» En 2014, soit 31 ans plus tard, une évaluation (Programme d’Analyse des Systèmes Educatifs de la Confemen*) relève les mêmes insuffisances : « Le pourcentage des élèves en fin de scolarité primaire dont les performances se situent audessus du seuil de réussite demeure très faible (40,6% en Français et 23,1% en mathématiques). » On ne peut pas dire que la situation se soit réellement améliorée. M.D. : Pour quelles raisons avez-vous créé l’école, en 2012 ?
G.N. : Cette initiative répond aux objectifs de la Graine qui vise à contribuer au renforcement des capacités de chacun par la formation et la production des services propices à une éducation de qualité pour tous. Beaucoup d’enfants ne reçoivent pas une telle éducation. Les écoles privées sont nombreuses mais ne répondent pas toutes aux exigences de qualité. Aussi avons-nous créé cet espace culturel, regroupant une école, un lieu de formation pour les adultes, une bibliothèque, ouverts au quartier. M.D. : A quelles difficultés avez-vous été confrontés quant à la formation initiale des enseignants que vous recrutiez ? Dominique MALARD : Très vite, la pénurie d’enseignants qualifiés s’est révélée être un obstacle majeur. Pour surmonter cette difficulté, une formation initiale de jeunes enseignants - la plupart s’engageant par défaut dans ce métier -, a été mise en place avec l’appui de M. Sitou, Directeur Départemental de l’Enseignement à Pointe-Noire, formation s’étendant sur six mois, validée par une attestation. Il s’agit d’actualiser et de consolider les connaissances et savoir-faire, de développer les compétences de base du métier d’enseignant. M.D. : En quoi le partenariat avec l’APPEL contribue-t-il à l’atteinte de vos objectifs ? D.M. : Tout d’abord, l’octroi de bourses aux familles démunies favorise la scolarisation dans le quartier Ngoyo, ce qui n’a pu se faire auparavant, les démarches auprès de la Direction Départementale des Affaires Sociales n’ayant pas abouti.
Ensuite, un appui financier permet l’acquisition de manuels scolaires, de matériel de bureau et d’outils pédagogiques. Enfin, un soutien pédagogique en français, par l’intermédiaire d’une formatrice envoyée par L’APPEL, contribue à renforcer les connaissances des enseignants et à accroître leur autonomie. Le partenariat L’APPEL/LA GRAINE constitue pour nous un appui important dans notre engagement à développer une éducation de qualité conformément aux orientations et aux programmes nationaux. M. Sitou, informé de ce partenariat, l’encourage et entend même l’étendre ou en faire bénéficier d’autres écoles publiques voisines de l’école Mandela. M.D. : Qu’en est-il de la pérennité de votre projet « après l’APPEL » ? G.N. : Sans l’appui financier de L’APPEL au travers des bourses attribuées - l’école ne pourra probablement pas garantir son accès aux familles les plus démunies, en l’absence d’un système de bourses nationales. La formation pédagogique, qui développe la cohésion de l’équipe pédagogique et l’autonomie des enseignants est un gage de pérennité. Michelle Desmars
Morbihan
* La plus ancienne institution de la francophonie qui rassemble les ministres de l’éducation nationale, africains et malgaches.
Pointe Noire, sur la côte sud, est la capitale économique de la République du Congo. Elle compte 1.150.000 habitants, la population croît de 4 ou 5 % par an, l’urbanisme y est anarchique. Au Congo, la mauvaise gestion des fonds publics confisque les ressources.La baisse des revenus du pétrole a endetté le pays et aggravé le chômage. La moitié de la population a moins de vingt ans. Selon le Partenariat Mondial pour l’Education : « Le pays est confronté à certains obstacles en matière d’éducation, tels que des possibilités d’accueil peu développées au niveau préscolaire, un fort taux de redoublement et un nombre élevé d’élèves par classe au primaire. De plus, la qualité de l’enseignement primaire est inadéquate. »
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DOSSIER
Congo. A Pointe Noire, en cinq ans, des pas de géant ! Fort de son expérience, des compétences de ses bénévoles d’ici et de là-bas, L’APPEL mobilise les forces vives, politiques et institutionnelles du quartier de Ngoyo, pour dynamiser l’ensemble des acteurs, impulser un partenariat autour d’un objectif commun.
Une classe attentive à Nelson Mandela
L’équipe de l’école Nelson Mandela au grand complet.
En 2014, nous répondons à l’appel d’une école primaire associative L’école Nelson Mandela est située dans le quartier de Ngoyo à Pointe-Noire. Dans cette zone périurbaine, le taux de chômage est important, les enfants ne sont pas tous scolarisés. Le système scolaire congolais est de plus en plus dégradé. L’école primaire Nelson Mandela, gérée par l’association La GRAINE, s’est donné pour objectif de permettre aux enfants du quartier, toutes classes sociales confondues, d’accéder à une instruction de qualité. .
Enseigner mieux dans davantage d’écoles L’objectif de l’école Mandela, une instruction de qualité, se heurte au manque de formation pédagogique. Michelle Desmars, bénévole de L’APPEL se rend donc sur place pour répondre à la demande de formation des enseignants. L’efficacité de cette formation suscite de la part des autorités administratives le désir d’étendre ce projet de formation aux écoles publiques du quartier. Par ailleurs, le partenariat de L’APPEL avec l’ASAD a permis l’émergence d’un projet social plus global.
Des livres et des bourses L’APPEL a d’abord permis l’achat de manuels scolaires et a mis en place un parrainage collectif pour accorder des bourses aux enfants des familles les plus pauvres, une vingtaine chaque mois. Depuis septembre 2018, ces familles bénéficient d’un suivi par un travailleur social de l’ASAD (Association pour la Solidarité, l’Action et le Développement) afin d’ajuster les montants des bourses à leurs ressources. Un autre objectif de ce partenariat est de repérer sur le quartier les enfants déscolarisés.
En 2019, une nouvelle dynamique fédératrice Nous poursuivons le soutien à l’école Nelson Mandela, avec la volonté de lever des fonds pour bâtir un bâtiment supplémentaire. La formation pédagogique va s’étendre aux quatre écoles publiques du quartier, pour renforcer les compétences des enseignants. L’APPEL soutient en même temps le projet de l’ASAD : une coopérative agricole qui améliorera les ressources des familles vulnérables. Sortant ainsi peu à peu de la précarité, elles pourront assumer la scolarité de leurs enfants. Isabelle Jégou et Arlette Le Nôtre
Morbihan
Témoignage Pointe-Noire, ma première mission humanitaire ! Certes, j’ai été bien préparée par l’APPEL, mais c’est un saut dans l’inconnu, pour deux semaines. J’atterris à la nuit tombante : quelle chaleur, quelle vie, quelle animation ! J’aime déjà cette atmosphère. Ma mission d’exploration consistait d’abord à rencontrer les autorités pour leur présenter notre projet de formation des enseignants des écoles publiques du quartier Ngoyo de Pointe-Noire. Ce fut fait assez facilement: le directeur départemental, l’inspecteur et les directeurs d’école m’ont accueillie chaleureusement. Ensuite, j’ai pu rencontrer une quarantaine d’enseignants des écoles choisies avec l’inspecteur, pour échanger avec Pascale Cousseau avec les enseignantes eux et évaluer leurs besoins. Ils sont immensément demandeurs de connaissances sur le développement de l’enfant des écoles publiques du quartier Ngoyo. et pour leur pratique quotidienne. Riche de ces échanges, j’ai rapporté toutes ces informations à l’APPEL pour évaluer la faisabilité d’un projet de formation des maîtres sur trois ans : il démarrera fin 2019 et me permettra, je l’espère, de retourner prochainement à Pointe Noire pour participer à cette formation. Pascale COUSSEAU, professeur des écoles dans le Morbihan.
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LES ADOLESCENTS
Pérou. Qosqo Maki « Les mains de Cusco » répond aux besoins qu’expriment les jeunes des rues. La « chocita », la chaumière C’est un dortoir d’accueil nocturne, ouvert à tout mineur qui n’a nulle part où passer la nuit. Vingt à trente jeunes, dont 10% de filles, y dorment chaque nuit. Ils s’y reposent en toute sécurité, tout en voyant respecté leur désir d’autonomie et d’émancipation. Qosqo Maki met en pratique une éducation dite en liberté. Tous les espaces sont gérés en commun par les jeunes et les éducateurs, lors d’une assemblée hebdomadaire, temps d’échange où les jeunes peuvent évoquer leurs préoccupations. Le positionnement des éducateurs leur laisse une grande liberté tout en les responsabilisant dans l’organisation de leur lieu de vie. Par un dialogue continu, les jeunes apprennent à partager leurs opinions et développent un esprit d’entraide et de tolérance. Une maison de quartier Qosqo Maki fait depuis 1991 le pari d’une société inclusive qui valorise les diversités. La bibliothèque-ludothèque et l’espace culturel, situés dans le même bâtiment, offrent des activités aux jeunes du quartier comme du dortoir. Ils cherchent à favoriser la baisse des préjugés envers les enfants et adolescents en situation de rue. L’APPEL envoie des volontaires qui, par une présence d’un an ou deux ans, permettent un développement suivi de ces activités éducatives. Des formations professionnelles Deux ateliers de formation d’apprentis, la menuiserie et la boulangerie, sont regroupés dans la microentreprise «Talleres Qosqo Maki SRLtda» qui immerge les jeunes dans la logique de production d’une entreprise.
Dormir à l’abri, d’abord, mais surtout aller vers l’autonomie. Journée internationale des jeunes en situation de rue. Qosqo Maki s’affiche.
Grâce aux dons, dont ceux de l’APPEL de 2008 à 2015, les ateliers se sont équipés progressivement de machines professionnelles pour fabriquer tout type de meubles ou élaborer pains et viennoiseries en quantité importante. Un autre pas en avant a été fait en associant à la boulangerie une cafétéria : les ventes ont alors décollé et la formation de vendeuses et boulangers aussi ! Depuis 2006 à la menuiserie et 2 ans plus tard à la boulangerie, 119 jeunes ont été formés dans chaque atelier, soit en moyenne 17 par an, dont trois filles à la menuiserie et 7 à la boulangerie. Ces jeunes, payés au SMIG péruvien (en moyenne 250€/ mois pour un plein temps), ont pu ainsi devenir autonomes, tout en acquérant une formation qu’ils n’auraient pu obtenir que dans une école professionnelle à scolarité payante, donc inaccessible.
LES JEUNES DES RUES, PROTÉGÉS PAR LA LOI ? La convention des droits de l’enfant, CRC, affirme le droit de chaque enfant d’être protégé contre tout travail mettant en danger sa santé, son éducation ou son développement. En réalité, les Etats ont souvent fixé une réglementation mais, incapables d’enrayer ce phénomène, ils sont malheureusement laxistes dans son application. Les garçons pratiquent un travail informel dans la rue (bricolage, vente, Petite vendeuse de beignets à Cusco. cireur de chaussures, déchargeurs etc.) tandis que le travail des filles est souvent domestique et donc caché. Ces questions se posent en fait à nous tous. En décembre 2017, d’après l’UNICEF, la France comptait plus de 40.000 enfants sans abri et vivant dans la rue.
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Il y a des échecs certes, mais quelle joie quand, le dimanche 25 février 2018, répondant à un simple appel sur Facebook, plus de cent utilisateurs et éducateurs, actuels et passés, se sont retrouvés, venant de toute la région. Anne Feltz
Ile-de-France
L’APPEL ET LES JEUNES DES RUES Au Pérou, également, notre partenaire, Qosqo Maki, outre les actions décrites dans l’article ci-contre, conduit des actions de plaidoyer dans le cadre de l’examen préliminaire universel des enquêtes de l’ONU, consacrées à la défense des droits de l’homme. Au Pérou, à Arequipa, le Hogar de Cristo, aidé par L’APPEL, effectue un travail de prévention. Au Pérou, en Amazonie, L’APPEL contribue à la lutte contre la traite de personnes à fin d’exploitation sexuelle. Au Tchad, à Sarh, L’APPEL a travaillé en partenariat de 2004 à 2010 avec l’Association pour l’encadrement et la promotion de la jeunesse marginalisée. A Haïti, à Port au Prince, L’APPEL a soutenu le Centre d’Education Populaire de Jean-Robert Chéry, en particulier pour la prévention et le dépistage du VIH, très présent chez les jeunes des rues.
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DOSSIER
El Salvador. « TU DECIDES » : des adolescents, apprentis citoyens. Le 8 mars 2019, jour de la femme, avec les ados de « Tu decides ».
Voici comment un groupe de seize jeunes Salvadoriens, bien décidés, responsables et informés, partis de mesures de prévention individuelle, militent à présent pour la défense des droits humains et de l’environnement.
Au départ : un constat préoccupant Les grossesses d’adolescentes sont très fréquentes au Salvador, nous l’avons vu trop souvent chez nos filleules, ou dans les consultations de santé primaire. Alors que l’éduction sexuelle figure dans les programmes dès les classes primaires, elle n’est presque jamais enseignée. Quant aux élèves enceintes, les écoles ne les accueillent pas, alors qu’elles le devraient.
pas, que ce soit l’éducation sexuelle, la connaissance des méthodes contraceptives (il faut voir leur vidéo sur la manipulation des préservatifs !), les relations de genre, les masculinités, le machisme, la violence liée au genre (VLG) et, au-delà encore, la culture de paix, la défense des droits humains (et pas seulement « de l’homme »), la protection de l’environnement, l’égalité hommes femmes…
En réponse : un programme d’éducation Avec les partenaires de L’APPEL, nous avons bâti un programme destiné aux jeunes, filles et garçons, aux enseignants, aux parents. « TU DECIDES », qui se dit aussi bien en espagnol qu’en français, c’est le nom d’un groupe d’adolescents qui se réunit deux fois par mois, avec l’animatrice ou un intervenant spécialiste : médecin, juriste, sociologue… Les sujets ne manquent
Des méthodes d’éducation populaire Les techniques interactives, comme les jeux, la danse, le théâtre, sont très utilisées en Amérique Latine. Au Salvador, elles ont beaucoup servi pendant la guerre civile et continuent à être très vivantes dans les secteurs éducatifs non formels comme celuilà. Dès la deuxième année du programme, les jeunes ont voulu communiquer leurs connaissances et ils reçoivent à présent
une « formation de formateurs » pour les transmettre, chacun dans son école ou sa communauté. La radio locale « Balsamo » leur ouvre son antenne chaque semaine pour une émission destinée aux adolescents et très écoutée. Une mobilisation citoyenne Tous ensemble, munis de leur T shirt avec le logo qu’ils ont eux-mêmes dessiné, ils participent aux manifestations : les marches en faveur des droits humains, dans leur région de la colline du baume du Pérou, comme celle du 8 mars pour le jour de la femme ou bien pour l’eau potable et non privatisée pour tous. Anne Feltz
Ile-de-France
Développer des capacités pour s’exprimer, réfléchir sur soi-même et sur son environnement, développer ses relations avec autrui et construire des projets : voilà les objectifs du projet « Jeunes dans la ville devenir citoyen » L’adolescence, un concept récent Dans les sociétés traditionnelles, l’adolescence n’existe pratiquement pas. Des rites bien établis marquent le passage de l’enfance à l’âge adulte. Aujourd’hui en Afrique, de nombreux jeunes vivent en ville et ont du mal à y trouver leur place. Tandis qu’un enfant s’intègre dans les modèles sociaux et culturels de son environnement familial, l’adolescent, lui, découvre d’autres valeurs et élargit ses champs relationnels. Il découvre des possibles mais aussi des limites. Avancer ensemble vers l’âge adulte Outre la scolarité et la formation professionnelle, les adolescents ont besoin de tester leurs relations, leurs envies, leurs rêves, pour se construire, concevoir un projet de vie et donc devenir «acteurs» de leur vie. Pour les accompagner dans ce
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cheminement, L’APPEL collabore avec l’association AKWADA, à Bongor, une ville moyenne au Tchad où la population est très jeune. AKWADA mène des actions dans les domaines du développement, de la culture et de la formation En partenariat avec l’ONG ESSOR, elle expérimente depuis trois ans le «parcours citoyen», destiné aux adolescents. Partage, échanges, citoyenneté et projet de vie sont au cœur de ce dispositif d’éducation populaire. Au constat des effets positifs sur les jeunes, AKWADA et L’APPEL élaborent ensemble un outil qui touchera les adolescents de Bongor et, plus largement, au Tchad et en Afrique Avec les outils d’aujourd’hui, aider les adolescents à réfléchir à leur vie Les jeunes de Bongor ont témoigné de leur vie, de leurs aspirations, de leurs difficultés
Hervé Vincent©
Tchad. Des adolescents, acteurs de leur vie au Tchad et en Afrique. Elisabeth, une des huit jeunes des clips, anime une activité socio culturelle pour des adolescents à Bongor.
dans un reportage* qui est à la base d’une exposition et des clips vidéo. Ces derniers sont destinés à soutenir des rencontres de jeunes ou de parents, au cours desquelles les participants pourront, accompagnés par un animateur dûment formé , identifier leurs propres valeurs, échanger avec d’autres et élaborer des pistes d’avenir. La diffusion de ce travail, au Tchad d’abord, puis ailleurs en Afrique et en France, débutera en septembre 2019. Cette expérimentation et ses effets seront publiés dans un article du journal de l’APPEL. Anne Vincent
Durance *Le témoignage de l’une d’entre eux, Minda, est paru dans le précédent numéro du journal de L’APPEL.
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DE LA CONSTRUCTION AU DÉVELOPPEMENT
Haïti. En quinze ans, L’APPEL a développé l’éducation à La Tortue. LE CRÉOLE, LANGUE MATERNELLE Haïti a deux langues officielles, le créole, parlé par toute la population et le français, parlé par une élite ou par ceux qui ont fait des études. L’enseignement en français, privilégié dès le deuxième cycle, pourrait être la cause d’un désintérêt pour les études et de l’analphabétisme. Des voix s’élèvent pour une poursuite des études en créole, au moins jusqu’au brevet, fin du 3ème cycle.
Grâce aux parrainages, la scolarité de 500 enfants est assurée chaque année et la qualité de l’enseignement a progressé.
Une île très défavorisée La Tortue est une zone rurale, isolée et abandonnée, où l’on vit chichement d’agriculture et d’un peu de pêche. En théorie, l’école devrait être gratuite pour les 12.000 enfants de l’île, comme le dit la constitution haïtienne ; en réalité, pour toute La Tortue, il n’y a que 3 écoles nationales et gratuites et 8 sont en cours de nationalisation. Les quarante autres écoles sont privées et payantes. Trente euros par enfant et par an, c’est souvent trop pour les familles dans une économie de subsistance. Les parrains, qu’ils en soient remerciés, permettent à près de 500 enfants d’aller à l’école et assurent ainsi à leurs maîtres un salaire régulier.
HAÏTI, LA REBELLE : « PAYS LOCKED » Depuis 2018, des manifestations secouent le pays dénonçant la corruption, le scandale du fonds Pétrocaraïbe, le manque de travail et la vie chère et demandant la démission du Président Jovenel Moïse. En février 2019, Haïti a été paralysée pendant onze jours : pas de transports, ni d’essence ; magasins, bureaux, écoles, hôpitaux fermés ; très peu d’électricité. Des gangs en profitaient pour faire parler les armes. Dans ces conditions, la mission prévue en mars était compromise mais la vie a repris un cours plus normal. La mission de L’APPEL a pu se dérouler sans encombre à Port-au-Prince, à l’ile de La Tortue pour l’éducation, l’eau et à Jean Rabel pour l’éducation nutritionnelle. Toutefois, aucun problème de fond n’a été réglé et la situation du pays reste instable.
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villages. L’APPEL a rouvert deux écoles pour eux.
Les conditions matérielles de l’enseignement doivent être améliorées Les locaux scolaires sont assez sommaires, les passages fréquents de cyclones n’arrangent rien et L’APPEL est constamment à la recherche de subventions pour la réhabilitation ou l’agrandissement des écoles. Les livres scolaires sont en nombre insuffisant et doivent être renouvelés. L’APPEL permet l’achat groupé de plusieurs milliers de livres scolaires, dits subventionnés, pour les 50 écoles.
La qualité même de l’enseignement doit progresser
L’école commence dès la petite enfance, à Trou Sardine.
Pour une école de qualité Que les enfants aillent à l’école, c’est bien, mais pour développer l’île, il faut que l’enseignement soit efficace. Cela commence dès la petite enfance. Trop d’élèves entrent tardivement à l’école, ils sont alors « surâgés » et en fort risque d’échec scolaire. Pour pouvoir suivre l’enseignement en français au primaire, il faut que les petits suivent un enseignement en classe maternelle, même s’ils habitent dans des zones reculées. Ainsi à Bois Chandel et Tête de l’île, deux villages isolés à chaque extrémité de l’île, les chemins sont si difficiles que les jeunes enfants ne pouvaient rejoindre les écoles des autres
Les enseignants de La Tortue ne bénéficient ni d’une formation initiale, ni d’une formation pédagogique. L’APPEL accorde aux 150 enseignants qui poursuivent leurs études, le week-end, des demi-bourses et a organisé, pendant cinq années consécutives, une formation pédagogique pour tous les enseignants de l’ile en classes de maternelle et CP. Il y a 50 ans, dans les années 60, il n’y avait qu’une seule école pour toute La Tortue, il y en a maintenant 50 ! C’est un progrès considérable, même si la population a triplé depuis lors. Actuellement les professeurs et les élèves sont tous demandeurs de formation et de connaissances. Seule l’instruction de tous permettra à la population de La Tortue de sortir de la pauvreté. Hubert Chegaray
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DOSSIER
Madagascar. Une école à la campagne… pourquoi est-ce si difficile ?
Très tôt pour les jeunes garçons , le dur travail des rizières.
40 places bien remplies.
Un village de brousse parmi d’autres : Tsiarimpioky, au sud-ouest de l’île. L’école locale, bâtie en terre battue, est en ruines. L’école d’Etat est à une dizaine de kilomètres. Il faut traverser la forêt, à pied, et les parents s’inquiètent pour la sécurité. Le destin d’un enfant ici, c’est l’analphabétisme, c’est aider les parents dans les champs, garder les animaux, piocher la terre. Puis, dès 12 ou 14 ans, se marier.
Construire une école en dur au village, l’école Ketsa À l’initiative d’un groupe d’amis en France, des fonds sont réunis et permettent la construction en dur de deux classes et l’achat de mobilier. C’est la phase d’investissement, mais il faut aussi garantir le fonctionnement de l’école. Comme l’école est privée, l’État malgache ne nomme pas d’instituteur, ne fournit pas de matériel.
Les villageois s’organisent et l’école devient un projet de L’APPEL C’est aux parents de payer, mais leurs revenus sont très faibles. Ils se sont organisés en association « Ketsa », ce qui signifie « jeune pousse de riz » et ont recruté deux instituteurs qui ont le baccalauréat, le programme suivi est le programme d’État, comme les examens qui valideront la scolarité des enfants.
A la rentrée 2019, l’école a accueilli 117 élèves du primaire, 93 filles et 24 garçons, de 4 à 14 ans. Les salles, de 40 places, sont occupées le matin et l’après-midi, par roulement. Il faut maintenant développer le réseau de donateurs pour aider les parents à verser le salaire des enseignants, acheter le matériel scolaire, tout en veillant à la qualité de l’enseignement dispensé.
Aller plus loin Construire … c’est la première étape. Il faut ensuite financer la scolarité d’un enfant, soit 20 euros par an. Avec un don de 100 euros, dont le coût réel pour le donateur est de 34 euros, on couvre les frais de cinq enfants. Avec 50 euros, c’est le salaire mensuel d’un instituteur qui est financé. Et plus tard ? D’autres améliorations matérielles sont souhaitables : une cantine car on ne mange pas toujours à sa faim, des latrines. Et aussi un changement des mentalités : pour que les garçons fréquentent l’école, au lieu de travailler dans les champs, il faut que les familles voient clairement le bénéfice de la scolarisation. Cela dépend à la fois de l’école Ketsa et de la vie économique à Madagascar. Bernard Mabille
Ile-de-France et Martin Remana (à Tsiarimpioky)
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DE LA CONSTRUCTION AU DÉVELOPPEMENT
Tchad. Que dit-on de l’école à Koumogo ? La création de l’école communautaire de Koumogo par Albertine Yondo, présidente du Groupement Féminin, soutenue par L’APPEL, a modifié le regard des villageois sur la scolarisation et a apporté ses bienfaits à la communauté toute entière. A l’ombre devant l’école, réunion du groupement féminin.
De la construction à la reconnaissance Depuis 2006, les classes, du pré-CP au CM2, ont été toutes hébergées dans des bâtiments en briques dures, construits avec l’aide de L’APPEL. L’État, reconnaissant la pérennité de cette école comme ECA (École Catholique Associée), y a nommé et rétribué un directeur et trois enseignants.
L’implication des parents « Les parents trouvent qu’à l’ECA, c’est un enseignement de qualité pour la formation intégrale de l’enfant » : convaincus, comme François, de l’intérêt de l’école, les parents cotisent davantage et plus longtemps pour qu’un collège soit aussi ouvert. Depuis 2015, progressivement, les quatre niveaux du collège ont été créés dans les locaux mêmes de l’ECA (utilisés l’après-midi, après les primaires). Ils sont 93 collégiens dont 37 filles. La première promotion va présenter le BEF (Brevet d’Études Fondamentales) en juin 2019. Un parent a remarqué « depuis la création de l’école de Koumogo, le village est dynamisé! Les familles se projettent dans l’avenir ». Alors qu’avant, croyant que l’avenir des enfants était plutôt dans les champs à être « utiles », les familles ne voyaient pas trop l’intérêt d’envoyer les enfants dans l’école publique très surchargée et inefficace. Elles sont maintenant très motivées pour faire des sacrifices et économiser en prévision des études de leurs enfants.
Témoignage Jeanne Michèle, 11 ans, a fini première de sa classe de CM1 avant d’être acceptée dans un des meilleurs collèges-lycées du Tchad en 2018. Sa mère dit : « Ma fille a un esprit ouvert et elle pense pour elle-même. Je suis sûre qu’elle a ces capacités grâce à l’éducation dont elle a bénéficié dans l’école communautaire de Koumogo. Elle n’aurait jamais eu cette chance dans l’école publique où elle aurait été parmi cent et quelques autres élèves, dans des paillottes avec l’incertitude de la durée des cours car ils sont souvent interrompus par le mauvais temps ou les grèves ».
Et au-delà de l’école... Aux yeux des villageois, l’impact de l’école est notable à plusieurs égards. Les enfants sont de plus en plus nombreux à poursuivre leurs études supérieures (au moins une vingtaine à Koumogo). Les filles, très sensibilisées, retardent l’âge du mariage ; elles sont de plus en plus nombreuses à refuser l’excision et elles en sont fières ! Marcelle Brown-Scheidig
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DOSSIER
Burkina Faso. L’école de Karma : l’histoire d’une réussite La base de cette réussite : la cohésion du village, la volonté et le soutien des parents d’élèves, associés à tous les travaux, la motivation des maitres, l’enthousiasme des élèves et l’action de L’APPEL, patiente et continue, dans la confiance réciproque et sans jamais imposer quoi que ce soit.
Notre école est belle , on prépare les couleurs pour la décorer !
Un village de brousse Karma compte 2.000 habitants musulmans, en zone difficile, au nord du Burkina, à l’ écart des routes et sans électricité. L’école est devenue le pilier de notre action, dès que les besoins alimentaires les plus urgents ont été satisfaits, notamment par la création de jardins potagers, de forages et de puits.
Une école publique en pleine expansion Depuis 15 ans le nombre d’élèves a doublé, passant de 130 à 262, avec 50% de filles, le nombre d’enseignants est passé de 3 à 6, celui des bâtiments de 1 à 4. Les programmes et les examens sont ceux de l’Etat tchadien. Depuis quatre ans tous les des CM2 ont réussi le Certificat d’ Études, obligatoire pour passer en sixième. En 2018, c’est une fille de Karma qui a été classée première de tous les élèves de la commune qui comprend 22 villages. Chaque année depuis 15 ans, nous finançons plus de 20 bourses scolaires pour permettre aux familles démunies d’envoyer leur enfant au collège. Plusieurs ont ainsi pu atteindre le niveau du baccalauréat ou même davantage.
Comment ces résultats ont-ils été obtenus ? C’est une histoire qui s’inscrit dans la durée : un forage pour alimenter l’école et son jardin potager pédagogique, la rénovation d’un grand bâtiment et la construction de deux autres, la création d’une bibliothèque enrichie chaque année, l’installation de latrines, d’une cantine, de l’électricité solaire dans deux classes. Ces dépenses d’investissement cumulées représentent plus de 60.000 euros. Chaque année nous soutenons la cantine, achetons des fournitures scolaires, et contribuons à l’élevage de poules par les élèves. Les maitres ont également reçu une formation au développement durable. Quant aux mamans, elles ont bénéficié d’alphabétisation, dans le cadre d’une « Maison des Femmes ». Ces dépenses de soutien s’élèvent à 2.500 euros par an. Ce financement, souvent difficile à réunir, est vital pour les enfants de Karma et pour le village. Nous souhaitons, malgré la difficile situation sécuritaire de la région, augmenter les effectifs d’une centaine d’élèves. Jean Loireau
Salut, l’artiste !
LA SITUATION AUX ENVIRONS DE KARMA Des attaques djihadistes contre les écoles publiques qui enseignent selon les programmes nationaux, et en français, langue officielle, ont lieu depuis 2017. Les pressions exercées ont amené la fermeture de centaines d’entre elles. En parallèle, un soutien extérieur permet l’ouverture d’écoles coraniques, qui assurent un enseignement religieux et celui de la langue arabe. Le rôle de L’APPEL n’est pas de prendre parti mais d’assurer un avenir aux enfants dans leur pays, alors que beaucoup n’envisagent que l’exil, au milieu des dangers que l’on connaît.
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LA SANTÉ À L’ÉCOLE
À l’école, on peut aussi apprendre à rester en bonne santé Balai Santé et Nutricartes® sont des méthodes pédagogiques élaborées par L’APPEL et destinées aux mamans, pendant leur grossesse ou la petite enfance de leur bébé. Il s’agit de prévenir ou de guérir la malnutrition et les maladies diverses qui l’aggravent. Pourquoi ne pas commencer dès l’école ? Les Nutricartes® à l’école : bien s’alimenter et apprendre à compter Lors des séances organisées pour les mamans, de nombreux enfants et adolescents ont participé avec pertinence. D’où l’idée de proposer cet outil pédagogique à des écoles qui en manquent souvent cruellement. A Madagascar, une école maternelle a utilisé le loto des aliments pour un atelier langage, doublé d’une initiation aux qualités des aliments représentés. Au Tchad, le jeu a été utilisé en primaire pour développer le vocabulaire, initier aux bonnes habitudes alimentaires et d’hygiène, ainsi que pour des calculs concrets : quel est le prix des friandises proposées à la sortie de l’école ? et si on le compare avec celui d’une poignée d’arachides ? ou d’une banane ? Si un bouchon d’eau de javel permet de purifier 10 litres d’eau, quel sera le prix de revient d’une bouteille de 0.5 l. d’eau purifiée ? Dans les cantines scolaires, le jeu également a permis de former les cuisinières à l’art d’équilibrer les repas sur la semaine.
Le Loto des aliments, c’est aussi pour les petits, à Madagascar.
Le Balai Santé voyage : Du Burkina Faso au Togo et à Haïti Au Burkina, après les actions réussies au Dispensaire Trottoir et au Lycée Marie Adélaïde de Sicé, un nouveau groupe scolaire privé s’est emparé des méthodes Balai Santé et Nutricartes®. : l’école Marin Brugmans de Bobo Dioulasso. La «mise en classes» s’est effectuée presque aussitôt dans le primaire, tant ses éducateurs ont été conquis par cet outil. Dans la région de Notsé au Togo, une association de promotion de l’éducation pour la santé en milieu rural, APESMIR, a sollicité L’APPEL pour améliorer la santé de 5.000 élèves au sein de sept écoles primaires. Au programme : formation des enseignants pour une éducation à la nutrition et à l’hygiène en utilisant les deux jeux ; aménagements d’infrastructures : cantines, jardin potager, latrines, points de lavage des mains ; spectacles de rue et émissions de radio à l’intention des parents et de la population. Nous sommes pour le moment au stade de la recherche de financements… A Haïti, c’est Anne Sarah, étudiante en sciences du langage et communication, originaire de l’île, qui a emporté le Balai Santé dans ses bagages. Elle l’a présenté dans plusieurs écoles et associations au cours d’une campagne d’éducation pour la santé. Revenue enchantée de la réception de l’outil, elle souhaite en faire son
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Des écoliers haïtiens à Jacmel, en pleine séance de Balai Santé. mémoire de master portant sur la force des images pour inciter les enfants et les populations à changer de comportement. Échanger autour des images pour aborder les coûts des mesures proposées en comparaison avec les coûts des traitements et hospitalisations pour maladies, telle est la démarche. Par l’intermédiaire des enfants, elle se diffuse dans les familles, au bénéfice des frères et sœurs ; elle changera sans doute aussi leur approche de l’alimentation et de l’hygiène quand ils seront eux-mêmes parents. Soit une efficacité immédiate et à plus long terme. Brigitte Audras
et Joëlle Nicolas
Ile-de-France Nutricartes
Montpellier Balai Santé
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