Association de solidarité internationale
Au Togo, au Tchad, en Haïti… les enfants au cœur du développement PUBLICATION TRIMESTRIELLE • N° 171 • DÉCEMBRE2018
Sommaire
LE LIVRE DES CINQUANTE ANS EST PARU ET DISPONIBLE
A LIRE
J Éditorial................................. 3 J Deux questions : • Les enfants et la migration en Amérique centrale ............ 4 • Les grossesses adolescentes au Burkina ......................... 6 J Haïti • Témoignage........................ 7 • Nouveau programme ......... 8 • Séisme du 8 octobre .......... 9
Le numéro de la revue MT Pédiatrie, volume 21 N° 3, vient de sortir. Il y a en page 172 une présentation de L’APPEL et un article sur les Nutricartes® de Paul Sanyas et Brigitte Audras. A citer aussi un article de Nathalie Charpak sur les bébés kangourou et un autre sur l’aide aux enfants d’Haïti.
Le livre de L’APPEL, publié à L’HARMATTAN, reste disponible. Possibilité de commande directe au secrétariat de L’APPEL (26 €).
INFORMATION IMPORTANTE POUR LES DONATEURS
J Rwanda • Parrainages ...................... 10
Prélèvement à la source et réduction d’impôt pour les dons à L’APPEL. Comment ça marche ?
J Togo • Dessiner un futur pour les enfants sourds ........... 12
Le prélèvement à la source entre en vigueur le 1er janvier 2019. Le dispositif de déduction fiscale des dons reste inchangé : la réduction de l’impôt est de 66% du montant du don (dans la limite de 20% du revenu imposable). Un don de 50 € ne coûte en définitive que 17 €. Quand bénéficierez-vous de la réduction d’impôt ? Vous bénéficierez en janvier 2019 d’un acompte égal à 60% de la réduction d’impôt de l’année précédente (réduction de l’impôt payé en 2018 sur revenus 2017). Ainsi, pour un couple qui effectue chaque année 1.200 € de dons à L’APPEL (organisme d’intérêt général), la réduction d’impôt (66%) est de 720 € ; en janvier 2019, 60%, soit 432 €, seront déduits des impôts prélevés à la source; quant au solde, 40%, soit 288 €, il sera déduit de la régularisation définitive de l’impôt en septembre 2019. Si vos versements de 2018 ont été différents de ceux de 2017, la régularisation en tiendra compte en septembre 2019.
J Burkina Faso • Le Dispensaire Trottoir .... 13 J Tchad • Comment se bâtit un partenariat ....................... 14 J Invitation............................. 16
FAIRE UN LEGS À L’APPEL ?
Photo de couverture : © E.S.T. « Samuel, un enfant sourd du Togo que nous avons pu appareiller »
89, avenue de Flandre Boîte n° 9001 - 75019 Paris Tél. : 01 42 02 77 78
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Formuler une telle demande a toujours quelque chose d’embarrassant… Et pourtant… vous pouvez souhaiter prolonger au-delà de votre vie les dons que vous faites déjà pour soutenir les enfants. Vous qui suivez et aimez nos actions, vous pouvez faire un legs à L’APPEL : il suffit de vous adresser à votre notaire.
Site : www.lappel.org
Directeur de la publication Patrick Larmoyer
E-mail : association@lappel.org
avec la collaboration de Madeleine Le Moullec
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Réalisation COPITEXTE ZA des Portes de la Forêt 14 Allée du Clos des Charmes COLLEGIEN 77615 MARNE LA VALLEE CEDEX 3
Commission paritaire N° 0912 H 84899 ISSN 0398 6039
ÉDITORIAL Au cours de cette année 2018… nous vous avons beaucoup parlé de nos cinquante années d’existence, de ce qui a été fait dans nos trois domaines d’intervention que sont la Santé, l’Education et l’Amélioration des conditions de vie. Et ce, avec de belles réussites, des partenaires jeunes et dynamiques dans les pays où nous intervenons, désireux de prendre en mains l’avenir de leur pays. Mais la dure réalité c’est également ce que le journal Le Monde daté du 17 octobre dernier nous livre dans un article intitulé « Mourir avant quinze ans, une tragédie très africaine ». On y relève que, passé l’âge de cinq ans, un enfant a vingt fois plus de risques de mourir avant ses quinze ans qu’un enfant européen, en raison des maladies telles que les diarrhées, les infections respiratoires, la rougeole, la méningite, le paludisme, la tuberculose et le sida. Une bonne partie de ces décès prématurés pourrait être d’autant plus aisément évitée que la plupart de ces jeunes passent par un même lieu, idéal pour la prévention : l’école. La lutte contre les vers parasites intestinaux, la promotion des moustiquaires imprégnées d’insecticide, l’éducation à un mode de vie sain ou encore les programmes de vaccination et de nutrition sont quelques exemples des interventions sanitaires à mener en milieu scolaire. Plus de la moitié des pauvres dans le monde vivent en Afrique. C’est la catégorie qui a le plus de difficultés d’accès à l’éducation, aux soins et à l’eau potable. A L’APPEL, nous continuons à agir, à ne pas relâcher nos efforts, à mener de nouveaux projets de développement adaptés aux réalités du terrain, à rechercher des sources de financement pour conduire nos actions. Vous qui nous aidez déjà par vos dons, que pouvez-vous faire de plus ? Parlez autour de vous de notre association et du travail que nous réalisons ! Devenez nos « ambassadeurs » pour développer notre réseau de sympathisants !
Arlette Le Nôtre Présidente de L’APPEL
L’APPEL est une association de solidarité internationale non confessionnelle qui mène depuis 50 ans des actions en faveur des enfants et de leur communauté dans : • trois domaines : la santé, l’éducation et l’accès à l’eau/conditions de vie • onze pays : Burkina Faso, Congo Brazzaville, Haïti, Madagascar, Niger, Pérou, Rwanda, El Salvador, Tchad, Togo, Vietnam. L’association réalise des projets de développement grâce à une centaine de professionnels bénévoles (médecins, personnels de santé, enseignants, ingénieurs, travailleurs sociaux…), permettant que l’essentiel des dons parvienne aux enfants. Répondant aux problèmes précis soulevés par ses partenaires locaux, L’APPEL met l’accent sur la proximité sur le terrain, grâce à des programmes évolutifs et adaptés, au plus près des enjeux et des réalités. Mais aussi avec ses donateurs, car donner, c’est accorder sa confiance, permettre un progrès, un développement. L’APPEL est une association à l’écoute des enfants, des familles et des donateurs. Chaque enfant reçoit, les soins et l’attention qui lui sont nécessaires pour grandir parce que chaque enfant est unique.
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AMÉRIQUE CENTRALE Les deux questions que nous traitons ici, celles des migrations et des grossesses adolescentes, ne paraissent généralement pas directement traitées, sauf à la marge, dans les programmes que nous développons sur le terrain. Question de moyens sur des sujets d’une telle ampleur. Mais, pour concrète que soit notre démarche (actions ciblées en osmose avec les acteurs de terrain) elle n’en rencontre pas moins ces grands problèmes : se préoccuper de l’éducation -et des filles en particulier-, former à des métiers, accompagner des actions ciblées de développement dans des contrées très pauvres, parrainer des adolescents etc. Dans toutes leurs actions nos bénévoles sont régulièrement confrontés et tentent de porter remède à ces plaies du tiers-monde : la grande misère sexuelle des adolescents et l’émigration comme seule issue possible à des conditions de vie insupportables. C’est pourquoi nous les abordons de front aujourd’hui (pages 4 à 6).
Les enfants et la migration en Amérique Centrale
L
es programmes d’aide aux populations migrantes du Honduras, du Guatemala, d’El Salvador et du sud du Mexique racontent de nombreuses histoires de vie d’enfants.
sur pied le voyage et arriver jusqu’à la frontière nord du Mexique pour se faire rejeter et raccompagner, sans le sou, menotté, épuisé. Le sort des mineurs
Jusqu’à ces dernières années les migrants en direction du rêve nord-américain, se dirigeaient vers les Etats Unis, plus rarement le Canada, et c’étaient surtout les hommes qui partaient, dans l’espoir d’envoyer des remesas à la famille. Des femmes aussi, seules ou en couple. Les enfants restaient « au pays », le plus souvent avec la grand-mère, cas fréquent car beaucoup d’enfants sont élevés par la grand-mère, souvent encore jeune pour les premiers petits enfants. Dans le meilleur des cas, si le ou les parents trouvaient un travail et envoyaient des remesas, la vie matérielle était un peu adoucie, mais ils avaient peu de nouvelles et ne savaient pas si leur père ou mère ou les deux reviendraient. D’autres situations étaient moins favorables, que ce soit la mort en route, l’exploitation ou l’extorsion et finalement le renvoi (déportation dit-on en anglais et en espagnol), cet échec si dur à ressentir après les souffrances qu’il a fallu endurer pour décider, mettre
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Certains enfants ne supportent pas cette séparation, la famille d’accueil ne pouvant pas bien les entourer. Ou certains parents, si le couple était parti, désirent les rapprocher d’eux et c’est ainsi que de nombreux enfants se sont mis en route seuls. Ce sont les mineurs non accompagnés dont le nombre a rapidement augmenté en 2014. Ils partent avec un passeur (coyote) très cher payé : 10.000 $, qui quelquefois les aide bien (il y a de bons passeurs) et parfois en abusent. Certains sont très petits : de quatre à sept ans, emmenés par un grand frère ou une grande sœur. Une fois aux USA, s’ils y parviennent après tous les risques de maladie, violence, exploitation sexuelle, malheureusement la réalité est parfois plus sinistre : s’ils n’arrivent pas à rejoindre leur famille, ils sont arrêtés avant et mis dans des camps, présentés par certains Américains comme des « colonies de vacances » !
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Fuir la menace Sachant cela, de plus en plus de parents tentent d’emmener leurs enfants. C’est souvent le cas de migrants forcés par la violence qu’ils subissent au quotidien. C’est en particulier le cas au Salvador où les bandes violentes de mareros décident d’occuper un logement et menacent les familles jusqu’à ce qu’elles fuient, parfois à l’intérieur du pays, parfois à l ‘étranger. Dans d’autres cas ce sont les enfants qui sont menacés, des adolescents garçons que les maras veulent recruter sous menaces de mort, ou de très jeunes filles qui risquent d’être enlevées. Là encore c’est toute la famille qui s’enfuit, loin et secrètement. Plus récemment, au Nicaragua, les violences politiques poussent des familles à l’exil. Les actualités ont fait connaître au monde entier les déclarations de Trump ordonnant de séparer les enfants de leurs parents puis, devant le tollé général, revenant sur ces ordres et décidant de les mettre plutôt en prison avec les parents ! On estime que 2 500 enfants ont été séparés et que seulement 500 ont été retrouvés après ce revirement.
© OIM (organisation internationale pour les migrations) octobre 2018.
AMÉRIQUE CENTRALE
Que va-t-il advenir ? Comment réunir parents et enfants ? Et quid de ceux qui arrivent en nombre dans les caravanes ? Les « retournés » Autre groupe d’enfants : ils sont fils et filles de migrants, ont toujours vécus au USA, mais leurs parents, sans papier, sont « retournés » manu militari après avoir vécu des années aux USA. Le cas est devenu de plus en plus fréquent depuis la présidence de Trump. De nombreux centre-américains, qui avaient eu la chance d’arriver au but de leur exil, ont trouvé du travail et se sont fixés, ont fait souche et ont eu des enfants qui, eux, ne connaissent pas leur pays d’origine, parfois même pas la langue tandis que leur père ou leur mère ou les deux doivent leur être arrachés et renvoyés « chez eux ». Les caravanes Quelles que soient les causes de détresse, l’extrême pauvreté, la faim, la violence, les catastrophes naturelles, ce sont toujours les plus faibles et parmi eux les enfants qui trinquent le plus. Et c’est à cause de l’exaspération et de
l’absence de solution visible qu’apparait la dernière technique de migration, la caravane. A partir d’un appel sur Facebook, vite relayé, des caravanes se sont formées depuis mi-octobre. Deux sont parties du Honduras, puis deux du Salvador. A l’heure où j’écris ces lignes, car tout va très vite, elles sont composées d’hommes, de femmes et d’enfants de tous âges. Le quart d’entre eux sont des enfants et adolescents. Ils sont prêts à parcourir 4 000 km à pied, bravant tous les dangers, pour s’élancer vers le rêve du nord. Les premiers ont déjà franchi la Guatemala, la frontière avec le Mexique et là, la progression devient plus compliquée. Un pont suivi d’un poste de douane sert de goulot d’étranglement : au début ils ont traversé la rivière à gué ou sur de grosses chambres à air noires surmontées de planches. Mais la police et l’armée mexicaines ont fait barrage à ces tentatives et ils doivent tous passer par le pont entre Ciudad Hidalgo et Tecun Uman. Ils sont concentrés au sud du Mexique d’où ils peuvent demander une autorisation de séjour, mais cela prend 45 jours.
Nous en sommes là, au Mexique, en route pour Mexico puis la frontière des Etats Unis où, selon Trump, 15 000 soldats sont massés pour les attendre. Que va-t-il se passer ? que souhaiter pour eux ? et comment les aider ? Certains rentrent déjà ou seront « retournés », certains resteront au Mexique, d’autres réaliseront leur rêve. A l’APPEL, nous travaillons plutôt sur les conditions de vie au pays, ce qui peut les aider à ne pas se lancer dans cette équipée risquée, mais certains filleuls ou leur famille ont dû fuir la violence, soit à l’intérieur du pays, soit à l’extérieur. Peut-être avons-nous des filleuls dans les caravanes, il est trop tôt pour le dire. Où qu’ils soient, protégeons les enfants.
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Violaine Duflo L’APPEL Ile-de-France
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BURKINA FASO
« Je ne scolariserai plus ma fille tant que rien n’est fait ! » Collégiennes et futures mamans ? Les interrogations de la société burkinabé.
D
ans un article paru en octobre 2018 dans le quotidien Burkina 24h (1), une journaliste rend compte d’une réunion récente des leaders communautaires de Dokuy organisée par l’Union des Coutumiers et Religieux du Burkina (UCRB), avec le soutien de l’ONG Save the children, consacrée au problème des grossesses non désirées subies par des collégiennes. L’un des présents, cultivateur dans le Kossi et père de 20 enfants, prend la parole pour expliquer les raisons qui, selon lui, poussent certains parents à marier très tôt leurs filles: sur ses six filles actuellement au collège, quatre sont revenues au village «enceintées». Bon musulman, cet homme juge inadmissible que les sacrifices financiers qu’il a consentis pour les scolariser soient ruinés par « des bons à rien » qui, en humiliant les familles, les forcent à retirer leurs enfants de l’école. Il dénonce aussi l’insuffisance des infrastructures scolaires, qui contraignent les enfants à partir étudier loin de leurs parents, et le manque d’encadrement dans les écoles. Il réclame une loi qui permette de châtier les suborneurs, responsables de grossesses non désirées. Au cours du débat, le vieil homme a été interpellé sur sa propre responsabilité en tant que père de famille. « Les enfants n’écoutent plus les vieux, a-t-il répondu, on ne tient même pas compte de ma barbe blanche ! »
Le responsable provincial de l’UCRB lui a répondu qu’une adolescente qui aurait reçu de ses parents ne serait-ce qu’un seul conseil concernant la sexualité, saurait mieux se défendre si on tentait d’abuser d’elle. Dans le cadre de nos parrainages, aussi. Nous avons eu à connaître des cas de jeunes filles obligées d’arrêter leur scolarité parce qu’elles étaient enceintes. La question de la sexualité est trop rarement abordée au sein des familles, y compris parmi les plus éduquées. Elle est quasiment taboue dans les écoles et les associations de jeunesse, trop soucieuses de ne pas se mettre à dos les familles. Suspendre la scolarité d’une jeune fille pour raison de grossesse est, de notre point de vue, une solution très pénalisante pour elle, mais qui s’impose dans un contexte où les familles paient des frais de scolarité qui tendent à augmenter : l’écolage au Burkina avoisine actuellement les 50.000 francs CFA par an pour le primaire et les 80.000 frs pour le secondaire. Enfin, si choquante qu’elle soit pour l’honneur familial, la grossesse non désirée d’une fille peut aussi déboucher sur une transaction bénéfique, soit que le suborneur accepte de payer un dédommagement, soit qu’il soit convaincu d’épouser celle qu’il a « enceintée ».
Le phénomène des grossesses précoces chez les adolescentes du Burkina Faso Il a certes des causes éducatives, économiques, dans un pays où l’accroissement de la démographie prend de court les politiques scolaires et familiales. Il a probablement aussi des composantes psychologiques complexes, souvent inaperçues des jeunes filles qui en sont victimes. Pour certaines, être enceinte, c’est aussi accéder à une image de soi plus valorisée. Parmi les quelques cas de grossesses précoces que nous avons rencontrés dans nos parrainages, y compris parmi nos filleules affectées par le VIH, l’impression dominante n’était certainement pas celle de la honte et de l’affliction, mais plutôt celle d’un défi qui s’ajoutait à ceux de l’abandon et de la maladie et pouvait s’entendre comme le désir, il est vrai paradoxal, de prendre les devants et d’assumer d’emblée sa propre destinée de femme.
Michel Collomb L’APPEL Montpellier
(1) Consulté sur la Revue Hebdo d’Actualités du Burkina 169 (du 17 au 24/10/2018) Alain Rabiot.
Au Burkina, le taux de fécondité est de 5,5 enfants par femme (2,42 dans le monde et 1,58 en Europe). Dans la ville de Bobo Dioulasso, où sont implantés nos parrainages, la croissance de la population urbaine est de 11% par an. La ville atteindra bientôt un million d’habitants et ses équipements sont très inférieurs aux besoins des habitants.
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HAÏTI Témoignage
Deux bénévoles de L’APPEL au service de la formation des enseignants de la région de Jean Rabel Pourquoi L’APPEL s’intéresse-t-elle à la région de Jean Rabel ? Au nord-ouest d’Haïti, cette zone est appelée « Far West » : difficulté d’accès routier, situation économique précaire, climat chaotique, insécurité alimentaire, récent séisme… Comment s’étonner que l’éducation passe au second plan pour beaucoup de familles ? Et pourtant rien n’évoluera sans éducation … Or la formation des maitres est déficiente, les classes sont surchargées, le matériel didactique manque. Il faut de profonds changements et cela commence dès la petite enfance. Passer des plans du ministère aux évolutions concrètes. C’est le défi que l‘association locale ADEMA veut relever et elle a demandé à L’APPEL une mission de formation des instituteurs de préscolaire. Un document officiel existe depuis décembre 2017. Il s’agit d’accompagner un changement très profond de la place de la petite enfance dans le système éducatif haïtien. Notre contribution à la formation. Elisabeth Arend et moi, formatrices de l’Education Nationale en France, à présent en retraite, avons préparé un stage pour les 23 monitrices du secteur. En nous appuyant sur les besoins du jeune enfant, nous leur proposons le jeu comme
Christine au contact des réalités haïtiennes. De grosses valises En France, je fabrique et je rassemble des jeux : sacs, poupées avec leurs habits, crayons, documents pédagogiques ; Elisabeth en fait autant de son côté : quatre sacs de 22 kilos ! Puis c’est l’aventure… Port au Prince. La chaleur, une foule impressionnante, des voitures partout, des routes encombrées, des déchets, une odeur inexprimable… Couleurs, fatras. Des
Créer des jeux avec les moyens du bord.
méthode d’apprentissage : l’enfant apprend beaucoup, dans de multiples domaines, en manipulant. Il faut aussi partir du créole, la langue familiale, pour favoriser les rapports des parents et des petits avec l’école. Le français, langue de l’école, s’apprend à des moments pédagogiques précis… De riches moments d’échange. Les monitrices, d’abord déroutées, se sont mises au travail avec rigueur. Elles manquent de supports pédagogiques et les livres en
Haïtiens vendent des tas de petits riens, la pauvreté saute aux yeux. Mais où sont les enfants ? Ils suivent les mères, pieds nus dans la rue. Quand les parents peuventils s’occuper d’eux ? Quel sens peut avoir l’école pour eux ? Comment faire beaucoup… avec rien ? C’est le défi quotidien à Jean Rabel. Au marché, des femmes viennent à notre rencontre pour nous demander de l’argent pour leurs enfants malades : « Viens blanc, j’ai besoin d’argent… » Pour aller y vendre, peu de choses le plus souvent, les Haïtiens se déplacent avec leurs mules, à pied avec un panier sur la tête ou bien en motos qui foncent au milieu des trous, avec trois, quatre, cinq
créole sont trop rares. Nous avons apporté des jeux, nous leur avons montré que ces jeux peuvent se fabriquer avec des éléments de la nature et que le fonds des chants populaires en créole est une mine d’apprentissages. A la fin du stage, les monitrices ont obtenu un certificat de stage, un document très important pour elles. Les locaux d’ADEMA seront pour elles un centre de ressources pédagogiques. Christine Masson L’APPEL Ile-de-France
passagers, avec des bébés, des femmes enceintes. A l’école, 40 à 50 élèves par classe, pas de tables, ni de livres, ni de papier, peu de crayons. Un salaire faible et aléatoire, pas de structures de formation. Eh bien, on peut inventer un parcours de gym avec des bâtons et des pierres, faire des marottes avec des feuilles de bananier, faire de la musique sans instrument, apprendre à compter avec des bouchons de plastique…. Ne pas baisser les bras, créer, faire avancer le système éducatif, ce sont des objectifs ambitieux pour ces institutrices. Qui d’entre nous a le plus appris au contact de l’autre ? Elles ou nous ? »
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HAÏTI
L’APPEL rejoint un nouveau programme en Haïti
Ce projet est né d’un constat : l’absence dans l’agglomération de Kenscoff, non loin de Port au Prince, de lieux d’échanges entre parents, enfants et professionnels pour parler de l’évolution et du développement des enfants. D’où la création en 2015 du centre de Protection Maternelle et Infantile de Fort Jacques avec, au cœur des priorités, la Prévention, la Nutrition et l’Education à la santé.
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L
a PMI est un lieu privilégié d’observation du lien mère-enfant et répond aux interrogations des parents sur le développement, l’accompagnement nutritionnel et le bien être affectif de l’enfant. Une initiative capitale dans un pays où l’indice de santéprévention est le plus bas de la Caraïbe. Ce projet découle de rencontres entre parents et professionnels, Haïtiens ou non, qui ont su travailler ensemble à la mise en place d’un lieu pour la promotion de la santé en Haïti. C’est tout un réseau de professionnels en France, en Haïti et ailleurs qui sont mobilisés dans l’accompagnement de cette initiative locale. Tous les ans une équipe de médecins, psychologues, infirmières, puéricultrices, professeurs des écoles, sage-femmes, part en mission sur le terrain pour appuyer l’équipe locale et former aux questions de santé et de développement. L’initiative est totalement bénévole, chacun met de son temps, de ses moyens humains ou financiers pour soutenir KOREVI*, notre partenaire local qui gère le projet avec ses modestes ressources. Développer la prévention Le centre de PMI accueille les parents avec leurs enfants, les mamans seules et, de plus en plus, de jeunes mamans adolescentes. Nous travaillons aussi avec les agents de santé communautaire pour des actions de prévention dans des localités qui n’ont pas accès au service de santé ou sont trop éloignées des transports en commun. En Haïti, l’offre de soins apparaît comme
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inaccessible pour beaucoup de familles, par manque de moyens. Le recours aux services des urgences des hôpitaux (l’hôpital de Fermathe ou le centre de santé de Kenscoff) se fait souvent trop tardivement, quand la situation devient critique. Haïti accuse le taux de mortalité infantile des moins de cinq ans parmi les plus élevés dans les Amériques, soit 88/1000. Malgré ce constat, la prévention reste encore le parent pauvre du système de santé haïtien. En s’implantant au sein même de la localité, la PMI de Fort Jacques, accessible aux plus démunis, plus vulnérables et plus exposés, pallie le manque d’infrastructures en prévention primaire. Dans les consultations, on aborde aussi bien les aspects médicaux, psychologiques que l’environnement social et familial de l’enfant. Les actions de prévention en périnatalité visent à apporter une attention particulière à la santé et plus généralement aux conditions de vie des femmes, notamment à travers la réduction de la violence dans les foyers. Ces populations sont particulièrement exposées à des risques sanitaires, aux seismes et aux catastrophes naturelles : la PMI les sensibilise à la prévention de ces risques dans la vie courante. A nouvelle action nouveaux moyens nécessaires…Votre aide sera la bienvenue** D’avance, merci ! Myrvine Marcelin L’APPEL Ile-de-France *Korevi est un mot créole qui signifie « soutenir la vie » **par chèque à L’APPEL ou en ligne http://lappel.org avec la mention « PMI Haïti » ou « PMI Fort Jacques »
HAÏTI
Des nouvelles de l’île de La Tortue atteinte par un séisme le 6 octobre 2018
L
e samedi 6 octobre 2018 à 20h10, un séisme de 5,9 sur l’échelle de Richter s’est produit à la pointe Ouest de l’ile de La Tortue. Il n’y a eu ni blessés graves ni dégâts importants à l’ile de La Tortue. Mais sur la « grande île » le bilan est de 19 morts, 350 blessés et 353 maisons détruites dans la ville de Port de Paix, le port d’où partent les bateaux pour La Tortue, et aussi dans les terres, à Gros Morne. La secousse de sept longues secondes est intervenue en pleine nuit alors qu’il pleuvait…Le dimanche deux répliques d’importance ont été ressenties, il était impensable de regagner les habitations. Pas de panique et une grande solidarité entre les habitants. Nos partenaires à La Tortue, Jacquelin Louis et Laurençaint Rosius, nous ont dit être traumatisés psychologiquement avec un sentiment de peur récurrent dû aux nombreuses répliques. Un stage de formation à la prévention des risques sismiques est organisé par l’ambassade de France auquel sont inscrits nos partenaires : Jacquelin, Président d’ACCF et Rénald, Président d’ADETOM.
A La Tortue les murs de cinq écoles sont fissurés, par contre les 1.000 citernes construites par ACCF et L’APPEL sont toujours étanches… L’ile de La Tortue et Cap Haïtien se trouvent sur la faille Nord d’Haïti. Il y a 176 ans le tremblement de terre de 1842 a totalement détruit les villes du Cap Haïtien, Fort Liberté et Port de Paix. Il reste difficile de savoir si le tremblement de terre du 6 octobre 2018 est le prélude à une période de forte activité. La menace sismique au niveau des plaques caribéennes est réelle. A Port-au-Prince situé sur la faille Sud, les tremblements de terre de 1751, 1770 et, 240 ans plus tard, de 2010, ont à chaque fois détruit la ville. Seule la prise de conscience de la mémoire de ces catastrophes peut permettre de limiter les dégâts, en généralisant les constructions antisismiques. Nous avons assuré nos partenaires de l’ile de La Tortue de notre solidarité. Hubert Chegaray L’APPEL Ile-de-France
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RWANDA
Nos parrainages au Rwanda : bilan et perspectives Au Rwanda, les filleuls de L’APPEL grandissent et progressent. Ceux qui vont passer le concours national ont une idée bien précise de leur avenir. C’est normal car ils ont tous été amenés à exprimer leur choix pour les trois années de spécialisation qui précèdent l’examen terminal, équivalent de notre bachot.
N
os échanges se font rarement en français car nos filleuls parlent bien mieux l’anglais, devenu langue de l’enseignement secon-daire. Les plus jeunes ne s’expriment que dans leur langue, le Kinyarwanda, et ce sont nos amis de L’APPEL Rwanda qui traduisent. Ils se plaignent rarement de problèmes de santé, nous disent souvent les difficultés familiales, les soucis pour leurs parents directs, ou indirects la plupart du temps. Ils ont été recueillis par des grands-parents vieux et fatigués.
Avec la fanfare de Kiruhura, venue nous accueillir avec sa chanson fétiche : « Amis de L’APPEL soyez les bienvenus », en pull vert Théophile qui veut devenir médecin ophtalmologue et derrière lui Déogritas, futur professeur de lettres, promet-il…
Des projets d’avenir
obtiennent un travail. Bien sûr ce sur quoi nous les interrogeons le plus c’est sur l’idée qu’ils se font de leur propre avenir. Notons que les filles sont beaucoup plus nombreuses : 49 pour 31 garçons. Sur quarante filleuls interrogés cette année, il y avait sept candidats bacheliers : Francine veut devenir ingénieur dans le traitement de l’eau, Betty aimerait trouver un poste dans une banque, Déogritas se projette vers l’enseignement, James voudrait être journaliste, Patrick vise le diplôme d’ingénieur informaticien dans la programmation, Jean-Paul se voit médecin généraliste et sa sœur Erika infirmière ou sage-femme.
Le parrainage collectif s’arrête après l’examen national. S’ils obtiennent une bourse, accordée selon leurs conditions sociales et sur leurs notes, ils continuent à l’université. Mais cela équivaut chez nous à un prêt étudiant car les élèves doivent rembourser cette somme dès qu’ils
Viennent en tête les métiers de la santé, puis la comptabilité, le professorat et le numérique, très prisé chez les jeunes Rwandais. Mais un certain nombre d’entre eux, plus modestes, gardent les pieds sur terre : ils choisissent une formation professionnelle sur six mois après
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le secondaire et s’imaginent mécaniciens, couturiers, commerçants, réparateurs de téléphone ou plombiers. Ce que sont devenus les anciens La réalité est parfois brutale. Toutes les vocations ne se réalisent pas. Nous avons demandé à nos partenaires ce qu’il en était réellement des anciens filleuls. Un bilan établi récemment par notre ami Ignace sur les cinq dernières années, nous dresse les portraits de trente-cinq anciens filleuls (entre six et dix jeunes sont reçus chaque année au Concours national de fin d’études). Quinze sur trente-cinq ont obtenu une bourse de l’Etat. Ils sont : préfet de discipline dans une école secondaire, licencié en droit, responsable de l’état civil d’un secteur, élève à l’Université nationale en électricité, à l’Université d’Etat en section Tourisme. Un autre est
RWANDA
Le système scolaire rwandais • 12 ans de scolarité au total • 6 ans de primaire • 6 ans de secondaire dont : - 3 ans de tronc commun - 3 ans de spécialisation - souvent en internat • Un examen national terminal • Des possibilités d’études avec une bourse
Six jeunes filles demi-pensionnaires au Collège d’INYANGE de Byumba : quatre sont en 1er cycle TC et veulent être médecin, juge, topographe et infirmière. En 2ème cycle Béatrice veut devenir magistrate ou juriste et Carine désire continuer en faculté d’Economie
vétérinaire. Elle est comptable dans une coopérative. Après cinq ans à l’Université de Théologie à Butare, lui est devenu jeune Pasteur de l’Eglise presbytérienne du Rwanda… Il y a beaucoup d’apprentis enseignants, surtout dans le primaire ou dans les écoles dites « gardiennes de jeunes enfants ». Peu s’engagent finalement dans la santé : une infirmière, une adjointe à l’hygiène à l’hôpital. Plusieurs comptables sont embauchés dans de petites entreprises ou dans des écoles. Quelques-uns sont plombiers, dont un est devenu agent de WASAC, l’organisme national de contrôle des eaux, les autres vont être embauchés comme prévu par les Compagnies AYATEKE et PAAKAM désignées pour entretenir les réseaux d’eau de L’APPEL au Rwanda. Il ya ceux qui sont allés dans les pays voisins exercer leur talent : mécanicien à Nairobi, ingénieur du son à Kampala, musicien en Tanzanie.
• Langues d’enseignement : le kinyarwanda, avec introduction progressive de l’anglais et un peu de français en fin de cycle.
Enfin plusieurs sont déçus : un maçon voudrait reprendre des études universitaires. Une jeune femme ayant suivi la section littéraire se retrouve serveuse dans un restaurant. Très peu sont au chômage, deux seulement.
Merci à tous ceux qui ont collaboré jusqu’ici à ce parrainage collectif de jeunes Rwandais et Rwandaises (car, oui, elles sont majoritaires !). Jacques Lalande Magali Combes* L’APPEL Ile-de-France
Nous sommes fiers de nos filleuls Ce qu’on remarque, c’est le courage de tous ces jeunes, pour beaucoup d’entre eux orphelins, issus de la pauvre campagne environnante. Ils ont finalement trouvé une occupation sérieuse et nous sommes fiers de ces filleuls dont certains ont été suivis par L’APPEL tout au long de leur scolarité. Aussi, nous pensons que cela vaut vraiment la peine de les aider. Et, grâce à l’intervention directe de la section Isère du Secours Populaire Français, depuis janvier 2018 leur nombre est passé de 64 à 80 !
* Accompagnés de Aude Lalande, directrice de la bibliothèque de la ville de Nanterre et de Sébastien Fayon, ingénieur hydraulicien, délégué du Syndicat des Eaux de l’Ile de l’Ile de France.
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TOGO
Dessiner un futur pour les enfants sourds
Depuis 2006 « Enfants Sourds du Togo » [E.S.T. qui a rejoint L’APPEL en 2017*] se rend régulièrement sur place afin de soutenir l’école EPHPHATA* et d’améliorer la scolarité de 160 enfants. La plupart, à leur entrée à l’école, n’avaient eu qu’un vague bilan audiométrique de base et pour beaucoup aucune mesure précise de leur audition. Lors de nos quatre dernières missions nous avons établi pour chaque enfant un bilan audiométrique complet permettant de situer leur niveau auditif et leurs capacités éventuelles d’appareillage et d’apprentissage oral de la langue.
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locaux, le développement d’un service de dépistage précoce est un instrument essentiel : • accueillir des enfants le plus tôt possible en bilan, • établir un diagnostic, • en fonction de leur degré de surdité les appareiller correctement, • effectuer le suivi régulier de l’appareillage sans lequel celui-ci s’avère rapidement inefficace… • organiser un suivi orthophonique et une éducation spécialisée.
N
ous restons toujours très attentifs à maintenir une relation de développement et non de dépendance avec les acteurs locaux. Aujourd’hui, face aux nombreuses difficultés rencontrées par les enfants sourds togolais et EPHPHATA en particulier pour parvenir à de meilleures conditions d’accueil et de scolarisation, le développement de notre projet, certes vaste mais maîtrisé, nécessite des fonds. Un projet en plusieurs étapes En matière d’hygiène, une réfection des douches et WC pour l’internat des garçons et l’école s’avère indispensable (celui des filles a bénéficié de l’aide d’une autre ONG). Surtout le diagnostic de surdité d’un enfant se fait encore bien trop tardivement. En coopération avec le médecin ORL, l’audioprothésiste et les orthophonistes
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Une difficulté à franchir : l’appareillage Notre objectif c’est le développement raisonné de l’appareillage auditif : financement, équipement en appareils adaptés et suivi audioprothétique. Actuellement moins de 10 enfants (sur les 160 que compte l’école) sont appareillés et pour la plupart avec des appareils de récupération, inadaptés, sans suivi, que les parents ont malgré tout payés très cher compte-tenu de leurs revenus. Ceux qui ont été appareillés l’ont été trop tardivement et de façon inadéquate n’apportant ainsi aucun résultat à l’enfant qui délaisse quasiment les appareils ou qui les porte éteints uniquement pour montrer qu’il a, lui, des appareils… Une seconde barrière : la surdité totale Sourds, le plus souvent profonds, de naissance, diagnostiqués tardivement, non appareillés, ils n’ont pu entendre
BURKINA FASO la parole et n’ont pour la plupart aucun outil de communication. L’absence de développement d’un langage adapté les prive du développement d’une pensée organisée, entraîne des difficultés de socialisation importantes et les expose à des risques d’abus de tous ordres. Notre objectif c’est la mise en place d’un service d’orthophonie accessible pour tout enfant de l’école. L’accès à l’orthophonie permettra à l’enfant sourd de pouvoir développer un langage (langue des signes, lecture labiale pour la compréhension de la langue orale, accès à la langue orale pour ceux dont les restes auditifs permettent un appareillage et le décodage de la parole). Un suivi orthophonique spécifique serait proposé à ceux présentant des difficultés dans les apprentissages du type dyslexie, dyspraxie, dysphasie. Un financement est donc nécessaire pour : • une aide à l’embauche de deux orthophonistes à temps plein • du matériel orthophonique de rééducation • l’équipement informatique et les logiciels de rééducation Une pédagogie spécifique pour les enseignants et les parents L’achat de matériel et mobilier informatique pour l’enseignement, ainsi que la formation à la pédagogie spécifique à l’enfant sourd sont nécessaires tant pour les enseignants que pour les parents. Comme ailleurs dans le monde, 95% des enfants nés ou devenus sourds, le sont dans des familles « entendantes » n’ayant aucune expérience de la surdité. La famille ne comprend pas l’enfant, ne peut communiquer vraiment avec lui faute de moyens adaptés, elle n’a aucune connaissance de la langue des signes et de son intérêt. Il faut donc les former à : • L’appareillage auditif, ses indications, ses avantages, ses contraintes, ses limites. • Un apprentissage structuré de la langue des signes pour avoir un moyen de communication avec leurs enfants. Nos missions futures ne manquent pas d’objectifs, nous sommes très motivés et investis pour poursuivre nos actions avec nos correspondants locaux … mais nous ne pourrons le faire qu’avec votre aide financière. D’avance, merci ! Thérèse Guichard-Gaudin Pascal Rialhon E.S.T.
Comment préserver la santé des plus démunis à Bobo Dioulasso ? L’action de notre partenaire Dispensaire Trottoir
Le Dispensaire Trottoir de Bobo Dioulasso, créé en 1993, accueille près de mille enfants. Il est devenu partenaire de L’APPEL en Juin 2017. Une formation aux outils pédagogiques Nutricartes et Balai Santé est dès à présent mise en pratique avec les enfants et leurs familles. Voici, avec leurs mots, comment les équipes de Dispensaire Trottoir ont mis immédiatement en application la formation dispensée en septembre par l’équipe de Montpellier : « A la maternelle, les monitrices se sont mises au travail dès la première semaine après la formation pour atteindre l’objectif principal de L’APPEL avec « Balai Santé ». Ainsi chaque matin et avant et après chaque repas, les enfants se lavent les mains avec du savon et des leçons de bonnes pratiques d’hygiène leur sont données. Des jeux sont organisés entre eux avec les plateaux adaptés à ces tous petits » « Les enfants en difficulté d’apprentissage, souvent handicapés, bénéficient beaucoup des plateaux éducatifs sur la nutrition et l’hygiène riches en images. »
« Nos actions ne se limiteront pas aux enfants car à partir de ce jour, ces bonnes pratiques d’hygiène et de nutrition figureront dans les grands points de la rencontre mensuelle avec les parents d’élèves. L’Association Dispensaire Trottoir vous remercie pour cette formation en OR et vous promet de travailler main dans la main pour l’atteinte des objectifs de « Balai Santé ». L’APPEL-Montpellier va poursuivre son action à leurs côtés : Dès décembre les locaux vont être améliorés, ainsi que l’accès à l’eau et les latrines qui en ont grand besoin. L’hygiène et la santé passent par l’éducation et par des installations dont les familles disposent rarement chez elles. Joëlle Nicolas L’APPEL Montpellier
Le Dispensaire Trottoir de Bobo Dioulasso créé en 1993 a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des enfants de la rue, orphelins, enfants abandonnés, de parents démunis. Il agit dans plusieurs domaines : éducatif, grâce à des cours d’alphabétisation et des classes de maternelle ; sanitaire, grâce aux soins élémentaires qu’il dispense et à la sensibilisation aux règles d’hygiène effectuée auprès des enfants, avec un volet de récupération nutritionnelle ; prise en charge d’enfants et parents infectés par le VIH et social, grâce à un suivi des familles et un apprentissage donné aux enfants en couture, pyrogravure, agriculture, teinture, menuiserie, mécanique et soudure. Le dispensaire accueille près de mille enfants. Les activités sont animées par une équipe de salariés, des vacataires et des bénévoles de passage. Le DT est devenu partenaire de L’APPEL en Juin 2017 avec la mise en place du projet Nutricartes®/ Balai Santé.
*Cf. L’APPEL n° 164,165,168,169. Décembre 2018 •
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TCHAD
®Hervé Vincent
Comment se bâtit un partenariat
Première rencontre avec les responsables d’AKWADA en janvier 2016
L’APPEL n’a aucune structure propre sur le terrain pour réaliser les projets dont nous rendons compte dans ce journal. Ses statuts exposent clairement que le but premier est de « répondre à un appel » d’acteurs de terrain qui ont identifié des besoins auxquels nous pourrions les aider à répondre. L’antenne L’APPEL-DURANCE intervient au Tchad depuis 1986. Elle a eu successivement plusieurs partenaires dans différentes régions du pays et collabore depuis deux ans avec l’association AKWADA à Bongor au Tchad. Nous avons eu le plaisir d’accueillir Rahel et Joseph NGARGAM, respectivement chargée de programmes et coordonnateur d’AKWADA, pour la première fois à l’APPEL à l’occasion des manifestations des 15 et 16 juin derniers.
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Intervention sur les Droits de l’homme pour les adolescents à AKWADA
R
ahel et Joseph, rencontrés en janvier 2016, ont immédiatement apprécié l’ancrage dans la réalité alimentaire locale de la méthode Nutricartes®, l’intérêt de la pédagogie active mise en œuvre avec ce jeu et son adaptabilité à tout public quel que soit son niveau d’instruction. L’été suivant ils sont venus rencontrer l’APPEL-DURANCE et présenter leur association, créée en 2012 à Bongor, une petite ville située à 200 km au sud de Ndjamena, afin de développer des actions dans les domaines de la formation, de la culture et de l’éducation. A travers un diaporama, ils nous ont fait part des actions réalisées et de leurs projets à court terme : création de chantiers-école pour former des jeunes à la maçonnerie, la menuiserie, la mécanique, d’une auto-école et d’une école maternelle...Nous avons pu mesurer que nous partagions la même philosophie du développement et que, certes animés par une foi chrétienne profonde, ils sont clairs par rapport à la question de la laïcité de notre démarche. Les membres de l’APPEL-DURANCE présents étaient un peu sidérés devant la quantité et l’importance des projets d’AKWADA ! Etions nous devant des utopistes qui allaient s’écraser au premier obstacle ? L’antenne a donc décidé qu’une équipe se rendrait sur place pour vérifier la faisabilité de ce programme. Une mission exploratoire… En décembre 2016, AKWADA a organisé, en notre présence, une rencontre avec tous les acteurs concernés par la nutrition à Bongor pour faire un diagnostic de la situation et présenter les Nutricartes®, suivie de deux jours de formation d’une vingtaine de personnes à cette méthode. Hervé Vincent, photographe professionnel qui accompagne souvent les missions de l’antenne, était présent. Joseph a vite repéré sa compétence et a souhaité que la mission inclue aussi une formation des photographes locaux (AKWADA avait déjà facilité le développement de leurs activités en leur vendant à prix coûtant des appareils photo numériques rapportés d’Europe). Une convention a alors été signée pour la formation et l’accompagnement par l’APPELDURANCE de la démarche d’éducation nutritionnelle à Bongor et
TCHAD
L’auto école d’AKWADA qui acueillera bientôt des filles.
L’accueil de la population d’un centre de santé construit par AKWADA
une demande a été faite par AKWADA concernant un projet de recueil de traces visuelles sur des thèmes relatifs à l’adolescence. …suivie d’autres réalisées... En juin 2017, une mission a concerné exclusivement la formation aux Nutricartes® avec plusieurs supervisions sur le terrain qui ont montré que la plupart des animateurs s’étaient déjà bien approprié la méthode. Par ailleurs AKWADA nous a remis les trois dernières années de sa comptabilité, réalisée dans les normes par un gestionnaire embauché quelques mois auparavant. Leurs ressources proviennent principalement de donateurs européens à qui ils viennent rendre compte tous les deux ans. En novembre 2017 AKWADA a organisé un grand festival de cultures des peuples du Logone qui rassemblait plusieurs ethnies partagées entre le Tchad et le Cameroun. Joseph a insisté pour qu’Hervé vienne couvrir cette manifestation et commencer son projet avec les adolescents. Ce festival a été une réussite mais Hervé a pu constater combien il reposait presque exclusivement sur Joseph et Rahel et qu’il les avait épuisés ! Déléguer cela s’apprend…. La mission suivante en janvier 2018 a eu un double objectif : le suivi de la mise en place des Nutricartes® et la suite du reportage sur les adolescents à Bongor*. …ou en projet. A la suite de leur participation aux manifestations des 50 ans de L’APPEL les 15 et 16 juin derniers à Paris**, Joseph et Rahel ont rejoint notre antenne à Cadenet dans le Vaucluse. Ils ont fait le point sur le déroulement des actions d’éducation nutritionnelle, sur les étapes du projet prévu jusque début 2020 et la mise en forme des outils pédagogiques issus du reportage sur les adolescents de Bongor ainsi que la préparation de leur première présentation lors de la prochaine mission de décembre 2018. Enfin, constatant que le partenariat fonctionne bien, nous leur avons proposé de soutenir un autre projet, pourvu qu’il entre dans les domaines d’intervention
de L’APPEL (santé, éducation, amélioration des conditions de vie) et que ce soit un projet déjà existant à AKWADA que nous pourrons renforcer. Nous avons alors choisi ensemble de soutenir la formation professionnelle de jeunes sur le mode original de chantier-école dont AKWADA a déjà réalisé deux promotions d’un an. En 2019 nous accompagnerons donc la formation d’une trentaine de jeunes, dont quelques jeunes filles, au permis de conduire et à la mécanique auto. Bilan de ces deux années de partenariat et perspectives pour l’avenir. Au cours de ces deux années, nous avons appris à nous connaitre et à comprendre le contexte dans lequel AKWADA intervient. Nous avons constaté que notre partenariat se construit en même temps qu’AKWADA grandit et prend de plus en plus de place dans le contexte local de Bongor. Une équipe de salariés se forme avec de bonnes et moins bonnes surprises : Rahel et Joseph apprennent, parfois à regret, à agir plus en dirigeants qu’acteurs de terrain… AKWADA a désormais la capacité de répondre à des appels à projets de l’UE ou de l‘AFD dès lors qu’ils correspondent aux besoins identifiés localement et en dépit des lourdes contraintes administratives et de temps de travail que cela implique. A Bongor, AKWADA et ses animateurs sont reconnus par les autorités locales sans pouvoir parfois éviter de certains le reproche, infondé, « d’être riches » et de ne pas « partager l’argent reçu de l‘étranger », réflexe courant dans les pays pauvres et corrompus… Nous devons cependant rester vigilants à trouver notre juste place dans l’évolution d’AKWADA et grâce à nos donateurs et aux participants à nos manifestations nous pouvons continuer à soutenir des projets qui collent aux besoins du terrain et sont construits et réalisés avec la population. Anne Vincent L’APPEL Durance *cf. L’APPEL n° 168-mars 2018 ** cf. L’APPEL n° 170-septembre 2018
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Pour l’avenir d’un enfant
INVITATION
Deux heures pour le Rwanda et El Salvador Deux petits pays très peuplés et durement éprouvés
Dimanche 9 décembre 2018, à 17 heures au Centre 72, 72 rue Victor Hugo, 92270 Bois-Colombes [ à 10 minutes de la gare St Lazare (ligne J) : à Bois-Colombes, sortir en tête ; à droite sur 200 m ; à gauche rue Victor Hugo (Centre 72 à 150 m à droite)
L’APPEL vous invite à un temps de témoignages et d’échanges sur la situation au Rwanda et au Salvador Présenté par Jacques Lalande Violaine Duflo et Eric Schlumberger Photos, vidéos et débat Entrée libre L’APPEL Association de solidarité internationale : www.lappel.org Siège : 89 avenue de Flandre – boîte 9001 – 75019 PARIS | Tél : 01 42 02 77 78 | Email : association@lappel.org
Être membre de L’APPEL A L’APPEL, les dons se distinguent des adhésions. Faire un don ne signifie pas être adhérent, si vous ne l’avez pas spécifiquement précisé. > Faire un don contribue à la mise en œuvre de nos projets de développement. > Adhérer vous donne la qualité de membre actif. Les membres disposent de droits : voter à l’Assemblée Générale Ordinaire annuelle (et éventuellement Assemblée Générale Extraordinaire), les rapports statutaires, les orientations, les budgets. C’est également élire les membres du Conseil d’Administration. Les assemblées générales sont des temps forts de l’activité associative qui favorise les rencontres (membres, bénévoles, partenaires, dirigeants) dans un esprit de convivialité. Adhérer et devenir membre de L’APPEL c’est aussi : - Contribuer à la crédibilité de L’APPEL par le nombre d’adhérents, - S’intégrer dans la vie associative, et pourquoi pas devenir bénévole, participer aux instances de l’association, - Partager une éthique, des objectifs et des actions, - Participer aux frais de fonctionnement de l’association. Comment devenir membre L’adhésion est soumise au paiement d’une cotisation de 20 € à compter du 1er janvier 2019. Elle se renouvelle chaque année. Comme pour les dons, elle donne droit à une réduction d’impôts. Pour régler la cotisation : - Utiliser le bulletin de L’APPEL intitulé « je soutiens L’APPEL » qui distingue l’adhésion du don (joint à ce journal) - En se rendant sur le site lappel.org, rubrique « faire un don » : cocher la case « je souhaite être adhérent, je coche cette case » Important : si vous participez aux financements des actions de L’APPEL en faisant des dons réguliers par prélèvement automatique ou virement, pensez à régler votre cotisation en nous adressant un courrier ou courriel spécifiant que vous autorisez L’APPEL à retirer du 1er versement annuel l’équivalent du montant de l’adhésion. Sans cette autorisation écrite, nous ne pouvons pas le faire. Merci de votre attention bienveillante.
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Roseline Rahanivoson nous a quittés en juin au cours d’une opération cardiaque délicate réalisée en France. Roselyne était la mère d’Edith Ramamonjisoa, responsable de Fanarenana, notre partenaire Malgache. Roselyne et Lucien ont toujours chaleureusement accueilli les missions de L’APPEL à Madagascar depuis plus de 20 ans. Tous en gardent un souvenir ému. Nous avons beaucoup reçu de Roselyne et de Lucien dans la connaissance de la culture malgache. Grande militante des droits de l’homme et particulièrement des femmes, engagée politiquement pour la démocratie malgache, sa personnalité impressionnait tous ses visiteurs. Elle nous manquera beaucoup. L’APPEL adresse à Lucien et Edith, ainsi qu’à ses frères et sœurs, leurs condoléances les plus chaleureuses.