artisan de l’avenir d’un enfant
Objectifs pour le Développement Durable Les
Solidaires sur la même planète
PUBLICATION TRIMESTRIELLE • N° 160 • MARS 2016
Sommaire J Éditorial................................................... 3
D’ici et d’ailleurs...
J L’éducation au développement............... 3 J Dossier OMD/ODD..............................4-11
TCHAD - Correspondance
J Vietnam : Importance du rôle de la famille............................................ 13
Depuis 2001, notre amie Geneviève Saux passe plusieurs mois chaque année au Tchad, d’abord à Koumogo puis Danamadji et maintenant à Deressia et à Sarh, au sein d’une communauté de sœurs combonniennes, s’attachant à favoriser les études longues des jeunes filles de brousse.
J Burkina faso : Education pour tous........ 13
Nous extrayons des passages de sa dernière lettre.
J Tchad : • Les défis de la sécheresse...............14-15 • L’école primaire de Koumogo............... 16
Le droit à l’éducation pour tous est encore un grand défi dans certaines régions du Tchad.
J Pérou : Soutien à l’éducation.................. 12
J Haïti : Le développement passe par l’éducation........................................ 17 J Madagascar : • La malnutrition infantile...................18-19 • La prise en charge des handicapés....... 19
©Hervé Vincent
J Rwanda : Que deviennent nos anciens filleuls ?................................................. 20
Me revoilà pour la troisième fois à Deressia, au Tchad, (proche de la frontière du Cameroun). Je suis arrivée au moment de la récolte du riz, activité principale des villageois. La récolte cette année est plutôt satisfaisante à ceci prés que depuis le changement climatique les pluies sont de plus en plus tardives, moins abondantes et sporadiques. Du coup, certaines zones n’ont pas du tout reçu d’eau, ainsi labours et semailles n’ont pas été possibles, ce qui veut dire pas de récoltes… Heureusement des solidarités s’organisent pour parer à la disette annoncée pour les familles. Cette année, les jeunes filles du foyer sont au nombre de 20, toutes sont originaires de la brousse environnante sur un rayon de 50 km environ autour de Deressia. Elles parlent évidemment différents dialectes et ont fréquenté des écoles communautaires ce qui fait qu’elles ne maitrisent pas vraiment le français et ont un niveau plutôt faible. Mais, depuis qu’elles sont au foyer elles vont toutes à l’école de la mission qui accueille 367 élèves. Personnellement, je continue le soutien personnalisé aux jeunes filles du foyer chaque après midi et, le matin, je vais à l’école où j’assure davantage un accompagnement didactique auprès des maîtres. ... Le collège situé près de l’école accueille 147 élèves, il se compose de quatre classes, la dernière juste terminée, et pour la première année les professeurs ont reçu un manuel par discipline, ce qui est tout à fait nouveau. Les collégiens, eux, n’ont pas de manuels. Nous sommes en train d’organiser un point de documentation qui sera ouvert à tous quels que soient la religion du « consultant » ou son lieu de fréquentation scolaire (public ou non). Nous préparons une conférence - table ronde sur une thématique d’actualité : l’éducation des filles. Des enseignants de tous les établissements seront invités et pas seulement ceux de la mission mais ceux des établissements publics aussi. .... A mon arrivée à Ndjaména j’ai pu constater que les conditions sécuritaires sont assez strictes et à l’évidence certains profitent des événements pour compliquer sérieusement la circulation des personnes. Des confiscations de passeport sur la route sont par exemple très fréquentes. Ou des surtaxes de passage non légitimées… A chacun, je redis mon amitié, dans la joie de cette présence auprès de la jeunesse tchadienne Geneviève Saux 31 janvier 2016 - Deressia
Photo de couverture : « Au Tchad, dans la région du Guéra, l’eau pour le potager vient de loin… »
UN SYNCHROTRON POUR L’AFRIQUE « 80 scientifiques réunis à Grenoble ont appelé à la construction d’un Synchrotron en Afrique, utilisé en recherche fondamentale afin de « contribuer à la renaissance de la science africaine, au retour de la diaspora scientifique africaine, au développement des compétences hautement qualifiées, à la formation d’une nouvelle génération de scientifiques… et au développement de recherches utiles pour le continent africain » (source : Le Monde, Science et Médecine du 25 novembre 2015)
89, avenue de Flandre Boîte n° 9001 - 75019 Paris Tél. : 01 42 02 77 78 Site : www.lappel.org E-mail : association@lappel.org Directeur de la publication Patrick Larmoyer avec la collaboration de Madeleine Le Moullec Réalisation INTERCOM 1bis rue Charles de Gaulle, ZI de la Marinière, 91070 BONDOUFLE Commission paritaire N° 0912 H 84899 ISSN 0398 6039
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INÉGALITÉS RADICALES SUR LA PLANÈTE « Les 62 personnes les plus riches au monde possèdent désormais autant que la moitié de la population mondiale, soit quelque 3,5 milliards de personnes, déclare l’ONG Oxfam dans un rapport rendu public. La richesse de ces 62 individus, dont 53 hommes, a augmenté de 44 % depuis 2010, alors que celle des 3,5 milliards de personnes les plus pauvres chutait de 41 %, précise Oxfam dans cette étude, publiée à deux jours de l’ouverture du Forum économique mondial de Davos.» (source : Le Monde-Oxfam)
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ÉDITORIAL Chers amis de L’APPEL, Le monde est toujours plus inter-dépendant : ce qui se passe ailleurs se passe aussi chez nous. Cela veut dire solidarité, bonheurs et malheurs partagés. Ainsi, en novembre 2015, lors des attentats de Paris, avonsnous reçu beaucoup de témoignages d’affection de la part de nos partenaires. Et lors l’attaque de l’hôtel de Ouagadougou, en janvier dernier, ce fut à notre tour de nous inquiéter pour nos amis burkinabés. Quel cycle épouvantable de violences, calculées pour que les peuples ne se rencontrent plus, que les « pauvres » restent pauvres et qu’ils soient des proies faciles pour les idéologies nauséabondes ! Certains croient trouver la solution en fermant les frontières. Pour notre part, nous voulons maintenir le lien, continuer à répondre aux « appels ». Nos actions, aussi modestes et ciblées soient-elles, ne sont pas pensées et mises en œuvre en vase clos mais en osmose permanente avec les idées, les évolutions, les évènements brassés au quotidien par le monde qui nous entoure. Soucieux de faire prospérer les projets que nous menons, puis d’en rendre compte, nous voulons tenter par intervalles de les jauger à travers le prisme des initiatives menées par la communauté internationale. Ainsi, en décembre 2010*, avions-nous analysé le bilan à mi-parcours des Objectifs du Millénaire pour le Développement [OMD], cet ambitieux programme onusien. Cet engagement des nations vient de se clore, riche de résultats et d’enseignements. Prenant la suite, les Objectifs du Développement Durable [ODD] ont été solennellement ratifiés en septembre 2015. Trois mois plus tard, à Paris, la COP 21 a pris, dans un domaine parallèle, des engagements essentiels pour l’avenir de la planète. La mobilisation active et constante des opinions publiques sera nécessaire pour que ces objectifs et ces promesses solennelles deviennent réalités. C’est la perspective dans laquelle nous nous situons. Il nous a donc paru intéressant d’y consacrer ici une part importante d’information et de réflexion, de mesurer les réussites et les échecs du précédent programme, à leur lumière d’examiner les ambitions affichées pour les quinze ans à venir et en fin de compte de partager avec vous cet exercice d’ouverture.
Madeleine Le Moullec
Présidente de L’APPEL
*cf. L’APPEL n° 140
Nouveau à L’APPEL : l’éducation au développement ! Depuis fin octobre 2015, notre association se lance dans un projet d’éducation au développement, porté par une volontaire en service civique au siège de l’association. Qu’est-ce que l’éducation au développement (EAD) ? L’éducation au développement, c’est tout simplement la sensibilisation du grand public aux enjeux du développement international et notamment, ceux relatifs aux relations « Nord-Sud ». Pourquoi mener ce projet à L’APPEL ? A L’APPEL, dans un monde où l’interdépendance entre les pays et entre les peuples est plus importante que jamais, on est solidaire et on veut le partager ! L’objectif est double : expliquer notre démarche au public français qui nous soutient et former une nouvelle génération de bénévoles engagés pour le développement international. Avec ce projet L’APPEL espère non seulement agrandir et rajeunir son réseau de bénévoles engagés, mais surtout partager son souci de sensibilisation du grand public aux thématiques du développement international. Quelles seront les actions mises en place ?
L’APPEL est une association de solidarité internationale non confessionnelle qui mène depuis plus de 45 ans des actions en faveur des enfants et de leur communauté dans : • 3 domaines : la santé, l’éducation et l’accès à l’eau • 9 pays : Burkina Faso, Congo Brazzaville, Haiti, Madagascar, Pérou, Rwanda, Tchad, Salvador, Vietnam. L’association réalise 30 projets de développement grâce à 100 professionnels bénévoles (médecins, personnels de santé, enseignants, ingénieurs, travailleurs sociaux…), permettant que l’essentiel des dons parvienne aux enfants.
Les actions d’EAD seront centrées sur les domaines d’engagement de L’APPEL : l’accès à l’éducation, à la santé, ainsi que l’accès à l’eau et l’amélioration des conditions de vie. Elles s’appuieront évidemment sur l’expérience de terrain des porteurs de projet, mais pourront également aborder des thèmes plus larges. Par exemple, en nous référant aux parrainages des écoliers en Haïti ou au Vietnam, nous pouvons évoquer les problématiques plus générales de l’accès à une éducation de qualité dans les pays en développement et de l’importance de l’éducation pour le développement de ces pays. De même le programme Nutricartes®, mis en œuvre aujourd’hui dans quatre pays, permet d’aborder les thèmes de la malnutrition et de la sécurité alimentaire.
Répondant aux problèmes précis soulevés par ses partenaires locaux, L’APPEL met l’accent sur la proximité, sur le terrain, grâce à des programmes évolutifs et adaptés, au plus près des enjeux et des réalités. Mais aussi avec ses donateurs, car donner, c’est accorder sa confiance, permettre un progrès, un développement.
Le projet d’éducation au développement est encore en cours de construction mais nous vous invitons dès maintenant à nous contacter si vous souhaitez en apprendre davantage sur ce sujet d’actualité ou que nous intervenions auprès de votre structure (école, association et/ou autre). Laetitia Chica
L’APPEL est une association à l’écoute des enfants, des familles et des donateurs. Chaque enfant reçoit, les soins et l’attention qui lui sont nécessaires pour grandir parce que chaque enfant est unique.
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DOSSIER OMD / ODD
Au revoir les OMD, bonjour les ODD ! Au rang de l’inflation ordinaire du vocabulaire médiatique, le qualificatif « historique » sort dans le peloton de tête. Ce n’est pas cependant le galvauder que d’affirmer que l’année 2015 mérite ce label pour deux évènements majeurs et frères : le sommet des Nations Unies pour le développement durable en septembre et la conférence internationale sur le climat (COP 21) en décembre. Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) définis en 2000 pour une période de quinze ans viennent de s’achever. Leur succèdent les Objectifs pour le Développement Durable (ODD) eux aussi calibrés sur la même distance, jusqu’en 2030 et, en toute logique, bénéficiaires de l’expérience du programme précédent, avec ses avancées et ses échecs. Ces Instruments de mesure étaient inconnus jusqu’alors. Il est quelque part rassurant de constater, sans tomber dans un angélisme béat, qu’en dépit des mille problèmes rencontrés et imperfections constatées, a été donnée la preuve d’une volonté ferme de la communauté internationale de poursuivre, voire d’amplifier, ces programmes. C’est pourquoi il nous parait intéressant de nous y arrêter.
Les OMD, un bilan mitigé Il y avait huit objectifs visant à éradiquer la misère touchant plus d’un milliard de personnes. Pour la première fois les nations s’étaient dotées d’un programme ambitieux, des moyens de le contrôler et d’engagements financiers. Un de ses mérites était sa simplicité et la mise en place d’instruments de mesure donnant un cadre aux politiques publiques des Etats. Des rapports bien documentés (notamment à mi-parcours*) renseignaient chaque année sur l’état d’avancement dans chaque objectif. Les résultats sont contrastés et les cibles diversement atteintes. On peut en faire un rapide recensement :
Objectif 1 Éliminer l’extrême pauvreté et la faim
Cette cible, emblématique, de « l’extrême pauvreté », parait atteinte même si des inégalités subsistent. Si, en 1990, 36% de la population des pays en développement vivaient avec moins de 1,25 $/jour**, cette proportion est tombée à 12% en 2015, passant de 1,9 milliards d’individus en 1990 à 836 millions en 2015. Dans la même période la « classe moyenne active » (plus de 4 $/jour) des régions en développement est passée de 18% à 50%. Dans le même groupe la proportion de personnes sous alimentées a baissé de près de moitié (de 23% en 90/92 à 12,9% en 2014/2015). Si la proportion d’enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale a été réduite de moitié entre 1990 et 2015, cependant plus de 90 millions d’enfants, soit un enfant sur sept dans le monde, souffrent d’insuffisance pondérale avec les risques ultérieurs de santé inhérents. Derrière des chiffres encourageants il y a une forte disparité : des progrès spectaculaires en Asie de l’Est; en revanche l’Afrique subsaharienne reste à la traîne, plus de 40% vivant encore dans une extrême pauvreté. Car l’écrasante majorité de ce groupe des pays en développement (80%) réside dans deux régions : l’Asie du Sud (281 millions de personnes sous-alimentées) et l’Afrique subsaharienne (taux de la faim en diminution mais nombre de personnes sous-
P. L. *cf. L’APPEL n° 140 – décembre 2010 **seuil relevé à 1,90 $/jour en octobre 2015 4
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DOSSIER OMD / ODD Nombre et proportion de personnes sous-alimentées dans les régions en développement, 1990-1992 à 2014-2016 Millions 1 200
Pourcentage 25
23,3
Objectif 2 Assurer l’éducation primaire pour tous
22,1 1 000
19,7 18,3
18,3
20 17,3
800
15
15
13,7 12,9
600 991 400
991
926
902
940
927
10 843
793
780 5
200
0
19
90
-9 2 19 93 -9 5 19 96 -9 8 19 99 -0 20 1 02 -0 4 20 05 -0 7 20 08 -1 20 0 11 -1 3 (p 20 ro 1 4 je ct 16 io ns )
0
Axe de gauche : nombre de personnes sous-alimentées Axe de droite : proportion de personnes sous-alimentées
Le nombre d’enfants non scolarisés a été réduit quasiment de moitié (de près de 100 à 57 millions), le taux de scolarisation/alphabétisation passant de 83 à 91%. L’Afrique sub-saharienne a réalisé les plus grands progrès en dépit de la croissance rapide de la population : le nombre a plus que doublé soit de 62 à 149 millions d’enfants (taux de scolarisation 1990/2012 passé de 52 à 78%). Des disparités subsistent (pauvreté, zones rurales/urbaines, garçons/filles, enfants handicapés, minorités, nomadisme) mais le plus souvent réduites. Les enseignements nombreux tirés de cette expérience devraient permettre d’achever ce travail en priorité avec une orientation plus pointue et efficace dans les programmes à venir. Taux d’alphabétisation des 15 à 24 ans, par sexe et par région, 1990, 2000 et 2015 (pourcentage)
Axe de droite : cible 2015
Afrique subsaharienne
alimentées ayant augmenté de 44 millions depuis 1990). S’il reste difficile d’évaluer, au niveau des ménages, les écarts entre les sexes dans l’incidence et la gravité de la pauvreté, des études supplémentaires font apparaître un risque plus élevé de pauvreté chez les femmes, principalement les femmes séparées, les veuves et les mères célibataires. Le taux d’emploi a diminué partout : s’il s’est réduit de 1% dans les pays développés (1991/2015) le pourcentage est de 3,3 points dans les régions en développement et plus encore (10%) chez les jeunes et les femmes. En Afrique du Nord et en Asie de l’Ouest la proportion de jeunes ayant un emploi est seulement la moitié de celle de l’ensemble de la population en âge de travailler. En revanche le nombre d’individus des « classes moyennes actives » a presque triplé entre 1991 et 2015 soit près de la moitié des actifs. Pour ceux qui ont un travail, le nombre d’ « extrêmement pauvres » est passé de 900 millions en 1991 à 300 en 2015, soit une baisse des deux tiers. Dans un nombre croissant de pays, l’instabilité politique et les conflits civils (de 38 à 60 millions de personnes déplacées de 2000 à 2014) ont aggravé les effets des catastrophes naturelles avec pour conséquence de nombreuses et importantes crises humanitaires.
Océanie
Asie du Sud
Afrique du Nord
Asie de l'Ouest
Asie du Sud-Est
Amérique latine et Caraïbes
Asie de l’Est
Caucase et Asie centrale
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Projections pour 2015
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DOSSIER OMD/ ODD
Objectif 3
Objectif 4
Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
Réduire la mortalité des enfants
Une majorité des régions a atteint la parité des sexes dans l’enseignement primaire (64% des pays des régions en développement disposant de la ventilation des disparités par sexe), mais des écarts subsistent aux niveaux supérieurs. Si les femmes représentent désormais 41% des travailleurs salariés non agricoles (35% en 1990) elles restent généralement désavantagées sur le marché du travail et… un parlementaire sur cinq est une femme ! En 2012 la parité dans l’enseignement secondaire n’a été atteinte que dans 36% des pays disposant des données statistiques. Les plus grandes disparités se trouvent dans l’enseignement supérieur : au détriment des femmes en Afrique sub-saharienne et en Asie du Sud et…des hommes en Asie de l’Est, en Afrique du Nord, en Amérique latine et Caraïbes !
En dépit d’une réduction spectaculaire (baisse de plus de moitié, soit de 90 à 43 décès pour 1000 naissances vivantes, ou 6 millions de décès d’enfants de moins de cinq ans en 2015 par rapport à 12,7 millions en 1990) la cible, au vu des tendances actuelles, ne serait pas atteinte avant… 2026 ! Un retard de onze ans ! Taux annuel de réduction de la mortalité des enfants de moins de cinq ans, régions en développement, 1990-2013 (pourcentage) Océanie 1,4 0,7 1 2,1
Asie du Sud-Est 4 3,8 4,3 3,7
Amérique latine et Caraïbes
Répartition des femmes et des hommes en âge de travailler (15 ans ou plus) dans la population active, et femmes et hommes employés selon leur situation professionnelle, 2015 (pourcentage) Femmes et hommes en âge de travailler 100 80
23 50
4
60 40 20 0
72 47
Femmes
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Actifs Sans emploi Économiquement inactifs
4,1
Asie du Sud 2,9 3,4 3,9 4,1
7
18
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Afrique du Nord
37
29
4,8
2
4
52
52
5 4,9
40 20
Hommes
5,6 5,1
Femmes et hommes actifs
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4,7
0
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Afrique subsaharienne 0,8 1,9
Femmes
3,8
Hommes
4,2
Travailleurs familiaux Travailleurs indépendants Employeurs Salariés
Caucase et Asie centrale ¬ 0,4 3 5 4,3
Asie de l'Ouest 4 4,5 4,1 4,4
Asie de l'Est 2,7 4,7 8,7 7,7
¬1
0
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1990-1995
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DOSSIER OMD / ODD Le premier jour, la première semaine, le premier mois sont les plus cruciaux pour la survie de l’enfant. Se concentrer sur les nouveau-nés et la néonatalité reste donc primordial. Les causes principales (près de trois décès sur quatre), naissances prématurées, complications durant l’accouchement, septicémies, maladies infectieuses guérissables, absence de soins prénatals et de suivi néonatal, sont connues, évitables, aisées à corriger et peu coûteuses. Les fortes réductions des taux de mortalités obtenues dans des pays particulièrement démunis (notamment Madagascar et le Rwanda) prouvent qu’un revenu faible n’est pas toujours un obstacle pour sauver la vie d’un enfant. La survie des mères, des nouveaunés et des enfants doit rester au cœur des nouveaux programmes de développement.
Objectif 5 Améliorer la santé maternelle
Sud et de 49% en Afrique sub-saharienne. Malgré cela le taux de mortalité maternelle dans les régions en développement reste quatorze fois supérieur à celui des régions développées, les deux précitées totalisant 86% des décès maternels dans le monde en 2013 ! Les inégalités dans l’accès aux soins de santé maternelle persistent. Un bébé sur quatre est mis au monde en l’absence d’une personne qualifiée, la proportion d’accouchements assistés ayant peu augmenté sur la période des quinze ans. En matière de réduction des grossesses adolescentes, l’Afrique sub-saharienne, l’Amérique latine et les Caraïbes ont peu progressé. Problème de santé (de la mère et de l’enfant) et symptôme de la marginalisation sociale et économique des filles, ce fléau peut trouver en partie sa solution dans les possibilités données aux filles d’aller à l’école et d’exercer par la suite une activité rémunérée. Enfin, 51% des pays seulement disposent dans le monde de données sur les causes des décès maternels, ce qui entrave la mise en place de politiques efficaces. De profondes inégalités subsistent avec des écarts concernant l’accès aux services de santé sexuelle et procréative ainsi qu’à leur utilisation. Un chantier à parachever…
Le taux de mortalité maternelle a quasiment baissé de moitié, l’essentiel ayant eu lieu depuis 2000. Soit, de 1990 à 2013, une diminution de 64% en Asie du
Proportion d’accouchements assistés par un personnel soignant qualifié dans les zones rurales et urbaines, 2010-2014 (pourcentage) 100 90
94 84
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40 40 30
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20 Zones rurales
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Zones urbaines
0 Afrique centrale
Afrique de l’Est
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Afrique Afrique australe de l’Ouest
Afrique subsaharienne
Asie du Sud
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Régions en développement
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Objectif 6 Combattre le VIH/Sida, le paludisme et d’autres maladies Les nouvelles infections par le VIH ont baissé d’environ 40% entre 2000 et 2013, passant de 3,5 à 2,1 millions de cas. L’Afrique sub-saharienne reste la région la plus sérieusement affectée avec 1,5 millions de nouvelles infections en 2013, avec des variantes selon les pays. Cependant elles ont diminué de 45% chez les jeunes de 14 à 25 ans entre 2000 et 2013, même si le sida reste la première cause de mortalité chez les adolescents en Afrique sub-saharienne où la prévention reste faible et où moins de 40% des jeunes (30% des femmes et 37% des hommes) avaient une connaissance précise et approfondie du sida ! En conséquence le nombre d’enfants orphelins à cause du sida, bien qu’en légère diminution à partir de 2010, reste élevé (17,7 millions). Depuis 1995 le traitement antirétroviral a évité 7,6 millions de décès dont 4,8 en Afrique sub-saharienne… où 78% des personnes vivant avec le VIH ne reçoivent pas de traitement. La couverture n’atteignait en 2013 que 36% des 31,5 millions de personnes vivant avec le VIH dans les régions en développement. Par ailleurs, l’attention mondiale accrue pour le paludisme Nombre de personnes recevant un traitement antirétroviral, 2003-2015, nombre de décès liés au sida et nombre de personnes nouvellement infectées par le VIH, 2001-2013 (millions) 18 16 14 12 10 8 6 4 2 0 2001
2003
2005
2007
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2011
2013 2015 (projections)
Personnes recevant un traitement antirétroviral Cible de la Déclaration politique sur le VIH/sida de l’ONU (15 millions) Personnes nouvellement infectées par le VIH Personnes mortes de causes liées au VIH
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et le développement substantiel pour lutter contre (décuplement du financement, engagement politique renforcé, outils nouveaux plus efficaces) ont permis une réduction d’environ 69% de la mortalité due au paludisme chez les moins de cinq ans en Afrique sub-saharienne, soit, sur la période, 6,2 millions de décès évités. Malgré cela le paludisme continue de représenter un problème majeur de santé publique : 80% des décès dûs à cette maladie ont lieu dans seulement 17 pays situés pour la plupart en Afrique. Enfin, grâce à une prévention, un diagnostic et un traitement efficaces, la prévalence de la tuberculose a diminué, tout en restant importante (5,7 millions de cas nouvellement diagnostiqués en 2013). Des efforts conséquents doivent être faits à l’avenir dans le domaine de la santé : soins, services, systèmes d’accompagnement, prévention. La récente épidémie d’Ebola montre la vulnérabilité des pays dépourvus de systèmes de santé de base, l’importance d’une détection précoce et les risques de propagation mondiale.
Objectif 7 Assurer un environnement durable
La déforestation s’est ralentie (légère baisse et reboisement augmenté) la perte nette étant cependant restée alarmante (de 8,3 millions d’hectares à 5,2/Ha en 2010 soit l’équivalent du Costa Rica…) contribuant au changement climatique et impactant les moyens d’existence de millions de personnes. Les émissions de dioxyde de carbone sont désormais supérieures de 50% à leur niveau de 1990. La surexploitation des ressources halieutiques a également augmenté. Elles se trouvent maintenant au dessous des niveaux auxquels elles peuvent produire des rendements durables. La pénurie d’eau affecte plus de 40% de la population mondiale et devrait augmenter. Elle peut être matérielle (manque d’eau de qualité), économique (défaut d’infrastructure adéquate), ou institutionnelle (absence d’une politique d’approvisionnement sécurisé et équitable). Une bonne nouvelle : la cible des OMD sur l’eau potable a été atteinte avec cinq ans d’avance. L’Afrique sub-saharienne tout en restant en deçà de la cible, a tout de même progressé de 20%. L’objectif n’est pas partout atteint mais des progrès sont constatés également en matière d’accès
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DOSSIER OMD / ODD
Objectif 8
Proportion de la population urbaine vivant dans des taudis, 2000 et 2014 (pourcentage)
Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Afrique subsaharienne 65 55 Asie du Sud 46 31 Asie du Sud-Est 40 27 Asie de l'Est 37 25 Asie de l'Ouest 21 25 Océanie 24 24 Amérique latine et Caraïbes 29 20 Afrique du Nord 20 11 Régions en développement 39 30 0
10 2000
20
30
40
50
60
70
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à des services d’assainissement améliorés (de 54% à 68%). En 2015, 7,4 milliards de personnes sont encore privés de latrines. Les disparités concernent en particulier les populations rurales dont 50% n’ont pas d’installations d’assainissement cependant qu’une personne sur quatre défèque encore à l’air libre…En milieu urbain la proportion de populations vivant dans des taudis a significativement diminué dans presque toutes les régions, sauf dans les pays touchés par un conflit. La protection de la biodiversité par l’extension des zones marines et terrestres protégées (en 2014, 15,2% des zones terrestres et eaux intérieures, 8,4% des zones marines côtières et seulement 0,25% des zones marines au-delà des 200 milles nautiques) reste aussi un domaine-cible de progrès mondial concerté futur. La viabilité de l’environnement reste un élément fondamental du futur programme et conditionne tout développement socio-économique durable.
L’aide publique au développement (APD) a augmenté de 66% entre 2000 et 2014… avec une diminution légère (-0,5%) en cette dernière année ! Elle représentait alors, pour les membres du Comité d’Aide au Développement*, 0,29% de leur revenu national brut**. Les dons au titre de l’allègement de la dette ont chuté de 87% (de 3,6 milliards/ $ à 476 millions/ $). En moyenne, l’aide concentrée sur l’objectif d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes en 2012/2013 a représenté 26% du tout. L’aide aux pays les moins avancés (PMA) a augmenté et les prévisions d’allocations des donateurs vers ces pays à faible revenu prévoient une extension de 5,7% en termes réels jusqu’en 2018. Les importations en provenance des PMA bénéficient de plus en plus d’un traitement préférentiel (en 2014, 60% en franchise de droits). La téléphonie mobile et Internet sont de plus en plus répandus mais la fracture numérique entre riches et pauvres s’accroît. En Afrique subsaharienne moins de 21% de la population utilise Internet et dans les PMA ce nombre est inférieur à 10%. Il existe aussi des inégalités importantes parmi les pays en termes de capacités des réseaux, de coûts des services, de disponibilité des compétences et d’existence de contenus locaux pertinents. Nombre d’usagers d’Internet pour 100 habitants, 2000-2015 80
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Régions développées Monde
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Régions en développement Pays les moins avancés
* les cinq premiers donateurs en volume sont : les Etats Unis, le Royaume Uni, l’Allemagne, la France et le Japon. ** cible : 0,7% du RNB
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DOSSIER OMD / ODD En conclusion, très provisoire, les OMD n’ont pas tous performé, même si l’analyse complète de leurs résultats jusqu’à leur date butoir de 2015 doit être complétée. Ils ont cependant démontré leur réel effet mobilisateur sur la communauté mondiale et permis de tirer des enseignements nombreux, notamment sur leurs échecs. L’expérience accumulée est une formidable base de départ pour la nouvelle dynamique relancée avec les ODD. [source : Nations Unies-Rapport OMD-2015]
Objectifs de développement durable Objectif 1. Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde Objectif 2. Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable Objectif 3. Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge Objectif 4. Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie Objectif 5. Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles
Les Objectifs pour le Développement Durable
Objectif 6. Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau Objectif 7. Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes à un coût abordable
« Transformer notre monde : l’Agenda 2030
pour le développement durable » Tel est le titre du texte final adopté les 25-27 septembre 2015 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Il est le fruit d’un long processus de préparation, lancé dès 2012 à l’issue du sommet de Rio, d’une large coopération intergouvernementale, de nombreuses contributions de la société civile, visant à aboutir à un programme universel, s’appliquant à tous les pays et axé sur les êtres humains. En dépit de leurs aspects positifs, les OMD ont été critiqués dans la mesure où ils mettaient davantage l’accent sur les symptômes que sur les causes et ne s’attachaient qu’aux résultats quantitatifs, source de graves inégalités en fonction des priorités retenues par chaque Etat. Le contexte social, géopolitique et économique international s’est modifié : « aujourd’hui il y des nords au sud et des suds au nord »*… Des pays ont émergé qui pèsent dans l’économie mondiale. Les inégalités se sont creusées et, « à la surconsommation des ressources naturelles par les 10% les plus riches de la population viennent s’ajouter les aspirations d’une classe moyenne en pleine croissance qui cherche à reproduire des modes de vie non durables »*. A quoi s’ajoutent les premiers impacts du dérèglement climatique. A l’issue de trois ans de négociations et d’enquêtes, 17 objectifs assortis de 169 « cibles » ont donc été solennellement adoptés.
Objectif 8. Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous Objectif 9. Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation Objectif 10. Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre Objectif 11. Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables Objectif 12. Établir des modes de consommation et de production durables Objectif 13. Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions* Objectif 14. Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable Objectif 15. Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité Objectif 16. Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes à tous aux fins du développement durable, assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous Objectif 17. Renforcer les moyens de mettre en oeuvre le Partenariat mondial pour le développement durable et le revitaliser * Étant entendu que la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques est la principale structure intergouvernementale et internationale de négociation de l’action à mener à l’échelle mondiale face aux changements climatiques.
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DOSSIER OMD / ODD On peut tenter un classement : • Les six premiers s’inscrivent dans la continuité des OMD qui les précèdent. (1 à 6) • Les trois suivants sont consacrés à l’énergie, la croissance économique et l’industrialisation. (7 à 9) • Un (10) traite de la réduction des inégalités. • Cinq autres sont axés sur la consommation, la production durable et l’environnement. (11 à 15) • Les deux derniers (16-17) se préoccupent de l’Etat de Droit et de la solidarité mondiale.
• …point important et sur lequel ce programme risque d’achopper : son financement. L’Aide Publique au Développement (APD) des pays « riches » s’avère, d’ores et déjà, notoirement insuffisante au regard des projections chiffrées des besoins. D’autant plus que la croissance faible pèsera sur sa revalorisation alors que sa philosophie continue de se référer au modèle économique de la croissance exponentielle. L’implication de l’épargne privée, la nécessité de lever de nouvelles ressources et de créer des modes de financement innovants (partenariat public/privé) seront indispensables. • Une liste d’indicateurs permettra de vérifier au fur et à mesure le degré d’atteinte des cibles.
Leurs caractéristiques : • Des thématiques transversales, les « cinq P » : peuples, planète, prospérité, paix, partenariat. • Ils sont « universels » c’est-à-dire que, contrairement aux OMD centrés sur les pays en développement, ils s’adressent à tous les pays, Nord ou Sud, à charge pour chaque pays d’orienter ses priorités selon ses propres stratégies. Les objectifs nationaux doivent donc être modulés en fonction du contexte. Ainsi, diminuer la grande pauvreté ou la « pauvreté relative » ne s’analyse pas selon les mêmes critères contextuels d’un pays à l’autre, même si la question de la pauvreté subsiste, y compris dans ceux « du nord ». On peut faire un raisonnement parallèle sur d’autres paramètres : réduction des inégalités, sauvegarde de l’environnement, etc.
Une opinion :
« La grande transformation opérée n’est pas appuyée sur une analyse claire des raisons profondes qui sont à l’origine des inégalités qu’ils (les ODD) prétendent éliminer : le commerce illégal, la financiarisation échevelée ,les pertes en biodiversité… Il n’y a pas véritablement d’interrogation sur les mécanismes du modèle d’accumulation et de régulation dominant… En dépit de ces limites, les ODD n’en représentent pas moins un appréciable progrès par rapport aux OMD et leur ambition est également leur force mobilisatrice »* Dossier réalisé par Patrick Larmoyer
• Ils intègrent des questions économiques et environnementales. Ils devront être, pour certains, en cohérence avec les engagements de la conférence climatique COP 21.
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• Ils sont ambitieux. Trop ? Le souci de corriger les défauts du précédent programme et d’aller plus dans le détail peut faire redouter un manque de lisibilité et conduire à des doutes sur l’application d’un programme « usine à gaz ». Devant l’étendue du sujet on peut craindre aussi des tentatives de dilution des priorités. D’autant que la volonté affichée n’est doublée d’aucune forme de contrainte pour les 193 pays signataires. La mobilisation de la société civile vis à vis des gouvernements devra donc être déterminante, car…
*rapport du GRET sur les ODD-octobre 2015
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PÉROU
L’APPEL renforce son soutien à l’éducation des jeunes au Pérou En liaison avec des associations locales, nous sommes engagés dans des actions d’éducation : auprès des enfants et adolescents des bidonvilles (à Lima et Arequipa) ou des « enfants des rues » (à Cusco). Nous faisons porter cette année notre effort sur un accroissement du nombre des bénéficiaires La pente escarpée du ravin qui borde sa maison…
Les enfants réalisent la maquette d’un hôtel à insectes avec Marion cependant qu’ils observent avec Etienne les insectes du compost
A Lima, une nouvelle VSI* se prépare à assurer la direction du centre aéré
Marion Verdière, VSI architecte de formation**, assure pour la seconde année la direction du centre aéré. Elle a su transmettre avec succès sa perception de l’espace et introduit, avec l’aide d’Etienne Russias (en Service Civique International depuis octobre), des activités qui aident les jeunes du bidonville à s’approprier et vouloir améliorer leur environnement. Une semaine nutrition a été consacrée aux “aliments ancestraux “ péruviens avec élaboration, après passage au marché, de menus respectant les règles de base d’une bonne nutrition. Sonia Levallois travaille à ses côtés cette année assurant déjà la coordination entre les animateurs de chacun des huit groupes entre lesquels sont répartis les 150 enfants accueillis au centre. Elle continuera dans la même voie l’an prochain en y ajoutant sa culture propre de bibliothécaire, développant lecture et connaissance d’auteurs et poètes péruviens. Ce passage de témoin entre deux VSI au cours des deux mois des “vacances utiles“ devrait permettre des activités chaque fois enrichies par l’approche d’un thème nouveau, tout en pratiquant un enseignement dans lequel les jeunes apprennent beaucoup 12
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Une réalisation de l’atelier de menuiserie de Qosqo Maki
avec leurs mains. Cette année, on a travaillé plus spécifiquement sur l’apport du compost et 70 composteurs réalisés par les enfants iront dans autant de familles du bidonville.
A Cuzco, mise en place d’une formation professionnelle par enseignement modulaire
Passer du travail informel à la production en atelier de meubles ou de viennoiseries, telles sont les possibilités offertes aux jeunes des rues de Cuzco par notre partenaire l’entreprise solidaire « Talleres Qosqo Maki ». Un pas de plus vient d’être franchi par l’introduction de cours modulaires. Trois jeunes apprentis de Qosqo Maki et cinq jeunes de 17-28 ans, déjà placés dans des menuiseries de la ville, vont bénéficier dès cette année d’un enseignement plus théorique. Au cours de sessions de huit semaines avec cours le samedi après midi, différents modules aborderont successivement la construction de meubles droits, la construction de meubles courbes avec un seul axe, de meubles avec courbes à deux axes, etc. L’ensemble des cours s’étalera sur une année. Un enseignement de type similaire pour la boulangerie sera mis en place à partir de Pâques. Ces jeunes devraient obtenir plus facilement le diplôme de formation professionnelle qui leur donne
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la possibilité d’ouvrir leur propre entreprise.
A Arequipa, le Hogar de Cristo accueille un plus grand nombre d’enfants et fait évoluer sa pédagogie
Depuis mars 2015, une convention lie le Hogar de Cristo à l’association Encuentros à travers laquelle les jésuites travaillent en faveur de la jeunesse démunie. Sous leur impulsion, le Hogar évolue : le nombre d’enfants pris en charge passe progressivement de 40 à 60, le soutien scolaire est renforcé. Des ateliers d’expression corporelle, culturels et sportifs mettent l’accent sur l’estime de soi et le respect des autres. Enfin, un travail auprès des parents est mis en place, les éducateurs du Hogar se rendant dans les quartiers périphériques le samedi en vue d’une prise en charge intégrale des familles en difficulté. Progressivement certaines activités seront relocalisées dans les maisons de quartier mêmes et non plus seulement au centre ville. Anne Feltz
Ile-de-France *Volontaire de Solidarité Internationale **cf. « témoignage » L’APPEL n°157- Mai 2015
VIETNAM
BURKINA FASO
De l’importance du rôle de la famille...
Les ODD : des objectifs plus pointus
Les bourses d’études supérieures
Les Objectifs du Millénaire pour le Développement ne sont pas pleinement atteints. Nous savions qu’ils ne le seraient pas. Mais ils ont permis d’unir nos efforts et de prendre des directions communes tant à l’intérieur des pays, qu’entre les pays. A partir d’aujourd’hui, nous nous attelons à atteindre les Objectifs de Développement Durable. Leur terminologie et leur contenu ont évolué parce que les consciences, face aux enjeux mondiaux et locaux, se sont aiguisées. Ces objectifs sont plus nuancés et inclusifs. Ils ouvrent à davantage de possibilités et de visibilité en termes de résultats.
En novembre 2015, la mission de L’APPEL a visité des familles de jeunes boursiers. Nous avons pu constater leur dénuement en dépit de leur mode de vie digne et laborieux. La famille ayant une grande importance dans la culture vietnamienne, une bonne partie des revenus, si faibles soient-ils, peut être consacrée à la poursuite des études (payantes au Vietnam) d’au moins un des enfants afin de lui assurer un métier rémunérateur et une promotion sociale pour l’avenir. L’octroi d’une bourse est donc une vraie bénédiction pour toute la famille !
Le Prix « Entreprendre-Pernod Ricard »
De même pour le volet entrepreneuriat de notre projet, nous constatons la très forte implication de la famille dans le fonctionnement avec même parfois le cofinancement de l’entreprise. Tel est le cas de trois des quatre entreprises en activité : restaurant végétarien, élevage de vaches laitières, fabrique de tableaux brodés, qui impliquent à des titres divers les parents, frères, soeurs, etc. Cette année, quatre nouveaux projets ont été primés : torréfaction et commercialisation de café sélectionné, eau en bouteilles, élevage de poules rares « Dang Tao », élevage de lapins.
L’évaluation du projet
En cette cinquième année, L’APPEL a décidé, avec notre correspondant local Bui Van Binh et son équipe de professeurs de l’Université YERSIN, de réaliser une évaluation du projet dans le but d’améliorer notre action de soutien à la création de jeunes entreprises, sources d’emplois et de revenus pour les familles. Bruno Cazals
Ile-de-France
L’éducation informelle complément indispensable de l’école
Ainsi, les ODD répondent mieux à l’action globale que mène l’équipe de la Maison des Jeunes, des Cultures et des Associations (MJCA)* implantée dans un quartier périphérique défavorisé de Ouagadougou. La MJCA* se reconnait pleinement dans l’objectif N°4 dont l’intitulé est « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». Cet objectif se substitue au précédent objectif 2 des OMD qui consistait à « assurer l’éducation primaire pour tous ». Cet objectif était partiel. Il ne pouvait à lui seul refléter l’évolution du niveau d’éducation de la société burkinabè. La MJCA* œuvre principalement à l’éducation des enfants depuis 2007 à travers différentes activités concourant à la réussite scolaire (soutien scolaire, bibliothèque, etc.). Ses intervenants ont cependant réalisé que chacun des membres d’une même famille devait avoir accès à l’éducation. Dans un pays comme le Burkina les parents restent nombreux à ne pas être allés à l’école lorsqu’ils étaient petits. L’école, seule, ne répond pas aux besoins éducatifs. L’éducation formelle dont les activités sont organisées au sein du système scolaire et l’éducation informelle dont les activités sont organisées en dehors du système scolaire, mais dirigées vers des objectifs précis d’éducation se complètent et contribuent à l’autonomisation des individus.
L’alphabétisation est au cœur de ce challenge d’une éducation pour tous
Le « savoir lire et écrire » est une des portes d’accès aux apprentissages et aux formations, à l’insertion socioculturelle et économique, au renforcement des liens entre les membres d’une même famille et à l’amélioration des conditions de vie. La MJCA* œuvre ainsi à promouvoir les apprentissages et améliorer leur accessibilité. Les résultats sont au rendez-vous. La structure a lancé en ce début d’année, sa quatrième promotion d’alphabétisation. Depuis 2012, des mamans qui étaient analphabètes se sont inscrites en CP après avoir participé à une session de trois mois d’alphabétisation en moré (une des langues maternelles au Burkina Faso). Elles sont aujourd’hui en classe de CE2. D’autres animent, toujours avec la MJCA*, des ateliers de bilans de compétences avec d’autres femmes qu’elles accompagnent dans le cadre de l’amélioration de leurs activités génératrices de revenus. Ces mamans sont aujourd’hui un exemple, pour leur communauté comme pour leurs enfants. Elles ont découvert qu’elles pouvaient. Elles s’impliquent fièrement au sein de leur communauté et ouvrent à leurs enfants le chemin du désir d’apprendre. Des enfants qui ont souhaité, avec le soutien de L’APPEL, raconter à travers un petit film** leur maison de quartier et l’importance que revêt pour les uns et pour les autres l’accès à l’éducation. Yasmina El Alaoui Badolo Directrice de la MJCA *soutenue par L’APPEL ** https://www.youtube.com/watch?v=pIdEP89EjHA
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Des solutions complexes face au défi de la séch
Les corvées d’eau et de bois : une nécessité quotidienne
Le travail de recherche réalisé par l’équipe de L’APPEL- Durance, en janvier dernier a por dans la région du Guéra, de la production des aliments à leur consommation par les fami comment certains des ODD récemment identifiés -notamment les n°2,3,6,13,15- sont effe dans cette région. Tout en poursuivant la supervision de la mise en place des Nutricartes Vivre au Guéra c’est s’inscrire dans une chaine complexe d’éléments indissociables : le climat, l’eau, la terre, les hommes, leurs besoins et leurs actions. Le Guéra, est, au cœur du Tchad, une région sahélienne où la pluviométrie est extrêmement irrégulière d’une année sur l’autre avec des conséquences importantes sur le non renouvellement des nappes phréatiques et la production, notamment, de l’aliment de base : le mil. Par ailleurs, la population ne cesse de croître et l’utilisation du bois pour la cuisine et l’habitat accentue la déforestation et la désertification, en dépit des campagnes de plantation menées depuis longtemps par les églises. Enfin, la Fédération Régionale des banques de céréales développe également des plantations d’arbres pour tenter d’arrêter la désertification due au vent venu du désert. 14
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Beaucoup de puits ne fonctionnent plus faute d’entretien. Les nappes phréatiques baissant, les puits restants ne sont plus assez profonds. Faire des kilomètres pour aller chercher l’eau quotidienne reste une réalité partagée par la plupart des femmes. Par ailleurs, les nombreux nomades, qui traversent la région deux fois par an (certains se sédentarisent), ne disposent que de l’eau des mares laissées par les pluies. Les nombreux parasites qu’elles contiennent sont à l’origine de maladies diarrhéiques chez la plupart de leurs enfants. Aujourd’hui, des ONG et les services de l’État ont des programmes de construction et de réparation des forages, ou encore de création de barrages pour récolter l’eau qui ruisselle des montagnes. Ils ont davantage le souci d’impliquer la population et de la former pour une gestion à plus long terme de l’eau. Mais les besoins restent immenses.
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La production céréalière (mil, sorgho) suit les aléas de la pluviométrie. En 2015, la saison des pluies a été insuffisante avec un mois quasiment sans précipitations, au moment où il aurait fallu semer. Aussi peut-on s’attendre à une longue période de soudure en 2016. Cependant, depuis une vingtaine d’années, les paysans de la région se sont organisés avec l’appui d’organismes extérieurs pour créer des banques de céréales auto gérées. L’appui initial est venu de l’église catholique et est aujourd’hui complété par plusieurs ONG internationales. Ce système est né de la nécessité de se procurer des vivres pendant la période de soudure tout en limitant le recours aux usuriers qui achetaient le mil à bas prix après la récolte et le revendaient au prix fort pendant la soudure aux mêmes paysans. Ces derniers stockent désormais une partie de leur récolte dans ces banques de céréales, disposant ainsi d’une réserve
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heresse : l’éducation nutritionnelle y contribue
Le jardin potager
rté sur les modes d’alimentation illes. Il a permis d’observer concrètement ectivement des enjeux pertinents s® dans les centres de santé. de semences en plus du mil pour se nourrir jusqu’à la prochaine récolte. Traditionnellement, les aliments de protection (feuilles vertes et fruits) se trouvaient principalement en brousse. L’accroissement de la population et la désertification diminuent fortement leur disponibilité. Ainsi, depuis quelques années, l’État et les ONG encouragent la population à cultiver des jardins maraîchers. Leur développement reste malgré tout lié à la disponibilité de l’eau dans cette région…
Traiter la malnutrition La malnutrition aigüe des enfants est endémique dans le Guéra avec des taux variables selon les années (entre 11 et 21 % des enfants, selon les dernières enquêtes annuelles). Des programmes de dépistage et de traitement des enfants malnutris sont financés par l’UNICEF et
Les femmes au puits. La récolte du mil
le Programme Alimentaire Mondial et mis en œuvre par des ONG locales ou internationales en lien avec les Centres de Santé locaux. Globalement la majorité des enfants ainsi traités reprennent du poids mais l’enjeu reste d’éviter la rechute après l’arrêt de la distribution de la farine enrichie. C’est là qu’intervient la méthode d’éducation nutritionnelle développée par L’APPEL avec le jeu des Nutricartes®. Lors de leur venue dans les Centres de Santé les mamans participent par petits groupes à successivement quatre séances où, partant de leurs connaissances, les animateurs les aident à concevoir des repas équilibrés pour leurs enfants à partir des aliments disponibles localement. Il est parfois nécessaire de trouver comment dépasser certains préjugés ancrés dans la culture tels que ne pas donner de viande aux enfants pour qu’ils ne s’y habituent pas et n’en réclament pas sans arrêt ensuite ! Depuis 2013 nous formons
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les superviseurs de notre partenaire, l’ONG tchadienne ASRADD, qui eux-mêmes forment les animateurs (des agents de santé communautaire généralement) qui assurent les séances avec les mamans. Nous allons régulièrement sur le terrain suivre et améliorer la mise en œuvre de cette pédagogie. Au regard des besoins, que pèse notre intervention ? Nous sommes convaincus que tout changement passe par les personnes concernées elles-mêmes. Nous contribuons juste à valoriser leurs savoirs et les élargir à travers l’apport de connaissances complémentaires et pertinentes pour qu’elles soient davantage en mesure de prendre leur avenir en main. Margot Couvert et Anne Vincent
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Construire une école c’est mettre un village en mouvement
L’école primaire St. Jean Baptiste de Koumogo, créée en 2006 par les familles avec le soutien de L’APPEL est ouverte à tous, sans distinction de religion ou de sexe. Le nombre d’élèves est limité à cinquante par classe (contre plus de cent dans les écoles d’Etat). Au total sont inscrits 151 filles et 177 garçons. On tend vers la parité filles/garçons avec 46% de filles.
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es sept classes du primaire sont abritées dans quatre bâtiments pérennes en briques cuites, construits entre 2009 et 2015. Conçus avec de grandes ouvertures en hauteur offrant une excellente aération, ils protègent les élèves en saison des pluies comme en saison sèche où il peut faire jusqu’à cinquante degrés.
L’implication des familles est la clé du succès Les familles, convaincues de l’intérêt de voir leurs filles et garçons apprendre dans de meilleures conditions, font des efforts financiers importants en réglant l’écolage qui assure une bonne partie des frais de fonctionnement de l’école. Elles ont aussi participé au projet de construction en fabriquant elles-mêmes les briques cuites de tous les bâtiments. Cent pour cent des élèves de CM2 réussissent leur passage en sixième. Ceci est dû à plusieurs facteurs dont la stabilité et l’assiduité des enseignants, eux-mêmes encouragés par leurs bonnes conditions de travail et la présence d’un directeur envoyé 16
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par l’Etat depuis 2010. Enfin, cette année, l’Etat a accru son soutien en nommant trois enseignants. La légitimité de l’école de Koumogo en est renforcée et ses frais de fonctionnement sont réduits puisqu’elle a la charge de quatre enseignants au lieu de sept. De plus, des moyens financiers sont dégagés pour le développement de l’école (création d’autres classes du collège, formations des enseignants communautaires, achat de matériel scolaire).
L’école a dynamisé le village Des activités se sont développées telles que des sessions de sensibilisation des jeunes filles contre l’excision. Filles et garçons se projettent vers l’avenir en pensant à des études plus longues allant même jusqu’à l’université. Les classes de l’école publique qui étaient très surchargées avec une moyenne de 122 élèves par classe ont vu leur effectif diminuer à 77 élèves par classe du fait de la présence de la nouvelle école. Les enseignants de l’école publique ont exprimé leur soulagement pour eux-mêmes et pour leurs élèves.
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Les familles sont tellement satisfaites qu’elles ont demandé qu’une classe de 6ème soit créée pour que leurs enfants puissent continuer leur scolarité dans ce même établissement. Une classe de 30 élèves a démarré le 20 octobre 2015 en utilisant les locaux inoccupés l’après-midi. Un bémol de taille cependant : les frais d’écolage étant trop élevés pour le moment, seules huit filles ont été inscrites sur les trente élèves. On constate donc que la pénurie de moyens financiers pénalise davantage les filles. L’association des parents d’élèves et le comité directeur reprendront la question dès la rentrée prochaine, en réfléchissant à la possibilité de réduire les frais ou d’établir un système de bourses pour les familles en difficulté. Marcelle & Bob Brown-Scheidig
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HAÏTI
Le développement durable passe d’abord par l’éducation
Le matériel didactique pour la maternelle, présenté par Jacquelin LOUIS (directeur de l’Ecole Nationale des Palmistes), Elisabeth AREND et Rosius LAURENCAINT (directeur de l’école communautaire Mathusalem de Marouge)
En Haïti, à l’Ile de La Tortue, L’APPEL est principalement investi dans l’enseignement primaire (ODD n°4), mais aussi dans la formation des mères à la nutrition avec les Nutricartes® (ODD n°2), la construction et la maintenance de citernes d’eau pluviale (ODD n°6), la construction d’unités d’énergie solaire dans les écoles (ODD n°7) Garantir une éducation de qualité pour tous, à commencer par les enseignants…
apporté de France. Pour certaines écoles le matériel pédagogique se limite encore à une craie…
n’y a que 3 écoles nationales sur les 50 de l’ile de La Tortue…). Malheureusement les contrats tardent à se concrétiser.
Depuis quatre ans nous encourageons les enseignants à parfaire leurs connaissances en prenant en charge la moitié de leurs frais de scolarité. Ainsi, cette année, 121 d’entre eux, retournent au lycée l’aprèsmidi pour passer le bac et 83 autres étudient les sciences de l’éducation, le week-end, à l’université ou à l’école supérieure de Port de Paix. C’est plus d’un enseignant sur deux à l’ile de La Tortue qui reprend le chemin des études.
Des livres scolaires conformes au programme éducatif du pays sont attribués sous forme de prêts aux élèves. La contribution des familles devrait permettre de renouveler en partie le stock.
L’éducation est l’un des piliers les plus solides et éprouvés du Développement Durable, grâce à vous L’APPEL fait tous ses efforts pour que ce soit une réalité à l’ile de La Tortue, commune rurale déshéritée, pauvre et isolée. Hubert Chegaray
Dès les petites classes la qualité de l’éducation est primordiale. Depuis quatre ans 140 enseignants de maternelle ou de CP sont formés par Elizabeth Arend aux méthodes interactives, avec du matériel pédagogique
…et bien sûr les élèves ! L’APPEL alloue encore cette année 660 bourses scolaires dans 11 écoles pour les enfants des familles démunies qui, sans cela, n’iraient pas à l’école. Actuellement nos espoirs portent sur le programme PRONEC (PROgramme de Nationalisation des Ecoles Communautaires) dont la mise en œuvre permettrait d’augmenter le nombre d’écoles nationales qui sont gratuites (actuellement il
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En matière de malnutrition infantile, Madagascar peine à s’améliorer
Le jeu des cartes « Problème-Remède »
Une séance de Nutricartes® avec les paysans...
... avec la sage femme
Le rapport de la F.A.O. (Food and Agriculture Organization) sur l’état de l’insécurité al en 2015 montre que la proportion de personnes sous-alimentées dans la population m 18,6 % en 1990-92 à 10,9 % en 2014-16. Cette diminution du nombre de personnes dén Objectifs du Millénaire pour le Développement. Hélas Madagascar ne fait pas partie de l’objectif international de réduction de la faim. En effet la prévalence de personnes so à Madagascar de 27,3 % en 1990-92 à 33 % en 2014-16 ! Objectif du Développement Durable n° 2 : éliminer la faim En novembre 2015 c’était la quinzième mission de L’APPEL pour la renutrition et l’éducation nutritionnelle dans douze CRENAM (Centres de Récupération Nutritionnelle Ambulatoire pour enfants atteints de Malnutrition aiguë modérée) des quartiers pauvres d’Antananarivo. C’est pour ces CRENAM, gérés par l’association Miray, partenaire de L’APPEL, que la méthode des Nutricartes® a été mise au point en 2006. Grâce à elle, développée pendant les cinq semaines de renutrition par de la farine enrichie, nous obtenons des guérisons durables de la malnutrition dans 85 % des cas un an après l’arrêt de la prise en charge. Les CRENAM traitent 2500 enfants de moins de 5 ans et 250 femmes allaitantes dénutries par an. Pendant cinq semaines les enfants ou les mères qui allaitent reçoivent quotidiennement de la farine enrichie. Pendant cette période, une fois par semaine les mères assistent à une séance d’éducation nutritionnelle qui se fait dans des sites proches du domicile. Mais, en dépit de l’exigüité des lieux, l’accueil par le personnel (une sage femme et une assistante nutritionnelle) est très chaleureux, les échanges entre les intervenants et les mères sont riches et la parole circule très bien dans le groupe :
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c’est une des bases du succès des Nutricartes®. L’équipe en a bien compris la philosophie et elle a pu mettre en place un nouveau jeu pratique appelé « jeu de réalité » pour expliquer la quantité d’aliments à donner à l’enfant. Avec des photos de grandsparents, de parents, d’adolescents et d’enfants de moins de 2 ans, est reconstituée une famille à nourrir. Des assiettes sont mises en place devant chaque photo et la mère va distribuer la quantité de riz, de légumes et de viande ou de poisson qu’elle juge nécessaire. La correction des quantités par les intervenants ou par les autres mères donne lieu à des discussions importantes dans le groupe.
ODD n° 3 : permettre de vivre en bonne santé Lors de ce séjour nous avons introduit les nouvelles cartes « Problème-Remède ». Les 24 pictogrammes « problème » représentent des situations à risques : mauvaise hygiène, accidents domestiques et principaux symptômes des maladies infantiles auxquels correspondent 24 pictogrammes « remède ». La compréhension des pictogrammes par l’équipe et par les mères est parfaite. Ceci nous engage à proposer cette méthode à d’autres pays.
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MADAGASCAR
Une plateforme multidisciplinaire de prise en charge d’enfants handicapés à Tananarive Répondant à l’objectif 3 des ODD « Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge », notre partenaire malgache, Faranenana, est une association créée à l’initiative de trois bénévoles travaillant à Handicap International, pour faire face à l’isolement des enfants handicapés. Les services de santé comme la société malgache ignorent tout de ce sujet.
Renutri !
limentaire dans le monde mondiale est passée de nutries était l’un des e ces pays ayant atteint ous alimentées est passée
S
ODD n° 2 : éliminer la faim et promouvoir l’agriculture durable Dans le même temps nous avons travaillé avec l’association FERT (association d’agriculteurs français) à Antsirabé. Elle forme des conseillers qui aident les exploitants agricoles de la région à améliorer la conservation de leur récolte et de leurs aliments. La méthode Nutricartes® a été introduite l’année dernière et les familles de ces agriculteurs ont vu l’amélioration de l’état nutritionnel de leurs enfants. Mais ces paysans sont pauvres, car ils ne vivent en exploitant que vingt ares par famille (selon la F.A.O. 84 % des exploitations familiales dans le monde font moins de deux hectares). Ces familles ont beaucoup de mal à trouver les un à deux euros par semaine nécessaires pour acheter le sucre, le sel, l’huile ou le charbon de bois ! Nous avons le devoir de maintenir l’enthousiasme de ces personnes, sage-femmes, assistantes nutritionnelles, conseillers agricoles qui nous font confiance et qui aident leurs compatriotes à sortir de ce cycle infernal de la malnutrition responsable de leur mauvaise santé.
ur une plateforme pluridisciplinaire située à Tananarive, Fanarenana regroupe les différentes spécialités relevant du domaine de la réadaptation afin de promouvoir l’accès gratuit à l’offre de soins en réadaptation, couplée avec un accompagnement social des familles. L’association accueille les enfants handicapés de familles démunies en proposant une large offre de soins en réadaptation fonctionnelle. Des professionnels, malgaches ou étrangers expatriés, travaillent bénévolement. Les prises en charge se réalisent sur un site appelé «l’Espace Réadaptation ». Une consultation médicale a lieu au préalable pour une orientation auprès des professionnels concernés qui vont établir un bilan et un plan de soins et de prise en charge globale dans la durée. L’action menée par Fanarenana a débuté en 2006 grâce à des subventions de l’Union Européenne et du Ministère français des Affaires Etrangères. L’APPEL a ensuite pris le relais. Elle est soutenue par des Malgaches de haut niveau professionnel qui prodiguent gratuitement leurs soins aux familles démunies et y associent une information/formation sur l’accueil des enfants au sein des familles et dans les écoles : en cela, elle vise à renverser les coutumes d’exclusion que subissent les handicapés malgaches, trop souvent considérés comme objets d’ « interdits ». En cela cette démarche est particulièrement innovante et unique à Madagascar.
Paul Sanyas
Ile-de-France
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Michel Audras
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RWANDA
Que deviennent les anciens filleuls ?
Alain Vergote et Jean-Michel Maret avec le groupe des responsables. A gauche, deuxième au premier rang : Etienne Bakweli, président de L’APPEL Rwanda, au second rang (casquette) : Eugène Rwiririza, ingénieur hydraulicien, formateur
Les jeunes plombiers au travail sur le chantier de Ryaruganzu
Lorsqu’ils ont fini le cycle des études secondaires, certains de nos filleuls obtiennent une bourse de l’Etat et vont à l’Université. Les autres sont à la recherche d’un métier. Ils ont besoin d’une formation professionnelle. Trouver une filière qui convienne à leurs goûts n’est pas facile. Plusieurs ont pu ainsi se placer comme apprentis chez des artisans locaux. Mais de son côté notre partenaire, L’APPEL Rwanda, met en place de nombreux réseaux d’eau propre et a besoin de créer des équipes de maintenance
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APPEL Rwanda, avec l’aide de L’APPEL et des bailleurs de fonds français a déjà créé douze systèmes d’AEP (Adduction d’Eau Propre). A raison de deux ou trois nouveaux chaque année, c’est une très vaste distribution d’eau propre qui s’étend maintenant dans de nombreuses vallées du District de GICUMBI. Tout au long du chantier de chaque AEP, des anciens filleuls sont embauchés comme apprentis plombiers. Ils sont de cinq à huit selon le réseau dont l’étendue peut aller de six à douze km de long desservant de nombreux villages. En trois mois, ils apprennent le métier et ils en sont très fiers. Après ce délai, ils deviennent jeunes plombiers responsables. Selon un barème établi par les autorités locales, les populations cotisent pour l’accès à l’eau. Cela permet d’acquérir les pièces de rechange mais aussi d’assurer un salaire pour ces jeunes devenus professionnels.
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Une organisation performante Ils se sont organisés en une association indépendante, avec une répartition en équipes. Chacune est responsable d’un bassin hydraulique en accord avec l’ingénieur désigné par le District et avec les membres des Comités de l’eau siégeant par secteur, par cellule ou par village selon les divisions administratives locales. Leur travail est également suivi par l’Ingénieur Eugène qui a dirigé lui-même leur formation sur les chantiers. Jean-Michel Maret et Alain Vergote, du Groupe Isérois de L’APPEL, en mission là-bas en janvier dernier, les ont rencontrés et ont pu mesurer l’entrain de ces jeunes pour ce travail qu’ils prennent très au sérieux. Bientôt, plus de trente jeunes plombiers seront en poste. Nos correspondants de grandes agences de l’eau en France qui apportent les cofinancements nécessaires, tel le SEDIF (Syndicat des Eaux d’Ile France)
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Olivier Dushimana, jeune plombier de L’APPEL Rwanda embauché par l’organisation nationale Ewasa
et l’Agence de l’eau Rhône/Méditerranée/ Corse, ainsi que quelques fondations privées, par exemple Artelia, approuvent une telle initiative et contribuent au coût de leur formation. Les installations d’eau, constamment surveillées, marchent bien. Elles procurent ainsi une eau de source captée en haute montagne, fraîche, propre, disponible à volonté, à plus de 50.000 habitants des montagnes du Nord du Rwanda, dont la vie quotidienne se trouve ainsi grandement améliorée. Jacques Lalande
Ile-de-France Jean-Michel Maret & Alain Vergote
Isère