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2015 novembre n°159

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artisan de l’avenir d’un enfant

« ce que l’on garde pourrit, ce que l’on donne fleurit » PUBLICATION TRIMESTRIELLE • N° 159 • DÉCEMBRE 2015


Sommaire J Éditorial...........................................3

D’ici et d’ailleurs...

J Rwanda : De l’eau à GATABA : c’est la fête ! ....................................4

Les 90es Semaines Sociales de France Les 90es Semaines Sociales de France se sont déroulées à l’UNESCO du 2 au 4 octobre.

J Haïti : Une formidable soif de savoir ..........................................5

Notre participation a été un succès. Notre stand a vu passer une cinquantaine de personnes intéressées par nos actions et les thèmes et méthodes de notre association. Les tables rondes sur les Nutricartes® ont rassemblé une trentaine de participants et des contacts ont été pris.

J Vietnam : Des changements dans le système éducatif vietnamien ....... 6 J Burkina Faso : Opinion.....................7 J L ’APPEL : Nos objectifs, nos moyens......................................8

BURKINA FASO Au Burkina Faso, l’antenne de Montpellier appuie l’Association Espoir pour Demain à Bobo Dioulasso. Le projet actuel est d’accompagner financièrement des constructions complémentaires du Centre de Récupération Nutritionnelle. Le bâtiment principal est construit, mais il manquait des parties essentielles pour le rendre plus fonctionnel : des toilettes / WC et une cuisine extérieure. C’est chose faite avec notre apport de 1 000 € et un complément venu d’amis belges. Il nous reste à intervenir pour les aménagements intérieurs, portes et fenêtres. Un concert sera organisé dans ce but au premier trimestre 2016 dans le cadre des manifestations initiées avec le concours de notre partenaire Coline en Ré.

Montpellier

TCHAD Le projet de construction Coline en Ré - L’APPEL pour l’école de Koumogo : mission accomplie avec succès !

Photo de couverture : « Enfants de l’île de La Tortue »

Le nouveau bâtiment a accueilli les élèves pour leur rentrée scolaire 2015-2016 dans les délais et les conditions espérées. Le partenariat entre Coline en Ré et L’APPEL a parfaitement fonctionné. Les bâtiments sont bien construits, solides et très aérés sur une cour arborée où jouent des enfants actifs et heureux. On sent qu’ils se sont approprié leur école. On n’imaginerait pas qu’ils se trouvent en fait dans un village de brousse à plusieurs heures de piste de la ville la plus proche! C’est une fierté pour tous ! Marcelle Brown Scheidig Quatrième bâtiment achevé

Ile-de-France

TCHAD 89, avenue de Flandre Boîte n° 9001 - 75019 Paris Tél. : 01 42 02 77 78 Site : www.lappel.org E-mail : association@lappel.org Directeur de la publication Patrick Larmoyer avec la collaboration de Madeleine Le Moullec Réalisation INTERCOM 1bis rue Charles de Gaulle, ZI de la Marinière, 91070 BONDOUFLE Commission paritaire N° 0912 H 84899 ISSN 0398 6039

L’APPEL-DURANCE poursuit son action de formation à l’éducation nutritionnelle au Tchad. Celle-ci va entrer dans sa 3e année avec la prochaine mission en janvier prochain. Une évaluation aura lieu fin 2016 dont les résultats contribueront à la capitalisation des informations sur la mise en oeuvre de cette activité transversale de L’APPEL. Pour poursuivre ce travail au Tchad notre antenne a besoin de renforcer son équipe de formateurs bénévoles. Nous recherchons des professionnels de santé ou du social qui ont envie de s’engager dans la durée (trois ans) à raison d’une mission de deux semaines par an environ. Si vous êtes intéressés et n’habitez pas trop loin du siège de L’APPEL-DURANCE situé à Cadenet dans le Vaucluse, n’hésitez pas à nous contacter par mail. appel.durance@gmail.com Anne Vincent

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ÉDITORIAL Chers amis de L’APPEL, Vous êtes vous posé la question de ce que signifie ce nom « L’APPEL » ? Il résume notre façon d’agir : répondre à un appel concernant des enfants et venant de membres de la société civile des pays du Sud. Ceux-ci deviennent alors nos partenaires pour mener ensemble une action de développement. Répondre à un appel, ce n’est pas agir à la place de l’autre, ce n’est pas faire une brève apparition sans lendemain, ce n’est pas imposer une solution. C’est d’abord créer un lien avec des personnes en situation d’isolement et les aider à le rompre. Ce dernier peut être géographique : les habitants de l’île de La Tortue (Haïti), ceux des régions montagnardes du Vietnam, les collégiennes de la brousse au Tchad sont tous loin des grandes villes et se sentent laissés pour compte. L’éducation n’est-elle pas pour eux aussi ? L’école, le collège, l’université même, la maîtrise de l’informatique… Ces ambitions sont légitimes, même pour ceux qui vivent loin de tout. L’APPEL rompt leur isolement : construction de bâtiments, bourses, cours d’informatique, mise à niveau pédagogique… Même dans les grandes villes on peut être isolé, laissé à l’écart. Les enfants des rues à Cusco au Pérou, ceux des bidonvilles à Lima au Pérou ou à Pointe Noire dans la République du Congo, ceux touchés par le VIH à Bobo Dioulasso au Burkina Faso sont frappés d’exclusion. Ils peuvent cependant, grâce à L’APPEL, trouver un abri, un lieu pour étudier, pour être soignés. Laissés pour compte aussi, les enfants mal nourris, qui ne se développeront pas bien, deviendront des adultes plus faibles, exclus des progrès dans leur pays qui déjà peine à se développer. A Madagascar, au Tchad, au Burkina, dans les camps de réfugiés du HCR en Afrique de l’Ouest, la méthode Nutricartes®, développée par une équipe de L’APPEL, permet aux familles de mieux utiliser leurs ressources pour équilibrer les repas et barrer la route à la malnutrition. Répondre à un appel, c’est donc briser le cercle de l’isolement, permettre aux enfants de se développer, durablement et dans leur milieu naturel. Vous êtes les acteurs de ces changements, au même titre que les partenaires du Sud et les porteurs de projets de L’APPEL. Merci pour vos dons*, toujours généreux en ces périodes de fêtes de fin d’année.

Madeleine Le Moullec

Présidente de L’APPEL

®Hervé Vincent

* « ce que l’on garde pourrit, ce que l’on donne fleurit » (dicton auvergnat)

Les Nutricartes® prennent leur envol ! Une équipe de L’APPEL a mis au point une méthode d’éducation nutritionnelle des mères - et aussi des pères- : les « Nutricartes® » S’appuyant sur des jeux pédagogiques à base de photos des produits des marchés locaux, les mères apprennent à composer des repas équilibrés pour leurs plus jeunes enfants. Car le manque de connaissances sur une alimentation équilibrée est l’une des sources de la malnutrition des enfants. Ainsi les coutumes locales privilégient-elles la surconsommation de céréales (riz, mil, manioc…) au détriment des protéines et des fruits et légumes. Cette formation ludique et conviviale, en petits groupes dans lesquels les mères s’auto- instruisent, a fait la preuve de son efficacité d’abord dans nos actions à Madagascar, puis progressivement au Tchad, au Burkina Faso et en Haïti. Le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés) nous a demandé de former leurs équipes à cette méthode. Nous leur avons fourni 900 jeux accompagnés d’une formation intensive, au Togo en décembre 2014. Les Nutricartes® de L’APPEL sont devenues l’un de nos principaux outils de formation et nous avons l’ambition de les faire rayonner bien au-delà de notre périmètre. Plusieurs ONG s’y intéressent. Le succès de cette méthode a été validé par Margot Magnin, diététicienne Suisse, dans le cadre de son Master en santé publique de l’université de Genève. Un site internet dédié aux Nutricartes® va voir le jour prochainement accompagné d’outils de soutien (tutoriel, vidéo). Cette méthode est désormais un enjeu majeur pour le développement de nos actions dans le domaine de la renutrition sachant qu’il est préférable d’apprendre à pêcher à nos partenaires plutôt que de leur donner du poisson. En soutenant L’APPEL dans cette démarche vous nous aidez à nous projeter dans un avenir très prometteur ! Michel Audras

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RWANDA

De l’eau à GATABA : c’est la fête ! C’est à la fois le nom d’une source et celui d’une grosse agglomération du Secteur de Kyombe dans le District de Nyagatare au Nord Est du Rwanda à 40 km environ de Byumba où siège L’APPEL Rwanda.

A

rrivant par la route de la colline en face, à 1.800 mètres, nous distinguons trois plans : en haut la grande église toute en longueur, au milieu les maisons et une très grande école-collège ( plus de 1.000 élèves) et plus bas le centre de négoce. Nous sommes à moins de 3 km de la frontière avec l’Ouganda. L’initiative des travaux d’adduction d’eau est venue de l’evêque anglican Emmanuel, (la religion ici dominante), dont le diocèse est à Byumba et qui nous a sollicités. Après quelques négociations franches et amicales les autorités du District ont accepté de contribuer à 33% du financement. Pas de bailleurs de fonds extérieurs pour cette action : c’est L’APPEL qui assure sa part de 20.000 € grâce à un don obtenu par nos amis de l’antenne de Montpellier provenant de la succession d’une fondation privée.

Une installation de qualité

Elle est magnifique. La source est captée en haute montagne, très pure et de bon débit. La première borne fontaine a beaucoup d’allure avec trois larges marches d’accès pour atteindre le robinet ! Dix autres bornes distribuent l’eau à 3.500 habitants, il y a en outre une grande citerne avec six robinets pour l’école, des réservoirs pour réguler l’eau jour et nuit. Tout fonctionne bien.

piétine et saute en rythme les pieds joints à 50 cm du sol, les bras écartés la paume vers le ciel comme pour une offrande. C’est contagieux, tous veulent en être, le ou les pasteurs présents, le secrétaire exécutif, le vénérable chef du village et même la Vice Maire du District, très sympathique et d’une énergie confondante, avec ses formes arrondies, après un long discours débité d’une traite pendant plus de 20 minutes en langue locale ! Nous entrons dans la danse et rions aux paroles, qu’on nous traduit, du chœur des enfants de l’école : « Vous les partenaires vous êtes beaux, et ce n’est pas exagéré de dire que vous êtes vraiment beaux ! Nous sommes contents et nous savons qu’il nous faudra protéger les installations pour l’eau. Chers amis venus d’un lointain coin du monde nous vous accueillons. A partir d’aujourd’hui tous nous devenons adhérents de L’Appel Rwanda ! » La traduction est double car la langue parlée ici est l’Oruciga, dialecte commun avec le

La fête

Et puis, le 25 juin, c’est la fête d’inauguration, la plus animée que nous ayons jamais vue ! Des milliers de personnes sur une immense pelouse juste à côté de l’école. Une ambiance extraordinaire, des chants, des danses traditionnelles mêlant toutes les générations, les écoliers, les mères de famille, les enseignants, les travailleurs du village. Sur une mélodie chantée sans autre instrument que les tambours, tout le monde 4

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sud de l’Ouganda dont nous avons appris quelques mots pour remercier nos hôtes : « Warava ota ? Kuru ngi ! » Bonjour, comment ça va ? Ca va ! « Wasiba ota. Murabeho ! » Bon après midi et au revoir ! Jacques Lalande Andréas Lof Michel Moraine

Ile-de-France

Isère


HAÏTI

Une formidable soif de savoir

Réunion des directeurs d’écoles, avec Hubert, Elisabeth et Madeleine

Étudier n’est pas jouer ?

Initiation au matériel pédagogique

L’école des enfants

A La Tortue, cette île du bout du monde, difficile d’accès, vivent 45.000 personnes, dont 20.000 enfants qui disposent de… trois écoles nationales ! L’Etat haïtien peine à exercer ses fonctions : scolarisation, création de routes, qualité des soins sont insuffisantes sur la « Grande Terre », où vivent 11 millions d’habitants, mais à La Tortue, servie en dernier, c’est encore pire. Habitués à se prendre en charge, les Tortugais font face.

L’

APPEL soutient la scolarité de nombreux enfants. Des écoles privées les accueillent, souvent en difficulté pour payer les enseignants car les parents peinent à régler « l’écolage ». Quelques écoles sont maintenant « nationalisables », l’Etat y prend en charge les salaires des enseignants… mais avec un an et demi de retard !

Des écoles du bout du monde

En mission à La Tortue, en octobre dernier, nous avons parcouru les chemins difficiles que les enfants prennent chaque jour pour aller à l’école, dans des endroits reculés comme les deux pointes de l’île. Les écoles de Créas, Bois Chandel, Tête de l’Ile, ne sont reliées par aucune route au reste de l’île. L’APPEL y a construit des bâtiments, des citernes d’eau de pluie pour les approvisionner en eau, ressource très rare. Les salaires des enseignants sont payés régulièrement. Des bourses sont versées pour les familles qui ont trop peu de ressources. Dès six ou sept heures le matin, on voit des enfants en chemin pour l’école, impeccables, même si la vie est difficile à la maison. Les plus jeunes vont en classe dans leur village, mais dès huit ans, ils doivent

aller bien plus loin, par des sentiers de chèvre car La Tortue est très escarpée. Les parents de ces villages isolés sont conscients de l’importance de leurs écoles et sont venus nous rencontrer à chaque étape, pour nous exprimer, en créole, leur satisfaction et aussi leurs besoins : une toiture à refaire, des murs à crépir, une salle supplémentaire, des livres à remplacer... Bien souvent les classes sont surchargées. Les locaux sont très simples, voire rudimentaires et rien ne vient les égayer, même pour les plus petits. Le sérieux, la concentration des élèves, leur envie d’apprendre sont frappants. Leurs yeux pétillent d’intelligence et de curiosité.

L’école aussi pour les maîtres

Leurs maîtres ne sont pas en reste. Beaucoup ont un niveau d’études insuffisant, équivalent à la classe de seconde, et n’ont pas d’aisance en français, langue de l’enseignement. Ils vont donc l’après-midi en classe : rhéto, philo et baccalauréat. Certains sont étudiants à l’université. L’APPEL soutient par des bourses 150 de ces professeurs. Là aussi, on ne peut qu’admirer leur volonté : à 13 heures, ils quittent leur classe, prennent à

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pied des routes défoncées pour rejoindre le centre de l’île, suivent leurs cours au lycée et en reviennent à la nuit tombée. Les résultats sont à la mesure de ces efforts : presque tous passent dans la classe supérieure, réussissent leurs examens. Leur formation pédagogique n’est pas assurée non plus. Lors de la mission, cinq sessions ont été consacrées à la pédagogie des petites classes et nous avons montré l’utilisation du matériel pédagogique apporté de France. Voir des enseignants faire des marionnettes, lancer des ballons en l’air, s’exercer à compter avec… des bouchons en plastique pour mieux expliquer ce qu’est une dizaine, ce sont des moments bienfaisants de partage et souvent d’hilarité. L’Association des Directeurs d’Ecole pour une Tortue Meilleure, l’ADETOM, coordonne les actions de L’APPEL et a l’ambition de donner aux enfants de l’île, encadrés par des professeurs mieux formés, des perspectives à la hauteur de leur envie de savoir. Madeleine Le Moullec avec Hubert Chegaray et Elisabeth Arend

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VIETNAM

Des changements dans le système éducatif D’importants changements, dont nous fait part notre correspondante à Hô Chi Minh-Ville, ont eu lieu récemment dans le système éducatif vietnamien. Les filleuls vietnamiens de L’APPEL sont tous concernés. Attente des étudiants pour retirer leurs dossiers, dans une Université de Hô Chi Minh-Ville, le 10 août 2015

Dans l’enseignement primaire et secondaire

D’où de nombreuses difficultés, aussi bien pour les Universités que pour les étudiants et leurs parents. De l’aveu même d’un principal de lycée de Hanoi, l’admission dans une Université tenait du jeu de hasard : fallait-il maintenir sa candidature ou bien retirer son dossier ?

D’après le ministre de l’Education, il devient important, non seulement de faire acquérir des connaissances, mais également de former et développer les qualités et capacités des élèves. Dès l’année scolaire 2018-2019, au cours du cursus de douze ans (école primaire, collège et lycée), à l’enseignement de base s’ajoutera, à partir du lycée, une période d’orientation professionnelle. Les élèves ne seront plus tenus d’étudier toutes les matières. Il y aura sept ou huit matières obligatoires pour la période d’enseignement de base, et quatre pour la période d’orientation professionnelle.

L’admission dans les Universités a conduit cette année à une situation compliquée, dont le Ministre de l’Education endosse la responsabilité

De nouveaux manuels vont prochainement être élaborés.

dans tout le Vietnam, ont passé cet examen national en juillet 2015. A l’issue de cet examen, chacun a reçu quatre exemplaires d’un certificat mentionnant ses résultats.

Les enseignants seront tenus de suivre des formations de recyclage. Ces formations sont confiées aux Universités de pédagogie qui vont devoir modifier le contenu de leurs programmes pour s’adapter aux nouveaux objectifs.

A l’Université

La première étape d’inscription dans les Universités avait lieu du 1er au 20 août 2015. En cas de non admission lors de cette étape, les étudiants pouvaient déposer d’autres candidatures, du 15 septembre au 15 novembre 2015.

Comme le titre le journal « La Jeunesse » du 20 août 2015 : « Le Vietnam change le processus d’admission dans les Universités : écoles, étudiants et parents dans les difficultés. »

Pendant le mois d’août, les Universités ont mis en ligne une liste de noms, avec les notes classées du plus haut au plus bas. Ce n’est que le 20 août qu’elles devaient publier leur liste définitive.

Auparavant, à la fin de la 12e classe (notre Terminale), les élèves passaient deux examens bien distincts : l’équivalent de notre baccalauréat, fin juin, puis un examen d’entrée à l’Université, début juillet.

Entre le 1er et le 20 août, les étudiants craignant de ne pas être admis ont eu le droit de retirer leur dossier de demande d’inscription pour le déposer dans une autre Université.

Désormais, ces deux examens sont fusionnés en un seul, appelé Examen national de fin de lycée. Des centaines de milliers de jeunes,

Il s’est alors formé de longues queues d’étudiants désirant retirer leur dossier et d’autres désirant en déposer un nouveau.

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Le journal précité livre ainsi plusieurs témoignages : des parents vivant en province ont dû quitter leur travail pendant plusieurs jours, une mère a dû séjourner cinq jours à l’hôtel à Hué pour retirer le dossier de sa fille, de nombreuses allées et venues entre le domicile et l’Université ont entraîné des frais de transport élevés… Conséquence de ces gros changements : de grosses difficultés. D’après des présidents d’Universités eux-mêmes, les étudiants risquent d’être inscrits dans des filières qu’ils n’ont pas vraiment choisies et de manquer d’enthousiasme pour leurs études ou, pire, de les abandonner. Parallèlement à tous ces changements, les frais d’inscription dans les Universités ont considérablement augmenté : ils s’élèvent à environ 600 euros/an dans les Universités publiques et varient de 800 à 2000 euros/ an dans les Universités privées. Jeanine Maeder Jeanne Xavier

Ile-de-France


BURKINA FASO

Opinion Soixante pour cent de la population burkinabé a moins de 20 ans. Cette jeunesse constitue un levier potentiel d’innovations et de progrès à condition que des ressources soient mobilisées pour la préparation des jeunes à la vie adulte. Et si l’éducation à la citoyenneté était une de ces ressources essentielles ? C’est dans ce sens qu’agit la Maison des Jeunes, des Cultures et des Associations (MJCA)* depuis son ouverture en 2007.

La citoyenneté, un possible socle du développement ? Le printemps arabe n’aurait-il pas frappé aux portes du Burkina Faso ? Non, c’est l’harmattan bukinabé qui a soufflé au pays des hommes intègres en octobre 2014 conduisant son président à démissionner après vingt sept années de pouvoir. Les rênes du pays ont alors été confiées à un gouvernement de transition pour préparer des élections démocratiques pour 2015. Rebondissement en septembre : la garde présidentielle, restée en fonction, fomente un coup d’Etat. La jeunesse réaffirme son précédent refus! Octobre 2015 : le gouvernement de transition reprend son travail. L’armée dépose les armes. Des élections sont prévues pour novembre 2015. « Rien ne sera plus jamais comme avant car la jeunesse africaine est consciente des enjeux du respect du principe démocratique pour son avenir. » (Un journaliste) Le Burkina Faso est un pays de traditions. Et pourtant, il a démontré depuis une année sa modernité à travers l’expression citoyenne de sa jeunesse. Ce que j’ai vu, en tant que directrice de MJCA* ? Une jeunesse unie, solidaire et mûre, qui sait très bien ce à quoi elle aspire et ce dont elle ne veut plus. Cette maturité s’est exprimée sur les réseaux sociaux : Quelle est votre source svp ? (commentaire inscrit en bas d’une publication de Facebook). Les échanges se succèdent pour analyser le contenu de l’information et le partager en temps réel sur les positions, les exactions, les décisions des

opposants à la démocratie. Ils permettent la mobilisation et l’organisation du Non. Tout le monde est connecté à Ouagadougou. Le champ de la citoyenneté est grandement ouvert. Cela confirme la mission éducative de la MJCA*, projet de développement communautaire animé par les habitants. Pour chacune de nos activités nous élaborons les programmes en concertation avec les familles. Nous réfléchissons ensemble sur les leviers que nous pouvons soulever pour améliorer leurs conditions de vie. Lors de l’élaboration du projet de la MJCA* en 2005, il s’agissait d’accompagner des hommes, des femmes et des enfants à devenir acteurs de leur vie et de leur cité. Devenir acteur de sa cité, c’est exprimer sa citoyenneté. Cette expression est indéniablement un des facteurs clefs et modernes de l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables. L’histoire du Burkina Faso va continuer à s’écrire. Mais le souffle de l’harmattan ne s’estompera pas. La jeunesse souhaite voter et s’impliquer. Elle a relevé ses manches. Et la MJCA*, comme d’autres acteurs de la société civile, souhaite continuer à participer à son accompagnement et son éducation. Yasmina El Alaoui Badolo Directrice de la MJCA*

*soutenue par L’APPEL

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Manifestation à Ouagadougou en 2014 Décembre 2015

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artisan de l’avenir d’un enfant

En Afrique, en Asie, en Amérique du Sud, et ailleurs, les enfants sont les premières victimes de la misère, de la maladie, de la guerre et des catastrophes naturelles...

L’APPEL est une association de Solidarité Internationale, déclarée organisme d’intérêt général, qui appuie depuis 1968 des initiatives locales pour l’enfance. Son objectif est de contribuer à la réduction de la pauvreté et de ses conséquences. Pour cela, nous réalisons 40 projets de développement en faveur des enfants, dans 9 pays et dans 3 domaines : • la santé, • l’éducation & le parrainage, • l’eau & l’amélioration des conditions de vie. Chaque projet offre une solution sur mesure, adaptée à des problèmes précis. Nous mettons l’accent sur la proximité grâce à nos partenariats locaux et aux programmes évolutifs et spécifiques, au plus près des enjeux et des réalités. L’APPEL c’est aussi : 40 projets portés par 100 bénévoles : médecins, personnels de santé, enseignants, ingénieurs, travailleurs sociaux, comptables, etc… Au siège : seulement 2 salariées à temps partiel et des bénévoles pour le secrétariat, la comptabilité, la communication, l’informatique… 6 antennes en région : Durance, Languedoc-Roussillon (Montpellier), Cherbourg, Île de France, Isère, Morbihan. L’APPEL c’est aussi près de 400 adhérents, 1000 donateurs, 400 enfants parrainés, grâce à 350 parrains, de façon individuelle ou collective dans 6 pays Des bénéficiaires directs et indirects qui se comptent par milliers ! Un budget de 672 755 € pour 2014, dont 58% des recettes proviennent des particuliers. Des coûts de fonctionnement réduits au minimum pour que 86% des dons financent directement nos actions. Comment vous engager à nos côtés ? Devenez bénévole : Vous êtes motivé(e) par le travail d’équipe ? Vous souhaitez contribuer à la solidarité internationale ? Rejoignez nos équipes de bénévoles.

Vous donnez à L’APPEL, vous soutenez une action… vous voulez savoir comment ces fonds sont gérés Vous pouvez faire un don : • auprès du siège (89 avenue de Flandre, 9001, 75019 Paris) • ou auprès d’une de nos antennes • ou par Internet à partir de notre site (www.lappel.org). Ce don sera affecté selon votre souhait, à une action particulière ou à un pays (dans ce cas, il sera réparti entre les diverses actions implantées dans ce pays) ou « selon priorité ». Ces dons profitent largement aux bénéficiaires de nos actions, les enfants des pays du Sud. Les frais généraux de l’association sont limités au maximum, grâce en particulier à la contribution des bénévoles. Nos comptes sont contrôlés par un commissaire aux comptes et votés par notre Assemblée Générale. Vous pouvez les consulter dans le numéro de septembre 2015 de notre journal ou sur notre site.

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