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aspect, édition janvier 2026

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Janvier 2026

aspect

CANCER DE LA LANGUE

Le combat de Mirjam pour retrouver la parole NOUVELLE CAMPAGNE

CANCER INCURABLE

CANCER DE L’ENFANT

Dans les coulisses du tournage

Jöchi célèbre la vie et l’amour

Une étude pour sauver plus de vies


Offre conseils et soutien – La Ligue contre le cancer de votre région La Ligue contre le cancer vise à réduire le nombre de cancers et à améliorer la qualité de vie des personnes touchées. 18 ligues cantonales et régionales contre le cancer conseillent et soutiennent dans plus de 70 lieux en Suisse.

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Nous sommes toujours là pour vous !

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1 Krebsliga Aargau Telefon 062 834 75 75 krebsliga-aargau.ch

6 Krebsliga Graubünden Telefon 081 300 50 90 krebsliga-gr.ch

10 Krebsliga Schaffhausen Telefon 052 741 45 45 krebsliga-sh.ch

15 Krebsliga Wallis Telefon 027 604 35 41 krebsliga-wallis.ch

2 Krebsliga beider Basel Telefon 061 319 99 88 klbb.ch

7 Ligue jurassienne contre le cancer Téléphone 032 422 20 30 liguecancer-ju.ch

11 Krebsliga Solothurn Telefon 032 628 68 10 krebsliga-so.ch

16 Krebsliga Zentralschweiz LU, OW, NW, SZ, UR, ZG Telefon 041 210 25 50 krebsliga.info

3 Krebsliga Bern Telefon 031 313 24 24 krebsligabern.ch 4 Krebsliga Freiburg Telefon 026 426 02 90 freiburg.krebsliga.ch 5 Ligue genevoise contre le cancer Téléphone 022 322 13 33 lgc.ch

8 Ligue neuchâteloise contre le cancer Téléphone 032 886 85 90 liguecancer-ne.ch 9 Krebsliga Ostschweiz SG, AR, AI, GL Telefon 071 242 70 00 krebsliga-ostschweiz.ch

12 Krebsliga Thurgau Telefon 071 626 70 00 krebsliga-thurgau.ch 13 Lega cancro Ticino Telefono 091 820 64 20 legacancro-ti.ch 14 Ligue vaudoise contre le cancer Téléphone 021 623 11 11 lvc.ch

17 Krebsliga Zürich Telefon 044 388 55 00 krebsligazuerich.ch 18 Krebshilfe Liechtenstein Telefon 00423 233 18 45 krebshilfe.li

Votre don en bonnes mains. Impressum Éditrice : Ligue suisse contre le cancer, Case postale, 3001 Berne, Téléphone 031 389 94 84, aspect@liguecancer.ch, liguecancer.ch/aspect, IBAN : CH 95 0900 0000 3000 4843 9 – Rédaction en chef : Pia Schüpbach (spa) – Rédaction : Joëlle Beeler (jbe), Stefanie de Borba (stb), Manuela Daboussi (mda), Danica Gröhlich (dag), Markus Ossola (mao) – Mise en page : Binkert Partnerinnen AG – Coordination : Olivia Schmidiger – Impression : Merkur Zeitungsdruck AG, Langenthal BE – Édition : 1/26, janvier 2026, paraît quatre fois par an. Bulletin d’information pour les donatrices et donateurs de la Ligue suisse contre le cancer.

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Les personnes atteintes d’un cancer rare ont besoin de soutien – nous sommes là Chère lectrice, cher lecteur,

Sommaire

Lorsque mon homonyme Mirjam raconte son histoire, on comprend chacun de ses mots. Difficile d’imaginer qu’à une période, elle n’arrivait presque pas à parler. La faute à un cancer de la langue et à l’ablation de la tumeur qui a suivi. Les informations sur ce cancer rare étant maigres, Mirjam a cherché elle-même un moyen de s’entraîner à articuler : « J’ai mâché du chewing-gum de façon absolument répugnante du côté greffé », ditelle dans notre portrait (page 10). Son moteur : « Je voulais de nouveau pouvoir parler avec mes enfants. » Elle a fait preuve d’une volonté de fer. De la volonté, Jöchi (page 19), atteint d’un cancer des glandes salivaires incurable en raison de métastases, en a lui aussi à revendre. « C’est vraiment bête d’avoir un cancer pour lequel il y a si peu d’études. Chaque traitement est un essai dont je ne peux qu’espérer qu’il fonc­ tionnera. » Les cancers rares comme ceux de Mirjam et de Jöchi concernent moins de 6 personnes sur 100 000 par an. Cela signifie moins de données cliniques, moins d’études, moins de thérapies éprouvées. Et, pour les médecins, moins d’expérience sur laquelle s’appuyer. Mais qu’un cancer soit rare ou fréquent, la souffrance est la même. Il est d’autant plus important que personne ne reste seul avec sa détresse. La Ligue contre le cancer est là – grâce au soutien de donatrices et donateurs comme vous – pour les personnes concernées, par exemple avec son service de conseil InfoCancer (page 7). Elle encourage également des projets (page 8) pour faire avancer la recherche sur les formes rares de cancer. À travers ces mots, j’aimerais appeler à davantage d’attention, de solidarité et de recherche pour toutes les personnes que l’on oublie souvent – des personnes comme Mirjam et Jöchi.

Cordialement,

Kaléidoscope

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Cancers rares : un défi pour les malades et pour les médecins.

À la une

6

Journée mondiale contre le cancer : pour des soins axés sur les personnes.

InfoCancer au quotidien

7

Offres d’information, alimentation et douleurs après la radiothérapie.

Recherche

8

Cancer de l’enfant : une chercheuse veut sauver des vies grâce au suivi de la température.

Vivre avec le cancer

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Cancer de la langue : le combat de Mirjam pour pouvoir de nouveau parler avec ses enfants.

Éclairage

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Nouvelle campagne de sensibilisation : dans les coulisses de la séance photo.

En bref

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Testament : comment calculer l’impôt sur les successions.

Jeux-concours

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Gagnez une nuitée au Bretterhotel Trauffer.

En tête-à-tête

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Atteint d’un cancer des glandes salivaires incurable, Jöchi savoure la vie à fond.

Questions, remarques, suggestions ?

 Écrivez-nous : aspect@liguecancer.ch Retrouvez-nous sur les médias sociaux :

Mirjam Lämmle Directrice de la Ligue suisse contre le cancer aspect 1/26  3


KALÉIDOSCOPE

Cancer métastatique

Exposition itinérante « La maladie ne définit pas qui nous sommes », déclare Anna Farris, pair auprès de la Ligue suisse contre le cancer et coprésidente de l’associa­ tion Cancer du sein métastatique Suisse. Avec son organisation, elle est à l’origine d’une exposition artistique. Les 24 photos grand format mettent en lumière la vie avec un cancer métastatique. Elles présentent deux réalités en parallèle : les images de la TEP/TDM, qui permettent de visualiser les métastases, et des portraits de femmes variés, uniques et vivants. Le vernissage de l’exposition itinérante « Ich bin die, die lebt » (je suis celle qui vit) s’est déroulé en septembre à Aarau. L’exposition fera halte à Bâle du 14 au 29 mars 2026 pour donner

La citation

plus de visibilité à la problématique du cancer métastatique. (spa)

Informations complémentaires et calendrier (en allemand uniquement) : leben-mit-metastasen.com

Tabac

Succès de taille pour la protection de la jeunesse

Atteint d’une leucémie à l’âge de 7 ans, Luis a vu son existence bouleversée du jour au lendemain. Durant cette période difficile, il a toujours été heureux de retrouver un semblant de normalité – aller à l’école, par exemple. Avec le recul, Luis est très reconnaissant à sa famille et à ses amis de l’avoir encouragé à se battre sans jamais baisser les bras. Onze ans se sont écoulés depuis la fin du traitement. Aujourd’hui, il suit une formation de physiothérapeute pour apporter sa contribution dans le domaine de la santé.

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œuvre au parlement, elle a participé résolument et avec succès à chaque étape : les produits tabagiques n’atteindront plus les enfants et les jeunes sur les canaux les plus courants à l’avenir. Un grand pas pour la prévention du cancer et un signe fort de l’efficacité de la Ligue contre le cancer sur le plan politique. (mao) Plus d’informations : liguecancer.ch/publicite-tabac

PHOTOS : ZVG, MOTORTION

« On m’a offert une seconde vie, et j’en suis infiniment reconnaissant ! »

Le tabac est la première cause de décès évitable en Suisse : chaque année, il fait plus de 9500 morts, dont plus de 3000 à la suite d’un cancer du poumon. Le meilleur moyen de se protéger est de ne pas commencer à fumer. Étant donné l’influence considérable de la publicité sur les jeunes, la Ligue contre le cancer s’est engagée en faveur d’une loi stricte sur les produits du tabac. De l’initiative « Enfants sans tabac » à la mise en


Un défi pour les malades et les médecins Pratiquement un cancer sur quatre est un cancer rare – un défi de taille pour les malades comme pour les médecins. Les personnes atteintes d’un cancer rare doivent souvent rassembler les informations ellesmêmes et se sentent abandonnées. Il existe moins de données cliniques, d’études et de traitements. En outre, développer des thérapies pour ces cancers n’intéresse guère l’industrie pharmaceutique, le marché étant trop petit. La problématique concerne néanmoins un grand nombre de personnes, adultes et enfants. Si on les additionne, les cancers rares ne sont en

effet pas aussi rares que leur nom le laisse supposer. Et qu’un cancer soit rare ou fréquent, il bouleverse la vie des malades et de leurs proches. À travers ses offres, la Ligue contre le cancer les accompagne dans leur cheminement avec la maladie. Le service de conseil InfoCancer leur propose un soutien, tout comme la plateforme de pairs : des personnes atteintes d’un cancer rare partagent leurs expériences pour les épauler. (spa)

Les chiffres

Un cancer est considéré comme rare lorsqu’il touche moins de

6 personnes sur 100 000 par an. Entrent dans cette catégorie différentes formes de cancer du sang ainsi que les cancers des os et des tissus mous. Les cancers de l’œsophage, de la thyroïde et du larynx sont également rares, comme pratiquement tous les cancers pédiatriques.

Plus d’informations : liguecancer.ch/InfoCancer

Informations sans barrières

Vidéos explicatives en langue des signes

PHOTO : ZVG

PHOTOS : ZVG, MOTORTION

Cancers rares

La Ligue contre le cancer s’engage pour garantir l’accès à l’information : tout le monde doit bénéficier des mêmes chances, dans le domaine du cancer également. Les informations doivent être faciles à trouver et à comprendre. C’est ainsi que bon nombre de vidéos explicatives sont désormais disponibles en langue des signes. Dans des clips animés, la Ligue contre le cancer transmet des connaissances simples sur différents types de cancer et traitements. Les vidéos abordent la maladie, les thérapies, les effets secondaires et les offres. Elles por­ tent sur les cancers du sein, du côlon, du poumon et de la prostate et – nouveauté – les thérapies ciblées. « Notre objectif est que toutes les personnes domiciliées en Suisse puissent accéder facilement à des informations sur le cancer. Les vidéos en langue des signes représentent un pas important dans cette direction », déclare Natalia Kündig, collaboratrice à la rédac-

tion information cancer de la Ligue suisse contre le cancer. La production des vidéos a bénéficié du soutien de Daiichi Sankyo (Suisse) SA.

Regarder les vidéos explicatives ici : liguecancer.ch/videos

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À LA UNE

Journée mondiale contre le cancer : repenser la prise en charge en oncologie

Derrière chaque diagnostic, il y a une personne et une histoire unique. Le 4 février, à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, la Ligue contre le cancer donne de la visibilité à ces femmes et à ces hommes à travers sa nouvelle campagne. Texte : Stefanie de Borba

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• Renforcement des soins palliatifs : les offres palliatives améliorent la qualité de vie et favorisent l’autodétermination. Un financement fiable garantit que toutes les personnes concernées bénéficient de soins palliatifs adéquats. • Rémunération du conseil psychosocial : le cancer soulève des questions complexes en lien avec le travail, les assurances et les finances. Des soins coordonnés de qualité à l’échelle du pays incluent par conséquent des conseils et un soutien facilement accessibles. Lors de maladies chroniques comme le cancer, les prestations purement médicales ne suffisent pas pour assurer une prise en charge globale. Le recentrage des systèmes de santé sur l’individu en Suisse profite à tout le monde. La Ligue contre le cancer reste aux côtés des malades et de leurs proches. Elle leur donne une voix au sein de la société et au niveau politique et, à partir du 4 février, un visage : sa campagne nationale mettra les personnes concernées sous les projecteurs (voir pages 14/15). liguecancer.ch/journee-mondiale-contre-le-cancer

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• Programmes coordonnés pour les cancer survivors : au terme du traitement, rien n’est plus comme avant pour bon nombre de personnes touchées. À travers des offres coordonnées, la Ligue contre le cancer les soutient de façon globale, par exemple lors de séquelles physiques ou psychiques à long terme, dans le cadre de la réinsertion professionnelle et sur le plan social. • Accès aux programmes de dépistage : le dépistage sauve des vies, mais l’accès aux examens dépend aujourd’hui encore du lieu de domicile et du revenu. Des programmes de dépistage doivent être mis en place dans tout le pays pour des types de cancer bien précis.

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Et si on redéfinissait les soins oncologiques ? Si les différences personnelles étaient prises en compte pour que chaque individu soit considéré dans sa spécificité et ait accès à la prise en charge dont il a besoin ? Une telle approche centrée sur la personne peut améliorer de manière significative la qualité de vie des malades et de leur entourage. En tant qu’interlocutrice privilégiée pour les personnes touchées et pour leurs proches, la Ligue contre le cancer

encourage ce type d’offres : ses services de conseil proposent une aide sur le plan psychosocial, juridique et financier et un accompagnement pour faciliter par exemple le retour au travail. Les pairs et les centres de rencontre permettent quant à eux des échanges entre personnes qui partagent des expériences similaires. À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, la Ligue contre le cancer appelle les politiques et les autorités à créer sans délai le cadre nécessaire à des soins axés sur la personne. Elle se concentre sur quatre revendications concrètes :


« Les personnes atteintes d’un cancer rare se sentent souvent abandonnées » Petite sélection de questions d’actualité posées à l’équipe d’InfoCancer.

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« Où trouver des informations et un soutien quand on a un cancer rare ? » Les personnes atteintes d’un cancer rare éprouvent souvent un sentiment d’abandon, car il n’existe que peu d’informations et d’offres spécifiques. Elles peuvent par exemple trouver du soutien auprès de nous, à InfoCancer : nous conseillons malades et proches personnellement, mais nous pouvons aussi les aiguiller vers des centres spécialisés et des sources d’information fiables. Sur la plateforme de pairs de la Ligue contre le cancer, elles peuvent se mettre en contact avec des personnes qui savent ce qu’elles traversent, car elles ont elles aussi un cancer rare. Les échanges au sein de groupes d’entraide ou d’organisations de patients peuvent également être utiles. Groupes de parole avec des personnes ayant vécu des situations similaires proposés par les ligues cantonales contre le cancer liguecancer.ch/agenda

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PHOTO : ZVG

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INFOCANCER AU QUOTIDIEN

« Mon mari a été opéré d’un cancer de l’œsophage. Que peut-il manger à part de la purée de pommes de terre et de la soupe ? » Lorsque la déglutition est difficile, les aliments mous et onctueux sont les plus indiqués. La consistance des mets – en purée fine ou simplement écrasés – dépend de l’évolution du traitement et de la situation du moment. Les soupes et la purée de pommes de terre sont des classiques et sont presque toujours bien tolérées ; parfois, il suf-

L’équipe d’InfoCancer peut également apporter son soutien lors d’un cancer rare.

fit aussi d’écraser les légumes à la fourchette. Autres possibilités, les œufs brouillés moelleux, le poisson tendre ou la viande hachée et, pour le sucré, les flans de semoule ou classiques, le riz au lait, les yogourts, la crème au séré ou la glace. Impor­ tant : il est préférable d’éviter les aliments acides si les muqueuses sont enflammées. Brochure d’information : liguecancer.ch/alimentation-et-cancers

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« La radiothérapie est-elle douloureuse ? Si oui, quand les douleurs disparaissent-elles après le traitement ? » La radiothérapie consiste à diriger les rayons de manière ciblée sur la tumeur pour la détruire. L’irradiation ne dure que quelques minutes et n’est pas douloureuse. Comme les rayons n’endommagent pas seulement les cellules cancéreuses, mais aussi les cellules saines dans le tissu irradié, cela peut toutefois provoquer des effets secondaires tels que de la fatigue persistante et des

irritations de la peau ou des muqueuses. En général, ces effets indésirables disparaissent une à deux semaines après la fin du traitement. Les modifications cutanées peuvent toutefois subsister et entraîner une sensibilité accrue au soleil. Des réactions au niveau des muqueuses et des douleurs dans la bouche, la gorge et la région de l’œsophage peuvent aussi durer plus longtemps. Plus d’informations sur la radiothérapie : liguecancer.ch/radiotherapie

InfoCancer Avez-vous des questions au sujet du cancer ? Avez-vous besoin de parler de vos peurs ou de vos expériences ? Nous vous aidons. Appel gratuit

0800 11 88 11 Courriel helpline@liguecancer.ch Chat liguecancer.ch/cancerline WhatsApp +41 31 38 99 241

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RECHERCHE

« Cela me désole que tant d’enfants meurent encore du cancer »

Interview : Danica Gröhlich

Eva Brack, vous êtes cheffe de clinique au service d’oncologie pédia­ trique de l’Hôpital universitaire de Berne. Pourquoi vous engagez-vous pour les enfants atteints de cancer ? Eva Brack : Parce que leur destin et celui de leur famille me touchent profondément. Ils font face à une période difficile où l’espoir, l’inquiétude et la peur se mêlent. J’aimerais leur apporter un peu plus de sécurité et leur permettre de mieux anticiper. Qu’est-ce qui vous motive dans votre travail de médecin et de chercheuse ? Beaucoup d’enfants meurent encore du cancer ou souffrent de ses conséquences toute leur vie durant. Cela me désole et me met en colère. Par ailleurs, la recherche me fascine : comment le cancer apparaît-il ? Comment rendre les traitements plus efficaces et plus sûrs ? Je vois tous les jours à quelle vitesse une infection peut devenir dangereuse pendant la chimiothérapie. Parfois, chaque heure compte. C’est pourquoi nous recourons à de nouvelles techniques utilisables au quotidien, par exemple un système de surveillance automatique de la température. Nous pouvons ainsi intervenir plus tôt, apporter un meilleur soutien aux familles dans la vie de tous les jours et réduire les complications. La fièvre peut donc rapidement présenter un danger mortel lors d’une chimiothérapie ? Oui, parce que la chimiothérapie affaiblit le système immunitaire et réduit le nombre de granulocytes neutrophiles, qui jouent un rôle majeur dans la lutte contre les infections bactériennes. Une fièvre supérieure à 39 °C est souvent le signe d’un sepsis débutant, un empoisonnement du sang par des bactéries qui peut entraîner une défaillance des organes. La fièvre est fréquemment le premier – et parfois 8  aspect 1/26

le seul – signal d’alarme. C’est une urgence : ces enfants doivent être hospitalisés sans délai et recevoir des antibiotiques. Traités à temps, moins d’un sur cent en meurt aujourd’hui, contre plus de cinquante autrefois.

Comment procédez-vous dans votre étude ? Nous examinons si le suivi continu de la température couplé à des alertes automatiques chez les enfants sous chimiothérapie permet de déceler la fièvre plus précoce­ ment. Nous utilisons un petit appareil portatif qui mesure en continu la température corporelle de l’enfant. En complément, nous analysons les changements dans les paramètres vitaux – tension artérielle, rythme cardiaque, fréquence respiratoire – avant la fièvre. Un deuxième appareil portatif enregistre ces données. C’est grâce aux dons versés à la Ligue suisse contre le cancer que notre projet de recherche peut être réalisé, et j’en suis infiniment reconnaissante.

Le cancer de l’enfant en bref • Le cancer est très rare chez l’enfant et l’adolescent (0 à 15 ans). Chaque année en Suisse, on dénombre quelque 250 nouveaux cas. À eux tous, les cancers pédiatriques représentent moins de 1 % de l’ensemble des cancers. • Les tumeurs pédiatriques sont variées et subdi­ visées en une multitude de petits groupes. Comme on ne compte que quelques cas par type de cancer, il est difficile de développer de nouvelles thérapies – d’où l’importance des études réalisées en commun par plusieurs cliniques. • Les cancers les plus fréquents chez les jeunes enfants sont les leucémies, les tumeurs cérébrales et les neuroblastomes. À cela s’ajoutent, chez les adolescents, les tumeurs germinales et les sarcomes. • Les chances de guérison sont bonnes aujourd’hui : plus de 80 % des enfants et des adolescents concernés sont encore en vie cinq ans après le diagnostic. Plus d’informations sur le cancer de l’enfant : liguecancer.ch/cancer-enfants

PHOTOS : ZVG, ISTOCKPHOTO.COM

Le cancer est rare chez l’enfant. Mais pour les familles concernées, le monde s’écroule. À travers son étude, la pédiatre Eva Brack aimerait déceler plus rapidement la fièvre chez les jeunes malades sous chimiothérapie afin de réduire les complications.


PHOTOS : ZVG, ISTOCKPHOTO.COM

Chez les jeunes malades sous chimiothérapie, la fièvre peut rapidement constituer une menace mortelle.

Quels enfants participent à l’étude ? Des enfants et des adolescents âgés de 1 mois à 18 ans qui ont un cancer et qui reçoivent une chimiothérapie intensive qui affaiblit la moelle osseuse et diminue fortement les défenses immunitaires. En cas d’alerte de fièvre, les parents vérifient la température dans l’oreille. Si celleci dépasse un seuil généralement fixé à 39 °C, l’enfant doit être amené immédiatement aux urgences pour un traitement antibiotique par perfusion. Les alertes de fièvre raccourcissent-elles la durée d’utilisation des antibiotiques ? C’est précisément ce que nous espérons. Nous examinons également si la méthode est sûre, efficace et acceptée par les familles. Nous comparons différentes formes de mesure de la température et nous cherchons des schémas qui indiqueraient précocement une infection potentiellement mortelle. Si notre méthode fonc­ tionne, de petits appareils portatifs déclenchant des alertes de fièvre automatiques pourraient bientôt entrer dans la pratique courante. Ce système permet une détec-

« Notre étude permet d’intervenir plus rapidement, de soutenir les familles plus efficacement au quotidien et de sauver des vies. » Dr Eva Brack

tion plus précoce, raccourcit la durée des hospitalisations, soulage les familles et offre davantage de sécurité. Ce serait un grand pas pour nos petits malades. •

Projets soutenus : liguecancer.ch/recherche

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VIVRE AVEC LE CANCER

« Tu peux le faire ! »

Un cancer de la langue a privé Mirjam de la parole pendant un certain temps et l’a obligée à se montrer créative. Elle a mâché du chewing-gum « de façon absolument répugnante » pour s’exercer à articuler. Aujourd’hui, la Glaronnaise de 43 ans lit des histoires à ses enfants comme s’il ne s’était rien passé. Mais le cancer a laissé des traces, visibles et invisibles.

Texte : Pia Schüpbach, photos : Gaëtan Bally

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albutier au lieu de parler. Avaler de la bouillie au lieu de manger des pâtes. Gribouiller au lieu d’écrire lisiblement. « J’avais l’impression d’avoir 2 ans », soupire Mirjam, 38 ans à l’époque. La faute à un carcinome épidermoïde sur le bord droit et à la base de la langue. Dans un premier temps, le médecin enlève la tumeur et, avec elle, la moitié de la langue. D’un seul coup, Mirjam perd l’usage de la parole. Comme son fils Dario fête ses 5 ans le lendemain, elle peut rentrer à la maison pour une semaine. « C’était horrible, je ne pouvais pas parler avec ma famille. » Nous sommes dans son salon, dans le canton de Glaris. Sur le canapé en cuir noir, une pile de coussins et un mouton en peluche avec quelques autres copains tout doux. Mirjam nous tend une tasse de thé à la menthe du jardin en retraçant les événements qui se sont déroulés il y a un peu plus de quatre ans.

Comme dans « Les Experts » Quinze jours après l’ablation de la tumeur, deux médecins opèrent Mirjam simultanément. En haut, ils enlèvent une partie des glandes salivaires et plusieurs ganglions lymphatiques, plus bas, des tendons et de la peau sur l’avant-bras gauche pour reconstruire la moitié de la langue manquante au moyen d’une greffe. Mirjam passe une dizaine d’heures sous le bistouri. En émergeant de la narcose, elle a l’impression d’être dans une scène de la série Les Experts : Miami. « J’étais dans un état second. J’avais encore la sonde pour respirer. Autour de moi, les médecins discutaient. C’était comme si on m’autopsiait. » Mirjam reprend vite confiance. Aujourd’hui encore, elle s’émerveille de la capacité de récupération de l’organisme

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et des prouesses de la médecine. Son premier objectif à l’hôpital peut paraître modeste, et pourtant, il est tita­ nesque : manger un petit pain. Cela signifierait qu’elle peut rentrer chez elle. Le chemin à accomplir pour passer du simple fait d’avaler à la mastication, de la bouillie au petit pain, des voyelles aux consonnes, du balbutiement à la parole est épuisant. Mais elle a une bonne raison d’y arriver : « Je veux que mes enfants me comprennent. » Quand elle mord dans un petit pain désormais, elle a des frissons. Cela lui rappelle son parcours.

Lorsqu’elle parle, Mirjam ouvre la bouche au minimum. « Cela va bien quand je me concentre. » Mais avec sa famille ou ses amies, elle se laisse parfois emporter et la moitié de langue greffée apparaît alors. « Les enfants me demandent immédiatement ce que j’ai. Les adultes sont plutôt gênés. » Mirjam montre sa langue. La greffe, de couleur chair, se différencie nettement de la partie rose.

« Je me suis exercée sans relâche pour réussir à articuler. J’avais tellement peur que mes enfants ne me comprennent plus. » Mirjam, atteinte d’un cancer de la langue

Joies et peines à la maison À son retour de l’hôpital, les enfants n’ont pas la même réaction. Lea, 7 ans à l’époque, pleure, parle de ce qui l’inquiète et aide Mirjam à panser ses plaies au cou et au bras. Dario, 5 ans, se détourne. « Je comprenais pourquoi. Mais c’était très dur pour moi. » Mirjam se replie aussi sur elle-même durant cette période et évite les contacts. Elle rentre à la maison avec une pile d’ordonnances – logopédie, physiothérapie, consultation nutritionnelle, soin des plaies, ergothérapie – et le sentiment d’être largement livrée à elle-même. « Avec mon cancer rare, qui plus est dans une région rurale, l’aide ne courait pas les rues. » Elle allait devoir se débrouiller seule. « Tu peux le faire », s’est-elle encouragée. Avec Tobias, elle forme une solide équipe. « Mon mari m’a dit d’emblée : à nous deux, on y arrivera. Cela m’a donné une force incroyable. » Il a tout fait pour soulager


Même quand elle pouvait à peine parler, Mirjam a lu une histoire à ses enfants tous les soirs. Aujourd’hui, personne ne remarque que la moitié de sa langue a été greffée.


VIVRE AVEC LE CANCER

Mirjam. « Sans lui, je n’aurais pas eu la moindre chance, que ce soit sur le plan émotionnel ou pratique. » Bien sûr, il y a aussi eu quelques frictions, par exemple quand Mirjam a entrepris de cuisiner ; elle voulait être active, redonner quelque chose. Tobias, lui, insistait pour qu’elle se repose et reprenne des forces. C’était plus facile avec ses amies. Elle n’était pas la seule à avoir des problèmes. Elle a accompagné l’une d’elles durant sa séparation et elle s’est sentie utile. « Cela m’a fait du bien. »

Lecture, chewing-gums et logopédie Tous les soirs, Mirjam lit une histoire à ses enfants, même durant cette période « où les mots sonnaient bizarrement. J’étais très stricte avec moi-même, j’avais peur que cela reste comme ça ». Sitôt les enfants à l’école, elle mettait de la musique, enfilait quatre chewing-gums en même temps dans la bouche et les faisait inlassablement passer d’un côté à l’autre. C’était « absolument répugnant », dit-elle, avant d’ajouter en riant : « Heureusement, personne ne me voyait ». Comme il n’y a guère d’informations sur son cancer rare, Mirjam a dû trouver beaucoup de choses par ellemême. Pour s’exercer à articuler, elle a eu de nombreuses séances de logopédie. « C’est un miracle que vous parliez de nouveau », souligne le médecin aujourd’hui. Après une pause de six mois, Mirjam reprend progressivement le travail. Ingénieure d’affaires, elle assure le secrétariat du service glaronnais de conseil aux parents. « C’était épuisant, mais ça m’a aussi fait du bien. » Elle suit actuellement une formation de coach professionnelle à la haute école spécialisée pour pouvoir accompagner d’autres personnes.

Des dessins qui ont un sens Pour la photo, Mirjam sort son matériel de dessin : des crayons et des feutres rangés avec soin dans deux boîtes. Son avant-bras gauche est encore marqué par l’opération,

Tout a commencé avec des cartes pour ses enfants, Lea et Dario. Quand elle en a l’énergie et le temps, Mirjam apporte des piles de dessins à un médecin lucernois pour redonner courage à d’autres enfants. En dessinant, elle exerce également son bras, qui reste douloureux.

et la gauchère doit aussi exercer régulièrement son bras et sa main. C’est ainsi que, parallèlement à l’ergothérapie, elle se met à dessiner et à écrire. Les premiers gribouillis maladroits font place à des cartes pour redonner courage aux enfants hospitalisés. « J’ai commencé par dessiner des cartes pour mes enfants avec leurs animaux préférés et une maxime. » Par la suite, elle a offert à un médecin lucernois 350 petites cartes avec des messages d’encouragement. « Je suis heureuse que mes dessins aient un sens. » Mirjam envoie régulièrement des nouvelles à ses proches sur WhatsApp pour qu’ils sachent comment elle va. Elle traduit son histoire avec le cancer sur le papier, à travers le lettrage et les dessins. « Cela m’a aidée à digérer ce que j’ai vécu. »

La douleur pour compagne

Mirjam digère ce qu’elle a vécu sur le papier, à travers le lettrage et le dessin.

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Aujourd’hui encore, Mirjam a des douleurs dans le cou et le bras. « C’est comme des secousses électriques. » Elle ne peut plus courir à cause de cela, mais elle marche d’un bon pas dans les forêts et les collines autour de Netstal. Souvent, elle s’arrête près d’une gorge – un lieu ressource pour elle. Le quotidien lui demande toujours beaucoup d’énergie. « Je ressens une immense fatigue intérieure. Pour lutter contre cela, deux semaines de vacances à la mer ne suffisent pas. » Malgré cela, Mirjam essaie systématiquement de voir ce qui est positif. « Aujourd’hui est une bonne journée pour avoir une bonne journée », telle est sa devise dans les


Une fidèle compagne dans les bons et les mauvais jours : la chatte Madame Tschirky. « Nos deux chats ont aussi beaucoup aidé les enfants », commente Mirjam.

moments difficiles. Avec le cancer, elle a changé. Elle dit ce qu’elle pense et ce qu’elle veut. « Je ne supporte plus qu’on se plaigne sans arrêt. » Sur le plan physique, elle a encore du mal à se fier pleinement à son corps.

Une précieuse normalité La sonnerie retentit. Lea, 11 ans, et Dario, 9 ans, reviennent de l’école. Dans le four, une tarte aux légumes répand un parfum alléchant. Sur le plan de travail, un ourson en gomme flotte dans un verre – une expérience. Dario enfile discrètement l’ours au coca dans sa bouche. Des constructions en LEGO voisinent avec les spatules et les bols. « Ici, on vit », dit Mirjam en coupant la tarte. Les enfants sautent du coq à l’âne. Mirjam écoute, pose des questions, apporte des réponses. Lea et Dario la comprennent. La vie de tous les jours aux yeux d’un observateur extérieur. Mais pour Mirjam, c’est beaucoup plus : un cadeau qui lui a demandé une incroyable volonté. •

Transmettre un état d’esprit positif en tant que pair « J’aurais beaucoup aimé discuter avec d’autres personnes touchées », déclare Mirjam avec le recul. « Pas forcément quelqu’un avec le même cancer que moi, mais quelqu’un au même stade, qui serait aussi passé entre toutes les mailles du filet. » Aujourd’hui, la Glaronnaise s’engage comme pair auprès de la Ligue contre le cancer – pour que les personnes atteintes d’un cancer rare et leurs proches puissent échanger avec quelqu’un qui sait ce qu’on ressent. « J’aimerais transmettre mon état d’esprit positif. » krebsliga.ch/peerplattform (en allemand uniquement)

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ÉCLAIRAGE

Dolma montre son visage pour la Ligue contre le cancer Depuis son cancer du sein, le bonnet est son signe distinctif… et son fidèle com­ pagnon lors de la séance photo. Dolma, 48 ans, pose pour la campagne de sensibili­ sation de la Ligue contre le cancer. Pour elle, le cancer fait partie de sa vie, mais il ne la définit pas. Visite sur les lieux du tournage. Texte : Pia Schüpbach, photos : Sophie Frei

Jamais sans son bonnet : Dolma en a pris plusieurs pour la séance photo. Elle opte pour le violet. Matteo, le maquilleur, arrange cheveux et couvre-chef, et applique du fond de teint sur les zones qui brillent. Dolma est l’un des six visages de la nouvelle campagne de la Ligue contre le cancer. Elle vit avec une métastase dans la colonne dorsale. « Je montre volontiers mon visage pour mettre le cancer sous les projecteurs », déclare la Thurgovienne. Elle ne veut toutefois pas qu’on la réduise à sa maladie.

Toute la palette des émotions « Les personnes que nous avons choisies symbolisent les multiples facettes du cancer et l’éventail d’émotions qu’il suscite », explique Eliane Herrmann, responsable Recherche de fonds et marketing à la Ligue contre le cancer. « À travers notre campagne, nous voulons en outre attirer l’attention sur nos offres. »

Interview avec Regula Bührer Fecker

« La campagne montre comment le cancer bouleverse l’existence » Regula, c’est toi qui as conçu la campagne de sensibilisation de la Ligue contre le cancer avec ton agence, « La Stratégiste ». Pourquoi le cancer te tient-il à cœur ? Regula : Le cancer me touche doublement, d’une part en tant que spécialiste de la communication, car malgré sa fréquence, il reste tabou. La prévention ou la solidarité sont rarement abordées. Cela m’a incitée à réfléchir aux buts qu’une nouvelle campagne devrait atteindre. D’autre part, il me touche personnellement : ma mère est morte d’un cancer du sein en 2018. Elle a passé ses derniers mois chez nous ; nos enfants avaient 3 et 4 ans à l’époque. C’était triste, parfois beau, souvent émouvant. Cela m’a marquée durablement.

Quel but poursuit la campagne ? Nous voulons donner un visage humain et fort à la Ligue contre le cancer. La Ligue est connue, mais beaucoup ignorent tout ce qu’elle fait. La campagne montre comment le cancer bouleverse l’existence, avec de vraies personnes et de vrais visages. Elle doit toucher, donner confiance et montrer que la Ligue contre le cancer est là pour les malades et pour leurs proches. Nous espérons qu’elle incite à abolir le tabou et à accepter de l’aide.

Qu’est-ce qui fait son originalité ? Sa clarté et son authenticité. Pas de mannequins professionnels, pas de photos d’emprunt. Nous montrons ce qui est, sans filtre. La campagne met en évidence les contraires – la peur et l’espoir, la mort et le renouveau – dans toutes leurs nuances. Stratégiquement, elle est conçue pour durer ; le ton et l’image sont cohérents, elle s’intègre sur tous les canaux et dans toutes les régions linguistiques.

Autre chose à souligner ?

Eliane Herrmann ne s’occupe pas seulement de Dolma, mais conduit le projet en tant que membre de la direction de la Ligue contre le cancer.

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Le budget est limité – ce qui est juste pour une organisation qui vit de dons – mais pas les exigences. Nous avons beaucoup réfléchi pour obtenir un effet maximal avec peu de moyens, car la thématique concerne énormément de gens. Elle mérite une visibilité nationale. (spa)


Matteo (Hair & Make-up) et Regula mettent en scène la protagoniste Dolma, tandis que Sarah prend les photos. La campagne donne un visage au cancer. Elle sera lancée le 4 février 2026, à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer.

Pendant que Matteo maquille discrètement Dolma, la photographe, Sarah, et son assistant, Jonas, cherchent l’endroit idéal dans la forêt proche de Zurich-Schwamendingen. Dolma sera le visage de l’espoir, ce qui va bien avec sa personnalité. « Je retrouve espoir quand je sais où j’en suis », dit-elle. « Quand je n’ai pas fait de scanner depuis un moment, je me pose des questions. La situation est-elle stable ou la métastase est-elle en train de grandir ? » Mais elle reste positive : « Le cancer a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. » Pour la photo, elle s’assied sur une harasse. Sarah donne ses instructions : « Dolma, pourrais-tu regarder en l’air ? » Elle approuve aussitôt : « Superbe ! » Un projecteur géant éclaire le visage de Dolma et Jonas insère les premières prises de vue dans le montage conçu par la publicitaire Regula Bührer Fecker et son agence. Le vent souffle en cette journée d’automne. L’équipe est frigorifiée. Dolma pas ; elle aime le froid, beaucoup même, et elle adore le ski. Une mèche retombe sur son visage. Matteo, à qui rien n’échappe, remet aussitôt chevelure et couvre-chef en place. « Mon bonnet me donne de l’assurance », explique Dolma. Quand elle a perdu ses cheveux à cause de la

chimiothérapie il y a 14 ans, elle n’a pas voulu de perruque. « Depuis, les bonnets de toutes les couleurs sont mon signe distinctif. » Elle en possède plus de 50.

Cent photos pour une seule image Les prises de vue se succèdent. À la fin, Sarah aura des centaines de photos, mais une seule sera retenue pour la campagne. « Cela rend super bien », dit-elle. Eliane Herrmann renchérit : « Dolma est tellement naturelle ; elle rayonne intérieurement. » Les photos de la campagne avec les portraits de Dolma et d’autres malades ou proches seront dévoilées le 4 février, à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer – sur des affiches, dans les journaux, sur les écrans et les réseaux sociaux. Pour les vidéos, l’équipe installe le matériel quelques centaines de mètres plus loin. Dolma avance tranquillement, change d’expression. « Une vraie pro », commente Sarah, qui jubile lorsque le vent emmêle sa chevelure. « Cela rend l’image encore plus vivante ! » Matteo replace les mèches argentées sur les épaules de Dolma. Deux heures plus tard, les images sont dans la boîte. De retour au chaud, Dolma range ses bonnets dans sa valise à roulettes. Sauf le violet, qu’elle garde sur la tête. • aspect 1/26  15


EN BREF

Brochure sur l’alimentation

Comment préserver sa santé Bien manger tout en passant du temps avec la famille ou les ami·e·s est un plaisir pour de nombreuses personnes. Mais qui dit alimentation dit aussi santé. Car ce que nous consommons, tout comme la quantité que nous ingérons, a une influence sur notre corps. En effet, certains aliments que nous mangeons régulièrement sont bénéfiques pour notre santé. D’autres peuvent augmenter le risque de développer des maladies comme des affections cardiovasculaires, le diabète ou le cancer. Manger de manière équilibrée permet de rester en bonne santé.

Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? Cette brochure vous montre comment optimiser votre alimentation. Cela ne garantit malheureusement pas la santé. Mais cela peut vous aider à la préserver.

Alimentation équilibrée Comment préserver sa santé Lire

en ligne

Télécharger ou commander la brochure : liguecancer.ch/manger-equilibre

Un guide de la Ligue contre le cancer

Legs et successions

S’informer sur l’impôt successoral En Suisse, les cantons d’Obwald et de Schwytz sont les seuls à ne pas prélever d’impôt sur les successions. Dans tous les autres, il est préférable de s’informer en détail, car la plupart prévoient un impôt même pour les

parents proches – les frères et sœurs, par exemple. Pour les concubins, l’impôt dépend souvent de la durée de la vie commune, et pour les personnes sans lien de parenté avec le défunt, il peut atteindre jusqu’à 40 % !

Les cantons proposent généralement un calculateur en ligne sur leur site Internet pour évaluer le montant de l’impôt – un outil utile si vous envisagez par exemple de laisser quelque chose à votre frère, à votre voisine ou à un ami. Il est important de préciser dans le testament si le montant de l’impôt sur la succession doit être prélevé sur votre patrimoine ou si c’est le ou la bénéficiaire qui devra s’en acquitter. Remarque : Les organisations d’utilité publique comme la Ligue suisse contre le cancer sont exonérées de l’impôt ; le legs inscrit dans le testament profite donc intégralement à la bonne cause. (mda) Conseils et modèles dans le guide testamentaire de la Ligue suisse contre le cancer.

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PHOTO : ZVG

liguecancer.ch/successions


À ne pas manquer

10 417 francs pour la Ligue contre le cancer

Comment associer achats et solidarité ? C’est très simple : en lançant une collecte créative à la caisse du magasin ! À l’occasion de l’ouverture de nouvelles filiales à Brunnen, Wallisellen, Bienne et Coire, la chaîne de dro­ gueries Rossmann nous a invités à endosser un rôle particulier : tenir la caisse. C’est ainsi qu’à tour de rôle, nos collaborateurs et auxiliaires se sont relayés une heure durant. Toutes les personnes qui effectuaient des achats durant cette période parti-

cipaient automatiquement à l’opé­ ration, l’argent des ventes étant transformé par Rossmann en don à la Ligue suisse contre le cancer. Au total, 10 417 francs ont été réunis fin novembre – une magnifique contribution pour notre travail dans les domaines de l’information, du soutien et de la prévention. Notre directrice, Mirjam Lämmle, n’a pas hésité à échanger à deux reprises sa chaise de bureau contre le tiroircaisse. Avec beaucoup de charme et de motivation, elle a tipé le montant des achats en faisant montre d’un vrai talent de vendeuse. La clientèle a elle aussi profité de cette action : en faisant ses emplettes, elle n’a pas seulement soutenu une bonne cause. Elle a également pu discuter directement avec nous pour découvrir comment chacune et chacun peut apporter sa contribution à la lutte contre le cancer. (PD/anz)

Les ligues cantonales et régionales contre le cancer organisent régulièrement des cours, rencontres, ateliers et événements à l’intention des personnes touchées par le cancer et de leurs proches. Ces offres permettent de marquer une pause, trouver du soutien et échanger. Consultez notre offre, participez et faites le plein d’énergie pour affronter le quotidien. À bientôt !

Vers les cours et manifestations : liguecancer.ch/agenda

Cours : mieux communiquer

Succursales en Suisse : rossmannonline.ch

stop-tabac : Conseils par visioconférence

Votre arrêt du tabac, encore mieux accompagné

PHOTOS : ZVG, ISTOCKPHOTO.COM

PHOTO : ZVG

Récolte de fonds

Depuis l’automne dernier le service stop-tabac propose des entretiensconseil par visioconférence. Cette nouveauté nationale complète l’offre de soutien existante (téléphone et en ligne) en vue de l’arrêt du tabac et de la nicotine ; elle permet un échange encore plus personnalisé dans le cadre des entretiens. L’entretien-conseil vidéo est aisément accessible, gratuit, en allemand, français, italien et anglais. Il a lieu sur rendez-vous. (jbe)

Malgré les progrès de l’oncologie médicale, le cancer suscite des questions existentielles et des angoisses chez les personnes touchées. Les objectifs du cours sont la réflexion sur le comportement personnel en matière de communication, la connaissance et l’exercice de techniques alternatives de conduite d’entretien et l’analyse de situations d’entretien difficiles et éprouvantes. Date : 5 et 6 mars 2026 Lieu : Hôtel du Léman, Jongny Informations supplémentaires :

Plus d’informations : s top-tabac.ch/service-de-conseil

l iguecancer.ch/communiquer

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JEU-CONCOURS Bois Boisapprécié apprécié des ébédesnistes ébénistes

Fromage Fromage de brede bis bre-en bisGrèce en Grèce

Test Test d’accès d’accès à un site à un site web web

Ancien Ancien joueur joueur de tennis de(Jakob) tennis (Jakob)

Immu- Article Immunoglo- Article noglobuline E allemand buline E allemand

DJ DJ français français (David) (David)

MentionMentionnera nera

Reprises Reprises malmalhonnêhonnêtement tement

Métal Bien QuesMétal Quesblanc Bien tions Penses expliqué blanc tions (Co) expliqué de test Penses (Co) de test BroBro-chette chette de mou1 ton (2m.) de mou1 tonBrève (2m.) Effroi appariBrève tion d’une d’artiste Effroi apparitionstar d’une d’artiste star

Course en Course en terrain varié terrain varié

Chose extraorChose dinaire extraordinaire

5

Perçoit Perçoit par parl’odorat l’odorat

ComAnimal Commettre Animal ou moumettre des ou mouvement des excès vement excès

3 3

TamDont il TamDont il pas bours n’est bours africains n’est pas africains question (2m.) question (2m.)

Toile de Toile de cinéma cinéma

Écrivain italien † Écrivain (Um-† italien 8(Umberto) 8 berto)

Compte des Compte desâmes âmes

6 6

ÉlecDessinatroencé- Dessinateur de Élecphalo- teur BD de frantroencégraphie BD çais † phalofrangraphie çais †

5

2 Solution

Il est Ilparfois est parfois humain humain

CavaCavalière lélière légendaire gendaire

OrneOrnemenmentation (fam.) tation (fam.)

Termes, Termes, concluconclusions sions

Une duchesse Une l’est bien duchesse l’est bien

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1

Fleuve Fleuve d’Europe d’Europe

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Retirée Retirée

Chaud, pour un Chaud, Anglais un 9 pour 9 Anglais

Épine dorsale Épine dorsale Chanteur † Chanteur †

Frotta Frotta sans désans délicatesse licatesse

Équipe Équipe diridirigeante geante

Place, Place, endroit endroit Mot Motd’indifd’indifférence férence

Préfixe Préfixe pour pour navires navires

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raetsel.ch

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raetsel.ch

Gagnez une nuitée au Bretterhotel Trauffer d’une valeur de 400 francs ! You sleep better in the Bretter. Le slogan ne ment pas : si les plaques en bois sont le signe distinctif de « l’hôtel aux planches », les lits sont tout sauf durs. Installez-vous confortablement et rêvez en savourant l’air frais de la montagne. Les chambres stylées vous séduiront avec leur parfum boisé, leur toboggan ou leur sauna en arole. Atmosphère décontractée et conviviale, et nuits reposantes garanties ! Juste à côté, l’univers découverte Trauffer vous attend. Vous y apprendrez tout ce qu’il faut savoir sur la vache en bois aux taches rouges et vous pourrez vousmême en sculpter et peindre une. Les plaisirs culinaires ne sont pas en reste, que ce soit dans la boulangerie de la maison ou le restaurant Alfred’s. f r.trauffer.ch/bretterhotel

Participation En ligne : liguecancer.ch/solution – ou avec une carte postale : envoyez la solution avec votre nom et adresse à l’adresse suivante : Ligue suisse contre le cancer, Effingerstrasse 40, case postale, 3001 Berne Dernier délai d’envoi : le 12 février 2026. Bonne chance !

Mots croisés d’aspect :

Marianne Hachen-Widmer, 3457 Wasen i.E. – Marie José Werro, 1786 Sugiez – Svetlana Lutina, 8810 Horgen – Urs Gratwohl, 5524 Nesselnbach – Priska Notter, 4600 Olten

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Les gagnantes et gagnants de l’édition d’octobre 2025, solution : SOUTIEN


« Je vis dans l’instant » Atteint d’un cancer rare incurable, Jöchi, 52 ans, de Buchs (SG), savoure la vie et vit l’amour au jour le jour.

Propos recueillis par Danica Gröhlich

«

Nous nous sommes mariés en octobre dernier, par amour et pour qu’elle ait une sécurité – une fête grandiose avec plus de cent personnes. Quand j’ai ren­ contré Tanja, elle était au courant pour mon cancer. Avant que nous nous mettions en couple, j’ai parlé ouvertement du diagnostic, de mon avenir, de mes peurs. Elle a choisi malgré tout de nous donner une chance. Chaque fois que de nouvelles métastases font leur apparition, elle souffre avec moi. Elle aimerait m’aider, mais elle ne le peut pas. Savoir que le temps nous est peut-être compté est difficile à supporter pour elle. Comme pour moi. Mais nous rions beaucoup et nous parlons de tout. J’ai un cancer des glandes salivaires, une tumeur très rare. Cela a commencé par de vives douleurs dans l’oreille début 2022, mais il a fallu près d’une année pour que je sache à quoi m’en tenir.

PHOTO : ZVG

PHOTO : ZVG

EN TÊTE-À-TÊTE

Après une opération de 9 heures et 33 séances de rayons, les choses s’annonçaient bien. Jusqu’aux métastases, en janvier 2024 : foie, rein, puis ailleurs encore. Depuis, mon cancer est considéré comme incurable. Je reçois une immunothérapie associée à un médicament. Cela marche – pour le moment.

Tanja savait que Jöchi avait un cancer : « Elle a choisi malgré tout de nous donner une chance. »

C’est vraiment bête d’avoir un cancer pour lequel il n’y a pas tellement d’études. Chaque traitement est un essai dont j’espère simplement qu’il fonctionnera. Je suis limité dans mes activités quotidiennes : paralysies, troubles de l’élocution, douleurs en mastiquant. Et pourtant, je ne perds pas mon humour, même au travail ; je suis employé par une organisation de protection civile. Nous avons deux chiens, deux cochons nains qui gambadent dans le jardin en couinant et huit poules. Une belle petite vie avec les animaux – et avec ma femme. J’ai fait tout ce qui comptait pour moi. À présent, je procède par petites étapes. Des étapes au lieu

d’objectifs à long terme. Je vis dans l’instant. Je ne veux pas savoir combien de temps il me reste ; je veux le mettre à profit. C’est pour cela que je raconte mon histoire et que je m’engage comme pair auprès de la Ligue contre le cancer. Je sais combien on se sent seul quand on a un cancer rare. Lorsque j’arrive à redonner courage à une personne ou simplement à lui montrer qu’elle n’est pas seule, cela en vaut la peine. Il n’est pas nécessaire de tout comprendre. Mais on peut accepter ce qui est. Et aller de l’avant. Avec du cœur. Et avec de l’humour.

»

Autres témoignages : liguecancer.ch/story

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Christine Meuwly Conseillère 1995

Thierry Maillard Conseiller 2025

InfoCancer Votre point de contact pour toutes les questions liées au cancer. Compétent, personnalisé, gratuit. liguecancer.ch/infocancer 0800 11 88 11


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