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Association Kokopelli - Revue N°7

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Hommage à Jocelyn Moulin

Bon voyage grand frère ! Tu nous manques déjà tellement !

Jocelyn, porte-parole de Kokopelli depuis 1999, est parti semer sa résistance fertile et sa bienveillance dans d’autres réalités…

Vous l’avez sûrement rencontré au détour d’un stand Kokopelli, vous appelant petite sœur ou petit frère et vous guidant, le sourire aux lèvres comme à son habitude, parmi des centaines de variétés de légumes. La semence était sa passion et ses parents, grainetiers de métier, lui ont enseigné ce don précieux de la Nature dès son plus jeune âge. Jocelyn a accompagné Sofy et Dominique Guillet – avec le Jardin botanique de la Mhotte, Terre de Semences et, finalement, Kokopelli – depuis le début de l’aventure en octobre 1992 : 25 années de ferveur, d’enthousiasme et de constance face aux attaques, aux injustices et aux critiques émanant de la mafia semencière.

Jocelyn, notre meilleur porte-parole, l’âme vagabonde et joyeuse du joueur de flûte, est parti le 31 juillet 2017 pour son dernier voyage. Cette perte est brutale et la peine qui anime nos cœurs est immense, car, il y a encore quelques mois, il était là, plus que présent pour animer conférences, stands ou causeries autour de la semence.

Jocelyn laisse un immense vide parmi nous mais son humour, son amour et sa bienveillance accompagneront à jamais les semences libres de Kokopelli !

Voici quelques lignes qu’il avait préparées pour la sortie de la présente revue :

Merci à toutes les organisatrices et à tous les organisateurs des salons, fêtes, foires, festivals : que serions-nous sans eux ? Merci à toutes les adhérentes et à tous les adhérents, à tous les bénévoles qui nous accueillent lors de ces différentes manifestations, et qui viennent nous aider ! Ce n’est que du bonheur !

Merci à Sofy et Xochi de m’avoir permis de retrouver la vraie voie des semences.

Merci à Ananda et Charlotte, ainsi qu’à toute l’équipe ariégeoise : sans eux pas de salons !

Merci à toutes nos productrices et tous nos producteurs qui sont à la base de notre travail !

Merci à mes parents, grainetiers de profession et, en particulier, à maman Monique qui va fêter ses 91 ans cette année : c’est elle qui m’a initié à la semence. Après m’avoir accompagné pendant de nombreuses années sur les salons, elle continue à jardiner !

Merci à Pascaline qui, depuis 12 ans, m’accompagne fidèlement.

Merci à toutes les clientes et clients qui, au fil des années, sont devenus des amis et nous rendent visite régulièrement sur les stands ! C’est à chaque fois des instants merveilleux, dans la convivialité et le partage. C’est grâce à vous que Kokopelli existe !

Continuons tous ensemble à nous rencontrer d’une manière fructueuse à propos des semences biologiques et reproductibles de Kokopelli !

Ainsi vous ne rencontrerez plus Jocelyn sur les salons, mais vous y retrouverez encore Pascaline, sa compagne, accompagnée de Sylviane, la sœur de Jocelyn et bénévole Kokopelli depuis des années, que nous remercions du fond du cœur pour son implication. Toutes deux continueront de vous apporter ces semences de Vie et d’Espoir que Jocelyn transportait d’un bout à l’autre de la France avec passion ! Merci Pascaline, merci Sylviane. Nous souhaitons apporter toutes nos condoléances et nos meilleures pensées à toute la famille de Jocelyn, mais plus particulièrement à Monique, sa Maman. Voir partir son enfant est une épreuve que nul ne devrait avoir à surmonter et nous t’apportons notre soutien pour ce moment très difficile. Mais surtout nous te remercions Monique de lui avoir enseigné la valeur de la semence et de nous avoir offert un porte-parole et un militant qui ne trouvera jamais son égal ! Nous continuerons à faire vivre les souvenirs Joyeux et Fertiles de Jocelyn au travers des semences libres et reproductibles de Kokopelli !

Jocelyn Moulin, Porte-parole de Kokopelli

Ce sont dès lors d’autres méthodes qui ont été mises en œuvre dans des études plus récentes : des cultures de variétés différentes, réalisées côte à côte, dans les mêmes conditions de sol, de fertilisation, d’irrigation, de contrôle des pathogènes, de climat, de récolte, d’échantillonnage et finalement des méthodes analytiques identiques pour mesurer les teneurs en minéraux des légumes ainsi obtenus. Cela afin de déterminer quel est exactement le rôle joué par la génétique des variétés testées. Ces études ont concerné le brocoli, le blé et le maïs. Elles confirment, dans les grandes lignes, les constatations des études précédentes, et mettent à jour un véritable « effet de dilution génétique » pour les variétés à haut rendement.

Concernant le brocoli5, les variétés testées étaient des variétés commerciales hybrides, mises sur le marché dans les années 80 et 90. Seules les teneurs en calcium et en magnésium ont été étudiées. Dans cette étude, les hybrides les plus productifs, présentant une densité supérieure des têtes, contenaient en moyenne deux fois moins de calcium et de magnésium. Ces variations dans les teneurs de ces deux minéraux, liées uniquement à des différences génétiques entre variétés, mettaient donc en lumière l’arbitrage inévitable entre le rendement et la concentration en minéraux.

Le blé a également fait l’objet d’études 6, selon la même méthodologie. Les teneurs en quatre minéraux de 14 variétés de blé dur rouge d’hiver, prises parmi les variétés cultivées dans les grandes plaines américaines entre 1873 et 1995, et dont les rendements avaient doublé sur cette période de 122 ans, ont été comparées. Comme pour le brocoli, une corrélation négative a été constatée entre les concentrations en minéraux et les rendements. La diminution moyenne de la teneur en fer, zinc et sélénium va de 0,20 à 0,33% par an, soit 22 à 39% pour la période de 122 ans considérée.

Plus précisément, une étude britannique publiée en 20087, a constaté, pour le blé, une stabilité des concentrations en zinc, fer, cuivre et magnésium entre 1845 et la moitié des années 60, puis à partir de là une diminution significative de ces concentrations, laquelle a coïncidé avec l’introduction des variétés naines, dites « à haut rendement ». Cela alors que les concentrations en minéraux dans les sols avaient augmenté ou étaient restées stables.

Quant à la concentration en protéines du blé et de l’orge, une autre étude américaine 8, publiée en 1995, avait mis à jour des diminutions allant de 30 à 50% sur une période inférieure à 100 ans.

Concernant le maïs, ce sont 45 variétés, cultivées côte à côte dans l’Iowa et la Californie, qui ont été étudiées 9. Ces variétés avaient été largement cultivées dans le Midwest américain entre 1920 et 2001, et présentaient des rendements allant du simple à un peu plus du double. Sur cette période de 80 ans, les concentrations en protéines, en acides gras et en acides aminés, ont chuté de 8% à 13%, alors que l’amidon, lui, augmentait de 2%.

Ces différentes études, les synthèses qui en ont déjà été faites10, les conclusions qu’elles tirent et les recommandations qu’elles adressent aux décideurs anglo-saxons sont très vraisemblablement valables pour l’Europe entière, car son agriculture, copiée sur le modèle américain, met en œuvre les mêmes pratiques et fait usage des mêmes semences…

1 Jarrell, W.M., Beverly, R.B., « The dilution effect in plant nutrition studies », ed Brady N.C. (Academic Press, New York, NY), in Adv. Agron Vol. 34, 1981, p. 197–224, cité dans Donald R. Davis, « Declining Fruit and Vegetable Nutrient Composition : What Is the Evidence ? », HortScience Vol. 44(1) February 2009.

2 Anne-Marie Mayer, « Historical changes in the mineral content of fruits and vegetables », British Food Journal, 1997, 207-211.

White P.J. and M.R. Broadley, « Historical variation in the mineral composition of edible horticultural products », J. Hort. Sci. Biotechnol., 2005, 660-667. Davis, D.R., M.D. Epp and H.D. Riordan, « Changes in USDA food composition data for 43 garden crops, 1950 to 1999 », J. Amer. Coll. Nutr., 2004, 669-682.

3 Anne-Marie Mayer, « Historical changes in the mineral content of fruits and vegetables », British Food Journal, 1997, 207-211.

4 Davis, D.R., M.D. Epp and H.D. Riordan, « Changes in USDA food composition data for 43 garden crops, 1950 to 1999 », J. Amer. Coll. Nutr., 2004, 669-682.

5 Farnham, M.W., Grusak, M.A., Wang, M., « Calcium and magnesium concentration of inbred and hybrid broccoli heads », J. Amer. Soc. Hort. Sci. 2000, p. 344–349.

6 Garvin, D.F., Welch, R.M., Finley, J.W., « Historical shifts in the seed mineral micronutrient concentration of US hard red winter wheat germplasm ».,J. Sci. Food Agr. 2006, p. 2213–2220.

7 Fan, M.-S., Zhao, F.-J., Fairweather-Tait, S.J., Poulton, P.R., Dunham, S.J., McGrath, S.P., « Evidence of decreasing mineral density in wheat grain over the last 160 years ». J. Trace Elem. Med. Biol., 2008.

8 Simmonds, N.W., « The relation between yield and protein in cereal grain », J. Sci. Food Agr. 1995, p. 309–315.

9 Scott, M.P., Edwards, J.W., Bell, C.P., Schussler, J.R., Smith, J.S., « Grain composition and amino acid content in maize cultivars representing 80 years of commercial maize varieties ». Maydica, 2006, p. 417–423.

10 Voir par exemple Alex Jack, « America’s vanishing nutrients : decline in fruit and vegetable quality poses serious health and environmental risks », 2005 et Brian Halweil, « Still no free lunch : nutrients levels in U.S. food supply eroded by pursuit of High yields », The Organic Center, Sept. 2007.

Pour en savoir plus sur ce sujet, consulter l’ouvrage de Blanche Semences hors-la-loi

Retour sur la campagne l’Arche de Quinoa

Plus de 11 000 sachets de graines de quinoa distribués

En juin 2016, lorsque nous avons lancé la campagne “l’Arche de Quinoa” – afin, d’une part, de promouvoir l’autoproduction de cette graine nutritionnellement et botaniquement fabuleuse et, d’autre part, de dénoncer les différents scandales liés à sa production par l’industrie – nous ne nous attendions pas à un tel engouement de la part de nos sympathisants.

En effet, vous avez été des milliers à participer avec plus de 11 000 sachets de graines de Quinoa distribués gratuitement sur toute la France !

L’une des motivations de cette campagne est de démontrer, par l’exemple, que la Quinoa peut s’adapter et croître un peu partout en France – ou sous d’autres climats tempérés. Les centaines de témoignages et de photos, que nous avons reçu, notamment sur le groupe Facebook “Kokopelli,

l’Arche de Quinoa” témoignent de la réussite quasi-totale de cette campagne.

Grâce à ce travail collectif, nous avons la preuve que nous pouvons arrêter d’importer (voler serait un terme plus approprié de par le prix payé aux paysans) la Quinoa de l’Altiplano Péruvien ou Bolivien afin de se consacrer à la création de petites filières locales.

Nous avons également la preuve irréfutable qu’il n’est nul besoin de variétés très spécialement sélectionnées et brevetées pour produire localement de la Quinoa. Encore merci à tous les participants !

Pour la libération de la Quinoa, la “Chisiya Mama” la mère de toutes les graines en Quechua !

Tournée des producteurs !

Nous avons organisé une tournée afin de présenter le travail desmultiplicateurs de semences de Kokopelli. Un accueil toujours très chaleureux a permis de partager, le temps d’une journée, leur environnement, leur activité et leur quotidien. Portés au rythme des travaux de la ferme, nous avons découvert une humilité touchante au milieu de tant de si beaux systèmes de production. Nous avons également eu la chance d’approcher un grand nombre de ces variétés rares, souvent anciennes, qui continuent de vivre et de se développer dans ces resplendissants jardins, loin des pesticides et des hectares de monocultures.

Chaque producteur apporte, dans sa singularité, un peu de sa personne aux variétés qu’il produit. Partir à la découverte des producteurs, c’est se plonger au coeur des techniques de biodynamie, de permaculture, de polyculture-élevage, de traction animale et de maraîchage sol vivant. C’est également découvrir des parcours de vie, de l’achat d’une terre à l’auto-construction d’une ferme écologique, de la vie citadine à la vie en yourte, de l’activité maraichère à la production de semences, ou d’une première rencontre fortuite avec Kokopelli à de nombreuses années de collaboration…

Toutes ces histoires si simplement racontées et pourtant si passionnantes laissent penser « que tout est possible » comme le dit si bien Eva, productrice depuis deux ans. Que le sol soit trop calcaire ou

saturé d’eau, que le climat soit aride ou bien très gélif, toujours le résultat est là, les variétés libres et reproductibles sont belles ! Et pour s’être vus offrir toutes sortes de merveilles fraîchement cueillies, elles possèdent un véritable pouvoir gustatif que l’on ne voudrait perdre pour rien au monde ! Lorsqu’on entre dans le quotidien de ces jardiniers du bonheur et que l’on découvre des sourires épanouis, on ne peut que garder un merveilleux souvenir que l’on a envie de partager avec vous tous.

Pour partir à la rencontre des producteurs de semences de Kokopelli, rendez-vous sur notre site :

www.kokopelli-semences.fr/fr/page/ presentation-producteurs

Bonne lecture !

Sowing Waves of Change : “Let’s Re-Seed India”

Depuis sa création fin 2000, Annadana a été activementimpliquéedans la protection des pratiques agricoles traditionnelles et des intérêts des paysans. Nous proposons des solutions innovatrices peu onéreuses, en agro-écologie,quipermettent à des communautés rurales paupérisées de développer véritablement leur autonomie. Annadana, en Inde, promeut la justice et l’égalité dans l’agriculture, une alimentation non toxique, la protection des pratiques paysannes ancestrales et le recours à des semences non génétiquement modifiées et en pollinisation ouverte.

Notre vision est de remettre en valeur l’utilisation de semences Indigènes, au travers de nos campagnes “Re-Seed India”, “Resemons l’Inde” et ce faisant, de permettre aux paysans de l’Inde de recouvrer leur autonomie alimentaire. Nous continuonsàoffrirdessemencesauxcommunautés rurales de l’Inde, en participant à des dynamiques d’échange de semences tel que “Seed Fest” dans le Kerala, le congrès d’OFAI (Organic Farming AssociationofIndia)danslePunjabou,simplement, lors des visites de paysans à notre banque de semences à Bangalore.

En tant qu’organisation indépendante non gouvernementale, nous faisons vivre une équipe de 48 employés proposant un vaste spectre de connaissances et d’expériences constituant une

source d’information unique pour les visiteurs venant du monde entier. Présentement, Annadana fonctionneàpartirdetroiscentresd’agro-écologie localisés à Bangalore et deux autres situés dans deux villages des Western Ghats.

Annadana à Bangalore

Le centre principal d’agro-écologie d’Annadana est une ferme familiale de 3 hectares, opérationnelle depuis 50 ans, et la seule ferme en bio au coeur de Bangalore – elle est certifiée en bio par IMO. Cette ferme en agro-écologie constitue notre unité principale de formation pour les paysans qui bénéficient des stages qui y sont organisés. Cette ferme se situe à mi-chemin entre le cœur de la ville et son aéroport. Elle se consacreaudéveloppementdenouvellespratiques agricoles et accueille l’une des banques de semences d’Annadana : elle fait vivre une vingtaine de fermiers salariés et leurs familles.

En sus d’accueillir des stagiaires en formation, AnnadanaàBangaloreœuvreenprochepartenariat avec des institutions éducatives locales en offrant à de nombreux visiteurs leur première approche authentique d’une ferme bio prospère. Kesha est responsable de cette ferme : il est le jeune fils d’un paysan et il a abandonné le monde des entreprises pour réaliser un retour à la terre. Notre centre de pratiques et de connaissances agricoles inspire des écoles de plus de 2 500 étudiants dont certains visitent, tous les ans, nos fermes thématiques “Soil to Seed to Plate” – “Du Sol à la Semence à la Table” – afin d’apprendre l’importance de pratiques environnementales respectueuses et de découvrir comment prendre soin de leur propre environnement afin d’influer positivement sur leur vie quotidienne et sur leur alimentation. Plus de 150 étudiants, venant d’Écoles Internationales d’agronomie,impliquésdansdesclassesintensives et des stages sur le terrain, bénéficient de nos programmes de formation.

Annadana a lancé de nombreuses campagnes couronnées de succès dont le moratoire de l’Inde, en 2009, sur les chimères génétiques et la mise en application de politiques de promotion de l’agriculture biologique dans plusieurs États de l’Inde.

Sangita Sharma

L’expertise d’Annadana a bénéficié à un éventail diversifié de causes allant des projets de soutien après le tsunami à l’établissement de modèles d’agriculture écologique dans le sud et le nordest de l’Inde, ainsi qu’au Laos et au Bhoutan, et a suscité l’intérêt de chercheurs, d’agronomes, d’écologistes et d’experts culinaires de renommée mondiale.

Tous ces succès sus-mentionnés nous ont conduits au développement d’Annadana dans les Western Ghats.

Annadana dans les Western Ghats

Situés dans un paysage renommé pour sa beauté naturelle et sa biodiversité remarquable, nos deuxcentresd’agro-écologiede12etde15 hectares ont été récemment mis en place afin d’analyser et de solutionner les problèmes associés à la déprise agricole, à la dégradation des sols et à la gestion de l’eau. Au travers de nos activités soutenuespardesstagiairestravaillantdirectement avec les communautés locales, les fermiers sont formés à des alternatives permettant d’éliminer les pratiques agro-chimiques désastreuses tant sur le plan environnemental que sur le plan financier. En mettant en valeur et en protégeant la diversité biologique unique de ces deux sites, ainsi qu’en développant des techniques agricoles

traditionnelles et écologiques, Annadana souhaite ralentir l’exode inexorable des petits paysans de cette région.

Comme nous ne sommes pas subventionnés financièrement, nos moyens sont humbles mais nous sommes, cependant, déterminés à mettre en application divers modèles de ferme agro-écologique durable dans ces deux villages où les paysans s’en remettent d’ordinaire à des cultures commerciales telles que le riz, la canne à sucre, le gingembre, le curcuma et la noix de cajou. Notre première étape fut d’organiser, le 15 février 2016, un atelier sur la conservation de l’eau et sur la culture de canne à sucre bio. Comme cela ne constitue pas notre domaine d’expertise, nous avons invité Suresh Desai, un paysan pionnier, afin de nous éduquer et de faire une démonstration de ces techniques, avalisées par le temps, présentant divers modèles qui peuvent être adaptés par des petits et moyens paysans. Des modèles de référence seront égalementdéveloppésdanslescentresd’Annadana.

Ces centres d’Annadana, dans les Western Ghats, ont été mis en place en 6 mois sous la supervision d’Ashok Kamat, l’un des directeurs d’Annadana, un ingénieur de terrain polyvalent et un architecte autodidacte ayant recours à de nombreuses innovations dans toutes les sphères de construction. La rénovation d’une structure d’accueil pour les stagiaires est achevée. Une vieillegrangeesttransforméeenunetrèsspacieuse cuisine collective. Quant à notre banque de semences Annadana, la construction extérieure est presque terminée mais requiert des fonds supplémentaires pour sa complétion. Nous avons restauré, très rapidement, une étable qui accueille maintenant des races Indigènes de bétail telles que Halikar, Deoni, Malnad Gidda. Une vaste aire de battage a été installée et a déjà été utilisée pour battre notre première récolte de riz Indigène, Rajamudi. C’est un riz, partiellement rouge, qui sur moins d’un demi-hectare a produit plus de 9 quintaux.

Le domaine agricole est sous la direction de Sangita assistée de Cauvery Kamat, une jeune architecte d’intérieur qui a effectué un stage de

8 mois avec nous et qui supervise maintenant les activités agricoles d’Annadana dans les Western Ghats. Son intérêt dans l’agriculture durable et bio est tel qu’elle est sur le terrain en permanence, que ce soit pour collecter des bouses de vache dans les forêts ou monter des piles de compost. Le sol est très pauvre et doit être régénéré avant de semer une large diversité de légumes afin de tester les conditions agro-climatiques. Cauvery Kamat ne s’arrête d’ailleurs pas aux légumes car elle teste également les fruits, les baies sauvages et les variétés de riz traditionnelles. Elle prépare les champs pour des cultures commerciales telles que la canne à sucre en association avec le gingembre et le curcuma. Elle construit également des ruches d’abeilles afin d’augmenter la présence d’insectes pollinisateurs. Elle est aidée par une équipe de paysans locaux, et quelques stagiaires provenant de l’international, qui expérimentent et développent les meilleures pratiques agricoles, la conservation des espèces forestières, potagères et florales et l’établissement d’un paysage agricole harmonieux.

L’objectifestd’éduquerlescommunautéspaysannes locales afin d’éliminer leurs pratiques agrochimiques pour acquérir une certification bio groupée leur permettant d’avoir accès au marchés bios. Quels sont nos souhaits pour le futur ? Nous envisageons de mettre en place des unités de traitement afin de valoriser les produits de la ferme, qui sont parfois gaspillés, et de générer des emplois. Quant aux enfants de ces communautés rurales, nous espérons pouvoir améliorer leur éducation en enrôlant des stagiaires et des éducateurs.

Il est clair que tout cela représente des défis parce que les paysans hésitent à abandonner leur pratiques habituelles d’agro-chimie et parce que les ressources et les matériaux sont quasiment inexistants… Mais ce n’est pas l’immensité des tâches à venir qui va nous empêcher de devenir des Catalyseurs de Semences de Changement.

annadana-india.org

Des nouvelles de Kokopelli Belgique

Outre les salons et foires, Kokopelli Belgique a organisé tout au long de l’année 2017 de nombreux ateliers et séminaires !

Kokopelli Belgique anime régulièrement des ateliers de bombes à graines, ici, aux jardins d’Aywiers.

Le concept de guérilla jardinière ou guerilla gardening a vu le jour à New-York en 1973, lancé par des habitants soucieux de réintroduire nature et beauté au sein des espaces déshérités de la ville. Petit à petit, une technique de fabrication des “Bombes à graines” (seed bombs en anglais) s’est imposée : cette technique est largement inspirée par la pratique de l’enrobage des graines de riz dans de l’argile, créée par le Japonais Masanobu Fukuoka, père de la permaculture, dans un tout autre but que la guérilla jardinière.

Des ateliers de fabrication de bombes à graines se sont ouverts un peu partout en Belgique lors de manifestations diverses et des guérilleros d’un nouveau genre bombardent à cœur joie les espaces vides en espérant les transformer en coins de nature fleuris.

vente de plants de tomates, piments, laitues et de plantes aromatiques, qui a bien plu.

Nous vous donnons donc à nouveau rendez-vous le printemps prochain !

Parrainage : le petit pois en poupe !

Nos portes ouvertes 2017

Gros succès lors de nos portes ouvertes, dans notre petite boutique le premier week-end de mai ! C’était l’occasion de choisir les semences de piments et d’aubergines à semer sans trop trainer, mais également de choisir les tomates, poireaux, etc. Cette fois-ci, nous avons également proposé une

Nous avons relancé le parrainage du petit pois ! Et oui ! En Belgique, c’est un légume que l’on réussi toujours bien et les variétés à parrainer ne manquent pas : variétés retrouvées et récupérées en Angleterre, Autriche et Allemagne. De plus, l’hybridation ne pose pas trop de problème. Avis donc aux amateurs !

En 2017, des ateliers sur les Micro-organismes Efficaces, la permaculture, et un séminaire sur la production de semences ont eu lieu, ainsi que de nombreux salons.

Pour les futures dates, vous pouvez consulter le site de Kokopelli Belgique mais également notre page FacebookounotreNewsletter !

Nous profitons de cette revue pour remercier notre fidèle clientèle, nos marraines et parrains, nos bénévoles, car sans eux nous ne pourrions subsister.

Pour plus d’informations : WWW.KOKOPELLI-SEMENCES.BE

Isabelle Chapelle, Responsable Kokopelli Belgique

Des nouvelles du Costa Rica

Eric Sémeillon, Responsable Kokopelli Costa-Rica

Ces derniers mois nous ont permis de renforcer la campagne engagée en 2012 contreleprojetd’introduction de maïs OGM.

Nous sommes heureux de vous annoncer que plus de 90% des municipalités du pays ont déclaré leur territoire sans OGM. C’est un résultat historique ! C’est la première fois qu’une telle mobilisation s’est organisée depuis la base. Mobilisation qui a demandé une grande campagne d’information, réalisée dans chaque ville, pour que les citoyens comprennent les enjeux autour des OGM.

Alors que le ministre de l’agriculture résistait au bon sens paysan, c’est le ministre de la culture qui le reconnaît, en déclarant le maïs comme patrimoine culturel.

Nous avons donc célébré cette grande victoire en co-organisant la rencontre dans le Guanacaste, centre d’origine du maïs dans le nord du pays, pour fêter les variétés créoles. Cependant, nous restons lucides car le Costa-Rica demeure un des premiers consommateurs au monde d’intrants chimiques par hectare cultivé. L’objectif principal reste la réintroduction et la reproduction des semences de pollinisation ouverte.

95% des fruits de milliers d’années de création paysanne ont disparu en cent ans et pour toujours, au profit des semences hybrides F1 de quelques industries dont personne ne nous parle !

À Atenas, après avoir réalisé des formations pour les producteurs, les enseignants et les jardiniers, ainsi que la mise en place de jardins comestibles dans les lieux publics et les écoles, nous laissons les femmes, en charge de la maison de semence que nous avons co-créé il y a 3 ans, dynamiser la sensibilisation et la fertilité locale. Nous continuerons de

leur fournir des semences afin de permettre aux bénéficiaires de se rappeler la générosité des semences de nos anciens.

Nous avons maintenant de nombreux supports pour sensibiliser et former ; comme les présentations de Stéphane (Annadana en Inde) et les fiches techniques sur la reproduction des semences Kokopelli traduites en espagnol, les videos et synthèses sur nos actions fertiles.

Nous souhaitons, dans les prochains mois, traduire le magnifique quadruple DVD “Semences buissonnières” en espagnol, avis aux amateurs qui veulent aider !

Merci à Dimitri et Lionel pour la réalisation des portraits de paysans locaux, diffusés sur leur site : elagricultoreterno.com, permettant de valoriser la réalité quotidienne de nos terres nourricières !

Face au constat :

- que l’offre de semences reproductibles demeure quasi-inexistante sur toute l’Amérique latine, (seulement un acteur au Mexique et un au Bresil, qui chacun proposent une centaine de variétés de semences en petites quantités) ;

- que le harcèlement du législatif et de l’éxécutif sur le patrimoine de l’humanité ne cesse de s’intensifier aux frontières et dans les campagnes ;

Nous avons décidé, il y a quelques mois, de professionnaliser un réseau de producteurs de semences.

L’aventure est osée ! Mais seule la promotion de la Vie peut nous animer…

Les producteurs bio utilisent en très grande majorité des plants conventionnels, réalisés à partir d’hybrides F1 dégénérant, tolérés dans le cahier des charges local de l’agriculture bio tant qu’il n’y aura pas de semences bio disponibles sur le marché…

En effet, cela leur semble plus simple de produire depuis le plant et bien souvent ils ne savent plus faire leurs semis et encore moins leurs semences !

Heureusement, ils conscientisent de plus en plus queleurdépendanceàquelques rares fournisseurs industriels n’est pas durable, surtout que cette année, le prix d’1kg de semences de maïs doux est rendu à 150 $US et que les graines de tomates, dont on ne trouve majoritairement qu’une seule variété hybride F1, se vendent à l’unité…

Nous commençons donc à accompagner de manière plus spécifique nos premiers producteurs afin de mettre en place unecollaborationassurantunstandarddequalité des semences et des quantités réparties selon une logique de résistance !

Ces3dernièresannéesnousontpermisd’identifier les producteurs les plus motivés, ayant les conditions suffisantes, pour envisager une démarche commune dans la formalisation d’une offre coordonnée de semences libres de droits.

Leplandeproductions’organiseprogressivement, tout comme la mise en place d’équipements permettant l’isolation des variétés, le nettoyage, le séchage et le tri des semences.

Les premiers volumes significatifs de semences de concombres, de poivrons doux et piquants, de basilics et de tomates seront extraits dans les prochains jours…

Pour la promotion et la commercialisation, nous développons actuellement un catalogue web et une plateforme interactive pour les producteurs. Cela nécessite aussi la mise en place d’infrastructures pour l’ensachage et le stockage, nous permettant une offre professionnelle organisée, qui permettra d’obtenir l’autonomie financière pour continuer le don de semences et lasensibilisationlocaleàuneplusgrandeéchelle.

Nous continuerons de recevoir des étudiants et volontaires sur de longues périodes, afin de pouvoiraccompagnernotreréseaudeproducteurs dans ce nouveau métier et d’animer la fibre productive de cette relève qui nourrira l’avenir de ces potentiels !

Les 3 formations que nous avons réalisées au Nicaragua montrent les complémentarités de savoirfaireetderessourcesvégétalesdisponibles sur la zone…

Les invitations renouvellées au Panama, nous renforcent dans

l’idée que la stratégie est régionale, car les frontières politiques, héritage des guerres, ne respectent en rien le Vivant…

Enfin, nos efforts répétés ces dernièresannées,derapprocher les producteurs et les apiculteurs sur des enjeux communs, semblent porter leurs fruits… La ville de Curridabat (70 000 habitants), nous invite à collaborer dans sonprojetdepremière“ciudaddulce” (villesucrée ou ville douce, selon la manière dont vous souhaiterez traduire).

Ilyaquelquessemaines,nousavonsdoncinauguré cette campagne avec la mise en place d’un hôtel pour pollinisateurs, de dons de semences et d’arbres dans les espaces publics. Il est question de fournir 10 000 paquets de semences de fleurs et de plantes comestibles afin d’inviter les voisins à se rassembler pour planter…

N’est-ce pas une innovation sociale que de mobilisersesadministrésautourdespollinisateurs et des variétés libres de droits ? Repositionner la beauté exacerbée de l’abondance naturelle, plutôt que l’économie de marché, au centre des relations nous mettrait dans une dynamique nouvelle !

Pour finir, je souhaite sincèrement remercier l’équipe dirigeante de Kokopelli pour sa confiance renouvelée et sa motivation à nous accompagner dans une nouvelle étape, la professionnalisation des producteurs locaux, avec les moyens permettant de finalement m’y dédier complètement…

Aussi ma profonde reconnaissance à toute la tribu Kokopelli… les salariés, les membres, les parrains, les jardiniers, les volontaires, les étudiants, les bénévoles, les alliés connus et inconnus qui rendent possible cette œuvre unique et tellement indispensable, cette dynamique essentielle à la manifestation de l’essence du Ciel sur la Terre…

hôtel pour pollinisateurs

Au service de la petite paysannerie… en Asie du Sud Est

Après avoir passé plus de 10 ans comme directeur d’Annadana (la branche de Kokopelli en Inde) et après avoir animé des séminaires d’agroécologie tropicale où vous avez été nombreux à participer, me voici en compagnie des petits paysans, perdus dans les deltas, les montagnes et les jungles encore existantes de l’Asie du Sud Est.

J’aitoujoursressentiunevraiefascinationpourlessystèmesagrairesauthentiques et vivriers tout autant qu’un immense respect pour les populations qui cultivent la terre pour se nourrir.

Ne pas cultiver et produire ses sacs de riz de la parcelle rizicole, son maïs, haricots et courges de la friche, ses légumes et ses tubercules, signifie simplement ne pas manger ! Ici l’homme cultive pour se nourrir, car il n’y a presque rien à acheter,peuàglaneretàpécher,pasdebusiness,pasdetourisme,pasd’industrie… C’estpresqueleberceaudel’humanité.Cependant,cen’estpasdel’histoireancienne, cela se passe aujourd’hui même au Laos, au Cambodge en Birmanie: dans les endroits les plus reculés et inaccessibles de ces pays, loin des routes, au travers de pistes cabossées et peu praticables, en bateau au milieu des dédales de canaux et de mangroves ou en marchantindéfinimentsurdessentiers glissants et enherbés.

Depuis 4 ans, j’ai l’immense privilège de pouvoir rencontrer dans leurs terroirs, ces paysans, ces ethnies et ces peuples d’avant notre “civilisation”.

Au sein de la structure d’Annadana, nous avons pu développer des techniques et des approches agroécologiques et de production de semences bios. Nous étions guidés par les intuitions de Dominique Guillet, impulsés par une grande liberté d’action et de pratiques sur nos fermes semencières et soutenus par l’ingéniosité des paysans Indiens et des collègues-fermiers d’Auroville… Aujourd’hui, je peux partager cette expertise acquise sur le terrain avec ces peuples vivriers de l’Asie.

J’agis donc maintenant en tant qu’intervenant indépendant et je travaille, selon les missions et les contextes, au travers des acteurs internationaux de l’aide humanitaire.

C’est un sentiment de grâce qui m’habite. La grâce de pouvoir découvrir, rencontrer, discuter, échanger et mettre en place, ensemble, avec ces paysans et ces communautés, de nouvelles approches agroécologiques. La grâce de répondre à certains problèmes et besoins particuliers qu’ils expriment et de développer des opportunités agrariennes lorsqu’elles se présentent.

En ce moment, c’est en Birmanie (Myanmar) et au Cambodge que nous avons l’opportunité d’intervenir.

En Birmanie ce sont plusieurs thèmes qui ont émergé selon les zones agroécologiques: le compostage, le recyclage des pailles, la purification et la sélection des variétés locales de riz dans l’immense Delta de l’Irrawaddy; le travail sur les espèces maraichères rustiques et nutritionnelles pour les femmes Rohinga dans l’Arakan ainsi que la mise en place d’une vraie révolution verte en riziculture grâce à la culture d’engrais vert (Crotalaria) avant le riz pluvial; la production de semences de qualité et la diversification des potagères dans les montagnes du Chin ainsi que l’exploration d’alternatives à la culture sur brulis; l’introduction d’espèces forestières pionnières et les essais de fourragères dans la zone sèche, aride et érodée près du centre historique aux milles pagodes de Bagan.

Au Cambodge, dans la zone fabuleuse des temples d’Angkor, patrimoine de l’humanité, nous intervenons sur les thèmes de la mise en place de systèmes intégrés et holistiques pour le contrôle des nuisibles, de la production de semences maraichères ainsi que de la diversification des cultivars et circuits courts de vente en zones péri-urbaines.

Je souhaite sincèrement remercier l’Association Kokopelli, car c’est grâce à Kokopelli que nous pouvons partager, avec ces paysans du bout du monde, ces trésors de ressources génétiques. Je voudrais aussi particulièrement encourager et remercier les producteurs volontaires du programme “Semences sans Frontières” car, de par leur travail de conservation et de production, nous avons pu bénéficier de centaines de sachets de semences qui ont été choyées dans leurs jardins et qui, aujourd’hui, suscitent la surprise, l’intérêt et la joie de paysans aux antipodes de la planète.

Un grand merci à tous les résistants et amoureux de la biodiversité.

S’il vous plait, continuez ! Stéphane Fayon

La fin de la domination/confiscation Française

des ressources chanvre

L’intention déclarée de cet article est de mettre en exergue que la France, depuis près de 40 ans, a tout fait pour prendre le contrôle des ressources chanvre en Europe – y compris de multiples pressions auprès des instances Européennes : imposition des variétés monoïques, imposition d’un taux de plus en plus bas du THC, imposition d’une filière qui possède le marché captif des semences, interdiction aux paysans de resemer leurs propres semences, imposition de contraintes règlementaires qui empêchent les jardiniers d’y avoiraccès,hégémoniesurlemarchédessemences à destination de l’Europe ou du Canada…

La légalisation du cannabis, et donc du chanvre, est inéluctable de par la requête des Peuples – et, bien sûr, de par la pression de l’Industrie Pharmaceutique qui y voit un gigantesque marché de diversification. Aujourd’hui, en Uruguay, les premières entreprises d’extraction minière s’installent dans le pays pour y lancer de gigantesques cultures à la fois de cannabis et de chanvre en proclamant qu’elles n’utiliseront que des variétés anciennes non génétiquement modifiées. Toutes les entreprises se tournent vers l’Asie car les ressources génétiques du chanvre ont été éradiquées ou confisquées, tant en Europe qu’en Amérique du nord, à la suite de près d’un siècle de prohibition. Le règne de la France sur les ressources chanvre fait maintenant partie du passé.

La légalisation du cannabis récréationnel ou médicinal – et donc du chanvre – ou sa dépénalisation, sont déjà effectuées dans de très nombreux pays : Canada, USA, Mexique, Hollande, Portugal, Espagne, Suisse, Roumanie, République Tchèque, Uruguay, Chili, Croatie, Australie, Israël, Iran, Colombie, Uttarakhand en Inde, etc.* En Europe,laFrancedétientlepalmarèsdel’utilisation de psychotropes légaux de synthèse ainsi que le palmarès de décès imputés à l’alcool et au tabac (125 000 chaque année).

La légalisation du cannabis, et donc du chanvre, est inéluctable : ce n’est pas un privilège, c’est un droit inaliénable. La France des Droits de l’Homme sera-t-elle la dernière à lâcher prise en Europe ?

Le chanvre légalisé ou prohibé en fonction des caprices du complexe militaro-industriel

par Dominique Guillet, Président et Fondateur de Kokopelli

Ce n’est pas l’objet de cet article de répéter ce qui a été magnifiquement décrit dans une pléthore d’ouvrages, à savoir que la prohibition de la culture du chanvre a été mise en place, en 1937, aux USA, par le biais du “Marihuana Tax Act”, suiteàl’interventiond’unpetitgrouped’industriels mafieux soucieux avant tout de leurs propres intérêts économiques et des intérêts financiers des banques qui les soutiennent – ou qui les contrôlent.

Henry Ford avait déjà mis au point une voiture construite, en partie seulement, en chanvre et dont le moteur pouvait fonctionner avec n’importe quel type de carburant, dont du carburant obtenu à partir de chanvre. Cette base potentielle multiple de carburants caractérisait, également, le moteur créé par Rudolf Diesel, qui mourut noyé dans la nuit du 29 septembre 1913 – en glissant sur une peau de banane – alors qu’il traversait la Mer du Nord pour rencontrer la Royal Navy très intéressée par ses travaux. Rudolf Diesel était un inventeur de génie couplé d’un philanthrope et d’un anti-militariste. Il portait, en effet, un profond intérêt au “solidarisme” et avait publié, en 1903, un ouvrage intitulé “Solidarismus” promouvant la création de Caisses du Peuple finançant des micro-entreprises qui seraient la source de versements de prestations sociales. Mais la Mafia Militaro-Industrielle n’a que faire d’ingénieurs géniaux et philanthropes. Le plus grand inventeur de tous les temps, dans la sphère de l’électro-magnétisme, Nikola Tesla, fut également la proie de ces prédateurs sans éthique et il mourut dans la pauvreté la plus sordide après avoir fait la fortune de General Electrics qui n’était pas franchement intéressé par ses inventions tardives eu égard à ce que l’on appelle les “énergies libres”.

La prohibition concernant le chanvre fut levée aux USA, durant la seconde guerre mondiale, lorsque les approvisionnements en jute et en abaca furent coupés en raison des “hostilités”.

Un euphémisme pour ne pas évoquer le massacre de millions d’êtres humains au bénéfice de l’Industrie de la Guerre.

La campagne “Hemp for Victory” suscita un renouveau temporaire de cette culture (70 000 hectares en 1943) qui déclina très rapidement – d’autant plus que la prohibition fut de nouveau

“légalisée”, en 1955, par le complexe militaro-industriel US.

Le prohibition du chanvre fut également mise en place dans certains pays Européens. Elle fut levée au Royaume-Uni en 1993. Elle fut mise en place en 1982, en Allemagne, et levée en 1995.

En Yougoslavie, en 1949, il existait près de 110 000 hectares de chanvre. En Italie, au nord de la péninsule, vers la même époque, il en existait encore 135 000 hectares.* Les surfaces cultivées en chanvre, dans le monde entier, étaient de 1 085 000 hectares durant la période de 1948/1953. Vers 1995/1997, elles avaient décliné à seulement 130 000 hectares dont 103 000 hectares pour la seule Asie.

En France, vers 1960, il ne restait que 600 hectares en culture contre près de 200 000 hectares au milieu du 19ème siècle. Les surfaces cultivées en chanvre, en Europe, étaient de 6000 hectares en 1980, de 12 000 hectares en 1996 et sont actuellement de 20 000 hectares dont quasiment les 2/3 en France qui a relancé progressivement cette culture, dans les années 1970, avec la Fédération Nationale des Producteurs de Chanvre.

Classification botanique du chanvre/cannabis et étymologies

D’un point de vue botanique, le chanvre/cannabis fait partie de la Famille des Cannabacées qui, selon les classifications de Cronquist et de Dahlgreen, contient seulement deux genres, à savoir Cannabis et Humulus, le Houblon, (avec 3 espèces). Le genre Cannabis, en fonction des botanistes, contient diverses espèces ou simplement une seule, Cannabis sativa, divisée en de multiples sous-espèces.

Selonlesnouvellesclassificationsphylogénétiques, la Famille des Cannabaceae est maintenant une supra-famille, une famille étendue incluant une partie de la Famille des Ulmacées et la totalité des Familles des Urticacées (environ 2 600 espèces) et des Moracées (plus de 1 000 espèces).

Ce qui nous intéresse aujourd’hui, dans le cadre de cet article, c’est que les deux genres très proches Cannabis et Humulus se caractérisent, naturellement, par des plantes dioïques.

Monoïque, du grec mono/oikos = une seule maison.

Dioïque, du grec di/oikos = deux maisons.

Oikos est d’ailleurs la racine des termes économie et écologie qui, du point de vue de l’étymologie, sont quasiment des équivalences.

Ecologie, oikos/logos = discours portant sur la maison, le foyer.

Economie, oikos/nomia = la connaissance afférente à la maison, le foyer.

Les espèces monoïques se caractérisent par des fleurs mâles et femelles distinctes portées par la même plante tandis que les espèces dioïques se caractérisent par des fleurs mâles et femelles distinctes portées par des plantes mâles ou femelles. La monoécie est le substantif utilisé pour caractériser les plantes monoïques tandis que la dioécie est le substantif utilisé pour caractériser les plantes dioïques.

Le chanvre/cannabis est ainsi une espèce dioïque qui, majoritairement, se caractérise par des plantes mâles, portant des fleurs mâles, et par des plantes femelles, portant des fleurs femelles et produisant des semences.

C’est une simplification, en fait, car il existe chez le chanvre/cannabis, tout comme chez la plupart des plantes dites domestiquées – et sans doute chez certains organismes vivants de la Biosphère –dessexualitésd’exception,àsavoir,trèsrarement, dans le cas du chanvre/cannabis, des plantes monoïques ainsi que des plantes aux fleurs hermaphrodites, à savoir mâle et femelle à la fois.

Méfions-nous d’ailleurs des simplifications plus qu’outrancières de l’Interprofession Chanvre, d’un point de vue botanique – et de beaucoup d’autres points de vue ainsi que nous allons le démontrer au fil de cet article – qui prétend qu’il existe deux sous-espèces : Cannabis sativa sativa (le chanvre à fibre) et Cannabis sativa indica (le chanvre à drogue). On se demande bien de quel cerveau embrumé a émergé cette classification pour le moins stupéfiante.

Cannabis sativa ainsi nommé par Linné en 1753 parce qu’il est cultivé, ensemencé.

En latin “sativa, satus, sator, semen, sementis”: semer, semences, seed, semillas, etc.

En proto-Germanique “sediz” des racines Proto-IndoEuropéennes “se-ti-”, le semis, et “se-” semer.

Cannabis, en Grec, “kannabis”, en Arménien “kanab”, en Russe “konoplja”, en Hébreu “qannabbôs”.

Chanvre, une altération de cannabis.

Dans les langues nordiques, hemp, hänf, hamp, hampa, hanap, hanapiz, tous termes qui sont des altérations de kannabis en fonction de la loi de Grim sur la mutation consonantique de k- à h-

Bhang, Ganja, les termes utilisés dans la tradition Hindoue, ont la même racine “an”

Perversions sémantiques et idéologiques

Notons, tout d’abord, que la Filière du Chanvre Industriel se définit par l’adjectif “industriel”. On ne parle pas de chanvre médicinal, de

chanvre alimentaire ou même encore de chanvre agro-écologique. Le qualificatif “industriel” a pour objectif d’exorciser leur peur viscérale de l’amalgame avec le cannabis, qualifié de chanvre “drogue”.

Le terme “droguerie” désigne en France les magasins vendant des produits cosmétiques, d’entretien domestique, certains produits alimentaires de base et même du bricolage ou de la quincaillerie.

Le terme “drug” en Anglais signifie médicament. Aux USA, un “drugstore” vend des journaux, des revues, du tabac, de la restauration/boissons, de la pharmacie, de la parfumerie et vendait même, avant les lois de la Prohibition de 1919, l’incontournable alcool – qui est devenu l’un des pires poisons de la civilisation occidentale.

Selon Sylvestre Bertucelli, le secrétaire d’Interchanvre, cet amalgame est d’autant plus prégnant que : « Le chanvre “fibre”, tout en cherchant à se forger une image complètement déconnectée de la drogue, a parfois joué sur l’attractivitégénéréeparlecannabispourvéhiculer son marketing. Le cannabis “drogue” a toujours essayé de créer des ponts psychologiques avec son demi-frère, en véhiculant le message du chanvre “bon à tout faire”, qui de ce fait ne peut pas être mauvais, y compris pour l’aspect psychotrope »

Il est fort possible que la filière chanvre – réduite à sa plus simple expression eu égard au passé glorieux de cette plante incroyablement multivalente – soit obligée de surfer sur la vague du cannabis pour survivre. Cependant, nous pouvons affirmer, de façon péremptoire, que le marché annuel du cannabis aux USA, dont la valeur se situe entre 40 et 50 milliards de dollars, n’a jamais eu besoin de “ponts psychologiques”, avec son demi-frère ou sa demie-soeur, pour s’imposer comme une nécessité récréationnelle, médicinale et économique.

Economique sous tous aspects puisque l’incarcération de millions de consommateurs de cannabis constitue à ce jour l’une des bases fondamentales de l’industrie carcérale US qui est une forme d’esclavagisme moderne de par le fait que les prisonniers doivent payer très cher leur hébergement et leur alimentation dans les taules des Autorités.

L’un de ces négriers est le cartel bio/naturel Wholefoods,* l’intime partenaire du cartel Hain Celestial, le propriétaire des sociétés Lima et Danival.*

En Oregon, avant la légalisation du cannabis, au 1er juillet 2015, la culture de 8 plantes de cannabis était sanctionnée par 20 ans de prison ferme à savoir 20 ans de travail non rémunéré au service de l’Industrie.

L’Injustice au bénéfice de qui ?

Pour ne plus parler de drogues, de drugstore et autres drogueries, mais plus précisément de psychotropes,

un psychotrope est une substance qui modifie la conscience

rappelons les faits suivants qui sont loin d’être des “faits divers” eu égard à la nature très bégnine et extrêmement médicinale du cannabis qui ne tue personne et qui n’est responsable d’aucune violence conjugale et familiale. Nous pouvons, même, les qualifier de faits d’addictions sévères et très souvent létales.

Un tiers des Français ne “fonctionnent” que grâce aux médicaments psychotropes. En France, leur consommation est l’une des plus importantes d’Europe, sinon la plus importante. Quel est en France le nombre de décès imputables aux overdoses de ces poisons légaux ? Je n’ai pas trouvé de statistiques mais aux USA, c’est une catastrophe sanitaire nationale.

L’alcool tue environ 50 000 personnes, en France, tous les ans et serait responsable de 40% des violences conjugales et familiales. 13% des décès/ hommes en France sont imputables à l’alcool contre, seulement, 3% en Italie et 1% au Danemark.

Le Tabac tue environ 73 000 personnes, en France, chaque année. Est-ce le tabac qui tue ou les 10% d’adjuvants chimiques qu’il contient ? Personne ne pourrait le dire car les quelques 7 000 substances chimiques, libérées par la combustion d’une cigarette, possèdent des effets synergiques que jamais personne ne pourra élucider.*

L’héroïne, la cocaïne et autres substances de synthèse sont devenues une calamité banalisée dans les villes et dans les campagnes. Au bénéfice du système bancaire car l’argent des cartels, blanchi par les plus grandes banques du monde Occidental, constitue l’un des piliers de leur prospérité financière.

Je pourrais évoquer les autres psychotropes que sont le sucre blanc, le coca-cola et autres boissons hyper-caféinées, le thé, le café… Pour aujourd’hui, je me contenterais de clore cette évocation rapide par une citation de Roger Heim, qui fut le directeur du Muséum d’Histoire Naturelle et le Président de l’Académie Nationale des Sciences, et qui reste l’un de mes héros – enterré prestement dans les Orties de l’Histoire, en raison de son discours trop subversif.

« Des campagnes de presse, destinées à la vente de papiers à grand tirage, ont exagéré les dangers réelsduLSD25etcompromispardesgénéralisations ridicules [Teonanacatl est le nom Nahuatl] pour leschampignonssacréshallucinogènesauMexique, les champignons psilocybe). Cette agitation a gagné les commissions internationales et les

milieux gouvernementaux, conduisant à des textes de contrôle ou de répression excessifs, alors que personne n’a profité de cette campagne pour jeter le véritable cri d’alarme, celui qui concerne l’augmentation effarante de la consommation d’alcool dans le monde, et les effroyables ravages qu’elle provoque : dans les pays d’Afrique Noire où partout, en forêt, fonctionnent des alambics clandestins ; et au Mexique où le tochila remplace les drogues hallucinogènes naturelles et sans danger ; et en Amérique du sud, dans les pays des USA et de l’Europe où l’éthylisme mondain et lesdroguesditesclassiquesexercentleursméfaits » *

D’ailleurs, clin d’oeil de la Destinée, je découvre aujourd’hui même le très bel article de Philippe Godin “L’Art psychédélique sous contrôle médical” 8 qui analyse la stupéfiante exposition qui se tient au Musée SingerPolignac : “Psilocybine. Quand la psychiatrie observe la création”. Une exposition totalement inspirée des dynamiques initiées par Roger Heim, vers 1955/1960, quant aux propriétés médicinales et visionnaires des champignons psilocybes.

La chasse aux cannabinoïdes: le moteur de la sélection du chanvre, en France, depuis 1961.

Cette digression eu égard à la nature inoffensive du cannabis en comparaison de tous les autres psychotropes légaux, et extrêmement létaux, est-elle nécessaire dans le cadre de cet article ? Elle l’est, très certainement, car il s’avère que la chasse aux cannabinoïdes a été l’un des moteurs principaux de la sélection chanvre depuis des dizaines d’années – et elle l’est encore officiellement – soit en France et en Ukraine pour les variétés monoïques, soit en Hongrie et en Italie pour les variétés dioïques.

En 2005, le Professeur Gilbert Fournier, dans les Annales de Toxicologie Analytique, publie ses conclusions sur les variétés de chanvre Santhica 23 et Santhica 27 qui, exemptes de cannabinoïdes, doivent être considérées, selon lui, comme les variétés de seconde génération qui constitueront la base de variétés de troisième génération. Il affirme que la synthèse des cannabinoïdes est quasimentarrêtéeaustadeduCBG(lecannabigérol, précurseur du THC et du CBD) et qu’il existe même des plantes au sein de ces variétés qui ne produisent pas même de CBG.*

En 2007, selon le Professeur Gilbert Fournier, dans les Annales de Toxicologie Analytique, ce sont 800 contrôles THC qui ont été réalisés en Europe concernant 16 000 hectares de culture de chanvre.* Entre 2001 et 2008, ce sont 2 300 contrôles THC qui ont été réalisés en France. En 2003, supposément en raison de la canicule, encore un dommage collatéral du célèbre réchauffement climatique anthropique : mais que fait donc la Police du Climat ?

la variété Felina 34 dépassa les normes Européennes autorisées de 0,2%, sur deux échantillons, avec des résultats de 0,213 et de 0,233. Cette année-là, l’industrie Française du chanvre frisa la catastrophe sanitaire ! *

Signalons que certains pays Européens ont totalement abandonné cette pratique de contrôle du THC dans leurs cultures de chanvre nationales – pour cause de processus excessivement onéreux et fastidieux. C’est pour cela que la France, fidèle à sa pathologie obsessionnelle du contrôle THC, proposait,en2009,unesimplificationdescontrôles en se focalisant sur le rapport α = Δ-9-THC ∕ CBD : « Ne serait-ce pas l’opportunité de convaincre les États Membres de prendre en compte la présente proposition (détermination du rapport α) comme alternative à la procédure A (réglementaire aujourd’hui), dans un cadre expérimental initialement ? »*

Convaincre est un euphémisme utilisé pour masquer l’intervention musclée (corruption) de la France dans de nombreuses politiques agricoles Européennes.

En fait le partenaire privilégié de l’Interprofession chanvre n’a pas été, très dernièrement, l’INRA mais la Faculté de Pharmacie de Châtenay-Malabry – et ce, depuis 1981- en la personne du Professeur Gilbert Fournier.*

Selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, dans son rapport “Cannabis as a licit crop : recent developments in Europe”* : « La sélection des variétés monoïques a été principalementfondéesurlesrecherchesréalisées par la Fédération Nationale des Producteurs de Chanvre et par l’INRA, en France, et a conduit au développement de variétés approuvées par la Commission Européenne contenant une moyenne de 0,15% de THC. L’un des développements les plus récents a été la découverte d’un gène qui régule la transformation du cannabigérol (CBG), un cannabinoïde précurseur du THC, la principale substance hallucinogène que l’on trouve dans le chanvre. Cette découverte a amené à la création d’une nouvelle variété, Santhica 23, avec un niveau pratiquement nul de THC ».

Le délire THC en Europe, concernant le chanvre, est toujours bien prévalent et il dépasse, de nos jours, le cadre très restreint de la production agricole pour venir torpiller le secteur des produits alimentaires à base de chanvre.

En 2005, les agriculteurs du Liechtenstein s’étouffèrent de rage lorsque le gouvernement leur interdit de nourrir leur vaches laitières avec du chanvre au prétexte que le THC pouvait contaminer les produits dérivés.*

Tout récemment, en juin 2015, l’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) publia son “opinion scientifique sur les risques pour la santé humaine induits par la présence de THC dans le lait et autres produits animaux”.

« De par le fait que peu de données sur les niveaux de THC dans les aliments d’origine animale étaient disponibles, le Bureau sur les contaminants dans la chaîne alimentaire (CONTAM Panel) établit une estimation de l’exposition grave nutritionnelle humaine au THC en combinant différents scénarios quant à la présence de THC dans la nourriture animale dérivée de graines de chanvre. Une exposition grave au THC émanant de la consommation de lait et de produits laitiers allait de 0,112 à 0,3 µg/kg (microgramme par kilo) de poids corporel par jour chez les adultes et allait de 0,006 à 0,13 µg/kg de poids corporels par jour chez les petits enfants ».

Tout le reste de l’étude est à l’avenant. Ce n’est qu’une “opinion scientifique” fondée sur du vent car les données sont inexistantes. Des estimations “d’exposition grave” sont balancées au petit bonheur la chance, par un technocrate lambda, à l’image de tous les taux admissibles maxima de biocides dans l’agriculture – qui, en deçà, sont complètement inoffensifs, la preuve par l’humanité qui se meurt de cancers et de maladies dégénératives.*

Cette étude fut “requise” par la Commission Européenne. Sans plaisanter. Et par quelle DG ? Et à la requête de quel lobby industriel ou de quel Etat ? La France, encore ? Comme cette étude est fondée sur du vent, des estimations et des scénarios hypothétiques, les technocrates en appellent à des études subséquentes qui permettront d’autoriser ou d’interdire la nourriture animale à partir de produits dérivés du chanvre – une pratique multimillénaire.

C’est sans doute pour cela que les oiseaux ont été éradiqués du territoire Français : ce n’est pas à cause des pesticides en tous genres, c’est bien plutôt à cause du THC présent dans le chènevis qui les fait planer, en toute euphorie, dans des vents psychotropes les entraînant vers des pays exotiques…

Après avoir généré, ex nihilo, leurs estimations d’exposition grave au THC, les experts du CONTAM Panel concluent : « Il existe une incertitude importante quant aux estimations d’exposition obtenue avec divers scénarios. Cette incertitude est principalement due au nombre limité de données analytiques sur le THC et au manque d’information sur la destinée du THC, et de ses acides précurseurs, dans le rumen de la vache et durant le processing des aliments »

L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments est en fait une Autorité Européenne de l’Insécurité des Aliments. L’EFSA travaille de

concert avec le Codex Alimentarius afin que l’empoisonnement légal de l’humanité perdure inexorablement. Le Codex Alimentarius, créé en décembre 1961 par deux pseudopodes de l’ONU (la FAO et l’OMS) est une structure mafieuse qui se réunit dans le secret tous les ans, à Rome, et quinecomptedanssesrangsquelesreprésentants officiels et/ou non déclarés de l’Industrie agropétro-chimico-alimentaire.

Au sujet de l’extinction de l’humanité par empoisonnement légal, voir la très récente étude publiée par Rosemary Mason “The sixth mass extinction and chemicals in the environment” dans le Journal of Biological Physics and Chemistry.*

Et pour conclure sur tous ces aspects relatifs à la chasse aux cannabinoïdes dans le chanvre, quelle garantie avons-nous que la mutagénèse dirigée n’ait pas, en fait, été utilisée pour obtenir les variétés modernes de chanvre exemptes, ou quasiment exemptes de cannabinoïdes – et dont la nature intrinsèque est tellement contre-Nature ? D’autant plus que le CETIOM s’est engagé dans la sélection du chanvre depuis 2010. Le CETIOM, qui vient de fusionner avec l’UNIP pour former une nouvelle entité au nom très poétique de Terres Inovia, est très connu pour ses recherches agronomiques utilisant des techniques de mutagenèse dirigée pour, par exemple, rendre des tournesols résistants à des herbicides. Le CETIOM s’est-il déjà engagé dans des recherches portant sur la résistance du chanvre aux herbicides ? Et si oui, Terres Inovia va-t-il continuer dans cette direction ? Ma question est fondée par le fait qu’en Amérique du nord des entreprises se sont déjà engagées résolument dans cette voie, à l’instar de Hemp Genetics International, dont l’un des objectifs déclarés est de créer des variétés de chanvre résistantes aux herbicides, l’une des causes principales de la cancérisation de l’humanité, et du reste de la biosphère.*

Autant fumer la moquette du salon !

Ainsi que l’explique David West (historien du chanvre et agronome/obtenteur pendant 25 ans dans le maïs), dans “Hemp and Marijuana : Myths & Realities”*,prétendrequ’ilexisteuneéquivalence entre le cannabis et le chanvre, sur le plan de la quête du THC, ou que l’on pourrait détourner des cultures de chanvre à des fins récréationnelles (en bref pour “planer”) est l’une des plus grandes arnaques mensongères de l’agronomie moderne.

Qui serait assez fou pour fumer (ou vaporiser, ou faire des teintures-mères…) des plantes de chanvre avec 0,15% de THC ou même 0,5% de THC ? Qui serait assez fou pour grimper sur une échelle à trois mètres de hauteur pour aller cueillir des sommités florales de chanvre, pleines de graines, avec un taux de THC aussi bas ? Autant fumer la moquette du salon !

Les délires mensongers de l’interprofession s’étalent au grand jour sous la plume de Sylvestre Bertucelli, le secrétaire d’Interchanvre, dans son article “La filière du chanvre industriel, éléments de compréhension macroéconomiques” (publié dans la revue scientifique Oilseeds and fats, Crops and Lipids) : « L’engouement récent au niveau mondial sur le cannabidiol, sorte de THC non euphorisant, et ses vertus réelles ou supposées pour le traitement de troubles neurologiques, rend plus floue la dichotomie prévalant à ce jour ».

Premièrement, le cannabidiol (CBD) n’est strictement pas une sorte de THC “non euphorisant” ! Ce serait même plutôt un anti-THC – surtout dans le cas des variétés de chanvre traditionnelles qui abondent en CBD, un cannabinoïde contrecarrant carrément les effets psychoactifs du THC.

Deuxièmement, toutes les variétés de cannabis contenant du THC ne sont pas euphorisantes. Seules le sont les variétés de type “sativa” (ou à prédominance sativa) qui sont très énergisantes et parfois euphorisantes. Au contraire, les variétés de type “indica” (ou à prédominance indica) sont très calmantes, sédatives et peuvent même être soporifiques. Ce sont ces dernières qui sont utilisées pour soulager les patients souffrant, par exemple, de douleurs chroniques. Ce sont également celles qui sont utilisées pour la culture d’intérieur en raison, entre autres, de leur faible développement végétal (en comparaison du type sativa très expansif), de leur cycle plus court de croissance (en comparaison du type sativa au cycle très long) et de par le fait, sans doute, qu’elles permettent, à leurs utilisateurs, d’oublier leur réalité quotidienne, à savoir leur situation d’esclaves au service de l’industrie de la consommation – une réalité, de plus, percluse du syndrome social des 3D : Domination, Division et Duplicité – et la réalité quotidienne du monde, un vaste chaos de guerres en tous genres – et de préférence “libératrices” – fomentées par les Saigneurs de la Guerre.

Troisièmement, « Ses vertus réelles ou supposées ». Rappelons à Sylvestre Bertucelli qu’il existe plus de 30 000 études, à ce jour, publiées dans Pub Med aux USA, sur le cannabis et les cannabinoïdes et leurs propriétés éminemment médicinales –une étude par jour, en moyenne, depuis 20 ans.

De telles affirmations relèvent, de sa part, d’une incompétence notoire ou d’une tentative d’intoxication idéologique mais, dans tous les cas, il serait fort avisé d’opter pour un silence poli – ou de s’éduquer – s’il ne veut pas ridiculiser l’interprofession, dont il est le porte-parole, en proférant de telles inepties.

Uneautremystificationtoutaussiénorme,émanant des interprofessions de chanvre en Europe, est l’interdiction faite aux paysans de récolter leurs

propres semences de chanvre et de les resemer, au prétexte que, génération après génération, le taux de THC va inexorablement augmenter. Cette assertion, totalement fausse, est d’autant plus grotesque lorsqu’il s’agit de variétés telles que les “Santhica” qui ont été sélectionnées pour être débarrassées (à jamais ?) de tous les cannabinoïdes possibles et imaginables.

Pourquoi les paysans ne se révoltent-ils donc pas ? Leur connexions synaptiques sont-elles réduites à néant sous l’effet de l’ingestion et de l’épandage quotidiens de biocides mortifères ? Signalons, à ce propos, le dernier ouvrage de Fabrice Nicolino : Lettre à un paysan sur ce vaste merdier qu’est devenue l’agriculture.*

La base génétique très réduite des chanvres monoïques

Lyster Dewey, un botaniste et agronome US, fut toute sa vie passionné de chanvre et il tint un journal quotidien relatant ses expériences, ses créations variétales, ses passions avec le chanvre, de 1896 à 1944, année de sa mort, à l’âge de 79 ans. L’une de ses photos retrouvées récemment dans un grenier le montre près de plantes de chanvre mesurant 4 mètres de hauteur. L’une de ses obtentions les plus accomplies fut la variété “Chinamington” qui, en 1934, produisit quasiment 4tonnesl’hectaredebellefibrechezunagriculteur du Kentucky qui en cultiva une cinquantaine d’hectares. Selon le Professeur Bocsa du GATE Research Institute de Kompolt en Hongrie, la variété “Chinamington” fut envoyée au Professeur Rudolf Fleischmann qui fut le fondateur et le directeur de cet institut Hongrois de 1918 à 1951.* C’est Rudolf Fleischmann qui créa le premier hybride de chanvre en croisant les variétés

“Chinamington” et “Kompolti”.

Ce serait le généticien Hugh McPhee qui, aux USA, aurait, le premier, commencé à travailler à partir de plantes monoïques de chanvre mais ce sont les agronomes Russes Grishko et Malusha qui ont, les premiers, exploité cette caractéristique qui fut incorporée ensuite, dans ses obtentions végétales,parl’obtenteurAllemandvonSengbusch, afin de créer la première variété monoïque, “Fibrimon”.*

Ainsi que l’ont mis en exergue les recherches de McPhee, de von Sengbusch et de Hoffmann, lorsque l’on croise une plante monoïque avec une plante femelle d’une variété dioïque, les graines obtenues vont donner en première génération (F1) plus de 90% de plantes femelles, de 3 à 5% de plantes monoïques et seulement 2 à 3% de plantes authentiquement mâles. Un tel hybride va donner de 60 à 80% de semences en plus – en comparaison d’une variété dioïque – et c’est donc la seconde génération (F2) qui va être utilisée, à grande échelle, pour produire du chanvre à fibre.

Le Professeur Hongrois Bosca expliqua, vers 1994, comment il produisait les graines de sa variété Uniko B en croisant les plantes monoïques de la variété “Fibrimon” avec des plantes femelles de la variété “Kompolti” (une variété qu’il sélectionna àpartirdelavariété“Fleischmann”).Cecroisement – qu’il qualifie de chanvre unisexuel – cultivé sur 5 hectares produit environ 2,5 tonnes de semences F1. Ce F1 est semé sur une surface de 500 hectares afin de produire environ 400 tonnes de semences F2 qui vont permettre à des agriculteurs d’emblaver une surface d’environ 3000 à 3500 hectares de chanvre à fibre. C’est donc de la semence F2 qui est distribuée, dans ce cas, aux agriculteurs.

La Hongrie, avec le Professeur Hongrois Bosca, a été le seul pays d’Europe à produire des hybrides de chanvre. Ainsi, “Kompolti Hybrid TC” (1983) et “Fibriko” (1989) sont des hybrides à 3 voies impliquant deux variétés Chinoises dioïque “Kinai Kétlaki” et monoïque “Kinai Egylaki” avec “Kompolti” et “Kompolti Sárgászarú”. “Kompolti” a été sélectionnée, à partir de la variété d’origine Italienne “Fleischmann Hemp” par Iván Bócsa et József Schmidt au début des années 1950. Elle a été enregistrée en 1954. Duncan Valliant-Saunders, dans son ouvrage “Hemp 101”, affirme que c’est la variété la plus productive pour la fibre. “Kompolti Sárgászarú”, une variété à tiges jaunes déficiente en chlorophylle a été enregistrée en 1974. Elle est le résultat d’un croisement entre “Kompolti” et une mutation à tiges jaunes, découverte en Allemagne par Helle StengelHoffmann, qui résulterait d’un croisement entre une variété Finlandaise et une variété Italienne tardive.

Le Professeur Bosca fut l’un des obtenteurs de chanvre les plus célèbres avec 40 années de travail agronomique sur cette espèce. Il n’utilisa les plantes monoïques que comme parents de ses croisements permettant d’obtenir des hybrides unisexuels. Il était convaincu, par l’expérience, que les variétés monoïques étaient de 10 à 20% moins productives que les variétés dioïques, sur le plan de la production de biomasse ou de fibre. Reinhold von Sengbusch a mentionné que l’obtenteur de chanvre Bredemann avait crée une variété de chanvre dioïque et précoce, vers 1940, qui produisait 7 tonnes de biomasse à l’hectare, dont 1800 kgs de fibre. Dès 1934, Bredemann avait sélectionné des chanvres produisant jusque 30% de fibres. En Hongrie, le Professeur Iván Bócsa évoquait, en 1997, un rendement pour 5 variétés dioïques ou unisexuelles (Kompolti, Kompolti Sárgászarú, Kompolti Hybrid TC, Uniko-B et Fibriko) atteignant de 10 à 13 tonnes l’hectare en tiges avec un rendement de fibre de l’ordre de 30%.

En Italie, Alessandro Zatta, analysant 80 années de recherche sur le chanvre *, commente le fait que sur les 18 génotypes testés à la station de Bologne (pour moitié dioïques et pour moitié monoïques),lesvariétésdioïquesItaliennesétaient de loin supérieures aux variétés monoïques Françaises, sur le plan de la productivité en bio masse/tiges.

Le Professeur Bosca, de plus, affirmait que les variétés monoïques étaient entachées d’un phénomène patent de dépression génétique et que, de plus, l’amélioration de la qualité de la fibre, de ces variétés monoïques, était très lente de par le fait que l’on ne peut pas leur appliquer ce que l’on appelle la technique de Bredemann (à savoir une détermination rapide de la qualité de la fibre chez les plantes mâles avant leur floraison que Bredemann mit au point pour les orties en 1915 et pour le chanvre en 1922). Le Professeur Bosca ne travailla jamais avec des variétés auto-fécondées à cause des délais très longs et des difficultés techniques impliquées dans l’obtention de ce que l’on appelle des “lignées pures”,

qui n’ont rien à voir avec la pureté et qui sont des variétés totalement détruites et déconstruites, au fil des années, par le processus appelé “inbreeding” ou “autofécondation”. Se reporter aux travaux de Jean-Pierre Berlan en France et de Richard Lewontin aux USA.

En 1954, aux USA, la première variété monoïque de chanvre est sélectionnée, par Borthwick et Scully, à partir de la variété dioïque Kentucky. La variabilité étant énorme, les plantes les plus intéressantes, du point de vue de la monoécie et de la productivité, sont alors auto-fécondées.*

Dès 1969, Venturi affirme qu’il existe deux biotypes différents dans les trois variétés monoïques Françaises qu’il étudie, eu égard aux dynamiques defloraisonetauxcaractéristiquesmorphologiques.

Selon Venturi (1967) et Armaducci et Zatta, le décalage de floraison dans les génotypes monoïques peut s’expliquer par leur instabilité intrinsèque car ils sont enclins à recouvrer leur nature dioïque au bout de plusieurs générations.

Ainsi que le précise Pierre Bouloc dans son ouvrage “Le chanvre industriel : production et utilisations” : « la forme monoïque peut être définie comme une forme artificielle de chanvre car, sans interférence humaine, elle repart progressivement vers l’état dioïque ». Selon Pierre Bouloc, des plantes monoïques apparaissent rarement dans des cultures de chanvre dioïque : environ de 10 à 20 plantes par hectare – ce qui fait très peu vu qu’un mètre carré peut contenir des centaines de plantes (jusqu’à 450).

Comment osent-t-ils évoquer des flous dichotomiques ou imaginer des ponts psychologiques ou agronomiques entre un chanvre cultivé à raison de plusieurs centaines de plants par mètre carré et un cannabis super-choyé dans la banana-belt du sud de l’Oregon qui peut se déployer sur plusieurs mètres carrés et produire jusqu’à 5 kg de sommités florales titrant à 22% de THC ?!!

Ce refus obstiné des plantes de chanvre de se laisser enfermer dans une monoécie artificielle est également évoqué – rapidement, pour ne pas trop éveiller les soupçons – par Claire Thouminot (Fédération Nationale des Producteurs de Chanvre) dans son article “La sélection française du chanvre : panorama et perspectives” * : « À cause de la contrainte règlementaire du Δ9-THC, couplée aux difficultés de maintien de l’état monoïque, la FNPC est toujours restée l’acteur unique de la sélection du chanvre en France, les acteurs qui pourraient vouloir se lancer dans cette voie semblant être découragés par ces difficultés. Même s’il n’y a qu’un seul sélectionneur en France, la création variétale est là pour répondre aux besoins exprimés par la filière »

Mais qui a imposé la domination des variétés monoïques en France et en Europe ? Il n’est que de reconfier à la paysannerie le soin – la passion – de sélectionner des variétés de chanvre naturellement dioïques en fonction de leurs besoins et de leurs terroirs.

Quant à la contrainte règlementaire du Δ9-THC ce ne sera plus, très bientôt, qu’un vieux souvenir – nauséabond…

Comme l’écrit, fort à propos, la FNPC, dans sa littérature, les variétés monoïques, dans les champs, « se comportent comme des plantes femelles », tout simplement parce que ce sont des plantes femelles. Reinhold von Sengbusch, le célèbre obtenteur de chanvre, avait déjà affirmé, vers 1950, que les plantes monoïques portent un

chromosome xx. C’est ce qu’ont prouvé les deux dernières études sur la génétique des plantes monoïques de chanvre : celle de Razumava et al.* et celle de Anne-Michelle Faux, “Approche quantitative du déterminisme génétique de l’expression du sexe chez le chanvre monoïque”. *

« Les variations d’expression du sexe et de précocité entre variétés monoïques étaient consistantes pour la majorité des variétés. Des rendements en graines plus élevés ont été obtenus avec des variétés à phénotype sexuel féminisé et précocité moyenne. La constitution en chromosomes sexuels du chanvre monoïque a été démontrée : le chanvre monoïque porte des chromosomes XX, lesquels présentent des homologies avec à la fois les chromosomes X et Y du chanvre dioïque ».

D’ailleurs, si les variations d’expression du sexe et de précocité sont consistantes pour la majorités des variétés monoïques, c’est vraisemblablement parce que les dites variétés ont strictement la même base génétique.

Nous sommes donc confrontés, avec les variétés de chanvre monoïque, au même syndrome qu’avec les semences dites “féminisées” du cannabis (produites à partir de plantes femelles traitées avec de la gibbérelline) : le syndrome de l’évacuation des mâles.

Un syndrome assurément civilisationnel puisqu’on le retrouve également chez les saumons, chez les grenouilles, chez les êtres humains… qui ont de moins en moins de chances de se reproduire au coeur de cette belle planète que nous avons transformée en poubelle cancérigène.

Le syndrome de l’évacuation des mâles est concomitant du syndrome de l’évacuation des variétés dioïques. Et la FNPC, dans son obsession du chanvre tout monoïque, en oublie même qu’il existe encore une sexualité dioïque et donc des variétés dioïques : « À chaque génération, la FNPC assure deux années de test avant de passer à l’étape suivante, sur des critères très stricts tels que la conformité de précocité, la sexualité monoïque, la proportion de plantes mâles dioïques résiduelles, et bien évidemment le contrôle de la teneur en ∆9 THC »

« Le cannabis est constitué de populations dioïques, ou exclusivement femelles pour les sélections hollandaises, à l’inverse des variétés monoïques de chanvre industriel » *

Quelle audace mensongère d’oser opposer le cannabis dioïque au chanvre monoïque ! De plus, les sélections Hollandaises ne sont pas des populations. Ce sont des variétés (pour la plupart des hybrides plus ou moins stabilisés) qui sont disponibles en graines normales ou en graines dites “féminisées” (censées ne donner que des plantes femelles).

Et en parlant de graines, voilà une autre perle à l’actif de la FNPC : « Les graines sélectionnées de cannabis valent de l’ordre de 0.50 € la graine, ce qui correspondrait à un coût d’ensemencement de 150 €/m2 dans un contexte de culture industrielle (semis à 300 graines/m2). Ce coût est celui de l’ensemencement d’un hectare (10 000 m2) de chanvre industriel. Un tel écart de prix rend impossible la culture de cannabis sous une forme similaire à celle du chanvre industriel ».

Premièrement, les graines sélectionnées dites “féminisées” peuvent valoir jusqu’à 20€ l’unité.

C’est une arnaque gigantesque – on ne le dira jamais assez – et une ignominie du point de vue de l’éthique car cette technologie est à rapprocher de la technologie de Monsanto appelée Terminator.

Secondement, il serait sage de comparer ce qui est comparable. Les variétés de cannabis n’ont jamais été sélectionnées pour croître sur des milliers d’hectares pour la production de fibres de qualité.

Pour en terminer avec l’obsession monoïque de la FNPC, son argument majeur, pour imposer cette technologie en France, a été, et l’est encore, l’argument-massue de la récolte mécanisée. Hors la monoécie du chanvre, point de salut pour la récolte mécanisée. Et fidèle à sa maîtrise de “la dichotomie floue”, elle illustre son propos * d’une magnifique photo, en teintes sépia, de deux paysans travaillant leur champ avec un magnifique cheval de trait !

La nostalgie au service de la propagande, ou la condamnation de milliers d’années de sagesse ancestrale paysanne ?

La FNPC argumente que les variétés dioïques ne sont pas aisées à récolter en raison du grand décalage de floraison entre leurs plantes mâles et femelles. En tout cas, Armaducci et Zatta*, en 2008, dans leur étude sur les dynamiques de floraison des génotypes monoïques et dioïques de chanvre, ont prouvé que pour une variété dioïque telle que Fibranova, le décalage de floraison, entre les plantes mâles et les plantes femelles, peut varier de 60 jours à 15 jours en fonction de la date de semis : plus le semis est précoce, plus le décalage est long.

Pour conclure sur la catastrophe génétique que constitue la sélection moderne de chanvre, précisons que la petite cinquantaine de variétés enregistrées dans le Catalogue Européen – et/ ou disponibles à la commercialisation – sont toutes issues d’un pool génétique excessivement restreint : à savoir une petite poignée de variétés traditionnelles originaires principalement du centre et du sud de l’Europe ; quelques variétés traditionnelles originaires de l’est de l’Europe ; quelques variétés traditionnelles originaire

de Chine.

Deplus,touteslesvariétésmonoïquesdéveloppées parlaFrance,etparquelquesautrespays(Pologne, Roumanie et Ukraine) dérivent leur monoécie soit de la première variété monoïque, à savoir la variété “Fibrimon”, créée par Reinhold von Sengbusch,àl’InstitutMaxPlanck–encollaboration avec le Français Nicot qui, dès 1949, avait mis en place des stations d’expérimentation dans les Pyrénées – soit de croisements impliquant la variété “Fibrimon” et quelques souches dioïques à fibre appartenant au pool génétique réduit sus-dit. “Fibrimon 21”, “Fibrimon 24” et “Fibrimon 56” furent sélectionnées directement de la variété “Fibrimon”. “Férimon 12” fut sélectionnée directement de “Fibrimon 21”. “Fédora 19” est issue d’un croisement entre “Fibrimon 21” et des plantes femelles de la variété Russe dioïque “JUS 9”, etc, etc.

Magouilles de la France au niveau de la Commission Européenne

En 1995, la Commission Européenne imposa l’obligation de laisser les chanvres aller à graines – du moins à 50 % de la grenaison – avant d’être récoltés,pourquelesagriculteurspuissenttoucher les subventions Européennes.* Certaines voix s’élevèrent pour évoquer le fait que cette nouvelle législation allait pénaliser les producteurs des pays du nord (plus au nord que la France) en raison des conditions climatiques humides de l’automne, ainsi que les producteurs du sud (plus au sud que la France) dont les variétés enregistrées (issues de variétés traditionnelles) ont une très longue saison de croissance. En Allemagne, les paysans producteurs de chanvre pouvaient être même pénalisés par des amendes s’ils récoltaient avant la grenaison. * Les paysans de Hollande, d’Allemagne et du Royaume Uni purent sauver une partie de leur récolte car Bruxelles accorda une dispense, in extremis.

Le professeur Bosca rédigea, en 1996, un communiqué pour dénoncer cette situation intolérable : «Cetterésolutionn’apasd’antécédents dans l’histoire de la production de chanvre de par son dilettantisme et son interférence maladroite avec le processus de production et elle ne peut être justifiée par aucun argument scientifique, légal, économique ou autre. Cette intervention dans le processus de production est réminiscente des directives de planning centralisées de l’ère communiste bien qu’à cette époque, de telles anomalies énormes n’arrivaient jamais… À la lumière de mes commentaires ci-dessus déclinés, on ne peut que conclure qu’un certain lobby est responsable pour le passage de cette résolution. Il semblerait que certains cercles intéressés par la disparition des variétés dioïques et tardives, dans les pays nordiques, soient derrière cette décision. Il est triste de penser qu’une organisation internationale aussi prestigieuse que la Commission

Européenne se permette de se laisser influencer par des lobbyistes aux intérêts mesquins ».

SicetterésolutionEuropéennen’étaitpasjustifiée, qui alors l’avait fait passer ? La France, bien sûr, qui avait tout intérêt à imposer ses variétés monoïques croissant à une latitude de 46/48°N, avec des conditions climatiques beaucoup plus favorables. Et c’est bien ce que sous-entendait le Professeur Bosca dans le reste de son argumentation. Il accusait la France de corruption.

L’Association Kokopelli a, par exemple, dénoncé, en février 2013, le fait que Madame Clément-Nissou, ancienne Directrice des Relations Internationales du GNIS, était en charge, à Bruxelles, de la rédaction de la nouvelle directive sur la commercialisation des semences dans l’Union Européenne.*

Fabrice Nicolino a mis en exergue une pléthore de ces corruptions/collusions au plus haut niveau de l’Etat dans son ouvrage “Pesticides : Révélations sur un scandale français”.

Lorsque l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime rédigea son rapport “Cannabis as a licit crop : recent developments in Europe” * (toujours en ligne en 2015), la liste des variétés enregistrées sur le Catalogue Européen comprenaient, alors, 17 variétés dont 3 variétés Italiennes dioïques et 14 variétés Françaises monoïques.

Vers la fin des années 90, également, alors que la limite réglementaire de THC dans le chanvre était de 0,3%, des voix s’élevèrent en Europe pour mettre en garde eu égard à des tentatives d’intervention de la France pour faire encore baisser le taux de THC. En effet, certains experts/ chanvre évoquent le fait qu’il est sûrement plus facile de manipuler le taux de THC en travaillant avec des processus d’auto-fécondation sur des variétés monoïques. Les nouvelles normes Européennes, qui entrèrent en vigueur en 2001, abaissèrent le taux légal du THC à 0,2% et mirent en danger des variétés bien établies (et dioïques) de l’Europe de l’Est – pour le plus grand bénéfice de la France qui contrôle, aujourd’hui, 80 % de la commercialisation des semences de chanvre, selon la FNPC.

De multiples verrous règlementaires pour confisquer l’accès au chanvre

En Europe, aujourd’hui, seules peuvent être cultivées, et commercialisées, les variétés de chanvre enregistrées sur le Catalogue Européen, à savoir une petite cinquantaine. En théorie, du moins, car certaines variétés inscrites ne semblent pas pouvoir être cultivées légalement. Ainsi la variété “Carmagnola” (la plus ancienne variété traditionnelle Italienne dont sont issues, par sélection massale, les variétés dioïques “Bolognese”, “Toscana”, “Ferrarese”) est-elle

affublée, en date de juillet 2013, d’un attribut dont la description est la suivante “the authorization to prohibit the commercialisation of seeds”. Pourquoi donc ? Son taux de THC serait-il de 0,22% au lieu du règlementaire 0,20% ?

“L’autorisation d’interdire” est d’ailleurs, du point de vue sémantique, une perle notoire, pour ne pas dire stupéfiante, à l’actif des technocrates Européens à la solde des lobbies industriels.

J’ai demandé à Claire Thouminot, de la FNPC, de nous traduire – dans le langage des êtres humains – ce que voulait dire « l’autorisation d’interdire la commercialisation des semences » d’une variété dechanvreenregistréedansleCatalogueEuropéen. À ce jour, je n’ai pas encore obtenu de réponse.

D’autre part, la CCPSC (Coopérative Centrale des Producteurs de Semences de Chanvre), est le seul organisme habilité par l’Etat français pour la reproduction des semences La CCPSC est elle, également le seul organisme habilité par l’Etat français pour la commercialisation des semences de chanvre. En effet, si un agriculteur Français souhaite, dans une région un peu froide et humide, cultiver la variété dioïque “Finola” commercialisée en Finlande, et enregistrée sur le Catalogue Européen

Cette variété “Finola” fut désinscrite du-dit Catalogue, en 2006, “par erreur” – suivez mon regard – et fort heureusement réinscrite en 2013

peut-il la commander directement en Finlande ? Il semblerait qu’il le puisse puisque nous sommes en Europe et qu’il n’y a plus de frontières. Et puisque, intrinsèquement, un agriculteur peut cultiver une quelconque variété de n’importe quelleespèceagricoleencadréerèglementairement (à savoir sujette au marché captif) dans la mesure où elle est inscrite dans l’un des catalogues nationaux de l’Europe. N’est-ce pas ? Car, dans le cas contraire, ce serait une enfreinte à la libre circulation des biens, bla bla, bla bla… susceptible de susciter une question préjudicielle auprès de la Cour de Justice de l’Union européenne.

Juste pour jouer, je n’ai pas d’illusion car lorsque les sujets sont d’importance, la mafia industrielle active ses leviers favoris.

Dans ce cas, où sont les arrêtés subséquents modifiant la liste des variétés de chanvre permises à la culture en France déclinées dans le Décret n° 88-1231 du 29/12/88 : article 2 ? Ils ne sont pas aisément accessibles, semble-t-il.

Pierre Bouloc précise, dans son ouvrage sus-cité, et publié en 2006 : « Le choix de la variété, dans lalistedesvariétésautoriséespubliéeannuellement au Journal de l’Union Européenne, s’effectue en fonction des marchés et objectifs visés. Le principal fournisseur est la Coopérative

Centrale des Producteurs de Semences de Chanvre pour les variétés Françaises (obtenteur FNPC) et USO 31 (variété d’origine Ukrainienne). D’autres variétés inscrites peuvent être semées dans la mesure où elles sont multipliées et disponibles auprès des obtenteurs et/ou importateurs ».

En ce qui concerne “les semences de ferme”, Pierre Bouloc précise : « Les producteurs postulant pour l’aide compensatoire ont obligation d’utiliser des semences certifiées. L’utilisation de semences fermières, même issues de variétés autorisées, ne permet pas de prétendre aux aides Pac »

Quant à la FNPC, elle est beaucoup moins nuancée tant sur le plan des semences de ferme que sur le plan des variétés autorisées (page 18 de la brochure “La culture du chanvre” publiée en 2005) : « L’utilisation de semences de ferme est strictement interdite ».

« Seules les semences certifiées des variétés inscrites à l’article R 51-81 du code de la santé publique sont autorisées à la culture en France. Seules les cultures issues de semences certifiées des variétés inscrites à l’annexe V du règlement CE-2860/2000 (qui remplace l’annexe XII du règlement CE-2316/1999) peuvent, sous réserve de respecter les autres contraintes réglementaires, obtenir l’aide communautaire à la culture ».

De plus, la réglementation Française précise qu’il faut signer “une déclaration sur l’honneur de positionnement géographique de la culture”, transmise par la CCPSC, et qu’il est conseillé, de plus, de se signaler à la Brigade de Police la plus proche… afin d’éviter les problèmes de dichotomie floue.

Qu’en est-il donc de la capacité des jardiniers familiaux de cultiver leur chanvre familial ? Rappelons que pour le jardin familial, le chanvre représente la culture idéale sur le plan de la production de biomasse nécessaire à l’élaboration d’une fertilisation harmonieuse. Le drame de très nombreux jardins familiaux (surtout en ville) est le manque crucial de biomasse pour refertiliser les sols. Le chanvre constitue, également, pour les jardins familiaux la plante compagne idéale car c’est l’un des nettoyeurs du sol les plus performants tant sur le plan des pathogènes (ou considérés tels que sur le plan des adventices trop envahissantes).

Théoriquement, les mêmes réglementations s’appliquent quant à la déclaration sur l’honneur de positionnement géographique. Les réglementations concernant des variétés enregistréessurleCatalogueEuropéennedevraient pas s’appliquer aux jardiniers puisque l’Association Kokopelli, et beaucoup d’autres acteurs dans sa foulée, distribuent depuis 20 ans des centaines de variétés potagères strictement non inscrites dans le dit Catalogue Européen.

Deux questions se posent alors pour les jardiniers. Vont-ils avoir la visite de la Brigade la plus proche pour effectuer un test de THC sur les plantes de chanvre poussant au jardin ? Ensuite, quid de l’accès à des variétés dioïques de chanvre dignes de ce nom ?

Disparition ou Confiscation des ressources génétiques du chanvre

La réponse à la seconde question est très simple : c’est une peau de chagrin. La CCPSC commercialise, pour sûr, une variété dioïque enregistrée au Catalogue Européen. Il n’existe pas, sur internet, de liste de variétés disponibles et, d’ailleurs, la CCPSC ne possède pas de site internet. N’oublions pas que la culture de chanvre, en France, ne représente que 12 000 hectares sur une surface agricole utile de 29 millions d’hectares.

Il est sûrement possible d’acquérir des semences certifiées de chanvre dioïque en Europe mais rien n’est aisé et d’autant moins aisé que, comme nous l’avons mentionné ci-dessus, certaines variétés sont enregistrées mais “autorisées à être interdites” à la commercialisation. La variété “Finola” est aisément accessible, par contre, sur le site commercial de son obtenteur, Callaway, en Finlande.

La semaine passée, j’ai envoyé une pléthore de requêtes à de nombreux instituts et banque de semences en Europe de l’est pour m’enquérir de l’existence d’anciennes variétés de chanvre en leur possession. Fidèles à leurs habitudes d’amabilité, de partage et de convivialité, ces instituts furent très rapides à répondre. Malheureusement, pour la plupart, ils n’ont plus rien ou s’ils ont quelques variétés disponibles, ils ne peuvent pas les transférer en raison des réglementations Européennes portant sur le THC. Seul l’Institut de Gatersleben m’a proposé 2 ou 3 variétés. C’est en fait l’Institut Vavilov à St Petersbourg qui possédait encore, dans les années 1990, plus de 400 variétés, populations, écotypes, etc. Cependant, il semblerait que ces collections n’aient pas été régénérées depuis une vingtaine d’années pour faute de moyens financiers ou d’intérêts économiques. Le responsable de la collection chanvre et coton de l’Institut Vavilov vient juste de me confirmer que la situation est dramatique et que l’unique solution qu’il lui reste, c’est de parcourir les campagnes de Russie à la recherche de variétés anciennes de chanvre qu’il puisse sauver de l’extinction.

Aux USA, la situation est tout aussi dramatique et toutes les belles variétés créées par Lyster Dewey, “Kymington”, “Yarrow”, “Tochigi”, “Tochimington”, “Keijo”, “Chinamington”, etc, ont disparu à jamais suite à près d’un siècle de prohibition ainsi que toutes les variétés Européennes amenées par les pionniers ainsi que les variétés Japonaises expérimentées en 1901/1902

par le Ministère de l’Agriculture US ou encore les variétés Chinoises introduites dès 1857 et à partir desquelles Lyster Dewey créa ses obtentions.

La fin annoncée de la domination de la France sur les ressources chanvre

Ce qui ressort de l’analyse de la littérature et des études scientifiques publiées par l’interprofession, c’est que les bonne vieilles cordes de chanvre, qui amarraient leur bateau au port de la sagesse et de la décence se sont rompues – sans doute depuis fort longtemps, d’ailleurs – et le bateau du chanvre Français erre sur les eaux troubles de l’idéologie Française anti-THC et sur sa propension – souvent non déclarée – à exercer sa domination et son contrôle sur le domaine des semences. Il apparait, en effet, que les responsables et conseillers de la FNPC sont complètement largués.

Claire Thouminot écrit dans son étude sus-citée, publiée durant l’été 2015, au sujet du CBD : « Aucun programme de création variétale n’est donc en cours sur cette thématique en France, mais l’équipe de sélection suit attentivement les avancées sur ce sujet. Et il y a fort à parier que d’autres sélectionneurs européens soient en train de travailler à créer des variétés plus riches en CBD que celles actuellement au catalogue, tant ce marché est en plein boom actuellement ». L’équipe de sélection ne doit pas être très attentive car les paris sont fermés. Il existe, depuis un certain nombre d’années, une pléthore de variétés de cannabis sélectionnées par des chercheurs en Espagne, aux USA et en Israël avec de très hautes teneursenCBD ;l’UniversitéHébraïquedeJérusalem – ainsi que des sociétés Israéliennes – détiennent le leadership dans ce domaine. Je conseillerai, donc à l’équipe de sélection, la lecture de mon très long article : “L’épopée des cannabinoïdes Védiques : De la Tulsi à la Ganja”.*

Mais le positionnement, en tant qu’observateur, de la FNPC sur le thème du CBD ne semble n’être qu’un épiphénomène eu égard à leur aveuglement quant au fait que la légalisation du cannabis – et donc du chanvre – est inéluctable sur toute la planète.

Devrais-je écrire INELUCTABLE ? Et je n’ai aucune illusion sur les moteurs de cette dynamique… c’est tout autant la révolte populaire que l’énorme convoitise que ces marchés suscitent dans l’industrie pharmaceutique et des biotechnologies et même dans l’industrie minière qui cherche à se diversifier.

Aux USA, aujourd’hui, la moitié des Etats ont adopté le cannabis médical – tremplin vers la légalisation intégrale et quatre Etats ont légalisé le cannabis sous tous aspects. La semaine passée, le sénateur Bernie Sanders, l’un des plus progressistes (si ce terme veut encore dire quelque chose), et en très mauvais termes avec Monsanto,

a introduit une nouvelle législation afin de mettre fin à près d’un siècle de prohibition sur le chanvre et le cannabis. Si cette législation est entérinée par le Sénat – et ce n’est qu’une question de temps – cela va être la révolution aux USA.

Le Canada vient d’élire un très jeune premier ministre Justin Trudeau et sa promesse de légaliser le cannabis, sous tous ses aspects, dans ce pays, en 2016, n’est pas étrangère à son accession à ce poste. Déjà, durant l’été 2015, la Cour Suprême du Canada avait déclaré anticonstitutionnelle la nouvelle législation portant sur le cannabis médical (qui remplaçait l’ancienne) mise en place sous la pression de l’industrie pharmaceutique et ce fut un camouflet humiliant pour la Ministre sortante de la Santé.

La semaine passée, la Cour Suprême du Mexique a déclaré anticonstitutionnelle la prohibition du cannabis dans ce pays. Il suffirait de 3 autres jugements similaires, émanant de cette cour, pour que la législation actuelle Mexicaine soit jetée au panier.

En Amérique latine, c’est l’effervescence depuis la légalisation du cannabis en Uruguay. Le Chili vient tout juste de légaliser, la semaine passée, le cannabis médical. Des sociétés commerciales productrices d’extraits de cannabis, telle que Bedrocan,* des sociétés pharmaceutiques et des sociétés en tout genres se précipitent vers ce nouvel eldorado vert pour produire du cannabis, bien sûr, mais aussi du chanvre.

Commentant les propositions commerciales de sociétés Canadiennes, Chiliennes et Israéliennes, Diego Cánepa, un porte-parole du gouvernement de l’Uruguay, déclara durant l’été 2014 : « Ce serait un défi si des laboratoires s’installaient en Uruguay. Cela va au-delà de ce que la loi entrevoyait mais cela transformerait l’Uruguay en un centre de biotechnologies. C’est un énorme pas vers l’avant ».

Je n’ai aucune illusion sur ce qui se trame en Uruguay : c’est le milliardaire prédateur Soros – qui possède de nombreuses actions chez Monsanto – qui tire les ficelles dans les coulisses et qui a financé les organisations encadrant la légalisation.

En octobre 2014, la société minière Canadienne GeoNovus a annoncé qu’elle lançait une production de cannabis et de chanvre en Uruguay (un pays gigantesque avec seulement quelques millions d’habitants) : « GeoNovus a annoncé qu’elle signait un contrat avec une société privée Uruguay “SA” activement impliquée dans de multiples secteurs des sciences des cannabinoïdes, du chanvre industriel et des industries du cannabis médical en Uruguay » *

GeoNovus promet, la main sur le coeur, qu’elle, au moins, et au contraire d’autres sociétés nord-américaines, refuse les variétés de

chanvre/cannabis génétiquement modifiées : « GeoNovus a le plaisir d’annoncer qu’elle a maintenant établi une exploitation agricole opérationnelle de chanvre d’anciennes variétés avec des niveaux originaux de THC et autres cannabinoïdesquisontcourammentnondisponibles ourestreintsenAmériquedunord.Cetteexploitation agricole cultive des anciennes variétés de chanvre sans structures génétiquement modifiées avec des niveaux naturellement élevés de cannabinoïdes au contraire des chanvres génétiquement modifiés que l’on trouve en Amérique du nord en raison des restrictions gouvernementales portant sur les niveaux de THC… Ces variétés de chanvre, non génétiquement modifiées, requièrent beaucoup moins de pesticides, d’herbicides et de fertilisants que leurs contreparties génétiquement modifiées disponibles en Amérique du nord. Les chiffres de production actuelle du chanvre cultivé au Canada concernent des plantes au faible niveau de THC qui requièrent des systèmes agricoles beaucoup plus intensifs et qui produisent beaucoup moins de cannabinoïdes, de graines et de fibres – ce qui justifie une installation agricole en Uruguay avec des techniques agricoles moins intensives et moins coûteuses et donc générant plus de bénéfices »

GeoNovus n’est pas tout seul dans la course aux anciennes variétés de chanvre. En août 2015, International Goldfields Limited, une compagnie Australienne (spécialisée dans l’extraction de l’or et autres minéraux précieux) annonça qu’elle venait d’acquérir 85% des parts de Winter Garden Biosciences/Jardin de Invierno SA, une société Uruguayenne qui possède la premiere license d’importation de semences de chanvre, dans ce pays, et qui vient d’en recevoir une tonne. Cette société s’installe en première phase sur 7 hectares avec des serres, dans 6 mois sur 50 hectares, et a un accès immédiat à un millier d’hectares.*

International Goldfields Limited est convaincu que l’Uruguay, de par sa législation d’avant-garde, possède quatre années d’avance sur tous les pays qui vont la copier. Cette société minière y va également de son couplet sur les anciennes variétés de chanvre : « Les anciennes variétés de chanvre possèdent une valeur énorme pour la semence, la biomasse, la fibre, les sommités fleuriesetlesrecherchesportantsurlarégénération du sol. Toutes les juridictions prévalantes ont chimiquement altéré la composition du chanvre de sorte à ce qu’il ait peu de valeur récréationnelle en raccourcissant la plante et en extirpant de la plante, par sélection, les cannabinoïdes afin de réduire le taux de THC. Le seuil inférieur à 1 % est considéré comme étant non-psychoactif mais la DEA (Brigade des Stupéfiants aux USA) et la FDA (Food and Drug Administration) ont fait du lobbying auprès du monde entier pour réduire ce seuil à 0,03 %. Ce processus a altéré toutes les caractéristiques de la plante qui requiert, de nos jours, plus de fertilisants et de pesticides et qui participe à la destruction des sols

tout en offrant peu de bénéfices de recherche quant à l’expression des substances de la plante ».

L’Amérique latine est devenue le nouvel eldorado de l’or vert du cannabis et du chanvre et tout le monde va courir derrière.

Qui doit décider des axes de sélection du chanvre ?

Sylvestre Bertucelli, dans l’article sus-cité, déclare « Une filière est une succession de maillons économiques interdépendants ayant conscience de cette interdépendance. La filière s’arrête au premier acteur n’ayant pas conscience de cette interdépendance, car ce sera le premier à agir dans son seul intérêt et à ne pas intégrer a minima les intérêts des autres acteurs de la filière dans ses choix stratégiques ». C’est magnifiquement exprimé et, dans le cas de la France, la filière s’arrête dès le premier maillon de la chaîne, à savoir la CCPSC (Coopérative Centrale des Producteurs de Semences de Chanvre) de par le marché captif que constitue la production de semences certifiées de chanvre monoïque qui, selon les dires de la FNPC, requiert 6 années pour la production de semences de pré-base, de base et de culture dans les champs des agriculteurs.

Claire Thouminot, dans l’article sus-cité, déclare : « Qui doit décider des axes de sélection du chanvre ? Dans le schéma actuel, ce sont les syndicats de producteurs de chanvre adhérents à la FNPC qui décident et hiérarchisent les axes de sélection. Mais est-ce réellement la solution la plus cohérente, pour une culture industrielle telle que le chanvre ? La filière va sans doute devoir trouver un schéma qui permette que les représentants des différents acteurs puissent s’exprimer sur le sujet et soient entendus ». Peutêtre que Claire Thouminot – jeune ingénieur attachéeàlaFNPCetreprésentantl’interprofession au CTPS, le Comité technique permanent de la sélection – commence à pressentir que le vent ne va sans doute pas tarder à tourner ! La question est pertinente même si c’est de la pure intox que de prétendre que ce sont les syndicats de producteurs qui décident des axes de sélection. Répétons-le, ce sont les USA qui ont imposé à l’Europe leur pathologie obsessionnelle de lutte anti-THC lors de la Convention Unique sur les Stupéfiants en 1961.*

1961 fut une année fatidique, pour la Liberté des Peuples, qui a vu la Mafia industrielle et bancaire s’arroger tous les pouvoirs en créant une foultitude de pseudopodes : l’UPOV, l’OCDE, le Codex Alimentarius, la Révolution Verte, le remaniement du GNIS (et son emprise sur les politiques agricoles de l’Europe), la Convention Unique sur les Stupéfiants, l’Alliance pour le Progrès, etc.

Et bien sûr la PAC (Politique Agricole Commune), l’un des principaux vecteurs de la déstabilisation des agricultures familiales et vivrières des pays pauvres, par le biais des subventions agricoles et du “dumping”.

Cette lutte anti-THC a été le fer de lance de la France, dans la sélection des chanvres, et les “French Poodles” se sont distingués dans leurs manipulations de la Commission Européenne au service des intérêts des USA.

Ils se sont également distingués, ces “French Poodles”, par le lancement de guerres de libération au détriment de populations civiles massacrées mais c’est un autre sujet – épineux, grave et strictement non-euphorisant.

Ce temps est révolu et la domination de la France estenvoied’extinctionsurlesecteurdessemences de chanvre distribuées dans toute l’Europe ou même au Canada depuis 1997.

Aujourd’hui, tous les yeux se tournent vers la Chine et vers l’Asie – qui produisent les 2/3 du chanvre mondial et qui possèdent, de par la décentralisation qui les caractérise encore, des centaines d’anciennes variétés de chanvre. Il existe même une compagnie Chinoise * produisant dessemencesbiosdevariétésdioïquesdechanvre strictement destinées à la paysannerie du Yunnan dont les techniques culturales sont ancestrales – à savoir que tout le chanvre est récolté à la main.*

La France doit se rendre à l’évidence que lorsque le cannabis est légalisé, ce qui est inéluctable, répétons-le, toutes les contraintes ridicules et extrêmes relatives au taux de THC tombent instantanément.

Donc, qui doit décider des axes de sélection ? Les paysans, tout d’abord, car ce sont eux qui cultiventlechanvre.Ilnefautpaslaisserl’industrie reprendre la main car en Amérique du nord, elle est déjà en train de nous préparer un futur de

chanvre biocidaire avec des variétés chimériques résistantes aux herbicides, par mutagenèse, et des variétés très chimériques par transgénèse.

Et cela fera l’objet de l’un de mes prochains dossiers sur le chanvre.

Qui doit décider des axes de sélection ? Les jardiniers, aussi, qui ont fort besoin de cette plante extraordinaire. Gageons, d’ailleurs, que certains jardiniers opteront pour la culture de cannabis qui, en sus des sommités florales psychoactives et médicinales, leur apportera de la fertilisation très carbonée et une modalité magnifique de restructuration/décontamination des sols. La dynamique de légalisation sous tous aspects du chanvre et du cannabis va, inévitablement,mettreenexerguelaproblématique bien évidente, dans l’agriculture, de pollinisation croisée entre ces deux types de Cannabis sativa. Mais c’est une problématique que les paysans et les jardiniers ont su gérer, dans la convivialité, depuis des millénaires. Durant l’été 2015, en Oregon, des agriculteurs ont déjà mis en place des cultures mixtes afin d’étudier le taux de pollinisation croisée et les premiers résultats sont assez encourageants.*

Ne doutons pas que les aspects euphorisants de certains cannabis permettront de gérer les conflits potentiels dans la joie et la bonne humeur de la fertilité cannabinique mise en œuvre.

Le 15 novembre 2015

* Vous trouverez une quarantaine de liens en complément de cet article sur : xochipelli.fr/2015/11/la-fin-de-la-dominationconfiscation-francaise-des-ressources-chanvre/

Les poudres de roches de la classe des zéolites

Traduction par Dominique Guillet du chapitre 7 de l’ouvrage The Enlivened Rock Powders dont l’auteur, Harvey Lisle, était un agronome, radiesthésiste et sourcier célèbre aux USA. Il décéda, en 2009 à l’âge de 93 ans, avec une baguette de sourcier dans les mains, en chutant dans un escalier. Ce premier article introduit donc un nouveau dossier sur les zéolites que nous allons mettre en place, au fil des mois. Rappelons que les zéolites constituent l’un des fronts les plus efficaces de lutte contre la contamination radioactive dans les sols et contre l’accumulation radioactive subséquente au sein de la chaîne alimentaire. Nous reviendrons ultérieurement sur les concepts de paramagnétisme.

Les poudres de roches de la classe des zéolites sont de nature paramagnétique. Bien qu’elles ne soient pas des argiles, elles agissent tout comme les argiles. Elles sont pratiquement inconnues dans l’agriculture US alors qu’elles sont utilisées avec succès au Japon. Il n’est que temps que je me familiarise avec ces roches et elles doivent, certainement, siéger à une place d’honneur dans ce présent ouvrage. J’avoue que ma connaissance des zéolites est relativement limitée et c’est pour cela que je m’en remet aux dossiers fournis par Geo-Environment Services au Texas à Austin. J’encourage les lecteurs intéressés, par ces informations, à contacter les fournisseurs ou des manuels de minéralogie.

Depuis leur découverte, par le Baron et minéralogiste Suédois Axel Frederik Cronstedt en 1756, plus d’une quarantaine de zéolites naturelles ont été identifiées. Le nom “zéolite” signifie “roche en ébullition”. Ce terme est dérivé des termes Grecs Zeo pour bouillir et Lithos pour minéral. Le terme composé zéo-lite fait référence à la perte d’eau conséquente dont est sujette la zéolite lorsqu’elle est chauffée.

Il fut découvert, à cette époque, que les zéolites naturellessontdesconstituantsmajeursdenombreux dépôts de cendres volcaniques dans les sédiments salins des lacs de l’ouest des USA et dans les sédiments marins massifs au Japon et en Italie. Depuis cette époque, plus d’un millier de dépôts de zéolites, dans des roches sédimentaires d’origine volcanique, ont été découverts dans plus de 40 pays du monde. La qualité et la grande pureté des dépôts naturels de zéolite ont suscité de considérables intérêts financiers aux USA et ailleurs.

Les zéolites possèdent des structures cristallines inhabituelles qui leur confèrent des propriétés chimiques uniques. Elles sont constituées d’un réseau tétraédrique de silicates et d’aluminium qui forment ensemble des alumino-silicates. Il en résulte une structure étendue, en nid

d’abeille, de cavités et de canaux. Dans un gramme de zéolite, les canaux pourvoient jusqu’à plusieurs centaines de mètres carrés de surface sur laquelle des réactions chimiques peuvent prendre place. Les zéolites peuvent adsorber des volumes immenses de gaz. Les zéolites naturelles peuvent absorber jusqu’à 30 % de leur poids sec en azote et en gaz ammoniac. Cette propriété suggère que les zéolites constitueraient une excellente poudre de roche à incorporer dans les tas de fumiers et dans les tas de compost, en phase initiale de décomposition, afin de fixer l’ammoniac qui sinon se dissiperait dans l’atmosphère. J’ai connu plusieurs fermiers qui conservaient du phosphate naturel dans leur étable afin d’en saupoudrer quotidiennement les tas de fumier frais. Cet usage possède une double fonction. Il fixe l’ammoniac libéré et, ultérieurement, lorsque le fumier est répandu dans les champs, le phosphore est alors disponible sous une forme plus assimilable.

Les fermiers Japonais suspendent des seaux de zéolite au-dessus de leurs animaux d’élevage pour améliorer la santé des troupeaux. Bien que cela soit une excellente pratique, je doute fort que les fermiers Japonais sachent pourquoi ils le font. Les poudres de roche de zéolites sont paramagnétiques et elles attirent donc les forces cosmiques qui circulent ensuite au travers des animaux et dans le sol. Ces forces cosmiques promeuvent la santé à la manière des argiles guérisseuses. Les fermiers ne disposant pas de zéolite peuvent avoir ainsi recours à de la chaux ou à de l’argile paramagnétiques.

La capacité des zéolites naturelles à absorber de larges quantités d’eau, même lorsque le niveau d’humidité est peu élevé, signifie qu’elles constituent des agents asséchants efficaces. Elles fonctionnent mieux,àcetégard,quedesdessicantsconventionnels.

Au Japon, les fermiers utilisent les zéolites naturelles pour sécher les fertilisants et la nourriture des animaux. Cette qualité suggère divers usages. Bien trop souvent, les fermiers sont obligés, par les

conditions météorologiques, de stocker du foin qui est trop humide. Pourquoi ne pas utiliser un peu de zéolite, au fil de l’élaboration du tas de foin, pour éliminer l’humidité importune ? La question suivante se pose naturellement : comment les animaux réagissent-ils après avoir consommé du foin saupoudré de zéolite ? La plupart des poudres de roche de zéolite sont bénéfiques pour les animaux. Je tenterais ma chance. Mais, bien sûr, c’est à chaque fermier de prendre ses décisions.

Si les zéolites absorbent l’humidité même durant les cycles de temps sec, ne serait-il pas bénéfique d’en avoir dans les sols pour permettre aux cultures de passer au travers d’un été de sécheresse ? En prime, les zéolites, de par leur niveau très élevé d’échanges de cations, pourrait permettre d’élaborer une CEC (Capacité d’Echange Cationique) plus élevée pour le sol.

Lorsque les zéolites adsorbent de l’humidité, elles génèrent de la chaleur. Lorsqu’elles perdent de l’humidité, elles se rafraîchissent. Elles constituent un four naturel modulant la température. Je ne sais pas si cette propriété peut posséder une quelconque influence sur la vie des sols. Je ne la mentionne que pour d’éventuelles recherches.

Une étude, en provenance de Suède a récemment mis en valeur que la mordenite, une zéolite naturelle, décontaminait la viande et les animaux vivants contaminés radioactivement par le désastre nucléaire de Tchernobyl. Cela explique pourquoi la famille Lubke, en Autriche, était capable de commercialiser ses produits qui étaient alors exempts de contamination. Bien que les Lubke n’utilisaient pas de zéolite, leurs sols possédaient des propriétés telles qu’ils réagissaient de la même façon.

Certaines zéolites peuvent améliorer la qualité des terres agricoles. Depuis plus d’un siècle, les fermiers Japonais ont amélioré leurs sols épuisés, acides et sableux en répandant des roches pulvérisées riches en zéolites. Comme les zéolites constituent d’excellents échangeurs d’ions, elles aident les sols

à retenir d’importants nutriments tels que le potassium et l’azote. Cette capacité, combinée avec leur capacité de rétention d’eau, empêche les ions depotassium,denitratesetd’ammoniacdes’échapper et de se lessiver dans les rivières. Lorsqu’elles sont utilisées en combinaison avec le fumier frais, les sels d’ammoniac, ou l’urée, les zéolites contrôlent la libération d’azote en lui permettant de rester disponible pour les plantes pendant une durée conséquente de temps en prévenant des problèmes générés par ce que l’on appelle une brûlure d’azote. Les zéolites permettent également que le potassium soit plus disponible pour les plantes.

Les premières recherches, quant à l’influence des zéolites sur la nutrition animale, furent réalisées au Japon dans les années 1960. Ultérieurement, ces recherches préliminaires furent validées par des chercheurs en URSS, en Bulgarie, à Cuba, en Tchéquie, aux USA et dans d’autres pays. La plupart des expérimentations de complémentation nutritionnelle avaient recours à la clinoptilolite mais aussi parfois à la mordenite. Les résultats de ces expérimentations révélèrent que les zéolites – lorsqu’elles étaient ajoutées à la nutrition des poules, des cochons et du bétail – contribuèrent à une meilleure digestion, à un gain de poids, à la prévention et à la guérison des pathologies intestinales, à une baisse des dépensesmédicales,aucontrôledesodeursagressives des excréments, au décroissement des valeurs de conversion de la nourriture animale, à une augmentation de la survie animale et à l’élimination des moisissures durant le stockage.

La bonté de la Nature nous a offert les zéolites et leur a conféré des qualités paramagnétiques. C’est à nous de découvrir comment nous pourrions en bénéficier.

photo : Aangelo

Détoxification par les zéolites

Traduction par Dominique Guillet d’une partie de l’ouvrage “Zeolite : Nature’s Heavy Metal Detoxifier” du Docteur Howard Peiper.

Il existe une solution !

Il y a des millions d’années de cela, des dépôts de zéolites se formèrent lorsque les volcans éruptèrent d’énormes quantités d’alumino-sillicates et de roches alcalines. Certaines de ces cendres furent emportées par les courants atmosphériques et se déposèrent en formant ainsi d’épaisses couches sédimentaires. Dans certains cas, les cendres tombèrent dans des lacs et, dans d’autres cas, les eaux percolèrent au travers des dépôts de cendres.

Les spécificités d’une zéolite dérivent de son origine. De légères variations naturelles, telles que la température, la localisation et les propriétés des cendres et de l’eau, confèrent une composition légèrement différente, et donc des propriétés uniques, à certains de ces dépôts. Ces petites différences, qui prévalent durant la formation de couches sédimentaires, constituent la raison pour laquelle chaque dépôt de zéolite naturelle possède des propriétés uniques et distinctes.

Les oxydes d’aluminium et les silicates des cendres volcaniques s’emboîtent pour former des structures stables, ouvertes et en forme de nids d’abeilles tridimensionnels. Il existe 48 types de structures de zéolites naturelles. Par exemple, la clinoptilolite possède un ratio de silice/aluminium de 4/1.

La zéolite est une roche cristalline étonnante qui est capable d’adsorber et d’absorber de nombreux types différents de gaz, d’humidité, de pétrochimiques, de métaux lourds et d’éléments faiblement radioactifs et une multitude de composés divers. Les canaux dans la zéolite pourvoient de très larges surfaces sur lesquelles des réactions chimiques peuvent prendre place. Les cavités et les canaux à l’intérieur de la zéolite peuvent occuper jusqu’à 51 % de son volume. La zéolite peut adsorber et absorber de larges quantités de substances, tels que des ions ou des molécules gazeuses.

Il existe trois sortes principales de zéolites : fibreuse, feuillée ou cristalline. L’usage médical concerne la zéolite cristalline qui contient des quantités élevées de clinoptilolite.

Comment cela fonctionne-t-il ?

La zéolite se caractérise par une structure extrêmement dure, microporeuse et en nid d’abeille. Ces cavités et ces canaux constituent des ouvertures au sein desquelles des minéraux ou des métaux lourds peuvent se lier. L’atome de silice possède une charge électrique neutre tandis que l’atome d’aluminium possède une charge électrique négative : il en résulte des sites chargés au sein de la structure cristalline. Le processus d’équilibrage, qui est à l’oeuvre afin de maintenir la neutralité électrique dans la clinoptilolite, attire des minéraux de charge positive tels que le calcium, le magnésium, le potassium, le sodium et le fer. Ces cations communs (à savoir des ions chargés positivement) peuvent être aisément déplacés par des métaux lourds (tels que le cadmium, le mercure, le nickel et l’arsenic) pour être ensuite délogés du corps.

La zéolite possède une histoire d’usage vétérinaire et industriel, incluant la purification de l’eau, la filtration de l’air, l’incorporation à de la nourriture pour les animaux d’élevage (afin de réduire la production d’ammoniac et d’accroître la capacité nutritionnelle), l’utilisation dans les étables et pour les litières des chats afin de diminuer les odeurs. La zéolite a même été utilisée dans les filtres de cigarette afin de réduire la nicotine et les goudrons.

Usages Médicaux de la Zéolite en tant qu’antidiarrhéique

De nombreuses personnes souffrent, de manière chronique, de crampes abdominales et de ballonnements mais également de constipation et de diarrhées. Ces symptômes peuvent résulter de ce que l’on appelle le syndrome de l’intestin irritable à savoir une situation par laquelle le tractus intestinal ne fonctionne pas de manière harmonieuse. Aux USA, ce sont entre 21 et 51 millions de personnes qui souffrent de ce syndrome occasionnant 2 à 3 visites médicales par année.

Bien que ce syndrome affecte les gens de tous âges, de toutes races et des deux genres, il s’avère cependant que les 2/3 des personnes souffrantes sont de genre féminin.

photo : Didier Descouens

Il est démontré que les silicates naturels font preuve d’activités biologiques diverses et qu’ils ont été utilisés avec succès en tant qu’adjuvants pour vaccins et pour le traitement des diarrhées et du syndrome de l’intestin irritable.

L’influence potentielle des zéolites naturelles, sur la promotion de la croissance, a été attribuée à leuraffinitéélevéepourlesionsd’ammoniacrésultant en une réduction de la pénétration d’ammoniac, produit par la déamination des protéines durant les processus digestifs, au travers de la paroi intestinale. L’ammoniac est reconnu comme un toxique pour les cellules et la réduction de la quantité, à laquelle les cellules intestinales épithéliales sont exposées, pourrait amener à une réduction du renouvellement épithélial, à une économie d’énergie et à une utilisation plus optimale des nutriments.

L’influence positive la plus connue de la zéolite naturelle concerne ses propriétés anti-diarrhéiques. La zéolite diminue l’incidence de la maladie et du décès induits par les pathologies intestinales chez divers animaux. Fondée sur ces résultats, une étude exhaustive a été réalisée quant aux remèdes anti- diarrhéiques basés sur de la zéolite naturelle entantqu’agentactifdanslathérapiedespathologies diarrhéiques chez l’être humain. Cette recherche a permis que le remède Enterex soit approuvé dans le traitement des diarrhées chez l’homme.

L’ingestion de la zéolite peut être comparée à la consommation d’argile considérée, dans la médecine traditionnelle, comme un remède pour diverses maladies. En raison des propriétés d’échanges d’ions, la zéolite peut modifier le contenu ionique, le pH, la capacité de protection des sécrétions gastro- intestinales et affecter le transport au travers de l’épithélium intestinal. La zéolite peut avoir également une influence positive sur la flore bactérienne et la résorption des vitamines et des oligoéléments. Le contact entre les particules de zéolites avec les muqueuses gastro-intestinales peut induire la sécrétion de cytokines (une partie de notre système immunitaire) avec des actions localisées et systémiques. Il en résulte un tractus digestif en meilleure santé possédant une flore et une faune bénéfiques.

Zéolite et mycotoxines

La zéolite est réputée pour sa capacité de neutraliser desmycotoxinesenformantdescomplexeshautement stables. Les mycotoxines constituent une famille diversifiée de toxines produites par certains champignons et plus particulièrement par des espèces du genre Aspergillus, Claviceps et Alternaria. Il existe plusieurs centaines de mycotoxines différentes qui peuvent provoquer des problèmes de santé tels que des pathologies rénales et hépatiques et peuvent affaiblir le système immunitaire. Les mycotoxines qui ont été le plus extensivement étudiées sont les aflatoxines (c’est à dire les toxines que l’on trouve dans le maïs, les arachides, le lait et les céréales) qui ont été corrélées

à l’émergence de cancers du foie, de l’estomac et des reins. La capacité de la zéolite, d’adsorber les aflatoxines, à généré des améliorations notoires de la santé de divers animaux. (Mumpton, Pariat 1999 et Kyriakis 2002).

Zéolite en tant qu’adsorbant des métaux lourds

De nombreux métaux lourds ont été déchargés dans l’environnement, sous forme de déchets industriels, induisant de graves pollutions du sol et des eaux. L’exposition au mercure, au cadmium, au plomb et à l’arsenic constitue la principale menace vis à vis de la santé humaine. Ces métaux ont été extensivement étudiés et leurs effets sur la santé humainerégulièrementrépertoriéspardesinstitutions internationales telles que l’OMS.

Ces études ont mis en exergue que la zéolite possède une affinité élevée pour piéger le plomb, le cadmium, l’arsenic, le mercure et d’autres métaux potentiellement dangereux. Au travers du processus d’échange de cations, la zéolite peut abaisser l’exposition totale aux métaux lourds chez un individu. Cela permettrait d’influer, de manière conséquente, sur la réduction de certains cancers et de pathologies cardiaques.

Il est intéressant de souligner que la zéolite semble éliminer les toxines dans un ordre particulier. Durant les premières semaines, elle élimine les métaux lourds ci-dessus mentionnés ; elle élimine ensuite lestoxinesdesecondeurgence,àsavoirlespesticides, les herbicides et les plastiques.

Zéolite et le pH

L’échelle utilisée pour mesurer l’acidité ou l’alcalinité est appelée pH et elle est normalement évaluée de 1 à 14. Une solution neutre, ni acide, ni basique, possède un pH de 7 ; l’acidité se situe en-dessous de 7 et l’alcalinité se situe au-dessus de 7. Le sang doit être conservé à un niveau très spécifique de 7.4 afin de maintenir son homéostasie.

Malheureusement, le régime alimentaire Occidental moderne contient énormément d’aliments acidifiants, tels que le sucre, les féculents et les hydrates de carbone raffinés. Ce type d’aliments ne peut pas maintenir un équilibre acide/basique adéquat dans le corps et il induit une augmentation de l’acidité. Il est alors impératif de restaurer l’homéostasie si l’on veut empêcher les pathologies de s’implanter dans l’organisme.

Le corps possède une panoplie variée de mécanismes permettant de maintenir l’homéostasie dans le sang et dans les fluides extra-cellulaires. C’est la présence de substances tampons, dissoutes dans le sang, qui lui permet de conserver un pH relativement constant.

La zéolite protège le système en maintenant le pH à des niveaux oscillant entre 7.35 et 7.45, à savoir le pH optimal pour l’organisme humain. Le niveau de pH dans le corps influence à la fois l’immunité et le fonctionnement cérébral.

Un sang acidifié, (7.34 ou inférieur), génère un terrain favorable au cancer. Dans un environnement acide, les fonctions des cellules cérébrales peuvent être également perturbées, ce qui entraîne de la dépression,del’anxiété,del’hébétude,delaparanoïa, des illusions ou des hallucinations.

Zéolite en tant que puissant antioxydant

Plus de 90% des diverses pathologies (cancers, arthrite, maladies cardio-vasculaires, diabète, maladies neuro-végétatives, etc) tout autant que le vieillissement sont les conséquences de dysfonctionnement cellulaire et de lésions des cellules provoqués par l’influence directe ou indirecte des radicaux libres.

Le tabac, les habitudes alimentaires non adéquates, et les diverses sources d’irradiation provenant des substances chimiques toxiques, affaiblissent la capacitédesedéfendred’unorganismeetaccroîssent les dangers des radicaux libres. Par exemple, des études scientifiques ont démontré que les personnes qui fument ont de 30 à 45 fois plus de chances de voir leur ADN lésé que ceux qui ne fument pas. Ainsi donc, les tissus et les cellules sont constamment exposés aux effets des radicaux libres.

De par son propre système antioxydant, la cellule se protège elle-même des lésions provoquées par les radicaux libres. Cependant, lorsque le système de défense s’affaiblit et que l’influence des radicaux libres augmente, le système de protection cellulaire devient insuffisant et il en résulte des lésions cellulaires.

La zéolite constitue un antioxydant unique. Un antioxydant agit en absorbant l’excès de radicaux libres dans son système parce qu’il possède un électron libre non apparié. Par contraste, la zéolite piège les radicaux libres au sein de sa structure complexe : elle les neutralise et elle les élimine.

Zéolite et cancer

Le développement de l’industrie moderne a induit une pollution de plus en plus dramatique de l’environnementquientraîneunrisquecatastrophique

pour la santé, dont l’émergence de cancers. La prévention du cancer est ainsi l’un des défis auxquels doivent faire face les scientifiques du 21ème siècle et l’élimination des substances cancérigènes de l’environnement en constitue une phase importante.

Les nitrosamines sont probablement les substances cancérigènes les plus répandues : dans l’environnement de travail, dans les viandes industrielles, dans la fumée de cigarettes et dans les bières. De nombreuses substances cancérigènes, telles que les nitrosamines ou leurs précurseurs, pénètrent dans l’estomac humain par le biais des aliments et des boissons. La pollution environnementale aggrave ce problème caché en raison de la contamination de la nourriture et de la pollution de l’atmosphère. Cependant, bien que les nitrosamines soient des substances cancérigènes très connues, elles requièrent une activation métaboliqueavantderéagiravecl’ADNpourprovoquer cancers et mutations. Dans la mesure où une matière adsorbante sélective est utilisée, il est très possible, et essentiel, de piéger les nitrosamines. La zéolite est considérée comme le meilleur candidat. La zéolite a été utilisée dans des remèdes à libération prolongée, des remèdes antitumoraux, des remèdes enzymatiques et des additifs dans les cigarettes pour éliminer les substances carcinogènes telles que les nitrosamines.

En résumé, le mécanisme d’action de la zéolite, à l’encontre de la cellule cancéreuse, est unique et différent de toute autre substance. Elle possède la rare capacité d’intégrer une quantité gigantesque de toxines chargées positivement, en neutralisant indirectement leur influence dans l’émergence de cancers. Au cours de ce processus, la zéolite développe une charge légèrement positive. Elle est alors attirée dans la membrane chargée négativement de la cellule cancéreuse. Lorsque la zéolite pénètre dans la cellule cancéreuse, le gène p21 est activé. Ce gène agit comme un suppresseur de tumeur de par sa capacité de contrôler la progression du cycle cellulaire.L’activationdugènep21stoppelacroissance des tumeurs en supprimant indirectement les signaux de croissance.

photo : Didier Descouens

Peliti et Kokopelli

Peliti et Kokopelli, c’est une belle histoire et celle-ci débute avec la rencontre de Panagiotis et Dominique, en avril 2011 à Bruxelles, lors des Journées Internationales de la Semence ! Les deux hommes partagent la même passion et le même combat : la préservation de la biodiversité semencière !

Panagiotis Sainatoudis, fondateur et coordinateur de la communauté Peliti, a commencé à s’engager pour les semences en 1991. Jusqu’en 1995, il s’y est d’abord intéressé à titre personnel, puis à partir de 1995 il commence à organiser Peliti.

« J’ai commencé par voyager à travers la Grèce pour retrouver et collecter des semences dites “anciennes”. En l’espace de 5 ans, j’ai ainsi collecté plus de 1 200 variétés. Je faisais de l’auto-stop ou marchais dans les villages, pour aller à la rencontre des personnes qui cultivent encore ces semences-là » .

Panagiotis Sainatoudis, Fondateur et coordinateur de Peliti plus d’infos : wwwpelitigr

Après ce travail de “collection”, il fallut protéger ces semences À partir des années 2000, Peliti a alors concentré son travail autour de deux objectifs. Le premier a été de créer une liste de producteurs locaux, professionnels et amateurs en Grèce. Ces personnes ont pris la responsabilité de garder en vie ces semencesenlesrécoltant et les cultivant d’année en année. Cette liste permet à toutes personnes intéressées

d’accéder à des semences de variétés reproductibles en s’adressant directement aux producteurs.

Le deuxième objectif est de fédérer ces personnes une fois par an pour échanger des semences. Cela a donné naissance au festival grec d’échange de semences de variétés reproductibles Le “Peliti Seed festival” en est ainsi à sa 17e édition !

La crise économique en Grèce a, comme tant d’autres, durement frappé Peliti. À plusieurs reprises l’Association Kokopelli a soutenu et aidé financièrement Peliti, notamment pour la publication et la réédition de leur livret annuel “Farms in Various Regions” ou encore afin qu’ils puissent couvrir les crédits liés à la construction de la Maison de la Semence en Grèce. En février 2017, Sofy et Dominique Guillet ont offert gracieusement à Peliti les droits de publication, pour la Grèce, de leur ouvrage “Semences de Kokopelli”.

Ce partenariat fertile et constructif a encore de beaux jours devant lui et nous remercions Peliti et particulièrement Panagiotis pour ce magnifique travail au service de la biodiversité cultivée !

Campagne Semences Sans Frontières

Van Doorslaer, Responsable de la campagne Semences Sans Frontières

En moins d’un siècle, plus de 75% de la biodiversité cultivée a inexorablement disparu de notre planète. Et pour cause, depuis que l’agriculture a sombré dans les travers de l’industrialisation, les variétés proposées – et, dans certains cas trop nombreux, imposées – par les multinationales, répondent aux standards de l’industrie, au strict détriment de la Vie. Généralement hybrides F1 ou OGM, ces variétés ne sont pas reproductibles et enchaînent ainsi socialement et financièrement les paysans qui se retrouvent dans l’impossibilité de garder leur autonomie semencière. De plus, le choix des techniques de culture fondées sur l’emploi de produits chimiques va souvent de pair avec l’utilisation de ces variétés modernes.

Afin d’aider les communautés paysannes à recouvrer leur liberté semencière et leur autonomie alimentaire, l’Association Kokopelli a créé, en 2002, sa campagne Semences Sans Frontières. Grâce à elle, en moyenne 400 à 500 kilos de semences reproductibles sont, chaque année, expédiés vers des communautés rurales, de femmes, de maraîchers, mais aussi vers des écoles, orphelinats ou toutes autres structures d’accueil.

Les retours apportés par les projets soutenus nous permettent de cibler, au mieux, les besoins de ces communautés. Afin d’y répondre, et grâce aux adhésions et aux dons faits à Kokopelli, plus de 80% des semences offertes sont achetées à notre réseau de semenciers professionnels et sont ainsi certifiées biologiques et reproductibles. Le reste provient de dons de jardiniers amateurs passionnés par la reproduction de semences. Afin de dynamiser encore plus cette participation fertile, nous proposons à tous nos sympathisants, qui souhaiteraient aider l’association à mener à bien cette campagne, de multiplier une variété que nous leur enverrons et de nous faire parvenir une récolte de semences. Dans le but d’éviter toute hybridation au jardin, des conseils de production sont également distribués.

Afin de rester fidèles aux valeurs que nous défendons, les semences dont nous ne connaissons pas l’origine ne pourront pas être distribuées.

En 15 ans, ce sont plus de 2 000 projets, partout sur la planète, qui ont pu bénéficier de semences fertiles. Nous remercions chaleureusement tous ceux et toutes celles qui nous permettent de continuer nos actions en nous soutenant. La semence est un bien commun ! Nul ne peut se l’accaparer sans voler, avec elle, la liberté qu’elle incarne.

« Le succès de cette première année du projet nous montre que nous pourrons réussir à devenir autonomes pour nourrir nos familles, croître et diversifier nos cultures.Noussommestrèscontents de ce démarrage et souhaitons poursuivre le développement du village pour une vie meilleure de nos familles et préserver nos terres.Mercidevotresoutien».

« Avec une équipe de 40 bénévoles, nous avons construit 20 serres en 2017, pour20familles,sélectionnées pour leur envie de devenir maraîchers. Pour l’année 2018, Kokopelliadécidédecontinuer à nous soutenir. Grâce à Semences Sans Frontières et à toutes ces variétés que nous avonspuamenerauNépal,nous avons réussi à redonner espoir en l’avenir à cevillage Cetteannéenousavonscommencé àvendreunepartiedelaproductionà3 restaurants. 20 serres supplémentaires vont être construites en 2018 pour 20 nouvelles familles De plus, les enfants à qui nous avons distribué des plants ont commencé à s’échanger les semences : un pasdeplusversl’autonomie !»

Claire Butez, Fondatrice de l’association les Enfants de Kavresthali village de Pandeli, Népal Contact : enfants.kavresthali@hotmail.com plus d’infos : www.for-nepalese-children.com

Chef du village M. Bassirou DRAME Groupement paysans Fang Maakoi Kafo village de Soncodou Bissary Lang, Casamance Sénégal

Campagne de parrainage

Il y a quelques décennies encore - avant que l’industrialisation de l’agriculture ne sépare, pour servir au mieux ses intérêts mercantiles, la production et la reproduction semencière - les paysans multipliaient et sélectionnaient les meilleures variétés de manière tout à fait naturelle. Nous entendons d’ailleurs fréquemment : « C’est vrai, mes grands-parents reproduisaient leurs semences chaque année ». Cette sagesse, et ce savoir-faire, constituent des éléments essentiels à l’autonomie alimentaire et nous sommes de plus en plus nombreux à refuser la main mise de l’industrie sur notre alimentation. Et c’est en réponse à cet embargo sur nos assiettes que l’Association Kokopelli - qui œuvre depuis presque 20 ans - s’emploie à préserver et distribuer des variétés libres et reproductibles. Grâce à nos 12 000 adhérents - dont des centaines participent chaque année à la campagne “parrainage” - nous avons la fierté d’avoir préservé, réintroduit ou introduit de nombreuses variétés libres et fertiles !

La joie et l’enthousiasme que font naître les premiers semis, le soin que nous leur apportons ainsi que le bonheur procuré par de belles récoltes dépassent souvent le simple rôle nourricier du jardinage Et pour cause, des potagers et des jardinières s’aménagent dans les villes, les espaces verts sont transformés en jardins partagés et les campagnes se repeuplent peu à peu. Reproduire sa propre semence c’est également se donner la possibilité de partager le cycle complet de notre passion pour la Terre. Afin de faire revivre ce savoirfaire, et participer au maintien de la biodiversité c u l t i v é e , n o u s v o u s proposons d’accueillir dans votre jardin une variété libre et d’en être sa “marraine” ou son “parrain”.Les semences que vous

r é c o l t e r e z

v i e n d r o n t

a l i m e n t e r l a gamme “collection” de l’association.

Cette gamme, disponible gratuitement depuis des années à nos adhérents (pour les membres actifs, solidaires et bienfaiteurs), mais reproduite en grande partie par une minorité de passionnés, sera désormais accessible de manière différente (non liée au type d’adhésion à l’association) afin de permettre une plus grande “équité” dans la distribution de ces ressources rares et précieuses. Ainsi, seuls les “marraines” et les “parrains” bénéficieront des variétés proposées dans cette gamme afin d’assurer une diffusion fertile et pérenne de celles-ci !

Charlotte Hubert, Responsable de la campagne de parrainage

La réussite de notre campagne, lancée il y a de nombreuses années (beaucoup de variétés de notre gamme collection sont désormais disponibles dans différents catalogues y compris aux USA) nous pousse à faire évoluer de manière significative le choix des espèces que nous proposons en “parrainage”. Les plantes médicinales, les céréales, les légumes vivaces, les variétés potagères inconnues, les tubercules Andins, l’ail, etc, sont autant d’objectifs de préservation ou de réintroduction que nous vous proposons.

Découvrez les modalités de participation sur le site : WWW.LE-PEUPLE-DES-SEMENCES.FR

Nous remercions chaleureusement toutes les personnes qui participent chaque année, ou pour la première fois, à cette campagne de multiplication de semences. Cet acte, pourtant tellement naturel, est paradoxalement devenu l’un des actes les plus militants de notre époque ! Merci aux marraines et parrains de Kokopelli pour leur travail fertile au service des variétés libres de droits et reproductibles. Merci pour vos essais, vos réussites et vos erreurs. L’expérience n’a pas de limites alors profitons-en !

En adhérant à Kokopelli, vous nous aidez à préserver la biodiversité cultivée ! (un bulletin d’adhésion sur papier libre se cache dans cette revue)

Qualité des semences : tests de germination

Les tests de germination : une garantie pour vos semis !

Les tests de germination permettent de connaitre le potentiel maximum de germination d’un lot de semences dans des conditions favorables. Cette estimation permet de mieux prévoir le nombre de graines qui pourraient germer dans vos jardins et ainsi d’ajuster la densité de semis afin d’être plus proche du résultat attendu. Vous pourrez alors plus facilement obtenir un par-terre de fleurs homogène ou des pieds de tomate en nombre voulu, avec des espacements réguliers, en limitant les pertes de semences.

Pour l’Association Kokopelli, cela permet d’avoir une garantie de la qualité de ses semences. Ainsi, en

aucun cas, des semences qui ont un taux de germination inférieur à 90% pour les légumes et inférieur à 70% pour les fleurs, ne seront mises sur le marché.

Dans la situation où un lot présente des résultats inférieurs aux objectifs fixés, il est renvoyé à l’atelier de tri afin d’évincer les graines vides qui ne germent pas. Un second test de germination sera réalisé afin de s’assurer de la qualité du lot obtenu.

Des échantillons – de 50 à 100 graines – sont prélevés sur l’intégralité des lots reçus. Pour chaque test, les semences utilisées sont comptées et sont ensuite positionnées dans une boite en plastique sur un papier humidifié. Toutes les boites sont placées dans un incubateur qui contrôle la luminosité, l’humidité et la température. Tous les deux à trois jours, les graines germées sont retirées et comptabilisées.

Certaines espèces ne germent pas dans ces conditions et sont donc testées en pleine terre. Le principe est le même, le nombre de semences t e s t é e s e s t r e le v é e t o n comptabilise toutes les graines qui ont germé.

Ces méthodes nous permettent de suivre l’évolution de la germination de chaque lot au cours du temps afin d’obtenir un résultat fiable et précis.

“Semences de Kokopelli” 15ème édition de Dominique Guillet

848 pages, 1 300 photographies

Cette quinzième édition des “Semences de Kokopelli” de 848 pages présente, tout d’abord, 227 pages d’articles sur la biodiversité alimentaire, l’agroécologie, l’apiculture alternative, le recouvrement de dynamiques de co-évolution avec la Terre-Mère, mais aussi sur la confiscation du vivant, la folie des chimères génétiques, les nuisances agricoles dont les catalogues nationaux de variétés, l’imposture des nécro-carburants, la disparition des abeilles mellifères, la désertification de la planète, la tromperie des pratiques agricoles dites “sans labour”, le problème primordial de l’eau, la confiscation des plantes médicinales, le scandale de l’interdiction des plantes sacrées et enthéogéniques, la pollution radioactive planétaire suite à Fukushima…

Ce Manuel de production de semencespourlejardinfamilial présente sur 621 pages des informations très détaillées permettant à tous les jardiniers, et maraîchers, de produire leurs propres semences en toute pureté variétale.

“Semences de Kokopelli” développe aussi une analyse précisedesprocessusd’érosion génétique pour chaque espèce alimentaire ainsi que des informations récentes quant à la présence de plantes transgéniques alimentaires dans diverses parties du monde

Cet ouvrage présente une collection planétaire de 2 952 v a r i é t é s e t e s p è c e s principalement alimentaires

mais qui incluent, cependant, des plantes médicinales et ornementales provenant de divers continents.

“Semences de Kokopelli” présente, pour chaque plante potagère, condimentaire ou à grain, différentes rubriques générales : classification botanique, histoire, nutrition, conseils de jardinage. Il présente, ensuite, deux rubriques liées à la reproduction des plantes – “pollinisation” et “production de semences” – qui caractérisent, dans le détail, les types de pollinisation, les distances d’isolement ainsi que les techniques de production de semences, les conseils relatifs au nettoyage, tamisage, séchage et conservation des semences. Pour les jardiniers souhaitant créer leurs propres variétés, une rubrique “création variétale” est présentée pour certaines espèces.

Vous y trouverez plus de 600 variétés de tomates, 400 variétés de piments doux et forts, plus de 50 variétés d’aubergines, 250 variétés de courges, 80 variétés de melons, 130 variétés de laitues et beaucoup d’autres plantes potagères. Chaque variété est décriteaveclescaractéristiques qui lui sont propres ainsi qu’avec de nombreuses informations quant à son origine historique.

Pour tout ouvrage commandé, vous recevrez 3 sachets de semences gratuits

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