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Les tombeaux de l'Occupation

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Les tombeaux de l’Occupation

Les tombeaux de l’Occupation Ne vaudrait-il pas mieux dynamiter les ruines du totalitarisme ? Suivi de:

Le théâtre des Objets Notes sur une industrie culturelle de la mémoire. Ainsi que de:

Ceci n’est pas un détail de l’Histoire.


Table

A l’aune d’une conscience historique

p. 8

Note d’intention et questionnements

p. 10

Triste personnage et organisation clé

p. 12

Standardisation

p. 16

Corpus I: Les tombeaux de l’Occupation - Ne vaudrait-il pas mieux dynamiter les ruines du totalitarisme ?

p.24

Corpus II: Le théâtre des Objets - Notes sur une industrie culturelle de la mémoire.

p. 89

Corpus III: Ceci n’est pas un détail de l’Histoire. p. 135


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A l’aune d’une conscience historique Alors que j’étais encore un enfant âgé d’environ une dizaine d’années, c’est sur les hauteurs du Léman (et plus particulièrement sur les hauteurs de Vevey), que m’ont été racontées la plupart des histoires venant alors constituer en mon for intérieur un imaginaire lié à la Seconde guerre mondiale. Une période que je n’ai évidemment pas connue et dont je n’ai aucune mémoire directe, mes parents eux, étant nés durant la période dite de l’après guerre, les années 1950. Parmi ces histoires m’ayant été racontées, je me souviens de la description qui me fut faite des lueurs jaunes et rougoyantes dans le ciel nocturne, alors que les bombes Alliées tombaient sur Milan, alors fasciste. Ou encore, l’incendie d’Evian, alors que les nazis occupaient la France voisine et y perpétuaient des massacres contre les populations civiles et contre les mouvements de résistance présents dans la région. Mais aussi les blackouts nocturnes, les provisions de bocaux et de boites de conserve dans les caves - une habitude restée très présente en Suisse durant toute la période de la Guerre Froide, ce même jusqu’à nos jours. Mais en plus d’entendre ces histoires racontées autours de la table ou au salon durant l’après-midi, je manipulais également le fusil de mon arrièregrand père, un Mousqueton suisse 1931, tout comme je manipulais parfois, et alors que j’en avais l’interdiction, le revolver d’ordonnance de mon arrière grand-père déposé sur une étagère remplie de livres se trouvant dans le bureau de mon grand-père. Ayant donc ainsi pris très tôt conscience de l’horreur qu’avait été et que pouvait être la guerre, la question de la charge historique, qui nécessairement découle du passé, me devint plus importante durant l’adolescence. Et avec cette conscience déjà aiguë, l’intuition selon laquelle la dialectique faite des barbaries passées contient les germes de futurs et de possibles forcément meilleurs.


Mais malheureusement, rien n’est moins sûr. Car au regard des récents développement historiques, techniques et politiques, il se peut aussi que ces futurs et possibles tant souhaités - et souhaitables - ne se réalisent pas. Pourtant - et cela est indéniable - l’Humanité se développe, apprend et accumule des connaissances. Mais si cette mémoire des temps passés n’est pas immédiatement transmise à chaque nouvelle génération, c’est en réalité chaque être et chaque génération qui de fait, repart toujours de zéro.

1. Hannah Arendt, La crise de la culture, La crise de l’éducation, Editions Gallimard, 1972 p. 238-239

(...) avec la conception et la naissance, les parents n’ont pas seulement donné la vie à leur enfant; ils les ont en même temps introduits dans un monde. En les éduquant, ils assument la responsabilité de la vie et du développement de l’enfant, mais aussi celle de la continuité du monde. Ces deux responsabilités ne coïncident aucunement et peuvent même entrer en conflit. En un certain sens, cette responsabilité du développement de l’enfant va contre le monde: l’enfant a besoin d’être tout particulièrement protégé et soigné pour éviter que le monde puisse le détruire. Mais ce monde aussi a besoin d’une protection qui l’empêche d’être dévasté et détruit par la vague des nouveaux venus qui déferle sur lui à chaque nouvelle génération1. En 1999, alors que j’étais âgé de 13 ans, ma mère me fit visiter les plages et les sites du débarquement Allié en Normandie et dans le Pas-de-Calais. Ayant été alors profondément marqué par cette expérience, j’ai depuis lors toujours ressenti le besoin de retourner en ces lieux et d’en extirper matière à interrogation. Depuis tout ce temps, ces vestiges, ces tombeaux, ces balafres faites aux paysages, hantent ma mémoire, tout comme ceux-ci hantent toujours la mémoire des temps présent. Là où le pire, peut toujours ressurgir.

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Note d’intention et questionnements Mon intention fut d'aller au plus près du béton. Ce même béton qui fut coulé par la France occupée à la faveur de l'Allemagne nazie. Au plus près de ce béton dont on dit que les corps de certains forçats exténués par le labeur obligatoire impulsé par l'OT furent dissimulés lors du coulage de certains édfifices. Et c’est bien pour cela que ces constructions, ces amas de béton balafrant le paysage d’une manière presque grotesque, et nous renvoyant à la noirceur et à la puissance du totalitaire, sont aussi des tombes, sinon des tombeaux. Et il ne s’agit pas ici uniquement de travail mort concentré dans ces constructions, leur machinerie et leurs canons, mais bien d’une force de travail exploitée jusque dans ses derniers retranchements. (...) tous les musées liés au débarquement ou plus largement au mur de l’Atlantique sont-ils des musées privés - à la seule exception du Mémorial de Caen. Les vestiges du mur de l’Atlantique ont peine à devenir «lieux de mémoire». Il existe un trop grand nombre de bâtiments sur le territoire, et l’abondance nuit au culte des ruines. Mais surtout, en ne considérant la question que sous l’angle militaire, les blockhaus, témoins de l’Occupation, témoins de l’invasion par une armée étrangère, sont des témoins de l’humiliation de la France1. Quel intérêt en effet à vouloir absolument préserver ces ouvrages issus de l’horreur ? Les détruire serait fort onéreux pour les communes certes, mais un autre phénomène est à l’oeuvre: la réification de la guerre et le recul de la menace corporelle et matérielle concrète que celle-ci représente. Ces ouvrages sont donc tenus par des agents privés qui en fait et de fait tant de manière consciente qu’inconsciente - fétichisent ces installations, et n’en proposent jamais de lecture distanciée ou critique - car dans les faits; c’est toute une industrie touristique et capitalistique qui en dépend.

1. Jérôme Prieur, Le mur de l’Atlantique, Monument de la Collaboration, Denoël, 2010, Seuil, 2017 p.18


Mes premières prises de vues remontent à l’automne 2016, alors que je me trouvais à Calais. Ces premiers clichés furent réalisés, à temps perdu, à clichés perdus, alors que ce jour là, je ne m’étais pas rendu dans la dénommée Jungle de Calais ou Camp de la Lande, alors que je travaillais sur les questions liées à l’immigration et au sort des éxilé.es dans la région. En parallèle, et comme évoqué précédemment, je nourris depuis jeune un attrait pour l’Histoire et pour ce que je nomme la conscience dialectique et historique. Un principe selon lequel les erreurs commises et les barbaries passées, en raison du fait qu’elles ont été commises et qu’elles sont des barbaries, ne doivent pas, et sous aucun prétexte être reproduites. Et c’est précisemment ce principe qu’il s’agit de maintenir activé. Mais la complexité du réel ne pouvant se réduire ni se plier à la théorie, et quand bien même la théorie serait exacte au regard des faits historiques, nous assistons à des effets de réification qui atteignent directement à cette mémoire et à cette charge historique critique. Pour ce qui est de la contemporanéité, ces effets furent révélés assez tôt par Allan Sekula au milieu des années 1970. Mais ceux-ci tendent à atteindre des niveaux tout à fait exceptionnels de nos jours. Dans l’esprit du public en effet: la guerre ne constitue pas une menace, elle devient objet de musée, un autre bien à consommer. Aussi je voudrais pouvoir dire et affirmer «plus jamais ça», selon la formule tout à fait consacrée - mais triste est de constaster que ce principe encore fondamental hier, semble aujourd’hui toujours plus inopérant de nos jours. Aussi, il est nécessaire de dégager d’autres voies de travail de mémoire. Et pour y parvenir, bien des déminages semblent nécessaires.

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Triste personnage et organisation clé Avant la Seconde guerre mondiale, Fritz Todt fut nommé inspecteur général des autoroutes allemandes de 1933 à 1938. Il mit au point de nombreux travaux d’infrastructures, initiant ainsi la construction des autoroutes: alors de grandes dalles de bétons destinées à une avance rapide de colonnes blindées en prévision de la Blitzkrieg, la Guerre éclair: l’invasion de la Pologne, puis de l’Europe, par l’Allemagne nazie. Fritz Todt est le fils d’un petit propriétaire d’usine issu de la petite bourgeoisie industrielle. Né à Pforzheim sous l’Empire Allemand, il deviendra ingénieur. Il devient membre du NSDAP dès 1922 et fonda l’Organisation Todt - dite «OT» - en 1938, soit à l’aube de la guerre. A la fin de la guerre, les Alliés détruisirent les monuments funéraires nazis. La sépulture de Todt est également détruite mais sa dépouille est néanmoins toujours en terre au cimetière des Invalides de Berlin. L’Organisation Todt est originellement une organisation de génie civile. Elle sera administrée par l’armée à partir de 1942, en faisant ainsi une organisation de type paramilitaire. Si ce bref aspect de la vie de ce personnage en définitive banal, médiocre et nazi convaincu est éventuellement intéressant, c’est bien en raison du fait que l’organisation de génie civil qu’il fonda sera déterminante dans cette phase ultérieure de l’Occupation de la France: sa fortification. Car ce fut en effet cette même Organisation Todt qui fut chargée de la construction des fortifications constituant le dit «Mur de l’Atlantique» durant la période de l’Occupation. Sur les côtes françaises notamment - mais ce «mur», cet immense réseau de fortifications, s’étendait en réalité de la Norvège à l’Espagne, ce jusqu’en Méditerranée.


Comme le rapporte Jérôme Prieur dans son ouvrage, le terme même de «Mur» constitue en soi une mystification, une affaire de propagande et de guerre psychologique. En affet, jamais aucun «Mur» ne sera érigé. Le dispositif consistera en fait de poches éparses de batteries disséminées stratégiquement le long des côtes. De nos jours, la question demeure. Vaut-il la peine de conserver ces ouvrages ? Est-il vraiment nécessaire de mettre en avant le nom d’un nazi comme Fritz Todt - comme cela est encore et toujours le cas sur l’une des batterie portant son nom ?

1. Jérôme Prieur, Le mur de l’Atlantique, Monument de la Collaboration, Denoël, 2010, Seuil, 2017 p.11 - p.14

Le nazisme est devenu un objet de musée. On contemple son bric-à-brac à l’abri des vitrines, munitions de tous calibres, fusils d’assaut et croix de fer, uniformes reprisés, matériel rescapé, reliques de brocanteurs des années noires... (...) Ici, le sercret est tu, le secret est un mur. Le secret c’est le mur lui-même, le mur de l’Atlantique. Le secret, c’est le secret de la fabrication du Mur. Par qui a-t-il été construit et dans quelle circonstances ? On le sait bien, les murs ne parlent pas. Le Mur est une tombe. Le secret a dépassé toutes les espérances de ses auteurs. Il a la vie dure, comme les légendes1. De nos jours, triste est de constater que le nazisme n’est pas uniquement devenu une légende releguée à la poubelle de l’Histoire. En effet - et cela est autant désolant qu’alarmant - le nazisme demeure une idéologie vivace, meurtrière et dangereuse. En 2026, en cette période de retour des autoritarismes, des nationalismes, des impérialismes et des fascismes, tout cela devrait fortement et collectivement nous alerter.

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Standardisation Cette occupation de la France, ainsi que la fortification de ses côtes, n’aurait pu se faire sans le degré de collaboration que l’on connaît, ni sans le travail forcé impulsé par l’OT sur le territoire français, au profit de l’Allemagne nazie. Mais cette entreprise titanesque n’aurait pu être menée à bien sans un système élaboré de rationalisation des constructions fortifiées constituant ici une portion du dit «Mur de l’Atlantique» sur les côtes de France. Ce système de classification et de rationalisation est nommé Regelbau, ce qui signifie échelle de construction standardisée. Cette échelle comporte différents modèles de constructions, répartis entre les différents corps d’armées: l’armée de terre, l’armée de l’air ou la marine. Ces constructions peuvent aller de l’imposant bunker de commandement de type Anton au petit Toubrouk individuel. Ces fonctions sont surtout déterminées au regard des types de pièces d’artilleries qu’elles sont déstinées à accueillir, mais aussi en fonction du type de terrain sur lequel elles seront bâties. La série dite «600» par exemple, comportait une centaine d’ouvrages prédessinés, et ce fut principalement cette série qui sera la plus utilisée lors de la construction du dit «Mur de l’Atlantique» sur les côtes Normandes. Cette standardisation permet également de rationaliser drastiquement la production d’équipements annexes ou intérieurs, comme les pompes à air, les batteries de cuisine ou le mobilier. Un gain de temps, de matières premières et de matériel assurément non négligeable - quand bien même pour un régime totalitaire pillant alors tout sur son passage.


Les photographiques présentées sur les deux pages suivantes montrent une maquette représentant en détail la construction d’un bunker de type Anton L479 par l’organisation Todt et par le labeur obligatoire. Le bunker Anton est un gros ouvrage servant habituellement de poste de commandement, mais celui-ci servit surtout ici à abriter le centre de traitement des signaux émis et captés par les radars de la Station 44. La station radar 44 de Douvres-la-Délivrande sera aussi bâtie par l’Organisation Todt entre la fin 1942 et l’automne 1943. Le site comprenait 5 radars, ainsi qu’une trentaine d’ouvrages bétonnés, le tout s’étendant sur une superficie d’environ dix hectares. En conséquence de son «oeuvre» sur les côtes normandes, les références à l’organisation Todt, ainsi qu’à son fondateur sont omniprésentes au sein des circuits touristiques, surtout lorsqu’il est question des innombrables fortifications érigées dans la région. Au sein du théâtre des Objets (voir page 135 et suivantes), ces références à l’OT apparaissent le plus souvent sous l’aspect d’uniformes conservés, de documents et autres plaques d’identification, tout cela reflétant bien la mainmise totale de cette organisation dans le Pas-de-Calais durant cette période. D’après l’historien Stéphane Lamache, les côtes de la Manche sont parsemées d’environ 3700 ouvrages, environ 2460 dans le Calvados, pour un total d’environ 6000 ouvrages encore existants en Basse-Normandie. Mais en réalité, et à l’origine, ce sera environ 8000 ouvrages qui seront bâtis dans la région, certains ayant été détruits ou enfouis pendant ou après la guerre. Bien que ces ouvrages recèlent un intérêt certain pour les archélogoques contemporains, ne vaudrait-il toutefois pas mieux, tourner la page ?

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Index C’est à partir de ces premières prises de vues que je me déciderais à entamer un travail plus poussé sur ces fortifications.

Seconde plus grosse batterie en terme de puissance de feu sur les côtes Normandes, celle-ci fut nommée du nom de F. Todt, qui décèdera deux jours avant l’innauguration.

Calais Plage

Audinghen, Haringzelles

5 novembre 2015

26 octobre 2019

Source: abebooks.com Fritz Todt, comme présenté dans le livre intitulé: Fritz Todt - der Mensch - der Ingenieur - der Nationalsozialist, de Eduard Schoenleben, 1943.

Idem.

Idem.

Idem.


Uniforme de l’organisation Todt, avec «plaque de chien». Batterie Todt Audinghen[, Haringzelles 26 novembre 2019

Buste à l’effiigie de Fritz Todt Batterie Todt Audinghen[, Haringzelles 26 novembre 2019

Maquette représentant la construction d’un bunker de commandement de type Anton. Douvres-la-Délivrande, Musée de la Station Radar 44 18 août 2018 23


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Corpus I

Les tombeaux de l’Occupation Ne vaudrait-il pas mieux dynamiter les ruines du totalitarisme ?


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Index Blonville-sur-Mer Avenue de la République 20 août 2018

Douvres-la-Délivrande Musée de la Station Radar 44 18 août 2018

Beneville-sur-Mer Batterie du Mont Canisy Hauteurs de Dauville 20 août 2018

Route de Cabourg Plaque: A la mémoire de la Brigade Piron (1ère Brigade belge) et de ses hommes qui ont combattus pour leurs convictions. Ne les oublions pas. 17 août 144. Neutralisation du bunker. 20 août 2018

Beneville-sur-Mer Batterie du Mont Canisy Hauteurs de Dauville 20 août 2018

Beneville-sur-Mer Hauteurs de Dauville Route de Cabourg

Batterie du Mont Canisy

20 août 2018

20 août 2018


Douvres-la-Délivrande Musée de la Station Radar 44

Longues sur-Mer Batterie de Longues-sur-Mer

18 août 2018

21 août 2018

Longues sur-Mer

Longues sur-Mer

Batterie de Longues-sur-Mer

Batterie de Longues-sur-Mer

21 août 2018

21 août 2018

Longues sur-Mer

Grandcamp-Maisy

Batterie de Longues-sur-Mer

Batterie Maisy

21 août 2018

24 août 2018

Longues sur-Mer

Grandcamp-Maisy

Batterie de Longues-sur-Mer

Batterie Maisy

21 août 2018

24 août 2018 81


82

Grandcamp-Maisy

La Madeleine

Batterie Maisy

Site de Utah Beach

24 août 2018

23 août 2018

Criqueville-en-Bessin Site de la Pointe du Hoc

Quinéville Plage

24 août 2018

22 août 2018

Criqueville-en-Bessin Site de la Pointe du Hoc

Quinéville Plage

24 août 2018

22 août 2018

Sainte-Marie-du-Mont La Madeleine

La Grande Dune

Site de Utah Beach

Site de Utah Beach

23 août 2018

23 août 2018


Sainte-Marie-du-Mont La Grande Dune

Pennedepie

Site de Utah Beach

Route de l’Eglise

23 août 2018

2 août 2019

La Cité d’Aleth

Colleville-sur-Mer

Environs de la Cité St-Malo

Plage d’Omaha Beach

27 août 2018

4 août 2019

La Cité St-Malo

Colleville-sur-Mer

Les Bas-Sablons

Plage d’Omaha Beach

27 août 2018

4 août 2019

Honfleur

Saint-Pair-sur-Mer

Quai Tostain

Route des Menneries

2 août 2019

8 août 2019 83


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Saint-Pair-sur-Mer

Eperleques

Route des Menneries

Site du Blockhaus d’Eperlecques

8 août 2019

26 octobre 2019

Saint-Pair-sur-Mer

Eperleques

Route des Menneries

Site du Blockhaus d’Eperlecques

8 août 2019

26 octobre 2019

Saint-Pair-sur-Mer

Eperleques

Route des Menneries

Site du Blockhaus d’Eperlecques

8 août 2019

26 octobre 2019

Saint-Pair-sur-Mer

Eperleques

Route des Menneries

Site du Blockhaus d’Eperlecques

8 août 2019

26 octobre 2019


Escalles Cap Blanc Nez 26 octobre 2019 Plage de Dunkerque Batterie de Zuydcoote 27 octobre 2019

Escalles Cap Blanc Nez 26 octobre 2019

Escalles

Plage de Dunkerque Batterie de Zuydcoote 27 octobre 2019

Cap Blanc Nez 26 octobre 2019

Plage de Dunkerque Batterie de Zuydcoote 27 octobre 2019

Plage du Kerou Commune de Clohars Carnoët 20 septembre 2023 85


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Corpus II Le théâtre des objets Notes sur une industrie culturelle de la mémoire. Il y a maintenant 82 ans, la plus importante armada de l’histoire militaire moderne débarquait sur les plages de Normandie et du Pas-de-Calais, ce afin d’amorcer la libération de l’Europe occidentale du joug nazi. Anglais.es, Polonais.es Français.es, Américain.es, Australien.nnes, Canadien.nes prirent part à cette gigantesque entreprise militaire et logistique, tant dans les usines au pays, que dans les ports et enfin, sur les plages, et au-delà, ce jusqu’à Berlin. En ce mois de juin 1944, rien n’était encore joué. Mais à posteriori, nous pouvons dire que le Reich - sensé durer 1000 ans dans l’esprit de leur concepteurs dégénérés - était sur le point d’être défait, ce qui allait plonger l’Europe dans une nouvelle ère de paix et de liberté alors tout à fait inédite, tant en Europe qu’au regard de l’Histoire humaine - qui est avant tout une Histoire faite de luttes de classes. Mais si victoire il y a eu - et victoire il y a eu - ce fut surtout celle des démocraties néolibérales naissantes, ainsi que celle du Grand Capital nord-américain, qui put ainsi affirmer sa dominance économique et idéologique sur l’Europe d’alors, une Europe à reconstruire certes, mais une Europe qu’il fallait aussi et en ce temps, préserver du «péril rouge» et de la «culture marxiste», Le Plan Marshall notamment eût pour conséquence de vassaliser les sociétés européennes, ce en terme d’accès au marché et d’accès matériel et idéologique à la société de consommation. Ensuite, les Accords de Bretton Woods entérinèrent cette vassalisation de l’Europe, toujours au profit de l’impérialisme US et du Grand Capital nord-américain.


De nos jours, en parcourant les routes et les circuits touristiques de la région, il est aisé de constater que la Normandie et ses alentours est prisonnière de cette Histoire. Une histoire récente au regard de l’écoulement des temps historiques, une histoire encore difficile à digérer pour beaucoup - les cas de personnes d’origine allemande se rendant en pélerinage en Normandie et s’excusant encore pour ce qui s’est passé est en effet assez courant. Mais cette Histoire est aujourd’hui rendue indigeste en raison de la transformation de cette charge mémorielle en une industrie culturelle de la mémoire, omniprésente, fétichique et pléthorique. En raison de cette oppulence, de cette accumulation et de cette dérive consumériste, cette histoire en devient répétitive et réifiée, générant ainsi une «histoire» tournant inlassablement sur elle-même - et pour elle-même. Cette réification, cette fétichisation de la guerre ne permet alors aucun saut dialectique et qualitatif radical; hors enfin de toute(s) barbarie(s), de toute (s)oppression(s), de toute(s) guerre(s). De plus, il faudrait plus d’une vie pour absorber, digérer et faire synthèse critique et dialectique de cette avalanche d’informations fournies par des centaines de musées, lieux de mémoire, objets, panneaux, brochures, livres ou monuments. Et cela est sans compter les effets réifiants se cristalisants au travers de cet immense théâtre des objets1, cette immense accumulation d’objets guerAllan Sekula, Ecrits sur la photographie, L’image instrumentalisée: Steichen s’en va en guerre, Beaux Arts de Paris Editions, 2013, p.116

riers à «vocation mémorielle» - ainsi que produits dérivés divers et variés, largement proposés à la vente dans les innombrables boutiques qui parsèment également les sites et les lieux de Normandie et du Pas-de-Calais. De plus, cette notion de mémoire historique critique et dialectique, telle que je l’invoque, n’est pas une donnée ou un capacité acquise de facto ex nihilo. Cette capacité est une attitude, un mode, une disposition de l’être, un stade supérieur de conscience à adopter, à faire germer, à travailler et à faire fructifier - sans cesse et dans relâche, en tous temps et en tous lieux.

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Une disposition de l’être au travail de mémoire donc; une mémoire étant alors sensée s’incarner en l’action même de l’être; un être alors disposé au changement et surtout; à la résistance vis-à-vis d’événements de nature barbare, guerrière ou fasciste - et ne devant, sous aucun prétexte, se reproduire. Mais cette disposition au changement ou à la résistance ne peut être que le fruit d’une éducation, d’une disposition rendue possible. Et en raison des nombreux effets réifiants issus du fétichisme des artefacts de guerre montrés et présentés dans les musées parsemant la Normandie, ce champ est d’ores et déjà difficile à maintenir dégagé et déminé. Au fil d’un long essai critique ayant pour corollaire les images instrumentales et militaires propulsées dans le champs du marché de l’art, Allan Sekula nous rend précisemment attentif.ves à ce que je considère ici comme étant le noeud central du problème tel que je l’appréhende au travers de cet ouvrage et au travers de mon propre travail: «(…) Dans d’autres musées de la guerre, des photographies sont partie prenante de l’accrochage, et le contenu répressif de la guerre impérialiste s’y trouve déplacé dans un théâtre des objets. Un usage idéologique se substitue à l’utilité matérielle initiale de l’artefact. Le discours virtuel est tel qu’il fait paraître le développement historique des moyens de répression et de destruction comme une simple accumulation temporelle d’équipement matériel. La guerre cesse de projeter une menace corporelle, on lui substitue aux yeux du public l’héroïsme de la machine, et indirectement, celui du fabriquant d’arme. L’expérience de la guerre ne s’explique plus qu’en termes de technologie militaire avancée; les apspects politiques et humains en sont escamotés Le spectacle est fétichiste et masculin, la signification est compressée dans un artefact faussement anonyme et faussement humain, dans une marchandise « usagée mais vaillante.2». Au travers de ces musées, nous sont donc proposées des versions neutralisées et médiées d’objets et d’artefacts à vocation guerrière qui - dans les faits réels et non médiés - ont toujours pour conséquence et pour objectif premier le meurtre, ainsi que la destruction de masse.

2. Allan Sekula, Ecrits sur la photographie, L’image instrumentalisée: Steichen s’en va en guerre, Beaux Arts de Paris Editions, 2013, p.116


3. Cette notion de «souvenir» interroge. De quoi faut-il ici se souvenir ? De l’horreur de la guerre, et de la nécessité de lutter contre son advenue ? Ou d’un acte d’achat de marchandise suplantant et faisant oublier tout le reste; le réel, le concret, ainsi que la necessité sans cesse renouvelée de façonner un mode, ainsi qu’un monde meilleur. 4. En régime capitalistique néolibéral, une société en «paix», et en fait et de fait une société pacifiée. Car en effet, suite à l’atomisation sociale imputée par la gouvernementalité néolibérale, la lutte des classes fut enterrée, diluée jugulée. Alors que le problème fondamental du rapport social du Capital lui, n’a encore jamais été réglé. 5. Le capitalisme est la première forme économique douée d’une force de propagande; il tend à se répandre sur le globe et à dé truire toutes les autres formes économiques, n’en supportant aucune autre à côté de lui. Et pourtant il est en même temps la première forme économique incapable de subsister seule, à l’aide de son seul milieu et de son sol nourricier. Ayant tendance à devenir une forme mondiale, il se brise à sa propre incapacité d’être cette forme mondiale de la production. Il offre l’exemple d’une contradiction historique vivante; son mouvement d’accumulation est à la fois l’expression, la solution progressive et l’intensification de cette contradiction. A un certain degré de développement, cette contradiction ne peut être résolue que par l’application des principes du socialisme, c’esta-dire par une forme économique qui est par définition une forme mondiale, un systeme harmonieux en luimême, fondé non sur l’accumulation mais sur la satisfaction des besoins de l’humanité travailleuse et donc sur l’épanouissement de toutes les forces productives de la terre. Rosa Luxemburg, Œuvres IV, L’accumulation du capital (II), Le militarisme, champ d’action du capital, 1913, Petite collection maspero, Paris, 1968 p.129-130

En prolongement, cela vaut également pour les copies marchandes de ces artefacts de guerre, alors déclinés sous formes de jouets, babioles antiques ou constituées de plastique, ou tout autre objet «souvenir3». La culture capitalistique dominante qui nous enveloppe et nous façonne shape - en Occident, de l’enfance à la mort - et quand bien même en temps de «paix4» - est ainsi contaminée par les effets de la neutralisation de la menace concrète et corporelle qu’est la guerre. L’un de ces paradigme de jeu est sans doute le jeu des «cow-boys et des indiens», un jeu auquel s’adonnèrent beaucoup d’enfants blancs, européens ou américains entre les années 1960 - 1990. Dès enfant donc, d’entre nous jouèrent à la guerre ou à la colonisation - sans nullement avoir conscience de la barbarie sous-jacente de ces jeux apparemment «innocents». Des versions là encore absolument neutralisées de ces phénomènes, semblant alors les rendre tout à fait innofensifs voir «sympathiques» aux yeux des enfants - alors que dans les faits concrets, il est toujours question de barbarie - y compris des microbarbaries du quotidien. C’est aussi au travers de ces processus culturels que se pérénise le Capital ainsi que son mode de vie exploitatoire. Car, et alors que ce sont les garçons qui le plus souvent «jouent» au colon ou au soldat, ce sont les filles, qui elles «jouent» le plus souvent à la mère ou à la cuisinière. Ces constructions et ces dispositions idéologiques sociales genrées qui soustendent la guerre impérialiste et le régime du Capital, soutiennent aussi un mode de vie masculiniste et mécaniste, mais aussi raciste, patriarcal et nucléaire. Tout ces différents aspects soutenant de fait le Capital dans le fonctionnement ontologique et de sa reproduction pathologique infinie. Ainsi, et à partir de cette perspective ainsi dégagée, il est idéologiquement attendu que cet impérialisme de conquête permanente se prolonge et se pérennise dans la culture, sous toutes ses formes marchandises possibles et immaginables5.

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Index

Photographie d’un bombardier léger américain B26 Marauder. Batterie du Mont-Canisy Hauteurs de Dauville 20 août 2018

Arromanches-les-Bains

Queue d’un bombarder américain moyen bimoteur Martin B-26 Marauder présenté au Musée du Débarquement de Utah Beach.

18 août 2018

23 août 2019

Armes factices en plastique destinées aux enfants.

Arrêt de bus avec publicité pour circuit touristique «D-Day Experience».

Fond de boutique de souvenirs pour touristes.

Environs d’Arromanches les-Bains 18 août 2018

Détail d’uniforme allemand sur lequel apparaît nettement le symbole qui caractérise l’organisation Todt (OT) Site Hillman, Suffolk Mémorial, Colleville-Montgomery 17 août 2018

Arromanches-les-Bains 3 août 2019

Visiteurs devant un char américain Shermann, alors recouvert de graffitis pacifistes et anti-guerre. Arromanches-les-Bains 3 août 2019


Mannequin grotesque affublé d’un uniforme allemand. Musée du Grand Bunker Ouistreham

Touristes devant l’un des bunker de la batterie de Longues sur Mer.

17 août 2018

21 août 2018

Intérieur d’un planeur britannique Horsa.

Parachutes et queue d’un planeur britannique Horsa.

Mémorial Pégasus Bridge

Musée du débarquement

Ranville

Sainte-Mère-Eglise

18 août 2018

5 août 2019

Panneau indiquant l’emplacement d’un ancien club de techno underground nommé «The Bunker Klub».

Vue partielle d’un DC-3, un avion de transport destiné au largage aéroporté des parachutistes. Airborne Museum

Route de Cabourg

Sainte-Mère-Eglise

20 août 2018

5 août 2019

Visite guidée du site de la batterie du Mont-Canisy.

Diorama circulaire grandeur nature avec vue sur la plage de Utah Beach.

Hauteurs de Dauville

Musée du Débarquement de Utah Beach

20 août 2018

23 août 2018 128


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Radar américain SCR 984, apporté ici depuis Rennes afin de comparer les différences de puissances radars entre allemagne et US - Musée radar de Douvre-la-Délivrande - 18 août 2018

Diorama de présentation que l’on retrouve de musée en musée, seules les collections diffèrent. Ici au Mémorial de Caen, seul lieu de Mémoire d’Etat.

Boutique pour touristes et accumulation de jouets et maquettes axées autours de la guerre et de ses instruments. Arromanches-les-Bains 18 août 2018

Jouet de construction en plastique de marque Sluban (Made in China) représentant un soldat américain équipé d’un mortier.

Caen

Acquis à Arromanches-lesBains le 3 août 2019

19 août 2019

Lausanne, 28 août 2019

Vue générale de la plage d’Arromances-les-Bains avec en arrière plan le Musée du Débarquement consacré au port artificiel d’Arromanches.

Jouet de construction en plastique de marque Sluban (Made in China) représentant un tireur d’élite soviétique.

Arromanches-les-bains

Acquis à Arromanches-lesBains le 3 août 2019

3 août 2019

Lausanne, 28 août 2019

Autocollants pin-up et marques de voitures.

Canon antiaérien neutralisé disposé à proximité du Musée du Débarquement d’Arromanches-les-Bains.

Saint-Pair-sur-Mer

Arromanches-les-Bains

9 août 2019

3 août 2019


Canon antiaérien neutralisé disposé à proximité du Musée du Débarquement d’Arromanches-les-Bains.

Set de cartes postales montrant des représenations sexistes et fétichisées de femmes soldats fantasmées et imaginaires.

Arromanches-les-Bains

Acquis à Arromanches-lesBains le 3 août 2019

3 août 2019

Lausanne, 28 août 2019

Jouet de construction en plastique de marque Sluban (Made in China) représentant un servant de canon américain.

Devanture d’une des principale boutique de «souvenirs» d’Arromanchesles-Bains, avec ses cartes postales, ses magnets, ses porte-clés, etc.

Acquis à Arromanches-lesBains le 3 août 2019

Arromanches-les-Bains

Lausanne, 28 août 2019

Canon de campagne américain situé sur la place centrale d’Arromanche-lesBains, à côté de l’entrée du Musée du Débarquement. Arromanches-les-bains 3 août 2019

3 août 2019

Porte-clé en plastique représentant un avion britannique Sea Harrier, à l’effigie du Jour-J (D-Day), un objet ici anachronique. Acquis à Arromanches-lesBains le 3 août 2019 Lausanne, 28 août 2019

Set de cartes postales réalisées à partir d’affiches de propagande faisant l’éloge de l’enrôlement des femmes dans l’effort de guerre.

Port-clé métallique représentant une cartouche de fusil américain.

Acquis à Arromanches-lesBains le 3 août 2019

Acquis à Arromanches-lesBains le 3 août 2019

Lausanne, 28 août 2019

Lausanne, 28 août 2019 130


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Porte-clé en plastique représentant un tank quelconque, probablement inexistant, avec son et lumière, à l’effigie du Jour J (D-Day). Acquis à Arromanches-lesBains le 3 août 2019. Lausanne, 28 août 2019

Musée aujourd’hui fermé et à l’abandon se trouvant sur le parcours officiel des Musées du Débarquement dans le Pas-de-Calais et le Calvados.

Réplique en résine d’une fusée allemande V2 avec socle souvenir. Acquis à la boutique du musée du blockhaus d’Eperlecques, le 26 octobre 2019. Lausanne, 2019

6

novembre

Le Val Saint-Père, Avranches 6 août 2019

Réplique en résine d’une fusée allemande V1, avec socle souvenir. Acquis à la boutique du musée du blockhaus d’Eperlecques, le 26 octobre 2019. Lausanne, 2019

6

novembre

Objet artisanal représenant une «scène de tranchée» faisant référence à la Première guerre mondiale Acquis à la boutique souvenir du Gros ouvrage du Hackenberg, le 5 août 2020, Lausanne, 26 mars 2021


Réplique d’un char Allemand A7V Sturmpanzerwagen, utilisé à quelques reprises pendant la Première guerre mondiale. Acquis à la boutique du Mémorial de Verdun, le 6 août 2020 Lausanne, 26 mars 2021

Graffiti attribué à Banksky apposé sur la façade de l’un des nombreux restaurants se trouvant au coeur d’Arromanches-les-Bains. Arromanches-les-Bains 3 août 2019

Sacoche pour masque à gaz britannique. Les initiales du soldat à qui cette sacoche appartenait apparaissent sur la bandoulière. Acquis dans une boutique spécialisée dans les artefacts de guerre, Arromanches-les -Bains, le 3 août 2019 Lausanne, 5 novembre 2019

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Corpus III

Ceci n’est pas un détail de l’Histoire.


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Ceci n’est pas un détail de l’Histoire Le camp Struthof, situé à Natzwiller en Alsace (France), à environ 60 kilomètres de Strasbourg, fut un camp de concentration destiné au travail forcé sur sol Français annexé par l’Allemagne nazie. Un gisement de granit rose se trouvant dans la région fut à l’origine de son ouverture, ainsi que de plusieurs dizaines d’autres «sous camps». Selon le travail de l’historien Robert Steegmann, et malgré le fait que ce camp ne fut pas un camp d’extermination à proprement parler, sur 52´000 détenu.es et forcat.es, 22’000 périrent entre 1941 et 1944 selon les estimations. Selon l’historien toujours, il est en l’état impossible de parvenir à des chiffres précis tant les registres sont incomplets. Les évasions sont elles estimées à environ 300 entre 1941 et 1945 pour 251 tentatives dont 98 échecs. A deux kilomètres en contrebas de ce camp se trouve l’unique chambre à gaz présente et ayant été utilisée sur le sol Français annexé. Cette chambre à gaz n’a pas spécifiquement servi au génocide industriel visant spécifiquement les personnes Juives, Témoins de Jéhovah, Tziganes, handicapées, asociales, apatrides, homosexuelles ou les prisonnier.es politiques. Mais bel et bien à assassiner des hommes et des femmes juif.ves afin qu’August Hirt, médecin anatomiste et pseudo scientifique nazi, constitue et complète une collection de crânes à l’Institut d’anatomie de Strasbourg. Cela afin de tenter de prouver la supposée «supériorité raciale aryenne» sur la «race judéo-bolchévique» - des chimères idéologiques tout à fait inexistantes. Adhérant à l’Ahnenerbe, la «Société pour la recherche et l’enseignement de l’héritage ancestral», A. Hirt demanda l’aval à son fondateur, Heinrich Himmler, fondateur également de la SS et de son idéologie pseudo-mystique fanatique et dégénérée. A. Hirt obtint cet aval et ce seront 86 personnes juif. ves, hommes et femmes, qui seront gazé.es à la fin août 1943.


Initialement 87 gazages étaient prévus mais une femme se rebella et celle-ci fut assassinée d’une balle dans la tête. Les cadavres «mis à disposition» afin de compléter cette «collection» ne servirent cependant jamais. L’avancée des forces alliées durant l’été 1944 empêchèrent en effet la réalisation finale de ce projet sadique et criminel. H. Himmler ordonna la destruction des corps mais il était trop tard. Ceux-ci furent retrouvés stockés dans d’immenses cuves de conservation, affreusement mutilés et en morceaux pour la plupart, découpés à la hâte à la scie électrique. Les victimes furent immédiatement inhumées dans un cimetière juif, peu de temps après leur découverte par les Alliés. Des restes des 86 victimes gazées du camp de Natzwiller furent encore retrouvés le 9 juillet 2015 à l’Institut de médecine légale de Strasbourg (Le Monde, 21.07.2015). Ces ultimes restes de corps purent enfin être inhumés au cimetière israélite de Cronenbourg, là-même où furent inhumées les victimes de A. Hirt en 1945.

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Ici, en août 1943, quatrevingt six juif.ves transféré. es du camp d'Auschwitz ont été gazé.es par les nazis à des fins d'expérimentations pseudo-scientifiques.


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Bella Alaluf, Elvira Amar, Emma Amar, Palomba Arnades, Nety Aruch, Allegra Attas, Ernestine Barach, Allegre Beracha, Sara Bomberg, Sophie Boroschek, Rebeca Cambeli, Sarica Cambeli, Juli Cohen, Esther Eskenazi, Brandel Grub, Maria Kempner, Elisabeth Klein, Else Leibholz, Maria Matalon, Katerina Mosche, Regina Nachman, Siniora Nachmias, Sarina Nissim, Jeanette Passmann, Marie Sainderichin, Alice Simon, Nina Sustiel, Martha Testa, Maria Urstein, David Akouni, Israel Albert, Aron Aron, Martin Ascher, Esra Asser, Joachim Basch, Joachim Behrendt, Günter Benjamin, Kalman Bezsmiertny, Samuel Bluosilio, Harri Bober, Nisin Buchar, Elei Cohen, Hugo Cohn, Günter


Dannenberg, Sabi Dekalo, Kurt Driesen, Aron Esformes, Aron Eskaloni, Maurice Frances, Abraham Franco, Heinz Frischler, Benjamin Geger, Fajsch Gichman, Hugo Haarzopf, Charles Hassan, Alfred Hayum, Rudolf Herrmann, Jacob Herschfeld, Albert Isaak, Israel Isak, Sabetalj Kapon, Level Khan, Jean Kotz, Paul Kroteschiner, Kurt Levi, Ichay Litchi, Michael Marcos, Abraham Matarasso, Lasas Menache, Dario Nathan, Heinrich Osepowitz, Hermann Pinkus, Jacob Polak, Israel Rafael, Samuel Rafael, Siegbert Rosenthal, Frank Sachnowitz, Albert Saltiel, Maurice Saltiel, Maurice Saporta, Mordochai Saul, Gustav Seelig, Emil Sondheim. Sigurd Steinberg, Menachem Taffel, Walter Wollinski

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Index

Mémorial aux Héros et Martyrs de la Déportation. Le Mémorial, dessiné par l’architecte des Monuments Historiques Bertrand Monnet, sera inauguré par le général de Gaulle le 23 juillet 1960.

Baraque à l’intérieur de laquelle se trouve une salle d’autopsie, une dizaine de cellules, ainsi que le four crématoire.

Entrée du camp de Natzweiler.

Panneau explicatif realtif à l’usage de la baraque crématoire.

Maison des officiers, située en contrebas du camp.

Le four crématoire, utilisé afin de se débarasser des cadavres des personnes décédées suite à l’intense labeur impulsé par le régime du camp.

Intérieur du musée présentant ici les couchettes alouées aux détenu.es. Celles-ci ne comportaient ni nattes ni matelas, les détenue.es s’allongaient ainsi à même le bois.

Un mirador bordant les pourtours du camp. Ceux-ci sont de nos jours régulièrement restaurés.


Maisonnette située à deux kilomètres en contrebas du camp et ayant abrité la seule chambre à gaz ayant été utilisée sur le sol français.

Porte d’entrée de la chambre à gaz du Natzweiler Struthof.

Entonnoir ayant servi à insérer les cristaux de sels acides cyanhydriques, ainsi que de l’eau, afin de provoquer la réaction chimique létale dans la chambre à gaz de Natzweiler. Cet entonnoir servira également de pièce à conviction et de preuve lors des procès ultérieurs, notamment celui de Josef Kramer, un sadique alors dirigeant du camp entre 1942 et 1944.

Intérieur de la chambre à gaz du Struthof de Natzweiler, dans laquelle furent gazées 86 personnes, toutes d’origine juive. Natzweiler 7 août 2020 164


Ceux qui admireront la beauté naturelle de ce sommet ne pourront croire que cette montagne est maudite parce qu'elle a abrité l'enfer des hommes libres. Léon Boutbien, résistant, déporté à Natzweiler Struthof.


SOUVENONS-NOUS


Les tombeaux de l’Occupation

Les tombeaux de l’Occupation Ne vaudrait-il pas mieux dynamiter les ruines du totalitarisme ? Suivi de:

Le théâtre des Objets Notes sur une industrie culturelle de la mémoire. Ainsi que de:

Ceci n’est pas un détail de l’Histoire.


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