Skip to main content

Horizons Verts 66

Page 1


« En Israël, pour être réaliste, il faut croire aux miracles. »
David Ben-Gourion, 1er Premier ministre d’Israël

L’OPÉRA

UN MOMENT HISTORIQUE POUR LA SUISSE

À l’occasion de son 125e anniversaire, le KKL-JNF a la joie de vous présenter l’opéra THEODOR à Genève et à Zurich.

Une œuvre de portée internationale consacrée à Theodor Herzl, visionnaire de l’État juif. Pour l’instant, en dehors d’Israël, elle n’est apparue qu’aux États-Unis. Aujourd’hui, cette production cinématographique exceptionnelle arrive en Suisse.

PRINTEMPS 2027

Chères amies et chers amis du KKL-JNF

Nous avions initialement prévu de consacrer ce numéro d’Horizons Verts aux nouveaux départs et aux perspectives inédites. Cependant, peu avant la date limite de publication, la situation en Israël s’est de nouveau dégradée. La guerre est de retour et avec elle, une profonde incertitude.

C’est précisément dans de tels moments que nous devons être proactifs. Le KKL-JNF soutient actuellement les communautés touchées dans tout Israël en allouant des fonds rapidement et sans retard administratif et poursuit son engagement à aider les personnes évacuées à différents niveaux. Le KKL-JNF Suisse apporte également une contribution concrète, notamment au travers d’une campagne de construction d’abris de protection civile. Vous trouverez plus ample information à ce sujet dans l’article principal de ce numéro.

Ce nouveau chapitre met également en lumière des personnes et des initiatives qui incarnent l’engagement, la solidarité et la construction de l’avenir. Vous y découvrirez notamment Dina Kagan, qui a pris ses fonctions de nouvelle Schlicha et de Directrice générale du KKL-JNF Suisse l’été dernier. Grâce à son dynamisme et son dévouement exceptionnels, elle a insufflé un nouvel élan précieux en Suisse romande comme en Suisse alémanique.

Au cœur de nos projets se trouve « Tkuma » – un programme de reconstruction dans le sud et le nord d’Israël. Aujourd’hui, « Tkuma » signifie, plus que jamais, créer des opportunités malgré les difficultés. Des projets comme celui de Kiryat Shmona, et d’autres encore, démontrent comment l’éducation, l’innovation et les communautés peuvent se développer davantage encore, même en période de crise.

Les institutions partenaires du KKL-JNF, telles que le Centre d’innovation du lac de Tibériade (KIC), illustrent parfaitement cette approche : il ne s’agit pas seulement de réparer les dégâts mais de façonner activement l’avenir avec une vision claire.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à nos fidèles donatrices et donateurs à travers toute la Suisse. Grâce à votre générosité, vous apportez une contribution essentielle aux populations des régions touchées, à la reconstruction et à l’avenir d’Israël. Votre engagement pour le KKL-JNF est pour nous à la fois une responsabilité et une source d’inspiration. Que cette lecture vous inspire.

Que se profilent des jours meilleurs et plus paisibles pour Israël comme pour nous tous ! Besorot tovot !

Avec mon chaleureux Shalom et mes vifs remerciements.

Découvrez nos projets et notre engagement – scannez le code QR.

Thèmes clés Horizons Verts 66

L’immobilisme n‘est pas une option

Comment Israël façonne et reconstruit son avenir malgré la guerre

Page 10

Nous voulons rendre le peuple juif fier »

Le nouveau président mondial, Eyal Ostrinsky, s’exprime sur la responsabilité, la reconstruction et l’avenir du KKL-JNF Page 6

Sylviculture et environnement

Nous favorisons les forêts et les parcs, renforçons la biodiversité et nous engageons activement pour la protection de l’environnement –pour un développement durable de la nature en Israël.

Engagement communautaire

Nous nous engageons dans le développement des communautés par l’éducation, encourageons un mode de vie respectueux de l’environnement et renforçons la réhabilitation ainsi que la résilience dans tout Israël.

Recherche et innovation

Nous soutenons la recherche et l’innovation dans les domaines de l’agritech, de la watertech et des technologies climatiques – pour des solutions durables dans la gestion des ressources.

« Nous voulons rendre le peuple juif fier. »

Fin 2025, Eyal Ostrinsky a été élu 16e président mondial du KKL-JNF. Le représentant du Parti travailliste est le plus jeune président de l’histoire du Fonds National Juif qui fêtera sous peu cette année ses 125 ans. « Horizons Verts » a pu s’entretenir avec le nouveau président qui partagera ce poste avec un représentant du Likoud.

Monsieur le Président, vous avez été élu à ce poste il y a quelques mois seulement – pourriez-vous vous présenter brièvement ?

« Je suis originaire de Mevaseret Zion, près de Jérusalem. Je suis marié et père de deux enfants. Je suis diplômé en droit de l’Université hébraïque de Jérusalem. Ces cinq dernières années, j’ai travaillé pour le Congrès Juif Mondial, anciennement l’Organisation Sioniste Mondiale (OSM), en tant que directeur du Département des relations entre Israël et la diaspora juive et comme chef de cabinet et proche collaborateur du président de l’organisation, en exercice. J’ai également été conseiller principal de l’ancien ministre de l’Économie et de l’Industrie, Amir Peretz et de son chef de cabinet lorsqu’il était président du Parti travailliste. Je connais bien le KKL-JNF pour avoir été le conseiller principal de son président, Danny Atar, de 2015 à 2017. Je suis fier d’assumer ce poste en tant que plus jeune président mondial de l’histoire de cette importante organisation.»

Jusqu’à présent, vous avez mené votre carrière en dehors du KKL-JNF, principalement en politique. Voyez-vous cela comme un atout ou un inconvénient dans vos nouvelles fonctions ?

« Je vois cela comme un atout. Le fait d’avoir été conseiller de l’ancien président du KKL-JNF m’a permis de connaître l’organisation de l’intérieur comme de l’extérieur avant même de prendre mes fonctions. De plus, grâce à une étroite collaboration avec de hauts responsables à tous les niveaux, je suis au fait du fonctionnement de la Knesset et du gouvernement. En tant qu’organisation

sioniste nationale, il est essentiel de comprendre comment les décisions sont prises – tant au sein du KKL-JNF que dans les institutions étatiques – afin de favoriser des partenariats efficaces et de mettre en place des processus constructifs. »

Quelles sont vos priorités pour les mois à venir ?

« Notre tâche la plus urgente est la reconstruction des communautés situées le long de la frontière sud, ainsi que celles du nord. Ce n’est pas un hasard si mes premiers déplacements professionnels se sont concentrés sur les communautés proches de la bande de Gaza et en Haute Galilée orientale et que je prévois de me rendre prochainement en Galilée occidentale. Ces régions ont subi de graves dommages ces dernières années.

« La tâche la plus urgente est la reconstruction des localités dans le sud et dans le nord. »

C’est précisément pourquoi construire, renforcer et développer durablement les communautés – un principe fondamental depuis la fondation de l’État d’Israël – est plus pertinent que jamais. Dans le passé, j’ai eu le privilège de participer à des décisions qui ont soutenues ces communautés et mon objectif est désormais d’unir nos efforts à ceux des institutions publiques et de donner aux populations locales les moyens d’agir. »

En parallèle, je poursuis une stratégie fondée sur le principe des « trois couleurs », dans l’esprit même du logo du KKL-JNF.

La première couleur est le brun, qui représente la terre et notre établissement : la poursuite de la reconstruction est la première et la plus importante des tâches qui nous incombent et nous devons tout mettre en œuvre pour que les habitants de Nir Oz et Be’eri, Manara et Metula (situés au sud et au nord, ndlr) puissent regagner au plus vite leurs communautés reconstruites. Cela implique également la participation de groupes de travail composés de jeunes diplômés issus des mouvements de jeunesse qui contribueront à former une nouvelle génération aux frontières. La deuxième couleur est le bleu, symbolisant l’eau et le ciel, l’immensité et l’horizon : le développement de l’action éducative sioniste au sein de la diaspora, sur les campus et au sein des mouvements de jeunesse. Et la troisième couleur est le vert, représentant notre environnement : la reprise d’une politique de reboisement progressive, non seulement en forêt, mais aussi en milieu urbain dans le cadre de l’engagement mondial contre le réchauffement climatique.

Revenons sur votre discours d’investiture : vous avez mentionné que les priorités financières devraient se concentrer sur la résilience sociétale, les situations d’urgence et la diplomatie publique. Si les deux premiers points semblent liés aux événements du 7 octobre, une question demeure : qu’entendez-vous précisément par « diplomatie publique » ?

Notre intention est de faire partie intégrante du système éducatif et de résilience du peuple juif. Il ne s’agit pas seulement d’« éducation » au sens classique du terme, mais également de l’épanouissement personnel des Juifs de la diaspora. Être juif hors d’Israël aujourd’hui – par exemple, sur un campus universitaire ou au sein de certaines communautés à l’étranger – représente un défi complexe.

Notre mission est de leur fournir les outils nécessaires pour faire face à ces tensions car en définitive, ils sont nos ambassadeurs. Nous adoptons une double approche : d’une part, nous agissons fermement contre l’antisémitisme visant les institutions et les organisations ; d’autre part, nous offrons à la diaspora juive des opportunités et des outils éducatifs pour renforcer son lien avec Israël. Notre objectif est que chaque juive et Juif – même en dehors d’Israël – se sente en sécurité et fier(ère) de son identité.

Eyal Ostrinsky, depuis début 2026 président mondial du KKL-JNF

Dans ce discours, vous avez également évoqué la lutte contre l’antisémitisme. À votre avis, est-ce une mission spécifique du KKL-JNF ?

« Absolument. Je la considère comme l’une de mes principales missions en tant que président du KKL-JNF. Dans le passé déjà et surtout depuis les événements du 7 octobre 2023, nous subissons une vague de haine insidieuse qui déferle sur de nombreux foyers de tension à travers le monde, de New York à Sydney. Le KKL-JNF ne peut et ne veut pas rester les bras croisés. Nous mobiliserons nos ressources et nos réseaux pour soutenir les communautés, contrer résolument les mensonges propagés à notre sujet et faire en sorte que la voix juive et sioniste soit entendue haut et fort, avec fierté, partout dans le monde. »

Quel est le rôle du KKL- JNF dans la lutte contre le changement climatique ?

« Le KKL-JNF est un acteur mondial clé dans ce domaine et nous nous efforçons d’adapter l’organisation aux défis du XXIe siècle à plusieurs niveaux interdépendants. Nous œuvrons à la transition d’un reboisement traditionnel vers une politique forestière intelligente et écologique, tout en encourageant la végétalisation urbaine qui contribue à abaisser les températures dans les villes. Parallèlement, nous poursuivons la lutte contre la désertification croissante, un domaine dans lequel Israël joue un rôle de premier plan à l’échelle mondiale.

Un autre pilier central de notre action est le soutien à la recherche et au développement dans le domaine de l’agriculture. Nous encourageons, ainsi, une agriculture durable et respectueuse de l’environnement qui préserve les ressources et crée des perspectives à long terme. Dans le même temps, la question de l’eau demeure cruciale : nous continuerons à soutenir l’agriculture israélienne par le stockage de l’eau et la construction de réservoirs afin qu’elle puisse prospérer en dépit des changements climatiques. »

Vous devriez être remplacé après un certain temps par un représentant du Likoud, puisque vous représentez l’aile libérale du pays. Le temps dont vous disposez n’est-il pas trop court pour accomplir les tâches que vous vous êtes fixées ?

« Je crois au travail déterminé, rapide et ciblé. Lorsqu’on aborde les choses avec des plans de travail clairement structurés et une véritable passion pour l’action, le temps n’est pas une limite mais plutôt le moteur qui permet d’accomplir le maximum pour l’État d’Israël et le peuple juif, en un minimum de temps. »

« Je crois en un travail déterminé, rapide et ciblé –avec des plans d’action clairement structurés et une véritable passion pour l’action. »

Le magazine « Horizons Verts » parait en Suisse et en Autriche ; quels sont vos liens avec ces deux pays ?

« J’ai une grande affection pour les communautés de Suisse et d’Autriche. Elles ont toujours été parmi les plus fidèles et les plus constants soutiens du projet sioniste et du KKL-JNF en particulier. Ces deux pays occupent une place d’honneur dans l’histoire : avec les Congrès sionistes à Bâle et Theodor Herzl de Vienne. La relation avec nos donateurs et amis dans ces pays revêt une importance stratégique et je me réjouis de renforcer plus encore notre coopération et de me rendre bientôt dans ces communautés. »

Comment trouvez-vous l’équilibre dans votre rôle exigeant de président ?

« Ma famille est mon ancrage. Après une journée de travail intense, il n’y a rien de plus précieux que de passer du temps avec elle. Ces derniers mois ont été particulièrement marquants pour nous : peu après ma prise de fonction, Meirav et moi avons eu la joie d’accueillir notre deuxième enfant une petite fille. » Ce merveilleux changement me fait prendre conscience de l’importance des moments simples passés à la maison. J’aime jouer à des jeux de société ou faire des puzzles avec mon fils. C’est un moment qui me permet de m’échapper des tumultes du quotidien pour me concentrer pleinement sur mes enfants et sur ce qui compte vraiment et pour me ressourcer pour le lendemain.

Eyal Ostrinsky lors d’une visite dans le sud d’Israël

Que reste-t-il lorsqu’un cadeau tombe dans l’oubli ?

Un arbre en votre nom en Israël

Certificats de plantation d’arbres du KKL-JNF Suisse durable et personnalisé.

Le destinataire reçoit un certificat personnalisé avec votre dédicace.

Commandez maintenant : scannez simplement le code QR affiché.

Entre guerre et avenir

Nous

pensions être déjà sur la voie d’un avenir meilleur. Mais la guerre est de retour, apportant avec elle l’incertitude, la peur et de nouveaux défis. Aujourd’hui, le véritable sens de la résilience se révèle : rester fermement dans le présent tout en construisant l’avenir.

Le 28 février dernier, l’opération Lion rugissant a marqué le début d’une nouvelle période difficile pour Israël et le monde juif. La guerre contre l’Iran, qui faisait encore rage au moment de la publication de ce numéro, a brutalement anéanti l’espoir d’un avenir plus serein.

Pourtant, cet avenir semblait à portée de main. Après des mois de tension, après le choc du 7 octobre 2023 et les mois de guerre qui ont suivi, nombreux étaient ceux qui se tournaient à nouveau vers l’avenir, vers la stabilité, la reconstruction et une vie sans menace constante. Aujourd’hui, une évidence s’impose : cet avenir n’a pas disparu, il a simplement changé de perspective. C’est précisément dans cette tension entre le présent et l’avenir que réside le défi majeur, et, par la même occasion, la mission d’organisations comme le KKL-JNF. « C’est peut-être la guerre, mais nous ne pouvons pas nous permettre de rester les bras croisés », déclare Dina Kagan, Directrice générale du KKL-JNF Suisse. « Nous devons agir aujourd’hui, tout en pensant à demain. »

« Nous devons agir aujourd’hui –tout en pensant à demain. »

Force intérieure, aujourd’hui et demain

La résilience est bien plus qu’un simple mot à la mode. Elle désigne la capacité à faire face aux crises sans se laisser abattre, tant individuellement que collectivement. Mais concrètement, comment y parvenir au quotidien face à l’incertitude ? Le professeur Mooli Lahad, expert israélien en traumatismes et résilience, souligne qu’il ne s’agit pas de devenir « plus fort », mais il faut s’autoriser à être humain : la peur, la colère et l’inquiétude sont des réactions normales. L’essentiel est de maintenir le lien avec sa famille, sa communauté et ses traditions. Ou, comme il le dit lui-même : «

La guerre restreint souvent notre angle de vision sur la vie— nous devons donc essayer de l’élargir à nouveau.» [EG1.1]

(L’intégralité de l’entretien se trouve page 12.)

7 octobre – et la réaction immédiate

Les événements du 7 octobre ont également posé d’immenses défis au KKL-JNF, partenaire de l’État israélien depuis

des décennies. La priorité était d’agir immédiatement, rapidement et sans lourdeurs administratives. Il s’agissait notamment de fournir aux personnes évacuées des biens de première nécessité et un hébergement, aussi bien dans les kibboutzim touchés que dans les villes. Un fonds d’urgence a été immédiatement créé, avec la contribution de la Suisse.

Par ailleurs, le KKL-JNF Suisse s’est activement impliqué dans des partenariats locaux. Le programme « Adopter une communauté » a soutenu les kibboutzim Magen et Nir Yitzchak. Malgré le contexte sécuritaire tendu, des projets tels que le « Jardin de la résilience » et un Parc de commémoration et de l’espoir voient le jour, grâce au soutien de la Suisse : des lieux qui apportent un ancrage et des perspectives d’avenir.

Stabilisation et renforcement

Au-delà de l’aide d’urgence immédiate, l’accent a été de plus en plus mis sur la stabilisation de la société. Les programmes de soutien psychologique et de prise en charge des traumatismes ont été développés afin d’aider les personnes à surmonter les expériences traumatisantes et retrouver de nouvelles forces.

Quand chaque seconde compte : des enfants en route vers un abri – le quotidien dans le nord d’Israël

Et aujourd’hui ? Une réalité sans répit

La guerre qui sévit affecte tout le pays. Tirs de roquettes, morts et insécurité persistante rythment le quotidien. Le nord d’Israël est une fois de plus particulièrement touché, les attaques violentes du Hezbollah s’intensifiant. Parallèlement, les attaques atteignent le centre et le sud du pays, faisant des victimes et causant d’importants dégâts, toutefois, la situation reste particulièrement critique pour de nombreux habitants du nord.

De nombreuses communautés sont gravement touchées, beaucoup de gens ne vivent plus chez eux ou n’osent pas rentrer. Le KKL-JNF répond à la situation actuelle par des mesures concrètes. Partout en Israël, le KKL-JNF fournit un financement ciblé aux communautés les plus touchées et apporte une nouvelle fois son soutien aux personnes évacuées à différents niveaux – de l’aide d’urgence à l’accompagnement à plus long terme. Le KKL-JNF Suisse y contribue également par ses propres initiatives : à titre d’exemple, une campagne d’urgence pour la construction d’abris a été lancée afin de renforcer la protection de la population face à la menace persistante.

Le Nord : Créer de nouvelles perspectives

Aujourd’hui plus que jamais, le nord d’Israël est une région clé pour l’avenir du pays. Il ne s’agit pas seulement de réparer les dégâts, mais aussi de créer de nouvelles opportunités –économiques, sociales et pour améliorer le quotidien des habitants. Une approche centrale consiste à promouvoir l’innovation et le développement régional. Le KKL-JNF travaille en étroite collaboration avec les communautés et les partenaires locaux pour élaborer des solutions concrètes aux défis actuels. Le Centre d’Innovation du lac de Tibériade (KIC) en est un exemple.

Grâce à des programmes d’innovation, il rassemble des start-ups, de jeunes talents et des acteurs locaux. Des solutions y sont développées pour répondre à des problématiques spécifiques, notamment par le biais de nouvelles technologies agricoles, d’une gestion durable et du renforcement de l’économie régionale. Le développement de l’Université Tel Hai de Kiryat Shmona joue également un rôle crucial, en particulier dans les domaines de la recherche et de l’innovation appliquée.

Par ailleurs, des initiatives éducatives telles que les « Maisons d’excellence » offrent de nouvelles perspectives aux jeunes des régions périphériques, en particulier là où la guerre a exacerbé les inégalités existantes.

Dans le même temps, les activités traditionnelles clés sont maintenues et développées : par exemple, des formes d’agriculture innovantes, ainsi que le reboisement et l’entretien continus des espaces naturels et récréatifs. Cette combinaison d’innovation, de nature et d’engagement communautaire renforce la région sur le long terme.« Nous ne voulons pas seulement réparer les dégâts, mais bâtir un avenir solide », déclare Eyal Ostrinsky, Président mondial du KKL-JNF.

« Nous ne voulons pas seulement réparer les dégâts, mais construire un avenir solide », déclare le président mondial du KKL-JNF, Eyal Ostrinsky.

La résilience comme pont vers l’avenir

Les défis restent immenses. Mais l’essentiel réside dans l’état d’esprit : la volonté de persévérer, de ne pas se laisser paralyser et de regarder vers l’avenir malgré tout. La réalité est difficile. Mais la force intérieure ne consiste pas à idéaliser le présent ; elle consiste à y faire face tout en façonnant l’avenir. Autrement dit : demain n’est pas encore là. Mais il est déjà en train de se construire.

L’avenir se construit au quotidien : l’agriculture comme moteur de développement et de stabilité

La communauté apporte du soutien : les enfants vivent des moments de légèreté malgré la crise

« La guerre rétrécit notre vie – nous devons l’élargir à nouveau »

Le psychologue israélien et spécialiste du traumatisme Mooli Lahad s’exprime sur la situation actuelle liée à la guerre.

Le professeur Mooli Lahad est psychologue et spécialiste des traumatismes et enseigne au Tel-Hai College à Kiryat Shmona. Âgé de 73 ans, lauréat du Prix Israël, il a également été sollicité comme expert après les événements du 11 septembre et la catastrophe du tsunami. Dans ce numéro d’Horizons verts nous avons pu lui poser quelques questions sur la situation actuelle.

Professeur Lahad, comment traverser au mieux cette situation de crise ?

« Lorsque les gens me demandent comment gérer au mieux une situation de guerre, je dis généralement quelque chose qui peut paraître surprenant : avant tout, il faut s’autoriser à être humain. Autrement dit, c’est que la peur, la colère, l’inquiétude pour nos proches ne sont pas des signes de faiblesse, mais des signes que quelque chose nous tient à cœur — et qu’il faut les prendre au sérieux. Ce qui nous aide à traverser des périodes difficiles, ce n’est pas de devenir émotionnellement ‹plus forts›, mais de rester connectés à notre famille, à la communauté et de maintenir nos traditions. Lorsque les personnes restent reliées, même au-delà des frontières nous pouvons mieux supporter ce sentiment d’impuissance. »

Comment définissez-vous la résilience, un terme à la mode, dans le contexte de la guerre ?

« Pour moi, la résilience n’est pas synonyme de dureté, même envers soi-même. La résilience est à mon sens une capacité naturelle, qui doit être entretenue comme n’importe quel autre muscle. On utilise parfois la métaphore suivante : la capacité de se plier sans se briser — autrement dit, la flexibilité est essentielle. C’est la capacité de vivre son quotidien, de travailler, d’élever des enfants, d’aider les autres — et cela dans un monde très incertain. »

En quoi la situation actuelle de la guerre avec l’Iran diffère-t-elle d’événements comme le 11 septembre ou d’une catastrophe naturelle comme un tsunami ?

« Les événements que vous mentionnez étaient, comme la guerre actuelle avec l’Iran, très marquants, mais ils avaient un début et une fin. Bien que les catastrophes naturelles fassent souvent autant, voire plus de victimes que les guerres, nous sommes davantage disposés à les accepter comme la volonté de Dieu ou d’une autre force supérieure. En revanche, face aux guerres ou aux attentats terroristes, il est plus difficile pour les observateurs extérieurs de concevoir que des êtres humains puissent commettre de telles atrocités. En temps de guerre, on se demande : ‹Combien de temps cela va-t-il encore durer ?› plutôt que : ‹Que s’est-il réellement passé ?› Le processus de guérison après une guerre est toutefois souvent similaire à celui qui suit d’autres catastrophes : il s’agit de retrouver la sécurité, d’entretenir ou de recréer des relations et d’accélérer la reconstruction — des bâtiments, mais aussi des émotions. »

Comment gérez-vous personnellement la situation de guerre ?

« En ce moment, je commence généralement ma journée en me concentrant sur quelque chose de stable, de durable. Par exemple, je fais une courte promenade, je prends un café tranquillement ou je discute avec une personne qui compte pour moi — en fonction de mon emploi du temps. Ensuite, j’essaie de me poser quelques questions simples et essentielles comme : de quoi suis-je reconnaissant ? Ma santé, mes relations avec mes proches, un travail porteur de sens, etc. Je pense que ces choses simples peuvent nous donner beaucoup de réconfort en ces temps difficiles.

La guerre restreint souvent notre angle de vision sur la vie— nous devons donc essayer de l’élargir à nouveau. »

Portrait de Doron Leibovitch

Au service du développement du Nord

Le parcours de Doron Leibovitch est révélateur et porteur d’espoir – non seulement pour lui, mais également pour l’avenir du nord

Âgé d’une trentaine d’années, Doron Leibovitch est originaire du moshav Hane’el, dans la vallée de Hefer, non loin de Netanya, au centre d’Israël. Après son service militaire, il s’installe dans le nord afin d’étudier les sciences de l’environnement et les politiques publiques à l’université de Tel-Hai. Parallèlement à ses études, il est admis dans le prestigieux programme Cadets for Local Government, un cursus de trois ans destiné à former de jeunes talents aux responsabilités de direction dans les collectivités locales. Grâce à plusieurs stages – au conseil municipal de Katzrin, au Département environnemental du Conseil régional de Haute-Galilée et dans une municipalité proche du mont Hermon – Doron Leibovitch acquiert une connaissance approfondie des structures administratives locales en Galilée et sur le plateau du Golan, régions souvent considérées comme périphériques.

Après ses études, il commence à travailler à Kiryat Shmona – à un moment charnière de l’histoire de la ville (voir aussi p. 18). Lorsque la guerre éclate le 7 octobre 2023 et que la ville est évacuée, cette localité située à l’extrême nord du pays traverse une rupture profonde. Les communautés dotées d’une forte cohésion interne résistent mieux à la crise mais l’évacuation prolongée laisse des traces visibles. Alors qu’avant la guerre l’accent était mis sur la croissance et le développement, l’enjeu est désormais de reconstruire la résilience et de renforcer le tissu communautaire.

« Le nord a besoin de personnes qui restent – et qui sont prêtes à le reconstruire. »

Aujourd’hui, Doron coordonne le projet « Ville des ruisseaux », soutenu de manière déterminante par le KKLJNF. L’objectif est de reconnecter la ville, physiquement et culturellement, à ses deux cours d’eau : le Zahav et l’Ajun. Pendant des décennies, le Zahav – véritable artère hydrique de la ville – s’est retrouvé asséché après la dérivation de

ses eaux. Ce n’est qu’à la suite de protestations publiques, au début des années 2000, que le pompage est interrompu et que le ruisseau peut à nouveau couler. Le défi consiste aujourd’hui à le réintégrer non seulement dans l’écosystème local mais aussi dans la conscience collective et la vie quotidienne de la ville.

Malgré l’incertitude quant aux perspectives d’emploi à long terme dans la région, Doron Leibovitch reste profondément attaché au nord. Il évoque un noyau d’habitants déterminé qui ont choisi de revenir et de reconstruire, tandis que beaucoup d’autres – notamment issus de milieux socio-économiques plus favorisés – ne sont pas revenus. Il souligne aussi la beauté naturelle exceptionnelle, souvent méconnue, de Kiryat Shmona et invite les visiteurs à découvrir quelques-uns des paysages remarquables de la Haute-Galilée :

« Venez ici et découvrez par vous-mêmes ces trésors cachés. »

Doron Leibovitch s’engage pour le développement durable du nord d’Israël

Entretien avec l’ambassadeur de Suisse en Israël

Simon Geissbühler est ambassadeur de Suisse en Israël, basé à Tel Aviv, depuis près de deux ans. Né à Berne en 1973, ce diplomate a pris ses fonctions à une époque troublée, en pleine guerre de Gaza.

L’ambassadeur de Suisse Simon Geissbühler plante un olivier dans la forêt suisse près de Tibériade, en signe de paix et d’espoir

Depuis, la situation s’est quelque peu apaisée, du moins en apparence. C’est peut-être pourquoi Simon Geissbühler, marié et père de deux enfants, a trouvé le temps de répondre aux questions d’ « Horizons Verts ».

Monsieur l’Ambassadeur, connaissiez-vous le KKL-JNF avant votre prise de fonctions à Tel Aviv à l’été 2024 ? et si oui, que saviez-vous à son sujet ?

« Oui, j’avais déjà entendu parler du Fonds National Juif. Je l’associais principalement au reboisement et à la création de nombreux espaces de loisirs. »

Comment évaluez-vous le travail du KKL-JNF aujourd’hui, que vous avez l’occasion de le voir à l’œuvre ?

« Au cours de mes pérégrinations à travers le pays, de Metula au nord à Eilat à l’extrême sud, j’ai découvert à maintes reprises des parcs gérés par le KKL-JNF. Je me sens particulièrement lié à la Forêt Suisse près de Tibériade et au Mémorial Carl Lutz qui s’y trouve. J’ai même eu l’occasion d’y planter un olivier, symbole de paix et d’espoir. Récemment, j’ai découvert l’ « École de la Paix Rabin » à Mitzpe Ramon, financée par le KKL-JNF Suisse. Lors de mon voyage en Galilée avec le KKL-JNF, il y a quelques mois, j’ai réalisé à quel point le KKL-JNF avait élargi son champ d’action et son mode de fonctionnement par rapport à autrefois. »

Le KKL-JNF concentre aujourd’hui son action notamment sur la lutte contre le changement climatique. Comment percevez-vous la conscience environnementale au quotidien ici en Israël ?

« Il s’agit en effet d’un domaine d’activité important du KKL-JNF et encore peu connu. De nombreux Israéliens ont une conscience environnementale très développée. La

L’ambassadeur Simon Geissbühler (à droite) en échange avec des représentantes et représentants du KKL-JNF en Israël

pénurie d’eau, les sécheresses, les vagues de chaleur mais aussi les inondations lors d’orages violents sont des phénomènes qui affectent régulièrement et directement le pays. »

Au cours de votre carrière universitaire, vous avez consacré une grande partie de vos recherches à l’histoire de la Shoah en Europe de l’Est, et plus particulièrement en Roumanie. D’où vous vient cet intérêt ?

« Tout simplement de la littérature. Au lycée, Isaac Bashevis Singer était mon auteur préféré. C’est grâce à lui que j’ai découvert l’histoire des Juifs d’Europe de l’Est. J’ai ensuite été chef de mission adjoint à Bucarest (2007-2010) et à Varsovie (2010-2013) où j’ai renoué avec mon intérêt pour l’histoire Juive […] »

Pour en revenir à votre activité actuelle : quelle est, selon vous, la plus grande différence entre la Suisse et Israël ?

« La Suisse et Israël ont en commun une taille de population presque identique, une forte capacité d’innovation et un intérêt marqué pour la science et le développement. La vie en Israël est certainement plus trépidante qu’en Suisse. Les conflits internes y sont plus vifs. Le ton de la communication peut être parfois assez rude. Mais nous ressentons aussi une grande cordialité. Et les Israéliens sont très doués pour improviser. »

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans votre quotidien ici en Israël ?

« Je ne trouve rien de difficile. Beaucoup de choses sont simplement différentes. Mais c’est merveilleux et un privilège de pouvoir vivre une expérience nouvelle. La curiosité est l’une des qualités les plus importantes qu’une personne

puisse posséder. Bien sûr, nous souhaiterions que le climat politique général soit plus stable. Au cours de notre première année ici, nous nous sommes réfugiés dans les abris civils plus de 70 fois. C’est éprouvant – pas pour moi personnellement mais en tant que père et en tant qu’ambassadeur responsable de plus de 25 000 citoyens suisses en Israël. »

Comment votre famille s’est-elle intégrée ici ?

« Nous nous plaisons beaucoup ici. Nous voyageons beaucoup le week-end. Nous apprécions la diversité : les paysages, la culture, la vie sociale. Depuis quelques mois, notre fils aîné est également ici, il a commencé ses études à Tel Aviv. Nous sommes reconnaissants de pouvoir vivre ici en famille. »

Que fait l’ambassadeur suisse pour se détendre en dehors de son quotidien stressant ?

« Je fais du sport tous les jours – en tant qu’ancien athlète de haut niveau, j’en ai besoin – j’explore le pays avec ma famille, comme je l’ai dit, je lis et je me livre à ma deuxième grande passion après la diplomatie, à savoir la recherche et l’écriture. »

À PROPOS DE L’AUTEUR

Simon Geissbühler a étudié l’histoire et les sciences politiques en Suisse et aux États-Unis. Docteur en sciences sociales (Dr. rer. soc.), il a travaillé au sein du service diplomatique suisse à partir de 2000, occupant notamment des postes en Europe de l’Est, au Mexique et aux États-Unis. Avant de prendre ses fonctions en Israël, Simon Geissbühler dirigeait la Division Paix et Droits de l’Homme du Département fédéral des Affaires étrangères.

Cet historien est également un auteur reconnu, notamment pour ses ouvrages sur les Juifs d’Europe de l’Est. Parmi ses publications figurent « Cimetières juifs de Bucovine : un livre illustré pour les touristes et contre l’oubli » (Bucarest, 2009), « Juillet sanglant : la guerre d’extermination de la Roumanie et le massacre oublié des Juifs en 1941 » (Paderborn, 2013) et « L’Amérique : l’idée politique » (Berne, 2021).

« Le Nord, berceau d’un nouvel élan »

Récemment nommée Directrice du KKL-JNF Suisse et Autriche, Dina Kagan a une vision claire des missions de l’organisation.

Grâce à une carrière menée dans différents univers, Dina Kagan apporte au KKL-JNF non seulement une expertise professionnelle mais également son expérience de Kibbouznik. « Le KKL-JNF ! Je m’y sens comme chez moi » dit-elle ; un « chez moi » qui dépasse le simple lieu géographique. Depuis juin 2025, Dina Kagan, 53 ans, est devenue la directrice du KKL-JNF Suisse et Autriche. Nouvellement arrivée dans l’organisation, elle semble déjà parfaitement à l’aise dans ses nouvelles fonctions. Lorsque le Fonds National Juif l’a sollicitée pour succéder à Judith Perl-Strasser sa réponse fut sans hésitation : « Oui ! »

Née au sein d’une famille aux racines à la fois danoises et israéliennes, elle grandit au nord d’Israël dans le kibboutz Ayelet HaShachar, dans un cadre de vie communautaire : maisons d’enfants, réfectoire commun, un quotidien fondé sur la proximité et la responsabilité mutuelle. « C’était encore un kibboutz au sens classique du terme », se souvient-elle. Puis s’ensuivent : le service militaire, des études d’histoire et d’histoire de l’art à Tel Aviv – des années durant lesquelles Israël se transforme en profondeur. L’immigration notamment en provenance de l’ex-Union soviétique et d’Éthiopie marque le pays et laisse également, chez elle, une impression durable.

Très tôt, Dina rencontre celui qui deviendra son mari, Zeev, lui aussi originaire du même kibboutz. Le nord d’Israël reste leur ancrage alors que leurs pas les mèneront dans différents lieux. Le couple vit un temps à Francfort-sur-le-Main où Zeev étudie la médecine et où Dina apprend l’allemand. C’est dans cette langue qu’elle nous raconte d’une voix sereine son parcours. Ils ont trois fils, aujourd’hui, tous adultes. Lorsque l’aîné entre à l’école, la famille revient alors en Israël et Dina Kagan y achève sa carrière académique par un doctorat. Puis une nouvelle étape de vie conduit la famille à s’installer pour deux ans au Canada. Une vie itinérante et pourtant solidement enracinée en Israël.Sur le plan professionnel, elle trouve sa voie dans la collecte de fonds. Elle travaille tout d’abord pour le Tel-Hai College, la plus importante université du nord d’Israël, qui compte environ 4 500 étudiants. Par la

suite, elle rejoint l’hôpital Poria, aujourd’hui connu sous le nom de Centre médical Tzafon Baruch Padeh. Dans ces deux institutions, le KKL-JNF apparaît régulièrement comme un partenaire en soutien de la périphérie. « Le KKL-JNF possède une expertise considérable », affirme-t-elle. « Il est un partenaire naturel pour de nombreuses institutions du nord. »

Dès le 7 octobre 2023, les associations partenaires sur le terrain, doivent prendre en charge l’urgence absolue et dramatique de la situation. Tandis que le sud d’Israël requiert

Dina Kagan, directrice du KKL-JNF Suisse et Autriche depuis juin 2025

une aide massive après les attaques barbares du Hamas, le nord subit lui aussi de violents assauts du Hezbollah. Des localités sont évacuées, le cours normal de la vie est interrompu. Dina Kagan en parle avec gravité. « Cette évacuation a stoppé net beaucoup de développements – et en a détruit certains de manière durable. » Des start-up ont quitté la région, parfois même le pays. Kiryat Shmona ressemble encore par endroits à une ville fantôme. Pourtant, loin de s’accrocher au passé, elle se tourne vers ce qui peut renaître : « Le Nord doit être le berceau d’un nouvel élan. »

Le développement de Tel Hai en est le symbole : depuis janvier 2026, l’institution a obtenu officiellement le statut d’université. Davantage d’étudiants devraient s’y inscrire, davantage d’idées naitront, davantage de perspectives d’avenir fleuriront. Pour Dina Kagan, il ne s’agit pas seulement de politique en matière d’éducation mais d’une véritable chance pour la région – si tant est que la stabilité revienne.

Nous ne devons pas considérer le nord comme une région en crise, mais comme un lieu de renouveau –si nous avons le courage de penser à long terme.

Et de souligner que même en période de crise, il ne faut pas sacrifier la vision à long terme. La protection de l’environnement et du climat, les solutions en matière de sécurité hydrique et alimentaire ne sont pas des « sujets de luxe », mais des missions fondamentales. « C’est dans ces domaines en particulier que nous devrons investir au cours des prochaines années. »

Cela implique non seulement de préserver la nature mais aussi de la repenser. Les parcs et forêts dont le Fonds National Juif est responsable nécessitent des stratégies capables de résister au changement climatique. Parfois, la responsabilité implique de porter un regard critique sur des décisions prises par le passé – comme l’assèchement des marais. Certaines zones humides devraient pouvoir retrouver leurs fonctions initiales, estime Dina Kagan qui cite notamment l’Agmon HaHula. Ce site illustre comment la protection de la nature, la recherche et l’éducation peuvent interagir ; un centre de réhabilitation de la faune sauvage soutenu par le KKL-JNF Suisse a donné à cet endroit une dimension supplémentaire.

En dehors des projets traditionnels et des projets 2026 du KKL-JNF en faveur du nord d’Israël, Dina Kagan a ajouté dans les objectifs du KKL-JNF Suisse – le projet « KIC Agrotech Challenge », le projet « Keshet-Eilon » destiné à promouvoir des musiciennes et musiciens d’exception ainsi que d’autres initiatives ; les détails figurent dans ce dernier numéro du magazine « Horizons verts ».

Lorsque Dina Kagan parle d’Israël, elle n’évoque pas seulement des paysages et des projets mais également quelque chose de plus difficilement mesurable : la cohésion. Celle-ci doit être visible – à l’intérieur comme à l’extérieur, y compris au sein de la communauté juive mondiale. Après le 7 octobre, dit-elle, ce lien est devenu encore plus essentiel. « Nous souhaitons que les amis d’Israël puissent à nouveau regarder ce pays avec fierté. »

Elle perçoit la communauté juive en Suisse comme petite mais solidement ancrée – respectée, présente et faisant partie intégrante de la société. La Suisse elle-même l’impressionne : sa diversité, sa sérénité, son attitude vis-à-vis des minorités. « Dans certains domaines mon pays peut beaucoup apprendre de la Suisse », affirme-t-elle. Le Danemark, pays d’origine de sa mère, comme la Suisse représentent des « îlots de stabilité ». Cette stabilité doit être mise à profit de manière très concrète – notamment pour la collecte de fonds. « Nous souhaitons toucher le plus grand nombre de personnes possible », dit-elle – une formule qui résonne plus comme une invitation que comme une stratégie.

Dina se réjouit également que son mari puisse bientôt la rejoindre et que dans cette proximité retrouvée, il puisse la soutenir dans sa mission. Zeev s’installera tout prochainement en Suisse et exercera en tant que médecin. Pour Dina Kagan, ce qui a déjà commencé sur le plan professionnel trouve ainsi un prolongement naturel dans sa vie privée.

Le kibboutz Ayelet HaShachar, dans le nord d’Israël – la patrie de Dina Kagan : niché dans les vastes paysages de la Galilée, marqué par l’agriculture, la communauté et l’histoire

La « Cité des Huit » nécessite un important soutien, notamment celui de la Suisse

Cette ville du nord d’Israël et ses environs ont énormément souffert ; cette situation ne doit plus durer, affirme le KKL-JNF.

Kiryat Shmona, la plus grande ville du nord d’Israël, a reçu la visite de deux personnalités politiques de premier plan cet hiver : en janvier, le président israélien Yitzhak Herzog en personne s’y est rendu pour exprimer sa solidarité. Puis, début février, l’ensemble du gouvernement israélien, conduit par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a fait le déplacement dans le nord du pays pour une réunion. M. Netanyahu a rendu hommage aux huit combattants juifs sous les ordres de Joseph Trumpeldor, qui ont donné leur nom à la ville et qui, dès 1920 – bien avant la fondation de l’État – et avaient juré que leur œuvre ne serait jamais abandonnée.

Dans ce contexte, le Premier ministre a annoncé un vaste plan de financement destiné à renforcer la construction de logements, la santé et les infrastructures dans toute la région.

Entre espoir et réalité

Les habitants de la ville ont certes accueilli favorablement cette nouvelle, mais pour eux, il est tout aussi important de recevoir une aide immédiate et directe. Avant la guerre de Gaza, la ville comptait environ 24 000 habitants ; près de 8 000 personnes ne sont pas encore rentrées chez elles depuis le cessez-le-feu. Les stigmates de la guerre sont encore visibles dans de nombreux quartiers de cette petite ville ; certains la qualifient même de « ville fantôme ».

Nombreux sont ceux qui, de retour chez eux, peinent à se réadapter à la vie quotidienne. Une étude menée par l’Université Tel-Hai de Kiryat Shmona, qui a interrogé des rapatriés au cours du second semestre 2025, le révèle : parmi les familles évacuées, la proportion d’enfants souffrant de troubles émotionnels atteint désormais 70 % (contre 66 % l’année précédente). À titre de comparaison, parmi les enfants de familles restées sur place malgré les bombardements le long de la ligne de front, ce chiffre est de 50 % (contre 58 % l’année précédente). Et ce n’est que la partie

émergée de l’iceberg. Outre les difficultés émotionnelles et économiques, la crainte d’une reprise des affrontements militaires avec le Hezbollah, bien qu’affaibli, demeure.

Le maire de la ville, Avichai Stern, ne cache pas la gravité de la situation : « Nous constatons, depuis quelque temps, une augmentation de la consommation d’alcool et de drogues ainsi que des délits violents. L’âge de la première consommation de drogue a diminué. On observe des phénomènes qui n’existaient pas ici auparavant, comme la prostitution. »

Kiryat Shmona, dans le nord d’Israël – marquée par la crise et la reconstruction

Il a prononcé ces mots au quotidien Haaretz à l’occasion d’un reportage paru durant l’été 2025. Ce reportage dressait le portrait d’Ohad Aputa, alors âgé de 16 ans, qui travaille aujourd’hui aux archives du ministère de la Construction. Pendant l’évacuation, il était hébergé à Herzliya, sur la côte méditerranéenne. « Ce n’est pas Kiryat Shmona qui a changé, mais les gens », a-t-il déclaré. « Nous sommes partis à 14 ans et revenus à 16. Nous avons grandi. » Et par là, il entendait bien plus qu’une simple croissance physique.

Au centre du pays, il y avait « tout » ; au nord, « rien à faire » : un hôtel cinq étoiles, trois repas par jour, une piscine, une chambre privée, tous leurs amis au même étage. Et la mer à perte de vue, à la place de la frontière fermée avec le Liban. Le passage d’une vie apparemment insouciante à un quotidien tendu est un défi. Non seulement pour les jeunes, mais aussi pour les autorités et les professionnels qui les accompagnent.

Construire avec une vision

C’est ici que commence le travail de développement du KKL-JNF, non seulement à Kiryat Shmona, mais dans tout le nord (et aussi dans le sud). Le nouveau président mondial du KKL-JNF, Eyal Ostrinsky, déclare : « Nous ne nous contentons pas de planter des arbres, nous posons également les fondations. »

Nous ne plantons pas seulement des arbres, nous posons aussi des fondations.

Le KKL-JNF a donc décidé d’acquérir et de rénover plus de 100 appartements à Kiryat Shmona et de les mettre à la disposition de jeunes couples ou de familles, afin de redynamiser la ville. Il s’agit d’un projet ambitieux qui repose sur le soutien des amis et des donateurs du KKL-JNF dans le monde entier, y compris en Suisse.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Les « Maisons d’Excellence », qui accompagnent avec professionnalisme les jeunes des zones rurales d’Israël, vont également être renforcées. Ces centres qui combinent, sous un même toit, soutien scolaire, accompagnement personnel et conseils pratiques en matière d’orientation professionnelle, offrent de réelles perspectives d’avenir aux jeunes vivant en dehors des grandes métropoles. Un tel centre d’excellence est actuellement à l’étude à Kiryat Shmona, avec le soutien particulier du KKL-JNF. Le projet est en phase de planification avancée ; l’autorisation de construire est attendue prochainement.

Ce programme « Maison de l’Excellence » vise à combler les lacunes des structures éducatives et professionnelles engendrées par la guerre et ses conséquences.

Il prévoit :

• de nouvelles salles de classe et des centres d’apprentissage

• des laboratoires modernes et à la pointe de la technologie

• une salle polyvalente pour les loisirs et les échanges

• des infrastructures supplémentaires pour un accompagnement global

L’objectif est d’accompagner les jeunes de cette région isolée, de renforcer leurs liens sociaux et de leur offrir de réelles perspectives d’études et de carrière. Ainsi, une nouvelle normalité positive devrait émerger, procurant aux jeunes un sentiment de sécurité et d’avenir.

les jeunes grâce à l’éducation et à l’accompagnement

Pour Eyal Ostrinsky, les projets du KKL-JNF à Kiryat Shmona s’inscrivent dans une stratégie globale et claire pour le nord et les autres régions périphériques d’Israël qui nécessitent un soutien particulier après la guerre de Gaza : « Pour nous, c’est le sionisme contemporain. Nous ne nous contentons pas de sécuriser notre territoire et ses ressources, mais nous investissons également dans le développement de nos communautés. De cette manière, nous renforçons la société israélienne de l’intérieur, et ce, de façon durable. »

L’ÉDUCATION OUVRE

L’AVENIR –INDÉPENDAMMENT DU LIEU DE RÉSIDENCE.

Apprendre ensemble et développer des perspectives dans les House of Excellence
Le House of Excellence renforce
En savoir plus :
Projet N°: 18057

Systèmes d’irrigation et de capteurs automatisés d’agRE.tech en action dans un verger près du lac de Génésareth

Du défi à la solution : l’innovation agritech sur les rives du lac de Tibériade

Une agriculture sous pression croissante

Dans la vallée du Jourdain et dans tout le nord d’Israël, l’agriculture est confrontée à de profondes mutations. Les conditions dans lesquelles travaillent les agriculteurs deviennent de moins en moins prévisibles d’année en année. Les extrêmes climatiques, la raréfaction de l’eau, l’augmentation des coûts de production, la pénurie de main-d’œuvre et l’insécurité caractérisent de plus en plus le quotidien agricole et mettent les communautés rurales sous pression.

Ce qui était autrefois un rythme saisonnier fiable est aujourd’hui marqué par l’incertitude. De nombreuses exploitations sont contraintes de s’adapter plus rapidement et plus profondément que jamais.

Dans ce contexte, l’innovation devient une nécessité, non pas comme une fin en soi, mais comme un moyen de préserver l’agriculture, garantir des moyens de subsistance et maintenir le lien profond qui unit l’homme et la terre.

Le Kinneret Innovation Center : moteur d’une région entière

Au cœur de cette transformation se trouve le Kinneret Innovation Center. Ce moteur de l’innovation agricole et de la résilience régionale a été fondé grâce au soutien et à la vision à long terme du KKL-JNF. Le centre a pour objectif de renforcer durablement l’agriculture et la résilience de la périphérie nord-est d’Israël. Le Kinneret Innovation Center (KIC) est le fruit d’un partenariat stratégique entre le KKL-JNF, le Zemach Industries et le Kinneret Academic College. Il allie innovation

entrepreneuriale, expérience agricole pratique, compétence industrielle et recherche académique. Situé près du lac de Tibériade, le centre se veut pôle d’innovation et de recherche. Il réunit agriculteurs, entrepreneurs, scientifiques et partenaires afin de développer des solutions directement issues des réalités du terrain.

Le principe directeur est la proximité : les technologies ne sont pas conçues en vase clos mais développées en collaboration directe avec les arboriculteurs et les viticulteurs, là où les défis sont perceptibles au quotidien. Le progrès reste ainsi fermement ancré dans la réalité.

agRE.tech : l’innovation issue de l’expérience et de la tradition

Fondée par Elad Levy, agRE.tech, illustre parfaitement cet écosystème d’innovations. Auparavant, M. Levy dirigeait une entreprise de robotique spécialisée dans les technologies de défense développant des systèmes autonomes pour des environnements opérationnels complexes et imprévisibles.

Au fil du temps, il s’est rendu compte que les principes de résilience, de perception sensorielle précise et d’adaptabilité pouvaient également s’appliquer à l’agriculture, un secteur de plus en plus confronté à une instabilité croissante. Cette prise de conscience était motivée non seulement par des considérations technologiques, mais aussi par une expérience personnelle : la famille de Levy pratique la viticulture dans le nord d’Israël depuis des générations et exploite son propre vignoble. Elle subit de plein fouet les effets du changement climatique sur les méthodes agricoles traditionnelles.

Une technologie née sur le terrain

L’alliance d’une expertise technologique et d’un ancrage agricole solide a donné naissance à agRE.tech. L’entreprise développe des systèmes d’automatisation pour les vergers, testés directement en conditions réelles. Son objectif : permettre aux agriculteurs de maintenir leur productivité, même dans des conditions difficiles.

« L’innovation devient une nécessité – non pas comme une fin en soi, mais comme une clé pour préserver l’agriculture. »

Ces solutions permettent de sécuriser les rendements, de réduire la dépendance à une main-d’œuvre rare, de mieux protéger les cultures contre les aléas climatiques et de renforcer la stabilité opérationnelle à long terme.

L’objectif n’est pas de changer l’identité de l’agriculture, mais de lui fournir de nouveaux outils pour survivre et se développer. agRE.tech est l’un des premiers projets phares du tout nouveau Kinneret Innovation Center (KIC). Bénéficiant dès le départ d’un accompagnement, d’un développement pratique et d’une étroite collaboration régionale, l’entreprise

illustre comment les défis locaux peuvent se transformer en innovations avec un impact sur le plan international, lorsqu’un écosystème d’innovation est solidement ancré dans les communautés qu’il sert.

Technologie agRE. tech en utilisation pratique dans des conditions réelles de terrain

Un écosystème local au rayonnement mondial

Alors que la pression sur l’agriculture s’accroît à l’échelle mondiale, le Kinneret Innovation Center (KIC). – en collaboration avec des partenaires tels que le KKL-JNF – incarne une vision d’avenir : le nord d’Israël doit demeurer un espace où agriculture, technologie et résilience prospèrent de concert. Cela permet non seulement d’assurer la productivité du pays, mais aussi les moyens de subsistance des personnes qui en dépendent.

De plus, l’importance de ce modèle dépasse largement les frontières d’Israël. À l’heure où les fluctuations climatiques et l’incertitude croissantes impactent l’agriculture mondiale, les solutions développées sur le terrain, appuyées par des partenariats locaux, une expertise scientifique et une vision à long terme, peuvent inspirer la création de paysages agricoles résilients à travers le monde.

L’INNOVATION RENFORCE

L’AGRICULTURE DANS LE NORD D’ISRAËL

En savoir plus : Projet

«KIC Challenge»

Keshet Eilon – Là où la musique donne de l’espoir

Au nord d’Israël, niché au cœur des collines verdoyantes de Galilée occidentale, près de la frontière libanaise, se trouve un lieu où la musique résonne et inspire l’espoir.

Depuis 1990, le Centre musical Keshet Eilon, au sein du kibboutz Eilon, est un modèle d’excellence, d’échanges interculturels et de solidarité. Plus de 4 300 jeunes instrumentistes à cordes, originaires de plus de 50 pays, y ont étudié ; nombre d’entre eux jouent aujourd’hui dans des orchestres de renommée internationale.

Parmi eux, le jeune violoniste ukrainien Maksym Synytskyi, qui vit désormais en Suisse. Pour lui, Keshet Eilon est bien plus qu’un lieu de perfectionnement musical : c’est un espace de rencontres et d’épanouissement personnel. Découvrez son témoignage dans l’interview en page suivante.

La musique comme langage universel

La singularité de Keshet Eilon, réside dans son pouvoir fédérateur. Juifs, Arabes, Druzes et Chrétiens y étudient

Concert de clôture à Keshet Eilon – de jeunes musiciennes et musiciens du monde entier sur scène en Galilée occidentale

ensemble, dans un environnement où la musique, loin de se contenter de résonner, insuffle l’espoir. Dans les salles de répétition comme lors des concerts, la musique devient un langage commun : elle transcende les frontières, tisse des liens de confiance et crée des connexions entre les personnes.

Outre ses séminaires d’été et ses master classes, le centre s’investit de plus en plus dans des projets éducatifs axés sur le social et la prise en compte des traumatismes. Depuis 2025, Keshet Eilon collabore également avec le Centre israélien de traumatologie et de résilience NATAL afin d’utiliser la musique à des fins thérapeutiques ciblées. Les collaborations avec le Centre musical de Raanana et avec des programmes musicaux dans les villages arabo-druzes voisins renforcent les réseaux régionaux et l’idée de coexistence culturelle.

Un nouveau départ sous le signe de la protection et de la confiance

Ces deux dernières années ont été particulièrement éprouvantes pour le centre. Le nord d’Israël a été durement touché par la guerre : évacuations, villages détruits, écoles fermées. Keshet Eilon a également dû suspendre temporairement ses activités. Puis, la vie a repris sur le campus. Les étudiants de retour ont alors repris le chemin des Master classes, portés par la conviction du pouvoir de la musique.

Pour que ce nouveau départ soit durable, la sécurité est essentielle. Deux espaces d’enseignement et de répétition renforcés, appelés MAMAD, sont actuellement en construction. Au quotidien, ce sont des salles de classe dynamiques ; en cas d’urgence, ils deviendront des refuges sécurisés pour les étudiants, les enseignants et les visiteurs. « Même lorsque les sirènes retentissent à l’extérieur, la musique doit continuer de résonner à l’intérieur » : ce principe directeur résume parfaitement la philosophie du centre. Ici, la musique n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale : elle renforce la résilience, aide à surmonter les traumatismes et favorise le lien social.

Avec une nouvelle énergie vers le monde

Maksym Synytskyi violoniste virtuose, maintes fois primé, se souvient de ces moments privilégiés dans le prestigieux Centre de formation musical du Kibboutz Keshet Eilon qui rassemble de jeunes instrumentistes à cordes du monde entier. Plus de 4 300 étudiants de plus de 50 pays y ont étudié devenant ainsi les ambassadeurs de la musique et du dialogue.

Avant même d’évoquer la très grande qualité de l’enseignement, Maksym nous confie qu’il réside à « Keshet Eilon » une énergie particulière où les émotions sont élevées à leur paroxysme. Cette Master class fréquentée par des musiciens de très haut niveau, n’est pas, dit-il, juste un lieu d’étude mais un espace-temps qui enrichit l’âme comme nulle part ailleurs.

Les deux salles en béton et acier d’allures modestes symbolisent le point d’orgue de Keshet Eilon : l’affirmation que la culture et l’humanité ne doivent pas être réduites au silence, même en temps de crise. Si la musique ne peut abolir les différences, elle ouvre les cœurs et cela suffit, parfois, à éclairer les ténèbres.

Maksym se souvient de l’angoisse qui, en 2023, l’avait étreint avant d’arriver dans ce Kibboutz sous tension, situé à la frontière avec le Liban et qui s’était vite évanouie laissant place à l’ouverture et à la curiosité. Et de conclure : « … après trois Master class consécutives de dimensions exceptionnelles, mon rêve serait d’être, un jour, invité à y enseigner. »

« Dans cette atmosphère si particulière on y rencontre des amis pour la vie, peut-être un amour, surtout soi-même … on en repart avec l’énergie pour continuer le chemin… »

Un violoniste entre espoir et patrie

Maksym Synytskyi est né le 2 mai 2004 à Donetsk en Ukraine. Passionné de violon, il intègre l’Académie de Musique de Donetsk Serge Prokofiev en 2010 et poursuit sa formation à Odesa. En 2014, il entre au Lycée Professionnel de Musique P. Stolyarsky et en juin 2019, remporte la 1ère place au concours international de musique «Talents of the World». Maksym s’illustre dans l’Orchestre symphonique des jeunes d’Ukraine à Lviv et à Kyiv, en tant que membre de la première section de violons. Entre 2020 et 2022, il poursuit ses études au Lycée musical spécialisé de Kyiv puis rejoint le Conservatoire Royal de Bruxelles où il étudie avec Tatiana SAMOUIL. A la Haute Ecole de Musique de Genève et de Neuchâtel, il étudie avec Sergey OSTROVSKY.

En juillet 2024, Maksym remporte le deuxième prix et de surcroit un prix spécial pour son interprétation d’une œuvre contemporaine lors du Concours international de violon V. Ilona Fehér à Budapest, en Hongrie.

Visualisation du campus élargi de Keshet Eilon avec de nouvelles salles de cours et des abris protégés (MAMADs)

La boîte bleue de mon enfance…

Dans cette rubrique, nous invitons deux de nos lecteurs à partager leurs souvenirs d’enfance relatifs à l’emblématique boîte bleue du KKL-JNF. Cette année, Hilda Cohen et Léo Dreifus ont accepté se livrer à nous.

Hilda Cohen

« Mon père Armand Cohen Amar z’’l était le représentant du KKL-JNF à Larache au sud de Tanger. Cette ville faisait partie du Protectorat espagnol au Maroc jusqu’à son indépendance en 1956.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la menace pour les Juifs était bien réelle. Mon père, attaché au KKL-JNF mais déterminé à protéger sa famille, a pris la décision de faire disparaître toutes traces qui pourraient mettre en danger les siens et la communauté juive notamment les boîtes bleues du KKL-JNF en sa possession. Il décida donc de les aplatir et de les jeter dans la mer depuis une plage déserte en toute discrétion. C’était sans compter sur les vagues qui, sans cesse, les ramenaient sur le rivage… Alors, avec audace et fermeté, il entreprit de les enfouir profondément dans le sable. A la fin de la guerre, farouchement attaché à Israël, il continua de travailler pour le KKL-JNF et de nouvelles petites boîtes bleues étaient présentes à ma naissance. Ce n’est que bien plus tard, une fois adulte, que mon père me livra cette histoire sans trop de détails, juste le nécessaire pour la comprendre. »

Léo Dreifuss

« Alors que j’étais élève au Talmud Torah à Bâle vers la fin des années 1950 et au-delà début 1960, on nous avait confié pour mission de relever régulièrement les boites bleues du KKL-JNF.

Fier et heureux de cette responsabilité, j’allais de famille en famille au sein de la Communauté, dans le secteur qui m’avait été attribué, pour récupérer ces précieuses pièces de monnaie qui permettraient de planter des arbres en Israël. Avec mes yeux d’enfants et la candeur qui caractérise l’âge tendre, je m’étonnais de ne récolter que de modestes recettes auprès de donateurs très aisés et m’en ouvrait à ma mère. Sur un ton maternel et bienveillant elle m’expliqua alors que bien des familles contribuaient souvent généreusement mais souhaitaient le faire le plus discrètement possible. Mon enfance s’en est allée mais cette leçon de vie m’accompagne aujourd’hui encore ; leçon qui reviendra à moi plus tard au travers des enseignements et des discussions sur le sujet dans le Talmud (traité Baba Batra, entre autres). »

Si vous aussi, vous souhaitez nous livrer vos souvenirs relatifs à la boîte bleue du KKL-JNF ou désirez vous en procurer une, n’hésitez pas à contacter notre bureau de Genève.

Un héritage qui fleurit

Pour toujours lié à Israël

Beaucoup d’entre nous ressentent profondément un lien avec Israël – avec son histoire, ses paysages, ses habitants. Cet amour nous accompagne tout au long de la vie : dans les récits de nos familles, dans les images de forêts florissantes qui furent jadis désert, dans les oasis qui apportent la vie aux régions arides. Comment faire en sorte que cet attachement rayonne au-delà de notre propre existence ?

Le KKL-JNF incarne cela depuis près de 125 ans : façonner l’avenir d’Israël. Depuis 1901, nous plantons ensemble des millions d’arbres, créons des poumons verts comme la célèbre Forêt Suisse près de Tibériade, construisons des réservoirs d’eau pour faire fleurir le désert, protégeons la biodiversité et soutenons des projets éducatifs pour les enfants et les jeunes. Chacun de ces projets est plus qu’une infrastructure : c’est un symbole d’espoir, de durabilité et de solidarité.

Avec les années naît souvent le désir de laisser une trace. De transmettre quelque chose qui dépasse son propre horizon.

Un legs en faveur du KKL-JNF permet sa réalisation. En nous mentionnant dans votre succession – comme héritier, cohéritier ou par un legs – vous créez un lien éternel : une forêt qui porte votre nom, un projet hydraulique qui approvisionne en eau les générations futures, un parc où les familles se détendent et où les enfants jouent. Vos valeurs continuent de vivre dans un Israël florissant.

Leurs valeurs perdurent – dans un Israël florissant et porteur d’espoir.

Pour beaucoup, cette perspective apporte réconfort et sérénité. Savoir que l’on restera lié à cette terre si chère offre un sentiment de continuité : « Je ne serai plus là, mais ma contribution continuera de grandir. » Cette décision rayonne au-delà d’Israël. Elle touche aussi vos proches ici, qui peuvent être fiers de cet héritage porteur de sens.

Au KKL-JNF Suisse, nous vous écoutons et vous accompagnons en toute discrétion au travers d’un dialogue personnel et confidentiel pour trouver ensemble la solution qui fait écho à votre désir.

Qu’il s’agisse d’un projet précis ou d’un soutien plus général, il sera mis en œuvre avec respect.

Sur simple demande, par téléphone, par courriel ou via notre site internet, nous vous adresserons notre guide. Il présente de manière claire les différentes possibilités, donne des repères pratiques sur le droit successoral suisse et partage des exemples inspirants.

Ensemble, faisons en sorte qu’Israël devienne plus vert, plus fort et plus vivant et que votre amour pour cette terre continue de fleurir au-delà du temps.

Ronny Siev

Coordinateur Legs et Testaments

KKL-JNF Suisse

LE KKL-JNF DANS VOTRE TESTAMENT

Si vous souhaitez inscrire le KKL-JNF Suisse dans votre testament, veuillez écrire à :

Fonds National Juif (Suisse) Keren Kayemeth LeIsrael (Suisse), Schweizergasse 22, 8001 Zurich

Téléphone : +41 (0)44 225 88 00 Courriel : nachlass@kklschweiz.ch

Ronny Siev

La nature israélienne dans l’ombre de la guerre et du changement climatique

Comment les forêts d’Israël renaissent-elle après la guerre, les incendies et les pressions climatiques – et pourquoi leur restauration va bien au-delà de la simple plantation d’arbres.

La guerre n’a pas seulement impactée les villes et les communautés en Israël. Les forêts du KKL-JNF – reboisées au fil des décennies – sont elles aussi devenues le théâtre de tirs de roquettes, d’incendies et de dévastation. Derrière elles, des troncs calcinés, des habitats détruits et des sols fragilisés.

Dans le sud, dans le Néguev occidental, les forêts de Be’eri et de Re’im ont été particulièrement touchées. Pendant des années, la région a souffert des ballons incendiaires et de feux récurrents ; les événements du 7 octobre 2023 ainsi que les combats qui ont suivi ont laissé de nouvelles blessures. Là où fleurissaient autrefois des anémones rouges et où les familles profitaient de la nature, des surfaces brûlées et l’érosion marquent encore aujourd’hui le paysage. Et pourtant, plantes et animaux reviennent – signes fragiles mais réels de résilience. Les premiers travaux de restauration ont déjà commencé : des chemins ont été sécurisés, les sols stabilisés, les terrains préparés et les premiers jeunes plants mis en terre. Au nord, la forêt de Biriya, en Haute-Galilée, a été gravement endommagée par des tirs de roquettes. Plus de

Si ces réalisations sont possibles, c’est grâce à nos fidèles donatrices et donateurs. Grâce à leur soutien, des étapes importantes de restauration ont déjà pu être réalisées. Mais le chemin reste long. Avec votre aide, de nouvelles forêts grandissent – et avec elles, l’espoir d’un avenir plus vert pour Israël. Ensemble, ramenons la vie ! Des

200 hectares ont brûlé, y compris des zones autour de sites historiques et de sentiers de randonnée. Dix-huit années de reconstruction après la guerre du Liban ont été réduites à néant en peu de temps. La jeune forêt d’Amnoun, près du lac de Tibériade, a également été touchée : un système d’irrigation pourtant essentiel n’a pas pu être installé, des milliers de jeunes plants ont séché et de vastes surfaces ont brûlé.

Mais tous les incendies ne sont pas directement liés à la guerre. Dans le centre d’Israël, des vagues de chaleur extrêmes et la sécheresse ont provoqué des feux dévastateurs dans les zones forestières. Des températures atteignant jusqu’à 700 degrés ont détruit des structures établies – des décennies de travail anéanties en quelques heures. Ces événements montrent à quel point guerre, changement climatique et vulnérabilité écologique sont étroitement liés. Et pourtant, entre les surfaces calcinées, le vert renaît – ici aussi, de nouveaux arbres ont déjà été plantés, expression discrète mais forte d’espoir.

Au-delà du reboisement – la diversité comme réponse à la vulnérabilité

Aujourd’hui, le reboisement va bien au-delà de la simple plantation d’arbres. Il inclut la régénération des sols, la gestion de l’eau, la plantation d’espèces résistantes aux climats extrêmes ainsi qu’un suivi écologique à long terme. L’objectif : créer des forêts diversifiées et résilientes, capables de faire face aux défis futurs. Les forêts d’Israël sont bien plus que de simples paysages. Ce sont des espaces de vie, des lieux de rencontre, de ressourcement et de Mémoire – qui offrent une protection contre l’érosion et la désertification. Leur destruction touche autant la nature que les hommes. Leur reconstruction est aussi un acte de responsabilité écologique.

ENSEMBLE NOUS RAMENONS LA VIE.

Incendie de forêt et reconstruction – protection et entretien de la nature en action
En savoir plus : Projet N°: 23519

Urban Roofing Responsabilité climatiqueconcrètement

Comment le KKL-JNF façonne l’avenir grâce à divers projets : l’Urban Roofing ou toitures urbaines fait actuellement l’objet d’une attention particulière

La crise climatique n’est plus une menace abstraite pour l’avenir. Les étés caniculaires, les phénomènes météorologiques extrêmes, la raréfaction de l’eau et le déclin de la biodiversité témoignent des profonds bouleversements que subit notre environnement. Ces évolutions soulignent l’urgence de développer des solutions innovantes et de renforcer les infrastructures durables. Pour le Fonds National Juif (KKL-JNF), ces changements constituent depuis des décennies un défi, une mission et une responsabilité. Le reboisement, la lutte contre la désertification, la gestion durable de l’eau, les solutions énergétiques et de stockage innovantes et l’agriculture adaptée au climat constituent les piliers de la stratégie climatique du Fonds National Juif. Dans le cadre des projets climatiques actuellement financés, le KKL-JNF soutient 16 initiatives qui abordent différents aspects de l’adaptation au changement climatique et de la réduction des émissions – de la précarité énergétique aux infrastructures résilientes en passant par le développement urbain durable.

L’Espace urbain au centre des préoccupations

Les villes sont particulièrement sous pression : le béton emmagasine la chaleur, les surfaces imperméables empêchent la pénétration des eaux pluviales dans le sol et les espaces verts se raréfient. Le développement durable se joue donc de plus en plus au cœur des zones urbaines. Une approche innovante consiste à recourir à ce que l’on appelle l’« Urban roofing », c’est-à-dire la végétalisation écologique des toitures. Dans les zones densément construites, les toits représentent une part importante des surfaces imperméables, jusqu’ici largement inexploitées. Ils sont désormais transformés en véritables instruments de régulation climatique.

Toitures végétalisées :

• réduisent l’effet d’îlot de chaleur urbain,

• stockent l’eau de pluie et soulagent les réseaux d’assainissement,

• améliorent la qualité de l’air,

• créent des habitats pour les insectes et les oiseaux,

• diminuent la consommation énergétique des bâtiments grâce à une isolation naturelle.

Ce qui n’était autrefois qu’une simple protection contre les intempéries devient aujourd’hui un élément essentiel du développement urbain durable.

Un regard sur Jérusalem : Muslala et « Gag Eden »

Un exemple inspirant à Jérusalem illustre le potentiel transformateur de ce concept : l’initiative Muslala et le festival « Gag Eden » – un jardin suspendu.

Sur le toit de l’immeuble Clal, en plein centre-ville, Muslala a créé un espace de rencontre écologique et interdisciplinaire. Ici se côtoient agriculture urbaine, art, éducation et vie communautaire. Le festival annuel Gag Eden ouvre au public de nombreux toits de Jérusalem et révèle le potentiel écologique et social qui se cache au-dessus de nos têtes.

L’avenir se trouve au-dessus de nos têtes.

L’Urban Roofing symbolise un changement fondamental : la protection du climat ne se limite plus aux forêts et aux champs, elle se joue au cœur même des villes. Chaque toit peut s’intégrer à un réseau écologique plus vaste. Ce qui commence aujourd’hui par une terrasse végétalisée peut devenir un élément constitutif d’un urbanisme résilient au changement climatique. Le KKL-JNF soutient et encourage cette transformation par la recherche, des projets pilotes et une vision à long terme.

AU-DESSUS DE NOS TÊTES SE TROUVE L’AVENIR.

Jardin sur le toit comme espace de rencontre urbain – un exemple d’utilisation durable des toits de la ville de Jérusalem
En savoir plus : Projet N°: 20851

Une forêt pour une ville

La forêt communautaire suisse de Tibériade

Au-dessus du lac de Tibériade s’étend la forêt suisse. Elle incarne le partenariat durable entre la Suisse et Israël et un engagement concret pour l’être humain et l’environnement.

Depuis des décennies, les Amis du KKL-JNF Suisse œuvrent pour la préservation de cette zone d’environ 3 km². Une forêt riche et diversifiée s’y est développée. Elle allie détente et protection de la nature. Chaque année, des milliers de personnes la visitent.

Mais son rôle va bien au-delà de son agrément : la végétation stabilise les sols, les protège de l’érosion et régule le ruissellement de l’eau lors de fortes pluies. Elle est ainsi à la fois paysage et espace de protection.

Au sein de cette Forêt Suisse, un projet d’aménagement ciblé est en cours : la Forêt Communale Suisse de la Ville de Tibériade.

Notons que la forêt communautaire ne remplace pas la Forêt suisse. Il s’agit d’une section clairement délimitée en bordure de la forêt, à la limite de la ville de Tibériade. La Forêt suisse dans son ensemble demeure et continue d’être entretenue par les Amis du KKL-JNF Suisse. La forêt communautaire constitue une partie intégrante de cet ensemble plus vaste, avec une attention particulière portée à la participation active de la ville et de ses habitants. Ici, l’être humain est au centre des préoccupations, tout comme sa responsabilité vis-à-vis de l’espace de vie commun.

La forêt communautaire est bien plus qu’un simple espace vert. C’est un lieu de rencontre, d’apprentissage et de partage. Le projet a été développé en collaboration avec la municipalité et les habitants. Cette collaboration favorise un sentiment d’appartenance et renforce le lien entre les habitants et « leur » forêt.

En milieu urbain, les espaces verts librement accessibles sont particulièrement précieux. Ils offrent un lieu pour respirer, se déplacer et tisser des liens ; ils nous font prendre conscience que l’environnement peut-être à notre porte. Les

La forêt communautaire suisse près de Tibériade crée un nouvel espace naturel pour les habitants de la ville

zones ombragées permettent d’organiser des cours en plein air, les sentiers favorisent les échanges intergénérationnels et de nouvelles plantations améliorent la qualité écologique et le climat urbain. Une entrée clairement aménagée souligne le caractère convivial du lieu. Le concept de « forêts communautaires » est au cœur de l’action du KKL-JNF. On en compte déjà 22 en Suisse. Leur principe est simple : rendre la nature accessible et partager les responsabilités. L’implication des citoyens favorise un sentiment d’appartenance.

La forêt communautaire suisse de Tibériade allie soutien international et appropriation locale. Elle incarne une conception moderne de l’engagement environnemental : à la fois partie intégrante de la forêt suisse et forêt urbaine conçue par la communauté.

Son développement futur demeure une responsabilité partagée. Investir dans la forêt communautaire, c’est investir dans le bien être des habitants de Tibériade en renforçant leur qualité de vie, leur esprit communautaire pour un avenir où nature et communautés sont indissociables.

LA NATURE CRÉE DU LIEN.

En savoir plus : Projet N°: 22113

Uzi et « sa » Forêt Suisse

Pendant de nombreuses années, le forestier Uzi a façonné la Forêt Suisse près de Tibériade.

Avec expertise, passion et un humour subtil, il a guidé la croissance de la forêt et captivé les visiteurs du KKL-JNF avec des récits vivants, tirés de son quotidien parmi les jeunes plants, le soleil et la mer de Galilée. Il est désormais à la retraite. L’occasion de faire une brève rétrospective.

Vous vous occupez de la Forêt Suisse depuis de nombreuses années. Que représente-t-elle pour vous personnellement ?

J’ai commencé à travailler dans la sylviculture en 1986 - dans celle que l’on appelait alors la « Forêt de Tibériade ». Depuis, j’ai toujours été étroitement lié à cette forêt, quel que soit mon poste. Pour moi, c’est la forêt la plus complexe de tout le district, en raison de sa situation sur les pentes abruptes du massif de la Porija, au-dessus de la ville de Tibériade. Le principal défi était – et reste – bien sûr la plantation d’essences adaptées à ces pentes difficiles et escarpées, notamment compte tenu de la faible pluviométrie de cette région.

La Forêt Suisse relie Israël et la Suisse. Avez-vous ressenti ce lien particulier dans votre travail ?

Ce lien étroit et le développement intensif avec la communauté suisse ont pratiquement débuté lorsque, tout jeune employé, j’ai rejoint ce district. Depuis lors, comme vous le savez, le rythme des plantations s’est considérablement accéléré, tout cela au service de la protection des sols et de la stabilisation des pentes contre l’érosion et les glissements de terrain, afin de protéger la ville de Tibériade et le lac de Tibériade.

Au fil des ans, la communauté suisse a contribué de manière significative à l’aménagement de ce site : pistes cyclables, aires de repos, points de vue. Aujourd’hui, avec l’achèvement de ce promontoire dont la vue est à couper le souffle et que beaucoup surnomment « le balcon du pays », cela est particulièrement visible. Selon moi, rien de tout cela n’aurait été

possible sans une amie extraordinaire d’Israël (dont j’ai malheureusement oublié le nom), une femme qui a mobilisé de nombreux donateurs pour la Forêt Suisse. Chaque fois que je traverse cette forêt en voiture, je me dis : sans elle, cette beauté n’existerait peut-être pas.

La Forêt Suisse d’aujourd’hui est indéniablement la forêt des communautés suisses – cela ne fait aucun doute. J’imagine difficilement la création d’une forêt sur les pentes escarpées surplombant la mer de Galilée sans leur amour et leur généreux soutien à Israël. La Forêt Suisse est désormais l’une des forêts les plus visitées d’Israël.

Lorsque vous vous promenez aujourd’hui dans « votre » forêt : que souhaiteriez-vous pour son avenir ?

J’espère, dans l’intérêt des générations futures, que les responsables municipaux, le KKL-JNF et l’État sauront préserver l’existant et étendre les limites de la forêt vers le sud afin de mener à bien le programme de protection des sols et favoriser le développement au pied de la montagne – et de maintenir et renforcer ce poumon vert essentiel à cette région.

Uzi dans la forêt suisse au-dessus du lac de Génésareth

VOICI

QUELQUES-UNES DES CONTRIBUTIONS SUISSES :

• Un sentier de randonnée de 5,5 km

• Un « singletrail » VTT de 13 km

• Une aire d’hébergement pour la nuit

• Une aire de repos à trois niveaux

• Le Mémorial Karl Lutz avec vue sur la mer de Galilée

• Le belvédère de l’arc

• L’aire de stationnement « Mul Golan »

• E t, point d’orgue de la route panoramique : l’impressionnant promontoire

8 mai 2025 à Genève

THE POWER OF NATURE

Le 8 mai 2025, la Banque Safra Sarasin recevait le KKL-JNF pour sa soirée intitulée « The Power of Nature ».

L’Ambassadrice d’Israël en Suisse, S.E. Ifat Reshef, a exprimé la gratitude de l’Etat pour le travail remarquable et indispensable accompli par le KKL-JNF depuis sa création en 1901.

Cette soirée, était placée sous la bannière du Pouvoir de la Nature ; celle qu’en Israël le KKL-JNF préserve et fait croître mais aussi celle des Israéliens et de ceux issus des minorités Druzes et Bédouines. La nature exceptionnelle de ce peuple qui, uni et fort de sa diversité, fait face à l’indicible depuis le 7 octobre 2023. Cet événement a mis à l’honneur ces forces de la nature, femmes et hommes qui avec résilience, innovation et générosité se consacrent à reconstruire les communautés du Sud et du Nord et le travail que le KKL-JNF accomplit depuis plus de 124 ans. Ce fut l’occasion également de remercier la nature généreuse et fidèle des donateurs et amis du KKL-JNF sans lesquels ces réalisations n’auraient pas vu le jour.

Magen : Bien plus qu’un projet …

Les recettes de la soirée étaient destinées à la construction du « Parc commémoratif de la bravoure et de l’espoir », au sein du Kibboutz Magen durement touché lors de attaques du Hamas. Cet espace de 2’000m2 sera un lieu de commémorations et de rassemblements festifs où la nature sera source de force et d’espoir. Martin Sessler z’’l, tristement décédé depuis la soirée, qui est l’un des fondateurs du Kibboutz et originaire de Suisse, avait partagé dans un court-métrage l’histoire de celui-ci et ses émotions.

La recherche « fer de lance » du KKL-JNF

Le KKL-JNF a présenté le travail de recherche. Central, il permet de faire fleurir la terre d’Israël de manière durable, nourrir ses habitants, offrir des paysages splendides et des espaces de loisirs aux familles, accessibles aux personnes handicapées.

Invité d’honneur, le Dr Doron Markel, Scientifique en Chef du KKL-JNF, en direct de Jérusalem s’est exprimé sur le développement durable, l’agrivoltaïque et la lutte contre la désertification. Son auditoire, conquis par l’intérêt et la clarté de son exposé, n’a pas tari de questions.

Noa R. : Resilience et Talent

Noa R., une chanteuse suissesse au destin exceptionnel qui conjugue avec subtilité résilience et talent nous a enchantés de sa voix sensible et puissante à la fois. Accompagnée du pianiste Maxime Richelme.

Le KKL-JNF qui soutient des programmes pour enfants à besoins spécifiques espère que cet exemple de résilience extraordinaire inspirera de nombreuses vocations parmi les jeunes bénéficiaires de ces programmes et leur redonnera espoir et confiance.

Une expérience immersive unique à la découverte des forêts d’Israël

Nos invités se sont ensuite restaurés dans la nature puissante d’Israël. Ce voyage immersif – son & image - nous a transporté au cœur des forêts d’Israël ; une invitation originale à explorer la diversité des paysages forestiers, leur biodiversité et leur rôle essentiel dans notre environnement. Cette soirée hors du commun fut un succès grâce à une collaboration « powerful » entre les équipes du KKL-JNF en Suisse et de Jérusalem, au service de la Nature en Israël.

Notre année en pêle-mêle...

Événement Âge d’Or à la CIG Genève

Soirée de rencontre avec la communauté évangélique à Genève
Célébration de Tou Bichvat au sein de l’école Beit Yossef Girsa à Genève
The Power of Nature – à Genève - Voyage immersif au cœur des forêts d’Israël
Soirée avec Iris & Tuval Haim –Foi, espoir et humanité
Rami Kleinstein en concert live
Visite du KKL-JNF au jardin d’enfants israélite Marcus Cohn, Bâle
Shabbaton de l’UEJS avec le soutien du KKL-JNF

Assurer l’avenir du cacao

L’innovation venue du Néguev pour un monde du chocolat durable

Le chocolat est à la fois un plaisir gourmand, un patrimoine culturel et un facteur économique. Mais sa matière première, le cacao, est de plus en plus menacée.

Jeunes plants de cacao en serre contrôlée dans le sud d’Israël

Changement climatique, maladies des végétaux, diminution des précipitations, hausse des températures et disparition des pollinisateurs naturels mettent en péril les régions productrices traditionnelles à travers le monde. Parallèlement, la demande mondiale ne cesse de croître. Par conséquent, il convient de trouver des modèles agricoles innovants et résilients face au changement climatique, qui réduisent l’impact environnemental et ouvrent de nouvelles perspectives. Une initiative de ce type est actuellement en cours d’élaboration dans le sud d’Israël.

Fondée en 1977, la station de R&D de Besor a été la première station de recherche agricole de ce type en Israël. En collaboration avec le KKL-JNF, le Ministère israélien de l’Agriculture et d’autres institutions scientifiques, elle développe des solutions pour relever les défis spécifiques de l’agriculture du Néguev. Son objectif est de mettre en place des méthodes de production innovantes et économiquement viables dans les régions marginales.

Les recherches portent sur la culture des fruits et légumes, l’optimisation des rendements et de la qualité, la réduction de l’utilisation des pesticides et l’expérimentation de

nouvelles variétés en conditions climatiques extrêmes. La station s’intéresse désormais à un nouveau sujet : le cacao.

Ce projet, mené par l’Institut Volcani et mis en œuvre au Centre de R&D du Sud, dans la région de Ha’Besor, étudie la faisabilité de la culture du cacao sous serre en dehors des zones tropicales. L’Institut Volcani est le principal centre de recherche agricole d’Israël ; il développe des solutions pour des cultures résilientes face au changement climatique et une agriculture durable.

La région offre des conditions favorables : des sols sableux bien drainés, une eau d’irrigation à très faible salinité et des conditions climatiques qui peuvent être adaptées aux besoins du cacao par des mesures relativement simples. L’objectif est d’acclimater les arbres, d’optimiser la température, l’humidité, l’ombrage et l’apport en nutriments, ainsi que d’identifier des variétés particulièrement robustes présentant des taux de survie élevés et une floraison précoce.

Le projet en est à sa troisième année. L’infrastructure est en place, les arbres sont bien implantés et les premiers fruits commencent déjà à se former. Cela signifie que le projet a clairement dépassé le stade d’une simple étude de faisabilité. Une culture du cacao réussie et maîtrisée en Israël ne remplacerait pas les régions tropicales mais les compléterait efficacement. Elle pourrait diversifier les chaînes d’approvisionnement, réduire à long terme la pression sur les forêts tropicales et établir de nouveaux modèles de production résilients face au changement climatique.

Le KKL-JNF s’engage depuis des décennies dans la recherche agricole, avec pour objectif une utilisation responsable des ressources naturelles et la création de sources de revenus innovantes. Le projet cacao illustre parfaitement cette approche : scientifiquement rigoureux, tourné vers l’avenir et aligné sur les perspectives de durabilité et de rentabilité. L’avenir du chocolat commence par la recherche – et par le courage d’innover.

NOUVELLES VOIES POUR LE CACAO DE DEMAIN

Projets réalisés

Forêt de Biriya, près de Safed

Des mesures ciblées ont permis de régénérer les zones forestières endommagées et de renforcer l’écosystème durablement.

Forêts du Centre d’Israël

À la suite des incendies de forêt dévastateurs qui ont ravagés le centre du pays, les zones sinistrées ont été sécurisées et la restauration progressive des paysages forestiers touchés a commencé.

Forêt de Be’eri, dans le Néguev occidental

Après d ’importants dégâts, la reforestation engagée montre déjà des signes visibles de renouveau avec l’apparition des premières pousses vertes.

Kibbutz Nir Yitzchak

Dans le cadre du projet mondial du KKL-JNF « Adopt a Community », le Jardin de la Résilience de Nir Yitzchak a été achevé et offre désormais un espace de calme, de rencontre et de renouveau.

Mer Méditerranée

Aire de pique-nique

Max Guttmann

Située dans la Forêt Suisse, cette aire a été réaménagée dans un nouvel emplacement attrayant, surplombant le lac de Tibériade. Elle est désormais accessible à tous et conforme aux normes de sécurité en vigueur.

Forêt de Gilboa

Les efforts de reboisement se poursuivent de manière ciblée, contribuant ainsi à renforcer l’écosystème local durablement.

Ruhama

À Ruhama, de nouvelles habitations destinées aux familles évacuées de Kfar Aza ont été agrémentées de pergolas. Un terrain de sport existant a été rénové, renforçant ainsi les liens communautaires entre les résidents - une toile pour protéger le terrain du soleil est en cours de réalisation.

Reviving the Land

Dans le sud d’Israël, des terres dévastées et en friche ont été remises en culture, posant ainsi les bases d’un développement agricole durable.

Abris de protection civile pour Israël

Dans plusieurs localités, notamment à Nes Harim et dans la région de Gilboa, de nouveaux abris ont été construits afin de renforcer durablement la sécurité des centres éducatifs et communautaires.

Transparence au KKL-JNF

Comment votre don

fait

la différence

Votre don est bien plus qu’une simple contribution : il se transforme en un projet concret et nous vous expliquons clairement comment.

Avant son lancement, chaque projet du KKL-JNF est préparé avec soin : le lieu, le budget, le calendrier et les responsabilités sont clairement définis et approuvés. Votre don est affecté au projet spécifique que vous avez choisi, utilisé en fonction de son avancement et entièrement consacré à sa mise en œuvre. Pour les plantations d’arbres : vous choisissez la forêt (par exemple, la forêt suisse de Tibériade) ; nos forestiers sur place déterminent l’emplacement précis de la plantation en fonction des besoins.

Nombre de nos projets sont mis en œuvre directement par nos propres spécialistes du KKL-JNF : de la planification à la construction sur site. Lorsque nous collaborons avec des partenaires, les mêmes exigences s’appliquent : nos ingénieurs, planificateurs et services financiers et de contrôle supervisent la mise en œuvre étape par étape.

Don

Votre don crée ainsi un impact durable, de manière transparente, responsable et traçable.

Un engagement qui porte ses fruits et qui perdure.

Les paiements sont effectués par tranches après une vérification technique. Des rapports réguliers et des photos documentent l’avancement des travaux.

Ainsi, responsabilité et qualité restent entre les même mains – et vous pouvez être sûr que votre engagement porte ses fruits.

Même après l’achèvement des travaux, notre engagement demeure : nous assurons l’entretien, le suivi et la préservation à long terme du site. En témoignage de notre reconnaissance, une plaque commémorative est apposée en l’honneur des donateurs grâce à qui ce projet a pu être réalisé.

Paiement en fonction de l’avancement

Rapport & Photos

Planification du projet & autorisations

Contrôle & validation

Achèvement du projet & dédicaces

Affectation liée à un objectif (numéro de projet)

Mise en œuvre sur site

Maintenance & contrôle de suivi

Une rencontre avec Iris et Tuval Haim

Rachel Edri et Tali Hadad, originaires d’Ofakim, devaient initialement intervenir le 10 mars 2026 à Genève pour partager leurs expériences du 7 octobre 2023 – une journée qui a bouleversé leurs vies et celles de nombreuses autres personnes.

Malheureusement, en raison du contexte sécuritaire tendu, elles n’ont pas pu être présentes et c’est au pied levé, qu’Iris et Tuval Haim sont venus partager un message fort : l’espoir peut renaître même dans les moments les plus sombres. Leurs témoignages tout comme celui de Rachel Edri et Tali Hadad soutiennent le projet du KKL-JNF « Le Chemin des Héroïnes » au parc Ofakim permettant ainsi d’inscrire pour nos générations et les générations futures les témoignages de toutes ces femmes qui ont fait preuve d’un courage exceptionnel.

Iris Haim s’exprime sur le deuil, la responsabilité et l’humanité –en arrière-plan, une

Il est des moments suspendus, empreints d’empathie, de compassion et de profonde connexion. C’est ce que nous avons vécu le soir du 10 mars 2026, lors de la rencontre organisée par le KKL-JNF dans la salle Safran de la synagogue Beth Yaacov.

Iris Haim est la mère de Yotam Haim z’’l, enlevé au kibboutz Kfar Aza le 7 octobre. Après 65 jours de captivité, il réussit à s’échapper mais est tragiquement abattu par des soldats israéliens lors d’une effroyable méprise.

Malgré cette perte inimaginable, Iris Haim n’a pas sombré dans l’amertume. Au contraire, elle a consciemment choisi une autre voie : celle de l’humanité, de la responsabilité, appelant à l’unité du peuple d’Israël. Son message est

aussi simple que puissant : « Choisir la lumière plutôt que les ténèbres. »

« Merci au KKL-JNF pour cette soirée tellement émouvante » I.G. Genève

Avec une grande lucidité et une dignité remarquable, elle a évoqué l’importance de ne pas perdre foi en la bonté de l’humanité même dans les moments de choc profond ; des paroles qui ont profondément touché l’auditoire. Les prestations musicales de son fils Tuval Haim furent particulièrement émouvantes. Lors d’un moment d’une grande intensité, il a interprété avec son frère Yotam z’’l, un duo de percussion les images diffusées à l’écran – ont visiblement touché nombre des personnes présentes. Iris et Tuval se sont ensuite rendu à Zurich pour porter ce même message aux donateurs du KKL-JNF en Suisse alémanique : Même de la douleur la plus profonde peut jaillir la lumière – si nous décidons de la voir.

LE COURAGE MÉRITE D’ÊTRE MÉMOIRE.

L’événement a permis le lancement de l’important projet du KKL-JNF : « Le Chemin des Héroïnes » au parc Ofakim, dans le sud d’Israël. Ce projet a pour objectif de rendre hommage au courage exceptionnel des Israéliennes devenues des symboles de bravoure, de responsabilité et d’humanité lors des attentats terroristes du 7 octobre. Le « Chemin des Héroïnes » se veut un lieu de recueillement et d’inspiration, un symbole visible de résilience, d’espoir et de la force d’une société unie même dans les moments les plus sombres. Choisir la lumière

photo de son fils Yotam z’’l.
Tuval Haim rend hommage à son frère Yotam z’’l en musique et images
En savoir plus :
Une étape importante pour l’aide d’urgence en Israël
Plus rapide. Plus coordonnée. Plus efficace. – À Sderot, l’avenir se construit – avec votre aide.

Les événements tragiques du 7 octobre 2023 ont mis en évidence l’importance cruciale d’une aide d’urgence rapide et coordonnée par des professionnels en Israël. Ce constat a été confirmé lors du bref conflit avec l’Iran en juin 2024. Les communautés du sud du pays, près de la frontière de Gaza, dépendent tout particulièrement de structures opérationnelles immédiatement en cas d’urgence : sécurisées, professionnelles et prêtes à intervenir à tout moment.

En collaboration avec le KKL-JNF, United Hatzalah lance donc la construction d’un centre municipal d’intervention et d’aide d’urgence à Sderot – un projet stratégique d’importance pour toute la région. Fondée en 2006, United Hatzalah est aujourd’hui la plus importante organisation de secours d’urgence bénévole d’Israël. Plus de 6 500 secouristes paramédicaux formés sont de service 24h/24 et 7j/7 dans tout le pays, y compris le Shabbat et les jours fériés. Le 7 octobre, plus de 1 500 volontaires se sont précipités dans le sud d’Israël sous le feu ennemi et ont sauvé des milliers de vies. En quelques jours, l’organisation a soigné plus de 3 800 blessés et coordonné environ 800 évacuations par ambulance et hélicoptère, en étroite collaboration avec l’armée israélienne.

L’expérience acquise lors de ces déploiements est désormais directement intégrée à la planification du nouveau centre. Le KKL-JNF considère ce projet comme une étape cruciale vers le renforcement durable de l’infrastructure régionale d’urgence – un projet véritablement novateur visant à réduire les délais d’intervention, à optimiser les processus et à coordonner de manière centralisée la collaboration de tous les services d’urgence.

Vision : un centre protégé pour une assistance rapide

Un centre de 1 200 m² sur trois étages est prévu à Sderot. Fortifié et protégé contre les missiles, il garantira un fonctionnement continu, même sous le feu ennemi.

Sont prévus :

• Le deuxième plus grand centre d’appels d’urgence et de commandement d’Israël

• Un centre logistique et d’approvisionnement régional pour une intervention médicale rapide

• Un quartier général et un centre de formation pour les volontaires, destinés à former la prochaine génération de secouristes

• Une plateforme centrale de coordination avec Tsahal, la police, MDA et les pompiers

Le centre prendra en charge des dizaines de milliers d’habitants de Sderot et des communes environnantes, aussi bien en temps normal qu’en cas de situations exceptionnelles. Les évaluations d’experts du KKL-JNF et d’autres partenaires soulignent le potentiel transformateur du projet : Des délais d’intervention plus courts peuvent sauver des vies. Une meilleure coopération entre les différents services d’urgence, quant à elle, accroît l’efficacité et la sécurité.

État d’avancement du projet

Le projet est actuellement en phase de mise en œuvre. Les travaux ont déjà commencé et devraient s’achever dans environ deux ans. Pour concrétiser cette vision, nous avons besoin de votre soutien. Aidez-nous à renforcer durablement les capacités médicales dans le sud d’Israël, pour une sécurité et une stabilité accrues.

UNE AIDE RAPIDE NÉCESSITE DES STRUCTURES SOLIDES.

En savoir plus : Projet N°: 22459

Construction d’installations en recirculation à terre (RAS) pour l’élevage de saumons prévu dans la vallée d’Emek HaMa’ayanot

Ferme salmonicole d’Emek HaMa’ayanot

Innovation bleue et blanche pour la sécurité alimentaire

Le KKL-JNF soutient le projet salmonicole du district d’Emek HaMa’ayanot, au nord d’Israël – une initiative novatrice visant à établir une production locale de saumon en Israël et à réduire considérablement la dépendance aux importations.

Israël importe actuellement environ 45 500 tonnes de saumon par an. Ce marché représente un volume d’environ NIS 1,45 milliard et connaît une croissance annuelle moyenne de 11 %. Les prix à l’importation étant nettement supérieurs aux coûts prévisionnels de la production nationale, l’aquaculture locale présente un potentiel économique considérable.

Ce projet repose sur les Systèmes d’Aquaculture en Recirculation modernes (SAR) – des systèmes fermés, installés sur la terre ferme et dont l’utilisation est en forte augmentation à travers le monde. Contrairement aux cages en filet en mer ouvertes qui engendrent des problèmes environnementaux, tels que la pollution, la transmission de maladies et dont les poissons s’échappent, les SAR permettent un contrôle total de la qualité de l’eau et des conditions d’élevage. Il en résulte un saumon plus sain, sans antibiotiques, une meilleure croissance et un modèle de production plus durable. La production locale garantit également des produits plus frais, une durée de conservation plus longue, des circuits courts et une empreinte carbone considérablement réduite.

L’objectif est de créer la première installation commerciale en Israël d’élevage terrestre de saumon (avec un poids cible d’environ 4,75 kg par poisson).

La production, la transformation et la gestion des déchets seront regroupées sur un seul site afin de garantir efficacité, sécurité et durabilité. L’installation prévue de 55 000 m² sera située au kibboutz Sde Eliyahu, dans le nord du pays. Elle bénéficiera d’infrastructures existantes, de ressources en eau adéquates, de systèmes d’élimination des déchets agréés et d’installations de compostage à proximité.

Un projet pilote opérationnel, comprenant une station d’élevage d’alevins et de juvéniles, est déjà en place. Il raccourcit le cycle de production et apporte une expérience pratique précieuse en amont de la construction de l’installation d’engraissement actuellement en cours. Le plan de développement prévoit une production commerciale de 2 500 tonnes d’ici la fin de la décennie, avec une extension ultérieure à 5000 tonnes.

Au-delà de son potentiel économique, le projet renforce l’agriculture locale, crée des emplois en milieu rural, protège les écosystèmes marins et accroît la sécurité alimentaire d’Israël. La ferme salmonicole d’Emek HaMa’ayanot est donc bien plus qu’un simple projet d’aquaculture : c’est un investissement stratégique dans une production alimentaire durable, le développement régional et un avenir résilient pour l’approvisionnement alimentaire d’Israël.

L’AUTONOMIE ALIMENTAIRE À PORTÉE DE NAGEOIRE!

Résolvez la grille et gagnez

1. Quel principe directeur guide l’action environnementale du KKL-JNF ?

2. Comment appelle-t-on la diversité des espèces végétales et animales dans les écosystèmes instables ?

3. Dans quel pays le KKL-JNF est-il actif ?

4. Comment appelle-t-on la vie des communautés juives hors d’Israël ?

5. Quel concept juif représente la responsabilité et l’idée de « rendre le monde meilleur » ?

6. Comment appelle-t-on la restauration écologique des paysages dégradés ?

7. Quel établissement d’enseignement supérieur du nord d’Israël a récemment obtenu le statut d’université ?

8. Quel mode de vie communautaire a marqué les débuts de l’histoire d’Israël ?

9. Comment appelle-t-on la résilience des écosystèmes agricoles face aux désagréments climatiques ?

10. Comment appelle-t-on l’association de l’agriculture et de la sylviculture ?

Avez-vous trouvé le mot de solution ?

Vous avez trouvé la solution ? Envoyez-la, au plus tard le 20 mai, par courriel à E-Mail : info@kklsuisse.ch

Objet : Mots croisés Horizons Verts 66

Les gagnants, tirés au sort parmi toutes les bonnes réponses, remporteront les prix suivants :

1er prix : 2 billets pour la soirée « Theodor »

2e prix : 2 bouteilles de vin israélien

3e prix : U n bon cadeau pour planter 2 arbres en Israël

Nous recommandons

Les coups de cœur des collaborateurs du KKL-JNF

Les plus beaux souvenirs ne naissent pas toujours des sites les plus célèbres. Ils se cachent souvent dans ces lieux discrets que seuls les initiés connaissent. Des endroits que l’on découvre parce que quelqu’un nous les confie. C’est

tout l’esprit de notre nouvelle rubrique de notre magazine « Horizons Verts » : « Nous recommandons – Les coups de cœur des collaborateurs du KKL-JNF ». Nos collègues y partagent leurs lieux favoris en Israël : des parenthèses de nature, des panoramas inspirants, des histoires inattendues.

Mon lieu secret préféré : Ein Yarda

Entre le Kibboutz Mahanayim et le Kibboutz Ayelet HaShahar se niche Ein Yarda, une source discrète qui serpente doucement des collines de Galilée vers le Jourdain. Depuis la route, rien ne laisse deviner sa présence. Il faut savoir s’arrêter.

Ceux qui prennent le temps découvrent une oasis paisible. L’eau fraîche coule toute l’année sous l’ombre généreuse des eucalyptus. Trois petits bassins naturels invitent à se rafraî- chir les pieds, tandis que les enfants peuvent y barboter en toute sécurité. Le feuillage dense crée une atmosphère intime, propice à la détente.

L’endroit appelle à la simplicité. On y vient avec son nécessaire à café, on fait chauffer l’eau et l’on porte le café à ébullition sept fois, selon la tradition locale. Puis on s’installe, on respire, on savoure l’instant.

Prolonger l’escapade : Horvat Yarda

À quelques minutes en voiture, la colline voisine abrite Horvat Yarda. On y découvre les ruines impressionnantes d’un domaine ottoman du XIXe siècle, relativement bien conservées. Les fouilles ont révélé céramiques et pièces de monnaie attestant d’une présence humaine dès l’époque romaine.

Au sommet, la vue embrasse la vallée de la Houla dans toute sa splendeur. Au printemps et en automne, le panorama se pare des couleurs des floraisons saisonnières et du ballet des oiseaux migrateurs, rendant le spectacle encore plus saisissant.

Accès

Emprunter la route 91 depuis le carrefour de Mahanayim en direction de Gesher Bnot Yaakov. Après 3,2 km, avant Mishmar HaYarden, tourner à gauche vers le nord sur un chemin entre les vergers. Suivre les indications « Horvat Yarda » et descendre environ 1 km jusqu’au parking d’Ein Yarda.

Pour conclure : une halte gourmande

À proximité, le restaurant Kvish 90 constitue une excel- lente adresse pour prolonger la journée. Réputé pour ses burgers — y compris végétaliens —, son ambiance jeune et son design affirmé, il figure régulièrement parmi les tables les plus appréciées du pays. Une belle façon de clore cette escapade entre nature, histoire et saveurs.

Le KKL-JNF a récemment réhabilité le site et amélioré son accessibilité. Ein Yarda est aujourd’hui accessible aux personnes à mobilité réduite, équipé de tables de pique-nique et de places de stationnement aménagées. Un lieu pensé pour être partagé par tous.

125 ans du KKL-JNF 2027 sera une année spéciale. Célébrez avec nous.

Keren Kayemeth Leisrael

Fonds National Juif (Suisse)

Rue Pedro-Meylan 1 CH 1208 Genève

Tél. 022 347 96 76 www.kklsuisse.ch info@kklsuisse.ch

IBAN CH14 0900 0000 1200 3244 7

Mentions légales

Horizons Verts 66

Édition

Mai 2026

Rédaction/Textes

Peter Bollag, Esther Goldberger, Arthur Plotke, Dr. Dina Kagan, Lior Pardo, Réfaëla Trochery, Anouk Safdie, Ronny Siev, Michal Pluznik

Photos

Archives du KKL-JNF

Israël et Suisse

Papier

Ce document a été imprimé sur du papier recyclé et certifié FSC

Restez informés…

En nous envoyant votre e-mail à info@kklsuisse.ch ou via notre formulaire de contact électronique à l’adresse www.kklschweiz.ch/fr/contact

Ou naviguez en utilisant le code QR pour accéder à nos projets actuels sur le site web

Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Horizons Verts 66 by kklschweiz - Issuu