60 Horizons Verts
L’eau comme accent thématique Pages 4 à 7
«Hatikva», Astrith Baltsan à Genève
La forêt de Ben Shemen a brûlé: le point un an après
Page 8
Page 15
Image sur la page de titre: mrjn Photography. unsplash.com
Contenu
13 4
Pour ne jamais oublier: la Forêt des Martyrs à la périphérie de Jérusalem et sa signification pour la Suisse
«Tenir compte du bien-être de nos voisins» Interview avec Dr. Doron Markel, directeur scientifique du KKL-JNF
23 10
Célébrations de Tou Bichvat 2020 en Israël ainsi qu’à Genève et à Lausanne – avant que le coronavirus ne paralyse tout
Déléguée du KKL-JNF pour la Suisse depuis une année, Judith Perl-Strasser tire un premier bilan provisoire
Éditorial Chers amis du KKL-JNF, Le changement climatique modifie l’équilibre thermique de la terre: un phénomène que nous avons tous ressenti ces derniers temps au même titre que l’omniprésence du coronavirus. Le changement climatique représente également un thème important pour le KKL-JNF. Vous découvrirez sur le site Internet du KKL-JNF Jérusalem (www.kkl-jnf.org), sous le titre «Think Environment – Think KKL-JNF», ses activités principales dans ce domaine en Israël. Nous sommes notamment très actifs dans la lutte contre la désertification accrue et la pollution des eaux souterraines mais aussi pour la diminution des gaz à effet de serre et la création d’espaces verts et de parcs dans des grandes et plus petites villes, entre autres. Le KKL-JNF est devenu un acteur de taille. Les jours fériés, quelque 2 millions d’habitants d’Israël viennent profiter des innombrables forêts du KKL-JNF avec leurs emplacements de pique-nique et leurs places de jeu pour enfants. Voilà déjà une année que notre nouvelle schlicha et directrice du KKL-JNF pour la Suisse, Judith Perl-Strasser, a entamé ses fonctions. Son arrivée a apporté un nouvel élan à nos activités. Grâce à son énorme savoir-faire en qualité de responsable des pays germanophones au KKL-JNF Jérusalem, à son dynamisme et à sa charmante personnalité «israélo-viennoise», elle s’est très vite intégrée en Suisse, a déjà lié beaucoup d’amitiés et développé diverses activités fructueuses avec son équipe. Différents articles de la présente édition d’Horizons Verts ont été rédigés par ses soins ou sont nés de son initiative. Fin novembre 2019, s’est déroulé pour la première fois un évènement commun de la Chambre de commerce Suisse-Israël et du KKL-JNF sur un thème d’une grande actualité «IT’S ALL ABOUT WATER!». Les deux professionnels israéliens Naty Barak et Doron Markel ont enthousiasmé un grand nombre de participants avec leurs exposés sur «Israël et la crise mondiale de l’eau». Dans ce numéro d’Horizons Verts, je tiens à attirer votre attention tout particulièrement sur l’action pour les victimes suisses oubliées des camps de concentration. Cette thématique a été reprise à large échelle par les médias suisses. Au KKL-JNF, nous souhaitons ériger dans la Forêt des Martyrs un site commémoratif où figurent les noms des Suisses exécutés. Nous faisons donc appel à votre grande générosité pour soutenir cette action, que nous menons en collaboration avec l’Association Suisse-Israël. Parmi les autres moments forts de nos activités, il y a eu une nouvelle célébration à Genève: celle de Tou Bichvat avec Astrith Baltsan et sa présentation extraordinaire sur l’histoire de l’Hatikva et de la naissance de l’hymne national israélien. Nous avons rarement constaté un écho aussi positif et un si grand engouement pour un évènement. Astrith Baltsan a su rapprocher le public de l’histoire largement méconnue de l’Hatikva grâce à ses recherches brillantes et à de nombreuses contributions musicales. Bientôt, nous allons célébrer Chavouot pour marquer le début de la récolte des céréales et des premiers fruits. Ici aussi, l’eau joue un rôle de premier plan. Dans cette édition, nous parlerons donc beaucoup de l’eau, un élément également mentionné par le prophète Ésaïe dans la Torah: «Portez de l’eau à ceux qui ont soif». L’eau est ici assimilée à la Torah, qui étanche la soif spirituelle. Je vous souhaite bonne lecture de nos différents articles et vous remercie de votre soutien toujours très précieux du KKL-JNF. Hag Chavouot Sameah! Bien à vous, Arthur Plotke, Président KKL-JNF Suisse
4
Horizons Verts 60
Interview avec Dr. Doron Markel
«Nous devons tenir compte du bien-être de nos voisins» En novembre 2018, le KKL-JNF a su rallier à sa cause un éminent scientifique dans le domaine de la gestion des eaux en la personne de Doron Markel. Le nouveau directeur scientifique du KKL-JNF a exercé auprès de l’administration des eaux israélienne en qualité de responsable de la surveillance et de la gestion du bassin Kinneret (lac de Genézareth) pendant plus de 15 ans.
tallations de dessalement. À la suite de cela, la demande en eau du lac de Genézareth a chuté d’environ 70%. Néanmoins, la vallée de l’Arabah, la haute Galilée et le plateau du Golan dépendent toujours de ressources locales naturelles très limitées, qui suffisent pour l’eau de boisson mais pas pour l’agriculture.
Doron Markel a terminé sa thèse à l’Université hébraïque de Jérusalem en 1999. Celle-ci portait sur les cycles biogéochimiques du soufre et du fer dans la zone marécageuse inondée de la Houla, au nord d’Israël.
On entend fréquemment que le problème de l’eau en Israël a été résolu grâce aux installations de dessalement le long de la mer Méditerranée. Êtes-vous également de cet avis? «Ça m’inquiète d’entendre dire qu’Israël a résolu ses problèmes d’approvisionnement en eau. Jamais un agriculteur dans le Néguev, ou même en Galilée, où il pleut beaucoup plus, ne prétendrait une chose pareille. Il est vrai que nous avons résolu la difficulté à l’échelle des ménages dans la région centrale du pays grâce à une bonne planification et à la construction d’ins-
Je souhaite souligner qu’il est très important de continuer de garantir la qualité et la quantité de l’eau du bassin Kinneret. Ce magnifique lac rend de loyaux services au pays depuis des décennies, et nous nous assurons qu’il pourra continuer de nous fournir de l’eau également en cas d’urgence.»
Existe-t-il un projet visant à assainir le Jourdain et à augmenter son débit vers la mer Morte? «Certaines personnes somment l’administration des eaux d’ouvrir la digue de Degania pour que l’eau du Jourdain coule enfin vers la mer Morte en vue d’un assainissement mutuel. Tout le monde sait que la mer Morte est dans un état déplorable. Ce que ces gens ignorent toutefois c’est que même si l’on ouvrait complètement le barrage, rien n’en sortirait, car l’échelle fluviale du bassin Kinneret est trop faible et le régime des eaux du lac se détériore.
Actuellement, l’administration des eaux israélienne pompe chaque année jusqu’à 20 millions de m3 d’eau dans le Jourdain pour le maintenir en vie. Ce chiffre peut même s’élever à 30 ou 40 millions les années de pluies plus abondantes. Cependant, très peu de cette eau atterrit dans la mer Morte. Sur le chemin, les agriculteurs israéliens, palestiniens et jordaniens en prélèvent la plus grande partie pour leurs champs. Il faudrait un afflux annuel massif d’au moins 700 millions de m3 vers la mer Morte pour pouvoir observer le début d’un changement. La solution à cet égard ne se situe pas au nord, mais au sud.»
Faites-vous allusion au canal de la mer Morte (Red Sea-Dead Sea)? «Le projet Red Sea-Dead Sea représente actuellement la seule solution réalisable pour améliorer la condition de la mer Morte. Mais il ne s’agit pas de l’unique avantage de ce plan d’envergure. En effet, ce projet fournira aussi de l’eau douce, de l’énergie hydraulique et des zones de loisirs sur sa route. Nous devons tenir compte du bien-être de nos voisins, qui n’ont pas du tout d’eau courante. Si nous voulons vivre en paix dans cette région, il faut les aider à obtenir suffisamment d’eau pour leurs foyers.
«La mer Morte est dans un état déplorable»
Mot-clé «Israël 2040»
Rappelons-nous que l’eau constitue l’une des parties centrales et constantes de l’accord de paix avec la Jordanie. Depuis sa signature avec le roi Hussein en 1994, Israël livre 50 millions de m3 d’eau au Royaume de Jordanie chaque année. La mise en œuvre du projet Red Sea-Dead Sea rapprochera encore plus ces deux parties. D’après le plan, Israël recevra de l’eau de l’usine de dessalement prévue à Aqaba (Jordanie) pour l’utiliser dans le sud du pays. En contrepartie, la Jordanie obtiendra une part plus importante dans la distribution du bassin Kinneret. Je sais tout cela parce qu’entre 2008 et 2013, j’ai participé à l’étude de faisabilité relative à la mer Rouge et à la mer Morte, réalisée par la Banque mondiale. Il pourrait en ressortir une situation triplement gagnante: pour toutes les parties, y compris l’Autorité palestinienne. De petites entreprises sont intéressées à investir, et je ne sais pas exactement pourquoi cela n’a pas encore été réalisé.»
Comment le travail du KKL-JNF est-il perçu à l’échelle mondiale? «Le KKL-JNF jouit d’une excellente réputation internationale dans tous les domaines où nous fournissons des prestations de pointe, telles que le reboisement, la gestion de l’eau et l’écologie. Je suis invité à des conférences dans le monde entier pour donner des exposés sur notre travail et notre recherche. L’été dernier, j’étais à Cuba, en tant de premier Israélien à se prononcer devant
une conférence internationale sur les changements climatiques. Les gens écoutent bouchée bée lorsque j’explique que le KKL-JNF prévoit, en collaboration avec le Heschel Center for Sustainability, d’aider tout un conseil régional à produire suffisamment d’énergies renouvelables.»
Êtes-vous impliqué dans le projet Israel 2040 que le président mondial du KKL-JNF Daniel Atar vient de présenter? «Oui, je le suis et avec un grand enthousiasme. En ma qualité de directeur scientifique, il ne pourrait pas en être autrement. Le projet se concentre sur la création de centres de haute technologie en Galilée et dans le Néguev, et ce, en vue de promouvoir la prospérité économique de ces régions. Le KKL-JNF sait qu’une périphérie forte entraînera un État d’Israël encore plus fort. Je gère le domaine académique, qui englobe le renforcement de différentes institutions à cet égard, la mise à disposition de bourses et d’investissements dans la recherche ainsi que des centres high-tech et des start-up. Après le succès de notre première House for Excellence, ouverte en 2018 à Nazareth, nous prévoyons de créer, au nord et au sud du pays, dix autres maisons de l’excellence KKL-JNF proposant des programmes gratuits pour les écoliers, en vue de les préparer à des futures carrières dans la haute technologie. Je pense que le projet Israel 2040 compte parmi les tâches les plus importantes que le KKL-JNF a abordé depuis sa création.»
L’initiative «KKL-JNF 2040 – Sur le chemin d’Israël de demain» ou en bref «Israël 2040» consiste en un état des lieux détaillé et précis de l’avenir du pays, auquel l’organisation s’attache depuis longtemps. Cette dernière repose sur l’hypothèse que, d’ici 2040, près d’un demi-million d’Israéliens supplémentaires viendront s’établir au nord, en Galilée, et un million au sud, dans le Néguev. Ce qui était jusqu’alors la périphérie du pays se verra insufflé une nouvelle vie avec pour moteur général l’industrie de la haute technologie et les centres d’innovation. Les investissements en Galilée donneront naissance à une véritable Silicon Valley israélienne, un point d’attrait pour les meilleurs chercheurs israéliens et étrangers. Quant au Néguev, il devrait attirer des scientifiques dans le domaine cyber. De cette manière, près de 1,5 million de personnes seront incitées à déménager dans les régions alors périphériques du nord et du sud d’Israël. Bien entendu, cette croissance de la population prévue implique la création de logements et de maisons supplémentaires ou l’extension des capacités actuelles en matière d’hébergement et de recherche. Qui plus est, il faudra investir dans l’élargissement des établissements et des possibilités d’apprentissage. Tout ceci devrait faire de la Galilée et du Néguev des zones de croissance, et ce, peut-être déjà dans deux générations. Une bonne collaboration du KKL-JNF et de différents ministères israéliens entre eux (notamment économie, finances et transports) est nécessaire à cet égard. Le KKL-JNF entend faire avancer l’initiative pour voir naître des zones industrielles, d’une part, et des centres d’apprentissage, d’autre part. Des Houses for Excellence, ou «centres de compétences», verront le jour. Parallèlement, il s’agira de renforcer le lien avec les communautés juives de la diaspora.
Horizons Verts 60
L’eau comme accent thématique 1
L’eau en tant que ressource est vitale pour le KKL-JNF Le KKL-JNF plante des arbres: telle est l’idée que beaucoup se font de l’activité du Fonds National Juif en Israël. Dans les faits, il ne s’agit toutefois que d’un seul aspect du travail de l’organisation, qui inclut aussi, par exemple, la gestion de l’eau en tant que ressource.
Image: istockphoto.com
6
Le KKL-JNF aborde d’ores et déjà la thématique de l’eau de manière intense. Par exemple, il appuie la recherche au sud d’Israël, dans l’Arabah: la surface de plantation de dattiers n’a cessé d’augmenter dans cette région. La step pe au sud d’Israël compte aujourd’hui quelque 88 000 dattiers, qui forment environ 14% de tous les dattiers du pays et même un cinquième de l’intégralité de ces arbres dans toute la zone désertique du pays, dont font partie, outre l’Arabah, la vallée du Jourdain ou la région autour de la mer Morte. Au cours des prochaines années, cette région aurait donc besoin de plus d’eau. Pour ce faire, il faudrait néanmoins, dans un premier temps, procéder à une recherche sur la perte d’eau afin de pouvoir la combattre et aboutir à une amélioration de la situation hydraulique.
Les lysimètres jouent un rôle prépondérant à cet égard. Ces instruments de recherche permettent de déterminer l’évaporation et la perte d’eau. Ils peuvent aussi être utilisés dans la pratique en tant qu’appareils opérationnels. Enfin, les lysimètres aident à contrôler l’irrigation ou à calculer la qualité de l’eau de manière précise. De grands lysimètres sont utilisés pour les arbres à dattes medjool, qui représentent près de 90% des dattiers dans le sud de l’Arabah. Les travaux avec ces instruments se poursuivent en 2020 et, au vu de leur importance colossale, ne bénéficient pas uniquement du soutien du KKL-JNF Israël mais aussi du KKL-JNF Suisse, qui s’est déclaré prêt à financer un année entière de ce projet de recherche et
de développement pluriannuel. Il s’agit là sans conteste d’un signe marquant dans la lutte pour garantir cet élément vital qu’est l’eau: et nous sommes fiers d’y contribuer.
Faits et chiffres concernant la précieuse eau: • Deux tiers de la surface de la planète consistent en eau; 97,5% salée et 2,5% douce; seul 0,007% de la quantité totale d’eau de la terre est disponible dans les faits! • Israël figure parmi les leaders mondiaux en matière de recyclage d’eaux usées: 90% sont réutilisées (à titre de comparaison: 35% à Singapour, 15% en Australie et 14% en Chine). Ici aussi, le KKL-JNF participe activement: il a construit plus de 230 réservoirs d’eau dans tout Israël au cours des dernières années.
Horizons Verts 60
L’eau comme accent thématique 2
La croissance de la population génère un besoin accru en eau Cette richesse a également été mise à l’honneur lors d’une manifestation qui s’est déroulée à Genève en novembre dernier. De nombreux convives ont répondu présent à l’évènement organisé par le KKLJNF, en collaboration avec la Chambre de commerce Suisse-Israël. Ils voulaient être informés de première main. Parmi les orateurs figurait Naty Barak, responsable du département «Développement durable» de la société israélienne Netafim. Fondée en 1965, elle est l’un des plus grands fabricants de systèmes d’irrigation artificiels au monde. En la personne de Naty Barak, l’un des «pères fondateurs» de cette entreprise s’est donc déplacé à Genève sur invitation de la Chambre de commerce et du KKL-JNF.
tique mais qu’il joue aussi un rôle prépondérant dans la gestion de l’eau en tant que richesse. Doron Markel a également présenté le projet Red-Sea-Dead-Sea, à savoir l’idée d’un canal à partir de la mer Rouge vers la mer Morte.
Il est de notoriété publique que le niveau d’eau de la mer Morte a drastiquement chuté au cours des dernières années.
Pour faire remonter ce niveau, le projet prévoit de puiser de l’eau dans la mer Rouge, de la dessaler, puis Naty Barak, Doron Markel, S.E. Mme l’Ambassadeur Aviva Raz-Shechter, de la transférer vers la mer représentante permanente d’Israël auprès des nations Unies à Genève, Morte, et ce, entre autres, Yair Shiran (Mission permanente d’Israël) et Arthur Plotke, président du KKL-JNF Suisse (de gauche à droite) parce qu’Israël vend de Dans son exposé, il a l’eau à ses voisins, la Jordamontré de manière habile comment Naty Barak a conclu son discours nie et la Palestine. lui et d’autres représentants d’Israël comme suit en référence à l’entreprise tentaient d’aider intelligemment les florissante Netafim: «Notre entreprise Doron Markel conclut toutefois avec agriculteurs dans des pays en voie de va bien parce que nous faisons le bien.» le fait qu’Israël doit elle aussi apprendre développement en Afrique, en Inde mais à produire davantage d’eau: «Les aussi dans d’autres pays. «On ne leur dit L’eau en tant que bien précieux figu- prévisions pour les prochaines années pas ‘nous venons d’Israël, le pays de la rait également au centre de l’exposé et décades indiquent même que la Bible, et nous avons toutes les solutions de Doron Markel, directeur scientifique population d’Israël va presque doubler, pour vous ici’.» Il s’agit plutôt de leur du KKL-JNF. Il a mis l’un des accents passant ainsi de 9 à 17 millions. Et bien présenter des solutions de gestion de sur le lac de Genézareth, ou «réservoir entendu, ces personnes auront toutes l’eau qui soient praticables et possibles d’eau stratégique d’Israël» comme il le besoin d’eau!» pour eux et qui tiennent compte des nomme. Beaucoup ne savent peut-être particularités du pays en question. pas que ce lac dans le nord d’Israël n’est pas seulement un centre touris-
7
8
Horizons Verts 60
Évènement à Genève
«La puissance de l’hymne réside dans son titre» Une salle pleine à craquer, une ambiance festive et un fervent «Hatikva» chanté en chœur en guise d’apogée et de clôture. Durant cette soirée au Palais de l’Athénée à Genève, où s’étaient réunies un nombre considérable de personnes, dont le Grand Rabin, Jitzchak Dayan, et son épouse Yaffa, tout ou presque a tourné autour de l’hymne national israélien.
Image: zvg
Muncacs, où les enfants d’une école juive récitaient l’hymne. Évidemment, le public de 2020 s’est immédiatement demandé combien de ces enfants avaient survécu à la Shoah. Presque en parallèle, on a pu voir des images prises juste après la libération du camp de concentration de Bergen-Belsen en 1945, où des personnes décharnées, marquées par l’épuisement et la mort, chantaient l’hymne. Tout comme à peine trois ans plus tard, au rassemblement à Tel Aviv, lorsque David Ben-Gurion venait de prononcer la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël. Ou encore 40 ans après, entonné par un nouvel immigrant Éthiopien, qui venait de vivre une fuite dramatique vers Israël et était manifestement bouleversé. La pianiste israélienne Astrith Baltsan
La célèbre pianiste et musicienne israélienne Astrith Baltsan a raconté l’histoire de cet hymne, qui est aussi une partie de l’histoire du peuple juif et de son retour sur ses terres, le tout dans une version brève mais vraiment captivante. Astrith Baltsan, qui a suivi sa formation, entre autres, aux États-Unis et au Canada et qui a travaillé avec de grands ensembles comme l’Orchestre philharmonique d’Israël, a exposé le récit du point de vue de son père, l’au-
teur et journaliste Haym Baltsan (19102002), qui jusqu’à peu avant sa mort a continué de lui transmettre des histoires palpitantes et méconnues sur «Hatikva – l’espoir». Elle a élaboré une version en français spécialement pour le public genevois et l’a présentée en personne, ce qui a de toute évidence suscité une grande sympathie. Son exposé comportait aussi des trouvailles passionnantes et souvent dramatiques, telles qu’un film de 1933 se déroulant dans la ville hongroise de
Les auditeurs ont pu participer à ce voyage à travers le temps, qui s’est naturellement prolongé presque jusqu’à nos jours, tant sur le plan musical que textuel, le tout savamment orchestré par Astrith Baltsan, qui a su les tenir en haleine, en y ajoutant aussi des clins d’œil humoristiques et une vue d’ensemble des autres évolutions d’Israël. Astrith Baltsan a conquis son public notamment grâce à sa capacité à jouer et à le tenir en haleine simultanément par le récit de l’histoire palpitante de l’hymne. Certains textes ont même fait verser des larmes aux spectateurs, et ce, à plusieurs reprises.
Horizons Verts 60
Chants en cœur avec tous les invités à la fin de la soirée de l’Hatikva: le Grand Rabin, Dayan Izhak, et son épouse Yaffa (au milieu)
Parmi les récits amusants, citons l’histoire de Naomi Shemers Jeruschalajim schel sahav (Jérusalem en or), cette chanson de 1967, qui a brièvement été prise en considération pour devenir le nouvel hymne national d’Israël mais a finalement échoué, notamment parce qu’elle était… d’origine basque. L’Hatikva présente lui aussi des éléments roumains, entre autres. Bien entendu, la plupart des personnes présentes ont acquiescé lorsque, pour conclure, elle s’est exprimée en ces termes: «Outre tous les aspects musicaux, la puissance de cet hymne réside sans aucun doute dans son titre: l’espoir». L’espoir du peuple juif de retourner sur ses terres, qui s’est finalement réalisé au bout de 70 longues années.
La soirée a été inaugurée par Judith Perl-Strasser, la nouvelle déléguée du KKL-JNF pour la Suisse, et Arthur Plotke, le président du KKL-JNF Suisse, en personne. Ils ont, entre autres, présenté le nouveau projet du KKL-JNF: un bosquet d’eucalyptus dans le kibboutz de Yad Mordechai, au sud d’Israël, près de la frontière de la bande de Gaza. Cette forêt devrait accueillir des «arbres à miel» (à savoir des arbres aux fleurs singulièrement riches en pollen et en nectar) afin de soutenir le travail vital des abeilles. C’est notamment en Israël qu’on a compris voilà bien longtemps que les abeilles jouaient un rôle essentiel pour l’environnement et que leur existence était menacée de
manière extrêmement préoccupante à l’échelle mondiale, avant tout en raison de l’influence négative de l’homme sur la nature, et qu’il fallait donc les épauler dans leur travail assidu. Par l’encouragement de ce projet, le KKL-JNF Genève souhaite soulever un point important, souligné une nouvelle fois à l’occasion de la projection d’un film explicatif durant cette même soirée. Et pour rendre le tout encore plus emblématique, le gala s’est déroulé dans la Salle des Abeilles de l’historique Palais de l’Athénée, où jadis avait également été fondée la Croix-Rouge internationale. Un joli symbole pour une soirée mémorable.
9
10
Horizons Verts 60
Tou Bichvat en Israël
«Nous sommes tournés vers l’avenir, c’est pourquoi nous agissons aujourd’hui» En février, au beau milieu des discussions sur le réchauffement climatique et toutes ses conséquences, les habitants d’Israël ont célébré le jour férié de Tou Bichvat, le nouvel an des arbres. Le traditionnel séder de Tou Bichvat, a attiré tout autant de monde à travers tout le pays. Ce jour-là, une cérémonie spéciale a particulièrement attiré l’attention: celle de la forêt de Ben Shemen, qui avait été fortement endommagée par le feu en mai 2019.
Des plants ont été distribués dans des écoles, des organisations non gouvernementales, des institutions publiques mais aussi, comme le veut la tradition, des camps de base de l’armée israélienne.
À l’occasion des célébrations de Tou Bichvat de cette année en Israël, des plantations d’arbres dans le sud du pays ont, entre autres, figuré à l’honneur. Pas moins de 200 000 personnes dans tout le pays ont participé à d’innombrables festivités, souvent dans des forêts mais aussi dans des villes et des villages. Parmi elles figuraient également des personnes âgées, des enfants, des jeunes atteints d’un handicap physique ou mental et des soldats; le Néguev a même accueilli des groupes mixtes de Juifs israéliens et de membres de tribus bédouines.
Même les personnes n’ayant pas pu assister physiquement à la cérémonie ont eu la possibilité de planter un arbre. En effet, l’initiative «Click and plant» leur a permis de participer via ordinateur ou téléphone portable. L’objectif de cette action consistait à planter quelque 100 000 arbres dans le sud d’Israël en vue de reboiser et d’obtenir ainsi un mur de protection vert naturel contre les attaques insidieuses de drones et de ballons en provenance de la bande de Gaza voisine. Il s’agit jusqu’ici du plus grand projet numérique du pays, si ce n’est de tout le Moyen-Orient, visant à inciter les gens à s’engager très clairement contre les
effets du réchauffement climatique et les attaques terroristes d’un simple clic.
Par ailleurs, le KKL-JNF a planté des milliers d’arbres produisant du nectar, aidant ainsi les abeilles dans leur travail. Bien entendu, monsieur le Président Reuven Rivlin n’a pas négligé les célébrations: à l’occasion d’une cérémonie festive dans le cadre de la «Semaine éducative et communautaire» du KKLJNF, il a décerné des certificats à des jeunes gens de tout le pays, membres de la communauté druze et bédouine compris, pour les récompenser de leurs services envers la communauté. Il a alors souligné le rôle positif joué par le KKL-JNF dans la création de ponts entre les différents groupes de population, pour ensuite ajouter qu’il contribue à susciter chez les jeunes l’amour de la nature, de la terre et des régions, le tout, sans jamais exclure les personnes défavorisées. Les mots exacts du président Rivlin: «Je souhaite sincèrement que se poursuive cet engagement en faveur d’un sionisme dynamique empreint d’amour pour la terre et engagé de tout son cœur pour ses citoyens, et ce, évidemment à l’occasion de Tou Bichvat mais aussi bien au-delà.» Des paroles émouvantes pour clore une journée tout aussi impressionnante.
Horizons Verts 60
Tou Bichvat en Suisse
Les fêtes de Tou Bichvat à Genève et à Lausanne Le dimanche 26 janvier dernier, le centre communautaire de la jeunesse juive de Genève CCJJ a reçu le KKL-JNF Suisse dans ses murs afin d’organiser une animation avec les enfants. Chacun des enfants a eu le loisir de participer à des activités autour du thème de Tou Bichvat. L’équipe de la jeunesse a coordonné des jeux, un atelier de plantation et diverses activités. Les enfants ont pu ainsi confectionner eux-mêmes des petits sachets de fruits secs destinés à être distribués dans les écoles GAN Lausanne et Genève lors de la journée de Tou Bichvat proposée par le KKL-JNF. Le mercredi 5 février dernier, une équipe est spécialement venue d’Israël pour Tou Bichvat dans les écoles juives de Suisse romande: Daniel et Déborah ont commencé leur intervention à l’école GAN de Lausanne. Ce sont les GAN 1 et 2 avec des enfants de 18 mois à 4 ans qui ont été les premiers à célébrer Tou Bichvat sous forme de jeux, ils ont chanté puis dansé. Ensuite, le KKL-JNF a reçu les 1p et 2p avec des enfants de 4 à 6 ans.
Enfin, les 3, 4, 5 et 6p de 6 à 10 ans ont clôturé la visite du KKL-JNF en fin de matinée en participant à des jeux autour de Tou Bichvat. Certains ont pu dessiner un des sept fruits du séder et présenter leur œuvre à leurs camarades. Chaque enfant est reparti avec un petit sachet de fruits secs en souvenir de la journée proposée par le KKL-JNF.
Assis tous ensemble en forme de cercle, pour plus de convivialité, chaque enfant s’est présenté à son tour en évoquant quel était son fruit préféré.
Dans l’après-midi, une animation a eu lieu avec la jeunesse de la Communauté Israélite du Canton de Vaud à Lausanne.
Les enfants ont joué au Memory ou fait un puzzle autour du thème des arbres en Israël, ils ont chanté tous ensemble des chansons sur Tou Bichvat puis, comme tous les autres enfants, ont terminé par la dégustation de fruits accompagnés d’un petit verre de jus de raisin.
Le KKL-JNF a donné une courte présentation à l’occasion de Tou Bichvat, le 15 du mois de Chevat. Cette fête est qualifiée de «Nouvel An des arbres» et correspond au moment de la montée de la sève dans l’arbre, avant le printemps. Il est coutume de consommer des fruits ce jour-là, dans un certain ordre.
Les plus grands se sont adonnés à une activité à la fois ludique et studieuse. Les enfants ont dessiné un fruit ou un arbre de leur choix et devaient en quelques mots décrire ses vertus à leurs petits copains. L’autre partie du groupe, composée d’enfants plus petits, a confectionné elle-même des sachets de fruits secs. Pour clôturer cette rencontre, tous les enfants se sont regroupés et ont bu un verre de jus de raisin. Le jeudi 6 février, la même équipe s’est rendue dans l’école Girsa à Genève.
11
12
Horizons Verts 60
Ce sont les 7p et 8p qui ont débuté l’atelier de Tou Bichvat avec des jeux, où ont été évoqués les sept fruits du séder. Les enfants ont été répartis en petit groupe, ils avaient pour mission de faire un exposé sur un fruit en le dessinant et en le présentant. Ensuite, ce sont les 5p et 4p qui ont été accueillis. Chaque enfant a été invité à se présenter et à indiquer son fruit préféré, ils ont participé à des jeux et clôturé par une présentation en petit groupe d’un exposé de leur choix en évoquant la fête de la renaissance de la nature. En milieu de matinée, les 3p et 6p, après s’être adonné à des jeux et quelques pas de danse ont eux aussi pu présenter par équipe leur dessin sur chacun des sept fruits du séder. Les 9-11 CO ont eu le loisir de clôturer la matinée et d’évoquer les vertus des arbres à travers leur dessin et présentation à leurs compatriotes. L’après-midi, ce sont les plus petits et en particulier les 1p et 2p de l’école GAN Genève qui ont pu participer aux ateliers ludiques. Ils ont également dessiné. Cette année 5780, tous les enfants des écoles GAN Lausanne et Girsa et GAN Genève ont pu participer aux interventions annuelles proposées par le KKL-JNF Suisse. Les enfants, leur maîtresse et toute l’équipe éducative ont beaucoup apprécié le dévouement, le dynamisme et la belle énergie des personnes qui ont animé et rendu possible toutes leurs prestations en l’honneur de Tou Bichvat. Chaque enfant est reparti avec un petit sachet, d’ailleurs, de nombreux enfants de chacune de ces classes du Girsa et GAN avaient eux-mêmes préparé les sachets et en étaient tout heureux.
La fête à Berne Pour la quatrième fois consécutive, le toit de la communauté juive de Berne (JGB) a accueilli la fête de Tou Bichvat. Malgré la tempête Ciara, un groupe de 50 membres de la communauté JGB s’est rendu à la maison de commune pour y planter un cerisier sponsorisé par «Stadtgrün Bern» sur le toit. Après une brève cérémonie à laquelle ont participé écoliers et professeurs du cours de religion, la fête a continué dans la salle communale, où le chef cuisinier Jochanan Huber avait dressé un magistral buffet de Tou Bichvat. Pour terminer, Raz Dagan, le nouveau hazzan de Berne, et son épouse Jarden ont animé un quiz spécial Tou Bichvat captivant, sponsorisé par l’Organisation sioniste mondiale, où petits et grands
ont dû deviner le plus rapidement possible si les végétaux présentés appartenaient à la catégories des fruits ou des légumes. Même le couple de rabbins Kohn y a participé. Les dattes du kibboutz Yahel sponsorisées par le KKL-JNF ont elles aussi suscité un vif engouement. Après avoir végétalisé cette terrasse (auparavant en béton) sur les toits de la ville de Berne, l’objectif est d’y intégrer une petite oasis à partir des sept espèces shiv’at haminim (orge, datte, raisin, figue, grenade, olive et blé). Toutefois, jusqu’à ce que des arbres à dattes poussent à Berne, celles parrainées par le KKL-JNF resteront les reines de Tou Bichvat. À cette occasion, un grand merci à tous les bénévoles et sponsors de cet évènement.
Horizons Verts 60
Un lieu de commémoration et de détente
Pour ne jamais oublier: la Forêt des Martyrs à la périphérie de Jérusalem En 1951, soit à peine six ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, et donc de la Shoah avec ses six millions de Juifs exterminés, le KKL-JNF a créé, en collaboration avec l’organisation B’nai B’rith, la Forêt des Martyrs (Jaar Hakodoschim en hébreu) à proximité de Jérusalem, et plus précisément entre Sha’ar HaGai et Bet Shemesh. Jusqu’à la construction de Yad Vashem, en 1953, cette forêt servait même de site commémoratif national de la Shoah. Aujourd’hui, elle se partage avec Yad Vashem le titre de plus grand lieu de recueillement de l’État juif. On y trouve des places en souvenir des communautés juives anéanties de toute l’Europe. Le mémorial central est une colonne de bronze de huit mètres ayant la forme d’un rouleau de Torah. Ce rouleau de feu (Megilat Megilat Haesch en hébreu), l’une des œuvres monumentales du sculpteur né en Pologne, Nathan Rapoport (1911-1987), a été inaugurée en 1971. Étant donné qu’un tel site commémoratif demeure à notre époque un centre d’intérêt pour des touristes du pays et du monde entier, il convient aussi de veiller à ce qu’il demeure attrayant. Par conséquent, le KKL-JNF y ajoute des installations de loisirs, telles que des pistes cyclables ou des aires de pique-nique. La Forêt des Martyrs en soi est composée d’arbres qui poussent en Israël, comme le pin, le cèdre, le chêne, l’olivier ou le térébinthe. En particulier, les oliviers ont pour objectif d’apporter des zones ombragées supplémentaires durant les périodes chaudes de l’année et, pour ainsi dire, de souhaiter la bienvenue aux visiteurs à l’entrée des bois.
Par ailleurs, des fleurs sauvages attirent de nombreux promeneurs grâce à leurs couleurs éclatantes, notamment lorsqu’elles sont de saison, au printemps. Comme la forêt a vu le jour voilà à peu près 70 ans, il est temps de procéder à un vaste assainissement non seulement des arbres mais aussi de l’infrastructure et parfois même à un éclaircissage de la végétation. Comme certains arbres sont morts, la plantation de nouveaux dans les zones concernées fait également partie des mesures prévues dans la Forêt des Martyrs. La protection incendie jouant ici aussi un rôle extrêmement important, forestiers et employés des bois s’évertuent continuellement de déblayer les broussailles trop denses. Qui plus est, le sol doit être traité en de nombreux endroits. Il y a donc beaucoup à faire dans la Forêt des Martyrs.
Ces bois tout près de Jérusalem doivent pouvoir accueillir des randonneurs, des familles, des groupes mais aussi des personnes souffrant d’un handicap. Ces dernières peuvent y garer leurs véhicules sur des emplacements spéciaux, qui ont été aménagés aussi près que possible de l’entrée. En outre, des sentiers adaptés pour elles sont en cours d’aménagement, et on veille à l’absence intégrale de barrières sur les chemins forestiers. Parallèlement, on construit une clôture visant à empêcher les véhicules de pénétrer dans l’enceinte.
La Forêt des Martyrs continue donc de se développer: un lieu d’importance pour se rappeler des crimes du XXe siècle, qui ne doivent se reproduire sous aucun prétexte.
13
Un lieu d’importance pour la Suisse aussi La Forêt des Martyrs recèle également des traces de l’histoire récente suisse. La Forêt des Martyrs est un lieu pour se remémorer, certes, la résistance juive contre le régime de terreur des nazis mais aussi les personnes qui en ont souffert. En ce qui concerne la résistance juive, l’année dernière, par exemple, une cérémonie solennelle s’est déroulée à l’occasion de Yom HaShoah en collaboration avec l’organisation B’nai B’rith pour commémorer l’existence du Comité de défense des Juifs en Belgique, qui s’était engagé pour leur survie au cours des années de tyrannie. L’ambassadeur belge en Israël s’est montré très impressionné par la cérémonie et reconnaissant d’avoir eu l’honneur d’y participer: «En Belgique aussi, des Juifs courageux se sont engagés pour aider et sauver leurs coreligionnaires. Cette partie de l’histoire ne doit jamais tomber dans l’oubli.» Il y a aussi des références à la Suisse dans la Forêt des Martyrs; par exemple, le mémorial d’Anne Frank, réalisé par
l’artiste hollandais Piet Cohen et inauguré en 2011, avec le soutien des amis du KKL Hollande. Ce mémorial représentant un arbre dans une structure cubique a été inspiré d’une phrase du Journal d’Anne Frank où elle évoque un noyer. Le noyer en question se trouvait devant l’arrière-bâtiment où Anne Frank et sa famille s’était cachés à Amsterdam après l’invasion allemande de 1940, jusqu’à ce qu’ils ne soient trahis. Le cousin d’Anne Frank, Buddy Elias, et son père, Otto (le seul membre de la famille ayant survécu aux camps de concentration) ont œuvré en Suisse, à Bâle, une ville où Anne et ses parents se rendaient régulièrement avant la guerre. Lorsqu’ils l’ont quittée pour rentrer en Hollande, cela leur a malheureusement coûté la vie. Bâle abrite aussi le Fonds Anne Frank, qui garde vif le souvenir de la jeune femme assassinée. À l’avenir, la Forêt des Martyrs devrait aussi rendre hommage aux victimes suisses des camps de concentration, pour qui la Suisse officielle ne s’est pas engagée comme on aurait pu l’attendre d’elle et surtout comme il en aurait été
de son devoir. Le livre Die Schweizer KZ-Häftlinge: Vergessene Opfer des Dritten Reiches (littéralement: «Prisonniers suisses des camps de concentration: les victimes oubliées du Troisième Reich»), qui vient de paraître, met en lumière de manière détaillée le destin de quelques-unes de ces personnes (parmi les quelque 400 au total). Nombre d’entre elles ont risqué leur vie dans la lutte contre le nazisme. C’est le cas, par exemple, d’Albert Mülli, qui s’est rendu à Vienne en 1938 pour combattre les nazis et s’est finalement fait déporter dans le camp de concentration de Dachau. Le gouvernement suisse envisage tout de même la construction d’un site commémoratif national.
Faites un don maintenant! Votre don permettra de soutenir le KKL-JNF dans ce projet d’envergure. • Fonds National Juif (Suisse) • IBAN: CH14 0900 0000 1200 3244 7 • Code: Forêt des Martyrs
Horizons Verts 60
Forêt de Ben Shemen
Faire oublier les dégâts aussi vite que possible La forêt de Ben Shemen a brûlé en 2019 – à présent, le KKL-JNF entend remettre cette zone de loisirs sur pied aussi vite que possible après la crise du coronavirus.
part au combat contre l’embrasement. Et grâce au grand engagement de tous, nous sommes finalement parvenus à éteindre le feu.» Les dommages ont néanmoins été très importants. Gilad Mastai ajoute avec beaucoup d’émotion: «Les pompiers ont également éteint les incendies avec leurs larmes.» Des larmes de deuil pour toute la vie qui a été annihilée ici en si peu de temps.
La forêt de Ben Shemen passe pour le plus grand «poumon vert» de la partie centrale d’Israël et pour la zone récréative de proximité des personnes vivant dans la région très peuplée de Gush Dan, tout près de la mer Méditerranée.
La catastrophe est arrivée vite, et les dégâts ont été colossaux: en mai 2019, d’énormes incendies se sont déclenchés dans la forêt de Ben Shemen, à proximité des villes de Modiin et de Lod. L’hypothèse d’un incendie criminel a pu être écartée. A posteriori, les experts ont établi avec une quasi-certitude que les températures élevées à ce moment-là, qui ne sont cependant pas rares en Israël, en ont été la cause. Le feu s’est répandu rapidement et a eu un effet dévastateur. Plus de 15% de la surface totale de la forêt de 22 000 dounams ont été anéantis, soit 210 ha de
forêt. Il a fallu évacuer 3500 personnes du lotissement de Mevo Modi’im tout proche. Entre 40 et 50 maisons ont été complètement détruites. Les incendies ont aussi porté une atteinte massive à l’écosystème des bois: des animaux, des plantes et une multitude d’arbres ont subi des dégâts. Le monument Kdoshei Zaglambia, en mémoire des victimes de la Shoah, a lui aussi été atteint par endroits. Gilad Mastai, directeur du KKL-JNF de la région côtière, se souvient de ces évènements qui se sont déroulés voilà une année: «Nous avons immédiatement pris
Elle abrite des sentiers de randonnée et des pistes cyclables ainsi que des aires de pique-nique, qui attirent ainsi normalement d’innombrables visiteurs. Le choc a donc été d’autant plus grand après ce feu. Le domaine autour de la forêt de Ben Shemen recèle une importance toute particulière pour les pensées sionistes: il est la propriété du KKL-JNF depuis 1907, soit déjà bien avant la création de l’État. Une fois le premier choc passé, au début de l’été 2019, les travaux de remise en état ont immédiatement débuté, sans perdre de temps: les arbres brûlés et morts ont été retirés, les traces de la
15
Forêt de Ben Shemen destruction déblayées. Le symbole de ces travaux a peut-être été les 23 oliviers, âgés déjà de plusieurs centaines d’années, qui ont été plantés autour du monument Kdoshei Zaglambia. L’ancien et le nouveau sont ici synonyme de renouvèlement. On mise sur l’auto-guérison, à savoir que beaucoup repousse par soi-même; une procédure qui pourrait toutefois prendre jusqu’à 30 ans. Par ailleurs, il faudra planter de nombreux arbres. Les aires de pique-nique mais aussi certains chemins et sentiers ont été remis en état pour que les visiteurs puissent à nouveau profiter de la zone récréative aussi vite que possible. Dans des conditions normales, il s’agit d’une destination de loisirs de proximité extrêmement prisée par les habitants de la région de Gush Dan, soit Tel Aviv et son agglomération. Après la crise du coronavirus, durant laquelle les habitants d’Israël auront aussi été confinés chez eux, les endroits comme la forêt de Ben Shemen jouiront d’un attrait encore accru dans cette région déjà très peuplée. Il vaut donc plus que jamais la peine d’investir de l’argent et des forces dans de tels projets, c’est pourquoi le KKL-JNF compte ici aussi sur votre aide.
Au vu des travaux de réhabilitation prévus sur place, une chose est d’ores et déjà sûre: les coûts pour la remise en état de la forêt de Ben Shemen seront très élevés. D’une part, les forêts du KKL-JNF doivent sans cesse être surveillées afin que même la plus petite flamme, causée soit par les températures élevées, soit par la négligence des visiteurs ou encore par un incendie volontaire puisse immédiatement être étouffée en vue d’éviter de plus gros dégâts. Dans certains cas, on utilise même de petits avions pour contrôler la surface. D’autre part, il faut aussi de l’argent pour soutenir l’auto-guérison de la nature. Parallèlement, le KKL-JNF investit dans la prévoyance pour éviter, dans la mesure du possible, de telles catastrophes, ou du moins réduire leurs effets. Des investissements sont bien entendu également nécessaires pour les instruments et l’équipement des pompiers.
La forêt doit peut-être son nom à une vieille presse à huile du XIe siècle, qui a été découverte lors de la conception de l’autoroute en 2001. Après Hadera et des zones autour du lac de Genézareth, Ben Shemen a fait partie des premiers domaines que le KKL-JNF a acquis sous l’ancien Empire ottoman pour y planter des oliveraies. Particulièrement disputé au cours de la Guerre d’indépendance, c’est ici qu’est née la première et plus grande initiative de l’État nouvellement fondé. En 1952, de nouveaux immigrants de Roumanie y ont bâti un nouveau moshav sur les fondements de l’ancien. Selon les données du KKL-JNF, 550 personnes y vivaient en 2002. Le village des jeunes et des enfants, construit en 1927, a été l’un des premiers camps de base pour l’alya des jeunes et des enfants en Eretz Israel à partir de 1934; en 2002, ils étaient près de 600.
Faites un don maintenant! Votre don permettra de soutenir le KKL-JNF dans ce projet d’envergure. • IBAN: CH 54 0900 0000 8002 1891 0 • Code: Forêt de Ben Shemen
Horizons Verts 60
Stephen J. Harper
Hommage à un grand ami d’Israël et du KKL-JNF Le nouveau Centre des visiteurs de la vallée de la Houla au nord d’Israël a été inauguré en présence de l’ancien Premier ministre canadien – et baptisé en son honneur.
en faveur de la région. La veille au soir de l’inauguration festive, le KKL-JNF a organisé un gala en son honneur: 450 convives à l’hôtel Waldorf-Astoria de Jérusalem, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (ami proche de Stephen J. Harper) et de son épouse Sarah. La cérémonie en tant que telle s’est donc déroulée le lendemain: Daniel Atar, président mondial du KKL-JNF, et l’ancien Premier ministre canadien ont coupé le ruban ensemble, marquant ainsi l’ouverture officielle du Centre des visiteurs.
L’ancien Premier ministre canadien, Stephen J. Harper et son épouse (deuxième et troisième depuis la gauche) avec le président mondial du KKL-JNF, Daniel Atar (au milieu), à l’occasion de l’inauguration festive du Centre des visiteurs.
L’ancien Premier ministre canadien, Stephen J. Harper (cf. encadré sur la page suivante), n’est pas seulement connu pour appuyer depuis de longues années l’État juif mais aussi, plus spécifiquement, les projets du KKL-JNF. Il ne s’est donc pas fait prier pour soutenir activement l’idée du parc au bord du lac de la Houla alors qu’il exerçait encore ses fonctions, et ce, aussi bien en termes financiers qu’idéologiques. Ce parc est le lieu par excellence pour observer les oiseaux migrateurs (différents articles à ce sujet ont déjà paru dans Horizons Verts) mais aussi l’une des plus grandes attractions touristiques du pays.
En effet, il attire chaque année quelque 420 000 visiteurs israéliens et étrangers. Le nouveau Centre des visiteurs constitue une étape importante dans le développement de cette zone au nord d’Israël et devrait donner un élan conséquent non seulement à la population mais aussi à l’économie locale. Comme ce projet a été adopté voilà quelques années par le KKL-JNF Canada, sous l’égide de Stephen J. Harper, alors Premier ministre, il a été décidé de donner son nom au Centre, et ce, également en guise de reconnaissance pour ses œuvres
À cette occasion, c’est un Stephen J. Harper visiblement très ému qui s’est exprimé en ces termes: «Ce parc est un véritable succès, tout comme Israël dans son ensemble. Le fait que le Centre, à savoir la porte d’entrée de tout le domaine, ait été baptisé en mon nom est un immense honneur et j’en suis infiniment reconnaissant.» Daniel Atar a, pour sa part, souligné que pour ceux qui avaient vécu les «années pionnières» d’Israël, dans les années 1960 et une partie des années 1970, et pour ceux qui avaient grandi avec l’assèchement des marécages au nord du pays, cette ouverture était un «moment émouvant, car en quelque sorte, la boucle est bouclée.» Le nouveau Centre des visiteurs comportera une attraction toute particulière, où la technologie de pointe sera mise à l’honneur. Par exemple, une station virtuelle où les visiteurs pourront s’immiscer au beau milieu des nids de
17
18
Horizons Verts 60
grues pour observer le comportement de ces volatiles comme s’il y étaient. Qui plus est, le Centre abrite le plus grand panneau d’information sur les oiseaux de tout le Proche-Orient. Un globe terrestre géant permet aussi de suivre exactement les oiseaux migrateurs tout au long de leur itinéraire et de les localiser. Enfin, un modèle interactif intitulé «mini lac de la Houla» y a été intégré. Rien que des attractions vraiment passionnantes, à voir seul ou en famille. Pour couronner le tout, le Centre des visiteurs renferme un cinéma flambant neuf de 200 places. Des films sur la région y sont projetés, mais pour la population locale, cette salle fait également office de cinéma «normal» à certains moments: jusqu’ici, il fallait faire jusqu’à une heure de trajet, voire plus, pour pouvoir visionner les nouvelles sorties. Dans une première phase, le nouveau Centre était un type de projet pilote, et les visiteurs pouvaient donc y accéder gratuitement. À présent, il faut payer mais une partie du prix du billet est utilisée à des fins de développement durable ainsi que pour soutenir les agriculteurs régionaux – la deuxième moitié va à l’entretien du Centre.
Le nouveau Centre des visiteurs dans toute sa splendeur
Stephen J. Harper Stephen J. Harper, né en 1959 dans la province de l’Ontario, a été le 22e Premier ministre du Canada de 2006 à 2015. Il appartient au Parti conservateur. En 2015, il cède sa place au Premier ministre actuel Justin Trudeau du Parti libéral. L’année suivante, Stephen J. Harper se retire de la politique. Durant son mandat, il compte parmi les fervents partisans de l’État juif dans le monde. Par conséquent, depuis septembre 2018, Stephen J. Harper est également président de l’initiative «Friends of Israel»: cette organisation s’est fixé pour objectif de lutter contre le traitement injuste d’Israël, tel que formulé dans les statuts de l’initiative. Le Canadien succède à l’ancien Premier ministre conservateur espagnol José Maria Azna, qui a occupé cette position durant huit ans.
Stephen J. Harper avec Daniel Atar et le Premier ministre Benjamin Netanyahu
Horizons Verts 60
Octroi de bourses
Investir dans la jeunesse Des bourses ont été octroyées avec le soutien des amis du KKL-JNF en Suisse, en France et en Allemagne ainsi qu’avec l’aide de la fondation Horowitz en Israël. Parmi elles, 100 l’ont été dans le cadre de l’initiative Israel 2040. Le KKL-JNF et ses partenaires octroient des bourses à 350 jeunes étudiants de tout Israël et de tous les milieux pour une valeur totale de 6,5 millions de shekalim. Cet octroi a été possible grâce au soutien des amis du KKL-JNF de Suisse, de France et d’Allemagne et à l’initiative du KKL-JNF Israël ayant pour objectif d’attirer 1,5 million nouveaux habitants dans les régions du Néguev et de Galilée d’ici 2040. À l’occasion de la cérémonie de remise, le président mondial du KKL-JNF, Daniel Atar, a félicité les étudiants: «Comme Israël n’est pas riche en ressources naturelles, qu’est-ce qui a bien pu permettre ce miracle? Tout simplement nos ’ressources humaines’, que l’on pourrait aussi appeler ’capital humain’. La formation et le savoir doivent
être les lumières qui nous guident. Voilà pourquoi le KKL-JNF a décidé d’investir une bonne partie de ses moyens dans ce secteur.» Daniel Atar a poursuivi en déclarant aux étudiants qu’ils étaient l’avenir et ajouté:
«Bientôt, c’est vous qui gérerez Israël, et dans tous les domaines possibles. Voici donc cette bourse pour faire progresser votre savoir et votre sagesse.» Les bourses ont été décernées sur la base de critères définis par le KKL-JNF et ses partenaires. En collaboration avec le KKL-JNF France, des étudiants de pays francophones ayant immigré
en Israël sans leurs parents (dont dix Marocains) ont bénéficié de ce don. Parmi les partenaires de cette action figuraient la fondation Bender en collaboration avec le KKL-JNF Allemagne, la fondation Saiovici avec le KKL-JNF France, la fondation Philosophie avec le KKL-JNF Suisse et la fondation Horowitz d’Israël. Le président du KKL-JNF Suisse, Arthur Plotke, a félicité les destinataires au nom des donateurs et rappelé les racines suisses de l’organisation: «Le KKL-JNF a été fondé à Bâle, la ville où je suis né. Depuis lors, il s’évertue d’édifier le pays et d’améliorer la qualité de vie de tous ses habitants. Quelle réjouissance pour moi et que d’émotions de voir autant d’étudiants réunis ici!»
Daniel Atar, président mondial du KKL-JNF (3e depuis la gauche) avec Arthur Plotke (3e depuis la droite), président du KKL-JNF pour la Suisse, et d’autres représentants du KKL-JNF à l’occasion de la distribution des bourses à Jérusalem.
19
Fondation pour la philosophie La Fondation pour la promotion de la philosophie en Israël, créée en 1995, est enregistrée sous le nom de «Keren Kajemeth Leisrael KKL – Philosophy in Israel».
Daniel Atar (au milieu) entouré par des étudiants
Elle trouve son origine dans les dispositions testamentaires d’un généreux donateur suisse, qui ne souhaitait pas que son nom soit divulgué. La Fondation s’est fixé comme objectif de soutenir les matières philosophiques dans des universités israéliennes ainsi que les départements de recherche du KKL-JNF, notamment en termes financiers: en octroyant des bourses, des aides à la formation ou d’autres contributions. Au cours des dernières années, les fonds ont surtout été attribués à des étudiants. L’année passée, une conférence internationale dotée d’un accent philosophique s’est déroulée dans le kibboutz de Kfar Blum. Une multitude d’étudiants ont déjà pu bénéficier de la vision généreuse de ce donateur suisse.
100 bourses ont été attribuées dans le cadre du projet Israel 2040 du KKL-JNF, qui vise à promouvoir les régions plus reculées d’Israël grâce à des investissements dans la formation, la technologie et l’infrastructure. L’idée est de renforcer la jeunesse israélienne. L’un des autres objectifs consiste à soutenir les villes et villages du Néguev et de Galilée. L’économie figure en ligne de mire jusqu’à un certain point, sur la base du principe que renforcer les régions périphériques consolidera le pays dans son intégralité. Cette année, les bourses ont été concentrées sur le nord du pays et octroyées à des étudiants universitaires de la région de Galilée. Le responsable scientifique du KKL-JNF, Doron Markel, a indiqué avoir lui aussi reçu autrefois une bourse du KKL-JNF pour son doctorat sur le thème
du parc au bord du lac de la vallée de la Houla. Dans le cadre des responsabilités liées à son poste (cf. entretien en page 4), Doron Markel contribue à la coordination du projet Israel 2040. Daniel Sagi, représentant local du KKL-JNF, a dirigé la cérémonie, tandis qu’un quatuor à cordes jouait de la musique classique tout bonnement enchanteresse. L’évènement s’est déroulé dans le jardin botanique de Jérusalem: le KKL-JNF a joué un rôle de taille au niveau du développement et de la transformation de ce lieu en un poumon vert florissant de la ville. Après la remise des bourses par les représentants du KKL-JNF, Noa Ayalon, étudiante en philosophie de Haïfa, s’est adressée au public au nom de tous ses homologues: «Ce soutien que nous avons le privilège de recevoir va bien au-
Lors de la cérémonie de l’an dernier (cf. article en page suivante), 18 bourses ont été allouées pour des Masters et 19 pour des doctorats, toujours en mettant l’accent sur les matières philosophiques
delà d’une aide financière; il s’agit aussi d’une reconnaissance de la valeur de ce que nous accomplissons et du chemin que nous avons choisi. Nous en sommes donc extrêmement reconnaissants.»
Horizons Verts 60
Fondation Germaine et Pierre Blum
Projets récompensés par la fondation Germaine et Pierre Blum Le fonds des donations de la fondation suisse Germaine et Pierre Blum dirigé conjointement par le KKL-JNF et le KKL de Suisse a attribué des prix à deux institutions de la ville de Yéruham dans le Néguev: le centre communautaire Yitzhaq Sadeh qui travaille avec des enfants à mobilité réduite ainsi que le Centre des Sciences où les étudiants ont développé un scooter spécial pour des enfants ayant des handicaps physiques.
Lors de sa visite dans cette ville du sud, le 24 décembre 2019, Edgar Josefowitz, qui siège au Conseil d’administration du KKL-JNF de Suisse et à celui de la fondation Germaine et Pierre Blum a été chaleureusement accueilli par la maire de Yéruham Tal Ohana.
«Merci de nous aider», a dit Tal Ohana dans un entretien privé avec Edgar Josefowitz dans son bureau municipal. Tal Ohana, élue maire l’année dernière, a détaillé ses objectifs pour aider les enfants aux besoins spécifiques et à mobilité réduite. «Nous avons créé de nombreuses infrastructures en ville à l’intention de ces enfants.», a dit Tal Ohana. «La nouvelle de la donation m’a rendue très heureuse. En effet, je suis très émue par le rêve sioniste et la mission juive, et le fait que des personnes privées aient choisi de faire un don à un de nos projets m’émeut plus encore.» La fondation Germaine et Pierre Blum est un fonds suisse de donations dirigé en partenariat avec le KKL-JNF et le KKL-JNF de Suisse. Chaque année, la fondation propose une dotation
financière pour des projets destinés aux enfants aux besoins spécifiques et à mobilité réduite. Elisha Mizrahi, représentant du département des ressources et du développement et Yitzhak Mopsik, directeur des testaments et des legs au KKL-JNF ont accompagné Edgar Josefowitz pour sa visite à Yéruham durant laquelle il a visité la promenade panoramique, construite avec l’aide du KKL-JNF de Suisse, ainsi que le parc de Yéruham. «L’activité physique est l’un des éléments importants que nous pouvons désormais offrir aux enfants ayant des besoins spécifiques grâce à vos dons.», poursuit Tal Ohana. L’assistante sociale, Shani Tabib, a souligné que la donation aidera aussi à financer des groupes de soutien nouvellement créés pour les parents et les frères et sœurs d’enfants ayant des besoins particuliers. Les groupes de soutien offrent à toute la famille un système de soins holistique avec les outils nécessaires pour relever les défis uniques en leur genre inhérents à l’éducation d’enfants avec des besoins spécifiques.
Edgar Josefowitz avec la maire de Yéruham, Tal Ohana
«Pour la première fois, nous aborderons la manière dont un enfant ayant des besoins spécifiques influe sur toute la famille», ajoute Tal Ohana. «C’est très novateur».
21
Des étudiants et leurs formateurs avec la maire Tal Ohana (en haut, 2e depuis la droite) et Edgar Josefowitz, en visite depuis la Suisse (en haut, tout à droite)
Liuda Azran et Bat El Maman, toutes deux mères d’enfants avec des besoins spéciaux, ont dit que la donation au Centre communautaire Yitzhaq Sadeh permettra aux enfants de participer aux activités après l’école et de bénéficier d’un transport pour se rendre en classe.
trottinette spéciale pour enfants aux besoins spécifiques et à mobilité réduite; elle en a déjà vendu une douzaine à des jardins d’enfants et des écoles pour un prix symbolique. Le lycéen Osher Azran s’est également entrenu avec Edgar Josefowitz concernant un projet spécial auquel participent les étudiants: enseigner la robotique aux enfants dans la communauté bédouine avoisinante. «Ils ne parlent pas la même langue que nous mais ils parlent le langage des robots», a-t-il expliqué.
«Grâce au don, quand ma fille aura atteint l’âge requis, elle pourra se rendre aux activités pour la jeunesse. J’en suis très heureuse.», a dit Liuda Azran. «Que mon enfant puisse socialiser dans des activités après l’école en rencontrant d’autres enfants est très important car cela contribue à son développement.»
«Je suis très impressionné par le travail que vous faites et que je découvre aussi à travers les récits des mamans. Même si les itinéraires de ces mères sont parfois bien tristes, je me réjouis que finalement, grâce à votre aide financière, nous arrivions à améliorer leur situation.», déclare Edgar Josefowitz
Au Centre des Sciences de Yéruham, Edgar Josefowitz a rencontré des étudiants du collège qui lui ont décrit leur travail de développement de drones et de robots. Certains d’entre eux ont même obtenu des prix. L’étudiante Moriel Malinski a expliqué avoir créé une
«Nous souhaitons qu’ils aient les mêmes droits que nous. Nous faisons beaucoup d’activités après l’école et nous voulons aussi qu’ils puissent aussi en avoir.», dit Azran. «Nous avions beaucoup de préjugés au sujet des bédouins mais quand nous les avons mieux connus, nous avons constaté que ce sont des enfants comme nous.»
Chronique de la déléguée du KKL-JNF Chers amis, J’ai réfléchi longtemps pour trouver le titre de mon article dans le nouvel Horizons Verts... Peut-être, en toute sobriété: bilan de ma première année en Suisse? Ou un peu plus émotionnel: Vienne - Jérusalem - Zurich - Genève: un destin juif? Mais aucun intitulé ne peut décrire à quel point cette première année en Suisse a été palpitante, prodigieuse, surprenante, stimulante, exceptionnelle et bien plus encore pour ma famille et moi-même. Je vais tout de même tenter d’évoquer avec des mots au moins une partie de mes impressions et des conclusions que je tire jusqu’ici. Avant tout, je souhaite souligner que le fait que l’on m’ait confié la mission de me rendre en Suisse et en Autriche en tant que nouvelle déléguée du KKL-JNF Israël représente pour moi un très grand honneur, qui s’accompagne bien évidemment d’une énorme responsabilité. Comme je l’ai déjà raconté à certains d’entre vous en personne, j’ai fait mon alya de Vienne vers Israël à l’âge de 23 ans et eu l’immense chance de décrocher un emploi auprès du KKL-JNF Israël au cours de ma première année là-bas. Au fil du temps, le KKL-JNF a réellement influencé et empreint ma vie: j’y ai connu mon époux (qui travaille aujourd’hui encore au bureau principal de Jérusalem), et nos enfants sont quasiment «nés pour» le KKL-JNF. En effet, comme ceux de tous les autres employés en Israël, dès qu’ils ont eu l’âge, chaque été, ils passaient quelques semaines aux côtés de nos gardes forestiers dans les forêts d’Israël, où ils ont travaillé et sué ensemble et parfois réellement trimé pour des tâches ardues touchant à la forêt, à la terre et au sol. C’est aussi de cette manière que l’on apprend à connaître et à aimer le pays. Travailler pour le KKL-JNF signifie pour moi bien plus qu’un «job», c’est un engagement et une vocation. Le KKLJNF est Israël, et Israël est le KKL-JNF - et même si je ne suis qu’un tout petit rouage dans une machine titanesque qui œuvre sans relâche pour notre pays ainsi que pour les gens qui y vivent et sa nature depuis maintenant presque 120 ans: chaque rouage compte, chaque rouage a sa tâche et chaque rouage fournit sa contribution. Nous pouvons voir et apprécier, en tout temps et de nos propres yeux, les résultats de notre travail commun: des centaines, que dis-je, des milliers de projets que le KKL-JNF a déjà réalisé
dans tout le pays et qui rendent Israël plus beau, meilleur et plus agréable à vivre. Cette première année en Suisse a été une école très importante pour moi – et je n’ai de loin pas encore obtenu mon diplôme... On pourrait penser que ce serait plus facile pour moi, en tant que Viennoise d’origine, au niveau linguistique (du moins en Suisse alémanique) et en termes de mentalité, mais je dois avouer que tout n’est pas si simple. En particulier, ces 26 années passées en Israël ont laissé des marques indélébiles en moi, et parfois je constate que je suis davantage Israélienne qu’Européenne du Centre, et ce, bien que mes quatre enfants se seraient tout bonnement moqués de moi s’ils m’avaient entendu faire une assertion si prétentieuse.
Mais les choses en Suisse ne sont pas tout à fait comme je l’avais imaginé, et les gens fonctionnent un peu différemment. Ainsi, j’ai pu constater à ma grande joie que, contrairement à certains stéréotypes courants sur de nombreux points, les Suisses forment un peuple vraiment aimable, ouvert sur le monde, jovial et qui ne se préoccupe pas seulement de son propre bien-être mais se montre prêt à faire le bien au-delà de ses frontières! Le soutien colossal dont bénéficie le KKLJNF en Suisse depuis de nombreuses années en provenance de toutes les couches de la population et indépendamment des religions ne peux pas s’expliquer autrement! Je profite de cette occasion pour vous adresser mes plus sincères remerciements, non seulement à vous, chers amis et donateurs du KKL-JNF, mais aussi à mon comité si engagé et aux collaborateurs exceptionnels sur le terrain pour qui j’ai énormément d’estime. Sans vous tous, jamais ma première année n’aurait pu être si productive, passionnante et motivante. TODA RABA! Ensemble, nous soutiendrons et réaliserons encore beaucoup de projets du KKL-JNF en Israël. Des projets de grande envergure, passionnants et novateurs, qui posent aujourd’hui les jalons pour que les générations de demain aient un avenir meilleur. Nous leur devons cela! Et par les temps qui courent, cette responsabilité me semble plus actuelle que jamais... Sincères salutations et Shalom à vous, Hag Chavouot Sameah! Bien à vous, Judith Perl-Strasser
! Save the Date
Fête de forêt du KKL-JNF
Mentions légales Horizons Verts 60 – Mai 2020 Rédaction/Textes Peter Bollag, Arthur Plotke, Doris Hummer, Céline Péters, Judith Perl-Strasser
DIMANCHE 23 AOÛT 2020 | 11 H – 17 H WALDHÜTTE AESCH
Layout Pascal Sutter (pascii.net) Fotos Archives du KKL-JNF Israël et Suisse
Jeux et divertissements pour petits et grands pour soutenir notre projet portant sur les abeilles dans la forêt de Gvar’am dans l’ouest du Néguev Avec des activités pour les enfants et des délices du grill
Papier Ce document a été imprimé sur du papier recyclé et certifié FSC
Image: istockphoto.com
Informations sur www.kklschweiz.ch/fr/waldfest2020 Aura lieu par tous les temps. Aucune inscription nécessaire.
Keren Kayemeth Leisraël Fonds National Juif (Suisse) Rue de l’Athénée 22, Case postale 140 1211 Genève 12 Tél. 022 347 96 76 www.kklsuisse.ch info@kklsuisse.ch Swiss Post-Finance Numéro du compte 12-3244-7 IBAN CH14 0900 0000 1200 3244 7 BIC POFICHBEXXX
Restez informés… …envoyez-nous votre adresse e-mail à info@kklsuisse.ch ou via notre formulaire de contact électronique à l’adresse http://kklschweiz.ch/fr/contact et parcourez les projets actuels sur notre site Internet au moyen du code QR suivant