ISSN 2552-1691
La revue du Keren Hayessod France www.keren-hayessod.fr
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Mars 2022
DOSSIER
Israël : la high tech au secours des plus démunis
AMIGOUR
Des résidences adaptées et chaleureuses pour nos aînés
HISTOIRE
Il y a un siècle, le Keren Hayessod au Maghreb et en Égypte
ÉVÉNEMENT
La nuit pour Israël : rdv le 10 mai
Première édition d’une soirée unitaire et généreuse dédiée à Israël
LE MOT DES CO-PRÉSIDENTS RUBRIQUE
EXPLORONS D’AUTRES UNIVERS COLLECTION 2022
44
ANS
ÇA SE FÊTE !
Israël, l’assurance vie du peuple juif ! Sauver les Juifs en danger du monde entier est une des nombreuses missions du Keren Hayessod. Depuis le début du mois, le Keren Hayessod en association avec l’Agence Juive pour Israël se concentre sur le sauvetage des Juifs d’Ukraine. Face à la guerre, notre organisation s’est immédiatement mobilisée pour répondre à l’urgence de l’évacuation de nos frères et sœurs ukrainiens. Nous le disons souvent, Israël est l’assurance vie du peuple juif et encore une fois, plusieurs milliers de femmes et d’hommes ont la chance, par rapport à beaucoup d’autres, d’avoir une seconde maison d’accueil. Israël met tout en œuvre pour intégrer et accompagner tous ceux qui n’ont plus qu’un seul refuge « la terre de leurs ancêtres ». Le Keren Hayessod remercie tous les donateurs qui ont participé ou participent encore à cette collecte d’urgence. En donnant au Keren Hayessod, vous réaffirmez la centralité historique de notre organisation dans la relation entre Israël et les Juifs de la Diaspora. Le Keren Hayessod sera toujours là pour l’ensemble du peuple juif.
groupehomesalons Photo retouchée et non contractuelle. Sauf erreurs typographiques. Magasins indépendants,membres du réseau HomeSalons.
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SAINT-LAURENT-DU-VAR SECTEUR CAP 3000 VILLENEUVE-LOUBET RN7 (À CÔTÉ DE BUT)
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Cordial Shalom Judith OKS et Dan SERFATY co-présidents du Keren Hayessod France
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ÉVÉNEMENT
YESSOD n°20 ISSN 2552-1691
Sommaire
DOSSIER Pages 8 à 13
Israël : quand la high-tech se mobilise pour les plus démunis 5 14 16 18 21 23
La nuit pour Israël, une soirée inédite et solidaire I-Link Invest : en avant, marche ! De séniors très actifs Zoom sur le programme Amigour Stéphane Ponthieu : le sens du partage Il y a un siècle : le Keren Hayessod au Maghreb
Culture : 26 Digressions linguistiques : Kabala 29 Musique ! 31 Made in Israël : le 1er whisky de la mer morte 32 Insolite : les NFT, un nouveau marché de l'art
Directeur de la publication : Alain Belhassen Rédactrice en chef : Sophie Atlan 01 77 37 70 85 sophie.atlan@kh-aui.fr Directrice artistique / graphisme : Joëlle Paris - jparis@free.fr Publicité : Michael Sfez - 01 77 37 70 80 - michael.sfez@kh-aui.fr Administration / comptabilité : Sophie Barr 01 77 37 70 84 - sophie.barr@kh-aui.fr Prépresse / impression / fabrication : PRN Carpiquet CONTRIBUTEURS : Yosh Amishav - Sophie Atlan - Paula Haddad Ariel Koseleff - Laure Levy - Rémy Peretz - Richard Prasquier KEREN HAYESSOD FRANCE 10, place de Catalogne - 75014 Paris Tél. : 01 77 37 70 80 www.keren-hayessod.fr Facebook : Keren Hayessod France Instagram : keren_hayessod_fr
Une soirée inédite et solidaire
Par Sophie ATLAN
Le 10 mai prochain, aura lieu la première édition d’un événement exceptionnel : la nuit pour Israël ! Trois associations de la communauté, le KEREN HAYESSOD, TAGLIT et TSEDEK ont décidé de se réunir, dans un lieu magique : le cirque Bormann, pour partager avec le public la force de leur engagement pour ISRAËL ! C’est une soirée unitaire, qui permet de mutualiser les efforts autour d’Israël, dans un bel élan de solidarité. Elle est placée sous le haut patronage de la nouvelle ambassadrice d’Israël en France, Yaël German.
L
e concept est nouveau et enthousiasmant ! Les vedettes sont les programmes soutenus en Israël. Ils seront au cœur de cette soirée. C’est une soirée de générosité où des personnes engagées pour Israël vont monter sur scène pour présenter, lors d’un « pitch », leur projet de manière vivante et authentique, avec pour objectif de convaincre le public de donner pour la cause qu’elles soutiennent. Maître Merav Griguer jouera le rôle de commissaire-priseur. C’est elle qui incitera le public à faire des dons. La soirée est
co-animée par Lea Lando, talentueuse humoriste et chroniqueuse (cf. interview). Elles ont toutes deux accepté de soutenir bénévolement l’action de ces trois associations ! À la fin de la soirée, tous les participants se rencontrent autour d’un cocktail, en toute convivialité. La soirée est gratuite. Chaque participant s’engage néanmoins à faire un don de 100 euros minimum. (déductibles de ses impôts). « J’ai eu l’occasion d’assister à un événement similaire, organisé par des associations non juives, confie Amir Lapid, directeur du Keren Hayessod et à l’initiative de l’événement. Ce soir-là, ce sont 12 associations qui ont présenté leur projet et j’ai apprécié chaque seconde. On reçoit en direct la générosité des gens qui est vraiment contagieuse ! j’ai eu envie de reproduire cela chez nous, avec des associations partenaires, qui soutiennent Israël ». « Le côté innovant de cette soirée m’a immé diatement séduite, poursuit Judith Oks, coprésidente du Keren Hayessod. Actuellement au Keren Hayessod, nous tentons d’adapter la collecte au XXI e siècle et cette soirée inédite dans la communauté est vraiment une belle opportunité ». Merci pour votre don en ligne sur www.keren-hayessod.fr
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ÉVÉNEMENT
ÉVÉNEMENT
Pour Régine Konckier, présidente de l’association Taglit France, cet événement est une première et une chance : « Pour une fois plusieurs associations juives se réunissent pour le bien commun ! Nous unir nous renforce. Taglit se consacre à tous les jeunes juifs sans exclusion… ». Elle a donc répondu avec enthousiasme à la proposition du Keren Hayessod. Idem pour Olivier Granilic, responsable de l’association Tsédek qui s’occupe d’enfants et de jeunes défavorisés en Israël, qui a tout de suite adhéré à la Nuit pour Israël :
INTERVIEW
« l’idée que 3 associations s’unissent pour une soirée de solidarité autour d’Israël m’a immédiatement plu ! ». Alors rendez-vous le 10 mai pour une soirée très prometteuse…
LA NUIT POUR ISRAËL 1ère édition Mardi 10 mai à 19h30 Cirque Bormann - Paris 15e Infos & inscriptions sur
lanuitpourisrael.fr
Léa Lando,
notre couteau suisse… pour Israël Lea Lando, vous êtes humoriste, chroniqueuse sur Europe 1, écrivaine, scénariste… Comment vous définir ? Ce sont souvent les autres qui m'appellent "le couteau suisse". Je comprends la comparaison, mais personnellement dès que j'entends "Suisse", je pense à "argent", alors je me définirais plutôt comme le couteau suisse du pauvre . Je suis curieuse de nature, j'aime découvrir tous les métiers liés à ce que j'aime faire : l'écriture, la scène, la radio, le cinéma etc. Après, c'est comme quand on entre dans une boulangerie : y'a plein de choses qu'on aime et qui nous font envie mais on aura toujours ses préférences. En ce qui me concerne, c'est le stand up, le cinéma... et les chouquettes.
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Quels sont vos thèmes de prédilection ? Où trouvez-vous votre inspiration ? Je trouve mon inspiration dans la vie de tous les jours, dans les gens que je croise, dans les émotions qui me traversent. Un de mes thèmes préférés c'est l'amour ! Que ce soit l'amour du couple ou l'amour des autres. Le rapport humain me fascine. Quelle est votre actualité ? Où peut-on vous voir ? Vous entendre ? J'ai monté un plateau de stand up tous les lundis soir à 20h sur le bateau "Le Concorde Atlantique". Je l'ai appelé "La Seine Ouverte" ! C'est sur la seine donc, et c'est très agréable comme cadre pour y découvrir des artistes de stand up, boire des verres et manger quelque chose. Pour faire simple, j'ai créé l'endroit où j'aurais moi-même aimer aller toutes les semaines ! Ce que je fais ! J'allie ainsi travail et plaisir. Je suis également en préparation de mon premier long métrage mais comme j'ai peur de trop parler de ce qui n'est pas encore sûr de sûr, je n'en dirai pas plus. J'espère juste que vous pourrez voir mon premier film au cinéma l'année prochaine maximum. En ce qui concerne la télé et la radio, j'ai justement levé le pied cette année pour me consacrer au stand up et à mon film. Vous êtes juive… Quelles sont vos origines ? Abordez-vous facilement ce sujet dans vos spectacles ? Ah ah, le "vous êtes juive" me fait tellement penser à Rabbi Jacob et Elie Kakou ! J'adore ! Oui je suis juive, d'origine tunisienne du côté de mon père et moitié algérienne et italienne du côté de ma
mère. Un sacré mélange !!! Mais j'ai pris tout le côté tunisien au niveau des hanches ! Mon vrai nom de famille est Boutboul ! c'est un nom qui sent l'huile à plein nez . J'ai pris le nom de ma mère pour ma carrière. Disons qu'il respire plus les spaghettis à la tomate que les boulettes. Mais surtout il est plus facilement prononçable. Je parlais de ma religion dans mes deux précédents spectacles, mais pas dans le prochain que je rode en ce moment même. Je n’avais rien ni de nouveau ni d'original à dire sur le sujet. Vous avez accepté d’animer cette grande soirée de solidarité pour Israël… Quel est votre rapport à Israël ? Je ne suis allée en Israël que 3 fois, mais beaucoup de personnes de ma famille y vivent ainsi que des amis très proches qui ont fait leur alyah. Résultat : ils me manquent tous beaucoup ! Merci Israël ! Ah ah !!! Je me souviens de la première fois que j'y suis allée et de ce que j'ai ressenti. J'ai eu cette étrange sensation d'aller dans un endroit qui m'est inconnu mais où on m'accueille comme si c'était déjà chez moi. C'est hyper agréable. Et je ne vous parle pas de mon émotion quand je suis allée au mur, à Jérusalem on encore, quand j'ai fait flotter mon corps dans la mer morte. Il y a tellement d'amour qui plane en Israël qu'on a vraiment envie que la paix s'y installe une fois pour toute. J'espère que je serai à la hauteur de vos attentes pour cette grande soirée de solidarité. Je n’ai jamais réussi à demander de l'argent à ma famille, j'espère y parvenir auprès de vos convives pour cette noble cause. Merci pour votre don en ligne sur www.keren-hayessod.fr
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DOSSIER
Israël : quand la high- tech se mobilise pour les plus démunis… M ercredi 1er décembre 2021. Dafna, 89 ans, regarde sa montre. Un geste qui trahit tant l’impatience que l’excitation du moment. 17h28. Dans quelques instants, un taxi viendra la récupérer pour l’emmener célébrer Hanoucca, la fête des lumières : « Ce n’est pas tous les jours que je me rends à un gala. Encore moins à mon âge et encore moins avec les restrictions mises en place contre la Covid-19 ! » confie-t-elle, le regard brillant. Direction Herzliya, le quartier des affaires. Le chauffeur dépose Dafna au pied d’un immeuble imposant, appartenant à AppsFlyer, entreprise israélienne experte en marketing digital valorisée à 2 milliards de dollars.
d'enfants au centre d'accueil d'Ibim près • deJeuxSdérot en Israël, qui accueille une communauté
Alors qu’Israël rayonne dans le secteur de la high-tech, il reste l’un des pays de l’OCDE affichant les plus fortes disparités sociales. Face à ce constat et à l’absence de politique sociale des derniers gouvernements, de nombreuses sociétés high-tech ont décidé d’investir leur temps, leur argent et leurs compétences dans toutes sortes d’actions sociales afin d’embellir le visage social d’Israël ou tout du moins d’essayer. Reportage.
Au 6e étage, les six personnes du département Appsflyer Cares s’attèlent aux derniers préparatifs. Chandelier à neuf branches, petits fours, musique… Rien n’est laissé au hasard pour recevoir, comme il se doit, les 80 précieux convives.
Par Laure LEVY
bon moment. C’est aussi une façon de leur montrer qu’on ne les a pas oubliés ».
Yonathan n’en est pas à sa première activité bénévole. Chaque mois, le département Appsflyer Care propose à ses employés différentes actions caritatives : « À Pourim, nous avons rendu visite à des olim1 d’Ethiopie, près de Sdérot. C’était leur première fête dans le pays. Nous sommes venus avec un camion rempli d’une centaine de michlohé manotes2. Les enfants nous ont accueillis avec des cris de joie. Il y a eu une rencontre, un partage. C’était chaleureux et émouvant…Le genre d’événement qui te fait aimer ta boite et te rend fier de travailler pour elle » détaille Yonathan.
Je participe à cette soirée car cela me fait du bien de faire du bien.
Une trentaine de salariés, tous bénévoles, sont présents. Yonathan, 38 ans, employé au département communication est l’un des leurs : « Je participe à cette soirée car ça me fait du bien de faire du bien. Tous nos invités sont des rescapés de la Shoah vivant pour la plupart dans la pauvreté ou la solitude. Ce n’est pas normal qu’ils soient seuls pendant les fêtes. Ce soir, ils vont s’amuser. On va danser, on va leur faire passer un
BÉNÉFICES Ce phénomène appelé, « responsabilité sociétale des entreprises », a pris une ampleur inédite au sein de la Silicon Wadi depuis une décennie. Bank Leumi, Elbit, ExLibris, Intel, Max, Mobileye, Monday, Etoro, Phoenix, Teva, Wix… Toutes ces entreprises israéliennes et bien d’autres possèdent désormais un département dédié aux actions caritatives. Officiellement, l’unique objectif recherché est d’avoir un impact positif sur la
de nouveaux immigrants venus d'Ethiopie
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DOSSIER
société. En réalité, les bénéfices sont multiples : l’entreprise améliore son image de marque et développe le sentiment d’appartenance et d’engagement des salariés : « Un employé qui aime son entreprise va s’investir davantage et sera plus efficace » analyse Miri, directrice de l’agence de
DOSSIER
bénévoles, Danielle a participé en octobre à une course caritative : « Nous sommes partis de Tel Aviv en vélo pour rejoindre le désert du Néguev. Nous étions une vingtaine de collègues. C’était épuisant mais quelle aventure ! ». Un défi sportif pour soutenir l’association Beit HaShanti, structure d’accueil pour adolescents sans ressources : « Les jeunes nous attendaient à la fin de la course avec des collations. Ils étaient impressionnés de nous voir si nombreux. Nous avons partagé un moment de joie et de simplicité. Cet échange m’a motivée et m’a donné beaucoup d’espoir sur ce qu’il est possible de réaliser quand nous choisissons d’ouvrir nos bras les uns aux autres » détaille-elle.
À partir d’un certain salaire, ce n’est plus l’argent mais la vision de l’entreprise qui te fait rester. placement Atid B’yisum à Jérusalem. « Il aura une tendance à communiquer positivement et devient un ambassadeur gratuit pour la marque. Autre point fort et non des moindres, l’employé n’ira pas chercher ailleurs. Or le turnover, très présent en Israël, crée non seulement un sentiment toxique d’insécurité au sein de l’entreprise mais coûte une fortune aux sociétés high-tech où la concurrence est féroce ». CRITÈRE DE SÉLECTION Face à cette nouvelle tendance, ils sont de plus en plus nombreux à choisir leur entreprise en fonction de son impact social. Après avoir occupé durant des années un poste à haute responsabilité dans une grande société d’import-export, Danielle, 34 ans, démissionne pour intégrer le géant Wix en 2020 : « À partir d’un certain salaire, ce n’est plus l’argent mais la vision de l’entreprise qui te fait rester ou regarder ailleurs. Parce que c’est cette vision qui façonne le quotidien, l’état d’esprit et la motivation des salariés ». Par le biais de Wix Karma, le département en charge des œuvres
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La société, via sa plateforme numérique, propose un éventail de programmes et collabore avec plus de 300 ONG. Une aubaine pour beaucoup d’associations qui cherchent à se faire connaître et un gain de temps non négligeable pour les entreprises qui peuvent créer leurs volontariats en trois clics. Du projet caritatif traditionnel au volontariat personnalisé, Vee, comme ses concurrents, surfe sur une vague en plein essor. DÉRIVE Une mécanique bien ficelée qui engendre toutefois une dérive : celle d’une préférence affichée du quantitatif au qualitatif. « Le volontariat est devenu tellement tendance qu’on en frise parfois le ridicule. Dernièrement, une amie du milieu associatif me confiait qu’elle recevait tellement
de demandes pour des volontariats dont le concept est de repeindre des murs qu’elle s’était retrouvée à devoir elle-même en abîmer afin de pouvoir honorer ses commandes ! » s’insurge Claire, 36 ans, experte en partenariats publics dans une grande boite de la Silicon Wadi. Un constat qui questionne : ces actions caritatives ont-elles une réelle valeur en soi ou consistent-elles uniquement en une énième stratégie au service des entreprises en vue d’améliorer leur image ou d’obtenir des salariés plus efficaces ? Et s’il n’y avait pas à choisir ? C’est sur cette proposition que Claire Assal et Lisa Rahmani, deux franco-israéliennes, lancent en 2021, la Fondation Simlai. « Notre solution s’appelle le mécénat de compétence. Les salariés du
Les projets défendus par les différentes licornes du high-tech visent, pour l’essentiel, des problématiques liées à la pauvreté, aux femmes, à l’éducation, à la périphérie, à l’écologie et aux discriminations. BUSINESS JUTEUX Face à ce marché émergeant, certaines startups ont rapidement vu le potentiel économique. C’est le cas de Vee, jeune pousse lancée en 2020 par May Piamenta qui en avril dernier, a levé 2 millions de dollars. La startup propose aux entreprises des programmes de volontariat clef en main : « Beaucoup d’ONG cherchent des volontaires et les entreprises ne savent pas toujours vers quelles associations se tourner. Nous permettons cette connexion » explique Shirel, responsable partenariats chez Vee. Course caritative avec Mariuma Ben Yosef • fondatrice de l'association Beit HaShanti
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DOSSIER
DOSSIER
L’ASSOCIATION THE EQUALIZER « Le football comme outil thérapeutique » The Equalizer est une initiative sociale, crée par Liran Gerassi. En 2009, Liran, alors étudiant, propose aux jeunes à problèmes qui traine dans son quartier, de monter une équipe de football. Il sera leur entraineur, à titre gracieux. En contre partie, les jeunes s’engagent, une fois par semaine, à accepter son soutien scolaire. Grâce aux résultats scolaires des élèves, l’école prend connaissance du projet et propose à Liran d’ouvrir son initiative à d’autres quartiers. En deux ans, 15 équipes sont constituées dans 15 écoles de Jérusalem. Le projet se développe au quatre coins du pays. Aujourd’hui, 7000 enfants en difficultés sociales
ou scolaires, entrainés par des experts du sport tous bénévoles, font partie des équipes de football formées par l’association. Depuis 2017, The Equalizer a mis en place le programme Boatot qui propose un entrainement intensif de football et de soutien scolaire aux jeunes filles provenant de toutes les cultures et milieux socioéconomiques d’Israël. Fort de ses 401 équipes de football, The Equalizer organise chaque semaine des tournois dans tous le pays, oeuvrant à transmettre les valeurs de vivre ensemble, de respect, de solidarité et de tolérance. « Le sport est un outil fantastique pour développer le lien
à l’autre et la confiance en soi. Nous le voyons sur le terrain chaque jour. Nos jeunes arrivent avec tous types de difficultés. Certains sont renfermés, d’autres sont timides ou encore agressifs. Le lien se forme rapidement entre les membres d’une équipe. Les efforts qu’imposent l’entrainement et l’enjeu des tournois leur révèlent à eux-mêmes des ressources et des compétences inexplorées. C’est toute la force du sport et du football en particulier » explique Yaniv Kusevitzky, directeur des partenariats au sein de The Equalizer.
LA STARTUP FRÉ SKINCARE « Un modèle économique basé sur l’engagement social » FRÉ Skincare est une marque de cosmétique basée sur des solutions naturelles d’huile d’argan brevetées. Crée par Mickael Bensadoun et Michael Azoulay en 2017, l’action sociale est au cœur des priorités de la marque qui œuvre activement pour la protection des femmes et de l’environnement. Pour chaque kit
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cosmétique vendu, la marque plante un arganier au Maroc. « L’huile d’Argan est produite au Maroc par des coopératives de femmes en difficulté. Certaines sont veuves, d’autres divorcées, toutes vivent dans des conditions de vie des plus difficiles. Ce commerce leur permet de subvenir à leurs besoins » commente Mickael Bensadoun, co-fondateur. En 2021, FRÉ Skincare contribue par du mécénat de compétence d’une valeur de 27 000 dollars au programme socio-sportif Boatot en Israël. The Equalizer oeuvre à transmettre les valeurs
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de vivre ensemble, de respect, de solidarité et de tolérance. Pour 2022, la marque s’est engagée à financer la totalité des frais d’une des équipes féminines de football de l’initiative. « L’avenir de l’impact social passera inévitablement par le monde des entreprises. C’est une sphère très puissante qui a le moyen, par son modèle économique, d’être efficace et de transformer la société » affirme Mickael Bensadoun.
high-tech possèdent des qualifications rares. Pourquoi ne pas mettre ces talents au service des associations ? Beaucoup d’entre elles ont de vrais besoins dans des domaines d’expertise mais n’ont pas les ressources suffisantes pour accéder à ces professionnels. La Fondation Simlai met en relation des experts du high-tech souhaitant donner de leur temps et des associations qui sont à la recherche de ce savoir-faire » détaille l’entrepreneuse. En 2011, les onze salariés de FRÉ Skincare réalisent un volontariat professionnel en faveur du programme Boatot de l’association The Equalizer : « Nous voulions accompagner sur le long terme une initiative qui aide les jeunes filles d’Israël. La Fondation Simlai nous a proposé cinq associations qui correspondaient parfaitement à notre demande et nous avons choisi le programme Boatot. Pendant 6 mois, nous leur avons transmis nos compétences et avons travaillé à améliorer leur trésorerie, leur communication numérique, leur marketing et leur levée de fonds. On a eu le sentiment de véritablement les aider et c’est exactement ce qu’on voulait » commente Mickael Bensadoun, co-fondateur de FRÉ Skincare.
Notre modèle est aujourd’hui plus professionnel et donc plus performant ». MAKE AN IMPACT Sur l’année 2021, les startups israéliennes ont levé plus de 25 milliards de dollars. Un boom exceptionnel alors qu’Israël traverse une crise économique et sociale sans précédente: 25% de la population israélienne vivrait en dessous du seuil de pauvreté3. Dans ce contexte, Yaniv Rivlin, PDG de la multinationale Bird, vient de créer l’initiative «1.8». Le projet consiste à reverser 1,8% des actions des entreprises partenaires en faveur
Cette conviction que nous portons en nous la capacité véritable de pouvoir changer les choses.
De son coté, Yaniv Kusevitzky, directeur des partenariats à The Equalizer le reconnaît : « Les entreprises qui nous soutiennent ont systématiquement la même demande : elles souhaitent couvrir les dépenses annuelles d’un des enfants du programme. FRÉ Skincare nous a fait une proposition différente et c’était la première fois. Elle nous a donné les clés afin de transformer notre vision associative en vision entrepreneuriale.
d’actions sociales. L’initiative vise à développer dans un deuxième temps des actions sociales sur un modèle, lui aussi, de mécénat de compétences. Cette responsabilité sociale en plein essor illustre une tendance typique d’Israël mais aussi de notre époque : cette conviction que nous portons en nous la capacité véritable de pouvoir changer les choses, « to make an impact » comme disent ici les Israéliens.
1. Nouveaux immigrants 2. Paniers cadeaux que l’on offre à l’occasion de la fête juive de Pourim 3. Rapport publié en décembre 2021 par l'ONG Latet, qui assure la sécurité alimentaire des personnes précaires en Israël.
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I link invest
I-Link : en avant, marche !
Par Paula HADDAD
I-Link, le fonds d’investissement du Business Club, prend officiellement son envol : il a été clôturé le 15 février dernier. Cette initiative du Keren Hayessod France propose à ceux qui le souhaitent, d’investir dans des startups innovantes, implantées dans le nord d’Israël, dédiées à l’AgriTech et à la FoodTech. Petit avant-goût avec deux startups présélectionnées par ce fonds.
L’ANALYSE BIOCHIMIQUE MOBILE DES PLANTES Le monde de la santé en fait l’expérience depuis des années, la détection précoce est une clé essentielle pour un traitement efficace et pertinent. Une méthode qui s’applique de la même manière à l’agriculture. Aujourd’hui, malgré l’utilisation massive de pesticides nocifs, les dégâts causés par les maladies fongiques sur les plantes sont immenses. En l’absence de signes annonciateurs visibles à l’œil nu, au moment où l’infection se manifeste, il est déjà trop tard pour contrer les ravages. Witi propose le premier dispositif mobile de détection hyperspectral pour une identification la plus précoce des propriétés biochimiques des plantes. Il permet de détecter les agents pathogènes, d’inspecter la santé des plantes et de prédire le temps de récolte optimal, en combinant plusieurs technologies dont l’Intelligence Artificielle. Le dispositif s’appuie sur
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un appareil abordable, qui offre aux agriculteurs une analyse instantanée des plantes, de manière non destructive. Après une première expérience réussie dans une ferme de cannabis à usage médical, Witi développe sa méthode innovante au sein de vignobles de choix.
URGENCE UKRAINE
Merci !
Votre générosité est à la hauteur de notre engagement Grâce à vous, et au formidable travail de nos représentants sur le terrain, nous avons réussi et continuerons d’aider les communautés juives d’Ukraine.
DES SOLUTIONS CONTRE LE PRÉDIABÈTE Face au prédiabète qui touche des centaines de millions de personnes dans le monde et finit par conduire au diabète, Solveat propose des solutions encore méconnues. Leur premier objectif ? Réduire le taux de sucre dans le sang de la population prédiabétique. La formule, testée avec succès par des volontaires, repose sur un modèle qui imite le mode de fonctionnement de l’insuline. Leur technique ? Solveat enrichit des aliments ordinaires de compositions à base de plantes, pour en faire des aliments fonctionnels extraordinaires. De fait, l’entreprise évolue dans un secteur en pleine transformation, marqué par une demande croissante d’aliments plus sains. Elle déploie une technologie de pointe, validée cliniquement, pour injecter les ingrédients actifs dans les aliments sans en altérer le goût. Et propose déjà le premier chocolat qui fait réellement baisser la glycémie ! Soutenue par l’Autorité israélienne de l’innovation, Solveat entretient des relations scientifiques avec des organismes de recherche de premier plan.
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LEGS ET DONATIONS
Des séniors très actifs Fort de son dynamisme, et ce malgré le contexte actuel, le service legs et donations du Keren Hayessod développe sa mission d’accompagnement des séniors à travers un programme ambitieux. Il propose des sorties culturelles, des escapades en France et un voyage dans le nord d’Israël du 15 au 22 mai prochain qui s’annonce exceptionnel. Une manière d’affirmer encore et toujours son soutien aux nombreux programmes du Keren Hayessod. Rencontre avec Karine Boukris, responsable du service legs et donations. Quel est le programme de vos activités pour séniors ? En décembre dernier, une visite du Paris juif médiéval nous a conduits dans le centre de la ville grâce à un guide passionnant et passionné qui nous a beaucoup appris sur la présence juive dans ce quartier. Désormais, il y aura une aprèsmidi culturelle par mois, autour d’une visite, une projection etc. Nos « shabbat séniors » sont des escapades de 3 à 4 jours qui permettent de (re) visiter des endroits, eux aussi en lien avec la présence ou l’histoire juive en France. En juillet 2021, un petit groupe s’est rendu à Troyes dans l’Aube sur les traces de Rachi. Au mois de février, nous avons organisé un shabbat à Vichy, la visite guidée nous a offert un éclairage historique sur d’autres éléments sur la période entre 1940 et
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LEGS ET DONATIONS
Par Paula HADDAD
de 50% de votre patrimoine au profit du Keren Hayessod, l’autre moitié sera bien conservée par votre enfant. Si vous avez 2 enfants, vous pouvez disposer de 30% de votre patrimoine et si vous avez 3 enfants ou plus, la part de la quotité disponible s’élève à 25%.
1944. En mai, nous partons dans le nord d’Israël pour un voyage en dehors du circuit touristique habituel ! (voir page 28). Je voudrais remercier tous nos séniors pour participer avec autant d’enthousiasme à ces activités.
Par ailleurs, transmettre un legs par le biais d’un contrat d’assurance-vie, également quand on a des enfants reste méconnu. Pouvez-vous nous en dire davantage ?
Les participants gardent-ils des liens entre eux après les sorties ?
Il faut rappeler que l’assurance-vie est exclue de la succession. Bien évidemment, on ne peut pas utiliser une assurance-vie pour léguer tout son patrimoine au détriment de ses enfants. Toutefois, si une personne a un ou plusieurs enfants, et considère qu’elle souhaite gratifier le Keren Hayessod, elle peut tout à fait nommer notre institution avec l’adresse du siège à Jérusalem, dans la clause « bénéficiaire » du contrat d’assurance-vie. À son décès, le Keren Hayessod héritera du capital
Absolument. Nous privilégions des petits groupes d’une quinzaine de personnes environ ; durant les activités, la communication est de ce fait, beaucoup plus fluide. Cela permet de faire connaissance et de mener des échanges de qualité autour de conférences comme celle de Franz-Olivier Giesbert lors du séjour à Vichy. Ensuite, les gens se revoient, des liens d’amitié se sont même tissés d’une région à l’autre, ce qui donne lieu à des visites. Par ailleurs, notre groupe WhatsApp Seniors permet de renforcer le lien entre les participants et de prendre des nouvelles de chacun.
de cette clause. Le reste du patrimoine reviendra aux enfants. Quel message adressez-vous à ceux qui s’interrogent sur le legs ? Soutenir le Keren Hayessod par le biais d’un legs, d’une donation ou d’une assurance-vie, c’est aider au développement de nos actions et contribuer pleinement à la réduction de la fracture sociale en Israël. C’est soutenir des programmes pour les survivants de la Shoah (Résidences Amigour), les villages d’enfants ou les jeunes filles-mères isolées (Peimot). C’est aussi la possibilité de découvrir lors de voyages en Israël, comme celui à venir, ce que
Léguer au Keren Hayessod, c’est prendre part à l’avenir d’Israël, tout simplement ! permettent concrètement, les legs et donations. Je dirais que léguer au Keren Hayessod, c’est prendre part à l’avenir d’Israël tout simplement !
L’autre grande mission du service consiste à accompagner ceux qui ont fait choix du legs à Israël au profit du Keren Hayessod. Peut-on faire un legs quand on a des enfants ? Tout à fait. En France, on ne peut pas déshériter en totalité ses enfants, en revanche, on peut léguer ce qu’on appelle en droit la « quotité disponible ». Si vous avez un enfant, vous pouvez disposer
•
passionnante du Paris juif médiéval Merci pour votre don en ligne surVisiste www.keren-hayessod.fr 17
PROGRAMME QUELQUES CHIFFRES :
1,1 million de personnes âgées en Israël. 22% d’Israéliens de + de 65 ans vivent
sous le seuil de pauvreté.
50 % d’entre eux sont des survivants
en cours de construction.
57 résidences Amigour en Israël.
distribués pendant la période COVID.
35 000 colis alimentaires et kits sanitaires
de la Shoah.
Amigour : veillir dans la dignité Par Sophie ATLAN
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1994 et s’est installée à Netanya. ina Bornstein, survivante de la Shoah, a e Elle a célébré son 100e anniversaire à la résidence célébré son 100 anniversaire en février Amigour, avec ses voisins proches, le personnel dernier dans son appartement de la résidence soignant qui l’accompagne depuis de nombreuses Amigour à Netanya. Lina est née à Kiev, en Ukraine, années et les professionnels d’Amigour, qui ont en 1922. Elle a passé la Seconde Guerre mondiale en organisé cet événement pour elle. Ouzbékistan, où elle s’est portée volontaire dans un Lina a reçu un magnifique bouquet de fleurs et hôpital. À la fin de la guerre, elle a étudié l’histoire à l’affection de son entourage. l’université, puis s’est mariée, Elle qui n’a ni enfants, ni famille mais a dû divorcer en raison L’HISTOIRE DE proche était profondément de sa judéité, qui nuisait à LINA BORNSTEIN, touchée. Lina est toujours très l’avancement professionnel de 100 ANS… optimiste, lucide et souriante. son mari. Pendant 46 ans elle a Interrogée sur le secret de sa travaillé dans un département longue vie, elle a répondu que « tout vient d’en « top secret » des Archives historiques du KGB. haut » et qu’il faut savoir profiter au maximum de Dans le cadre de son travail, elle a été confrontée chaque moment de la vie ! à l’antisémitisme. Elle a immigré seule en Israël en
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Yessod n°20 La revue du Keren Hayessod France
7 500 résidents pris en charge. 80 ans C'est la moyenne d’âge des résidents 28 000 personnes âgées en liste d’attente. 2 650 logements supplémentaires
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n Israël, 200 000 personnes de plus de 65 ans ont un niveau de vie proche ou en dessous du seuil de pauvreté. Ils ont des revenus modestes et dépendent souvent de l’aide sociale. Parmi eux, nombreux sont des survivants de la Shoah et des immigrants de l’ex-Union soviétique qui n’ont souvent pas de famille pour les aider. Israël a un devoir moral vis-à-vis de ces personnes qui ont le droit de vieillir dans la dignité. C’est dans ce contexte que se sont développés au fil des ans les résidences Amigour, des résidences séniors à loyer très modéré qui répondent aux besoins de personnes âgées et isolées. Ces résidences sont des logements sociaux qui reçoivent des fonds des ministères du Logement et de la Construction ainsi que du ministère de l’Aliyah et de l’Intégration. Depuis le début, Le Keren Hayessod apporte sa contribution à ce programme essentiel. Il a décidé de poursuivre ses efforts pour financer encore plus de logements Amigour. En effet, avec un coût de la vie en perpétuelle augmentation, des loyers de plus en plus chers, le nombre de personnes âgées basculant dans la précarité a explosé. Le nombre de demandes pour ce type de logements aussi.
La vieillesse est souvent synonyme de solitude, de maladie, de dépendance… Dans les résidences Amigour, il en va tout autrement. Il y règne une ambiance joyeuse, conviviale. Chaque résident a son propre appartement. Il y vit seul ou en couple, en toute sécurité, car les logements sont adaptés. Il peut cuisiner, recevoir ses amis, sa famille quand il en a, et appeler à l’aide si besoin, car Amigour est encadré par des professionnels. Ces résidences sont situées à des endroits stratégiques, proches de la mer par exemple, comme à Bat Yam ou Netanya. De nombreuses activités sont proposées aux résidents, qui leur permettent de maintenir une
Le nombre de personnes âgées basculant dans la précarité a explosé. vraie vie sociale. Cours de chants, d’informatique, de nutrition, de gymnastique, cours d’hébreu pour les nouveaux immigrants, conférences… Ils ne sont jamais seuls. Les fêtes juives ou les shabbats sont fêtés en communauté. Des chorales ont vu le jour dans la plupart des résidences Amigour, où de nombreux Juifs originaires de l’ex-URSS sont accueillis. La musique est au cœur de la vie de ces résidences pas comme les autres ! Merci pour votre don en ligne sur www.keren-hayessod.fr
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RUBRIQUE PORTRAIT
Nouveau président du Keren Hayessod Provence-Languedoc
Stéphane Ponthieu : le sens du partage
Par Paula HADDAD
Si Stéphane Ponthieu prend pour la première fois des fonctions de président bénévole au sein d’une institution du monde associatif, il n’en demeure pas moins attaché à la tradition du don, chère à sa famille. Ce chef d’entreprise de 50 ans a succédé, en août dernier, à Ghislaine Laloum à la présidence du Keren Hayessod Provence-Languedoc. Du militantisme à la collecte, il nous expose sa vision inspirée par la volonté de rester proche des donateurs et de mieux faire connaître les programmes israéliens dans sa région.
« J’ai été touché par le caractère laïc et universel du Keren Heyessod qui s’adresse à tous les Israéliens, en matière d’éducation et d’aide sociale. Par ailleurs, c’est l’organisme qui a collecté des fonds pour poser les fondations mêmes de l’État hébreu. Le Keren Hayessod a créé la première compagnie d’électricité en 1921, les premières localités, l’Université hébraïque de Jérusalem…Il a permis à Israël de se développer et de s’ouvrir à tous. » Agir au service de sa communauté, le nouveau président en a été témoin à travers son grand
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téphane Ponthieu apprécie le charme de la discrétion, et s’est interrogé sur sa légitimité à faire l’objet d’un portrait, au regard de son engagement récent au Keren Hayessod. Gérant d’un groupe immobilier autour d’Aix-en-Provence et de destinations phares de villégiatures entre mer et montagne, ce juriste de formation a choisi jusque-là de rester dans l’ombre, auprès des siens : son épouse Clara, pianiste et enseignante au Conservatoire et ses quatre enfants. Le temps peut-être aussi de trouver l’institution dans laquelle se reconnaître. Sollicité par Bertine Lahav, directrice de collecte pour le Sud de la France, il a vu en le Keren Hayessod un écho à sa vision d’Israël :
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• Carte postale de la rue d'Austerlitz à Oran, quartier juif
PORTRAIT
Enfin, le comité prévoit une sortie culturelle pour remercier des donateurs de Provence-Languedoc, fidèles malgré le contexte de crise, et les informer de l’évolution des projets financés. « J’aimerais aussi inviter nos lecteurs à une réflexion sur la
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culture du don récurrent, même modeste. On a tous un budget à gérer, mais on dispose aujourd’hui d’outils qui nous permettent de donner sans s’en rendre compte, chaque mois, par prélèvement, une somme à hauteur de ses moyens. C’est une approche complémentaire » rappelle le président. DIEU TE DONNE POUR QUE TU PUISSES DONNER Sur Israël, Stéphane Ponthieu évoque une admiration profonde, des voyages tournés vers la connaissance du pays et des attaches familiales par son frère, avocat au barreau de Marseille et de TelAviv. Il dit avec élégance du Keren Hayessod qu’elle est une « resplendissante dame de 100 ans », qui aide les enfants d’Israël à grandir. En novembre, il a milité lors du Charidy, pour Peïmot, un programme qui apporte un soutien éducatif à des mères isolées, des parents ou des futurs parents, dans les quartiers défavorisés de la périphérie d’Israël. « Chaque famille est assistée sur une durée entre 18 et 24 mois pour que l’investissement porte ses fruits » précise le bénévole. Il souhaite mettre en lumière le programme « Intégration des Ethiopiens » qui propose assistance sociale et scolaire pour réduire les disparités entre la jeune génération et les autres Israéliens. Né à Marseille dans le quartier populaire de la Belle de Mai, Stéphane Ponthieu n’oublie pas d’où il vient, même s’il assure avoir connu une enfance aisée. « J’ai grandi avec cette phrase de mes grandsparents : « Dieu te donne pour que tu puisses donner. » Quand on a la chance de pouvoir aider, il faut donner de son temps, de son argent ou de son savoir. Quand on s’occupe des autres, on reçoit en retour au centuple. J’y crois intimement ».
© Bibliothèques spécialisées de Paris
père Joseph Amsaleg et sa mère Eliette Ponthieu. Celle-ci organisait encore récemment des aprèsmidis de collecte chez elle, pour la crèche qui porte le nom de ses parents en Israël. « Mon père qui n’est pas juif, a toujours soutenu ma mère dans ses activités » souligne Stéphane Ponthieu. Pour pérenniser les actions du Keren Hayessod, lui entend s’appuyer sur son comité de bénévoles, un noyau solide, et développer un travail de proximité : « Notre objectif, c’est que chaque membre du comité touche par le biais de son réseau des personnes qui ne sont pas impliquées au Keren Hayessod. Nous organiserons des rencontres conviviales, courtes, en petits groupes, pour présenter nos missions, sans pour autant faire un appel aux dons. Les gens sont très sollicités, parfois investis ailleurs, et doivent comprendre en quoi nos actions changent la vie de certaines personnes. Il faut nous faire connaître avant de recevoir quelque chose en retour. Par ce biais, j’aimerais que le Keren Hayessod prenne davantage de place à Montpellier et Toulon ». Par ailleurs, la section Provence-Languedoc poursuit ses activités avec la projection le 22 mars dernier au Centre Edmond Fleg de Marseille du documentaire Le Commando français du Palmach. Le 29 avril, en partenariat avec le B’nai Brith et la Wizo, Georges Bensoussan sera au cœur de la projection d’un film sur son procès, suivie d’un débat en sa présence. Un calendrier qui devrait s’enrichir régulièrement d’événements.
HISTOIRE
Il y a un siècle, le Keren Hayessod au Maghreb et en Égypte
Par Yosh AMISHAV
Comme on l’imagine aisément, une organisation plus que centenaire comme le Keren Hayessod a une histoire avec un grand H. On se remémorera son rôle fondamental dans la naissance et le développement de l’État d’Israël, jusqu’à ce jour, en relisant par exemple les « 100 battements de coeur » que le siège central de Jérusalem a publiés à l’occasion du Centenaire*.
Dans ce court article on évoquera plutôt des événements, situations et personnalités que cette grande Histoire a laissés de côté, mais qui, chacun à leur époque, ont eu un écho notable sur leur temps et les communautés au sein desquelles ils ont eu un impact. * https://www.kh-uia.org.il/100beats/fr/
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HISTOIRE
• Carte postale : Famille juive Constantine Algérie, 1 quart XX er
entretenir de l’oeuvre du sionisme, leur demander l’obole destinée à reconstruire le Foyer juif de Palestine »2. En Algérie aussi, la campagne du Keren Hayessod ne chôme pas. Pour les années 1923-1925, Oran est de loin la communauté la plus généreuse; elle apporte près de la moitié de la collecte générale, suivie d’assez loin par Alger. Des comités du Keren Hayessod sont fondés en 1923, notamment à Alger et à Constantine ; en mai 1923, le journal La Voix d’Israël consacre la presque totalité de son numéro 63 à soutenir le Keren Hayessod. Ceci dit, tout ne baigne pas toujours dans l’harmonie, et il faut faire intervenir le Grand rabbin de France pour que l’argent parte à Londres, alors siège mondial de notre organisation (qui s’établira à Jérusalem en 1926). En outre, le président du consistoire d’Alger refuse de présider le comité du Keren Hayessod, au contraire de son vice-président qui accepte la charge3.
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© MAJ
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ui se souvient, par exemple, de l’intense activité du Keren Hayessod au Maghreb ou en Egypte? L’Avenir illustré , qui se présente comme « revue juive marocaine et nord-africaine », publie dans son numéro du 14 janvier 1927 (page 18), alors que notre organisation n’est encore que dans ses premières années, une impressionnante liste de donateurs de Rabat et Casablanca1. Les relations avec le « Résident général » français (le Maroc est encore sous protectorat) Théodore Steeg sont très bonnes, et celui-ci écrit en 1926 au leader sioniste Nahum Sokolov que ses services ont, « à maintes reprises, donné au délégué du Keren Hayessod toute facilité pour visiter les communautés juives du Protectorat, pour les
HISTOIRE
La communauté juive de Tunisie manifeste elle aussi va vitalité en nommant dès 1926 un délégué pour Tunis et le nord, un pour Sousse et le centre, et un troisième pour Sfax et le sud. Ce dernier est prié de se rendre à Gafsa pour recouvrer « une somme assez importante » qui n’attend que lui4. La Tunisie est probablement le seul pays où le président local du Keren Hayessod a été une importante figure politique nationale : Albert Bessis (1885-1972), figure de proue de la communauté, qui jouera un rôle important dans les négociations avec la France sur l’autonomie interne de la Tunisie, sera ministre de l’Urbanisme en 1955. Le journal Information juive du 16 octobre 1955 ne cache d’ailleurs pas sa joie à l’annonce de cette nomination5. Il sera député de 1956 à 19695. En Egypte, l'Aurore du 1er janvier 1926 annonce « avec le plus vif plaisir » la naissance du Comité
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Yessod n°20 La revue du Keren Hayessod France
• Archives du Keren Hayessod
du Keren Hayessod de la ville du Caire, « composé de personnes des plus marquantes et appartenant à différents milieux de notre communauté et poursuit : « Ceci constitue constitue une preuve éclatante de ce fait que l’idée du loyer national juif a rallié, au Caire comme partout dans le judaïsme, tous les esprits éclairés soucieux de l’avenir du peuple juif. Il est permis d’augurer que la population juive du Caire se montrera, dans la nouvelle campagne du Keren Hayessod, aussi capable de dévouement et de générosité que les meilleures communautés juives du monde »6. De fait, la collecte de novembre 1926, par exemple, place la petite communauté juive locale devant Strasbourg, l’Italie ou la Suisse7. En janvier 1927, un film du Keren Hayessod est projeté en privé dans au Caire et on annonce qu’il sera bientôt présenté au public dans la capitale ainsi qu’à Alexandrie7. Les Juifs ont depuis longtemps disparu du paysage humain de l’Algérie et de l’Égypte. Un bon millier de Juifs vivent encore en Tunisie alors qu’au Maroc, une communauté d’environ trois mille personnes s’est réjouie avec tout le peuple juif des rapports chaleureux rétablis entre leur pays et l’État d’Israël, grâce aux « Accords d’Abraham », mais ces communautés aussi ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes, quand on se souvient de leur importance et vitalité passées. Leur contribution à tous à la renaissance de l’État juif et en particulier aux activités du Keren Hayessod est cependant inscrite en majuscules dans l’Histoire du sionisme, et cet article n’en aura donné qu’un très modeste aperçu, qui appelle certainement une recherche beaucoup plus approfondie. Retrouvez les liens de toutes les sources de cet article sur www.keren-hayessod.fr
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LINGUISTIQUE
KABALA L
ors d’un séjour en Israël, le visiteur est rapidement confronté au mot קבלה (kabala) et, si ses connaissances hébraïques sont un peu éparses, il risque de penser que le mysticisme imprègne profondément la vie du pays. Il n’en est évidemment rien, tout au moins en ce qui concerne l’emploi du mot (l’élément mystique dans la vie israélienne mérite un développement soigneux au-delà de mes compétences). Le terme a plus de chance d’indiquer ticket de caisse que de faire référence aux Sephirot, au Tsimtsoun ou à l’Ein Sof. Mais il y a bien une relation entre ces deux champs sémantiques apparemment bien divergents... Le sens de la racine KBL aussi bien dans l’hébreu biblique que dans l’hébreu contemporain est « recevoir ». Chaque fois qu’on veut traduire recevoir en hébreu le verbe ( לבקלlekabel) convient. Ainsi la réception, que ce soit celle d’un hôtel, d’un cadeau ou d’invités (קבלת פנים, kabalat panim) utilisera cette racine, toujours à la forme « piel » (אני מקבל, ani mekabel, je reçois). Mais le champ d’utilisation de lekabel dépasse celui de « recevoir ». Il inclut « obtenir », « accepter », « accueillir », « admettre » ou « assumer ». Voire « revendiquer ». Autrement dit, tout ce qui se rattache à la notion de « prendre » chaque fois que « prendre « ne signifie pas « s’emparer de ». ( לקבל החלטהlekabel ahlata) : prendre une décision, faire un choix
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LINGUISTIQUE
Par Richard PRASQUIER
( לקבל קרדיטlekabel kredit) : recevoir le crédit, le mérite de... ( לקבל בקורתlekabel bikoret) : accepter la critique ( לקבל הזדמנותlekabel isdamnout) : avoir une chance, une opportunité de... ( לקבל שבועיים של חופשlekabel shvouaïm chef hofesh) : prendre deux semaines de vacances ( לא קבלו אותי לעבודהlo kiblou toi laavoda) : ils ne m’ont pas pris au travail, je n’ai pas été embauché ( לקבל טיפולlekabel tipoul) : se faire soigner et plus simplement: ( לקבל קפהlekabel kafè) : prendre un café ou ( תאריך קבלהtaarih kabala) : date de réception Le sens français de « reçu » se retrouve à l’identique en hébreu. En fait, לקבלpeut parfois se traduire en français courant par le verbe auxiliaire « avoir », ce verbe qui n’existe pas en hébreu. Au fond tout ce qu’on a, ne l’a-t-on pas reçu? Si la forme de base (paal) est inusitée, il existe une forme « hitpael » importante qui a une connotation passive : ( להתקבלleitkabel): signifie entrer, être admis Statue de l'homme qui marche • Alberto Giacometti
קבלה dans une équipe, une université, une profession, un poste quelconque et par conséquent לנסות ( להתקבלlenasot leitkabel) « essayer d’être reçu », signifie poser sa candidature, postuler.
part de Moïse les enseignements que celui-ci avait appris sur le Sinaï, qui n’ont pas été transcrits dans la Torah mais que Josué a pu transmettre aux Sages.
Il existe aussi une forme « hifil » (factitive) ( להקבילleakbil)
« Réception » suggère plutôt une situation de passivité, ou au moins d’inactivité physique.
Leakbil signifie « comparer » ou «être parallèle». En mathématiques, mais pas seulement : (metsiout makbila, réalité parallèle),
Notons le contraste: l’homme de la Halakha est l’homme en marche (הלך, alah), l’Hébreu est l’homme du passage (עבר, avar), l’homme de l’Alyah est l’homme de la montée (עלה, ala), tandis que l’homme de la Kabale, lui ne bouge pas: il est l’élu qui reçoit une connaissance secrète, apparemment sans faire d’effort particulier. Privilège des mystiques...
Il semble que le sens primitif de la racine KBL soit celui de mise au-devant, en face. On trouve ce sens en araméen, et il parait une fois dans la Bible : ע ָם-( ו ַיַּכֵּהּו ָקבָלvaikeou kebel am): il le frappa devant le peuple (Rois 2 15/10). Il y a peu de syntagmes nominaux dérivé de la racine קבל: ( קבלןkablan), c’est l’entrepreneur, celui qui agit comme s’il avait reçu une adjudication sur un bien. ( מקובלmekoubal) signifie commun, ordinaire, apprécié, admis, considéré comme... Mais en tant que nom, il s’est appliqué aux mystiques... Nous en arrivons donc à la Kabale. L’homme de la Kabale, c’est celui qui a reçu la connaissance des secrets de la création. Il est le successeur de Josué, qui a reçu (kibel) de la
Depuis les premiers temps, la connaissance ésotérique dont bénéficiaient certains élus a fait partie de la tradition religieuse. Des textes anciens comme le livre de Hénoch en témoignent, puis le Sefer Yetzira aux premiers siècles du Moyen Age. Plus tard ce sera la Kabale espagnole avec le Zohar de Moïse de Leon, attribué pour faire plus prestigieux au rabbi Simeon Bar Yohaï qui avait vécu au IIe siècle. C’est Gershom Sholem, suivi de Moshe Idel en Israël, de Charles Mopsik en France qui a fait de la mystique juive un sujet de recherches académique. La rose au treize Pétales (Adin Steinsaltz et Josy Eisenberg) est une introduction de qualité à la mystique de la Kabale. Celle-ci a été connue de façon approximative à la
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DOSSIER LINGUISTIQUE
Renaissance. Des livres chrétiens en ont traité et la trace de concepts de la Kabale (notamment la Kabale lourianique de Safed) se trouve chez des philosophes et des poètes non-juifs (ou juifs assimilés) du XIXe ou du XXe siècle qui se référaient à des commentaires chrétiens. Mais la mystique juive a évidemment irrigué le hassidisme, notamment dans les mouvements Habad et Bretslav.
Voyage Séniors en Israël RDV du 15 au 22 mai 2022 !
Avec un style influencé par le hip-hop et l’électro, Noga Erez enflamme les endroits branchés de la planète avec sa batterie électronique et ses synthétiseurs. L’artiste israélienne a brillé par sa présence l’année dernière grâce à son titre Views, que l’opérateur Orange a utilisé dans un de ses clips promotionnels. Le titre parle de la quête de popularité des artistes sur les plateformes tels que Youtube. En collaboration avec son compagnon Rousso, la chanteuse a sorti deux albums : Off the radar (2017) ainsi que Kids (2021 ) qui ont reçu un accueil chaleureux. Pour Noga, la musique lui permet de s’exprimer sur des sujets sensibles israéliens tout en respectant ce pays qui lui a permis de devenir ce qu’elle est. L’artiste estime être une ambassadrice de sa patrie, malgré sa plume incisive.
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Hanan Ben Ari
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Noga Erez
© Malyacko
Le Keren Hayessod vous invite à un voyage inédit dans le nord d’Israël avec la visite de Safed, du plateau du Golan, de la magnifique réserve naturelle d’Agamon Hula... Au cœur du circuit, visite également d’une base militaire, de startups, d’un centre d’intégration ou encore de programmes du Keren Hayessod dédiés à des jeunes défavorisés. Tel-Aviv et Netanya feront aussi partie de ce séjour qui sera ponctué de rencontres avec des journalistes et des chercheurs pour mieux comprendre la société israélienne. Sans oublier une dégustation de vins « made in Israël ». Logement en hôtelskibboutz et shabbat convivial dans un bel hôtel de Tel-Aviv !
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Musique !
Difficultés de la langue hébraïque, bizarrerie des textes et exotisme des métaphores, ce que Rabelais connaissait de la Kabale devait lui paraitre un salmigondis suspect et elle n’a pas échappé à son humour caustique (la « cabale monastique » du Tiers Livre). C’est lui qui a fait entrer le mot Kabale (désormais écrit « cabale ») dans la langue française pour désigner des actions un peu « tordues ».
À l’instar d’autres artistes comme Ishay Ribo, Hanan Ben Ari marque une montée en puissance des artistes religieux en Israël. Père de 6 enfants à seulement 33 ans, le compositeur israélien cumule les succès avec plusieurs millions de vues. Force est de constater la dimension fédératrice de cet auteur. À chaque
MUSIQUE Par Ariel KOSELEFF
fois qu’il se produit, le concert se finit par des danses et des chants du public ponctués de « Ce soir, c’est la fête, on est heureux ! ». Des milliers de personnes, de tout âge, venant de tout le pays, religieux comme laïcs, font la fête ensemble le temps du concert. Mention spéciale à Hanan Ben Ari pour son single Im tirtzi (Si tu veux), écrit à sa femme Hadas. Il y évoque sa peur de se retrouver seul.
Raviv Kaner Surfant sur la vague de Resisim (fragments), Raviv Kaner continue de surprendre la critique. L’artiste originaire de Ness Ziona a dévoilé fin janvier le titre Mayim Amoukim (Eaux profondes). Raviv Kaner nous entraîne dans un univers marqué par son expérience tragique à l’armée (le chanteur y a perdu quatre de ses camarades au combat) : « Ce single parle de ces moments où je me plonge au plus profond dans mes pensées, mais je m’arrête à temps pour ne pas sombrer ». Cette chanson est la première d’une série de sept œuvres que le batteur de formation nous distillera prochainement. Symbole d’une jeunesse israélienne traumatisée par un service militaire compliqué, Raviv Kaner sublime ses angoisses, pour notre plus grand bonheur. À noter qu’il a été choisi pour la traditionnelle cérémonie d’allumage des flambeaux sur le mont Herzl à Jérusalem, le jour de Yom haastmaout et qu’il représente aussi la célèbre marque « Castro » en Israël.
© Dudi Hasson
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Apex Dead Sea, premier whisky de la mer Morte Par Paula HADDAD
Construite au cœur de Tel-Aviv par deux entrepreneurs ambitieux, Gal et Lital Kalkshtein, la distillerie Milk & Honey poursuit son exploration du whisky. Après avoir lancé le premier whisky Single Malt israélien, elle présente le tout premier whisky made in Mer Morte, baptisé Apex Dead Sea. Un subtil mélange en bouche, doux et salin.
I
maginez un whisky qui a vieilli à l’endroit le plus bas de la planète, à savoir la mer Morte, à 423 mètres sous le niveau de la mer. Un whisky aussi puissant et intense que le climat dans lequel il a mûri, entendez par là des températures atteignant les 50°C. Dans le cadre de sa réalisation,
un ensemble de fûts de types et de tailles variés a été placé sur le toit d’un hôtel situé sur la côte de la mer Morte. Ces fûts ont donc été exposés à des conditions climatiques extrêmes pendant un an, entraînant pendant cette période, une part des anges de près de 25% (NDLR : La part des anges est la partie du volume d’un alcool qui s’évapore pendant son vieillissement en fût). Récompensé par plusieurs prix internationaux avant sa sortie, Apex Dead Sea est limité à seulement 4 892 bouteilles dans le monde et 300 bouteilles pour la France. Pour découvrir ce produit haut de gamme de Milk & Honey, qui vous offrira une alliance de notes raffinées, rendez-vous sur le site de La Maison du Whisky (www.whisky.fr). Bonne dégustation ! Merci pour votre don en ligne sur www.keren-hayessod.fr
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!NSOL!TE
NFT : un nouveau marché de l’art J e ne sais pas si vous avez remarqué, mais depuis quelques mois, il ne se passe pas un jour, sans qu’un quotidien, une émission de radio ou un journal télévisé ne parle de NFT, ce sigle étrange, dont peu de gens comprennent vraiment le sens. Aujourd’hui si les médias parlent tant des NFT c’est tout simplement parce qu’un nouveau marché est en train d’éclore sous nos yeux, où des millions de dollars sont dépensés quotidiennement dans des œuvres d’art numériques ou des images de collections virtuelles telles que des cartes de sportifs ou des avatars, ces images qu’on utilise pour illustrer les profils des réseaux sociaux.
ou « Jeton Non Fongible » en français, peut se définir comme étant « le titre de propriété d’un bien digital inscrit sur la blockchain »… Pour simplifier la blockchain ce n’est rien d’autre qu’un grand registre public, donc accessible à tous, décentralisé, où sont retranscrits et horodatés toutes les transactions et mouvements de valeurs. Ainsi puisqu’ils sont inscrits sur la blockchain les NFT sont donc traçables, infalsifiables, immuables, bref uniques…
Mais pour vraiment comprendre de quoi il s’agit et les enjeux qui en découlent, il faut faire un bond de quelques années en arrière. En 2008, alors que le monde se trouve en pleine crise financière dites des « subprimes » apparaît une nouvelle forme de monnaie, créée sur la première blockchain du même nom, le Bitcoin. Il est né d’une contestation et d’une défiance envers certaines institutions tels que les États, les Banques centrales, les médias etc., bref tout ce qui est centralisé. De manière concomitante, une contre-culture appelée « crypto-culture » a pris racine dans cette contestation. Elle a émergé avec ses codes, ses leaders, ses artistes etc., avec une utopie commune : tout décentraliser que ce soit l’argent, le pouvoir ou l’information…
Une utopie commune : tout décentraliser, que ce soit l’argent, le pouvoir ou l’information… D’ailleurs connaissez-vous le point commun entre Paris Hilton, le joueur Neymar et le chanteur Justin Timberlake ? Ils possèdent tous un Bored Ape Yacht Club (BAYC), cette collection de singes NFT qui se vendent à plusieurs centaines de milliers de dollars l’unité… Techniquement, un NFT pour « Non Fungible Token »
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Yessod n°20 La revue du Keren Hayessod France
Par Rémy PERETZ
CRYTO-ART Rien d’étonnant alors à ce que la première collection emblématique de NFT, lancée en juin 2017, se soit appelée « Les CryptoPunks » ouvrant ainsi la voie au Crypto-Art. Mais ce sont avant tout des artistes réels, très talentueux dans leurs domaines, que ce soit l’illustration digitale, la 3D, l’art généré par algorithme, qui ont permis aux NFT d’être, bien plus qu’un simple phénomène de mode. En effet, jusqu’à l’arrivée des NFT, si des artistes postaient leurs œuvres digitales sur internet, il suffisait de deux clics pour qu’elles soient enregistrées sur un ordinateur. Grâce aux NFT, seul le détenteur du NFT en est le véritable propriétaire et peut donc jouir des droits qui y sont associés à savoir vendre, louer, prêter, voir même détruire cette œuvre… En 2018, avec l’arrivée des plateformes SuperRare. com et Rarible.com, les artistes peuvent enfin « minter », c’est-à-dire créer, une œuvre sous forme de NFT et la vendre. Evidemment au lancement de ce mouvement, on avait affaire à une micro-communauté d’artistes qui s’adressait à une micro-communauté de collectionneurs très en avance sur leur temps. Mais alors comment expliquer que 3 ans plus tard les NFT soient devenus un tel phénomène de société avec un marché passant de 100 millions de dollars en 2020 à plus de 18 milliards en 2021 ?
une forme d’art à part entière. Mais un évènement totalement inattendu, a bousculé en profondeur le mode de vie de chacun d’entre nous et notre rapport à la réalité : la pandémie mondiale liée au COVID 19. En étant reclus sur nous-mêmes, notre vie digitale a pris encore plus de place et nous avons essayé de différentes manières d’échapper à cette réalité et d’ouvrir notre imagination à d’autres formes d’art… D’ailleurs, étant fermés, de nombreux grands musées tel que l’Hermitage à Saint-Pétersbourg ont permis à tous d’accéder à leurs collections depuis chez eux, grâce à des galeries virtuelles. 5000 DAYS : UNE RÉVOLUTION ARTISTIQUE L’évènement qui a véritablement changé le cours de l’histoire de l’art est la vente chez Christie’s de l’œuvre numérique de l’artiste Beeple intitulée, « 5 000 days » pour la somme record
LES ANNÉES COVID : LE MOUVEMENT S’ACCÉLÈRE Le mouvement crypto-art était en marche, certes… mais ça aurait dû prendre des années avant qu’il ne soit mondialement reconnu comme
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!NSOL!TE
de 69 350 000 $ faisant de Beeple, un des cinq artistes vivants les plus chers au monde. Depuis les NFT ne cessent de faire parler d’eux pour le meilleur et parfois pour le pire. De nombreux artistes du monde entier sont désormais sollicités pour collaborer sur des collections d’images de profil. C’est le cas de l’artiste israélien Gal Yosef qui a lancé avec ses succès une première collection de NFT, les Cryptobulls et qui vient de récidiver avec la collection des Meta Eagles… Mais les NFT c’est bien plus que de ça : dans tous les domaines où il y une problématique liée à la propriété ou à la traçabilité d’un bien ou d’un service, les NFT pourraient jouer un rôle déterminant.
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Yessod n°20 La revue du Keren Hayessod France
Ils peuvent être un moyen efficace de lutter contre la contrefaçon et même devenir une nouvelle façon, totalement sûre et traçable de faire des dons, si la législation des états le permet. Sans parler des métaverses, ces nouveaux mondes virtuels, qui mériteraient un article à part entière et qui intéressent la plupart des grandes marques. Et il est encore question de NFT, lorsqu’en juillet dernier, le nouveau Président de l’État d’Israël Itzhak Herzog a reçu un cadeau très original : le NFT du serment que son père, le 6e Président de l’État d’Israël Haim Herzog avait fait, lors de sa prise de fonction dans lequel il marquait son allégeance à « l’État d’Israël et à ses lois… ». EN SAVOIR PLUS : John Karp et Remy Peretz : NFT révolution naissance du mouvement crypto-art