n° 7 MAI
www.keren-hayessod.fr
2017
MAI 2017 - PRIX : 5 €
LE RÊVE ISRAÉLIEN DOIT RESTER VIVANT
DINER ANNUEL
TAMIR PARDO CHEF DU MOSSAD 2011-2016
MONDE
LE KEREN HAYESSOD EN HOLLANDE
VA AU BOUT DE TOI-MÊME !
MASSA PAR DANIEL BENHAIM
DOSSIER
LE BATEAU
© GPO 2017 NATIONAL PHOTO COLLECTION / PINN HANS
QUI A MARQUÉ L’HISTOIRE
D’ISRAËL
L’EXODUS 70 ANS LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE
SOMMAIRE
n° 7 MAI
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2017
ÉDITORIAL L’ENTRE DEUX TOURS : RÉFLEXIONS AÉRIENNES Par Richard Prasquier REGARD SUR ISRAËL CAFÉ MIZRAHI BLUES Par Ygal Palmor
PARIS : LE MOSSAD AU RENDEZ-VOUS TAMIR PARDO, ANCIEN CHEF DU MOSSAD
DOSSIER : L’EXODUS, 70 ANS
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/ 14 / HISTOIRE FRANÇAISE E UN S, DU XO L’E / 12 A PARTIR , L’HOMME QUI LAISS LAURENT LEBOUTET E DE YISHOUV ET LE DRAM L’EXODUS / 15 / LE ITCH / 21 / OV C «IKE» AHARON L’EXODUS / 20 / ISAA IER SURVIVANT AH KLIEGER, DERN NO DE GE NA IG MO TÉ
DRUZES ISRAÉLIENS RÉGIONS NOS MILITANTES EN RÉGION / 28 / NICE / 29 / MARSEILLE / 30 / OR SASSON, MÉDAILLÉ OLYMPIQUE À MARSEILLE, NICE ET LYON
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LE KEREN HAYESSOD DANS LE MONDE
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BLOG MASSA
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31 / EN HOLLANDE UNE CAMPAGNE UNIE ET INNOVANTE 34 / KADIMA, L’EXODUS ITALIEN
36 / INTERVIEW DE DANIEL BENHAIM 38 / LE CASTING FAIT SON SHOW
LE KEREN HAYESSOD FRANCE EN MOUVEMENT 39 / AU REVOIR NATI METUKI ET YOAN SMADJA 40 / BIENVENUE À JONATHAN JOFFÉ ET AMIR LAPID
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LEGS ET DONATIONS MAUD TABACHNIK : JE VEUX AIDER DE TOUTES MES FORCES CE PAYS DE MIRACLES
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RETOUR EN IMAGES / AGENDA
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CULTURE 44 / LIVRE MAUD TABACHNIK : FESTIN CANNIBALE À LA RUSSE / 48 / LIVRE RACHEL HERMANN OU LE SIONISME EN HÉRITAGE / 50 / LINGUISTIQUE PAR RICHARD PRASQUIER : L’EXODUS, DES BATEAUX ET DES JUIFS
LE RÊVE ISRAÉLIEN DOIT RESTER VIVANT
n° 7
CONTRIBUTEURS
MAI
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Mordechaï Naor Yosh Amishav
Notre correspondant à Jérusalem. D’origine belge, il a fait son alyah en 1975. Ancien diplomate, il a aussi été le porte-parole de feu le Président Haïm Herzog, ainsi que de plusieurs ministères. Il s’occupe du département chargé de la reconnaissance due aux donateurs du Keren Hayessod.
Yessod 10, place de Catalogne 75014 Paris Tél. : 01 77 37 70 80 www.keren-hayessod.fr Facebook DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Alain Belhassen RÉDACTRICE EN CHEF Sophie Atlan Tél. : 01 77 37 70 85 Sophie.atlan@kh-aui.fr
Caroll Azoulay
Journaliste franco-israélienne, installée en Israël depuis 17 ans, Caroll a collaboré entre autres au Jerusalem Post et à la chaîne d’information Guysen TV. Elle est aujourd’hui rédactrice en chef du magazine «LeMag» et mène des missions de consulting et de relations publiques pour des institutions israéliennes.
DIRECTRICE ARTISTIQUE / GRAPHISME Joëlle Paris jparis@free.fr
Photo de Une : © GPO 2017 NATIONAL PHOTO COLLECTION / PINN HANS PUBLICITÉ Magda Rychlik 01 77 37 70 88 Magda.rychlik@kh-aui.fr
Philippe Boukara
Enseignant d’histoire juive contemporaine au Collège des Bernardins, il a également enseigné à Sciences Po Paris et Nancy II. Il est coordinateur de la formation au Mémorial de la Shoah, appartient au comité directeur de l’Amitié judéochrétienne de France et est président d’honneur de la communauté massorti Dor Vador.
ADMINISTRATION / COMPTABILITÉ Maurice Benamou 01 77 37 70 82 maurice.benamou@kh-aui.fr PRÉPRESSE / IMPRESSION / FABRICATION Imprimerie ETC - INN http://www.etc-inn.fr Avenue des lions, 76190 Sainte-Marie-des-Champs
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Mordechaï Naor, écrivain et spécialiste de l’histoire d’Eretz Israel, a écrit ou dirigé plus de 100 ouvrages. Universitaire, il est titulaire d’un doctorat en sciences du judaïsme de l’Université de Tel-Aviv où il a été maître de conférences et il est chef du département des études sur Eretz Israel au Collège académique Beit Berl. Il est cofondateur du kibboutz Na’hal Oz dans le Neguev et ancien commandant de la radio de l’armée Galey Tsahal.
Ygal Palmor Ancien diplomate, il a été notamment le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Intervenant souvent dans les médias internationaux, il est aujourd’hui Directeur de la communication de l’Agence juive à Jérusalem, sa ville natale.
Richard Prasquier Depuis septembre 2013, Richard Prasquier est président du Keren Hayessod France. Cardiologue de formation, il a été président du CRIF de 2007 à 2013. Il a également été président du Comité français pour Yad Vashem et est un acteur majeur du renforcement des relations judéo-chrétiennes.
Elizabeth Sheppard Maître de conférences en relations internationales à l’Université de Tours, Elizabeth Sheppard est franco-américaine et vit à Paris depuis 1998. Elle est vice-présidente du mouvement massorti France, ancienne présidente et trésorière de la communauté massorti Dor Vador.
Deborah Cohen
Juriste spécialisée en éthique, Déborah Cohen exerce depuis trois ans en free-lance, des missions d’attachée de presse et de chargée de projet. Elle œuvre au rayonnement de la culture juive et israélienne.
LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE • NUMÉRO 7
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Meïr Waintrater Conseiller éditorial de Yessod, Meïr Waintrater a été le directeur de la rédaction de la revue L’Arche - le mensuel du judaïsme français, entre 1992 et 2011.
ÉDITO L’ENTRE-DEUX-TOURS : RÉFLEXIONS AÉRIENNES De l’avion El Al qui m’amène en Israël où aura lieu la conférence annuelle du Keren Hayessod, j’enverrai le texte par Wi-Fi pendant le vol. Il faut demander à plus compétent que moi si cette mise à disposition gratuite est à inclure parmi les succès de la « start-up nation » car si d’autres compagnies fournissent déjà ce service, c’est à ma connaissance pour des longs courriers et de façon onéreuse pour le passager… Pendant le vol, je me tiens donc au courant des événements survenus au matin de ce 30 avril 2017. L’immédiateté numérique s’insinue partout. Elle a sa face sombre et elle contribue à l’information spectacle, l’addiction au renouvellement et l’incongruité du lent, du long et du profond. Mais le brin de nostalgie pour l’époque des kibboutzim aux agrumes ne sert à rien : le cybermonde impose ses règles et il est vital pour Israël de garder son avance. Ce n’est pas seulement son économie, mais sa sécurité qui est en jeu. Le lieu d’envoi n’est pas tout à fait banal, le moment ne l’est pas non plus. Ce 30 avril, une lancinante inquiétude : et si dimanche prochain, ce n’était pas Emmanuel Macron ? Les sondages suggèrent un resserrement des intentions de vote, des millions de Français, des jeunes en particulier, expriment leur rage en menaçant de traverser cette passerelle si courte entre la gauche extrême et l’extrême droite, passerelle qu’ont traversée déjà bien des collaborateurs. Tout cela au nom de la haine commune contre les « riches », les « gros » et les « banquiers ». Voici que pour attirer les électeurs de la France insoumise, le Front National ne rechigne plus à se teinter de socialisme. Comme l’autre, déjà en Allemagne… Quant aux Juifs, personne ne leur veut du mal, bien au contraire, mais quantitativement, ils ne comptent pas beaucoup. Et puis, on n’y peut rien si beaucoup de banquiers, ce sont souvent les… Et puis il y a Israël, qui se conduit de façon si... Méfions-nous des youpinophiles comme des israélophobes, et sachons discuter avec les désinformés de bonne foi.
É DI TO PAR RICHARD PRASQUIER PRÉSIDENT DU KEREN HAYESSOD FRANCE
Le lecteur de ce septième numéro de Yessod saura qui est le Président. La stupéfaction angoissée aura fait place, nous l’espérons, à un espoir raisonnable. Mais la lucidité s’imposera plus que jamais. Car malheureusement, la réconciliation de tous avec tous est une utopie. Nous avons des ennemis et la complaisance et le déni ne feront que les renforcer : nous, c’est la France, les Juifs et tous ceux dans le monde pour lesquels le seul régime qui vaille est la démocratie. Et nos ennemis ne se limitent pas aux fous furieux de Daech, mais s’étendent à tous ceux qui pensent que l’Islam doit un jour ou l’autre régir les lois de la cité... Les islamistes ne se font pas tous exploser. La haine d’Israël vise à transformer les « sionistes » en citoyens de seconde catégorie. C’est pour éviter cette assignation que le sionisme s’est développé et que le Keren Hayesod fut créé. Merci de votre soutien au Keren Hayessod France.
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REG RD CAFÉ MIZRAHI BLUES QUAND L’IRONIE S’IMMISCE DANS LES CÉRÉMONIES D’ÉTAT, ON SE DIT QU’ON FERAIT MIEUX D’ALLER BOIRE UN CAFÉ AU SHOUK (MARCHÉ) DE MAHANÉ YÉHOUDA. SAUF QUE…
Comme chaque année, les cérémonies de Yom Haatzmaout s’ouvriront par l’allumage des flambeaux au Mont Herzl. Douze personnalités sont désignées ainsi chaque année, soit pour ce qu’elles ont accompli, soit pour ce qu’elles symbolisent, pour allumer solennellement les flambeaux qui signalent la fin de la « Journée de la Mémoire des Soldats » (Yom Hazikaron) tombés au champ d’honneur et le début de la « Journée de l’Indépendance ».
© DR
PAR YGAL PALMOR PORTE-PAROLE DE L’AGENCE JUIVE POUR ISRAËL
Cette année, une des personnalités sélectionnées est Eli Mizrahi, fondateur, en 2002, du légendaire Café Mizrahi au shouk de Mahané Yéhouda. Avant lui, le shouk était un marché pittoresque où on faisait ses emplettes en tomates et concombres, olives et poissons, fraises et petits pains, pistaches et poulets – mais où on ne pouvait se rafraîchir qu’avec une limonade. Certes, si un creux devait être comblé en urgence, un fallafel ou quelques brochettes étaient disponibles, surtout le fameux meorav yerousahlmi – ce très célèbre Jerusalem mixed grill. Mais rien qui eût un peu de classe. Lorsque le Café Mizrahi ouvre ses portes, au 12, rue du Prunier, c’est la révolution : voilà qu’on pouvait boire un véritable capuccino, voire se régaler d’un gaspacho ou de pâtisseries françaises en plein cœur du shouk ! Les badauds, habitués au (très bon) houmous local, n’en croyaient pas leurs yeux ! Tout d’un coup, le shouk est devenu aussi synonyme de bonne chère et de raffinement ! Bon, j’exagère un tantinet quand je dis « synonyme », toujours est-il que, fort de son succès, Mizrahi ouvre un bar nommé « Casino de Paris » dans la partie qu’on surnomme le shouk géorgien, pas loin de la célèbre boucherie des frères Magzimoff.
TOUT D’UN COUP, LE SHOUK EST DEVENU SYNONYME DE BONNE CHAIR ET DE RAFFINEMENT...
© DR
Connaissez-vous l’histoire moderne d’Israël ? D’abord vinrent les pionniers, puis affluèrent les autres des quatre coins du monde. Eh bien, ce fut pareil pour le shouk : enhardis par le succès retentissant de Mizrahi, devenu une véritable marque, plusieurs entrepreneurs se disent qu’il y a de la place pour tout le monde. Les stands de fruits commencent à faire place à des bars plus ou moins huppés, les stands de légumes s’effacent au profit de cafés sophistiqués où on prend un macchiato fait de grains de café cuits au feu de bois. Commencent aussi à voir le jour moult cafés littéraires, estaminets américains, buvettes vegan et comptoirs asiatiques. La nuit, les poissons dorment dans leur frigo mais les bars ne désemplissent pas, tant et si bien qu’un nouveau business accueille les fêtards : des vespasiennes ultra-modernes… et payantes. Du jamais vu au shouk, mais il faut rentabiliser l’affaire, car les prix du loyer bondissent. Peu à peu, les marchands commencent à se plaindre de ce tropplein de bons vivants, des loyers faramineux, du caractère traditionnel qui s’estompe. Beaucoup jettent l’éponge. Et il y a quelques mois, Jérusalem accuse le coup : Mizrahi annonce qu’il va fermer. Impossible de continuer avec la sur-concurrence et les loyers Tel-Aviviens (entendez : hors de portée du commun des mortels). C’est une page qui se tourne. Mais, comble de l’ironie, c’est cette année, justement, qu’il aura l’honneur d’allumer un flambeau, la veille de Yom Haatzmaout, en reconnaissance de tout ce qu’il a fait pour redorer le blason de notre shouk. Dommage qu’on ne puisse pas lui serrer la main et l’en féliciter le lendemain, rue du Prunier.
Café Eli Mizrahi
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LES PROGRAMMES EN IMAGES LE KEREN HAYESSOD DE FRANCE SOUTIENT DES PROGRAMMES POUR RENFORCER LA SOCIÉTÉ ISRAÉLIENNE ET LE PEUPLE JUIF DANS LE MONDE ENTIER.
JEUNES EN GRANDE DIFFICULTÉ
PERSONNES ÂGÉES
AMIGOUR Maisons de retraite pour les personnes âgées, notamment survivantes de la Shoah. 7 500 personnes prises en charge chaque année
> 3 700 € par an par personne âgée
INTÉGRATION
AVENIR DES JEUNES (en hébreu : « Pot’him Atid ») - Destiné aux enfants en grande difficulté de 6 à 18 ans. - Chaque enfant est suivi par un tuteur qui est en relation avec la famille et les structures locales. 14 000 enfants et leurs familles pris en charge chaque année dans tout le pays.
CENTRE D’INTÉGRATION POUR LES ÉTHIOPIENS
> 740 € par an par enfant
> 5 350 € par an par immigré
- Prise en charge totale à l’arrivée : nourriture, logement, éducation… - Mise en place des outils, langue, codes culturels… pour l’intégration qui dure en moyenne 5 ans.
2 900 immigrants aidés / an
RENFORCEMENT DU LIEN À ISRAËL
MASSA Permettre à un jeune de participer à un programme Massa de longue durée (cf. dossier Massa)
12 000 jeunes/an > Coût moyen d’une bourse Massa = 4 750 €
VILLAGES ÉDUCATIFS
BAC BLEU BLANC
Internats pour des jeunes en voie de marginalisation. Prise en charge totale avec des taux de réussite exceptionnels. 1 000 jeunes pris en charge chaque année
Séjour d’une semaine en Israël, destiné à des élèves de Terminale dans toute la France, issus de lycées juifs et publics.
1 000 jeunes/an
> 4 900 € par an par jeune
> Subvention de 100 € par élève
SAUVETAGE DES JUIFS D’UKRAINE - Préparation à l’immigration - Vol et intégration en Israël durant 1 an
> 1 920 € par an par réfugié
NET@
URGENCE
- Formation à l’informatique de jeunes en difficulté issus des villes de la périphérie israélienne. - Éducation à la citoyenneté, à travers des actions de bénévolat. L’accent est mis sur le vivre-ensemble et s’adresse aussi bien aux Juifs qu’aux Arabes chrétiens et musulmans. 1 600 jeunes aidés chaque année
Fonds de soutien aux victimes du terrorisme. Assistance financière complémentaire aux aides publiques, distribuée immédiatement afin de répondre aux besoins les plus urgents ou à plus long terme.
> Allocations : de 1 300 à 6 600 € en fonction des besoins des victimes et de leurs familles.
> 1 600 € par an par jeune
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TAMIR PARDO CHEF DU MOSSAD
TAMIR PARDO CHEF DU MOSSAD DE 2011 À 2016 Par Oscar Ferreira Source : article issu de la brochure de l’ouverture de campagne du Keren Hayessod Suisse Romande TAMIR PARDO, ANCIEN CHEF DU MOSSAD, EST L’INVITÉ D’HONNEUR DE LA GRANDE SOIRÉE ANNUELLE DU KEREN HAYESSOD, QUI AURA LIEU LE 14 MAI À PARIS AU PAVILLON CAMBON. PORTRAIT D’UN HOMME DISCRET ET PARTICULIÈREMENT EFFICACE QUI A SU TIRER LES BONNES FICELLES AU BON MOMENT.
Tamir Pardo est né à Tel Aviv en 1953. Originaire d’une famille juive de Turquie et de Serbie, le jeune Tamir entame son service militaire et monte rapidement les échelons jusqu’à obtenir le grade de capitaine en 1978. Durant son passage au sein de l’armée, il a été membre entre autres de la prestigieuse unité spéciale Sayeret Matkal, le corps d’élite en charge du contreterrorisme qui intervient entre autres lors de prises d’otages, à l’étranger notamment. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé responsable de la communication au service de l’unité durant le célèbre raid sur Entebbe du 4 juillet 1976. Pour rappel, l’unité Sayeret Matkal s’est illustrée lors de cette spectaculaire opération en libérant des Israéliens qui avaient été pris en otage après le détournement d’un avion Air France vers l’aéroport d’Entebbe, en Ouganda.
TAMIR PARDO EST SANS NUL DOUTE UN PERSONNAGE CLÉ POUR COMPRENDRE LE MOYEN-ORIENT CONTEMPORAIN SI COMPLIQUÉ À ANALYSER ET DIFFICILE D’ACCÈS.
Il rejoint le Mossad une année après son service militaire, en 1979. Tamir Pardo est un « pur produit » du Mossad. En effet, depuis son arrivée dans les services de renseignements, il a progressivement gravi tous les échelons jusqu’à atteindre les plus hautes responsabilités et niveaux de commandement de « l’institut ». Contrairement à d’autres chefs du Mossad nommés après de longues carrières dans l’armée ou dans d’autres secteurs, Pardo a la particularité d’avoir fait partie de l’agence durant toute sa vie professionnelle. Il possède ainsi une connaissance parfaite de tous les rouages des services de renseignements israéliens. Il commence sa carrière au sein du Mossad dans la branche Neviot, en charge des écoutes et de la surveillance électronique. Après cette expérience, il obtient rapidement des responsabilités et devient chef de la division des opérations spéciales puis directeur-adjoint de 2002 à 2005 et est reconduit à ce poste une nouvelle fois en 2008. Après cette brillante carrière, il est nommé par le Premier Ministre afin d’être le successeur de Meir Dagan en novembre 2010. Il restera en fonction comme Chef du Mossad jusqu’en 2016. De nature discrète et posée, Tamir Pardo est un personnage captivant et plein de facettes. Pendant une trentaine d’années, ses voisins de la petite bourgade résidentielle de Nirit au centre du pays l’ont pris pour un discret homme d’affaires sans histoire. Grand fan du FC Barcelone, mélomane et amateur de motos à grosse cylindrée, il se fond parfaitement dans le paysage. C’est peu dire que lorsque son nom et sa prise de fonctions apparaissent dans la presse c’est la surprise générale ! Personne dans son entourage ne s’y attendait. Sous sa direction, le Mossad a continué à surveiller de très près la menace nucléaire iranienne tout en dirigeant des opérations spectaculaires comme l’élimination d’Al-Mabhouh à Dubai, filmée entièrement par les caméras de surveillance d’un hôtel.
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TAMIR PARDO CHEF DU MOSSAD Autre volet peu connu du Mossad : les relations secrètes et les contacts nonofficiels avec des États hostiles à Israël. Ce rôle de la plus haute importance pour la diplomatie israélienne est dévoué la plupart du temps au département Tevel de l’institut. Sous l’ère de Tamir Pardo, le Mossad a ainsi joué un rôle significatif dans le réchauffement des relations d’Israël avec l’Arabie Saoudite et d’autres États sunnites du golfe Persique et du Maghreb dont l’ennemi commun est la République islamique d’Iran. Les contacts non-officiels avec l’Arabie Saoudite concernant la fameuse feuille de route saoudienne pour un plan de paix régionale ont très vraisemblablement été gérés par le Mossad dans un premier temps. Bien évidemment, la fonction passée de Tamir Pardo l’oblige à une discrétion totale sur ses opinions en termes de politique intérieure en Israël mais il est néanmoins très intéressant de tenter de lire entre les lignes lors de ses interventions publiques. Notamment en ce qui concerne sa définition de ce que l’on entend généralement par une « menace existentielle » pour Israël. Pardo pense qu’aucun pays n’a la capacité aujourd’hui de menacer Israël dans son existence, la réalité géopolitique du terrain et des rapports de forces lui donnant plutôt raison. En revanche, il ouvre d’intéressantes pistes de réflexion, sur l’absence de résolution du conflit avec les Palestiniens ou les grandes divisions internes au sein de la société israélienne entre autres comme des perspectives de réflexion nécessaires. Tamir Pardo est sans nul doute un personnage clé pour comprendre le MoyenOrient contemporain si compliqué à analyser et difficile d’accès. La finesse de ses analyses, son expérience au sein d’un poste capital pour Israël et ses points de vues apporteront à n’en pas douter des clés de lecture et nourriront la réflexion des néophytes comme des connaisseurs.
Tamir Pardo sera interviewé par le célèbre journaliste israélien
YOAV LIMOR. Autre invité d’honneur : le grand comédien RICHARD BERRY qui fera une lecture inédite des « Lettres de YONI NETANYAHU».
Retrouvez-les dimanche 14 mai à 18h30 au Pavillon Cambon, Paris 1er. Information et réservations :
www.keren-hayessod.fr
PUBLI-REPORTAGE
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L’EXODUS 70 ANS
PAR YOSH AMISHAV PHILIPPE BOUKARA MORDECHAI NAOR DEBORAH COHEN
IL Y A 70 ANS, LE 11 JUILLET 1947, L’EXODUS PARTAIT DE SÈTE. Son épopée sera déterminante pour la création de l’État d’Israël. Que s’est-il vraiment passé en France, principale scène des événements ? Comment en terre d’Israël a-t-on soutenu ce combat ? Regards croisés d’historiens et témoignage de Noah Klieger, le seul survivant de l’équipage de l’Exodus.
© GPO - 2017 NATIONAL PHOTO COLLECTION / SHERSHEL FRANK
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L’EXODUS 70 ANS
L’EXODUS VU DE FRANCE
L’EXODUS, UNE HISTOIRE FRANÇAISE Par Philippe Boukara, historien français
Le drame de l’Exodus se déroule dans une unité de temps, du 11 juillet 1947, quand part de la ville de Sète (Hérault) le bateau acheté aux États-Unis, jusqu’au 9 septembre suivant, quand prend fin le débarquement forcé à Hambourg des passagers après son arraisonnement par la marine britannique. Certes, il y eut un long prologue, qui devrait inclure toute l’immigration juive illégale dans la Palestine du Mandat britannique, après que le Livre blanc de 1939 a quasiment interrompu l’immigration légale. Et il y aurait, en épilogue, l’arrivée graduelle des passagers de l’Exodus à leur destination souhaitée, avant ou après l’indépendance d’Israël proclamée le 14 mai 1948. L’Exodus a été ramené le 29 juillet à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), et il y est resté jusqu’au 22 août. C’est donc la France qui a été la scène principale des événements. C’est pourquoi son histoire vaut particulièrement d’être contée, ici et maintenant. © GPO - 2017 NATIONAL PHOTO COLLECTION / PINN HANS
L’été 1947 est un moment crucial dans l’histoire du sionisme, car les Nations Unies, sollicitées officiellement par le Royaume-Uni qui souhaite se décharger du Mandat sur la Palestine, ont créé le 15 mai une commission spéciale chargée de se rendre sur place et de faire des propositions. L’UNSCOP (c’est son sigle anglais) est présente du 15 juin au 21 juillet. Son président et un de ses membres assistent dans le port de Haïfa à l’assaut militaire donné contre le bateau chargé d’immigrants. Après une étape en août dans les camps de personnes déplacées en Allemagne, l’UNSCOP rendit au début de septembre un rapport préconisant le partage de la Palestine entre un État juif et un État arabe, adopté par l’assemblée générale des Nations Unies le 29 novembre suivant. L’acheminement discret à travers les frontières, puis le ravitaillement de 4 500 hommes, femmes et enfants (provenant pour la plupart des camps de personnes déplacées, mais aussi d’Afrique du Nord, des francophones pouvant éventuellement communiquer avec les journalistes, les officiels et les simples citoyens) n’auraient pu se faire sans la complicité des autorités françaises à tous les échelons, jusqu’au sommet de l’État. La France et le Royaume-Uni venaient pourtant de signer à Dunkerque, le 4 mars, un traité d’assistance mutuelle. L’Intelligence Service surveillait étroitement les faits et gestes en France des agents de la Haganah – comme de ceux de l’Irgoun et du groupe Stern – et l’ambassade britannique multipliait les démarches pour faire cesser leurs activités. On vit alors cette chose étrange : la DST, sous la conduite de son chef Roger Wybot et de son adjoint Stanislas Mangin, surveillaient à leur tour les agents britanniques et aidaient les réseaux sionistes à agir discrètement et efficacement. Ce double jeu des Français s’explique par les événements survenus entre 1941 et 1945 au Levant, c’est-à-dire en Syrie et au Liban : ces territoires étant sous le contrôle du régime de Vichy, et donc potentiellement de
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l’Allemagne, l’armée britannique les a occupés militairement et a favorisé leur accession à l’indépendance, au détriment du Mandat français que la France libre s’efforçait de pérenniser. Aider les sionistes en Palestine était de ce point de vue une sorte de revanche. Mais il faut compter aussi avec les sympathies pour les Juifs dans les milieux de la Résistance, au lendemain de la défaite du nazisme. Le gouvernement français d’alors était dirigé par le socialiste Paul Ramadier, qui recevra à titre posthume la médaille des Justes parmi les Nations. Son ministre de l’Intérieur, Edouard Depreux, également socialiste, est un acteur majeur de toute l’immigration juive illégale : non-juif, il fit en sorte que police, douane et administration françaises ne vérifient jamais les destinations fantaisistes déclarées par les divers convois. Lorsque les Britanniques essayèrent d’obliger les passagers de l’Exodus à débarquer en France, il envoya sur place comme représentant personnel André Blumel, qui n’était autre que le président du KKL de France et l’un des principaux conseillers de la Hagana, accompagné par l’abbé Glasberg, prêtre d’origine juive qui lui aussi devait recevoir la médaille des Justes et qui s’improvisa comme interprète yiddish auprès des passagers. Dans le gouvernement de l’époque, le parti socialiste SFIO était acquis à la cause, avec notamment le rôle utile du ministre des Transports, Jules Moch, et de son autre collègue juif Daniel Mayer, sans parler du président de la République, Vincent Auriol, tous inspirés par Léon Blum, soutien du sionisme depuis longtemps, et notamment du Keren Hayessod et de l’Agence juive. L’autre grand parti, le MRP démocratechrétien, était hésitant : le ministre des affaires étrangères, Georges Bidault, était un humaniste ami des Juifs, mais le Quai d’Orsay campait dans sa traditionnelle orientation antisioniste. L’influence du Vatican était plus ambiguë, car il fit savoir à l’automne qu’il n’était pas opposé au plan de partage de la Palestine. Quant au parti communiste, chassé du gouvernement par Ramadier au mois de mai, mais qui réclamait le droit d’y retourner : il fut de bout en bout du côté des passagers de l’Exodus, car le bloc soviétique appuyait pendant cette période les victimes de l’impérialisme britannique… c’est-à-dire les Juifs. L’Exodus, décidément, une affaire française.
DÉBARQUEMENT FORCÉ ET TRANSFERT AUX CAMPS DE POPPENDORF ET D’AMSTAU
HAMBOURG 07-09-1947
ROYAUME UNI JANVIER 1949 LES DERNIERS PASSAGERS
REJOIGNENT ENFIN L’ÉTAT JUIF
FRANCE
SÈTE 11-07-1947 APPAREILLAGE VERS TEL AVIV
29-07-1947 22-08-1947 PORT-DE-BOUC REFUS DE DÉBARQUER
GIBRALTAR 26-08-1947
EXUPULSION CHYPRE EN BATEAUX CAGES
19-07-1947 17-07-1947
ISRAËL HAÏFA
ARRAISONNAGE TEL AVIV
L’EXODUS 70 ANS
LAURENT LEBOUTET (1901-1993) L’HOMME QUI LAISSA PARTIR L’EXODUS
© COLLECTION YAD VASHEM
Par Yosh Amishav
Ils sont partis dans un soleil d’hiver Ils sont partis courir la mer Pour effacer la peur, pour écraser la peur Que la vie a clouée au fond du cœur Ils sont partis en croyant aux moissons Du vieux pays de leurs chansons Le cœur chantant d’espoir Le cœur hurlant d’espoir Ils ont repris le chemin de leur mémoire Ils ont pleuré les larmes de la mer Ils ont versé tant de prières : « Délivrez-nous, nos frères ! Délivrez-nous, nos frères ! » Que leurs frères les ont tirés vers la lumière Ils sont là-bas dans un pays nouveau Qui flotte au mât de leur bateau Le cœur brisé d’amour Le cœur perdu d’amour Ils ont retrouvé la terre de l’amour
C’est à la fois un souvenir personnel encore très vivant et un incontournable devoir de mémoire qui m’amènent à écrire ces quelques lignes sur Laurent Leboutet, Croix de Guerre, Médaille de la Résistance, Juste des Nations, citoyen d’honneur de l’État d’Israël. Figure un peu oubliée de l’épopée de l’Exodus, Laurent Leboutet, alors commissaire principal du port de Sète, touché au plus profond par la détresse absolue des milliers de rescapés de la Shoah entassés sur l’Exodus, laissa partir le bateau, en violation flagrante des instructions du gouvernement français, déclenchant ainsi toute l’affaire qui allait secouer l’opinion publique mondiale. Il devait dire plus tard : « Je n’ai fait que mon devoir en sauvant des vies et en donnant un peu de chaleur humaine à ceux qui avaient tant souffert pendant la guerre mondiale et en toutes circonstances. » Son engagement antifasciste et humaniste avait commencé dès les années 30, alors qu’il faisait le coup de poing avec les nervis de l’extrême-droite ; pendant la guerre, commissaire sur la Ligne de Démarcation, il sauve plusieurs Juifs qu’il fait passer en zone libre. C’est pour ces faits qu’il sera reconnu « Juste des Nations » en 1973 et plantera son arbre à Yad Vashem, un voyage sur lequel il était intarissable, de même que sur ce dramatique mois de juillet 1947. J’ai eu le privilège de bien connaître ce Juste, dans la plus totale signification du terme, au milieu des années 80. Laurent et Clotilde Leboutet (toujours présente et vaillante) ouvrirent alors largement leur porte au jeune diplomate qui remplissait sa première mission à l’étranger au Consulat Général d’Israël à Marseille. Ce furent de longues soirées pendant lesquelles Laurent voulait tout savoir sur ce qui se passait en Israël et comment il pouvait être encore utile à sa cause. Quel privilège pour moi, d’avoir connu cet homme simple et modeste, qui accomplit avec courage et détermination de si grandes choses, sans jamais en attendre aucune récompense ni distinction, et dont le coeur battait à l’unisson du cœur de ceux qu’il n’appelait que « mes frères juifs ».
Pour écouter la chanson : https://www.youtube.com/watch?v=R9vXF8J7-3w
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LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE • NUMÉRO 7
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L’EXODUS 70 ANS L’EXODUS VU D’ERETZ-ISRAEL
LE YISHOUV ET LE DRAME DE L’EXODUS
Par le Dr. Mordechai Naor, historien israélien Traduction par Yosh Amishav Manifestations, opérations militaires, grèves, campagne de presse : le soutien venu d’Eretz Israel (la Terre d’Israël) n’a jamais failli. Entre 1945 et 1948 s’est déroulée en Eretz Israel, alors sous mandat britannique, la lutte pour l’indépendance nationale menée par la communauté juive dans le pays (le Yishouv), composé d’environ 600 000 personnes, et le mouvement sioniste mondial. Ce combat a pris différentes formes : une révolte armée contre la domination britannique, la création de points de peuplement dans tout le pays et en particulier ce que l’on a appelé la ha’apala (« montée ») – l’immigration sans l’autorisation des autorités britanniques, qui avaient considérablement limité le nombre de permis officiels d’immigration. Entre août 1945 et mai 1948, en moins de trois ans, sont arrivés en Terre d’Israël 66 navires transportant plus de 70 000 immigrants, la plupart d’entre eux survivants de la Shoah. Tous, à une exception près, ont été organisés par le Mossad Aliya Bet de la Haganah - la plus grande organisation clandestine qui opérait sous la direction du Yishouv. L’EXODUS : LE PLUS CÉLÈBRE DES NAVIRES Le plus célèbre de ces navires a été l’Exodus, qui a quitté la France le 11 juillet 1947, avec 4 500 Juifs à son bord. Son voyage en mer dura environ une semaine, mais le périple chargé de la souffrance de ses passagers dura environ deux mois. Les Britanniques, qui avaient suivi l’Exodus depuis son départ depuis le port de Sète, finirent par envoyer six navires de guerre l’intercepter non loin de la plage de Tel Aviv. Un âpre combat opposa alors les immigrants illégaux aux Britanniques, le navire avait ensuite été remorqué à Haïfa et ses milliers de passagers furent transférés de force sur trois navires de guerre britanniques et expulsés vers la France. Le gouvernement britannique voulut de cette manière leur donner une leçon et intimider les immigrants illégaux potentiels, pour les dissuader de naviguer vers Eretz Israel, car dans tous les cas ils seraient renvoyés vers leur port de départ.
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Les immigrants de l’Exodus, on le sait, refusèrent de débarquer en France. Le gouvernement français était prêt à les intégrer, mais pas à les contraindre au débarquement. Au bout de trois semaines d’amarrage à Port-de-Bouc, les Britanniques les transférèrent par la mer vers des camps de prisonniers dans le nord de l’Allemagne. Cette persécution des survivants de l’Holocauste ternit notablement l’image du Royaume-Uni et eut une forte influence sur l’opinion publique mondiale, renforçant son soutien au combat sioniste pour la création d’un État juif en Terre d’Israël.
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23 DÉCEMBRE 2009 Décès de Ike Aronowicz, Capitaine de l’Exodus
AOÛT 1952 Le bateau brûle et coule à Haïfa
LA VOIX D’ISRAËL Cette lutte, menée par le Yishouv en Eretz Israel, reçut alors l’appui des Juifs du monde entier, ainsi que celui de très nombreux non-Juifs. Conférences, manifestations et attaques contre la Grande-Bretagne dans les médias de l’époque (presse et radio) furent organisées pratiquement jour après jour. En Eretz Israel, tous se mobilisèrent pour soutenir au maximum la lutte des immigrants clandestins de l’Exodus pour revenir sur les côtes du pays duquel ils avaient été expulsés.
5 JUILLET 1950 Vote de la Loi du Retour
JANVIER 1949 Les derniers passagers rejoignent l’État juif
14 MAI 1948 Naissance de l’État d’Israël
SEPTEMBRE 1947 L’UNSCOP décide la fin du mandat britanique en Israël
7 SEPTEMBRE 1947 Débarquement forcé à Hambourg et transfert en convois ferroviaires dans 2 camps près de Lübeck
25 AOÛT 1947 Grêve générale et jeûne du Yishouv
22 AOÛT 1947 Les Britaniques les transfèrent par la mer et Gibraltar (26 août). Mort en mer d’un nourrisson.
29 JUILLET 1947 À Port-de-Bouc (France), les migrants refusent de débarquer.
19 JUILLET 1947 Expulsion vers Chypre puis vers la France dans 3 bateaux cages britaniques.
18 JUILLET 1947 3 tués et des dizaines de blessés.
17 / 18 JUILLET 1947 L’Exodus est arraisonné face à Tel Aviv par 6 navires de guerre britaniques. Remorquage à Haïfa.
11 JUILLET 1947 Départ du port de Sète (France) de 4 500 hommes, femmes et enfants.
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Dans la nuit du 17 au 18 juillet 1947, alors que le navire venait d’être intercepté, la population juive du pays se colla littéralement aux postes de radio, pour un événement jusque-là sans précédent. L’émetteur de l’Exodus avait été relié à celui de «La voix d’Israël» (Kol Israël), la station de radio clandestine de la Haganah, et pendant de longues minutes furent retransmises les paroles du capitaine du navire, du commandant au nom de la Haganah et du représentant des immigrants clandestins. Une chorale chanta des chants des partisans et du Palmach. L’émotion, à bord comme à travers Eretz Israel, fut considérable. Quelques heures plus tard, les navires de guerre britanniques attaquèrent le navire, et dans l’affrontement avec les soldats britanniques, trois immigrants furent tués et des dizaines blessés, avant que le navire ne soit remorqué à Haïfa. Les 4 500 passagers de l’Exodus furent expulsés dans trois bateaux-cages vers l’Europe le vendredi 18 juillet, et le dimanche 20 se déroula à Haïfa l’enterrement des trois victimes de l’affrontement. À l’heure de ces funérailles, entre 16 et 19 heures, tout le Yishouv se mit en grève en solidarité avec les victimes et les expulsés. Des manifestations de protestation se déroulèrent dans de nombreuses localités juives. À Tel Aviv se réunirent sur la place devant le théâtre Habima 20 000 manifestants brandissant des drapeaux et des banderoles soutenant l’immigration clandestine en général, et ceux de l’Exodus en particulier. Ce même soir furent fermés, sur ordre des autorités du Yishouv, tous les lieux de divertissement. Golda Meyerson, membre de la Direction de l’Agence Juive, qui deviendra plus tard Golda Meïr, Premier ministre d’Israël, devait déclarer à Haïfa: « Une fois de plus, le Yishouv se rassemble pour porter le deuil et exposer la honte de l’Empire britannique. La flotte britannique a appareillé pour combattre des enfants, des femmes enceintes et des nourrissons sortis de la vallée d’extermination d’Hitler ». L’Agence Juive publia une déclaration sévère, adressée au gouvernement britannique : « Le projet d’envoyer ces réfugiés sans défense à des milliers de kilomètres de la Terre d’Israël est un acte brutal qui révèle la confusion et le découragement de la politique britannique. Les efforts des Juifs pour arriver en Eretz Israel continueront. Aucun acte de répression n’étouffera l’aspiration des Juifs à la liberté dans leur pays ». Le lendemain, 21 juillet, la protestation se transporta sur le champ militaire. Deux forces du Palmach, l’unité d’assaut de la Haganah, pénétrèrent en secret dans des bases britanniques très surveillées et firent exploser des installations radar, grâce auxquelles étaient suivis les navires des immigrants clandestins. Un porte-parole de la Haganah déclara ensuite que ces actions avaient été menées en représailles à l’expulsion des clandestins de l’Exodus. Deux jours plus tard, au port de Haïfa, la branche navale du Palmach, le Palyam, sabota le navire d’expulsion britannique Empire Lifeguard.
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L’EXODUS 70 ANS
MOBILISATION SIONISTE MONDIALE Sur le plan politique, organismes et institutions sionistes contactèrent leurs homologues à travers le monde, pour protester contre le comportement britannique envers les immigrants de l’Exodus. Ainsi, la Histadrout, le grand syndicat du Yishouv, se tourna-t-elle vers le Parti socialiste en France, vers des dizaines de députés du Parti travailliste en Grande-Bretagne et vers les dirigeants des organisations de travailleurs aux États-Unis, les appelant à « empêcher les mauvais traitements aux réfugiés, survivants de l’Holocauste, désespérés ». ORGANISMES ET
INSTITUTIONS SIONISTES CONTACTÈRENT LEURS HOMOLOGUES À TRAVERS LE MONDE, POUR PROTESTER CONTRE LE COMPORTEMENT BRITANNIQUE ENVERS LES IMMIGRANTS
Tous les journaux juifs du Yishouv, ainsi que les journaux juifs du monde entier, publièrent des éditoriaux demandant au gouvernement britannique de faire revenir immédiatement les passagers de l’Exodus en Eretz Israel. L’Agence Juive, qui fonctionnait alors comme une sorte de « gouvernement de la communauté juive », fit un appel similaire au secrétaire général des Nations Unies. Il en fut ainsi pendant les jours et les semaines qui suivirent, alors que l’affaire de l’Exodus se compliquait toujours plus après le refus des immigrants clandestins de descendre des navires d’expulsion en France et leur transport forcé en Allemagne. Le 6 août, le porte-parole de l’Agence Juive annonçait lors de sa rencontre hebdomadaire avec les journalistes étrangers que « le sort des réfugiés de l’Exodus est toujours le principal sujet de préoccupation pour le Yishouv ». Des rassemblements continuaient à être organisés, et des télégrammes de protestation envoyés à des personnalités et des institutions en Europe et aux États-Unis, pour leur demander de persuader la Grande-Bretagne d’arrêter son traitement brutal des clandestins maintenus pendant des semaines, dans des circonstances particulièrement éprouvantes, à bord des trois navires de guerre britanniques. Une nouvelle vague de protestations devait balayer la Terre d’Israël et le monde juif lorsque les Britanniques décidèrent, la dernière semaine d’août, de renvoyer les clandestins en Allemagne, d’où ils avaient pris la route après tant d’années de terribles épreuves. Les trois navires d’expulsion quittèrent le sud de la France pour Gibraltar, et de là au port de Hambourg, dans le nord de l’Allemagne, où ils arrivèrent après deux semaines environ. Le 25 août, tout le Yishouv se mit en grève et un jeûne général fut proclamé, pour protester contre ce transfert. Les institutions du Yishouv ordonnèrent à nouveau la fermeture ce soir-là de tous les lieux de divertissement, cafés et restaurants.
ÉTAT DE GRÈVE À la rentrée scolaire du 1er septembre, les premières heures de cours dans toutes les écoles juives d’Eretz Israel furent consacrées à l’affaire de l’Exodus. Le 7 septembre, un mois et demi après la capture du navire par la flotte britannique, commença à Hambourg le débarquement forcé des immigrants illégaux, auquel ceux-ci opposèrent une forte résistance. Des centaines de soldats britanniques vainquirent finalement la résistance des immigrants clandestins épuisés, qui étaient emprisonnés dans les trois bateaux-cages depuis le 18 juillet. Le lendemain, 8 septembre, deux heures de grève générale et un jeûne d’une journée furent décrétés à travers tout Eretz Israel.
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L’EXODUS 70 ANS
Le poète juif le plus important de l’époque, Nathan Alterman, allait donner une expression littéraire majeure au soutien massif de l’opinion publique à l’Exodus et à ses passagers dans leur combat pour le droit d’immigrer en Eretz Israel. Sa rubrique Septième colonne, publiée tous les vendredis dans le journal Davar, dans laquelle il commentait l’actualité en poèmes, était très attendue de semaine en semaine. Pendant le drame de l’Exodus, Alterman allait écrire par trois fois sur les immigrants clandestins, leur indomptable résistance et leur contribution à la naissance du futur État juif.
ALTERMAN ÉCRIT 3 POÈMES SUR LES IMMIGRANTS CLANDESTINS, LEUR INDOMPTABLE RÉSISTANCE ET LEUR CONTRIBUTION À LA NAISSANCE DU FUTUR ÉTAT JUIF. © GPO - 2017 NATIONAL PHOTO COLLECTION / PINN HANS
Le premier de ces poèmes traita de la pression du gouvernement britannique sur le gouvernement français, pour qu’il absorbe les milliers d’immigrants illégaux de l’Exodus en France. Alterman y évoquait la reddition de la GrandeBretagne et de la France au diktat allemand concernant l’indépendance de la Tchécoslovaquie (les tristement célèbres « accords de Munich »), neuf ans auparavant. Maintenant, la France se voyait sommée de se rendre aux exigences de la Grande-Bretagne et le poète exprima son espoir qu’elle ne le fasse pas. Le second évoqua un fait d’une tristesse infinie : alors que les navires britanniques d’expulsion étaient en route du sud de la France vers l’Allemagne, un nourrisson mourut à bord. En l’absence de toute autre possibilité, le petit corps fut confié à la mer, dans une boîte en fer. Le poète s’adressa au bébé, devenu l’un des héros de la lutte du peuple juif pour son indépendance en Eretz Israel. Enfin, le troisième poème fut écrit après l’arrivée des trois navires à Hambourg et le débarquement forcé des passagers, malgré leur résistance opiniâtre. De l’avis d’Alterman, ce grave événement devait être considéré comme un jour de fête nationale, car il annonçait à sa manière la naissance prochaine de l’État juif, en raison de la disposition de son peuple, et en son sein de ceux qui n’avaient pu jusque-là fouler son sol, à supporter toutes les souffrances et tous les combats. Ces trois poèmes devaient galvaniser la population juive et renforcer encore son esprit combatif et militant. L’EXODUS, PRÉLUDE À L’ÉTAT D’ISRAËL C’est au beau milieu de l’affrontement autour de l’Exodus que la Commission spéciale des Nations Unies sur la Palestine (UNSCOP) décida en septembre 1947 la fin du mandat britannique en Israël, et la division du territoire entre Juifs et Arabes, pour y établir deux États indépendants. Nombre d’observateurs politiques et de chercheurs, à l’époque comme aujourd’hui, attribuent à l’affaire de l’Exodus une grande influence sur la teneur des recommandations de la Commission. Les clandestins détenus en Allemagne cherchèrent par tous les moyens à atteindre Eretz Israel, mais en mai 1948, à la naissance d’Israël, il en restait encore un grand nombre dans les camps anglais en terre allemande. Les derniers d’entre eux rejoindront l’État juif en janvier 1949, certains venant d’autres camps anglais d’internement, cette fois à Chypre. Un des livres parus sur l’affaire a pour titre Le bateau vainqueur. Il ne fait aucun doute que, malgré la terrible souffrance qu’ils ont endurée, ce voyage héroïque de 4 500 hommes, femmes et beaucoup d’enfants a pris fin avec une victoire retentissante sur la puissance mandataire : huit mois seulement après l’affrontement, naissait l’État d’Israël.
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L’EXODUS 70 ANS
ISAAC « IKE » AHARONOVITCH
1923-2009 Par Yosh Amishav
Isaac « Ike » Aharonovitch, capitaine du navire Exodus, est né en 1923 à Dantzig et a immigré en Eretz Israel avec sa famille en 1932. À l’âge de 17 ans, il a tenté d’embarquer comme passager clandestin pour aller se battre dans l’Armée rouge contre les Allemands, mais a été découvert et débarqué. Devenu marin, il a rejoint le Palyam (branche maritime du Palmach). Plus tard, il est allé à Londres pour apprendre les métiers de la mer, mais est retourné en Eretz Israel avant la fin de ses études pour participer aux opérations de l’immigration clandestine. Devenu capitaine à 23 ans, « Ike » Aharonovitch a pris à l’été 1947 sur ses jeunes épaules la responsabilité de plus de 4 500 rescapés de la Shoah agglutinés à bord de l’Exodus. Le jeune homme exercera très vite son ascendant sur l’équipage et les passagers, admiratifs devant son sang-froid, sa détermination et son dévouement. « Il a fait l’impossible », dira le porte-parole des passagers, Mordechai Rosman, autre figure légendaire de l’Exodus, disparu pour sa part en 2014, « il avait une force morale rayonnante et ne connaissait pas la peur ». Au moment de l’interception du navire par la flotte britannique, « Ike » préconise une ligne d’affrontement avec celle-ci et il fallut toute la poigne de Yossi Harel, © GPO - 2017 NATIONAL PHOTO COLLECTION / ELDAN DAVID commandant du bateau, pour lui faire accepter les ordres de Ben Gourion de se rendre après les premiers affrontements qui avaient fait deux morts parmi les passagers et un parmi l’équipage. Jusqu’à son dernier jour, il ne pardonnera pas cet ordre au père fondateur de l’État d’Israël. Après 1948, « Ike » Aharonovitch poursuivra sa carrière dans la marine marchande et ouvrira de nouvelles lignes vers l’Europe et l’Extrême-Orient. Il restera toujours un personnage haut en couleur, une « grande gueule ». Leader d’une grève de marins en 1951, il fera même quelques jours de prison, mais il en fallait plus pour briser cette forte personnalité à l’esprit rebelle et aux opinions bien arrêtées, qui vécut modestement et ne chercha jamais gloire et récompenses. Un an avant sa mort, en 2008, l’État d’Israël lui offrit, ultime hommage, l’honneur d’allumer l’un des douze flambeaux dans la traditionnelle cérémonie d’ouverture des fêtes de l’Indépendance au Mont Herzl, à Jérusalem.
YOSSI HAREL (HAMBURGER) COMMANDANT DE L’EXODUS (1918-2008) Né à Jérusalem en 1918, Yossi Harel doit interrompre très tôt ses études, pour aider à subvenir aux besoins de sa famille. Il adhère au Palma’h à 17 ans et, à l’appel des autorités du Yishouv, s’engage en 1940 dans l’armée britannique pour combattre le nazisme. Blessé en 1942, il rentre en Eretz Israel, rejoint la Haganah et devient l’aide de camp et le garde du corps de Haim Weizman, alors Président de l’Organisation sioniste mondiale et futur premier Président de l’État d’Israël. En 1946, le chef du Mossad leAliyah Beth, Shaoul Avigour, l’appelle à rejoindre les rangs de cette organisation, qui coordonne les activités de l’émigration clandestine des Juifs d’Europe (pour la plupart survivants de la Shoah) et d’Afrique du Nord vers la Palestine mandataire britannique/Eretz Israel. Il sera le commandant de quatre
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Par Yosh Amishav
bateaux d’immigrants clandestins, le plus célèbre étant bien entendu l’Exodus. Son personnage, immortalisé sous le nom d’Ari Ben Cnaan par Paul Newman dans le film éponyme d’Otto Preminger (1960), devient légendaire. Mais Harel fuit les honneurs, comme il le fera toute sa vie. À la naissance d’Israël, en 1948, il sera parmi les fondateurs de la marine du jeune État, puis fera des études supérieures aux États-Unis et, rentré au pays, évoluera dans le renseignement militaire au sein de l’étatmajor de Tsahal. Sa carrière militaire achevée, il entre au Mossad, puis se lance dans le privé. Décédé en 2008 à 90 ans, il repose au kibboutz Sdot Yam, près de cette Méditerranée sur les flots de laquelle il porta vers la terre d’Israël des milliers de Juifs sortis de l’enfer et en quête d’une vie nouvelle, héros volontairement resté dans l’ombre et qui consacra toute sa vie à l’édification et au développement de l’État juif. MAI 2017
L’EXODUS 70 ANS
DERNIER SURVIVANT DE L’ÉQUIPAGE DE L’EXODUS :
NOAH KLIEGER TÉMOIGNE
Interview exclusive de Déborah Cohen
PHOTO EXTRAITE DU FILM « BOXER POUR SURVIVRE » D’URI BORREDA.
Noah Klieger est né à Strasbourg. Dernier survivant de « l’équipe des boxeurs juifs » d’Auschwitz, il est également le seul français et dernier survivant de l’équipage de l’Exodus. Aujourd’hui, il vit à Tel Aviv et est toujours journaliste à Yediot Aharonot et correspondant pour l’Équipe.
L’idéologie sioniste vous a-t-elle toujours transporté ? Noah Klieger : Non, je suis devenu sioniste à Auschwitz. Quand j’étais au camp, je rêvais… C’était la seule chose qu’on pouvait faire librement. Je rêvais de trois choses : me sortir vivant d’Auschwitz. Si cela arrivait, alors je devrais raconter ce qui nous est arrivé. Et enfin, je monterais en Palestine pour bâtir Eretz Israel. J’ai été libéré du camp de Ravensbrück par l’armée soviétique le 29 avril 1945 : j’étais le seul juif survivant. Votre dernier rêve était donc en passe de se réaliser… Oui, mais pas immédiatement. En sortant du camp, j’ai cherché mes parents. Ils avaient survécu par miracle et je les ai retrouvés en Belgique. Là-bas, j’ai fait la connaissance de l’unité israélienne de l’armée britannique. Il y avait trois régiments. Je me suis engagé dans le mouvement Habriha qui signifie « évasion », une sous-organisation du Mossad Aliya Bet qui m’a confié une mission. Quelle était cette mission ? Ma mission consistait à faire passer les personnes déplacées de la Belgique vers la France. J’allais avec eux jusqu’en France et les mettais dans le train qui partait de Roubaix ou Lille en direction de Paris. La destination finale était toujours Marseille, vers un des seize camps de transit établis dans les Bouches-du-Rhône. Quand avez-vous décidé qu’il était temps pour vous de monter en Eretz Israel ? En 1947, après un an et demi au sein de la Habriha, je voulais moi-même aller en Eretz Israel. Mes supérieurs, qui étaient des Israéliens envoyés par la Haganah, se sont opposés à mon départ et m’ont demandé d’attendre. Pour eux, j’étais plus utile en Europe que là-bas.
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Exodus la véritable histoire
Dimanche 2 juillet 2017
en exclusivité pendant la semaine du cinéma israélien de Paris
au Cinéma Etoile Lilas
Maquette : Marc Rozenblum
Un film de Uri Borreda et Itzik Lerner
L’EXODUS 70 ANS
En fait, je n’avais pas besoin d’eux pour aller à Marseille. J’y suis allé par moi-même. Une fois sur place, je me suis présenté au bureau du Keren Kayemet sous le nom de Marcel Kaufmann, rescapé d’Auschwitz. Je ne pouvais pas donner ma réelle identité puisque j’étais arrivé contre l’ordre de mes supérieurs. Après trois jours, le commandant du camp des Caillols m’a convoqué et m’a dit : « Tu ne t’appelles pas Kaufmann mais Klieger. Mais nous n’allons pas te renvoyer en Belgique car nous avons besoin de toi. Nous préparons un grand départ et nous devons monter un camp de transit supplémentaire. » J’ai donc été nommé commandant d’un camp et j’assistais à toutes les réunions avec les autorités françaises, non pas parce que j’étais important mais parce que je parlais français. Nous avons reçu l’instruction de partir avant le 10 juillet 1947 minuit, sous peine d’être arrêtés du fait des accords avec les Anglais.
Comment s’est organisé ce départ précipité ? Un bateau nous attendait à Sète. D’habitude les bateaux partaient de plus petits ports comme La Ciotat. Nous sommes arrivés à Sète à l’aube du 10 juillet 1947. J’étais le premier passager du premier camion car j’avais un laissez-passer émis par le conseil de grève de la CGT qui avait déclaré une grève deux jours avant. Il y avait des piquets de grève partout. Nous avons envoyé une délégation au bureau de la CGT de Marseille pour demander une autorisation spéciale de laisser-passer pour aller au bateau. Comment l’embarquement s’est-il déroulé ? D’après le protocole, il faut examiner chaque passager qui monte sur un bateau. Laurent Leboutet, Préfet de Police des Bouches-du-Rhône (voir aussi page 14), qui a été fait « Juste parmi les Nations », a donné ordre à tous ses officiers d’aider les Juifs à partir le plus vite possible. J’ai assisté au contrôle des visas qu’on avait fabriqués nous-mêmes par les officiers. Il y avait des centaines de Weizman et des centaines de Ben Gourion. En effet, mis à part deux cents Juifs originaires d’Afrique du Nord et d’Égypte, tous les candidats au départ étaient des rescapés de la Shoah. J’observais ce processus et sur ce arrive une très jolie jeune fille de 15 ans. Le policier la regarde puis regarde son visa. Sur son visa la photo était celle d’un vieux Juif barbu. L’officier regarde la photo et commence à rire et lui dit « C’est bon » et tamponne le visa. Quel fut le rôle de la France et des Français dans cette grande aventure ? Israël est lié à la France comme s’ils étaient des jumeaux, par l’Exodus. C’est le bateau le plus célèbre de l’Histoire, d’ailleurs. Je me souviens que nous avions été invités il y a plusieurs années déjà à participer à une édition spéciale des Dossiers de l’Écran consacrée à l’Exodus. Nous étions une vingtaine d’invités. L’émission devait durer 2 heures, elle a duré 4 heures car on nous a posé des questions incroyables. Un très bon film sur l’Exodus a d’ailleurs été réalisé par les Français*. Les habitants des Bouches-du-Rhône ont fait preuve d’empathie pour les passagers... Oui, c’est certain. Ils ont pris des risques réels. Ils étaient persuadés de l’urgence et de la nécessité de ce départ. Ils se sont dit « après ce qu’ils ont enduré [la Shoah], nous devons les aider ». La population tout entière soutenait les Juifs, ce qui a beaucoup irrité les Anglais puisqu’ils étaient alliés aux Français pour gagner la guerre. Le gouvernement britannique reprochait à la France d’aider les Juifs et d’aller ainsi à l’encontre de leurs décisions. Tous savaient qu’on allait en Palestine, pas en Colombie ou ailleurs. Comment avez-vous pris une part active dans cette expédition ? Quand je suis monté sur le bateau, s’est présenté à moi le premier officier américain, Bill Bernstein. Quant à l’Exodus, il s’appelait encore le President Warfield. Il m’a remis un brassard blanc et m’a dit « Tu ne fais monter personne, sinon nous n’arriverons pas à embarquer tout le monde avant minuit. »
* Nous étions l’Exodus de Jean-Michel Vecchiet (France, documentaire, 2007, 80 min, Mat Films) est aussi un superbe livre (Actes Sud, 2008).
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L’EXODUS 70 ANS
J’AI PU RÉALISER MON TROISIÈME ET DERNIER RÊVE GRÂCE À L’AVENTURE DE L’EXODUS : FAIRE PARTIE DES BÂTISSEURS D’ISRAËL.
Tout d’un coup s’est amené un jeune en short torse nu à qui je ne donnais pas 15 ans. Il courait et je lui dis en français puis en allemand « tu ne passes pas ! » et j’allais le frapper pour ne pas qu’il monte quand Bill Bernstein me crie en yiddish « Qu’est-ce que tu fais ? ». « Je fais ce que tu m’as demandé de faire, mais ce morveux ne veut pas m’écouter ! » « Ce morveux est le commandant de bord, c’est Ike ! ». Quand Ike a compris ce qu’il venait de se passer, il a dit à Bill Bernstein : « ce n’est pas un job pour lui, on a besoin de lui pour notre projet, je le veux dans l’équipage ». Je suis donc devenu membre de l’équipage, le seul non Israélien et non Américain. J’étais le plus jeune. J’ai eu 21 ans quelques semaines plus tard. Ike Aharonovitch avait 23 ans et un parcours exceptionnel puisqu’il était le seul à avoir terminé l’École Royale Navale de Londres avant ses 22 ans, avec le grade de 2e officier. Cap’Hike tout comme Yossi Harel, qui s’appelait alors Hamburger, commandant de toute l’expédition, (voir aussi page 20) ont participé à la construction du pays en permettant aux dizaines de milliers de Maapilim de monter en Eretz Israel. Cela est très peu enseigné en Israël aujourd’hui. Pour moi, Ben Gourion a permis qu’il y ait Israël car il a déclaré Israël contre l’avis de tous. Comme Ben Gourion était certain de gagner une guerre impossible, les passagers et l’équipage de l’Exodus étaient persuadés qu’il y aurait un pays. Il faut se souvenir que 4 500 personnes étaient prêtes à se sacrifier pour une idéologie, le sionisme, pour qu’Eretz Israel existe. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr que cela soit encore imaginable.
Aujourd’hui, à quoi associez-vous ce moment de l’Histoire d’Eretz Israel? Il y a 10 ans, quand on a fêté les 60 ans de l’Exodus en Israël, on nous a dit : « vous étiez des gamins donc vous n’aviez pas conscience du danger ». Nous étions alors huit anciens du bateau et avons déclaré d’une seule voix : « vous racontez des conneries ! Si c’était à refaire, on le referait ». Nous avons fait ce que nous devions faire. Après des recherches j’ai appris que presqu’aucun passager de l’Exodus n’était reparti d’Israël ! J’ai un copain qui est « né sur l’Exodus » c’est inscrit sur ses papiers. Nous avons regretté Bill Bernstein. Il faut se souvenir de lui, de son sacrifice. Il a été tué par des coups de massue des commandos britanniques. On ne nous a pas laissé l’aider. Ils ont empêché le médecin présent à bord de lui porter secours. Il est enterré à Haïfa. Je compte d’ailleurs écrire un papier pour lui rendre hommage dans Yediot Aharonot à l’occasion des 70 ans de l’Exodus. Mais c’était une autre époque, un autre monde. Pour ma part, j’ai pu réaliser mon troisième et dernier rêve grâce à l’aventure de l’Exodus : faire partie des bâtisseurs d’Israël.» À VOIR ABSOLUMENT :
Film documentaire d’Uri Borreda « La véritable histoire de l’Exodus »
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DRUZES EN ISRAËL
KOFTAN HALABI : « LES DRUZES NE SONT PAS RECONNUS COMME ILS LE MÉRITENT » Par Caroll Azoulay KOFTAN HALABI EST LE FONDATEUR DE L’ASSOCIATION ISRAÉLIENNE DES VÉTÉRANS DRUZES. AU MOIS DE MARS DERNIER, IL S’EST RENDU À PARIS POUR INFORMER LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE FRANCE DES CARENCES ÉDUCATIVES DONT SOUFFRENT LES JEUNES DRUZES. IL A DONNÉ UNE CONFÉRENCE À LA SYNAGOGUE DE LA VICTOIRE AINSI QUE DANS LE CADRE DE LIMOUD. SELON LUI, CES CITOYENS RÉPUTÉS POUR LEUR FIDÉLITÉ HISTORIQUE À L’ÉGARD DE L’ÉTAT D’ISRAËL SERAIENT LES OUBLIÉS DU SYSTÈME. YESSOD A SOUHAITÉ FAIRE LA LUMIÈRE SUR CE SUJET.
« LES JEUNES DRUZES DEVRAIENT POUVOIR ENVISAGER D’AUTRES DÉBOUCHÉS QUE L’ARMÉE »
Originaire du village druze de Dalyat-El-Carmel, Koftan Halabi est membre de l’une des familles les plus respectées de la communauté druze. Il a servi autrefois en tant que conseiller de plusieurs ministres israéliens et membres de la Knesset. Aujourd’hui, il est le porte-parole infatigable des 126 000 Druzes principalement installés dans le Nord d’Israël. Les Druzes, dont la religion fondée sur le monothéisme remonterait à l’an 1017, rejettent la Charia, la polygamie et les obligations rituelles liées à l’Islam comme le jeûne du Ramadan. Occupant de hauts postes dans l’armée et la police – 83% des Druzes choisissent de s’enrôler dans Tsahal, dont la plupart dans des unités combattantes – ils font régulièrement l’objet d’attaques de la part des mouvements nationalistes arabes qui n’hésitent pas à les qualifier de traîtres. L’établissement des premiers liens entre les communautés druze et juive remonterait à la fin des années 1930, lors de la lutte contre la grande révolte arabe en Palestine mandataire. Des liens qui se renforcent et s’institutionnalisent en 1948. Cette annéelà, le cheikh Ahmed Tarif, dirigeant druze, pose trois conditions à l’intégration complète de sa communauté dans l’État naissant : l’autonomie religieuse, le respect de la propriété de la terre et le respect des femmes druzes. En les acceptant, le Premier ministre David Ben Gourion scelle une alliance solide qui se concrétise notamment avec l’engagement de la communauté druze aux côtés de Tsahal et la création de la première unité druze, « l’unité 300 ». METTRE FIN AU DOUBLE DISCOURS EN VIGUEUR DU LEADERSHIP ISRAÉLIEN À L’ÉGARD DES DRUZES Sur le papier donc, aucun nuage sur ce lien israélo-druze souvent montré en exemple par les politiques. Et d’ailleurs le sujet de la conférence de Koftan Halabi tenait à le souligner : « L’importance de l’alliance entre l’État d’Israël et les Druzes : l’impact positif de ce partenariat sur la sécurité d’Israël depuis 70 ans ». Mais pour le fondateur de l’association des vétérans druzes, il s’agissait aussi de dénoncer certaines failles. « Dans les discours, les responsables israéliens encensent les Druzes et soutiennent le fait que les jeunes Druzes doivent faire des études pour s’intégrer encore mieux dans la société israélienne, mais dans la réalité, ils ne font rien pour » a affirmé Koftan Halabi sans tergiverser.
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DRUZES EN ISRAËL NET@
© DR Pour ce dernier, il en effet temps de mettre fin au double discours en vigueur du leadership israélien à l’égard des Druzes. « Dans la société israélienne, on considère que les Druzes sont là pour donner et pas pour recevoir. Les politiques ont promis beaucoup, notamment quand un soldat druze meurt au combat, mais ont fait peu ». Et c’est justement pour pallier cette carence qu’il a créé cette association en 2009 afin de récolter des fonds destinés à la formation technologique des jeunes de sa communauté, mais au-delà, à lever le voile sur certains non-dits.« Il faut savoir que les jeunes Druzes qui se battront demain pour la sécurité d’Israël ne reçoivent aucune formation dans le domaine technologique par exemple, qui est pourtant le garant de l’avenir de tout jeune aujourd’hui. C’est d’ailleurs ce qui explique que Un soldat druze avec sa famille, lors d’une cérémonie la plupart des soldats druzes servent dans les unités militaire. Sa mère est fière ! d’infanterie et quasiment aucun dans celles utilisant des hautes technologies. D’une certaine manière, il y a ici discrimination » affirme Koftan Halabi, qui dénonce le manque d’actions mises en œuvre par Israël pour inverser la tendance.
Le programme Net@, financé par le Keren Hayessod, très actif dans le Nord d’Israël, est justement destiné à former aux matières technologiques les jeunes lycéens. Parmi les citoyens israéliens qui en bénéficient, on trouve de nombreux Druzes, mais pas encore assez pour que la communauté druze puisse gravir l’échelle sociale en dehors de l’armée.
SYRIE Sur les 1,5 million de Druzes présents en Syrie, 10 000 ont été tués par Daesh.
« LES JEUNES DRUZES DEVRAIENT POUVOIR ENVISAGER D’AUTRES DÉBOUCHÉS QUE L’ARMÉE » Communauté minoritaire, les Druzes souffrent également des difficultés économiques, endémiques, liées à la périphérie. Ces paramètres conjugués ont engendré une situation figée. « Pour les jeunes, Tsahal représente la seule porte de sortie possible. Et nombreux sont ceux qui s’engagent dans l’armée après les 3 ans réglementaires car cela représente une source de revenus. Nous considérons cependant que les jeunes Druzes devraient pouvoir envisager d’autres débouchés que l’armée et pour cela il faut leur offrir l’accès à des études et formations diplômantes. »
PERSONNALITÉS DRUZES • Salah TARIF, travailliste, nommé ministre sans portefeuille en 2001, est ainsi le premier non juif à avoir accédé à ce poste.
Élever le niveau académique des jeunes Druzes et ne plus circonscrire leur service militaire aux seules unités d’infanterie : deux objectifs qui serviront avant tout l’État d’Israël selon Koftan Halabi. « La montée de l’islam radical nous met en première ligne. De plus en plus d’appels à tuer des soldats druzes sont lancés dans les mosquées. Face à la montée des extrêmes, nous devons unir encore davantage nos forces. Une communauté druze encore mieux formée et entraînée ne peut qu’être un atout pour la sécurité d’Israël, à laquelle nous sommes entièrement dédiés depuis des décennies. »
• Majalli WAHABI (Kadima) a occupé le poste par intérim de vice-porteparole de la Knesset et celui de président en février 2007 (en raison de l’absence du président d’alors, Moshé Katsav) devenant ainsi le premier non-juif à officier comme chef d’État, même très brièvement.
© DR
• Ayoub KARA, ministre sans portefeuille (Likoud).
• L’écrivain Naïm ARAIDI a été ambassadeur d’Israël en Norvège. • Le colonel Ghassan ALIAN est le commandant en chef de la brigade d’infanterie Golani. À la synagogue de la Victoire avec de gauche à droite : Yaacov Moreno, Richard Prasquier, Koftan Halabi et Jonathan Joffé. MAI 2017
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L’ÉCHO DES RÉGIONS
NOS MILITANTES EN RÉGION Elles sont sincères, généreuses et efficaces. Sans elles, le Keren Hayessod ne fonctionnerait pas. Nous leur devons tout. Portraits de militantes engagées à Nice et à Marseille.
Par Caroll Azoulay
ELISABETH SABBAH MILITANTE AU KEREN HAYESSOD NICE-CÔTE D’AZUR
« TOUT CE QUE JE POUVAIS FAIRE POUR LE PEUPLE JUIF, JE L’AI FAIT
AVEC ENTHOUSIASME ! » SYLVIE TEBOUL
Secrétariat, participation active aux événements du Keren Hayessod (organisation, réservations, mise en place, relationnel avec les donateurs etc.), Élisabeth répond toujours présente quand on la sollicite ! Chez elle, le militantisme est une seconde nature. Depuis plus de 20 ans, elle offre en effet son temps à plusieurs associations de la communauté. Actuellement elle est trésorière nationale du mouvement Massorti et du CRIF régional. Elle a été nommée présidente d’honneur de la communauté Massorti Maayane Or, après en avoir occupé la présidence pendant 6 ans. « Aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai toujours été animée par le désir d’aider ce tout jeune pays : Israël. J’ai commencé par militer très tôt. Dès que j’ai découvert le Keren Hayessod, c’est à dire depuis la création de l’antenne Nice en 2013, j’ai été admirative de ses actions et de son engagement. Droiture, simplicité et fidélité de ce mouvement m’ont séduite et convaincue que j’y trouverai ma place pour travailler. C’est donc tout naturellement que j’ai rejoint le rang de ses militants, m’engageant de plus en plus avec d’autres bénévoles compétents et particulièrement concernés par Israël. » Il lui reste encore un peu de temps pour s’occuper de ses deux petits-enfants (15 et 5 ans) qui sont sa joie, son bonheur et sa fierté : « Il n’est pas toujours facile pour une femme de mener de front sa vie d’épouse, de mère, puis de grand-mère avec sa vie de militante. Mais je crois bien que, dans la mentalité juive, le mot impossible n’a jamais eu aucun sens ! »
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MILITANTE AU KEREN HAYESSOD NICE-CÔTE D’AZUR
« AVEC UN PETIT EFFORT, ON PEUT PARTICIPER À LA
RÉALISATION DE GRANDES CHOSES »
« Je fais partie du petit groupe de militants bénévoles qui œuvre dans le cadre du Keren Hayessod pour renforcer le lien que nous tissons ici, depuis la Côte d’Azur, avec Israël et le peuple juif » : c’est ainsi que se présente Sylvie Teboul pour expliquer son engagement au sein du KH. Un engagement qui prend sa source dans la jeunesse de Sylvie alors qu’elle était déjà membre du DEJJ. « J’y ai vécu des années magnifiques, riches de mille émotions, de mille découvertes, entre autres la force du groupe, l’identité juive, l’histoire du peuple juif et aussi, la naissance de ce pays incroyable, Israël, de son développement qui tient du miracle. J’ai compris la force du partage, de la solidarité, ainsi que le lien indéfectible qui nous lie à Israël, qui a tant besoin de nous et dont on a tant besoin, pour se sentir fort et libre. » Mais Sylvie tient à être franche : « Mon action militante au Keren Hayessod m’apporte beaucoup aussi. Je fais partie d’un groupe de copains sincères et chaleureux, un peu comme une famille. » Et de conclure : « Être militant au sein d’une association dont la mission est pure, l’action remarquable et incontestable, c’est passionnant, réconfortant et enrichissant. »
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L’ÉCHO DES RÉGIONS
GHISLAINE LALOUM MILITANTE AU KEREN HAYESSOD DE MARSEILLE
« ON A L’IMPRESSION D’AVOIR APPORTÉ SA
PETITE PIERRE À L’ÉDIFICE ! »
Active depuis 1984 au sein du Keren Hayessod à divers échelons et siégeant actuellement au comité directeur du Keren Hayessod de Marseille, Ghislaine Laloum est toujours autant séduite par « le professionnalisme, la déontologie, l’ouverture d’esprit et les actions percutantes » qui caractérisent le Keren Hayessod. « S’il est vrai que le militantisme nécessite beaucoup de temps et d’énergie, surtout lorsque l’on a un caractère entier, la motivation générée par les actions que l’on mène est tout aussi importante » précise Ghislaine. Qualifiant son lien avec Israël d’indissoluble, cette infatigable bénévole tient à souligner « l’immense satisfaction tirée des actions menées en faveur de la société israélienne. Même si on n’habite pas en Israël, on a tout de même l’impression d’avoir apporté sa petite pierre à l’édifice » explique-t-elle. Ghislaine dit aussi apprécier l’opportunité d’avoir ainsi rencontré des personnes du monde entier via le Keren Hayessod « qui rassemble des gens partageant les mêmes valeurs ».
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NICOLE PARTOUCHE MILITANTE AU KEREN HAYESSOD DE MARSEILLE
« AIDER ISRAËL, ISRAËL AVANT TOUT, ENCORE ET TOUJOURS ! »
Pas de doute, le militantisme est une question d’éducation pour Nicole Partouche qui a été élevée dans cette culture. « J’ai toujours été active au sein de la communauté, que ce soit aux EI (Eclaireurs Israélites), au Casim, ou au Keren Hayessod » explique-t-elle. Convaincue du rôle crucial que les femmes ont à jouer dans la formation de la relève de militants au sein du monde associatif juif, cette ancienne enseignante est particulièrement active. En ce moment, elle est d’ailleurs occupée à organiser un atelier de pain de shabbat « Hafrashat Halla » pendant lequel elle compte bien présenter aux participantes « les magnifiques et nombreux programmes du Keren Hayessod réalisés en Israël, comme Net@ ou Taglit. » Selon Nicole, « les membres du comité féminin peuvent apporter leur compétence et enrichir la réflexion grâce à la capacité de transmission propre aux femmes ». Des talents à mettre prioritairement au service d’Israël. « Israël est une priorité. C’est une question de survie pour les générations futures » affirme t-elle. « Ce qui me rend heureuse en tant que militante ? Aider Israël, Israël avant tout, encore et toujours ! »
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L’ÉCHO DES RÉGIONS
OR SASSON
MÉDAILLÉ OLYMPIQUE À MARSEILLE, NICE ET LYON En février dernier, Or Sasson et Yarden Gerbi, judokas israéliens, médaillés olympiques à Rio en 2016, étaient les invités d’honneur de deux soirées inédites organisées par le Keren Hayessod au Vélodrome de Marseille et à Nice. Ils ont tous deux su séduire leur public venu en nombre pour les rencontrer. Or Sasson revient en France et cette fois-ci, ce sont les Lyonnais qui auront le privilège de le rencontrer, lors de la grande soirée de gala organisée par le Keren Hayessod Lyon Rhône-Alpes. Le judoka Or Sasson a accordé un entretien exclusif au Monde Juif.info, que nous reproduisons.
ÊTRE SIONISTE, C’EST AIMER ISRAËL, LE DÉFENDRE, ÊTRE FIER DE CE PAYS.
LMJ.info : Vous avez participé à deux événements en France aux côtés du Keren Hayessod, un organisme majeur du mouvement sioniste mondial. Que représente à vos yeux le sionisme ? Or Sasson : Être sioniste, c’est aimer Israël, le défendre, être fier de ce pays. Bien sûr, il y a des problèmes et des difficultés, comme dans tous les autres pays, mais avec Israël, c’est comme dans un couple, on ne peut pas empêcher l’amour. Et pour moi, aussi, en tant que Juif, Israël, c’est mon pays, je ne pourrais pas vivre ailleurs ! Je suis vraiment fier d’être Israélien ! Lorsque je combats, je ne pense qu’à une chose, à mon drapeau, à mon pays et faire entendre la Hatikva, notre hymne national, je veux aussi que le peuple israélien soit fier de moi. Lors des derniers Jeux Olympiques, vous avez lutté héroïquement jusqu’à la dernière seconde contre le Français Teddy Riner. Ce dernier a affirmé après le combat qu’il faudra compter sur vous à l’avenir. L’espoir est-il de mise selon vous ? Or Sasson : Vraiment ? Je suis très ému qu’il ait pu dire ces mots, je ne le savais pas. Teddy Riner est un vrai, un grand champion. Qu’il ait pu dire ça me touche profondément. C’est vrai que dans le sport, nous sommes adversaires, mais c’est une personne que j’aimerais avoir pour ami. Maintenant, si j’ai de l’espoir ? Bien sûr, et je travaille beaucoup pour avoir de meilleurs résultats, car je veux devenir un
champion olympique sur la plus haute marche du podium, j’aimerais devenir le meilleur ! Le refus de votre adversaire égyptien de vous serrer la main après le combat a marqué les esprits. Les athlètes arabes sontils profondément anti-israéliens ou subissent-ils des pressions politico-sportives ? Or Sasson : Très sincèrement, je ne sais pas s’ils subissent des pressions, mais heureusement, la majorité des athlètes des pays arabes se comportent en véritables sportifs ! Dans le sport, il ne doit y avoir aucune ingérence des politiques, il faut séparer les deux, la politique n’a vraiment pas sa place dans le sport ! Le sport, c’est avant tout le respect de l’autre ! Qu’est-ce qui manque à Israël pour devenir une grande puissance sportive ? Or Sasson : Il faut une éducation sportive et ce, dès le plus jeune âge ! Il faut plus de complexes sportifs dans les écoles, plus d’heures de sport, de la maternelle jusqu’à la dernière classe du lycée. Du sport pendant et après l’école ! Quelle est la seule personne que vous craignez en dehors des tatamis et pourquoi ? Or Sasson : Ah, je ne sais pas, je n’ai jamais pensé à ça, en tout cas, la force n’est pas une histoire de muscles ! Un dernier message ? Or Sasson : Oui, je voudrais dire à tous les jeunes, que lorsque vous commencez un sport ou une autre activité, et que cela vous semble difficile, que vous pensez que vous n’allez jamais y arriver, continuez, continuez à travailler, ne lâchez pas. Vous allez réussir, juste, soyez patients et positifs ! Et puis, je voudrais également ajouter que je suis heureux et profondément touché d’avoir été invité par le Keren Hayessod France. Je leur dis merci, un grand merci.
Retrouvez OR SASSON jeudi 18 mai à 19h30 à la soirée de Gala du Keren Hayessod de Lyon Rhône-Alpes, interviewé par Jean-Philippe Lustyk, journaliste sportif à I24 news. Autre invité d’honneur : Jacques Tarnéro, réalisateur et essayiste. Réservations : www.keren-hayessod.fr
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LE KEREN HAYESSOD À TRAVERS LE MONDE
LE KEREN HAYESSOD EN HOLLANDE :
UNE CAMPAGNE UNIE ET INNOVANTE Reportage d’Elizabeth Sheppard Une des forces du Keren Hayessod est sa dimension internationale. Présent dans 45 pays (sauf aux États-Unis) sur les 5 continents, il permet aux communautés juives à travers le monde, quelle que soit leur taille, d’être reliées à Israël. C’est là une des missions premières du Keren Hayessod. Nous vous proposons, au fil des Yessod, de traverser ces communautés. Quelles sont leur histoire, leurs spécificités aujourd’hui, comment le Keren Hayessod y développe ses activités... Première visite : les Pays-Bas. © DIRK P. H. SPITS / DPHOTO
Si on associe le plus souvent les Juifs néerlandais à l’histoire d’Anne Frank, la présence des Juifs aux Pays-Bas est connue à partir des années 1 100. Les nombreuses persécutions, notamment en 1 329, font que la communauté reste très limitée en nombre. C’est à partir du 16e siècle que le pays accueillera des Juifs portugais — des marchands principalement — lorsqu’Amsterdam devient un centre de commerce international important. Des Marranes, venus d’Espagne ou du Portugal, débarquent également au moment de l’Inquisition qui les force à quitter leur pays d’origine. À partir de 1 619, la tolérance religieuse est de mise et la majorité élit domicile en ville. Puis c’est au tour des Ashkénazes d’immigrer en 1 620, pour s’installer principalement à Rotterdam et La Haye. Si cette communauté devient majoritaire, la richesse et le pouvoir sont principalement le fait des Sépharades. À la différence des autres communautés européennes, les Juifs hollandais jouissent d’une tolérance et d’une intégration relativement tôt, au 17e siècle. Ils deviennent médecins ou travaillent dans le commerce du tabac, du sucre, des diamants, ou encore dans l’imprimerie.
© JOHNBOD / GLYN LOWE PHOTOWORKS
La synagogue ashkénaze, devenue le Musée d’histoire juive, a été construite avant l’imposante synagogue portugaise Esnoga. Elle était à cette époque le plus grand bâtiment de la ville, ce qui illustre la tolérance du pays avant la seconde guerre mondiale. La population juive de Hollande avant la Shoah comptait 110 000 Juifs. La plupart (80000) furent déportés et exterminés par le régime nazi. Contrairement à un mythe qui a eu la peau dure, les Hollandais se montrèrent très collaboratifs avec les nazis quand il s’agissait des Juifs... Leur tolérance vis-à-vis des Juifs fut donc toute relative.
La synagogue portugaise Esnoga
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LE KEREN HAYESSOD À TRAVERS LE MONDE
De nos jours, cette communauté « est le reflet de la société hollandaise » explique Erez Mannheimer, le délégué israélien du Keren Hayessod aux Pays-Bas. Si la communauté ne souffre pas directement d’antisémitisme, ce phénomène existe aux Pays-Bas, à travers les sentiments anti-israéliens, affirme quant à lui, Freddy Hollander, Président du Keren Hayessod Hollande. Il souligne que les Juifs hollandais prennent tout de même des précautions, comme ne pas porter de kippa, ainsi que le font beaucoup de communautés européennes, aujourd’hui. UNE COMMUNAUTÉ PETITE ET DYNAMIQUE En 2017, 45 000 Juifs vivent en Hollande, la majorité habite à Amsterdam (environ 25 000). On trouve des communautés de taille moyenne à Rotterdam et La Haye, puis des petites communautés éparpillées dans des villes comme Leiden ou Utrecht. La plupart sont ashkénazes. Quelques familles sépharades (environ 600 personnes) vivent à Amsterdam. Amsterdam compte plusieurs écoles juives ainsi que des mouvements de jeunesse comme le Bnei Akiva. La communauté a son propre magazine : NIW. Elle accueille des sites juifs importants comme la célèbre synagogue portugaise, la maison d’Anne Frank et le musée de la résistance. Ces dernières années ont aussi vu la restauration de synagogues dans de nombreuses villes comme Rotterdam. Le pays a établi des relations diplomatiques avec Israël en 1 949 et, depuis 1 948, environ 6 120 Juifs hollandais ont fait leur alyah. COLLECTIEVE ISRAELACTIE / KEREN HAYESSOD : MAIN DANS LA MAIN ! Malgré sa petite taille, la communauté juive hollandaise — où l’organisation du Keren Hayessod joue un rôle essentiel — se montre particulièrement dynamique et organise de nombreuses activités culturelles. Le délégué d’Israël du Keren Hayessod travaille pour « Collectieve Israel Actie » (CIA), une organisation créée il y a 62 ans pour unifier des associations de levée de fonds pour Israël aux Pays-Bas. Ce collectif est devenu, dans son domaine, l’une des plus grandes réussites dans le pays. L’argent collecté par cette fédération est versé au Keren Hayessod, et chaque année environ neuf millions d’euros sont versés en Israël. Le représentant du Keren Hayessod porte ainsi une double casquette : il est délégué d’Israël et employé de l’organisation CIA pour la communauté locale. Les deux organisations travaillent de concert, avec une équipe professionnelle de six personnes, un comité de sept volontaires et le Shaliach (délégué) du Keren Hayessod. L’association CIA est soutenue par une équipe de volontaires qui alimentent une newsletter et un site web www.israelactie. nl très dynamique afin d’attirer différents publics et donner une vitrine à une campagne marketing très active. Les donateurs, au nombre de 3 500, proviennent de tous les secteurs de la communauté juive. Tous sont représentés : jeunes, personnes âgées, orthodoxes mais aussi des Juifs non pratiquants et même des non juifs. CIA travaille avec l’organisation « Christians for Israel » qui sont nombreux à soutenir Israël, notamment les projets d’intégration pour les immigrants ukrainiens.
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LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE • NUMÉRO 7
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DE NOMBREUX PROJETS EN COURS SOUTIENNENT LE PROGRÈS SOCIAL EN ISRAËL. Les objectifs de CIA (Collectieve IsraelActie) incluent le soutien aux projets sociaux, humanitaires et culturels. Comme la plupart des campagnes du Keren Hayessod, CIA œuvre pour aider les populations les plus faibles, les jeunes défavorisés, ou encore pour créer des liens entre les jeunes Juifs de la diaspora et Israël. Parmi les programmes adoptés : Avenir des Jeunes qui concerne plus de 10 000 jeunes marginalisés de la société israélienne ou encore Net@ qui offre à des jeunes défavorisés l’opportunité d’acquérir des compétences technologiques et professionnelles. L’intégrité et le professionnalisme de l’organisation hollandaise permettent de poursuivre la levée de fonds et de développer de nouveaux projets dans un contexte en évolution constante. La sélection et la pertinence des projets, de même que l’utilisation des fonds à travers un suivi méticuleux et personnalisé des projets sont autant d’atouts qui font de la campagne hollandaise, une des meilleures campagnes européennes qui a su s’allier un public très large.
LE KEREN HAYESSOD À TRAVERS LE MONDE
© DIRK P. H. SPITS / DPHOTO
*La deuxième édition de la marche aura lieu du 29 octobre au 3 novembre 2017. Pour + d’informations, consultez le site de la marche : www.fr.khwalkisrael.org
La campagne du Keren Hayessod est une campagne « coopérative » nous rappelle Erez Mannheimer (comme l’était celle de la France jusqu’en 2013, avec l’AUJF, NDLR), elle n’est pas comme dans d’autres pays une campagne strictement Keren Hayessod. Cependant les activités ressemblent fortement à celles qu’on peut trouver en France (conférences, missions en Israël). À l’instar de la France, les différentes divisions sont très actives, avec en particulier un groupe de jeunes professionnels et une division féminine qui attirent entre 70 et 250 personnes selon les événements. La communauté hollandaise tente d’innover et, comme le souligne le Président Freddy Hollander, c’est aux Pays-Bas qu’on a développé le concept de « Walk Israel ». Cette marche, adoptée à l’échelle européenne, consiste à traverser Israël du Sud au Nord pendant cinq années, tout en visitant des programmes. La première édition de cette marche a été un vrai succès. De nombreux Français y ont pris part.*
DU 29 OCTOBRE AU 3 NOVEMBRE 2017 AU PROFIT DU PROGRAMME
AVENIR DES JEUNES
WALK ISRAEL DEUXIÈME MARCHE SOLIDAIRE EUROPÉENNE DU KEREN HAYESSOD
SUR LE TRAIL ISRAEL (SENTIER DE GRANDE RANDONNÉE) DE EIN GUEDI À JÉRUSALEM.
NOMBRE DE PLACES TRÈS LIMITÉ. INFORMATIONS : WWW.KEREN-HAYESSOD.FR MAI 2017 NUMÉRO 7 • LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE SOPHIE-BARR@KH-AUI.FR OU AU 01 77 37 70 84
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LE KEREN HAYESSOD À TRAVERS LE MONDE
KADIMA,
L’EXODUS ITALIEN Par Yosh Amishav C’est l’histoire d’un autre bateau moins connu, Kadima, qui est parti clandestinement le 5 novembre 1947, de l’île de Pellestrina au large de Venise, vers la terre d’Israël alors sous mandat britannique, avec à son bord 794 réfugiés juifs, survivants de la Shoah. Il était l’un des « 100 navires de la honte ». 70 ans plus tard, une cérémonie de commémoration s’est déroulée le 26 mars dernier sur cette même île de Pellestrina, à l’initiative du Keren Hayessod Italie. Une importante délégation de France s’est déplacée pour l’occasion.
Témoignage de Léa Taragan, passagère du Kadima à l’âge de 8 ans, présentée par Yosh Amishav.
1945. À la fin de la seconde guerre mondiale, l’Europe en liesse fête la liberté retrouvée, et même si elle n’est souvent plus qu’un champ de ruines, elle regarde vers l’avenir avec confiance. Le peuple juif, pour sa part, sortant de l’enfer de la Shoah, n’a ni vers qui se tourner, ni « base » vers laquelle revenir. Le Yishouv (communauté juive de la Palestine mandataire britannique) va envoyer ses meilleurs éléments à la rencontre des rescapés. Ils vont les recueillir, les rassembler, les encourager et les mettre en marche vers la Terre d’Israël dans une fantastique opération appelée Bricha (« fuite »), dont le centre, entre 1945 et 1948, sera l’Italie, mais qui aura une autre base importante en France. Au total, ce seront plus de 25 000 survivants qui traverseront clandestinement l’Allemagne, l’Autriche puis les Alpes pour arriver en Italie. Au prix d’énormes difficultés, suite à l’action de blocage massif des Anglais qui occupent alors le pays, ils embarqueront un peu partout sur les côtes de la péninsule et principalement en Ligurie, à La Spezia, dans le golfe de Gaète, dans les Pouilles et à Venise.
Vers l’ïle de Pellestrina...
Un article commémorant le Kadima publié dans la presse italienne.
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La population et les autorités italiennes vont alors apporter un soutien majeur aux dizaines de milliers de Juifs en route vers leur liberté, comme en témoignent aussi bien les anciens « clandestins » dans leurs souvenirs de leur vie quotidienne dans l’attente du bateau qui les emmènera vers leur but final, qu’Ada Sereni, chef de toute l’opération (avec l’homme du Mossad leAlyah Beth Yehouda Arazi), dans ses mémoires. L’un des évènements les plus spectaculaires de cette épopée italienne est le départ en novembre 1947 de 794 Juifs, depuis l’île de Pellestrina, dans la lagune vénitienne, sur le navire Kadima. Deux autres navires sont partis du même endroit, en 1946 et en 1948. En tout, plus de 1 300 survivants de la Shoah entamèrent leur périple vers la liberté depuis cette île discrète, à l’écart de l’agitation de Venise. Le navire est placé sous le commandement de Zvi Rotem, aujourd’hui paisible retraité qui vient de fêter son 91e anniversaire à Herzliya. Après quelques
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LE KEREN HAYESSOD À TRAVERS LE MONDE
jours de navigation, tout comme l’Exodus, le Kadima est intercepté par les Britanniques, qui le conduisent sous bonne garde à Haïfa. De là, les passagers, devenus 795 avec la naissance d’un nourrisson durant le voyage, durent embarquer pour Chypre, où ils furent internés dans des camps pour immigrants clandestins. Ils rejoindront l’État d’Israël dès sa naissance, en 1948. Au cours de la cérémonie commémorative de Pellestrina, l’ambassadeur d’Israël en Italie, Ofer Sachs, la vicemaire de Venise, Luciana Colle et le général de réserve de Tsahal Yossi Peled, lui-même enfant caché de la Shoah en Belgique, ainsi que les participants venus de toute l’Europe, ont entendu, émus et impressionnés, le témoignage de l’une des passagères du Kadima, Léa Taragan, alors âgée de 8 ans, à bord avec ses parents, et aujourd’hui souriante grand-mère résidant a Kyriat Bialik, près de Haïfa. Le Keren Hayessod Italie a décidé de porter ces faits historiques à l’attention des médias, et donc du grand public, et l’évènement a en effet eu un grand retentissement dans la presse locale. Il est aussi le thème d’une exposition organisée par la communauté juive de Venise, avec le soutien du Keren Hayessod mondial, au Musée juif local, ouverte jusqu’au 28 mai 2017. Andrea Jarach, président du Keren Hayessod Italie a conclu cet important évènement de mémoire et d’espoir en soulignant combien « il est important de signifier aux Italiens notre reconnaissance en tant que peuple juif. Le peuple italien et les autorités ont été solidaires du peuple juif et en les aidant les Italiens sont devenus eux aussi des protagonistes de la naissance d’Israël ! »
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BLOG MASSA
MASSA
VA AU BOUT DE TOI-MÊME ! Par Sophie Atlan
DE NOMBREUX JEUNES PARTENT CHAQUE ANNÉE AVEC MASSA, UN PROGRAMME EN PARTIE FINANCÉ PAR LES DONATEURS DU KEREN HAYESSOD FRANCE, NOTAMMENT PAR LE BIAIS DE L’ISF. DANIEL BENHAIM NOUS RAPPELLE LES GRANDES LIGNES DE MASSA ET LES NOUVEAUTÉS 2017.
Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est l’ADN du programme Massa ? Daniel Benhaim : Ce projet a été créé par le bureau du Premier ministre, par le gouvernement israélien et par l’Agence juive. L’objectif de Massa est de permettre aux jeunes Juifs à travers le monde de vivre une période significative de leur vie en Israël, afin qu’Israël devienne une part de leur identité. Ce principe a été décliné et formaté. Un jeune est défini comme celui qui a entre 17 et 30 ans, une période significative est comprise entre cinq et dix mois.
MASSA DOIT ÊTRE LE PROJET DES COMMUNAUTÉS ET PAS SEULEMENT CELUI D’ISRAËL.
Quels sont les acteurs financiers de ce programme ? L’un des principes fondamentaux de Massa est de développer un partenariat entre les communautés juives et Israël. C’est ce principe que l’on retrouve à la base du financement de Massa. Pour chaque dollar collecté par les communautés à travers des organisations comme le Keren Hayessod ou les Fédérations Juives américaines, l’État d’Israël verse un dollar. Derrière cette pratique il y a la volonté profonde d’associer les communautés juives de la diaspora. Massa doit être le projet des communautés et pas seulement celui d’Israël. Quand on devient un financier unique, on perd cette notion de partenariat qui est essentielle.
Vous menez une campagne dont le slogan est « Va au bout de toi-même ! » Quel est le sens de ce slogan ? « Va au bout de toi-même ! », c’est tout simplement, pour répondre à une tendance : un jeune venu de France ou des États-Unis cherche à faire quelque chose qui l’enrichit personnellement. Il cherche à avancer à travers telle ou telle expérience d’études, de vie ou de découverte. Les programmes doivent donc apporter une valeur ajoutée aux jeunes. Bien sûr, dans tous nos programmes Massa, il y a encore du sionisme, de l’hébreu, de la « vie juive »… : ça fait partie de leur ADN . Mais au-delà, chaque jeune doit sentir qu’il a acquis une expérience complémentaire. Il faut absolument qu’il puisse avancer sur son échelle de valeurs personnelles qui est différente d’un jeune à l’autre. C’est la raison pour laquelle il y a une si grande diversité de programmes. Les valeurs « juives » ne sont plus suffisamment mobilisatrices et effectivement on va se tourner plutôt vers la personne et essayer de la rencontrer là où elle se trouve dans son chemin de vie. Et ça n’est pas la même chose à 18 ans, ou quand on a une licence, une maîtrise ou encore quand on est un jeune professionnel. C’est une diversité que l’on retrouve également au niveau géographique car bien entendu Massa s’applique à l’ensemble des jeunes du monde entier.
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BLOG MASSA
Qu’attend donc aujourd’hui Israël du programme Massa ? Pendant longtemps, le leitmotiv de Massa était de faire en sorte que le leadership commu nautaire ait plus tard une connexion avec Israël. Aujourd’hui on pense juste que cette période qu’ils vivront à Massa leur permettra de se sentir concernés par l’Avenir « juif » ! Chacun à son niveau, chacun dans son domaine. Certains repartiront, d’autres resteront en Israël et d’autres iront dans une troisième communauté qui n’est ni celle d’origine et celle d’Israël. On sait aujourd’hui que le monde est beaucoup plus mobile. Et que les jeunes le sont encore plus. Quelles sont les nouveautés Massa ? Il y en a plusieurs : d’abord la durée des programmes. Pour répondre à certains étudiants qui n’avaient pas la possibilité de s’absenter un semestre entier de leur université, nous avons créé un programme de deux mois pour les Français qui s’appelle Aviv-Up. Un petit jeu de mots entre Tel-Aviv et start-up… C’est une période de stage de deux mois dans le domaine des start-up, mais aussi en médecine ou en gestion/économie… avec des activités complémentaires le soir et le shabbat.
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Et les programmes eux-mêmes ? On s’adapte en permanence. On a mis en place le programme pilote Béréshit (au commencement) qui a pour objectif d’accompagner des jeunes défavorisés… 25 jeunes sont partis cette année, des jeunes qui étaient déscolarisés ou qui ne se retrouvaient pas dans des filières classiques. L’idée est de leur redonner confiance en eux, de les intégrer dans un programme de coaching. Nous y avons inclus des formations professionnelles telles que pâtissier ou électricien... qui leur permettront d’exercer un métier en Israël s’ils le souhaitent. Le deuxième domaine, qui se développe beaucoup, est celui des stages en entreprise ou de l’expérience professionnelle. Ce sont des programmes qui s’adressent plus particulièrement à des gens qui ont déjà une licence ou une maîtrise. Pour les « post-bac », les directions classiques se confirment. On a d’une part les études juives et d’autres par les études académiques. Les « Prépa » qui préparent aux études universitaires sont très demandées par les Français. Parmi les nouveautés, il y a par exemple, une école très connue en France, Progress, qui a créé une Prépa universitaire en Israël qui s’appelle Progress Tel-Aviv . Cette année, elle a accueilli 43 élèves. C’est un organisme français qui s’est associé avec un organisme israélien et qui présente un programme pour des Français qui souhaitaient faire leur expérience en Israël.
Participants au programme Massa BIP
Cette année, Massa a accueilli le même nombre de participants que l’année dernière, soit environ 1 250 jeunes … On a stagné au niveau des chiffres cette année. C’est peut-être lié à la chute de l’euro depuis plusieurs années, qui rend les programmes plus coûteux. L’instabilité économique et sociale favorise aussi l’immobilisme. On retrouve ce même phénomène pour l’alyah. Il y a l’expression d’une envie mais le passage à l’acte est beaucoup plus difficile. L’instabilité générale freine la dynamique et le mouvement. Cette année nous avons renouvelé notre opération Orient-a-Sion et on a senti un mouvement plus important que celui de 2016 : plus de monde, plus d’intérêt, mais je ne sais pas ce que ça donnera pour l’année 2017.
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INITIATIVE
LE CASTING FAIT SON SHOW ! UNE AUDITION, UN COACHING PUIS UNE TOURNÉE, « LE CASTING » VEUT FAIRE LA LUMIÈRE SUR LES TALENTS DE L’ALYAH FRANCOPHONE, UNE NOUVELLE INITIATIVE QU’ON ENCOURAGE.
Parmi les milliers de nouveaux immigrants français arrivés au cours des dernières années, outre les comptables, infirmières, médecins et dentistes, on compte aussi… des artistes ! Si on en parle peu, ils sont pourtant nombreux, et souvent très talentueux, à essayer de se frayer un chemin dans leur profession en Israël. Un parcours difficile qui les oblige d’ailleurs souvent à enchaîner les petits boulots pour survivre. Une situation qu’Emmanuelle Adda et Caroll Azoulay, journalistes proches du monde culturel, ont eu envie de faire bouger en créant Le Casting. En novembre dernier elles ont organisé une audition nationale pour découvrir des talents. Six ont été retenus sur une centaine de candidats, sur la base de textes écrits par des humoristes français ou de textes originaux, puis coachés par des professionnels : Judith Mergui, Elisabeth Kedem et Steve Kalfa. Du 14 mars au début mai, Nora de Paz (Tel Aviv), Eric Litman (Tel Aviv), Jérémie Talafre (Netanya), Arlette Touati (Raanana), Iska Mitley (Jérusalem) et Sébastien Goëta (Tel Aviv) se sont produits sur scène dans plusieurs villes israéliennes dans un spectacle intitulé « Le Casting fait son show » animé par David Smadja, comédien et humoriste franco-israélien. Un vrai succès qui a autant séduit que surpris par son originalité. Le public était en effet invité à voter pour l’humoriste de son choix. À l’heure où nous imprimons, le grand gagnant de cette première saison du Casting n’est pas encore connu. Mais le lauréat devrait se voir offrir l’opportunité de faire la première partie d’un grand spectacle d’humoristes avec plusieurs têtes d’affiche annoncées ! Pour les organisatrices, il s’agit maintenant de pérenniser ce concept qui a pour objectif de mettre en lumière les nombreux artistes que recèle la communauté francophone. Une nouvelle audition est prévue à la rentrée 2018.
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Info : contact.lecasting@gmail.co https://www.facebook.com/lecastingrevelateurdetalents
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LES GRANDS RENDEZ-VOUS DU KEREN HAYESSOD
LE KEREN HAYESSOD DE FRANCE
EN MOUVEMENT !
LE 5 MARS DERNIER, UNE SOIRÉE ÉTAIT ORGANISÉE EN L’HONNEUR DU DÉPART DE NATI METUKI ET DE YOAN SMADJA, EN PRÉSENCE D’ALIZA BIN-NOUN, AMBASSADRICE D’ISRAËL EN FRANCE, DE MILITANTS DU KEREN HAYESSOD, DE L’ÉQUIPE PROFESSIONNELLE ET DE PERSONNALITÉS COMMUNAUTAIRES, VENUES SALUER À L’UNANIMITÉ LE TRAVAIL ET L’ENGAGEMENT DE CES DEUX PROFESSIONNELS HORS PAIR DU KEREN HAYESSOD.
Par Sophie Atlan NATI METUKI a exercé la fonction de directeur Europe du Keren Hayessod. Ceux qui le connaissent savent à quel point, tout au long de sa carrière, il a agi avec efficacité pour atteindre les objectifs qu’il s’était fixés. Il est à l’origine (avec Allon Lev) de la création du Keren Hayessod de France, une mission où il a investi toute son énergie ! Richard Prasquier a souligné les qualités de Nati Metuki, « un gentleman attentif aux autres et présent, un véritable héros d’Israël qui ne raconte jamais tout ce qu’il a effectué. Avec des gens comme toi, nous sommes fiers d’Israël, avec toi, noblesse oblige ! » a-t-il conclu. Moodi Sandberg, président mondial du Keren Hayessod, a rendu hommage à l’excellence, au sang-froid, à la capacité de Nati à se confronter aux problèmes et surtout à son immense dévouement pour l’État d’Israël et le peuple juif. Nati Metuki peut rentrer en Israël serein… pour une retraite bien méritée.
Richard Prasquier, Président du Keren Hayessod France avec Nati Metuki
YOAN SMADJA, tout juste 33 ans, délégué d’Israël pour le Keren Hayessod, a exercé la fonction de directeur général du Keren Hayessod de France pendant deux ans, avec brio et loyauté, acceptant de prendre un poste difficile qu’il a conduit de main de maître. « C’est un quotidien difficile, dont la finalité est inestimable. C’était une forme d’aventure dont l’objet n’est pas financier, mais humain » a confié Yoan dans son discours d’adieu. Richard Prasquier a souligné « la maturité exceptionnelle d’un homme jeune qui a su analyser les problèmes, gérer son équipe, avec une simplicité qui laisse augurer beaucoup de bonnes choses...». Yoan rentre en Israël. Sa jeunesse, sa créativité, sa vivacité et son sens des responsabilités ont marqué l’équipe professionnelle et les militants qui l’ont côtoyé au quotidien et le regretteront ! Yoan Smadja et son épouse Cindy
Aliza Bin-Noun, Ambassadrice d’Israël en France, avec Nati Metuki et Yoan Smadja
Aliza Bin-Noun, Ambassadrice d’Israël en France, avec Louis-Marc Jacquin, trésorier, et Judtih Oks, viceprésidente du Keren Hayessod France
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Francis Kalifat président du Crif, Richard Prasquier, Nicole Guedj présidente de la Fondation France Israël, et Moodi Sandberg, président mondial du Keren Hayessod
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LES GRANDS RENDEZ-VOUS DU KEREN HAYESSOD
JONATHAN JOFFÉ est le nouveau directeur Europe du Keren Hayessod. Il a une responsabilité directe sur les pays francophones : France, Belgique, Suisse et Luxembourg. Certains d’entre vous le connaissent déjà puisqu’il a été délégué d’Israël à l’Appel Unifié Juif de France, il y a une quinzaine d’années. Rompu aux techniques de la collecte et du management, fin connaisseur des programmes du Keren Hayessod, Jonathan Joffé est parfaitement à l’aise dans son nouveau costume de directeur Europe. Quand on l’interroge sur la France, il dit être fier du chemin déjà parcouru et affiche de grandes ambitions pour le pays qui abrite la plus importante communauté d’Europe.
ILS ARRIVENT…
BROUCHIM HABAHIM !
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BIENVENUE À JONATHAN JOFFÉ ET AMIR LAPID
AMIR LAPID remplace Yoan Smadja en tant que délégué d’Israël et Directeur général du Keren Hayessod France. Bien qu’issu d’une famille non-francophone, il maîtrise parfaitement le français. Et pour cause ! Il a fait ses études supérieures à Strasbourg et à Paris où il a obtenu un diplôme de psychologue du travail et des organisations. Un métier qui le passionne et qu’il exercera plusieurs années dans les plus grandes entreprises israéliennes. Entre 2005 et 2008, Amir Lapid revient en France pour exercer la fonction de directeur du département de l’Alyah au sein de l’Agence juive. De retour en Israël, il évoluera vers le marketing avant de devenir directeur général adjoint d’une grande société israélienne, puis consultant pour les entreprises, dans les domaines du leadership et de la formation… Amir Lapid dispose de très nombreux atouts pour réussir dans ses nouvelles fonctions et nous lui souhaitons Behatzlaha (bonne chance) !
Amir Lapid, délégué d’Israël et directeur général du Keren Hayessod France
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Jonathan Joffé, nouveau directeur du Keren Hayessod Europe
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TÉMOIGNAGES
TOUTES MES FORCES CE PAYS DE MIRACLES ! JE VEUX AIDER DE Par Maud Tabachnik
MAUD TABACHNIK EST UNE ÉCRIVAINE FRANÇAISE QUI A PUBLIÉ DE TRÈS NOMBREUX OUVRAGES. SON ŒUVRE SE SITUE À LA FRONTIÈRE DU ROMAN NOIR, DU THRILLER POLITIQUE, DU ROMAN POLICIER HISTORIQUE. SON DERNIER OUVRAGE : « L’IMPOSSIBLE DÉFINITION DU MAL » EST SORTI EN AVRIL 2017 (VOIR AUSSI PAGE 44). MAUD TABACHNIK A DÉCIDÉ DE FAIRE UN LEGS AU KEREN HAYESSOD. POUR YESSOD, ET POUR L’EXEMPLE, ELLE EXPLIQUE SANS DÉTOURS CE QUI A MOTIVÉ CE GESTE GÉNÉREUX. C’EST L’HISTOIRE D’UNE FEMME QUI AIME PROFONDÉMENT ISRAËL, C’EST L’HISTOIRE D’UNE VIE QUI A TRAVERSÉ LA GRANDE HISTOIRE ET QUI VEUT Y PARTICIPER POUR L’ÉTERNITÉ… MAUD TABACHNICK NOUS OFFRE UN TEXTE MAGNIFIQUE QUI NOUS RAPPELLE CE QU’EST LE PEUPLE JUIF © DR
J’avais la moitié de mon âge actuel quand j’ai rédigé mon premier testament. Et il était déjà en faveur d’Israël. Pourquoi ? Pourquoi, devez-vous penser, s’imposer quand on est jeune ce genre d’épreuve ? D’abord parce que ce n’était pas une épreuve. L’épreuve, ou plutôt mon inquiétude, était de léguer à un pays, le mien, la France. Car je suis née à Paris de parents nés aussi à Paris, ce qui ne les a pas empêché de devoir fuir comme des coupables l’État français pendant la guerre, m’emmenant comme un paquet vagissant avec eux, et que la leçon a porté. J’aime la France, ma culture est d’ici, mes amis, mon travail, mon entourage, les miens sont d’ici, mais les autres sont d’Israël. Et pourtant, très jeune, je savais que ma vraie patrie, celle qui me sauverait, qui me rendrait encore plus fière si c’était possible, d’être née juive, c’était Israël. Bien sûr, comme tous les amours il lui arrive de me décevoir, de me contrarier, et J’AI EU LA JOIE alors ? En quoi suis-je validée pour critiquer un pays où je ne vis pas, et à qui je ne DE RENCONTRER donne pas ma force de travail ? Car voilà où le bât peut blesser. Nous avons choisi, nous Juifs de la diaspora, le confort. ISRAËL POUR LA Confort après la tourmente où nous avons été laissés seuls face à l’horreur nazie, sauf PREMIERE FOIS par des amis trop peu nombreux. Ensuite, bonheur et soulagement de retrouver la paix, EN 1967, QUAND de reconstruire sa vie avec ceux qui nous sont restés. Même situation pour les Juifs SON ARMÉE DE de l’Est ou du Sud, de l’Ouest ou du Nord. Précarité, vigilance et alerte permanente HÉROS L’A SAUVÉ. suivant les changements de l’Histoire sont notre lot. J’ai participé physiquement à plusieurs évènements d’Israël où le sentant en danger je ne pouvais plus rester ici. Mais j’ai eu aussi la joie de pouvoir le rencontrer pour la première fois en juin 1967, quand son armée de héros l’a sauvé. Paris Match a fait de mon récit sa 4e de couverture comme étant le plus beau jour de ma vie. Je me souviens des files d’attente à l’Agence juive pour partir les aider dès la fin mai. Je me souviens des commentaires si admiratifs, si enthousiastes de Julien Besançon reporter sur Europe 1. Je me souviens des titres dithyrambiques des journaux. Je me souviens du soutien du peuple français. Et pourtant, il y avait eu De Gaulle et « son peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ». Et De Gaulle n’était pas notre pire ennemi, même s’il avait conseillé à Abba Eban de ne pas agir, au mépris de toutes les stratégies salvatrices pour un petit peuple assiégé par bien plus grands et forts que lui, et qu’aidait tout le bloc communiste.
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Votre Legs au Keren Hayessod : pour l’avenir d’Israël et du peuple juif !
Renseignements en toute confidentialité auprès de Magda Rychlik : 01 77 37 70 88 ou 06 81 40 66 60 - magda.rychlik@kh-aui.fr
✂ Merci de bien vouloir me faire parvenir votre brochure sur « les legs et donations » à l’adresse suivante : M. ou Mme ............................................................................................................................................. Adresse .................................................................................................................................................. ................................................................................................................................................................... Téléphone .............................................................................................................................................. Keren Hayessod : 10, place de Catalogne - 75014 Paris - Tél. : 01 77 37 70 80 Keren Hayessod Sud : 50, rue Breteuil - 13006 Marseille - Tél. : 04 9102 78 73
LEGS ET DONATIONS
C’est ce que j’appelle les leçons de l’Histoire. En 1938, on ne savait pas encore, on pouvait croire que jamais l’Europe, mais aussi les États-Unis avec leurs quotas réduits de réfugiés fuyant le nazisme, détourneraient les yeux de la tragédie qui se préparait. Et pourtant, Roosevelt était-il antisémite ? Peut-être, tout au moins indifférent. Chamberlain ? Peutêtre autant que stupide, et... indifférent. Staline ? On sait ce qu’il est advenu des Juifs sous Staline. Daladier ? Plus ligoté que mauvais par les forces négatives de notre pays. Et puis, ici il y eut Pétain. Et je ne dis rien des nations de l’Est. La Pologne, l’Ukraine, la Hongrie, la Roumanie, la Lituanie, la Croatie, et j’en oublie. Mais je n’oublie pas leur attitude. Et c’est parce que j’ai de la mémoire, parce que je n’ai pas besoin de refaire deux fois la même erreur, parce que j’ai perdu trop de monde, que je veux aider de toutes mes forces ce pays de miracles qui par son histoire et la mienne est aussi le mien. Je ne suis pas croyante et je ne crois pas aux miracles. Mais quand en juin 1967, j’ai débarqué du bateau le Moledet avec l’orchestre du bord jouant la Hatikva, les officiers en blancs, figés au garde à vous, les bateaux pompes du port de Haïfa venant nous accueillir avec leurs sirènes et leurs jets d’eau, quand j’ai vu des éboueurs et des dockers sur les quais, des femmes flics, quand j’ai mis le pied sur la terre de mes ancêtres, et qu’ensuite je suis allée au Mur où j’ai vu nos soldats pleurer de bonheur et de fierté, et que pendant deux mois, j’ai suivi l’armée des vainqueurs après avoir formé un groupe de chanteurs parisiens dont notre plus gros succès a été la chanson le « Déserteur » de Mouloudji, que j’ai vécu au milieu de ces soldats tellement respectueux de nous, que j’ai vu leurs familles leur envoyer ce qu’elles avaient de meilleur, des fruits frais en plein désert, les boissons qu’ils aimaient, les gâteaux de leurs mères, du linge propre, des lettres par centaines, l’appui et l’amour de tout un peuple, j’ai su qu’à partir de ce moment je serai une inconditionnelle et une amoureuse à vie de ce pays. Ce pays, j’ai assisté toute gamine à sa naissance au théâtre du Bataclan à Paris en 1947, avec le vote de l’ONU. Je l’ai écrit dans un de mes livres en racontant l’histoire de l’Exodus, Je pars demain pour une destination inconnue, roman historique de la naissance © GPO - DAVID RUBINGER d’une Nation, du courage indomptable de ces femmes et hommes qui revenant de l’enfer ont trouvé en eux l’espoir et la force nécessaires pour accomplir ce miracle de tenir au bout de leurs bras et de leur courage, ce pays qui guerroie contre ses ennemis depuis soixante-dix ans et est quand même devenu ce qu’il est. Difficile, improbable, victorieux (car ne pouvant jamais perdre une seule guerre), vaillant, corrompu, hélas, car les hommes, hélas, restent des hommes. Mais ne baissant jamais la tête car comme nous, comme tous les Juifs du monde, ils savent qu’ils appartiennent depuis toujours et pour toujours au Peuple à la nuque raide. Voilà, pourquoi j’ai fait un testament pour Israël. J’ai un frère qui l’a compris parce qu’il sait mes sentiments. J’ai publié trente-six romans, et dans chacun il y a une forte empreinte juive, parce qu’Israël est le combat de ma vie, et que je suis une combattante. Les journalistes le savent, les lecteurs le savent, mon facebook le sait, mes adversaires aussi, mais aucun ne se permet un mot, parce qu’il sait que c’est à ses risques. Parce que vous savez mes amis, on tire sur une ambulance mais pas sur un char. Et je voudrais que nous soyons tous des chars et des livres, que nous ayons des pensées et du cœur. Spinoza et Rabin. Einstein et Golda Meïr. Et garder notre détermination contre tous ceux qui n’ont pas encore compris qui nous étions et qui ne savent rien de l’Histoire du monde.
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CULTURE
MAUD TABACHNIK
FESTIN CANNIBALE À LA RUSSE
Par Céline Lévy
Ancienne osthéopathe, Maud Tabachnik a gardé, de ses années dans le monde médical, une précision toute chirurgicale dans l’écriture. Elle ne relate ni ne romance pas, mais ausculte, sonde et dissèque. Son obssession : la noirceur de l’âme humaine, qu’elle met en lumière, une fois de plus dans son dernier roman : L’impossible définition du mal. © DR
« C’est toujours à travers un pays que commence le récit, pour chacun de mes romans. Cette fois-ci, j’avais envie de parler de la Russie sous Poutine », explique Maud Tabachnik avec le franc-parler qui la caractérise. Après avoir exploré la société américaine et ses failles, l’auteure a voulu raconter la brutalité, la violence de la société russe en braquant son regard sur un monstre auquel n’a rien à envier Hannibal Lecter : « Andreï Tchikatilo, notable et tueur cannibale ukrainien. La police du pays lui a couru après 12 ans durant ! » Car ce digne monsieur Tchikatilo a à son actif 56 meurtres. En majorité des jeunes garçons, des fillettes. Près d’une vingtaine de femmes aussi. Surnommé le boucher de Rostov, l’homme arrêté au début des années 1 990 est classé comme l’un des plus grands criminels du siècle : il mutile atrocement et viole ses victimes avant de les mettre à mort. Puis il abandonne les corps en prenant soin de prélever quelques morceaux de choix, qu’il déguste nature ou cuisinés… EXPOSER LA LAIDEUR DE L’ÂME HUMAINE Pourquoi prendre comme sujet un thème aussi extrême ? « Parce que le polar, très noir, est une porte d’entrée. Une sorte de moyen pour raconter les maux d’une société et ce qu’elle dissimule. » Dans le cas de Tchilkatilo, il y a notamment, le déni des autorités russes, qui ne parviennent pas à admettre qu’un tel monstre ait pu prospérer sur les cendres du communisme. Mais au rayon des délices mitonnés par la romancière, l’horreur qu’inspire le coupable, vite connu, cède souvent la place à l’arrière-plan où se tricote une intrigue qui va et vient entre l’époque contemporaine et celle des meurtres, mêlant terrorisme islamiste et trafic d’organes en Tchétchénie. Quant à l’enquête, elle repose, comme souvent dans l’univers de Maud Tabachnik, sur un duo de fouineurs tenaces et juifs. « L’un connaît sa judéité, l’autre a oublié cet aspect de son héritage familial .» Sioniste affichée, militante des droits des homosexuels comme de la cause animale, Maud Tabachnik est une femme de passions et de convictions qu’elle évoque sans fard dans sa littérature. « Je me fiche de ce que l’on pense de moi. Je me moque que les antisionistes ou les antisémites ne m’aiment pas. Je ne m’inquiète de l’inimitié que lorsqu’elle se transforme en arme létale. » Pas question néanmoins de baisser la tête. « Je me bagarre pour toutes les causes auxquelles je crois. » Lorsqu’on lui demande pourquoi elle aime à ce point décortiquer l’horreur dans ses polars, elle répond, fataliste : « parce que dans la vie, tout se passe mal, en général et que je n’invente rien, je me contente d’exposer la laideur de l’âme humaine. C’est plus intéressant… »
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POUR EN SAVOIR PLUS :
L’IMPOSSIBLE DÉFINITION DU MAL PAR MAUD TABACHNIK ÉDITIONS DE BORÉE, 336 PAGES
En partenariat avec
F O N DAT I O N
FRANCE-ISRAEL
Reconnue d’utilité publique
LE RÊVE ISRAÉLIEN DOIT RESTER VIVANT
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OUI, je souhaite par mon ISF renforcer les liens des jeunes de France avec Israël,
à travers le séjour éducatif Massa. Je donne : PAR CHÈQUE
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VENISE
ffé, directeur Jonathan Jaoyessod Europe du Keren H
Italiens, Français (majoritaires) lges présents pour commémore le départ du bateau Kadima, etd’eBe l’île Pellestrina vers Israël. r
ise
la à Ven
ga Soirée de
SOIRÉE MÉDAILLÉS OLYMPIQUES JUDO À MARSEILLE
Devant le ghetto de Venise
Elles mettent
© PHOTOS OLIVIER ATTALI
hères eurs de l’OM vendu aux enc israéliens. Tee-shirt signé par les jouise Ju Vélodrome avec les dokas lors de la soirée marseilla au
ture de la onne l’Hatikva, lors de la clô ent e eill ars M de te tan mii ipe qu é L’
soirée.
FILM HARMONIA
élien, aire du Festival du Cinéma.a isra Le Keren Hayessod, partenpro oni arm H film présent lors de la jection du
Les militants aux côtés d’ Avi ssouly, Yarden G erbi, Caroline Pozmentier A et Or Sasson
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LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE • NUMÉRO 7
MAI 2017
© ALAIN
GALA SPORTIF À NICE © PHOTOS ISAAC ICHOU
LE RÊVE ISRAÉLIEN DOIT RESTER VIVANT
L’équipe m Zermati, Tilitante du Keren Hay hierr esso de l’équipe yp Teboul et Alain Bd de Nice (Géraldine el arisienne et des Judokahassen) aux côtés s israéliens
Les prochains rendez-vous du Keren Hayessod
1
SOIRÉE DE GALA PARIS Le 14 mai 2017
Au Palace de
Nice
À gauche, interviewait leJsean-Charles Banon, journ deux champion a s olympiqueslietste à I24 News, qui des militants n içois.
Avec Tamir Pardo, chef du Mossad de 2011 à 2016, et Richard Berry
Yarden Gerbi et Or Sasson
2
SOIRÉE DE GALA LYON le 18 mai 2017
Avec Or Sasson, judoka israélien médaillé olympique, et Jacques Tarnero, réalisateur et essayiste.
la main à la pâte !
3 Plus de 100 femmes présentes
ATELIER PAIN DE SHABBAT À PARIS 5
ne humeur
bon Dans la
Du 18 au 22 juin 2017 La rencontre qui réunit tous les ans les militantes de la division féminine internationale du Keren Hayessod aura lieu cette année en Israël.
4
Ori Sivan, réalis du film Harmonia, atpreuéser à la projection à Paris.nt
N AZRIA
!
MIFGASH
WALK ISRAEL
Du 29 octobre au 3 novembre 2017 Deuxième marche solidaire européenne du Keren Hayessod, sur le Trail Israel (sentier de grande randonnée) de Ein Guedi à Jérusalem.
VOYAGE SENIOR EN ISRAËL
Du 20 au 26 novembre 2017 Pour francophones et germanophones. Découverte des programmes du KH, rencontre de bénéficiaires et de personnalités, visite d’Israël.
!
Rebecca Jacquin, présidente de la division féminine et Mariacha Drai qui animait l’atelier. MAI 2017
NUMÉRO 7 • LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE
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CULTURE
RACHEL HERMANN
OU LE SIONISME EN HÉRITAGE Nicole Samuel-Guinard est la petite-fille d’un couple mythique pour quiconque s’intéresse à l’histoire du sionisme : Rachel et Nahum Hermann*. Désireuse d’éditer le manuscrit des mémoires de sa grand-mère, elle a uni son désir d’hommage à l’érudition de l’historienne Catherine Nicault, spécialiste de l’histoire contemporaine des Juifs et des relations internationales. Ensemble, elles ont offert un formidable écrin au journal de Rachel Hermann et publient Rachel Hermann. Traversées et combats d’une femme singulière au XXe siècle. À mots croisés, elles racontent, pour Yessod, cette aventure littéraire qui mêle la grande et la petite histoire, à travers le destin de la famille Hermann…
* Nahum Hermann, journaliste, sioniste et résistant, a été directeur de la branche française du Keren Hayessod de 1936 jusqu’à sa déportation, en 1944. Il est assassiné dès son arrivée à Auschwitz en mars 1944. Nous sommes particulièrement fiers de pouvoir donner la parole à sa petite-fille dans nos colonnes.
Yessod : Pouvez-vous nous dire comment cette aventure littéraire a commencé ? Nicole Samuel-Guinard : Tous les membres de ma famille ont hérité d’un exemplaire du manuscrit dactylographié de Rachel, traduit du yiddish par Henry Bulawko. On ne sait ce qu’est devenu le texte original, en revanche. J’avais donc mon exemplaire quelque part dans ma bibliothèque. J’ai pris ma retraite il y a peu, et après m’être intéressée au journal de mon oncle paternel, publié aux éditions Le Manuscrit (Journal 1939-1945. Une famille juive alsacienne durant la Seconde Guerre mondiale - Jacques Samuel, présenté et annoté par Katy Hazan et Nicole Samuel-Guinard), j’ai décidé de me consacrer au récit de ma grand-mère, pour en laisser une trace à mes enfants et petits-enfants.
Quelles émotions ce texte réveille-t-il chez vous, lorsque vous vous attelez pour la première fois à sa retranscription ?
Nahum Hermann pendant la 1ere guerre mondiale
N.S-G. : L’intérêt était d’abord psychologique, j’ai découvert une partie de moi. J’ai mieux compris d’où venait ma mère, Vivette Samuel (figure de l’action sociale et de l’OSE, ayant sauvé de nombreux enfants durant la guerre - NDLR) en lisant le récit de sa propre mère.
Comment en vient-elle à écrire ce témoignage ? N.S-G. : Elle écrit tout le texte en 1973. Elle y a été encouragée par Élie Wiesel, qui était un très bon ami. Elle l’avait rencontré en devenant journaliste pour la presse juive en yiddish. Mon père Julien Samuel, militant communautaire connu, qui a, entre autres, dirigé le journal « L’Arche », a lui aussi beaucoup encouragé ma grand-mère dans cette entreprise.
Catherine Nicault, Rachel Hermann est une femme très lettrée, ce qui n’est pas ordinaire pour sa génération… C. N. : C’est vrai. Elle raconte avoir été élevée et autorisée à étudier à l’égal d’un homme. Elle est aussi traditionaliste et son sionisme découle naturellement de son judaïsme, contrairement à une majorité de sionistes de l’époque, farouchement opposée à la pratique religieuse…
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Rachel et Vivette vers 1921
CULTURE
N.S-G. : Une anecdote à ce sujet m’a marquée : elle demande un jour à sa mère de lui acheter un chapeau et sa mère refuse en lui disant « il vaut mieux en avoir dans la tête que sur la tête ! » Ma grand-mère est une femme qui a connu de nombreux malheurs et c’est son attachement à la culture qui l’a sauvée. Pour moi, c’était une intellectuelle, entourée de livres dans sa salle à manger, écrivant en lettres qui ressemblaient pour moi à des hiéroglyphes… C. N. : Elle a eu des velléités d’études, de carrière professionnelle d’ailleurs, mais elle quitte la Russie au début de la Première Guerre Mondiale et s’est retrouvée coincée en Palestine, à cause du conflit. Elle arrive donc en France faute de solution, car les Turcs expulsent les Juifs et elle ne peut rentrer chez elle. C’est Nahum (alors fiancé à sa sœur restée en Russie), avec lequel elle correspond, qui lui propose de venir à Paris. Elle accepte et c’est elle qui deviendra sa femme.. POUR EN SAVOIR PLUS :
RACHEL HERMANN. TRAVERSÉES ET COMBATS D’UNE FEMME SINGULIÈRE AU XXE SIÈCLE. ODESSA-PALESTINELE CAIRE-PARIS. TRADUIT DU YIDDISH PAR HENRY BULAWKO, PRÉSENTÉ ET ANNOTÉ PAR CATHERINE NICAULT, ADAPTÉ PAR NICOLE SAMUEL-GUINARD. ÉDITIONS LE MANUSCRIT.
Quelle épouse est-elle pour Nahum Hermann, figure communautaire qui dirigeait le bureau du Keren Hayessod à Paris ? C.N. : Ce n’était pas une épouse ni une mère ordinaire, mais elle n’essayait pas pour autant de lui voler sa notoriété. Elle savait rester dans l’ombre. C’est après sa mort (il a été déporté et assassiné Auschwitz, en mars 1944) qu’elle décide de poursuivre son œuvre, notamment dans le journalisme. N.S-G. : Elle dit d’ailleurs vouloir lui ériger « une tombe de papier », avec ces mémoires. Mais avant ce travail, et pour les militants du Keren Hayessod, elle est simplement l’épouse de Nahum Hermann, car lui est une personnalité importante de l’establishment sioniste.
Catherine Nicault, connaissiez-vous l’existence de ces mémoires et quelle en est pour vous la portée ? C.N. : Je ne connaissais pas ce texte et je l’ai trouvé précieux car les parcours de vie sont très riches d’enseignement, ils offrent sur l’histoire un regard plus intérieur que la version officielle omet souvent. Par exemple, Rachel consacre plusieurs passages au procès de Samuel Schwartzbard, ce Juif d’origine ukrainienne qui assassine Simon Petlioura, responsable du massacre de dizaines de milliers de Juifs lors de pogromes. À l’époque, ce procès sensationnel a fait la une de la presse internationale. La fête qui suit l’acquittement de Schwartzbard se déroule dans l’appartement des Hermann. C’est dire leur implication dans les milieux sionistes. Sur les temps forts, comme ce procès, on a des témoignages, des récits d’intellectuels, mais cette voix de femme parle du sionisme du quotidien, du sionisme ordinaire…
Réunion sioniste. Sur cette photo, peut-être prise à Londres en 1921, le jeune Nahum Hermann est le 3e en partant de la gauche. Coll familiale
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CULTURE
L’EXODUS DES BATEAUX ET DES JUIFS
Par Richard Prasquier
Le terme ( אניהoniah) qui signifie bateau (à ne pas confondre avec אניהqui signifie « plainte » dans le livre d’Isaïe) n’a pratiquement pas eu de dérivés dans le vocabulaire hébreu : cela confirmerait-il que les Hébreux n’étaient guère à l’aise sur la mer ? Certes, dans la prophétie de Jacob, il est écrit que « Zebulon sera un havre pour les bateaux », לאֳנ ֹיּת לְחֹוף, mais, comme les Egyptiens, les Hébreux sont restés très circonspects par rapport à la Méditerranée. Le prophète Jonas, cherchant à s’enfuir, est un exemple de ces difficultés avec la mer : ו ַי ֵּרֶ ד אנ ִי ָּה ֳ מצ ָא ְ ִּ י ָפֹו ו ַי: il « descendit à Jaffa et y trouva un bateau ». Son capitaine était certainement phénicien : c’est dans la langue du port syrien d’Ougarit, très proche de l’hébreu, mais écrite en caractères cunéiformes, que l’on trouve אניהavec le sens de navire. Jusque-là ce mot dans les langues sémitiques de « terre ferme » avait signifié « réceptacle » : « vaisseau » est relié à « vaisselle » ou à « vase » et le bateau était avant tout un récipient qui flottait... Mais pour dire que Jonas descend à l’intérieur du bateau, le texte dit ספִינ ָה ּ ְ (sefinah) : ce mot, un « hapax » (une seule occurrence dans la Bible) suggère un lieu couvert dans le bateau ou un bateau avec des « ponts » car la racine ספןsignifie « couvrir » (et parfois cacher). Lorsque la tempête survient, les marins jettent donc leurs paquets à la mer pour alléger le « oniah », alors que Jonas dort en bas dans la « sefinah ». Beau thème de commentaires... C’est ce mot de ספִינ ָה ּ ְ qui prédomine à partir de la Mishna, mais l’hébreu moderne, qui a souvent préféré les expressions bibliques aux termes plus tardifs, réutilise beaucoup אניה, particulièrement pour les bateaux de grande taille, comme l’Exodus. Et il y a aussi le terme courant ( סירהsirah) qui signifie barque ; c’est un autre « hapax » biblique (Amos 4:2) et il provient aussi de « récipient »: aujourd’hui encore סירest un pot ou une casserole. Enfin, ( ציtsi) « flotte », d’usage courant aujourd’hui, n’a pas non plus fructifié dans la langue. Quand on pense à la richesse du vocabulaire maritime issu des Scandinaves et des Hollandais ! Au fait, que veut dire Exodus ? Coup de génie linguistique, frappant l’imagination bien plus que le terne Président Warfield, autre nom donné au bateau Exodus... Les 4 500 Juifs sur le bateau, presque tous des survivants de la Shoah, cherchaient à quitter un monde européen dont les crimes avaient largement surpassé ceux des Egyptiens. Paradoxalement, dans le texte biblique il n’y a pas de nom spécial pour la sortie d’Egypte : ( יציאת מצריםyetsiat mitzrayim). Le nom du deuxième livre de la Thora est Shemot (les « noms ») en hébreu, car il commence avec les noms des descendants de Jacob venus en Égypte et que c’est la tradition que de nommer les textes suivant leurs premiers mots. C’est la traduction grecque de la Septante qui a imposé dans le monde chrétien le terme de (exodos), sortie, où on retrouve la racine hodos, « route » (comme dans méthode, anode, cathode ou période...). Victor Hugo, dans sa correspondance, a étendu le sens à celui de « émigration massive » de toute origine, et il s’imposa en France en 1940, quand les Français partirent sur les routes dans la crainte de l’armée allemande. Quelques années plus tard, un an après l’épopée de l’Exodus, on commençait à parler de « l’exode des Palestiniens ». La grande Histoire c’est aussi l’histoire des mots…
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ETUDIEZ A TEL AVIV POUR DEVENIR DIRECTEUR DANS L’HOTELLERIE INTERNATIONALE Formation en langue française
Vatel prépare ses étudiants à devenir cadres opérationnels et cadres dirigeants dans les métiers de l’hôtellerie, de la restauration, de l’accueil et du tourisme international. Ils suivent l’enseignement théorique au sein de l’école implantée dans le centre de Tel Aviv et l’enseignement pratique dans les divers établissements hôteliers 4 et 5 étoiles partenaires.
DES TITRES CERTIFIÉS ET AGRÉÉS
Bachelor et MBA
International Hotel Management, Admissions : Bac, Bac+2 et Bac+3
AGRÉÉ
CONTACTS :
1 GROUPE MONDIAL ER
de l’Enseignement du Management de l’Hôtellerie-Tourisme
Formation au choix en langue française ou en langue anglaise
En Europe : Lionel Demoment l.demoment@vatel.fr Tel. +33 (0)4 78 38 42 93 En Israël : Michael Sebban admissions@vatel.co.il Tel. +972(0)3600-6687
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HomeSalons a 40 ans ! la nouvelle collection 2017
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