n° 6
DÉCEMBRE
www.keren-hayessod.fr
2016
DÉCEMBRE 2016 - PRIX : 5 €
LE RÊVE ISRAÉLIEN DOIT RESTER VIVANT
40 ANS APRÈS,
L’EXPLOIT D’ENTEBBÉ
WALK ISRAËL 2016, AVEC
JUDITH OKS
GABRIEL BARKAÏ
L’ARCHÉOLOGUE DE JÉRUSALEM
© Garrett Mills/Flash90
DOSSIER
QUOI DE NEUF DANS LA
PÉRIPHÉRIE ? LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE
L’IMMOBILIER À LYON
Fernand Galula PROMOTEUR / MARCHAND DE BIENS
194 BIS, RUE GARIBALDI 69003 LYON
T 04 78 37 72 04 F 04 78 82 71 95
fernand.galula@immogal.fr
© PROCHASSON FREDERIC
CULTURE
SOMMAIRE
n° 6 DÉCEMBRE
2016
5 6
ÉDITORIAL
LE RÊVE ISRAÉLIEN DOIT RESTER VIVANT
L’ENNEMI, C’EST LE « YAHOUD » ! Par Richard Prasquier REGARD SUR ISRAËL JÉRUSALEM, AU TRAIN OÙ VONT LES CHOSES Par Ygal Palmor
DOSSIER : QUOI DE NEUF DANS LA PÉRIPHÉRIE ?
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/ 13 / AU : L’AUTRE ISRAËL 9 / LA PÉRIPHÉRIE E EN FEMMES / 15 / VIVR NORD : REGARDS DE , OD ACTEUR LE KEREN HAYESS PÉRIPHÉRIE / 16 / AEL T SOCIAL / 18 / MICH DU DÉVELOPPEMEN YÉROUHAM BITTON, MAIRE DE
10 L’ŒIL SUR LES CHIFFRES 18 JÉRUSALEM :
TOUCHE PAS À MON MUR ! 20 / GABRIEL BARKAI, ARCHÉOLOGUE DE JÉRUSALEM 22 / JO MURCIANO : LE GOUVERNEMENT NOUS A BERNÉ
24
L’ÉCHO DES RÉGIONS
29
HISTOIRE
24 / MARSEILLE : HOMMAGE À CHAOUL SELA (ZAL) 26 / AUVERGNE HRÔNE-ALPES : DANIEL BEN-SIMON À LYON / 27 / LE MAIRE DE BEER SHEVA INVITÉ DU BUSINESS CLUB / 28 / ALAIN SEBBAN, NOUVEAU VICE-PRÉSIDENT
29 / 40 ANS APRÈS, L’EXPLOIT D’ENTEBBE 32 / IL Y A 70 ANS, AVEC LES SURVIVANTS DE LA SHOAH
33 À TRAVERS LE MONDE
33 / MIFGASH À PARIS REBECCA JACQUIN 35 / MISSION SÉNIORS EN ISRAEL 38 / WALK ISRAEL 2016 AVEC JUDITH OKS
40 BLOG JEUNESSE
40 / DU MEXIQUE À L’OUGANDA « RÉPARER LE MONDE » AVEC TEN
43 / GUEVER ET AKBAR 45 / DAECH LE NOUVEAU GÉNOCIDE
© PHOTOS : DR
RETOUR EN IMAGES 42 43 CULTURE
n° 6
CONTRIBUTEURS
DÉCEMBRE
2016
Yosh Amishav
Notre correspondant à Jérusalem. D’origine belge, il a fait son alyah en 1975. Ancien diplomate, il a aussi été le porte-parole de feu le Président Haïm Herzog, ainsi que de plusieurs ministères. Il s’occupe du département chargé de la reconnaissance due aux donateurs du Keren Hayessod.
Yessod 10, place de Catalogne 75014 Paris Tél. : 01 77 37 70 80 www.keren-hayessod.fr Facebook DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Alain Belhassen
Caroll Azoulay
Journaliste franco-israélienne, installée en Israël depuis 17 ans, Caroll a collaboré entre autres au Jerusalem Post et à la chaîne d’information Guysen TV. Elle est aujourd’hui rédactrice en chef du magazine «LeMag» et mène des missions de consulting et de relations publiques pour des institutions israéliennes.
RÉDACTRICE EN CHEF Sophie Atlan Tél. : 01 77 37 70 85 Sophie.atlan@kh-aui.fr DIRECTRICE ARTISTIQUE / GRAPHISME Joëlle Paris jparis@free.fr
Photo de Une : © Garrett Mills / Flash90 PUBLICITÉ Magda Rychlik 01 77 37 70 88 Magda.rychlik@kh-aui.fr
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Responsable de la communication du Keren Hayessod en Israël pour l’Europe depuis plus de 20 ans, elle travaille pour toutes les campagnes du Keren Hayessod, en six langues. Originaire d’Antibes, elle a fait son alyah en 1983. Elle est passionnée par Israël, ses enfants… son travail et les olim !
Ygal Palmor
Ancien diplomate, il a été notamment le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Intervenant souvent dans les médias internationaux, il est aujourd’hui Directeur de la communication de l’Agence juive à Jérusalem, sa ville natale.
Richard Prasquier
Maryline Chemla-Toubiana
Psychologue clinicienne et ethnopsychiatre, elle est également une militante engagée au Keren Hayessod d’Auvergne-Rhône Alpes. Cette Lyonnaise s’est vue remettre le Lion de Judah du Keren Hayessod en guise de reconnaissance.
ADMINISTRATION / COMPTABILITÉ Maurice Benamou 01 77 37 70 82 maurice.benamou@kh-aui.fr PRÉPRESSE / IMPRESSION / FABRICATION Imprimerie ETC - INN http://www.etc-inn.fr Avenue des lions, 76190 Sainte Marie des Champs
Carole Ouaknine
Depuis septembre 2013, Richard Prasquier est président du Keren Hayessod France. Cardiologue de formation, il a été président du CRIF de 2007 à 2013. Il a également été président du Comité français pour Yad Vashem et est un acteur majeur du renforcement des relations judéo-chrétiennes.
Jacques Tarnero Réalisateur, essayiste et chercheur, Jacques Tarnero s’est spécialisé dans l’étude du racisme, de l’antisémitisme et l’Islam. Il est l’auteur de nombreux films documentaires et ouvrages sur ces sujets.
Marie-Jacqueline Dufraisse
Fascinée par Israël, son histoire et sa langue, adepte des missions du Keren Hayessod, professeur agrégé de biologie à la retraite, elle apporte sa contribution au comité Auvergne/ Rhône-Alpes du Keren Hayessod. Elle aime aussi les relations humaines, le partage des idées, les conférences et la bonne littérature.
LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE • NUMÉRO 6
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Meïr Waintrater
Conseiller éditorial de Yessod, Meïr Waintrater a été le directeur de la rédaction de la revue L’Arche - le mensuel du judaïsme français, entre 1992 et 2011.
ÉDITO L’ENNEMI, C’EST LE « YAHOUD » ! Le 30 novembre 2016, l’Assemblée Générale des Nations Unies a voté six résolutions contre Israël. L’une d’elles concernait la situation de Jérusalem et de ses lieux saints, avec la phraséologie négationniste qui a rendu célèbres les récentes et abjectes déclarations de l’Unesco à ce sujet. La date ne provient pas du hasard : le soixante-neuvième anniversaire du vote de l’ONU qui a abouti à la création de l’État d’Israël est aujourd’hui la journée de la Palestine, et le Président fidjien de l’Assemblée Générale arborait un splendide keffieh. On rappelle que personne ne parlait de Palestine dans le sens qu’elle a aujourd’hui en 1947, et que le territoire de Judée-Samarie (ou « Cisjordanie ») fut occupé par la Jordanie entre la guerre de 1948 et celle de 1967. Inutile de rappeler aussi que jamais l’ONU ne s’était « occupée » ou « préoccupée » de cette occupation-là, et que l’Unesco ne s’était jamais émue de la destruction systématique de toutes les synagogues de la vieille ville de Jérusalem, alors rigoureusement interdite aux Juifs.
É DI TO PAR RICHARD PRASQUIER PRÉSIDENT DU KEREN HAYESSOD FRANCE
Transformer la journée du vote de création d’Israël en journée de Palestine relève finalement du même processus mental que de transformer le mur du Temple en lieu d’accroche des rênes de la jument de Mahomet, de faire passer la Naqba pour la vraie Shoah, de faire de Jésus un petit Palestinien, de prétendre que les manuscrits de la Mer Morte sont des manuscrits palestiniens et, bien entendu, de dessiner des cartes de la région où le nom d’Israël n’apparaît pas, car ce nom n’est ni audible, ni visible. Ce processus mental, c’est le fantasme d’effacement, dont l’exorcisme est une forme. Il s’agit d’extirper un mauvais rêve, de conjurer l’humiliation insupportable. Il est honteux qu’une partie importante (de plus en plus importante ?) de la communauté internationale pérennise cette pathologie mémorielle grave en feignant par ses votes de la partager, par lâcheté, par haine, par cupidité, par indifférence ou par habitude. Israël est le seul pays au monde qui doive se confronter en même temps à la volonté d’anéantissement physique ou métaphysique de la part de ses ennemis, et à la réprobation morale permanente de beaucoup de ses « amis », qui ne se préoccupent d’occupation (Chypre et la Turquie, le Tibet et la Chine, etc.), de « murs » ou de niveau sonore des muezzins que lorsqu’Israël est impliqué. Certains étudiants juifs anglo-saxons qui pensaient que judaïsme veut dire uniquement soutien aux opprimés, d’où qu’ils viennent, s’étaient mis aux premiers rangs de la critique antiisraélienne et sont stupéfaits d’être eux-mêmes assimilés au sionisme. Car au fond, pour ses ennemis, attaquer Israël autorise à attaquer les Juifs, sauf ceux qui vont très loin dans la dhimmitude. Bien sûr, ils prétendent qu’il ne convient pas d’appeler cela de l’antisémitisme. Ils ne trompent que les volontaires de l’aveuglement. L’ennemi, c’est le « yahoud ». C’est le même pour tous. Il s’agit du peuple juif. Et c’est pourquoi il faut soutenir le Keren Hayessod, organisation représentative de ce peuple juif et active, par l’intermédiaire de l’Agence juive, partout où le peuple juif est en danger, en Israël ou hors d’Israël. Nous comptons sur vous !
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REG RD JÉRUSALEM,
AU TRAIN OÙ VONT LES CHOSES Mais quelle mouche a donc piqué Nir Barkat, le maire de Jérusalem ? Le Bureau National des Statistiques annonce début novembre une bien triste nouvelle pour la ville qu’il dirige : Jérusalem baisse, dans le classement national des 252 villes et communes, du groupe socioéconomique 4 au groupe 3 (le 1 étant le plus démuni et le 10 le plus riche). Ce qui signifie que ses indicateurs socio-économiques passent à l’orange, quand ce n’est pas au rouge, et que les efforts de la mairie ne sont pas récompensés par des résultats. Pourtant, Barkat jubile : « Il s’agit d’un changement dramatique qui économisera des milliers de shekels aux jeunes familles de Jérusalem », communique-t-il avec satisfaction. Et d’ajouter que le gouvernement devra maintenant augmenter ses subventions à la ville et à certains de ses habitants. Assisté et heureux de l’être ?
© DR
Rachel Azaria ne s’y est pas trompée, qui dénonce à la Knesset ce contentement déplacé. « Nous sommes retournés un siècle en arrière, déclare cette députée (Koulanou), ancienne maire-adjoint de Jérusalem. Comment peut-on pousser des cris de joie ? » Mme Azaria évoque la culture d’assistanat et de collecte de charité qui prévalait dans la miséreuse communauté juive de Jérusalem au 19e siècle et au début du 20e. Elle aurait pu se servir d’un exemple très récent pour exposer ce qui ne marche pas : en effet, le projet de vélib de Jérusalem vient de rencontrer un obstacle insurmontable et se trouve paralysé à mort. La raison ? Les partis orthodoxes au conseil municipal ne souffrent pas que l’on puisse activer le vélib par une carte de crédit le Shabbat. Et tout cela se passe alors que, même réduite au minimum, la vague de violences déclenchée par les Palestiniens l’année dernière autour d’Al Aksa n’a pas fini de ravager l’état des commerces et du tourisme dans la ville. L’Agence Juive a doublé les dotations de son fonds spécial de garanties aux prêts bancaires pour les PME hiérosolymitaines en difficulté. Pourquoi donc afficher ce curieux triomphalisme ?
PAR YGAL PALMOR PORTE-PAROLE DE L’AGENCE JUIVE POUR ISRAËL
© JEAN DAUPHTIN
Certes, le souk de Mahané Yehouda est toujours un lieu super-cool qui attire du monde dans ses bistros, ses bars et ses pâtisseries. Heureusement aussi que la rue Emek Refaïm, avec son animation et son ambiance Greenwich Village, continue de vibrer. Bien sûr, il y a encore Nahalat Shiva et ses boutiques inattendues – quand avez-vous pris une tisane en feuilletant un bouquin chez Tmol Shilshom, ce petit café littéraire en haut de l’escalier dans une cour de la rue Yoël Moshé Salomon, portant le nom d’un roman de Shaï Agnon (si, si, vous le saviez, le prix Nobel de littérature 1966, n’est-ce pas )? LES INDICATEURS SOCIOÉCONOMIQUES DE JÉRUSALEM PASSENT À L’ORANGE, QUAND CE N’EST PAS AU ROUGE.
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Et surtout, il y a le fameux tramway – celui qui traverse la ville du Nord au Sud (ou le contraire), en passant majestueusement par le centre : tout au long de la rue Jaffa, jusqu’à la vieille ville, puis à côté de Notre-Dame-de-Jérusalem vers le Nord, desservant quartiers arabes et juifs à la fois. Bientôt, la ligne sera prolongée et reliera les deux hôpitaux Hadassa : celui du Mont Scopus au Nord, et la cité hospitalière à Ein Karem au Sud. On en est fier, à Jérusalem, mais pas seulement parce qu’il est beau, ce tramway. C’est surtout parce qu’il est là, bien-là, alors qu’à Tel Aviv, où les travaux du métro ont été inaugurés tant de fois dans le passé pour sombrer tout de suite dans la gadoue bureaucratique, on ne fait que commencer les vrais travaux, ces mois-ci. Et de mettre la ville sens dessus-dessous. Alors, Jérusalem est peut-être moins bien notée et cotée, mais elle a quand même une longueur d’avance sur notre métropole méditerranéenne préférée. Car Jérusalem, au moins dans ce sens-là, est bien la locomotive de tête...
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QUOI DE NEUF DANS LA PÉRIPHÉRIE ?
QUOI DE
NEUF
DANS LA
PÉRIPHÉRIE ? PAR CAROLL AZOULAY
La périphérie israélienne désigne les villes du Sud ou du Nord d’Israël, celles qui ne sont pas dans la lumière, celles où l’on ne rêve pas d’habiter. La notion de périphérie recouvre souvent une connotation péjorative. Alors, préjugés ou réalité ? Qu’en est-il vraiment ? Comment vit-on en 2016, dans ces villes, dites aussi « villes de
-15%
développement » ? Quelles sont les initiatives qui les rendent attractives ? Yessod vous fait découvrir cet autre Israël...
MÈRE ET SA FILLE © NATI SHOHAT/FLASH90
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NUMÉRO 6 • LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE
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L’ŒIL SUR LES CHIFFRES
> ISRAËL À 2 VITESSES Industries, salaires, emplois, transports…
€
200 usines
• PLUS ON S’ÉLOIGNE de Tel Aviv, plus les revenus sont faibles :
ONT ÉTÉ FERMÉES dans le Nord du pays au cours de la dernière décennie.
• L’ÉCART DE SALAIRE pour un même travail peut aller jusqu’à
100 km
100 km
LE TEMPS DE TRANSPORT en autobus depuis la périphérie vers les grands centres industriels est deux à trois fois plus long qu’en voiture.
(shekels)
(= 3 262 €) REVENU MENSUEL moyen par habitant dans le centre du pays
(shekels)
12% 2005
20%
(= 2 201 €) SALAIRE MOYEN pour les de la population israélienne installée dans la périphérie.
31 %
LES ÉCARTS DE REVENUS se creusent entre le centre et la périphérie
2016
éducation
19 %
TAUX DE RÉUSSITE DU BACCALAURÉAT :
74%
74 % dans les zones les plus riches du pays 19 % dans les zones les plus pauvres, où 53,5 % des lycéens ne passent même pas les examens.
BACCALAURÉAT EN ZONE RICHE
2,3 médecins pour mille personnes dans le Nord d’Israël, contre 1,15 pour mille personnes à Tel Aviv.
2,3 ‰
1,15 ‰
Mortalité infantile : 5,6 pour mille naissances dans le Sud d’Israël, contre 3,4 pour mille en moyenne nationale.
3,3 infirmiers pour mille personnes
+ 26 % de décès
suite à des PNEUMONIES OU DES VIRUS de la grippe dans le Sud, par rapport au centre du pays.
LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE • NUMÉRO 6
53,5 % BACCALAURÉAT EN ZONE PAUVRE
santé
Médecins :
8
En 2015, 41% de la population du centre d’Israël (Tel Aviv compris) a gagné 53% de l’ensemble des revenus imposables du pays.
50 %.
-15% -15%
13 201 8 908
41% 53%
- 15 % par tranche de 100 km
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dans le Sud d’Israël, contre personnes à Tel Aviv.
5,8 ‰
QUOI DE NEUF DANS LA PÉRIPHÉRIE ?
LA PÉRIPHÉRIE : L’AUTRE
ISRAËL
© DR
Ancien journaliste du quotidien israélien Haaretz, Daniel BenSimon, 61 ans, a été député du Parti travailliste à la Knesset entre 2009 et 2013. Auteur de nombreux ouvrages, Daniel Ben-Simon, qui est né au Maroc et est venu s’installer en Israël à l’âge de 15 ans, attire depuis longtemps l’attention sur les écarts socioéconomiques qui existent entre le centre et la périphérie d’Israël. Pour Yessod, il revient sur les causes fondamentales d’un fossé que l’Israël moderne a du mal à combler.
PLUS UN CONCEPT PSYCHOLOGIQUE, LIÉ AU SENTIMENT FONDÉ D’ABANDON DE CES POPULATIONS, QU’UN CONCEPT GÉOGRAPHIQUE.
Les raisons étaient-elles véritablement sécuritaires ? Daniel Ben-Simon : Soyons honnêtes. La population israélienne était à cette époque, dans sa quasi-totalité, ashkénaze. Alors, l’arrivée massive des Juifs séfarades l’a tout bonnement effrayée ! Quand on éloigne une personne de soi, c’est aussi parce qu’on ne veut pas vivre près d’elle… On les a donc envoyés peupler les lieux frontaliers au Nord et au Sud, dans les fameuses maabarot (camps de peuplement – NDLR). C’est ainsi qu’est apparue la « périphérie », terme qui décrit aujourd’hui les régions du Nord et du Sud. Cette question des véritables intentions des politiques de l’époque est, encore de nos jours, sujette à débat.
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LA PÉRIPHÉRIE EST
Comment est née la notion de « périphérie » en Israël ? Daniel Ben-Simon : Cette notion est née quasiment simultanément avec l’État d’Israël, deux ou trois ans après sa création, avec la grande vague d’immigration originaire d’Afrique du Nord. En 1948, 80 % des 600 000 Israéliens habitaient à Tel Aviv ou dans les environs. David Ben-Gourion a alors décidé d’éparpiller les habitants sur tout le territoire. Les raisons invoquées étaient, en premier lieu, sécuritaires : si une attaque survenait contre Israël, et que la population entière était concentrée uniquement sur quelques mètres carrés, les dégâts seraient considérables ! C’est pourquoi il a envoyé les nouveaux immigrants loin du centre, et une « ligne de défense » a été mise en place aux frontières du pays.
A quel niveau voit-on aujourd’hui des séquelles de cette politique de décentralisation ? Daniel Ben-Simon : Tout d’abord, sur le plan de de l’éducation. Si l’on prend l’exemple de Kiryat Malahi : en 2007, seuls 7 élèves ont présenté un baccalauréat scientifique ; à Herzliya, ce sont près de 90 % des élèves qui le font, sachant que ce type de bac est un billet d’entrée à l’université… En fait, toutes les inégalités enclenchées par cette politique, il y a 60 ans, n’ont fait que s’aggraver avec le temps.
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carven-parfums.com
QUOI DE NEUF DANS LA PÉRIPHÉRIE ? Centre d’intégration pour Éthiopiens
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Village d’enfants à risques : un programme soutenu par le Keren Hayessod
Quelles sont les causes ? Daniel Ben-Simon : L’État a toujours été présent au départ pour ces populations. Les écarts existaient, mais de façon beaucoup moins importante qu’actuellement. Or, depuis 20-30 ans, toute cette assistance a été progressivement retirée. Les différentes politiques entreprises visent le désengagement. Ce sont maintenant 30 000 associations qui tentent de prendre le relais sur place ! Cette politique consistant à donner plus d’autonomie à ces régions n’a pas fonctionné. Les habitants, particulièrement dans ces régions qui accueillent des immigrants, ont besoin de l’État. La périphérie est plus un concept psychologique – lié au sentiment, fondé, d’abandon de ces populations – qu’un concept géographique. Comment peut-on considérer des villes comme Ashdod ou Haïfa comme périphériques alors qu’elles sont des centres d’activité dynamiques ? Daniel Ben-Simon : Parce qu’elles se situent loin de Tel Aviv… aussi incroyable que cela puisse paraître. Mais, encore une fois, cela prouve que c’est totalement psychologique, puisque si on considère l’emplacement, ces villes de la périphérie ne sont pas du tout loin de Tel Aviv. Est-il possible de briser ce statut, notamment à travers les organisations qui y agissent ? Daniel Ben-Simon : Effectivement, les associations, et notamment le Keren Hayessod, y font un travail formidable. Il est nécessaire de mettre en place des projets dans ces zones, parce que l’État n’y fait rien. L’État s’occupe de paix, de guerre et des implantations : regardez les efforts déployés pour un petit yichouv (implantation – NDLR), comme Amona… Les habitants de Yerouham aussi ont besoin d’attention ! La vie quotidienne est maintenant à la charge des associations, l’État s’en désintéresse. Sans les associations, les habitants de la périphérie seraient perdus. Il faudrait multiplier les projets de décentralisation d’entreprises – comme Intel à Kiryat Gat, par exemple – pour inciter nos jeunes à rester dans leur ville et à avoir de l’espoir en l’avenir. Ce travail, seul l’État peut le faire.
© DR
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Comment la jeune génération de la périphérie réagit-elle ? Veut-elle fuir ou rester là où elle a grandi ? Daniel Ben-Simon : Les jeunes de la périphérie voient bien, à travers les médias et les réseaux sociaux, qu’ils sont défavorisés par rapport aux jeunes du centre. Mais, pour autant, ils aiment leur ville, ils ne veulent que rarement la quitter. Et cela tient au fait qu’ils ont grandi dans une ambiance totalement différente de celle des grandes villes du centre : ils se connaissent tous, vivent dans une ambiance chaleureuse, humaine. Ils savent qu’ils ne retrouveront pas cela dans le centre. Alors oui, ils vivent dans une certaine pauvreté, mais aussi dans des valeurs uniques et fabuleuses et ils sont conscients de cette richesse.
Intel dispose aujourd’hui, à Kiryat Gat, d’une usine de 2 500 personnes fabriquant des microprocesseurs.
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L’IMMOBILIER À LYON QUOI DE NEUF DANS LA PÉRIPHÉRIE ?
© ENRICO01
Fernand Galula PROMOTEUR / MARCHAND DE BIENS 194 BIS, RUE GARIBALDI
1269003 LYON
T 04 78 37 72 04
F 04 78682DÉCEMBRE 71 952016 LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE • NUMÉRO
fernand.galula@immogal.fr
MAALOT HAÏFA
QUOI DE NEUF DANS LA PÉRIPHÉRIE ?
AU NORD DE LA PÉRIPHÉRIE
REGARDS DE FEMMES Toutes deux sont francophones et occupent des fonctions importantes dans la périphérie nord du pays. Karen Bohbot est l’épouse du maire de Maalot-Tarshiha, et le professeur Myriam Ben-Arush dirige l’unité d’oncologie pédiatrique de l’hôpital Rambam de Haïfa. Parce qu’elles vivent au quotidien en étroit contact avec la population, elles connaissent parfaitement les forces et les faiblesses de leur région. Pour Karen comme pour Myriam, c’est l’amour qui les a amenées dans le Nord. « Quelques mois avant de faire mon alyah, il y a presque 40 ans, j’ai rencontré mon mari », raconte Karen. Ce dernier, Shlomo, est déjà, à l’époque, très impliqué dans la vie publique israélienne en général et du Nord du pays en particulier. « Il a été député sous le gouvernement Rabin et depuis 40 ans il est maire de Maalot », explique-t-elle. Myriam aussi a décidé de s’établir du côté de Haïfa après sa rencontre avec son mari : « Je vis au kibboutz Yagour parce que j’y ai rencontré mon mari. C’est aussi simple que ça ! » explique cette Française d’origine, sur les épaules de laquelle repose un service entier d’enfants malades du cancer. L’une comme l’autre sont aujourd’hui enracinées dans la périphérie : « J’ai débarqué à Maalot avec mes robes françaises et mes talons… Je dénotais un peu », confie Karen. Les premières années furent difficiles, elle voyageait presque tous les trois mois en France et se rendait beaucoup dans le « centre », à Tel Aviv. Mais aujourd’hui, c’est fini ! « C’est maintenant à Maalot que je me sens le mieux ! » explique Karen. Elle considère que c’est l’arrivée des nouveaux immigrants russes qui a fait évoluer les mentalités. « Ils ont apporté avec eux une culture plus européenne. Cela, ajouté au fait que les Israéliens se sont mis à voyager, a ouvert les esprits dans la ville. » Cette marque de la périphérie, que l’on colle à des villes comme Haïfa ou Maalot, n’impressionne ni Keren ni Myriam. « Maalot se distingue des villes périphériques dans leur conception classique » tient à préciser l’épouse du maire. « Son niveau socio-économique est élevé, l’hôtellerie y est développée, et la vie culturelle très dynamique. Plusieurs festivals sont organisés chaque année, dont le célèbre festival du documentaire israélien, Docaviv, créé en 2009. » Le travail du maire y est pour beaucoup, et comme il est réélu depuis 40 ans, il bénéficie d’une continuité qui profite à la ville. Son mode de gestion pourrait inspirer beaucoup d’autres villes de la périphérie.
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Affiche du festival du documentaire israélien qui s’est tenu à Maalot du 11 novembre au 12 décembre 2016
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« Vous savez, quand vous avez à faire à des enfants malades du cancer, il n’y a plus rien qui compte, ni les origines ethniques, ni les origines géographiques ou sociales », estime pour sa part Myriam. « J’ai fait mon alyah par idéal sioniste. Je savais que le pays était constitué de populations très différentes. Il a toujours été évident que chacune devait recevoir un traitement identique », poursuit-elle. « C’est exactement ce que l’on voit dans notre hôpital. Les familles pauvres dont un des enfants est atteint du cancer bénéficient de nombreuses aides économiques et sociales. Les prises en charge fonctionnent bien, y compris À droite, Myriam Ben Arush à l’hôpital Rambam.
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QUOI DE NEUF DANS LA PÉRIPHÉRIE ?
pour l’achat des médicaments », se félicite-t-elle. Elle souligne aussi que l’hôpital Rambam a été rénové en 2014 – « mais, pendant 28 ans, nos conditions de travail ont été très difficiles » se souvient-elle, en évoquant notamment la seconde guerre du Liban, « période durant laquelle nous n’avions pas d’abris anti-missiles »… © DR
Karen Bohbot, quant à elle, voit un autre type de discrimination dans sa périphérie : celle du développement économique et social. « Nos jeunes partent pour travailler dans le centre. C’est dommage, il faudrait favoriser davantage nos régions, fiscalement, économiquement, socialement… On nous retire tout le temps des aides, au lieu de nous en donner. On manque de sociétés dans le domaine de la High-Tech, et une dynamique pour inciter les familles à s’installer ici. Mon mari s’inquiète du déséquilibre démographique endémique et de l’absence de réactions gouvernementales adéquates. »
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Lorsque l’on interroge ces deux femmes très actives sur l’image qu’elles aimeraient que l’on ait du Nord, elles se retrouvent sur un point : la coexistence. « La cohabitation avec les Arabes se passe très bien », affirme Karen. Fondée comme « ville de développement » en 1957 pour accueillir les immigrants de Roumanie, d’Iran, du Liban et du Maroc, Maalot-Tarshi’ha a pour singularité d’avoir été regroupée en 1963 avec une petite ville à majorité arabe (Tarshi’ha), d’où son double nom. « Il y a des échanges avec Tarshi’ha dont le niveau socio-économique est élevé. Même pendant les conflits, il y a très peu de tensions. Shimon Pérès, que nous connaissions très bien, nous disait toujours qu’il rêvait d’une paix sur le modèle des relations entre Maalot et Tarshi’ha .» Même son de cloche dans le service d’oncologie de l’hôpital Rambam : « Nous avons des enfants palestiniens, arabes, israéliens, atteints de cancer. On les traite indépendamment de leur religion. En temps de guerre, on ressent parfois des tensions dans le service. Mais les enfants luttent contre la même maladie, les familles entre elles se respectent. Nous ne vivons et ne ressentons aucun racisme. Le Nord est un exemple de cohabitation ! »
שיחָא ִ ׁ ְתּר ַ -מע ֲלֹות ַ
معالوت ترشيحا Ma’alot-Tarshiha
חֵיפָה
حيفا Haïfa
• Maalot-Tarshi’ha, 21 227 habitants, est située à 11 km de Carmiel, 45 km de Haïfa et 20 km de Nahariya.
• Jumelée avec Marseille, Haïfa est la troisième plus grande ville d’Israël.
• Le 15 mai 1974, des terroristes de l’OLP ont attaqué une école élémentaire de Maalot, faisant 22 victimes parmi les élèves et 3 parmi les enseignants.
d’Arabes israéliens y vivent, ainsi que plus de 300 000 habitants en proche banlieue.
• Près de 700 missiles sont tombés sur la ville pendant la seconde guerre du Liban. • L’implantation de la société Iscar et la création de différentes zones industrielles tout près de la ville ont fourni aux habitants de Maalot leur principale source de revenus.
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• 271 963 habitants dont 10 % • C’est au sein de la population arabe que l’on trouve la classe la plus défavorisée. • Dans un récent rapport du Bureau des Statistiques, Haïfa se classe en bonne position (rang 7), juste derrière Tel Aviv (8).
LOD MOSHAV YATED KFAR MAÏMON
VIVRE
QUOI DE NEUF DANS LA PÉRIPHÉRIE ? À Lod : la mixité juifs/arabes est inscrite sur la devanture de ce magasin.
EN PÉRIPHÉRIE
Avishag, 56 ans, habitante de Lod (centre du pays) depuis 21 ans, sioniste religieuse 67 400 habitants.
• Située à proximité de l’aéroport Ben Gourion. • Population mixte : 75% de Juifs, 25% d’Arabes. • Une ville pauvre, qui connaît l’un des taux de criminalité les plus importants d’Israël.
לֹוד
اَ�لْل ُّْد Lod
« Nous avons connu Lod, moi lors de mon « service civil » et mon mari en tant qu’animateur dans un mouvement de jeunesse de la ville. Nos enfants étaient petits, nous pensions nous y installer pour un ou deux ans, et finalement nous sommes restés. Aujourd’hui, deux de nos enfants sont mariés et vivent à Lod ! Au début, il était difficile de dire que l’on venait de Lod, car les gens avaient en tête des clichés liés à la violence et à la drogue. Aujourd’hui nous sommes fiers de dire que nous vivons à Lod, car la ville a beaucoup évolué. À Lod, les familles sionistes religieuses sont de plus en plus nombreuses et les écoles ont un bien meilleur niveau. Nous avons beaucoup reçu de Lod. Nos enfants y ont côtoyé le peuple d’Israël dans toute sa diversité. Ils ont davantage conscience de la valeur des choses, de l’argent, du travail... Cela dit, aujourd’hui encore, je sens que nous habitons dans la « périphérie ». Il manque certaines structures, et il nous arrive souvent de devoir voyager pour avoir accès à certains services.
יָתֵד
Moshav Yated Shmouel Oukanine, 35 ans, agronome. Moshav Yated, sud d’Israël. Cela fait dix ans que je suis installé dans ce moshav avec ma famille, et il n’y a pas de doute : il existe une vraie différence de traitement entre le centre et la périphérie. Au niveau gouvernemental notamment, et sur le plan sécuritaire. Le système de défense contre les missiles, « Dôme de Fer » n’est pas déployé tout au long de l’année mais seulement en temps de guerre, alors qu’il y a des alertes régulièrement. Il faut tout le temps se battre plus que les autres pour se faire entendre et obtenir des budgets (en particulier ceux consacrés à l’éducation.) Je reste attaché à cette région, et je pense qu’il faut encourager les jeunes à s’y installer. Le prix de l’immobilier est bas, la qualité de vie est relativement bonne (en temps de paix), et les paysages sont magnifiques ! »
Yaron Bob
vit au Moshav Yated. Sculpteur, il transforme les missiles qui s’abattent dans sa région, en roses de métal !
326 habitants.
• Fondé en 1982 • Situé près de Rafah, non loin des frontières avec Gaza et l’Egypte • Fait partie du Conseil régional d’Eshkol. • Activités agricoles. Kfar Maïmon
29 800 habitants.
Située dans le district Sud, proche de la bande de Gaza. Elle est soumise aux roquettes du Hamas et connaît de nombreux problèmes sociaux. Ces dernières années, elle s’est beaucoup développée, notamment aux plans culturel et éducatif : conservatoire, écoles d’études supérieures, etc.
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Rav Elie Kling, installé depuis 1984 à Kfar Maïmon, à 8 km de Nétivot (sud d’Israël). ּכ ְפַר מַי ְמֹון Directeur d’une école Kfar Maïmon francophone. À Nétivot, il n’y a pas de problèmes économiques, il y a très peu de chômage par rapport aux villes dites de “développement”. On y trouve tout ce dont on a besoin. C’est le résultat de la politique du maire de la ville, mais pas uniquement. Les habitants de Nétivot vous diront que si leur ville s’en sort aussi bien, c’est en raison de la bénédiction de Baba Salé, qui y est enterré. Il y a aussi quelques inconvénients, comme au niveau des transports. Ce dont on souffre, c’est que la plupart des Israéliens pensent qu’au Sud il n’y a rien. Alors que c’est tout le contraire : les villes du Néguev font preuve de dynamisme, sur tous les plans. Par ailleurs, la vie est beaucoup moins chère ici. C’est vrai pour les dépenses d’éducation, de logement ou autres – sans parler de la tentation de la consommation, beaucoup plus grande quand on habite dans le centre. Au niveau de l’éducation, il est vrai que si moins de jeunes de la périphérie entrent à l’université, c’est parce que la plupart n’ont pas de grands moyens et que les études sont chères. »
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QUOI DE NEUF DANS LA PÉRIPHÉRIE ?
CES INITIATIVES QUI FONT REVIVRE LA PÉRIPHÉRIE…
LE KEREN HAYESSOD, ACTEUR DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL
Particulièrement présent dans les villes de la périphérie, le Keren Hayessod tente, à travers différents programmes, de répondre aux problèmes que les disparités socioéconomiques posent au quotidien. Mike Bailey, directeur des programmes du Keren Hayessod, explique de quelle manière.
Sur quels critères le Keren Hayessod décide-t-il de soutenir des projets concernant la périphérie ? Mike Bailey : Le Keren Hayessod agit sur la base de trois critères. Tout d’abord, celui des besoins nationaux de l’État d’Israël. Ces données nous sont communiquées directement par le gouvernement israélien, avec lequel nous travaillons, mais aussi par notre personnel sur le terrain ou encore par le biais de nos partenaires, comme l’Agence Juive ou différentes associations. Le second critère est notre capacité à pouvoir influencer la réalité de façon significative. Beaucoup de structures, d’associations, de bénévoles agissent et font un travail remarquable. Mais très peu finalement ont un impact puissant sur la réalité, sur la population, pour changer vraiment les choses. Dans les années 80, le Keren Hayessod a par exemple participé à la réhabilitation de différents quartiers, dans les années 90 nous avons aidé les nouveaux immigrants à s’installer dans ces régions, et aujourd’hui nous aidons les plus défavorisés à gravir les échelons du savoir. Ce sont des actions concrètes dont les résultats sont visibles. Enfin, le dernier critère est celui de la faisabilité du projet et de la fiabilité de nos partenaires dans les projets.
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Quels sont les lieux et les populations qui ont le plus bénéficié de l’action du Keren Hayessod ? Mike Bailey : Sur le plan géographique, aucune région n’est privilégiée. Nous travaillons dans tout le pays, du Nord au Sud, c’est aussi ce qui caractérise l’action du Keren Hayessod. Si je devais designer une population sur laquelle nous avons particulièrement agi, je dirais sans hésiter : les jeunes. Nous avons mis en place des programmes depuis l’école primaire jusqu’aux jeunes qui sont à l’armée, et même après leur service, en passant par le lycée. Nous agissons auprès de dizaines de milliers de jeunes.
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Logements à loyer modéré pour inciter les jeunes à s’installer à Mitzpé Ramon
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QUOI DE NEUF DANS LA PÉRIPHÉRIE ?
Je pense que l’on peut dire que les jeunes de la périphérie, ainsi que les nouveaux immigrants, sont les populations pour lesquelles nous investissons le plus.
MITZPE RAMON
מצפה רמון
Mitzpe Ramon
Comment travaillez-vous avec les autorités locales ? Mike Bailey : Nous travaillons en parfaite entente avec de très nombreux conseils locaux à travers tout le pays. Tous les programmes que j’ai évoqués ont une influence sur les villes où nous les développons. Parallèlement, nous intervenons dans des projets de construction ou de rénovation dans un but social. Nous développons par exemple un projet important, dans la ville la plus délaissée du pays : Mitzpe Ramon, pour laquelle nous avons une vraie vision d’avenir. Avec le gouvernement, nous mettons tout en œuvre pour encourager les jeunes à s’installer à Mitzpe Ramon. Dans ce but, le Keren Hayessod a construit des logements pour jeunes proposant des loyers très modérés et une vie communautaire. En contrepartie, ils s’engagent à faire du volontariat social auprès de la population locale et à vivre trois ans à Mitzpe Ramon – et peutêtre beaucoup plus, pour certains ! Ces appartements sont sur le point d’être inaugurés, et les jeunes sont déjà en train d’emménager… Certains d’entre eux, qui avaient quitté Mitzpe Ramon, sont revenus grâce à ce projet, qui est un exemple parfait de coopération avec les autorités locales. Nous comptons, ensemble avec le gouvernement et les autorités locales, mettre en place d’autres projets comme celui-ci, ailleurs dans le pays.
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QUOI DE NEUF DANS LA PÉRIPHÉRIE ?
YEROUHAM
RENCONTRE AVEC
MICHAËL BITTON, MAIRE DE YÉROUHAM © DR
Vous êtes en fonction à la tête de Yérouham depuis 2010. Qu’est-ce qui différencie le maire d’une ville de la « périphérie », du maire d’une ville du centre ? Michaël Bitton : Avant tout, je veux que soit écrit et rapporté que Yérouham est la meilleure ville du pays ! Il faut agir par amour et par dévouement pour sa ville si l’on veut obtenir des résultats, et cela est toujours vrai. Chaque jour, à Yérouham, nous gagnons face aux défis de la vie. Pendant des années, Yérouham a été l’adresse principale de nouveaux immigrants – venus du Maroc, d’Inde, de Roumanie, de Russie – envoyés par le gouvernement. Ces arrivées ont apporté dans leur sillage des défis fondamentaux, comme l’intégration, la réussite professionnelle et sociale, ou encore l’éducation. Nous pouvons estimer avoir réussi à remporter ces défis lorsque les gens qui vivent dans notre ville veulent y rester et que d’autres personnes veulent les rejoindre, comme cela commence à être le cas à Yérouham. MICHAËL BITTON, MAIRE LUCIDE ET BATTANT
Je dirais qu’une ville de la périphérie, plus encore qu’une ville du centre, doit multiplier ses efforts pour promouvoir les éléments de base qui procurent à ses habitants un bien-être indispensable. Ainsi nous développons, en premier lieu, un système éducatif, formel et informel, de qualité. Mais cela ne suffit pas. Le deuxième point fondamental est le logement. Par le biais de logements confortables et à des prix raisonnables, nous avons attiré beaucoup d’étudiants. De 40 il y a 10 ans, ils sont passés à 400 aujourd’hui, dont 200 ont décidé de s’installer à Yérouham. Et nous devons poursuivre sur cette voie pour améliorer encore la qualité des logements. Le troisième élément est, bien entendu, le développement économique, intrinsèquement lié à l’emploi : industrie, high-tech, hôtellerie, agriculture, commerces de proximité… Nous sommes en train de favoriser tous ces domaines d’activité, qui sont de véritables leviers d’embauche. Le quatrième point du programme consiste à réduire les inégalités. Entre 1990 et 2010, 30 maisons ont été construites dans la ville. Entre 2011 et 2016, ce sont plus de 1 000 maisons qui auront été bâties ! Enfin, il nous faut préserver l’environnement, afin que les habitants vivent dans un lieu esthétique, propre, qui respecte la nature.
Michaël Bitton est né en 1970 à Yérouham. Il a grandi et fait ses études dans cette petite ville du Néguev. Après avoir servi dans la brigade Golani, il est devenu éducateur et responsable communautaire à Yérouham tout en étant impliqué dans de nombreuses associations locales. Depuis son élection au poste de maire en 2010, le parc immobilier de la ville a pris de l’essor et, alors que le nombre d’habitants stagnait, il devrait doubler d’ici 2022. Le pourcentage de bacheliers a lui aussi commencé à grimper, et l’industrie à se développer. Bien sûr, le taux de pauvreté et les problèmes socio-économiques demeurent importants à Yérouham, mais les résultats d’une politique déterminée et énergique sont là, attirant de nouvelles entreprises et de nouveaux secteurs d’activité, dont le tourisme avec un hôtel flambant neuf (le Desert Iris Inn) qui prouve qu’une ville de la périphérie est elle aussi capable de dynamisme.
י ְרּוחָםי ְרֹוחַם
يروحام
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Yérouham
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QUOI DE NEUF DANS LA PÉRIPHÉRIE ?
Le Keren Hayessod, ainsi que d’autres partenaires, nous a beaucoup aidé pour développer tous ces points. Ce n’est qu’en nous appuyant sur ces bases, sur ces projets déjà enclenchés et probants, que nous pouvons aller voir le gouvernement pour lui demander des budgets supplémentaires. Face à ce dynamisme ultra-positif, le gouvernement a beaucoup plus de mal à se soustraire aux demandes et à ses obligations.
Malgré tous les efforts et toutes les réussites, la périphérie restera-t-elle toujours la périphérie ? Michael Bitton : L’horizon est en train de changer, car nous nous sommes fixés pour mission de changer la réalité. Nous n’en sommes qu’à la moitié du chemin. Nous avons encore beaucoup de travail pour améliorer le quotidien de nos habitants et pour faire rayonner une image plus positive de Yérouham. Vous êtes à la tête de Yérouham depuis six ans. Quelles sont vos fiertés, quelles sont vos déceptions ? Michaël Bitton : C’est un travail quotidien, difficile mais existentiel. Nous en sommes à notre deuxième mandat. Ce qui me réjouit, c’est de voir Yérouham se stabiliser et grandir. Nous sommes la preuve que, même avec un petit budget, nous pouvons obtenir de très beaux résultats. Ce qui me déçoit, c’est que le gouvernement n’agit pas toujours comme on l’attendrait. C’est aussi quand je vois qu’un de mes administrés n’a toujours pas ce dont il a besoin pour vivre correctement. Sur 3 000 familles, 1 000 vivent dans la pauvreté. Nous avons encore des quartiers à rénover, des jardins à créer, des abris anti-missiles à construire…
L’HORIZON EST EN TRAIN DE CHANGER, CAR NOUS NOUS SOMMES FIXÉS POUR MISSION DE CHANGER LA RÉALITÉ
Avez-vous des contacts avec d’autres maires de villes de la périphérie ? Michaël Bitton : Oui, et pour optimiser ces contacts j’ai même créé une structure spéciale, un « conseil régional » du Néguev, qui réunit les villes du Sud. Le but est de faire avancer les sujets communs qui sont importants, comme la santé, les transports et tout ce qui touche à la qualité de vie. On dit que le Néguev est en plein essor : l’armée y a installé des bases, le train s’y développe. Qu’en est-il ? Michaël Bitton : C’est vrai, et c’est justement l’occasion de pousser pour développer les villes environnantes. Le chômage à Yérouham est passé de 13 % à 9 %, et nous continuons nos efforts. Notre premier défi est donc économique. N’oublions pas aussi les menaces sécuritaires qui pèsent sur les villes du Néguev, face aux missiles lancés depuis Gaza. Nous demandons de l’aide aussi sur ce plan. Nous devons être prêts, le cas échéant. Mais ce qui est certain, et les projets d’infrastructures que vous évoquez le prouvent, c’est que la périphérie est pleine de ressources humaines et économiques. Yérouham en est un bel exemple : une économie en plein développement, une population chaleureuse et un environnement agréable !
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Hôtel Desert Iris Inn à Yerouham
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JÉRUSALEM : TOUCHE PAS À MON MUR !
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GABRIEL BARKAÏ, L’ARCHÉOLOGUE DE JÉRUSALEM Propos recueillis par Caroll Azoulay ALORS QUE L’UNESCO TENTE DE REMETTRE EN QUESTION LE LIEN INDÉFECTIBLE ET IMMÉMORIAL QUI EXISTE ENTRE LE PEUPLE JUIF ET JÉRUSALEM, YESSOD A RENCONTRÉ LE PROFESSEUR GABRIEL BARKAÏ, L’UN DES PLUS GRANDS ARCHÉOLOGUES SPÉCIALISTES DE JÉRUSALEM, QUI LUI OFFRE UNE INTERVIEW EXCLUSIVE.
L’archéologie est la passion de votre vie. Comment tout a-t-il commencé ? Je suis né en 1944 dans le ghetto de Budapest, d’où nous avons échappé par miracle aux nazis, avec ma mère. Nous sommes arrivés en 1950 à Jérusalem, et dès mon plus jeune âge je me suis intéressé aux vestiges que je trouvais au cours de mes expéditions de gamin, et surtout aux vies qui se cachaient derrières ces débris de porcelaine, ces petites pièces…
CEUX QUI NIENT LES LIENS ENTRE JÉRUSALEM ET LE PEUPLE JUIF S’EN PRENNENT AUSSI DIRECTEMENT AUX
L’archéologie est-elle un moyen de prouver quelque chose ? Je suis totalement opposé à cette conception. Je ne suis pas intéressé et je ne cherche pas à prouver quoi que ce soit. Mon travail consiste uniquement à découvrir et comprendre ce qui existe. Je ne veux pas que l’on me demande pourquoi je vis sur cette terre, quelle est ma légitimité sur ce sol, etc. Je ne veux pas avoir à me justifier d’être là en fournissant des preuves. Je vis ici parce que c’est mon environnement naturel profond. Un point c’est tout.
FONDATIONS DU CHRISTIANISME.
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Pourtant, le domaine dans lequel vous travaillez depuis si longtemps est devenu une arme politique… À Jérusalem, tout ce que vous faites ou ce que vous ne faites pas est politique. Eternuer est un acte politique. Ceci étant dit, l’archéologie, depuis qu’elle existe, est un outil politique que vous pouvez utiliser dans la direction que vous souhaitez. Mon objectif n’est pas politique. Mon objectif est de découvrir des vestiges du passé pour tenter de les décrypter, afin d’étendre la connaissance des hommes sur les hommes. Votre objectif de scientifique n’est-il pas cependant souvent contrarié ? Evidemment ! Je ne peux recevoir sereinement une décision comme celle de l’UNESCO qui vient contrarier toute logique historique et archéologique. La position abstentionniste de la France est particulièrement déplorable et s’apparente à de la prostitution face aux pays arabes. La culture est désormais vendue aux plus offrants, sur un échiquier électoral national de plus en plus exigent à satisfaire. Les Juifs de France sont sortis dans la rue pour manifester leur indignation face à cette position… Et ils ont eu raison de le faire, car ce type de résolution remet en question l’ensemble de la civilisation judéo-chrétienne, et donc de la France catholique. Dans le Nouveau Testament, on mentionne à plus de vingt reprises Jérusalem, le Temple juif et la présence de Jésus dans ce même Temple. Ainsi, ceux qui veulent faire croire qu’il n’existe pas de lien entre le peuple juif et Jérusalem s’en prennent aussi directement aux fondements du christianisme. Cette volonté de justifier des intérêts politiques par de fausses allégations est d’un extrémisme et d’un cynisme insupportables.
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JÉRUSALEM : TOUCHE PAS À MON MUR !
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Depuis plus de 67 ans, le professeur Barkaï met au jour des traces incontestables de la présence juive dans la capitale. On lui doit notamment l’une des plus importantes découvertes archéologiques de ces dernières décennies : une inscription datant du VIe siècle avant notre ère sur laquelle étaient écrits les versets de la « Birkat Cohanim » (bénédiction des Cohen). Un travail d’une vie, récompensé en 1996, par le prestigieux Prix de Jérusalem. Depuis douze ans, il passe au tamis des centaines de tonnes de poussière et de débris jetées en dehors de la Vieille Ville par le Waqf islamique de Jérusalem, l’institution supervisant la mosquée Al-Aqsa. Et si le docteur Barkaï consacre tout son temps à ce travail de fourmi, c’est que cette poussière ne ressemble à nulle autre : elle est en effet issue de travaux effectués sur le Mont du Temple entre 1996 et 1999, dans le cadre de la construction d’une mosquée souterraine dans une zone connue comme les Écuries du Roi Salomon. Des travaux qualifiés par le docteur Barkaï de « crimes contre la civilisation humaine » car réalisés sur un des sites historiques les plus riches et sensibles au monde, sans aucune supervision archéologique.
Comment peut-on aller aussi loin dans le mensonge ? La vérité n’a plus de valeur dans notre monde qui privilégie les intérêts personnels, financiers et politiques. Nous avons de la chance que l’UNESCO n’ait pas existé durant la Shoah. Comment accepter le fait qu’un organisme responsable de culture, d’héritage historique des civilisations, de transmission, de sciences et d’éducation soit occupé à absoudre des mensonges sur Jérusalem au lieu de s’occuper des pillages à Palmyre, Mossoul, Bagdad… Que l’UNESCO vienne à Jérusalem, et réalise comment les archéologues préservent avec le même respect les vestiges d’absolument toutes les civilisations qui ont laissé leur empreinte : païenne, islamique, chrétienne et juive ! En quoi cette contre-vérité, que personne ne valide réellement au fond, fait-elle du mal à Israël ? En ce qu’elle porte une atteinte à la vérité, à la valeur morale universelle, aux valeurs scientifiques et aux valeurs culturelles en lesquelles croient des millions de personnes. Il n’y a pas d’histoire alternative. Bien sûr, il y a des interprétations. Mais on ne peut nier les grandes vérités de l’Histoire avec un grand H. Quels sont les outils les plus justes pour combattre ce mouvement nihiliste ? Dire et dire encore la vérité, la faire savoir. Faire connaître nos propositions, les écrire et les publier. Il nous est interdit de nous taire. Nous n’avons qu’un seul État juif, contrairement aux musulmans qui règnent sur des dizaines de pays. Et si nous ne possédons pas de pétrole, nous avons des vérités qu’il faut faire connaître. Par exemple, celle concernant la majorité juive qui peuplait Jérusalem au début du XIXe siècle, bien avant le mouvement sioniste, alors que certains expliquent que les Juifs se sont emparés de Jérusalem en 1948. Mais cette tendance à couper le lien entre les Juifs et leur capitale remonte à loin. Depuis Adrien, qui changea le nom de Jérusalem en « Aélia Capitolina », détruisit le tombeau du roi David, et commit bien d’autres forfaits destinés à exclure les Juifs de leur histoire. Chose désormais impossible de nos jours.
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JÉRUSALEM : TOUCHE PAS À MON MUR !
JO MURCIANO : « LE GOUVERNEMENT NOUS A BERNÉS ! » Propos recueillis par Céline Lévy © DR
RÉVOLTÉ PAR LE VOTE À DEUX REPRISES DES RÉSOLUTIONS « PALESTINE OCCUPÉE » À L’UNESCO, JO MURCIANO EST À L’ORIGINE, AVEC D’AUTRES ASSOCIATIONS, DE LA MOBILISATION ET DU RASSEMBLEMENT LE 27 OCTOBRE DEVANT LE MINISTÈRE DES AFFAIRES ETRANGÈRES. IL NOUS EXPLIQUE SES MOTIVATIONS, SES BUTS, ET SES PROCHAINES PRISES DE POSITION…
Vous avez, tout au long de l’année, été de ceux qui se sont indignés et ont pris la tête de la contre-attaque et de la mobilisation contre les résolutions votées à l’UNESCO. Pourquoi ? Pour moi, le 15 avril 2016, le vote de la résolution 199 « Palestine occupée », initiée par certains États arabo-musulmans, leur a offert l’opportunité d’une révision totale des liens historiques entre le judaïsme et ses lieux saints : le Mur des Lamentations, le tombeau de Rachel, le Caveau des Patriarches. Tous les six mois, à l’UNESCO, ces pays, mandatés en fait par l’Autorité palestinienne, remettent sur la table cette résolution « Palestine occupée ». La plupart des démocraties européennes et les États-Unis ne sont pas dupes des motivations de ce révisionnisme. Mais la France, elle, a voté pour. Cela m’a scandalisé… Et j’ai voulu faire savoir à l’État français qu’en tant que juif, en tant que citoyen français, je refusais cette réécriture de l’Histoire. LA PLUPART DES DÉMOCRATIES EUROPÉENNES ET LES ÉTATS-UNIS NE SONT PAS DUPES DES MOTIVATIONS DE CE RÉVISIONNISME
Avez-vous pu savoir qui se cachait derrière le vote de l’ambassadeur français et les motivations de la France ? C’est bien là le plus scandaleux ! Après le vote, en avril, nos dirigeants, Président et Premier ministre en tête, ont exprimé à nos représentants communautaires leur désapprobation et leur mea culpa, pour dire « C’est regrettable ». Sur Europe 1, François Hollande a promis d’être plus vigilant lors de la proposition de résolution suivante. Or, d’après mes sources et l’enquête menée, loin de s’être laissée berner par les modifications de dernière minute sur le texte, la France avait toujours eu l’intention de voter pour. Pire, elle a même essayé de convaincre l’Espagne de faire de même ! Même le Grand Rabbin, qui a été reçu par le ministre des Affaires Étrangères M. Ayrault, s’est dit pleinement rassuré sur la position
© JEAN DAUPTIN
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C.A.D.
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JO MURCIANO, proche du Keren Hayessod, est le fondateur d’une entreprise informatique florissante, qu’il a récemment revendue à une compagnie américaine. Après avoir passé son bac au Maroc, dont il est originaire, il a fait ses études universitaires au Technion de Haïfa puis s’est installé en France avec sa famille. Investi dans la communauté, il s’est impliqué dans la lutte contre la politique révisionniste qui sévit à l’UNESCO, sous la pression des pays arabes et de l’Autorité palestinienne, niant le lien historique et religieux du peuple juif avec le Mont du Temple.
de la France lors de la prochaine résolution. L’ordre venait de Hollande lui-même, semble-t-il. Donc on se moque de nous, on nous a bernés !
Quel était l’intérêt de la France de voter en ce sens ? Rester en bons termes avec les pays arabes, en gardant l’œil sur la balance commerciale de la France tout d’abord. Mais surtout, la France veut jouer un rôle au Moyen-Orient, elle pressait toutes les parties afin d’organiser, ici à Paris, une conférence entre Israéliens et Palestiniens, contre l’avis des États-Unis d’ailleurs. C’était, sans doute, un gage de connivence, un message envoyé à l’Autorité Palestinienne. Depuis le vote, pour Netanyahou, il n’en est pas question et la conférence est annulée ou du moins reportée sine die. Quel est votre combat aujourd’hui et que penser, en octobre, de l’abstention de la France ? Les mensonges de la classe politique ont éclaté au grand jour, puisque malgré toutes ses belles promesses, la France a choisi de s’abstenir à cette nouvelle résolution, au lieu de voter contre. J’ai donc créé une page Facebook « Non au vote révisionniste de la France à l’UNESCO » qui en un mois, a engrangé plus de 5 000 abonnés. Avec tous ceux qui nous ont soutenus, nous avons donc organisé cette manifestation. Y ont pris part, entre autres, l’UPJF, le Consistoire, le Crif, le Keren Hayessod, le Bnei Brit, mais aussi des associations sans doute moins importantes mais extrêmement actives qui ont été la clé de la réussite. Je note aussi la présence de membres de l’Amitié Judéo-Chrétienne. Un collectif d’urgence s’est d’ailleurs créé, qui veut être un groupe de pression pour éviter les récidives et agir dans les plus brefs délais. Une nouvelle résolution 201, appelée « Palestine occupée », sera mise au vote en avril 2017. Cette fois-ci, nous agirons avant !
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L’ÉCHO DES RÉGIONS
MARSEILLE
HOMMAGE À
CHAOUL SELA (ZAL) CHAOUL SELA S’EST ÉTEINT LE 14 SEPTEMBRE 2016, À MARSEILLE. IL ÉTAIT NOTRE AMI ET PENDANT TRÈS LONGTEMPS UN PROFES– SIONNEL DU KEREN HAYESSOD. IL ÉTAIT AUSSI L’ÉPOUX DE NOTRE CHÈRE COLLÈGUE ERIKA FITOUSSI, DÉLÉGUÉE DE COLLECTE À MARSEILLE. NOUS AVONS VOULU LUI RENDRE UN DERNIER HOMMAGE À TRAVERS LES SOUVENIRS D’ALLON LEV, ANCIEN DIRECTEUR DU KEREN HAYESSOD FRANCE, QUI L’A BIEN CONNU.
Les anciens du Keren Hayessod, militants et professionnels, conservent des souvenirs forts de la première mission de Chaoul Sela (alias Charles Fitoussi) comme délégué du Keren Hayessod–Jérusalem. C’était à Paris en 1980. Il était à la tête de l’équipe du textile (Sentier–Marais), alors tête de proue de la collecte de l’AUJF. Tous savaient qu’il avait servi 25 ans dans la marine de Tsahal, essentiellement dans les nageurs de combat, qu’il avait atteint le grade de capitaine de vaisseau (l’équivalent de colonel dans l’Armée de l’Air) et qu’il avait joué un rôle-clé dans de nombreuses opérations. Au fil des années, à travers les récits des officiers et des marins qu’il avait commandés, le tableau s’est enrichi : la bravoure de Chaoul, l’exemple qu’il montrait toujours, la méticulosité des préparatifs, l’attention portée à chaque combattant. Et par-dessus tout, la priorité absolue qu’il accordait à la vie et à l’intégrité physique de tous ceux qui étaient placés sous son commandement. Le bilan : zéro perte et zéro blessé au cours d’exercices et même dans certaines opérations particulièrement risquées. Rétroactivement, ces éléments se sont imbriqués dans la personnalité de Chaoul, telle que nous l’avons connu, comme délégué du Keren Hayessod, à Paris, plus tard à Marseille et puis à nouveau à Marseille. Un fonceur, qui dans toute situation identifiait les éléments positifs, les mettait en exergue pour motiver les uns et les autres, puis les transformait en leviers pour la réussite de la collecte. Toujours positif, toujours dans l’entrain, dans l’amitié et dans la camaraderie. Amitié spontanée avec les donateurs qu’il rencontrait. Camaraderie instinctive avec les dirigeants, avec les militants, avec les collègues. Et tout le monde le suivait.
Yehi zichro baruch.
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LE KEREN HAYESSOD SUD
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À LYON, LE KEREN HAYESSOD ILLUMINE
LA COMMUNAUTÉ
LE KEREN HAYESSOD AUVERGNE RHÔNE-ALPES, SOUS LA HOULETTE DE SON PRÉSIDENT THIERRY TOUBIANA ET SOUS L’IMPULSION DE YAACOV MORENO, DÉLÉGUÉ D’ISRAËL POUR LE SUD DE LA FRANCE, AFFICHE UN DYNAMISME TOUT PARTICULIER : SOIRÉES DE GALA, SOIRÉES PRIVÉES, FORTE PARTICIPATION LYONNAISE À LA MARCHE « WALK ISRAËL » DU KEREN HAYESSOD ET DERNIÈREMENT ALAIN SEBBAN PRÉSIDENT DU CONSISTOIRE RÉGIONAL AUVERGNE-RHÔNE ALPES ÉLU VICE-PRÉSIDENT DU KEREN HAYESSOD. SOUTENUS PAR LES MILITANTS, ILS FORMENT UNE SACRÉE ÉQUIPE ! NOS AMIS LYONNAIS NOUS RACONTENT…
DANIEL BEN-SIMON À LYON POUR LE KEREN HAYESSOD Récit de Maryline Chemla-Toubiana
Yaacov Moreno, Marcel Dreyfuss, Emile Azoulay, Daniel Ben-Simon et Thierry Toubiana
À l’invitation de Monsieur Alain Sebban, Vice-Président du Keren Hayessod France, Président du Consistoire Régional Auvergne-Rhône-Alpes et de Thierry Toubiana, Président du Keren Hayessod Rhône-Alpes, dans le cadre de VATEL-International Business School, le Keren Hayessod a créé l’événement à Lyon autour d’un brunch gastronomique le dimanche 30 octobre. Une fois de plus, la communauté juive lyonnaise a ouvert son cœur aux plus défavorisés d’Israël.
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26 En donnant au Keren Hayessod, vous êtes Israël, vous faites Israël ! LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE • NUMÉRO 6
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L’ÉCHO DES RÉGIONS
Daniel Ben-Simon, invité d’honneur de l’événement, a tenu à être présent afin de soutenir Massa et les programmes socio-éducatifs du Keren Hayessod tels que les villages d’enfants à risques et Net@. Daniel Ben-Simon est un ancien député de la Knesset, il est journaliste à la télévision israélienne (Arutz 2) et fin connaisseur de la société israélienne, auteur de nombreux ouvrages. Dans une ambiance chaleureuse et conviviale, il a su sensibiliser l’assemblée sur les besoins d’Israël sur le plan social, catastrophique dans des villes pauvres pourtant si proches géographiquement des villes les plus riches, dans un pays tellement préoccupé par des défis sécuritaires qu’il y a peu de place pour le social. Le témoignage empreint d’émotion d’Aliza Shultzer – déléguée du Keren Hayessod à Paris, a également permis de rendre compte des réalisations du Keren Hayessod dans ces villes défavorisées et des infrastructures mises en place pour le bien-être des plus démunis. Daniel Ben-Simon, né au Maroc et parti en Israël à l’âge de 15 ans, nous a confié combien ce week-end passé à Lyon l’avait profondément touché en le reconnectant à ses racines après avoir rencontré la communauté marocaine « Mizrah’i » de Lyon. Il s’interrogeait alors sur ce qu’était être juif en France en 2016… « Nous l’avons accueilli en tant que Juifs français et l’avons vu partir en nous sentant Israéliens ». C’est bien cela le Keren Hayessod… We are part of you, you are part of us! Un grand merci au comité régional du Keren Hayessod Lyon !
LE MAIRE DE BEER SHEVA INVITÉ DU BUSINESS CLUB
DU KEREN HAYESSOD
באר שבע BEER SHEVA
برئ السبع
Beer Sheva
Récit de Marie-Jacqueline Dufraisse
Une centaine d’entrepreneurs et décideurs ont répondu « Présent » pour ce brunchconférence du 8 décembre 2016 dont la thématique portait sur la cybersécurité et la cyberdéfense et était placé sous l’égide de Messieurs Alain Sebban et Thierry Toubiana, dans les élégants salons O Sidney. Monsieur RUVIK DANILOVICH, maire de Beer Sheva, était l’invité d’honneur. Autour de lui plusieurs acteurs de la vie sociale israélienne et des personnalités locales avaient répondu à l’invitation. L’ambiance était joyeuse et festive. Le brunch a permis un networking enrichissant. Après avoir retracé l’historique du Keren Hayessod-Appel Unifié pour Israël, Thierry Toubiana a exposé les principaux programmes en insistant sur les programmes socioéducatifs développés en Israël : Net@, Massa, Avenir des Jeunes. Pauvreté, précarité, inégalités sont dangereuses et préoccupantes dans des villes de Galilée et du Néguev et le Keren Hayessod tente de réduire la fracture sociale. L’assemblée a été ainsi sensibilisée pour soutenir les réalisations du Keren Hayessod, dans le but de donner à chaque jeune sa chance et dans ce souci d’engagement qui caractérise le peuple juif dans son essence.
RUVIK DANILOVICH a de l’ambition pour sa ville, devenue capitale de la cybersécurité mondiale
En orateur de grand talent, Ruvik Danilovich a su captiver l’auditoire. Il a enchanté le public présent en présentant les compétences israéliennes et leur savoir-faire, au cœur des réussites technologiques et scientifiques.
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L’ÉCHO DES RÉGIONS
Quelle époustouflante mutation pour sa ville Beer Sheva ! La capitale du Neguev est une source de grands talents informatiques et abrite de nombreuses starts-up qui s’y sont développées. Beer Sheva est l’un des centres de la cybersécurité mondiale. Beaucoup de pays renforcent leur coopération économique, industrielle, technologique, reconnaissant à Israël sa réputation de pays novateur, qui a su se hisser au sommet dans de nombreux domaines. Israël, 2e pays au monde en matière de sécurité informatique est devenu un leader, le pays le plus pointu dans ce domaine. Gestionnaire dynamique de sa ville, Ruvik Danilovich a saisi les enjeux et les défis du monde tourmenté d’aujourd’hui et apporte quelques réponses : aller à la quête du progrès en cherchant des idées, des pistes de réflexion, les exploiter et améliorer le monde en plaçant l’homme et son bien-être au centre des découvertes… La force d’Israël réside dans sa jeunesse : l’investissement dans l’éducation est fondamental. Le soutien de la diaspora est évidemment indispensable dans ce contexte. Notre participation contribue à l’essor d’Israël dans sa course au savoir, c’est notre pierre à l’édifice.
ALAIN SEBBAN, NOUVEAU VICE-PRÉSIDENT DU KEREN HAYESSOD Propos recueillis par Patricia Drai
De gauche à droite : Richard Prasquier, Thierry Toubiana et Alain Sebban
Monsieur Sebban, vous êtes le nouveau vice-président du Keren Hayessod : que représente pour vous cette mission ? Lorsque le Président Richard Prasquier m’a demandé :« Aimez-vous le Keren Hayessod ? » j’ai répondu « Oui », « Aimez-vous Israël ? » j’ai également acquiescé. J’ai donc eu le plaisir d’être élu à l’unanimité lors de l’Assemblée générale à Paris. Le Keren Hayessod est une grande famille, l’état d’esprit fraternel impulsé par Richard Prasquier conjugué au professionnalisme du directeur Yoan Smadja m’ont convaincu du bien-fondé de mon engagement à leurs côtés. Qu’est-ce qui caractérise cette organisation ? Le Keren Hayessod a un objectif clair et précis : le soutien de la communauté juive française à Israël, à travers des programmes structurés comme Massa (financement d’une année d’études en Israël) ou Taglit (séjour de découverte du pays) : les jeunes juifs de la Diaspora s’immergent dans le pays puis certains décident de faire leur alyah, d’autres deviennent de parfaits ambassadeurs d’Israël. Ce soutien est double : si l’aide financière apportée à Israël est précieuse, l’apport du pays à la Diaspora ne l’est pas moins. Quelle est votre vision pour le Keren Hayessod ? La mobilisation autour du Keren Hayessod doit encore se renforcer à l’avenir. Je citerai le propos du Président de l’État d’Israël, Reuven Rivlin : « Tant que les portes de Jérusalem seront ouvertes, les portes de la Shoah seront fermées. » Comment définissez-vous votre lien à Israël ? Un lien véritablement indéfectible. Nous prévoyons de célébrer le 50e anniversaire de la réunification de Jérusalem à Lyon dans quelques semaines. Cette grande fête organisée par le Keren Hayessod et le Consistoire Régional Auvergne Rhône-Alpes sera la plus belle réponse à l’UNESCO….
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HISTOIRE
LA LIBERTÉ A UN PRIX
40 ANS APRÈS, L’EXPLOIT D’ENTEBBE
Par Jacques Tarnero
© ALAIN AZRIA
Né en Algérie, JACQUES TARNERO fait des études de philosophie à Nanterre. En 1967, il part travailler au kibboutz, comme volontaire, à la suite de la guerre des Six Jours. Enseignant à l’université Paris VII ainsi qu’à la régie Renault pour la promotion des immigrés, il rejoint l’Association des Universitaires pour la Paix au Proche-Orient et, dans les années 80, devient directeur du Centre de recherche sur l’antisémitisme contemporain. Il rejoint l’équipe de Laurent Fabius (1984-86), Premier ministre, sur la lutte contre le Front National. Il sera ensuite chargé de mission à la Cité des sciences puis chercheur associé au CNRS, spécialisé dans l’étude des extrémismes politiques. Jacques Tarnero est l’auteur de deux longs métrages : « Autopsie d’un mensonge, le négationnisme » (Lili Productions), qui décrypte les multiples visages du négationnisme et « Décryptage » (Sophie Dulac Productions), réalisé avec Philippe Bensoussan, sur les représentations d’Israël. Egalement essayiste, son dernier ouvrage « Le nom de trop : Israël illégitime ? » est paru chez Armand Colin en 2011. Il prépare actuellement un nouveau long métrage sur Entebbe.
Pourquoi faut-il se souvenir d’Entebbe ? Pourquoi faut-il se souvenir de cette incroyable histoire ? Parce que les germes du temps présent sont inscrits dans cette semaine de l’été 1976. Tout y est : la violence terroriste, l’alibi progressiste de cette violence, les gestes antisémites des terroristes, le courage de l’équipage, la solitude d’Israël, la couardise des nations, l’audace de l’attaque israélienne, les réactions à cette intervention, les masques de la bonne conscience. Cette affaire d’Entebbe est exemplaire à plus d’un titre : bien sûr, il y a l’exploit militaire, mais il y a surtout les autres parts réelles et symboliques de cette pièce : ce fait d’armes mérite qu’on lui rende hommage, d’une part pour son audace et sa performance et le fait qu’il va rester comme l’une des actions les plus audacieuses de l’histoire militaire, d’autre part pour la leçon de choses qu’il donne. Cette action est emblématique d’un combat pour la liberté contre le fascisme contemporain, fût-il grimé des oripeaux de la Révolution au service des déshérités. Quels sont les acteurs de cette incroyable histoire ? PREMIER ACTEUR : LE COMMANDO TERRORISTE Il est composé de deux Palestiniens et de deux Allemands de l’ex-Fraction Armée Rouge. Que des Palestiniens du FPLP détournent un avion civil, ce n’était pas à l’époque matière à étonnement. Dès 1970, la piraterie aérienne et la prise d’otage révolutionnaire constituaient les moyens d’une fin mal définie. La cause palestinienne avait muté en mythe magnétique, attirant à elle tous les désirants planétaires de la radicalité anti-impérialiste. Depuis le spectaculaire attentat aux Jeux Olympiques de Munich en 1972, la Palestine a envahi l’espace de l’imaginaire révolutionnaire. Après l’Algérie, Cuba et le VietNam, la cause des causes porte le keffieh. Arafat s’était substitué à Guevara pour une longue marche sanglante vers l’avenir radieux des masses opprimées. Peu importait si le massacre en 1974 d’écoliers israéliens à Maalot en était le prix : la fin justifiait des moyens auxquels les intellectuels gauchistes de l’époque trouvaient des vertus émancipatrices. Par la seule magie de son sigle, le FDPLP (qui avait ajouté à ses initiales le D de « démocratique ») trouvait grâce aux yeux de la LCR… C’est donc nourri de ces idéaux que ce commando transnational va opérer. La nouveauté réside dans le partage des tâches à l’intérieur même du groupe. Ce sont les Allemands et les Palestiniens qui vont trier dans les passagers otages à Entebbe. Ils vont séparer ceux qui sont juifs ou israéliens de ceux qui ne le sont pas. Wilfried Boese et sa complice Brigitte Kuhlmann sont issus de la génération allemande née après guerre. Ils sont ou prétendent être anti-fascistes, anti-impérialistes, anti-nazis, mais ils vont symboliquement reconduire les gestes du nazisme, de la génération d’avant, de celle dont ils se veulent la rédemption. Pour de vieux otages juifs à l’avant-bras tatoué, c’est un cauchemar déjà vécu qui refait surface. La rédemption du geste nazi par son décalque révolutionnaire. C’est tout le rapport dévoyé à la mémoire du fascisme de la génération européenne de l’après-guerre qui s’exprime
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dans ce geste. Les gauchismes nés de l’Allemagne post-nazie, du Japon post-impérial ou de l’Italie post-fasciste prétendent se libérer de la faute de la génération d’avant, de leurs parents. Dans une dialectique folle, ils reconduisent symboliquement les mêmes gestes : ils vont tous avoir pour cible privilégiée les victimes du fascisme et du nazisme. À Lod, en 1972, à l’aéroport de Tel Aviv, ce sont des Japonais de l’Armée Rouge Japonaise qui ont massacré au nom de la Révolution mondiale. Le choix de l’Ouganda d’Amin Dada comme lieu-refuge pour le commando palestino-allemand ajoute à la confusion symbolique. Amin Dada est devenu un admirateur d’Hitler après avoir été un allié d’Israël. Sa brutalité inculte et son délire n’ont découragé ni les gauchistes ni les commentateurs de l’époque, déplorant qu’Israël soit intervenu comme un colonialiste humiliant un pauvre africain noir. Ce renversement symbolique de la cible ne fait pas problème pour ces antifascistes. S’attaquer aux cibles juives labélisées « sionistes » est un geste progressiste dans les années 70, puisque les Palestiniens sont considérés comme les nouveaux Juifs et que le nouvel Hitler se nomme Israël. On pourra mesurer le succès ultérieur de cette mise en équivalence née dans les années rouges. Cette équation se déclinera avec le succès que l’on sait jusque dans les années 2000, de l’Intifada à la conférence de l’ONU de Durban. C’est au nom des droits de l’homme et de l’antiracisme que s’exprime la haine des Juifs. DEUXIÈME ACTEUR ET ÉLÉMENT DE RÉFLEXION : LES OTAGES AVEC, EN PARTICULIER, L’ÉQUIPAGE DE L’AIRBUS Le commandant Michel Bacos, ancien des Forces Françaises Libres, fait le choix de rester avec ses passagers, avec les passagers juifs restants que le commando a gardés. Tout l’équipage partage la décision de son commandant, qui veillera jusqu’au bout à ce que tous les otages soient bien embarqués dans les avions israéliens venus les secourir. Au cours de l’assaut du commando israélien, Michel Bacos criera à ses passagers : « Couchez-vous, ce sont les Israéliens qui attaquent… » Plus tard, un journaliste lui posera cette question : « Comment aviez-vous deviné que c’étaient des soldats israéliens ? » et Michel Bacos aura cette réponse : « Mais qui d’autre auriez-vous voulu que cela fût ? » Cette parole lui sera reprochée. Cet équipage et son commandant sont des Justes, au même titre que ces Justes qui ont protégé de leur vie des Juifs traqués sous Vichy ou le nazisme. Tous les otages ne furent pas saufs. Trois furent tués dans les combats, et une otage âgée, Dora Bloch, transportée à l’hôpital de Kampala, fut assassinée par les sbires d’Amin Dada en vengeance de l’action israélienne.
TROISIÈME ACTEUR : LA RIPOSTE ISRAÉLIENNE La décision de mener une action de force pour libérer les otages reste un choix politique d’une audace inouïe et d’une incroyable prise de risques. La complexité tactique de l’opération (la distance à parcourir, les risques sur place en Ouganda) donnait à sa réussite un pourcentage de chances réduit. Cette action est exemplaire à plusieurs titres : celui du courage, celui de la solitude des décideurs, Itzhak Rabin et Shimon Perès, celui de la solidarité d’un peuple qui ne compte que sur lui-même. Loin d’être une action réduite à sa performance technique, l’opération est exemplaire pour les conditions psychologiques et culturelles qui lui ont permis de réussir. Elle est aussi humiliante pour ceux qui ont fait la fine bouche sur son succès : la diplomatie française. L’action militaire israélienne n’aura coûté qu’une seule vie aux soldats de Tsahal : le chef opérationnel de la force d’intervention, le colonel Yonathan Netanyahu, à la fois soldat d’élite et philosophe. La lecture de ses lettres met en valeur cette qualité particulière de cet homme nourri d’un idéal spirituel
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éloigné de tout fanatisme. Cet intellectuel puise sa force dans autre chose que la force. On est bien loin des clichés militaristes. Yonathan Netanyahu est autant un soldat de l’An deux qu’un cadet de Saumur ou qu’un de ceux de l’Affiche rouge. Mais qui peut entendre cela aujourd’hui ? QUATRIÈME ACTEUR ET ÉLÉMENT : L’ACTION DIPLOMATIQUE Depuis novembre 1967, « la politique arabe de la France » constitue l’axiome de sa diplomatie proche-orientale. Même si les nostalgies de grandeur visant à damer le pion aux « anglo-saxons » et les rêves d’un Levant chrétien inspiré par la France se sont quelque peu estompés, une autre politique s’est bien mise en place : le temps du « Israël, notre ami, notre allié » (de Gaulle à Ben-Gourion) est bien révolu. Cette réorientation stratégique apparaît désormais solidement établie au nom de ce qui est estimé correspondre à l’intérêt du pays : besoins en pétrole, et débouchés économiques de l’Hexagone. Trois ans après le choc pétrolier de la guerre du Kippour (1973), il ne s’agit surtout pas d’alourdir la facture par des gestes inconsidérés. Cela pourrait être éventuellement entendu au nom d’une politique à courte vue des intérêts supposés supérieurs du pays. De Pompidou à Giscard, l’empathie pour Israël n’est pas de mise. Le Quai d’Orsay ne trouve rien à redire au boycott arabe, et au mieux la France s’abstient à nombre de résolutions d’organisations internationales de l’ONU, de l’UNESCO ou de l’OMS accablant Israël, au pire SEULE VICTIME elle y consent. Dans l’affaire d’Entebbe, quelle va être l’attitude de la France ? Il s’agit d’un avion français, MILITAIRE : d’un équipage français, pour partie de passagers français. Le Président de la République est LE COLONEL Valéry Giscard d’Estaing, son Premier ministre est Jacques Chirac, son ministre des Affaires YONATHAN étrangères est Jean Sauvagnargues et son ministre de l’Intérieur est Michel Poniatowski. NETANYAHU, À Si l’Élysée se réjouit de la libération des otages (sans nommer leur libérateur, ni même LA FOIS SOLDAT le remercier), la seule réaction où le nom « Israël » est prononcé vient du Quai d’Orsay, D’ÉLITE ET qui condamne le viol par Israël de la souveraineté de l’Ouganda ! Même si les choses ont PHILOSOPHE. changé, on ne peut que rétrospectivement prendre la mesure de ce passé diplomatique, de ces choix politiques hasardeux (équipement nucléaire de l’Irak de Saddam Hussein) et de cette caution donnée à la part régressive du monde arabe sous couvert d’équilibre et de justice pour les faibles et les pauvres. Le dernier élément de cette histoire réside dans son impact et les réactions qu’elle a provoquées. En Israël, c’est l’euphorie d’un pays tout entier à la joie d’avoir vaincu l’adversité. Ce qui semblait impossible a été rendu possible grâce à l’audace et au courage. Israël est resté fidèle à sa formule matricielle : « ein brera », « il n’y a pas le choix ». En Occident, les réactions dépendent des inclinations idéologiques de chacun. Le 4 juillet, Libération affiche ce titre : « Championnat du terrorisme, Israël en tête », avec un éditorial de Serge July dénonçant « le temps des hypocrites » et l’action néo-coloniale contre un Ouganda souverain. Là aussi, le temps a passé et Serge July n’écrirait sûrement plus un article aussi stupide. L’histoire continue… mais la libération des otages à Entebbe demeure comme un exemple d’énergie et de courage pour les nations, pour celles qui ne démissionnent pas devant le crime.
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L’HISTOIRE DU KEREN HAYESSOD
1946 : IL Y A 70 ANS,
LE KEREN HAYESSOD AVEC LES SURVIVANTS DE LA SHOAH
Par Yosh Amishav
Dans le précédent numéro de « Yessod », nous sommes revenus sur le redémarrage des activités du Keren Hayessod dès la Libération, et en particulier sur l’exposition organisée à Paris pour présenter les activités de notre organisation aussi bien en Eretz Israël, alors encore sous mandat britannique, qu’en faveur des rescapés des camps de la mort encore en attente dans les camps de « personnes déplacées », principalement en Allemagne. M. Sydney Amir (de Havatselet Hasharon, Israël) nous a aimablement communiqué un reçu délivré à son père pour sa contribution à la Campagne 1946 du Keren Hayessod, et nous l’en remercions. Tout au long de cette année 1946, le Keren Hayessod s’employa à fournir à l’Agence juive les moyens de venir en aide aux survivants, anciens déportés ou Juifs cachés pendant la guerre et qui devaient eux aussi reconstruire
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une vie bouleversée de la façon la plus terrible. Parmi d’innombrables exemples de cette activité, on citera les 350 orphelins de guerre juifs arrivés de Lodz (Pologne) à Paris en novembre 1946, sous les auspices de l’Agence juive, et destinés à recevoir des soins en France avant de partir pour une vie nouvelle en Eretz Israël. Sur le front politique et diplomatique, on notera que le président à l’époque du Keren Hayessod, le Dr. Benjamin Weill-Hallié, pédiatre et bactériologiste de grand renom, témoigne en février 1946 à Paris devant une sous-commission de la Commission d’enquête angloaméricaine sur la Palestine créée par le gouvernement britannique fin 1945. Dans sa déposition, il affirme que la contribution des Juifs à l’effort de guerre allié leur donne droit à l’indépendance et à la liberté dans leur propre patrie. À cette époque comme aujourd’hui, on peut dire que le Keren Hayessod est sur tous les fronts…
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LE KEREN HAYESSOD À TRAVERS LE MONDE
MIFGASH À PARIS REBECCA JACQUIN
Propos recueillis par Céline Lévy © EREZ LICHTFELD
NOTAIRE, MARIÉE, MÈRE DE TROIS ENFANTS, REBECCA JACQUIN EST DE CES FEMMES CAPABLES D’ARRÊTER LE TEMPS POUR SE CONSACRER AUX CAUSES QUI LA PASSIONNENT. AU PREMIER RANG D’ENTRE ELLES, ISRAËL ET L’AVENIR DU PEUPLE JUIF. C’EST DONC AVEC ÉNERGIE ET CONVICTION QU’ELLE DIRIGE LA DIVISION FÉMININE DU KEREN HAYESSOD FRANCE : EN SEPTEMBRE DERNIER, TOUT LE COMITÉ A PARTICIPÉ AU MIFGASH, RASSEMBLEMENT INTERNATIONAL DES DIVISIONS FÉMININES DU KEREN HAYESSOD. COMPTE-RENDU ET BILAN…
LES FEMMES SONT CAPABLES DE TOUT LORSQU’ELLES SE BATTENT POUR L’AVENIR DE LEURS ENFANTS !
Vous vous êtes investie, récemment dans le Mifgash. Pourriez-vous nous expliquer ce qu’est ce rassemblement ? Rebecca Jacquin : Le Mifgash est le rassemblement annuel des 19 divisions féminines du Keren Hayessod à travers le monde. Chacune de ces divisions organise des événements, collecte des fonds. Chaque année, le Mifgash nous permet de tirer un bilan précieux grâce à la confrontation de nos expériences, très diverses. Une année sur deux, il a lieu en Israël : il nous offre alors l’opportunité, primordiale, de voir de nos propres yeux les réalisations permises par nos actions et dons. L’année suivante, le Mifgash a lieu à l’extérieur d’Israël : son intérêt porte alors plus sur la manière de mener campagne : c’est un temps de recul, et d’analyse nécessaire sur les efforts ou les réorientations à mettre en place. C’est aussi un formidable moment d’échanges entre femmes du monde entier : nous nous donnons des conseils et idées fort utiles pour de nouveaux projets de collecte. Par ailleurs, nous avons procédé, cette année, à l’élection de la nouvelle Présidente internationale des divisions féminines du Keren Hayessod : il s’agit de Penny Hurst (voir encadré), une militante australienne qui remplace Nelly de Bobrow, militante brésilienne. Penny est élue pour quatre ans et elle est chargée de faire le lien entre les différentes divisions du monde. Pourquoi l’avoir tenu en France, à Paris, cette année ? C’était symbolique : les membres des divisions féminines du Keren Hayessod voulaient soutenir la France et sa communauté juive, durement éprouvées par le terrorisme. Le Mifgash, qui a duré cinq jours, nous a permis de dire à ces femmes ce qu’est la France post-attentats, ce qu’est l’identité juive française et surtout comment nous vivons, nous Juifs, ces événements terribles. C’est aussi un message d’espoir qui a été transmis : comment se relever, comment croire au meilleur et aller de l’avant... Pouvez-vous dresser un portrait de la division féminine en France qui existe maintenant depuis bientôt 3 ans? C’est un comité dynamique, jeune, composé de femmes investies qui soutiennent le Keren Hayessod. Nous sommes toutes très occupées, certaines ont des enfants en bas âge, des professions prenantes, aussi portons-nous un autre regard sur l’action militante : nous voulons être efficaces ! En tant que présidente, je voulais aussi faire en sorte que le nom du Keren Hayessod soit plus apparent : il y avait un vrai travail de communication à entreprendre, un maximum d’événements à organiser, afin de faire connaître toujours plus notre organisation.
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LE KEREN HAYESSOD À TRAVERS LE MONDE FELD
© EREZ LICHT
MaryLine Judith Jacquin et vues remettre Toubiana se sont row (au par Nelly de Brob te sortante, en sid pré e), ntr ce h, médaille un Lion de Juda ce pour leur an iss na on de rec sein de la au nt me engage du Keren ne ini fém division Hayessod.
Quels sont les événements qui vous tiennent à cœur ? J’ai un vrai coup de cœur pour les ateliers cuisine, qui réunissent un grand nombre de femmes de 10 à 95 ans ! Grâce à Yoni Saada, chef du restaurant Miniatures, et ex-candidat de Top Chef, nous avons pu faire venir de nouveaux visages. Comme pour chacun de nos événements, ces ateliers débutent toujours par un résumé de ce qu’est le Keren Hayessod, les programmes qu’il finance. Nous avons également organisé une vente aux enchères d’objets d’art, un événement de prestige qui nous donne, par le biais de l’art, la chance de toucher des passionnés, donc de nouveaux donateurs. C’est aussi une façon, pour nous, de mobiliser des artistes. La vente aux enchères n’a pu avoir lieu cette année, pour des questions d’agenda. Elle aura lieu, en revanche, en 2017. Y a-t-il une manière féminine d’envisager le militantisme ? Je le crois. C’est une prise de parole avec le cœur, pas seulement avec notre argent. Nous, membres de la division féminine, sommes persuadées que nous agissons pour le bien d’Israël, donc de nos enfants, de nos petits-enfants et du peuple juif. Alors nous nous battons de toutes nos forces ! Nous avons aussi besoin de nous sentir impliquées, investies à 200% ! © EREZ LICHTFELD
Les femmes des Divisions féminines internationales réunies à Paris, pour le Mifgash.
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© EREZ LICHTFELD
PENNY HURST : UNE AUSTRALIENNE À LA TÊTE DES DIVISIONS FÉMININES INTERNATIONALES Fille de militants, fière d’Israël et fière d’être juive, Penny Hurst est née à Londres mais c’est en Australie qu’elle vit depuis qu’elle est enfant. Elle vient d’être nommée présidente mondiale des divisions féminines du Keren Hayessod. Mariée à Keith, mère de trois enfants et grand-mère de six petits-enfants, Penny s’est engagée, pour défendre la cause du peuple juif et d’Israël dès 1975. Elle a, depuis, rempli avec brio de nombreuses fonctions dirigeantes au sein de la division féminine du Keren HayessodAppel unifié pour Israël, notamment à Sydney (Australie), où elle réside. Elle était aussi, jusqu’à présent, à l’échelon international, VicePrésidente de la Division féminine pour les pays anglophones. En 1998, Penny Hurst a reçu le Prix Yakir du Keren Hayessod pour son engagement au sein de notre institution et son dévouement à la cause d’Israël et du peuple juif. En 2007, elle s’est également vu décerner la médaille de l’OAM (Medal of the Order of Australia) par le gouvernement australien, pour son implication dans la communauté juive.
LE KEREN HAYESSOD À TRAVERS LE MONDE
MISSION SÉNIORS EN ISRAËL : IMPRESSIONS
Par Marie-Jacqueline Duffraisse
C’EST UN PLAISIR CHAQUE FOIS RENOUVELÉ DE PARTICIPER À UNE MISSION DU KEREN HAYESSOD EN ISRAËL. CELLE QUI S’EST DÉROULÉE DU 13 AU 19 SEPTEMBRE 2016, FUT PARTICULIÈREMENT RÉUSSIE. PREMIÈRE VISITE DANS CE BEAU PAYS POUR LES UNS, OU REDÉCOUVERTE POUR LES AUTRES, NOTRE PETIT GROUPE DE TREIZE PERSONNES A VÉCU UNE EXPÉRIENCE UNIQUE ET PASSIONNANTE.
Des empires passés, il ne reste que des ruines, mais l’antique patrie des Hébreux si convoitée a retrouvé vie et est devenue l’État d’Israël, l’État-nation du peuple Juif, une démocratie, avec de hautes valeurs morales, résolument tournée vers l’avenir. Lui apporter son soutien, c’est faire œuvre de vie. Israël regorge de paysages sublimes liés à son histoire géologique, entre autres la faille syro-africaine. Une exceptionnelle richesse archéologique témoigne des cultures qui se sont succédées au gré des conquêtes de cette terre. Les vestiges des différentes périodes sont valorisés et très visités par les touristes qui affluent.
CETTE SOCIÉTÉ ISRAÉLIENNE, PLEINE DE VITALITÉ, INVESTIT DANS SA JEUNESSE PORTEUSE D’AVENIR.
Les Israéliens habitent dans des kibboutzim, des mochavim, des petites villes ou des grands centres urbains pour beaucoup rénovés. Ils sont en bord de mer ou dans le Néguev pour les idéalistes. Tout change très vite au rythme d’une dynamique d’embellissement des grandes ou moyennes villes. Elles changent à des vitesses phénoménales : Tel Aviv prend des allures de New York à la suite de programmes immobiliers gigantesques et les kibboutzim vivent à l’heure de la société postindustrielle. Au quotidien, une insouciance apparente, une euphorie de la population, révèlent un appétit de vivre, de créer, d’agir, malgré un conflit imposé, l’empreinte des épreuves passées et la Shoah. Les Israéliens aiment leur pays, leur culture, leurs traditions, leur histoire qui les unit. Cette société israélienne, pleine de vitalité, investit dans sa jeunesse porteuse d’avenir.
Des élèves francophones de la Havat Hanoar HaTsioni témoignent de la qualité de leur vie scolaire riche et variée, de leur classe à effectif réduit, encadrés par des enseignants de haut niveau, dans un réel respect réciproque. Un des programmes du Keren Hayessod confirme que l’investissement dans l’éducation est ô combien primordial pour former une société de savoir et de progrès. C’est dans un cursus parallèle à l’école que de jeunes Israéliens juifs et arabes acquièrent une solide formation grâce au programme Net@. Tous disent qu’ils ont d’avantage confiance en eux et que leur motivation et leur volonté sont raffermies en suivant ce programme, véritable tremplin pour intégrer des unités informatiques au sein de Tsahal. Une vraie réussite dans la high-tech peut s’ouvrir à eux. Chacun pense au rôle actif qu’il peut jouer dans cette société du savoir et du progrès et à sa contribution à la collectivité.
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LE KEREN HAYESSOD À TRAVERS LE MONDE
Israël est au deuxième rang mondial par habitant pour le nombre de ses start-up, il est frappant de constater combien Israël investit dans la recherche et les nombreuses découvertes de pointe qui enrichissent l’humanité. Par exemple, nous avons visité Core Scientific Creations, une société de Kfar Saba qui fabrique des « Wound Clot », compresses biocompatibles qui stoppent les saignements jugés modérés ou sévères. L’hémostase ainsi assurée permet de sauver des vies en phase pré-hospitalière.
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La mission se termine à Jérusalem, capitale majestueuse, ville mythique à la beauté un peu rude, que nous avons parcourue, de jour et en soirée, pour admirer la vieille ville, ses murailles, ses ruelles et, sans peine devant le Mur Occidental, imaginer la vie au temps du second temple, d’autant que notre guide est un conteur inspiré de cette période. L’atmosphère est solennelle, tout est intense et exceptionnel. Plus loin et plus tard, le Kikar Hamusica nous replonge dans la modernité et le profane.
Le groupe francophone des séniors a vécu une expérience unique.
Il y aurait beaucoup à écrire encore ! Des échanges avec des intervenants de qualité actualisent notre perception des nombreux défis qu’Israël doit encore relever ; et sans langue de bois ! De beaux souvenirs resteront longtemps dans nos mémoires et, pour ce qui me concerne, je reviendrai, car l’année prochaine s’annoncent d’importantes commémorations.
Merci aux membres du Keren Hayessod qui nous ont accompagnés. Merci à notre guide Arié pour ses connaissances denses et diverses, qui éveillent ou renforcent notre passion pour Israël.
Et à tous un grand Shalom ! 36
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Votre Legs au Keren Hayessod : pour l’avenir d’Israël et du peuple juif !
Renseignements en toute confidentialité auprès de Magda Rychlik : 01 77 37 70 88 ou 06 81 40 66 60 - magda.rychlik@kh-aui.fr
✂ Merci de bien vouloir me faire parvenir votre brochure sur « les legs et donations » à l’adresse suivante : M. ou Mme ............................................................................................................................................. Adresse .................................................................................................................................................. ................................................................................................................................................................... Téléphone .............................................................................................................................................. Keren Hayessod : 10, place de Catalogne - 75014 Paris - Tél. : 01 77 37 70 80 Keren Hayessod Sud : 50, rue Breteuil - 13006 Marseille - Tél. : 04 9102 78 73
LE KEREN HAYESSOD À TRAVERS LE MONDE
WALK ISRAËL 2016 AVEC JUDITH OKS
Propos recueillis par Sandra Allouch
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Cette année, du 6 au 11 novembre, le Keren Hayessod a organisé une mission totalement inédite en Israël. Pour la première fois, les donateurs se sont transformés en randonneurs. Ils ont traversé le désert du Néguev, le long du sentier de Grande Randonnée d’Israël (Shvil Israël), pour convertir, à la sueur de leur front, chaque kilomètre en euros et les reverser au programme éducatif « Avenir des jeunes » ! Quarante personnes venues de toute l’Europe – France, Belgique, Suisse, Hollande, Italie, Portugal et Monaco – ont ainsi vécu une aventure extraordinaire. Leur ambition : parcourir en 5 ans le sentier qui traverse Israël, du Sud au Nord. Judith Oks, vice-présidente du Keren Hayessod France, y était. Elle nous raconte son périple.
Le Keren Hayessod a organisé une mission dans le Néguev… vous y étiez. Vous qui avez l’habitude des missions du Keren Hayessod, pouvez-vous nous dire en quoi celle-ci était si particulière ?
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Le format, pour commencer. En effet, c’est la première fois que le Keren Hayessod organise une marche solidaire. Marcher pour des jeunes en difficulté donne un sens encore plus profond au don qu’on leur fait. On s’investit davantage pour eux – physiquement… Par ailleurs, nous avons démarré cette randonnée dans le désert du Néguev, ce qui n’est pas courant. Moi qui vais régulièrement en Israël, j’ai découvert des paysages incroyables. Autre particularité de cette mission, et non des moindres, c’était une mission européenne. J’ai trouvé l’idée fantastique. On était avec des Hollandais, des Portugais, des Belges… et malgré nos différences culturelles, il y a eu une très bonne entente car on marchait tous pour la même cause. De là est née une grande solidarité entre les participants ! Je ne suis pas une très grande marcheuse, et je peux vous dire qu’à de nombreuses reprises le groupe s’est arrêté pour m’attendre et m’encourager. Sans eux, je n’aurais pas vécu l’expérience de la même manière.
Qu’avez-vous appris des autres Keren Hayessod européens ? Ce sont des personnes très sionistes ! Dans certains pays, comme le Portugal, la communauté juive est vraiment infime et ils veulent prendre exemple sur la France, notamment, pour développer les actions menées autour d’Israël.
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Quelles sont les grandes étapes de ce voyage ?
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Mis à part la marche dans le désert, qui nous a emmenés dans des endroits où peu de personnes se sont rendues, nous avons visité deux programmes du Keren Hayessod. Le premier, « Avenir des jeunes », est un programme éducatif qui vient en aide aux jeunes entre 6 et 18 ans. Nous avons rencontré plusieurs bénéficiaires, dont Sarah qui m’a particulièrement émue. Elle est originaire d’une famille défavorisée et rêve de devenir médecin. J’espère que, grâce à nous, elle pourra le devenir ! Nous avons échangé aussi avec les éducateurs du programme, qui sont vraiment exceptionnels et ont à cœur d’aider ces enfants. Ils mettent tout en œuvre pour leur redonner une chance dans la vie.
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Pour en savoir plus : http://www.keren-hayessod.fr/ actualites/informations/ile-de-france
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Vous avez également visité un centre agricole… Oui, tout à fait, c’est un projet d’une tout autre nature, visant à diffuser les méthodes agricoles de pointe, utilisées par Israël, auprès d’autres pays. Son slogan est : « Nous donnerons à manger au monde ! ». L’idée est donc de faire venir des personnes du monde entier et de leur enseigner ces pratiques innovantes. Ce programme dure entre un et trois ans, puis les participants repartent chez eux pour former à leur tour leurs collègues. Nous en avons rencontré quatre : un Ethiopien musulman, un Népalais, une Thaïlandaise et une Vietnamienne. Tous étaient très heureux d’être en Israël. Il faut savoir qu’ils ont dû se battre avec leur famille pour venir en Israël, qui n’a pas forcément une bonne image dans leur pays. Voir leur joie et la manière dont ils parlent d’Israël, tant sur les plans technologique qu’agricole ou encore social, m’a rendue encore plus fière de faire partie du Keren Hayessod.
Quelles autres rencontres marquantes lors de cette mission ? On a rencontré le maire de Yérouham, une ville située en plein Néguev. Il nous a parlé du développement de sa ville ces dernières années et de l’importance de l’implantation des familles dans la région. Leur installation et la forte présence du Keren Hayessod ont beaucoup contribué au développement du Néguev en général.
Quel est votre meilleur souvenir ? Tout le voyage a été formidable, mais ce que je retiens de cette expérience est le dépassement de soi pour concrétiser ce challenge ! On a relevé un défi, et ce pour une bonne cause. Il y avait une vraie implication de chacun et une grande solidarité.
La mission va s’étaler sur 5 ans, puisqu’il s’agit de traverser le pays, du Sud vers le Nord, à pied. Elle sera donc reconduite l’année prochaine. Pensez-vous y participer ? Sans hésiter ! Sincèrement, tout était parfait : l’organisation, le groupe, le parcours de la randonnée, les rencontres… J’ai vraiment hâte d’y retourner ! Et je suis certaine que l’année prochaine, nous serons deux fois plus nombreux à y participer ! L’année prochaine, la mission aura lieu du 29 octobre au 3 novembre 2017, depuis la partie sud de la Mer Morte jusqu’ à Jérusalem. Si l’aventure vous tente, vous pouvez déjà vous préinscrire, pour l’année 2017, auprès de Sophie Barr : sophie.barr@kh-aui.fr ou 01 77 37 70 84 © DR
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BLOG JEUNESSE
DU MEXIQUE À L’OUGANDA
«RÉPARER LE MONDE»
AVEC TEN : TOUT UN PROGRAMME Par Sophie Atlan
À 27 ANS, JORDANA HAÏK EST UNE JEUNE FEMME ACCOMPLIE ! ELLE TENTE DE « RÉPARER » LE MONDE À TRAVERS UN FORMIDABLE PROGRAMME, BAPTISÉ TEN, QUI SIGNIFIE « DONNE », EN HEBREU. MIS EN PLACE PAR L’AGENCE JUIVE ET SOUTENU PAR LE KEREN HAYESSOD, CE PROGRAMME, NÉ IL Y A 4 ANS, A POUR OBJECTIF RÉUNIR DES JEUNES VOLONTAIRES ISRAÉLIENS ET DES JUIFS DU MONDE ENTIER, ÂGÉS DE 20 À 30 ANS, AUTOUR DE PROJETS HUMANITAIRES. IL FONCTIONNE 5 SUR 5 - OU 10/10 (TEN SUR TEN) - AU MEXIQUE, EN OUGANDA, EN AFRIQUE DU SUD, AU GHANA ET EN ISRAËL.
Jordana a à coeur l’éducation des enfants mexicains
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Il y a environ trois ans, Jordana, diplôme de commerce en poche, part dans le cadre de ses études faire un stage à Mexico City dans une banque d’investissement. À l’issue de ce stage, elle entreprend de faire un dernier périple à travers le Mexique, avant son retour en France. C’est là qu’elle rencontre Eldad, un jeune Israélien, qui a la responsabilité du programme Ten au Mexique. Cette rencontre improbable va changer son destin… Eldad lui propose de travailler et d’encadrer les volontaires du projet. Jordana a le profil rêvé : elle est juive, adore Israël, parle parfaitement espagnol, a la fibre sociale et une expérience dans le management de projet. Elle intègre très vite l’équipe de Ten, constituée de jeunes Israéliens, mais aussi d’Américains et d’Européens. Pendant près d’une année, Jordana travaille en zone rurale avec des fermiers très pauvres, qui ont subi de plein fouet la « maladie du café ». Le programme est là, pour les aider à mieux gérer leurs ressources et leur apprendre l’autosuffisance. Avec les bénévoles de Ten, ils vont créer une ferme expérimentale où ils pourront faire pousser tous les légumes dont ils ont besoin, puis les exporter dans les communautés. Au Mexique, Ten déploie aussi son savoir-faire autour de l’éducation, un axe primordial du développement. À travers la mise en place d’un programme extra-scolaire axé sur la culture et les nouvelles technologies, l’équipe de Ten tente de semer des graines pour ouvrir les esprits et susciter la curiosité. Ten est aussi à l’origine de la création d’un mouvement de jeunesse afin d’initier les adolescents à « l’activisme social », car ce sont eux, les leaders de demain, qui pourront assurer la pérennité des projets. Sur place, Ten a un partenaire local, Cadena, une association mexicaine juive qui est leur relais et les guide dans leur choix. Actuellement, Jordana se trouve en Ouganda. Avec Eldad, qui entre-temps est devenu son fiancé, ils ont mis en place, depuis septembre 2016, le tout premier centre Ten d’Ouganda. Il est constitué de 13 volontaires israéliens, qui réalisent pour la plupart, leur fameux voyage « post-armée ». À son grand regret, pas d’Américains, ni d’Européens pour cette nouvelle aventure. Pourtant, l’Ouganda est un des pays africains les plus stables, assure Jordana. De plus, l’Agence juive garantit une totale sécurité, avec des gardes qui sont sur place et sont en relation permanente avec l’ambassade israélienne et les autorités locales. Le centre est situé dans le village de Namulanda entre Kampala et Entebbe. Même si le programme démarre juste, Jordana s’enthousiasme d’avoir déjà pu rentrer en contact avec les membres de la communauté Abayudaya, une communauté ougandaise de 1 500
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personnes qui a décidé de se convertir au judaïsme, il y a plus de cent ans. La population est majoritairement chrétienne et très religieuse… et, fait rare dans le monde, les Israéliens bénéficient en Ouganda d’une excellente image. Sur place, le petit groupe de volontaires a commencé à travailler dans les écoles des villages alentours et à Kampala dans les bidonvilles. Il souhaite apporter son aide aux femmes et aux enfants ougandais, notamment dans le domaine de l’éducation et de la santé : amélioration de l’hygiène, développement de l’autonomie des femmes à travers l’artisanat, mise en place de méthodes de transmission innovantes pour favoriser les apprentissages… les volontaires ont de quoi faire ! Et l’énergie communicative de Jordana est un atout majeur pour la réussite de ces projets. Education, hygiène, santé, émancipation des femmes... Il reste tant à faire en Ouganda.
Ten au Mexique, comme Ten en Ouganda ou encore dans d’autres pays du monde, est une magnifique opportunité pour un jeune de vivre une expérience hors du commun. Au-delà de l’aide apportée aux populations locales, Jordana nous rappelle l’aspect identitaire du programme qui est unique en son genre. Quel que soit le pays où l’on se trouve, le shabbat et l’ensemble des fêtes juives sont marqués et l’on mange « cacher/ végétarien ». « À travers l’étude laïque de textes juifs et des discussions, on réfléchit à ce qu’est l’activisme social juif, à la notion de « Tikoun », pourquoi les Juifs doivent aider au regard des textes de la tradition... » explique Jordana. Pour les Israéliens souvent laïques ou pour les Juifs de la diaspora un peu plus traditionnalistes, la question identitaire souvent mise entre parenthèses résonne en eux, au dehors de leur cadre habituel. Enfin, tous les bénévoles portent les couleurs d’Israël. De facto, ils se retrouvent être les représentants d’Israël à l’étranger, ce qui crée, nous garantit Jordana de véritables liens avec Israël ! Et de conclure : « Ten est une expérience complète, professionnelle, personnelle, identitaire, sociétale et sociale… une expérience humaine extraordinaire.» Quelle sera la prochaine destination ? À ce jour, Jordana ne la connaît pas encore, mais elle ce qu’elle sait avec certitude, c’est que désormais son port d’attache est Israël !
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Pour en savoir plus : www.tenprogram.org
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25/09/16 PARIS GRAND DÎNER DU KEREN HAYESSOD © EREZ
ELD
LICHTF
De gauche à droite : Jud ith Privman (Space Il), son Oks, Richard Prasquier, Eran Ex (Space Il), Moodi Sandb cellence Aliza Bin-Noun, Assaf Levine erg (KH Mondial) et Yit zhak Peterburg (Teva)
© EREZ LICHTFELD
© EREZ LICHTFELD
& CONCERT D’IDAN RAICHEL
© EREZ LICHTFELD
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RETOUR EN IMAGES
© ALAIN AZRIA
© ALAIN AZRIA
De gauche à droite : Ste ve Suissa, Judith Oks, Ric hard Prasquier, son Excellen ce Aliza Bin-Noun et Francis Khalifat
06/10/2016 PARIS HOMMAGE À SHIMON PÉRÈS
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Daniel Benhaim, directeur de l’Agence Juive pour Israël. mmage ndu un très bel ho Maurice Lévy a re i était son ami. à Shimon Perès qu
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CULTURE
GUEVER ET AKBAR Par Richard Prasquier
C’est un confectionneur juif qui voit entrer un « déséquilibré » à barbe, les yeux exorbités, brandissant un grand couteau et hurlant : « Allah est grand ! » et lui répond calmement « Ne vous inquiétez pas, on a toutes les tailles ! » En version « originale », la phrase en arabe serait « Allahu akbar ! ». Mais la « grande taille », c’est « mida guedola » et non pas « mida kabira ». Le jeu de mots tombe à l’eau. Mais y a-t-il un équivalent hébreu à akbar ? L’expression « Allahu akbar », appelée elle-même le « takbir » (la « magnification ») est couramment utilisée en milieu musulman pour des événements festifs, tels des naissances, ou dans les appels à la prière par le muezzin. Mais aujourd’hui elle est malheureusement connue du monde entier comme le cri de guerre préludant à l’assassinat, sous protection divine, d’innocents ciblés par le terrorisme islamique. Elle est censée terrifier les « mécréants ». Et pourtant, elle ne se trouve pas dans le Coran, mais dans un hadith qui concerne la bataille de Khaiber, contre les Juifs. Akbar, « plus grand » ou « le plus grand » est la forme que les linguistes appellent « élative » de l’adjectif « kabir », grand. Or ce même mot (kabir) existe en hébreu, avec le même sens de grand ou puissant, mais il est assez peu utilisé. Quant à la racine GDL, qui exprime « grand » en hébreu (et pas du tout en arabe), et qu’on trouve dans « mida guedola » elle n’a donc rien de commun avec « akbar ». Son équivalent arabe est la racine JDL, qui évoque une dispute, une controverse. En arabe, le « J » (de la lettre jim , cinquième lettre de l’alphabet arabe), correspond au « G » dont le son n’existe pas (sauf en arabe égyptien). En revanche la proximité des sonorités entre les racines KBR et GBR (comme « guibor ») qui évoquent une idée de force dans toutes les langues sémitiques, fait évoquer une source commune : l’équivalent « régulier » de GBR en arabe est JBR (« jabbar ») qui signifie effectivement (entre autres) gigantesque. Mais le passage de « K » (consonne occlusive vélaire sourde) à « G » (consonne occlusive vélaire sonore) est linguistiquement envisageable. « Guibor », (« fort »), terme utilisé par les explorateurs pour décrire les habitants du pays de Canaan, qui évoque seulement leur force extraordinaire, a donné le mot « guevoura », très important dans la mystique juive.
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La « guevoura » est la cinquième des sefirot, ces dix contractions de la lumière divine (tsimtsoum) qui correspondent aussi aux dix attributs de l’âme humaine. Venant à la suite des attributs intellectuels (Hokhma, Bina et Daat), la « guevoura », (puissance), correspond à la rigueur du jugement divin (le Din). Elle est complémentaire à la sefira du Hessed (miséricorde), et contribue avec cette dernière à définir le mérite et les frontières de la loi. Elle peut dériver vers la violence, mais doit se maîtriser, suivant la Maxime des Pères: « Qui est fort ? Celui qui contrôle son mauvais penchant ». Mais la guevoura a joué un rôle également capital dans ce qu’on peut appeler la mystique laïque du sionisme : c’est l’héroïsme. On sait que la perception de la Shoah en Israël fut ambiguë. L’image valorisée dans les premières années de l’État (jusqu’au procès Eichmann) fut celle des révoltés plus que celle des victimes : le jour de commémoration prit le nom de « Yom ha Shoah ve Ha Guevoura ». D’où le rôle capital de la révolte du ghetto de Varsovie. Plus tard, et à un moindre degré, les Justes, ces révoltés « civils » non Juifs contre l’iniquité, prendront une place dans la construction mémorielle. Enfin, aujourd’hui, le nom « Guever », (homme), avec une connotation sur les qualités « viriles », est un des termes très fréquents du parler quotidien, essentiellement dans la conversation entre des hommes jeunes. La référence à la force, mais aussi à la qualité de maîtrise, est une fenêtre ouverte sur l’éthos israélien… Faut-il trouver un sens au contraste entre « Allahu akbar » qui signifie soumission totale de l’individu aux ordres, quels qu’ils soient, d’un Dieu tout-puissant et le « Guever » des jeunes Israéliens ? Peut-être. Encore faut-il ne pas oublier que sans le contrôle de soi, la « Guevoura » n’est que de la force brute.
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DAECH
LE NOUVEAU GÉNOCIDE
UNE USINE QUI PROCÈDE PAR ÉLIMINATION Par Elzbieta Amsler Après avoir dévoilé la documentation sur « la Shoah par balles », les crimes nazis perpétrés durant Seconde Guerre Mondiale sur la population juive des pays de l’Est (Ukraine et Biélorussie en particulier), le père Patrick Desbois a été appelé par l’organisation Yahad In Unum à accomplir une mission placée au cœur de notre réalité : constituer un document sur les massacres contemporains commis par Daech au Kurdistan irakien sur la population des Yazidis, une minorité confessionnelle au sein de l’ethnie kurde, elle-même minoritaire et persécutée. Zaher, un jeune homme irakien–yazidi, sera le guide et l’éclaireur de l’expédition entreprise par l’équipe de Patrick Desbois à travers les camps de réfugiés yazidis en Irak. Le contenu de ce livre-témoin est divisé en trois parties, qui se croisent mutuellement tout au long des pages : la première est un documentaire – la description des faits et des lieux, les extraits de cinq interviews avec des personnes rencontrées, victimes du système meurtrier de Daech ; la deuxième est théorique – les réflexions, les analyses et les synthèses du documentaire relaté, avec la conclusion qu’il s’agit bien d’un génocide contemporain, comparable à celui perpétré par les nazis. La troisième partie offre au lecteur le témoignage du vécu personnel de l’auteur et parfois aussi de ses collaborateurs, livré avec une authenticité bouleversante. Ces trois composantes créent un document-choc dont le sérieux et la profondeur ne laisseront aucun lecteur indifférent.
POUR EN SAVOIR PLUS :
LA FABRIQUE DES TERRORISTES. DANS LES SECRETS DE DAECH. PATRICK DESBOIS, NASTASIE COSTEL ÉDITIONS, FAYARD, 2016
Prouver et démontrer par les témoignages des victimes qu’il s’agit d’un génocide, qui se déroule aujourd’hui sous les yeux du monde entier, est un défi lancé par une réalité cruelle et inadmissible. La seule réponse à ce défi est d’aller sur place, de se mêler à la vie quotidienne du camp de réfugiés et de se mettre à l’écoute des récits des souffrances humaines. Les victimes rencontrées et interviewées par Patrick Desbois et son équipe sont des enfants voués à devenir des islamistes de Daech, des femmes esclaves sexuelles destinées aux bordels de Mossoul, et des hommes sortis vivants de fosses communes ; de tristes héros du drame humanitaire, toujours d’actualité, présenté et commenté dans ce livre avec un réalisme cru. Son contenu place le lecteur devant un paradoxe existentiel : pour nous en Europe, ces héros – « bornes d’humanité », nommés ainsi, pour certains, par le père Patrick – se trouvent suffisamment loin de chez nous pour qu’on ne pense même pas à eux, et pourtant ils se révèlent tellement proches en humanité que nous ressentons leur existence au plus profond de nous-mêmes, comme dit l’expression en hébreu : babeten – dans nos tripes…
Enfants yazidis : sortiront-ils indemnes des griffes des islamistes ?
Zaher amène l’équipe de Patrick Desbois au camp d’Essian, où elle rencontre les garçons yazidis évadés des camps de Daech. Ils avaient entre huit et quatorze ans au moment d’être vendus. Drogués pour oublier leur identité yazidie, abrutis par les perpétuels martèlements des versets du Coran, ils adoptent leur nouvelle personnalité
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en tant que membres à part entière de Daech. En cas de révolte ou de la moindre désobéissance, les garçons sont torturés ou battus à mort, en présence de tous les autres, pour leur faire peur. Une fois broyés, ils deviennent les Lionceaux du califat, les futurs jeunes terroristes, prêts à combattre pour leurs bourreaux, jusqu’à la mort. Mêmes méthodes que celles utilisées dans les camps nazis : en plus des règles très sévères de la vie quotidienne dans les camps et des punitions administrées aux moindres désobéissances, les prisonniers sont forcés à participer personnellement aux supplices de leurs compagnons, certains étant nommés « émir du camp » – un prisonnier chargé de mieux contrôler les autres. Dans ce contexte, l’« Émir » correspond à la fonction du « Kapo » dans le système concentrationnaire nazi, qui encadrait les autres, leur faisant effectuer les basses besognes dont la participation aux tortures et l’extermination de leurs semblables. Comment fonctionne la fabrique des terroristes ? Quelle est la matière première qui subit la transformation industrielle ? Ce sont des êtres humains, en occurrence les yazidis. Quels sont les méthodes et processus de « la transformation industrielle » de la matière première pour qu’elle devienne « un produit manufacturé », c’est-à-dire utilisable dans un but précis, fixé par la fabrique de Daech ? Ces « industriels » du Daech mettent toute leur ingéniosité pour réussir leur « commerce ». Ils procèdent par élimination, ne gardent que le bon « produit industriel » (les êtres humains transformés en islamistes) et détruisent systématiquement ceux qui ne leur serviront à rien. « Daech, entreprise en plein essor, qui fabrique en série des petits terroristes pour inonder le marché international. Terrifiante hypothèse… » Les réponses complètes à ces questions se trouvent dans ce livre, formulées avec précision et clarté. Documentées abondamment et commentaires à l’appui, elles obligent le lecteur à une prise de conscience du danger qui nous menace. Grâce à ce livre ne se répètera peut-être plus la situation des années trente et de 1939-1945, quand face aux horreurs des chambres à gaz et toute la découverte du génocide nazi, on entendait des voix qui disaient : nous ne savions pas… Oui, en 1942, il était possible de ne pas savoir. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Leur fils est porté disparu...
Il ne s’agit pas d’une étude universitaire sur la problématique du génocide, comme il en existe sûrement. Ce livre est un témoignage et un cri d’alerte. Un documentaire soutenu et bien appuyé par une réflexion sérieuse et juste, un récit du vécu tellement réaliste que le lecteur ressent presque la chaleur d’un mois d’août en Irak et les secousses d’une Jeep passant sur les routes non-goudronnées, touche à un abîme d’horreur en lisant l’entretien avec une femme vendue, battue et violée de centaines de fois… Depuis son appartement parisien, le lecteur secoué se demande dans quel monde il vit. Il éprouve le besoin de reprendre son souffle entre les chapitres, car il prend soudain conscience de l’immensité du cauchemar que ces pages étalent devant lui.
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L L' 'ABSOLU ABSOLU
nouvelle collection automne-hiver 2016/2017
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