ISSN 2552-1691
n° 13 MAI
NINA ET ANNE-ÉVA :
DÉLÉGUÉES D'ISRAËL POUR LES JEUNES DE FRANCE
SPACE IL :
LUNE À LA UNE
©NASA/GSFC/ARIZONA STATE UNIVERSITY
MAI 2019 - PRIX : 5 €
www.keren-hayessod.fr
2019
RWANDA : LÀ OÙ LES ENFANTS SÈCHENT LEURS LARMES
DOSSIER
PHOTO : ISRAAID © MICKEY NOAM-ALON TREMBLEMENT DE TERRE AU NÉPAL
SOS
ISRAËL !
AU CŒUR DE L'ACTION HUMANITAIRE
LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE
SOMMAIRE
n° 13 MAI
2019
5 7 9
ÉDITORIAL ÉLECTIONS CLIVÉES, SOCIÉTÉ CLIVÉE... Par Richard Prasquier
L'HUMANITAIRE ISRAÉLIEN EN CHIFFRES
DOSSIER -
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POUR LE PEUPLE D'ISRAËL
REGARD SUR ISRAËL LUNE À LA UNE Par Yigal Palmor
SOS ISRAËL !
FAIRE JUIVE / 14 / SEULEMENT UNE AF S PA E, SM NI SIO LE 12 / T / 16 / TSAHAL AU DÉVELOPPEMEN IDE D'A S AN 60 , AV MASH AÉLIENS ET JUIFS / 18 / TEN : DES ISR NE LIG E IÈR EM PR EN / 21 / ISRAAID : NGAGENT ENSEMBLE S'E RA PO AS DI LA DE S ENFANTS DU LE MONDE / 22 / LE E UV SA L AË ISR D QUAN S LARMES ENFIN SÉCHER LEUR RWANDA PEUVENT
23
IDENTITÉ
25
BLOG MASSA / JEUNESSE
32
23 / ÊTRE JUIF À PARIS, COMME JUIF À LIMA...
25 / UN PROGRAMME UNIQUE POUR LES JEUNES, QUI SE DÉCLINE EN 200 FORMULES 27 / DÉLÉGUÉES D'ISRAËL POUR LES JEUNES DE FRANCE 30 / JOHANNA VALENSI : LA NIAQUE D'UNE JEUNE IMMIGRANTE FRANÇAISE
© DR - BEN GOURION ET LE 1ER MINISTRE BIRMA U NU
ÉCONOMIE 32 / IFI 2019 : ZOOM SUR LA LOCATION MEUBLÉE
34 36 39 42 46 48
HOMMAGE 34 / MAXI LIBRATI : UN MENSCH
© TSAHAL
L'ÉCHO DES RÉGIONS 41 / LYON RHÔNE ALPES : UN SEUL PEUPLE, UN SEUL CŒUR
LÉGATAIRES 39 / PLUIE D'HOMMAGES POUR NOTRE AMIE MAGDA 40 / KARINE BOUKRIS : AUX CÔTÉS DES AÎNÉS 41 / POUR L'AMOUR DU JUDAÏSME
I-LINK, LE BUSINESS CLUB DU KH 42 / JÉRÔME LÉVY, NOUVEAU PRÉSIDENT DU KEREN HAYESSOD À STRASBOURG 43 / BUSINESS ALYAH : CRÉER SON ENTREPRISE OU SA START-UP À JÉRUSALEM 45 / LE PREMIER WHISKY SINGLE MALT ISRAÉLIEN : L'IVRESSE DE L'INNOVATION
© MASHAV
RETOUR EN IMAGES CULTURE
© DR
48 / LINGUISTIQUE - TIKOUN OLAM : LA RÉPARATION DU MONDE 50 / YOAN SMADJA : LE RWANDA AU CŒUR DE SON PREMIER ROMAN
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NUMÉRO 13 • LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE
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n° 13 MAI
2019
Yessod 10, place de Catalogne 75014 Paris Tél. : 01 77 37 70 80 www.keren-hayessod.fr Facebook ISSN 2552-1691
Yosh Amishav
Né en Belgique, vivant en Israël depuis 1975, cet ancien diplomate, ex-porte-parole du Président Herzog et de plusieurs ministères, a dirigé la communication du Keren Hayessod mondial pendant 10 ans, avant de s'occuper de la reconnaissance due aux donateurs. Aujourd'hui indépendant, il reste membre de la grande famille du Keren Hayessod.
Journaliste franco-israélienne, installée en Israël depuis 17 ans, Caroll a collaboré entre autres au Jerusalem Post et à la chaîne d’information Guysen TV. Elle est aujourd’hui journaliste à la radio nationale israélienne Kan et mène des missions de consulting et de relations publiques pour des institutions israéliennes.
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Alain Belhassen RÉDACTRICE EN CHEF Sophie Atlan Tél. : 01 77 37 70 85 Sophie.atlan@kh-aui.fr
DIRECTRICE ARTISTIQUE / GRAPHISME Joëlle Paris jparis@free.fr
PUBLICITÉ Yoël Rutbi 01 77 37 70 91 06 76 68 21 15 yoel.rutbi@kh-aui.fr ADMINISTRATION /COMPTABILITÉ Johanna Guetta 01 77 37 70 90 Johanna.guetta@kh-aui.fr PRÉPRESSE / IMPRESSION / FABRICATION Imprimerie A. G ROTO 61340 BERD’HUIS
Paula Haddad
Journaliste depuis 20 ans, elle a collaboré à plusieurs medias de la presse juive et musicale du web. Auteure de biographies, Paula Haddad a publié en 2016 un livre d’humour sur l’amour 2.0 : J’ai liké ton profil et…j’aurais pas dû, Sites de rencontres, le guide de survie (éd.Archipoche).
Yigal Palmor Richard Prasquier
Ancien diplomate, il a été notamment le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Intervenant souvent dans les médias internationaux, il est aujourd’hui Directeur de la communication de l’Agence Juive à Jérusalem, sa ville natale.
Depuis septembre 2013, Richard Prasquier est président du Keren Hayessod France. Cardiologue de formation, il a été président du CRIF de 2007 à 2013. Il a également été président du Comité français pour Yad Vashem et est un acteur majeur du renforcement des relations judéo-chrétiennes.
Carole Ouaknine Yoram Salamon
Yoram Salamon, en Israël depuis presque 10 ans est parvenu bientôt en fin de droits de son statut de nouvel immigrant… Ce qui n’a pas de réelle influence sur cette obsession majeure qui le hante depuis son arrivée : décrypter Israël, les Israéliens, les Israéliennes, et un peu les Juifs quand il a le temps, sans relâche et sans complaisance. De cette obsession est d’ailleurs né Rootsisrael.com dont il est le fondateur…
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Caroll Azoulay
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Responsable de la communication du Keren Hayessod en Israël pour l’Europe depuis plus de 20 ans, elle travaille pour toutes les campagnes du Keren Hayessod, en six langues. Originaire d’Antibes, elle a fait son alyah en 1983. Elle est passionnée par Israël, ses enfants… son travail et les olim !
Elections clivées, société clivée… Le dégagisme qui dans les élections des démocraties de la planète a changé tant de dirigeants n’empêchera pas Benjamin Netanyahu de mener la prochaine coalition gouvernementale, bien que le parti Kakhol Lavan (Bleu Blanc) ait obtenu le même nombre de sièges (35), une fois les rectifications apportées par la Commission centrale électorale. Le parti travailliste, celui de Ben Gourion, qui a exercé un leadership absolu pendant les 30 premières années du pays a failli disparaître de la nouvelle Knesset. La loi électorale, qui impose désormais 3,25% de votes pour obtenir des sièges, a remodelé la structure parlementaire : les très petits partis disparaissent et le « vote utile » a éliminé la Nouvelle Droite et le parti d’extrême droite libertaire Zehout, au grand dam des instituts de sondage, en échec comme d’habitude. Les deux premiers partis (à eux seuls 60% des députés) ont des projets sécuritaires très proches, ce qui contredit l’image véhiculée par certains commentateurs faisant des uns un « camp de la paix » et des autres un « camp belliciste ». Car la sécurité fut une fois de plus le critère électoral majeur, dans un pays qui a beaucoup perdu d’illusions sur son « partenaire palestinien », qui sait que le monde est de plus en plus volatile et qui redoute de voir l’Iran à sa frontière et sur les rives de la Méditerranée.
É DI TO PAR RICHARD PRASQUIER PRÉSIDENT DU KEREN HAYESSOD FRANCE
Il n’en reste pas moins qu’il existe au sein même de la population israélienne d’autres clivages, non seulement entre Juifs et Arabes, mais entre religieux et laïcs, dans une opposition que l’évolution démographique risque d’exacerber avec des conséquences sur le judaïsme tout entier. Et puis, malheureusement aussi dans ce pays prospère et inventif, des familles vivent dans une pauvreté inacceptable. C’est un rôle essentiel du Keren Hayessod que d’apporter son soutien pour que les jeunes gardent une égalité des chances…
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LETEAM.FR - © ISTOCK
9 000 ÉTUDIANTS accueillis dans 50 ÉCOLES et 31 PAYS
NOTRE PLUS BELLE RÉUSSITE C’EST EUX ! 1ER GROUPE MONDIAL DE L’ENSEIGNEMENT DU MANAGEMENT DE L’HÔTELLERIE-TOURISME
REG RD LUNE À LA UNE On a marché sur la lune ! Ou presque… On l’avait tant aimé, cette sonde qui monte, qui monte, un peu à l’instar d’Israël, ou de l’image que nous nous faisons de nous-mêmes : un engin certes petit, mais truffé de gadgets sophistiqués, et qui, par l’ingéniosité de ses concepteurs, parvient à aller vers la lune sans gros matos ni grosses dépenses, damant le pion aux plus grands de ce monde. © DR
PAR YIGAL PALMOR PORTE-PAROLE DE L’AGENCE JUIVE POUR ISRAËL
NOTRE SEULE OPTION D’ÊTRE TOUCHÉS PAR LE SUBLIME, C’EST CETTE SONDE QUI NOUS L’A OFFERTE.
"Small country, big dreams" : un petit pays, de grands rêves !
Les Israéliens ne sont pas imbus de Tintin, mais leurs objectifs ont toujours été du genre à aller chercher la lune. Et la victoire de la petite Bereshit paraissait autant une victoire de David sur Goliath, sa trajectoire, façon fronde, aidant la métaphore. « À quoi ça sert, la lune ? » demandent pourtant de nombreux sceptiques, qui auraient préféré que les deniers de l’opération servent à financer des objectifs plus terre-à-terre. Et vu la campagne électorale que nous venons de vivre, on peut effectivement penser que cet argent aurait pu trouver meilleur usage dans les hôpitaux ou les chemins de fer. Car finalement la vie quotidienne des Israéliens, c’est en Israël qu’elle se déroule — on est presque ennuyé de le rappeler. Mais la lune, c’est l’aventure, et sans aventure — nous sommes bien peu de chose, rappellent les plus enthousiastes. D’autant que l’essentiel du budget provenait de la poche de mécènes, pas de l’État. Une initiative privée, somme toute, ce que devait avoir oublié notre vaillant ministre des Sciences lorsqu’il avait voulu maladroitement récupérer le projet en annonçant qu’il allait ordonner à la sonde d’embarquer une clé USB contenant la Bible… Les véritables responsables du programme Bereshit avaient alors dû préciser que le Monsieur le Ministre ne donne pas d’instructions à un projet qui échappe à sa juridiction, que les clés USB représentent une technologie domestique qui n’a pas sa place dans l’espace, et que de toutes les façons il était prévu depuis longtemps que la sonde emporte une « capsule du temps » dans sa mémoire, avec des fichiers contenant, entre autres, la Wikipédia complète, des dictionnaires en 27 langues, des dessins d’enfants, et également la bible, la déclaration de l’indépendance d’Israël, le drapeau israélien, Hatikva, la Prière du Voyage etc. Heureusement, le débat biblico-informatique s’est arrêtée là, le ministre est retourné exercer son métier, c’est-à-dire la politique, et les directeurs du projet Bereshit ont continué à exercer le leur, c’est a dire la technologie spatiale. Et la sonde s’est envolée dans le ciel ! Mais pourquoi avons, nous Israéliens, suivi avec tant de ferveur ce petit objet métallique qui cheminait courageusement dans l’espace intersidéral, alors qu’en même temps se jouait ici-bas le sort d’une campagne électorale d’une bassesse verbale inouïe ? Était-ce par désir d’évasion ? Par engouement pour l’inconnu ? Par esprit romanesque ? Ou simplement parce que, par boîte à puces interposée, s’offrait à nous l’illusion de toucher les étoiles ? Les affaires de ce monde étant ce qu’elles sont, élections comprises, notre seule option d’être touchés par le sublime, c’est cette sonde qui nous l’a offerte. Subjectif lune ! Quelle émotion amère à l’arrivée : tout était prêt pour un alunissage triomphal, retransmission en direct sur toutes les chaines nationales, arrivée du Premier ministre en salle de contrôle, champagne au frais et discours fleuris préparés à l’avance. Et puis soudain les écrans noirs, contact rompu, la sonde s’écrase. Tout ça pour ça ? Un cratère supplémentaire sur la surface de ce satellite qui fait les marées hautes et les marées basses. Notre moral, à cet instant précis, était à marée on ne peut plus basse. Mais une fois le choc passé, les esprits se sont repris. Oui, ce ne fut qu’un premier essai. Oui, nous reprenons tout à la case départ ! Nous avons échoué la première fois ? La belle affaire ! Nous n’en rebondirons que plus énergiquement. La sonde s’est fracassée sur la lune ? Plus beau sera notre retour ! Car comme disait Guillaume d’Orange (aucun rapport avec l’opérateur mobile) : « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » Belle phrase du XVIe siècle néerlandais, mais tout l’esprit entrepreneur de la Start-Up Nation et du sionisme est bien là : nous reviendrons !
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2016-2020
4ème MISSION ANNUELLE SENTIER NATIONAL D’ISRAËL 3 novembre - 8 novembre 2019 Niveaux de randonnée pour tous : Débutant, Intermédiaire, Avancé
Mont Hermon
Kibboutz Dan
Mont Hermon
PLATEAU DU GOLAN
Kibboutz Dan
2016-2020
2016-2020
GALILÉE
Haifa
GALILÉE
Haifa
Lac de Tibériade
Mont Carmel
Rejoignez-nous pour parcourir le Sentier national d’Israël en soutien au programme ‘Avenir des jeunes’ en faveur des enfants défavorisés.
PLATEAU DU GOLAN
Lac de Tibériade
Mont Carmel
Nazareth
Nazareth Mont Tabor
Mont Tabor
Césarée
Césarée
Netanya
Netanya
Tel-Aviv-Jaffa
Mer Méditerranée
Latroun
Tel-Aviv-Jaffa Jérusalem
Mer Morte
Mer Méditerranée Beersheba
Latroun
Jérusalem
Arad
Mer Morte
NÉGUEV Ein Yorkam
Mitzpeh Ramon
Beersheba
Arad
NÉGUEV Ein Yorkam
Parc Timna
Mitzpeh Ramon Eilat
Pour information et inscription :
www.keren-hayessod.fr
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L’ŒIL SUR LES CHIFFRES SOS ISRAËL !
L'HUMANITAIRE ISRAÉLIEN EN CHIFFRES
5 000
27
enfants sauvés L’organisation internationale "Sauver le cœur d’un enfant" a sauvé plus de 5 000 enfants et agit dans plus de 59 pays. 120 chirurgiens ont été formés dans ces différents pays.
organisations
humanitaires
(Source : Save a Child’s Heart)
Israël compte 27 organisations humanitaires qui mènent des actions au sein d’Israël et à l’International.
80 000 (Source : NGO monitors)
repas post-cyclone
En 2008, L’organisation israélienne Israel Flying Aid a fourni des repas à 80 000 Birmans après qu’un cyclone ait ravagé la Birmanie.
140 pays
MASHAV* (voir article) a opéré dans plus de 140 pays au cours des 54 dernières années lors de catastrophes naturelles ou terroristes.
200 agriculteurs palestiniens
(Source : Ministère israélien des Affaires étrangères - MAE)
Depuis 2015, plus de 200 agriculteurs et professionnels de l'agriculture palestiniens ont participé à des séminaires de partages d’expériences.
30 000
(Source : Israel 21C)
aide médicale à gaza
En 2016, 30 000 personnes de la bande de Gaza ont reçu des soins médicaux en Israël et 7 000 tonnes de matériel médical transférées.
Grèce
Inde
Gujarat 26 janvier 2001
Août 1953 Tremblement de terre dans les Îles Ioniennes : 1 000 morts. La Marine israélienne qui menait un exercice dans la zone a aidé les survivants et fournit l’aide médicale nécessaire.
Un séisme de magnitude 7,7 : 20 000 morts, 167 000 blessés. L’Unité de Recherche et Sauvetage met en place un hôpital de campagne de 100 lits : 52 opérations chirurgicales, 1300 blessés soignés, 12 naissances.
parmi les missions humanitaires de Tsahal* dans le monde :
2004 : ÉGYPTE 2004 : SRI LANKA 2005 : ÉTATS-UNIS 1953 : GRÈCE 2006 : KENYA 1975 : CAMBODGE 2010 : HAÏTI 1985 : MEXIQUE 2010 : COLOMBIE 1988 : ARMENIE 2011 : JAPON 1989 : ROUMANIE 2011 : TURGUIE 1992 : CROATIE 2012 : BULGARIE 1994 : RDC 2012 : GHANA 1994 : ARGENTINE 2013 : PHILIPPINES 1998 : KENYA 2015 : NÉPAL 1999 : GRÈCE 2016-2018 : OPÉRATION 1999 : MACÉDOINE "BON VOISIN" 1999 : TURQUIE 2017 : MEXIQUE 2001 : INDE 2018 : CASQUES BLANCS
(* voir aussi l'article page 16 )
Syrie
2016-2018
4000 personnes soignées dans les hôpitaux israéliens et les hôpitaux de campagne. Israël a fourni aux Syriens dans le cadre de l'Opération “Bon Voisin” : 22 générateurs, 40 véhicules, 1 066 720 litres d’essence, 646 tentes, 1 743 tonnes de nourriture, 48 933 boîtes de lait infantile, 8 173 paquets de couches, 350 tonnes de vêtements et 14 000 produits hygiéniques. MAI 2019
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SOS ISRAËL ! L’engagement humanitaire en Israël ne date pas d’hier... Herzl rêvait aussi bien de la rédemption de son peuple que du peuple africain. Sur ses traces, Ben Gourion et Golda Meir ont créé la première agence israélienne de coopération au développement international MASHAV. On retrouve aussi ce même souffle avec les actions menées par l’armée israélienne (Hôpitaux de campagne) ou encore à travers les organisations humanitaires israéliennes, comme IsraAid ou le Keren Hayessod qui aident aujourd’hui des réfugiés syriens en Grèce grâce à son programme Ten… Zoom sur un engagement exemplaire et souvent mal connu.
© ISRAAID- MARTIN DIVIZEK
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SOS ISRAËL ! HISTOIRE D'UN ENGAGEMENT
SIONISME,
LE PAS SEULEMENT UNE "AFFAIRE JUIVE" Par Yosh Amishav « Il est encore une autre question (..) qui demeure sans solution jusqu’à ce jour, et dont la tragédie profonde ne peut être appréhendée que par un Juif. C’est la question africaine. Souvenez-vous seulement de tous les terribles épisodes de la traite des esclaves, de tous ces êtres humains qui, uniquement parce qu’ils étaient noirs, étaient volés comme du bétail, faits prisonniers, capturés, vendus. Leurs enfants grandissaient en terre étrangère, objets de mépris et d’hostilité à cause de la couleur de leur peau. Je n’ai pas honte de le dire, dussé-je m’exposer au ridicule, ce faisant, que, dès lors que j’aurai assisté à la rédemption des Juifs, de mon peuple, mon vœu sera d’assister aussi à celle des Africains »1. Ces paroles, mises dans la bouche de l’un des dirigeants du futur État juif par Theodore Herzl dans son utopie Altneuland (1902), dans lequel il décrit sa vision de l’État tel qu’il le désire, indiquent que dès le départ, le sionisme s’est voulu ouvert au monde et même porteur d’une volonté de tikoun olam, cette valeur juive humaniste universelle dont on parle tant aujourd’hui (et qui est malheureusement vue dans certains milieux juifs comme un « luxe superflu »). Herzl considérait qu’une fois leur indépendance nationale retrouvée, ayant reconquis une place d’égal à égal parmi les autres peuples au sein de la communauté des nations, les Juifs pourraient, devraient se mettre au service d’autres causes humanitaires à travers le monde. Ce scénario allait se concrétiser dès les années 60 du siècle passé. L’État d’Israël, né en 1948, avait à peine atteint sa « bar-mitsvah » que ses ingénieurs agricoles, médecins et hydrologues portaient déjà leur expertise aux pays en voie de développement de l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud, alors qu’à cette époque il en était encore un lui-même. C’est la décennie de Golda Meïr comme ministre des Affaires Étrangères (1956-1966) qui va donner l’impulsion à cette activité planétaire, avec la création fin 1957 de MASHAV, le département du ministère chargé de la coopération internationale2. Au cours d’une longue série de visites en Afrique, Golda Meïr transcendera les aspects purement politiques et diplomatiques et créera des liens personnels chaleureux avec ses hôtes. Julius Nyerere, premier président de la Tanzanie, allait la surnommer « la mère de l’Afrique »3. Un incident mémorable se produisit au cours de l’une de ces visites : quand, après avoir visité les chutes du Zambèze, elle voulut se rendre en Rhodésie du Sud (devenue depuis le Zimbabwe). Les services d’immigration de ce pays qui pratiquait alors l’apartheid, comme l’Afrique du Sud, voulurent la séparer des amis noirs kenyans qui l’accompagnaient. Elle refusa cette ségrégation, préférant retourner au Kenya. Son action est reconnue jusqu’aujourd’hui sur le continent noir ; la première femme présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, par exemple, souligna lors de sa visite officielle en Israël en 2016 combien Golda Meïr lui avait servi de modèle4. On trouvera dans les mémoires de l’ancien premier ministre israélien tout un chapitre consacré à ces relations avec le Tiers-Monde, sous le titre « Amitiés africaines et autres »5. Si Golda Meïr s’est tournée vers l’Afrique, David Ben Gourion, le « père fondateur » d’Israël, allait pour sa part regarder plutôt vers l’Asie. Montrant un grand intérêt pour le bouddhisme, il allait par exemple créer un rapport tout particulier entre Israël et la Birmanie (aujourd’hui Myanmar), incarné dans Golda Meir rencontre des participants à une formation sur la sécurité venus d’Afrique et d’Asie (1961).
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© 2019 NATIONAL PHOTO COLLECTION PAUL GOLDMAN
la relation personnelle qu’il établira avec le premier ministre U Nu lors de la visite de celui-ci dans le tout jeune État juif, en 1955. Ce rapport allait inclure une aide israélienne au développement de la Birmanie, dont l’indépendance ne datait que de janvier 1948, quelques mois avant celle d’Israël6. En 1961, Ben Gourion, visitant le pays, allait partager avec son hôte une expérience de méditation bouddhiste qu’il évoquera à de nombreuses reprises par la suite. Un geste fort, alors que dans cette période de décolonisation l’Occident était encore perçu comme un monde arrogant, toisant de haut les cultures non-européennes. De façon générale, Ben Gourion considérait que « nous sommes une nation qui habitait ce pays [Israël] des siècles avant certaines des nations vivant en Asie [aujourd’hui], et pourtant nous sommes vus par elles comme des Européens, issus de la race blanche, des oppresseurs » et son successeur comme Premier ministre, Moshe Sharett, affirma devant la Knesset que les Juifs en Israël ne sont pas comme ces Occidentaux qui « ont envahi l’Orient, mais bien des citoyens de l’Orient qui retournent vers leur terre »7. Dans sa remarquable analyse des 60 premières années des rapports entre Israël et le Tiers-Monde (1948-2008), le professeur Benyamin Neuberger écrit que « ce n’est pas un hasard que l’âge d’or (de ces relations) a eu lieu alors que le pays était dirigé par les pionniers du sionisme socialiste, des David Ben Gurion rencontre le président de personnes qui s’identifiaient profondément au réveil des Nations d’Asie et la République Centre Africaine, David Dacko, dans son bureau à Jérusalem. d’Afrique8». Il souligne que, de l’autre côté, « les élites africaines des années 50 et 60 admiraient sincèrement Israël, pour toute une série de raisons tenant à des parallèles historiques comme l’esclavage et la Shoah, ou l’exil des Juifs et la dispersion des Noirs.» L’engagement de nombreux Juifs dans le mouvement des droits civiques pour les Noirs aux USA et dans les mouvements antiracistes et anticolonialistes en Europe allait encore renforcer cette sensation de ‘fraternité des persécutés’9. Les experts israéliens étaient de plus considérés comme de vrais professionnels, champions en même temps de l’improvisation, et surtout, dépourvus de toute attitude condescendante de type colonial et prêts à travailler physiquement aux côtés des paysans et médecins locaux10. Les rapports d’Israël avec le Tiers-monde allaient connaître bien des vicissitudes et rebondissements, que ce bref survol ne saurait résumer en profondeur et pour faire court, on reprendra les grandes lignes tracées par Neuberger, qui distingue cinq phases majeures. DE 1948 À 1956, il évoque une période de "flirt", suivie jusqu’en 1967 d’une décennie de pleine "lune de miel", surtout avec l’Afrique. DE 1967 À 1973, après la guerre des Six-Jours qui changea l’image d’Israël au sein de ces pays, on note un déclin de ces relations, jusqu’au divorce post-guerre de Kippour, qui durera jusqu’aux années 80. Depuis les années 90, ces relations ont repris et se sont même développées de façon notable, mais elles n’ont plus le caractère cordial et parfois idéaliste qu’elles ont pu avoir à leur début11. Du point de vue de l’État d’Israël prédominent les intérêts commerciaux et une coopération sécuritaire parfois discutable pour ce qui concerne certains régimes. En parallèle, cependant, de nombreuses activités humanitaires menées par des Israéliens, de façon officielle ou privée, continuent de porter assistance à bien des personnes en situation de grande précarité à travers le Tiers-monde, comme le montre ce dossier de Yessod.
La statue de David Ben Gurion en position de Yoga, dans le jardin de sa maison à Sde Boker.
(1) Cité par Golda Meir dans ses Mémoires : "Ma vie", Laffont, Paris, 1975, p. 341 (2) https://mfa.gov.il/MFA/mashav/Latest_News/Pages/ MASHAV-60th-Anniversary.aspx (3) Neuberger, p. 11 (4) https://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4813412,00. html (5) Golda Meir, pp. 337-370 (6) https://mfa.gov.il/MFA/AboutTheMinistry/Events/Pages/ Israel-Myanmar-60-years-of-friendship.aspx MAI 2019
(7) Benyamin Neuberger, Israel’s Relations with the Third World (1948–2008), The S. Daniel Abraham Center for International and Regional Studies, Tel Aviv University, 2009, p. 10 https:// www.tau.ac.il/humanities/abraham/publications/ israel.pdf (8) Neuberger, p. 11 (9) Neuberger, p, 34 et 40 (10) Neuberger, p. 37 (11) Neuberger, p. 26
NUMÉRO 13 • LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE
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SOS ISRAËL !
SOS ISRAËL !
MASHAV, 60 ANS
D’AIDE AU DÉVELOPPEMENT
Très tôt, l’État d’Israël considère l’aide humanitaire comme partie intégrante de sa présence dans l’arène mondiale. Cette vision se concrétise en 1958, lorsqu’à la suite d’une visite en Afrique, Golda Meir annonce la création d’une agence dédiée à la coopération internationale, Mashav, « l’ Agence israélienne de développement et de coopération internationale ». De fait, les missions de Mashav visent à soutenir des populations locales, notamment dans les domaines de l’éducation, l’agriculture et la santé. Avec une singularité : cette agence israélienne ne finance pas ces projets sous forme de subventions, mais fournit des experts et apporte une formation sur place.
PRÉSENT CHAQUE
Plus de soixante plus tard, ce sont près de 150 pays qui ont bénéficié de l’aide humanitaire internationale de l’État d’Israël. Delphine Gamburg, ancienne responsable des programmes Mashav, nous en dit plus sur cette agence pas tout à fait comme les autres.
ANNÉE DANS PLUS
Propos recueillis par Esther Altani
MASHAV EST
DE 100 PAYS, SUR LE TERRAIN OU PAR LE BIAIS DE FORMATIONS EN ISRAËL.
Au cours de votre expérience à Mashav, quels sont les projets qui vous ont le plus marqués ? Delphine Gamburg : Sans doute les projets qui ont trait à la médecine. J’aimerais notamment vous parler de ce projet qui date de 2017. Cette année-là, une équipe médicale israélienne est partie en Sierra Leone pour établir la première unité de dialyse du pays. En réalité, Mashav avait déjà commencé à mettre en place un premier projet d’unité de dialyse en 2012 accompagné d’un plan de formation des équipes médicales et paramédicales, dans les hôpitaux en Israël puis sur place. Mais cette formation a été interrompue par l’arrivée de la crise épidémique liée au virus Ébola qui a durement frappé le pays. Une unité médicale mobile avait alors été déployée dans de nombreux pays de la région pour assister les médecins sur place à venir en aide aux patients et à établir ensemble des protocoles de soin. Aujourd’hui, cette unité de dialyse est enfin opérationnelle et les spécialistes israéliens continuent sur place et en Israël de former le personnel médical local aux techniques de pointe dans ce domaine.
La spécificité de Mashav, c’est de ne pas financer directement les projets, mais plutôt d’apporter un savoir-faire et de fournir des experts. Pourquoi ce choix ? Mashav est né en 1958, 10 ans après la création de l’État d’Israël. Ce projet est basé sur deux principes. Le premier est tiré de l’esprit du judaïsme, le « Tikoun Olam », littéralement l’obligation de réparer le monde. Le second s’inspire d’un vieux diction attribué à la Chine (David Ben-Gurion avait prédit dans les années 30 que la Chine deviendrait dans le futur l’une des grandes puissances mondiales !) : « Pour aider un homme, ne lui donne pas du poisson, apprends-lui à pêcher ». Jusqu’à aujourd’hui, Mashav ne s’est jamais éloigné de ces principes fondateurs. Dès les premières années, des centaines d’experts israéliens ont apporté leur savoir-faire aux populations locales, notamment dans les domaines de l’agriculture et de la médecine. Aujourd’hui, environ 3 500 professionnels issus de plus de 100 pays ont accès chaque année à une formation, sur place ou en Israël. Mashav a toujours désiré être au plus proche des populations locales, entendre et constater leurs difficultés. C’est la meilleure façon de pouvoir ensuite répondre à leurs besoins.
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Les « Eyes camps » ont permis à plusieurs milliers de femmes et d’hommes de recouvrer la vue...
Est-ce que ce modèle d’organisation est vraiment unique au monde ? Il existe d’autres pays qui choisissent aussi l’accompagnement plutôt que le financement, ou combinent les deux. Israël est un cas un peu particulier. Le pays a toujours privilégié le capacity building. C’est, je pense, assez unique dans le sens où le pays a mis en place un système entier de coopération au développement, et non d’assistance, terme d’ailleurs qui n’est volontairement pas employé par Mashav. On parle de « partenaires », de « collègues », jamais d’assistance, même dans le cas de projets humanitaires d’urgence (déploiement de « cliniques en kit » par exemple, où Israël a un savoir-faire internationalement reconnu).
Quel est le savoir-faire que vous faites le plus valoir en Afrique ? L’agriculture tout d’abord, avec la gestion, le traitement et l’accès à l’eau, le « goutte-à-goutte » avec lequel Israël est devenu célèbre… Mais également les énergies renouvelables en général, le médical et la santé publique. L’an dernier, Israël a envoyé des missions de consultation dans 36 pays d’Afrique. Et ces dernières années, de très beaux projets communs ont vu le jour, dont par exemple l’établissement du centre agricole « Israël-Kenya Drought Resilience Agricultural Center », ou encore l’établissement d’une unité d’urgence et de trauma au Togo, incluant la formation sur le long terme, en Israël et sur place, du personnel médical.
Togo : techniques d'amélioration du rendement agricole
Inde : Mashav valorise le savoir-faire des agricultreurs
Autre originalité de Mashav, c’est de ne conditionner aucune aide à l’existence de relations diplomatiques avec Israël. Quels sont justement les pays où Mashav est intervenu sans qu’il n’y ait de liens diplomatiques ? Je ne peux hélas donner de détails pour ne pas embarrasser les différentes parties. Mais il est vrai que ces liens existent. Mashav reçoit notamment des formateurs locaux qui viennent en Israël bénéficier d'une formation dans divers domaines, notamment l’agriculture. Israël a également envoyé des médecins sur place dans de nombreux pays dans lesquels nous n’avions pas de relations diplomatiques, par exemple pour des missions courtes dans le cadre des « eye camps », qui ont permis à plusieurs milliers de femmes et d’hommes de recouvrer la vue ou de stopper la progression de maladies dégénératives de la cornée.
Comment les responsables de Mashav choisissent-ils les projets et les pays d’intervention ? Le choix des projets se fait en fonction des besoins locaux, en coordination avec les acteurs sur le terrain ou d’autres organismes nationaux ou internationaux avec lesquels MASHAV a des accords de partenariats. Mashav est présent chaque année dans plus de 100 pays, sur le terrain ou par le biais de formations en Israël.
Mashav pour vous, en 3 mots ? Coopération, émancipation, bienveillance.
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HÔPITAUX DE CAMPAGNE :
TSAHAL
EN PREMIÈRE LIGNE Par Esther Altani Nous sommes le samedi 26 janvier 2019. Un barrage appartenant au géant Vale s’effondre au sud-est du Brésil. Près de 13 000 m3 de déchets miniers se déversent dans une monstrueuse coulée de boue toxique qui engloutit tout sur son passage. Plus d’une centaine de victimes sont dénombrées. Très vite, en accord avec les gouvernements israéliens et brésiliens, Tsahal envoie une délégation de recherche et de sauvetage pour participer aux opérations de recherche. Près de 130 soldats munis d’un équipement ultra-perfectionné s’envolent vers le Brésil. Certains sont ingénieurs, d’autres médecins ou infirmiers… Tous sont formés à ces missions humanitaires spéciales. Cette intervention n’a surpris personne en Israël. Tsahal a, en effet, une longue histoire de missions humanitaires. Depuis 1953, alors que l’État d’Israël avait 5 ans à peine, l’armée a régulièrement prêté main-forte à des populations civiles touchées par une catastrophe naturelle ou une guerre meurtrière. En tout, ce sont près de 30 missions humanitaires qui ont été effectuées à travers le monde. Du Cambodge en prise avec une guerre avec le Vietnam en 1972, à la Colombie touchée par des inondations en 2010, en passant par la Turquie, frappée par un tremblement de terre en 1999, l’armée israélienne a soigné des milliers de patients, accouché des centaines de bébés et fourni à chaque fois une aide humanitaire des plus complètes. En juillet 1994, Tsahal est même intervenu au Rwanda, en plein génocide. Cet hôpital de campagne a fonctionné plusieurs mois dans la région de Goma, à la frontière entre la République du Congo et le Rwanda. Une fois par semaine, un avion israélien y déposait des vivres et des médicaments destinés à soutenir la population tutsie. © TSAHAL
© TSAHAL
Haïti, Port-au-Prince : tremblement de terre de 2010
Golan, 2016 : Opération "bon voisin"
Récemment, c’est une autre mission qui a fait beaucoup parler d’elle. Alors que la guerre civile fait rage en Syrie depuis deux ans, un blessé syrien traverse la frontière et demande une aide médicale en Israël. Il est alors pris en charge et soigné par Tsahal. Peu à peu, d’autres Syriens, parfois des familles entières, décident aussi de passer la ligne de démarcation. Israël, pourtant toujours officiellement en guerre avec la Syrie, décide de soigner aussi ces patients. Et en 2016, Tsahal met sur place un autre hôpital de campagne dans le Golan et lance l’opération « Bon voisin ». Objectif : aider les civils syriens sans intervenir dans le conflit armé. Bien que l’État d’Israël soit toujours officiellement en
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guerre avec la Syrie, le choix qui a été fait d’intervenir a surtout été guidé par des considérations morales. Outre une assistance médicale apportée à près de 5 000 Syriens, dont beaucoup d’enfants, l’opération Bon Voisin a permis l’acheminement de près de 700 tonnes de nourriture, de vêtements et de produits de première nécessité. Elle s’est terminée au mois de septembre 2018, avec l’approche de la fin de la guerre civile et le rétablissement du régime syrien dans le sud du pays. Aujourd’hui, plus de soixante-dix ans après ses débuts, l’hôpital de campagne de l’armée israélienne est loué dans le monde entier pour son excellence. En 2016, l’OMS, l’Organisation mondiale de la Santé l’a même reconnu comme étant le meilleur au monde. Pour arriver à cette conclusion, l’agence des Nations Unies a utilisé un système de classification, mis en place en 2013 et censé pouvoir évaluer l’aide des équipes médicales face aux catastrophes humanitaires internationales. Ce système est divisé en 3 catégories. Jusqu’à 2016, aucun pays n’avait encore jamais atteint la note suprême. Après une inspection qui a duré plusieurs jours, l’armée israélienne a cependant obtenu ce Graal. Une note « III » qui lui a notamment permis d’avoir un accès préférentiel aux zones sinistrées. Il faut dire que l’hôpital de campagne israélien est impressionnant. Ce ne sont pas quelques médecins envoyés et quelques tentes qui sont plantées ici et là, mais une vraie structure dotée d’une technologie avancée. En moins de 12 heures, un campement, qui offre les mêmes capacités qu’un hôpital permanent et doté des dernières technologies, peut être monté. L’équipe envoyée sur le terrain est capable de gérer des opérations chirurgicales complexes, y compris des soins intensifs. Elle est même formée à des soins spécialisés comme les dialyses ou les césariennes. Parmi les soldats envoyés, beaucoup sont réservistes. « La plupart sont des hommes et des femmes qui ont des familles et qui ont laissé derrière eux leur vie privée et professionnelle dès qu’ils ont été appelés pour cette mission » a d’ailleurs précisé le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porteparole de Tsahal pour la presse internationale lors de la mission d’aide au Brésil.
© TSAHAL
Philippines : Israël, un bébé né au cœur de la tempète.
Et comme toujours, malgré l’horreur de chaque situation, de belles histoires se sont produites au sein de ces structures mobiles. Comme ce petit garçon, né en excellente santé dans l’hôpital de campagne dressé aux Philippines, après qu’une tempête ait balayé le centre de l’archipel. Reconnaissante, sa mère l’a prénommé Israël. Ou comme Magy, un jeune danseur népalais de 18 ans. Grièvement blessé à la suite au séisme qui a frappé son pays en 2018, il pensait ne plus jamais pouvoir marcher. Mais 3 semaines et 3 opérations chirurgicales plus tard, Magy s’est soudainement levé et a marché devant les médecins de Tsahal. Un vrai miracle.
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SOS ISRAËL !
TEN :
DES ISRAÉLIENS ET JUIFS DE DIASPORA S’ENGAGENT
ENSEMBLE
© DR
« TEN » en hébreu veut dire « donne ! », mais TEN est aussi l’anagramme de Tikoun (réparation) Environment Network, un réseau dont le but est de réparer le monde. Nir Lahav est à l’origine de ce projet phare soutenu par le Keren Hayessod, qui rassemble des jeunes adultes d’Israël et du monde entier pour une période intensive de bénévolat autour d’un projet humanitaire. Il nous explique pourquoi il s’agit d’un projet d’intérêt général. © DR
Par Caroll Azoulay
Quels sont les moteurs qui ont conduit à la création de « TEN » ? TEN EST APOLITIQUE,
L’idée de départ était de mettre en application deux objectifs dont le premier était C’EST L’HUMAIN, d’intégrer le monde, au sens global du terme. Aujourd’hui, la globalisation est un fait établi SURTOUT ET AVANT et chacun d’entre nous en représente une TOUT. infime partie. Nous avons considéré qu’il était primordial pour Israël et les Juifs non seulement d’en faire partie, mais aussi de prendre ses responsabilités au sein de la sphère globale. Le deuxième objectif était d’intégrer les jeunes à ce processus dans la mesure où ils s’interrogent sur leur identité, leur avenir, sur l’intérêt du bénévolat. « Est-ce que je suis volontaire par simple mode ou parce c’est mon devoir en tant que Juif, que c’est une partie de ma culture et que c’est cela, entre autres, qui définit mon identité ? » Nous avons donc considéré qu’agir pour le bien du monde en étant loin de chez soi et regarder ce que nous sommes de l’extérieur pouvait renforcer le lien de ces jeunes filles et garçons avec leur identité juive sur le plan individuel et collectif. CE QUI NOUS INTÉRESSE
C’est une question que je me pose à chaque instant. Nous avons le devoir — un ordre que certains définissent comme divin d’autres comme moral — de prendre nos responsabilités vis-à-vis des autres. Nous avons « l’ordre », la « mission » de prendre soin des autres là où nous vivons. Je laisse à chacun le soin de déterminer le sens et l’origine de cette mission. Ensuite, bien sûr, se pose la question de savoir où agir en priorité ? Est-ce que c’est à Yerouham (ville du sud d’Israël) ou bien dans un village du Ghana ? À mon sens, celui qui a été bénévole au Ghana, fera le double, voire plus, à Yerouham quand il rentrera de sa mission. Non seulement cela ne diminue par notre responsabilité vis-à-vis des besoins au sein de notre pays, mais cela la renforce considérablement.
Est-ce que « TEN » répond aussi à ce besoin des jeunes Israéliens de voyager à travers le monde ? Oui, sans hésitation. Je pourrais m’asseoir, ouvrir un livre du Rambam et leur enseigner les fondements de l’identité juive… mais personne ou presque ne viendrait parce que les jeunes sont moins enclins à écouter ce genre d’enseignement ! Cultiver l’identité par l’action les attire davantage. L’important n’est pas de savoir ce qui est le mieux, c’est de savoir ce qui fonctionne le mieux.
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© DR
N’avons-nous pas suffisamment à faire en interne pour aller s’occuper de réparer le monde ?
SOS ISRAËL !
Comment déterminez-vous les pays dans lesquels envoyer des bénévoles ? En priorité, nous sélectionnons les projets en fonction de la sécurité du pays. La volonté d’aider passe dans tous les cas après la sécurité de nos jeunes. Ensuite, nous regardons les avantages que nous pouvons tirer de cette action. Enfin, il faut que le projet soit attractif sinon aucun jeune ne voudra s’y engager. Cela dépend aussi des relais que nous avons sur place. Il est essentiel que nous puissions nous appuyer sur un réseau associatif local pour encadrer notre action. Dernier point, mais pas des moindres : le financement par des donateurs. Nous présentons divers projets aux donateurs et nous œuvrons sur ceux qui ont reçu le financement.
Concrètement, comment cela se passe-t-il ? Plus de 2 000 jeunes Juifs bénévoles du monde entier ont participé à nos programmes. Ils ont tous passé des tests de présélection, car malgré leur enthousiasme, tous n’ont pas le profil requis. Ils ont ensuite reçu, sur le lieu de l’opération, une formation de deux semaines au cours de laquelle nous leur inculquons les notions de base du bénévolat et ce qu’ils auront à faire sur place. Chaque mission dure trois mois. Les chefs de projets éducatifs, agricoles ou sanitaires restent sur place une année. Mais nous avons aussi des bénévoles « qualifiés » qui effectuent des missions de deux semaines, par exemple des médecins sont venus de France, ou de jeunes lycéens…
Aujourd’hui quel est votre objectif ? Mettre en place 10 centres TEN (8 à l’international et 2 en Israël) et avoir 1 000 jeunes par an sur le terrain. Cela devrait arriver au cours de l’année à venir, car nous avons déjà 2 centres en Israël (qui sont axés principalement sur l’éducation et sur les relations avec la communauté bédouine) et 6 à l’étranger. Le dernier en date se trouve en Grèce où l’on s’occupe des réfugiés syriens et afghans. À l’automne, nous devrions ouvrir notre centre au Cambodge et pour finir en Géorgie.
Est-ce que vous communiquez sur vos actions afin de valoriser et de changer l’image d’Israël dans le monde ? Pas de façon frontale, mais il est évident que cela fait partie de nos objectifs… Nous ne faisons pas officiellement de diplomatie publique, ce que l’on appelle la « Hasbara » en hébreu, mais il est clair que tout le monde sait que nous sommes Juifs et Israéliens. Et donc le retour en termes d’image est automatique et significatif.
Est-ce que le bénévolat TEN change ces jeunes ? Sans aucun doute ! À leur retour de nos missions, il n’est pas rare de les voir changer d’orientation académique ou s’inscrire dans d’autres actions de bénévolat dans le pays. Je voudrais aussi mettre l’accent sur les relations humaines entre ces jeunes. Des liens puissants se créent entre les Israéliens et les Juifs de la diaspora, ils restent en contact de façon durable. Enfin, il est impressionnant de voir à quel point les jeunes Israéliens ont la volonté d’aider, je dirais presque que c’est dans leur ADN. D’autant que, non seulement ils donnent de leur temps, mais aussi de leur argent, car ils doivent participer aux frais d’hébergement et de repas (15 $/jour – NDLR).
Parlez-nous un peu plus du centre qui va ouvrir cet été en Grèce ? Il s’ancre parfaitement dans nos objectifs d’identité juive et d’engagement envers les autres. Les Syriens sont nos voisins, je ne parle pas bien sûr de nos ennemis, mais de la population qui ne demande qu’à vivre normalement. Ils sont placés dans des camps de réfugiés, dans des conditions de vie effroyables. Nous savons ce que c’est et pour cela nous sommes en mesure de leur apporter ce dont ils ont le plus besoin. Quant aux Afghans, qui s’occupent d’eux ? Si nous, les Juifs, ne le faisons pas, personne ne vient à leur secours. TEN est apolitique, ce qui nous intéresse c’est l’humain, surtout et avant tout.
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ISRAAID : QUAND ISRAËL SAUVE LE MONDE En 2018, les équipes d’intervention d’urgence d’IsraAID ont apporté une aide à 26 300 personnes à travers le monde, en réponse à 9 catastrophes naturelles survenues dans 7 pays. Au-delà de ces chiffres impressionnants fournis par l’ONG fondée en 2001, c’est toute une philosophie portée par des hommes et des femmes convaincus d’accomplir une véritable mission qui s’impose. Explications.
Par Caroll Azoulay
« J’ai commencé chez IsraAID par une mission de 15 jours et 8 ans après, j’y suis encore » explique Yotam Polizer, co-directeur général de l’ONG israélienne. Yotam Polizer a participé à des missions de sauvetage dans le monde entier, Yotam Polizer, co-directeur général du Népal au Japon en passant par le Mozambique (tout récemment victime du de IsraAid participé à des missions de sauvetage dans le monde entier. cyclone Idai) ou encore la Sierra Leone. IsraAID est née de la volonté de fédérer les initiatives individuelles de volontaires qui agissaient chacun dans leur coin afin de donner un impact encore plus fort aux actions menées. Outre les missions, mobilisables en quarante-huit heures, qui répondent aux situations d’urgence lors de catastrophes naturelles, l’organisation humanitaire apporte des réponses à plus long terme permettant aux populations de se reconstruire sur le plan psychologique et sanitaire. L’éducation, la prévention, mais aussi la transmission des outils permettant une autonomie économique aux agriculteurs notamment, fait également partie des axes de travail de cette organisation aidée par Israël et très soutenue par les missions de l’ONU dans les pays en voie de développement. « Sur le terrain, ce n’est pas le discours tenu à Genève ou à New York qui prévaut. Nous entretenons d’excellentes relations avec les délégations qui connaissent la valeur de notre engagement » explique le responsable. Selon lui, même si ce n’est pas l’objectif initial, l’image d’Israël est incontestablement revalorisée à travers cette action humanitaire à fort impact, et ce, même au sein de la Diaspora. « Nous nous appelons IsraAID. En soi, c’est une volonté ferme de dire que c’est Israël qui mène ces actions et pas des volontaires anonymes. Nous rencontrons de nombreux jeunes Juifs sur les campus, impactés par des discours du BDS ou indifférents à Israël du fait de leur éloignement. Ces rencontres changent parfois leur regard. » À ceux qui soutiendraient que l’action d’Israël à l’étranger est certes louable, mais qu’il vaudrait peut-être mieux s’occuper des problèmes nationaux, Yotam Polizer rétorque que l’action de IsraAID ne vient pas remplacer ce qui doit être réalisé dans le pays. « En outre, les volontaires de notre association sont souvent également actifs dans des organismes israéliens locaux ce qui enrichit leurs expertises parallèles. »
© MICKEY NO
AM-ALON
Dernière mission en date de IsraAID : l’aide apportée aux réfugiés syriens qui affluent en Grèce. À ce sujet, Yotam Polizer raconte son incroyable rencontre avec le père d’une petite fille syrienne à bord d’une barque de réfugiés, sauvée in extremis de la noyade. « Le père, les larmes aux yeux, m’a regardé et m’a dit en anglais, comprenant que j’étais israélien : “Mon plus grand ennemi est devenu mon plus grand sauveur !”. » MAI 2019
Tremblem NUMÉRO 13 •enLA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE t de terre au Népal
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SOS ISRAËL !
LES
ENFANTS DU RWANDA PEUVENT ENFIN SÉCHER LEURS
LARMES
En rwandais, Agohozo signifie : « Les larmes sont terminées ». Et pour cause, « Agohozo shalom Youth Village » est un projet unique créé au Rwanda, pour permettre aux enfants et jeunes rescapés du génocide perpétré au Rwanda de renaître à la vie. Shimon Salomon* est à l’origine de cette oasis de reconstruction d’inspiration israélienne.
Par Caroll Azoulay QUAND NOUS AVONS DÉBUTÉ, ON ENREGISTRAIT 6 % DE RÉUSSITE AU BACCALAURÉAT, AUJOURD’HUI CE CHIFFRE EST MONTÉ À 70 % !
« Dans notre village, nous avons banni la notion de punition. Face à des enfants ayant enduré des souffrances incommensurables, on ne peut avoir recours à des sanctions. Nous préférons employer une méthode en 3 phases basée sur la discussion, la négociation puis l’accord » explique Shimon Salomon, ancien directeur du département éducation de « Agohozo shalom Youth Village » (ASYV). C’est en 2008 que ASYV ouvre ses portes à 128 enfants. Trois ans plus tôt, la philanthrope juive américaine Anne Heyman a pris conscience de l’ampleur du génocide rwandais. Avec l’aide de Shimon Salomon, elle décide alors de s’inspirer du modèle des villages d’enfants israéliens qui a permis aux orphelins de la Shoah de prendre un nouveau départ, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
« En tant que Juifs, ayant souffert de la Shoah, nous ne pouvions rester insensibles à la tragédie qui s’est produite au Rwanda. Nous nous sommes inspirés des techniques et concepts spécifiques aux villages d’enfants et kibboutz israéliens pour encourager le processus de résilience chez ces orphelins rwandais ». Shimon Salomon bâtit alors la philosophie éducative de ce lieu qui accueille des enfants victimes de graves traumatismes. « Elle se base sur des principes fondateurs largement utilisés en Israël comme le Tikoun Alev (guérison du cœur) qui met l’accent sur la restauration de la confiance en soi à travers de nombreuses techniques de développement personnel ou encore le Tikoun Olam (réparation du monde) qui soutient l’idée que la personne la plus vulnérable a toujours quelque chose à apporter aux autres ». Toujours très lié à ce projet qui accueille aujourd’hui près de 500 résidents issus de familles à risques, défavorisées ou de victimes d’atrocités pendant la guerre, Shimon Salomon est heureux du chemin parcouru : « Quand nous avons débuté, on enregistrait 6 % de réussite au baccalauréat, aujourd’hui ce chiffre est monté à 70 % ! Les jeunes sont devenus indépendants financièrement, ont entrepris de hautes études et, surtout, transmettent les valeurs que nous leur avons inculquées : estime de soi, confiance en l’avenir, empathie, solidarité, volonté et courage. » © ASYV
www.asyv.org/our-story
* Shimon Salomon est né en Ethiopie et a immigré en Israël en 1980 à l’âge de 12 ans dans le cadre de l’opération Salomon. Il a grandi dans le village d’enfants Yemin Orde, créé en 1953 pour accueillir les orphelins de la Shoah. À partir de 2008 et pendant 3 ans, il s’implique dans la création du Agohozo shalom Youth Village, dont il est responsable du département Éducation. Député à la Knesset entre 2013 et 2015, il dirige aujourd’hui le village d’enfants de Kfar Silver.
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© ASYV
IDENTITÉ
ÊTRE JUIF À PARIS, COMME JUIF À LIMA… Comme nous tous, je n'ai pu échapper à cette annonce : "Les actes antisémites ont augmenté de 74% en France en 2018". Cette nouvelle qui n'en est pas vraiment une, tant elle ne change pas les habitudes de l'humanité, m'a fait penser à un texte que j'avais écrit quelques temps auparavant, lors d'un voyage au Pérou...
© ROOTS ISRAËL
Par Yoram Solomon, fondateur de Roots Israël Voilà, c’est ici que commence cette lettre… Sur une terrasse de café ombragée de Lima… À 15 000 km de Tel-Aviv, 10 000 km de Paris… J’aurais eu beaucoup à dire sur les mérites architecturaux de la ville, ainsi que ceux de ses habitants, sur les vertus du Pisco, des Chicanos, du Ceviche et autres spécialités locales… Mais à vrai dire, c’est autre chose qui m’a marqué ici depuis mon arrivée. Ici, à l’autre bout de la planète, à chacune de mes rencontres, lorsque j’explique que je viens d’Israël et que je suis juif… Le regard des gens ne change pas. Ça a l’air idiot comme ça, mais ici les gens ne savent même pas parfois qu’Israël est un pays et le mot « juif » ne leur évoque pas de sentiment spécifique… 30 millions d’habitants, 5 000 Juifs et juste une tentative de parti nazi à 6 personnes qui a fini en eau de boudin…
© ROOTS ISRAËL
Ici, quand t’es juif, les gens s’en foutent. Bordel… Ça fait du bien. Tu parles avec eux, tu essaies de montrer sur une carte avec ton gros doigt où se situe l’endroit où tu vis, mais comme ton index couvre la partie de la carte destinée à Israël, y’a rien à faire, ça ne leur évoque rien. Ils ne voient ni Israël, ni la Palestine. Non, la Péruvienne, parfois le Péruvien, enchaîne juste sur d’autres questions du genre : tu fais quoi là-bas ? Il y a du Pisco ? Il y a des beach-parties aussi folles qu’ici ? Et toi, tu attends le piège, tu suspectes qu’à tout moment une remarque sur le conflit israélo-palestinien, ou le mur, ou le boycott, ou la politique du gouvernement israélien, ou le sionisme va tomber… Mais non… Rien ne se passe. En face, ils finissent par te trouver bizarre à être nerveux comme ça, à les regarder fixement comme s’ils avaient dit une connerie… Mais non… La seule chose que je parvienne à lire dans leurs yeux, c’est une curiosité sincère et candide.
© ROOTS ISRAËL
Une curiosité qui les fait s’émerveiller de voir que tu parles une langue dont les caractères ne sont pas latins. On me demande même de parler hébreu, ce qui me permet de gonfler mon égo un maximum, moi qui après des années passées en Israël n’ai pas dépassé le stade de la « Kita Beth » (2e niveau). Du coup, avec un vocabulaire limité, je me sens « so Israéli », alors que je ne joue pas à domicile, en donnant du toda (merci), bevakasha (s’il-vous-plait), ma zé (qu’est-ce que c’est), lama (pourquoi) à toutes les sauces. Comme dit un de mes potes au bled, parfois ça fait du bien de ne plus être juif dans le regard des autres. Ça repose. Enfin surtout depuis quelques mois… Enfin quelques années… En fait, depuis toujours.
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IDENTITÉ
Pourtant, je n’ai jamais caché que j’étais juif. Enfin si, une fois quand j’avais 11 ans et que ma grand-mère m’a emmené passer des vacances sur la côte belge flamande. Elle m’avait dit, telle une bonne vieille ashkénaze, de ne pas crier sur tous les toits que je m’appelais Yoram. Du coup, je me suis fait appeler Jean-Pierre. Ne me demandez pas pourquoi Jean-Pierre, mais il semble que déjà à cet âge-là, j’avais commencé à conscientiser qu’en France ou en Belgique, s’appeler Jean-Pierre t’apporterait moins d’emmerdes que t’appeler Yoram… J’en aurais la confirmation quelques années plus tard. Je fais partie de cette génération de Juifs dont les potes cathos et muslims étaient fiers de dire qu’ils avaient des copains feujs. C’était presque pour eux une revendication. On était à l’époque de « Touche pas à mon pote » et nos potes étaient tous blancs, rebeus, feujs, blacks. C’était l’union sacrée. Quand parfois un acte antisémite avait lieu, toute la France descendait dans la rue, et pas seulement nous. Ça marquait tout le monde, ça choquait tout le monde. Je fais partie de cette génération qui emmenait ses potes non feujs à la synagogue, qui sortait sans crainte ou sans honte son étoile de David dans la rue, qui parlait d’Israël à ses potes comme d’un pays où il les emmènerait un jour manger un bon houmous. Je fais partie de cette génération qui a fait les scouts juifs de France (EEIF) et qui, lors des camps d’été, attirait la sympathie des villageois qui nous voyaient comme les Péruviens me voient aujourd’hui.
QUAND PARFOIS UN ACTE ANTISÉMITE AVAIT LIEU, TOUTE LA FRANCE DESCENDAIT DANS LA RUE, ET PAS SEULEMENT NOUS.
Aujourd’hui, j’aimerais me sentir juif en France, comme je me sens juif à Lima. Aujourd’hui, j’aimerais être un Juif du Pérou…mais partout dans le monde.
Pour mieux vous servir, à partir du 31 mai 2019, la société Pompes Funèbres Kaim est transférée au 55, RUE DU 4 AOÛT 1789 - 69 100 VILLEURBANNE
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BLOG MASSA JEUNESSE
MASSA,
UN PROGRAMME UNIQUE POUR LES , QUI SE DÉCLINE EN FORMULES…
JEUNES 200
© DR
Le programme Massa continue à attirer de très nombreux jeunes. Nous avons rencontré Ouriel Gottlieb, nouveau directeur de l’Agence juive pour Israël, qui fait le point sur ce programme essentiel pour les jeunes et la communauté.
Par Sophie Atlan Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs qu’est-ce qu’un programme Massa, quel est son ADN ? OURIEL GOTTLIEB : Massa offre à chaque jeune Juif âgé de 17 à 30 ans l’opportunité de participer à un programme de 4 à 10 mois en Israël. Il s’agit d’un projet initié par le gouvernement israélien et l’Agence Juive pour Israël. Massa comprend plus de 200 programmes de découverte et de bénévolat, d’études universitaires, d’études religieuses ou encore d’expérience professionnelle. Tous proposent des cours d’hébreu (oulpan), d’histoire du judaïsme et du sionisme, des excursions pour connaître Israël, la société et la culture israéliennes ou des rencontres avec des Israéliens. Ces programmes permettent d’élargir ses horizons, de se sensibiliser à de nouvelles idées et cultures et offre une meilleure compréhension du patrimoine juif. Cette expérience inoubliable marque les jeunes pour le restant de leur vie.
Les programmes Massa sont dans l’ensemble relativement chers… Quel est leur modèle économique et comment permettre à tous les jeunes qui souhaitent partir de le faire ? Le coût du programme varie selon le contenu proposé. Chaque participant bénéficie systématiquement d’une bourse en fonction du programme qu’il a choisi, de la durée et de son âge. Cette aide financière qui oscille entre 3 et 6 000 dollars subventionne une large partie du programme, voire dans certains cas la totalité du coût du programme. L’État d’Israël et l’Agence Juive investissent énormément d’argent dans ce but et le reste provient des généreuses contributions de donateurs à travers le monde dont évidemment celles des donateurs du Keren Hayessod.
Quelles sont les nouveautés Massa ? On parlait précédemment du coût des programmes. L’un des objectifs principaux de Massa est de rendre aussi abordable que possible une expérience enrichissante en Israël. C’est la raison pour laquelle, dès la rentrée prochaine, un nouveau programme quasiment gratuit va être lancé : le Service civil en Israël. Ce programme de volontariat propose aux jeunes une expérience significative de 10 mois dans une structure comme un hôpital, une crèche… avant d’entreprendre des études universitaires ou d’entamer une nouvelle étape de leur parcours personnel. Une année de transition. Un autre programme va voir le jour aussi dans quelques mois : le stage rémunéré. L’idée est d’offrir aux jeunes professionnels et aux titulaires d’un master l’opportunité de vivre une expérience professionnelle en Israël, tout en étant rémunérés. Nous investissons beaucoup d’énergie pour la réussite de ce programme qui permet de découvrir le monde du travail israélien.
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OURIEL GOTTLIEB, NOUVEAU DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’AGENCE JUIVE POUR ISRAËL EN FRANCE.
Avec les salons Massa qui ont déjà eu lieu, a-t-on constaté un regain d’intérêt pour ces programmes ? Nous organisons une grande tournée de salons Massa au mois de février. Une cinquantaine de responsables de programmes font le déplacement depuis Israël pour rencontrer des futurs bacheliers, étudiants et jeunes professionnels. Si ces dernières années l’intérêt pour les salons avait légèrement diminué, il est vrai que cette année le nombre de visiteurs a énormément augmenté, que ce soit à Marseille, Strasbourg, Lyon ou Paris. © DR
ouriel
Certains jeunes décident de poursuivre leur expérience Massa en faisant leur alyah notamment, d’autres rentrent en France. A-t-on des chiffres pour la France ? Environ 70 % des participants venus de France vont rester en Israël et faire leur alyah au terme de leur programme Massa. Pour beaucoup, Massa est une année de préparation et d’intégration à leur vie future en Israël. Pour d’autres, Massa représente plutôt une expérience personnelle ou professionnelle. Mais Massa laisse une empreinte très forte dans les esprits de ces jeunes et peutêtre que quelques années, ils décideront de faire le pas.
Comment cette expérience israélienne à long terme agit sur ceux qui rentrent ? Comment l’Agence Juive garde-t-elle le contact avec eux ? L’expérience Massa renforce les participants dans leur identité juive et leur donne goût à la vie communautaire lors de leur retour en France. Ils ont une nouvelle relation à la communauté juive, à Israël, au monde de la philanthropie juive ou au monde juif de manière générale. D’autre part, Massa peut aussi servir de tremplin à tous ces jeunes qui décident de faire leur alyah. L’Agence Juive intervient en organisant tout au long de l’année des activités autour d’Israël : des happy-hours avec des « acteurs » de la Start-up Nation, des soirées, des week-ends, les salons de l’alyah, etc. Le but de ces activités est de garder le lien avec ces jeunes qui ont maintenant une conscience plus forte de leur lien avec leur peuple et avec leur pays !
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Issu d’une famille très sioniste, Ouriel Gottlieb rejoint naturellement Israël après l’obtention de son baccalauréat en France. Il effectue son service militaire ainsi qu’une année de « Shli’hout » en tant que délégué d’un mouvement de jeunesse, avant d’entreprendre des études d’ingénieur en informatique. Il travaillera pendant 10 ans dans la High-tech. En 2015, à la suite des événements tragiques de France, il décide de venir renforcer les troupes de l’Agence Juive pour aider ceux qui souhaitent partir en Israël. Quatre ans plus tard, il se voit proposer le poste de directeur général de l’Agence juive, en remplacement de Daniel Benhaim. Il s’inscrit dans la continuité de ce dernier et rappelle que l’Agence Juive est une institution qui a des missions qui s’adaptent aux besoins du peuple juif, mais qui sont intemporelles. Il continuera donc à œuvrer pour l’alyah et l’intégration. Ouriel Gottlieb souhaite avant tout développer des services de proximité avec les communautés, en se déplaçant chez elles et en allant notamment à la rencontre des petites communautés de France qui sont les plus menacées en matière d’assimilation. Pour Ouriel Gottlieb, les communautés à travers le monde doivent maintenir une identité juive forte et pour y parvenir, il est nécessaire de créer un lien puissant avec Israël. L’alyah serait l'aboutissement d’un processus identitaire.
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DÉLÉGUÉES D’ISRAËL POUR LES JEUNES DE FRANCE… Anne-Eva a 28 ans et Nina 26. Toutes deux viennent d’Israël et sont déléguées de l’Agence Juive. Elles ont pour mission de créer ou de renforcer le lien des jeunes Juifs de France avec Israël. Une tâche essentielle, qu’elles remplissent avec passion et conviction. Elles nous racontent comment.
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Par Sophie Atlan
Comment ? En allant à leur rencontre tout simplement, dans les universités, dans les centres pour la jeunesse*, au Beth Loubavitch des Étudiants*, dans les Moishe House*, au Centre Revel*, etc. et en créant des partenariats avec toutes les associations, estudiantines ou pas, qui gravitent autour de la jeunesse juive de France. Et elles sont particulièrement nombreuses, surtout en région parisienne. « On est là pour rajouter quelque chose… explique Anne-Eva, ce quelque chose c’est Israël, et les associations sont demandeuses ! »
© DR
Anne-Eva connait bien la France. Et pour cause, elle y a vécu jusqu’à 18 ans, avant de faire son alyah et d’étudier l’architecture. Nina, elle, est née en Israël : ses parents sont français d’origine et elle a achevé des études de Sciences politiques et d’éducation. Elles sont en France pour un temps limité, comme tous les délégués de l’Agence Juive. Leur rôle n’est pas uniquement d’inciter les jeunes à partir en Israël, mais de leur parler d’Israël, de susciter le débat, d’éveiller leur curiosité.
Lors des activités organisées par les associations partenaires, elles sont présentes, parlent avec les jeunes, tentent de montrer la complexité et la diversité d’Israël, luttent contre les préjugés. Que se soit à l’occasion des fêtes, des shabbats, de soirées, ou tout simplement dans un café, elles ne ratent pas une occasion d’échanger avec eux. Cela se fait de manière informelle, lors de discussions, mais aussi de façon plus structurée. « Nous pouvons organiser des conférences, des jeux, des activités autour d’Israël, mais cela peut-être aussi une soirée gastronomie israélienne ou encore élections israéliennes comme nous l’avons fait avec la Moishe House ou avec la Relev. On leur donne des connaissances, des arguments… » indique Nina. Contrairement aux USA ou à l’Angleterre, où de nombreux délégués sont missionnés dans les universités pour lutter contre le BDS, elles n’agissent pas sur ce terrain. En France, le BDS est interdit, explique Anne-Eva, et quand il s’exprime quand même, l’UEJF (l’Union des Etudiants Juifs de France) est là pour le combattre ! Globalement, elles estiment que les jeunes Juifs de France ont des liens avec Israël, surtout quand ils fréquentent des universités comme Dauphine, où il y a beaucoup d'étudiants juifs. En région, cela est beaucoup moins vrai et quand elles le peuvent, elles n’hésitent pas à faire la promotion de Taglit (un séjour entièrement gratuit de 10 jours en Israël) ou des programmes Massa (qui permettent d’avoir une expérience israélienne de
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OÙ SE RETROUVENT LES JEUNES JUIFS DE FRANCE ? > LES UNIVERSITÉS
2 à 10 mois), pour tenter de ramener à Israël des personnes qui ne sont pas reliées à ce pays.
> DES CENTRES POUR ÉTUDIANTS • La Relev : un centre pour les étudiants juifs, une cafet', 2 salles de travail, des activités, des cours de Torah... 10, rue Cadet - 75009 Paris (ouvert presque 24h/24) • Le Centre Fleg : activités, cours, restaurant et même un studio de musique. 8 bis rue de l'Éperon 75006 Paris • Le Beit Loubavitch des Étudiants : études juives, shabbats, repas cachers et salle d’études. 1, rue de l'Abbé de l'Épée, 75005 Paris • Les Moishe House : Il en existe 2 à Paris. Le concept est original : des colocataires organisent des événements pour les jeunes actifs, dans leur appartement, en échange d’un loyer modéré. Il existe des Moishe House dans 27 pays du monde.
(cf. sur Facebook ou sur les sites)
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Il existe différentes associations étudiantes dans les universités. Elles proposent des repas cachers, organisent des événements, des voyages… Certaines disposent même de locaux au sein de la fac : l’UEJF, l’AJ Sorbonne, l’UEDJ Dauphine, etc.
Cependant, il est très difficile de rencontrer les Juifs qui gravitent complètement en dehors du cercle communautaire. « Notre rêve, c’est de les trouver ! » s’exclament-elles. Quand on leur demande quelle est la différence entre les jeunes Juifs de France et les jeunes Israéliens, elles tombent d’accord pour dire que les jeunes Français sont beaucoup plus académiques, individualistes et finalement plus conformistes que les Israéliens. « En Israël, on est éduqué à être volontaires, on fait l’armée ou le service civil, ce qui engendre une mentalité beaucoup plus collective, constate Anne-Eva. En France, les jeunes sont moins indépendants. Les études sont très prenantes et il faut remplir des cases. Le bac, la licence, le permis de conduire… Et l’on devient un professionnel beaucoup plus tôt : à 24 ans, on est déjà avocat ! En Israël, on fait d’abord l’armée, puis un grand voyage à l’étranger et l’on démarre ses études à 22/23 ans. » Anne-Eva et Nina sont toutes deux pratiquantes, mais les activités qu’elles organisent ne tournent pas autour de la religion. Elles sont contentes de rencontrer des jeunes de tous les milieux et de tous les courants. Elles tentent d’abord et avant tout de transmettre des valeurs juives auxquelles elles croient et bien sûr l’amour d’Israël. Idéalistes avant tout, c’est un travail qu’elles font avec beaucoup de conviction. Et de conclure : « C’est un travail important et enrichissant. Quand on arrive à transmettre notre idéal, c’est notre récompense ! ».
Retrouvez Anne-Eva et Nina sur leurs pages Facebook et Instagram… @Anne-Eva Darmon ou @Nina Simeoni Elles se feront un plaisir de vous inviter à tous les événements.
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AGENCE
MARTINE NATAF
26 ans de passion et de savoir-faire Vendre, Acheter, Estimer SpĂŠcialiste Ă Marseille du 8e, 7e, 6e, 9e et 12e Site : https://www.agencemartinenataf.com - Mail : agence-martinenataf@wanadoo.fr Contact : Martine NATAF + 33 6 09 55 23 32
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PORTRAIT
JOHANNA VALENSI : LA NIAQUE D’UNE JEUNE IMMIGRANTE FRANÇAISE Par Sophie Atlan
Johanna Valensi a 20 ans et deux années d’études de médecine derrière elle, quand elle décide de quitter Marseille pour aller vivre en Israël. Cela fait déjà longtemps que cette idée la taraude. Issue d’une famille religieuse, elle a fait toute sa scolarité en école juive — au Gan Ami — et elle n’entrevoit pas son avenir en France : elle veut élever ses « futurs enfants » en Israël ! Et puis, elle a du mal à supporter les actes antisémites : bien qu’elle n’en ait pas été directement victime, certains de ses amis se sont déjà fait traiter de « sales juifs » ou agresser…
Une réussite exceptionnelle, quand on connait la sélectivité des études biomédicales en Israël. Intéressée avant tout par la recherche, elle s’inscrit à l’Université hébraïque de Jérusalem. Son projet : un master en génétique pour devenir conseillère en génétique. La route est longue : 3 ans de licence, 2 ans de master, 2 ans de stage dans un centre de génétique, mais Johanna sait ce qu’elle veut et elle est extrêmement motivée. Elle est aujourd’hui en 2e année de biomédicale et ses études se déroulent à l’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem. Elle apprécie les méthodes d’apprentissage qui font appel avant tout à la compréhension. Elle a beau étudier en hébreu, elle comprend tout ! « Beaucoup plus qu’en France, où il fallait tout apprendre par cœur, déplore-t-elle… Ici, on a le droit d’ouvrir son livre pendant les examens ! » Elle apprécie aussi beaucoup le crédit que l’on accorde aux jeunes, car en Israël estime que ce sont eux qui portent le pays. « On les encourage, on leur fait confiance et ça marche » constate-t-elle. Elle-même travaille régulièrement, dans le laboratoire d’un professeur qui lui a donné sa chance, tout simplement.
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Brillante élève, Johanna, fille d’enseignante, envisage de faire des études à haut niveau. Ce qu’elle recherche avant tout, c’est un programme académique sérieux et encadré qui lui permettra d’aller le plus loin possible. Elle choisit d’étudier à la Mechina (année préparatoire) de l’Université hébraïque de Jérusalem dans le cadre d’un programme Massa qui lui permet d’accéder à une bourse. Cap sur l’hébreu, l’anglais, les maths et la physique ! Elle travaille énormément, surtout l’hébreu, car elle sait que c’est une des clés de la réussite. Elle confie ne pas avoir fait énormément d’excursions ou d’activités extrascolaires durant cette année, car elle a une priorité : réussir dans ses études. Ses efforts sont largement récompensés : elle passe son examen d’hébreu avec brio et obtient des résultats psychométriques très satisfaisants qui lui permettent, avec son bac S (mention très bien), d’accéder à des études biomédicales en Israël et d’obtenir en prime une bourse d’excellence délivrée par l’Université hébraïque de Jérusalem.
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Quand on l’interroge sur l’aspect humain de son aventure israélienne, elle dit s’émerveiller devant chaque chose : les soldats dans les rues, les quartiers religieux de Jérusalem, le fait de vivre au même rythme, lors des fêtes, des shabbats… Pour elle, qui est pratiquante, c’est important. « Même la mentalité israélienne me plait, s’exclame-t-elle. S’il est vrai que les Israéliens ont des côtés durs, ils sont toujours là quand on a besoin d’eux. C’est ce qui compte. » Pour autant, tout n’est pas rose. « La vie est très chère en Israël et c’est difficile d’avoir à se débrouiller tout seul. Il y a beaucoup de cours, et il faut trouver du temps pour travailler ». Heureusement que son « excellence » lui confère de nouvelles bourses, comme celle du CNEF, ou encore une bourse d’été qui lui permet de travailler en laboratoire. Question logement, elle partage avec trois autres filles religieuses un petit appartement situé à proximité de l’hôpital. Chacune fait ses courses, son ménage et ça se passe bien. Elle se souvient de sa première année en Israël, où elle était logée en cité universitaire (méonot) à Haar Hatsofim : « Même si l’endroit était très beau, les problèmes de sécurité étaient réels, à cause de la proximité des villages arabes. J’avais peur et quand je rentrais tard le soir, ma mère restait au téléphone avec moi, jusqu’à ce que j’arrive chez moi ! » Elle déplore l’éloignement géographique avec sa famille, dont elle est affectivement très proche. Elle a bien sa grand-mère paternelle, qui vit à Netanya, mais elle la voit rarement, car ses semaines sont très chargées. Alors elle n’a qu’une envie, c’est que sa famille vienne la rejoindre au plus vite !
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Ce serait d’ailleurs un juste retour des choses, car si elle est aujourd’hui en Israël, ça n’est pas par hasard, souligne-t-elle. Elle pointe du doigt sa grand-mère maternelle, Nicole Partouche, vice-présidente du Keren Hayessod Provence-Côte d’Azur, qui lui a inoculé le virus d’Israël depuis qu’elle est toute petite… Et en profite pour remercier le Keren Hayessod qui l’a aidée à réaliser son rêve à travers le programme Massa !
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ÉCONOMIE
IFI 2019 : ZOOM SUR LA LOCATION MEUBLÉE
L’IMPÔT SUR LA FORTUNE IMMOBILIÈRE (IFI) A REMPLACÉ L’ISF DEPUIS LE 1ER JANVIER 2018. DÉSORMAIS, SEULS LES BIENS IMMOBILIERS SONT SOUMIS À CET IMPÔT, À L’EXCLUSION DES BIENS MOBILIERS TELS QUE LES ACTIFS FINANCIERS. TOUTES LES PERSONNES DÉTENANT UN PATRIMOINE IMMOBILIER NET D’UNE VALEUR SUPÉRIEURE À 1,3 MILLION D’EUROS SONT ASSUJETTIES À L’IFI. MAIS TOUS LES BIENS IMMOBILIERS NE SONT PAS CONCERNÉS PAR L’IFI.
Par Maître Philippe VAN STEENLANDT
Quels sont les biens concernés par l’IFI ?
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Tous les actifs immobiliers non professionnels entrent dans l’assiette de l’IFI : maisons, appartements, dépendances, immeubles bâtis, terrains à bâtir, terrains agricoles, immeubles en cours de construction… Rappelons que les biens immobiliers entrent dans l’assiette de l’IFI qu’ils soient détenus directement ou indirectement par l’intermédiaire d’une société. Rappelons également que la résidence principale bénéficie d’un abattement de 30 %. Cependant, si la résidence principale est détenue par une société, cet abattement n’est plus applicable. Certains biens immobiliers bénéficient toutefois d’une exonération d’IFI : les bois et forêts, les biens ruraux donnés à bail à long terme… Surtout, les biens professionnels, c’est-à-dire les biens utilisés dans le cadre d’une activité professionnelle (industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale), sont écartés du calcul de l’IFI.
Qu’en est-il des biens loués en meublé ? Les biens loués en meublé peuvent être exonérés d’IFI dans certaines conditions. Mais le régime applicable dépend du mode de détention du bien. > Si le bien est détenu directement par le contribuable, le bien sera exonéré d’IFI si les trois conditions suivantes sont remplies : • L’activité de location est exercée à titre principal ; • Les recettes annuelles réalisées doivent être supérieures à 23 000 euros TTC ; • Le foyer fiscal doit retirer de cette activité plus de 50 % des revenus professionnels. En pratique, l’administration fiscale se contente du respect des deux dernières conditions : le redevable n’est pas tenu d’accomplir les diligences nécessaires à l’exercice d’une profession. > Si le bien est détenu indirectement par le contribuable, c’est-à-dire par l’intermédiaire d’une société, il faut distinguer suivant le régime fiscal de la société. • Si la société n’est pas soumise à l’impôt sur les sociétés : Le bien est exonéré d’IFI si le redevable exerce dans la société son activité professionnelle à titre principal. Cette configuration impose de pouvoir rapporter la preuve qu’une activité professionnelle est effectivement réalisée à titre habituel et constant au sein de la société en termes de temps, de chiffre d’affaires… Cela suppose que le redevable accomplisse des actes précis et des diligences réelles caractérisant la pratique d’une profession, preuve difficilement
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rapportable en pratique, sauf peut-être dans le cas où des prestations parahôtelières sont fournies. La preuve sera quasiment impossible à fournir lorsque le contribuable exerce une autre activité professionnelle, salariée ou non. Bien sûr, si un membre du foyer fiscal n’a aucune activité professionnelle, c’est lui qu’il conviendra de nommer en qualité de gérant. • Si la société est soumise à l’impôt sur les sociétés : Le bien est exonéré d’IFI si le redevable remplit les conditions suivantes : • Il exerce une fonction de direction dans la société, telle qu’un mandat de gérant ; • Il perçoit à ce titre une rémunération normale représentant plus de 50 % des revenus professionnels du dirigeant ; • Le cercle familial détient plus de 25 % des droits de vote dans la société. Nous pouvons donc conclure que la structuration du schéma d’acquisition d’actifs immobiliers en vue de les louer en meublé doit être bien étudiée en amont, notamment au regard des règles d’exonération d’IFI. Mais nous l’aurons compris, cette exonération ne sera pas toujours aisée à obtenir. Un moyen de réduire son IFI consiste alors à réaliser des dons à des associations éligibles : la réduction d’IFI sera égale à 75 % du don réalisé dans la limite de 50 000 euros. À vous de jouer !
e i v o c a r C e d s f i u J s e d s e c a r t s e l r Su
voyage du souvenir
Rencontre avec la communauté •locale de Cracovie. Participation manifestations •du festival de laaux culture juive Découverte du quartier juif, •cérémonies à Auschwitz et Birkenau, visites du Ghetto de Cracovie, de l’usine de Schindler, du camp de Plaszow.
de Cracovie.
Tarif : 450 € (ch. double- hors vol)
Du 23 au 25
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Infos : Yoël Rutbi 01 77 37 70 91 ou yoel.rutbi@kh-aui.fr -NUMÉRO www.keren-hayessod.fr - Nombre de places très limité MAI 2019 13 • LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE
HOMMAGE
MAXI LIBRATI :
UN MENSCH…
Par Richard Prasquier Président d’Honneur du Crif et des Amis français de Yad Vashem Président du Keren Hayessod France Membre du Conseil International d’Auschwitz
J’ai eu le privilège de remettre à Maxi Librati la Légion d’Honneur, le 11 octobre 2005, dans les salons de la Monnaie à Paris. Je présidais alors l’Association des Amis de Yad Vashem et Maxi était un militant indéfectible du Mémorial Yad Vashem à Jérusalem : la Vallée des Communautés, la place Janusz Korczak, la Place des enfants sans enfance, le Jardin et le Panorama, tous ces lieux de mémoire de Yad Vashem doivent en grande partie leur existence au soutien que Maxi a apporté. Tous les récits de survie puis de vie des survivants de la Shoah sont extraordinaires. Si celui de Maxi est vraiment stupéfiant, c’est aussi en partie grâce de la cohérence de l’homme. Fidélité, responsabilité, solidarité, optimisme balisent son parcours sur cette terre. Nos vies seraient tellement plus faciles si ces valeurs simples étaient plus largement partagées… Mais à ces caractéristiques, s’ajoutait chez lui un don exceptionnel : celui d’une intelligence rapide des situations, don probablement aiguisé par la débrouillardise indispensable au quotidien d’un garçon qui était l’aîné d’une famille extrêmement pauvre de 16 enfants de la banlieue lyonnaise. Intelligence de la vie qui a évidemment joué son rôle dans sa survie et dans sa carrière professionnelle. Voici un jeune homme de 18 ans qui, arrêté dans un train en juillet 1943, écrit la lettre suivante à ses parents deux jours avant le voyage de Drancy pour ce lieu lointain qu’on appelle Pitchipoï parce que nul ne connait le nom d’Auschwitz : « Surtout ne vous faites pas de mauvais sang pour moi, chers parents. Je voudrais que vous puissiez me voir, comme j'ai grossi et bronzé. Là où nous allons, nous serons traités comme il faut si nous avons la volonté de travailler. Vous pouvez, je vous assure, avoir confiance en votre fils Mardoché. » Ce n’est pas là un indice d’ignorance. C’est une volonté délibérée de vivre les événements en y cherchant les opportunités et non pas les regrets, et de ne pas en rajouter à l’angoisse de la famille. Au demeurant, il saura vite à quoi s’en tenir : dès l’arrivée à Birkenau, une fois qu’il aura été sélectionné et numéroté, il apprendra d’un ancien que les quatre cinquièmes de son convoi, le n° 59, ont déjà disparu dans la fumée du crématoire. En fait Maxi n’est guère resté plus d’un mois à Auschwitz, où il retournera des dizaines de fois aprèsguerre dans des voyages de mémoire. C’est qu’il est envoyé dans un autre camp de concentration, l’un des moins connus, l’un des plus durs et l’un des plus symboliques : celui qui a été créé à Varsovie même, où quelques milliers d’esclaves juifs de tous les pays déblaient les ruines pour alimenter les Allemands en matériaux de construction et en métaux. Il sera même plus tard affecté au petit commando chargé de brûler les cadavres. C’est sa première rencontre avec le judaïsme ashkénaze et son apprentissage dans les conditions qu’on imagine des bribes d’un yiddish qui lui servira aprèsguerre dans des circonstances professionnelles bien différentes.
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C’est donc de Varsovie qu’il devra entreprendre une véritable marche de la mort avant d’aboutir pour plusieurs mois dans des camps dépendant de Dachau. Il pèsera moins de 30 kg à sa libération, mais jamais il n’avait perdu espoir de survivre et de retrouver sa famille. Or, non seulement il a survécu, mais sa famille tout entière (17 personnes !) a été cachée. M. Georges Amblard, directeur de la Compagnie du Gaz où le père de Maxi était un modeste balayeur, recevra en 1997 le titre bien mérité de Juste des Nations. Quant à la magnifique réussite professionnelle de Maxi Librati, connue de tous, je n’en tirerai qu’une brève conclusion. Le jeune homme, dont on avait cherché à effacer le nom parce qu’on lui déniait la qualité d’homme, et dont on réduisait l’identité à celle du matricule 145 922, a vu son nom affiché dans le monde entier. Le pince-sans-rire qu’était Maxi Librati appréciait ce clin d’œil de la destinée. Un Mensch…
MAXI : LA VIE EST BELLE ! Témoignage d’Henri Levy Directeur Général du Keren Hayessod Europe
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C’était un militant pour Israël, hors pair. Il faisait partie du « Comité du Sentier » de l’AUJF. J’étais alors délégué du Keren Hayessod. Une fois, je suis allé me promener avec lui dans le Sentier. On n’a pas pu faire un mètre sans que quelqu’un ne vienne le saluer, avec un respect qu’on ne voit pas souvent. Maxi était un optimiste invétéré, quelqu’un qui voit la beauté partout, quoi qu’il arrive. La veille de sa mort, il a dit à son petit-fils : la vie est belle. C’est le résumé de sa philosophie.
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L’ÉCHO DES RÉGIONS KEREN HAYESSOD LYON RHÔNE-ALPES
UN SEUL PEUPLE, UN SEUL CŒUR !
Jeudi 24 janvier, dans les salons de Vatel / International Business School, s’est tenue la grande soirée de gala du Keren Hayessod 2019, qui accueillait le brillant colonel Yaari, venu parler des nouveaux défis sécuritaires d’Israël. La soirée au profit des jeunes défavorisés d’Israël et du programme éducatif Massa a été organisée de main de maître par Yaacov Moreno, directeur du Keren Hayessod Sud.
Par Line Toubiana © DR
De nombreuses personnalités françaises et israéliennes étaient présentes. Parmi elles, Samuel Grundwerg, le tout nouveau président mondial du Keren Hayessod, le Dr Richard Prasquier, président du Keren Hayessod France, Alain Sebban, vice-président du Keren Hayessod France, Thierry Toubiana, président du Keren Hayessod Rhône-Alpes, Amir Lapid, directeur du Keren Hayessod France, Henri Levy, directeur du Keren Hayessod Europe ainsi que Marcel Dreyfuss, président du Consistoire de Lyon.
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Samuel Grundwerg a rappelé combien les liens que le Keren Hayessod maintient entre les Juifs de la diaspora et Israël sont importants pour tous et que le Keren Hayessod fête ses 100 ans l’année prochaine. « Lors de la création du Keren Hayessod, qui aurait pu penser que De gauche à droite : Thierry Toubiana, Alain Sebban, l’État d’Israël serait ce qu’il est aujourd’hui ? Nous devons continuer Richard Prasquier, Samuel Grundwerg et Henri Levy à œuvrer pour que dans 100 ans, Israël soit toujours là et continue à faire le lien avec les Juifs de la Diaspora. Il faut toujours garder à l’esprit cette phrase “Am ehad, lev ehad” “Un seul peuple, un seul cœur” ! » a-t-il affirmé. Thierry Toubiana, le président régional, a replacé le Keren Hayessod dans son contexte local. « Bien qu’il ne fonctionne qu’avec une équipe bénévole, le Keren Hayessod est connu et reconnu dans la région et il reçoit de plus en plus de dons. Le Keren Hayessod est devenu acteur incontournable en ce qui concerne les liens tissés entre la communauté de France et Israël, et c’est particulièrement vrai à Lyon ! » La preuve : le KH régional s’est doté de nouveaux locaux au sein de la synagogue de Neve Shalom (grande synagogue séfarade) qu’il va inaugurer prochainement. Alain Sebban a quant à lui accueilli Samuel Grunwerg et a chaudement félicité les étudiants de l’UEJF venus apporter leur soutien, et il a salué le Colonel Yaari, rappelant cette magnifique phrase du Président Reuven Rivlin : «Tant que les portes de Jérusalem seront ouvertes, les portes de la Shoah seront fermées ». Le Dr Richard Prasquier, président du Keren Hayessod France, a rappelé le devoir des Juifs d’apporter une pierre au renforcement d’Israël. Puis le Colonel Yaari, chargé militaire près de l’Ambassade d’Israël à Paris et invité d’honneur, a exposé les principaux défis sécuritaires d’Israël. Il a dédié son allocution à son grand-père, survivant de la Shoah, arrivé en Israël en 1948, et qui, avant lui, a servi le pays dans l’armée de l’Air. Au cours de cette intervention passionnante, le Colonel Yaari a évoqué le rôle majeur de Tsahal dans la défense du pays, l’importance de la cybersécurité, et de la progression des productions militaires. Sans toutefois révéler de secrets militaires, il a donné quelques clés pour mieux comprendre le contexte sécuritaire. Enfin, dans un tout autre registre, Amir Lapid, directeur du Keren Hayessod France, a rappelé que la bien nommée Start-Up Nation voit disparaître les classes moyennes et augmenter la fracture sociale. Ce pays riche est aussi dramatiquement pauvre et laisse de nombreux enfants et jeunes sur le bord du chemin. C’est une des missions du Keren Hayessod que de les soutenir, notamment à travers l'un de ses programmes phares : “Villages de jeunes”. Ce dernier permet à de nombreux jeunes de sortir de leur condition et de s’insérer pleinement dans la société israélienne. Au menu également : dégustation de vins — grands crus israéliens — et succulent repas, un must pour la capitale de la gastronomie, sans oublier la touche finale qui a permis de finir la soirée en musique, sur la piste de danse, avec en tête, cette jolie phrase du président Grundwerg : « Am ehad, lev ehad ! »
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De gauche à droite : le Colonel Yonathan Yaari, Richard Prasquier et Thierry Toubiana.
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Renseignements en toute confidentialité auprès de Johanna Guetta : 01 77 37 70 90
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PLUIE D’HOMMAGES POUR NOTRE AMIE MAGDA RYCHLIK Par Karine Boukris Sa capacité d’écoute, son soutien, son humanisme, sa douceur, son humour, sa disponibilité, sa gentillesse : Magda ne laisse que des souvenirs et des commentaires attendris et affectueux aux uns et aux autres. Pendant toutes ces années, qu’elle n’a pas vu passer, Magda a su accompagner, écouter, consoler, soutenir pendant les moments difficiles, respecter et aimer toutes celles et tous ceux que la vie n’avait pas toujours gâtés, mais qui, au-delà du malheur et des souffrances, voulaient faire preuve de générosité envers les plus démunis du Peuple juif. « Magda m’a soutenu comme personne lorsque j’ai perdu mon cher mari » témoigne l’une des testatrices.
Madga avec Sam Grundwerg , président mondial du Keren Hayessod
Des petits secrets aux grandes confidences, Magda en a beaucoup entendu. Elle a su faire preuve de discrétion et de respect envers les parcours de vie de chacun de ses interlocuteurs. Magda a toujours été attentive aux besoins de chacun. « Heureusement que Magda était avec nous lors des voyages seniors, elle a su animer tout le groupe et prêter attention à chacun d’entre nous ». Toujours prête à partager une anecdote, une histoire, ou une recette de cuisine de sa Pologne natale, Magda a su garder son sourire et sa bonté avec tous et avec chacun, en toutes circonstances. C’est avec une immense reconnaissance, beaucoup de gratitude et d’affection que les testateurs et les donateurs du Keren Hayessod, ainsi que tous ses collègues, lui disent merci et bonne route dans sa nouvelle vie : voyages, cinémathèque, musique classique, joies en famille et avec ses amis. Après avoir vu Magda donner tant d’elle-même à tous les autres, nous lui souhaitons tous de vivre pleinement une « retraite » qui lui ressemble : sereine et enthousiasmante !
résidente Avec Judith Oks, vice-p nce du Keren Hayessod Fra
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LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE • NUMÉR0 13
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LÉGATAIRES
LEGS ET DONATIONS
KARINE BOUKRIS : AUX CÔTÉS DES AÎNÉS Il y a quelques mois, Karine Boukris a rejoint le département Legs et Donations du Keren Hayessod. Elle accompagne ainsi les généreux testateurs et ceux qui envisagent de faire un legs à Israël, dans la continuité de Magda Rychlik, ancienne responsable, partie à la retraite. Portrait d’une femme bienveillante et engagée contre les inégalités sociales.
Par Paula Haddad
© DR
Le soutien aux plus fragiles de la société, Karine Boukris a choisi d’y consacrer une partie de sa vie professionnelle. De formation juridique et sociale, elle a œuvré durant de longues années dans le secteur de l’action sociale. Elle a notamment travaillé dans la protection de l’enfance, l’accompagnement de familles défavorisées résidant dans des « quartiers sensibles » et l’aide aux personnes en situation de handicap. La conviction qu’il faut lutter contre toutes les inégalités a récemment suscité chez cette femme déterminée l’envie de s’investir autrement. Celle dont l’arrière grand-père paternel était rabbin à Djerba — elle-même est née en Tunisie — ne se décrit pas comme une « militante communautaire », mais explique s’être toujours intéressée aux débats de la communauté juive. Être responsable des Legs et Donations du Keren Hayessod fait donc sens : « Je pense que je suis arrivée au terme d’un cheminement intérieur. J’ai envie aujourd’hui de m’engager pour les miens. » Israël, pays de cœur, Karine Boukris y voue un attachement affectif car la majorité de sa famille a fait son alyah, et l’admire pour son extraordinaire puissance en matière de Recherche et Développement. Elle a, entre autres missions, l'objectif de mieux faire connaître les réalisations du Keren Hayessod pour les jeunes et les personnes âgées, et pas seulement à ceux qui envisageraient un legs. Et puis, il y a ce lien avec les testateurs, qu’elle tisse lentement depuis son arrivée, lors de rencontres à Paris et en régions, en soulignant le travail considérable accompli par Magda Rychlik. Karine Boukris confie avec tendresse : « Chaque personne est un monde et lorsque je vais à la rencontre de nos testateurs qui lèguent leurs biens, le patrimoine de toute une vie, je constate toujours que malgré leurs parcours de vie souvent très difficiles, et qui forcent le respect, ils conservent foi et espoir en l’avenir d’Israël et du peuple juif. Je pense particulièrement à cette dame, encore très active, sans aucune famille, qui m’a dit "Malgré les épreuves, j’ai toujours été optimiste !" ». Ce temps d’écoute, elle le consacre aussi à mieux comprendre les volontés de chacun quant à son futur don pour Israël, un moment de partage précieux. Karine évoque le manque d’attention général accordé à nos aînés : « On dit qu’une société sans histoire n’a pas d’avenir. J’ai été élevée dans le respect des anciens, ils ont leur histoire de vie à transmettre. Je trouve important de valoriser leur apport exceptionnel à notre construction personnelle et à celle de notre société. » Du 17 au 22 novembre prochain, Karine sera aux côtés de testateurs ainsi que d’autres participants dans le cadre de la prochaine « Mission Seniors » qui les emmènera en israël découvrir les programmes du Keren Hayessod. À vos agendas donc. En attendant, nous lui souhaitons bonne route !
KARINE BOUKRIS : Tel 01 77 37 70 88 — karine.boukris@kh-aui.fr
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LÉGATAIRES LEGS ET DONATIONS
POUR L’AMOUR DU JUDAÏSME Faire un legs reste un geste éminemment altruiste, plus encore lorsque l’on donne à une cause qui semble loin de vos racines. Émilie*, testatrice qui souhaite conserver l’anonymat, n’est pas membre de la communauté, mais a fait le choix du legs à Israël à travers le Keren Hayessod. Elle revient sur son parcours touchant, éclairé par le judaïsme. Très discrète sur sa personne et ses engagements, Émilie n’en demeure pas moins animée par une sincérité exemplaire lorsqu’elle raconte ce qui l’a conduite jusqu’au Keren Hayessod. Née dans l’ancienne Tchécoslovaquie, elle a « 18 ans et demi » précise-t-elle avec humour, quand elle arrive en France avec ses parents qui connaissent déjà tous deux le pays pour y avoir vécu. En effet, de part et d’autre, les grands-parents avaient travaillé un temps dans les mines françaises, avant de rentrer dans leur patrie. C’est l'invasion en 1968 de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie pour mettre fin au « Printemps de Prague » qui conduit la famille à cette nouvelle immigration en France. Émilie parle alors d’un « effondrement ». En 1969, elle s’installe dans le Nord, près de Lens, à Arras, puis à Lille où elle vit toujours. Le séjour de la jeune fille ne devait pas durer, mais la fermeture des frontières l’empêche de regagner son pays. Poussée par son père, elle obtient une licence de russe à la fac, mais sans conviction, car elle souhaite une vie plus active. Elle mènera une carrière de secrétaire dans le secteur bancaire. La religion ? Cette question ne faisait pas débat dans la jeunesse de cette femme qui grandit dans un pays communiste et athée. À l’âge de 30 ans, le hasard, s’il existe, amène Émilie à découvrir l’émission de Josy Eisenberg, La Source de Vie, diffusée le dimanche matin. « Je suis tombée sur deux personnes qui dialoguaient sur la religion, ce qui était assez nouveau pour moi. J’ai suivi l’émission de semaine en semaine, je voulais en savoir plus. J’ai vraiment été éblouie par la pensée juive » confie-t-elle. Si Émilie préfère les lectures aux cours par peur « de ne pas être au niveau », elle aime suivre des conférences pour apprendre, toujours. Elle parle de la « complexité » du judaïsme et cite parmi ses références, les ouvrages de Marc-Alain Ouaknin et de Philippe Haddad. La spiritualité et le savoir, voilà ce qui a marqué son cheminement, pas la conversion, mais la testatrice dit toutefois croire « comme les Juifs en un Créateur de ce monde. » Et puis, il y a Israël, le pays sur lequel elle a porté son regard. « Au décès de mes parents, étant seule, j’ai voulu préparer mon testament, j’ai alors contacté Magda Rychlik, ancienne responsable Legs et Donations du Keren Hayessod. Je dirais que je soutiens Israël par amour du judaïsme, pas comme un État, mais comme une terre qui appartient aux Juifs, où ils peuvent vivre leur religion librement » souligne Émilie. Celle-ci n’a pas seulement fait un legs au Keren Hayessod, l’an dernier, elle a rencontré les bénéficiaires de programmes lors de "voyage seniors" dont des adolescents à risques du « Village de jeunes » qui l’ont beaucoup marquée par leur courage. Sa connaissance du judaïsme, Emilie en fait part quand elle veut défendre les valeurs auxquelles elle croit. Si elle constate la libération de la parole antisémite en France, elle conclut, émue : « Si j’accepte de parler, c’est surtout pour dire aux membres de la communauté qu’il y a aussi des personnes qui vous aiment, vous estiment et connaissent la richesse du judaïsme. »
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* Le prénom a été changé
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LE BUSINESS CLUB DU KEREN HAYESSOD
JÉRÔME LÉVY, NOUVEAU
PRÉSIDENT DU KEREN HAYESSOD À STRASBOURG
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Tout nouveau président du Keren Hayessod Strasbourg, Jérôme Lévy succède ainsi à son ami Thierry Roos. Celui pour qui l’engagement associatif s’inscrit dans une continuité assure également la présidence du Business Club de Strasbourg. Un projet porteur qui invite à repenser la collecte traditionnelle, notamment auprès des jeunes actifs.
Par Paula Haddad Dans la famille Lévy, le sens de la transmission n’est pas une vaine formule. Au plan professionnel, Jérôme Lévy dirige depuis 2006 le renommé cabinet d'expertise-comptable Lévy-Geissmann & Associés, que son père Michel MONTRER Lévy a fondé il y a plus de 40 ans. L’engagement pour la communauté se perpétue également de génération en génération, le grand-père de Jérôme LE DYNAMISME présidait la Hevra Kadicha, son père est président du FSJU Est et de l’ASJ, ÉCONOMIQUE D’ISRAËL, l’Association Sociale Juive de Strasbourg et sa mère, responsable du vestiaire C’EST UNE NOUVELLE associé. Marié et père de trois enfants, l’expert-comptable a donc suivi tout FORME DE naturellement la philosophie des siens, en étant tout d’abord animateur puis MILITANTISME. responsable de la région Est des EEIF, puis président du jardin d’enfants communautaire Gan Chalom de Strasbourg. Depuis quelques années, il a le regard davantage tourné vers Israël : « Allon Lev, ancien Directeur Général et fondateur du Keren Hayessod France, pour qui j’ai beaucoup d’admiration, m’a convaincu de m’investir au sein de l’association. Par ailleurs, ce choix faisait sens avec l’évolution de mon parcours personnel et notre forte proximité affective et physique avec Israël puisque notre fils est parti faire ses études au lycée franco-israélien Maïmonide Mikvé Israël. » Si Jérôme Lévy a accepté la présidence de la section strasbourgeoise du Keren Hayessod, c’est parce qu’elle révèle un double challenge : développer le Business Club local de l’association qui propose à des entrepreneurs et des cadres de dynamiser leur réseau professionnel à l’échelle européenne lors d’afterworks. Le 19 mars dernier, la soirée de lancement a réuni avec succès, à Strasbourg une quarantaine de personnes autour de Shai Blitzblau, expert israélien en sécurité informatique. « Le Business Club est un vecteur d’attraction pour une génération d’actifs qui n’a pas la même culture du don que nos parents, ils ont besoin de se sentir concernés par un projet. Nous devons leur apporter une vraie plus-value à titre personnel avant de les solliciter. Je trouve également intéressant que notre Business Club soit ouvert à tous, cette première a rassemblé des membres de la communauté, mais aussi des non-juifs autour des valeurs d’entrepreneuriat et de Start-up Nation. Montrer le dynamisme économique d’Israël, c’est une nouvelle forme de militantisme. » Cette soirée organisée au profit de NET@, programme de formation informatique destiné aux jeunes défavorisés d’Israël est une première étape. En juin, le Business Club de Strasbourg accueillera le directeur innovation de Milk & Honey qui a sorti le premier whisky Single Malt israélien. Jérôme Lévy entend maintenir une dynamique : « Avec mon comité de bénévoles composé d’Arnaud Weil, Nathalie et Alexandre Ducat et Myriam Veil, nous organiserons entre deux événements, un afterwork plus restreint en nombre, pour poursuivre les échanges autour de nos métiers respectifs et de nos attentes professionnelles. C’est un lien continu qui permet là encore d’envisager la question du don de façon moins formelle. »
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LE BUSINESS CLUB DU KEREN HAYESSOD
BUSINESS ALYAH : CRÉER SON ENTREPRISE OU UNE START-UP
À
JÉRUSALEM !
© DR
Business Alyah est le tout nouveau service de l’association Qualita (acteur principal de l’intégration des francophones en Israël) et de la Mairie de Jérusalem. Il propose des conseils gratuits et en français aux nouveaux immigrants qui souhaitent se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise.
SABINE AIACHE, responsable de Business Alyah, raconte comment Michael A., venu avec l’idée d’ouvrir un magasin d’optique dans un centre commercial, a dû réviser son projet. « Ce dernier n’avait pas réalisé que dans ce même centre commercial, la plus grosse enseigne du pays possédait déjà un magasin gigantesque, défiant toute concurrence ! Nous avons retravaillé son projet main dans la main, et finalement Michael a ouvert une superbe boutique de vins et d’alcools fins qui n’existait pas dans ce centre. » Contact : SABINE AIACHE Mail : entrepreneur@qualita.org.il Tel : +972 (2) 5 020 444
www.hub-emploi.org.il
Partant du constat que le parcours de l’entrepreneur est souvent juché d’embûches : un pays que l’on ne connait pas, une culture, une langue, des codes différents, une administration souvent lourde, Qualita et la Mairie de Jérusalem ont décidé de s’investir auprès des francophones. Le service a ouvert ses portes il y a à peine 3 mois et les demandes ne cessent d’affluer. Les questions sont nombreuses : quels sont les droits d’un entrepreneur nouvel immigrant ? Bénéficie-t-il de déductions fiscales ? Quelles autorisations municipales doit-on recevoir pour ouvrir un restaurant ? Comment importer des produits de l’étranger ? Quel statut de société choisir ? Mon projet est-il en adéquation avec le marché israélien ? Le service Business Alyah s’est donné pour mission de contribuer au succès des entrepreneurs francophones qui désirent s’installer à Jérusalem. Pour cela, il leur fournit un véritable accompagnement pour identifier les opportunités et les défis de l’écosystème économique de la ville ainsi que des outils et des conseils indispensables à la réussite de leur projet. Il aide notamment les entrepreneurs francophones à surfer sur la croissance économique, à tirer parti des ressources humaines et technologiques existantes ainsi que des aides financières municipales. Si le service Business Alyah a choisi Jérusalem, ça n’est pas par hasard… Cette ville, longtemps connue pour ses vestiges architecturaux et sa spiritualité, s’oriente depuis plus de 5 ans vers l'entrepreneuriat et l’innovation de pointe. Des secteurs d’activités très variés se sont développés de façon exponentielle : la haute et moyenne technologie, l’innovation, la restauration, le tourisme, l’hôtellerie, l’industrie de la santé et du bien-être, le loisir, le prêt-à-porter, etc. Et on y trouve désormais les sièges de sociétés les plus en vue d’Israël : Mobileye, Orcam, Saleforces, Exlibris et Lightricks, ainsi que de grands fonds d’investissement tels que JVP et OurCrowd. La ville a aussi débloqué des aides financières et logistiques significatives afin d’encourager l’entreprenariat. Concrètement, le service Business Alyah propose un accompagnement personnalisé au nouvel immigrant, car ce n’est pas le tout d’ouvrir une entreprise, encore faut-il qu’elle soit adaptée et pérenne… Enfin des ateliers sur la gestion d’entreprise animés par des experts francophones abordent la fiscalité, l’établissement des prix, le marketing, les prêts bancaires, l’élaboration d’un business plan… Jérusalem se développe et connait un essor économique sans précédent. Si vous souhaitez faire partie de l’aventure, vous savez désormais à quelle porte frapper !
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LE BUSINESS CLUB DU KEREN HAYESSOD
D’afterworks en conférences, le Business Club du Keren Hayessod, rebaptisé I-LINK, suscite toujours plus d’intérêt auprès de ses nombreux participants. Cet hiver, il invitait le public de Paris, Lyon et Nice, à une rencontre avec Tal Chotiner, directeur innovation de Milk & Honey, première distillerie de whisky Single Malt en Israël. Cet expert en vins et spiritueux a présenté en exclusivité pour le Keren Hayessod cette entreprise pionnière, avec dégustation de whisky en prime. Retour sur une histoire comme seul Israël en fait. Milk & Honey : https://mh-distillery.com
WHISKY
LE PREMIER SINGLE MALT ISRAÉLIEN : L’IVRESSE DE L’INNOVATION Par Paula Haddad Les collines de Jérusalem, le désert du Néguev, la ville de Safed ou la Mer Morte. Nous connaissons tous ces lieux pour la beauté ancestrale de leur paysage, probablement moins pour leur climat propice au vieillissement du whisky. Pourtant, d’ici quelques années, un nouveau cru aura peut-être mûri dans l’une de ces zones géographiques. C’est du moins l’ambitieux défi de Milk & Honey, première distillerie de whisky d’Israël qui, pour l’instant, fait vieillir ses productions dans les caves qu’elle a installées en plein cœur de Tel Aviv. Gal et Lital Kalkshtein, entrepreneurs dans les hautes technologies et fondateurs de la marque en 2013, avaient un rêve : sortir le premier whisky Single Malt israélien.
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Pour rappel, le Single Malt est un whisky fabriqué à partir de 100% d’orge maltée, issu d’une seule distillerie d’où l’appellation « single ». Le couple choisit de solliciter Dr Jim Swan, maître distillateur de renommée mondiale qui œuvre à l’élaboration de la recette, sélectionnant les matériaux et les meilleures matières premières. L’homme, qualifié de légende par ses pairs, nous © DR a quittés juste avant de connaître le succès de sa collaboration. En 2017, Milk & Honey sort son whisky Single Malt, une édition exclusive de 391 bouteilles qui ns le cadre ation à Nice da fait partie de la gamme expérimentale, Soirée dégust k in I-L ub du Business Cl conçue aux prémices de la distillerie, avec un matériel artisanal. Cette édition est épuisée, plus encore, les 100 premières bouteilles sont acquises haut la main sur un site d’enchères écossais très réputé ! Et pour cause, grâce au climat israélien, marqué par son taux d’humidité et ses températures élevés, ce whisky vieux de 3 ou 4 ans semble beaucoup plus mature que son âge ne le laisse supposer, au point de surprendre les plus grands experts internationaux. responsable de Michaël Sfez, ce en ér nf co Une deuxième édition expérimentale du Single Malt israélien sé une I-link a organi avec Paris et Nice a vu le jour (seulement 324 bouteilles), mais elle est tout n dégustation à tio recteur innova Tal Chotiner, di aussi épuisée que la première selon le site Internet de Milk de M&H. & Honey. L’entreprise annonce que l’ultime version de son Single Malt sera prête à la commercialisation fin 2019. Elle produit d’autres références comme le « Young Single Malt » (vieilli durant une courte période) et le Levantine Gin. Cette histoire, Tal Chotiner, directeur innovation de la marque l’a racontée à un public d’amateurs de whisky et de néophytes, ravi de découvrir une facette totalement méconnue d’Israël et de savourer un spiritueux haut de gamme. Il a également évoqué les innovations technologiques israéliennes dans le secteur de l'alcool ou comment Israël fait pousser la vigne dans des rochers et entend recréer le vin cananéen à la suite de découvertes archéologiques. L’expert sera de retour en France en juin, à Strasbourg, pour présenter les dernières avancées de Milk & Honey, dans le cadre d’un nouvel afterwork du Business Club. De quoi encore aiguiser les papilles de tous, fins connaisseurs de whisky ou pas. MAI 2019
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1. STRASBOURG, 19 MARS 1ère rencontre Business Club « i-Link », en présence de Shaï Blitzblau, expert israélien en cybersécurité et renseignement. 2. AIX-EN-PROVENCE, 1er AVRIL Soirée privée à Aix-en-Provence en présence du journaliste israélien Richard Darmon
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3. LYON, 4 AVRIL Soirée théâtre « Une histoire d’amour 48 », à l’espace Hillel. 4. NICE, 5 AVRIL Belle soirée à la mémoire d'Elisabeth Sabbah (z''l), grande militante du Keren Hayessod. Avec l’Ambassadrice Aliza Bin-Noun, Géraldine Zermati et Thierry Teboul, co-présidents du Keren Hayessod Nice Côte d’Azur, Judith Oks et Alain Belhassen. Philippe Teboul a reçu le Prix Herzl, pour ses actions et son dévouement à Israël. 5. MARSEILLE, 7 AVRIL Conférence du Dr Annie Mozziconacci Levy, organisée par la Division féminine du Keren Hayessod Provence Cote d’Azur. Plusieurs responsables et présidents d'autres associations étaient présents. 6. 10 FÉVRIER : NETTA À PARIS !
La chanteuse Netta invitée par le Keren Hayessod a enflammé le Châlet du Lac. La gagnante de l’Eurovision a réuni près de 650 personnes, des fans de la chanteuse, mais aussi tout simplement des amoureux d’Israël, venus fêter son succès et passer un superbe moment en famille. La soirée s’est faite au profit du programme Net@, des jeunes défavorisés qui bénéficient de formations à la high-tech.
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MAIS AUSSI :
7. PARIS, 24 JANVIER Le président de l’État d’Israël, Reuven Rivlin en visite à Paris. Rencontre avec des donateurs du Keren Hayessod.
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8. PARIS, 12 FÉVRIER Le ministre de l’intégration, Yoav Galant, rencontre les leaderships du Keren Hayessod, AJPI et OSM à Paris. 9. PARIS, 12 MARS La Division Féminine du Keren Hayessod : soirée débat. En présence de Richard Prasquier, de Mohamed Sifaoui et de Jonathan Hayoun autour de son dernier livre La main du diable coécrit avec Judith Cohen-Solal.
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CULTURE
TIKOUN OLAM : RÉPARATION DU MONDE Par Richard Prasquier Dans cette expression, le sens des mots ne prête à aucune confusion et ne permet non plus guère de détournement : Tikoun signifie réparation et Olam signifie monde. ( לתקןletaken) peut se traduire par une considérable quantité de verbes en français, mais ils véhiculent tous la même idée : corriger, amender, régler, soigner, réparer, résoudre, raccommoder, rectifier, dépanner, rétablir, réformer, arranger… ( תקיןtakin) signifie normal, en bon fonctionnement. ( להתקיןlehatkin) est la forme factitive hifil et signifie installer. Tikoun Olam signifie donc réparation du monde. Un vaste programme… C’est un concept aujourd’hui très répandu, notamment dans le monde anglosaxon : sa popularité y a franchi les barrières linguistiques et religieuses ; il a été utilisé par Barack Obama aussi bien que par le Président Rivlin. Aux États-Unis, l’expression est devenue si commune, et peut-être si galvaudée, qu’on raconte qu’une touriste américaine a demandé à son guide israélien : « Comment dites-vous "Tikoun Olam" en hébreu ? ». Pour le rabbin Mordekhai Chriqui, qui a récemment écrit sur le thème du Tikoun Olam un livre dont ces quelques lignes s’inspireront, la notion de Tikoun Olam (telle qu’on la retrouve dans le Talmud, par exemple au traité Gittin à propos de la protection des femmes dans le divorce) fait référence à la recherche d’intérêt général, et celle-ci peut viser à atténuer les conséquences injustes d’une application tatillonne de la loi. C’est à Dieu qu’on demande, dans la prière Alenou, de « letaken et haOlam » (réparer le monde) en ramenant les idolâtres à son service. Mais dans la Kabbale de Louria, c’est l’homme qui se trouve lui-même chargé de contribuer à la réparation du monde. Sujet difficile : la méditation sur l’harmonie engendrée par l’union des flux masculins et féminins des émanations divines présuppose une profonde et longue étude de la Kabbale qui n’est le fait que de quelques rares individus : toute simplification ne peut qu’être une distorsion. L’enseignement de Isaac Louria fut transmis par ses élèves Hayyim Vital et Joseph ibn Tabul. Leur travail fut vulgarisé dans le monde chrétien par Christian Knorr von Rosenrath. Par ce dernier, il fut connu de Newton et de Leibniz et imprégna peut-être inconsciemment la philosophie de Hegel comme la poésie de Holderlin. Quant à la pensée juive, l’influence de la kabbale lourianique fut immense, quoique souvent souterraine : du rabbin Luzzato au Gaon de Vilna, aussi bien que plusieurs des maitres du hassidisme, elle dépasse aussi bien les dimensions de ce texte que les compétences limitées de son auteur. Après l’événement catastrophique au cours duquel se sont brisés les vases où s’était concentrée la lumière divine, cherchant à se limiter pour laisser une place à l’homme, mais trop forte du fait de cette concentration pour leur fragile réceptacle, la rupture d’unité est devenue le destin de l’humanité. L’homme lourianique travaille, en particulier par les
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mitzvot, à rétablir l’unité initiale de la création, cette harmonie primitive inaccessible aux connaissances expérimentales sur lesquelles s’appuie la démarche scientifique exotérique. Par cette aspiration à l’unité, il cherche à « réparer le monde » : la justice est une manifestation parmi d’autres de cette unité. C’est dans un contexte bien différent de celui de la Kabbale que le terme de Tikoun Olam s’est popularisé aux États-Unis à partir des années 60. Il ne s’agit plus ici d’une approche des mitzvot, mais d’une volonté d’améliorer la société, par un activisme philanthropique. Paradoxalement, ce nouvel usage de l’expression s’harmonise mieux avec son sens talmudique primitif, dans un pragmatisme plus moral que mystique. La prévalence du terme Tikoun (par exemple la revue de ce nom du controversé rabbin Michael Lerner) notamment dans le judaïsme libéral américain et dans des milieux parfois assez éloignés de la praxis a aussi entraîné des réactions ironiques ou hostiles, telle celle du célèbre journaliste conservateur Norman Podhoretz, du Commentary Magazine, qui a écrit qu’il s’agissait d’une sorte de nouvelle méta-religion permettant d’esquiver les obligations du judaïsme dans un humanitarisme diffus et souvent naïf. Il est de fait qu’une grande partie des Juifs ont lutté, depuis la Haskala, pour le progrès de l’humanité : il s’agit là d’engagements pour la justice dont on peut facilement trouver l’origine dans la Bible elle-même et c’est une fierté que de voir le nom de tant de Juifs dans les combats les plus nécessaires, par exemple aux États-Unis la lutte pour les droits civiques des Noirs. « Si je ne suis que pour moi, qui suis-je ? », dit Pirke Avot. Mais faut-il pour autant oublier la phrase précédente ? : « Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? » Cette tension insoluble entre le « nous » et « les autres » contribue à la grandeur du judaïsme. Espérons qu’il continuera de marcher sur deux pieds.
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CULTURE
YOAN SMADJA :
AU CŒUR… DE SON PREMIER ROMAN Propos recueillis par Sophie Atlan Vous êtes l’ancien directeur général du Keren Hayessod France et vous signez votre premier roman… qui se déroule au Rwanda, au moment du génocide. Pourquoi avoir choisi ce cadre ? En 2006, alors que j’étais l’un des responsables du mouvement de jeunesse Hachomer Hatzaïr à Paris, j’ai co-organisé un voyage consacré aux thématiques de la mémoire et de la reconstruction. Avec une trentaine de participants (responsables du mouvement, survivants du génocide des Tutsi du Rwanda, jeunes franciliens sélectionnés par le Conseil régional d’Îlede-France, historiens), nous nous sommes rendus au Rwanda et en Israël. Ce voyage a été bouleversant, j’ai ressenti le besoin d’écrire. La forme du roman a été retenue, car, à l’époque, le génocide des Tutsi avait essentiellement été abordé sous le prisme des sciences sociales et du récit. Il m’a semblé qu’un livre de fiction permettrait de conférer à cet événement, malheureusement peu connu alors qu’il est à l’origine du meurtre de près d’un million de personnes en l’espace de trois mois, une dimension plus personnelle, peut-être plus intime et donc un aspect plus grand public : à travers mes personnages, je tente de raconter la petite histoire dans la grande, celle d’une jeune famille prise dans le chaos.
Vous vivez aujourd’hui en Israël… mais votre imaginaire vous porte au Rwanda. Quelles sont les passerelles entre ces deux pays ? De manière assez naturelle, les deux pays ont toujours été proches. Des points communs entre la Shoah et le génocide des Tutsi découle une communauté de destins et la manière dont les systèmes scolaires et les musées-mémoriaux enseignent ces événements fait l’objet de nombreux échanges et visites de travail. Mais les coopérations s’exercent dans bien des domaines et une nouvelle ambassade israélienne, permanente, a été installée à Kigali. Les champs d’action communs sont importants : agriculture, éducation, technologies de l’information et de la communication. Par ailleurs, des vols directs s’établiront entre Tel-Aviv et Kigali dès cette année. Le Rwanda offre des paysages magnifiques, vallonnés, on le surnomme le « Pays des mille collines ». Il est extrêmement vert et doté de parcs nationaux splendides et d’une faune protégée. Le chemin vers la démocratie reste tortueux, mais alors que le génocide avait considérablement atteint sa démographie et son économie, le Rwanda connaît un essor formidable. Il se tire « par le haut » des événements de 1994, grâce entre autres à un processus de réconciliation nationale qui a intégré une dimension de justice reposant sur des tribunaux populaires.
Votre roman parle du génocide des Tutsi. Le fait de faire partie du peuple de la Shoah rend-il plus sensible aux autres génocides ? Peut-on faire des parallèles ? Peut-être, en effet, existe-t-il une sensibilité particulière, entre autres à ce que l’on appelle les « signaux faibles ». La Shoah et le génocide des Tutsi du Rwanda de 1994, comme celui des Arméniens de 1915, sont des événements qui répondent à la définition du génocide. L’historien Yves Ternon le décrit comme « la destruction physique, massive d’une partie substantielle d’un groupe humain dont les membres sont tués pour leur appartenance à ce groupe ».
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LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE • NUMÉR0 13
MAI 2019
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LE RWANDA
CULTURE
Pour autant, chacun de ces événements connaît des spécificités. Celles qui caractérisent la Shoah, à ma connaissance, sont les suivantes : l’ampleur du phénomène avant tout. Six millions de personnes ont été assassinées et ce chiffre dépasse l’entendement — quoique le génocide des Tutsi du Rwanda ait conduit à la mort de près d’un million de personnes en l’espace de trois mois. D’autre part, c’est l’objectif recherché par les nazis d’éradiquer la population juive de manière totale et définitive partout où cela s’est avéré possible, tandis que le génocide des Tutsi a été circonscrit au Rwanda alors que des Tutsi vivent dans d’autres pays de la région des Grands Lacs. Enfin, c’est l’absence totale d’intérêt politique : en effet, même si rien ne peut ni ne doit justifier la destruction d’un peuple, une forme de rivalité, installée puis exacerbée par la colonisation, a opposé Hutu et Tutsi au Rwanda tout au long du XXe siècle, alors que l’élimination totale des Juifs d’Europe ne répondait à aucune forme de nécessité de nature politique, les juifs ne détenant aucune forme de pouvoir.
Votre roman parle aussi d’écriture. Il y a une femme muette qui écrit pour survivre et une autre journaliste qui cesse d’écrire face à l’horreur… Que représente l’écriture pour elles et pour vous ? Mon roman est construit autour de deux voix : celle d’une jeune femme d’origine Tutsi, muette, qui vit à Kigali et travaille au service de l’ambassade de France. À la recherche de ses proches emportés par le tourbillon des événements, elle écrit des lettres à son mari, ses mots étant son seul moyen de d’expression. L’autre est une journaliste parisienne, dépêchée par sa rédaction au Cap afin d’y couvrir les premières élections démocratiques post-apartheid. Elle est progressivement happée par les événements du Rwanda. Entre elles, la mécanique génocidaire s’installe et une course pour la vie comme pour le sauvetage de leurs proches va démarrer. L’écriture, dans certaines circonstances, est la seule et unique échappatoire. Ce qui m’a intéressé ici, c’est de tenter de comprendre ce qui est susceptible de traverser l’esprit, à la fois d’une jeune mère de famille aux prises avec le bouleversement total de son existence et d’une journaliste, finalement étrangère aux événements, plongée au cœur de ceux-ci. La fiction, les rebondissements nécessaires pour porter le récit, l’attachement — du moins, je l’espère — aux personnages permettent, à ma modeste mesure, de mieux comprendre le tragique de cet événement.
Ecrire, c’est bien entendu aussi lire… Quels sont les auteurs qui sont derrière votre plume et qui vous inspirent ? Je suis un grand lecteur de romans, essentiellement contemporains et très variés. Parmi les auteurs qui m’ont le plus marqué : Albert Cohen, Fyodor Dostoyevsky, Romain Gary, Laurent Gaudé, Philip Roth, Bernard Werber, Pierre Lemaître, Mathias Enard.
MAI 2019
POUR EN SAVOIR PLUS :
J’AI CRU QU’ILS ENLEVAIENT TOUTE TRACE DE TOI YOAN SMADJA ÉDITIONS BELFOND AVRIL 2019
NUMÉRO 13 • LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE
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