ISSN 2552-1691
n° 15 DÉCEMBRE
DÉCEMBRE 2019 - PRIX : 5 €
www.keren-hayessod.fr
2019
LÉGUER UNE ASSURANCE-VIE AU KEREN HAYESSOD
CONCERT PRIVÉ RDV LE 26 JANVIER
LES TRÉSORS
DU GOLAN
© KH/DR
DOSSIER
MISSION OUGANDA LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE
n° 15 DÉCEMBRE
SOMMAIRE
2019
Yessod 10, place de Catalogne 75014 Paris Tél. : 01 77 37 70 80 www.keren-hayessod.fr Facebook ISSN 2552-1691 DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Alain Belhassen RÉDACTRICE EN CHEF Sophie Atlan Tél. : 01 77 37 70 85 Sophie.atlan@kh-aui.fr DIRECTRICE ARTISTIQUE / GRAPHISME Joëlle Paris jparis@free.fr CONTRIBUTEURS :
Sophie Atlan Caroll Azoulay Danielle Darmon Paula Haddad Francis Kauffmann Yigal Palmor Richard Prasquier PUBLICITÉ Ran Keiny 01 77 37 70 91 07 66 39 78 79 ran.keiny@kh-aui.fr ADMINISTRATION /COMPTABILITÉ Johanna Guetta 01 77 37 70 90 Johanna.guetta@kh-aui.fr
PRÉPRESSE / IMPRESSION / FABRICATION PRN Carpiquet
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Éditorial SI JE NE SUIS PAS POUR MOI... Par Richard Prasquier
Chiffres : ISRAËL EN AFRIQUE Regard sur Israël UNE KIPPA PEUT EN CACHER UNE AUTRE Par Yigal Palmor
DOSSIER -
MISSION OUGANDA
8 > 19 21 Le Keren Hayessod en mouvement
21/ LE DR RICHARD PRASQUIER PASSE LE FLAMBEAU À JUDITH OKS ET À DAN SERFATY 22/ JUDITH OKS, MILITANTE DANS L’ÂME ! 23/ DAN SERFATY, SERIAL ENTREPRENEUR AU SERVICE DE LA PHILANTHROPIE
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Société israélienne LAÏCS & ORTHODOXES EN ISRAËL : VERS UN RAPPROCHEMENT ?
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L'écho des régions
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Le Keren Hayessod à travers le monde
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Walk Israël
34 36 38 41
AVNER NAHUM, NOUVEAU DÉLÉGUÉ DU KEREN HAYESSOD À LYON
LA SUISSE ROMANDE : ENGAGÉE POUR ISRAËL AVEC LE KEREN HAYESSOD !
WALK ISRAËL 2019 : EN DEHORS DES SENTIERS BATTUS
Legs, donations et assurance-vie VOTRE CONTRAT D’ASSURANCE-VIE AU BÉNÉFICE D’UNE ASSOCIATION, C’EST POSSIBLE !
Culture loisirs LES TRÉSORS DU GOLAN EN TOUTES SAISONS
Retour en images Digressions linguistiques
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NUMÉRO 15 • LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE
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Une Organisation signée David Guez
Traiteur événementiel - Organisateur de récéptions
PESSAH 2020
Du Mercredi 08 Avril au Vendredi 17 Avril
D a v id G u ez Or g a ni s at i o n Tel : 04 93 54 93 90 davidguez55@gmail.com www.davidguez.com
Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Mais si je ne suis que pour moi, qui suis-je ? Pourquoi consacrer dans ce numéro de Yessod tant de place à l’Ouganda ? Certes, l’importance géopolitique de l’Afrique est destinée à croitre, car l’inéluctable évolution démographique entraînera des bouleversements dans ce continent dont la population va exploser, en face d’une Europe en tragique vieillissement. Mais quel lien avec Israël ? Il suffit d’évoquer l’histoire ancienne du sionisme et l’histoire moins ancienne des exploits de l’État d’Israël pour y trouver le nom de l’Ouganda. C’est aujourd’hui un pays de plus de quarante millions d’habitants, encore l’un des plus pauvres de la planète. On dit que c’est la « perle de l’Afrique », mais son histoire fut souvent tragique, depuis les envois d’esclaves vers la péninsule arabe, jusqu’aux horreurs des enfantssoldats de l’Armée de Libération du Seigneur, en passant par le sinistre Amin Dada.
É DI TO PAR RICHARD PRASQUIER PRÉSIDENT DU KEREN HAYESSOD FRANCE
Pour certains Ougandais que nous avons rencontrés, les Juifs, aussi mal connus qu’ils soient, sont les enfants privilégiés de l’Alliance. Ils bénéficient, et Israël avec eux, d’un respect particulier. L’imprégnation biblique issue de la colonisation, renforcée par le développement des mouvements évangéliques rend compte de cette attitude. Mais ce n’est pas pour recevoir ces marques de respect, certes agréables par les temps qui courent, que le voyage du Keren Hayessod a été effectué. C’est pour voir de près le programme Ten. Et nous en avons été très fiers. Les amis d’Israël considèrent que la problématique humanitaire a été détournée de façon pavlovienne par certaines organisations devenues consciemment ou non les idiots utiles de l’islamisme. Il a suffi que les secours israéliens aient été les plus efficaces dans le séisme qui a dévasté Haïti en 2010 pour faire surgir les écœurantes accusations de trafics d’organes, et les réfugiés palestiniens ont atteint une dimension quasi christique. D’un autre côté, certains jeunes juifs estiment que les valeurs humanitaires résument à elles seules le judaïsme (le Tikoun Olam) et pensent que défendre Israël est faire preuve de particularisme. Israël est l’un des pays du monde (peut-être le pays du monde) qui consacre la plus grande part au travail humanitaire. Et cela remonte à loin : si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Mais si je ne suis que pour moi, qui suis-je ? Maintenir cet équilibre c’est là la vérité de la condition juive, c’est le sens du programme Ten.
Bonne lecture ! DÉCEMBRE 2019
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REG RD UNE KIPPA PEUT EN CACHER UNE AUTRE © DR
PAR YIGAL PALMOR PORTE-PAROLE DE L’AGENCE JUIVE POUR ISRAËL
LA KIPPA, RESTE UN SYMBOLE À DÉCRYPTER, PAR SA PRÉSENCE COMME PAR SON ABSENCE, MAIS TOUJOURS PLEIN DE SENS
Qu’est-ce qu’une Kippa ? On croit tout savoir de cette calotte que certains disent ostentatoire, mais en fait, une Kippa en cache une autre, et une Kippa n’est pas forcément celle que vous croyez. Oui, c’est certainement ce que le Grand Rabbin Lau appelle un drapeau, un signe d’identité. Tant et si bien que le premier geste de laïcité des Juifs au temps des Lumières était de s’en débarrasser. Ces révolutionnaires étaient devenus des sans-culottes. Mais la coutume orthodoxe exige que les hommes se couvrent le chef, sans indiquer la nature de la couverture : un béret, un chapeau, un bonnet, une casquette, une coiffe — tout cela pourrait faire l’affaire. Mais c’est la Kippa qui porte la tête haute, si l’on peut dire, et qui, peu ou prou, réunit tous les symbolismes. Il suffit, pour s’en rendre compte, de connaitre quelques expressions en hébreu et de regarder la diversité des calottes proposées à la vente à Jérusalem, par exemple. La Kippa, en hébreu, c’est aussi une coupole, c’est aussi le firmament (la « Kippa des cieux »), c’est également un dôme (« Kippat Barzel » - le système anti-missile Dôme de Fer), et c’est aussi une expression qui désigne la puissance d’un roi, qui « gouverne » ou qui « règne la Kippa ». Notons au passage que Kippa est également un site d’information de tendance nationalereligieuse, dont le rival, d’ailleurs, se nomme Srougim (« Tricotés »), en allusion, justement, à la texture typique de la Kippa qui caractérise ce secteur religieux. Car, vous l’aurez deviné, la texture, les couleurs, le design, le modèle, les dimensions de la Kippa sont autant de signes d’appartenance à des courants distincts, voire des inclinations sociopolitiques. On ne porte pas la Kippa candidement, à Jérusalem, elle est une vraie pièce d’identité. On a même vu une Kippa à découper dans un journal - mais ca, c’était en Allemagne, où le quotidien BILD avait proposé à ses lecteurs une Kippa à la Une, en signe de solidarité avec les Juifs allemands, dont certains avaient été pris a partie à cause du port de la Kippa. Une manière de dire « Nous sommes tous des Juifs allemands », mais en Allemand. Mais de retour chez nous, il faut savoir distinguer les grandes Kippas noires, souvent en velours, typiques chez les Haredim : plus volumineuses chez les Hassidim, plus plates chez les Litvaks, plus élégantes chez les Sépharades. Et il ne faut pas les confondre avec les traditionnelles Kippas carrées des Juifs de Boukhara ou les grandes blanches des Breslavs ! Quant aux différentes catégories du secteur national-religieux, on en trouve des tricotées très larges (dites parfois « coquille d’œuf ») ou des plus discrètes, des bigarrées et des sobres, portant des inscriptions, des dessins, voire des insignes d’équipes de foot — selon l’impression recherchée, celle d’appartenir à un groupe ou un courant ou celle d’être indépendant. Parfois même sans aucune signification particulière — c’est dire ! Le comble, c’est ce qu’on appelle communément la Kippa transparente - vous ne la trouverez dans aucun magasin, même pas dans ces étals du marché où s’amoncellent des Kippas en-veux-tu-en voilà. Car cette expression désigne des individus ayant grandi dans un milieu religieux et l’ayant quitté, en maintenant malgré tout certains comportements distinctifs. On ne se décalotte pas si facilement, parait-il. Et la Kippa, même (voire surtout) quand on ne la porte pas, reste un symbole à décrypter, par sa présence comme par son absence, mais toujours plein de sens. Je vous l’avais bien dit : on en voit de toutes les couleurs, à Jérusalem, et parfois c’est une vraie prise de tête !
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L’ŒIL SUR LES CHIFFRES MISSION OUGANDA
ISRAËL EN AFRIQUE
14 millions de $
C'est le coût du programme JDC lancé en octobre 2018 en Éthiopie avec l’American Joint Distribution Committee. L'objectif est de former
5 000
41
En avril 2019, Israël entretient des relations diplomatiques complètes avec 41 des 46 pays d'Afrique subsaharienne
agriculteurs éthiopiens aux techniques agricoles israéliennes et de prêter des fonds.
5 grammes
de poudre déshydratée de spiruline par jour pendant un mois pour enrayer la malnutrition ! Des étudiants israéliens ont mis au point un procédé pour en produire à moindre coût et partagent désormais leur découverte avec des pays africains.
2020
En 2016, le PDG d’Energiya Global, Yosef Abramowitz, a annoncé son intention d’investir 2 milliards de $ en Afrique d’ici 2020
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Selon un rapport d'Amnesty international, Israël vendrait des armes à 8 pays violant les droits humains, dont le Sud-Soudan, le Myanmar, les Émirats Arabes Unis et le Myanmar.
8 750 000 $ Israël a apporté, par habitant, la plus grande contribution à la lutte contre l'épidémie d'Ebola de 2014 selon l’UNICEF.
15 millions
La société israélienne Gigawatt Global a produit en un an 15 millions de kilowattheures et alimenté en électricité plus de 15 000 résidents rwandais mal desservis.
40 ans
Israël a renoué ses liens avec le Ghana après presque quatre décennies d'absence de relations diplomatiques formelles.
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MISSION OUGANDA
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DOSSIER Du 9 au 15 novembre, une délégation composée d'une dizaine de personnes, membres du Keren Hayessod de France, partait en Ouganda pour une mission totalement inédite. Objectif : visiter le programme humanitaire TEN soutenu par le Keren Hayessod. Ce fut aussi l'occasion de rencontrer la communauté juive Abayudaya, de revenir sur l’histoire du raid d'Entebbe ou encore d'aller à la rencontre des parlementaires ougandais, etc. RICHARD PRASQUIER faisait partie de la délégation. Il nous propose un large tour d’horizon pour mieux comprendre ce pays peu connu en France et revient sur les temps forts de cette mission.
L'un des pays les plus pauvres du monde L’Ouganda a été ces dernières années l’un des bons élèves africains du FMI et son PIB a depuis plusieurs années une croissance moyenne de 6 % (mais avec une croissance démographique annuelle de 3 %). Mais il reste un des pays les plus pauvres du monde, avec un PIB par habitant de 700 dollars par an. Le poids du passé, la faiblesse des infrastructures, l’omniprésence de la corruption sont des obstacles majeurs. L’accueil d’un million de réfugiés du Soudan du Sud, le pays le plus pauvre de la planète, a été salué, mais il pèse sur le nord de l’Ouganda, déjà défavorisé par rapport au reste du pays.
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MISSION OUGANDA
xxxxx La délégation à la rencontre des Abuyadala.
Un pays enclavé et une économie agricole Situé sur un haut plateau à une altitude moyenne supérieure à 1000 mètres, ce qui rend la température supportable, c’est un pays enclavé, entouré d’États dont aucun n’a fait partie de l’ancienne Afrique française : Soudan du Sud au nord, Congo (ex Zaire) à l’Ouest, Rwanda et Tanzanie au sud, Kenya à l’Est, sa superficie est d’environ la moitié de celle de la France, pour une population de plus de 40 millions d’habitants, En 1950, l’Ouganda avait à peine 5 millions d’habitants alors que les démographes lui prédisent 100 millions d’habitants (vingt fois plus en un siècle !) en 2050. L’Ouganda a un PIB de 30 milliards de dollars (à titre de comparaison, Israël : 320 milliards…) : c’est un pays pauvre, y compris pour les standards africains, avec les limites bien connues de la mesure du PIB : en fait les cultures de lopins de terre familiaux (les shambas) permettent une alimentation adéquate au moins dans la partie centre et sud du pays, fertile et bien arrosée ; le nord plus aride est exposé aux aléas climatiques. L’Ouganda est plus petit que le Kenya et la Tanzanie, ses partenaires à la création de l’Union de l’Afrique de
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l’Est à laquelle se sont joints récemment le Rwanda, le Burundi et le Soudan du Sud. Cette Union, déjà ancienne, très souvent mise en veilleuse, est actuellement le théâtre de tensions entre l’Ouganda et le Rwanda, dont le Président Paul Kagamé doit pourtant en grande partie sa victoire en 1994 sur les Hutus génocidaires à l’aide que lui avait apportée l’Ouganda. Yoweri Musegeni était alors le Président de l’Ouganda, il l’est encore aujourd’hui, réélu à de multiples reprises dans un pays où existe une liberté de la presse et une opposition parlementaire, mais sa tentative de modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat présidentiel en 2021 a déclenché de violentes manifestations. L’économie ougandaise est essentiellement agricole, café, canne à sucre, coton. De la pêche aussi, dans le Lac Victoria, le plus grand lac d’Afrique, situé entre les deux branches de ce grand Rift dont la faille se poursuit jusqu’à la Mer Morte. Ce lac était un laboratoire de la biodiversité, mais l’introduction en 1954 de la perche du Nil, prédateur féroce, a été
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MISSION OUGANDA
suivie d’un épuisement de la faune autochtone, d’une surexploitation industrielle des stocks de perches éliminant les pêcheurs locaux et finalement de la réduction progressive de la vie animale dans le lac. L’économie ougandaise avait été quasiment détruite à l’époque de Idi Amin Dada, qui l’a laissée à vaul’eau, vivant des subsides libyens et saoudiens. Il avait notamment expulsé l’importante communauté Indienne qui dominait le commerce du pays. Un certain nombre d’Ougandais aujourd’hui encore, aveugles aux conséquences économiques désastreuses, lui sont pourtant gré du « retour à la nation » des richesses du pays. BIODIVERSITÉ
La perle de l'Afrique Le but du voyage du Keren Hayessod n’était pas touristique. Il ne nous a donc pas été possible de confirmer si l’Ouganda est bien la « perle de l’Afrique » (le compliment est de Winston Churchill) comme le prétendent aussi certaines revues géographiques. Les rares paysages que nous avons observés ont été forgés par la main de l’homme. Un très beau spectacle folklorique des musiques et danses de diverses ethnies du pays nous a donné une idée du kaléidoscope ethnique, entre des populations nilotiques au nord et bantoues au sud.
nord de Kampala. Tous les rhinocéros ougandais ayant été exterminés par les guerres et le braconnage (les cornes qui font office de panacée en Asie y atteignent des prix faramineux), il a fallu amener 6 rhinos d’Afrique du Sud et de Floride il y a une quinzaine d’années : ce fut un succès, avec aujourd’hui une quarantaine d’animaux que l’on peut observer presque de près avec des guides expérimentés.
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Les guides signalent de belles montagnes (le sud ouest est la « Suisse de l’Afrique »), des parcs nationaux, des cascades à la sortie du lac Albert, le Haut Nil serait un lieu idéal de rafting et les spécialistes peuvent étudier des groupes rarissimes de gorilles de montagne. Nous nous sommes contentés de visiter la réserve de rhinocéros blancs de Ziwa, à 170 km au
L'Ouganda, un magnifique pays... que la délégation a souhaité visiter, le temps d'un mini Safari.
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Sionisme
© PIERRE KLOCHENDLER
Theodore Herzl a présenté le « projet Ouganda » en 1903 au sixième Congrès sioniste, qui a accepté de l’étudier. Ce projet a soulevé un tollé notamment chez les Juifs russo-polonais (« Sion n’est pas en Ouganda ») et a été rejeté au Congrès suivant de 1905 (Herzl était mort en 1904). En réalité le territoire proposé se trouvait au Kenya. Le ministre britannique Joseph Chamberlain (père du futur Premier Ministre Neville Chamberlain) l’avait traversé sur le « chemin de fer d’Ouganda » et, sollicité par les sionistes britanniques, alarmés par les pogromes de Kichinev, l’avait proposé à Herzl, puisque la Turquie s’opposait à toute allocation territoriale en faveur des Juifs À la synagogue de Kampala
RENCONTRE À KAMPALA
Les Abayudaya Il existe depuis quelques années à Kampala un centre Habad. Le rabbin et son épouse, d’origine israélienne y font le magnifique travail de maintien de la tradition juive en milieu étranger qui caractérise les représentants Habad du monde entier (ils sont aujourd’hui environ 5000). Leur maison sert de pôle d’accueil des Juifs vivant ou voyageant à Kampala, notamment des Israéliens pendant leur célèbre voyage post militaire. Ils ne s’occupent pas de conversion et de ce fait, ils n’ont que des relations très lâches avec la communauté de Juifs noirs ougandais, les Abayudaya. Ceux-ci, en effet, convertis comme Juifs par des rabbins « conservative » (masorti) américains, sont reconnus comme Juifs par l’Agence juive, mais pas par le judaïsme orthodoxe, le grand rabbinat israélien ou le ministère de l’Intérieur d’Israël (décision de 2018 refusant d’agréer la petite communauté de Putti, pourtant orthodoxe alors que les quatre autres synagogues Abouadaya suivent le judaïsme masorti. L’histoire de ces Juifs ougandais est décrite dans ce
numéro par Edith Bruder, chercheuse spécialiste des judaïsmes d’Afrique noire (voir p. 17). Nous avons rencontré leurs représentants à Kampala, qui se regroupent dans un lieu de prière et un petit centre communautaire ; leur ferveur est profondément émouvante, ils suivent d’aussi près que possible les commandements, portent la kippa, ne mélangent pas la viande avec le lait, respectent le Shabbat, font la circoncision à leurs garçons, fêtent Pessah avec des matzot envoyées des USA et Soukhot sous une cabane. Ils ont du mal à trouver du vin cacher, avis à ceux qui pourraient les aider ! Les Abayudaya habitent cinq villages loin de Kampala, dans le sud-est du pays.
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© PIERRE KLOCHENDLER
Rencontre avec la communauté des Abayudaya au centre Marom de Kampala.
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MISSION OUGANDA
Au parlement ougandais Juifs, ils sont très bien considérés du fait même de leur rôle dans la parole divine. Quand nous avons été accueillis dans le Parlement ougandais : la commission écoutait, avec un plaisir non dissimulé, un prédicateur baptiste coréen très « expressif ». Nous avons été reçus comme frères aînés en religion : pas tout à fait la laïcité à la française ! L’influence croissante des mouvements évangéliques (pentecôtistes, baptistes) est évidente dans le pays : c’est une réalité aujourd’hui mondiale qu’on ne perçoit pas encore bien en France. Quant à l’Islam, qui joua un rôle important au début du XIXe siècle (relations commerciales avec le royaume du Bougande, trafic d’esclaves, développement du swahili…) il a reculé devant l’essor du christianisme. Mais aujourd’hui comme ailleurs, il augmente progressivement et doit compter entre 15 et 20 % de fidèles, beaucoup d’entre eux appartenant à la secte ahmadie. On a signalé quelques tentatives d’attentats islamistes, mais beaucoup moins que dans le Kenya voisin. Les passages aux portails de sécurité sont cependant plus généralisés qu’en Israël.
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L’évangélisation des populations africaines a été un prétexte majeur de la colonisation britannique au XIXe siècle [Livingstone]. De fait, outre les Anglicans et Protestants, les pères Blancs, catholiques [le plus souvent français]) ont été très actifs et 80 % de la population est aujourd’hui chrétienne. Le mouvement de l’Armée de résistance du Seigneur, dirigé par Joseph Kony, qui s’est rendu entre 1995 et 2005 responsable d’innombrables crimes contre l’humanité (notamment par le biais des enfants soldats fanatisés) dans sa lutte contre le gouvernement ougandais, ne peut pas être défini comme un mouvement religieux et dans l’ensemble les relations interreligieuses semblent paisibles. Au début de l’évangélisation britannique, le tout puissant kabaka Mwenga II avait envoyé au bûcher une trentaine de ses sujets convertis au christianisme, les « martyrs de l’Ouganda ». La religion est omniprésente dans le pays, les dénominations bibliques sont très nombreuses et il arrive au Président de prêcher dans une église évangélique (il faut probablement en rapprocher son hostilité violente contre l’homosexualité). Quant aux
Au parlement ougandais, accueil de la délégation, plus que chaleureux...
BERNARD WOLFF Y ÉTAIT... Membre de la délégation, Bernard Wolff ne s’attendait pas à cela quand il est rentré au sein du parlement ougandais. Jusqu’à aujourd’hui l’expérience lui semble complètement surréaliste. S’asseoir à table à côté d’une dizaine de parlementaires, écouter le prêche enflammé d’un prédicateur coréen évangélique, sans vraiment trop comprendre ce qui se racontait… participer à une sorte de prière publique où main dans la main, parlementaires et membres de la délégation ont été invités à communier. C’est une expérience pour le moins surprenante. En Ouganda, politique et religion font bon ménage, c’est le moins qu’on puisse dire. Bernard Wolff a apprécié la bonne réception faite à la délégation. Les parlementaires, pour la plupart des femmes, connaissaient le programme Ten. Et de manière plus pragmatique, Bernard Wolff indique que l’Ouganda entretient de bonnes relations avec Israël, car au-delà du fait religieux, il existe des intérêts sécuritaires et technologiques, deux domaines où Israël excelle !
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MISSION OUGANDA
L'héritage d'Idi Amin Dada C’est en 1962 que l’Ouganda devient indépendant, sous la direction de Milton Obote, très hostile au Kabaka du Bouganda, comme la plupart des originaires du Nord du pays, dont son successeur, le chef de l’armée, ancien champion de boxe sans instruction, Idi Amin Dada. Celui-ci profita d’un voyage du Président Obote pour s’emparer du pouvoir en 1971. Il deviendra célèbre par sa mégalomanie et sa férocité, ainsi que par son hostilité à Israël, pays qu’il avait pourtant courtisé au début de sa présidence et qu’il avait visité en y laissant, dit la rumeur, deux enfants….. Après une guerre absurde perdue contre la Tanzanie et les réfugiés ougandais conduits par Yoweri Museveni, Amin Dada s’enfuit (avril 1979) en Libye puis en Arabie saoudite où il meurt dans son lit en 2003. Sa tyrannie a marqué l’Ouganda jusqu’à aujourd’hui. Nous avons eu l’occasion de rencontrer l’un de ses fils, Jaffar Amin Dada, qui cherche à rencontrer des familles de victimes juives du raid d’Entebbe, pour « s’excuser ». Il prétend qu’une grande partie des centaines de milliers
de victimes attribuées à son père ont été tuées dans les guerres civiles qui ont suivi sa destitution, et qui se sont apaisées après l’arrivée au pouvoir de Museveni en 1986, déjà réélu cinq fois et ne comptant pas s’arrêter là. Amin Dada, s’était mis sous la dépendance financière des pays pétroliers arabes. Pour complaire à ses bailleurs de fond, qui lui donnaient par le jeu de leur poids électoral un prestige international (présidence de l’Union africaine) et alimentaient ainsi sa mégalomanie, il fut à la pointe de la lutte contre Israël : il aurait été à l’initiative de la scandaleuse résolution votée par l’ONU en 1975 assimilant le sionisme au racisme. Les relations entre Israël et l’Ouganda sont aujourd’hui excellentes, mais il n’y a toujours pas d’Ambassade : probablement une conséquence des restrictions budgétaires bien connues pesant sur les Affaires étrangères israéliennes.
Retour sur le raid d'Entebbé Nous avons évidemment visité sur l’aéroport d’Entebbe le souvenir du raid israélien, qui a eu lieu dans ce qui était déjà à l’époque « l’ancien » aéroport. Plusieurs Israéliens y avaient travaillé les années précédentes, ce qui a facilité les repérages. Le raid d’Entebbe (nuit du 3 au 4 juillet 1976) est dans toutes les mémoires. Il a impressionné les Ougandais jusqu’à aujourd’hui et ils ne gardent apparemment pas d’acrimonie, au contraire, au pays qui a ridiculisé leurs soldats. Francis Kaufmann dont le frère fut un otage, décrit ce raid dans ce numéro de Yessod. Je ne ferai que quelques remarques disparates :
1. Yonathan
Netanyahu, le chef du commando, le seul mort du groupe d’intervention israélien (il y eut aussi un soldat paralysé à vie) était un personnage extraordinaire, aussi bien du point de vue militaire que intellectuel (on peut lire le recueil de ses lettres, publié par son frère Iddo qui a aussi décrit en 2003 le détail de l’opération dans un livre très intéressant).
2. Les
conséquences psychologiques positives de l’opération en Israël furent très importantes à une période où ce pays subissait les effets du terrorisme palestinien et n’était pas sorti de la période de doute qui a suivi la guerre du Kippour.
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3.
L’inventivité, l’adaptabilité et le professionnalisme de l’équipe israélienne ont été impressionnants.
4. Dans le monde israélien, malgré des désaccords
internes parfois virulents, il y avait une vraie estime intellectuelle et professionnelle entre les dirigeants politiques et les responsables militaires, quel que fût leur ego et leur parti, ce qui a facilité les décisions.
5. L’équipage d’Air France s’est comporté magnifique–
ment, mais la carrière de l’admirable Commandant Bacos n’en fut guère facilitée.
6. Les terroristes allemands étaient fanatiquement
antisionistes. Ils ont laissé partir un certain nombre d’otages juifs non israéliens, mais tous les otages ont décrit Brigitte Kuhlmann comme une véritable nazie.
7.
La France a remercié (!) Idi Amin Dada pour son aide. Les bras en tombent, mais c’est apparemment le gouvernement français qui avait conseillé d’envoyer de Benghazi vers Entebbe l’avion pris en otage. Amin Dada a essayé de tirer un profit médiatique de cette prise d’otages, fait d’armes de ses grands amis palestiniens, mais il n’en avait pas été informé à l’avance. Pour la petite histoire, l’ambassadeur de France en Israël n’avait pas l’intention (a-t-il dit froidement plus tard) d’assister aux obsèques de Yonathan Netanyahu en
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MISSION OUGANDA
Israël, mais il n’y a pas non plus été invité…. Ambiance ! Froideur est un terme faible pour décrire les relations du Président Giscard avec Israël…
8. L’Ambassadeur
d’URSS a regretté que les otages n’eussent pas été dispersés à Kampala, ce qui aurait rendu le raid impossible. Il ne faut pas oublier les responsabilités de l’URSS de l’époque dans l’entrainement des terroristes allemands et palestiniens
9. Mme
Dora Bloch, qui avait été hospitalisée à Kampala a été assassinée sur ordre par des miliciens ougandais : nous avons rencontré le médecin ougandais qui avait été sollicité pour un indispensable (!) permis d’inhumer.
10.
Idi Amin Dada a déclaré après le raid, les Israéliens une fois partis, que son armée avait glorieusement « libéré » l’aéroport d’Entebbe.
11.
© DR
Il faut espérer que Jacques Tarnero trouvera les financements pour terminer son documentaire sur l’opération Entebbe, les deux films sur le sujet étant décevants.
Visite de l'ancien terminal d'Entebbe, lieu de mémoire du raid de 1976.
FRANCIS KAUFMANN :
À Entebbé, mon frère était l'un des otages ! FRANCIS KAUFFMANN faisait partie de la mission. Pour lui, dont le frère et son épouse figuraient parmi les otages d’Entebbé, ce voyage revêt un sens particulier. Il nous raconte. Participer à la Mission Ouganda et se recueillir à l’aéroport d’Entebbé fut pour moi comme une évidence. D’abord parce que mon frère Jacques et ma belle-sœur Diane faisaient partie des otages, dans l’avion Air France détourné sur la Libye puis sur Entebbé en juin 1976. Ensuite parce le programme proposé était alléchant… © DR
Le vol Paris-Entebbé, via Addis Abeba, parait interminable. Mes souvenirs anciens remontent. J’étais parti au Bourget — Roissy n’existait pas à l’époque — accueillir Jacques et Diane, de retour de leur « Honey Moon » en Israël. Leur vol est annoncé retardé par 2 fois, puis : « retard indéterminé ». Angoisse, on s’attend au pire et finalement l’annonce d’un détournement est ressenti avec soulagement… Soulagement tout relatif lorsqu’on apprend la destination : Benghazi d’abord, Entebbé ensuite. Comment va-t-on pouvoir les sortir de là ? Je ne peux aussi que songer à ce qu’ont vécu les otages, lorsqu’on leur a annoncé : « destination Entebbé ». Leur sidération, leur angoisse, leur Francis Kauffmann frère d'un ancien otage, témoigne au micro de I24 news ainsi le Dr Kimala Nasuboga, qui s’est occupé de Dora Bloch, décédée lors du raid.
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ignorance du lieu, hormis une image, plutôt terrifiante et folklorique à l’époque : celle du « Maréchal » Idi Amin Dada, un bouffon sanguinaire ! Arrivée à Entebbé : une annonce est faite dans le haut-parleur de l’avion par la terroriste allemande : « Nous espérons que vous avez fait un bon vol et vous souhaitons un bon séjour à Entebbé… ». L’ancien terminal était déjà désaffecté en 1976. Accueillis par une haie de soldats ougandais armés, c’est là que les otages ont été regroupés, dans un hangar vide. Les matelas arriveront le lendemain… Leur vie s’organise pendant quatre jours, des volontaires prennent en charge les repas, le coucher, les files d’attente pour les sanitaires, bien sûr insuffisants et saturés, et ce avec l’aide des soldats ougandais. Episode cocasse, le « Maréchal Président », comme Idi Amin Dada aime à se faire appeler, rend visite tous les soirs aux prisonniers, se dit leur ami, cherche à les rassurer et surtout adore se faire applaudir (ordres donnés par les soldats !). Les cinq terroristes sont plutôt discrets, sauf pour menacer devant la trop lente avancée des négociations avec l’Europe et Israël pour faire libérer leurs camarades emprisonnés. Dès le 4e jour, les menaces se font plus précises. L’angoisse s’accroît les 4e et 5e jour, lorsque les terroristes pratiquent la sélection, femmes, enfants et vieillards dans un premier temps, Juifs israéliens ensuite. Pour Jacques et Diane, l’un des souvenirs les plus dramatiques aura été cette mise à l’écart des otages israéliens. Scène insoutenable, la séparation de 2 sœurs, l’une israélienne, l’autre américaine, et leurs cris de désespoir. La terroriste allemande, manipulatrice et soufflant le chaud et le froid va alors les consoler et prendre dans ses bras, sans bien sûr les réunir. Comble de la perversité ! Mais la nature humaine est complexe, et comme pour contredire cette face noire, le pilote Michel Bacos et l’ensemble de l’équipage ont tenu tête et refusé de faire partie des premiers otages libérés. Des comportements exemplaires, salués par Israël et mal reconnus par les gouvernants français de l’époque. On ne réécrit pas l’histoire… Aujourd’hui rénové, le terminal accueille les hôtes de marque… Surprise, des plaques commémoratives et de nombreuses photos relatent le raid de Tsahal. Les drapeaux ougandais et israélien côte à côte, la restitution des évènements, l’hommage aux 4 otages victimes, la photo du voyage récent du 1er ministre Netanyaou, témoignent de l’amitié entre les deux pays. Et l’absence étonnante de référence aux soldats ougandais tombés au cours du raid, dont on ne connait pas le nombre, reflète le malaise des Ougandais face au leader de l’époque.
Cérémonie officielle et émouvante quand la délégation entonne l'Hatikva.
À l’extérieur du terminal, qui garde les marques des balles de l’attaque, tout un mur de mémoire est consacré au raid. Intense moment d’émotion pour nous, quand Judith Oks et Richard Prasquier ont déposé une gerbe de fleurs. Nous avons alors entonné l’Hatikva, entourés d’officiels ougandais, sur le lieu même du sauvetage et de l’exploit de Tsahal : tout cela semble irréel…
Quelques discours émouvants rappellent les faits : l’arrivée des avions, la conduite du raid, le sacrifice de Yoni Natanyaou. Le plus surprenant fut la rencontre avec le Dr Kimala Nasuboga, le médecin qui s’est occupé de Dora Bloch à l’hôpital de Kampala. Il a tenu à être présent parmi nous pour nous relater le drame vécu par cette vieille dame, enlevée et exécutée en représailles, par des soldats aux ordres du pouvoir. 40 ans après, ses souvenirs sont précis et émouvants. Aujourd’hui, Entebbé est une petite ville résidentielle. Située au bord du Lac Victoria, elle abrite la résidence du Président, à proximité du « botanical garden », véritable forêt équatorienne majestueuse. Le contraste est saisissant entre la « grande et mythique histoire du raid », la quiétude des lieux et la gentillesse de tous nos interlocuteurs ougandais. Nous quittons les lieux, émus et légèrement sonnés.
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© PIERRE KLOCHENDLER
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TEN : réparer le monde Le projet humanitaire Ten était au cœur du voyage. Fondé en 2012, le Projet TEN. (qui signifie « donner » en hébreu), mais qui est aussi l’anagramme Tikoun Environment Network rassemble des jeunes d’Israël et du monde entier autour d’un projet humanitaire inspiré par la notion de Tikoun Olam (« réparer le monde »). Travail bénévole, apprentissage de la vie en groupe et développement du leadership permettent de fédérer un réseau de jeunes attachés aux valeurs juives et universelles. Ensemble, ces jeunes sont invités à créer des programmes pérennes en réponse à des besoins locaux dans les domaines de l’éducation et de l’autonomisation, de la santé, de l’agriculture et de l’entrepreneuriat. Les Centres TEN fonctionnent toute l’année avec une équipe professionnelle composée d’un directeur et de trois coordinateurs. Cette équipe est accompagnée de 20 jeunes bénévoles qui restent pour des séjours de 3 à 6 mois. Les centres TEN agissent en collaboration avec les organisations locales afin de comprendre et de répondre au mieux aux besoins de chaque communauté. 1500 bénévoles ont rejoint les centres TEN depuis la création du programme qui se déploie dans plusieurs pays du monde. Ten est aujourd’hui implanté au Ghana, Afrique du Sud, Mexique, Puerto Rico, Grèce et en Israël à Hardouf pour les aider les populations arabes israéliennes.
Les enfants pris en charge dans le cadre du programme Ten
Un de centres TEN est situé en Ouganda. C’est un centre nouveau qui a ouvert, il y a quatre ans à peine et qui accueille des volontaires venus essentiellement d’Israël. Le projet humanitaire Ten était au coeur du voyage. La rencontre avec les volontaires, qui en l’occurrence pendant ce trimestre étaient de jeunes Israéliennes sorties du service militaire, fut un grand moment de fierté : leur intelligence, leur maturité, leur solidarité, leur modestie et leur inventivité nous ont tous impressionnés. Hommage aux responsables de ce programme en Ouganda, notamment Tamar, qui fut l’extraordinaire organisatrice de ce séjour si riche en découvertes. Nous avons assisté au travail de ces jeunes filles avec les écoliers ougandais, en parfaite coopération avec leurs instituteurs, sans la moindre trace de paternalisme, sans complaisance sentimentaliste, avec pour seul objectif d’apprendre aux enfants à apprendre. Ils utilisent pour cela les ressources les plus ingénieuses d’une pédagogie adaptée au contexte culturel. Voilà un projet qui devrait susciter l’intérêt de tous les jeunes désireux de passer quelques mois à s’enrichir humainement et à faire que « la rencontre avec l’autre » ne reste pas un mantra inconsistant.
JO NAKAM :
© DR
TEN peut contribuer à changer l'image d'Israël dans le monde Jo Nakam s'entretient avec une bénévole israélienne de Ten
Pour Jo Nakam, qui avait déjà participé à une mission Éthiopie, il y a quelques années, ce voyage s’inscrivait un peu dans la continuité d’une expérience. Bien entendu, il n’y avait pas là de Juifs africains à ramener en Israël, mais sa curiosité d’aller à la rencontre de ce projet, porté par de jeunes volontaires israéliens. Il lui semble essentiel de montrer qu’Israël est un pays ouvert et humaniste et qu’il est porteur de solutions concrètes pour « réparer le monde ». Il souhaite profondément changer l’image négative d’Israël à travers le monde. Le programme Ten peut y contribuer. Ten en Ouganda est embryonnaire, car il est encore très récent, mais il a été convaincu par l’enthousiasme, la maturité et l’implication de ces jeunes qui œuvrent dans le domaine de l’éducation et s’impliquent lui a-t-on dit beaucoup plus longtemps que les autres volontaires étrangers qui ne restent souvent que 10 à 15 jours. Il a conscience aussi que Ten peut séduire des jeunes gens de la diaspora, qui ne gravitent pas autour de la communauté et qui peuvent s’enflammer pour des causes humanitaires. C’est une autre façon de les toucher, car ils transportent eux aussi l’âme du « Tikkoun Olam ». Il aurait aimé voir d’autres projets, liés à la santé, à l’autonomisation des femmes ou encore l’agriculture, qui existent dans les autres pays où Ten se déploie. C’est peut-être l’occasion d’organiser une autre mission, ailleurs… à bon entendeur !
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MISSION OUGANDA
Les Abayudaya d’Ouganda Par Dr Edith Bruder School of Oriental and African Studies, University of London - CNRS, France - UNISA, University of South Africa Présidente de The International Society for the Study of African Jewry - ISSAJ www.issaj.com
L’ethnologue-chercheuse Edith Bruder1 est spécialiste de ces « Juifs d’ailleurs ». Elle nous renseigne sur ces communautés insolites, qu’elle a longuement cotoyées sur le terrain. N’ayant pu se joindre à la mission, elle a accepté de nous accompagner autrement, en retraçant l’histoire des Abayudaya d’Ouganda, pour les lecteurs de Yessod. La communauté des Abayudaya d’Ouganda illustre un phénomène insolite d’adhésion spontanée au judaïsme. Au cours de la première décennie du XXe siècle, cette petite communauté localisée dans l’est de l’Ouganda, près de Mbale, a fait le choix de pratiquer le judaïsme, sans contact préalable avec une communauté juive. L’émergence de cette communauté évoque un également un évènement semblable survenu entre les deux guerres dans la région des Pouilles en Italie, où les habitants d’un petit village isolé choisirent spontanément la voie du judaïsme, sans aucun contact préalable avec cette religion.
regroupements de nature politico-religieuse avaient commencé à se former dans le pays. Kakungulu, qui s’était converti au protestantisme dans les années 1880, se rapprocha en premier lieu d’une congrégation protestante locale de formation récente, les Bamalaki, qui contestait l’autorité britannique pour des motifs religieux. Les adeptes étaient des protestants, dont la foi reposait sur une dévotion profonde à l’Ancien Testament. Kakungulu entreprit à son tour l’étude de l’Ancien Testament et en vint à penser que les
Une communauté pratiquant avec assiduité un judaïsme auto-acquis à l’extrémité de l’Afrique, apparait comme un phénomène pour le moins singulier. Dans quel contexte la foi des Abayudaya naquit-elle ? Quelle fut l’origine de ce « miracle ? »
© ANDREW LUKYAMOZI
Un personnage charismatique, Samei Lwakilenzi Kakungulu, est à l’origine de la formation de cette communauté insolite. Kakungulu qui était un brillant chef militaire, collabora avec les Britanniques dans leurs entreprises coloniales, vraisemblablement avec l’espoir d’être reconnu comme kabaka (roi) de la région orientale de l’Ouganda et d’établir son propre royaume. Ses attentes furent cependant déçues et désenchanté, en 1913, il renonça à toute coopération avec eux et abandonna ses activités militaires et politiques. Il entreprit alors de se concentrer sur des sujets en rapport avec la foi et la religion. Dans les conditions politiques instables qui suivirent la mise en place du Protectorat britannique, de nouveaux
coutumes et lois décrits dans les cinq livres de Moïse étaient les seuls enseignements véridiques. Il devint très rapidement plus strict que les Bamalaki dans l’observation des commandements, à la suite de quoi il entra en opposition avec eux au sujet de la circoncision. Ces derniers affirmant que la circoncision des enfants mâles au huitième jour n’était pratiquée que par les Juifs, Kakungulu déclara alors qu’il était « Muyudaya » — juif en luganda (la langue locale). Ce faisant, il continuait à adhérer parallèlement aux enseignements du Nouveau Testament et à la foi en Jésus Christ. En 1919, il fonda une secte distincte qu’il intitula Community of Jews Who Trust in the Lord (Kibina Kya Bayudaya Absesiga Katonda) et exigea de ses disciples qu’ils se rallient à toutes les lois de l’Ancien Testament, sans exception. Il prit la décision d’être circoncis, de même que ses fils et exhorta les membres de sa famille et ses disciples à faire de même.
À la synagogue de Namutumba DÉCEMBRE 2019
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MISSION OUGANDA En 1926, la rencontre de Kakungulu avec un commerçant juif du nom de Joseph, constitua une étape déterminante de l’adoption du judaïsme par les Abayudaya. Joseph accéda à la demande de Kakungulu d’enseigner les lois du judaïsme aux membres de la communauté et séjourna dans le village durant six mois. Cet épisode entraina des changements radicaux dans la vie religieuse des Abayudaya qui cessèrent alors de suivre les principes du Nouveau Testament et de croire en Jésus Christ. Joseph leur enseigna les bénédictions juives, les prières coutumières et les rites. Les Abayudaya entreprirent d’observer strictement le Shabbat, se couvrirent rituellement la tête et ne mangèrent plus que de la viande d’animaux abattus selon les règles, de même qu’ils célébrèrent toutes les fêtes juives. Kakungulu divorça même de sa femme qui refusait d’abandonner le christianisme et d’adopter le judaïsme. Avant son départ, Joseph offrit à Kakungulu une Bible rédigée à la fois en anglais et en hébreu, à la suite de quoi, Kakungulu entreprit la rédaction d’un nouveau livre de prières, dépourvu de citations du Nouveau Testament. Il mourut peu de temps avant d’avoir pu le publier. Sans qu’il soit possible de développer cet aspect ici, il est évident que l’influence profonde de l’Ancien Testament dans la vie de certains Ougandais, ait pu nourrir l’adhésion des Abayudaya au judaïsme et ait incité Kakungulu et ses adeptes à s’auto-définir comme juifs, notamment le discours chrétien producteur d’attentes évangéliques, qui en s’enracinant dans la culture africaine avait propagé le concept de ‘Tribus Perdues’ d’Israël. Dans les années qui suivirent la mort de Kakungulu en 1928, la communauté qui avait compté jusqu’à deux mille membres, se réduisit à 300 personnes dans les années 1960 du fait de conflits et de rivalités de pouvoir, sans compter les difficultés liées à son isolement. C’est dans ce contexte qu’un diplomate israélien, Arye Oded, en mission en Ouganda dans les années 1960, entra en contact avec les Abayudaya. En écrivant et publiant plusieurs articles en Israël, en Angleterre et aux Etats-Unis, il attira l’attention du © PIERRE KLOCHENDLER
École de Tikkun Olam à dans le village de Namutumba
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monde juif sur cette communauté singulière et parvint à la faire connaître et à établir des liens. Après qu’il eut quitté l’Ouganda, Oded conserva des contacts permanents avec les Abayudaya et continua à leur transmettre les normes du judaïsme telles qu’il est pratiqué dans la plupart des communautés. Il s’attacha également à intéresser à l’existence des Abayudaya plusieurs personnages influents, tels que le Président d’Israël, Yitzhak Ben-Zvi et le le Dr. Israel Ben-Ze’ev, Président de la World Union for the Propagation of Judaism (WUPJ). Ben-Ze’ev jugea avec enthousiasme que les relations établies avec les Abayudaya étaient significatives des activités de la WUPJC. Selon lui, elles symbolisaient les prémisses de la conversion des Africains au judaïsme. Les Abayudaya qui avaient reçu d’Oded et de la WUPJ des mezuzot, des châles de prière, et autres objets de culte, commencèrent dès lors à respecter strictement toutes les fêtes mentionnées dans la Bible. Les relations établies avec Israël et le judaïsme mondial bénéficièrent spirituellement et matériellement à la communauté, qui fut reconnue officiellement par le gouvernement ougandais en 1962. Elle connut alors une nouvelle phase de son développement et compta jusqu’à 800 membres, en partie du fait du retour de ceux qui s’en étaient détournés auparavant. Par la suite, au cours des années terribles de la dictature d’Amin Dada, les Abayudaya furent dans l’obligation de cesser leurs pratiques et de dissimuler leur judéité, de crainte d’être emprisonnés ou tués. La minorité qui continua à pratiquer le judaïsme en secret adopta le nom de She'erit Yisrael, littéralement « ce qui reste d’Israël ». Ce fut seulement en 1979, à la suite de la chute d’Amin Dada, que les contacts et correspondances avec le monde extérieur purent reprendre. Au début des années 1980, Gershom Sizomu, un petit-fils du successeur de Kakungulu parvint à acquérir un terrain pour y construire une synagogue et redonner ainsi un centre vital à la communauté. À la suite d’une visite aux Abayudaya en 1995, l’organisation américaine Kulanu, décida de les soutenir, tant sur le plan religieux que financier, avec une volonté particulière concernant la scolarisation et l’économie, notamment par la culture du café. Cette visite marqua une étape décisive du processus d’intégration formelle des Abayudaya dans le monde juif au sein duquel elle illustre un modèle unique. En février 2002, des rabbins américains et israéliens conservateurs convertirent formellement environ 400 Abayudaya ; les conversions se sont régulièrement poursuivies au cours des années suivantes. Depuis 2009, la plupart des membres vivent réunis autour des cinq synagogues édifiées à Nabugoye, Namanyonyi, Nasenyi, Namutumba et Putti et Gershom Sizomu a été ordonné rabbin en 2008 sous les auspices du mouvement conservateur. 1- Cet article est librement inspiré de mon ouvrage Black Jews, Les Juifs Noirs d’Afrique et le mythe des Tribus perdues, Albin Michel, 2014. DÉCEMBRE 2019
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© PIERRE KLOCHENDLER
Tikkun olam School à Nabutumba
En abolissant les barrières ethniques, il semble que les Abayudaya aient d’une certaine façon, fait l’expérience de la promesse messianique du rassemblement des « dispersés », qui germa dans le terreau fertile de la création de l’Etat d’Israël. L’attirance spontanée des Abayudaya pour la religion de Moïse, combinée à la vision universaliste du judaïsme des associations
qui soutiennent les nidhei Yisrael, ont su donner une réalité à leurs aspirations.
Félicitations... Félicitations à l’équipe du Keren Hayessod qui a organisé notre séjour, félicitations aux savants prévisionnistes météorologues qui nous ont permis d’éviter la pluie si fréquente en cette saison, félicitations aux promoteurs et aux acteurs du magnifique programme Ten qu’il nous faut faire connaitre à l’extérieur pour le soutenir et pour y faire participer les jeunes de notre pays, félicitations pour les habitants de l’Ouganda pour leur gentillesse envers votre groupe et félicitations enfin à tous les participants pour l’état d’esprit qui a régné pendant notre voyage.
PIERRE KLOCHENDLER, journaliste-reporter sur I24News accompagnait la délégation, tout au long de la mission. Ses reportages seront diffusés dans le cadre du magazine Afrique de la chaîne I24 news. Retrouvez-les également sur notre site internet : www.keren-hayessod.fr
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LES PROGRAMMES PHARES DU KEREN HAYESSOD
JEUNES EN GRANDE DIFFICULTÉ
100 ans d'actions du Keren Hayessod au service des plus fragiles en Israël ! PERSONNES ÂGÉES
AMIGOUR Maisons de retraite pour les personnes âgées, notamment survivantes de la Shoah. 7 500 personnes prises en charge chaque année
> 3 700 € par an par personne âgée
AVENIR DES JEUNES (en hébreu : Pot’him Atid) • Destiné aux enfants en grande difficulté de 6 à 18 ans. • Chaque enfant est suivi par un tuteur qui est en relation avec la famille et les structures locales.
INTÉGRATION
CENTRE D’INTÉGRATION POUR LES ÉTHIOPIENS • Prise en charge totale à l’arrivée : nourriture, logement, éducation…
14 000 enfants et leurs familles pris
• Mise en place des outils, langue, codes culturels… pour l’intégration qui dure en moyenne 5 ans.
en charge chaque année dans tout le pays.
> 740 € par an par enfant
2 900 immigrants aidés par an > 5 350 € par an par immigré
RENFORCEMENT DU LIEN À ISRAEL
MASSA Permettre à un jeune de participer à un programme Massa de longue durée
VILLAGES ÉDUCATIFS
12 000 jeunes par an
• Internats pour des jeunes en voie de marginalisation.
> Coût moyen d’une bourse Massa = 5 000 €
• Prise en charge totale avec des taux de réussite exceptionnels.
BAC BLEU BLANC Séjour d’une semaine en Israël, destiné à des élèves de Terminale dans toute la France, issus de lycées juifs et publics.
1 000 jeunes pris en charge chaque année
> 4 900 € par an par jeune
1 000 jeunes par an > Subvention de 100 € par élève
HUMANITAIRE
TEN TEN rassemble des jeunes adultes âgés de 20 à 30 ans, venant d’Israël et du monde entier, autour d’un projet humanitaire Tikoun Olam.
NET@ • Formation à l’informatique de jeunes en difficulté issus des villes de la périphérie israélienne.
> 1 800 € pour un jeune volontaire qui part 4 mois
URGENCE
• Éducation à la citoyenneté, à travers des actions de bénévolat. L’accent est mis sur le vivre-ensemble et s’adresse aussi bien aux Juifs qu’aux Arabes chrétiens et musulmans.
Fonds de soutien aux victimes du terrorisme. Assistance financière complémentaire aux aides publiques, distribuée immédiatement afin de répondre aux besoins les plus urgents ou à plus long terme.
1 600 jeunes aidés chaque année
> Allocations : de 1 300 à 6 600 €
> 1 600 € par an par jeune
en fonction des besoins des victimes et de leurs familles.
LE KEREN HAYESSOD EN MOUVEMENT
LE DR RICHARD PRASQUIER
PASSE LE FLAMBEAU
À JUDITH OKS ET À DAN SERFATY
Il a accompagné le Keren Hayessod France depuis sa renaissance en France en 2013, avec passion et militantisme. Il lui a donné l’impulsion nécessaire pour redémarrer et gagner la confiance de ses donateurs. Il lui a encore permis de s’installer durablement dans le paysage communautaire et d’acquérir ses lettres de noblesse. Après 6 ans d’existence en France, le Keren Hayessod est identifié comme l’acteur incontournable et officiel de la collecte pour Israël. Les donateurs sont au rendez-vous : RICHARD PRASQUIER peut être fier du chemin parcouru ! C’est donc sereinement que Richard Prasquier a pris la décision de quitter la présidence du Keren Hayessod. Dimanche 26 janvier 2020*, il transmettra officiellement le flambeau à ses successeurs, lors de la grande soirée de gala, qui marquera aussi le lancement du centenaire du Keren Hayessod. JUDITH OKS actuellement vice-présidente du Keren Hayessod France et DAN SERFATY, figure majeure du monde des nouvelles technologies ont été choisis, pour prendre ensemble la nouvelle présidence du Keren Hayessod en France. Deux profils très différents et très complémentaires ! Nous vous les présentons.
Anne Gravoin & son Quatuor Concert privé
> save the date ! Dimanche 26 janvier 2020 DÉCEMBRE 2019
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LE KEREN HAYESSOD EN MOUVEMENT
JUDITH OKS, MILITANTE DANS L’ÂME !
© DR
Judith Oks a mené une vraie carrière de militante. Cela fait des années qu’elle est profondément investie pour une cause qui lui tient à cœur… et qui s’appelle Israël. « Mon histoire, c’est d’abord et avant tout une histoire d’amour avec le peuple d’Israël ! » dit-elle avec sincérité. Pendant des années, elle s’est investie au sein d’une association — FSJU/AUJF pour ne pas la citer — qui a collecté pendant 40 ans des fonds à destination des programmes du Keren Hayessod. Elle connait donc parfaitement cette institution qui vient en aide aux populations les plus fragiles d’Israël, à travers des programmes qu’elle trouve cohérents, utiles, imaginatifs…
ON A TRAVAILLÉ MAIN DANS LA MAIN POUR RELEVER LE DÉFI DE FAIRE REVIVRE LE KEREN HAYESSOD EN FRANCE
C’est pourquoi, quand les deux organisations décident de se séparer, il y a 6 ans, elle n’hésite pas une seconde. Elle choisit le Keren Hayessod, qui représente officiellement Israël, et qui est pour elle LE moyen d’aider le peuple d’Israël. Son combat, elle veut le mener pour Israël. Elle déploiera toute son énergie pour que le Keren Hayessod existe en France, en tant que Keren Hayessod, ce qui n’était plus le cas depuis 1967. « Nous avons monté une équipe avec des personnes qui étaient motivées, on voulait réussir. On a travaillé main dans la main pour relever le défi de faire revivre le Keren Hayessod en France ». Quand l’association est créée en 2013, Judith Oks en devient la vice-présidente et sera très active. Elle sait à quel point la route est longue et sinueuse pour convaincre et faire renaître un nom qui avait disparu du paysage français depuis si longtemps. Mais elle y croit et 6 ans plus tard, force est de constater que la décision prise était la bonne ! « On a fait tout ce qu’il fallait pour que l’association réussisse et se développe en France » affirme-t-elle, non sans un brin de fierté.
De ces 6 années déjà passées au KH, elle ne garde que de bons souvenirs… Elle a su travailler avec les 3 directeurs israéliens qui se sont succédés, tous totalement dévoués à leur équipe et à la cause ! Le Keren Hayessod est pour elle, une grande famille ! Elle n’oubliera jamais la première soirée de gala, organisée par le Keren Hayessod en 2014… À peine un an d’existence et plus de 300 personnes présentes ! « À ce moment-là, j’ai vraiment commencé à y croire ». Depuis, d’autres très belles soirées ont eu lieu, des hommes importants se sont déplacés en France pour le Keren Hayessod. Parmi eux, Shimon Peres (Zal), Tamir Pardo (Mossad), le Président Reuven Rivlin, etc. L’investissement de Judith Oks pour le KH est — presque — sans limites. Elle participe à toutes les manifestations organisées par la France et par Israël : les événements parisiens, mais aussi régionaux, les missions en Israël, les randonnées, les conférences internationales où elle a d’ailleurs rencontré des militants du monde entier dont certains sont aujourd’hui de vrais amis… Elle est là où on a besoin d’elle : elle n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis, elle est très présente auprès des salariés du Keren Hayessod, pour les soutenir dans leurs multiples tâches, téléphone, participe aux réunions, oriente dans les décisions… et par-dessus tout, réalise un indispensable et un gros travail de lobbying auprès de son réseau, pour les sensibiliser à la cause du Keren Hayessod. Mentionnons encore qu’elle a su transmettre son amour d’Israël à son fils Samuel qui a fait son alyah et étudie actuellement à IDC après avoir effectué son service militaire en tant que combattant… Derrière Judith, il a encore Michel, son époux, qui l’encourage et donne toutes les possibilités de vivre sa passion. On comprend dès lors pourquoi Richard Prasquier a naturellement pensé à elle pour prendre sa succession… Une fonction qu’elle a accepté d’occuper tant par devoir, que par loyauté vis-à-vis d’un président qu’elle estime être « hors du commun » et qui restera d’ailleurs président d’honneur actif, au Keren Hayessod. C’est un nouveau challenge qu’elle entend relever avec un co-président DAN SERFATY, qui apportera quant à lui une autre vision et une nouvelle dynamique. Elle conclut enfin en formulant plusieurs vœux : que le Keren Hayessod se fortifie et qu’il soit plus visible, que la communauté juive de France, 3e communauté au monde, soit aussi la 3e plus généreuse et enfin que des personnes comme Haim Weizman qui ont fondé le Keren Hayessod il y a 100 ans soient fières de nous ! Nous lui souhaitons Beatslaha dans ses nouvelles fonctions.
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LE KEREN HAYESSOD EN MOUVEMENT
DAN SERFATY,
SERIAL ENTREPRENEUR
© DR
AU SERVICE DE LA PHILANTHROPIE
J’AI DEPUIS TOUJOURS UN FORT ATTACHEMENT À ISRAËL, AU-DELÀ DES DIVERGENCES POLITIQUES OU CULTURELLES, CAR CE PAYS REPRÉSENTE POUR MOI L’ASSURANCE-VIE DU PEUPLE JUIF.
Il aime se définir comme un « serial entrepreneur ». Et pour cause : le parcours de Dan Serfaty est marqué par une volonté inaltérable de créer ou de reprendre des entreprises. « J’ai besoin de challenges permanents » précise cet ancien diplômé d’HEC, véritable électron libre, qui n’a jamais été salarié. Après avoir créé et développé de nombreuses entreprises dans des secteurs très variés, il évolue depuis près de 20 ans, dans le monde de la High Tech et des start-up, un monde qui lui correspond, car il est en perpétuel mouvement. Ces multiples expériences l’amènent à fonder en 2004, avec son associé de toujours, THIERRY LUNATI, le fameux réseau social Viadeo, qui sera une référence jusqu’à sa cotation en Bourse, avant d’être vendu au Figaro. « Une expérience extrêmement riche, avec ses hauts et ses bas » souligne l’entrepreneur. Toujours en quête de défis, Dan Serfaty devient en 2016 l’un des fondateurs d’Artur'In, une start-up de marketing digital qui connaît déjà une belle ascension.
Ces décennies de réussites ne résument pas tout à fait l’histoire personnelle de Dan Serfaty, ni sa personnalité tournée fondamentalement vers l’humain. Né en 1966 à Strasbourg, cet homme marié, père de trois filles, confie un attachement viscéral à sa famille. Il évoque avec bonheur le souvenir de sa grand-mère paternelle : « Elle fut une des premières femmes entrepreneurs au Maroc ! Imaginez une femme juive, avant la guerre qui dirigeait un atelier de couture et des salariés marocains. Je pense que ma culture entrepreneuriale vient de là. » Un état d’esprit que l’on retrouve chez les membres de sa famille. Son épouse italienne, Karen, dirige elle aussi une grande entreprise en évènementiel. L’aînée des enfants, âgée de 26 ans étudie à Harvard, la cadette de 24 ans suit un double master HEC-Polytechnique et la benjamine de 20 ans un cursus scientifique à Londres. Un socle inébranlable même en temps d’activité professionnelle intense. « À une époque je voyageais toutes les semaines entre Pékin, San Francisco et Paris, mais il m’était impensable de ne pas passer shabbat chez moi ! » confie Dan Serfaty. Et d’expliquer avec humour, la route des airs à emprunter pour relever ce défi hebdomadaire, encore un. À la croisée de sa vie personnelle et professionnelle, on retrouve des valeurs auxquelles il est intrinsèquement attaché et qu’il érige comme préalable à toute action : honnêteté et transparence. « La générosité de cœur, la générosité d’argent, mais d’abord celle de cœur, représente une chose à laquelle j’accorde aussi beaucoup d’importance » ajoute Dan Serfaty. Une confidence qui fait écho à sa nouvelle fonction de co-président du Keren Hayessod France, une expérience totalement inédite pour l’entrepreneur chevronné. Originaire de Strasbourg, Dan Serfaty fera toute sa scolarité à l’école Aquiba et fréquentera le Bné Aquiva. Pour autant, il n’a jamais vraiment endossé d’engagement communautaire. Il ressent une proximité avec le mouvement Habad, liée à son expatriation à San Francisco et il fréquente aussi la synagogue Maguen David-Ahavat Shalom dans le 16e arrondissement de Paris, dirigée par le rabbin Ariel Messas. Il n’y a pas de hasard dans le choix de rejoindre l’institution la plus importante de collecte de fonds pour Israël. « J’ai depuis toujours un fort attachement à Israël, au-delà des divergences politiques ou culturelles, car ce pays représente pour moi l’assurance-vie du peuple juif confie le co-président.
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LE KEREN HAYESSOD EN MOUVEMENT On ne peut pas ignorer 3 000 ans d’Histoire et regarder ce qui se passe depuis 15 ans en France ou ailleurs, sans se dire que nous sommes dans une situation temporaire dans les tous les pays, en dehors d’Israël. Par ailleurs, si nous pouvons encore vivre en Diaspora, c’est bel et bien parce qu’Israël existe. Israël n’est pas seulement un refuge, c’est aussi une protection. » Et la co-présidence du Keren Hayessod France ? L’entrepreneur l’entrevoit comme une évidence à la croisée des chemins. « Ma rencontre avec Amir Lapid, Directeur général, que je connais depuis Strasbourg, a été fondamentale. Ensuite, cette proposition arrive à un moment propice, j’ai connu beaucoup de satisfactions dans ma vie, je m’estime chanceux sur tous les plans. La question de comment rendre ce que j’ai reçu s’est imposée, au-delà du don. Enfin, j’ai besoin d’être convaincu quand je me lance dans une démarche, d’ajouter de la valeur. Je n’ai ni CV, ni ego à nourrir. » Cet enthousiasme contagieux au service du Keren Hayessod implique pour Dan Serfaty de penser autrement la collecte, sujet perpétuel de réflexion, se basant sur sa vision entrepreneuriale. « Je suis très inspiré par les fondations philanthropiques, lancées sur le modèle de la Bill-et-Melinda Gates Fondation qui réfléchissent comme des entreprises. La finalité n’est pas ici de faire du profit, mais d’optimiser l’impact sur les causes que l’on a choisi de défendre. Les méthodes et la gestion sont similaires à celles d’un business model. Or le Keren Hayessod connaît des problématiques propres à une entreprise, en matière de concurrence avec d’autres organismes, d’image, de collecte... Ce sont des questions qui me sont familières en tant qu’entrepreneur. » Cette tâche ambitieuse au sein du Keren Hayessod, Dan Serfaty la partagera avec JUDITH OKS. « Je trouve que cela fait sens pour le Keren Hayessod d’associer quelqu’un parmi les fondateurs, qui connaît le secteur associatif, à quelqu’un issu du monde entrepreneurial. J’aime particulièrement cette idée de complémentarité et me réjouis à la perspective de travailler avec Judith. ». Dan Serfaty est une chance pour le Keren Hayessod. Nous lui souhaitons une belle réussite dans cette nouvelle entreprise philanthropique !
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SOCIÉTÉ ISRAÉLIENNE
LAÏCS & ORTHODOXES EN ISRAËL : VERS UN RAPPROCHEMENT ? Contrairement à certaines idées reçues, la grave crise politique qui secoue Israël depuis un an n’a pas été provoquée par l’aggravation du sempiternel conflit sociétal entre laïcs et religieux mais plutôt par le profond antagonisme suscité par la personnalité de Binyamine Netanyaou. Et contrairement à d’autres idées reçues, le monde laïc et le monde orthodoxe qui paraissent souvent si diamétralement opposés, amorcent, dans la réalité israélienne, une démarche de rapprochement qui laisse entrevoir, malgré tout, l’avenir avec un certain optimisme. Rappel historique et analyse par Daniel Haïk. Lorsque DAVID BEN GOURION crée l’État d’Israël en 1948, le monde orthodoxe-harédi est presque embryonnaire et le « Vieux », qui revendique autant son athéisme que sa passion pour la Bible, n’a pas de raison de s’en méfier. Au contraire : lorsque les grands rabbins de l’époque lui demandent de dispenser de service militaire quelque 500 jeunes étudiants de yéchivot particulièrement doués afin de raviver la flamme de la Torah qui a dangereusement vacillé pendant la Shoah, Ben Gourion accepte. Lui, qui se soucie réellement du « vivre ensemble » entre laïcs et religieux en Israël, ira même rencontrer, en octobre 1951, à Bné Brak, le « Hazon Ich », le rabbin YÉCHAIAOU KARELITZ, sommité incontestée du monde orthodoxe, pour un dialogue passionnant, mais sans lendemain. Dans les années 50 et 60, l’idéologie laïque et socialiste est dominante, voire hégémonique, en Israël. Les pères fondateurs du pays aspirent ouvertement à se déconnecter de la tradition juive pour forger une nouvelle identité plus « israélienne », plus libérale, débarrassée de toute pratique religieuse. Cette aspiration identitaire les conduira parfois à des excès dramatiques tels que le processus de laïcisation d’une grande partie des Olim marocains qui avaient su préserver intacte leur tradition juive. L’objectif, pour l’establishment de l’époque, est de devenir un État, certes juif, mais surtout démocratique et « normalisé ».
© WAYNE MCLEAN
Mais plusieurs développements vont contrarier cette aspiration : la guerre des Six Jours, d’abord, avec son caractère miraculeux et sa conquête des sites historiques et religieux tels que le Kotel, la tombe de Rachel (Bethleem) et le Caveau des Patriarches (Hébron). Le souffle messianique qui se dégage de cette guerre va réveiller spirituellement des milliers de Juifs de Diaspora mais également des Israéliens sensibilisés par ce tournant ! La guerre de Kippour, ensuite, et son posttraumatisme qui va conduire des milliers d’Israéliens laïcs à se plonger, en guise de thérapie, dans un retour absolu vers la Torah. Le plus célèbre exemple sera celui d’OURI ZOHAR, le metteur en scène comique le plus populaire du pays qui deviendra à la fin des années 70, un véritable rabbin
Entre 2009 et 2019, la population orthodoxe passe de 750 000 à 1 100 000 âmes et selon les projections, elle pourrait atteindre les 2,5 millions en 2035 !
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orthodoxe. Sur le plan politique enfin, l’arrivée au pouvoir, à cette même époque, de MENAHEM BEGIN, leader pratiquant de la Droite nationaliste, a deux conséquences immédiates : elle permet aux Sépharades « convertis » de force à la laïcité, de retrouver leur dignité sociale mais également leurs racines traditionnalistes.
© EFFIB
C’est le terrain fertile sur lequel se forgera, au milieu des années 80, le parti orthodoxe sépharade Chass sous l’autorité du grand rabbin OVADIA YOSSEF. Dans le monde orthodoxe ashkénaze, Menahem Begin sera considéré comme un véritable sauveur : il va, en effet, faire voler en éclats le quota des fameux 500 étudiants orthodoxes admis par Ben Gourion. Très vite, ces étudiants, exemptés de service militaire, vont devenir légions et se compter par milliers puis par… dizaines de milliers, pour atteindre jusqu'à 70 000 dispenses ! Cela aura pour conséquence de creuser plus encore le fossé social entre ceux qui servent sous les drapeaux et ceux qui demeurent, selon la formule talmudique, sous la « tente de la Torah ». Qui plus 60% de la population orthodoxe à moins de 20 ans est, les gouvernements de Droite nationaliste vont attribuer durant les années 80 et surtout 90 des subventions particulièrement importantes aux yéchivot. Sur le plan démographique, le monde orthodoxe va alors connaitre une fulgurante progression. En 1990, il ne représentait que 3 % de la population totale d’Israël tandis qu’en 2008, il en représente déjà plus de 9 % ! Désormais le nombre d’Israéliens orthodoxes va augmenter bien plus rapidement que le reste de la population. Et même l’arrivée massive d’un million de Juifs de l’ex-Union Soviétique, souvent très laïcs, ne modifiera pas radicalement cette tendance. La progression démographique de la communauté orthodoxe va s’amplifier. Entre 2001 et 2003, le taux de natalité moyen dans les familles orthodoxes israéliennes était de 7,5 enfants. Il se situe autour de 7 aujourd’hui. Conséquence logique : près de 60 % de la population orthodoxe a moins de 20 ans (contre 36 % dans la population générale). Plus concrètement : entre 2009 et 2019, la population orthodoxe passe de 750 000 à 1 100 000 âmes et selon les projections, elle pourrait atteindre les 2,5 millions en 2035 ! Cette communauté est donc devenue une force politique et économique incontournable dans la société israélienne. Mais il y a également l’envers de la médaille : cette puissance démographique l’oblige en effet à sortir de la « ghettoïsation » qui la caractérisait. Pour nourrir dignement leurs familles nombreuses, de plus en plus d’hommes orthodoxes quittent les bancs de la yéchiva (38 % en 2008, 51 % en 2018) pour effectuer un service militaire adapté qui leur offrira, souvent, une formation professionnelle et leur servira de passerelle vers le marché du travail. Les femmes orthodoxes sont d’ailleurs les pionnières de cette ouverture vers le monde du travail et ce n’est pas un hasard si elles sont de plus en plus nombreuses à revendiquer aujourd’hui une représentation à la Knesset... Enfin, autre facteur de changement : la génération de grandes figures rabbiniques charismatiques qui guidaient cette communauté s’éteint peu à peu et la suivante ne bénéficie plus du même prestige, ce qui permet aux orthodoxes « modérés » de ne plus être aussi dépendants que par le passé de décrets rabbiniques rigoureux. Parallèlement, et souvent comme conséquence directe de la radicalisation des Palestiniens et du durcissement du conflit (Seconde Intifada, opérations à Gaza..), de nombreux Israéliens laïcs, s’interrogent sur le sens de leur présence sur la Terre d’Israël. En en guise de réponse, certains de ceux qui s’identifiaient au « moule libéral » forgé par les pères fondateurs du pays,
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s’ouvrent à la découverte du patrimoine juif historique. Sans revenir à la pratique religieuse, ces Israéliens aspirent à retrouver le paramètre juif de leur identité israélienne. Cela se traduit, dans la réalité israélienne de 2019, par une multiplication de centres d’études juives et même des « yéchivot laïques », y compris dans la « bulle » ultra-libérale, pour ne pas dire libertine, de Tel Aviv. C’est là que ces Israéliens en quête identitaire peuvent librement se plonger dans l’étude des textes et, à travers cela, mieux percevoir le lien intrinsèque qui unit le peuple d’Israël à sa Terre promise.
© WIKIPÉDIA
Certes, les clivages entre laïcs et religieux en Israël n’ont pas disparu. Loin de là. Mais il faut ici, déplorer la fâcheuse tendance que les médias israéliens ont à les amplifier. Car, de plus en plus, le sentiment dominant est que ce qui rapproche un Israélien laïc d’un Israélien orthodoxe demeure, malgré tout, bien plus profond que ce qui les sépare. D’ailleurs, dans la réalité israélienne de 2019, un artiste l’a parfaitement compris. Avec beaucoup de talent et de tact, ICHAÏ RIBO, un Israélien orthodoxe, d’origine française (!), est devenu, cette année, le chanteur préféré des Israéliens qu’ils soient laïcs ou religieux ! Il les a séduits avec des chansons douces qui pourtant, expriment sa foi en D., et s’est naturellement imposé comme le symbole de ce rapprochement, comme un pont de respect, de tolérance, et d’espoir entre ces deux communautés.
© HADAS PARUSH/FLASH90
Ichaï Ribo est un Israélien orthodoxe, d’origine française. Il a conquis tous les Israéliens et semble avoir comblé le fossé entre laïcs ou religieux ! Il a déjà sorti 4 albums.
Marlyn Venig est une femme ultra-orthodoxe qui travaille dans le cinéma comme script et critique de film. Elle se bat pour promouvoir la culture et le cinéma dans le milieu ultra-orthodoxe.
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L’ÉCHO DES RÉGIONS
RHÔNE ALPES
AVNER NAHUM, NOUVEAU DÉLÉGUÉ DU KEREN HAYESSOD À LYON Accomplir une mission au service du Keren Hayessod en Israël ou dans les communautés juives du monde entier fait toujours sens pour ceux qui y consacrent temps et énergie. Avner Nahum vient de rejoindre la section de Lyon en tant que délégué de collecte pour accompagner l'institution dans ses engagements. Portrait. J'AI PRIS CONSCIENCE QU'ISRAËL N'ÉTAIT PAS SEULEMENT LE PAYS DES START-UP, MAIS AUSSI CELUI DES INÉGALITÉS
Avner Nahum a le goût de la transmission. Diplômé d'une double licence à l'Institut Européen de Journalisme et en Lettres Modernes, il entame sa carrière dans différents médias ; il collabore notamment au Point et à Actualité Juive. Dans ce cadre, il découvre alors la vivacité des communautés, lui qui jusque-là ne fréquentait pas nécessairement les structures dédiées. Par ailleurs, il entreprend des études en yeshiva, avant de se consacrer à l'enseignement des études juives (le kodesh), dans des écoles de la région parisienne (Beth Israël, Ozar Hatorah). Marié en 2017, Avner initie un nouveau changement quand il s'installe à Lyon, la ville d'origine de son épouse. Il a aujourd’hui 27 ans et il succède à Yaacov Moreno, ancien délégué du Keren Hayessod à Lyon : « À la faveur de cette nouvelle vie, j'avais envie d'emprunter une autre voie professionnelle, confie Avner. Je souhaitais rester actif au sein de la communauté. »
SOCIALES.
Israël reste au cœur de son parcours personnel. Lycéen à l'ORT, Avner participe au programme « Bac Bleu Blanc », un projet éducatif de l'Agence Juive à travers un séjour de découverte. Dès cette époque, le pays ne lui apparaît plus comme une simple destination touristique, mais une terre d'accueil et d'espoirs. « J'envisage alors qu’un Juif peut faire sa vie en Israël, ce que je n'entrevoyais pas forcément avant, même si je n'ai pas réalisé mon alyah » souligne-t-il. S'ensuit un volontariat de deux mois avec Sar-El auprès de Tsahal, autre choix formateur. Israël encore revient au centre de sa vie, avec Taglit, un programme où Avner poursuit son exploration israélienne.
En novembre dernier, Avner partait cette fois-ci en Israël dans la peau de son nouveau rôle de délégué pour appréhender sur le terrain, les programmes socio-éducatifs du Keren Hayessod qu'il entend défendre. D'Israël, il a gardé pendant longtemps une approche idéalisée : « Malgré mes différents séjours où j'essayais de m'intégrer au quotidien, j'ai pris conscience assez tardivement qu'Israël n'était pas que le pays des start-up, mais aussi celui des inégalités sociales. Plus encore, les missions qu'on m'a présentées m'ont fait comprendre davantage la nécessité des actions du Keren Hayessod. Je pense que d'autres Français sont dans ce cas. Il y a une mission de communication à mener. » Accueilli chaleureusement par la communauté lyonnaise, Avner présente sa vision du poste de délégué permanent, qu'il mènera dans un nouveau bureau, situé dans les locaux de la synagogue Neveh Chalom : « Je pense qu'il faut établir une relation de confiance avec les donateurs et réussir à leur transmettre l'importance de leur participation. J'ai le sentiment qu'à Lyon, la communauté est très investie au plan local. Ma mission, c'est de leur montrer d'autres projets et besoins en Israël. Notre président régional, Thierry Toubiana, m'a déjà permis de rencontrer de nombreuses personnes et me transmet une énergie extraordinaire tant il est impliqué. Enfin j'aimerais que les jeunes de la région agrandissent notre comité de militants ». C’est un travail qu’à déjà entrepris Michaël Sfez, délégué israélien du Keren Hayessod, qui a créé le Business Club de Lyon qui s’adresse à ce public. Ensemble, Avner est ici à Beer Sheva avec Yaacov Moreno pour échanger avec ils sauront les convaincre de l’importance de prendre le relais les jeunes du programme Net@. Il s’est également rendu dans et de continuer à soutenir Israël…. un centre d’intégration pour Éthiopiens, puis à Bat Yam, au centre d’hébergement Amigour destiné aux personnes âgées rescapées de la Shoah.
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100 Km
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© IVAN SMUK / SHUTTERSTOCK
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LE KEREN HAYESSOD À TRAVERS LE MONDE
LA SUISSE ROMANDE : ENGAGÉE POUR ISRAËL AVEC LE KEREN HAYESSOD ! Depuis plus de 70 ans, la Suisse entretient un lien historique avec le Keren Hayessod grâce au soutien indéfectible de militants et donateurs au sein des deux sections, francophone et germanophone. Pour célébrer les 100 ans de l’institution israélienne en 2020, le bureau de Genève recevra le 28 janvier NIKKI HALEY, ancienne ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies lors de l’ouverture de campagne. AVY LUGASSY, président du Keren Hayessod Suisse romande et de Genève évoque l’histoire d’un engagement profondément ancré.
Par Paula Haddad Si Avy Lugassy réside à Genève depuis son adolescence, son léger accent nous transporte en un instant aux confins de la Méditerranée. Le militant est né en Israël d’un père qui fut en 1977, le premier shaliah (délégué) envoyé par le Keren Hayessod en Suisse ! Le témoignage d’un engagement familial perpétué, mais aussi d’un lien tissé entre la Suisse et l’État hébreu. Après le bac, Avy Lugassy rentre au pays effectuer son service militaire, puis revient à Genève pour des études de droit. Ce juriste de formation mène une carrière dans la banque, au rythme de sa vie de famille avec sa femme et ses trois enfants. En 1989, il rejoint les rangs du Keren Hayessod au sein du Young Leadership sur les traces de ce père pionnier, s’investissant toujours plus auprès de l’institution jusqu’à prendre la présidence de la section Suisse romande. Ces 30 ans de militantisme font de lui un des récipiendaires du prestigieux Prix Yakir, décerné à des leaders du Keren Hayessod en signe de reconnaissance pour leur engagement envers Israël et le peuple juif. 30 ans au service d’une cause qui repose en Suisse sur deux grandes campagnes de collecte, l’une basée à Genève et l’autre à Lausanne également impliquées autour d’événements de soutien. Le président genevois souligne la nécessité d’un investissement réel dans chaque ville pour défendre pleinement les programmes. À l’origine, le Keren Hayessod en Suisse était constitué d’une seule branche, puis il a été divisé en 1951 entre la partie germanophone et la partie francophone dont le premier président fut Jean Brunschvig. Mais le fil bleu, lui, n’a jamais été rompu avec des donateurs très fidèles, à la générosité remarquable chaque année envers Israël. Toutefois Avy Lugassy tient à rectifier une vision parfois biaisée de la vie en Suisse : « La communauté juive de Genève compte des familles aisées certes, mais pas seulement. Par ailleurs, certaines d’entre elles sont parties vivre en Israël ou ailleurs, mais pas à cause de l’antisémitisme. Certes, il existe comme partout, la Coordination Inter Communautaire Contre l’Antisémitisme et la Diffamation (CICAD) est active en ce sens, mais il n’est pas aussi virulent qu’en France, en Allemagne ou en Belgique. »
A droite Avy Lugassy avec Bar Rafaeli
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Avy Lugassy avec Ehud Olmert
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LE KEREN HAYESSOD À TRAVERS LE MONDE
UNE VIE JUIVE ÉCLECTIQUE
PRESTIGE ET ENGAGEMENT
Selon le site de la Fédération Suisse des Communautés Israélites, la présence de la communauté juive en Suisse remonterait à l’Antiquité romaine. Aujourd’hui, elle compte environ 20 000 Juifs entre la partie romande et la partie germanique (Zurich, Bâle, Bern). La communauté de Lausanne rassemble 3000 membres et celle de Genève 6000 Juifs, majoritairement séfarades. Un kaléidoscope de tendances religieuses reflète une véritable pluralité : Communauté Israélite de Genève (CIG), Communauté Juive Libérale de Genève (GIL), Beth Habad et Communauté Israélite de Lausanne et du Canton de Vaud (CILV). Les institutions ne sont pas en reste : du B'nai B'rith, aux Filles d’Esther, en passant par celles dédiées à Israël comme la WIZO le KKL ou le Maccabi...), elles reflètent toutes, l’affirmation d’une vie juive éclectique entre judaïsme, culture et solidarité pour Israël.
A Genève, le bureau du Keren Hayessod est soudé autour du président, du comité de militants, du délégué d’Israël — actuellement Arik Seban, un Israélien d’origine française — et de son équipe. Et la liste des intervenants des soirées d’ouverture de campagne a de quoi faire rêver : Bill Clinton, Al Gore, Tony Blair, Shimon Peres, Ehud Barak, mais aussi Tamir Pardo, ancien directeur du Mossad ou encore Benny Gantz, exchef d’état-major de Tsahal. Ces soirées qui rassemblent entre 300 et 500 personnes bénéficient du soutien de grands sponsors, preuve de l’image de prestige dont jouit le Keren Hayessod entre actions et transparence. La soirée d’ouverture de campagne à Genève qui accueillera le 28 janvier prochain la diplomate américaine Nikki Haley inaugure toujours une nouvelle année de défis. Dès le lendemain, le shaliah poursuit sa mission sur le terrain, auprès d’une communauté de donateurs certes présents, mais sollicités par d’autres institutions juives à Genève (encadré). Par ailleurs, des conférences sur la biotechnologie et la start-up Nation toujours sous l’égide du Keren Hayessod séduisent le public, et permettent des rencontres informelles sur des sujets fédérateurs. Autre ambition pour le futur, renforcer le comité du Young Leadership composé d’actifs de 30-40 ans souvent difficiles à mobiliser autour du don. « Ils représentent la prochaine génération souligne Avy Lugassy. Même s’ils ont les moyens de donner, ils ne se sentent pas autant concernés que leurs parents. Ils pensent aussi parfois qu’Israël est un pays riche. Je travaille à l’organisation d’activités pour cette tranche d’âge avec Michaël Sfez, le délégué I-Link (Business Club) du Keren Hayessod France. » Les femmes, forces vives du Keren Hayessod dans le monde entier, ne sont pas en reste avec l’Action Féminine de Genève, très active en matière d’événements. Enfin, à Lausanne aussi, la section locale tient ses promesses. En juin 2019, le comité recevait lors d’une soirée Ohad Hemo, correspondant pour Channel 2 news et Tsahi Halevi, un des acteurs de la fameuse série Fauda. Avy Lugassy avait 15 ans quand son père a pris ses fonctions au Keren Hayessod en Suisse. Depuis, le militant qu’il est lui-même devenu a côtoyé les plus grands. Mais ce sioniste fort de ses convictions n’oublie jamais les raisons de son implication : « L’an dernier, je visitais un village pour jeunes à Kyriat Yearim. Là, je discute avec un jeune garçon, puis d’autres originaires de ma ville, à savoir Kyriat Gat. Ils semblaient très surpris que je vienne du même endroit qu’eux. Je leur ai dit de croire en leur parcours malgré les difficultés. Tout est possible. Je suis aussi bouleversé face aux survivants de la Shoah qui vivent dans les maisons Amigour du Keren Hayessod. Ces rencontres avec des bénéficiaires nous rappellent le sens de notre mission et la nécessité de donner à Israël. C’est un devoir pour notre avenir et celui de nos enfants. »
Prestigieuse soiree annuelle de Gala
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LE KEREN HAYESSOD À TRAVERS LE MONDE
WALK ISRAËL 2019
RETOUR SUR UNE MARCHE EN DEHORS DES SENTIERS BATTUS De retour, de la 4e édition de Walk Israël, DANIELLE DARMON nous livre le récit d’un séjour qu’elle suit depuis le début, qui lui a permis de connaître Israël de l’intérieur. Comme chaque année depuis 4 ans, la fin octobre rime avec les retrouvailles avec les amis du WALK ISRAËL. Cette marche le long du GR qui relie Eilat au Mont Hermon, nous a tous tellement enthousiasmés que partis à 30, il y a 4 ans, nous voilà aujourd’hui plus de 100 randonneurs, venus du monde entier, y compris cette année des États-Unis et d’Australie.
Danielle Darmon, une randonneuse de la première heure
Ces séjours sportifs et émouvants nous transportent dans un autre Israël, loin de la Tayelet et des restaurants branchés de Tel-Aviv ! Cette année nous avons marché entre Tibériade et Haïfa. Chaque matin, trois groupes étaient constitués, avec trois niveaux différents : dur, très dur et… épicuriens. Nous nous retrouvions tous à l’heure du déjeuner. Nous avons commencé par dormir au Kibboutz Meron Ha Golan et de là, nous avons gravi le Mont Arbel, une escalade avec rampes en cordes, plutôt impressionnante au départ, mais facile finalement. Le lendemain, le Mont Thabor nous attendait, avec un dénivelé de 400 m en ligne droite ! Les Israéliens ne semblent pas connaître les boucles de nos GR alpins… Au sommet, se dressait l’église de la transfiguration du Christ accueillant de très nombreux pèlerins… ceux que nous ne rencontrons jamais ! La marche s’est achevée à Haïfa avec le Mont Carmel… et une visite des programmes du Keren Hayessod, devenue un rituel pour tous ceux qui partent dans le cadre de cette institution. Car ne l’oublions pas, Walk Israel est une marche qui a du sens : chacun d’entre nous a marché pour les enfants du programme AVENIR DES JEUNES, s’engageant à un don annuel pour soutenir ces jeunes issus de milieux défavorisés. Comme les fois précédentes, nous avons pu constater lors de la visite du programme AVENIR DES JEUNES, la fraternité, l’humanité et le professionnalisme des équipes pédagogiques. Nous avons été également invités à fabriquer des foccacia, avec des jeunes qui étaient en formation cuisine. Un moment de partage à la fois amusant et délicieux !
Le groupe s'étoffe d'année en année : en 2019, on compte plus de 100 randonneurs venus de toute l'Europe !
Enfin, une soirée de gala au sein de la magnifique forteresse d’Akko a clôturé cette 4e édition de Walk Israël. Nous avons dansé jusque tard dans la douce nuit israélienne avant le retour sans transition dans le frimas parisien.
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LEGS, DONATIONS ASSURANCE-VIE
VOTRE CONTRAT D’ASSURANCE-VIE AU BÉNÉFICE D’UNE ASSOCIATION, C’EST POSSIBLE ! Il s’agit d’un contrat par lequel l’assureur s’engage, en contrepartie du paiement d’une ou plusieurs primes, à verser un capital à une personne physique ou morale déterminée, en cas de décès du souscripteur. Tout comme pour les legs ou pour les donations, il est possible de désigner une association comme bénéficiaire d’un contrat d’assurancevie. L’assurance-vie (comme le legs), permettent de transmettre tout ou une partie du patrimoine d’une personne. L’assurance-vie est modifiable ou révocable, du vivant de son auteur, et procure ainsi une grande souplesse au souscripteur. Elle lui permet de s’adapter à l’évolution de sa situation familiale ou patrimoniale.
témoignage Je suis en retraite depuis trois ans environ et je me suis constitué, au cours d’une vie professionnelle bien remplie, un certain patrimoine qui s’est vu complété par l’héritage de mes parents et de mon frère. Ce patrimoine repose sur les éléments suivants : • Comme un certain nombre de concitoyens, on trouve en premier la résidence principale, bien en propriété à 100 % puisqu’il n’y a plus de prêt en cours. • Je possède aussi un immeuble de bureaux en tant qu’héritier unique de mon frère, car il était célibataire sans enfant, bureaux actuellement en location. Dans ce patrimoine immobilier, je ne voulais pas avoir de biens d’habitation en location, ayant eu une expérience peu concluante. En effet, lorsqu’on fait le bilan en prenant en compte les charges, les taxes, les travaux de maintenance, les vacances de location, les contraintes imposées aux propriétaires bailleurs, le résultat final est loin d’être exceptionnel. J’ai donc privilégié l’immobilier de location via les SCPI investissant dans des biens commerciaux, industriels ou basés sur des établissements liés à la santé (maisons de retraite ou autres). • Le dernier élément de ce patrimoine est constitué de produits d’assurance-vie, soit en fonds en euros ou en unités de compte. Mais n’ayant pas de descendant, s’est donc posé
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le problème de ma succession. Mes héritiers directs sont des cousins, mais n’étant pas très proche d’eux, je n’avais aucune raison de leur léguer ce patrimoine. J’ai donc désigné des amis comme légataires. Sachant que des taux prohibitifs de succession seront appliqués (66 %) et considérant que l’État avait déjà suffisamment profité de la succession de mon frère (taux de 45 % !), j’ai cherché une solution permettant de faire bénéficier des gens dans le besoin, incluant dans ce patrimoine légué les produits d’assurance-vie, bien que les taux de succession soient différents car des abattements sont accordés par les services fiscaux. Étant en contact avec le Keren Hayessod depuis plusieurs années, c’est donc vers cet organisme que je me suis orienté, car je trouve très intéressants les programmes développés par le Keren Hayessod. Lors du voyage des séniors 2018, j’ai pu visiter différents sites en Israël bénéficiant de ces aides et je me suis rendu compte concrètement du résultat : notamment le soutien aux personnes âgées, rescapées pour certaines de la Shoah (Amigour), aux jeunes défavorisés (au village de Kyriat Yéarim), aux soldats sans famille, sans parler des projets économiques soutenus par cette association.
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LEGS, DONATIONS ASSURANCE-VIE
BON À SAVOIR : • L’assurance-vie offre une grande liberté à son auteur. En effet, l’assurance-vie est hors succession (Code des Assurances) et réputée n’avoir jamais fait partie du patrimoine du souscripteur. • Elle échappe ainsi au droit des successions. Le conjoint, le partenaire de Pacs, les frères et sœurs (sous certaines conditions), n’ont pas à acquitter de droits de succession. • Pour les autres bénéficiaires : • Avant 70 ans, un prélèvement forfaitaire de 20 %, après abattement de 152 500 euros par bénéficiaire, s’applique aux sommes reçues par les bénéficiaires lorsqu’elles correspondent à des primes versées par le souscripteur depuis le 13/10/1998. • Le souscripteur d’une assurance-vie n’est pas limité par la réserve héréditaire*. Cependant, il convient de rester mesuré, en cas de versement de primes manifestement exagérées par rapport aux capacités du souscripteur, les héritiers réservataires pourraient en demander la réduction pour atteinte à leur réserve héréditaire. *La réserve héréditaire est une part de la succession qui est réservée par la loi, à certains héritiers protégés, les héritiers réservataires. Ainsi, le droit français ne permet pas de déshériter ses enfants.
ZOOM SUR LA CLAUSE BÉNÉFICIAIRE LA CLAUSE BÉNÉFICIAIRE constitue un élément fondamental du contrat. Elle désigne la (ou les) personne(s) qui percevront le capital du contrat en cas de décès de l'assuré (en exonération de droits de succession dans certains cas).
LE BÉNÉFICIAIRE de la clause doit être clairement identifié. La clause bénéficiaire doit refléter, sans équivoque, la volonté de l’assuré. Elle doit indiquer le plus précisément possible qui sera bénéficiaire en cas de décès, c’est-à-dire quelles seront les personnes, physiques ou morales, qui percevront le capital. LA DÉSIGNATION du bénéficiaire doit être conforme à la loi. Au décès de l’assuré, il peut arriver que l’assureur ne puisse verser les fonds au bénéficiaire choisi. Si l’assuré choisit une association, celle-ci doit avoir « la capacité à recevoir des dons et legs ».
LA RÉDACTION de la clause bénéficiaire Elle requiert une attention particulière et une grande précision. Loin d’être figée, elle doit faire l’objet d’un suivi régulier et, s’il y a lieu, d’aménagements. L’assuré peut désigner l’association qu’il gratifie, pour tout ou pour une partie de son contrat d’assurance-vie. Il est vivement conseillé Les sommes versées de prévenir l’association bénéficiaire lors de la signature du contrat aux associations reconnues d’assurance-vie, ceci afin d’éviter les contrats en déshérence. D’UTILITÉ PUBLIQUE LA CAPACITÉ DE L’ASSOCIATION. Une association ne peut être gratifiée que si elle est Reconnue d’Utilité Publique, si son but exclusif est l’assistance, la bienfaisance, la recherche scientifique ou médicale, si elle est cultuelle.
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sont totalement exonérées d’impôts sur la succession. C’est le cas du Keren Hayessod, reconnu d’utilité publique en Israël.
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LOISIRS EN ISRAËL
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LES TRÉSOR ES SAISONS T U O T N E N A DU GOL
es. x les uns que les autr au be us pl s te si de é ou en on du Golan recèle ser indifférent. En ét is la Majestueuse, la régi ut pe ne n la Go ourcer en rel d’Israël, le battus et vous ress rs Véritable trésor natu ie nt se s de rs ho tez marcher hiver, si vous souhai us ! e de pays est fait pour vo du rd no le , ur inscrire au programm à de re on oi st prof hi d’ ou té surprenants de beau Voici quelques sites te en Israël. votre prochaine visi Par Caroll Azoulay
EIN KSHATOT GOGUE RECONSTITUÉE L’ANCIENNE SYNA
rin naturel placé dans un éc ue iq or st hi e sit t r, abrite Fascinan n centre, ès du kibboutz Nato pr ué sit ot ue synagogue en so at fiq sh ni Ke ag n m e un ec av , magnifique, Ei du Talmud au village, vous que de la Michna et Lors de votre visite 9. 74 en e un village juif de l’épo rr te de t en magnifique lors d’un tremblem préservé et le plus us pl le e ex pl m co qui s’est effondrée entant le ques avancées ns la synagogue prés méthodes technologi de e id l’a à te pourrez pénétrer da ui tr ns co de 1300 ans ! e a été fouillée et re ressemblait il y a plus le d’Israël. La synagogu el oi qu à er in ag dans d’anciennes rfaitement im lage, qui se déverse vil du ce ur qui permettent de pa so la de ite également e également une vis e dans le village sont ad en om pr e un Ein Keshatot propos et s. Un film té de la nature et de zones ombragée bliable alliant beau ou in e né ur piscines entourées jo e un er permettant de pass proposés sur place ique. rétrospective histor
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t.org. https://einkeshato
PARC VOLCANIQUE
DU MONT AVITAL
GIQUE DU GOLAN
LA GENÈSE GÉOLO
e volcanique e Avital est un sit qu ni lca vo rc pa le Golan, à Etonnant, r les hauteurs du su ué sit l ei m m so géologique en . de route de Tibériade environ 40 minutes temps en sommeil, le ng lo soit depuis el tu ac n lca vo le e la lave sortant Bien qu iteurs de visualiser vis x au et rm pe l lcanique. parc Avita ulation d’éruption vo sim e un d’ s ai bi le r t des de la roche pa rir l’émerveillemen ur no et s nt fa en s regardez-la se Pour amuser le d’une boussole et s ou -v ez iss un m s, s exercées adulte es électromagnétique rc fo s de t ffe l’e us so faire une déchaîner iteurs sont invités à vis s le ir, so is ud je s mme sur le site. Le assister à un progra ur po te ui at gr ne ur également les promenade noct inhabituel qui imite el isu ov di au ge ira stouflant qui d’écla t un spectacle épou es C’ . es qu ni lca vo éruptions blime. eu). Un petit ne de cette région su ane (nuage en hébr An fé Ca au r te rê ar illumine le ciel noctur d’où l’on vous plus élevé d’Israël et coin, n’hésitez pas à le e le sit ns le da r e su ag ué ss sit pa t De uper le fé es que la vue y est à co sion au fait que ce ca re lu di al it us fa vo i qu de s ile ot ut m jeu de la Syrie. In difficulté le Liban et peut apercevoir sans souffle !
Tel : 050-4242227
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S À HAMAT GADER
LOISIRS EN ISRAËL
RÉCHAUFFEZ-VOU
à l’époque t romain qui régnait en m ne er uv go le r s pa llée du Yarmouk Fondé il y a 1 800 an der, situé dans la va Ga at m Ha de al m er es à 42° en Israël, le site th urces thermominéral so s de e os op pr , iade ocure un profond près du lac de Tibér baigner relaxe et pr S’y . ée nn l’a de ng ellement Celsius tout au lo ticulaires, le renouv ar rs eu ul do s de t emen e et d’autres bien-être, un soulag ation du métabolism ér él cc l’a s, ue iq rm salles de des cellules de peuvent offrir ! Des s de au ch s ce ur so s es le cueille les plus merveilles que seul piscine extérieure ac la et its fa en bi s ce également Spa complètent e. Hamat Gader est al tim op it so e nt te dé rc animalier : une jeunes pour que votre iles et un petit pa od oc cr x au e rm fe connu pour sa ille ! te pour toute la fam excursion réjouissan
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HANTERESSES
S ENC BANIAS : CASCADE
magnificences e une quantité de rit ab as ni Ba de aux les anciennes jusqu’ La réserve naturelle vil de es in ru de nt iques, alla pays. Située naturelles et histor les plus grandes du — as ni Ba de x au on, d’e région du Mont Herm tonitruantes chutes la et la Hu de e llé va n, entre la ener et se dans le nord du Gola n explorer, se prom bo it fa il où ur te an ch on, pied du Mont Herm Banias est un lieu en au it ill ja i qu ce ur so ient d’une cascades. baigner ! L'eau prov verse en généreuses dé se et km 5 3, r su rges as, où coule le long des go a à la Grotte de Bani er èn m us vo ce ur so loin de la Un petit sentier non r Hérode. temple construit pa un d’ es in ru s le t en se trouv
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MONT BENTALE :VICTOIRE MIRACULEUSE L’HISTOIRE D’UN
une vue ètres d’altitude, offre m 00 4 0 de ès pr n et au-delà. Lors Le mont Bental, à r le nord-est du Gola su ire na di or tra ex ur reprendre panoramique lutte israélienne po la , 73 19 en r ou pp de la guerre du Ki r l’une des batailles lan s’est traduite pa Go du e qu gi té ra st taqué Israël le contrôle istoire. La Syrie a at l’h de s te an uv ro ép rter de chars les plus es ont fini par l’empo nn lie aé isr es rc fo s ais le é en état de avec 1 500 chars, m entre eux sont rest d' 7 nt do s, ar ch 0 nes avec seulement 16 oir détruit des centai av s rè ap e, ill ta ba la fin de aël a perdu fonctionnement à la israélien toire miraculeuse, Isr vic tte ce ré lg t explorer un bunker Ma en . uv ns pe rie s sy ur s ite le cu vis hi s le de vé ont Bental, de la bataille. s… Au sommet du m ue et la géographie iq st gi lo la r su de nombreux soldat t en form eaux et des cartes in abandonné. Des pann
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GAMLA, LE REPÈRE
DES OISEAUX
du Golan, est uée sur les hauteurs sit , la m Ga de lle re lilée, des La réserve natu le sur la mer de Ga ab en pr im t es y e vu es. Un sentier un lieu magique. La s ruines archéologiqu de us ss de au nt ie rs de la rs tourno 80 immenses vautou s aigles et des vautou Le e. qu gi lo to ni bservation or leur taille. Que mène à un poste d’o loin, du fait de leur de e êm m s, le ib vis t un lieu nt très tière, la réserve es en e réserve de Gamla so né ur jo e un d' e demi-heure ou ndonnée. vous disposiez d'un re, d’histoire et de ra tu na de ux re ou am idéal pour les
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RETOUR EN IMAGES
UN MOIS DE NOVEMBRE RICHE EN ÉVÉNEMENTS ET EN MISSIONS !
Les after-work du Business Club I-Link Belles rencontres et échanges professionnels : À STRASBOURG
À MARSEILLE
À LYON
Mission I-Link (Du 24 au 28 novembre) Dans le monde des start-up et des entreprises innovantes d’Israël, visite du programme Net@, échanges professionnels : une mission très réussie !
À NICE
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MISSION SÉNIORS (du 17 au 22 novembre). EN ISRAËL, rencontres avec les bénéficiaires des programmes, visite de I24, conférences… Pour des séniors très actifs
RETROUVEZ AUSSI LA RANDONNÉE WALK ISRAËL PAGE 33 ET BIEN SÛR LE DOSSIER "MISSION OUGANDA" PAGES 8 À 19.
À CANNES - Projection du film les Vedettes de Cherbourg en présence du réalisateur Vic Demayo, au centre communautaire de Cannes
À MONTPELLIER CONFÉRENCE-CONCERT AU PROFIT DES POPULATIONS JUIVES EN DANGER DANS LE MONDE - GRANDE SYNAGOGUE DE MONTPELLIER
DÉCEMBRE 2019
NUMÉRO 15 • LA REVUE DU KEREN HAYESSOD FRANCE
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Nous avons rêvé Israël, nous avons bâti Israël...
Aujourd’hui, il avance à pas de géant...
Avec vous, nous aidons ceux qui ont du mal à suivre...
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CULTURE
MERCI
ELIEZER BEN YEHUDA ! Par Richard Prasquier
Il y a, dit-on, 41 langues parlées en Ouganda, mais leur nombre est très problématique : une langue peut présenter un continuum de micro-variations d’un village à l’autr,e ce qui rend très discutable toute délimitation précise. L’anglais est langue officielle. Il est apparu en Ouganda avec les premiers missionnaires protestants au Buganda en 1877. L’anglais avec ses spécificités ougandaises (« uglish ») est enseigné dans les écoles primaires, et est compris ou parlé de la majorité des habitants des grandes villes, moins bien dans les zones éloignées de la capitale. Une autre langue bénéficie d’un statut officiel, en accord avec les règlements de l’Union de l’Afrique de l’Est, c’est le swahili, la langue bantoue aujourd’hui la plus parlée dans le monde. Son succès est dû en partie à sa simplicité : une des rares langues bantoues sans tons, avec une phonétique très régulière. Le swahili a servi depuis le XIXe siècle de langue commerciale à l’Afrique de l’Est, parlé par les marchands de Zanzibar, qui provenaient lointainement du Sultanat d’Oman. Le trafic d’esclaves, épices, ivoire, céréales a conduit cette langue, partie de la côte de l’Océan Indien (swahili a la même racine que Sahel, qui signifie rivage) à progresser vers l’intérieur. Le swahili, du fait de son histoire a de nombreuses racines arabes. Le sémitisant ne sera pas étonné d’apprendre que six se dit « sita »,
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CULTURE sept « saba », vingt « ishrini » et cent « mia ». Celles-ci se mélangent aux racines bantoues. « Hakuna matata » (« pas de problème ») a acquis une célébrité universelle grâce au Roi Lion. Ce sont paradoxalement les Britanniques qui ont unifié le swahili au début du XXe siècle en faisant du dialecte de Zanzibar la forme écrite de la langue. Ils en avaient besoin pour l’armée où s’engageaient en particulier de jeunes Ougandais du Nord plus pauvre, qui avaient beaucoup de réticences à apprendre une langue compliquée comme le Luganda, typique du sud du pays. Amin Dada fut plus tard sans surprise un apôtre du swahili. En effet, dans le nord du pay,s on parle des langues dites nilotiques, très différentes des langues bantoues. Elles appartiennent à une famille disparate et complexe que le grand linguiste Joseph Greenberg (un Juif de Brooklyn…) a appelée la famille nilo-saharienne. L’ancienne langue nubienne, dont il y a des témoignages écrits, appartient à ce groupe comme beaucoup de « petites » langues parlées dans le Soudan, le Tchad et l’Éthiopie. Les Luo sont, dans le Nord-Est de l’Ouganda, le groupe linguistique nilotique le plus nombreux, et encore leur langue n’est-elle pas unifiée. Il faut noter que dans sa classification, Greenberg a éliminé l’hypothèse hamitique et raciste du linguiste allemand Meinhof pour qui il existait des populations pastorales « hamitiques » d’origine « caucasienne », « ethniquement supérieures » aux populations d’origine africaine. Cette fausse science raciologique servit aux distinctions faites par le colonisateur belge entre Hutu et Tutsi dans le protectorat du Ruanda Urundi. Cependant, contrairement à ce qui s’est passé en Tanzanie, où sous l’influence du Président Nyerere, il est devenu la langue nationale massivement utilisée, le swahili n’a pas eu énormément de succès en Ouganda. L’histoire des langues bantoues (on parle de 500 langues, de 400 millions de locuteurs : quasiment toute l’Afrique centrale et australe) a été progressivement éclairée par des lignées de spécialistes bantouistes. À partir d’un foyer initial au Cameroun, probablement au deuxième millénaire av. J. C., des migrations de populations d’agriculteurs parlant des langues proto-bantoues, bientôt en possession de la métallurgie du fer, n’ont laissé subsister que vers les marges inhospitalières les anciennes populations de chasseurs-cueilleurs. Les langues bantoues sont caractérisées par l’usage de « classes nominales » (un peu moins d’une vingtaine le plus souvent) marquées par des préfixes spécifiques, indiquant en général des catégories sémantiques particulières. Le — ntu de bantu signifie homme, le « ba » caractérise une classe nominale : les Ganda, habitants du Baganda, s’appellent Buganda (singulier Muganda) ; ils parlent le Luganda et habitent… l’Ouganda. Le Luganda est donc la langue du royaume du Baganda, la langue de Kampala. C’est la langue bantoue la plus largement utilisée dans le pays (environ 20 % de la population l’ont comme langue maternelle et beaucoup d’autres comme 2e langue). Une officialisation du Luganda ferait croire qu’on est retourné à l’hégémonie du vieux royaume. Contrairement à d’autres pays, la langue la plus utilisée n’a pas de caractère national officiel. Dans l’Ouest, le centre et le sud-est du pays, d’autres langues bantoues sont utilisées. Elles sont assez proches du Kinyarwanda du Rwanda et du Kirundi du Burundi. Le Rwanda et le Burundi parlent en effet des langues uniques, une exception en Afrique. Les Africains sont partagés entre des désirs contradictoires : garder les traditions linguistiques du groupe, l’intérêt d’une langue unique pour renforcer le sentiment national, la volonté de se démarquer de la langue du colonisateur et le besoin d’offrir aux jeunes une langue qui permette une éducation supérieure de qualité. L’unité linguistique n’est pas garante de l’unité nationale : Rwanda et Burundi sont de terribles contre-exemples. Mais la division linguistique pousse à la désunion nationale. Comment Israël aurait-il pu réussir sans l’obstination monomaniaque d’un ELIEZER BEN YEHOUDA ?
Pour Eliezer Ben Yehuda, sans hébreu, il ne peut y avoir de véritable renaissance nationale.
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