Skip to main content

Torah-Box Magazine n°377 Israël - Noa’h

Page 1

Noa'h

n°377

14 octobre 2026 I 3 'Hechvan 5787


L'ÉDITO DE LA SEMAINE FlyDubaï - Quand le Ciel intervient Nous sommes encore tous sous le choc devant la tentative de précipiter au sol l’avion de Flydubaï transportant 182 passagers, dont la plupart étaient israéliens. À quelques secondes près, c’était une catastrophe dont Israël ne se serait pas remis facilement. Il s’avère que le terroriste, selon ses propres déclarations, avait initialement prévu de faire crasher l’avion sur l’aéroport Ben-Gourion ! Mais voilà qu’une succession d’événements, qu’on ne peut que qualifier de miraculeux, l’empêche de réaliser son dessein maléfique. On ne peut s’empêcher d’établir un parallèle entre ce sauvetage improbable et le pogrom du 7 octobre 2023, survenu presque jour pour jour trois ans plus tôt. À l’époque, l’attaque du ‘Hamas avait causé la mort d’environ 1 200 personnes et la capture de 251 autres, dont beaucoup ne sont pas revenues. Dans les deux cas, des négligences en matière de sécurité sont pointées du doigt, mettant en cause certains responsables haut placés. Rappelons qu’il y a trois ans, dans certaines localités, l’armée israélienne n’était intervenue qu’après plus de six heures, alors que les terroristes venus de Gaza se déchaînaient. Nous voyons d’un côté un salut inespéré, survenu en quelques secondes dans le ciel, et de l’autre, l’absence inexplicable de forces militaires à proximité de la bande de Gaza, qui auraient pu éviter une telle calamité. Les desseins de D.ieu sont étonnants et nous interpellent ! Mais beaucoup de choses ont changé depuis la tragédie du 7 octobre. La veille du drame, on avait interdit à Tel-Aviv d’organiser les offices de Yom Kippour dans un lieu public avec une Mé’hitsa (séparation entre hommes et femmes). Cette année, en revanche, il n’y a pas eu de conflit à ce sujet. De plus, on n’a jamais vu autant de Juifs de toutes tendances se rendre au Kotel

pour les Séli’hot. On observe aujourd’hui de nombreux jeunes portant des Tsitsit aux coins de leurs vêtements, sans pour autant avoir l’apparence de personnes pratiquantes. Cette jeunesse se bat également dans les lycées laïques pour pouvoir mettre les Téfilin et organiser des prières collectives. À l’armée, les soldats réclament avant tout des objets de culte et des livres de Torah. Bref, un retour massif au judaïsme se manifeste un peu partout dans le pays. ‘Am Israël ‘Haï Vékayam ! Le peuple juif est bien vivant ! La conclusion qui s’impose est la suivante : quand notre conduite déplait à D.ieu, “à quoi servent les gardiens ?” En revanche, lorsqu’Il est satisfait, des faits incroyables se produisent : le commandant de bord, grièvement blessé, parvient à ouvrir le cockpit ; les passagers, en pleine chute libre, trouvent le sang-froid nécessaire pour intervenir ; un simple plombier parvient à redresser l’avion et à stopper sa descente vertigineuse ; l’appareil reste pilotable malgré les dommages ; enfin, des pilotes présents à bord parviennent à le faire atterrir dans un aéroport accessible… Finalement, tous, à l’exception du pilote, s’en sortent sans autre dommage, témoins d’un événement difficilement explicable par la raison seule. Un clin d’œil du Ciel qui nous dit : “Je suis là. Vous êtes sur la bonne voie, Je suis content de vous. Continuez !” Ce message ne concerne pas uniquement les passagers de ce vol, mais s’adresse à tout Israël. Nous formons un même peuple et sommes tous concernés, comme nous l’avions d’ailleurs été lors du pogrom de Sim’hat Torah. Nous avions alors compris qu’un changement dans notre conduite s’imposait et qu’un retour sincère au judaïsme était indispensable. D.ieu, dans Sa bonté, nous a aujourd’hui donné un signe encourageant à travers cette intervention miraculeuse. En espérant que ce ne soit qu’un début ! Rav Daniel Scemama Magazine I n°377

3


Your New Home

HAHIDA 26 BAYIT VAGAN UNE RÉSIDENCE BOUTIQUE DE SEULEMENT 5 ÉTAGES AU CŒUR DE JÉRUSALEM

À PARTIR DE ₪2,500 000 Une résidence intimiste offrant des appartements neufs aux prestations haut de gamme, dans un emplacement recherché à quelques minutes à pied du tramway – station Har Herzl. LIVRAISON PRÉVUE : AVRIL 2028

CONDITIONS DE PAIEMENT EXCEPTIONNELLES 20% à la signature | 80% à la livraison Sans indexation PLUS QUE 4 APPARTEMENTS DISPONIBLES À LA VENTE REZ-DE-JARDIN | 3 PIÈCES | 5 PIÈCES | PENTHOUSE

JONAS HALFON | JRE +972 54-700-9518 JONAS@JERUSALEM-REAL-ESTATE.COM JERUSALEM-REAL-ESTATE.COM


SOMMAIRE Daniel Scemama 03 Rav L'Édito - FlyDubaï - Quand le Ciel intervient 07 Actualités Benhamou 14 Binyamin On vous oubliera très vite après votre mort Blog d'ÉLisa 16 LeCopines, confidences… et Lachon Hara’ au Rav Dayan 18 Question Mon mari veut la totalité de la maison en cas de séparation ! Paracha pour les enfants 20 LaParole d’honneur !

22 Femmes Mais pourquoi avoir autant d’enfants ? Yehonathan Gefen 25 Rav Parachat Noa’h - Le message de l’arc-en-ciel

27 Shabatik 31 Histoire L’étude inoubliable de Yoav avec Rav ‘Ovadia Yossef 33 Flash Chabbath DOSSIER

Le Machia'h

34 Le Machia’h : c’est qui, c’est quoi, c’est quand ? Machia’h : comment ça va se passer, étape par 37 Leétape ? 40 Fiction - L’interview exclusive du Machia’h ! 42 Et si Machia’h venait aujourd’hui ? 44 Faux messies : quand l’espoir est exploité… David Lederberger, 49 Rav Le message d'un rabbin de Paris à suivre - À bout de likes ! 50 Histoire Episode 2 : Une vie presque parfaite

52 Questions au Rav 54 Recette Riz sauté aux légumes façon asiatique

Responsable publication David Choukroun Rédacteurs Rav Daniel Scemama, Alexandre Rosemblum, Elyssia Boukobza, Ariel Marciano, Elisa Boccara, Rav Gabriel Dayan, Binyamin Benhamou, Rav Yehonathan Gefen, Yéhouda Israël Ruck, Rav Henri Kahn, Rav David Lederberger, Myriam H., Déborah Malka, Rav Avraham Garcia, Rav Aharon Sabbah, No’am Zigdon Mise en page Dafna Uzan Secrétariat 02.37.41.515 Publicité Daniel Peretz daniel26mag@gmail.com 054-24-34-306 Distribution diffusion@torah-box.com Remarques & commentaires magazine@torah-box.com Abonnement torah-box.com/magazine

 Les annonces publicitaires sont

sous la responsabilité de leurs annonceurs

 Ne pas lire pendant la prière  Ce magazine contient des

enseignements de Torah, ne pas le jeter dans une poubelle


MER

14 octobre 3 'Hechvan

Daf Hayomi Bekhorot 26 Michna Yomit Ohalot 9-15

JEU

15 octobre 4 'Hechvan

Daf Hayomi Bekhorot 27 Michna Yomit Ohalot 10-1

VEN

16 octobre 5 'Hechvan

Daf Hayomi Bekhorot 28 Michna Yomit Ohalot 10-3

SAM

CALENDRIER DE LA SEMAINE

17 octobre 6 'Hechvan

pour la naissance de leur garçon

Et à Léa Bennaïm pour la naissance d’une petite-fille !

Horaires du Chabbath Jéru.

Tel Aviv

Achdod

Natanya

17:26

17:47

17:48

17:47

Daf Hayomi Bekhorot 29 Michna Yomit Ohalot 10-5

Sortie

18:42

18:43

18:44

18:43

Daf Hayomi Bekhorot 30 Michna Yomit Ohalot 10-7

LUN

Entrée

19 octobre 8 'Hechvan

Daf Hayomi Bekhorot 31 Michna Yomit Ohalot 11-2

MAR

Parachat Noa'h

18 octobre 7 'Hechvan

20 octobre 9 'Hechvan

Daf Hayomi Bekhorot 32 Michna Yomit Ohalot 11-4

DIM

Grand Mazal-Tov à

Jérémy Benhammou, Moché Avidan et David Berissi,

Zmanim du 17 Octobre Jéru.

Tel Aviv

Achdod

Natanya

Nets

06:44

06:46

06:46

06:46

Fin du Chéma (2)

09:34

09:35

09:36

09:35

'Hatsot

12:25

12:26

12:27

12:26

Chkia

18:04

18:06

18:07

18:05


ACTUALITÉS Arabie saoudite : l’aéroport de Riyad frappé pour la deuxième fois en deux jours L’aéroport international Roi-Khaled de Riyad a été frappé dimanche pour la deuxième fois en deux jours, faisant un mort et 11 blessés, au lendemain d’une attaque 'houthie qui avait fait 12 morts et 309 blessés. Binyamin Netanyahou a condamné "avec la plus grande fermeté"

les frappes et présenté ses condoléances au peuple saoudien, appelant à un Moyen-Orient "uni face aux menaces", dans un message interprété comme une ouverture en faveur d’une normalisation avec Riyad. Donald Trump a, lui, qualifié l’attaque d’"inacceptable".

Nord d’Israël : un élève tué et 19 blessés dans l’explosion d’un engin Un élève a été tué et 19 autres personnes, élèves et enseignants, ont été blessées lundi lors d’une excursion scolaire dans la région de Ramat Ramim, près de la frontière libanaise. Le groupe de la Yéchiva-lycée ORT a été touché par l’explosion d’un engin non

explosé resté sur place. Les secours, dont des hélicoptères de Tsahal et du Maguen David Adom, ont été dépêchés sur les lieux. Une enquête a été ouverte pour déterminer

les

circonstances

exactes

du drame.

Magazine I n°377

7


ACTUALITÉS FlyDubai : Israël impose désormais des restrictions de nationalité aux équipages d’Air France Après la tentative d'attentat dans son espace aérien. Air du 30 septembre sur un vol France a relayé cette consigne FlyDubai à destination de Telà ses salariés, suscitant des Aviv, Israël durcit ses contrôles critiques sur son caractère aériens. Une nouvelle directive interdit discriminatoire. Pour Israël, cette mesure aux équipages possédant la nationalité, s'inscrit dans le renforcement de la sécurité même double, de l'un des 30 pays sans aérienne après une attaque qui aurait pu relations diplomatiques avec Israël d'entrer coûter la vie à près de 200 personnes. Washington aurait demandé à Israël de frapper seul l’Iran Selon des informations relayées par les médias israéliens, Washington aurait récemment pressé Israël de mener seul une nouvelle frappe contre l’Iran, avant les élections de mi-mandat américaines. Le chef d’état-major Eyal Zamir aurait toutefois averti qu’une telle opération risquait

d’entraîner le report des élections israéliennes, poussant les États-Unis à retirer, pour l’heure, leur demande. Cette pression intervient alors que Téhéran reconstruirait rapidement ses capacités de production de drones et de missiles balistiques.

Octobre rose : Une député LFI mêle Israël à la lutte contre le cancer et provoque un tollé Le ruban rose, symbole de la campagne annuelle de sensibilisation au dépistage du cancer du sein, est au cœur d'une polémique en France. Mathilde Panot (LFI) refuse de le porter, dénonçant les profits de l'industrie chimique. Dans une vidéo, elle s'en prend notamment à Syngenta, fabricant de pesticides, et à sa filiale israélienne Adama, qu'elle accuse de détruire des terres palestiniennes et libanaises. Cette irruption d'Israël dans un débat sur le cancer a suscité une vague d'indignation. Marine Le Pen dénonce une "obsession" d'Israël, tandis que la ministre Aurore Bergé s'insurge : "Vous n'avez jamais honte ?" 8

Magazine I n°377


‫בס”ד‬

Avant première à

ASHDOD Emplacement idéal, à proximité: université, gare, parc High Tech... VOUS PRÉPAREZ VOTRE ALYA ?

Bloquez le prix aujourd'hui avec un faible acompte afin de préparer votre arrivée en douceur. IDÉAL INVESTISSEURS Fort potentiel de plus value à la livraison.

ACCESSIBLE À TOUS

5% a la signature (140 900₪ "42 000 €"), solde à la livraison dans 4 ans 4 et 5 pièces avec climatisation, cave et parking à partir de 2 818 000₪

SANS AUCUNE INDEXATION !

SERGE Touitou 052-5916075 07.57.99.03.58 Ashdod | Gan Hayir, Hagdoud Aivri 5 WWW.TIVOUR.COM


ACTUALITÉS Une équipe américaine arrive à Gaza pour préparer le désarmement du 'Hamas

"Naza" : les deux réalisateurs dans le viseur des autorités israéliennes

Israël a autorisé l’entrée prochaine à Gaza d’une société américaine mandatée par le Conseil de paix, selon Kan. Sa mission sera de repérer, à Rafia'h et Khan Younès, des zones où les terroristes du 'Hamas pourraient remettre leurs armes afin qu’elles soient détruites.

Binyamin Netanyahou a demandé l’ouverture d’une enquête contre Youval Abraham et Rachel Szor, auteurs du documentaire Naza, qui accuse les soldats de Tsahal d’avoir délibérément causé de lourdes pertes civiles à Gaza. Le Premier ministre évoque des atteintes graves à la sécurité de l’information, ainsi que de la diffamation. La chaîne 14 a par ailleurs fait état de soupçons concernant des liens entre Abraham et des proches de membres du 'Hamas.

Le plan prévoit que Tsahal se retire progressivement des secteurs désarmés, qui passeraient ensuite sous l’autorité d’un gouvernement technocratique. De nombreuses modalités restent toutefois à définir, notamment la supervision de l’opération et la sécurité des soldats israéliens.

10

Magazine I n°377

Tsahal rejette catégoriquement les accusations du film, fondées notamment sur 24 témoignages anonymes et invérifiables.


France : les violences se poursuivent autour des blocages de lycées Les incidents se poursuivent en France autour des blocages de lycées. À Aubagne, le principal d’un collège et une enseignante ont été blessés par balle, et un adolescent de 14 ans a été interpellé. Plusieurs

chefs

d’établissement

et

enseignants ont également été agressés, tandis que des campus universitaires à Nantes et Rennes ont été saccagés après des occupations. Plusieurs milliers d’interpellations ont déjà été recensées depuis le début des troubles. Malgré une "nette décélération" évoquée par l’exécutif, un nouveau rassemblement était

prévu

mardi

13/10

devant

Matignon, avant une mobilisation plus large annoncée le 17/10.

Amazon prêt à miser 7 milliards sur une pépite israélienne de l’IA Amazon serait en discussions avancées pour racheter Decart, une startup israélienne spécialisée dans l’intelligence artificielle, pour environ 7 milliards de dollars, dans ce qui serait l'une des plus importantes acquisitions de l'année dans le secteur technologique israélien. Fondée en 2023 par trois anciens de l’unité du renseignement 8200, l’entreprise développe des technologies permettant d’optimiser les modèles d’IA et de réduire leurs coûts de calcul. Valorisée près de 4 milliards de dollars en mai, Decart avait déjà suscité l’intérêt de Nvidia et d’Anthropic.

Magazine I n°377

11


ACTUALITÉS Médecine de guerre : l'armée américaine s'inspire des avancées de Tsahal Les progrès de la médecine militaire israélienne suscitent l'intérêt des États-Unis. Depuis le début de la guerre en 2023, Tsahal a considérablement amélioré la prise en charge des soldats blessés, faisant passer leur taux de mortalité de 15 % lors de la guerre du Liban en 2006 à 7,1 %. Grâce à des équipes médicales déployées au plus

près du front, les premiers soins vitaux peuvent désormais être administrés en quatre minutes maximum, contre 15 à 20 minutes auparavant. Dans un rapport publié en avril, l'armée américaine souligne l'efficacité de ces innovations et recommande d'intégrer les méthodes israéliennes à ses propres pratiques.

Washington annonce la reprise des vols directs vers le Liban, une première depuis quatre décennies Donald Trump a officiellement supprimé les restrictions empêchant les compagnies américaines de desservir directement le Liban depuis 1985. Instaurées après le détournement d'un avion de la TWA, ces mesures étaient en vigueur depuis 41 ans. Le président libanais Joseph Aoun a salué cette décision, qu'il considère comme une marque de confiance envers son pays. Ce geste intervient dans un contexte de rapprochement entre Washington et Beyrouth, alors que les États-Unis tentent notamment d'obtenir le désarmement du Hezbollah. Aucune date n'a encore été fixée pour la reprise des vols.

Paris presse Ma'hmoud Abbas de revenir sur le report des élections La France a vivement regretté la décision de Ma'hmoud Abbas de repousser au 11 septembre 2027 les élections législatives palestiniennes, prévues initialement le 28 novembre 2026, ainsi que la présidentielle attendue début 2027. Le Quai d’Orsay rappelle que les Palestiniens n’ont pas voté aux législatives depuis vingt ans et appelle à organiser rapidement des élections "libres et transparentes". Paris estime que ce renouvellement démocratique

est

la

des

légitimité

essentiel

à

institutions

palestiniennes.

Liban : 780 kg d’explosifs saisis en route vers un bastion du 'Hezbollah Les forces de sécurité libanaises ont intercepté dans la Bekaa un véhicule transportant près de 780 kg d’explosifs à destination de la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. Deux hommes liés à l’organisation ont été arrêtés. La cargaison comprenait notamment du C4, du tétryl,

des clous et de petites charges destinées à accroître les dégâts d’une explosion. Un responsable politique libanais opposé au 'Hezbollah craint que ces explosifs ne soient destinés à une campagne d’attentats ou d’assassinats dans le cadre des tensions internes au Liban. L’enquête se poursuit. Elyssia Boukobza

12

Magazine I n°377


‫בס”ד‬

z e n g i o j Re

NOTRE ÉQUIPE COMMERCIAUX FRANCOPHONES À jérusalem I ashdod

MI TEMPS 3/4 TEMPS TEMPS PLEIN NOUVEAU ! ÉTUDIANTS & JEUNES DIPLÔMÉS Bourse mensuelle spéciale AVREKHIM avrekhim 1 000 SALAIRE ATTRACTIF

FORMATION ASSURÉE

HORAIRES FLEXIBLES

FIXE + PRIMES

Contactez-nous

054.987.5446 struisons Ensemble, con ite ! votre réuss


Le billet de Binyamin Benhamou On vous oubliera très vite après votre mort Nous organisons notre vie comme si nous étions des résidents permanents sur Terre. Nous nous disputons pour une place, un titre, un appartement ou quelques milliers d’euros, comme si tout cela devait nous accompagner éternellement. Il y a quelques jours, j’ai lu ce qui est arrivé à Cristiano Ronaldo, le plus grand joueur de l’histoire du Portugal, et de l’histoire tout court pour d’autres. Avant lui, son pays n’avait jamais remporté de grande compétition internationale. Avec lui : l’Euro 2016, deux Ligues des nations, 234 sélections, 146 buts et plus de 20 ans sous le même maillot. Combien de fois a-t-il sauvé son équipe lorsque tout semblait perdu ? Cette semaine, son sélectionneur lui demande de s’échauffer. Ronaldo se prépare pendant 30 minutes, convaincu qu’il va entrer. Finalement, il reste sur le banc. L’entraîneur déclare ensuite qu’aucun joueur, pas même Ronaldo, ne changera ses décisions. Il avait évidemment le droit de ne pas le faire jouer. Mais pouvait-il lui éviter cette humiliation ? La Torah nous apprend à tenir compte de l’histoire et de la dignité de chacun. Lorsqu’un homme riche devient pauvre, la Tsédaka considère même le niveau de vie auquel il était habitué. Respecter également les hommes ne signifie pas les traiter tous exactement de la même manière. Quand la gloire s’efface Après 20 ans à porter son pays, Ronaldo méritait peut-être quelques égards. Mais non. Il avait déjà été oublié. Vivant. Entre nous, cette histoire de football m’intéresse assez peu. J’aime simplement 14

Magazine I n°377

utiliser l’actualité pour attirer votre attention avant de vous parler de ce qui compte vraiment. Car elle m’a rappelé une autre histoire, infiniment plus importante à mes yeux. C’était le jour de la Hazkara du Grand Rabbin Joseph Sitruk, 5 ans après sa disparition. De nombreux messages avaient été envoyés pour inviter les gens à venir prier sur sa tombe. Pourtant, une fois sur place, nous avons eu du mal à réunir les dix hommes nécessaires pour réciter Kaddich. Dix hommes pour celui qui avait réuni des centaines de milliers de Juifs autour de la Torah pendant des décennies. Le Rav Sitruk avait rendu la Torah vivante, joyeuse et accessible à toute une génération. Des Juifs très éloignés entraient dans une salle pour l’écouter et en ressortaient avec une Mitsva dans le cœur, une question dans la tête et parfois l’envie de changer toute leur vie. Il remplissait des salles immenses. Sa voix entrait dans des milliers de maisons. Beaucoup d’entre nous lui doivent une pensée, une décision ou une orientation. Beaucoup lui doivent leur Téchouva. Certes, le Rav est enterré à Har Hazeitim, au milieu d'un quartier arabe plutôt difficile d'accès. Et pourtant, le jour même de l’anniversaire de son décès, cinq ans seulement après son départ, nous avions déjà du mal à réunir dix hommes pour lui dire Kaddich. Alors je me suis demandé : si Ronaldo peut être oublié au premier revers alors qu’il est encore vivant, et si, Léhavdil, le Rav Sitruk peut l’être 5


ans après sa mort, que restera-t-il de moi ? Que restera-t-il de vous ? Nous vivons comme si nous étions éternels Dans 100 ans, nous serons tous morts et enterrés. Des inconnus vivront dans les maisons pour lesquelles nous nous sommes battus. Ils déplaceront nos meubles, repeindront nos murs et jetteront peut-être ce que nous avions conservé avec tant de soin.

mon confort pour m’installer sous quelques branches, dans une demeure fragile que je vais bientôt démonter. Hachem ne me demande pas de mépriser ce monde. Il me demande de ne pas confondre l’hôtel avec ma destination. Le message n’est pas : "Ne prends rien au sérieux", mais plutôt : "Prends les bonnes choses au sérieux."

Travaille. Construis. Entreprends. Gagne ta vie. Achète une belle maison si La voiture pour laquelle vous avez tu le peux. Mais n’oublie jamais dépensé une fortune ne sera plus que tout cela reste un moyen. qu’une carcasse rouillée. Votre téléphone, vos vêtements et Hachem ne me Investis surtout dans ton caractère, ta Torah, tes vos meubles appartiendront à demande pas Mitsvot et le bien que tu des gens qui n’auront jamais entendu parler de vous. Même fais autour de toi. Dans de mépriser ce notre nom finira probablement la patience offerte à tes par disparaître. monde. Il me enfants, la dignité donnée à ton épouse et l’aide Lorsqu’un enfant vient au demande de ne apportée lorsqu’aucune monde, il se croit immortel. Si caméra ne te filme. pas confondre vous lui expliquez qu’un jour

"

il quittera ce monde, il ne le comprend pas vraiment. Pour lui, ce sont des histoires qui arrivent aux autres.

l’hôtel avec ma Tu crois vraiment qu’Hachem t’a donné une âme aussi destination puissante uniquement pour

Mais sur ce sujet, nous sommes tous restés des enfants. Nous savons que nous allons mourir, mais nous n’y croyons pas vraiment. Nous organisons notre vie comme si nous étions des résidents permanents sur Terre. Nous nous disputons pour une place, un titre, un appartement ou quelques milliers d’euros, comme si tout cela devait nous accompagner éternellement. Ne pas confondre l’hôtel avec la destination Le ‘Hovot Halévavot nous invite à méditer sur le caractère éphémère de ce monde. Nous ne sommes pas chez nous. Nous sommes des voyageurs dans un hôtel où nous ne passerons que quelques nuits. C’est précisément le message de la Soucca, mes amis. Pendant sept jours, Hachem me demande de quitter ma maison solide, mes meubles et

parler de politique, développer un business et conduire de belles voitures ? Tu crois vraiment que tout ton potentiel avait pour destination finale un appartement, une montre et un chiffre sur un compte bancaire ? Tout cela restera ici. Ta maison ira à un autre. Ta voiture finira ailleurs. Ton téléphone sera remplacé. Ton poste sera occupé par quelqu’un dont tu ne connais même pas encore le nom. Mais chaque effort réalisé pour devenir meilleur, chaque parole de Torah, chaque Mitsva et chaque bonne action t’accompagneront dans le Monde futur. Dans 100 ans, presque personne ne se souviendra de nous. Ce n’est pas triste. C’est libérateur. Le monde nous oubliera. Hachem, Lui, n’oubliera rien. Binyamin Benhamou Magazine I n°377

15


LE BLOG D'ÉLISA Copines, confidences… et Lachon Hara’ "Ah je l’ai croisée au Chouk… sa belle-sœur, celle qui a fait la Bat-Mitsva de sa fille à Ronit Farm… et ben il paraît que…" Quand la conversation dérape sur des personnes absentes tel un Israélien débutant sur une piste du ‘Hermon, pas facile de l’arrêter ! Comme tous les débuts d’années, je mets toutes les chances de mon côté pour devenir une meilleure version de moi-même. Ben oui, c’est l’occasion de se poser les vraies questions comme : peut-on être là pour ses amies sans céder au Lachon Hara’ ? Et surtout comment faire pour que confidences et petits secrets partagés ne tournent invariablement à la médisance ? "Ben figure-toi que…" On a toutes connu ça. On est entre copines, contentes de se retrouver. Ça fait des semaines qu’on attend ce moment. C’est vrai qu’entre la préparation des repas de fêtes, les réunions de parents d’élèves de la rentrée, le boulot, caler un jour qui convienne à tout le monde relève du miracle. A côté, une réunion de l’ONU c’est un goûter d’anniversaire. Alors oui, quand on a enfin réussi à le faire, on avoue que c’est un kiff. Un kiff avec cependant un léger arrière-goût. Allez, soyons honnêtes avec nous-mêmes, on a beau faire hyper attention, à un moment donné, on finit toujours par tomber dedans. Vous voyez de quoi je parle ? Non ? Ok. "Ah je l’ai croisée au Chouk… sa belle-sœur, celle qui a fait la Bat-Mitsva de sa fille à Ronit Farm… et ben il paraît que…" Voilà. Là vous voyez de quoi je parle : le Lachon Hara’. Quand la conversation dérape sur des personnes absentes tel un Israélien débutant sur une piste du ‘Hermon, pas facile de l’arrêter. 16

Magazine I n°377

Et ça arrive tellement de fois, sans qu’on s’en aperçoive. Ça part parfois même d’une bonne intention. Tenez. On parle d’un sujet anodin comme une recette de gâteau qu’on a testé pour les fêtes et là sans qu’on s’en rende compte, on est en train de commenter la prise de poids hallucinante de A. Ça pourrait s’arrêter là, mais non ça s’enchaine "En parlant de poids, tu as vu B. ? En si peu de temps, elle a fait les piqûres, c’est sûr et certain." Le Lachon Hara’ se déplace à la vitesse de la lumière. Parfois je me dis qu’on devrait inventer un détecteur. Ben quoi, y a bien des caméras de recul dans les voitures pour se garer ! Une application à télécharger sur le téléphone. Dès qu’on s’en approche, ça bippe. Si ça bippe plus de 3 fois en 10 minutes, la sonnerie retentit en continu. Pour l’arrêter, on serait obligé de regarder un cours de Torah avec questionnaire à la fin. Je le note, idée à creuser. Le Lachon Hara’ : appartement vide

le

squatteur

d’un

En attendant, je vous livre quelques techniques qui s’offrent à nous toutes. Vous pouvez la jouer pompier et premier secours. Telle la vigie du groupe, identifiez le début de l’incendie dès le début et éteignez-le à la source : une amie qui s’étale sur la difficulté d’une absente, demandez-lui : "Et toi, comment ça se passe en ce moment ? Raconte-nous." Vous verrez, ça fonctionne à tous les coups.


Pour les retardataires, comme celle qui était trop occupée à recommander un dessert qu’elle n’a pas capté qu’on était sur l’hypothétique deuxième divorce de la fille de la voisine du frère qu’on croisait tous les matins au gan. Pas de panique, vous pouvez ramener la conversation aux personnes présentes. Car oui, vous le savez, il est souvent plus facile de juger les autres que de se questionner soi-même. "Moi, dans la même situation, je ne sais pas ce que j’aurais fait" : en prononçant cette phrase à haute voix, vous permettez à tous de quitter le jugement pour ouvrir un espace de réflexion personnelle. Vous noterez d’ailleurs que c’est très souvent quand on parle à bâtons rompus sans vraiment de cadre que le Lachon Hara’ s’invite à notre table. Au jardin en attendant la sortie de Chabbath, quand on regarde autant la montre que le petit dernier sur la balançoire, ou alors au téléphone garée en double file en attendant la sortie de la grande de son cours de danse. Le Lachon Hara’ est ainsi, il reste tapi dans l’ombre, prêt à s’installer là où y a de la place. Un peu comme le squatteur d’un appartement vide. Si on fait du Lachon Hara’, c’est parce que nous n’avons rien à dire. Alors si on se taisait ? Je vous jure.

expliquait que les paroles que nous écoutons façonnent notre regard sur le monde. Il invitait à choisir un entourage qui élève, car une véritable amitié se construit sur la bienveillance, la confiance et le respect de la dignité d’autrui. Vous pouvez donc choisir de vous éloigner des personnes qui pratiquent assidûment le Lachon Hara’. Bon si c’est votre belle-sœur, le grand rabbin Sacks ne nous donne aucune piste. Moi perso, j’ai mis au point une technique assez simple. En écoutant une personne parler, je me demande : "Que dira-t-elle de moi quand je serai absente ?" Si j’ai un doute, c’est qu’il n’y a pas de doute. Allez les filles, on y croit. Se débarrasser de la médisance est un chemin de longue haleine, parfois c’est le travail de toute une vie. Et rassurez-vous, contrairement à ce que soutiennent les hommes, ils en font autant que nous. C’est juste les sujets qui changent. Élisa Boccara

"Que dira-t-elle de moi quand je serai absente ?" Pour éradiquer la médisance, autre parade très efficace : glisser vers un sujet positif. Prenez votre air de celle qui vient d’avoir une illumination : ‘’Je vous ai pas raconté, rien à voir…’’. Rebondissez sur quelqu’un : "En parlant de ça, tu as vu… ?" Enfin, n’hésitez pas à utiliser l’humour : "Bon, on a assez parlé des absents…", ou encore ‘’Et si on parlait des personnes les plus incroyables de cette pièce à savoir nous !" avec un sourire, ça passe généralement très bien. Le grand rabbin Jonathan Sacks, oui c’est juste pour vous rappeler que vous lisez Torah Box, Magazine I n°377

17


QUESTION AU RAV DAYAN Mon mari veut la totalité de la maison en cas de séparation ! Mon mari et moi venons d’acquérir notre premier bien que nous souhaitons mettre en location. Nous sommes mariés depuis 7 ans et n’avons pas encore la chance d’avoir un enfant. Je travaille tous les jours mais mon salaire est beaucoup plus petit que le sien. Il n’empêche qu’il n’a pas cessé de me dire que c’est grâce à ses fiches de paie que nous avons en partie réussi à obtenir un prêt (lui est à son compte). Aujourd’hui, il veut que nous signions un contrat stipulant qu’en cas de divorce, ‘Has Véchalom, le bien lui reviendrait en totalité car il estime que l’apport qu’il a donné est plus grand que le mien, et que c’est lui qui ramène le plus d’argent. Je lui ai dit que je signerai le contrat car je ne suis pas matérialiste, mais au fond ça me fait de la peine. Que dit la Torah ?

La réponse de Rav Gabriel Dayan Avant même d’entrer dans les détails juridiques, il faut rappeler un principe fondamental : la Torah ne voit pas le mariage comme une association commerciale, mais comme la construction d’une seule entité. "Ils deviendront une seule chair" (Béréchit 2, 24). Une maison de Torah n’est pas une société à parts variables selon les fiches de paie. Agir comme mentionné dans la question est la meilleure manière de faire disparaître la paix et de troubler l’atmosphère chaleureuse qui règne dans le foyer, même si vous êtes prête à apposer votre signature sur le contrat en question. 18

Magazine I n°377

Chaque homme doit honorer son épouse, donc, votre mari doit éviter ce geste maladroit et vous faire paraître, au moins, à part égale ! Rabbi Yossi n’a jamais appelé son épouse "Ma femme", il l’appelait "Ma maison". (Talmud Chabbath 118b) Donc, si vous receviez 100 % du bien, on ne taxerait pas votre mari d’exagération. Votre mari reconnaît lui-même que vos fiches de paie ont permis l’obtention du prêt. Donc, sa vision du partage n’est pas juste. Mais même s’il en avait été autrement, la Torah ne mesure pas la valeur d’une épouse à la hauteur de son salaire.


Il doit savoir que vous vous occupez de la maison et de bien d’autres choses. N’est-ce pas une activité professionnelle en soi ? Pourquoi devrait-on fixer la valeur d’une personne en fonction de son bulletin de salaire ? Aucune somme au monde ne peut être une rémunération pour votre travail intense, pas même ce que gagne Jeff Bezos ou Elon Musk. Rabbi ‘Akiva était aussi grand que Moché Rabbénou en Torah, il disait que "toute" sa Torah ainsi que celle de ses élèves appartenait à son épouse. (Talmud Ketoubot 63a ; Nédarim 50a) Donc, son idée ne devrait même pas lui effleurer l’esprit. Dites-lui qu’il ne faut pas être ingrat, il doit être reconnaissant ! L’épouse est le pilier de la maison. C’est grâce à elle que le mari tient sur ses pieds, c’est grâce à elle que la joie se dégage de la maison. (Talmud Yébamot 62b) N’est-ce pas suffisant pour qu’il évite de vous planter un couteau dans le dos ? Votre mari doit fuir le mauvais chemin et le sentier des méchants, il méritera les bénédictions d’Hachem et il restera aux côtés de sa chère épouse jusqu’à 120 ans, sous le même toit. Il est possible que votre mari ait, dans son esprit, des raisons qu’il juge sérieuses, peut-être des craintes, des blessures passées ou une volonté sincère de prévenir d’éventuelles difficultés. Parfois, lorsqu’un couple traverse des moments fragiles, certains se protègent "au cas où" ; non pas par mépris, mais par peur de perdre ce qu’ils "pensent" avoir construit (c.q.f.d.). Il est donc conseillé de lui parler afin de comprendre ce qui se cache vraiment derrière cette attitude. Peut-être découvrirez-vous une angoisse, ou simplement une obéissance mécanique à des conseils parentaux / amicaux qu’il n’a jamais remis en question. L’écouter, calmement, sans colère, permettra peut-être d’ouvrir un espace de dialogue sincère où chacun pourra exprimer ses blessures et ses besoins (et vous nous en ferez part). Parlez calmement avec lui, non sous l’angle juridique, mais sous l’angle du ressenti :

expliquez-lui que ce n’est pas une question d’argent, mais de place et de considération. Souvent, lorsqu’un homme comprend que sa demande blesse, il reconsidère sa position. En conclusion, il est clair que sa façon de voir les choses ne nourrit ni la paix, ni la confiance, ni la lumière du foyer. Elle installe une distance, là où la Torah demande de ne former qu’un seul être comme il est dit : Védavak Béichto, Véhayou Lébassar E’had, "Il s’attachera à son épouse et ils deviendront une seule chair". (Béréchit 2, 24) Qu’Hachem ouvre le cœur de votre mari pour qu’il voie la grandeur de votre rôle et qu’Il renforce votre couple dans la paix, la tendresse et la confiance. Que vous puissiez ensemble mériter bientôt la joie d’un enfant, dans une maison remplie de lumière et de joie. Mes mains tremblent, je ne suis plus en mesure de poursuivre l’écriture.

PARCE QU’UN TIROIR N’EST PAS UN COFFRE-FORT. UN TESTAMENT. DES LIQUIDITÉS. LA BAGUE DE VOTRE GRAND-MÈRE.

PREMIER CENTRE DE BRICKSTONE LE COFFRES-FORTS PRIVÉS À JÉRUSALEM

Discret. Sécurisé. Accès biométrique uniquement. Vous seul détenez la clé. Situé au centre, dans l’immeuble Clal, Jérusalem Sécurité 24h/24 et 7j/7

Normes internationales

Service personnalisé

SERVICE PERSONNALISÉ

Sur rendez-vous uniquement, premier mois offert pour les clients de septembre et octobre.*

Jérusalem

*Ofrre valable exclusivement à la succursale de Jérusalem

Immeuble Clal, 97 rue Yaffo

Tel-Aviv

Menahem Begin 37

touche 2

Magazine I n°377

19


LA PARACHA POUR LES ENFANTS Parole d’honneur ! Les enfants, cette semaine, si vous promettez quelque chose, tenez votre parole jusqu’au bout !

L'HISTOIRE Après une grosse pluie, les élèves sortent de la bibliothèque municipale avec leur animateur. Le ciel commence à s’éclaircir, et soudain, Lévi aperçoit un immense arc-en-ciel audessus des immeubles. Il ouvre la bouche pour crier : "Regardez !" Puis il se rappelle ce que son Rav a expliqué : l’arc-enciel n’est pas seulement un beau spectacle. C’est le signe de l’alliance entre Hachem et Noa’h, le rappel qu’Hachem tient Sa promesse de ne pas détruire le monde. Lévi récite la Brakha, puis continue à marcher. À ce moment-là, il se souvient d’autre chose. Le matin même, il avait promis à son voisin David de lui rapporter la bande dessinée qu’il lui avait empruntée. Mais elle est encore dans son sac, et Lévi comptait rentrer directement chez lui. "Bah… je lui donnerai demain", pense-til. Puis il relève les yeux vers l’arc-en-ciel. "Hachem tient Sa promesse depuis Noa’h… et moi, je repousse la mienne pour demain ?"

L'ENSEIGNEMENT Après le Déluge, Hachem promet à Noa’h de ne plus jamais détruire le monde par les eaux. Pour rappeler cette alliance, Il place dans le ciel un signe magnifique : l’arc-enciel. Mais attention : même s’il est très beau, l’arc-en-ciel n’est pas seulement là pour décorer le ciel. Il nous rappelle qu’Hachem reste fidèle à Sa promesse, même quand 20

Magazine I n°377

À la sortie, au lieu de prendre le chemin le plus court, Lévi fait un détour par chez David. "Tiens, je t’avais promis de te la rendre aujourd’hui." David sourit. "Merci ! Je voulais vraiment la lire ce soir." En rentrant chez lui, Lévi repense aux couleurs qu’il a vues dans le ciel. Il comprend que l’arc-en-ciel ne lui a pas seulement rappelé la promesse d’Hachem. Il lui a surtout permis de se poser une question : et toi, est-ce qu’on peut compter sur ta parole ?

ous , posons-n ts n fa n e s Le questions ! les bonnes

mettre ive de pro rr a t’ l ’i u q pousser ? Est-ce puis de re e s o h c e u quelq e les portant qu im il ts e i Pourquo ter sur ta sent comp is u p s e tr u a parole ? u tenir sse peux-t e m ro p e ll Que ine ? cette sema

les hommes ne se comportent pas comme ils le devraient. C’est pourquoi, lorsqu’on en voit un, on récite une Brakha particulière et on prend un moment pour réfléchir. Nos Sages enseignent même qu’il ne faut pas courir prévenir tout le monde pour venir le regarder. L’arc-en-ciel nous invite plutôt à nous demander : est-ce que, moi aussi, je suis fidèle à mes promesses et à ce qu’Hachem attend de moi ?


Nos maîtres montrent l’exemple Le Talmud raconte une histoire remarquable sur Rav Safra, un Sage connu pour son honnêteté. Rav Safra possède un objet qu’il souhaite vendre. Un jour, un homme s’approche et lui propose une certaine somme. Mais à ce moment-là, Rav Safra est en train de réciter le Chéma’. Il ne peut pas interrompre sa prière pour répondre. L’acheteur attend. Comme Rav Safra reste silencieux, il pense que son offre est trop basse. Alors il propose davantage. Rav Safra ne répond toujours pas. L’homme augmente encore son prix. Il est persuadé que Rav Safra refuse parce qu’il espère gagner plus d’argent. Quand Rav Safra termine enfin le Chéma’, il se tourne vers l’acheteur. L’homme s’attend à payer la somme la plus élevée, mais Rav Safra lui dit : "Prends l’objet au premier prix que tu m’as proposé." L’acheteur est surpris. "Mais je vous ai proposé beaucoup plus ensuite !" Rav Safra lui explique qu’au moment de la première offre, même s’il ne pouvait pas parler, il avait déjà décidé dans son cœur d’accepter ce prix. Personne ne le savait : il n’avait rien signé, ni même prononcé un mot. Il aurait donc pu accepter le prix plus élevé sans que personne ne lui reproche quoi que ce soit. Mais Rav Safra refuse que sa bouche dise une chose et que son cœur en pense une autre. Pour lui, une décision honnête prise dans son cœur a déjà de la valeur, en particulier dans le Ciel. C’est pourquoi la Guémara le cite comme exemple des mots du Téhilim : "Il dit la vérité dans son cœur." Cette histoire nous aide à comprendre la Parachat Noa’h. Après le Déluge, Hachem

fait une alliance avec Noa’h et promet de ne plus détruire le monde par les eaux. L’arc-en-ciel devient le signe de cette alliance. Des générations passent, les hommes ne se comportent pas toujours comme ils le devraient… mais Hachem reste fidèle à Sa parole. Rav Safra nous apprend que nous aussi, à notre niveau, nous devons essayer d’être des personnes sur lesquelles on peut compter. On peut promettre de rendre un objet, de garder un secret, d’aider quelqu’un, de faire quelque chose "tout à l’heure". Parfois, quelques instants plus tard, on regrette et on aimerait revenir sur notre promesse, mais une parole donnée compte. Être fidèle à ce que l’on dit ne veut pas dire promettre tout le temps. Au contraire, il vaut mieux réfléchir avant de promettre. Mais lorsqu’on s’engage, il faut s’efforcer par tous les moyens d’être fidèle à nos paroles. L’arc-en-ciel nous rappelle qu’Hachem n’oublie pas Son alliance. Rav Safra nous rappelle que nous devons, nous aussi, faire de notre parole quelque chose de solide.

e

e la semain

L'exercice d

aine, avant , cette sem ts n fa n e s e L sez une !", réfléchis is m ro p " agez, de dire s vous eng u o v si t e ; nir seconde ible pour te ss o p e tr o v faites tout le. votre paro Magazine I n°377

21


FEMMES FAMILLE ÉDUCATION FEMMES COUPLE

Mais pourquoi avoir "autant" d’enfants ? Je vous passe les réflexions crues et les leçons de morale à la pelle que l’on reçoit lorsque l’on attend un bébé. Oui, la femme enceinte est un sujet qui nourrit les esprits curieux...

La femme enceinte inspire beaucoup : il y a ceux qui s’émerveillent... et il y a ceux qui questionnent. Ah, ils sont nombreux dans cette catégorie, en général ! C’est juste magique comme les barrières tombent devant une femme enceinte. Tous les sujets qu’on ne se serait jamais permis d’aborder dans un autre contexte, tout devient permis : "Vous êtes enceinte ?! Mais quel âge avez-vous ?", "Mais dites donc Madame Cohen, vous avez remis ça ? Ça vous fait combien d’enfants, D.ieu bénisse ?", "Quel courage ! Le petit dernier n’a même pas deux ans, si je ne m’abuse", "Mais comment vous faites ? Moi avec deux enfants, j’ai déjà du mal à boucler les fins de mois…" Et la palme, je la décerne à l’échographe qui, un jour, alors que je venais faire un examen pour ma sixième grossesse, m’a lancé une question assez déstabilisante : "Les 6 du même père ?"… Bref, je vous passe les réflexions beaucoup plus crues et les leçons de morale à la pelle que l’on reçoit lorsque l’on attend un bébé. Mais vous aurez compris que la femme enceinte est un sujet qui nourrit les esprits curieux. "Ces gens-là ont beaucoup d’enfants" Je me rappelle d’un jour où j’avais dû prendre l’avion avec toute ma famille. Et si l’on arrive plus ou moins à passer inaperçus dans les grands espaces de l’aéroport, c’était peine perdue d’essayer dans les mini couloirs de l’avion. On passait tous l’un derrière l’autre, à une cadence tellement lente que les passagers déjà installés avaient le temps de dresser 22

Magazine I n°377

notre arbre généalogique en détail. C’est à la limite si je les voyais, crayon et gomme à la main, se concerter pour savoir qui il mettrait avant qui sur les branches de l’arbre. "Ils sont tellement rapprochés qu’on s’emmêle les pinceaux !" À en voir les bouches grandes ouvertes et les yeux écarquillés, j’avais compris avec amusement que nous étions devenus le projet d’étude de l’avion entier. Au fur et à mesure de notre parade royale, j’avais entendu plein de : "Il est trop mignon", "Regarde ça comme il attrape sa sœur", "Petit, tu as fait tomber ton doudou", mais la réflexion qui m’est restée gravée dans l’esprit et dans le cœur, ça a été : "Ces gens-là ont beaucoup d’enfants." Encore aujourd’hui, je me répète cette phrase, pas par offense mais par fierté. Effectivement, nous sommes les gens qui ont beaucoup d’enfants. Quelle joie d’être définis ainsi ! Merveilleux choix de vie Avoir une grande famille ne vient pas par hasard. On ne tombe pas enceinte 7 ou 8 fois par erreur. On le désire, on le projette, on le veut ! C’est un choix ! C’est notre choix ! Avoir une grande famille, c’est éponger 3 fois plus de lait chocolaté sur le sol le matin, c’est multiplier ses dépenses, c’est abandonner l’idée de la voiture coupée de ses rêves pour quelque chose de moins esthétique, plus pratique et plus économique, c’est faire le repas tout en récitant les poésies ou les tables


de multiplication, c’est aussi dormir moins, avoir moins de liberté ou moins de temps pour soi… Mais si je devais vous faire le décompte des "plus", ça ne tiendrait pas sur une ligne ou deux, croyez-moi. Avoir une famille nombreuse, c’est : 1–décupler l’amour. Un huitième enfant recevra trois fois plus d’amour qu’un enfant unique… Toute la famille attend un nouveau bébé, ce n’est plus le rêve de deux parents, c’est le rêve d’une famille entière. Ce bébé ne sera pas uniquement un fils ou une fille choyé(e), il sera un frère ou une sœur aimé(e), il sera un petit-fils ou une petite-fille gâté(e)… 2–apprendre des notions telles que la tolérance, le partage, la patience (les travaux pratiques de cette qualité ont lieu généralement devant la porte de la salle de bain le matin) ; 3–apprendre qu’abondance forcément avec bonheur ;

ne

rime

pas

4–créer des souvenirs ;

nuit blanche à veiller sur mon bébé malade, je ne dois pas me dire : "C’est un mauvais moment à passer" ; je dois, au contraire, me dire : "C’est le but de ma vie." Et lorsqu’on change notre perception des choses, tout devient tellement plus facile à porter. On n’attend pas que ça passe, on vit le moment présent et on est heureux de ce moment, quel qu’il soit, parce qu’on l’a voulu, parce qu’on l’a choisi, et parce qu’il nous aide à nous accomplir. Quoi de plus merveilleux dans un monde qui devient de plus en plus égocentrique, où chacun est centré sur lui-même, que d’amener des enfants ici-bas, des enfants qui nous apprendront coûte que coûte à donner. Donner de notre temps, de notre argent, donner de l’amour à profusion, à l’image de notre Créateur qui ne fait que nous donner à chaque seconde, en somme. Myriam H.

5–se construire ; 6–multiplier les rires, la vie tout simplement... Lorsque les enfants grandissent, ils deviennent indépendants, silencieux, ils sont plongés dans leurs pensées, la maison devient alors plus calme, plus ordonnée, les parents sont moins sollicités, mais lorsqu’il y a toujours des bébés (ou presque toujours, il faut bien que ça s’arrête à un moment donné), les parents gardent une certaine jeunesse, ils s’occupent d’adolescents, mais également de jeunes enfants, la vie active est d’une certaine façon maintenue. Une famille choisie, pas subie Enfin, je pense que tout est question de point de vue. Avoir une grande famille ne doit pas être subi - comme le perçoivent la plupart des regards extérieurs et qui prennent les mamans de familles nombreuses en pitié -, mais, au contraire, ça doit être choisi. Lorsque j’éponge le lait chocolaté de mon enfant renversé sur le sol, ou lorsque je fais une Magazine I n°377

23


M A G A Z I N E

Supplément spécial Chabbath Pour en profiter, veuillez le détacher avant Chabbath...

Noa’h - Le message de l’arc-en-ciel Le Talmud affirme qu’il n’est pas convenable pas de regarder fixement un arc-en-ciel. Qu’y a-t-il de mal à observer un arc-en-ciel ? N’est-ce pas effectivement un magnifique phénomène de la nature ? "J’ai placé Mon arc dans la nuée et il deviendra un signe d’alliance entre Moi et la terre […] L’arc sera dans les nuages, Je le regarderai pour rappeler le pacte perpétuel entre D.ieu et toutes les créatures vivantes qui sont sur la terre." (Béréchit 9, 13-16)

Hachem n’a pas besoin de rappel, c’est nous qui en avons besoin. En voyant un arc-en-ciel, nous sommes supposés comprendre qu’Hachem est courroucé, au point que sans cette fameuse promesse, Il aurait à nouveau détruit le monde. C’est pourquoi nous devons nous hâter de nous repentir." Cette idée est également développée par Rav Sim’ha Zissel, le Saba de Kelm.

"

Après le déluge, Hachem promit à Noa’h qu’Il ne détruirait plus le monde, quand bien En voyant un arc-enLe Ramban rapporte une même celui-ci le mériterait. ciel, nous sommes Guémara affirmant qu’il ne Il ajouta un signe à Sa convient pas de regarder supposés comprendre promesse : l’arc-en-ciel. fixement un arc-en-ciel et Une lecture simpliste qu’Hachem est celui qui agit de la sorte indique que dès que courroucé, au point que mériterait d’être éradiqué l’humanité mérite d’être du monde. (‘Haguiga 16a) anéantie, l’arc-en-ciel sans cette fameuse Qu’y a-t-il de mal à observer sert de "rappel" à Hachem promesse, Il aurait à un arc-en-ciel ? N’est-ce pas quant à Sa promesse. effectivement un magnifique Inutile de préciser que cette nouveau détruit phénomène de la nature ? En interprétation n’est pas juste le monde. outre, dans le Vidouï du Rav Amram – Hachem n’a aucunement besoin Gaon, l’une des fautes sur lesquelles il faut de "rappel" pour quoi que ce soit. Que faire Téchouva et réciter le Vidouï (avouer ses signifient donc ces versets ? fautes) est celle d’avoir "observé l’arc-en-ciel". Un rappel, oui... pour nous ! Quel problème y a-t-il à le faire ? La Guémara Le Sforno explique que lorsque les personnes n’explique-t-elle pas que cela ressemble au fait vertueuses voient l’arc-en-ciel, elles sont de regarder la Chékhina, la Présence divine ? motivées à prier, à se repentir, et font tout pour apaiser la colère divine. Rav Issakhar Frand explique : "Le Tout-Puissant prodigue au monde un bienfait exceptionnel. Il envoie à l’humanité un message indiquant Sa colère.

Quelle belle colère divine ! Rav Sim’ha Zissel explique que notre réaction naturelle, en voyant un arc-en-ciel, est de trouver cela joli. On en admire les couleurs,

Supplément spécial Chabbath I n°377

25


la forme, les effets, etc. Or, comme le souligne Rav Frand : "Analysons cette audace ! D.ieu est furieux. Il place un arc dans le ciel pour nous véhiculer un message que nous devons prendre très au sérieux, pour que nous fassions Téchouva et que nous implorions Sa miséricorde. Mais comment réagissons-nous ? En disant : ‘Oh ! C’est beau !’ Quelle insolence !" Rav Sim’ha Zissel compare cette situation à un père qui est en colère contre son enfant, et son mécontentement est manifeste. Ce dernier le regarde et est amusé par l’expression du visage du parent. Une telle réaction énervera le père davantage. Notre admiration et notre plaisir à regarder la beauté de l’arc-en-ciel ressemblent à la réaction de cet enfant. Toutefois, Rav Sim’ha Zissel exprime son désaccord avec un commentaire du Michna Beroura (229, 1), estimant que celui qui voit un arc-en-ciel ne doit pas raconter ceci à son prochain, car ce serait considéré comme lui annoncer une mauvaise nouvelle – la colère d’Hachem à notre égard. Rav Sim’ha Zissel ne comprend pas la logique de ce raisonnement : si quelqu’un voit un arc-en-ciel, cela doit l’inciter à se repentir et à entrainer d’autres personnes à en faire de même. Au contraire, il faut avertir le plus de gens possible, pour qu’eux aussi fassent Téchouva. Bienveillante sévérité

Hachem annonce à Noa’h, homme juste et intègre, Sa volonté de détruire l’humanité en raison de sa dépravation morale.

1

Noa’h construit une arche et y fait monter sa femme, ses enfants Chem, ‘Ham et Yéfet, leurs épouses ainsi que les animaux.

2

Le Déluge a lieu avec une pluie qui tombe sans arrêt pendant 40 jours et 40 nuits, l’eau stagne pendant 150 jours.

3

Noa’h envoie une colombe qui revient avec une branche d’olivier, signe que la terre commence à sécher.

4

Hachem donne à l’humanité les 7 lois de Noa’h, et s’engage à ne plus détruire l’humanité par un déluge.

5

6 Noa’h décède à 950 ans. 7

Pour résumer, l’arc-en-ciel nous montre la nécessité de nous introspecter et de faire Téchouva. Mais il reste à comprendre pourquoi Hachem l’a créé si joli s’il ne faut pas le regarder pour jouir de sa beauté ? Pourquoi n’a-t-il une apparence effrayante, ou au moins neutre ? Bien que l’arc-en-ciel soit une preuve de la Midat Hadin d’Hachem (Son attribut de justice), sa grâce indique que même la sévérité de D.ieu provient de Son amour à notre égard. L’arc-enciel nous rappelle donc que par amour envers Son peuple, Hachem souhaite qu’il se repente et qu’il se rapproche de Lui. Puissions-nous mériter d’intérioriser les messages qu’Hachem nous envoie et réaliser qu’ils proviennent de Son amour infini pour chacun d’entre nous. Rav Yehonathan Gefen 26

Résumé de la Paracha

Magazine I n°377 Supplément spécial Chabbath I n°377

On parle des 70 descendants de Noa’h.

Les hommes parlent une seule langue et décident de construire une tour qui atteindra le ciel, pour défier Hachem. En réponse, Hachem embrouille leur langage de façon à ce qu’ils ne se comprennent plus. La construction est arrêtée et l’humanité se disperse à la surface de la terre.

8

Avraham se marie avec Sarah qui est stérile. Tera’h, le père d’Avraham, quitte Our Kasdim et s’installe à ‘Haran avec son fils, sa femme et Loth, le neveu d’Avraham.

9


SHABATIK

N°496 Feuillet parents-enfants pour Chabbath par PRÉPARATIONS GÉNÉRALESédité : USTENSILES À NE PAS OUBLIER :

Noa’h 5787

Bougies de Yom Tov : s’assurer qu’elles sont sufisamment grandes pour tenir jusqu’à la fin du repas

Un étui pour ranger l’Afikomane

Un grand foulard pour recouvrir le plateau avant le chant « Ma Nichtana »

1 JEU PAR ÉQUIPE

Préparer une ou deux bougies de 24h pour les besoins de la fête

Une Haggada par personne (si possible, la

même pour tout le monde)

Préparer les kazétim (mesures) de Matsa Un verre de 9 à 10 cl (1 réviit) par personne Formez équipes s’affronteront au cours des jeux des pages 1, 2, 3 et 4 ! (voirqui ci-dessous) et Maror pour tous les deux invités Une bassine jetable pour y verser le vin JESiUPessah tombe un jeudi, ne pas oublier le lors de l’énumération des 10 plaies “Erouv tavchiline” Des récompenses (friandises, fruits secs,...) A pour les enfants afin qu’ils participent au Séder

IDENTIFICATION DES ÉQUIPES uf d u r

aule d’ag Ép

Chaque équipe a le droit de répondre à 3 questions.

2.

LE QUIZ À ÉTAGES

1. 3 Matsot chemourot

e .O

r

au ne

B

3

7

JE U

1. Choisissez un de ces noms pour votre équipe : Les Comètes Curieuses ou Les Serpents Malins ORDRE ALIMENTS : pourquoi vous êtes 2 points :pour le sloganDES le plus sympa) 3. Expliquez 2. Trouvez un slogan PLATEAU à votre équipe.DU ( SÉDER 2 points pour les plus convaincants,. Mar2opoints pour les plus drôles) les plus forts. (

(rondes, faites à la Un quiz sur la paracha de la semaine ! Avant chaque question, l’équipe choisit son main)

6

arpas 2 (moyen, 2 points) ou Niveau 3 (difficile, niveau : Niveau 1 (facile, 1 point), 2. Épaule s . K Niveau Harossèréponse : on gagne les points. 4 points). On annonce le niveau, puis on écoute la question. 3 d’agneau . ‘ Bonne t Mauvaise réponse : l’autre équipe peut voler la question ! 3. Maror tC so at 1. M

5. ‘Hazeret

5.

(laitue ou endives)

Questions à 1 point

Hazeret Questions à 2 points

6.‘Harossèt Combien 7. Oeuf dur de temps a duré la du déluge ? 8. pluie Bol d’eau salée em 40 jours et 40 nuits

Questions

à 3 points

alée

(laitue romaine) 4. Karpass (céleri)

au s

Pourquoi D.ieu décide-t-Il de Sur quelles montagnes l’arche s’est-elle détruire le monde par le déluge ? posée à la fin du déluge ? À cause du “hamas” — la violence et Les montagnes d’Ararat ’e 8. Bol d la corruption qui régnaient sur terre ou Quelles étaient les dimensions de ro Quel oiseau Noa’h envoie-tCombien de couples d’animaux l’arche, en coudées ? t il en premier hors de l’arche ? purs Noa’h devait-il faire entrer dans 300 coudées de long, 50 de large, 30 de Le corbeau contre combien pour QUANTITÉSl’arche, OBLIGATOIRES DElesMATSA &haut MAROR animaux impurs ? Combien de fils avait Noa’h, A savoir : 1 Kazayit = 28g | 1 Kazayit de Matsa correspond à ½ Matsa chémoura faite à de la main Pourquoironde la génération la tour de Sept couples pour les purs, un seul et comment s’appelaient-ils ? Babel n’a-t-elle pas été détruite comme couple pour les impurs Trois : Chem, ‘Ham et Yéfet Etapes du Séder Motsi Kore’h (sandwich) Tsafoun (fin du repas) celle du déluge, alors qu’elle a fauté Quel âge avait Noa’h quand le1 Kazayitaussi ? Combien de fois Noa’h Minimum 1 Kazayit 1 Kazayit déluge a commencé ? envoie-t-il la colombe hors de Parce qu’elle vivait unie, sans dispute, Standard 2 Kazayit 1 Kazayit 1 Kazayit 600 ans l’arche, en tout ? contrairement à la génération du déluge qui Trois fois Hidour (au mieux) 2 Kazayit 2 Kazayit Quelle nouvelle permission 1 Kazayitse volait entre eux (Rachi) alimentaire est donnée à Noa’h et à Combien de personnes en Combien de temps les eaux sont-elles l’humanité après le déluge ? tout sont entrées dans l’arche ? Etapes MAROR haut niveau avant de du Séder Maror restées à leur plus Kore’h (sandwich) La permission de manger de la Huit (Noa’h, sa femme, ses commencer à baisser ? La quantité 1 Kazayit Kazayit viandede Maror trois fils et leurs femmes) 150 1jours

MATSA

h

Supplément spécial Chabbath I n°377

1

27


SHABATIK

2

JEUX

Le but de ce jeu est de résoudre une énigme basée sur un fait réel et étonnant. On lit l’histoire, puis on répond aux 4 questions à choix multiples. 1 point par bonne réponse.

Le 15 janvier 1919, à Boston, un immense réservoir contenant plus de 2 millions de litres d’un liquide épais et sucré cède d’un coup en pleine ville. Une vague de plusieurs mètres de haut se met à dévaler les rues à toute vitesse, emportant tout sur son passage. Qu’est-ce qui a dévalé les rues de Boston ce jour-là ? A. Une vague de mélasse B. Une vague de pétrole C. Une vague de boue

A. Une vague de mélasse (ce sirop épais et sucré tiré de la canne à sucre, utilisé notamment pour fabriquer de l’alcool comme le rhum), échappée du réservoir qui venait de céder

Pourquoi le réservoir a-t-il cédé d’un coup ? A. Un tremblement de terre avait fragilisé sa structure B. Il avait été mal construit et jamais bien entretenu, malgré des fuites signalées C. Quelqu’un l’avait volontairement saboté

B. Une enquête de 5 ans a conclu à une construction bâclée et un entretien négligé, malgré les alertes d’employés

À quelle vitesse la vague a-t-elle déferlé dans les rues ? A. Environ 5 km/h, à peine plus vite qu’une marche B. Environ 20 km/h, comme un vélo C. Environ 55 km/h, comme une voiture en ville

C. Une vitesse impressionnante pour un liquide aussi épais, qui n’a laissé aucune chance aux passants

Comment l’entreprise responsable a-t-elle réagi, dans un premier temps ? A. Elle a immédiatement reconnu sa responsabilité B. Elle a accusé un sabotage, avant qu’une enquête ne prouve sa propre négligence C. Elle a fermé l’usine sans explication B. Il a fallu 5 ans d’enquête pour établir la vraie cause Ignorer un petit signal d’alarme — une fuite, un craquement — peut coûter bien plus cher qu’on ne l’imagine. Mieux vaut vérifier avant qu’il ne soit trop tard.

28

Supplément spécial Chabbath I n°377

2


SHABATIK

‘

3

Supplément spécial Chabbath I n°377

29 3


SHABATIK

34 JEU

JEUX EN VRAC

4

JEU EN ÉQUIPE

Le double sens : Quel mot correspond à cette définition à double sens ?

La définition farfelue : Trouve le mot qui correspond à cette définition :

• Je suis un pacte entre D.ieu et l’humanité après le déluge, et je désigne aussi un bijou qu’on porte au doigt.

• Petit objet qui vit seul dans le tiroir depuis que son jumeau a mystérieusement disparu dans la machine à laver. > La chaussette

> L’alliance • On me place comme signe après le déluge, et je suis aussi une arme.

• Objet qu’on ne trouve jamais au moment où on en a besoin et qu’on retrouve sec dans le placard le lendemain. > Le parapluie

> L’arc

JEU

5

DISCUTONS JUSQU’À ÊTRE D’ACCORD

On vous donne une liste à classer selon une règle. Vous devez discuter pour vous convaincre et vous mettre tous d’accord sur le premier élément du classement. Si tout le monde est d’accord : chaque équipe gagne points.Sinon : personne ne gagne. 3 Quelle est la meilleure excuse pour partir tôt d’une fête ? • “Je dois me lever tôt demain” • “J’ai un peu mal à la tête” • “Le baby-sitter m’attend” • “Je ne me sens pas très bien” • “J’ai encore de la route à faire”

À vous de vous mettre d’accord : quelle est la meilleure excuse pour partir tôt d’une fête ?

JEU

6

Réponse de la semaine dernière

Soupe de fruits rouges

Indice : Ça fait mal La réponse, la semaine prochaine !

Shabatik est une publication hebdomadaire éditée par l'association Torah-Box Textes : Chlomo Kessous et Yael Allouche | Responsable : Rav Michael Allouche 30

Supplément spécial Chabbath I n°377


L’étude inoubliable de Yoav avec Rav ‘Ovadia Yossef Yoav doit bientôt se rendre à l’évidence : il n’arrive pas à étudier le Talmud ni à rester assis des heures à décortiquer les avis des Sages sur des sujets qu’il comprend à peine...

Notre histoire se passe il y a quelques dizaines d’années à Armon Hanatsiv, à Jérusalem, où se trouve une branche de la Yéchiva Or Ha’haïm, dirigée par Rav Réouven Elbaz. Yoav est un jeune homme originaire d’Eilat. Il n’a pas grandi dans le monde de la Torah et des Mitsvot. Un jour, il assiste à des cours de Rav ‘Ovadia Yossef qui bouleversent sa vision de la vie. Il décide de faire Téchouva et, aussitôt son service militaire terminé, tandis que plusieurs de ses camarades partent en Asie, Yoav choisit de rejoindre les bancs de la Yéchiva. Débuts difficiles Son Rav lui conseille Or Ha’haïm à Jérusalem. Yoav rejoint la branche d’Armon Hanatsiv avec enthousiasme. Mais il se heurte vite aux difficultés de la Yéchiva : l’assiduité, le travail acharné et de longues heures d’étude. Il doit bientôt se rendre à l’évidence : il n’arrive pas à étudier le Talmud ni à rester assis des heures à décortiquer les avis des Sages sur des sujets qu’il comprend à peine. Un soir, il va voir son Rav : "Je suis désespéré ! Je n’arrive pas du tout à étudier la Guémara, je fais un blocage complet." Le Rav l’encourage, lui explique que ces difficultés sont normales la première année, lui donne des conseils et lui offre même deux heures de soutien

supplémentaires par semaine. Mais les mois passent sans amélioration. On dirait que Yoav n’a jamais ouvert une Guémara de sa vie. Un jour, il se rend au Kotel pour supplier Hachem de l’aider. En sortant, il se sent soulagé. Près de la Yéchiva Porat Yossef, il aperçoit un attroupement et demande ce qu’il se passe : "C’est Rav ‘Ovadia Yossef, il va donner un cours exclusif aux étudiants de la Yéchiva." Comment rencontrer le maître ? Yoav poursuit son chemin, puis s’arrête soudain : "Rav ‘Ovadia Yossef ! C’est grâce à lui que j’ai fait Téchouva ! Et si D.ieu veut, c’est grâce à lui que je vais réussir à étudier la Torah !" Il rebrousse chemin et tente d’entrer en forçant le passage, mais on lui bloque la porte : "Vous n’allez pas déranger le Rav en plein cours, et la salle est bondée !" Yoav rentre à la Yéchiva. Le lendemain, il regrette son coup d’humeur, mais reste convaincu qu’il doit obtenir la Brakha du Rav. Il demande à son Rav : "S’il vous plaît, emmenez-moi chez Rav ‘Ovadia Yossef. Il m’a fait faire Téchouva et je suis sûr qu’il va m’aider à progresser dans le Limoud Hatorah !" Son Rav lui répond que Rav ‘Ovadia est extrêmement occupé et l’encourage à persévérer et à prier. Mais Yoav n’évolue toujours pas. Un

Supplément spécial Chabbath I n°377

31


jour, il finit par dire : "Soit vous m’emmenez chez Rav ‘Ovadia, soit je rentre chez mes parents à Eilat !"

du Talmud. Yoav n’en revient pas. Il est surtout fasciné par l’attitude du maître : il a l’impression que Rav ‘Ovadia Yossef étudie le Talmud pour la première fois de sa vie, tant son enthousiasme et sa ferveur sont intacts. Ces minutes lui semblent hors du temps.

Le soir même, incapable de dormir, il ouvre les Pirké Avot et tombe sur les paroles d’Hillel l’ancien : "Si je ne suis pas pour moi, qui À la fin, Rav ‘Ovadia lui demande : le sera ?" Il se dit : "Mais oui ! Si je "Alors mon fils, comment te ne m’aide pas, qui va m’aider ? sens-tu ?" Yoav répond avec Pourquoi ne pas aller moiComment déranger un grand sourire. Quelque même voir Rabbénou chose a changé en lui : ‘Ovadia ?" le maître de la tout lui paraît plus Le lendemain matin, génération ? Mais clair et il retrouve sa Yoav se rend rue joie. Le Rav lui dit : comment laisser Hakablan, dans le “Mon fils, pendant les quartier de Har Nof un Ba’hour Yéchiva trois prochains mois, tu à Jérusalem. Après la vas étudier les Agadot du abandonner prière, Rav ‘Ovadia Yossef Talmud dans le 'Ein Ya’akov. a l’habitude de s’isoler pour l’étude ? Pas de Guémara, seulement les écrire et ne reçoit personne. histoires du Talmud ! Et après ce Yoav frappe à la porte, encore et trimestre, tu reprendras la Guémara." encore, sans réponse. Le désespoir l’envahit Yoav, transporté de joie, retourne à la Yéchiva et et il fond en larmes. raconte tout à son Rav, heureux de le retrouver Un élève du Rav aperçoit la scène sur l’écran de avec un tel enthousiasme. surveillance et lui ouvre. Yoav lui raconte ses difficultés et lui dit que si le Rav ne le reçoit pas, Les mois suivants sont prometteurs, mais il quittera la Yéchiva le jour même pour rentrer Yoav rencontre à nouveau des difficultés. Sans attendre, il retourne chez Rav ‘Ovadia à Eilat. qui l’accueille encore et prend de son temps L’élève hésite : comment déranger le maître de précieux pour lui redonner confiance. la génération ? Mais comment laisser un Ba’hour Yéchiva abandonner l’étude ? Il entre timidement Bien des années plus tard, Yoav est marié et dans le bureau et expose la situation. Rav responsable d’un Collel renommé. Chaque ‘Ovadia se lève immédiatement : "Comment as- année, lors de la Hiloula de Rav ‘Ovadia Yossef, tu pu hésiter à le laisser entrer ? Vite, pas une ses étudiants l’accompagnent sur la tombe du maître et demandent à Hachem, par son mérite, seconde à perdre !" la réussite dans l’étude de la Torah. Une étude merveilleuse et salvatrice Combien il est essentiel de tenir bon dans Le maître vient lui-même accueillir Yoav avec un son service divin et dans l’étude de la Torah, grand sourire, le fait entrer avec affection, lui surtout dans les moments difficiles, qui peuvent sert un café et demande : "Mon fils, comment devenir les étapes de grands progrès spirituels ! puis-je t’aider ?" Émerveillé par cet accueil, Yoav N’oublions jamais les qualités uniques de Rav lui explique, avec des sanglots dans la voix, ses ‘Ovadia Yossef qui, touché par la détresse d’un difficultés dans l’étude de la Guémara. jeune homme, a pris de son temps pour étudier Rav ‘Ovadia se lève, apporte le traité Brakhot avec lui, le soutenir et lui donner des conseils et Yoav se retrouve dans la ‘Havrouta de sa qui l’ont accompagné jusqu’à des sommets qu’il vie : près d’une heure d’étude avec le maître n’aurait jamais imaginé atteindre. de la génération autour de quelques histoires 32 32

Supplément spécial Chabbath I n°377

Alexandre Rosemblum


FLASH CHABBATH Une perle sur la Paracha La véritable union "‫"וַ יְ ִהי כָ ל ָה ָא ֶרץ ָ ׂשפָ ה ֶא ָחת ו ְּדבָ ִרים ֲא ָח ִדים‬ "Toute la terre avait une même langue et des paroles semblables." (Béréchit 11, 1) La génération de la tour de Babel était en parfaite union. En effet, Hachem décida de mélanger les langues plutôt que de les exterminer comme pour le Déluge. Cette union était basée sur l’absence de discorde entre eux. (Rachi) Cependant, lorsqu’Hachem décida de mélanger les langues, les hommes en vinrent à s’entretuer : il suffisait qu’une personne demande un service à une autre pour que celle-ci la tue sur-le-champ ! Rav Steinman s’interroge : comment une génération aussi soucieuse de préserver la paix a-t-elle pu en arriver là ? La réponse est simple : une union qui va à l’encontre de la volonté d’Hachem est vouée à l’échec. Lorsque des mécréants s’unissent dans le seul but de s’opposer à la volonté divine, il n’est pas étonnant qu’ils finissent par s’entretuer…

Les lois du langage

Halakha x 3 Utiliser un Crock-Pot (mijoteuse) le Chabbath, permis ? Oui, à condition de recouvrir les boutons de réglages avant Chabbath. (‘Hazon ‘Ovadia, Chabbath 1, 64) Une femme peut-elle mettre un parfum d’homme ? Non, tout comme il lui est interdit de porter un habit d’homme. (Ma’yan Omer 4, 99-6) Je goûte d’un plat, réciter la bénédiction ? Non, si c’est pour s’assurer du goût convenable de l’aliment, pour vérifier un manque de sel ou autre et que c’est d’un quantité de moins de 8,6cl, on ne récite pas de bénédiction. (‘Hazon ‘Ovadia 273)

Rabbi Acher Ben Yé’hiel, le Roch Ce mardi 20 octobre tombe dans le calendrier hébraïque la Hiloula de Rabbi Acher Ben Yé’hiel, plus connu sous le nom de Roch, l’un des plus grands maîtres de la Torah médiévale. Né en Allemagne vers 1250, il étudia auprès de son père et de grands maîtres d’Allemagne avant de fuir les persécutions et de s’installer en Espagne. Il devint le Rav de la communauté de Tolède, où il fonda une grande Yéchiva et forma de nombreux élèves, dont son fils Rabbi Ya’akov, auteur du Tour.

Dire du mal quand c'est vrai Le ‘Hafets ‘Haïm nous enseigne qu’il est interdit de dénigrer son prochain en rapportant les fautes qu’il a commises envers D.ieu tout comme son inconduite dans la vie de tous les jours, même si ces faits sont avérés.

Le Roch consacra son œuvre à l’étude et à la transmission de la Halakha. Ses commentaires sur le Talmud, ainsi que ses nombreux responsa, comptent parmi les grandes sources de la décision halakhique. Il mourut à Tolède en 1327. N’oubliez pas d’allumer une bougie en son honneur afin qu’il prie pour vous ! Magazine I n°377

33


DOSSIER

Et si le Machia’h arrivait demain ? Saurions-nous le reconnaître ? Que se passera-t-il réellement lors de sa venue ? Et surtout, sommes-nous aussi loin de la délivrance que nous le pensons ? Entre prophéties fascinantes, récits méconnus de nos plus grands Sages, faux messies qui ont bouleversé l’histoire et révélations sur le monde qui nous attend, ce dossier vous réserve bien des surprises ! En prime : une (fausse ?) rencontre avec le Machia’h en personne…

Le Machia’h : c’est qui, c’est quoi, c’est quand ?

“Un rameau sortira de la souche d’Ichay, un rejeton poussera de ses racines. Et sur lui reposera le souffle de l’Éternel : esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de crainte de D.ieu.” (Yicha’ya 11, 1-2) “Sache qu’on ne saura pas qui il est avant qu’il ne se dévoile, au point qu’on puisse dire de lui qu’il est le fils d’Untel, issu de telle ou telle famille. Et que se révélera un homme dont on ne savait rien avant qu’il ne se dévoile.” (Rambam, Iguérewt Téman) Les conditions préalables à remplir :

1. Être un descendant de David. 2. Étudier et faire appliquer toute la Torah. 3. Combattre les adversaires de Hachem. 4. Reconstruire le Beth Hamikdach et rassembler les exilés. 34

Magazine I n°377

Le Machia’h devra-t-il nécessairement accomplir des miracles pour se faire connaître ? Non : “Ne crois pas que le Machia’h devra accomplir des signes et des miracles. Il ne devra pas nécessairement changer les lois de la nature, ni ressusciter les morts ni rien de la sorte.” (Rambam, Lois des rois 11, 3) “C’est en terre d’Israël qu’il se dévoilera pour la première fois, comme il est dit : ‘Voici, Je vais envoyer mon mandataire, pour qu’il déblaie la route devant Moi. Soudain, il entrera dans son sanctuaire, le maître dont vous souhaitez la venue, le messager de l’alliance que vous appelez de vos vœux : le voici qui vient, dit l’Éternel Tsévakot.’” (Malakhi 3, 1)


Le Machia'h

“La Torah elle-même atteste de la promesse messianique lorsqu’elle dit : ‘D.ieu te prendra en pitié et mettra un terme à ton exil, et Il te rassemblera de nouveau [du sein des peuples parmi lesquels Il t’aura dispersé.] Même si tes exilés se trouvent à l’extrémité des cieux [l’Éternel ton D.ieu, te rappellera de là, et Il ira te chercher là-bas] Il te ramènera, l’Éternel ton D.ieu [dans le pays qu’auront possédé tes ancêtres, et tu le posséderas à ton tour ; et Il te rendra florissant et nombreux, plus encore que tes ancêtres’] (Dévarim 30, 3-5). Ce passage de la Torah renferme tout ce qui a été prédit par tous les Prophètes [en ce qui concerne le Machia’h].” (Rambam, Lois des rois 11, 1)

seulement le peuple juif, aura alors atteint sa perfection, comme il est dit : “Il arrivera, à la fin des temps, que la montagne de la maison du Seigneur sera affermie sur la cime des montagnes et se dressera audessus des collines, et toutes les nations y afflueront. Et nombre de peuples viendront en disant : ‘Or voilà, gravissons la montagne de l’Éternel pour gagner la maison du D.ieu de Ya’akov, afin qu’Il nous enseigne Ses voies et que nous puissions suivre Ses sentiers, car c’est de Tsion que sort la doctrine, et de Jérusalem la parole du Seigneur.’” (Yicha’ya 2, 2)

"

Le monde continuera à se comporter comme il se conduit aujourd’hui, et c’est “Le monde entier uniquement la place aura pour seule et d’Israël au milieu des unique préoccupation la connaissance de Ce qui distingue les nations qui Hachem. C’est pourquoi temps messianiques de les Juifs seront tous de sera différente. ce monde-ci est, comme l’enseigne Chmouël, “la domination des nations (Chi’boud Malkhouyot) [ou les affres de l’exil (Chi’boud Galouyot), selon les versions].” Ce qui signifie qu’à l’époque messianique, le monde continuera à se comporter comme il se conduit aujourd’hui, et que c’est uniquement la place d’Israël au milieu des nations qui sera différente. Les temps futurs correspondent chez beaucoup d’auteurs à ce que l’on a coutume d’appeler l’époque messianique (Yémot Hamachia’h), ou encore la fin des temps (A’harit Hayamim). Le monde entier, et pas

grands sages, instruits des choses profondes et cachées, et ils atteindront la plus grande compréhension de Hachem qui soit accessible à un être humain mortel, comme il est dit : ‘La Terre sera pleine de la connaissance de D.ieu, comme l’eau abonde dans le lit des mers.’” (Rambam, Lois des rois 12, 5) “À cette époque, il n’y aura plus ni famine ni guerre, ni jalousie ni rivalité, car les bienfaits seront distribués en abondance, et tous les délices seront à portée de main comme la poussière de la terre.” (Rambam, Lois des rois 12, 5)

Magazine I n°377


DOSSIER Dans chacune de nos prières, trois fois par jour, nous exprimons notre désir d’assister au dévoilement du Machia’h, d’être libérés de l’exil, de voir le Beth Hamikdach

reconstruit,

Jérusalem dans l’allégresse et

la

Royauté

divine

rayonner dans le monde. Le Rambam fait cependant remarquer à propos de tout ce qui a été dit au sujet de l’époque messianique et de la fin des temps que rien ne permet d’affirmer avec

certitude que les choses se passeront effectivement de telle ou telle manière et que nous ne devons pas établir de pronostics quant à l’imminence du dévoilement messianique.

"

“Si les Juifs le méritent, la délivrance arrivera avant l’heure, sinon, ce sera en son temps.”

Et pourtant, nous avons l’obligation d’attendre sa venue à chaque instant, comme cela est dit dans ‘Habakouk (2, 3) : “Même si cette vision ne doit s’accomplir qu’au temps fixé, elle se hâte vers son terme et elle ne mentira pas ; même si elle tarde, attends-la avec confiance, car elle se réalisera sans trop tarder.” “Moi, Hachem, en son temps, Je la hâterai.” (Yicha’ya 60, 22) “Si les Juifs le méritent, la délivrance arrivera avant l’heure, sinon, ce sera en son temps.” (Sanhédrin 98a) La délivrance qui a lieu “avant l’heure” est le résultat des mérites du peuple juif qui sera alors digne de tous les miracles dont ont parlé les prophètes à propos des temps messianiques. La délivrance “en son temps”, quant à elle, est une délivrance qui surviendra malgré tout. Elle arrivera “en son temps”, c’est-à-dire qu’elle ne dépendra pas de nos mérites. Ainsi, pour répondre à la question de savoir quand le Machia’h se dévoilera, la réponse semble bien être : à nous d’en décider ! Yéhouda Israël Ruck

36

Magazine I n°377


Jérusalem Le Machia'h

Le Machia’h : comment ça va se passer, étape par étape ? Plusieurs événements majeurs nous attendent à la fin des temps : le dévoilement du Machia’h, la guerre de Gog et Magog, la reconstruction du Beth Hamikdach et le rassemblement des exilés. Mais dans quel ordre les choses vont-elles se passer ? Suivez le déroulement, étape par étape ! Plusieurs événements importants nous attendent à la fin des temps : le retour des exilés, le dévoilement du Machia’h, la reconstruction du Beth Hamikdach et la guerre de Gog et Magog. Mais dans quel ordre les choses vontelles se passer ? Un déroulement précis… ou pas forcément “Si se lève un roi de la lignée de David, se consacrant à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des Mitsvot à l’exemple de son ancêtre David, selon les préceptes de la Torah écrite comme de la Torah orale, s’il contraint tout Israël à s’y conformer et à soutenir leur restauration, s’il mène les guerres de D.ieu, on peut présumer qu’il est le Machia’h. Et s’il agit ainsi avec succès, s’il l’emporte contre les nations qui l’entourent, s’il reconstruit le Beth Hamikdach à l’emplacement qui est le sien et rassemble les exilés d’Israël, il ne fait alors aucun doute qu’il s’agit bel et bien du Machia’h.” (Rambam, Hilkhot Mélakhim 11, 4) Pour le Rambam, l’ordre de la délivrance future est le même que celui des trois Mitsvot que les

Hébreux devaient accomplir en entrant en Érets Israël, à savoir : 1– Nommer un roi qui astreindra les Juifs à l’étude et à l’application des lois de la Torah. 2– Combattre ensuite ‘Amalek, c’est-à-dire les ennemis d’Israël – ou ce qui revient au même concernant la fin des temps : Gog et Magog. 3– Construire le Beth Hamikdach. 4– Et c’est seulement ensuite que vient le rassemblement des exilés. Cet ordre correspond à une délivrance messianique qui se produit “en son temps”, c’est-à-dire au plus tard, si le peuple juif n’a pas le mérite d’en rapprocher l’échéance. Mais si la génération est méritante, la délivrance peut s’effectuer “avant l’heure”, sans respecter aucune de ces étapes, d’une manière soudaine et sans aucun ordre préétabli. La venue d’Eliahou Hanavi “Voici, Je vous envoie le prophète Eliahou avant que n’arrive le jour de D.ieu, jour grand et redoutable.” (Malakhi 3, 23) Magazine I n°377 37


DOSSIER On trouve quatre avis concernant le moment de la venue d’Eliahou Hanavi : 1– Certains pensent qu’il se dévoilera trois jours avant la venue du Machia’h. 2– Qu’il arrivera un jour avant le dévoilement messianique. 3– D’autres pensent que le Machia’h se dévoilera d’abord et qu’ensuite viendra Eliahou Hanavi, avant la guerre de Gog et Magog. 4– Un autre avis pense que le prophète Eliahou et le Machia’h se dévoileront au même moment. Quel sera le rôle d’Eliahou Hanavi ? 1– Annoncer la venue du Machia’h. 2– Pour oindre le Machia’h avec l’huile d’onction en vue du sacre royal. 3– Pour ramener le peuple Israël à la Téchouva. 4– Pour apporter la paix dans le monde.

Oulpan Trois ans après le 7 octobre, nous nous souvenons de la douleur, mais nous n’oublions pas l’espoir. Celui qui voulait nous apporter l’obscurité n’a pas réussi à éteindre notre lumière. Car nous choisissons la vie.

Vocabulaire

6–Un Midrach enseigne par ailleurs que la résurrection des morts se fera aussi à l’aide d’Eliahou Hanavi. 7– Pour rétablir la nomination des juges assermentés du grand tribunal, le Sanhédrin. Le rassemblement des exilés Le rassemblement des exilés est celui de tous les Juifs du monde qui reviendront en Érets Israël, et non pas seulement une ‘Alya partielle comme ce fut le cas à l’époque de ‘Ezra le Scribe. En se fondant dans un verset de Yé’hezkel (39, 28), pour le Rav Sa’adia Gaon comme pour le Rambam, il aura lieu après la construction du troisième Beth Hamikdach. Yéhouda Israël Ruck

ֹ ‫זִ ָ ּכ‬ ִ ‫רון‬ Mémoire et espoir 07/10 ‫וְת ְקוָה‬ ֹ ‫‫ש‬ ‫לו ׁש ׁ ָש ִנים ַא ֲח ֵרי ַה ׁ ּ ִש ְב ָעה‬ ָׁ ֹ ‫או ְק‬ ֹ ‫ְ ּב‬ ‫ ֲאנַ ְחנּו‬,‫טו ֶ ּבר‬ ֹ ,‫זו ְכ ִרים ֶאת ַה ְ ּכ ֵאב‬ ‫ֲא ָבל לֹא ׁש ֹו ְכ ִחים‬ ‫ ִמי‬.‫ֶאת ַה ִ ּת ְקוָ ה‬ ‫ׁ ֶש ָר ָצה ְל ָה ִביא ָלנּו‬ ַ ‫ לֹא ִה ְצ ִל‬,‫ח ֹ ׁ ֶש ְך‬ ‫יח‬ ֹ ‫ְל ַכבּ ֹות ֶאת ָה‬ ‫אור‬ ‫ ִ ּכי ֲאנַ ְחנּו בּ ֹו ֲח ִרים‬.‫ׁ ֶש ָ ּלנּו‬ ‬.‫ַ ּב ַח ִּיים‬

• ‫( ְ ּכ ֵאב‬Kéèv) – douleur • ‫( ׁש ֹו ְכ ִחים‬Chokhe’him) – oublient

ֹ (Or) – lumière • ‫אור‬ • ‫( בּ ֹו ֲח ִרים‬Bo’harim) – choisissent, élient • ‫‘( ַח ִּיים‬Hayim) – vie

• ‫( ָר ָצה‬Ratsa) – il voulait

D’autres mots avec la racine .‫ר‬.‫כ‬.‫(( ז‬souvenir)

• ‫( ִ ּת ְקוָ ה‬Tikva) – espoir

• ‫( ְל ָה ִביא‬Léhavi) – apporter, amener • ‫‘( ח ֹ ׁ ֶש ְך‬Hochekh) – obscurité

ַ ‫( ִה ְצ ִל‬Hitslia’h) – a réussi • ‫יח‬ • ‫( ְל ַכבּ ֹות‬Lékhabot) – éteindre 38

5– Pour ramener à Israël le flacon de Manne, les eaux de purification, le flacon d’huile d’onction et le bâton d’Aharon.

Magazine I n°377

• ‫( ַאזְ ָ ּכ ָרה‬Azkara) – cérémonie à la mémoire d'un/de défunt(s) • ‫( ִ ּתזְ כּ ֹ ֶרת‬Tizkorèt)– rappel, alarme (dans un téléphone par ex.) • ‫ה‬/‫( ַמזְ ִ ּכיר‬Mazkir/a) – secrétaire


DOSSIER Fiction - L’interview exclusive du Machia’h ! Lors de la Guéoula, le dévoilement de la Chékhina, la présence divine, engendrera l'élévation spirituelle permettant de comprendre cette nouvelle manière d’appréhender la Torah. Binyamin Saada : Bonjour Mélekh Hamachia’h (Roi Machia’h), je vous remercie de nous recevoir dans votre palais du monde des âmes. C’est un grand honneur que vous nous faites, Majesté. Mélekh Hamachia’h : C’est un plaisir. Mais avant toute chose, je vous préviens que je peux être appelé à me dévoiler à chaque instant. Je serai dans l’obligation de mettre fin à cette interview. B.S : C’est évident. Et nos lecteurs le comprendront volontiers. Commençons donc, en espérant être interrompus... M.H : Amen. B.S : Tout d’abord, si vous le voulez bien, j’aimerais que vous vous présentiez à nos lecteurs. M.H : Je suis une âme spéciale, qui existe depuis la nuit des temps, comme il est dit dans le Midrach sur le verset "et le souffle de D.ieu planait au-dessus des eaux", ce souffle (Roua’h), c’est le souffle (ou l’âme) du Machia’h. (Béréchit Rabba 2, 4) Avant même que tout soit créé, j’étais là. C’est clair, le but ultime de la Création, c’est mon dévoilement. B.S : Ce dévoilement justement, parlons-en. Quelles en sont les modalités ? M.H : C’est très simple. Au moment choisi par D.ieu, je m’incarnerai dans le plus grand Tsadik de la génération. Ce moment n’est pas fixé à l’avance. Chaque génération a eu et aura son Machia’h potentiel. (Rabbi ‘Ovadia Mibarténoura sur Méguilat Ruth ; Responsa ‘Hatam Sofèr ‘Hochen Michpat, Likoutim 98 ; Péat Hassadé 1, 70) 40

Magazine I n°377

B.S : Rien n’est gravé dans le marbre, donc. M.H : Non, bien sûr. Tout dépend justement de la génération et de ses actes comme le dit le grand décisionnaire Maïmonide, (dans lequel j’aurais très bien pu m’incarner d’ailleurs) : "C’est seulement par la Téchouva que le peuple juif sera libéré. La Torah a déjà promis que les Juifs se repentiront finalement à la fin de leur exil et ils seront immédiatement libérés." (Hilkhot Téchouva 7, 5) B.S : Mais c’est quoi cette Téchouva ? C’est jeûner, porter le cilice ? M.H : (rires) Vous savez bien que non ! La Téchouva, c’est revenir à D.ieu et à Son service. C’est un retour sur soi profond, la partie de D.ieu cachée au fond de l’âme de chacun. Il faut étudier la Torah pour cela, sa partie dévoilée, bien évidemment mais aussi sa partie cachée. Le Zohar (3, 124b) et le Arizal (Cha’ar Haakdamot, introduction de Rabbi ‘Haïm Vital) sont clairs : c’est par le mérite de l’étude de l’intériorité de la Torah que vous mériterez que je me dévoile dans la miséricorde. Qui plus est, il ne faut pas oublier bien sûr la pratique des Mitsvot. Mais cela, si j’ose dire, c’est la partie facile, surtout dans votre génération. Les Mitsvot matérielles sont faciles à réaliser aujourd’hui. Vous croyez qu’à l’époque de Rachi, tous les Juifs avaient leur propre paire de Téfilin ? Et même le grand Rachi... B.S : Lui-même Machia’h potentiel à son époque... M.H : Oui bien sûr. Même le grand Rachi, donc, ses Téfilin ne pouvaient pas être aussi parfaits que ceux que vous possédez aujourd’hui. Votre génération à la chance d’avoir la possibilité


Jérusalem Le Machia'h d’accomplir les Mitsvot matérielles de la meilleure des manières. Et ce n’est pas à négliger. La Kabbala et la ‘Hassidout expliquent que... mais je m’égare, peut-être vais-je assommer vos lecteurs avec tous ces concepts... B.S : Non, continuez, je vous en prie. Au contraire, je suis certain que cela les passionnera ! M.H : Bien. Faisons simple. D.ieu a voulu créer le monde matériel pour en faire Sa résidence principale, si l’on peut s’exprimer ainsi. (Midrach Tan’houma Nasso 16) Il faut donc préparer cette matière pour qu’elle soit apte à dévoiler le divin. Les Mitsvot, qui pour la plupart ont un support matériel sont là pour ça. Comme je l’ai dit, pendant 2000 ans d’exil, l’application concrète de toutes ces Mitsvot fut très compliquée, déjà d'un point de vue purement pratique, et ensuite à cause des nombreuses persécutions. Dans votre génération, la technologie vous permet de tout accomplir parfaitement et vous n’avez pas le glaive d’un centurion romain sous la gorge ! Dévoiler le saint et le divin n’a jamais été aussi facile. Vous préparez la résidence du Roi des rois ! Et moi, je ne viendrais que pour parachever tout cela. B.S : La haine gratuite ? La vraie raison de l’exil ? M.H : Oui, tout à fait. Pour cela, D.ieu est intraitable ! C’est vrai que, de manière générale, il y a eu des progrès. On ne peut pas comparer la situation actuelle à celle qui prévalait au temps de la destruction du Temple ou à certaines périodes des juges et des rois où faisaient rage guerres civiles et autres atrocités entre Juifs. Mais réparer la haine gratuite, ce n’est pas seulement se "civiliser", c’est surtout ne plus être indifférent à l’autre. B.S : C’est la clé de la Guéoula. M.H : La seule ! Il faut augmenter les actes de bonté, de charité de bienveillance et de tolérance et vous me verrez rapidement arriver ! (Baba Batra 10a) Il ne faut pas oublier aussi qu’un comportement de bonté et de droiture envers les non-juifs est également capital.

B.S : Les non-juifs, justement, parlons-en. Ontils une part dans la Guéoula ? M.H : Bien sûr, quelle question ! Je vais venir pour réparer le monde dans son ensemble, aucun détail ne sera mis de côté. C’est encore Maïmonide qui l’a déjà dit : lors de la Guéoula, "l’occupation du monde entier ne sera que la seule connaissance de D.ieu." (Hilkhot Mélakhim 12, 5) B.S : Mais comment cela se traduira ? Nous pouvons déjà "connaître" D.ieu, par l’étude de la Torah ! M.H : Certes, cela se fera par le biais de l’étude. Quelle étude, me direz-vous ? Savez-vous qu’il est écrit dans le Midrach que la Torah que vous étudiez maintenant a la consistance de la buée comparée à la Torah que je viendrai vous enseigner ? (Kohélet Rbaba 11, 8 ; Cha’aré Guéoula 123 et suivantes) B.S : Quel programme ! Vous avez un exemple à nous donner, un petit Dvar Torah messianique ? M.H : Je n’en ai pas l’autorisation. Et quand bien même, vous n’y comprendriez rien. Votre esprit doit s’ouvrir d’abord. Lors de la Guéoula, le dévoilement de la Chékhina, la Présence divine, engendrera l’élévation spirituelle permettant de comprendre cette nouvelle manière d’appréhender la Torah. Avant cela, le plus petit Dvar Torah que je pourrais vous faire sera pour vous aussi abscons que les formules mathématiques de la théorie de la gravitation quantique à boucles... Et même plus ! B.S : Eh bien tant pis, je vais devoir patienter alors. Pas trop longtemps j’espère. M.H : Je l’espère aussi (soupir). B.S : Nous pourrions encore parler des heures, mais il nous faut conclure. Une dernière question : quand viendra donc notre maître ? M.H : Aujourd’hui... si vous écoutez la voix d’Hachem. (Talmud Sanhédrin 98a) B.S : Amen. Rav Binyamin Saada Magazine I n°377 41


DOSSIER Et si Machia’h venait aujourd’hui ? Chaque jour, dans nos prières, nous demandons à Hachem de reconstruire Jérusalem et de nous apporter la délivrance. Mais attendons-nous réellement la venue de Machia’h ? Pour nos maîtres, cette attente ne se limitait pas aux paroles prononcées dans la prière. Elle faisait partie de leur quotidien, au point d’influencer leurs décisions et leurs habitudes. Ils vivaient avec la conviction que Machia’h pouvait venir à tout instant, et se préparaient concrètement à l’accueillir.

Rav Moché Feinstein

Renoncer à voir Machia’h pour sauver son peuple

Quelques années avant son décès, Rav Moché Feinstein devait subir une intervention pour recevoir un stimulateur cardiaque. Tous les médecins consultés la jugeaient nécessaire. Son gendre, Rav Moché David Tendler, lui avait expliqué les raisons de cette recommandation. Pourtant, le Rav tardait à donner son accord. Cette hésitation surprenait son entourage, lorsqu’un problème de santé était identifié, il acceptait habituellement les soins nécessaires et prenait ses décisions rapidement. Plusieurs jours passèrent. Rav Tendler finit par lui demander ce qui le retenait. Rav Moché expliqua, avec l’humilité qui le caractérisait, que malgré le jugement modeste qu’il portait sur ses propres connaissances, il pouvait être choisi parmi les soixante et onze membres du Sanhédrin lorsqu’il serait rétabli.

Baba Salé attendait Machia’h avec une telle ferveur qu’il craignait de manquer l’instant de sa révélation.

Or un défaut corporel pouvait rendre un homme inapte à y siéger. L’implantation de cet appareil risquait-elle de le disqualifier ? Son hésitation tenait à cette question : pourrait-il encore participer au Sanhédrin lorsque Machia’h viendrait ? Rav Tendler reprit alors avec lui les détails de l’intervention. Il lui montra des schémas pour préciser exactement ce que les médecins allaient faire. Rav Moché les examina attentivement et conclut que l’opération ne lui donnerait pas le statut de Ba’al Moum, un homme présentant un défaut disqualifiant. Il demanda aussitôt que le rendez-vous soit fixé, et l’intervention eut lieu. 42

Baba Salé

Rester en bonne santé pour siéger au Sanhédrin

Magazine I n°377

Ses proches remarquaient qu’il ressortait parfois des toilettes presque aussitôt après y être entré, malgré ses problèmes de santé. Son épouse lui demanda un jour pourquoi il se pressait ainsi. Il lui répondit que Machia’h pouvait venir à chaque instant et qu’il redoutait de se trouver alors dans un endroit impur. Pour l’accueillir, il avait préparé un manteau spécial. Il avait également annoncé à Rav Mordékhaï Eliyahou qu’ils auraient tous deux le mérite de voir Machia’h. Vers la fin de sa vie, Baba Salé le fit pourtant revenir auprès de lui. Il lui confia qu’il avait vu de terribles décrets menacer Israël et qu’après s’être efforcé de les annuler, il avait demandé à quitter ce monde en expiation pour la génération. Sa demande avait été refusée, car il avait reçu la promesse d’accueillir Machia’h. Pour protéger son peuple, il avait alors accepté de renoncer à cette promesse. Baba Salé remit à Rav Eliyahou le manteau qu’il s’était réservé. Il lui demanda de le porter lorsque Machia’h viendrait, avec des poils tombés de sa barbe, afin qu’une partie de lui participe encore à cet accueil. Il avait renoncé à voir lui-même la délivrance, mais désirait encore y avoir sa part, ne serait-ce qu’à travers ce manteau porté par un autre.


Le Machia'h

Le ‘Hafets ‘Haïm

Rav Yossef C. Kahaneman

Prêt à partir pour Jérusalem

Une Yéchiva prête à les accueilli

Le ‘Hafets ‘Haïm avait préparé une tenue de Chabbath pour accueillir Machia’h. De temps à autre, il la revêtait et s’asseyait pour l’attendre. Une valise contenant ses affaires indispensables était également prête : lorsque viendrait la délivrance, il pourrait partir sans tarder pour Erets Israël. Mais il se préoccupait aussi de ce qui l’attendrait à Jérusalem. Lui-même Cohen, il exhortait les Cohanim à étudier les lois des sacrifices et du service du Beth Hamikdach. Le Temple serait reconstruit ; ils devaient être capables d’y accomplir leur tâche. Il insistait : Éliyahou viendrait éclaircir les questions demeurées sans réponse, mais il ne viendrait pas enseigner à chacun les lois qu’il aurait pu apprendre auparavant. Il fallait les étudier dès maintenant.

Après la Shoah, Rav Yossef Chlomo Kahaneman entreprit de reconstruire à Bné Brak la Yéchiva de Poniovitz. Il parcourut le monde pour réunir les fonds nécessaires et offrir aux élèves un lieu où étudier la Torah. Malgré l’ampleur de cette tâche, il veilla à y réserver deux places bien particulières.

Cette conviction se retrouvait jusque dans les conseils qu’il donnait. Lorsque Rabbi Meïr Karelitz le consulta au sujet d’un poste de rabbin, le ‘Hafets ‘Haïm proposa de laisser la décision à Éliyahou Hanavi. La Chemita approchait, et nos Sages avaient annoncé qu’à l’issue de la septième année, le fils de David viendrait. Puisqu’Éliyahou devait le précéder, mieux valait attendre et lui soumettre la question. L’un des hommes présents esquissa un sourire. Le ‘Hafets ‘Haïm le saisit par la manche et lui demanda : “Vous en doutez ? Pour moi, c’est une certitude !” Il s’affligeait de ne pas retrouver cette attente autour de lui. Un vendredi, au crépuscule, un grand maître entra chez lui et le salua. Le ‘Hafets ‘Haïm lui demanda aussitôt : “Que dit-on dehors au sujet de Machia’h ?” Le visiteur n’eut rien à répondre. “Voilà justement notre malheur : on ne parle pas de Machia’h ! Pourtant, il est écrit : “Je l’attendrai.” Alors comment se fait-il qu’on ne l’attende pas ?”

Lorsqu’il acquit le Aron Hakodech de la grande salle d’étude, il fit préparer un siège de chaque côté. L’un accueillerait le roi Machia’h, l’autre Éliyahou Hanavi. Pour le Rav, leur arrivée était assez proche pour qu’il prenne soin de leur préparer une place dans la Yéchiva qu’il bâtissait. Lors de l’inauguration du bâtiment de la petite Yéchiva, il exprima également sa certitude qu’ils passeraient par cet endroit.

Rabbi Yossef ‘Haïm Zonnenfeld À Presbourg, même le déjeuner attendait Machia’h ! Cette attente ne se retrouvait pas seulement chez les grands Rabbanim. Rabbi Yossef ‘Haïm Zonnenfeld raconta que, lorsqu’il étudiait à Presbourg, il surprit un jour une conversation entre deux femmes. La première demanda à son amie ce qu’elle avait cuisiné ce jour-là. "Des haricots", répondit-elle. "Et demain, que vas-tu préparer ?", poursuivit la première. Son amie s’exclama alors : "À D.ieu ne plaise ! Ne donne pas prise au Satan ! Si Machia’h n’est pas venu d’ici demain, je préparerai des lentilles !" Même lorsqu’il s’agissait simplement de prévoir le repas du lendemain, la venue de Machia’h restait une possibilité bien réelle ! Ariel Marciano Magazine I n°377 43


DOSSIER Faux messies : quand l’espoir est exploité… À travers les siècles et les exils, nombreux sont ceux qui se sont présentés – ou ont été désignés – comme le Machia’h tant attendu. Certains étaient des imposteurs, d’autres des personnalités sincères emportées par leur propre conviction. Tous témoignent, à leur manière, de la puissance de l’espérance messianique au sein du peuple juif… et des dangers qui peuvent l’accompagner. La chronique des faux messies dans l’histoire d’Israël déconcerte dès l’abord par la profusion des cas qu’elle recense comme une longue et triste litanie. Les faux messies, constate-t-on avec surprise, ne sont pas l’affaire de quelques personnages plus ou moins déséquilibrés ou mégalomanes. C’est, au contraire, une constante de l’histoire juive : aucun des multiples lieux de l’exil ne fut épargné, ni aucune époque privée de l’apparition d’un ou plusieurs prétendants au titre glorieux d’oint du Seigneur… Certains, on le sait, ont laissé leur empreinte dans l’histoire juive ou universelle ; d’autres sont vite tombés dans les oubliettes de l’histoire. Il nous a semblé intéressant de présenter ici une liste

– non exhaustive – des principaux faux messies qui ont défrayé la chronique de notre peuple, le plus souvent pendant ou après des périodes de persécutions ou de grands bouleversements. Témoins – certes négatifs – de la vigueur de l’espérance messianique animant le peuple d’Israël, comme des embûches qui parsèment sa longue route historique. JC JC, désigné dans nos sources sous le terme le Nazaréen : les données historiques sont sur bien des points imprécises et font l’objet de contradictions entre les sources juives, les différentes traditions chrétiennes et les

Allergies, nez qui coule : le kit de survie d’automne Ah, l’automne ! Les pulls qui reviennent, les feuilles qui tombent... et surtout la gorge qui gratte, les yeux qui piquent et d’avoir l’impression de "couver quelque chose" en permanence. Cette année, on n’attend pas d’être KO pour réagir : on adopte les bons réflexes dès maintenant ! • Consommer du chaud : soupes, légumes cuits, bouillons et plats faits maison. Les muqueuses asséchées s’irritent plus vite. • Soutenir l’immunité : agrumes, kiwi, persil, poivron, légumes verts. • Penser aux antihistaminiques naturels : oignon rouge, pomme, thé vert avec une pointe de miel, gingembre, curcuma. • Booster son énergie : une cure de panax ginseng est idéale pour démarrer la saison. • Dormir : un des meilleurs alliés du système immunitaire. • Réduire ce qui entretient l’inflammation : produits sucrés, ultra-transformés, fritures. • Se prémunir intelligemment : lavage de nez au sérum physiologique, douche dès que possible en rentrant chez soi pour éviter la surexposition au pollen. • Bouger, même à la maison : pas pour "brûler", mais pour oxygéner, soutenir et faire circuler l’énergie. L’automne ne nous condamne pas forcément à garder un mouchoir sur le nez. Quelques gestes simples peuvent vraiment nous éviter de passer la saison au fond du lit. Sarah Kisielewski 44

Magazine I n°377


Le Machia'h recherches des historiens modernes. De l’avis général, en tout cas, il n’a pu naître… en l’an zéro de l’ère chrétienne ! Selon la Guémara, il aurait vécu au moins cent ans avant les dates généralement avancées. Bar Kokhba, celui que Rabbi ‘Akiva crut reconnaître Chim’on Bar Kokhba (ou Ben Koziba) prit la tête de la dernière révolte juive contre les Romains, quelque 50 ans après la destruction du second Temple. Rabbi ‘Akiva, malgré l’opposition de ses pairs, vit en lui le Machia’h attendu par Israël, jusqu’à sa désillusion et l’écrasement final et sanglant de la révolte à Beitar. “Moché” de Crète : quand la mer ne s’ouvrit pas “Moché”, quatrième siècle de l’ère courante, dans l’île de Crète. Sans doute le premier faux messie apparaissant hors d’Erets Israël. S’affirmant une réincarnation de Moché Rabbénou, venu apporter la délivrance finale à son peuple, ce

faux messie parvint à convaincre de nombreux Juifs de l’île grecque de l’authenticité de sa mission. Une seule chose leur était demandée : qu’ils se tiennent un certain jour au bord de la mer et, tels les Hébreux autrefois, qu’ils s’y jettent en mettant leur confiance dans le salut divin. Lui, de son côté, leur fendrait la mer, comme Moché son prédécesseur… Beaucoup périrent noyés, d’autres finirent par se convertir au christianisme. “Moché” disparut sans laisser de trace. David El Roï, du prestige à la catastrophe David El Roï sévit à Bagdad, au milieu du douzième siècle. Bagdad, capitale de la Babylonie, était restée depuis l’époque du Talmud un centre juif dont les Sages étaient renommés dans toute la diaspora. Deux ‘Hakhamim se distinguaient à cette époque : Rabbi, à la tête de la Yéchiva “Guéon Ya’akov”, et le “chef de l’exil” Rabbi ‘Hasdaï. Tous deux eurent pour élève un brillant sujet du nom de

Magazine I n°377 45


DOSSIER Mena’hem El Roï, qui devait par la suite adopter le prénom de David pour mieux illustrer ses prétentions au trône messianique. L’esprit sans doute grisé par ses qualités peu communes, El Roï se proclama messie en 1160, et choisit pour terrain de manœuvre les provinces situées au nord-est du Caucase, encore connues sous le nom de Khazarie.

médecin, versé dans les sciences mathématiques et l’astrologie, il s’était converti à l’islam puis proclamé messie au Yémen. Les Juifs de ce pays, alors soumis au cruel pouvoir des Fatimides, étaient nombreux à chercher consolation auprès de ce faux messie, dont la personnalité ne laissait pas d’impressionner – on disait qu’il ressuscitait les morts.

Après toutes sortes d’aventures militaires et de prodiges, comme d’annonces successives de la délivrance finale qui lui valurent une grande réputation parmi les Juifs et non-Juifs, il finit par s’attirer les foudres des rois de Perse et de Byzance, qui menacèrent de se venger des Juifs de leurs royaumes. Pour les sauver de ces menaces inquiétantes, le propre beaupère d’El Roï assassina, dit-on, ce gendre bien embarrassant…

Appelé à intervenir, Maïmonide écrivit pour la circonstance son “Épître au Yémen”, où il démontrait la vanité des prétentions du personnage – dont la conduite et les enseignements ne convenaient guère à ce qui est attendu du véritable messie – et réconfortait les Juifs yéménites dans l’espérance de la délivrance authentique.

Le faux messie qui provoqua l’“Épître au Yémen” Au Yémen, vers l’an 1170, sévit Chemouel, fils d’un rabbin de Fès, Yéhouda Ibn Abbas. Poète et

46

Magazine I n°377

David Haréouvéni et rencontrent Charles Quint

Chlomo

Molko

Au printemps de 1524, un étrange personnage du nom de David Haréouvéni se présenta à Rome. Il affirmait être l’ambassadeur du roi de la tribu de Réouven, habitant un royaume


Jérusalem Le Machia'h prospère en Orient. David avait pour mission d’obtenir des rois d’Europe et du pape l’armement nécessaire pour entrer en guerre contre les Turcs et délivrer Erets Israël de leur joug. Son apparition à Rome, peu de temps après le grand bouleversement de l’expulsion d’Espagne, son témoignage sur l’existence d’un puissant royaume juif indépendant, ne manqua pas de susciter l’enthousiasme et l’espoir d’une délivrance prochaine.

de Chlomo Molko, il se rend à Salonique puis en Erets Israël où, annonçant l’arrivée imminente du Machia’h, il suscite l’enthousiasme de ses auditeurs. Rabbi Chlomo Molko se réfugia alors dans le nord de l’Italie, où il retrouva David Haréouvéni. Les deux hommes décident de se tourner vers le puissant empereur Charles Quint. Mais Charles Quint n’était pas homme à se laisser aller, comme le pape, à des rêves prophétiques : il les fit arrêter et conduire à Mantoue pour y être jugés. Molko fut à nouveau condamné par le tribunal de l’Inquisition à être brûlé vif comme apostat, en 1532, témoignant jusqu’au bout d’une pureté de foi et de caractère admirables. Réouvéni, étant Juif, ne put être jugé par l’Inquisition, et serait mort empoisonné dans une prison.

Chevauchant un cheval blanc, entouré d’une escorte d’admirateurs, David se présenta au pape Clément VII. Sans doute impressionné mais circonspect, celui-ci se contenta de lui remettre des lettres de recommandation. L’arrivée de David à Lisbonne provoqua une vive effervescence parmi les nombreux marranes qui s’y trouvaient.

Chabbtaï Tsvi : le séisme

L’un de ces marranes, Diego Pérès, fasciné par Réouvéni, décida de quitter son poste de secrétaire du roi pour retourner ouvertement au judaïsme. Ayant repris son nom hébraïque

Le délire messianique que suscita Chabbtaï Tsvi, au XVIIe siècle, dans tout le monde juif, montre les ravages de l’illusion et de l’autosuggestion. L’enthousiasme de ses nombreux disciples,

STAGE EN STAGE EN ENTREPRISE ENTREPRISE OULPAN OULPAN ET ET INTÉGRATION INTÉGRATION CRECHENDO CRECHENDO IAD I AE IAD EDUCATION - IAD IAD-ISRAEL@IADBS.EDUCATION IADBS.COM COM - 055 299 2 5 2154 -

@

.

-

.

-

IAD FILLES / IAD GARCONS - NON MIXTE - IAD ONLINE

JERUSALEM JERUSALEM

Toujours pas D’école pour la T ou j o u r s p a s

rentrée 2026 ?

Trouve ton Bachelor, ou ton Mastère avec IAD ISRAEL !

DU BAC+1 AU BAC+5 LL’ÉCOLE ’ÉCOLE TECH TECH ET ET E E-BUSINESS -BUSINESS

y rs ur t r t n ommun t on ont v o r p sm st on pro t n s v opp m nt w

APPREND :: La La Tech Tech II IA IA II Cybersécurité C be éc i é Marketing Ma ke i g APPREND Communication C ica i II Montage M age vidéo idé II Graphisme G a hi e Gestion Ge i de projet je II Anglais A g ai II Developpement De e e e web eb CHIOURIM , LIMOUD , VIE JUIVE , TIOULIM

Magazine I n°377 47


DOSSIER l’exaltation qui s’empara de communautés entières et la façon dont le moindre geste du faux messie était expliqué, interprété, justifié – quand bien même il heurtait les règles de la morale ou des enseignements élémentaires du judaïsme – donnèrent au mouvement un pouvoir de séduction considérable.

Chabbtaï Tsvi accepta d’adopter l’islam plutôt que de mourir. Beaucoup comprirent alors qu’ils avaient été bernés. Mais ses fidèles les plus proches trouvèrent encore une justification à cette conversion, affirmant qu’il s’était plongé dans le mal pour mieux assurer ensuite le triomphe de la vérité.

L’époque certes était particulièrement troublée : guerres, massacres, communautés rayées de la carte… De toute part, on aspirait plus que jamais à une délivrance. C’est dans ce contexte que Chabbtaï Tsvi, né à Izmir, se consacra à l’étude de la Torah et de la Kabbala, réunissant autour de lui des disciples fascinés par sa personnalité.

Chabbtaï Tsvi finit sa vie obscurément, exilé en Albanie, mais les sectes chabbtaïstes continuèrent longtemps encore à exercer leurs ravages. Le désespoir frappa nombre d’anciens fidèles ; certains abandonnèrent le judaïsme, d’autres perdirent tout espoir d’une quelconque délivrance.

La rencontre avec Nathan de Gaza fut décisive. Celui-ci affirma reconnaître en lui le Machia’h et se mit à envoyer des missives à travers toutes les communautés de la Gola. La fièvre messianique se répandit, accompagnée d’un véritable mouvement de Téchouva et de préparatifs en vue de la Guéoula. Puis vint le coup de théâtre : arrêté à Constantinople et sommé de se convertir,

Ya’akov Frank : l’une des dérives les plus sombres Ya’akov Frank, au dix-huitième siècle, fut assurément l’un des personnages les plus inquiétants de cette liste. Ya’akov Frank naquit cent ans exactement après la naissance de Chabbtaï Tsvi, en Galicie, dans un milieu où l’on révérait toujours le souvenir du faux messie. Homme connu dès sa jeunesse pour son esprit rusé et dépourvu de scrupules, au demeurant sans connaissance approfondie du judaïsme, il se présenta en Turquie, en Grèce puis en Pologne comme une réincarnation de Chabbtaï, venu délivrer son peuple. Proclamant la Torah désormais abolie, il menait avec ses disciples une vie dissolue qui entraîna rapidement sa mise au ‘Hérem par les autorités rabbiniques. Dénonçant alors le Talmud et la tradition rabbinique, Frank affirma sa foi en la trinité et se convertit avec un millier de ses disciples au catholicisme. Il fut cependant emprisonné plus tard par l’Église, qui doutait de la sincérité de sa foi. Libéré par les Russes lors du partage de la Pologne, il se convertit au christianisme orthodoxe et se réfugia en Allemagne, où il vécut jusqu’à sa mort dans le luxe et la débauche, entouré d’une foule d’admirateurs. Le mouvement se prolongea quelque temps après sa mort, notamment à Prague. Rav Henri Kahn

48

Magazine I n°377


LE MESSAGE D'UN RABBIN DE PARIS Quand la difficulté devient une protection Après la faute d’Adam, Hachem lui annonce : “La terre sera maudite à cause de toi ; c’est avec peine que tu en tireras ta nourriture.” À première vue, il s’agit simplement d’une punition. Adam a fauté, et désormais il devra travailler dur pour vivre. Mais le Malbim remarque un détail important. La Torah emploie le mot “Ba’avourekha”, qui peut se comprendre non pas seulement comme “à cause de toi”, mais aussi comme “pour toi”, “dans ton intérêt”. Cela signifie que la terre est rendue plus difficile à travailler non seulement comme sanction, mais aussi pour le bien de l’homme. Pourquoi cela serait-il bon pour lui ? Avant la faute, le monde fonctionnait très différemment. La terre produisait avec une abondance extraordinaire, presque sans effort. L’homme n’avait pas besoin de consacrer ses journées à labourer, semer et récolter. Et cela ne posait aucun problème, car Adam était naturellement tourné vers Hachem. Le Yétser Hara' existait, mais il était extérieur à lui. Adam pouvait clairement distinguer cette voix de sa propre volonté. Après la faute, tout change. Le Yétser Hara' entre désormais à l’intérieur de l’homme. À partir de ce moment, la difficulté n’est plus seulement de résister à une tentation extérieure. L’homme peut désormais confondre ce que le Yétser Hara' lui suggère avec ce qu’il désire lui-même. Ses envies peuvent lui sembler parfaitement naturelles, alors qu’elles l’éloignent d’Hachem. C’est là que l’abondance devient dangereuse. Un homme qui possède tout immédiatement, qui n’a presque aucun effort à fournir pour vivre et qui dispose de tout son temps pour suivre ses envies risque beaucoup plus facilement de se laisser entraîner. Hachem modifie donc le monde en fonction du nouvel homme qui vient

d’apparaître. Puisque l’homme est devenu plus vulnérable à ses pulsions, la terre doit devenir moins accessible. Désormais, il faudra travailler pour vivre. Il faudra investir du temps, fournir des efforts, accepter certaines contraintes. Ce qui ressemble d’abord à une malédiction devient alors aussi une protection. Le travail donne un cadre à l’homme et limite le temps et l’énergie qu’il pourrait consacrer à ses désirs. Cette idée permet justement de comprendre la suite, dans la Paracha de Noa’h. Malgré le premier affaiblissement de la terre après Adam, l’humanité dégénère à nouveau jusqu’au Déluge. Hachem réduit alors encore une fois l’abondance du monde : après le Déluge, la terre devient moins généreuse et la vie plus exigeante qu’auparavant. Mais cette fois, Hachem ajoute : “Je ne continuerai plus à maudire la terre.” Autrement dit, Il n’ira pas plus loin dans cet affaiblissement. Pourquoi ? Parce qu’il faut préserver un équilibre. Les forces qui attirent l’homme vers le bas doivent être assez limitées pour qu’il puisse leur résister, mais pas au point de disparaître. Sinon, il n’y aurait plus de véritable combat entre le bien et le mal, et donc plus de libre arbitre. La Torah nous apprend donc que certaines difficultés de la vie ne sont pas seulement des obstacles. Elles peuvent aussi être des protections. Un monde où tout serait trop simple ne serait pas forcément meilleur pour nous. Parfois, l’effort et les limites sont précisément ce qui nous aide à rester maîtres de nous-mêmes. Rav David Lederberger (retranscrit d’un cours paru sur torah-box.com) Magazine I n°377

49


HISTOIRE À SUIVRE

Episode 2 : Une vie presque parfaite Chaque semaine, retrouvez Eden, maman de quatre enfants, épouse d’Alexandre-Eliahou et influenceuse suivie par plus de 100 000 personnes. Entre image publique et vérité cachée, Eden devra affronter ses choix… car derrière chaque écran se cache une réalité que l’on ne montre jamais. Résumé de l’épisode précédent : Alexandre, jeune homme brillant mais intérieurement vide, part en Israël après avoir découvert une relation plus personnelle avec Hachem. À Jérusalem, il trouve une chaleur familiale et spirituelle qui bouleverse sa vie, jusqu’à s’installer en Israël sous son prénom hébraïque, Eliahou. Il rencontre et épouse Eden, une jeune fille douce et généreuse, issue d’une famille religieuse… Des années plus tard, Eliahou et Eden vivent toujours en Israël. Leur appartement déborde de cartables, de dessins, de chaussures égarées et de rires. Ils ont quatre enfants. Eliezer, leur aîné de seize ans, est pensionnaire dans une Yéchiva. Il ne rentre que certains Chabbath, et sa présence transforme aussitôt la maison. Sérieux et réfléchi, il ressemble beaucoup à son père : il parle peu, observe énormément et pose parfois une question qui oblige toute la famille à réfléchir. Esther et Odaya, les jumelles de treize ans, se ressemblent au point de tromper certains professeurs, mais leurs caractères sont opposés. Esther est spontanée, drôle et incapable de 50

Magazine I n°377

garder une pensée pour elle. Odaya est plus discrète, sensible et attentive au moindre changement d’humeur. Elles partagent leur chambre, leurs vêtements et leurs secrets, tout en se disputant presque chaque matin devant le même miroir. Dan, neuf ans, est le rêveur de la famille. Il égare régulièrement sa trousse et transforme chaque trajet vers l’école en aventure. Il peut poser dix questions en une minute, puis observer une fourmi pendant un quart d’heure. Eden lui dit qu’il vit dans un monde parallèle. Eliahou répond qu’il finira peut-être par y construire quelque chose d’extraordinaire. Eden est devenue infirmière en pédiatrie à l’hôpital Hadassah. Elle aime les enfants, leur franchise et leurs fous rires au milieu d’une chambre d’hôpital. Elle a aménagé ses horaires pour passer le maximum d’aprèsmidis à la maison. Patiente avec les autres, elle l’est moins avec elle-même : elle veut être une mère présente, une épouse attentive et une professionnelle irréprochable. Malgré ses journées pleines, elle raconte des histoires au


dîner et trouve toujours le temps d’aider une voisine. Eliahou est devenu ingénieur et étudie aussi la Torah. Calme, méthodique, parfois trop rigoureux, il aime que chaque chose ait sa place. Eden laisse traîner ses carnets et transforme le moindre incident en récit. S’il structure leur quotidien, elle, elle lui donne sa couleur. Quand elle s’épuise, il lui rappelle qu’elle a le droit de se reposer. Quand il doute, elle lui rappelle son courage. Leur organisation ressemble à une course de relais. Eden prépare les enfants avant d’aller au travail. Eliahou accompagne Dan à l’école avant de rejoindre son bureau. Les jumelles rentrent ensemble avec deux versions de leur journée. Le soir, tous se retrouvent à table. L’une renverse un verre, deux autres se disputent une place pendant que le plus petit se souvient avoir oublié son cahier. Leur bonheur tient à cette vie imparfaite. Leur couple repose sur une vraie confiance. Ils ne cherchent plus à se changer :

ils ont appris à s’aimer tout en laissant à l’autre la place de grandir. Mais depuis quelque temps, dans cette mécanique familiale bien rodée, quelque chose a changé. Eden semble totalement ailleurs. Eliahou n’y prête pas trop attention même s’il l’a remarqué. Alors que leurs quatre enfants sont à l’école, elle est dans sa chambre. Elle ajuste la lumière de son téléphone et appuie sur "Enregistrer". Au même instant, une clé tourne dans la serrure. En une seconde, elle arrête la vidéo et glisse son téléphone dans une étagère. Ce n’était pas vraiment un mensonge. Juste une partie de sa vie qu’elle gardait encore secrète. La seule question était de savoir : combien de temps pourrait-elle encore la cacher ? La suite la semaine prochaine…

Déborah Malka

Si un homme a besoin d’un service, celui qui a du Bita’hon n’insistera pas lourdement. Il est conscient que c’est Hachem qui décide si sa requête sera acceptée ou non. Le ‘Hazon Ich recommandait de ne pas formuler plus de deux fois une demande. Dans sa pratique personnelle, il ne le faisait qu’une seule fois. Recevez-la chaque jour sur WhatsApp : torah box.com/whatsapp/join/15 Magazine I n°377

51


Pose ta question, un rabbin répond !

Mariage avec le beau-frère après décès du mari, permis ? Une femme qui est divorcée et veuve de son ex-mari et dont elle a eu des enfants peut se marier avec le frère de celui-ci ? Réponse de Rav Gabriel Dayan Le mariage en question est strictement interdit. (Rambam, Hilkhot Issouré Bia 2, 1)

Donner des vêtements à la place du Ma’asser J’ai acheté des vêtements neufs initialement pour moi, mais ils ne me conviennent pas et je peux encore les retourner pour obtenir un remboursement intégral. Puis-je plutôt les donner à une personne nécessiteuse et déduire leur prix du Ma’asser que je dois donner ? Réponse de Rav Avraham Garcia Vous pouvez donner des objets comme des vêtements en guise de Ma’asser. (Ora’h Tsédaka 2, 26 ; Achré Haich 45, 10)

On m’a livré des vins non-Cachères ! J’ai reçu une livraison de vins non-Cachères que je n’ai jamais commandée. Le livreur a déposé les colis sans laisser de facture ni rien d’autre, sans signature de ma part, moi pensant que mon fils avait commandé des vins Cachères. Que dois-je faire maintenant ? Réponse de Rav Gabriel Dayan S’il y a une possibilité de contacter l’expéditeur, il faut le faire. S’il n’y a aucune possibilité de le contacter, conservez les bouteilles durant 30 jours et attendez un éventuel "appel au secours" de l’expéditeur. Après 30 jours : si vous êtes Ashkénaze, vous avez le droit de les vendre ou de les offrir à un nonjuif. Si vous êtes Séfarade, posez-les à l’entrée de votre immeuble après avoir écrit sur les colis : "Pour qui veut, c’est gratuit !" (Choul’han ‘Aroukh Yoré Dé’a 123, 1)

Brit-Mila : faut-il dire oui malgré une condition problématique ? Une amie juive vient d’avoir un petit-fils dont le père est Goy. Il n’accepterait de faire la Brit-Mila à son fils qu’à condition qu’il le fasse baptiser ensuite à l’église. Que peut-on leur conseiller de faire ? Est-ce que le baptême constitue une conversion au regard de la Torah ? Réponse de Rav Gabriel Dayan Il faut procéder à la Brit-Mila. Lorsqu’une Mitsva aussi fondamentale est en jeu, on ne doit pas y renoncer à cause de conditions qui pourraient être imposées par la suite. La priorité est donc de faire la Brit-Mila, même si, dans le cas présent, le prix à payer est la condition évoquée dans votre question. La démarche évoquée, bien que très regrettable, ne constitue absolument pas une conversion au regard de la Torah et ne modifie pas le statut Halakhique de l’enfant qui est juif et qui restera juif quoi qu’il arrive. Lorsqu’une Mitsva est à notre portée, on ne la sacrifie pas par peur de l’avenir. 52

Magazine I n°377


Manger des sushis dans un restaurant Taref Je vais bientôt voyager au Japon et je voulais savoir s’il est autorisé de consommer des sushis dans un établissement non-Cachère, même s’il s’agit d’un établissement luxueux ? Réponse de Rav Aharon Sabbah Il est strictement interdit de manger tout aliment préparé dans un restaurant/une cuisine non-Cachère, car il est considéré non-Cachère sans aucun doute, et, ce, même s’il s’agissait d’un aliment dit "végétal", etc. Pour l’exemple des sushis, voici quelques éléments rendant ces derniers non autorisés de manière certaine : 1) Les couteaux, planches, tapis de bambou, friteuses, plaques, casseroles… ont assurément servi pour du non-Cachère, et vont donc rendre forcément les ingrédients utilisés non-Cachères. 2) Bichoul Akoum : cuisson du riz par un non-juif. 3) Certains sushis utilisent des poissons non-Cachères (anguille = unagi, très courant). 4) Même avec un poisson "Cachère" (saumon, thon…), on ne peut pas savoir s’il s’agit bien de l’espèce annoncée, ni comment il a été manipulé. 5) Beaucoup de sushis contiennent : crevette, crabe, poulpe, calamar, coquille Saint-Jacques, etc. 6) Les sauces sushi contiennent parfois des ingrédients problématiques : alcool, additifs/arômes mayonnaise etc. sans surveillance. 7) Le riz à sushi est souvent assaisonné avec du vinaigre (souvent issu de fermentations avec alcool), arômes, additifs sans Hachga’ha (surveillance). Ceci n’est qu’un petit exemple pour les sushis, mais ces craintes sont valables pour tous les aliments, même dits "naturels" ou "végétaux", préparés dans une cuisine non-Cachère. À noter qu’il est aussi interdit de manger, même un aliment non manufacturé (fruit, eau, etc.) dans un tel restaurant, à cause du Marit Ha’ayin, à savoir que les personnes extérieures pourraient interpréter, à tort, que l’on y entre pour consommer du non-Cachère. En cas de véritable faim, et s'il n’est pas possible d’agir autrement, il sera permis d’y consommer un aliment strictement Cachère. Cependant, s’il y a des personnes à l’extérieur du restaurant risquant d’être induites en erreur, il faut leur expliquer la raison de notre manière d’agir. (Iguérot Moché 2, Ora’h ‘Haïm 40 ; Hacacheroute 10, Otsar Kiboud Av Vaem 381 ; Yalkout Yossef Kiboud Av Vaem 54 ,9)

Cacheroute · Pureté familiale · Chabbath · Limoud · Deuil · Téchouva · Mariage · Yom Tov · Couple · Travail · etc...

Une équipe de Rabbanim répond à vos questions du matin au soir, selon vos coutumes :

01.80.20.5000 +1.437.887.14.93

02.37.41.515 +33 6 24 44 66 07

www.torah-box.com/question Magazine I n°377

53


RECETTE Riz sauté aux légumes façon asiatique Découvrez une excellente manière de transformer des restes en un délicieux repas aux accents asiatiques. Pour 6 personnes

Temps de préparation : 15 min

Temps de cuisson : env. 10 min

Difficulté : facile

Ingrédients • 2 verres de riz, idéalement cuit la veille • 1 verre de petits pois • 1 verre de maïs • 1 grosse carotte coupée en julienne • 2 à 3 gousses d’ail • 1 petit morceau de gingembre haché • 3 œufs • 4 cuillères à soupe d’huile neutre • 1 cuillère à café d’huile de sésame • ¼ de verre de sauce soja • Quelques tiges d’oignon vert émincées • Des graines de sésame noir

Réalisation - Faites chauffer l’huile neutre et l’huile de sésame dans un wok ou une grande poêle. Ajoutez le maïs, la carotte et les petits pois, puis faites-les sauter pendant quelques minutes. Ajoutez les gousses d’ail ainsi que le gingembre et mélangez. - Poussez les légumes sur les côtés de la poêle afin de libérer un espace au centre. Cassez les œufs dans cet espace et mélangez-les jusqu’à ce qu’ils soient presque cuits. - Ajoutez le riz froid, puis mélangez bien l’ensemble. - Versez la sauce soja et poursuivez la cuisson pendant 1 à 2 min, en mélangeant, jusqu’à ce que tous les ingrédients soient bien enrobés. - Au moment de servir, parsemez le plat d’oignon vert émincé et de graines de sésame noir.

54

Magazine I n°377

D’après une recette de No’am Zigdon


LE COIN SYMPATIK

Une bonne blague Prions pour la guérison complète de Hannah bat Sarah

Andrée bat Marie-Louise

Abraham ben Yasmina

Eydel Esther 'Hai Moshé Hanna bat Adine ben Paola Shanael Yanette Maya Simha Eliora

Charlotte Johanna bat Deborah

Odette Esther David Rephael bat Freha ben Rivka

Johanna bat Emmanuelle

Un homme entre chez son Rav et lui demande : "Rav, est-ce que c’est vrai qu’il faut toujours juger son prochain favorablement ? — Absolument ! répond le Rav. — Alors Rav, j’ai vu mon voisin sortir de chez moi à 3 heures du matin avec ma télévision sous le bras. Je dois penser quoi ?" Le Rav réfléchit et répond :

Chlomo 'Hay ben Guila Avner ben O'hia

Rahel Sim'ha bat Daya Yossef ben Messaouda

Léa Efrat bat Bella Sim'ha Sarah Simone bat Mazal Tov

Vous connaissez un malade ? Envoyez-nous son nom

"Que tu as un très bon voisin ! — Un très bon voisin ?! Mais il m’a volé ma télé ! — Oui, mais il aurait pu repartir avec le canapé aussi !"

www.torah-box.com/refoua-chelema Magazine I n°377

55


Perle de la semaine par

"Regarde le passé et remercie Hachem. Regarde le futur et fais-Lui confiance..." (Rav Yigal Avraham)


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Torah-Box Magazine n°377 Israël - Noa’h by Torah-Box - Issuu